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L’Historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale
Introduction :
En 1994, Henry Rousseau résume avec la formule « Vichy un passé qui ne passe pas » la difficulté
que rencontre l’Etat Français à reconnaître son implication dans la collaboration avec les Nazis et
dans la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
Cela est dû au fait que l’Histoire et la mémoire ne sont pas de même nature est peuvent se compléter
ou bien s’opposer.
Il est donc intéressant de faire l’histoire des mémoires de la Seconde Guerre mondiale à fin de voir
qu’il peut y avoir plusieurs désaccords entre l’Histoire, parfois la mémoire s’oppose à des vérités
historiques.
Mots importants :
-Histoire : C’est la science qui étudie qui étudie les faits du passé, les justifie à l’aide de sources
(témoignages, documents divers…), elle les analyse de façon critique afin d’en faire un récit objectif
car l’histoire se veut objective pour expliquer le passé.
-Mémoire : C’est un ensemble de souvenirs des faits du passé qu’une personne ou un groupe sociale a
retenu en les sélectionnant, en transformant ou en effaçant certaines parties pour servir des intérêts.
La mémoire est subjective, elle fait revivre le passé.
Problématique : Quels rôles ont joué les historiens dans l’évolution des mémoires de la Seconde
Guerre mondiale en France depuis 1945 ?
I- Le mythe du résitancialisme (de 1945 aux années 60)
A) Le traumatisme de la société causé par la guerre :
-Honte de la défaite
-Rejet de la collaboration
-Sentiment d’humiliation
B) Mise en place de la domination du résitancialisme :
-Contexte favorable après la guerre
-Besoin de se rassembler derrière un leader : Charles de Gaulle, derrière une même idée (Tous les
français ont été des résistants)
-La France un vainqueur au même titre que les Alliés
C) Les limites de ce mythe :
-Occultation des mémoires (exemple : la déportation et le génocide Juif)
-Mémoires concurrentes (exemples : -Gaullistes face aux communistes, résistancialistes face aux
vichystes
II- L’émergence d’une pluralité des mémoires (des années 70 aux années 80)
A) Un contexte favorable à cette émergence :
-Nouvelle génération (est moins traumatisée par la guerre et veulent connaître la vérité)
-Le général de Gaulle se retire en 1969 et meurt en 1970
B) Le mythe du résistancialisme est remit en cause :
-Accès à de nouvelles archives, exploitation de ces archives par les artistes et cinéastes ( France pas
entièrement résistante, Vichy impliqué dans la collaboration et déportation des juifs)
C) Le réveil de la mémoire du génocide juif :
-Un contexte propice à ce réveil : procès de chef nazis, l’arrivée du négationnisme
-Les nouvelles générations interroges leurs aïeux sur leur passé (témoignages)
-Reconnaissance de la spécificité raciale de la déportation des Juifs
III- Vers un apaisement ou une hypermnésie ? La place occupé par l’historien dans la
construction des mémoires (années 90 à aujourd’hui)
A) Une multiplication des acteurs de mémoires :
- Acteurs de mémoire : individu ou groupe qui produit un travail de mémoire comme des livres, des
sites internet ou autre pour empêcher l’oubli et servir certaines personnes qu’ils considèrent comme
des héros.
B) La reconnaissance officielle du rôle de la France :
-16 juillet 1995, la France reconnaît officiellement sa responsabilité dans la déportation des Juifs
-Aucun président ne voulait reconnaître que Vichy était bien l’Etat français
-Le président Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de la France lors de son discours au Vel
d’Hiv’ en 1995
C) Deux attitudes d’historiens face à l’hypermnésie :
-S’engager : contribution au travail de mémoire, témoigné lors de grands procès comme l’on fait
Robert Paxton et Jean-Pierre Azéma lors du procès de Maurice Papon
-Se distancer pour laisser l’objectivité de l’Histoire
Bilan :
L’Histoire et la mémoire sont liées mais peuvent tout aussi bien être en opposition qu’être
complémentaires. Après la guerre les historiens ont participé à la diffusion d’une mémoire officielle
visant à donner l’image d’une France héroïque afin de la rassembler. Pendant les années 70 le
résistancialisme est remis en cause et permet donc le réveil de plusieurs mémoires et non pas une
seule. Depuis les années 90, le rôle de la France dans la déportation des juifs a été officiellement
reconnu, un certain apaisement semble s’être mis en place mais cependant le processus de
mémorialisation est loin d’être fini.
Chronologie :
-1945 aux années 60 : Le résistancialisme domine, aucune autre mémoire n’est reconnu, il y a qu’une
seule mémoire officielle.
-Des années 70 aux années 80 : De nouvelles mémoire font surfaces, reconnaissance d’une pluralité
des mémoires et non plus d’une mémoire officielle, reconnaissance du génocide juif.
-Des années 90 à maintenant : Reconnaissance du rôle qu’a jouer la France dans la déportation des
juifs, reconnaissance de Vichy comme étant la France.
L'historien et les mémoires de la 2nd
Guerre mondiale en France
Def Histoire : science qui étudie les faits passés, les justifie avec des sources et les analyse de façon
critique pour en faire un récit objectif.
Def Mémoire : Ensemble de souvenirs de faits passés qu'une personne/groupe social a retenu,
souvent en les sélectionnant, transformant ou effaçant pour servir son/leur intérêt.
I/ Le Mythe du Résistancialisme (1945-1960)
A) Une société traumatisée
-1940 Défaite militaire
-Ignominie de la collaboration
-Humiliation due à la guerre civile
B) Domination du Résistancialisme
(néologie de l'historien Henry Rousso in Le Syndrome de Vichy 1987)
-Construction d'une mémoire collective/officielle pour effacer la honte, nous placer en héros et
favoriser la cohésion nationale
(film censuré : Nuit et Brouillard Alain Resnais)
C) Limites du mythes
-Concurrence des mémoires (ex : résistancialistes/Vichystes avec la théorie de « l'épée et du
bouclier » de Aron in Histoire de Vichy 1954)
-Mémoire occultées
II/ Émergence d'une mémoire plurielle (1970-1980)
A) Nouveau Contexte
-Les partisans du résistancialisme s'effacent
-Une nouvelle générat° qui n'a pas connu la guerre apparaît (Mai 1968)
→ L’État ne reconnaît pas encore Vichy
B) Remise en cause du Résistancialisme
-Historiens : Paxton (in La France de Vichy 1972) régime de Vichy à l'origine de la déportation, lois
antisémites
-Cinéastes : Ophüls (Le Chagrin et la Pitié 1971) et Louis Malle (Lacombe Lucien 1974)
→ Récemment Pierre Laborie parle de la « Résistance silencieuse »
C) Réveil de la mémoire du génocide juif
-Contexte propice (jugements de Klaus Barbie/Adolf Eichmann, médiatisat° du négationnisme,
conflit israélo-palestinien, nouvelle générat° de juifs)
+Couple d'historiens Klarsfell)
III/ Apaisement ou Hypermnésie ? (1990-ajd)
A) Multiplicat° des acteurs de mémoires
-justice, politique, associat°, éducat°, monde scientifique
→ Concurrence des mémoires, dévalorisat° du devoir de mémoire
→ Apaisement des tensions
B) Le reconnaissance du rôle de la France
-16 juillet 1995 Jacques Chirac
-De de Gaulle à Mitterrand personne n'avait reconnu le rôle, bien que Mitterrand commençait à
commémorer
C) Attitude des historiens
-Certains s'engagent (Paxton, Azéma lors du procès de Papon)
-D'autres refusent → Objectivité
-Pourtant la vérité est entre les deux : histoire et mémoires se complètent
Histoire et mémoire très liées (opposées ou complémentaires)
Remise en cause du mythe (1970) puis éveil des mémoires (1990)
Depuis, apaisement des tensions et hypermnésie
1945 1969 1972 16 juillet 1995
Fin de la Mort de La France de Vichy Jacques Chirac
Guerre De Gaulle Paxton reconnait le rôle de la France
I/ II/ III/
L'historien et les mémoires de la 2nd
Guerre mondiale en France
Def Histoire : science qui étudie les faits passés, les justifie avec des sources et les analyse de façon critique pour en
faire un récit objectif.
Def Mémoire : Ensemble de souvenirs de faits passés qu'une personne/groupe social a retenu, souvent en les
sélectionnant, transformant ou effaçant pour servir son/leur intérêt.
I/ Le Mythe du Résistancialisme (1945-1960)
A) Une société traumatisée
-1940 Défaite militaire
-Ignominie de la collaboration
-Humiliation due à la guerre civile
B) Domination du Résistancialisme
(néologie de l'historien Henry Rousso in Le Syndrome de Vichy 1987)
-Construction d'une mémoire collective/officielle pour effacer la honte, nous placer en héros et favoriser la cohésion
nationale
(film censuré : Nuit et Brouillard Alain Resnais)
C) Limites du mythes
-Concurrence des mémoires (ex : résistancialistes/Vichystes avec la théorie de « l'épée et du bouclier » de Aron in
Histoire de Vichy 1954)
-Mémoire occultées
II/ Émergence d'une mémoire plurielle (1970-1980)
A) Nouveau Contexte
-Les partisans du résistancialisme s'effacent
-Une nouvelle générat° qui n'a pas connu la guerre apparaît (Mai 1968)
→ L’État ne reconnaît pas encore Vichy
B) Remise en cause du Résistancialisme
-Historiens : Paxton (régime de Vichy à l'origine de la déportation, lois antisémithes)
-Cinéastes : Ophüls (Le Chagrin et la Pitié 1971) et Louis Malle (Lacombe Lucien 1974)
→ Récemment Pierre Laborie parle de la « Résistance silencieuse »
C) Réveil de la mémoire du génocide juif
-Contexte propice (jugements de Klaus Barbie/Adolf Eichmann, médiatisat° du négationnisme, conflit israélo-
palestinien, nouvelle générat° de juifs)
+Couple d'historiens Klarsfell)
III/ Apaisement ou Hypermnésie ? (1990-ajd)
A) Multiplicat° des acteurs de mémoires
-justice, politique, associat°, éducat°, monde scientifique
→ Concurrence des mémoires, dévalorisat° du devoir de mémoire
→ Apaisement des tensions
B) Le reconnaissance du rôle de la France
-16 juillet 1995 Jacques Chirac
-De de Gaulle à Mitterrand personne n'avait reconnu le rôle, bien que Mitterrand commençait à commémorer
C) Attitude des historiens
-Certains s'engagent (Paxton, Azéma lors du procès de Papon)
-D'autres refusent → Objectivité
-Pourtant la vérité est entre les deux : histoire et mémoires se complètent
Histoire et mémoire très liées (opposées ou complémentaires)
Remise en cause du mythe (1970) puis éveil des mémoires (1990)
Depuis, apaisement des tensions et hypermnésie
L’histoire et les mémoires de la Seconde Guerre
mondiale en France
L’introduction : Accroche, analyse du sujet, définir l’histoire et la
mémoire, faire le lien entre l’histoire et la mémoire, évoquer le cas de
la 2nd
guerre mondiale.
Problématique : Quels rôles ont donc joué les historiens dans
l’évolution des mémoires de la 2nd
Guerre mondiale en France depuis
1945 ?
Le mythe du Résistancialisme (45/60)
L’émergence d’une mémoire plurielle (70/80)
Le rôle de l’historien dans la construction des mémoires (90 à
aujourd’hui)
I) Le mythe du Resistancialisme
Au lendemain de la 2nd
Guerre mondiale, la mémoire d’une France unie toute entière la résistance s’impose.
Une société traumatisée
Au sortir de la 2nd
Gm, plusieurs traumatismes ressortent au sortir du confit : La honte de la défaite militaire de
1940, l’ignominie de la collaboration et de la participation à la politique génocidaire nazie, et enfin,
l’humiliation de la guerre civile
La domination du Resistancialisme
Apparition de la mémoire d’une France unie dans la résistance, elle se nomme le « Resistancialisme » et est
développée par l’historien Henry Rousso : Cette mémoire considère que : les Français auraient été quasiment
dans leur ensemble résistants, La France serait un vainqueur au même titre que les autres alliés, le régime de
Vichy ne serait pas la « vraie France ». Cette mémoire a deux caractéristiques ; elle est héroïque et unanimiste.
Cette mémoire a un objectif : restaurer la cohésion nationale.
Les limites du mythe
Le Résistancialisme trouve des limites. Plusieurs mémoires se font concurrences : 1re
concurrence :
gaullistes/communistes. 2e
entre résistancialistes et vichystes. Puis il y a une seconde limite avec l’oubli des
mémoires des victimes des génocides.
II) L’émergence d’une mémoire plurielle
Le travail des archives permet la révélation, puis la reconnaissance d'une mémoire de
la
Seconde Guerre mondiale plurielle.
Nouveau Contexte
A partir de 70, le contexte change et est propice à l’amnésie : Les partisans du
Résistancialisme s’effacent et une nouvelle génération apparait. Mais cette rupture
n’est pas radicale avec le rejet du gouvernement français au sujet de l’implication de
l’état Français dans la déportation.
Remise en cause du Résistancialisme
Progressivement le mythe du Résistancialisme s'effondre : des films mettent en évidence
les choix différents faits par les Français sous l’occupation, De nouveaux historiens venus
du monde anglo saxon participent à la démythification, et le mythe du Résistancialisme
s’effondre
Le réveil de la mémoire du génocide juif
On assiste à partir des années 60 à un réveil de la mémoire de la Shoah, ou génocide juif.
Le contexte est propice et plusieurs événements mobilisent la communauté juive : les
procès des chefs Nazis, la médiatisation du négationnisme, ou encore le renouvellement
des générations. La multiplication des témoignages révèle la mémoire particulière de la
Shoah : Des historiens s’intéressent à ce sujet, Des cinéastes mettent en place le
génocide juif et le révèle au grand public
III) La place de l’historien dans la construction des
mémoires (1990 à nos jours)
De nos jours, face à une inflation mémorielle, les historiens tentent de déterminer
leur rôle, c’est ce que nous allons voir dans nos trois sous parties.
Une multiplication des acteurs de mémoires
Le nombre d'acteurs à intervenir dans le processus de construction des mémoires de la
Seconde Guerre mondiale augmente à partir des années 1990. Cette augmentation
témoigne
d'un phénomène plus général : l'hypermnésie. Les acteurs de mémoire interviennent
dans tous les secteurs de la société : le monde judiciaire, le monde politique, le monde
associatif, le monde éducatif et le monde scientifique. Cette diffusion des discours
mémoriels aboutit aujourd'hui à une multiplication desjournées des actes de
commémoration. Certains y voient une forme d'hypermnésie qui peut aboutir à des
dérives. Mais elle est aussi propice à un apaisement des mémoires : Cette hypermnésie a
des conséquences négatives sur le travail de mémoire, mais la multiplication des actes
de reconnaissance est aussi propice à l'apaisement des tensions mémorielles.
La reconnaissance officielle du rôle de la France
Le 16 juillet 1995, la France reconnaît officiellement sa responsabilité dans la déportation
des
Juifs. De De gaulle à Mitterrand, aucun président de la IV et de la Ve république n’avait
voulu reconnaitre que la France avait une responsabilité. De Gaulle considérait que le
régime de Vichy était une parenthèse dans l'histoire de la République. Mais la
responsabilité de l’État français est reconnue par le président Jacques Chirac lors de son
discours du au Vel d'Hiv en 1995. En conformité avec ses propos, des actes sont pris
durant ses deux mandats. Nous pouvons citer par exemple la construction du Mémorial
de la Shoah en 2005
Deux attitudes d’historiens face à l’hypermnésie
Face à cette hypermnésie, les historiens sont divisés sur l'attitude à adopter : participer,
s'engager pleinement ou se distancier ?. Certains historiens acceptent de s'engager : cet
engagement peut être contenu. Ils apportent leur contribution au travail de mémoire.
Mais certains historiens refusent de participer à la diffusion des mémoires. Pourtant, la
vérité se trouve sûrement entre les deux. L'histoire ne s'oppose pas complètement à la
mémoire ; l'historien produit des travaux scientifiques sur lesquels s'appuient les acteurs
de mémoire pour faire reconnaître leurs droits
CHAPITRE 1 :
L'histoire et les mémoires de la
Seconde Guerre mondiale en France
"Vichy un passé qui ne passe pas" ; Livre de Henri Rousso => Résume la difficulté de l'état
français a reconnaitre la responsabilité dans la déportation des juifs pendant la 2nde Guerre
mondiale.
Passé qui ne passe pas car la mémoire et l'Histoire ne sont pas de même nature avec des
relations conflictuelles ou complémentaires : La mémoire peut déformer la vérité historique
mais elle peut aussi s'inspirer de l'Histoire.
3 étapes : - Occultation des mémoires => Oublie des autres mémoires (ex : génocide juifs)
- Réveil des mémoires car on les étudies => Concurrence entre les mémoires
- Reconnaissance officielle => risque d'hypermnésie (toujours entrain de
commémorer)
Quels rôles ont joués les historiens dans l'évolution des mémoires de la Seconde Guerre
mondiale en France ?
Plan.
I - " Tous résistants ? " : Le mythe du résistancialisme (1945-1960)
A) Une société traumatisée
Plusieurs traumatismes au lendemain de la 2nde GM :
- Honte de la défaite 1940.
- L'ignominie de la collaboration au génocide juif.
- Traumatisme de la guerre civile entre Français résistants et collaborateurs.
B) La domination du résistancialisme
Mémoire officielle développée par les Gaullistes et les communistes : Le résistancialisme.
Contenu de la mémoire : - Quasi tous résistants (ex : La grande vadrouille 1966)
- France vainqueurs au même titre que les Alliés
- Vichy n'est qu'une parenthèse dans l'histoire de la Rép. Française
(ex : Nuit et brouillard 1956)
Mémoire 2 caractéristiques : - Héroïque.
- France entièrement résistante.
C) Les limites du mythe : mémoires concurrentes et mémoire occultées
Concurrence entre les mémoires entre : - Les gaulliste et communistes : 2 visions différentes
- Les résistancialistes et les vichyste (ex : Robert Aron
1954 , thèse de l'épée et du bouclier) => De Gaulle . Et Pétain résistant à sa manière (=
douloureuse)
Mémoires occultées , notamment le génocide juif. Les historiens considèrent que l'ont peux
pas se fier aux témoignages mais aux écrits. (ex : "Ce que nous avions vécu personne ne
voulait le savoir" Simone Weil, rescapée d'Auschwitz)
II - D'une a des mémoires : l'émergence d'une mémoire plurielle (70-80)
A) Un nouveau contexte
1970, le contexte change ; amnésie.
- Les partisants du résistancialisme d'effacent. (ex : De Gaulle meurt en 69). Il y a 2 groupes :
Gaulliste // Communiste.
- Une nouvelle génération apparait ; n'a pas connu la guerre mais Mai 68 => generation dite
"soixante-huitarde" => va changer la recherche historique. (ex : Paul Toubier)
La France prêt a entendre une autre discourt , néanmoins la rupture n'est pas radicale car le
gouvernement refuse toujours de reconnaitre la responsabilité de la déportation des juifs et
continue d'aller fleurir la tombe de Pétain.
B) La remise en cause du résistancialisme
Peu a peu le mythe du résistancialisme s'effondre à cause des historiens et cinéastes =>
montrent que les choix des français étaient plus complexes qu'on pouvait le penser (ex : La
combe Lucien, Louis Malle 1974 . Chagrin et la pitié, Marcel Olphüls 1971 => polémique).
Il démontrent pour la 1ere fois que c'est le régime de Vichy à l'initiative de la déportation
juive et des lois sur l'antisémisme
Pierre Labory ni d'accord avec l'idée de "tous résistants" ni pour dire que tous les français
sont attentistes. Pour lui les 2 sont mal et selon lui il y avait la résistance silencieuse (=non
consentant, laisse la résistance se faire et petits actes) (ex : Fleurir les tombes des résistants,
déchirer les affiches des allemands, siffler quand Hitler apparait aux écrans...)
C) Réveil de la mémoire des génocides
Réveil de la mémoire de la Shoah :
- Propice à la mobilisation de la communauté juive (ex : Klaus Barbie, Adolf Einchmann
(organisateur de la solution finale))
- La médiatisation de négationnisme en 1979 (ex : dans Le Monde chambre a gaz et camp de
déportation jamais existés)
- Guerre des 6 jours (1952) et kippour (1973)
- Petits enfants, nouvelles générations
Ce contexte favorable révèle la spécificité de la mémoire du génocide juif. On distingue
désormais les victimes politiques et raciales.
• Des historiens se mobilisent (ex : les Klarsfeld chasse aux Nazis). Dépouiller les
archives pour retracer l'itinéraire des 75 milles juifs, traquer les Nazis encore en
liberté , le but est de les condamner pour crime contre l'humanité (Loi 1964).
• Les Cinéaste mettent en image le génocide juif (ex : Shoah de Claude Lanzmann)
III - Apaisement ou hypermnésie ? La place de l'historien dans la construction
des mémoires (1990 a aujourd'hui)
A) Multiplications des acteurs de mémoires
Le nmb d'acteurs a intervenir dans le processus de construction des mémoires augmente,
cela témoigne de l'hypermnésie. Interviennent dans tout les secteurs :
- Le monde judiciaire , (ex : Amnistie de Paul Touvier et condamnation de Maurice Papon)
- Le monde politique , (ex : Jacques Chirac et son discours du Vel d'Hiv, Sarkozy demande a
ce que les lycéens lisent une lettre de Guy Moquet )
- Le monde associatif , (ex ; La fédération national des déportés et internés résistants et
patriotes obtient la construction d'un centre d'histoire de la résistance en 92 et la journée de
commémoration des persécutiens racistes et antisémites en 93)
- Le monde éducatif : (ex : L'historien Nicolas Offenstadt estime que ces journées ont une
vertu pédagogique et sont l'occasion pour les professeurs de faire par exemple des dossiers
avec leurs élèves.)
- Le monde scientifique : (ex : Travaux des historiens font émerger la mémoire du génocide
des Tziganes ou Porajmos. Le génocide tzigane est désormais au programme des lycées.
Néanmoins cette mémoire est encore marginale. Beaucoup de communes françaises
refusent de reconnaître qu'elles possédaient un camp de concentration sur leur territoire.)
L'hypermnésie peut entraîner une concurrence des mémoires (ex : en 1992, les déportés et
internés politiques obtiennent de la Cour de cassation que les travailleurs du STO ne
puissent pas se considérer comme des « déportés »)
Hypermnésie a dévalorisé le devoir de mémoire : risque de travestir la réalité
historique. Mais elle est aussi propice à un apaisement des mémoires.
B) Un exemple majeur : la reconnaissance officielle du rôle de la France
16 juillet 1995, la France reconnaît officiellement sa responsabilité dans la déportation des
Juifs.
De De Gaulle à Mitterrand, aucun président de la IVe et de la Ve République n'avait voulu
reconnaître que le régime de Vichy était bien l’État français et donc que la France avait bien
une responsabilité.
Pour De Gaulle ; régime de Vichy était une parenthèse dans l'histoire de la République et ne
faisait pas partie de « France éternelle », de la « seule France », de la « vraie France ».
Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing pense pareil.
La responsabilité de l'Etat français est reconnue par le président Jacques Chirac lors de son
discours du au Vel d'Hiv en 1995. (Ce lieu est hautement symbolique car c'est dans ce
Vélodrome d'Hiver que sont rassemblés les juifs raflés dans la nuit du 16 juillet 1942 avec
l'aide de 7000 policiers français, avant qu'ils ne soient déportés vers les camps
d'extermination)
C) S'engager ou se distancier : deux attitudes d'historiens face à
l'hypermnésie
Face à cette hypermnésie, les historiens sont divisés sur l'attitude à adopter : participer,
s'engager pleinement ou se distancier ?
- Certains historiens acceptent de s'engager : (ex : des historiens témoignent lors des
grands procès : Robert Paxton et Jean-Pierre Azéma témoignent lors du procès de Maurice
Papon. Des historiens répondent aux sollicitations des politiques : Annette Wieviorka
participe à la mission Matteoli, mission d'étude sur la spoliation des biens des Juifs de France
de 1940 à 1944)
- L'engagement peut aussi être plus soutenu. (ex : L'historien Pierre-Vidal Naquet a
écrit Les Assassins de la Mémoire où il s'engage contre les négationnistes)
- D'autres préfèrent s'en distancier. L'histoire doit tendre à l'objectivité alors que la
mémoire favorise la subjectivité. (ex : En 2005, la pétition Liberté pour l'histoire est lancée
par plus de 600 historiens après qu'une loi obligeait les manuels scolaire à mettre en avant
"le rôle positif de la présence française outre-mer". D'autres lois mémorielles sont
dénoncées : certaines liées directement à la Seconde Guerre mondiale (loi Gayssot de 1990
qui punit la négation des crimes contre l'humanité), d'autres non (loi de 2001 reconnaissant
le génocide arménien; loi Taubira de 2001 qui déclare la traite négrière comme crime de
l'humanité). (ex : L'historien Henry Rousso a refusé de témoigner dans les procès contre les
chefs nazis.)
Pourtant l'histoire ne s'oppose pas complètement à la mémoire, ils se complètent et se
nourrissent l'une et l'autre
Conclusion : L'histoire et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale sont liées, tantôt
en opposition, tantôt complémentaires. La multiplication des actes commémoratifs conduit
à un risque d'hypermnésie que dénoncent certains historiens.
Mais les mémoires de la Seconde Guerre mondiale sont toujours une matière à vif. Loin
d'être arrivé à son terme.
L’historien et les mémoires de la 2GM en France depuis 1945
INTRO :
« La France de Vichy, un passé qui ne passe pas » (H. Rousso) : difficulté à reconnaitre la resp deAcc :
la Fr ds la dep (déportat°) des Juifs pdt 2GM.
M (mémoire) et H (histoire) parfois conflictuelles parfois complémentaires.
H (science qui étudie les faits du passé. Utilise des sources (témoignages, archives), les analyseDef :
de façon critique pr en faire un récit obj. H explique le passé). M (Souvenirs des faits du passé svt
retenus sélectionnés, laissant seulement les intérêts d’1 pers ou d’1 gr social. M subj, fait revivre le
passé.)
M s’oppose parfois à des vérités histo, ms s’inspire de l’H// H peut refuser d’aider les acteursLiens :
de la M au nom de l’impartialité, comme peut aussi en faire une source de W (travail) (témoignages).
2GM (Seconde Guerre mondiale) : Ap cette G, plusieurs M existent et s’entrecroisent (celle de G , R
(résistance), gen (génocides)). Ces rapports sont complexes. Ils ont évolués au cours du tps (3
étapes).
Prbl : Quels rôles ont dc joué les hist (historiens) ds l’ev des M de 2GM en Fr depuis 1945 ?
PLAN/ DVL :
I) Mythe du R (Rcialisme) (1945- 1960)
A) Société traumatisée
Conjugaison de plusieurs traumatismes au sortir de la 2GM :
-Honte de la défaite militaire en 1940 (armée Fr, très bonne, balayée rapidement par armée All).
-Ignominie de collab + part à la pol génocide nazie.
-Humiliation de Gcivile (résistants VS pers au service de Vichy + nazis).
B) Dominat° du Rcialisme
Libération : traumatismes (T) refoulés, remplacés par 1 M d’1 Fr unie ds R : le « résistancialisme ».
Cette M prône le fait que :
-quasi ts les Fr auraient étés R (ex : La Grande Vadrouille (1966) de G. Oury).
-Fr serait un vainqueur au mm titre que les autres alliés, ce qui n’est pas vrai (USA voulaient imposer
un protectorat admi à la Fr).
-Régime de Vichy : (…) ds l’histoire de Fr ; pas la « vraie Fr » (ex : Nuit et brouillard (1956) de A.
Resnais).
Deux caractéristiques : héroïque (ts les anti-héros ne sont pas condamnés (ex : « Malgré-nous » ac
massacre de Oradour-sur-Glane), et unanimiste (côm et gâul célèbrent l’image d’1 Fr Rte à l’occ (ex :
Mémorial de la Fr combattante en 1960 au mont Valérien)).
1 obj : restaurer la cohésion nationale (occulter part d’ombre de Fr et mettre en avant sont unité).
C) Limites du mythe : M concurrentes et M occultées
-Concurrences entre les mémoires (côm (communistes) et gâul (gaullistes)// Rcialisme et vichystes
(ex : Histoire de Vichy (1954) de R. Aaron  « glaive et bouclier »)).
-Oubli de M des victimes du génocide (deportat° condamnée ms victimes par précisément
identifiées + pas de considération pr leurs témoignages (considérés comme trop partiaux)) (ex : Nuit
et brouillard (1956) de A. Resnais, prononce pas une fois le mot « juif »).
II) 1à plsrs M : l’émergence d’1 M plurielle (1970-1980)
A) Un nouveau contexte
Fin 1970 : contexte change, propice à la fin de l’amnésie.
-Effacement des partisans du Rcialisme+ parti côm disparait
-Apparit° d’1 new générat° : ceux qui n’ont pas connu directement les T de G (ex : G. Pompidou
gracie P. Touvier, chef milicien, et choque l’op publique : Français (Frç) prêts à entendre autre
discours).
-ATT° !! Rupture pas radicale : gvn Fr refuse d’accepter implicat° de la Fr ds la déportat° (ex : psdts
continuent de fleurir tombe de Pétain le 11 nov).
B) Remise en cause de Rcialisme
Effondrement du Rcialisme (W des historiens et cinéastes qui découvrent de news archives)
Films : Le chagrin et la pitié (1971) de M. Öphuls // Lacombe Lucien de L. Malle// Papi fait de la R.
Hist : La France de Vichy (1983) de R. Paxton.
BILAN : Rcialisme s’effondre car découverte que :
-Fr unie n’existe pas, bcp de Frç  attentistes
-Régime de Vichy : forte resp ds la Shoah
-Régime de Vichy : pol autoritaire, proche des régimes fascistes.
C) Réveil de la M du génocide juif (Gen j)
Années 60 réveil de M de Shoah (S), pas avant car traumatisme encore important.
-plusieurs evnts mobilisent la communauté juive :
*Procès des chefs nazis (ex : Klaus Barbie)
* médiatisat° du négationnisme (ex : JM Le Pen)
* renouvellnt des générations qui interrogent leurs aïeux qt à leur passé
-Enfin, reconnaissance de la spécificité raciale des dep juifs
-Des hist s’engagent pleinement ds la traque des responsables de cette barbarie raciste (ex : les
époux Klarsfeld pr obtenir les procès pr les resp all et fr du génocide)
-Des cinéastes : mise en image du Gen j (ex : Shoah (1985) de C. Lanzmann).
III) Apaisement ou hypermnésie ? Place de l’hist ds construct° des M (1990 à ojd)
A) Multiplicat° des acteurs de M
-Ds plusieurs domaines : monde judiciaire (procès (ex : M. Papon)), politique (journées
commémoratives, lois mémorielles, cérémonies (ex : J. Chirac accepte la repentance ac son discours
du Vel d’Hiv)), associatif (ex : assoc des Fils et Filles des dep juifs de France), éducatif (profs
expliquent l’actu commémorative à leurs élèves), scientifique (étudier la place + rôle de gr spé pdt
2GM).
-XXX des journées des actes de commémorat° (hypermnésie// apaisement des M) (ex : peut
entraîner une concurrence des M (Weurs du STO qui ne peuvent être considérés comme des dep))
- Apaisement des M, depuis discours du Vel d’Hiv de J. Chirac.
B) Ex : reconnaissance officielle du rôle de la Fr (16/07/1995)
-De De Gaulle à Mittérand, pdsts reconnaissent pas que Rég de Vichy ETAIT le gvn Fr, et que Fr resp.
- J. Chirac reconnait la resp de l’État fr ds son discours du Vel d’Hiv en 1995 (lieu symb car c là que
sont réunis les juifs raflés ds la nuit du 16 ou 17/07/1942, av d’être dep vers des camps de
concentration (voir le film la rafle (2010))).
Actes réalisés pdt son mandat : Indemnisat° des familles juives spoliées + construct° du Mémorial de
la Shoah (2005).
C) S’engager ou se distancier : 2 attitudes d’hist face à l’hypermnésie
Participer, s’engager pleinement ou se distancier ?
-S’engager
*Contenu (ex : témoignage de R. Paxton lors du procès de M. Papon)
*Soutenu ((ex : P-V.Naquet a écrit Les assassins de la Mémoire où il s’engage contre les
négationnistes).
-Ne pas s’engager
*M suggère subjectivité, alors que H prône l’objectivité (ex : H. Rousso  refus de témoigner
ds les procès : place d’1 hist pas ds 1 tribunal !!)
-Entre les deux : H et M différents mais peuvent se compléter.
CCl : H et M de 2GM depuis 1945 sont tantôt complémentaires tantôt en opposition. Ap 2GM, hist
ont diffusé une seule M (Fr héroïque) au dépend des autres. Ms à partir de ≈1970, cinéma + histoire
remettent en cause le R  apparit° d’1 pluralité des M. Depuis 1990, apaisement des tensions (grâce
à la reconnaissance de l’État ds la dép des juifs). Ms… cela peut conduire à l’hypermnésie.
Processus de Mrialisat° tjrs en cours. Tensions ressurgissent (M du génocide Tsigane, troupesOuv :
coloniales).
Chronologie :
De 1945 à 1970 : le tps du Rcialisme. De 1970 à 1980 : réveil des M 1990 à ojd : reconnaissance officielle d’1
pluralité des M
1945 : Procès du Maréchal Pétain 1971 : Le chagrin et la pitié de M. Ophüls 1992 : commémorat° officielle de l’anniv
de la rafle du Vel d’Hiv (J. Chirac)
1956 : Nuit et brouillard d’A. Resnais 1973 : La France de Vichy de R. Paxton 1995 : reconnaissance de resp de l’État Fr
ds dep des Juifs
1960 : inaugurat° du Mémorial au mont
Valérien
1974 : Lucien Lacombe de L. Malle 1997 : procès Papon
1966 : La Grande Vadrouille de G. Oury 1985 : Shoah de C. Lanzmann 2007 : journée nationale en l’honneur de
Guy Môquet
/ / 2013 : commémorat° du massacre
d’Ouradour-sur-Glane
L'historien et les mémoires de la Seconde
Guerre mondiale en France
1940 1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010
1964 :
Pantheonisation de
Jean Moulin
1973 : Robert Paxton, La
France de Vichy
1971 : Le Chagrin
et la Pitié de
Marcel Ophüs
1985 : Shoah de
Claude Lanzmann
1995 : J.Chirac reconnait la
responsabilité de l’Etat
français dans la
déportation des juifs
 Notions à connaitre par cœur :
Histoire, Mémoire, Résistancialisme , Négationnisme, Devoir de mémoire , Loi mémorielle, Hypermnésie
INTRO
« Vichy un passé qui a passe pas » nous explique Henry Rousso en 1994 avec la difficulté de L’état français a reconnaitre
sa responsabilité dans la déportation des Juifs lors de la 2nde
Guerre mondiale .En effet, la mémoire de la Seconde Guerre
mondiale est marquée par des traumatismes qui ont affecté la population. Il y a autant de mémoires que d’acteurs de
cette sombre période, et ce depuis 1945. Chaque groupe politique, social, culturel explique un aspect de l’histoire de la
Seconde Guerre mondiale. L’historien est confronté à ces mémoires plurielles. Son travail repose sur la mise à distance et
l’analyse des mémoires et des débats publics liés à cette période particulièrement tourmentée de l’histoire de France.
Pbq : Quels rôles ont joué les historiens dans l’évolution des mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France ?
I- « Tous résistants ? » : le mythe du resistancialisme (1945-1960)
A- Une société traumatisée
Lendemain de la 2nde GM France traumatisée / unie dans la resistance à cause :
- Honte de la défaite de 1940
- L’ignominie de la collab et de la participation à la politique génocidaire nazie : le régime de Vichy a accepté de
collaborer avec les Allemands jusqu'à apporter son aide à la déportation des juifs.
- L'humiliation de la guerre civile
Temps du résistancialisme Réveil des
mémoires
Vers la reconnaissance
officielle d’une pluralité de
mémoires
B- La domination du résistancialisme
Afin de refouler ces traumatismes, on construit une mémoire officielle développé
par communistes et gaullistes LE RESISTANCIALISME notion développée par
l'historien Henry Rousso dans son livre Le syndrome de Vichy (1987).
Contenu de cette mémoire :
- Français quasiment TOUS résistants (ex : film La grande Vadrouille)
- Une France vainqueurs au même titre que les autres alliés (soviétique et anglais)
- Le régime de Vichy n’est qu’une simple parenthèse dans l’histoire de la république ne
serait pas la « vraie France »
Mémoire héroïque (français=héros) et unanimiste
Objectif : restaurer la cohésion nationale, donner l'image d'une France unie et occulter la part
d'ombre des actes des Français pendant la Seconde Guerre mondiale.
C- Les limites du mythe : mémoires concurrentes et mémoires occultées
- Une concurrence entre les mémoires :
 entre gaullistes et communistes : ils n’ont pas même conception de la résistance.
Communistes = Résistance =soulèvement populaire, inscrit dans la lutte des classes. Quant
aux gaullistes, ils s'appuient
Gaullistes = un mouvement national et identitaire à l'initiative d'un seul homme.
 entre résistancialistes et vichystes : des intellectuels essayent d'atténuer le rôle du
régime de Vichy et de réhabiliter le maréchal Pétain
- les mémoires occultées : l'oubli de la mémoire des victimes du génocide
ex : le film Nuit et Brouillard
II- D'une à des mémoires : l'émergence d'une mémoire plurielle
(1970-1980)
A- Un nouveau contexte
 Les partisans du résistancialisme s'effacent Mort De Gaulle en 69 disparitions du
resistancialisme
 Une nouvelle génération apparaît : des Français qui n'ont pas connu directement les
traumatismes de la guerre atteignent l'âge adulte et sont prêts à entendre des discours
différents.
Néanmoins, la rupture n'est pas radicale : les gouvernements français refusent de reconnaître la
responsabilité de l’État français dans la déportation
B- La remise en cause du résistancialisme
- le mythe résistancialiste s'effondre car on découvre que :
 La France unie dans la Résistance n'existe pas et que la majorité des Français ont
adopté une attitude passive
 Le maréchal Pétain et le régime de Vichy ont une forte responsabilité dans la Shoah.
 La Révolution nationale du régime de Vichy est une politique autoritaire, très proche
des régimes fascistes.
C- Le réveil de la mémoire du génocide juif
 Le contexte est propice et plusieurs événements mobilisent la communauté juive :
- Les procès des chefs nazis (ex Aldolf Eichmann en 1961)
- La médiatisation du négationnisme (ex de Draquier de Pellepoix)
- Le renouvellement des générations
 La multiplication des témoignages révèle la mémoire particulière de la Shoah, longtemps
occultée. La spécificité raciale de la déportation des Juifs est enfin reconnue.
III- Apaisement ou hypermnésie ? : La place de l'historien dans
la construction des mémoires (1990 à aujourd'hui)
A- Une multiplication des acteurs de mémoires
Les acteurs de mémoire interviennent dans tous les secteurs de la société :
- Le monde judiciaire
- Le monde politique
- Le monde associatif
- Le monde éducatif (multiples exemples)
- Le monde scientifique
Cette diffusion des discours mémoriels aboutit aujourd'hui à une multiplication des journées
des actes de commémoration. Certains y voient une forme d'hypermnésie qui peut aboutir à
des dérives. Mais elle est aussi propice à un apaisement des mémoires
 Cette hypermnésie a des conséquences négatives sur le travail de mémoire :
- une concurrence des mémoires
- dévalorisation du devoir de mémoire
Mais la multiplication des actes de reconnaissance est aussi propice à l'apaisement des tensions
mémorielles exemple : discours de J.Chirac du Vel d’Hiv mémoire de la Shoah
plus apaisée
B- Un exemple majeur : la reconnaissance officielle du rôle de la France
Responsabilité de l'Etat français est reconnue par le président Jacques Chirac lors de son discours
du au Vel d'Hiv en 1995.
C- S'engager ou se distancier : deux attitudes d'historiens face à l'hypermnésie
 Certains historiens acceptent de s'engager :
L'engagement peut être contenu. Ils apportent leur contribution au travail de mémoire (ex :
Robert Paxton et Jean-Pierre Azéma témoignent lors du procès de Maurice Papon)
L'engagement peut aussi être plus soutenu. Des historiens s'engagent pleinement et affrontent les
acteurs de mémoires qu'ils accusent de travestir la réalité historique
 D'autres refusent tout lien avec les acteurs de mémoire et préfèrent s'en distancier. Ils
refusent de participer d'une quelconque manière à la diffusion des mémoires :
L’histoire doit tendre à l'objectivité alors que la mémoire favorise la subjectivité. Ces historiens
ne veulent pas être influencés par les différents groupes mémoriels qui ne retiennent souvent
que les aspects valorisants pour eux des événements. (ex : l'historien Henry Rousso a refusé de
témoigner dans les procès contre les chefs nazis)
 Pourtant, la vérité se trouve sûrement entre les deux. L'histoire ne s'oppose pas
complètement à la mémoire. Certes, histoire et mémoire sont différentes et ne remplissent pas
les mêmes objectifs mais ils se complètent et se nourrissent l'une et l'autre :
L’historien produit des travaux scientifiques sur lesquels s'appuient les acteurs de mémoire
pour faire reconnaître leurs droits. L’acteur de mémoire est à la fois une source et un objet
d'étude pour l'historien.
Conclusion
En conclusion, l'histoire et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France depuis
1945 sont intimement liées. Après la Seconde Guerre mondiale, les historiens ont participé à
la diffusion d'une mémoire officielle dominante, celle d'une France héroïque et résistante,
occultant les mémoires. Mais à partir des années 1970, certaines œuvres remettent en cause en
le mythe résistancialiste. Il y alors le réveil des mémoires, dont en particulier la mémoire du
génocide juif. Depuis les années 1990, on assiste à un apaisement des tensions mémorielles
depuis la reconnaissance par l’État français de sa responsabilité dans la déportation des Juifs.
Mais la multiplication des actes commémoratifs conduit à un risque d'hypermnésie que
dénoncent certains historiens.
L’historien et les mémoires de la Seconde Guerre
mondiale en France
« La France de Vichy un passé qui ne passe pas », formule d’Henry Rousso qui résume la difficulté de
la France à reconnaitre sa responsabilité dans la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre
mondiale.
L’histoire et la mémoire de la Seconde Guerre mondiale (2Gm) ne sont pas de même nature et leurs
relations sont complémentaires et conflictuelles.
Histoire : science qui étudie et explique objectivement les faits passés, les justifie avec des sources, et
les analyses de façon critique.
Mémoire : fait revivre subjectivement les faits du passé (sélection, transformation, suppression),
ensemble de souvenir d’une personne ou groupe social.
La mémoire peut s’opposer aux vérités historiques MAIS elle peut s’inspirer du travail des historiens
pour nourrir ses revendications.
L’historien peut refuser d’aider les acteurs de la mémoire (--> impartialité) MAIS peut faire de la
mémoire une source pour son travail (témoignage) ou un objet d’étude (histoire des mémoires).
Pour la 2Gm en France, plusieurs mémoires existent et s’entrecroisent : celle de la guerre, de la
résistance et des génocides. Les rapports complexes entre les acteurs de mémoire, les historiens,
l’opinion publie et la société (dû à la pluralité des mémoires), ont évolué au cours du temps durant 3
étapes (similaires à d’autres événements historiques) :
-déni occultation
-travail des archives et des acteurs de la mémoire
-reconnaissance avec un apaisement mémoriel et danger d’hypermnésie
Quels rôles ont donc joué les historiens dans l'évolution des mémoires
de la Seconde Guerre mondiale en France depuis 1945 ?
1945-1960 1970-1980
1990 à
aujourd'hui
1966
La Grande
Vadrouille
Le mythe du résistancialisme Emergence d’une mémoire
plurielle Apaisement ou hypermnésie ?
1945
Procès Mal Pétain
1945
Procès Mal Pétain
1973
Robert Paxton, La
France de Vichy1971
Le Chagrin et
la Pitié
1995
J.Chirac reconnaît la
responsabilité de l’état
français dans la déportation
des Juifs1985
Shoah
I-Le mythe du résitancialisme (1945-60) : terme provenant du Syndrome de Vichy 1987
(Henry Rousso), au lendemain de la 2Gm : mémoire d’une France unie et résistante s’impose
a-Société traumatisée
Plusieurs traumatismes s’additionnent :
-Défaite militaire en 40 (honte)
-collaboration et participation à la politique génocidaire nazie
-humiliation de la guerre civile entre résistants et collaborateurs
b-Domination du résistancialisme
Afin de restaurer l’unité nationale, gaulliste et communiste (qui dominent la politique) diffusent l’idée
d’une France combattante, unie -> « résitancialisme » notion développé par H.Rousso (Le syndrome
de Vichy 1987)
-les français auraient été quasiment tous résistants (ex : La Grande Vadrouille 1966)
-la France serait un vainqueur au même titre que les autres Alliés (américains, soviétiques et anglais)
-Vichy ne serait pas la « vraie France » mais une parenthèse
Cette mémoire est :
-héroïque, les français sont présentés comme des héros
-unanimiste (communiste et gaullistes cultivent et célèbrent l’image d’une France opposée à
l’occupant)
-un moyen de restaurer la cohésion national (pour donner l’image d’une France unie, et occulter la
part d’ombre des actes des français)
c-Limites du mythe : mémoires concurrentes et mémoires occultées
Le resistancialisme domine le discours mémoriels, mais trouve aussi ses limites :
-plusieurs mémoires se font concurrence, entre gaulliste et communistes (ils tentent de s’approprier
les mérites de la Resistance, ex : parti des 75000 fusillés et de Gaulle chef de la France libre) entre
résistancialistes et vichystes (Robert Aron 1954 idée du glaive (de Gaulle) et du bouclier (Pétain))
-il occulte la mémoire des victimes du génocide, la Shoah et les déportations racistes (déportation
condamnée mais comprise comme un tout, les victimes ne sont pas différenciées (tziganes,
homosexuelles, Juifs, politiques) ex : Nuit et brouillard 1956 où ka Shoah n’est pas mise en avant
II- L’émergence d’une mémoire plurielle (1970-80)
Travails des archives, révélations, puis la reconnaissance d’une mémoire de la 2Gm plurielle.
a-Un nouveau contexte
Les années 1970 sont propices à la fin de l’amnésie :
-partisans du résistancialisme s’effacent (de Gaulle se retire en 1969 et meurt en 70, le partie
communiste décline)
-une nouvelle génération apparaît qui n’a pas connu directement les traumatismes de la guerre
-mais les gouvernements français refusent de reconnaître la responsabilité de l’état français dans la
déportation
b-La remise en cause du résistancialisme
Progressivement ce mythe s’effondre, historiens et cinéastes ont accès à de nouvelles archives qui
éclaire d’un jour nouveau la réalité de la France entre 1940 et 1945.
-des films mettent en évidence les choix différents faits par les français sous l’occupation (Le Chagrin
et la Pitié de Marcel Öphuls, 1971)
- de nouveaux historiens (anglo-saxons tels que Robert Paxton, La France de Vichy 1983) participent à
la démythification en proposant une lecture inédite du rôle de Vichy (grâce aux nouvelles archives)
-on découvre que : la majorité des français n’a été ni collaboratrice, ni résistant (la France unie dans la
Résistance n’existe pas), le maréchal Pétain et le régime de Vichy ont une forte responsabilité dans la
Shoah, et la Révolution national du régime de Vichy est une politique autoritaire (très proche des
régimes facsistes)
c-Le réveil de la mémoire du génocide juif
Réveil de la mémoire de la Shoah à partir des années 60, même si les témoignages des rescapés des
« camps de la mort » sont rares (traumatisme encore présent)
-contexte propice : procès des chefs nazis (Adolf Eichmann en 1961, Klaus Barbie en 1987),
médiatisation du négationnisme (Draquier de Pellepoix, Robert Faurisson, Jean-Marie Le Pen),
renouvellement des générations (questionnement des petits enfants des déportés)
-multiplication des témoignages qui révèle la mémoire de la Shoah longtemps occultée, spécificité
raciale de la déportation enfin reconnu (on distingue les victimes politiques des victimes raciales)
-des historiens s’intéressent à ce sujet, certains s’engagent dans une traque des responsables de cette
barbarie raciste (Raul Hilberg, Beat et Serge Klarsfeld)
-des cinéastes mettent en image le génocide juif et le révèle au grand public (Shoah 1985 de Claude
Lanzmann).
III-Apaisement ou Hypermnésie ? : La place de l’historien dans la construction
des mémoires (1990 à aujourd’hui)
Aujourd’hui face à une inflation mémorielle les historiens tente de déterminer leur rôle
a-Une multiplication des acteurs mémoires
Les acteurs de mémoire interviennent dans tous les secteurs de la société :
-monde judiciaire, grand procès 5avocat Serge Klarsfeld, Maurice Papon condamné)
-monde politique, journée commémoratives, cérémonies, lois mémorielles (J. Chirac discours du Vel
d’Hiv)
-monde associatif, groupes victimaires se multiplient, souhaitant la reconnaissance des expériences et
souffrances
- monde éducatif, professeurs d’histoire et d’EMC sont inciter à expliquer l’actualité commémorative
-monde scientifique, travaux des historiens
Cette diffusion des discours mémoriels aboutit à une multiplication des journées des actes de
commémoration. Elle est sujet à des dérives (hypermnésie) mais est aussi propice à l’apaisement des
mémoires
b-La reconnaissance officielle du rôle de la France
Le 16 juillet 1995, la France reconnaît officiellement sa responsabilité dans la déportation des Juifs.
-De De Gaulle à Mitterrand, aucun président de la IVeme et de la Veme République n’avais voulue
reconnaitre que le régime de Vichy était bien l’état français (France responsable)
-mais la responsabilité de l’état français est reconnye par le président J. Chirac lors de son discours au
Vel d’Hiv en 1995.
-des actes des J. Chirac : indemnisation des familles juives et des orphelins de la Shoah (1999-2000),
construction du Mémorial de la Shoah en 2005
c-s’engager ou se distancier : deux attitudes d’historiens face à l’hypermnésie
-certains historiens acceptent de s’engager : contribution au travail de mémoire (Paxton et Jean-Pierre
Azéma témoignent lors du procès du Maurice Papon), engagement et affrontement des acteurs de
mémoires qu’ils accusent de travestir la réalité historique (Pierre-Vidal Naquet Les Assassins de la
Mémoire)
-l’histoire doit tendre à l’objectivité alors que la mémoire favorise la subjectivité (Henry Rousso a
refusé de témoigner dans les procès)
-pourtant la vérité se trouve sûrement entre les deux, l’histoire s’oppose pas complètement à al
mémoire Certes, l’histoire et mémoire sont différentes et ne remplissent pas les même objectifs, mais
ils se complètent et se nourrissent (l’historien produit des travaux scientifiques sur lesquels s’appuient
les acteurs de la mémoire pour faire reconnaître leurs droits, l’acteur de mémoire est à la fois une
source et un objet d’étude)
Conclusion :
Histoire et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France depuis 1945 sont intimement liées,
tantôt en opposition, tantôt complémentaires. Après la 2Gm les historiens ont participé à la diffusion
d’une mémoire officielle dominante (resistancialisme) occultant ainsi les autres. Paxton remet en
cause ce mythe, les archives et les témoignages permettent de réveiller une pluralité de mémoires.
Mais la multiplication des actes commémoratifs conduit à un risque d’hypermnésie que dénoncent
certains histoirens.
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  • 1. L’Historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale Introduction : En 1994, Henry Rousseau résume avec la formule « Vichy un passé qui ne passe pas » la difficulté que rencontre l’Etat Français à reconnaître son implication dans la collaboration avec les Nazis et dans la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Cela est dû au fait que l’Histoire et la mémoire ne sont pas de même nature est peuvent se compléter ou bien s’opposer. Il est donc intéressant de faire l’histoire des mémoires de la Seconde Guerre mondiale à fin de voir qu’il peut y avoir plusieurs désaccords entre l’Histoire, parfois la mémoire s’oppose à des vérités historiques. Mots importants : -Histoire : C’est la science qui étudie qui étudie les faits du passé, les justifie à l’aide de sources (témoignages, documents divers…), elle les analyse de façon critique afin d’en faire un récit objectif car l’histoire se veut objective pour expliquer le passé. -Mémoire : C’est un ensemble de souvenirs des faits du passé qu’une personne ou un groupe sociale a retenu en les sélectionnant, en transformant ou en effaçant certaines parties pour servir des intérêts. La mémoire est subjective, elle fait revivre le passé. Problématique : Quels rôles ont joué les historiens dans l’évolution des mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France depuis 1945 ? I- Le mythe du résitancialisme (de 1945 aux années 60) A) Le traumatisme de la société causé par la guerre : -Honte de la défaite -Rejet de la collaboration -Sentiment d’humiliation B) Mise en place de la domination du résitancialisme : -Contexte favorable après la guerre -Besoin de se rassembler derrière un leader : Charles de Gaulle, derrière une même idée (Tous les français ont été des résistants) -La France un vainqueur au même titre que les Alliés C) Les limites de ce mythe : -Occultation des mémoires (exemple : la déportation et le génocide Juif) -Mémoires concurrentes (exemples : -Gaullistes face aux communistes, résistancialistes face aux vichystes II- L’émergence d’une pluralité des mémoires (des années 70 aux années 80) A) Un contexte favorable à cette émergence : -Nouvelle génération (est moins traumatisée par la guerre et veulent connaître la vérité) -Le général de Gaulle se retire en 1969 et meurt en 1970 B) Le mythe du résistancialisme est remit en cause : -Accès à de nouvelles archives, exploitation de ces archives par les artistes et cinéastes ( France pas entièrement résistante, Vichy impliqué dans la collaboration et déportation des juifs) C) Le réveil de la mémoire du génocide juif : -Un contexte propice à ce réveil : procès de chef nazis, l’arrivée du négationnisme -Les nouvelles générations interroges leurs aïeux sur leur passé (témoignages) -Reconnaissance de la spécificité raciale de la déportation des Juifs
  • 2. III- Vers un apaisement ou une hypermnésie ? La place occupé par l’historien dans la construction des mémoires (années 90 à aujourd’hui) A) Une multiplication des acteurs de mémoires : - Acteurs de mémoire : individu ou groupe qui produit un travail de mémoire comme des livres, des sites internet ou autre pour empêcher l’oubli et servir certaines personnes qu’ils considèrent comme des héros. B) La reconnaissance officielle du rôle de la France : -16 juillet 1995, la France reconnaît officiellement sa responsabilité dans la déportation des Juifs -Aucun président ne voulait reconnaître que Vichy était bien l’Etat français -Le président Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de la France lors de son discours au Vel d’Hiv’ en 1995 C) Deux attitudes d’historiens face à l’hypermnésie : -S’engager : contribution au travail de mémoire, témoigné lors de grands procès comme l’on fait Robert Paxton et Jean-Pierre Azéma lors du procès de Maurice Papon -Se distancer pour laisser l’objectivité de l’Histoire Bilan : L’Histoire et la mémoire sont liées mais peuvent tout aussi bien être en opposition qu’être complémentaires. Après la guerre les historiens ont participé à la diffusion d’une mémoire officielle visant à donner l’image d’une France héroïque afin de la rassembler. Pendant les années 70 le résistancialisme est remis en cause et permet donc le réveil de plusieurs mémoires et non pas une seule. Depuis les années 90, le rôle de la France dans la déportation des juifs a été officiellement reconnu, un certain apaisement semble s’être mis en place mais cependant le processus de mémorialisation est loin d’être fini. Chronologie : -1945 aux années 60 : Le résistancialisme domine, aucune autre mémoire n’est reconnu, il y a qu’une seule mémoire officielle. -Des années 70 aux années 80 : De nouvelles mémoire font surfaces, reconnaissance d’une pluralité des mémoires et non plus d’une mémoire officielle, reconnaissance du génocide juif. -Des années 90 à maintenant : Reconnaissance du rôle qu’a jouer la France dans la déportation des juifs, reconnaissance de Vichy comme étant la France.
  • 3. L'historien et les mémoires de la 2nd Guerre mondiale en France Def Histoire : science qui étudie les faits passés, les justifie avec des sources et les analyse de façon critique pour en faire un récit objectif. Def Mémoire : Ensemble de souvenirs de faits passés qu'une personne/groupe social a retenu, souvent en les sélectionnant, transformant ou effaçant pour servir son/leur intérêt. I/ Le Mythe du Résistancialisme (1945-1960) A) Une société traumatisée -1940 Défaite militaire -Ignominie de la collaboration -Humiliation due à la guerre civile B) Domination du Résistancialisme (néologie de l'historien Henry Rousso in Le Syndrome de Vichy 1987) -Construction d'une mémoire collective/officielle pour effacer la honte, nous placer en héros et favoriser la cohésion nationale (film censuré : Nuit et Brouillard Alain Resnais) C) Limites du mythes -Concurrence des mémoires (ex : résistancialistes/Vichystes avec la théorie de « l'épée et du bouclier » de Aron in Histoire de Vichy 1954) -Mémoire occultées II/ Émergence d'une mémoire plurielle (1970-1980) A) Nouveau Contexte -Les partisans du résistancialisme s'effacent -Une nouvelle générat° qui n'a pas connu la guerre apparaît (Mai 1968) → L’État ne reconnaît pas encore Vichy B) Remise en cause du Résistancialisme -Historiens : Paxton (in La France de Vichy 1972) régime de Vichy à l'origine de la déportation, lois antisémites -Cinéastes : Ophüls (Le Chagrin et la Pitié 1971) et Louis Malle (Lacombe Lucien 1974) → Récemment Pierre Laborie parle de la « Résistance silencieuse » C) Réveil de la mémoire du génocide juif -Contexte propice (jugements de Klaus Barbie/Adolf Eichmann, médiatisat° du négationnisme, conflit israélo-palestinien, nouvelle générat° de juifs) +Couple d'historiens Klarsfell) III/ Apaisement ou Hypermnésie ? (1990-ajd) A) Multiplicat° des acteurs de mémoires -justice, politique, associat°, éducat°, monde scientifique → Concurrence des mémoires, dévalorisat° du devoir de mémoire → Apaisement des tensions
  • 4. B) Le reconnaissance du rôle de la France -16 juillet 1995 Jacques Chirac -De de Gaulle à Mitterrand personne n'avait reconnu le rôle, bien que Mitterrand commençait à commémorer C) Attitude des historiens -Certains s'engagent (Paxton, Azéma lors du procès de Papon) -D'autres refusent → Objectivité -Pourtant la vérité est entre les deux : histoire et mémoires se complètent Histoire et mémoire très liées (opposées ou complémentaires) Remise en cause du mythe (1970) puis éveil des mémoires (1990) Depuis, apaisement des tensions et hypermnésie 1945 1969 1972 16 juillet 1995 Fin de la Mort de La France de Vichy Jacques Chirac Guerre De Gaulle Paxton reconnait le rôle de la France I/ II/ III/
  • 5. L'historien et les mémoires de la 2nd Guerre mondiale en France Def Histoire : science qui étudie les faits passés, les justifie avec des sources et les analyse de façon critique pour en faire un récit objectif. Def Mémoire : Ensemble de souvenirs de faits passés qu'une personne/groupe social a retenu, souvent en les sélectionnant, transformant ou effaçant pour servir son/leur intérêt. I/ Le Mythe du Résistancialisme (1945-1960) A) Une société traumatisée -1940 Défaite militaire -Ignominie de la collaboration -Humiliation due à la guerre civile B) Domination du Résistancialisme (néologie de l'historien Henry Rousso in Le Syndrome de Vichy 1987) -Construction d'une mémoire collective/officielle pour effacer la honte, nous placer en héros et favoriser la cohésion nationale (film censuré : Nuit et Brouillard Alain Resnais) C) Limites du mythes -Concurrence des mémoires (ex : résistancialistes/Vichystes avec la théorie de « l'épée et du bouclier » de Aron in Histoire de Vichy 1954) -Mémoire occultées II/ Émergence d'une mémoire plurielle (1970-1980) A) Nouveau Contexte -Les partisans du résistancialisme s'effacent -Une nouvelle générat° qui n'a pas connu la guerre apparaît (Mai 1968) → L’État ne reconnaît pas encore Vichy B) Remise en cause du Résistancialisme -Historiens : Paxton (régime de Vichy à l'origine de la déportation, lois antisémithes) -Cinéastes : Ophüls (Le Chagrin et la Pitié 1971) et Louis Malle (Lacombe Lucien 1974) → Récemment Pierre Laborie parle de la « Résistance silencieuse » C) Réveil de la mémoire du génocide juif -Contexte propice (jugements de Klaus Barbie/Adolf Eichmann, médiatisat° du négationnisme, conflit israélo- palestinien, nouvelle générat° de juifs) +Couple d'historiens Klarsfell) III/ Apaisement ou Hypermnésie ? (1990-ajd) A) Multiplicat° des acteurs de mémoires -justice, politique, associat°, éducat°, monde scientifique → Concurrence des mémoires, dévalorisat° du devoir de mémoire → Apaisement des tensions B) Le reconnaissance du rôle de la France -16 juillet 1995 Jacques Chirac -De de Gaulle à Mitterrand personne n'avait reconnu le rôle, bien que Mitterrand commençait à commémorer C) Attitude des historiens -Certains s'engagent (Paxton, Azéma lors du procès de Papon) -D'autres refusent → Objectivité -Pourtant la vérité est entre les deux : histoire et mémoires se complètent Histoire et mémoire très liées (opposées ou complémentaires) Remise en cause du mythe (1970) puis éveil des mémoires (1990) Depuis, apaisement des tensions et hypermnésie
  • 6. L’histoire et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France L’introduction : Accroche, analyse du sujet, définir l’histoire et la mémoire, faire le lien entre l’histoire et la mémoire, évoquer le cas de la 2nd guerre mondiale. Problématique : Quels rôles ont donc joué les historiens dans l’évolution des mémoires de la 2nd Guerre mondiale en France depuis 1945 ? Le mythe du Résistancialisme (45/60) L’émergence d’une mémoire plurielle (70/80) Le rôle de l’historien dans la construction des mémoires (90 à aujourd’hui) I) Le mythe du Resistancialisme Au lendemain de la 2nd Guerre mondiale, la mémoire d’une France unie toute entière la résistance s’impose. Une société traumatisée Au sortir de la 2nd Gm, plusieurs traumatismes ressortent au sortir du confit : La honte de la défaite militaire de 1940, l’ignominie de la collaboration et de la participation à la politique génocidaire nazie, et enfin, l’humiliation de la guerre civile La domination du Resistancialisme Apparition de la mémoire d’une France unie dans la résistance, elle se nomme le « Resistancialisme » et est développée par l’historien Henry Rousso : Cette mémoire considère que : les Français auraient été quasiment dans leur ensemble résistants, La France serait un vainqueur au même titre que les autres alliés, le régime de Vichy ne serait pas la « vraie France ». Cette mémoire a deux caractéristiques ; elle est héroïque et unanimiste. Cette mémoire a un objectif : restaurer la cohésion nationale. Les limites du mythe Le Résistancialisme trouve des limites. Plusieurs mémoires se font concurrences : 1re concurrence : gaullistes/communistes. 2e entre résistancialistes et vichystes. Puis il y a une seconde limite avec l’oubli des mémoires des victimes des génocides. II) L’émergence d’une mémoire plurielle
  • 7. Le travail des archives permet la révélation, puis la reconnaissance d'une mémoire de la Seconde Guerre mondiale plurielle. Nouveau Contexte A partir de 70, le contexte change et est propice à l’amnésie : Les partisans du Résistancialisme s’effacent et une nouvelle génération apparait. Mais cette rupture n’est pas radicale avec le rejet du gouvernement français au sujet de l’implication de l’état Français dans la déportation. Remise en cause du Résistancialisme Progressivement le mythe du Résistancialisme s'effondre : des films mettent en évidence les choix différents faits par les Français sous l’occupation, De nouveaux historiens venus du monde anglo saxon participent à la démythification, et le mythe du Résistancialisme s’effondre Le réveil de la mémoire du génocide juif On assiste à partir des années 60 à un réveil de la mémoire de la Shoah, ou génocide juif. Le contexte est propice et plusieurs événements mobilisent la communauté juive : les procès des chefs Nazis, la médiatisation du négationnisme, ou encore le renouvellement des générations. La multiplication des témoignages révèle la mémoire particulière de la Shoah : Des historiens s’intéressent à ce sujet, Des cinéastes mettent en place le génocide juif et le révèle au grand public III) La place de l’historien dans la construction des mémoires (1990 à nos jours) De nos jours, face à une inflation mémorielle, les historiens tentent de déterminer leur rôle, c’est ce que nous allons voir dans nos trois sous parties. Une multiplication des acteurs de mémoires Le nombre d'acteurs à intervenir dans le processus de construction des mémoires de la Seconde Guerre mondiale augmente à partir des années 1990. Cette augmentation témoigne d'un phénomène plus général : l'hypermnésie. Les acteurs de mémoire interviennent dans tous les secteurs de la société : le monde judiciaire, le monde politique, le monde associatif, le monde éducatif et le monde scientifique. Cette diffusion des discours mémoriels aboutit aujourd'hui à une multiplication desjournées des actes de commémoration. Certains y voient une forme d'hypermnésie qui peut aboutir à des dérives. Mais elle est aussi propice à un apaisement des mémoires : Cette hypermnésie a des conséquences négatives sur le travail de mémoire, mais la multiplication des actes de reconnaissance est aussi propice à l'apaisement des tensions mémorielles. La reconnaissance officielle du rôle de la France Le 16 juillet 1995, la France reconnaît officiellement sa responsabilité dans la déportation des Juifs. De De gaulle à Mitterrand, aucun président de la IV et de la Ve république n’avait voulu reconnaitre que la France avait une responsabilité. De Gaulle considérait que le régime de Vichy était une parenthèse dans l'histoire de la République. Mais la responsabilité de l’État français est reconnue par le président Jacques Chirac lors de son discours du au Vel d'Hiv en 1995. En conformité avec ses propos, des actes sont pris durant ses deux mandats. Nous pouvons citer par exemple la construction du Mémorial de la Shoah en 2005 Deux attitudes d’historiens face à l’hypermnésie
  • 8. Face à cette hypermnésie, les historiens sont divisés sur l'attitude à adopter : participer, s'engager pleinement ou se distancier ?. Certains historiens acceptent de s'engager : cet engagement peut être contenu. Ils apportent leur contribution au travail de mémoire. Mais certains historiens refusent de participer à la diffusion des mémoires. Pourtant, la vérité se trouve sûrement entre les deux. L'histoire ne s'oppose pas complètement à la mémoire ; l'historien produit des travaux scientifiques sur lesquels s'appuient les acteurs de mémoire pour faire reconnaître leurs droits
  • 9. CHAPITRE 1 : L'histoire et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France "Vichy un passé qui ne passe pas" ; Livre de Henri Rousso => Résume la difficulté de l'état français a reconnaitre la responsabilité dans la déportation des juifs pendant la 2nde Guerre mondiale. Passé qui ne passe pas car la mémoire et l'Histoire ne sont pas de même nature avec des relations conflictuelles ou complémentaires : La mémoire peut déformer la vérité historique mais elle peut aussi s'inspirer de l'Histoire. 3 étapes : - Occultation des mémoires => Oublie des autres mémoires (ex : génocide juifs) - Réveil des mémoires car on les étudies => Concurrence entre les mémoires - Reconnaissance officielle => risque d'hypermnésie (toujours entrain de commémorer) Quels rôles ont joués les historiens dans l'évolution des mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France ? Plan. I - " Tous résistants ? " : Le mythe du résistancialisme (1945-1960) A) Une société traumatisée Plusieurs traumatismes au lendemain de la 2nde GM : - Honte de la défaite 1940. - L'ignominie de la collaboration au génocide juif. - Traumatisme de la guerre civile entre Français résistants et collaborateurs. B) La domination du résistancialisme Mémoire officielle développée par les Gaullistes et les communistes : Le résistancialisme. Contenu de la mémoire : - Quasi tous résistants (ex : La grande vadrouille 1966) - France vainqueurs au même titre que les Alliés - Vichy n'est qu'une parenthèse dans l'histoire de la Rép. Française (ex : Nuit et brouillard 1956) Mémoire 2 caractéristiques : - Héroïque. - France entièrement résistante. C) Les limites du mythe : mémoires concurrentes et mémoire occultées Concurrence entre les mémoires entre : - Les gaulliste et communistes : 2 visions différentes
  • 10. - Les résistancialistes et les vichyste (ex : Robert Aron 1954 , thèse de l'épée et du bouclier) => De Gaulle . Et Pétain résistant à sa manière (= douloureuse) Mémoires occultées , notamment le génocide juif. Les historiens considèrent que l'ont peux pas se fier aux témoignages mais aux écrits. (ex : "Ce que nous avions vécu personne ne voulait le savoir" Simone Weil, rescapée d'Auschwitz) II - D'une a des mémoires : l'émergence d'une mémoire plurielle (70-80) A) Un nouveau contexte 1970, le contexte change ; amnésie. - Les partisants du résistancialisme d'effacent. (ex : De Gaulle meurt en 69). Il y a 2 groupes : Gaulliste // Communiste. - Une nouvelle génération apparait ; n'a pas connu la guerre mais Mai 68 => generation dite "soixante-huitarde" => va changer la recherche historique. (ex : Paul Toubier) La France prêt a entendre une autre discourt , néanmoins la rupture n'est pas radicale car le gouvernement refuse toujours de reconnaitre la responsabilité de la déportation des juifs et continue d'aller fleurir la tombe de Pétain. B) La remise en cause du résistancialisme Peu a peu le mythe du résistancialisme s'effondre à cause des historiens et cinéastes => montrent que les choix des français étaient plus complexes qu'on pouvait le penser (ex : La combe Lucien, Louis Malle 1974 . Chagrin et la pitié, Marcel Olphüls 1971 => polémique). Il démontrent pour la 1ere fois que c'est le régime de Vichy à l'initiative de la déportation juive et des lois sur l'antisémisme Pierre Labory ni d'accord avec l'idée de "tous résistants" ni pour dire que tous les français sont attentistes. Pour lui les 2 sont mal et selon lui il y avait la résistance silencieuse (=non consentant, laisse la résistance se faire et petits actes) (ex : Fleurir les tombes des résistants, déchirer les affiches des allemands, siffler quand Hitler apparait aux écrans...) C) Réveil de la mémoire des génocides Réveil de la mémoire de la Shoah : - Propice à la mobilisation de la communauté juive (ex : Klaus Barbie, Adolf Einchmann (organisateur de la solution finale)) - La médiatisation de négationnisme en 1979 (ex : dans Le Monde chambre a gaz et camp de déportation jamais existés) - Guerre des 6 jours (1952) et kippour (1973)
  • 11. - Petits enfants, nouvelles générations Ce contexte favorable révèle la spécificité de la mémoire du génocide juif. On distingue désormais les victimes politiques et raciales. • Des historiens se mobilisent (ex : les Klarsfeld chasse aux Nazis). Dépouiller les archives pour retracer l'itinéraire des 75 milles juifs, traquer les Nazis encore en liberté , le but est de les condamner pour crime contre l'humanité (Loi 1964). • Les Cinéaste mettent en image le génocide juif (ex : Shoah de Claude Lanzmann) III - Apaisement ou hypermnésie ? La place de l'historien dans la construction des mémoires (1990 a aujourd'hui) A) Multiplications des acteurs de mémoires Le nmb d'acteurs a intervenir dans le processus de construction des mémoires augmente, cela témoigne de l'hypermnésie. Interviennent dans tout les secteurs : - Le monde judiciaire , (ex : Amnistie de Paul Touvier et condamnation de Maurice Papon) - Le monde politique , (ex : Jacques Chirac et son discours du Vel d'Hiv, Sarkozy demande a ce que les lycéens lisent une lettre de Guy Moquet ) - Le monde associatif , (ex ; La fédération national des déportés et internés résistants et patriotes obtient la construction d'un centre d'histoire de la résistance en 92 et la journée de commémoration des persécutiens racistes et antisémites en 93) - Le monde éducatif : (ex : L'historien Nicolas Offenstadt estime que ces journées ont une vertu pédagogique et sont l'occasion pour les professeurs de faire par exemple des dossiers avec leurs élèves.) - Le monde scientifique : (ex : Travaux des historiens font émerger la mémoire du génocide des Tziganes ou Porajmos. Le génocide tzigane est désormais au programme des lycées. Néanmoins cette mémoire est encore marginale. Beaucoup de communes françaises refusent de reconnaître qu'elles possédaient un camp de concentration sur leur territoire.) L'hypermnésie peut entraîner une concurrence des mémoires (ex : en 1992, les déportés et internés politiques obtiennent de la Cour de cassation que les travailleurs du STO ne puissent pas se considérer comme des « déportés ») Hypermnésie a dévalorisé le devoir de mémoire : risque de travestir la réalité historique. Mais elle est aussi propice à un apaisement des mémoires. B) Un exemple majeur : la reconnaissance officielle du rôle de la France 16 juillet 1995, la France reconnaît officiellement sa responsabilité dans la déportation des Juifs. De De Gaulle à Mitterrand, aucun président de la IVe et de la Ve République n'avait voulu reconnaître que le régime de Vichy était bien l’État français et donc que la France avait bien une responsabilité.
  • 12. Pour De Gaulle ; régime de Vichy était une parenthèse dans l'histoire de la République et ne faisait pas partie de « France éternelle », de la « seule France », de la « vraie France ». Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing pense pareil. La responsabilité de l'Etat français est reconnue par le président Jacques Chirac lors de son discours du au Vel d'Hiv en 1995. (Ce lieu est hautement symbolique car c'est dans ce Vélodrome d'Hiver que sont rassemblés les juifs raflés dans la nuit du 16 juillet 1942 avec l'aide de 7000 policiers français, avant qu'ils ne soient déportés vers les camps d'extermination) C) S'engager ou se distancier : deux attitudes d'historiens face à l'hypermnésie Face à cette hypermnésie, les historiens sont divisés sur l'attitude à adopter : participer, s'engager pleinement ou se distancier ? - Certains historiens acceptent de s'engager : (ex : des historiens témoignent lors des grands procès : Robert Paxton et Jean-Pierre Azéma témoignent lors du procès de Maurice Papon. Des historiens répondent aux sollicitations des politiques : Annette Wieviorka participe à la mission Matteoli, mission d'étude sur la spoliation des biens des Juifs de France de 1940 à 1944) - L'engagement peut aussi être plus soutenu. (ex : L'historien Pierre-Vidal Naquet a écrit Les Assassins de la Mémoire où il s'engage contre les négationnistes) - D'autres préfèrent s'en distancier. L'histoire doit tendre à l'objectivité alors que la mémoire favorise la subjectivité. (ex : En 2005, la pétition Liberté pour l'histoire est lancée par plus de 600 historiens après qu'une loi obligeait les manuels scolaire à mettre en avant "le rôle positif de la présence française outre-mer". D'autres lois mémorielles sont dénoncées : certaines liées directement à la Seconde Guerre mondiale (loi Gayssot de 1990 qui punit la négation des crimes contre l'humanité), d'autres non (loi de 2001 reconnaissant le génocide arménien; loi Taubira de 2001 qui déclare la traite négrière comme crime de l'humanité). (ex : L'historien Henry Rousso a refusé de témoigner dans les procès contre les chefs nazis.) Pourtant l'histoire ne s'oppose pas complètement à la mémoire, ils se complètent et se nourrissent l'une et l'autre Conclusion : L'histoire et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale sont liées, tantôt en opposition, tantôt complémentaires. La multiplication des actes commémoratifs conduit à un risque d'hypermnésie que dénoncent certains historiens. Mais les mémoires de la Seconde Guerre mondiale sont toujours une matière à vif. Loin d'être arrivé à son terme.
  • 13. L’historien et les mémoires de la 2GM en France depuis 1945 INTRO : « La France de Vichy, un passé qui ne passe pas » (H. Rousso) : difficulté à reconnaitre la resp deAcc : la Fr ds la dep (déportat°) des Juifs pdt 2GM. M (mémoire) et H (histoire) parfois conflictuelles parfois complémentaires. H (science qui étudie les faits du passé. Utilise des sources (témoignages, archives), les analyseDef : de façon critique pr en faire un récit obj. H explique le passé). M (Souvenirs des faits du passé svt retenus sélectionnés, laissant seulement les intérêts d’1 pers ou d’1 gr social. M subj, fait revivre le passé.) M s’oppose parfois à des vérités histo, ms s’inspire de l’H// H peut refuser d’aider les acteursLiens : de la M au nom de l’impartialité, comme peut aussi en faire une source de W (travail) (témoignages). 2GM (Seconde Guerre mondiale) : Ap cette G, plusieurs M existent et s’entrecroisent (celle de G , R (résistance), gen (génocides)). Ces rapports sont complexes. Ils ont évolués au cours du tps (3 étapes). Prbl : Quels rôles ont dc joué les hist (historiens) ds l’ev des M de 2GM en Fr depuis 1945 ? PLAN/ DVL : I) Mythe du R (Rcialisme) (1945- 1960) A) Société traumatisée Conjugaison de plusieurs traumatismes au sortir de la 2GM : -Honte de la défaite militaire en 1940 (armée Fr, très bonne, balayée rapidement par armée All). -Ignominie de collab + part à la pol génocide nazie. -Humiliation de Gcivile (résistants VS pers au service de Vichy + nazis). B) Dominat° du Rcialisme Libération : traumatismes (T) refoulés, remplacés par 1 M d’1 Fr unie ds R : le « résistancialisme ». Cette M prône le fait que : -quasi ts les Fr auraient étés R (ex : La Grande Vadrouille (1966) de G. Oury). -Fr serait un vainqueur au mm titre que les autres alliés, ce qui n’est pas vrai (USA voulaient imposer un protectorat admi à la Fr). -Régime de Vichy : (…) ds l’histoire de Fr ; pas la « vraie Fr » (ex : Nuit et brouillard (1956) de A. Resnais). Deux caractéristiques : héroïque (ts les anti-héros ne sont pas condamnés (ex : « Malgré-nous » ac massacre de Oradour-sur-Glane), et unanimiste (côm et gâul célèbrent l’image d’1 Fr Rte à l’occ (ex : Mémorial de la Fr combattante en 1960 au mont Valérien)). 1 obj : restaurer la cohésion nationale (occulter part d’ombre de Fr et mettre en avant sont unité). C) Limites du mythe : M concurrentes et M occultées -Concurrences entre les mémoires (côm (communistes) et gâul (gaullistes)// Rcialisme et vichystes (ex : Histoire de Vichy (1954) de R. Aaron  « glaive et bouclier »)). -Oubli de M des victimes du génocide (deportat° condamnée ms victimes par précisément identifiées + pas de considération pr leurs témoignages (considérés comme trop partiaux)) (ex : Nuit et brouillard (1956) de A. Resnais, prononce pas une fois le mot « juif »). II) 1à plsrs M : l’émergence d’1 M plurielle (1970-1980) A) Un nouveau contexte
  • 14. Fin 1970 : contexte change, propice à la fin de l’amnésie. -Effacement des partisans du Rcialisme+ parti côm disparait -Apparit° d’1 new générat° : ceux qui n’ont pas connu directement les T de G (ex : G. Pompidou gracie P. Touvier, chef milicien, et choque l’op publique : Français (Frç) prêts à entendre autre discours). -ATT° !! Rupture pas radicale : gvn Fr refuse d’accepter implicat° de la Fr ds la déportat° (ex : psdts continuent de fleurir tombe de Pétain le 11 nov). B) Remise en cause de Rcialisme Effondrement du Rcialisme (W des historiens et cinéastes qui découvrent de news archives) Films : Le chagrin et la pitié (1971) de M. Öphuls // Lacombe Lucien de L. Malle// Papi fait de la R. Hist : La France de Vichy (1983) de R. Paxton. BILAN : Rcialisme s’effondre car découverte que : -Fr unie n’existe pas, bcp de Frç  attentistes -Régime de Vichy : forte resp ds la Shoah -Régime de Vichy : pol autoritaire, proche des régimes fascistes. C) Réveil de la M du génocide juif (Gen j) Années 60 réveil de M de Shoah (S), pas avant car traumatisme encore important. -plusieurs evnts mobilisent la communauté juive : *Procès des chefs nazis (ex : Klaus Barbie) * médiatisat° du négationnisme (ex : JM Le Pen) * renouvellnt des générations qui interrogent leurs aïeux qt à leur passé -Enfin, reconnaissance de la spécificité raciale des dep juifs -Des hist s’engagent pleinement ds la traque des responsables de cette barbarie raciste (ex : les époux Klarsfeld pr obtenir les procès pr les resp all et fr du génocide) -Des cinéastes : mise en image du Gen j (ex : Shoah (1985) de C. Lanzmann). III) Apaisement ou hypermnésie ? Place de l’hist ds construct° des M (1990 à ojd) A) Multiplicat° des acteurs de M -Ds plusieurs domaines : monde judiciaire (procès (ex : M. Papon)), politique (journées commémoratives, lois mémorielles, cérémonies (ex : J. Chirac accepte la repentance ac son discours du Vel d’Hiv)), associatif (ex : assoc des Fils et Filles des dep juifs de France), éducatif (profs expliquent l’actu commémorative à leurs élèves), scientifique (étudier la place + rôle de gr spé pdt 2GM). -XXX des journées des actes de commémorat° (hypermnésie// apaisement des M) (ex : peut entraîner une concurrence des M (Weurs du STO qui ne peuvent être considérés comme des dep)) - Apaisement des M, depuis discours du Vel d’Hiv de J. Chirac. B) Ex : reconnaissance officielle du rôle de la Fr (16/07/1995) -De De Gaulle à Mittérand, pdsts reconnaissent pas que Rég de Vichy ETAIT le gvn Fr, et que Fr resp. - J. Chirac reconnait la resp de l’État fr ds son discours du Vel d’Hiv en 1995 (lieu symb car c là que sont réunis les juifs raflés ds la nuit du 16 ou 17/07/1942, av d’être dep vers des camps de concentration (voir le film la rafle (2010))). Actes réalisés pdt son mandat : Indemnisat° des familles juives spoliées + construct° du Mémorial de la Shoah (2005). C) S’engager ou se distancier : 2 attitudes d’hist face à l’hypermnésie Participer, s’engager pleinement ou se distancier ?
  • 15. -S’engager *Contenu (ex : témoignage de R. Paxton lors du procès de M. Papon) *Soutenu ((ex : P-V.Naquet a écrit Les assassins de la Mémoire où il s’engage contre les négationnistes). -Ne pas s’engager *M suggère subjectivité, alors que H prône l’objectivité (ex : H. Rousso  refus de témoigner ds les procès : place d’1 hist pas ds 1 tribunal !!) -Entre les deux : H et M différents mais peuvent se compléter. CCl : H et M de 2GM depuis 1945 sont tantôt complémentaires tantôt en opposition. Ap 2GM, hist ont diffusé une seule M (Fr héroïque) au dépend des autres. Ms à partir de ≈1970, cinéma + histoire remettent en cause le R  apparit° d’1 pluralité des M. Depuis 1990, apaisement des tensions (grâce à la reconnaissance de l’État ds la dép des juifs). Ms… cela peut conduire à l’hypermnésie. Processus de Mrialisat° tjrs en cours. Tensions ressurgissent (M du génocide Tsigane, troupesOuv : coloniales). Chronologie : De 1945 à 1970 : le tps du Rcialisme. De 1970 à 1980 : réveil des M 1990 à ojd : reconnaissance officielle d’1 pluralité des M 1945 : Procès du Maréchal Pétain 1971 : Le chagrin et la pitié de M. Ophüls 1992 : commémorat° officielle de l’anniv de la rafle du Vel d’Hiv (J. Chirac) 1956 : Nuit et brouillard d’A. Resnais 1973 : La France de Vichy de R. Paxton 1995 : reconnaissance de resp de l’État Fr ds dep des Juifs 1960 : inaugurat° du Mémorial au mont Valérien 1974 : Lucien Lacombe de L. Malle 1997 : procès Papon 1966 : La Grande Vadrouille de G. Oury 1985 : Shoah de C. Lanzmann 2007 : journée nationale en l’honneur de Guy Môquet / / 2013 : commémorat° du massacre d’Ouradour-sur-Glane
  • 16. L'historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France 1940 1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010 1964 : Pantheonisation de Jean Moulin 1973 : Robert Paxton, La France de Vichy 1971 : Le Chagrin et la Pitié de Marcel Ophüs 1985 : Shoah de Claude Lanzmann 1995 : J.Chirac reconnait la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des juifs  Notions à connaitre par cœur : Histoire, Mémoire, Résistancialisme , Négationnisme, Devoir de mémoire , Loi mémorielle, Hypermnésie INTRO « Vichy un passé qui a passe pas » nous explique Henry Rousso en 1994 avec la difficulté de L’état français a reconnaitre sa responsabilité dans la déportation des Juifs lors de la 2nde Guerre mondiale .En effet, la mémoire de la Seconde Guerre mondiale est marquée par des traumatismes qui ont affecté la population. Il y a autant de mémoires que d’acteurs de cette sombre période, et ce depuis 1945. Chaque groupe politique, social, culturel explique un aspect de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. L’historien est confronté à ces mémoires plurielles. Son travail repose sur la mise à distance et l’analyse des mémoires et des débats publics liés à cette période particulièrement tourmentée de l’histoire de France. Pbq : Quels rôles ont joué les historiens dans l’évolution des mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France ? I- « Tous résistants ? » : le mythe du resistancialisme (1945-1960) A- Une société traumatisée Lendemain de la 2nde GM France traumatisée / unie dans la resistance à cause : - Honte de la défaite de 1940 - L’ignominie de la collab et de la participation à la politique génocidaire nazie : le régime de Vichy a accepté de collaborer avec les Allemands jusqu'à apporter son aide à la déportation des juifs. - L'humiliation de la guerre civile Temps du résistancialisme Réveil des mémoires Vers la reconnaissance officielle d’une pluralité de mémoires
  • 17. B- La domination du résistancialisme Afin de refouler ces traumatismes, on construit une mémoire officielle développé par communistes et gaullistes LE RESISTANCIALISME notion développée par l'historien Henry Rousso dans son livre Le syndrome de Vichy (1987). Contenu de cette mémoire : - Français quasiment TOUS résistants (ex : film La grande Vadrouille) - Une France vainqueurs au même titre que les autres alliés (soviétique et anglais) - Le régime de Vichy n’est qu’une simple parenthèse dans l’histoire de la république ne serait pas la « vraie France » Mémoire héroïque (français=héros) et unanimiste Objectif : restaurer la cohésion nationale, donner l'image d'une France unie et occulter la part d'ombre des actes des Français pendant la Seconde Guerre mondiale. C- Les limites du mythe : mémoires concurrentes et mémoires occultées - Une concurrence entre les mémoires :  entre gaullistes et communistes : ils n’ont pas même conception de la résistance. Communistes = Résistance =soulèvement populaire, inscrit dans la lutte des classes. Quant aux gaullistes, ils s'appuient Gaullistes = un mouvement national et identitaire à l'initiative d'un seul homme.  entre résistancialistes et vichystes : des intellectuels essayent d'atténuer le rôle du régime de Vichy et de réhabiliter le maréchal Pétain - les mémoires occultées : l'oubli de la mémoire des victimes du génocide ex : le film Nuit et Brouillard II- D'une à des mémoires : l'émergence d'une mémoire plurielle (1970-1980) A- Un nouveau contexte  Les partisans du résistancialisme s'effacent Mort De Gaulle en 69 disparitions du resistancialisme  Une nouvelle génération apparaît : des Français qui n'ont pas connu directement les traumatismes de la guerre atteignent l'âge adulte et sont prêts à entendre des discours différents. Néanmoins, la rupture n'est pas radicale : les gouvernements français refusent de reconnaître la responsabilité de l’État français dans la déportation B- La remise en cause du résistancialisme - le mythe résistancialiste s'effondre car on découvre que :  La France unie dans la Résistance n'existe pas et que la majorité des Français ont adopté une attitude passive
  • 18.  Le maréchal Pétain et le régime de Vichy ont une forte responsabilité dans la Shoah.  La Révolution nationale du régime de Vichy est une politique autoritaire, très proche des régimes fascistes. C- Le réveil de la mémoire du génocide juif  Le contexte est propice et plusieurs événements mobilisent la communauté juive : - Les procès des chefs nazis (ex Aldolf Eichmann en 1961) - La médiatisation du négationnisme (ex de Draquier de Pellepoix) - Le renouvellement des générations  La multiplication des témoignages révèle la mémoire particulière de la Shoah, longtemps occultée. La spécificité raciale de la déportation des Juifs est enfin reconnue. III- Apaisement ou hypermnésie ? : La place de l'historien dans la construction des mémoires (1990 à aujourd'hui) A- Une multiplication des acteurs de mémoires Les acteurs de mémoire interviennent dans tous les secteurs de la société : - Le monde judiciaire - Le monde politique - Le monde associatif - Le monde éducatif (multiples exemples) - Le monde scientifique Cette diffusion des discours mémoriels aboutit aujourd'hui à une multiplication des journées des actes de commémoration. Certains y voient une forme d'hypermnésie qui peut aboutir à des dérives. Mais elle est aussi propice à un apaisement des mémoires  Cette hypermnésie a des conséquences négatives sur le travail de mémoire : - une concurrence des mémoires - dévalorisation du devoir de mémoire Mais la multiplication des actes de reconnaissance est aussi propice à l'apaisement des tensions mémorielles exemple : discours de J.Chirac du Vel d’Hiv mémoire de la Shoah plus apaisée B- Un exemple majeur : la reconnaissance officielle du rôle de la France Responsabilité de l'Etat français est reconnue par le président Jacques Chirac lors de son discours du au Vel d'Hiv en 1995. C- S'engager ou se distancier : deux attitudes d'historiens face à l'hypermnésie  Certains historiens acceptent de s'engager : L'engagement peut être contenu. Ils apportent leur contribution au travail de mémoire (ex : Robert Paxton et Jean-Pierre Azéma témoignent lors du procès de Maurice Papon)
  • 19. L'engagement peut aussi être plus soutenu. Des historiens s'engagent pleinement et affrontent les acteurs de mémoires qu'ils accusent de travestir la réalité historique  D'autres refusent tout lien avec les acteurs de mémoire et préfèrent s'en distancier. Ils refusent de participer d'une quelconque manière à la diffusion des mémoires : L’histoire doit tendre à l'objectivité alors que la mémoire favorise la subjectivité. Ces historiens ne veulent pas être influencés par les différents groupes mémoriels qui ne retiennent souvent que les aspects valorisants pour eux des événements. (ex : l'historien Henry Rousso a refusé de témoigner dans les procès contre les chefs nazis)  Pourtant, la vérité se trouve sûrement entre les deux. L'histoire ne s'oppose pas complètement à la mémoire. Certes, histoire et mémoire sont différentes et ne remplissent pas les mêmes objectifs mais ils se complètent et se nourrissent l'une et l'autre : L’historien produit des travaux scientifiques sur lesquels s'appuient les acteurs de mémoire pour faire reconnaître leurs droits. L’acteur de mémoire est à la fois une source et un objet d'étude pour l'historien. Conclusion En conclusion, l'histoire et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France depuis 1945 sont intimement liées. Après la Seconde Guerre mondiale, les historiens ont participé à la diffusion d'une mémoire officielle dominante, celle d'une France héroïque et résistante, occultant les mémoires. Mais à partir des années 1970, certaines œuvres remettent en cause en le mythe résistancialiste. Il y alors le réveil des mémoires, dont en particulier la mémoire du génocide juif. Depuis les années 1990, on assiste à un apaisement des tensions mémorielles depuis la reconnaissance par l’État français de sa responsabilité dans la déportation des Juifs. Mais la multiplication des actes commémoratifs conduit à un risque d'hypermnésie que dénoncent certains historiens.
  • 20. L’historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France « La France de Vichy un passé qui ne passe pas », formule d’Henry Rousso qui résume la difficulté de la France à reconnaitre sa responsabilité dans la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. L’histoire et la mémoire de la Seconde Guerre mondiale (2Gm) ne sont pas de même nature et leurs relations sont complémentaires et conflictuelles. Histoire : science qui étudie et explique objectivement les faits passés, les justifie avec des sources, et les analyses de façon critique. Mémoire : fait revivre subjectivement les faits du passé (sélection, transformation, suppression), ensemble de souvenir d’une personne ou groupe social. La mémoire peut s’opposer aux vérités historiques MAIS elle peut s’inspirer du travail des historiens pour nourrir ses revendications. L’historien peut refuser d’aider les acteurs de la mémoire (--> impartialité) MAIS peut faire de la mémoire une source pour son travail (témoignage) ou un objet d’étude (histoire des mémoires). Pour la 2Gm en France, plusieurs mémoires existent et s’entrecroisent : celle de la guerre, de la résistance et des génocides. Les rapports complexes entre les acteurs de mémoire, les historiens, l’opinion publie et la société (dû à la pluralité des mémoires), ont évolué au cours du temps durant 3 étapes (similaires à d’autres événements historiques) : -déni occultation -travail des archives et des acteurs de la mémoire -reconnaissance avec un apaisement mémoriel et danger d’hypermnésie Quels rôles ont donc joué les historiens dans l'évolution des mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France depuis 1945 ? 1945-1960 1970-1980 1990 à aujourd'hui 1966 La Grande Vadrouille Le mythe du résistancialisme Emergence d’une mémoire plurielle Apaisement ou hypermnésie ? 1945 Procès Mal Pétain 1945 Procès Mal Pétain 1973 Robert Paxton, La France de Vichy1971 Le Chagrin et la Pitié 1995 J.Chirac reconnaît la responsabilité de l’état français dans la déportation des Juifs1985 Shoah
  • 21. I-Le mythe du résitancialisme (1945-60) : terme provenant du Syndrome de Vichy 1987 (Henry Rousso), au lendemain de la 2Gm : mémoire d’une France unie et résistante s’impose a-Société traumatisée Plusieurs traumatismes s’additionnent : -Défaite militaire en 40 (honte) -collaboration et participation à la politique génocidaire nazie -humiliation de la guerre civile entre résistants et collaborateurs b-Domination du résistancialisme Afin de restaurer l’unité nationale, gaulliste et communiste (qui dominent la politique) diffusent l’idée d’une France combattante, unie -> « résitancialisme » notion développé par H.Rousso (Le syndrome de Vichy 1987) -les français auraient été quasiment tous résistants (ex : La Grande Vadrouille 1966) -la France serait un vainqueur au même titre que les autres Alliés (américains, soviétiques et anglais) -Vichy ne serait pas la « vraie France » mais une parenthèse Cette mémoire est : -héroïque, les français sont présentés comme des héros -unanimiste (communiste et gaullistes cultivent et célèbrent l’image d’une France opposée à l’occupant) -un moyen de restaurer la cohésion national (pour donner l’image d’une France unie, et occulter la part d’ombre des actes des français) c-Limites du mythe : mémoires concurrentes et mémoires occultées Le resistancialisme domine le discours mémoriels, mais trouve aussi ses limites : -plusieurs mémoires se font concurrence, entre gaulliste et communistes (ils tentent de s’approprier les mérites de la Resistance, ex : parti des 75000 fusillés et de Gaulle chef de la France libre) entre résistancialistes et vichystes (Robert Aron 1954 idée du glaive (de Gaulle) et du bouclier (Pétain)) -il occulte la mémoire des victimes du génocide, la Shoah et les déportations racistes (déportation condamnée mais comprise comme un tout, les victimes ne sont pas différenciées (tziganes, homosexuelles, Juifs, politiques) ex : Nuit et brouillard 1956 où ka Shoah n’est pas mise en avant II- L’émergence d’une mémoire plurielle (1970-80) Travails des archives, révélations, puis la reconnaissance d’une mémoire de la 2Gm plurielle. a-Un nouveau contexte Les années 1970 sont propices à la fin de l’amnésie : -partisans du résistancialisme s’effacent (de Gaulle se retire en 1969 et meurt en 70, le partie communiste décline) -une nouvelle génération apparaît qui n’a pas connu directement les traumatismes de la guerre -mais les gouvernements français refusent de reconnaître la responsabilité de l’état français dans la déportation b-La remise en cause du résistancialisme Progressivement ce mythe s’effondre, historiens et cinéastes ont accès à de nouvelles archives qui éclaire d’un jour nouveau la réalité de la France entre 1940 et 1945. -des films mettent en évidence les choix différents faits par les français sous l’occupation (Le Chagrin et la Pitié de Marcel Öphuls, 1971) - de nouveaux historiens (anglo-saxons tels que Robert Paxton, La France de Vichy 1983) participent à la démythification en proposant une lecture inédite du rôle de Vichy (grâce aux nouvelles archives)
  • 22. -on découvre que : la majorité des français n’a été ni collaboratrice, ni résistant (la France unie dans la Résistance n’existe pas), le maréchal Pétain et le régime de Vichy ont une forte responsabilité dans la Shoah, et la Révolution national du régime de Vichy est une politique autoritaire (très proche des régimes facsistes) c-Le réveil de la mémoire du génocide juif Réveil de la mémoire de la Shoah à partir des années 60, même si les témoignages des rescapés des « camps de la mort » sont rares (traumatisme encore présent) -contexte propice : procès des chefs nazis (Adolf Eichmann en 1961, Klaus Barbie en 1987), médiatisation du négationnisme (Draquier de Pellepoix, Robert Faurisson, Jean-Marie Le Pen), renouvellement des générations (questionnement des petits enfants des déportés) -multiplication des témoignages qui révèle la mémoire de la Shoah longtemps occultée, spécificité raciale de la déportation enfin reconnu (on distingue les victimes politiques des victimes raciales) -des historiens s’intéressent à ce sujet, certains s’engagent dans une traque des responsables de cette barbarie raciste (Raul Hilberg, Beat et Serge Klarsfeld) -des cinéastes mettent en image le génocide juif et le révèle au grand public (Shoah 1985 de Claude Lanzmann). III-Apaisement ou Hypermnésie ? : La place de l’historien dans la construction des mémoires (1990 à aujourd’hui) Aujourd’hui face à une inflation mémorielle les historiens tente de déterminer leur rôle a-Une multiplication des acteurs mémoires Les acteurs de mémoire interviennent dans tous les secteurs de la société : -monde judiciaire, grand procès 5avocat Serge Klarsfeld, Maurice Papon condamné) -monde politique, journée commémoratives, cérémonies, lois mémorielles (J. Chirac discours du Vel d’Hiv) -monde associatif, groupes victimaires se multiplient, souhaitant la reconnaissance des expériences et souffrances - monde éducatif, professeurs d’histoire et d’EMC sont inciter à expliquer l’actualité commémorative -monde scientifique, travaux des historiens Cette diffusion des discours mémoriels aboutit à une multiplication des journées des actes de commémoration. Elle est sujet à des dérives (hypermnésie) mais est aussi propice à l’apaisement des mémoires b-La reconnaissance officielle du rôle de la France Le 16 juillet 1995, la France reconnaît officiellement sa responsabilité dans la déportation des Juifs. -De De Gaulle à Mitterrand, aucun président de la IVeme et de la Veme République n’avais voulue reconnaitre que le régime de Vichy était bien l’état français (France responsable) -mais la responsabilité de l’état français est reconnye par le président J. Chirac lors de son discours au Vel d’Hiv en 1995. -des actes des J. Chirac : indemnisation des familles juives et des orphelins de la Shoah (1999-2000), construction du Mémorial de la Shoah en 2005 c-s’engager ou se distancier : deux attitudes d’historiens face à l’hypermnésie -certains historiens acceptent de s’engager : contribution au travail de mémoire (Paxton et Jean-Pierre Azéma témoignent lors du procès du Maurice Papon), engagement et affrontement des acteurs de
  • 23. mémoires qu’ils accusent de travestir la réalité historique (Pierre-Vidal Naquet Les Assassins de la Mémoire) -l’histoire doit tendre à l’objectivité alors que la mémoire favorise la subjectivité (Henry Rousso a refusé de témoigner dans les procès) -pourtant la vérité se trouve sûrement entre les deux, l’histoire s’oppose pas complètement à al mémoire Certes, l’histoire et mémoire sont différentes et ne remplissent pas les même objectifs, mais ils se complètent et se nourrissent (l’historien produit des travaux scientifiques sur lesquels s’appuient les acteurs de la mémoire pour faire reconnaître leurs droits, l’acteur de mémoire est à la fois une source et un objet d’étude) Conclusion : Histoire et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France depuis 1945 sont intimement liées, tantôt en opposition, tantôt complémentaires. Après la 2Gm les historiens ont participé à la diffusion d’une mémoire officielle dominante (resistancialisme) occultant ainsi les autres. Paxton remet en cause ce mythe, les archives et les témoignages permettent de réveiller une pluralité de mémoires. Mais la multiplication des actes commémoratifs conduit à un risque d’hypermnésie que dénoncent certains histoirens.