ELOGE DES FRONTIERES       Lorsqu’on me demande si l’émigration – ledéplacement – influe sur mon écriture, il m’est imposs...
Ces trois espaces géographiques sont désormais soudés et il m’arrive d’oublier dans quel continent je me couche ou dans le...
aux stratèges, aux vendeurs en solde des utopies de la penséeunique.     L’Africain serait-il inapte à formuler sa propre ...
l’Europe, ils se retrouvent dans une nasse, errent tels desapatrides. En Afrique, on les montre du doigt. En Europe, on le...
nous avons donc créé des contrées, des ramifications à traversle monde. « Rome n’est plus dans Rome », l’écrivain devienta...
« Rome n’est plus dans Rome, elle est toute où je suis »écrivait Corneille, battant en brèche l’idée d’un territoire fixe....
peur opèrent afin de détourner une notion mouvante en uneidéologie statique et suicidaire pour la nation. Lesdictionnaires...
avec ceux qui se considèrent comme les parias de notretemps.      Les débats initiés en France sur l’identité nationalen’a...
confrontation, d’un face à face des cultures. Peu importe lelieu…     Le défi consiste à rapporter de nos différentes« app...
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Eloge des frontières

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Eloge des frontières

  1. 1. ELOGE DES FRONTIERES Lorsqu’on me demande si l’émigration – ledéplacement – influe sur mon écriture, il m’est impossible dedonner une réponse précise et définitive. Sans doute parceque je suis de plus en plus persuadé que le déplacement, lefranchissement des frontières nourrit mes angoisses,contribue à façonner un pays imaginaire qui, finalement,ressemble à ma terre d’origine. Il y va de ma propre quêteintérieure, de ma façon de concevoir l’univers. J’ai choisidepuis longtemps de ne pas m’enfermer, de prêter l’oreille aubruit et à la fureur du monde, de ne jamais considérer leschoses de manière figée. Je ne suis pas devenu écrivain parce que j’ai émigré,en revanche j’ai posé un autre regard sur ma patrie une foisque je m’en suis éloigné. Dans mes premiers écrits – tousébauchés au Congo – je sentais qu’il manquait des pièces,que mes personnages étaient cloitrés, respiraient à peine, etme réclamaient plus d’espace. L’émigration a contribué àrenforcer en moi cette inquiétude qui fonde à mes yeux toutedémarche de création. On écrit parce que « quelque chose netourne pas rond », parce qu’on voudrait déplacer lesmontagnes ou faire passer un éléphant dans le trou d’uneaiguille. L’écriture devient alors à la fois un enracinement, unappel dans la nuit et une oreille tendue vers l’horizon… Né en Afrique, au Congo-Brazzaville, j’ai passé unebonne partie de ma jeunesse en France avant de m’installeraux Etats-Unis. Le Congo est le lieu du cordon ombilical, laFrance la patrie d’adoption de mes rêves et l’Amérique, uncoin depuis lequel je regarde les empreintes de mon errance. 1
  2. 2. Ces trois espaces géographiques sont désormais soudés et il m’arrive d’oublier dans quel continent je me couche ou dans lequel j’écris. Mon confrère et ami Dany Laferrière me lance toujours, avec la verve ironique qu’on lui connaît : « L’écrivain devrait vivre dans une ville qu’il n’aime pas ». Je comprends cette formule comme une invitation à la distance, comme une réinvention permanente de ce paradis perdu, égaré dans ce qui nous reste de souvenirs d’enfance. J’aime toutes les villes que je traverse, je suis émerveillé par tous les lieux qui ne ressemblent pas à ceux de mon enfance. J’y arrive le cœur léger, la tête vide de toutes pensées. On n’est pas émigré lorsqu’on exporte son être, ses manières, ses coutumes, ses goûts en vue de les imposer dans le pays qui nous reçoit. C’est parce que l’endroit dans lequel nous vivons est tellement opposé à notre « milieu naturel » que ressurgissent soudain les images de notre propre enfance, la clameur des nos rues, les souffrances et les joies de notre peuple. C’est pendant les périodes de tornades qu’on reconnaît les vertus d’un ciel bleu, l’envol d’un oiseau libre et le fleurissement d’une essence dont on cherche en vain le nom jusqu’au jour où on se rappelle qu’elle pousse également derrière la case de son père ou dans un jardin public du quartier de Moungali, à Brazzaville. C’est dans le désert qu’on réalise que l’Océan atlantique et le fleuve Congo sont une bénédiction divine. Pour autant, le danger serait de considérer ce qu’écrit un « émigré » comme des notes jaillies de sa nostalgie. On peut avoir le mal du pays même en restant chez soi. Je ne suis pas nostalgique. Je couve de l’inquiétude : celle de quitter un jour ce monde sans avoir découvert ce minuscule détail qui nous relie… Parfois il m’arrive de me dire que je suis un Européen,qu’on le veuille ou non, que le soleil m’ai brûlé ou pas. Qu’est-ce qu’un Européen pour un Congolais ? Difficile dele dire. J’ai longtemps cherché une explication sans jamais latrouver. Et puis, l’Europe est un concept mouvant. Il échappe 2
  3. 3. aux stratèges, aux vendeurs en solde des utopies de la penséeunique. L’Africain serait-il inapte à formuler sa propre définition ?Voici par exemple ce que dit le dictionnaire Robert au sujet dumot Européen : « 1. D’Europe, de ses habitants. 2. Favorable à la construction européenne. 3. Afrique. Se dit de toute personne blanche nonafricaine.» Est donc «Européen » ce qui est d’Europe, ce qui est relatifà ses habitants. Quelle Europe ? Quels habitants. Qui sont ceux-ci ? Le plus important - et c’est ce qui me concerne - est ladéfinition de l’Europe que nous prête le Robert, à nous autresAfricains. Pour ceux-ci l’Européen ne serait que la personne« blanche non africaine » ! L’Afrique aurait ainsi uneconception raciale - heureusement non raciste - de l’Europe.Tous les Blancs « non africains » seraient à nos yeux desEuropéens. C’est la peau qui l’aura voulu, et tant pis (ou tantmieux) pour eux ! En déconstruisant cette définition« africaine », on s’aperçoit qu’elle reconnaît tout de mêmel’existence des « Blancs africains », à qui nous autres « Noirsafricains » dénieraient presque le « statut » d’Européen ! Cette représentation est très critiquable parce qu’elleenferme, limite, cloisonne, divise, réduit. A la limite, elle a unseul avantage. Elle prouve que nous autres Africains avons saisidepuis bien longtemps les subtilités de ce monde ! Nous avonspréparé celui-ci aux spécificités des hommes. Nous avons prisen compte l’attachement à une terre, et non à une race. Nousaccepterions volontiers de dire d’un Blanc de l’Afrique du Sudqu’il est Africain. De même que le Blanc du Zimbabwe qui n’aconnu que cette terre. Là s’arrête la pertinence – si pertinence il y a – de cetteconception. Au Zimbabwe, un Président, monarque à vie, selivre à la chasse aux Blancs, le gibier se faisant de plus en plusrare dans la brousse. Ce Président leur rappelle qu’ils sont desBlancs, donc des Européens, même si certains d’entre eux n’ontconnu que cette terre. Pour le dictateur empêtré dans sonlabyrinthe, tous les Blancs demeureront Européens ! Dieul’avait voulu. Peu importe qu’ils ne connaissent d’autre terreque celle d’Afrique. Et lorsque ces Blancs sont « refoulés » vers 3
  4. 4. l’Europe, ils se retrouvent dans une nasse, errent tels desapatrides. En Afrique, on les montre du doigt. En Europe, on lesregarde avec de gros yeux. Ils sont déconnectés de ce continent-là qui n’a rien à avoir avec leur univers des tropiques. La définition que le Robert prête aux Africains contientsuffisamment d’ingrédients pimentés pour alimenterl’animosité, le repli. Et c’est cette idéologie qui justifie laguerre des races, la montée de la haine, la chaîne desexpropriations hors des décisions de justice. L’Europe serait lacause de nos malheurs, à en croire le président du Zimbabwe àqui nous devrions offrir Le Devoir de violence de YamboOuologuem – en traduction anglaise, bien sûr... Européen : « Se dit de toute personne blanche nonafricaine.» On peut penser, en retournant les choses, que l’Europe estle continent de toute personne blanche… et non africaine. Pourles autres races, point de salut. N’est Européen que celui qui estune personne de race blanche et non africaine. On gomme ainsila rencontre des hommes, l’adhésion aux idées, les greffes del’Histoire. Dirait-on que chez les Asiatiques est Européennetoute personne de race blanche et « non asiatique » ? Et chezles Océaniens, qu’en serait-il ? Je vois d’ici la définition presque à l’emporte-pièce au quedonneraient les Américains du Nord : Est Européenne toutepersonne de couleur blanche et non américaine » ! L’Amériqueétant majoritairement blanche, territoire de peuplement qui plusest, c’est un remue-ménage qui s’annoncerait, des tonnes et detonnes de pages d’Histoire à brûler ! C’est sans doute dans lebut de tempérer la susceptibilité des communautés quel’Amérique a forgé des appellations qui rattacheraient tout lemonde à la Nation, sans pour autant dissimuler son lieud’origine. Ainsi a-t-on les African-Americans, les Asian-Americans, les Indians Americans etc. Les conséquences sontlourdes et montrent une société débordée par la gestion de sesminorités. Chaque communauté vivant par ailleurs dans soncoin… Avec la multiplication des moyens de communication 4
  5. 5. nous avons donc créé des contrées, des ramifications à traversle monde. « Rome n’est plus dans Rome », l’écrivain devientalors cet oiseau migrateur qui se souvient de sa terre lointainemais entreprend aussi de chanter depuis la branche de l’arbresur laquelle il est perché. Ces chants d’oiseaux migrateursrelèvent-ils encore de littératures nationales ? Je n’en suis pascertain, pas plus que je suis persuadé que la littérature secontenterait d’un espace défini. J’habiterai n’importe quelendroit du monde pour peu qu’il héberge mes songes et melaisse réinventer mon univers. Je suis à la fois un écrivain et unoiseau migrateur… Ma conception de l’identité dépasse de très loin les notions de territoire et de sang. Chaque rencontre me nourrit. Il serait vain de se cantonner au territoire, d’ignorer la multiplication des interférences et, par-delà, la complexité de cette ère nouvelle qui nous lie les uns aux autres, loin des considérations géographiques. Pour ne pas remonter jusqu’à l’époque de Mathusalem je dirais que l’Histoire, surtout celle de la colonisation, nous a montrés que le territoire pouvait être imaginaire, dépasser les frontières, braver les variations climatiques, brasser les langues et les races. Dans ce sens la France, par exemple, n’a-t-elle pas étendu son territoire au-delà des mers, constituant un Empire dont la puissance et le rayonnement éclataient aux yeux du monde ? Le général de Gaulle, en 1966, au cours d’une visite en Martinique, allait d’ailleurs s’exclamer devant les autochtones : « Mon Dieu, comme vous êtes français ! » A cette époque-là, la nation était alors perçue dans un sens le plus large – voire idéologique. Elle était fondée sur l’idée du renforcement de sa place dans le monde. Si on regarde bien, on constatera d’ailleurs que la France s’étend encore jusqu’aux départements et territoires d’outre-mer, ce qui devrait suffire à recadrer la conception que nous nous faisons du territoire, à moins de considérer ces îles lointaines comme de simples spots de bronzage pour les métropolitains au teint pâle. 5
  6. 6. « Rome n’est plus dans Rome, elle est toute où je suis »écrivait Corneille, battant en brèche l’idée d’un territoire fixe.Quant à la capitale française, elle fut « déplacée » pendantl’Occupation. Paris n’était plus à Paris, mais à Brazzavilledevenue du coup la capitale de la France Libre, pendant queRadio-Brazzaville devenait la « Voix de la France ». L’historien Olivier Luciani résume les difficultés del’époque : « …d’une part, depuis l’été 1940 la France libreimpose aux colonies ralliées un effort de guerreparticulièrement lourd. D’autre part le Président Roosevelt necache pas son désir de substituer aux empires coloniaux unsystème de tutelle internationale. » La France devait bataillerpour garder ses « possessions », selon la formule de DeGaulle dans ses Mémoires. Nous autres Congolais entrionsdonc dans la guerre comme « un morceau de France ». C’estencore dans cette capitale qu’aura lieu la fameuse« Conférence de Brazzaville » en 1944, réunissant « de hautsfonctionnaires coloniaux, en présence de De Gaulle, pourélaborer des projets de réformes à mettre en œuvre après lalibération de la France. Il s’agissait de préserver l’empirecolonial en le rénovant quelque peu ». Une question se pose alors : faut-il toujours attendre unetragédie, un conflit mondial pour démystifier le territoire ?En tout cas, nous aurons franchi un grand pas lorsque nousadmettrons que chacun de nous « traîne » avec lui uneparcelle du territoire d’origine, qu’il est comptable de sonrayonnement, voire de sa dépréciation à l’étranger. En Amérique, je suis souvent tombé sur des Français quime considéraient vraiment comme leur compatriote, medonnant l’impression qu’à l’étranger, quelle que soit leurorigine raciale, les Français élargissaient enfin leurperception de la citoyenneté. Comme si, pour mieux définirce qu’est une nation, nous devrions quitter notre territoire etnous retrouver dans un endroit où notre culture deviendraitenfin le lien substantiel. Si le territoire doit désormais être reconsidéré, il en vade même de « l’identité ». Sans doute faudrait-il revenir àl’origine de ce mot et constater combien les marchands de la 6
  7. 7. peur opèrent afin de détourner une notion mouvante en uneidéologie statique et suicidaire pour la nation. Lesdictionnaires ont-ils leur mot à dire dans ce débat ?« Identité », emprunt au bas latin identitas signifiant « qualitéde ce qui est le même », mot lui-même dérivé du latin idem.L’identité exprimant alors le « caractère de deux objets depensée identique » puis, plus tard, « ce qui est un ». Et Ledictionnaire le dictionnaire historique de langue française depréciser que le droit et l’usage courant définirent le motcomme « le fait, pour une personne, d’être un individu donnéet de pouvoir être reconnu comme tel ». En somme, l’identitéest d’abord rattachée à soi, au moi, à l’existence de l’individuau sein de la société. Elle fait la singularité de l’individu oudu groupe. De même qu’un individu a une carte d’identité, legroupe possèderait la sienne. Mais quels éléments mettrait-onalors dans la carte d’identité du groupe ? Qui définirait ceséléments ? A défaut de mesurer l’ampleur de lamétamorphose de la société contemporaine, on essaie de nousfaire croire qu’on peut gouverner le comportement social pardécret. Profitant de cette brèche, les pêcheurs de voix pourles élections ont recouru aux archaïsmes et aux valeursabstraites. Qui pourrait aujourd’hui donner une définition del’identité nationale ? A écouter ceux qui la promeuvent, nousserions en pleine « crise identitaire » ? En la matière il faudrait, pour parodier le titre d’unouvrage du sociologue Jean-Claude Kaufmann, procéder àune « invention de soi ». Kaufmann propose en effet de« fournir à lindividu la reconnaissance, le consentement etl’amour des autres dont il a besoin pour se sentir exister entant quindividu à part entière » car le « moi n’est personnesans les autres ». L’individu n’existe réellement que lorsqu’ilest reconnu par le groupe, d’autant plus que c’est la loi duditgroupe qui définit le cadre de la mobilité individuelle. Adéfaut de cette reconnaissance par la République, des pochesde résistances se sont créées ici et là. Des groupes édictentleurs propres lois, prenant pour cibles ceux qui n’ont jamaismis les pieds dans ces « zones » mais qui, depuis leursforteresses d’énarques les montrent du doigt. Des « identitésde zones » ont vu le jour, repoussant les normes collectivesqui donnent l’apparence de toujours être plus implacables 7
  8. 8. avec ceux qui se considèrent comme les parias de notretemps. Les débats initiés en France sur l’identité nationalen’auront pas suffi à calmer les multiples crises du « moi ».Qu’est-ce que finalement cette identité nationale ? Ausommet de l’Etat, même le président Sarkozy en perdait sonlatin et se contentait de lâcher pendant la campagne électorale: « C’est dire ce que nous sommes » ? L’identité ce n’est pasdire ce que nous sommes, c’est plutôt dire ce que nous seronsdans l’entrelacement de ces échanges, de ces frictions, de cesmigrations et de cette ère qui s’annonce comme celle de lacomplexité du genre humain. Ce constat reste à faire car je suis souvent choquélorsque certains conçoivent par exemple l’Afrique commeune unité alors qu’elle est aussi complexe que le territoirenord-américain ! Oui, de même que l’Amérique est un espacede superpositions d’origines, d’ethnies, l’Afrique n’est pasaussi uniforme qu’on le croit, et les différences culturellessont aussi marquantes que celles qu’on trouverait ici. Commel’Amérique, l’Afrique a connu les guerres de sécession,l’esclavage, la ségrégation raciale, le génocide et que sais-jeencore. A cela il faut rajouter la confusion créée par lesethnies et l’idéologie occidentale qui nous inculqua le rêve duNègre supérieur comme l’Allemagne songea à l’époque à larace Aryenne. Peut-être faudra-t-il se faire à l’idée qu’il conviendraitde redéfinir la notion même d’Afrique et ne plus se borner àune conception géographique et figée du continent noir. Et si,au lieu de parler d’Afrique, on parlait des Afriques, formuledéjà osée par Henri Lopes dans le titre d’un de ses romansparu au Seuil, Chercheur d’Afriques? L’Afrique n’est plus seulement en Afrique. En sedispersant à travers le monde, les Africains créent d’autres« Afriques », tentent d’autres aventures peut-être salutairespour la valorisation des cultures du continent noir.Revendiquer une « africanité» est une attitudefondamentaliste et intolérante. L’oiseau qui ne s’est jamaisenvolé de l’arbre sur lequel il est né comprendra-t-il le chantde son compère migrateur ? Nous avons besoin d’une 8
  9. 9. confrontation, d’un face à face des cultures. Peu importe lelieu… Le défi consiste à rapporter de nos différentes« appartenances » ce qui pourrait édifier positivement undestin commun et assumé. En somme, comme le souligneAmin Maalouf, « chacun devrait pouvoir inclure dans cequ’il estime être son identité, une composante nouvelle,appelée à prendre de plus en plus d’importance au cours dunouveau siècle, du nouveau millénaire : le sentimentd’appartenir aussi à l’aventure humaine. » 9

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