Entretien de Guirado-USAP

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Entretien de Guirado-USAP

  1. 1. GUILHEM GUIRADO - TALONNEUR ET CAPITAINE DE PERPIGNAN L’INTERNATIONAL, AUTEUR DU SEUL ESSAI DE LA VICTOIRE DES SANG ET OR FACE À OYONNAX SAMEDI, SE PROJETTE SUR LE DÉFI TOULONNAIS, ÉVOQUE SES DERNIERS PAS À AIMÉ-GIRAL ET REVIENT SUR CETTE SAISON TOURMENTÉE DONT IL EST CONVAINCU DE LA FIN HEUREUSE. « Je veux pouvoir partir la tête haute » Propos recueillis par Vincent BISSONNET vincent.bissonnet@midi-olympique.fr Quelles sont vos impressions au lendemain de cette précieuse victoire face à Oyonnax, un concurrent direct ? Le sentiment est mitigé même si je suis avant tout content d’avoir empoché les quatre points sans laisser le bonus à Oyonnax. Toujours est-il que rien n’est joué pour le maintien. Le dernier match à domicile sera crucial. Face à Toulon, il faudra sûrement réaliser notre plus gros match de la saison. C’est notre plus grand défi en tout cas. Il ne faut compter que sur nous-mêmes pour nous en sortir et ne pas miser sur nos concurrents. Tout le monde sait que nous n’avons aucune marge de manœuvre du fait de notre déplacement à Clermont pour finir. Aviez-vous peur avant le coup d’envoi ? La question m’a été posée pendant la préparation du match. J’ai répondu que j’ai toujours peur au moment d’entrer sur la pelouse d’Aimé-Giral. Il y a eu tellement de grands joueurs et de grands moments d’histoire sur cette pelouse que ça met une responsabilité supplémentaire sur les épaules. Il faut prendre conscience de tout ce qu’implique de porter le maillot de l’Usap. Mais ce n’est pas une appréhension, c’est plus une pression positive. Pour ce match, il y en avait
  2. 2. énormément. Nous n’avions pas le droit à l’erreur et tout le monde nous l’a rappelé. L’équipe a montré un gros orgueil. Comment s’est passée la préparation de votre dernier match à Aimé-Giral ? Je n’ai pas pu ignorer qu’il s’agissait de mes derniers gestes et de mes derniers moments de partage dans ce stade. Mais j’ai tenu à me focaliser un maximum sur le match, l’enjeu était tellement important. On ressortira les émotions et les souvenirs plus tard. Vous avez inscrit le seul essai de la rencontre sur une combinaison en touche, dans le couloir. Cette action était-elle prévue ? Non, ce n’était pas travaillé. Nous l’avions déjà exécuté mais il y a longtemps, face à Toulouse, à Barcelone d’ailleurs. Sur l’action, on se regarde avec Romain et on se comprend. Je sais que si je lui donne la balle, il est capable, grâce à sa technique, de me la remettre avec une seule main. Une fois qu’il m’a remis le ballon, je n’avais plus qu’à courir. Je l’ai remercié car il m’a vraiment offert un beau cadeau. L’émotion vous a-t-elle envahi lors de la standing-ovation que vous a réservée le public, lors de votre remplacement ? J’ai été très ému à ma sortie. Mais au moment où j’ai commencé à basculer dans l’émotion, j’ai rapidement été rattrapé par la réalité du résultat. Il n’y avait que sept points d’avance. Cette prise de conscience m’a ramené sur terre. Il me tarde surtout d’être dans trois semaines et que le maintien soit acquis. Alors, je pourrai être fier de notre saison. Avez-vous douté des capacités de remobilisation et de réaction de ce groupe, de plus en plus cosmopolite et en construction ? Non, je n’en ai pas douté. L’équipe a perdu des matchs charnières, ce qui l’a fait basculer du mauvais côté. Mais après avoir traversé des moments durs, le collectif a su se remobiliser et a retrouvé une union collective pour être meilleur. Depuis le début de l’année, nous avons enchaîné des matchs décisifs à domicile et n’avons jamais lâché. Il y a énormément de qualités dans ce groupe. C’est vrai, il y a eu beaucoup d’arrivées et de départs, mais c’est le cas partout ailleurs. Que les garçons viennent de Nouvelle-Zélande, du Tonga ou du pays de Galles, tout le monde doit poursuivre le même objectif. Il faut simplement que les choses soient claires. C’est un des messages que j’ai fait passer, avec le noyau de joueurs issus du club : il faut aller dans le même sens. De toute manière, désormais, il n’y a plus de place au doute. Vous êtes en fin de contrat et avez décidé de rejoindre Toulon, votre futur adversaire. En quoi
  3. 3. cette réflexion a-t-elle impacté votre saison ? Tous les deux ans, cette question arrive sur la table, je suis habitué à la gérer. Il faut savoir prendre les décisions dans une carrière. Celle-ci a été complexe. C’était un choix important et il y a eu une longue réflexion. Ce moment a été très délicat à vivre, je ne veux pas revenir dessus Je n’ai qu’une chose à l’esprit : maintenir l’Usap. Le club m’a tellement apporté et m’a offert des moments si forts, je dois le lui rendre. Je suis un joueur de passage. Certes, cela fait longtemps que je suis au club mais l’Usap a plus de cent ans et je suis minuscule par rapport à ce qu’est ce club et ce qu’il m’a apporté. Le stade Aimé-Giral restera-t-il votre deuxième maison, même une fois parti ? Je le pense, oui. J’ai passé quatorze ans dans ce club et je ne pense pas passer autant de temps ailleurs. Je suis plus près de la fin que du début (rires). Quatorze ans dans le même club, c’est tout de même fort. Je veux pouvoir partir la tête haute en étant heureux de tout ce que j’ai accompli sous ces couleurs. Cette saison est-elle la plus dure de votre carrière ? C’est une des plus dures en tout cas. Elle n’est pas facile à vivre mais ce genre d’épreuves te fait avancer dans la vie. Heureusement, j’ai pu compter sur mes proches qui m’ont aidé à tenir et m’ont énormément soutenu : ma femme, ma fille qui me rend heureux et mes parents qui m’ont permis de débuter dans ce club, en faisant quarante-cinq minutes de trajet pour m’emmener aux entraînements. Ils ont beaucoup sacrifié pour que j’y arrive. Je ne l’oublie pas. Vous aviez déclaré, il y a quelques semaines, que vous ne vous pardonneriez jamais une descente de l’Usap. Envisagez-vous un tel dénouement ? Non, je n’y pense pas. Et l’équipe de France ? La blessure de Dimitri Szarzewski vous rapproche de l’Australie… J’ai appris sa blessure et j’en suis navré. C’est dommage pour lui, il revenait en boulet de canon. Je le soutiens dans cette épreuve. Personnellement, je ne pense pas du tout à l’équipe de France. Une fois que le gros match de Barcelone sera passé, il sera temps d’aviser et de penser à autre chose. « Cette saison a été une des plus dures à vivre. Heureusement, j’ai pu compter sur mes proches
  4. 4. qui m’ont aidé à tenir et m’ont énormément soutenu » Guilhem GUIRADO Talonneur et capitaine de l’Usap

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