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Géopolitique des USA
Les intérêts stratégiques
de
la puissance américaine
en 2009
Olivier Perbet
I. Caractères généraux et facteurs de la puissance américaine dans le monde
A. Hard power
Les États-Unis ont aujourd’hui une influence économique, militaire, diplomatique et
culturelle considérable au niveau mondial. Ils occupent donc incontestablement la place de
1re puissance mondiale.
1. Une hyper puissance économique
Les États-Unis sont une puissance économique complète (contrairement au Japon), car leurs
activités sont très importantes et très diverses. Il n’y a aucun secteur économique majeur dont
ils soient absents.
a. L’agriculture
En utilisant ses atouts naturels (relief, sols, climat) l’agriculture américaine bénéfice de
conditions favorables. L’agriculture américaine est organisée de façon très moderne, qui
permet d’obtenir des résultats performants : très grandes exploitations, mécanisation très
poussée, utilisation massive d’engrais et de produits chimiques, liens étroits avec l’industrie
Les États-Unis sont donc une grande puissance agricole. 1er rang mondial pour maïs, soja,
lait, viande ; aéronautique (ex. : Boeing), chimie, informatique (ex. : Microsoft). 1er PIB
mondial (loin devant le Japon) en excluant l’Union européenne dans son ensemble.
b. Industrie
Les États-Unis sont la 1re puissance industrielle du monde. Ils produisent des biens
manufacturés de toute nature. Leurs principaux points forts sont l’industrie lourde (chimie,
métallurgie…), les industries de pointe (électronique, informatique, aéronautique, aérospatial,
biotechnologies…), l’automobile (Ford). Ils exportent une part importante de leur production.
Ils détiennent aussi de grandes ressources énergétiques telles que le charbon (1 e rang), gaz
naturel (5 e rang), pétrole (13 e rang)….
Les états Unis se donnent les moyens conventionnels et nucléaires d’agir contre un Etat situé
sur n’importe quel point de la planète. .Ce sont les seuls qui peuvent posséder une force de
frappe conventionnelle intercontinentale
c. Economie dominée par le tertiaire
Comme dans tous les pays développés, le secteur tertiaire emploie plus des 2/3 de la
population active. Parmi les principales activités tertiaires, on trouve :
– Le secteur financier, qui contribue à la puissance américaine : bourses (Wall Street),
banques puissantes et nombreuses, assurances (ex. : American Express)...
– Les transports, vitaux pour l’économie américaine. Puissants et très bien organisés, ils
permettent d’acheminer les produits américains à travers le territoire et de les exporter. Ils
facilitent également la circulation des hommes, très intense aux États-Unis.
d. Financière et commerciale
La puissance financière américaine est considérable. Elle s’exprime à travers le rôle du dollar,
monnaie dominant le système monétaire mondial et servant à la plupart des échanges
commerciaux. Les entreprises américaines sont également à l’origine de très importants
investissements à l’étranger (firmes multinationales). La bourse de N-Y (Wall Street) est la
1ère du monde (49% des transactions boursières mondiales). La bourse de Chicago est la 1ère
du monde pour les marchés de matières 1ères et fixe les cours mondiaux.
Les E-U 1ers également concernant les IDE. Ces importants échanges de capitaux confèrent aux
Etats-Unis un rôle de partenaire mondial.
Les États-Unis sont la première puissance commerciale du monde. Ils commercent avec la
plupart des pays du monde, et en particulier les autres pôles de la Triade (Union européenne et
Japon). Ils ont également renforcé leurs liens avec le Canada et le Mexique en favorisant les
échanges économiques dans le cadre de l’ALENA. Les produits américains sont connus et
appréciés dans le monde entier. Cependant, cette puissance est incomplète car les États-Unis
importent plus de produits qu’ils n’en exportent : leur balance commerciale est donc
déficitaire.
Les marques de ces succès sont nombreuses : prospérité du pays, forte croissance économique
et faible taux de chômage (4 %). Cependant, il ne faut pas oublier qu’une partie importante de
la population n’a qu’un travail précaire (les « petits boulots ») ou vit dans la pauvreté.
2. L’hyper puissance diplomatique
La situation de superpuissance diplomatique et économique n’a cessé de s’affirmer depuis
1945, au moment où les États-Unis sortent grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale.
Durant la Guerre Froide, ils sont l’un des deux super-Grands, avec l’URSS. Ils organisent le
monde occidental (Canada, Europe de l’ouest, Japon), en y diffusant leur modèle.
Parallèlement, ils étendent leur domination planétaire dans tous les domaines.
L’après-guerre froid laisse les Etats unis en position d’hyperpuissance. Cette domination
s’exerce surtout sur l’Europe. Après avoir lancé l’OECE ‘Organisation économique de
coopération européenne) en 1948 pour se distribuer l’aide du Plan Marshall, les Etats Unis ont
démontré qu’ils contrôlaient l’Union Européenne en 2003. Seules la France et l’Allemagne
appuyées par la Russie se sont opposées au projet américain d’invasion de l’Irak.
3. L’hyper puissance militaire
– Depuis l’éclatement de l’URSS en 1991, les États-Unis sont considérés comme les
vainqueurs de la Guerre Froide et demeurent la seule superpuissance. Leur volonté de diriger
les affaires du monde s’est affirmée, notamment par des interventions armées (contre l’Irak en
1991).
– Les États-Unis interviennent ainsi dans de nombreux conflits dans le monde, dès que leurs
intérêts sont en jeu. Ils financent ainsi de nombreux mouvements armés à l’étranger, vendent
des armes dans le monde entier, imposent des interdictions de commercer avec des pays
ennemis (Cuba, Iran) ou bien interviennent directement dans les affaires d’un pays (action
humanitaire en Somalie en 1994).
– Les dépenses militaires sont très élevées. Le secteur industriel, voué à l’armement, est très
étoffé, l’armée américaine est puissante et nombreuse.
– Les États-Unis assoient également leur domination planétaire par le biais de nombreuses
bases militaires disséminées dans le monde.
– Ils adhèrent enfin à de nombreux organismes internationaux (ONU, OTAN…), où leur point
de vue est souvent prédominant et décisif. Ils participent ainsi activement à de multiples
réseaux d’alliances économiques ou militaires.
UNE DOMINATION MULTIFORME SUR LE MONDE :
- LA DOMINATION ECONOMIQUE DE LA PREMIERE PUISSANCE
ECONOMIQUE MONDIALE
Centres d'impulsion : innovation technologique, sièges de firmes multinationales, places
boursières de premier plan
Principaux foyers d'implantation des firmes multinationales américaines
Principaux échanges commerciaux et investissements directs à l'étranger
- LA DOMINATION POLITICO-MILITAIRE D'UNE HYPERPUISSANCE
Washington, un centre décisionnel planétaire
Bases militaires
Flottes maritimes permanentes
Interventions militaires multiples depuis la fin de la Guerre froide
-LA DOMINATION CULTURELLE D'UN PAYS-MONDE
Diffusion de la culture américaine ou American way of life
LES ASSOCIATIONS ECONOMIQUES REGIONALES
Pays membres de l'ALENA
Future ZLEA
Pays membres de l'APEC
UNE POLITIQUE D'ALLIANCE MILITAIRE QUI FAVORISE LE DEPLOIEMENT
PLANETAIRE DE LEURS FORCES
Pays membres de l'OTAN, principale alliance militaire depuis la fin de la Guerre froide
- LES LIMITES DE CETTE DOMINATION AMERICAINE SUR LE MONDE
A - AU NIVEAU ECONOMIQUE
Des concurrents de plus en plus dangereux
Importations qui creusent le déficit commercial
B - AU NIVEAU POLITIQUE ET CULTUREL
Foyers de terrorisme ou Etats voyous qui rejettent violemment l'hégémonie américaine
Associations régionales qui résistent à l'influence des Etats-Unis
Même si les Etats-Unis ne parviennent pas à constituer un centre stabilisateur de la
géopolitique mondiale car ils sont pris en permanence entre la défense de leurs intérêts et les
intérêts mondiaux; il n’en reste pas moins un acteur prépondérant et omniprésent en raison de
son Soft power et de son Hard power.
Il convient alors de définir et de présenter ces notions qui constituent 2 piliers permettant de
mettre en place les intérêts stratégiques des Etats-Unis.
B. Le Soft power
C’est Joseph Nye qui formule pour la première fois le concept de Soft power en 1991
dans un livre au titre significatif -Bound to lead-. Le principe est simple, il s’agit d’amener le
reste du monde à partager le point de vue des Etats-Unis sans recourir à des moyens
coercitifs par un savant dosage de l’attraction (image des USA et de sa culture), de la
persuasion (par la conversion à ses valeurs politiques) et enfin d’une action diplomatique ou à
rechercher de la légitimité et du soutien des autres.
Le Soft power justifie bien la notion d’hyper puissance des Etats-Unis qui dispose des
plus grands réseaux médiatiques comme NBC, CBS, ABC, CNN mais aussi de l’industrie du
cinéma avec des films américains qui ne représentent que 6% de la production mondiale mais
qui occupent 50% du temps de projection. On assiste à une véritable socialisation par l’image
qui se manifeste à la fois par la mise en valeur de l’armée américaine avec ses armes
sophistiquées et par une réécriture de l’histoire. Tout ceci contribue à accentuer la perception
selon laquelle les militaires américains sont des vainqueurs. Le Soft power est une des clés de
la puissance américaine.
1. Un Soft power efficace pendant la guerre froide.
Ce qu’il faut savoir, c’est que les intérêts des USA pour les PECO (pays d’Europe centrale et
orientale) remontent au moins au début de la guerre froide. En effet, dans la fin des années
1940, les américains ont mis en place des outils afin de gagner le combat idéologique contre
l’union soviétique. Ainsi, les universités américaines ainsi que des radios comme Radio Free
Europe ou Voice Of America ont permis de promouvoir le modèle américain dans les pays
placés sous le joug communiste. Ceci explique donc l’attachement de la plupart des PECO
aux Etats-Unis qui a été facilité par le travail des médias et des universités américaines.
2. Le “Yes, we can! “du soft power étatsunien
Encore une fois, les Etats-Unis nous montrent qu’ils écrivent eux même leur histoire. Si les
Etats-Unis étaient prêt pour un président Noir, c’est uniquement parce qu’ils étaient déjà en
train de préparer l’évènement via la télévision. Que ce soit Morgan Freeman dans le rôle du
président des Etats-Unis ou Dennis Haysbert dans la série 24 Heures chrono, le point commun
est que les deux acteurs sont noirs. Bien évidemment, l’investiture de Barack Obama va
augmenter considérablement l’influence des Etats-Unis sur l’Afrique Noire.
De manière simple, le Soft power permet de préparer les esprits avant de passer à l’action.
En résumé, on peut dire que le Soft power est une capacité que les américains continueront
d’exploiter avec le Hard power. Toutefois, si les Etats-Unis veulent devenir un centre
stabilisateur de la géopolitique mondiale, il serait peut être plus préférable d’opter pour un
meilleur dosage de Soft power et du Hard power. Il s’agirait alors d’adopter une nouvelle
diplomatie américaine qu’Hillary Clinton a qualifié de « Smart power ».
II Typologie des intérêts américains dans le monde
A. Intérêts primaires
1. Le Proche et Moyen-Orient
Le Moyen-Orient est une région géostratégique unique au monde, qui a pour caractéristique
d’être confrontée à une mosaïque d’intérêts locaux s’affrontant à des intérêts régionaux et
internationaux.
Divers dossiers concernant cette région préoccupent les services de sécurité nationale
américains dont la problématique majeure du pétrole, la question de l’Iran, mais également le
dossier israélo-palestinien ou encore l’Irak depuis 1990.
Avant d’aborder les intérêts américains en rapport avec chacune de ses questions, définissons
le Moyen.
▪ Définition du Moyen-Orient
Les limites du Moyen-Orient ont varié avec le temps et selon les spécialistes. Selon les
Britanniques le Moyen-Orient se situerait entre l’empire des Indes et le Proche-Orient. Quant
aux Américains, le Moyen-Orient s’étendrait de la Mauritanie au Pakistan. Pour les
Européens cette région se définirait par un arc de cercle étiré de la vallée du Nil aux plateaux
irano-afghans et des côtes sud de la mer Noire jusqu'aux rivages de l'océan Indien. Le Proche
et Moyen-Orient comprend ici les pays situés entre la Méditerranée et l’Indus.
Encyclopédie Universalis
Le Moyen-Orient est une une région désertique où l’on observe de faibles densités de
population excepté le long des grands fleuves (Indus, Tigre et Euphrate) et des montagnes
refuges (Kurdistan).
Il est à noter que l’eau sera un des enjeux majeurs de la région (après le pétrole).
Encyclopédie Universalis
En quelques chiffres, le Moyen-Orient compte 360 millions d’habitants et pas moins de 15
Etats dont un Etat palestinien émergent.
Géographiquement, on retrouve au centre de cette région les pays arabes pétroliers (Irak et
toute la Péninsule Arabique), à l’est, le monde indo-arabien (qui compte les deux tiers des
habitants de la région et à l’ouest le Proche-Orient (ou « Levant », en bordure de la
Méditerranée) qui compte 30 millions d’habitants et qui est un des territoires les + riches au
monde en symboles et donc en conflits (Syrie, Liban, Israël, Palestine).
La carte suivante nous permet d’observer quels sont les alliés aux Etats-Unis ou qui du moins
sont favorables aux intérêts américains, on compte la Grèce, l’Egypte, Israël, l’Arabie
Saoudite, Bahrein, Qatar, les Emirats Arabes Unis, l’Oman et le Pakistan. On observe par
ailleurs pour certains de ces Etats une présence militaire américaine plus ou moins marquée.
La Turquie, l’Erythrée en Afrique, le Koweit, l’Afghanistan, l’Ouzbékistan, l’Azerbaïdjan,
l’Arménie, la Géorgie, jusqu’en Europe orientale avec l’Ukraine, la Roumanie, la Bulgarie
sont pour leur part membres de la coalition américaine avec pour certains un soutien militaire
(notamment en Turquie, Afghanistan, Ouzbékistan et particulièrement au Koweit avec un
centre de commandement).
Cette carte nous permet de clairement identifier la stratégie des Américains, c’es-à-dire
l’encerclement des Etats ennemis, les Etats dits voyous (ou « rogue states »), la Syrie, mais
tout particulièrement l’Iran.
On relèvera la position stratégique de l’Irak et une des justifications de l’invasion en 2003. On
notera aussi la présence de 135 000 hommes en 2005.
▪ Un enjeu majeur pour les Etats-Unis d’Amérique : le pétrole
Depuis le premier gisement découvert en 1908 à Msjed Soleyman, le pétrole et le gaz ont
placé la région au centre des conflits d’intérêts des puissances industrielles.
Les « majors » ont constitué un « Etat dans l’Etat » et favorisé les interventions étrangères et
des guerres.
Il est important de comprendre que les USA sont très dépendants en terme de ressources
énergétiques dont le pétrole mais aussi le gaz.
En effet, une équation très simple nous laisse comprendre la vulnérabilité des USA sur le plan
énergétique : ils représentent 4,6 % de la population mondiale mais consomment plus de 25 %
de l’énergie totale. Bien que troisième plus gros producteur de pétrole et de gaz au monde,
leurs importations restent très élevées : chaque jour, 16 % de leurs approvisionnements en
pétrole et 52 % de gaz sont importés. Selon le rapport Cheney, cette dépendance devrait par
ailleurs s’accroitre par rapport aux importations de pétrole étranger entre 2001 et 2010.
Concrètement, la consommation de 10,4 millions de barils/jour en 2001 passerait à 16,7
millions en 2020.
Le seul moyen d’y parvenir est de persuader les fournisseurs étrangers d’augmenter leur
production et de vendre davantage aux USA. Mais la plupart des pays producteurs n’ont pas
les ressources financières nécessaires au développement de leurs infrastructures pétrolières,
ou répugnent à laisser des clients américains dominer leur production énergétique. Conscient
de cela, le rapport recommande à la Maison Blanche de faire du développement des
importations pétrolières « une priorité de [la] politique commerciale et étrangère ». Afin de
répondre aux besoins du pays, le rapport conseille notamment à l’administration de se
concentrer sur deux objectifs. Le premier consiste à augmenter les importations venant des
pays du golfe, qui détiennent environ les deux tiers des réserves énergétiques mondiales.
Aucune autre région du monde ne pouvant augmenter sa production aussi rapidement, le
rapport recommande de vigoureux efforts diplomatiques destinés à persuader l’Arabie
saoudite et ses voisins de laisser à des entreprises américaines le soin de conduire des travaux
importants de modernisation de leurs infrastructures.
Le second objectif est d’augmenter la « diversité » géographique des importations
américaines, afin de réduire les conséquences économiques des futurs soubresauts d’une
région chroniquement instable.
Mais il est à savoir que les USA ne contrôlent pas pour autant les ressources pétrolières du
golfe arabo-persique. Ils disposent au mieux d’un pouvoir d’influence indirect sur les
politiques pétrolières des pays de la région. Dans un marché mondialisé, intégré
économiquement et techniquement comme l’est le marché du pétrole, la notion d’accès aux
ressources n’a pas vraiment de sens pour les pays importateurs. C’est au marché qu’il faut
« accéder » et non aux ressources. Et les conditions d’accès au marché pétrolier sont les
mêmes pour tous, que votre gouvernement soit une superpuissance ou un nain politique : il
suffit de payer le prix en vigueur.
Ainsi, le véritable intérêt stratégique américain par rapport au pétrole du golfe arabo-persique,
c’est la sécurité des flux vers le marché mondial. Il s’agit que le pétrole accède au marché
mondial (et non pas d’accéder au pétrole du Moyen-Orient).
Concrètement, les Etats-Unis sécurisent militairement les voies d’évacuation, notamment
maritimes, mais aussi, plus ou moins directement, les infrastructures de production et
d’exportation saoudiennes, qui sont et resteront le coeur du système pétrolier mondial. Cet
intérêt n’est pas lié aux volumes de pétrole effectivement exportés vers les Etats-Unis, mais à
la place du pétrole du Golfe dans l’offre pétrolière mondiale.
Depuis le début des années 1980, les Etats-Unis cherchent à promouvoir l’ouverture des pays
producteurs aux investissements privés internationaux en exploration et production.
Ainsi avec 46% des X mondiales de pétrole et 60% des réserves prouvées d’or noir, cette
région est vouée à demeurer longtemps encore un enjeu majeur de la géopolitique mondiale.
▪ L’Irak depuis 1990
Actuellement, l’idée que la guerre en Irak de 2003 était une guerre pour le pétrole est
fréquemment véhiculée dans les médias et dans les esprits.
Or le chercheur Pierre Noël entre autre, rappelle dans un entretien pour Les Cahiers de
l’Orient d’août 2005 qu’il faut distinguer la guerre engagée par les Etats-Unis en 1991
(« Tempête du désert ») qui consistait en le rétablissement de la sécurité des flux pétroliers
vers le marché international, et celle de 2003 (« Liberté pour l’Irak ») qui correspondait à un
idéel des Etats-Unis d’initier une transformation politique régionale. En effet, cette guerre
avait pour objectif avoué d’apporter la démocratie au Moyen-Orient, avec pour porte d’entrée
l’Irak. Ils espéraient créer un séisme démocratique dans la région entière, séisme qui n’a pas
eu lieu.
L’Irak est aujourd’hui en définitive un véritable poids pour les Etats-Unis, et un retrait
progressif des troupes initié par Barack Obama va être mis en œuvre. Cette opération en Irak
peut être doublement qualifié d’échec puisque l’Etat irakien est un lieu de recrutement et de
formation de terroristes. Enfin on notera la forte impopularité des Etats-Unis dans la région,
contre-effet difficile vis-à-vis de l’objectif initial de l’Administration Bush, qui rend leur
action dans la région d’autant plus difficile...
▪ La question de l’Iran ou la « crise nucléaire »
L’Iran, pays au cœur de la région, est actuellement de façon très claire au cœur de la stratégie
américaine.
Deux raisons principales sont à relever.
Tout d’abord, le programme nucléaire de l’Iran effraie tout particulièrement les Etats-Unis.
En effet, outre le nucléaire civil dont dispose déjà l’Iran, ce dernier est soupçonné voire
accusé de vouloir développer parallèlement un programme d’armement nucléaire, ce qui peut
fortement être corroboré par le fait que l’Iran refuse actuellement tout arrêt dans sa démarche
d’enrichissement d’uranium et revendique ainsi clairement son droit de produire des armes de
destruction massive.
L’Iran représente en effet un obstacle majeur pour la stabilité de la région pour cette raison,
mais également parce que leurs représentants politiques refusent d’admettre la légitimité de
l’Etat israélien, et dans ces conditions une guerre à l’encontre de ce dernier serait à craindre.
Par ailleurs, il faut savoir que 20% des approvisionnements en pétrole passent par le détroit
d’Ormuz, or l’Iran occupant un côté complet du golfe Persique a parfaitement la capacité
d’influencer l’approvisionnement mondial en pétrole.
Cette carte illustre bien la situation de l’Iran au cœur de la région.
▪ Le dossier israélo-palestinien
Enfin le conflit entre Israël et la Palestine reste au centre des préoccupations américaines au
Proche-Orient. En effet, ce conflit conditionne les objectifs américains au Moyen-Orient en
général ainsi que la stabilité de la région au sens large. Il est par conséquent d’un intérêt
primordial pour les Etats-Unis de parvenir à trouver un accord rapidement, ce qu’a
particulièrement souligné le rapport Baker-Hamilton du 6 décembre 2006.
Bien que les américains soient considérés particulièrement pro-isréaliens, il est à relever que
plusieurs fois Georges W. Bush s’est déclaré en faveur de la solution de deux Etats distincts.
En conclusion, pétrole, drogue (deuxième richesse exportable ; l’Afghanistan est le 1er
producteur mondial d’opium), islam politique, conflit israélo-palestinien, rivalités ethniques
expliquent que le Moyen-Orient soit devenu l’un des principaux « champs de
bataille »mondiaux, avant même le 11 septembre 2001.
Cette région présente une telle importance géostratégique de plusieurs points de vue dans le
monde que cela justifie une présence militaire internationale et particulièrement américaine
massive afin de protéger les flux pétroliers vers le marché mondial avant tout. C’est ainsi que
l’on comprend tout l’intérêt de la stabilisation de cette région particulièrement difficile.
2. L’Asie Pacifique
Les pays asiatiques connaissent un dynamisme économique exceptionnel et qui, de lustre en
lustre, s'étend à de nouveaux pays. Dans la catégorie la plus dynamique se distinguent le
Japon et les quatre dragons (Corée du Sud, Taïwan, Hong-Kong, Singapour). Derrière eux
viennent les pays de l'ASEAN (Philippines, Malaisie, Indonésie, Thaïlande, Brunéi). Puis
dernier groupe, encore très en retard sur les précédents, la Chine, le Vietnam, le Laos, le
Cambodge, la Mongolie, et Myanmar (nouveau nom de la Birmanie depuis 6 ans). Jetons un
premier coup d'oeil d'ensemble sur cette vaste zone.
▪ Antagonismes et convergences
Au nord de la Mongolie et du fleuve Amour s'étend une vaste région russe très peu peuplée
que la Chine considère comme un territoire qui lui fût arraché. Alors que la Sibérie accuse un
fort déficit démographique, la Mandchourie chinoise, face à elle, compte 180 millions
d'habitants. Ce déséquilibre fait peur aux Russes (Ils parlèrent les premiers du péril jaune).
Actuellement, ce contentieux est en voie d'apaisement.
Entre la Russie et le Japon il existe une méfiance réciproque due à l'Histoire mais aussi une
contestation territoriale. Les Japonais revendiquent, légitimement, les îles Kouriles occupées
par les Russes depuis 1945. Staline expulsa les habitants de ces îles pour les remplacer par des
soviétiques. Le problème est insoluble depuis 50 ans.
Au sud de l'Asie, l'Australie, quasiment vide manifeste un vigoureux hégémonisme régional.
Les Territoires français insupportent les Australiens.
L'Océan Pacifique représente 40% de la surface de la planète. C'est le lieu de flux multiples.
Les émigrants chinois, japonais et coréens le traversent vers les côtes ouest des Etats-Unis et
du Canada constituant là-bas de fortes communautés. Il faut souligner l'importance stratégique
et économique des routes maritimes de la zone Pacifique, notamment les routes qui
conduisent au ressources pétrolières du Golfe persique où s'approvisionnent notamment Japon
et Chine.
Des liens humains et commerciaux se sont tissés dans la région au travers d'associations
comme l'APEC, Asea Pacific Economic Corporation, qui intéresse 18 pays dont les
responsables se réunissent de temps à autre. A l'origine de l'APEC on trouve l'Australie mais
se sont les USA qui l'ont revigorée. Il s'agit d'organiser une zone de libre échange, un marché
préférentiel sur le pourtour du Pacifique, ce qui ne va pas sans confrontation d'intérêts
divergents.
▪ Les Etats-Unis comptent maintenir une présence active en Asie pour garantir que
les rivalités anciennes entre Chine et Japon ne dégénèrent pas à nouveau
Le chef de la Maison blanche avait réaffirmé l'intérêt stratégique de Washington pour la
région qu'il avait semblé négliger, aux yeux de certains observateurs, en annulant une visite au
Japon et à Singapour la semaine prochaine.
Le secrétaire d'Etat américain à la Défense William Cohen a déclaré à des responsables
militaires vietnamiens que la présence de forces américaines en Asie-Pacifique était cruciale
pour la prospérité de la région. S'adressant à l'Académie nationale de la défense du Vietnam
au deuxième jour de sa visite, Cohen a également déclaré que les deux pays avaient tout
intérêt à coopérer. "Aujourd'hui, si l'on prend en compte notre histoire commune, faite de
fierté et de douleur, je suis devant vous pour le compte du département de la Défense des
Etats-Unis pour promouvoir les intérêts de nos deux pays, dans l'espoir que nous puissions
être à nouveau guidés par nos intérêts communs", a déclaré Cohen dans un discours. Cohen
est le premier secrétaire américain à la Défense à se rendre au Vietnam depuis la fin de la
guerre du Vietnam en 1975. Il a ajouté que la promotion d'objectifs communs de sécurité et de
prospérité en Asie se basait sur plusieurs éléments - en particulier, le maintien des forces
américaines déployées dans la région. Washington a quelque 100.000 hommes stationnés en
Asie-Pacifique.
▪ L'importance des alliances
L'autre pièce maîtresse de la stabilité dans la région est constitué des alliances nouées par les
Etats-Unis avec le Japon, la Corée du Sud, l'Australie, la Thaïlande et l'amélioration des
relations militaires avec les Philippines, a-t-il ajouté. "il n'y a pas meilleure illustration de la
stabilisation apportée par la présence militaire américaine que la crise économique de la fin
des années 90, qui aurait pu dégénérer en crise sécuritaire", a déclaré Cohen, faisant référence
à la crise asiatique qui avait démarré en Thaïlande durant l'été 1997. Des éléments
conservateurs de l'armée vietnamienne ne seront pas forcément convaincus. En dépit de la
chaleur dont a fait montre Cohen au cours de sa visite, des suspicions sur les intentions
militaires américaines demeurent. Les médias publics vietnamiens se sont concentrés mardi
sur les déclarations du Premier ministre Phan Van Khai, qui a déclaré à Cohen lundi lors
d'une réunion qu'il espérait que Washington pourrait faire davantage pour contribuer à régler
les problèmes humanitaires provoqués par la guerre du Vietnam. Cohen a ajouté qu'il était
dans l'intérêt des Etats-Unis et de la Chine de bâtir des relations durables et matures,
soulignant que Pékin était indispensable à la paix dans la région. Le patron du Pentagone a
sinon réaffirmé sa gratitude envers le Vietnam, dont il a loué les efforts pour faire avancer la
question des quelque 2.000 prisonniers de guerre américains portés disparus sur le front
(MIA). Quelque 58.000 soldats américains et trois millions de Vietnamiens, militaires et
civils, ont trouvé la mort au cours de la guerre du Vietnam. Washington et Hanoï ont
normalisé leurs relations diplomatiques en 1995. La visite de Cohen du 13 au 15 mars
coïncide avec deux mois d'événements dans le pays pour marquer le 25ème anniversaire de la
fin de la Guerre du Vietnam le 30 avril. Cohen s'envolera dans la journée pour Ho-Chi-Minh-
Ville, l'ex-Saigon. Après Hong-Kong et le Vietnam, Cohen se rendra au Japon et en Corée du
Sud, dans le cadre d'une tournée en Asie. Missiles: Pyongyang, Téhéran et Bagdad pourraient
menacer les USA en 2010.
▪ La méthode japonaise
Le modèle japonais sert de référence à bien des pays de l'extrême Asie. Depuis la haute
antiquité, le Japon est structuré en système étatique. De son côté la Chine a connu une longue
et brillante civilisation avec des innovations techniques remarquables : le lait en poudre, la
boussole, l'imprimerie (bien avant Gutemberg) etc... . Au fil des siècles le Japon sut opérer
des emprunts à cette civilisation chinoise sans perdre sa liberté. Ainsi les Japonais mêlèrent
les idéogrammes chinois et leur propre écriture pour générer une écriture japonais originale.
Au 19è siècle les Japonais firent de même vis à vis des techniques occidentales, se les
appropriant, les adaptant sans avoir peur d'y perdre leur âme. Cette tradition est à l'origine du
Japon moderne. Elle contraste avec celle de la Chine fermée sur elle-même et qui accusera de
ce fait un retard considérable.
A la fin de la seconde guerre mondiale, le Japon mène une stratégie dynamique d'innovations
en empruntant à l'extérieur à nouveau inventions et découvertes américaines et européennes.
Il mène aussi une stratégie agressive de conquête des marchés étrangers. Il garde chez lui ses
industries de haute technologie et abandonne à ses voisins ses industries de bases
technologies. Durant la guerre froide, son système politique et la présence américaine assurant
sa sécurité convenaient aux Japonais. Aujourd'hui ce paysage change et le pays est en pleine
crise de mutation. Il se cherche un avenir. La crise est en effet culturelle, politique et
idenditaire.
▪ Les deux Corées
Depuis des siècles des nomades venant de Sibérie convergeaient vers le sud-est asiatique et se
sont sédentarisés dans la péninsule coréenne. Le Coréen est volontariste, caractéristique qui
s'est répercutée dans le dynamisme économique et politique du pays. La séparation, de facto,
de la Corée du Nord et de la Corée du Sud au 38ème parallèle, correspond à l'avancée des
troupes américaines au sud et soviétiques au nord, en 1945. Les deux Corées s'affrontèrent, en
1950-53 dans une guerre atroce lorsque le nord, encouragé par Staline, voulut s'emparer, par
surprise, du sud. Après le conflit, les deux Corées, revenues à la frontière du 38ème parallèle,
restent face à face, armées jusqu'aux dents. Avant cette guerre, le tiers de la population
coréenne se trouvait au nord, le reste au sud. L'industrie était située au nord et l'agriculture au
sud. Ruinées par la guerre, les deux Corées évoluèrent, économiquement, différemment, le
nord selon un modèle communiste et le sud, sur le modèle japonais. Quarante ans après, la
différence de niveau de vie est de 1 à 10, au bénéfice du sud. La réunification des deux Corées
domine la scène politique.
▪ Les aléas de la réunification
Aujourd'hui, après la guerre froide, la Corée du Nord, isolée diplomatiquement, est une
dictature de type stalinien, agressive à l'égard de l'autre Corée. La politique des Chinois, des
Russes et des Américains est d'amener la Corée du Nord à s'ouvrir graduellement à la Corée
du Sud. La Corée du Nord a consacré ses maigres ressources à se doter d'une arme nucléaire
rudimentaire.
Les Coréens détestent les Japonais, envahisseurs et colonisateurs brutaux. Une époque qui a
laissé des traces profondes dans les relations entre Coréens et Japonais. Aujourd'hui, la Russie
et la Chine ont établi des relations diplomatique, politique et économique avec la Corée du
Sud, tout en apaisant la Corée du Nord. Une opportunité de réunification fut manquée à la fin
de la guerre froide. La Corée du Sud recula devant le coût financier énorme de la
concrétisation de la réunification. Actuellement, le Japon ne tient pas à voir face à lui une
Corée réunifiée dotée de l'arme nucléaire. La Chine non plus. Ni la Russie ni les USA ne
souhaitent vraiment la réunification.
▪ Capitalisme et léninisme en Chine
La Chine, un milliard et 300 millions d'habitants en l'an 2000 ! Déjà rivale économique du
Japon ! Les dirigeants chinois gèrent bien le boom économique du pays. Deng Xiao Ping
s'efface petit à petit. Cette période de passation de pouvoir favorise les successeurs désignés.
Ceux-ci freinent une croissance économique devenue déséquilibrante, car trop accélérée. Ce
freinage délibéré aura un prix en termes de création d'emplois. La pression démographique
contraint pourtant les dirigeants chinois à créer 300 millions d'emplois durant les 10
prochaines années. Ils doutent d'y arriver. La Chine connaît aujourd'hui une inégalité
régionale et sociale croissante, une crise idéologique, une perte des valeurs morales et une
irruption massive de la corruption, de la criminalité.
Un problème de légitimité du pouvoir est posé alors que le pays est en phase de succession
(bien que Deng Xiao Ping vienne d'être élu, à 91 ans, au Présidium de l'Assemblée Populaire
Nationale). Le développement économique bénéficie d'investissements massifs de l'étranger
(100% des investissements de l'ensemble du tiers-monde). La Chine a accompli un bond
économique considérable en conservant un régime politique de dictature léniniste.
L'économie est qualifiée d'économie de marché socialiste, car il existe une partie de l'industrie
de type stalinien qui pose beaucoup de problèmes.
▪ Taïwan sous la menace
Taïwan (21 millions d'habitants), très développée économiquement, assure à ses habitants un
niveau de vie 10 fois supérieur à celui des Chinois du continent. Taïwan est en marche vers la
démocratie. Le 3 décembre 1995 des élections législatives, sous le signe du multipartisme, au
suffrage universel, eurent lieu, dans des conditions libres. Le Kuomintang, parti nationaliste,
obtient de justesse la majorité absolue, à coté des deux autres partis. En mars 1996, c'est
l'élection du Président de la République de la Chine de Taiwan au suffrage universel et direct.
Cette élection pose des problèmes à Pékin, car la Chine continentale considère Taïwan
comme une province chinoise en rébellion. Taïwan veut régler le problème par des
discussions entre les deux Chines, d'égal à égal. Ne pouvant l'admettre, Pékin s'est livré à des
pressions militaires sur Taïwan pour influencer les élections législatives et à des pressions
diplomatiques sur les USA. Des incidents plus graves pourront se produire à l'occasion de
l'élection présidentielle de mars 96 à Taïwan.
▪ Hong-Kong la double inquiétude
Hong-Kong (6 millions d'habitants) reviendra sous la souveraineté de Pékin le 1er juillet
1997. Deux sujets d'inquiétude apparaissent : que deviendra le régime britannique d'Etat de
droit qui convenait à la population ? Hong-Kong gardera-t-elle cette prospérité économique
qui rejaillit sur une partie du sud de la Chine ? Sur la première question, malgré les promesses
de Den Xiao Ping, l'inquiétude demeure. Sur la 2ème question, l'Etat de droit qui fit la
prospérité économique de Hong-Kong, est incompatible avec la logique de dictature léniniste.
Double inquiétude. On peut prévoir une réduction significative du rôle économique de Hong-
Kong.
▪ Conflits en mer de Chine
Le Sud-Est Asiatique ? Il faut entendre par là, la Malaisie, la Thaïlande, l'Indonésie,
Singapour, Brunéi, les Philippines, le Viet-Nam, le Laos, le Cambodge et le Myanmar. Des
pays marqués par la présence de fortes communautés chinoises (la diaspora chinoise compte
24 et 25 millions de personnes dans le Sud-Est Asiatique). Aujourd'hui, ces communautés
chinoises jouent un rôle moteur sur les plans culturel et économique. Elles ont un poids
significatif dans le transfert d'investissements financiers et de technologies vers la Chine. Le
Sud-Est Asiatique contribue au dynamisme économique de la Chine, et pourtant la situation
en Chine méridionale est source de conflit.
La Chine continentale et Taïwan revendiquent en effet la souveraineté, dans cette mer de
Chine, des archipels de Paracel et de Spratly. C'est une affaire politique urgente. Les Chinois
ont expulsé par la force les Vietnamiens des îles Paracel et perpétré des coups de force dans
les îles Spratly. Ces deux archipels sont revendiqués en partie par le Viet-Nam, la Malaisie,
les Philippines et Brunei. La Chine continentale dispose d'un poids militaire prépondérant.
Elle renforce ses dispositifs (Marine, Aviation et Aéro-navale) pour imposer sa volonté dans
cette zone. Cela inquiète fortement les pays de la région qui resserrent leurs liens au sein de
l'ASEAN (le Laos et le Cambodge n'y sont qu'au titre d'observateurs). A l'origine, l'ASEAN
fut une association économique, puis politique et enfin une association de sécurité collective.
Il s'agit d'enserrer la Chine dans des discussions sur la sécurité collective - c'est le forum de
l'ASEAN - en invitant les représentants chinois aux côtés de ceux de Taiwan, du Japon, des
USA et de l'Europe (comme pour prendre à témoin l'opinion internationale). Les pays de
l'ASEAN espèrent faire sentir aux Chinois les appréhensions et les résistances qui montent.
3. L’arc méditerranéen
Définition du bassin méditerranéen :
Aujourd’hui, la Méditerranée est un axe de communication d’une extrême importance avec
les passages que sont le canal de Suez et le détroit de Gibraltar et est une passerelle entre le
« Nord » et le « Sud ».
a. Les intérêts économiques des EU dans la région
▪ Intérêts commerciaux limités
Le Maroc a signé un accord de libre échange avec les Etats-Unis et la Tunisie négocie un
accord similaire dans le cadre d’une initiative de partenariat proposée par Washington.
Le commerce américano-maghrébin se limite pour le moment essentiellement aux
hydrocarbures algériens. Contrairement aux Européens, les Américains ont continué, pendant
la guerre civile algérienne des années 1990, à signer des contrats d'exploration, établissant
même une liaison aérienne directe entre Houston, au Texas, et Hassi-Messaoud, dans le Sud
algérien. Mais ils ne sont pas très intéressés par des investissements dans d'autres secteurs.
L'ouverture économique algérienne avance en effet très lentement. Les entreprises
américaines sont de plus en plus nombreuses à se rendre à la Foire d'Alger, mais la lenteur des
réformes économique et du système bancaire ainsi que les blocages bureaucratiques ne les
incitent pas à aller plus loin.
Au Maroc, les réformes avancent plus vite, mais les lourdeurs administratives empêchent
souvent de concrétiser les promesses de l'ouverture. Signé en 2004, l'accord de libre-échange
américano-marocain devrait accélérer les choses, mais cela prendra du temps. Les entreprises
locales s'inquiètent d'une invasion de produits américains. D'autant qu'elles vont être aussi
confrontées à la concurrence européenne en raison de l'accord de libre-échange avec l'Union
qui doit entrer en vigueur d'ici à 2015.
▪ I
n
t
érêts prégnants en termes d’énergie et de matières premières
Le Maghreb est une zone stratégique d’Afrique du nord dotée de ressources énergétiques, qui
suscitent un intérêt croissant des Etats-Unis. C’est pourquoi ils se montrent soucieux d’y
consolider leur présence, parfois au détriment des relations privilégiées avec l’Europe,
notamment la France. Même si pour le moment, le Maghreb effectue 80% de ses échanges
avec l’UE.
La Libye est, avec l’Algérie, l’un des piliers énergétiques du Maghreb, ces deux pays
disposant de réserves prouvées de pétrole de plus de 5 milliards de tonnes, sans compter les
ressources en gaz (5.000 milliards de m3), l’Algérie étant le 5e producteur et 4e exportateur
mondial de gaz naturel.
b. Les intérêts sécuritaires et géostratégiques des Etats-Unis dans le bassin méditerranéen
▪ Des intérêts sécuritaires majeurs
Pour les Etats-Unis, il s’agit d’une zone stratégique pour le contrôle de ressources et pour la
lutte contre le terrorisme. Au cours des dix dernières années, alors que les inquiétudes
sécuritaires concernant l’Europe centrale ont diminué, Washington s’est intéressé d’une
manière plus active au développement du bassin méditerranéen, surtout après des événements
comme les attaques terroristes du 11 septembre et peu après la guerre en Irak.
Mais contrairement à l’UE et aux Etats leaders du sud de l’Europe, les USA n’ont pas
construit une politique méditerranéenne explicite. La stratégie américaine est plutôt une
combinaison de différentes stratégies. Les intérêts américains dans la région sont présents à 3
niveaux :
▪ Premier enjeu : Les Etats-Unis pdt et juste après la GF : attention concentrée sur
le Nord de la Méditerranée : sujet sécuritaire.
Mais de nouveaux enjeux sont apparus après le 11 septembre : prolifération de missiles,
conséquences de la violence politique et du terrorisme. C’est pourquoi les Etats-Unis vont
opérer un changement radical de stratégie en Méditerranée : leur objectif prioritaire devient en
effet la lutte contre le terrorisme. L’intérêt pour le Maghreb s’accroît alors et la présence
américaine s’accentue dans cette région car ils s’aperçoivent qu’il peut être un terrain propice
pour le terrorisme islamiste comme l’attestent les attentats de Casablanca et de Djerba en
2002. Les Etats-Unis souhaitent donc faire de l’Algérie un état pivot, central pour leur
sécurité, leur objectif étant de ceinturer les Etats du Golfe, et de créer des relais pour
promouvoir les intérêts des Etats-Unis dans le monde et en Méditerranée.
Cf présence militaire sur la carte.
Au cours de ces dernières années, l’importance du cadre européen a quelque peu diminué,
avec l’intérêt des USA concernant sa propre sécurité interne et les intérêts croissants pour le
Proche Orient.
La présence américaine est venu côtoyer celle des Européens dans la région mais seulement
pour garantir sa propre sécurité et ses intérêts croissants au MO. Pas une question de
concurrence selon les EU.
▪ Deuxième enjeu : une porte d’accès
Les USA considère le bassin méditerranéen comme une porte d’accès politique et logistique vers le
Golfe Persique. On a pu le voir lors de la première guerre du Golfe, en 1990-1991 où environ
90% des forces et du matériel envoyés dans la région du Golfe ont transité par la
Méditerranée, que ce soit par mer ou par avion et lors de la seconde guerre contre l’Irak, la
Méditerranée a joué un rôle similaire. La stratégie envers l’Irak et la préoccupation constante
au sujet de l’Iran ont mis en évidence l’importance de la Méditerranée dans la région qui est
appelé le « grand Moyen-Orient », qui va du Maroc au Pakistan. Mais l’expérience de l’Irak a
également prouvé la faiblesse de ce lien logistique avec des partenaires clé, y compris la
Turquie, dont les idées divergent sur la stratégie et sur la politique.
▪ Troisième enjeu : résolution des conflits
La zone sahélienne concentre aujourd’hui l’attention des Occidentaux, à commencer par celle
des Américains, longtemps absents de la région. L’opération « Enduring freedom trans-
Sahara”, lancée en 2005, concerne ainsi les trois pays du Maghreb, le Maroc, l’Algérie et la
Tunisie ainsi que divers pays sahéliens de l’Ouest africain : Mauritanie, Sénégal, Mali, Niger,
Tchad et Nord Nigeria. Impossible de sécuriser les premiers sans s’occuper des seconds. Si
l’administration américaine s’intéresse à cette région, c’est qu’il s’agit, dans la plupart des
cas, de pays aux frontières poreuses, aux administrations frontalières insuffisantes et souvent
corrompues, parfois de pays désireux de déstabiliser un État voisin.
La présence américaine, concrétisée par des accords bilatéraux avec les états du Maghreb et
les pays transsahariens d’Afrique occidentale, vise à contrôler et à combattre les réseaux
terroristes, à entraîner et à former des unités locales aptes à mener la chasse à ces réseaux et,
par ailleurs, à assurer une présence pérenne des forces armées américaines en Afrique.
L’autre dossier brûlant, qui constitue l’un des nœuds géopolitiques décisifs pour l’avenir de la
zone méditerranéenne, concerne de toute évidence, le conflit entre Israël et certains de ses
voisins et plus particulièrement les Palestiniens.
B. Intérêts secondaires
1. L’Europe centrale et orientale
a. Zone stratégique.
Les PECO se trouvent à la charnière géostratégique de l’Europe, des Etats-Unis présents dans
les Balkans et surtout au Moyen Orient et en Asie centrale et de la Russie comme repoussoir.
Le redéploiement américain en Europe centrale et orientale vise donc à rapprocher les troupes
américaines des « arcs d’instabilité », c'est--dire du Moyen Orient, du Caucase et de l’Asie
centrale et aussi des ressources énergétiques et de leurs voies d’acheminement.
Le BTC, c’est le pipeline qui transporte du pétrole de la mer Caspienne (La Caspienne se
classe au troisième rang des réserves mondiales de pétrole) de Azerbaïdjan jusqu’en Turquie
via la Géorgie, plus précisément de Baku (Azerbaïdjan) à Ceylan (Turquie) en passant par
Tbilissi, capitale de la Géorgie.
Les deux pays, USA et Israël, ont des intérêts majeurs dans le pipeline BTC comme voie
d’acheminement alternative pour s’approvisionner en pétrole dans la Caspienne et pour
contourner et contrer l’influence de la Russie en matière énergétique.
On remarque ci-dessus qu’une partie des PECO, à savoir la Roumanie, la Moldavie, la
Bulgarie et l’Ukraine sont des pays proches de la mer noire ce qui pourrait permettre aux
Etats-Unis de contrôler les ressources énergétiques proche de cette mer et de contrecarrer la
puissance russe.
b. Une Europe de plus en plus menaçantes pour les Etats-Unis.
L'Union européenne et les Etats-Unis demeurent alliés puisque la plupart des pays de l'UE
sont membres de l'OTAN. Mais l'effacement du danger soviétique a fait disparaitre le
principal ciment de cette alliance. De plus, l'Europe unie, en s'élargissant et en s'enrichissant,
en est venue à faire concurrence aux Etats-Unis sur le plan économique. Les deux partenaires
s'accusent ainsi mutuellement de protectionnisme. C'est pourquoi Washington est aujourd'hui
moins favorable à la construction européenne qu’à ses débuts. Ceci permet de mieux
comprendre les intérêts stratégiques des Etats-Unis dans les PECO d’autant plus que ces
derniers bénéficient d’une bonne réputation.
c. Assurer la primauté américaine
Dans cette perspective d’assurer la primauté américaine, on peut rappeler les propos de
Donald Rumsfeld qui avait établi une différence entre la « vieille Europe » et la « nouvelle
Europe ». La phrase de Donald Rumsfeld visait l'Allemagne et la France, puissances
traditionnelles du Vieux continent opposés à la guerre en Irak, en les opposant aux pays
d'Europe de l'Est, nouveaux alliés de l'OTAN acquis aux vues de Washington. Ainsi, le
gouvernement américain a réussi à créer une tension qui divise les Etats européens entre
atlantistes et européanistes. Il s’agit donc d’assurer la primauté américaine sur l’ordre
international. Cela s’effectue, d'une part, en repoussant la Russie à l’intérieur de ses
frontières, en cherchant à rallier un maximum d’états voisins et à faire en sorte que leurs
relations avec Moscou deviennent tendues. La Géorgie est un exemple de cette stratégie.
D’autre part, la stratégie de primauté américaine vise à éviter une intégration trop poussée de
l’UE.
2. L’Amérique latine
Les intérêts géostratégiques des Etats Unis en Amérique latine au nom de la défense de leurs
intérêts sur le continent latino-américain n’est pas nouveau. Initialement motivée, pendant la
guerre froide, par la lutte contre les mouvements révolutionnaires alliés de Cuba et de
l’U.R.S.S., l’implication américaine se trouve aujourd’hui motivée par la lutte contre le trafic
de drogue et la lutte antiterroriste. Ainsi, les Etats-Unis disposent aujourd’hui d’un nombre
estimable de bases militaires réparties en différents lieux de l’Amérique latine. Des visées
économiques liées à la présence d’importantes réserves d’eau, de pétrole, de gaz et une
biodiversité d’une valeur inestimables sont inséparables des visées militaires.
La domination économique et militaire sur l’Amérique latine est très importante pour les Etats
Unis parce que le processus croissant de militarisation du continent a pour objectif d’assurer
le contrôle des ressources naturelles et de maintenir la dépendance économique des pays
latino-américains.
Une implication des EU, motivée surtout par des ambitions commerciales, s’est développée
régulièrement avec des tentatives régionales de regroupement, depuis la création de
l’Organisation des États américains (OEA) en 1945 jusqu’à l’Association de libre-échange
nord-américaine (ALENA) en 1994. Aujourd’hui, l’Amérique latine est l’otage de la toute-
puissante économie des Etats-Unis mais, ironie du destin, la crise financière qu’a connue le
Mexique en décembre 1994 a mis en évidence la fragilité des banques des États-Unis. « Ces
dernières ne pouvaient supporter l’effondrement des économies du sous-continent, au vu de
leurs engagements considérables. Le danger encouru est particulièrement grave : la faillite de
tout le système financier international. Plus encore qu’un outil de domination, l’assistance aux
économies de la région est devenue une nécessité vitale pour les États-Unis eux-mêmes »
Après les attentats de New York et de Washington, le 11 septembre 2001, le gouvernement de
Georges Bush a accéléré son escalade militaire dans le monde entier. En Amérique latine, la
stratégie des Etats-Unis implique l’installation de nouvelles bases militaires et le renforcement
des bases déjà existantes, la formation des militaires latino-américains, les ventes d’armes,
l’installation de systèmes de surveillance et d’espionnage et l’appui à de mégaprojets
énergétiques et d’infrastructure pour l’exploitation des ressources naturelles. Cette politique
vise à défendre les intérêts des grandes entreprises et à s’assurer principalement du contrôle
du pétrole, de l’eau et de la biodiversité.
La présence d’installation de radar, Locations de Sécurité Coopératives et le contrôle des flux
de franchissements illégaux de frontières ; l’assurance du trafic commercial ; l’accès aux
ressources naturelles indispensables (hydrocarbures, eau, biodiversité) et le combat contre la
révolte armée. Ceci est lié à la réadéquation de sa stratégie commerciale à travers les traités de
libre commerce (TLC) qui constitue une substitution fragmentée et partiale de la piteuse
négociation de la Zone de Libre Echange des Amériques (ZLEA).
III. De Georges W. Bush à Barack Obama
Au cours de la campagne américaine, on a pu constater un fort engouement dans le monde,
notamment en Europe, pour la présidence d’Obama. Cela est principalement du à son message
d'espoir et de changement, changement notamment de l'administration Bush.
Mais que peut-on réellement attendre d’Obama ? Certains éléments du programme d'Obama
sont assez proches de la conception européenne au niveau de la politique étrangère. Tout
d'abord, Obama veut restaurer la diplomatie, en particulier au Moyen-Orient. Par exemple, il
veut progressivement mettre fin à la guerre en Irak très critiqué et établir des négociations
directes avec l'Iran.
En fait, les dirigeants européens s'attendent à ce que Obama prône le multilatéralisme dans sa
politique étrangère et les consultent plus sur des décisions les concernant tous.
Mais si il était simple de demander plus de multilatéralisme quand l’administration Bush
prenait les décisions de manière unilatérales, il va falloir maintenant que les Etats européens
prouvent qu’ils peuvent intervenir dans un cadre multilatéral.
De plus, les Etats-Unis et l'UE partagent de nombreuses valeurs, mais ils ne partagent pas
toujours les mêmes intérêts
La première tâche du nouveau président Obama sera de restaurer la grandeur des États-Unis,
au moment où le pays face à une crise financière mondiale, deux guerres à l'étranger et une
image très détériorée. Dès lors, Obama fera probablement des questions intérieures sa vraie
priorité, en essayant de stimuler la croissance américaine. Cela peut notamment passer par des
mesures protectionnistes allant à l’encontre de l’économie mondiale.
Autre remarque en faveur de l’immobilisme, le maintien en poste de Robert Gates à la tête du
Pentagone. Il y aura donc sûrement un changement de style dans la gestion de la politique
étrangère, mais pas une réévaluation de la position des USA dans le monde. Le monde
multipolaire cher aux Etats européens n’est donc pas mentionné.
Autre exemple avec l'Afghanistan, où Obama veut renforcer les troupes engagées. Cela passe
inévitablement par une aide européenne, mais pour le moment, ni l’Allemagne, ni le RU ne
semblent très favorables.
Il y a donc beaucoup d'attentes, après l'élection d'Obama, mais il sera difficile de les
atteindre. Les USA ont pour priorité leur propre économie et la crise mondiale passe en
second plan. Sur le long terme, on peut cependant penser qu’il y aura une amélioration dans
le domaine de la politique étrangère, avec plus de diplomatie et multilatéralisme mais le vrai
changement portera peut-être plus sur la forme que sur le fond.

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Géopolitique des USA - Les intérêts stratégiques de la puissance américaine en 2009

  • 1. Géopolitique des USA Les intérêts stratégiques de la puissance américaine en 2009 Olivier Perbet
  • 2. I. Caractères généraux et facteurs de la puissance américaine dans le monde A. Hard power Les États-Unis ont aujourd’hui une influence économique, militaire, diplomatique et culturelle considérable au niveau mondial. Ils occupent donc incontestablement la place de 1re puissance mondiale. 1. Une hyper puissance économique Les États-Unis sont une puissance économique complète (contrairement au Japon), car leurs activités sont très importantes et très diverses. Il n’y a aucun secteur économique majeur dont ils soient absents. a. L’agriculture En utilisant ses atouts naturels (relief, sols, climat) l’agriculture américaine bénéfice de conditions favorables. L’agriculture américaine est organisée de façon très moderne, qui permet d’obtenir des résultats performants : très grandes exploitations, mécanisation très poussée, utilisation massive d’engrais et de produits chimiques, liens étroits avec l’industrie Les États-Unis sont donc une grande puissance agricole. 1er rang mondial pour maïs, soja, lait, viande ; aéronautique (ex. : Boeing), chimie, informatique (ex. : Microsoft). 1er PIB mondial (loin devant le Japon) en excluant l’Union européenne dans son ensemble. b. Industrie Les États-Unis sont la 1re puissance industrielle du monde. Ils produisent des biens manufacturés de toute nature. Leurs principaux points forts sont l’industrie lourde (chimie, métallurgie…), les industries de pointe (électronique, informatique, aéronautique, aérospatial, biotechnologies…), l’automobile (Ford). Ils exportent une part importante de leur production. Ils détiennent aussi de grandes ressources énergétiques telles que le charbon (1 e rang), gaz naturel (5 e rang), pétrole (13 e rang)…. Les états Unis se donnent les moyens conventionnels et nucléaires d’agir contre un Etat situé sur n’importe quel point de la planète. .Ce sont les seuls qui peuvent posséder une force de frappe conventionnelle intercontinentale
  • 3. c. Economie dominée par le tertiaire Comme dans tous les pays développés, le secteur tertiaire emploie plus des 2/3 de la population active. Parmi les principales activités tertiaires, on trouve : – Le secteur financier, qui contribue à la puissance américaine : bourses (Wall Street), banques puissantes et nombreuses, assurances (ex. : American Express)... – Les transports, vitaux pour l’économie américaine. Puissants et très bien organisés, ils permettent d’acheminer les produits américains à travers le territoire et de les exporter. Ils facilitent également la circulation des hommes, très intense aux États-Unis. d. Financière et commerciale La puissance financière américaine est considérable. Elle s’exprime à travers le rôle du dollar, monnaie dominant le système monétaire mondial et servant à la plupart des échanges commerciaux. Les entreprises américaines sont également à l’origine de très importants investissements à l’étranger (firmes multinationales). La bourse de N-Y (Wall Street) est la 1ère du monde (49% des transactions boursières mondiales). La bourse de Chicago est la 1ère du monde pour les marchés de matières 1ères et fixe les cours mondiaux. Les E-U 1ers également concernant les IDE. Ces importants échanges de capitaux confèrent aux Etats-Unis un rôle de partenaire mondial. Les États-Unis sont la première puissance commerciale du monde. Ils commercent avec la plupart des pays du monde, et en particulier les autres pôles de la Triade (Union européenne et Japon). Ils ont également renforcé leurs liens avec le Canada et le Mexique en favorisant les échanges économiques dans le cadre de l’ALENA. Les produits américains sont connus et appréciés dans le monde entier. Cependant, cette puissance est incomplète car les États-Unis importent plus de produits qu’ils n’en exportent : leur balance commerciale est donc déficitaire. Les marques de ces succès sont nombreuses : prospérité du pays, forte croissance économique et faible taux de chômage (4 %). Cependant, il ne faut pas oublier qu’une partie importante de la population n’a qu’un travail précaire (les « petits boulots ») ou vit dans la pauvreté.
  • 4. 2. L’hyper puissance diplomatique La situation de superpuissance diplomatique et économique n’a cessé de s’affirmer depuis 1945, au moment où les États-Unis sortent grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. Durant la Guerre Froide, ils sont l’un des deux super-Grands, avec l’URSS. Ils organisent le monde occidental (Canada, Europe de l’ouest, Japon), en y diffusant leur modèle. Parallèlement, ils étendent leur domination planétaire dans tous les domaines. L’après-guerre froid laisse les Etats unis en position d’hyperpuissance. Cette domination s’exerce surtout sur l’Europe. Après avoir lancé l’OECE ‘Organisation économique de coopération européenne) en 1948 pour se distribuer l’aide du Plan Marshall, les Etats Unis ont démontré qu’ils contrôlaient l’Union Européenne en 2003. Seules la France et l’Allemagne appuyées par la Russie se sont opposées au projet américain d’invasion de l’Irak. 3. L’hyper puissance militaire – Depuis l’éclatement de l’URSS en 1991, les États-Unis sont considérés comme les vainqueurs de la Guerre Froide et demeurent la seule superpuissance. Leur volonté de diriger les affaires du monde s’est affirmée, notamment par des interventions armées (contre l’Irak en 1991). – Les États-Unis interviennent ainsi dans de nombreux conflits dans le monde, dès que leurs intérêts sont en jeu. Ils financent ainsi de nombreux mouvements armés à l’étranger, vendent des armes dans le monde entier, imposent des interdictions de commercer avec des pays ennemis (Cuba, Iran) ou bien interviennent directement dans les affaires d’un pays (action humanitaire en Somalie en 1994). – Les dépenses militaires sont très élevées. Le secteur industriel, voué à l’armement, est très étoffé, l’armée américaine est puissante et nombreuse. – Les États-Unis assoient également leur domination planétaire par le biais de nombreuses bases militaires disséminées dans le monde. – Ils adhèrent enfin à de nombreux organismes internationaux (ONU, OTAN…), où leur point de vue est souvent prédominant et décisif. Ils participent ainsi activement à de multiples
  • 5. réseaux d’alliances économiques ou militaires. UNE DOMINATION MULTIFORME SUR LE MONDE : - LA DOMINATION ECONOMIQUE DE LA PREMIERE PUISSANCE ECONOMIQUE MONDIALE Centres d'impulsion : innovation technologique, sièges de firmes multinationales, places boursières de premier plan Principaux foyers d'implantation des firmes multinationales américaines Principaux échanges commerciaux et investissements directs à l'étranger - LA DOMINATION POLITICO-MILITAIRE D'UNE HYPERPUISSANCE Washington, un centre décisionnel planétaire Bases militaires Flottes maritimes permanentes Interventions militaires multiples depuis la fin de la Guerre froide -LA DOMINATION CULTURELLE D'UN PAYS-MONDE
  • 6. Diffusion de la culture américaine ou American way of life LES ASSOCIATIONS ECONOMIQUES REGIONALES Pays membres de l'ALENA Future ZLEA Pays membres de l'APEC UNE POLITIQUE D'ALLIANCE MILITAIRE QUI FAVORISE LE DEPLOIEMENT PLANETAIRE DE LEURS FORCES Pays membres de l'OTAN, principale alliance militaire depuis la fin de la Guerre froide - LES LIMITES DE CETTE DOMINATION AMERICAINE SUR LE MONDE A - AU NIVEAU ECONOMIQUE Des concurrents de plus en plus dangereux Importations qui creusent le déficit commercial B - AU NIVEAU POLITIQUE ET CULTUREL Foyers de terrorisme ou Etats voyous qui rejettent violemment l'hégémonie américaine Associations régionales qui résistent à l'influence des Etats-Unis Même si les Etats-Unis ne parviennent pas à constituer un centre stabilisateur de la géopolitique mondiale car ils sont pris en permanence entre la défense de leurs intérêts et les intérêts mondiaux; il n’en reste pas moins un acteur prépondérant et omniprésent en raison de son Soft power et de son Hard power. Il convient alors de définir et de présenter ces notions qui constituent 2 piliers permettant de mettre en place les intérêts stratégiques des Etats-Unis.
  • 7. B. Le Soft power C’est Joseph Nye qui formule pour la première fois le concept de Soft power en 1991 dans un livre au titre significatif -Bound to lead-. Le principe est simple, il s’agit d’amener le reste du monde à partager le point de vue des Etats-Unis sans recourir à des moyens coercitifs par un savant dosage de l’attraction (image des USA et de sa culture), de la persuasion (par la conversion à ses valeurs politiques) et enfin d’une action diplomatique ou à rechercher de la légitimité et du soutien des autres. Le Soft power justifie bien la notion d’hyper puissance des Etats-Unis qui dispose des plus grands réseaux médiatiques comme NBC, CBS, ABC, CNN mais aussi de l’industrie du cinéma avec des films américains qui ne représentent que 6% de la production mondiale mais qui occupent 50% du temps de projection. On assiste à une véritable socialisation par l’image qui se manifeste à la fois par la mise en valeur de l’armée américaine avec ses armes sophistiquées et par une réécriture de l’histoire. Tout ceci contribue à accentuer la perception selon laquelle les militaires américains sont des vainqueurs. Le Soft power est une des clés de la puissance américaine. 1. Un Soft power efficace pendant la guerre froide. Ce qu’il faut savoir, c’est que les intérêts des USA pour les PECO (pays d’Europe centrale et orientale) remontent au moins au début de la guerre froide. En effet, dans la fin des années 1940, les américains ont mis en place des outils afin de gagner le combat idéologique contre l’union soviétique. Ainsi, les universités américaines ainsi que des radios comme Radio Free Europe ou Voice Of America ont permis de promouvoir le modèle américain dans les pays placés sous le joug communiste. Ceci explique donc l’attachement de la plupart des PECO aux Etats-Unis qui a été facilité par le travail des médias et des universités américaines. 2. Le “Yes, we can! “du soft power étatsunien Encore une fois, les Etats-Unis nous montrent qu’ils écrivent eux même leur histoire. Si les Etats-Unis étaient prêt pour un président Noir, c’est uniquement parce qu’ils étaient déjà en
  • 8. train de préparer l’évènement via la télévision. Que ce soit Morgan Freeman dans le rôle du président des Etats-Unis ou Dennis Haysbert dans la série 24 Heures chrono, le point commun est que les deux acteurs sont noirs. Bien évidemment, l’investiture de Barack Obama va augmenter considérablement l’influence des Etats-Unis sur l’Afrique Noire. De manière simple, le Soft power permet de préparer les esprits avant de passer à l’action. En résumé, on peut dire que le Soft power est une capacité que les américains continueront d’exploiter avec le Hard power. Toutefois, si les Etats-Unis veulent devenir un centre stabilisateur de la géopolitique mondiale, il serait peut être plus préférable d’opter pour un meilleur dosage de Soft power et du Hard power. Il s’agirait alors d’adopter une nouvelle diplomatie américaine qu’Hillary Clinton a qualifié de « Smart power ».
  • 9. II Typologie des intérêts américains dans le monde A. Intérêts primaires 1. Le Proche et Moyen-Orient Le Moyen-Orient est une région géostratégique unique au monde, qui a pour caractéristique d’être confrontée à une mosaïque d’intérêts locaux s’affrontant à des intérêts régionaux et internationaux. Divers dossiers concernant cette région préoccupent les services de sécurité nationale américains dont la problématique majeure du pétrole, la question de l’Iran, mais également le dossier israélo-palestinien ou encore l’Irak depuis 1990. Avant d’aborder les intérêts américains en rapport avec chacune de ses questions, définissons le Moyen. ▪ Définition du Moyen-Orient Les limites du Moyen-Orient ont varié avec le temps et selon les spécialistes. Selon les Britanniques le Moyen-Orient se situerait entre l’empire des Indes et le Proche-Orient. Quant aux Américains, le Moyen-Orient s’étendrait de la Mauritanie au Pakistan. Pour les Européens cette région se définirait par un arc de cercle étiré de la vallée du Nil aux plateaux irano-afghans et des côtes sud de la mer Noire jusqu'aux rivages de l'océan Indien. Le Proche et Moyen-Orient comprend ici les pays situés entre la Méditerranée et l’Indus. Encyclopédie Universalis Le Moyen-Orient est une une région désertique où l’on observe de faibles densités de population excepté le long des grands fleuves (Indus, Tigre et Euphrate) et des montagnes refuges (Kurdistan). Il est à noter que l’eau sera un des enjeux majeurs de la région (après le pétrole).
  • 10. Encyclopédie Universalis En quelques chiffres, le Moyen-Orient compte 360 millions d’habitants et pas moins de 15 Etats dont un Etat palestinien émergent. Géographiquement, on retrouve au centre de cette région les pays arabes pétroliers (Irak et toute la Péninsule Arabique), à l’est, le monde indo-arabien (qui compte les deux tiers des habitants de la région et à l’ouest le Proche-Orient (ou « Levant », en bordure de la Méditerranée) qui compte 30 millions d’habitants et qui est un des territoires les + riches au monde en symboles et donc en conflits (Syrie, Liban, Israël, Palestine). La carte suivante nous permet d’observer quels sont les alliés aux Etats-Unis ou qui du moins sont favorables aux intérêts américains, on compte la Grèce, l’Egypte, Israël, l’Arabie Saoudite, Bahrein, Qatar, les Emirats Arabes Unis, l’Oman et le Pakistan. On observe par ailleurs pour certains de ces Etats une présence militaire américaine plus ou moins marquée. La Turquie, l’Erythrée en Afrique, le Koweit, l’Afghanistan, l’Ouzbékistan, l’Azerbaïdjan, l’Arménie, la Géorgie, jusqu’en Europe orientale avec l’Ukraine, la Roumanie, la Bulgarie sont pour leur part membres de la coalition américaine avec pour certains un soutien militaire (notamment en Turquie, Afghanistan, Ouzbékistan et particulièrement au Koweit avec un centre de commandement). Cette carte nous permet de clairement identifier la stratégie des Américains, c’es-à-dire l’encerclement des Etats ennemis, les Etats dits voyous (ou « rogue states »), la Syrie, mais tout particulièrement l’Iran. On relèvera la position stratégique de l’Irak et une des justifications de l’invasion en 2003. On notera aussi la présence de 135 000 hommes en 2005. ▪ Un enjeu majeur pour les Etats-Unis d’Amérique : le pétrole Depuis le premier gisement découvert en 1908 à Msjed Soleyman, le pétrole et le gaz ont placé la région au centre des conflits d’intérêts des puissances industrielles. Les « majors » ont constitué un « Etat dans l’Etat » et favorisé les interventions étrangères et des guerres.
  • 11. Il est important de comprendre que les USA sont très dépendants en terme de ressources énergétiques dont le pétrole mais aussi le gaz. En effet, une équation très simple nous laisse comprendre la vulnérabilité des USA sur le plan énergétique : ils représentent 4,6 % de la population mondiale mais consomment plus de 25 % de l’énergie totale. Bien que troisième plus gros producteur de pétrole et de gaz au monde, leurs importations restent très élevées : chaque jour, 16 % de leurs approvisionnements en pétrole et 52 % de gaz sont importés. Selon le rapport Cheney, cette dépendance devrait par ailleurs s’accroitre par rapport aux importations de pétrole étranger entre 2001 et 2010. Concrètement, la consommation de 10,4 millions de barils/jour en 2001 passerait à 16,7 millions en 2020. Le seul moyen d’y parvenir est de persuader les fournisseurs étrangers d’augmenter leur production et de vendre davantage aux USA. Mais la plupart des pays producteurs n’ont pas les ressources financières nécessaires au développement de leurs infrastructures pétrolières, ou répugnent à laisser des clients américains dominer leur production énergétique. Conscient de cela, le rapport recommande à la Maison Blanche de faire du développement des importations pétrolières « une priorité de [la] politique commerciale et étrangère ». Afin de répondre aux besoins du pays, le rapport conseille notamment à l’administration de se concentrer sur deux objectifs. Le premier consiste à augmenter les importations venant des pays du golfe, qui détiennent environ les deux tiers des réserves énergétiques mondiales. Aucune autre région du monde ne pouvant augmenter sa production aussi rapidement, le rapport recommande de vigoureux efforts diplomatiques destinés à persuader l’Arabie saoudite et ses voisins de laisser à des entreprises américaines le soin de conduire des travaux importants de modernisation de leurs infrastructures. Le second objectif est d’augmenter la « diversité » géographique des importations américaines, afin de réduire les conséquences économiques des futurs soubresauts d’une région chroniquement instable. Mais il est à savoir que les USA ne contrôlent pas pour autant les ressources pétrolières du golfe arabo-persique. Ils disposent au mieux d’un pouvoir d’influence indirect sur les politiques pétrolières des pays de la région. Dans un marché mondialisé, intégré économiquement et techniquement comme l’est le marché du pétrole, la notion d’accès aux ressources n’a pas vraiment de sens pour les pays importateurs. C’est au marché qu’il faut « accéder » et non aux ressources. Et les conditions d’accès au marché pétrolier sont les
  • 12. mêmes pour tous, que votre gouvernement soit une superpuissance ou un nain politique : il suffit de payer le prix en vigueur. Ainsi, le véritable intérêt stratégique américain par rapport au pétrole du golfe arabo-persique, c’est la sécurité des flux vers le marché mondial. Il s’agit que le pétrole accède au marché mondial (et non pas d’accéder au pétrole du Moyen-Orient). Concrètement, les Etats-Unis sécurisent militairement les voies d’évacuation, notamment maritimes, mais aussi, plus ou moins directement, les infrastructures de production et d’exportation saoudiennes, qui sont et resteront le coeur du système pétrolier mondial. Cet intérêt n’est pas lié aux volumes de pétrole effectivement exportés vers les Etats-Unis, mais à la place du pétrole du Golfe dans l’offre pétrolière mondiale. Depuis le début des années 1980, les Etats-Unis cherchent à promouvoir l’ouverture des pays producteurs aux investissements privés internationaux en exploration et production. Ainsi avec 46% des X mondiales de pétrole et 60% des réserves prouvées d’or noir, cette région est vouée à demeurer longtemps encore un enjeu majeur de la géopolitique mondiale. ▪ L’Irak depuis 1990 Actuellement, l’idée que la guerre en Irak de 2003 était une guerre pour le pétrole est fréquemment véhiculée dans les médias et dans les esprits. Or le chercheur Pierre Noël entre autre, rappelle dans un entretien pour Les Cahiers de l’Orient d’août 2005 qu’il faut distinguer la guerre engagée par les Etats-Unis en 1991 (« Tempête du désert ») qui consistait en le rétablissement de la sécurité des flux pétroliers vers le marché international, et celle de 2003 (« Liberté pour l’Irak ») qui correspondait à un idéel des Etats-Unis d’initier une transformation politique régionale. En effet, cette guerre avait pour objectif avoué d’apporter la démocratie au Moyen-Orient, avec pour porte d’entrée l’Irak. Ils espéraient créer un séisme démocratique dans la région entière, séisme qui n’a pas eu lieu. L’Irak est aujourd’hui en définitive un véritable poids pour les Etats-Unis, et un retrait progressif des troupes initié par Barack Obama va être mis en œuvre. Cette opération en Irak peut être doublement qualifié d’échec puisque l’Etat irakien est un lieu de recrutement et de formation de terroristes. Enfin on notera la forte impopularité des Etats-Unis dans la région,
  • 13. contre-effet difficile vis-à-vis de l’objectif initial de l’Administration Bush, qui rend leur action dans la région d’autant plus difficile... ▪ La question de l’Iran ou la « crise nucléaire » L’Iran, pays au cœur de la région, est actuellement de façon très claire au cœur de la stratégie américaine. Deux raisons principales sont à relever. Tout d’abord, le programme nucléaire de l’Iran effraie tout particulièrement les Etats-Unis. En effet, outre le nucléaire civil dont dispose déjà l’Iran, ce dernier est soupçonné voire accusé de vouloir développer parallèlement un programme d’armement nucléaire, ce qui peut fortement être corroboré par le fait que l’Iran refuse actuellement tout arrêt dans sa démarche d’enrichissement d’uranium et revendique ainsi clairement son droit de produire des armes de destruction massive. L’Iran représente en effet un obstacle majeur pour la stabilité de la région pour cette raison, mais également parce que leurs représentants politiques refusent d’admettre la légitimité de l’Etat israélien, et dans ces conditions une guerre à l’encontre de ce dernier serait à craindre. Par ailleurs, il faut savoir que 20% des approvisionnements en pétrole passent par le détroit d’Ormuz, or l’Iran occupant un côté complet du golfe Persique a parfaitement la capacité d’influencer l’approvisionnement mondial en pétrole. Cette carte illustre bien la situation de l’Iran au cœur de la région. ▪ Le dossier israélo-palestinien Enfin le conflit entre Israël et la Palestine reste au centre des préoccupations américaines au Proche-Orient. En effet, ce conflit conditionne les objectifs américains au Moyen-Orient en général ainsi que la stabilité de la région au sens large. Il est par conséquent d’un intérêt
  • 14. primordial pour les Etats-Unis de parvenir à trouver un accord rapidement, ce qu’a particulièrement souligné le rapport Baker-Hamilton du 6 décembre 2006. Bien que les américains soient considérés particulièrement pro-isréaliens, il est à relever que plusieurs fois Georges W. Bush s’est déclaré en faveur de la solution de deux Etats distincts. En conclusion, pétrole, drogue (deuxième richesse exportable ; l’Afghanistan est le 1er producteur mondial d’opium), islam politique, conflit israélo-palestinien, rivalités ethniques expliquent que le Moyen-Orient soit devenu l’un des principaux « champs de bataille »mondiaux, avant même le 11 septembre 2001. Cette région présente une telle importance géostratégique de plusieurs points de vue dans le monde que cela justifie une présence militaire internationale et particulièrement américaine massive afin de protéger les flux pétroliers vers le marché mondial avant tout. C’est ainsi que l’on comprend tout l’intérêt de la stabilisation de cette région particulièrement difficile. 2. L’Asie Pacifique Les pays asiatiques connaissent un dynamisme économique exceptionnel et qui, de lustre en lustre, s'étend à de nouveaux pays. Dans la catégorie la plus dynamique se distinguent le Japon et les quatre dragons (Corée du Sud, Taïwan, Hong-Kong, Singapour). Derrière eux viennent les pays de l'ASEAN (Philippines, Malaisie, Indonésie, Thaïlande, Brunéi). Puis dernier groupe, encore très en retard sur les précédents, la Chine, le Vietnam, le Laos, le Cambodge, la Mongolie, et Myanmar (nouveau nom de la Birmanie depuis 6 ans). Jetons un premier coup d'oeil d'ensemble sur cette vaste zone. ▪ Antagonismes et convergences Au nord de la Mongolie et du fleuve Amour s'étend une vaste région russe très peu peuplée que la Chine considère comme un territoire qui lui fût arraché. Alors que la Sibérie accuse un fort déficit démographique, la Mandchourie chinoise, face à elle, compte 180 millions d'habitants. Ce déséquilibre fait peur aux Russes (Ils parlèrent les premiers du péril jaune). Actuellement, ce contentieux est en voie d'apaisement. Entre la Russie et le Japon il existe une méfiance réciproque due à l'Histoire mais aussi une contestation territoriale. Les Japonais revendiquent, légitimement, les îles Kouriles occupées
  • 15. par les Russes depuis 1945. Staline expulsa les habitants de ces îles pour les remplacer par des soviétiques. Le problème est insoluble depuis 50 ans. Au sud de l'Asie, l'Australie, quasiment vide manifeste un vigoureux hégémonisme régional. Les Territoires français insupportent les Australiens. L'Océan Pacifique représente 40% de la surface de la planète. C'est le lieu de flux multiples. Les émigrants chinois, japonais et coréens le traversent vers les côtes ouest des Etats-Unis et du Canada constituant là-bas de fortes communautés. Il faut souligner l'importance stratégique et économique des routes maritimes de la zone Pacifique, notamment les routes qui conduisent au ressources pétrolières du Golfe persique où s'approvisionnent notamment Japon et Chine. Des liens humains et commerciaux se sont tissés dans la région au travers d'associations comme l'APEC, Asea Pacific Economic Corporation, qui intéresse 18 pays dont les responsables se réunissent de temps à autre. A l'origine de l'APEC on trouve l'Australie mais se sont les USA qui l'ont revigorée. Il s'agit d'organiser une zone de libre échange, un marché préférentiel sur le pourtour du Pacifique, ce qui ne va pas sans confrontation d'intérêts divergents. ▪ Les Etats-Unis comptent maintenir une présence active en Asie pour garantir que les rivalités anciennes entre Chine et Japon ne dégénèrent pas à nouveau Le chef de la Maison blanche avait réaffirmé l'intérêt stratégique de Washington pour la région qu'il avait semblé négliger, aux yeux de certains observateurs, en annulant une visite au Japon et à Singapour la semaine prochaine. Le secrétaire d'Etat américain à la Défense William Cohen a déclaré à des responsables militaires vietnamiens que la présence de forces américaines en Asie-Pacifique était cruciale pour la prospérité de la région. S'adressant à l'Académie nationale de la défense du Vietnam au deuxième jour de sa visite, Cohen a également déclaré que les deux pays avaient tout intérêt à coopérer. "Aujourd'hui, si l'on prend en compte notre histoire commune, faite de fierté et de douleur, je suis devant vous pour le compte du département de la Défense des Etats-Unis pour promouvoir les intérêts de nos deux pays, dans l'espoir que nous puissions être à nouveau guidés par nos intérêts communs", a déclaré Cohen dans un discours. Cohen est le premier secrétaire américain à la Défense à se rendre au Vietnam depuis la fin de la
  • 16. guerre du Vietnam en 1975. Il a ajouté que la promotion d'objectifs communs de sécurité et de prospérité en Asie se basait sur plusieurs éléments - en particulier, le maintien des forces américaines déployées dans la région. Washington a quelque 100.000 hommes stationnés en Asie-Pacifique. ▪ L'importance des alliances L'autre pièce maîtresse de la stabilité dans la région est constitué des alliances nouées par les Etats-Unis avec le Japon, la Corée du Sud, l'Australie, la Thaïlande et l'amélioration des relations militaires avec les Philippines, a-t-il ajouté. "il n'y a pas meilleure illustration de la stabilisation apportée par la présence militaire américaine que la crise économique de la fin des années 90, qui aurait pu dégénérer en crise sécuritaire", a déclaré Cohen, faisant référence à la crise asiatique qui avait démarré en Thaïlande durant l'été 1997. Des éléments conservateurs de l'armée vietnamienne ne seront pas forcément convaincus. En dépit de la chaleur dont a fait montre Cohen au cours de sa visite, des suspicions sur les intentions militaires américaines demeurent. Les médias publics vietnamiens se sont concentrés mardi sur les déclarations du Premier ministre Phan Van Khai, qui a déclaré à Cohen lundi lors d'une réunion qu'il espérait que Washington pourrait faire davantage pour contribuer à régler les problèmes humanitaires provoqués par la guerre du Vietnam. Cohen a ajouté qu'il était dans l'intérêt des Etats-Unis et de la Chine de bâtir des relations durables et matures, soulignant que Pékin était indispensable à la paix dans la région. Le patron du Pentagone a sinon réaffirmé sa gratitude envers le Vietnam, dont il a loué les efforts pour faire avancer la question des quelque 2.000 prisonniers de guerre américains portés disparus sur le front (MIA). Quelque 58.000 soldats américains et trois millions de Vietnamiens, militaires et civils, ont trouvé la mort au cours de la guerre du Vietnam. Washington et Hanoï ont normalisé leurs relations diplomatiques en 1995. La visite de Cohen du 13 au 15 mars coïncide avec deux mois d'événements dans le pays pour marquer le 25ème anniversaire de la fin de la Guerre du Vietnam le 30 avril. Cohen s'envolera dans la journée pour Ho-Chi-Minh- Ville, l'ex-Saigon. Après Hong-Kong et le Vietnam, Cohen se rendra au Japon et en Corée du Sud, dans le cadre d'une tournée en Asie. Missiles: Pyongyang, Téhéran et Bagdad pourraient menacer les USA en 2010. ▪ La méthode japonaise
  • 17. Le modèle japonais sert de référence à bien des pays de l'extrême Asie. Depuis la haute antiquité, le Japon est structuré en système étatique. De son côté la Chine a connu une longue et brillante civilisation avec des innovations techniques remarquables : le lait en poudre, la boussole, l'imprimerie (bien avant Gutemberg) etc... . Au fil des siècles le Japon sut opérer des emprunts à cette civilisation chinoise sans perdre sa liberté. Ainsi les Japonais mêlèrent les idéogrammes chinois et leur propre écriture pour générer une écriture japonais originale. Au 19è siècle les Japonais firent de même vis à vis des techniques occidentales, se les appropriant, les adaptant sans avoir peur d'y perdre leur âme. Cette tradition est à l'origine du Japon moderne. Elle contraste avec celle de la Chine fermée sur elle-même et qui accusera de ce fait un retard considérable. A la fin de la seconde guerre mondiale, le Japon mène une stratégie dynamique d'innovations en empruntant à l'extérieur à nouveau inventions et découvertes américaines et européennes. Il mène aussi une stratégie agressive de conquête des marchés étrangers. Il garde chez lui ses industries de haute technologie et abandonne à ses voisins ses industries de bases technologies. Durant la guerre froide, son système politique et la présence américaine assurant sa sécurité convenaient aux Japonais. Aujourd'hui ce paysage change et le pays est en pleine crise de mutation. Il se cherche un avenir. La crise est en effet culturelle, politique et idenditaire. ▪ Les deux Corées Depuis des siècles des nomades venant de Sibérie convergeaient vers le sud-est asiatique et se sont sédentarisés dans la péninsule coréenne. Le Coréen est volontariste, caractéristique qui s'est répercutée dans le dynamisme économique et politique du pays. La séparation, de facto, de la Corée du Nord et de la Corée du Sud au 38ème parallèle, correspond à l'avancée des troupes américaines au sud et soviétiques au nord, en 1945. Les deux Corées s'affrontèrent, en 1950-53 dans une guerre atroce lorsque le nord, encouragé par Staline, voulut s'emparer, par surprise, du sud. Après le conflit, les deux Corées, revenues à la frontière du 38ème parallèle, restent face à face, armées jusqu'aux dents. Avant cette guerre, le tiers de la population coréenne se trouvait au nord, le reste au sud. L'industrie était située au nord et l'agriculture au sud. Ruinées par la guerre, les deux Corées évoluèrent, économiquement, différemment, le nord selon un modèle communiste et le sud, sur le modèle japonais. Quarante ans après, la différence de niveau de vie est de 1 à 10, au bénéfice du sud. La réunification des deux Corées domine la scène politique.
  • 18. ▪ Les aléas de la réunification Aujourd'hui, après la guerre froide, la Corée du Nord, isolée diplomatiquement, est une dictature de type stalinien, agressive à l'égard de l'autre Corée. La politique des Chinois, des Russes et des Américains est d'amener la Corée du Nord à s'ouvrir graduellement à la Corée du Sud. La Corée du Nord a consacré ses maigres ressources à se doter d'une arme nucléaire rudimentaire. Les Coréens détestent les Japonais, envahisseurs et colonisateurs brutaux. Une époque qui a laissé des traces profondes dans les relations entre Coréens et Japonais. Aujourd'hui, la Russie et la Chine ont établi des relations diplomatique, politique et économique avec la Corée du Sud, tout en apaisant la Corée du Nord. Une opportunité de réunification fut manquée à la fin de la guerre froide. La Corée du Sud recula devant le coût financier énorme de la concrétisation de la réunification. Actuellement, le Japon ne tient pas à voir face à lui une Corée réunifiée dotée de l'arme nucléaire. La Chine non plus. Ni la Russie ni les USA ne souhaitent vraiment la réunification. ▪ Capitalisme et léninisme en Chine La Chine, un milliard et 300 millions d'habitants en l'an 2000 ! Déjà rivale économique du Japon ! Les dirigeants chinois gèrent bien le boom économique du pays. Deng Xiao Ping s'efface petit à petit. Cette période de passation de pouvoir favorise les successeurs désignés. Ceux-ci freinent une croissance économique devenue déséquilibrante, car trop accélérée. Ce freinage délibéré aura un prix en termes de création d'emplois. La pression démographique contraint pourtant les dirigeants chinois à créer 300 millions d'emplois durant les 10 prochaines années. Ils doutent d'y arriver. La Chine connaît aujourd'hui une inégalité régionale et sociale croissante, une crise idéologique, une perte des valeurs morales et une irruption massive de la corruption, de la criminalité. Un problème de légitimité du pouvoir est posé alors que le pays est en phase de succession (bien que Deng Xiao Ping vienne d'être élu, à 91 ans, au Présidium de l'Assemblée Populaire Nationale). Le développement économique bénéficie d'investissements massifs de l'étranger (100% des investissements de l'ensemble du tiers-monde). La Chine a accompli un bond économique considérable en conservant un régime politique de dictature léniniste.
  • 19. L'économie est qualifiée d'économie de marché socialiste, car il existe une partie de l'industrie de type stalinien qui pose beaucoup de problèmes. ▪ Taïwan sous la menace Taïwan (21 millions d'habitants), très développée économiquement, assure à ses habitants un niveau de vie 10 fois supérieur à celui des Chinois du continent. Taïwan est en marche vers la démocratie. Le 3 décembre 1995 des élections législatives, sous le signe du multipartisme, au suffrage universel, eurent lieu, dans des conditions libres. Le Kuomintang, parti nationaliste, obtient de justesse la majorité absolue, à coté des deux autres partis. En mars 1996, c'est l'élection du Président de la République de la Chine de Taiwan au suffrage universel et direct. Cette élection pose des problèmes à Pékin, car la Chine continentale considère Taïwan comme une province chinoise en rébellion. Taïwan veut régler le problème par des discussions entre les deux Chines, d'égal à égal. Ne pouvant l'admettre, Pékin s'est livré à des pressions militaires sur Taïwan pour influencer les élections législatives et à des pressions diplomatiques sur les USA. Des incidents plus graves pourront se produire à l'occasion de l'élection présidentielle de mars 96 à Taïwan. ▪ Hong-Kong la double inquiétude Hong-Kong (6 millions d'habitants) reviendra sous la souveraineté de Pékin le 1er juillet 1997. Deux sujets d'inquiétude apparaissent : que deviendra le régime britannique d'Etat de droit qui convenait à la population ? Hong-Kong gardera-t-elle cette prospérité économique qui rejaillit sur une partie du sud de la Chine ? Sur la première question, malgré les promesses de Den Xiao Ping, l'inquiétude demeure. Sur la 2ème question, l'Etat de droit qui fit la prospérité économique de Hong-Kong, est incompatible avec la logique de dictature léniniste. Double inquiétude. On peut prévoir une réduction significative du rôle économique de Hong- Kong. ▪ Conflits en mer de Chine Le Sud-Est Asiatique ? Il faut entendre par là, la Malaisie, la Thaïlande, l'Indonésie, Singapour, Brunéi, les Philippines, le Viet-Nam, le Laos, le Cambodge et le Myanmar. Des pays marqués par la présence de fortes communautés chinoises (la diaspora chinoise compte 24 et 25 millions de personnes dans le Sud-Est Asiatique). Aujourd'hui, ces communautés chinoises jouent un rôle moteur sur les plans culturel et économique. Elles ont un poids
  • 20. significatif dans le transfert d'investissements financiers et de technologies vers la Chine. Le Sud-Est Asiatique contribue au dynamisme économique de la Chine, et pourtant la situation en Chine méridionale est source de conflit. La Chine continentale et Taïwan revendiquent en effet la souveraineté, dans cette mer de Chine, des archipels de Paracel et de Spratly. C'est une affaire politique urgente. Les Chinois ont expulsé par la force les Vietnamiens des îles Paracel et perpétré des coups de force dans les îles Spratly. Ces deux archipels sont revendiqués en partie par le Viet-Nam, la Malaisie, les Philippines et Brunei. La Chine continentale dispose d'un poids militaire prépondérant. Elle renforce ses dispositifs (Marine, Aviation et Aéro-navale) pour imposer sa volonté dans cette zone. Cela inquiète fortement les pays de la région qui resserrent leurs liens au sein de l'ASEAN (le Laos et le Cambodge n'y sont qu'au titre d'observateurs). A l'origine, l'ASEAN fut une association économique, puis politique et enfin une association de sécurité collective. Il s'agit d'enserrer la Chine dans des discussions sur la sécurité collective - c'est le forum de l'ASEAN - en invitant les représentants chinois aux côtés de ceux de Taiwan, du Japon, des USA et de l'Europe (comme pour prendre à témoin l'opinion internationale). Les pays de l'ASEAN espèrent faire sentir aux Chinois les appréhensions et les résistances qui montent. 3. L’arc méditerranéen Définition du bassin méditerranéen : Aujourd’hui, la Méditerranée est un axe de communication d’une extrême importance avec les passages que sont le canal de Suez et le détroit de Gibraltar et est une passerelle entre le « Nord » et le « Sud ».
  • 21. a. Les intérêts économiques des EU dans la région ▪ Intérêts commerciaux limités Le Maroc a signé un accord de libre échange avec les Etats-Unis et la Tunisie négocie un accord similaire dans le cadre d’une initiative de partenariat proposée par Washington. Le commerce américano-maghrébin se limite pour le moment essentiellement aux hydrocarbures algériens. Contrairement aux Européens, les Américains ont continué, pendant la guerre civile algérienne des années 1990, à signer des contrats d'exploration, établissant même une liaison aérienne directe entre Houston, au Texas, et Hassi-Messaoud, dans le Sud algérien. Mais ils ne sont pas très intéressés par des investissements dans d'autres secteurs. L'ouverture économique algérienne avance en effet très lentement. Les entreprises américaines sont de plus en plus nombreuses à se rendre à la Foire d'Alger, mais la lenteur des réformes économique et du système bancaire ainsi que les blocages bureaucratiques ne les incitent pas à aller plus loin. Au Maroc, les réformes avancent plus vite, mais les lourdeurs administratives empêchent souvent de concrétiser les promesses de l'ouverture. Signé en 2004, l'accord de libre-échange américano-marocain devrait accélérer les choses, mais cela prendra du temps. Les entreprises locales s'inquiètent d'une invasion de produits américains. D'autant qu'elles vont être aussi confrontées à la concurrence européenne en raison de l'accord de libre-échange avec l'Union qui doit entrer en vigueur d'ici à 2015.
  • 22. ▪ I n t érêts prégnants en termes d’énergie et de matières premières Le Maghreb est une zone stratégique d’Afrique du nord dotée de ressources énergétiques, qui suscitent un intérêt croissant des Etats-Unis. C’est pourquoi ils se montrent soucieux d’y consolider leur présence, parfois au détriment des relations privilégiées avec l’Europe,
  • 23. notamment la France. Même si pour le moment, le Maghreb effectue 80% de ses échanges avec l’UE. La Libye est, avec l’Algérie, l’un des piliers énergétiques du Maghreb, ces deux pays disposant de réserves prouvées de pétrole de plus de 5 milliards de tonnes, sans compter les ressources en gaz (5.000 milliards de m3), l’Algérie étant le 5e producteur et 4e exportateur mondial de gaz naturel. b. Les intérêts sécuritaires et géostratégiques des Etats-Unis dans le bassin méditerranéen ▪ Des intérêts sécuritaires majeurs
  • 24. Pour les Etats-Unis, il s’agit d’une zone stratégique pour le contrôle de ressources et pour la lutte contre le terrorisme. Au cours des dix dernières années, alors que les inquiétudes sécuritaires concernant l’Europe centrale ont diminué, Washington s’est intéressé d’une manière plus active au développement du bassin méditerranéen, surtout après des événements comme les attaques terroristes du 11 septembre et peu après la guerre en Irak. Mais contrairement à l’UE et aux Etats leaders du sud de l’Europe, les USA n’ont pas construit une politique méditerranéenne explicite. La stratégie américaine est plutôt une combinaison de différentes stratégies. Les intérêts américains dans la région sont présents à 3 niveaux : ▪ Premier enjeu : Les Etats-Unis pdt et juste après la GF : attention concentrée sur le Nord de la Méditerranée : sujet sécuritaire. Mais de nouveaux enjeux sont apparus après le 11 septembre : prolifération de missiles, conséquences de la violence politique et du terrorisme. C’est pourquoi les Etats-Unis vont opérer un changement radical de stratégie en Méditerranée : leur objectif prioritaire devient en effet la lutte contre le terrorisme. L’intérêt pour le Maghreb s’accroît alors et la présence américaine s’accentue dans cette région car ils s’aperçoivent qu’il peut être un terrain propice pour le terrorisme islamiste comme l’attestent les attentats de Casablanca et de Djerba en 2002. Les Etats-Unis souhaitent donc faire de l’Algérie un état pivot, central pour leur sécurité, leur objectif étant de ceinturer les Etats du Golfe, et de créer des relais pour promouvoir les intérêts des Etats-Unis dans le monde et en Méditerranée. Cf présence militaire sur la carte. Au cours de ces dernières années, l’importance du cadre européen a quelque peu diminué, avec l’intérêt des USA concernant sa propre sécurité interne et les intérêts croissants pour le Proche Orient.
  • 25. La présence américaine est venu côtoyer celle des Européens dans la région mais seulement pour garantir sa propre sécurité et ses intérêts croissants au MO. Pas une question de concurrence selon les EU. ▪ Deuxième enjeu : une porte d’accès Les USA considère le bassin méditerranéen comme une porte d’accès politique et logistique vers le Golfe Persique. On a pu le voir lors de la première guerre du Golfe, en 1990-1991 où environ 90% des forces et du matériel envoyés dans la région du Golfe ont transité par la Méditerranée, que ce soit par mer ou par avion et lors de la seconde guerre contre l’Irak, la Méditerranée a joué un rôle similaire. La stratégie envers l’Irak et la préoccupation constante au sujet de l’Iran ont mis en évidence l’importance de la Méditerranée dans la région qui est appelé le « grand Moyen-Orient », qui va du Maroc au Pakistan. Mais l’expérience de l’Irak a également prouvé la faiblesse de ce lien logistique avec des partenaires clé, y compris la Turquie, dont les idées divergent sur la stratégie et sur la politique. ▪ Troisième enjeu : résolution des conflits La zone sahélienne concentre aujourd’hui l’attention des Occidentaux, à commencer par celle des Américains, longtemps absents de la région. L’opération « Enduring freedom trans- Sahara”, lancée en 2005, concerne ainsi les trois pays du Maghreb, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie ainsi que divers pays sahéliens de l’Ouest africain : Mauritanie, Sénégal, Mali, Niger, Tchad et Nord Nigeria. Impossible de sécuriser les premiers sans s’occuper des seconds. Si l’administration américaine s’intéresse à cette région, c’est qu’il s’agit, dans la plupart des cas, de pays aux frontières poreuses, aux administrations frontalières insuffisantes et souvent corrompues, parfois de pays désireux de déstabiliser un État voisin. La présence américaine, concrétisée par des accords bilatéraux avec les états du Maghreb et les pays transsahariens d’Afrique occidentale, vise à contrôler et à combattre les réseaux terroristes, à entraîner et à former des unités locales aptes à mener la chasse à ces réseaux et, par ailleurs, à assurer une présence pérenne des forces armées américaines en Afrique. L’autre dossier brûlant, qui constitue l’un des nœuds géopolitiques décisifs pour l’avenir de la zone méditerranéenne, concerne de toute évidence, le conflit entre Israël et certains de ses voisins et plus particulièrement les Palestiniens.
  • 26. B. Intérêts secondaires 1. L’Europe centrale et orientale a. Zone stratégique. Les PECO se trouvent à la charnière géostratégique de l’Europe, des Etats-Unis présents dans les Balkans et surtout au Moyen Orient et en Asie centrale et de la Russie comme repoussoir. Le redéploiement américain en Europe centrale et orientale vise donc à rapprocher les troupes américaines des « arcs d’instabilité », c'est--dire du Moyen Orient, du Caucase et de l’Asie centrale et aussi des ressources énergétiques et de leurs voies d’acheminement. Le BTC, c’est le pipeline qui transporte du pétrole de la mer Caspienne (La Caspienne se classe au troisième rang des réserves mondiales de pétrole) de Azerbaïdjan jusqu’en Turquie via la Géorgie, plus précisément de Baku (Azerbaïdjan) à Ceylan (Turquie) en passant par Tbilissi, capitale de la Géorgie. Les deux pays, USA et Israël, ont des intérêts majeurs dans le pipeline BTC comme voie d’acheminement alternative pour s’approvisionner en pétrole dans la Caspienne et pour contourner et contrer l’influence de la Russie en matière énergétique.
  • 27. On remarque ci-dessus qu’une partie des PECO, à savoir la Roumanie, la Moldavie, la Bulgarie et l’Ukraine sont des pays proches de la mer noire ce qui pourrait permettre aux Etats-Unis de contrôler les ressources énergétiques proche de cette mer et de contrecarrer la puissance russe. b. Une Europe de plus en plus menaçantes pour les Etats-Unis. L'Union européenne et les Etats-Unis demeurent alliés puisque la plupart des pays de l'UE sont membres de l'OTAN. Mais l'effacement du danger soviétique a fait disparaitre le principal ciment de cette alliance. De plus, l'Europe unie, en s'élargissant et en s'enrichissant, en est venue à faire concurrence aux Etats-Unis sur le plan économique. Les deux partenaires s'accusent ainsi mutuellement de protectionnisme. C'est pourquoi Washington est aujourd'hui moins favorable à la construction européenne qu’à ses débuts. Ceci permet de mieux comprendre les intérêts stratégiques des Etats-Unis dans les PECO d’autant plus que ces derniers bénéficient d’une bonne réputation. c. Assurer la primauté américaine Dans cette perspective d’assurer la primauté américaine, on peut rappeler les propos de Donald Rumsfeld qui avait établi une différence entre la « vieille Europe » et la « nouvelle Europe ». La phrase de Donald Rumsfeld visait l'Allemagne et la France, puissances traditionnelles du Vieux continent opposés à la guerre en Irak, en les opposant aux pays d'Europe de l'Est, nouveaux alliés de l'OTAN acquis aux vues de Washington. Ainsi, le
  • 28. gouvernement américain a réussi à créer une tension qui divise les Etats européens entre atlantistes et européanistes. Il s’agit donc d’assurer la primauté américaine sur l’ordre international. Cela s’effectue, d'une part, en repoussant la Russie à l’intérieur de ses frontières, en cherchant à rallier un maximum d’états voisins et à faire en sorte que leurs relations avec Moscou deviennent tendues. La Géorgie est un exemple de cette stratégie. D’autre part, la stratégie de primauté américaine vise à éviter une intégration trop poussée de l’UE. 2. L’Amérique latine Les intérêts géostratégiques des Etats Unis en Amérique latine au nom de la défense de leurs intérêts sur le continent latino-américain n’est pas nouveau. Initialement motivée, pendant la guerre froide, par la lutte contre les mouvements révolutionnaires alliés de Cuba et de l’U.R.S.S., l’implication américaine se trouve aujourd’hui motivée par la lutte contre le trafic de drogue et la lutte antiterroriste. Ainsi, les Etats-Unis disposent aujourd’hui d’un nombre estimable de bases militaires réparties en différents lieux de l’Amérique latine. Des visées économiques liées à la présence d’importantes réserves d’eau, de pétrole, de gaz et une biodiversité d’une valeur inestimables sont inséparables des visées militaires. La domination économique et militaire sur l’Amérique latine est très importante pour les Etats Unis parce que le processus croissant de militarisation du continent a pour objectif d’assurer le contrôle des ressources naturelles et de maintenir la dépendance économique des pays latino-américains. Une implication des EU, motivée surtout par des ambitions commerciales, s’est développée régulièrement avec des tentatives régionales de regroupement, depuis la création de l’Organisation des États américains (OEA) en 1945 jusqu’à l’Association de libre-échange nord-américaine (ALENA) en 1994. Aujourd’hui, l’Amérique latine est l’otage de la toute- puissante économie des Etats-Unis mais, ironie du destin, la crise financière qu’a connue le Mexique en décembre 1994 a mis en évidence la fragilité des banques des États-Unis. « Ces dernières ne pouvaient supporter l’effondrement des économies du sous-continent, au vu de leurs engagements considérables. Le danger encouru est particulièrement grave : la faillite de tout le système financier international. Plus encore qu’un outil de domination, l’assistance aux économies de la région est devenue une nécessité vitale pour les États-Unis eux-mêmes »
  • 29. Après les attentats de New York et de Washington, le 11 septembre 2001, le gouvernement de Georges Bush a accéléré son escalade militaire dans le monde entier. En Amérique latine, la stratégie des Etats-Unis implique l’installation de nouvelles bases militaires et le renforcement des bases déjà existantes, la formation des militaires latino-américains, les ventes d’armes, l’installation de systèmes de surveillance et d’espionnage et l’appui à de mégaprojets énergétiques et d’infrastructure pour l’exploitation des ressources naturelles. Cette politique vise à défendre les intérêts des grandes entreprises et à s’assurer principalement du contrôle du pétrole, de l’eau et de la biodiversité. La présence d’installation de radar, Locations de Sécurité Coopératives et le contrôle des flux de franchissements illégaux de frontières ; l’assurance du trafic commercial ; l’accès aux ressources naturelles indispensables (hydrocarbures, eau, biodiversité) et le combat contre la révolte armée. Ceci est lié à la réadéquation de sa stratégie commerciale à travers les traités de libre commerce (TLC) qui constitue une substitution fragmentée et partiale de la piteuse négociation de la Zone de Libre Echange des Amériques (ZLEA).
  • 30. III. De Georges W. Bush à Barack Obama Au cours de la campagne américaine, on a pu constater un fort engouement dans le monde, notamment en Europe, pour la présidence d’Obama. Cela est principalement du à son message d'espoir et de changement, changement notamment de l'administration Bush. Mais que peut-on réellement attendre d’Obama ? Certains éléments du programme d'Obama sont assez proches de la conception européenne au niveau de la politique étrangère. Tout d'abord, Obama veut restaurer la diplomatie, en particulier au Moyen-Orient. Par exemple, il veut progressivement mettre fin à la guerre en Irak très critiqué et établir des négociations directes avec l'Iran. En fait, les dirigeants européens s'attendent à ce que Obama prône le multilatéralisme dans sa politique étrangère et les consultent plus sur des décisions les concernant tous. Mais si il était simple de demander plus de multilatéralisme quand l’administration Bush prenait les décisions de manière unilatérales, il va falloir maintenant que les Etats européens prouvent qu’ils peuvent intervenir dans un cadre multilatéral. De plus, les Etats-Unis et l'UE partagent de nombreuses valeurs, mais ils ne partagent pas toujours les mêmes intérêts La première tâche du nouveau président Obama sera de restaurer la grandeur des États-Unis, au moment où le pays face à une crise financière mondiale, deux guerres à l'étranger et une image très détériorée. Dès lors, Obama fera probablement des questions intérieures sa vraie priorité, en essayant de stimuler la croissance américaine. Cela peut notamment passer par des mesures protectionnistes allant à l’encontre de l’économie mondiale. Autre remarque en faveur de l’immobilisme, le maintien en poste de Robert Gates à la tête du Pentagone. Il y aura donc sûrement un changement de style dans la gestion de la politique étrangère, mais pas une réévaluation de la position des USA dans le monde. Le monde multipolaire cher aux Etats européens n’est donc pas mentionné. Autre exemple avec l'Afghanistan, où Obama veut renforcer les troupes engagées. Cela passe inévitablement par une aide européenne, mais pour le moment, ni l’Allemagne, ni le RU ne semblent très favorables. Il y a donc beaucoup d'attentes, après l'élection d'Obama, mais il sera difficile de les atteindre. Les USA ont pour priorité leur propre économie et la crise mondiale passe en second plan. Sur le long terme, on peut cependant penser qu’il y aura une amélioration dans le domaine de la politique étrangère, avec plus de diplomatie et multilatéralisme mais le vrai changement portera peut-être plus sur la forme que sur le fond.