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Gazette numéro 2 Festival international du film 2014

O
olivier
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17 octobre 
# 2 
Première mondiale Manège 20 h 15 127 min 
Dos disparos Martín Rejtman Première française 
 Martín Rejtman, qu’est-ce qui vous a décidé à prendre 
pour point de départ un héros qui rate son suicide 
et vit ensuite avec une balle dans le corps ? 
Je n'écris pas en partant d’une idée d’histoire mais d’une 
multitude d’idées : des situations, des personnages... 
­J’essaie 
ensuite de mettre ensemble des petites scènes, de 
trouver la construction de chacunes d’elles, puis de trou-ver 
une trame. ça s’est passé comme ça pour l’ouverture 
du film, quand le héros se tire deux fois dessus : une fois, 
un ami m'a dit qu'un jeune homme s’était tiré dessus 
deux fois et avait survécu. Cette anecdote m’a servi de 
base. 
 Dans Dos Disparos, il y a un décalage entre l’histoire 
assez noire et l’humour. 
Dans mes films précédents, il y a beaucoup d’humour. 
Mais pour ce film, je ne sais pas pourquoi, je voulais 
Manège 14 h 30 104 min 
compétition internationale compétition internationale compé 
le dos rouge 
Antoine Barraud 
Pour réaliser son prochain film, un cinéaste (Bertrand 
Bonello) recherche un tableau représentant un 
monstre. Il va rencontrer pour cela une historienne d'art, 
Célia, qui va l'aider en lui montrant des oeuvres et en lui 
donnant ses interprétations. Mais une tache rouge appa-raît 
dans le dos du cinéaste et grandit au fur et à mesure 
de ses rencontres avec Célia… 
Avec Le Dos rouge, Antoine Barraud, passionné depuis long-temps 
d'art et de peinture, tient à partager le plaisir que 
peut procurer la contemplation d’une oeuvre. Ayant beau-coup 
filmé de cinéastes (il a notamment consacré des por-traits 
expérimentaux à Kenneth Anger et Koji Wakamatsu), 
Barraud a trouvé intéressant de confronter un regard de 
réalisateur à la peinture, à son utilisation du cadre et de 
couleurs. Il nourrit en plus une certaine fascination, voire 
une affection, pour les monstres que la couleur rouge sym-bolise 
bien à ses yeux : la honte de leur condition, les accès 
de colère mais aussi la passion qu’implique leur description 
romanesque. 
« Je pense qu'il ne faut pas trop réfléchir quand on fait des 
films », affirme toutefois Antoine Barraud. « J’aime bien 
rester sur le ressenti, il ne faut pas trop creuser ». Pour lui, 
Le Dos rouge appartient au cinéma expérimental. « On va 
chercher des choses abstraites, narratives, folles, délirantes, 
qui ne sont pas esclaves du sens ». à la manière de In the 
Mood for Love de Wong Kar-Wai, que le réalisateur définit 
comme illogique mais formidable de beauté. Particulière-ment 
mystérieux, Le Dos rouge envoûte par son lyrisme et sa 
poésie. Quant au sens, libre à chacun de tirer ses propres 
conclusions sur les interprétations possibles l 
Ophélie Boureau, Charlotte Sinaud 
DR 
aller contre cette tendance, être très aride, sec. Et, petit 
à petit, j'ai commencé à mettre de l’humour, parce que 
c'est ce qui me fait plaisir. 
 Avez-vous choisi vos acteurs parmi des personnes 
que vous connaissiez déjà ? 
J'avais déjà travaillé avec Suzana, qui joue la mère, et 
Arturo, le type qu'elle rencontre. Tous les autres sont 
nouveaux. Je travaille d'une façon particulière les dialo-gues. 
On fait beaucoup de répétitions et rien ne dit que 
tous les acteurs vont faire partie du film finalement. Il 
leur faut vraiment entrer dans un certain état d'esprit, 
une certaine façon de réciter, une certaine façon d'être. 
Certains acteurs veulent improviser davantage, ont peut-être 
une personnalité trop forte, et ça ne marche pas, car 
pour faire un film, il faut de l’harmonie. 
Louise-Marie Heuzé, Jasmine Hiltscher
variété variété variété variété variété variété variété variété variété variété Les Avant-première Manège 12 h 77 min 
les nuits d'été 
Mario Fanfani 
Avant-première 
Théâtre 18 h 15 100 min 
Quinze ans après sa trilogie Un dimanche à Marseille, Mario Fanfani 
raconte, avec Les Nuits d'été, l'histoire d'un homme marié, Michel 
(Guillaume de Tonquédec, César du meilleur second rôle en 2013 pour Le 
Prénom) qui, chaque week-end, part dans sa résidence secondaire et devient 
Mylène, en compagnie d'autres travestis. 
Le réalisateur italien a trouvé son inspiration dans un livre, Casa Susanna, 
contenant des photographies de travestis des années 1950-1960. « Ces pho-tos 
m'ont habité pendant un certain temps » raconte Mario Fanfani. « Je les 
ai regardées avec leur mystère et j'ai vu un moment, une occasion assez belle 
de travailler sur ce sujet là. » Le contexte joue aussi un rôle : nous sommes 
à une période charnière, « après la Seconde Guerre mondiale et avant la 
Libération des années 1960 », précise Fanfani, et sur fond de guerre d'Algé-rie. 
Traitement intelligent du droit à la différence, Les Nuits d’été a remporté 
le Queer Lion à la dernière Mostra de Venise l 
Louise-Marie Heuzé, Clémence Renaud 
Apaches 
Thierry de Peretti 
La Corse du sud est la terre 
natale du réalisateur Thierry 
de Peretti, membre du jury de la 
compétition internationale. 
C’est là qu’il a posé sa caméra pour 
tourner Les Apaches, l’histoire de cinq 
jeunes gens qui, au cours d'une soi-rée 
dans une villa, volent quelques 
objets dont deux fusils de collection. 
Cette fiction est inspirée de faits 
réels. Découvert l’année dernière 
lors de la Quinzaine des réalisa-teurs 
à Cannes, Les Apaches est bien 
éloigné de la vision que nous nous 
faisons des Indiens. « Ça m'intéres-sait 
d'avoir un titre qui renvoie à 
une forme d’artificialité », explique 
Thierry de Peretti. « Les Apaches, ça 
renvoie au film de genre, au ­western, 
alors que ma mise en scène et mon 
propos ont une charge réaliste très 
forte. » La Corse du sud du film 
apparaît à la fois déchirée et unie, à 
l'image des personnages. « Se pose 
la question de l’origine, de l’identité, 
et de ce qui nous relie les uns aux 
autres », précise le réalisateur. 
Les Apaches est plus que la simple 
reprise d'un fait divers. C'est aussi 
une façon de plonger le spectateur 
dans des problématiques propres à 
la Corse – un territoire qui, d'après 
Thierry de Peretti, reste très peu 
représenté au cinéma – avec la 
volonté de casser les clichés et de 
« réarmer l'imaginaire, construire 
une mythologie ». La caméra, elle, 
fait tout pour donner au public le 
sentiment d’être le sixième membre 
du groupe. « Mais je n’ai pas de 
conseil à donner aux spectateurs », 
insiste Thierry de Peretti, « sinon de 
garder les yeux ouverts » l 
Coralier Mercier, Elodie Girardin 
films du jury film du jury film du jury film du jury film du jury film film du jury film Vincent n'a pas d'écailles 
Thomas Salvador 
Tourné dans les gorges du Verdon et au Canada, le premier 
long-métrage de Thomas Salvador a fait l'ouverture du festival. 
 Comment vous est venue l'idée de ce héros qui se découvre 
une force surhumaine, une fois mouillé ? 
L'image première, c'était un homme dans l'eau. Pas dans une piscine, ni 
dans la mer, mais dans un cours d'eau très étroit, un endroit non appro-prié, 
qui produisait un décalage. Le lavoir, c'était ça la première image 
du film. Je ne suis pas du tout nageur et je vais très peu à la piscine, mais 
j'aime bien essayer des choses, me fixer des challenges. Donc je me suis 
mis à l'eau pour le film. 
 Vous jouez le rôle de Vincent, capable de grandes performances 
athlétiques. Avez-vous été doublé pour certaines scènes ? 
Tout ce qui est dans l’eau, je l’ai fait. Pour des questions de temps de tour-nage, 
de risques et d'assurances, il y a deux plans hors de l’eau où je suis 
doublé, mais je ne vous dirai pas lesquels. 
 Pour ce premier long-métrage, qu'est-ce que ça fait 
d'être en même temps réalisateur et acteur principal ? 
Ça a démarré par mes courts-métrages de manière très naturelle, et aussi 
peut-être par timidité, par crainte de déléguer, de demander à quelqu'un. 
J'aime les films dans lesquels il y a des enjeux physiques et c'est vraiment le 
cas dans Vincent n’a pas d’écailles. Les acrobaties, les cascades : j'aime faire ça. 
 Comment qualifieriez-vous votre film ? 
D’économe en information, peut-être même parfois en dialogue. Je vou-lais 
faire un film qui parle vraiment des personnages, mais uniquement 
grâce aux outils du cinéma : la mise en scène, le rythme, les acteurs, leurs 
corps surtout. Vincent n’a pas d’écailles parle de différence, du don, du fait de 
trouver sa place dans la société, d’être comme on est, avec ce qu'on a, et 
de faire des choix. Il raconte des choses, mais pas explicitement. 
Ophélie Boureau, Jasmine Hiltscher 
Concorde 2 11 h 45 min 90 min 
DR
Première française Concorde 1 16 h 15 23 min 
Ce court-métrage de Ben Russell a pour cadre Malte, île censée se 
trouver au-dessus du territoire englouti de l’Atlantide. 
Le réalisateur américain procède à un ajustement : pour lui, c’est le 
pays de Malte tout entier qui est cette fameuse Atlantide. En s’inspi-rant 
de En attendant Godot de Beckett, il questionne le spectateur sur la 
manière d’avancer dans la vie, une fois que l’on a trouvé ce fameux 
bonheur dont la quête est un thème cher à Russell. Mélange de réa-lisme 
et de surnaturel, Atlantis parcourt les paysages de Malte, écoute 
les gens, aussi bien leurs conversations que leurs chants religieux, 
s’attar­­de 
sur des costumes comme hérités de l’île perdue. « Un travail 
filmé à l’instinct, avec la matière que je pressentais importante pour 
mon oeuvre, sans vraiment savoir pourquoi », dit Russell. En résulte 
une oeuvre où les questions métaphysiques se mêlent à l’histoire et à la 
beauté du pays maltais l 
Gwendoline Cantin 
BUFFALO JUGGALOS 
Scott Cummings 
Première française 
Concorde 1 16 h 15 30 min 
Lauréat d’une mention honorable au Underground Chicago Film 
Festival, Buffalo Juggalos fait sa première française à La Roche-sur- 
Yon. 
Ce court-métrage de Scott Cummings traite des Juggalos, les fans très 
particuliers d’un duo de hip-hop américain, Insane Clown Posse, duo 
tout aussi particulier puisqu’il est issu du « horrorcore », un mouve-ment 
dont la raison d’être consiste à magnifier l’atmosphère sombre 
d’histoires d’horreur et de meurtres. Le réalisateur nous entraîne 
dans l’univers de ces personnes qui se maquillent en clowns, sans 
pour autant renier la fiction. « Mon film n’est pas un documentaire », 
affirme ­d’ailleurs­Scott 
Cummings. « Mon film n’est pas sur les Jug-galos. 
Il est un Juggalo ». Un Juggalo qui parle de Juggalos, alors ? 
Pour s’y retrouver, mieux vaut directement se plonger dans les trente 
minutes hors du temps promises par ce court-métrage l 
élodie Girardin 
Violet Bas Devos 
Première française 
Ce premier long-métrage de Bas Devos, réalisateur belge, a rem-porté 
le grand prix de la sélection Génération 14plus de la der-nière 
Berlinale, où celui-ci fut salué pour sa manière d'explorer les 
émotions. 
Violet privilégie la perception plutôt que le réalisme et s'appuie davan-tage 
sur les images que sur les dialogues pour retranscrire un violent 
sentiment d'isolement et d'incompréhension. Au début, il appartient 
au spectateur de chercher le sens de ce qu'il voit et d’essayer de com-prendre 
comment s'emboîtent les pièces du puzzle. Un processus fina-lement 
pas très différent de celui par lequel passe le jeune protago-niste, 
Jesse, après avoir assisté au meurtre de son meilleur ami. à coups 
d'ellip­ses, 
de silences, de mystères et d'ambiguïtés, Violet montre un 
monde devenu illisible parce qu’il a perdu tout son sens l 
Laura Hélaine 
Black Diamond 
Samir Ramdani 
Concorde 2 9 h 15 82 min 
Première mondiale 
Concorde 1 20 h 45 41 min 
 Samir Ramdani, comment est née 
cette quête artistique au coeur 
de South Central, quartier difficile 
de Los Angeles ? 
J'ai repéré, lors d'un précédent tour-nage, 
des sortes de HLM appelés 
Projects qui venaient d'être désaffec-tés. 
J'ai trouvé intéressant le fait que 
des bâtiments relativement récents 
deviennent des ruines contempo-raines 
et j'ai eu envie d'en faire 
quelque chose. J'étais impatient de 
filmer. Il y a eu peu de scénario, on 
savait grossièrement le déroulé mais 
le but était ensuite de rajouter la 
voix d’un narrateur pour préciser les 
choses. 
 Pourquoi avoir choisi le rappeur 
Yung Jake comme narrateur ? 
Le rap était la forme idéale de narra-tion 
parce qu'il est né dans l'univers 
décrit dans le film. L'idée de Black 
Diamond, c'est de faire se frotter les 
différentes couches sociales. Le rap 
ne vient pas de la bourgeoisie, il a 
une forme simple. Yung Jake est à la 
fois rappeur et il a fait les beaux-arts. 
Il fait naturellement le lien entre dif-férents 
 Quelle est l'histoire du titre 
Black Diamond ? 
C'est Yung Jake qui l'a proposé. Je 
voulais qu'il utilise le mot « cristal » 
en clin d’oeil au livre du sociologue 
de Los Angeles Mike Davis, City of 
Quartz. Seulement Black Cristal ne fai-sait 
pas assez rap pour Yung Jake. Il 
m'a donc suggéré Black Diamond, que 
j'ai apprécié pour son côté plus pop. 
Propos recueillis par Eva Tedesco 
à partir 
de 22 h 45 
milieux. 
YUNG JAKE 
rappeur et co-scénariste de Black Diamond 
compétition nouvelles vagues compétition nouvelles VaGUES compétition nouvelles 
Atlantis 
Ben Russell 
DR
Hervé et Chloé Millet. Et ces trois points de départ vont se 
rapprocher pour livrer aux spectateurs la clé de l'histoire. 
« N'y a-t-il pas des formes de post-humanité déjà présentes 
et qui seront encore plus marquées dans le futur ? », inter-rogent 
les réalisatrices. 
Sous des airs de reportage, Un passage d'eau nous entraîne 
vers un monde surréaliste où l'immortalité est un enjeu 
majeur. Louise Hervé et Chloé Millet veulent « faire res-sortir 
des choses un peu étranges et fantastiques dans un 
discours qui paraîtrait banal » et faire cohabiter la réalité 
et l’imagination : « Les choses qui sont de l'ordre du mythe 
peuvent aussi être réelles, et l'imaginaire peut également 
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Entre poésie et hypothèses scientifiques, ce court-métrage 
interpelle et fait réfléchir sur le désir de la vie éternelle et les 
conséquences de cette quête sur les Hommes l 
Pour fêter son vingt millième jour sur Terre, ­l’artiste 
aux multiples facettes, Nick Cave, présente vingt-quatre 
heures de son existence dans un subtil mélange de 
réalité et de fiction. 
20 000 Days on Earth représente de manière intime la créa-tion 
artistique, à travers une journée ordinaire de l’auteur, 
compositeur et interprète (qui a également participé au scé-nario 
et a écrit lui-même les textes qu'il dit en off), et au fil 
de rencontres ayant marqué sa vie, comme celle avec Kylie 
Minogue, et des concerts. Les fans du musicien seront d'ail-leurs 
enchantés de le voir interpréter Jubilee Street sur scène. 
Entre documentaire musical et portrait, ce long-métrage 
de Ian Forsyth et Jane Pollard casse le mythe de l’artiste 
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de famille, à la fois ordinaire et fascinant. 20 000 Days on 
Earth a remporté un prix pour sa réalisation et un autre 
pour son montage au dernier festival de Sundance l 
Coralie Mercier 
un passage d'eau 
Louise Hervé et Chloé Maillet, les deux réalisatrices 
d’Un passage d’eau, travaillent ensemble depuis 2001. 
Elles ont créé une association au nom un rien loufoque, 
I.I.I.I. (International Institute of Important Items). 
Alternant courts-métrages et performances, elles mêlent 
aujourd’hui science, mythologie et fantaisie dans un 
court-métrage fascinant, présenté en première européenne 
à La Roche-sur-Yon : Un passage d’eau. 
Dans une station balnéaire, des curistes tentent de retrou-ver 
leur santé perdue. Coquillages centenaires, homards 
immortels et régénérescence des méduses sont les sujets 
favoris d'un mystérieux club. Au large des Sables d'Olonne, 
des archéologues essayent de retrouver des vestiges de 
­l'Atlantide. 
Ces trois situations traitent toutes du milieu 
marin. « Nous nous sommes beaucoup intéressées au dis-cours 
médical sur les vertus de l'eau pour prévenir toutes les 
maladies liées à l'âge, le vieillissement... », expliquent Louise 
Vainqueur du Léopard d'or au festival de Locarno 
cette année, From What is Before met en scène la 
déchéance des valeurs traditionnelles des Philippines. 
Lav Diaz, son réalisateur, s’attache aux rituels et aux rela-tions 
typiques d’une époque passée, quand les choses étaient 
plus simples qu’aujourd’hui a priori, et remet en cause le 
cynisme croissant qui caractérise la génération amenée à 
diriger le pays dans les décennies à venir. Ce long-métrage 
accuse le climat social d'être responsable de la décadence 
et affirme que le présent et le futur ne sont pas des temps 
agréables pour ceux qui restent attachés aux valeurs d’an-tan. 
Pour son film le plus engagé politiquement jusque ici, 
Lav Diaz prolonge son esthétique habituelle en recourant à 
une image en noir et blanc et à une mise en scène méticu-leuse. 
Il réalise une oeuvre colossale par sa durée (5 h 38) et 
son approche à la fois dramatique et énergique de la lutte 
contre l'histoire et la politique l 
Laura Hélaine 
20 000 Days on Earth 
Ian Forsyth, Jane Pollard 
Concorde 2 14 h 338 min 
séances spéciales séances spéciales séances spéciales séances spéciales séances spéc 
Concorde 1 20 h 45 30 min 
Encadrement éditorial : Christophe Beney 
Rédaction : étudiants de l’IUT de La Roche-sur-Yon, 
département Information et communication 
Impression : Belz, La Roche-sur-Yon 
Première européenne 
Première française 
Audrey Gris, Charlotte Sinaud 
From what is before 
Lav Diaz 
Première française Manège 17 h 30 95 min 
DR 
DR 
Louise Hervé, Chloé Maillet 
Tout le programme du festival sur www.fif-85.com 
et sur http://blogs.iutlaroche.univ-nantes.fr/festival-film-2014 
Facebook : Festival international 
du film de La Roche-sur-Yon 
@Festival_Film85 
et #FestFilmLRSY
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Gazette numéro 2 Festival international du film 2014

  • 1. 17 octobre # 2 Première mondiale Manège 20 h 15 127 min Dos disparos Martín Rejtman Première française  Martín Rejtman, qu’est-ce qui vous a décidé à prendre pour point de départ un héros qui rate son suicide et vit ensuite avec une balle dans le corps ? Je n'écris pas en partant d’une idée d’histoire mais d’une multitude d’idées : des situations, des personnages... ­J’essaie ensuite de mettre ensemble des petites scènes, de trouver la construction de chacunes d’elles, puis de trou-ver une trame. ça s’est passé comme ça pour l’ouverture du film, quand le héros se tire deux fois dessus : une fois, un ami m'a dit qu'un jeune homme s’était tiré dessus deux fois et avait survécu. Cette anecdote m’a servi de base.  Dans Dos Disparos, il y a un décalage entre l’histoire assez noire et l’humour. Dans mes films précédents, il y a beaucoup d’humour. Mais pour ce film, je ne sais pas pourquoi, je voulais Manège 14 h 30 104 min compétition internationale compétition internationale compé le dos rouge Antoine Barraud Pour réaliser son prochain film, un cinéaste (Bertrand Bonello) recherche un tableau représentant un monstre. Il va rencontrer pour cela une historienne d'art, Célia, qui va l'aider en lui montrant des oeuvres et en lui donnant ses interprétations. Mais une tache rouge appa-raît dans le dos du cinéaste et grandit au fur et à mesure de ses rencontres avec Célia… Avec Le Dos rouge, Antoine Barraud, passionné depuis long-temps d'art et de peinture, tient à partager le plaisir que peut procurer la contemplation d’une oeuvre. Ayant beau-coup filmé de cinéastes (il a notamment consacré des por-traits expérimentaux à Kenneth Anger et Koji Wakamatsu), Barraud a trouvé intéressant de confronter un regard de réalisateur à la peinture, à son utilisation du cadre et de couleurs. Il nourrit en plus une certaine fascination, voire une affection, pour les monstres que la couleur rouge sym-bolise bien à ses yeux : la honte de leur condition, les accès de colère mais aussi la passion qu’implique leur description romanesque. « Je pense qu'il ne faut pas trop réfléchir quand on fait des films », affirme toutefois Antoine Barraud. « J’aime bien rester sur le ressenti, il ne faut pas trop creuser ». Pour lui, Le Dos rouge appartient au cinéma expérimental. « On va chercher des choses abstraites, narratives, folles, délirantes, qui ne sont pas esclaves du sens ». à la manière de In the Mood for Love de Wong Kar-Wai, que le réalisateur définit comme illogique mais formidable de beauté. Particulière-ment mystérieux, Le Dos rouge envoûte par son lyrisme et sa poésie. Quant au sens, libre à chacun de tirer ses propres conclusions sur les interprétations possibles l Ophélie Boureau, Charlotte Sinaud DR aller contre cette tendance, être très aride, sec. Et, petit à petit, j'ai commencé à mettre de l’humour, parce que c'est ce qui me fait plaisir.  Avez-vous choisi vos acteurs parmi des personnes que vous connaissiez déjà ? J'avais déjà travaillé avec Suzana, qui joue la mère, et Arturo, le type qu'elle rencontre. Tous les autres sont nouveaux. Je travaille d'une façon particulière les dialo-gues. On fait beaucoup de répétitions et rien ne dit que tous les acteurs vont faire partie du film finalement. Il leur faut vraiment entrer dans un certain état d'esprit, une certaine façon de réciter, une certaine façon d'être. Certains acteurs veulent improviser davantage, ont peut-être une personnalité trop forte, et ça ne marche pas, car pour faire un film, il faut de l’harmonie. Louise-Marie Heuzé, Jasmine Hiltscher
  • 2. variété variété variété variété variété variété variété variété variété variété Les Avant-première Manège 12 h 77 min les nuits d'été Mario Fanfani Avant-première Théâtre 18 h 15 100 min Quinze ans après sa trilogie Un dimanche à Marseille, Mario Fanfani raconte, avec Les Nuits d'été, l'histoire d'un homme marié, Michel (Guillaume de Tonquédec, César du meilleur second rôle en 2013 pour Le Prénom) qui, chaque week-end, part dans sa résidence secondaire et devient Mylène, en compagnie d'autres travestis. Le réalisateur italien a trouvé son inspiration dans un livre, Casa Susanna, contenant des photographies de travestis des années 1950-1960. « Ces pho-tos m'ont habité pendant un certain temps » raconte Mario Fanfani. « Je les ai regardées avec leur mystère et j'ai vu un moment, une occasion assez belle de travailler sur ce sujet là. » Le contexte joue aussi un rôle : nous sommes à une période charnière, « après la Seconde Guerre mondiale et avant la Libération des années 1960 », précise Fanfani, et sur fond de guerre d'Algé-rie. Traitement intelligent du droit à la différence, Les Nuits d’été a remporté le Queer Lion à la dernière Mostra de Venise l Louise-Marie Heuzé, Clémence Renaud Apaches Thierry de Peretti La Corse du sud est la terre natale du réalisateur Thierry de Peretti, membre du jury de la compétition internationale. C’est là qu’il a posé sa caméra pour tourner Les Apaches, l’histoire de cinq jeunes gens qui, au cours d'une soi-rée dans une villa, volent quelques objets dont deux fusils de collection. Cette fiction est inspirée de faits réels. Découvert l’année dernière lors de la Quinzaine des réalisa-teurs à Cannes, Les Apaches est bien éloigné de la vision que nous nous faisons des Indiens. « Ça m'intéres-sait d'avoir un titre qui renvoie à une forme d’artificialité », explique Thierry de Peretti. « Les Apaches, ça renvoie au film de genre, au ­western, alors que ma mise en scène et mon propos ont une charge réaliste très forte. » La Corse du sud du film apparaît à la fois déchirée et unie, à l'image des personnages. « Se pose la question de l’origine, de l’identité, et de ce qui nous relie les uns aux autres », précise le réalisateur. Les Apaches est plus que la simple reprise d'un fait divers. C'est aussi une façon de plonger le spectateur dans des problématiques propres à la Corse – un territoire qui, d'après Thierry de Peretti, reste très peu représenté au cinéma – avec la volonté de casser les clichés et de « réarmer l'imaginaire, construire une mythologie ». La caméra, elle, fait tout pour donner au public le sentiment d’être le sixième membre du groupe. « Mais je n’ai pas de conseil à donner aux spectateurs », insiste Thierry de Peretti, « sinon de garder les yeux ouverts » l Coralier Mercier, Elodie Girardin films du jury film du jury film du jury film du jury film du jury film film du jury film Vincent n'a pas d'écailles Thomas Salvador Tourné dans les gorges du Verdon et au Canada, le premier long-métrage de Thomas Salvador a fait l'ouverture du festival.  Comment vous est venue l'idée de ce héros qui se découvre une force surhumaine, une fois mouillé ? L'image première, c'était un homme dans l'eau. Pas dans une piscine, ni dans la mer, mais dans un cours d'eau très étroit, un endroit non appro-prié, qui produisait un décalage. Le lavoir, c'était ça la première image du film. Je ne suis pas du tout nageur et je vais très peu à la piscine, mais j'aime bien essayer des choses, me fixer des challenges. Donc je me suis mis à l'eau pour le film.  Vous jouez le rôle de Vincent, capable de grandes performances athlétiques. Avez-vous été doublé pour certaines scènes ? Tout ce qui est dans l’eau, je l’ai fait. Pour des questions de temps de tour-nage, de risques et d'assurances, il y a deux plans hors de l’eau où je suis doublé, mais je ne vous dirai pas lesquels.  Pour ce premier long-métrage, qu'est-ce que ça fait d'être en même temps réalisateur et acteur principal ? Ça a démarré par mes courts-métrages de manière très naturelle, et aussi peut-être par timidité, par crainte de déléguer, de demander à quelqu'un. J'aime les films dans lesquels il y a des enjeux physiques et c'est vraiment le cas dans Vincent n’a pas d’écailles. Les acrobaties, les cascades : j'aime faire ça.  Comment qualifieriez-vous votre film ? D’économe en information, peut-être même parfois en dialogue. Je vou-lais faire un film qui parle vraiment des personnages, mais uniquement grâce aux outils du cinéma : la mise en scène, le rythme, les acteurs, leurs corps surtout. Vincent n’a pas d’écailles parle de différence, du don, du fait de trouver sa place dans la société, d’être comme on est, avec ce qu'on a, et de faire des choix. Il raconte des choses, mais pas explicitement. Ophélie Boureau, Jasmine Hiltscher Concorde 2 11 h 45 min 90 min DR
  • 3. Première française Concorde 1 16 h 15 23 min Ce court-métrage de Ben Russell a pour cadre Malte, île censée se trouver au-dessus du territoire englouti de l’Atlantide. Le réalisateur américain procède à un ajustement : pour lui, c’est le pays de Malte tout entier qui est cette fameuse Atlantide. En s’inspi-rant de En attendant Godot de Beckett, il questionne le spectateur sur la manière d’avancer dans la vie, une fois que l’on a trouvé ce fameux bonheur dont la quête est un thème cher à Russell. Mélange de réa-lisme et de surnaturel, Atlantis parcourt les paysages de Malte, écoute les gens, aussi bien leurs conversations que leurs chants religieux, s’attar­­de sur des costumes comme hérités de l’île perdue. « Un travail filmé à l’instinct, avec la matière que je pressentais importante pour mon oeuvre, sans vraiment savoir pourquoi », dit Russell. En résulte une oeuvre où les questions métaphysiques se mêlent à l’histoire et à la beauté du pays maltais l Gwendoline Cantin BUFFALO JUGGALOS Scott Cummings Première française Concorde 1 16 h 15 30 min Lauréat d’une mention honorable au Underground Chicago Film Festival, Buffalo Juggalos fait sa première française à La Roche-sur- Yon. Ce court-métrage de Scott Cummings traite des Juggalos, les fans très particuliers d’un duo de hip-hop américain, Insane Clown Posse, duo tout aussi particulier puisqu’il est issu du « horrorcore », un mouve-ment dont la raison d’être consiste à magnifier l’atmosphère sombre d’histoires d’horreur et de meurtres. Le réalisateur nous entraîne dans l’univers de ces personnes qui se maquillent en clowns, sans pour autant renier la fiction. « Mon film n’est pas un documentaire », affirme ­d’ailleurs­Scott Cummings. « Mon film n’est pas sur les Jug-galos. Il est un Juggalo ». Un Juggalo qui parle de Juggalos, alors ? Pour s’y retrouver, mieux vaut directement se plonger dans les trente minutes hors du temps promises par ce court-métrage l élodie Girardin Violet Bas Devos Première française Ce premier long-métrage de Bas Devos, réalisateur belge, a rem-porté le grand prix de la sélection Génération 14plus de la der-nière Berlinale, où celui-ci fut salué pour sa manière d'explorer les émotions. Violet privilégie la perception plutôt que le réalisme et s'appuie davan-tage sur les images que sur les dialogues pour retranscrire un violent sentiment d'isolement et d'incompréhension. Au début, il appartient au spectateur de chercher le sens de ce qu'il voit et d’essayer de com-prendre comment s'emboîtent les pièces du puzzle. Un processus fina-lement pas très différent de celui par lequel passe le jeune protago-niste, Jesse, après avoir assisté au meurtre de son meilleur ami. à coups d'ellip­ses, de silences, de mystères et d'ambiguïtés, Violet montre un monde devenu illisible parce qu’il a perdu tout son sens l Laura Hélaine Black Diamond Samir Ramdani Concorde 2 9 h 15 82 min Première mondiale Concorde 1 20 h 45 41 min  Samir Ramdani, comment est née cette quête artistique au coeur de South Central, quartier difficile de Los Angeles ? J'ai repéré, lors d'un précédent tour-nage, des sortes de HLM appelés Projects qui venaient d'être désaffec-tés. J'ai trouvé intéressant le fait que des bâtiments relativement récents deviennent des ruines contempo-raines et j'ai eu envie d'en faire quelque chose. J'étais impatient de filmer. Il y a eu peu de scénario, on savait grossièrement le déroulé mais le but était ensuite de rajouter la voix d’un narrateur pour préciser les choses.  Pourquoi avoir choisi le rappeur Yung Jake comme narrateur ? Le rap était la forme idéale de narra-tion parce qu'il est né dans l'univers décrit dans le film. L'idée de Black Diamond, c'est de faire se frotter les différentes couches sociales. Le rap ne vient pas de la bourgeoisie, il a une forme simple. Yung Jake est à la fois rappeur et il a fait les beaux-arts. Il fait naturellement le lien entre dif-férents  Quelle est l'histoire du titre Black Diamond ? C'est Yung Jake qui l'a proposé. Je voulais qu'il utilise le mot « cristal » en clin d’oeil au livre du sociologue de Los Angeles Mike Davis, City of Quartz. Seulement Black Cristal ne fai-sait pas assez rap pour Yung Jake. Il m'a donc suggéré Black Diamond, que j'ai apprécié pour son côté plus pop. Propos recueillis par Eva Tedesco à partir de 22 h 45 milieux. YUNG JAKE rappeur et co-scénariste de Black Diamond compétition nouvelles vagues compétition nouvelles VaGUES compétition nouvelles Atlantis Ben Russell DR
  • 4. Hervé et Chloé Millet. Et ces trois points de départ vont se rapprocher pour livrer aux spectateurs la clé de l'histoire. « N'y a-t-il pas des formes de post-humanité déjà présentes et qui seront encore plus marquées dans le futur ? », inter-rogent les réalisatrices. Sous des airs de reportage, Un passage d'eau nous entraîne vers un monde surréaliste où l'immortalité est un enjeu majeur. Louise Hervé et Chloé Millet veulent « faire res-sortir des choses un peu étranges et fantastiques dans un discours qui paraîtrait banal » et faire cohabiter la réalité et l’imagination : « Les choses qui sont de l'ordre du mythe peuvent aussi être réelles, et l'imaginaire peut également façonner la réalité ». Entre poésie et hypothèses scientifiques, ce court-métrage interpelle et fait réfléchir sur le désir de la vie éternelle et les conséquences de cette quête sur les Hommes l Pour fêter son vingt millième jour sur Terre, ­l’artiste aux multiples facettes, Nick Cave, présente vingt-quatre heures de son existence dans un subtil mélange de réalité et de fiction. 20 000 Days on Earth représente de manière intime la créa-tion artistique, à travers une journée ordinaire de l’auteur, compositeur et interprète (qui a également participé au scé-nario et a écrit lui-même les textes qu'il dit en off), et au fil de rencontres ayant marqué sa vie, comme celle avec Kylie Minogue, et des concerts. Les fans du musicien seront d'ail-leurs enchantés de le voir interpréter Jubilee Street sur scène. Entre documentaire musical et portrait, ce long-métrage de Ian Forsyth et Jane Pollard casse le mythe de l’artiste étrange aux sombres pulsions et découvre l’homme en père de famille, à la fois ordinaire et fascinant. 20 000 Days on Earth a remporté un prix pour sa réalisation et un autre pour son montage au dernier festival de Sundance l Coralie Mercier un passage d'eau Louise Hervé et Chloé Maillet, les deux réalisatrices d’Un passage d’eau, travaillent ensemble depuis 2001. Elles ont créé une association au nom un rien loufoque, I.I.I.I. (International Institute of Important Items). Alternant courts-métrages et performances, elles mêlent aujourd’hui science, mythologie et fantaisie dans un court-métrage fascinant, présenté en première européenne à La Roche-sur-Yon : Un passage d’eau. Dans une station balnéaire, des curistes tentent de retrou-ver leur santé perdue. Coquillages centenaires, homards immortels et régénérescence des méduses sont les sujets favoris d'un mystérieux club. Au large des Sables d'Olonne, des archéologues essayent de retrouver des vestiges de ­l'Atlantide. Ces trois situations traitent toutes du milieu marin. « Nous nous sommes beaucoup intéressées au dis-cours médical sur les vertus de l'eau pour prévenir toutes les maladies liées à l'âge, le vieillissement... », expliquent Louise Vainqueur du Léopard d'or au festival de Locarno cette année, From What is Before met en scène la déchéance des valeurs traditionnelles des Philippines. Lav Diaz, son réalisateur, s’attache aux rituels et aux rela-tions typiques d’une époque passée, quand les choses étaient plus simples qu’aujourd’hui a priori, et remet en cause le cynisme croissant qui caractérise la génération amenée à diriger le pays dans les décennies à venir. Ce long-métrage accuse le climat social d'être responsable de la décadence et affirme que le présent et le futur ne sont pas des temps agréables pour ceux qui restent attachés aux valeurs d’an-tan. Pour son film le plus engagé politiquement jusque ici, Lav Diaz prolonge son esthétique habituelle en recourant à une image en noir et blanc et à une mise en scène méticu-leuse. Il réalise une oeuvre colossale par sa durée (5 h 38) et son approche à la fois dramatique et énergique de la lutte contre l'histoire et la politique l Laura Hélaine 20 000 Days on Earth Ian Forsyth, Jane Pollard Concorde 2 14 h 338 min séances spéciales séances spéciales séances spéciales séances spéciales séances spéc Concorde 1 20 h 45 30 min Encadrement éditorial : Christophe Beney Rédaction : étudiants de l’IUT de La Roche-sur-Yon, département Information et communication Impression : Belz, La Roche-sur-Yon Première européenne Première française Audrey Gris, Charlotte Sinaud From what is before Lav Diaz Première française Manège 17 h 30 95 min DR DR Louise Hervé, Chloé Maillet Tout le programme du festival sur www.fif-85.com et sur http://blogs.iutlaroche.univ-nantes.fr/festival-film-2014 Facebook : Festival international du film de La Roche-sur-Yon @Festival_Film85 et #FestFilmLRSY