Caroline Music

631 vues

Publié le

0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
631
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
2
Actions
Partages
0
Téléchargements
2
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Caroline Music

  1. 1. 18 CLOSE U P MU SIQUE DIS QU A IRES 19 commande. Nous en recevions encore entre 70 et 80 journa-LE REVEN ANT lières avant de mettre la clé sous le paillasson. Nous étions essentiellement sur le CD tandis que le Goupil faisait surtout de l’occase et du vinyle pour lesquels il a sa clientèle. Il va pouvoir la diversifier. Nous développerons par ailleurs le vi- nyle neuf et le catalogue de fonds. Certes, nous allons vivre une période de transition. Il faudra prévoir des réajuste- ments mais nous verrons où nous en serons dans six mois. Le mariage peut fonctionner.” Les derniers chiffres qu’il a consultés sont plutôt duCAROLINE RENAÎT DE SES CENDRES EN FACE DE L’ANCIENNE BELGIQUE. IL VENDRA CAROLINE, AVANT ET APRÈS. genre à le rassurer. 29% des consommateurs se rensei-DORÉNAVANT CD, VINYLES ET OCCASIONS. ROCK’N’ROLL IS NOT DEAD... gneraient sur le Web avant de casquer mais seuls 17 % des compacts discs seraient achetés en ligne. Et dix mil- lions de CD ont tout de même encore été vendus en Bel-RENCONTRE JULIEN BROQUET gique en 2011. Le Caroline nouveau ouvrira sept jours sur sept. De 10h à 19h jusqu’au samedi. De 12h à 18h le dimanche. “40% de e 25 octobre dernier, après 31 ans de bons, Dead, l’import, le blues, le jazz. “Tout ça s’est perdu avec notre chiffre se fait sur les heures de table en semaine.” loyaux et musicaux services, le Caroline Music l’installation des grandes chaînes. Ceux qu’on appelle dans Rock’n’roll will never die. Ou pas tout de suite. G Passage Saint-Honoré fermait cruellement ses le jargon les Bruns, les Rouges et les Bleus: la Fnac, le Media portes. A deux minutes de là et à quelques mai- Markt et le Free Record Shop. La faillite de Sonica a fait mal sons seulement du Goupil-o-phone où l’en- également. Mais des petits magas avec une âme comme seigne est en train de renaître, Dédé, le gérant, Veals & Geeks et Elektrocution voient le jour...” se souvient. Il se souvient des allers-retours in- cessants sur Londres où il partait il De tout mais du bon y a 35 piges s’approvisionner une “Rock’n’roll suicide”. L’inscription sur le panneau des fois par semaine avec ses valises et concerts en vitrine du magasin bouclé à jamais passagela malle de nuit. “J’allais chez Rough Trade et compagnie... Saint-Honoré résonne comme une épitaphe. “La galerieC’était d’ailleurs très gai. Le lendemain, les clients étaient ferme pendant quatorze mois pour transformation, expliqueaux portes du magasin dès l’ouverture et se battaient pour Dédé. Ils veulent en faire un espace de luxe. On nous propo-savoir ce qu’on avait ramené.” sait une surface plus petite et des loyers doublés.” Intena-Après le bateau, ça a été l’avion. Les commandes. “C’était ble. Il a cherché pendant plusieurs mois et en vain des al-la démerde. On a même fait quelques trajets dans de petits ternatives dans le quartier. Mais même quand l’exploitantcoucous deux places en partance de Grimbergen fin des an- principal a décidé de ne pas continuer, il s’est entêté.nées 70. On atterrissait sur une pelouse au nord de Londres. Ouvrir un magasin de disques en 2013, pour beaucoupOn chargeait à mac... Ca nous faisait parfois un peu flipper. c’est, si pas du suicide, à tout le moins se tirer une balleMais bon, le père du premier patron avait pas mal de potes dans le pied. Sauf que Dédé ne se voit pas faire autredans l’aviation. Il était pilote de ligne.” chose et qu’il le sait pertinemment: on n’engagera plusC’est lui qui, au tout début, en 74, ramène les disques de dans le disque un mec de 58 piges. “Je crois encore surtoutNew York. Le Caroline est alors installé rue de l’Athénée. à la vente de détail. A un magasin différent sur Bruxelles. JeIl ne fait que de l’import. Essentiellement du funk et de la ne le ferais pas si j’habitais Hasselt ou Mons. En Europe,dance... Et vend principalement aux boîtes de la Côte et de beaucoup d’indépendants rouvrent depuis deux ou trois ans.Bruxelles. Proposent à la fois du neuf, du vinyle et de l’occasion.”“L’ouverture rue Marché aux herbes a coïncidé avec l’explo- Avec le Goupil-o-phone, situé sur le boulevard Anspach,sion punk. Les firmes ne nous prenaient pas au sérieux. On juste en face de l’Ancienne Belgique, il a trouvé l’empla-allait chercher les disques aux States, en Angleterre, aux cement et le partenaire apparemment idéal.Pays-Bas. Mais les choses se sont mises à changer.” “Le Passage Saint-Honoré n’avait plus de passage que leLe Caroline devient au fil des années la référence pour nom. Il était devenu plutôt sinistre. Ici, 80 personnes défilenttous les amateurs de musiques indépendantes de devant la vitrine à la minute. Avec une population d’un millionBruxelles et d’ailleurs. Il ouvre des magasins à Liège, Na- d’habitants et 400 000 navetteurs par jour, il y a la place pourmur, Lille, Huy, Wavre, Uccle Bascule... Il a même sa bou- un magasin de disques indépendant comme le nôtre. J’ai dûtique à l’ULB fin 70, début 80. “Mais quand les lieux ont négocier pendant cinq semaines pour que les compagniescessé d’être gérés par des associations d’étudiants, le loyer pratiquent les mêmes tarifs. Pour faire le break, on doit ven-est devenu impayable. Quand un magasin ferme, c’est sou- dre une centaine de plaques par jour.”vent la même histoire. Un changement de proprio, une Ce qui n’a rien d’utopique. Caroline n’aura certes plushausse conséquente de loyer ou de charges...” 27000 références en magasin mais l’esprit va demeurerDédé se rappelle de cette époque où chaque magasin le même. “Nous opérerons une sélection. Selon les critèresavait sa spécialité. Le populaire, le rock à la Grateful habituels. Un peu de tout mais du bon. Tout sera possible à laFOCUS VIF / 4 JANVIER 2013
  2. 2. 20 C LOSE U P MU SIQU E DISQ UA IRES 21DISC CARELOIN DES GRANDES SURFACES, LES DISQUAIRES INDÉPENDANTS -UNE POIGNÉE ÀBRUXELLES ET EN WALLONIE- FONT DE LA RÉSISTANCE. CE QUI EN TERMESD’ÉLECTRICITÉ, S’AVÈRE PARFOIS PAYANT.TEXTE PHILIPPE CORNET ’une des scènes mémorables d’Orange mé- coûts d’exploitation et du piratage numérique. Pour canique (Stanley Kubrick-1971) présente Alex rappel, le Virgin de Bruxelles sera, dès le début des DeLarge (Malcom Mc Dowell), voyou désaxé années 2000, voué au rachat puis à la disparition. En et fan notoire du grand Ludwig Von, se ren- Belgique, les grands machins actuels, la Fnac ou Me- dant chez son disquaire récupérer un divin dia Markt, survivent en faisant du profit autre que par vinyle. Le psychopathe y emballe prestement le disque. La faillite du groupe Sonica (Extrazone) il deux nénettes sur la promesse y a trois ans, rappelle pourtant que la GBisation de la de leur “faire entendre les trom- musique n’est pas gagnée. La chaîne hollandaise Free pettes des anges et les trombones Record Shop -environ 80 boutiques chez nous- est es-du diable”. Ce que confirme la scène suivante, mix de sentiellement active en Flandres, laissant quelquesculs nus sur charge triomphante de Beethoven. Le branches en Wallonie sans toutefois dépasser le ser-scénario 2012 donnerait quoi? “Voulez-vous boire un vice minimum en termes d’offre, de diversité ou deverre en partageant un fichier MP3?” Ou version street conseil. Paradoxalement, la résurgence, pas forcé-capitaliste: “Une virée au rayon disques de la Fnac ou ment spectaculaire, du vinyle depuis une paire d’an-de Media Markt, ça te dit chouchoute?” Depuis une dé- nées, redonne aux disquaires indépendants un lustrecennie au moins, la grande distribution et l’avènement que le “tout CD” semblait avoir anéanti. En repar-de la digitalisation musicale ont semblé couler défi- tant d’une offre-niche, le LP et toutes ses variationsnitivement les disquaires indépendants: pas renta- de luxe, mais aussi de ce fameux “service aux consom-bles voire a priori ringards en comparaison de la mateurs” désertant les grosses machines -oseriez-technosphère dématérialisée ou les grandes surfaces. vous déranger un vendeur Fnac?-, les disquairesL’autre signe de déconfiture discographique vient indépendants semblent aujourd’hui condamnés àen avril 2009 avec la fermeture du Virgin Megastore ne pas disparaître. Et ce, dans un étonnant pari Backde Times Square, New York: le plus puissant maga- To The Future qui, en français mal intentionné, pour-sin de disques au monde -55 millions de dollars de rait se traduire par Retour au passé... Quelques exem- © GETTY IMAGESventes annuelles...- a fini par céder sous le poids des ples de disquaires qui ne s’en foutent pas. GCOOK & BOOK SUNSET MUSICPLACE DU TEMPS LIBRE 1, 1200 BRUXELLES RUE DE LA BASCULE 21, 1180 BRUXELLESPartie intégrante d’un vaste ensemble de 1500 m2 compre- Archétype du “disquaire de quar-nant plusieurs restaurants et librairies, le coin disque de Cook tier”, cette boutique intime gor- écouter à l’aise et comman-& Book occupe son propre espace. Celui-ci, dans les 80 m2, gée de 10 000 CD -et d’une der un mix de rock-jazz-clas-est strictement design et baigné de couleurs roses-orangées. poignée de vinyles- existe de- sique-pop-world et plus siModernisme géré par Sébastien, 38 ans, qui a confectionné puis 30 ans, ayant été reprise affinités. La clientèle vient © PHILIPPE CORNETses goûts et son savoir-faire -le magasin vend aussi des il y a treize ans par Jean-Pierre des quatre coins d’Uccleplatines haut de gamme Rega- dans l’univers du disque et de et son fils Nicolas, 34 ans. Ce voire de plus loin, attirantla hi-fi. Le magasin compte une large section vinyle, environ dernier résume les choses: “On les fidèles, tels que John - © PHILIPPE CORNET1500 pièces, et joue la carte de l’éclectisme sans négliger les a été spécialisé en lounge, la il se reconnaîtra- hommechoix plus pointus, en jazz comme en rock. Le top est de pou- mode est passée, nous sommes d’affaires fou de rock su-voir écouter un disque en buvant un (ou plusieurs) verre(s), restés. “ Avec l’impression d’être diste, de santiags et de Ly-avec possibilité de consommer aussi la carte de la cuisine com- emmuré dans du CD -c’est plus nyrd Skynyrd... Mix bruxelloismune à Cook & Book. Endroit fourni et esthétique, qui donne envie d’acheter, certains soirs au-delà de minuit... G agréable qu’il n’y paraît- loin de garanti. GN WWW.COOKANDBOOK.BE la foule, on peut discuter, chercher, NWWW.SUNSETMUSIC.BEFOCUS VIF / 4 JANVIER 2013 4 JANVIER 2013 / FOCUS VIF
  3. 3. 22 C LOSE U P MU SIQU E DISQ UA IRES 23 VEALS & GEEKS VANSIPPE GUY RUE DES GRANDS CARMES 8A, 1000 BRUXELLES AVENUE WANDERPEPEN 29, 7130 BINCHE Au centre du quartier de Bruxelles comptant le plus “L’année prochaine, je fêterai mes 70 ans et je serai dis- de magasins de disques -tous d’occasions- celui- quaire depuis un demi-siècle!” Dans son antre, Guy Van- ci ne fait pas mentir la règle du seconde main. “Nous sippe surnage dans une marée de CD, cartons, babioles sommes spécialisés en garage et rock sixties, ex- électriques et un maximum de souvenirs. La boutique plique le vendeur Maxime, 25 ans. Mais devant la binchoise date d’après-guerre mais est à l’adresse ac- rareté des originaux, le patron Stan a décidé de stocker tuelle depuis 35 piges, à l’initiative de son père, musicien également des disques neufs, des rééditions ou des et éditeur. Le fiston prend les rênes de l’affaire en plein sorties contemporaines. “ Le vinyle prédomine à en- yéyé et est toujours là, même s’il pourrait bien arrêter viron 70 % et est à destination d’une clientèle no- les frais l’été prochain. Comment a-t-il tenu le coup dans © PHILIPPE CORNET tamment française, intéressée par le “moins cher une région du Centre qui semble connaître la crise de- et plus calme” de Bruxelles. Aux côtés des clas- puis les sixties? “En travaillant seul, en me contentant siques MC5/Stooges/ Seeds, on trouve du garage de peu. “ Et même en reprenant du vinyle, comme le der- japonais ou du prog italien, acheté par “un mélange nier Arno, qu’il sort de dessous le comptoir, même s’il de jeunes et de vieux (sic), ces derniers ayant liquidé trouve le chanteur “parfois vulgaire”... G © PHILIPPE CORNET leurs vinyles au début des années 90 quand le CD est CARNABY RECORDS N PAS DE SITE, TÉLÉPHONE 064 37 09 12 arrivé”. Un rayon de littérature spécialisée nous y PLACE SAINT PHOLIEN 5, 4020 LIÈGE instruit ardemment. G N WWW.VEALSANDGEEKS.COM Après la fermeture du Caroline Music de la rue de l’Uni- versité en mai 2010, il semble bien que Carnaby soit le dernier disquaire indépendant liégeois, coincé entre les chaînes étrangères Fnac, Media Markt, Free Record Shop LIDO MUSIC et Saturn... Alors oui, le quartier souffre du deal et la RUE DES CROISIERS 45, 5000 NAMUR boutique spartiate évoque sensiblement une échope clan- destine en pleine guerre de Yougoslavie, mais ceux qui “J’ai repris ce magasin à mon nom depuis un an, et je pourrais aiment a) le vinyle b) le vintage authentique, prendront effectivement faire quelques changements de décoration, mais le train. Rien de neuf à acheter mais des raretés comme je sais que la clientèle aime la sensation de rentrer dans une le premier LP de King Crimson -150 euros quand même- autre époque.” Sans doute les années 70, période de créa- ou le premier volume vagissant de Can, 37 boules. L’en- droit existe depuis un quart de siècle et fait de la résis- © PHILIPPE CORNET tion de l’enseigne. Isabelle, 45 ans, est une “disquaire heureuse”, persuadée que “le service fait la différence”, acha- tance avec un catalogue qui va “des Beatles à Kasabian”. landant son magasin d’un mix de pop-rock-jazz-chanson Bonnes tranchées. G française qui propose aussi quelques produits locaux. Ici N PAS DE SITE, TÉLÉPHONE 04 341 07 49 aussi, la résurgence du vinyle est boostée par les rééditions classieuses du jazz et le dernier LP de Johnny voisine ai- mablement avec la réédition du Raw Power des Stooges! “Merci de mentionner le prochain Record Store Day, le 20 avril COFFEE & VINYL 2013, occasion pour certains artistes de sortir des chansons© PHILIPPE CORNET VOLKSTRAAT 45, 2000 ANTWERPEN inédites. “ Lido Music est l’un des trois indépendants de Na- mur -avec Juke Box et Musique Loisirs-, score plus qu’ho- La Flandre n’a pas forcément mieux ré- norable pour la capitale de la Wallonie... G sisté que la partie sud du pays au lami- N WWW.LIDOMUSIC.BE nage des disquaires indépendants, mais PÊLE-MÊLE WATERLOO des magasins gantois comme Music Ma- RUE FRANÇOIS LIBERT 25, 1410 WATERLOO nia (www.musicmaniarecords.be) ou le récent Music Zombi (www.music- Essentiellement dédié au livre et au disque d’occasion, zombi.com) perpétuent une tradition qui PM Waterloo doit sa présence dans cette sélection à sa sait aussi se renouveler. Ainsi chez l’An- section de vinyles neufs, plutôt cossue. José, manager de versois Coffee & Vinyl, on retrouve l’at- la branche Waterloo: “Les disques neufs sont là aussi pour mosphère anglo-saxonne d’un mini redynamiser le rayon. On propose quelque chose qui n’existe Barnes & Noble, les bouquins en moins, pas dans le coin (la section vinyle du Media Markt de Braine la bière et le vin en plus. Mi-café, mi- est faiblarde, ndlr): une sélection contemporaine et bien vendeur de disques, le lieu est à la fois sûr de la réédition, principalement ciblée sur les années 70, pointu dans ses choix musicaux et convi- paradoxales et ayant produit plein de choses introuvables vial, avec une belle place accordée au en occasion. On évite les rééditions trop chères, genre Blue vinyle. Wi-Fi gratos et expo renouvelée © PHILIPPE CORNET Note où un double maxi en 220 grammes peut coûter 50 eu- chaque mois: qui dit mieux? dEUS et Dez ros, prix de gros. “ Bon choix de déambulation. G Mona sont des clients réguliers. G N WWW.PELE-MELE.BE N WWW.COFFEEANDVINYL.COM FOCUS VIF / 4 JANVIER 2013 4 JANVIER 2013 / FOCUS VIF

×