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Crise économique et
totalitarisme
Italie-Allemagne -URSS




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Contenu
Articles
   Italie                                           1
   Fascisme                                        18
   Benito Mussolini                                28
   Grande Dépression                               60
   Années 1930                                     69
   Allemagne                                       78
   Nazisme                                        107
   Adolf Hitler                                   118
   Russie                                         180
   Joseph Staline                                 205
   Histoire de l'URSS sous Staline                230
   Totalitarisme                                  261


Références
   Sources et contributeurs de l'article          276
   Source des images, licences et contributeurs   279


Licence des articles
   Licence                                        286
Italie                                                                                                     1



     Italie
                                              Repubblica italiana (Italia) (it)

                                              République italienne (Italie) (fr)




               (Détails)          (Détails)




     Langue officielle                                         Italien1

     Capitale                                                  Rome
                                                               41°53′N 12°29′E

     Plus grande ville                                         Rome, Milan et Naples

     Forme de l’État                                           République

       - Président de la République                            Giorgio Napolitano
     - Président du Conseil                                    Silvio Berlusconi

     Superficie                                                Classé 69e
      - Totale                                                 301230 km2
      - Eau (%)                                                2,4

     Population                                                Classé 23e
      - Totale (2009)                                                     [1]
                                                               60,157,214 hab.
      - Densité                                                199.0 hab./km2

     Indépendance                                              17 mars 1861
      - Unification italienne

     Gentilé                                                    Italien, Italienne

     PIB (PPA) (2008)                                                              [2]
                                                               $1 815 milliards          (10e)

     PIB (nominal) (2008)                                                          [3]
                                                               $2 313 milliards          (7e)

     IDH (2006)                                                      0,951 (très élevé) (18e)

     Monnaie                                                   Euro2 (EUR)

     Fuseau horaire                                            UTC +1: (CET); Heure d'été: UTC+2: (CEST)

     Hymne national                                            Fratelli d’Italia

     Domaine internet                                          .it
Italie                                                                                                                                               2


     Indicatif                                                               +39
     téléphonique

     1
       Le français est langue officielle en Val d’Aoste, l’allemand et le ladin sont officiels dans le Trentin-Haut-Adige, le slovène est officiel
     dans les provinces de Trieste et Gorizia. Selon les dispositions de l’article 6 de la Constitution italienne, confirmées par une loi du
     15 décembre 1999, la langue et la culture des populations albanaises, catalanes, allemandes, grecques, slovènes et croates ainsi que celles
     parlant le français, l'arpitan, le frioulan, le ladin, l’occitan et le sarde sont protégées. Le sarde et le piémontais ont un statut protégé
     respectivement en Sardaigne et au Piémont.
     2
         Avant 1999: lire


     L’Italie (en italien Italia), officiellement la République italienne (Repubblica italiana), est un pays d’Europe du Sud
     correspondant physiquement à une partie continentale et à une partie péninsulaire située au centre de la mer
     Méditerranée ainsi qu'à deux îles de cette mer, la Sicile et la Sardaigne. Elle est rattachée au reste du continent par le
     massif des Alpes.
     L’apport de l’Italie à la civilisation occidentale est immense : elle est notamment le berceau de l’Empire romain et de
     la Renaissance. Existant en tant qu’État depuis son unification (1861), l'Italie est une République depuis l'abolition
     par référendum de la monarchie italienne en 1946. Elle est aujourd’hui une démocratie parlementaire, membre
     fondateur de l’Union européenne (UE). L’Italie reste un acteur majeur de la scène internationale, forte de ses soixante
     millions d’habitants, de la force de son économie car elle est la sixième puissance économique mondiale et de son
     rôle au sein de nombreuses organisations internationales (Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), UE,
     G8, Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)).


     Histoire

     Étymologie
     La plus ancienne inscription qui porte le mot Italie sous la forme ITALIA apparaît pour la première fois sur une
     monnaie datant du Ier siècle av. J.-C., retrouvée à Corfinio dans les Abruzzes, l'ancienne Corfinium, capitale de la
     Confédération italique. Elle avait été frappée par la confédération des peuples italiques en guerre contre Rome pour
     obtenir la citoyenneté romaine (Guerre Sociale).
     Le terme même d’Italia évolue pendant l'antiquité. Pour les Grecs, il s'agissait seulement du royaume voisin d'Italos.
     Une origine populaire rapproche l'étymologie à un épisode de la mythologie grecque des travaux d'Héraclès. En
     effet, après avoir volé les 115 bœufs de Géryon, le héros mena le troupeau le long des côtes italiennes, lorsqu'un
     taureau s'échappa jusqu'en Sicile. Héraclès l'y retrouva et appela le pays Italia (de italos qui en dialecte grec local
     signifiait « taureau »). Une autre version grecque emploie les termes Ouitalia et Ouitalios, en les rapprochant du grec
     étalon (anciennement Wetalon) signifiant : « veau ».
     Une autre étymologie est proposée, sur le rapprochement de it- et de aithô, en grec : ce verbe signifie « brûler », et on
     le retrouverait dans le radical du nom du volcan Etna. Sa présence serait justifiée du fait que, « Italie » étant un nom
     donné par les Grecs, venant de l'est, ils voient le soleil couchant rougeoyer et brûler l'horizon à l'endroit de la
     péninsule. On trouve le terme aithalia également utilisé à l'époque antique pour les îles de Lemnos (sans doute du
     fait de son activité métallurgique) et d'Elbe, pour la même raison qu'« Italie ». Son usage pour l'Etna ou Aithna est
     transparent. Le nom d’aithalia aurait été donné en premier lieu aux côtes sud de la Botte, là où les Grecs ont accosté
     en premier, sur le continent.
Italie                                                                                                                                   3


     L'Italie avant et pendant Rome
     Avant le développement de Rome, l'Italie était composée de plusieurs cultures et civilisations, pour la plupart
     indo-européennes (Italiotes ou italiques), sur un substrat ligure du Néolithique. Sur ces cultures qualifiées
     d'autochtones, empiétaient :
     • au sud, les florissantes colonies grecques de la Grande-Grèce, à partir du VIIIe siècle av. J.-C.;
     • au centre, des peuples italiques, venus d'Europe centrale à l'âge du bronze, proches des Celtes : Osques, Sabins,
       Samnites, Latins, Ombriens etc. ;
     • la civilisation étrusque, non-indo-européenne, qui, selon les sources, serait autochtone ou venue d'Asie Mineure ;
     • au nord, les Vénètes, les Ligures et les Celtes, ces derniers arrivés plus tardivement de Bohême, occupent la
       plaine du Pô, appelée ensuite Gaule cisalpine.
     Sous la République romaine, la limite nord de l'Italie s'arrête à la Gaule cisalpine, au niveau des fleuves Aesis - puis
     en -59 le Rubicon - et Magra. En -42, la Cisalpine est réunie à l'Italie qui s'arrête désormais aux Alpes. Cette dernière
     limite est fixée au trophée des Alpes mais est ensuite déplacée. Rome attribue la citoyenneté romaine à l'ensemble
     des Italiens dès -89, elle ne l'étend à tout l'Empire que trois siècles plus tard (édit de Caracalla, 211-212)


     Rome et son empire
                                                                                    À l'origine la louve était représentée seule,
                                                                                    c'est seulement lors de la renaissance que les
                                                                                    jumeaux Rémus et Romulus ont été ajoutés
                                                                                         La fondation de Rome est due, selon la
                                                                                         légende, à Romulus et Rémus au milieu du
                                                                                         VIIIe siècle av. J.-C.. La civilisation de
                                                                                         Rome connut une première phase
                                                                                         d'expansion sous le gouvernement des rois
                                                                                         de Rome, qui sont également les fondateurs
                                                                                         symboliques de nombreuses institutions
                                                                                         romaines. L'unification de la péninsule est
                                                                                         conduite à l'époque de la République. Après
                                                                                         la victoire de Rome contre Carthage lors de
                                                                                         la première Guerre punique, les principales
      Romulus et Rémus nourris par la louve, mythe fondateur de la civilisation romaine. îles de la Méditerranée occidentale passèrent
                                                                                         également sous le contrôle de Rome. Les
     deuxième et troisième guerres puniques lui assurèrent le contrôle de tout le pourtour du bassin occidental de la
     Méditerranée.

     Au Ier siècle, Rome dominait tout le bassin méditerranéen, mais après la mort de Jules César, le 15 mars 44, la
     république sombra dans la guerre civile. Son successeur Octave (futur empereur Auguste) après avoir vaincu
     Marc-Antoine et la reine Cléopâtre en Égypte changera la République de Rome en Empire et mettra fin ainsi à de
     longues années d'instabilités politiques. Le gouvernement des territoires contrôlés par Rome se caractérisa par le
     respect des cultures locales et par le développement économique, favorisé par la réalisation de grandes
     infrastructures.

     L'empire était composé de l'Italie (métropole de l'empire) et des provinces romaines (territoires situés à l'extérieur de
     la péninsule). Juridiquement le territoire de l'Italie était assimilé à celui de la ville de Rome, ses habitants libres
     étaient tous citoyens romains grâce au droit du sol (jus soli). Les citoyens romains pouvaient servir dans les légions
     mais avaient aussi beaucoup de privilèges sociaux par rapport aux non-citoyens. Le programme politique des
     empereurs était d'intégrer de plus en plus les provinces à la civilisation romaine, ceci, au fil des siècles, a eu comme
Italie                                                                                                                              4


     conséquence une perte progressive de l'hégémonie de l'Italie sur les provinces. Au IIIe et IVe siècle l'Empire romain
     se transforme, de facto, d'un empire colonial à un empire universel où tous les hommes libres étaient citoyens d'une
     même nation. À cette époque les légionnaires sont principalement recrutés parmi les citoyens romains issus des
     provinces, notamment d'Illyrie et de Thrace. En mars 293[4] , la première Tétrarchie est officiellement mise en place,
     l'empire est donc divisé en deux pour être mieux gouverné (Empire romain d'Occident et Empire romain d'Orient ou
     Empire byzantin). Milan devient la capitale de l'Empire romain d'Occident.
     En 313 l'empereur Constantin promulgue l'Édit de Milan qui met fin aux persécutions contre les chrétiens et garantit
     à tous les citoyens la liberté de culte. Le Christianisme se propage en Italie surtout à partir de la ville de Rome, cité
     cosmopolite dans laquelle vivaient de nombreux immigrés originaires des provinces d'orient, où le christianisme était
     plus répandu. L'église romaine récupère un certain nombre de traditions païennes et les assimile dans sa liturgie. Les
     cultes polythéistes sont ainsi transformés en vénération des saints et de la Vierge Marie. Par exemple, beaucoup de
     temples dédiés à Vénus se transforment en églises consacrées à la mère de Jésus et dans les petites villes les
     cérémonies dédiées à un un dieu protecteur deviennent des fêtes patronales en l'honneur d'un saint que l'imaginaire
     populaire associe au dieu précédent: protecteur des malades, de l'agriculture, de la chasse, des soldats, des marins
     etc... Par cette politique l'église romaine arrive à mieux faire accepter aux italiens, très attachés à leurs traditions, le
     passage au christianisme, le même processus aura lieu dans les provinces. En 380 l'empereur Théodose élève le
     christianisme au rang de religion d'état.
     Au Ve siècle, la ville de Ravenne (nord-est de l'Italie) devient capitale de l'empire d'occident, elle sera la dernière. A
     cette époque, l’empire fut confronté à une longue série d'invasions barbares : les Wisigoths, les Huns les Ostrogoths
     les Vandales les Francs. Sous le coup de ces invasions, l'Empire romain d'Occident s'effondra rapidement. Les
     barbares qui avaient été accueillis en tant que fédérés à l'intérieur des limes, forment des royaumes qui sont de plus
     en plus autonomes par rapport au pouvoir impérial. En 476 Odoacre, un patricien d'origine germanique, renonce à
     assumer le titre d'empereur et à gouverner les provinces, il s'autoproclame simplement roi d'Italie, cette date marque
     la fin de l'Empire romain d'Occident. L'Empire romain d’Orient, résistera encore un millénaire.


     Vers l'unification
     Du XIVe au XVIIIe siècle, c'est la Renaissance en Italie avec des
     artistes tels que Michel-Ange ou Raphaël, et des scientifiques comme
     Galilée( les illuminatus) qui font littéralement « renaître » l'art et la
     science, d'abord dans la péninsule puis dans l'Europe tout entière. À
     l'époque de Léonard de Vinci, l'Italie reste très morcelée sur le plan
     politique. Elle est constituée d'une mosaïque de principautés (duchés,
     cités-États, …). Les princes italiens organisent chacun leur propre cour
     et se livrent souvent à des guerres sanglantes avec de multiples
     interventions extérieures, notamment de la France et de l'Espagne
     (guerres d'Italie). Les guerres incessantes du XVIe siècle dues aux
     ingérences des grands états européens ainsi que la montée en puissance
     de l'Autriche et des principautés allemandes expliquent en partie le
     déclin des principautés italiennes du XVIIe au XIXe siècle.



                                                                                               Les États italiens en 1843
Italie                                                                                                                            5


                                                         Les campagnes napoléoniennes ont pour conséquence de
                                                         bouleverser l'ordre établi. Le souhait d'unifier la péninsule s'appuie
                                                         alors sur le Risorgimento, aboutissant à la proclamation du
                                                         Royaume d'Italie, à partir du royaume de Sardaigne, sous
                                                         l'impulsion du roi Victor-Emmanuel II de Savoie, complétée en
                                                         1870 par l'annexion de Rome qui devient la capitale du royaume
                                                         unifié.

                                                         Après les campagnes napoléoniennes, des poussées nationalistes
                                                         appuyées par la Savoie, qui voient là une occasion d'agrandir le
                                                         Royaume de Sardaigne, conduisent à une série de guerres
                                                         d’indépendance contre l'Empire Austro-Hongrois, deux d'entre
                                                         elles avec l'appui extérieur de la France. Les grands protagonistes
                                                         du Risorgimento sont Victor-Emmanuel II de Savoie, Giuseppe
                                                         Garibaldi, Giuseppe Mazzini et Camillo Benso, comte de Cavour.

                                                     Suite à la seconde guerre d'indépendance, qui, avec l'expédition
                                                     des Mille au sud et la descente subséquente des Piémontais du
               Façade de la cathédrale de Sienne
                                                     nord, réussit à unifier, sous la bannière des états de Savoie, une
                                                     grande partie de la péninsule (à l'exclusion de Rome et de Venise)
     et à provoquer la proclamation du royaume d'Italie en 1861, ayant comme capitale Turin, puis Florence à partir de
     1865.

     En 1866, Venise est annexée au royaume d'Italie, suivie par Rome, en 1870. Ceci provoque le début d'une fracture
     entre l'État italien et l'Église qui durera jusqu'aux Accords du Latran, en 1929. La forme de gouvernement proclamée
     est celle d'une monarchie constitutionnelle, avec un parlement élu au suffrage restreint. Rome devient officiellement
     capitale de l'Italie en 1870.
     En même temps, dans le Nord de la péninsule, se développe une puissante industrialisation liée aux capitaux d'une
     agriculture modernisée dans la plaine du Pô, les ressources hydroélectriques des Alpes et la délocalisations des
     industries du sud notamment textile vers le nord [5] . Cette industrialisation se concentre essentiellement sur le «
     Triangle d'Or », Turin, Milan et Gênes. Le Sud reste dominé par la production agricole mais aussi par des structures
     agraires quasi féodales : c'est le système des latifundia, grandes exploitations aux propriétaires absentéistes et
     routiniers, aux ouvriers agricoles sous-payés et des microfundia, minuscules propriétés destinées principalement à
     l'auto-consommation. Cette situation économique conduit au développement du brigantaggio (it), mouvement
     insurrectionnel politique et social de l'Italie méridionale, violemment réprimé et donnera naissance au début de
     l'immigration méridionale.


     De la Première à la Seconde Guerre mondiale
     • Première Guerre mondiale, 1914-1918 : bien que faisant théoriquement partie de la triple Alliance, l'Italie reste
       neutre au début de la guerre, et finit même par s'allier à la Triple-Entente. Le 24 mai 1915 l'Italie déclara guerre à
       l'Autriche-Hongrie. La guerre s'avéra plus difficile que prévu et les armées autrichiennes et italiennes ne
       parvenaient pas à prévaloir l'une sur l'autre. En 1917, après la défaite russe, les Allemands concentrèrent 7
       divisions sur le front italien pour aider leurs alliés autrichiens. Dans la bataille qui suivit à Caporetto les Italiens
       subirent une très grave défaite et reculèrent de plus de 100 km sur la ligne du Piave. En 1918, s'engagea la
       Bataille du Piave au cours de laquelle les Autrichiens ont essayé sans succès de briser la résistance italienne. Le
       24 octobre, l'armée italienne lance une offensive victorieuse à Vittorio Veneto et contraint l'Autriche-Hongrie à la
       capitulation. L'armistice sera signé le 4 novembre à Villa Giusti dans le nord de l'Italie. Par le traité de Versailles,
       les frontières italiennes furent rectifiées en sa faveur. Toutefois l'Italie n'obtint pas tous les territoires qu'elle
       revendiquait (irrédentisme), et le thème de la « victoire mutilée » favorisa l'agitation nationaliste et l'ascension de
Italie                                                                                                                               6


         Mussolini.
     • Benito Mussolini était dans les années 1900 un jeune militant socialiste proche du syndicalisme révolutionnaire,
       un groupe qui ne croyait pas au parlementarisme bourgeois et était favorable à une révolution violente. Toutefois
       lors de l'entrée en guerre de l'Italie en 1915, Mussolini avait mûri également un fort penchant nationaliste. Il
       estimait notamment que la guerre était anti-capitaliste car elle exaltait la valeur des masses paysannes et ouvrières
       au combat. Il estime toutefois qu'une révolution socialiste ne peut se réaliser qu'à travers la collaboration de toutes
       les classes, populaires et bourgeoises, pour le salut de la nation. Il est donc contraire à la lutte des classes. De
       1919 à 1922, l'Italie est secouée par une grave crise sociale, économique et politique. Mussolini l'exploite en
       brisant les grèves et les syndicats par la violence : il se fait ainsi connaître et bien voir par les milieux d'affaires et
       le patronat (Confindustria et Confagricoltura). Il utilise pour cela des squadre (escouades), sortes de milices,
       issues en grande partie des rangs des arditi (venant des troupes d'élite démobilisées en 1918) nationalistes, dont
       l'uniforme est la chemise noire — qui deviendra un des symboles du fascisme. Après la marche sur Rome en
       octobre 1922, le roi d'Italie, Victor-Emmanuel III, lui confie le gouvernement. En 1924 le parti fasciste remporte
       les élections législatives. Le député socialiste Matteotti dénonce les violences et les intimidations dont sont
       victimes les opposants politiques. Il sera assassiné quelques jours plus tard. Jouant habilement de mansuétude et
       de menaces, Mussolini installe progressivement l'appareil fasciste dans le pays. Son alliance militaire avec
       l'Allemagne nazie provoquera l'entrée de l'Italie dans la guerre aux côtés des forces de l'Axe.
     • Mussolini déclare la guerre à l'Angleterre et à la France le 10
       juin 1940 à la veille de l'entrée des allemands dans Paris. Lors
       de la signature du Pacte d'Acier en 1939 avec l'Allemagne,
       l'Italie avait estimé de ne pas pouvoir participer à une guerre de
       vaste ampleur avant l'année 1943, à cause de l'usure et de la
       vétusté de son armement. Les victoires éclairs des Allemands
       poussèrent Mussolini à entrer en guerre dès 1940 dans l'espoir
       que celle-ci ne dure que quelques mois.

     Les capacités industrielles de l'Italie à cette époque étaient très
                                                                                       L'Empire colonial Italien en 1940
     limitées et, contrairement à la Première Guerre mondiale
     combattue sur un seul front, l'armée italienne était forcée de
     s'engager sur quatre fronts différents : en Libye, en Afrique orientale, dans les Balkans et en Russie. Les Italiens
     subissent plusieurs graves défaites et sont de plus en plus dépendants de leurs alliés allemands. Après la défaite de El
     Alamein (novembre 1942), Italiens et Allemands sont forcés d'abandonner l'Afrique. De plus, les armées du IIIe
     Reich subissant une grave défaite à Stalingrad en janvier 1943, l'armée italienne de Russie se désagrège dans une
     déroute catastrophique.

     • Le 10 juillet 1943, les Alliés débarquent en Sicile puis pénètrent dans le sud de l'Italie ; Mussolini est renversé
       puis emprisonné, sur ordre du roi. Le dictateur est délivré par un commando allemand (12 septembre). Alors que
       ceux-ci se transforment d'alliés en occupants, Il Duce installe sous l'ordre d'Hitler une République sociale
       italienne (appelée aussi République de Salò) dans le nord du pays. Le maréchal Pietro Badoglio signe la
       capitulation le (8 septembre 1943), l'Italie du sud poursuit la guerre du côté des Alliés, au même temps s'engage
       une guerre civile avec l'Italie du nord (fasciste) de Mussolini soutenue par les Allemands. L'Italie devient alors un
       vaste champ de bataille où s'affrontent plusieurs armées étrangères. Le 28 avril 1945, tentant de fuir vers la
       Suisse, Mussolini est exécuté (puis pendu) par des partisans communistes.
     • En juin 1946, un référendum serré met fin à la royauté, la République italienne est proclamée et la famille royale
       est exilée.
Italie                                                                                                                             7


     Époque contemporaine
     L'Italie s'installe alors dans un régime démocratique, dominé par la démocratie chrétienne et des partis laïques
     antifascistes, qui favorise, malgré de fréquentes crises ministérielles, à la fois la reconnaissance internationale,
     l'intégration européenne et un développement économique sans précédents (le miracle économique). Un parti
     communiste italien de plus en plus fort, et relativement modéré, empêche toute alternance électorale jusqu'en 1976,
     moment du compromis historique mais aussi des années de plomb, marquées par le terrorisme d'extrême droite et
     d'extrême gauche. Peu à peu, la démocratie chrétienne, tout en restant incontournable, laisse une partie du pouvoir à
     des partis moins importants comme le parti républicain italien ou le parti socialiste italien. Des réformes sociales
     majeures sont adoptées après référendum (le divorce, l'avortement) ou après le vote de lois (Psichiatria
     democratica). Un climat affairiste, de plus en plus corrompu, s'installe, ce qui provoque l'opération judiciaire dite
     Mani pulite (Mains propres). Il s'en suit une réorganisation politique massive qui voit l'explosion des 2 grandes
     forces politiques (la démocratie chrétienne et le parti communiste) en une myriade de partis, changement accentué le
     référendum de 1993 et l'adoption en 1994 de la loi électorale dite Mattarellum, posant les bases d'un système
     électoral mixte. Ces changements provoquent la descente politique de Silvio Berlusconi dont les affaires avaient
     bénéficié du gouvernement de Bettino Craxi. S'il est rapidement lâché par ses alliés (comme la Ligue du Nord), il
     n'en revient pas moins au pouvoir en 2001 avec une victoire électorale écrasante, après un intermède, dominé par le
     centre-gauche, incapable de faire aboutir une réforme constitutionnelle majeure. Ce gouvernement Silvio Berlusconi
     II est jusqu'à présent le plus long de toute l'histoire républicaine.
     Du 6 au 10 novembre 2002 se déroule à Florence, le 1er Forum social européen, à la suite des violents affrontements
     du G8 à Gênes.
     En 2006, la gauche, menée par Romano Prodi, revient au pouvoir suite à une courte victoire aux élections
     législatives. En août 2006, Ehud Olmert demande à Romano Prodi que l'Italie prenne la direction de la Finul
     renforcée après le conflit israélo-libanais, ce qui fut le cas en février 2007.


     Politique
     La constitution italienne date de 1947 et a établi la Première République, « fondée sur le travail » (art. 1er). Elle
     consacre le principe de la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire (respectivement confiés au
     Gouvernement, au Parlement et à la Justice) et fonde un régime parlementaire bicaméral :
     • une Chambre des députés (Camera dei Deputati) de 630 députés ;
     • un Sénat (Senato della Repubblica) de 315 sénateurs (ainsi que d'anciens présidents de la République et de 5
       sénateurs à vie, au plus, nommés par le chef de l'État).
     Le Parlement est élu au suffrage universel direct. La loi électorale a été substantiellement modifiée suite à un
     référendum abrogatif en 1993 pour introduire une part de scrutin majoritaire (75 %) afin d'éviter l'instabilité
     gouvernementale chronique du début de la République due, entre autres, à un multipartisme excessif et à l'absence
     d'alternance. Elle a été à nouveau modifiée à la fin de l'année 2005, pour rétablir un scrutin proportionnel de listes
     bloquées, de façon à réduire l'échec probable de la Maison des libertés. Critiquée, y compris par le ministre qui en a
     présenté le projet, elle est qualifiée de Porcellum (de porcata, une cochonnerie) contrairement à la précédente, le
     Mattarellum (en réalité, la loi Mattarella, du nom de son rapporteur).
     L'exécutif est constitué d'un gouvernement, présidé par un président du Conseil, primus inter pares. Le chef de l'État
     est un président de la République aux pouvoirs relativement limités, élu pour sept ans par les chambres réunies
     (auxquels s'ajoutent des délégués représentant les régions) et qui est le garant de la moralité et de l'intégrité de
     l'Italie. Il est très respecté par la classe politique et la population et son action, bien que non exécutive, a une valeur
     de jurisprudence.
     Une réforme avortée de la Constitution, adoptée par le Parlement fin 2005, aurait dû aboutir à la création d'une « IIe
     République » dans laquelle l'organisation territoriale aurait été de type fédéral et où le Premier ministre (nouveau
Italie                                                                                                                         8


     nom donné au chef du Gouvernement) aurait eu des pouvoirs très étendus tandis que la Chambre des députés n'aurait
     plus compté que 530 députés (-100)) et le Sénat de la République 265 sénateurs (-50). Les sénateurs auraient été par
     ailleurs élus au suffrage indirect. Cette réforme a été massivement rejetée par le peuple italien lors d'un référendum
     en mai 2006.
     Romano Prodi, vainqueur de justesse des élections législatives des 9 et 10 avril 2006 à la tête d'une coalition
     électorale de centre-gauche intitulée l'Union sera nommé président du Conseil des Ministres par Giorgio Napolitano,
     le nouveau Président de la République élu le 10 mai 2006, mais démissionnera après 20 mois de service suite a la
     perte d'un vote de confiance (161 voix contre 156 en sa faveur).
     Aujourd'hui le paysage politique a beaucoup changé : le centre-gauche a convergé en un seul parti, le Parti
     démocrate (Partito Democratico), et le centre-droit à fait de même avec la création du Peuple de la liberté (Popolo
     della Libertà), le parti créé par Silvio Berlusconi et Gianfranco Fini. Cela a pour conséquence d'enrayer l'instabilité
     chronique de la vie politique italienne.
     L'actuel gouvernement, dirigé par Silvio Berlusconi qui entame son troisième mandat, a été nommé le 8 mai 2008 et
     est composé d'une alliance entre le parti Peuple de la liberté et le parti de la Ligue du Nord.


     Géographie
     L'Italie est une péninsule située au nord-ouest
     du bassin méditerranéen. D'une superficie de
     301,300 km², elle est longue de 1,360 km du
     nord au sud. Ouverte sur la mer Adriatique à
     l'est, la mer Tyrrhénienne à l'ouest, la mer
     Ionienne au Sud et la mer Ligure au
     nord-ouest, elle englobe de nombreuses îles
     dont les principales sont la Sicile et la
     Sardaigne. Au sud de l'Italie, on trouve les
     derniers volcans en activité d'Europe (si on
     exclut l'Islande), le Vésuve près de Naples,
     l'Etna en Sicile et le Stromboli dans les îles
     Éoliennes. Le centre de la péninsule et le nord
     du pays sont occupées par des chaînes de
     montagnes, les Apennins, la face interne de
     l'arc alpin et aussi la chaîne de montagne
     Chiquatré. Ces régions sont impropres à des
     activités économiques importantes, mis à part
     les sports d'hiver; toutefois ces zones sont un
     réservoir d'eau très important et donc un grand                                   Carte de l'Italie
     fournisseur d'hydroélectricité. Pour faciliter les
     liaisons nationales et internationales, les autorités ont fait de gros efforts d'aménagement. 8,000 km d’autoroute ont
     été construits. L'équipement des cols et le percement de grands tunnel comme celui du Mont-Blanc ou du Fréjus
     relient l'Italie au reste de l'Europe.

     Au nord de l'Italie la plaine du Pô est une riche zone agricole. Le méthane présent dans son sous-sol est la seule
     source d'énergie fossile présente en Italie. Les autres plaines sont situées sur le littoral. Longtemps marécageuses,
     elles ont été drainées et amendées pour permettre le développement de l'agriculture et du tourisme.
     La quasi-totalité de l'Italie connaît un climat méditerranéen, avec des nuances. Plus on va vers le sud, plus les étés
     sont longs et secs. Dans le sud des Pouilles et de la Calabre la sècheresse estivale est supérieure à 5 mois. Dans les
Italie                                                                                                                                  9


     Apennins, les hivers sont plus froids. Le nord de l'Italie connaît un climat à nuance continentale avec des hivers
     plutôt froids mais des étés très chauds et des précipitations plus abondantes que dans la péninsule.
     Les fleuves et rivières les plus importants sont : le Pô, le Tanaro, le Tessin, l'Adige, l'Adda, l'Arno, le Tibre, en
     italien Tevere. Les lacs les plus importants sont : le lac Majeur, le lac de Côme, le lac de Garde et le lac d'Orta.


     Subdivisions
     L'administration territoriale de l'Italie se compose de :
     • 20 régions (regioni) : 15 de statut normal et cinq régions autonomes ;
     • 110 provinces (province) : 107 de statut normal et deux provinces autonomes et une province statistique;
     • 8101 communes (comuni).


     Démographie
     En 2008, l'Italie comptait 59,6 millions d'habitants. La densité est de
     198 habitants au km². Longtemps réservoir démographique de l'Europe
     et de l'Amérique, elle est devenue aujourd’hui une terre d'immigration.
     En effet l'indice de fécondité est particulièrement bas depuis de
     nombreuses années. Il était en 2008 de 1,3 enfant par femme. Le taux
     d'accroissement naturel est négatif. Le vieillissement de la population
     commence déjà à grever le budget social (financement des retraites).
     La longévité des Italiens est cependant la plus forte d'Europe et une des      Évolution de la démographie entre 1961 et 2004
                                                                                    (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers
     plus élevées au monde : les hommes y vivent en moyenne 80,4 ans
                                                                                                      d'habitants.
     tandis que les femmes vivent 85,3 ans[6] .

     Le nombre d'étrangers résidant sur le territoire italien était de 1,25 million au début du XXIe siècle. En 2008, il
     semble désormais approcher les 2,5 millions, principalement des ressortissants d'Europe de l’Est (Roumanie,
     Ukraine, Albanie surtout) et du Maghreb. Les citoyens étrangers résidant en Italie au 1er janvier 2008 sont évalués à
     2432651 par l'ISTAT (oct. 2009). Ils ont augmenté de 493729 en une année (+ 16,8 %). Il s'agit de la plus forte
     augmentation jamais enregistrée en Italie, essentiellement due aux Roumains (+283078). La longueur des côtes, la
     proximité du Sud du bassin méditerranéen et de pays en voie de développement, comme l'Albanie, font de l'Italie, à
     l'instar de l'Espagne, un important lieu de transit pour les filières de l'immigration clandestine.

     La répartition de la population est largement dictée par les contraintes naturelles. Les montagnes et les régions très
     sèches du sud de l'Italie connaissent des densités assez faibles alors que les plaines littorales, et l'industrieuse plaine
     du Pô, supportent de très fortes densités. 67 % de la population est urbaine. Le réseau urbain est dense en Italie du
     Nord et centrale, où l'on trouve la capitale économique du pays, Milan, et des grandes villes industrielles comme
     Gênes ou Turin. L’Italie possède un grand nombre de villes comptant entre 100000 et 500000 habitants[7] .


     Économie
     L'Italie est membre du G8, les huit pays les plus industrialisés. Elle est la 6e puissance économique du monde en
     2009[8] et le premier exportateur mondial de produits de luxes. L'économie italienne a des dimensions européennes :
     produits agricoles de renommée internationale (huile, vinaigre balsamique, fromages, pâtes…), produits industriels
     (voitures, vêtements (2e rang mondial), services (tourisme : avec 43 millions de touristes l’Italie se classe 5e dans les
     destinations mondiales les plus convoitées). L’Italie est la quatrième puissance européenne, son produit brut étant de
     1.758 milliards de dollars (USD).
Italie                                                                                                                            10


     Les régions du nord, notamment la Lombardie
     et le Vénétie, ont un des PIB par habitant les
     plus élevés de l'union européenne (31180
     dollars/habitant en 2004) et comparable à celui
     d'Île-de-France ou de la région de Londres. En
     revanche les régions méridionales accusent
     toujours un retard économique notable par
     rapport aux régions du nord. Le taux de
     chômage en 2007 était de 5,6 %[10] mais varie
     selon les régions, notamment entre le nord (3%)
     le centre (6%) et le sud (15%) du pays.

     L'Italie a une longue tradition de fabrication de
     qualité et de dynamisme commercial. Encore
     aujourd'hui, son économie est tirée par le
     dynamisme entrepreneurial, que ce soit grâce
     aux grands groupes industriels comme Fiat (qui
     connaît aujourd'hui un renouveau), Olivetti,
     Finmeccanica, AnsaldoBreda, Saipem ou
     Benetton, à des sociétés d'État aujourd’hui
     largement privatisées comme l'Eni, ENEL et à
     l'existence d'un dense réseau de PME constitué
     de sous-traitants ou de petites structures
                                                                                                                          [9]
     tournées vers l'excellence, la qualité, le design         PIB par habitant (l'indice 100 étant la moyenne de l'Europe )
     et constituant la force d'exportation de
     l'économie italienne. Les grands noms du luxes italien comme Ferrari, Maserati dans l'automobile, Gucci,
     Dolce&Gabbana, Armani dans la mode et Ferretti dans le yachting font de l'Italie une référence mondiale dans le
     domaine de l'élégance et design. Parallèlement, il existe une économie souterraine surtout présente dans le sud de
     l'Italie. Le travail au noir représenterait 20 % du PIB.

     Les grandes organisations criminelles comme la mafia sicilienne, la camorra napolitaine et la Ndrangheta calabraise
     pratiquent l'extorsion de fonds, le trafic de stupéfiants, de cigarettes, d'armes, les paris clandestins et l'usure. Selon
     certaines estimations, 80 % des entreprises siciliennes subissent le racket de la mafia. Ceci pèse sur l'économie du
     Mezzogiorno (le sud de la péninsule). Les investisseurs italiens ou internationaux hésitent en effet à s'installer dans
     cette zone. Néanmoins les commerçants de Palerme ont décidé de se rebeller contre les pratiques d'extorsions. Ces
     organisations, pour blanchir l'argent sale, ont tendance à investir dans des activités économiques légales dans les
     régions riches du nord et du centre de l'Italie ou à l'étranger (notamment en Suisse et en Allemagne), mais l'emprise
     mafieuse qui s'exerce notamment à travers le racket n'existe véritablement que dans les régions d'où sont originaires
     les clans, c'est-à-dire à Naples, en Calabre et en Sicile.
     De ce fait, la plupart des entreprises ainsi que les réseaux de PME dynamiques sont implantés dans centre et le nord
     ou dans les régions méridionales qui échappent à l'emprise de la mafia comme la Basilicate ou la Sardaigne. Le
     triangle industriel Milan-Gênes-Turin fait partie de la mégalopole européenne. Il en représente la partie sud. Avec
     l’Émilie-Romagne et la Vénétie, il compose le cœur industriel de l’Italie, fortement ancré vers l’Europe et les
     exportations. On y trouve des industries puissantes comme Fiat et l’Eni mais aussi des PME dynamiques. Les PME
     de la troisième Italie sont elles aussi fortement tournées vers l’exportation. Cette partie de l'Italie est beaucoup plus
     riche que le Sud et ne compte que 2 % de chômage alors que le sud atteint les 15 %. Entre les deux, il existe une
     région que les géographes ont appelé la troisième Italie. Elle base son développement économique sur des réseaux de
     PME dynamiques dans des secteurs diversifiés comme le textile, le cuir, les industries métalliques et mécaniques.
Italie                                                                                                                           11


     Signalons que l'Italie est le 2ème fabricant et exportateur de machines-outils après l'Allemagne. Ce pays est le 1er
     partenaire économique de l'Italie, le suivant étant la France. Concernant les échanges commerciaux, 60 % sont
     effectués en Europe. L'Italie dispose de très bonnes infrastructures de communication vers l'Europe (lignes
     ferroviaires, autoroutes, cols aménagés) ainsi qu'une ouverture sur l'Europe Centrale et de l'Est grâce à la Slovénie et
     l'Autriche. Enfin, ne serait la très lourde facture énergétique du pays qui importe la majorité de l'énergie dont il a
     besoin, la balance commerciale serait largement excédentaire.
     Le tourisme constitue également une activité motrice de l'économie: l'Italie, troisième pays touristique d'Europe
     derrière la France et l'Espagne, accueille 52 millions de touristes par an dans les Alpes, sur les littoraux et dans ses
     villes d'art comme Venise, Florence, Naples et Rome. La présence de ruines antiques fait également beaucoup dans
     la réputation touristique du pays; l'Italie développe également depuis quelques années un tourisme
     oeno-gastronomique (appelé agri-tourisme).
     On compte près de 2 millions d'exploitations agricoles en Italie. Elles sont spécialisées dans la culture des produits
     traditionnels dans le monde méditerranéen, c'est-à-dire la vigne, le blé, l'olivier, les fruits et légumes et les agrumes
     (notamment la bergamote à Reggio Calabria) et les produits laitiers.
     L'allègement des prélèvements obligatoires, l'assouplissement du marché du travail, la réforme du système de
     retraites, avancent lentement du fait de l'opposition des syndicats qui craignent une précarisation des conditions de
     travail des employés et un appauvrissement des futurs retraités. Le nouveau gouvernement de Silvio Berlusconi
     dispose de plus de latitude pour engager ces transformations car il ne repose pas sur une coalition trop hétéroclite.
     Toutefois, l'Italie ayant une situation financière (dette publique) délicate, ses marges de manœuvres sont
     extrêmement réduites.


     Régions économiques
     On peut diviser l'Italie en quatre grandes régions économiquement
     distinctes :
     • Le Nord-Ouest, le "Triangle économique", qui appartient au cœur
       économique de l'Europe et occupe le sud de la mégalopole
       européenne. La région concentre les principales activités lourdes
       ainsi que les sièges d'entreprise et s'organise autour des 3 grandes
       villes:
                                                                                                 Colisée à Rome
         • Milan, métropole industrielle et tertiaire, capitale financière du
           pays ;
         • Turin, construction automobile, banque-finance-assurance ;
         • Gênes, 1er port d'Italie et second de la Méditerranée après
           Marseille, associant dans la région construction navale et
           tourisme haut-de-gamme.
     • Le Nord-Est, correspond à la région des PME-PMI, où leur
       concentration est la plus forte d'Europe. Le tissu urbain est composé
       de villes moyennes telles que: Vérone, Padoue, Venise-Mestre,
       Trieste, Modène, Bologne. 2 ports d'importance (Venise et Trieste)
                                                                                                  Dôme de Milan
       concentrent les activités d'industrie lourde et de construction navale
       (chantiers Fincantieri) et offrent un débouché pour les industries locales, s'ajoutant à la proximité des pays de
       l'Europe Centrale (qui connaissent un fort développement depuis peu).
Italie                                                                                                        12


     • L'Italie du centre ou troisième Italie est une région dynamique de
       l'Europe grâce à des PME innovantes à structures familiales et de
       puissantes coopératives. Le réseau urbain est également composé de
       villes moyennes qui conjuguent patrimoine historique et zones
       d'activités industrielles et artisanales (tissus, automobile, haute
       couture, ...). On note la forte influence de Bologne et la
       prééminence du pôle florentin associé au port de Livourne ainsi que
       de la Riviera adriatique.
     • L'Italie du Sud, (ou Mezzogiorno), qui était la région la plus riche et
                                                                                 Mole Antonelliana de Turin
       développée d’Italie au moment de l’unification, a été fortement
       pénalisée par les choix politique menée par l’État unitaire, c'est
       aujourd'hui un espace plus rural et plus pauvre. Il a bénéficié des
       aides de l'État et de l'Union européenne pour financer un réseau
       routier performant et installer des complexes industrialo-portuaires,
       qui se sont souvent révélés être des cathédrales dans le désert. Le
       Molise et les Abruzzes, qui ne subissent pas la mainmise de la mafia
       ou de la camorra, ont connu une croissance plus forte que le
       sud-ouest de l'Italie. Les Pouilles est une région également
       dynamique; c'est la deuxième plaine d'Italie, elle offre donc une
                                                                                     Dôme de Florence
       activité agricole intense en plus de l'activité touristique. La région
       dispose de ports importants au niveau de Tarente, Bari et Brindisi.




                                                                                        Tour de Pise
Italie                                                                         13




         San Francesco di Paola Naples




          Castel del monte de Andria




                    Venise




                                               Region              Chef-lieu

                                                                  Aoste
                                         Vallée d'Aoste*

                                         Piémont                  Turin

                                         Ligurie                  Gênes

                                         Lombardie                Milan

                                         Trentin-Haut-Adige*      Trente

                                         Vénétie                  Venise

                                         Frioul-Vénétie julienne* Trieste
                                                                  Bologne
                                         Émilie-Romagne

                                         Toscane                  Florence

                                         Ombrie                   Pérouse
Italie                                                                                                                        14


                                                                                   Ancône
                                                          Marches

                                                          Latium                   Rome

                                                          Abruzzes                 L'Aquila

                                                          Molise                   Campobasso

                                                          Campanie                 Naples

                                                     Pouilles                      Bari

                                                     Basilicate                    Potenza

                                                                                   Catanzaro
                                                          Calabre

                                                          Sicile*                  Palerme

                                                          Sardaigne*               Cagliari



                                 N°          Ville         Agglomération urbaine Aire urbaine         Superf.
                                                                                                      (in km²)

                                 1    Milano                           4.500.000          7.000.000 12.000 km2

                                 2    Roma                             3.800.000          4.340.000   3.089 km2

                                 3    Napoli                           2.200.000          5.000.000   2.300 km2

                                 4    Torino                           1.460.000          1.700.000   1.127 km2

                                 5    Palermo                            860.000          1.040.000   1.391 km2

                                 6    Genova                             745.000          1.400.000   4.200 km2

                                 7    Bari                               620.000          1.000.000   2.270 km2

                                 8    Firenze                            600.000          1.500.000   4.844 km2

                                 9    Bologna                            580.000            980.000   3.703 km2

                                 10 Catania                              580.000            760.000    939 km2

                                 11 Cagliari                             370.000            470.000   1.800 km2

                                 12 Venezia                              360.000          3.270.000   6.680 km2

                                 13 Messina                              250.000            480.000   1.135 km2

                                 14 Reggio Calabria                      240.000            380.000   1.165 km2

                                 15 Trieste                              220.000            240.000    212 km2



     Transports
     L’Italie est située au Centre du bassin méditerranéen. Sa position géographique centrale a permis à ses cités de jouer
     un rôle majeur dans le commerce entre l’Orient et l’Occident au Moyen Age. Aujourd’hui la Méditerranée est
     traversée par des routes maritimes mondiales via le Canal de Suez. Le port de Gioia Tauro est devenu le premier port
     de conteneurs de la Méditerranée bien que mal déservi et ne disposant pas de plateforme logistique adéquate; il reste
     donc un port de transbordement. L’Italie cherche à renforcer ses liaisons avec l’UE: l’aéroport international de Milan
     Malpensa, achevé en 2001, permet de relier plus facilement le cœur économique de l’Italie au reste du monde,
     intention relayée par les projets ferroviaires Berlin-Palerme et Lyon Turin Budapest qui accentueront le rôle central
Italie                                                                                                                                15


     de l’Italie du Nord. On note aussi un réseau de ports très efficace, aussi bien dans le trafic de marchandises que dans
     le trafic de passagers/touristes. Malgré un arc alpin très marquant, les flux économiques entre le nord de l’Europe et
     l’Italie ne sont pas limités grâce aux bonnes relations entretenues avec ses voisins et les nombreuses coopérations.
     Le pays compte en tout 29 aéroports internationaux, les plus grands étant Leonardo da Vinci (Fiumicino) à Rome (35
     millions de passagers) et Malpensa à Milan (23 millions de passagers). Milan possède 3 aéroports (Malpensa, Linate
     et Orio Al Serio), ce qui en fait la première plaque tournante du trafic avec 38 millions de passagers.
     Il y a 7000 km d'autoroute parcourant le pays du nord au sud (y compris la Sicile et la Sardaigne). La plupart de ces
     autoroutes sont payantes, sauf, par exemple, l'autoroute A3 reliant Naples à Reggio Di Calabria. La première
     autoroute mise en service au monde fût celle reliant Milan à Varese et ne comptait qu'une seule voie dans chaque
     sens. Inaugurée en 1927 par Mussolini, elle est toujours en fonction en 2008 et élargie à 3 voies. À cela s'ajoute un
     réseau de superstrada, route nationale (SS : Strade Statale) à 4 voies, qui connecte les régions périphériques aux
     grands axes. Le réseau est toutefois surchargé et de nombreux projets de réhabilitations des plus anciennes
     autoroutes sont stoppés faute de budget.
     Le TAV (Treno Alta Velocità), équivalent du TGV, est composé de deux axes principaux : l'axe
     Turin-Milan-Verone-Venise et l'axe Milan-Florence-Rome-Naples. À cela s'ajoutera l'axe Milan-Gênes et
     Naples-Bari. Actuellement le réseau de TAV compte 1243 km de ligne. L'ensemble du réseau ferroviaire est de
     18'376 km.


     Culture

     Langues
     L’unité nationale italienne a été tardive et s’est opérée sur fond d’une réelle diversité culturelle et linguistique, qui est
     encore très sensible aujourd’hui. L’italien doit composer avec les langues et dialectes locaux : en 2002, si 6,7 % de la
     population, tous contextes confondus, utilise exclusivement le dialecte, le taux des dialectophones monte à 52 % si
     on englobe ceux qui l’utilisent en alternative avec l’italien. De plus, assez peu d'italiens maîtrisaient la langue
     italienne il y a encore 50 ans. A propos du problème d'illettrisme en Italie, Victor Hugo a d'ailleurs dit : "[...] l'Italie,
     dont aucun homme qui pense ne peut plus prononcer le nom qu'avec une inexprimable douleur filiale, l'Italie, cette
     mère des génies et des nations, qui a répandu sur l'univers toutes les plus éblouissantes merveilles de la poésie et des
     arts, l'Italie, qui a appris à lire au genre humain, l'Italie aujourd'hui ne sait pas lire !"[11] . Douze langues minoritaires
     sont reconnues par la Constitution: frioulan(ou ladin oriental), ladin dolomitique(ou ladin occidental), allemand,
     slovène, occitan, français, francoprovençal(ou arpitan), albanais, grec, sarde, catalan et croate.


     Fêtes

                                                           Fêtes et jours fériés
                     Date               Nom français                                 Nom local              Remarques

                               Jour de l'an                 Capodanno
                 1er janvier

                 6 janvier     Épiphanie                    Epifania (pop. Befana)

                 Mobile        Pâques                       Pasqua

                 Mobile        Lundi de Pâques              Lunedì dell'Angelo ou Lunedì di Pasqua (pop.
                                                            Pasquetta)

                 25 avril      Anniversaire de la Libération Anniversario della Liberazione                 1945

                               Fête du Travail              Festa dei lavoratori
                 1er mai

                 2 juin        Fête de la République        Festa della Repubblica                          1946
Italie                                                                                                                          16


                 15 août       Assomption              Assunzione (pop. Ferragosto)

                 1er novembre Toussaint                Tutti i Santi ou Ognissanti

                 8 décembre    Immaculée Conception    Immacolata Concezione

                 25 décembre Noël                      Natale

                 26 décembre Saint-Étienne             Santo Stefano


     Un décret de 1985 fixe les fêtes religieuses (catholiques), en application de l'accord concordataire (art. 6) signé à
     Rome le 18 février 1984 entre la République italienne et le Saint-Siège, ratifié par la loi n° 121 du 25 mars 1985 :
     •   tous les dimanches ;
     •   le 1er janvier, Maria Santissima Madre di Dio (Marie très sainte, mère de Dieu) ;
     •   le 6 janvier, Epifania del Signore (Épiphanie du Seigneur);
     •   le 15 août, Assunzione della Beata Vergine Maria (Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie) ;
     •   le 1er novembre, tutti i Santi (Toussaint) ;
     •   le 8 décembre, Immacolata Concezione della Beata Vergine Maria (Immaculée Conception) ;
     •   le 25 décembre, Natale del Signore (Noël du Seigneur) ;
     •   le 29 juin, SS. Pietro e Paolo (Saints Pierre et Paul), pour la commune de Rome.
     La plus grande association du culte en Italie est l'Église catholique, suivie de très loin par les Assemblee di Dio, qui
     sont des communautés pentecostales, les témoins de Jéhovah et les musulmans, quand on prend en compte les
     immigrés[12] . Viennent ensuite les juifs et les Valdesi (Vaudois réfugiés en Italie des régions arpitanes).


     Médias
     • Liste des quotidiens italiens


     Codes
     L'Italie a pour codes :
     • I, selon la liste des codes internationaux des plaques minéralogiques ;
     • IT, selon la norme ISO 3166-1 (liste des codes pays), code alpha-2 ;
     •   IT, selon la liste des codes pays utilisés par l'OTAN, code alpha-2 ;
     •   .it, selon la liste des Internet TLD (Top level domain) ;
     •   ITA, selon la norme ISO 3166-1 alpha-3 (liste des codes pays) ;
     •   ITA, selon la liste des codes pays du CIO ;
     •   ITA, selon la liste des codes pays utilisés par l'OTAN, code alpha-3.


     Voir aussi

     Articles connexes
     •   Chronologie de Rome
     •   Constitution italienne
     •   Drapeau de l'Italie
     •   Liste des présidents de l'Italie
     •   Listes des monarques italiens
     •   Liste du patrimoine mondial en Europe
     •   Universités italiennes
     •   Gentilés d'Italie
     •   Plaque d'immatriculation italienne
Italie                                                                                                                                                         17


     •     Régions d'Italie
     •     Population des provinces italiennes
     •     Cuisine italienne
     •     Vins italiens
     •     Liste de fromages italiens
     •     Ferrovie dello Stato
     •     Irrédentisme italien en Corse
     •     Armée italienne
     •     (it) Wikipedia en italien


     Liens externes
     •     (it) Site officiel du gouvernement italien [13]
     •     (it) Portail de l'administration italienne [14]
     •     (it) PhotoGallery [15]
     •     (fr) Faits et chiffres sur l'Italie [16]
     •     (fr)Cartes d'Italie [17]
     •     (en) (de) (ja) (it) Italia.it [18] - Site officiel sur le tourisme en Italie


     Références
     [1]   ISTAT, 01 janvier 2008
     [2]   PIB à parité de pouvoir d'achat, d'après le Fonds monétaire international (FMI).
     [3]   PIB nominal, d'après le Fonds monétaire international (FMI).
     [4]   Histoire-fr.com ;(1-b) (http:/ / www. histoire-fr. com/ rome_bas_empire_1. htm)
     [5] (it) site sur l'histoire de l'Italie (http:/ / cronologia. leonardo. it/ storia/ a1861m. htm)
     [6] Les Italiennes sont dépassées très légèrement par les Françaises, avec 85,4 ans, mais la moyenne globale est nettement favorable aux Italiens,
         tous sexes confondus. The Lancet, 18 novembre 2008.
     [7] Sous la direction de J.-P. Matthieu, Géographie 1re, Nathan, 2003
     [8] Le classement PIB des pays du monde en 2005 (http:/ / www. pays-monde. fr/ classement-pays-pib-riches-mondial-economique_2. html)
     [9] Les Échos du 11 avril 2008
     [10] (it)Italia: il tasso di disoccupazione al 5,6%
     [11] (http:/ / www. lag. ensieg. inpg. fr/ canudas/ discurVictor Hugo_Education. htm) Discours de Victor Hugo sur le projet de loi Falloux - 1850
     [12] Panorama des religions en Italie (http:/ / religion. info/ french/ entretiens/ article_284. shtml) - Entretien avec Massimo Introvigne sur le site
         Religioscope
     [13] http:/ / www. palazzochigi. it
     [14] http:/ / www. italia. gov. it/
     [15] http:/ / it. wikipedia. org/ wiki/ Italia/ Galleria_immagini
     [16] http:/ / www. statbel. fgov. be/ port/ cou_eu_fr. asp#IT
     [17] http:/ / www. lexilogos. com/ italie_carte. htm
     [18] http:/ / www. italia. it/
Fascisme                                                                                                                        18



    Fascisme
                                                       Cet article fait partie
                                                    de la série sur le fascisme.




                                                     sous-série sur la politique

                                                     Types et formes dérivées
                                                           Intégralisme
                                                         Austrofascisme
                                                            En France
                                                            En Croatie
                                                           Garde de fer
                                                          Phalangisme
                                                             Nazisme
                                                             Rexisme

                                                          Dans l'Histoire
                                                     Histoire de l'Italie fasciste
                                                               Fascio
                                                         Marche sur Rome
                                                    République sociale italienne

                                                         Sujets connexes
                                                            Adolf Hitler
                                                           Corporatisme
                                                        Parti fasciste russe
                                                         Benito Mussolini
                                                       National-syndicalisme
                                                       National-anarchisme
                                                       National-bolchevisme
                                                           Néofascisme
                                                            Néonazisme

                                                                                   [1]


    Le fascisme (en italien fascismo) est un mouvement politique d'origine italienne apparu en 1919. Ce terme, très
    utilisé, a par la suite pris un sens beaucoup plus large. Le terme même vient du mot « fascio » (« faisceau »)
    désignant le rassemblement des fusils au repos ou l'attribut du licteur dans la Rome antique[2] . Il est nécessaire de
    cerner ses différents niveaux d'acception.
    Au sens strict, le terme désigne le mouvement politique fondé par Benito Mussolini, ainsi que le régime qui était en
    vigueur sous la monarchie italienne quand Mussolini était au pouvoir, de 1922 à 1945. Adversaire de la démocratie,
    du parlementarisme, de l'individualisme, de la société libérale héritée du 19ème siècle, du capitalisme et de la liberté
    économique[3] [4] , du socialisme[5] et du marxisme, le fascisme mussolinien est autoritaire, nationaliste, a recourt à
    la violence et ne croit pas en l'égalité des hommes. Ce sens strict est notamment utilisé par les historiens de l'Italie.
Fascisme                                                                                                                             19


    Au sens large, le terme fascisme a pris un sens générique. Il s'est étendu à tout mouvement politique s'appuyant sur
    un pouvoir fort, les métiers organisés en corporations, l'exaltation du sentiment nationaliste, le rejet des institutions
    démocratiques et libérales, la répression de l'opposition et un contrôle politique extensif de la société civile. Le
    nazisme s'est en partie inspiré du fascisme.
    Dans son acception la plus large, le terme est employé pour disqualifier l'ennemi politique. Cette acception a été
    employée par les Soviétiques durant la guerre froide, dans le cadre de la « tactique du salami »[6] . Dans la discussion
    politique contemporaine, le terme fasciste continue d'être employé comme une injure. Cependant, le fascisme est
    encore revendiqué par certaines mouvances d'extrême droite (les néofascistes).


    Idéologie
    Le mot vient de l'italien « fascio » (« faisceau »), (emblème de l'autorité romaine) repris vers 1919 par les milices
    squadristes de Mussolini, qui avaient initialement groupé des anciens combattants déçus et épris d'ordre.
    Il se définit lui-même comme « totalitaire », et peut se résumer par une formule de Mussolini : « Tout par l'État, rien
    hors de l'État, rien contre l'État! ».
    Au sens le plus strict, il désigne donc le régime de Benito Mussolini. Si historiquement, le nazisme apparaît proche
    du fascisme, bien d'autres régimes politiques ont été qualifiés, à tort, de fascistes par leurs opposants, comme
    l'Égypte nassérienne, le régime des Talibans, le stalinisme, le péronisme, etc. Dans le débat politique contemporain,
    les adhérents à certaines idéologies politiques tendent à associer le fascisme avec leurs ennemis, ou le définissent
    comme étant l'opposé de leurs propres visions politiques.
    En son sens large, le fascisme se définit comme une réaction aux valeurs de l'humanisme démocratique du Siècle des
    Lumières. Issu des frustrations engendrées par ce nouveau modèle de société, le fascisme rejette les droits de
    l'homme, le communisme, l'anarchisme, les libertés individuelles et le libéralisme. Mussolini, dans La Doctrine
    politique et sociale du fascisme, en 1933, affirme : « Le fait est que le XIXe siècle était le siècle du socialisme, du
    libéralisme, de la démocratie, ceci ne signifie pas que le XXe siècle doit aussi être le siècle du socialisme, du
    libéralisme, de la démocratie. Les doctrines politiques passent ; les nations restent. Nous sommes libres de croire que
    ceci est le siècle de l'autorité, un siècle tendant vers la “droite”, un siècle fasciste. Si le XIXe siècle était le siècle de
    l'individualisme (le libéralisme implique l'individualisme) nous sommes libres de croire que ceci est le siècle
    “collectif”, et ainsi le siècle de l'État[réf. souhaitée]. »
    Les origines du fascisme font l'objet d'un débat parfois âpre parmi les historiens. Pour Zeev Sternhell et ses partisans,
    l'idéologie fasciste a principalement été forgée en France, entre les années 1880 et 1914, par conjonction entre une
    radicalisation antidémocratique de certains mouvements d'extrême gauche (notamment le syndicalisme
    révolutionnaire) avec une nouvelle droite nationaliste, formant la « droite révolutionnaire », dont est issue le
    fascisme[7] . Pour des auteurs comme Pierre Milza, la Première Guerre mondiale est tout à fait essentielle dans la
    formation de l'idéologie fasciste, encore qu'il ait nuancé son point de vue en reconnaissant que Sternhell avait
    partiellement raison en soulignant la parenté entre certains idéologues français d'avant 1914 et les théoriciens du
    fascisme. Pour Robert O. Paxton, le Ku Klux Klan (KKK) constitue la première forme de mouvement fasciste, ou
    protofasciste[8] , et il rejoint en partie Sternhell sur les origines françaises de l'idéologie.
    Pour l'historien américain, le fascisme se développe selon cinq phases. Premièrement, des publicistes dissidents,
    extrémistes de droite méprisant la modération des conservateurs, et anciens extrémistes de gauche reniant la
    démocratie, forment une critique commune du libéralisme politique, au nom d'une synthèse nationale et sociale.
    L'idéologie se forme ainsi dans des pays de vieille tradition démocratique, comme la France, et, paradoxalement, un
    pays où naît l'idéologie fasciste a peu de chance de voir arriver rapidement un parti fasciste au pouvoir.
    Deuxièmement, ces mouvements, jusque-là marginaux, prennent de l'importance, car ils apparaissent, aux yeux des
    grands industriels et des grands propriétaires terriens, comme le seul moyen de rétablir l'ordre, notamment contre
    l'agitation communiste. À ce moment, le fascisme abandonne ses revendications sociales avancées pour un
    libéralisme économique strict. Troisièmement, le parti fasciste accède au pouvoir. Quatrièmement, le pouvoir
Fascisme                                                                                                                            20


    fasciste se consolide. La cinquième et dernière phase, de radicalisation, n'a été pleinement accomplie que par le
    nazisme, avec la Shoah et la création d'espaces où l'État protecteur disparaît absolument : les camps de
    concentration, et plus encore les camps d'extermination[8] . De nombreux spécialistes[réf. nécessaire] affirment que le
    nazisme est à l'opposé du fascisme, le fascisme ayant pour objectif de créer un État fort, alors que le nazisme a pour
    but de détruire l'État (justice, armée, police, etc.) et faire détenir les domaines régaliens par le parti et ses dirigeants.
    Le Ku Klux Klan serait encore une forme différente.
    Son modèle social est davantage centré sur la nation que sur les individus qui la composent. Il cherche à créer un
    groupe uni et solidaire, qui ait une identité forte. Pour cela, il faut que cette collectivité partage une histoire et un
    destin communs et qu'elle se construise sur la volonté de perpétuer son ciment culturel. Il est donc primordial pour
    les fascistes de préserver l'homogénéité (ethnique, religieuse ou de classe) de cette collectivité nationale.
    Un autre point caractéristique du fascisme est la prégnance de la hiérarchie sociale : le groupe doit être mené par un
    chef, surnommé en Italie le Duce (« le Guide »), dont l'autorité ne saurait être remise en question. Excluant tout
    contre-pouvoir, le fascisme est un système qui se veut totalitaire. Il s'est appuyé sur des groupes de choc, les
    Chemises noires, qui ont été complètement militarisées après la prise du pouvoir. À la différence d'autres
    totalitarismes, le fascisme a cherché cependant à obtenir l'adhésion populaire plutôt que de recourir à des méthodes
    coercitives. Utilisant des techniques comme la démagogie et le populisme, il lui est arrivé d'obtenir un fort soutien
    populaire et même de maintenir certaines formes démocratiques, comme le suffrage universel (pendant deux années).
    Tout comme le Führer, Mussolini a été « invité » au pouvoir par l'assentiment des autorités de l'époque avec la
    célèbre Marche sur Rome.
    Il s'agit pour cela de mobiliser des valeurs comme le patriotisme, les idéaux de « rénovation » nationale et de pureté.
    Croire, obéir, combattre deviennent des valeurs, analyser et critiquer de l'insubordination. Il est donc nécessaire de
    faire naître un sentiment d'urgence, de désigner un ennemi commun cherchant à détruire le collectif et contre lequel
    le groupe tout entier doit se mobiliser.
    Cette mobilisation permet de réprimer sévèrement toute contestation sans perdre la caution populaire. Il suffit de
    désigner l'homme à abattre comme « ennemi », « traître », « sous-homme ». Mais le fascisme italien n'a pas pratiqué
    les massacres de masse de type hitlérien.
    Le fascisme, à la différence du nazisme, n'était pas raciste à l'origine. Il a adopté une législation raciste à partir de
    1935 (interdiction des mariages entre colons et Africaines) et antisémite à partir de 1938, dans un contexte d'alliance
    avec l'Allemagne d'Hitler. Encore ces lois d'exclusion étaient-elles moins dures et comportaient-elles beaucoup plus
    de dérogations que les lois antisémites d'Hitler et de Pétain.


    Origines du fascisme italien
    Le fascisme est d'abord le nom que le mouvement et le régime de Mussolini se sont donnés. Le terme provient de la
    fondation après la Première Guerre mondiale, par Mussolini, d'un mouvement appelé Fasci italiani di combattimento
    (« faisceaux italiens de combat »), ce qui donnera les expressions « fasciste » et « fascisme ». Le mot fasci lui-même
    est une référence à la Rome antique (les magistrats romains étaient précédés d'un certain nombre de gardes, les
    licteurs, chargés de ces faisceaux, symboles d'autorité, de violence de la loi[9] .) et aux fascio, mouvements et
    sociétés secrètes des années 1890, composés de paysans révolutionnaires italiens[10] .
    Il naît en tant que mouvement décentralisé en mars 1919, sur les frustrations d'une « victoire mutilée », thème agité
    par les nationalistes en raison de la tournure des négociations lors du Congrès de Versailles, concernant le sort des
    terres irrédentes de Dalmatie, d'Istrie, de Fiume/Rijeka, mais aussi en réaction au communisme en pleine expansion.
    Le fascisme est alors le mouvement exalté, le mouvement d'un pays qui tente de retrouver une puissance perdue, un
    empire perdu, un honneur perdu. Le nationalisme, soutenu par la plupart des artistes de l'époque (Gabriele
    D'Annunzio, les futuristes italiens, tels Marinetti...) va être le fer de lance du fascisme. Le populisme de Benito
    Mussolini et la passivité (due à la pacification des milices des fascios, soutenues par les classes dirigeantes et
    Bonomi, le ministre de la Guerre de Giolitti de 1920 à 1921 [11] ), vont permettre à la dictature de s'installer
Fascisme                                                                                                                        21


    doucement, de la Marche sur Rome du 28 octobre 1922 à l'assassinat de Giacomo Matteotti le 10 juin 1924 qui va
    déboucher sur la déclaration de la dictature et la promulgation des lois fascistissimes en 1926.
    À l'origine, sans réelle idéologie, le fascisme est influencé par les lectures de Mussolini et des opinions politique de
    son père[12] . Ainsi intègre-t-il une version remaniée de concepts tels que l'obéissance entière à l'État d'Hegel, le
    darwinisme social de Joseph Arthur de Gobineau, la vénération du héros de Friedrich Nietzsche et la violence de
    Georges Sorel[12] .


    Frustrations de la guerre
    En 1914, le royaume d'Italie, membre de la Triple-Alliance aux côtés des empires allemand et autrichien, reste
    d'abord hors de la guerre. Le peuple italien, qui vient de vivre de dures luttes sociales, est pacifiste dans son immense
    majorité. Benito Mussolini, réputé très radical, est le rédacteur en chef d’Avanti!, le quotidien du Parti socialiste
    italien.
    Lorsque la guerre s'étend à l'Europe, il engage soudain son journal pour l'entrée en guerre aux côtés de la France.
    Exclu du parti socialiste, entraînant une partie de la fraction anarcho-syndicaliste qui voit dans le conflit le point de
    départ d'une révolution mondiale[13] , il fonde le Popolo d'Italia, avec des subsides des services secrets français et du
    patronat italien. Le Popolo d'Italia milite pour une guerre rédemptrice qui doit régénérer l'Italie. En 1915, après avoir
    signé le Pacte de Londres avec la France et le Royaume-Uni, l'Italie déclare la guerre à l'Autriche. Mais le front des
    Alpes est difficilement tenable, et Venise est menacée (défaite de Caporetto, 1917). Cependant, au prix de
    souffrances inouïes, l'armée italienne remporte la victoire de Vittorio Veneto, qui précipite la défaite et l'éclatement
    de l'Autriche-Hongrie en octobre 1918.
    Aux traités de 1919-1920, l'Italie repousse sa frontière jusqu'aux Alpes du Tyrol, mais la côte dalmate, qu'elle
    considère comme italienne, est donnée à la Serbie pour former un nouvel État, la Yougoslavie. L'opinion italienne
    est déçue : « tous ces sacrifices pour rien » ; c'est la thématique de la « victoire mutilée ». À la tête de volontaires
    armés de toutes tendances politiques, le poète Gabriele D'Annunzio occupe Fiume (Rijeka) et y règne plus d'un an. Il
    y invente un folklore que les fascistes copieront (par exemple le cri de ralliement Eia, Eia Alala !) en même temps
    qu'un certain romantisme utilisé par le futur régime. Dans ce sens, d'Annunzio est un précurseur du fascisme.


    Conflits sociaux d'après-guerre
    En 1920, l'agitation sociale monte d'un cran : les ouvriers occupent les usines et forment des conseils ouvriers afin de
    gérer par eux-mêmes les usines et la distribution. Le 21 janvier 1921, le Parti communiste d'Italie est fondé. Mais les
    organisations ouvrières et les syndicats sont attaqués par des « cogneurs » payés par certains patrons, et le pouvoir en
    place reste complaisant face à cette milice qui combat des "organisations subversives". Les fascistes (squadristes),
    après s'être ligués sous la direction de Mussolini forment eux aussi un parti, le Parti national fasciste, en novembre
    1921. Le mouvement ouvrier italien sera décapité en 1922 malgré la résistance du mouvement des Arditi del Popolo
    telle qu'à Parme, les partis socialiste et communiste n'ayant pas pris la direction des mouvements insurrectionnels.
    L'équipement fasciste comporte une chemise noire (issue de la tenue des troupes de choc de l'armée italienne créées
    en 1917 : les Arditi), divers types de matraques, dont un gourdin appelé manganello, et un purgatif puissant, l'huile
    de ricin, qu'ils font avaler de force à certains de leurs adversaires. Bientôt, les fascistes tiennent le haut du pavé et
    Mussolini les groupe en un parti, avec une idéologie musclée, qui profite de l'échec de la gauche et de la peur de la
    droite.
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    Le régime fasciste italien : politique et société
    En 1922, le parti national fasciste a 35 députés au Parlement, et plus de 700000 membres.
    Après avoir chassé les organisations de gauche des villes du nord de la péninsule, les milices fascistes menacent de
    lancer une marche sur Rome. À peine celle-ci débute-t-elle que le roi Victor-Emmanuel III nomme Mussolini
    président du conseil. Mussolini respecte d'abord le jeu démocratique, en étant à la tête d'une large coalition allant
    jusqu'au centre droit. Mais en mai 1924, le chef de file du parti socialiste italien Giacomo Matteotti, par ailleurs
    député, dénonce les élections législatives, remportées avec succès par le parti fasciste en partie à la suite d'une
    modification des modalités de scrutin, et réclame leur annulation : il est assassiné le 10 juin, assassinat qui sera
    revendiqué par Mussolini dans un discours devant le Parlement le 3 janvier 1925. Pour couper court à toute agitation,
    Mussolini instaure un régime d'exception : les lois fascistissimes (1926) ; les autres partis politiques sont interdits,
    leurs députés sont déchus, la presse est censurée, une police secrète, l'OVRA (organisation de vigilance et répression
    de l'antifascisme), est instaurée ainsi qu'un fichier de suspects politiques et un « Tribunal spécial ».
    Vers 1929, la dictature du parti fasciste imbibe toute la société (seule la vie culturelle reste relativement libre, à
    condition de ne pas critiquer le régime). Des milliers de démocrates s'exilent pour échapper à la prison ou à la
    déportation sur des îles. Le pape Pie XI signe les accords du Latran avec l'État fasciste italien qui lui concèdera
    l'existence de l'État du Vatican.
    Mussolini résume le fascisme en décembre 1925 par la formule : « Tout dans l'État, rien hors de l'État, rien contre
    l'État ».
    L'idéologie fasciste est fondée sur :
    • Le nationalisme et l'impérialisme (restaurer l'Empire romain) : le régime construit des stades avec portiques, des
      statues colossales, avec des faisceaux partout. L'Italie, outre sa colonie (la Libye), doit contrôler la Méditerranée :
      elle revendique la Corse, l'Albanie, la Dalmatie, la Savoie, Nice, fait la guerre en Espagne, en Grèce, en Égypte…
    • Le culte du chef : Mussolini est Duce (« guide »). Son image monopolise l'attention des Italiens, dans des postures
      qui le montrent soit soucieux du peuple, soit très courageux : en train de moissonner, de parader, de rejoindre des
      lions en cage, etc. Quelques slogans : Credere, obbedire, combattere (« Croire, obéir, combattre » ; pour les
      fascistes, l'homme ne doit pas trop réfléchir, il ne se réalise que par la guerre), Il Duce ha sempre ragione (« Le
      Duce a toujours raison »).
    • L'encadrement de la population.
    • Le haut centralisme de l'État : le parlement n'a qu'un rôle mineur après 1928, puisque choisi par le Grand Conseil
      du fascisme, véritable pouvoir.
    • L'embrigadement des masses : dès la maternelle, les Balilla (ou Fils de la louve) défilent en uniforme noir, saluent
      à la romaine, assistent aux manifestations du régime, s'entraînent avec des fusils de bois. La force, la violence sont
      exaltées. Les syndicats sont remplacés par des corporations contrôlées par l'état et le patronat. Le droit de grève
      est aboli.
    • La propagande : les emblèmes et slogans fascistes, les chansons de marche, les monuments en béton néo-romains
      fleurissent partout. Le régime fasciste exalte ses grands travaux : le drainage des marais pontins, les premières
      autoroutes. On instaure même une ère fasciste (l'An I = 1922).


    Le régime fasciste italien : économie
    Les fascistes définissent leur conception économique comme une « troisième voie » entre capitalisme et marxisme.
    Leur politique se traduit par une extension considérable du contrôle gouvernemental de l'économie sans toutefois
    d'expropriation massive de la propriété des moyens de production. Le gouvernement nationalise les industries clés,
    contrôle les changes et fait investir massivement l'État. Ils essaient entre autres de créer des corporations puissantes
    qui regroupent plusieurs entreprises d'un même secteur , le tout supervisé par l'état. Les fascistes instituent le
    contrôle des prix, le contrôle des salaires et autres mesures de planisme économique, ils instituent une affectation des
Fascisme                                                                                                                          23


    ressources dominée par la régulation étatique, spécialement dans les secteurs financiers et des matières premières.
    L'économie est mise au service de l'État[14] .
    Le refus du capitalisme et du marxisme se traduit par une politique économique d'abord fluctuante.


    Le programme fasciste révolutionnaire de 1919
    Les faisceaux de combat apparaissent en réaction aux troubles sociaux, notamment ceux de Milan. Le programme
    révolutionnaire du mouvement en 1919 est d'inspiration nationaliste et socialiste dans un mélange particulièrement
    progressiste et confus.
    La défaite aux élections de 1919 amène les groupements les plus à gauche à se retirer des fascios. Avec l'évolution
    du mouvement, nombre des idées du programme seront rejetées.
    Dans un climat social difficile (grèves et agitations) qui fait craindre à la démocratie libérale un soulèvement social
    révolutionnaire comme en Russie (Révolution d'Octobre), en Allemagne (Révolution allemande), et d'autres pays
    dans lequel des troubles révolutionnaires existent, Mussolini annonce en 1921, avant son accession au pouvoir, son
    soutien au libéralisme et au capitalisme :
           « Je suis un libéral. La nouvelle réalité de demain, répétons-le, sera capitaliste. La vraie histoire du capitalisme
           ne commence que maintenant. Le socialisme n'a plus une chance de s'imposer. [...] Il faut abolir l'État
           collectiviste, tel que la guerre nous l'a transmis, par la nécessité des choses, et revenir à l'État manchestérien »
           (Mussolini au Parlement le 21 juin 1921)
    Rocca et Corsini établiront, par la suite, un programme pour le PNF favorable au libéralisme économique «
    manchestérien ».


    La phase libérale de la politique de Mussolini (1921-1925)
    Arrivé au pouvoir, allié à une vaste coalition, le gouvernement de Mussolini, sous l'impulsion du libéral Alberto De
    Stefani, qui succède aux libéraux, poursuit la politique économique libérale du précédent gouvernement :
           « Nous voulons dépouiller l'État de tous ses attributs économiques : assez de l'État cheminot, de l'État postier,
           de l'État assureur » (Benito Mussolini, 1922[15] ).
    Le tournant s'opère dans la deuxième moitié des années 1920 : Alberto De Stefani démissionne en 1925[16] ,
    promulgation des lois fascistissimes en 1926, vote des lois sur le corporatisme en 1927, et en 1929 crise économique
    mondiale[15] .


    Le corporatisme fasciste, mis en place à partir de 1925
    Les fascistes monopolisent petit à petit le pouvoir. Après l'assassinat de Giacomo Matteotti le 10 juin 1924, ils
    établissent une dictature, les lois fascistissimes sont promulguées en 1926 et Mussolini donne au fascisme la célèbre
    formule : « Tout dans l'État, rien hors de l'État et rien contre l'État » ; il désavoue et attaque (dans le sillage de la
    confidustria[réf. nécessaire]), suite à une crise économique, le libéralisme économique. Il exprimera l'idée qu'il en a
    dans La Doctrine du fascisme en 1935 :
           « Le fascisme est absolument opposé aux doctrines du libéralisme, à la fois dans la sphère politique et dans la
           sphère économique.… L'État fasciste veut gouverner dans le domaine économique pas moins que dans les
           autres; cela fait que son action, ressentie à travers le pays de long en large par le moyen de ses institutions
           corporatives, sociales et éducatives, et de toutes les forces de la nation, politiques, économiques et spirituelles,
           organisées dans leurs associations respectives, circule au sein de l'État »
    Mussolini mène alors une politique dirigiste : grands travaux, protectionnisme, stimulation de la consommation,
    constitution de monopoles, encadrement et restriction des droits des ouvriers, bataille du blé.
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    Le corporatisme est institué : un système de guildes qui encadre les relations patrons/ouvriers et salariés afin qu'ils
    planifient l'économie dans l'intérêt général. Le 2 octobre 1925, il Pacte (du palais) Vidoni, signé entre la
    Confindustria et les représentants du régime fasciste abolit les unions catholiques, socialistes dont la CGIL ou
    indépendants les remplaçant par ceux contrôlés par le fascisme [17] . La Confindustria et la Confédération des
    Corporations fascistes se proclament représentants exclusifs des industriels et le monopole syndical fasciste est
    approuvé, un tel pacte comprend deux autres demandes, le règlementation du droit de grève qui sera supprimé le 3
    avril 1926 et l'auto-fascisation de la Confindustria[18] .
    Le régime reçoit son appui des grands industriels, des petits capitalistes, des classes moyennes, des petits
    fonctionnaires, mais aussi des paysans et des ouvriers les plus pauvres (lumpenprolétariat dans la théorie marxiste).
    Dans les années 1930, l'Italie récupère de la Grande Dépression et connaît une croissance économique. Mais elle est
    contrariée par les sanctions internationales suivant l'invasion de l'Éthiopie en octobre 1935, par le support militaire
    coûteux aux nationalistes espagnols et in fine par l'échec de la politique d'autarcie.


    La république de Salò (1943-1945)
    À côté d'une politique totalitaire sanglante et antisémite sous la direction allemande, la République sociale italienne
    (RSI), ou « République de Salò », tente de mettre en œuvre une politique de nationalisation. Choix d'autant plus aisé
    que les élites économiques et culturelles, par conviction ou par opportunisme, prennent de plus en plus leurs
    distances avec le fascisme.


    Expansion pendant l'entre-deux-guerres
    Le fascisme italien va susciter des imitateurs dans plusieurs pays à travers le monde des années 1930 et 1940.
    Plusieurs d'entre eux vont demeurer des mouvements minoritaires, tandis que d'autres, au pouvoir, sont en général
    considéré par les historiens davantage comme autoritaires que comme véritablement fascistes, bien qu'ils puissent
    avoir des inclinations fascistes. Parmi ceux-ci, on peut citer:
    • les mouvements fascistes français (divers mouvements : Solidarité française, Mouvement franciste, Parti
      populaire français, Rassemblement national populaire, LVF, etc.) ;
    • en Belgique (le rexisme, incarné par Léon Degrelle) ;
    • en Grande-Bretagne (la British Union of Fascists créé par sir Oswald Mosley) ;
    • les Oustachis croates d'Ante Pavelić
    • en Autriche (austrofascisme d'Engelbert Dollfuss, au pouvoir de 1932 à 1934)
    • en Espagne (la Phalange espagnole de José Primo de Rivera, qui soutient Franco lors de la guerre civile) ;
    • le régime de Ioánnis Metaxás en Grèce (1936-1941) ;
    • les Chemises vertes d'Eoin O'Duffy, en Irlande ;
    • les Ugunskrusts en Lettonie ;
    • l' Algemeene Nederlandsche Fascisten Bond aux Pays-Bas ;
    • le Camp national-radical en Pologne ;
    • au Portugal (les chemises vertes et l' Estado novo de Salazar) ;
    • en Roumanie (Garde de fer) ;
    • le Parti travailleur national socialiste de Suède fondé en 1933 par Sven Olov Lindholm ;
    • l'Organisation fasciste russe et le Parti fasciste russe, créé en 1931 et présent au Mandchoukouo, l'Etat fantoche
      sous domination japonaise ;
    • au Brésil (l'Action intégraliste brésilienne ou la Legião Cearense do Trabalho)
    • au Chili (le Mouvement national socialiste du Chili, qui tenta un coup d'Etat le 5 septembre 1938);
    • en Argentine, la prétendue Ligue républicaine, proche du poète Leopoldo Lugones
    • les Silver Shirts aux États-Unis (et le gouverneur de Louisiane, Huey Long)
Fascisme                                                                                                                      25


    Le néo-fascisme après 1945
    Après la défaite, une partie des anciens fascistes se sont organisés en opposition légale dans le Mouvement social
    italien, qui se référait explicitement à la mémoire de Mussolini. Ce parti a obtenu des scores électoraux appréciables
    (sans atteindre la majorité), surtout dans les régions pauvres du Sud[19] . Toléré par les gouvernements
    démocrates-chrétiens, qui y voyaient un dérivatif au communisme, il a cependant toujours été exclu des
    combinaisons gouvernementales.
    Dans sa nouvelle formule, l'Alliance nationale de Gianfranco Fini, le parti a abjuré ses anciens principes
    totalitaires[20] , et a pu participer aux gouvernements de Silvio Berlusconi. Un certain nombre des nostalgiques du
    Duce ont quitté le parti pour fonder le Mouvement social - Flamme tricolore. D'autres, comme Alessandra Mussolini,
    sont initialement restés au sein d'AN mais l'ont progressivement quitté. Alliance nationale qui a fini par abandonner
    toutes ses références au fascisme et s'est fondu en 2009 dans le Peuple de la liberté.


    Interprétations
    Voir l'article détaillé Théories du fascisme
    Plusieurs explication divergentes ou opposées ont été données du phénomène fasciste, depuis sa création.


    Interprétation marxiste
    Pour certains marxistes, le fascisme n'est qu'une forme d'expression du régime capitaliste, au même titre que la
    démocratie libérale bourgeoise. Dans cette perspective, le fascisme est l'expression ouverte de la violence du régime
    capitaliste, qui est masquée par les libertés formelles dans sa forme de démocratie libérale.


    L'historien Emilio Gentile
    Emilio Gentile, professeur à Rome, estime que la question du fascisme italien a été "sous-exposée" après 1945 afin
    de reconstruire l'Italie sur le mythe d'une Italie résistante. Il a ensuite été étudié comme la "voie italienne vers le
    totalitarisme." Mais, dans tous les cas, la question des racines italiennes aurait été occultées, empêchant la
    construction d'une Italie réconciliée avec son identité nationale[21] .


    L'historien Ernesto Galli Della Loggia
    Ernesto Galli Della Loggia, professeur d'Histoire à l'université de Milan spécialiste notamment de l'antifascisme,
    estime, contrairement à Emilio Gentile, que l'Histoire du fascisme a été "sur-exposée" car instrumentalisé par
    certains partis issus de la Résistance italienne au fascisme, notamment par le Parti communiste italien, ce qui aurait
    conduit selon lui à une certaines banalisation du fascisme dans la vie politique italienne[21] .


    Voir aussi

    Bibliographie

    Italie
    •   Renzo De Felice, Brève Histoire du fascisme
    •   Renzo De Felice, Les Interprétations du fascisme
    •   Serge Berstein et Pierre Milza, Le Fascisme italien, Seuil, Points Histoire, octobre 1998. ISBN 2020055139
    •   Salvatore Lupo, Le Fascisme italien, Flammarion, mars 2003. ISBN 2082100499
    • Serge Berstein & Pierre Milza, L'Italie contempraine du Risorgimento à la chute du fascisme, Armand Colin, coll.
      U Histoire, octobre 1995. ISBN 2200216904
Fascisme                                                                                                                  26


    France
    • Henri Michel, Les Fascismes,1977.
    • Pierre Milza, Fascisme français, passé et présent, Champs Flammarion, janvier 1991. ISBN 208081236X
    • Yves Guchet, Georges Valois - L'Action Française, le faisceau, la République syndicale, L'Harmattan, octobre
      2001. ISBN 2747512142
    • Michel Winock, Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France, Seuil, Points Histoire, avril 2004. ISBN
      2020655209
    • Michel Winock (dir.), Histoire de l'extrême-droite en France, Seuil, Points Histoire, novembre 1994. ISBN
      2020232006
    • Michel Winock, La Fièvre hexagonale, Seuil, novembre 1987. ISBN 2020285169
    • Philippe Burrin, La Dérive fasciste, Seuil, Point Histoire, mars 2003. ISBN 2020589230
    • Philippe Burrin, Fascisme, nazisme, autoritarisme, Seuil, Point Histoire, octobre 2000. ISBN 2020414821
    • Laurent Joly, Xavier Vallat 1891-1972, Du nationalisme chrétien à l'antisémitisme d'État, Grasset, mars 2001,
      préface de Philippe Burrin. ISBN 2246608317
    • Pascal Ory, Du fascisme, Perrin, janvier 2003. ISBN 2262019800
    • Pascal Ory, Les Collaborateurs, 1940-1945, Seuil, Point Histoire. ISBN 2020054272
    • Robert Paxton, La France de Vichy, Seuil, Point Histoire, janvier 1999. ISBN 2020392100
    • Zeev Sternhell, Ni droite ni gauche, l'idéologie fasciste en France, Complexe Eds, Historiques, septembre 2000.
      ISBN 2870277881
    • Zeev Sternhell, Maurice Barrès et le nationalisme français, La France, entre nationalisme et fascisme, Presses
      De Sciences Po, septembre 2000. ISBN 2724602269
    • Jean-Pierre Rissoan, Traditionalisme et révolution : les poussées d'extrémisme des origines à nos jours. Second
      volume Du fascisme au 21 avril 2002, 2007, 416 pages, ISBN 978-1-4092-7757-6.
    Grèce
    • Dimitris Michalopoulos, « La guerra oscura: origine e fine della campagna bellica della Grecia », Parnassos, vol.
      49, pp. 267-274.

    Généralités
    • Pierre Milza, Les Fascismes, Seuil, Points Histoire, janvier 1991. ISBN 2020128632
    • Pierre Milza, L'Europe en chemise noire, Champs Flammarion, septembre 2004. ISBN 2080800833
    • Christop Spher, Die Aliens sind unter uns! ("Les Envahisseurs sont entre nos rangs") ISBN 3442755484


    Articles connexes
    • Antifascisme
    • Architecture fasciste
    • Fascisme en France (dont Le Faisceau, Parti populaire français (PPF), Rassemblement national populaire (RNP),
      etc.).
    • Ligue d'extrême droite
    • Nazisme | Propagande nazie
    • Résistance en Italie pendant la Seconde Guerre mondiale
    • Irrédentisme italien en Corse
    • Théories du fascisme
    • Zeev Sternhell
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  • 2. Contenu Articles Italie 1 Fascisme 18 Benito Mussolini 28 Grande Dépression 60 Années 1930 69 Allemagne 78 Nazisme 107 Adolf Hitler 118 Russie 180 Joseph Staline 205 Histoire de l'URSS sous Staline 230 Totalitarisme 261 Références Sources et contributeurs de l'article 276 Source des images, licences et contributeurs 279 Licence des articles Licence 286
  • 3. Italie 1 Italie Repubblica italiana (Italia) (it) République italienne (Italie) (fr) (Détails) (Détails) Langue officielle Italien1 Capitale Rome 41°53′N 12°29′E Plus grande ville Rome, Milan et Naples Forme de l’État République  - Président de la République Giorgio Napolitano - Président du Conseil Silvio Berlusconi Superficie Classé 69e  - Totale 301230 km2  - Eau (%) 2,4 Population Classé 23e  - Totale (2009) [1] 60,157,214 hab.  - Densité 199.0 hab./km2 Indépendance 17 mars 1861  - Unification italienne Gentilé Italien, Italienne PIB (PPA) (2008) [2] $1 815 milliards (10e) PIB (nominal) (2008) [3] $2 313 milliards (7e) IDH (2006) 0,951 (très élevé) (18e) Monnaie Euro2 (EUR) Fuseau horaire UTC +1: (CET); Heure d'été: UTC+2: (CEST) Hymne national Fratelli d’Italia Domaine internet .it
  • 4. Italie 2 Indicatif +39 téléphonique 1 Le français est langue officielle en Val d’Aoste, l’allemand et le ladin sont officiels dans le Trentin-Haut-Adige, le slovène est officiel dans les provinces de Trieste et Gorizia. Selon les dispositions de l’article 6 de la Constitution italienne, confirmées par une loi du 15 décembre 1999, la langue et la culture des populations albanaises, catalanes, allemandes, grecques, slovènes et croates ainsi que celles parlant le français, l'arpitan, le frioulan, le ladin, l’occitan et le sarde sont protégées. Le sarde et le piémontais ont un statut protégé respectivement en Sardaigne et au Piémont. 2 Avant 1999: lire L’Italie (en italien Italia), officiellement la République italienne (Repubblica italiana), est un pays d’Europe du Sud correspondant physiquement à une partie continentale et à une partie péninsulaire située au centre de la mer Méditerranée ainsi qu'à deux îles de cette mer, la Sicile et la Sardaigne. Elle est rattachée au reste du continent par le massif des Alpes. L’apport de l’Italie à la civilisation occidentale est immense : elle est notamment le berceau de l’Empire romain et de la Renaissance. Existant en tant qu’État depuis son unification (1861), l'Italie est une République depuis l'abolition par référendum de la monarchie italienne en 1946. Elle est aujourd’hui une démocratie parlementaire, membre fondateur de l’Union européenne (UE). L’Italie reste un acteur majeur de la scène internationale, forte de ses soixante millions d’habitants, de la force de son économie car elle est la sixième puissance économique mondiale et de son rôle au sein de nombreuses organisations internationales (Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), UE, G8, Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)). Histoire Étymologie La plus ancienne inscription qui porte le mot Italie sous la forme ITALIA apparaît pour la première fois sur une monnaie datant du Ier siècle av. J.-C., retrouvée à Corfinio dans les Abruzzes, l'ancienne Corfinium, capitale de la Confédération italique. Elle avait été frappée par la confédération des peuples italiques en guerre contre Rome pour obtenir la citoyenneté romaine (Guerre Sociale). Le terme même d’Italia évolue pendant l'antiquité. Pour les Grecs, il s'agissait seulement du royaume voisin d'Italos. Une origine populaire rapproche l'étymologie à un épisode de la mythologie grecque des travaux d'Héraclès. En effet, après avoir volé les 115 bœufs de Géryon, le héros mena le troupeau le long des côtes italiennes, lorsqu'un taureau s'échappa jusqu'en Sicile. Héraclès l'y retrouva et appela le pays Italia (de italos qui en dialecte grec local signifiait « taureau »). Une autre version grecque emploie les termes Ouitalia et Ouitalios, en les rapprochant du grec étalon (anciennement Wetalon) signifiant : « veau ». Une autre étymologie est proposée, sur le rapprochement de it- et de aithô, en grec : ce verbe signifie « brûler », et on le retrouverait dans le radical du nom du volcan Etna. Sa présence serait justifiée du fait que, « Italie » étant un nom donné par les Grecs, venant de l'est, ils voient le soleil couchant rougeoyer et brûler l'horizon à l'endroit de la péninsule. On trouve le terme aithalia également utilisé à l'époque antique pour les îles de Lemnos (sans doute du fait de son activité métallurgique) et d'Elbe, pour la même raison qu'« Italie ». Son usage pour l'Etna ou Aithna est transparent. Le nom d’aithalia aurait été donné en premier lieu aux côtes sud de la Botte, là où les Grecs ont accosté en premier, sur le continent.
  • 5. Italie 3 L'Italie avant et pendant Rome Avant le développement de Rome, l'Italie était composée de plusieurs cultures et civilisations, pour la plupart indo-européennes (Italiotes ou italiques), sur un substrat ligure du Néolithique. Sur ces cultures qualifiées d'autochtones, empiétaient : • au sud, les florissantes colonies grecques de la Grande-Grèce, à partir du VIIIe siècle av. J.-C.; • au centre, des peuples italiques, venus d'Europe centrale à l'âge du bronze, proches des Celtes : Osques, Sabins, Samnites, Latins, Ombriens etc. ; • la civilisation étrusque, non-indo-européenne, qui, selon les sources, serait autochtone ou venue d'Asie Mineure ; • au nord, les Vénètes, les Ligures et les Celtes, ces derniers arrivés plus tardivement de Bohême, occupent la plaine du Pô, appelée ensuite Gaule cisalpine. Sous la République romaine, la limite nord de l'Italie s'arrête à la Gaule cisalpine, au niveau des fleuves Aesis - puis en -59 le Rubicon - et Magra. En -42, la Cisalpine est réunie à l'Italie qui s'arrête désormais aux Alpes. Cette dernière limite est fixée au trophée des Alpes mais est ensuite déplacée. Rome attribue la citoyenneté romaine à l'ensemble des Italiens dès -89, elle ne l'étend à tout l'Empire que trois siècles plus tard (édit de Caracalla, 211-212) Rome et son empire À l'origine la louve était représentée seule, c'est seulement lors de la renaissance que les jumeaux Rémus et Romulus ont été ajoutés La fondation de Rome est due, selon la légende, à Romulus et Rémus au milieu du VIIIe siècle av. J.-C.. La civilisation de Rome connut une première phase d'expansion sous le gouvernement des rois de Rome, qui sont également les fondateurs symboliques de nombreuses institutions romaines. L'unification de la péninsule est conduite à l'époque de la République. Après la victoire de Rome contre Carthage lors de la première Guerre punique, les principales Romulus et Rémus nourris par la louve, mythe fondateur de la civilisation romaine. îles de la Méditerranée occidentale passèrent également sous le contrôle de Rome. Les deuxième et troisième guerres puniques lui assurèrent le contrôle de tout le pourtour du bassin occidental de la Méditerranée. Au Ier siècle, Rome dominait tout le bassin méditerranéen, mais après la mort de Jules César, le 15 mars 44, la république sombra dans la guerre civile. Son successeur Octave (futur empereur Auguste) après avoir vaincu Marc-Antoine et la reine Cléopâtre en Égypte changera la République de Rome en Empire et mettra fin ainsi à de longues années d'instabilités politiques. Le gouvernement des territoires contrôlés par Rome se caractérisa par le respect des cultures locales et par le développement économique, favorisé par la réalisation de grandes infrastructures. L'empire était composé de l'Italie (métropole de l'empire) et des provinces romaines (territoires situés à l'extérieur de la péninsule). Juridiquement le territoire de l'Italie était assimilé à celui de la ville de Rome, ses habitants libres étaient tous citoyens romains grâce au droit du sol (jus soli). Les citoyens romains pouvaient servir dans les légions mais avaient aussi beaucoup de privilèges sociaux par rapport aux non-citoyens. Le programme politique des empereurs était d'intégrer de plus en plus les provinces à la civilisation romaine, ceci, au fil des siècles, a eu comme
  • 6. Italie 4 conséquence une perte progressive de l'hégémonie de l'Italie sur les provinces. Au IIIe et IVe siècle l'Empire romain se transforme, de facto, d'un empire colonial à un empire universel où tous les hommes libres étaient citoyens d'une même nation. À cette époque les légionnaires sont principalement recrutés parmi les citoyens romains issus des provinces, notamment d'Illyrie et de Thrace. En mars 293[4] , la première Tétrarchie est officiellement mise en place, l'empire est donc divisé en deux pour être mieux gouverné (Empire romain d'Occident et Empire romain d'Orient ou Empire byzantin). Milan devient la capitale de l'Empire romain d'Occident. En 313 l'empereur Constantin promulgue l'Édit de Milan qui met fin aux persécutions contre les chrétiens et garantit à tous les citoyens la liberté de culte. Le Christianisme se propage en Italie surtout à partir de la ville de Rome, cité cosmopolite dans laquelle vivaient de nombreux immigrés originaires des provinces d'orient, où le christianisme était plus répandu. L'église romaine récupère un certain nombre de traditions païennes et les assimile dans sa liturgie. Les cultes polythéistes sont ainsi transformés en vénération des saints et de la Vierge Marie. Par exemple, beaucoup de temples dédiés à Vénus se transforment en églises consacrées à la mère de Jésus et dans les petites villes les cérémonies dédiées à un un dieu protecteur deviennent des fêtes patronales en l'honneur d'un saint que l'imaginaire populaire associe au dieu précédent: protecteur des malades, de l'agriculture, de la chasse, des soldats, des marins etc... Par cette politique l'église romaine arrive à mieux faire accepter aux italiens, très attachés à leurs traditions, le passage au christianisme, le même processus aura lieu dans les provinces. En 380 l'empereur Théodose élève le christianisme au rang de religion d'état. Au Ve siècle, la ville de Ravenne (nord-est de l'Italie) devient capitale de l'empire d'occident, elle sera la dernière. A cette époque, l’empire fut confronté à une longue série d'invasions barbares : les Wisigoths, les Huns les Ostrogoths les Vandales les Francs. Sous le coup de ces invasions, l'Empire romain d'Occident s'effondra rapidement. Les barbares qui avaient été accueillis en tant que fédérés à l'intérieur des limes, forment des royaumes qui sont de plus en plus autonomes par rapport au pouvoir impérial. En 476 Odoacre, un patricien d'origine germanique, renonce à assumer le titre d'empereur et à gouverner les provinces, il s'autoproclame simplement roi d'Italie, cette date marque la fin de l'Empire romain d'Occident. L'Empire romain d’Orient, résistera encore un millénaire. Vers l'unification Du XIVe au XVIIIe siècle, c'est la Renaissance en Italie avec des artistes tels que Michel-Ange ou Raphaël, et des scientifiques comme Galilée( les illuminatus) qui font littéralement « renaître » l'art et la science, d'abord dans la péninsule puis dans l'Europe tout entière. À l'époque de Léonard de Vinci, l'Italie reste très morcelée sur le plan politique. Elle est constituée d'une mosaïque de principautés (duchés, cités-États, …). Les princes italiens organisent chacun leur propre cour et se livrent souvent à des guerres sanglantes avec de multiples interventions extérieures, notamment de la France et de l'Espagne (guerres d'Italie). Les guerres incessantes du XVIe siècle dues aux ingérences des grands états européens ainsi que la montée en puissance de l'Autriche et des principautés allemandes expliquent en partie le déclin des principautés italiennes du XVIIe au XIXe siècle. Les États italiens en 1843
  • 7. Italie 5 Les campagnes napoléoniennes ont pour conséquence de bouleverser l'ordre établi. Le souhait d'unifier la péninsule s'appuie alors sur le Risorgimento, aboutissant à la proclamation du Royaume d'Italie, à partir du royaume de Sardaigne, sous l'impulsion du roi Victor-Emmanuel II de Savoie, complétée en 1870 par l'annexion de Rome qui devient la capitale du royaume unifié. Après les campagnes napoléoniennes, des poussées nationalistes appuyées par la Savoie, qui voient là une occasion d'agrandir le Royaume de Sardaigne, conduisent à une série de guerres d’indépendance contre l'Empire Austro-Hongrois, deux d'entre elles avec l'appui extérieur de la France. Les grands protagonistes du Risorgimento sont Victor-Emmanuel II de Savoie, Giuseppe Garibaldi, Giuseppe Mazzini et Camillo Benso, comte de Cavour. Suite à la seconde guerre d'indépendance, qui, avec l'expédition des Mille au sud et la descente subséquente des Piémontais du Façade de la cathédrale de Sienne nord, réussit à unifier, sous la bannière des états de Savoie, une grande partie de la péninsule (à l'exclusion de Rome et de Venise) et à provoquer la proclamation du royaume d'Italie en 1861, ayant comme capitale Turin, puis Florence à partir de 1865. En 1866, Venise est annexée au royaume d'Italie, suivie par Rome, en 1870. Ceci provoque le début d'une fracture entre l'État italien et l'Église qui durera jusqu'aux Accords du Latran, en 1929. La forme de gouvernement proclamée est celle d'une monarchie constitutionnelle, avec un parlement élu au suffrage restreint. Rome devient officiellement capitale de l'Italie en 1870. En même temps, dans le Nord de la péninsule, se développe une puissante industrialisation liée aux capitaux d'une agriculture modernisée dans la plaine du Pô, les ressources hydroélectriques des Alpes et la délocalisations des industries du sud notamment textile vers le nord [5] . Cette industrialisation se concentre essentiellement sur le « Triangle d'Or », Turin, Milan et Gênes. Le Sud reste dominé par la production agricole mais aussi par des structures agraires quasi féodales : c'est le système des latifundia, grandes exploitations aux propriétaires absentéistes et routiniers, aux ouvriers agricoles sous-payés et des microfundia, minuscules propriétés destinées principalement à l'auto-consommation. Cette situation économique conduit au développement du brigantaggio (it), mouvement insurrectionnel politique et social de l'Italie méridionale, violemment réprimé et donnera naissance au début de l'immigration méridionale. De la Première à la Seconde Guerre mondiale • Première Guerre mondiale, 1914-1918 : bien que faisant théoriquement partie de la triple Alliance, l'Italie reste neutre au début de la guerre, et finit même par s'allier à la Triple-Entente. Le 24 mai 1915 l'Italie déclara guerre à l'Autriche-Hongrie. La guerre s'avéra plus difficile que prévu et les armées autrichiennes et italiennes ne parvenaient pas à prévaloir l'une sur l'autre. En 1917, après la défaite russe, les Allemands concentrèrent 7 divisions sur le front italien pour aider leurs alliés autrichiens. Dans la bataille qui suivit à Caporetto les Italiens subirent une très grave défaite et reculèrent de plus de 100 km sur la ligne du Piave. En 1918, s'engagea la Bataille du Piave au cours de laquelle les Autrichiens ont essayé sans succès de briser la résistance italienne. Le 24 octobre, l'armée italienne lance une offensive victorieuse à Vittorio Veneto et contraint l'Autriche-Hongrie à la capitulation. L'armistice sera signé le 4 novembre à Villa Giusti dans le nord de l'Italie. Par le traité de Versailles, les frontières italiennes furent rectifiées en sa faveur. Toutefois l'Italie n'obtint pas tous les territoires qu'elle revendiquait (irrédentisme), et le thème de la « victoire mutilée » favorisa l'agitation nationaliste et l'ascension de
  • 8. Italie 6 Mussolini. • Benito Mussolini était dans les années 1900 un jeune militant socialiste proche du syndicalisme révolutionnaire, un groupe qui ne croyait pas au parlementarisme bourgeois et était favorable à une révolution violente. Toutefois lors de l'entrée en guerre de l'Italie en 1915, Mussolini avait mûri également un fort penchant nationaliste. Il estimait notamment que la guerre était anti-capitaliste car elle exaltait la valeur des masses paysannes et ouvrières au combat. Il estime toutefois qu'une révolution socialiste ne peut se réaliser qu'à travers la collaboration de toutes les classes, populaires et bourgeoises, pour le salut de la nation. Il est donc contraire à la lutte des classes. De 1919 à 1922, l'Italie est secouée par une grave crise sociale, économique et politique. Mussolini l'exploite en brisant les grèves et les syndicats par la violence : il se fait ainsi connaître et bien voir par les milieux d'affaires et le patronat (Confindustria et Confagricoltura). Il utilise pour cela des squadre (escouades), sortes de milices, issues en grande partie des rangs des arditi (venant des troupes d'élite démobilisées en 1918) nationalistes, dont l'uniforme est la chemise noire — qui deviendra un des symboles du fascisme. Après la marche sur Rome en octobre 1922, le roi d'Italie, Victor-Emmanuel III, lui confie le gouvernement. En 1924 le parti fasciste remporte les élections législatives. Le député socialiste Matteotti dénonce les violences et les intimidations dont sont victimes les opposants politiques. Il sera assassiné quelques jours plus tard. Jouant habilement de mansuétude et de menaces, Mussolini installe progressivement l'appareil fasciste dans le pays. Son alliance militaire avec l'Allemagne nazie provoquera l'entrée de l'Italie dans la guerre aux côtés des forces de l'Axe. • Mussolini déclare la guerre à l'Angleterre et à la France le 10 juin 1940 à la veille de l'entrée des allemands dans Paris. Lors de la signature du Pacte d'Acier en 1939 avec l'Allemagne, l'Italie avait estimé de ne pas pouvoir participer à une guerre de vaste ampleur avant l'année 1943, à cause de l'usure et de la vétusté de son armement. Les victoires éclairs des Allemands poussèrent Mussolini à entrer en guerre dès 1940 dans l'espoir que celle-ci ne dure que quelques mois. Les capacités industrielles de l'Italie à cette époque étaient très L'Empire colonial Italien en 1940 limitées et, contrairement à la Première Guerre mondiale combattue sur un seul front, l'armée italienne était forcée de s'engager sur quatre fronts différents : en Libye, en Afrique orientale, dans les Balkans et en Russie. Les Italiens subissent plusieurs graves défaites et sont de plus en plus dépendants de leurs alliés allemands. Après la défaite de El Alamein (novembre 1942), Italiens et Allemands sont forcés d'abandonner l'Afrique. De plus, les armées du IIIe Reich subissant une grave défaite à Stalingrad en janvier 1943, l'armée italienne de Russie se désagrège dans une déroute catastrophique. • Le 10 juillet 1943, les Alliés débarquent en Sicile puis pénètrent dans le sud de l'Italie ; Mussolini est renversé puis emprisonné, sur ordre du roi. Le dictateur est délivré par un commando allemand (12 septembre). Alors que ceux-ci se transforment d'alliés en occupants, Il Duce installe sous l'ordre d'Hitler une République sociale italienne (appelée aussi République de Salò) dans le nord du pays. Le maréchal Pietro Badoglio signe la capitulation le (8 septembre 1943), l'Italie du sud poursuit la guerre du côté des Alliés, au même temps s'engage une guerre civile avec l'Italie du nord (fasciste) de Mussolini soutenue par les Allemands. L'Italie devient alors un vaste champ de bataille où s'affrontent plusieurs armées étrangères. Le 28 avril 1945, tentant de fuir vers la Suisse, Mussolini est exécuté (puis pendu) par des partisans communistes. • En juin 1946, un référendum serré met fin à la royauté, la République italienne est proclamée et la famille royale est exilée.
  • 9. Italie 7 Époque contemporaine L'Italie s'installe alors dans un régime démocratique, dominé par la démocratie chrétienne et des partis laïques antifascistes, qui favorise, malgré de fréquentes crises ministérielles, à la fois la reconnaissance internationale, l'intégration européenne et un développement économique sans précédents (le miracle économique). Un parti communiste italien de plus en plus fort, et relativement modéré, empêche toute alternance électorale jusqu'en 1976, moment du compromis historique mais aussi des années de plomb, marquées par le terrorisme d'extrême droite et d'extrême gauche. Peu à peu, la démocratie chrétienne, tout en restant incontournable, laisse une partie du pouvoir à des partis moins importants comme le parti républicain italien ou le parti socialiste italien. Des réformes sociales majeures sont adoptées après référendum (le divorce, l'avortement) ou après le vote de lois (Psichiatria democratica). Un climat affairiste, de plus en plus corrompu, s'installe, ce qui provoque l'opération judiciaire dite Mani pulite (Mains propres). Il s'en suit une réorganisation politique massive qui voit l'explosion des 2 grandes forces politiques (la démocratie chrétienne et le parti communiste) en une myriade de partis, changement accentué le référendum de 1993 et l'adoption en 1994 de la loi électorale dite Mattarellum, posant les bases d'un système électoral mixte. Ces changements provoquent la descente politique de Silvio Berlusconi dont les affaires avaient bénéficié du gouvernement de Bettino Craxi. S'il est rapidement lâché par ses alliés (comme la Ligue du Nord), il n'en revient pas moins au pouvoir en 2001 avec une victoire électorale écrasante, après un intermède, dominé par le centre-gauche, incapable de faire aboutir une réforme constitutionnelle majeure. Ce gouvernement Silvio Berlusconi II est jusqu'à présent le plus long de toute l'histoire républicaine. Du 6 au 10 novembre 2002 se déroule à Florence, le 1er Forum social européen, à la suite des violents affrontements du G8 à Gênes. En 2006, la gauche, menée par Romano Prodi, revient au pouvoir suite à une courte victoire aux élections législatives. En août 2006, Ehud Olmert demande à Romano Prodi que l'Italie prenne la direction de la Finul renforcée après le conflit israélo-libanais, ce qui fut le cas en février 2007. Politique La constitution italienne date de 1947 et a établi la Première République, « fondée sur le travail » (art. 1er). Elle consacre le principe de la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire (respectivement confiés au Gouvernement, au Parlement et à la Justice) et fonde un régime parlementaire bicaméral : • une Chambre des députés (Camera dei Deputati) de 630 députés ; • un Sénat (Senato della Repubblica) de 315 sénateurs (ainsi que d'anciens présidents de la République et de 5 sénateurs à vie, au plus, nommés par le chef de l'État). Le Parlement est élu au suffrage universel direct. La loi électorale a été substantiellement modifiée suite à un référendum abrogatif en 1993 pour introduire une part de scrutin majoritaire (75 %) afin d'éviter l'instabilité gouvernementale chronique du début de la République due, entre autres, à un multipartisme excessif et à l'absence d'alternance. Elle a été à nouveau modifiée à la fin de l'année 2005, pour rétablir un scrutin proportionnel de listes bloquées, de façon à réduire l'échec probable de la Maison des libertés. Critiquée, y compris par le ministre qui en a présenté le projet, elle est qualifiée de Porcellum (de porcata, une cochonnerie) contrairement à la précédente, le Mattarellum (en réalité, la loi Mattarella, du nom de son rapporteur). L'exécutif est constitué d'un gouvernement, présidé par un président du Conseil, primus inter pares. Le chef de l'État est un président de la République aux pouvoirs relativement limités, élu pour sept ans par les chambres réunies (auxquels s'ajoutent des délégués représentant les régions) et qui est le garant de la moralité et de l'intégrité de l'Italie. Il est très respecté par la classe politique et la population et son action, bien que non exécutive, a une valeur de jurisprudence. Une réforme avortée de la Constitution, adoptée par le Parlement fin 2005, aurait dû aboutir à la création d'une « IIe République » dans laquelle l'organisation territoriale aurait été de type fédéral et où le Premier ministre (nouveau
  • 10. Italie 8 nom donné au chef du Gouvernement) aurait eu des pouvoirs très étendus tandis que la Chambre des députés n'aurait plus compté que 530 députés (-100)) et le Sénat de la République 265 sénateurs (-50). Les sénateurs auraient été par ailleurs élus au suffrage indirect. Cette réforme a été massivement rejetée par le peuple italien lors d'un référendum en mai 2006. Romano Prodi, vainqueur de justesse des élections législatives des 9 et 10 avril 2006 à la tête d'une coalition électorale de centre-gauche intitulée l'Union sera nommé président du Conseil des Ministres par Giorgio Napolitano, le nouveau Président de la République élu le 10 mai 2006, mais démissionnera après 20 mois de service suite a la perte d'un vote de confiance (161 voix contre 156 en sa faveur). Aujourd'hui le paysage politique a beaucoup changé : le centre-gauche a convergé en un seul parti, le Parti démocrate (Partito Democratico), et le centre-droit à fait de même avec la création du Peuple de la liberté (Popolo della Libertà), le parti créé par Silvio Berlusconi et Gianfranco Fini. Cela a pour conséquence d'enrayer l'instabilité chronique de la vie politique italienne. L'actuel gouvernement, dirigé par Silvio Berlusconi qui entame son troisième mandat, a été nommé le 8 mai 2008 et est composé d'une alliance entre le parti Peuple de la liberté et le parti de la Ligue du Nord. Géographie L'Italie est une péninsule située au nord-ouest du bassin méditerranéen. D'une superficie de 301,300 km², elle est longue de 1,360 km du nord au sud. Ouverte sur la mer Adriatique à l'est, la mer Tyrrhénienne à l'ouest, la mer Ionienne au Sud et la mer Ligure au nord-ouest, elle englobe de nombreuses îles dont les principales sont la Sicile et la Sardaigne. Au sud de l'Italie, on trouve les derniers volcans en activité d'Europe (si on exclut l'Islande), le Vésuve près de Naples, l'Etna en Sicile et le Stromboli dans les îles Éoliennes. Le centre de la péninsule et le nord du pays sont occupées par des chaînes de montagnes, les Apennins, la face interne de l'arc alpin et aussi la chaîne de montagne Chiquatré. Ces régions sont impropres à des activités économiques importantes, mis à part les sports d'hiver; toutefois ces zones sont un réservoir d'eau très important et donc un grand Carte de l'Italie fournisseur d'hydroélectricité. Pour faciliter les liaisons nationales et internationales, les autorités ont fait de gros efforts d'aménagement. 8,000 km d’autoroute ont été construits. L'équipement des cols et le percement de grands tunnel comme celui du Mont-Blanc ou du Fréjus relient l'Italie au reste de l'Europe. Au nord de l'Italie la plaine du Pô est une riche zone agricole. Le méthane présent dans son sous-sol est la seule source d'énergie fossile présente en Italie. Les autres plaines sont situées sur le littoral. Longtemps marécageuses, elles ont été drainées et amendées pour permettre le développement de l'agriculture et du tourisme. La quasi-totalité de l'Italie connaît un climat méditerranéen, avec des nuances. Plus on va vers le sud, plus les étés sont longs et secs. Dans le sud des Pouilles et de la Calabre la sècheresse estivale est supérieure à 5 mois. Dans les
  • 11. Italie 9 Apennins, les hivers sont plus froids. Le nord de l'Italie connaît un climat à nuance continentale avec des hivers plutôt froids mais des étés très chauds et des précipitations plus abondantes que dans la péninsule. Les fleuves et rivières les plus importants sont : le Pô, le Tanaro, le Tessin, l'Adige, l'Adda, l'Arno, le Tibre, en italien Tevere. Les lacs les plus importants sont : le lac Majeur, le lac de Côme, le lac de Garde et le lac d'Orta. Subdivisions L'administration territoriale de l'Italie se compose de : • 20 régions (regioni) : 15 de statut normal et cinq régions autonomes ; • 110 provinces (province) : 107 de statut normal et deux provinces autonomes et une province statistique; • 8101 communes (comuni). Démographie En 2008, l'Italie comptait 59,6 millions d'habitants. La densité est de 198 habitants au km². Longtemps réservoir démographique de l'Europe et de l'Amérique, elle est devenue aujourd’hui une terre d'immigration. En effet l'indice de fécondité est particulièrement bas depuis de nombreuses années. Il était en 2008 de 1,3 enfant par femme. Le taux d'accroissement naturel est négatif. Le vieillissement de la population commence déjà à grever le budget social (financement des retraites). La longévité des Italiens est cependant la plus forte d'Europe et une des Évolution de la démographie entre 1961 et 2004 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers plus élevées au monde : les hommes y vivent en moyenne 80,4 ans d'habitants. tandis que les femmes vivent 85,3 ans[6] . Le nombre d'étrangers résidant sur le territoire italien était de 1,25 million au début du XXIe siècle. En 2008, il semble désormais approcher les 2,5 millions, principalement des ressortissants d'Europe de l’Est (Roumanie, Ukraine, Albanie surtout) et du Maghreb. Les citoyens étrangers résidant en Italie au 1er janvier 2008 sont évalués à 2432651 par l'ISTAT (oct. 2009). Ils ont augmenté de 493729 en une année (+ 16,8 %). Il s'agit de la plus forte augmentation jamais enregistrée en Italie, essentiellement due aux Roumains (+283078). La longueur des côtes, la proximité du Sud du bassin méditerranéen et de pays en voie de développement, comme l'Albanie, font de l'Italie, à l'instar de l'Espagne, un important lieu de transit pour les filières de l'immigration clandestine. La répartition de la population est largement dictée par les contraintes naturelles. Les montagnes et les régions très sèches du sud de l'Italie connaissent des densités assez faibles alors que les plaines littorales, et l'industrieuse plaine du Pô, supportent de très fortes densités. 67 % de la population est urbaine. Le réseau urbain est dense en Italie du Nord et centrale, où l'on trouve la capitale économique du pays, Milan, et des grandes villes industrielles comme Gênes ou Turin. L’Italie possède un grand nombre de villes comptant entre 100000 et 500000 habitants[7] . Économie L'Italie est membre du G8, les huit pays les plus industrialisés. Elle est la 6e puissance économique du monde en 2009[8] et le premier exportateur mondial de produits de luxes. L'économie italienne a des dimensions européennes : produits agricoles de renommée internationale (huile, vinaigre balsamique, fromages, pâtes…), produits industriels (voitures, vêtements (2e rang mondial), services (tourisme : avec 43 millions de touristes l’Italie se classe 5e dans les destinations mondiales les plus convoitées). L’Italie est la quatrième puissance européenne, son produit brut étant de 1.758 milliards de dollars (USD).
  • 12. Italie 10 Les régions du nord, notamment la Lombardie et le Vénétie, ont un des PIB par habitant les plus élevés de l'union européenne (31180 dollars/habitant en 2004) et comparable à celui d'Île-de-France ou de la région de Londres. En revanche les régions méridionales accusent toujours un retard économique notable par rapport aux régions du nord. Le taux de chômage en 2007 était de 5,6 %[10] mais varie selon les régions, notamment entre le nord (3%) le centre (6%) et le sud (15%) du pays. L'Italie a une longue tradition de fabrication de qualité et de dynamisme commercial. Encore aujourd'hui, son économie est tirée par le dynamisme entrepreneurial, que ce soit grâce aux grands groupes industriels comme Fiat (qui connaît aujourd'hui un renouveau), Olivetti, Finmeccanica, AnsaldoBreda, Saipem ou Benetton, à des sociétés d'État aujourd’hui largement privatisées comme l'Eni, ENEL et à l'existence d'un dense réseau de PME constitué de sous-traitants ou de petites structures [9] tournées vers l'excellence, la qualité, le design PIB par habitant (l'indice 100 étant la moyenne de l'Europe ) et constituant la force d'exportation de l'économie italienne. Les grands noms du luxes italien comme Ferrari, Maserati dans l'automobile, Gucci, Dolce&Gabbana, Armani dans la mode et Ferretti dans le yachting font de l'Italie une référence mondiale dans le domaine de l'élégance et design. Parallèlement, il existe une économie souterraine surtout présente dans le sud de l'Italie. Le travail au noir représenterait 20 % du PIB. Les grandes organisations criminelles comme la mafia sicilienne, la camorra napolitaine et la Ndrangheta calabraise pratiquent l'extorsion de fonds, le trafic de stupéfiants, de cigarettes, d'armes, les paris clandestins et l'usure. Selon certaines estimations, 80 % des entreprises siciliennes subissent le racket de la mafia. Ceci pèse sur l'économie du Mezzogiorno (le sud de la péninsule). Les investisseurs italiens ou internationaux hésitent en effet à s'installer dans cette zone. Néanmoins les commerçants de Palerme ont décidé de se rebeller contre les pratiques d'extorsions. Ces organisations, pour blanchir l'argent sale, ont tendance à investir dans des activités économiques légales dans les régions riches du nord et du centre de l'Italie ou à l'étranger (notamment en Suisse et en Allemagne), mais l'emprise mafieuse qui s'exerce notamment à travers le racket n'existe véritablement que dans les régions d'où sont originaires les clans, c'est-à-dire à Naples, en Calabre et en Sicile. De ce fait, la plupart des entreprises ainsi que les réseaux de PME dynamiques sont implantés dans centre et le nord ou dans les régions méridionales qui échappent à l'emprise de la mafia comme la Basilicate ou la Sardaigne. Le triangle industriel Milan-Gênes-Turin fait partie de la mégalopole européenne. Il en représente la partie sud. Avec l’Émilie-Romagne et la Vénétie, il compose le cœur industriel de l’Italie, fortement ancré vers l’Europe et les exportations. On y trouve des industries puissantes comme Fiat et l’Eni mais aussi des PME dynamiques. Les PME de la troisième Italie sont elles aussi fortement tournées vers l’exportation. Cette partie de l'Italie est beaucoup plus riche que le Sud et ne compte que 2 % de chômage alors que le sud atteint les 15 %. Entre les deux, il existe une région que les géographes ont appelé la troisième Italie. Elle base son développement économique sur des réseaux de PME dynamiques dans des secteurs diversifiés comme le textile, le cuir, les industries métalliques et mécaniques.
  • 13. Italie 11 Signalons que l'Italie est le 2ème fabricant et exportateur de machines-outils après l'Allemagne. Ce pays est le 1er partenaire économique de l'Italie, le suivant étant la France. Concernant les échanges commerciaux, 60 % sont effectués en Europe. L'Italie dispose de très bonnes infrastructures de communication vers l'Europe (lignes ferroviaires, autoroutes, cols aménagés) ainsi qu'une ouverture sur l'Europe Centrale et de l'Est grâce à la Slovénie et l'Autriche. Enfin, ne serait la très lourde facture énergétique du pays qui importe la majorité de l'énergie dont il a besoin, la balance commerciale serait largement excédentaire. Le tourisme constitue également une activité motrice de l'économie: l'Italie, troisième pays touristique d'Europe derrière la France et l'Espagne, accueille 52 millions de touristes par an dans les Alpes, sur les littoraux et dans ses villes d'art comme Venise, Florence, Naples et Rome. La présence de ruines antiques fait également beaucoup dans la réputation touristique du pays; l'Italie développe également depuis quelques années un tourisme oeno-gastronomique (appelé agri-tourisme). On compte près de 2 millions d'exploitations agricoles en Italie. Elles sont spécialisées dans la culture des produits traditionnels dans le monde méditerranéen, c'est-à-dire la vigne, le blé, l'olivier, les fruits et légumes et les agrumes (notamment la bergamote à Reggio Calabria) et les produits laitiers. L'allègement des prélèvements obligatoires, l'assouplissement du marché du travail, la réforme du système de retraites, avancent lentement du fait de l'opposition des syndicats qui craignent une précarisation des conditions de travail des employés et un appauvrissement des futurs retraités. Le nouveau gouvernement de Silvio Berlusconi dispose de plus de latitude pour engager ces transformations car il ne repose pas sur une coalition trop hétéroclite. Toutefois, l'Italie ayant une situation financière (dette publique) délicate, ses marges de manœuvres sont extrêmement réduites. Régions économiques On peut diviser l'Italie en quatre grandes régions économiquement distinctes : • Le Nord-Ouest, le "Triangle économique", qui appartient au cœur économique de l'Europe et occupe le sud de la mégalopole européenne. La région concentre les principales activités lourdes ainsi que les sièges d'entreprise et s'organise autour des 3 grandes villes: Colisée à Rome • Milan, métropole industrielle et tertiaire, capitale financière du pays ; • Turin, construction automobile, banque-finance-assurance ; • Gênes, 1er port d'Italie et second de la Méditerranée après Marseille, associant dans la région construction navale et tourisme haut-de-gamme. • Le Nord-Est, correspond à la région des PME-PMI, où leur concentration est la plus forte d'Europe. Le tissu urbain est composé de villes moyennes telles que: Vérone, Padoue, Venise-Mestre, Trieste, Modène, Bologne. 2 ports d'importance (Venise et Trieste) Dôme de Milan concentrent les activités d'industrie lourde et de construction navale (chantiers Fincantieri) et offrent un débouché pour les industries locales, s'ajoutant à la proximité des pays de l'Europe Centrale (qui connaissent un fort développement depuis peu).
  • 14. Italie 12 • L'Italie du centre ou troisième Italie est une région dynamique de l'Europe grâce à des PME innovantes à structures familiales et de puissantes coopératives. Le réseau urbain est également composé de villes moyennes qui conjuguent patrimoine historique et zones d'activités industrielles et artisanales (tissus, automobile, haute couture, ...). On note la forte influence de Bologne et la prééminence du pôle florentin associé au port de Livourne ainsi que de la Riviera adriatique. • L'Italie du Sud, (ou Mezzogiorno), qui était la région la plus riche et Mole Antonelliana de Turin développée d’Italie au moment de l’unification, a été fortement pénalisée par les choix politique menée par l’État unitaire, c'est aujourd'hui un espace plus rural et plus pauvre. Il a bénéficié des aides de l'État et de l'Union européenne pour financer un réseau routier performant et installer des complexes industrialo-portuaires, qui se sont souvent révélés être des cathédrales dans le désert. Le Molise et les Abruzzes, qui ne subissent pas la mainmise de la mafia ou de la camorra, ont connu une croissance plus forte que le sud-ouest de l'Italie. Les Pouilles est une région également dynamique; c'est la deuxième plaine d'Italie, elle offre donc une Dôme de Florence activité agricole intense en plus de l'activité touristique. La région dispose de ports importants au niveau de Tarente, Bari et Brindisi. Tour de Pise
  • 15. Italie 13 San Francesco di Paola Naples Castel del monte de Andria Venise Region Chef-lieu Aoste Vallée d'Aoste* Piémont Turin Ligurie Gênes Lombardie Milan Trentin-Haut-Adige* Trente Vénétie Venise Frioul-Vénétie julienne* Trieste Bologne Émilie-Romagne Toscane Florence Ombrie Pérouse
  • 16. Italie 14 Ancône Marches Latium Rome Abruzzes L'Aquila Molise Campobasso Campanie Naples Pouilles Bari Basilicate Potenza Catanzaro Calabre Sicile* Palerme Sardaigne* Cagliari N° Ville Agglomération urbaine Aire urbaine Superf. (in km²) 1 Milano 4.500.000 7.000.000 12.000 km2 2 Roma 3.800.000 4.340.000 3.089 km2 3 Napoli 2.200.000 5.000.000 2.300 km2 4 Torino 1.460.000 1.700.000 1.127 km2 5 Palermo 860.000 1.040.000 1.391 km2 6 Genova 745.000 1.400.000 4.200 km2 7 Bari 620.000 1.000.000 2.270 km2 8 Firenze 600.000 1.500.000 4.844 km2 9 Bologna 580.000 980.000 3.703 km2 10 Catania 580.000 760.000 939 km2 11 Cagliari 370.000 470.000 1.800 km2 12 Venezia 360.000 3.270.000 6.680 km2 13 Messina 250.000 480.000 1.135 km2 14 Reggio Calabria 240.000 380.000 1.165 km2 15 Trieste 220.000 240.000 212 km2 Transports L’Italie est située au Centre du bassin méditerranéen. Sa position géographique centrale a permis à ses cités de jouer un rôle majeur dans le commerce entre l’Orient et l’Occident au Moyen Age. Aujourd’hui la Méditerranée est traversée par des routes maritimes mondiales via le Canal de Suez. Le port de Gioia Tauro est devenu le premier port de conteneurs de la Méditerranée bien que mal déservi et ne disposant pas de plateforme logistique adéquate; il reste donc un port de transbordement. L’Italie cherche à renforcer ses liaisons avec l’UE: l’aéroport international de Milan Malpensa, achevé en 2001, permet de relier plus facilement le cœur économique de l’Italie au reste du monde, intention relayée par les projets ferroviaires Berlin-Palerme et Lyon Turin Budapest qui accentueront le rôle central
  • 17. Italie 15 de l’Italie du Nord. On note aussi un réseau de ports très efficace, aussi bien dans le trafic de marchandises que dans le trafic de passagers/touristes. Malgré un arc alpin très marquant, les flux économiques entre le nord de l’Europe et l’Italie ne sont pas limités grâce aux bonnes relations entretenues avec ses voisins et les nombreuses coopérations. Le pays compte en tout 29 aéroports internationaux, les plus grands étant Leonardo da Vinci (Fiumicino) à Rome (35 millions de passagers) et Malpensa à Milan (23 millions de passagers). Milan possède 3 aéroports (Malpensa, Linate et Orio Al Serio), ce qui en fait la première plaque tournante du trafic avec 38 millions de passagers. Il y a 7000 km d'autoroute parcourant le pays du nord au sud (y compris la Sicile et la Sardaigne). La plupart de ces autoroutes sont payantes, sauf, par exemple, l'autoroute A3 reliant Naples à Reggio Di Calabria. La première autoroute mise en service au monde fût celle reliant Milan à Varese et ne comptait qu'une seule voie dans chaque sens. Inaugurée en 1927 par Mussolini, elle est toujours en fonction en 2008 et élargie à 3 voies. À cela s'ajoute un réseau de superstrada, route nationale (SS : Strade Statale) à 4 voies, qui connecte les régions périphériques aux grands axes. Le réseau est toutefois surchargé et de nombreux projets de réhabilitations des plus anciennes autoroutes sont stoppés faute de budget. Le TAV (Treno Alta Velocità), équivalent du TGV, est composé de deux axes principaux : l'axe Turin-Milan-Verone-Venise et l'axe Milan-Florence-Rome-Naples. À cela s'ajoutera l'axe Milan-Gênes et Naples-Bari. Actuellement le réseau de TAV compte 1243 km de ligne. L'ensemble du réseau ferroviaire est de 18'376 km. Culture Langues L’unité nationale italienne a été tardive et s’est opérée sur fond d’une réelle diversité culturelle et linguistique, qui est encore très sensible aujourd’hui. L’italien doit composer avec les langues et dialectes locaux : en 2002, si 6,7 % de la population, tous contextes confondus, utilise exclusivement le dialecte, le taux des dialectophones monte à 52 % si on englobe ceux qui l’utilisent en alternative avec l’italien. De plus, assez peu d'italiens maîtrisaient la langue italienne il y a encore 50 ans. A propos du problème d'illettrisme en Italie, Victor Hugo a d'ailleurs dit : "[...] l'Italie, dont aucun homme qui pense ne peut plus prononcer le nom qu'avec une inexprimable douleur filiale, l'Italie, cette mère des génies et des nations, qui a répandu sur l'univers toutes les plus éblouissantes merveilles de la poésie et des arts, l'Italie, qui a appris à lire au genre humain, l'Italie aujourd'hui ne sait pas lire !"[11] . Douze langues minoritaires sont reconnues par la Constitution: frioulan(ou ladin oriental), ladin dolomitique(ou ladin occidental), allemand, slovène, occitan, français, francoprovençal(ou arpitan), albanais, grec, sarde, catalan et croate. Fêtes Fêtes et jours fériés Date Nom français Nom local Remarques Jour de l'an Capodanno 1er janvier 6 janvier Épiphanie Epifania (pop. Befana) Mobile Pâques Pasqua Mobile Lundi de Pâques Lunedì dell'Angelo ou Lunedì di Pasqua (pop. Pasquetta) 25 avril Anniversaire de la Libération Anniversario della Liberazione 1945 Fête du Travail Festa dei lavoratori 1er mai 2 juin Fête de la République Festa della Repubblica 1946
  • 18. Italie 16 15 août Assomption Assunzione (pop. Ferragosto) 1er novembre Toussaint Tutti i Santi ou Ognissanti 8 décembre Immaculée Conception Immacolata Concezione 25 décembre Noël Natale 26 décembre Saint-Étienne Santo Stefano Un décret de 1985 fixe les fêtes religieuses (catholiques), en application de l'accord concordataire (art. 6) signé à Rome le 18 février 1984 entre la République italienne et le Saint-Siège, ratifié par la loi n° 121 du 25 mars 1985 : • tous les dimanches ; • le 1er janvier, Maria Santissima Madre di Dio (Marie très sainte, mère de Dieu) ; • le 6 janvier, Epifania del Signore (Épiphanie du Seigneur); • le 15 août, Assunzione della Beata Vergine Maria (Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie) ; • le 1er novembre, tutti i Santi (Toussaint) ; • le 8 décembre, Immacolata Concezione della Beata Vergine Maria (Immaculée Conception) ; • le 25 décembre, Natale del Signore (Noël du Seigneur) ; • le 29 juin, SS. Pietro e Paolo (Saints Pierre et Paul), pour la commune de Rome. La plus grande association du culte en Italie est l'Église catholique, suivie de très loin par les Assemblee di Dio, qui sont des communautés pentecostales, les témoins de Jéhovah et les musulmans, quand on prend en compte les immigrés[12] . Viennent ensuite les juifs et les Valdesi (Vaudois réfugiés en Italie des régions arpitanes). Médias • Liste des quotidiens italiens Codes L'Italie a pour codes : • I, selon la liste des codes internationaux des plaques minéralogiques ; • IT, selon la norme ISO 3166-1 (liste des codes pays), code alpha-2 ; • IT, selon la liste des codes pays utilisés par l'OTAN, code alpha-2 ; • .it, selon la liste des Internet TLD (Top level domain) ; • ITA, selon la norme ISO 3166-1 alpha-3 (liste des codes pays) ; • ITA, selon la liste des codes pays du CIO ; • ITA, selon la liste des codes pays utilisés par l'OTAN, code alpha-3. Voir aussi Articles connexes • Chronologie de Rome • Constitution italienne • Drapeau de l'Italie • Liste des présidents de l'Italie • Listes des monarques italiens • Liste du patrimoine mondial en Europe • Universités italiennes • Gentilés d'Italie • Plaque d'immatriculation italienne
  • 19. Italie 17 • Régions d'Italie • Population des provinces italiennes • Cuisine italienne • Vins italiens • Liste de fromages italiens • Ferrovie dello Stato • Irrédentisme italien en Corse • Armée italienne • (it) Wikipedia en italien Liens externes • (it) Site officiel du gouvernement italien [13] • (it) Portail de l'administration italienne [14] • (it) PhotoGallery [15] • (fr) Faits et chiffres sur l'Italie [16] • (fr)Cartes d'Italie [17] • (en) (de) (ja) (it) Italia.it [18] - Site officiel sur le tourisme en Italie Références [1] ISTAT, 01 janvier 2008 [2] PIB à parité de pouvoir d'achat, d'après le Fonds monétaire international (FMI). [3] PIB nominal, d'après le Fonds monétaire international (FMI). [4] Histoire-fr.com ;(1-b) (http:/ / www. histoire-fr. com/ rome_bas_empire_1. htm) [5] (it) site sur l'histoire de l'Italie (http:/ / cronologia. leonardo. it/ storia/ a1861m. htm) [6] Les Italiennes sont dépassées très légèrement par les Françaises, avec 85,4 ans, mais la moyenne globale est nettement favorable aux Italiens, tous sexes confondus. The Lancet, 18 novembre 2008. [7] Sous la direction de J.-P. Matthieu, Géographie 1re, Nathan, 2003 [8] Le classement PIB des pays du monde en 2005 (http:/ / www. pays-monde. fr/ classement-pays-pib-riches-mondial-economique_2. html) [9] Les Échos du 11 avril 2008 [10] (it)Italia: il tasso di disoccupazione al 5,6% [11] (http:/ / www. lag. ensieg. inpg. fr/ canudas/ discurVictor Hugo_Education. htm) Discours de Victor Hugo sur le projet de loi Falloux - 1850 [12] Panorama des religions en Italie (http:/ / religion. info/ french/ entretiens/ article_284. shtml) - Entretien avec Massimo Introvigne sur le site Religioscope [13] http:/ / www. palazzochigi. it [14] http:/ / www. italia. gov. it/ [15] http:/ / it. wikipedia. org/ wiki/ Italia/ Galleria_immagini [16] http:/ / www. statbel. fgov. be/ port/ cou_eu_fr. asp#IT [17] http:/ / www. lexilogos. com/ italie_carte. htm [18] http:/ / www. italia. it/
  • 20. Fascisme 18 Fascisme Cet article fait partie de la série sur le fascisme. sous-série sur la politique Types et formes dérivées Intégralisme Austrofascisme En France En Croatie Garde de fer Phalangisme Nazisme Rexisme Dans l'Histoire Histoire de l'Italie fasciste Fascio Marche sur Rome République sociale italienne Sujets connexes Adolf Hitler Corporatisme Parti fasciste russe Benito Mussolini National-syndicalisme National-anarchisme National-bolchevisme Néofascisme Néonazisme [1] Le fascisme (en italien fascismo) est un mouvement politique d'origine italienne apparu en 1919. Ce terme, très utilisé, a par la suite pris un sens beaucoup plus large. Le terme même vient du mot « fascio » (« faisceau ») désignant le rassemblement des fusils au repos ou l'attribut du licteur dans la Rome antique[2] . Il est nécessaire de cerner ses différents niveaux d'acception. Au sens strict, le terme désigne le mouvement politique fondé par Benito Mussolini, ainsi que le régime qui était en vigueur sous la monarchie italienne quand Mussolini était au pouvoir, de 1922 à 1945. Adversaire de la démocratie, du parlementarisme, de l'individualisme, de la société libérale héritée du 19ème siècle, du capitalisme et de la liberté économique[3] [4] , du socialisme[5] et du marxisme, le fascisme mussolinien est autoritaire, nationaliste, a recourt à la violence et ne croit pas en l'égalité des hommes. Ce sens strict est notamment utilisé par les historiens de l'Italie.
  • 21. Fascisme 19 Au sens large, le terme fascisme a pris un sens générique. Il s'est étendu à tout mouvement politique s'appuyant sur un pouvoir fort, les métiers organisés en corporations, l'exaltation du sentiment nationaliste, le rejet des institutions démocratiques et libérales, la répression de l'opposition et un contrôle politique extensif de la société civile. Le nazisme s'est en partie inspiré du fascisme. Dans son acception la plus large, le terme est employé pour disqualifier l'ennemi politique. Cette acception a été employée par les Soviétiques durant la guerre froide, dans le cadre de la « tactique du salami »[6] . Dans la discussion politique contemporaine, le terme fasciste continue d'être employé comme une injure. Cependant, le fascisme est encore revendiqué par certaines mouvances d'extrême droite (les néofascistes). Idéologie Le mot vient de l'italien « fascio » (« faisceau »), (emblème de l'autorité romaine) repris vers 1919 par les milices squadristes de Mussolini, qui avaient initialement groupé des anciens combattants déçus et épris d'ordre. Il se définit lui-même comme « totalitaire », et peut se résumer par une formule de Mussolini : « Tout par l'État, rien hors de l'État, rien contre l'État! ». Au sens le plus strict, il désigne donc le régime de Benito Mussolini. Si historiquement, le nazisme apparaît proche du fascisme, bien d'autres régimes politiques ont été qualifiés, à tort, de fascistes par leurs opposants, comme l'Égypte nassérienne, le régime des Talibans, le stalinisme, le péronisme, etc. Dans le débat politique contemporain, les adhérents à certaines idéologies politiques tendent à associer le fascisme avec leurs ennemis, ou le définissent comme étant l'opposé de leurs propres visions politiques. En son sens large, le fascisme se définit comme une réaction aux valeurs de l'humanisme démocratique du Siècle des Lumières. Issu des frustrations engendrées par ce nouveau modèle de société, le fascisme rejette les droits de l'homme, le communisme, l'anarchisme, les libertés individuelles et le libéralisme. Mussolini, dans La Doctrine politique et sociale du fascisme, en 1933, affirme : « Le fait est que le XIXe siècle était le siècle du socialisme, du libéralisme, de la démocratie, ceci ne signifie pas que le XXe siècle doit aussi être le siècle du socialisme, du libéralisme, de la démocratie. Les doctrines politiques passent ; les nations restent. Nous sommes libres de croire que ceci est le siècle de l'autorité, un siècle tendant vers la “droite”, un siècle fasciste. Si le XIXe siècle était le siècle de l'individualisme (le libéralisme implique l'individualisme) nous sommes libres de croire que ceci est le siècle “collectif”, et ainsi le siècle de l'État[réf. souhaitée]. » Les origines du fascisme font l'objet d'un débat parfois âpre parmi les historiens. Pour Zeev Sternhell et ses partisans, l'idéologie fasciste a principalement été forgée en France, entre les années 1880 et 1914, par conjonction entre une radicalisation antidémocratique de certains mouvements d'extrême gauche (notamment le syndicalisme révolutionnaire) avec une nouvelle droite nationaliste, formant la « droite révolutionnaire », dont est issue le fascisme[7] . Pour des auteurs comme Pierre Milza, la Première Guerre mondiale est tout à fait essentielle dans la formation de l'idéologie fasciste, encore qu'il ait nuancé son point de vue en reconnaissant que Sternhell avait partiellement raison en soulignant la parenté entre certains idéologues français d'avant 1914 et les théoriciens du fascisme. Pour Robert O. Paxton, le Ku Klux Klan (KKK) constitue la première forme de mouvement fasciste, ou protofasciste[8] , et il rejoint en partie Sternhell sur les origines françaises de l'idéologie. Pour l'historien américain, le fascisme se développe selon cinq phases. Premièrement, des publicistes dissidents, extrémistes de droite méprisant la modération des conservateurs, et anciens extrémistes de gauche reniant la démocratie, forment une critique commune du libéralisme politique, au nom d'une synthèse nationale et sociale. L'idéologie se forme ainsi dans des pays de vieille tradition démocratique, comme la France, et, paradoxalement, un pays où naît l'idéologie fasciste a peu de chance de voir arriver rapidement un parti fasciste au pouvoir. Deuxièmement, ces mouvements, jusque-là marginaux, prennent de l'importance, car ils apparaissent, aux yeux des grands industriels et des grands propriétaires terriens, comme le seul moyen de rétablir l'ordre, notamment contre l'agitation communiste. À ce moment, le fascisme abandonne ses revendications sociales avancées pour un libéralisme économique strict. Troisièmement, le parti fasciste accède au pouvoir. Quatrièmement, le pouvoir
  • 22. Fascisme 20 fasciste se consolide. La cinquième et dernière phase, de radicalisation, n'a été pleinement accomplie que par le nazisme, avec la Shoah et la création d'espaces où l'État protecteur disparaît absolument : les camps de concentration, et plus encore les camps d'extermination[8] . De nombreux spécialistes[réf. nécessaire] affirment que le nazisme est à l'opposé du fascisme, le fascisme ayant pour objectif de créer un État fort, alors que le nazisme a pour but de détruire l'État (justice, armée, police, etc.) et faire détenir les domaines régaliens par le parti et ses dirigeants. Le Ku Klux Klan serait encore une forme différente. Son modèle social est davantage centré sur la nation que sur les individus qui la composent. Il cherche à créer un groupe uni et solidaire, qui ait une identité forte. Pour cela, il faut que cette collectivité partage une histoire et un destin communs et qu'elle se construise sur la volonté de perpétuer son ciment culturel. Il est donc primordial pour les fascistes de préserver l'homogénéité (ethnique, religieuse ou de classe) de cette collectivité nationale. Un autre point caractéristique du fascisme est la prégnance de la hiérarchie sociale : le groupe doit être mené par un chef, surnommé en Italie le Duce (« le Guide »), dont l'autorité ne saurait être remise en question. Excluant tout contre-pouvoir, le fascisme est un système qui se veut totalitaire. Il s'est appuyé sur des groupes de choc, les Chemises noires, qui ont été complètement militarisées après la prise du pouvoir. À la différence d'autres totalitarismes, le fascisme a cherché cependant à obtenir l'adhésion populaire plutôt que de recourir à des méthodes coercitives. Utilisant des techniques comme la démagogie et le populisme, il lui est arrivé d'obtenir un fort soutien populaire et même de maintenir certaines formes démocratiques, comme le suffrage universel (pendant deux années). Tout comme le Führer, Mussolini a été « invité » au pouvoir par l'assentiment des autorités de l'époque avec la célèbre Marche sur Rome. Il s'agit pour cela de mobiliser des valeurs comme le patriotisme, les idéaux de « rénovation » nationale et de pureté. Croire, obéir, combattre deviennent des valeurs, analyser et critiquer de l'insubordination. Il est donc nécessaire de faire naître un sentiment d'urgence, de désigner un ennemi commun cherchant à détruire le collectif et contre lequel le groupe tout entier doit se mobiliser. Cette mobilisation permet de réprimer sévèrement toute contestation sans perdre la caution populaire. Il suffit de désigner l'homme à abattre comme « ennemi », « traître », « sous-homme ». Mais le fascisme italien n'a pas pratiqué les massacres de masse de type hitlérien. Le fascisme, à la différence du nazisme, n'était pas raciste à l'origine. Il a adopté une législation raciste à partir de 1935 (interdiction des mariages entre colons et Africaines) et antisémite à partir de 1938, dans un contexte d'alliance avec l'Allemagne d'Hitler. Encore ces lois d'exclusion étaient-elles moins dures et comportaient-elles beaucoup plus de dérogations que les lois antisémites d'Hitler et de Pétain. Origines du fascisme italien Le fascisme est d'abord le nom que le mouvement et le régime de Mussolini se sont donnés. Le terme provient de la fondation après la Première Guerre mondiale, par Mussolini, d'un mouvement appelé Fasci italiani di combattimento (« faisceaux italiens de combat »), ce qui donnera les expressions « fasciste » et « fascisme ». Le mot fasci lui-même est une référence à la Rome antique (les magistrats romains étaient précédés d'un certain nombre de gardes, les licteurs, chargés de ces faisceaux, symboles d'autorité, de violence de la loi[9] .) et aux fascio, mouvements et sociétés secrètes des années 1890, composés de paysans révolutionnaires italiens[10] . Il naît en tant que mouvement décentralisé en mars 1919, sur les frustrations d'une « victoire mutilée », thème agité par les nationalistes en raison de la tournure des négociations lors du Congrès de Versailles, concernant le sort des terres irrédentes de Dalmatie, d'Istrie, de Fiume/Rijeka, mais aussi en réaction au communisme en pleine expansion. Le fascisme est alors le mouvement exalté, le mouvement d'un pays qui tente de retrouver une puissance perdue, un empire perdu, un honneur perdu. Le nationalisme, soutenu par la plupart des artistes de l'époque (Gabriele D'Annunzio, les futuristes italiens, tels Marinetti...) va être le fer de lance du fascisme. Le populisme de Benito Mussolini et la passivité (due à la pacification des milices des fascios, soutenues par les classes dirigeantes et Bonomi, le ministre de la Guerre de Giolitti de 1920 à 1921 [11] ), vont permettre à la dictature de s'installer
  • 23. Fascisme 21 doucement, de la Marche sur Rome du 28 octobre 1922 à l'assassinat de Giacomo Matteotti le 10 juin 1924 qui va déboucher sur la déclaration de la dictature et la promulgation des lois fascistissimes en 1926. À l'origine, sans réelle idéologie, le fascisme est influencé par les lectures de Mussolini et des opinions politique de son père[12] . Ainsi intègre-t-il une version remaniée de concepts tels que l'obéissance entière à l'État d'Hegel, le darwinisme social de Joseph Arthur de Gobineau, la vénération du héros de Friedrich Nietzsche et la violence de Georges Sorel[12] . Frustrations de la guerre En 1914, le royaume d'Italie, membre de la Triple-Alliance aux côtés des empires allemand et autrichien, reste d'abord hors de la guerre. Le peuple italien, qui vient de vivre de dures luttes sociales, est pacifiste dans son immense majorité. Benito Mussolini, réputé très radical, est le rédacteur en chef d’Avanti!, le quotidien du Parti socialiste italien. Lorsque la guerre s'étend à l'Europe, il engage soudain son journal pour l'entrée en guerre aux côtés de la France. Exclu du parti socialiste, entraînant une partie de la fraction anarcho-syndicaliste qui voit dans le conflit le point de départ d'une révolution mondiale[13] , il fonde le Popolo d'Italia, avec des subsides des services secrets français et du patronat italien. Le Popolo d'Italia milite pour une guerre rédemptrice qui doit régénérer l'Italie. En 1915, après avoir signé le Pacte de Londres avec la France et le Royaume-Uni, l'Italie déclare la guerre à l'Autriche. Mais le front des Alpes est difficilement tenable, et Venise est menacée (défaite de Caporetto, 1917). Cependant, au prix de souffrances inouïes, l'armée italienne remporte la victoire de Vittorio Veneto, qui précipite la défaite et l'éclatement de l'Autriche-Hongrie en octobre 1918. Aux traités de 1919-1920, l'Italie repousse sa frontière jusqu'aux Alpes du Tyrol, mais la côte dalmate, qu'elle considère comme italienne, est donnée à la Serbie pour former un nouvel État, la Yougoslavie. L'opinion italienne est déçue : « tous ces sacrifices pour rien » ; c'est la thématique de la « victoire mutilée ». À la tête de volontaires armés de toutes tendances politiques, le poète Gabriele D'Annunzio occupe Fiume (Rijeka) et y règne plus d'un an. Il y invente un folklore que les fascistes copieront (par exemple le cri de ralliement Eia, Eia Alala !) en même temps qu'un certain romantisme utilisé par le futur régime. Dans ce sens, d'Annunzio est un précurseur du fascisme. Conflits sociaux d'après-guerre En 1920, l'agitation sociale monte d'un cran : les ouvriers occupent les usines et forment des conseils ouvriers afin de gérer par eux-mêmes les usines et la distribution. Le 21 janvier 1921, le Parti communiste d'Italie est fondé. Mais les organisations ouvrières et les syndicats sont attaqués par des « cogneurs » payés par certains patrons, et le pouvoir en place reste complaisant face à cette milice qui combat des "organisations subversives". Les fascistes (squadristes), après s'être ligués sous la direction de Mussolini forment eux aussi un parti, le Parti national fasciste, en novembre 1921. Le mouvement ouvrier italien sera décapité en 1922 malgré la résistance du mouvement des Arditi del Popolo telle qu'à Parme, les partis socialiste et communiste n'ayant pas pris la direction des mouvements insurrectionnels. L'équipement fasciste comporte une chemise noire (issue de la tenue des troupes de choc de l'armée italienne créées en 1917 : les Arditi), divers types de matraques, dont un gourdin appelé manganello, et un purgatif puissant, l'huile de ricin, qu'ils font avaler de force à certains de leurs adversaires. Bientôt, les fascistes tiennent le haut du pavé et Mussolini les groupe en un parti, avec une idéologie musclée, qui profite de l'échec de la gauche et de la peur de la droite.
  • 24. Fascisme 22 Le régime fasciste italien : politique et société En 1922, le parti national fasciste a 35 députés au Parlement, et plus de 700000 membres. Après avoir chassé les organisations de gauche des villes du nord de la péninsule, les milices fascistes menacent de lancer une marche sur Rome. À peine celle-ci débute-t-elle que le roi Victor-Emmanuel III nomme Mussolini président du conseil. Mussolini respecte d'abord le jeu démocratique, en étant à la tête d'une large coalition allant jusqu'au centre droit. Mais en mai 1924, le chef de file du parti socialiste italien Giacomo Matteotti, par ailleurs député, dénonce les élections législatives, remportées avec succès par le parti fasciste en partie à la suite d'une modification des modalités de scrutin, et réclame leur annulation : il est assassiné le 10 juin, assassinat qui sera revendiqué par Mussolini dans un discours devant le Parlement le 3 janvier 1925. Pour couper court à toute agitation, Mussolini instaure un régime d'exception : les lois fascistissimes (1926) ; les autres partis politiques sont interdits, leurs députés sont déchus, la presse est censurée, une police secrète, l'OVRA (organisation de vigilance et répression de l'antifascisme), est instaurée ainsi qu'un fichier de suspects politiques et un « Tribunal spécial ». Vers 1929, la dictature du parti fasciste imbibe toute la société (seule la vie culturelle reste relativement libre, à condition de ne pas critiquer le régime). Des milliers de démocrates s'exilent pour échapper à la prison ou à la déportation sur des îles. Le pape Pie XI signe les accords du Latran avec l'État fasciste italien qui lui concèdera l'existence de l'État du Vatican. Mussolini résume le fascisme en décembre 1925 par la formule : « Tout dans l'État, rien hors de l'État, rien contre l'État ». L'idéologie fasciste est fondée sur : • Le nationalisme et l'impérialisme (restaurer l'Empire romain) : le régime construit des stades avec portiques, des statues colossales, avec des faisceaux partout. L'Italie, outre sa colonie (la Libye), doit contrôler la Méditerranée : elle revendique la Corse, l'Albanie, la Dalmatie, la Savoie, Nice, fait la guerre en Espagne, en Grèce, en Égypte… • Le culte du chef : Mussolini est Duce (« guide »). Son image monopolise l'attention des Italiens, dans des postures qui le montrent soit soucieux du peuple, soit très courageux : en train de moissonner, de parader, de rejoindre des lions en cage, etc. Quelques slogans : Credere, obbedire, combattere (« Croire, obéir, combattre » ; pour les fascistes, l'homme ne doit pas trop réfléchir, il ne se réalise que par la guerre), Il Duce ha sempre ragione (« Le Duce a toujours raison »). • L'encadrement de la population. • Le haut centralisme de l'État : le parlement n'a qu'un rôle mineur après 1928, puisque choisi par le Grand Conseil du fascisme, véritable pouvoir. • L'embrigadement des masses : dès la maternelle, les Balilla (ou Fils de la louve) défilent en uniforme noir, saluent à la romaine, assistent aux manifestations du régime, s'entraînent avec des fusils de bois. La force, la violence sont exaltées. Les syndicats sont remplacés par des corporations contrôlées par l'état et le patronat. Le droit de grève est aboli. • La propagande : les emblèmes et slogans fascistes, les chansons de marche, les monuments en béton néo-romains fleurissent partout. Le régime fasciste exalte ses grands travaux : le drainage des marais pontins, les premières autoroutes. On instaure même une ère fasciste (l'An I = 1922). Le régime fasciste italien : économie Les fascistes définissent leur conception économique comme une « troisième voie » entre capitalisme et marxisme. Leur politique se traduit par une extension considérable du contrôle gouvernemental de l'économie sans toutefois d'expropriation massive de la propriété des moyens de production. Le gouvernement nationalise les industries clés, contrôle les changes et fait investir massivement l'État. Ils essaient entre autres de créer des corporations puissantes qui regroupent plusieurs entreprises d'un même secteur , le tout supervisé par l'état. Les fascistes instituent le contrôle des prix, le contrôle des salaires et autres mesures de planisme économique, ils instituent une affectation des
  • 25. Fascisme 23 ressources dominée par la régulation étatique, spécialement dans les secteurs financiers et des matières premières. L'économie est mise au service de l'État[14] . Le refus du capitalisme et du marxisme se traduit par une politique économique d'abord fluctuante. Le programme fasciste révolutionnaire de 1919 Les faisceaux de combat apparaissent en réaction aux troubles sociaux, notamment ceux de Milan. Le programme révolutionnaire du mouvement en 1919 est d'inspiration nationaliste et socialiste dans un mélange particulièrement progressiste et confus. La défaite aux élections de 1919 amène les groupements les plus à gauche à se retirer des fascios. Avec l'évolution du mouvement, nombre des idées du programme seront rejetées. Dans un climat social difficile (grèves et agitations) qui fait craindre à la démocratie libérale un soulèvement social révolutionnaire comme en Russie (Révolution d'Octobre), en Allemagne (Révolution allemande), et d'autres pays dans lequel des troubles révolutionnaires existent, Mussolini annonce en 1921, avant son accession au pouvoir, son soutien au libéralisme et au capitalisme : « Je suis un libéral. La nouvelle réalité de demain, répétons-le, sera capitaliste. La vraie histoire du capitalisme ne commence que maintenant. Le socialisme n'a plus une chance de s'imposer. [...] Il faut abolir l'État collectiviste, tel que la guerre nous l'a transmis, par la nécessité des choses, et revenir à l'État manchestérien » (Mussolini au Parlement le 21 juin 1921) Rocca et Corsini établiront, par la suite, un programme pour le PNF favorable au libéralisme économique « manchestérien ». La phase libérale de la politique de Mussolini (1921-1925) Arrivé au pouvoir, allié à une vaste coalition, le gouvernement de Mussolini, sous l'impulsion du libéral Alberto De Stefani, qui succède aux libéraux, poursuit la politique économique libérale du précédent gouvernement : « Nous voulons dépouiller l'État de tous ses attributs économiques : assez de l'État cheminot, de l'État postier, de l'État assureur » (Benito Mussolini, 1922[15] ). Le tournant s'opère dans la deuxième moitié des années 1920 : Alberto De Stefani démissionne en 1925[16] , promulgation des lois fascistissimes en 1926, vote des lois sur le corporatisme en 1927, et en 1929 crise économique mondiale[15] . Le corporatisme fasciste, mis en place à partir de 1925 Les fascistes monopolisent petit à petit le pouvoir. Après l'assassinat de Giacomo Matteotti le 10 juin 1924, ils établissent une dictature, les lois fascistissimes sont promulguées en 1926 et Mussolini donne au fascisme la célèbre formule : « Tout dans l'État, rien hors de l'État et rien contre l'État » ; il désavoue et attaque (dans le sillage de la confidustria[réf. nécessaire]), suite à une crise économique, le libéralisme économique. Il exprimera l'idée qu'il en a dans La Doctrine du fascisme en 1935 : « Le fascisme est absolument opposé aux doctrines du libéralisme, à la fois dans la sphère politique et dans la sphère économique.… L'État fasciste veut gouverner dans le domaine économique pas moins que dans les autres; cela fait que son action, ressentie à travers le pays de long en large par le moyen de ses institutions corporatives, sociales et éducatives, et de toutes les forces de la nation, politiques, économiques et spirituelles, organisées dans leurs associations respectives, circule au sein de l'État » Mussolini mène alors une politique dirigiste : grands travaux, protectionnisme, stimulation de la consommation, constitution de monopoles, encadrement et restriction des droits des ouvriers, bataille du blé.
  • 26. Fascisme 24 Le corporatisme est institué : un système de guildes qui encadre les relations patrons/ouvriers et salariés afin qu'ils planifient l'économie dans l'intérêt général. Le 2 octobre 1925, il Pacte (du palais) Vidoni, signé entre la Confindustria et les représentants du régime fasciste abolit les unions catholiques, socialistes dont la CGIL ou indépendants les remplaçant par ceux contrôlés par le fascisme [17] . La Confindustria et la Confédération des Corporations fascistes se proclament représentants exclusifs des industriels et le monopole syndical fasciste est approuvé, un tel pacte comprend deux autres demandes, le règlementation du droit de grève qui sera supprimé le 3 avril 1926 et l'auto-fascisation de la Confindustria[18] . Le régime reçoit son appui des grands industriels, des petits capitalistes, des classes moyennes, des petits fonctionnaires, mais aussi des paysans et des ouvriers les plus pauvres (lumpenprolétariat dans la théorie marxiste). Dans les années 1930, l'Italie récupère de la Grande Dépression et connaît une croissance économique. Mais elle est contrariée par les sanctions internationales suivant l'invasion de l'Éthiopie en octobre 1935, par le support militaire coûteux aux nationalistes espagnols et in fine par l'échec de la politique d'autarcie. La république de Salò (1943-1945) À côté d'une politique totalitaire sanglante et antisémite sous la direction allemande, la République sociale italienne (RSI), ou « République de Salò », tente de mettre en œuvre une politique de nationalisation. Choix d'autant plus aisé que les élites économiques et culturelles, par conviction ou par opportunisme, prennent de plus en plus leurs distances avec le fascisme. Expansion pendant l'entre-deux-guerres Le fascisme italien va susciter des imitateurs dans plusieurs pays à travers le monde des années 1930 et 1940. Plusieurs d'entre eux vont demeurer des mouvements minoritaires, tandis que d'autres, au pouvoir, sont en général considéré par les historiens davantage comme autoritaires que comme véritablement fascistes, bien qu'ils puissent avoir des inclinations fascistes. Parmi ceux-ci, on peut citer: • les mouvements fascistes français (divers mouvements : Solidarité française, Mouvement franciste, Parti populaire français, Rassemblement national populaire, LVF, etc.) ; • en Belgique (le rexisme, incarné par Léon Degrelle) ; • en Grande-Bretagne (la British Union of Fascists créé par sir Oswald Mosley) ; • les Oustachis croates d'Ante Pavelić • en Autriche (austrofascisme d'Engelbert Dollfuss, au pouvoir de 1932 à 1934) • en Espagne (la Phalange espagnole de José Primo de Rivera, qui soutient Franco lors de la guerre civile) ; • le régime de Ioánnis Metaxás en Grèce (1936-1941) ; • les Chemises vertes d'Eoin O'Duffy, en Irlande ; • les Ugunskrusts en Lettonie ; • l' Algemeene Nederlandsche Fascisten Bond aux Pays-Bas ; • le Camp national-radical en Pologne ; • au Portugal (les chemises vertes et l' Estado novo de Salazar) ; • en Roumanie (Garde de fer) ; • le Parti travailleur national socialiste de Suède fondé en 1933 par Sven Olov Lindholm ; • l'Organisation fasciste russe et le Parti fasciste russe, créé en 1931 et présent au Mandchoukouo, l'Etat fantoche sous domination japonaise ; • au Brésil (l'Action intégraliste brésilienne ou la Legião Cearense do Trabalho) • au Chili (le Mouvement national socialiste du Chili, qui tenta un coup d'Etat le 5 septembre 1938); • en Argentine, la prétendue Ligue républicaine, proche du poète Leopoldo Lugones • les Silver Shirts aux États-Unis (et le gouverneur de Louisiane, Huey Long)
  • 27. Fascisme 25 Le néo-fascisme après 1945 Après la défaite, une partie des anciens fascistes se sont organisés en opposition légale dans le Mouvement social italien, qui se référait explicitement à la mémoire de Mussolini. Ce parti a obtenu des scores électoraux appréciables (sans atteindre la majorité), surtout dans les régions pauvres du Sud[19] . Toléré par les gouvernements démocrates-chrétiens, qui y voyaient un dérivatif au communisme, il a cependant toujours été exclu des combinaisons gouvernementales. Dans sa nouvelle formule, l'Alliance nationale de Gianfranco Fini, le parti a abjuré ses anciens principes totalitaires[20] , et a pu participer aux gouvernements de Silvio Berlusconi. Un certain nombre des nostalgiques du Duce ont quitté le parti pour fonder le Mouvement social - Flamme tricolore. D'autres, comme Alessandra Mussolini, sont initialement restés au sein d'AN mais l'ont progressivement quitté. Alliance nationale qui a fini par abandonner toutes ses références au fascisme et s'est fondu en 2009 dans le Peuple de la liberté. Interprétations Voir l'article détaillé Théories du fascisme Plusieurs explication divergentes ou opposées ont été données du phénomène fasciste, depuis sa création. Interprétation marxiste Pour certains marxistes, le fascisme n'est qu'une forme d'expression du régime capitaliste, au même titre que la démocratie libérale bourgeoise. Dans cette perspective, le fascisme est l'expression ouverte de la violence du régime capitaliste, qui est masquée par les libertés formelles dans sa forme de démocratie libérale. L'historien Emilio Gentile Emilio Gentile, professeur à Rome, estime que la question du fascisme italien a été "sous-exposée" après 1945 afin de reconstruire l'Italie sur le mythe d'une Italie résistante. Il a ensuite été étudié comme la "voie italienne vers le totalitarisme." Mais, dans tous les cas, la question des racines italiennes aurait été occultées, empêchant la construction d'une Italie réconciliée avec son identité nationale[21] . L'historien Ernesto Galli Della Loggia Ernesto Galli Della Loggia, professeur d'Histoire à l'université de Milan spécialiste notamment de l'antifascisme, estime, contrairement à Emilio Gentile, que l'Histoire du fascisme a été "sur-exposée" car instrumentalisé par certains partis issus de la Résistance italienne au fascisme, notamment par le Parti communiste italien, ce qui aurait conduit selon lui à une certaines banalisation du fascisme dans la vie politique italienne[21] . Voir aussi Bibliographie Italie • Renzo De Felice, Brève Histoire du fascisme • Renzo De Felice, Les Interprétations du fascisme • Serge Berstein et Pierre Milza, Le Fascisme italien, Seuil, Points Histoire, octobre 1998. ISBN 2020055139 • Salvatore Lupo, Le Fascisme italien, Flammarion, mars 2003. ISBN 2082100499 • Serge Berstein & Pierre Milza, L'Italie contempraine du Risorgimento à la chute du fascisme, Armand Colin, coll. U Histoire, octobre 1995. ISBN 2200216904
  • 28. Fascisme 26 France • Henri Michel, Les Fascismes,1977. • Pierre Milza, Fascisme français, passé et présent, Champs Flammarion, janvier 1991. ISBN 208081236X • Yves Guchet, Georges Valois - L'Action Française, le faisceau, la République syndicale, L'Harmattan, octobre 2001. ISBN 2747512142 • Michel Winock, Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France, Seuil, Points Histoire, avril 2004. ISBN 2020655209 • Michel Winock (dir.), Histoire de l'extrême-droite en France, Seuil, Points Histoire, novembre 1994. ISBN 2020232006 • Michel Winock, La Fièvre hexagonale, Seuil, novembre 1987. ISBN 2020285169 • Philippe Burrin, La Dérive fasciste, Seuil, Point Histoire, mars 2003. ISBN 2020589230 • Philippe Burrin, Fascisme, nazisme, autoritarisme, Seuil, Point Histoire, octobre 2000. ISBN 2020414821 • Laurent Joly, Xavier Vallat 1891-1972, Du nationalisme chrétien à l'antisémitisme d'État, Grasset, mars 2001, préface de Philippe Burrin. ISBN 2246608317 • Pascal Ory, Du fascisme, Perrin, janvier 2003. ISBN 2262019800 • Pascal Ory, Les Collaborateurs, 1940-1945, Seuil, Point Histoire. ISBN 2020054272 • Robert Paxton, La France de Vichy, Seuil, Point Histoire, janvier 1999. ISBN 2020392100 • Zeev Sternhell, Ni droite ni gauche, l'idéologie fasciste en France, Complexe Eds, Historiques, septembre 2000. ISBN 2870277881 • Zeev Sternhell, Maurice Barrès et le nationalisme français, La France, entre nationalisme et fascisme, Presses De Sciences Po, septembre 2000. ISBN 2724602269 • Jean-Pierre Rissoan, Traditionalisme et révolution : les poussées d'extrémisme des origines à nos jours. Second volume Du fascisme au 21 avril 2002, 2007, 416 pages, ISBN 978-1-4092-7757-6. Grèce • Dimitris Michalopoulos, « La guerra oscura: origine e fine della campagna bellica della Grecia », Parnassos, vol. 49, pp. 267-274. Généralités • Pierre Milza, Les Fascismes, Seuil, Points Histoire, janvier 1991. ISBN 2020128632 • Pierre Milza, L'Europe en chemise noire, Champs Flammarion, septembre 2004. ISBN 2080800833 • Christop Spher, Die Aliens sind unter uns! ("Les Envahisseurs sont entre nos rangs") ISBN 3442755484 Articles connexes • Antifascisme • Architecture fasciste • Fascisme en France (dont Le Faisceau, Parti populaire français (PPF), Rassemblement national populaire (RNP), etc.). • Ligue d'extrême droite • Nazisme | Propagande nazie • Résistance en Italie pendant la Seconde Guerre mondiale • Irrédentisme italien en Corse • Théories du fascisme • Zeev Sternhell