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  1. 1. 6/7/2015 Detaille Article http://ejournal.midi­olympique.fr/epaper/xml_epaper/Rouge/06_07_2015/pla_4995_Midi_Olympique_Rouge/xml_arts/art_29575776.xml 1/6 « Je serai sur le terrain tous les jours » Propos recueillis par Pierre­Laurent GOU  pierre­laurent.gou@midi­olympique.fr  Comment êtes­vous devenu manager du Stade toulousain ? Qui vous a recruté ? Il y a deux saisons, la question du renouvellement du contrat de Jean­Baptiste Elissalde s’était posée. À l’époque, j’avais été plus ou moins sondé à la fois par Guy Novès et René Bouscatel. Cela ne s’était pas fait : Jean­Ba avait prolongé son contrat. Un an plus tard, j’ai tenté une aventure avec le SC Albi. Ce fut bénéfique, pour moi mais aussi pour le club, les résultats en témoignent.  Et Toulouse vous a relancé…  Effectivement. Durant la saison, René Bouscatel est revenu à la charge afin de connaître la teneur de mon engagement contractuel avec Albi. Guy Novès m’a aussi rappelé, lorsqu’il a été question de lui à la tête des Bleus. Il m’a dit qu’il pensait que j’étais la bonne personne pour lui succéder. Mais, entre­temps, le RCT m’a proposé le poste d’adjoint de Bernard Laporte. Vous avez préféré Toulouse à Toulon ? Je n’ai pas dit non à Toulon pour dire oui à Toulouse. Même si Je n’avais pas eu le moindre contact avec Toulouse, j’aurai quand même refusé le RCT.  Pour quelles raisons ?  Mourad Boudjellal souhaitait une réponse assez rapide mais, de mon côté, il me fallait prendre en compte plusieurs paramètres. Le RCT et son effectif sont plus qu’attirants. Et je dois dire que j’ai été bluffé, charmé, par le personnage Boudjellal. Il y a un vrai décalage entre son image et ce qu’il est réellement. L’aventure me tentait clairement mais elle me posait pas mal de soucis personnels. Mon épouse possède un job très intéressant sur Toulouse et il lui fallait du temps pour l’aménager
  2. 2. 6/7/2015 Detaille Article http://ejournal.midi­olympique.fr/epaper/xml_epaper/Rouge/06_07_2015/pla_4995_Midi_Olympique_Rouge/xml_arts/art_29575776.xml 2/6 sachant en outre qu’elle est enceinte. Ce temps, je ne l’avais pas. Mais l’élément le plus déstabilisant se situait autour de l’avenir de Bernard Laporte à Toulon. J’avais envie de travailler avec lui au quotidien, pas en pointillé comme ce devrait être le cas cette saison. En disant non à Toulon, je pensais rester à Albi, avec qui je m’étais déjà plus ou moins engagé pour la saison à venir. J’avais d’ailleurs suggéré le nom de Mauricio Reggiardo pour s’occuper des avants. Finalement, René a repris contact avec moi, tout comme Guy.  Avez­vous hésité avant de dire oui à Toulouse ? J’ai passé trois semaines à « gamberger » en me disant que je refusais l’équipe la plus performante en Europe sur les trois dernières saisons… Et je ne voulais pas être celui qui passait à côté de Toulon, puis de Toulouse. J’aurai été inconscient de refuser le Stade toulousain. Du coup, ma venue ou plutôt mon retour à Toulouse s’est fait très vite : il fallait que je me positionne clairement vis­à­vis d’Albi qui a été plus que réglo envers moi. Toulouse est mon club formateur, j’y ai joué de longues années. Affectivement, s’il y a un endroit dans lequel je pouvais arriver aisément c’était ici.  N’est­ce pas surprenant de vous voir sollicité par des grosses écuries du Top 14 alors que, jusqu’à présent, votre expérience du Top 14 se résume à un échec à Castres, d’où vous avez été remercié, et à une descente en Pro D2 avec Brive ?  D’abord, je pense que l’on n’était pas nombreux cette année sur le marché. Mais, pour revenir à mon parcours, je me suis retrouvé très jeune, manager du CO. J’avais seulement 32 ans au moment du départ de Laurent Seigne et j’ai été nommé dans l’urgence. Ensuite, à Brive, je me suis retrouvé un peu dans la même configuration en prenant une nouvelle fois la suite de Laurent. Ces deux expériences sinueuses et moins linéaires que pour certains, m’ont servi. Dans ces deux endroits, j’ai géré l’urgence. Je ne renie rien, attention. Quand je prends le CO, je passe mes diplômes d’entraîneur mais aussi de manager professionnel. Je me suis donné les moyens de réussir même si les diplômes n’empêchent pas de faire des conneries… À Brive, j’étais plus un DRH qu’un technicien puisqu’à mon arrivée le budget est passé de 17 à 12,5 millions d’euros. J’ai passé mon temps à faire de la comptabilité, à négocier avec les joueurs des prolongations avec baisse de salaire. Sans m’en rendre compte, je me suis éloigné du terrain. Cela m’a usé, j’y ai laissé une trop grande énergie. À Albi, où les gens avaient envie que je vienne, je suis redevenu entraîneur de rugby. Certes, je me suis occupé de recrutement avec des moyens mesurés, mais j’étais sur le terrain.  Quels enseignements en tirez­vous ? Et quand tu perds à ce jeu, tu es un con, malgré tout ce qui a été fait de bien. Et je le dis à juste titre. Entraîner, c’est être porteur de solutions. À Brive, je ne les ai pas trouvées. Cet échec a été formateur. J’ai lu dans vos colonnes une interview de Christophe Urios, il n’est plus le même
  3. 3. 6/7/2015 Detaille Article http://ejournal.midi­olympique.fr/epaper/xml_epaper/Rouge/06_07_2015/pla_4995_Midi_Olympique_Rouge/xml_arts/art_29575776.xml 3/6 entraîneur qui m’a entraîné à Castres et avec qui je n’étais pas raccord. Quand je vois ce qu’il est capable de faire à Oyonnax… Les échecs et les réussites te font évoluer. À Albi, j’ai fait ce que je voulais et ce pourquoi j’avais été embauché. J’ai passé une année exceptionnelle avec un super groupe qui comptait deux ingénieurs dans l’effectif. J’avais des vrais joueurs de Pro D2, capables après les matchs de servir des bières aux supporters. Ce fut une sorte de retour aux sources régénérateur. J’en avais besoin même si mon passage à Canal + a aussi été important dans mon évolution. Tourner chaque week­end sur tous les terrains de Top 14 sans la pression immédiate du résultat, te fait observer d’autres choses.  Comment fait­on pour prendre la place de Guy Novès ?  On ne la prend pas. C’est un mec vraiment à part, au palmarès incomparable, à tel point que l’on a banalisé les succès du Stade toulousain. Il y a deux entraîneurs avec qui j’ai toujours voulu collaborer, parce qu’ils sont hors normes : Laporte et Novès. Je voulais comprendre comment ils fonctionnent au quotidien, comment ils gèrent certaines situations. J’ai failli le faire avec le premier et l’autre s’en va quand je débarque… Novès, c’est un monstre sacré, il a 40 ans de club et connaît le Stade toulousain et toutes ses compétences sur le bout des doigts. Une semaine avant la demi­finale de Top 14 de Toulouse, il a souhaité me présenter à son staff mais à sa façon : iI m’a dit devant chaque mec, ce qu’il en pensait. Ce qui peut être déstabilisant pour les uns et les autres. De la même manière, il leur a dit ce qu’il pensait de moi.  Avez­vous pris son bureau et mais aussi son « fameux » ordinateur ? Non, l’ordinateur n’était pas pour moi. J’ai cravaché pour en obtenir un (rires)… Quant à son bureau, c’est différent : j’ai souhaité organiser les locaux du staff différemment. Des cloisons ont été abattues. Matériellement, je souhaitais, pour pouvoir prendre la température de tous, être dans la même pièce que mes adjoints William (Servat) et Jean­Ba (Elissalde) ainsi que de l’analyste vidéo et le reste du staff.  C’est une manière de tourner la page ?  Il y a plein de choses sur lesquelles je vais m’appuyer et être dans la roue de Guy mais il y a aussi des choses qui vont évoluer. Je ne peux pas faire du copier­coller de sa méthode car je n’ai pas ses 20 ans de recul. Si je fais comme lui, je suis mort.  Serez­vous au quotidien sur le terrain ? Je suis entraîneur et je serai donc présent sur le terrain tous les jours à chaque séance. Je fais ce
  4. 4. 6/7/2015 Detaille Article http://ejournal.midi­olympique.fr/epaper/xml_epaper/Rouge/06_07_2015/pla_4995_Midi_Olympique_Rouge/xml_arts/art_29575776.xml 4/6 métier pour être au contact des joueurs. En outre, j’ai besoin de connaître tous les mecs et vite. Je veux voir comment William et Jean­Ba bossent, je souhaite être avec eux. Mais je serai également seul, parfois, avec les joueurs pour diriger certaines séances. On va adopter un fonctionnement qui nous appartient. Non parce que Guy Novès est parti mais parce que je fonctionne ainsi.  Quel sera le rôle de Fabien Pelous ?  Très important. Il me donnera la possibilité de me consacrer uniquement au terrain et me facilitera la tâche en m’accompagnant. La partie professionnelle m’incombera totalement. Fabien aura un rôle transversal sur toutes les catégories pour, à terme, établir un projet de club que l’on pourra décliner à tous les niveaux. Pour moi, il sera un facilitateur de performance. Je ne vais surtout pas m’interdire de lui demander son regard et son point de vue. Je vais même m’obliger à le faire. En outre, il sera aussi le garant des liens avec les partenaires, sponsors et institutions. Fabien aura un regard exigeant sur l’image que l’on laissera transpirer de notre fonctionnement. Il interviendra aussi sur le recrutement, avec Pierre­Henry Broncan qui vient d’arriver.  Depuis trois ans Toulouse ne gagne plus rien. Reconquérir un titre au plus vite fait­il partie de vos objectifs ? Le Stade ne gagne plus de titre mais il reste sur deux demi­finales de Top 14 en trois ans, malgré un match de barrage perdu à domicile. Ce n’est quand même pas si mal, non ? Toulouse est une équipe qui évolue dans le haut du panier, aussi bien en Europe qu’en France.  Quels sont vos chantiers prioritaires ?  Je dois m’acclimater au groupe pour qu’il soit performant. Ce serait inopportun d’arriver et de tout bouleverser. Il y a 45 personnes, joueurs et staff compris, qui travaillent depuis des années ensemble et obtiennent des résultats. C’est à moi de m’adapter, de trouver les petits leviers sur lesquels j’aurai de l’influence.  Quid de l’Europe ? C’est clairement un objectif. Il faut que le Stade toulousain renoue avec les phases finales européennes. Il s’agit d’une tradition et ne pas y arriver serait un échec. Après, lors d’une année de Coupe du monde, il est risqué de se fixer des objectifs élevés. Pour autant, on veut jouer les premiers rôles en Champions Cup et en Top 14.  Clairement, le Stade toulousain était en perte de vitesse depuis trois ou quatre ans. Difficile de le nier, non ? 
  5. 5. 6/7/2015 Detaille Article http://ejournal.midi­olympique.fr/epaper/xml_epaper/Rouge/06_07_2015/pla_4995_Midi_Olympique_Rouge/xml_arts/art_29575776.xml 5/6 Je pense surtout que les règles sur la mêlée ont modifié la domination que pouvait avoir le Stade. En 2011 et 2012, Toulouse gagne d’abord et avant tout avec sa mêlée. Steenkamp et Johnston ont dû s’adapter à une règle qui désavantage les grands gabarits. Rappelez­vous la finale face à Toulon et cette mêlée toulousaine qui « défenestre » littéralement celle du RCT. Je sais que l’on aime bien parler du jeu à la toulousaine mais ce club a construit très souvent ces titres sur la mêlée. OK, cela jouait aussi très bien au rugby mais la mêlée pesait.  Vous dites que le Stade fonctionne moins bien mais il n’est plus tout seul comme à une certaine époque où il n’avait qu’un concurrent : le Stade français ou Clermont ou Toulon, suivant les époques. Depuis deux ans, il faut ajouter le Racing, Montpellier et Bordeaux, qui arrivent. La concurrence n’est plus la même en Top 14.  Quand même, le recrutement du Stade toulousain est de moins en moins clinquant. Vous pouvez vous en satisfaire ?  Moi je suis arrivé le lendemain de la demi­finale, alors que le marché des transferts était quasiment fini. Pour autant, le club n’a jamais recruté beaucoup. La mutation du rugby professionnel fait que, médiatiquement, il faut des effets annonces et à ce titre Toulon est le maître en la matière. Mais pourquoi faire comme eux ? Toulouse est différent depuis 30 ans et ne fera pas comme ça. Enfin, n’oubliez pas que le Stade a aussi une contrainte de Salary Cap ; on a atteint le plafond autorisé pour diverses raisons : renouvellements, passages de contrats espoirs à pros. Bref, je n’avais pas un gros volant de négociation. Alors non, je ne suis pas content du recrutement mais cela va permettre, aussi, la mise en lumière d’autres joueurs. Et puis, même si on peut parler de saison de transition, j’ai à ma disposition un groupe de joueurs de grande qualité.  N’est­il pas quand même atteint par la limite d’âge ? Vieillissant tout au moins ? Oui, c’est la vérité. Mais l’âge n’a pas empêché le RCT de gagner des titres ces trois dernières années. On ne joue pas avec une carte d’identité dans la poche. Bien évidemment, je suis conscient que l’équipe qui a joué la demi­finale avait une moyenne d’âge élevée. Je sais que si on regarde l’âge et les blessures d’Imanol Harinordoquy, on ne le prend pas. Mais quand on voit ses prestations… Je suis sûr que Thierry Dusautoir ou Patricio Albacete, vu leur hygiène de vie et leur niveau de rugby, vont rester des titulaires incontestables quelque temps encore. Pour être franc, j’ai plus d’inquiétude sur le nombre de joueurs que sur leur âge. Le Stade toulousain a fait, par le passé, des choix qui pourraient se retrouver dangereux aujourd’hui. On dispose de 31 joueurs pros. C’est peu, le plus petit total du Top 14. De plus, pour une grande part, ils sont polyvalents.
  6. 6. 6/7/2015 Detaille Article http://ejournal.midi­olympique.fr/epaper/xml_epaper/Rouge/06_07_2015/pla_4995_Midi_Olympique_Rouge/xml_arts/art_29575776.xml 6/6 Du coup, quand il y en a un qui se blesse, tu perds un postulant pour deux ou trois postes. C’est très pénalisant. Il faudra changer sur ce plan.  À l’inverse, Maxime Médard, bien que dans la force de l’âge, ne sort pas de deux saisons flamboyantes…  À l’issue de la Coupe du monde 2011, Max était l’un des meilleurs arrières au monde. En suivant, il a réalisé une saison impressionnante. Après, peut­être qu’il n’a pas effectué le même travail d’une année sur l’autre. Il a aussi connu des pépins physiques, cravaché pour revenir… Je trouve sévère l’analyse qui consiste à dire qu’il n’a plus le niveau. Sur les trois ou quatre derniers mois, il a été l’un des plus performants au Stade toulousain. Il méritait autant que certains d’être au Mondial… pas mal d’arrières français ne prennent pas la moitié de ses initiatives.  Qui sera votre capitaine ? Je ne vois pas comment fonctionner sans Dusautoir. Dans la période compliquée du début de saison de Toulouse l’an passé, il a eu un rôle très important pour empêcher que le bateau tangue davantage. Je sais qu’il y laisse beaucoup d’énergie mais il est une pièce essentielle du Stade toulousain. En début de saison, je vais m’appuyer sur Albacete et Fritz, ses relais, même s’il y a des jeunes joueurs comme Sébastien Bezy ou Jean­Marc Doussain qui sont capables de gérer pas mal de choses. Potentiellement, ce sont des leaders. Yoann Maestri, s’il n’avait pas été en Coupe du monde, aurait pu en être. 

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