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Etudes Politiques Cevipof Le Figaro
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Etudes Politiques Cevipof Le Figaro

  1. 1. débats mercredi 24 mars 2010 LE FIGARO 14 étudesPOLITIQUES OPINIONS Figaro-Cevipof 2007-2010 : l’évolution des électorats Analyse du parcours des électeurs de Sarkozy, Royal, Bayrou et Le Pen depuis trois ans. ETUDE Les élections régionales Présidentielle 2007, régionales 2010 : ont été marquées par la volatilité LE PROFIL DES TRANSFUGES ÉLECTORAUX d’un électorat qui, au fil des scrutins le parcours des électeurs… DU SARKOZYSME, DE 2007 À 2010 fait de l’abstention un acte civique. SUR 100 ÉLECTEURS AU 1ER TOUR DE LA PRÉSIDENTIELLE 2007 LES MOUVEMENTS DES ÉLECTEURS en % De l’UMP De l’UMP De l’UMP Ensemble « Depuis trois ans, date du premier tour au PS au FN à l’abst. électeurs 5% 5% Présidentielle Régionales sexe de l’élection présidentielle, plus en % 1er tour (2007) 1er tour (2010) Évolution de 6,3 millions d’électeurs manquent Hommes 64 73 42 48 Abstentionnistes 16,23 53,67 + 37,44 à l’appel », souligne Pascal Perrineau Femmes 36 27 58 52 UMP-NC 25,74 11,61 -14,13 qui analyse la fonte et la recomposition VOT AU 2e TOUR VOTE des socles électoraux de Nicolas 49% DES RÉGIONALES, 41% MoDem 15,33 1,87 -13,46 Age Sarkozy, Ségolène Royal, François EN % FN 8,62 5,09 - 3,53 18-24 ans 17 3 10 10 Bayrou et Jean-Marie Le Pen. Pour PS 21,36 13,00 - 8,36 25-34 ans 17 24 22 16 le directeur du Cevipof, la dernière Europe Éco. 2,28 5,43 + 3,15 consultation a agi comme « une 35-49 ans 25 23 31 25 centrifugeuse » sur les électorats … de Nicolas Sakozy Présidentielle Régionales des quatre candidats arrivés en tête en % 2e tour (2007) 2e tour (2010) Évolution 50-59 ans 18 5 10 13 Listes du de l'UMP Listes de gauche e du scrutin de 2007 dessinant quelques A Abstentionnistes 16,03 48,78 + 32,75 60 ans et plus 23 45 27 36 lignes de recomposition politique. Listes du MoDem U UMP-NC 42,68 17,29 -25,39 Le « zapping des urnes » a Listes du FN C.S.P. interviewée F FN — 4,48 — principalement affecté l’électorat Artisans, commerç., chefs d'ent. 5 2 4 6 Abstentions, blancs et nuls P PS 37,75 26,42 - 11,33 de Nicolas Sarkozy : un électeur Cadres, prof. intellect. sup. 8 6 9 9 sur deux au premier tour et 41 % au second, contre 44 % et 33 % pour l’électorat de Ségolène Royal. 26% Prof. intermédiaires 13 9 14 13 Employés 12 13 23 15 En somme, la gauche a moins de 7% réserves électorales que la droite, VOTE AU 2e TOUR V Ouvriers 26 20 10 8 celle-ci étant maintenant mise au défi 65% D RÉGIONALES, 33% DES 3 VOTE AU 1er TOUR de trouver les thèmes pour convaincre EN % 10% DES RÉGIONALES, 51% Retraités 29 51 32 40 1% EN % les sarkozystes silencieux de revenir 2% Source : OpinionWay (1) Statut aux urnes en 2012. 1% Actifs 71 49 63 52 En outre, l’électeur français se révèle un adepte de l’infidélité partisane qui Inactifs 29 51 37 48 touche tous les partis. Cumulée avec … de Ségolène Royal … de François Bayrou «V l’abstention, elle efface du paysage politique régional le MoDem. L’étude d’OpinionWay pour ictoire historique ces questions. Mais l’on peut éclairer les mier, ni au second tour des élections Le Figaro montre ainsi la quasi pour la gauche », itinéraires empruntés depuis trois ans régionales. disparition de « l’électorat de « retour en force par les électeurs afin de prendre la me- Une part non négligeable des élec- l’hypercentre » dont rêvait François du FN », « défaite sure des blocs électoraux à partir des- teurs « sarkozystes » a pratiqué l’infidé- Bayrou. Épargnant la gauche, en rase campagne quels se construiront les succès et les lité électorale. Au premier tour des ré- l’infidélité partisane a aussi durement pour la majori- défaites électorales de demain. Aujour- gionales, 4 % ont voté pour le FN, 4 % frappé l’électorat de la majorité. té ». Pour juger de la pertinence de ces d’hui, personne ne peut pavoiser : le PS pour une liste d’Europe Écologie, 3 % Autant dire que la présidentielle interprétations des élections régionales, a rassemblé 13 % des électeurs inscrits pour une liste du PS. Au second tour, de 2012 se place déjà dans l’ardente il faut revenir en détail sur la séquence au premier tour, l’UMP 11,6 % le FN 5 % ont choisi la gauche, 5 % le FN. Les obligation de la reconquête. 2007-2010 et prendre l’exacte mesure 5,1 %, le Front de gauche 2,6 %, le transfuges vers la gauche sont davantage JOSSELINE ABONNEAU des mouvements qui ont redistribué en MoDem 1,9 % et même la force mon- des hommes, des jeunes, des actifs et des profondeur les cartes électorales. Pour tante, Europe Écologie, n’a entraîné que couches populaires que la moyenne de cela, il est nécessaire de partir d’une 5,4 %. Les gauches ont capté 23,9 % des l’électorat sarkozyste. Les transfuges analyse des évolutions en nombre de électeurs inscrits, les droites 17,7 %, les vers le FN sont massivement des hom- voix de 2007 à 2010 pour ensuite, à l’aide PAR PASCAL autres forces (dont le MoDem) 3 %. Au mes, des personnes de 60 ans et plus et d’un sondage OpinionWay (1) saisir le PERRINEAU second tour régional, les gauches ont des couches populaires. Cette sociologie « profil des flux d’électeurs qui ont changé directeur du Cevipof capté 26,4 % des inscrits, les droites dessine les contours des populations RÉGIONALES 2010 d’orientation électorale au cours de la 21,77 % (17,29 % pour la droite parle- électorales qui sont entrées en disgrâce VOIX RECUEILLIES période. mentaire, 4,48 % pour le FN). On est avec le sarkozysme. L’infidélité électo- AU PREMIER TOUR La seule gagnante D’abord, quelques chiffres simples loin des niveaux avec lesquels on gagne rale, même si elle est présente au sein de PAR LES LISTES EN POURCENTAGE pour cerner l’ampleur des mouvements de cette extraordinaire un second tour d’élection présidentielle l’électorat de « royaliste », est nette- DES INSCRITS de l’électorat. Au premier tour de redistribution (pour la droite : 39,4 % d’inscrits pour ment moins forte à gauche : 3 % seule- 13 % l’élection présidentielle de 2007, Nicolas est l’abstention, qui a Jacques Chirac en 1995, 42,7 % pour ment de cet électorat a choisi d’autres Sarkozy rassemblait 11 448 663 élec- Sarkozy en 2007 ; pour la gauche : listes que celles de la gauche au premier teurs. Trois ans plus tard, au premier progressé du second 40,2 % pour Mitterrand en 1981 et tour des régionales, 2 % seulement au pour le PS tour des élections régionales, les listes tour de 2007 à celui 43,8 % en 1988. second tour. En revanche, l’infidélité est de l’UMP associées au Nouveau Centre de 2010 de plus Le seul vainqueur « toutes catégo- devenue une norme dans l’électorat de et quelques autres alliés en attirent seu- ries » est le camp de l’abstention avec François Bayrou : 7 % seulement de ce- 11,6 % » lement 5 066 942. Plus de 6,3 millions de 14 millions 53,64 % des inscrits auquel on peut lui-ci a choisi une liste MoDem au pre- d’électeurs manquent à l’appel. On d’électeurs ajouter les électeurs qui ont choisi le mier tour des régionales, 12 % sont allés pourrait avoir l’impression que seul vote blanc ou nul (1,7 %). Au second à droite, 11 % à Europe Écologie et 15 % à pour l’UMP l’électorat du président a connu une tour, ce camp a capté 51,12 % des ins- gauche. Il ne reste alors presque plus telle attrition. Il n’en est rien. La pre- Les déceptions, les inquiétudes, les mé- crits (48,78 % pour l’abstention, 2,34 % rien de l’électorat de « l’hypercentre » 5,1 % mière impression doit être tempérée par fiances, mais aussi les attentes nou- pour les blancs et nuls). Comment en dont rêvait le patron du MoDem. le constat d’une érosion très forte des velles, les espoirs, les appréciations est-on arrivé là, quand il y a à peine L’abstention et l’infidélité ont touché électeurs de François Bayrou, de ceux d’autres lieux politiques (l’Europe en trois ans, on se réjouissait du retour des tous les électorats mais à des degrés di- pour le FN de Jean-Marie Le Pen et même de ceux 2009, la région en 2010) que le lieu na- Français aux urnes (16,23 % d’absten- vers. Le MoDem de Bayrou a été le plus de Ségolène Royal : au cours des mêmes tional ont engendré des déplacements tionnistes au premier tour et seulement atteint par ces deux processus, ce qui a 1,9 % trois années, François Bayrou a perdu profonds des lignes du partage électoral. 16,03 % au second tour de la présiden- entraîné sa quasi-disparition du pay- « plus de 6 millions d’électeurs, Jean- Ces vastes mouvements d’électeurs ont tielle) ? sage politique des régionales. Nicolas Marie Le Pen plus de 1,6 million et Ségo- profité essentiellement à deux forces : pour le MoDem lène Royal près de 3,9 millions. celle de l’abstention qui attire plus de L’infidélité est devenue une norme dans l’électorat Cette redistribution électorale ma- 16,2 millions d’électeurs par rapport à de François Bayrou : au premier tour des régionales, jeure est la même si l’on retient les se- l’élection de 2007 et celle de l’écologie conds tours : la gauche rassemblait politique qui agrège plus de 1,3 million 12 % sont allés à droite, 11 % à Europe Écologie VOIX RECUEILLIES » AU SECOND TOUR 16,8 millions d’électeurs au second tour d’électeurs à son socle de 2007. Certains et 15 % à gauche. Il ne reste presque plus rien de l’électorat 26,4% de l’élection présidentielle de 2007, elle ont perdu plus que d’autres mais tous de “l’hypercentre” n’en capte plus qu’environ 11,5 millions ont nourri le développement d’un im- au soir d’un second tour régional victo- mense corps électoral muet de plus de L’enquête OpinionWay apporte des Sarkozy en a beaucoup souffert et voilà pour les gauches rieux, soit presque 5,3 millions de 23 millions d’électeurs (et encore de plus éléments de réponse traçant les lignes la droite régionale réduite à la portion moins. L’électorat sarkozyste de second de 21 millions d’électeurs lors du second des reconquêtes et des fidélisations congrue. L’électorat de « royaliste » a 13 % tour était en 2007 de presque 19 millions, tour des régionales). électorales qui feront la décision de été davantage épargné, permettant à la il est aujourd’hui de 7,5 millions soit une 2012. L’électorat de « sarkozyste » a gauche de sortir victorieuse. perte de 11,5 millions. Même en y rajou- Les lignes des reconquêtes souffert aux régionales d’un très fort Ces infidélités électorales et ces retraits pour les droites tant tout ou partie des presque 2 millions Nombre de ces « silencieux de la politi- mouvement d’abstention (50 % de ce- abstentionnistes peuvent être passagers, d’électeurs frontistes du second tour ré- que » reprendront la parole lors de la lui-ci a boudé le premier tour, 41 % le mais pour que les forces de la droite par- gional, la fonte électorale des droites est prochaine échéance présidentielle de second) alors que l’électorat « roya- lementaire, du MoDem et, dans une très sévère : plus de 9 millions d’élec- 2012. Dans quel sens s’opérera leur re- liste » a été moins touché (44 % au moindre mesure, de la gauche socialiste teurs de droite se sont évaporés. La seule tour à la politique ? Que seront devenus premier tour, 33 % au second). La retrouvent une assise électorale solide, il gagnante de cette extraordinaire redis- ces deux à trois millions d’électeurs droite dispose donc de réserves électo- faut qu’elles parviennent à reconstruire tribution est l’abstention, qui a pro- écologistes qui, depuis juin 2009, rales dans l’abstention supérieures à des loyautés durables, reconquérir les gressé du second tour de 2007 à celui de constituent la troisième famille politi- celles dont bénéficie la gauche. Cet cœurs et faire tomber les retraits bou- 2010 de plus de 14 millions d’électeurs. que française ? Dans quelle mesure les électorat sarkozyste qui campe dans deurs. C’est une tâche difficile, mais pas Page réalisée Ces élections régionales ont agi com- candidats des grands partis reprendront l’abstention a un profil particulier : il impossible dans le temps bref de l’hori- en collaboration me une véritable « centrifugeuse » sur leur emprise électorale sur ceux qui les est davantage féminin, populaire et ac- zon 2012. Le moment présidentiel peut avec le centre les électorats des quatre candidats arri- ont quittés ? Que restera-t-il de cette tif que la moyenne de celui-ci. Encore être celui de ces reconquêtes. I de recherches vés en tête du scrutin de 2007. L’usure pulsion abstentionniste qui a saisi l’im- faut-il que la majorité trouve dans les politiques du pouvoir, la crise économique et fi- mense majorité du corps électoral ? Que mois qui viennent les thèmes qui per- (1) Enquête OpinionWay du 21 mars 2010 sur de Sciences Po nancière, la réapparition d’un mouve- pèsera l’incontestable domination de la mettront le retour de ces abstention- un échantillon de 8 297 personnes représenta- (Cevipof) ment profond de défiance politique, les gauche sur la scène régionale quand nistes vers les urnes et le vote en faveur tives, de 18 ans et plus, inscrites sur liste élec- Centre associé différences majeures d’enjeux d’une tous les feux seront braqués sur la scène de la droite. L’électorat de Bayrou a torale ; méthode des quotas ; critères : sexe, A au CNRS et dirigé élection à l’autre sont les éléments forts nationale et présidentielle ? payé un fort tribut à l’abstention : 51 % âge, CSP, agglomération, région de résidence ; par Pascal Perrineau interrogées en ligne système Cawy. de ce grand remue-ménage électoral. Il est trop tôt pour répondre à toutes de celui-ci ne s’est mobilisé ni au pre-
  2. 2. débats mardi 23 février 2010 LE FIGARO 16 étudesPOLITIQUES OPINIONS Figaro-Cevipof L’« écologisme» à l’épreuve des régionales En concurrence avec les socialistes, Europe Écologie peine à s’affirmer comme une force politique autonome. ÉTUDE Dopée par son score à deux chiffres aux élections européennes, Aux européennes Q Qui a voté Europe Écologie en juin 2009… la formation Europe Écologie de 2009… Ensemble E se Ensembl Ense Ensembl Niveau s’est lancée dans le pari risqué l'électorat 16 % d l'élect de l élect Profession du chef de ménage de diplôme de l’autonomie pour les élections Artisan, commerçant, régionales. … régions où... Ho Hommes 15 % chef d'entreprise 16 % Sans diplôme, certificat d'études 7% L’objectif est clair, il a toujours ... les écologistes Cadre, profession Fe Femmes 32 % taraudé la formation écologiste : 17 % intellectuelle devancent les socialistes BEPC, CAP, BEP 10 % en rompant son pacte de coalition Profession 24 % des gauches de 1997, Europe Écologie ... les socialistes 18-24 18-24 ans 18 % intermédiaire Baccalauréat 15 % cherche à soustraire définitivement devancent les écologistes 25-3 ans 25-34 22 % Employé 24 % au Parti socialiste une fraction Enseignement 23 % 35-4 ans 35-49 24 % supérieur de son électorat des classes moyennes, Ouvrier 13 % 50-6 ans 50-64 16 % les cols blancs et cette « bourgeoisie 65 ans et plus 8% Retraité 8% bohème » toujours séduite par les campagnes du charismatique soixante-huitard, Daniel Cohn-Bendit. L’écologisme électoral depuis 1974 * Toutefois, en l’état actuel des études 7,1 % … dont vote au 1er tour de la présidentielle de 2007 d’opinion, les « petits hommes verts » PRÉSIDENTIELLE d’Europe Écologie ne semblent 3,9 % 3,8 % 3,3 % Olivier Besancenot Marie-George Buffet Ségolène Royal Dominique Voynet 1,3 % 1,6 % 87 pas au meilleur de leur forme pour « plumer » la volaille socialiste qui les a toujours traités « en force 1974 1981 1988 1995 2002 2007 20 % 2% 26 % % d’appoint » et en « alliés dominés au sein de la coalition des gauches ». EUROPÉENNES 10,6 % 10,2 % 19,9 % Certes, ils ont cogéré avec la gauche 7,4 % et le Parti socialiste en particulier, 6,7 % 4,4 % 5% les régions. Ils n’en ont tiré jusque-là que peu d’avantage, à l’exception non négligeable pour cette formation François Bayrou politique de postes visibles au sein 1979 1984 1989 1994 1999 2004 2009 Nicolas Sarkozy Jean-Marie Le Pen des exécutifs régionaux. Par ailleurs, RÉGIONALES 14,7 % S *sont compris dans les pourcentages ceux de tous les courants écologistes (par exemple en 20 % 4% 0% ils ont perdu le monopole du dévelop- 8,4 % Abstention, 2009 : Europe Écologie et Alliance écologique pement durable. Cette, thématique indépendante). **en 2004, les Verts sont alliés blanc, nul innerve désormais tous les partis. avec le PS dans 14 régions, ils sont alliés à sans réponse Aujourd’hui, la conjoncture semble 2,4 % ** d'autres mouvements dans 4 et ne se redonner de l’allant au boa socialiste qu’Europe Écologie devra charmer - présentent seuls que dans 6 régions. Une comptabilisation nationale de l'influence de 20 % 1986 1992 1998 2004 l'écologisme n'est donc pas possible. Source : Sondage jour du vote, 7 juin 2009, Sofres A au second tour pour engranger quelques bénéfices de ses performances électorales en dents de scie. Ce n’est pas près la brillante percée présider aux destinées des régions. Un préoccupations sociales (chômage, là, la voie royale pour jouer les premiers électorale effectuée par PS lesté de sa légitimité de parti de emploi, financement des retraites) sont rôles ni la meilleure assurance Europe Écologie lors des pouvoir local, auquel bien souvent les en très forte hausse, les enjeux relatifs à pour s’enraciner durablement dans élections européennes écologistes ont été associés depuis l’environnement et à la pollution sont le paysage politique. I de juin 2009 (16,3 %, à 2004, reprend alors l’avantage. Autant, en baisse. Enfin, l’institution régionale JOSSELINE ABONNEAU 0,2 point derrière les sur la scène des européennes, les éco- bénéficie d’une cote de confiance bien socialistes), les élections régionales de logistes, sous la houlette de Daniel Co- supérieure à celle de l’Europe. En dé- mars 2010 vont être une épreuve de hn-Bendit, ont su incarner une euro- cembre 2009 (baromètre de confiance vérité. philie de bon aloi face à un PS ambigu politique Sofres-Cevipof-Edelman- Jusqu’à maintenant l’écologisme est et essoufflé, autant la scène des régio- Institut PMF), 64 % des sondés décla- resté une force marginale ou une force nales ne leur donne pas la même visibi- rent avoir confiance dans le conseil ré- d’appoint. Force marginale, depuis son lité et le même parfum de renouveau. gional, l’Union européenne n’attire la apparition sur la scène électorale au Le PS creuse ainsi l’écart avec les éco- confiance que de 44 %. milieu des années 1970, marginalité logistes, particulièrement chez les plus entrecoupée de poussées de fièvre PAR PASCAL de 50 ans, les cadres supérieurs et les Changement éphémères : 10,6 % aux élections euro- PERRINEAU cadres moyens. de la structure de classe « directeur du Cevipof péennes de 1989, presque 15 % pour Dans la concurrence que se livrent, L’écologie comme force politique a été des listes concurrentes aux régionales depuis de longues années, écologistes portée par l’affirmation d’un nouveau de 1992, plus de 11 % aux européennes L’écologie comme et socialistes auprès des classes moyen- clivage entre « matérialistes » et de 1999 (9,7 % pour la liste emmenée nes salariées, les seconds reprennent « postmatérialistes », où les enjeux de par Daniel Cohn-Bendit et 1,5 % pour force politique a été l’avantage alors qu’ils avaient été l’autonomie, de l’identité, du libéralis- celle dirigée par Antoine Waechter). portée par l’affirmation outrageusement dominés, il y a quel- me culturel ont été souvent incarnés par AUX ÉLECTIONS EUROPÉENNES Force d’appoint, depuis l’accord politi- dans nos sociétés ques mois. En juin 2009, 32 % des ca- les Verts. Cette évolution a été accom- que signé entre la direction des Verts et dres et professions intellectuelles ont pagnée par un changement de la struc- SCORES RECUEILLIS PAR LES LISTES ÉCOLOGISTES le Parti socialiste en janvier 1997 qui d’un nouveau clivage choisi Europe Écologie (contre 15 % ture de classe avec le développement met fin à la voie d’autonomie pour entre “matérialistes” seulement qui se sont tournés vers le des classes moyennes, des personnes 10,6 % des suffrages en 1989 l’écologisme et marque son inscription dans un statut d’allié dominé au sein de la coalition des gauches. et “postmatérialistes” où les enjeux PS) ; 24 % des professions intermédiai- res ont fait de même (contre 21 % pour le PS). Début février 2009, 15 % seule- employées dans les services, des profes- sions intermédiaires, des étudiants… Cependant, les liens qui se sont tissés de l’autonomie, ment des premiers et 15 % des seconds entre l’écologisme et ses électeurs sont « Tutoyer les grands » de l’identité, ont l’intention de voter en faveur des relativement faibles, labiles, et n’attein- 11 % L’excellent score atteint aux dernières listes d’Europe Écologie. 30 % des pre- dront jamais la force de ceux qui unis- élections européennes par Europe Éco- du libéralisme culturel miers et 33 % des seconds déclarent saient jadis les partis établis à leurs élec- au scrutin de 1999 logie, et plus largement par l’écologis- ont été souvent leur intention de se porter vers les listes torats captifs. La dynamique d’Europe » me (19,9 %, si l’on additionne les voix incarnés par du PS. En juin 2009, Europe Écologie a Écologie s’est abreuvée à plusieurs sour- des listes d’Europe Écologie et celles devancé largement le PS et atteint des ces : 20 % des électeurs qui avaient les Verts 19,9 % d’Alliance écologique indépendante), a sommets dans toutes les grandes ré- choisi Olivier Besancenot en 2007 ont pu donner l’impression que pour la gions où le secteur tertiaire est écrasant voté pour les écologistes en 2009, 20 % première fois, en presque quatre dé- (Ile-de-France : 20,9 % contre un PS à de ceux de François Bayrou, mais sur- des voix en 2009 cennies, l’écologisme pouvait sortir de 13,6 % ; Rhône-Alpes : 19,6 % contre tout 27 % de ceux de Ségolène Royal. Les son statut de marginalité politique pour leur électorat de 2009, 30 % de celui-ci 15,4 %). Dans toutes les grandes villes électeurs vont et viennent, particulière- venir « tutoyer les grands ». En effet, revenant vers le PS, 9 % vers la gauche universitaires (Grenoble, Toulouse, ment entre le pôle écologiste et le PS qui, en juin 2009, Europe Écologie a dépas- de la gauche, 9 % vers la droite, 6 % Montpellier…), il a dominé sans partage sur le terrain du « libéralisme culturel » sé la barre des 10 % dans l’ensemble vers l’Alliance écologiste indépendante le PS. Cet électorat de cols blancs, de et des demandes spécifiques à la « bour- des 22 régions métropolitaines, celle et 2 % vers le MoDem. Europe Écologie citoyens à haut niveau de diplôme, est geoisie bohème » des cols blancs, rede- « des 15 % dans 10 régions et a devancé semble être victime d’un « vote utile » le type même de l’électorat infidèle et vient compétitif. Le 22 novembre 2009, le Parti socialiste dans 8 régions (Alsa- qui bénéficie essentiellement au PS. In- ce, Bretagne, Corse, Ile-de-France, dépendamment du bilan des exécutifs Languedoc-Roussillon, Pays de la Loi- socialistes sortants, objet d’une appré- Le PS creuse l’écart avec les écologistes » re, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Rhô- ciation plutôt positive (selon la Sofres, chez les plus de 50 ans, ne-Alpes). Alors qu’en 2004 l’écologis- 69 % des personnes interrogées consi- me des Verts ne s’était compté à part dèrent que « le bilan du conseil régional les cadres supérieurs et les cadres moyens que dans 8 des 22 régions et était asso- est satisfaisant »), les listes d’Europe cié à tout ou partie de la gauche institu- Écologie pâtissent d’un « défaut de mobile. Auprès de cet électorat parti- Martine Aubry défend le mariage des tionnelle dans 14 régions, en 2010, le gouvernementalité » : interrogés les 13 culièrement volatil, les changements homosexuels et leur droit d’adopter. Le succès électoral des dernières euro- et 14 janvier par OpinionWay, 57 % des de conjoncture politique, d’enjeux et 12 janvier 2010, elle ressort la proposi- péennes a fait redécouvrir les charmes électeurs considèrent qu’Europe Éco- de paysage institutionnel ont tout leur tion d’accorder le droit de vote aux im- de l’autonomie : dans l’ensemble des logie n’est « pas capable de diriger une poids. Depuis juin 2009, la conjoncture migrés lors les élections locales. régions (sauf la Corse), Europe Écologie région en France ». Ils sont 75 % à pen- a changé, le PS semble s’extraire de la Pour les régionales, la performance part seul au combat des régionales. ser de même parmi les sympathisants période de crise qu’il traverse depuis sa d’Europe Écologie dépendra, d’une Page réalisée Pour l’instant, les sondages d’inten- de l’UMP, 60 % parmi ceux du Mo- défaite de 2007. Peu à peu, Martine part, de sa capacité à enrayer la recon- en collaboration tions de vote donnent des listes d’Eu- Dem, mais aussi 55 % parmi ceux du Aubry s’impose comme leader de quête socialiste de ces couches sociales avec le Centre rope Écologie dominées, dans la plu- PS. Un électorat qui avait pu être séduit l’électorat de gauche. Les enjeux natio- et culturelles et, d’autre part, du pou- de recherches politiques part des cas, par les listes PS. Dans une par la nouveauté d’Europe Écologie naux et locaux font leur retour, éloi- voir d’attraction d’Europe Écologie de Sciences Po enquête réalisée par la Sofres début fé- lors des européennes de 2009, par son gnant un enjeu européen sur lequel chez des électeurs séduits par un (Cevipof) vrier, les listes Verts Europe Écologie message européen clair et sa capacité à l’écologisme apparaissait comme une « centrisme de substitution » à l’heure Centre associé sont créditées de 13 % d’intentions de porter celui-ci au sein du Parlement avant-garde. Dans le baromètre des où gauche instituée et droite instituée A au CNRS et dirigé vote contre 28 % pour les listes du PS. européen ne lui renouvelle pas sa préoccupations des Français (Sofres-La font l’objet d’une profonde crise de par Pascal Perrineau Les listes écologistes gardent 44 % de confiance quelques mois plus tard pour Croix, 20 janvier-1er février 2010), les confiance. I
  3. 3. débats mardi 2 février 2010 LE FIGARO 16 étudesPOLITIQUES OPINIONS Figaro-Cevipof Les nouvelles formes de l’abstention Les prochaines élections régionales devraient être marquées par une faible participation. RÉGIONALES À moins de six semaines du premier tour du scrutin à deux tours renouvelant les conseils régionaux, L’ABSTENTION EN FRANCE TAUX D’ABSTENTION PAR RÉGION AUX ÉLECTIONS RÉGIONALES DE 2004, les partis politiques sont à la peine EN % DES INSCRITS pour mobiliser l’opinion sur des enjeux Premier tour Second tour 38,6 % 36,2 % d’une campagne qui, pour l’instant, En % Premier Second n’est pas perçue comme Régionales 1986 * 22,1 — tour 37,9 % 36,8 % tour 34,4 % 32,4 % « un vrai rendez-vous politique ». 38,5 % 43 % 34,9 % 38,8 % À l’aune de la participation Régionales 1992* 31,4 — 39,7 % 41,3 % 34,7 % 37,2 % aux scrutins régionaux précédents, 35,3 % 40,5 % 32 % 39,1 % Régionales 1998* 42 — plus de 40 tout laisse supposer que la défection des électeurs Régionales 2004 37,9 34,3 38,1 % 38,4 % 38 % 36,3 % 36,2 % 34,8 % 34,6 % 31,4 % sera la grande gagnante de 38 à 40 de cette consultation. Et déclenchera l’antienne d’une France civique Présidentielle 2007 16,2 16 35,3 % 32,9 % 31,6 % 31,1 % en voie d’américanisation. 35,7 % 40,1 % 32,1 % 35,6 % Législatives 2007 de 34 à 38 Anne Muxel, quant à elle, souligne 39,5 40 « une profonde mutation du lien Municipales 2008 33,5 34,8 34,5 % 31,2 % des citoyens à l’élection ». Présentée 33,2 % 38,7 % de 32 à 34 31 % 34,5 % comme « une réponse politique » Européennes 2009* 57,2 — l’« abstention appartient à la panoplie 34,3 % 30,4 % démocratique des intermittents *Un seul tour du vote ». Ce joker est utilisé pour 27,3 % moins de 32 25 % mettre en avant l’insatisfaction circonstancielle à l’égard de l’offre électorale. LES VOTANTS SYSTÉMATIQUES, LES VOTANTS INTERMITTENTS ET LES ABSTENTIONNISTES LA FRÉQUENCE DU VOTE DES FRANÇAIS AUX ÉLECTIONS Cette nouvelle conception SYSTÉMATIQUES LORS DE LA SÉQUENCE ÉLECTORALE 2007 (PRÉSIDENTIELLE ET LÉGISLATIVES) de la citoyenneté est marquée Votants constants Votants intermittents Abstentionnistes constants Ensemble par un rapport au devoir civique En % Question : « DEPUIS QUE VOUS ÊTES EN ÂGE DE VOTER, DIRIEZ-VOUS QUE plus individualisé, plus critique. Sexe Homme 45 42 40 45 VOUS VOTEZ À TOUTES LES ÉLECTIONS, À PRESQUE TOUTES LES ÉLECTIONS, Fondée sur une approche électorale À QUELQUES-UNES OU À AUCUNE ? » « consumériste », elle se caractérise Femme 55 58 60 55 par une mobilité de choix ; Votent à toutes les élections cette inconstance électorale met aussi à nu, l’affaiblissement Age 18-34 ans 22 54 43 29 Votent à presque des fidélités partisanes. toutes les élections Ainsi, l’apparent déficit démocratique 35-49 ans 28 32 27 30 relève d’un usage différent de l’acte Votent à quelques-unes 42 % Total 41 % 50 ans et + 50 14 30 41 de voter. À preuve, le taux ou à aucune 100 % d’« abstention systématique » plafonne à 10 % quand - toutes Diplôme Inférieur au bac 52 54 75 53 proportions gardées - la participation Sources : ne fait que s’amoindrir au fil des scrutins… I Bac ou supérieur 48 46 25 47 La France aux urnes. 60 ans d’histoire électorale, P. Bréchon, La Documentation française, 2009. Panel électoral français 2007, Cevipof/ministère de l’Intérieur. 17 % JOSSELINE ABONNEAU TOTAL 100% 100% 100% 100% Baromètre de confiance politique, Cevipof, décembre 2009 L es prochaines élections ré- confiance politique du Cevipof en dé- défiance, mais d’une défiance plus gionales ne passionnent cembre 2009, on peut prendre la mesu- conjoncturelle que structurelle. Elle pas. Et l’abstention risque re du fossé qui sépare aujourd’hui les participe moins d’une contestation dif- d’atteindre en mars de Français de leurs gouvernants et de fuse du système social et du système po- nouveaux records. À six se- leurs représentants. Indifférence ou dé- litique que d’une insatisfaction circons- maines du scrutin, un fiance, la réponse abstentionniste trou- tancielle à l’égard de l’offre électorale Français sur deux paraît disposé à rester ve nombre de justifications à la fois proposée. Le profil sociopolitique de ces en dehors de la décision électorale conjoncturelles et structurelles. Mais, abstentionnistes dans le jeu politique est (CSA). Cet indicateur de tendance doit au-delà de ce seul scrutin, il reste enco- d’ailleurs plus proche de celui des vo- être pris avec précaution tant l’électeur re à l’interpréter et à comprendre pour- tants que de celui des abstentionnistes est devenu imprévisible. Néanmoins, quoi et comment elle a pu devenir une systématiques, qui restent durablement bien des signes laissent penser que ces réponse politique dont les Français font hors du jeu politique. élections ne connaîtront pas une inver- un usage de plus en plus familier. Ce qui a profondément changé est la sion de tendance comparable à celle relative mobilité du choix électoral. Lors EN VINGT ANS qu’avaient enregistrée les régionales de PAR ANNE MUXEL Plusieurs scènes d’expression de la séquence électorale de 2007, les L’ABSTENTION A PROGRESSÉ DE directrice de recherche « 2004 par rapport à 1998. Premières au Cevipof Les modèles explicatifs traditionnels trajectoires de vote des mêmes électeurs 9 points consultations des Français après le séis- d’analyse de la défection électorale ne prenant en compte les deux tours de la me électoral de 2002, le scrutin avait suffisent plus à eux seuls pour compren- présidentielle et les deux tours des légis- alors suscité une forte participation des Français et leur remobilisation. Une ma- L’abstention dre l’ampleur du phénomène. Certes, le lien entre insertion sociale et insertion latives, mettaient en évidence l’impor- tance de leur inconstance et leur mobili- pour les européennes, jorité d’électeurs s’était saisie du scrutin peut politique est toujours observé. L’impact té. Cela pourtant dans un moment participer 6 points pour sanctionner le pouvoir en place et du niveau d’études est toujours vérifié. électoral particulièrement décisif et po- permettre à l’opposition de l’emporter. Mais alors que le niveau d’instruction de litisé. Seul un tiers des électeurs a voté Sans conteste aujourd’hui l’intérêt à la la population est en augmentation, alors constamment et systématiquement pour pour les municipales, pour le scrutin apparaît plus faible. Et les régionales ne sont pas attendues par généralisation que les couches moyennes se générali- sent, alors que le niveau de connaissan- l’UMP ou le PS et leurs candidats respec- tifs lors des quatre tours de scrutin (1). les Français comme un vrai rendez- d’une forme ces et d’informations est plutôt à la haus- L’affaiblissement des fidélités partisanes 5 points de veille » vous politique. En décembre 2009, plus se, la mobilisation électorale n’est et la moindre constance de l’électeur ont des deux tiers d’entre eux (69 %) ne s’y pourtant pas de mise. C’est bien le signe laissé place à une plus grande imprévisi- intéressent pas. Six ans auparavant, à la démocratique d’une profonde mutation du lien des ci- bilité et à davantage de fluidité sur la pour les législatives. même période, ils étaient beaucoup toyens à l’élection. Cela indique bien scène de la décision électorale. L’aug- moins nombreux dans ce cas (55 %) qu’une nouvelle conception de la ci- mentation de l’abstention intermittente (TNS-Sofres). La perspective du scrutin gressé de 6 points pour les municipales, toyenneté semble peu à peu s’imposer. y joue une part active. Les Français ren- régional n’alimente guère les conversa- de 9 points pour les européennes et de 5 Car l’abstention progresse quel que soit contrent chaque élection avec cette tions. À la mi-janvier seuls deux Fran- points pour les législatives. En 1986, date le niveau d’implication politique des nouvelle panoplie démocratique. çais sur dix reconnaissent en avoir parlé des premières élections régionales, seuls électeurs. Elle fait l’objet d’une même avec leur entourage (Ifop-Paris Match). 22 % des Français s’étaient abstenus. En réponse de la part des plus éloignés de la Électeur plus réflexif 2004, 38 % n’ont pas voté au premier sphère politique comme des plus impli- Le vote dans son principe n’est pas remis Défection électorale lancinante tour et 34,3 % au second tour. Si les pro- qués. Et par là même elle ne peut pas être en cause. Il est toujours considéré par une Ces nouvelles élections prennent donc nostics se confirment, le nombre des abs- interprétée seulement comme une dé- large majorité de Français comme le place dans un cycle à nouveau marqué tentionnistes aux régionales de 2010 aura faillance civique ou comme un déficit moyen d’action politique le plus efficace, par une défection électorale lancinante et quant à lui au moins doublé en l’espace de démocratique. bien devant la grève ou la manifestation. récurrente. Le sursaut civique de la prési- vingt-quatre ans. La participation politique se fait Mais il fait désormais l’objet d’une ré- dentielle 2007 n’aura été qu’une paren- Certains obstacles à la participation aujourd’hui à partir de plusieurs scènes ponse moins normative et plus affranchie thèse éphémère. Depuis, les trois élec- électorale peuvent être facilement repé- d’expression : le vote, l’abstention et la du « devoir civique ». Il s’inscrit dans un tions pour lesquelles les Français ont été rés. Les enjeux sont mal identifiés et la manifestation. C’est à partir d’un usage rapport à la politique à la fois plus indivi- consultés ont enregistré des taux record méconnaissance des présidents régio- combiné de la démocratie représentati- dualisé et plus critique, au sein duquel d’abstention : aux législatives de juin naux est grande. Les deux tiers des ve et de la démocratie participative que l’abstention peut participer à la générali- 2007 (39,5 % au 1er tour et 40 % au se- Français (65 %) ne peuvent pas citer le de plus en plus de citoyens se font en- sation d’une forme de veille démocrati- cond) aux municipales de mars 2008 nom du président de leur région (Baro- tendre. Et l’abstention joue dans ce que. L’électeur d’aujourd’hui est certes (33,5 % au 1er tour et 34,8 % au second) et mètre LH2). Mais il reste encore à com- triptyque politique un rôle décisif. Non plus inconstant, mais il est aussi peut- aux élections européennes de juin 2009 prendre pourquoi cette ignorance pèse pas l’abstention systématique qui est le être plus réflexif. L’alternance du vote et Page réalisée (60 %). Tout se passe dorénavant en aujourd’hui davantage sur les motiva- fait d’une proportion relativement sta- de l’abstention peut aussi être entendue en collaboration France comme si, en dehors de l’élection tions des abstentionnistes que lors des ble d’électeurs, environ 10 %. Mais par les politiques comme l’expression avec le Centre reine de la Ve République que représente scrutins précédents. De toute évidence l’abstention intermittente qui a pour d’une conscience citoyenne et d’une exi- de recherches politiques le scrutin présidentiel, tous les autres la campagne actuelle a beaucoup de mal corollaire l’instauration d’un usage dif- gence politique ayant pu s’affûter. I de Sciences Po scrutins, au niveau local ou supranatio- à embrayer. Si l’on ajoute à cela le fait férent de l’acte de voter. Cette réponse (Cevipof) nal, faisaient naître au mieux de l’indiffé- que plus des deux tiers des Français abstentionniste, de nature politique, est (1) Bruno Cautrès et Anne Muxel : Com- Centre associé rence au pire de la défiance, l’une et (69 %) ne font confiance ni à la gauche négociée et ajustée au cas par cas en ment les électeurs font-ils leur choix ? A au CNRS et dirigé l’autre se creusant au fil des années. En ni à la droite pour gouverner selon la fonction des enjeux perçus par l’élec- Le Panel Electoral Français 2007, Paris, par Pascal Perrineau l’espace de vingt ans, l’abstention a pro- mesure effectuée par le baromètre de teur. Elle porte certes la marque d’une Presses de Sciences Po, 2009

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