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Analyse de la présence en ligne des salles de cinéma
indépendantes et d’art et essai
Cécile Blanchard - 2017
SOMMAIRE1.Préambule
Le cinéma n’est pas un yaourt !
2.Introduction
Un mémoire, pour quoi faire ?
3.Contexte
Chiffres et données autour de la
fréquentation des salles de cinéma
en France et de la typologie du
public du cinéma d’art et essai.
4.Analyse de l’existant
Analyse des sites web, applications
mobiles, newsletters et de la com-
munication sur les réseaux sociaux
des cinémas :
•	 Etoile Cinémas,
•	 MK2,
•	 Le Café des images
•	 Le Cinéma des cinéastes
•	 Les écrans de Paris
5.Synthèse des analyses
6.Exemples d’innovations
Enseignements de l’étude sur
l’innovation des cinémas Europa
7.Recommandations pour
des sites optimisés
•	 Plus qu’une billetterie en ligne
•	 Accompagner le spectateur
•	 Etablir le dialogue
•	 Renforcer le lien
•	 Applis mobiles et sites respon-
sives
•	 L’importance de la data
•	 L’ère de l’expérience : l’UX de-
sign au service des sites internet
des salles
8.Des initiatives à suivre
9.Conclusion
1.
4.
7.
8.
Préambule
Le cinéma n’est pas un yaourt !
Une industrie et des consommateurs pas comme les autres
1.
Antoine va au cinéma une ou deux fois par semaine, et en discute ensuite avec son cercle d’amis. Antoine est cinéphile et
fier de l’être. Ginette, elle, s’y rend une fois par semaine, l’après-midi. C’est l’avantage de la retraite. Jean et Carine, eux, y
emmènent de temps en temps leurs enfants. C’est l’occasion d’une sortie en famille. Quant à Jules, 15 ans, il adore y aller
avec ses copains le mercredi, quand sa salle de cinéma programme un film de super héros ou une comédie.
Tous ces publics sont des consommateurs occasionnels ou réguliers du cinéma. Et ils n’y vont pas comme on achète des
yaourts. Ils y vont avec bonheur, parfois passion, toujours satisfaction. Car même si le film ne leur a pas plu, l’expérience
d’une sortie au cinéma reste encore aujourd’hui magique.
Les salles de cinéma vendent certes des places (et des popcorns) mais elles ont la chance de disposer d’un public qui est déjà
conquis, quand il n’est pas carrément passionné. Le spectateur en salle aime l’expérience procurée par la salle obscure, son
ambiance, le grand écran, le son, l’immersion totale dans une histoire.
Mieux, il est friand des contenus supplémentaires proposé par les salles : tout ce qui lui permet de s’impliquer, ou d’entre-
voir les coulisses du 7ème art.
Le public du cinéma, en un mot, ne vient pas dans les salles pour consommer, il vient pour l’expérience
qu’elles lui procurent.
La salle de cinéma c’est aussi souvent SA salle. Or, actuellement il ne retrouve pas, ou peu, cette expérience en ligne.
Pour la plupart des salles de cinéma, le site Internet est un moyen d’informer leur public des films à l’affiche et de leur pro-
poser d’acheter leur billet en ligne.
Mais le spectateur potentiel peut faire exactement la même chose sur Allociné !
Qu’est ce qui pourrait convaincre le public d’aller sur le site de la salle plutôt que sur Allociné (et
consorts)  ?
Est-il possible de penser le site Internet comme une partie de l’expérience vécue par les spectateurs en sal-
le ?
Le site Internet de la salle, plus qu’une simple billetterie en ligne, peut en être le prolongement virtuel. Elle peut nourrir l’in-
térêt de son public pour le cinéma, et même l’attiser avec des contenus exclusif qu’il ne trouvera nulle part ailleurs. Elle peut
lui permettre de se projeter dans l’ambiance de la salle, en lui offrant un dialogue, des contenus inédits, un service.
En quelques mots : un avant goût ou un rappel de son expérience en salle.
Le cinéma est une industrie. C’est aussi un loisir, une passion commune, un sujet de débat.
La salle de cinéma est un espace de vente. C’est aussi un lieu de partage, de culture.
Le public de cinéma est un consommateur. C’est aussi un curieux, un cinéphile.
Et le site Internet est un moyen unique d’instaurer une relation durable et qualitative avec lui, en miroir et
en accord avec son expérience en salle.
[Cinéphilie] (n. f) : amour du cinéma.
Apparu en France dans les années 1910, le terme « cinéphilie  » se diffusa dans les revues cinématographiques des années
1920 et servit d’abord à désigner un mouvement culturel et intellectuel français qui durera jusqu’en 1968. Depuis, le terme
s’est étendu pour caractériser toute passion du cinéma.
Berceau de la cinéphilie, la France s’inscrit encore aujourd’hui comme le pays le plus cinéphile d’Europe, en termes de fré-
quentation comme de maillage des salles sur tout le territoire.
Mais qu’en est-il de la présence en ligne des cinémas, et plus particulièrement des cinémas indépendants ou d’art et
d’essai ?
Ce mémoire se propose d’analyser la présence, sur Internet et les réseaux sociaux, des cinémas indépendants ou d’art et es-
sai, en fonction du contexte général de l’industrie cinématographique et de ses publics en France.
Il s’appuie également sur le rapport du CNC, « Les salles de cinéma de demain », paru en septembre 2016, pour effectuer
des recommandations et proposer des pistes d’amélioration pour une présence optimisée des salles de cinéma sur Internet.
Introduction
Un mémoire, pourquoi faire ?
2.
La France, pays le plus cinéphile d’Europe
Fréquentation élevée (en hausse de 3,6% par rapport à 2015), nombre de salles important sur tout le territoire, abondance
de l’offre cinématographique et des genres diffusés en salle (films inédits, récents, de patrimoine)… la France semble être un
territoire particulièrement fertile pour le cinéma.
•	 1er en termes d’entrées
Selon l’Observatoire européen de l’audiovisuel, La France se classe en tête en termes de fréquentations en salle, avec 212,7
millions d’entrées en 2016 (devant le Royaume Uni, avec 168,3 millions d’entrées, et l’Allemagne avec 121,1 millions d’en-
trées).
•	 1er en termes de parc de salles
En 2016, la France dispose du parc de salles le plus important et le plus dense avec 5 842 écrans. Elle est suivie par l’Allema-
gne (4 739 écrans) et le Royaume-Uni (4 046 écrans).
Parmi ce parc de salles, 57,2% des établissements actifs sont classés Art et essai, soit 1162 établissements. Un nombre en très
légère progression.
•	 Une offre pléthorique
Enfin, selon « Les principaux chiffres du cinéma 2016 » publiés par le CNC, l’offre de film en France est également particuliè-
rement abondante : 7760 films ont été projetés dans les salles en 2016, dont 716 inédits.
Le cinéma, première sortie culturelle des Français
Sortie culturelle préférée du public dans les cinq principaux pays européens, le cinéma enregistre également les meilleurs
taux de satisfaction.
Ici encore, la France est particulièrement bonne élève et se distingue avec un fort taux de fréquentation en salle :
-	 67,8 % des Français âgés de 3 ans et plus sont allés au moins une fois au cinéma en 2016.
-	 Les jeunes de 3-14 ans sont légèrement plus nombreux à aller au cinéma (+0,4 % par rapport à 2015).
-	 Les moins de 25 ans représentent 31,2 % des spectateurs.
-	 Les plus de 50 ans 32,6 %.
Contexte3.
Les spécificités des cinémas d’art et essai
Si aucune étude n’a été publiée récemment sur le public des cinémas d’art et essai, l’analyse qualitative du CNC datée de
2006 et baptisée « Perception du public des cinémas d’art et essai » apporte de nombreux enseignements qui peuvent, en-
core aujourd’hui, permettre de mieux cerner la typologie de son public et ses attentes.
•	 Des spectateurs assidus
On y apprend ainsi que les spectateurs de cinéma d’art et essai sont généralement très assidus dans leur consommation : «
la fréquentation des salles de cinéma est une pratique bien ancrée dans leurs habitudes quotidienne. »
•	 Un cinéma fidélisant
De même, c’est un type de cinéma très fidélisant qui « procure une forte satisfaction et incite à aller voir d’autres (films). »
•	 La politique éditoriale des salles plébiscitée
Les spectateurs perçoivent, contrairement aux réseaux grand public, une volonté éditoriale propre à chaque établissement
de cinéma d’art et essai. La programmation de la salle d’art et essai est donc essentielle pour la fidélisation de son public, qui
a tendance à être fidèle aux salles dont il perçoit une ligne éditoriale affirmée.
L’étude relève que « Si les spectateurs choisissent avant tout un film, la programmation de la salle à proximité de chez soi ou
dont on apprécie particulièrement la ligne éditoriale est également très souvent un critère de choix. Les spectateurs se
laissent facilement tentés par des films qu’ils ne connaissent pas mais qui bénéficient de la prescription de leur(s) salle(s)
favorite(s). »
•	 Cycles, festivals ou rétrospectives en tête
Les initiatives de type cycles, festivals ou rétrospectives sont particulièrement appréciées par les spectateurs, notamment
lorsqu’elles regroupent un grand nombre de films et donnent une impression de richesse.
•	 Plus qu’une simple salle de cinéma
Moments de convivialité dans les établissements et animations autour des films sont les deux axes principaux d’amélioration
attendus par les spectateurs, comme par exemple :
-	 présence des membres de l’équipe du film
-	 débats
-	 festivals
-	 cycles de réalisateurs
-	 avant-premières
-	 diffusion de courts-métrages
Qui ?
Les cinémas Etoile est un groupe de cinéma indépendant, regroupant des salles à la programmation plutôt grand public
(Etoile Lilas, Etoile Cosmos Chelle, Etoile Palace Vichy) et des salles classées Art et essai (Le Balzac, Etoile Saint-Germain).
Quelle perception ?
Les cinémas Etoile semblent avoir une image de bonne qualité, avec une programmation qui alterne films grand public et
films indépendants ou d’auteur, et de nombreux événements ou programmations spéciales : avant-premières, mais aussi
rencontres avec les réalisateurs, masterclasses, séances pour les tout-petits, cycles etc.
4.Analyse de l’existant
1.	 Les cinémas Etoile (Paris, Chelles, Vichy) - http://www.etoile-cinemas.com/
Parcours sur le(s) site(s)
-	 Le site etoile-cinema.com regroupe tous les cinémas du groupe Etoile, acces sibles, en haut de page, par le biais d’un
menu à plat, qui permet de passer d’un cinéma à l’autre.
-	 Passer de l’un à l’autre offre une expérience utilisateur simple et unifiée : l’internaute reste sur le même site, et accède
facilement aux pages dédiées à la salle de cinéma sélectionnée (sauf pour le cinéma Balzac qui fait l’objet d’un site à part).
-	 La Home du site général ainsi que les pages dédiées à chaque cinéma fonctionnent toutes sur le même modèle (ex-
ceptées celles du cinéma Balzac) : un carrousel d’images, plus ou moins fourni, faisant défiler, à l’aide de flèches ou de ma-
nière automatique, les films à l’affiche ; une rubrique « événements » annonçant les avant-premières, rencontres, program-
mations spéciales ; des contenus plus « brandés », sur la colonne de droite : un « zoom sur » qui met le focus sur un film ou
un événement de la salle, possibilité de privatiser la salle, téléchargement de l’application du groupe, inscription à la news-
letter, sigles réseaux sociaux des cinémas ayant une présence sur les réseaux.
-	 En cliquant sur un film, l’internaute aboutit à une page dédiée au film, avec un court résumé, la bande-annonce, des
photos du film, les horaires, et l’accès à une billetterie en ligne pour acheter son billet.
L’exception du Balzac
-	 Cliquer sur le cinéma Le Balzac renvoie sur un site à part, totalement différent en termes de navigation comme de gra-
phisme.
-	 Sur la Home Page, aucune mention n’est faite aux autres cinémas du groupe Etoile.
-	 Un menu permet d’accéder aux différentes sections du site : Films à l’affiche, Programme des concerts, Evénements,
Club spectateur, Mécénat, Histoire de la salle.
-	 Une billetterie en ligne est également proposée, mais elle est réservée à certains films ou événements seulement, et
n’est pas accessible en passant par la rubrique film, mais uniquement présente sur la home-page.
Parcours, étape par étape, d’un utilisateur sur le site
Atouts du site www.etoile-cinema.com (sauf Balzac)
•	 Un graphisme unifié
•	 L’accès à une billetterie en ligne par film et par cinéma
Remarques sur les sites Etoile Cinémas
Le(s) site(s) n’ont que très peu d’éditorialisation :
-	 Il n’y a pas de mise en scène de l’information sur les sites. Les contenus obéissent aux gabarits dans lesquels ils doivent
s’intégrer : majoritairement des images avec « cartons titres » intégrés dessus. Peu de textes.
-	 Les événements sont listés sans être éditorialisés : pas de mise en scène ou de hiérarchisation de l’information. Ils ne
sont pas mis en avant en amont, et jamais réutilisés en aval (retour sur les rencontres, captations vidéos etc.)
-	 En règle générale, seul l’essentiel de l’information est proposée (Programmation / Billetterie / Affiche des films / pho-
tos / synopsis / casting principal / bande-annonces).
-	 L’exclusion du site du Balzac amène une certaine confusion dans un ensemble très unifié en termes de navigation.
La communication des Cinémas Etoile sur les réseaux sociaux
• Twitter (390 abonnés sur le compte principal)
Un compte général Cinémas Etoile @Etoile_Cinemas et des comptes pour chaque cinéma (sauf le Balzac).
Fonction des comptes Twitter : informer de la programmation, des événements et des infos partenaires.
La communication sur Twitter :
-	 Tweets par le CM des films à l’affiche et des différents événements,
-	 Retweete des partenaires / médias / particuliers qui parlent des événements dans les cinémas Etoile,
-	 Tweet ou retweet sur les événements partenaires.
Fréquence des tweets : peu régulier.
• Facebook (1300 abonnés)
Comme sur Twitter, une page générale pour le groupe et des pages pour chaque
cinémas permettent d’informer des événements à venir ou en cours, mais aussi de
communiquer sur des actualités un peu à la marge (manifestation organisée par Les
Cinémas indépendants parisiens, palmarès du festival de Cannes, etc.)
La page FB générale centralise les infos et partage les posts des autres cinémas du
réseau.
Peu de partages ou de like.
Pas d’incitation à la conversation avec les internautes.
Pas de réponse aux commentaires des internautes.
Remarque : Peu d’abonnés par rapport à la taille des cinémas et à leurs localisations.
A titre de comparaison, le cinéma d’Hérouville Saint Clair compte 9000 abonnés.
La newsletter
Une newsletter hebdomadaire générale Etoile Cinémas informe l’abonné des événe-
ments de la semaine et des films à l’affiche sans pour autant être exhaustive.
Les contenus de la newsletter renvoient vers le site ou vers la page événement de
Facebook quand il y a lieu.
Une petite hiérarchisation de l’information : la newsletter met l’accent sur une à trois
nouveautés choisies parmi la programmation de l’ensemble des cinémas du réseau
Etoile, puis liste les événements de la semaine à ne pas louper (avant-premières,
séances spéciales, festival, masterclasses, etc.).
Une newsletter Balzac indépendante (que nous n’avons pu observer) existe égale-
ment. Pour y accéder il faut envoyer un mail sur le site du Balzac.
Inscrit en juin 2017, nous n’avions toujours pas reçu de mail en novembre...
L’application mobile
Téléchargeable sur IOS et Android, l’appli permet à l’utilisateur de tout savoir sur la programmation et les actualités du ci-
néma de son choix.
-	 Un premier écran lui permet de faire son choix entre les différents cinémas du groupe
-	 Une fois sélectionné, un second écran donne accès à plusieurs icônes : Les horaires / A l’affiche / Prochainement / Dans
une heure / Par genre / Films 3D / Evénements / Contact (???) / Tarifs / Plan d’accès / Mes réservations.
-	 Il est possible d’accéder aux fiches des films (synopsis, bande annonce, notation) mais aussi de voir la programmation
événementielle jusqu’à 6 mois ou plus.
-	 L’application permet de payer son billet en ligne sans sortir de l’appli.
-	 Pas de fonction de géolocalisation pour afficher la programmation du cinéma le plus proche.
La fonctionnalité « Contact » rentre une fiche contact Paris Etoile Cinéma dans le téléphone. Mais sans numéro de téléphone
associé. Ni email. Nous n’avons pas compris son utilité.
Conclusion
•	 Pour chaque support numérique, l’accent est mis sur les films à l’affiche et la possibilité d’acheter sa place.
•	 La réservation de billets est facilitée
En revanche :
• 	 Les événements (avant-premières, rencontres) et spécificités (séances jeunes parents…) des cinémas Etoile sont peu
mis en avant : ils sont annoncés au même titre et de la même façon que sont annoncés les films (une grande image / carton
texte). Il n’y pas d’explications, de contextualisation ni de « retour sur » (témoignages de jeunes parents / captations vidéos
des précédentes rencontres / textes journalistiques pour donner envie d’assister à la rencontre à venir, etc.)
• 	 La personnalité des cinémas Etoile ne ressort pas dans les supports numériques.
• 	 Les supports numériques ne permettent pas d’interactivité avec les spectateurs. A ce sujet, les réseaux sociaux sont peu
exploités.
Il faut noter que par rapport à la taille de leur réseau et à leurs activités, les cinémas Etoile ont peu d’abonnés sur les réseaux
sociaux en général.
Qui ?
MK2 est un groupe de cinéma indépendant qui exploite 10 salles à Paris, dont une, le MK2 Beaubourg est classée Art et
essai, dans un réseau global de 26 salles en Europe. Outre l’exploitation de salles, le groupe a également des activités de
production et de distribution de films, d’édition de DVD et d’agence de communication. Enfin, il est tourné vers l’innovation,
avec l’ouverture, en décembre 2016, d’une salle dédiée à la réalité virtuelle MK2 VR.
2.	 Les cinémas MK2 (Paris) - www.mk2.com
Copie d’écran de la Home réalisée en novembre 2017
Son réseau de salles parisiennes est constitué de :
-	 MK2 Odéon
-	 MK2 Quai de Loire
-	 MK2 Quai de Seine
-	 MK2 Parnasse
-	 MK2 Nation
-	 MK2 Grand Palais
-	 MK2 Gambetta
-	 MK2 Bibliothèque
-	 MK2 Beaubourg
-	 MK2 Bastille
Perception des cinémas MK2
« MK2, une autre idée du cinéma ».
Réseau très parisien à la programmation large, qui peut être pointue (MK2 Beaubourg) ou plus grand public, les cinémas
MK2 se distinguent par leur environnement (Quai de Loire et de Seine qui ont remodelé le paysage du quartier ; MK2 Biblio-
thèque et ses restaurants / boutiques / lieux d’exposition), la qualité des salles et de la programmation.
Enfin, ils bénéficient de l’image de leur fondateur Marin Karmitz, passionné de cinéma, réalisateur et producteur, qui fait de
MK2 plus qu’un simple exploitant : un réseau de salles indépendantes et défenseur du 7ème art.
Parcours sur le site
-	 Un menu de navigation à plat, en header, permet d’accéder à toutes les rubriques du site : Réserver ; Films ; Salles ;
Evénement ; Offres ; Scolaires ; MK2 VR
-	 La Home Page propose un carrousel d’images non automatique (il faut les faire défiler par le biais des vignettes, sous
le carrousel), mettant en avant les films de la semaine ainsi que les événements (séances spéciales, avant-premières…).
-	 A sa suite, « Les événements de la semaine » (dans toutes les salles du réseau).
-	 Excepté en accédant à la rubrique « Salles » le site MK2.com est véritablement centralisé : « Réserver » permet de ré-
server sa place à un événement ou à un film dans n’importe quelle salle du réseau ; « Films » déroule l’ensemble des films à
l’affiche et indique où le voir parmi les différentes salles du réseau ; « Evénements » fonctionne de la même façon ; « Offres
» permet d’acheter en ligne une carte de réduction ou de remplir le formulaire d’inscription pour obtenir une carte illimité ;
« Scolaire » indique la programmation et les modalités de la programmation du réseau pour les écoles ; « MK2 VR » permet
d’acheter en ligne sa place pour les expériences de réalité virtuelle.
-	 Sur le côté droit de la Home Page, les événements partenaires et le lien vers le magazine en ligne Trois Couleurs.
Le site de MK2 a bénéficié d’une refonte, avant tout visuelle, à la rentrée 2017.
Pour mémoire, la précédente Home (juin 2017) :
Parcours d’un utilisateur , étape par étape, sur le site actuel
Atouts du site www.mk2.com
-	 Forte centralisation des informations (l’internaute peut, sur un seul et même site, retrouver l’ensemble des actualités de
ses cinémas)
-	 Billetterie en ligne centralisée, simple d’utilisation, efficace.
-	 Petite éditorialisation avec une sélection des événements à ne pas manquer dans l’ensemble du réseau.
Remarques sur le site
-	 Plus fluide que sa version précédente, plus moderne, le nouveau site propose une home plus épurée, et moins axée sur
la billetterie.
Cependant, aucune aide au choix n’est proposée à l’utilisateur (pas de critique, pas de notations, pas d’avis spectateurs, peu
de contenus, pas de passerelles avec les articles de Trois Couleurs).
Le site pourrait être un peu plus éditorialisé pour parfaire l’expérience :
-	 Les films sont brièvement présentés et les événements sont peu explicités (pourquoi MK2 accueille-t-il les Lundi philo-
sophiques de Charles Pépin ? Qu’est ce que MK2 Bout’chou ? CinémaDZ qu’est ce que c’est ? etc.).
-	 Les bande-annonces ne sont pas accessibles sur le site
-	 Il n’y a pas d’échanges possibles avec les spectateurs : pas de lieu où ils peuvent s’exprimer, être entendus, échanger
entre eux.
-	 Il n’y a pas de retours sur les événements (captations, compte rendus, témoignages…)
Réseaux sociaux
Par rapport à juin 2017 (période de notre première observation, la communication de MK2
sur les réseaux sociaux s’est largement étoffée, notamment sur Twitter, avec la diffusion de
nombreuses vidéos originales), des incitations au dialogue, et un ton de proximité avec l’inter-
naute.
Twitter @mk2 (132 000 abonnés)
De plus en plus de tweets originaux, de vidéos en motion design etc:
- 	 Vidéos compilant les sorties de la semaine.
- 	 Motion design pour promouvoir les événements du réseau, toujours introduits avec des
petites phrases incitant à regarder / à réserver
-	 Tweets pour informer des événements dans les salles MK2, avec un lien direct sur la
page de réservation.
-	 Tweets des événements partenaires (MC 93, musée Jacquemart André…)
-	 Tweets plus personnels, avec un ton léger : sur la canicule avec un GIF de James Mc
Avoy qui s’évente, musical pour bien commencer la journée avec un extrait de La La Land, etc.
Fréquence des tweets : 2 à 5 par jour
Fonction du compte Twitter : Montrer que les cinémas Mk2 sont un acteur à part entière de la
culture cinéphilique / cinématographique / théâtrale / TV.
Mettre en avant les événements dans un cinéma du réseau MK2 ou chez les partenaires.
Facebook (53 000 abonnés)
-	 Média autonome, ou quasi, le bouton « réserver » renvoie vers le site.
-	 Fait le choix de l’image : GIF, vidéos, photos
-	 Les événements à venir sont mis en avant
-	 Reprend les contenus de Twitter, notamment les vidéos originales qui sont beaucoup
vues (870 vues pour les sorties de la semaine), likées, parfois partagées et commentées.
- 	 Ton de proximité avec l’internaute, instauré par le biais de clins d’œil
cinéphiles
- 	 Bonne contextualisation des posts : « Il fait chaud, il fait beau, on cé-
lèbre ça en musique » (suivi d’un morceau issus de Grease)
- 	 Incitation à la conversation : et vous ? quel film allez vous aimer cette
semaine ?
Fonction du compte Facebook : signaler les événements et inciter à la ré-
servation
Instaurer une proximité avec l’internaute, par le biais de quelques clins
d’oeil cinéphiles, de courtes accroches, d’incitation à la conversation.
Instagram (5600 abonnés)
Depuis la refonte, le compte Instagram reprend les courtes vidéos vérita-
blement pensées pour les réseaux sociaux réalisées par un motion designer
(et qui sont aussi partagées sur Twitter et Facebook), en rapport avec la
programmation des cinémas : La minute bouche bée, Les Safdie matins, Le
rendez vous des docs, etc.
Etonnamment, chaque vidéo est accompagnée d’un petit texte incitant à
aller voir l’événement mais il n’y a pas de lien direct sur la réservation de
celui-ci…
A côté de ces vidéos, le compte Instagram propose des photos d’ambiance
des salles, la vie des salles à l’intérieur (rencontre avec un cinéaste...) com-
me à l’extérieur.
Les internautes sont incités à envoyer leurs propres images des lieux, qui sont ensuite
publiées sur le compte Instagram MK2 en citant l’auteur de la photo.
Les photos donnent une image chaleureuse et accueillante des différentes salles MK2.
Le compte Instagram publie également des images des événements, mettant en avant
les stars présentes dans les cinémas.
Fréquence de 4 à 10 posts par mois.
Chaque post Instagram est liké une centaine de fois
Les vidéos sont vues plus de 200 fois en moyenne.
La newsletter
MK2 envoie deux newsletters à ses abonnés. Une le mercredi, qui annonce les sortie
de la semaine, et une le mercredi qui liste les événements dans les cinémas du réseau.
La newsletter du mercredi met en avant le film de la semaine, puis liste les films à l’af-
fiche dans tous les cinémas du réseau MK2, suivis des événements, puis des actualités
des partenaires (sous le titre « MK2 recommande »).
		
		 Discrête recommandation avec la pastille «MK2 a aimé»
Un clic sur le bouton « Réservez » ramène sur la billetterie du site.
Les contenus des newsletters renvoient vers le site.
Très fournies, elles ont probablement pour objectif de montrer l’étendue de l’offre de
films et d’événements des cinémas MK2, et d’inciter à l’achat de billets en ligne.
L’application mobile
Très pratico pratique :
-	 Découvrez l’univers MK2. Retrouvez vos films, événements, et salles depuis la page d’accueil
-	 Réservez vos billets rapidement avec vos moyens de paiement favoris
-	 Accédez facilement à votre réservation et votre historique d’achat
-	 Trouvez la séance la plus proche de vous et accédez aux horaires du cinéma
Elle propose des notifications pour être au courant, avant tout le monde, des avant-premières.
On entre par les films à l’affiche (ou prochainement à l’affiche).
Un clic sur le film mène à une page indiquant les cinémas qui le diffusent, proposant la géolocalisation.
Il est également possible de naviguer dans l’appli par salles, par événements (et par types d’événements).
Un espace dédié permet de voir ses réservations, son historique de paiement, et d’être informé des bons plans.
Une application efficace, pratique, et très ergonomique.
Conclusion
- La communication sur les réseaux sociaux est réussie, incitant à la conversation et au partage, positionnant MK2 comme un
acteur de la culture, et distillant des clins d’œil cinéphiles en phase avec l’image des cinémas MK2.
- MK2 est véritablement en veille sur les nouveaux formats en proposant des vidéos de motion design,bien contextualisée et
éditorialisées.
- L’application, pratique et ergonomique, répond à des fonctions utiles en mobilité.
- La billetterie en ligne est efficace.
En revanche
Plus moderne et ergonomique qu’auparavant, le site Internet s’éloigne pourtant de l’image et de l’expérience proposées par
les cinémas MK2 en restant assez factuel, focalisé sur l’achat de billets en ligne et la promotion.
Malgré l’existence du site Trois Couleurs qui pourrait aider les internautes à choisir leur film, il n’y a pas de passerelle entre
les deux sites.
La promesse « MK2, une autre idée du cinéma » est cependant respectée par la mise en avant des événements culturels ac-
cueillis par les cinémas du réseau.
Pour répondre à sa promesse «Une autre idée du cinéma, le site Internet pourrait proposer plus d’infos sur les événements,
plus d’échanges cinéphiles avec les internautes, plus d’éléments pour prolonger leur expérience en salle, plus d’incitations à
partager leur expérience…
Qui ?
Ouvert en décembre 1978, et géré sur un statut associatif, le Café des Images, dans le Calvados, est classé Art et Essai. Il est
reconnu comme un lieu de référence tant au niveau de l’agglomération, de la région que des différentes institutions et ré-
seaux professionnels au plan national. Il dispose de trois salles de 256, 219 et 65 places.
Précision (issue du site Internet cafedesimages.fr) :
« À partir de septembre 2015, le Café des Images est heureux d’accueillir son public sur le Café en Revue : un site Internet
tout neuf doublé d’une revue de cinéma. Cette revue sera directement connectée aux salles du Café des Images. Elle offrira,
au jour le jour, de nombreux dossiers constitués d’entretiens et de textes critiques pour éclairer le travail des cinéastes que
le Café des Images souhaite mettre en lumière, ainsi que des chroniques, des vidéos, des podcasts et de nombreuses surpri-
ses. Véritable jumeau virtuel du Café des Images, cette gazette numérique permettra de prolonger les plaisirs partagés en
salles et de proposer un écho pérenne et interactif aux formidables temps de rencontres et de débats qu’elles accueillent.
Ils trouveront ici une place à part entière. Elle sera aussi le lieu d’expérimentations, de dialogues avec le public autour de la
programmation et l’amorce d’une réflexion sur le devenir des salles de cinéma ; en somme, elle vient enrichir d’une nouvelle
facette l’identité artistique du Café des Images et l’idée du cinéma qu’il désire transmettre. »
3.	 Le café des images (Herouville-Saint-Clair) - https://cafedesimages.fr/
Parcours sur la Home cafedesimages.fr
-	 Un menu de navigation en haut de page, permet d’accéder aux différentes rubriques du site : Café revue / A l’affiche /
Evénements / Pratique / Restaurant
-	 La page d’accueil ouvre sur une grande image extraite d’un film et sur un contenu inédit : « Entretien». Un bouton «
lire la suite » mène à l’entretien avec le cinéaste.
-	 A la suite de cet article lead, l’internaute scrolle pour accéder à « Egalement à découvrir » : une sélection de deux
autres articles, présentés par leur titre, issus du Café en Revue.
-	 En scrollant, on arrive sur les films à l’affiche, avec, un film mis en avant et son court résumé. Un clic sur « Lire la suite
» permet d’accéder à une fiche plus détaillée sur le film (résumé, bande annonce, photos…) et à « Acheter ma place » (une
billetterie en ligne est disponible).
-	 En scrollant encore, un événement lead est mis en avant sur la page.
-	 Un bandeau sur la droite met en avant trois autres films, sous forme de vignette. Est offerte la possibilité de téléchar-
ger l’ensemble du programme avec les horaires.
-	 Un symbole d’horloge donne accès, en un clic, à un bandeau qui s’ouvre sur le côté, indiquant les horaires des films à
venir dans la journée.
Parcours d’un utilisateur , étape par étape, sur le site
Atouts du site
-	 Forte éditorialisation avec une hiérarchisation et une mise en scène importante des contenus. Le site est pensé comme
un journal (une revue) au delà même de sa rubrique « Café en Revue » puisque toutes les rubriques sont mises en scène de
façon très journalistique : article lead, suivi de trois articles en bref. Et de vrais choix éditoriaux.
-	 Des contenus supplémentaires et inédits (vidéos, interviews…), introuvables ailleurs puisque écrits et récoltés par les
équipes du cinéma, lors de la venue des réalisateurs dans la salle. Qui prolongent l’expérience vécue en salle
-	 Une ambiance de proximité, de cinéphilie, et de partage immédiatement perceptible sur le site.
-	 Une ergonomie fluide et simplifiée
-	 Un accès facilité au programme du jour
-	 Un achat facile en ligne de billet.
-	 Design / graphisme et navigation (épurée, beaucoup de scroll) dans l’air du temps.
Remarques sur le site
•	 Pour véritablement parfaire l’expérience et renforcer le côté journalistique des contenus du site, les articles mérite-
raient de bénéficier d’angles plus clairs.
•	 Une actualisation faible des contenus sur le Café en Revue (entre mars 2017 et septembre il n’y a pas eu d’actualisa-
tion) rend l’expérience un peu décevante (probablement un manque de ressources et de moyens dédiés à la revue).
La communication du Café des images sur les réseaux sociaux
• Twitter (1200 abonnés) @cafeimages
Le compte n’est pas alimenté : le dernier tweet date de 2015.
Sur la page d’accueil du site, l’icône Twitter ne renvoie pas directement au
compte dédié, mais ouvre sur un tweet pré-écrit : « How are you ? How are you
? https://cafedesimages.fr/?p=14565 via @cafeimages » qui mène à un article
de la revue (probablement le dernier article publié…).
Facebook (9500 abonnés)
-	 Posts sur les événements (venue d’un cinéaste, rendez-vous du Ciné-
club…) et renvoi sur la page Facebook de l’événement
-	 Photos d’articles de presse les concernant
- Republie les articles concernant des films à l’affiche.
-	 Informations plus factuelles (restaurant exceptionnellement fermé, menu
du jour etc.)
Fréquence des posts : 1 à 5 par jour
Ton assez informatif.
N’incite pas à la conversation.
De temps en temps liké, très peu partagé.
Répond souvent aux avis postés, positifs comme négatifs.
La newsletter
Rythme plutôt hebdommadaire, le newsletter informe en premier lieu des évé-
nements et des films à l’affiche. Parfois une newsletter est envoyée pour préve-
nir d’un événement à venir.
Pas d’appli mobile
Conclusion
L’expérience proposée par le site web se veut réellement proche de l’expérience proposée en salle : articles destinés aux ci-
néphiles, interviews des réalisateurs venus dans la salle, navigation moderne, et simplifiée.
En revanche
Le manque d’actualisation de la revue nuit aux intentions premières du site.
La communication sur les réseaux sociaux pourrait mieux accompagner la promotion de ces contenus, et entretenir, voire
renforcer le lien avec les spectateurs qui semblent déjà très attachés à ce lieu.
Qui ?
« Le cinéma de ceux qui le font ». Créé par le producteur Claude Berri, en association avec la Société Civile des auteurs réali-
sateurs et producteurs (ARP), le Cinéma des Cinéastes, ouvre en 1996 à Paris.
La salle est classée Art et Essai et s’affiche comme un lieu d’échanges privilégié et de débats avec les équipes des films.
Précision
Lors de notre première observation, le site du cinéma des cinéastes était en cours de refonte. Arnaud Boufassa, directeur du
Cinéma des Cinéastes nous avait alors résumé la stratégie et les grandes lignes de la nouvelle version (lancée à l’automne
2017) et qui répond à trois grands principes :
-	 des achats (de billets / de cartes fidélité) réalisables en ligne, en un clic
-	 une plus grande interaction et communication avec l’internaute-spectateur
-	 des contenus complémentaires (articles, vidéos…) pour rendre compte de la richesse de la vie de la salle et apporter
des « bonus » aux amateurs de cinéma.
Arnaud Boufassa, directeur du Cinéma des Cinéastes :
« Entre 2012 (date de mise en ligne du site) et aujourd’hui, les priorités ont changé, la manière de diffuser l’information n’est
pas la même. A l’époque, il s’agissait juste d’un site informatif où consulter les programmes. Aujourd’hui, on aimerait que le
site devienne à la fois un outil d’information, de prospection et de vente. La plupart des cinémas aujourd’hui construisent
leur site Internet sur le modèle des sites marchands. Ce n’est pas ce que l’on envisage.
Nous sommes en train de concevoir un site qui se voudra beaucoup plus interactif, dédié à la relation avec le spectateur. Et
qui sera aussi très pratique : en un clic il sera possible de connaître les films projetés et de réserver sa place.
Nous souhaitons ainsi développer la billetterie en ligne et offrir la possibilité de commander sa carte d’adhérent. Tout pourra
se faire à distance.
Nous avons aussi dans l’idée de créer un mur, intégré au site (pas Facebook) sur lequel les gens pourront s’exprimer : un vé-
ritable espace de libre parole. Nous souhaitons créer la dynamique sur notre propre site. Et devenir une plateforme d’expres-
sion, de communication.
4.	 Le cinéma des cinéastes (Paris) - https://cinema-des-cineastes.fr/
l y aura également un espace Info / Journal, où l’on pourra trouver des sujets divers sur les à-côtés des films, des vidéos avec
les réalisateurs, des captations de rencontres, des photos des films en production etc.
Une partie dédiée aux scolaires sera accessible, car nous recevons beaucoup d’école et nous participons au dispositif d’édu-
cation à l’image coordonné par la région et la mairie. Nous voulons proposer un catalogue jeune public et offrir la possibilité
de réserver à l’avance pour voir un des films de ce catalogue.
Enfin il sera possible de s’abonner à notre newsletter ou de la consulter en ligne.»
La Home page du site avant (juin 2017) La Home page du site après (novembre 2017)
Parcours sur le site actuel
-	 En header, un menu de navigation et des sous menu déroulant : Films (sous-menu : Nouveautés, Actuellement, Pro-
chainement, Jeune audience) ; Evénement (sous-menu : liste des événements à venir / des cartes d’abonnement) ; Home
cinéastes (pas de sous menu) ; Scolaire (sous menu : Programmation scolaire, Education à l’image, Dispositifs scolaires) ; Le
cinéma (sous menu : A propos, L’équipe, Infos pratiques) ; Le bistro (pas de sous menu) ; ARP (pas de sous menu) ; Espace
Pro (pas de sous menu)
-	 Sous cette barre de navigation à entrées multiples, une barre de picto : Recherche ; Espace abonnés ; Newsletter
-	 Un slider « Films à l’affiche » fait dérouler les films à l’affiche, avec la possibilité de sélectionner « Nouveautés » « Ac-
tuellement » « Prochainement » « Jeune public ».
-	 En scrollant sur le reste de la page, un second slider « Evénements » fait dérouler les événements à venir (une image et
un court descriptif : il faut cliquer sur « voir » pour accéder à la fiche de l’événement sélectionné).
-	 En footer : Blog (les actualités du site, les promotions etc.) ; Réagissez (si on clique on accède à un « mur » de libre ex-
pression) ; Icone FB / Twitter ; Partenaires ; Mentions légales.
Atouts du site
-	 Le site est épuré avec un design moderne
-	 Il propose une expérience supplémentaire de VOD en ligne (la Toile), en lien avec la programmation de la salle.
-	 Les fiches films sont agréables à lire et insèrent la bande-annonce
-	 Un mur d’expression permet de dialoguer avec l’exploitant, de faire part de ses remarques, de poser des questions.
-	 Une billetterie en ligne facile d’utilisation (mais frais supplémentaires)
Parcours d’un utilisateur , étape par étape, sur le site
Remarques sur le site
-	 Des entrées multiples et pas forcément claires pour l’utilisateur (avec des sous-
menus peu explicites)
-	 Un mur d’expression qui pourrait être mieux mis en avant
-	 Le blog n’est pas mis à jour très
souvent
-	 La Home cinéastes pourrait être valorisée, avec des passerelles dès les fiches films
(un spectateur qui visite la fiche film de Happy End pourrait se voir proposer un lien
vers les films du réalisateurs proposés par la Home Cinéastes par exemple)
La communication du Cinéma des Cinéastes sur les réseaux sociaux
Twitter 1696 abonnés
Beaucoup de retweets de cinéastes ou partenaires, toujours en rapport avec des événe-
ments accueillis par le Cinéma des Cinéastes ou des films à l’affiche. Toujours quelques
tweets originaux. Le compte est très alimenté, tout au long de la journée.
Les tweets et les posts Facebook ne sont pas les mêmes, il y a vraiment une communi-
cation sur Twitter et une communication sur Facebook.
Communication avec un ton assez « proche » : « On est ravis de vous proposer en
avant-première Par Instinct », « Ce soir, c’est le parlement européen qui vous invite ! »
etc.
Fréquence des tweets : 1 à 6 (re)tweets par jour
Facebook 8600 abonnés
3 à 5 posts par jour pour annoncer les événements, rencontres, projections, fes-
tivals…
Avec des titres [] pour annoncer la teneur du post [CINE CONCERT] [SORTIE DE
LA SEMAINE] [HUMEUR DU DIMANCHE]…
Rédigé de manière directe : « Venez nombreux (re)voir et voter pour votre film
préféré, les 6 et 7 novembre. » , « Découvrez le travail de Clément Cogitore au
Cinéma des Cinéastes et au BAL ».
Peu d’incitation au partage ou à la conversation.
Pas de retours sur les événements passés, ni de partages de vidéos, photos, live,
sur des événements en cours.
On trouve deux vidéos plutôt réussies sur des événements (notamment lors
d’un atelier avec Frédéric Bardaut).
Les photos partagées sont uniquement des photos d’affiches de films. Pas de
photos de la salle en elle-même ou de son ambiance ou de ses événéments.
Sur Twitter, les abonnés sont informés de tout ce qui concerne un film (renvoi
vers les médias qui en parlent, les interviews des réalisateurs etc.) ou un évé-
nement (par exemple pour le LUX festival, le compte du Cinéma des cinéastes
relaie celui du Parlement Européen qui organise le festival…).
Sur Facebook, il s’agit plus d’une communication strictement liée au cinéma :
film à l’affiche le jour de leur sortie, événement à J-1, etc.
La newsletter (pas consultable pour le moment)
Conclusion
Le site a bénéficié d’une refonte nécessaire et plutôt réussie,
dont on peut supposer qu’elle est encore en cours.
En effet, il était question d’un espace où l’internaute pourrait
revoir les captations vidéos des rencontres avec les cinéastes
et les équipes des films, ou des événements organisés par le
cinéma. Un genre de revue comme le fait le Café des Images
sur laquelle le spectateur pourrait trouver des infos supplé-
mentaires, des entretiens, etc. Pour le moment, cette partie
du site n’est pas encore lancée.
Elle demande de véritables moyens supplémentaires pour
une actualisation régulière et une véritable plus value dans
les contenus.
De même la newsletter n’est pas encore consultable (ni sur le
site ni par email), et ne doit pas encore avoir été conçue.
Au-delà de ces parties probablement en développement, le
nouveau site du Cinéma des Cinéastes est beaucoup plus
lisible et moderne que son prédécesseur.
Et, malgré quelques défauts d’ergonomie et de navigation, il
est beaucoup plus proche de l’expérience qualitative propo-
sée en salle.
Qui ?
La société Les Ecrans de Paris représente un circuit de cinq cinémas indépendants de 13 écrans et 2300 fauteuils sur Paris  :
l’Arlequin, le Reflet Médicis, l’Escurial Panorama, le Majestic Bastille et le Majestic Passy. Les quatre premières salles sont
classées Art et Essai.
5.    Les écrans de Paris http://www.lesecransdeparis.fr/
Parcours sur le site
•	 Très éditorialisée, la home page est constituée d’un slider plein écran mettant en avant les grands événement du mois
: Rétrospective Agnès Varda / JR ; Que voir au mois de juillet ? / Andreï Tarkovsky : 5 films russes / Semaine d’avant-premiè-
res… Il n’est pas précisé dans quel cinéma ont lieu ces événements. Il faut cliquer sur l’événement pour en connaître la salle,
les horaires etc.
•	 Une carte de Paris, en haut à droite de la page, permet de choisir sa salle de cinéma et d’être redirigé immédiatement
sur le site dédié qui se présente exactement comme la Home-page générale : un slider plein écran avec les événements du
cinéma choisi.
•	 En bas de page les séances sont affichées par jour de la semaine. En choisissant un jour, on arrive sur une page don-
nant les séances du jour pour chaque cinéma du groupe.
•	 En haut de page, deux menus à plat permettent d’accéder aux sites dédiés des cinémas, et aux rubriques : nouveautés ;
événements ; séances ; abonnement ; location de salle
Chaque site dédié à l’un des cinémas du groupe est construit de la même façon, avec la même navigation et le même de-
sign.
Parcours d’un utilisateur , étape par étape, sur le site
Atouts des sites
•	 Un design et une navigation unifiés qui permettent à l’utilisateur de se retrouver facilement sur les différents sites
•	 Une éditorialisation mettant en avant en premier lieu les grands moments de la programmation et faisant ainsi ressor-
tir la spécificité des cinémas des Ecrans de Paris. Les sliders sont actualisés régulièrement et souvent très contextualisés (par
exemple avec les « Que voir en juillet ? », « Que voir en juin ? » qui proposent une sélection de films et d’événements)
•	 Possibilité de réserver et de payer sa place
•	 Une page d’accueil extrêmement lisible car non surchargée d’informations, avec plusieurs entrées possibles en fonc-
tion des attentes de chaque utilisateur : par événements (slider), par salle (header menu des cinémas), par arrondissements
(carte de Paris), par séance, par rubriques (header).
Remarques sur le(s) site(s)
La richesse des contenus pourraient être encore mieux exploitée pour
véritablement prolonger l’expérience vécue (ou promise) en salle.
La communication des Ecrans de Paris sur les réseaux sociaux
Sur le site internet Lesecransdeparis.fr, trois icônes réseaux sociaux sont
proposées : Twitter, Facebook, Instagram.
Il s’agit des comptes les écrans de Paris (et non des comptes de chaque
cinéma).
Les cinémas du groupe peuvent également, au cas par cas, animer leurs
propres comptes réseaux sociaux :
- L’Escurial a une page Facebook
- L’Arlequin a un compte Twitter et une page Facebook
- Le Majestic Bastille a un compte Twitter et une page Facebook
- Le Majestic Passy a un compte Twitter et une page Facebook
- Le Reflet Médicis a une page Facebook
Twitter : 1300 abonnés
Tweets sur les films à l’affiche, les nouveautés de la semaine, les événe-
ments.
Renvoie sur le site pour plus d’informations.
Cite généralement les cinémas du réseau.
Partage les articles publiés sur les activités du réseau (ex : article sur le
cinéma Majestic Passy)
Alterne ses informations propres avec des retweets.
Flux assez important, actif : 3 à 8 (re)tweets par jour.
Les informations tweetées donnent une image des salles pleines d’initia-
tives originales.
Facebook 7600 abonnés
Signale des événements à venir dans tous les cinémas du groupe.
Reprend des articles sur les films diffusés dans les salles du groupe
ou sur les salles elles-mêmes. Les posts sont partagés sur Twitter et
Facebook, il s’agit des mêmes infos, promues de la même manière,
avec des textes un tout petit peu plus longs sur Facebook et plus
explicatifs.
Partage les posts des cinéastes ou partenaires.
N’incite pas à la conversation.
Les posts sont peu likés, partagés ou commentés.
Instagram 521 abonnés
Les photos de rencontres avec les réalisateurs alternent avec des
photos d’affiches de films, et des photos de spectateurs.
Pas de ligne éditoriale claire. Peu de likes et quasi pas de commen-
taires.
Quelques vidéos inédites (avec le projectionniste) postées au mois
de juin mais pas renouvelée depuis.
La newsletter
Depuis le mois de novembre 2017, Les écrans de Paris éditent Le Mini
Mag, un format PDF sur lequel sont listés tous les événements du mois.
Les abonnés à la newsletter reçoivent un email intitulé « Mini Mag // Vos
événements du mois de novembre dans votre cinéma ». A l’intérieur de
cette newsletter, la couverture du mini mag et une incitation à cliquer
pour lire le PDF.
On peut regretter qu’il n’y ait pas plus de contenu natif dans la newslet-
ter pour donner envie de cliquer sur le Mini Mag…
Auparavant, la newsletter n’avait pas de rythme régulier. Elle était en-
voyée en fonction des événements et mettait l’accent sur un seul événe-
ment à la fois.
Par exemple :
- newsletter envoyée le 26 mai et titrée « Que faire… en juin » listait les
différents événements du mois dans l’ensemble des cinémas du groupe.
- newsletter envoyée le 29 mai titrée « Les réalisateurs cannois au Reflet
Médicis » mettait l’accent sur l’événement d’un cinéma du réseau : Un
certain regard à Paris. La newsletter reprenait ensuite les différents évé-
nements en juin.
- newsletter envoyée le 26 juin, titrée « Avant-premières cannoises pour
tous », informait de la semaine d’avant-premières dans les différents
cinémas du réseau.
Bien titrée, la newsletter fait le choix de « pusher » un seul événement à
la fois.
Conclusion
Le site les Ecrans de Paris et celui de chacun de ses cinémas sont bien pensés, ergonomiques, modernes, agréable en termes
de design et de navigation. On y trouve facilement toutes les informations concernant les cinémas du réseau. La navigation
est facilitée et agréable à l’œil.
Le site est l’un des plus éditorialisé, ce qui permet de se rendre compte rapidement de la richesse des contenus proposés et
de la spécificité de chaque cinéma.
En revanche
La communication sur les réseaux sociaux pourrait inciter plus à la conversation et permettre d’établir ou de renforcer le lien
avec le public.
Lancé en novembre, le Mini Mag qui permet de retrouver toutes les actualités des cinémas du réseau, est une bonne idée,
mais il est dommage qu’il s’agisse d’un format PDF à ouvrir en dehors de la newsletter : pas pratique en mobilité, lourd, ce
format oblige à sortir du mail.
Par ailleurs, ce Mini Mag pourrait être beaucoup plus éditorialisé, journalistique, et permettre à ses lecteurs de véritablement
faire un choix : en leur donnant envie de voir un film, de venir à un événement, de mieux connaître leur salle de cinéma. En
allant plus loin que la simple information brute : en définissant des angles clairs, et en mettant en scène ces infos.
Enfin, il est dommage de ne pas capitaliser sur les événements du réseau en proposant de revenir dessus, par des capta-
tions, des compte-rendus, des témoignages, etc.
Sur l’ensemble des sites observés, quelques grandes tendances se dégagent.
Les tendances
•	 Majoritairement, les sites Internet des salles servent à informer des films à l’affiche, des événements dans les salles, et à
proposer l’achat de billets et de cartes de fidélité en ligne.
•	 Majoritairement, les salles ne capitalisent ni sur le profil de leur public (cinéphile, curieux, amateur de culture et
de divertissement), ni sur l’essence même de leur activité (établir une programmation, montrer des films, organiser des ren-
contres et autres événements).
5.Synthèse des analyses
C’est comme si, une fois sur Internet,
elles oubliaient ce qui fait leur spécifi-
cité et qui elles veulent toucher.
•	 Les sites des salles sont peu édi-
torialisés. Il n’y a pas de mise en scène
de l’information, de storytelling, ou de
contenus supplémentaires et exclusifs. ll
n’y pas non plus de capitalisation sur les
événements, ni en termes de rappels de
ce qui s’est passé dans la salle (captaItion
vidéo des rencontres avec les réalisateurs
ou des masterclass, interview des cinéas-
tes par exemple), ou de teaser de ce qu’il
va s’y passer.
•	 Le dialogue avec les internautes est
rare, que ce soit sur les réseaux sociaux
ou sur le site même. Les réseaux sociaux
sont majoritairement peu utilisés ou n’in-
citent pas à la conversation.
•	 A part le site Etoile, tous les sites
ont bénéficié d’une refonte, essentielle-
ment visuelle (MK2) parfois ergonomique
et éditoriale (Cinéma des Cinéastes…),
qui leur permet de bénéficier d’un design
moderne et épuré.
Les bonnes pratiques
•	 Le Café des images qui mélange informations sur les films à l’affiche, possibilité de réserver sa place en ligne,
et contenus exclusifs (textes et vidéos en fonction des cinéastes invités) s’adresse véritablement à un public spécifique de
passionnés, cinéphiles. Il met l’accent sur les contenus et les spécificités de la salle plus que sur la vente de places.
•	 La plupart des sites misent désormais sur des « home » assez épurées avec plusieurs entrées possibles, et permettent
ainsi à l’utilisateur de ne pas se perdre dans un surplus d’information. Elles sont une manière de classer l’information.
•	 Les écrans de Paris éditorialisent bien leurs homes en proposant un slider pleine page mettant en avant les grands
événements des salles : 4 événements maximum. Ce qui donne un aperçu de la programmation (riche) du groupe.
•	 Le design des sites Les Ecrans de Paris, et le Café des images allie modernité et ergonomie.
•	 L’application mobile MK2, très pratique et ergonomique, avec une option de géolocalisation, a une véritable utilité en
mobilité.
•	 Les billetteries en ligne des sites (sauf Balzac) sont faciles d’accès, pratiques. Malheureusement, elles occasionnent sou-
vent des frais supplémentaires pour l’utilisateur.
Les enseignement de l’étude sur l’innovation du réseau de cinémas Europa
Cette étude sur l’innovation se penche sur les actions et les attitudes à l’égard de l’innovation dans les cinémas indépen-
dants. Avec 93 participants dans 26 pays, il s’agit d’une des études les plus larges en la matière.
Les cinémas interrogés sont tous membres du réseau Europa Cinemas.
6.Exemples d’innovations
On y apprend notamment que :
Le site Internet est devenu le principal outil de promotion et de construc-
tion de la marque.
96% des cinémas interrogés ont leur propre site web, qu’ils actualisent au
moins une fois par semaine.
Plus d’un tiers l’actualisent une fois par jour.
20% ont fait une refonte de leur site cette année (2017), et 44% comptent
le faire évoluer dans l’année à venir.
La plupart afin de passer d’un service purement transactionnel, à un site
avec plus de fonctionnalités et d’interactivité.
Seuls 61% des sites proposent l’achat de billets en ligne.
31% ont prévu un espace sur leur site pour permettre à leurs visiteurs de s’ex-
primer sur les films ou les événements.
12% proposent des live tweets.
Le fait d’intégrer les bande-annonces sur leurs sites ou leurs chaînes You-
tube est devenu aujourd’hui « essentiel » pour 69% des répondants. En
revanche, les critiques dans les magazines spécialisés, les journaux, ou la radio
ont désormais moins d’impact, et sont supplantés par des sites type Rotten
Tomatoes.
Les réseaux sociaux sont devenus des outils indispensables.
74% des sondés actualisent leur compte Facebook une fois par jour. 72% ont
un compte Twitter, mais ils l’alimentent moins régulièrement : une fois par jour
pour 34%, une fois par semaine pour 24%.
34% des répondants utilisent Youtube pour publier des vidéos (marketing et
promotion des événements), mais la plupart ne l’alimente pas régulièrement.
Etude de cas d’utilisation des réseaux sociaux :
KINO SOPRUS – ESTONIE
Le Kino Soprus est l’un des plus vieux cinémas du pays, avec un bud-
get serré et une seule personne dédiée au marketing.
Il compte 13 000 abonnés sur Facebook et une édite une newsletter
très populaire. Sa page Facebook est actualisése chaque jour, avec
des responsabilités partagées par toute l’équipe. Tout le monde com-
prend et partage l’importance des réseaux sociaux.
Le Kino Soprus utilise les réseaux sociaux comme un vecteur de com-
munication et d’échange, en encourageant les retours des specta-
teurs sur les films et la salle, en recherchant activement les opinions
et idées, et en postant des bande-annonce sur les films et les événe-
ments. Il informe de séances spéciales, rétrospectives, festivals, ce qui
génère du dialogue.
Enfin, le Kino Soprus a passé des partenariats avec d’autres institu-
tions artistiques, comme des compagnies de danse, de théâtre, des
galeries, avec lesquelles il échange du contenu et met en place des
mécanismes de cross-promotion. Les partenaires partagent l’infor-
mation et proposent des billets cumulés qui donnent accès à plu-
sieurs événements.
Petit budget mais gros impact marketing.
Les événements, pour construire une communauté de fidèles autour
de la salle.
La grande majorité des cinémas est maintenant dans le business des
événements, hébergeant et organisant des festivals, des projections à
l’extérieur, des concerts, des interviews sur scène, etc. Des opéras, bal-
lets, pièces de théâtre sont retransmis-es en live dans la salle de cinéma.
L’utilisation des réseaux sociaux et des plateformes en ligne a per-
mis une plus grande interaction entre les cinémas et leurs clients. Le
but ultime est de faire venir les gens au cinéma. Il faut donc réussir à
convertir la passion et les idées exprimées en ligne en visites réelles.
Les cinémas veulent diriger la conversation.
Le consommateur a l’impression que sa voix compte dans le cinéma
autant que sur Facebook, grâce à des événements comme des questions
réponses avec des cinéastes sur scène par exemple.
Certains cinémas ont mis en place des endroits où les spectateurs peu-
vent partager leurs opinions sur un film qu’ils viennent de voir (système
de post-it ou de tableau blanc dans le cinéma…). Ce sont des interac-
tions simples mais qui peuvent jouer un rôle important dans la construc-
tion d’une communauté autour du cinéma.
Le cinéma à la demande : lorsque le public devient programmateur
Le public crée la programmation ? C’est devenu techniquement possible
mais le résultat reste mitigé pour les cinémas qui l’ont testé.
L’exemple de BIO PARADIS en Islande : la construction d’une communauté autour de projections spéciales.
Création d’un groupe de spectateur baptisé Black Sunday et animé par un dessinateur de BD, un scénariste et un auteur/
poète, chacun disposant déjà d’une forte audience (« fan base ») qu’ils ont mobilisée pour bâtir une audience régulière
autour de la projection de films cultes et classiques.
• Toute la promotion est faite sur les réseaux sociaux
• Une nouvelle affiche, créée par un graphiste local, est dévoilée à chaque projection
• Vendre ces affiches permet maintenant de financer une partie des coûts de ces projections.
La VOD / SVOD
Un cinquième des cinémas interrogés ont expérimenté leur propre
service de VOD. 27% ont formalisé une relation avec un opérateur VOD
externe.
47% déclarent qu’ils pourraient intégrer un service VOD à leur site
internet si l’opportunité se présentait. Pour le moment, ceux qui l’ont
expérimenté sont eux-mêmes distributeurs ou ont passé des accords
avec des distributeurs pour avoir accès aux contenus.
L’exemple du Glasgow Film Theatre qui a lancé sa plateforme VOD
Le Glasgow Film Theatre a lancé sa plateforme VOD ainsi que le GFT
Player, accessible sur le site du cinéma.
-	 Le service génère un revenu bas mais ce n’était pas la motivation
première : l’idée est de développer l’audience sur le long terme.
-	 Les films proposés sur la plateforme VOD ont déjà été program-
més par le cinéma, ou durant le Glasgow Film Festival. Parfois la plate-
forme propose du play and date (sortie d’un film en même temps dans
la salle et sur la plateforme… Chose impossible en France, où chaque
fenêtre d’exploitation est rythmée par la chronologie des médias).
-	 Des discussions sont en cours avec le Edimbourg Film Festival.
Leur partenaire VOD prend 75% des revenus.
L’étude complète est consultable ici.
Basées sur l’observation des différents sites internet des salles de cinéma, et sur la mise en avant des bonnes pratiques, les
recommandations suivantes s’appuient également sur le rapport du CNC paru en septembre 2016 et intitulé : « La salle de
cinéma de demain » qui liste les grandes tendances pour l’avenir et formule des recommandations pour moderniser la com-
munication numérique des salles en France.
Ces recommandations s’appuient également sur une démarche d’UX design pour faire véritablement entrer les salles de ci-
néma indépendantes et d’art et essai dans l’ère de l’expérience.
7. Recommandations pour des sites optimisés
1.	 Plus qu’une billetterie en ligne
Notre observation a montré que, sauf exception, les salles de cinéma, une fois sur Internet, oubliait à la fois ce qui fait leur
spécificité (une programmation et des événements exclusifs et qualitatifs) et ce qui caractérise leur public (curiosité, ciné-
philie, culture). Or, le site Internet est un prolongement de la salle sur le numérique. Une façon soit de se projeter dans l’am-
biance, soit de se replonger dans un événement.
Recommandations
Plus qu’une simple billetterie en ligne, le site Internet de la salle devrait en être un véritable prolongement virtuel, qui
vient nourrir l’intérêt de son public pour le cinéma et le projette dans l’ambiance.
-	 Une salle de cinéma, c’est une programmation, des événements, des rencontres avec les réalisateurs ou les équipes des
films, des débats, des masterclasses… Des propositions à forte valeur ajoutées qui sont autant de contenus majoritairement
inexploités en ligne et qui, pourtant, participent fortement à l’identité du lieu et à la fidélisation du public.
-	 Une salle de cinéma c’est l’écrin où l’on va voir des films, qui donnent ensuite souvent lieu à des échanges, des débats,
des critiques. Le site de la salle pourrait s’en faire l’écho, en allant plus loin que la seule communication sur les films à l’affi-
che mais en devenant un lieu de dialogue et d’interactivité avec (ou pour) les spectateurs.
Or, le numérique permet d’offrir des contenus supplémentaires et à forte valeur ajoutée, qui correspondent à l’image
de la salle et la renforcent.
Le rapport du CNC va également dans ce sens, en préconisant aux salles de « cultiver leur différence » : « Face à l’attractivité
grandissante des loisirs domestiques audiovisuels, et des autres salles  », la salle doit « cultiver sa différence » indique-t-il.
Or, cette différence se cultive dans les lieux physiques, avec une programmation bien pensée et affirmée, une culture de l’ac-
cueil client renforcée, un confort accru (par exemple). Mais elle doit se cultiver également dans l’espace numérique.
Le site Internet de la salle, c’est la salle. Il doit être pensé comme elle, pour offrir une expérience client unique et dif-
férente.
L’importance du storytelling
Les salles, véritables « hébergeurs d’histoires » pourraient miser plus sur le storytelling, ou l’art de raconter une histoire pour
faire passer un message de communication : faire entrer le spectateur dans les coulisses d’un événement, lui donner envie en
lui offrant des contenus inédits, etc.
2. 	 Accompagner le spectateur partout, sur les réseaux sociaux et le numérique
Notre observation a montré que la salle de cinéma était bien présente sur le numérique, avec, majoritairement, deux objec-
tifs clairs : informer le public sur les films à l’affiche et les événements en salle, et leur permettre d’acheter leurs billets à dis-
tance.
Accompagner le spectateur dans son choix de film
Elle n’accompagne en revanche pas le spectateur dans le choix de son film ou de son événement, puisque rien ne lui permet
de comprendre ce qui est fait pour lui : les fiches des films à l’affiche sont souvent brèves, les critiques ne sont pas présentes,
il n’y a pas de fonctions de recommandation (« vous avez aimé ce film, vous pourriez aimer celui là » ou, plus simplement, «
le choix des équipes de la salle (du guichetier / du projectionniste etc.) »), les événements ne sont pas détaillés, il n’y a pas
de retour sur les événements ayant déjà eu lieu dans la salle (ce qui pourrait donner envie d’en voir de nouveaux)…
Certes, la salle de cinéma est aussi un commerce. Alors, l’exploitant peut-il se permettre de critiquer les films qu’il met à l’af-
fiche ?
En tant qu’indépendant, il propose une vraie programmation, avec de vrais choix. C’est la raison pour laquelle le spectateur
va venir dans sa salle plutôt que dans une salle plus grand public. Ce choix peut se retranscrire sur le site Internet.
Même pour les cinémas indépendants plus grand public, l’aide au choix du spectateur est pertinente.
De plus, une aide au choix n’est pas forcément une critique « J’aime / J’aime pas  », elle peut prendre la forme d’un entre-
tien avec un cinéaste dont le film est actuellement à l’affiche dans la salle, une étude de ses précédents films, un focus sur sa
filmographie ou sur ses thèmes de prédilection, etc.
C’est ce que fait le magazine Trois Couleurs, qui parle de tous les films programmés dans les cinémas MK2 sans pour autant
les critiquer. Et c’est d’autant plus étonnant qu’il n’y ait pas de passerelles entre les deux sites.
Accompagner le spectateur dans son envie (future) de cinéma
Dans l’accompagnement des spectateurs, les appli mobiles et news-
letters peuvent tenir un rôle important, notamment pour lui donner
envie, bien en amont, de venir en salle.
Notre observation a montré que les newsletters, au même titre que
les sites, avaient majoritairement pour objectif d’informer le public
des films à l’affiche, des événements, et de l’inciter à réserver son
billet.
- 	 Aucune d’entre elles n’a développé un ton particulier, n’a ins-
tauré une proximité avec son lecteur, ni ne lui propose un accom-
pagnement au choix : elles comportent peu de textes, pas d’édito,
et ne s’adressent pas directement au lecteur.
On pourrait imaginer une newsletter avec l’édito rédigé par le di-
recteur du cinéma, le programmateur, un cinéaste invité exception-
nellement, etc. Un édito qui donnerait un ton plus personnel, plus
engageant, et pas seulement purement informatif ?
-	 La plupart du temps, les newsletters ne voient pas loin dans
le temps. Elles pourraient « teaser » sur un événement à venir, no-
tamment avec des vidéos (MK2 semble avoir récemment embauché
un motion designer dans ce but...), faire monter l’envie, et inci-
ter les gens à prévoir plus en amont leur venue à l’occasion d’un
événement. Une newsletter permet d’éditorialiser beaucoup plus
l’événement, au delà du simple partage sur Facebook et les réseaux
sociaux.
Accompagner le spectateur dans son envie im-
médiate de cinéma
C’est notamment le rôle des applications mobiles
qui permettent de vérifier les horaires, se géoloca-
liser pour trouver le cinéma le plus proche de soi,
réserver son billet rapidement...
Seuls deux groupes indépendants possèdent leur
application mobile : MK2 et Etoile. Toutes deux
pratico pratiques, elles permettent de connaître les
films à l’affiche, les événements dans tous les ciné-
mas du groupe, et d’acheter son billet.
L’appli MK2, particulièrement bien pensée se dis-
tingue par son ergonomie fluide et sa fonction de
géolocalisation qui répond bien à cette fonction
d’immédiateté.
Accompagner le spectateur après sa séance de
cinéma
Après avoir vu un film le spectateur cinéphile peut
avoir envie d’en discuter avec d’autres, de raconter
son expérience, de donner son avis sur le film ou sur
la salle.
De même après avoir assisté à un événement.
Enfin, les spectateurs qui n’ont pas l’occasion d’aller
à un événement qui les intéressait devraient pou-
voir le retrouver en ligne (comme est censé le faire
la Société des Réalisateurs Français qui met en ligne
malheureusement de façon très irrégulières, toutes
les rencontres et masterclasses qu’elle organise), lire
les avis des autres, les témoignages.
Recommandations
Accompagner le spectateur ce n’est pas seulement lui donner l’information et la possibilité d’acheter son billet, c’est aussi
l’aider dans son choix de film, et rester à sa disposition bien au-delà de son expérience de la salle.
C’est donc par exemple :
- Lui proposer des contenus pour l’aider à choisir
- Lui offrir des recommandations
- Lui montrer à quoi ont ressemblés les précédents événements organisés par la salle
- Lui proposer des newsletters fortement éditorialisées, qui les distinguent des autres courriels et des simples publicités pour
la salle, en instaurant un ton et du contenu spécifique.
Comme l’indique le rapport du CNC : « Face à un public de plus en plus connecté, la salle de demain devra elle-même être
hyper connectée, afin de répondre à ses usages qui touchent désormais aussi bien les jeunes générations que les seniors, de
plus en plus familiarisés avec les outils numériques. »
Le but ?
-	 Aller chercher le spectateur où il se trouve.
-	 L’accompagner.
-	 Lui offrir un service et une expérience de qualité supérieure afin qu’il ait envie de revenir.
-	 Simplifier au maximum son parcours grâce au digital.
3. 	 Établir le dialogue, engager la conversation
Notre observation a montré que la communication sur les réseaux sociaux est souvent peu exploitée ou peu ciblée. Les
posts Facebook incitent rarement à la conversation. Les internautes sont peu sollicités pour donner leur avis sur le film / la
salle / le cinéma en général etc. Ils sont aussi peu écoutés, leurs avis ne semblent pas pris en compte.
A noter tout de même :
• les réseaux sociaux de MK2, en utilisant un ton de proximité et en faisant usage de vidéos, sont plutôt bien suivis. Ces
posts avec un ton « léger » et sympathique, et les codes actuels des réseaux sociaux interpellant l’internaute et l’incitant à la
conversation, font d’ailleurs partie des plus partagés.
• Depuis peu (fin août ?) MK2 fait appel à un motion designer qui publie des vidéos sur les réseaux sociaux. Une initiative
bien dans l’air du temps et dans les usages, mais qui mériterait plus d’éditorialisation pour être mieux exploitée.
• Le Café des Images a beaucoup plus d’abonnés Facebook (9000) que les Cinémas Etoile (1300 abonnés) alors que la taille
de son réseau est largement moindre (une salle unique dans le Calvados versus un réseau de 5 salles à Paris et en Provin-
ce). On peut supposer que la forte éditorialisation du site, et la forte identité du lieu rejaillit sur les réseaux sociaux, et incite
les spectateurs à suivre son actualité, à conserver le lien avec la salle bien au-delà du lieu physique.
• Le Cinéma des Cinéastes a créé un espace dédié à la conversation sur son site, où les spectateurs posent des questions,
donnent leur avis, et obtiennent des réponses du directeur du cinéma.
Recommandations :
Outre donner de l’information sur le cinéma et les films à l’affiche,
la communication sur les réseaux sociaux pourrait permettre au
spectateur de dialoguer avec l’exploitant, lui poser des questions,
donner son avis sur les films, les événements organisés par la salle,
voire de s’impliquer d’avantage dans la vie de sa salle.
Pour conserver le lien avec le spectateur et instaurer une relation de
proximité durable avec lui :
•	 Initier le dialogue avec lui sur les réseaux sociaux
•	 Cibler la communication sur les réseaux sociaux en fonction du pu-
blic de ces réseaux, et l’entretenir.
•	 Lui montrer la vie de la salle, voire ses coulisses, pour l’impliquer
d’avantage
Une recommandation également formulée par le rapport du CNC en ces
termes :
« La présence de la salle sur Internet doit permettre d’apporter plus aux
spectateurs :
-	 réserver plus facilement ses billets
-	 s’impliquer dans la vie de la salle
-	 instaurer une conversation : l’exploitant devra par ailleurs ap-
prendre à réagir et rebondir sur ce qui se dit de lui (sur) internet et les
réseaux sociaux, tenter de l’utiliser à son profit mais aussi anticiper et
résoudre les éventuels conflits et la mauvaise publicité comme il le fait
déjà dans le foyer physique du cinéma. ».
4. 	 La nécessité d’établir un lien renforcé avec le spectateur
Dans la lignée des recommandations précédentes, notre observation a montré que le lien avec le spectateur était rarement
entretenu par les salles sur le numérique.
Pour établir un lien durable avec lui, il faut connaître son public.
Or, comme le montrent les études effectuées sur le public des salles de cinéma d’art et d’essai, celui-ci a un profil bien parti-
culier, qui peut être appréhendé par les salles afin de renforcer le lien.
On y apprend notamment que le public est :
- assidu dans sa consommation
- fidèle à sa salle et au cinéma d’auteur
- attentif à la politique éditoriale des salles, dont il aime qu’elle soit claire et affirmée
- friand de contenus supplémentaires et de moments de convivialité.
Recommandations :
Pour renforcer le lien avec le public, il faut répondre à ses attentes. Il y a de nombreux moyens pour cela. Comme :
- Affirmer une ligne éditoriale sur le numérique, en accord avec la politique de la salle
- Lui offrir des contenus bonus
- Lui prescrire des contenus personnalisés
- Lui parler, de cinéphile à cinéphile
- Maintenir le contact, avant et après sa venue en salle (par le biais de newsletters éditorialisées mais aussi de dialogues sur
les réseaux sociaux, et de captation des événements)
- Bâtir une communauté autour d’événements (cf l’expérience du Bio Paradis et des Black Sundays) et la fidéliser en la faisant
participer.
Pour cela, le numérique ne devrait pas exister uniquement en renfort de ce qui se passe dans la salle, mais comme
une entité propre, constamment actualisée, offrant des contenus liés à la politique éditoriale de la salle mais qui
peuvent également exister en propre.
L’univers numérique participe à construire l’image de la salle, à faire ressentir l’ambiance de la salle pour donner envie au
spectateur de se déplacer, certes, mais aussi de s’engager d’avantage, de s’identifier à la salle, d’être fier d’appartenir à
ses spectateurs. C’est tout cela qui contribue à renforcer le lien.
Le rapport du CNC affirme également :
« Contenus alternatifs (spectacles vivants, réalité virtuelle, conférences…) transformeront la salle en lieu de débats et de
transmission des savoirs.» La salle de demain devra également « renforcer son rôle d’éditorialisation, de prescripteur, et son
lien avec le public. »
« Les exploitants doivent désormais acquérir et développer un véritable savoir-faire en matière de communication digitale,
développer leur présence sur internet et les réseaux sociaux pour tirer le meilleur parti des potentialités offertes par l’écosys-
tème numérique. Pour cela, ils doivent investir dans les outils, le matériel et les compétences humaines pour rester toujours
à la page et en phase avec des usages et des pratiques numériques en évolution constante. »
5. 	 Des sites responsives et des appli mobiles
Selon notre observation, peu de salles disposent d’une application mobile.
En revanche tous les sites des salles observés sont responsive SAUF celui de MK2 qui ne l’est pas mais propose une naviga-
tion simplifiée sur un site mobile dédié.
Résultat :
Les sites responsive, s’ils s’adaptent à la taille de l’écran, ne s’adaptent en revanche pas spécifiquement à une utilisation en
mobilité. En l’absence d’applications mobiles ou tablettes, aucun support n’est spécifiquement adapté à une consultation en
mobilité.
Or, le spectateur est aujourd’hui constamment sur son smartphone : il y recherche des informations, peut acheter en ligne,
être géolocalisé pour trouver le cinéma le plus proche du lieu où il se trouve à l’instant T, ou veut simplement passer du
temps à regarder des bande-annonces, et à lire des articles. La salle de cinéma, sur Internet, peut s’inscrire dans tous ces mo-
ments et apporter au spectateur / mobinaute le service qui peut lui être le plus utile lors de ses déplacements.
Comme le signale le rapport du CNC : « No smartphone. No bu-
siness »
« La salle de demain sera en interaction constante avec un public de
plus en plus connecté grâce aux smartphones et aux outils de com-
munication numérique, et devra maîtriser et utiliser ces nouveaux
outils pour simplifier le parcours du spectateur, mieux cerner ses
attentes et mieux communiquer avec lui. »
Ainsi :
-	 La salle de cinéma doit faire l’effort de concevoir et de mainte-
nir un site mobile et/ou responsive qui soit le plus « user friendly »,
c’est-à-dire le plus facile à comprendre et à utiliser pour l’internaute.
-	 Elle doit également consacrer le temps et l’argent nécessaires
pour le mettre à jour et constamment l’adapter, en fonction des évo-
lutions et de l’arrivée de nouvelles fonctionnalités ou de nouveaux
concepts.
6. La data, un enjeu majeur pour les années à venir
Nos observations ont montré que les salles de cinéma sur Internet
n’intervenaient majoritairement pas pour aider le public à faire son
choix, ni ne tentaient de le connaître pour lui permettre de faire le
choix (de film, d’événement, voire de salle) le plus conforme à ses
goûts.
Recommandations :
A court terme, on peut imaginer des moyens purement éditoriaux qui
aident le public à faire son choix :
- des articles plus étoffés
- des avis d’autres spectateurs
- des avis des équipes de la salle
- des mises en avant claires
- des bonus ou infos complémentaires pour accompagner la sortie
d’un film / la tenue d’un événement
etc.
A long terme, le big data est un moyen de mieux connaître son public
et de répondre, de manière véritablement personnalisée, à ses attentes
et à ses goûts :
Avec des outils de recommandations sur le site du type :
- Vous avez aimé ce film, vous aimerez celui-là
- Ceux qui ont aimé ce film ont aussi aimé celui-là
- Vous aimez ce réalisateur, assistez à sa masterclass
- Vous avez assisté à la masterclass de ce réalisateur, vous serez peut
être intéressé par cet autre événement.
Avec des newsletters réellement personnalisées, proposant des contenus spécifiques :
- des alertes sur un réalisateur particulier / un genre / un acteur
- des mises en avant personnalisées (un spectateur qui aime les comédies n’aura pas la même hiérarchisation de l’informa-
tion que celui qui aime les films d’horreur…)
Avec une home page personnalisée sur le site
-	 mises en avant différentes d’un internaute à l’autre,
-	 recommandations...
Le rapport sur les salles de demain souligne aussi l’importance du big data pour mieux connaître son public et répondre à
ses attentes personnalisées :
« Pour optimiser sa communication, la salle devra mieux connaître le spectateur. Elle devrait ainsi abandonner la communi-
cation de masse au profit d’une communication personnalisée grâce aux algorithmes. (…) La grande opportunité du Big Data
pour la salle de demain est de pouvoir récolter des données sur les spectateurs afin de mieux les connaître et de mieux cer-
ner leurs attentes, pour faire des propositions plus adaptées au goût de chacun et ainsi les fidéliser. »
Molotov propose d’être prévenu quand un programme est diffusé avec ses acteurs favoris
Netflix fait des recommandations personnalisées : vous avez regardé tel film, ces autres films pourraitent vous plaire.
7.	 L’ère de l’expérience : l’UX design au service des sites internet des salles
L’UX Design, qu’est ce que c’est ?
Le terme UX (acronyme de l’anglais : User eXperience) désigne la qualité de l’expérience vécue par l’utilisateur dans toute
situation d’interaction. L’UX qualifie l’expérience globale ressentie par l’utilisateur lors de l’utilisation d’une interface, d’un
appareil digital ou plus largement en interaction avec tout dispositif ou service.
Le design d’expérience ce n’est pas seulement l’usabilité ou l’ergonomie, c’est aussi l’émotion, le ressenti (le fait d’être heu-
reux et satisfait tout au long de son usage), et le design visuel, l’aspect agréable de l’interface.
Nous sommes aujourd’hui entrés dans l’ère de l’expérience. L’utilisateur veut pouvoir vivre une expérience unique et
satisfaisante en visitant le site Internet d’une salle de cinéma, une expérience qui est en accord avec son attente (ou qui la
dépasse), qui est en accord avec l’image de la marque, et sa promesse.
Les salles de cinéma indépendantes et d’art et essai proposent à leurs clients une expérience très particulière, avec de vrais
choix de programmation, un rôle de découverte ou de redécouverte d’auteurs ou de films de patrimoine, des rencontres
avec des cinéastes, des masterclasses avec des invités spécialistes, des échanges autour du cinéma et de la cinéphilie.
Venir dans une salle de cinéma indépendante ou d’art et essai, c’est faire un véritable choix, c’est être en accord avec la pro-
grammation du lieu, c’est parfois être militant pour une certaine forme de culture.
Or, ces salles de cinéma devraient être en mesure de proposer sur Internet (et sur les supports numériques en géné-
ral), une expérience qui prennent en compte leur public, qui le satisfasse au delà du simple service pratique (limité à
connaître les films en salle / réserver sa place).
Cela signifie :
-	 Connaître parfaitement son public, ses cibles pour mieux savoir à qui elles s’adressent et comment le satisfaire : faire la
synthèse des audiences en ligne, du public en salle, savoir si ce dernier se rend sur le site Internet et pourquoi (ou pas), etc.
Le personnifier.
-	 Connaître les besoins de son public. Ses envies. Ses usages réels.
-	 Définir des parcours utilisateurs faciles, ergonomiques... et satisfaisants.
Cela comprend l’aspect visuel, qui rend l’interface plus attractive, mais aussi la structure des pages, l’enchaînement des
écrans, leur lisibilité, leur facilité d’utilisation dès la première visite.
-	 Apporter au(x) public(s) cible(s) du contenu en conséquence, et des fonctionnalités qui lui permettront de vivre une
expérience satisfaisante, complète, en accord ou au delà de ses attentes. Qui lui apportera quelque chose qu’il ne trouve pas
ailleurs. Qui lui donneront envie de revenir.
Ces derniers temps, quelques initiatives ont vu le jour qui sont à signaler car elles s’inscrivent dans cette proposition d’ex-
périence en ligne qui prolonge ou complète celle de la salle.
La Toile
La Toile est un service de VOD qui s’intègre aux sites des cinémas. Plusieurs cinémas indépendants l’ont déjà adopté, com-
me Le Cinéma des Cinéastes dont il est question dans ce rapport.
-	 Chaque cinéma peut lui donner le nom de son choix. Pour le Cinéma des Cinéastes c’est la Home Cinéastes. Pour le
Lux, à Caen, c’est Netflux ! https://netflux.la-toile-vod.com/
-	 Chaque cinéma peut choisir de le promouvoir comme il veut, en créant une rubrique dédiée sur son site (Home Ci-
néaste) ou pas (Netflux)
-	 Chaque cinéma est maître de sa programmation sur son espace VOD, en collaboration avec les équipes de La Toile
qui proposent des cycles différents chaque mois, pour accompagner les nouveautés sorties en salle : revoir les films précé-
dents d’Haneke à la sortie de Happy End, revoir les films de Dupontel à la sortie d’Au revoir là haut, etc. C’est La Toile qui se
charge de négocier les droits sur cet espace.
-	 Les films sont disponibles à la location au prix de 3,99€ en moyenne. Il est également possible de souscrire un « pass
film » qui donne accès à 4 films pour 10 euros.
8.Des initiatives à suivre
Benshi.fr
Lancé par le Sudio des Ursulines, cinéma d’art et essai spécialisé dans
le cinéma jeune public, Benshi.fr est un site de découverte et de recom-
mandation de films à destination du jeune public, pour (selon leur pré-
sentation) :
- Aider les parents dans leur choix d’images : Benshi veut avant tout
accompagner les parents qui souhaitent montrer de beaux films à leurs
enfants, adaptés à leur âge et à leurs besoins.
- Faire la promotion des œuvres que nous aimons : Benshi promeut la
découverte des œuvres sur l’ensemble des supports disponibles. (...) En
2016, Benshi a soutenu 25 sorties salles, dont la moitié environ de patri-
moine.
- Développer notre réseau de salles par tenaires : Benshi a développé un
réseau tre en valeur la spécificité de leur travail.
de 120 salles de cinéma partenaires (...)
- Benshi souhaite mettre en avant une vision complémentaire entre les
supports : tout en développant un service SVOD, nous estimons que
c’est en salle que les films acquièrent à la fois leur statut et leur valeur.
- L’accès à 350 fiches films. Pour chaque film on trouve un synopsis, une
fiche technique, l’avis motivé de Benshi, les bonnes raisons de voir le
film, des liens pour approfondir un ou plusieurs aspects de l’œuvre, ainsi
que des films et des mots-clés associés.
Il est intéressant de noter que Benshi a lancé, le 8 novembre 2017, un
service SVOD, baptisé Benshi Studio pour 4,99€ par mois.
Sur Internet, la salle de cinéma devrait pleinement assumer son identité de
salle de cinéma, et prolonger, dans l’espace virtuel, le travail à destination du
public effectué dans le réel.
Certes, il ne s’agit pas de montrer des films sur Internet, mais de s’inscrire
autour de cette mission première d’exploitation cinématographique : ac-
compagner le public, lui donner envie de venir et de revenir, lui offrir de
quoi nourrir sa passion du cinéma et de la culture, interagir avec lui, partager
autour d’une passion commune : le cinéma.
Elle ne doit pas oublier ce qui fait sa spécificité et celle de son public
mais, au contraire, user de toutes les possibilités offertes par le numé-
rique pour prolonger cette relation avec lui et rendre son parcours de
spectateur, en ligne et hors ligne, plus fluide, plus simple, plus agréable,
en l’accompagnant à chaque étape : de son envie originelle de cinéma à
son expérience du film ou de l’événement, en passant par son achat de
billet.
Le numérique est un outil, désormais utilisé par tous les publics (le plus
jeune comme le senior), qui doit permettre de prolonger l’expérience vécue
en salle, de la rappeler, voire de la sublimer.
Ainsi, en offrant une véritable expérience à son utilisateur (une expérience
servicielle mais aussi riche en émotions positives), elle pourra se distinguer
des portails d’information sur le cinéma (type Allociné), des médias spécia-
lisés (type Télérama, ou Première) ou encore des sites de recommandation
(type Vodkaster), et fidéliser un public en ligne comme elle sait déjà le
faire avec un public en salle.
9.Conclusion

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Analyse de la présence en ligne des salles de cinéma indépendantes et d'art et essai

  • 1. Analyse de la présence en ligne des salles de cinéma indépendantes et d’art et essai Cécile Blanchard - 2017
  • 2. SOMMAIRE1.Préambule Le cinéma n’est pas un yaourt ! 2.Introduction Un mémoire, pour quoi faire ? 3.Contexte Chiffres et données autour de la fréquentation des salles de cinéma en France et de la typologie du public du cinéma d’art et essai. 4.Analyse de l’existant Analyse des sites web, applications mobiles, newsletters et de la com- munication sur les réseaux sociaux des cinémas : • Etoile Cinémas, • MK2, • Le Café des images • Le Cinéma des cinéastes • Les écrans de Paris 5.Synthèse des analyses 6.Exemples d’innovations Enseignements de l’étude sur l’innovation des cinémas Europa 7.Recommandations pour des sites optimisés • Plus qu’une billetterie en ligne • Accompagner le spectateur • Etablir le dialogue • Renforcer le lien • Applis mobiles et sites respon- sives • L’importance de la data • L’ère de l’expérience : l’UX de- sign au service des sites internet des salles 8.Des initiatives à suivre 9.Conclusion
  • 4. Préambule Le cinéma n’est pas un yaourt ! Une industrie et des consommateurs pas comme les autres 1. Antoine va au cinéma une ou deux fois par semaine, et en discute ensuite avec son cercle d’amis. Antoine est cinéphile et fier de l’être. Ginette, elle, s’y rend une fois par semaine, l’après-midi. C’est l’avantage de la retraite. Jean et Carine, eux, y emmènent de temps en temps leurs enfants. C’est l’occasion d’une sortie en famille. Quant à Jules, 15 ans, il adore y aller avec ses copains le mercredi, quand sa salle de cinéma programme un film de super héros ou une comédie. Tous ces publics sont des consommateurs occasionnels ou réguliers du cinéma. Et ils n’y vont pas comme on achète des yaourts. Ils y vont avec bonheur, parfois passion, toujours satisfaction. Car même si le film ne leur a pas plu, l’expérience d’une sortie au cinéma reste encore aujourd’hui magique.
  • 5. Les salles de cinéma vendent certes des places (et des popcorns) mais elles ont la chance de disposer d’un public qui est déjà conquis, quand il n’est pas carrément passionné. Le spectateur en salle aime l’expérience procurée par la salle obscure, son ambiance, le grand écran, le son, l’immersion totale dans une histoire. Mieux, il est friand des contenus supplémentaires proposé par les salles : tout ce qui lui permet de s’impliquer, ou d’entre- voir les coulisses du 7ème art. Le public du cinéma, en un mot, ne vient pas dans les salles pour consommer, il vient pour l’expérience qu’elles lui procurent. La salle de cinéma c’est aussi souvent SA salle. Or, actuellement il ne retrouve pas, ou peu, cette expérience en ligne. Pour la plupart des salles de cinéma, le site Internet est un moyen d’informer leur public des films à l’affiche et de leur pro- poser d’acheter leur billet en ligne. Mais le spectateur potentiel peut faire exactement la même chose sur Allociné ! Qu’est ce qui pourrait convaincre le public d’aller sur le site de la salle plutôt que sur Allociné (et consorts)  ? Est-il possible de penser le site Internet comme une partie de l’expérience vécue par les spectateurs en sal- le ? Le site Internet de la salle, plus qu’une simple billetterie en ligne, peut en être le prolongement virtuel. Elle peut nourrir l’in- térêt de son public pour le cinéma, et même l’attiser avec des contenus exclusif qu’il ne trouvera nulle part ailleurs. Elle peut lui permettre de se projeter dans l’ambiance de la salle, en lui offrant un dialogue, des contenus inédits, un service. En quelques mots : un avant goût ou un rappel de son expérience en salle. Le cinéma est une industrie. C’est aussi un loisir, une passion commune, un sujet de débat. La salle de cinéma est un espace de vente. C’est aussi un lieu de partage, de culture. Le public de cinéma est un consommateur. C’est aussi un curieux, un cinéphile. Et le site Internet est un moyen unique d’instaurer une relation durable et qualitative avec lui, en miroir et en accord avec son expérience en salle.
  • 6. [Cinéphilie] (n. f) : amour du cinéma. Apparu en France dans les années 1910, le terme « cinéphilie  » se diffusa dans les revues cinématographiques des années 1920 et servit d’abord à désigner un mouvement culturel et intellectuel français qui durera jusqu’en 1968. Depuis, le terme s’est étendu pour caractériser toute passion du cinéma. Berceau de la cinéphilie, la France s’inscrit encore aujourd’hui comme le pays le plus cinéphile d’Europe, en termes de fré- quentation comme de maillage des salles sur tout le territoire. Mais qu’en est-il de la présence en ligne des cinémas, et plus particulièrement des cinémas indépendants ou d’art et d’essai ? Ce mémoire se propose d’analyser la présence, sur Internet et les réseaux sociaux, des cinémas indépendants ou d’art et es- sai, en fonction du contexte général de l’industrie cinématographique et de ses publics en France. Il s’appuie également sur le rapport du CNC, « Les salles de cinéma de demain », paru en septembre 2016, pour effectuer des recommandations et proposer des pistes d’amélioration pour une présence optimisée des salles de cinéma sur Internet. Introduction Un mémoire, pourquoi faire ? 2.
  • 7. La France, pays le plus cinéphile d’Europe Fréquentation élevée (en hausse de 3,6% par rapport à 2015), nombre de salles important sur tout le territoire, abondance de l’offre cinématographique et des genres diffusés en salle (films inédits, récents, de patrimoine)… la France semble être un territoire particulièrement fertile pour le cinéma. • 1er en termes d’entrées Selon l’Observatoire européen de l’audiovisuel, La France se classe en tête en termes de fréquentations en salle, avec 212,7 millions d’entrées en 2016 (devant le Royaume Uni, avec 168,3 millions d’entrées, et l’Allemagne avec 121,1 millions d’en- trées). • 1er en termes de parc de salles En 2016, la France dispose du parc de salles le plus important et le plus dense avec 5 842 écrans. Elle est suivie par l’Allema- gne (4 739 écrans) et le Royaume-Uni (4 046 écrans). Parmi ce parc de salles, 57,2% des établissements actifs sont classés Art et essai, soit 1162 établissements. Un nombre en très légère progression. • Une offre pléthorique Enfin, selon « Les principaux chiffres du cinéma 2016 » publiés par le CNC, l’offre de film en France est également particuliè- rement abondante : 7760 films ont été projetés dans les salles en 2016, dont 716 inédits. Le cinéma, première sortie culturelle des Français Sortie culturelle préférée du public dans les cinq principaux pays européens, le cinéma enregistre également les meilleurs taux de satisfaction. Ici encore, la France est particulièrement bonne élève et se distingue avec un fort taux de fréquentation en salle : - 67,8 % des Français âgés de 3 ans et plus sont allés au moins une fois au cinéma en 2016. - Les jeunes de 3-14 ans sont légèrement plus nombreux à aller au cinéma (+0,4 % par rapport à 2015). - Les moins de 25 ans représentent 31,2 % des spectateurs. - Les plus de 50 ans 32,6 %. Contexte3.
  • 8. Les spécificités des cinémas d’art et essai Si aucune étude n’a été publiée récemment sur le public des cinémas d’art et essai, l’analyse qualitative du CNC datée de 2006 et baptisée « Perception du public des cinémas d’art et essai » apporte de nombreux enseignements qui peuvent, en- core aujourd’hui, permettre de mieux cerner la typologie de son public et ses attentes. • Des spectateurs assidus On y apprend ainsi que les spectateurs de cinéma d’art et essai sont généralement très assidus dans leur consommation : « la fréquentation des salles de cinéma est une pratique bien ancrée dans leurs habitudes quotidienne. » • Un cinéma fidélisant De même, c’est un type de cinéma très fidélisant qui « procure une forte satisfaction et incite à aller voir d’autres (films). » • La politique éditoriale des salles plébiscitée Les spectateurs perçoivent, contrairement aux réseaux grand public, une volonté éditoriale propre à chaque établissement de cinéma d’art et essai. La programmation de la salle d’art et essai est donc essentielle pour la fidélisation de son public, qui a tendance à être fidèle aux salles dont il perçoit une ligne éditoriale affirmée. L’étude relève que « Si les spectateurs choisissent avant tout un film, la programmation de la salle à proximité de chez soi ou dont on apprécie particulièrement la ligne éditoriale est également très souvent un critère de choix. Les spectateurs se
  • 9. laissent facilement tentés par des films qu’ils ne connaissent pas mais qui bénéficient de la prescription de leur(s) salle(s) favorite(s). » • Cycles, festivals ou rétrospectives en tête Les initiatives de type cycles, festivals ou rétrospectives sont particulièrement appréciées par les spectateurs, notamment lorsqu’elles regroupent un grand nombre de films et donnent une impression de richesse. • Plus qu’une simple salle de cinéma Moments de convivialité dans les établissements et animations autour des films sont les deux axes principaux d’amélioration attendus par les spectateurs, comme par exemple : - présence des membres de l’équipe du film - débats - festivals - cycles de réalisateurs - avant-premières - diffusion de courts-métrages
  • 10. Qui ? Les cinémas Etoile est un groupe de cinéma indépendant, regroupant des salles à la programmation plutôt grand public (Etoile Lilas, Etoile Cosmos Chelle, Etoile Palace Vichy) et des salles classées Art et essai (Le Balzac, Etoile Saint-Germain). Quelle perception ? Les cinémas Etoile semblent avoir une image de bonne qualité, avec une programmation qui alterne films grand public et films indépendants ou d’auteur, et de nombreux événements ou programmations spéciales : avant-premières, mais aussi rencontres avec les réalisateurs, masterclasses, séances pour les tout-petits, cycles etc. 4.Analyse de l’existant 1. Les cinémas Etoile (Paris, Chelles, Vichy) - http://www.etoile-cinemas.com/
  • 11. Parcours sur le(s) site(s) - Le site etoile-cinema.com regroupe tous les cinémas du groupe Etoile, acces sibles, en haut de page, par le biais d’un menu à plat, qui permet de passer d’un cinéma à l’autre. - Passer de l’un à l’autre offre une expérience utilisateur simple et unifiée : l’internaute reste sur le même site, et accède facilement aux pages dédiées à la salle de cinéma sélectionnée (sauf pour le cinéma Balzac qui fait l’objet d’un site à part). - La Home du site général ainsi que les pages dédiées à chaque cinéma fonctionnent toutes sur le même modèle (ex- ceptées celles du cinéma Balzac) : un carrousel d’images, plus ou moins fourni, faisant défiler, à l’aide de flèches ou de ma- nière automatique, les films à l’affiche ; une rubrique « événements » annonçant les avant-premières, rencontres, program- mations spéciales ; des contenus plus « brandés », sur la colonne de droite : un « zoom sur » qui met le focus sur un film ou un événement de la salle, possibilité de privatiser la salle, téléchargement de l’application du groupe, inscription à la news- letter, sigles réseaux sociaux des cinémas ayant une présence sur les réseaux. - En cliquant sur un film, l’internaute aboutit à une page dédiée au film, avec un court résumé, la bande-annonce, des photos du film, les horaires, et l’accès à une billetterie en ligne pour acheter son billet. L’exception du Balzac - Cliquer sur le cinéma Le Balzac renvoie sur un site à part, totalement différent en termes de navigation comme de gra- phisme. - Sur la Home Page, aucune mention n’est faite aux autres cinémas du groupe Etoile. - Un menu permet d’accéder aux différentes sections du site : Films à l’affiche, Programme des concerts, Evénements, Club spectateur, Mécénat, Histoire de la salle. - Une billetterie en ligne est également proposée, mais elle est réservée à certains films ou événements seulement, et n’est pas accessible en passant par la rubrique film, mais uniquement présente sur la home-page.
  • 12. Parcours, étape par étape, d’un utilisateur sur le site
  • 13. Atouts du site www.etoile-cinema.com (sauf Balzac) • Un graphisme unifié • L’accès à une billetterie en ligne par film et par cinéma Remarques sur les sites Etoile Cinémas Le(s) site(s) n’ont que très peu d’éditorialisation : - Il n’y a pas de mise en scène de l’information sur les sites. Les contenus obéissent aux gabarits dans lesquels ils doivent s’intégrer : majoritairement des images avec « cartons titres » intégrés dessus. Peu de textes. - Les événements sont listés sans être éditorialisés : pas de mise en scène ou de hiérarchisation de l’information. Ils ne sont pas mis en avant en amont, et jamais réutilisés en aval (retour sur les rencontres, captations vidéos etc.) - En règle générale, seul l’essentiel de l’information est proposée (Programmation / Billetterie / Affiche des films / pho- tos / synopsis / casting principal / bande-annonces). - L’exclusion du site du Balzac amène une certaine confusion dans un ensemble très unifié en termes de navigation. La communication des Cinémas Etoile sur les réseaux sociaux • Twitter (390 abonnés sur le compte principal) Un compte général Cinémas Etoile @Etoile_Cinemas et des comptes pour chaque cinéma (sauf le Balzac). Fonction des comptes Twitter : informer de la programmation, des événements et des infos partenaires. La communication sur Twitter : - Tweets par le CM des films à l’affiche et des différents événements, - Retweete des partenaires / médias / particuliers qui parlent des événements dans les cinémas Etoile, - Tweet ou retweet sur les événements partenaires. Fréquence des tweets : peu régulier.
  • 14. • Facebook (1300 abonnés) Comme sur Twitter, une page générale pour le groupe et des pages pour chaque cinémas permettent d’informer des événements à venir ou en cours, mais aussi de communiquer sur des actualités un peu à la marge (manifestation organisée par Les Cinémas indépendants parisiens, palmarès du festival de Cannes, etc.) La page FB générale centralise les infos et partage les posts des autres cinémas du réseau. Peu de partages ou de like. Pas d’incitation à la conversation avec les internautes. Pas de réponse aux commentaires des internautes. Remarque : Peu d’abonnés par rapport à la taille des cinémas et à leurs localisations. A titre de comparaison, le cinéma d’Hérouville Saint Clair compte 9000 abonnés. La newsletter Une newsletter hebdomadaire générale Etoile Cinémas informe l’abonné des événe- ments de la semaine et des films à l’affiche sans pour autant être exhaustive. Les contenus de la newsletter renvoient vers le site ou vers la page événement de Facebook quand il y a lieu. Une petite hiérarchisation de l’information : la newsletter met l’accent sur une à trois nouveautés choisies parmi la programmation de l’ensemble des cinémas du réseau Etoile, puis liste les événements de la semaine à ne pas louper (avant-premières, séances spéciales, festival, masterclasses, etc.). Une newsletter Balzac indépendante (que nous n’avons pu observer) existe égale- ment. Pour y accéder il faut envoyer un mail sur le site du Balzac. Inscrit en juin 2017, nous n’avions toujours pas reçu de mail en novembre...
  • 15. L’application mobile Téléchargeable sur IOS et Android, l’appli permet à l’utilisateur de tout savoir sur la programmation et les actualités du ci- néma de son choix. - Un premier écran lui permet de faire son choix entre les différents cinémas du groupe - Une fois sélectionné, un second écran donne accès à plusieurs icônes : Les horaires / A l’affiche / Prochainement / Dans une heure / Par genre / Films 3D / Evénements / Contact (???) / Tarifs / Plan d’accès / Mes réservations. - Il est possible d’accéder aux fiches des films (synopsis, bande annonce, notation) mais aussi de voir la programmation événementielle jusqu’à 6 mois ou plus. - L’application permet de payer son billet en ligne sans sortir de l’appli. - Pas de fonction de géolocalisation pour afficher la programmation du cinéma le plus proche. La fonctionnalité « Contact » rentre une fiche contact Paris Etoile Cinéma dans le téléphone. Mais sans numéro de téléphone associé. Ni email. Nous n’avons pas compris son utilité.
  • 16. Conclusion • Pour chaque support numérique, l’accent est mis sur les films à l’affiche et la possibilité d’acheter sa place. • La réservation de billets est facilitée En revanche : • Les événements (avant-premières, rencontres) et spécificités (séances jeunes parents…) des cinémas Etoile sont peu mis en avant : ils sont annoncés au même titre et de la même façon que sont annoncés les films (une grande image / carton texte). Il n’y pas d’explications, de contextualisation ni de « retour sur » (témoignages de jeunes parents / captations vidéos des précédentes rencontres / textes journalistiques pour donner envie d’assister à la rencontre à venir, etc.) • La personnalité des cinémas Etoile ne ressort pas dans les supports numériques. • Les supports numériques ne permettent pas d’interactivité avec les spectateurs. A ce sujet, les réseaux sociaux sont peu exploités. Il faut noter que par rapport à la taille de leur réseau et à leurs activités, les cinémas Etoile ont peu d’abonnés sur les réseaux sociaux en général.
  • 17. Qui ? MK2 est un groupe de cinéma indépendant qui exploite 10 salles à Paris, dont une, le MK2 Beaubourg est classée Art et essai, dans un réseau global de 26 salles en Europe. Outre l’exploitation de salles, le groupe a également des activités de production et de distribution de films, d’édition de DVD et d’agence de communication. Enfin, il est tourné vers l’innovation, avec l’ouverture, en décembre 2016, d’une salle dédiée à la réalité virtuelle MK2 VR. 2. Les cinémas MK2 (Paris) - www.mk2.com Copie d’écran de la Home réalisée en novembre 2017
  • 18. Son réseau de salles parisiennes est constitué de : - MK2 Odéon - MK2 Quai de Loire - MK2 Quai de Seine - MK2 Parnasse - MK2 Nation - MK2 Grand Palais - MK2 Gambetta - MK2 Bibliothèque - MK2 Beaubourg - MK2 Bastille Perception des cinémas MK2 « MK2, une autre idée du cinéma ». Réseau très parisien à la programmation large, qui peut être pointue (MK2 Beaubourg) ou plus grand public, les cinémas MK2 se distinguent par leur environnement (Quai de Loire et de Seine qui ont remodelé le paysage du quartier ; MK2 Biblio- thèque et ses restaurants / boutiques / lieux d’exposition), la qualité des salles et de la programmation. Enfin, ils bénéficient de l’image de leur fondateur Marin Karmitz, passionné de cinéma, réalisateur et producteur, qui fait de MK2 plus qu’un simple exploitant : un réseau de salles indépendantes et défenseur du 7ème art. Parcours sur le site - Un menu de navigation à plat, en header, permet d’accéder à toutes les rubriques du site : Réserver ; Films ; Salles ; Evénement ; Offres ; Scolaires ; MK2 VR - La Home Page propose un carrousel d’images non automatique (il faut les faire défiler par le biais des vignettes, sous le carrousel), mettant en avant les films de la semaine ainsi que les événements (séances spéciales, avant-premières…). - A sa suite, « Les événements de la semaine » (dans toutes les salles du réseau).
  • 19. - Excepté en accédant à la rubrique « Salles » le site MK2.com est véritablement centralisé : « Réserver » permet de ré- server sa place à un événement ou à un film dans n’importe quelle salle du réseau ; « Films » déroule l’ensemble des films à l’affiche et indique où le voir parmi les différentes salles du réseau ; « Evénements » fonctionne de la même façon ; « Offres » permet d’acheter en ligne une carte de réduction ou de remplir le formulaire d’inscription pour obtenir une carte illimité ; « Scolaire » indique la programmation et les modalités de la programmation du réseau pour les écoles ; « MK2 VR » permet d’acheter en ligne sa place pour les expériences de réalité virtuelle. - Sur le côté droit de la Home Page, les événements partenaires et le lien vers le magazine en ligne Trois Couleurs. Le site de MK2 a bénéficié d’une refonte, avant tout visuelle, à la rentrée 2017. Pour mémoire, la précédente Home (juin 2017) :
  • 20. Parcours d’un utilisateur , étape par étape, sur le site actuel
  • 21. Atouts du site www.mk2.com - Forte centralisation des informations (l’internaute peut, sur un seul et même site, retrouver l’ensemble des actualités de ses cinémas) - Billetterie en ligne centralisée, simple d’utilisation, efficace. - Petite éditorialisation avec une sélection des événements à ne pas manquer dans l’ensemble du réseau. Remarques sur le site - Plus fluide que sa version précédente, plus moderne, le nouveau site propose une home plus épurée, et moins axée sur la billetterie. Cependant, aucune aide au choix n’est proposée à l’utilisateur (pas de critique, pas de notations, pas d’avis spectateurs, peu de contenus, pas de passerelles avec les articles de Trois Couleurs). Le site pourrait être un peu plus éditorialisé pour parfaire l’expérience : - Les films sont brièvement présentés et les événements sont peu explicités (pourquoi MK2 accueille-t-il les Lundi philo- sophiques de Charles Pépin ? Qu’est ce que MK2 Bout’chou ? CinémaDZ qu’est ce que c’est ? etc.). - Les bande-annonces ne sont pas accessibles sur le site - Il n’y a pas d’échanges possibles avec les spectateurs : pas de lieu où ils peuvent s’exprimer, être entendus, échanger entre eux. - Il n’y a pas de retours sur les événements (captations, compte rendus, témoignages…)
  • 22. Réseaux sociaux Par rapport à juin 2017 (période de notre première observation, la communication de MK2 sur les réseaux sociaux s’est largement étoffée, notamment sur Twitter, avec la diffusion de nombreuses vidéos originales), des incitations au dialogue, et un ton de proximité avec l’inter- naute. Twitter @mk2 (132 000 abonnés) De plus en plus de tweets originaux, de vidéos en motion design etc: - Vidéos compilant les sorties de la semaine. - Motion design pour promouvoir les événements du réseau, toujours introduits avec des petites phrases incitant à regarder / à réserver - Tweets pour informer des événements dans les salles MK2, avec un lien direct sur la page de réservation. - Tweets des événements partenaires (MC 93, musée Jacquemart André…) - Tweets plus personnels, avec un ton léger : sur la canicule avec un GIF de James Mc Avoy qui s’évente, musical pour bien commencer la journée avec un extrait de La La Land, etc. Fréquence des tweets : 2 à 5 par jour Fonction du compte Twitter : Montrer que les cinémas Mk2 sont un acteur à part entière de la culture cinéphilique / cinématographique / théâtrale / TV. Mettre en avant les événements dans un cinéma du réseau MK2 ou chez les partenaires. Facebook (53 000 abonnés) - Média autonome, ou quasi, le bouton « réserver » renvoie vers le site. - Fait le choix de l’image : GIF, vidéos, photos - Les événements à venir sont mis en avant - Reprend les contenus de Twitter, notamment les vidéos originales qui sont beaucoup vues (870 vues pour les sorties de la semaine), likées, parfois partagées et commentées.
  • 23. - Ton de proximité avec l’internaute, instauré par le biais de clins d’œil cinéphiles - Bonne contextualisation des posts : « Il fait chaud, il fait beau, on cé- lèbre ça en musique » (suivi d’un morceau issus de Grease) - Incitation à la conversation : et vous ? quel film allez vous aimer cette semaine ? Fonction du compte Facebook : signaler les événements et inciter à la ré- servation Instaurer une proximité avec l’internaute, par le biais de quelques clins d’oeil cinéphiles, de courtes accroches, d’incitation à la conversation. Instagram (5600 abonnés) Depuis la refonte, le compte Instagram reprend les courtes vidéos vérita- blement pensées pour les réseaux sociaux réalisées par un motion designer (et qui sont aussi partagées sur Twitter et Facebook), en rapport avec la programmation des cinémas : La minute bouche bée, Les Safdie matins, Le rendez vous des docs, etc. Etonnamment, chaque vidéo est accompagnée d’un petit texte incitant à aller voir l’événement mais il n’y a pas de lien direct sur la réservation de celui-ci… A côté de ces vidéos, le compte Instagram propose des photos d’ambiance des salles, la vie des salles à l’intérieur (rencontre avec un cinéaste...) com- me à l’extérieur.
  • 24. Les internautes sont incités à envoyer leurs propres images des lieux, qui sont ensuite publiées sur le compte Instagram MK2 en citant l’auteur de la photo. Les photos donnent une image chaleureuse et accueillante des différentes salles MK2. Le compte Instagram publie également des images des événements, mettant en avant les stars présentes dans les cinémas. Fréquence de 4 à 10 posts par mois. Chaque post Instagram est liké une centaine de fois Les vidéos sont vues plus de 200 fois en moyenne. La newsletter MK2 envoie deux newsletters à ses abonnés. Une le mercredi, qui annonce les sortie de la semaine, et une le mercredi qui liste les événements dans les cinémas du réseau. La newsletter du mercredi met en avant le film de la semaine, puis liste les films à l’af- fiche dans tous les cinémas du réseau MK2, suivis des événements, puis des actualités des partenaires (sous le titre « MK2 recommande »). Discrête recommandation avec la pastille «MK2 a aimé» Un clic sur le bouton « Réservez » ramène sur la billetterie du site. Les contenus des newsletters renvoient vers le site. Très fournies, elles ont probablement pour objectif de montrer l’étendue de l’offre de films et d’événements des cinémas MK2, et d’inciter à l’achat de billets en ligne.
  • 25. L’application mobile Très pratico pratique : - Découvrez l’univers MK2. Retrouvez vos films, événements, et salles depuis la page d’accueil - Réservez vos billets rapidement avec vos moyens de paiement favoris - Accédez facilement à votre réservation et votre historique d’achat - Trouvez la séance la plus proche de vous et accédez aux horaires du cinéma Elle propose des notifications pour être au courant, avant tout le monde, des avant-premières. On entre par les films à l’affiche (ou prochainement à l’affiche). Un clic sur le film mène à une page indiquant les cinémas qui le diffusent, proposant la géolocalisation. Il est également possible de naviguer dans l’appli par salles, par événements (et par types d’événements). Un espace dédié permet de voir ses réservations, son historique de paiement, et d’être informé des bons plans. Une application efficace, pratique, et très ergonomique.
  • 26. Conclusion - La communication sur les réseaux sociaux est réussie, incitant à la conversation et au partage, positionnant MK2 comme un acteur de la culture, et distillant des clins d’œil cinéphiles en phase avec l’image des cinémas MK2. - MK2 est véritablement en veille sur les nouveaux formats en proposant des vidéos de motion design,bien contextualisée et éditorialisées. - L’application, pratique et ergonomique, répond à des fonctions utiles en mobilité. - La billetterie en ligne est efficace. En revanche Plus moderne et ergonomique qu’auparavant, le site Internet s’éloigne pourtant de l’image et de l’expérience proposées par les cinémas MK2 en restant assez factuel, focalisé sur l’achat de billets en ligne et la promotion. Malgré l’existence du site Trois Couleurs qui pourrait aider les internautes à choisir leur film, il n’y a pas de passerelle entre les deux sites. La promesse « MK2, une autre idée du cinéma » est cependant respectée par la mise en avant des événements culturels ac- cueillis par les cinémas du réseau. Pour répondre à sa promesse «Une autre idée du cinéma, le site Internet pourrait proposer plus d’infos sur les événements, plus d’échanges cinéphiles avec les internautes, plus d’éléments pour prolonger leur expérience en salle, plus d’incitations à partager leur expérience…
  • 27. Qui ? Ouvert en décembre 1978, et géré sur un statut associatif, le Café des Images, dans le Calvados, est classé Art et Essai. Il est reconnu comme un lieu de référence tant au niveau de l’agglomération, de la région que des différentes institutions et ré- seaux professionnels au plan national. Il dispose de trois salles de 256, 219 et 65 places. Précision (issue du site Internet cafedesimages.fr) : « À partir de septembre 2015, le Café des Images est heureux d’accueillir son public sur le Café en Revue : un site Internet tout neuf doublé d’une revue de cinéma. Cette revue sera directement connectée aux salles du Café des Images. Elle offrira, au jour le jour, de nombreux dossiers constitués d’entretiens et de textes critiques pour éclairer le travail des cinéastes que le Café des Images souhaite mettre en lumière, ainsi que des chroniques, des vidéos, des podcasts et de nombreuses surpri- ses. Véritable jumeau virtuel du Café des Images, cette gazette numérique permettra de prolonger les plaisirs partagés en salles et de proposer un écho pérenne et interactif aux formidables temps de rencontres et de débats qu’elles accueillent. Ils trouveront ici une place à part entière. Elle sera aussi le lieu d’expérimentations, de dialogues avec le public autour de la programmation et l’amorce d’une réflexion sur le devenir des salles de cinéma ; en somme, elle vient enrichir d’une nouvelle facette l’identité artistique du Café des Images et l’idée du cinéma qu’il désire transmettre. » 3. Le café des images (Herouville-Saint-Clair) - https://cafedesimages.fr/
  • 28. Parcours sur la Home cafedesimages.fr - Un menu de navigation en haut de page, permet d’accéder aux différentes rubriques du site : Café revue / A l’affiche / Evénements / Pratique / Restaurant - La page d’accueil ouvre sur une grande image extraite d’un film et sur un contenu inédit : « Entretien». Un bouton « lire la suite » mène à l’entretien avec le cinéaste. - A la suite de cet article lead, l’internaute scrolle pour accéder à « Egalement à découvrir » : une sélection de deux autres articles, présentés par leur titre, issus du Café en Revue. - En scrollant, on arrive sur les films à l’affiche, avec, un film mis en avant et son court résumé. Un clic sur « Lire la suite » permet d’accéder à une fiche plus détaillée sur le film (résumé, bande annonce, photos…) et à « Acheter ma place » (une billetterie en ligne est disponible). - En scrollant encore, un événement lead est mis en avant sur la page. - Un bandeau sur la droite met en avant trois autres films, sous forme de vignette. Est offerte la possibilité de téléchar- ger l’ensemble du programme avec les horaires. - Un symbole d’horloge donne accès, en un clic, à un bandeau qui s’ouvre sur le côté, indiquant les horaires des films à venir dans la journée.
  • 29. Parcours d’un utilisateur , étape par étape, sur le site
  • 30. Atouts du site - Forte éditorialisation avec une hiérarchisation et une mise en scène importante des contenus. Le site est pensé comme un journal (une revue) au delà même de sa rubrique « Café en Revue » puisque toutes les rubriques sont mises en scène de façon très journalistique : article lead, suivi de trois articles en bref. Et de vrais choix éditoriaux. - Des contenus supplémentaires et inédits (vidéos, interviews…), introuvables ailleurs puisque écrits et récoltés par les équipes du cinéma, lors de la venue des réalisateurs dans la salle. Qui prolongent l’expérience vécue en salle - Une ambiance de proximité, de cinéphilie, et de partage immédiatement perceptible sur le site. - Une ergonomie fluide et simplifiée - Un accès facilité au programme du jour - Un achat facile en ligne de billet. - Design / graphisme et navigation (épurée, beaucoup de scroll) dans l’air du temps. Remarques sur le site • Pour véritablement parfaire l’expérience et renforcer le côté journalistique des contenus du site, les articles mérite- raient de bénéficier d’angles plus clairs. • Une actualisation faible des contenus sur le Café en Revue (entre mars 2017 et septembre il n’y a pas eu d’actualisa- tion) rend l’expérience un peu décevante (probablement un manque de ressources et de moyens dédiés à la revue).
  • 31. La communication du Café des images sur les réseaux sociaux • Twitter (1200 abonnés) @cafeimages Le compte n’est pas alimenté : le dernier tweet date de 2015. Sur la page d’accueil du site, l’icône Twitter ne renvoie pas directement au compte dédié, mais ouvre sur un tweet pré-écrit : « How are you ? How are you ? https://cafedesimages.fr/?p=14565 via @cafeimages » qui mène à un article de la revue (probablement le dernier article publié…). Facebook (9500 abonnés) - Posts sur les événements (venue d’un cinéaste, rendez-vous du Ciné- club…) et renvoi sur la page Facebook de l’événement - Photos d’articles de presse les concernant - Republie les articles concernant des films à l’affiche. - Informations plus factuelles (restaurant exceptionnellement fermé, menu du jour etc.) Fréquence des posts : 1 à 5 par jour Ton assez informatif. N’incite pas à la conversation. De temps en temps liké, très peu partagé. Répond souvent aux avis postés, positifs comme négatifs. La newsletter Rythme plutôt hebdommadaire, le newsletter informe en premier lieu des évé- nements et des films à l’affiche. Parfois une newsletter est envoyée pour préve- nir d’un événement à venir. Pas d’appli mobile
  • 32. Conclusion L’expérience proposée par le site web se veut réellement proche de l’expérience proposée en salle : articles destinés aux ci- néphiles, interviews des réalisateurs venus dans la salle, navigation moderne, et simplifiée. En revanche Le manque d’actualisation de la revue nuit aux intentions premières du site. La communication sur les réseaux sociaux pourrait mieux accompagner la promotion de ces contenus, et entretenir, voire renforcer le lien avec les spectateurs qui semblent déjà très attachés à ce lieu.
  • 33. Qui ? « Le cinéma de ceux qui le font ». Créé par le producteur Claude Berri, en association avec la Société Civile des auteurs réali- sateurs et producteurs (ARP), le Cinéma des Cinéastes, ouvre en 1996 à Paris. La salle est classée Art et Essai et s’affiche comme un lieu d’échanges privilégié et de débats avec les équipes des films. Précision Lors de notre première observation, le site du cinéma des cinéastes était en cours de refonte. Arnaud Boufassa, directeur du Cinéma des Cinéastes nous avait alors résumé la stratégie et les grandes lignes de la nouvelle version (lancée à l’automne 2017) et qui répond à trois grands principes : - des achats (de billets / de cartes fidélité) réalisables en ligne, en un clic - une plus grande interaction et communication avec l’internaute-spectateur - des contenus complémentaires (articles, vidéos…) pour rendre compte de la richesse de la vie de la salle et apporter des « bonus » aux amateurs de cinéma. Arnaud Boufassa, directeur du Cinéma des Cinéastes : « Entre 2012 (date de mise en ligne du site) et aujourd’hui, les priorités ont changé, la manière de diffuser l’information n’est pas la même. A l’époque, il s’agissait juste d’un site informatif où consulter les programmes. Aujourd’hui, on aimerait que le site devienne à la fois un outil d’information, de prospection et de vente. La plupart des cinémas aujourd’hui construisent leur site Internet sur le modèle des sites marchands. Ce n’est pas ce que l’on envisage. Nous sommes en train de concevoir un site qui se voudra beaucoup plus interactif, dédié à la relation avec le spectateur. Et qui sera aussi très pratique : en un clic il sera possible de connaître les films projetés et de réserver sa place. Nous souhaitons ainsi développer la billetterie en ligne et offrir la possibilité de commander sa carte d’adhérent. Tout pourra se faire à distance. Nous avons aussi dans l’idée de créer un mur, intégré au site (pas Facebook) sur lequel les gens pourront s’exprimer : un vé- ritable espace de libre parole. Nous souhaitons créer la dynamique sur notre propre site. Et devenir une plateforme d’expres- sion, de communication. 4. Le cinéma des cinéastes (Paris) - https://cinema-des-cineastes.fr/
  • 34. l y aura également un espace Info / Journal, où l’on pourra trouver des sujets divers sur les à-côtés des films, des vidéos avec les réalisateurs, des captations de rencontres, des photos des films en production etc. Une partie dédiée aux scolaires sera accessible, car nous recevons beaucoup d’école et nous participons au dispositif d’édu- cation à l’image coordonné par la région et la mairie. Nous voulons proposer un catalogue jeune public et offrir la possibilité de réserver à l’avance pour voir un des films de ce catalogue. Enfin il sera possible de s’abonner à notre newsletter ou de la consulter en ligne.» La Home page du site avant (juin 2017) La Home page du site après (novembre 2017)
  • 35. Parcours sur le site actuel - En header, un menu de navigation et des sous menu déroulant : Films (sous-menu : Nouveautés, Actuellement, Pro- chainement, Jeune audience) ; Evénement (sous-menu : liste des événements à venir / des cartes d’abonnement) ; Home cinéastes (pas de sous menu) ; Scolaire (sous menu : Programmation scolaire, Education à l’image, Dispositifs scolaires) ; Le cinéma (sous menu : A propos, L’équipe, Infos pratiques) ; Le bistro (pas de sous menu) ; ARP (pas de sous menu) ; Espace Pro (pas de sous menu) - Sous cette barre de navigation à entrées multiples, une barre de picto : Recherche ; Espace abonnés ; Newsletter - Un slider « Films à l’affiche » fait dérouler les films à l’affiche, avec la possibilité de sélectionner « Nouveautés » « Ac- tuellement » « Prochainement » « Jeune public ». - En scrollant sur le reste de la page, un second slider « Evénements » fait dérouler les événements à venir (une image et un court descriptif : il faut cliquer sur « voir » pour accéder à la fiche de l’événement sélectionné). - En footer : Blog (les actualités du site, les promotions etc.) ; Réagissez (si on clique on accède à un « mur » de libre ex- pression) ; Icone FB / Twitter ; Partenaires ; Mentions légales. Atouts du site - Le site est épuré avec un design moderne - Il propose une expérience supplémentaire de VOD en ligne (la Toile), en lien avec la programmation de la salle. - Les fiches films sont agréables à lire et insèrent la bande-annonce - Un mur d’expression permet de dialoguer avec l’exploitant, de faire part de ses remarques, de poser des questions. - Une billetterie en ligne facile d’utilisation (mais frais supplémentaires)
  • 36. Parcours d’un utilisateur , étape par étape, sur le site
  • 37. Remarques sur le site - Des entrées multiples et pas forcément claires pour l’utilisateur (avec des sous- menus peu explicites) - Un mur d’expression qui pourrait être mieux mis en avant - Le blog n’est pas mis à jour très souvent - La Home cinéastes pourrait être valorisée, avec des passerelles dès les fiches films (un spectateur qui visite la fiche film de Happy End pourrait se voir proposer un lien vers les films du réalisateurs proposés par la Home Cinéastes par exemple) La communication du Cinéma des Cinéastes sur les réseaux sociaux Twitter 1696 abonnés Beaucoup de retweets de cinéastes ou partenaires, toujours en rapport avec des événe- ments accueillis par le Cinéma des Cinéastes ou des films à l’affiche. Toujours quelques tweets originaux. Le compte est très alimenté, tout au long de la journée. Les tweets et les posts Facebook ne sont pas les mêmes, il y a vraiment une communi- cation sur Twitter et une communication sur Facebook. Communication avec un ton assez « proche » : « On est ravis de vous proposer en avant-première Par Instinct », « Ce soir, c’est le parlement européen qui vous invite ! » etc. Fréquence des tweets : 1 à 6 (re)tweets par jour
  • 38. Facebook 8600 abonnés 3 à 5 posts par jour pour annoncer les événements, rencontres, projections, fes- tivals… Avec des titres [] pour annoncer la teneur du post [CINE CONCERT] [SORTIE DE LA SEMAINE] [HUMEUR DU DIMANCHE]… Rédigé de manière directe : « Venez nombreux (re)voir et voter pour votre film préféré, les 6 et 7 novembre. » , « Découvrez le travail de Clément Cogitore au Cinéma des Cinéastes et au BAL ». Peu d’incitation au partage ou à la conversation. Pas de retours sur les événements passés, ni de partages de vidéos, photos, live, sur des événements en cours. On trouve deux vidéos plutôt réussies sur des événements (notamment lors d’un atelier avec Frédéric Bardaut). Les photos partagées sont uniquement des photos d’affiches de films. Pas de photos de la salle en elle-même ou de son ambiance ou de ses événéments. Sur Twitter, les abonnés sont informés de tout ce qui concerne un film (renvoi vers les médias qui en parlent, les interviews des réalisateurs etc.) ou un évé- nement (par exemple pour le LUX festival, le compte du Cinéma des cinéastes relaie celui du Parlement Européen qui organise le festival…). Sur Facebook, il s’agit plus d’une communication strictement liée au cinéma : film à l’affiche le jour de leur sortie, événement à J-1, etc. La newsletter (pas consultable pour le moment)
  • 39. Conclusion Le site a bénéficié d’une refonte nécessaire et plutôt réussie, dont on peut supposer qu’elle est encore en cours. En effet, il était question d’un espace où l’internaute pourrait revoir les captations vidéos des rencontres avec les cinéastes et les équipes des films, ou des événements organisés par le cinéma. Un genre de revue comme le fait le Café des Images sur laquelle le spectateur pourrait trouver des infos supplé- mentaires, des entretiens, etc. Pour le moment, cette partie du site n’est pas encore lancée. Elle demande de véritables moyens supplémentaires pour une actualisation régulière et une véritable plus value dans les contenus. De même la newsletter n’est pas encore consultable (ni sur le site ni par email), et ne doit pas encore avoir été conçue. Au-delà de ces parties probablement en développement, le nouveau site du Cinéma des Cinéastes est beaucoup plus lisible et moderne que son prédécesseur. Et, malgré quelques défauts d’ergonomie et de navigation, il est beaucoup plus proche de l’expérience qualitative propo- sée en salle.
  • 40. Qui ? La société Les Ecrans de Paris représente un circuit de cinq cinémas indépendants de 13 écrans et 2300 fauteuils sur Paris  : l’Arlequin, le Reflet Médicis, l’Escurial Panorama, le Majestic Bastille et le Majestic Passy. Les quatre premières salles sont classées Art et Essai. 5. Les écrans de Paris http://www.lesecransdeparis.fr/
  • 41. Parcours sur le site • Très éditorialisée, la home page est constituée d’un slider plein écran mettant en avant les grands événement du mois : Rétrospective Agnès Varda / JR ; Que voir au mois de juillet ? / Andreï Tarkovsky : 5 films russes / Semaine d’avant-premiè- res… Il n’est pas précisé dans quel cinéma ont lieu ces événements. Il faut cliquer sur l’événement pour en connaître la salle, les horaires etc. • Une carte de Paris, en haut à droite de la page, permet de choisir sa salle de cinéma et d’être redirigé immédiatement sur le site dédié qui se présente exactement comme la Home-page générale : un slider plein écran avec les événements du cinéma choisi. • En bas de page les séances sont affichées par jour de la semaine. En choisissant un jour, on arrive sur une page don- nant les séances du jour pour chaque cinéma du groupe. • En haut de page, deux menus à plat permettent d’accéder aux sites dédiés des cinémas, et aux rubriques : nouveautés ; événements ; séances ; abonnement ; location de salle Chaque site dédié à l’un des cinémas du groupe est construit de la même façon, avec la même navigation et le même de- sign.
  • 42. Parcours d’un utilisateur , étape par étape, sur le site
  • 43. Atouts des sites • Un design et une navigation unifiés qui permettent à l’utilisateur de se retrouver facilement sur les différents sites • Une éditorialisation mettant en avant en premier lieu les grands moments de la programmation et faisant ainsi ressor- tir la spécificité des cinémas des Ecrans de Paris. Les sliders sont actualisés régulièrement et souvent très contextualisés (par exemple avec les « Que voir en juillet ? », « Que voir en juin ? » qui proposent une sélection de films et d’événements) • Possibilité de réserver et de payer sa place • Une page d’accueil extrêmement lisible car non surchargée d’informations, avec plusieurs entrées possibles en fonc- tion des attentes de chaque utilisateur : par événements (slider), par salle (header menu des cinémas), par arrondissements (carte de Paris), par séance, par rubriques (header).
  • 44. Remarques sur le(s) site(s) La richesse des contenus pourraient être encore mieux exploitée pour véritablement prolonger l’expérience vécue (ou promise) en salle. La communication des Ecrans de Paris sur les réseaux sociaux Sur le site internet Lesecransdeparis.fr, trois icônes réseaux sociaux sont proposées : Twitter, Facebook, Instagram. Il s’agit des comptes les écrans de Paris (et non des comptes de chaque cinéma). Les cinémas du groupe peuvent également, au cas par cas, animer leurs propres comptes réseaux sociaux : - L’Escurial a une page Facebook - L’Arlequin a un compte Twitter et une page Facebook - Le Majestic Bastille a un compte Twitter et une page Facebook - Le Majestic Passy a un compte Twitter et une page Facebook - Le Reflet Médicis a une page Facebook Twitter : 1300 abonnés Tweets sur les films à l’affiche, les nouveautés de la semaine, les événe- ments. Renvoie sur le site pour plus d’informations. Cite généralement les cinémas du réseau. Partage les articles publiés sur les activités du réseau (ex : article sur le cinéma Majestic Passy) Alterne ses informations propres avec des retweets. Flux assez important, actif : 3 à 8 (re)tweets par jour. Les informations tweetées donnent une image des salles pleines d’initia- tives originales.
  • 45. Facebook 7600 abonnés Signale des événements à venir dans tous les cinémas du groupe. Reprend des articles sur les films diffusés dans les salles du groupe ou sur les salles elles-mêmes. Les posts sont partagés sur Twitter et Facebook, il s’agit des mêmes infos, promues de la même manière, avec des textes un tout petit peu plus longs sur Facebook et plus explicatifs. Partage les posts des cinéastes ou partenaires. N’incite pas à la conversation. Les posts sont peu likés, partagés ou commentés. Instagram 521 abonnés Les photos de rencontres avec les réalisateurs alternent avec des photos d’affiches de films, et des photos de spectateurs. Pas de ligne éditoriale claire. Peu de likes et quasi pas de commen- taires. Quelques vidéos inédites (avec le projectionniste) postées au mois de juin mais pas renouvelée depuis.
  • 46. La newsletter Depuis le mois de novembre 2017, Les écrans de Paris éditent Le Mini Mag, un format PDF sur lequel sont listés tous les événements du mois. Les abonnés à la newsletter reçoivent un email intitulé « Mini Mag // Vos événements du mois de novembre dans votre cinéma ». A l’intérieur de cette newsletter, la couverture du mini mag et une incitation à cliquer pour lire le PDF. On peut regretter qu’il n’y ait pas plus de contenu natif dans la newslet- ter pour donner envie de cliquer sur le Mini Mag… Auparavant, la newsletter n’avait pas de rythme régulier. Elle était en- voyée en fonction des événements et mettait l’accent sur un seul événe- ment à la fois. Par exemple : - newsletter envoyée le 26 mai et titrée « Que faire… en juin » listait les différents événements du mois dans l’ensemble des cinémas du groupe. - newsletter envoyée le 29 mai titrée « Les réalisateurs cannois au Reflet Médicis » mettait l’accent sur l’événement d’un cinéma du réseau : Un certain regard à Paris. La newsletter reprenait ensuite les différents évé- nements en juin. - newsletter envoyée le 26 juin, titrée « Avant-premières cannoises pour tous », informait de la semaine d’avant-premières dans les différents cinémas du réseau. Bien titrée, la newsletter fait le choix de « pusher » un seul événement à la fois.
  • 47. Conclusion Le site les Ecrans de Paris et celui de chacun de ses cinémas sont bien pensés, ergonomiques, modernes, agréable en termes de design et de navigation. On y trouve facilement toutes les informations concernant les cinémas du réseau. La navigation est facilitée et agréable à l’œil. Le site est l’un des plus éditorialisé, ce qui permet de se rendre compte rapidement de la richesse des contenus proposés et de la spécificité de chaque cinéma. En revanche La communication sur les réseaux sociaux pourrait inciter plus à la conversation et permettre d’établir ou de renforcer le lien avec le public. Lancé en novembre, le Mini Mag qui permet de retrouver toutes les actualités des cinémas du réseau, est une bonne idée, mais il est dommage qu’il s’agisse d’un format PDF à ouvrir en dehors de la newsletter : pas pratique en mobilité, lourd, ce format oblige à sortir du mail. Par ailleurs, ce Mini Mag pourrait être beaucoup plus éditorialisé, journalistique, et permettre à ses lecteurs de véritablement faire un choix : en leur donnant envie de voir un film, de venir à un événement, de mieux connaître leur salle de cinéma. En allant plus loin que la simple information brute : en définissant des angles clairs, et en mettant en scène ces infos. Enfin, il est dommage de ne pas capitaliser sur les événements du réseau en proposant de revenir dessus, par des capta- tions, des compte-rendus, des témoignages, etc.
  • 48. Sur l’ensemble des sites observés, quelques grandes tendances se dégagent. Les tendances • Majoritairement, les sites Internet des salles servent à informer des films à l’affiche, des événements dans les salles, et à proposer l’achat de billets et de cartes de fidélité en ligne. • Majoritairement, les salles ne capitalisent ni sur le profil de leur public (cinéphile, curieux, amateur de culture et de divertissement), ni sur l’essence même de leur activité (établir une programmation, montrer des films, organiser des ren- contres et autres événements). 5.Synthèse des analyses
  • 49. C’est comme si, une fois sur Internet, elles oubliaient ce qui fait leur spécifi- cité et qui elles veulent toucher. • Les sites des salles sont peu édi- torialisés. Il n’y a pas de mise en scène de l’information, de storytelling, ou de contenus supplémentaires et exclusifs. ll n’y pas non plus de capitalisation sur les événements, ni en termes de rappels de ce qui s’est passé dans la salle (captaItion vidéo des rencontres avec les réalisateurs ou des masterclass, interview des cinéas- tes par exemple), ou de teaser de ce qu’il va s’y passer. • Le dialogue avec les internautes est rare, que ce soit sur les réseaux sociaux ou sur le site même. Les réseaux sociaux sont majoritairement peu utilisés ou n’in- citent pas à la conversation. • A part le site Etoile, tous les sites ont bénéficié d’une refonte, essentielle- ment visuelle (MK2) parfois ergonomique et éditoriale (Cinéma des Cinéastes…), qui leur permet de bénéficier d’un design moderne et épuré.
  • 50. Les bonnes pratiques • Le Café des images qui mélange informations sur les films à l’affiche, possibilité de réserver sa place en ligne, et contenus exclusifs (textes et vidéos en fonction des cinéastes invités) s’adresse véritablement à un public spécifique de passionnés, cinéphiles. Il met l’accent sur les contenus et les spécificités de la salle plus que sur la vente de places. • La plupart des sites misent désormais sur des « home » assez épurées avec plusieurs entrées possibles, et permettent ainsi à l’utilisateur de ne pas se perdre dans un surplus d’information. Elles sont une manière de classer l’information. • Les écrans de Paris éditorialisent bien leurs homes en proposant un slider pleine page mettant en avant les grands événements des salles : 4 événements maximum. Ce qui donne un aperçu de la programmation (riche) du groupe. • Le design des sites Les Ecrans de Paris, et le Café des images allie modernité et ergonomie. • L’application mobile MK2, très pratique et ergonomique, avec une option de géolocalisation, a une véritable utilité en mobilité. • Les billetteries en ligne des sites (sauf Balzac) sont faciles d’accès, pratiques. Malheureusement, elles occasionnent sou- vent des frais supplémentaires pour l’utilisateur.
  • 51. Les enseignement de l’étude sur l’innovation du réseau de cinémas Europa Cette étude sur l’innovation se penche sur les actions et les attitudes à l’égard de l’innovation dans les cinémas indépen- dants. Avec 93 participants dans 26 pays, il s’agit d’une des études les plus larges en la matière. Les cinémas interrogés sont tous membres du réseau Europa Cinemas. 6.Exemples d’innovations
  • 52. On y apprend notamment que : Le site Internet est devenu le principal outil de promotion et de construc- tion de la marque. 96% des cinémas interrogés ont leur propre site web, qu’ils actualisent au moins une fois par semaine. Plus d’un tiers l’actualisent une fois par jour. 20% ont fait une refonte de leur site cette année (2017), et 44% comptent le faire évoluer dans l’année à venir. La plupart afin de passer d’un service purement transactionnel, à un site avec plus de fonctionnalités et d’interactivité. Seuls 61% des sites proposent l’achat de billets en ligne. 31% ont prévu un espace sur leur site pour permettre à leurs visiteurs de s’ex- primer sur les films ou les événements. 12% proposent des live tweets. Le fait d’intégrer les bande-annonces sur leurs sites ou leurs chaînes You- tube est devenu aujourd’hui « essentiel » pour 69% des répondants. En revanche, les critiques dans les magazines spécialisés, les journaux, ou la radio ont désormais moins d’impact, et sont supplantés par des sites type Rotten Tomatoes. Les réseaux sociaux sont devenus des outils indispensables. 74% des sondés actualisent leur compte Facebook une fois par jour. 72% ont un compte Twitter, mais ils l’alimentent moins régulièrement : une fois par jour pour 34%, une fois par semaine pour 24%. 34% des répondants utilisent Youtube pour publier des vidéos (marketing et promotion des événements), mais la plupart ne l’alimente pas régulièrement.
  • 53. Etude de cas d’utilisation des réseaux sociaux : KINO SOPRUS – ESTONIE Le Kino Soprus est l’un des plus vieux cinémas du pays, avec un bud- get serré et une seule personne dédiée au marketing. Il compte 13 000 abonnés sur Facebook et une édite une newsletter très populaire. Sa page Facebook est actualisése chaque jour, avec des responsabilités partagées par toute l’équipe. Tout le monde com- prend et partage l’importance des réseaux sociaux. Le Kino Soprus utilise les réseaux sociaux comme un vecteur de com- munication et d’échange, en encourageant les retours des specta- teurs sur les films et la salle, en recherchant activement les opinions et idées, et en postant des bande-annonce sur les films et les événe- ments. Il informe de séances spéciales, rétrospectives, festivals, ce qui génère du dialogue. Enfin, le Kino Soprus a passé des partenariats avec d’autres institu- tions artistiques, comme des compagnies de danse, de théâtre, des galeries, avec lesquelles il échange du contenu et met en place des mécanismes de cross-promotion. Les partenaires partagent l’infor- mation et proposent des billets cumulés qui donnent accès à plu- sieurs événements. Petit budget mais gros impact marketing.
  • 54. Les événements, pour construire une communauté de fidèles autour de la salle. La grande majorité des cinémas est maintenant dans le business des événements, hébergeant et organisant des festivals, des projections à l’extérieur, des concerts, des interviews sur scène, etc. Des opéras, bal- lets, pièces de théâtre sont retransmis-es en live dans la salle de cinéma. L’utilisation des réseaux sociaux et des plateformes en ligne a per- mis une plus grande interaction entre les cinémas et leurs clients. Le but ultime est de faire venir les gens au cinéma. Il faut donc réussir à convertir la passion et les idées exprimées en ligne en visites réelles. Les cinémas veulent diriger la conversation. Le consommateur a l’impression que sa voix compte dans le cinéma autant que sur Facebook, grâce à des événements comme des questions réponses avec des cinéastes sur scène par exemple. Certains cinémas ont mis en place des endroits où les spectateurs peu- vent partager leurs opinions sur un film qu’ils viennent de voir (système de post-it ou de tableau blanc dans le cinéma…). Ce sont des interac- tions simples mais qui peuvent jouer un rôle important dans la construc- tion d’une communauté autour du cinéma. Le cinéma à la demande : lorsque le public devient programmateur Le public crée la programmation ? C’est devenu techniquement possible mais le résultat reste mitigé pour les cinémas qui l’ont testé.
  • 55. L’exemple de BIO PARADIS en Islande : la construction d’une communauté autour de projections spéciales. Création d’un groupe de spectateur baptisé Black Sunday et animé par un dessinateur de BD, un scénariste et un auteur/ poète, chacun disposant déjà d’une forte audience (« fan base ») qu’ils ont mobilisée pour bâtir une audience régulière autour de la projection de films cultes et classiques. • Toute la promotion est faite sur les réseaux sociaux • Une nouvelle affiche, créée par un graphiste local, est dévoilée à chaque projection • Vendre ces affiches permet maintenant de financer une partie des coûts de ces projections.
  • 56. La VOD / SVOD Un cinquième des cinémas interrogés ont expérimenté leur propre service de VOD. 27% ont formalisé une relation avec un opérateur VOD externe. 47% déclarent qu’ils pourraient intégrer un service VOD à leur site internet si l’opportunité se présentait. Pour le moment, ceux qui l’ont expérimenté sont eux-mêmes distributeurs ou ont passé des accords avec des distributeurs pour avoir accès aux contenus. L’exemple du Glasgow Film Theatre qui a lancé sa plateforme VOD Le Glasgow Film Theatre a lancé sa plateforme VOD ainsi que le GFT Player, accessible sur le site du cinéma. - Le service génère un revenu bas mais ce n’était pas la motivation première : l’idée est de développer l’audience sur le long terme. - Les films proposés sur la plateforme VOD ont déjà été program- més par le cinéma, ou durant le Glasgow Film Festival. Parfois la plate- forme propose du play and date (sortie d’un film en même temps dans la salle et sur la plateforme… Chose impossible en France, où chaque fenêtre d’exploitation est rythmée par la chronologie des médias). - Des discussions sont en cours avec le Edimbourg Film Festival. Leur partenaire VOD prend 75% des revenus. L’étude complète est consultable ici.
  • 57. Basées sur l’observation des différents sites internet des salles de cinéma, et sur la mise en avant des bonnes pratiques, les recommandations suivantes s’appuient également sur le rapport du CNC paru en septembre 2016 et intitulé : « La salle de cinéma de demain » qui liste les grandes tendances pour l’avenir et formule des recommandations pour moderniser la com- munication numérique des salles en France. Ces recommandations s’appuient également sur une démarche d’UX design pour faire véritablement entrer les salles de ci- néma indépendantes et d’art et essai dans l’ère de l’expérience. 7. Recommandations pour des sites optimisés
  • 58. 1. Plus qu’une billetterie en ligne Notre observation a montré que, sauf exception, les salles de cinéma, une fois sur Internet, oubliait à la fois ce qui fait leur spécificité (une programmation et des événements exclusifs et qualitatifs) et ce qui caractérise leur public (curiosité, ciné- philie, culture). Or, le site Internet est un prolongement de la salle sur le numérique. Une façon soit de se projeter dans l’am- biance, soit de se replonger dans un événement. Recommandations Plus qu’une simple billetterie en ligne, le site Internet de la salle devrait en être un véritable prolongement virtuel, qui vient nourrir l’intérêt de son public pour le cinéma et le projette dans l’ambiance. - Une salle de cinéma, c’est une programmation, des événements, des rencontres avec les réalisateurs ou les équipes des films, des débats, des masterclasses… Des propositions à forte valeur ajoutées qui sont autant de contenus majoritairement inexploités en ligne et qui, pourtant, participent fortement à l’identité du lieu et à la fidélisation du public. - Une salle de cinéma c’est l’écrin où l’on va voir des films, qui donnent ensuite souvent lieu à des échanges, des débats, des critiques. Le site de la salle pourrait s’en faire l’écho, en allant plus loin que la seule communication sur les films à l’affi- che mais en devenant un lieu de dialogue et d’interactivité avec (ou pour) les spectateurs. Or, le numérique permet d’offrir des contenus supplémentaires et à forte valeur ajoutée, qui correspondent à l’image de la salle et la renforcent. Le rapport du CNC va également dans ce sens, en préconisant aux salles de « cultiver leur différence » : « Face à l’attractivité grandissante des loisirs domestiques audiovisuels, et des autres salles  », la salle doit « cultiver sa différence » indique-t-il. Or, cette différence se cultive dans les lieux physiques, avec une programmation bien pensée et affirmée, une culture de l’ac- cueil client renforcée, un confort accru (par exemple). Mais elle doit se cultiver également dans l’espace numérique. Le site Internet de la salle, c’est la salle. Il doit être pensé comme elle, pour offrir une expérience client unique et dif- férente. L’importance du storytelling Les salles, véritables « hébergeurs d’histoires » pourraient miser plus sur le storytelling, ou l’art de raconter une histoire pour faire passer un message de communication : faire entrer le spectateur dans les coulisses d’un événement, lui donner envie en lui offrant des contenus inédits, etc.
  • 59. 2. Accompagner le spectateur partout, sur les réseaux sociaux et le numérique Notre observation a montré que la salle de cinéma était bien présente sur le numérique, avec, majoritairement, deux objec- tifs clairs : informer le public sur les films à l’affiche et les événements en salle, et leur permettre d’acheter leurs billets à dis- tance. Accompagner le spectateur dans son choix de film Elle n’accompagne en revanche pas le spectateur dans le choix de son film ou de son événement, puisque rien ne lui permet de comprendre ce qui est fait pour lui : les fiches des films à l’affiche sont souvent brèves, les critiques ne sont pas présentes, il n’y a pas de fonctions de recommandation (« vous avez aimé ce film, vous pourriez aimer celui là » ou, plus simplement, « le choix des équipes de la salle (du guichetier / du projectionniste etc.) »), les événements ne sont pas détaillés, il n’y a pas de retour sur les événements ayant déjà eu lieu dans la salle (ce qui pourrait donner envie d’en voir de nouveaux)…
  • 60. Certes, la salle de cinéma est aussi un commerce. Alors, l’exploitant peut-il se permettre de critiquer les films qu’il met à l’af- fiche ? En tant qu’indépendant, il propose une vraie programmation, avec de vrais choix. C’est la raison pour laquelle le spectateur va venir dans sa salle plutôt que dans une salle plus grand public. Ce choix peut se retranscrire sur le site Internet. Même pour les cinémas indépendants plus grand public, l’aide au choix du spectateur est pertinente. De plus, une aide au choix n’est pas forcément une critique « J’aime / J’aime pas  », elle peut prendre la forme d’un entre- tien avec un cinéaste dont le film est actuellement à l’affiche dans la salle, une étude de ses précédents films, un focus sur sa filmographie ou sur ses thèmes de prédilection, etc. C’est ce que fait le magazine Trois Couleurs, qui parle de tous les films programmés dans les cinémas MK2 sans pour autant les critiquer. Et c’est d’autant plus étonnant qu’il n’y ait pas de passerelles entre les deux sites.
  • 61. Accompagner le spectateur dans son envie (future) de cinéma Dans l’accompagnement des spectateurs, les appli mobiles et news- letters peuvent tenir un rôle important, notamment pour lui donner envie, bien en amont, de venir en salle. Notre observation a montré que les newsletters, au même titre que les sites, avaient majoritairement pour objectif d’informer le public des films à l’affiche, des événements, et de l’inciter à réserver son billet. - Aucune d’entre elles n’a développé un ton particulier, n’a ins- tauré une proximité avec son lecteur, ni ne lui propose un accom- pagnement au choix : elles comportent peu de textes, pas d’édito, et ne s’adressent pas directement au lecteur. On pourrait imaginer une newsletter avec l’édito rédigé par le di- recteur du cinéma, le programmateur, un cinéaste invité exception- nellement, etc. Un édito qui donnerait un ton plus personnel, plus engageant, et pas seulement purement informatif ? - La plupart du temps, les newsletters ne voient pas loin dans le temps. Elles pourraient « teaser » sur un événement à venir, no- tamment avec des vidéos (MK2 semble avoir récemment embauché un motion designer dans ce but...), faire monter l’envie, et inci- ter les gens à prévoir plus en amont leur venue à l’occasion d’un événement. Une newsletter permet d’éditorialiser beaucoup plus l’événement, au delà du simple partage sur Facebook et les réseaux sociaux.
  • 62. Accompagner le spectateur dans son envie im- médiate de cinéma C’est notamment le rôle des applications mobiles qui permettent de vérifier les horaires, se géoloca- liser pour trouver le cinéma le plus proche de soi, réserver son billet rapidement... Seuls deux groupes indépendants possèdent leur application mobile : MK2 et Etoile. Toutes deux pratico pratiques, elles permettent de connaître les films à l’affiche, les événements dans tous les ciné- mas du groupe, et d’acheter son billet. L’appli MK2, particulièrement bien pensée se dis- tingue par son ergonomie fluide et sa fonction de géolocalisation qui répond bien à cette fonction d’immédiateté. Accompagner le spectateur après sa séance de cinéma Après avoir vu un film le spectateur cinéphile peut avoir envie d’en discuter avec d’autres, de raconter son expérience, de donner son avis sur le film ou sur la salle. De même après avoir assisté à un événement. Enfin, les spectateurs qui n’ont pas l’occasion d’aller à un événement qui les intéressait devraient pou- voir le retrouver en ligne (comme est censé le faire la Société des Réalisateurs Français qui met en ligne malheureusement de façon très irrégulières, toutes les rencontres et masterclasses qu’elle organise), lire les avis des autres, les témoignages.
  • 63. Recommandations Accompagner le spectateur ce n’est pas seulement lui donner l’information et la possibilité d’acheter son billet, c’est aussi l’aider dans son choix de film, et rester à sa disposition bien au-delà de son expérience de la salle. C’est donc par exemple : - Lui proposer des contenus pour l’aider à choisir - Lui offrir des recommandations - Lui montrer à quoi ont ressemblés les précédents événements organisés par la salle - Lui proposer des newsletters fortement éditorialisées, qui les distinguent des autres courriels et des simples publicités pour la salle, en instaurant un ton et du contenu spécifique. Comme l’indique le rapport du CNC : « Face à un public de plus en plus connecté, la salle de demain devra elle-même être hyper connectée, afin de répondre à ses usages qui touchent désormais aussi bien les jeunes générations que les seniors, de plus en plus familiarisés avec les outils numériques. » Le but ? - Aller chercher le spectateur où il se trouve. - L’accompagner. - Lui offrir un service et une expérience de qualité supérieure afin qu’il ait envie de revenir. - Simplifier au maximum son parcours grâce au digital.
  • 64. 3. Établir le dialogue, engager la conversation Notre observation a montré que la communication sur les réseaux sociaux est souvent peu exploitée ou peu ciblée. Les posts Facebook incitent rarement à la conversation. Les internautes sont peu sollicités pour donner leur avis sur le film / la salle / le cinéma en général etc. Ils sont aussi peu écoutés, leurs avis ne semblent pas pris en compte. A noter tout de même : • les réseaux sociaux de MK2, en utilisant un ton de proximité et en faisant usage de vidéos, sont plutôt bien suivis. Ces posts avec un ton « léger » et sympathique, et les codes actuels des réseaux sociaux interpellant l’internaute et l’incitant à la conversation, font d’ailleurs partie des plus partagés. • Depuis peu (fin août ?) MK2 fait appel à un motion designer qui publie des vidéos sur les réseaux sociaux. Une initiative bien dans l’air du temps et dans les usages, mais qui mériterait plus d’éditorialisation pour être mieux exploitée. • Le Café des Images a beaucoup plus d’abonnés Facebook (9000) que les Cinémas Etoile (1300 abonnés) alors que la taille de son réseau est largement moindre (une salle unique dans le Calvados versus un réseau de 5 salles à Paris et en Provin- ce). On peut supposer que la forte éditorialisation du site, et la forte identité du lieu rejaillit sur les réseaux sociaux, et incite les spectateurs à suivre son actualité, à conserver le lien avec la salle bien au-delà du lieu physique. • Le Cinéma des Cinéastes a créé un espace dédié à la conversation sur son site, où les spectateurs posent des questions, donnent leur avis, et obtiennent des réponses du directeur du cinéma.
  • 65. Recommandations : Outre donner de l’information sur le cinéma et les films à l’affiche, la communication sur les réseaux sociaux pourrait permettre au spectateur de dialoguer avec l’exploitant, lui poser des questions, donner son avis sur les films, les événements organisés par la salle, voire de s’impliquer d’avantage dans la vie de sa salle. Pour conserver le lien avec le spectateur et instaurer une relation de proximité durable avec lui : • Initier le dialogue avec lui sur les réseaux sociaux • Cibler la communication sur les réseaux sociaux en fonction du pu- blic de ces réseaux, et l’entretenir. • Lui montrer la vie de la salle, voire ses coulisses, pour l’impliquer d’avantage Une recommandation également formulée par le rapport du CNC en ces termes : « La présence de la salle sur Internet doit permettre d’apporter plus aux spectateurs : - réserver plus facilement ses billets - s’impliquer dans la vie de la salle - instaurer une conversation : l’exploitant devra par ailleurs ap- prendre à réagir et rebondir sur ce qui se dit de lui (sur) internet et les réseaux sociaux, tenter de l’utiliser à son profit mais aussi anticiper et résoudre les éventuels conflits et la mauvaise publicité comme il le fait déjà dans le foyer physique du cinéma. ».
  • 66. 4. La nécessité d’établir un lien renforcé avec le spectateur Dans la lignée des recommandations précédentes, notre observation a montré que le lien avec le spectateur était rarement entretenu par les salles sur le numérique. Pour établir un lien durable avec lui, il faut connaître son public. Or, comme le montrent les études effectuées sur le public des salles de cinéma d’art et d’essai, celui-ci a un profil bien parti- culier, qui peut être appréhendé par les salles afin de renforcer le lien. On y apprend notamment que le public est : - assidu dans sa consommation - fidèle à sa salle et au cinéma d’auteur - attentif à la politique éditoriale des salles, dont il aime qu’elle soit claire et affirmée - friand de contenus supplémentaires et de moments de convivialité. Recommandations : Pour renforcer le lien avec le public, il faut répondre à ses attentes. Il y a de nombreux moyens pour cela. Comme : - Affirmer une ligne éditoriale sur le numérique, en accord avec la politique de la salle - Lui offrir des contenus bonus - Lui prescrire des contenus personnalisés - Lui parler, de cinéphile à cinéphile - Maintenir le contact, avant et après sa venue en salle (par le biais de newsletters éditorialisées mais aussi de dialogues sur les réseaux sociaux, et de captation des événements) - Bâtir une communauté autour d’événements (cf l’expérience du Bio Paradis et des Black Sundays) et la fidéliser en la faisant participer. Pour cela, le numérique ne devrait pas exister uniquement en renfort de ce qui se passe dans la salle, mais comme une entité propre, constamment actualisée, offrant des contenus liés à la politique éditoriale de la salle mais qui peuvent également exister en propre.
  • 67. L’univers numérique participe à construire l’image de la salle, à faire ressentir l’ambiance de la salle pour donner envie au spectateur de se déplacer, certes, mais aussi de s’engager d’avantage, de s’identifier à la salle, d’être fier d’appartenir à ses spectateurs. C’est tout cela qui contribue à renforcer le lien. Le rapport du CNC affirme également : « Contenus alternatifs (spectacles vivants, réalité virtuelle, conférences…) transformeront la salle en lieu de débats et de transmission des savoirs.» La salle de demain devra également « renforcer son rôle d’éditorialisation, de prescripteur, et son lien avec le public. » « Les exploitants doivent désormais acquérir et développer un véritable savoir-faire en matière de communication digitale, développer leur présence sur internet et les réseaux sociaux pour tirer le meilleur parti des potentialités offertes par l’écosys- tème numérique. Pour cela, ils doivent investir dans les outils, le matériel et les compétences humaines pour rester toujours à la page et en phase avec des usages et des pratiques numériques en évolution constante. »
  • 68. 5. Des sites responsives et des appli mobiles Selon notre observation, peu de salles disposent d’une application mobile. En revanche tous les sites des salles observés sont responsive SAUF celui de MK2 qui ne l’est pas mais propose une naviga- tion simplifiée sur un site mobile dédié. Résultat : Les sites responsive, s’ils s’adaptent à la taille de l’écran, ne s’adaptent en revanche pas spécifiquement à une utilisation en mobilité. En l’absence d’applications mobiles ou tablettes, aucun support n’est spécifiquement adapté à une consultation en mobilité. Or, le spectateur est aujourd’hui constamment sur son smartphone : il y recherche des informations, peut acheter en ligne, être géolocalisé pour trouver le cinéma le plus proche du lieu où il se trouve à l’instant T, ou veut simplement passer du temps à regarder des bande-annonces, et à lire des articles. La salle de cinéma, sur Internet, peut s’inscrire dans tous ces mo- ments et apporter au spectateur / mobinaute le service qui peut lui être le plus utile lors de ses déplacements.
  • 69. Comme le signale le rapport du CNC : « No smartphone. No bu- siness » « La salle de demain sera en interaction constante avec un public de plus en plus connecté grâce aux smartphones et aux outils de com- munication numérique, et devra maîtriser et utiliser ces nouveaux outils pour simplifier le parcours du spectateur, mieux cerner ses attentes et mieux communiquer avec lui. » Ainsi : - La salle de cinéma doit faire l’effort de concevoir et de mainte- nir un site mobile et/ou responsive qui soit le plus « user friendly », c’est-à-dire le plus facile à comprendre et à utiliser pour l’internaute. - Elle doit également consacrer le temps et l’argent nécessaires pour le mettre à jour et constamment l’adapter, en fonction des évo- lutions et de l’arrivée de nouvelles fonctionnalités ou de nouveaux concepts.
  • 70. 6. La data, un enjeu majeur pour les années à venir Nos observations ont montré que les salles de cinéma sur Internet n’intervenaient majoritairement pas pour aider le public à faire son choix, ni ne tentaient de le connaître pour lui permettre de faire le choix (de film, d’événement, voire de salle) le plus conforme à ses goûts. Recommandations : A court terme, on peut imaginer des moyens purement éditoriaux qui aident le public à faire son choix : - des articles plus étoffés - des avis d’autres spectateurs - des avis des équipes de la salle - des mises en avant claires - des bonus ou infos complémentaires pour accompagner la sortie d’un film / la tenue d’un événement etc. A long terme, le big data est un moyen de mieux connaître son public et de répondre, de manière véritablement personnalisée, à ses attentes et à ses goûts : Avec des outils de recommandations sur le site du type : - Vous avez aimé ce film, vous aimerez celui-là - Ceux qui ont aimé ce film ont aussi aimé celui-là - Vous aimez ce réalisateur, assistez à sa masterclass - Vous avez assisté à la masterclass de ce réalisateur, vous serez peut être intéressé par cet autre événement.
  • 71. Avec des newsletters réellement personnalisées, proposant des contenus spécifiques : - des alertes sur un réalisateur particulier / un genre / un acteur - des mises en avant personnalisées (un spectateur qui aime les comédies n’aura pas la même hiérarchisation de l’informa- tion que celui qui aime les films d’horreur…) Avec une home page personnalisée sur le site - mises en avant différentes d’un internaute à l’autre, - recommandations... Le rapport sur les salles de demain souligne aussi l’importance du big data pour mieux connaître son public et répondre à ses attentes personnalisées : « Pour optimiser sa communication, la salle devra mieux connaître le spectateur. Elle devrait ainsi abandonner la communi- cation de masse au profit d’une communication personnalisée grâce aux algorithmes. (…) La grande opportunité du Big Data pour la salle de demain est de pouvoir récolter des données sur les spectateurs afin de mieux les connaître et de mieux cer- ner leurs attentes, pour faire des propositions plus adaptées au goût de chacun et ainsi les fidéliser. » Molotov propose d’être prévenu quand un programme est diffusé avec ses acteurs favoris Netflix fait des recommandations personnalisées : vous avez regardé tel film, ces autres films pourraitent vous plaire.
  • 72. 7. L’ère de l’expérience : l’UX design au service des sites internet des salles L’UX Design, qu’est ce que c’est ? Le terme UX (acronyme de l’anglais : User eXperience) désigne la qualité de l’expérience vécue par l’utilisateur dans toute situation d’interaction. L’UX qualifie l’expérience globale ressentie par l’utilisateur lors de l’utilisation d’une interface, d’un appareil digital ou plus largement en interaction avec tout dispositif ou service. Le design d’expérience ce n’est pas seulement l’usabilité ou l’ergonomie, c’est aussi l’émotion, le ressenti (le fait d’être heu- reux et satisfait tout au long de son usage), et le design visuel, l’aspect agréable de l’interface. Nous sommes aujourd’hui entrés dans l’ère de l’expérience. L’utilisateur veut pouvoir vivre une expérience unique et satisfaisante en visitant le site Internet d’une salle de cinéma, une expérience qui est en accord avec son attente (ou qui la dépasse), qui est en accord avec l’image de la marque, et sa promesse. Les salles de cinéma indépendantes et d’art et essai proposent à leurs clients une expérience très particulière, avec de vrais choix de programmation, un rôle de découverte ou de redécouverte d’auteurs ou de films de patrimoine, des rencontres avec des cinéastes, des masterclasses avec des invités spécialistes, des échanges autour du cinéma et de la cinéphilie. Venir dans une salle de cinéma indépendante ou d’art et essai, c’est faire un véritable choix, c’est être en accord avec la pro- grammation du lieu, c’est parfois être militant pour une certaine forme de culture. Or, ces salles de cinéma devraient être en mesure de proposer sur Internet (et sur les supports numériques en géné- ral), une expérience qui prennent en compte leur public, qui le satisfasse au delà du simple service pratique (limité à connaître les films en salle / réserver sa place).
  • 73. Cela signifie : - Connaître parfaitement son public, ses cibles pour mieux savoir à qui elles s’adressent et comment le satisfaire : faire la synthèse des audiences en ligne, du public en salle, savoir si ce dernier se rend sur le site Internet et pourquoi (ou pas), etc. Le personnifier. - Connaître les besoins de son public. Ses envies. Ses usages réels. - Définir des parcours utilisateurs faciles, ergonomiques... et satisfaisants. Cela comprend l’aspect visuel, qui rend l’interface plus attractive, mais aussi la structure des pages, l’enchaînement des écrans, leur lisibilité, leur facilité d’utilisation dès la première visite. - Apporter au(x) public(s) cible(s) du contenu en conséquence, et des fonctionnalités qui lui permettront de vivre une expérience satisfaisante, complète, en accord ou au delà de ses attentes. Qui lui apportera quelque chose qu’il ne trouve pas ailleurs. Qui lui donneront envie de revenir.
  • 74. Ces derniers temps, quelques initiatives ont vu le jour qui sont à signaler car elles s’inscrivent dans cette proposition d’ex- périence en ligne qui prolonge ou complète celle de la salle. La Toile La Toile est un service de VOD qui s’intègre aux sites des cinémas. Plusieurs cinémas indépendants l’ont déjà adopté, com- me Le Cinéma des Cinéastes dont il est question dans ce rapport. - Chaque cinéma peut lui donner le nom de son choix. Pour le Cinéma des Cinéastes c’est la Home Cinéastes. Pour le Lux, à Caen, c’est Netflux ! https://netflux.la-toile-vod.com/ - Chaque cinéma peut choisir de le promouvoir comme il veut, en créant une rubrique dédiée sur son site (Home Ci- néaste) ou pas (Netflux) - Chaque cinéma est maître de sa programmation sur son espace VOD, en collaboration avec les équipes de La Toile qui proposent des cycles différents chaque mois, pour accompagner les nouveautés sorties en salle : revoir les films précé- dents d’Haneke à la sortie de Happy End, revoir les films de Dupontel à la sortie d’Au revoir là haut, etc. C’est La Toile qui se charge de négocier les droits sur cet espace. - Les films sont disponibles à la location au prix de 3,99€ en moyenne. Il est également possible de souscrire un « pass film » qui donne accès à 4 films pour 10 euros. 8.Des initiatives à suivre
  • 75. Benshi.fr Lancé par le Sudio des Ursulines, cinéma d’art et essai spécialisé dans le cinéma jeune public, Benshi.fr est un site de découverte et de recom- mandation de films à destination du jeune public, pour (selon leur pré- sentation) : - Aider les parents dans leur choix d’images : Benshi veut avant tout accompagner les parents qui souhaitent montrer de beaux films à leurs enfants, adaptés à leur âge et à leurs besoins. - Faire la promotion des œuvres que nous aimons : Benshi promeut la découverte des œuvres sur l’ensemble des supports disponibles. (...) En 2016, Benshi a soutenu 25 sorties salles, dont la moitié environ de patri- moine. - Développer notre réseau de salles par tenaires : Benshi a développé un réseau tre en valeur la spécificité de leur travail. de 120 salles de cinéma partenaires (...) - Benshi souhaite mettre en avant une vision complémentaire entre les supports : tout en développant un service SVOD, nous estimons que c’est en salle que les films acquièrent à la fois leur statut et leur valeur. - L’accès à 350 fiches films. Pour chaque film on trouve un synopsis, une fiche technique, l’avis motivé de Benshi, les bonnes raisons de voir le film, des liens pour approfondir un ou plusieurs aspects de l’œuvre, ainsi que des films et des mots-clés associés. Il est intéressant de noter que Benshi a lancé, le 8 novembre 2017, un service SVOD, baptisé Benshi Studio pour 4,99€ par mois.
  • 76. Sur Internet, la salle de cinéma devrait pleinement assumer son identité de salle de cinéma, et prolonger, dans l’espace virtuel, le travail à destination du public effectué dans le réel. Certes, il ne s’agit pas de montrer des films sur Internet, mais de s’inscrire autour de cette mission première d’exploitation cinématographique : ac- compagner le public, lui donner envie de venir et de revenir, lui offrir de quoi nourrir sa passion du cinéma et de la culture, interagir avec lui, partager autour d’une passion commune : le cinéma. Elle ne doit pas oublier ce qui fait sa spécificité et celle de son public mais, au contraire, user de toutes les possibilités offertes par le numé- rique pour prolonger cette relation avec lui et rendre son parcours de spectateur, en ligne et hors ligne, plus fluide, plus simple, plus agréable, en l’accompagnant à chaque étape : de son envie originelle de cinéma à son expérience du film ou de l’événement, en passant par son achat de billet. Le numérique est un outil, désormais utilisé par tous les publics (le plus jeune comme le senior), qui doit permettre de prolonger l’expérience vécue en salle, de la rappeler, voire de la sublimer. Ainsi, en offrant une véritable expérience à son utilisateur (une expérience servicielle mais aussi riche en émotions positives), elle pourra se distinguer des portails d’information sur le cinéma (type Allociné), des médias spécia- lisés (type Télérama, ou Première) ou encore des sites de recommandation (type Vodkaster), et fidéliser un public en ligne comme elle sait déjà le faire avec un public en salle. 9.Conclusion