COLLECTION   «   AMIS   DU VIEUX LYON   »
cet ouvrage   a   été   tiréa deux cents exemplairesnumérotés de i a 200cina ont été réservés a      lannotateur  Exemplai...
^.  LA VILLEDE     LYON     EN VERS BURLESaUES
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INTRODUCTION  La réaction politique que fut          la   Fronde       sac-compagna, en France, dune réaction            l...
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INTRODUCTION                                               1                                                              ...
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INTRODUCTION                                                                    1                                         ...
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l8                           INTRODUCTIONpremière journée. La seconde journée contient958 vers.  Le texte de              ...
INTRODUCTION                                                            I9blanche)                     et       984     ve...
20                         INTRODUCTIONIl     Libraire,rue Thomassin, au Chapon gras.                                     ...
INTRODUCTION                         21  Les éditions de              la Ville     de Lyon en vers bur-lesques     sont to...
22                          INTRODUCTIONconformes,       à     quelques vers près,             dans       lesdialogues où ...
INTRODUCTION                               2}  Le Lyon en vers burlesques                     tel quil fut    pu-blié    e...
24                         INTRODUCTIONtexte      même,      est-il   possible den désigner lau-teur   ?   On   sest   bas...
INTRODUCTION                            25invitant les habitants réveillés à prier pour lestrépassés      — naquit en     ...
26                              INTRODUCTIONsit le     genre héroï-comique,                     il   en est un dontle    n...
INTRODUCTION                                 27noble Jeu de lArquebuse de Lyon, lun de ceuxqui signèrent, en 1679,        ...
28                          INTRODUCTION     Son   nom ne        figure pas dans ses autres pièces,ou, son mauvais sonnet ...
INTRODUCTION                          29esprit    gaulois.          Il   observe      et   goguenarde envrai Lyonnais, de ...
30                            INTRODUCTION                                  •X-   ^     Quoi    quil      en soit de ces h...
INTRODUCTION                      3 1  Ils   seront certainement goûtés par tous ceuxqui aiment à entendre         raconte...
Cette réimpression reproduit fidèlement             letexte de lédition de 1683 conservée à la Biblio-thèque de lArsenal. ...
zb            LA VILLEDE LYON,    EN VERS            BVRLESQVES.  PREMIERE                    lOURNEE.                 CON...
Le   titre ci-contre   imite, dans la mesure   du   possible,   le   titrede   V exemplaire de V édition de {i6S^   ?)   c...
^r       LA VILLE DE LYON            EN VERS BURLESQUES.Fut    plumé comme un poulet,       jeOu rincé comme un goubelet,S...
36                      LA VILLE DE LYON     4   Ce     nest   ny beurre ny fromage,         Mais de mille sorte dhabits, ...
EN VERS BURLESaUES                 37Venés jusques à la maison,                    MCar je vous connoît honnête homme,Et n...
38                       LA VILLE DE LYON         Je lacheterois à la livre,         Il   ne vaut pas un faux écu,        ...
EN VERS BURLESQUES                  39Aux    fines glaces de Venise,A   mes   fins cizeaux de   Moulin,           [85]Quan...
40                      LA VILLE DE LYON                              PIERRE.         Aux     autres ceux là sont         ...
EN VERS BURLESaUES                       4I     Montrez vos livres précieux,     Admirez des plus curieux.                ...
42                      LA VILLE DE LYON                                PIERRE.          Si je   VOUS en donnoit vingt sou...
EN VERS BURLESQUES                  45Il   ny a pas jusques au          moindre trait,   [170]Qui ne donne             plu...
44                     LA VILLE DE LYON      Il   men donne un écu blanc,      Il   ne sen manquoit que six blanc,      Ja...
EN VERS BURLESaUES                     45     Le Pont        est   changez en rue Mercière,     Les Savetiers se font Libr...
46                      LA VILLE DE LYON          Il   en sont   triste    jusques au cœur,              [240]          Ap...
EN VERS BURLESaUES                47     Un    yvrogne    et   un   corna,     Et te vou encor raisonna.           LE PORT...
48                   LA VILLE DÉ LYON                                BENOIST.       Faites-nous voir de vos Etampes,      ...
EN VERS BURLESaUES             49         Qjui soit dedans tout ce quartier         Cest luy qui peint toutes les armes,  ...
50                  LA VILLE DE LYON       Cest bien louvrier de          Lyon       Qjai peint de la meilleure façon,    ...
EN VERS BURLESQ.UES                  5IOu bien du      sçavant Raphaël,                [355]De   lexcellent   Seigneur Pha...
52                         LA VILLE DE LYON          Voyez-moy           cette    Véronique,          QjLielle est belle e...
EN VERS BURLESaUES                53                   PIERRE.Et bien jestime ces Marchands,           [405]Qui sçavent   ...
54                      LA VILLE DE LYON          Lon pourra bien            tirer léchelle,          Car   cest le    mei...
EN VERS BURLESaUES                        55Et bien ne vous               lay-je   pas    dit,Que       lon noublie les so...
$6                     LA VILLE DE LYON                             CLAUDINE.          Messieurs, en          fait   dhonn...
EN VERS BURLESQUES                    57CestMonseigneur de Ville-Roy,               du Roy,Fidelle serviteur              ...
58                     LA VILLE DE LYON                                 PIERRE.          Et bien que dis-tu du manan,     ...
EN VERS BURLESCLUES                       59Au    temps quil eût mon pucelage,                    [535]il   ne tenoit pas ...
60                   LA VILLE DE LYON          Se puisse    t il    rompre      la tête,          Non    pas venir emboise...
EN VERS BURLESaUES                    6l     De    sainte Croix dans saint Estienne     Lon ne sort point à              l...
62                  LA VILLE DE LYON     Tous     les misteres qui(l) contient.      Quand    jauray dit   mon    Oraison....
EN VERS BURLESQUES                  63?o   Descend au dessus nôtre Dame,     Qui donnant son consentement,     Ce que lon ...
64                         LA VILLE DE LYON          Laissons         le saint   qui se promeîne,          Par chaque jour...
EN VERS BURLESQUES                 6$     Seroit de     Lyon    le   plus beau,     Si ce nétoit les      Huguenots,     M...
£6                      la ville de lyon                              lhostesse.          Escuyé courez vite au vin,      ...
EN VERS BURLESQUES                        67     Contons vite, payons lHostesse,    [715]     Dépêchons nous lheure nous p...
68                      LA VILLE DE LYON                               PIERRE.          Arrêtons nous         je   vois   ...
EN VERS BURLESaUES                        69     De nous tirer et du       meilleur,     Qui nous réjouisse        le   cœ...
70                       LA VILLE DE LYON          Regarde son petit tuyau,          Qui jette dedans ce Tonneau.         ...
EN VERS BURLESaUES                   JI     BOUCHERIE               S.   GEORGE.         [le premier boucher].Naidiu, jay ...
72                    LA VILLE DE LYON                                PIERRE.          Et bien quen dis tu cher amy,     3...
EN VERS BURLESQUES              73           CHANSON ET AUBOIS.39   Jean dance mieu que Piro,     Piro dance   mieu que Je...
74                      LA VILLE DE LYON          Noublie à saluer       ta    mie,        r«6oî          Et prens bien ga...
EN VERS BURLESQUES                   75                             BENOIST.     Le vin est bon sans barguigner,     Mais ...
76                LA VILLE DE LYON      A main droite le Pont du Rône,      A main gauche celuy de Saône,      Amy passons...
EN VERS BURLESQUES                 77LA BOUCHERIE DE LHOPITAL.        [le premier boucher.]Naidiu      je   ne   me moquo ...
7^                     LA VILLE DE LYON                [le    QUATRIEME BOUCHER.]          Naidiu      e yet    pro raison...
EN VERS BURLESQUES                     79     Si je nay     de cette liqueur,     Lon    me    verra   faillir le    cœur,...
9(            LA VILLEDE LYON,   £iV VERS BVRLESQVES,[DEUXIEME] lOURNEE.                CONTENANT.    La harangue des Poif...
Le   titre ci-contre est la copie typographique   du   titre   de Vexeni-plaire de lédition de i68^ conservé à la Biblioth...
La ville de lyon en vers burlesques
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  1. 1. COLLECTION « AMIS DU VIEUX LYON »
  2. 2. cet ouvrage a été tiréa deux cents exemplairesnumérotés de i a 200cina ont été réservés a lannotateur Exemplaire N° 135
  3. 3. ^. LA VILLEDE LYON EN VERS BURLESaUES
  4. 4. r LAVILLE DE LYON EN VERS BURLESQUES 1683 RÉIMPRESSION DE lÉditionCONSERVÉE A LA BIBLIOTHÈQUE DE laRSENAL PUBLIÉE AVEC UNE INTRODUCTION ET DES NOTES DE EU G. VI AL LYON CUMIN ET MASSON 19 18
  5. 5. PQ1710i9Jf
  6. 6. INTRODUCTION La réaction politique que fut la Fronde sac-compagna, en France, dune réaction littéraire. Ala suite de Saint-Amant, dont les Caprices héroï-comiques avaient donné le signal, des écrivains,Scarron en tête, sinsurgèrent contre les écolesde Ronsard et de Malherbe et contre le ridiculepathos des Précieuses. Aux alexandrins solen-nels et guindés, les poètes opposèrent le petitvers de huit pieds, alerte et sans façon ; auxgrandes phrases ampoulées, le langage vul-gaireoù chaque chose était appelée par sonnom. Et pendant la seconde moitié du xvii*siècle, de 1648 à lééo surtout, les parodies, xespoèmes héroï-comiques et bouffons, tout leBurlesque eut en France une vogue extraordi-naire. Au temps de la Fronde, puis jusquen 1690,
  7. 7. 8 INTRODUCTIONles gazettes burlesques abondent : la Mu:(e his-torique de Loret, de 1650 à 1665, continuée parla Gravette de Mayolas ; les GaT^ettes burlesquesde Scarron, en 1665 ; les Lettres à Madame, deRobinet, de 1665 à 1670, suivies des Lettres àrOmbre de Madame, des Lettres à Monsieur, desLettres àL.L. A. A. Monsieur et Madame, de Bour-sault, de Perdou de Sulligny etde bien dautres. Plus nombreux encore furent les poèmes detout genre affichant en sous-titre, comme uneréclame, lépithète a en vers burlesques ». Lesdescriptions de villes et les scènes de la rueoffraient à la verve des rimeurs de faciles déve-loppements ; ils en usèrent à lenvi. Après laRome ridicule, de Saint-Amant, cest la Ville deParis en vers burlesques, par le sieur Claude Ber-thod en 1655, et, vers 1661, le Tracas de Parisou la Seconde partie de Paris en vers burlesques,par Colletet. Puis la Description de la Ville dAm-sterdam en vers burlesques, selon la visite des sixjours dune semaine, par Pierre la Jolie, en 1666;la Chronique scandaleuse ou Paris ridicule, en 1668.Pour ne citer que ceux-là.
  8. 8. INTRODUCTION * Si Lyon ne prit aucune part aux troubles dela Fronde, la fronde littéraire y fut du moinsfort goûtée. En 1650, 1655, 1664, nos registresconsulaires mentionnent le paiement des im-primeurs ou libraires lyonnais qui fournissentchaque semaine, aux échevins, officiers de Villeet ex-consuls, les gazettes « ordinaires, bur-lesques, extraordinaires et autres nouvelles »,notamment les « gazettes burlesques du s^Loretimprimées à Paris » et, plus tard, celles « dé-diées à Madame ». Le libraire Charles Mathe-vet publie, rue Mercière, une édition lyonnaisedes Lettres de La Gravette de Mayolas et cest àLyon que paraît, en 1678 ou 1680, chez AntoineOffiray, une suite anonyme du Roman Comiquede Scarron, dédiée à un BoUioud, écuyer etconseiller du roi en la Sénéchaussée. Mais on ne se contenta pas, chez nous, delire et dapprécier les productions de la littéra-ture à la mode, on les imita. Sil est exact, comme
  9. 9. 10 INTRODUCTIONon la souvent écrit, que les Lyonnais sont ré-fléchis et observateurs, quils ont une tendancenaturelle à la raillerie... et à la gourmandise,ceux dentre eux qui se piquaient alors de poésiene réunissaient-ils pas les qualités essentiellesdes vrais écrivains burlesques? Ils suivirent, en tout cas, le goût du moment,et il simprima à Lyon, avec un grand nombrede petites pièces en petits vers — Noëls, Lettresou Requêtes — , quelques œuvres de plus longuehaleine où ne manquent ni lobservation nilesprit. Un Lyonnais qui ne signait que dini-tiales publia en 1664, chez Antoine Julliéron,lEntrée de Monseigneur le Légat Flavio Chigi...dans la Ville de Lyon en vers burlesques ; en 1683,la Ville de Lyon en vers burlesques — louvrageque nous réimprimons — corrigé et augmenté« par le sieur P. B. », fut édité ou réédité chezPierre Bouchard, rue Thomassin au ChapeaudOr. Lauteur inconnu de ce récit rimé sétait évi-demment inspiré de lœuvre de Berthod etCoUetet citée plus haut : la Ville de Paris en
  10. 10. INTRODUCTION 1vers burlesques. Ces deux descriptions, en vers dehuit pieds, sont divisées, lune et lautre, endeux parties ou journées; Berthod débutaitainsi : Ouy, Paris, fussay je pendu, Quand on me lauroit défendu, Je veux, deussay je vous déplaire. Décharger sur vous ma colère . .Les quatre premiers vers de son confrère lyon-nais sont : Fut-je plumé comme un poulet, Ou rincé comme un goubelet. Si ma Muse Lion dépeint. Vous lairrez de manger du pain . . .Cest le même ton. Les boniments des mar-chands du Pont du Change ressemblent fort àceux des marchands du Pont-Neuf; un imagierparisien offrait : Quatre crayons faits par Bel-Ange Et trois œuvres de Michel-Ange...les deux chalands lyonnais réclament Quelques fins crayons de Bel-Ange Ou du célèbre Michel-Ange
  11. 11. 12 INTRODUCTIONet, parmi les artistes représentés aux étalages, lesdeux livres citent ensuite Poussin, Stella, « uncertain Flamand ».Des scènes identiques se dé-roulent, ici et là, au Palais et aux Halles. LaVille de Paris en vers burlesques a certainementservi de modèle au rimeur lyonnais. # If- La mince brochure où notre ville était pit-toresquement décrite daprès nature fut certai-nement bien accueillie par les Lyonnais puis-quelle eut, à notre connaissance, au moinsquatre éditions dont deux parurent peut-être lamême année. Les recherches faites sur cesdiverses éditions permettent de donner surchacune delles les renseignements suivants : A. [1683?]. — [La Ville de Lyon en versburlesques.] [A Lyon, chez Pierre Bouchard] ?[In-12]. Cette édition nest connue que par un exem-plaire incomplet conservé à la BibliothèqueNationale. En tête du volume (ne contenant
  12. 12. INTRODUCTION 1 3que la Deuxième Journée) se trouve le titresuivant — titre fautif puisquil porte « PremièreJournée » et quil donne le sommaire de laDeuxième Journée : La Ville de Lyon, || en vers burlesques. Pre-mière lournee || Contenant. La harangue desPoissonnière. Le débat des Fruitières Léloquencedes Battelieres. Et plusieurs entretiens facecieux.1 1 Corrigez^ & augmente:^ par le sieur P. B. (Unfleuron représentant une corbeille de fleurs) ||A Lyon, || Che:{ Pierre Bouchard, rue Tomasinau Chapeau dor. || MDCLXXXIIL Avec per-mission. Ce titre, qui seul date lexemplaire, paraîtbien en faire partie, mais il faudrait dérelier levolume pour en être certain et afiirmer quecette page na pas été rapportée. Elle est suiviedun reste donglet qui prouverait un arrache-ment si sa partie supérieure nétait pas coupéecarrément. On remarquera dailleurs que nousne connaissons ni le titre de la Première Jour-née de cette édition, ni le titre de la Deuxième
  13. 13. 14 INTRODUCTIONJournée de la Bibliothèque de lArsenal dont ilva être parlé, et qui date de 1683. Tant que ces deux titres nauront pas étécomparés sur des exemplaires complets, il serasage de ne dater quavec réserves lexemplairedéfectueux de la Bibliothèque Nationale. Il peutprovenir dune édition antérieure à 1683. Ce volume de la B. N. a 36 pages; le texte,qui finit page 34, comprend 836 vers. sur laLes deux personnages qui décrivent la ville endialoguant sont appelés lannot et Pierre (lan-not sera nommé Benoist dans les éditions ci-après) ; au début de chaque tirade, le nom decelui qui parle est souvent imprimé en tête dupremier vers. Au point de vue de la langue, de lortho-graphe et de la métrique, cette édition est peut-être plus correcte que celle qui suit. On ytrouve avec nôtre, vôtre (au lieu de fiostre, vostre),des abréviations qui nexistent pas dans léditionétudiée ci-après (marchas pour marchons, le lôgpour le long, etc.); lemploi de Vy y est moinsrégulier (amy, icy, etc.). Mais rien en somme
  14. 14. INTRODUCTION 1 5ne permet de décider, daprès le texte, quelle fut,des deux éditions, celle qui parut la première. Onverra plus loin, page 123, les variantes assez im-portantes qui les distinguent lune de lautre. B. 1683. — La Ville de Lyon en vers Bur-lesques... A Lyon, chez Pierre Bouchard. L1-12.— La Bibliothèque de lArsenal possède unexemplaire de cette édition — celle que nousavons réimprimée. Les deux journées y sontreliées en un volume de 140 millimètres dehaut sur 75 millimètres. En tête se trouve letitre suivant : La Ville de Lyon, || en vers bur-lesques. Il Première lonrnee. Contenant. La ha-rangue des Merciers. Le débat des Fruitières Linventaire de la Loge. La chicane des Plaideurs. Il L éloquence des Battelieres. Et plusieurs entre-tiens facecieux. Corrige::^ cr augmente^ par le sieurP. B. Il (Petit fleuron) || A Lyon, che^ PierreBovchard, rue Tomasin au Chapeau dor. MDC LXXXIIL I! Avec Permission. Le titre de la Deuxième Journée manque. Première Journée : 46 pages (la première
  15. 15. l6 INTRODUCTIONportant le titre, les pages 2 et 46 blanches), et984 vers. — Deuxième Journée : 38 pages (les2 premières manquent ; la dernière est fausse-ment numérotée 36, les numéros 11 et 12 ayantété répétés dans la pagination, au lieu de 13 et14) ; 918 vers. — A défaut du second titre dis-paru, lorthographe, les caractères et la disposi-tion typographiques, montrent que, dans lexem-plaire de la Bibliothèque de lArsenal, les deuxjournées appartiennent bien à une même édi-tion. C. 1728. — La Ville de Lyon en vers bur-lesques. Lyon, Nicolas Barret imprimeur, ln-12. Cette édition nous est connue par un exem-plaire faisant partie de la bibliothèque lyonnaisede M. le docteur Carry. Les deux journées sontreliées en un volume mesurant 149 millimètressur 82 ; en tête du volume on a placé le titrede la Deuxième Journée (voir ci-après) en col-lant sur les mots « Deuxième Journée » uneétroite bande de papier. Première Journée : 34 pages (les 2 premières,
  16. 16. INTRODUCTION I7avec manquent) sur la page 3 4, non nu- le titre ;mérotée, est imprimée la permission, datée du7 novembre 1 728. Le texte commence à la page3, ornée, en tête, dun bandeau où deux sirènessoutiennent un médaillon portant une têtedhomme de profil à gauche. Cette journéecomprend 984 vers ; après le dernier vers : « Finde la première Partie. », et lavis : « Lon don-nera incessamment la seconde partie, qui con-tiendra la deuxième journée. » Deuxième journée. Titre : La Ville de Lyon, Il en vers burlesques. Deuxième Journée, Conte-nant Il La harangue des Poissonnières; le débat des Fruitières; T éloquence des Batte- lier es; & plu-sieurs entretiens facécieux. || Corrige^ & augmente^^par le sieur P. B. (Fleuron : les armes deLyon dans un cartouche) || A Lyon, che^ Nico-las Barret^ Imprimeur rue Belle-Cor dière. M DCC XXVIIL II Avec Permission. — Cettejournée a 34 pages; le texte commence sur lapage 5, sous le bandeau déjà décrit, et finitsur la page 33; la page 34, non numérotée,porte la permission, conforme à. celle de la
  17. 17. l8 INTRODUCTIONpremière journée. La seconde journée contient958 vers. Le texte de cette édition diffère (dans ladeuxième journée seulement) du texte desdeux éditions précédentes. Comme on le verraaux variantes, il reproduit tantôt lune, tantôtlautre de ces éditions. Léditeur a fait quelquescorrections orthographiques et typographiques,remplaçant ordinairement ly par un i {ami,voici), rectifiant quelques vers, mais réimpri-mant la plupart des fautes des éditions anté-rieures ÇOu lespiègle pour « Ulespiegle », etampes,pour estampes, Vlmagé^om lImagier, Poussait},Pastorelles, boucheri, etc.). Les noms des per-sonnages (Pierre et Benoît) sont souvent ajou-tés, en tête de tirades où ils manquaient. D. 1750. — La Ville de Lyon en vers bur-lesques, Lyon, V" N. Barret. Petit in-12. Cette édition est une réimpression de cellede 1728 dont elle ne diffère que par lortho-graphe. Première journée : 34 pages (la dernière
  18. 18. INTRODUCTION I9blanche) et 984 vers. — Deuxième journée :32 pages (la dernière blanche) et 957 vers seu-lement, le vers qui devait donner la rime auvers 947 ayant été omis. Titre de la première partie : La Ville || deLyon, Il en vers burlesques. Première Journee, Contenant La Harangue des Merciers ; le débat desFruitie -res; T Inventaire de la Loge J a chicane des Il Plaideurs, T éloquence des Batielieres, & plu- |(sieurs entretiens facécieux. Corrige^ et augmente^par le sieur P. B. (Fleuron : les armes de Lyondans un cartouche) || A Lyon chcT^ la Veuve deN. Barret, Imprimeur Libraire, rue Tbomassin^au Chapon-gras. M DCC XXXXX. || Avec Per-mission. Titre de la seconde partie : La Ville deLyon, Il en vers burlesques. Deuxième Journee. ||Contenant .La Harangue des Poissonnières ; ledébat II des Fruitières ; r éloquence des Batte- || lieres ;et plusieurs entretiens facécieux. Corrigés et aug-mentés par le sieur P. B. (Fleuron : Vase defleurs à deux anses, posé sur une tablette) || ALyon, 1 1 Che?^ la veuve de N. Barret, Imprimeur—
  19. 19. 20 INTRODUCTIONIl Libraire,rue Thomassin, au Chapon gras. AvecPermission. Le bel exemplaire de cette édition que pos-sède M. Dissard, ancien conservateur des Muséesde Lyon, provient de la vente Renard et mesure130 millimètres de hauteur sur 82. Après ces détails qui montrent lhistoire denotre petit livre encore bien obscure et bien in-certaine, il faut mentionner ici la réimpressionfaite, en 1846, par J.-B. Monfalcon, de léditionde 1750 dans Facéties lyonnaises, Lyon, Collec-tion des Bibliophiles lyonnais. Imprimerie deTh. Lépagnez, 1846. In-ié. — Tiré à 25 exem-plaires. Dautre part, dans la Revue du Lyonnais (1884,t. VIII, p. 6), M. E. Philippon a reproduit,daprès lédition de 1728, tous les vers en patoislyonnais de Lyon en Vers Burlesques et en afait, au point de vue linguistique, une savanteétude à laquelle nous renvoyons.
  20. 20. INTRODUCTION 21 Les éditions de la Ville de Lyon en vers bur-lesques sont toutes aujourdhui rarissimes. Labibliothèque de la Ville de Lyon ne possèdequun exemplaire incomplet de lédition de1750. Les quatre éditions connues sont toutesdivisées en deux journées, au cours desquellesles deux visiteurs de la cité suivent, lun gui-dant lautre, le même itinéraire pour admirerles mêmes monuments. Une grande part esttoujours faite, dans leurs récits, aux étalagesdes libraires, au langage épicé des vendeuses surles marchés ou des batelières dans leurs bêches,aux auberges alors réputées et, surtout, à la.hâblerie vantarde des bouchers fréquentant lesquatre grandes boucheries lyonnaises. Enfin,depuis 1683 au moins, tous ces petits livresportent la mention : « Corrigeai et augmente^par le sieur P. B. » Comme on le verra par les variantes donnéesplus loin, les quatre éditions décrites ici sont
  21. 21. 22 INTRODUCTIONconformes, à quelques vers près, dans lesdialogues où les deux promeneurs échangent,en français, leurs impressions sur la ville. Ellesne diffèrent guère que dans les couplets de laDeuxième Journée rimes en patois lyonnais : cou-plets des bouchers, des lavandières et des pois-sonnières, plus ou moins remaniés, augmentésou réduits. Tous les faits historiques mention-nés dans louvrage se retrouvent dans les quatreéditions qui nous sont parvenues, notamment :la mort de MoUère (1673), lincendie de lHôtelde Ville de Lyon (1674), la réparation de lhor-loge de ce monument (vers 1676), la locationconsentie par le Consulat à lhorloger Nour-risson du corps de garde du Change (depuis1679). Enfin les nombreux livres cités dans lesdeux longs passages relatifs aux librairesfigurent presque tous, de 1680 à 1682, dans lesannonces de lédition lyonnaise du Mercure ga-lant, en particulier Poème du quinquina le «de Monsieur de La Fontaine » que le numérode janvier 1682 propose, au prix de « 45 sols »,comme venant de paraître.
  22. 22. INTRODUCTION 2} Le Lyon en vers burlesques tel quil fut pu-blié en 1683 (et tel que nous le publions ici)était donc, à cette époque, un livre dactualitéou tout au moins la réédition, soit dun ouvragerécemment épuisé, soit dun livre plus anciendont des remaniements disaient un livre nou-veau. Cependant lédition originale quon retrou-vera — ou quon identifiera — sans doutequelque jour, ne peut pas être de beaucoup an-térieure à 1683 sans être tout à fait différentedes éditions connues. Et en supposant mêmeque cette édition primitive ne contienne — sielle existe — aucune des mentions historiquesénumérées plus haut, elle ne peut quêtre pos-térieure à 1661 puisque lauteur lyonnais,ainsi que son titre même le prouve, avait prispour modèle Ja Ville de Paris en vers burlesquesde Berthod et Colletet. La date de la composition de notre volumeétant ainsi fixée, approximativement, par son
  23. 23. 24 INTRODUCTIONtexte même, est-il possible den désigner lau-teur ? On sest basé pour le faire sur la mentioninscrite sur toutes les éditions connues « cor-rigez et augmentez par le sieur P. B. », et lona donné à ces deux majuscules diverses inter-prétations. Le plus sage était peut-être dy voirles initiales de Pierre Bouchard, le libraire-édi-teur de 1683; explication dautant plus vrai-semblable que lauteur ou les auteurs inconnusde Lyon en vers burlesques se montrent parti-culièrement renseignés sur les livres et les li-braires lyonnais. Brunet et Barbier dans leurs dictionnairesbibliographiques, Péricaud dans ses Notes et Do-cuments pour lannée 1683, Onofrio, dans sonEssai dun glossaire des patois régionaux, et biendautres daprès eux, ont traduit « P. B. » parPierre Bouillon et attribué louvrage à un ré-veille-matin de la Ville de Lyon, concierge dela chapelle de Saint-Roch. Malheureusement, ce modeste fonctionnaire,— tailleur de son état, qui parcourait, la nuit,les rues de la ville en agitant sa sonnette et en
  24. 24. INTRODUCTION 25invitant les habitants réveillés à prier pour lestrépassés — naquit en 1721 et mourut en 1781ainsi quen font foi les registres paroissiaux deSaint-Irénée. A peine aurait-il pu augmenter etcorriger lédition de 1750, édition qui, dail-leurs, na été ni augmentée ni corrigée. Ceréveille-matin sappelait du reste Jean-PierreBouillon ou Bouilloud. On a mis en avant dautres noms lyonnais ;ceux dun Belichon qui na pour lui que lini-tiale de son nom de famille ; dun Bollioud,membre de cette dynastie lyonnaise qui fournit,au xvii^ siècle, des échevins et des magistrats.Cest à lun deux, conseiller du Roi à Lyon,que fut dédiée, on la vu plus haut, une suiteanonyme du Roman Comique de Scarron, publiéeà Lyon en 1678. Mais la généalogie des Bol-lioud, daprès les notes inédites du regrettéM. dAvaize, ne donne, à Tépoque qui nousintéresse, aucun Bollioud dont le prénom com-mence par la lettre P. Il faut chercher ailleurs. Parmi les rimeurs lyonnais qui furent lescontemporains du P. B. de 1683 et que sédui-
  25. 25. 26 INTRODUCTIONsit le genre héroï-comique, il en est un dontle nom vient naturellement à la pensée : lechirurgien Jean-Claude Dunant. Le peu quonconnaît de sa vie, de son œuvre, de son carac-tère, le rapproche incontestablement de lauteurinconnu de Lyon en vers burlesques. Fils dun tailleur qui habitait, à Saint-Paul,la rue du Charbon-Blanc et qui confectionnaitles manteaux duniforme des huissiers du Con-sulat, J.-C. Dunant naquit, vraisemblablementen 1610, montée des Capucins, à cent pas dela Boucherie Saint-Paul et de ce cabaret duPuits-dAmour qui était le rendez-vous desbouchers du quartier, tout près des aubergesde la Fronde Bombarde où font halte et de lales promeneurs de Lyon en vers burlesques.En 165 1 il était maître-chirurgien et, en 1693,il exerçait encore, ayant été maître-garde de sacorporation et, à diverses reprises, membre dujury chargé dexaminer les candidats au postede chirurgien de lHôtel-Dieu. Le tir fut un de ses passe-temps. De 1663 à1679 au moins, il était un des chevaliers du
  26. 26. INTRODUCTION 27noble Jeu de lArquebuse de Lyon, lun de ceuxqui signèrent, en 1679, les règlements de cettecompagnie de tireurs. Entre temps il était poète,ou du moins il écrivait des vers. Il rimait avecune déplorable facilité, prodiguant les chevilles,ce qui est une des règles du genre burlesque,sembarrassant peu des règles de la métrique,de la rime et de lorthographe. De 1663 à 1679, il publie dabord un sonnetclassique en tête du volume de Quatrains anato-miques de son collègue le chirurgien ClaudeBimet; puis en 1673 et 1679, un récit et uneRequeste héroï-comique où il se fait le porte-parole des chevaliers de lArquebuse; en 1674,un recueil de Noëls nouveaux en français ou enpatois lyonnais. Lun de ces Noëls a été réim-primé dans la Revue iT Histoire de Lyon (1909,p. 446) avec des notes sur son auteur. Le volumeétait signé « Lenfant dvN an de la place desTerraux », car Dunant nhabitait plus Saint-Paul; il était « voisin des Augustins » (commelun des promeneurs de Lyon en vers burlesques)et faisait partie du pennonage Fontaine Saint-Marcel et place des Terreaux.
  27. 27. 28 INTRODUCTION Son nom ne figure pas dans ses autres pièces,ou, son mauvais sonnet excepté, il ne lindiqueque par des initiales ; et lon retrouve ses ini-tiales (LCD.) dans lEntrée à Lyon de Mon-seigneur le Légat Flavio Chigi. . . en vers bur-lesques « P.L.S.G.LC.D.C.S.L. » Ce récithéroï-comique, en trois parties, de la réceptionà Lyon du neveu dAlexandre VII a été men-tionné déjà. Assez bien tourné dailleurs, écritet rimé bien plus soigneusement que ne lestnotre Lyon burlesque, il serait lœuvre maîtressede Jean-Claude Dunant si on décide de le luiattribuer. Quoiquil en soit, dans les pièces quil a cer-tainement écrites, le chirurgien-poète J.-Cl. Du-nant se révèle joyeux compagnon, grand ama-teur de bonne chère et vaillant videur de pots.Assez cultivé dailleurs, possédant bien sa my-thologie, et surtout merveilleusement renseignésoit sur Lyon dont il connaît tous les recoinset tous les cabarets, soit sur ses compatriotes,leurs familles et leurs aventures. Sa verve, unpeu lourde, est naturelle, son esprit est le vieil
  28. 28. INTRODUCTION 29esprit gaulois. Il observe et goguenarde envrai Lyonnais, de la race de notre Guignol. On trouvera plus loin, notamment aux notesdes vers 950, 1592, 1594, 1623, 1757, 1889,une série dallusions et de rapprochements,qui, dans le texte du Lyon en vers burlesquesde 1683, évoquent le nom de Jean-Claude Du-nant. Sans doute ce nest point assez pour luiattribuer sûrement un livre écrit dans sa manière,mais rien, jusquici, nempêche de supposerque Dunant a puun peu avant 1683, écrire,une première version du Lyon en vers bur-lesques, version que le sieur P. B. peut-être —le libraire Pierre Bouchard — aurait remaniéeet publiée, dailleurs fort incorrectement. Lalumière se fera sur beaucoup de points encoredouteux de ce petit problème bibliographiquele jour où lon retrouvera, avec ses deux titres,lédition dont la Seconde Journée est conservéeà la Bibliothèque Nationale.
  29. 29. 30 INTRODUCTION •X- ^ Quoi quil en soit de ces hypothèses, si lavaleur littéraire de lœuvre quon va lire est desplus minces, son intérêt historique méritaitune réimpression. La Ville de Lyon en versburlesques, le premier guide détaillé de Lyonque nous possédions, nous retrace laspect an-cien de notre ville, en nous renseignant sur denombreux monuments disparus, défigurés oureconstruits. Ses mauvais vers sont surtoutprécieux par ce quils nous révèlent des cou-tumes, du caractère et du langage de nos an-cêtres pendant le dernier quart du xvii^ siècle. Cette série de scènes naturalistes évoque pit-toresquement la vie et les bruits de Lyon dansses rues étroites et encombrées ; à ce titre etbien que lauteur, ou ses personnages, nhésitentjamais à désigner par le mot propre les chosesqui le sont le moins, il nous a semblé que cesdescriptions et ces dialogues devaient être con-servés.
  30. 30. INTRODUCTION 3 1 Ils seront certainement goûtés par tous ceuxqui aiment à entendre raconter le passé denotre vieille cité par un témoin fidèle, parlant,avec le savoureux accent du terroir, la languedes Lyonnais dantan. Eug. VlAL.
  31. 31. Cette réimpression reproduit fidèlement letexte de lédition de 1683 conservée à la Biblio-thèque de lArsenal. A ce texte lon a ajouté,pour en rendre la lecture plus facile : [Entre crochets] : 1° Les noms des personnages souvent omisdans lédition de 1683 ; ces noms sont suivisdun point dinterrogation lorsquils ne figurentdans aucune des éditions connues. 2° Une numérotation des vers qui permettrade se reporter soit aux notes, soit aux variantes. (Entre parenthèses) : Les lettres oubliées à limpression, lorsqueleur absence rendait un mot incompréhensible.
  32. 32. zb LA VILLEDE LYON, EN VERS BVRLESQVES. PREMIERE lOURNEE. CONTENANT. La harangue des Merciers. Le débat des Fruitières. Linventaire de la Loge. La chicane des Plaideurs. Léloquence des Battelieres. Et plusieurs entretiens facecieux.Corrige:^ & augmente:^ par le fleur P. B. A LYON, Chez PIERRE BOVCHARD., rue Tomasin au Chapeau dor. M DC LXXXIII. Avec Permiffion.
  33. 33. Le titre ci-contre imite, dans la mesure du possible, le titrede V exemplaire de V édition de {i6S^ ?) conservé à la BibliothèqueNationale.
  34. 34. ^r LA VILLE DE LYON EN VERS BURLESQUES.Fut plumé comme un poulet, jeOu rincé comme un goubelet,Si ma muze Lion dépeint,Vous lairrez de manger du pain.Hommes, Femmes, Filles et garçon, [s]Pour rire de telle façon.Que le ventre vous fera mal,Ou je serois un animal. LE PONT DU CHANGE. [pierre ?]Commençons par le Pont du Change.Amy ne trouve pas étrange, MDe voir icy de tous mettiers,La pluspart ce sont des merciers.Qui ne sont pas des plus lourdaux.Pour bien deniezer les badeaux,Regarde un peu leur détalage, [^5]
  35. 35. 36 LA VILLE DE LYON 4 Ce nest ny beurre ny fromage, Mais de mille sorte dhabits, De drap, de toille et de tabits. Couleur de gris, de rouge et jaune. De bleuf, de couleur de vandôme, [20J Voyons comme ils sçavent endormy, Les bonnes gens, mon cher amy. LE MERCIER. Messieurs, vous faut-il point dhabit. Jen ait de drap et de tabit, Qui nont jamais été porté, [25] Trois fois de vraye vérité, Jaiun beuffle et un coletain, Avec un pourpoint de Satin, Que jai achepté dun bon drôle. Qui le gaigna au siège de Dole, [30] Je ne le met en montre icy. Car jay oûy faire récit, Qui(l) fut pris dans le coing dun Bois, Au Capitaine de Verbois. Jay quantité de beaux manteaux, [35I Comme aussi de très beaux chappeaux, Que jai achetté de bons drolles Qui (i)mitent le valet à Marrolles, Si vous en désirez des bons,
  36. 36. EN VERS BURLESaUES 37Venés jusques à la maison, MCar je vous connoît honnête homme,Et non de ces mangeurs de pommes,Je vous fairay si bon marché,Que vous ne serez point fâché,De me donner de vôtre argent, [4S]Car je suis un très-bon vivant. PIERRE.Cà Maistre point tant de babil.Que nous ferez-vous cet habit. LE MERCIER.Trois écus six sols six deniers.Voilà mon mot pour le dernier, MVous nen verrez point de plus beau,Depuis le bas du pont en haut.Je le laisse au prix quil coûte.Ne faite donc point le marroufle,Prenez-moi vittement au mot, [55]Ou vous passerez pour un sot. BENOIST.QjLioyque je sois couvert de laîne.Je ne suis point moutons de Maine,Espagnol non plus quAlleman,Pour donner ainsi mon argent. [HSi je vous en donnois trois livres.
  37. 37. 38 LA VILLE DE LYON Je lacheterois à la livre, Il ne vaut pas un faux écu, Car il a deux trous près du eu, En vérité il nen peut plus, [65] Tout déchiré et découssus, De tous cottez il montre la corde, Par-bleux jay peur quil ne me morde, Il montre le eu et les dents, Certes il fait peur aux pauvres gens. M LE MERCIER. Messieurs ne faut point se gosser, Car je pourroit bien men chocquer, Vous navez pas besoin dhabit, Et vous avez trop de babil. PIERRE. Allons amy sortons de grâce, [75] Vois-tu comme il fait la grimace. Laissons les chausses et le pourpoint. De peur davoir des coups de point, A gauche ce sont les Merciers, Accompagnez des Savetiers, M Jen vois un qui sadresse à nous, Mon bon amy que voulez-vous. 7 LE MERCIER. Messieurs, à mes belles chemises.
  38. 38. EN VERS BURLESQUES 39Aux fines glaces de Venise,A mes fins cizeaux de Moulin, [85]Quand je dis vrai je ne men point,Aux fausses manches à grand point,Belle cravate de fin lin.Belle bources, fines lunette.Aux beaux rabbats, belles ma(n)chettes, [90]Enfin à tout ce que je vent,Venez apporter vôtre argent. BENOIST.Mon amy gardez vos lunettes,Nous en avons bien de mieux faitesQue nous vous prêterons toujours, [95]Pour apprendre à lire au bon jour,Amy sortons vitte de grâce.Et sans point faire la grimace,Pousse ce vilain Païsant,Mor-bleux tu vas trop lentement. [100] LE SAVETIER.Icy Messieurs que voulez-vous,Des beaux Souliers mignons et doux,Doublé de fort bonnes semelles.Jamais vous nen vitte de telles.Vous les porterez plus dun an, [los]Sans y coudre un point seulement.
  39. 39. 40 LA VILLE DE LYON PIERRE. Aux autres ceux là sont riflez, Mon amy gardez vos soûliez, Fusions-til tout garny de doux Ils sont trop mal baty pour nous. ["o] LA LIBRAIRESSE. Venez ça mon petit mignon, Nachetterez vous rien de bon. BENOIST. A vous la belle Librairesse, Tête bleu que vous avez presse. Et bien quavez vous donc de bon? ["sl LA LIBRAIRESSE. Voicy les œuvres de Scarron, Et les Satyres de Boileau, Des plus augmentés et nouveaux. 9 PIERRE. Avez-vous Paris ridicule, Ou bien les amours de Catulle, [120] Enfin quavez-vous de plus beau, Ces Livres reliez en veau, Montrez vôtre arrière-boutique. Vos magasins qui font la nique, Aux Libraires de rue Mercière, [t^sl Avec vous nous ferons affaire.
  40. 40. EN VERS BURLESaUES 4I Montrez vos livres précieux, Admirez des plus curieux. LA LIBRAIRESSE. Voulez-vous Pierre de Provence, Ou bien douze Pairs de France, les L^3o] Le grand Avanturier Buscon, Avec les quatres Fils Aymon, Ou lEspiègle, la belle Heleine, Gargantua, Polichinelle, Enfin tout ce que le temps, L135] Donne de beaux et de galant. Avez vous quelque maladie. Le tombeau de mélancolie. Vous guérira dans le moment Que vous rirez en le voyant, [140] Ou bien si vous me voulez croire,10 Pour dissiper vôtre humeur noire. Prenez les Songes et vision. De Briscambille le boufon, Qui vous feront pis(s)er de rire, [ms] En contemplant ses resveries. PIERRE. Que nous ferez vous ce beau livre. LA LIBRAIRESSE Vous men donnerez quatre livres.
  41. 41. 42 LA VILLE DE LYON PIERRE. Si je VOUS en donnoit vingt sou Vous méprendriez pour un grand fou, [^50] Voyez quil est mal relié. Tout gattez et tout embarbouillé, Me prenez vous pour vôtre dupe Nous on des haut non pas des jupes. LA LIBRAIRESSE. Tout beau, Monsieur, appaise-vous [^ss] Que vous êtes tendre en courroux La mort seule doit nous fâcher, Non un sujet si léger. pas Voyons donnez moi un écu, Voilà vingt sols de rabattu, [^H Ce que vous allez réhauser Nous fera possible accorder. II PIERRE. Regardons enfin ce beaux Livre Je crois quil nous ferois révivre Si nous devenions assez sot, [1^5] Pour laisser souliers et sabot. LA LIBRAIRESSE. Du moins sil vous faisoit mourir, Ce seroit à force de rire. Voyez seulement son portrait,
  42. 42. EN VERS BURLESQUES 45Il ny a pas jusques au moindre trait, [170]Qui ne donne plus de plaisir,Que boire manger et dormy,Enfin de Tun et lautre bout,Vous le verrez plaisant par toutIl pour casque une marmitte, a [175]Pour plastron une lichefritteArmé dandoûille et soussisons,Na til pas bonne façon,Une broche pour allebarde.Plaine de chappons et poulardes, L180]A cheval dessus un tonneau,Voilà pas un beau jouvenceau,Qui le pot et le verre en mainSemocque par-bleu du chagrin. BENOIST.Quarante six sols six deniers, [i^s]Voilà mon mot pour le dernier,Donnez-le si vous estes sage.Vous nen aurez pas davantage. LA LIBRAIRESSE.Et bien. Messieurs, ne jurez pas,Pour ce prix vous ne laurez pas, [190]Un Libraire de Belle cour,Me le marchanda lautre jour.
  43. 43. 44 LA VILLE DE LYON Il men donne un écu blanc, Il ne sen manquoit que six blanc, Jaime bien mieux le luy porter, [195] Mon argent il pourra conter, Au même instant quil le verra, Car ce Monsieur nest pas ingrat. Il paye bien ce quil acheté, Je vous le jure et proteste, [200] Tous les Merciers de sur ce Pont, Luy portent tous leurs Livres bons. Cest lhomme le plus curieux. Qui soit sous la voûte des Cieux, Soit en médaille ou en Livres, [205] Nul dans Lyon ne le peut suivre. ^3 PIERRE. Nen Voila assez Madame hola, Portez-luy ce beaux Livre là. Et si vous le croyez si sage, Portez-luy votre pucelage. [210] BENOIST. Qui voudroit voir tous ces Merciers, Il faudroit un an tout entiers. Jamais je ne vis tant des Livres, Lon a fort bon sujet de dire. Adieu la pluspart des Libraires, I215]
  44. 44. EN VERS BURLESaUES 45 Le Pont est changez en rue Mercière, Les Savetiers se font Libraires, Ma foi je ne men souciez guère, duittons ce Pont, allons au Change, Pous(s)e-moy ce vendeur dorange, ["oi Et dans deux ou trois saut léger. Nous serons vers cet horloger, Quà tous les autres fait la nique. Tous les soirs vuïdant sa boutique La remettant aux habitans, [225I Qui y font la garde en tout temps. PIERRE. Nous y voici par grand bon-heur,14 Sans infortune ni malheur. Mais voyons de prés cette loge. Ce beau couvert et cet horloge, [230I Et ce cloché fait à la mode. Plus que nul autre incommode. Si ce couvert étoit dardoise. Il seroit plus haut dune toise. Cependant montons les degrez, [235], Possible, men sçauras tu gré, Tous ces Messieurs qui se promènent, Le plus souvent sont bien en peine. Ne voyant point leur débiteur,
  45. 45. 46 LA VILLE DE LYON Il en sont triste jusques au cœur, [240] Appréhendant la banque-routte, Qui fort souvent cher leur en coûte. BENOIST. Lenvie me prend ou je meure, Avant quil soit un demy quart-dheure, Daccoster quelque corratiez [245] Et de gaigner son amitiez, Pour me faire prester cent livres Par après je seray plus libres, Jauray dans Lyon cent cousin, Quand ma bourse fera trin trin, [250] Mais que veut dire tout ce monde, Qui fait tant par icy la ronde, is Nest ce point quelque Pèlerin, Qui sest levez à ce matin. Pour jouer de cet instrument [255] Quon appelle harpe en Allemand ; Japperçois cest une fruitière, Qui querelle un porteur de chaire. Je croy quelle nous fera rire, Approchons la fruitière crie. L260] LA FRUITIERE. Que vou-tu dire, maistre Jean, Nes-tu pas un vray fainéan.
  46. 46. EN VERS BURLESaUES 47 Un yvrogne et un corna, Et te vou encor raisonna. LE PORTEUR DE CHERE. Perquay ne raisonneray je pas, [265] Ma fay je ne me trompo pas. Je connaisse ben à ta mina. Que ta beu may duna choppina, Macquerella de parta-faix, mety que te Je sçay lo fais, • [270] Comben a-tu vendu de fille Qiiastura trainon le guenille. LA FRUITIERE. Te nia menty, larron, filou, Punais, bouquin, chien de hibou,16 Avoy ton vilin na camard, [275J Te semble lo chin de vimard. Sijempugno cety bâton, Te chantera un otro ton. PIERRE. Laissons ce beau carrillonnage. Approchons ce vendeur dImage, [280] Dieu vous gard, M^ le Bourgeois. limagé. Et à vous, Messieurs les villois.
  47. 47. 48 LA VILLE DÉ LYON BENOIST. Faites-nous voir de vos Etampes, Des plus belles et fines trempes, Navez vous point quelque portrait, L285] De quelque Peintre fort adroit, Soit de Monsieur ou Demoiselle, Dessus de velin ou de toille, Cela ne nous importe point, Hâtez vous et ne tardez point. [290] limagé. Messieurs je vous veux satisfaire. Car jay icy tout vôtre affaire. Soit en papier ou en velin, 17 En lin, en toille, en parchemin. Soit en grosse ou fine peinture [295] En détrempe ou mignature. En grand, moien ou racourcy. Je ne suis point mal assorty. Jai des petits et grands ouvrages, Tant pour que pour les sages, les fous [3001 Enfin que chez moy. jay cela Je pourrois contenter un Roy, Tenés, voyez moi ces Tableaux, Ils sont de maître Jean Roseaux, Cet bien le meillieur ouvrier, [305I
  48. 48. EN VERS BURLESaUES 49 Qjui soit dedans tout ce quartier Cest luy qui peint toutes les armes, De ceux que lon enterre aux Carmes Aux Minimes aux Celestins, Aux Cordeliers et Jacobins, [310] Et presque toutes les Eglises, Cest luy qui dépeint les devises, Et mêmes tous les écus(s)ons, Des maîtres couvreurs et massons. Qui sont quelquefois assez bêtes, [315] Pour se laisser casser la tête, Tombant de quelque bâtiment, Commil arrive fort souvent. du Bœuf, Lautre jour deux en rue Tombèrent sur un pannier dœuf, [320] Ecrasèrent bien cent poulet,18 Auparavant qui fussent fait. Ils avoient chacun cent pistoUes, Mais leurs femmes bonnes et folles. Qui dévoient en faire ripailles, [325] En payèrent leurs funérailles, Et ce maître Jean mon amy, En eut vingt écus et demy : Jay bien aussi quelques coppies, De mon Compère la Folie, [330]
  49. 49. 50 LA VILLE DE LYON Cest bien louvrier de Lyon Qjai peint de la meilleure façon, Je vous jure aussi que personne, Si ce nest cet excellent homme, Ne touche à ces dignes tableaux, [3?5l Quon expose sur les Terreaux, Quand quelque pendart de la grille De peur de danser a fait gille. PIERRE. Et quoy misérable coquin, Nous prens-tu pour quelque faquin, [340] Est ce là donc ces rares pièces. Que tu vante avec hardiesse, Certes je croyoit vrayement. Quil ^avoit rien que de charmant, A lentendre jurer sa foy, [345] Quil pourroit contenter un Roy, 19 Lon diroit que le Sieur le Brun, Connu de Messire un chacun. Et sa Royalle Académie, Luy fourny moindres coppies. les L350] Jattendois quelques beaux desseins, Dés racourcy fait à la main Qjuelques fins crayons de Bel-Ange, Ou du célèbre Michel Ange
  50. 50. EN VERS BURLESQ.UES 5IOu bien du sçavant Raphaël, [355]De lexcellent Seigneur Phaël,Quelquun de ces desseins antiques,De ces verdures ou portiques,Enfin je croyoit que nature,Ce fût épuisé en peinture, [360]Pour faire le moindre ornement,Du Cabinet de ce manant. limagé.Je commence vous entendre, àEt bien Messieurs je vous veus vendre.De ces pièces inestimables, [365]Mettez vitte argent sur table,Mais je vois bien que peut être,Vous voudriez des pièces de Maistre,Et de maître au superlatifSans me conter du positif. [370]Nimporte je vous veux com(p)laire,Venés Monsieur nôtre Compère,Jettez les yeux premièrement.Sur ce trait du vieux Testament,Ou la tête du pauvre Isaac, [37s]Alloit entrer dedans le sacSi lAnge dune voix plaisante,Neût dit Abram Dieu se contente.
  51. 51. 52 LA VILLE DE LYON Voyez-moy cette Véronique, QjLielle est belle et antique, [380] Ces beaux crayons fait à la main, Du sçavant Monsieur de Poussain, Voyez ces Dieux et ces Déesses, Les Empereurs et leurs Maitresses, Avecque les douze Césars, [385] Il sont du sçavant Elzears, Cest un sçavant peintre Allemand. Jay dun autre peintre Flamand, DOvide les Métamorphose, Si vous desirez autre chose, [390] Jai de Demoiselle Stella, Ce beau Crucifix que voila. Son prix est de cinq livres et dix, Cest un chef dœuvre je vous dis, Jai de la même Damoiselle, [395] La description des Pastorelles, Avecque tout le jeux denfance. Qui contienent quatre-vingt planche, Mais quoy ne suis je pas bien bête, De me casser ainsi la tête, L400I 21 Et maltérer si vainement. Sans gagner un sou seulement, Acheptez ou gagnez la porte. Et allez amuzer quelque autre.
  52. 52. EN VERS BURLESaUES 53 PIERRE.Et bien jestime ces Marchands, [405]Qui sçavent attirer les chalants,Allons sortons de cette place,Laissons luy faire la grimace.Enfilons la rue saint Jean,Marche, tu vas trop lentement, [410]Tournons ce coing, allons à la fronde,Car jentens mon ventre qui gronde,Ilveut des réparations.Pour que nous luy faisons, les torsHola ho donnez nous bouteille, ! [415JDe vôtre charmant jus de treille,Avec la tranche de jambon.Pour nous le faire trouver bon. lhoste.Messieurs, vous soyez bien venuVive ceux qui montrent le eu. [420] BENOIST.Monsieur nous demandons choppine.Ou est allez vôtre Claudine. lhoste.Elle met en perce un tonneauDe très excellent vin nouveau.Mais après cette philozelle, [425]
  53. 53. 54 LA VILLE DE LYON Lon pourra bien tirer léchelle, Car cest le meilleur sans façon, Quon puisse trouver dans Lyon, Cest un grand vin de réserve, due je garde et je conserve, [430] Pour les gens du haut mérite, Qjui viennent me rendre visite. PIERRE. Nous vous sommes fort obligez, Ce vin nous pourra soulagez. Dépuis trois heures nous parlons, [435] Marchons, pestons et clabodons. lhoste. Ce vin vous va réfaire icy Vitte Claudine icy deux verres, Tenez, Messieurs gouttez le bien. Je ne vous en demande rien, [440] Si vous ne ditte quil est bon. Et très excellent le jambon. PIERRE. Ma foy je suis tout entêté. Ça nôtre hôte à vôtre santé. lhoste. Je vous rend un million de grâce, [445] 23 Mes chers amis grand bien vous fasse.
  54. 54. EN VERS BURLESaUES 55Et bien ne vous lay-je pas dit,Que lon noublie les soucy,En avallant cette liqueur,Qui nous remet le ventre au cœur. [450] BENOIST.Dites plutôt le cœur au ventre,Car il est là dedans son centre,Mais ditte nous par parentèse,Combien vendez vous la semaise,De cet excellent hypocrat, [455]Propre à enyvrer les rats. lhoste.Semaise cet quatre choppines,Approchez vous vitte Claudine,Prenez dargent de ces Messieurs,Pendantquil sontde bonne hume(ur). [460] CLAUDINE.Messieurs il me faut quatre franc,Et si joublie le safran,Qjue jay mis dedans le potage.Avec la livre de fromage. PIERRE.Vous sçavez bien vôtre métier, [465]Vous naurez de nous que le tier.
  55. 55. $6 LA VILLE DE LYON CLAUDINE. Messieurs, en fait dhonnête gens, Je ne prend point garde à largent, 24 Car pour vous attirer chez nous. Je veux bien perdre avec vous. [470I BENOIST. Allons nous en à lAudience, Cest un jour de réjouissance, Nous entendrons la cause grâce, Mais dont vient tant de populace. Que je vois arrêtez à ce coing [475] Approchons nous pour le certain, Pousse moy ce vendeur de miche, Japperçois un homme qui affiche, Nest ce point quelque Edit nouveau Contre Messieurs les Huguenots. UH PIERRE. Ce nest rien que la Comédie, Pourtant la pièce est jolie, Sont les cocus imaginaire. Par-bleu voila bien nôtre affaire. Si tu veux, je sçay le moyen, [485] Dentrer sans quil nous coûte rien. Je suisconnu sur mon honneur. Dans le logis du Gouverneur,
  56. 56. EN VERS BURLESQUES 57CestMonseigneur de Ville-Roy, du Roy,Fidelle serviteur [490]Marchons donc vitte je ten prie,Contre la rue des trois Maries,Approchons de ce Paysan,Nous entendrons son compliment,(lui(l) fait avec que tant dardeur [495]Nuë tête à son Procureur. LE MANAN.Monsieu nay jo pas ben raison.Comme plus vieu de la maison,Jay toûjour ay eu soin du bien,Et astura je naray ren, [500]Je me seray creva de paina.Et per una doubla vilaina.De bella seur qua cajolla,Mon pare y se laissia alla,Y donne lo tray quart du bien, [505]Et may lo plus vieu naray ren.Plaida me de bonna fasson,Je juro je suis bon garçon.Ne teny pas la bouche closa.Cria bien, emporta ma cosa, [510]Je vo foy présent dun levrot,Sçachit que suy bon drillot.
  57. 57. 58 LA VILLE DE LYON PIERRE. Et bien que dis-tu du manan, Fait-il pas bien les complimens, Le Procureur prend le levrot, [515] En se mocquant du pauvre sot, Illuy donne ville gaignée, Pourveu quil aye la lippée. Laissons le manan à cette heure, Il neuf heures ou je meure, est [520] 26 Quoy que lheure ne presse pas. Marchons vitte, doublons le pas. Au Palais allons prendre place, Croy moy ne fait point la grimace. Aujourdhui cest le jeudi Gras, [525] Le Plaidé nous réjouira Arrêtons un peu je te prie, Jentens une fille qui crie, Se plaignant tout haut quun garçon, Luy a fait faire un popon. [530] LA FILLE. Messieurs nest il pas bien dommage. De voir une fille à mon âge. Réduite jusques à ce point, Quun garçon ne me veuille point,
  58. 58. EN VERS BURLESCLUES 59Au temps quil eût mon pucelage, [535]il ne tenoit pas ce langage. LE CONSEILLER.Ma mie vous estiez bien foie,De vous prendre à ses paroles. LA FILLE.Il me promit de mépouser,Je ne losa pas refuser, [s4o]Mais Monsieur nest il pas raison,Que vous majugez une pension.Pour nourrir la Mère et lenfant,Aux dépens de ce matafan. LE CONSEILLER.Ma mie on vous rendra Justice [545]Le droUe payera Tespice,Tous les ans il donnera cent franc,Pour la pension de lenfant. LA FILLE.Et si lenfant vient à mourir.Monsieur que me donnera-til. [550] LE CONSEILLER.Il vous donnera le bon jourEt vous le bon soir à vôtre tour. LA FILLE.Me voilà pas mal satisfaite,
  59. 59. 60 LA VILLE DE LYON Se puisse t il rompre la tête, Non pas venir emboiser les filles, [s55] Pour les réduire à la grille. PIERRE. La pauvre fille est désolé, Pour sestre trop laissé allé, Allons, nous en sçavons assez, Descendons en bas du Palais, L5H Tourne-toy gagnons les degrés, La descente est à mon gré, Plus que nest a ceux quon va pendre, Tournons ici sans plus attendre. BENOIST. Nous voicy en bas par bon-heur, [565] Proche les bancs des Procureurs, 28 Laissons les avec les Sergens, Je nont besoin de telle gens. Sortons vittement de céans, Passons au devant saint Alban [570] Marchons droit contre cette allé, La traversant nous pourrons allé Dans lEglise de sainte Croix, Nous y voicy en bonne fois. Faisons icy nôtre Prière, . [575] Puis poursuivant nôtre carrière,
  60. 60. EN VERS BURLESaUES 6l De sainte Croix dans saint Estienne Lon ne sort point à la charriére, Car lon voit lEté et lHyver, Trois Eglises sous un couvert, [sSoj De saint Estienne à saint Jean, Le trajet ne sera pas grand. Il ni a quà gagner la monté, Et nous y serons tout porté, Nous y voicy certainement, [585] A présent saluons saint Jean, Ce grand Précurseur du Messie, Qui a passé toute sa vie. Dans une grande sainteté Sans jamais boire ny tête, [59°] Du jus du vin ny de cervoise. Que celle quon tire à la toise. Puis nous verrons les raretés, Merveilles et curiosités,29 Du passé et du temps présent, [595] Du Païs Turc et du Persant, De lArménie et de la Grèce, Du Maconnois et de la Bresse, En un mot ce fameux Horloge, Qui a pour habit une loge, [^H Qui conserve et entretient,
  61. 61. 62 LA VILLE DE LYON Tous les misteres qui(l) contient. Quand jauray dit mon Oraison. Jen feray la description. LORLOGE SAINT-JEAN Commençons donc par le plus fier, [605] Que le Lion ne peut aimer, Le Coq au dessus du clocher, Auparavant que de chanter, Il se frappe deux fois des aîles, Et les remet sur ses aisselles, [610] Et puis il chante coco coùe, Suivant les ressorts de la roue. Puis quelque temps après cela, On entant chanter fa sol la, Par des célestes Musiciens, I615 Qui saccordent trétous très bien. Je my connois, je le puis dire, Mais que sert-il je les admire, Au son du chant mélodieux. Lon voit ouvrir un petit lieux [620] Par où lEsprit de Dieu en flâme.
  62. 62. EN VERS BURLESQUES 63?o Descend au dessus nôtre Dame, Qui donnant son consentement, Ce que lon voit visiblement, Par une grave révérence, [625] Quelle fait lors quelle savance, Vers lArchange qui la salue. Qui ne descend pas de la nue. Pourtant je nen jurerois pas. Je vous assure en tout cas, [630] Quil souvre une petite porte. Puis savance en cette sorte. Prés de Marie arrestant là, Il luy dit Ave Maria Et pour achever le mystère, [655] Au dessus on voit Dieu le Père, Qui trois fois pendant laction. Donne sa Bénédiction, Chacun ayant ainsi leur conte, La Saint Esprit en haut remonte, [640] Marie comme auparavant, Retourne prier promptement, LArchange renferme la porte. Ainsi la Céleste cohorte du temps, Finit dans lespace [645] Quon chante lHymne de saint Jean,
  63. 63. 64 LA VILLE DE LYON Laissons le saint qui se promeîne, Par chaque jour de la semaine, Sarrêtant pourtant dans la niche, 31 Où tous les matins il se niche, [650] Laissons-ià le bon Fayeton, Il est de couleur de lotton. Suivit de toute sa milice, Ses palais et son exercice Et sa femme à trogne pâle, [655] Pour avoir méprisé les mâles, Laquelle change en bonne fois, Tous mois du moins quatre fois. les Laissons tourner tout doucement, La roue qui tous les cent ans, [660] Fait un seul tour de promenade. Allons secouer la salade, Dépêchons vitte je ten prie. Car jentens mon ventre qui crie, 11 faut avoir pitié de luy, L^^s] Si je veux vivre sans ennuy. PIERRE. Marchons droit contre la grand porte, Traçons des pieds de bonne sorte. Régarde un peu ce portail, Construit avec tant de travail, . [670]
  64. 64. EN VERS BURLESQUES 6$ Seroit de Lyon le plus beau, Si ce nétoit les Huguenots, Mais ils lont mis presque en lambau, Lon dit quil leur coûta bien chau.32 BENOIST. Cela ne me contente pas, [675] Allons nous en tout de ce pas. Manger une bonne poularde, Dans le logis de la Bombarde, Tournons à gauche pour certain, Nous y serons en moins de rien [680] Entrons céans nous y voici, Vive la joye point de souci. PIERRE ENTRANT A LA BOMBARDE Dieu soit céans, lHôte, lHôtesse, La poule au pot en allégresse. Cependant Monsieur lécuyer, [685J Afin de nous des-ennuyer. Allez vitte courez au vin, Sans faire le George Dandin, Le cœur me manque je me pâme. Au secours, lHôte et sa Femme. [^90] lhoste. Hola serrez-moy la main. Attendez à mourir demain.
  65. 65. £6 la ville de lyon lhostesse. Escuyé courez vite au vin, Cest le remède souverain, Tirez du meilleur et du vieux, [695] Il lui fera ouvrir les yeux, BENOIST. Courage le voilà remis, 53 Dépêche toy mon cher amis, De nous faire une fricacé, De deux perdrix entre lacé [700] De quelque chose de bon goût, Et nous en fait un petit ragoût. Le ragoût est des plus friant Et le vin est très excellent, Bien meilleur quil nest à la Fronde, [705] Amy beuvons en à la ronde, A la santé certainement De la fille et du manant. PIERRE. La fille na autre intention. Que une pension, davoir [710] Et le manant est un grand sot, due davoir donne son levrot, Le Procureur en le mangeant. Ne songera pas au manant.
  66. 66. EN VERS BURLESQUES 67 Contons vite, payons lHostesse, [715] Dépêchons nous lheure nous presse; Madame voilà trois écus Que jai gagné à un Cocu, Donnez dix sols à lEcuyer, Afin de le desennuyer, [720] Adieu Madame Jaquemain, Jusques au soir ou bien demain, Gagnons vite le chemin neuf Et laissons la rue du Bœuf.34 BENOIST. Tu te joues de ma bonté, [72$] De me faire si haut monté, Amy ne te faut point fâcher, Nous sommes arrivé au marché, Si je teusse eu ce matin. Je taurois vendu pour certain, [730] Car tu es une bonne beste. Tu naurois pas été de reste. Nimporte faut gagner la cime. Passons au devant des Minimes, Tirons tout droit contre S. Just, [735] Et puis ne faisons point refus Quand nous serons dehors la Ville, De réposer là nos guenilles.
  67. 67. 68 LA VILLE DE LYON PIERRE. Arrêtons nous je vois un bouché, Contre son valet fort fâché, [740] Avançons pour voir sa dispute. Nous y voici, écoutte, écoutte. LE MAITRE. Naidiu etay de la façon. Quon habille lo viau, masson. Passa la porto, grou nigau, [745] Va apprendre habilli lo viau. LE VALET. Naidiu je la passeray pas. Afferma vous ne mavy pas, 35 Si la Maîtressa dit du faire. Je verrai que jaray affaire. [750] BENOIST. Nous navons pas perdu le temps. Davoir oui ces complimens, Gaignons la porte de la Ville, Traçons des pieds comme deux drilles, Entrons au bœuf, car lon ma dit, [755] Quon boit de bon vin le Jeudy. PIERRE. Bon-soir à Madame lHôtesse, Dites vite que Ton se presse,
  68. 68. EN VERS BURLESaUES 69 De nous tirer et du meilleur, Qui nous réjouisse le cœur, [760] Beuvons à la santé de lHôte, Quoi quil aye perdu ses bottes. En revenant de Milleri, Cest quil se rencontra surpris, Comme fut le Père Noë, [765] Quau même Saint sétoit voue. Lyon estoit la autre fois, Je te le jure en bonne foy. Du temps de lEmpereur Néron, Il faisoit bien le fanfaron, [770] Mais le feu layant consumé. Lon dit que Plancus fut nommé. Pour restaurer le bon Lyon Dans létat que nous le voyons,36 BENOIST. Payons tout ce quavons de vin, [775] Continuons nostre chemin. Allons passer prés de S. Roc, Qui au dessus de ce Roc, est Mais disons un mot de Choulan, Cette eau propre pour les Galans, [780] Qui veulent baiser les femelles. Approchons nous donc auprès delle.
  69. 69. 70 LA VILLE DE LYON Regarde son petit tuyau, Qui jette dedans ce Tonneau. PIERRE. Ma foi je ne men soucie point, [785] Je ne mets la presse quau vin, Marchons contre la Quarantaine, Et de là sans beaucoup de peine, Nous irons droit contre S. George, Nous y voici voyons lOrloge, [790] Et nous sçaurons quelle heure il est, Pousse ce vendeur de ballet, Y sen va trois heures passés, Marche que nous sommes pressés, Sortons de ce quartier icy, [795] II ny croit rien que du soucy, Je crains les Archers et Sergent, Car lon ma dit certainement, Quils sont presque tous coupponiez. Ils nous pourroient bien empognez [800] 37 Et puis il faudroit pour certain, Toy et moy baiser le baboin. Marchons contre la boucheri, Et tu nen seras pas marri, Ecoutons ces quatre Bouché : [805] Le second paroit tout fâché.
  70. 70. EN VERS BURLESaUES JI BOUCHERIE S. GEORGE. [le premier boucher].Naidiu, jay un enfan de douzan,11 vaut mai que non pas deu shomo,Ilhabille den un momenUn mouton comme un gentilomo. [Sio] [le second boucher].Naidiu lo mino y a huitan,Qui va à lécoula à rua S. Jean,Son maître na pas lo renon,De ly apprendre à mena un cayon. [le TROISIEME BOUCHER].Naidiu compare mon ami, [SislJai un garçon dun an et demi,Je gajo que du permi cou.Il assomeret bien un bou. [le QUATRIEME BOUCHER].Naidieu jay un enfan de tray mayY sera un puissant garson, [8203Il a le man large ma fay,Comme dépaule de mouton.
  71. 71. 72 LA VILLE DE LYON PIERRE. Et bien quen dis tu cher amy, 38 Sont-ce pas là des vrais amis, Qui se content leur avanture, [825] Je suis satisfait je te jure, Lentretien nest pas des plus lait, Tournons à la Croix du Sablait, Nous irons contre la Rivière, Jentens déjà la Batelière. L830] LA BATTELIERE. Veni ici, Rossiau, Rossiau, Veni avoi mai passa Tiau, Per deu bon liard je vous mettrai, A lArcena fussia-vos trai, Vodria vous bien faire lo tor, [835] Dessus lo Pon de bella Cor, Vo gateri un sou de solard, Per volai étogi deu liards. PIERRE. Ma foy, elle a trop bonne grâce, Allons vite retenir place. [840] BENOIST. Attend que je veux voir ces dances. Voila la chanson quon commence.
  72. 72. EN VERS BURLESQUES 73 CHANSON ET AUBOIS.39 Jean dance mieu que Piro, Piro dance mieu que Jean Y danson bien tou deu, [845] Mais Piro dance mieu, etc. PIERRE. QjLioy que ce drôle soit lourdeau, Il dance assès bien ce rondeau, Continuons nôtre carrière, Passe nous vite, battelière. [850] BENOIST. Enfin nous sommes à lArcenal, Sans avoir receu aucun mal. Ces Canons tous le long rangez. Sont presque tous des étrangers. Que lon a pris en divers temps, [85s] Aux Espagnols, Comtois, AUemans. PIERRE. Courage sortons de céans. Disons adieu à maître Jean,40 Tirons contre lAcadémie,
  73. 73. 74 LA VILLE DE LYON Noublie à saluer ta mie, r«6oî Et prens bien garde à ce coché. BENOIST. Nous voici prés de saint Miche, Entrons dans ce portai ici, Nous y bannirons nos soucis, Jouons chopine aux palais, [865I Puisque nous sommes de relais, Pour boire chez Monsieur Noirat, Lon dit quil vaut de lHipocrat, Aisnai sappelle ce jardin. PIERRE. Dépêche toy George Dandin, [870 En vérité tu dois le vin, Continuons notre chemin, Passons au devant saint Joseph, Il est des heures presque sept, Entrons dedans ce nit à Rat, [875I Cest ici chez Monsieur Noïrat, Dieu soit céans Monsieur Colin, Donnez nous du vin gridelin. 41 LE CABARETIER. Messieurs en voila du meilleur, Qjui fait oublier le mal-heur. [880
  74. 74. EN VERS BURLESQUES 75 BENOIST. Le vin est bon sans barguigner, Mais lon ma dit quau trois paniers, Il est ma foy beaucoup meilleur. Dy nous aurons lhonneur. aller Souper dedans un couple dheures, [885] Sortons donc de cette demeure, Marche contre la Charité, Je te jure en vérité, Que je ne vai point au Rempart, A cause quil se fait trop tard. [890] PIERRE. Nous voicy arrivé aux Tillots, Ha Dieu vous gard maître Guilliot, Je vous vois à la promenade, Parbleu nous serons camarade, Faisons ensemble un petit tour, [895] Sous les tillots de Belle-Cour, Ces arbres tous de long rangé Resemblent a des Orangé,42 Je croi que dedans les fossé, En lhyver il fait bon glissé. [900] BENOIST. Enfilons dans ce petit coin, Cest la rue du Bourchanin,
  75. 75. 76 LA VILLE DE LYON A main droite le Pont du Rône, A main gauche celuy de Saône, Amy passons vite la rue, [905] Ne faisons pas le pied de grue, Car 1 on nous prendroit pour certain Pour des Cornars du Bourchanin, Marche droit contre lHôpital, Je croi que ce jour mest fatal, [910] Un clou ma déchiré mon linge. Devant le Rendé-vous des singes, A gauche sont les Jacobins, Ces bons Pères prêchent très bien. BENOIST. Marchons le long de la grand rue [915] Sans tant faire le pied de grue Nous voici à la boucherie. Regarde ce bouché qui crie, Approchons nous certainement. Nous entendrons leur compliment, [920] 43 Ecoute sans faire semblant. Il commence certainement.
  76. 76. EN VERS BURLESQUES 77LA BOUCHERIE DE LHOPITAL. [le premier boucher.]Naidiu je ne me moquo pa,Je reveno dessus mo pa.Jay demora tôt lo matin [925]Den lo marchi per lo certain,Sen trouva un Cayon raisonnablo,Por lamena dan mon établo. [le second boucher.]Naidiu jay fait lo semblablo,Jaita à la feire per malheur, [930]Sen trouva un Ano raisonnablo,Quapprochisse de mon humeur. [le TROISIEME BOUCHER.]Naidiu venan de sainte Fay,Je te juro en bonna fay,Su ma Cavala avoy deux Viaux, [935]Je me rompi tou lo musiau.Et ella neu pa u visageo,Solamen lo moindro dommageo.
  77. 77. 7^ LA VILLE DE LYON [le QUATRIEME BOUCHER.] Naidiu e yet pro raisonna, Je ne ganio pas mon dina, [940] Je voi tua ma maitia de bon, Vin tua la tina, si te vou. PIERRE. 44 Et bien que dis-tu des Bouché? Ma foy je serois bien fâché, Davoir manqué loccasion, [945] Douir des contes si bouffons ; Continuons notre chemin, Il se fait tard pour le certain. Laissons rue Noire et rue Raisin, Tournons en rue Thomassin, L950] Et sans point faire de fracas, Passons au devant du grand Cas, Entrons dedans les Trois Paniers, Ami ne faut point barguinier. BENOIST. Bon-soir lHôte, aussi lHôtesse, [955J Je veux toujours rimer sans cesse. Car je suis lhumble serviteur, Aux deux filles de tout mon cœur. Quoique je fasse le badin, Courez moy au vin tout soudain, [960]
  78. 78. EN VERS BURLESQUES 79 Si je nay de cette liqueur, Lon me verra faillir le cœur, Mettez deux poulets à la broche, Et une perdrix tout au proche,45 Un ragoût pour entré de table, [965] Une salade raisonnable, Voilà tout juste en bonne foy, Pour mon camarade et pour moy, Beuvons le vin est excellent, Lyon nest-il pas bien plaisant, [970] Je te le jure et te proteste. Nous verrons autre fois le reste, Cependant faut payer lHôtesse, Depêchons-nous lheure nous presse, Tenez voilà demi Louis, [975] Qui se monte cinq livres et dix. Avec que dix sols de monnoy, Cest votre conte en bonne foy, Trois sols et plus pour la servante. Qui a esté très diligente, [980] A servir pendant le repas, Allons nous coucher de ce pas. Le premier qui se lèvera. Lautre dormir il laissera. [984] FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE
  79. 79. 9( LA VILLEDE LYON, £iV VERS BVRLESQVES,[DEUXIEME] lOURNEE. CONTENANT. La harangue des Poiffonniere. Le débat des Fruitières. Léloquence desBattelieres. Et plufieurs entretiens facecieux.Corrige:^ & augmente^ par le fieiir P. B. A LYON, Chez PIERRE BOVCHARD, rue Tomasin au Chapeau dor. M DC. LXXXIII. Avec Permifjion.
  80. 80. Le titre ci-contre est la copie typographique du titre de Vexeni-plaire de lédition de i68^ conservé à la Bibliothèque de VArsenahSeule, V erreur « Première lournèe » a été rectifiée.

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