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SOMMAIRE
Chapitre 1 : Les risques 3
Chapitre 2 : Le feu 25
Chapitre 3 : La prévention des risques incendie 32
Chapitre 4 : La détection du feu 36
Chapitre 5 : L’extinction du feu 47
Chapitre 6 : Alarme incendie 65
Chapitre 7 : L’éclairage de sécurité 67
Chapitre 8 : Signalisation de sécurité 76
Chapitre 9 : Luminaires sur source centralisée 78
Chapitre 10 : Le système de sécurité incendie 80
Chapitre 11 : Les établissements recevant du public (ERP) 83
Chapitre 12 : Les bâtiments d’habitation et les immeubles de grande hauteur 85
Bibliographie et webographie indicatives 101
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Chapitre 1 : LES RISQUES
o Patrimoine de l'entreprise
Le patrimoine de l'entreprise, est un ensemble composé :
- des hommes
- des biens matériels : bâtiments, machines, stocks, etc…
- du savoir, des connaissances technologiques
- de la clientèle, du "fond de commerce"
- du capital d'image, de notoriété, de réputation de l'entreprise.
L'entreprise existe, fondamentalement, pour produire et vendre. A ces fins, elle utilise des
terrains et des bâtiments, des machines, des équipements ou des outillages ; elle dispose
d'hommes et les moyens financiers organisés ; son savoir-faire est lié aux produits et aux
services dont elle est à l'origine et aux clients qui les lui achètent.
Cependant, son fonctionnement peut être sans cesse perturbé dans la mesure où, différentes
manières, elle subit des pression extérieures : l'influence de la concurrence, de l'évolution
technologique et de la conjoncture économique est indéniable ; de plus, elle est soumise aux
fluctuations sociales et politiques ; enfin, son équilibre dépend des organismes de crédit et des
conditions qu'ils imposent.
Condamnée à se développer, elle doit donc, pour vivre, faire face, c'est-à-dire s'adapter, se
plier aux impératifs externes, si elle veut se maintenir à un niveau de compétitivité et assurer
le renouvellement de ses marchés. Or, pour mener à bien cette tâche, il lui faut être saine et
sûre d'elle-même ; elle doit dès lors dissiper d'autres inquiétudes……
Les motifs de crainte que nous venons d'évoquer sont nombreux et leur origine variée.
Ils sont généralement nommés "risques".
o Les risques spéculatifs
Il s'agit des risques que nous éliminerons dans le cadre de l'étude de vulnérabilité de
l'entreprise.
Il s'agit en effet de risques qui peuvent être pris (et acceptés) dont la non réalisation
entraînerait un profit pour l'entreprise.
Le risque spéculatif est accepté en contrepartie d'une possibilité de gains.
Le risque spéculatif est le résultat d'un choix, d'une décision stratégique, il peut être
assorti d'un budget lancement d'un produit, d'une campagne de publicité, achat d'une nouvelle
machine, création d'une nouvelle activité, etc…
Le risque spéculatif survient rarement brutalement, sans signes précurseurs. Il peut
donc, à partir de ces signes, être contrôlable.
Le risque spéculatif est généralement considéré comme celui qui intéresses la
direction de l'entreprise. C'est le risque "que l'on prend", signe de dynamisme, d'ambition, de
bonne santé d'une entreprise qui se développe. Cette notion de risque spéculatif a souvent une
connotation valorisante. A l'inverse, ne pas "prendre de risques" à une connotation négative.
Dans les risques spéculatifs , nous ajouterons les risques liés aux phénomènes
suivants :
- fluctuation des monnaies
- achats, fusion d'entreprises
- modification des marchés
- d'évolution des techniques, découverte ou mise au point par un concurrent d'un procédé
ou d'un produit plus performant, etc…
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Nous éviterons de trop citer les risques liés au non-respect d'une loi, d'un code ou de
toute forme de réglementation. Mais les conséquences d'une fraude fiscale, d'une infraction à
une réglementation ou au code de la route sont à considérer comme des risques spéculatifs.
o Les risques aléatoires
Les risques "aléatoires" sont aussi appelés "risques purs".
Il s'agit d'un risque qui ne fait pas l'objet d'une contrepartie, de possibilité de gain. Sa
réalisation ne peut qu'entraîner des pertes, sa non réalisation ne peut entraîner aucun profit.
La réalisation d'un risque aléatoire est soudaine : incendie, explosion, vol par
effraction.
L'événement, bien qu'aléatoire, est cependant possible dans sa réalisation, en
référence à la connaissance antérieure dans le domaine. Cela implique que l'on raisonne sur
des évènements possibles.
- soit du fait d'une réalisation antérieure
- soit du fait de la prévision estimée d'un événement possible. C'est l'exemple des
évènements redoutés dans les installations mettant en œuvre des technologies nouvelles
(nucléaire, espace…).
La réalisation d'un risque aléatoire est indépendante de la volonté de l'entreprise :
l'incendie provoqué volontairement par l'exploitant d'une entreprise n'entre pas dans les
risques aléatoires.
On constate que dans l'ensemble les risques aléatoires (ou risques purs)
correspondent aux "risques assurables".
On considère souvent que les risques spéculatifs intéressent la direction d'une
entreprise et que les risques aléatoires sont le résultat du pur hasard, de la malchance, de
concours de circonstances totalement extérieurs à l'entreprise.
L'évolution de notre système économique tend de plus en plus à prouver le contraire.
La volonté de regrouper des activités, par souci de rentabilité, conduit à effectuer de
fortes concentrations de valeurs. Les conséquences d'un sinistre en seraient très aggravées.
L'évolution du métier de constructeur automobile fait qu'une voiture est composée
d'éléments provenant d'un grand nombre de fournisseurs, fournisseurs s'adressant eux-mêmes
à des sous-traitants qui eux-mêmes…etc… La prise d'un risque spéculatif augmente les
risques aléatoires.
Il en est de même lors de la mise en place de "flux tendus" ou de méthode du "juste à
temps" qui aggrave considérablement les effets probables de la réalisation d'un risque
aléatoire.
La distinction entre risque spéculatif et risque aléatoire doit donc être effectuée avec
précaution.
Dans le tableau ci-après nous avons recensé les risques les plus usuels.
Exemples de risques encourus par l'entreprise
Risques financiers
Restriction de crédit – perte financière – hausse des impositions – pression des débiteurs - etc
Risques liés à la production
Défaillance d'un fournisseur – rationnement des matières premières – reatrd de production –
hausse des coûts de productions - etc
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Risques liés aux produits
Défauts de qualité – mauvaise utilisation des produits – contre façon – etc
Risques physiques ou techniques
Incendie, explosion – dégâts des eaux – accident, bris de machine – coupe de courant –
cataclysme naturel : tempête, inondation, glissement de terrain, tremblement de terre – etc
Risques liés à la vente
Défaillance de clients – perte de marchés – concurrence – espionnage indsutriel – boycottage
des produits – impayés – etc
Risques liés à l'homme
Maladies, épidémies, accidents du travail – absentéisme – rotation du personnel – défaillance
de dirigeants, mauvaise gestion – mésentente – disparition du chef d'entreprise – absence de
succession
Autres risques
Émanant des pouvoirs politiques ou des administrations :
- réglementation des prix
- restriction ou libération des échanges
- évènements politiques perturbant les communications, les approvisionnements ou les
ventes
- etc
Émanant de l'environnement :
- pollution par des entreprises voisines
- groupement de pression locaux
- écologistes
- etc
Pour citer un autre exemple, l'innovation de certaines techniques engendre des
risques inconnus jusqu'alors : c'est ce qui apparaît notamment dans le secteur de
l'informatique. Mais d'une manière générale, la survenance de ces évènements peut affecter
l'entreprise à différents niveaux : dans ses bien matériels ou incorporels, dans son
fonctionnement et ses résultats, puis dans son développement et enfin dans son personnel. Il
est d'usage de distinguer les risques propres à l'activité de l'entreprise et les risques
accidentels.
o Les menaces de l'entreprise
En ne considérant maintenant que les risques aléatoires, on distingue habituellement
les risques ayant leurs origines à l'intérieur de l'entreprise, ceux ayant leurs origines à
l'extérieur ou dans l'environnement de l'entreprise.
L'identification des risques passe souvent par une analyse préalable de menaces
provenant de l'extérieur de l'entreprise :
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- catastrophes naturelles : tempêtes, inondations, tremblements de terre …
- vandalisme
- vol par effraction
- sabotage
- incendies provenant du voisinage
- rupture d'approvisionnement, défaut de fournisseurs, de sous-traitants
- incendie provenant du voisinage
- incendie détruisant un fournisseur
- disparition d'un client important, etc
Provenant de l'intérieur de l'entreprise, on trouvera :
- l'incendie, l'explosion
- les bris de machines
- les accidents électriques
- les ruptures d'alimentation en énergie, en télécommunications
- les risques sociaux
- l'atteinte à l'environnement
- les accidents du travail
- les accidents de la route
- les détournements de fonds, les fraudes, les indélicatesses de toutes sortes
- les erreurs de conception, les défauts de fabrication (notion de responsabilité civile
produits), etc
Certains risques peuvent avoir des origines "mixtes" :
- l'incendie peut être provoqué par les travaux par points chauds exécutés par une
entreprise extérieure.
- le vandalisme, le vol, l'espionnage industriel peut provenir de l'extérieur comme de
l'intérieur de l'entreprise
- le risque social peut-être "téléguidé" de l'extérieur
- la "démarque inconnue" des sociétés de distribution peut aussi avoir des origines
"mixtes".
La distinction entre les origines inférieures ou extérieures à l'entreprise nous paraît
aujourd'hui insuffisante et nous préférons analyser les menaces susceptibles de provenir de
l'ensemble de l'entreprise et de son environnement, et cela de manière globale.
Les menaces seront alors analysées de préférence sous forme de nature de danger :
- incendie
- malveillance
- atteinte à l'environnement
- accident du travail
- risque social
- rupture des flux : approvisionnements, communications, énergie
- erreurs entraînant des défauts dans la production, entraînant eux-mêmes
- une atteinte à l'image et à la clientèle.
Dans l'analyse de la vulnérabilité de l'entreprise, il importe de passer en revue tous
les risques aléatoires liés à tous les types de menaces.
Cela implique une analyse approfondie de tous les fonctionnements de l'entreprise, de ses
structures, de ses flux internes et externes, de son environnement, etc.
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Cette analyse ne peut naturellement pas s'effectuer sans une participation importante
des principaux acteurs de l'entreprise.
Les risques propres à l'activité de l'entreprise
Ils sont dits non aléatoires. A ce propos, il convient, semble-t-il, de remarquer que la
définition pêche par son ambiguïté : le danger n'est-il pas, avant tout, incertain ? Quoi qu'il en
soit, on appelle ainsi les menaces qui sont inhérentes aux activités de l'entreprise. Lorsque
celle-ci lance un nouveau produit, crée un prototype, elle s'expose par la à des problèmes de
mises au point et, ultérieurement, aux contre-attaques de la concurrence. Toutefois,
puisqu'elle est à l'origine de ses choix, elle doit être capable d'en mesurer et d'en contrôler les
effets.
Les risques accidentels
Ils sont de deux types :
- les premiers présent directement sur l'entreprise et affectent son patrimoine : l'incendie
par exemple. Dans ce cas, la couverture totale ou partielle du risque peut être trouvée soit
à l'intérieur soit à l'extérieur de l'entreprise ;
- les seconds sont ceux que l'entreprise fait courir à des tiers : voisinage, fournisseurs,
clients, etc. C'est le cas de la pollution accidentelle d'une rivière par des rejets ou bien de
la mise en difficulté d'un client en raison d'un retard de livraison. Là, le transfert total sur
l'extérieur est pratiquement impossible.
L'entreprise doit subir les conséquences de l'événement, lesquelles peuvent, à
l'extrême limite se révéler catastrophique.
Deux exemples réels :
" La société A… fabrique un produit alimentaire de consommation courante. Dirigée par les
héritiers du créateur, techniciens compétents et dynamiques, elle construit en 1975 une usine
neuve, équipée du matériel le plus performant. Pour cela, elle s'est endettée dans des
proportions qui paraissent raisonnables et qui permettent un remboursement en six ans, grâce
à la réduction des prix de revient. Or, dès l'année suivante, une concurrence étrangère très
active provenant de la Communauté Européenne se manifeste, et on constate, dans le même
temps, un ralentissement de la consommation du produit sur le marché national. D'autre part,
les clients, un petit nombre de centrales d'achats, profitent de cette concurrence pour exiger
des prix encore plus tirés et allonger leurs délais de paiement. L'entreprise ne peut plus
maintenir son rythme de production et doit faire face à des charges financières accrues. Son
exploitation devient déficitaire et sa trésorerie ne lui permet plus de tenir ses engagements.
Condamnée à l'asphyxie et pour éviter un désastre total, elle se fait absorber par un groupe
étranger, perdant ainsi son caractère familial et son indépendance sans que, pour autant, son
personnel retrouve les niveaux d'emploi antérieurs. Les dirigeants de l'entreprise n'avaient pas
apprécié suffisamment les menaces d'une concurrence extérieure dynamique, d'un marché en
stagnation et d'une clientèle en nombre trop restreint."
"Dans un autre ordre d'idées, la société B…… petite entreprise de 80 personnes, fabrique des
vêtements de haut de gamme, vendus par l'intermédiaire de petits magasins spécialisés. A
chaque saison, la mise en place de la collection accompagne de séries moyennes, produites en
quelques dizaines d'unités. En cours de campagne, le réassortiment doit se faire dans des
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délais très courts et exige souvent des lancements de fabrication à l'unité. Pour régler les
problèmes techniques d'approvisionnement, de lancement et de délais de fabrication, la
société s'informatise et réussit à libérer tout renouvellement d'ordre en moins de deux
semaines. Elle réussit ainsi à écarter le risque d'insatisfaction de la clientèle. Cette
organisation technique, doublée d'un effort de créativité dans le domaine de la mode, lui
assure un développement important de son chiffre d'affaires. Cependant, l'informatisation crée
un nouveau risque : l'ordinateur devient un centre vital de l'entreprise car, en cas de panne ou
d'erreur dans un programme, il n'est plus possible de faire à la main le travail de l'ordinateur.
Au bout d'une semaine, la production s'arrêterait faute d'approvisionnements et de préparation
du travail. De plus, dans une petite entreprise, une seule opératrice connaît la marche de
l'ordinateur : son absence, pour maladie ou accident, peut bloquer le fonctionnement de toute
la production.
Ces exemples montrent la variété des risques encourus que seul un examen attentif
peut situer à leur juste valeur.
o La matérialisation des risques et des conséquences
La matérialisation des risques peut se traduire par des effets qui s'évaluent en pertes
ou en temps d'arrêt, leurs conséquences, souvent complémentaires, pouvant conduire à la
cessation d'activité.
Les pertes matérielles directes
Affectent les machines, les stocks de marchandises
Les pertes matérielles indirectes
Elles sont de trois types : la perte d'exploitation, les frais supplémentaires engagés
pour faire face aux conséquences de l'événement, les amendes et pénalités subies par
l'entreprise et ses dirigeants.
La perte d'exploitation est la plus connue de pertes indirectes. Elle affecte l'entreprise
dont l'outil de production est détruit ou neutralisé, et qui ne parvient plus à couvrir ses frais
fixes.
Les frais supplémentaires peuvent être de diverses natures : agios bancaires faisant
suite à l'emprunt destiné à faire face à un sinistre, achats de marchandises à un prix plus élevé
pour palier une défaillance de production, versement d'indemnités de licenciement dues à une
réduction d'activité.
Certains évènements peuvent engager la responsabilité de l'entreprise ou de ses dirigeant et
donner lieu au paiement d'amendes ou de pénalités, par exemple :
- les accidents du travail
- les dommages causés aux tiers du fait de l'exploitation (nous avons évoqué récemment la
pollution du domaine public) ;
- le non respect de contrats commerciaux pouvant être sanctionné par des pénalités de retard
ou nécessiter la réfaction, pour défaut de qualité, d'un produit ou d'un service ;
- la découverte de vices cachés ou le manque d'information sur certaines restrictions
d'usage…
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Ces pertes matérielles indirectes sont identifiables, mais leur preuve et leur mesure
sont parfois incertaines.
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Les pertes incorporelles
Est appelé "incorporel" ce qui n'est pas "matériel" ; cet adjectif sous-entend, entre autres, la
valeur d'un fonds de commerce, le savoir-faire, la notoriété, l'image de marque, la capacité
d'innovation ou de management….
Toutes ces valeurs dites incorporelles peuvent être touchées de diverses manières : la
disparition d'un dirigeant, en modifiant la direction de l'entreprise, peut la conduire vers son
déclin ; le débauchage de spécialistes par la concurrence sera atteinte au savoir-faire ; l'arrêt
de la production, au-delà d'une certaine durée, est susceptible d'entraîner une désaffection de
la clientèle…
La crise de trésorerie
Elle est souvent l'une des conséquences des pertes matérielles ou incorporelles : mais une
trésorerie peut devenir insuffisante pour d'autres raisons et même dans le cas d'une
exploitation bénéficiaire. A l'origine de tels problèmes, on trouve souvent l'augmentation des
stocks, des créances clients ou une croissance mal contrôlée.
La perte de contrôle
Elle concerne le chef d'entreprise en tout premier lieu. Elle survient à la suite de pertes
matérielles ou d'une crise de trésorerie, sous la pression, par exemple, de débiteurs, de
fournisseurs ou de banquiers ou tout simplement d'une majorité d'actionnaires. Il est difficile
alors de préjuger de ses effets ou de ses conséquences pour l'entreprise.
Les temps d'arrêt
Les conséquences de la matérialisation des risques s'évaluent aussi en temps d'arrêt. On notera
l'arrêt de la production dû à un incendie, à une grêve ou à la défaillance d'un fournisseur ;
l'arrêt d'un service particulier ; l'arrêt de travail de dirigeants, cadres, ouvriers, etc… pour
cause d'accidents de toutes natures (maladie, accident de travail…)
Les pertes financières
A la notion de "temps d'arrêt" est associée celle de "pertes financières". En effet, tout arrêt de
production se traduit par une "non fabrication" donc un manque à gagner ; c'est-à-dire une
perte financière.
Par contre, une perte financière n'est pas toujours consécutive à un arrêt de production mais
reste dangereux pour l'entreprise.
Il convient donc, dans l'analyse de l'entreprise, de prendre en compte ces deux paramètres.
Nous retiendrons ultérieurement sur ces éléments extrêmement importants, car ce sont eux
qui conditionnent la vulnérabilité réelle de toute entreprise.
En tout état de cause, si ce temps d'arrêt était trop long ou (et) si les pertes financières
s'avéraient être trop importantes cette (ou ces) situation pourrait conduire à l'extrême limite à
la cessation pure et simple d'activité.
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MATERIALISATION DES RISQUES
Pertes matérielles directes
Destruction de bâtiments, de machines , d'installations, de marchandises – annulation de
marchés, de livraisons – factures impayées – vol de marchandises, d'outillage, d'espèces…
Pertes matérielles indirectes
Perte d'exploitation – frais supplémentaires pour pallier les conséquences de l'événement –
indemnités ou pénalités…
Pertes incorporelles
Perte de clientèle ou de marchandise – perte de savoir-faire – perte de notoriété, d'image de
marque – perte de capacité d'innovation – perte de capacité de management…
Crise de trésorerie
Perte de contrôle sur le capital de l'entreprise
Temps d'arrêt
de la production ou des livraisons – d'un service, de l'inforamtique – de personnes ou de
groupes de personnes…
Cessation d'activité
o La gestion des risques
Gérer les risques, c'est gérer un ensemble de postes de dépenses qui sont :
- le coût des pertes,
- le coût des mesures de prévention et de protection,
- le coût de l'assurance.
A chacun de ces coûts , il y a lieu d'ajouter les coûts de gestion de chaque poste.
Mais ce quatrième poste doit être extrait de notre raisonnement. Il est souvent, par ailleurs,
sans aucune mesure avec le précédent. Nous préférerons donc nous en tenir à ces trois sortes
de coûts.
Gérer les risques, c'est donc gérer cet ensemble de trois postes de dépenses en faisant
en sorte d'en optimiser le total. C'est ce total que nous appellerons le "coût du risque".
les composantes du risque
On a l'habitude de caractériser un risque par la combinaison de deux facteurs :
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facteur F (Fréquence)
facteur G (Gravité)
La Fréquence F se mesure en termes de probabilité d'occurrence ou de réalisation de
la menace. Cette probabilité peut être déterminée :
par les statistiques et l'historique de l'activité concernée dans son
environnement, la profession de l'assurance dispose pour cela de précieuses statistiques.
par des méthodes plus élaborées lorsque le recul statistique ne permet pas de
fournir un outil suffisant : il s'agit surtout des activités technologie avancée : espace,
nucléaire, etc. pour lesquelles il y a lieu de procéder à des analyses des modes de défaillance
(AMDE, méthode AMDEC,etc.).
Cette probabilité s'exprime en 10. Elle est estimée par des spécialistes de la
prévention.
La gravité G se mesure en termes d'impact ou conséquence des effets de la
réalisation de la menace.
L'unité de mesure est généralement la monnaie. Le raisonnement va jusqu'à procéder
à l'évaluation d'un individu dans un contexte donnée, ce qui permet de prendre en
considération, de manière très brutale, le risque pour l'homme dans une analyse globale des
risques.
La valeur d'un risque s'exprime donc par le produit des deux facteurs :
R = F x G
Produit dont l'unité sera simplement une unité monétaire.
L'analyse des risques
L'analyse des risques est une démarche qui consiste, face à toutes les menaces
susceptibles d'atteindre le patrimoine de l'entreprise, à :
- Déterminer une probabilité d'occurrence (identification des risques)
- Déterminer une gravité ou l'impact de réalisation de la menace sur toutes les composantes
de l'entreprise et en évaluer le coût (évaluation des risques)
- Hiérarchiser les risques en fonction des résultats des différents valeurs de "R" obtenues
pour chaque type de risque.
Les catégories de risques
L'analyse de risque et donc la connaissance, pour chaque risque, des facteurs F et G,
permet :
- La hiérarchisation des risques
- Le classement des risques nécessitant des mesures de prévention et de protection,
- Le classement des risques à transférer à l'assurance
Schématiquement, on peut utiliser une représentation graphique des frontières
séparant les trois secteurs de risques :
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F
G
Une première zone, celle des risques, dont le produit F x G est acceptable pour l'entreprise.
Cette zone est constituée des "pertes".
Une deuxième zone, celle des risques vis-à-vis desquels les mesures de prévention et de
protection sont nécessaires, soit du fait d'une réglementation, soit du fait d'une
recommandation de l'assurance, soit du fait d'une politique de l'entreprise.
Une troisième zone est celle des risques qui "échappent" à la deuxième :
soit parce que les mesures de prévention et de protection efficaces sont
disproportionnées aux possibilités de l'entreprise,
soit parce que l'efficacité de ces mesures de prévention et de protection n'est pas
suffisante.
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L'ANALYSE DE VULNERABILITE
L'analyse de vulnérabilité permet de connaître les points forts mais surtout les points faibles
de l'entreprise, permet de prononcer, comme le fait le médecin, le diagnostic sur la santé de
l'entreprise vis-à-vis des risques aléatoires.
C'est à partir de son diagnostic que le médecin prescrit un traitement. C'est à partir de
l'analyse de vulnérabilité que le prévisionniste établira le plan de traitement ou le schéma
directeur de sécurité.
Sans analyse de vulnérabilité, les mesures de prévention et de protection seront :
soit, dans le meilleur des cas, uniquement conformes à des prescriptions
réglementaires. On sait que ces prescriptions sont faites pour toutes les entreprises
comparables, uniquement pour les risques vis-à-vis des personnes ou vis-à-vis de
l'environnement. Notre approche du "patrimoine" défini plus haut nous interdit de nous
contenter de cette approche.
soit inadaptées, insuffisantes, parfois même excessives, par rapport à la réalité
de la situation de l'entreprise.
La démarche d'analyse de vulnérabilité constitue donc une étape essentielle dans
l'optimisation de la gestion des risques, et donc de la gestion de l'entreprise.
o Notion de "point dangereux" et de "point névralgique"
Il faut rappeler les définitions de ces deux notions : par "point dangereux" il faut entendre
toute activité, tout lieu, tout système, toute disposition pouvant, avec une probabilité non
négligeable, constituer l'origine ou un élément primordial d'un début de sinistre ou d'accident.
Le point dangereux est donc le point de départ potentiel de la réalisation d'une
menace :
- vis-à-vis du risque d'incendie, il y aura point dangereux lorsque seront réunis, par
exemple, les trois éléments du triangle du feu dans des conditions physiques propres à
faciliter la réaction de combustion : présence, par exemple, de liquide inflammable à
proximité d'un appareil électrique, etc.
- vis-à-vis du risque d'intrusion, on notera une zone mal éclairée et difficilement
surveillable, les portes de sorties de secours d'une surface de vente, etc.
- vis-à-vis du risque d'atteinte à l'environnement, un procédé nécessitant le rejet de produits
toxiques constitue un point dangereux.
Par "point névralgique" il faut entendre toute activité, tout système dont l'arrêt, la mise hors
service, la destruction ou la disparition aurait, pour l'entreprise, difficilement ou très
difficilement supportables et pouvant, à l'extrême, entraîner la disparition de l'entreprise.
L'alimentation en énergie, la machine unique d'un process de fabrication, la formule de la
composition d'un produit très connu, l'image de marque d'une entreprise ou d'un produit
peuvent constituer des exemples de points névralgiques.
15
L'identification des points névralgiques et points dangereux
L'identification des points dangereux nécessite une analyse méticuleuse de toutes les activités
de l'entreprise et surtout de toutes les conditions dan lesquelles s'effectuent ses activités.
Cette analyse nécessite une certaine expérience dans les risques et dangers liés aux produits,
aux systèmes, aux dispositions des lieux, etc.
Cette recherche et cette identification des points dangereux seront donc effectuées par un
spécialiste de la prévention qui pourra très utilement être aidé dans sa démarche par un
représentant de la profession de l'assurance.
Identifier un point dangereux nécessite en effet d'associer à la démarche la notion de
probabilité ou de fréquence possible de réalisation du danger.
Dans cette démarche la connaissance statistique de l'assurance précieuses, on retrouve en effet
tous les points dangereux classiques signalés et pris en considération dans le traité de
tarification des risques d'entreprises.
L'identification et l'analyse des points dangereux sont donc essentiellement du ressort des
spécialistes de la prévention, qu'ils soient internes ou externes à l'entreprise.
L'identification des points névralgiques, par contre, ne peut pas réellement être effective sans
les compétences internes à l'entreprise. C'est en effet les responsables de production,
d'informatique, de développement, etc. qui peuvent connaître les points réellement
névralgiques de leur entreprise.
Mais cette démarche nécessite aussi une action importante d'arbitrage. En effet, il est normal
et humain que chaque acteur, chaque rouage de l'entreprise considère que son rôle est
particulièrement névralgique…
C'est donc un travail de concertation entre le préventionniste et les différents responsables de
l'entreprise qui permettra de procéder à :
- l'identification des points névralgiques
- à la mesure de l'impact ou de la gravité des différents scénarios d'atteinte des points
névralgiques.
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POINTS NEVRALGIQUES LES PLUS USUELS
Liés à la structure fondamentale
Contrôle du capital – postes ou fonctions-clés de direction…
Liés à la structure et à la gestion financière
Indépendance financière (fonds propres, endettement) – trésorerie – rentabilité, marge
brute d'autofinancement…
Liés à la fonction commerciale
Secteurs d'activité – produits (qualité, sources d'approvisionnement) – clients, marchés –
structure de vente – prix de vente – règlement des factures – développement commercial
Liés à la fonction production
Machines de production – pièces de rechange spécifiques – stocks de matières premières –
stocks de produits finis – bâtiments – servitudes (chaudières, transformateurs,
compresseurs,…) – fichiers ou dossiers importants – service informatique – service de
maintenance – développement technique…
Liés aux hommes
Personnages-clés de l'entreprise aux différents niveaux (production, administration, vente)
o Notions de Points Vulnérables Confirmés
Le point dangereux peut donc avoir un effet déterminant en précisant un danger ou en créant
un événement lourd de conséquence. S'il n'atteint pas un point névralgique, ses effets, sans
être totalement négligeables pour l'entreprise, peuvent, néanmoins, ne pas être dramatiques.
Ce sera, par exemple, le cas d'un court-circuit qui, mettant le feu à un atelier d'entretien,
n'entraînerait pas d'arrête de la production mais provoquerait seulement des pertes matérielles
très supportables ; ou encore l'impayé d'un petit client qui n'aurait sur la situation financière
de l'entreprise que des répercussions minimes.
Par contre, si l'événement provoqué atteint un point névralgique, ses conséquences peuvent
revêtir un caractère de gravité exceptionnelle. Il est également possible que plusieurs points
névralgiques soient touchés par l'événement : il est bien évident que, dans ce cas, les
contrecoups pourraient prendre une ampleur catastrophique.
Après avoir fait l'inventaire des points névralgiques et déterminé les points dangereux, il
faudra donc s'attacher tout particulièrement à analyser la manière dont l'un atteindrait l'autre
afin de proportionner les parades à l'importance des conséquences estimées.
L'action des évènements engendrés par un point dangereux sur un point névralgique
perturbera le milieu dans lequel vit l'entreprise qui s'en trouvera affaiblie ; c'est un point
vulnérable. Cette vulnérabilité peut être réduite si l'on mesure la faculté de résistance de
l'entreprise aux évènements qui la frappent, par rapport au milieu dans lequel elle agit :
réactions de la concurrence, de la clientèle, des banques, des fournisseurs, etc.
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Cette faculté de résistance s'illustrera par le temps d'arrêt que peut supporter l'entreprise sans
que le milieu réagisse contre elle, ou par le montant des pertes qu'elle peut subir pendant une
durée à déterminer en fonction de l'importance estimée du préjudice.
Les relations qui existent entre l'entreprise et son environnement reposent sur les lois du
marché, qu'il s'agisse des services qu'elle offre, des biens qu'elle produit, ou des éléments qui
sont à l'origine de sa production. Sont donc dominants : les moyens de financement, les
approvisionnements, la vente et la distribution.
Point vulnérable : point névralgique atteint par un ou plusieurs points dangereux
L'entreprise a la nécessité absolu de se développer ou tout au moins de maintenir son activité.
Elle doit le faire qu'elles que soient les circonstances, faute de quoi elle risque de voir sa
position enlevées par d'autres.
Dans ces conditions, il devient évident que toute rupture dans la liaison de l'entreprise avec
son marché ne peut exister que si elle est contrôlée ou n'excède pas un temps qui aura été
identifié comme supportable. Au-delà s'enclencherait le processus des conséquences dont il a
déjà été question.
La notion de temps d'arrêt doit toujours être associée à la notion de pertes. Il est donc
absolument impératif ; pour tout gestionnaire, de déterminer aussi bien le temps d'arrêt
maximum supportable que le montant des pertes supportables. Quelques exemples illustreront
ces différents points.
- Le temps d'arrêt pour la production ou les livraisons : il s'agit de déterminer pendant
combien de temps une entreprise peut s'arrêter, partiellement ou totalement, sans que ce
temps influe de manière catastrophique sur son existence et sur son développement. En
effet, une suspension de livraisons provoque non seulement un affaiblissement financier,
mais également un perte de marché de longue durée, sinon définitive.
- Le temps d'indisponibilité d'un dirigeant : dans nombre d'entreprises de dimensions
moyennes, le dirigeant est seul à détenir l'ensemble des fonctions essentielles dont il
assume la responsabilité sans pouvoir la déléguer. Dans une certaine mesure, la situation
est comparable dans les grandes entreprises lorsqu'il s'agit de fonctions ou de services
spécialisés ou particuliers.
Ces dirigeants constituent les personnages-clés de l'entreprise. En cas d'absence,
leurs collaborateurs ne pourraient prendre que des décisions mineures et laisseront en attente
des problèmes plus importants.
Afin d'éviter une telle entrave à la bonne marche de l'entreprise, il s'avère
indispensable de préciser le temps d'indisponibilité maximum d'un dirigeant ou d'une
personne détenant de grandes responsabilités.
18
Estimer les pertes insupportables
Il est, en principe, possible de chiffrer assez exactement les pertes matérielles
directes, soit en considérant les valeurs indiquées au bilan, soit en se basant sur des valeurs de
remplacement. Dans la plupart des cas elles seront prises en compte par l'assurance.
Les pertes indirectes et incorporelles sont, en revanche, difficiles à estimer, et on a,
de ce fait, trop tendance à en négliger l'importance. Or, ce sont des éléments de vulnérabilité
de l'entreprise. C'est pourquoi mieux vaut une estimation approximative qu'un refus
d'examiner le problème sous prétexte qu'un chiffrage exact ne peut être fourni.
Il restera cependant à déterminer comment pallier les conséquences de ces pertes et
quel mode de financement à adopter, sans affaiblir l'exploitation ni trop prélever sur les
réserves. Question délicate à laquelle il est toujours difficile de répondre mais qu'il est
important de poser : l'expérience n'en finit pas de nous apprendre que nombre de petites
entreprises, familiales ou non, ont disparu faute de s'être interrogées à temps sur les causes de
leurs maux ou sur l'opportunité des remèdes…
Schéma de la vulnérabilité de l'entreprise
POINT DANGEREUX
Survenance de l'Evènement
sans atteinte d'un avec atteinte d'un
POINT NEVRALGIQUE POINT NEVRALGIQUE
POINT VULNERABLE
Conséquences non
négligeables mais pas
catastrophiques
Temps d'arrêt probable de
l'élément inférieur en Temps
d'Arrêt Maximum supportable
Temps d'arrêt probable de
l'élément supérieur en Temps
d'Arrêt Maximum supportable
POINT SENSIBLE POINT VULNERABLE
CONFIRME
à traiter en priorité
19
o Hiérarchisation des Points Vulnérables Confirmés
La hiérarchisation des points névralgiques
C'est la hiérarchisation la plus objective possible des points névralgiques qui permettra de
procéder à la hiérarchisation des valeurs de "G" (gravité) associées à chaque risque.
Cette hiérarchisation s'effectue en fonction de deux critères :
- délais de remise en service ou de restauration du point sinistré,
- conséquences financières du sinistre.
Ces deux critères sont évidemment très liés.
Il est donc nécessaire d'examiner, point à point, toutes les conséquences d'un sinistre et cela
de manière exhaustive : conséquences directes (temps d'arrêt, répartition) et conséquences
indirectes (pertes immatérielles, coûts supplémentaires, perte de clientèle, altération d'image,
temps de recherche ou de reconstitution de données, etc.).
Pour cela nous estimons indispensable que soit constitué, pendant la démarche d'analyse de
vulnérabilité, un "comité de pilotage" ou "comité d'application", etc. constitué.
d'un coordonnateur, interne ou externe à l'entreprise, responsable de l'étude, qui disposera
de compétences certaines en matière de risque.
des responsables, si possible au plus haut niveau, des différentes fonctions de l'entreprise :
- production
- commercial, marketing
- informatique
- finances
- ressources humaines
- communication
- études, développement
- moyens généraux, etc.
Le coordinateur aura pour rôle, pour chaque point ou activité névralgique identifié, de réunir
les responsables concernés et de mesurer avec eux toutes les conséquences des différents
scénarios de sinistres possibles.
Cette démarche permet :
- d'obtenir une estimation des conséquences d'un sinistre, en temps ou en monnaie, avec la
plus grande vérité possible,
- d'impliquer les responsables des différentes fonctions de l'entreprise dans l'étude et dans la
démarche concernant les risques dans l'entreprise.
Nous estimons que ce deuxième point est d'une importance capitale pour la suite de la
démarche, c'est-à-dire pour la mise en place de mesures de prévention et de protection
ultérieures.
Il est recommandé pour chaque point névralgique identifié, d'établir une fiche regroupant :
- nature du scénario possible de sinistre ou accident.
- circonstances les plus défavorables dans le temps : période de l'année, du mois, de la
semaine, de la journée,…
20
- conséquences directes du sinistre : fonctions directement atteintes
- conséquences indirectes du sinistre : fonctions indirectement atteintes et conséquences
immatérielles.
- temps nécessaire au rétablissement de la fonction atteinte :
dans les conditions initiales
dans des conditions "dégradées " c'est-à-dire assurant l'essentiel du
fonctionnement mais dans des conditions moins performantes.
- coût direct du sinistre
- coût indirect du sinistre
Sur cette fiche on fera apparaître les deux paramètres essentiels de chaque point névralgique :
- les conséquences financières directes ou indirectes du sinistre
- le temps nécessaire au rétablissement de la fonction atteinte.
L'analyse du temps nécessaire au rétablissement peut être traduit financièrement.
Le paramètre essentiel sera alors estimé en monnaie et on pourra procéder ç un classement et
à une hiérarchisation par classe des points névralgiques identifiés. Par exemple :
- classe 0 : G négligeable
- classe 1 : G < MF
- classe 2 : 5 MF < G < 10 MF
- classe 3 : 10 MF < G < 50 MF
- classe 4 : G > 50 MF
La hiérarchisation des points dangereux : l'audit des moyens de
sécurité
Hiérarchiser les points dangereux, c'est après les avoir identifiés, pouvoir mesurer
l'efficacité réelle des moyens de prévention et de protection.
Ce n'est qu'en fonction de la réalité objective de cette efficacité que l'on pourra se
prononcer sur un niveau de probabilité de réalisation du sinistre ou danger identifié.
En matière de sécurité, ou plutôt en matière de gestion des risques ou de vulnérabilité
de l'entreprise, la notion d'audit peut parfaitement entrer dans le cadre de la définition de
l'audit précisée, par exemple, par la Chambre de Commerce Internationale concernant
l'environnement : "un examen méthodique des procédures d'un établissement industriel en vue
de vérifier qu'elles s'accordent avec les règlements en vigueur ainsi qu'avec la politique de
l'entreprise en matière de santé, de sécurité, d'environnement".
A cette définition nous ajouterons qu'il est nécessaire qu l'audit de sécurité comporte l'examen
des performances réelles des différents équipements techniques contribuant directement ou
indirectement à la sécurité.
L'audit, qu'il s'agisse de sécurité ou d'un autre élément de l'entreprise, nécessite que
l'on se situe par rapport à un référentiel.
En matière de sécurité, le référentiel considéré est naturellement l'ensemble des
textes réglementaires ou des recommandations techniques, par exemple :
- réglementation incendie (ERP, IGH)
- installations classées
- code du travail
- règles techniques, normes, DTU
- règles techniques des assurances
- règles de l'art, etc.
21
Mais il nous semble indispensable d'aller plus loin que la simple vérification du
respect de telle ou telle réglementation.
Toute réglementation ou règle technique, en effet, est une prescription présumée
s'adressant à toutes les activités semblables ou comparables.
Toutes les usines, tous les établissements, même dans des activités semblables,
présentent-ils objectivement les mêmes risques ? Nous pensons que non. Autrement dit, le
référentiel constitué uniquement par l'ensemble réglementaire ne nous paraît pas être le seul à
prendre en considération dans une démarche d'analyse de vulnérabilité.
Au-delà de l'aspect réglementaire, il y a lieu d'examiner l'efficacité réelle, dans les
conditions réelles de fonctionnement de l'entreprise, des différents dispositifs, par exemple :
- une porte coupe-feu sera-t-elle réellement fermée en cas d'incendie, et cette porte est-elle
réellement coupe-feu ?
- le gardien a-t-il réellement les compétences nécessaires à l'application des consignes et
des procédures ?
- l'installation de sprinklers est-elle encore adaptée aux risques, malgré l'évolution des
productions ?
- le nettoyage, la maintenance sont-ils suffisants ? etc.
Par rapport à certains risques, non "réglementés" (démarque inconnue, sécurité des
informations, rupture d'approvisionnement…) les moyens de prévention et de protection sont-
ils efficaces ? adaptés ? …
Afin de permettre une hiérarchisation des points dangereux, donc de permettre au
préventionniste d'assurer le niveau de probabilité du risque, nous estimons qu'il est nécessaire
que l'audit porte sur les dix points essentiels suivants :
Bâtiments
Les dispositions constructives, les implantations des activités, les séparations, les équipements
de chauffage, de ventilation, les équipements techniques divers, etc. sont à examiner
Organigramme
Qui décide quoi, en fonction de quelles analyses ? de quels types d'information ? Qui est
responsable de quoi ?
Relations entre métiers de la sécurité et les exploitants, etc.
Mesures de prévention
Moyens de sauvegarde, de non-exposition aux dangers
Moyens de protection
Il s'agit de l'ensemble des moyens dits "de sécurité" : moyens de secours, contrôle d'accès,
moyens de détection et de surveillance, etc.
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Organisation, consignes et procédures
Il ne s'agit pas que des consignes "de sécurité", mais de l'ensemble des procédures de
fonctionnement de l'entreprise : horaires, conditions d'accès, procédures de qualité, etc.
Flux de personnes, des biens, des fluides, des documents
Cette analyse permet d'identifier certains dangers, par exemple constitués par des
"croisements" des points d'exposition aux dangers, etc.
Climat social, sensibilisation du personnel, des responsables de l'entreprise
Critère difficile à quantifier, mais très important en réalité. L'auditeur doit pouvoir estimer le
niveau d'impact de ce critère sur la réalité des dangers.
Maintenance
La qualité de la maintenance des équipements et des locaux est un facteur très important dans
l'estimation du danger.
Formation
L'homme est le principal facteur de risque. Son savoir faire, sa connaissance des risques à
travers la formation constitue un facteur à analyser impérativement.
Assurance
Il s'agit non pas d'un "audit d'assurance", mais de relever la nature de la relation entre ceux qui
ont en charge "l'assurance" et ceux qui ont en charge "la sécurité".
L'audit de l'ensemble des "moyens de sécurité" de l'entreprise permet alors de
hiérarchiser les points dangereux identifiés en fonction de leur niveau de risque de réalisation
le plus juste possible.
On pourra, pour rester homogène avec la hiérarchisation des points névralgiques,
considérer les classes suivantes :
- classe 0 : Risque quasi nul
les "moyens de sécurité" sont suffisamment efficaces
- classe 1 : Risque faible
- classe 2 : Risque moyen
- classe 3 : Risque élevé
- classe 4 : Danger important
Forte probabilité de réalisation d'un sinistre
La hiérarchisation des risques
Faire le produit mathématique des valeurs de F (hiérarchisation des points dangereux) par G
(hiérarchisation des points névralgiques) pourrait conduire à des excès, soit dans un sens soit
dans l'autre.
On utilisera donc un tableau du modèle ci-dessous à double entrée, permettant de déterminer
le niveau de chaque risque
23
G
F
0 1 2 3 4
0 0 0 0 2 3
1 0 0 1 2 3
2 0 1 2 3 4
3 0 1 3 4 4
4 0 2 3 4 4
Le résultat permet donc de hiérarchiser les risques en 5 classes :
R = 0 Risque nul
R = 1 Risque faible. Ne nécessite pas de mesures coûteuses ou contraignantes.
Franchissable vis-à-vis de l'assurance
R = 2 Risque moyen
Sa réalisation fragilise l'entreprise. Nécessite un traitement adapté.
R = 3 Risque fort
Sa réalisation compromet les prévisions de l'entreprise
R = 4 Risque catastrophique
Sa réalisation entraînerait la disparition de l'entreprise.
Traitement très adapté nécessaire, avec plan de survie.
Rechercher des solutions
Ainsi que nous l'avons évoqué, la vulnérabilité résulte de la rencontre ou de la confrontation
de points dangereux et de points névralgiques. Aussi, la recherche des solutions visant à
réduire les vulnérabilités pourra-t-elle s'effectuer dans quatre directions illustrées par le
tableau ci-après.
SOLUTIONS
1ère
solution :
Réduire l'importance des points
névralgique
2ème
solution :
Supprimer les points dangereux
3ème
solution :
Dresser une barrière entre le
point dangereux et le point
névralgique
4ème
solution :
Pallier les conséquences
Réduire l'importance des points névralgiques
C'est la solution la plus logique et il conviendra de l'appliquer chaque fois que ce sera
possible.
24
En effet, un poste-clé, un secteur d'activité, un client, une machine, un magasin de stockage,
présentent un caractère névralgique que l'on peut réduire en doublant l'homme-clé, en créant
un deuxième secteur d'activité, en limitant la part du client dans le chiffre d'affaire, etc.
Par contre, il sera plus difficile d'agir sur ceux qui sont liés à la structure fondamentale et
financière de l'entreprise (tableau 4).
Supprimer les points dangereux
Dans la mesure où les points dangereux sont identifiés en permanence, c'est certainement la
solution la plus efficace. Il faut cependant souligner que nombre de ces points dangereux
peuvent ne pas appartenir à l'entreprise : dans ce cas, certains vont disparaître pendant que
d'autres vont apparaître. En renouveler constamment l'inventaire semble donc la condition
impérative pour les maîtriser. Cette méthode peut s'appliquer aux dangers d'ordre physique
tels que l'incendie, l'explosion, le bris de machines ou d'origine structurelle, financière,
commerciale, etc.
Dresser une barrière entre le point dangereux et le point névralgique
Tel est le but des actions de prévention et de protection, notamment dans le domaine des
risques industriels.
Prévenir les risques consistes à réduire leur probabilité et à limiter la gravité de leurs
conséquences? Protéger c'est prendre des mesures en vue de régler des problèmes que la
prévention seule ne pourrait résoudre.
Pallier les conséquences
Plusieurs solutions se présentent dans ce cas, telles que le transfert du risque de pertes
financières sur des tiers, par le biais des assurances par exemple, ou bien la conception des
plans de dépannage ou de sauvetage, qui permettront d'assurer un relais des fabrications ou
des livraisons lors d'un arrêt de production.
25
Chapitre 2 : Le Feu
1) Définition :
Le feu est la production d'une flamme par une réaction chimique exothermique d'oxydation
appelée combustion.
De manière générale, le terme « feu » désigne souvent un phénomène produisant de la lumière
et / ou de la chaleur, qu'il provienne d'une combustion ou non.
Feu de bois / Feu de cuivre
La combustion est une réaction chimique dégageant de la chaleur (exothermique) et de la
lumière. Elle ne peut avoir lieu que si l'on réunit trois facteurs : deux
composés chimiques (un combustible et un comburant) et une source
d'énergie (énergie d'activation), ce que l'on appelle le triangle du feu.
Sous l'effet de l'énergie d'activation (notamment de la chaleur), le
combustible se décompose (pyrolyse), le produit de cette
décomposition est un gaz qui réagit avec le comburant (en général le
dioxygène de l'air). Ainsi, nous pouvons résumer le processus suivant la formule suivante :
combustible + chaleur + oxygène = feu.
La lumière provient de deux sources :
• d'une part des échanges d'électrons entre les composés au cours de la réaction
chimique ;
• d'autre part le rayonnement qu'émet tout corps porté à haute température (rayonnement
du corps noir, ici de 700nm à 800nm de longueur d’onde).
2) Risques :
Le feu produit de la chaleur et de la fumée, prélève du dioxygène, et a tendance à se répandre
sans contrôle en incendie.
Pour les humains, le risque est triple :
26
• risque de brûlure, par la chaleur : brûlure de la peau au contact de la flamme ou d'un
objet chaud, mais aussi brûlure des voies aériennes par inhalation de gaz et fumées
chauds.
• asphyxie : comme indiqué ci-dessus, le feu prélève le dioxygène de l'air et empêche
donc la respiration ; il produit des gaz chauds qui chassent l'air (notamment du
dioxyde de carbone CO2), ce qui accentue ce phénomène.
• empoisonnement : le feu peut produire des gaz toxiques, le plus courant est le
monoxyde de carbone (CO), en particulier en cas de manque d'oxygène (c'est-à-dire si
la combustion n'est pas complète).
Le feu provoque également la destruction d'objets ou de végétaux, et peut donc mettre en péril
le bien-être d'une population, sa capacité à se nourrir, se loger, le fonctionnement de son
économie. Il peut présenter un risque pour la biodiversité, en détruisant des espèces animales
et végétales.
Exemples d’incendies
3) Éteindre un feu :
Pour éteindre une réaction de combustion, il faut supprimer un de trois éléments du triangle
du feu :
• suppression du combustible : fermeture d'une vanne ou d'un robinet qui alimente la
combustion, éloignement de combustibles à proximité du feu, exutoire pour chasser la
fumée (qui contient des imbrûlés), …
• suppression du comburant (étouffement) : utilisation d'un extincteur à neige
carbonique, d'une couverture, aspersion d'eau sur un combustible solide (la vapeur
d'eau formée chasse l'air) …
• suppression de l'énergie d'activation (refroidissement) : pulvérisation d'eau dans le cas
d'une atmosphère pré mélangée (mélange de gaz ou de particules combustibles et de
gaz comburant), grille absorbant la chaleur (lampe de mineur "Davy"), exutoire pour
chasser la fumée (qui est chaude), …
L'eau peut avoir deux rôles différents :
• dans le cas d'un combustible solide, le facteur limitant est l'apport en comburant (air),
le feu produisant sa propre chaleur ; l'eau étouffe donc le feu par dégagement de
vapeur qui entraîne l'air et empêche l'alimentation en oxygène;
27
• dans le cas d'une atmosphère pré mélangée, on ne peut pas séparer le combustible du
comburant, la seule action possible consiste à refroidir l'atmosphère pour empêcher la
flamme de se propager (la vapeur d'eau joue également un rôle de diluant).
Il existe cependant des cas où le facteur déclenchant la combustion n'est pas l'énergie
d'activation. Par exemple, l'explosion de fumées est une combustion très violente des gaz
imbrûlés présents dans les fumées provoquée par un apport soudain d'air, donc de comburant.
L'intervalle dans lequel le mélange air/gaz pourra brûler est borné par les limites d'explosivité
dans l'air. Cet intervalle peut mesurer de quelques pour cent (kérosène) à plusieurs dizaines de
pour cent (acétylène).
4) Idée :
Chaque idée est expliqué mais sera développée de manière plus approfondie plus loin dans le
dossier.
A : Utiliser le rayonnement infrarouge que produit le feux :
Définition :
Il s'agit d'un mode de propagation à distance qui peut se faire dans le vide. C'est le phénomène
qui fait que lorsque l'on est face à un feu, le côté exposé est chaud alors que le côté opposé est
froid.
La fréquence du rayonnement située est presque dans l'infrarouge (700nm à 800 nm). La
puissance du rayonnement varie en fonction de :
• la température (le rayonnement augmente avec la puissance quatrième de la
température)
• la distance (le rayonnement diminue avec le carré de la distance)
• la nature des particules constituant les fumées, notamment les suies
Sachant que l’homme possède une longueur d’onde comprise entre 10-3
et 103
m l’utilisation
de cette méthode exclurait toute confusions avec l’être humain.
28
5. Comportement au feu des matériaux
GENERALITES
Afin de réaliser les objectifs de la prévention, les matériaux ont été étudiés au niveau de leur
comportement au feu, sous deux aspects :
Réaction au feu
Sur l’aspect de leur contribution comme aliment du feu lors du développement du sinistre.
Résistance au feu
Sur l’aspect de leur frein à l’action de l’incendie dans le cadre d’éléments de construction
regroupant plusieurs matériaux.
D’autres points particuliers ont été étudiés :
- les façades vitrées
- les couvertures
- l’opacité et la toxicité des fumées d’incendie
REACTION AU FEU
Qualité des matériaux
Dans ce cadre, les matériaux sont jugés comme aliment du feu qui possèdent les qualités
suivantes :
Combustibilité
La combustibilité d’un corps est la propriété qu’il a de pouvoir brûler, c’est-à-dire de se
consumer par le feu.
Elle est favorisée par :
- la division de la matière
- la teneur en oxygène
- la faible hygrométricité
- le pouvoir calorifique
Incombustibilité
L’incombustibilité est la propriété que possède un matériau de résister à l’ignition. Il ne brûle
pas et ne dégage pas de vapeurs inflammables en quantité suffisante pour s’enflammer au
contact d’une source de chaleur quelconque.
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Inflammabilité
L’inflammabilité est la propriété d’un matériau qui s’enflamme.
Elle dépend :
- de l’état des matériaux
- de son emploi
L’ininflammabilité
L’ininflammabilité est la propriété d’un matériau dont la décomposition s’effectue sans
production de gaz inflammables ou de flammes e celle dès que disparaît la source de chaleur.
L’ignifugation
Pour limiter la combustibilité et l’inflammabilité des matériaux, on peut ignifuger un produit.
L’ignifugation est une opération qui consiste à modifier les caractéristiques d’inflammabilité
des matériaux. C’est un traitement qui agit essentiellement sur la facilité d’inflammation, sur
la vitesse de combustion et sur la vitesse de propagation du feu.
Parmi les nombreux produits ignifugeants, les principaux sont :
- les sels ammoniacaux (sulfate, phosphate, etc)
- le tungstate de soude, le borax, le chlorure de magnésium
- les peintures à base d’amiante ou de laque d’éther
Les techniques employées pour l’ignifugation sont les suivantes :
- injection à cœur
- trempage
- brossage avec des sels en solution aqueuse
- badigeonnage ou application de peinture ou de vernis ignifugé
- traitement à l’aide de sels qui, pénétrant suffisamment dans le matériau, donne une
ignifugation acceptable
Classification
Les matériaux sont classés en six classes : M0 – M1 – M2 – M3 – M4 et matériaux non
classés que l’on peut caractériser comme suit :
- M0 : matériaux incombustibles dont le pouvoir calorifique supérieur (PCS) (*) est
inférieur à 2,5 MJ/Kg
- M1 : autres matériaux incombustibles
- M2 : matériaux inflammables dont la combustion cesse dès la suppression de la source de
chaleur
- M3 : matériaux inflammables dont la combustion se poursuit après la suppression de la
source de chaleur, puis cesse
- M4 : matériaux inflammables dont la combustion se poursuit jusqu’à la destruction totale
(PCS) (*) quantité de chaleur dégagée par la combustion totale du matériau
Non classés : matériaux dont la combustion est extrêmement vive.
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Chloration :
L’adjonction d’atomes de chlore dans les matières plastiques améliore la réaction au
feu, mais les fumées des matériaux ainsi traités sont plus toxiques.
Tous les matériaux testés dans les laboratoires agréés reçoivent un procès-verbal valable
cinq ans.
RESISTANCE AU FEU
Généralités
Elle concerne le temps pendant lequel les éléments de construction jouent leur rôle lors d’un
incendie.
Elle peut-être améliorée par l’isolation thermique des éléments soit par :
- isolement par badigeonnage de peintures dites intumescentes ou de vernis ignifugé
- enrobement par revêtement de plâtre, amiante, ciment, fibres naturelles ou végétales,
panneaux (vermiculite, pical, fibralith, etc)
- refroidissement : structures irriguées, extinction automatique
Critères
La résistance au feu est déterminée par trois critères :
Stabilité au feu : SF
Propriété d’un élément qui conserve ses qualités mécaniques pendant un incendie.
Degré pare flamme : PF
Il s’agit d’un élément SF qui est étanche aux flammes et aux gaz chauds.
Degré coupe-feu : CF
Il s’agit d’un élément PF qui est également isolant thermique. Il est considéré comme valable
pour un (<t : 180°C pour un point et de 140 °C de moyenne pour l’ensemble des points de
mesure).
Ces critères sont déterminés par des essais reproductibles suivant la courbe de température
temps ci-après :
31
32
Chapitre 3 : La prévention des risques d’incendie
Il y a moins d’incendies mais plus de dégâts
Prévention : limiter les risques d’éclosion d’un feu
Prévision : les mesures à prendre pour limiter le sinistre
Qu’est-ce que la prévention?
La prévention est l’ensemble des mesures propres à éviter autant que possible les
manifestations d’un risque et à limiter les effets. C’est une étape essentielle dans l’élaboration
d’un projet.
Pourquoi : Son but est triple
Assurer la sécurité des personnes
Il s’agit d’assurer la sécurité des personnes, mais aussi celle du public extérieur, soumis à un
risque indirect, et celle des sapeurs-pompiers. Le risque de panique est particulièrement
important dans les établissements recevant du public (ERP), du fait de la densité souvent
élevée du public dans un même local (par exemple dans les salles de spectacle) et de sa
mauvaise connaissance des lieux. Les mesures de prévention visent donc à éviter l’éclosion et
la propagation de l’incendie et à favoriser l’évacuation rapide du bâtiment.
Assurer la sauvegarde des biens
La prévention incendie permet indirectement de limiter les pertes en biens, pertes par l’action
du feu, pertes indirectes par l’écroulement de bâtiments. Dans bien des cas, les biens
mobiliers et immobiliers constituent un outil de travail, donc une capacité d'emploi et un
potentiel économique (en moyenne chaque année, 4500 entreprises commerciales ou
industrielles disparaissent à cause d’un incendie). L’expérience montre que les
investissements financiers préalables pour la réalisation des mesures de prévention sont
toujours largement inférieurs aux conséquences globales d’un sinistre.
Permettre et faciliter l’engagement des secours
L’action rapide et efficace des sapeurs-pompiers une priorité absolue.
33
1.3. Comment ?
La prévention s’appuie sur des recherches techniques et sur l’analyse des sinistres antérieures
pour élaborer des dispositions réglementaires concernant les modes de construction ,
l’utilisation des matériaux et les modalités d’exploitation.
La prévention est constituée de l’ensemble des mesures de nature à faire échec aux incendies
ou à en diminuer la fréquence et l’importance, en s’attaquant à leurs causes et éventuellement
à leurs circonstances aggravantes.
Limiter sa propagation
Evacuer les personnes en danger
Faciliter l’intervention des secours
Aspects de la prévention :
Aspect humain
Aspect législatif
Aspect économique
Aspect technique
ASPECT LEGISLATIF
Qualification juridique :
Police administratif : en droit, on ne peut dissocier prévention et secours qui ont un même but,
maintenir ou rétablir la S2curité des personnes et des biens.
Police administrative générale
Police administrative
Mesures : risques graves ou particuliers
Police spéciale (Maire, Préfet,...)
Autorirés chargées de la prévention :
Maire : pouvoir Code des Communes
Préfet = représentant de l’Etat : peut se substituer au Maire
Premier Ministre : décrets
Autres Ministres : arrêtés
Le moyen juridique de la prévention : le Réglement
L’acte administratif unilatéral de protée générale et impersonnelle, il édicte des règles de
conduite décidée par les seuls pouvoirs publics.
Le règlement :
ERP
IGH (immeubles de grande hauteur)
IC (pour l’environnement)
RTMD (transport des matières premières)
Incendies dans les forêts
34
Responsabilités de l’exploitant et de l’administration :
Connaissances nécessaires de l’exploitant
Constructeurs, installateurs, exploitants
Autorités
ASPECT TECHNIQUE
Mesures techniques de prévention :
Protection des personnes
Protection des biens
1) Protection des personnes :
- dégagements suffisants
- éclairage
- désenfumage des personnes
- alarme
2) Protection des biens :
- mesures concernant construction : stabilité et séparation
- mesures des installations techniques
- moyens secours contre l’incedie
- consignes de sécurité
Exemples :
1938 Incendie « Nouvelle Galerie » à Marseille
20 morts et 60 disparus
Décret-loi du 20 novembre 1938
Article 5 : établit la nécessité d’une police spéciale pour la protection des
population dans les ERP
Première pierre de l’édifice Prévention.
1947 : Incendie du cinéma « Le Sélect » à Ruell-Malmaison
Décret du 13 août 1954
CCDSA : Commission consultative départementale de sécurité et d’accessibilité
Décret du 8 mars 1995
A QUI BENFECIE LA PREVENTION
ERP : enceinte fermée, public en plus du personnel
Méthode du
Classement
Implantation / Isolement
Construction
Dégagements (sorties)
Ventilation / Désenfumage
Electricité - éclairage (7 feux sur 10)
Chauffage
Risques particuliers
Moyens de secours
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1) Classement :
- Destination
- effectif public :
Premier groupe :
établissement première catégorie : > 1500 personnes
établissement deuxième catégorie : entre 750 et 1500 personnes
établissement troisième catégorie : entre 301 et 705 personnes
établissement quatrième catégorie : < 300 personnes
Deuxième groupe :
établissement cinquième catégorie : > seuil en fonction du type
TYPES :
L : salles de spectacle, réunion
M : magasins, centres commerciaux
N : restaurants, débits de boissons
O : hôtels et pensions de famille
P : salles de danse, salles de jeux
R : enseignement, colonies
S : bibliothèque, documentation
T : salle d’exposition
U : établissements sanitaires
V : établissements de culte
W : administration, banques, bureaux
X : établissements sportifs couverts
Y : musées
PA : établissements de plein air
CTS : chapiteaux, tentes, structures itinérantes
STG : structures gonflables
PS : parcs de stationnement couverts
OA : hôtels-restaurants d’altitude
GA : gares accessibles au public
EF : établissements flottants
REF : refuge de montagne
Classement des groupements d’établissements
En général : 50 en sous-sol ; 100 en étages, galeries, ouvrages surrélevés !!
2) Implantation :
Les établissements doivent être conçus de manière à permettre en cas de sinistre :
- l’évacuation du public
- l’intervention des secours
- la limitation de la propagation de l’incendie
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Chapitre 4 : La détection du feu
Les détecteurs autonomes avertisseurs de fumée (DAAF)
En avertissant dès la détection d’une fumée, les DAAF permettent de maîtriser le départ du
feu à temps, ou de fuir sans être victimes des émanations. Les DAAF sont le seul moyen de ne
pas être victime des feux nocturnes, particulièrement meurtriers (responsables de 70% des
décès dans les incendies d’habitation).
Pour une protection de base, il est recommandé d’installer au moins un détecteur à chaque
étage de la maison, y compris au sous-sol et, si possible près de votre chambre pour que vous
puissiez l'entendre. Placez des détecteurs-avertisseurs de fumée supplémentaires pour
surveiller les escaliers, ceux-ci se comportant comme des cheminées vis-à-vis de la fumée et
de la chaleur. Pour une protection optimum, le mieux serait de placer un détecteur-avertisseur
de fumée dans chaque chambre occupée, surtout dans celle d'un fumeur, dans chaque pièce
contenant des appareils électriques (ex. chauffage portatif, ordinateur) voire dans les pièces
suivantes : salon, salle à manger, rangement, dressing, sous-sol.
Certains endroits sont à éviter, notamment les salles de bain, à proximité des appareils de
chauffage, près des fenêtres et des ventilateurs de plafond. Puisque la fumée s’élève dans les
airs, il est naturellement recommandé de fixer les détecteurs de fumée au plafond et si
possible au centre de la pièce, sinon à plus de 20cm de tout obstacle et à plus de 60cm d'un
angle. Si ce n'est pas possible, placez le détecteur sur un mur à une distance de 15 à 20cm du
plafond.
Cela dit, le principal inconvénient des DAAF – outre leur aspect inesthétique au milieu du
plafond - est leur manque de discernement. Une sirène (elle atteint généralement les 85
décibels) qui se déclenche trop souvent de façon intempestive et les occupants du logement
sont tentés d'en enlever la pile. Trop près d'une cuisine, un DAAF peut se révéler exaspérant,
trop loin, inefficace. De l'intérêt de se renseigner auprès d'un professionnel qui tentera avec
vous de déterminer les meilleurs endroits de la maison en fonction de vos habitudes, de votre
espace et, pourquoi pas, de l'esthétisme de votre décoration.
Ces détecteurs optiques autonomes fonctionnant à pile ou en 220Vcc, sont d’installation (trop
?) facile et, comme leur nom l'indique, ne nécessitent d'être asservis à aucun autre appareil.
Certains modèles ont un flash intégré à l'usage des personnes malentendantes. L'entretien se
limite à s'assurer régulièrement que le détecteur de fumée fonctionne : Il suffit pour cela
d'appuyer chaque mois sur le bouton de test et de remplacer la pile à date fixe ou si le témoin
de fin de vie de la pile se déclenche. A noter d'ailleurs que certaines piles ont désormais des
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durées de vie 'garanties' de 10 ans. Ces détecteurs optiques doivent être impérativement à la
norme NF S 61-966 qui devrait être substituée en juillet 2008 par la norme européenne EN 14
604.
Les détecteurs de chaleur
Ils s'utilisent là où il y a des ambiances fumigènes : cuisines ou garages dans lesquels les
détecteurs de fumée seraient inefficaces. Un thermistor déclenche l'alarme dès que la
température atteint un certain seuil, aux environs de 50°. Il peut être muni d'un avertisseur
intégré et d'un réarmement automatique dès que la température revient à son niveau normal.
Le coût est d'environ 60 euros. Sachez que nombre d'incendies se déclenchent dans la cuisine
à cause du simple oubli d'une cocotte qui mijote ou d'un(e) cuisinier(e) soudain passionné(e)
par une émission de télé.
Les détecteurs de gaz et détecteurs de monoxyde de carbone
Ils ne peuvent pas se substituer à une révision de vos installations de chauffage et de
production d'énergies par des personnels qualifiés. Néanmoins, pour assurer une bonne
prévention, les détecteurs de gaz s'installent près du sol pour les gaz à densité plus grande que
l'air (butane et propane) et près du plafond pour le gaz naturel ou méthane qui a une densité
inférieure à celle de l'air. Les détecteurs de monoxyde de carbone sont indispensables en
présence de poêles, chaudières ou cuisinière à gaz pour détecter le monoxyde de carbone, un
tueur silencieux qui fait chaque année des centaines de victimes. Ils s'installent au moins à 2
mètres de l'appareil hors zone humide. Le coût est d'environ 60 euros.
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L'alarme incendie
L'installation classique s'articule autour de la centrale d'alarme qui va centraliser les données
envoyées par les détecteurs et déclencher les moyens d'alerte. Elle se compose de :
• 1 centrale d'alarme ;
• 1 ou plusieurs détecteur(s) de fumée, de chaleur, de monoxyde de carbone, etc. ;
• 1 ou plusieurs sirène(s) ;
• 1 transmetteur téléphonique.
La centrale d'alarme peut identifier précisément les lieux où sont placés les détecteurs pour
pouvoir situer l'origine d'une alarme. Après avoir reçu les signaux d'alarme, elle déclenche
l'alerte via sa sirène intégrée et/ou par téléphone grâce au transmetteur téléphonique, en
diffusant le message spécifique 'Alarme Incendie' que vous aurez préenregistré. Selon la
centrale, il est possible d'asservir un certain nombre de détecteurs et d'équipements.
L'alarme incendie peut également intégrer un journal des derniers événements et une
télécommande marche/arrêt. Que l'installation soit en système filaire ou sans fil et suivant la
complexité de l'installation, il est recommandé de faire appel à un installateur qui, en outre,
vous délivrera un certificat d'agrément qui pourrait vous être réclamé par l'assureur.
Photodiode
1) Définition :
Une photodiode est un composant semi-conducteur ayant la capacité de détecter un
rayonnement du domaine optique et de le transformer en signal électrique.
Schéma de la photodiode/Exemple de photodiode
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2) Fonctionnement :
Quand un semi-conducteur est exposé à un flux lumineux, les photons sont absorbés à
condition que l’énergie du photon (Eph = h ) soit supérieure à la largeur de la bande interdite
(Eg). Ceci correspond à l'énergie nécessaire que doit absorber l'électron afin qu'il puisse
quitter la bande de valence (où il sert à assurer la cohésion de la structure) vers la bande de
conduction, le rendant ainsi mobile et capable de générer un courant électrique. L’existence
de la bande interdite entraîne l’existence d’un seuil d’absorption tel que h 0 = Eg. Lors de
l’absorption d’un photon, deux phénomènes peuvent se produire :
• La photoémission : c'est la sortie de l’électron hors du matériau photosensible.
L’électron ne peut sortir que s'il est excité près de la surface.
• La photoconductivité : l’électron est libéré à l’intérieur du matériau. Les électrons
ainsi libérés contribuent à la conductivité électrique du matériau.
Lorsque les photons pénètrent dans le semi-conducteur munis d’une énergie suffisante, ils
peuvent créer des photoporteurs en excès dans le matériau. On observe alors une
augmentation du courant. Deux mécanismes interviennent simultanément :
• Il y a création de porteurs minoritaires, c'est-à-dire des électrons dans la région P et
des trous dans la région N. Ceux-ci sont susceptibles d’atteindre la ZCE par diffusion
et d’être ensuite propulsés vers des zones où ils sont majoritaires. En effet, une fois
dans la ZCE, la polarisation étant inverse, on favorise le passage des minoritaires vers
leur zone de prédilection. Ces porteurs contribuent ainsi à créer le courant de
diffusion.
• Il y a génération de paires électron trou dans la ZCE, qui se dissocient sous l’action du
champ électrique ; l’électron rejoignant la zone N, le trou la zone P. Ce courant
s’appelle le courant de transit ou photocourant de génération.
Ces deux contributions s’ajoutent pour créer le photocourant Iph qui s’additionne au courant
inverse de la jonction. L’expression du courant traversant la jonction est alors :
3) Avantages :
• Leur coût moindre, de moins de 2€ jusqu’à 15€.
• La facilité d’installation du fait qu’elles soient très compactes.
4) Inconvénients :
• Ont besoin d’être installé avec d’autres systèmes électronique
(amplificateurs, microcontrôleurs…)
• Risque de confusion en cas d’utilisation à une lumière trop vive (à
confirmer lors de tests).
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Exemple d’une photodiode
Code commande : 654-8069
Fabricant : OSRAM Opto Semiconductors
Référence fabricant : SFH 205 FA
Caractéristiques :
Paramètre Valeur du paramètre
Type Infrarouge
Plage de longueurs d'onde 740 1120nm
Angle de réception 120°
Temps de montée/descente 20 / 20ns
Boîtier Filtre 5 mm SL
Sensibilité 0.63A/W
Courant d'obscurité 2nA
Température d'utilisation -40 +100°C
Puissance dissipée 150mW
Commentaire :
Phototransistors/Photodiodes radial Side-Looking
Phototransistors et photodiodes à cordon radial Side-Looking dans des boîtiers transparents,
teintés et opaques à la lumière visible (noir). Tous ont une réponse de crête dans la gamme de
longeur d'onde infrarouge, mais seuls les types à boîtier noir sont insensibles à lumière
visible.
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Caméra thermique
1) Définition et fonctionnement:
Une caméra thermique enregistre les différents rayonnements infrarouge (ondes de chaleur)
émis par les corps et qui varient en fonction de leur température. Contrairement à ce que l’on
pourrait penser, une caméra thermique ne permet pas de voir derrière une paroi ou un
obstacle. Elle reproduit la température emmagasinée par un corps, ou montre le flux
thermique d'une paroi en raison d’un foyer se trouvant à l’arrière.
2) Domaines d'utilisation d'une caméra thermique :
Une caméra thermique peut être utilisée dans différentes situations :
Pour les sapeurs-pompiers :
• Recherche de victimes lors de feux d’appartements et surtout dans de grands
volumes tels que parkings souterrains, usines, halls de stockage, feu de forêt...
• Recherche de foyer : la caméra thermique permet de détecter très rapidement
un foyer ou même un feu couvant.
• Feu ou foyer résiduel dans un joint de dilatation suite à un feu de cave dans un
immeuble collectif type barre d’habitation.
• Point chaud après extinction d’un feu de cheminée ou de comble.
• Feu électrique : court-circuit, faux-contact entrainant une surchauffe
ponctuelle.
• Lors du dépotage de wagons ou de citerne, le niveau dans la cuve de certains
produits chimiques peut être observé à l'aide de la caméra thermique.
• Lors d'une intervention pour un accident de la circulation de nuit en campagne,
pour détecter un éventuel corps éjecté hors de la route.
• En sauvetage déblaiement, pour localiser une victime dans un local accessible
par une petite ouverture.
Pour l'armée et les services de police :
• pour les opérations de nuit.
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Récemment, des exploitants de salles de cinéma aux États-Unis ont équipé leurs
personnels de caméras thermiques afin de détecter les personnes filmant les
projections depuis la salle.
Pour le bâtiment:
• Détection des points faibles de l'isolation d'un bâtiment.
• Vérification des températures des canalisations et installations de chauffage,
notamment pour le contrôle des planchers chauffants.
• Vérification des armoires électriques par visualisation des surchauffes des
connexions, ou de certains composants.
Pour les aéroports :
• Vérifier les personnes ayant une fièvre suspecte, signe de maladie par exemple.
3) Avantages :
• portée (50m)
• champ de vision
• précision
4) Inconvénients :
• Prix (200e min)
• volume
Détecteur de fumée ou de gaz
1) Définition et fonctionnement :
Un détecteur est un dispositif technique (instrument, substance, matière) qui change d'état en
présence de l'élément ou de la situation pour lequel il a été spécifiquement conçu. Des
fonctions supplémentaires peuvent apporter des précisions qualitatives ou quantitatives sur la
nature du phénomène observé.
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Une installation de détection incendie a pour but de signaler à un poste central ou au
personnel en charge de la sécurité de l'établissement tout évènement pouvant être le signe d'un
début d'incendie.
Le principe de fonctionnement étant le même il ne sera traité que le cas du détecteur de
fumée.
Un détecteur de fumée est un organe de sécurité, il réagit à la présence de fumée ou de vapeur
dans l'air : il existe des détecteurs optiques et/ou par ionisation. Les détecteurs ioniques sont
interdits en France car radioactifs.
2) Type de détecteurs :
Il existe de nombreux type de détecteurs comme par exemple :
• Détecteur ionique :
Ce détecteur possède une chambre, composée de deux électrodes, dans laquelle est placée un
matériau radioactif (généralement une pastille d'americium 241) émettant des rayons alpha.
Une tension est appliquée aux bornes des électrodes; un faible courant apparaît, du fait de la
ionisation de l'air de la chambre. Lorsque des particules de fumée y pénètrent, celles-ci
captent une partie des rayons alpha, entraînant une diminution du courant, puis le passage en
alarme du détecteur.
• Détecteur optique de fumées (ponctuel) ou Photo-électrique:
Ce détecteur met à profit l'effet Tyndall. Dans la chambre d'analyse, une DEL et une
photodiode sont placées de telle façon que cette dernière ne reçoive jamais la lumière de la
DEL en l'absence de fumée. La pénétration de fumée dans la chambre d'analyse entraîne la
réflexion de la lumière de la LED sur les particules de fumée, donc la sollicitation de la
photodiode. Ce détecteur est très efficace pour les fumées blanches; Il l'est un peu moins pour
les fumées noires, à cause de leur faible réflectivité.
• Détecteur linéaire de fumée:
Contrairement aux détecteurs ponctuels de fumée, celui-ci fonctionne sur le principe de
l'absorption de la lumière. Le détecteur envoie des impulsions lumineuses (infra-rouges) qui
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sont traitées par la partie réceptrice du produit. Le détecteur mesure en permanence le niveau
du signal reçu. Une baisse du signal reçu est interprétée comme une présence de fumée. La
plupart des détecteurs linéaires ont une portée de 100m, leur permettant de couvrir de grandes
surfaces. Ils sont particulièrement bien adaptés pour la surveillance des aéroports, centres
commerciaux, usines, entrepôts, musée, gymnases, églises... Il existe deux types de Détecteurs
linéaire de fumée: par Projection (Emetteur et Récepteur sont installés à chaque extrémité de
la zone à protéger) et par Réflexion (Emetteur et Récepteur sont combinés dans la même
unité, l'infrarouge est reflété au Récepteur par un catadioptre)
• Détecteur optique de flamme:
Ces détecteurs possèdent une cellule sensible aux rayonnements IR (Infra Rouge) ou UV
(Ultra Violet). Les détecteurs IR travaillent généralement dans la bande lumineuse du carbone
de manière à éviter les fausses alarmes.
• Détecteur de chaleur (thermostatique, thermo vélocimétrique):
Les détecteurs thermostatiques passent en alarme lorsqu'ils détectent une température
supérieure à un seuil prédéterminé. Les détecteurs thermo vélocimétriques sont quant à eux
sensibles à la vitesse d'élévation de la température, donnant généralement une information
plus précoce que les thermostatiques. Ils donnent en revanche beaucoup plus de fausses
alarmes s'ils sont mal placés (ex : élévation rapide de la température due à l'ouverture d'un
four dans une cuisine industrielle, ou à la mise en route d'une chaudière...)
• Détecteur multi-capteurs:
Ceux-ci sont constitués d'un détecteur optique de fumée équipé d'un capteur de chaleur aidant
à la prise de décision de l'alarme feu. En pratique, la sensibilité du détecteur augmente avec la
température.
3) Utilisation dans notre cas :
Intégré à un système de sécurité, permettant la gestion des incendies et accidents dans les
locaux industriels, il sert uniquement de capteur transmettant l'information à une centrale de
détection et de gestion, qui elle lance des alarmes et commande un ou des systèmes annexes
de lutte contre les incendies : comme un système d'extraction des fumées et des portes coupe-
feu imposant un confinement en zones, permettant de ralentir la progression de l'incendie.
Il serait donc ici utilisé pour l’avertissement de la présence d’un incendie dans une zone
précise. Le robot n’aura plus qu’à se diriger dans le secteur de l’alarme.
Thermomètre Infrarouge (IR)
1) Description
Un thermomètre infrarouge est un instrument permettant de mesurer la température d'un objet
à partir de l'émission de lumière de type corps noir qu'il produit (lumière produite
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exclusivement par la température). Un tel thermomètre est parfois appelé à tort thermomètre
laser s'il est aidé d'un laser pour viser, ou encore thermomètre sans-contact pour illustrer sa
capacité à mesurer la température à distance. On utilise également le terme de pyromètre de
manière à exprimer la différence avec un thermomètre classique puisqu'il mesure le
rayonnement thermique émis et non la température elle-même. En connaissant la quantité
d'énergie émise par un objet, et son émissivité (capacité d'un corps à absorber et à réémettre
l'énergie rayonnée), sa température peut être déterminée.
2) Fonctionnement
Le procédé consiste à mesurer l'énergie lumineuse (située dans l'infrarouge) sur un détecteur
permettant de la convertir en un signal électrique. Cette méthode permet de mesurer la
température à distance, contrairement aux autres types de thermomètres comme les
thermocouples. Ainsi il est possible de mesurer la température si l'objet est en mouvement, s'il
est entouré d'un champ électromagnétique, s'il est placé dans le vide, ...
Cette méthode de mesure peut être très précise à condition cependant d'être bien calibrée, le
rayonnement mesuré étant dépendant de nombreux paramètres : émissivité de l'objet,
uniformité de la source, géométrie du dispositif. Ces thermomètres peuvent être utilisés pour
de nombreuses applications comme :
- La détection de nuages pour les télescopes,
- La vérification d’équipements mécaniques ou de circuits électriques,
- Le contrôle de la température d'un four ou d'autres équipements,
- La détection de zones chaudes lors d'un incendie.
- Le contrôle du réchauffement ou du refroidissement de matériaux avec précision.
3) Exemples d’applications :
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En AUTOMOBILE:
- Vérifier si un calorstat est ouvert ou fermé (delta T de 5 à 10°)
- Vérifier si une Bougie de préchauffage est H.S ou bonne.
- Vérifier la température un pot d'échappement
- Vérifier la température d'une culasse moteur sans se brûler.
En INDUSTRIE:
- Vérifier le bon serrage de borniers (Test l'échauffement dû à un mauvais sérrage)
- Vérifier la température d'un arbre moteur ou de roulements.
(Un sur- échauffement est synonyme d'un roulement usé).
A la MAISON:
- Vérifier la température d'une bouteille de vin sans l'ouvrir.
- D'un gâteau, d'une viande à la cuisson, du compartiment congélation.
- De l'eau d'un lac à la pêche, etc.....
4) Avantages :
- Ces thermomètres ont une grande portée.
- Permettent d’obtenir une mesure précise d’une température.
5) Inconvénients :
- Coût élevé de 40€ environ à plus de 100€.
- Le thermomètre est beaucoup trop encombrant.
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Chapitre 5 : L’extinction du feu
I. Les extincteurs
1) Préface :
S’ils sont utilisés correctement, les extincteurs sont des moyens de lutte très efficaces
contre un début d’incendie et permettent d’éviter bien des sinistres. Reste à savoir comment
s’en servir et surtout à les reconnaître car leur nombre est grand et leurs spécificités sont
différentes.
Les extincteurs peuvent être classés en fonction de leur format, de leur fonctionnement ou
de l’agent extincteur qu’ils contiennent. Si l’on prend en compte le format de l’extincteur, et
donc la maniabilité qui en découle, il est possible de distinguer trois familles d’appareils :
• les extincteurs portatifs : ce sont les plus courants. On les rencontre par exemple à
intervalles réguliers dans les établissements recevant du public (ERP) ou chez les
particuliers. Le nom portatif leur a été attribué car ils sont conçus pour être portés et
utilisés à la main et doivent par conséquent être d’un poids inférieur ou égal à 20 kg ;
• les extincteurs mobiles : normalement montés sur roues, ils sont conçus pour être
tractés et actionnés manuellement ou être remorqués par un véhicule. Ils sont
généralement de forme sphérique ou cylindrique et ont une masse totale supérieure à
20 kg ;
• les extincteurs fixes : comme leur nom l’indique, ces types d’extincteurs sont fixés à
demeure et ne peuvent pas être déplacés. Ils permettent de protéger une zone
déterminée où il existe un risque sensible d’incendie. Ces appareils peuvent être
déclenchés manuellement ou de façon automatique. L’agent extincteur employé Outre
sa forme, un extincteur est surtout caractérisé par l’agent chimique qu’il contient.
L’appareil à utiliser sera fonction de la classe du feu à éteindre (A, B, C, D E ou F, voir
encadré), car un agent extincteur n’est efficace que sur des foyers bien déterminés. L’usage
d’un agent non adapté sera, dans le meilleur des cas, inefficace mais pourra parfois être très
dangereux et aggraver le sinistre.
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2) Les classes de feux :
La norme NF EN 2 distingue 6 classes de feux :
• classe A : feux de matériaux solides, généralement de nature organique, dont la
combustion se fait normalement avec formation de braises (papier, bois…) ;
• classe B : feux de liquides ou de solides liquéfiables (essence, alcool…) ;
• classe C : feux de gaz (gaz de ville, butane, propane…) ;
• classe D : feux de métaux (sodium, magnésium, aluminium…). Cette classe de feux
n’est actuellement pas normalisée.
• Classe E : feux « électriques ».
• classe F : feux d'huiles et graisses végétales ou animales.
Adaptation des agents extincteurs aux différentes classes de feux (A, B, C ou D)
Agent extincteur A B C D
Eau en jet pulvérisé + + + -
Eau + additif + + + + -
Mousse + + + -
Poudre BC - + + + + (*)
Poudre ABC + + + + + +
CO2 - + + + +
Hydrocarbures halogénés + + + +
+ + : Bonne efficacité
+ : efficacité limitée
- : mauvaise efficacité
(*) : Sur les feux de classe D, n’employer que des extincteurs à poudres spéciales (à base
de graphite, carbonate de sodium, chlorure de sodium, etc.) Sur les feux de gaz,
l’alimentation doit être coupée avant de procéder à l’extinction.
Ce tableau ne traite pas les cas des classes E et F car celle-ci ont été instauré récemment et son
encore très peux développées.
L’icône normalisé des 6 classes
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3) Les cinq catégories principales d’agents extincteurs :
• L’eau en jet pulvérisé : l’eau pulvérisée reste l’agent prédominant
pour lutter contre les feux de classe A. Elle agit par effet de refroidissement sur le foyer et par
création de vapeur d’eau au contact des matériaux qui brûlent. Ces extincteurs agissent sur les
feux de classe A, mais sont dangereux sur les feux de classe D. Sur la classe B, ils sont
inefficaces, sauf pour les liquides inflammables dont le point éclair est supérieur à 100 °C.
• L’eau + additifs : des produits additifs (tensioactifs) peuvent être
ajoutés à l’eau pour accroître son pouvoir extincteur. L’une des familles les plus notables
d’additifs est celle des AFFF (agents formant un film flottant) qui ont la caractéristique de
former un film isolant flottant sur la surface du combustible. Ce dernier sépare physiquement
le combustible du comburant et empêche le dégagement des vapeurs inflammables en évitant
ainsi les risques de réinflammation. L’effet de refroidissement demeure. Ces types
d’extincteurs sont efficaces sur feux de classe A et B. Ils peuvent être généralement utilisés en
présence de courant électrique, mais il convient de bien vérifier les indications portées sur
l’extincteur.
• La poudre : on distingue deux types d’extincteurs à poudre. Les
extincteurs à poudre BC et ceux à poudre ABC dite « polyvalente ». Les poudres BC sont
généralement des sels qui agissent sur les feux de classes B et C par absorption de la chaleur
et par inhibition via les cristaux de poudre. Les poudres polyvalentes agissent de façon
identique sur les foyers B et C mais également par étouffement sur les feux de classe A. Au
contact des braises, la poudre ABC se décompose et forme une couche imperméable vitreuse.
Cette polyvalence représente un grand intérêt car elle permet d’éteindre des feux combinés
comprenant simultanément tous les types de combustibles. Généralement, les poudres ne
représentent que de faibles risques toxicologiques pour l’homme (irritation des muqueuses et
des voies respiratoires) mais, utilisées dans une pièce fermée, le nuage engendré réduit
fortement la visibilité et peut contribuer à l’effet de panique.
• Le dioxyde de carbone (CO2) : il est contenu dans l’extincteur sous
forme comprimée liquéfiée et gazeuse. La libération du gaz crée un froid intense (à la sortie
du diffuseur, le C02 est à – 52 ° C à l’état de gaz et à – 78 °C sous forme de neige
carbonique), ce qui, combiné à l’effet de souffle et d’étouffement, permet d’éteindre des feux
de classes B et C. Quand il est soumis à une forte élévation de température, le C02 gazeux a la
particularité de passer directement à l’état solide, d’où la formation de neige carbonique ; • la
mousse : il s’agit d’une mousse « physique » fabriquée lors du contact d’un émulseur et de
l’eau sous l’effet de la pulvérisation avec l’air. Il ne s’agit plus d’une mousse chimique
comme dans le passé qui nécessitait des manipulations contraignantes de l’appareil avant
utilisation. La mousse agit par refroidissement et par isolement en formant une barrière
mécanique étanche. Elle est principalement utilisée sur les feux de classe B ;
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• Les hydrocarbures halogénés (halons) : ils agissent par inhibition de
la réaction de combustion. Mais les halons sont susceptibles de participer à la dégradation de
la couche d’ozone, ce qui implique que leur fabrication est aujourd’hui interdite. Ils sont
efficaces sur les feux de classes B et C.
4) La réglementation :
De leur fabrication à leur utilisation, les extincteurs sont soumis à de très nombreuses normes.
Couleur, typographie, emplacement, efficacité répondent à une réglementation très stricte
établie par des autorités certifiées. Chaque constructeur se doit de respecter ces normes,
rendues obligatoires par des arrêtés, sous peine de voir sa production stoppée. Des contrôles
inopinés sont régulièrement effectués pour s’assurer de la bonne application des règles
instituées. Ainsi, pour être commercialisé, chaque extincteur doit impérativement être
conforme à la réglementation française (NF) et européenne (CE). La marque NF certifie
l’aptitude à la fonction et à l’emploi de l’extincteur, alors que le marquage CE certifie sa
résistance à la pression. La norme NF EN 3 (transposition dans la réglementation française de
la norme européenne EN 3), régie par l’AFNOR, garantit les performances d’extinction des
extincteurs, selon un référentiel édicté par le CNPP (Centre national de prévention et de
protection). Les normes européennes relatives à la résistance à la pression des appareils a pour
but premier de protéger l’utilisateur. Ainsi, avant leur commercialisation, les extincteurs
doivent subir une épreuve hydraulique et un examen technique. Ces tests sont réalisés par des
organismes notifiés indépendants qui vérifient la viabilité des matériaux, les procédés de
fabrication… Afin d’être identifiés rapidement par tout utilisateur potentiel, un extincteur
répond aussi à des normes visuelles. En premier lieu, le corps d’un extincteur doit
obligatoirement être de couleur rouge. Afin d’éviter les différences offertes par la gamme de
cette couleur, le ton du rouge est également défini. Sur le corps de l’extincteur, doivent figurer
impérativement en blanc un certain nombre d’informations dont l’emplacement ne peut
varier.
Panonceau obligatoire
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II. Les Robinets d’Incendie Armés (RIA)
Le RIA (ou poste incendie) est une installation semi-fixe d’intervention immédiate contre
l’incendie.
A) Description
L’installation comprend :
• Un vanne d’arrêt,
• Un tuyau semi-rigide (20 ou 30 mètres) de diamètre 19, 25 ou 33 mm,
• Un dévidoir (souvent à l’alimentation axiale),
• Une lance munie d’un robinet diffuseur,
• D’accessoires facultatifs : seau, hache…
52
Le robinet diffuseur est choisit en fonction du risque :
• Diffuseur mixte avec levier trois position : arrêt, jet bâton, jet diffusé.
• Diffuseur par installation électrique avec levier deux positions : arrêt et jet
diffusé.
B) Alimentation en eau.
Les RIA peuvent être alimentés soit par :
• Le réseau d’eau public,
• Des réservoirs à charge gravitaire (sur le toit),
• Des réservoirs sous pression,
• Le réseau d’une installation incendie (par exemple réseau alimentation
Sprinkler).
La pression du RIA le plus défavorisé ne doit pas être inférieure à 2,5 bars.
(1) Implantation des RIA
Les RIA sont installés :
• A l’intérieur, à proximité des entrées des rez-de-chaussée ou des paliers
d’escaliers dans les étages, à proximité des circulations.
• Chaque point de la surface protégée doit pouvoir être atteint par deux jets au
moins.
• La distance à parcourir entre 2 RIA ne doit pas excéder la somme des
longueurs de leurs tuyaux.
• Les RIA doivent être signalés et d’accès facile.
53
III. Les sprikleurs
Un sprinkler (parfois francisé en sprinkleur) ou une tête d’extinction automatique à
eau (parfois appelé aussi tête d’extinction automatique d’incendie, gicleur
d’incendie, asperseur) est un appareil de détection de chaleur excessive et de dispersion
automatique d’eau (ou de produits dissous dans l’eau), lors d’un incendie1
. Ce système est mis
en réseau au-dessus de la zone à protéger. Une augmentation anormale de la température
entraîne la rupture de l’ampoule ou la fonte du fusible qui maintient la tête fermée. La
canalisation d’eau sous pression permanente, connectée à la tête, en alimente la tête pour
arroser la zone enflammée. Son déclenchement ne nécessite aucune intervention humaine. La
circulation d’eau dans les canalisations actionne ungong hydraulique donnant l’alarme au
niveau du poste de contrôle.
Principes
Le système permet de protéger les biens et les personnes contre le risque incendie. Sa mise en
œuvre automatique le rend opérant jour et nuit.
Les trois fonctions de base d’une installation sont de :
• Détecter un départ de feu (automatiquement, déclenchement manuel possible dans le
cas du déluge) ;
• Alarme pour avertir les personnes à proximité et prévenir les moyens de lutte
incendie ;
• Selon sa conception, il est possible d’éteindre l’incendie, de le contenir, ou de refroidir
des structures.
Le système de protection incendie par brouillard d’eau est un système particulier et consiste à
délivrer la quantité de brouillard (eau sous très haute pression au travers d’un diffuseur) apte à
lutter contre le type d’incendie redouté sur une zone quand un incendie est détecté. La
brumisation est maintenue tant que l’extinction n’est pas réalisée ou jusqu’à l’intervention
des secours.
Lorsqu’un incendie survient, la chaleur dégagée s’élève et atteint une des têtes de gicleur
réparties sur le plafond. Sous l’effet de la chaleur, l’ampouleou le fusible qui maintient la tête
fermée est détruite (l’ampoule contient un liquide qui exerce une pression sur la paroi en verre
sous l’effet de la chaleur et qui rompt ainsi cette fine paroi de l’ampoule, mais les éléments
fusibles faits de matière plastique sont de plus en plus utilisés). La pression d’eau (pour une
installation sous eau) permanente dans la canalisation sur laquelle est posée la tête se libère au
travers de la tête, arrosant ainsi la zone enflammée.
Ingénierie de la sécurité incendie
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Ingénierie de la sécurité incendie

  • 1.
  • 2.
  • 3.
  • 4.
  • 5.
  • 6. 1 SOMMAIRE Chapitre 1 : Les risques 3 Chapitre 2 : Le feu 25 Chapitre 3 : La prévention des risques incendie 32 Chapitre 4 : La détection du feu 36 Chapitre 5 : L’extinction du feu 47 Chapitre 6 : Alarme incendie 65 Chapitre 7 : L’éclairage de sécurité 67 Chapitre 8 : Signalisation de sécurité 76 Chapitre 9 : Luminaires sur source centralisée 78 Chapitre 10 : Le système de sécurité incendie 80 Chapitre 11 : Les établissements recevant du public (ERP) 83 Chapitre 12 : Les bâtiments d’habitation et les immeubles de grande hauteur 85 Bibliographie et webographie indicatives 101
  • 7. 2
  • 8. 3 Chapitre 1 : LES RISQUES o Patrimoine de l'entreprise Le patrimoine de l'entreprise, est un ensemble composé : - des hommes - des biens matériels : bâtiments, machines, stocks, etc… - du savoir, des connaissances technologiques - de la clientèle, du "fond de commerce" - du capital d'image, de notoriété, de réputation de l'entreprise. L'entreprise existe, fondamentalement, pour produire et vendre. A ces fins, elle utilise des terrains et des bâtiments, des machines, des équipements ou des outillages ; elle dispose d'hommes et les moyens financiers organisés ; son savoir-faire est lié aux produits et aux services dont elle est à l'origine et aux clients qui les lui achètent. Cependant, son fonctionnement peut être sans cesse perturbé dans la mesure où, différentes manières, elle subit des pression extérieures : l'influence de la concurrence, de l'évolution technologique et de la conjoncture économique est indéniable ; de plus, elle est soumise aux fluctuations sociales et politiques ; enfin, son équilibre dépend des organismes de crédit et des conditions qu'ils imposent. Condamnée à se développer, elle doit donc, pour vivre, faire face, c'est-à-dire s'adapter, se plier aux impératifs externes, si elle veut se maintenir à un niveau de compétitivité et assurer le renouvellement de ses marchés. Or, pour mener à bien cette tâche, il lui faut être saine et sûre d'elle-même ; elle doit dès lors dissiper d'autres inquiétudes…… Les motifs de crainte que nous venons d'évoquer sont nombreux et leur origine variée. Ils sont généralement nommés "risques". o Les risques spéculatifs Il s'agit des risques que nous éliminerons dans le cadre de l'étude de vulnérabilité de l'entreprise. Il s'agit en effet de risques qui peuvent être pris (et acceptés) dont la non réalisation entraînerait un profit pour l'entreprise. Le risque spéculatif est accepté en contrepartie d'une possibilité de gains. Le risque spéculatif est le résultat d'un choix, d'une décision stratégique, il peut être assorti d'un budget lancement d'un produit, d'une campagne de publicité, achat d'une nouvelle machine, création d'une nouvelle activité, etc… Le risque spéculatif survient rarement brutalement, sans signes précurseurs. Il peut donc, à partir de ces signes, être contrôlable. Le risque spéculatif est généralement considéré comme celui qui intéresses la direction de l'entreprise. C'est le risque "que l'on prend", signe de dynamisme, d'ambition, de bonne santé d'une entreprise qui se développe. Cette notion de risque spéculatif a souvent une connotation valorisante. A l'inverse, ne pas "prendre de risques" à une connotation négative. Dans les risques spéculatifs , nous ajouterons les risques liés aux phénomènes suivants : - fluctuation des monnaies - achats, fusion d'entreprises - modification des marchés - d'évolution des techniques, découverte ou mise au point par un concurrent d'un procédé ou d'un produit plus performant, etc…
  • 9. 4 Nous éviterons de trop citer les risques liés au non-respect d'une loi, d'un code ou de toute forme de réglementation. Mais les conséquences d'une fraude fiscale, d'une infraction à une réglementation ou au code de la route sont à considérer comme des risques spéculatifs. o Les risques aléatoires Les risques "aléatoires" sont aussi appelés "risques purs". Il s'agit d'un risque qui ne fait pas l'objet d'une contrepartie, de possibilité de gain. Sa réalisation ne peut qu'entraîner des pertes, sa non réalisation ne peut entraîner aucun profit. La réalisation d'un risque aléatoire est soudaine : incendie, explosion, vol par effraction. L'événement, bien qu'aléatoire, est cependant possible dans sa réalisation, en référence à la connaissance antérieure dans le domaine. Cela implique que l'on raisonne sur des évènements possibles. - soit du fait d'une réalisation antérieure - soit du fait de la prévision estimée d'un événement possible. C'est l'exemple des évènements redoutés dans les installations mettant en œuvre des technologies nouvelles (nucléaire, espace…). La réalisation d'un risque aléatoire est indépendante de la volonté de l'entreprise : l'incendie provoqué volontairement par l'exploitant d'une entreprise n'entre pas dans les risques aléatoires. On constate que dans l'ensemble les risques aléatoires (ou risques purs) correspondent aux "risques assurables". On considère souvent que les risques spéculatifs intéressent la direction d'une entreprise et que les risques aléatoires sont le résultat du pur hasard, de la malchance, de concours de circonstances totalement extérieurs à l'entreprise. L'évolution de notre système économique tend de plus en plus à prouver le contraire. La volonté de regrouper des activités, par souci de rentabilité, conduit à effectuer de fortes concentrations de valeurs. Les conséquences d'un sinistre en seraient très aggravées. L'évolution du métier de constructeur automobile fait qu'une voiture est composée d'éléments provenant d'un grand nombre de fournisseurs, fournisseurs s'adressant eux-mêmes à des sous-traitants qui eux-mêmes…etc… La prise d'un risque spéculatif augmente les risques aléatoires. Il en est de même lors de la mise en place de "flux tendus" ou de méthode du "juste à temps" qui aggrave considérablement les effets probables de la réalisation d'un risque aléatoire. La distinction entre risque spéculatif et risque aléatoire doit donc être effectuée avec précaution. Dans le tableau ci-après nous avons recensé les risques les plus usuels. Exemples de risques encourus par l'entreprise Risques financiers Restriction de crédit – perte financière – hausse des impositions – pression des débiteurs - etc Risques liés à la production Défaillance d'un fournisseur – rationnement des matières premières – reatrd de production – hausse des coûts de productions - etc
  • 10. 5 Risques liés aux produits Défauts de qualité – mauvaise utilisation des produits – contre façon – etc Risques physiques ou techniques Incendie, explosion – dégâts des eaux – accident, bris de machine – coupe de courant – cataclysme naturel : tempête, inondation, glissement de terrain, tremblement de terre – etc Risques liés à la vente Défaillance de clients – perte de marchés – concurrence – espionnage indsutriel – boycottage des produits – impayés – etc Risques liés à l'homme Maladies, épidémies, accidents du travail – absentéisme – rotation du personnel – défaillance de dirigeants, mauvaise gestion – mésentente – disparition du chef d'entreprise – absence de succession Autres risques Émanant des pouvoirs politiques ou des administrations : - réglementation des prix - restriction ou libération des échanges - évènements politiques perturbant les communications, les approvisionnements ou les ventes - etc Émanant de l'environnement : - pollution par des entreprises voisines - groupement de pression locaux - écologistes - etc Pour citer un autre exemple, l'innovation de certaines techniques engendre des risques inconnus jusqu'alors : c'est ce qui apparaît notamment dans le secteur de l'informatique. Mais d'une manière générale, la survenance de ces évènements peut affecter l'entreprise à différents niveaux : dans ses bien matériels ou incorporels, dans son fonctionnement et ses résultats, puis dans son développement et enfin dans son personnel. Il est d'usage de distinguer les risques propres à l'activité de l'entreprise et les risques accidentels. o Les menaces de l'entreprise En ne considérant maintenant que les risques aléatoires, on distingue habituellement les risques ayant leurs origines à l'intérieur de l'entreprise, ceux ayant leurs origines à l'extérieur ou dans l'environnement de l'entreprise. L'identification des risques passe souvent par une analyse préalable de menaces provenant de l'extérieur de l'entreprise :
  • 11. 6 - catastrophes naturelles : tempêtes, inondations, tremblements de terre … - vandalisme - vol par effraction - sabotage - incendies provenant du voisinage - rupture d'approvisionnement, défaut de fournisseurs, de sous-traitants - incendie provenant du voisinage - incendie détruisant un fournisseur - disparition d'un client important, etc Provenant de l'intérieur de l'entreprise, on trouvera : - l'incendie, l'explosion - les bris de machines - les accidents électriques - les ruptures d'alimentation en énergie, en télécommunications - les risques sociaux - l'atteinte à l'environnement - les accidents du travail - les accidents de la route - les détournements de fonds, les fraudes, les indélicatesses de toutes sortes - les erreurs de conception, les défauts de fabrication (notion de responsabilité civile produits), etc Certains risques peuvent avoir des origines "mixtes" : - l'incendie peut être provoqué par les travaux par points chauds exécutés par une entreprise extérieure. - le vandalisme, le vol, l'espionnage industriel peut provenir de l'extérieur comme de l'intérieur de l'entreprise - le risque social peut-être "téléguidé" de l'extérieur - la "démarque inconnue" des sociétés de distribution peut aussi avoir des origines "mixtes". La distinction entre les origines inférieures ou extérieures à l'entreprise nous paraît aujourd'hui insuffisante et nous préférons analyser les menaces susceptibles de provenir de l'ensemble de l'entreprise et de son environnement, et cela de manière globale. Les menaces seront alors analysées de préférence sous forme de nature de danger : - incendie - malveillance - atteinte à l'environnement - accident du travail - risque social - rupture des flux : approvisionnements, communications, énergie - erreurs entraînant des défauts dans la production, entraînant eux-mêmes - une atteinte à l'image et à la clientèle. Dans l'analyse de la vulnérabilité de l'entreprise, il importe de passer en revue tous les risques aléatoires liés à tous les types de menaces. Cela implique une analyse approfondie de tous les fonctionnements de l'entreprise, de ses structures, de ses flux internes et externes, de son environnement, etc.
  • 12. 7 Cette analyse ne peut naturellement pas s'effectuer sans une participation importante des principaux acteurs de l'entreprise. Les risques propres à l'activité de l'entreprise Ils sont dits non aléatoires. A ce propos, il convient, semble-t-il, de remarquer que la définition pêche par son ambiguïté : le danger n'est-il pas, avant tout, incertain ? Quoi qu'il en soit, on appelle ainsi les menaces qui sont inhérentes aux activités de l'entreprise. Lorsque celle-ci lance un nouveau produit, crée un prototype, elle s'expose par la à des problèmes de mises au point et, ultérieurement, aux contre-attaques de la concurrence. Toutefois, puisqu'elle est à l'origine de ses choix, elle doit être capable d'en mesurer et d'en contrôler les effets. Les risques accidentels Ils sont de deux types : - les premiers présent directement sur l'entreprise et affectent son patrimoine : l'incendie par exemple. Dans ce cas, la couverture totale ou partielle du risque peut être trouvée soit à l'intérieur soit à l'extérieur de l'entreprise ; - les seconds sont ceux que l'entreprise fait courir à des tiers : voisinage, fournisseurs, clients, etc. C'est le cas de la pollution accidentelle d'une rivière par des rejets ou bien de la mise en difficulté d'un client en raison d'un retard de livraison. Là, le transfert total sur l'extérieur est pratiquement impossible. L'entreprise doit subir les conséquences de l'événement, lesquelles peuvent, à l'extrême limite se révéler catastrophique. Deux exemples réels : " La société A… fabrique un produit alimentaire de consommation courante. Dirigée par les héritiers du créateur, techniciens compétents et dynamiques, elle construit en 1975 une usine neuve, équipée du matériel le plus performant. Pour cela, elle s'est endettée dans des proportions qui paraissent raisonnables et qui permettent un remboursement en six ans, grâce à la réduction des prix de revient. Or, dès l'année suivante, une concurrence étrangère très active provenant de la Communauté Européenne se manifeste, et on constate, dans le même temps, un ralentissement de la consommation du produit sur le marché national. D'autre part, les clients, un petit nombre de centrales d'achats, profitent de cette concurrence pour exiger des prix encore plus tirés et allonger leurs délais de paiement. L'entreprise ne peut plus maintenir son rythme de production et doit faire face à des charges financières accrues. Son exploitation devient déficitaire et sa trésorerie ne lui permet plus de tenir ses engagements. Condamnée à l'asphyxie et pour éviter un désastre total, elle se fait absorber par un groupe étranger, perdant ainsi son caractère familial et son indépendance sans que, pour autant, son personnel retrouve les niveaux d'emploi antérieurs. Les dirigeants de l'entreprise n'avaient pas apprécié suffisamment les menaces d'une concurrence extérieure dynamique, d'un marché en stagnation et d'une clientèle en nombre trop restreint." "Dans un autre ordre d'idées, la société B…… petite entreprise de 80 personnes, fabrique des vêtements de haut de gamme, vendus par l'intermédiaire de petits magasins spécialisés. A chaque saison, la mise en place de la collection accompagne de séries moyennes, produites en quelques dizaines d'unités. En cours de campagne, le réassortiment doit se faire dans des
  • 13. 8 délais très courts et exige souvent des lancements de fabrication à l'unité. Pour régler les problèmes techniques d'approvisionnement, de lancement et de délais de fabrication, la société s'informatise et réussit à libérer tout renouvellement d'ordre en moins de deux semaines. Elle réussit ainsi à écarter le risque d'insatisfaction de la clientèle. Cette organisation technique, doublée d'un effort de créativité dans le domaine de la mode, lui assure un développement important de son chiffre d'affaires. Cependant, l'informatisation crée un nouveau risque : l'ordinateur devient un centre vital de l'entreprise car, en cas de panne ou d'erreur dans un programme, il n'est plus possible de faire à la main le travail de l'ordinateur. Au bout d'une semaine, la production s'arrêterait faute d'approvisionnements et de préparation du travail. De plus, dans une petite entreprise, une seule opératrice connaît la marche de l'ordinateur : son absence, pour maladie ou accident, peut bloquer le fonctionnement de toute la production. Ces exemples montrent la variété des risques encourus que seul un examen attentif peut situer à leur juste valeur. o La matérialisation des risques et des conséquences La matérialisation des risques peut se traduire par des effets qui s'évaluent en pertes ou en temps d'arrêt, leurs conséquences, souvent complémentaires, pouvant conduire à la cessation d'activité. Les pertes matérielles directes Affectent les machines, les stocks de marchandises Les pertes matérielles indirectes Elles sont de trois types : la perte d'exploitation, les frais supplémentaires engagés pour faire face aux conséquences de l'événement, les amendes et pénalités subies par l'entreprise et ses dirigeants. La perte d'exploitation est la plus connue de pertes indirectes. Elle affecte l'entreprise dont l'outil de production est détruit ou neutralisé, et qui ne parvient plus à couvrir ses frais fixes. Les frais supplémentaires peuvent être de diverses natures : agios bancaires faisant suite à l'emprunt destiné à faire face à un sinistre, achats de marchandises à un prix plus élevé pour palier une défaillance de production, versement d'indemnités de licenciement dues à une réduction d'activité. Certains évènements peuvent engager la responsabilité de l'entreprise ou de ses dirigeant et donner lieu au paiement d'amendes ou de pénalités, par exemple : - les accidents du travail - les dommages causés aux tiers du fait de l'exploitation (nous avons évoqué récemment la pollution du domaine public) ; - le non respect de contrats commerciaux pouvant être sanctionné par des pénalités de retard ou nécessiter la réfaction, pour défaut de qualité, d'un produit ou d'un service ; - la découverte de vices cachés ou le manque d'information sur certaines restrictions d'usage…
  • 14. 9 Ces pertes matérielles indirectes sont identifiables, mais leur preuve et leur mesure sont parfois incertaines.
  • 15. 10 Les pertes incorporelles Est appelé "incorporel" ce qui n'est pas "matériel" ; cet adjectif sous-entend, entre autres, la valeur d'un fonds de commerce, le savoir-faire, la notoriété, l'image de marque, la capacité d'innovation ou de management…. Toutes ces valeurs dites incorporelles peuvent être touchées de diverses manières : la disparition d'un dirigeant, en modifiant la direction de l'entreprise, peut la conduire vers son déclin ; le débauchage de spécialistes par la concurrence sera atteinte au savoir-faire ; l'arrêt de la production, au-delà d'une certaine durée, est susceptible d'entraîner une désaffection de la clientèle… La crise de trésorerie Elle est souvent l'une des conséquences des pertes matérielles ou incorporelles : mais une trésorerie peut devenir insuffisante pour d'autres raisons et même dans le cas d'une exploitation bénéficiaire. A l'origine de tels problèmes, on trouve souvent l'augmentation des stocks, des créances clients ou une croissance mal contrôlée. La perte de contrôle Elle concerne le chef d'entreprise en tout premier lieu. Elle survient à la suite de pertes matérielles ou d'une crise de trésorerie, sous la pression, par exemple, de débiteurs, de fournisseurs ou de banquiers ou tout simplement d'une majorité d'actionnaires. Il est difficile alors de préjuger de ses effets ou de ses conséquences pour l'entreprise. Les temps d'arrêt Les conséquences de la matérialisation des risques s'évaluent aussi en temps d'arrêt. On notera l'arrêt de la production dû à un incendie, à une grêve ou à la défaillance d'un fournisseur ; l'arrêt d'un service particulier ; l'arrêt de travail de dirigeants, cadres, ouvriers, etc… pour cause d'accidents de toutes natures (maladie, accident de travail…) Les pertes financières A la notion de "temps d'arrêt" est associée celle de "pertes financières". En effet, tout arrêt de production se traduit par une "non fabrication" donc un manque à gagner ; c'est-à-dire une perte financière. Par contre, une perte financière n'est pas toujours consécutive à un arrêt de production mais reste dangereux pour l'entreprise. Il convient donc, dans l'analyse de l'entreprise, de prendre en compte ces deux paramètres. Nous retiendrons ultérieurement sur ces éléments extrêmement importants, car ce sont eux qui conditionnent la vulnérabilité réelle de toute entreprise. En tout état de cause, si ce temps d'arrêt était trop long ou (et) si les pertes financières s'avéraient être trop importantes cette (ou ces) situation pourrait conduire à l'extrême limite à la cessation pure et simple d'activité.
  • 16. 11 MATERIALISATION DES RISQUES Pertes matérielles directes Destruction de bâtiments, de machines , d'installations, de marchandises – annulation de marchés, de livraisons – factures impayées – vol de marchandises, d'outillage, d'espèces… Pertes matérielles indirectes Perte d'exploitation – frais supplémentaires pour pallier les conséquences de l'événement – indemnités ou pénalités… Pertes incorporelles Perte de clientèle ou de marchandise – perte de savoir-faire – perte de notoriété, d'image de marque – perte de capacité d'innovation – perte de capacité de management… Crise de trésorerie Perte de contrôle sur le capital de l'entreprise Temps d'arrêt de la production ou des livraisons – d'un service, de l'inforamtique – de personnes ou de groupes de personnes… Cessation d'activité o La gestion des risques Gérer les risques, c'est gérer un ensemble de postes de dépenses qui sont : - le coût des pertes, - le coût des mesures de prévention et de protection, - le coût de l'assurance. A chacun de ces coûts , il y a lieu d'ajouter les coûts de gestion de chaque poste. Mais ce quatrième poste doit être extrait de notre raisonnement. Il est souvent, par ailleurs, sans aucune mesure avec le précédent. Nous préférerons donc nous en tenir à ces trois sortes de coûts. Gérer les risques, c'est donc gérer cet ensemble de trois postes de dépenses en faisant en sorte d'en optimiser le total. C'est ce total que nous appellerons le "coût du risque". les composantes du risque On a l'habitude de caractériser un risque par la combinaison de deux facteurs :
  • 17. 12 facteur F (Fréquence) facteur G (Gravité) La Fréquence F se mesure en termes de probabilité d'occurrence ou de réalisation de la menace. Cette probabilité peut être déterminée : par les statistiques et l'historique de l'activité concernée dans son environnement, la profession de l'assurance dispose pour cela de précieuses statistiques. par des méthodes plus élaborées lorsque le recul statistique ne permet pas de fournir un outil suffisant : il s'agit surtout des activités technologie avancée : espace, nucléaire, etc. pour lesquelles il y a lieu de procéder à des analyses des modes de défaillance (AMDE, méthode AMDEC,etc.). Cette probabilité s'exprime en 10. Elle est estimée par des spécialistes de la prévention. La gravité G se mesure en termes d'impact ou conséquence des effets de la réalisation de la menace. L'unité de mesure est généralement la monnaie. Le raisonnement va jusqu'à procéder à l'évaluation d'un individu dans un contexte donnée, ce qui permet de prendre en considération, de manière très brutale, le risque pour l'homme dans une analyse globale des risques. La valeur d'un risque s'exprime donc par le produit des deux facteurs : R = F x G Produit dont l'unité sera simplement une unité monétaire. L'analyse des risques L'analyse des risques est une démarche qui consiste, face à toutes les menaces susceptibles d'atteindre le patrimoine de l'entreprise, à : - Déterminer une probabilité d'occurrence (identification des risques) - Déterminer une gravité ou l'impact de réalisation de la menace sur toutes les composantes de l'entreprise et en évaluer le coût (évaluation des risques) - Hiérarchiser les risques en fonction des résultats des différents valeurs de "R" obtenues pour chaque type de risque. Les catégories de risques L'analyse de risque et donc la connaissance, pour chaque risque, des facteurs F et G, permet : - La hiérarchisation des risques - Le classement des risques nécessitant des mesures de prévention et de protection, - Le classement des risques à transférer à l'assurance Schématiquement, on peut utiliser une représentation graphique des frontières séparant les trois secteurs de risques :
  • 18. 13 F G Une première zone, celle des risques, dont le produit F x G est acceptable pour l'entreprise. Cette zone est constituée des "pertes". Une deuxième zone, celle des risques vis-à-vis desquels les mesures de prévention et de protection sont nécessaires, soit du fait d'une réglementation, soit du fait d'une recommandation de l'assurance, soit du fait d'une politique de l'entreprise. Une troisième zone est celle des risques qui "échappent" à la deuxième : soit parce que les mesures de prévention et de protection efficaces sont disproportionnées aux possibilités de l'entreprise, soit parce que l'efficacité de ces mesures de prévention et de protection n'est pas suffisante.
  • 19. 14 L'ANALYSE DE VULNERABILITE L'analyse de vulnérabilité permet de connaître les points forts mais surtout les points faibles de l'entreprise, permet de prononcer, comme le fait le médecin, le diagnostic sur la santé de l'entreprise vis-à-vis des risques aléatoires. C'est à partir de son diagnostic que le médecin prescrit un traitement. C'est à partir de l'analyse de vulnérabilité que le prévisionniste établira le plan de traitement ou le schéma directeur de sécurité. Sans analyse de vulnérabilité, les mesures de prévention et de protection seront : soit, dans le meilleur des cas, uniquement conformes à des prescriptions réglementaires. On sait que ces prescriptions sont faites pour toutes les entreprises comparables, uniquement pour les risques vis-à-vis des personnes ou vis-à-vis de l'environnement. Notre approche du "patrimoine" défini plus haut nous interdit de nous contenter de cette approche. soit inadaptées, insuffisantes, parfois même excessives, par rapport à la réalité de la situation de l'entreprise. La démarche d'analyse de vulnérabilité constitue donc une étape essentielle dans l'optimisation de la gestion des risques, et donc de la gestion de l'entreprise. o Notion de "point dangereux" et de "point névralgique" Il faut rappeler les définitions de ces deux notions : par "point dangereux" il faut entendre toute activité, tout lieu, tout système, toute disposition pouvant, avec une probabilité non négligeable, constituer l'origine ou un élément primordial d'un début de sinistre ou d'accident. Le point dangereux est donc le point de départ potentiel de la réalisation d'une menace : - vis-à-vis du risque d'incendie, il y aura point dangereux lorsque seront réunis, par exemple, les trois éléments du triangle du feu dans des conditions physiques propres à faciliter la réaction de combustion : présence, par exemple, de liquide inflammable à proximité d'un appareil électrique, etc. - vis-à-vis du risque d'intrusion, on notera une zone mal éclairée et difficilement surveillable, les portes de sorties de secours d'une surface de vente, etc. - vis-à-vis du risque d'atteinte à l'environnement, un procédé nécessitant le rejet de produits toxiques constitue un point dangereux. Par "point névralgique" il faut entendre toute activité, tout système dont l'arrêt, la mise hors service, la destruction ou la disparition aurait, pour l'entreprise, difficilement ou très difficilement supportables et pouvant, à l'extrême, entraîner la disparition de l'entreprise. L'alimentation en énergie, la machine unique d'un process de fabrication, la formule de la composition d'un produit très connu, l'image de marque d'une entreprise ou d'un produit peuvent constituer des exemples de points névralgiques.
  • 20. 15 L'identification des points névralgiques et points dangereux L'identification des points dangereux nécessite une analyse méticuleuse de toutes les activités de l'entreprise et surtout de toutes les conditions dan lesquelles s'effectuent ses activités. Cette analyse nécessite une certaine expérience dans les risques et dangers liés aux produits, aux systèmes, aux dispositions des lieux, etc. Cette recherche et cette identification des points dangereux seront donc effectuées par un spécialiste de la prévention qui pourra très utilement être aidé dans sa démarche par un représentant de la profession de l'assurance. Identifier un point dangereux nécessite en effet d'associer à la démarche la notion de probabilité ou de fréquence possible de réalisation du danger. Dans cette démarche la connaissance statistique de l'assurance précieuses, on retrouve en effet tous les points dangereux classiques signalés et pris en considération dans le traité de tarification des risques d'entreprises. L'identification et l'analyse des points dangereux sont donc essentiellement du ressort des spécialistes de la prévention, qu'ils soient internes ou externes à l'entreprise. L'identification des points névralgiques, par contre, ne peut pas réellement être effective sans les compétences internes à l'entreprise. C'est en effet les responsables de production, d'informatique, de développement, etc. qui peuvent connaître les points réellement névralgiques de leur entreprise. Mais cette démarche nécessite aussi une action importante d'arbitrage. En effet, il est normal et humain que chaque acteur, chaque rouage de l'entreprise considère que son rôle est particulièrement névralgique… C'est donc un travail de concertation entre le préventionniste et les différents responsables de l'entreprise qui permettra de procéder à : - l'identification des points névralgiques - à la mesure de l'impact ou de la gravité des différents scénarios d'atteinte des points névralgiques.
  • 21. 16 POINTS NEVRALGIQUES LES PLUS USUELS Liés à la structure fondamentale Contrôle du capital – postes ou fonctions-clés de direction… Liés à la structure et à la gestion financière Indépendance financière (fonds propres, endettement) – trésorerie – rentabilité, marge brute d'autofinancement… Liés à la fonction commerciale Secteurs d'activité – produits (qualité, sources d'approvisionnement) – clients, marchés – structure de vente – prix de vente – règlement des factures – développement commercial Liés à la fonction production Machines de production – pièces de rechange spécifiques – stocks de matières premières – stocks de produits finis – bâtiments – servitudes (chaudières, transformateurs, compresseurs,…) – fichiers ou dossiers importants – service informatique – service de maintenance – développement technique… Liés aux hommes Personnages-clés de l'entreprise aux différents niveaux (production, administration, vente) o Notions de Points Vulnérables Confirmés Le point dangereux peut donc avoir un effet déterminant en précisant un danger ou en créant un événement lourd de conséquence. S'il n'atteint pas un point névralgique, ses effets, sans être totalement négligeables pour l'entreprise, peuvent, néanmoins, ne pas être dramatiques. Ce sera, par exemple, le cas d'un court-circuit qui, mettant le feu à un atelier d'entretien, n'entraînerait pas d'arrête de la production mais provoquerait seulement des pertes matérielles très supportables ; ou encore l'impayé d'un petit client qui n'aurait sur la situation financière de l'entreprise que des répercussions minimes. Par contre, si l'événement provoqué atteint un point névralgique, ses conséquences peuvent revêtir un caractère de gravité exceptionnelle. Il est également possible que plusieurs points névralgiques soient touchés par l'événement : il est bien évident que, dans ce cas, les contrecoups pourraient prendre une ampleur catastrophique. Après avoir fait l'inventaire des points névralgiques et déterminé les points dangereux, il faudra donc s'attacher tout particulièrement à analyser la manière dont l'un atteindrait l'autre afin de proportionner les parades à l'importance des conséquences estimées. L'action des évènements engendrés par un point dangereux sur un point névralgique perturbera le milieu dans lequel vit l'entreprise qui s'en trouvera affaiblie ; c'est un point vulnérable. Cette vulnérabilité peut être réduite si l'on mesure la faculté de résistance de l'entreprise aux évènements qui la frappent, par rapport au milieu dans lequel elle agit : réactions de la concurrence, de la clientèle, des banques, des fournisseurs, etc.
  • 22. 17 Cette faculté de résistance s'illustrera par le temps d'arrêt que peut supporter l'entreprise sans que le milieu réagisse contre elle, ou par le montant des pertes qu'elle peut subir pendant une durée à déterminer en fonction de l'importance estimée du préjudice. Les relations qui existent entre l'entreprise et son environnement reposent sur les lois du marché, qu'il s'agisse des services qu'elle offre, des biens qu'elle produit, ou des éléments qui sont à l'origine de sa production. Sont donc dominants : les moyens de financement, les approvisionnements, la vente et la distribution. Point vulnérable : point névralgique atteint par un ou plusieurs points dangereux L'entreprise a la nécessité absolu de se développer ou tout au moins de maintenir son activité. Elle doit le faire qu'elles que soient les circonstances, faute de quoi elle risque de voir sa position enlevées par d'autres. Dans ces conditions, il devient évident que toute rupture dans la liaison de l'entreprise avec son marché ne peut exister que si elle est contrôlée ou n'excède pas un temps qui aura été identifié comme supportable. Au-delà s'enclencherait le processus des conséquences dont il a déjà été question. La notion de temps d'arrêt doit toujours être associée à la notion de pertes. Il est donc absolument impératif ; pour tout gestionnaire, de déterminer aussi bien le temps d'arrêt maximum supportable que le montant des pertes supportables. Quelques exemples illustreront ces différents points. - Le temps d'arrêt pour la production ou les livraisons : il s'agit de déterminer pendant combien de temps une entreprise peut s'arrêter, partiellement ou totalement, sans que ce temps influe de manière catastrophique sur son existence et sur son développement. En effet, une suspension de livraisons provoque non seulement un affaiblissement financier, mais également un perte de marché de longue durée, sinon définitive. - Le temps d'indisponibilité d'un dirigeant : dans nombre d'entreprises de dimensions moyennes, le dirigeant est seul à détenir l'ensemble des fonctions essentielles dont il assume la responsabilité sans pouvoir la déléguer. Dans une certaine mesure, la situation est comparable dans les grandes entreprises lorsqu'il s'agit de fonctions ou de services spécialisés ou particuliers. Ces dirigeants constituent les personnages-clés de l'entreprise. En cas d'absence, leurs collaborateurs ne pourraient prendre que des décisions mineures et laisseront en attente des problèmes plus importants. Afin d'éviter une telle entrave à la bonne marche de l'entreprise, il s'avère indispensable de préciser le temps d'indisponibilité maximum d'un dirigeant ou d'une personne détenant de grandes responsabilités.
  • 23. 18 Estimer les pertes insupportables Il est, en principe, possible de chiffrer assez exactement les pertes matérielles directes, soit en considérant les valeurs indiquées au bilan, soit en se basant sur des valeurs de remplacement. Dans la plupart des cas elles seront prises en compte par l'assurance. Les pertes indirectes et incorporelles sont, en revanche, difficiles à estimer, et on a, de ce fait, trop tendance à en négliger l'importance. Or, ce sont des éléments de vulnérabilité de l'entreprise. C'est pourquoi mieux vaut une estimation approximative qu'un refus d'examiner le problème sous prétexte qu'un chiffrage exact ne peut être fourni. Il restera cependant à déterminer comment pallier les conséquences de ces pertes et quel mode de financement à adopter, sans affaiblir l'exploitation ni trop prélever sur les réserves. Question délicate à laquelle il est toujours difficile de répondre mais qu'il est important de poser : l'expérience n'en finit pas de nous apprendre que nombre de petites entreprises, familiales ou non, ont disparu faute de s'être interrogées à temps sur les causes de leurs maux ou sur l'opportunité des remèdes… Schéma de la vulnérabilité de l'entreprise POINT DANGEREUX Survenance de l'Evènement sans atteinte d'un avec atteinte d'un POINT NEVRALGIQUE POINT NEVRALGIQUE POINT VULNERABLE Conséquences non négligeables mais pas catastrophiques Temps d'arrêt probable de l'élément inférieur en Temps d'Arrêt Maximum supportable Temps d'arrêt probable de l'élément supérieur en Temps d'Arrêt Maximum supportable POINT SENSIBLE POINT VULNERABLE CONFIRME à traiter en priorité
  • 24. 19 o Hiérarchisation des Points Vulnérables Confirmés La hiérarchisation des points névralgiques C'est la hiérarchisation la plus objective possible des points névralgiques qui permettra de procéder à la hiérarchisation des valeurs de "G" (gravité) associées à chaque risque. Cette hiérarchisation s'effectue en fonction de deux critères : - délais de remise en service ou de restauration du point sinistré, - conséquences financières du sinistre. Ces deux critères sont évidemment très liés. Il est donc nécessaire d'examiner, point à point, toutes les conséquences d'un sinistre et cela de manière exhaustive : conséquences directes (temps d'arrêt, répartition) et conséquences indirectes (pertes immatérielles, coûts supplémentaires, perte de clientèle, altération d'image, temps de recherche ou de reconstitution de données, etc.). Pour cela nous estimons indispensable que soit constitué, pendant la démarche d'analyse de vulnérabilité, un "comité de pilotage" ou "comité d'application", etc. constitué. d'un coordonnateur, interne ou externe à l'entreprise, responsable de l'étude, qui disposera de compétences certaines en matière de risque. des responsables, si possible au plus haut niveau, des différentes fonctions de l'entreprise : - production - commercial, marketing - informatique - finances - ressources humaines - communication - études, développement - moyens généraux, etc. Le coordinateur aura pour rôle, pour chaque point ou activité névralgique identifié, de réunir les responsables concernés et de mesurer avec eux toutes les conséquences des différents scénarios de sinistres possibles. Cette démarche permet : - d'obtenir une estimation des conséquences d'un sinistre, en temps ou en monnaie, avec la plus grande vérité possible, - d'impliquer les responsables des différentes fonctions de l'entreprise dans l'étude et dans la démarche concernant les risques dans l'entreprise. Nous estimons que ce deuxième point est d'une importance capitale pour la suite de la démarche, c'est-à-dire pour la mise en place de mesures de prévention et de protection ultérieures. Il est recommandé pour chaque point névralgique identifié, d'établir une fiche regroupant : - nature du scénario possible de sinistre ou accident. - circonstances les plus défavorables dans le temps : période de l'année, du mois, de la semaine, de la journée,…
  • 25. 20 - conséquences directes du sinistre : fonctions directement atteintes - conséquences indirectes du sinistre : fonctions indirectement atteintes et conséquences immatérielles. - temps nécessaire au rétablissement de la fonction atteinte : dans les conditions initiales dans des conditions "dégradées " c'est-à-dire assurant l'essentiel du fonctionnement mais dans des conditions moins performantes. - coût direct du sinistre - coût indirect du sinistre Sur cette fiche on fera apparaître les deux paramètres essentiels de chaque point névralgique : - les conséquences financières directes ou indirectes du sinistre - le temps nécessaire au rétablissement de la fonction atteinte. L'analyse du temps nécessaire au rétablissement peut être traduit financièrement. Le paramètre essentiel sera alors estimé en monnaie et on pourra procéder ç un classement et à une hiérarchisation par classe des points névralgiques identifiés. Par exemple : - classe 0 : G négligeable - classe 1 : G < MF - classe 2 : 5 MF < G < 10 MF - classe 3 : 10 MF < G < 50 MF - classe 4 : G > 50 MF La hiérarchisation des points dangereux : l'audit des moyens de sécurité Hiérarchiser les points dangereux, c'est après les avoir identifiés, pouvoir mesurer l'efficacité réelle des moyens de prévention et de protection. Ce n'est qu'en fonction de la réalité objective de cette efficacité que l'on pourra se prononcer sur un niveau de probabilité de réalisation du sinistre ou danger identifié. En matière de sécurité, ou plutôt en matière de gestion des risques ou de vulnérabilité de l'entreprise, la notion d'audit peut parfaitement entrer dans le cadre de la définition de l'audit précisée, par exemple, par la Chambre de Commerce Internationale concernant l'environnement : "un examen méthodique des procédures d'un établissement industriel en vue de vérifier qu'elles s'accordent avec les règlements en vigueur ainsi qu'avec la politique de l'entreprise en matière de santé, de sécurité, d'environnement". A cette définition nous ajouterons qu'il est nécessaire qu l'audit de sécurité comporte l'examen des performances réelles des différents équipements techniques contribuant directement ou indirectement à la sécurité. L'audit, qu'il s'agisse de sécurité ou d'un autre élément de l'entreprise, nécessite que l'on se situe par rapport à un référentiel. En matière de sécurité, le référentiel considéré est naturellement l'ensemble des textes réglementaires ou des recommandations techniques, par exemple : - réglementation incendie (ERP, IGH) - installations classées - code du travail - règles techniques, normes, DTU - règles techniques des assurances - règles de l'art, etc.
  • 26. 21 Mais il nous semble indispensable d'aller plus loin que la simple vérification du respect de telle ou telle réglementation. Toute réglementation ou règle technique, en effet, est une prescription présumée s'adressant à toutes les activités semblables ou comparables. Toutes les usines, tous les établissements, même dans des activités semblables, présentent-ils objectivement les mêmes risques ? Nous pensons que non. Autrement dit, le référentiel constitué uniquement par l'ensemble réglementaire ne nous paraît pas être le seul à prendre en considération dans une démarche d'analyse de vulnérabilité. Au-delà de l'aspect réglementaire, il y a lieu d'examiner l'efficacité réelle, dans les conditions réelles de fonctionnement de l'entreprise, des différents dispositifs, par exemple : - une porte coupe-feu sera-t-elle réellement fermée en cas d'incendie, et cette porte est-elle réellement coupe-feu ? - le gardien a-t-il réellement les compétences nécessaires à l'application des consignes et des procédures ? - l'installation de sprinklers est-elle encore adaptée aux risques, malgré l'évolution des productions ? - le nettoyage, la maintenance sont-ils suffisants ? etc. Par rapport à certains risques, non "réglementés" (démarque inconnue, sécurité des informations, rupture d'approvisionnement…) les moyens de prévention et de protection sont- ils efficaces ? adaptés ? … Afin de permettre une hiérarchisation des points dangereux, donc de permettre au préventionniste d'assurer le niveau de probabilité du risque, nous estimons qu'il est nécessaire que l'audit porte sur les dix points essentiels suivants : Bâtiments Les dispositions constructives, les implantations des activités, les séparations, les équipements de chauffage, de ventilation, les équipements techniques divers, etc. sont à examiner Organigramme Qui décide quoi, en fonction de quelles analyses ? de quels types d'information ? Qui est responsable de quoi ? Relations entre métiers de la sécurité et les exploitants, etc. Mesures de prévention Moyens de sauvegarde, de non-exposition aux dangers Moyens de protection Il s'agit de l'ensemble des moyens dits "de sécurité" : moyens de secours, contrôle d'accès, moyens de détection et de surveillance, etc.
  • 27. 22 Organisation, consignes et procédures Il ne s'agit pas que des consignes "de sécurité", mais de l'ensemble des procédures de fonctionnement de l'entreprise : horaires, conditions d'accès, procédures de qualité, etc. Flux de personnes, des biens, des fluides, des documents Cette analyse permet d'identifier certains dangers, par exemple constitués par des "croisements" des points d'exposition aux dangers, etc. Climat social, sensibilisation du personnel, des responsables de l'entreprise Critère difficile à quantifier, mais très important en réalité. L'auditeur doit pouvoir estimer le niveau d'impact de ce critère sur la réalité des dangers. Maintenance La qualité de la maintenance des équipements et des locaux est un facteur très important dans l'estimation du danger. Formation L'homme est le principal facteur de risque. Son savoir faire, sa connaissance des risques à travers la formation constitue un facteur à analyser impérativement. Assurance Il s'agit non pas d'un "audit d'assurance", mais de relever la nature de la relation entre ceux qui ont en charge "l'assurance" et ceux qui ont en charge "la sécurité". L'audit de l'ensemble des "moyens de sécurité" de l'entreprise permet alors de hiérarchiser les points dangereux identifiés en fonction de leur niveau de risque de réalisation le plus juste possible. On pourra, pour rester homogène avec la hiérarchisation des points névralgiques, considérer les classes suivantes : - classe 0 : Risque quasi nul les "moyens de sécurité" sont suffisamment efficaces - classe 1 : Risque faible - classe 2 : Risque moyen - classe 3 : Risque élevé - classe 4 : Danger important Forte probabilité de réalisation d'un sinistre La hiérarchisation des risques Faire le produit mathématique des valeurs de F (hiérarchisation des points dangereux) par G (hiérarchisation des points névralgiques) pourrait conduire à des excès, soit dans un sens soit dans l'autre. On utilisera donc un tableau du modèle ci-dessous à double entrée, permettant de déterminer le niveau de chaque risque
  • 28. 23 G F 0 1 2 3 4 0 0 0 0 2 3 1 0 0 1 2 3 2 0 1 2 3 4 3 0 1 3 4 4 4 0 2 3 4 4 Le résultat permet donc de hiérarchiser les risques en 5 classes : R = 0 Risque nul R = 1 Risque faible. Ne nécessite pas de mesures coûteuses ou contraignantes. Franchissable vis-à-vis de l'assurance R = 2 Risque moyen Sa réalisation fragilise l'entreprise. Nécessite un traitement adapté. R = 3 Risque fort Sa réalisation compromet les prévisions de l'entreprise R = 4 Risque catastrophique Sa réalisation entraînerait la disparition de l'entreprise. Traitement très adapté nécessaire, avec plan de survie. Rechercher des solutions Ainsi que nous l'avons évoqué, la vulnérabilité résulte de la rencontre ou de la confrontation de points dangereux et de points névralgiques. Aussi, la recherche des solutions visant à réduire les vulnérabilités pourra-t-elle s'effectuer dans quatre directions illustrées par le tableau ci-après. SOLUTIONS 1ère solution : Réduire l'importance des points névralgique 2ème solution : Supprimer les points dangereux 3ème solution : Dresser une barrière entre le point dangereux et le point névralgique 4ème solution : Pallier les conséquences Réduire l'importance des points névralgiques C'est la solution la plus logique et il conviendra de l'appliquer chaque fois que ce sera possible.
  • 29. 24 En effet, un poste-clé, un secteur d'activité, un client, une machine, un magasin de stockage, présentent un caractère névralgique que l'on peut réduire en doublant l'homme-clé, en créant un deuxième secteur d'activité, en limitant la part du client dans le chiffre d'affaire, etc. Par contre, il sera plus difficile d'agir sur ceux qui sont liés à la structure fondamentale et financière de l'entreprise (tableau 4). Supprimer les points dangereux Dans la mesure où les points dangereux sont identifiés en permanence, c'est certainement la solution la plus efficace. Il faut cependant souligner que nombre de ces points dangereux peuvent ne pas appartenir à l'entreprise : dans ce cas, certains vont disparaître pendant que d'autres vont apparaître. En renouveler constamment l'inventaire semble donc la condition impérative pour les maîtriser. Cette méthode peut s'appliquer aux dangers d'ordre physique tels que l'incendie, l'explosion, le bris de machines ou d'origine structurelle, financière, commerciale, etc. Dresser une barrière entre le point dangereux et le point névralgique Tel est le but des actions de prévention et de protection, notamment dans le domaine des risques industriels. Prévenir les risques consistes à réduire leur probabilité et à limiter la gravité de leurs conséquences? Protéger c'est prendre des mesures en vue de régler des problèmes que la prévention seule ne pourrait résoudre. Pallier les conséquences Plusieurs solutions se présentent dans ce cas, telles que le transfert du risque de pertes financières sur des tiers, par le biais des assurances par exemple, ou bien la conception des plans de dépannage ou de sauvetage, qui permettront d'assurer un relais des fabrications ou des livraisons lors d'un arrêt de production.
  • 30. 25 Chapitre 2 : Le Feu 1) Définition : Le feu est la production d'une flamme par une réaction chimique exothermique d'oxydation appelée combustion. De manière générale, le terme « feu » désigne souvent un phénomène produisant de la lumière et / ou de la chaleur, qu'il provienne d'une combustion ou non. Feu de bois / Feu de cuivre La combustion est une réaction chimique dégageant de la chaleur (exothermique) et de la lumière. Elle ne peut avoir lieu que si l'on réunit trois facteurs : deux composés chimiques (un combustible et un comburant) et une source d'énergie (énergie d'activation), ce que l'on appelle le triangle du feu. Sous l'effet de l'énergie d'activation (notamment de la chaleur), le combustible se décompose (pyrolyse), le produit de cette décomposition est un gaz qui réagit avec le comburant (en général le dioxygène de l'air). Ainsi, nous pouvons résumer le processus suivant la formule suivante : combustible + chaleur + oxygène = feu. La lumière provient de deux sources : • d'une part des échanges d'électrons entre les composés au cours de la réaction chimique ; • d'autre part le rayonnement qu'émet tout corps porté à haute température (rayonnement du corps noir, ici de 700nm à 800nm de longueur d’onde). 2) Risques : Le feu produit de la chaleur et de la fumée, prélève du dioxygène, et a tendance à se répandre sans contrôle en incendie. Pour les humains, le risque est triple :
  • 31. 26 • risque de brûlure, par la chaleur : brûlure de la peau au contact de la flamme ou d'un objet chaud, mais aussi brûlure des voies aériennes par inhalation de gaz et fumées chauds. • asphyxie : comme indiqué ci-dessus, le feu prélève le dioxygène de l'air et empêche donc la respiration ; il produit des gaz chauds qui chassent l'air (notamment du dioxyde de carbone CO2), ce qui accentue ce phénomène. • empoisonnement : le feu peut produire des gaz toxiques, le plus courant est le monoxyde de carbone (CO), en particulier en cas de manque d'oxygène (c'est-à-dire si la combustion n'est pas complète). Le feu provoque également la destruction d'objets ou de végétaux, et peut donc mettre en péril le bien-être d'une population, sa capacité à se nourrir, se loger, le fonctionnement de son économie. Il peut présenter un risque pour la biodiversité, en détruisant des espèces animales et végétales. Exemples d’incendies 3) Éteindre un feu : Pour éteindre une réaction de combustion, il faut supprimer un de trois éléments du triangle du feu : • suppression du combustible : fermeture d'une vanne ou d'un robinet qui alimente la combustion, éloignement de combustibles à proximité du feu, exutoire pour chasser la fumée (qui contient des imbrûlés), … • suppression du comburant (étouffement) : utilisation d'un extincteur à neige carbonique, d'une couverture, aspersion d'eau sur un combustible solide (la vapeur d'eau formée chasse l'air) … • suppression de l'énergie d'activation (refroidissement) : pulvérisation d'eau dans le cas d'une atmosphère pré mélangée (mélange de gaz ou de particules combustibles et de gaz comburant), grille absorbant la chaleur (lampe de mineur "Davy"), exutoire pour chasser la fumée (qui est chaude), … L'eau peut avoir deux rôles différents : • dans le cas d'un combustible solide, le facteur limitant est l'apport en comburant (air), le feu produisant sa propre chaleur ; l'eau étouffe donc le feu par dégagement de vapeur qui entraîne l'air et empêche l'alimentation en oxygène;
  • 32. 27 • dans le cas d'une atmosphère pré mélangée, on ne peut pas séparer le combustible du comburant, la seule action possible consiste à refroidir l'atmosphère pour empêcher la flamme de se propager (la vapeur d'eau joue également un rôle de diluant). Il existe cependant des cas où le facteur déclenchant la combustion n'est pas l'énergie d'activation. Par exemple, l'explosion de fumées est une combustion très violente des gaz imbrûlés présents dans les fumées provoquée par un apport soudain d'air, donc de comburant. L'intervalle dans lequel le mélange air/gaz pourra brûler est borné par les limites d'explosivité dans l'air. Cet intervalle peut mesurer de quelques pour cent (kérosène) à plusieurs dizaines de pour cent (acétylène). 4) Idée : Chaque idée est expliqué mais sera développée de manière plus approfondie plus loin dans le dossier. A : Utiliser le rayonnement infrarouge que produit le feux : Définition : Il s'agit d'un mode de propagation à distance qui peut se faire dans le vide. C'est le phénomène qui fait que lorsque l'on est face à un feu, le côté exposé est chaud alors que le côté opposé est froid. La fréquence du rayonnement située est presque dans l'infrarouge (700nm à 800 nm). La puissance du rayonnement varie en fonction de : • la température (le rayonnement augmente avec la puissance quatrième de la température) • la distance (le rayonnement diminue avec le carré de la distance) • la nature des particules constituant les fumées, notamment les suies Sachant que l’homme possède une longueur d’onde comprise entre 10-3 et 103 m l’utilisation de cette méthode exclurait toute confusions avec l’être humain.
  • 33. 28 5. Comportement au feu des matériaux GENERALITES Afin de réaliser les objectifs de la prévention, les matériaux ont été étudiés au niveau de leur comportement au feu, sous deux aspects : Réaction au feu Sur l’aspect de leur contribution comme aliment du feu lors du développement du sinistre. Résistance au feu Sur l’aspect de leur frein à l’action de l’incendie dans le cadre d’éléments de construction regroupant plusieurs matériaux. D’autres points particuliers ont été étudiés : - les façades vitrées - les couvertures - l’opacité et la toxicité des fumées d’incendie REACTION AU FEU Qualité des matériaux Dans ce cadre, les matériaux sont jugés comme aliment du feu qui possèdent les qualités suivantes : Combustibilité La combustibilité d’un corps est la propriété qu’il a de pouvoir brûler, c’est-à-dire de se consumer par le feu. Elle est favorisée par : - la division de la matière - la teneur en oxygène - la faible hygrométricité - le pouvoir calorifique Incombustibilité L’incombustibilité est la propriété que possède un matériau de résister à l’ignition. Il ne brûle pas et ne dégage pas de vapeurs inflammables en quantité suffisante pour s’enflammer au contact d’une source de chaleur quelconque.
  • 34. 29 Inflammabilité L’inflammabilité est la propriété d’un matériau qui s’enflamme. Elle dépend : - de l’état des matériaux - de son emploi L’ininflammabilité L’ininflammabilité est la propriété d’un matériau dont la décomposition s’effectue sans production de gaz inflammables ou de flammes e celle dès que disparaît la source de chaleur. L’ignifugation Pour limiter la combustibilité et l’inflammabilité des matériaux, on peut ignifuger un produit. L’ignifugation est une opération qui consiste à modifier les caractéristiques d’inflammabilité des matériaux. C’est un traitement qui agit essentiellement sur la facilité d’inflammation, sur la vitesse de combustion et sur la vitesse de propagation du feu. Parmi les nombreux produits ignifugeants, les principaux sont : - les sels ammoniacaux (sulfate, phosphate, etc) - le tungstate de soude, le borax, le chlorure de magnésium - les peintures à base d’amiante ou de laque d’éther Les techniques employées pour l’ignifugation sont les suivantes : - injection à cœur - trempage - brossage avec des sels en solution aqueuse - badigeonnage ou application de peinture ou de vernis ignifugé - traitement à l’aide de sels qui, pénétrant suffisamment dans le matériau, donne une ignifugation acceptable Classification Les matériaux sont classés en six classes : M0 – M1 – M2 – M3 – M4 et matériaux non classés que l’on peut caractériser comme suit : - M0 : matériaux incombustibles dont le pouvoir calorifique supérieur (PCS) (*) est inférieur à 2,5 MJ/Kg - M1 : autres matériaux incombustibles - M2 : matériaux inflammables dont la combustion cesse dès la suppression de la source de chaleur - M3 : matériaux inflammables dont la combustion se poursuit après la suppression de la source de chaleur, puis cesse - M4 : matériaux inflammables dont la combustion se poursuit jusqu’à la destruction totale (PCS) (*) quantité de chaleur dégagée par la combustion totale du matériau Non classés : matériaux dont la combustion est extrêmement vive.
  • 35. 30 Chloration : L’adjonction d’atomes de chlore dans les matières plastiques améliore la réaction au feu, mais les fumées des matériaux ainsi traités sont plus toxiques. Tous les matériaux testés dans les laboratoires agréés reçoivent un procès-verbal valable cinq ans. RESISTANCE AU FEU Généralités Elle concerne le temps pendant lequel les éléments de construction jouent leur rôle lors d’un incendie. Elle peut-être améliorée par l’isolation thermique des éléments soit par : - isolement par badigeonnage de peintures dites intumescentes ou de vernis ignifugé - enrobement par revêtement de plâtre, amiante, ciment, fibres naturelles ou végétales, panneaux (vermiculite, pical, fibralith, etc) - refroidissement : structures irriguées, extinction automatique Critères La résistance au feu est déterminée par trois critères : Stabilité au feu : SF Propriété d’un élément qui conserve ses qualités mécaniques pendant un incendie. Degré pare flamme : PF Il s’agit d’un élément SF qui est étanche aux flammes et aux gaz chauds. Degré coupe-feu : CF Il s’agit d’un élément PF qui est également isolant thermique. Il est considéré comme valable pour un (<t : 180°C pour un point et de 140 °C de moyenne pour l’ensemble des points de mesure). Ces critères sont déterminés par des essais reproductibles suivant la courbe de température temps ci-après :
  • 36. 31
  • 37. 32 Chapitre 3 : La prévention des risques d’incendie Il y a moins d’incendies mais plus de dégâts Prévention : limiter les risques d’éclosion d’un feu Prévision : les mesures à prendre pour limiter le sinistre Qu’est-ce que la prévention? La prévention est l’ensemble des mesures propres à éviter autant que possible les manifestations d’un risque et à limiter les effets. C’est une étape essentielle dans l’élaboration d’un projet. Pourquoi : Son but est triple Assurer la sécurité des personnes Il s’agit d’assurer la sécurité des personnes, mais aussi celle du public extérieur, soumis à un risque indirect, et celle des sapeurs-pompiers. Le risque de panique est particulièrement important dans les établissements recevant du public (ERP), du fait de la densité souvent élevée du public dans un même local (par exemple dans les salles de spectacle) et de sa mauvaise connaissance des lieux. Les mesures de prévention visent donc à éviter l’éclosion et la propagation de l’incendie et à favoriser l’évacuation rapide du bâtiment. Assurer la sauvegarde des biens La prévention incendie permet indirectement de limiter les pertes en biens, pertes par l’action du feu, pertes indirectes par l’écroulement de bâtiments. Dans bien des cas, les biens mobiliers et immobiliers constituent un outil de travail, donc une capacité d'emploi et un potentiel économique (en moyenne chaque année, 4500 entreprises commerciales ou industrielles disparaissent à cause d’un incendie). L’expérience montre que les investissements financiers préalables pour la réalisation des mesures de prévention sont toujours largement inférieurs aux conséquences globales d’un sinistre. Permettre et faciliter l’engagement des secours L’action rapide et efficace des sapeurs-pompiers une priorité absolue.
  • 38. 33 1.3. Comment ? La prévention s’appuie sur des recherches techniques et sur l’analyse des sinistres antérieures pour élaborer des dispositions réglementaires concernant les modes de construction , l’utilisation des matériaux et les modalités d’exploitation. La prévention est constituée de l’ensemble des mesures de nature à faire échec aux incendies ou à en diminuer la fréquence et l’importance, en s’attaquant à leurs causes et éventuellement à leurs circonstances aggravantes. Limiter sa propagation Evacuer les personnes en danger Faciliter l’intervention des secours Aspects de la prévention : Aspect humain Aspect législatif Aspect économique Aspect technique ASPECT LEGISLATIF Qualification juridique : Police administratif : en droit, on ne peut dissocier prévention et secours qui ont un même but, maintenir ou rétablir la S2curité des personnes et des biens. Police administrative générale Police administrative Mesures : risques graves ou particuliers Police spéciale (Maire, Préfet,...) Autorirés chargées de la prévention : Maire : pouvoir Code des Communes Préfet = représentant de l’Etat : peut se substituer au Maire Premier Ministre : décrets Autres Ministres : arrêtés Le moyen juridique de la prévention : le Réglement L’acte administratif unilatéral de protée générale et impersonnelle, il édicte des règles de conduite décidée par les seuls pouvoirs publics. Le règlement : ERP IGH (immeubles de grande hauteur) IC (pour l’environnement) RTMD (transport des matières premières) Incendies dans les forêts
  • 39. 34 Responsabilités de l’exploitant et de l’administration : Connaissances nécessaires de l’exploitant Constructeurs, installateurs, exploitants Autorités ASPECT TECHNIQUE Mesures techniques de prévention : Protection des personnes Protection des biens 1) Protection des personnes : - dégagements suffisants - éclairage - désenfumage des personnes - alarme 2) Protection des biens : - mesures concernant construction : stabilité et séparation - mesures des installations techniques - moyens secours contre l’incedie - consignes de sécurité Exemples : 1938 Incendie « Nouvelle Galerie » à Marseille 20 morts et 60 disparus Décret-loi du 20 novembre 1938 Article 5 : établit la nécessité d’une police spéciale pour la protection des population dans les ERP Première pierre de l’édifice Prévention. 1947 : Incendie du cinéma « Le Sélect » à Ruell-Malmaison Décret du 13 août 1954 CCDSA : Commission consultative départementale de sécurité et d’accessibilité Décret du 8 mars 1995 A QUI BENFECIE LA PREVENTION ERP : enceinte fermée, public en plus du personnel Méthode du Classement Implantation / Isolement Construction Dégagements (sorties) Ventilation / Désenfumage Electricité - éclairage (7 feux sur 10) Chauffage Risques particuliers Moyens de secours
  • 40. 35 1) Classement : - Destination - effectif public : Premier groupe : établissement première catégorie : > 1500 personnes établissement deuxième catégorie : entre 750 et 1500 personnes établissement troisième catégorie : entre 301 et 705 personnes établissement quatrième catégorie : < 300 personnes Deuxième groupe : établissement cinquième catégorie : > seuil en fonction du type TYPES : L : salles de spectacle, réunion M : magasins, centres commerciaux N : restaurants, débits de boissons O : hôtels et pensions de famille P : salles de danse, salles de jeux R : enseignement, colonies S : bibliothèque, documentation T : salle d’exposition U : établissements sanitaires V : établissements de culte W : administration, banques, bureaux X : établissements sportifs couverts Y : musées PA : établissements de plein air CTS : chapiteaux, tentes, structures itinérantes STG : structures gonflables PS : parcs de stationnement couverts OA : hôtels-restaurants d’altitude GA : gares accessibles au public EF : établissements flottants REF : refuge de montagne Classement des groupements d’établissements En général : 50 en sous-sol ; 100 en étages, galeries, ouvrages surrélevés !! 2) Implantation : Les établissements doivent être conçus de manière à permettre en cas de sinistre : - l’évacuation du public - l’intervention des secours - la limitation de la propagation de l’incendie
  • 41. 36 Chapitre 4 : La détection du feu Les détecteurs autonomes avertisseurs de fumée (DAAF) En avertissant dès la détection d’une fumée, les DAAF permettent de maîtriser le départ du feu à temps, ou de fuir sans être victimes des émanations. Les DAAF sont le seul moyen de ne pas être victime des feux nocturnes, particulièrement meurtriers (responsables de 70% des décès dans les incendies d’habitation). Pour une protection de base, il est recommandé d’installer au moins un détecteur à chaque étage de la maison, y compris au sous-sol et, si possible près de votre chambre pour que vous puissiez l'entendre. Placez des détecteurs-avertisseurs de fumée supplémentaires pour surveiller les escaliers, ceux-ci se comportant comme des cheminées vis-à-vis de la fumée et de la chaleur. Pour une protection optimum, le mieux serait de placer un détecteur-avertisseur de fumée dans chaque chambre occupée, surtout dans celle d'un fumeur, dans chaque pièce contenant des appareils électriques (ex. chauffage portatif, ordinateur) voire dans les pièces suivantes : salon, salle à manger, rangement, dressing, sous-sol. Certains endroits sont à éviter, notamment les salles de bain, à proximité des appareils de chauffage, près des fenêtres et des ventilateurs de plafond. Puisque la fumée s’élève dans les airs, il est naturellement recommandé de fixer les détecteurs de fumée au plafond et si possible au centre de la pièce, sinon à plus de 20cm de tout obstacle et à plus de 60cm d'un angle. Si ce n'est pas possible, placez le détecteur sur un mur à une distance de 15 à 20cm du plafond. Cela dit, le principal inconvénient des DAAF – outre leur aspect inesthétique au milieu du plafond - est leur manque de discernement. Une sirène (elle atteint généralement les 85 décibels) qui se déclenche trop souvent de façon intempestive et les occupants du logement sont tentés d'en enlever la pile. Trop près d'une cuisine, un DAAF peut se révéler exaspérant, trop loin, inefficace. De l'intérêt de se renseigner auprès d'un professionnel qui tentera avec vous de déterminer les meilleurs endroits de la maison en fonction de vos habitudes, de votre espace et, pourquoi pas, de l'esthétisme de votre décoration. Ces détecteurs optiques autonomes fonctionnant à pile ou en 220Vcc, sont d’installation (trop ?) facile et, comme leur nom l'indique, ne nécessitent d'être asservis à aucun autre appareil. Certains modèles ont un flash intégré à l'usage des personnes malentendantes. L'entretien se limite à s'assurer régulièrement que le détecteur de fumée fonctionne : Il suffit pour cela d'appuyer chaque mois sur le bouton de test et de remplacer la pile à date fixe ou si le témoin de fin de vie de la pile se déclenche. A noter d'ailleurs que certaines piles ont désormais des
  • 42. 37 durées de vie 'garanties' de 10 ans. Ces détecteurs optiques doivent être impérativement à la norme NF S 61-966 qui devrait être substituée en juillet 2008 par la norme européenne EN 14 604. Les détecteurs de chaleur Ils s'utilisent là où il y a des ambiances fumigènes : cuisines ou garages dans lesquels les détecteurs de fumée seraient inefficaces. Un thermistor déclenche l'alarme dès que la température atteint un certain seuil, aux environs de 50°. Il peut être muni d'un avertisseur intégré et d'un réarmement automatique dès que la température revient à son niveau normal. Le coût est d'environ 60 euros. Sachez que nombre d'incendies se déclenchent dans la cuisine à cause du simple oubli d'une cocotte qui mijote ou d'un(e) cuisinier(e) soudain passionné(e) par une émission de télé. Les détecteurs de gaz et détecteurs de monoxyde de carbone Ils ne peuvent pas se substituer à une révision de vos installations de chauffage et de production d'énergies par des personnels qualifiés. Néanmoins, pour assurer une bonne prévention, les détecteurs de gaz s'installent près du sol pour les gaz à densité plus grande que l'air (butane et propane) et près du plafond pour le gaz naturel ou méthane qui a une densité inférieure à celle de l'air. Les détecteurs de monoxyde de carbone sont indispensables en présence de poêles, chaudières ou cuisinière à gaz pour détecter le monoxyde de carbone, un tueur silencieux qui fait chaque année des centaines de victimes. Ils s'installent au moins à 2 mètres de l'appareil hors zone humide. Le coût est d'environ 60 euros.
  • 43. 38 L'alarme incendie L'installation classique s'articule autour de la centrale d'alarme qui va centraliser les données envoyées par les détecteurs et déclencher les moyens d'alerte. Elle se compose de : • 1 centrale d'alarme ; • 1 ou plusieurs détecteur(s) de fumée, de chaleur, de monoxyde de carbone, etc. ; • 1 ou plusieurs sirène(s) ; • 1 transmetteur téléphonique. La centrale d'alarme peut identifier précisément les lieux où sont placés les détecteurs pour pouvoir situer l'origine d'une alarme. Après avoir reçu les signaux d'alarme, elle déclenche l'alerte via sa sirène intégrée et/ou par téléphone grâce au transmetteur téléphonique, en diffusant le message spécifique 'Alarme Incendie' que vous aurez préenregistré. Selon la centrale, il est possible d'asservir un certain nombre de détecteurs et d'équipements. L'alarme incendie peut également intégrer un journal des derniers événements et une télécommande marche/arrêt. Que l'installation soit en système filaire ou sans fil et suivant la complexité de l'installation, il est recommandé de faire appel à un installateur qui, en outre, vous délivrera un certificat d'agrément qui pourrait vous être réclamé par l'assureur. Photodiode 1) Définition : Une photodiode est un composant semi-conducteur ayant la capacité de détecter un rayonnement du domaine optique et de le transformer en signal électrique. Schéma de la photodiode/Exemple de photodiode
  • 44. 39 2) Fonctionnement : Quand un semi-conducteur est exposé à un flux lumineux, les photons sont absorbés à condition que l’énergie du photon (Eph = h ) soit supérieure à la largeur de la bande interdite (Eg). Ceci correspond à l'énergie nécessaire que doit absorber l'électron afin qu'il puisse quitter la bande de valence (où il sert à assurer la cohésion de la structure) vers la bande de conduction, le rendant ainsi mobile et capable de générer un courant électrique. L’existence de la bande interdite entraîne l’existence d’un seuil d’absorption tel que h 0 = Eg. Lors de l’absorption d’un photon, deux phénomènes peuvent se produire : • La photoémission : c'est la sortie de l’électron hors du matériau photosensible. L’électron ne peut sortir que s'il est excité près de la surface. • La photoconductivité : l’électron est libéré à l’intérieur du matériau. Les électrons ainsi libérés contribuent à la conductivité électrique du matériau. Lorsque les photons pénètrent dans le semi-conducteur munis d’une énergie suffisante, ils peuvent créer des photoporteurs en excès dans le matériau. On observe alors une augmentation du courant. Deux mécanismes interviennent simultanément : • Il y a création de porteurs minoritaires, c'est-à-dire des électrons dans la région P et des trous dans la région N. Ceux-ci sont susceptibles d’atteindre la ZCE par diffusion et d’être ensuite propulsés vers des zones où ils sont majoritaires. En effet, une fois dans la ZCE, la polarisation étant inverse, on favorise le passage des minoritaires vers leur zone de prédilection. Ces porteurs contribuent ainsi à créer le courant de diffusion. • Il y a génération de paires électron trou dans la ZCE, qui se dissocient sous l’action du champ électrique ; l’électron rejoignant la zone N, le trou la zone P. Ce courant s’appelle le courant de transit ou photocourant de génération. Ces deux contributions s’ajoutent pour créer le photocourant Iph qui s’additionne au courant inverse de la jonction. L’expression du courant traversant la jonction est alors : 3) Avantages : • Leur coût moindre, de moins de 2€ jusqu’à 15€. • La facilité d’installation du fait qu’elles soient très compactes. 4) Inconvénients : • Ont besoin d’être installé avec d’autres systèmes électronique (amplificateurs, microcontrôleurs…) • Risque de confusion en cas d’utilisation à une lumière trop vive (à confirmer lors de tests).
  • 45. 40 Exemple d’une photodiode Code commande : 654-8069 Fabricant : OSRAM Opto Semiconductors Référence fabricant : SFH 205 FA Caractéristiques : Paramètre Valeur du paramètre Type Infrarouge Plage de longueurs d'onde 740 1120nm Angle de réception 120° Temps de montée/descente 20 / 20ns Boîtier Filtre 5 mm SL Sensibilité 0.63A/W Courant d'obscurité 2nA Température d'utilisation -40 +100°C Puissance dissipée 150mW Commentaire : Phototransistors/Photodiodes radial Side-Looking Phototransistors et photodiodes à cordon radial Side-Looking dans des boîtiers transparents, teintés et opaques à la lumière visible (noir). Tous ont une réponse de crête dans la gamme de longeur d'onde infrarouge, mais seuls les types à boîtier noir sont insensibles à lumière visible.
  • 46. 41 Caméra thermique 1) Définition et fonctionnement: Une caméra thermique enregistre les différents rayonnements infrarouge (ondes de chaleur) émis par les corps et qui varient en fonction de leur température. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, une caméra thermique ne permet pas de voir derrière une paroi ou un obstacle. Elle reproduit la température emmagasinée par un corps, ou montre le flux thermique d'une paroi en raison d’un foyer se trouvant à l’arrière. 2) Domaines d'utilisation d'une caméra thermique : Une caméra thermique peut être utilisée dans différentes situations : Pour les sapeurs-pompiers : • Recherche de victimes lors de feux d’appartements et surtout dans de grands volumes tels que parkings souterrains, usines, halls de stockage, feu de forêt... • Recherche de foyer : la caméra thermique permet de détecter très rapidement un foyer ou même un feu couvant. • Feu ou foyer résiduel dans un joint de dilatation suite à un feu de cave dans un immeuble collectif type barre d’habitation. • Point chaud après extinction d’un feu de cheminée ou de comble. • Feu électrique : court-circuit, faux-contact entrainant une surchauffe ponctuelle. • Lors du dépotage de wagons ou de citerne, le niveau dans la cuve de certains produits chimiques peut être observé à l'aide de la caméra thermique. • Lors d'une intervention pour un accident de la circulation de nuit en campagne, pour détecter un éventuel corps éjecté hors de la route. • En sauvetage déblaiement, pour localiser une victime dans un local accessible par une petite ouverture. Pour l'armée et les services de police : • pour les opérations de nuit.
  • 47. 42 Récemment, des exploitants de salles de cinéma aux États-Unis ont équipé leurs personnels de caméras thermiques afin de détecter les personnes filmant les projections depuis la salle. Pour le bâtiment: • Détection des points faibles de l'isolation d'un bâtiment. • Vérification des températures des canalisations et installations de chauffage, notamment pour le contrôle des planchers chauffants. • Vérification des armoires électriques par visualisation des surchauffes des connexions, ou de certains composants. Pour les aéroports : • Vérifier les personnes ayant une fièvre suspecte, signe de maladie par exemple. 3) Avantages : • portée (50m) • champ de vision • précision 4) Inconvénients : • Prix (200e min) • volume Détecteur de fumée ou de gaz 1) Définition et fonctionnement : Un détecteur est un dispositif technique (instrument, substance, matière) qui change d'état en présence de l'élément ou de la situation pour lequel il a été spécifiquement conçu. Des fonctions supplémentaires peuvent apporter des précisions qualitatives ou quantitatives sur la nature du phénomène observé.
  • 48. 43 Une installation de détection incendie a pour but de signaler à un poste central ou au personnel en charge de la sécurité de l'établissement tout évènement pouvant être le signe d'un début d'incendie. Le principe de fonctionnement étant le même il ne sera traité que le cas du détecteur de fumée. Un détecteur de fumée est un organe de sécurité, il réagit à la présence de fumée ou de vapeur dans l'air : il existe des détecteurs optiques et/ou par ionisation. Les détecteurs ioniques sont interdits en France car radioactifs. 2) Type de détecteurs : Il existe de nombreux type de détecteurs comme par exemple : • Détecteur ionique : Ce détecteur possède une chambre, composée de deux électrodes, dans laquelle est placée un matériau radioactif (généralement une pastille d'americium 241) émettant des rayons alpha. Une tension est appliquée aux bornes des électrodes; un faible courant apparaît, du fait de la ionisation de l'air de la chambre. Lorsque des particules de fumée y pénètrent, celles-ci captent une partie des rayons alpha, entraînant une diminution du courant, puis le passage en alarme du détecteur. • Détecteur optique de fumées (ponctuel) ou Photo-électrique: Ce détecteur met à profit l'effet Tyndall. Dans la chambre d'analyse, une DEL et une photodiode sont placées de telle façon que cette dernière ne reçoive jamais la lumière de la DEL en l'absence de fumée. La pénétration de fumée dans la chambre d'analyse entraîne la réflexion de la lumière de la LED sur les particules de fumée, donc la sollicitation de la photodiode. Ce détecteur est très efficace pour les fumées blanches; Il l'est un peu moins pour les fumées noires, à cause de leur faible réflectivité. • Détecteur linéaire de fumée: Contrairement aux détecteurs ponctuels de fumée, celui-ci fonctionne sur le principe de l'absorption de la lumière. Le détecteur envoie des impulsions lumineuses (infra-rouges) qui
  • 49. 44 sont traitées par la partie réceptrice du produit. Le détecteur mesure en permanence le niveau du signal reçu. Une baisse du signal reçu est interprétée comme une présence de fumée. La plupart des détecteurs linéaires ont une portée de 100m, leur permettant de couvrir de grandes surfaces. Ils sont particulièrement bien adaptés pour la surveillance des aéroports, centres commerciaux, usines, entrepôts, musée, gymnases, églises... Il existe deux types de Détecteurs linéaire de fumée: par Projection (Emetteur et Récepteur sont installés à chaque extrémité de la zone à protéger) et par Réflexion (Emetteur et Récepteur sont combinés dans la même unité, l'infrarouge est reflété au Récepteur par un catadioptre) • Détecteur optique de flamme: Ces détecteurs possèdent une cellule sensible aux rayonnements IR (Infra Rouge) ou UV (Ultra Violet). Les détecteurs IR travaillent généralement dans la bande lumineuse du carbone de manière à éviter les fausses alarmes. • Détecteur de chaleur (thermostatique, thermo vélocimétrique): Les détecteurs thermostatiques passent en alarme lorsqu'ils détectent une température supérieure à un seuil prédéterminé. Les détecteurs thermo vélocimétriques sont quant à eux sensibles à la vitesse d'élévation de la température, donnant généralement une information plus précoce que les thermostatiques. Ils donnent en revanche beaucoup plus de fausses alarmes s'ils sont mal placés (ex : élévation rapide de la température due à l'ouverture d'un four dans une cuisine industrielle, ou à la mise en route d'une chaudière...) • Détecteur multi-capteurs: Ceux-ci sont constitués d'un détecteur optique de fumée équipé d'un capteur de chaleur aidant à la prise de décision de l'alarme feu. En pratique, la sensibilité du détecteur augmente avec la température. 3) Utilisation dans notre cas : Intégré à un système de sécurité, permettant la gestion des incendies et accidents dans les locaux industriels, il sert uniquement de capteur transmettant l'information à une centrale de détection et de gestion, qui elle lance des alarmes et commande un ou des systèmes annexes de lutte contre les incendies : comme un système d'extraction des fumées et des portes coupe- feu imposant un confinement en zones, permettant de ralentir la progression de l'incendie. Il serait donc ici utilisé pour l’avertissement de la présence d’un incendie dans une zone précise. Le robot n’aura plus qu’à se diriger dans le secteur de l’alarme. Thermomètre Infrarouge (IR) 1) Description Un thermomètre infrarouge est un instrument permettant de mesurer la température d'un objet à partir de l'émission de lumière de type corps noir qu'il produit (lumière produite
  • 50. 45 exclusivement par la température). Un tel thermomètre est parfois appelé à tort thermomètre laser s'il est aidé d'un laser pour viser, ou encore thermomètre sans-contact pour illustrer sa capacité à mesurer la température à distance. On utilise également le terme de pyromètre de manière à exprimer la différence avec un thermomètre classique puisqu'il mesure le rayonnement thermique émis et non la température elle-même. En connaissant la quantité d'énergie émise par un objet, et son émissivité (capacité d'un corps à absorber et à réémettre l'énergie rayonnée), sa température peut être déterminée. 2) Fonctionnement Le procédé consiste à mesurer l'énergie lumineuse (située dans l'infrarouge) sur un détecteur permettant de la convertir en un signal électrique. Cette méthode permet de mesurer la température à distance, contrairement aux autres types de thermomètres comme les thermocouples. Ainsi il est possible de mesurer la température si l'objet est en mouvement, s'il est entouré d'un champ électromagnétique, s'il est placé dans le vide, ... Cette méthode de mesure peut être très précise à condition cependant d'être bien calibrée, le rayonnement mesuré étant dépendant de nombreux paramètres : émissivité de l'objet, uniformité de la source, géométrie du dispositif. Ces thermomètres peuvent être utilisés pour de nombreuses applications comme : - La détection de nuages pour les télescopes, - La vérification d’équipements mécaniques ou de circuits électriques, - Le contrôle de la température d'un four ou d'autres équipements, - La détection de zones chaudes lors d'un incendie. - Le contrôle du réchauffement ou du refroidissement de matériaux avec précision. 3) Exemples d’applications :
  • 51. 46 En AUTOMOBILE: - Vérifier si un calorstat est ouvert ou fermé (delta T de 5 à 10°) - Vérifier si une Bougie de préchauffage est H.S ou bonne. - Vérifier la température un pot d'échappement - Vérifier la température d'une culasse moteur sans se brûler. En INDUSTRIE: - Vérifier le bon serrage de borniers (Test l'échauffement dû à un mauvais sérrage) - Vérifier la température d'un arbre moteur ou de roulements. (Un sur- échauffement est synonyme d'un roulement usé). A la MAISON: - Vérifier la température d'une bouteille de vin sans l'ouvrir. - D'un gâteau, d'une viande à la cuisson, du compartiment congélation. - De l'eau d'un lac à la pêche, etc..... 4) Avantages : - Ces thermomètres ont une grande portée. - Permettent d’obtenir une mesure précise d’une température. 5) Inconvénients : - Coût élevé de 40€ environ à plus de 100€. - Le thermomètre est beaucoup trop encombrant.
  • 52. 47 Chapitre 5 : L’extinction du feu I. Les extincteurs 1) Préface : S’ils sont utilisés correctement, les extincteurs sont des moyens de lutte très efficaces contre un début d’incendie et permettent d’éviter bien des sinistres. Reste à savoir comment s’en servir et surtout à les reconnaître car leur nombre est grand et leurs spécificités sont différentes. Les extincteurs peuvent être classés en fonction de leur format, de leur fonctionnement ou de l’agent extincteur qu’ils contiennent. Si l’on prend en compte le format de l’extincteur, et donc la maniabilité qui en découle, il est possible de distinguer trois familles d’appareils : • les extincteurs portatifs : ce sont les plus courants. On les rencontre par exemple à intervalles réguliers dans les établissements recevant du public (ERP) ou chez les particuliers. Le nom portatif leur a été attribué car ils sont conçus pour être portés et utilisés à la main et doivent par conséquent être d’un poids inférieur ou égal à 20 kg ; • les extincteurs mobiles : normalement montés sur roues, ils sont conçus pour être tractés et actionnés manuellement ou être remorqués par un véhicule. Ils sont généralement de forme sphérique ou cylindrique et ont une masse totale supérieure à 20 kg ; • les extincteurs fixes : comme leur nom l’indique, ces types d’extincteurs sont fixés à demeure et ne peuvent pas être déplacés. Ils permettent de protéger une zone déterminée où il existe un risque sensible d’incendie. Ces appareils peuvent être déclenchés manuellement ou de façon automatique. L’agent extincteur employé Outre sa forme, un extincteur est surtout caractérisé par l’agent chimique qu’il contient. L’appareil à utiliser sera fonction de la classe du feu à éteindre (A, B, C, D E ou F, voir encadré), car un agent extincteur n’est efficace que sur des foyers bien déterminés. L’usage d’un agent non adapté sera, dans le meilleur des cas, inefficace mais pourra parfois être très dangereux et aggraver le sinistre.
  • 53. 48 2) Les classes de feux : La norme NF EN 2 distingue 6 classes de feux : • classe A : feux de matériaux solides, généralement de nature organique, dont la combustion se fait normalement avec formation de braises (papier, bois…) ; • classe B : feux de liquides ou de solides liquéfiables (essence, alcool…) ; • classe C : feux de gaz (gaz de ville, butane, propane…) ; • classe D : feux de métaux (sodium, magnésium, aluminium…). Cette classe de feux n’est actuellement pas normalisée. • Classe E : feux « électriques ». • classe F : feux d'huiles et graisses végétales ou animales. Adaptation des agents extincteurs aux différentes classes de feux (A, B, C ou D) Agent extincteur A B C D Eau en jet pulvérisé + + + - Eau + additif + + + + - Mousse + + + - Poudre BC - + + + + (*) Poudre ABC + + + + + + CO2 - + + + + Hydrocarbures halogénés + + + + + + : Bonne efficacité + : efficacité limitée - : mauvaise efficacité (*) : Sur les feux de classe D, n’employer que des extincteurs à poudres spéciales (à base de graphite, carbonate de sodium, chlorure de sodium, etc.) Sur les feux de gaz, l’alimentation doit être coupée avant de procéder à l’extinction. Ce tableau ne traite pas les cas des classes E et F car celle-ci ont été instauré récemment et son encore très peux développées. L’icône normalisé des 6 classes
  • 54. 49 3) Les cinq catégories principales d’agents extincteurs : • L’eau en jet pulvérisé : l’eau pulvérisée reste l’agent prédominant pour lutter contre les feux de classe A. Elle agit par effet de refroidissement sur le foyer et par création de vapeur d’eau au contact des matériaux qui brûlent. Ces extincteurs agissent sur les feux de classe A, mais sont dangereux sur les feux de classe D. Sur la classe B, ils sont inefficaces, sauf pour les liquides inflammables dont le point éclair est supérieur à 100 °C. • L’eau + additifs : des produits additifs (tensioactifs) peuvent être ajoutés à l’eau pour accroître son pouvoir extincteur. L’une des familles les plus notables d’additifs est celle des AFFF (agents formant un film flottant) qui ont la caractéristique de former un film isolant flottant sur la surface du combustible. Ce dernier sépare physiquement le combustible du comburant et empêche le dégagement des vapeurs inflammables en évitant ainsi les risques de réinflammation. L’effet de refroidissement demeure. Ces types d’extincteurs sont efficaces sur feux de classe A et B. Ils peuvent être généralement utilisés en présence de courant électrique, mais il convient de bien vérifier les indications portées sur l’extincteur. • La poudre : on distingue deux types d’extincteurs à poudre. Les extincteurs à poudre BC et ceux à poudre ABC dite « polyvalente ». Les poudres BC sont généralement des sels qui agissent sur les feux de classes B et C par absorption de la chaleur et par inhibition via les cristaux de poudre. Les poudres polyvalentes agissent de façon identique sur les foyers B et C mais également par étouffement sur les feux de classe A. Au contact des braises, la poudre ABC se décompose et forme une couche imperméable vitreuse. Cette polyvalence représente un grand intérêt car elle permet d’éteindre des feux combinés comprenant simultanément tous les types de combustibles. Généralement, les poudres ne représentent que de faibles risques toxicologiques pour l’homme (irritation des muqueuses et des voies respiratoires) mais, utilisées dans une pièce fermée, le nuage engendré réduit fortement la visibilité et peut contribuer à l’effet de panique. • Le dioxyde de carbone (CO2) : il est contenu dans l’extincteur sous forme comprimée liquéfiée et gazeuse. La libération du gaz crée un froid intense (à la sortie du diffuseur, le C02 est à – 52 ° C à l’état de gaz et à – 78 °C sous forme de neige carbonique), ce qui, combiné à l’effet de souffle et d’étouffement, permet d’éteindre des feux de classes B et C. Quand il est soumis à une forte élévation de température, le C02 gazeux a la particularité de passer directement à l’état solide, d’où la formation de neige carbonique ; • la mousse : il s’agit d’une mousse « physique » fabriquée lors du contact d’un émulseur et de l’eau sous l’effet de la pulvérisation avec l’air. Il ne s’agit plus d’une mousse chimique comme dans le passé qui nécessitait des manipulations contraignantes de l’appareil avant utilisation. La mousse agit par refroidissement et par isolement en formant une barrière mécanique étanche. Elle est principalement utilisée sur les feux de classe B ;
  • 55. 50 • Les hydrocarbures halogénés (halons) : ils agissent par inhibition de la réaction de combustion. Mais les halons sont susceptibles de participer à la dégradation de la couche d’ozone, ce qui implique que leur fabrication est aujourd’hui interdite. Ils sont efficaces sur les feux de classes B et C. 4) La réglementation : De leur fabrication à leur utilisation, les extincteurs sont soumis à de très nombreuses normes. Couleur, typographie, emplacement, efficacité répondent à une réglementation très stricte établie par des autorités certifiées. Chaque constructeur se doit de respecter ces normes, rendues obligatoires par des arrêtés, sous peine de voir sa production stoppée. Des contrôles inopinés sont régulièrement effectués pour s’assurer de la bonne application des règles instituées. Ainsi, pour être commercialisé, chaque extincteur doit impérativement être conforme à la réglementation française (NF) et européenne (CE). La marque NF certifie l’aptitude à la fonction et à l’emploi de l’extincteur, alors que le marquage CE certifie sa résistance à la pression. La norme NF EN 3 (transposition dans la réglementation française de la norme européenne EN 3), régie par l’AFNOR, garantit les performances d’extinction des extincteurs, selon un référentiel édicté par le CNPP (Centre national de prévention et de protection). Les normes européennes relatives à la résistance à la pression des appareils a pour but premier de protéger l’utilisateur. Ainsi, avant leur commercialisation, les extincteurs doivent subir une épreuve hydraulique et un examen technique. Ces tests sont réalisés par des organismes notifiés indépendants qui vérifient la viabilité des matériaux, les procédés de fabrication… Afin d’être identifiés rapidement par tout utilisateur potentiel, un extincteur répond aussi à des normes visuelles. En premier lieu, le corps d’un extincteur doit obligatoirement être de couleur rouge. Afin d’éviter les différences offertes par la gamme de cette couleur, le ton du rouge est également défini. Sur le corps de l’extincteur, doivent figurer impérativement en blanc un certain nombre d’informations dont l’emplacement ne peut varier. Panonceau obligatoire
  • 56. 51 II. Les Robinets d’Incendie Armés (RIA) Le RIA (ou poste incendie) est une installation semi-fixe d’intervention immédiate contre l’incendie. A) Description L’installation comprend : • Un vanne d’arrêt, • Un tuyau semi-rigide (20 ou 30 mètres) de diamètre 19, 25 ou 33 mm, • Un dévidoir (souvent à l’alimentation axiale), • Une lance munie d’un robinet diffuseur, • D’accessoires facultatifs : seau, hache…
  • 57. 52 Le robinet diffuseur est choisit en fonction du risque : • Diffuseur mixte avec levier trois position : arrêt, jet bâton, jet diffusé. • Diffuseur par installation électrique avec levier deux positions : arrêt et jet diffusé. B) Alimentation en eau. Les RIA peuvent être alimentés soit par : • Le réseau d’eau public, • Des réservoirs à charge gravitaire (sur le toit), • Des réservoirs sous pression, • Le réseau d’une installation incendie (par exemple réseau alimentation Sprinkler). La pression du RIA le plus défavorisé ne doit pas être inférieure à 2,5 bars. (1) Implantation des RIA Les RIA sont installés : • A l’intérieur, à proximité des entrées des rez-de-chaussée ou des paliers d’escaliers dans les étages, à proximité des circulations. • Chaque point de la surface protégée doit pouvoir être atteint par deux jets au moins. • La distance à parcourir entre 2 RIA ne doit pas excéder la somme des longueurs de leurs tuyaux. • Les RIA doivent être signalés et d’accès facile.
  • 58. 53 III. Les sprikleurs Un sprinkler (parfois francisé en sprinkleur) ou une tête d’extinction automatique à eau (parfois appelé aussi tête d’extinction automatique d’incendie, gicleur d’incendie, asperseur) est un appareil de détection de chaleur excessive et de dispersion automatique d’eau (ou de produits dissous dans l’eau), lors d’un incendie1 . Ce système est mis en réseau au-dessus de la zone à protéger. Une augmentation anormale de la température entraîne la rupture de l’ampoule ou la fonte du fusible qui maintient la tête fermée. La canalisation d’eau sous pression permanente, connectée à la tête, en alimente la tête pour arroser la zone enflammée. Son déclenchement ne nécessite aucune intervention humaine. La circulation d’eau dans les canalisations actionne ungong hydraulique donnant l’alarme au niveau du poste de contrôle. Principes Le système permet de protéger les biens et les personnes contre le risque incendie. Sa mise en œuvre automatique le rend opérant jour et nuit. Les trois fonctions de base d’une installation sont de : • Détecter un départ de feu (automatiquement, déclenchement manuel possible dans le cas du déluge) ; • Alarme pour avertir les personnes à proximité et prévenir les moyens de lutte incendie ; • Selon sa conception, il est possible d’éteindre l’incendie, de le contenir, ou de refroidir des structures. Le système de protection incendie par brouillard d’eau est un système particulier et consiste à délivrer la quantité de brouillard (eau sous très haute pression au travers d’un diffuseur) apte à lutter contre le type d’incendie redouté sur une zone quand un incendie est détecté. La brumisation est maintenue tant que l’extinction n’est pas réalisée ou jusqu’à l’intervention des secours. Lorsqu’un incendie survient, la chaleur dégagée s’élève et atteint une des têtes de gicleur réparties sur le plafond. Sous l’effet de la chaleur, l’ampouleou le fusible qui maintient la tête fermée est détruite (l’ampoule contient un liquide qui exerce une pression sur la paroi en verre sous l’effet de la chaleur et qui rompt ainsi cette fine paroi de l’ampoule, mais les éléments fusibles faits de matière plastique sont de plus en plus utilisés). La pression d’eau (pour une installation sous eau) permanente dans la canalisation sur laquelle est posée la tête se libère au travers de la tête, arrosant ainsi la zone enflammée.