Dimanche 17 novembre

L'instant T
Danse NIA
Gong Fu Cha
au Verde Nero, Bordeaux

I Danse NIA: Now I Am
Après l’atelier de ...
ans de sa vie à écrire le Classique du thé (Cha Jing) (760-780). Lu Yu insiste pour que le thé
soit bu seul (non plus dans...
l’esprit vide de toute pensée parasite, d’avoir l’esprit uniquement absorbé par ces menus
gestes, d’avoir pleine conscienc...
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Le Gong Fu Cha, aperçus historiques, philosophiques et techniques par le CUB de Thé

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Le Gong Fu Cha est l'art du thé chinois. C'est une technique simple qui consiste à infuser une grande quantité de thé dans un très petit volume afin d'en concentrer les arômes. Cette technique est permise par l'évolution de la fabrication du thé au cours des siècles et par la maîtrise de la porcelaine et du grès.
Cette technique simple a des soubassements confucianistes, taoistes et bouddhistes.

Le Gong Fu cha est un plaisir de gourmet, mais aussi un moyen d'accéder à la pensée chinoise.

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Le Gong Fu Cha, aperçus historiques, philosophiques et techniques par le CUB de Thé

  1. 1. Dimanche 17 novembre L'instant T Danse NIA Gong Fu Cha au Verde Nero, Bordeaux I Danse NIA: Now I Am Après l’atelier de danse Now I Am, inspirée des arts martiaux et de la conscience corporelle du yoga, animé par Martine Ngo Nlend Manga (et contact@martinenmdanse.com), nous avons pris quelques tasses de thé selon un mode chinois d’infusion. Ce mode est lié au NIA par la volonté d’allier corps et esprit, de faire circuler les énergies, de se connecter avec les autres et le monde, voire d’accéder à la pleine conscience. La pleine conscience étant l’état d’esprit où l’on est pleinement à ce qu’on fait, pleinement présent ici et maintenant et uniquement ici et maintenant, sans pensée parasite. II Une cérémonie qui n’est pas une cérémonie : le Gong Fu Cha 工夫茶 ou 功夫茶 L'idéogramme 功夫 c'est « gong fu » ou « kung fu », le même idéogramme que pour kung fu wu shu, la fameuse boxe chinoise. Gong fu, c'est l'art au sens de « maitrise technique ». Ce qui nous intéresse, c'est donc l'art du thé, la maitrise technique du thé, où, si l'on veut prendre une traduction moins précise mais plus usuelle : la cérémonie chinoise du thé. S’il existe clairement des cérémonies ritualisées de Gong Fu Cha, ce que nous pratiquons est plus simple et reprend une pratique populaire de Chine du Sud. Il s’agit d’abord de tirer le meilleur des feuilles de thés. Il s’agit aussi de souscrire à l’idée que plus une chose est formaliste, plus on se concentre sur la forme et plus l’esprit échappe. Pour les Chinois, la grande voie (dao) n’a pas de forme, c’est l’intensité que chacun met dans ses gestes qui transforme la technique en voie, en ouverture spirituelle. Pour nous, le Gong Fu Cha est une technique gastronomique qui peut être une technique spirituelle. Cette technique s’ancre dans les trois principales philosophies chinoises (confucianisme, taoïsme et bouddhisme) et s’explique aussi plus concrètement par l’évolution du façonnage du thé et des ustensiles pour le préparer. III Les racines historiques du Gong Fu Cha : Le thé est consommé depuis des millénaires en Chine, d’abord comme plante pharmaceutique puis comme aromatique. Sous la dynastie Tang (618-907), la consommation de thé augmente et se transforme notamment sous l’influence de Lu Yu, qui consacra vingt 1
  2. 2. ans de sa vie à écrire le Classique du thé (Cha Jing) (760-780). Lu Yu insiste pour que le thé soit bu seul (non plus dans une soupe où mêlé à différents aromates) dans un environnement propice et beau. Sous la dynastie Ming (1368-1644), le travail du thé est simplifié. Il n’est plus compressé mais en feuilles libres (comme actuellement), le nombre d’ustensiles pour le préparer diminue. Par conséquent, le thé devient moins cher, techniquement plus accessible : sa consommation se répand. Sous la dynastie suivante, celle des Qing (1644-1912), cette simplification se poursuit. Sont créés des instruments en porcelaine pour le thé, notamment dans la ville de Jingdezhen, dans le Jiangxi. On s’intéresse également à la terre cuite qui chauffe moins le thé et qui l’oxygène mieux. Un nouveau type de thé apparaît : le wulong, thé partiellement oxydé (alors que le vert ne l’est pas et le noir totalement). Afin d’extraire au mieux les arômes du wulong, les mini-théières apparaissent. Elles vont de la grosseur d’une prune à celle d’une orange. L’évolution de la consommation du thé et l’invention de nouveaux instruments ont abouti à la méthode gong fu cha. Comme toute évolution technique, elle prend racine dans une société particulière structurée par des modes de pensée spécifique. En Chine, la pensée est fondée sur trois philosophies qui s’interfécondent : le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme. IV Les racines philosophiques du gong fu cha : Le confucianisme est une pensée politique et morale. Elle insiste sur la vertu de l’harmonie : harmonie entre les personnes, harmonie des hommes avec la nature. Lu Yu, élevé dans un monastère bouddhiste, s’est beaucoup intéressé à cette philosophie. Partager le thé, c’est être dans l’entente avec ses hôtes, dans le pardon et l’indulgence. Infuser le thé, c’est accorder les cinq éléments primordiaux traditionnels chinois (or, bois, eau, feu, terre). Boire le thé doit se faire dans un lieu où l’harmonie et la beauté sont recherchées (arrangement plaisant des ustensiles, arrangement floral) avec vue sur un paysage puisqu’à l’harmonie intérieure répond la beauté du monde. Ce lien entre l’homme et la nature est encore plus présent dans la philosophie taoïste qui pense l’homme comme un élément de la nature. Il ne faut donc jamais s’opposer à la nature mais s’y adapter, s’inclure dans la circulation des énergies. Boire du thé, c’est boire le monde en miniature. Pour pousser, le théier a puisé l’énergie du Soleil, l’énergie de l’eau et l’énergie du sol de la montagne. Boire ses feuilles, c’est boire ces énergies, c’est continuer un cycle. Les Bouddhistes pensent également l’univers comme un cycle. Rien n’est éternel : toute chose évolue et se transforme : c’est l’idée de l’impermanence. Ainsi, une goutte d’eau va être absorbée par une racine, devenir une partie du théier, une parcelle de l’arôme que vous goûtez. Boire le thé, c’est comprendre l’impermanence. Sous l’influence taoïste, s’est développée en Chine l’école bouddhiste Chan (appelée Zen en japonais) selon laquelle on peut devenir bouddha par perfection morale, sans être bonze. « Le boucher qui pose son couteau devient bouddha sur le champ » Huineng (683-713). Cette perfection morale s’atteint notamment par le biais de la méditation. Se concentrer sur l’infusion du thé permet d’avoir 2
  3. 3. l’esprit vide de toute pensée parasite, d’avoir l’esprit uniquement absorbé par ces menus gestes, d’avoir pleine conscience de soi et du moment. Dans la pratique courante, ces notions philosophiques sont sous-jacentes et entremêlées. La pratique du gong fu cha n’est pas un exercice intellectuel, c’est une technique simple V La technique proprement dite Pour le gong fu cha, il faut de l’eau bouillante, une mini théière ou une petite tasse à couvercle et soucoupe (le zhong ou gaïwan) et des petits bols ou petites tasses (et du thé ;-) ) D’abord, l’eau est versée dans la théière puis de la théière aux bols, ceci afin de réchauffer les instruments pour que l’infusion ne se refroidisse pas trop vite et pour que les arômes s’exhalent. Ensuite, l’eau est versée dans la théière remplie au moins au tiers de feuilles sèches et immédiatement jetée : c’est le rinçage des feuilles qui est une étape facultative. Puis, l’eau bouillante est versée dans la théière et le thé infuse quelques secondes. Cette infusion est bue. Cette étape se répète jusqu’à épuisement du thé (entre 3 et plusieurs dizaines). En général, la deuxième infusion est plus courte que la première puisque les feuilles sont bien ouvertes, puis au fur et à mesure que le thé « se fatigue », les infusions sont plus longues. Le couvercle du gaiwan concentrant les parfums, le respirer de temps à autre, permet de contrôler l’évolution de l’infusion (et donc de décider de la prolonger ou non). VI Le thé sélectionné : wulong Ti Guan Yin Les wulong sont une famille de thé. Parmi cette famille, le Ti Guan Yin est l’un des plus célèbres. C’est un thé de la province du Fujian (sud-est de la Chine), son nom signifie « déesse en fer de la miséricorde ». Cette déesse serait apparue au paysan qui a créé ce thé pour le remercier d’avoir entretenu une statue en fer à son image. VI Remerciements Le CUB de thé remercie Martine d’avoir eu l’idée de cette rencontre. Nous remercions les participantes pour leur bonne humeur, leur enthousiasme et leur curiosité. 3

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