COMMERCE ÉQUITABLE ET DURABLE AU PÉROU
LES ORGANISATIONS SOUTENUES PAR LE TRADE FOR DEVELOPMENT CENTRE
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© CTB, Agence belge de Développement – Septembre 2015.
ÉDITEUR RESPONSABLE
Carl MICHIELS
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Pascal Laviolette, Da...
Introduction (p.4)
Qu’est-ce que le commerce équitable ? (p.6)
Filières intégrée et labellisée (p.7)
Le commerce durable (...
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Berceau de l’Empire inca, le Pérou abrite quantité de
trésors naturels ou culturels parmi les plus précieux
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Le commerce durable ?
On parle de commerce durable lorsque les échanges
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Le café au Pérou
Trois pays fournissent près de 60% de la production mondiale
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Aujourd'hui, alors que le commerce équitable atteint une certaine
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les planteurs de CENFROCAFE ont pu augmenter leurs
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L'accès au marché intérieur présente en effet de sérieux
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Véritable success story du commerce équitable et durable,
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A la fin du projet en 2013, les rendements étaient passés de
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La production nationale de cacao dépasse les 71.000 tonnes
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En 2014, le TDC décide de continuer à soutenir le projet
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Dans la région frontalière de Puno et Cuzco, perchées dans
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La grande majorité des participants sont des femmes, mais
pas exclusivement. L'impact sur leurs revenus est
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Le bois durable
Au début du XIXème siècle, les forêts tropicales couvraient
une superficie de 16 millions de kilomètres ca...
Dans la région d’Ucajali, en forêt amazonienne, les
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Un atout unique
Les premiers résultats sont prometteurs. Le projet génère de
nouveaux emplois, sensibilise à l’importance ...
L’or équitable
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La production d'une seule bague en or génère 20 tonnes de
déchets hautement toxiques et consomme 50 000 ...
Le Pérou est un pays connu pour ses mines à ciel ouvert.
Bien souvent l’œuvre de sociétés minières étrangères, ces
gigante...
Ce processus de formalisation sous-entend la légalisation de
leur activité et l’autorisation à faire usage des terres. Une...
Vers une émancipation
économique et sociale
Dans tous les pays en voie de développement, le commerce
équitable et durable ...
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Le premier accord de coopération signé par les ministres belge et péruvien entre les deux pays remonte à 1965.
Un demi-siècle plus tard, la Coopération belge est toujours active dans ce pays andin et le Trade for Development Centre y soutient ou y a soutenu 8 projets relatifs au commerce équitable et durable.
Une raison suffisante pour rendre visite aux cacaoculteurs, producteurs de physalis, caféiculteurs, bûcherons, artisanes, tisseuses et mineurs derrière ces projets.

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Commerce équitable et durable au Pérou

  1. 1. COMMERCE ÉQUITABLE ET DURABLE AU PÉROU LES ORGANISATIONS SOUTENUES PAR LE TRADE FOR DEVELOPMENT CENTRE
  2. 2. 2 © CTB, Agence belge de Développement – Septembre 2015. ÉDITEUR RESPONSABLE Carl MICHIELS RÉDACTION Pascal Laviolette, Dan Azria, Peter Cristiaensen, Samuel Poos CONCEPTION Samuel Poos PHOTO COUVERTURE Artisanat péruvien - Crédit : McKay Savage Cette publication du Trade for Development Centre ne représente pas l’avis officiel de la Coopération belge au Développement TRADE FOR DEVELOPMENT CENTRE CTB, 147 rue Haute 1000 Bruxelles www.befair.be
  3. 3. Introduction (p.4) Qu’est-ce que le commerce équitable ? (p.6) Filières intégrée et labellisée (p.7) Le commerce durable (p.8) Le café (p.9) • Cenfrocafe (p.10) • Cecovasa (p.14) Le cacao (p.17) • Cepicafe (p.18) Table des matières Le Physalis (p.20) • AgroAndino (p.21) Artisanat équitable (p.23) • Allpa (p.24) • Royal Knit (p.26) Le bois durable (p.28) • Aider (p.29) L’or équitable (p.31) • Red Social (p.32) Vers une émancipation économique et sociale (p.34)
  4. 4. 4 Berceau de l’Empire inca, le Pérou abrite quantité de trésors naturels ou culturels parmi les plus précieux au monde, tels le Machu Picchu ou le lac Titicaca. Les modes de vie ancestraux et indigènes perdurent dans les montagnes de la Cordillère et dans la forêt amazonienne. Une forêt qui abrite d’autres joyaux : des écosystèmes d’une richesse exceptionnelle accueillant une flore et une faune insoupçonnables. En termes économiques, les Péruviens peuvent compter sur de nombreuses ressources naturelles (minerais, pétrole et gaz) et sur d’autres secteurs attrayants (agroalimentaire, pêche et tourisme). Et pourtant, une part de la population n’est pas associée aux revenus générés par ces multiples richesses… Dans ce contexte, le commerce équitable et durable trouve à la fois toute sa légitimité et un écho impressionnant. Le "Comercio Justo" associe croissance économique et juste redistribution de la richesse produite au bénéfice du plus grand nombre, en particulier des familles paysannes marginalisées. Enfants du Pérou et chocolat équitable - Crédit : Eric Garnier / Alter Eco Introduction 4
  5. 5. 50 ans de Coopération 6 ans d’action du Trade for Development Centre Le Trade for Development Centre est un programme de l’Agence belge de développement pour promouvoir le commerce équitable et durable, et améliorer l’accès au(x) marché(s) des organisations de producteurs. Les coopératives agricoles et les groupes de producteurs partagent souvent bien des caractéristiques : un solide engagement, un énorme potentiel, mais aussi un manque flagrant de ressources et de connaissances des marchés qui entraîne la perte de nombre d'opportunités de développement. C'est précisément à ce niveau que le Trade for Development Centre (TDC) entend faire la différence. Il soutient des projets mis en oeuvre dans les pays prioritaires de la Coopération belge, dans trois domaines : l’augmentation des capacités de gestion des organisations de petits producteurs, l'amélioration de la qualité des produits et le développement des connaissances des marchés locaux, régionaux et internationaux. Le premier accord de coopération signé par les ministres belge et péruvien entre les deux pays remonte à 1965. Un demi-siècle plus tard, la Coopération belge est toujours active dans ce pays andin et le Trade for Development Centre y soutient ou y a soutenu 8 projets relatifs au commerce équitable et durable. Une raison suffisante pour rendre visite aux cacaoculteurs, producteurs de physalis, caféiculteurs, bûcherons, artisanes, tisseuses et mineurs derrière ces projets. 5 Vue panoramique de Cuzco - Crédit : Cacophony
  6. 6. Qu’est-ce que le commerce équitable ? Le commerce équitable (fair trade) est fondé sur l’idée que « quiconque travaille a droit à une rémunération équitable lui assurant, ainsi qu’à sa famille, une existence conforme à la dignité humaine. » (Article 23 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme). Ce système d'échange vise à resocialiser l’acte marchand et réduire les inégalités en utilisant le commerce comme levier de développement. Il se veut aussi l’application concrète des principes du développement durable au travers des échanges commerciaux, en proposant : • un prix, un salaire décent payé aux producteurs (souvent via la fixation d’un prix minimum garanti payé au niveau des organisations) • une prime "de développement" (en sus du prix équitable) utilisée pour la réalisation d'investissements productifs et/ou de programmes sociaux (alphabétisation, accès aux soins, etc.). • des conditions et délais de paiement favorables (voire des possibilités de préfinancement), • des relations durables entre partenaires économiques, • la limitation des intermédiaires, • le respect des droits fondamentaux des travailleurs (liberté syndicale…), • la transparence sur l’origine du produit et sur les étapes de sa commercialisation, • un mode de production respectueux de l’environnement • et enfin des produits de qualité proposés aux consommateurs. 6 Nelly Escurra Chuco, Coopérative Agropia - Crédit : Agropia / Equitable
  7. 7. Filières intégrée et labellisée La filière spécialisée La filière dite « spécialisée » ou « intégrée » cherche à maintenir un maximum d’activités de production et d’échanges sous le contrôle des organisations spécialisées, se réclamant d’un mouvement socio-politique du commerce équitable. Elle a donc ses propres importateurs, ses propres réseaux de distribution (comme Oxfam-Magasins du monde en Belgique) et des systèmes de garantie spécifiques. Un grand nombre d’acteurs de cette filière sont réunis au sein de l’Organisation mondiale du commerce équitable (WFTO). La filière labellisée La filière dite « labellisée » fait appel à un système de garantie par la certification des produits, en apposant une marque-label aux produits du commerce équitable et en cherchant à contrôler les conditions des échanges entre producteurs et importateurs conventionnels. Les principaux réseaux de ventes dans cette filière sont les enseignes de la grande distribution, mais aussi l’hôtellerie et la restauration. Le label de commerce équitable le mieux connu au niveau international est le label Fairtrade, mais il y en a d’autres, comme Ecocert équitable, le label des petits producteurs, Fair for Life ou encore FairWild. 7
  8. 8. 8 Le commerce durable ? On parle de commerce durable lorsque les échanges commerciaux de biens et de services génèrent des bénéfices sociaux, économiques et environnementaux en conformité avec les principes fondamentaux du développement durable : • Création de valeur économique • Réduction de la pauvreté et des inégalités • Préservation et réutilisation des ressources environnementales. Par l’utilisation du mot « durable », les initiateurs de ces pratiques entendent mettre l’accent non seulement sur des conditions de travail décentes, mais aussi sur le fait que ces échanges commerciaux s’effectuent avec une réelle prise en compte des ressources environnementales et un souci de préservation et de régénération des matières premières. Le commerce équitable et le bio sont des modèles spécifiques du commerce durable. Environnement Société Equitable Vivable Economie Viable Durable
  9. 9. Le café au Pérou Trois pays fournissent près de 60% de la production mondiale de café : le Brésil, le Vietnam et la Colombie. Le Pérou occupe le onzième rang avec 2,88 millions de sacs de 60 kgs en 2014 (une chute de 33% par rapport à 2013 en raison de la maladie de la rouille des feuilles, largement répandue dans les parcelles), contre près de 45,34 millions pour le Brésil. Quasi exclusivement composée d’arabicas, la production de café fait vivre 855 000 personnes, essentiellement dans des régions pauvres, reculées du pays. Sa culture est d’ailleurs encouragée par le gouvernement, comme alternative à la production de feuilles de coca. Du café de qualité Pour concurrencer le Brésil, dont les coûts de production sont réduits grâce à la mécanisation, le Pérou ne peut jouer que la carte de la qualité. En raison des tailles et des pentes des parcelles, de l’impossibilité de mécanisation et des enclavements propres à la zone andine, les perspectives de développement reposent sur les marchés de niche : le café haut de gamme, le café bio, le café équitable. D’où le développement des certifications durant les années 1990. Et aujourd’hui, avec plus de 90 000 hectares certifiés, le Pérou est le premier exportateur mondial de café biologique. 9 Café - Crédit Timothy Herbert / Oxfam Australie
  10. 10. 10 Aujourd'hui, alors que le commerce équitable atteint une certaine maturité, les organisations de producteurs sont confrontées à un double défi : celui de la diversification (pour ne plus dépendre des ventes d'un seul type de produit) et celui de vendre à la fois sur les marchés locaux, nationaux ou régionaux. Née dans les provinces fertiles de Jaen et de San Ignacio dans la région de Cajamarca au nord du Pérou, Central Fronteriza Del Norte De Cafetaleros ou CENFROCAFE est emblématique de ce mouvement. et de la volonté des acteurs engagés localement de rayonner au niveau national pour partager ces valeurs solidaires. Grandir avec le commerce équitable Causée par la dérégulation brutale des marchés internationaux, la crise mondiale du café du début des années 1990 a plongé des millions de familles de producteurs dans la misère. Pour survivre, les planteurs péruviens de la région de Caja Marca devaient vendre leurs récoltes à des prix très bas à des intermédiaires locaux auprès desquels ils finissaient par s'endetter. Nombre d'entre eux s'orientaient alors vers les productions illicites (la coca en particulier). Confrontés à ces menaces et aux risques de voir les plus jeunes d'entre eux abandonner leurs terres pour rejoindre la misère des grandes villes, une vingtaine de producteurs se sont organisés et ont créé une coopérative, la CENFROCAFE (Central Fronteriza del Norte de Cafetaleros) pour mieux négocier leurs récoltes. Pépinière de plants de café chez Cenfrocafe – Crédit : Cenfrocafe
  11. 11. En s'associant avec d'autres groupements (dont CEPICAFE), les planteurs de CENFROCAFE ont pu augmenter leurs revenus et réinvestir une part de ces ressources nouvelles dans la modernisation de leurs exploitations. En 2007, après des mois de préparation, la coopérative centrale a obtenu la certification équitable Fairtrade pour sa production de café. Multiplier les initiatives Les bénéfices de cette transition vers l'équitable ne se sont pas fait attendre et, forts de cette expérience, les responsables de CENFROCAFE se sont engagés vers d'autres types de certification (UTZ Certified et biologique), multipliant ainsi les opportunités commerciales sur des marchés spécifiques à haute valeur ajoutée. 11 Onorio, caféiculteur de CenfroCafe - Crédit : Trade Aid New Zealand / Michelia Ward Le commerce équitable est d'un grand soutien pour renforcer la compétitivité et le développement durable de la coopérative et des petits producteurs. Son impact économique, social et environnemental est vraiment considérable. - Oscar Sandoval Peña, CENFROCAFE PERU “ ” Joseph, caféiculteur de CenfroCafe - Crédit : Trade Aid New Zealand / Michelia Ward
  12. 12. Rebaptisée CENFROCAFE PERU en mai 2010, la coopérative centrale fournit à ses plus de 1900 membres (des groupements intermédiaires) des services dans quatre grands domaines : assistance technique agricole, amélioration de la qualité, renforcement organisationnel et accès aux services de santé. Dans ces différents secteurs, CENFROCAFE PERU organise des formations, intervient en conseil direct, met à disposition des moyens mutualisés (laboratoires, pépinières, centres d'apprentissage, etc.). Dynamisme solidaire Les responsables de CENFROCAFE PERU ont constitué une cellule composée de travailleurs et de planteurs élus pour gérer les primes de développement payées par les acheteurs du commerce équitable et financer divers projets sociaux. Dans ce domaine aussi, la liste des réalisations menées à bien est impressionnante. Depuis le début, la priorité est accordée aux questions d'éducation et de scolarisation, d'accès aux soins de santé et de promotion de l'égalité hommes-femmes. Ce dernier point est particulièrement développé et des structures spécifiques ont été instaurées (comité des femmes, programme d'alphabétisation, etc.) pour affirmer durablement la présence des femmes dans l'organisation, dans les plantations, mais aussi dans les organes de décision et de gestion. Lentement mais sûrement, ces efforts portent leurs fruits et plusieurs femmes sont présentes dans le Conseil d'Administration de CENFROCAFE PERU. 12 Producteur CenfroCafe - Crédit :Trade Aid New Zealand
  13. 13. L'accès au marché intérieur présente en effet de sérieux potentiels pour les producteurs de CENFROCAFE PERU qui ont travaillé à l'élaboration d'une gamme de produits adaptés aux attentes des clients sur différents segments. Afin d'imposer une présence rapide de ses produits sur ce marché intérieur, la coopérative a mené des actions de prospection ciblées, organisé des évènements, réalisé des supports promotionnels et, surtout, lancé une chaîne de cafétérias dans les grandes villes du pays. À la fin du projet, respectivement 2091 et 1800 producteurs avaient augmenté leurs revenus moyens de 40 % et 20% par rapport au du début du projet, pour passer de 2495.5 à 3494 euros et de 2495.5 à 2995 euros par an. Des augmentations dues aux meilleurs rendements, qui ont évolué de 15 qq/ha pour atteindre 21 q/ha En 16 ans de temps, CENFROCAFE PERU a contribué de manière significative au développement de la région de Cajamarca, en augmentant les ressources des familles de planteurs, en finançant d'importantes infrastructures collectives, en instaurant une culture entrepreneuriale tout à fait remarquable. Née de la bonne volonté de quelques paysans menacés par la misère, la coopérative est aujourd'hui la quatrième organisation de producteurs de café au Pérou. Pour en savoir plus : www.cenfrocafe.com.pe 13 Réduire la dépendance aux exportations De 2009 à 2012, le TDC a financé le développement d'une filière intégrée de production-commercialisation de café biologique équitable destinée au marché national.
  14. 14. Véritable success story du commerce équitable et durable, l'histoire de CECOVASA, coopérative caféicole péruvienne, illustre cette grande vérité : acheter du café certifié, c'est bien, mais s’il est en plus excellent et bien présenté, c'est encore mieux. Des forêts tropicales aux sommets du monde Fondée en 1970, la coopérative centrale CECOVASA (Central de Cooperativas Agrarias Cafetaleras) regroupe aujourd’hui huit coopératives intermédiaires et compte 4864 exploitants, issus des communautés indigènes quechua et aymara des vallées de Tambopata et de l'Inambari, au sud du pays. Son adhésion au commerce équitable remonte à 1993, lorsque ses membres ont été séduits par les perspectives de revenus supérieurs à ceux du café conventionnel. Rapidement, la coopérative centrale CECOVASA s'est illustrée par ses succès et la pertinence de ses choix stratégiques. Les bénéfices générés ont été en grande partie utilisés pour la réalisation d'investissements productifs et la formation des agriculteurs. Des centres de stockage ont été construits, un laboratoire d'analyse a été créé pour travailler en permanence à l'amélioration de la qualité du produit et, en 2010, la coopérative a inauguré un nouveau site de traitement. 14 Producteur CECOVASA - Crédit : CECOVASA
  15. 15. 15 Aujourd’hui, huit marques de café sont commercialisées par la coopérative, huit références explicites aux traditions et aux valeurs culturelles des producteurs indigènes : Titicaca coffee, Aymara coffee, Bahuaja coffee… Une fierté, certes, mais également une diversification de l’offre et un positionnement marketing réfléchis. Ces efforts portent leurs fruits. Le café de CECOVASA a remporté en avril 2010 le prix du choix du public décerné au cours de la 22e rencontre de la SCAA (Specialty Coffee Association of America), l'un des grands rendez- vous mondiaux du café, ce qui en fait, selon certains commentateurs, le "meilleur café du monde". Les 8 marques de café de CECOVASA - Crédit : CECOVASA Préparer l'avenir En 2010, les responsables de CECOVASA ont initié un nouveau projet pour améliorer les capacités de production de 600 familles de producteurs venant des zones les plus rurales du territoire couvert par la coopérative. Soutenu financièrement par le Trade for Development Centre, ce programme se décline en quatre axes : une augmentation significative des volumes de café certifié (de 10 à 25 quintaux par hectare), le renforcement du système interne de gestion (avec en particulier la formation de 35 contrôleurs), la formation des gestionnaires des coopératives membres, ainsi que la participation de CECOVASA à différents concours de cafés organisés au niveau local et national, et à trois éditions de la BIOFACH en Allemagne (la principale foire d’agriculture biologique en Europe).
  16. 16. 16 A la fin du projet en 2013, les rendements étaient passés de 10 qq/ha à 18 qq/ha, ce qui a généré une augmentation de 20% des revenus. Une finalité, le développement A chaque étape de son développement, la coopérative centrale a engagé une part importante de ses recettes dans la réalisation de projets sociaux et communautaires. Construction d'écoles, achat de fournitures, soutien aux associations de femmes, création de centres de soins et de dispensaires, financement d'équipements culturels… dans ce domaine aussi, la liste des réalisations de CECOVASA est impressionnante. Réduire la pauvreté en produisant le meilleur café du monde. De quoi être fier d'être équitable. Pour en savoir plus : www.cecovasa.com.pe Nous avons maintenant de meilleures possibilités d’alimentation, un meilleur accès aux soins de santé, une meilleure vie domestique, plus d’enseignement et de possibilités de formation pour nous et nos familles. La sécurité qu’apporte le commerce équitable empêche les paysans de se tourner vers des substances illégales comme la coca. Ainsi, nous soutenons nous-mêmes la protection de la biodiversité de Bahuaja Sonene.* - Miquel Paz, Cecosava “ ”* Source : www.oxfammagasinsdumonde.be Grains de café. Crédit : Cecovasa
  17. 17. Le cacao au Pérou La production nationale de cacao dépasse les 71.000 tonnes (elle a été multipliée par 5 entre 1990 et 2013). Les cultures s’étendent sur 104.000 hectares et font vivre plus de 37.000 familles, principalement dans la partie basse de la Cordillère des Andes, de 200 à 900 mètres d'altitude. Dans la première moitié de 2015, les exportations de cacao du pays ont totalisé 92,2 millions de dollars (dont 11 vers la Belgique), ce qui représente une croissance de 10% par rapport à la même période l'an dernier.* Pendant des années, les politiques de modernisation du secteur cacaoyer menées par les autorités péruviennes ont encouragé la culture de la variété CCN-51, une espèce hybride très précoce et productive, au taux de matière grasse élevé, mais aux faibles qualités aromatiques. Tenus à l'écart de ces réformes, les petits paysans pauvres ont conservé les plants et les cultures traditionnelles de l'ancienne variété, connue sous le nom de "criollo porcelana". Ces criollos composent les cacaos les plus fins et les plus recherchés, à l’arôme sucré avec un goût délicat et sans amertume. Et c'est cet or blanc que les chocolatiers du monde redécouvrent et recherchent pour leurs meilleures recettes. Le Pérou s’est d’ailleurs bien positionné sur le marché du cacao haut de gamme et de spécialité. C’est d’ailleurs le deuxième pays producteur de cacao bio. 17 Cabosse de cacao et ses fèves. Cédit : kmf164 *Source : Asociación de Exportadores del Perú.
  18. 18. 18 Si la coopérative Cepicafe (Central Piurana de Cafetaleros) existe déjà depuis 1995 (dans la région de Piura, dans l'extrême nord-ouest du pays), elle n'a aujourd’hui plus rien à voir avec le petit groupe de paysans à l’époque à la recherche d’un meilleur prix pour son café. Ces 20 dernières années, elle a effectué un parcours remarquable en investissant dans l'agroécologie ainsi que dans les marchés bio et équitable. Depuis très longtemps, le cacao était lui aussi cultivé dans cette même région, quoiqu’à une altitude moins élevée. Peu à peu, les membres de Cepicafe ont pris conscience que la variété traditionnelle locale de cacao, le criollo porcelana, avait le potentiel de jouer dans la cour des grands. Grâce à l'appui du Trade for Development Centre (TDC) et d'autres donateurs, un programme a été mis sur pied en vue d'améliorer durablement la qualité et la production de cacao, et de décrocher une certification bio et équitable. Et les résultats ont été au rendez-vous : leur cacao blanco a raflé prix après prix grâce à son goût raffiné. Il a séduit des chocolatiers renommés des quatre coins du monde. En 2006, Cepicafe exportait 32 tonnes de cacao, un chiffre qui est passé à 700 tonnes en 2014. La coopérative regroupe actuellement plus de 90 organisations dont bénéficient plus de 6600 producteurs. Cacaocultrice péruvienne - Crédit Eric Garnier/Alter Eco
  19. 19. Un rêve à réaliser En 2014, le TDC décide de continuer à soutenir le projet cacao de Cepicafe pendant un an. Outre les 9 organisations et les 850 familles des régions de Tumbes et Piura, le groupe cible inclut cette fois 200 familles originaires de la région beaucoup plus pauvre encore de l'Amazonas. Nonobstant la faiblesse des structures et la mauvaise infrastructure, cet appui a pour ambition d'y optimiser le processus de récolte, de fermentation et de séchage, et d'ainsi améliorer grandement la qualité. Cepicafe entend également poursuivre le développement de son réseau en nouant des contacts avec des clients des marchés bio, équitable et autres, mais aussi avec des autorités locales et régionales. Cepicafe œuvre pas à pas à la réalisation d'un rêve : bâtir à Piura sa propre chocolaterie, qui transformera le cacao en chocolat pour le marché local et international, en conservant une plus grande valeur ajoutée au Pérou. Début 2015, ce rêve s'est encore rapproché de la réalité suite à la création d'une joint venture avec l'entreprise néerlandaise Chocolatemakers. 19 Cacaoculteur péruvien - Crédit : Shared Interest Grâce à CEPICAFE, nous obtenons de bien meilleurs prix pour notre cacao. Nous pouvons penser à une éducation de base pour nos enfants, mais aussi leur permettre d'accéder à l'enseignement supérieur. A la maison, nous avons pu améliorer la qualité de notre alimentation et nous avons aussi de l'argent pour payer les soins et acheter de nouveaux vêtements - Miquel Paz, Cecosava “ ” Pour en savoir plus : www.cepicafe.com.pe
  20. 20. Le physalis 20 Peu de plantes peuvent se vanter d'avoir autant de belles appellations que les dizaines d'espèces de physalis. Les plus couramment utilisées en français sont « amour en cage » ou encore « lanterne chinoise ». Les variétés comestibles les plus connues sont le tomatillo ou la cerise de terre du Mexique (Physalis philadelphica) et le coqueret du Pérou, aussi appelé baie des Incas (Physalis peruviana). Baie comestible, le plus souvent de couleur dorée ou orangée à maturité, elle renferme des vitamines et antioxydants en grande quantité. La chair, qui contient de petites graines, a un goût doux à aigre-doux. Le calice séché, d'aspect papier, entourant la baie permet de garder au fruit sa fraîcheur jusqu'à quelques semaines après la récolte. Avec 90 % de la production mondiale, la Colombie est de loin le principal exportateur. Au Pérou, la culture commerciale de l'aguaymanto, l'appellation locale du physalis, est beaucoup plus récente et surtout pratiquée pour l'instant par des petits paysans. Vu l'inaccessibilité relative des zones andines reculées, les Péruviens se sont tournés vers l'exportation de baies des Incas séchées. Le séchage des fruits au soleil en vue d'une plus longue conservation est une technique ancestrale, remontant aussi à la culture inca. L'État considère lui aussi l'exportation de fruits exotiques comme une opportunité et vise essentiellement le marché bio, notamment à travers l'installation de champs pilotes dans différentes régions. Physalis : Crédit photo RHiNO NEAL
  21. 21. Dans la région de Cajamarca, les communautés paysannes pauvres s'efforcent de survivre en vendant sur le marché local les légumes traditionnels, voire en les consommant elles- mêmes. Aux yeux de ces Indiens, l'aguaymanto a toujours constitué une source importante d'apport en vitamines. Mais à présent, ces baies orange vif sont soudainement devenues une opportunité commerciale. Avec 30 hectares de nouvelles plantations, la société AgroAndino, promotrice du projet soutenu par le TDC, espère générer des revenus pour ces communautés. Atout non négligeable, la variété locale de la baie des Incas a un excellent goût aigre-doux. Du fruit séché au fruit frais AgroAndino a créé dans la région une unité de production dans laquelle, outre les aguaymantos, elle déshydrate aussi des mangues, des bananes, des ananas et des grenades. Afin de pérenniser le projet, la société accorde une grande importance à la participation des agriculteurs. Il est donc important de renforcer les Asociaciónes de Productores existantes. 21 Physalis séchés. Crédit : AgroAndino Crédit : Flora Cyclam
  22. 22. 22 Coopérative péruvienne vendant sa récolte sur un marché de Lima Crédit : Supayfotos/APEGA Un sociologue est associé au processus afin de garantir qu’il se déroule dans le respect des traditions indigènes. Le projet mise par ailleurs sur des semences de bonne qualité, sur une assistance technique fournie par des agronomes, ainsi que sur des systèmes de contrôle de la qualité. « Dans cette région reculée, il est particulièrement difficile pour les agriculteurs de commercialiser leurs produits. Depuis 2008, nous leur offrons un appui technique, depuis la plantation jusqu'à la récolte », nous explique Reinhard Schedlbauer, responsable des opérations chez AgroAndino. « Nous serons en mesure de leur garantir un prix équitable grâce à une certification bio et, à terme, espérons-le, aussi Fairtrade. Nous avons intentionnellement installé ici notre ligne de séchage, sur laquelle travaillent majoritairement des femmes, afin qu’une partie de la valeur ajoutée demeure au sein de la communauté locale. » La société et les agriculteurs ont encore d'autres projets. Ils espèrent ainsi, à l'instar de nombreuses autres coopératives colombiennes, pouvoir exporter aussi des physalis frais. « Au niveau du marché local, nous voulons confectionner des sauces et des confitures, et générer ainsi des emplois supplémentaires. » Physalis peruviana. Crédit photo : SuperFantastic Pour en savoir plus : www.agroandino-peru.com
  23. 23. Artisanat équitable Depuis le lancement des premières initiatives de commerce équitable à la fin des années 1960, les principaux secteurs d'activité qui bénéficient de ce mode de commercialisation plus juste sont l'agriculture et l'artisanat. Les filières agricoles qui se sont investies dans ce mode d'échange solidaire ont globalement tiré profit de la labellisation de leur production, avec notamment un accroissement de leur marge et, surtout, une plus grande sécurisation de leurs marchés, malgré la volatilité des cours et une forte dépendance aux conditions climatiques. En ce qui concerne l'artisanat équitable, le constat est différent. Des millions de personnes concernées Confronté à la concurrence industrielle des pays asiatiques émergents, l'artisanat équitable souffre de problèmes structurels liés en particulier à la désorganisation des filières de production et à l'inadéquation de l'offre sur de nombreux segments de marché. Pourtant, l'artisanat traditionnel constitue l'une des principales sources de revenus pour des millions de personnes pauvres en Amérique latine, en Afrique et en Asie. La plupart du temps, ce sont les femmes qui créent ces bijoux, paniers, broderies, céramiques ou instruments de musique. Les recettes sont prioritairement affectées à l'éducation, à la santé et aux besoins quotidiens de la famille. 23 Artisane péruvienne. - Crédit : Jullien Lesceux/CTB
  24. 24. 24 En 1982, un groupe d'universitaires de Lima au Pérou créent Allpa (mot qui signifie "Terre" en langue quechua), une société commerciale, pour aider les communautés indigènes pauvres à vivre de leur savoir-faire traditionnel. Membre depuis 2008 de la WFTO, l'Organisation mondiale du commerce équitable, Allpa travaille avec 80 groupements d'artisans (dont une majorité de femmes), répartis principalement dans les faubourgs de Lima, mais aussi sur les hauts plateaux et au nord du pays. Céramiques, vêtements en laine d’alpaca, poteries, bijoux… chaque communauté a ses spécificités et valorise ses traditions avec l'appui d'Allpa qui en assure la promotion. Le soutien qu'accorde Allpa à ces artisans couvre une large palette de services, tant au niveau de la production (conseil en développement de produits, formations techniques, fourniture d'outils), qu'en termes de commercialisation (participation à des salons, promotion des gammes). Affronter la crise mondiale La crise économique mondiale de 2008-2009 a durement affecté l'activité commerciale d'Allpa et donc, celle de ses fournisseurs. Multiplication des impayés, chute des commandes de près de 40 %… les conséquences de la crise se sont révélées dramatiques pour les centaines de familles qui dépendent des exportations d'Allpa pour subvenir à leurs besoins. L'équipe pluridisciplinaire en charge du pilotage stratégique de l'entreprise a alors réalisé un diagnostic global, qui a mis en évidence les principales faiblesses structurelles de l’offre d’Allpa. Productivité trop faible, retard technologique, mauvaise qualité des produits, promotion commerciale insuffisante, les conclusions de cet audit ont permis d'identifier les domaines dans lesquels Allpa et ses fournisseurs devaient progresser pour accroître la compétitivité de l'entreprise. Un atelier d’Allpa Peru - Crédit : Allpa Peru
  25. 25. 25 Le commerce équitable, pour nous, c'est plus qu'un prix juste. C'est une relation transparente et partenariale qui a pour principal objectif de développer durablement les activités des artisans péruviens pour qu'ils puissent grandir et devenir des entrepreneurs performants et responsables de leurs communautés - Luis Heller, gérant d'Allpa “ ” Vases mis à sécher - Crédit Allpa Peru Produire mieux, vendre plus Ce diagnostic fut à l'origine d'un projet de développement intégré qui bénéficie du soutien du Trade for Development Centre. Ce programme d'actions visait l’amélioration des équipements, l’acquisition de matières premières de meilleure qualité, le développement des gammes de produits, le renouvellement du matériel promotionnel (catalogues et vidéos) et la participation à différents salons professionnels. Des résultats visibles Mis en place entre 2009 et 2011, ce projet a produit des résultats concrets. De nombreux ateliers ont été modernisés et équipés de nouvelles machines. Au niveau de la création de nouveaux produits, les initiatives mises en place ont permis de dépasser les objectifs initiaux, et ce sont près de 70 nouvelles collections qui furent conçues à partir de prototypes développés dans le cadre du projet. Menées en parallèle, les activités commerciales ont été très fructueuses, avec une augmentation de plus de 30% du chiffre d'affaires en 2010 par rapport à l'année précédente. . Pour en savoir plus : www.allpaperu.com
  26. 26. Dans la région frontalière de Puno et Cuzco, perchées dans les montagnes, vivent des communautés indigènes qui peinent à survivre de l’agriculture et de l’élevage d’alpagas et de lamas. C'est pourtant grâce à ces derniers que la région est aussi réputée pour sa tradition ancestrale de tissage et de tricot, remontant au temps des Incas. Or, si traditionnellement, ce travail était l'apanage des hommes, ceux-ci partent de plus en plus souvent à la recherche d'emplois dans les mines, tandis que les jeunes quittent la région, faute de perspectives. Depuis 2012, le Trade for Development Centre (TDC) appuie ici un projet de l'entreprise familiale Royal Knit, qui s'est donné pour mission de former les « Indígenas » aux techniques traditionnelles de tissage et de tricot pour, ensuite, leur donner la possibilité de collaborer à ses collections. L’entreprise compte 35 employés directs et 400 bénéficiaires. Depuis 2004, Royal Knit est membre de la World Fair Trade Organisation (WFTO). Elle a à son actif plus de 40 formations organisées dans l'ensemble du pays et commercialise aux quatre coins du monde les produits textiles réalisés par des centaines de tisseuses. Doublement des revenus Le projet soutenu par le TDC se focalise sur l'organisation d'une série de formations dans les communes d'Ocongate et de Lampa, avec un double objectif en tête : d'une part, préserver de l'oubli les techniques de tissage traditionnelles de la région et, d'autre part, offrir des opportunités économiques à tous ceux qui ne travaillent pas dans les mines. 26 Femme au travail à Ocongate © Royal Knit
  27. 27. La grande majorité des participants sont des femmes, mais pas exclusivement. L'impact sur leurs revenus est considérable : celles qui vivaient auparavant d'ouvrages faits main ont plus que doublé leurs revenus. Autre effet positif : dans les deux communes, les femmes se sont émancipées, mais aussi associées afin de mieux organiser leur travail. Les travaux de tissage et de tricot, effectués par les femmes à domicile, s'avérant parfaitement combinables avec leurs tâches ménagères et leur assurant un revenu, elles ont, pour la première fois de leur vie, le pouvoir de prendre elles- mêmes des décisions financières. Très souvent, leur priorité va à l'enseignement, également pour leurs filles. 27 Des projets tels que celui-ci, même à petite échelle, rehaussent la confiance en soi des femmes et changent l'idée que les hommes se font d'elles. Aussi avons-nous décidé de prolonger le projet et d'offrir à ces groupes de femmes la possibilité de concevoir une collection ética de lujo (luxe éthique), qui sera ensuite présentée par Royal Knit aux salons (équitables) nationaux et internationaux. - Steven De Craen, Trade for Development Centre Pour en savoir plus : http://rkperu.com/en/ “ ” L’alpaga est principalement élevé pour sa laine, qui est plus douce, six fois plus chaude, plus résistante et plus légère que celle du mouton. Crédit photo : Savard.
  28. 28. Le bois durable Au début du XIXème siècle, les forêts tropicales couvraient une superficie de 16 millions de kilomètres carrés à la surface du globe. Aujourd'hui, il en reste moins de la moitié. Cette spirale de la destruction n'est pas irréversible. Depuis une vingtaine d'années, des initiatives sont mises en place pour développer des activités forestières et une économie du bois respectueuses de l'environnement et des populations locales. Initiative la plus connue, le Forest Stewardship Council (FSC) a été créé en 1993 par des propriétaires forestiers, des industriels, des organisations sociales et des associations de protection de la nature pour promouvoir la gestion responsable des forêts partout dans le monde. Pour ce faire, le FSC a identifié une série de critères environnementaux, sociaux et économiques que doivent respecter les exploitants (et les intermédiaires) qui souhaitent bénéficier du label FSC. Attribué au terme d'un audit mené par un organisme indépendant, ce label garantit au consommateur que le papier ou les matériaux en bois qu'il souhaite acheter proviennent bien de territoires gérés durablement. 28 Forêt péruvienne - Crédit : Steve Goddard
  29. 29. Dans la région d’Ucajali, en forêt amazonienne, les communautés Shipibo Conibo vivent traditionnellement de la forêt et de l’abattage, mais les prix qu’elles obtiennent des acheteurs sont dérisoirement bas. Lorsqu’en 2005, elles ont été les premières communautés indigènes à obtenir le label FSC avec l’aide de l’ONG péruvienne AIDER (Association para la Investigación y el Desarrollo Integral), leurs membres ont bien nourri l’espoir d’en retirer des avantages économiques. Mais il n’en a rien été. Leur faiblesse organisationnelle ne leur a pas permis de fournir la qualité et la quantité requises. À la demande de BOS+, une ONG flamande active dans le domaine de la gestion forestière durable, le TDC a financé en 2010 un projet étalé sur trois ans. Le premier volet comportait une série de formations en administration, comptabilité, planification stratégique et marketing, à l’intention des membres de la communauté. Des ateliers techniques ont ensuite été organisés sur le terrain. Le cœur du projet a toutefois été la construction d’un centre de stockage, grâce aux fonds fournis par le TDC et d'autres donateurs. 29 Les bûcherons Shipibo Conibo. Crédit photo : Aider
  30. 30. Un atout unique Les premiers résultats sont prometteurs. Le projet génère de nouveaux emplois, sensibilise à l’importance d’une gestion forestière durable et garantit de meilleurs revenus pour les communautés. 10 % de ceux-ci sont réinvestis dans un fonds communautaire destiné à financer la construction d'écoles ou l'électrification dans les communautés. Mais, sur le plan commercial, il reste encore un long chemin à parcourir : de nombreux acheteurs péruviens ne sont pas disposés à payer plus pour du bois certifié, et l’offre de bois de la Citeindigina doit encore trouver les bons acheteurs sur le marché international. Pour identifier les clients potentiels, Citeindigena, AIDER et BOS+ projettent la création d’un site Web bilingue, un catalogue plus détaillé et, surtout, une meilleure prospection du marché, tant national qu’international. « Nous avons décidé de soutenir ce nouveau projet », déclare Steven De Craen, « parce que nous voulons donner à Citeindigena toutes les chances de valoriser au maximum son bois certifié issu de communautés indigènes, un atout unique dans un pays tel que le Pérou où l'abattage illégal est encore trop souvent monnaie courante. » Pour en savoir plus : http://www.aider.com.pe/ 30 Maîtrise des techniques modernes de production et de commercialisation, gestion durable des forêts et des ressources naturelles, investissement en faveur du développement local et du bien-être des populations. Le commerce durable permet de conjuguer progrès humain et avenir préservé.
  31. 31. L’or équitable 31 La production d'une seule bague en or génère 20 tonnes de déchets hautement toxiques et consomme 50 000 litres d'eau douce... des chiffres qui donnent le tournis ! Le Pérou, sixième plus grand producteur d'or du monde, est par ailleurs confronté au développement de l’exploitation illégale de ce métal précieux. Avec entre autres pour corollaires, la multiplication par 3 de la déforestation de la forêt amazonienne depuis 2008 et la contamination des nappes phréatiques. Les fonctionnaires des douanes évaluent à 3 milliards de dollars ce commerce illicite, désormais plus important que celui de la cocaïne. Au vu de ces réalités et du fait que les entreprises minières ne respectent que rarement les populations locales, le secteur s'attache à redorer son blason en instaurant des codes et des normes, tandis que les ONG s'associent avec des coopératives de mineurs locaux pour produire de l'or équitable. Si les premiers bijoux équitables ont été proposés à la vente en 2011, de nombreux obstacles doivent encore être surmontés avant que les mineurs puissent envisager un avenir plus doré. Crédit photo : Serendipity Diamonds
  32. 32. Le Pérou est un pays connu pour ses mines à ciel ouvert. Bien souvent l’œuvre de sociétés minières étrangères, ces gigantesques cratères défigurent le paysage et constituent une véritable catastrophe pour l'environnement. L'extraction aurifère recourt ainsi massivement à l'usage de cyanure ; quant à la consommation d'eau de ce type d'exploitation minière, elle est tout simplement hallucinante. Ce que l'on sait par contre beaucoup moins, c'est que 10 à 15 % de la production mondiale d'or sont extraits par des millions de mineurs « artisanaux ». Leurs conditions de travail sont tout sauf sûres, leur technique d'orpaillage impliquant l'utilisation de mercure. Ces mineurs sont généralement à la merci d'acheteurs peu scrupuleux, les prix qu’ils perçoivent étant rarement suffisants pour les sortir du cercle vicieux de la pauvreté. Au Pérou, dans les régions d'Apurimac et d'Arequipo, l'Instituto Redes de Desarrollo Social (Red Social) encadre les communautés indigènes actives dans l'exploitation minière « artisanale » à petite échelle. 32 Mine MACDESA, membre de l’organisation Red Social. Crédit : Red Social En 2007, Red Social a participé à la création de l'Alliance for Responsible Mining (ARM), une coalition qui a relevé le gant pour prouver que l'extraction aurifère artisanale, à petite échelle, peut effectivement contribuer à la lutte contre la pauvreté et au développement durable. Il en a résulté la mise en place d'une norme reprenant des critères applicables à une exploitation minière responsable. Pendant un temps, une collaboration avec Fairtrade International (FI) a débouché sur Fairtrade & Fairmined, le premier label pour l'« or équitable ». Vu l'absence de percée majeure sur ce plan, l’ARM et FI ont décidé, début 2014, de continuer chacune de leur côté. Il existe donc actuellement deux labels pour l'or équitable : le label Fairtrade et le label Fairmined.
  33. 33. Ce processus de formalisation sous-entend la légalisation de leur activité et l’autorisation à faire usage des terres. Une formation sera ensuite dispensée sur les techniques durables, telles que la gravimétrie, qui permettent de séparer l'or du minerai sans recourir à des substances chimiques dangereuses. Cette démarche doit aboutir à l'obtention tant du label Fairtrade que du label Fairmined, ainsi qu'à de nouvelles opportunités sur le marché équitable. Chaque projet minier étant bien entendu à durée limitée, Red Social réclame par conséquent aussi des organisations qu'elles investissent une partie des revenus générés dans la recherche de nouvelles activités. Pour Red Social, de tels projets pilotes sont particulièrement importants pour montrer à d'autres groupes de la région qu'une exploitation minière responsable à petite échelle est possible. Pour en savoir plus : http://redsocial.pe/ 33 Crédit : Red Social Fairtrade et Fairmined Les projets soutenus par le TDC ont un double objectif. Pour commencer, trois organisations, soit quelque 183 mineurs et leur famille, bénéficieront d'un encadrement afin de se mettre en règle avec la législation péruvienne. Crédit : Red Social
  34. 34. Vers une émancipation économique et sociale Dans tous les pays en voie de développement, le commerce équitable et durable offre des revenus plus stables et souvent plus élevés à des centaines de milliers de travailleurs précaires. Un cocktail éthique qui transforme les communautés locales et leur donne les moyens d’un développement socioéconomique certain : accès à l’éducation et aux soins de santé, offre en formations, construction de bâtiments et d’ateliers pour la collectivité, etc. Appuyées par le Trade for Development Centre, huit organisations de producteurs défavorisés, actives dans l’exportation de physalis bio, l'artisanat, le café, le cacao ou encore l'or équitables ainsi que dans la gestion durable de la forêt, contribuent au développement des communautés locales et de leur région. 34 AlbertinomezaOjeda,CenfroCafePeruCrédit:TradeAidNewZealand

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