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mardi 2 avril 2013 p.5La societeloïse est née en 1997. Quandelle atteint lâge de huit mois,ses grands-parents sinquiè-tent...
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Journalistes en herbe 2012-2013 : 2ème prix en secondaires

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"Le journal Entendre la différence", Institut Notre-Dame de Bertrix, classe de 1C1 de Madame Devahif.

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Journalistes en herbe 2012-2013 : 2ème prix en secondaires

  1. 1. anique au cours de Français...Voilà que Madame Devahif,notre professeur, est en trainde nous expliquer les vertus de lapresse écrite. Elle a certainementune idée derrière la tête !"Ecrire un journal, sintéresser auxautres, entendre et comprendre lespoints de vue de chacun, comparer lesinformations,les soumettre àla critique, quoide plus néces-saire dansnotre mondedaujourdhui..." Oui, mais encore ? "Jevous propose de réaliser un journal etde participer au concours Journalistesen Herbe", nous dit-elle sur un air dedéfi !Nous étions donc en projet et peut-êtremême déjà en compétition : il nousfallait des idées.Notre école accueille depuis deux ansune classe passerelle et nous avonsbeaucoup travaillé sur le respect et ladifférence. Pourquoi ne pas approfon-dir cette réflexion sur la personne diffé-rente ?Et Arnaud d’évoquer lidée de lOpéra-tion Souris. Il nous explique que lob-jectif de lopération est de récolter delargent pour une association, lAPE-DAF, qui favorise laccès des enfantssourds à lécole. Tout le monde adoptelidée. Nous allons réaliser un journaldont le fil rouge sera la surdité. Nousallons donc essayer dentendre et decomprendre les difficultés des sourdsdans notre société.Organisés en petites équipes de jour-nalistes de terrain, nous avons rencon-tré des personnes impliquées à diversdegrés dans la problématique commeAnnie De Vos(traductrice enlangue dessignes sur lachaîne régio-nale TV Lux) etEloïse (élève de quatrième année etsœur d’Arnaud). Nous avons égale-ment beaucoup travaillé en classe (ouplutôt en conférence de rédaction...!).Nous avons été tantôt révoltés par lesort réservé aux sourds jusqu’en 1981(!), tantôt émerveillés devant de belleshistoires signées.Nous nous sommes tellement impli-qués dans notre entreprise que, lors dela journée Sport, Santé, Solidaritéorganisée dans notre école le moisdernier, les animateurs venus noussensibiliser à lintégration des élèvessourds ont été bluffés par notreconnaissance du sujet !Que dapprentissages en en seulprojet... mais quel projet ! ¤La rédactionPmardi 2 avril 2013  3èmeannée  N°2  1,50  Rue de Burhaimont, 11  6880 Bertrix  Tél. 061/41 00 10  www.indbertrix.beEDITOrialles animateurs ont étébluffés par notre con-naissance du sujet...BRISER LE MUR DU SILENCEa langue des signes avécu une histoire mouve-mentée, jalonnée degrandes avancées et dequelques retours en arrière.Aujourdhui, elle cohabite avecles prothèses et les implantscochléaires.Deux événements marquentlhistoire de la langue des signes :le combat de lAbbé de lEpée,véritable père fondateur pour lacommunauté des sourds, et lecongrès de Milan. LHistoire apourtant stigmatisé cette langue,au point quelle a été interditedurant un siècle.Si, depuis la nuit des temps, leshommes utilisent le langage cor-porel pour communiquer (à lachasse par exemple), la surviedes malentendants na pourtantsouvent tenu quà un fil. LesGrecs et les Romains se débar-rassaient des sourds, comme detoute personne présentant unhandicap, en les précipitant duhaut de falaises. Au Moyen-Âge,les handicapés, dont les sourds,mendiaient à la sortie des églisesou dans les rues. A la Renais-sance, les nobles ont commencéà recevoir des professeurs àdomicile qui leur enseignaient lalecture et les mathématiques,alors que les pauvres et les dé-munis n’avaient pas accès àl’école.Lire la suite en page 2LLa langue des signesUn dialogue desourdsPhoto Monsieur BauvirSommaireLe dossier p.2La science p.4La société p.5La culture p.6Les loisirs p.7
  2. 2. Le dossierp.2es Belges sont presque auBrésil... avec derrière euxtout un peuple qui se met ày croire. Les défis lancés parles Diables sont rarementlégion, mais cette fois ça fonc-tionne et ils unissent les com-munautés.Pourquoi dès lors ne pas nousmettre à rêver de notre propredéfi en lançant la journée interna-tionale Entendre la Différence.Nous ne l’instaurons pas le 20mars, déjà consacré à la Journéedu Bonheur, ni le 21 parce quilinaugure le printemps.Décrétons-la, une fois pourtoutes, le 22 mars, journée pen-dant laquelle nous irons à la ren-contre de lAutre. Cet Autre quinous entoure mais que nousnentendons plus. Cet Autre quinous interpelle, par un signe.Durant cette journée, nous neresterons pas muets à leursappels ! "Indignez-vous", criaitStéphane Hessel, "car il nous ap-partient de veiller tous ensembleà ce que notre société reste unesociété dont nous soyons fiers".Dans notre journal, nous avonslonguement évoqué la langue dessignes, alors quhier encore on laqualifiait de langue de singes(deux lettres permutées qui fonttoute la différence !). Et bien,durant cette journée, nous nesingerons plus les adultes dansleur comportement. Nous irons àla rencontre des sourds de nosquartiers, de nos écoles, de nosvillages et ensemble, nouséchangerons des sourires et deshistoires.Messieurs et Mesdames les polit-iciens, vous qui prenez les déci-sions dans ce pays, aidez-nous àréaliser notre projet. Vous dé-mentirez ainsi ce quécrivaitJacques Sternberg*. Nous vou-lons un royaume ouvert à lAutre,à la différence, à la tolérance.Arthur Helps a écrit : "Les parolessages tombent quelquefois dansloreille dun sourd ; mais un motgentil nest jamais perdu". Nousen ferons notre devise.Que vive cette journée interna-tionale Entendre la Différence,pour un monde plus juste, toutsimplement !¤La rédactionSuite de la page 1De punition en bénédictionAu début du 18ème siècle, l’AbbéCharles-Michel de l’Épée est puniet envoyé dans les quartiers pau-vres de Paris. À cette occasion, ilrencontre deux jeunes filles sour-des, des jumelles, à qui l’on ainterdit le catéchisme. Il proposede le leur enseigner et, très vite,son cours compte plus de quar-ante enfantss o u r d s .Quand il semet à ensei-gner aussiles mathé-matiques, lalecture etl’écriture, lanouvelle serépand trèsrapidement et des professeurs detous horizons viennent s’instruire,s’initier afin d’ouvrir leurs propresécoles pour enfants sourds.L’Abbé Charles-Michel de l’Épéen’a pas inventé la langue dessignes; il en a par contre codifiétous les signes pour pouvoir com-muniquer avec les sourds.Le congrès de Milan,une guerre de cent ansL’Église, les enseignants et lesmédecins napprécient guère lanouvelle éducation donnée auxsourds. Ils en arrivent même àqualifier la langue des signes de"langue de singes" !Cest ainsi quen 1880, àloccasion du congrès de Milanconsacré à la surdité, il est décidédinterdire lutilisation de la languedes signes dans lenseignement.Les sourds n’ont pas été invités àparticiper à la conférence, àlexception de deux dentre euxvenus des États-Unis. Les profes-seurs d’écoles pour sourds sontremplacés par des enseignantsqui s’expriment uniquement enlangue parlée. Tous les sourdss’exprimant dans la langue dessignes sont sévèrement punis. Etvous, que feriez-vous si, du jourau lendemain, on vous interdisaitde parler votre langue ? Eh bienles sourds, eux, ont continué à lapratiquer en secret, ce qui a en-gendré l’appauvrissement de lalangue et l’apparition de dia-lectes.L’interdiction totale a duré centans. La langue des signes nesera reconnue officieusementquen 1980. On assiste alors àlapparition du français signé et àla structuration de la langue dessignes, ce qui lui vaudra unereconnaissance officielle en 2001.Il existe maintenant des écolesbilingues, comme la Commun-auté scolaire Sainte-Marie deNamur et Saint-Bernard d’Arlon.Aujourdhui, des appareils per-mettent de remplacer partielle-ment loreille déficiente dun sourdet, qui sait, peut-être inventera-t-on un jour une solution parfaitecar, après tout, pour paraphraserAlfred de Musset, "entre presqueouïe et ouïe, il y a tout unmonde".¤Alicia, Manon, Mathilde, RomaneEntre presqueouïe et ouïe, il y atout un monde...LAu royaume des sourds,les aveugles sont muets*Illustration BIU Santé
  3. 3. mardi 2 avril 2013 p.3LE DOSSIERos reporters sont allés à la ren-contre d’Annie De Vos, traduc-trice gestuelle de l’Hebdo de TVLux, pour enquêter sur le parcours per-sonnel qui l’a conduite à un métier siparticulier. Voici lhistoire quils nousont rapportée.Il était une fois un cordonnier dont lafamille était sourde. Petite fille, Annie,qui habitait au village, adorait allerchez eux, les regarder parler avec lesmains et voir les mots s’envoler dansles airs comme des papillons. Ellerêvait d’apprendre cette langue.En 1977, après des étudesd’éducatrice, elle choisit de travailler àBruxelles avec des enfants sourds afind’apprendre leur langue. Au début, lesjeunes sourds étaient très méfiantsvis-à-vis d’Annie ; en effet, lusage dela languedes signesétait stric-t e m e n ti n t e r d i tavant 1981et ils ne comprenaient pas pourquoi unmembre de l’encadrement scolairesouhaitait communiquer avec eux decette manière. Annie ne sest pasdécouragée pour autant et elle sestmise à apprendre la langue avec eux.Peu après, le directeur de l’école laconvoqua, lui donna une lettred’avertissement et lui interdit formelle-ment de pratiquer la langue des signessous peine de renvoi. Annie fit donccomme les sourds depuis 1880: cestdans la clandestinité quelle continua àpratiquer cette langue.Quelques années plus tard,l’interdiction de la langue des signesest levée et son apprentissage devientlibre. Annie travaille à l’IRSA, uneécole pour enfants sourds et aveuglespendant plusieurs années.Elle décide de faire une pause carrièrede cinq ans pour élever ses deuxenfants et en profite pour suivre descours de perfectionnement dans lalangue des signes. Elle garde aussides contacts avec des élèves del’IRSA ; ceux-ci craignent d’être isoléss’ils retournent dans leur région dori-gine car toutes les rencontres et évè-nements les concernant se déroulentdans les grandes villes. Annie lesencourage à développer des initiati-ves. C’est comme cela que naît laMaison des Sourds de la Province deLuxembourg, lieu de rencontre quiaccueille entendants et malenten-dants.Annie suit alors des études pour deve-nir interprète en langue des signes et,une fois son diplôme en poche, elleintègre le Service d’Interprétation desSourds de Wallonie (SISW) : del’Hebdo de TV Lux à des missions àTournai comme à Eupen, ce services’adresse aux sourds qui ont besoin desupport pour les contacts avec lesadministrations, les tribunaux, les lieuxde culte, les médecins, les hôpitaux oules écoles.Les partisp o l i t i q u e saussi bienque les théâ-tres sollici-tent également le service. Chaqueannée encore, quatre chanteurs desFrancofolies de Spa sont traduits surscène et en direct, ce qui est un exer-cice particulièrement difficile.Depuis toujours, la curiosité dAnnie lapoussée à poursuivre sa chasse auxpapillons, lui ouvrant ainsi la porte surun autre monde. Elle est heureused’avoir vécu la fin de l’injustice et de ladiscrimination envers les sourds etd’avoir contribué à construire unespace dépanouissement et de res-pect. ¤Arnaud La, Julien, Odile, SemeliNRencontre avec Annie qui parleavec les mainsLes mots signés sontcomme des papillons quis’envolent dans le ciel...Photo Michaël RenotteLa traduction ges-tuelle pour malen-tendants sur TV LuxTV Lux a fêté le 1er mars 2013 ledixième anniversaire de la traductiongestuelle de son émission lHebdo, unrésumé en vingt minutes de l’actualitéde la semaine. Pourquoi ce journaltraduit, et pour quel public ?En Communauté Wallonie-Bruxelles, lenombre de sourds et malentendantss’élève à 30.000 adultes et 9.000enfants de moins de 15 ans (sourceASPH). Depuis 2003, la Communauté apris des mesures visant à reconnaître lalangue des signes comme une langue àpart entière, dont l’interprétationd’émissions comme le Journal Téléviséde la RTBF ou lHebdo de TV Lux.Un journal traduit en langues des signesrépond à une réelle attente. Les sourds,qui pour la plupart ne sont pas bilingues,souhaitent recevoir l’information dansleur langue. Les personnes âgées quideviennent malentendantes regardentégalement lémission.Il existe des problèmes spécifiques à latraduction simultanée. Le son, parexemple, doit être très bon. Une traduc-tion de la langue des signes vers le fran-çais nécessite un très bon éclairageégalement. La traduction doit durer unedemi-heure au maximum, car le cerveauest fortement sollicité. Il faut aussi savoirfaire face aux imprévus : un spot quicasse ou une araignée qui se pose surle cou de linterprète pendant le tour-nage. Alors qu’elle traduit avec lesmains, Annie articule, ce qui lui donnesoif.Pour conclure sur une anecdote, savez-vous que lon reconnaît des accentschez les sourds qui pratiquent la languedes signes ? Accent bruxellois, namu-rois, liégeois... oufti !Nos reporters s’essaientau langage des signesPhotoMichaëlRenotte
  4. 4. la sciencep.4La surditéLa surdité est un handicap invisible àpremière vue : aucun signe extérieur nepermet de déceler si une personne estsourde ou non.Car contrairement à ce que l’on peutcroire, un sourd n’est pas forcémentmuet.Ainsi, souvent, sa voix est teintée d’unaccent particulier car il ne bénéficie pasdu retour auditif lui permettant de lacorriger ou de fluctuer ses intonations.La surdité est classée en fonction desseuils auditifs : surdité légère, moyenne,sévère ou profonde...L’intégrationLes prothèses doivent être adaptées àlimportance du handicap. Elles se composentde trois éléments : un micro, le corps de laprothèse (qui adapte le son au type de surd-ité) et un haut-parleur (qui restitue le son).Sans oublier la pile qui alimente lappareilLimplant cochléaire est un dispositifmédical électronique destiné à restaurerlaudition de personnes atteintes dune pertedaudition sévère à profonde et qui compren-nent difficilement la parole à laide de pro-thèses auditives. Il est composéde deux par-ties :La partie externe qui comporte un processusvocal, un micro contour doreille et lantenneLa partie interne qui comporteun attracteur daimant (ce quipermet de faire tenir lantenne),un fil avec des électrodes etlimplantLes aidesà la communicationLa lecture labiale est l’action d’identifierles sons prononcés par les individus defaçon visuelle. En effet, pour prononcer unson précis, la bouche doit avoir une formeparticulière. Les voyelles sont directementidentifiables sur les lèvres tandis quel’identification des consonnes est plus com-plexeLe LPC ou langage parlé complété est unsystème de clés et de positions proches dela bouche utilisé par le locuteurLAKA aide à la (re)production et à la préci-sion de la parole, complète la lecture labialeLe Français signé nest pas la languedes signes mais une technique de communi-cation. Il consiste à associer de façon simul-tanée le français oral et la syntaxe avec lessignes de la langue des signesLa dactylologie, c’est lutilisation delalphabet manuel associé à chaque languedes signes qui permet dépeler commentsécrit nimporte quel motLa langue des signes comprend cinqparamètres : la configuration, lemplacement,lorientation de la main, le mouvement,lexpression du visageNiveauAudition normaleSurdité légèreSurdité moyennegroupe Igroupe IISurdité sévèregroupe Igroupe IISurdité profondegroupe profonde Igroupe profonde IIgroupe profonde IIICophose ousurdité profondePerception des sonsTous les sons fami-liers sont perçusLa plupart des sonssont perçusQuelques sons sontencore perçusSeuls les bruits fortssont perçusSeuls les bruits trèspuissants sont perçusRien nest perçuPerte auditiveInférieure à 20 dBde 21 à 40 dBde 41 à 55 dBde 56 à 70 dBde 71 à 80 dBde 81 à 90 dBplus de 91 à 100 dBplus de 101 à 110 dBplus de 111 à 119 dBplus de 120 dBLucie, Simon, Théo
  5. 5. mardi 2 avril 2013 p.5La societeloïse est née en 1997. Quandelle atteint lâge de huit mois,ses grands-parents sinquiè-tent quant à un éventuel problèmede surdité. Ils interrogent sesparents mais, comme les premierstests ORL ne révèlent rien dinquié-tant, Eloïse continue son petit bon-homme de chemin. A cette époque,elle est particulièrement attentiveaux ombres et ressent très vite lescourants dair. Ce nest que troismois plus tard, lors dun examenplus approfondi, quun médecin dia-gnostiquera une surdité profonde.Nous avons questionné cette adohors du commun, scolarisée danslenseignement ordinaire, en qua-trième année à lIND de Bertrix.Eloïse, peux-tu nous expliquer tesprincipales difficultés ?A lécole, je ne réalise pas les interro-gations daudition en français, enanglais ou en néerlandais, car je nar-rive pas à d i s t i n -guer les s o n s .Dautant plus queje ne vois pas lesi n t e r v e - n a n t sp a r l e r . Cest unréel pro- b l è m epour moi. P a r c eque je dois bienlavouer, je lis surles lèvres. Je com-prends ainsi la totalité de ce que lonveut me dire. Me déplacer dans la rueou à vélo reste un exercice difficile. Misà part cela, je me suis habituée auxbruits de la rue. En société, les fêtesrestent assez difficiles, même si tousmes copains font attention à ne pasparler en même temps. Mais la musi-que de fond, le bruit en sourdine et lesgens qui parlent entre eux focalisenttoute mon attention. Dur, dur de toutsuivre !Te sens-tu bien intégrée dans lesactivités scolaires ?Oui, je suis bien intégrée. Mes copinesne pensent plus au fait que je suissourde. Elles développent spontané-ment des attitudes qui maident dans lavie quotidienne : elles se placent ducôté de mon implant ou elles évitent deparler toutes à la fois. Pour les visites àlextérieur, il mest encore difficile deconfier mon FM (note de la rédaction:appareil qui transmet les sons transfor-més en ondes à un décodeur porté parEloïse). Par contre, certains profes-seurs ont pris lhabitude de le porter.Ça maide énormément, je suis moinsfatiguée à la fin de la journée.As-tu des amis qui sexprimentgrâce à la langue des signes? Oùles rencontres-tu?Lorsque jétais plus jeune, je partici-pais à des journées ou à des campsexclusivement réservés auxenfants sourds. Ils étaientorganisés par le Collectif Re-cherche et Expression. Cetteassociation emploie des ani-mateurs sourds qui ne parlentpas. Le seul moyen de com-muniquer avec eux est lalangue des signes. Jai gardéle contact avec quelquesmembres de ce collectif etaujourdhui, jentretiens lescontacts par internet.Pratiques-tu un sport ? As-tu desloisirs ? Sont-ils adaptés ?Oui, je pratique la natation. Pour map-prendre à nager, mon aide pédagogi-que ma accompagnée dans leau afinde rectifier mes mouvements. Mainte-nant, je mentraîne seule et mon coachécrit sur le tableau mes performancesou des conseils pour maméliorer. Jepratique aussi le badminton. Cest plusfacile car je garde mon appareil, jen-tends donc en live les consignes.Jécoute aussi de la musique, très sou-vent avec un casque afin de ne pasimposer ma musique à tout mon entou-rage. Je joue à quelques jeux desociété, sans aménagement puisqueje porte mon appareil.Comment as-tu appris la langue dessignes?En côtoyant des animateurs sourdsqui ne parlaient pas ou très mal. Pourse faire comprendre, ils signaient.Quand jétais petite, mes parentssignaient aussi.Quelles sont les conditions nuisi-bles à une bonne communication ?Les bruits de fond. Ou quand une per-sonne articule mal, si elle mange,bouge ou manipule quelque chose touten me parlant, si elle porte une barbeou une moustache. Limplant reste unappareillage !Regardes-tu des films à la télévi-sion?Oui, en poussant le son et si monentourage ne fait aucun commentaire.Les sous-titres dun DVD sont un réelconfort pour moi.Justement, peux-tu nous expliquerles aménagements adoptés par lesmembres de ta famille ?Ils ont appris la langue dessignes par des stages etgrâce à des logopèdes.Les personnes qui soccu-paient de moi jusquàlécole primaire lontapprise aussi. A la maison,mes parents ont rapide-ment utilisé le LangageParlé Complété, ou LPC,qui est un code et non unelangue. Cest ainsi que jaiappris tout le vocabulairede la langue française. A lécole, jaimon aide pédagogique et le FM. Etsurtout, jai mon implant cochléaire.Peux-tu nous parler de cet implant ?A lâge de onze mois, les médecins etma famille ont découvert que jétaissourde profonde. Jai porté des prothè-ses jusquà lâge de deux ans et demi.Cest alors que jai été opérée et quelon ma posé un implant à vie. Cestune opération particulièrement coû-teuse : vingt-cinq mille Euros. Mais lesavantages sont nombreux, je parle cor-rectement et je peux ainsi vivre une viequasi normale. Les inconvénients res-tent liés à lappareil : il nest pas étan-che, je stresse lorsque je pars parceque jai peur quil ne tombe en panne.Limplant nest pas tout, il ne me pro-cure que trente % de mon audition. Lereste me vient du contexte et de mesdefforts, ce qui me donne une vie nor-male. ¤Adrien, Arnaud Lo, Basile, TomUne adopas comme les autresEPhoto maman d’Eloïse
  6. 6. LA CULTUREême si la langue des signes apris une place essentielledans la construction delidentité de la communauté des ma-lentendants, elle nest pas le seulingrédient de la culture sourde. Eneffet, toute culture se base aussi surlart : le théâtre, la peinture, la sculp-ture, la poésie sont autant de bri-ques qui servent à construire uneculture.Marie-Gilles Vander Essen, professeurdes arts de la parole à lAcadémie deBertrix et metteur en scène, a montérécemment un spectacle à destinationdes sourds et des malentendants, uns p e c t a c l ehumoristiquede cinquantem i n u t e s ,sans parole ni musique, essentielle-ment visuel et basé sur limprovisation.Nos correspondants à lAcadémie deBertrix ont recueilli le témoignage deMarie-Gilles : "ce spectacle était unesorte de défi. Il fallait en deux moismonter quelque chose de cohérent. Etce quil était pour nous, allait-il l’êtrepour le public ? Ludivine Balfroid del’ASPH nous a proposé le thème desjeux olympiques et cela nous a inspi-rés, le sport est visuel. Nous sommespartis sur un travail d’improvisationcorporelle. Le spectacle s’est construitpeu à peu. Nous n’avons pas vouluraconter une histoire, nous avons pré-féré de courtes séquences humoristi-ques où les sportifs se retrouvaientdans une série de situations cocassesou inattendues. Nous avons d’entréede jeu décidé de nous plonger dans lesilence. Nous voulions que les comé-diens et tous les spectateurs, malen-tendants ou non, soient dans lesmêmes conditions d’écoute : ils’agissait d’écouter avec les yeux."Le spectacle, baptisé Jeux Olymp’hic,a été monté à la demande de lAsso-ciation Socialiste de la Personne Han-dicapée du Luxembourg (ASPH),association sans but lucratif dont lob-jectif est de promouvoir le bien-être dela personne handicapée par son inté-gration optimale dans la société, tantsur le plan individuel que collectif.Jointe au téléphone, Ludivine Balfroidde lASPH nous a expliqué : "Cettereprésentation sinscrit dans le cadrede la Semaine de la Personne Handi-capée, qui alieu chaqueannée end é c e m b r e .Pour cette édition, notre choix sestporté sur la problématique de la surditéet de la malentendance." Ancienneélève de Marie-Gilles Vander Essen,Ludivine a pris contact avec elle etavec ses élèves de lacadémie de Ber-trix qui se sont déclarés partants pourle projet et ont entièrement conçu unspectacle sur mesure. "Le spectacle,organisé dans la salle communale dePaliseul, sadressait à un public desourds mais aussi dentendants, déluslocaux, de familles de malentendants,de centres pour handicapés mentauxet moteurs. Il nest pas facile dentrerdans ce genre de spectacle, il faut unecertaine habitude de la communicationnon verbale. Cest là que lon se rendcompte que la surdité est aussi uneculture. Notre projet se voulait égale-ment une manière dintéresser desadolescents et de jeunes adultes auproblème du handicap, à travers unemise en situation de ces jeunesacteurs qui ont dû se projeter à la placedu sourd pour transmettre au public cequils avaient à exprimer."Selon Marie-Gilles, les comédiens ontpris beaucoup de plaisir à imaginer et àjouer ce spectacle. Ils se sont beau-coup investis en essayant d’être extrê-mement précis dans leurs mouve-ments et leur gestuelle. Ils ont tousapprécié ce travail sur le langage ducorps : " Ce fut une expérience trèsenrichissante. Elle a soudé le groupeencore un peu plus. Les échangesd’après spectacle avec le public ontété très chaleureux : un beau momentde partage. A recommencer !" ¤Odile, SemeliMDes acteurs prêtent loreille aux sourds"il s’agissait d’écouteravec les yeux...”Chaque année depuis cinq ans, sedéroule en France le festival deciméma Sourd Métrage. Particula-rité : ce festival sadresse au publicmalentendant.Pour cette édition, cest la ville deNancy, située à 200 km de Bertrix, quiaccueillera les festivaliers du 28 au 30mai. Au programme,concours de produc-tions vidéo réaliséespar et pour des élèvessourds, mais aussidanse, théâtre etconférences. Vouspouvez y croiser despersonnalités comme Simon Attia(comédien sourd), Julien Bourges(réalisateur sourd) ou encore DanielAbbou, présentateur télé et véritablestar dans la communauté malenten-dante. ¤Arnaud F, Benjaminqui ? quand ? où ?Marie-Gilles Vander Essen se forme endéclamation aux conservatoires deBruxelles et de Liège. En 1995, elle fonde,avec dautres comédiens, lASBL Limpactqui a pour vocation de créer et promouvoirdes spectacles. La même année, elledécouvre l’Académie d’été de Wallonie.Elle devient ainsi professeur à lAKDT et,en 2008, conseillère artistique. Depuis 18ans, Marie-Gilles enseigne les arts de laparole à lacadémie de Bertrix dirigée parBernard Crucifix. A Bertrix, Marie-Gillesfait la rencontre dAlain Thomas, directeurdu Centre Culturel : cest le début d’unelongue collaboration. Artiste de terrain,elle est également metteur en scène deplusieurs troupes de théâtre de la pro-vince de Luxembourg.Photo Jean-Claude KirschNancy à lécoute des malentendantsSource : http://sourdmetrage.fr/p.6
  7. 7. mardi 2 avril 2013 p.7LES LOISIRSLes9conseils¤ScénarioDessinCouleurHUGO¤
  8. 8. p.8L’alphabet dactylologique est l’alphabetde la langue des signes : il sert à repré-senter des lettres et non des motsentiers.Peux-tu traduire les sept mots suivants ?Il sagit de noms de sourds célèbres :Réponses:1.Beethoven2.Churchill3.Tournesol4.Laborit5.duBellay6.Goya7.HemingwayLES LOISIRSLes dix-huit mots de la liste ci-dessous sont cachésdans la grille. Peux-tu les retrouver ?différence, signes, oreille, croire, langue, appareil,comprendre, espoir, entendre, ouïe, handicap, mots,ecoute, malade, sens, interdit, prothèses, auditifSemeliles mots cachesAB CD EF G H IJ KLM N O P QRS T U VWX Y ZHugo1234567Léquipe qui a réalisé ce journal tient à remercier de toutcoeur ceux qui lont aidée à mener à bien son projet : lAne,Annie, Aphrodite, Monsieur Bauvir, Cédric, Christelle ettoute léquipe de TV Lux, Eloïse et sa maman, les parentsdHugo, Ludivine, Madeleine, Marco, Marie-Gilles, Michaël,Monsieur Simon, Stéphanie et toutes les personnes qui lontsoutenue... en silence.Rédactrice en Chef : Madame DevahifJournalistes : Adrien, Alicia, Arnaud F, Arnaud LA, ArnaudLO, Basile, Benjamin, Catherine, Emily, Gaëtane, Hugo,Julien, Lucie, Margaux, Manon, Mathilde, Mathias, Odile,Romane, Semeli, Simon, Théo, TomCatherine, Emily, Gaëtane, Margaux, MathiasLes journalistes enherbe d’IND Le Journalespèrent que vousavez pris autant deplaisir à dévorer leurfeuille de chou qu’ilsen ont pris à la fairepousser...

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