Milieu buccal-soumia

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Milieu buccal-soumia

  1. 1. 1 UNIVERSITE D’ALGER FACULTE DE MEDECINE DEPARTEMENT DE CHIRURGIE DENTAIRE C.H.U DE BENI MESSOUS SEVICE D’ODONTOLOGIE CONSERVATRICE CHEF DE SERVICE Pr. STAMBOULI Le milieu buccal : Caractéristiques physiques, chimiques et biologiques Présenté par : Dr S. Boucebha Encadré par : Pr Mahdid Année Universitaire : 2014/2015
  2. 2. 2 Le milieu buccal : Caractéristiques physiques, chimiques et biologiques Plan Introduction I- Rappel sur la cavité buccale II- Le milieu buccal 1- Les éléments du milieu buccal et leurs propriétés 1- la salive : Rappel sur les glandes salivaire 1-1-Définition 1-2- Composition 1-3- Mécanismes de la sécrétion salivaire 1-4-Propriétés physiques de la salive 1-5- propriétés chimiques de la salive 1-6-Propriétés biologique de la salive 1-7-Transmission de la carie par la salive 2- Le fluide gingival : 2-1-Définition 2-2-Composition 2-3-Mécanisme de production 2-4-propriétés physiques 2-5-propriétés biologiques 3- la flore buccale normale : 3- 1-Définition 3- 2-Acquisition de la flore buccale 3- 3-Composition 3- 4-Niches écologiques 3-5- Facteurs influençant l’écosystème buccal 4- La plaque bactérienne : 4-1-Définition 4-2- Localisation de la plaque 4-3- Classification de la plaque 4-4- Formation de la plaque 4-5- Composition 4-6- Caractères physico-chimiques de l'adhérence bactérienne 4-7-Pathogénicité de la plaque : 5- Le tartre 5-1 Classification -1-Le tartre supra gingival -2-Le tartre sous gingival 5-1- Le tartre dans le milieu buccal Conclusion Bibliographie
  3. 3. 3 INTRODUCTION La cavité orale est à la fois ouverte sur le milieu extérieur et sur le milieu intérieur. Elle doit donc se comporter comme une véritable interface, traitant tout ce qui y transite pour le rendre acceptable par l’organisme. L’ensemble des partenaires de cet environnement particulier interagit, donnant un ensemble plus complexe « le milieu buccal » qui intègre tous les éléments anatomiques de la bouche, mais aussi tout ce qui rentre et qui sort de cet espace. L’étude du milieu buccal est essentielle pour connaitre Comment le fluide oral interagit avec les dents, les muqueuses, les micro-organismes, et vis-à-vis des aliments, ainsi savoir comment un environnement soumis à tant de contraintes mécaniques, chimiques, microbiennes, physiques, s'adapte-t-il.
  4. 4. 4 I- Rappel 1. Sur La cavité buccale La cavité buccale ou la bouche est le premier segment du tube digestif, C’est une cavité irrégulière de forme grossièrement quadrangulaire, symétrique, située à la partie inférieure de la face, ouverte vers l'avant et l'arrière, limitée : - en avant par les lèvres qui sont séparées par la fente labiale, - Latéralement par les joues, - En haut par la voûte palatine, - En bas par le plancher de la bouche, - En arrière par l'isthme du gosier, qui la fait communiquer avec le pharynx. Elle est essentiellement occupée par la langue et les arcades dentaires maxillaire et mandibulaire. - La zone de transition entre la bouche et l'oropharynx est constituée de chaque côté par la fosse amygdalienne, qui abrite un amas de tissu lymphoïde, l'amygdale, caractérisée par la présence de nombreuses cryptes. - La bouche est revêtue dans son ensemble d'une muqueuse richement vascularisée, tenue constamment à l'état humide par le flux salivaire. - En raison des contraintes physico-chimiques subies, les zones fibro-muqueuses sont kératinisées, contrairement à la muqueuse alvéolaire et aux zones non exposées. - On décrit 3 types de muqueuses en fonction de sa topographie : - Une muqueuse masticatrice kératinisée qui tapisse gencive et palais dure. -Une muqueuse bordante revêtant versant muqueux des lèvres, joues, plancher et face ventrale de la langue, palais mou. -Une muqueuse spécialisée cantonnée au dos de la langue kératinisée et pourvue de papilles gustatives.
  5. 5. 5 II- Le milieu buccal Le milieu buccal se définit comme un environnement physico-chimique qu’occupe et influence la cavité buccale, il est le siège d’interactions entre ses constituants, les éléments anatomiques qui l’occupent et le bordent (dents, langue, lèvres, joues, palais, plancher, gencives, muqueuses), les sécrétions salivaires, les produits apportés par le fluide gingival, la flore microbienne résidente ou en transit, les aliments de passage et retenus, l’air inspiré et expiré. Des interactions entre tous ces partenaires dépendent de l’état physiologique ou pathologique des dents, du parodonte et des muqueuses. 1- Les éléments du milieu buccal et leurs propriété Tous les constituants fixes bordant ce compartiment tel la gencive, les muqueuses, la langue et les dents sont sensibles aux fluctuations du milieu.
  6. 6. 6 1- La salive Rappel sur Les glandes salivaires Les sécrétions salivaires sont issues de trois paires de glandes salivaires dites majeures (glandes parotides, sous-mandibulaires et sublinguales) et de nombreuses petites glandes dites mineures, réparties dans les différentes muqueuses tapissant la cavité buccale. Les glandes salivaires principales A- Histologie des glandes salivaires Les glandes salivaires principales sont enfermées dans une capsule conjonctive fibreuse et se divisent en lobules. L'unité sécrétrice du parenchyme lobulaire est l'adénomère. Il est constitué de cellules sécrétrices formant des agglomérats dénommés acini (acinus au singulier) creux dont la cavité se prolonge par un canal intercalaire. Les canaux intercalaires de plusieurs acini se réunissent pour former le canal strié.
  7. 7. 7 Chaque canal strié déverse les sécrétions du lobule dont il est issu dans les canaux interlobulaires qui circulent dans les cloisons interlobulaires. Les canaux interlobulaires se jettent dans le canal collecteur de la glande salivaire qui débouche dans la cavité buccale. Entourant chaque acinus à la manière d'une pieuvre, les cellules myo-épithéliales sont similaires en tous points aux cellules musculaires lisses. Contractiles, elles joueraient un rôle dans l'expulsion des produits de sécrétion. B- La sécrétion salivaire Le processus sécrétoire se fait en deux temps : d’abord par émission d’un fluide primaire par ultrafiltrat plasmatique isotonique via les cellules acineuses, enrichi de substances synthétisées in situ, puis transformation de ce produit lors de la traversée du système canalaire sous le contrôle d’enzymes sécrétées à ce niveau et synthèse et sécrétion de nouvelles substances. L’ensemble de ces processus est régulé par le système nerveux autonome.  Les salives sécrétées par chacun des types de glandes ont leur caractère propre.  Les cellules séreuses sécrètent une salive sans mucine. De forme pyramidale, leur noyau arrondi occupe le tiers basal, lieu de synthèse des enzymes salivaires. Acinus séreux  Les cellules muqueuses sécrètent une salive visqueuse, riche en mucines. De grande taille, leur noyau aplati se trouve repoussé complètement dans la partie basale de la cellule.
  8. 8. 8 L’acinus muqueux On classe les glandes salivaires selon le type cellulaire qu'elles renferment :  parotide : presque exclusivement des cellules séreuses;  submandibulaire : mixte, avec prédominance de cellules séreuses;  sublinguale : mixte, avec prédominance de cellules muqueuses;  glandes accessoires : mixte ou cellules muqueuses, sauf pour les linguales dorsales (séreuses). 1-1-Définition de la salive La salive, liquide biologique incolore, opalescent, plus ou moins visqueux selon sa provenance et les conditions de sa sécrétion, La salive baigne la cavité buccale. La salive est un contributeur majeur de l’écosystème buccal. Son rôle essentiel en physiologie orofaciale intervient au cours de la mastication, de la phonation, de la déglutition et de la gustation. 1-2-Composition de la salive -La salive est un mélange complexe de sécrétions produites par les glandes salivaires, de résidus alimentaires, de fluide gingival, de cellules épithéliales et de nombreux électrolytes d’origine plasmatique. -Son potentiel d’hydrogène (pH) varie entre 6,7 et 8,5 chez l’Homme. Structures d’une glande séromuqueuse (mixte) 1. Acinus séreux ; 2. acinus muqueux ; 3. canal intercalaire ; 4. canal strié ; 5. cellules myoépithéliales ; 6. croissant séreux.
  9. 9. 9 -Elle est composée 99% d’eau. 1% organiques et inorganiques 1-2-1-Constituants organiques L’essentiel des composants organiques de la salive est représenté par deux catégories de protéines :  Les protéines extrinsèques, issues du sérum.  Les protéines intrinsèques, synthétisées par la glande salivaire Protéines extrinsèques Elles sont représentées par : Des albumines sériques (5 à 10 % des protéines totales), Des immunoglobulines (Ig) de type IgA, IgG, IgM et Des alpha- et bêtaglobulines. Protéines intrinsèques Enzymes salivaires Les Mucines Glycoprotéines marqueurs du groupe sanguin Immunoglobulines sécrétoires Autres composants organiques A- Enzymes salivaires: –l’amylase représente 30 % des protéines salivaires totales. Elle est sécrétée en majorité par les parotides. Les glandes submandibulaires n’assurent que 20 % de sa sécrétion, les glandes sublinguales et accessoires n’en produisent que très peu. Elle catalyse l’hydrolyse des liaisons α (1→ 4) des amidons. L’amylase Salive Protéines intrinsèques
  10. 10. 10 salivaire assure une part de la digestion des amidons alimentaires jusqu’à l’arrivée dans l’intestin où la forme pancréatique prend le relais. – Le lysozyme est présent à hauteur de 10 % des protéines totales. Son activité antibactérienne est la lyse de la paroi de certaines bactéries. Il inhibe l’agrégation des Streptococcus mutans et la fermentation du glucose. -La lactoférine : Enzyme produite par les neutrophiles et par les glandes salivaires. Dans la salive, elle a un effet bactériostatique si à faible concentration Perturbe le développement des bactéries en captant le fer, élément essentiel à la croissance bactérienne d’où leur nom. -La lactoperoxydase : Contrôle l’acidité du milieu par la production de toxines puissantes Empêche la glycolyse Perturbe la protéolyse Se lie fortement à l’hydroxyapatite de l’émail (effet anti plaque). – D’autres enzymes sont également présentes dans la salive : -collagénases d’origine tissulaire, -gélatinases, -peroxydases, -protéases, -lipases, cholinestérases et ribonucléases. Toutes ces enzymes sont capables de dégrader les graisses, les hydrates de carbone ou les protéines et certaines d’entre elles possèdent un pouvoir antibactérien.
  11. 11. 11 B - Les Mucines : Les mucines, aussi dénommées « glycoprotéines muqueuses » Les mucines salivaires sont des glycoprotéines composées de protéines (75%) et d’hydrates de carbone (25%). - Deux types de mucines sont synthétisés et sécrétés par les cellules acineuses mucoséreuses sous- mandibulaires, sublinguales, et des glandes mineures (mais pas par les glandes parotidiennes), et constituent les composants majeurs de la salive (jusqu’à 26 % des protéines salivaires sont des mucines). Ce sont les glycoprotéines muqueuses 1 et 2 -Ces mucines participent à l’élaboration de la pellicule exogène acquise et confèrent à la salive son pouvoir lubrifiant. -Ces mucines tapissent leurs épithélia respectifs, formant ainsi une barrière visqueuse et lubrifiante protégeant l’épithélium sous-jacent de la dessiccation, de lésions, et des agressions microbiennes. Ce film muqueux est soumis à des frottements mécaniques et à des actions enzymatiques, et se trouve être en perpétuel renouvellement. On connaît à ce jour une vingtaine de gènes codant les mucines humaines. C - Glycoprotéines marqueurs du groupe sanguin Dans 80% de la population, des glycoprotéines ayant un pouvoir antigénique proche de celui des glycoprotéines marqueurs du groupe sanguin, sont retrouvées dans la salive. D -Immunoglobulines sécrétoires : Les sécrétions salivaires se caractérisent par la production d’une immunoglobuline particulière ; l’immunoglobuline A sécrétoire (IgAs). Sa structure particulière la rend tout à fait adaptée à l’environnement oral. Sa concentration salivaire est largement supérieure à la concentration sérique. Les IgAs sont les principaux acteurs de l’exclusion immune, c’est à dire qu’elles permettent l’élimination spécifique, non inflammatoire, des Ag présents sur les surfaces muqueuses. Dans la cavité buccale, les IgAs permettent de maintenir l’équilibre écologique par différents mécanismes: – la fixation des IgAs sur les adhésines bactériennes limite les capacités d’adhésion et de colonisation tissulaire des bactéries ; – les IgAs possèdent quatre sites Ac, et sont donc douées d’un pouvoir agglutinant important. L’agrégation des bactéries favorise leur clairance salivaire ; – les IgAs sont susceptibles de neutraliser les toxines bactériennes par formation de complexes immuns.
  12. 12. 12 Organisation générale du système de protection des muqueuses buccales Il a également été suggéré que des IgG d’origine sérique pourraient jouer un rôle. Dans la salive, les IgG sont en quantité beaucoup moins importante que les IgAs, et ont un pouvoir agglutinant plus faible ; leur efficacité est donc très limitée. Cependant, ces Ig pourraient moduler la colonisation bactérienne pendant l’éruption, lorsque la couronne émerge de la gencive et qu’elle est donc en contact direct avec l’exsudat gingival d’origine sérique. La présence d’IgG dans les canalicules dentinaires a été montrée, mais la possibilité que ces Ig puissent limiter l’invasion bactérienne de la dentine en limitant l’adhésion sur le collagène n’a pas été évaluée. E-Autres composants organiques : - facteurs de croissance, principalement le (NGF nerve growth factor) et l’épithelialgrowth factor (EGF) dont la sécrétion augmente lors des maladies parodontales. - Hormones : les androgènes, l’insuline et les hormones thyroïdiennes - l’urée, l’acide urique et le cholestérol. - Des cellules épithéliales desquamées et des leucocytes dits corpuscules salivaires. - Facteurs de coagulation identifiés (VIII, IX, X, PTA et facteur Hageman) qui accélère la coagulation du sang et protège les plaies contre l’invasion bactérienne. -Les vitamines : B1, B2, B3, B6, B5, B8, acide folique, B9, B12 ; vitamine C et vitamine K.
  13. 13. 13 1-2-2- Constituants inorganiques Ils sont représentés par les ions suivants : -Sodium : c'est le plus important. -Calcium : il joue un rôle dans l’exocytose et la formation de la pellicule acquise de la plaque dentaire et du tartre. -Potassium : c'est l'ion le plus important en quantité. -Magnésium : sa concentration diminue avec la salivation. -Cuivre, Zinc, Cobalt., fer -Chlore : il augmente avec la stimulation, son rôle est indispensable dans la fonction des amylases. -Bicarbonates : Ils sont responsables du pouvoir tampon. -Phosphates : La salive parotidienne est plus riche en Phosphates que la salive sous-maxillaire. -Fluor : Il a des propriétés anti-carieuses. Son taux est très faible au repos, sa concentration dépend des quantités de fluor ingérées. -Iodures, Nitriles, Bromures. -Oxygène : Il existe des variations du taux d'oxygène en raison de la présence de bactéries anaérobies au niveau de la plaque et des sillons gingivo-dentaires. -Dioxyde de carbone : retrouvé dans la salive au repos. -Anhydride carbonique : intervient dans le pouvoir tampon -Azote. -Hydrogène : Il est responsable du pH salivaire, tamponné par les ions bicarbonates. -Thiocyanates sont bactériostatiques. -Parmi ces constituants, le sodium, les chlorures et les bicarbonates ont une concentration salivaire inférieure à la concentration plasmatique, à l’inverse du potassium, du calcium, des phosphates, de l’iode et des thiocyanates. 1-3- Mécanismes de la sécrétion salivaire La salive contient beaucoup moins d’électrolyte que le plasma elle est donc hypotonique par rapport à celui-ci. A l’exception du K+, La concentration des quatre principaux ions est très nettement inférieure au plasma. Salive Finale Plasma Na+ 1,5 145 Cl- 22 120 K+ 24 4 HCO3 - 1 24 La concentration des quatres principaux ions dans la salive et la palsma. En 1954, Thaysen émet l’hypothèse d’une formation de la salive en deux étapes : La première phase : se déroule au niveau de l’acinus où le fluide plasmatique filtre les cellules acineuses, sans modifications ioniques notables, et aboutit à la formation d’une salive isotonique au plasma appelée « salive primaire ».
  14. 14. 14 La seconde phase : s’effectue dans le canal strié ou la salive primaire est modifiée par une sécrétion, une réabsorption d’électrolytes, conduisant à la formation de la salive finale, hypotonique au plasma. Lors de son passage dans les canaux striés, la salive va subir une forte réabsorption de sodium et s’enrichir en potassium grâce au fonctionnement d’une pompe à Na+/K+/ATP ase (sodium/ potassium/ adénosine triphosphatase) située au pôle basal des cellules des canaux striés. Parallèlement à la réabsorption du sodium, une sécrétion d’ions bicarbonates au niveau des canaux striés assure la régulation du pH salivaire à l’origine du pouvoir tampon de la salive. Les sécrétions protéiniques proviennent essentiellement des cellules acineuses. Représentation schématique de l’organisation microvasculaire autour de l’axe sécréteur salivaire avec les principaux sites d’échanges Selon l’hypothèse de Shannon L’hypothèse de Thaysen apparait très cohérente. Il reste toutefois qu’elle n’explique pas tous les phénomènes. L’osmolarité de la salive finale augmente avec le débit salivaire, ce qui est conforme aux prédictions théoriques puisque la salive primaire, lors d’un fort débit, reste moins longtemps dans les canaux striés et est donc moins soumise aux phénomènes de secrétions et réabsorbions, cette dernière étant prédominante. Lors d’une augmentation du débit, les concentrations salivaires de chaque ion devraient tendre vers les concentrations plasmatiques. On devrait donc obtenir une augmentation de Na+ et de CL—et une diminution de K+ et de HCO 3. et ce n’est pas le cas dans la réalité. C’est pourquoi Shanon a proposé une autre hypothèse selon laquelle la salive serait hypotonique dès son élaboration au niveau des acini. L’hypothèse du mécanisme d’élaboration de la salive finale en deux temps reste cependant la plus généralement acceptée.
  15. 15. 15 1-4-Propriétés physiques de la salive La salive est un liquide transparent, incolore, visqueux, filant et insipide. -1-viscosité : La viscosité est le reflet du taux de mucines. Elle varie selon la localisation du prélèvement et le débit salivaire. Les valeurs physiologiques sont comprises entre 1,10 et 1,32. -la salive de la parotide est la plus fluide (aqueuse) -la salive de la sous maxillaire est assez visqueuse -la salive de la glande sub linguale est très visqueuse -2-densité : entre 1,00 et 1,01 -3-pression osmotique : 0,151 – 0,301 ML OSMOLO/LITRE -4- tension superficielle : 15 – 25 -5- Débit salivaire :  Le volume de salive sécrétée par l’ensemble des glandes salivaires est en moyenne de 750 ml à 1000 ml par 24 heures. Il varie cependant en fonction du type de stimulation, du rythme circadien et de l’état de vigilance du sujet. • repos : 0,5 ml/min. • stimulation (repas) : 1 à 2 ml/min. • sommeil profond : 0,05 ml/min.  La salive totale obtenue résulte d’un mélange du produit de sécrétion des glandes parotides, submandibulaires, sublinguales et des glandes accessoires des muqueuses labiales, palatines, linguales et jugales.  À cette salive séromuqueuse se mélange le fluide gingival qui représente 0,1 % du volume salivaire total. -Les causes de la sécheresse de la bouche :  processus physiologique du vieillissement des glandes salivaires  Stress, l’usage du tabac  l’habitude de respirer par la bouche  Les maladies qui peuvent provoquer ou amplifier la sécheresse buccale sont : - Celles qui déshydratent (par exemple, les maladies qui provoquent de la fièvre ou de la diarrhée), - Celles qui encombrent le nez - Les maladies des glandes salivaires exemple : la maladie de Gougerot-Sjögren - le diabète non contrôlé et les problèmes de la glande thyroïde  De très nombreux médicaments peuvent également entraîner une diminution de la sécrétion salivaire : - certains produits utilisés pour lutter contre l’anxiété, contre la dépression ou contre les psychoses, mais aussi contre les allergies, le rhume , la douleur, les problèmes cardiaques des troubles hormonaux, maladie de Parkinson etc.
  16. 16. 16  La radiothérapie et chimiothérapie anticancéreuse peut être à l'origine d'une insuffisance de sécrétion salivaire (La destruction des tissus glandulaires) -6- Régulation de la sécrétion salivaire -La sécrétion salivaire est stimulée par le système parasympathique et inhibée par le sympathique. -Elle est induite par le contact mécanique des aliments avec la muqueuse buccale, de même que par des sensations gustatives et olfactives agréables. La sédimentation de la salive délimite trois couches : 1-Une couche supérieure spumeuse, 2-Une couche moyenne transparente. 3-Une couche inférieure, contenant des sels minéraux précipités et des cellules épithéliales. 1-5- propriétés chimiques de la salive : -1- Le potentiel d’hydrogène salivaire (pH) :  Le pH salivaire moyen, en l’absence de toute stimulation, est de 5,75 à 6,15.  Dans les mêmes conditions, la salive parotidienne est plus acide (pH 5,8) que la salive sous- mandibulaire (pH 6,4).  Après stimulation (repas par exemple), le pH augmente (7,2) en même temps que le débit salivaire, alors que, durant le sommeil, il descend en dessous de sa valeur moyenne (cette baisse accompagne la chute de débit).  Parallèlement à la réabsorption du sodium, une sécrétion d’ions bicarbonates au niveau des canaux striés assure la régulation du pH salivaire à l’origine du pouvoir tampon de la salive. Ainsi, le pH légèrement acide de la salive primaire va augmenter au cours de la progression de la salive dans les canaux striés En résumé : Le pH varie chez l’homme de 6.7 à 8.5  Parotide : 5,8  S/maxillaire : 6,4  Sublinguale : 6,5 -2- potentiel d’oxydoréduction : 24,5 milli volts (bouche ouverte) 20,8 milli volts (bouche fermée) -3-conductibilité électrique : 330 – 340 x10 (ms/cm²) -4- Le pouvoir tampon : -C’est la capacité de la salive à empêcher ou à modifier la chute du pH lors d’un épisode acide au niveau buccal, dû à la présence d’une quantité relativement importante de bicarbonate et d’une petite quantité de phosphate. En somme, Les sécrétions salivaires apportent trois types de tampons : -les phosphates (25 % de l’effet), -les protéines (quelques %)
  17. 17. 17 -et les bicarbonates (70 à 90 % de l’effet tampon des salives stimulées et 25 % à 60 % des salives au repos). -Une baisse significative du pouvoir tampon peut être liée à une baisse du débit salivaire. -Un faible pouvoir tampon est un facteur de risque vis-à-vis de la carie -5-La concentration ionique:  La salive primaire est isotonique au plasma.  La salive finale est très hypotonique par rapport aux autres fluides physiologiques : 60 à 120 mOsm/kg contre 290 mOsm/kg pour le plasma.  L’hypotonicité de la salive varie en fonction du lieu de prélèvement. Elle est d’autant plus marquée que l’on s’éloigne de l’acinus. Lorsque le débit salivaire augmente, la salive est moins hypotonique, suite à une moindre réabsorption au niveau des canaux striés. 1-6-Propriétés biologique de la salive : -1-Défenses non spécifiques -Nettoyage de la cavité buccale : par l'élimination d'une partie des bactéries fixées sur les muqueuses buccales lors de la desquamation de leurs couches superficielles Ce phénomène de nettoyage est facilité par les mouvements qu'effectuent les organes périphériques -Maintien de la balance microbienne : Le pouvoir tampon de la salive assure en régulant le pH du milieu buccal une balance microbienne. -Protection des dents : Le pouvoir tampon de la salive empêche la déminéralisation de l'émail grâce aux ions phosphates et bicarbonates qui contrôlent la neutralité du pH salivaire. - La salive contribue également à l'augmentation de la dureté de l'émail en renforçant la charge minérale de surface par diffusion des éléments tels que calcium, fer et phosphate. -Protection des muqueuses : par les mucines, résistantes à la dégradation protéolytique, contre le dessèchement, les substances toxiques irritantes des aliments et des enzymes bactériennes. Les mucines salivaires jouent un rôle particulièrement important par leurs propriétés viscoélastiques et lubrifiantes De plus elles participent à la formation de la pellicule acquise et ainsi influencent la colonisation bactérienne sélective des surfaces dentaires. 2-1-7-2-Défenses spécifiques : -IgA salivaires : -certains IgA salivaires dérivent du sérum et gagnent la cavité buccale soit par l'intermédiaire du fluide gingival soit directement par passage à travers l'épithélium buccal. -Les IgA salivaires empêchent la pénétration des antigènes bactériens et alimentaires. -Lorsqu'ils sont associés au lysosome, ils permettent la lyse bactérienne, neutralisent les virus, agglutinent les bactéries et protègent les surfaces dentaires en inhibant les enzymes bactériennes.
  18. 18. 18 -IgE salivaires : Ils sont à l'état de trace dans la cavité buccale. Leur taux est élevé dans certaines pathologies comme l'allergie. -3- Rôle gustatif : La salive sert à l’expression du goût, car les papilles gustatives ne sont correctement stimulées que par des substances dissoutes. -4-Rôle digestif : Permet de garder à la bouche son humidité et de lubrifier les aliments pour aider à la déglutition. La salive facilite la formation du bol alimentaire grâce à l’hydrolyse des glucides sous l'effet de l'amylase salivaire et celle des lipides sous l’effet des estérases. -5-Rôle dans l'élocution : La salive joue un rôle dans l'élocution. En absence de salive, la langue colle au palais et aux dents. -6-Stimulation olfactive : Il y a sécrétion salivaire à l'odeur d'aliments appétissants. -7-Stimulation visuelle : Il y a sécrétion salivaire à la vue d'aliments appétissants Diamant des fonctions des salives. IgA : immunoglobulines A ; IgAs : immunoglobulines A sécrétoires ; PRP: proline-rich proteins ; PRG : PRP glycosylées ; SLPI : secretory leukocyte protease inhibitor.
  19. 19. 19 1-7- Transmission de la carie par la salive L’étiologie de la carie de la petite enfance (CPE) est multifactorielle et parfaitement bien établie; elle est fréquemment associée à de mauvaises habitudes d’hygiène alimentaire et buccodentaire. La CPE, en cas d’atteinte sévère, détruit rapidement les surfaces lisses des dents pourtant habituellement considérées à faible risque; des études récentes soulignent le caractère infectieux de cette pathologie, et mettent en relief son mode de transmissibilité de la mère à l’enfant. Une étude a montré que les génotypes des streptocoques mutans identifiés chez des enfants étaient semblables à ceux de leurs mères respectives dans 71 % des cas parmi 34 groupes mère-enfant. Par contre cette étude n’a pu mettre en évidence des indices de transmission père-enfant mais révèle une possibilité de transfert de microorganismes entre les enfants en garderie. Les modes de transmissibilité les plus fréquents sont : Le partage de la cuillère entre la mère et l’enfant, le contact entre la salive maternelle et la bouche de l’enfant, le mauvais usage du biberon et l’échange des brosses à dents entre les membres d’une même famille.
  20. 20. 20 2- Le fluide gingival 2-1-Définition - Le fluide gingival se définit comme le liquide, d’origine sérique, qui suinte du sillon gingivo-dentaire. - Il est considéré comme un élément propre du milieu buccal, bien qu’il soit le vecteur d’un certain nombre de constituants d’origine sérique. - C’est un élément provisoire car assez rapidement dégluti et inconstant puisqu’il est très dépendant de l’état inflammatoire du site producteur. FLUID GINGIVAL 2-2-Composition Elle est comparable à celle du sérum sanguin 2-2-1- LES CONSTITUANTS ORGANIQUES : a. Les protéines :  Les immunoglobulines: IgG, IgA, IgM, retrouvées à des concentrations tout à fait comparables à celle du sérum. Ces globulines provenant du sérum tiennent certainement une place importante dans la défense du sulcus.  Les protéines du complément : La totalité des protéines du complément ou certaines d'entre elles sont présentes dans le fluide.  Les cytokines: IL-1ß, IL-6, IL-8, MCP-1, TNFα  On trouve en abondance de l'interleukine-1ß (IL-1ß) dans le fluide de sites montrant une inflammation gingivale.  Il existe une corrélation significative entre l'indice de saignement sulculaire (SBI), ainsi que la profondeur des poches, et le taux d'IL-6 présente dans le fluide de sites atteints de parodontite.  De l'IL-8 et de la MCP-1 (monocyte chemotactic protein) sont présentes en abondance dans le fluide des sujets atteints de parodontite.
  21. 21. 21  La présence de très faibles quantités de TNFα (tumor necrosis factor alpha) dans le fluide a été démontrée. b.Les lipides :  De nombreuses variétés de phospholipides et de lipides non phosphorés ont été décelées. Leur origine est plasmatique sans exclure une participation salivaire, tissulaire et bactérienne. Ils pourraient participer au processus de minéralisation de la plaque. c. Prostaglandine E2 :  Elle provoque une vasodilatation, une résorption osseuse et l’inhibition de la synthèse du collagène. Elle Favorise l’installation de gingivites. d. Urée :  Sa concentration est supérieure à celle du plasma. Contribue à l’installation d’un pH alcalin (7,5 à 8,5) dans le sillon. Cette augmentation du pH dans le sulcus joue certainement un rôle dans la formation tartrique sous gingivale. e. Les enzymes:  Le fluide gingival contient de nombreuses enzymes, certaines sont impliquées dans la destruction des tissus sous-jacents et d’autres contribuent au potentiel antibactérien du fluide.  Enzymes pathogènes : Leur origine peut être tissulaire (réponse inflammatoire) ou bactérienne. On peut citer:  Les hyaluronidases:  β glucuronidase et β galactosidase:  Les métalloprotéinases:  Collagénase  Gélatinase  Enzymes antibactériennes :  Les peroxydases sulculaires ont une action antibactérienne semblable à celle de la salive.  Lysozyme. 2-2-2- LES CONSTITUANTS INORGANIQUES :  K+, Na+ et Ca2+ : contribuent à faire précipiter certaines protéines présentes dans le sulcus : formation de la pellicule acquise et genèse du tartre sous gingival.  Gencive normale :  Quantité de Na+ inférieur / sérum.  Quantité de Ca2+ à peu près égale / sérum  Quantité de K+ 3 fois importante / sérum.  Gencive enflammée:  Quantité de Na+ à peu près égale / sérum  Quantité de Ca2+ et K+ 3 fois importante / sérum.
  22. 22. 22 2-2-3- AUTRES ELEMENTS :  Micro-organisme, cellules épithéliales.  Leucocytes (polynucléaires neutrophiles, lymphocytes et plasmocytes, monocytes).  La quantité de bactéries et de leucocytes augmente avec l’inflammation. 2-3-Mécanisme de production du fluide gingival  Le fluide gingival filtre à partir du tissu conjonctif gingival, traverse la paroi épithéliale de l’épithélium sulculaire et jonctionnel pour se déverser dans le sillon gingivo-dentaire.  La structure de l’épithélium sulculaire et de l’épithélium de jonction (non kératinisés) permet le passage du fluide dans le sillon.  Les travaux de Brill et d’Egelberg semblent suggérer que la production de fluide gingival est principalement attribuable à des modifications inflammatoires dans le tissu conjonctif sous-jacent à l’épithélium sulculaire et l’épithélium jonctionnel. Ces changements sont principalement une augmentation de la perméabilité des vaisseaux sanguins. Le fluide est donc considéré comme étant un exsudat inflammatoire.  Une théorie alternative, née des travaux d’Alfano et de l'hypothèse émise par Pashley, suggère que le fluide produit pourrait représenter simplement le liquide interstitiel qui apparaît dans le sulcus à la suite d'un gradient osmotique. Ce liquide a été considéré comme un transsudat.  Le transsudat est un liquide organique pauvre en protéines qui s’extériorise à partir d'une surface non enflammée. Cette extériorisation n'obéit qu’à des lois mécaniques, contrairement à l'exsudat, riche en protéines, qui suinte à partir d'une surface enflammée suite à la modification de la perméabilité des vaisseaux consécutive à l’inflammation.  Dans un parodonte sain, c’est un transsudat provenant du liquide interstitiel. Il faut noter que, le fluide gingival a peu d’expression et de débit dans un sillon sain.  Dans le cas de parodontopathies, il s’agit plutôt d’un exsudat inflammatoire baignant le sillon gingivo- dentaire en quantité proportionnelle au gradient d’inflammation.
  23. 23. 23 Modèle mathématique de PACHLEY, illustrant le fluide gingival. Coupe transversale de 2 capillaires et coupe longitudinale d’un vaisseau lymphatique (Les flèches illustrent le passage du fluide gingival). 2-4-propriétés physiques C’est un élément propre du milieu buccal, il est provisoire et inconstant car rapidement dégluti. La quantité de fluide gingival augmente avec : -l'inflammation, avec certaines modifications des conditions de circulation locale. Quelques fois proportionnellement à son importance. -la mastication d'aliments durs. -Le brossage et massage dentaire. -L’ovulation et les contraceptifs hormonaux. - la progestérone et les œstrogènes augmentent la perméabilité des vaisseaux sanguins et l’afflux du fluide gingival chez les animaux avec ou sans gingivite. 2-5-propriétés biologiques : Défenses non spécifiques Défenses spécifiques dent Gencive A- Absence d’inflammation: transsudat Le taux de perméabilitécapillaireestbas. La perméabilité de lamembrane basaleestdiminuée ce qui résulte de lafluidité bassedufluidegingival et un pourcentage élevé desprotéinesincorporées parvaisseaulymphatique. B- Présence d’inflammation(exsudats) Augmentationde laperméabilité vasculaire etde la membrane basale,résultats: Augmentationde laquantité dufluide gingival.
  24. 24. 24 2-5-1-Défenses non spécifiques -Les bactéries sont chassées des surfaces dentaires par le flux du fluide gingival. -Il débarrasse le sillon gingivo-dentaire des matériaux qui s'y trouvent. -Il contient des protéines plasmatiques collantes qui renforceraient l'adhésion de l'attache épithéliale à la dent. -Il apporte au milieu buccal des polynucléaires, des lymphocytes, des monocytes, des leucocytes et des substances antibactériennes telles que : Le lysozyme : c'est une protéine soluble dans l'eau qui agit sur la paroi des bactéries Gram+ en les attaquant par hydrolyse. Les bactéries Gram- sont sensibles au lysosyme en présence de vitamine C et de peroxydate d'hydrogène. La lactoférine : C'est une protéine thermostable présente dans la salive et le lait. Elle est bactériostatique sur de nombreux micro-organismes en réduisant leur environnement en fer. La lactopéroxydase : C'est une substance thermolabile, elle inhibe des enzymes glycolytiques des bactéries en particulier ceux des streptocoques. 2-5-2-Défenses spécifiques Elle se fait grâce aux IgG et IgM. La plupart des anticorps antibactériens sont des IgG. Parmi les IgG et IgM se trouvent des anticorps anti ADN et anti ARN.
  25. 25. 25 3- la flore buccale normale : 3-1-Définition C’est un ensemble de micro-organisme vivant à l’état normal ou pathologique dans la cavité buccale. 3-2-Acquisition de la flore buccale La cavité buccale, colonisée par une flore commensale abondante et extrêmement variée, composée de plus de 300 espèces bactériennes, auxquelles peuvent s’ajouter des levures; représente un écosystème complexe qui évolue constamment. -La cavité buccale est stérile au moment de la naissance, mais une flore aérobie se développe dans les 6 ou 10 heures qui suivent. -Les anaérobies apparaissent dans certaines bouches les dix premiers jours de la vie, et ils sont présents dans presque toutes les bouches au bout de 5 mois avant l’éruption des dents et dans 100% des bouches au moment de l’apparition des incisives. -La cavité buccale est accessible à différents types de micro-organismes, ceux appendus aux poussières, contenus dans l'eau ou adhérant aux mains. - La flore buccale est donc extrêmement variée en quantité et qualité. - A l’état sain 300 espèces différentes de microorganismes peuvent résider dans la bouche et 100 y sont constamment présents. -La flore est dite commensale, c'est-à-dire vivant normalement dans la bouche, elle est affectée par l’âge, le régime, la composition et le flot salivaire ainsi que par des facteurs généraux ; mais elle peut devenir pathogène par opportunité à la suite d’un déséquilibre. 3-3-Composition : Streptococcus salivarius : apparaît l'espèce dominante; il représente 47% des cocci anaérobies facultatifs. -Prevotella melaninogenica : représente moins de 1% du total des populations présentes dans la salive. En fait, le dos de la langue semble constituer la source principale des bactéries en suspension dans la salive Le nombre de microorganisme augmente temporairement pendant le sommeil et diminue après un repas (élimination mécanique : mastication) ou le brossage dentaire. -Les espèces particulières de la microflore buccale 1. lactobacilles. 2. entérocoques. 3. streptocoque hémolytique. 4. levures. 5. bactéries filamenteuses. 6. entérobactéries coliformes. 7. mycoplasmes. 8. protozoaires.
  26. 26. 26 3-4- Les niches écologiques L’écologie est l’étude des relations des organismes entre eux et des organismes avec leur milieu. Les plus évidentes sont les cryptes amygdaliennes, mais toutes les zones non exposées au contact du bol alimentaire, à l'auto-nettoyage post-prandial, ou protégées par la salive, sont susceptibles d'abriter des micro-organismes; il faut signaler en particulier : -les capuchons des dernières molaires. -le sillon gingivo-dentaire (et son développement pathologique : la poche parodontale). -les puits des faces occlusales, les fissures de l'émail. -les points de contact inter -dentaires. - les chevauchements dentaires. -les caries. -les reconstitutions iatrogènes (amalgames, composites ou coiffes débordants) Mais les zones exposées, dotées de villosités, comme le dos de la langue, ou apparemment lisses, comme les gencives, constituent des supports appréciés des micro-organismes, en raison des récepteurs d'adhérence que comportent leurs cellules superficielles. Cryptes amygdaliennes Capuchondesdernièresmolaires Chevauchementdentaire Dos de la langue
  27. 27. 27 3-5- Facteurs influençant l’écosystème buccal 3-5-1- Facteurs physico-chimiques 1-Température • constante : 34 à 36°C • permet la croissance d’un grand nombre d’espèces • peut varier durant l’alimentation, pendant une courte période, on n’en connait pas les effets. 2-pH • proche de la neutralité : 6,7 à 7,3 systèmes tampons salivaires • peut varier durant l’alimentation ou par le métabolisme bactérien pH → transformation de l’urée en ammoniaque pH → fermentation des glucides Dans la zone particulière du site « sous-gingival » le pH : 7,5 à 8,5 Il n’y a pas de salive dans le fluide gingival donc pas de systèmes tampons 3-Présence d’O2 La grande diversité dans les concentrations en O2 Permet la croissance des bactéries : -aérobies -micro aérophiles -aéro-anaérobies facultatives -anaérobies strictes 4-Nutriments Le niveau de la plupart des populations bactériennes est fortement corrélé à la disponibilité en substrats dans l’environnement supra gingival : accès aux nutriments : Origine endogène (salive) Origine exogène (alimentation) En absence de nutriments exogènes : -la salive est suffisante : présence d’eau, d’hydrates de carbone, de glycoprotéines… -Dans l’environnement sous gingival : fluide gingival = exsudat du plasma c’est une bonne source de nutriments pour les bactéries à croissance difficile (anaérobies strictes) 3-5-2 Facteurs liés à l’hôte - Alimentaion - Mécanismes de défense de l’hôte (systèmes de défense) changements hormonaux - Grossesse : Au 2ème trimestre : Augmentation du ratio anaérobies strictes/aéro-anaérobies Augmentation Prevotella melaninogenica Augmentation Prevotella intermedia Augmentation Porphyromonas gingivalis
  28. 28. 28 3-5-3 Facteurs génétiques Des facteurs génétiques semblent influencer les flores intestinales et buccales 3-5-4 L’âge à partir de 70 ans : Augmentation de la prévalence des staphylocoques (S. aureus), Lactobacilles, Actinomyces naeslundii à partir de 80 ans : Augmentation du nombre des Levures (Candida albicans)
  29. 29. 29 4- La plaque bactérienne : 4-1-Définition Loe (1968) : c'est un dépôt mou, non calcifié, résistant au jet d'eau (spray). Constituée essentiellement de micro-organismes reliés par une matrice inter-bactérienne, qui est d'origine salivaire, mais aussi de leucocytes, macrophages et des cellules épithéliales. SELON GLICKMAN EN 1972 : La plaque bactérienne est un dépôt granuleux, mou, amorphe qui s’accumule sur les faces des dents, sur les restaurations et sur le tartre. Il adhère fermement à la surface sous-jacente et ne peut en être détaché que par un nettoyage Franck (1973) : c’est un agrégat de microbes polymorphes; bactérie anaérobies et aérobies reliées entre elles par une matrice, le tout accolé à la dent par une pellicule acquise exogène amicrobienne d'origine salivaire. . Il faudra différencier la plaque bactérienne de la Matéria Alba. Matéria alba : c'est un dépôt mou, blanc qui se développe sur la surface dentaire ou à la surface de la plaque bactérienne, il est constitué de cellules épithéliales desquamées et de micro-organismes, il n'est le siège d'aucune croissance organique et il n'est pas sécrétoire. La différence entre la matéria alba et la plaque est que la première peut être enlevée par un simple spray puissant alors que la seconde reste adhérente à la surface dentaire lors de l'utilisation du même spray. 4-2-Localisation de la plaque -La plaque se développe plus sur les dents postérieures que sur les dents antérieures, et plus sur les faces proximales. -Elle tend à s'accumuler dans les zones qui ne sont pas nettoyées par la friction (frottement) naturel de la muqueuse buccale, la langue et les aliments. 4-3- Classification de la plaque -La plaque est classée selon sa localisation en : -Plaque coronaire : qui intéresse les surfaces qui ne sont pas en contact avec la gencive. -La plaque supra gingivale : se développe sur les surfaces en contacts avec la gencive. On retrouve des aérobies. -La plaque sous gingivale : qui se développe dans le sulcus ou à l'intérieure des poches. Constituée de bactéries anaérobies. 4-4-Formation de la plaque La théorie admise, précise qu'il y a d'abord formation d'une pellicule acquise ou cuticule ensuite il y a colonisation de cette cuticule par les micro-organismes :
  30. 30. 30 -Formation de la pellicule acquise : C'est un film translucide, incolore, mou qui se forme sur la surface d'une dent quelques minutes après avoir été nettoyée; d’origine salivaire, elle ne contient pas de bactéries mais renferme des glycoprotéines de la salive. Formation de la pellicule acquise -Colonisation de la pellicule acquise par les micro-organismes : Au niveau de la cuticule, il y a apposition de couches successives de bactéries. La plaque se développe grâce à la multiplication des bactéries, à l'accumulation des produits bactériens et à l'apposition de nouvelles bactéries jusqu'à la formation d'une plaque adulte. Cette plaque est essentiellement constituée de streptocoques mutans et salivarus; cette dernière élabore une substance adhésive "dextran" qui permet à la plaque d'adhérer aux surfaces dentaires et de résister à un brossage insuffisant (moins de trois minutes). La présence de calcium et des phosphates salivaires forment un noyau de calcification au contact duquel la plaque se calcifie et ainsi se forme le tartre.
  31. 31. 31 Formation de la plaque dentaire
  32. 32. 32 4-5-Composition 77O C’est une substance vivante et productive comprenant : -de nombreux micro-organismes à différents stades de croissances qui représentent 70% de la plaque - un éparpillement de cellules épithéliales, de leucocyte et de macrophages dans une matrice intercellulaire adhérente. Selon Loë: -Au 1er jour après arrêt du brossage, la plaque sera colonisée par des streptocoques et des staphylocoques. -Au 2ème jour, on retrouve des bâtonnets Gram+ comme le lactobacillus. -A mesure que la plaque s’épaississe, les conditions d’anaérobies s’établissent à l’intérieure de la flore. -Au 4ème et 6ème jour : on retrouve des bâtonnets Gram- : bactéroïde, fusobactérium. -Au-delà du 6ème jour on retrouve des spirochètes. Elle atteint au moment de son plein développement 250 millions de microorganismes par mg de poids sec. Les matériaux organiques et inorganiques forment 20 % de la plaque bactérienne : La matrice organique : est constituée par un complexe de protéines et de polysaccharides ainsi que des lipides. Le contenu inorganique : calcium, potassium, magnésium, sodium et de phosphore. 4-6- Caractères physico-chimiques de l'adhérence bactérienne Les bactéries ont une charge électrique négative, comme la surface dentaire; mais les forces de Van der Waals, dûes à la structure cristalline de l'émail, attirent les bactéries; de surcroît, l'acidité du pH accroît le rapprochement des parois dentaires et bactériennes; dès que le contact entre le glycocalice et la surface dentaire est acquis, des ponts hydrogène se forment, la formation de paires d'ions et des interactions bipolaires s'établissent. Les adhésines bactériennes, localisées le plus souvent sur les pili, interviennent aussi en s'agrégeant aux récepteurs de la pellicule acquise, ou lectines. 7O % micro-organismes M 20 % Les matériaux organiques et inorganiques 10% d’eau
  33. 33. 33 4-7-Pathogénicité de la plaque : 4-7-1- Activité glycolytique : - La dégradation des hydrates de carbone surtout d'origine alimentaire accessoirement salivaire. - Accumulation d'acides. -Baisse du pH du milieu buccal, surtout au niveau des couches profondes anaérobies.  Ce qui va entraîner une déminéralisation des tissus dentaires et donc apparition des CARIES. 4-7-2-Activité protéolytique : - Dégradation des protéines (en cas de pénurie en sucre). - Accumulation d'acides aminés, d'ammoniaque et d'hydrogène sulfuré. - Précipitation des sels minéraux d'origine salivaire ou alimentaire au niveau de la plaque;  Formation de tartre et donc apparition de GINGIVITE.
  34. 34. 34 5- Le tartre Le tartre est une plaque calcifiée, la transformation de la plaque bactérienne en tartre devient cliniquement visible dès qu'elle est suffisamment chargée en éléments minéraux. 5-1 Classification selon ses rapports avec le rebord gingival : On peut retrouver : -1-Le tartre supra gingival : tartre visible, correspond aux dépôts situés au-dessus de la gencive marginale. De couleur blanc ou blanc jaunâtre -2- Le tartre sous gingival : localisé sous la gencive marginale, dans des poches gingivales et parodontales invisibles; au-dessus s'étale une plaque superficielle non encore minéralisée. Il est de couleur foncé ou noir verdâtre. Surface de tartre sous le M.E.B : Micro-organismes calcifiés 5-2- Le tartre dans le milieu buccal Il constitue un facteur de rétention naturel favorise la formation de plaque, d’une part et rend son élimination par l’hygiène buccale plus difficile, d’autre part. Le tartre seul est peu pathogène. Il offre néanmoins par sa surface rugueuse un site de rétention pour des bactéries viable et nuisibles.
  35. 35. 35 Conclusion Les déséquilibres écologiques peuvent se traduire par des pathologies dentaires ou parodontales, de ce fait meilleure sera la connaissance de cet environnement, plus prometteuses seront les perspectives thérapeutiques, car elles seront mieux ciblées sur la biologie très particulière du milieu buccal.
  36. 36. 36 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 1. PELLAT B., Salives et milieu buccal. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris), Médecine buccale, 28-150- H-10, 2010. 2. PERRIN M., ABJEAN J., MICHEL J.F., Écosystème buccal et flore buccale. Questions d'Internat en Parodontologie, Université de Rennes 1. 3. Herbert F. Wolf Edith M, & Klaus H. Rateitschak , Parodontologie . Edition Masson 4. BERCY P., TENENBAUM H., Parodontologie, du diagnostic à la pratique. Edition De Boeck. 5. Glickman I. ; Parodontologie clinique, Edition cdp, 1983. P340-326. 6. Woda A. Abrégé de physiologie oro-faciale. Edition Masson. 1983.P :210-220. 7. Klaus H. & Edith M. Rateitschak Herbert F. Wolf. atIas de médecine dentaire Parodontologie. Médecine-Science /Flammarion

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