Bulletin AL Qotb France- Janvier 2017

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Le bulletin d'AL QOTB FRance n°19- janvier 2017

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Bulletin AL Qotb France- Janvier 2017

  1. 1. Plus de 6 ans après la chute du régime de Ben Ali, le chef du gouvernement vient de reconnaitre que « les réformes ne sont pas à la hauteur des attentes du peuple ». C’est le moins que l’on puisse dire. Le constat a beau être lucide, il est terrible ! Mais ce qui l’est encore plus, ce sont l’absence de perspectives et de cap d’une part et le refus d’engager les réformes nécessaires, d’autre part. Pourquoi ? Tout simplement parce que ce gouvernement, empêtré dans ses propres contradictions, n’est pas en capacité de s’attaquer aux véritables préoccupations des Tunisiens. En effet, comment entrainer le pays sur la voie d’un progrès partagé quand la lutte contre le chômage des jeunes, la corruption, la pauvreté extrême ou encore celle contre le délitement de services publics si essentiels aux citoyens comme ceux de la santé ou de l’éducation, sont si cruellement « oubliés » ?! Négligés, devrait-on dire. Car, il semble plus important de se préoccuper de décrédibiliser l’instance « dignité et vérité», de préserver les intérêts de certains affairistes voire d’en « recycler » d’autres notoirement corrompus que de s’intéresser sérieusement à la vie quotidienne de nos concitoyens. Pour notre part, à Al-Qotb et au Front Populaire, nous avons choisi d’en parler inlassablement. Vous trouverez –entre autres- dans ce numéro, une réflexion sur la situation financière calamiteuse des municipalités, largement abandonnées par l’Etat, ce qui explique en grande partie la dégradation de l’environnement et celle de l’urbanisme dans la plupart de nos villes et villages. Pendant ce temps, la date des prochaines élections municipales n’est toujours pas fixée…Notre zoom, quant à lui, traite de la question des nombreux Tunisiens soupçonnés de terrorisme et de leur retour (inquiétant) en Tunisie tandis qu’en « Dernière Minute », nous revenons sur la loi 52 – en discussion au Parlement- qui enferme de très nombreux jeunes au seul prétexte qu’ils consomment du cannabis. Enfin (pour ceux qui seront en Tunisie début février), nous vous invitons à un cercle débat sur la santé où il sera proposé et discuté un projet ambitieux pour un droit universel à la santé ! A l’heure où le désenchantement gagne notre pays, à Al-Qotb, nous voulons rester fidèles à nos engagements : faire de la politique autrement et ne jamais cesser d’être une force de proposition et d’action ! Belle année 2017 à vous tous et bonne lecture ! La nouvelle constitution tunisienne de 2014 s’est engagée à soutenir la décentralisation et à améliorer l’autonomie financière des municipalités. Cette évolution, qui place les collectivités locales au cœur des défis contemporains, qu’il s’agisse de problèmes environnementaux, énergétiques ou de lutte contre la pauvreté et qui touchent la plupart des pays, cherche à répondre de façon plus équitable et plus efficace aux besoins des citoyens sur l’ensemble du territoire. Ce processus de décentralisation impose de façon automatique une modification des compétences et des moyens – surtout financiers- des municipalités afin de les porter à la hauteur des enjeux fixés.A l’occasion des élections locales qui auraient dû se tenir prochainement mais dont la date a été reportée à maintes reprises, plusieurs questions se posent : les collectivités locales ont elles les ressources nécessaires pour répondre aux défis de la décentralisati on? Peuvent- elles s’appuyer sur un cadre administratif et politique adéquat pour financer convenablement et équitablementles actions de développement local ? A l’évidence, non ! Le cadre administratif reste à ce jour très contraignant car hérité d’un régime politique corrompu et autoritaire. Les décennies de pouvoir de Ben Ali ont abouti à une fausse décentralisation mais à un authentique maillage administratif, certes « déconcentré » mais dans l’unique but de renforcer l’Etat policier et le contrôle des citoyens aux quatre coins du territoire. Aux dépens de l’efficacité d’abord mais pire encore de la notion même de service public. Ce qui explique en grande partie la défiance des citoyens vis à vis de leur administration, en particulier locale. Dans ces conditions, l’amélioration des conditions de vie tarde à se concrétiser. Le renforcement d’une décentralisation financière réelle s’avère incontournable pour rendre la décentralisation crédible. En effet, les modalités actuelles de collecte et de répartition des impôts ne permettent pas aux municipalités de disposer de recettes propres suffisantes. En effet, les recettes fiscales de l’ensemble des municipalités ne représentent actuellement qu’environ 2,5% des recettes fiscales de l’Etat. En comparaison, celles enregistrées au Maroc s’élèvent à 4,8% (près du double !), en France à 15,2%, en Allemagne à 48% … Cette « misère » locale associée à l’absence d’exécutifs locaux élus, expliquent l’état souvent déplorable des municipalités en termes d’urbanisme, de propreté ou d’investissement dans la culture. De fait, partout prolifèrent un habitat anarchique, construit sans qu’aucune règle d’urbanisme ne soit respectée, une collecte des déchets défaillante voire inexistante et sauf en de très rares endroits, un désert culturel préoccupant. Il en résulte un incivisme galopant et une dégradation manifeste des conditions de vie des citoyens. Or, non seulement les élections locales n’ont toujours pas eu lieu plus de 6 ans après l’avènement de la Révolution Pour contacter Al-Qotb en France, suivre nos activités, s'informer email : contact.france@al-qotb.com Facebook : www.facebook.com/AlQotbFrance web : http://al-qotb.com Al-Qotb est membre du Front Populaire En attendant les élections locales… Les finances locales sont très insuffisantes. Il en résulte un incivisme galopant et une dégradation manifeste des conditions de vie des citoyens... Travail - Liberté - Justice sociale Le bulletin d'Al-Qotb France NUMÉRO 19 Janvier 2017 Editorial
  2. 2. mais les gouvernements successifs n’ont en rien anticipé l’impérieuse nécessité de rendre possible une véritable autonomie financière des municipalités. Dans ce cas, si rien n’est fait dans les meilleurs délais pour trouver un début de solution à cette question cruciale, lerisque est grand que les prochains conseils municipaux -ne disposant pas de moyens financiers permettant d’assumer les responsabilités qui leur sont confiées par la loi- ne puissent mener à bien leurs programmes. Le désenchantement – une fois encore – prévaudra alors avec tous les maux qu’il engendre : aggravation de l’incivisme, défiance vis-à-vis de l’administration, délitement des services publics et donc aggravation des inégalités. A El Qotb, nous considérons qu’une vraie politique locale et citoyenne doit être menée avec des moyens humains et financiers adéquats car elle touche aux préoccupations quotidiennes de nos compatriotes. Comme pour toute politique publique, elle suppose une fiscalité efficace et juste à tous les niveaux, central comme local. Nous en sommes malheureusement fort loin… Ces dernières semaines il n'y a pas un jour sans que le sujet du retour des mercenaires tunisiens dans les "zones de conflit" ne soit débattu dans les médias. Et il y a de quoi, vu le danger que peut représenter la présence massive de ces paramilitaires endoctrinés sur notre sol. Médias aidant, on entend essentiellement deux options : la rédemption prônée par leurs sympathisants plus ou moins déclarés, et la déchéance de nationalité par d'autres, Ces deux options sont illusoires et irresponsables. En effet comment peut- on imaginer ne plus avoir à répondre de ses actes via une simple déclaration (dont la sincérité sera invérifiable)? D'autre part comment peut-on se déresponsabiliser en tant que société, ces criminels étant malheureusement le produit de celle-ci ? Si l'on croit à la nécessité d'institutions fortes, et à la crédibilité de l'Etat aux yeux des citoyens et du monde, alors les solutions pour faire face à cette très grave menace sont à puiser dans une justice impartiale et efficace. Il est d'ailleurs essentiel que les enquêtes remontent les filières de radicalisation et d'envoi sur les terrains de conflit, et que les responsables soient jugés et condamnés. Ne mettons pas la poussière sous le tapis, les enjeux sont beaucoup trop importants Zoom NUMÉRO 10 - MARS 2015Le bulletin d'Al-Jabha Front Populaire de Tunisie - Coordination Ile de France Le bulletin d'Al-Qotb France NUMÉRO 19 Janvier 2017 Pour contacter Al-Qotb en France, suivre nos activités, s'informer email : contact.france@al-qotb.com Facebook : www.facebook.com/AlQotbFrance web : http://al-qotb.com Al-Qotb est membre du Front Populaire Zatla : en finir avec le tout carcéral ! La fameuse loi 52, qui condamne à minima à 1 an de prison tout consommateur de substance de type cannabis, est l'une des plaies du système judiciaire tunisien. En effet les prisons sont pleines de ces personnes, souvent jeunes, dont le séjour en prison ne modifie pas leurs habitudes de consommation, bien au contraire. Al-Qotb avait à ce sujet proposé une refonte complète de la législation. Récemment un projet de loi émanant du gouvernement allegeait enfin ces peines et allait dans le bon sens. Mais la commission de législation générale à l'assemblée des représentants du peuple a préféré dans un premier temps amender en catimini ce projet en le durcissant considérablement. C'était donc retour à la case départ... Il y a quelques jours elle a enfin daigné écouter les intervenants de la société civile dans ce domaine. Espérons que ce ne sera pas sans suite, et que des places soient libérées dans les prisons pour les mercenaires qui sont, sans aucun doute, beaucoup plus dangereux pour la société. Le parti Al Qotb vous invite à son cercle débat « Pour un droit universel à la santé ! » Samedi 4 février 2017 à partir de 15 h, au siège de la Fondation Rosa Luxembourg, sis au 23, Av. Jugurtha, le Belvédère, qui sera animé par Dr Hakim BECHEUR Plus de 6 ans après l’avènement de la Révolution tunisienne, le droit à la santé pour tous dans notre pays est loin d’être garanti. L’hôpital public souffre d’une crise grave, la santé de base et la prévention sont négligées, la médecine libérale connait elle-même des difficultés et n’est pas accessible au plus grand nombre : la situation est critique à bien des égards. Or ce droit – constitutionnel – à être correctement soigné quel que soit son milieu social ou son lieu de vie, n’est-il pas un préalable à la jouissance de ses autres droits ? Le projet que nous présentons « pour un droit universel à la santé » est donc une exigence citoyenne et constitue pour nous une priorité nationale. Il repose sur une triple ambition : un financement solidaire, une régulation juste, une organisation décentralisée et rigoureuse. De plus, face aux renoncements et au discours fataliste ou conservateur, nous démontrons qu’en s’appuyant sur une large concertation, il est possible de conjuguer justice sociale et pertinence économique, dans l’intérêt général de la Nation. Soyons nombreux à en débattre et à faire avancer notre pays sur la voie d’un progrès partagé ! Dernière minute

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