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Item n° 203 : Fièvre aiguë chez l’enfant et chez l’adulte
       OBJECTIFS TERMINAUX

I. Diagnostiquer une fièvre aiguë chez l’enfant et chez l’adulte.
II. Identifier les situations d’urgence et planifier leur prise en charge.
III. Identifier les critères de gravité d’un syndrome infectieux.


       INTRODUCTION

Définition
La fièvre se définit comme une élévation de la température centrale, dépassant 37,5 °C le matin et 37,8 °C le soir.
La mesure de la température doit être effectuée à distance des repas et après 20 minutes de repos.
Les valeurs obtenues par voie axillaire ou buccale sont à majorer de 0,4 à 0,6 °C pour apprécier la température centrale, en principe fournie par la
température tympanique.
On parle habituellement de fièvre aiguë récente si elle existe depuis moins de 5 jours.
Physiopathologie
La fièvre est liée à un dérèglement hypothalamique sous l’effet de facteurs pyrogènes constitués par les agents infectieux notamment bactériens et
leurs exotoxines (bactéries à Gram +) ou les endotoxines (lipopolysaccharides des bactéries à Gram -). Ces pyrogènes interagissent avec des cytokines
pro-inflammatoires : interleukine 1 surtout, IL-6, IL-11 mais aussi le TNF et les interférons.
La fièvre n’est pas synonyme d’infection, même si en pratique c’est le diagnostic le plus souvent retenu. On rencontre des fièvres métaboliques, inflam-
matoires ou médicamenteuses.
La fièvre, indépendamment de son étiologie, est potentiellement grave pouvant se compliquer :
ƒƒ le nourrisson et l’enfant de moins de 4 ans : de déshydratation et/ou convulsions. Chez le nourrisson, toute perte de poids supérieure ou égale à
  c
   hez
  10 % du poids impose l’hospitalisation.
ƒƒ le sujet âgé : de déshydratation et/ou troubles du comportement.
  chez
Certaines circonstances ou terrains particuliers (femme enceinte, immunodéprimé notamment neutropénique, opéré récent, nourrisson, sujet âgé,
retour de pays tropical) justifient des recherches étiologiques particulières.



  I    ABORD DIAGNOSTIQUE D’UNE FIèVRE AIGUË

1. Fièvre aiguë, situation potentiellement grave pouvant justifier une hospitalisation d’urgence
1-1. En raison de signes cliniques de gravité
ƒƒypotension artérielle (TA systolique  90 mmHg), hypoxémie et acidose métabolique avec une polypnée  24/min, oligurie ( 0,5 ml/kg/h) et troubles
  H
  
  de la vigilance (encéphalopathie).
ƒƒSignes neurologiques : syndrome méningé, troubles de la conscience pouvant aller jusqu’au coma, crise convulsive, déficit neurologique.
Dans ces deux cas, on recherchera un séjour récent dans un pays d’endémie palustre.
ƒƒPurpura fulminans.
ƒƒDermohypodermite nécrosante, gangrène gazeuse.
ƒƒColique néphrétique fébrile (pyélonéphrite sur obstacle).
ƒƒSyndrome péritonéal fébrile.
1-2. En raison d’un terrain particulier faisant redouter des complications
ƒƒ extrêmes de la vie : nouveau-né et nourrisson mais aussi personne âgée isolée : risque de déshydratation, de confusion.
  Âges
ƒƒI
   mmunodéprimé : neutropénie, corticothérapie au long cours, transplanté, diabétique, splénectomisé, VIH mal contrôlé, porteur de matériel
  prothétique.
ƒƒPathologie chronique susceptible d’être décompensée par l’infection : insuffisance cardiaque, respiratoire, rénale ou hépatique préexistante.
2. Éléments cliniques d’orientation diagnostique
2-1. Anamnèse du patient fébrile
ƒƒ contexte : âge, profession, mode de vie, comorbidités, état vaccinal, exposition à un risque (tropical, animal, contage ou autres malades dans
  L
  e
  l’entourage), antécédents médicaux et chirurgicaux, traitements suivis et récemment introduits, séjours à l’étranger.
ƒƒCaractéristiques de la fièvre et symptômes associés :
   -- mode de début (niveau, évolution, sueurs, myalgies, courbatures, céphalées, arthralgies), retentissement sur l’état général, symptômes ou signes
   d’atteinte d’un ou plusieurs organes.
                                                              Pilly - Préparation ECN - Item 203 - ©CMIT

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Item 203

2-2. Examen clinique
ƒƒPréciser l’état de la totalité du revêtement cutané, des muqueuses buccales et génitales, des dents et de la sphère ORL (tympans).
ƒƒRechercher une hépatosplénomégalie, des adénopathies.
ƒƒExaminer tous les appareils : auscultation cardiopulmonaire, abdomen, système nerveux, système uro-génital.
3. Examens complémentaires
Certaines circonstances vont justifier la réalisation d’examens à visée diagnostique.
3-1. Examens liés à une situation urgente
ƒƒSyndrome méningé (méningite) ou coma fébrile : ponction lombaire et/ou examens neuroradiologiques
ƒƒPurpura fulminans : ponction lombaire, hémocultures (qui ne doivent cependant pas retarder le traitement antibiotique).
ƒƒSuspicion de paludisme : frottis sanguin, goutte épaisse.
ƒƒDermohypodermite nécrosante, gangrène gazeuse : hémocultures, prélèvements locaux.
ƒƒColique néphrétique fébrile (pyélonéphrite sur obstacle) : hémocultures, ECBU, échographie ou scanner.
ƒƒDouleurs abdominales fébriles : échographie ou scanner, avis chirurgical.

 T203-1 : Principales situations d’urgence en pathologie infectieuse et leur traitement
                                          Infections                                                                      Traitements
 Purpura fulminans, état septique grave                                              Ceftriaxone ou céfotaxime
 Paludisme                                                                           Quinine, artéméther-luméfantrine ou atovaquone-proguanil
 Méningite purulente                                                                 Ceftriaxone ou céfotaxime
 Méningo-encéphalite                                                                 Aciclovir et amoxicilline
 Érysipèle                                                                           Pénicilline ou amoxicilline
 Cellulite extensive

3-2. Examens orientés sur un foyer infectieux
Examens bactériologiques nécessaires avant l’antibiothérapie : ECBU, hémocultures, examen du LCR, ponction d’abcès.
3-3. Examens liés à un terrain particulier
ƒƒFemme enceinte : hémocultures, ECBU, avis obstétrical.
ƒƒ porteur d’une valvulopathie ou d’une prothèse valvulaire : hémocultures (Cf. endocardite).
  Sujet
3-4. Examens liés à la persistance de la fièvre
Au-delà de 2 à 5 jours de fièvre (permettant d’écarter la plupart des viroses banales) et sans orientation, on réalisera :
ƒƒhémogramme, CRP, transaminases, ECBU, radiographie thoracique
ƒƒrecherche d’une cause non infectieuse : maladie thromboembolique, hémopathie, maladie inflammatoire.



 II    DéFINITIONS DES éTATS INFECTIEUX (CF. ITEM N° 200)

1. Syndrome de réponse inflammatoire systémique (SRIS)
C’est la réponse inflammatoire systémique à certaines agressions cliniques graves (pas forcément infectieuses).
2. Sepsis
C’est un SRIS associé à une infection documentée cliniquement ou microbiologiquement. La mortalité est estimée à 10-15 %.
3. Syndrome septique grave
Sepsis associé à une altération des fonctions vitales : hypotension (l'hypotension se définit comme une TA systolique  90 mmHg ou une réduction
d'au moins 40 mmHg des chiffres tensionnels habituels en l'absence d'autres causes connues d'hypotension, médicaments hypotenseurs, choc car-
diogénique, hémorragique, hypovolémique), acidose lactique, oligurie, encéphalopathie aiguë, hypoxémie inexpliquée, coagulopathie. La mortalité est
estimée à 20-30 %.
4. Choc septique
Il associe sepsis et hypotension artérielle persistante malgré un remplissage vasculaire adéquat et/ou la nécessité de drogues inotropes ou vasopres-
sives. La mortalité est estimée à 40-50 %.
En présence d’un sepsis grave ou d’un choc septique, l’hospitalisation en unité de réanimation est la règle.



 III IDENTIFIER LES CRITèRES DE GRAVITé D’UN SYNDROME INFECTIEUX
Cf. Item n°200 et Chap. 12, E. PILLY 2012.




                                                               Pilly - Préparation ECN - Item 203 - ©CMIT

                                                                                  204
Item 203


 IV TRAITEMENT D’UNE FIèVRE AIGUË

1. Traitement symptomatique
1-1. Traitement antipyrétique pour une fièvre mal tolérée ou supérieure à 40 °C (38,5 °C chez le nourrisson)
1-1-1. Médicaments antipyrétiques
ƒƒParacétamol sans dépasser 4g/j chez l’adulte et 80 mg/kg/j chez l’enfant.
ƒƒAspirine (non recommandé chez l’enfant, risque de survenue de syndrome de Reye en cas de virose).
1-1-2. Mesures physiques
ƒƒHydratation.
ƒƒBaisse du chauffage, retrait des couvertures.
1-2. Traitement d’une crise convulsive hyperthermique chez le nourrisson et le jeune enfant de 2 à 5 ans : diazépam per os (solution buvable) ou par voie
intra-rectale (solution injectable) à l’aide d’une canule adaptée à la seringue.
2. Antibiothérapie
ƒƒ n’est pas systématique : la majorité des infections, notamment chez le nourrisson et le jeune enfant, est d’origine virale.
 Elle
ƒƒ est impérative en cas de suspicion d’infection bactérienne, d’autant plus urgente que l’état du patient est grave. Elle sera adaptée à l’étiologie
 E
  lle
 suspectée ou documentée.



 V     FIèVRE AIGUË CHEZ LA FEMME ENCEINTE

1. Gravité potentielle
La fièvre élevée peut, en elle-même, être cause d’avortement ou d’accouchement prématuré.
Certaines pathologies infectieuses bénignes pour la mère peuvent avoir un retentissement néfaste pour l’enfant : embryopathie avec malformations
lorsque l’infection survient au premier trimestre, fœtopathie avec atteintes viscérales ou retard de croissance, avortement précoce ou tardif (mort
fœtale), accouchement prématuré, infection néonatale.
La fièvre survenant dans les jours précédant l’accouchement est toujours considérée comme un facteur de risque septique pour le nouveau-né.
2. Limitations de prescriptions pour certains antibiotiques
Antibiotiques autorisés pendant toute la grossesse : pénicillines, céphalosporines, macrolides (sauf clarithromycine), pristinamycine.
3. Principales infections à risque
3-1. Pyélonéphrite aiguë
Elle se rencontre dans 1 à 2 % des grossesses, au cours des 2e et 3e trimestres. Outre le risque de récidive, la complication la plus fréquente est le risque
d’accouchement prématuré. Le traitement repose sur une antibiothérapie initialement parentérale (C3G).
3-2. Chorioamnionite
C’est une infection de la cavité amniotique qui survient dans 1 % des grossesses :
ƒƒ plus souvent après rupture des membranes, rarement par voie hématogène transplacentaire, parfois iatrogène (cerclage, amniocentèse).
   le
La symptomatologie associe fièvre, tachycardie maternelle, utérus douloureux à la palpation et tachycardie fœtale. Biologie : hyperleucocytose avec
CRP élevée. L’échographie montre un oligo-amnios. Le liquide amniotique est fétide et l’amnioculture positive.
Le traitement repose sur l’antibiothérapie par voie générale (pas de tocolyse). La césarienne sera discutée.
3-3. Listériose
La bactériémie est favorisée par la gestation, surtout après le 5e mois. Les risques sont : l’avortement, l’accouchement prématuré et une infection
néonatale grave.
Le tableau clinique est pseudo-viral. Le diagnostic qui doit être systématiquement évoqué se fait sur les hémocultures. Le traitement repose sur
l’amoxicilline.
3-4. Infections responsables d’embryofœtopathie ou de transmission verticale avec infection néonatale : rougeole, rubéole, herpès, varicelle, primo-
infection à CMV, primo-infection VIH, toxoplasmose, syphilis (Cf. Item 20).
4. Conduite à tenir en cas de fièvre en cours de grossesse
4-1. En l’absence de cause infectieuse évidente, la conduite à tenir générale repose sur :
Un examen obstétrical, des prélèvements microbiologiques : ECBU, hémocultures, et selon contexte (sérologies, frottis sanguin), un traitement antipy-
rétique par paracétamol.
4-2. En cas de fièvre isolée ou de syndrome pseudo viral
Suspicion de listériose : débuter une antibiothérapie par amoxicilline et l’adapter secondairement.
4-3. En cas de manifestations urinaires
Suspicion de pyélonéphrite : débuter une antibiothérapie par C3G.
4-4. En cas d’éruption
Suspicion de syphilis, rubéole, varicelle, rougeole.
                                                            Pilly - Préparation ECN - Item 203 - ©CMIT

                                                                               205
Item 203


 T203-1 : Principales causes de fièvre aiguë
        1 - Infections bactériennes                           2 - Infections virales                           3 - Infections parasitaires              4 - Infection fongiques*
 Septicémie (avec ou sans foyer)              Virus respiratoires : Myxovirus influenzae ou             Paludisme : à évoquer devant toute fièvre   Candidose systémique,
 Foyer localisé broncho-pulmonaire            parainfluenzae, VRS, coronavirus (SARS)…                  au retour d’un séjour en zone d’endémie,    cryptococcose (contexte
 ORL, dentaire                                Virus intestinaux : norovirus, calicivirus, West-Nile….   Autres parasitoses plus rares notamment     d’immunodépression)
 abdominal, hépatique, biliaire, digestif,    Arbovirus : dengue, chikungunya, West-Nile…               migrations larvaires de certaines
 urinaire                                     Autres : adénovirus, HSV, VZV, rougeole, oreillons,       helminthoses (bilharziose)
 cutané, sous cutané,                         bocavirus
 avec ou sans bactériémie
* exceptionnelles sauf chez les patients immunodéprimés




                                                                     Pilly - Préparation ECN - Item 203 - ©CMIT

                                                                                          206

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Fievre aigue

  • 1. Item n° 203 : Fièvre aiguë chez l’enfant et chez l’adulte OBJECTIFS TERMINAUX I. Diagnostiquer une fièvre aiguë chez l’enfant et chez l’adulte. II. Identifier les situations d’urgence et planifier leur prise en charge. III. Identifier les critères de gravité d’un syndrome infectieux. INTRODUCTION Définition La fièvre se définit comme une élévation de la température centrale, dépassant 37,5 °C le matin et 37,8 °C le soir. La mesure de la température doit être effectuée à distance des repas et après 20 minutes de repos. Les valeurs obtenues par voie axillaire ou buccale sont à majorer de 0,4 à 0,6 °C pour apprécier la température centrale, en principe fournie par la température tympanique. On parle habituellement de fièvre aiguë récente si elle existe depuis moins de 5 jours. Physiopathologie La fièvre est liée à un dérèglement hypothalamique sous l’effet de facteurs pyrogènes constitués par les agents infectieux notamment bactériens et leurs exotoxines (bactéries à Gram +) ou les endotoxines (lipopolysaccharides des bactéries à Gram -). Ces pyrogènes interagissent avec des cytokines pro-inflammatoires : interleukine 1 surtout, IL-6, IL-11 mais aussi le TNF et les interférons. La fièvre n’est pas synonyme d’infection, même si en pratique c’est le diagnostic le plus souvent retenu. On rencontre des fièvres métaboliques, inflam- matoires ou médicamenteuses. La fièvre, indépendamment de son étiologie, est potentiellement grave pouvant se compliquer : ƒƒ le nourrisson et l’enfant de moins de 4 ans : de déshydratation et/ou convulsions. Chez le nourrisson, toute perte de poids supérieure ou égale à c hez 10 % du poids impose l’hospitalisation. ƒƒ le sujet âgé : de déshydratation et/ou troubles du comportement. chez Certaines circonstances ou terrains particuliers (femme enceinte, immunodéprimé notamment neutropénique, opéré récent, nourrisson, sujet âgé, retour de pays tropical) justifient des recherches étiologiques particulières. I ABORD DIAGNOSTIQUE D’UNE FIèVRE AIGUË 1. Fièvre aiguë, situation potentiellement grave pouvant justifier une hospitalisation d’urgence 1-1. En raison de signes cliniques de gravité ƒƒypotension artérielle (TA systolique 90 mmHg), hypoxémie et acidose métabolique avec une polypnée 24/min, oligurie ( 0,5 ml/kg/h) et troubles H de la vigilance (encéphalopathie). ƒƒSignes neurologiques : syndrome méningé, troubles de la conscience pouvant aller jusqu’au coma, crise convulsive, déficit neurologique. Dans ces deux cas, on recherchera un séjour récent dans un pays d’endémie palustre. ƒƒPurpura fulminans. ƒƒDermohypodermite nécrosante, gangrène gazeuse. ƒƒColique néphrétique fébrile (pyélonéphrite sur obstacle). ƒƒSyndrome péritonéal fébrile. 1-2. En raison d’un terrain particulier faisant redouter des complications ƒƒ extrêmes de la vie : nouveau-né et nourrisson mais aussi personne âgée isolée : risque de déshydratation, de confusion. Âges ƒƒI mmunodéprimé : neutropénie, corticothérapie au long cours, transplanté, diabétique, splénectomisé, VIH mal contrôlé, porteur de matériel prothétique. ƒƒPathologie chronique susceptible d’être décompensée par l’infection : insuffisance cardiaque, respiratoire, rénale ou hépatique préexistante. 2. Éléments cliniques d’orientation diagnostique 2-1. Anamnèse du patient fébrile ƒƒ contexte : âge, profession, mode de vie, comorbidités, état vaccinal, exposition à un risque (tropical, animal, contage ou autres malades dans L e l’entourage), antécédents médicaux et chirurgicaux, traitements suivis et récemment introduits, séjours à l’étranger. ƒƒCaractéristiques de la fièvre et symptômes associés : -- mode de début (niveau, évolution, sueurs, myalgies, courbatures, céphalées, arthralgies), retentissement sur l’état général, symptômes ou signes d’atteinte d’un ou plusieurs organes. Pilly - Préparation ECN - Item 203 - ©CMIT 203
  • 2. Item 203 2-2. Examen clinique ƒƒPréciser l’état de la totalité du revêtement cutané, des muqueuses buccales et génitales, des dents et de la sphère ORL (tympans). ƒƒRechercher une hépatosplénomégalie, des adénopathies. ƒƒExaminer tous les appareils : auscultation cardiopulmonaire, abdomen, système nerveux, système uro-génital. 3. Examens complémentaires Certaines circonstances vont justifier la réalisation d’examens à visée diagnostique. 3-1. Examens liés à une situation urgente ƒƒSyndrome méningé (méningite) ou coma fébrile : ponction lombaire et/ou examens neuroradiologiques ƒƒPurpura fulminans : ponction lombaire, hémocultures (qui ne doivent cependant pas retarder le traitement antibiotique). ƒƒSuspicion de paludisme : frottis sanguin, goutte épaisse. ƒƒDermohypodermite nécrosante, gangrène gazeuse : hémocultures, prélèvements locaux. ƒƒColique néphrétique fébrile (pyélonéphrite sur obstacle) : hémocultures, ECBU, échographie ou scanner. ƒƒDouleurs abdominales fébriles : échographie ou scanner, avis chirurgical. T203-1 : Principales situations d’urgence en pathologie infectieuse et leur traitement Infections Traitements Purpura fulminans, état septique grave Ceftriaxone ou céfotaxime Paludisme Quinine, artéméther-luméfantrine ou atovaquone-proguanil Méningite purulente Ceftriaxone ou céfotaxime Méningo-encéphalite Aciclovir et amoxicilline Érysipèle Pénicilline ou amoxicilline Cellulite extensive 3-2. Examens orientés sur un foyer infectieux Examens bactériologiques nécessaires avant l’antibiothérapie : ECBU, hémocultures, examen du LCR, ponction d’abcès. 3-3. Examens liés à un terrain particulier ƒƒFemme enceinte : hémocultures, ECBU, avis obstétrical. ƒƒ porteur d’une valvulopathie ou d’une prothèse valvulaire : hémocultures (Cf. endocardite). Sujet 3-4. Examens liés à la persistance de la fièvre Au-delà de 2 à 5 jours de fièvre (permettant d’écarter la plupart des viroses banales) et sans orientation, on réalisera : ƒƒhémogramme, CRP, transaminases, ECBU, radiographie thoracique ƒƒrecherche d’une cause non infectieuse : maladie thromboembolique, hémopathie, maladie inflammatoire. II DéFINITIONS DES éTATS INFECTIEUX (CF. ITEM N° 200) 1. Syndrome de réponse inflammatoire systémique (SRIS) C’est la réponse inflammatoire systémique à certaines agressions cliniques graves (pas forcément infectieuses). 2. Sepsis C’est un SRIS associé à une infection documentée cliniquement ou microbiologiquement. La mortalité est estimée à 10-15 %. 3. Syndrome septique grave Sepsis associé à une altération des fonctions vitales : hypotension (l'hypotension se définit comme une TA systolique 90 mmHg ou une réduction d'au moins 40 mmHg des chiffres tensionnels habituels en l'absence d'autres causes connues d'hypotension, médicaments hypotenseurs, choc car- diogénique, hémorragique, hypovolémique), acidose lactique, oligurie, encéphalopathie aiguë, hypoxémie inexpliquée, coagulopathie. La mortalité est estimée à 20-30 %. 4. Choc septique Il associe sepsis et hypotension artérielle persistante malgré un remplissage vasculaire adéquat et/ou la nécessité de drogues inotropes ou vasopres- sives. La mortalité est estimée à 40-50 %. En présence d’un sepsis grave ou d’un choc septique, l’hospitalisation en unité de réanimation est la règle. III IDENTIFIER LES CRITèRES DE GRAVITé D’UN SYNDROME INFECTIEUX Cf. Item n°200 et Chap. 12, E. PILLY 2012. Pilly - Préparation ECN - Item 203 - ©CMIT 204
  • 3. Item 203 IV TRAITEMENT D’UNE FIèVRE AIGUË 1. Traitement symptomatique 1-1. Traitement antipyrétique pour une fièvre mal tolérée ou supérieure à 40 °C (38,5 °C chez le nourrisson) 1-1-1. Médicaments antipyrétiques ƒƒParacétamol sans dépasser 4g/j chez l’adulte et 80 mg/kg/j chez l’enfant. ƒƒAspirine (non recommandé chez l’enfant, risque de survenue de syndrome de Reye en cas de virose). 1-1-2. Mesures physiques ƒƒHydratation. ƒƒBaisse du chauffage, retrait des couvertures. 1-2. Traitement d’une crise convulsive hyperthermique chez le nourrisson et le jeune enfant de 2 à 5 ans : diazépam per os (solution buvable) ou par voie intra-rectale (solution injectable) à l’aide d’une canule adaptée à la seringue. 2. Antibiothérapie ƒƒ n’est pas systématique : la majorité des infections, notamment chez le nourrisson et le jeune enfant, est d’origine virale. Elle ƒƒ est impérative en cas de suspicion d’infection bactérienne, d’autant plus urgente que l’état du patient est grave. Elle sera adaptée à l’étiologie E lle suspectée ou documentée. V FIèVRE AIGUË CHEZ LA FEMME ENCEINTE 1. Gravité potentielle La fièvre élevée peut, en elle-même, être cause d’avortement ou d’accouchement prématuré. Certaines pathologies infectieuses bénignes pour la mère peuvent avoir un retentissement néfaste pour l’enfant : embryopathie avec malformations lorsque l’infection survient au premier trimestre, fœtopathie avec atteintes viscérales ou retard de croissance, avortement précoce ou tardif (mort fœtale), accouchement prématuré, infection néonatale. La fièvre survenant dans les jours précédant l’accouchement est toujours considérée comme un facteur de risque septique pour le nouveau-né. 2. Limitations de prescriptions pour certains antibiotiques Antibiotiques autorisés pendant toute la grossesse : pénicillines, céphalosporines, macrolides (sauf clarithromycine), pristinamycine. 3. Principales infections à risque 3-1. Pyélonéphrite aiguë Elle se rencontre dans 1 à 2 % des grossesses, au cours des 2e et 3e trimestres. Outre le risque de récidive, la complication la plus fréquente est le risque d’accouchement prématuré. Le traitement repose sur une antibiothérapie initialement parentérale (C3G). 3-2. Chorioamnionite C’est une infection de la cavité amniotique qui survient dans 1 % des grossesses : ƒƒ plus souvent après rupture des membranes, rarement par voie hématogène transplacentaire, parfois iatrogène (cerclage, amniocentèse). le La symptomatologie associe fièvre, tachycardie maternelle, utérus douloureux à la palpation et tachycardie fœtale. Biologie : hyperleucocytose avec CRP élevée. L’échographie montre un oligo-amnios. Le liquide amniotique est fétide et l’amnioculture positive. Le traitement repose sur l’antibiothérapie par voie générale (pas de tocolyse). La césarienne sera discutée. 3-3. Listériose La bactériémie est favorisée par la gestation, surtout après le 5e mois. Les risques sont : l’avortement, l’accouchement prématuré et une infection néonatale grave. Le tableau clinique est pseudo-viral. Le diagnostic qui doit être systématiquement évoqué se fait sur les hémocultures. Le traitement repose sur l’amoxicilline. 3-4. Infections responsables d’embryofœtopathie ou de transmission verticale avec infection néonatale : rougeole, rubéole, herpès, varicelle, primo- infection à CMV, primo-infection VIH, toxoplasmose, syphilis (Cf. Item 20). 4. Conduite à tenir en cas de fièvre en cours de grossesse 4-1. En l’absence de cause infectieuse évidente, la conduite à tenir générale repose sur : Un examen obstétrical, des prélèvements microbiologiques : ECBU, hémocultures, et selon contexte (sérologies, frottis sanguin), un traitement antipy- rétique par paracétamol. 4-2. En cas de fièvre isolée ou de syndrome pseudo viral Suspicion de listériose : débuter une antibiothérapie par amoxicilline et l’adapter secondairement. 4-3. En cas de manifestations urinaires Suspicion de pyélonéphrite : débuter une antibiothérapie par C3G. 4-4. En cas d’éruption Suspicion de syphilis, rubéole, varicelle, rougeole. Pilly - Préparation ECN - Item 203 - ©CMIT 205
  • 4. Item 203 T203-1 : Principales causes de fièvre aiguë 1 - Infections bactériennes 2 - Infections virales 3 - Infections parasitaires 4 - Infection fongiques* Septicémie (avec ou sans foyer) Virus respiratoires : Myxovirus influenzae ou Paludisme : à évoquer devant toute fièvre Candidose systémique, Foyer localisé broncho-pulmonaire parainfluenzae, VRS, coronavirus (SARS)… au retour d’un séjour en zone d’endémie, cryptococcose (contexte ORL, dentaire Virus intestinaux : norovirus, calicivirus, West-Nile…. Autres parasitoses plus rares notamment d’immunodépression) abdominal, hépatique, biliaire, digestif, Arbovirus : dengue, chikungunya, West-Nile… migrations larvaires de certaines urinaire Autres : adénovirus, HSV, VZV, rougeole, oreillons, helminthoses (bilharziose) cutané, sous cutané, bocavirus avec ou sans bactériémie * exceptionnelles sauf chez les patients immunodéprimés Pilly - Préparation ECN - Item 203 - ©CMIT 206