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Aube

  1. 1. Aube J'ai embrassé l'aube d'été. Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombre ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit. La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom. Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse. Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq. A la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais. En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois. Au réveil il était midi. Poème en prose, témoignant l’innocence du vers rimbaldien..C’est l’experience,hallucination ou rệve, de la fusion en même temps panique et érotique entre l 'enfant-poète et l’aube personnifiée comme une déesse de laquelle l’enfant révèle le mystère. Le poème présente une alternance rapide d’un lieu a l’autre, puisque les notions d’espace et de temps sont altérées juste comme dans le rêve. 1. J'ai embrassé l'aube d'été.L’octosyllabe liminaire ( au debut)donne une sensation d’ouverture/fermeture (embrasse), une prise de possession, une fusion quasi mystique entre l’enfant et l’aube. Puis Rimbaud commence sa description en utilisant l’imparfait de narration, qui souligne l’immobilité . 2. Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte L’immobilté .qui caractérisent ces premiers impressions suggère le silence ,le sommeil qui se prolonge, comme si la vie attendait un signe pour se reveiller.C’est un moment privilegié,juste avant que le mouvement t ne confonde les impressions. 3. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes J’ai marché réintroduit le poète non plus comme simple spectateur mais comme acteur, tel qu’il se présentait dans le premier octosyllabe (j’ai embrassé l’aube). C’est l’action du poète sur la nature: à son passage la nature s’éveille. On pense à Orphée, personnage mythologique qui avait le pouvoir de charmer les animaux de la nature par le chant de sa lyre ou à quelque magicien de legende, tels qu’on en trouve dans les contes de fées. La nature sort de son torpeur au passage de l’enfant qui se voit conférer un pouvoir magique. La syntaxe est simple, comme si tout arrive simplement dans ce monde qui se réveille grâce à l’accord entre la nature et l’enfant( il faut penser a Baudelaire qui déchiffre le code de la nature et Rimbaud qui est en totale syntonie avec elle). 4. les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit. Les pierreries sont les gouttes d’eau sur les pétales des fleurs ; elles suggèrent la capacité d’émerveillement du poète tandis que la perception d’ailes qui se lèvent évoque le réveil de la nature à ‘l’aube, symbole d’une vie libérée. 5. La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom. La rencontre avec la fleur: le mot entreprise doit être entendu dans le sens de participe passe du verbe entreprendre,au vieux sens du terme qui veut dire aborder; l’enfant part à la conquête du monde comme à la conquête d'une femme. La connotation guerrière est sublimée par la connotation érotique. Mais une fleur me dit son nom nous plonge dans l’univers merveilleux du conte de fée. L’enfant est spontanément accepté par la nature parce qu’il est encore dans un état d’innocence et de pureté et de transparence 6. Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins Je ris au wasserfall , la personnification de la chute d’eau fait penser à quelque divinité des eaux comme on en trouve dans les légendes germaniques. L’enfant fait s’éveiller une nature habitée par des êtres merveilleux.
  2. 2. 7. à la cime argentée je reconnus la déesse. La lumière commence à progresser et en levant les yeux l’enfant reconnait l’aube sur la cime des sapins argentes par le reflet de l’aube. Elle est personnifiée sous les traits d’une déesse, présence féminine ardemment desirée. Il la découvrira dans toute sa nudité en levant les voiles qui l’enveloppent mouvement hardi mais aussi symbolique, l’enfant-poète va découvrir et révèle le mystère caché sous les apparences. 8. Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq. A la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais. La succession des adverbes de lieux (dans l’allée à la grand’ ville…) et l’alternance de décors indiquent la rapidité de la course renforcée par une série de verbes de mouvement (agiter, fuir, courir, chasser). L’expression je l’ai dénoncé au coq marque un renversement de la perspective habituelle,. Ce n’est plus le coq qui par son chant annonce l’arrivée de l’aube mais l’enfant qui prévalant sur la nature se révèle être initié, partager le caractère divin de la nature. C’est le premier à savoir, l’enfant-poète est l’intermédiaire entre la nature et le monde des hommes( Baudelaire!!),trahissant (dénonçant par son signal le mystère de l’aube. 9. Le contraste richesse classique/ pauvretè Les décors inusuels, les fronts des palais, les quais de marbre, font contraste avec la pauvreté du poète, qui se représente comme un mendiant. 10. près d'un bois de lauriers La victoire de l’enfant est consacrée par le bois de lauriers, arbre qui couronnait dans l’antiquité les guerriers vainquers, l’idée de la conquête retourne. 11. je l'ai entourée avec ses voiles amassés et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois. La prise de possession finale avec les voiles qui tombent par terre souligne le caractère quasi érotique du contact avec le corps de la déesse. Cette connotation érotique est servie par l'hypallage, son immense corps qui accentue la valeur extraordinaire du plaisir éprouve dans ce contact: l’extase est complète,c’est pourquoi il perd sa place de sujet de l’action, on passe de la première personne a la troisième personne, l’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois. 12. Au réveil il était midi. Le poème s’achève comme il avait commencé par un octosyllabe. Mais cette fois-ci la phrase est brutale. Au réveil l il était midi. C’est la perte de conscience l’abolition momentanée du temps qui accompagne l’accomplissement du désir, ce qui accentue la connotation érotique de la fusion entre l’enfant et l’aube.

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