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1
NOUS INVENTONS,
AVEC NOS CLIENTS
L’ENTREPRISE DE DEMAIN :
CONNECTÉE, APPRENANTE ET
LIBÉRÉE
CAHIER DES
ENTREPRENEURS 2019
2ÈME ÉDITION
en partenariat avec
2
Chez ISlean consulting, nous nous levons le matin pour
« construire, avec nos clients, l’entreprise de demain :
connectée, apprenante et libérée ».
Avec cette nouvelle édition de notre cahier, nous sommes très fiers de
donner la parole et de valoriser ceux qui créent des entreprises qui
transforment le paysage économique et social.
La transformation continue à déployer ses ailes et les entrepreneurs
témoignent de la capacité à inventer ou revisiter les modèles : si cette
édition rassemble des innovateurs de la formation, de la médecine ou
de la finance, elle inclut des pistes de rupture technologique avec la
blockchain ou revient sur l’entrepreneuriat… sans digital !
Ces aventures sont autant de nouveaux visages et de projets
d’innovation, pour proposer des alternatives aux solutions déjà
connues. Repoussant les limites, les entrepreneurs osent créer de
nouveaux territoires, en partant à la conquête de clients,
et en recrutant d’autres audacieux.
Cette année, cette édition s’inscrit dans un partenariat avec le Conseil
supérieur de l’ordre des Experts-comptables, qui anime le premier
réseau de proximité et de confiance des entrepreneurs en France.
Ce cahier spécial nous permet de remercier les entrepreneurs de leur
confiance et de remettre en lumière leurs témoignages, leurs projets,
leur entreprise, leurs rêves et aussi leurs expériences et conseils !
Pour l’équipe ISlean consulting, Louis-Alexandre Louvet
Le Conseil supérieur a souhaité s’associer à
l’évènement « Concours de l’entrepreneur 2019 »
en devenant le partenaire officiel de cette 2ème
édition visant à inventer l’entreprise du futur.
Cette collaboration n’est pas symbolique. Elle
pose les fondements de notre engagement de
proximité et de confiance vis-à-vis des
entrepreneurs.
Charles-René Tandé, Président du CSOEC
Notre connaissance du tissu économique et notre proximité avec la
réalité entrepreneuriale, nous permettent d’appréhender les
problématiques des chefs d’entreprises dans toutes les décisions
importantes de la vie d’une organisation, mais aussi de contribuer à la
croissance de l’économie nationale.
C’est pourquoi nous sommes ravis et fiers de pouvoir nous associer à
ce plan, permettant de valoriser les start-ups qui participent à la
transformation du paysage économique et social dans une dynamique
d’innovation.
Il s’agit en outre de nous nourrir de retours d’expériences de start-ups
qui ont su se démarquer, innover. Leur réussite est une source
d’inspiration qui nous rappelle qu’il est essentiel de se renouveler
constamment, d’oser … pour transformer nos organisations.
3
ENTREPRENEURS DE NOTRE
CAHIER 2019
MERCI À ELLES ET EUX D’INVENTER
L’ENTREPRISE DE DEMAIN !
Stanislas Miquel Matthieu Hug Robin Lietar
Jean-Paul DebeuretPaul Farnet Antoine AmielElise Covilette
Charlotte Lajoux Yann Gaston-Mathé Antoine Jenoudet
Grégoire Berger Matthieu Zeilas Laëtitia Lumbroso-Revenu
NB : la date des articles dans les pages suivantes rappelle le contexte de l’entretien. Certaines start-up ont pu faire des pivots
ou enrichir leur offre depuis leur témoignage de l’époque.
Sommaire
EdTech
Kokoroe : la formation digitale 13
The MOOC Agency : création de MOOC 15
Learn Assembly : l’accompagnement MOOC 17
LaFormationPourTous : le mobile learning pour tous 19
Cross-secteurs
Askeet.io : plateforme d’échange de leads multi-sectorielle 6
Tilkal : blockchain et supply chain digitale 8
11Vegg’up : l’app des recettes végétariennes et vegan
MedTech
MerciDocteur : la startup qui lutte contre les déserts médicaux 21
24Iktos : recherche pharmaceutique et IA
Promis : la plateforme qui réconcilie les entrepreneurs avec le monde
de l’assurance
27
Livsty : viager et financement participatif 29
FinTech
Maison Z : le monde du luxe et des innovations technologiques 32
D’Estrëe : les accessoires haut de gamme 34
Luxe
Stanislas Miquel
Askeet : plateforme d’échange
de leads multi-sectorielle
Le problème initial est lié à la longueur des cycles B2B :
obtenir un lead (une opportunité commerciale) qualifié
nécessite un temps et des moyens considérables, que ce
soit en prospection « artisanale » ou par l’achat de fichiers
qu’il faut qualifier.
Trois chiffres qui illustrent cet état de fait :
• Un commercial en recherche de leads passe en
moyenne 8 appels par heure.
• Le même commercial met environ 6h30 à obtenir un
premier rendez-vous.
• En 2007, il fallait environ 4 appels pour qu’un prospect
décroche, aujourd’hui il lui faut 8 appels : les acheteurs
ne décrochent plus leur mobile.
Nous pensons que ce process d’obtention de leads peut
être largement amélioré, que ce soit en temps de
qualification ou en coûts marketing. Et puis, il peut être
extrêmement démotivant, ce qui ne facilite pas la rétention
des meilleurs prospecteurs.
Notre point de départ est le suivant : un commercial qui va
en rendez-vous échange un moment, autour de la machine
à café, sur de nombreux sujets avant d’entrer dans le vif de
son échange commercial. Différents sujets qui peuvent
représenter autant d’opportunités commerciales pour des
entreprises d’autres secteurs. Aujourd’hui, ces opportunités
ne sont pas visibles et « meurent » après le rendez-vous.
Il y a 700 000 commerciaux en France, qui font en moyenne
5 rendez-vous par semaine et peuvent identifier jusqu’à trois
besoins par rendez-vous : c’est potentiellement 10 millions
de besoins qualifiés identifiés chaque semaine en France !
A noter qu’au départ de la plateforme, LinkedIn avait
identifié 7 fonctionnalités cible, dont « Poster une
opportunité commerciale au sein de mon réseau « . Cette
fonctionnalité n’a pas été mise en œuvre par LinkedIn.
Askeet.io se propose de venir compléter ce manque.
Quel est le problème à résoudre qui a lancé
Askeet.io ?
Stanislas Miquel, co-fondateur de askeet.io | Propos recueillis par Jean-Marc Zanini, Février 2018
6
A la sortie de l’ESSEC en 2012 j’ai rejoint Carbox, une start-
up montée par deux entrepreneurs qui proposait du partage
de flotte automobile en B2B. La structure s’est bien
développée au sein de six pays en Europe, a étendu son
activité dans le B2C jusqu’à son rachat par Europcar,
finalisé en 2017.
A la sortie de cette première expérience, nous avons
formulé avec l’un des fondateurs de Carbox le projet de
monter en parallèle 3 startups en partant d’une feuille
blanche, avec l’idée d’embarquer et d’aider des
entrepreneurs intéressés par l’aventure. Geatlead est la
première de ces trois structures, dont l’idée est née au
moment du rapprochement Carbox/Europcar : nous avions
besoin de mettre en œuvre des échanges de leads en
système fermé, ce que nous avons fait dans un premier
temps sur Excel, et qui nous a donné l’idée de le développer
en système ouvert multi-sectoriel.
Comment avez-vous lancé le projet ?
Askeet.io aujourd’hui ?
On s’est lancé en septembre 2017 avec des
expérimentations en France, Allemagne, Belgique et
Royaume-Uni.
Le but était de voir si différentes populations commerciales
pouvaient avoir le mindset d’identifier et qualifier des
besoins d’entreprises qui ne les concernent pas. Nous
souhaitions valider l’idée qu’il y avait un gisement
d’informations et qu’il était valorisable.
On a construit un outil pour poster un lead en moins d’une
minute, en rentrant à sa voiture. Nous souhaitions valider
l’idée dans des environnements culturels différents :
l’Allemagne est culturellement très sensible aux aspects de
Data Privacy, le Royaume Uni a une approche plus libérale
et plus ouverte sur du cross-selling, la France se situant
entre ces deux tendances. La solution semble de fait plus
naturellement acceptable en France et au Royaume Uni,
plus réceptifs à l’économie du partage et ce qui permettra
au commercial d’arriver plus vite à son résultat.
Cette phase d’expérimentation nous a permis de valider le
concept que nous sommes en train d’affiner : business plan,
aspects juridiques, design du produit cible…
Cross-secteurs
L’idée de Askeet est de créer une
communauté de vendeurs autour d’une
marketplace d’achat/vente de leads qualifiés.
Askeet : plateforme d’échange de leads
multi-sectorielle
Les suites du développement ?
Nous continuons à faire grossir la communauté dans trois
pays et sommes en train d’acquérir nos mille premiers
utilisateurs. Cela ne peut pas être petit, il faut du volume ;
également que les leads soient multi-sectoriels et le
périmètre, international.
Nous devons affiner notre produit pour qu’il s’adapte
parfaitement au comportement des utilisateurs:
• côté vente : quel est le process le plus simple, pratique
et rapide pour poster un besoin ? Comment rappeler à
l’utilisateur de ne pas oublier de poster juste après son
rendez-vous les besoins qu’il a identifiés ?
• côté achat : quel est le niveau d’information attendu ?
Par exemple, derrière un lead du type « Entreprise de
conseil recherche des idées innovantes pour améliorer
l’ambiance au travail via le sport », le commercial aura
besoin de nombreuses informations complémentaires :
délai d’implémentation, taille de l’entreprise, position du
lead dans l’entreprise, niveau de qualification… Doit-on
donner la possibilité à l’acheteur et au vendeur de
dialoguer ? Doit-on ouvrir des services internes de
requalification des besoins ? avec quel niveau de détail ?
Le lead ne serait vendu qu’une seule fois : ainsi, le prospect
n’est pas spammé, l’acheteur du lead n’est pas en
concurrence et le vendeur du lead est confiant sur le fait de
ne pas être « grillé » auprès de son prospect.
7
Stanislas Miquel
Stanislas Miquel, co-fondateur de askeet.io | Propos recueillis par Jean-Marc Zanini, Février 2018
On part de zéro et on apporte une corde nouvelle à l’arc des
commerciaux, qui vient vraiment aider les « petits » à attirer
le chaland sans les moyens des « gros ».
J’avais jusque là toujours travaillé sur des sujets scalables,
industrialisables, et je me rends compte qu’au départ rien
n’est scalable :
Quels enseignements pour vous ?
La chance que j’ai aujourd’hui, c’est d’être entouré (on est
trois dans cette aventure, dont un expérimenté qui a déjà
monté et vendu une boite). Cela permet une émulation
mutuelle, et de lisser les yoyos émotionnels inévitables. Il y
a par ailleurs énormément de choses différentes à gérer au
début que tu n’as pas apprises dans une école de
commerce. C’est un plus indéniable de bénéficier de
l’expérience de quelqu’un qui est déjà passé par là.
Il est crucial de travailler tout le temps la vision que tu as du
produit : le principal actif, plus que la première communauté
que tu es en train de constituer, est la vision, l’histoire à
raconter, ce qui fait qu’on va se différencier d’autres. C’est
une démarche permanente, qui est demandée à juste titre
par les fonds d’investissement.
Quelques conseils pour ceux qui voudraient se
lancer ?
Cross-secteurs
Je ne m’attendais pas au plaisir et à l’excitation de partir
d’une feuille blanche et à trouver des interlocuteurs qui
trouvent l’idée pertinente, qui s’inscrivent et qui postent des
leads. J’avais-sous-estimé la satisfaction qu’il peut y avoir à
proposer une solution qui trouve rapidement un écho positif
chez ses clients potentiels.
Il y a des moyens plus malins que de payer de la pub pour
intéresser des utilisateurs, c’est un questionnement
permanent.
Tu dois te questionner tous les jours
pour trouver une façon d’intéresser des
gens à ce que tu fais
Depuis la rédaction de cet article, Askeet.io a pivoté pour se
positionner en TriAdvisor des prestataires et outils B to B.
Matthieu Hug
Tilkal : blockchain et supply chain digitale
Après avoir revendu puis avoir quitté ma première société,
RunMyProcess, je voulais me lancer dans un projet
entrepreneurial qui applique les technologies numériques à
quelque chose qui me semble avoir un sens et porter un
engagement. Étrangement ou pas, mon approche initiale a
été très tirée par la technologie : quelle technologie
numérique a un potentiel transformateur fort vu
d’aujourd’hui ? Qu’est ce qui aujourd’hui pourrait être
l’équivalent du web de 1993 ?
Parmi les technologies émergentes, je me suis intéressé à
la « blockchain ». Ses applications dans les fintechs ne
m’intéressent pas vraiment – pour tout dire, il me semble
que le recours à la blockchain y est rarement nécessaire. La
question était donc : « que peut-on exactement en faire qui
permette d’espérer résoudre un problème important ? »
Quel est le problème à résoudre qui a lancé
Tilkal ?
J’avais identifié la traçabilité comment étant devenue une
problématique clef de la supply chain et m’y suis intéressé.
A ce moment j’ai découvert un monde vaste et fascinant que
je ne connaissais pas. Parmi les challenges auxquels doit
faire face ce domaine, on trouve le commerce illicite de
produits licites, c’est-à-dire des produits légaux distribués
illégalement. Ce phénomène est aujourd’hui la première
activité « cross-border » illégale au monde. En volume
d’affaire, c’est de l’ordre de trois à quatre fois le trafic de
drogue. C’est plus important encore que le trafic d’armes ou
le trafic d’êtres humains. C’est donc une problématique
majeure.
Selon un rapport d’Europol, pour 1 000 euros investis,
l’espérance de gain dans le trafic d’héroïne est de 20 000
euros pendant que celui du commerce illicite de produits
licites est de 200 000 euros.
Matthieu Hug, co-fondateur de Tilkal | Propos recueillis par Ange Miezan, Mars 2018
8
Le projet a commencé il y a juste deux ans avec 2 autres
co-fondateurs. Le premier travaillait avec moi comme CTO
chez RunMyProcess [NDLR : entreprise créée par Matthieu
Hug en 2007]. L’autre est un ami depuis les classes
préparatoires ; il était associé dans un grand cabinet de
conseil où il travaillait dans le domaine de la structuration de
deals dans le secteur banques et assurances.
Nous avons très vite abouti un consensus enthousiaste sur
le sujet de la sécurisation et de la traçabilité des supply
chains. Mais si le commerce illicite est très important au
niveau sociétal, c’est commercialement un thème compliqué
à aborder et peu d’industriels veulent en parler
publiquement. Il fallait donc trouver à partir de cette idée
générale de traçabilité bout en bout et de sécurisation des
filières, comment construire une opportunité positive pour
les industriels.
Comment avez-vous lancé le projet ?
Depuis 20 ans la globalisation des chaines
d’approvisionnement s’est accompagnée d’un morcellement
de toutes les étapes (fabrication, transport, distribution…),
permettant au fléau du commerce illicite de se développer
sur les chaines d’approvisionnement comme un véritable
virus.
Pourquoi avoir opté pour une solution basée sur
la blockchain et quel est l’apport différentiel sur le
marché ?
Cross-secteurs
Voilà la question à l’origine de Tilkal : comment sécuriser les
supply chains et les filières, et in fine rassurer des
consommateurs de plus en plus méfiants sur l’origine du
bien qu’ils achètent ?
Tilkal est aujourd’hui au début du développement
commercial. Nous avons commencé de manière active le
développement commercial depuis 6 mois. Nous nous
concentrons sur des pilotes par opposition à des PoC (Proof
of Concept). Pour moi un pilote est un test grandeur nature,
à l’échelle, qui a vocation – si le test est concluant – à aller
en production. A l’inverse d’un PoC qui reste un test
technique à petite échelle : sur ces sujets je ne vois pas
quel enseignement non trivial on peut en tirer, car l’enjeu
réel c’est justement d’être à l’échelle.
Nous sommes donc en lancement de nos premiers pilotes.
Nous sommes aujourd’hui très focalisés sur le domaine
agro-alimentaire. C’est une industrie qui a bien réagi à notre
proposition et où l’articulation est assez naturelle entre les
problèmes liés au commerce illicite et l’importance de
rassurer le consommateur sur l’origine et la fiabilité du
produit.
la question est de bien comprendre le degré de confiance
que l’on peut donner à une information d’un tiers et surtout
de comprendre la nature de cette « confiance ». A partir de
là, il y a deux façons de voir les choses :
• Soit chercher à contraindre la chaîne pour que tout se
passe comme prévu en théorie : en gros on veut que
toute information soit « vraie ». Mais étant donné que la
question se pose sur chaque flux de marchandise, il
faudrait contrôler chaque flux de produits ce qui est en
pratique irréaliste.
• Soit capter et consolider l’information au fur et à mesure
dans un but d’analyse et de détection des
dysfonctionnements. C’est la logique du contrôle continu,
de la boucle de rétroaction et en quelque sorte du « Lean
», appliquée à l’échelle de la supply chain. Mais pour
pouvoir analyser l’information et en tirer des conclusions
fiables, il est nécessaire qu’elle ne change pas : peu
importe que l’information soit « vraie », on veut qu’elle
soit « figée » et « incontestable » : la véracité sera la
conséquence du contrôle et de l’amélioration continue.
Ceci a en outre pour effet de créer une piste d’audit a
posteriori et responsabilisant. Techniquement, pour faire
cela dans des environnements hétérogènes et
décentralisés par nature, « blockchain » est à l’évidence
la bonne direction. A partir de là on n’a pas dit grand-
chose, et commence la question de la mise en œuvre…
9
Matthieu Hug
Tilkal : blockchain et supply chain digitale
Matthieu Hug, co-fondateur de Tilkal | Propos recueillis par Ange Miezan, Mars 2018
Concrètement aujourd’hui si vous achetez un surgelé dans
un magasin alimentaire, personne ne peut vous dire avec
exactitude et sans recherches longues quelle a été sa
température de conservation entre la sortie de l’usine et son
arrivée dans le bac à surgelés : personne ne le sait.
L’information existe probablement mais elle est disséminée
chez tous les acteurs. Il y a donc un problème de fluidité et
de transfert de l’information, en particulier entre des acteurs
qui dans la plupart des supply chain industrielles ne se
connaissent pratiquement pas du fait de la sous-traitance et
du nombre d’intervenants. Tilkal aujourd’hui ?
Cross-secteurs
Certains acteurs ont à leur échelle des systèmes de
traçabilité mais en revanche, il y a peu voire pas d’échange
d’informations entre les acteurs. Il peut y en avoir sur un
petit bout de la chaîne mais jamais sur la totalité.
Mais dans ce contexte, face aux enjeux de santé, d’éthique
ou de conformité réglementaire sous-jacents à l’échange
d’informations au sein d’une chaîne d’approvisionnement,
10
Matthieu Hug
Tilkal : blockchain et supply chain digitale
Matthieu Hug, co-fondateur de Tilkal | Propos recueillis par Ange Miezan, Mars 2018
Les suites du développement ?
D’un point de vue technologique, nous pouvons traiter
aujourd’hui 30 millions de transactions par jour. Cela permet
de gérer des productions de 300 à 400 millions d’unités par
an. Notre objectif est de pouvoir traiter des productions de
quelques milliards d’unités par an, ce qui équivaut à entre
1 000 et 10 000 transactions par seconde : cela suppose
évidemment « un peu » de R&D…
L’autre objectif est d’établir un réseau sur des filières
alimentaires de bout en bout, depuis la production jusqu’à la
distribution.
Quels enseignements de cette aventure
entrepreneuriale ?
J’adore cette sensation de sauter dans le vide : créer
quelque chose à partir de rien et essayer d’apporter des
solutions nouvelles, des points de vue nouveaux. Comme
c’est ma deuxième expérience entrepreneuriale directe, plus
les différentes sociétés dont je suis ou ai été au board,
j’observe aussi les évolutions de l’écosystème en France et
du rapport à entrepreneuriat en général. Créer une boite est
mieux accepté, mieux valorisé, au point d’attirer de plus en
plus de jeunes à la sortie de leurs études ; les retours
d’expérience, les sources d’information sont aussi
incroyablement développées ; après le corollaire c’est qu’il
faut aussi faire un tri dans ce foisonnement entre les
sources d’information et entre les acteurs. A mon sens un
bon point de départ c’est de se méfier des recettes toutes
faites et des raccourcis.
Plus spécifiquement le sujet de la traçabilité des produits
bout en bout est très complexe et c’est passionnant d’aller
en parler aux industriels dans différents métiers, de
comprendre comment ils envisagent la question, et
comment cela change en fonction de la structure de leur
industrie.
Quelques conseils pour ceux qui voudraient se
lancer ?
Ecouter, rechercher des conseils, des aides et des retours
d’expérience est indispensable. Pourtant je pense que par
définition toutes les entrepreneuses et entrepreneurs qui
réussissent font à un moment donné des choix en rupture
avec les conseils qu’ils ont reçu : ils inventent quelque
chose de nouveau, ils innovent. Donc je dirais : écouter
beaucoup et avec humilité, s’assurer que l’on comprend
bien les tenants et aboutissants de chaque conseil ou
feedback, et ensuite ne pas hésiter à les transgresser
intelligemment quand c’est pertinent. Et évidemment on ne
sait qu’une transgression est pertinente qu’a posteriori : «
vae victis », sinon ce n’est pas drôle…
Sur un plan similaire, je ne serais pas capable de me lancer
seul, malgré mon expérience, et sans doute d’autant plus
avec mon expérience. D’abord il est important d’avoir des
associés pour confronter les points de vue et gérer les très
hauts et les très bas qui se succèdent rapidement : la vie
d’entrepreneur est une montagne russe permanente. C’est
bien d’avoir des « sparing partners » avec lesquels
échanger, mais il faut aussi savoir s’entourer sur les sujets
où il faut une expertise précise comme les questions
juridiques, RH ou le financement corporate. Et puis ne pas
se lancer seul c’est aussi être certain du soutien de sa
famille, que l’entrepreneuriat soit un projet de vie partagé.
Le dernier point dont j’ai compris l’importance plus
récemment c’est d’avoir des activités pour s’oxygéner
l’esprit et le corps. Il ne faut pas se laisser « bouffer » à
100% par l’activité sinon on perd pied, on perd en
productivité et en clarté de réflexion. Créer une boite c’est
comme ce jeu dans lequel est entraîné Nikopol dans la BD
de Enki Bilal : un round de boxe, un round d’échec, et ça
recommence. C’est génial, mais il vaut mieux être prêt à
tenir la longueur.
Cross-secteurs
Robin Lietar
Vegg’up : l’app des recettes végétariennes
et vegan
En 2017 la population mondiale compte 7,5 milliards
d’individus, soit sept fois plus qu’en 1800. Et Demain ? Le
nombre d’individus devrait continuer de croître, il pourrait
atteindre les 11 milliards à la fin du 21ème siècle. Quelles
conséquences ? Une augmentation significative des
besoins alimentaires et de la production. In fine l’impact
sera principalement environnemental, il se chiffrera par une
augmentation des émissions de CO2 et de la consommation
d’eau (NDLR : pour produire 1 kg de viande, il faut 1 kg de
pétrole). Comment limiter ces impacts ? Vegg’up
s’attache a répondre à cette question. Son Mantra
? Diffuser une prise de conscience, réduire la
consommation des produits d’origines animales, en
mangeant végétarien, local et de saison. Comment ? En
accompagnant le consommateur avec une alimentation
équilibrée, gustative qui continue à exalter les papilles jour
après jour.
Vegg’up répond à deux craintes liées à la nourriture
végétarienne :
• Les repas sont fades
• Les consommateurs subissent des carences
alimentaires
A quelle problématique répond Vegg’up ?
Qui êtes-vous ?
Vegg’up ? C’est l’histoire d’une rencontre, celle de Salomé
Tenenbaum et Robin Lietar, deux profils complémentaires.
Salomé est diplômée d’HEC, elle est passée par la
spécialité Digital / entrepreneur en partenariat avec l’école
42. Robin est un pur “tech”, diplômé des Mines de
Paris avec une expérience en machine learning. Il a lui
aussi suivi un cursus spécial destiné aux entrepreneurs.
« J’ai toujours voulu entreprendre, je cherchais un projet
avec du sens » (Robin Lietar).
Vegg’up a rapidement pris sens dans l’esprit de Robin. La
problématique abordée par l’application était sociétale et
les enjeux mondiaux. Après quelques rencontres le
binôme a décidé de s’associer pour créer Vegg’up.
Aujourd’hui la confiance règne, c’est une notion essentielle
dans les relations entre associés.
Robin Lietar, co-fondateur et CTO de Vegg’up | Propos recueillis par Adrien Ragiot, Juillet 2018
11
Comment avez-vous lancé le projet ?
Techniquement, nous avons mis en place une landing page
basée sur WordPress et une newsletter. Cela permettait de
rapidement matérialiser la naissance du projet et
de débuter le rassemblement d’une communauté. Nous
devions nous concentrer sur la qualification du besoin
utilisateur.
Pour cela aucune concession ! Nous avons réalisé une
série d’entretiens qualitatifs. Une première partie a été
réalisée par téléphone, une seconde via un questionnaire en
ligne. Le besoin utilisateur a été qualifié auprès de plus
de 800 personnes.
Nous avons constaté que beaucoup de contenu était déjà
produit sur la thématique du manger sain. Ce contenu était
difficilement accessible : il était morcelé et noyé dans la
masse d’informations disponible sur internet.
Durant l’été 2017, nous avons mis en test un prototype de
notre application auprès de 70 personnes. Les deux mois
suivants ont été consacrés aux corrections des anomalies.
Notre premier lancement a été réalisé fin 2017, notre
application proposait aux utilisateurs des repas planifiés sur
la semaine. Nous avons rapidement détecté une dérive de
l’usage des utilisateurs. Une même personne réalisait
plusieurs demandes pour in fine trouver de l’inspiration.
Nous avons immédiatement réalisé une série d’entretiens
pour qualifier ce comportement.
Nous avons pris deux mois pour adapter l’application à cet
usage de l’utilisateur. La v2 inspire depuis Janvier les
utilisateurs sur l’app store. L’application s’est rapidement
bien référencée au sein de l’app store.
Cross-secteurs
Le cliché du steak de tofu
bouilli est terminé !
12
Ces développements nécessitent des fonds, nous
recherchons actuellement un seed de 100k€. Les fonds
serviront à financer : les nouvelles fonctionnalités de
l’application et les premières actions de marketing.
Techniquement l’entrepreneuriat est un challenge perpétuel
entre vitesse et qualité. Négliger la qualité c’est accepter
de perdre du flux demain, ce qui est impensable avec un
projet à long terme. Il faut être “ hyper carré “.
Les pivots font partis des Startups, il faut être capable de
décider et agir rapidement. Cet acte doit être un tremplin
vers la nouvelle direction. Lorsque nous avons décidé de
redévelopper l’application pour améliorer l’inspiration des
utilisateurs nous avions toute la communication prête pour
le lancement sur l’app store. Il faut être prêt à pivoter.
Quels enseignements ?
Comment se passe la vie d’entrepreneur ?
C’est excitant de se lever chaque jour pour « mon propre
projet ». Nous avons la chance d’être incubé au sein de
Makesense, c’est un véritable plus, leur aide est ciblée et
vraiment opérationnelle. Pour notre projet c’est plus
pertinent que Station F ou nous étions à nos débuts.
Quelques conseils pour ceux qui voudraient se
lancer ?
C’est une phase indispensable qui doit amener de la
complémentarité. Attention ça ressemble à un mariage !
Vous serez amenés à passer beaucoup de temps avec la
personne, il faut prendre le temps de se connaître et
d’essayer.
Vegg’up aujourd’hui et demain ?
• L’application : Disponible sur IOS et Android
• Les utilisateurs : 20 000 utilisateurs actifs par mois
• Le contenu : 4 Nutritionnistes et 25 blogueurs avec qui
nous travaillons pour l’élaboration des recettes
• L’équipe : 2 associés ; 2 stagiaires Dev et une stagiaire
Community manager
• Le marché : Un marché de 20 millions de
personnes par mois en 2020, avec un panier
hebdomadaire moyen de 40€
• L’ambition à 1 an : Toucher 1 millions de personnes
• L’ambition à 3 ans : Chaque Français aura pu trouver
une alternative gourmande à la viande
Les suites du développement ?
La grande nouveauté, c’est l’arrivée de la version Android
depuis le 27 juin dernier ! Nous aurons sûrement un travail
de correction des anomalies à prévoir dans les mois à venir.
De nouvelles fonctionnalités vont apparaître, notamment
avec la distribution.
Le développement du contenu se réalise à un rythme
constant, nous visons l’intégration d’un nouveau blog
partenaire tous les mois. La sélection se fait sur le contenu
(recettes & photographies).
L’établissement d’un Business model stable et pérenne fait
partie de nos priorités. Dans un premier temps notre
Business model se basera sur un modèle Média avec la
génération de revenus issus de la publicité. A terme nous
souhaitons intégrer le cœur de la chaîne de valeur en
automatisant l’achat des courses en fonctions des envies et
des recettes désirées par l’utilisateur.
Robin Lietar
Vegg’up : l’app des recettes végétariennes
et végan
Robin Lietar, co-fondateur et CTO de Vegg’up | Propos recueillis par Adrien Ragiot, Juillet 2018
Cross-secteurs
« Associez-vous ! »
Elise Covilette
Kokoroe : la formation digitale
Kokoroe est né d’un double constat :
• 50% des métiers d’aujourd’hui auront disparu en 2025 : il
est devenu primordial pour chacun d’apprendre à
réapprendre et de se former à de nouvelles
compétences ;
• L’obsolescence des savoirs s’accélère : Blockchain,
intelligence artificielle, réalité virtuelle… les nouveaux
concepts et innovations émergent au quotidien faisant du
savoir une matière en perpétuel mouvement.
Quel est le problème à résoudre qui a lancé
Kokoroe ?
Pour cette raison, Kokoroe s’est fixé une mission : permettre
à chacun de se former aux compétences de demain grâce à
sa plateforme d’apprentissage.
Comment avez-vous lancé le projet ?
En 2013, nous avons lancé une première version de
Kokoroe : une plateforme de mise en relation entre
formateurs et apprenants. Les cours se faisaient
essentiellement en face à face. Nous avons très vite senti
les limites de ce modèle.
Cette première version nous a également permis de
comprendre les véritables pain points à résoudre dans le
parcours et l’accès à la formation : obsolescence des
savoirs, manque de flexibilité dans les méthodes
d’apprentissage, nécessité de se former sur les
compétences de demain. Sans parler du coût de la
formation, autre barrière bien réelle dans l’accès aux savoirs
pour tous.
Elise Covilette, co-fondatrice de Kokoroe | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Janvier 2018
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La plateforme actuelle est le résultat de 2 ans de tests et
d’apprentissage auprès de clients.
Nous avons développé la conviction que le véritable enjeu
réside dans la sélection et l’agrégation des meilleures
ressources éducatives existantes et disponibles sur le web
(et non leur création). Plus de 600 000 heures de vidéos
sont uploadées chaque jour rien que sur Youtube… Et
quand on se lance dans la recherche de la bonne formation,
on peut passer parfois plus de temps à chercher un support
éducatif pertinent qu’à se former.
Kokoroe aujourd’hui ?
Notre offre peut se résumer en un accès permanent à du
contenu de grande qualité et de grande fraicheur en ligne.
Chaque formation en ligne se décompose en série de
vidéos éducatives, accessibles depuis n’importe quel
navigateur, 24h/24 et 365j/365. Pour approfondir ses
connaissances, l’élève accède grâce à l’abonnement
Kokoroe à une diversité de ressources pédagogiques :
podcasts, articles, PowerPoint… Il peut également consulter
la fiche de synthèse et tester ses connaissances grâce au
quiz.
L’accès aux vidéos agrégées est gratuit. L’abonnement
Kokoroe permet d’accéder aux ressources pédagogiques
(podcasts, fiches de synthèse, PowerPoint, liens
bibliographiques, articles de fond) et au test de
connaissances. Deux formules d’abonnement existent
(mensuel et annuel).
EdTech
Cela s’est avéré une double force : d’abord, des femmes,
encore rares dans l’univers de la Tech, bénéficient d’une
bonne couverture médiatique ; ensuite, une start-up traverse
des hauts et des bas : une relation très forte et une véritable
entente dans l’équipe fondatrice sont alors des vrais atouts.
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Elise Covilette
Kokoroe : la formation digitale
Elise Covilette, co-fondatrice de Kokoroe | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Janvier 2018
Kokoroe a créé une intelligence artificielle (IA) qui
sélectionne le meilleur des contenus éducatifs du web.
Ainsi, les formations sont continuellement mises à jour. En
complément, nous avons constitué un collège d’experts qui
valide la pré-sélection faite par l’IA.
Notre plateforme s’adresse au grand public et aux
entreprises du CAC 40.
Les suites du développement ?
Quels enseignements pour Elise ?
L’une des prochaines briques de notre développement est
de proposer un apprentissage personnalisé, à l’image de
Netflix, d’une certaine façon.
Nous sommes trois cofondatrices, et je travaille avec ma
jumelle et une amie !
Nous sommes trois « évadées » des circuits classiques :
cabinets d’avocats et grandes entreprises… A mes yeux, le
principal est d’abord d’oser :
Quelques conseils pour ceux qui voudraient se
lancer ?
EdTech
Les apprentissages sont tellement féconds. Quelle que soit
la fin de l’aventure, on aura pour toujours une richesse
inaltérable avec ce que l’on aura appris sur soi.
Ensuite, on apprend dans l’action : il ne faut pas passer trop
de temps sur les études de marché ou sur le
développement technique du produit. Au contraire, il faut
aller se frotter rapidement à la réalité des clients avec une
première, une seconde offre ciblée. Il faut être en
permanence au contact de ses clients et ne pas hésiter à se
remettre en question.
Enfin, toujours pour « sortir de son garage », c’est important
de savoir intégrer des écosystèmes. Nous avons été
résidents dans trois incubateurs depuis notre création. Nous
y avons toujours fait des rencontres utiles et riches !
Il faut se faire confiance et accepter de
partir dans une aventure.
Paul Farnet
The MOOC Agency : créateur de MOOC
Le secteur de la formation est globalement face à un enjeu
de transformation digitale. Que ce soit au niveau de la
formation initiale, avec les institutions de l’enseignement
supérieur, ou au niveau de la formation continue pour les
professionnels.
En 2015, nous accompagnions les universités et grandes
écoles qui voulaient des MOOC pour innover dans leurs
formats d’enseignement. Maintenant, ce sont d’abord les
entreprises qui viennent nous voir. Dans tous les cas, il
s’agit de répondre aux besoins actuels de s’adapter au
monde digital.
Quel est le problème à résoudre ?
Quel est le positionnement de The MOOC Agency ?
Nous existons depuis 5 ans maintenant.
Nous avons une offre sur trois segments distincts :
• Quand une entreprise lance un projet de
transformation transverse, elle a besoin de former ses
collaborateurs à grande échelle et rapidement. L’objectif
est souvent de former en 3 à 4 sessions à un sujet
transverse. Par exemple, la Française des Jeux
sensibilise ainsi 1 200 collaborateurs à sa nouvelle
politique RSE ou la SNCF renforce les capacités
entrepreneuriales de ses équipes TER. A chaque fois, le
format doit être dynamique. Nous atteignons des taux de
complétion de 25 à 40% selon les sessions. Le parcours
peut être répété 3 ou 4 fois dans l’entreprise, selon le
plan de conduite du changement du projet.
Paul Farnet, co-fondateur de The MOOC Agency | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Février 2018
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• Quand une entreprise veut mettre à jour un sujet
métier et réglementaire, elle a également besoin de
déployer des solutions de formation rapidement. Nous
les aidons à scénariser le parcours et à utiliser des
techniques d’animation, voire utiliser la gamification
(utilisation de techniques d’animation plus ludiques, ndlr)
pour augmenter le taux de complétion. Avec un leader de
l’assurance, nous avons par exemple utilisé des mises
en situation vidéo (le scénario dépendait des réponses
faites par l’apprenant) lors d’une session qui a atteint un
taux de complétion de 80% ! Il faut que le parcours soit à
la fois compatible avec la charge de travail des
apprenants et qu’il en tire réellement quelque chose.
• Enfin, les organismes de formation sont également
demandeurs de nos savoir-faire : ils souhaitent proposer
des MOOC pour faire connaitre leurs champs
d’intervention et éventuellement des SPOC pour
proposer des approfondissements qu’ils peuvent
valoriser sur le marché. Les parcours en ligne ouvrent un
nouveau public et un modèle économique pour les
organismes de formation qui leur permet de proposer un
produit plus économique (en termes de prix et aussi en
termes de coûts de déplacement pour les apprenants).
Par exemple, l’IFOCA (Institut national de formation &
d’enseignement professionnel du caoutchouc) a mis en
ligne sur FUN un MOOC de découverte de la filière du
caoutchouc complété par plusieurs parcours en SPOC.
The MOOC Agency accompagne les entreprises et
organismes de formation dans la conception, réalisation et
diffusion de leurs MOOC intra-organisation. Nous avons
tous les outils en interne pour mettre en place rapidement
des solutions de valeur. Nous pouvons ensuite
accompagner le responsable de la formation ou du
recrutement avec l’animation du MOOC et la visualisation
des parcours des apprenants.
EdTech
Quelle est votre vision sur l’évolution des offres
sur le marché de la formation continue ?
En 2016, 15% des projets de formation en ligne (e-learning)
étaient des MOOC. Un nouvel écosystème très vivant est
en train de se mettre en place, avec des entreprises dotées
de plusieurs offres, formats et positionnements.
Il y a un enjeu de fond : rapprocher la formation du
recrutement. Cela passe par une meilleure reconnaissance
des parcours par les entreprises. Le cadre réglementaire
pousse vers la certification et la reconnaissance
administrative.
Dans les faits, l’importance de la certification dépend
complètement des secteurs. L’informatique par exemple
propose énormément de ressources de formation
d’excellente qualité sans aucun label. A l’inverse, on voit de
nouveaux tiers de confiance émerger. Par exemple, la
plateforme Coursera cherche à créer des parcours
certifiants. Toutefois, y compris sur une même plateforme,
les certifications proposées peuvent fortement varier en
termes de difficultés.
Les agrégateurs (comme par exemple MyMooc) peuvent
aider le candidat à se repérer, car ils proposent aux
apprenants de noter les MOOC qu’ils ont suivis. Cela
permettra aussi de pouvoir s’appuyer sur l’intelligence des
foules pour qualifier les offres du marché.
Pour revenir à l’enjeu de proposer au marché des
formations dans une logique de recrutement, certaines
entreprises utilisent le MOOC clairement dans cette
optique : la SNCF, par exemple, a ouvert un MOOC pour les
conducteurs de train !
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Paul Farnet
The MOOC Agency : créateur de MOOC
Paul Farnet, co-fondateur de The MOOC Agency | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Février 2018
A titre plus personnel, quelle expérience de cette
aventure entrepreneuriale ?
Une entreprise dans le secteur de la formation digitale se
construit nécessairement en Test & Learn. C’est un secteur
dans lequel les retours d’expérience clients sont
fondamentaux. C’est toute l’entreprise qui doit sans cesse
s’adapter pour faire évoluer ses méthodes et ses bonnes
pratiques pour répondre au mieux aux besoins des clients.
A trois, dix ou vingt-cinq personnes, le fonctionnement d’une
start-up évolue nécessairement. En 3 ans, nous avons
embauché plus de 25 personnes et le besoin de structurer
nos équipes a vite été identifié.
Nous avons passé cette année le cap des 5 ans d’existence
et l’aventure entrepreneuriale se pérennise peu à peu en
une entreprise innovante et stabilisée.
EdTech
Antoine Amiel
Learn Assembly : l’accompagnement
MOOC
Face à la transformation numérique, les entreprises veulent
un accompagnement de leurs collaborateurs : elles ne
peuvent laisser personne sur le bord de la route et ont
besoin de solutions pouvant être rapidement mises en
place.
Il y a un besoin de formation de qualité, pouvant être
déployées à grande échelle et rapidement au sein des
organisations.
L’enjeu est d’augmenter l’employabilité de tous et de
contribuer à donner de nouvelles compétences, face à la
transformation digitale
Quel est le problème à résoudre ?
Quelle est l’offre de Learn Assembly ?
Notre offre est la suivante :
• une offre de repositionnement des équipes formation
/universités d’entreprise pour les faire remonter dans la
chaine de valeur de l’entreprise. Cela passe par un
travail de conseil et d’accompagnement pour accélérer le
time-to-market de la formation et développer une posture
de consultant interne, capable d’accompagner les clients
internes ;
• une offre de formation des responsables de formation et
des formateurs. Ces formations ont déjà été suivies par
les équipes formation de grandes entreprises, comme la
Maif, Safran, Galeries Lafayette, ou encore Engie. Nous
proposons également une version certifiante de ce
dispositif et une version anglophone. La formation est
disponible sur le site : digitallearningmanager.com
• une offre de design de dispositifs pédagogiques (souvent
liés au digital mais pas forcément),
Antoine Amiel, fondateur de Learn Assembly | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Février 2018
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• une offre de Moocs d’entreprise.
Quel que soit le parcours, les apprenants qui réussissent le
parcours obtiennent la certification Learn Assembly.
# Concernant l’accompagnement des entreprises
Nos clients sont d’abord les dirigeants confrontés à la
transformation numérique et son défi en termes humains et
en termes de compétences.
A partir de notre bibliothèque de contenu déjà conçue avec
des experts reconnus par le marché, nous pouvons
accompagner les entreprises dans des parcours de qualité
que nous assemblons rapidement.
Concernant notre catalogue : il y a 200 vidéos et aussi 200
activités pédagogiques. On oublie souvent qu’un
MOOC/SPOC, ce n’est pas seulement de la vidéo, c’est
aussi du travail individuel et collectif. Dans le cas où
l’entreprise souhaite une personnalisation plus poussée,
nous pouvons inclure des vidéos de ses experts dans nos
parcours.
Une fois le parcours en place dans l’entreprise, Learn
Assembly atteint des taux de complétion relativement
élevés (30 à 40% selon les contextes), grâce à deux
facteurs :
• L’accompagnement des managers de l’entreprise,
• Le Community management pour dynamiser les
échanges et les parcours.
#Concernant nos MOOC
Nous créons des MOOC sur des sujets qui nous paraissent
clés dans la lecture du monde. Après une belle histoire sur
les nouveaux modèles de management (MOOC fait avec
Poult en 2016), nous lançons un MOOC sur le RGDP.
Concernant les prix de nos Moocs, ils sont en général
vendus 99€HT pour les individus dans une logique d’auto-
formation et 250€HT pour les entreprises. Nous les vendons
en format SPOC et en blended learning avec un travail de
contextualisation.
Nos MOOC, bien que « grand public », ont également un
fort taux de complétion (c’est-à-dire part des personnes qui
vont jusqu’au bout sur le nombre total des inscrits, ndlr).
Nous avons décidé de les rendre payants dès l’inscription,
pour être sûr que les apprenants s’inscrivent dans un vrai
projet personnel.
EdTech
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Antoine Amiel
Learn Assembly : l’accompagnement
MOOC
Antoine Amiel, fondateur de Learn Assembly | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Février 2018
Quelle est votre vision sur l’évolution des offres
sur le marché de la formation professionnelle
continue ?
Le marché de la formation se transforme lui-aussi.
Historiquement, la formation correspondait à des sessions
présentielles (les apprenants dans une salle avec un
formateur). Les formats en ligne (e-learning, puis SPOC
voire MOOC) n’excluent pas du tout le format
d’apprentissage en groupe dans une salle. Chaque format
propose quelque chose de différent.
Nous avons mis en place des partenariats avec des experts
formateurs (réseau de 200 experts) pour compléter nos
formats en ligne. Nous cherchons vraiment à développer la
meilleure solution pour chaque contexte. Et cela peut passer
par des formats hybrides, avec des éléments de parcours
en ligne et d’autres en présentiel. Notre valeur ajoutée est
aussi dans notre capacité à adapter et personnaliser les
parcours selon les enjeux de transformation.
Quelles sont les évolutions de votre offre ?
Pour continuer à développer notre offre, nous avons
récemment établi un partenariat avec Audencia, figure
académique avec un savoir-faire très pointu dans la
pédagogie. Nous avons pu rapidement mettre en place des
modules pour l’Executive MBA et nous sommes en train de
concevoir ensemble de nouveaux modules.
Par ailleurs, en tant que pionnier sur le digital learning, le
marché reconnait notre expertise. Nous souhaitons en plus
adosser cela à une reconnaissance plus « académique » en
faisant reconnaitre notre parcours Digital Learning Manager,
via une certification de type RNCP.
Nous avons renforcé l’accompagnement de la
transformation des métiers de la formation et créé un site
dédié à cette communauté :
www.digitallearningmanager.com
Sur ce site, nous avons également mis en place un job
board pour valoriser ce nouveau métier, sur lequel nous
avons un acquis précieux maintenant.
Antoine, un entrepreneur toujours heureux ?
Je suis tombé dedans assez rapidement. (cf. article
précédent).
D’abord, nous avons déjà accompagné 150 000 personnes
depuis notre création. C’est une fierté d’équipe.
Ensuite, nous venons de gagner pour la deuxième année
consécutive le prix The Mooc Of The Year !
Nous continuons notre développement et c’est à la fois une
satisfaction et un moteur : nous faisons déjà 20% de notre
CA à l’international, avec l’Afrique et les Etats-Unis. Nous
allons donc ouvrir un bureau à New-York car nous sommes
sollicités par des clients pour les accompagner.
Nous sentons également notre valeur ajoutée auprès du
monde de l’enseignement supérieur qui peut ainsi entrer
dans de nouveaux marchés avec nous.
Nos progrès confirment qu’un positionnement exigeant,
Premium, avec des parcours personnalisés et la formation
au service de la transformation, trouve un écho sur le
marché.
EdTech
Tout cela fait très plaisir !
Jean-Paul Debeuret
LaFormationPourTous : le mobile learning
pour tous
Jean-Paul Debeuret, fondateur de LaFormationPourTous | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Février 2018
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Il y a actuellement un besoin colossal de formation
professionnelle.
Par ailleurs, (presque) tout le monde est maintenant équipé
d’un mobile. Pourquoi ne pas utiliser les situations d’attente
(ex : je suis dans la salle d’attente du médecin, j’attends des
amis dans un café…) pour apprendre des choses grâce à
son mobile. Au niveau individuel, on veut des contenus voire
des réponses immédiatement.
De plus, avec l’arrivée du digital, les grandes entreprises ont
mis en place des outils (ex : plateformes…) et cherchent du
contenu pour répondre aux besoins de leurs salariés. Les
plus petites entreprises ne sont pas équipées et veulent des
solutions clés-en-mains. Les plateformes (avec du contenu)
leur permettent de mettre en place rapidement des
supports.
Quel est le problème à résoudre ?
Quelle est l’offre de LaFormationPourTous ?
A l’origine, LaFormationPourTous s’appelait la TV des
entrepreneurs : cela visait à accompagner les entrepreneurs
dans le développement de leur projet par de courtes vidéos.
LaFormationPourTous a élargi le spectre des sujets traités,
en restant sur ce double état d’esprit : d’abord des vidéos de
formation par des experts praticiens et ensuite des solutions
concrètes.
Aujourd’hui, nous avons plus de 1 200 vidéos, réparties en
une trentaine de parcours.
Quelle est l’offre maintenant ?
Quelle est votre vision sur la multiplication des
offres et leur lisibilité sur le marché ?
Nous avons trois types de clients :
• Le « grand public », c’est-à-dire des professionnels qui
s’abonnent directement et ont accès à tout le
catalogue via notre site internet ;
• Les entreprises qui choisissent certaines briques de
notre contenu pour l’intégrer dans leurs propres sites de
formation interne ; si elles souhaitent aller vers du
blended learning (formation mixte entre des supports en
ligne et des sessions en présentiel avec les apprenants)
pour leurs salariés, ce sont les entreprises qui font
l’assemblage et construisent le parcours.
• Les organismes publics qui sont sur la même approche
que les entreprises, avec des choix de contenu adapté.
Par exemple, l’Education Nationale vient de nous choisir
sur nos contenus sur le « Bien-être au travail ».
Dès l’origine, nous avons voulu proposer des contenus
simples, accessibles et opérationnels. D’abord pour des
entrepreneurs qui veulent construire un projet, puis pour tout
le monde, avec le même esprit.
Une partie du marché se reconnait dans cette approche. En
fin de parcours, l’apprenant a une certification de
LaFormationPourTous.
EdTech
Quelles sont les évolutions de votre offre ?
Nous lançons une offre de Mobile Learning (formation en
mobilité). Elle se compose d’une vingtaine de parcours, dont
chacun contient entre 15 et 20 vidéos. Nous avons adapté
nos vidéos au format mobile : elles sont plus courtes et
précédées d’un questionnaire sur le projet de l’apprenant,
pour accompagner l’apprenant dans la maturation de son
projet. C’est un pari que nous faisons : ce questionnaire est
vraiment centré sur le projet personnel de l’apprenant et
vise à l’aider dans son développement.
En plus de ce nouveau format en mobilité, nous lançons une
nouvelle offre de contenu langue, avec des vidéos sur le
langage des affaires.
Votre parcours se distingue des startupers…
Effectivement, j’ai démarré cela en 96… alors que j’étais
membre d’un cabinet d’experts-comptables de taille
intermédiaire (environ 400 personnes) : j’ai d’abord écrit un
guide sur la création d’entreprise. La Direction du travail de
l’époque nous demande de déployer des formations. Et elle
nous envoie 3000 créateurs d’entreprises à former. Je
m’intéresse alors à la vidéo, pour pouvoir démultiplier ces
sessions. Puis, je réutilise ces formats vidéo pour former les
clients du cabinet au passage à l’an 2000, au passage à
l’euro… J’y ai pris goût en ayant trouvé un marché par
rapport à un projet qui était personnel, et j’ai décidé de
sauter le pas en quittant le cabinet qui était alors passé à
700 personnes.
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Jean-Paul Debeuret
LaFormationPourTous : le mobile learning
pour tous
Jean-Paul Debeuret, fondateur de LaFormationPourTous | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Février 2018
EdTech
Il n’y a pas d’âge pour développer une entreprise
tant que l’on aime et que l’on croit à ce que l’on fait !
Charlotte Lajoux
MerciDocteur : la startup qui lutte contre
les déserts médicaux
Charlotte Lajoux, co-fondatrice de MerciDocteur | Propos recueillis par Flavie Joos, Février 2018
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Le concept de MerciDocteur est de proposer un service de
conciergerie de cabinet médical secondaire ; autrement
dit, nous mettons à disposition des populations résidant
dans des déserts médicaux des médecins des villes
avoisinantes.
Il y a d’une part des médecins volontaires pour exercer de
façon temporaire dans ces déserts médicaux mais qui ne
veulent pas s’occuper des tâches administratives, de la
logistique, de la gestion des consommables… et d’autre
part les mairies de ces déserts médicaux qui ont besoin de
médecins mais n’offrent pas la population suffisante pour un
médecin à temps-plein (l’enjeu est de taille quand on sait
que 70% des collectivités territoriales comportent 500 à
2 000 habitants !). Nous faisons donc le lien entre ces deux
parties afin de donner accès au soin à tous sur tout le
territoire français.
Concrètement, nous mettons à disposition des patients une
plateforme pour prendre des rendez-vous en ligne en
fonction des jours de disponibilité proposés par les
médecins et un module à destination des collectivités pour
qu’elles mettent à jour leur besoin en médecins.
Les médecins donnent une visibilité de planning sur trois
mois afin d’avoir le temps de communiquer aux patients via
les acteurs locaux : les pharmacies, les affichages en
mairies…
A quel enjeu répondez-vous avec MerciDocteur
Il existe beaucoup de définitions proposées par les
institutions comme l’ordre des médecins ou le
gouvernement, basées sur des ratios de nombres de
médecins par habitants… mais cela ne nous semble pas
satisfaisant !
Nous croisons plusieurs facteurs tels que le nombre de
médecins par habitant mais aussi un facteur de distance
géographique (ex. présence d’un centre de santé à
quelques kilomètres d’une commune où il n’y a pas de
médecin) et la notion de besoin (ex. population mobile ou
non, entraide sociale forte, précarité, lien social rompu…).
Pour évaluer ce 3ème paramètre nous nous appuyons sur les
partenaires et institutions ayant une bonne connaissance du
territoire comme les agences régionales de santé, les
syndicats de médecins…
Mais, un désert médical qu’est-ce que c’est ?
Ainsi, un désert médical est selon nous une zone où l’un
des facteurs suivants est présent (sans exhaustivité de la
liste) :
• Il n’y a pas de docteurs dans un périmètre de 20-30
minutes en voiture,
• Les médecins présents ne prennent plus de nouveaux
patients,
• L’accessibilité au soin est difficile (ex. raz campagne,
montagne),
• Il y a une forte population âgée en situation particulière
de soin.
Quelle est l’origine de votre projet MerciDocteur ?
Nous sommes trois co-fondateurs. Nous avons été
consultants pendant 10 ans dans un cabinet de conseil où
nous étions spécialisés dans l’accompagnement des projets
de transformation des organismes de santé.
Nos missions s’articulaient autour de trois axes principaux :
• La performance hospitalière, avec de grands projets de
transformation, digitale ou non.
• L’accompagnement des organismes de services
médicaux (comme les Agences Régionales de Santé, les
laboratoires).
• La stratégie du secteur de la santé (principalement
auprès des institutions, comme l’accompagnement sur
les projets de télémédecine avec le ministère de la
santé).
Nous étions alors tous les jours confrontés aux situations
d’urgence pour des pathologies qui auraient pu être prises
en charge bien en amont s’il les patients avaient eu un
accès au soin à proximité de leurs lieux de vie. On a donc
décidé de créer MerciDocteur pour pallier ce problème.
Cela fait un an que nous travaillons sur le projet et la société
a été officiellement créée il y a 6 mois.
MedTech
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Charlotte Lajoux
MerciDocteur : la startup qui lutte contre
les déserts médicaux
Charlotte Lajoux, co-fondatrice de MerciDocteur | Propos recueillis par Flavie Joos, Février 2018
Notre deuxième axe de développement est l’ouverture aux
autres spécialités ; en effet, on a limité notre périmètre
d’actions aux médecins généralistes dans un premier temps
car il s’agit des demandes urgentes. Dès lors qu’on aura
mis en place un maillage sur l’ensemble de la France, nous
envisagerons d’intégrer des spécialistes à notre système.
Nous chouchoutons nos médecins volontaires car c’est une
population rare et ils sont au cœur de notre dispositif ; nous
les indemnisons sur le temps passé sur la route et le
manque à gagner, et ils ne payent rien pour utiliser notre
service.
Ensuite, le 2nd acteur ce sont les mairies qui contribuent à la
hauteur de leurs capacités ; nous considérons qu’il est
primordial qu’elles soient impliquées dans le système car la
santé est un sujet majeur. Enfin, il y a aussi beaucoup de
co-financement par les institutions au niveau des régions ou
départements, les hôpitaux, les ARS…
Nous nous appuyons aussi sur un réseau de partenaires
pour la fourniture du matériel médical et la mise aux normes
d’hygiène et de déontologie des salles qu’on met à
disposition.
Quel est le Business Model de MerciDocteur ?
Quel bilan faites-vous à cette date ?
La première phase a consisté à embarquer notre premier
cercle de réseau dans le projet ; nous avons désormais un
partenaire en Bretagne. Sur les derniers mois nous avons
participé à plusieurs concours afin de gagner en visibilité
(ex. Trophée des services innovants 2017). Et surtout,
depuis juin 2017, nous sommes intégrés à l’incubateur Paris
Biotech Santé ce qui nous permet d’accélérer le
développement de notre projet, d’être coaché, d’avoir accès
à un réseau…
L’équipe se construit aussi, nous travaillons avec des
médecins partenaires pour nous aider à organiser les futurs
cabinets médicaux, et un développeur en free-lance pour
développer la plateforme. Dès les premiers contrats signés,
nous pourrons embaucher des coordinateurs sur le territoire
afin d’assurer la gestion des consommables, la logistique,
l’organisation des tournées… bref, la gestion du dispositif au
jour le jour !
Quels sont les prochaines étapes pour
MerciDocteur ?
Notre première priorité est le pilote que nous allons déployer
en janvier 2018. Ensuite, à plus ou moins court-terme nous
souhaitons développer notre service à la Bretagne où nous
évaluons un fort besoin ; puis un déploiement généralisé sur
toute la France. Il y a de la demande partout en France
contrairement à ce qu’on peut penser a priori, car avec
notre définition de déserts médicaux on voit par exemple
émerger des besoins en Ile de France où il y a de moins en
moins de médecins acceptant de nouveaux patients.
MedTech
C’est là que la télémédecine aura tout son sens : les
infirmiers ou orthoptistes par exemple pourront faire le relais
avec un spécialiste faisant le diagnostic à distance et ne se
déplaçant que pour les actes nécessitant une présence
physique.
Comment voyez-vous l’évolution du secteur de la
santé avec l’arrivée des nouvelles technologies,
du numérique ?
Mon opinion personnelle est qu’on assiste actuellement à un
dynamisme inouï des acteurs de la santé et ceci à la
granularité la plus fine : les acteurs territoriaux, les startups
qui se saisissent du sujet, les médecins, les entreprises…
même si au niveau institutionnel, l’évolution reste lente. Par
exemple, la télémédecine n’est pas encore reconnue ni
remboursée par la sécurité sociale ce qui ralentit son
développement. On espère du mouvement !
Par rapport à nos voisins européens, j’ai l’impression que
nous sommes en retard ; par exemple, en Angleterre il
existe déjà un système similaire à ce que
propose MerciDocteur.
De plus, j’envisage une autre difficulté au développement de
l’e-santé : depuis 6 mois nous faisons face à un gros
problème de réseau dans les déserts médicaux où nous
déployons notre solution ; cela va devenir vraiment
contraignant, nous ne pourrons pas faire de projets de
télémédecine sans un réseau efficace ! C’est donc un
élément indispensable à prendre en compte pour relever les
nouveaux défis qui s’offrent à nous.
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Charlotte Lajoux
MerciDocteur : la startup qui lutte contre
les déserts médicaux
Charlotte Lajoux, co-fondatrice de MerciDocteur | Propos recueillis par Flavie Joos, Février 2018
De notre expérience, les médecins sont plutôt ouverts.
Quant aux patients, cela peut s’avérer plus compliqué et il
faut faire preuve de pédagogie, de beaucoup de
communication.
De manière générale, que ce soit pour les patients ou les
médecins, il faut les accompagner dans ce changement en
leur montrant que cela fonctionne et que cela leur facilite la
vie. Il n’y a pas selon moi de logique dans l’adhésion aux
nouvelles technologies ; par exemple, la distinction entre les
populations jeunes et âgées n’a pas nécessairement de lien
avec l’adhésion à la santé connectée. Il s’agit plutôt de
profils digitaux qui vont avoir de l’appétence ou non pour le
digital.
Comment les patients et médecins vivent-ils
l’intrusion du numérique dans un contexte médical
souvent perçu comme intime, historiquement
encore loin de ces considérations digitales ?
MedTech
Yann Gaston-Mathé
Iktos : recherche pharmaceutique et IA
Yann Gaston-Mathé, co-fondateur de Iktos | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Décembre 2018
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Comment avez-vous lancé le projet ?
Cela conduit à des projets qui durent plusieurs années, qui
sont très coûteux, et sans jamais de certitude d’arriver à
identifier une molécule optimale. In fine, de nombreux
projets finissent par être arrêtés, après plusieurs années
d’efforts et des millions d’euros dépensés en vain.
Notre objectif est donc, grâce à l’intelligence artificielle,
d’améliorer de manière drastique l’efficacité de ce
processus de recherche pharmaceutique dont la
productivité est aujourd’hui très faible, et d’aider nos clients,
les laboratoires pharmaceutiques, à améliorer les taux de
succès et à réduire les coûts et les délais de la recherche,
ce qui in fine favorisera l’arrivée sur le marché davantage de
nouveaux médicaments, de meilleure qualité et moins
chers.
Cela a démarré par une rencontre avec les deux futurs co-
fondateurs d’Iktos : Quentin, qui est chimiste médicinal, et
Nicolas qui est spécialiste en intelligence artificielle. Ils
avaient imaginé et développé une nouvelle technologie
d’Intelligence Artificielle (IA) qui était capable de concevoir
de nouvelles molécules chimiques, dans le but d’identifier
des molécules avec un profil optimal et le maximum de
chances de répondre au cahier des charges d’un projet de
recherche.
Leur idée a été d’utiliser des algorithmes dits « modèles
génératifs » : ce sont des algorithmes dont on se sert à
l’origine dans le domaine du Natural Language
Processing (NPL), soit le traitement automatique du
langage naturel. Nous les trouvons par exemple sur Google
translate ou encore les Chatbot.
Ces algorithmes sont capables, une fois qu’ils ont appris
une langue, de générer du nouveau contenu. Le principe a
donc consisté à apprendre à l’algorithme le « langage » de
la chimie, en le nourrissant avec une base de données de
plusieurs dizaines de millions de molécules, pour qu’il
apprenne à générer des molécules.
Puis, le modèle génératif est connecté avec des algorithmes
construits avec du Machine Learning classiques, et qui sont
capables de prédire (plus ou moins bien selon les cas)
l’activité biologique d’une molécule. Ainsi, on est capable de
générer des molécules, non pas au hasard, mais sous
contrainte de répondre à un cahier des charges complexe,
multi-objectifs.
Le problème auquel nous voulons répondre est celui de la
recherche des nouveaux médicaments dans le domaine des
« petites molécules », c’est-à-dire des molécules
accessibles par synthèse chimique (contrairement aux
médicaments biologiques, ex : anticorps…).
En effet, le cahier des charges d’un projet de découverte
d’un nouveau médicament s’apparente à la recherche d’un
mouton à 5 pattes : le candidat médicament idéal doit être
une molécule nouvelle et brevetable, et qui en plus possède
un grand nombre de caractéristiques désirables pour en
faire un nouveau médicament. Cette molécule doit :
• Avoir une activité biologique sur la « cible », afin d’avoir
un effet sur la maladie traitée,
• Être sélective, c’est-à-dire ne pas interférer avec autres
protéines de l’organisme, au risque de provoquer des
effets indésirables,
• Ne pas présenter de toxicité lors des tests in vitro,
• Avoir de bonnes caractéristiques en ce qui concerne son
absorption, son métabolisme, sa distribution et son
élimination (ADME) dans l’organisme.
L’optimisation des molécules chimiques peut ainsi se
comparer à la résolution d’un Rubik’s cube à 10 faces, avec
des objectifs qui apparaissent comme contradictoires entre
eux : lorsqu’on résout un problème de stabilité métabolique,
on perd l’activité.
Lorsqu’on veut améliorer la stabilité, on est confronté à un
problème d’efflux… Trouver la solution du problème est un
véritable casse-tête, et chaque essai nécessite la synthèse
et le test d’une molécule nouvelle, soit plusieurs semaines
de travail et quelques milliers d’euros.
Quel est le problème à résoudre qui a lancé Iktos ?
MedTech
25
Comme tous les projets dans l’industrie pharmaceutique,
surtout avec de la technologie, Iktos a besoin de fonds, et
c’est un souci constant. Toutefois, un peu plus d’un an
après le début de nos opérations, nous sommes aujourd’hui
proches du seuil de rentabilité.
Le point clé est de continuer à investir en R&D pour faire
progresser notre technologie et développer notre plate-
forme SaaS, Makya, que nous voulons mettre à disposition
de nos clients dès 2019. L’environnement est très compétitif
avec des start-up US bien mieux financées que nous, et il
est donc critique pour nous d’améliorer notre offre en
permanence et de publier des résultats convaincants, ce qui
coûte très cher. Les concours d’aide à l’innovation que nous
avons gagné nous ont beaucoup aidé, ils nous ont permis
d’amorcer la pompe…
Notre cas d’intervention classique est un projet de
recherche qui a déjà plusieurs années de travail, et pour
lequel aucune molécule conforme au cahier des charges n’a
pu être identifiée.
Pour le moment, nous intervenons dans le cadre de
missions de service, avec un honoraire fixe modéré, et un
honoraire variable, conditionné au succès effectif des
molécules que nous aurons proposées. Les chercheurs
nous transfèrent les data qu’ils ont générées dans le cadre
du projet.
A partir de ces données, nous construisons des modèles de
prédiction pour chaque objectif. Puis nous générons des
molécules virtuelles qui répondent au cahier des charges
selon les modèles prédictifs. Le client choisit ensuite les
molécules parmi celles proposées, les synthétise et les
teste sur les différents objectifs, puis évalue les résultats
obtenus par rapport au cahier des charges. Si une des
molécules proposées par nous est conforme à tous les
objectifs, c’est gagné !
En règle générale, les résultats obtenus avec nos clients
demeurent confidentiels, pour des raisons évidentes liées à
la propriété industrielle. Cependant, nous avons toutefois pu
présenter récemment les résultats de notre 1ère étude de
cas (septembre 2018) réalisée avec Servier au congrès de
la Fédération Européenne de Chimie Médicinale (EFMC).
Comment ça marche, en pratique ?
Yann Gaston-Mathé
Iktos : recherche pharmaceutique et IA
Yann Gaston-Mathé, co-fondateur de Iktos | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Décembre 2018
Le concept m’a tout de suite enthousiasmé, et j’ai décidé de
les aider à développer leur idée. Avec mon expérience de
management en R&D pharma et mon réseau dans
l’industrie pharmaceutique, je pensais pouvoir leur apporter
la dimension business et la séniorité nécessaires pour
réussir le projet. C’est ainsi qu’en septembre 2016, nous
avons créé tous les trois la société Iktos.
Iktos aujourd’hui ?
Depuis sa création en septembre 2016, plusieurs étapes clé
ont été franchies : la première levée de fonds en juin 2017,
le premier salarié en septembre 2017, les premiers clients
(aujourd’hui, 5 sociétés pharmaceutiques ont signé avec
nous), la première preuve de concept réussie, publiée en
septembre dernier…
Aujourd’hui, nous sommes une équipe de 15 personnes,
nous avons un très joli « pipe » commercial, et nous venons
de signer un deal stratégique sur 2 ans avec une des plus
grosses sociétés pharmaceutiques mondiales.
Notre marché, celui de l’IA appliqué à la découverte de
nouveaux médicaments, est un marché mondial.
Aujourd’hui, l’une de nos fiertés est que nous avons acquis
une forte crédibilité, et que nous sommes identifiés dans le
Top 3 des sociétés pionnières sur notre domaine, celui de
l’IA appliqué au drug design. Cela commence donc à
ressembler à une success story, même si le chemin est
encore long, et les risques importants.
MedTech
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Yann Gaston-Mathé
Iktos : recherche pharmaceutique et IA
Yann Gaston-Mathé, co-fondateur de Iktos | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Décembre 2018
Les suites du développement ?
Nous entamons une nouvelle levée de fond : nous avons
besoin de continuer à investir car nous sommes convaincus
qu’il y a encore plus de valeur à créer.
Un de nos axes prioritaires est le développement de notre
produit Makya, une application en mode Saas qui
industrialise nos savoir-faire et nos technos, pour les rendre
directement accessibles aux chimistes dans les
laboratoires. Notre objectif est de commercialiser Makya en
2019 auprès des clients les plus avancés.
Nous poursuivons également encore et toujours la
recherche sur notre Intelligence Artificielle, pour la rendre
utile et applicable à d’autres cas d’usages. Par exemple,
nous aimerions pouvoir utiliser l’IA aussi en début de projet
de recherche (et pas seulement à la fin), avec peu de
données disponibles.
J’ai aujourd’hui une chance extraordinaire de pouvoir faire à
la fois de la science et de l’entrepreneuriat. Cela permet à la
fois d’être créatif et scientifique (ma passion), mais aussi
concret et pragmatique, et d’avoir un réel impact sur la
réalité…
Evidemment, la vie du cocréateur d’entreprise n’est pas
facile tous les jours : nous passons par des moments de
stress aussi, avec l’angoisse que les choses n’aillent pas
plus vite, et l’œil fixé sur le solde du compte en banque, qui
a une tendance inexorable à se vider au fur et à mesure
qu’on le remplit !
C’est dans les moments difficiles que l’on se cale et se
complète le plus avec mes associés. On mesure à chaque
fois les progrès et la force de nos complémentarités.
Lancez-vous !
Quelques conseils pour ceux qui voudraient se
lancer ?
Quels enseignements pour Yann ?
MedTech
Antoine Jenoudet
Promis : la plateforme qui réconcilie les
entrepreneurs avec le monde de
l’assurance
L’idée de Promis est venue au détour d’une conversation
avec ma femme, elle-même avocate à Paris.
Je me suis rendu compte qu’elle avait un rapport très
difficile aux assurances, alors que c’était un sujet super
important, qui embarquait sa santé, celle de nos enfants, et
la sécurité de ses revenus présents et à venir.
Il s’en est suivi une batterie de rencontres avec différents
entrepreneurs qui m’ont tous rapporté le même problème :
« On n’y comprend rien ! ». Tout est très jargonneux et
opaque.
Son cas était donc très loin d‘être isolé…On peut même
aller jusqu’à dire que tous les « entrepreneurs » – libéraux,
patrons de PME, autoentrepreneurs, commerçants – ont
une relation difficile avec leurs assurances : ils ne se
sentent pas ou très peu accompagnés, ils comprennent peu
ce qu’ils ont et surtout ce dont ils ont besoin !
Quel est la genèse et le problème à résoudre qui
intéresse Promis ?
Résultat sans appel : 50% des entrepreneurs au
sens large sont mal assurés.
En disant cela, nous mettons le doigt sur un enjeu de
société : il n’est pas normal que plusieurs millions de
personnes soient mal assurées en France. C’est encore
plus vrai pour les entrepreneurs, pour ceux qui risquent, qui
osent…et qui n’ont pas à mettre en danger familles, enfants,
patrimoine, etc…
J’ai donc pris la décision de voir si on pouvait faire évoluer
les choses…
Et avant cela, d’où veniez-vous ?
J’ai toujours travaillé dans des secteurs en mutation :
d’abord dans les paiements au moment de l’ouverture à la
concurrence avec la création des établissements de
paiement, puis dans les services à domicile chez Edenred
où j’ai créé le ticket CESU. Ensuite, j’ai passé 5 ans chez
G7 en tant que directeur du développement et de
l’innovation à la période où des acteurs tels que Uber se
multipliaient.
J’ai donc été de « l’autre côté de la barrière » lorsque des
start-up innovantes venaient disrupter un modèle établi. J’en
ai tiré des convictions sur la manière dont ces structures
doivent évoluer afin de faire face à la compétition.
Antoine Jenoudet, co-fondateur de Promis | Propos recueillis par Arthur Uriot, Juillet 2018
27
Quelle est la proposition de valeur plus en détails ?
Après G7, j’ai découvert le monde de l’assurance, en étant
COO d’Europe-Assistance, filiale de Generali. J’ai trouvé le
monde de l’assurance passionnant, un peu contre toutes
attentes…
Il y a tellement de choses à faire, tellement de belles boites,
de beaux produits, et une promesse de base qui est quand
même formidable : si tu as un problème, on est là !
J’ai vraiment la conviction que si tu es entrepreneur,
comprendre tes assurances et faire des choix éclairés, ça
t’aide à entreprendre en te protégeant contre les aléas de la
vie. Le tout est de choisir les produits qui te conviennent au
mieux, et pour cela il faut être bien accompagné !
A partir de là, il y a 2 stratégies :
(1) créer de nouveaux produits pour les professionnels, afin
de mieux répondre à leurs besoins;
(2) aider les entrepreneurs à choisir parmi les milliers de
produits qui existent déjà !
En gros…si on fait une analogie avec l’hôtellerie…on créé
un nouvel Accor, ou on lance Booking ? Les deux ont de la
valeur ! Mais nous, Promis, on se met sur le second
créneau, parce qu’on croit qu’il y a déjà de très bons
produits, le tout est de les comprendre et de savoir les
choisir.
Promis est une plateforme en ligne (sans publicité ni spam)
qui offre un service personnalisé et intelligible aux
entrepreneurs.
On a 3 points clés :
1 – On centralise toutes les assurances de
l’entrepreneur ; fini le temps où on devait passer par 3
courtiers de niche, spécialiste d’un petit bout du sujet
On couvre donc tous les risques :
• Personnel et pour la famille : Santé et prévoyance
• Pour le Business : RC Pro, Multirisque Bureaux, Cyber
risques, RC du dirigeant(e), Homme/femme clé,
Protection juridique, Emprunteur, Déplacement pro et
Auto
2 – On est une boite tech
Concrètement, on crée des parcours digitaux end-to-end,
qui commencent par un Chatbot propriétaire, ce qui permet
d’établir un profil précis du client.
FinTech
Avec ce profil, on a créé des batteries d’algorithmes qui
permettent de générer du conseil, et de scorer les contrats
du marché. Evidemment, pour un entrepreneur, le prix n’est
pas le critère unique, on va donc un cran plus loin que les
comparateurs classiques BtoC.
Pour la gestion des clients, le middle et le back office, on
s’est appuyé sur la techno Salesforce, franchement top pour
automatiser les milliers de petits workflows du métier de
broker.
3 – On est aussi une boite humaine
Tous les projets pur digital, qui ont retiré le contact humain
en front se sont plantés. Pourquoi ? Parce qu’on est sur un
sujet compliqué, pour lequel les clients ont aussi des
questions et veulent un échange riche. Donc, on a monté
une équipe d’experts, qui s’articulent entre eux en fonction
de leurs spécialités, et qui répondent par téléphone ou en
rendez-vous aux attentes de nos clients.
Une dernière chose qui nous semblait super importante :
être pédagogue ! Vulgariser les termes et notions
techniques propres au monde de l’assurance. A cet effet,
nous avons choisi d’utiliser de brefs textes en bon français
et de courtes vidéos, bien plus attrayantes que des pavés
de texte de réglementation écrits en petits caractères dans
un jargon incompréhensible pour le commun des mortels.
Le site a été lancé en mode béta le 25 mai 2018. Nous
avons eu rapidement notre tout premier utilisateur!
Aujourd’hui, après 3 semaines, on a 9 clients qui ont reçu
nos conseils et qui ont souscrit des contrats….c’est encore
peu, mais sans publicité aucune, on est très content.
On a une roadmap de développements techniques super
fournie, qui va nous occuper encore au moins une bonne
année.
En parallèle, on tourne autour du sujet de la levée de fonds,
pour savoir à quel moment c’est le plus opportun…sans
doute l’hiver prochain.
Quels enseignements et conseils retirez-vous de
cette aventure ?
C’est ma deuxième expérience entrepreneuriale. Si toutes
les situations sont différentes, une constante demeure :
donner du sens à ce que l’on fait. Tu ne seras jamais
capable de t’investir à 100% dans un projet auquel tu ne
donnes pas de sens. Il faut le placer au sommet de la
hiérarchie de tes valeurs professionnelles.
Sinon je pense aussi à la persévérance. Monter une boite,
c’est long…souvent plus qu’on ne le pense au démarrage, il
faut tester des chemins, essayer, oser. Cela veut dire que
bien souvent, il faut savoir traverser des doutes, se remettre
en question, et enfin trouver les bons équilibres dans ton
offre.
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Antoine Jenoudet
Promis : la plateforme qui réconcilie les
entrepreneurs avec le monde de
l’assurance
Antoine Jenoudet, co-fondateur de Promis | Propos recueillis par Arthur Uriot, Juillet 2018
FinTech
Où en est Promis aujourd’hui et quelles vont être
les suites du développement ?
Nous avons créé la boite en septembre 2017.
Après avoir été juste deux co-fondateurs un bon moment,
l’équipe a pas mal grandi ces derniers temps. On a
récemment intégré deux spécialistes de l’assurance dans
des domaines complémentaires. Nous sommes 6.
Grégoire Berger
Livsty : viager et financement participatif
Grégoire Berger, fondateur de Livsty | Propos recueillis par Ange Miezan, Septembre 2018
29
Nous avons fait le constat d’une forte demande pour la
vente de viager qui n’était pas satisfaite. Les vendeurs ne
trouvent pas facilement d’acheteurs. On compte en effet
cinq vendeurs pour seulement un acheteur.
Il nous est donc apparu intéressant de proposer une
nouvelle approche de façon à rééquilibrer ce marché et
aider les personnes âgées qui aimeraient se financer via la
vente en viager de leur bien et qui aujourd’hui n’y arrivent
pas.
La problématique à laquelle nous avons voulu répondre
est « Comment aider les personnes âgées à bien vivre
leur retraite ? ».
Quel est le problème à résoudre qui a lancé Livsty ?
L’inconvénient du viager est sa mauvaise réputation, alors
qu’il s’agit d’un outil formidable pour répondre à un besoin
très important des seniors : comment financer et mieux vivre
leur retraite.
Quand on analyse le fonctionnement d’une opération en
viager, on remarque que c’est beaucoup d’argent et
beaucoup de risques. Beaucoup de risques car l’opération
repose sur l’espérance de vie, qui est une statistique. Sur
100 personnes, la statistique trouve une résonnance mais à
l’échelle d’une seule personne, elle n’a plus beaucoup de
sens.
En plus de cela, le mécanisme de paiement via une rente
mensuelle est un gros risque pour l’acheteur.
Quelle est la promesse face au problème ?
D’une part il ignore le montant définitif de son achat et
d’autre part il n’a pas la possibilité de contrôler ce risque,
sauf par l’achat de 5, 10, 15 viagers, ce qui n’est pas
accessible à la plupart des acheteurs en viager.
Nous avons donc repensé le concept du viager, avec notre
plateforme. A partir de la valeur vénale d’un bien (sa valeur
estimée) nous allons appliquer une décote qui dépendra
notamment du bien, de l’âge et du sexe du propriétaire.
Cette décote correspond à la valeur des loyers qui auraient
été perçus s’il avait été loué, alors qu’il restera occupé par
le vendeur, qui ne paye pas de loyer. Ce montant décoté est
le montant que le vendeur perçoit aujourd’hui pour la vente
et qui sera financé par les investisseurs.
L’intérêt est double :
• d’une part, l’appartement est acheté à un prix fixe (avec
décote) et pourra être revendu au prix du marché plus
tard à une valeur plus importante (du fait de la disparition
de la décote d’occupation et de l’évolution des prix de
l’immobilier)
• d’autre part, le projet est divisé en parts de 1 000€
chacune, permettant aux investisseurs de participer à un
ou plusieurs projets pour des montants relativement
accessibles et de mutualiser leurs risques.
Nous avons mis en place une approche basée sur un
financement participatif qui présente plusieurs avantages :
• permettre de mieux gérer le risque pour les investisseurs
en le limitant et le diversifiant : en participant au projet, ils
savent exactement le risque qu’ils prennent
• rendre l’opération plus accessible : permettre un
investissement avec des montants plus faibles de façon
à ouvrir ce marché à plus de personnes (comparé à ce
qui peut se faire aujourd’hui) dans l’optique de
rééquilibrer l’offre et la demande
Pour le vendeur : avoir un acteur identifié qui puisse
l’accompagner dans sa problématique de financement et
présent pendant toute sa retraite, proposer un processus
simplifié, sans aléas et différenciant par rapport aux
opérations classiques.
De plus notre solution est personnalisable aux besoins
spécifiques du vendeur : le vendeur perçoit immédiatement
le montant global de sa vente mais nous pouvons voir avec
lui pour prévoir une rente viagère sans pour autant changer
le modèle pour l’investisseur.
FinTech
Le viager est un secteur de niche marqué par les a priori.
Nous repensons complètement le viager et proposons une
toute nouvelle solution. Il y a donc une importante démarche
d’apprentissage, d’éducation et de communication à faire.
Nous avons aujourd’hui un produit très simple et fonctionnel
avec un parcours utilisateur fluide, totalement transparent et
totalement digital.
Notre volonté : mettre à disposition de l’utilisateur, le
maximum d’information pour qu’il soit totalement autonome
dans sa décision d’investissement et que l’équipe se
focalise plus sur le sourcing d’appartement et
l’accompagnement des seniors pour trouver la meilleure
solution face à leurs besoins (comment les opérations se
déroulent ? Quel montant doivent-ils espérer de leur vente ?
…).
Je suis en charge aujourd’hui du développement produit et
de tout le volet sourcing. Harold, mon associé est plus sur le
volet commercialisation et relations avec les investisseurs.
Maintenant que toutes les briques sont en place, l’enjeux est
aujourd’hui de donner un coup d’accélérateur à l’activité.
Notre démarche actuelle n’est pas de faire croître à tout prix
le nombre de biens en portefeuille. Nous préférons rester
prudents sur les biens que nous proposons sur notre
plateforme et trouver une solution pour chacun des Seniors
avec qui nous travaillons, notamment en finalisant les
opérations en cours.
Aujourd’hui les gens qui viennent sur notre site et qui font
tout en autonomie, démarrent avec des placements de
1 000 à 3 000 euros sur les opérations. Il est normal que
des personnes qui n’ont jamais entendu parler du projet
soient prudentes au départ.
Cela veut donc dire que pour des biens ayant des valeurs
élevées, il faut beaucoup d’utilisateurs pour atteindre les
objectifs de financement ou avoir des personnes qui mettent
beaucoup plus. C’est pour cette raison qu’il faut adresser
plus d’investisseurs.
Concernant l’accompagnement des Seniors, l’enjeux est de
progressivement explorer plus de régions, notre activité est
aujourd’hui en région parisienne et Paca (Provence-Alpes-
Côte d’Azur). Le but est à terme de pouvoir apporter une
réponse adaptée à n’importe quel Senior en France.
Je viens du monde de l’investissement. J’ai travaillé en
banque d’investissement à Londres, et j’aimais bien
l’immobilier. Je consultais souvent les petites annonces
pour voir un peu ce qui se faisait et c’est ainsi que je me
suis rendu compte du nombre important d’offres en viager.
Livsty aujourd’hui ?
Livsty existe depuis 6 mois. Nous sommes aujourd’hui 2
associés accompagnés par un incubateur, « Studio » qui
nous accompagne.
Nous travaillons sur 6 appartements. Il y en 2 qui sont déjà
très avancés dont un en finalisation. En termes d’utilisateurs
sur notre plateforme, nous avons 200 inscrits et environ 40
visiteurs uniques chaque jour. Des chiffres encore modestes
mais la dynamique est très bonne.
Sur les premiers projets, nous avons déjà plus de 30
investisseurs avec un ticket moyen autour de 5 000 euros.
L’idée est qu’aujourd’hui n’importe qui puisse investir dans
l’immobilier avec 1 000 euros. L’objectif est maintenant de
monter en puissance.
Les suites du développement ?
30
Grégoire Berger
Grégoire Berger, fondateur de Livsty | Propos recueillis par Ange Miezan, Septembre 2018
FinTech
Livsty : viager et financement participatif
Comment avez-vous lancé le projet ?
Alors que c’est une formidable opportunité pour aider les
seniors à mieux vivre leur retraite, il y avait tous ces
inconvénients pour l’acheteur ! J’ai commencé alors à
réfléchir à une façon plus intéressante de résoudre ces
problèmes.
Après avoir étudié différentes approches possibles, j’ai
trouvé que le financement participatif (tendance montante)
est une approche intéressante : une implication dans
l’investissement réalisé, une optique de solidarité et un
investissement gagnant-gagnant. C’était pour moi une
manière de faire de l’innovation utile en mariant financement
participatif et viager.
J’ai commencé seul cette aventure. Je n’ai pas voulu
attendre d’avoir forcément un associé pour démarrer le
projet, mais j’ai cherché et trouvé par la suite quelqu’un de
passionné par le projet pour se joindre à l’aventure.
J’ai constaté la demande du côté
des seniors, et un fort déséquilibre
entre l’offre et la demande.
Quelques conseils pour ceux qui voudraient se
lancer ?
Autre chose, il ne faut pas avoir peur de se lancer. Ça fait
toujours un peu peur, on se pose beaucoup de questions…
mais en fait, on ne joue pas sa vie. On a le droit de faire des
erreurs, l’important est de tester et corriger. Tant qu’on n’a
pas encore testé quelque chose, on ne peut jamais savoir si
ça va marcher ou pas. Si ça ne marche pas, ce n’est pas
grave.
Il faut bien s’entourer. C’est difficile d’être tout seul dans
son projet.
Enfin, il faut apprendre à persévérer : c’est un peu bateau
à dire mais il ne faut pas s’arrêter au premier « non ». Il y
aura toujours des « oui » et des « non » dans cette
aventure !
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Grégoire Berger
Livsty : viager et financement participatif
Grégoire Berger, fondateur de Livsty | Propos recueillis par Ange Miezan, Septembre 2018
FinTech
Quels enseignements de cette aventure
entrepreneuriale ?
Je suis très content d’avoir fait ce choix.
L’entrepreneuriat n’est pas quelque chose de facile mais
s’avère une expérience très excitante où on se pose
beaucoup de questions ! On n’est jamais sûr de rien.
Je suis content d’avoir fait ce test là et d’avoir quitté ma
situation de salarié. Je pense qu’on a quelque chose à
apporter avec ce projet. On ne sait pas dans 6 mois ce qu’il
en sera mais pour le moment les retours sont bons, les
gens nous encouragent dans ce projet. Il n’y a plus qu’à
transformer l’essai à présent.
Je ne voulais pas simplement me lancer pour dire
“je suis entrepreneur”, ou “je suis mon propre patron”,
mais plutôt monter un projet avec un sentiment d’utilité
Il faut parler de son projet. Dans mon cas, je n’étais pas
particulièrement vendeur de mon projet tant que j’estimais
qu’il n’était pas suffisamment avancé alors que c‘était une
erreur. Il ne faut donc pas avoir peur d’en parler même si le
projet n’est pas encore au stade auquel on souhaite
l’amener.
Matthieu Zeilas
Maison Z : le monde du luxe et des
innovations technologiques
Matthieu Zeilas, fondateur de Maison Z | Propos recueillis par Andres Villarreal, Avril 2018
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Notre volonté est de créer des passerelles fructueuses entre
le monde du luxe et celui de la technologie, authentifier les
matériaux éco-responsables pouvant être assemblés sur
chaque création pour rendre la technologie plus
respectueuse de l’environnement.
Avec la Maison Z, l’ambition est de proposer aux nouvelles
générations des produits pouvant être un subtil mélange
entre la modernité du monde actuel et le traditionnel
artisanat français, qui représente quant à lui, un précieux
héritage, qu’il convient de préserver et transmettre aux
générations futures.
Afin d’impacter durablement le monde, la Maison s’engage
à promouvoir la responsabilité environnementale et le
développement durable en reversant notamment des dons à
des organismes caritatifs certifiés.
Chez la Maison Z, l’humain est au centre de l’action, il est
celui qui donne sens à notre quotidien. Explorer ses désirs
et repousser ses limites, telle est l’aspiration de chacune
des pièces de notre collection.
Avec Maison Z, l’ambition est de donner une âme
authentique aux innovations technologiques à travers
l’artisanat français d’excellence. En leur donnant vie avec
des artisans labellisés EPV (Entreprises du Patrimoine
Vivant) nous garantissons la transmission du rare savoir-
faire français de génération en génération.
Pourquoi avez-vous lancé Maison Z ? Je souhaitais montrer que les innovations technologiques
ont toujours porté le luxe depuis son origine afin de créer
des expériences fortes.
J’ai ensuite entrepris la création d’un site type marketplace
appelé Luxury-technologies, référençant alors tous les
produits high-tech d’exception, sélectionnés selon les
critères suivants : utiles, précieux et novateurs.
Je lance officiellement la marketplace Luxury-
technologies.com en avril 2016 avec l’aide de deux
associés passionnés, sur laquelle nous parvenons à
référencer près d’une centaine de marques partenaires.
Fin 2016, nous décidons de lancer nos premières co-
créations grâce à l’expertise acquise auprès de nos
partenaires. Nous sélectionnons alors certains produits
high-tech et les sublimons avec des matériaux nobles
assemblés par des artisans français d’exception. Un groupe
de luxe suivi par un distributeur mondial me font part de leur
vif intérêt pour présenter en marque blanche nos créations
en distribution physique.
Tout s’accélère et afin de répondre à cette demande, nous
lançons en mars 2017 une campagne pour lever des fonds
plus importants. De manière stratégique nous décidons
finalement de nous concentrer sur la vente en
ligne, orientons notre Marketplace en site « e-commerce
classique » sur lequel nous exposons uniquement nos co-
créations et créons une solution nous permettant de co-
piloter en marque blanche les futures collections « tech » de
grandes marques de luxe.
J’ai pris la décision de persévérer sur cette voie pour le
reflet de mon amour pour le savoir-faire artisanal français,
de ma volonté d’innover grâce aux nouvelles technologies et
de mon désir de créer de nouvelles expériences avec ces
dernières. L’ambition est de proposer des collections de
produits pouvant être un subtil mélange entre haute
technologie, artisanat et éco-responsabilité.
Comment avez-vous lancé le projet ?
Luxe&Tech
Dans le cadre de mes multiples voyages, expériences
professionnelles et de mon MBA en management des
marques de luxe en 2015, j’ai souhaité associer dans un
mémoire de fin d’année les thématiques du luxe et des
innovations technologiques avec l’idée de monter un groupe
de luxe 4.0.
Les suites du développement ?
Notre équipe s’agrandit pour développer notre catalogue
d’objets utiles, précieux et novateurs réalisés avec le savoir-
faire d’excellence de ces artistes façonniers. Parmi ce
catalogue, nous sommes ravis de constater l’engouement
de grandes marques de luxe pour les conseiller et imaginer
leurs collections de demain, c’est magique !
Quels enseignements pour vous ?
Je résumerai par quelques proverbes auquel je tiens :
« Le grand but de la vie n’est pas le savoir mais l’action »
« No pain no gain »
« Ce qui est important, ce n’est ni d’être optimiste, ni d’être
pessimiste, mais d’être déterminé »
Quelques conseils pour ceux qui voudraient se
lancer ?
S’entourer des personnes expertes sur votre marché,
capables d’apporter leur plus-value à votre projet mais aussi
de vous présenter à leur réseau de qualité, constitue un
enjeu essentiel à la fois pour votre lancement mais aussi
pour votre croissance. Si le réseau c’est la clé alors bougez,
networkez, sortez aux événements spécialisés dans votre
domaine, rencontrez rencontrez rencontrez ! Derrière
chaque nouvelle personne se cache une nouvelle source
d’inspiration. C’est mon avis !
Si je peux donner quelques conseils à tout futur
entrepreneur, c’est :
• D’anticiper au maximum ses besoins de demain en ré-
évaluant constamment ses objectifs.
• De persévérer et garder un équilibre vie personnelle-vie
professionnelle.
• De ne pas avoir peur d’itérer et de tester plusieurs
méthodes de croissance.
• De faire jouer son réseau professionnel et s’entourer de
personnes expertes bienveillantes.
33
Matthieu Zeilas
Maison Z : le monde du luxe et des
innovations technologiques
Mathieu Zeilas, fondateur de Maison Z | Propos recueillis par Andres Villarreal, Avril 2018
Comment vivez-vous cette expérience
d’entrepreneuriat ?
Passionnément, mon rêve a toujours été de pouvoir créer et
transmettre sans limites. Aujourd’hui à travers cette startup
j’ai la possibilité de réunir ces deux éléments qui me sont
vitaux. Chaque jour est différent et l’équipe ainsi que les
personnes qui nous soutiennent sont formidables pour
persévérer sur le long terme.
La Maison Z aujourd’hui ?
Avril 2018 : en pleine communication à ce jour sur le
lancement de notre accessoire de voyage evaZion, création
sur laquelle nous avons travaillé ces derniers mois avec
tous nos experts. evaZion est le premier briquet électrique
détachable et multifonctions au monde, il est équipé
notamment d’un feu électrique résistant à toutes conditions,
d’une batterie de secours 6800 mAh, d’une lampe torche,
d’un détecteur de faux billets et même d’une fonction SOS.
Assemblé à la main par nos artisans français EPV.
Disponible en cuir végétal d’ananas ou bois de forêts
françaises éco-gérées.
Le premier d’une longue lignée, nous l’espérons !
La Maison Z fabrique des accessoires de voyages
innovants en technologie et leur donne vie grâce à des
matériaux nobles et responsables, transformés avec le
savoir-faire unique d’artisans français passionnés. Toutes
nos créations sont assemblées en petite série, à la main, en
France, et sont destinées à récompenser de petites comme
de grandes occasions.
Luxe&Tech
Laëtitia Lumbroso-Revenu
D’Estrëe : les accessoires haut de gamme
Laëtitia Lumbroso-Revenu, co-fondatrice de D’Estrëe | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Octobre 2018
34
Après plusieurs années dans le Luxe (Dior et LVMH
notamment), j’ai eu la chance de rencontrer ma future
associée au moment où je voulais vraiment me lancer. Nous
avons commencé par nous apprivoiser pendant un an, ce
qui a renforcé la complémentarité de notre « couple »
d’entrepreneuses :
• Géraldine porte la création et l’identité de la marque ;
c’est Géraldine qui avait créé la première série de nos
chapeaux ;
• Quant à moi, Laetitia, je pilote le marketing, la gestion et
les opérations.
Nous avons donc co-fondé l’entreprise il y a 3 ans. Dès le
départ, nous savions qu’il nous fallait développer notre
marque au-delà des chapeaux.
Plus qu’un problème, l’aventure est née d’une double envie :
• Tout d’abord, en capitalisant sur mes expériences
professionnelles précédentes, j’avais envie de mettre en
avant la créativité française et les savoir-faire très haut
de gamme. Notre famille initiale de produits incarne cette
envie, avec des chapeaux faits à Paris ;
• Ensuite, je ressentais le besoin de faire fructifier les
rencontres et les talents que je croisais. Je voulais
dorénavant choisir plus mes partenaires professionnels
et oser lancer des choses sur la base d’affinités.
Quel est le problème à résoudre qui a lancé
d’Estrëe ?
Comment avez-vous lancé le projet ?
Nos clients peuvent trouver nos produits dans des boutiques
de luxe ou dans notre show-room. Nous avons également
des ventes en ligne.
Même si nous nous faisons connaître par la Presse
spécialisée, qui nous aime bien, nous voulons multiplier les
points de rencontre avec nos clients. Nous avons par
exemple fait 4 mois de Pop-up Store au rayon Luxe du
Printemps pour nous confronter aux acheteurs de nos
produits. A la fois connaitre leurs raisons d’achat et surtout
de ce qui marche et pas.
Cependant, au-delà des belles adresses parisiennes
connues, notre entreprise s’est tout de suite tournée vers
l’international : le client du luxe est chinois, américain, arabe
et russe. Nous avons des relais de distribution également
dans ces pays pour faire grandir la marque.
Aujourd’hui, avec une petite équipe (4 personnes !), nous
bénéficions d’une reconnaissance par la presse de la qualité
de notre offre, de distribution dans le monde entier et d’un
beau catalogue. Et notre rentabilité nous permet d’aborder
sereinement notre croissance.
D’Estrëe aujourd’hui ?
Luxe&Tech
Notre gamme s’est étoffée au fil des rencontres. Après le
chapeau de luxe, nous proposons maintenant de la
maroquinerie (faite en Italie) : c’est né de la rencontre avec
un couple Italo-Japonais qui allie l’excellence italienne du
travail du cuir et la rigueur artistique japonaise ! Plus
récemment, nous avons lancé une famille de bijoux.
Ces évolutions féminisent encore plus notre marque : si les
ventes de nos chapeaux se font à 30% avec des hommes,
la maroquinerie nous tourne plus vers les femmes.
En plus de la conception et fabrication des articles, le travail
de notre maison est un business de BtoB : nous travaillons
avec des distributeurs.
Nous présentons nos produits ou nos
prototypes lors de salons
professionnels (par exemple, la fashion
week) et nous gérons la production
selon nos carnets de commande.
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ISlean consulting | cahier des entrepreneurs 2019

  • 1. 1 NOUS INVENTONS, AVEC NOS CLIENTS L’ENTREPRISE DE DEMAIN : CONNECTÉE, APPRENANTE ET LIBÉRÉE CAHIER DES ENTREPRENEURS 2019 2ÈME ÉDITION en partenariat avec
  • 2. 2 Chez ISlean consulting, nous nous levons le matin pour « construire, avec nos clients, l’entreprise de demain : connectée, apprenante et libérée ». Avec cette nouvelle édition de notre cahier, nous sommes très fiers de donner la parole et de valoriser ceux qui créent des entreprises qui transforment le paysage économique et social. La transformation continue à déployer ses ailes et les entrepreneurs témoignent de la capacité à inventer ou revisiter les modèles : si cette édition rassemble des innovateurs de la formation, de la médecine ou de la finance, elle inclut des pistes de rupture technologique avec la blockchain ou revient sur l’entrepreneuriat… sans digital ! Ces aventures sont autant de nouveaux visages et de projets d’innovation, pour proposer des alternatives aux solutions déjà connues. Repoussant les limites, les entrepreneurs osent créer de nouveaux territoires, en partant à la conquête de clients, et en recrutant d’autres audacieux. Cette année, cette édition s’inscrit dans un partenariat avec le Conseil supérieur de l’ordre des Experts-comptables, qui anime le premier réseau de proximité et de confiance des entrepreneurs en France. Ce cahier spécial nous permet de remercier les entrepreneurs de leur confiance et de remettre en lumière leurs témoignages, leurs projets, leur entreprise, leurs rêves et aussi leurs expériences et conseils ! Pour l’équipe ISlean consulting, Louis-Alexandre Louvet
  • 3. Le Conseil supérieur a souhaité s’associer à l’évènement « Concours de l’entrepreneur 2019 » en devenant le partenaire officiel de cette 2ème édition visant à inventer l’entreprise du futur. Cette collaboration n’est pas symbolique. Elle pose les fondements de notre engagement de proximité et de confiance vis-à-vis des entrepreneurs. Charles-René Tandé, Président du CSOEC Notre connaissance du tissu économique et notre proximité avec la réalité entrepreneuriale, nous permettent d’appréhender les problématiques des chefs d’entreprises dans toutes les décisions importantes de la vie d’une organisation, mais aussi de contribuer à la croissance de l’économie nationale. C’est pourquoi nous sommes ravis et fiers de pouvoir nous associer à ce plan, permettant de valoriser les start-ups qui participent à la transformation du paysage économique et social dans une dynamique d’innovation. Il s’agit en outre de nous nourrir de retours d’expériences de start-ups qui ont su se démarquer, innover. Leur réussite est une source d’inspiration qui nous rappelle qu’il est essentiel de se renouveler constamment, d’oser … pour transformer nos organisations. 3
  • 4. ENTREPRENEURS DE NOTRE CAHIER 2019 MERCI À ELLES ET EUX D’INVENTER L’ENTREPRISE DE DEMAIN ! Stanislas Miquel Matthieu Hug Robin Lietar Jean-Paul DebeuretPaul Farnet Antoine AmielElise Covilette Charlotte Lajoux Yann Gaston-Mathé Antoine Jenoudet Grégoire Berger Matthieu Zeilas Laëtitia Lumbroso-Revenu NB : la date des articles dans les pages suivantes rappelle le contexte de l’entretien. Certaines start-up ont pu faire des pivots ou enrichir leur offre depuis leur témoignage de l’époque.
  • 5. Sommaire EdTech Kokoroe : la formation digitale 13 The MOOC Agency : création de MOOC 15 Learn Assembly : l’accompagnement MOOC 17 LaFormationPourTous : le mobile learning pour tous 19 Cross-secteurs Askeet.io : plateforme d’échange de leads multi-sectorielle 6 Tilkal : blockchain et supply chain digitale 8 11Vegg’up : l’app des recettes végétariennes et vegan MedTech MerciDocteur : la startup qui lutte contre les déserts médicaux 21 24Iktos : recherche pharmaceutique et IA Promis : la plateforme qui réconcilie les entrepreneurs avec le monde de l’assurance 27 Livsty : viager et financement participatif 29 FinTech Maison Z : le monde du luxe et des innovations technologiques 32 D’Estrëe : les accessoires haut de gamme 34 Luxe
  • 6. Stanislas Miquel Askeet : plateforme d’échange de leads multi-sectorielle Le problème initial est lié à la longueur des cycles B2B : obtenir un lead (une opportunité commerciale) qualifié nécessite un temps et des moyens considérables, que ce soit en prospection « artisanale » ou par l’achat de fichiers qu’il faut qualifier. Trois chiffres qui illustrent cet état de fait : • Un commercial en recherche de leads passe en moyenne 8 appels par heure. • Le même commercial met environ 6h30 à obtenir un premier rendez-vous. • En 2007, il fallait environ 4 appels pour qu’un prospect décroche, aujourd’hui il lui faut 8 appels : les acheteurs ne décrochent plus leur mobile. Nous pensons que ce process d’obtention de leads peut être largement amélioré, que ce soit en temps de qualification ou en coûts marketing. Et puis, il peut être extrêmement démotivant, ce qui ne facilite pas la rétention des meilleurs prospecteurs. Notre point de départ est le suivant : un commercial qui va en rendez-vous échange un moment, autour de la machine à café, sur de nombreux sujets avant d’entrer dans le vif de son échange commercial. Différents sujets qui peuvent représenter autant d’opportunités commerciales pour des entreprises d’autres secteurs. Aujourd’hui, ces opportunités ne sont pas visibles et « meurent » après le rendez-vous. Il y a 700 000 commerciaux en France, qui font en moyenne 5 rendez-vous par semaine et peuvent identifier jusqu’à trois besoins par rendez-vous : c’est potentiellement 10 millions de besoins qualifiés identifiés chaque semaine en France ! A noter qu’au départ de la plateforme, LinkedIn avait identifié 7 fonctionnalités cible, dont « Poster une opportunité commerciale au sein de mon réseau « . Cette fonctionnalité n’a pas été mise en œuvre par LinkedIn. Askeet.io se propose de venir compléter ce manque. Quel est le problème à résoudre qui a lancé Askeet.io ? Stanislas Miquel, co-fondateur de askeet.io | Propos recueillis par Jean-Marc Zanini, Février 2018 6 A la sortie de l’ESSEC en 2012 j’ai rejoint Carbox, une start- up montée par deux entrepreneurs qui proposait du partage de flotte automobile en B2B. La structure s’est bien développée au sein de six pays en Europe, a étendu son activité dans le B2C jusqu’à son rachat par Europcar, finalisé en 2017. A la sortie de cette première expérience, nous avons formulé avec l’un des fondateurs de Carbox le projet de monter en parallèle 3 startups en partant d’une feuille blanche, avec l’idée d’embarquer et d’aider des entrepreneurs intéressés par l’aventure. Geatlead est la première de ces trois structures, dont l’idée est née au moment du rapprochement Carbox/Europcar : nous avions besoin de mettre en œuvre des échanges de leads en système fermé, ce que nous avons fait dans un premier temps sur Excel, et qui nous a donné l’idée de le développer en système ouvert multi-sectoriel. Comment avez-vous lancé le projet ? Askeet.io aujourd’hui ? On s’est lancé en septembre 2017 avec des expérimentations en France, Allemagne, Belgique et Royaume-Uni. Le but était de voir si différentes populations commerciales pouvaient avoir le mindset d’identifier et qualifier des besoins d’entreprises qui ne les concernent pas. Nous souhaitions valider l’idée qu’il y avait un gisement d’informations et qu’il était valorisable. On a construit un outil pour poster un lead en moins d’une minute, en rentrant à sa voiture. Nous souhaitions valider l’idée dans des environnements culturels différents : l’Allemagne est culturellement très sensible aux aspects de Data Privacy, le Royaume Uni a une approche plus libérale et plus ouverte sur du cross-selling, la France se situant entre ces deux tendances. La solution semble de fait plus naturellement acceptable en France et au Royaume Uni, plus réceptifs à l’économie du partage et ce qui permettra au commercial d’arriver plus vite à son résultat. Cette phase d’expérimentation nous a permis de valider le concept que nous sommes en train d’affiner : business plan, aspects juridiques, design du produit cible… Cross-secteurs L’idée de Askeet est de créer une communauté de vendeurs autour d’une marketplace d’achat/vente de leads qualifiés.
  • 7. Askeet : plateforme d’échange de leads multi-sectorielle Les suites du développement ? Nous continuons à faire grossir la communauté dans trois pays et sommes en train d’acquérir nos mille premiers utilisateurs. Cela ne peut pas être petit, il faut du volume ; également que les leads soient multi-sectoriels et le périmètre, international. Nous devons affiner notre produit pour qu’il s’adapte parfaitement au comportement des utilisateurs: • côté vente : quel est le process le plus simple, pratique et rapide pour poster un besoin ? Comment rappeler à l’utilisateur de ne pas oublier de poster juste après son rendez-vous les besoins qu’il a identifiés ? • côté achat : quel est le niveau d’information attendu ? Par exemple, derrière un lead du type « Entreprise de conseil recherche des idées innovantes pour améliorer l’ambiance au travail via le sport », le commercial aura besoin de nombreuses informations complémentaires : délai d’implémentation, taille de l’entreprise, position du lead dans l’entreprise, niveau de qualification… Doit-on donner la possibilité à l’acheteur et au vendeur de dialoguer ? Doit-on ouvrir des services internes de requalification des besoins ? avec quel niveau de détail ? Le lead ne serait vendu qu’une seule fois : ainsi, le prospect n’est pas spammé, l’acheteur du lead n’est pas en concurrence et le vendeur du lead est confiant sur le fait de ne pas être « grillé » auprès de son prospect. 7 Stanislas Miquel Stanislas Miquel, co-fondateur de askeet.io | Propos recueillis par Jean-Marc Zanini, Février 2018 On part de zéro et on apporte une corde nouvelle à l’arc des commerciaux, qui vient vraiment aider les « petits » à attirer le chaland sans les moyens des « gros ». J’avais jusque là toujours travaillé sur des sujets scalables, industrialisables, et je me rends compte qu’au départ rien n’est scalable : Quels enseignements pour vous ? La chance que j’ai aujourd’hui, c’est d’être entouré (on est trois dans cette aventure, dont un expérimenté qui a déjà monté et vendu une boite). Cela permet une émulation mutuelle, et de lisser les yoyos émotionnels inévitables. Il y a par ailleurs énormément de choses différentes à gérer au début que tu n’as pas apprises dans une école de commerce. C’est un plus indéniable de bénéficier de l’expérience de quelqu’un qui est déjà passé par là. Il est crucial de travailler tout le temps la vision que tu as du produit : le principal actif, plus que la première communauté que tu es en train de constituer, est la vision, l’histoire à raconter, ce qui fait qu’on va se différencier d’autres. C’est une démarche permanente, qui est demandée à juste titre par les fonds d’investissement. Quelques conseils pour ceux qui voudraient se lancer ? Cross-secteurs Je ne m’attendais pas au plaisir et à l’excitation de partir d’une feuille blanche et à trouver des interlocuteurs qui trouvent l’idée pertinente, qui s’inscrivent et qui postent des leads. J’avais-sous-estimé la satisfaction qu’il peut y avoir à proposer une solution qui trouve rapidement un écho positif chez ses clients potentiels. Il y a des moyens plus malins que de payer de la pub pour intéresser des utilisateurs, c’est un questionnement permanent. Tu dois te questionner tous les jours pour trouver une façon d’intéresser des gens à ce que tu fais Depuis la rédaction de cet article, Askeet.io a pivoté pour se positionner en TriAdvisor des prestataires et outils B to B.
  • 8. Matthieu Hug Tilkal : blockchain et supply chain digitale Après avoir revendu puis avoir quitté ma première société, RunMyProcess, je voulais me lancer dans un projet entrepreneurial qui applique les technologies numériques à quelque chose qui me semble avoir un sens et porter un engagement. Étrangement ou pas, mon approche initiale a été très tirée par la technologie : quelle technologie numérique a un potentiel transformateur fort vu d’aujourd’hui ? Qu’est ce qui aujourd’hui pourrait être l’équivalent du web de 1993 ? Parmi les technologies émergentes, je me suis intéressé à la « blockchain ». Ses applications dans les fintechs ne m’intéressent pas vraiment – pour tout dire, il me semble que le recours à la blockchain y est rarement nécessaire. La question était donc : « que peut-on exactement en faire qui permette d’espérer résoudre un problème important ? » Quel est le problème à résoudre qui a lancé Tilkal ? J’avais identifié la traçabilité comment étant devenue une problématique clef de la supply chain et m’y suis intéressé. A ce moment j’ai découvert un monde vaste et fascinant que je ne connaissais pas. Parmi les challenges auxquels doit faire face ce domaine, on trouve le commerce illicite de produits licites, c’est-à-dire des produits légaux distribués illégalement. Ce phénomène est aujourd’hui la première activité « cross-border » illégale au monde. En volume d’affaire, c’est de l’ordre de trois à quatre fois le trafic de drogue. C’est plus important encore que le trafic d’armes ou le trafic d’êtres humains. C’est donc une problématique majeure. Selon un rapport d’Europol, pour 1 000 euros investis, l’espérance de gain dans le trafic d’héroïne est de 20 000 euros pendant que celui du commerce illicite de produits licites est de 200 000 euros. Matthieu Hug, co-fondateur de Tilkal | Propos recueillis par Ange Miezan, Mars 2018 8 Le projet a commencé il y a juste deux ans avec 2 autres co-fondateurs. Le premier travaillait avec moi comme CTO chez RunMyProcess [NDLR : entreprise créée par Matthieu Hug en 2007]. L’autre est un ami depuis les classes préparatoires ; il était associé dans un grand cabinet de conseil où il travaillait dans le domaine de la structuration de deals dans le secteur banques et assurances. Nous avons très vite abouti un consensus enthousiaste sur le sujet de la sécurisation et de la traçabilité des supply chains. Mais si le commerce illicite est très important au niveau sociétal, c’est commercialement un thème compliqué à aborder et peu d’industriels veulent en parler publiquement. Il fallait donc trouver à partir de cette idée générale de traçabilité bout en bout et de sécurisation des filières, comment construire une opportunité positive pour les industriels. Comment avez-vous lancé le projet ? Depuis 20 ans la globalisation des chaines d’approvisionnement s’est accompagnée d’un morcellement de toutes les étapes (fabrication, transport, distribution…), permettant au fléau du commerce illicite de se développer sur les chaines d’approvisionnement comme un véritable virus. Pourquoi avoir opté pour une solution basée sur la blockchain et quel est l’apport différentiel sur le marché ? Cross-secteurs Voilà la question à l’origine de Tilkal : comment sécuriser les supply chains et les filières, et in fine rassurer des consommateurs de plus en plus méfiants sur l’origine du bien qu’ils achètent ?
  • 9. Tilkal est aujourd’hui au début du développement commercial. Nous avons commencé de manière active le développement commercial depuis 6 mois. Nous nous concentrons sur des pilotes par opposition à des PoC (Proof of Concept). Pour moi un pilote est un test grandeur nature, à l’échelle, qui a vocation – si le test est concluant – à aller en production. A l’inverse d’un PoC qui reste un test technique à petite échelle : sur ces sujets je ne vois pas quel enseignement non trivial on peut en tirer, car l’enjeu réel c’est justement d’être à l’échelle. Nous sommes donc en lancement de nos premiers pilotes. Nous sommes aujourd’hui très focalisés sur le domaine agro-alimentaire. C’est une industrie qui a bien réagi à notre proposition et où l’articulation est assez naturelle entre les problèmes liés au commerce illicite et l’importance de rassurer le consommateur sur l’origine et la fiabilité du produit. la question est de bien comprendre le degré de confiance que l’on peut donner à une information d’un tiers et surtout de comprendre la nature de cette « confiance ». A partir de là, il y a deux façons de voir les choses : • Soit chercher à contraindre la chaîne pour que tout se passe comme prévu en théorie : en gros on veut que toute information soit « vraie ». Mais étant donné que la question se pose sur chaque flux de marchandise, il faudrait contrôler chaque flux de produits ce qui est en pratique irréaliste. • Soit capter et consolider l’information au fur et à mesure dans un but d’analyse et de détection des dysfonctionnements. C’est la logique du contrôle continu, de la boucle de rétroaction et en quelque sorte du « Lean », appliquée à l’échelle de la supply chain. Mais pour pouvoir analyser l’information et en tirer des conclusions fiables, il est nécessaire qu’elle ne change pas : peu importe que l’information soit « vraie », on veut qu’elle soit « figée » et « incontestable » : la véracité sera la conséquence du contrôle et de l’amélioration continue. Ceci a en outre pour effet de créer une piste d’audit a posteriori et responsabilisant. Techniquement, pour faire cela dans des environnements hétérogènes et décentralisés par nature, « blockchain » est à l’évidence la bonne direction. A partir de là on n’a pas dit grand- chose, et commence la question de la mise en œuvre… 9 Matthieu Hug Tilkal : blockchain et supply chain digitale Matthieu Hug, co-fondateur de Tilkal | Propos recueillis par Ange Miezan, Mars 2018 Concrètement aujourd’hui si vous achetez un surgelé dans un magasin alimentaire, personne ne peut vous dire avec exactitude et sans recherches longues quelle a été sa température de conservation entre la sortie de l’usine et son arrivée dans le bac à surgelés : personne ne le sait. L’information existe probablement mais elle est disséminée chez tous les acteurs. Il y a donc un problème de fluidité et de transfert de l’information, en particulier entre des acteurs qui dans la plupart des supply chain industrielles ne se connaissent pratiquement pas du fait de la sous-traitance et du nombre d’intervenants. Tilkal aujourd’hui ? Cross-secteurs Certains acteurs ont à leur échelle des systèmes de traçabilité mais en revanche, il y a peu voire pas d’échange d’informations entre les acteurs. Il peut y en avoir sur un petit bout de la chaîne mais jamais sur la totalité. Mais dans ce contexte, face aux enjeux de santé, d’éthique ou de conformité réglementaire sous-jacents à l’échange d’informations au sein d’une chaîne d’approvisionnement,
  • 10. 10 Matthieu Hug Tilkal : blockchain et supply chain digitale Matthieu Hug, co-fondateur de Tilkal | Propos recueillis par Ange Miezan, Mars 2018 Les suites du développement ? D’un point de vue technologique, nous pouvons traiter aujourd’hui 30 millions de transactions par jour. Cela permet de gérer des productions de 300 à 400 millions d’unités par an. Notre objectif est de pouvoir traiter des productions de quelques milliards d’unités par an, ce qui équivaut à entre 1 000 et 10 000 transactions par seconde : cela suppose évidemment « un peu » de R&D… L’autre objectif est d’établir un réseau sur des filières alimentaires de bout en bout, depuis la production jusqu’à la distribution. Quels enseignements de cette aventure entrepreneuriale ? J’adore cette sensation de sauter dans le vide : créer quelque chose à partir de rien et essayer d’apporter des solutions nouvelles, des points de vue nouveaux. Comme c’est ma deuxième expérience entrepreneuriale directe, plus les différentes sociétés dont je suis ou ai été au board, j’observe aussi les évolutions de l’écosystème en France et du rapport à entrepreneuriat en général. Créer une boite est mieux accepté, mieux valorisé, au point d’attirer de plus en plus de jeunes à la sortie de leurs études ; les retours d’expérience, les sources d’information sont aussi incroyablement développées ; après le corollaire c’est qu’il faut aussi faire un tri dans ce foisonnement entre les sources d’information et entre les acteurs. A mon sens un bon point de départ c’est de se méfier des recettes toutes faites et des raccourcis. Plus spécifiquement le sujet de la traçabilité des produits bout en bout est très complexe et c’est passionnant d’aller en parler aux industriels dans différents métiers, de comprendre comment ils envisagent la question, et comment cela change en fonction de la structure de leur industrie. Quelques conseils pour ceux qui voudraient se lancer ? Ecouter, rechercher des conseils, des aides et des retours d’expérience est indispensable. Pourtant je pense que par définition toutes les entrepreneuses et entrepreneurs qui réussissent font à un moment donné des choix en rupture avec les conseils qu’ils ont reçu : ils inventent quelque chose de nouveau, ils innovent. Donc je dirais : écouter beaucoup et avec humilité, s’assurer que l’on comprend bien les tenants et aboutissants de chaque conseil ou feedback, et ensuite ne pas hésiter à les transgresser intelligemment quand c’est pertinent. Et évidemment on ne sait qu’une transgression est pertinente qu’a posteriori : « vae victis », sinon ce n’est pas drôle… Sur un plan similaire, je ne serais pas capable de me lancer seul, malgré mon expérience, et sans doute d’autant plus avec mon expérience. D’abord il est important d’avoir des associés pour confronter les points de vue et gérer les très hauts et les très bas qui se succèdent rapidement : la vie d’entrepreneur est une montagne russe permanente. C’est bien d’avoir des « sparing partners » avec lesquels échanger, mais il faut aussi savoir s’entourer sur les sujets où il faut une expertise précise comme les questions juridiques, RH ou le financement corporate. Et puis ne pas se lancer seul c’est aussi être certain du soutien de sa famille, que l’entrepreneuriat soit un projet de vie partagé. Le dernier point dont j’ai compris l’importance plus récemment c’est d’avoir des activités pour s’oxygéner l’esprit et le corps. Il ne faut pas se laisser « bouffer » à 100% par l’activité sinon on perd pied, on perd en productivité et en clarté de réflexion. Créer une boite c’est comme ce jeu dans lequel est entraîné Nikopol dans la BD de Enki Bilal : un round de boxe, un round d’échec, et ça recommence. C’est génial, mais il vaut mieux être prêt à tenir la longueur. Cross-secteurs
  • 11. Robin Lietar Vegg’up : l’app des recettes végétariennes et vegan En 2017 la population mondiale compte 7,5 milliards d’individus, soit sept fois plus qu’en 1800. Et Demain ? Le nombre d’individus devrait continuer de croître, il pourrait atteindre les 11 milliards à la fin du 21ème siècle. Quelles conséquences ? Une augmentation significative des besoins alimentaires et de la production. In fine l’impact sera principalement environnemental, il se chiffrera par une augmentation des émissions de CO2 et de la consommation d’eau (NDLR : pour produire 1 kg de viande, il faut 1 kg de pétrole). Comment limiter ces impacts ? Vegg’up s’attache a répondre à cette question. Son Mantra ? Diffuser une prise de conscience, réduire la consommation des produits d’origines animales, en mangeant végétarien, local et de saison. Comment ? En accompagnant le consommateur avec une alimentation équilibrée, gustative qui continue à exalter les papilles jour après jour. Vegg’up répond à deux craintes liées à la nourriture végétarienne : • Les repas sont fades • Les consommateurs subissent des carences alimentaires A quelle problématique répond Vegg’up ? Qui êtes-vous ? Vegg’up ? C’est l’histoire d’une rencontre, celle de Salomé Tenenbaum et Robin Lietar, deux profils complémentaires. Salomé est diplômée d’HEC, elle est passée par la spécialité Digital / entrepreneur en partenariat avec l’école 42. Robin est un pur “tech”, diplômé des Mines de Paris avec une expérience en machine learning. Il a lui aussi suivi un cursus spécial destiné aux entrepreneurs. « J’ai toujours voulu entreprendre, je cherchais un projet avec du sens » (Robin Lietar). Vegg’up a rapidement pris sens dans l’esprit de Robin. La problématique abordée par l’application était sociétale et les enjeux mondiaux. Après quelques rencontres le binôme a décidé de s’associer pour créer Vegg’up. Aujourd’hui la confiance règne, c’est une notion essentielle dans les relations entre associés. Robin Lietar, co-fondateur et CTO de Vegg’up | Propos recueillis par Adrien Ragiot, Juillet 2018 11 Comment avez-vous lancé le projet ? Techniquement, nous avons mis en place une landing page basée sur WordPress et une newsletter. Cela permettait de rapidement matérialiser la naissance du projet et de débuter le rassemblement d’une communauté. Nous devions nous concentrer sur la qualification du besoin utilisateur. Pour cela aucune concession ! Nous avons réalisé une série d’entretiens qualitatifs. Une première partie a été réalisée par téléphone, une seconde via un questionnaire en ligne. Le besoin utilisateur a été qualifié auprès de plus de 800 personnes. Nous avons constaté que beaucoup de contenu était déjà produit sur la thématique du manger sain. Ce contenu était difficilement accessible : il était morcelé et noyé dans la masse d’informations disponible sur internet. Durant l’été 2017, nous avons mis en test un prototype de notre application auprès de 70 personnes. Les deux mois suivants ont été consacrés aux corrections des anomalies. Notre premier lancement a été réalisé fin 2017, notre application proposait aux utilisateurs des repas planifiés sur la semaine. Nous avons rapidement détecté une dérive de l’usage des utilisateurs. Une même personne réalisait plusieurs demandes pour in fine trouver de l’inspiration. Nous avons immédiatement réalisé une série d’entretiens pour qualifier ce comportement. Nous avons pris deux mois pour adapter l’application à cet usage de l’utilisateur. La v2 inspire depuis Janvier les utilisateurs sur l’app store. L’application s’est rapidement bien référencée au sein de l’app store. Cross-secteurs Le cliché du steak de tofu bouilli est terminé !
  • 12. 12 Ces développements nécessitent des fonds, nous recherchons actuellement un seed de 100k€. Les fonds serviront à financer : les nouvelles fonctionnalités de l’application et les premières actions de marketing. Techniquement l’entrepreneuriat est un challenge perpétuel entre vitesse et qualité. Négliger la qualité c’est accepter de perdre du flux demain, ce qui est impensable avec un projet à long terme. Il faut être “ hyper carré “. Les pivots font partis des Startups, il faut être capable de décider et agir rapidement. Cet acte doit être un tremplin vers la nouvelle direction. Lorsque nous avons décidé de redévelopper l’application pour améliorer l’inspiration des utilisateurs nous avions toute la communication prête pour le lancement sur l’app store. Il faut être prêt à pivoter. Quels enseignements ? Comment se passe la vie d’entrepreneur ? C’est excitant de se lever chaque jour pour « mon propre projet ». Nous avons la chance d’être incubé au sein de Makesense, c’est un véritable plus, leur aide est ciblée et vraiment opérationnelle. Pour notre projet c’est plus pertinent que Station F ou nous étions à nos débuts. Quelques conseils pour ceux qui voudraient se lancer ? C’est une phase indispensable qui doit amener de la complémentarité. Attention ça ressemble à un mariage ! Vous serez amenés à passer beaucoup de temps avec la personne, il faut prendre le temps de se connaître et d’essayer. Vegg’up aujourd’hui et demain ? • L’application : Disponible sur IOS et Android • Les utilisateurs : 20 000 utilisateurs actifs par mois • Le contenu : 4 Nutritionnistes et 25 blogueurs avec qui nous travaillons pour l’élaboration des recettes • L’équipe : 2 associés ; 2 stagiaires Dev et une stagiaire Community manager • Le marché : Un marché de 20 millions de personnes par mois en 2020, avec un panier hebdomadaire moyen de 40€ • L’ambition à 1 an : Toucher 1 millions de personnes • L’ambition à 3 ans : Chaque Français aura pu trouver une alternative gourmande à la viande Les suites du développement ? La grande nouveauté, c’est l’arrivée de la version Android depuis le 27 juin dernier ! Nous aurons sûrement un travail de correction des anomalies à prévoir dans les mois à venir. De nouvelles fonctionnalités vont apparaître, notamment avec la distribution. Le développement du contenu se réalise à un rythme constant, nous visons l’intégration d’un nouveau blog partenaire tous les mois. La sélection se fait sur le contenu (recettes & photographies). L’établissement d’un Business model stable et pérenne fait partie de nos priorités. Dans un premier temps notre Business model se basera sur un modèle Média avec la génération de revenus issus de la publicité. A terme nous souhaitons intégrer le cœur de la chaîne de valeur en automatisant l’achat des courses en fonctions des envies et des recettes désirées par l’utilisateur. Robin Lietar Vegg’up : l’app des recettes végétariennes et végan Robin Lietar, co-fondateur et CTO de Vegg’up | Propos recueillis par Adrien Ragiot, Juillet 2018 Cross-secteurs « Associez-vous ! »
  • 13. Elise Covilette Kokoroe : la formation digitale Kokoroe est né d’un double constat : • 50% des métiers d’aujourd’hui auront disparu en 2025 : il est devenu primordial pour chacun d’apprendre à réapprendre et de se former à de nouvelles compétences ; • L’obsolescence des savoirs s’accélère : Blockchain, intelligence artificielle, réalité virtuelle… les nouveaux concepts et innovations émergent au quotidien faisant du savoir une matière en perpétuel mouvement. Quel est le problème à résoudre qui a lancé Kokoroe ? Pour cette raison, Kokoroe s’est fixé une mission : permettre à chacun de se former aux compétences de demain grâce à sa plateforme d’apprentissage. Comment avez-vous lancé le projet ? En 2013, nous avons lancé une première version de Kokoroe : une plateforme de mise en relation entre formateurs et apprenants. Les cours se faisaient essentiellement en face à face. Nous avons très vite senti les limites de ce modèle. Cette première version nous a également permis de comprendre les véritables pain points à résoudre dans le parcours et l’accès à la formation : obsolescence des savoirs, manque de flexibilité dans les méthodes d’apprentissage, nécessité de se former sur les compétences de demain. Sans parler du coût de la formation, autre barrière bien réelle dans l’accès aux savoirs pour tous. Elise Covilette, co-fondatrice de Kokoroe | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Janvier 2018 13 La plateforme actuelle est le résultat de 2 ans de tests et d’apprentissage auprès de clients. Nous avons développé la conviction que le véritable enjeu réside dans la sélection et l’agrégation des meilleures ressources éducatives existantes et disponibles sur le web (et non leur création). Plus de 600 000 heures de vidéos sont uploadées chaque jour rien que sur Youtube… Et quand on se lance dans la recherche de la bonne formation, on peut passer parfois plus de temps à chercher un support éducatif pertinent qu’à se former. Kokoroe aujourd’hui ? Notre offre peut se résumer en un accès permanent à du contenu de grande qualité et de grande fraicheur en ligne. Chaque formation en ligne se décompose en série de vidéos éducatives, accessibles depuis n’importe quel navigateur, 24h/24 et 365j/365. Pour approfondir ses connaissances, l’élève accède grâce à l’abonnement Kokoroe à une diversité de ressources pédagogiques : podcasts, articles, PowerPoint… Il peut également consulter la fiche de synthèse et tester ses connaissances grâce au quiz. L’accès aux vidéos agrégées est gratuit. L’abonnement Kokoroe permet d’accéder aux ressources pédagogiques (podcasts, fiches de synthèse, PowerPoint, liens bibliographiques, articles de fond) et au test de connaissances. Deux formules d’abonnement existent (mensuel et annuel). EdTech
  • 14. Cela s’est avéré une double force : d’abord, des femmes, encore rares dans l’univers de la Tech, bénéficient d’une bonne couverture médiatique ; ensuite, une start-up traverse des hauts et des bas : une relation très forte et une véritable entente dans l’équipe fondatrice sont alors des vrais atouts. 14 Elise Covilette Kokoroe : la formation digitale Elise Covilette, co-fondatrice de Kokoroe | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Janvier 2018 Kokoroe a créé une intelligence artificielle (IA) qui sélectionne le meilleur des contenus éducatifs du web. Ainsi, les formations sont continuellement mises à jour. En complément, nous avons constitué un collège d’experts qui valide la pré-sélection faite par l’IA. Notre plateforme s’adresse au grand public et aux entreprises du CAC 40. Les suites du développement ? Quels enseignements pour Elise ? L’une des prochaines briques de notre développement est de proposer un apprentissage personnalisé, à l’image de Netflix, d’une certaine façon. Nous sommes trois cofondatrices, et je travaille avec ma jumelle et une amie ! Nous sommes trois « évadées » des circuits classiques : cabinets d’avocats et grandes entreprises… A mes yeux, le principal est d’abord d’oser : Quelques conseils pour ceux qui voudraient se lancer ? EdTech Les apprentissages sont tellement féconds. Quelle que soit la fin de l’aventure, on aura pour toujours une richesse inaltérable avec ce que l’on aura appris sur soi. Ensuite, on apprend dans l’action : il ne faut pas passer trop de temps sur les études de marché ou sur le développement technique du produit. Au contraire, il faut aller se frotter rapidement à la réalité des clients avec une première, une seconde offre ciblée. Il faut être en permanence au contact de ses clients et ne pas hésiter à se remettre en question. Enfin, toujours pour « sortir de son garage », c’est important de savoir intégrer des écosystèmes. Nous avons été résidents dans trois incubateurs depuis notre création. Nous y avons toujours fait des rencontres utiles et riches ! Il faut se faire confiance et accepter de partir dans une aventure.
  • 15. Paul Farnet The MOOC Agency : créateur de MOOC Le secteur de la formation est globalement face à un enjeu de transformation digitale. Que ce soit au niveau de la formation initiale, avec les institutions de l’enseignement supérieur, ou au niveau de la formation continue pour les professionnels. En 2015, nous accompagnions les universités et grandes écoles qui voulaient des MOOC pour innover dans leurs formats d’enseignement. Maintenant, ce sont d’abord les entreprises qui viennent nous voir. Dans tous les cas, il s’agit de répondre aux besoins actuels de s’adapter au monde digital. Quel est le problème à résoudre ? Quel est le positionnement de The MOOC Agency ? Nous existons depuis 5 ans maintenant. Nous avons une offre sur trois segments distincts : • Quand une entreprise lance un projet de transformation transverse, elle a besoin de former ses collaborateurs à grande échelle et rapidement. L’objectif est souvent de former en 3 à 4 sessions à un sujet transverse. Par exemple, la Française des Jeux sensibilise ainsi 1 200 collaborateurs à sa nouvelle politique RSE ou la SNCF renforce les capacités entrepreneuriales de ses équipes TER. A chaque fois, le format doit être dynamique. Nous atteignons des taux de complétion de 25 à 40% selon les sessions. Le parcours peut être répété 3 ou 4 fois dans l’entreprise, selon le plan de conduite du changement du projet. Paul Farnet, co-fondateur de The MOOC Agency | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Février 2018 15 • Quand une entreprise veut mettre à jour un sujet métier et réglementaire, elle a également besoin de déployer des solutions de formation rapidement. Nous les aidons à scénariser le parcours et à utiliser des techniques d’animation, voire utiliser la gamification (utilisation de techniques d’animation plus ludiques, ndlr) pour augmenter le taux de complétion. Avec un leader de l’assurance, nous avons par exemple utilisé des mises en situation vidéo (le scénario dépendait des réponses faites par l’apprenant) lors d’une session qui a atteint un taux de complétion de 80% ! Il faut que le parcours soit à la fois compatible avec la charge de travail des apprenants et qu’il en tire réellement quelque chose. • Enfin, les organismes de formation sont également demandeurs de nos savoir-faire : ils souhaitent proposer des MOOC pour faire connaitre leurs champs d’intervention et éventuellement des SPOC pour proposer des approfondissements qu’ils peuvent valoriser sur le marché. Les parcours en ligne ouvrent un nouveau public et un modèle économique pour les organismes de formation qui leur permet de proposer un produit plus économique (en termes de prix et aussi en termes de coûts de déplacement pour les apprenants). Par exemple, l’IFOCA (Institut national de formation & d’enseignement professionnel du caoutchouc) a mis en ligne sur FUN un MOOC de découverte de la filière du caoutchouc complété par plusieurs parcours en SPOC. The MOOC Agency accompagne les entreprises et organismes de formation dans la conception, réalisation et diffusion de leurs MOOC intra-organisation. Nous avons tous les outils en interne pour mettre en place rapidement des solutions de valeur. Nous pouvons ensuite accompagner le responsable de la formation ou du recrutement avec l’animation du MOOC et la visualisation des parcours des apprenants. EdTech
  • 16. Quelle est votre vision sur l’évolution des offres sur le marché de la formation continue ? En 2016, 15% des projets de formation en ligne (e-learning) étaient des MOOC. Un nouvel écosystème très vivant est en train de se mettre en place, avec des entreprises dotées de plusieurs offres, formats et positionnements. Il y a un enjeu de fond : rapprocher la formation du recrutement. Cela passe par une meilleure reconnaissance des parcours par les entreprises. Le cadre réglementaire pousse vers la certification et la reconnaissance administrative. Dans les faits, l’importance de la certification dépend complètement des secteurs. L’informatique par exemple propose énormément de ressources de formation d’excellente qualité sans aucun label. A l’inverse, on voit de nouveaux tiers de confiance émerger. Par exemple, la plateforme Coursera cherche à créer des parcours certifiants. Toutefois, y compris sur une même plateforme, les certifications proposées peuvent fortement varier en termes de difficultés. Les agrégateurs (comme par exemple MyMooc) peuvent aider le candidat à se repérer, car ils proposent aux apprenants de noter les MOOC qu’ils ont suivis. Cela permettra aussi de pouvoir s’appuyer sur l’intelligence des foules pour qualifier les offres du marché. Pour revenir à l’enjeu de proposer au marché des formations dans une logique de recrutement, certaines entreprises utilisent le MOOC clairement dans cette optique : la SNCF, par exemple, a ouvert un MOOC pour les conducteurs de train ! 16 Paul Farnet The MOOC Agency : créateur de MOOC Paul Farnet, co-fondateur de The MOOC Agency | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Février 2018 A titre plus personnel, quelle expérience de cette aventure entrepreneuriale ? Une entreprise dans le secteur de la formation digitale se construit nécessairement en Test & Learn. C’est un secteur dans lequel les retours d’expérience clients sont fondamentaux. C’est toute l’entreprise qui doit sans cesse s’adapter pour faire évoluer ses méthodes et ses bonnes pratiques pour répondre au mieux aux besoins des clients. A trois, dix ou vingt-cinq personnes, le fonctionnement d’une start-up évolue nécessairement. En 3 ans, nous avons embauché plus de 25 personnes et le besoin de structurer nos équipes a vite été identifié. Nous avons passé cette année le cap des 5 ans d’existence et l’aventure entrepreneuriale se pérennise peu à peu en une entreprise innovante et stabilisée. EdTech
  • 17. Antoine Amiel Learn Assembly : l’accompagnement MOOC Face à la transformation numérique, les entreprises veulent un accompagnement de leurs collaborateurs : elles ne peuvent laisser personne sur le bord de la route et ont besoin de solutions pouvant être rapidement mises en place. Il y a un besoin de formation de qualité, pouvant être déployées à grande échelle et rapidement au sein des organisations. L’enjeu est d’augmenter l’employabilité de tous et de contribuer à donner de nouvelles compétences, face à la transformation digitale Quel est le problème à résoudre ? Quelle est l’offre de Learn Assembly ? Notre offre est la suivante : • une offre de repositionnement des équipes formation /universités d’entreprise pour les faire remonter dans la chaine de valeur de l’entreprise. Cela passe par un travail de conseil et d’accompagnement pour accélérer le time-to-market de la formation et développer une posture de consultant interne, capable d’accompagner les clients internes ; • une offre de formation des responsables de formation et des formateurs. Ces formations ont déjà été suivies par les équipes formation de grandes entreprises, comme la Maif, Safran, Galeries Lafayette, ou encore Engie. Nous proposons également une version certifiante de ce dispositif et une version anglophone. La formation est disponible sur le site : digitallearningmanager.com • une offre de design de dispositifs pédagogiques (souvent liés au digital mais pas forcément), Antoine Amiel, fondateur de Learn Assembly | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Février 2018 17 • une offre de Moocs d’entreprise. Quel que soit le parcours, les apprenants qui réussissent le parcours obtiennent la certification Learn Assembly. # Concernant l’accompagnement des entreprises Nos clients sont d’abord les dirigeants confrontés à la transformation numérique et son défi en termes humains et en termes de compétences. A partir de notre bibliothèque de contenu déjà conçue avec des experts reconnus par le marché, nous pouvons accompagner les entreprises dans des parcours de qualité que nous assemblons rapidement. Concernant notre catalogue : il y a 200 vidéos et aussi 200 activités pédagogiques. On oublie souvent qu’un MOOC/SPOC, ce n’est pas seulement de la vidéo, c’est aussi du travail individuel et collectif. Dans le cas où l’entreprise souhaite une personnalisation plus poussée, nous pouvons inclure des vidéos de ses experts dans nos parcours. Une fois le parcours en place dans l’entreprise, Learn Assembly atteint des taux de complétion relativement élevés (30 à 40% selon les contextes), grâce à deux facteurs : • L’accompagnement des managers de l’entreprise, • Le Community management pour dynamiser les échanges et les parcours. #Concernant nos MOOC Nous créons des MOOC sur des sujets qui nous paraissent clés dans la lecture du monde. Après une belle histoire sur les nouveaux modèles de management (MOOC fait avec Poult en 2016), nous lançons un MOOC sur le RGDP. Concernant les prix de nos Moocs, ils sont en général vendus 99€HT pour les individus dans une logique d’auto- formation et 250€HT pour les entreprises. Nous les vendons en format SPOC et en blended learning avec un travail de contextualisation. Nos MOOC, bien que « grand public », ont également un fort taux de complétion (c’est-à-dire part des personnes qui vont jusqu’au bout sur le nombre total des inscrits, ndlr). Nous avons décidé de les rendre payants dès l’inscription, pour être sûr que les apprenants s’inscrivent dans un vrai projet personnel. EdTech
  • 18. 18 Antoine Amiel Learn Assembly : l’accompagnement MOOC Antoine Amiel, fondateur de Learn Assembly | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Février 2018 Quelle est votre vision sur l’évolution des offres sur le marché de la formation professionnelle continue ? Le marché de la formation se transforme lui-aussi. Historiquement, la formation correspondait à des sessions présentielles (les apprenants dans une salle avec un formateur). Les formats en ligne (e-learning, puis SPOC voire MOOC) n’excluent pas du tout le format d’apprentissage en groupe dans une salle. Chaque format propose quelque chose de différent. Nous avons mis en place des partenariats avec des experts formateurs (réseau de 200 experts) pour compléter nos formats en ligne. Nous cherchons vraiment à développer la meilleure solution pour chaque contexte. Et cela peut passer par des formats hybrides, avec des éléments de parcours en ligne et d’autres en présentiel. Notre valeur ajoutée est aussi dans notre capacité à adapter et personnaliser les parcours selon les enjeux de transformation. Quelles sont les évolutions de votre offre ? Pour continuer à développer notre offre, nous avons récemment établi un partenariat avec Audencia, figure académique avec un savoir-faire très pointu dans la pédagogie. Nous avons pu rapidement mettre en place des modules pour l’Executive MBA et nous sommes en train de concevoir ensemble de nouveaux modules. Par ailleurs, en tant que pionnier sur le digital learning, le marché reconnait notre expertise. Nous souhaitons en plus adosser cela à une reconnaissance plus « académique » en faisant reconnaitre notre parcours Digital Learning Manager, via une certification de type RNCP. Nous avons renforcé l’accompagnement de la transformation des métiers de la formation et créé un site dédié à cette communauté : www.digitallearningmanager.com Sur ce site, nous avons également mis en place un job board pour valoriser ce nouveau métier, sur lequel nous avons un acquis précieux maintenant. Antoine, un entrepreneur toujours heureux ? Je suis tombé dedans assez rapidement. (cf. article précédent). D’abord, nous avons déjà accompagné 150 000 personnes depuis notre création. C’est une fierté d’équipe. Ensuite, nous venons de gagner pour la deuxième année consécutive le prix The Mooc Of The Year ! Nous continuons notre développement et c’est à la fois une satisfaction et un moteur : nous faisons déjà 20% de notre CA à l’international, avec l’Afrique et les Etats-Unis. Nous allons donc ouvrir un bureau à New-York car nous sommes sollicités par des clients pour les accompagner. Nous sentons également notre valeur ajoutée auprès du monde de l’enseignement supérieur qui peut ainsi entrer dans de nouveaux marchés avec nous. Nos progrès confirment qu’un positionnement exigeant, Premium, avec des parcours personnalisés et la formation au service de la transformation, trouve un écho sur le marché. EdTech Tout cela fait très plaisir !
  • 19. Jean-Paul Debeuret LaFormationPourTous : le mobile learning pour tous Jean-Paul Debeuret, fondateur de LaFormationPourTous | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Février 2018 19 Il y a actuellement un besoin colossal de formation professionnelle. Par ailleurs, (presque) tout le monde est maintenant équipé d’un mobile. Pourquoi ne pas utiliser les situations d’attente (ex : je suis dans la salle d’attente du médecin, j’attends des amis dans un café…) pour apprendre des choses grâce à son mobile. Au niveau individuel, on veut des contenus voire des réponses immédiatement. De plus, avec l’arrivée du digital, les grandes entreprises ont mis en place des outils (ex : plateformes…) et cherchent du contenu pour répondre aux besoins de leurs salariés. Les plus petites entreprises ne sont pas équipées et veulent des solutions clés-en-mains. Les plateformes (avec du contenu) leur permettent de mettre en place rapidement des supports. Quel est le problème à résoudre ? Quelle est l’offre de LaFormationPourTous ? A l’origine, LaFormationPourTous s’appelait la TV des entrepreneurs : cela visait à accompagner les entrepreneurs dans le développement de leur projet par de courtes vidéos. LaFormationPourTous a élargi le spectre des sujets traités, en restant sur ce double état d’esprit : d’abord des vidéos de formation par des experts praticiens et ensuite des solutions concrètes. Aujourd’hui, nous avons plus de 1 200 vidéos, réparties en une trentaine de parcours. Quelle est l’offre maintenant ? Quelle est votre vision sur la multiplication des offres et leur lisibilité sur le marché ? Nous avons trois types de clients : • Le « grand public », c’est-à-dire des professionnels qui s’abonnent directement et ont accès à tout le catalogue via notre site internet ; • Les entreprises qui choisissent certaines briques de notre contenu pour l’intégrer dans leurs propres sites de formation interne ; si elles souhaitent aller vers du blended learning (formation mixte entre des supports en ligne et des sessions en présentiel avec les apprenants) pour leurs salariés, ce sont les entreprises qui font l’assemblage et construisent le parcours. • Les organismes publics qui sont sur la même approche que les entreprises, avec des choix de contenu adapté. Par exemple, l’Education Nationale vient de nous choisir sur nos contenus sur le « Bien-être au travail ». Dès l’origine, nous avons voulu proposer des contenus simples, accessibles et opérationnels. D’abord pour des entrepreneurs qui veulent construire un projet, puis pour tout le monde, avec le même esprit. Une partie du marché se reconnait dans cette approche. En fin de parcours, l’apprenant a une certification de LaFormationPourTous. EdTech
  • 20. Quelles sont les évolutions de votre offre ? Nous lançons une offre de Mobile Learning (formation en mobilité). Elle se compose d’une vingtaine de parcours, dont chacun contient entre 15 et 20 vidéos. Nous avons adapté nos vidéos au format mobile : elles sont plus courtes et précédées d’un questionnaire sur le projet de l’apprenant, pour accompagner l’apprenant dans la maturation de son projet. C’est un pari que nous faisons : ce questionnaire est vraiment centré sur le projet personnel de l’apprenant et vise à l’aider dans son développement. En plus de ce nouveau format en mobilité, nous lançons une nouvelle offre de contenu langue, avec des vidéos sur le langage des affaires. Votre parcours se distingue des startupers… Effectivement, j’ai démarré cela en 96… alors que j’étais membre d’un cabinet d’experts-comptables de taille intermédiaire (environ 400 personnes) : j’ai d’abord écrit un guide sur la création d’entreprise. La Direction du travail de l’époque nous demande de déployer des formations. Et elle nous envoie 3000 créateurs d’entreprises à former. Je m’intéresse alors à la vidéo, pour pouvoir démultiplier ces sessions. Puis, je réutilise ces formats vidéo pour former les clients du cabinet au passage à l’an 2000, au passage à l’euro… J’y ai pris goût en ayant trouvé un marché par rapport à un projet qui était personnel, et j’ai décidé de sauter le pas en quittant le cabinet qui était alors passé à 700 personnes. 20 Jean-Paul Debeuret LaFormationPourTous : le mobile learning pour tous Jean-Paul Debeuret, fondateur de LaFormationPourTous | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Février 2018 EdTech Il n’y a pas d’âge pour développer une entreprise tant que l’on aime et que l’on croit à ce que l’on fait !
  • 21. Charlotte Lajoux MerciDocteur : la startup qui lutte contre les déserts médicaux Charlotte Lajoux, co-fondatrice de MerciDocteur | Propos recueillis par Flavie Joos, Février 2018 21 Le concept de MerciDocteur est de proposer un service de conciergerie de cabinet médical secondaire ; autrement dit, nous mettons à disposition des populations résidant dans des déserts médicaux des médecins des villes avoisinantes. Il y a d’une part des médecins volontaires pour exercer de façon temporaire dans ces déserts médicaux mais qui ne veulent pas s’occuper des tâches administratives, de la logistique, de la gestion des consommables… et d’autre part les mairies de ces déserts médicaux qui ont besoin de médecins mais n’offrent pas la population suffisante pour un médecin à temps-plein (l’enjeu est de taille quand on sait que 70% des collectivités territoriales comportent 500 à 2 000 habitants !). Nous faisons donc le lien entre ces deux parties afin de donner accès au soin à tous sur tout le territoire français. Concrètement, nous mettons à disposition des patients une plateforme pour prendre des rendez-vous en ligne en fonction des jours de disponibilité proposés par les médecins et un module à destination des collectivités pour qu’elles mettent à jour leur besoin en médecins. Les médecins donnent une visibilité de planning sur trois mois afin d’avoir le temps de communiquer aux patients via les acteurs locaux : les pharmacies, les affichages en mairies… A quel enjeu répondez-vous avec MerciDocteur Il existe beaucoup de définitions proposées par les institutions comme l’ordre des médecins ou le gouvernement, basées sur des ratios de nombres de médecins par habitants… mais cela ne nous semble pas satisfaisant ! Nous croisons plusieurs facteurs tels que le nombre de médecins par habitant mais aussi un facteur de distance géographique (ex. présence d’un centre de santé à quelques kilomètres d’une commune où il n’y a pas de médecin) et la notion de besoin (ex. population mobile ou non, entraide sociale forte, précarité, lien social rompu…). Pour évaluer ce 3ème paramètre nous nous appuyons sur les partenaires et institutions ayant une bonne connaissance du territoire comme les agences régionales de santé, les syndicats de médecins… Mais, un désert médical qu’est-ce que c’est ? Ainsi, un désert médical est selon nous une zone où l’un des facteurs suivants est présent (sans exhaustivité de la liste) : • Il n’y a pas de docteurs dans un périmètre de 20-30 minutes en voiture, • Les médecins présents ne prennent plus de nouveaux patients, • L’accessibilité au soin est difficile (ex. raz campagne, montagne), • Il y a une forte population âgée en situation particulière de soin. Quelle est l’origine de votre projet MerciDocteur ? Nous sommes trois co-fondateurs. Nous avons été consultants pendant 10 ans dans un cabinet de conseil où nous étions spécialisés dans l’accompagnement des projets de transformation des organismes de santé. Nos missions s’articulaient autour de trois axes principaux : • La performance hospitalière, avec de grands projets de transformation, digitale ou non. • L’accompagnement des organismes de services médicaux (comme les Agences Régionales de Santé, les laboratoires). • La stratégie du secteur de la santé (principalement auprès des institutions, comme l’accompagnement sur les projets de télémédecine avec le ministère de la santé). Nous étions alors tous les jours confrontés aux situations d’urgence pour des pathologies qui auraient pu être prises en charge bien en amont s’il les patients avaient eu un accès au soin à proximité de leurs lieux de vie. On a donc décidé de créer MerciDocteur pour pallier ce problème. Cela fait un an que nous travaillons sur le projet et la société a été officiellement créée il y a 6 mois. MedTech
  • 22. 22 Charlotte Lajoux MerciDocteur : la startup qui lutte contre les déserts médicaux Charlotte Lajoux, co-fondatrice de MerciDocteur | Propos recueillis par Flavie Joos, Février 2018 Notre deuxième axe de développement est l’ouverture aux autres spécialités ; en effet, on a limité notre périmètre d’actions aux médecins généralistes dans un premier temps car il s’agit des demandes urgentes. Dès lors qu’on aura mis en place un maillage sur l’ensemble de la France, nous envisagerons d’intégrer des spécialistes à notre système. Nous chouchoutons nos médecins volontaires car c’est une population rare et ils sont au cœur de notre dispositif ; nous les indemnisons sur le temps passé sur la route et le manque à gagner, et ils ne payent rien pour utiliser notre service. Ensuite, le 2nd acteur ce sont les mairies qui contribuent à la hauteur de leurs capacités ; nous considérons qu’il est primordial qu’elles soient impliquées dans le système car la santé est un sujet majeur. Enfin, il y a aussi beaucoup de co-financement par les institutions au niveau des régions ou départements, les hôpitaux, les ARS… Nous nous appuyons aussi sur un réseau de partenaires pour la fourniture du matériel médical et la mise aux normes d’hygiène et de déontologie des salles qu’on met à disposition. Quel est le Business Model de MerciDocteur ? Quel bilan faites-vous à cette date ? La première phase a consisté à embarquer notre premier cercle de réseau dans le projet ; nous avons désormais un partenaire en Bretagne. Sur les derniers mois nous avons participé à plusieurs concours afin de gagner en visibilité (ex. Trophée des services innovants 2017). Et surtout, depuis juin 2017, nous sommes intégrés à l’incubateur Paris Biotech Santé ce qui nous permet d’accélérer le développement de notre projet, d’être coaché, d’avoir accès à un réseau… L’équipe se construit aussi, nous travaillons avec des médecins partenaires pour nous aider à organiser les futurs cabinets médicaux, et un développeur en free-lance pour développer la plateforme. Dès les premiers contrats signés, nous pourrons embaucher des coordinateurs sur le territoire afin d’assurer la gestion des consommables, la logistique, l’organisation des tournées… bref, la gestion du dispositif au jour le jour ! Quels sont les prochaines étapes pour MerciDocteur ? Notre première priorité est le pilote que nous allons déployer en janvier 2018. Ensuite, à plus ou moins court-terme nous souhaitons développer notre service à la Bretagne où nous évaluons un fort besoin ; puis un déploiement généralisé sur toute la France. Il y a de la demande partout en France contrairement à ce qu’on peut penser a priori, car avec notre définition de déserts médicaux on voit par exemple émerger des besoins en Ile de France où il y a de moins en moins de médecins acceptant de nouveaux patients. MedTech C’est là que la télémédecine aura tout son sens : les infirmiers ou orthoptistes par exemple pourront faire le relais avec un spécialiste faisant le diagnostic à distance et ne se déplaçant que pour les actes nécessitant une présence physique.
  • 23. Comment voyez-vous l’évolution du secteur de la santé avec l’arrivée des nouvelles technologies, du numérique ? Mon opinion personnelle est qu’on assiste actuellement à un dynamisme inouï des acteurs de la santé et ceci à la granularité la plus fine : les acteurs territoriaux, les startups qui se saisissent du sujet, les médecins, les entreprises… même si au niveau institutionnel, l’évolution reste lente. Par exemple, la télémédecine n’est pas encore reconnue ni remboursée par la sécurité sociale ce qui ralentit son développement. On espère du mouvement ! Par rapport à nos voisins européens, j’ai l’impression que nous sommes en retard ; par exemple, en Angleterre il existe déjà un système similaire à ce que propose MerciDocteur. De plus, j’envisage une autre difficulté au développement de l’e-santé : depuis 6 mois nous faisons face à un gros problème de réseau dans les déserts médicaux où nous déployons notre solution ; cela va devenir vraiment contraignant, nous ne pourrons pas faire de projets de télémédecine sans un réseau efficace ! C’est donc un élément indispensable à prendre en compte pour relever les nouveaux défis qui s’offrent à nous. 23 Charlotte Lajoux MerciDocteur : la startup qui lutte contre les déserts médicaux Charlotte Lajoux, co-fondatrice de MerciDocteur | Propos recueillis par Flavie Joos, Février 2018 De notre expérience, les médecins sont plutôt ouverts. Quant aux patients, cela peut s’avérer plus compliqué et il faut faire preuve de pédagogie, de beaucoup de communication. De manière générale, que ce soit pour les patients ou les médecins, il faut les accompagner dans ce changement en leur montrant que cela fonctionne et que cela leur facilite la vie. Il n’y a pas selon moi de logique dans l’adhésion aux nouvelles technologies ; par exemple, la distinction entre les populations jeunes et âgées n’a pas nécessairement de lien avec l’adhésion à la santé connectée. Il s’agit plutôt de profils digitaux qui vont avoir de l’appétence ou non pour le digital. Comment les patients et médecins vivent-ils l’intrusion du numérique dans un contexte médical souvent perçu comme intime, historiquement encore loin de ces considérations digitales ? MedTech
  • 24. Yann Gaston-Mathé Iktos : recherche pharmaceutique et IA Yann Gaston-Mathé, co-fondateur de Iktos | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Décembre 2018 24 Comment avez-vous lancé le projet ? Cela conduit à des projets qui durent plusieurs années, qui sont très coûteux, et sans jamais de certitude d’arriver à identifier une molécule optimale. In fine, de nombreux projets finissent par être arrêtés, après plusieurs années d’efforts et des millions d’euros dépensés en vain. Notre objectif est donc, grâce à l’intelligence artificielle, d’améliorer de manière drastique l’efficacité de ce processus de recherche pharmaceutique dont la productivité est aujourd’hui très faible, et d’aider nos clients, les laboratoires pharmaceutiques, à améliorer les taux de succès et à réduire les coûts et les délais de la recherche, ce qui in fine favorisera l’arrivée sur le marché davantage de nouveaux médicaments, de meilleure qualité et moins chers. Cela a démarré par une rencontre avec les deux futurs co- fondateurs d’Iktos : Quentin, qui est chimiste médicinal, et Nicolas qui est spécialiste en intelligence artificielle. Ils avaient imaginé et développé une nouvelle technologie d’Intelligence Artificielle (IA) qui était capable de concevoir de nouvelles molécules chimiques, dans le but d’identifier des molécules avec un profil optimal et le maximum de chances de répondre au cahier des charges d’un projet de recherche. Leur idée a été d’utiliser des algorithmes dits « modèles génératifs » : ce sont des algorithmes dont on se sert à l’origine dans le domaine du Natural Language Processing (NPL), soit le traitement automatique du langage naturel. Nous les trouvons par exemple sur Google translate ou encore les Chatbot. Ces algorithmes sont capables, une fois qu’ils ont appris une langue, de générer du nouveau contenu. Le principe a donc consisté à apprendre à l’algorithme le « langage » de la chimie, en le nourrissant avec une base de données de plusieurs dizaines de millions de molécules, pour qu’il apprenne à générer des molécules. Puis, le modèle génératif est connecté avec des algorithmes construits avec du Machine Learning classiques, et qui sont capables de prédire (plus ou moins bien selon les cas) l’activité biologique d’une molécule. Ainsi, on est capable de générer des molécules, non pas au hasard, mais sous contrainte de répondre à un cahier des charges complexe, multi-objectifs. Le problème auquel nous voulons répondre est celui de la recherche des nouveaux médicaments dans le domaine des « petites molécules », c’est-à-dire des molécules accessibles par synthèse chimique (contrairement aux médicaments biologiques, ex : anticorps…). En effet, le cahier des charges d’un projet de découverte d’un nouveau médicament s’apparente à la recherche d’un mouton à 5 pattes : le candidat médicament idéal doit être une molécule nouvelle et brevetable, et qui en plus possède un grand nombre de caractéristiques désirables pour en faire un nouveau médicament. Cette molécule doit : • Avoir une activité biologique sur la « cible », afin d’avoir un effet sur la maladie traitée, • Être sélective, c’est-à-dire ne pas interférer avec autres protéines de l’organisme, au risque de provoquer des effets indésirables, • Ne pas présenter de toxicité lors des tests in vitro, • Avoir de bonnes caractéristiques en ce qui concerne son absorption, son métabolisme, sa distribution et son élimination (ADME) dans l’organisme. L’optimisation des molécules chimiques peut ainsi se comparer à la résolution d’un Rubik’s cube à 10 faces, avec des objectifs qui apparaissent comme contradictoires entre eux : lorsqu’on résout un problème de stabilité métabolique, on perd l’activité. Lorsqu’on veut améliorer la stabilité, on est confronté à un problème d’efflux… Trouver la solution du problème est un véritable casse-tête, et chaque essai nécessite la synthèse et le test d’une molécule nouvelle, soit plusieurs semaines de travail et quelques milliers d’euros. Quel est le problème à résoudre qui a lancé Iktos ? MedTech
  • 25. 25 Comme tous les projets dans l’industrie pharmaceutique, surtout avec de la technologie, Iktos a besoin de fonds, et c’est un souci constant. Toutefois, un peu plus d’un an après le début de nos opérations, nous sommes aujourd’hui proches du seuil de rentabilité. Le point clé est de continuer à investir en R&D pour faire progresser notre technologie et développer notre plate- forme SaaS, Makya, que nous voulons mettre à disposition de nos clients dès 2019. L’environnement est très compétitif avec des start-up US bien mieux financées que nous, et il est donc critique pour nous d’améliorer notre offre en permanence et de publier des résultats convaincants, ce qui coûte très cher. Les concours d’aide à l’innovation que nous avons gagné nous ont beaucoup aidé, ils nous ont permis d’amorcer la pompe… Notre cas d’intervention classique est un projet de recherche qui a déjà plusieurs années de travail, et pour lequel aucune molécule conforme au cahier des charges n’a pu être identifiée. Pour le moment, nous intervenons dans le cadre de missions de service, avec un honoraire fixe modéré, et un honoraire variable, conditionné au succès effectif des molécules que nous aurons proposées. Les chercheurs nous transfèrent les data qu’ils ont générées dans le cadre du projet. A partir de ces données, nous construisons des modèles de prédiction pour chaque objectif. Puis nous générons des molécules virtuelles qui répondent au cahier des charges selon les modèles prédictifs. Le client choisit ensuite les molécules parmi celles proposées, les synthétise et les teste sur les différents objectifs, puis évalue les résultats obtenus par rapport au cahier des charges. Si une des molécules proposées par nous est conforme à tous les objectifs, c’est gagné ! En règle générale, les résultats obtenus avec nos clients demeurent confidentiels, pour des raisons évidentes liées à la propriété industrielle. Cependant, nous avons toutefois pu présenter récemment les résultats de notre 1ère étude de cas (septembre 2018) réalisée avec Servier au congrès de la Fédération Européenne de Chimie Médicinale (EFMC). Comment ça marche, en pratique ? Yann Gaston-Mathé Iktos : recherche pharmaceutique et IA Yann Gaston-Mathé, co-fondateur de Iktos | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Décembre 2018 Le concept m’a tout de suite enthousiasmé, et j’ai décidé de les aider à développer leur idée. Avec mon expérience de management en R&D pharma et mon réseau dans l’industrie pharmaceutique, je pensais pouvoir leur apporter la dimension business et la séniorité nécessaires pour réussir le projet. C’est ainsi qu’en septembre 2016, nous avons créé tous les trois la société Iktos. Iktos aujourd’hui ? Depuis sa création en septembre 2016, plusieurs étapes clé ont été franchies : la première levée de fonds en juin 2017, le premier salarié en septembre 2017, les premiers clients (aujourd’hui, 5 sociétés pharmaceutiques ont signé avec nous), la première preuve de concept réussie, publiée en septembre dernier… Aujourd’hui, nous sommes une équipe de 15 personnes, nous avons un très joli « pipe » commercial, et nous venons de signer un deal stratégique sur 2 ans avec une des plus grosses sociétés pharmaceutiques mondiales. Notre marché, celui de l’IA appliqué à la découverte de nouveaux médicaments, est un marché mondial. Aujourd’hui, l’une de nos fiertés est que nous avons acquis une forte crédibilité, et que nous sommes identifiés dans le Top 3 des sociétés pionnières sur notre domaine, celui de l’IA appliqué au drug design. Cela commence donc à ressembler à une success story, même si le chemin est encore long, et les risques importants. MedTech
  • 26. 26 Yann Gaston-Mathé Iktos : recherche pharmaceutique et IA Yann Gaston-Mathé, co-fondateur de Iktos | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Décembre 2018 Les suites du développement ? Nous entamons une nouvelle levée de fond : nous avons besoin de continuer à investir car nous sommes convaincus qu’il y a encore plus de valeur à créer. Un de nos axes prioritaires est le développement de notre produit Makya, une application en mode Saas qui industrialise nos savoir-faire et nos technos, pour les rendre directement accessibles aux chimistes dans les laboratoires. Notre objectif est de commercialiser Makya en 2019 auprès des clients les plus avancés. Nous poursuivons également encore et toujours la recherche sur notre Intelligence Artificielle, pour la rendre utile et applicable à d’autres cas d’usages. Par exemple, nous aimerions pouvoir utiliser l’IA aussi en début de projet de recherche (et pas seulement à la fin), avec peu de données disponibles. J’ai aujourd’hui une chance extraordinaire de pouvoir faire à la fois de la science et de l’entrepreneuriat. Cela permet à la fois d’être créatif et scientifique (ma passion), mais aussi concret et pragmatique, et d’avoir un réel impact sur la réalité… Evidemment, la vie du cocréateur d’entreprise n’est pas facile tous les jours : nous passons par des moments de stress aussi, avec l’angoisse que les choses n’aillent pas plus vite, et l’œil fixé sur le solde du compte en banque, qui a une tendance inexorable à se vider au fur et à mesure qu’on le remplit ! C’est dans les moments difficiles que l’on se cale et se complète le plus avec mes associés. On mesure à chaque fois les progrès et la force de nos complémentarités. Lancez-vous ! Quelques conseils pour ceux qui voudraient se lancer ? Quels enseignements pour Yann ? MedTech
  • 27. Antoine Jenoudet Promis : la plateforme qui réconcilie les entrepreneurs avec le monde de l’assurance L’idée de Promis est venue au détour d’une conversation avec ma femme, elle-même avocate à Paris. Je me suis rendu compte qu’elle avait un rapport très difficile aux assurances, alors que c’était un sujet super important, qui embarquait sa santé, celle de nos enfants, et la sécurité de ses revenus présents et à venir. Il s’en est suivi une batterie de rencontres avec différents entrepreneurs qui m’ont tous rapporté le même problème : « On n’y comprend rien ! ». Tout est très jargonneux et opaque. Son cas était donc très loin d‘être isolé…On peut même aller jusqu’à dire que tous les « entrepreneurs » – libéraux, patrons de PME, autoentrepreneurs, commerçants – ont une relation difficile avec leurs assurances : ils ne se sentent pas ou très peu accompagnés, ils comprennent peu ce qu’ils ont et surtout ce dont ils ont besoin ! Quel est la genèse et le problème à résoudre qui intéresse Promis ? Résultat sans appel : 50% des entrepreneurs au sens large sont mal assurés. En disant cela, nous mettons le doigt sur un enjeu de société : il n’est pas normal que plusieurs millions de personnes soient mal assurées en France. C’est encore plus vrai pour les entrepreneurs, pour ceux qui risquent, qui osent…et qui n’ont pas à mettre en danger familles, enfants, patrimoine, etc… J’ai donc pris la décision de voir si on pouvait faire évoluer les choses… Et avant cela, d’où veniez-vous ? J’ai toujours travaillé dans des secteurs en mutation : d’abord dans les paiements au moment de l’ouverture à la concurrence avec la création des établissements de paiement, puis dans les services à domicile chez Edenred où j’ai créé le ticket CESU. Ensuite, j’ai passé 5 ans chez G7 en tant que directeur du développement et de l’innovation à la période où des acteurs tels que Uber se multipliaient. J’ai donc été de « l’autre côté de la barrière » lorsque des start-up innovantes venaient disrupter un modèle établi. J’en ai tiré des convictions sur la manière dont ces structures doivent évoluer afin de faire face à la compétition. Antoine Jenoudet, co-fondateur de Promis | Propos recueillis par Arthur Uriot, Juillet 2018 27 Quelle est la proposition de valeur plus en détails ? Après G7, j’ai découvert le monde de l’assurance, en étant COO d’Europe-Assistance, filiale de Generali. J’ai trouvé le monde de l’assurance passionnant, un peu contre toutes attentes… Il y a tellement de choses à faire, tellement de belles boites, de beaux produits, et une promesse de base qui est quand même formidable : si tu as un problème, on est là ! J’ai vraiment la conviction que si tu es entrepreneur, comprendre tes assurances et faire des choix éclairés, ça t’aide à entreprendre en te protégeant contre les aléas de la vie. Le tout est de choisir les produits qui te conviennent au mieux, et pour cela il faut être bien accompagné ! A partir de là, il y a 2 stratégies : (1) créer de nouveaux produits pour les professionnels, afin de mieux répondre à leurs besoins; (2) aider les entrepreneurs à choisir parmi les milliers de produits qui existent déjà ! En gros…si on fait une analogie avec l’hôtellerie…on créé un nouvel Accor, ou on lance Booking ? Les deux ont de la valeur ! Mais nous, Promis, on se met sur le second créneau, parce qu’on croit qu’il y a déjà de très bons produits, le tout est de les comprendre et de savoir les choisir. Promis est une plateforme en ligne (sans publicité ni spam) qui offre un service personnalisé et intelligible aux entrepreneurs. On a 3 points clés : 1 – On centralise toutes les assurances de l’entrepreneur ; fini le temps où on devait passer par 3 courtiers de niche, spécialiste d’un petit bout du sujet On couvre donc tous les risques : • Personnel et pour la famille : Santé et prévoyance • Pour le Business : RC Pro, Multirisque Bureaux, Cyber risques, RC du dirigeant(e), Homme/femme clé, Protection juridique, Emprunteur, Déplacement pro et Auto 2 – On est une boite tech Concrètement, on crée des parcours digitaux end-to-end, qui commencent par un Chatbot propriétaire, ce qui permet d’établir un profil précis du client. FinTech
  • 28. Avec ce profil, on a créé des batteries d’algorithmes qui permettent de générer du conseil, et de scorer les contrats du marché. Evidemment, pour un entrepreneur, le prix n’est pas le critère unique, on va donc un cran plus loin que les comparateurs classiques BtoC. Pour la gestion des clients, le middle et le back office, on s’est appuyé sur la techno Salesforce, franchement top pour automatiser les milliers de petits workflows du métier de broker. 3 – On est aussi une boite humaine Tous les projets pur digital, qui ont retiré le contact humain en front se sont plantés. Pourquoi ? Parce qu’on est sur un sujet compliqué, pour lequel les clients ont aussi des questions et veulent un échange riche. Donc, on a monté une équipe d’experts, qui s’articulent entre eux en fonction de leurs spécialités, et qui répondent par téléphone ou en rendez-vous aux attentes de nos clients. Une dernière chose qui nous semblait super importante : être pédagogue ! Vulgariser les termes et notions techniques propres au monde de l’assurance. A cet effet, nous avons choisi d’utiliser de brefs textes en bon français et de courtes vidéos, bien plus attrayantes que des pavés de texte de réglementation écrits en petits caractères dans un jargon incompréhensible pour le commun des mortels. Le site a été lancé en mode béta le 25 mai 2018. Nous avons eu rapidement notre tout premier utilisateur! Aujourd’hui, après 3 semaines, on a 9 clients qui ont reçu nos conseils et qui ont souscrit des contrats….c’est encore peu, mais sans publicité aucune, on est très content. On a une roadmap de développements techniques super fournie, qui va nous occuper encore au moins une bonne année. En parallèle, on tourne autour du sujet de la levée de fonds, pour savoir à quel moment c’est le plus opportun…sans doute l’hiver prochain. Quels enseignements et conseils retirez-vous de cette aventure ? C’est ma deuxième expérience entrepreneuriale. Si toutes les situations sont différentes, une constante demeure : donner du sens à ce que l’on fait. Tu ne seras jamais capable de t’investir à 100% dans un projet auquel tu ne donnes pas de sens. Il faut le placer au sommet de la hiérarchie de tes valeurs professionnelles. Sinon je pense aussi à la persévérance. Monter une boite, c’est long…souvent plus qu’on ne le pense au démarrage, il faut tester des chemins, essayer, oser. Cela veut dire que bien souvent, il faut savoir traverser des doutes, se remettre en question, et enfin trouver les bons équilibres dans ton offre. 28 Antoine Jenoudet Promis : la plateforme qui réconcilie les entrepreneurs avec le monde de l’assurance Antoine Jenoudet, co-fondateur de Promis | Propos recueillis par Arthur Uriot, Juillet 2018 FinTech Où en est Promis aujourd’hui et quelles vont être les suites du développement ? Nous avons créé la boite en septembre 2017. Après avoir été juste deux co-fondateurs un bon moment, l’équipe a pas mal grandi ces derniers temps. On a récemment intégré deux spécialistes de l’assurance dans des domaines complémentaires. Nous sommes 6.
  • 29. Grégoire Berger Livsty : viager et financement participatif Grégoire Berger, fondateur de Livsty | Propos recueillis par Ange Miezan, Septembre 2018 29 Nous avons fait le constat d’une forte demande pour la vente de viager qui n’était pas satisfaite. Les vendeurs ne trouvent pas facilement d’acheteurs. On compte en effet cinq vendeurs pour seulement un acheteur. Il nous est donc apparu intéressant de proposer une nouvelle approche de façon à rééquilibrer ce marché et aider les personnes âgées qui aimeraient se financer via la vente en viager de leur bien et qui aujourd’hui n’y arrivent pas. La problématique à laquelle nous avons voulu répondre est « Comment aider les personnes âgées à bien vivre leur retraite ? ». Quel est le problème à résoudre qui a lancé Livsty ? L’inconvénient du viager est sa mauvaise réputation, alors qu’il s’agit d’un outil formidable pour répondre à un besoin très important des seniors : comment financer et mieux vivre leur retraite. Quand on analyse le fonctionnement d’une opération en viager, on remarque que c’est beaucoup d’argent et beaucoup de risques. Beaucoup de risques car l’opération repose sur l’espérance de vie, qui est une statistique. Sur 100 personnes, la statistique trouve une résonnance mais à l’échelle d’une seule personne, elle n’a plus beaucoup de sens. En plus de cela, le mécanisme de paiement via une rente mensuelle est un gros risque pour l’acheteur. Quelle est la promesse face au problème ? D’une part il ignore le montant définitif de son achat et d’autre part il n’a pas la possibilité de contrôler ce risque, sauf par l’achat de 5, 10, 15 viagers, ce qui n’est pas accessible à la plupart des acheteurs en viager. Nous avons donc repensé le concept du viager, avec notre plateforme. A partir de la valeur vénale d’un bien (sa valeur estimée) nous allons appliquer une décote qui dépendra notamment du bien, de l’âge et du sexe du propriétaire. Cette décote correspond à la valeur des loyers qui auraient été perçus s’il avait été loué, alors qu’il restera occupé par le vendeur, qui ne paye pas de loyer. Ce montant décoté est le montant que le vendeur perçoit aujourd’hui pour la vente et qui sera financé par les investisseurs. L’intérêt est double : • d’une part, l’appartement est acheté à un prix fixe (avec décote) et pourra être revendu au prix du marché plus tard à une valeur plus importante (du fait de la disparition de la décote d’occupation et de l’évolution des prix de l’immobilier) • d’autre part, le projet est divisé en parts de 1 000€ chacune, permettant aux investisseurs de participer à un ou plusieurs projets pour des montants relativement accessibles et de mutualiser leurs risques. Nous avons mis en place une approche basée sur un financement participatif qui présente plusieurs avantages : • permettre de mieux gérer le risque pour les investisseurs en le limitant et le diversifiant : en participant au projet, ils savent exactement le risque qu’ils prennent • rendre l’opération plus accessible : permettre un investissement avec des montants plus faibles de façon à ouvrir ce marché à plus de personnes (comparé à ce qui peut se faire aujourd’hui) dans l’optique de rééquilibrer l’offre et la demande Pour le vendeur : avoir un acteur identifié qui puisse l’accompagner dans sa problématique de financement et présent pendant toute sa retraite, proposer un processus simplifié, sans aléas et différenciant par rapport aux opérations classiques. De plus notre solution est personnalisable aux besoins spécifiques du vendeur : le vendeur perçoit immédiatement le montant global de sa vente mais nous pouvons voir avec lui pour prévoir une rente viagère sans pour autant changer le modèle pour l’investisseur. FinTech
  • 30. Le viager est un secteur de niche marqué par les a priori. Nous repensons complètement le viager et proposons une toute nouvelle solution. Il y a donc une importante démarche d’apprentissage, d’éducation et de communication à faire. Nous avons aujourd’hui un produit très simple et fonctionnel avec un parcours utilisateur fluide, totalement transparent et totalement digital. Notre volonté : mettre à disposition de l’utilisateur, le maximum d’information pour qu’il soit totalement autonome dans sa décision d’investissement et que l’équipe se focalise plus sur le sourcing d’appartement et l’accompagnement des seniors pour trouver la meilleure solution face à leurs besoins (comment les opérations se déroulent ? Quel montant doivent-ils espérer de leur vente ? …). Je suis en charge aujourd’hui du développement produit et de tout le volet sourcing. Harold, mon associé est plus sur le volet commercialisation et relations avec les investisseurs. Maintenant que toutes les briques sont en place, l’enjeux est aujourd’hui de donner un coup d’accélérateur à l’activité. Notre démarche actuelle n’est pas de faire croître à tout prix le nombre de biens en portefeuille. Nous préférons rester prudents sur les biens que nous proposons sur notre plateforme et trouver une solution pour chacun des Seniors avec qui nous travaillons, notamment en finalisant les opérations en cours. Aujourd’hui les gens qui viennent sur notre site et qui font tout en autonomie, démarrent avec des placements de 1 000 à 3 000 euros sur les opérations. Il est normal que des personnes qui n’ont jamais entendu parler du projet soient prudentes au départ. Cela veut donc dire que pour des biens ayant des valeurs élevées, il faut beaucoup d’utilisateurs pour atteindre les objectifs de financement ou avoir des personnes qui mettent beaucoup plus. C’est pour cette raison qu’il faut adresser plus d’investisseurs. Concernant l’accompagnement des Seniors, l’enjeux est de progressivement explorer plus de régions, notre activité est aujourd’hui en région parisienne et Paca (Provence-Alpes- Côte d’Azur). Le but est à terme de pouvoir apporter une réponse adaptée à n’importe quel Senior en France. Je viens du monde de l’investissement. J’ai travaillé en banque d’investissement à Londres, et j’aimais bien l’immobilier. Je consultais souvent les petites annonces pour voir un peu ce qui se faisait et c’est ainsi que je me suis rendu compte du nombre important d’offres en viager. Livsty aujourd’hui ? Livsty existe depuis 6 mois. Nous sommes aujourd’hui 2 associés accompagnés par un incubateur, « Studio » qui nous accompagne. Nous travaillons sur 6 appartements. Il y en 2 qui sont déjà très avancés dont un en finalisation. En termes d’utilisateurs sur notre plateforme, nous avons 200 inscrits et environ 40 visiteurs uniques chaque jour. Des chiffres encore modestes mais la dynamique est très bonne. Sur les premiers projets, nous avons déjà plus de 30 investisseurs avec un ticket moyen autour de 5 000 euros. L’idée est qu’aujourd’hui n’importe qui puisse investir dans l’immobilier avec 1 000 euros. L’objectif est maintenant de monter en puissance. Les suites du développement ? 30 Grégoire Berger Grégoire Berger, fondateur de Livsty | Propos recueillis par Ange Miezan, Septembre 2018 FinTech Livsty : viager et financement participatif Comment avez-vous lancé le projet ? Alors que c’est une formidable opportunité pour aider les seniors à mieux vivre leur retraite, il y avait tous ces inconvénients pour l’acheteur ! J’ai commencé alors à réfléchir à une façon plus intéressante de résoudre ces problèmes. Après avoir étudié différentes approches possibles, j’ai trouvé que le financement participatif (tendance montante) est une approche intéressante : une implication dans l’investissement réalisé, une optique de solidarité et un investissement gagnant-gagnant. C’était pour moi une manière de faire de l’innovation utile en mariant financement participatif et viager. J’ai commencé seul cette aventure. Je n’ai pas voulu attendre d’avoir forcément un associé pour démarrer le projet, mais j’ai cherché et trouvé par la suite quelqu’un de passionné par le projet pour se joindre à l’aventure. J’ai constaté la demande du côté des seniors, et un fort déséquilibre entre l’offre et la demande.
  • 31. Quelques conseils pour ceux qui voudraient se lancer ? Autre chose, il ne faut pas avoir peur de se lancer. Ça fait toujours un peu peur, on se pose beaucoup de questions… mais en fait, on ne joue pas sa vie. On a le droit de faire des erreurs, l’important est de tester et corriger. Tant qu’on n’a pas encore testé quelque chose, on ne peut jamais savoir si ça va marcher ou pas. Si ça ne marche pas, ce n’est pas grave. Il faut bien s’entourer. C’est difficile d’être tout seul dans son projet. Enfin, il faut apprendre à persévérer : c’est un peu bateau à dire mais il ne faut pas s’arrêter au premier « non ». Il y aura toujours des « oui » et des « non » dans cette aventure ! 31 Grégoire Berger Livsty : viager et financement participatif Grégoire Berger, fondateur de Livsty | Propos recueillis par Ange Miezan, Septembre 2018 FinTech Quels enseignements de cette aventure entrepreneuriale ? Je suis très content d’avoir fait ce choix. L’entrepreneuriat n’est pas quelque chose de facile mais s’avère une expérience très excitante où on se pose beaucoup de questions ! On n’est jamais sûr de rien. Je suis content d’avoir fait ce test là et d’avoir quitté ma situation de salarié. Je pense qu’on a quelque chose à apporter avec ce projet. On ne sait pas dans 6 mois ce qu’il en sera mais pour le moment les retours sont bons, les gens nous encouragent dans ce projet. Il n’y a plus qu’à transformer l’essai à présent. Je ne voulais pas simplement me lancer pour dire “je suis entrepreneur”, ou “je suis mon propre patron”, mais plutôt monter un projet avec un sentiment d’utilité Il faut parler de son projet. Dans mon cas, je n’étais pas particulièrement vendeur de mon projet tant que j’estimais qu’il n’était pas suffisamment avancé alors que c‘était une erreur. Il ne faut donc pas avoir peur d’en parler même si le projet n’est pas encore au stade auquel on souhaite l’amener.
  • 32. Matthieu Zeilas Maison Z : le monde du luxe et des innovations technologiques Matthieu Zeilas, fondateur de Maison Z | Propos recueillis par Andres Villarreal, Avril 2018 32 Notre volonté est de créer des passerelles fructueuses entre le monde du luxe et celui de la technologie, authentifier les matériaux éco-responsables pouvant être assemblés sur chaque création pour rendre la technologie plus respectueuse de l’environnement. Avec la Maison Z, l’ambition est de proposer aux nouvelles générations des produits pouvant être un subtil mélange entre la modernité du monde actuel et le traditionnel artisanat français, qui représente quant à lui, un précieux héritage, qu’il convient de préserver et transmettre aux générations futures. Afin d’impacter durablement le monde, la Maison s’engage à promouvoir la responsabilité environnementale et le développement durable en reversant notamment des dons à des organismes caritatifs certifiés. Chez la Maison Z, l’humain est au centre de l’action, il est celui qui donne sens à notre quotidien. Explorer ses désirs et repousser ses limites, telle est l’aspiration de chacune des pièces de notre collection. Avec Maison Z, l’ambition est de donner une âme authentique aux innovations technologiques à travers l’artisanat français d’excellence. En leur donnant vie avec des artisans labellisés EPV (Entreprises du Patrimoine Vivant) nous garantissons la transmission du rare savoir- faire français de génération en génération. Pourquoi avez-vous lancé Maison Z ? Je souhaitais montrer que les innovations technologiques ont toujours porté le luxe depuis son origine afin de créer des expériences fortes. J’ai ensuite entrepris la création d’un site type marketplace appelé Luxury-technologies, référençant alors tous les produits high-tech d’exception, sélectionnés selon les critères suivants : utiles, précieux et novateurs. Je lance officiellement la marketplace Luxury- technologies.com en avril 2016 avec l’aide de deux associés passionnés, sur laquelle nous parvenons à référencer près d’une centaine de marques partenaires. Fin 2016, nous décidons de lancer nos premières co- créations grâce à l’expertise acquise auprès de nos partenaires. Nous sélectionnons alors certains produits high-tech et les sublimons avec des matériaux nobles assemblés par des artisans français d’exception. Un groupe de luxe suivi par un distributeur mondial me font part de leur vif intérêt pour présenter en marque blanche nos créations en distribution physique. Tout s’accélère et afin de répondre à cette demande, nous lançons en mars 2017 une campagne pour lever des fonds plus importants. De manière stratégique nous décidons finalement de nous concentrer sur la vente en ligne, orientons notre Marketplace en site « e-commerce classique » sur lequel nous exposons uniquement nos co- créations et créons une solution nous permettant de co- piloter en marque blanche les futures collections « tech » de grandes marques de luxe. J’ai pris la décision de persévérer sur cette voie pour le reflet de mon amour pour le savoir-faire artisanal français, de ma volonté d’innover grâce aux nouvelles technologies et de mon désir de créer de nouvelles expériences avec ces dernières. L’ambition est de proposer des collections de produits pouvant être un subtil mélange entre haute technologie, artisanat et éco-responsabilité. Comment avez-vous lancé le projet ? Luxe&Tech Dans le cadre de mes multiples voyages, expériences professionnelles et de mon MBA en management des marques de luxe en 2015, j’ai souhaité associer dans un mémoire de fin d’année les thématiques du luxe et des innovations technologiques avec l’idée de monter un groupe de luxe 4.0.
  • 33. Les suites du développement ? Notre équipe s’agrandit pour développer notre catalogue d’objets utiles, précieux et novateurs réalisés avec le savoir- faire d’excellence de ces artistes façonniers. Parmi ce catalogue, nous sommes ravis de constater l’engouement de grandes marques de luxe pour les conseiller et imaginer leurs collections de demain, c’est magique ! Quels enseignements pour vous ? Je résumerai par quelques proverbes auquel je tiens : « Le grand but de la vie n’est pas le savoir mais l’action » « No pain no gain » « Ce qui est important, ce n’est ni d’être optimiste, ni d’être pessimiste, mais d’être déterminé » Quelques conseils pour ceux qui voudraient se lancer ? S’entourer des personnes expertes sur votre marché, capables d’apporter leur plus-value à votre projet mais aussi de vous présenter à leur réseau de qualité, constitue un enjeu essentiel à la fois pour votre lancement mais aussi pour votre croissance. Si le réseau c’est la clé alors bougez, networkez, sortez aux événements spécialisés dans votre domaine, rencontrez rencontrez rencontrez ! Derrière chaque nouvelle personne se cache une nouvelle source d’inspiration. C’est mon avis ! Si je peux donner quelques conseils à tout futur entrepreneur, c’est : • D’anticiper au maximum ses besoins de demain en ré- évaluant constamment ses objectifs. • De persévérer et garder un équilibre vie personnelle-vie professionnelle. • De ne pas avoir peur d’itérer et de tester plusieurs méthodes de croissance. • De faire jouer son réseau professionnel et s’entourer de personnes expertes bienveillantes. 33 Matthieu Zeilas Maison Z : le monde du luxe et des innovations technologiques Mathieu Zeilas, fondateur de Maison Z | Propos recueillis par Andres Villarreal, Avril 2018 Comment vivez-vous cette expérience d’entrepreneuriat ? Passionnément, mon rêve a toujours été de pouvoir créer et transmettre sans limites. Aujourd’hui à travers cette startup j’ai la possibilité de réunir ces deux éléments qui me sont vitaux. Chaque jour est différent et l’équipe ainsi que les personnes qui nous soutiennent sont formidables pour persévérer sur le long terme. La Maison Z aujourd’hui ? Avril 2018 : en pleine communication à ce jour sur le lancement de notre accessoire de voyage evaZion, création sur laquelle nous avons travaillé ces derniers mois avec tous nos experts. evaZion est le premier briquet électrique détachable et multifonctions au monde, il est équipé notamment d’un feu électrique résistant à toutes conditions, d’une batterie de secours 6800 mAh, d’une lampe torche, d’un détecteur de faux billets et même d’une fonction SOS. Assemblé à la main par nos artisans français EPV. Disponible en cuir végétal d’ananas ou bois de forêts françaises éco-gérées. Le premier d’une longue lignée, nous l’espérons ! La Maison Z fabrique des accessoires de voyages innovants en technologie et leur donne vie grâce à des matériaux nobles et responsables, transformés avec le savoir-faire unique d’artisans français passionnés. Toutes nos créations sont assemblées en petite série, à la main, en France, et sont destinées à récompenser de petites comme de grandes occasions. Luxe&Tech
  • 34. Laëtitia Lumbroso-Revenu D’Estrëe : les accessoires haut de gamme Laëtitia Lumbroso-Revenu, co-fondatrice de D’Estrëe | Propos recueillis par Louis-Alexandre Louvet, Octobre 2018 34 Après plusieurs années dans le Luxe (Dior et LVMH notamment), j’ai eu la chance de rencontrer ma future associée au moment où je voulais vraiment me lancer. Nous avons commencé par nous apprivoiser pendant un an, ce qui a renforcé la complémentarité de notre « couple » d’entrepreneuses : • Géraldine porte la création et l’identité de la marque ; c’est Géraldine qui avait créé la première série de nos chapeaux ; • Quant à moi, Laetitia, je pilote le marketing, la gestion et les opérations. Nous avons donc co-fondé l’entreprise il y a 3 ans. Dès le départ, nous savions qu’il nous fallait développer notre marque au-delà des chapeaux. Plus qu’un problème, l’aventure est née d’une double envie : • Tout d’abord, en capitalisant sur mes expériences professionnelles précédentes, j’avais envie de mettre en avant la créativité française et les savoir-faire très haut de gamme. Notre famille initiale de produits incarne cette envie, avec des chapeaux faits à Paris ; • Ensuite, je ressentais le besoin de faire fructifier les rencontres et les talents que je croisais. Je voulais dorénavant choisir plus mes partenaires professionnels et oser lancer des choses sur la base d’affinités. Quel est le problème à résoudre qui a lancé d’Estrëe ? Comment avez-vous lancé le projet ? Nos clients peuvent trouver nos produits dans des boutiques de luxe ou dans notre show-room. Nous avons également des ventes en ligne. Même si nous nous faisons connaître par la Presse spécialisée, qui nous aime bien, nous voulons multiplier les points de rencontre avec nos clients. Nous avons par exemple fait 4 mois de Pop-up Store au rayon Luxe du Printemps pour nous confronter aux acheteurs de nos produits. A la fois connaitre leurs raisons d’achat et surtout de ce qui marche et pas. Cependant, au-delà des belles adresses parisiennes connues, notre entreprise s’est tout de suite tournée vers l’international : le client du luxe est chinois, américain, arabe et russe. Nous avons des relais de distribution également dans ces pays pour faire grandir la marque. Aujourd’hui, avec une petite équipe (4 personnes !), nous bénéficions d’une reconnaissance par la presse de la qualité de notre offre, de distribution dans le monde entier et d’un beau catalogue. Et notre rentabilité nous permet d’aborder sereinement notre croissance. D’Estrëe aujourd’hui ? Luxe&Tech Notre gamme s’est étoffée au fil des rencontres. Après le chapeau de luxe, nous proposons maintenant de la maroquinerie (faite en Italie) : c’est né de la rencontre avec un couple Italo-Japonais qui allie l’excellence italienne du travail du cuir et la rigueur artistique japonaise ! Plus récemment, nous avons lancé une famille de bijoux. Ces évolutions féminisent encore plus notre marque : si les ventes de nos chapeaux se font à 30% avec des hommes, la maroquinerie nous tourne plus vers les femmes. En plus de la conception et fabrication des articles, le travail de notre maison est un business de BtoB : nous travaillons avec des distributeurs. Nous présentons nos produits ou nos prototypes lors de salons professionnels (par exemple, la fashion week) et nous gérons la production selon nos carnets de commande.

Notes de l'éditeur

  1. Version alternative au slide 4
  2. Les slides 8 et 9 sont les versions alternatives aux slides 6 et 7
  3. Les slides 8 et 9 sont les versions alternatives aux slides 6 et 7
  4. Les slides 8 et 9 sont les versions alternatives aux slides 6 et 7
  5. Les slides 8 et 9 sont les versions alternatives aux slides 6 et 7
  6. Les slides 8 et 9 sont les versions alternatives aux slides 6 et 7
  7. Les slides 8 et 9 sont les versions alternatives aux slides 6 et 7
  8. Les slides 8 et 9 sont les versions alternatives aux slides 6 et 7
  9. Les slides 8 et 9 sont les versions alternatives aux slides 6 et 7
  10. Les slides 8 et 9 sont les versions alternatives aux slides 6 et 7
  11. Les slides 8 et 9 sont les versions alternatives aux slides 6 et 7
  12. Les slides 8 et 9 sont les versions alternatives aux slides 6 et 7
  13. Les slides 8 et 9 sont les versions alternatives aux slides 6 et 7
  14. Les slides 8 et 9 sont les versions alternatives aux slides 6 et 7
  15. Les slides 8 et 9 sont les versions alternatives aux slides 6 et 7
  16. Les slides 8 et 9 sont les versions alternatives aux slides 6 et 7
  17. Les slides 8 et 9 sont les versions alternatives aux slides 6 et 7
  18. Les slides 8 et 9 sont les versions alternatives aux slides 6 et 7
  19. Les slides 8 et 9 sont les versions alternatives aux slides 6 et 7
  20. Version alternative au slide 42