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Sommaire
Editeur responsable : Cercle Philo & Lettres, rue des Blancs Chevaux, n°8A
SOMMAIRE................................................................................................ 2
EDITO.......................................................................................................... 3
MOT DU PRAESIDIUM............................................................................. 4
MOT DE L’ORGA....................................................................................... 5
NOVEMBRE AU ROYAUME-UNI............................................................ 8
THE BEATLES : SECRETS DE QUELQUES TITRES.............................. 10
(RE)LIS TES CLASSIQUES !..................................................................... 12
LA GUINDAILLE DU MOIS...................................................................... 17
ART HISTORY............................................................................................ 18
MONTY PYTHON ET HUMOUR BRITISH.............................................. 21
CRAZY EX GIRLFRIEND.......................................................................... 25
LA RECETTE.............................................................................................. 27
BE BAD UNTILYOU’RE GOOD............................................................... 28
5 BONNES RAISONS................................................................................. 35
CINEMA BRITANNIQUE ET CHANSONS CULTES.............................. 36
DES CONCEPTS BIEN ANGLAIS............................................................. 40
M’AS-TU LU ?............................................................................................ 43
LA POP ANGLAISE FEMININE ACTUELLE.......................................... 45
CRWTH....................................................................................................... 47
HOROSCOPE.............................................................................................. 53
JEUX............................................................................................................ 54
KIKADIKOIS.............................................................................................. 57
LE COIN PHOTOS...................................................................................... 59
3
Edito
Chers étudiants, chers professeurs, chers lecteurs,
Tu tiens entre tes mains le troisième numéro de l’Éloge de la Folie, le plus
magnifique des journaux facultaires. Si, comme nous, tu te dis : « OMG, j’ai ja-
mais vu une couverture de journal facultaire aussi canon que celle-ci », tu nous en
vois ravis. Nous avons hâte que toi, petit étudiant, professeur, ou autre lecteur de
tout horizon, tournes les pages qui suivent pour te plonger dans notre monde !
Et justement, où allons-nous ce mois-ci ? Après un voyage dans le temps le
mois dernier, nous traversons la Manche pour aller faire un petit coucou à nos
amis Britanniques ! L’Union Jack brillera de milles feux dans ce fascicule !
Au-delà de cela, nous t’avons concocté une foule d’informations sur ta fa-
culté et sur ton cercle, le Philo & Lettres (tu devrais commencer à nous con-
naître !). Nous ferons ensemble, et avec l’équipe Orga, le retour sur un événement
incontournable : le Gargamel Trophy ! Le Praesidium te fera une petite piqûre de
rappel quant à la foule d’activités que le cercle de TA faculté organise de manière
hebdomadaire !
Mais quoi d’autre ? Nous voyagerons parmi toute une foule de sujet tou-
chant la British Culture, des Beatles, en passant par le folklore britannique, les
concepts bien « anglois »1
, ou encore le peintre anglais Turner. En plus de ça, les
frères Tinti nous inviterons dans leur monde à travers une nouvelle des plus poé-
tiques, Elise nous régalera de son traditionnel M’as-tu lu ? et A2L1 reviendra avec
des anecdotes nulles sur le monde musical dans son CRWTH ! Le cinéma sera
aussi (évidemment) mis à l’honneur dans ce numéro ! Et bien d’autres choses !
Nous te souhaitons une excellente lecture,
God Save the Queen !
Anna et Gilles
Délégués Éloge
2016 – 2017
1
Si tu suis, référence aux Visiteurs !
4
Mot du praesidium
Chers étudiants, chers professeurs, chers lecteurs de notre Eloge de la Folie,
L’heure est grave. Nous arrivons presque à la fin de l’année. J’entends le
fameux dicton « Semaine dix, tu bosses ou tu bisses » chanter à mes oreilles. Je
frissonne déjà, et pas seulement de froid, mais d’effroi. Ne sommes-nous pas déjà
aux portes du blocus ? Au fur et à mesure que nos cahiers académiques se rem-
plissent, notre cahier d’activités guindaillesques se stabilise.
Nos grosses activités du quadrimestre, à l’exception d’une Casa le jeudi
S10, sont derrière nous. Pour autant, il ne faut pas que le morne froid de l’hiver
prenne le pas sur notre enthousiasme sans limite. C’est donc avec une grande joie
que nous continuerons à vous accueillir pendant les quelques semaines qui nous
séparent de notre rentrée dans les chaumières.
Le lundi est toujours placé sous le signe de l’amusement et de la camara-
derie – et un peu de bières aussi, reconnaissons-le. De 21h à 3h, venez découvrir
ou redécouvrir notre Antre du Bouffon, sa soirée hebdomadaire, ses bières, ses
bières spéciales, ses softs attractifs, et tout cela à prix fort démocratiques ! Le
mercredi, quant à lui, voit le retour en force de l’Anim’Bar – Cocktails qui nous
régale déjà de toutes ses nouveautés : animations, concerts, vins de fruits... Rien
n’est laissé au hasard pour que vous passiez la meilleure des soirées !
Notre K-Fet et son célébrissime Sandwiche Raclette réchauffent les cœurs
et les papilles des plus courageux. Quant à nos bars aprèms, ils sont toujours
autant prisés lors des après-midis automnales pluvieuses pour s’y détendre autour
d’une partie de cartes.
« J’ai besoin de l’hiver. Car pendant que la nature se repose, l’esprit, lui,
peut entrer en ébullition » - Jan Sverah. Nous vous souhaitons à tous une très
bonne fin d’année académique, que votre travail soit fructueux !
A bientôt dans l’Antre,
Elisabeth et Melissa,
XXXe praesidium du
Cercle Philo & Lettres
5
Mot de l’orga
Oyez oyez jeunes gens (et les moins jeunes aussi, on ne voudrait pas faire
de jaloux),
Nous espérons que vous allez bien parce que l’Orga, elle, se porte à mer-
veille ! Depuis la sortie du dernier Eloge, bon nombre de choses se sont passées !
Et pas des moindres ! Entre le Gargamel Trophy et une CASA, vos trois dévouées
déléguées ont été plutôt occupées.
Comme vous le savez tous (enfin, nous l’espérons), le mardi 1er
novembre,
jour férié, avait lieu la XLIème édition du Gargamel Trophy ! Cet évènement a
fait son grand retour l’an passé et nous étions surmotivées à l’idée de le réorgani-
ser cette année. C’est donc à 9h mardi matin (ouais ouais, le réveil fut rude après
ce bon vieux Philundi) que les festivités ont commencé. Tout le comité devait être
présent mais comme on le dit si bien : « Y a toujours une exception à la règle ».
Quoiqu’il en soit, une grande partie était là. Certains plus motivés que d’autres,
certains plus gueule-de-boisés que d’autres, mais présents quand même !
Vers 9h30, une fois que Max du Dépakot2
eut retrouvé les clés de sa chère
camionnette, le début de ce qui serait en fin de compte une matinée remplie de
trajets pu commencer. Entre la quête des barrières nadar au garage CSE, aller
chercher des fûts et des pompes volantes au CI et au GCL, monter les différents
stands, appeler la police et une dépanneuse pour faire enlever une voiture3
dans le
chemin, la matinée fut très chargée !
A 14h, après une pause de midi relativement courte mais amplement méri-
tée, les inscriptions pouvaient commencer ! Le soleil était de la partie et les gens
aussi ! Deux heures plus tard, après avoir compté 64 équipes inscrites, la course
pouvait être lancée. Malgré des commentaires tels que « Un retard pareil, c’est
inédit ! » ou encore « Je ne sais pas ce que font les déléguées Orga cette année,
c’est scandaleux ! », il s’avère que tout le monde s’est bien amusé, était content
et, il ne faut pas se mentir, a bien bu ! Notre journée à nous ne s’arrêtait pas là !
En effet, l’heure du rangement pointait le bout de son nez. C’est à 22h46 précise
que celui-ci se concluait, non sans joie : « Eh les gars, on sort se tauler mainte-
nant ? » Ouais bah non, nous, on va dormir hein !
2
Encore merci pour votre aide et bonne humeur, les gars !
3
Si c’est de ta voiture dont nous parlons, nous espérons que tu ne nous en veux pas trop et que tu reviendras,
quand même, au philo… Oops
6
En résumé, cette journée fut éprouvante mais réussie ! MERCI à tous ceux
qui ont permis que cet évènement se réalise et MERCI à tous les participants qui
ont fait de cette XLIe édition, un succès ! 
Le Garga en images …
Maaaais quand y en a plus, y en a encore ! En effet, l’Orga ne s’est pas
arrêtée là ! A peine une semaine plus tard, c’est-à-dire le mardi 8 novembre, il
était venu le temps (non pas des cathédrales) mais bien de notre deuxième CASA
du quadri ! Afin de combattre la morosité de notre chère Belgique en cette saison
automnale, nous avions décidé que le thème de cette CASA serait « Be colour-
ful ». Les gens étaient donc invités à venir revêtus de leurs vêtements les plus
colorés. Bien que nous soyons quasiment les seules à avoir sauté le pas4
, l’am-
biance n’en fut pas affectée. La CASA n’était pas remplie mais les gens qui étaient
présents se sont bien amusés !
Si tu as raté cette deuxième CASA à cause d’un travail à rendre le lende-
main, de maladie ou tout simplement parce que dormir, c’est cool aussi, ne t’en
fais pas, une troisième est déjà prévue pour le JEUDI 24 NOVEMBRE ! Nous
espérons t’y voir !
C’est sur cette information renversante que nous concluons notre mot !
A très vite 
PLL,
Déléguées Orga 2016 – 2017
4
Il faut dire que les t-shirts jaunes ont bien aidé !
7
8
Novembre au Royaume-Uni
Novembre a sonné le début du temps des fêtes (bah oui, parce que tu
n’attends pas décembre pour aspirer à Noël), ou du moins, dans ta tête. En no-
vembre, on ressort les écharpes, on a les lèvres gercées, et t’es obligé de mettre
un pull sous ton polo. Bref, novembre annonce le début des coutumes et des tra-
ditions annuelles. Mais de l’autre côté de la Manche, que se passe-t-il en no-
vembre ? Quelles sont les coutumes célébrées là-bas ?
 Le 05 novembre : Guy Fawkes Night
Le 5 novembre, les Anglais fêtent la Guy Fawkes Night. Mais qu’est-ce
cette tradition, et d’où vient-elle ?
Le 5 novembre 1605, Guy Fawkes et un groupe de Catholiques tentent
de mettre le feu au Parlement de Westminster (cet évènement historique est appelé
la Conspiration des Poudres) et de tuer le roi qui officiait alors, King James the
1st. La joyeuse bande était en désaccord avec la politique du Roi concernant les
protestants. Le complot est découvert et Guy et ses petits amis sont emprisonnés.
Ils sont condamnés à être pendus, traînés, puis écartelés (oui je sais, ça donne
envie). Le truc drôle dans l’histoire, c’est que Fawkes réussit à s’échapper des
mains de son bourreau mais se brise le cou en sautant de l’échafaud. C’est ce
qu’on appelle un BIG FAIL (mettons-nous d’accord, je ne suis pas sûre que cette
dernière anecdote soit vraiment avérée, mais l’histoire retiendra que si, comme
ça, nous pourrons gentiment nous foutre de la gueule de de cher Guy).
Bref, de cette sympathique aventure, est né une fête : la Guy Fawkes
Night célébrée chaque année en Angleterre. Les Anglais préparent cette nuit-là
des petits buchers, des feux de joie, on lance aussi des feux d’artifice. Les enfants
peuvent confectionner des mannequins qu’ils appellent « Guy », et crient dans les
rues « A penny for the guy » (sympathique, le jeu de mot !).
La Guy Fawkes Night, ou comment profiter des malheurs d’un type.
La célébration de la Guy Fawkes Night Guy Fawkes
9
 Le 11 novembre : Remembrance Day ou Poppy Day
La date doit certainement vous dire quelque chose, et en effet, c’est parce
que nous le fêtons aussi. Le Remembrance Day des Anglais, c’est notre Armistice
à nous. Lors de cette journée, on commémore les sacrifices liés à la Première
Guerre Mondiale. Sachez pour l’anecdote, que le 11 novembre, n’est pas férié en
Grande-Bretagne, alors qu’il l’est chez nous et en France. Néanmoins, ils respec-
tent une minute de silence.
Ce jour est aussi appelé Poppy Day. Poppy signifie en fait coquelicot, et
il fait référence aux coquelicots qui poussaient dans les champs de Flandre durant
la Première Guerre Mondiale, champs où de nombreux soldats anglais sont morts
durant cette dernière.
 Le 30 novembre : St Andrew’s Day
La St Andrew (ou saint André, si t’es un francophone chiant), est en fait
la fête nationale de l’Ecosse. Saint André était l’un des apôtres de Christ, et il est
le saint patron de l’Ecosse.
On fête le St Andrew’s Day en mangeant de la nourriture typiquement
écossaise, et en réalisant des danses typiques écossaises sur de la musique typi-
quement écossaise également (trop de fois le mot « typique » et le mot « écos-
saise »).
Un cortège lors du St Andrew’s Day St Andrew (ou St André)
10
The Beatles : Secrets de quelques titres
Quel groupe plus emblématique que The Beatles pour représenter la culture
britannique ? Les Beatles sont l’essence même de la pop culture anglaise. J’ai hâte
de vous faire découvrir les secrets de quelques-unes des plus grandes chansons du
meilleur groupe de l’univers ! #aucuneobjectivité
HELP !
Help ! a toujours été l’une des chansons favo-
rites du grand John Lennon. Celui-ci composa Help !
avec Paul dans sa maison de Weybridge en avril 1965.
Les paroles reflètent les frustrations de John. Il man-
geait et buvait trop, avait pris du poids et acceptait mal
les exigences de la célébrité mondiale. La chanson est
un véritable appel au secours de sa part, bien qu’elle
ait au départ été écrite sur commande. « J’avais besoin
d’aide. Cette chanson parle de moi », a-t-il déclaré. La gloire, la richesse et le
succès n’avaient fait que renforcer ses angoisses latentes. Devenu l’une des plus
grandes stars de la planète, John commençait à regarder en arrière et à regretter la
vie finalement plus facile et plus sereine de son enfance.
DO YOU WANT TO KNOW A SECRET ?
C’est à l’époque de la fin de la relation entre Paul
McCartney et Dorothy Rhone que Cynthia Powell, la
petite amie de John Lennon, découvrit qu’elle était en-
ceinte. En août 1962, Cynthia Powell et John Lennon
firent ce que faisaient généralement les jeunes couples
dans leur situation : ils se marièrent. Alors qu’il vivait
dans son nouvel appartement, John écrivit cette chan-
son, le secret en question étant qu’il venait de com-
prendre qu’il était vraiment amoureux. Ce morceau s’inspire d’une chanson que
lui chantait sa mère, et qui provient de Blanche-Neige et les Sept Nains, le long-
métrage d’animation de Walt Disney sorti en 1937. Dans l’une des premières
scènes du film, Blanche-Neige assure les tâches ménagères. Elle s’approche du
11
puits du château et commence à chanter pour les oiseaux : « Wanna know a se-
cret ? Promise not to tell ? We’re standing by a wishing well ».
A HARD DAY’S NIGHT
Il était assez courant, au début des années
soixante, de voir des musiciens tenter leur chance au
cinéma dès que leur popularité avait été établie. A la
fin du tournage, cependant, le film n’avait pas de titre,
parce que les Beatles avaient refusé On the Move, Let’s
Go et Beatlemania. A Hard Day’s Night fut la dernière
chanson composée, et son titre fut finalement adoptée
pour l’album et pour le film. Cette phrase fut attribuée
à Ringo Starr : « C’était après une journée de travail particulièrement difficile qui
s’était prolongée tard dans la nuit. Quand je suis sorti, en pensant qu’il faisait
encore jour, je me suis exclamé : « It’s been a hard day ». Puis, j’ai regardé autour
de moi, et je me suis repris, en voyant qu’il faisait nuit : « ‘s night » ». Le jeu de
mot repose sur l’apostrophe « ‘s » qui peut être l’abréviation de it is ou d’un pos-
sessif : « Ça a été une dure journée – Il fait nuit » devenant ainsi « La nuit d’une
dure journée ».
ELEANOR RIGBY
Initialement, la personne qui nettoyait l’église
dans la chanson s’appelait miss Daisy Hawkins, et non
Eleanor Rigby. Paul McCartney avait également fait de
Daisy une jeune fille, mais il réalise très vite qu’il était
plus que probable qu’une personne qui nettoie les
églises après les mariages fût plus âgée. Lorsqu’il eut
vieilli son personnage, il imagina que, si elle avait man-
qué le mariage dont elle effaçait les traces, alors elle
pouvait aussi avoir manqué le sien. Il s’agissait peut-être d’une vieille fille, dont
la solitude était rendue plus cruelle encore par le fait de devoir éliminer les débris
qu’avaient laissés ces célébrations.
All you need is love,
Eli-sa-rajouter ici un suffixe
12
(Re)Lis tes classiques !
La nausée de Sartre
Salut ! J’ai décidé pour ce troisième article de rubrique de vous parler d’un
livre d’un auteur très connu du XXe
: La nausée de Sartre. J’ai pas mal hésité
avant de choisir cette œuvre, mais, comme je pense que relativement peu de
choses ont été dites sur elle et qu’elle doit sans doute avoir mauvaise réputation
auprès des personnes l’ayant lu en secondaire, je voulais rectifier le tir et rendre
justice à ce roman intéressant.
Au premier abord, je le reconnais, La nausée peut paraître très… ennuyant.
D’ailleurs, si je devais choisir un adjectif décrivant le mieux l’intrigue, je dirais
« morose »5
. Et je suis sûr que beaucoup s’arrêtent là dans leur critique du livre.
Mais il convient d’y ajouter des adverbes tels que « intelligemment » ou « juste-
ment » morose. La difficulté réside dans l’explication de la contradiction appa-
rente entre la morosité de l’intrigue et son intérêt, épreuve que je voudrais sur-
monter.
Les pages du livre nous sont présentées comme les
notes d’un journal tenu par un homme d’âge moyen vivant
seul depuis peu à Bouville, petite ville française du Nord. Il
dit vouloir écrire pour savoir s’il est fou ou non. Mais force
est de constater après quelques pages que ce narrateur est
plutôt dépressif. Il n’arrive pas à faire le deuil de son passé,
où il a beaucoup voyagé et connu le grand amour, et ne peut
se satisfaire de son présent, dans lequel il oscille entre soirées
seul à écrire un travail sur un auteur inconnu et journées dans
un café assez miteux, le tout dans une ville pluvieuse aux
habitants banals… La nausée, c’est en fait le récit de l’expérience de la solitude,
souvent accompagnée de la dépression. « Solitude » désignant non pas le fait
d’être seul, mais bien le sentiment, l’impression d’être seul. En quoi cela peut-il
être intéressant ? direz-vous. Eh bien, tout d’abord, parce qu’on peut apprécier la
5
Même si, selon moi, la toute fin de l’intrigue est positive, j’en parlerai plus tard.
13
justesse avec laquelle Sartre traite le sujet. Certaines pensées et réflexions du nar-
rateur sont proprement celles de quelqu’un de seul ou de triste : il se demande s’il
est fou, n’arrive pas à converser avec des gens, se satisfaire de ce qu’il a, éprouve
une grande nostalgie… Cela donne un effet de catharsis6
, qui pourrait en toucher
plus, d’autant plus que l’expérience du malheur, de l’insatisfaction, de la tristesse,
de la solitude est universelle.
Mais le plus intéressant est la réflexion que développe le narrateur suite à
son expérience de solitude à propos de l’existence même. Rassurez-vous, je ne
vais pas évoquer ici la pensée existentialiste à proprement parler, même si ce que
le narrateur exprime y fait sans doute référence. L’expérience de la solitude est
souvent propice aux questions et réflexions existentielles. Chez le narrateur, ces
moments de philosophie (qui ne sont absolument pas considérés ainsi par le nar-
rateur) se manifestent parfois par ce qu’il appelle « la Nausée »7
, usant d’une belle
métaphore. La Nausée une sensation désagréable que le narrateur éprouve
lorsqu’il perçoit le véritable sens de l’existence, à savoir qu’il n’y en a pas, que
l’existence n’a aucune utilité. Et ce qu’il y a d’intéressant, c’est que ce triste pos-
tulat (qui est fait au milieu du récit) va être remis en question et soumis à la réalité,
aux autres personnes, et très souvent se vérifier, d’où l’ambiance assez noire du
roman. Pas mal d’éléments sont envisagés sous l’angle de l’utilité, de l’existence
(du moins, c’est ainsi que la pensée du narrateur tend à nous les faire envisager).
Alors, certes, c’est morose (comme je le signalais), mais cela a le grand mérite de
nous faire penser autrement, nous faire réfléchir.
Cette réflexion amène d’ailleurs en de nombreux endroits une critique so-
ciale assez ferme. La position esseulée du narrateur, qui est sans occupation (il
n’est pas pressé d’écrire son travail, tel un vieux doctorant), lui fait voir la vie
normale d’un œil méprisant, comme on le constate dans cet extrait où il décrit une
foule.
6
Bon, allez, cette fois-ci, je te le définis, mais ça sera bref et incomplet : mot qui vient du grec et qui signifie
« purification ». Dans son sens littéraire, désigne le sentiment de soulagement, contentement, de « purification »
que le lecteur ressent lorsque des thèmes qui lui sont importants ou qui le concernent sont abordés de manière
apparente et avec justesse. À différencier du pathos, qui émeut simplement le lecteur, souvent par l’identification
et la pitié.
7
Tu l’auras compris : c’est une métaphore ! Qui a dit que le cours de poésie ne servait à rien ? (Plus sérieuse-
ment, ce cours est certes très exigeant, mais très important, donc, si tu le suis, arrête de te plaindre et fais tes lec-
tures argumentées du mieux que tu peux !)
14
Ils sortent des bureaux, après leur journée de travail, ils regardent leurs mai-
sons et les autres squares d’un air satisfait, ils pensent que c’est leur ville,
une « belle cité bourgeoise ». […] Ils ont la preuve, cent fois par jour, que
tout se fait par mécanisme, que le monde obéit à des lois fixes et immuables.
Les corps abandonnés dans le vide tombent tous à la même vitesse, le jardin
public est fermé tous les jours à seize heure en hiver, à dix-huit heures en
été, le plomb fond à 335° […]. Ils sont paisibles, un peu moroses, ils pen-
sent à Demain, c’est-à-dire, simplement, un nouvel aujourd’hui ; les villes
ne disposent que d’une seule journée qui revient toute pareille à chaque
matin. À peine la pomponne-t-on les dimanches. (p. 221)
On a ici une critique en règle du métro-boulot-dodo. Mais ce qu’il y a d’ori-
ginal est qu’elle s’imbrique dans une réflexion plus large sur l’existence et le bon-
heur. Le narrateur explique ailleurs que sans amour ni travail, on s’aperçoit de
l’inutilité et de la futilité de l’existence (décrite dans l’extrait). Pourtant, à voir
l’état dépressif et les « nausées » du narrateur, ce sont bien ceux qui vivent selon
le métro-boulot-dodo qui paraissent les plus heureux ! On atteint ici le nœud du
problème présenté magistralement dans La nausée : la routine enferme et confine
à la futilité, au non-intérêt, mais dès qu’on s’en aperçoit et/ou qu’on s’en éloigne,
on trouve difficilement du sens à sa vie, ce qui peut nous désorienter et nous at-
trister, parfois fortement.
Et c’est là, lorsque ce problème est pleinement exposé, qu’arrive la fin du
livre, qui propose, selon moi, une solution et une issue positives face à ce so-
phisme existentiel : l’écriture. L’écriture à la fois comme thérapie quant au passé
idéalisé et la nostalgie du narrateur et comme moyen de rendre utile son existence
et de donner par là un sens à sa vie. En lisant la fin du livre, j’ai été très surpris du
revirement de position du narrateur, de sa volonté d’écrire un livre comme solu-
tion à son problème existentiel. Et cette fin inattendue, à la fois abrupte et positive
constitue pour moi un dernier argument pour lire La nausée. Vous trouverez plus
de détail et d’explication en la lisant vous-mêmes.
Pour résumer mon avis et mon « interprétation » (entre guillemets parce
qu’il me faudrait sans doute une bonne dizaine de pages A4 pour que je puisse
développer) de ce roman, je dirais donc que La nausée est un double-récit. Le récit
15
d’un homme seul qui n’arrive pas à faire le deuil de son passé et de son grand
amour, et le récit de l’expérience de la solitude et de l’ennui et de la façon dont
ces deux fléaux suscitent chez l’homme une quête de sens. En lisant La nausée,
on se demande : « Qu’est-ce qu’exister ? Qu’est-ce que ce mot signifie ? À quoi
ça sert ? Vers quoi vais-je et vers quoi les autres vont-ils ? » On pourrait évidem-
ment se questionner sur l’existence et trouver des réponses plus rationnelles à ces
questions en lisant ou en étudiant tel ou tel philosophe. Mais l’intérêt de la litté-
rature réside dans la façon intime, juste, précise, imagée dont elle traite des sujets
proprement humains. Et cet aspect littéraire est justement rendu dans cette double-
histoire, à la fois personnelle et philosophico-sociale, qui touche tout en dénon-
çant et en faisant réfléchir.
Ce sera tout pour cette fois ! Essayez de lire ET aussi de guindailler, si vous
en avez encore le temps. Car, camarades, « L’espérance de lendemains / Ce sont
mes fêtes »8
!
Chelala
8
RUTEBEUF, “Le mariage Rutebeuf”, XIIIe siècle.
16
17
La guindaille du mois
Ne laisse pas Trump passer (Air : Cookie Dingler – Femme libérée)
Nous voici rentrés, dans une nouvelle ère
Grassement financée par Trump le père
En Amérique, candidat un peu
excentrique
Une moumoute blonde, plutôt
égocentrique
Ne laisse pas Trump passer
Il est misogyne
Être raciste déclaré tu sais c'est pas si
facile
Ne laisse pas Trump passer
Il aime pas les gouines
Xénophobe déclaré tu sais c'est pas si
facile
Les latinos, tous des violeurs
Mais dis-moi ce serait pas toi
l'harceleur ?
Avec ton physique, pas étonnant
Les femmes préfèrent toujours les
hommes blancs
Ne laisse pas Trump passer,
Cette orange sanguine
Des UV par millier tu sais c'est pas si
facile
Ne laisse pas Trump passer
Mauvaises combines
Des magouilles à cacher tu sais c'est pas
si facile
Il pense satisfaire tout le pays
En tous cas mieux qu'Hillary son mari
A la tête du pays un vrai Dark Vador
L'empire se détruit, il y aura des morts
Ne laisse pas Trump passer,
C’est pire que Poutine
Et pour se l'avouer pour lui c'est plutôt
facile
Ne laisse pas Trump passer
Attitude mesquine
Être despote avoué tu sais c'est pas si
facile
Nasty Girl comme concurrente principale
Une femme présidente ce n'est pas si
banal
La grossesse c'est un inconvénient
Mais t'inquiètes elle a plus l'âge d'être
maman
Ne laisse pas Trump passer
Cet énorme débile
Car savoir assumer tu sais c'est pas si
facile
Ne laisse pas Trump passer
Ce serait incivil
Un acteur dépassé, doublé d'un imbécile
Vestales FAMA 2016 - 2017
18
Art History
Pour cet Eloge dédié à la culture british, je vais vous présenter l’un des plus
grand artiste anglais de la peinture romantique, W.
M.W. Turner. Considérer comme « the painter of
light », il est principalement connu pour ces paysages
et marines d’Angleterre.
Joseph Mallord William Turner, né en avril
1775 dans le quartier de Covent Garden à Londres, est
le fils d’un modeste barbier-perruquier londonien.
Soutenu par son père à poursuivre son talent d’artiste,
le jeune garçon expose ses premiers dessins dans la vi-
trine du salon de son père et commence à vendre ces
dernières dès l’âge de douze ans.
Le jeune Turner est admis à la Royal Academy
of Arts en 1789, à l’âge de 14 ans, où il s’initie à
l’aquarelle. Par la suite, il adopte également la peinture à l’huile.
En 1802, il est élu membre de la Royal Academy, 5 ans plus tard il y devient
professeur de perspective. A 45 ans, il est un artiste avec une grande renommée
et possède sa propre galerie à Londres. Pendant plus de soixante ans, Turner tra-
vaille sans relâche à sa passion, de ces toiles se dégagent « un sentiment de vérité
et de poésie qui illumine ses crépuscules et ces aurores9
».
Malgré sa grande renommée, il ne souhaite pas bénéficier de sa richesse et
recherche à la fin de sa vie la solitude et l’anonymat. Il quitte sa maison-atelier
pour le quartier de Chelsea, rompt tout contact et change de nom. Il meurt le 19
décembre 1851 et est enterré à la cathédrale St Paul de Londres. Turner lègue dans
son testament tous ses tableaux à la nation, ce qui fait que le National Gallery
possède plus de 400 de ces toiles.
Tout au long de sa vie, il réalise de nombreux voyages, de la France à la
Suisse, des Pays-Bas à l’Italie, à la recherche d’inspiration, de nouveaux paysages
et de peintres sur qui se baser. Ce sont surtout les aquarelles issues de ces voyages
qui valurent à Turner l'estime de la haute société britannique. C’est un voyage à
9
GRÉGOR I., « William Turner (1775-1851). ‘Mon style c’est l’atmosphère !’ » dans herodote.net,
https://www.herodote.net/William_Turner_1775_1851_-synthese-1992.php, (13/11/2016).
Fig.1
Joseph Mallord William Turner
Self-Portrait c.1799
Tate N00458
19
Venise en 1819, qui chamboule son art, il y découvre les peintures de Canaletto.
Lors de ce voyage, il prend le temps de se consacrer à son sujet de prédilection :
la lumière. Il reprend les vues incontournables de Venise mais en accentuant les
reflets de l’eau, le soleil et les effets de brume.
Dans sa peinture, Turner veut dépasser les paysagistes qui le précédents
tout en rivalisant avec les grands maîtres hollandais, italiens et français, tel que
Nicolas Poussin, pour affirmer sa supériorité. Ses aquarelles sont avant tout des
recherches visuelles tandis que ses peintures à l’huile comportent une part de spi-
ritualité et de symbolisme, tel que dans le « Téméraire ». Dans ses toiles, il porte
un amour passionné pour la lumière, pour le soleil et ses couchers rayonnants,
pour les reflets de ses rayons sur le surface de l’eau et surtout pour les éblouisse-
ments qu’il provoque10
. Il joue avec le clair-obscur pour créer les contrastes et
faire « exploser » les couleurs, dans un style qui donne un effet de contre-jour à
ses œuvres11
.
Pour illustrer l’art de J. M. W. Turner, quoi de mieux que son œuvre phare :
The Fighting ‘Téméraire’ ? Ce tableau est une huile sur toile, peinte en 1838. Il
s’agit d’un travail tardif de l’artiste, qu’il surnommait « my Darling ». En effet,
Tuner est dans la soixantaine lorsqu’il peint cette marine. Il démontre encore une
fois ces talents de peintre et ses techniques pour suggérer la mer et le ciel, grâce
aux reflets de la lumière sur l’eau.
L’œuvre représente le dernier voyage du Téméraire tiré par un remorqueur
le long de la Tamise. Ce bateau de 98 canons eu un rôle important dans la victoire
de Nelson lors de la bataille de Trafalgar en 1805. En service jusqu’en 1838 après
quoi il fut déplacé pour être détruit.
Cette œuvre représente le déclin du pouvoir naval britannique, en représen-
tant un bateau à vapeur tirant un bateau à voile, le nouveau surpassant l’ancien.
Toutefois elle fait également un dernier éloge au navire de guerre.
Cette peinture à l’huile, apporte un jeu d’émotions et une grande symbo-
lique avec le soleil à l’horizon et la lune montante. Il reste néanmoins difficile de
déterminer s’il s’agit de l’aube ou du crépuscule. Comme dans toutes ses œuvres,
10
LAROUSSE, « Joseph Mallord William Turner », dans Larousse, http://www.larousse.fr/encyclopedie/person-
nage/Joseph_Mallord_William_Turner/147705, (13/10/2016).
11
BROWN D. B., « J. M. W. Turner » dans TATE, décembre 2012, http://www.tate.org.uk/art/research-publica-
tions/jmw-turner/joseph-mallord-william-turner-1775-1851-r1141041, (13/10/2016).
20
Turner a su jouer des couleurs et des effets, qui lui ont donné le surnom de « pain-
ter of light »12
.
Si cette introduction à l’art de J. M. W. Turner vous a plu, je vous conseille
de regarder le film Mr. Turner, qui retrace les 25 dernières années de sa vie dans
le Londres du XIXe
siècle. Et lors d’un prochain voyage à Londres, n’hésitez pas
à aller admirer ses tableaux à la National Gallery ou au Tate Museum.
Lauren
12
THE NATIONAL GALLERY, « the Fighting Temeraire » dans Joseph Mallors William Turner dans The National
Gallery,  https://www.nationalgallery.org.uk/paintings/joseph-mallord-william-turner-the-fighting-temeraire,
(13/11/2016).
Fig.2
Joseph Mallord William Turner
The Fighting Temeraire c.1839
The Nation Gallery NG524
21
Monty Python et l’humour british
Permets-moi, cher lecteur, de commencer cet article par quelques pensées phi-
losophiques. Je sais que je m’adresse à des étudiants en majorité rodés aux théo-
ries de bon nombre d’illustres auteurs, penseurs et vieux barbus, mais j’y tiens.
- Pardon, monsieur, aimez-vous les enfants ?
- Je n’en ai jamais mangé... mais enfin... avec plaisir.
Mais aussi :
- Permettez-moi de me présenter, je suis le fils des trois mousquetaires.
- J’ai beaucoup entendu parlé de messieurs votre père.
Ces citations nous viennent d’outre-Manche. Tu l’as peut-être deviné, cher lec-
teur, elles ont été inventées par les Monty Python (bon, d’accord, c’est mis dans
le titre).
Les Monty Python, c’est un collectif de six humoristes britanniques : John
Cleese, Terry Gilliam, Graham Chapman, Eric Idle, Terry Jones et Michael Palin.
Si ces noms ne te disent rien, shame on you. Véritables génies de l’écriture humo-
ristique, ces six bonhommes ne se rendent
pas compte, au début des années 70, qu’ils
auront un impact considérable sur le co-
mique britannique (et même mondial), et
surtout sur le comique absurde. Comme a
dit Racine (Jean, 1639 – 1699) ; « Les
livres et le bon pinard, c’est comme les
Monty Python, ça se bonifie avec le
temps. »
Monty Python’s Flying Circus
C’est le 5 octobre 1969 que le premier épisode de la série Monty Python’s
Flying Circus est diffusé par la BBC. 45 épisodes plus tard, les sketches télévisés
étaient devenus incontournables en Angleterre. Les épisodes duraient en moyenne
40 minutes, enchainant les petits sketches.
22
Le nom de Monty Python’s Flying Circus vient tout simplement de l’imagina-
tion du groupe. Ils avaient, selon la légende, hésité avec Owl Stretching Time, The
Toad Elevating Moment ou encore Vaseline Review. On ne sait jamais, peut-être
que tu te poses la question.
Dès le départ, les Monty Python avaient une idée pré-
cise pour la conception des épisodes. Le public a pu as-
sister à plusieurs innovations notables. Exemple : le dé-
marrage d’un épisode « à chaud ». Ouverture sur Palin,
déguisé en Robinson Crusoé, qui parcours un long che-
min à travers différents décors (émergeant de l’océan
jusqu’à la plage, rampant dans la jungle, traversant une
rue bondée, etc.). Le spectateur est souvent piégé, avec,
par exemple, la diffusion du générique de fin au début
de l’épisode, précédant les diffusions publicitaires de la BBC avec en voix-off un
Palin ou un Idle imitant les ads de l’époque.
La technique imparable pour écrire le plus efficacement possible était de se
répartir le boulot de l’émission à créer, et après deux semaines de travail en solo
ou en duo, ils se retrouvaient pour ne sélectionner que le meilleur. Leur but était
clairement affiché : « Se marrer à mort » (sic).
Films
C’est après la fin de la quatrième saison du Monty Python’s Flying Circus que
le groupe décida de se lancer dans le cinéma. Grand changement pour les six gu-
gus, mais dieu que c’est bon ce qu’ils nous ont pondu là !
Tu connais certainement, cher lecteur (si pas... je ne sais plus quoi faire de toi),
les trois longs-métrages des Monty Python : Monty Python and the Holy Grail,
Monty Python’s Life of Brian, et Monty Python’s The Meaning of Life. Tous mis
en scène et joué par les six membres, ils restent encore aujourd’hui des modèles
du genre.
Le premier du nom, Sacré Graal ! en Français (oui, je sais, les bras m’en tom-
bent), se pose là, en 1975. Librement inspiré de la légende Arthurienne13
, le film
13
Bon ben... Arthur, tu bois. Ainsi que tous les participants à la Revue 2015 d’ailleurs.
23
raconte l’histoire du roi Arthur, et de sa re-
cherche du Saint Graal. Rejoint dans sa quête
par Sir Bedevere le Sage, Sir Lancelot le Cou-
rageux, Sir Galahad le Pur et Sir Robin le Pas-
tout-à-fait-aussi-courageux-que-Sir-Lancelot,
le groupe fait chemin vers Camelot, pour en-
suite, après un échange verbal avec Dieu, partir
sur la route devant les mener au précieux calice.
Brillant par ses répliques cultes, ses scènes sans queue ni tête, ses personnages
burlesques et stupides, Sacré Graal ! se place en tête du classement des meilleurs
films comiques selon un mec. (J’ai oublié son nom).
Vient ensuite Monty Python’s Life of Brian en 1979. Dès les 2 premières mi-
nutes, on comprend le ton du film. Dans une étable à Nazareth, naît Brian Cohen.
Il est le voisin direct d’un certain Christ (Jésus, 0 – 33). Les rois mages d’Orient
qui suivent l’étoile du Berger se trompent et frappent à la porte de la mère de
Brian. Trente en après cette introduction, la vie de Brian devient quelque peu
compliquée, le pauvre étant constamment confondu avec le Messie.
De nouveau, les Monty Python nous offrent une continuité de sketches culto-
cultes (flemme de tous les citer, tant il y en a). Utilisant les mêmes ingrédients
que leur premier opus, on ne s’en lasse pas, même pas Jéhovah (comprenne qui
pourra).
En 1983 sort Monty Python’s The Meaning of Life. C’est de loin le film le plus
ambiguë et absurde du collectif anglais. Sur la base d’un questionnement sur... Eh
bien... le sens de la vie, les sketches s’enchaînent, sur des sujets variés. La nou-
veauté est que quatre chansons originales sont créées pour le film et se placent en
introduction.
Les chansons, justement, sont aussi une grande réussite des Monty Python. Il
suffit d’écouter Always Look on the Bight Side of Life, pour l’avoir en tête et le
siffloter durant des heures. Vas lire les textes,
ils en valent le coup ! (Et ton niveau d’Anglais
A2 devrait être suffisant pour les comprendre,
t’inquiète).
24
Postérité
Les Monty Python ont influencé énormément d’artistes, qu’ils soient britan-
niques ou européens (#Brexit). Et ce pas seulement dans le domaine de l’humour,
mais au niveau cinématographique, théâtral ou littéraire. Ils ont eux-mêmes été
influencés par les Marx Brothers (vas voir quelques extraits sur Internet, on re-
connaît le lien de parenté).
On a souvent tendance à croire que les Britanniques sont des pince-sans-rire,
avec un humour souvent stoïque. C’était sans compter sur une troupe de six co-
miques, qui ont véritablement retourné la situation, à l’époque d’une génération
anglaise qui était en plein bouleversement, qui avait surtout besoin de se distraire,
et de rigoler un bon coup.
Extraits choisis
Afin de booster l’économie de notre pays, je propose de soumettre à l’impôt tous
les étrangers vivant hors de nos frontières !
- L’inspecteur Ilyaunhommederrièrevous : Ne bougez plus, je suis l’inspec-
teur Ilyaunhommederrièrevous !
- Le voleur : Ilyaunhommederrièrevous ?
- L’inspecteur Ilyaunhommederrièrevous : Ah, vous croyez que vous allez
m’avoir avec ce vieux truc ?
Sur BBC 2, ce soir, nous vous proposons un débat sur la censure auquel partici-
peront Derek Hart, évêque de Woolwich, et un homme nu.
25
Crazy Ex Girlfriend
Crazy Ex-Girlfriend, c’est (selon moi) la nouvelle série du moment ! Une
série humoristique avec des personnages attachants, de la chanson et du mijole
power puissance maximale, je ne pouvais pas ne pas vous en parler !
Commençons tout d’abord par faire un petit topo de l’histoire : Crazy Ex-
Girlfriend raconte la drôle de vie de Rebecca Bunch, une presque trentenaire, avo-
cate à New York et dont le travail rapporte énormément14
. Un jour, après une
crise d’angoisse liée au stress accumulé dans son travail et au désastre de sa vie
sentimentale, Rebecca tombe par hasard, dans les rues de New York, sur son ex-
petit ami, Josh Shan, avec qui elle a partagé une romance de deux mois lors d’un
camp de vacances, dix ans auparavant. Elle ne l’a plus revu depuis. Au cours de
leur brève conversation, Josh lui apprend qu’après avoir vécu huit mois à New
York, il retourne habiter dans sa petite ville natale, West Covina, en Californie,
lassé par le rythme de vie new-yorkais. Ni une, ni deux, emmenée par un élan de
folie, Rebecca décide de faire de même et de tout plaquer pour rejoindre Josh à
West Covina, et peut-être, le reconquérir.
Anticipant la potentielle critique que certains pourraient en faire, il est vrai
que ce scénario pourrait vous sembler légèrement « gnangnan », déjà vu, ou sim-
plement « bateau », sans originalité aucune. Néanmoins, cette série est certaine-
ment l’une des moins banales qu’il m’ait été donné de voir récemment, et j’en
énoncerai les raisons présentement.
Je parlerai en premier lieu des personnages : en effet, que ce soit par leur
caractère, leurs attitudes, tous deviennent attachants. Ils se distinguent également
par leur grande diversité : une nana en dépression, essayant tant bien que mal de
14
C’est pas la FIAL, ça !
26
trouver l’amour, un mec un peu perdu qui n’arrive pas à faire de choix, la meil-
leure amie qui passe son temps à s’occuper de la vie des autres, en mettant de côté
la sienne, le boss qui se questionne sur sa sexualité, la voisine un peu refermée
qui a du mal à exprimer ses sentiments, le mec paumé alcoolique, etc. Comme je
le disais, la série Crazy Ex-Girlfriend met en avant des personnages tous plus dif-
férents les uns que les autres, dont vous ne pouvez vous défaire une fois que vous
apprenez à les connaitre, et auxquels vous vous identifierez forcément.
En écrivant ces lignes, je me rends compte que, en se basant sur mon dernier
paragraphe, l’on pourrait penser la série comme une exposition de situations dé-
sastreuses qui te donnerait envie de te jeter par la fenêtre après dix minutes de
visionnage. My bad. Au contraire, ce qui distingue cette série de beaucoup de ses
contemporaines, c’est l’humour délicieux qu’elle contient. En effet, les situations
et les personnages sont hilarants (le personnage décalé et barré de Rebecca Bunch,
le personnage principal, peut rappeler celui de Jess dans New Girl).
Enfin, la grande particularité de la série, ce sont les interludes musicaux qui
accompagnent les situations des personnages. En effet, Rebecca traduit chaque
situation de sa vie en un géant show musical, ce qui donne lieu à des chansons à
mourir de rire, et qui parodient magnifiquement bien toute l’industrie musicale.
Si vous voulez aller jeter un coup d’œil, mes préférées sont : « The Sexy Getting-
Ready Song » (parodie des clips féminins commerciaux), « You Stupid Bitch »
(parodie des chanteuses « à voix » Céline Dion, Mariah Carey, etc.) et « The Math
of Love Triangles » (parodie de Marilyn Monroe).
Que dire de plus pour vous convaincre que cette série est tout simplement
génialissime ? Sachez qu’à la base, lors de sa diffusion sur The CW (chaîne télé-
visuelle américaine), elle n’avait pas rencontré un énorme succès, mais c’est lors
de sa diffusion sur Netflix qu’elle a su rassembler une plus grande fan base, dont
vous ferez bientôt partie, j’en suis sûre. Tout cela a d’ailleurs permis à l’actrice
Rachel Bloom (Rebecca Bunch) de gagner plus tôt dans l’année, le Golden Globe
de la meilleure actrice dans sa catégorie (Best Actress in a TV Series, Comedy or
Musical).
Bref, ce qu’il faut en retenir, c’est : « Allez mater cette série maintenant,
vous m’en direz des nouvelles » !
27
La recette
Salut à tous ! Aujourd’hui, je voudrais vous présenter une de mes recettes
de cuisine fétiches (et so simple !), une de celles qui ne me prennent pas du tout
de temps, mais qui fait son petit effet à chaque fois… « Waouh, mais c’est telle-
ment bon ! Il faut que tu me passes la recette ! »
J’ai nommé... Les rochers à la noix de coco ! Alors oui, je sais, ce n’est
absolument pas British, mais bon, je n’ai jamais fait de cheesecake, vous m’excu-
serez… Et puis, pour moi, c’est un incontournable de cette période de blo-
cus/Noël, où on passe notre temps à manger ! Passons tout de suite à la partie
intéressante : la recette !
Il te faudra :
- 125g de noix de coco en poudre,
- 100g de sucre,
- 2 blancs d’œufs en neige,
- 1 jaune d’œuf (au cas où tu doublerais la recette, c’est toujours 1 seul jaune
d’œuf).
1) Fais préchauffer ton four à 180° en chaleur tournante ;
2) Sépare tes blancs d’œufs de tes jaunes, et garde 1 jaune sur le côté (l’autre,
fais-en une omelette, par exemple, gaspiller, c’est nul) ;
3) Monte tes blancs en neige, au moyen d’un batteur électrique, ou de tes petits
bras (la légende dit que c’est plus simple si tu y ajoutes une pincée de sel) ;
4) Dans un autre récipient, mélange la poudre de coco et le sucre ;
5) Au moyen d’une cuillère en bois (askip15
ça permet aux œufs de rester en
belle neige), incorpore la neige à ton mélange coco/sucre ;
6) Ajoutes-y le jaune d’œuf que tu avais réservé, pour coller le mélange ;
7) Fais des petites boules et mets-les sur la plaque du four (c’est facile avec
les mains, mais si tu veux te la péter, vas-y avec une poche à douille) ;
8) Laisse cuire 20 min (ou un peu moins si ton
four à tendance à brûler tout tes plats).
Et voilà !
Cécile
15
Pour les vieux, ça veut dire « A ce qu’il paraît ».
28
Be Bad until you’re Good
Au loin, les terres brunes s’éloignent et, déjà, le train est happé par les
méandres grises, morceau de charbon jeté dans le four de la ville mère, dont la
sirène hurle « weep, weep » en notes de désespoir. Adieu les fish and chips du
Norfolk profond. Bienvenue au pie and mash de Londres. Londres, encore et tou-
jours, Londres, un nouveau retour. Pourquoi revenir, Olivia ? Pourquoi cette ob-
session maladive pour la capitale britannique ? Dans les rues, tu ne peux te perdre
et cependant tu erres : la foule informe te transporte, bringuebalant à gauche, à
droite et te laissant esseulée sur le parvis d’une église à la messe de laquelle se
rendent les bons chrétiens. Les mains raclent tes poches vides, tu souffles sur ta
mèche rebelle. Même ce bonnet ne parvient pas à la discipliner. Transie par le
froid de février, tu refermes ta parka kaki sur ton pull à col roulé en grelotant.
Devant ton visage dansent des volutes de vapeur que tu observes, bouche ouverte,
lèvres exsangues. Tu renifles. Dans tes antiques Dr Martens usées jusqu’à la se-
melle, tes pieds s’engourdissent, tu bouges tes orteils. Sous les chaussures, tu de-
vines les dalles longtemps chéries et frémis. Tu fermes les yeux pour savourer ces
retrouvailles sacrées qui t’accablent d’une ivresse inouïe au point de trembler.
29
« Londres, Londres pour quoi ? Pourquoi est-ce que je l’aime ? Je ne suis pas
parvenue à l’oublier. Je n’ai pas réussi, là-bas, au Norfolk. Encore un job de foiré
à ajouter à la liste des expériences professionnelles catastrophiques de mon épique
carrière. J’arrive sans un sou en poche comme une fille qui débarque la fleur au
fusil chez son ex. Je m’en fous. Olivia Twist, je vagabonde entre les hauts buil-
dings, m’engouffre dans les ruelles célestes. Je roule une clope avec un fond de
tabac et aspire goulument. Ça doit être ça. Ce besoin d’intensité que je ne ressens
qu’ici, cet éveil à la vie, à chaque fois. Le seau d’eau à la figure pour sortir du
pieu, une bonne gifle dans la gueule. »
« Liverpool Street Station. Gare terminus. Tout le monde descend. Direc-
tion Bishopsgate, avec ses Costa Coffee, Caffè Nero, Liberty of Norton Folgate et
autres Starbucks. La matérialisation du matérialisme. Je n’ai décidément jamais
pu comprendre pourquoi les gens sont si fascinés par cette avalanche d’exotisme
– parfois grossier –, sinon pour se prétendre fashion. Parce que mode rime avec
goût, et goût avec bon, et bon avec in. Et si tu n’es pas in, tu es out. Et, c’est bien
connu, il n’y a rien en dehors du système. Mais il y a un hic à cette logique im-
placable : comment peut-on prétendre être in en adoptant des codes extérieurs ?
Lorsque l’on dit que les goûts et les couleurs ne sont pas sujets à discussion, cela
ne signifie pas qu’il faille se conformer à un prétendu standard commun imposé
par quelque grand ponte éclairé – voire illuminé. En réalité, chacun a le droit
d’avoir son avis sur la question, car chacun est libre de ses choix. Du moins, c’est
ce que je croyais. Ou alors c’est ce la société essaie de nous faire croire, un peu
comme un parent laisse faire son enfant. Il n’approuve pas, mais ça ne fait rien :
lorsque le bambin rebelle se rendra compte de son erreur, de sa bêtise, il reviendra
à de meilleurs sentiments, dans le “droit chemin”. Celui qui l’attend, tout tracé,
pour le mener à l’uniformité d’un standard sociétal porté aux nues car conforme
à la kalokagathie, cet idéal de beau et de bien auquel on s’imagine devoir appar-
tenir sous peine d’ostracisme. Comme s’il n’y avait qu’un seul idéal ! Et pourtant,
je commence à douter. Des choix, j’en ai fait. Des choix que je pensais bons, et
qui se sont révélés bien mauvais, me renvoyant systématiquement à la case départ.
J’ai choisi de partir de la maison, pour y revenir la queue entre les jambes. J’ai
choisi un gars que j’aimais, pour finir avec un autre “bien comme il faut”, mais
qui ne me donnait pas des papillons. J’ai choisi l’IVG, c’était sans compter “les
plans” préétablis par d’autres pour lui. Je suis partie – pas par choix, plutôt par
dépit. Définitivement. Du moins, c’est ce que je croyais. Depuis, je n’ai fait que
30
revenir. Tottenham-Londres. Oxford-Londres. Edimbourg-Londres. Norwich-
Londres. »
« Liverpool Street Station. Gare terminus. Tout le monde descend. Passé
Bishopsgate et la “règle” contenue dans son nom, voici Great Eastern Street, clai-
rement annoncée par The Great Eastern Bear, l’antre de l’expression irrévéren-
cieuse de la personnalité et du for intérieur. Ainsi donc, il faut carrément disposer
d’un ours pour avoir voix au chapitre. Ou alors s’agit-il d’un ours mal léché ? Ou
de la peau qu’il porte encore et qu’il ne faut pas déjà vendre ? Ou du pavé de
l’ours ? Ou de mise à l’ours ? Finalement, qu’elle soit inconvenante, surprenante,
nuisible ou rebut, l’intention est claire : trancher avec une conformité que l’on
pense typiquement londonienne, mais qui se limite à l’intérieur de la tête. Visuel-
lement, il n’y a pas d’uniformité. Il suffit de regarder les maisons et les buildings :
il n’y a pas d’architecture unique permettant de décrire cette ville. Les styles et
les influences se sont accumulés et mélangés au fil du temps. De la brique rouge
au stuc, de Crystal Palace à la Tower. Pareil sur les routes : tramways, taxis, vélos,
motos, bus à impériale... Alors, elle est où la règle, il est où le standard ? Sur les
murs ? Pas ici en tout cas. »
« Great Eastern Street, ses œuvres et ses graffitis, son intemporalité et son
éphémérité. Ses lapins, ses hérissons, ses hérons, ses ratons, ses super-héros, ses
enfants espiègles, ses mémés en tribunes… Bienvenue à Shoreditch, la capitale
du streetart made in UK. Vaches extraterrestres, lamas, cerfs, savants fous, para-
pluies, sapins de Noël. Et ses deux célèbres wagons. “Let’s adore and endure each
other.” Si seulement ça pouvait être plus souvent vrai. Aimer durablement l’ins-
tantané, aimer furtivement le durable. Aimer ? Avec quelle obligation ? Encore
des règles et des standards ? Disons plutôt savourer. Ici et maintenant comme par-
tout et tout le temps. S’attarder un peu, puis partir sans regrets. Direction Holywell
Lane. »
« Holywell Lane. Main articulée, éléphant tentaculaire, corneilles ennei-
gées, grues factices, Union Flag. No photos please. Car park. Vandalism. Con-
verse et ses All Star. Charlie et ses crayons. “Stop here, appreciate life for a mi-
nute, and smile.” C’est bien ce que je compte faire face au Village Underground.
The power of girls qu’il est noté. Si c’est bien le cas, alors, il va falloir le montrer.
31
Je suis une fille. Du moins ce que m’incite à penser le chat femelle que j’ai entre
les jambes. Mais quel est mon pouvoir ? Celui des mots que j’ai au bout de mon
crayon ? Je m’appelle Olivia, pas Charlie. Et alors ? Oliver n’est-il pas né de la
plume de Charles ? C’est décidé ! Direction Hoxton Street. »
« Hoxton Street. Numéro 159. Hoxton Street Monster Supplies. “Service
avec grognements depuis 1818.” Un endroit incontournable pour tout monstre qui
se respecte. Quoi que vous cherchiez, c’est ici que vous le trouverez. Yeux de
Banshee, cire d’oreille en cubes, crescendo de terreur, lueur lunaire, organes en
confitures, pastilles de menthe fraîche pour zombies… Je ne suis pas venue ici
pour faire des emplettes, mais j’en profite pour donner quelques caresses à Wells,
le chat invisible un peu soupe au lait. La vraie raison de ma présence en ces lieux,
c’est l’arrière-boutique, qui abrite le Ministry of Stories. Retrouver cet endroit que
je fréquentais lorsque j’apprenais la littérature me procure un sentiment de nos-
talgie que je ne pensais pouvoir éprouver une fois rentrée à la maison. J’ai peut-
être enfin pris une bonne décision. D’ailleurs, pourquoi ne pas me frotter à la nou-
velle génération ? Ils proposent justement un petit exercice littéraire : la caravane
des dix mots. Le principe est simple : dix mots sont choisis et énoncés à intervalle
régulier par un volontaire et les participants doivent construire une histoire autour
de ceux-ci. Au bout du dixième “intervalle” – soit onze ou vingt-deux minutes
plus tard –, tout le monde pose son crayon. Ce contre-la-montre littéraire permet
de stimuler l’imagination – et j’en ai bien besoin, d’imagination. Let’s go ! »
« Secret. Jeune. Palais. Fleur. Alentour. Paysage. Comprennent. Chemin.
Embrasser. Salut. »
« Minable. Je suis minable. Et moi qui me prétendais disciple des grands.
Charles doit certainement se retourner dans sa tombe de Westminster. Sans comp-
ter William, Lewis, J.K., Georges, Ian, J.R.R., Jane, Walter, R.L., Arthur, Agatha,
C.S., Ken et tant d’autres. Cette fois, c’est fini. Je renonce. Finalement, lutter
contre le conformisme, les standards, les règles, n’est-ce pas se conformer à
d’autres standards ? Voire même obéir à la règle, qui veut que chacune ait son
exception. Dès lors, à quoi bon ? J’ai tant cherché à être out, mais tout me ramène
ici. Dedans. In. Décidément, il n’y a vraiment rien en dehors du système. »
32
« Dans les rues, j’entends les cloches sonner. Entre les lignes de leur dédale,
je vois les cloches flâner, incrustées dans les interstices de la fourmilière, la main
tendue, barbe frémissante, et lentement s’endormir sur leur lit de carton et de pa-
piers journaux. Coiffés d’une chapka, les touristes baguenaudent avec leur par-
dessus, passent devant sans prêter un regard, agitent leur selfie-stick comme une
matraque de Bobby en posant, aguicheurs, devant les monumentales figurations
de l’ostentation humaine, pour nourrir l’indigeste flot pictural d’un réseau social
factice. Je reconnais là le tableau de John Constable. La vie ressemble à Stone-
henge : d’immenses pierres dressées vers le ciel, certaines tombent en s’écroulant,
s’enfoncent lentement dans la fange tandis que leurs sœurs muettes se murent dans
une stoïque pétrification, sans égard pour la mousse gangrénant leur propre corps
jusqu’au cœur minéral, vieux et froid. »
« The Angel. Je pousse la porte du pub qui laisse échapper une vague de
jacasseries, marée de rires, marée de mots, paroles qui s’entrechoquent, s’estro-
pient, se coupent, ainsi qu’un reflux de bière, de saucisses et d’œufs brouillés.
L’odeur et la chaleur montent. J’ai si faim que je pourrais manger un cheval. Hé-
las, je ne peux posséder le gâteau et le consommer à la fois. Je m’approche du bar
et me hisse sur un tabouret, souffle dans mes paumes. Tournant la tête à gauche,
puis à droite, j’aperçois avec stupéfaction Penny, habillée pour tuer : un long
trench-coat sable lascivement posé sur les épaules, cravate nouée autour d’une
chemise de satin lumineuse, les jambes couvertes par un lourd pantalon de laine
terminé par des Chelsea boots acajou. Penchée sur un minet, elle lui propose un
verre de sa voix aux accents profonds. Mal à l’aise, le biquet marmonne, les yeux
baissés, laissant mousser sa pinte. Lorsqu’elle me voit, Penny s’exclame, pousse
un rire tonitruant et m’embrasse avec force comme un chien fou. Cela fait com-
bien de temps ? Deux ans déjà ! Tout bas, elle me confie : les affaires ne sont pas
au beau fixe et il faut garder les ficelles du porte-monnaie serrées. Pourquoi alors
de tels vêtements ? Un investissement : inviter des gens les rend redevables envers
vous. A Bristol, cette méthode était sans cesse mise en échec par le manque dras-
tique d’ambition de ses habitants, pauvres hères engoncés dans un quotidien
morne qui eut tôt fait de la dégoûter. Banksy lui-même y a laissé sa marque pour
ensuite s’envoler, telles les montgolfières d’Ashton Court pendant le night glow.
Elle préférait revenir à Londres, quand bien même elle payait une fortune pour
vivre dans le placard sous l’escalier. Pour couronner le tout, le gars qu’elle fré-
quentait s’était définitivement amouraché d’elle et Penny ne pouvait supporter
33
une adoration aussi stupide qui frôlait davantage l’obsession maladive que le pen-
chant enflammé : c’était là la dernière paille qui avait brisé le dos du chameau. A
présent, nous sommes toutes deux dans la soupe, accoudées au bar devant une
pinte tiède et une assiette d’œufs brouillés, bercées par l’embrouillamini d’éclats
de voix et de vieux rock en fond sonore. “Je vais me dépenser”, dit-elle en se
dirigeant vers les toilettes, jouant une fois de plus sur son prénom. Une fois sou-
lagée, nous commençons à avoir des épingles et des aiguilles dans les jambes et
décidons de quitter le pub. »
« Longeant le fleuve, mon amie s’écrie “Allons écouter de la vraie mu-
sique”, en sortant un antique lecteur de CD et une paire d’écouteurs usés dont
l’ancienne couleur blanche se devine à peine. Je constate avec satisfaction que le
temps n’a pas divisé nos goûts et redécouvre quelques uns de mes morceaux pré-
férés dans ce qui se fait de plus ou moins récent : Close Your Eyes de RHODES,
I Won’t Complain de Benjamin Clementine, Something Good de alt-J, Golden
Antlers de Glass Animals, Transits de Bonobo, Time Is The Enemy de Quantic,
Leave a trace de CHVRCHES, Rolling Stone de Hurts, Tear Drop de Massive
Attack, The Road You Didn’t Take de Stornoway, … Transportées, nous nous
égarons. Nous agitons des problèmes à la lueur des réverbères d’abord, puis à
l’ombre. Comme de jeunes amants à l’aube de leur passion, nous nous faisons des
promesses : aller à Venise. À d’autres ! Une fois sur une lune bleue. Ou quand les
cochons auront des ailes. Il est tard, le soleil s’est fatigué de briller. Esquintées
par les illusions, nous escaladons les grilles où s’agrippent des haillons de barbe-
lés et passons de l’autre côté pour déverser, au milieu des herbes sauvages, nos
éclats de rêves brisés, pénétrant par là même dans une nouvelle dimension.
Quelque part sur Old Kent Road, dans ce carré hors du monde, nos haleines se
mêlent. Blotties l’une contre l’autre, le regard braqué sur la silhouette extrava-
gante de Stompy, un char d’assaut soviétique T-34 dont les couleurs bariolées
égaient pendant la journée le terrain laissé à l’abandon, nous nous efforçons de
nous recomposer. Penny recommence à pester contre Bristol et ses stupides bal-
lons de sa voix rauque que j’écoute, les yeux dans le vague, les pensées battant la
campagne à la recherche d’une solution. Je m’abandonne aux idées chaotiques et
perds toute perspective, rappelant que tout puits d’obscurité recèle ses gouttes de
lumière. Tout était là depuis le début. »
34
« Secret. Jeune. Palais. Fleur. Alentour. Paysage. Comprennent. Chemin.
Embrasser. Salut. »
Oui, tu le sais. Chaque mot te ramène à elle, Londres la belle, la vieille,
l’irrésistible dans laquelle tu perds ton être. Est-ce qu’elle veut bien de toi, enfin ?
N’es-tu pas comme ces touristes s’imaginant demeurer alors qu’ils sont de pas-
sage dans cette ville comme dans cette vie, éphémères comme les fresques peintes
à la bombe sur les murs gris ? Quelle importance, finalement ? Tu as trouvé ce
que tu cherchais. Sur les pages froissées d’un carnet détrempé, tes doigts courent :
Fin.
Le 12 novembre 2016.
Emmanuel et Rafaël Tinti
35
5 bonnes raisons pour aller au Royaume-Uni
1. Il y fait TOUJOURS ensoleillé… Quoi ? On me dit dans l’oreillette qu’il
y pleut absolument every damn day ? Bon, trouvons une autre raison. Ses
paysages, que l’on soit à Londres, La Petite Venise, dans les Cornouailles,
comme un air de Portofino, ou en Ecosse, avec ses montagnes verdoyantes
et ses gorges à l’infini. Prenez juste un appareil photo étanche pour capturer
tous ces souvenirs !
2. La nourriture y est succulente ! Veux-je dire que le pudding, le haggis16
et
les anguilles en gelée sont MANGEABLES ?! Non, je reprends. Certaines
traditions culinaires sont délicieuses ! Leur petit-déjeuner, très typique,
composé de lard frit, d’œufs sur le plat, à la coque ou brouillés, et de toasts
au beurre et à la confiture, est un régal ! Des tomates cuites, des haricots,
de la saucisse et des galettes de pomme de terre y sont également réguliè-
rement ajoutés. Et n’oublions de mentionner leurs fameux fish and chips,
cupcakes et traditionnel tea time17
!
3. La famille royale et surtout, le beau prince Harry (bah oui, son frère est
pris18
…), ainsi que le magnifique palais de Buckingham. Résidence offi-
cielle des souverains britanniques de style néo-classicisme, il fut construit
pour John Sheffield, le duc de Buckingham et Normanby, 1703. Il a été par
la suite reconstruit par John Nash pour le roi George IV.
4. En parlant d’Harry… C’est le pays Joanne Rowling, aka J. K. Rowling, aka
maman d’Harry Potter. Mais également de mille autres écrivains tout aussi
célèbres les uns que les autres : Jane Austen, les sœurs Brontë, Shakes-
peare, J. R. R. Tolkien, Charles Dickens, des poètes comme Keats,
Woodsworth ou Blake, … Et j’en passe et des meilleurs. N’oublions pas
non plus de citer que c’est le pays originaire des Beatles. De plus, ce pays
est le paradis de la culture. En effet, il regorge de musées tels que le British
Museum, le National Gallery, le musée d’histoires naturelles, … Et les
musées sont quasi tous GRATUITS à Londres !
5. Et, bien évidemment, Londres, sa capitale, avec ses pubs, ses taxis ty-
piques, ses Coldstream Guards, Big Ben, la cathédrale Saint-Paul, le To-
wer Bridge, London Eye, Trafalgar Square, …
16
Spécialité écossaise préparée avec des abats de mouton dans une panse de mouton.
17
Thé pris à 17h, agrémenté de miel ou de lait (Lauren et Elvire, vous buvez) et accompagné de scones.
18
Kate, tu bois.
36
Cinema britannique et chansons cultes
Trop de concessions ont été faites dans le choix de mon sujet d’article. J’ai
dû choisir entre parler de l’identité graphique des films Harry Potter, de My Fair
Lady et de la merveilleuse Audrey Hepburn, ou encore des célèbres Companions
de Doctor Who19
. Vous n’imaginez pas l’intensité de mon dilemme.
Cet article parlera finalement de manière moins ciblée, de cinéma et de mu-
sique. J’ai, en effet, décidé de présenter ici une brève liste de films britanniques
connus ou moins connus, à la bande-son pop/rock culte (et, qu’on se le dise, pas
forcément britannique) qui te fera dire « ah mais ouiiii, je connais cette chan-
son ! ». Let us begin with…
Quadrophenia (1979), Franc Roddam
On commence avec une production assez méconnue, sauf peut-être du côté
des fans des Who. En effet, ce film est inspiré de l’opéra rock du même nom en-
registré par le groupe et sorti en 1973.
On nous raconte ici l’histoire d’une rivalité
entre deux sous-cultures britanniques à leur
apogée dans les années 1960 : les mods et les
rockers. Jimmy, un mod originaire de
Londres est en pleine révolte contre le
monde et la société qui l’entourent. Entre
sexe, scooter, drogue, trahison et musique, il
finira son petit tour à Brighton pour voir et
être entrainé dans les combats entre mods et rockers, s’y déroulant à l’époque
fréquemment. Ce film est très intéressant de par sa sensation de réalisme, comme
si on vivait le quotidien de vrais jeunes de l’époque (du moins, c’est ce que ma
maman, qui a vécu ces années, m’en dit ; big up maman) et, petite anecdote, on
peut voir un certain Sting incarner l’idole du jeune Jimmy.
Les morceaux cultes :
The Kingsmen – Louie Louie
The Ronettes – Be My Baby
The Kinks – You Really Got Me
The Crystals – Da Doo Ron Ron
19
Si tu veux lire sur un de ces sujets dans le prochain Eloge, tape 1, 2 ou 3 !
37
The Boat That Rocked (2009), Richard Curtis
Sorti chez nous sous son titre francophone-mais-en-anglais-quand-même
Good Morning England, ce film pétillant est pour moi un incontournable. Un cas-
ting de foufou entre le génial Bill Nighy, le regretté Philip Seymour Hoffman, le
grand Kenneth Branagh, pour ne citer qu’eux, et une apparition de la trop cool
Gemma Arterton (je l’aime) mais aussi une bande son mémorable sortie tout droit
des années 1960.
Le pitch : En 1966, suite à l’explosion
du rock, les radios britanniques font l’objet
d’une règlementation très stricte de la part de
l’état forçant à réduire leur diffusion de mu-
sique rock à 45 minutes par jour maximum.
Un adolescent récemment renvoyé de l’école
se voit expédié par sa mère sur un bateau au
milieu de la mer du Nord, siège d’une radio pirate. Il y rencontre une flopée de
personnages plus farfelus et sympathiques les uns que les autres. L’équipage de
Radio Rock va devoir se défendre face aux attaques du gouvernement, bien décidé
à faire cesser leur émission à travers le pays.
Après avoir vu ce film, vous aurez envie de danser, chanter, sautiller, déva-
liser une friperie et faire des câlins à Tom Sturridge, qui vous fera trop penser à
Daniel Radcliffe, tant il est petit et ne comprend jamais ce qui lui arrive.
Les morceaux cultes :
Martha & The Vandellas – Dancing in the Streets
The Beach Boys – Wouldn't It Be Nice
The Who – My Generation
Procol Harum – A Whiter Shade of Pale
The Moody Blues – Nights in White Satin
Otis Redding – These Arms of Mine
(en fait, quasiment tous les morceaux du film sont cultes mais il a bien fallu faire
une sélection…)
Billy Elliot (2000), Stephen Daldry
Nous voici à une autre époque : bye bye les années 60, hello les années 80 !
Billy Elliot raconte la vie d’un jeune garçon orphelin de mère dans une ville mi-
nière du Nord-est de l’Angleterre. Alors qu’il se rend comme d’habitude à son
38
cours de boxe, il assiste à une classe de danse classique. Il commence ensuite à
participer à ces cours puis finit par y aller tout simplement à la place de ses cours
de boxe, sans que sa famille ne soit au cou-
rant. Le coup de cœur de Billy pour la danse
devient une véritable passion, son épanouis-
sement est de plus en plus grand mais mal-
heureusement, son secret devient également
de plus en plus lourd.
À présent film culte adapté en comédie
musicale sur scène, il s’agit du long métrage
qui a propulsé le jeune Jamie Bell, devenu aujourd’hui un acteur accompli. La
dévotion sans faille et la motivation de ce garçon face à tous les défis qui s’impo-
sent à lui est un véritable plaisir à regarder, entre les rires, l’admiration, mais aussi
les larmes et l’indignation. Le tout est légèrement romancé (le monde de la danse,
sérieusement, ce n’est pas si rose, au sens propre comme au figuré) mais on com-
prend que l’accent est surtout posé sur le conflit avec la famille et le thème de
l’acceptation.
Les morceaux cultes :
T. Rex – Children of the Revolution
The Clash – London Calling
The Jam – Town Called Malice
T. Rex – Get it on
Love Actually (2003), Richard Curtis
Deux réactions se produisent à cet instant parmi les lecteurs. La première :
« deux films de Richard Curtis dans la liste ?! ». La seconde, impardonnable :
« oh non mais non, elle abuse, Love Actually, heureusement qu’on est dans un
top British sinon elle aurait été capable de nous mettre 500 Days of Summer juste
après, cette mijole ». À cela je répondrai : Love Actually, c’est le feel-good movie
par excellence. Ce film a tout pour te rendre heureux. Sinon, tu es le Grinch et tu
retournes bouder dans ta tanière, c’est tout.
Le synopsis : en période de Noël, on suit les histoires de divers personnages
possédant des liens plus ou moins forts les uns avec les autres. Toutes ces histoires
sont également reliées par un thème : l’amour sous toutes ses formes, de l’amour
39
familial à l’amour pour ses amis, les couples jeunes, les moins jeunes, les ren-
contres, les différentes classes sociales, la
barrière de la langue… tous les cas sont ici
illustrés. Le casting est composé des comé-
diens britanniques les plus emblématiques,
entre Emma Thompson, Alan Rickman,
Hugh Grant, Liam Neeson et tous leurs co-
pains plus connus les uns que les autres dont
la moitié a joué dans Harry Potter (comme
dans 99% des films anglais, me direz-vous).
La bande-son est tout aussi variée que les différentes intrigues du film : tous les
styles s’y mêlent et on ne se contente pas uniquement de morceaux récents.
Les morceaux cultes :
Wet Wet Wet – Love Is All Around
The Beatles – All You Need Is Love
Mariah Carey – All I Want for Christmas Is You
The Pointer Sisters – Jump (For My Love)
The Beach Boys – God Only Knows
Et voilà, c’est tout pour cette fois ! Il ne reste plus qu’à regarder les films
que vous n’auriez pas encore visionnés (j’espère que c’est au minimum le cas pour
un d’entre eux, que je puisse me réjouir d’avoir un peu alimenté votre culture, ou
au moins de vous avoir donné un sujet de discussion quand vous serez en état
d’ébriété), puis à faire un petit karaoké avec toutes les chansons de cette liste (c’est
ce que je ferais à votre place, en tous cas…).
Laura Lombardo
40
Des concepts bien anglais
Si nous avons la chance d’être nés – ou tout du moins pour la grande majo-
rité des lecteurs de l’Eloge, d’habiter – en Belgique, sainte terre du paradoxe, de
l’autodérision et du neuvième art (entre autres), il existe quand même outre-
Manche quelques concepts, habitudes et coutumes qu’il ne me déplairait pas de
voir adoptés en notre plat pays.
1 – Des séries de qualité produites par des chaînes publiques
Si Typique m’a fait passer de bons moments (et ruiné
quelques heures de blocus), si La Trève et Ennemi Public
ont récemment eu un certain succès en francophonie et re-
levé le niveau quasi-inexistant des séries (co-)produites par
la RTBF, cela n’est en rien comparable avec les services
proposés par la BBC. Celle-ci propose en effet depuis des
années des séries de qualité à la renommée mondiale : entre
The Monty Python Flying Circus (1969) et Peaky Blinders
(2013) en passant par Sherlock (2010) ou encore l’incontournable Doctor Who
(1963), on ne peut pas dire que les séries britanniques et belges jouent dans la
même catégorie. Channel 4, l’autre branche du service public du Royaume-Uni,
n’est pas en reste, avec Skins (2007), Black Mirror (2011), Misfits (2009), The IT
Crowd (2006), …
2 – Des petits déjeuners salés
La gastronomie des anglais, écossais et autres gallois n’est pas spécialement
réputée, et est souvent moquée par bien des médias et des stéréotypes. Mais pour
les amateurs de sel, ceux qui n’aiment pas les kellog’s et le nutella, ou simplement
ceux qui aiment varier les plaisirs, les petits déjeuners anglais sont une bénédic-
tion. Pas de pancakes, de marshmallows ou d’autre hérésie américaine : rien ne
vaut l’English breakfast typique. Des œufs sur le plat (le secret pour les faire « à
l’anglaise » est de les cuire avec un couvercle sur la poêle, ça rend le jaune
blanc)20
, des beans (apparemment, les marques Heinz ou Branston sont les seules
tolérées dans certains endroits), de la saucisse, du boudin (quand on vous dit
« pudding », n’espérez pas recevoir un flan), des galettes de pommes de terre, et
du lard (pas du bacon, du lard, donc au moins 1,5 cm d’épaisseur). Dans certaines
20
Personnellement c’est la partie de cette recette que je trouve dégueu, mais bon, c’est comme ça que l’on fait si
on veut respecter la tradition.
41
régions, c’est accompagné de scones, là où d’autres les réservent pour l’heure du
thé.
Bon, après, ça, c’est le full breakfast, dans la vraie vie, on peut juste se
contenter des fameux beans on toast (oui, juste des haricots dans de la sauce to-
mate, étalés sur un toast, essayez-le c’est la vie) avec une tasse de thé pour se
sentir un peu anglais.
3 – Une mode décomplexée
Si vous avez souvent reçu comme remarque concernant votre nouveau
pull/robe/accessoire qu’il était fort kitch, trop osé ou simplement vulgaire21
, vous
pourriez considérer un petit voyage à Londres pour vous remettre les idées en
place, ou celles de vos détracteurs. En effet, point de pudibonderie dans les rues
de la capitale anglaise, et même votre tenue la moins frileuse ne fera s’élever, au
pire, que les sourcils de l’un ou l’autre touriste fraîchement débarqué.
4 – De vraies règles de politesse
Si vous avez vu Billy Elliot, Hooligans ou encore The Full Monty, vous
vous dites peut-être que les bonnes manières anglaises sont comparables à ce que
l’on peut trouver chez nous lorsqu’il y a un train bondé et que tout le monde se
marche dessus, ou encore lorsque l’on se fait bousculer dans la rue et que l’on se
voit ignoré en guise d’excuse (au mieux). Mais la British Etiquette n’est certaine-
ment pas morte, et il existe encore nombre de règles de politesse en vigueur dans
la société britannique qui sont désuètes ou inexistantes chez nous.
Pour ma part, j’ai tendance à m’excuser même quand je bouscule un poteau
dans la rue, mais ce n’est clairement pas la norme. De l’autre côté de la Manche,
au contraire, il est extrêmement courant que lors d’une bousculade, ou même d’un
frôlement, les deux parties s’excusent, même la personne qui n’a rien fait. Si cela
peut paraître ridicule, un peu de courtoisie ne fait jamais de mal. De même, peut-
21
Un de ces trois adjectifs correspond à l’auteure de cet article...
42
être grâce à l’affluence dont nombre de leurs villes sont victimes, les Britanniques
ont développé un sens des files et des déplacements bien plus efficace que le nôtre.
Dépasser dans une queue est un outrage suprême, et si vous vous êtes déjà rendu
dans le métro londonien, vous n’avez pu que remarquer l’organisation des esca-
lators, où chacun se tient à droite afin de laisser le champ libre, à gauche, pour les
personnes plus pressées. Et ça marche !
5 – Le Prince Harry
Bon, d’accord, ce n’est pas un concept,
mais on peut quand même lui faire une petite
place, non ?
Bref, bien entendu, ce sont nos différences qui font le charme de chacune
de nos cultures, et tout cela n’aurait pas la même saveur si on en retrouvait le
copié-collé en nos régions22
, et cet article n’est pas à prendre trop au sérieux, car
il ne cherche en rien à dévaluer la Belgique. Continuons donc d’apprécier de l’ex-
térieur, ou en tant que touriste, ces différences culturelles, et ils feront de même
chez nous (avec de la meilleure bière) !
MM
22
Sauf pour le Prince Harry.
43
M’as-tu lu ?
« Pornographie », de Simon Stephens
Bonjour à vous ! Ce mois-ci, M’as-tu lu ? s’accorde avec les couleurs du
thème british de l’Éloge, et vous présente la pièce Pornographie (2007) de Simon
Stephens, dramaturge britannique.
Mais, mais … Une pièce ?! Genre, comme dans pièce de théâtre ? Eh oui,
petit étudiant, ce mois-ci c’est un texte théâtral que je vous présenterai, et non un
roman. Mais ce n’est pas n’importe quel style de théâtre : la particularité du texte
de Stephens est qu’il peut se lire (presque) comme un roman ! Pas de personnages
bien identifiés, peu d’indications scéniques, parfois même pas de dialogue…
L’auteur nous propose six tableaux qui peuvent s’intervertir et qui nous plongent
dans l’intimité de personnages – de voix, pour être plus exacte – à la parole dé-
rangée, transgressant tous des tabous (que je vous laisse le soin de découvrir…).
Leur point commun : leur histoire personnelle se voit touchée, de près ou de loin,
par les attentats de Londres de 2005.
Je vous arrête donc tout de suite, vous qui avez poursuivi la lecture de cet
article grâce au nom aguicheur de la pièce : non, il ne s’agit pas d’une pièce sur
la pornographie en tant que telle (ne sois pas trop déçu). La pornographie dont
parle Stephens, c’est plutôt celle d’une société de l’image où l’intimité est sans
cesse menacée et violée ; où l’être humain se dissocie, séparé de son propre corps
devenu objet ; où l’individu efface ses principes au profit du capitalisme. Une
même rupture qui sans doute s’opère dans l’esprit du terroriste dissociant le corps
de ses victimes de toute humanité pour passer à l’acte.
C’est sur cette pornographie que réfléchit Stephens : comment un citoyen
arrive-t-il à faire exploser une rame de métro bondée dans sa propre ville ? Qu’est-
ce qui différencie le terroriste des autres personnages, pris dans la même porno-
graphie ? Rien, presque rien. Et c’est nous-mêmes finalement que l’auteur inter-
roge avec un septième et dernier tableau intégralement constitué des très courts
portraits des 52 victimes des attentats londoniens publiés sur internet peu après
les évènements : divulguer des informations si sommaires sur des victimes, les
virtualiser via internet, porter une attention avide à ce genre de publications n’est-
44
il pas un peu pornographique ? Oscillant entre hommage et dénonciation, cet ul-
time tableau laisse perplexe.
Un dernier point intéressant à propos de Pornographie concerne la place
accordée à la violence : celle-ci n’est pas scénique, mais palpable dans l’atmos-
phère générale des tableaux, distillée dans les paroles crues et les situations quo-
tidiennes – mais relativement extraordinaires – des personnages. En bref, la pièce
de Stephens est une petite pépite qui fait frissonner et qui pousse à la réflexion,
tant à la lecture qu’au passage à la scène… À lire, à voir !
Élise Deschambre
Le théâtre est pour chacun le reflet de sa propre fragilité.
Dominique Desanti
45
La pop anglaisE feminine actuelle
C’est bien connu, l’Angleterre regorge d’artistes tout aussi sympa à écouter
les uns que les autres. Parmi eux, des femmes. Jetons donc un coup d’œil sur la
pop anglaise féminine (presque, ok j’avoue) actuelle.
La première dont nous allons parler est Marina & The Diamonds. Atten-
tion à ne pas s’y méprendre, Marina est bel est bien seule à officier, le « Dia-
monds » représentant ses fans. Eh oui, si vous vous mettez à apprécier la musique
de cette chère Marina, vous deviendrez des « diamants », et ça, c’est cool ! Marina
est originaire du Pays de Galles et sa musique est une pop colorée méga fraiche
avec des paroles drôles et sympathiques. A son actif, déjà trois albums : The Fa-
mily Jewels, Electra Heart et Froot, dont les meilleurs titres sont respectivement
Seventeen, Bubblegum Bitch et Happy (entre autres et selon moi).
Au tour maintenant de Jess Glynne : sa
voix doit forcément vous dire quelque chose. En
effet, elle est connue pour avoir interprété aux
côtés de Clean Bandit, la chanson Rather Be, qui
a connu un succès énorme en Europe. Mais sa-
chez que Jess n’a pas fait que cela, en effet, en
2015, elle sort son premier album intitulé I Cry
When I Laugh 23
parmi lesquels se trouvent les
titres Hold My Hand et Don’t Be So Hard On
Yourself, titres bien plus que chouettes par leur
côté rythmé, qui donnent la pêche. En plus, Jess
possède une voix de dingue et unique que je vous
conseille vivement d’aller écouter.
On ne pourrait faire un article sur la pop féminine anglaise, sans mentionner
Lily Allen, la plus « vieille des actuelles ». Lily Allen arrive sous le feu des pro-
jecteurs en 2006 avec le titre Smile, où elle chante le fait qu’elle n’en a plus rien
à faire de son ex, et ça, c’est cool. Lily Allen, ce sont des thèmes humoristiques
avec des paroles hilarantes voire engagées (#féminisme, toi-même tu sais) : la
drogue, le harcèlement, les « looses sexuelles », tout y passe. Lily a déjà réalisé
trois albums intitulés Alright, Still, It’s Not Me, It’s You et le dernier en date,
23
Super optimiste, on est d’accord !
Marina & The Diamonds
46
Sheezus. Et personnellement, j’adore les titres Smile, The Fear et L8 CMMR.
Enfin, Lily Allen c’est quand même la meuf qui se pointe, lors d’un festival, toute
bourrée lors de son set, parce qu’elle a trop picolé pendant l’aprèm. Allez checker
sur YouTube, son passage au festival T In The Park, en 2007.
Un autre visage de la pop anglaise actuelle est celui de Paloma Faith,
moins connue chez nous, mais pas moins appréciée en Grande-Bretagne,
puisqu’elle gagne en 2015 le British Female BRIT Award. La particularité de Pa-
loma Faith, c’est ça voix unique et particulière, et des chansons tantôt jazzy, tantôt
pop. Si vous voulez la découvrir, allez écouter les titres Only Love Can Hurt Like
This et Trouble With My Baby.
Tout comme Paloma Faith, Ella Eyre est un peu moins connue en Belgique,
mais très appréciée dans son pays natal. Ella possède une voix de dingue, hyper
suave, un peu soul, avec des vibes dignes des plus grandes (mais pas plus que
Beyoncé, soyons clairs). Si vous voulez des comparaisons, sa voix peut s’appa-
renter à celle de Selah Sue24
. If I Go est un titre que j’affectionne tout particuliè-
rement et We Don’t Have To Take Our Clothes Off.
Enfin, parlons de la très jolie Dua Lipa. Elle est un peu l’exception de
toutes les chanteuses que j’ai citées précédemment, puisque son premier album ne
sortira qu’en février 2017. Néanmoins, en se basant sur les quelques singles déjà
révélés, on peut prévoir que Dua Lipa sera une figure importante de la pop an-
glaise actuelle (si elle ne l’est pas déjà). Vous n’avez pas pu passer à côté de son
génial Be The One, (et si c’est le cas, allez l’écouter tout de suite). Aussi, Hotter
Than Hell et Blow Your Mind sont deux morceaux vraiment pas mal.
Cet article arrive maintenant à sa fin, et j’espère vous avoir fait découvrir
de nouveaux noms de la pop anglaise féminine actuelle. Aussi, et cela ne rentrait
pas dans cet article car elles ne font pas de la pop, Bat For Lashes et Katie Melua
sont deux chanteuses anglaises géniales également. Je vous conseille les titres res-
pectifs Laura et The Flood.
A plus dans le bus !
24
La best. (NDLR)
47
CRWTH
. Keith Relf, chanteur du groupe The Yardbirds, est mort électrocuté alors qu'il
jouait de la guitare électrique, l'amplificateur auquel sa guitare était branchée
n'ayant pas été mis à la terre. Une mort d'autant plus ironique quand on sait que le
groupe a eu successivement des guitaristes de légende : Eric Clapton, Jeff Beck
et Jimmy Page.
. En Finlande, un des groupes favoris des enfants est un groupe de heavy metal
composé de 4 dinosaures et d'un dragon. Hevisaurus est une formation très connue
dans le pays qui a écoulé des centaines de milliers d'albums et se produit toujours
en costume.
. Le titre de la musique de Daft Punk "Harder better faster stronger" s'inspire du
générique de la série l'Homme qui valait 3 milliards (racontant les aventures d'un
homme bionique), qui contient une partie de cette phrase. Quant au refrain lui-
même, c'est un sample de Cola Bottle Baby d'Edwin Birdsong, très facilement
reconnaissable.
. Le groupe américain de rock KISS est habitué du faire du neuf avec du vieux : il
a sorti dans sa carrière davantage de compilations (22) que d'albums studio origi-
naux (20) ! Il faut y ajouter 8 albums live qui reprennent également les mêmes
chansons.
. Billie Jean de Michael Jackson a été la première vidéo d'un artiste noir sur MTV.
. La chanson « …Baby one more time » a fait connaitre Britney Spears dans le
monde entier en 1998. Ecrite par le suédois Max Martin, elle s’appelait initiale-
ment « Hit me baby one more time ». L’auteur a utilisé « hit me » qui veut dire
dans le jargon « appelle-moi » et non « frappe-moi ». Les responsables de la mai-
son de production de Britney Spears, Jive Records, ont quand-même changé le
nom de la chanson car ils ne voulaient pas donner l’impression de promouvoir la
violence conjugale. Cette chanson raconte l’histoire d’une jeune fille qui regrette
d’avoir mis fin à sa relation avec son petit ami. Elle souhaite se réconcilier avec
lui et elle désire qu’il la recontacte. De nombreux artistes ont repris cette chanson
comme Blink 182, Evanescence, The Offspring, Julien Doré.
. La chanson d’Eminem « Lose Yourself » a remporté l’oscar de la meilleure bande
son pour le film 8 Mile en 2002. C’est l’un des prix décernés chaque année à des
personnes travaillant dans l’industrie du film par l’Academy of Motion Pictures
48
Arts and Sciences (AMPAS). Les interprètes de la chanson ne peuvent pas rem-
porter l’Oscar à moins qu’ils aient contribué soit à la musique soit aux paroles. En
2002, alors qu’une chanson de rap n’avait jamais remporté ce prix, « Lose
Yourself » créé la surprise en battant d’autres candidats comme U2 (« The Hands
That Built America », bande son de Gangs of New York, qui est excellente BTW).
Eminem n’a pas assisté à la cérémonie de remise des prix car il croyait qu’il ne
gagnerait pas. Il a déclaré dans une interview pour Shade 45 Behind The Boards:
« J’étais en fait en train de dormir avec ma fille devant des dessins animés au
moment où le prix a été annoncé ».
. Star mondiale du rock depuis plus de 40 ans, Bruce Springsteen fait partie des
légendes de la musique. Pourtant, ce n’est pas grâce à sa longue et brillante car-
rière qu’il est appelé « The Boss ». À la fin des années 60, Bruce se produisait
dans les bars de New Jersey avec le groupe E Street Band. Il était chargé de récu-
pérer la rémunération du groupe et de la partager. D’où « Le Boss », un surnom
qu’il détestait pourtant au début car il n’aimait pas le patronat.
. La chanson « Hakuna Matata » vient du swahili. À l’origine, la chanson a été
diffusée aux touristes visitant la côte est-africaine afin de les initier à la langue
kenyane. Elle a été reprise par le groupe Boney M, lui donnant une renommée
mondiale, qui sera elle-même reprise par de nombreux artistes. Au milieu des an-
nées 80, l’expression swahili est apparue dans la BD suédoise Bamse où le bébé
de l’ours, Brumma, prononce comme premier mot « Hakuna Matata ». Puis la
chanson est apparue dans le Roi Lion en 1994.
. The Stooges et Iggy Pop : leur plus mémorable concert fut donné au Michigan
Palais de Detroit le 9 Février 1974. Ce fut leur dernier show avant leur rupture.
Avant le concert, Iggy Pop a donné une interview à la radio dans laquelle il invitait
les Scorpions, un gang de motards de Detroit, à un affrontement. En réponse, le
gang a assisté au spectacle et bombardé le groupe de verre brisé, de cruches de
bière, d’urine, d’œufs, de glace et de pelles. The Stooges ont quand même continué
le concert et Iggy a continué à chercher les motards.
The Stooges ont joué une version de quarante-cinq minutes de « Louie Louie ».
Au cours de la chanson, il a continué à crier et à provoquer verbalement le gang
de motard. Un motard a fini par inviter Iggy Pop à le rejoindre, ce qu’il fit, mettant
fin au dernier concert des Stooges du XXe siècle. Ce concert a été enregistré et on
peut l’écouter sur l’album « Metallic KO » sorti en 1976. C’est le seul album sur
lequel on peut entendre des bouteilles de bière qui se brisent contre des cordes de
guitare.
49
. Bruce Willis a commencé sa carrière professionnelle par un emploi de gardien
de sécurité dans une centrale nucléaire puis barman avant de percer dans la chan-
son ! Il a sorti son premier album en 1987, intitulé « The return of Bruno », des
reprises d’anciens succès de la chanson. Des invités apparaissent sur l’album
comme les Temptations et les Pointer Sisters. « Respect Yourself » a été le pre-
mier single sorti et il a été classé n°5 du top aux Etats-Unis en 1987, soit sept rang
au-dessus de l’original écrit et chanté par les Staple Singers.
. Le camp de Guantanamo est un centre de détention militaire des Etats-unis situé
à Cuba. Il est réputé pour ses méthodes de torture envers ses prisonniers. Une
d’elle consiste à diffuser de la musique rendant supposément fou.
Du métal est diffusé à un volume très fort et pendant de nombreuses heures pour
pouvoir interroger des prisonniers plus efficacement. Un sergent de l’armée amé-
ricaine explique :
« Ces gens n’ont jamais entendu de heavy metal. Ils ne peuvent pas le supporter.
Si vous en jouez pendant 24 heures, vos fonctions cérébrales et corporelles com-
mencent à dysfonctionner, vos pensées ralentissent et votre volonté est réduite en
morceaux. C’est alors que nous pouvons parlons avec eux »
C’est ainsi que les prisonniers peuvent entendre AC / DC, Queen ou Eminem à un
volume assourdissant et diffusé en boucle pendant une durée inhumaine. Cette
musique qui rend fou a rendu certains prisonniers suicidaires. Des musiciens
comme Tom Morello de Rage Against the Machine ont depuis refusé que leur
musique soit jouée à cette fin cruelle.
. Le rappeur américain 50 cent s’est fait un nom dans la musique depuis plus de
10 ans. Grâce à cette notoriété, il est également devenu un célèbre homme d’af-
faires, acteur de cinéma, un producteur d’artistes à succès et plus récemment en
2012, un organisateur de combats de boxe. Un nom pas si inconnu que ça pour
Curtis Jackson. En effet, il a participé aux Juniors Olympics dans sa jeunesse,
dans la catégorie « boxeur amateur ». Une expérience enrichissante qui lui a per-
mis de percer dans la musique selon lui.
. Le titre de cet article fait référence à un instrument à cordes frottées du XIème
siècle, cela ce prononce « croute ».
. À la base, la chanson des Rolling Stones est nommée : "Paint It Black". Mais le
manager du groupe, Andrew Loog Oldham, décide pour une raison inconnue d’y
50
ajouter une virgule. La présence de cette dernière change le sens du titre et devient
alors source de controverse. Le groupe et ses membres sont alors traités de racistes
par quelques activistes noirs américains qui interprètent le titre en « Paint It,
Black ». Lors de la sortie d’« Aftermath » aux USA, la virgule est alors retirée de
la pochette.
. « As the flames rose to her Roman nose
And her Walkman started to melt »
Depuis le début des années 2000, dès que Morrissey (The smiths) chante cette
chanson en concert, il remplace le mot « walkman » par le mot « iPod ».
. London Calling : La chanson tient son nom du slogan « This is London Cal-
ling… » que la BBC utilisait sur les ondes des pays occupés pendant la Seconde
Guerre mondiale. La chanson, très engagée politiquement, fait allusion aux évè-
nements néfastes survenus en Angleterre à la fin des 70s comme l'arrivée de Mar-
garet Thatcher (« the ice age is coming ») ou les inondations de Londres par la
Tamise (« London is drowning »).
. Mistral Gagnant : cette chanson ne devait pas figurer sur l’album (éponyme),
Renaud pensant qu’elle « était trop personnelle et n’intéresserait pas grand
monde ». Après avoir appelé sa femme Dominique depuis le studio d’enregistre-
ment pour la lui chanter, elle lui dit : « Si tu ne l’enregistres pas, je te quitte… ».
On connait la fin.
« Il importe peu de descendre du singe, l’essentiel est de ne pas y remonter »
Richard Wagner.
51
À écouter (découvertes de ces dernières semaines)
- Bruce Willis – Respect Yourself (1987)
- Resident Evil 7 OST – Go Tell Aunt Rhody (2016)
- Droit Divin – In God We Trusted (2016)
- Serge Gainsbourg – Indifférente
- U2 – The Hands That Built America (2002)
- Jon Brion – Magnolia (2000)
- Jack White – Wayfaring Stranger (2007)
- Hooverphonic (with orchestra) – Vinegar & Salt (2012)
- Jacques Dutronc – La Fille Du Père Noël (1966)
- Dick Annergan – Le Père Ubu
- Milt Bucknner – The Beast (1955)
- Princess Chelsea - Yulia (2011)
- Roland de Lassus – Las ! Me Faut-Il (1560)
- Robert Plant & Alison Krauss – Gone Gone Gone (2007)
- Slagsmålsklubben - Sponsored by destiny (2009)
- Skeeter Davis – The End Of The World (1962)
52
Les Beatles attendant pépères pour traverser la rue et se faire prendre en photo
pour un cliché pas du tout iconique.
A2L1
53
Horoscope
Capricorne
Amour : Malgré les 1000 rateaux que
vous vous êtes pris aux trois derniers
Philundis, persévérez et tenter votre
chance ce jeudi. Qui sait, peut-être
qu’un chèvre voudra bien de vous...
Cancer
Vénus vous aide à mener vos idées à
bout ! Continuez d’aller en cours
comme vous le faites, même si vous
venez de passer le niveau 358 de
Candy Crush !
Verseau
On est à peine à la mi-novembre et
vous êtes déjà fauchés. Diminuez les
sorties, les Jean-Lou et autres Quick, et
économisez ! 1€ = 1 bière !
Lion
Il faudrait peut-être penser à arrêter de
glander. Même si votre entourage vous
aime, décidez-vous à vous bouger, au
lieu de mater « Secrets entre voisins »
toute la journée.
Poisson
Les Gémeaux vous affonent !
Vierge
Depuis le début du mois, vous avez
effectué, en tout et pour tout, cinq
marches de la honte. Vraiment ? Vous
êtes sérieux ? Ecoutez, prenez-vous un
kot.
Bélier
Vu que vous n’avez pas encore mis un
pied en bibli cette année, vous avez
perdu votre carte d’accès. C’est pas
très malin. Ménagez votre humeur, ce
n’est pas la faute de votre prochain.
Balance
Arrêtez d’hésiter, et foncez ! Même si
vous êtes de nature indécise, il faudrait
un jour décider quoi faire de votre
avenir, même si vous êtes en Fial.
Taureau
Votre situation astrale est au plus bas.
En pleine dépression, vous auriez rêvé
de naître à un autre moment que
pendant le pré-blocus.
Scorpion
Jupiter étant dans son troisième
cadran, vous bénéficierai d’une chance
inouïe aux jeux ! Lancez-vous dans le
poker, vous ne le regretterez pas !
Gémeaux
Vous êtes au top. Comme DAB.
Sagittaire
Même si vous vous trouvez moche, ne
désespérez pas. Il y aura toujours une
occasion de briller, de trouver l’âme
sœur. Vous êtes un champion !
54
Jeux
SUDOKUS
Niveau : POG -1 Niveau : Adelin (POG)
Niveau : MM (KOG) Niveau : KOG +1
55
MOTS CROISÉS
MOTS MÊLÉS
56
COLORIAGES (pour les grands enfants que vous êtes)
57
Kikadikois
Emi : En cet instant précis, je me dis que mes deux bosses sont trop hautes, je suis
née du mauvais sexe.
Arthur à Emi : Tu as des poêles ?
Emi : Pardon ??
Arthur : Non non, je te demande pas si tu t'épiles le maillot.
PY : On en a marre de courir dans le garage pour chercher les bombes de la Clash
!
Lorella : Ah bon, t'arrives à courir dans le garage toi ?
A2L1 : Ça fait un an que j'ai plus couché et mon pénis se porte très bien.
PO : Ah non, ça c'est pas possible !
Guillaume à Pépito : Quand il sera passé 23h, ce sera Pépitard et plus Pépito !
Pauline, en voyant Lucas et Veggie s'embrasser goulument : Je croyais qu'elle
aimait pas la viande !
Pouet : Moi j'aime bien les moches parfois, parce qu'au moins t'es seule sur eux.
Mr le Doyen, répondant à une publication sur Facebook : "La bise au chat",
en voilà une bonne idée pour le PPT de fin d'année !
Courcelles : Yannick, c'est vrai qu'en ton temps l'a-fond liégeois était en noir et
blanc ?
Lynne : Elle se tape tous les cas désespérés du Philo…
Pouet : En même temps si elle en est elle-même un…
Ivan : Askip, il y a la meilleure amie de la meilleure amie de Laulau qui habite
dans cette rue-là !
Laulau : Mais non t'es con ! La meilleure amie de ma meilleure amie c'est moi !
PY (en parlant d'une partie de Beer Pong) : Y aura-t-il une fin ?
PO : Ça dépend, on en parle de Lynne et toi ?
58
PO (en parlant d'une tétine) : Avant tu prenais autre chose à têter !
Lynne : Oui mais je ne te connaissais pas encore !
Guillaume, en réunion écriture (après des propositions nulles) : Bah pour fi-
nir, on va dire que tu peux faire le ficus !
MM : Je connais pas cette position-là tiens !
Ludo et Loïc, en grande conversation : C'est vrai que l'Europe a une position
assez radicale vis-à-vis des attentats…
Alexe (qui débarque) : Bon les gars, ok pour les attentats, mais vous avez vu ma
nouvelle photo de couverture ??
Guillaume : En fait, Ivan, on pourrait le qualifier selon ses humeurs : Ivandubon-
heur…
Pauline : S'il est triste, Ivandespleurs…
Ivan : Ivanfermerleursgueules, oui ?!
La langue de ton professeur, assis-
tant,
ami, copain, pote, connaissance,
chat a fourché ?
Envoie-nous tes kikadikois à
l’adresse
suivante :
elogedelafolie.fial@gmail.com
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Eloge de la Folie - Novembre 2016

  • 1. 1
  • 2. 2 Sommaire Editeur responsable : Cercle Philo & Lettres, rue des Blancs Chevaux, n°8A SOMMAIRE................................................................................................ 2 EDITO.......................................................................................................... 3 MOT DU PRAESIDIUM............................................................................. 4 MOT DE L’ORGA....................................................................................... 5 NOVEMBRE AU ROYAUME-UNI............................................................ 8 THE BEATLES : SECRETS DE QUELQUES TITRES.............................. 10 (RE)LIS TES CLASSIQUES !..................................................................... 12 LA GUINDAILLE DU MOIS...................................................................... 17 ART HISTORY............................................................................................ 18 MONTY PYTHON ET HUMOUR BRITISH.............................................. 21 CRAZY EX GIRLFRIEND.......................................................................... 25 LA RECETTE.............................................................................................. 27 BE BAD UNTILYOU’RE GOOD............................................................... 28 5 BONNES RAISONS................................................................................. 35 CINEMA BRITANNIQUE ET CHANSONS CULTES.............................. 36 DES CONCEPTS BIEN ANGLAIS............................................................. 40 M’AS-TU LU ?............................................................................................ 43 LA POP ANGLAISE FEMININE ACTUELLE.......................................... 45 CRWTH....................................................................................................... 47 HOROSCOPE.............................................................................................. 53 JEUX............................................................................................................ 54 KIKADIKOIS.............................................................................................. 57 LE COIN PHOTOS...................................................................................... 59
  • 3. 3 Edito Chers étudiants, chers professeurs, chers lecteurs, Tu tiens entre tes mains le troisième numéro de l’Éloge de la Folie, le plus magnifique des journaux facultaires. Si, comme nous, tu te dis : « OMG, j’ai ja- mais vu une couverture de journal facultaire aussi canon que celle-ci », tu nous en vois ravis. Nous avons hâte que toi, petit étudiant, professeur, ou autre lecteur de tout horizon, tournes les pages qui suivent pour te plonger dans notre monde ! Et justement, où allons-nous ce mois-ci ? Après un voyage dans le temps le mois dernier, nous traversons la Manche pour aller faire un petit coucou à nos amis Britanniques ! L’Union Jack brillera de milles feux dans ce fascicule ! Au-delà de cela, nous t’avons concocté une foule d’informations sur ta fa- culté et sur ton cercle, le Philo & Lettres (tu devrais commencer à nous con- naître !). Nous ferons ensemble, et avec l’équipe Orga, le retour sur un événement incontournable : le Gargamel Trophy ! Le Praesidium te fera une petite piqûre de rappel quant à la foule d’activités que le cercle de TA faculté organise de manière hebdomadaire ! Mais quoi d’autre ? Nous voyagerons parmi toute une foule de sujet tou- chant la British Culture, des Beatles, en passant par le folklore britannique, les concepts bien « anglois »1 , ou encore le peintre anglais Turner. En plus de ça, les frères Tinti nous inviterons dans leur monde à travers une nouvelle des plus poé- tiques, Elise nous régalera de son traditionnel M’as-tu lu ? et A2L1 reviendra avec des anecdotes nulles sur le monde musical dans son CRWTH ! Le cinéma sera aussi (évidemment) mis à l’honneur dans ce numéro ! Et bien d’autres choses ! Nous te souhaitons une excellente lecture, God Save the Queen ! Anna et Gilles Délégués Éloge 2016 – 2017 1 Si tu suis, référence aux Visiteurs !
  • 4. 4 Mot du praesidium Chers étudiants, chers professeurs, chers lecteurs de notre Eloge de la Folie, L’heure est grave. Nous arrivons presque à la fin de l’année. J’entends le fameux dicton « Semaine dix, tu bosses ou tu bisses » chanter à mes oreilles. Je frissonne déjà, et pas seulement de froid, mais d’effroi. Ne sommes-nous pas déjà aux portes du blocus ? Au fur et à mesure que nos cahiers académiques se rem- plissent, notre cahier d’activités guindaillesques se stabilise. Nos grosses activités du quadrimestre, à l’exception d’une Casa le jeudi S10, sont derrière nous. Pour autant, il ne faut pas que le morne froid de l’hiver prenne le pas sur notre enthousiasme sans limite. C’est donc avec une grande joie que nous continuerons à vous accueillir pendant les quelques semaines qui nous séparent de notre rentrée dans les chaumières. Le lundi est toujours placé sous le signe de l’amusement et de la camara- derie – et un peu de bières aussi, reconnaissons-le. De 21h à 3h, venez découvrir ou redécouvrir notre Antre du Bouffon, sa soirée hebdomadaire, ses bières, ses bières spéciales, ses softs attractifs, et tout cela à prix fort démocratiques ! Le mercredi, quant à lui, voit le retour en force de l’Anim’Bar – Cocktails qui nous régale déjà de toutes ses nouveautés : animations, concerts, vins de fruits... Rien n’est laissé au hasard pour que vous passiez la meilleure des soirées ! Notre K-Fet et son célébrissime Sandwiche Raclette réchauffent les cœurs et les papilles des plus courageux. Quant à nos bars aprèms, ils sont toujours autant prisés lors des après-midis automnales pluvieuses pour s’y détendre autour d’une partie de cartes. « J’ai besoin de l’hiver. Car pendant que la nature se repose, l’esprit, lui, peut entrer en ébullition » - Jan Sverah. Nous vous souhaitons à tous une très bonne fin d’année académique, que votre travail soit fructueux ! A bientôt dans l’Antre, Elisabeth et Melissa, XXXe praesidium du Cercle Philo & Lettres
  • 5. 5 Mot de l’orga Oyez oyez jeunes gens (et les moins jeunes aussi, on ne voudrait pas faire de jaloux), Nous espérons que vous allez bien parce que l’Orga, elle, se porte à mer- veille ! Depuis la sortie du dernier Eloge, bon nombre de choses se sont passées ! Et pas des moindres ! Entre le Gargamel Trophy et une CASA, vos trois dévouées déléguées ont été plutôt occupées. Comme vous le savez tous (enfin, nous l’espérons), le mardi 1er novembre, jour férié, avait lieu la XLIème édition du Gargamel Trophy ! Cet évènement a fait son grand retour l’an passé et nous étions surmotivées à l’idée de le réorgani- ser cette année. C’est donc à 9h mardi matin (ouais ouais, le réveil fut rude après ce bon vieux Philundi) que les festivités ont commencé. Tout le comité devait être présent mais comme on le dit si bien : « Y a toujours une exception à la règle ». Quoiqu’il en soit, une grande partie était là. Certains plus motivés que d’autres, certains plus gueule-de-boisés que d’autres, mais présents quand même ! Vers 9h30, une fois que Max du Dépakot2 eut retrouvé les clés de sa chère camionnette, le début de ce qui serait en fin de compte une matinée remplie de trajets pu commencer. Entre la quête des barrières nadar au garage CSE, aller chercher des fûts et des pompes volantes au CI et au GCL, monter les différents stands, appeler la police et une dépanneuse pour faire enlever une voiture3 dans le chemin, la matinée fut très chargée ! A 14h, après une pause de midi relativement courte mais amplement méri- tée, les inscriptions pouvaient commencer ! Le soleil était de la partie et les gens aussi ! Deux heures plus tard, après avoir compté 64 équipes inscrites, la course pouvait être lancée. Malgré des commentaires tels que « Un retard pareil, c’est inédit ! » ou encore « Je ne sais pas ce que font les déléguées Orga cette année, c’est scandaleux ! », il s’avère que tout le monde s’est bien amusé, était content et, il ne faut pas se mentir, a bien bu ! Notre journée à nous ne s’arrêtait pas là ! En effet, l’heure du rangement pointait le bout de son nez. C’est à 22h46 précise que celui-ci se concluait, non sans joie : « Eh les gars, on sort se tauler mainte- nant ? » Ouais bah non, nous, on va dormir hein ! 2 Encore merci pour votre aide et bonne humeur, les gars ! 3 Si c’est de ta voiture dont nous parlons, nous espérons que tu ne nous en veux pas trop et que tu reviendras, quand même, au philo… Oops
  • 6. 6 En résumé, cette journée fut éprouvante mais réussie ! MERCI à tous ceux qui ont permis que cet évènement se réalise et MERCI à tous les participants qui ont fait de cette XLIe édition, un succès !  Le Garga en images … Maaaais quand y en a plus, y en a encore ! En effet, l’Orga ne s’est pas arrêtée là ! A peine une semaine plus tard, c’est-à-dire le mardi 8 novembre, il était venu le temps (non pas des cathédrales) mais bien de notre deuxième CASA du quadri ! Afin de combattre la morosité de notre chère Belgique en cette saison automnale, nous avions décidé que le thème de cette CASA serait « Be colour- ful ». Les gens étaient donc invités à venir revêtus de leurs vêtements les plus colorés. Bien que nous soyons quasiment les seules à avoir sauté le pas4 , l’am- biance n’en fut pas affectée. La CASA n’était pas remplie mais les gens qui étaient présents se sont bien amusés ! Si tu as raté cette deuxième CASA à cause d’un travail à rendre le lende- main, de maladie ou tout simplement parce que dormir, c’est cool aussi, ne t’en fais pas, une troisième est déjà prévue pour le JEUDI 24 NOVEMBRE ! Nous espérons t’y voir ! C’est sur cette information renversante que nous concluons notre mot ! A très vite  PLL, Déléguées Orga 2016 – 2017 4 Il faut dire que les t-shirts jaunes ont bien aidé !
  • 7. 7
  • 8. 8 Novembre au Royaume-Uni Novembre a sonné le début du temps des fêtes (bah oui, parce que tu n’attends pas décembre pour aspirer à Noël), ou du moins, dans ta tête. En no- vembre, on ressort les écharpes, on a les lèvres gercées, et t’es obligé de mettre un pull sous ton polo. Bref, novembre annonce le début des coutumes et des tra- ditions annuelles. Mais de l’autre côté de la Manche, que se passe-t-il en no- vembre ? Quelles sont les coutumes célébrées là-bas ?  Le 05 novembre : Guy Fawkes Night Le 5 novembre, les Anglais fêtent la Guy Fawkes Night. Mais qu’est-ce cette tradition, et d’où vient-elle ? Le 5 novembre 1605, Guy Fawkes et un groupe de Catholiques tentent de mettre le feu au Parlement de Westminster (cet évènement historique est appelé la Conspiration des Poudres) et de tuer le roi qui officiait alors, King James the 1st. La joyeuse bande était en désaccord avec la politique du Roi concernant les protestants. Le complot est découvert et Guy et ses petits amis sont emprisonnés. Ils sont condamnés à être pendus, traînés, puis écartelés (oui je sais, ça donne envie). Le truc drôle dans l’histoire, c’est que Fawkes réussit à s’échapper des mains de son bourreau mais se brise le cou en sautant de l’échafaud. C’est ce qu’on appelle un BIG FAIL (mettons-nous d’accord, je ne suis pas sûre que cette dernière anecdote soit vraiment avérée, mais l’histoire retiendra que si, comme ça, nous pourrons gentiment nous foutre de la gueule de de cher Guy). Bref, de cette sympathique aventure, est né une fête : la Guy Fawkes Night célébrée chaque année en Angleterre. Les Anglais préparent cette nuit-là des petits buchers, des feux de joie, on lance aussi des feux d’artifice. Les enfants peuvent confectionner des mannequins qu’ils appellent « Guy », et crient dans les rues « A penny for the guy » (sympathique, le jeu de mot !). La Guy Fawkes Night, ou comment profiter des malheurs d’un type. La célébration de la Guy Fawkes Night Guy Fawkes
  • 9. 9  Le 11 novembre : Remembrance Day ou Poppy Day La date doit certainement vous dire quelque chose, et en effet, c’est parce que nous le fêtons aussi. Le Remembrance Day des Anglais, c’est notre Armistice à nous. Lors de cette journée, on commémore les sacrifices liés à la Première Guerre Mondiale. Sachez pour l’anecdote, que le 11 novembre, n’est pas férié en Grande-Bretagne, alors qu’il l’est chez nous et en France. Néanmoins, ils respec- tent une minute de silence. Ce jour est aussi appelé Poppy Day. Poppy signifie en fait coquelicot, et il fait référence aux coquelicots qui poussaient dans les champs de Flandre durant la Première Guerre Mondiale, champs où de nombreux soldats anglais sont morts durant cette dernière.  Le 30 novembre : St Andrew’s Day La St Andrew (ou saint André, si t’es un francophone chiant), est en fait la fête nationale de l’Ecosse. Saint André était l’un des apôtres de Christ, et il est le saint patron de l’Ecosse. On fête le St Andrew’s Day en mangeant de la nourriture typiquement écossaise, et en réalisant des danses typiques écossaises sur de la musique typi- quement écossaise également (trop de fois le mot « typique » et le mot « écos- saise »). Un cortège lors du St Andrew’s Day St Andrew (ou St André)
  • 10. 10 The Beatles : Secrets de quelques titres Quel groupe plus emblématique que The Beatles pour représenter la culture britannique ? Les Beatles sont l’essence même de la pop culture anglaise. J’ai hâte de vous faire découvrir les secrets de quelques-unes des plus grandes chansons du meilleur groupe de l’univers ! #aucuneobjectivité HELP ! Help ! a toujours été l’une des chansons favo- rites du grand John Lennon. Celui-ci composa Help ! avec Paul dans sa maison de Weybridge en avril 1965. Les paroles reflètent les frustrations de John. Il man- geait et buvait trop, avait pris du poids et acceptait mal les exigences de la célébrité mondiale. La chanson est un véritable appel au secours de sa part, bien qu’elle ait au départ été écrite sur commande. « J’avais besoin d’aide. Cette chanson parle de moi », a-t-il déclaré. La gloire, la richesse et le succès n’avaient fait que renforcer ses angoisses latentes. Devenu l’une des plus grandes stars de la planète, John commençait à regarder en arrière et à regretter la vie finalement plus facile et plus sereine de son enfance. DO YOU WANT TO KNOW A SECRET ? C’est à l’époque de la fin de la relation entre Paul McCartney et Dorothy Rhone que Cynthia Powell, la petite amie de John Lennon, découvrit qu’elle était en- ceinte. En août 1962, Cynthia Powell et John Lennon firent ce que faisaient généralement les jeunes couples dans leur situation : ils se marièrent. Alors qu’il vivait dans son nouvel appartement, John écrivit cette chan- son, le secret en question étant qu’il venait de com- prendre qu’il était vraiment amoureux. Ce morceau s’inspire d’une chanson que lui chantait sa mère, et qui provient de Blanche-Neige et les Sept Nains, le long- métrage d’animation de Walt Disney sorti en 1937. Dans l’une des premières scènes du film, Blanche-Neige assure les tâches ménagères. Elle s’approche du
  • 11. 11 puits du château et commence à chanter pour les oiseaux : « Wanna know a se- cret ? Promise not to tell ? We’re standing by a wishing well ». A HARD DAY’S NIGHT Il était assez courant, au début des années soixante, de voir des musiciens tenter leur chance au cinéma dès que leur popularité avait été établie. A la fin du tournage, cependant, le film n’avait pas de titre, parce que les Beatles avaient refusé On the Move, Let’s Go et Beatlemania. A Hard Day’s Night fut la dernière chanson composée, et son titre fut finalement adoptée pour l’album et pour le film. Cette phrase fut attribuée à Ringo Starr : « C’était après une journée de travail particulièrement difficile qui s’était prolongée tard dans la nuit. Quand je suis sorti, en pensant qu’il faisait encore jour, je me suis exclamé : « It’s been a hard day ». Puis, j’ai regardé autour de moi, et je me suis repris, en voyant qu’il faisait nuit : « ‘s night » ». Le jeu de mot repose sur l’apostrophe « ‘s » qui peut être l’abréviation de it is ou d’un pos- sessif : « Ça a été une dure journée – Il fait nuit » devenant ainsi « La nuit d’une dure journée ». ELEANOR RIGBY Initialement, la personne qui nettoyait l’église dans la chanson s’appelait miss Daisy Hawkins, et non Eleanor Rigby. Paul McCartney avait également fait de Daisy une jeune fille, mais il réalise très vite qu’il était plus que probable qu’une personne qui nettoie les églises après les mariages fût plus âgée. Lorsqu’il eut vieilli son personnage, il imagina que, si elle avait man- qué le mariage dont elle effaçait les traces, alors elle pouvait aussi avoir manqué le sien. Il s’agissait peut-être d’une vieille fille, dont la solitude était rendue plus cruelle encore par le fait de devoir éliminer les débris qu’avaient laissés ces célébrations. All you need is love, Eli-sa-rajouter ici un suffixe
  • 12. 12 (Re)Lis tes classiques ! La nausée de Sartre Salut ! J’ai décidé pour ce troisième article de rubrique de vous parler d’un livre d’un auteur très connu du XXe : La nausée de Sartre. J’ai pas mal hésité avant de choisir cette œuvre, mais, comme je pense que relativement peu de choses ont été dites sur elle et qu’elle doit sans doute avoir mauvaise réputation auprès des personnes l’ayant lu en secondaire, je voulais rectifier le tir et rendre justice à ce roman intéressant. Au premier abord, je le reconnais, La nausée peut paraître très… ennuyant. D’ailleurs, si je devais choisir un adjectif décrivant le mieux l’intrigue, je dirais « morose »5 . Et je suis sûr que beaucoup s’arrêtent là dans leur critique du livre. Mais il convient d’y ajouter des adverbes tels que « intelligemment » ou « juste- ment » morose. La difficulté réside dans l’explication de la contradiction appa- rente entre la morosité de l’intrigue et son intérêt, épreuve que je voudrais sur- monter. Les pages du livre nous sont présentées comme les notes d’un journal tenu par un homme d’âge moyen vivant seul depuis peu à Bouville, petite ville française du Nord. Il dit vouloir écrire pour savoir s’il est fou ou non. Mais force est de constater après quelques pages que ce narrateur est plutôt dépressif. Il n’arrive pas à faire le deuil de son passé, où il a beaucoup voyagé et connu le grand amour, et ne peut se satisfaire de son présent, dans lequel il oscille entre soirées seul à écrire un travail sur un auteur inconnu et journées dans un café assez miteux, le tout dans une ville pluvieuse aux habitants banals… La nausée, c’est en fait le récit de l’expérience de la solitude, souvent accompagnée de la dépression. « Solitude » désignant non pas le fait d’être seul, mais bien le sentiment, l’impression d’être seul. En quoi cela peut-il être intéressant ? direz-vous. Eh bien, tout d’abord, parce qu’on peut apprécier la 5 Même si, selon moi, la toute fin de l’intrigue est positive, j’en parlerai plus tard.
  • 13. 13 justesse avec laquelle Sartre traite le sujet. Certaines pensées et réflexions du nar- rateur sont proprement celles de quelqu’un de seul ou de triste : il se demande s’il est fou, n’arrive pas à converser avec des gens, se satisfaire de ce qu’il a, éprouve une grande nostalgie… Cela donne un effet de catharsis6 , qui pourrait en toucher plus, d’autant plus que l’expérience du malheur, de l’insatisfaction, de la tristesse, de la solitude est universelle. Mais le plus intéressant est la réflexion que développe le narrateur suite à son expérience de solitude à propos de l’existence même. Rassurez-vous, je ne vais pas évoquer ici la pensée existentialiste à proprement parler, même si ce que le narrateur exprime y fait sans doute référence. L’expérience de la solitude est souvent propice aux questions et réflexions existentielles. Chez le narrateur, ces moments de philosophie (qui ne sont absolument pas considérés ainsi par le nar- rateur) se manifestent parfois par ce qu’il appelle « la Nausée »7 , usant d’une belle métaphore. La Nausée une sensation désagréable que le narrateur éprouve lorsqu’il perçoit le véritable sens de l’existence, à savoir qu’il n’y en a pas, que l’existence n’a aucune utilité. Et ce qu’il y a d’intéressant, c’est que ce triste pos- tulat (qui est fait au milieu du récit) va être remis en question et soumis à la réalité, aux autres personnes, et très souvent se vérifier, d’où l’ambiance assez noire du roman. Pas mal d’éléments sont envisagés sous l’angle de l’utilité, de l’existence (du moins, c’est ainsi que la pensée du narrateur tend à nous les faire envisager). Alors, certes, c’est morose (comme je le signalais), mais cela a le grand mérite de nous faire penser autrement, nous faire réfléchir. Cette réflexion amène d’ailleurs en de nombreux endroits une critique so- ciale assez ferme. La position esseulée du narrateur, qui est sans occupation (il n’est pas pressé d’écrire son travail, tel un vieux doctorant), lui fait voir la vie normale d’un œil méprisant, comme on le constate dans cet extrait où il décrit une foule. 6 Bon, allez, cette fois-ci, je te le définis, mais ça sera bref et incomplet : mot qui vient du grec et qui signifie « purification ». Dans son sens littéraire, désigne le sentiment de soulagement, contentement, de « purification » que le lecteur ressent lorsque des thèmes qui lui sont importants ou qui le concernent sont abordés de manière apparente et avec justesse. À différencier du pathos, qui émeut simplement le lecteur, souvent par l’identification et la pitié. 7 Tu l’auras compris : c’est une métaphore ! Qui a dit que le cours de poésie ne servait à rien ? (Plus sérieuse- ment, ce cours est certes très exigeant, mais très important, donc, si tu le suis, arrête de te plaindre et fais tes lec- tures argumentées du mieux que tu peux !)
  • 14. 14 Ils sortent des bureaux, après leur journée de travail, ils regardent leurs mai- sons et les autres squares d’un air satisfait, ils pensent que c’est leur ville, une « belle cité bourgeoise ». […] Ils ont la preuve, cent fois par jour, que tout se fait par mécanisme, que le monde obéit à des lois fixes et immuables. Les corps abandonnés dans le vide tombent tous à la même vitesse, le jardin public est fermé tous les jours à seize heure en hiver, à dix-huit heures en été, le plomb fond à 335° […]. Ils sont paisibles, un peu moroses, ils pen- sent à Demain, c’est-à-dire, simplement, un nouvel aujourd’hui ; les villes ne disposent que d’une seule journée qui revient toute pareille à chaque matin. À peine la pomponne-t-on les dimanches. (p. 221) On a ici une critique en règle du métro-boulot-dodo. Mais ce qu’il y a d’ori- ginal est qu’elle s’imbrique dans une réflexion plus large sur l’existence et le bon- heur. Le narrateur explique ailleurs que sans amour ni travail, on s’aperçoit de l’inutilité et de la futilité de l’existence (décrite dans l’extrait). Pourtant, à voir l’état dépressif et les « nausées » du narrateur, ce sont bien ceux qui vivent selon le métro-boulot-dodo qui paraissent les plus heureux ! On atteint ici le nœud du problème présenté magistralement dans La nausée : la routine enferme et confine à la futilité, au non-intérêt, mais dès qu’on s’en aperçoit et/ou qu’on s’en éloigne, on trouve difficilement du sens à sa vie, ce qui peut nous désorienter et nous at- trister, parfois fortement. Et c’est là, lorsque ce problème est pleinement exposé, qu’arrive la fin du livre, qui propose, selon moi, une solution et une issue positives face à ce so- phisme existentiel : l’écriture. L’écriture à la fois comme thérapie quant au passé idéalisé et la nostalgie du narrateur et comme moyen de rendre utile son existence et de donner par là un sens à sa vie. En lisant la fin du livre, j’ai été très surpris du revirement de position du narrateur, de sa volonté d’écrire un livre comme solu- tion à son problème existentiel. Et cette fin inattendue, à la fois abrupte et positive constitue pour moi un dernier argument pour lire La nausée. Vous trouverez plus de détail et d’explication en la lisant vous-mêmes. Pour résumer mon avis et mon « interprétation » (entre guillemets parce qu’il me faudrait sans doute une bonne dizaine de pages A4 pour que je puisse développer) de ce roman, je dirais donc que La nausée est un double-récit. Le récit
  • 15. 15 d’un homme seul qui n’arrive pas à faire le deuil de son passé et de son grand amour, et le récit de l’expérience de la solitude et de l’ennui et de la façon dont ces deux fléaux suscitent chez l’homme une quête de sens. En lisant La nausée, on se demande : « Qu’est-ce qu’exister ? Qu’est-ce que ce mot signifie ? À quoi ça sert ? Vers quoi vais-je et vers quoi les autres vont-ils ? » On pourrait évidem- ment se questionner sur l’existence et trouver des réponses plus rationnelles à ces questions en lisant ou en étudiant tel ou tel philosophe. Mais l’intérêt de la litté- rature réside dans la façon intime, juste, précise, imagée dont elle traite des sujets proprement humains. Et cet aspect littéraire est justement rendu dans cette double- histoire, à la fois personnelle et philosophico-sociale, qui touche tout en dénon- çant et en faisant réfléchir. Ce sera tout pour cette fois ! Essayez de lire ET aussi de guindailler, si vous en avez encore le temps. Car, camarades, « L’espérance de lendemains / Ce sont mes fêtes »8 ! Chelala 8 RUTEBEUF, “Le mariage Rutebeuf”, XIIIe siècle.
  • 16. 16
  • 17. 17 La guindaille du mois Ne laisse pas Trump passer (Air : Cookie Dingler – Femme libérée) Nous voici rentrés, dans une nouvelle ère Grassement financée par Trump le père En Amérique, candidat un peu excentrique Une moumoute blonde, plutôt égocentrique Ne laisse pas Trump passer Il est misogyne Être raciste déclaré tu sais c'est pas si facile Ne laisse pas Trump passer Il aime pas les gouines Xénophobe déclaré tu sais c'est pas si facile Les latinos, tous des violeurs Mais dis-moi ce serait pas toi l'harceleur ? Avec ton physique, pas étonnant Les femmes préfèrent toujours les hommes blancs Ne laisse pas Trump passer, Cette orange sanguine Des UV par millier tu sais c'est pas si facile Ne laisse pas Trump passer Mauvaises combines Des magouilles à cacher tu sais c'est pas si facile Il pense satisfaire tout le pays En tous cas mieux qu'Hillary son mari A la tête du pays un vrai Dark Vador L'empire se détruit, il y aura des morts Ne laisse pas Trump passer, C’est pire que Poutine Et pour se l'avouer pour lui c'est plutôt facile Ne laisse pas Trump passer Attitude mesquine Être despote avoué tu sais c'est pas si facile Nasty Girl comme concurrente principale Une femme présidente ce n'est pas si banal La grossesse c'est un inconvénient Mais t'inquiètes elle a plus l'âge d'être maman Ne laisse pas Trump passer Cet énorme débile Car savoir assumer tu sais c'est pas si facile Ne laisse pas Trump passer Ce serait incivil Un acteur dépassé, doublé d'un imbécile Vestales FAMA 2016 - 2017
  • 18. 18 Art History Pour cet Eloge dédié à la culture british, je vais vous présenter l’un des plus grand artiste anglais de la peinture romantique, W. M.W. Turner. Considérer comme « the painter of light », il est principalement connu pour ces paysages et marines d’Angleterre. Joseph Mallord William Turner, né en avril 1775 dans le quartier de Covent Garden à Londres, est le fils d’un modeste barbier-perruquier londonien. Soutenu par son père à poursuivre son talent d’artiste, le jeune garçon expose ses premiers dessins dans la vi- trine du salon de son père et commence à vendre ces dernières dès l’âge de douze ans. Le jeune Turner est admis à la Royal Academy of Arts en 1789, à l’âge de 14 ans, où il s’initie à l’aquarelle. Par la suite, il adopte également la peinture à l’huile. En 1802, il est élu membre de la Royal Academy, 5 ans plus tard il y devient professeur de perspective. A 45 ans, il est un artiste avec une grande renommée et possède sa propre galerie à Londres. Pendant plus de soixante ans, Turner tra- vaille sans relâche à sa passion, de ces toiles se dégagent « un sentiment de vérité et de poésie qui illumine ses crépuscules et ces aurores9 ». Malgré sa grande renommée, il ne souhaite pas bénéficier de sa richesse et recherche à la fin de sa vie la solitude et l’anonymat. Il quitte sa maison-atelier pour le quartier de Chelsea, rompt tout contact et change de nom. Il meurt le 19 décembre 1851 et est enterré à la cathédrale St Paul de Londres. Turner lègue dans son testament tous ses tableaux à la nation, ce qui fait que le National Gallery possède plus de 400 de ces toiles. Tout au long de sa vie, il réalise de nombreux voyages, de la France à la Suisse, des Pays-Bas à l’Italie, à la recherche d’inspiration, de nouveaux paysages et de peintres sur qui se baser. Ce sont surtout les aquarelles issues de ces voyages qui valurent à Turner l'estime de la haute société britannique. C’est un voyage à 9 GRÉGOR I., « William Turner (1775-1851). ‘Mon style c’est l’atmosphère !’ » dans herodote.net, https://www.herodote.net/William_Turner_1775_1851_-synthese-1992.php, (13/11/2016). Fig.1 Joseph Mallord William Turner Self-Portrait c.1799 Tate N00458
  • 19. 19 Venise en 1819, qui chamboule son art, il y découvre les peintures de Canaletto. Lors de ce voyage, il prend le temps de se consacrer à son sujet de prédilection : la lumière. Il reprend les vues incontournables de Venise mais en accentuant les reflets de l’eau, le soleil et les effets de brume. Dans sa peinture, Turner veut dépasser les paysagistes qui le précédents tout en rivalisant avec les grands maîtres hollandais, italiens et français, tel que Nicolas Poussin, pour affirmer sa supériorité. Ses aquarelles sont avant tout des recherches visuelles tandis que ses peintures à l’huile comportent une part de spi- ritualité et de symbolisme, tel que dans le « Téméraire ». Dans ses toiles, il porte un amour passionné pour la lumière, pour le soleil et ses couchers rayonnants, pour les reflets de ses rayons sur le surface de l’eau et surtout pour les éblouisse- ments qu’il provoque10 . Il joue avec le clair-obscur pour créer les contrastes et faire « exploser » les couleurs, dans un style qui donne un effet de contre-jour à ses œuvres11 . Pour illustrer l’art de J. M. W. Turner, quoi de mieux que son œuvre phare : The Fighting ‘Téméraire’ ? Ce tableau est une huile sur toile, peinte en 1838. Il s’agit d’un travail tardif de l’artiste, qu’il surnommait « my Darling ». En effet, Tuner est dans la soixantaine lorsqu’il peint cette marine. Il démontre encore une fois ces talents de peintre et ses techniques pour suggérer la mer et le ciel, grâce aux reflets de la lumière sur l’eau. L’œuvre représente le dernier voyage du Téméraire tiré par un remorqueur le long de la Tamise. Ce bateau de 98 canons eu un rôle important dans la victoire de Nelson lors de la bataille de Trafalgar en 1805. En service jusqu’en 1838 après quoi il fut déplacé pour être détruit. Cette œuvre représente le déclin du pouvoir naval britannique, en représen- tant un bateau à vapeur tirant un bateau à voile, le nouveau surpassant l’ancien. Toutefois elle fait également un dernier éloge au navire de guerre. Cette peinture à l’huile, apporte un jeu d’émotions et une grande symbo- lique avec le soleil à l’horizon et la lune montante. Il reste néanmoins difficile de déterminer s’il s’agit de l’aube ou du crépuscule. Comme dans toutes ses œuvres, 10 LAROUSSE, « Joseph Mallord William Turner », dans Larousse, http://www.larousse.fr/encyclopedie/person- nage/Joseph_Mallord_William_Turner/147705, (13/10/2016). 11 BROWN D. B., « J. M. W. Turner » dans TATE, décembre 2012, http://www.tate.org.uk/art/research-publica- tions/jmw-turner/joseph-mallord-william-turner-1775-1851-r1141041, (13/10/2016).
  • 20. 20 Turner a su jouer des couleurs et des effets, qui lui ont donné le surnom de « pain- ter of light »12 . Si cette introduction à l’art de J. M. W. Turner vous a plu, je vous conseille de regarder le film Mr. Turner, qui retrace les 25 dernières années de sa vie dans le Londres du XIXe siècle. Et lors d’un prochain voyage à Londres, n’hésitez pas à aller admirer ses tableaux à la National Gallery ou au Tate Museum. Lauren 12 THE NATIONAL GALLERY, « the Fighting Temeraire » dans Joseph Mallors William Turner dans The National Gallery,  https://www.nationalgallery.org.uk/paintings/joseph-mallord-william-turner-the-fighting-temeraire, (13/11/2016). Fig.2 Joseph Mallord William Turner The Fighting Temeraire c.1839 The Nation Gallery NG524
  • 21. 21 Monty Python et l’humour british Permets-moi, cher lecteur, de commencer cet article par quelques pensées phi- losophiques. Je sais que je m’adresse à des étudiants en majorité rodés aux théo- ries de bon nombre d’illustres auteurs, penseurs et vieux barbus, mais j’y tiens. - Pardon, monsieur, aimez-vous les enfants ? - Je n’en ai jamais mangé... mais enfin... avec plaisir. Mais aussi : - Permettez-moi de me présenter, je suis le fils des trois mousquetaires. - J’ai beaucoup entendu parlé de messieurs votre père. Ces citations nous viennent d’outre-Manche. Tu l’as peut-être deviné, cher lec- teur, elles ont été inventées par les Monty Python (bon, d’accord, c’est mis dans le titre). Les Monty Python, c’est un collectif de six humoristes britanniques : John Cleese, Terry Gilliam, Graham Chapman, Eric Idle, Terry Jones et Michael Palin. Si ces noms ne te disent rien, shame on you. Véritables génies de l’écriture humo- ristique, ces six bonhommes ne se rendent pas compte, au début des années 70, qu’ils auront un impact considérable sur le co- mique britannique (et même mondial), et surtout sur le comique absurde. Comme a dit Racine (Jean, 1639 – 1699) ; « Les livres et le bon pinard, c’est comme les Monty Python, ça se bonifie avec le temps. » Monty Python’s Flying Circus C’est le 5 octobre 1969 que le premier épisode de la série Monty Python’s Flying Circus est diffusé par la BBC. 45 épisodes plus tard, les sketches télévisés étaient devenus incontournables en Angleterre. Les épisodes duraient en moyenne 40 minutes, enchainant les petits sketches.
  • 22. 22 Le nom de Monty Python’s Flying Circus vient tout simplement de l’imagina- tion du groupe. Ils avaient, selon la légende, hésité avec Owl Stretching Time, The Toad Elevating Moment ou encore Vaseline Review. On ne sait jamais, peut-être que tu te poses la question. Dès le départ, les Monty Python avaient une idée pré- cise pour la conception des épisodes. Le public a pu as- sister à plusieurs innovations notables. Exemple : le dé- marrage d’un épisode « à chaud ». Ouverture sur Palin, déguisé en Robinson Crusoé, qui parcours un long che- min à travers différents décors (émergeant de l’océan jusqu’à la plage, rampant dans la jungle, traversant une rue bondée, etc.). Le spectateur est souvent piégé, avec, par exemple, la diffusion du générique de fin au début de l’épisode, précédant les diffusions publicitaires de la BBC avec en voix-off un Palin ou un Idle imitant les ads de l’époque. La technique imparable pour écrire le plus efficacement possible était de se répartir le boulot de l’émission à créer, et après deux semaines de travail en solo ou en duo, ils se retrouvaient pour ne sélectionner que le meilleur. Leur but était clairement affiché : « Se marrer à mort » (sic). Films C’est après la fin de la quatrième saison du Monty Python’s Flying Circus que le groupe décida de se lancer dans le cinéma. Grand changement pour les six gu- gus, mais dieu que c’est bon ce qu’ils nous ont pondu là ! Tu connais certainement, cher lecteur (si pas... je ne sais plus quoi faire de toi), les trois longs-métrages des Monty Python : Monty Python and the Holy Grail, Monty Python’s Life of Brian, et Monty Python’s The Meaning of Life. Tous mis en scène et joué par les six membres, ils restent encore aujourd’hui des modèles du genre. Le premier du nom, Sacré Graal ! en Français (oui, je sais, les bras m’en tom- bent), se pose là, en 1975. Librement inspiré de la légende Arthurienne13 , le film 13 Bon ben... Arthur, tu bois. Ainsi que tous les participants à la Revue 2015 d’ailleurs.
  • 23. 23 raconte l’histoire du roi Arthur, et de sa re- cherche du Saint Graal. Rejoint dans sa quête par Sir Bedevere le Sage, Sir Lancelot le Cou- rageux, Sir Galahad le Pur et Sir Robin le Pas- tout-à-fait-aussi-courageux-que-Sir-Lancelot, le groupe fait chemin vers Camelot, pour en- suite, après un échange verbal avec Dieu, partir sur la route devant les mener au précieux calice. Brillant par ses répliques cultes, ses scènes sans queue ni tête, ses personnages burlesques et stupides, Sacré Graal ! se place en tête du classement des meilleurs films comiques selon un mec. (J’ai oublié son nom). Vient ensuite Monty Python’s Life of Brian en 1979. Dès les 2 premières mi- nutes, on comprend le ton du film. Dans une étable à Nazareth, naît Brian Cohen. Il est le voisin direct d’un certain Christ (Jésus, 0 – 33). Les rois mages d’Orient qui suivent l’étoile du Berger se trompent et frappent à la porte de la mère de Brian. Trente en après cette introduction, la vie de Brian devient quelque peu compliquée, le pauvre étant constamment confondu avec le Messie. De nouveau, les Monty Python nous offrent une continuité de sketches culto- cultes (flemme de tous les citer, tant il y en a). Utilisant les mêmes ingrédients que leur premier opus, on ne s’en lasse pas, même pas Jéhovah (comprenne qui pourra). En 1983 sort Monty Python’s The Meaning of Life. C’est de loin le film le plus ambiguë et absurde du collectif anglais. Sur la base d’un questionnement sur... Eh bien... le sens de la vie, les sketches s’enchaînent, sur des sujets variés. La nou- veauté est que quatre chansons originales sont créées pour le film et se placent en introduction. Les chansons, justement, sont aussi une grande réussite des Monty Python. Il suffit d’écouter Always Look on the Bight Side of Life, pour l’avoir en tête et le siffloter durant des heures. Vas lire les textes, ils en valent le coup ! (Et ton niveau d’Anglais A2 devrait être suffisant pour les comprendre, t’inquiète).
  • 24. 24 Postérité Les Monty Python ont influencé énormément d’artistes, qu’ils soient britan- niques ou européens (#Brexit). Et ce pas seulement dans le domaine de l’humour, mais au niveau cinématographique, théâtral ou littéraire. Ils ont eux-mêmes été influencés par les Marx Brothers (vas voir quelques extraits sur Internet, on re- connaît le lien de parenté). On a souvent tendance à croire que les Britanniques sont des pince-sans-rire, avec un humour souvent stoïque. C’était sans compter sur une troupe de six co- miques, qui ont véritablement retourné la situation, à l’époque d’une génération anglaise qui était en plein bouleversement, qui avait surtout besoin de se distraire, et de rigoler un bon coup. Extraits choisis Afin de booster l’économie de notre pays, je propose de soumettre à l’impôt tous les étrangers vivant hors de nos frontières ! - L’inspecteur Ilyaunhommederrièrevous : Ne bougez plus, je suis l’inspec- teur Ilyaunhommederrièrevous ! - Le voleur : Ilyaunhommederrièrevous ? - L’inspecteur Ilyaunhommederrièrevous : Ah, vous croyez que vous allez m’avoir avec ce vieux truc ? Sur BBC 2, ce soir, nous vous proposons un débat sur la censure auquel partici- peront Derek Hart, évêque de Woolwich, et un homme nu.
  • 25. 25 Crazy Ex Girlfriend Crazy Ex-Girlfriend, c’est (selon moi) la nouvelle série du moment ! Une série humoristique avec des personnages attachants, de la chanson et du mijole power puissance maximale, je ne pouvais pas ne pas vous en parler ! Commençons tout d’abord par faire un petit topo de l’histoire : Crazy Ex- Girlfriend raconte la drôle de vie de Rebecca Bunch, une presque trentenaire, avo- cate à New York et dont le travail rapporte énormément14 . Un jour, après une crise d’angoisse liée au stress accumulé dans son travail et au désastre de sa vie sentimentale, Rebecca tombe par hasard, dans les rues de New York, sur son ex- petit ami, Josh Shan, avec qui elle a partagé une romance de deux mois lors d’un camp de vacances, dix ans auparavant. Elle ne l’a plus revu depuis. Au cours de leur brève conversation, Josh lui apprend qu’après avoir vécu huit mois à New York, il retourne habiter dans sa petite ville natale, West Covina, en Californie, lassé par le rythme de vie new-yorkais. Ni une, ni deux, emmenée par un élan de folie, Rebecca décide de faire de même et de tout plaquer pour rejoindre Josh à West Covina, et peut-être, le reconquérir. Anticipant la potentielle critique que certains pourraient en faire, il est vrai que ce scénario pourrait vous sembler légèrement « gnangnan », déjà vu, ou sim- plement « bateau », sans originalité aucune. Néanmoins, cette série est certaine- ment l’une des moins banales qu’il m’ait été donné de voir récemment, et j’en énoncerai les raisons présentement. Je parlerai en premier lieu des personnages : en effet, que ce soit par leur caractère, leurs attitudes, tous deviennent attachants. Ils se distinguent également par leur grande diversité : une nana en dépression, essayant tant bien que mal de 14 C’est pas la FIAL, ça !
  • 26. 26 trouver l’amour, un mec un peu perdu qui n’arrive pas à faire de choix, la meil- leure amie qui passe son temps à s’occuper de la vie des autres, en mettant de côté la sienne, le boss qui se questionne sur sa sexualité, la voisine un peu refermée qui a du mal à exprimer ses sentiments, le mec paumé alcoolique, etc. Comme je le disais, la série Crazy Ex-Girlfriend met en avant des personnages tous plus dif- férents les uns que les autres, dont vous ne pouvez vous défaire une fois que vous apprenez à les connaitre, et auxquels vous vous identifierez forcément. En écrivant ces lignes, je me rends compte que, en se basant sur mon dernier paragraphe, l’on pourrait penser la série comme une exposition de situations dé- sastreuses qui te donnerait envie de te jeter par la fenêtre après dix minutes de visionnage. My bad. Au contraire, ce qui distingue cette série de beaucoup de ses contemporaines, c’est l’humour délicieux qu’elle contient. En effet, les situations et les personnages sont hilarants (le personnage décalé et barré de Rebecca Bunch, le personnage principal, peut rappeler celui de Jess dans New Girl). Enfin, la grande particularité de la série, ce sont les interludes musicaux qui accompagnent les situations des personnages. En effet, Rebecca traduit chaque situation de sa vie en un géant show musical, ce qui donne lieu à des chansons à mourir de rire, et qui parodient magnifiquement bien toute l’industrie musicale. Si vous voulez aller jeter un coup d’œil, mes préférées sont : « The Sexy Getting- Ready Song » (parodie des clips féminins commerciaux), « You Stupid Bitch » (parodie des chanteuses « à voix » Céline Dion, Mariah Carey, etc.) et « The Math of Love Triangles » (parodie de Marilyn Monroe). Que dire de plus pour vous convaincre que cette série est tout simplement génialissime ? Sachez qu’à la base, lors de sa diffusion sur The CW (chaîne télé- visuelle américaine), elle n’avait pas rencontré un énorme succès, mais c’est lors de sa diffusion sur Netflix qu’elle a su rassembler une plus grande fan base, dont vous ferez bientôt partie, j’en suis sûre. Tout cela a d’ailleurs permis à l’actrice Rachel Bloom (Rebecca Bunch) de gagner plus tôt dans l’année, le Golden Globe de la meilleure actrice dans sa catégorie (Best Actress in a TV Series, Comedy or Musical). Bref, ce qu’il faut en retenir, c’est : « Allez mater cette série maintenant, vous m’en direz des nouvelles » !
  • 27. 27 La recette Salut à tous ! Aujourd’hui, je voudrais vous présenter une de mes recettes de cuisine fétiches (et so simple !), une de celles qui ne me prennent pas du tout de temps, mais qui fait son petit effet à chaque fois… « Waouh, mais c’est telle- ment bon ! Il faut que tu me passes la recette ! » J’ai nommé... Les rochers à la noix de coco ! Alors oui, je sais, ce n’est absolument pas British, mais bon, je n’ai jamais fait de cheesecake, vous m’excu- serez… Et puis, pour moi, c’est un incontournable de cette période de blo- cus/Noël, où on passe notre temps à manger ! Passons tout de suite à la partie intéressante : la recette ! Il te faudra : - 125g de noix de coco en poudre, - 100g de sucre, - 2 blancs d’œufs en neige, - 1 jaune d’œuf (au cas où tu doublerais la recette, c’est toujours 1 seul jaune d’œuf). 1) Fais préchauffer ton four à 180° en chaleur tournante ; 2) Sépare tes blancs d’œufs de tes jaunes, et garde 1 jaune sur le côté (l’autre, fais-en une omelette, par exemple, gaspiller, c’est nul) ; 3) Monte tes blancs en neige, au moyen d’un batteur électrique, ou de tes petits bras (la légende dit que c’est plus simple si tu y ajoutes une pincée de sel) ; 4) Dans un autre récipient, mélange la poudre de coco et le sucre ; 5) Au moyen d’une cuillère en bois (askip15 ça permet aux œufs de rester en belle neige), incorpore la neige à ton mélange coco/sucre ; 6) Ajoutes-y le jaune d’œuf que tu avais réservé, pour coller le mélange ; 7) Fais des petites boules et mets-les sur la plaque du four (c’est facile avec les mains, mais si tu veux te la péter, vas-y avec une poche à douille) ; 8) Laisse cuire 20 min (ou un peu moins si ton four à tendance à brûler tout tes plats). Et voilà ! Cécile 15 Pour les vieux, ça veut dire « A ce qu’il paraît ».
  • 28. 28 Be Bad until you’re Good Au loin, les terres brunes s’éloignent et, déjà, le train est happé par les méandres grises, morceau de charbon jeté dans le four de la ville mère, dont la sirène hurle « weep, weep » en notes de désespoir. Adieu les fish and chips du Norfolk profond. Bienvenue au pie and mash de Londres. Londres, encore et tou- jours, Londres, un nouveau retour. Pourquoi revenir, Olivia ? Pourquoi cette ob- session maladive pour la capitale britannique ? Dans les rues, tu ne peux te perdre et cependant tu erres : la foule informe te transporte, bringuebalant à gauche, à droite et te laissant esseulée sur le parvis d’une église à la messe de laquelle se rendent les bons chrétiens. Les mains raclent tes poches vides, tu souffles sur ta mèche rebelle. Même ce bonnet ne parvient pas à la discipliner. Transie par le froid de février, tu refermes ta parka kaki sur ton pull à col roulé en grelotant. Devant ton visage dansent des volutes de vapeur que tu observes, bouche ouverte, lèvres exsangues. Tu renifles. Dans tes antiques Dr Martens usées jusqu’à la se- melle, tes pieds s’engourdissent, tu bouges tes orteils. Sous les chaussures, tu de- vines les dalles longtemps chéries et frémis. Tu fermes les yeux pour savourer ces retrouvailles sacrées qui t’accablent d’une ivresse inouïe au point de trembler.
  • 29. 29 « Londres, Londres pour quoi ? Pourquoi est-ce que je l’aime ? Je ne suis pas parvenue à l’oublier. Je n’ai pas réussi, là-bas, au Norfolk. Encore un job de foiré à ajouter à la liste des expériences professionnelles catastrophiques de mon épique carrière. J’arrive sans un sou en poche comme une fille qui débarque la fleur au fusil chez son ex. Je m’en fous. Olivia Twist, je vagabonde entre les hauts buil- dings, m’engouffre dans les ruelles célestes. Je roule une clope avec un fond de tabac et aspire goulument. Ça doit être ça. Ce besoin d’intensité que je ne ressens qu’ici, cet éveil à la vie, à chaque fois. Le seau d’eau à la figure pour sortir du pieu, une bonne gifle dans la gueule. » « Liverpool Street Station. Gare terminus. Tout le monde descend. Direc- tion Bishopsgate, avec ses Costa Coffee, Caffè Nero, Liberty of Norton Folgate et autres Starbucks. La matérialisation du matérialisme. Je n’ai décidément jamais pu comprendre pourquoi les gens sont si fascinés par cette avalanche d’exotisme – parfois grossier –, sinon pour se prétendre fashion. Parce que mode rime avec goût, et goût avec bon, et bon avec in. Et si tu n’es pas in, tu es out. Et, c’est bien connu, il n’y a rien en dehors du système. Mais il y a un hic à cette logique im- placable : comment peut-on prétendre être in en adoptant des codes extérieurs ? Lorsque l’on dit que les goûts et les couleurs ne sont pas sujets à discussion, cela ne signifie pas qu’il faille se conformer à un prétendu standard commun imposé par quelque grand ponte éclairé – voire illuminé. En réalité, chacun a le droit d’avoir son avis sur la question, car chacun est libre de ses choix. Du moins, c’est ce que je croyais. Ou alors c’est ce la société essaie de nous faire croire, un peu comme un parent laisse faire son enfant. Il n’approuve pas, mais ça ne fait rien : lorsque le bambin rebelle se rendra compte de son erreur, de sa bêtise, il reviendra à de meilleurs sentiments, dans le “droit chemin”. Celui qui l’attend, tout tracé, pour le mener à l’uniformité d’un standard sociétal porté aux nues car conforme à la kalokagathie, cet idéal de beau et de bien auquel on s’imagine devoir appar- tenir sous peine d’ostracisme. Comme s’il n’y avait qu’un seul idéal ! Et pourtant, je commence à douter. Des choix, j’en ai fait. Des choix que je pensais bons, et qui se sont révélés bien mauvais, me renvoyant systématiquement à la case départ. J’ai choisi de partir de la maison, pour y revenir la queue entre les jambes. J’ai choisi un gars que j’aimais, pour finir avec un autre “bien comme il faut”, mais qui ne me donnait pas des papillons. J’ai choisi l’IVG, c’était sans compter “les plans” préétablis par d’autres pour lui. Je suis partie – pas par choix, plutôt par dépit. Définitivement. Du moins, c’est ce que je croyais. Depuis, je n’ai fait que
  • 30. 30 revenir. Tottenham-Londres. Oxford-Londres. Edimbourg-Londres. Norwich- Londres. » « Liverpool Street Station. Gare terminus. Tout le monde descend. Passé Bishopsgate et la “règle” contenue dans son nom, voici Great Eastern Street, clai- rement annoncée par The Great Eastern Bear, l’antre de l’expression irrévéren- cieuse de la personnalité et du for intérieur. Ainsi donc, il faut carrément disposer d’un ours pour avoir voix au chapitre. Ou alors s’agit-il d’un ours mal léché ? Ou de la peau qu’il porte encore et qu’il ne faut pas déjà vendre ? Ou du pavé de l’ours ? Ou de mise à l’ours ? Finalement, qu’elle soit inconvenante, surprenante, nuisible ou rebut, l’intention est claire : trancher avec une conformité que l’on pense typiquement londonienne, mais qui se limite à l’intérieur de la tête. Visuel- lement, il n’y a pas d’uniformité. Il suffit de regarder les maisons et les buildings : il n’y a pas d’architecture unique permettant de décrire cette ville. Les styles et les influences se sont accumulés et mélangés au fil du temps. De la brique rouge au stuc, de Crystal Palace à la Tower. Pareil sur les routes : tramways, taxis, vélos, motos, bus à impériale... Alors, elle est où la règle, il est où le standard ? Sur les murs ? Pas ici en tout cas. » « Great Eastern Street, ses œuvres et ses graffitis, son intemporalité et son éphémérité. Ses lapins, ses hérissons, ses hérons, ses ratons, ses super-héros, ses enfants espiègles, ses mémés en tribunes… Bienvenue à Shoreditch, la capitale du streetart made in UK. Vaches extraterrestres, lamas, cerfs, savants fous, para- pluies, sapins de Noël. Et ses deux célèbres wagons. “Let’s adore and endure each other.” Si seulement ça pouvait être plus souvent vrai. Aimer durablement l’ins- tantané, aimer furtivement le durable. Aimer ? Avec quelle obligation ? Encore des règles et des standards ? Disons plutôt savourer. Ici et maintenant comme par- tout et tout le temps. S’attarder un peu, puis partir sans regrets. Direction Holywell Lane. » « Holywell Lane. Main articulée, éléphant tentaculaire, corneilles ennei- gées, grues factices, Union Flag. No photos please. Car park. Vandalism. Con- verse et ses All Star. Charlie et ses crayons. “Stop here, appreciate life for a mi- nute, and smile.” C’est bien ce que je compte faire face au Village Underground. The power of girls qu’il est noté. Si c’est bien le cas, alors, il va falloir le montrer.
  • 31. 31 Je suis une fille. Du moins ce que m’incite à penser le chat femelle que j’ai entre les jambes. Mais quel est mon pouvoir ? Celui des mots que j’ai au bout de mon crayon ? Je m’appelle Olivia, pas Charlie. Et alors ? Oliver n’est-il pas né de la plume de Charles ? C’est décidé ! Direction Hoxton Street. » « Hoxton Street. Numéro 159. Hoxton Street Monster Supplies. “Service avec grognements depuis 1818.” Un endroit incontournable pour tout monstre qui se respecte. Quoi que vous cherchiez, c’est ici que vous le trouverez. Yeux de Banshee, cire d’oreille en cubes, crescendo de terreur, lueur lunaire, organes en confitures, pastilles de menthe fraîche pour zombies… Je ne suis pas venue ici pour faire des emplettes, mais j’en profite pour donner quelques caresses à Wells, le chat invisible un peu soupe au lait. La vraie raison de ma présence en ces lieux, c’est l’arrière-boutique, qui abrite le Ministry of Stories. Retrouver cet endroit que je fréquentais lorsque j’apprenais la littérature me procure un sentiment de nos- talgie que je ne pensais pouvoir éprouver une fois rentrée à la maison. J’ai peut- être enfin pris une bonne décision. D’ailleurs, pourquoi ne pas me frotter à la nou- velle génération ? Ils proposent justement un petit exercice littéraire : la caravane des dix mots. Le principe est simple : dix mots sont choisis et énoncés à intervalle régulier par un volontaire et les participants doivent construire une histoire autour de ceux-ci. Au bout du dixième “intervalle” – soit onze ou vingt-deux minutes plus tard –, tout le monde pose son crayon. Ce contre-la-montre littéraire permet de stimuler l’imagination – et j’en ai bien besoin, d’imagination. Let’s go ! » « Secret. Jeune. Palais. Fleur. Alentour. Paysage. Comprennent. Chemin. Embrasser. Salut. » « Minable. Je suis minable. Et moi qui me prétendais disciple des grands. Charles doit certainement se retourner dans sa tombe de Westminster. Sans comp- ter William, Lewis, J.K., Georges, Ian, J.R.R., Jane, Walter, R.L., Arthur, Agatha, C.S., Ken et tant d’autres. Cette fois, c’est fini. Je renonce. Finalement, lutter contre le conformisme, les standards, les règles, n’est-ce pas se conformer à d’autres standards ? Voire même obéir à la règle, qui veut que chacune ait son exception. Dès lors, à quoi bon ? J’ai tant cherché à être out, mais tout me ramène ici. Dedans. In. Décidément, il n’y a vraiment rien en dehors du système. »
  • 32. 32 « Dans les rues, j’entends les cloches sonner. Entre les lignes de leur dédale, je vois les cloches flâner, incrustées dans les interstices de la fourmilière, la main tendue, barbe frémissante, et lentement s’endormir sur leur lit de carton et de pa- piers journaux. Coiffés d’une chapka, les touristes baguenaudent avec leur par- dessus, passent devant sans prêter un regard, agitent leur selfie-stick comme une matraque de Bobby en posant, aguicheurs, devant les monumentales figurations de l’ostentation humaine, pour nourrir l’indigeste flot pictural d’un réseau social factice. Je reconnais là le tableau de John Constable. La vie ressemble à Stone- henge : d’immenses pierres dressées vers le ciel, certaines tombent en s’écroulant, s’enfoncent lentement dans la fange tandis que leurs sœurs muettes se murent dans une stoïque pétrification, sans égard pour la mousse gangrénant leur propre corps jusqu’au cœur minéral, vieux et froid. » « The Angel. Je pousse la porte du pub qui laisse échapper une vague de jacasseries, marée de rires, marée de mots, paroles qui s’entrechoquent, s’estro- pient, se coupent, ainsi qu’un reflux de bière, de saucisses et d’œufs brouillés. L’odeur et la chaleur montent. J’ai si faim que je pourrais manger un cheval. Hé- las, je ne peux posséder le gâteau et le consommer à la fois. Je m’approche du bar et me hisse sur un tabouret, souffle dans mes paumes. Tournant la tête à gauche, puis à droite, j’aperçois avec stupéfaction Penny, habillée pour tuer : un long trench-coat sable lascivement posé sur les épaules, cravate nouée autour d’une chemise de satin lumineuse, les jambes couvertes par un lourd pantalon de laine terminé par des Chelsea boots acajou. Penchée sur un minet, elle lui propose un verre de sa voix aux accents profonds. Mal à l’aise, le biquet marmonne, les yeux baissés, laissant mousser sa pinte. Lorsqu’elle me voit, Penny s’exclame, pousse un rire tonitruant et m’embrasse avec force comme un chien fou. Cela fait com- bien de temps ? Deux ans déjà ! Tout bas, elle me confie : les affaires ne sont pas au beau fixe et il faut garder les ficelles du porte-monnaie serrées. Pourquoi alors de tels vêtements ? Un investissement : inviter des gens les rend redevables envers vous. A Bristol, cette méthode était sans cesse mise en échec par le manque dras- tique d’ambition de ses habitants, pauvres hères engoncés dans un quotidien morne qui eut tôt fait de la dégoûter. Banksy lui-même y a laissé sa marque pour ensuite s’envoler, telles les montgolfières d’Ashton Court pendant le night glow. Elle préférait revenir à Londres, quand bien même elle payait une fortune pour vivre dans le placard sous l’escalier. Pour couronner le tout, le gars qu’elle fré- quentait s’était définitivement amouraché d’elle et Penny ne pouvait supporter
  • 33. 33 une adoration aussi stupide qui frôlait davantage l’obsession maladive que le pen- chant enflammé : c’était là la dernière paille qui avait brisé le dos du chameau. A présent, nous sommes toutes deux dans la soupe, accoudées au bar devant une pinte tiède et une assiette d’œufs brouillés, bercées par l’embrouillamini d’éclats de voix et de vieux rock en fond sonore. “Je vais me dépenser”, dit-elle en se dirigeant vers les toilettes, jouant une fois de plus sur son prénom. Une fois sou- lagée, nous commençons à avoir des épingles et des aiguilles dans les jambes et décidons de quitter le pub. » « Longeant le fleuve, mon amie s’écrie “Allons écouter de la vraie mu- sique”, en sortant un antique lecteur de CD et une paire d’écouteurs usés dont l’ancienne couleur blanche se devine à peine. Je constate avec satisfaction que le temps n’a pas divisé nos goûts et redécouvre quelques uns de mes morceaux pré- férés dans ce qui se fait de plus ou moins récent : Close Your Eyes de RHODES, I Won’t Complain de Benjamin Clementine, Something Good de alt-J, Golden Antlers de Glass Animals, Transits de Bonobo, Time Is The Enemy de Quantic, Leave a trace de CHVRCHES, Rolling Stone de Hurts, Tear Drop de Massive Attack, The Road You Didn’t Take de Stornoway, … Transportées, nous nous égarons. Nous agitons des problèmes à la lueur des réverbères d’abord, puis à l’ombre. Comme de jeunes amants à l’aube de leur passion, nous nous faisons des promesses : aller à Venise. À d’autres ! Une fois sur une lune bleue. Ou quand les cochons auront des ailes. Il est tard, le soleil s’est fatigué de briller. Esquintées par les illusions, nous escaladons les grilles où s’agrippent des haillons de barbe- lés et passons de l’autre côté pour déverser, au milieu des herbes sauvages, nos éclats de rêves brisés, pénétrant par là même dans une nouvelle dimension. Quelque part sur Old Kent Road, dans ce carré hors du monde, nos haleines se mêlent. Blotties l’une contre l’autre, le regard braqué sur la silhouette extrava- gante de Stompy, un char d’assaut soviétique T-34 dont les couleurs bariolées égaient pendant la journée le terrain laissé à l’abandon, nous nous efforçons de nous recomposer. Penny recommence à pester contre Bristol et ses stupides bal- lons de sa voix rauque que j’écoute, les yeux dans le vague, les pensées battant la campagne à la recherche d’une solution. Je m’abandonne aux idées chaotiques et perds toute perspective, rappelant que tout puits d’obscurité recèle ses gouttes de lumière. Tout était là depuis le début. »
  • 34. 34 « Secret. Jeune. Palais. Fleur. Alentour. Paysage. Comprennent. Chemin. Embrasser. Salut. » Oui, tu le sais. Chaque mot te ramène à elle, Londres la belle, la vieille, l’irrésistible dans laquelle tu perds ton être. Est-ce qu’elle veut bien de toi, enfin ? N’es-tu pas comme ces touristes s’imaginant demeurer alors qu’ils sont de pas- sage dans cette ville comme dans cette vie, éphémères comme les fresques peintes à la bombe sur les murs gris ? Quelle importance, finalement ? Tu as trouvé ce que tu cherchais. Sur les pages froissées d’un carnet détrempé, tes doigts courent : Fin. Le 12 novembre 2016. Emmanuel et Rafaël Tinti
  • 35. 35 5 bonnes raisons pour aller au Royaume-Uni 1. Il y fait TOUJOURS ensoleillé… Quoi ? On me dit dans l’oreillette qu’il y pleut absolument every damn day ? Bon, trouvons une autre raison. Ses paysages, que l’on soit à Londres, La Petite Venise, dans les Cornouailles, comme un air de Portofino, ou en Ecosse, avec ses montagnes verdoyantes et ses gorges à l’infini. Prenez juste un appareil photo étanche pour capturer tous ces souvenirs ! 2. La nourriture y est succulente ! Veux-je dire que le pudding, le haggis16 et les anguilles en gelée sont MANGEABLES ?! Non, je reprends. Certaines traditions culinaires sont délicieuses ! Leur petit-déjeuner, très typique, composé de lard frit, d’œufs sur le plat, à la coque ou brouillés, et de toasts au beurre et à la confiture, est un régal ! Des tomates cuites, des haricots, de la saucisse et des galettes de pomme de terre y sont également réguliè- rement ajoutés. Et n’oublions de mentionner leurs fameux fish and chips, cupcakes et traditionnel tea time17 ! 3. La famille royale et surtout, le beau prince Harry (bah oui, son frère est pris18 …), ainsi que le magnifique palais de Buckingham. Résidence offi- cielle des souverains britanniques de style néo-classicisme, il fut construit pour John Sheffield, le duc de Buckingham et Normanby, 1703. Il a été par la suite reconstruit par John Nash pour le roi George IV. 4. En parlant d’Harry… C’est le pays Joanne Rowling, aka J. K. Rowling, aka maman d’Harry Potter. Mais également de mille autres écrivains tout aussi célèbres les uns que les autres : Jane Austen, les sœurs Brontë, Shakes- peare, J. R. R. Tolkien, Charles Dickens, des poètes comme Keats, Woodsworth ou Blake, … Et j’en passe et des meilleurs. N’oublions pas non plus de citer que c’est le pays originaire des Beatles. De plus, ce pays est le paradis de la culture. En effet, il regorge de musées tels que le British Museum, le National Gallery, le musée d’histoires naturelles, … Et les musées sont quasi tous GRATUITS à Londres ! 5. Et, bien évidemment, Londres, sa capitale, avec ses pubs, ses taxis ty- piques, ses Coldstream Guards, Big Ben, la cathédrale Saint-Paul, le To- wer Bridge, London Eye, Trafalgar Square, … 16 Spécialité écossaise préparée avec des abats de mouton dans une panse de mouton. 17 Thé pris à 17h, agrémenté de miel ou de lait (Lauren et Elvire, vous buvez) et accompagné de scones. 18 Kate, tu bois.
  • 36. 36 Cinema britannique et chansons cultes Trop de concessions ont été faites dans le choix de mon sujet d’article. J’ai dû choisir entre parler de l’identité graphique des films Harry Potter, de My Fair Lady et de la merveilleuse Audrey Hepburn, ou encore des célèbres Companions de Doctor Who19 . Vous n’imaginez pas l’intensité de mon dilemme. Cet article parlera finalement de manière moins ciblée, de cinéma et de mu- sique. J’ai, en effet, décidé de présenter ici une brève liste de films britanniques connus ou moins connus, à la bande-son pop/rock culte (et, qu’on se le dise, pas forcément britannique) qui te fera dire « ah mais ouiiii, je connais cette chan- son ! ». Let us begin with… Quadrophenia (1979), Franc Roddam On commence avec une production assez méconnue, sauf peut-être du côté des fans des Who. En effet, ce film est inspiré de l’opéra rock du même nom en- registré par le groupe et sorti en 1973. On nous raconte ici l’histoire d’une rivalité entre deux sous-cultures britanniques à leur apogée dans les années 1960 : les mods et les rockers. Jimmy, un mod originaire de Londres est en pleine révolte contre le monde et la société qui l’entourent. Entre sexe, scooter, drogue, trahison et musique, il finira son petit tour à Brighton pour voir et être entrainé dans les combats entre mods et rockers, s’y déroulant à l’époque fréquemment. Ce film est très intéressant de par sa sensation de réalisme, comme si on vivait le quotidien de vrais jeunes de l’époque (du moins, c’est ce que ma maman, qui a vécu ces années, m’en dit ; big up maman) et, petite anecdote, on peut voir un certain Sting incarner l’idole du jeune Jimmy. Les morceaux cultes : The Kingsmen – Louie Louie The Ronettes – Be My Baby The Kinks – You Really Got Me The Crystals – Da Doo Ron Ron 19 Si tu veux lire sur un de ces sujets dans le prochain Eloge, tape 1, 2 ou 3 !
  • 37. 37 The Boat That Rocked (2009), Richard Curtis Sorti chez nous sous son titre francophone-mais-en-anglais-quand-même Good Morning England, ce film pétillant est pour moi un incontournable. Un cas- ting de foufou entre le génial Bill Nighy, le regretté Philip Seymour Hoffman, le grand Kenneth Branagh, pour ne citer qu’eux, et une apparition de la trop cool Gemma Arterton (je l’aime) mais aussi une bande son mémorable sortie tout droit des années 1960. Le pitch : En 1966, suite à l’explosion du rock, les radios britanniques font l’objet d’une règlementation très stricte de la part de l’état forçant à réduire leur diffusion de mu- sique rock à 45 minutes par jour maximum. Un adolescent récemment renvoyé de l’école se voit expédié par sa mère sur un bateau au milieu de la mer du Nord, siège d’une radio pirate. Il y rencontre une flopée de personnages plus farfelus et sympathiques les uns que les autres. L’équipage de Radio Rock va devoir se défendre face aux attaques du gouvernement, bien décidé à faire cesser leur émission à travers le pays. Après avoir vu ce film, vous aurez envie de danser, chanter, sautiller, déva- liser une friperie et faire des câlins à Tom Sturridge, qui vous fera trop penser à Daniel Radcliffe, tant il est petit et ne comprend jamais ce qui lui arrive. Les morceaux cultes : Martha & The Vandellas – Dancing in the Streets The Beach Boys – Wouldn't It Be Nice The Who – My Generation Procol Harum – A Whiter Shade of Pale The Moody Blues – Nights in White Satin Otis Redding – These Arms of Mine (en fait, quasiment tous les morceaux du film sont cultes mais il a bien fallu faire une sélection…) Billy Elliot (2000), Stephen Daldry Nous voici à une autre époque : bye bye les années 60, hello les années 80 ! Billy Elliot raconte la vie d’un jeune garçon orphelin de mère dans une ville mi- nière du Nord-est de l’Angleterre. Alors qu’il se rend comme d’habitude à son
  • 38. 38 cours de boxe, il assiste à une classe de danse classique. Il commence ensuite à participer à ces cours puis finit par y aller tout simplement à la place de ses cours de boxe, sans que sa famille ne soit au cou- rant. Le coup de cœur de Billy pour la danse devient une véritable passion, son épanouis- sement est de plus en plus grand mais mal- heureusement, son secret devient également de plus en plus lourd. À présent film culte adapté en comédie musicale sur scène, il s’agit du long métrage qui a propulsé le jeune Jamie Bell, devenu aujourd’hui un acteur accompli. La dévotion sans faille et la motivation de ce garçon face à tous les défis qui s’impo- sent à lui est un véritable plaisir à regarder, entre les rires, l’admiration, mais aussi les larmes et l’indignation. Le tout est légèrement romancé (le monde de la danse, sérieusement, ce n’est pas si rose, au sens propre comme au figuré) mais on com- prend que l’accent est surtout posé sur le conflit avec la famille et le thème de l’acceptation. Les morceaux cultes : T. Rex – Children of the Revolution The Clash – London Calling The Jam – Town Called Malice T. Rex – Get it on Love Actually (2003), Richard Curtis Deux réactions se produisent à cet instant parmi les lecteurs. La première : « deux films de Richard Curtis dans la liste ?! ». La seconde, impardonnable : « oh non mais non, elle abuse, Love Actually, heureusement qu’on est dans un top British sinon elle aurait été capable de nous mettre 500 Days of Summer juste après, cette mijole ». À cela je répondrai : Love Actually, c’est le feel-good movie par excellence. Ce film a tout pour te rendre heureux. Sinon, tu es le Grinch et tu retournes bouder dans ta tanière, c’est tout. Le synopsis : en période de Noël, on suit les histoires de divers personnages possédant des liens plus ou moins forts les uns avec les autres. Toutes ces histoires sont également reliées par un thème : l’amour sous toutes ses formes, de l’amour
  • 39. 39 familial à l’amour pour ses amis, les couples jeunes, les moins jeunes, les ren- contres, les différentes classes sociales, la barrière de la langue… tous les cas sont ici illustrés. Le casting est composé des comé- diens britanniques les plus emblématiques, entre Emma Thompson, Alan Rickman, Hugh Grant, Liam Neeson et tous leurs co- pains plus connus les uns que les autres dont la moitié a joué dans Harry Potter (comme dans 99% des films anglais, me direz-vous). La bande-son est tout aussi variée que les différentes intrigues du film : tous les styles s’y mêlent et on ne se contente pas uniquement de morceaux récents. Les morceaux cultes : Wet Wet Wet – Love Is All Around The Beatles – All You Need Is Love Mariah Carey – All I Want for Christmas Is You The Pointer Sisters – Jump (For My Love) The Beach Boys – God Only Knows Et voilà, c’est tout pour cette fois ! Il ne reste plus qu’à regarder les films que vous n’auriez pas encore visionnés (j’espère que c’est au minimum le cas pour un d’entre eux, que je puisse me réjouir d’avoir un peu alimenté votre culture, ou au moins de vous avoir donné un sujet de discussion quand vous serez en état d’ébriété), puis à faire un petit karaoké avec toutes les chansons de cette liste (c’est ce que je ferais à votre place, en tous cas…). Laura Lombardo
  • 40. 40 Des concepts bien anglais Si nous avons la chance d’être nés – ou tout du moins pour la grande majo- rité des lecteurs de l’Eloge, d’habiter – en Belgique, sainte terre du paradoxe, de l’autodérision et du neuvième art (entre autres), il existe quand même outre- Manche quelques concepts, habitudes et coutumes qu’il ne me déplairait pas de voir adoptés en notre plat pays. 1 – Des séries de qualité produites par des chaînes publiques Si Typique m’a fait passer de bons moments (et ruiné quelques heures de blocus), si La Trève et Ennemi Public ont récemment eu un certain succès en francophonie et re- levé le niveau quasi-inexistant des séries (co-)produites par la RTBF, cela n’est en rien comparable avec les services proposés par la BBC. Celle-ci propose en effet depuis des années des séries de qualité à la renommée mondiale : entre The Monty Python Flying Circus (1969) et Peaky Blinders (2013) en passant par Sherlock (2010) ou encore l’incontournable Doctor Who (1963), on ne peut pas dire que les séries britanniques et belges jouent dans la même catégorie. Channel 4, l’autre branche du service public du Royaume-Uni, n’est pas en reste, avec Skins (2007), Black Mirror (2011), Misfits (2009), The IT Crowd (2006), … 2 – Des petits déjeuners salés La gastronomie des anglais, écossais et autres gallois n’est pas spécialement réputée, et est souvent moquée par bien des médias et des stéréotypes. Mais pour les amateurs de sel, ceux qui n’aiment pas les kellog’s et le nutella, ou simplement ceux qui aiment varier les plaisirs, les petits déjeuners anglais sont une bénédic- tion. Pas de pancakes, de marshmallows ou d’autre hérésie américaine : rien ne vaut l’English breakfast typique. Des œufs sur le plat (le secret pour les faire « à l’anglaise » est de les cuire avec un couvercle sur la poêle, ça rend le jaune blanc)20 , des beans (apparemment, les marques Heinz ou Branston sont les seules tolérées dans certains endroits), de la saucisse, du boudin (quand on vous dit « pudding », n’espérez pas recevoir un flan), des galettes de pommes de terre, et du lard (pas du bacon, du lard, donc au moins 1,5 cm d’épaisseur). Dans certaines 20 Personnellement c’est la partie de cette recette que je trouve dégueu, mais bon, c’est comme ça que l’on fait si on veut respecter la tradition.
  • 41. 41 régions, c’est accompagné de scones, là où d’autres les réservent pour l’heure du thé. Bon, après, ça, c’est le full breakfast, dans la vraie vie, on peut juste se contenter des fameux beans on toast (oui, juste des haricots dans de la sauce to- mate, étalés sur un toast, essayez-le c’est la vie) avec une tasse de thé pour se sentir un peu anglais. 3 – Une mode décomplexée Si vous avez souvent reçu comme remarque concernant votre nouveau pull/robe/accessoire qu’il était fort kitch, trop osé ou simplement vulgaire21 , vous pourriez considérer un petit voyage à Londres pour vous remettre les idées en place, ou celles de vos détracteurs. En effet, point de pudibonderie dans les rues de la capitale anglaise, et même votre tenue la moins frileuse ne fera s’élever, au pire, que les sourcils de l’un ou l’autre touriste fraîchement débarqué. 4 – De vraies règles de politesse Si vous avez vu Billy Elliot, Hooligans ou encore The Full Monty, vous vous dites peut-être que les bonnes manières anglaises sont comparables à ce que l’on peut trouver chez nous lorsqu’il y a un train bondé et que tout le monde se marche dessus, ou encore lorsque l’on se fait bousculer dans la rue et que l’on se voit ignoré en guise d’excuse (au mieux). Mais la British Etiquette n’est certaine- ment pas morte, et il existe encore nombre de règles de politesse en vigueur dans la société britannique qui sont désuètes ou inexistantes chez nous. Pour ma part, j’ai tendance à m’excuser même quand je bouscule un poteau dans la rue, mais ce n’est clairement pas la norme. De l’autre côté de la Manche, au contraire, il est extrêmement courant que lors d’une bousculade, ou même d’un frôlement, les deux parties s’excusent, même la personne qui n’a rien fait. Si cela peut paraître ridicule, un peu de courtoisie ne fait jamais de mal. De même, peut- 21 Un de ces trois adjectifs correspond à l’auteure de cet article...
  • 42. 42 être grâce à l’affluence dont nombre de leurs villes sont victimes, les Britanniques ont développé un sens des files et des déplacements bien plus efficace que le nôtre. Dépasser dans une queue est un outrage suprême, et si vous vous êtes déjà rendu dans le métro londonien, vous n’avez pu que remarquer l’organisation des esca- lators, où chacun se tient à droite afin de laisser le champ libre, à gauche, pour les personnes plus pressées. Et ça marche ! 5 – Le Prince Harry Bon, d’accord, ce n’est pas un concept, mais on peut quand même lui faire une petite place, non ? Bref, bien entendu, ce sont nos différences qui font le charme de chacune de nos cultures, et tout cela n’aurait pas la même saveur si on en retrouvait le copié-collé en nos régions22 , et cet article n’est pas à prendre trop au sérieux, car il ne cherche en rien à dévaluer la Belgique. Continuons donc d’apprécier de l’ex- térieur, ou en tant que touriste, ces différences culturelles, et ils feront de même chez nous (avec de la meilleure bière) ! MM 22 Sauf pour le Prince Harry.
  • 43. 43 M’as-tu lu ? « Pornographie », de Simon Stephens Bonjour à vous ! Ce mois-ci, M’as-tu lu ? s’accorde avec les couleurs du thème british de l’Éloge, et vous présente la pièce Pornographie (2007) de Simon Stephens, dramaturge britannique. Mais, mais … Une pièce ?! Genre, comme dans pièce de théâtre ? Eh oui, petit étudiant, ce mois-ci c’est un texte théâtral que je vous présenterai, et non un roman. Mais ce n’est pas n’importe quel style de théâtre : la particularité du texte de Stephens est qu’il peut se lire (presque) comme un roman ! Pas de personnages bien identifiés, peu d’indications scéniques, parfois même pas de dialogue… L’auteur nous propose six tableaux qui peuvent s’intervertir et qui nous plongent dans l’intimité de personnages – de voix, pour être plus exacte – à la parole dé- rangée, transgressant tous des tabous (que je vous laisse le soin de découvrir…). Leur point commun : leur histoire personnelle se voit touchée, de près ou de loin, par les attentats de Londres de 2005. Je vous arrête donc tout de suite, vous qui avez poursuivi la lecture de cet article grâce au nom aguicheur de la pièce : non, il ne s’agit pas d’une pièce sur la pornographie en tant que telle (ne sois pas trop déçu). La pornographie dont parle Stephens, c’est plutôt celle d’une société de l’image où l’intimité est sans cesse menacée et violée ; où l’être humain se dissocie, séparé de son propre corps devenu objet ; où l’individu efface ses principes au profit du capitalisme. Une même rupture qui sans doute s’opère dans l’esprit du terroriste dissociant le corps de ses victimes de toute humanité pour passer à l’acte. C’est sur cette pornographie que réfléchit Stephens : comment un citoyen arrive-t-il à faire exploser une rame de métro bondée dans sa propre ville ? Qu’est- ce qui différencie le terroriste des autres personnages, pris dans la même porno- graphie ? Rien, presque rien. Et c’est nous-mêmes finalement que l’auteur inter- roge avec un septième et dernier tableau intégralement constitué des très courts portraits des 52 victimes des attentats londoniens publiés sur internet peu après les évènements : divulguer des informations si sommaires sur des victimes, les virtualiser via internet, porter une attention avide à ce genre de publications n’est-
  • 44. 44 il pas un peu pornographique ? Oscillant entre hommage et dénonciation, cet ul- time tableau laisse perplexe. Un dernier point intéressant à propos de Pornographie concerne la place accordée à la violence : celle-ci n’est pas scénique, mais palpable dans l’atmos- phère générale des tableaux, distillée dans les paroles crues et les situations quo- tidiennes – mais relativement extraordinaires – des personnages. En bref, la pièce de Stephens est une petite pépite qui fait frissonner et qui pousse à la réflexion, tant à la lecture qu’au passage à la scène… À lire, à voir ! Élise Deschambre Le théâtre est pour chacun le reflet de sa propre fragilité. Dominique Desanti
  • 45. 45 La pop anglaisE feminine actuelle C’est bien connu, l’Angleterre regorge d’artistes tout aussi sympa à écouter les uns que les autres. Parmi eux, des femmes. Jetons donc un coup d’œil sur la pop anglaise féminine (presque, ok j’avoue) actuelle. La première dont nous allons parler est Marina & The Diamonds. Atten- tion à ne pas s’y méprendre, Marina est bel est bien seule à officier, le « Dia- monds » représentant ses fans. Eh oui, si vous vous mettez à apprécier la musique de cette chère Marina, vous deviendrez des « diamants », et ça, c’est cool ! Marina est originaire du Pays de Galles et sa musique est une pop colorée méga fraiche avec des paroles drôles et sympathiques. A son actif, déjà trois albums : The Fa- mily Jewels, Electra Heart et Froot, dont les meilleurs titres sont respectivement Seventeen, Bubblegum Bitch et Happy (entre autres et selon moi). Au tour maintenant de Jess Glynne : sa voix doit forcément vous dire quelque chose. En effet, elle est connue pour avoir interprété aux côtés de Clean Bandit, la chanson Rather Be, qui a connu un succès énorme en Europe. Mais sa- chez que Jess n’a pas fait que cela, en effet, en 2015, elle sort son premier album intitulé I Cry When I Laugh 23 parmi lesquels se trouvent les titres Hold My Hand et Don’t Be So Hard On Yourself, titres bien plus que chouettes par leur côté rythmé, qui donnent la pêche. En plus, Jess possède une voix de dingue et unique que je vous conseille vivement d’aller écouter. On ne pourrait faire un article sur la pop féminine anglaise, sans mentionner Lily Allen, la plus « vieille des actuelles ». Lily Allen arrive sous le feu des pro- jecteurs en 2006 avec le titre Smile, où elle chante le fait qu’elle n’en a plus rien à faire de son ex, et ça, c’est cool. Lily Allen, ce sont des thèmes humoristiques avec des paroles hilarantes voire engagées (#féminisme, toi-même tu sais) : la drogue, le harcèlement, les « looses sexuelles », tout y passe. Lily a déjà réalisé trois albums intitulés Alright, Still, It’s Not Me, It’s You et le dernier en date, 23 Super optimiste, on est d’accord ! Marina & The Diamonds
  • 46. 46 Sheezus. Et personnellement, j’adore les titres Smile, The Fear et L8 CMMR. Enfin, Lily Allen c’est quand même la meuf qui se pointe, lors d’un festival, toute bourrée lors de son set, parce qu’elle a trop picolé pendant l’aprèm. Allez checker sur YouTube, son passage au festival T In The Park, en 2007. Un autre visage de la pop anglaise actuelle est celui de Paloma Faith, moins connue chez nous, mais pas moins appréciée en Grande-Bretagne, puisqu’elle gagne en 2015 le British Female BRIT Award. La particularité de Pa- loma Faith, c’est ça voix unique et particulière, et des chansons tantôt jazzy, tantôt pop. Si vous voulez la découvrir, allez écouter les titres Only Love Can Hurt Like This et Trouble With My Baby. Tout comme Paloma Faith, Ella Eyre est un peu moins connue en Belgique, mais très appréciée dans son pays natal. Ella possède une voix de dingue, hyper suave, un peu soul, avec des vibes dignes des plus grandes (mais pas plus que Beyoncé, soyons clairs). Si vous voulez des comparaisons, sa voix peut s’appa- renter à celle de Selah Sue24 . If I Go est un titre que j’affectionne tout particuliè- rement et We Don’t Have To Take Our Clothes Off. Enfin, parlons de la très jolie Dua Lipa. Elle est un peu l’exception de toutes les chanteuses que j’ai citées précédemment, puisque son premier album ne sortira qu’en février 2017. Néanmoins, en se basant sur les quelques singles déjà révélés, on peut prévoir que Dua Lipa sera une figure importante de la pop an- glaise actuelle (si elle ne l’est pas déjà). Vous n’avez pas pu passer à côté de son génial Be The One, (et si c’est le cas, allez l’écouter tout de suite). Aussi, Hotter Than Hell et Blow Your Mind sont deux morceaux vraiment pas mal. Cet article arrive maintenant à sa fin, et j’espère vous avoir fait découvrir de nouveaux noms de la pop anglaise féminine actuelle. Aussi, et cela ne rentrait pas dans cet article car elles ne font pas de la pop, Bat For Lashes et Katie Melua sont deux chanteuses anglaises géniales également. Je vous conseille les titres res- pectifs Laura et The Flood. A plus dans le bus ! 24 La best. (NDLR)
  • 47. 47 CRWTH . Keith Relf, chanteur du groupe The Yardbirds, est mort électrocuté alors qu'il jouait de la guitare électrique, l'amplificateur auquel sa guitare était branchée n'ayant pas été mis à la terre. Une mort d'autant plus ironique quand on sait que le groupe a eu successivement des guitaristes de légende : Eric Clapton, Jeff Beck et Jimmy Page. . En Finlande, un des groupes favoris des enfants est un groupe de heavy metal composé de 4 dinosaures et d'un dragon. Hevisaurus est une formation très connue dans le pays qui a écoulé des centaines de milliers d'albums et se produit toujours en costume. . Le titre de la musique de Daft Punk "Harder better faster stronger" s'inspire du générique de la série l'Homme qui valait 3 milliards (racontant les aventures d'un homme bionique), qui contient une partie de cette phrase. Quant au refrain lui- même, c'est un sample de Cola Bottle Baby d'Edwin Birdsong, très facilement reconnaissable. . Le groupe américain de rock KISS est habitué du faire du neuf avec du vieux : il a sorti dans sa carrière davantage de compilations (22) que d'albums studio origi- naux (20) ! Il faut y ajouter 8 albums live qui reprennent également les mêmes chansons. . Billie Jean de Michael Jackson a été la première vidéo d'un artiste noir sur MTV. . La chanson « …Baby one more time » a fait connaitre Britney Spears dans le monde entier en 1998. Ecrite par le suédois Max Martin, elle s’appelait initiale- ment « Hit me baby one more time ». L’auteur a utilisé « hit me » qui veut dire dans le jargon « appelle-moi » et non « frappe-moi ». Les responsables de la mai- son de production de Britney Spears, Jive Records, ont quand-même changé le nom de la chanson car ils ne voulaient pas donner l’impression de promouvoir la violence conjugale. Cette chanson raconte l’histoire d’une jeune fille qui regrette d’avoir mis fin à sa relation avec son petit ami. Elle souhaite se réconcilier avec lui et elle désire qu’il la recontacte. De nombreux artistes ont repris cette chanson comme Blink 182, Evanescence, The Offspring, Julien Doré. . La chanson d’Eminem « Lose Yourself » a remporté l’oscar de la meilleure bande son pour le film 8 Mile en 2002. C’est l’un des prix décernés chaque année à des personnes travaillant dans l’industrie du film par l’Academy of Motion Pictures
  • 48. 48 Arts and Sciences (AMPAS). Les interprètes de la chanson ne peuvent pas rem- porter l’Oscar à moins qu’ils aient contribué soit à la musique soit aux paroles. En 2002, alors qu’une chanson de rap n’avait jamais remporté ce prix, « Lose Yourself » créé la surprise en battant d’autres candidats comme U2 (« The Hands That Built America », bande son de Gangs of New York, qui est excellente BTW). Eminem n’a pas assisté à la cérémonie de remise des prix car il croyait qu’il ne gagnerait pas. Il a déclaré dans une interview pour Shade 45 Behind The Boards: « J’étais en fait en train de dormir avec ma fille devant des dessins animés au moment où le prix a été annoncé ». . Star mondiale du rock depuis plus de 40 ans, Bruce Springsteen fait partie des légendes de la musique. Pourtant, ce n’est pas grâce à sa longue et brillante car- rière qu’il est appelé « The Boss ». À la fin des années 60, Bruce se produisait dans les bars de New Jersey avec le groupe E Street Band. Il était chargé de récu- pérer la rémunération du groupe et de la partager. D’où « Le Boss », un surnom qu’il détestait pourtant au début car il n’aimait pas le patronat. . La chanson « Hakuna Matata » vient du swahili. À l’origine, la chanson a été diffusée aux touristes visitant la côte est-africaine afin de les initier à la langue kenyane. Elle a été reprise par le groupe Boney M, lui donnant une renommée mondiale, qui sera elle-même reprise par de nombreux artistes. Au milieu des an- nées 80, l’expression swahili est apparue dans la BD suédoise Bamse où le bébé de l’ours, Brumma, prononce comme premier mot « Hakuna Matata ». Puis la chanson est apparue dans le Roi Lion en 1994. . The Stooges et Iggy Pop : leur plus mémorable concert fut donné au Michigan Palais de Detroit le 9 Février 1974. Ce fut leur dernier show avant leur rupture. Avant le concert, Iggy Pop a donné une interview à la radio dans laquelle il invitait les Scorpions, un gang de motards de Detroit, à un affrontement. En réponse, le gang a assisté au spectacle et bombardé le groupe de verre brisé, de cruches de bière, d’urine, d’œufs, de glace et de pelles. The Stooges ont quand même continué le concert et Iggy a continué à chercher les motards. The Stooges ont joué une version de quarante-cinq minutes de « Louie Louie ». Au cours de la chanson, il a continué à crier et à provoquer verbalement le gang de motard. Un motard a fini par inviter Iggy Pop à le rejoindre, ce qu’il fit, mettant fin au dernier concert des Stooges du XXe siècle. Ce concert a été enregistré et on peut l’écouter sur l’album « Metallic KO » sorti en 1976. C’est le seul album sur lequel on peut entendre des bouteilles de bière qui se brisent contre des cordes de guitare.
  • 49. 49 . Bruce Willis a commencé sa carrière professionnelle par un emploi de gardien de sécurité dans une centrale nucléaire puis barman avant de percer dans la chan- son ! Il a sorti son premier album en 1987, intitulé « The return of Bruno », des reprises d’anciens succès de la chanson. Des invités apparaissent sur l’album comme les Temptations et les Pointer Sisters. « Respect Yourself » a été le pre- mier single sorti et il a été classé n°5 du top aux Etats-Unis en 1987, soit sept rang au-dessus de l’original écrit et chanté par les Staple Singers. . Le camp de Guantanamo est un centre de détention militaire des Etats-unis situé à Cuba. Il est réputé pour ses méthodes de torture envers ses prisonniers. Une d’elle consiste à diffuser de la musique rendant supposément fou. Du métal est diffusé à un volume très fort et pendant de nombreuses heures pour pouvoir interroger des prisonniers plus efficacement. Un sergent de l’armée amé- ricaine explique : « Ces gens n’ont jamais entendu de heavy metal. Ils ne peuvent pas le supporter. Si vous en jouez pendant 24 heures, vos fonctions cérébrales et corporelles com- mencent à dysfonctionner, vos pensées ralentissent et votre volonté est réduite en morceaux. C’est alors que nous pouvons parlons avec eux » C’est ainsi que les prisonniers peuvent entendre AC / DC, Queen ou Eminem à un volume assourdissant et diffusé en boucle pendant une durée inhumaine. Cette musique qui rend fou a rendu certains prisonniers suicidaires. Des musiciens comme Tom Morello de Rage Against the Machine ont depuis refusé que leur musique soit jouée à cette fin cruelle. . Le rappeur américain 50 cent s’est fait un nom dans la musique depuis plus de 10 ans. Grâce à cette notoriété, il est également devenu un célèbre homme d’af- faires, acteur de cinéma, un producteur d’artistes à succès et plus récemment en 2012, un organisateur de combats de boxe. Un nom pas si inconnu que ça pour Curtis Jackson. En effet, il a participé aux Juniors Olympics dans sa jeunesse, dans la catégorie « boxeur amateur ». Une expérience enrichissante qui lui a per- mis de percer dans la musique selon lui. . Le titre de cet article fait référence à un instrument à cordes frottées du XIème siècle, cela ce prononce « croute ». . À la base, la chanson des Rolling Stones est nommée : "Paint It Black". Mais le manager du groupe, Andrew Loog Oldham, décide pour une raison inconnue d’y
  • 50. 50 ajouter une virgule. La présence de cette dernière change le sens du titre et devient alors source de controverse. Le groupe et ses membres sont alors traités de racistes par quelques activistes noirs américains qui interprètent le titre en « Paint It, Black ». Lors de la sortie d’« Aftermath » aux USA, la virgule est alors retirée de la pochette. . « As the flames rose to her Roman nose And her Walkman started to melt » Depuis le début des années 2000, dès que Morrissey (The smiths) chante cette chanson en concert, il remplace le mot « walkman » par le mot « iPod ». . London Calling : La chanson tient son nom du slogan « This is London Cal- ling… » que la BBC utilisait sur les ondes des pays occupés pendant la Seconde Guerre mondiale. La chanson, très engagée politiquement, fait allusion aux évè- nements néfastes survenus en Angleterre à la fin des 70s comme l'arrivée de Mar- garet Thatcher (« the ice age is coming ») ou les inondations de Londres par la Tamise (« London is drowning »). . Mistral Gagnant : cette chanson ne devait pas figurer sur l’album (éponyme), Renaud pensant qu’elle « était trop personnelle et n’intéresserait pas grand monde ». Après avoir appelé sa femme Dominique depuis le studio d’enregistre- ment pour la lui chanter, elle lui dit : « Si tu ne l’enregistres pas, je te quitte… ». On connait la fin. « Il importe peu de descendre du singe, l’essentiel est de ne pas y remonter » Richard Wagner.
  • 51. 51 À écouter (découvertes de ces dernières semaines) - Bruce Willis – Respect Yourself (1987) - Resident Evil 7 OST – Go Tell Aunt Rhody (2016) - Droit Divin – In God We Trusted (2016) - Serge Gainsbourg – Indifférente - U2 – The Hands That Built America (2002) - Jon Brion – Magnolia (2000) - Jack White – Wayfaring Stranger (2007) - Hooverphonic (with orchestra) – Vinegar & Salt (2012) - Jacques Dutronc – La Fille Du Père Noël (1966) - Dick Annergan – Le Père Ubu - Milt Bucknner – The Beast (1955) - Princess Chelsea - Yulia (2011) - Roland de Lassus – Las ! Me Faut-Il (1560) - Robert Plant & Alison Krauss – Gone Gone Gone (2007) - Slagsmålsklubben - Sponsored by destiny (2009) - Skeeter Davis – The End Of The World (1962)
  • 52. 52 Les Beatles attendant pépères pour traverser la rue et se faire prendre en photo pour un cliché pas du tout iconique. A2L1
  • 53. 53 Horoscope Capricorne Amour : Malgré les 1000 rateaux que vous vous êtes pris aux trois derniers Philundis, persévérez et tenter votre chance ce jeudi. Qui sait, peut-être qu’un chèvre voudra bien de vous... Cancer Vénus vous aide à mener vos idées à bout ! Continuez d’aller en cours comme vous le faites, même si vous venez de passer le niveau 358 de Candy Crush ! Verseau On est à peine à la mi-novembre et vous êtes déjà fauchés. Diminuez les sorties, les Jean-Lou et autres Quick, et économisez ! 1€ = 1 bière ! Lion Il faudrait peut-être penser à arrêter de glander. Même si votre entourage vous aime, décidez-vous à vous bouger, au lieu de mater « Secrets entre voisins » toute la journée. Poisson Les Gémeaux vous affonent ! Vierge Depuis le début du mois, vous avez effectué, en tout et pour tout, cinq marches de la honte. Vraiment ? Vous êtes sérieux ? Ecoutez, prenez-vous un kot. Bélier Vu que vous n’avez pas encore mis un pied en bibli cette année, vous avez perdu votre carte d’accès. C’est pas très malin. Ménagez votre humeur, ce n’est pas la faute de votre prochain. Balance Arrêtez d’hésiter, et foncez ! Même si vous êtes de nature indécise, il faudrait un jour décider quoi faire de votre avenir, même si vous êtes en Fial. Taureau Votre situation astrale est au plus bas. En pleine dépression, vous auriez rêvé de naître à un autre moment que pendant le pré-blocus. Scorpion Jupiter étant dans son troisième cadran, vous bénéficierai d’une chance inouïe aux jeux ! Lancez-vous dans le poker, vous ne le regretterez pas ! Gémeaux Vous êtes au top. Comme DAB. Sagittaire Même si vous vous trouvez moche, ne désespérez pas. Il y aura toujours une occasion de briller, de trouver l’âme sœur. Vous êtes un champion !
  • 54. 54 Jeux SUDOKUS Niveau : POG -1 Niveau : Adelin (POG) Niveau : MM (KOG) Niveau : KOG +1
  • 56. 56 COLORIAGES (pour les grands enfants que vous êtes)
  • 57. 57 Kikadikois Emi : En cet instant précis, je me dis que mes deux bosses sont trop hautes, je suis née du mauvais sexe. Arthur à Emi : Tu as des poêles ? Emi : Pardon ?? Arthur : Non non, je te demande pas si tu t'épiles le maillot. PY : On en a marre de courir dans le garage pour chercher les bombes de la Clash ! Lorella : Ah bon, t'arrives à courir dans le garage toi ? A2L1 : Ça fait un an que j'ai plus couché et mon pénis se porte très bien. PO : Ah non, ça c'est pas possible ! Guillaume à Pépito : Quand il sera passé 23h, ce sera Pépitard et plus Pépito ! Pauline, en voyant Lucas et Veggie s'embrasser goulument : Je croyais qu'elle aimait pas la viande ! Pouet : Moi j'aime bien les moches parfois, parce qu'au moins t'es seule sur eux. Mr le Doyen, répondant à une publication sur Facebook : "La bise au chat", en voilà une bonne idée pour le PPT de fin d'année ! Courcelles : Yannick, c'est vrai qu'en ton temps l'a-fond liégeois était en noir et blanc ? Lynne : Elle se tape tous les cas désespérés du Philo… Pouet : En même temps si elle en est elle-même un… Ivan : Askip, il y a la meilleure amie de la meilleure amie de Laulau qui habite dans cette rue-là ! Laulau : Mais non t'es con ! La meilleure amie de ma meilleure amie c'est moi ! PY (en parlant d'une partie de Beer Pong) : Y aura-t-il une fin ? PO : Ça dépend, on en parle de Lynne et toi ?
  • 58. 58 PO (en parlant d'une tétine) : Avant tu prenais autre chose à têter ! Lynne : Oui mais je ne te connaissais pas encore ! Guillaume, en réunion écriture (après des propositions nulles) : Bah pour fi- nir, on va dire que tu peux faire le ficus ! MM : Je connais pas cette position-là tiens ! Ludo et Loïc, en grande conversation : C'est vrai que l'Europe a une position assez radicale vis-à-vis des attentats… Alexe (qui débarque) : Bon les gars, ok pour les attentats, mais vous avez vu ma nouvelle photo de couverture ?? Guillaume : En fait, Ivan, on pourrait le qualifier selon ses humeurs : Ivandubon- heur… Pauline : S'il est triste, Ivandespleurs… Ivan : Ivanfermerleursgueules, oui ?! La langue de ton professeur, assis- tant, ami, copain, pote, connaissance, chat a fourché ? Envoie-nous tes kikadikois à l’adresse suivante : elogedelafolie.fial@gmail.com