Turner et ses maîtresWilliam Turner (1775-1851) est considéré comme le plus grand peintre anglais de paysages auXIXe siècl...
Turner s’inspire aussi de Rembrandt -1606-1669) et de ses clairs-obscurs, en particulier dans « LeMoulin ». Deux œuvres de...
sensualité et de ce fait elle est peu fréquentable. A présent la peinture ne peut plus être imitation etTurner va se détou...
Turner connaîtra très jeune le succès et laisance, et jouira dune immense réputation, étantélu académicien titulaire à vin...
San Giorgio Maggiore, au petit matinAquarelle1819Tate Gallery, LondresEn 1826, Turner effectue un long voyage en France, r...
Ainsi, quarante ans avant Monet, Turner invente une nouvelle peinture - qui ne sera pascomprise de la majorité de ses cont...
En 1850, Turner expose à la Royal Academy 4 de ses dernières oeuvres dans la manière deClaude Lorrain.Turner décèdera le 1...
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Turner et ses maître

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Turner et ses maître

  1. 1. Turner et ses maîtresWilliam Turner (1775-1851) est considéré comme le plus grand peintre anglais de paysages auXIXe siècle. Il a trempé ses doigts dans la peinture dès sa prime enfance. A 14 ans, consécrationpeu commune, il devient élève à la Royal Academy. En 1802, il est élu membre de cette académie,en 1809 il y est nommé professeur de perspective, et en 1845, à l’apogée de sa carrière, il en devientle président (intérimaire).Célèbre et riche en son temps, il n’hésite pas à créer dans sa demeurelondonienne dès 1804, une galerie où il expose ses propres œuvres.Un touriste obsessionnelLe siècle qui voit grandir Turner est celui du tourisme naissant, celui du Grand Tour, institué pourparachever l’éducation des rejetons de l’aristocratie anglaise et qui doit les mener sur le continent,en France, en Italie (jusqu’à Naples), en Grèce parfois, en Suisse puis en Allemagne.Turner, carnets en poche, va inlassablement aller et venir dans toute l’Europe, prendre des croquissur le motif, à l’huile et surtout à l’aquarelle dont il maîtrise rapidement la technique.Mais Turner veut aussi tout savoir de ceux qui l’ont précédé. Il a d’abord accès aux collectionsprivées de Londres et au British Museum, seul musée existant à cette époque, créé en 1753. Puis ilira au musée du Louvre créé en 1793 et considéré comme le plus important d’Europe, présentantaussi bien des collections des écoles du nord que des écoles italiennes ou françaises.La création des musées est en soi une révolution. Jusqu’alors, les peintres, pour se former allaientd’un atelier à un autre. A partir du XIXe siècle le musée prend une place fondamentale dans laformation des artistes.De Turner, on a tous retenu des paysages vaporeux, des brumes dorées, des aquarellessublimes.... Ce n’est pas cela que l’exposition propose, au risque de vous décevoir !Il s’agit de montrer comment Turner, travailleur acharné, est passé de la re-création des toiles de sesmaîtres à une libération finale qui en fit le génie que nous connaissons. Cette exposition est uneconfrontation entre Turner et des peintres très divers (que vous pourrez admirer) avec lesquels il aentamé un dialogue pictural.Acquérir la reconnaissance de son siècle en dépassant les maîtresLorsque Turner est admis à la Royal Academy, son président est Sir Joshua Reynolds (1723-1792)immense portraitiste et peintre d’histoire. Turner fit siennes ses théories : « Etudiez attentivement lanature, mais toujours en compagnie des grands maîtres. Considérez les à la fois comme des modèlesà imiter et comme des rivaux à combattre ». Turner fit l’un puis l’autre !Turner copie tout ce qui lui tombe sous le regard. Ainsi débute une longue conversation avecceux qu’il reconnaîtra comme ses maîtres : il regarde leur travail, reprend les thèmes qui les ontinspiré et creuse leur sillon dans le but de les égaler ou de les dépasser.Mais il n’est pas intéressé (ou pas doué) par le dessin et peu enclin aux sujets historiques qu’iln’utilisera que comme prétexte. En revanche, il excelle dans le maniement des couleurs.Le peintre que Turner a vénéré toute sa vie est Claude Gellée, dit Le Lorrain (1600-1682) ouClaude, tout simplement, en Angleterre.Plusieurs tableaux de Claude (dont « Le débarquement de Cléopâtre à Tarse », 1642) confrontésaux toiles de Turner. En bon élève, celui-ci reproduit fidèlement les visions sereines etharmonieuses des paysages classiques et il acquiert la science de la lumière, qu’il rend plusincandescente encore. Il force sur les jaunes au point d’être accusé de « jaunisme » par sescontemporains. Mais déjà le sujet, « La fondation de Carthage par Didon », n’est que prétexte, seulela déliquescence du soleil dans le ciel importe.
  2. 2. Turner s’inspire aussi de Rembrandt -1606-1669) et de ses clairs-obscurs, en particulier dans « LeMoulin ». Deux œuvres de Turner sont confrontées au Moulin. Dans « Four à chaux àCoalbrookdale », l’on perçoit sa fascination pour le contraste entre lumière et ténèbres qui donne unsens au tableau. En revanche, son « Pilate se lavant les main de la « Ronde de nuit », fut jugé« misérable et raté » par la critique.Il a beaucoup regardé Poussin, dont on voit ici « Le Déluge » de 1664. Le regard de Turner estnettement plus critique vis-à-vis du maître. Dans son « Déluge » de 1805, les structures horizontalesde Poussin deviennent des diagonales et les couleurs sont transfigurées. Si vous regardez ce tableau,vous n’êtes plus un spectateur passif, vous êtes placé au cœur du chaos et glacé d’effroi.A Venise, Turner découvre Canaletto (1697-1768) qui est déjà très en vogue à Londres. Avec unculot monstre, il se confronte à lui, il en prend la substantifique moelle pour en faire autre chose. Etpendant douze ans, il fera des paysages vénitiens, les vendant un fort bon prix. Mais finalementVenise importe moins que l’eau du grand canal. Dans « Le Grand canal à Venise » on ne voit etd’admire que le miroitement bleuté et la transparence de cette eau.Avec le Français Antoine Watteau (1684-1721), l’Anglais va s’essayer aux fêtes galantes, mais iln’a décidemment ni la grâce ni l’élégance de son maître, dont « Les Deux cousines » éclipsent le« Que voulez-vous » de Turner.Se confronter à ses pairsTurner a aussi beaucoup regardé ses contemporains et beaucoup tenté, par tous les moyens desurpasser ou d’éclipser leur célébrité.Le « clash » avec le grand paysagiste John Constable (1775-1837) fut retentissant. En 1832, lorsde l’exposition annuelle de la Royal Academy, une marine de Turner est accrochée à côté du grandtableau de Constable « L’inauguration du Watterloo Bridge », dont les vermillons sont éclatants.Qu’à cela ne tienne, Turner reviendra ajouter une bouée rouge sur sa marine .... Qui assurera sonsuccès !Mais on ne gagne pas à tous les coups. L’écossais David Wilkie(1785-1841) fut encensé pour sesscènes de genre, Turner se mit à en produire, mais la vie quotidienne du peuple n’était pas sa tassede thé...Lorsque Wall Callcott peint une bataille navale, Turner fait de même, mais l’échec et total.A partir des années 1830 l’artiste « met le feu » à la peinture anglaise.Il se détache de la représentation réaliste du paysage pour prendre une voie nouvelle, celle de lavision fantastique. Il utilise la lumière et les couleurs pures pour désintégrer la matière et parvenirau cœur même de la réalité et de sa dimension spirituelle. Les formes s’évaporent, tout s’embrase.Mais il déconcerte son public qui ne voit là qu’un « amas de couleur insensé ».Adieu la nature sage et apaisée de Claude Le Lorrain, Turner vit au XIXe siècle, un sièclemouvementé dans lequel il s’inscrit.- Le Vésuve est entré en éruption en 1794, la nature est donc implacable, ne se maîtrise pas. Lesâmes sont troublées, accessibles au sublime des cascades, des glaciers, des tempêtes.- En 1839 apparaît la photographie, terrible rivale pour les peintres. Jusqu’à Ingres, le dessin est laprobité de l’art, il est intelligence et pensée. La couleur est tenue pour seconde, elle appartient à la
  3. 3. sensualité et de ce fait elle est peu fréquentable. A présent la peinture ne peut plus être imitation etTurner va se détourner définitivement du dessin.- Le XIXe enfin est celui de la première Révolution industrielle, qui s’enclenche d’abord enAngleterre, avec la machine à vapeur et l’irruption du mouvement rapide des steamers (bateaux àvapeur) qui remplacent les clippers (voiliers) et des chemins de fer qui remplacent les galops deschevaux. Turner va donc essayer de rendre compte de ce mouvement induit par la vitesse, desfumées crachées par ces furieuses machines, des formes qui se dissolvent dans le regard.Oscar Wilde a eu ce mot : « avant Turner, il n’y avait pas de brouillard à Londres ». Ainsi lespeintres vont donner à voir ce que sans eux on n’aurait pas vu.Turner et la postéritéDès l’âge de trente ans, Turner se soucie de sa postérité. Il rédige à plusieurs reprises un testament.Mais toujours on y retrouve la volonté que ses plus belles œuvres soient léguées à la NationalGallery et accrochées à côté de celles du Lorrain. Ce qui fut fait. Il a été enterré à la cathédraleSaint-Paul, avec tous les honneurs.TURNER, GRAND VOYAGEUR EUROPEENLa vie de Joseph Mallord William Turner, "le peintre de la lumière", fut caractérisée par uneentière dévotion à son art.Dun tempérament rude et robuste, il fut un insatiable voyageur parcourant inlassablement, leplus souvent seul, lEurope, en particulier lItalie, la France, lAllemagne et la Suisse. Partout,à la manière dun reporter, il dessina ou reproduisit au moyen daquarelles, paysages, siteset monuments. Il léguera ainsi à lEtat britannique, à sa mort, plus de 20 000 oeuvres surpapier !Sil fut initialement un grand admirateur des maîtres anciens, en particulier du paysagistehistorique Claude Gelée (1600-1682 dit le Lorrain) et de Nicolas Poussin, son oeuvre,dessence romantique, évoluera vers une représentation picturale nouvelle et audacieuse,pré-impressionniste, dans laquelle il dissout les détails du sujet dans des atmosphèrescolorées.William Turner naquit en 1775 à Londres dans une famille anglaise modeste pour laquelle ileut toujours une grande affection. Son père était barbier et perruquier et fut, jusquà sa morten 1829, son plus fidèle compagnon, sa mère devant sombrer dans la folie et décéder dans unasile en 1804.De 1789 à 1793, il fait son apprentissage à la Royal Academy, et est lélève du paysagisteThomas Malton. Il réalise alors pour de riches commanditaires de nombreuses copies, etrencontre dimportants paysagistes et aquarellistes anglais comme Girtin.En 1792, il commence ses voyages détude à travers lAngleterre, le Pays de Galles etlEcosse, peignant des paysages et des marines à laquarelle. Dès lâge de 14 ans, Turneravait pris lhabitude, quil devait garder longtemps, de parcourir la campagne avec son cahierde croquis, marchant fréquemment plus de 40 kilomètres par jour.A partir de 1796, Turner exposera chaque année des tableaux à lhuile à la Royal Academy,principalement des sujets historiques représentés dans des paysages fantastiques etsublimés, dans un style proche de celui des peintres du 17ième et 18ième.
  4. 4. Turner connaîtra très jeune le succès et laisance, et jouira dune immense réputation, étantélu académicien titulaire à vingt-sept ans. Quoiquil ne se déroba pas aux devoirs liés à cestatut, il les limitera au minimum et cherchera aussi épisodiquement des retraites secrètes,jusquà la fin de sa vie où sa retraite fut définitive puisquil disparut sous une fausse identité àChelsea, quartier de Londres sur la Tamise.Turner fut décrit par Constable ou Delacroix, comme un homme daspect négligé, auxmanières frustres, taciturne et peu sociable, solitaire. Se consacrant à son art, Turner nefondera pas de famille. Sil eut des compagnes dans sa vie, en particulier Sarah Danby vers1798, quil supporta financièrement ainsi que ses enfants, et dont on pense quil eut sonpremier enfant, sa vie privée reste mal connue.En 1804, il crée sa propre galerie pour y exposer ses oeuvres.En 1807, il commence à peindre des vues de la Tamise à partir de sa propre barque. Cettemême année il devient professeur de perspective à lAcadémie et publie la première partie deson "Liber Studiorum" (1807-1819), une série de dessins à la plume et au lavis où il allielobservation exacte de la nature à lévocation littéraire et mythologique.Parallèlement, dans les années 1807-1810, il sintéressa aussi à des scènes de genre.Didon construisant Carthage(la naissance de lEmpire Carthaginois)1815National Gallery, LondresTurner pratiquera toujours assidument littérature et poésie, qui tiendront une placeimportante dans son inspiration, citant fréquemment Byron ou Milton dans les titres de sesœuvres.En 1819, il effectue un premier voyage à Venise qui va marquer un tournant dans sonoeuvre, dans laquelle la représentation des effets de lumière va désormais prendre uneimportance croissante, au détriment de laspect narratif. ("San Giorgio Maggiore, au petitmatin" - 1819).Ses oeuvres peintes vont également faire intervenir de plus en plus de couleurs vives, enparticulier les couleurs chaudes du spectre (jaune, rouge).
  5. 5. San Giorgio Maggiore, au petit matinAquarelle1819Tate Gallery, LondresEn 1826, Turner effectue un long voyage en France, remontant la Loire de Nantes à Orléans,exécutant une abondante série de croquis et aquarelles de plus de quarante villes et sites (Uneexposition "Turner, le voyage sur la Loire" a été consacrée à ce voyage en 1997-98, à laTate Gallery, à Blois et à Nantes). Vingt et une de ces vues figureront dans la Première éditiondu "Tour Annuel de Turner" en 1831.De ce voyage commencé à Calais, il tirera également quelques magnifiques huiles, dont "Pas-de-Calais" quil présentera à lexposition annuelle de la Royal Academy de 1827.Turner avait pris lhabitude demployer pour ses huiles des couleurs toujours plus vibrantes, etla presse ne manqua pas de le railler sur son usage excessif du "jaune".Passagers montant à bord(Pas-de-Calais)170x224 cm, 1827Manchester City Art GalleriesEntre les années 1829 et 1837, loeuvre de Turner va évoluer de manière encore plus radicalepour sintéresser de moins en moins à la réalité figurative, et ne garder quune visionlumineuse et transfigurée de celle-ci, où le sujet de loeuvre est davantage la représentationdes effets de lumière ("Lincendie du Parlement" - 1835).
  6. 6. Ainsi, quarante ans avant Monet, Turner invente une nouvelle peinture - qui ne sera pascomprise de la majorité de ses contemporains, qui parleront des "folies de Turner" - , oùlartiste, saffranchissant des conventions admises du genre pictural, dissout les formes dansle frémissement de latmosphère et de la lumière.En 1833, Turner effectue son second voyage à Venise, dont il reviendra avec des oeuvresfortes comme "La Dogana, San Giorgio, Zitella, vus des marches de lEurope" - 1833. Il yretournera une dernière fois en 1840.En 1837, il publie "The rivers of France", qui regroupe ses vues de la Seine et de la Loire.En juin 1840, Turner fit la connaissance du jeune et riche John Ruskin (critique dart etsociologue, 1819 - 1900), qui allait devenir son plus ardent admirateur, défenseur, etcollectionneur.En 1843, Ruskin simposera sur la scène anglaise avec la publication du premier volume de sesModern Painters où il dresse un panégyrique de loeuvre de Turner.En 1844, Turner expose "Pluie, vapeur et vitesse, le chemin de fer de la Great Western" à laRoyal Academy, une oeuvre qui intéressera les impressionnistes par sa facture et la modernitédu sujet.En 1845, il fait ses derniers séjours en France.Scène sur la Loire(près des coteaux de Mauves)Aquarellevers 1828-1830National Gallery, LondresLA RETRAITE SOLITAIRE A CHELSEAEn 1846, il quitta sa maison de Queen Anne Street, bâtie en 1812, rompit toute relation avecle monde, changea de nom et emménagea dans un pauvre logement de Chelsea, de lautrecôté de Westminster. Il y passa les dernières années de sa vie, dans une solitude absolue,inabordable, inconnu même de lhôtelière qui le logeait.En 1847, avec le legs doeuvres de peintres contemporains fait par Robert Vernon à laNational Gallery, entre pour la première fois une huile de Turner dans la collection nationalebritannique.
  7. 7. En 1850, Turner expose à la Royal Academy 4 de ses dernières oeuvres dans la manière deClaude Lorrain.Turner décèdera le 19 décembre 1851 à Chelsea, peu après avoir été retrouvé, et sera enterréà la Cathédrale Saint-Paul. Il a légué ses tableaux à la nation et 200 000 livres sterling pour laconstruction dun asile en faveur des artistes pauvres.En 1857, lexposition "Art Treasures" présente 24 huiles et 83 aquarelles de Turner.En 1857-58, Ruskin est autorisé à sélectionner des aquarelles et dessins du legs Turner pourune présentation publique à Marlborough House, où 400 seront encadrées.En 1861, soit seulement 10 années après sa mort, la première galerie entièrement consacrée à Turner ouvre dans laile ouest de la National Gallery.

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