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Mumbay

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Mumbay

  1. 1. Lire la photo avec l’Agence France-Presse 4 août 2005. Mumbai (Bombay), Inde Un bidonville gagne du terrain sur des immeubles résidentiels récemment construits. AFP/Indranil MUKHREJEE1/3 © CRDP de l’académie de Versailles – 2008
  2. 2. Ni trop loin, ni trop près, un regard à distanceÉric VigoUne ville  : Mumbay, une des plus peuplées du monde, autrefois appelée Bombay, cons-truite sur une île de la côte ouest de lInde.Un moment : celui de la mousson, abondante, meurtrière souvent.Une photographie prise de haut, depuis un avion ou un immeuble. La distance nest pascelle du satellite, qui réduit la présence humaine à des signes infimes, ni celle de laproximité, qui nous amènerait à considérer les choses en observateur des histoires parti-culières de quelques habitants.Aidés par une prise de vue avec un objectif grand-angle, nous sommes à une distance quinous laisse embrasser du regard un paysage et réfléchir à sa géographie physique, so-ciale et économique. Nous percevons quelques détails interprétables, tout en ayant unevue densemble propice à la compréhension de phénomènes de dimension sociale.Le premier plan – presque la moitié de la photographie – est occupé par une masse com-pacte de petites habitations rectangulaires, qui a toutes les caractéristiques dun bidon-ville. Accumulation de matériaux disparates, de toits gris et bruns, disposés comme lestesselles dune mosaïque, à peine trouée par quelques taches de verdure et les taches vi-ves de nombreuses grandes bâches de plastique bleu. Ces dernières secondent les toitu-res percées ou servent dauvent pour des échoppes.Les pluies abondantes de la mousson menacent la vie déjà précaire des habitants. On sedemande même si les eaux sécoulent dans un tel labyrinthe. Linondation doit être la règle.On voit des bâches jusquau plus loin du paysage, signe peut-être que la pauvreté se re-trouve ailleurs.Le plan de ce village dans la ville ignore lordre, mais nest pas pour autant dépourvu degéométrie. Si les passages entre les habitations sont invisibles, deux axes boueux,étroits, semés de grandes flaques, traversent le bidonville. Une seule automobile y est vi-sible, alors quon aperçoit de nombreux piétons.Les limites du territoire forment un polygone simple. Des murs lenserrent, à hauteurdhomme, le long des terrains où se dressent de solides immeubles. Un autre mondecommence là.Dun côté, à lhorizontale, lentassement, sans intimité véritable et sans perspective  ; delautre, à la verticale, la possibilité pour chacun de disposer dun espace personnel, dairet de lumière. Là, si limmeuble est fini, pas de bâche bleue visible.Ces résidences se dressent claires, massives, avec, pour certaines, jardins et parkings. Delarges rues bitumées les desservent. Des zones verdoyantes, puis dautres bâtiments con-fortables viennent ensuite.Est-ce le bidonville qui monte à lassaut des résidences ? Ou bien les tours qui gagnent surla misère et lespace naturel ?Le grand-angle accentue la présence du bidonville, nous laisse deviner lintensité de sonactivité, mais ne dit rien du sens dans lequel se fait le mouvement.Quelle ville sortira de cette course à lespace ?2/3 Lire la photo avec l’Agence France-Presse © CRDP de l’académie de Versailles – 2008
  3. 3. Ni trop loin, ni trop près, un regard à distanceÉric VigoLe grand-angle accentue la présence du bidonville, nous laisse deviner lintensité de sonactivité, mais ne dit rien du sens dans lequel se fait le mouvement.Quelle ville sortira de cette course à lespace ?La photographie fait le constat dune situation urbaine impossible. Elle rend visible lafrontière conflictuelle entre deux habitats, deux vitalités qui sarc-boutent lune contrelautre et saffrontent pour loccupation des derniers terrains vierges disponibles.Elle met en lumière la fragilité dramatique de la vie des habitants du bidonville en souli-gnant des éléments, comme les bâches bleues, témoins de leurs conditions dexistenceprécaire.Cette photographie ne saurait donner toutes les clés pour la compréhension dun phéno-mène complexe, mais elle rend sensibles les forces qui tendent le tissu urbain. À ce titre,elle est un document éclairant.3/3 Lire la photo avec l’Agence France-Presse © CRDP de l’académie de Versailles – 2008

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