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est financé
par l'Union européenne
Le travail de jeunesse
en Tunisie après
la Révolution
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
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2
		Table des Matières
Synthèse 	 		 3
	 Introduction				 4
1. Objectifs de l’étude				 6
1.2 Méthodologie					
1.3 Enjeux de l’étude				
2. La situation des jeunes - contexte général 8
2.2 Définition de la jeunesse				
2.3 Démographie					
3. Contexte du travail de jeunesse en Tunisie	 9
3.2 Contexte politique					
3.3 Contexte économique et social			
3.4 La participation des femmes		 11
4 Contexte éducatif et pédagogique
du travail de jeunesse en Tunisie 	 11
4.2 Le rôle du Ministère de la Jeunesse,
des Sports et de l’Education physique		 12
4.3 L’héritage du contrôle étatique			
4.4 Education formelle et non-formelle	 13
5. Les défis des travailleurs de jeunesse
après la Révolution				 15
5.2 Evolutions du cadre législatif			 16
6. Exemples de projets en faveur de la jeunesse	 18
7. Conclusion					 20
Annexes						
Profile du pays					 22
Euro-Med, Jeunesse en Action et SALTO	 24
Le Programme Euro-Med Jeunesse		
Jeunesse en Action 				 25
SALTO 26
responsabilités.
La reconnaissance de ces disparités régionales
est l’un des éléments clés pour les organisa-
tions de jeunesse et les institutions. Alors que
les ONG et les organisations gouvernementales
sont bien présentes dans les régions côtières
de Tunisie, l’intérieur du pays est négligé dep-
uis longtemps. L’une des réformes prioritaires
du travail de jeunesse dans ce pays est donc la
décentralisation des moyens budgétaires et la
délégation des prérogatives publiques directe-
ment aux régions, et ce afin de permettre aux
agences de cibler des activités adaptées aux
besoins régionaux.
L’éducation formelle, à travers un système édu-
catif extrêmement centralisé, reste le prisme
à travers lequel le gouvernement tunisien ap-
préhende le travail de jeunesse et la participa-
tion des jeunes.
L’héritage du contrôle étatique limite encore
le nombre d’organismes indépendants sus-
ceptibles d’offrir des opportunités en matière
d’apprentissage non formel – un domaine que
nombre d’experts ont depuis longtemps identi-
fié comme essentiel pour répondre aux besoins
des jeunes, notamment le développement des
compétences générales indispensables à qui
veut s’insérer sur le marché du travail.
Le lien du travail de jeunesse avec le régime dé-
chu, en particulier avec le parti politique RCD
(Rassemblement constitutionnel démocra-
tique) a nui aux activités destinées aux jeunes.
Aujourd’hui, les travailleurs de jeunesse recon-
naissent l’importance d’être considérés comme
des acteurs indépendants - au service de la jeu-
nesse et non de l’Etat. Le centralisme a égale-
ment induit dans de nombreuses régions un
sentiment d’abandon au regard des priorités
des programmes visant le travail de jeunesse.
En effet, ce qui fonctionne à Tunis ne fonctionne
pas nécessairement à l’intérieur du pays. In
fine, en partie du fait d’un passé centralisé, le
travail de jeunesse en Tunisie peine à toucher
les jeunes les plus à risque.
Résoudre ces problèmes criants est l’une des
préoccupations majeures du gouvernement tu-
nisien, qui cherche à préserver ce qui a fait ses
preuves et à réformer ce qui doit l’être.
Il est des moments dans
l’Histoire où des activités ordi-
naires prennent une dimension
extraordinaire. La révolution
de la jeunesse tunisienne en
2011 est l’un de ces moments.
Lasse de subir une répression
infâme, la jeunesse tunisienne
s’est révoltée, initiant ce qu’on
a appelé par la suite le Print-
emps Arabe. C’est dans ce contexte
que le programme EuroMed Jeunesse a dé-
cidé de s’intéresser aux conséquences de ce
soulèvement pour les programmes de soutien
au travail de jeunesse en Tunisie.
En 2012, la jeunesse tunisienne est confron-
tée aux mêmes difficultés qu’auparavant :
taux de chômage élevé, exclusion et désillu-
sion. On relève cependant des signes d’espoir.
Un nouveau cadre légal garantissant la liberté
d’association a permis à de nouvelles associa-
tions de voir le jour. Ces dernières ont apporté
une certaine fraîcheur à la vie associative en
Tunisie mais nombre d’organisations se disent
incapables de résoudre les énormes problèmes
auxquels font face les jeunes des communités
tunisiennes – faute de moyens et de finance-
ments.
La culture des jeunes tunisiens se caractérise
par les mêmes différences que celles qui di-
visent la société. Des disparités régionales, un
système éducatif à réformer ainsi qu’un marché
du travail très restreint sont autant de facteurs
qui contribuent aux difficultés que rencontrent
les jeunes en Tunisie.
Sur cette toile de fond, la structure du travail
de jeunesse en Tunisie est restée largement
intacte. Le gouvernement tunisien offre aux
jeunes une large palette de services destinés
à faciliter leur vie civique, à travers nombre
d’institutions. Ces services concernent l’emploi,
la formation (formation professionnelle, acqui-
sition de compétences et travail indépendant),
la participation et la citoyenneté active ainsi que
les loisirs. Tout cela constitue le socle du pro-
gramme global de la Tunisie pour la jeunesse.
Toutefois, on observe des difficultés de coordi-
nation entre ces différents services et agences,
ce qui entraîne une couverture fragmentée ain-
si qu’une ambiguïté et un chevauchement des
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
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3
Synthèse
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
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4
La révolution tunisienne de janvier 2011, au cours de la-
quelle un soulèvement populaire a chassé un despote du
pouvoir, a allumé l’étincelle du Printemps Arabe. Le cou-
rage et la non-violence des jeunes tunisiens qui se sont
révoltés ont inspiré d’autres mouvements à travers le
monde arabe, au cours des évènements qualifiés ensuite
de “Printemps Arabe”.
Dans cette révolution, le rôle de la jeunesse s’est avéré
déterminant. En effet, ce n’est pas par
hasard qu’un jeune homme instruit
mais au chômage, Mohamed Bouazi-
zi, est devenu l’icône de la révolution,
sous le régime précédent, incapable de
répondre aux attentes de la frange la
plus importante de la population. Son
suicide - après la saisie par la police
des fruits qu’il était venu vendre - a
incarné les frustrations de nombreux
jeunes Tunisiens.
Toutefois,deuxansaprèslarévolutionet
avec le premier parlement issu d’élec-
tions libres, nombre de problèmes de
la jeunesse tunisienne restent d’actua-
Tunis, 26-06-2012 – Ouverture officielle
« Visite d’étude : le travail de Jeunesse
en Tunisie après la révolution
Introduction
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
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5
lité. La révolution per se, entraînant un ralentissement
économique associé aux difficultés économiques de l’Eu-
rope, a rendu la Tunisie incapable à ce jour de résoudre
les problèmes qui l’ont précisément déclenchée – à savoir
le chômage et l’absence de perspectives pour les jeunes.
C’est pour lutter contre ce recul qu’en juin 2012, l’unité
tunisienne Euro-Med Jeunesse, chargée du programme
EuroMed Jeunesse IV, en coopération avec le Centre de
ressources Salto-Youth EuroMed, a sillonné la Tunisie.
L’objectif était d’étudier la manière dont les associations
de jeunesse répondaient aux besoins de cette généra-
tion et de voir comment des organisations européennes
pourraient contribuer à l’intensification des
échanges entre l’Europe et la Tunisie.
Ce rapport est le fruit de cette visite, au
cours de laquelle 28 participants de 18 pays
européens ont rencontré leurs homologues
au Ministère tunisien de la Jeunesse, dans
les clubs de jeunes locaux et au sein des or-
ganisations de la société civile qui travaillent
avec les jeunes, et ce afin de comprendre la
situation sur le terrain et d’imaginer de pos-
sibles partenariats.
“Le travail de jeunesse en Tunisie après la
Révolution” s’intègre dans une nouvelle col-
lection de publications consacrées au tra-
vail de jeunesse dans les pays partenaires
de la région Euro-Méditerranée (pays dits
MEDA). Cette collection vise à soutenir la
coopération au sein de la zone EuroMed et à
apporter une réflexion en profondeur sur les
problèmes et enjeux du travail de jeunesse
dans ce contexte euro-méditerranéen.
Les changements intervenus dans la région
MEDA ont révélé l’importance d’ouvrir de
nouvelles perspectives sur les probléma-
tiques auxquelles font face les jeunes, ainsi
que le rôle essentiel que joue la jeunesse
dans l’instauration de nouvelles dyna-
miques dans ces pays.
Cette étude a pour objectif de contribuer à
la réflexion générale sur le travail de jeu-
nesse en Tunisie après la révolution de
2011 et de fournir de nouveaux outils pour
comprendre un paysage en pleine mutation.
L’apport spécifique de cette étude consiste
en un état des lieux du travail de jeunesse
actuellement mené en Tunisie, ainsi que
des changements à l’oeuvre en matière de
travail et services dédiés aux jeunes, dans
le sillage de la révolution. Un accent parti-
culier sera mis sur la manière dont le tra-
vail de jeunesse répond aux attentes de la
jeunesse en cette période post-révolution-
naire, notamment en matière d’inclusion
sociale, d’emploi et de citoyenneté active.
La méthodologie de cette étude associe des
analyses quantitatives, qualitatives et in-
stitutionnelles – l’objectif étant de fournir
une analyse du travail de jeunesse fondée
sur des réalités économiques et institution-
nelles.
L’analyse quantitative de données sur la
production économique et la démographie
(cf annexe) se fonde sur des sources com-
plémentaires de la Banque Mondiale, de
l’Institut National de la Statistique (INS) tu-
nisien ainsi que d’un ensemble de données
internationales du U.S. Census Bureau. Les
données concernant le développement hu-
main proviennent du Programme des Na-
tions Unies sur l’Indice de Développement
Humain (IDH, 2011).
L’analyse qualitative (voir aussi en annexe)
a été menée en croisant recherches et en-
tretiens avec des travailleurs de jeunesse et
des ONG en Tunisie, en juin et juillet 2012,
avec l’appui de l’Unité EuroMed Jeunesse
de Tunis.
L’analyse institutionnelle (cf annexe) est
étayée par des informations du ministère
tunisien de la Jeunesse et des Sports, de
l’Observatoire National tunisien de la Jeu-
nesse ainsi que du Bureau des Associations
placé auprès du Premier Ministre.
1.2 Méthodologie
1.3 Enjeux de l’étude
Il est difficile d’analyser les documents sur
les nouvelles associations tunisiennes du
fait des informations lacunaires recueil-
lies par les agences, officielles ou non. La
loi de 2011 sur la formation et le finance-
ment des associations, qui a libéralisé et
accéléré l’enregistrement des organisa-
tions tunisiennes, a eu un impact consi-
dérable sur le nombre d’associations ré-
pertoriées en Tunisie. Dans l’année qui a
suivi ce texte, plus de 3000 nouvelles ONG
ont été enregistrées. De même, d’après
des sources officielles présentes auprès
du Premier Ministre, le régime précédent
avait gonflé le nombre d’ONG en activité,
tentant ainsi de faire croire à une société
civile plus dynamique.
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1.Objectifs de l’étude
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7
Institut Universitaire
de formation des cadres
de la Jeunesse de Bir el Bey
Il est donc difficile de dénombrer précisé-
ment les associations, notamment de re-
pérer celles qui agissent réellement aux
côtés des jeunes ou travaillent sur des pro-
jets liés à la jeunesse.
En plus de cette ouverture accordée aux
ONG tunisiennes, les bailleurs étrang-
ers ont accru leurs opérations en Tunisie,
notamment les institutions multilatérales
(Banque Mondiale, Nations Unies) mais
aussi les bailleurs bilatéraux tels que les
agences nationales (le DfID britannique,
l’A.F.D. en France, l’USAID aux Etats-Unis)
et les fondations privées.
Nombre de ces interventions étrangères
ont ciblé plus spécifiquement divers as-
pects de la participation des jeunes, dont
l’emploi des jeunes, la citoyenneté active,
la participation politique et le renforce-
ment des capacités de la société civile.
Alors que le partenariat de Deauville – à
travers lequel les bailleurs se sont enga-
gés à fournir une assistance financière et
technique à la Tunisie et aux autres pays
du Printemps Arabe – visait à mieux coor-
donner les projets de développement, on
observe en pratique un chevauchement
important entre les organisations donatri-
ces. Il est donc impossible d’effectuer une
évaluation précise du travail de jeunesse
en Tunisie à travers le seul prisme des pro-
grammes SALTO / EuroMed dans ce pays.
DfID : Département du développement international
A.F.D : Agence Française pour le Développement
USAID : Agence américaine pour le développement international
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8
2.2 Définition de la Jeunesse
2.3 Démographie
La République tunisi-
enne compte 10.6 millions
d’habitants. A l’instar de
nombre de ses voisins, sa dé-
mographie est caractérisée
par la présence d’une forte
“poussée de la jeunesse”.
En Tunisie comme partout dans le monde,
les définitions de la jeunesse sont multiples.
La révolte tunisienne a particulièrement mis
en exergue le terme “jeunesse” – shebab –
celle-ci étant considérée comme à l’origine
du soulèvement.
Et si le concept de “jeunesse” est mouvant,
nous considérons pour les besoins de cette
étude que la jeunesse et le travail de jeu-
nesse concernent les 15-25 ans – cible tra-
ditionnelle de l’approche du gouvernement
tunisien en la matière.
Toutefois, le lecteur notera que le soulève-
ment de fin 2010 a été baptisé “révolte de la
jeunesse” et que l’Etat post-révolutionnaire
a adopté cette expression – qu’il considère
comme un moyen de défendre la révolution.
Dans ce contexte, la jeunesse recouvre une
acception plus large que celle communé-
ment utilisée par les travailleurs de jeunesse
- allant jusqu’à l’âge de 40 ans environ.
En plus des enjeux politiques du terme “jeu-
nesse” dans la Tunisie d’aujourd’hui, la dé-
mographie révèle toute l’importance de la
part de la jeunesse au sein de la population
dans son ensemble. Le point 2.3 y est con-
sacré.
Kairouan, 28.06.2012
Visite de la ville
et présentation du projet
« Héritage à Kairouan »
2.La situation des jeunes :
contexte général
Les 15 et 29 ans représentent en effet plus
de 28% de la population et 51% de la popu-
lation a moins de 30 ans.
Cependant, le taux de natalité en Tunisie
– contrairement à d’autres pays de la ré-
gion – ne cesse de décroître ; le nombre de
jeunes âgés de 15 à 29 ans devrait décliner
et tomber à moins de 21% de la population
dans dix ans.
Il n’en demeure pas moins que, comme
nous l’expliquions au point 2.1, la jeunesse
représente non seulement une part impor-
tante de la population tunisienne, mais son
rôle dans la révolution lui a conféré aussi
une influence jusqu’alors inédite.
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9
Le contexte politique de la Tunisie après son
indépendence peut être résumé en trois pé-
riodes principales. La première a été con-
duit par le leader de l’indépendance, Habib
Bourguiba, de 1956 à 1987. La seconde a
été marquée par Zine el-Abadine Ben Ali,
de 1987 à 2011. La troisième est cette pé-
riode post-révolutionnaire, cette transition
démocratique ponctuée par les premières
élections libres et équitables organisées en
octobre 2011.
Les deux premières périodes ont connu le
règne d’un Etat dirigé par un parti unique.
La répression des militants de l’opposition
et des droits humains étaient monnaie
courante dès les années 1970 et l’accès à
l’information ainsi que la vie associative ont
été durement restreints sous la férule de
Ben Ali.
Bien que des associations tunisiennes fus-
sent autorisées, elles étaient souvent coop-
tées par l’Etat et détournées à des fins poli-
tiques. Tous les groupes perçus comme
autant de menaces à l’Etat étaient systéma-
tiquement réprimés.
Le soulèvement de 2011 a représenté un
3.2 Contexte politique
tournant décisif pour la vie associative en
Tunisie. Le gouvernement technocratique
constitué en mars 2011 suite à la suspen-
sion de la Constitution a adopté plusieurs
lois accroissant les libertés individuelles et
associatives. La principale d’entre elles est
le décret 2011-88 autorisant la libre créa-
tion d’associations, sans aucune restriction.
Dans le sillage de cette loi, plus de 3000 as-
sociations ont vu le jour. Le décret a égale-
ment transféré l’enregistrement officiel des
associations du Ministère de l’Intérieur au
Bureau des associations placé auprès du
Premier Ministre.
Le gouvernement de transition a aussi ou-
vert la voie à des élections libres, accessi-
bles à tous les partis politiques, qui ont eu
lieu en octobre 2011 et porté au pouvoir un
gouvernement de coalition emmené par le
parti islamiste Ennahda. Ces élections ont
également créé une Assemblée Constitu-
ante, chargée de rédiger la nouvelle Consti-
tution du pays.
Les jeunes se sont fortement impliqués
dans ces campagnes en tant que membres
de partis politiques ainsi que dans l’esquisse
de la Constitution, exigeant régulièrement
que celle-ci inclue les droits humains.
Toutefois, la période qui a suivi les élections
a été marquée par une polarisation crois-
sante de la société tunisienne, avec à son
apogée des débats houleux entre figures de
la société civile, du monde du travail ou de
la politique.
Si le soulèvement de 2011 a apporté aux Tu-
nisiens nombre de libertés civiles dont ils
avaient longtemps été privés, il était aussi
le résultat de conditions économiques et
3.3 Contexte économique
et social
3. Contexte du travail
de jeunesse en Tunisie
La culture des jeunes en Tunisie est mar-
quée par les mêmes divisions que celles qui
traversent la société dans son ensemble.
Des disparités régionales, un système édu-
catif à réformer et un marché du travail ex-
trêmement restreint sont autant de facteurs
qui contribuent aux problèmes que rencon-
trent les jeunes Tunisiens.
Afin de comprendre ces défis, il est indis-
pensable d’observer d’abord le contexte
politique et économique dans lequel évolue
le pays en 2012.
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
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10
sociales en régression, notamment pour
les jeunes.
Durant des années, les structures de
l’économie tunisienne ont empêché la
création d’emplois de croître au rythme
auquel les jeunes entraient sur le marché
du travail. Le chômage reste un problème
social majeur, notamment pour les jeunes
travailleurs diplômés de l’enseignement
supérieur.
Suite à la révolution, le taux de chômage en
Tunisie a bondi de 6 points, passant de 13 à
19%. Pour les jeunes de 15 à 29 ans haute-
ment qualifiés, le taux de chômage dépasse
44%.
Le fléau du chômage en Tunisie est cor-
rélé à des problèmes à la fois internes et
externes. Depuis la révolution en effet,
l’économie souffre de l’instabilité géné-
rale du pays, qui a affecté des industries
clés – notamment le tourisme qui emploie
directement et indirectement quelque 20%
des Tunisiens. Les difficultés économiques
que rencontrent les principaux partenaires
commerciaux de la Tunisie ont aussi ral-
enti sa croissance. Ainsi, les exportations
tunisiennes vers l’Union Européenne – qui
représente 70% des exportations du pays
– ont été affectées par la crise de la zone
Euro. Entre temps, l’instabilité de la Libye,
considérée longtemps comme un marché
attractif pour les travailleurs tunisiens, a
été un frein qui commence seulement à se
lever.
Les problèmes structurels de la Tunisie ex-
pliquent également son atonie sur le plan
économique, notamment le décalage entre
les performances universitaires et les op-
portunités d’emploi, ainsi que la capacité
du secteur public à offrir du travail à la jeu-
nesse.
En effet, la plupart des diplômés de
l’enseignement supérieur rejoignent la
fonction publique – 44% seulement se tour-
nent vers l’industrie et le privé. La forte
demande de postes de fonctionnaires, con-
sidérés par les jeunes comme les emplois
les plus stables, faisait l’objet de corruption
sous le régime précédent et suscitait chez
de nombreux jeunes Tunisiens une frus-
tration à l’égard d’un système qu’ils esti-
maient truqué.
Puis les contraintes budgétaires ont limité
le nombre de jeunes diplômés intégrant la
fonction publique.
Les jeunes tunisiens considèrent souvent
l’emploi dans le secteur privé comme pré-
caire et insatisfaisant. Le système bancaire
a souffert de corruption sous le régime pré-
cédent et les agences chargées du soutien
à l’entrepreunariat continuent à être per-
çues comme trop bureaucratiques malgré
les réformes qu’elles ont entreprises dep-
uis la révolution.
Les organisations de jeunesse précisément
chargées de l’insertion professionnelle
sont censées résoudre ces problèmes en
reliant de jeunes professionnels à des op-
portunités dans les entreprises mais leurs
efforts portent le plus souvent sur les élites
du pays.
Pour les Tunisiens non diplômés de
l’enseignement supérieur, les opportunités
d’emploi sont plus abondantes mais pour
des tâches souvent subalternes, avec peu
de possibilities de progression de carrière
et une forte précarité.
Les règles du marché du travail adoptées
pour encourager les embauches à long
terme ont paradoxalement eu l’effet in-
verse. Les employeurs, face à la rigidité
du droit du travail, proposent souvent aux
jeunes des contrats d’un mois seulement.
Ils peuvent ainsi profiter de ces salariés
pendant quatre ans avant de décider de
prolonger – ou non – leurs contrats.
L’entrepreunariat est un problème en soi,
notamment pour les moins formés. En
effet, de l’apprentissage non formel aux
prêts bancaires, l’activité entrepreunariale
constitue un gisement d’emplois pour les
diplômés de l’enseignement supérieur.
Le système éducatif lui-même fait partie
intégrante du problème. Longtemps salués
comme la marque de fabrique des indi-
cateurs de développement tunisiens, les
résultats des étudiants tunisiens aux exa-
mens internationaux en mathématiques
et en sciences se sont degradés ces vingt
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11
3.4 La participation
des femmes
Les femmes sont particulièrement touchées
par le manque d’emploi. 92% des filles ter-
minent l’école primaire en Tunisie, contre
90% des garcons. 87% des filles qui vont au
bout du cursus primaire continuent dans
l’enseignement secondaire, contre seule-
ment 80% des garçons.
Pourtant, malgré la hausse absolue et rela-
tive du niveau d’études des femmes (com-
paré aux performances masculines), leur
participation au marché du travail reste lim-
itée. La Banque Mondiale estime que seules
25% des femmes ont un emploi – chiffre
stable depuis dix ans. Paradoxe des dynam-
iques à l’oeuvre sur le marché du travail
tunisien, plus on est diplômé, moins on a
de perspectives. Les taux de chômage sont
en effet plus élevés pour les Tunisiens titu-
laires d’un diplôme universitaire que pour
les moins diplômés.
Comme le notait Lahcen Achy dans son
étude de l’économie tunisienne pour la
Fondation Carnegie, “L’éducation s’avère
être une épée à double tranchant, qui ac-
croît les espérances des jeunes diplômés
tout en nourrissant leurs frustrations… En
dernières années – reflétant ainsi le déclin
général du système éducatif du pays, et ce
malgré l’investissement massif dans le sys-
tème éducatif estimé à plus de 7% du Pro-
duit Intérieur Brut.
On observe un décalage important entre
les attentes du marché du travail et les
diplômés universitaires obtenus. Le sys-
tème éducatif repose en effet largement
sur des modèles théoriques, et nombre de
diplômés ne sont pas préparés à travailler
dès la fin de leurs études.
Et si des efforts ont été faits pour amélio-
rer les opportunités professionnelles et
encourager la formation professionnelle
pratique pour les étudiants, les résultats se
font encore attendre.
4 Contexte éducatif et
pédagogique du travail
de jeunesse en Tunisie
moyenne, chaque diplômé de l’université
reste au chômage pendant 2 ans et 4 mois à
l’issue de son cursus, soit neuf mois de plus
que les non-diplômés.”
Ce problème se pose pour les femmes avec
encore plus d’acuité. Elles ont en effet plus
de difficulté à travailler dans le privé et ont
vu leurs opportunités d’emploi dans la fonc-
tion publique s’amenuiser.
Un récent rapport de la Banque Africaine de
Développement l’affirme : “à nombre égal
d’hommes et de femmes ingénieur(e)s en
activité, l’industrie et le privé recrutent 79
femmes pour 100 hommes, tandis que les
services publics embauchent 108 femmes
pour 100 hommes.”
Le gouvernement tunisien offre aux jeunes
une large palette de services destinés à
faciliter leur vie civique, à travers nom-
bre d’institutions. Ces services concernent
l’emploi, la formation (formation profes-
sionnelle, acquisition de compétences et
travail indépendant), la participation et la
citoyenneté active ainsi que les loisirs. Tout
cela constitue le socle du programme global
de la Tunisie pour la jeunesse. Toutefois, on
observe des difficultés de coordination en-
tre ces différents services et agences, ce qui
entraîne une couverture fragmentée ainsi
qu’une ambiguïté et un chevauchement des
responsabilités.
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12
Le Ministère de la Jeunesse, des Sports et
de l’Education physique reste le coeur de
la politique de jeunesse du gouverment tu-
nisien. Il travaille avec le Ministère des Af-
faires de la Femme, de l’Enfance et de la
Famille autour de la protection des enfants
et adolescents mineurs (moins de 18 ans), le
MinistèredesAffairessocialesetdel’Emploi
pour les jeunes majeurs, les ministères de
l’Education, de l’Enseignement supérieur
et de la Justice pour la prévention et l’aide
aux enfants maltraités, ainsi qu’avec le
Ministère de la Culture.
Il existe depuis 2002 un Observatoire Na-
tional de la Jeunesse (O.N.J.) qui organ-
ise régulièrement des consultations afin
de préparer des plans de développement.
L’ONJ est aussi chargé d’études sur la jeu-
nesse tunisienne.
Le Ministère de la Jeunesse, des Sports et
de l’Education physique gère également un
Institut de formation de la jeunesse situé
à Bir el Bey, qui forme les travailleurs de
jeunesse appelés à travailler auprès du
ministère comme dans les centres d’accueil
des jeunes partout en Tunisie.
Afin de s’assurer que les activités dévelop-
pées dans ces centres répondent à leurs at-
tentes et à leurs besoins, le Ministère de la
Jeunesse et des Sports a annoncé en 2002
la mise en oeuvre d’un plan national pour
le développement de la jeunesse, visant à
fournir à 310 centres de jeunes des salles
équipées d’ordinateurs reliés à l’internet,
des espaces dédiés à l’apprentissage des
langues et d’autres, aux loisirs.
Ce plan comprenait aussi la création de 24
unités d’information et de développement
au sein des centres urbains, dans chaque
région.
On distingue trois types de travailleurs
de jeunesse en Tunisie :
• Travailleurs de jeunesse permanents
: diplômés de l’Institut Supérieur de
l’Animation pour la Jeunesse et la Cul-
ture (I.S.A.J.C.), ils deviennent fonction-
naires sous le grade de professeur ;
• Facilitateurs de contrats : salariés en
activité, chargés de l’apprentissage non
formel et sollicités par les directeurs
des centres d’accueil de jeunes pour
animer un club ;
• Travailleurs de jeunesse volontaires :
jeunes gens prêts à s’investir bénévole-
ment au sein des centres de jeunes.
4.3 L’héritage du contrôle
étatique
Le gouvernement tunisien sous la férule
de Ben Ali se caractérisait par une concen-
tration du pouvoir dans la capitale et les
régions côtières, au détriment des régions
de l’intérieur du pays. Les programmes de
jeunesse en Tunisie ont donc été fortement
centralisés. Les politiques et stratégies en
direction des jeunes étaient définies à Tu-
nis, sans coopération systématique avec les
régions.
Cependant, les centres dédiés aux jeunes
en région ont continué à progresser, malgré
les disparités observées entre les sites. En
milieu rural notamment, les installations
peuvent souffrir d’un accès difficile et/ou
d’un manque d’équipement.
Et si le gouvernement a investi dans des
programmes de jeunesse mobiles, ces der-
niers ne couvrent pas toutes les populations
et sur nombre de sites, on ne croise un tra-
vailleur de jeunesse que quelques fois par
mois.
Le Ministère de la Jeunesse, des Sports et
de l’Education physique est en train de con-
cevoir une nouvelle politique de jeunesse
appelée à être “le fruit de la révolution”.
Le ministère mène actuellement une étude
diagnostique de la jeunesse tunisienne qui
4.2 Le rôle du Ministère de
la Jeunesse, des Sports
et de l’Education physique
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
13
servira de base à des politiques transver-
sales et interministérielles.
L’enjeu de cette nouvelle politique est de
déchiffrer dans quelle mesure les pro-
grammes créés sous la dictature doivent
être poursuivis. Au sein du ministère, un fi-
nancement constant pour les maisons des
jeunes fait l’objet d’un large consensus.
Il est toutefois probable que des change-
ments substantiels interviennent dans leur
mode de financement. Les zones rurales, à
l’intérieur du pays, verront probablement
leurs financements s’accroître par rap-
port aux dotations des régions côtières.
Le ministère met aussi davantage l’accent
sur les actions sanitaires et sociales, l’éveil
de la citoyenneté et l’environnement. Il a
également exprimé son intérêt pour un tra-
vail plus étroit avec les organisations de la
société civile pour la mise en oeuvre de ces
activités.
En matière de décentralisation, le nouveau
gouvernement pourrait aussi changer de
politique. La décentralisation des services
publics, voire l’élection d’autorités locales,
est de la plus haute importance pour le
gouvernement tunisien actuel. Ce change-
ment de cap pourrait transformer en pro-
fondeur le paysage dans lequel évoluent
les travailleurs de jeunesse qui, d’après le
gouvernement, auraient plus de souplesse
dans la définition des programmes les
mieux adaptés aux besoins spécifiques des
jeunes auprès desquels ils interviennent.
Néanmoins, des voix s’élèvent contre la
décentralisation, synonyme pour certains
d’inconvénients pour certains groupes
comme les femmes, dans les zones les plus
conservatrices du pays.
Les programmes officiels en faveur de la
jeunesse n’ont que des partenariats limités
avec des organisations externes qui pour-
raient contribuer à améliorer l’accès aux
services offerts. Toutefois, le Ministère de
la Jeunesse a commencé à développer des
programmes pour l’emploi de jeunes en lien
avec d’autres ministères.
Ainsi, le service civique volontaire permet
à de jeunes diplômés de l’enseignement
supérieur recherchant un emploi pour la
première fois de leur vie (et n’ayant jamais
bénéficié de cours de préparation à la vie
professionnelle), d’effectuer - volontaire-
ment et à temps partiel - des stages au ser-
vice de la collectivité. Cela leur permettrait
d’acquérir des compétences pratiques et
des savoirs-être professionnels qui facili-
teront leur insertion sur le marché du tra-
vail en tant que salariés ou travailleurs in-
dépendants.
Ce programme est chapeauté par des as-
sociations ou organisations profession-
nelles dans le cadre d’accords conclus avec
le Ministère de l’Emploi et de la Formation
professionnelle. La gestion en a été confiée
à l’agence nationale pour l’emploi. La du-
rée du cours ne peut excéder 12 mois.
Une allocation mensuelle de 150 dinars est
versée à l’apprenti tout au long de sa for-
mation.
Le Fonds National pour l’Emploi peut pren-
dre en charge jusqu’à 60% du coût des
transports publics supporté par l’apprenti,
dans le cadre d’un accord entre le ministère
des Transports et celui de l’Emploi et de la
Formation professionnelle.
Malgré ces efforts, l’intégration des jeunes
à la vie civique et professionnelle reste for-
tement contrainte. Ces contraintes révèlent
les défis à relever et soulignent le besoin
d’une approche du développement de la jeu-
nesse plus systématique, stratégique et in-
tégrée. Il faut également cibler plus claire-
ment les jeunes les plus défavorisés.
4.4 Education formelle et
non-formelle
L’éducation formelle reste la norme de
l’approche du gouvernement tunisien en di-
rection de la jeunesse et pour la participa-
tion des jeunes.
L’héritage du contrôle étatique a limité
le nombre d’organismes indépendants
en mesure d’offrir des opportunités
d’apprentissage non-formel – pourtant
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
14
identifié comme essentiel pour les jeunes,
notamment en vue de développer les com-
pétences générales indispensables à leur
insertion sur le marché du travail.
Les organisations étrangères jouent un rôle
dans le secteur informel, notamment à tra-
vers des programmes comme Euro-Med et
Jeunesse en Action, qui soutiennent con-
jointement des activités telles que le Service
Volontaire Européen. Ces échanges ont per-
mis à de nombreux Tunisiens d’apprendre
Village de Sidi Salem, 28.06.2012
Visite du village pour voir le travail
de jeunesse en milieu rural,
animé par la Maison des Jeunes
Itinérante
non seulement auprès de jeunes travail-
leurs européens mais aussi d’autres pays du
monde arabe et méditerranéen.
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
15
marché du travail. En effet, si les statis-
tiques en matière d’éducation indiquent
que la Tunisie reste en tête de la région, un
large consensus admet que le système ne
fournit pas la qualité requise par les em-
ployeurs du pays. Les associations peuvent
jouer un rôle important pour combler ce
fossé à travers la formation, la mise en ré-
seau et l’éducation non-formelle.
Travailleurs de jeunesse et associations
travaillent aussi directement avec le sys-
tème éducatif afin d’offrir des opportunités
d’apprentissage non-formel. Ces activités
peuvent jouer un rôle important pour ame-
ner vers les associations des jeunes qui n’y
viendraient pas spontanément. Toucher de
nouveaux jeunes est un enjeu majeur parce
que nombre de jeunes Tunisiens consid-
èrent les clubs de jeunes comme autant
d’organes du régime déchu.
Les travailleurs de jeunesse rencon-
trent aussi des difficultés quand il s’agit
d’enseigner et de transmettre de nouvelles
expressions de la citoyenneté et des droits.
Une large part de la nouvelle société civ-
ile tunisienne, née après la révolution, est
constituée d’initiatives de jeunes cherchant
à susciter une prise de conscience des
problèmes sociaux et à offrir des débou-
chés aux jeunes Tunisiens qui souhaitent
s’engager.
Les élections d’octobre 2011 ont été pour
nombre d’organisations une occasion
d’encourager leurs communautés à al-
ler voter. D’autres organisations ont mis
l’accent sur la santé, l’environnement et les
droits des femmes – autant de domaines
qui auparavant relevaient du pré carré de
l’Etat.
Toutefois, ces nouvelles organisations sont
confrontées à des problèmes de capacités.
Alors que le temps passé à créer et financ-
er une organisation a été considérablement
réduit, peu de Tunisiens ont l’expérience
du management d’organisations à but
non lucratif, nécessaire à la constitution
d’organisations durables.
Un contexte politique en mutation, une Con-
stitution visant à décentraliser certaines
fonctions de l’Etat ainsi que l’émergence de
Le système régissant le travail de jeunesse
mis en place sous le régime de Habib
Bourguiba, premier président de la Tuni-
sie, a été largement conservé. Géré par le
Ministère de la Jeunesse et des Sports, le
travail de jeunesse consiste en une large
palette de programmes visant à toucher
les jeunes à travers tout le pays.
L’Institut de Bir el Bey Institute (I.S.A.J.C.)
situé à la sortie de Tunis est le centre de
formation des cadres travailleurs de jeu-
nesse. Les diplômés peuvent ensuite ac-
céder à des postes de fonctionnaires dans
l’un des 284 clubs de jeunes qui émail-
lent le pays. Ces clubs, parfois mobiles
pour toucher les régions rurales, offrent
à la jeunesse tunisienne des possibilités
d’apprentissage non-formel. Ils servent
aussi de centres communautaires pour les
associations non gouvernementales enga-
gées dans le travail auprès des jeunes.
Alors que le système étatique du travail
de jeunesse reste inchangé, la réalité du
travail de jeunesse a énormément évolué
depuis la révolution. Tout fraîchement li-
bres de pointer les carences de l’approche
gouvernementale en matière de jeunesse,
les fonctionnaires et les associations
oeuvrent en faveur de solutions qui avaient
été jusqu’à présent ignorées ou mises sous
le boisseau.
La reconnaissance des disparités région-
ales est l’une de ces clés. Tandis que les or-
ganisations gouvernementales et non gou-
vernementales sont bien présentes dans
les régions côtières, l’intérieur du pays a
longtemps été négligé. L’une des priorités
de la réforme du travail de jeunesse est
donc la décentralisation à la fois des budg-
ets et des priorités qui doivent être confiés
directement aux régions.
Les travailleurs de jeunesse sont aussi con-
frontés à la difficulté de travailler avec des
jeunes qui manquent souvent d’expérience
et de compétences pour s’insérer sur le
5 Les défis des travailleurs de
jeunesse après la Révolution
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
16
milliers de nouvelles associations tunisi-
ennes sont en train de transformer le tra-
vail de jeunesse en Tunisie. Les difficultés
rencontrées et la manière dont elles seront
surmontées vont façonner une nouvelle
génération de Tunisiens.
vée. Le problème est que les bailleurs ab-
horrent le risque et ne financent des organ-
isations inconnues qu’à reculons.
Les activités de la société civile tunisi-
enne sont concentrées sur certains sujets.
Basées à Tunis, les associations de haut
niveau tendent à se centrer sur les droits
humains, la culture et l’éducation. Les or-
ganisations situées à l’intérieur du pays
vont plutôt dans le sens du développement
économique local.5.2 Evolutions du cadre
législatif
Deux nouveaux décrets ont établi le droit
des citoyens à l’information et celui de se
constituer en association. Cela comprend
le droit de se réunir, de manifester, de pub-
lier des rapports et d’effectuer des sond-
ages. Les autorités publiques ne sont pas
autorisées à entraver le travail des asso-
ciations. Le gouvernement doit protéger le
travail des associations de toute forme de
violence, de vengeance et de discrimina-
tion. Tous les Tunisiens ont le droit de créer
une association, à l’exception de ceux qui
occupent des fonctions de haut niveau dans
un parti politique. Cette nouvelle loi facilite
aussi la création d’ONG – ce qui peut être
fait en dix jours à peine.
Ces évolutions du cadre légal ont en-
traîné une hausse importante du nombre
d’associations. On recense aujourd’hui
nombre de nouvelles associations (2000
enregistrées, 1000 en attente) qui oeuvrent
dans divers domaines : économie, gouvern-
ance, développement…
La vie associative est très différente dans
les centres économiques et dans l’intérieur
du pays. Dans la capitale, il existe des as-
sociations très bien structurées. En région,
c’est l’inverse qui se produit, notamment
parmi les jeunes. Ces organisations ren-
contrent des difficultés à se structurer, à
assurer leur comptabilité, à faire respecter
un règlement, un vote, une véritable gou-
vernance du bureau. Une aide extérieure a
pu être fournie à des organisations qui n’en
avaient nul besoin tandis que d’autres en
ont été privées malgré la nécessité éprou-
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
17
Ville de Sousse, 29.06.2012
Sousse
Tunis
Sfax
Kairouan
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
18
Avec l’abolition du contrôle exercé par l’Etat sur la
vie associative dans le sillage du soulèvement de
2011, les projets pour les jeunes en Tunisie sont
très dynamiques. Ils sont portés par des ONG déjà
actives sous le régime précédent comme par des
ONG naissantes et gérées par des jeunes.
Voici quelques exemples de projets pour
les jeunes, observés lors de notre visite
d’étude de juin 2012.
Kairouan - Association pour la préser-
vation de la Médina
M. Mourad Rammeh, Président et Mme Leila
Marzouki, membre de l’association
La préservation de la Médina est un projet
mené en partenariat avec le Ministère du
Patrimoine et diverses associations de Kai-
rouan. Cela inclue des programmes pour
les jeunes sur l’importance de l’architecture
traditionnelle. Le projet est financé par le
gouvernement tunisien, par le programme
EuroMed Héritage et par la participation
des touristes.
Le projet EuroMed Héritage intitulé “Mon-
tada” cible les collégiens et lycéens. Les ob-
jectifs en sont la promotion du patrimoine
- considéré comme partie intégrante de la
culture (la ville comme musée), l’implication
des citoyens dans la protection de ce pat-
rimoine (dans tous les corps de métiers).
Une campagne de communication en direc-
tion des enseignants et étudiants a ainsi
été menée à travers des activités pratiques
permettant de connaître l’Histoire et de cor-
riger certaines représentations erronées
6 Exemples de projets
en faveur de la jeunesse
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
19
par des clubs “patrimoine” dans les écoles.
12 à 16 élèves de 8 à 12 ans ont été désignés
pour éveiller la conscience de leurs pairs. Des
groupes de proximité ont été créés par des
enfants de différentes écoles. Enseignants et
médiateurs ont travaillé bénévolement. Les
activités se sont déroulées au sein des clubs
ou in situ, avec des visites de terrain et de
musées.
Tunis – Association Tunisienne des
Auberges et Tourisme de Jeunes
(A.T.A.T.J.)
L’accueil en auberge de jeunesse est dep-
uis longtemps une activité internationale
associée à l’ouverture, à la modération et
à la tolérance. L’A.T.A.T.J. cherche à pro-
mouvoir la citoyenneté par le volontariat,
le tourisme et les droits humains. Son fi-
nancement provient des auberges, des
cartes internationales des auberges de
jeunesse, du gouvernement ou encore de
bourses. Le travail se fait dans différents
domaines : patrimoine, culture, tourisme,
sports. Des actions régionales soutiennent
les auberges de jeunesse arabes et les
droits humains. Cependant, les dirigeants
de l’ A.T.A.T.J. partagent cette impression
répandue que les auberges de jeunesse
restent associées au gouvernement déchu.
Tunis – Association Jeunes Sciences de
Tunisie (A.J.S.T.)
Créée sous la forme d’un movement, l’A.J.S.T.
est aujourd’hui une ONG qui permet aux
jeunes de participer hors de l’école à des ac-
tivités scientifiques et technologiques, de re-
cherche et d’innovation, et de contribuer à une
culture scientifique et numérique. Ces actions
comprennent des conférences pour les jeunes.
On connaît en effet la nécessité d’améliorer la
qualité des activités, de créer des liens avec le
secteur privé, de sécuriser les financements.
Les activités, non proposées dans le cadre
scolaire, offrent autant de formations dans des
domaines qui recrutent. L’A.J.S.T. souhaite ou-
vrir un centre dédié aux activités scientifiques
dans l’espace méditerranéen.
Sfax - Sfax el Mezyena – Embellir Sfax
M. Selim Cherif.
Créée en 2010, Sfax el Mezyena vise à
améliorer l’écologie et la vie sociale de
la deuxième ville de Tunisie. Ses actions
comprennent des ateliers sur les activi-
tés durables et écologiques, la planta-
tion d’arbres, la peinture et le recyclage.
L’association a récemment organisé un
concours pour embellir maisons et écoles.
Tunis - Jeunes indépendants démocrates
(J.I.D.)
Créée en 2011, J.I.D. compte aujourd’hui 60
membres. La plupart travaillent aussi dans
d’autres associations. Ils se sont fait un nom
en soutenant l’organisation des premières
élections libres et équitables de Tunisie. Leur
but est de transmettre des informations aux
jeunes afin de les aider à prendre de meil-
leures décisions.
Sousse - Culture de l’entrepreunariat
Fondé en 2003, ce club est financé par le
Ministère de l’Education. Il se réunit tous
les mercredis au Centre de la Jeunesse de
Sousse.Sonbutestd’accroîtrelaprisedecon-
science des étudiants, de soutenir la création
d’entreprises, d’échanger des points de vue,
d’améliorer les compétences, d’organiser
des séminaires scientifiques sur la prise de
conscience et des visites d’entreprises ou
d’institutions, des formations, ou encore de
participer à des évènements internationaux.
Sousse - Association Tunisienne du Tra-
vail et de l’Investissement (A.T.T.I.).
Créée en 2011, l’A.T.T.I. encourage le dével-
oppement de projets et la création d’emplois.
Son but est de contribuer à l’économie na-
tionale par le développement du capital hu-
main. Elle apporte soutien et formation aux
entrepreneurs potentiels. Ses séminaires de
formation expliquent par exemple comme
préparer un C.V., une lettre de motivation ou
encore un entretien d’embauche.
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
20
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
8. Conclusion
Le paysage du travail de jeunesse en Tunisie a profondé-
ment changé depuis le soulèvement de janvier 2011. De
nouvelles associations, des attentes plus intenses et l’arri-
vée d’un nouveau gouvernement avec de nouvelles priori-
tés ont contraint les travailleurs de jeunesse à revoir leur
approche.
En Tunisie, le travail de jeunesse est toujours marqué par
un degré élevé de contrôle étatique. Les activités et plans
de développement conçus depuis Tunis ont eu le mérite de
former des travailleurs de jeunesse de haut niveau dans
tout le pays. Toutefois, ce modèle pose un certain nombre
de problèmes dont tous les partenaires sont conscients.
L’héritage de la dictature a lourdement pesé sur l’action
des travailleurs de
jeunesse, et ces der-
niers reconnaissent
l’importance d’être
considérés comme
des acteurs indépen-
dants, au service de la
jeunesse – et non de
l’Etat. Le centralisme
a aussi conduit de
nombreuses régions
à se considérer sous-
dotées au vu des prio-
7. Conclusion
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
21
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
rités des programmes ciblant les jeunes. En effet, ce qui
fonctionne à Tunis ne fonctionne pas automatiquement à
l’intérieur du pays.
Enfin, le travail de jeunesse en Tunisie peine à toucher les
jeunes les plus à risque, sous le poids cumulé de l’héritage
centralisé et de la dictature.
Résoudre ces problèmes ma-
jeurs est une préoccupation
essentielle du gouvernement
tunisien qui cherche à préser-
ver ce qui a fait ses preuves et
à réformer ce qui doit l’être.
Aujourd’hui plus que jamais, une
culture du changement est à l’oeuvre
en Tunisie. Ceci, peut-être plus que
toute politique, fournira les bases du
changement pour le travail de jeu-
nesse en Tunisie dans les années à
venir.
Groupes de travail pendant
la Visite d’Etude
Nom complet
Type de gouvernement
Superficie
Capitale
Principales villes
Population
Ratio Hommes / Femmes
Composition ethnique
Structure démographique :
Age médian :
Taux de croissance
de la population :
Espérance de vie à la naissance:
Alphabétisation (sachant lire
et écrire à 15 ans et plus)
Espérance de vie scolaire (de
l’école primaire à l’enseignement
supérieur) :
Taux de chômage
République tunisienne
Régime présidentiel mixte
163,610 km²
Tunis
Sfax, Nabeul, Sousse,
Kairouan, Bizerte
10 732 900 millions
F: 49.4 M: 50.6
Arabes 98%, Berbères 1%
0-14 ans : 23,2%
15-64 ans : 69,3%
65 ans et plus : 7,5%
Total : 30,5 ans
Hommes : 30,1 ans
Femmes : 30,9 ans (estimation 2012)
0,964%
(estimation 2012)
75,24 ans
Total : 74,3%
Hommes : 83,4%
Femmes : 65,3% (recensement 2004)
Total : 15 ans
Garçons : 14 ans
Filles : 15 ans (2008)
17.60%
Profile du pays
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
22
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
Annexes
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en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
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Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
24
Le Programme
Euro-Med
Jeunesse
Le Programme Euro-Med Jeunesse
est un programme régional mis
sur pied dans le troisième chapitre
du Processus de Barcelone, intit-
ulé “Partenariat social, culturel et
humain”. Ce programme se trouve
actuellement dans sa quatrième
phase.
L’objectif général de cette Phase IV
du programme est de soutenir et
de renforcer la participation et la
contribution de la jeunesse et des
organisations de jeunesse de la ré-
gion Euro-méditerranéenne pour
le développement de la société civ-
ile et de la démocratie.
Les objectifs spécifiques en sont
les suivants :
• Stimuler et encourager la
compréhension mutuelle entre
les jeunes de la région Euro-
Méditerranée et de lutter contre
les stéréotypes et préjugés ;
• Promouvoir la citoyenneté ac-
tive parmi les jeunes et accroître
leur sens de la solidarité ;
• Contribuer au développement
des politiques de jeunesse dans
les différents pays partenaires.
La phase IV du programme Euro-
Med Jeunesse concerne 35 pays
- les 27 Etats membres de l’Union
Européenne et les 8 pays et terri-
toires partenaires méditerranéens
signataires de la Déclaration de
Barcelone (Algérie, Egypte, Israël,
Jordanie, Liban, Maroc, Autorité
palestinienne, Tunisie).
Euro-Med, Jeunesse en Action et SALTO
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
25
Jeunesse en Action est le pro-
gramme de l’Union Européenne
destiné aux jeunes. Il vise à susciter
chez les jeunes un sens de la citoy-
enneté européenne active, de soli-
darité et de tolérance entre eux ainsi
qu’un engagement dans la défini-
tion de l’avenir de l’Union. Il cherche
à promouvoir la mobilité au sein et
hors des frontières de l’UE ainsi que
l’apprentissage non formel et le dia-
logue interculturel. Il encourage aus-
si l’inclusion de tous les jeunes quels
que soient leurs milieux sociaux,
éducatifs et culturels - Jeunesse en
Action les concerne tous.
Chaque année, des milliers de pro-
jets sous soumis par ses promoteurs
en vue d’une aide financière dans le
cadre du programme. Un processus
de sélection vise à récompenser les
meilleurs projets.
Le programme Jeunesse en Action
est le programme de l’UE visant à
encourager la mobilité et l’éducation
non formelle des jeunes de 13 à 30
ans. Ses objectifs généraux sont les
suivants :
• Promouvoir la citoyenneté ac-
tive des jeunes en général, et
leur citoyenneté européenne en
particulier ;
• Développer la solidarité et pro-
mouvoir la tolérance entre les
jeunes, notamment pour ren-
forcer la cohesion sociale au sein
de l’Union Européenne ;
• Favoriser la compréhension
mutuelle des jeunes de diffé-
rents pays ;
• Améliorer la qualité des sys-
tèmes de soutien des activités
de jeunes et des capacités des
organisations de la société civile
dans le domaine de la jeunesse ;
• Favoriser la coopération eu-
ropéenne dans le domaine de la
jeunesse.
Jeunesse
en Action
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
26
SALTO
Cet acronyme signifie “ Support,
Advanced Learning and Training
Opportunities” et peut être tra-
duit par “Soutien et Opportunités
de Formation et d’Apprentissage
avancées” au sein du programme
européen Jeunesse en Action.
SALTO-YOUTH.net est un réseau
de 8 centres de ressources qui
travaillent dans des domaines pri-
oritaires sur le champ de la jeu-
nesse européenne. Il fournit des
ressources pour la formation et le
travail de jeunesse et organise des
activités de formation, de mise en
relation afin de soutenir les organ-
isations et les agences nationales
dans le cadre du programme com-
munautaire Jeunesse en Action et
au-delà.
L’histoire de SALTO-YOUTH débute
Sousse-Club pour la Culture d’entreprise
en 2000 et s’inscrit dans la Stra-
tégie de la Commission Europée-
nne pour la Formation au sein du
programme Jeunesse en Action.
Le travail se fait en synergie et en
complémentarité avec les autres
partenaires sur le terrain.
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
27
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
28
Des représentants de la jeunesse européenne ont ren-
contré leurs homologues tunisiens. Les participants
ont rencontré des officiels du ministère tunisien de
la Jeunesse et des Sports ainsi que de l’Observatoire
national de la jeunesse et de la formation. Ils ont
aussi visité une école proche de Tunis où sont formés
des travailleurs de jeunesse et des professionnels du
tourisme. Le contexte unique de la Tunisie, premier
pays du Printemps Arabe, a rendu cette visite partic-
ulièrement enrichissante – notamment lorsque les
participants ont débattu du rôle des ministres, des
conseils locaux de la jeunesse et des ONG, formulant
de nouvelles stratégies pour la jeunesse tunisienne.
Riche d’une longue histoire d’initiatives de jeunes
dès l’indépendance du pays, la Tunisie se heurte
aujourd’hui au défi majeur de trouver un équilibre
entre les initiatives en cours et qui fonctionnent
Jour 1
Temps forts de notre visite d’étude
La visite d’étude intitulée “L’Après Printemps Arabe,
la réalité du travail de jeunesse en Tunisie” a eu
lieu en juin 2012 et nous a permis de travailler et
de réfléchir à propos du travail de jeunesse après la
Révolution. Notre circuit a servi de base à l’essentiel
des analyses qualitatives proposées dans cet article.
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
29
déjà, et l’exploration de nouvelles voies pour atteindre
la jeunesse du pays.
Les participants européens ont quant à eux souligné
que leur but n’était pas uniquement de partager leurs
experiences mais aussi d’apprendre des Tunisiens et
de rapporter de nouvelles idées à leur retour.
Les participants ont eu l’opportunité d’écouter diffé-
rents dirigeants associatifs venus de toute la Tuni-
sie. Les disparités régionales ont constitué un sujet
brûlant, les participants ayant débattu avec des ex-
perts de la société civile sur les différences en matière
de politiques de jeunesse et de stratégie dans les di-
verses régions de Tunisie.
Le directeur de la vie associative auprès du bureau
du Premier Ministre tunisien a brossé le tableau
radicalement nouveau dans lequel évoluent les as-
sociations en Tunisie. Les participants ont été im-
pressionnés non seulement par la manière dont le
gouvernement a réduit la paperasse mais aussi par
l’adaptation de la législation pour mieux réaffirmer
le rôle essentiel des associations dans la société tu-
nisienne.
Enfin, les participants ont pu discuter avec des
représentants de diverses associations de jeunesse
en Tunisie et d’évoquer avec eux les chances et les
défis qui se posent pour le travail de jeunesse dans
la Tunisie post-révolutionnaire.
Jour 2
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
30
Pour le troisième jour de cette visite d’étude sur le
travail de jeunesse en Tunisie, réalisée dans le cadre
d’EuroMed / Jeunesse en Action, les participants ont
pris la route de la ville historique de Kairouan.
Située au centre de la Tunisie, Kairouan est inscrite
au Patrimoine Mondial de l’UNESCO et constitue
l’une des villes sacrées de l’Islam. Les participants
ont pu découvrir comment les sociétés de conserva-
tion impliquent des jeunes dans leur travail de res-
tauration des sites historiques de la ville.
Les participants ont ensuite visité un club de jeunes
en milieu rural géré par des unités mobiles du club
de jeunes de Kairouan. L’un des défis majeurs con-
siste à faire coïncider les besoins de la jeunesse ru-
rale avec les changements entraînés par la révolu-
tion et le nouveaux besoins de la jeunesse tunisienne
dans son ensemble.
Jour 3
Jour 4
La visite d’étude sur le travail de jeunesse en Tunisie,
réalisée dans le cadre d’EuroMed / Jeunesse en Action
s’est terminée cet après-midi, après une journée en-
thousiasmante de visites, riche d’enseignements sur
la manière dont les associations tunisiennes aident
les femmes rurales à s’insérer sur le marché du tra-
vail.
Ainsi, le Groupe des Femmes pour le Développement
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
31
Agricole de Wadi Sbaihia aide plus de 160 femmes
à travailler dans le domaine de l’agriculture, tout
en acquérant de nouvelles compétences et en béné-
ficiant de transferts de savoirs. Une recherché du
Centre de Recherches, d’Etudes, de Documentation
et d’Information sur les Femmes – première insti-
tution de ce type en Afrique – a fourni aux partici-
pants une base contextuelle quant aux opportuni-
tés et défis pour les Tunisiennes sur le marché du
travail.
Suite à cette visite, les participants repartent dans
leurs pays respectifs avec une connaissance poin-
tue de la réalité du travail de jeunesse en Tunisie, et
une idée de la manière don’t les pays européennes
peuvent tisser des partenariats avec la Tunisie en
ce moment crucial de son histoire.
Pendant la visite d’étude, les 13 Agences Nation-
ales présentes ont aussi eu l’opportunité d’échanger
en groupe autour de possibles coopérations pour
l’année prochaine afin de soutenir des projets dans
le cadre de l’aire EuroMéditerranéenne. Pendant la
réunion TCP les Agences Nationales auront la pos-
sibilité de rencontrer les Unités EuroMed Jeunesse
tunisienne, égyptienne, jordanienne, israélienne,
palestinienne, marocaine et algérienne. Rassem-
bler toutes les Unités à Vienne en septembre per-
mettra de soutenir le développement de nouvelles
coopérations, incluant de nouvelles organisa-
tions et de nouveaux projets.
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
32
Tunisie en bref
La pauvreté et aspects sociaux
2011
Population, à mi-année (millions)
RNB par habitant (méthode Atlas, $ US)
RNB (méthode Atlas, milliards de dollars)
La croissance annuelle moyenne, 2005-11
Population (%)
Main-d’œuvre (%)
L’estimation la plus récente (dernièreannéedisponible,2005-11)
Pauvreté (%delapopulationendessousduseuilnationaldepauvreté)
Population urbaine (% de la population totale)
L’espérance de vie à la naissance (en années)
La mortalité infantile (pour 1000 naissances vivantes)
Malnutrition infantile (% des enfants de moins de 5 ans)
L’accès à une source d’eau potable (% de la population)
Alphabétisation (% de population âgée de 15 +)
Scolarisation primaire brute (% de la population d’âge scolaire)
Homme
Femme
Moyen-
Orient
et Afrique
du NordTunisie
Revenu
inter-
médiaire
supérieur
10.7
4,020
42.9
1.0
2.1
16
66
75
14
3
94
78
110
112
108
337
3,866
1,279
1.7
2.0
..
59
72
26
6
89
76
105
108
101
2,490
6,563
16,341
0,7
1,1
..
61
73
16
3
93
94
111
111
111
RATIOS économiques clés
et TENDANCES À LONG TERME
PIB (milliards de $ US)
Formation brute de capitale/PIB
Exportations de biens et services/PIB
Taux d’épargne intérieure brute/PIB
Taux d’épargne nationale brute/PIB
Solde de compte de la balance actuelle / PIB
Paiements des Intérêt à court terme/PIB
Total de la dette / PIB
Total de la dette Service / exportations
La valeur actualisée de la dette / PIB
La valeur actualisée de la dette / exportations
(Croissance annuelle moyenne)
PIB
PIB par habitant
Les exportations de biens et services
20011991 2010
13.1
26.0
40.4
21.0
21.1
-4.4
3.4
63.1
26.2
..
..
22.1
26.2
42.8
22.3
22.6
-3.9
2.3
58.5
14.5
..
..
46.4
24.1
48.9
16.8
15.6
-5.4
1.6
48.1
11.4
41.4
82.4
2011
44.4
26.5
50.1
21.2
21.2
-4.8
1.6
49.7
10.6
..
..
20102001-11 20112011-151991-01
4.4
3.4
2.8
3.0
1.9
4.8
3.6
2.6
9.0
-2.0
-3.1
-3.9
4.8
3.2
5.8
Diamant du développement*
Espérance de vie
Accès à l'eau potable
Tunisie
Groupe à revenu moyen supérieur
Scolarisation
PIB
par
tête
Ratios économiques*
Commerce
Endettement
Tunisie
Groupe à revenu moyen supérieur
CapitalÉpargne
intérieure
Diamant du développement*
Espérance de vie
Accès à l'eau potable
Tunisie
Groupe à revenu moyen supérieur
Scolarisation
PIB
par
tête
Ratios économiques*
Commerce
Endettement
Tunisie
Groupe à revenu moyen supérieur
CapitalÉpargne
intérieure
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Ce programme
est financé
par l'Union européenne
33
20
10
0
-10 06
07 08 09 10 11
Croissance du capital et du PIB (%)
Croissance des exportations
et importations (%)
GCF GDP
06 07 08
09
10
11
20
10
0
-10
-20
Exports Imports
20
10
0
-10 06
07 08 09 10 11
Croissance du capital et du PIB (%)
Croissance des exportations
et importations (%)
GCF GDP
06 07 08
09
10
11
20
10
0
-10
-20
Exports Imports
STRUCTURE de L’ÉCONOMIE
(% Du PIB)
Agriculture
Industrie
Fabrication
Services
La dépense de consommation finale des ménages
Administrations publiques dépense de consommation finale
Les importations de biens et services
20011991 2010
19.1
33.1
19.4
47.8
62.4
16.6
45.3
10.7
30.0
18.8
59.4
61.2
16.6
46.7
8.9
31.3
18.1
59.8
65.5
17.6
55.8
2011
8.0
31.1
18.4
61.0
62.5
16.2
54.9
(Croissance annuelle moyenne)
Agriculture
Industrie
Fabrication
Services
La dépense de consommation finale des ménages
Administrations publiques dépense de consommation finale
Formation brute de capital
Les importations de biens et services
2001-111991-01 2010
2.5
4.4
5.9
5.8
4.4
4.6
3.4
4.5
2.5
30.0
2.9
6.6
4.0
5.2
3.6
2.2
4.0
2.0
1.3
..
-7.1
5.8
-3.5
-9.2
2011
-7.9
4.4
11.6
..
2.6
5.1
0.7
3.8
Note: Les données de 2011 sont des estimations préliminaires.
Ce tableau a été réalisé à partir de la base de données de l’économie du développement LDB.
* Les losanges illustrent quatre indicateurs clés du pays (en gras) par rapport à son groupe de revenu moyen.
Si les données sont manquantes, le diamant sera incomplet.
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34
PRIX et
FINANCES PUBLIQUES
Les prix intérieurs
(Variation en%)
Prix à la consommation
Déflateur implicite du PIB
Finances publiques
(En% du PIB, inclut les dons courants)
Les recettes courantes
Solde budgétaire courant
Excédent / déficit
20011991 2010
8.2
7.0
26.4
3.0
-5.2
1.9
2.8
22.0
4.2
-3.2
5.2
5.0
21.2
1.0
-5.3
2011
4.4
4.7
22.9
5.1
-1.2
COMMERCE
(En millions de US $)
Total des exportations (fob)
Carburant
Agriculture
Manufactures
Total des importations (caf)
Nourriture
Carburant et de l’énergie
Les biens d’investissement
Indice des prix des exportations (2000 = 100)
Indice des prix des importations (2000 = 100)
Période de l’échange (2000 = 100)
20011991 2010
..
..
..
..
..
..
..
..
..
..
..
..
..
..
..
..
..
..
..
..
..
..
17,617
2,711
1,461
11,797
22,054
1,617
2,984
4,719
..
..
..
2011
..
..
..
..
..
..
..
..
..
..
..
06 07 08 09 10 11
8
6
4
2
0
25,000
20,000
15,000
10,000
5,000
0
05 06 07 08 09 10 11
Exports Imports
Inflation (%)
Niveau des Importations
et Exportations (US $ mill.)
CPIGDP deflator
06 07 08 09 10 11
8
6
4
2
0
25,000
20,000
15,000
10,000
5,000
0
05 06 07 08 09 10 11
Exports Imports
Inflation (%)
Niveau des Importations
et Exportations (US $ mill.)
CPIGDP deflator
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35
BALANCE DES PAIMENTS
(En millions de US $)
Les exportations de biens et services
Les importations de biens et services
Solde des ressources
Bénéfice net
Transferts courants nets
Solde du compte courant
Items de financement (net)
Variations des réserves nettes
Mémo:
Réserves y compris l’or (en millions de US $)
Le taux de conversion (DEC, local / $ US)
20011991 2010
5,110
5,656
-545
-595
563
-577
475
103
801
0.9
9,518
10,423
-905
-941
983
-863
1,118
-255
1,999
1.4
23,219
24,163
-943
-3,312
1,742
-2,513
1,254
1,259
8,204
1.4
2011
22,236
24,351
-2,115
-2,270
2,267
-2,118
1,926
192
9,471
1.4
DETTE EXTÉRIEURE
et FLUX DES RESSOURCES
(En millions de US $)
La dette totale et décaissée
BIRD
IDA
Service total de la dette
BIRD
IDA
Composition des flux nets de ressources
Dons officiels
Les créanciers officiels
Les créanciers privés
L’investissement étranger direct (flux nets)
Balance du portefeuille (entrées nettes)
Programme de la Banque mondiale
Engagements
Décaissements
Les remboursements de capital
Les flux nets
Les paiements d’intérêts
Les transferts nets
20011991 2010
8,251
1,552
58
1,364
236
2
100
509
-167
125
34
306
297
127
171
111
60
12,916
1,297
37
1,394
226
2
94
423
642
452
-15
328
293
148
145
80
65
22,335
1,775
16
2,661
195
2
..
1,313
-904
1,143
0
592
597
153
444
44
400
2011
22,048
1,381
18
2,359
199
2
142
636
-550
1,334
-26
138
234
159
74
42
32
Note: Ce tableau a été réalisé à partir de la base de données LDB l’économie du développement.
0
-1
-2
-3
-4
-5
-6
Solde du compte courant
par rapport au BIP
D : 5,838
C : 419
B : 16
A : 1,775
E : 3,683
G : 4,967
F : 5,637
Composition de la dette
en 2011 (US$ mill.)
A - BIRD
B - IDA
C - FMI
D - Autre multilatéral
E - Bilatéral
F - Privé G - Court terme
05 06 07 08 09 10 110
-1
-2
-3
-4
-5
-6
Solde du compte courant
par rapport au BIP
D : 5,838
C : 419
B : 16
A : 1,775
E : 3,683
G : 4,967
F : 5,637
Composition de la dette
en 2011 (US$ mill.)
A - BIRD
B - IDA
C - FMI
D - Autre multilatéral
E - Bilatéral
F - Privé G - Court terme
05 06 07 08 09 10 11
Notes
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
CréationetgraphismeAlainDalerci.CreditPhoto:INJEP.ImpriméenFRANCE,Septembre2013
Auteur:
Erik Churchill,
Consultant en développement basé en Tunisie,
analyste, blogueur
Comité de rédaction:
B. Abrignani,
Directeur de projet du RCBS-CATSAM
F. Demicheli,
Chargée de Mission du Centre de ressources
SALTO-JEUNESSE Euromed
M.R. Valentini,
Expert en communication du RCBS-CATSAM
Hélène BREANT,
Traduction de l’anglais au français
Directeur de la publication :
Programme Euromed Jeunesse IV financé
par l’UE dans le cadre
de la politique européenne de voisinage
en collaboration avec le Centre
de ressources SALTO-JEUNESSE EuroMed
Le travail de la jeunesse en Tunisie
après la Révolution
Le travail de jeunesse
en Tunisie après
la Révolution
Cette publication ne représente pas l’opinion
officielle de la CE ou des institutions de l’UE.
La CE n’assume aucune responsabilité quelle
qu’elle soit quant à son contenu.
Cette publication a été réalisée et financée par
l’Unité de renforcement des capacités et d’appui
(RCBS-CATSAM) au programme régional Euromed
Jeunesse IV, à destination des pays participant à
la Politique Européenne de voisinage Sud (Algérie,
Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Palestine,
Tunisie).
Le rôle du RCBS-CATSAM est de soutenir les Uni-
tés EuroMed Jeunesse (UEMJs) dans leur efforts
pour assurer une mise en œuvre efficace du pro-
gramme Euromed Jeunesse IV et un achèvement
optimal des résultats.
Les objectifs spécifiques du RCBS-CATSAM sont
les suivants:
• orientation et formation des UEMJs, des
chefs de projet et des organisations,
• coordination et synergies entre les acteurs
et les parties prenantes (programme européen
Jeunesse en Action, Plate-forme Jeunesse
Euromed, etc.),
• visibilité et communication.
Le travail de jeunesse en Tunisie après la Révolution
This programme
is funded
by the European Union
Cette publication ne représente pas l’opinion
officielle de la CE ou des institutions de l’UE.
La CE n’assume aucune responsabilité quelle
qu’elle soit quant à son contenu.
Le travail de la jeunesse
en Tunisie après la Révolution
Le travail de jeunesse est en pleine évolution et offre de nouvelles et intéres-
santes perspectives pour le futur proche. Le champ du travail de jeunesse
dans les pays Meda fait face à de très forts changements et le rôle des jeunes
est de plus en plus important et pertinent dans la société.
Ceci est le premier numéro d’une collection publiée en plusieurs langues,
intitulée : «travail de jeunesse en... » et composée de publications con-
sacrées au travail de jeunesse dans les pays situés dans la région sud de la
politique européenne de voisinage.
Cette collection vise à soutenir la coopération dans la région EuroMed en
fournissant une réflexion approfondie sur les enjeux et les défis actuels pour
le travail en direction des jeunes dans le contexte euro-méditerranéen.
« Le travail de jeunesse en Tunisie après la révolution » est un des résultats
de la visite d’étude, organisé sous la coordination du RCBS – CATSAM (Unité
régionale de renforcement des capacités et d’Appui au programme EuroMed
Programme Jeunesse IV) ; intitulé « après le printemps arabe: la réalité du
travail de jeunesse », qui s’est déroulé en Tunisie du 26 au Juin au 1er Juillet
2012, et qui a offert la possibilité de travailler et de réfléchir sur le travail de
jeunesse et la politique après la Révolution.
Cette publication fournit :
• un aperçu sur le travail en direction des jeunes en Tunisie;
• un contexte éducatif et pédagogique du travail de jeunesse en Tunisie;
• Les défis pour les travailleurs de jeunesse après la révolution;
• des exemples de projets en direction des jeunes.
Téléchargez-le gratuitement à l’adresse : www.euromedyouth.net
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Le travail de jeunesse en Tunisie après la Révolution

  • 1. Ce programme est financé par l'Union européenne Le travail de jeunesse en Tunisie après la Révolution
  • 2. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 2 Table des Matières Synthèse 3 Introduction 4 1. Objectifs de l’étude 6 1.2 Méthodologie 1.3 Enjeux de l’étude 2. La situation des jeunes - contexte général 8 2.2 Définition de la jeunesse 2.3 Démographie 3. Contexte du travail de jeunesse en Tunisie 9 3.2 Contexte politique 3.3 Contexte économique et social 3.4 La participation des femmes 11 4 Contexte éducatif et pédagogique du travail de jeunesse en Tunisie 11 4.2 Le rôle du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Education physique 12 4.3 L’héritage du contrôle étatique 4.4 Education formelle et non-formelle 13 5. Les défis des travailleurs de jeunesse après la Révolution 15 5.2 Evolutions du cadre législatif 16 6. Exemples de projets en faveur de la jeunesse 18 7. Conclusion 20 Annexes Profile du pays 22 Euro-Med, Jeunesse en Action et SALTO 24 Le Programme Euro-Med Jeunesse Jeunesse en Action 25 SALTO 26
  • 3. responsabilités. La reconnaissance de ces disparités régionales est l’un des éléments clés pour les organisa- tions de jeunesse et les institutions. Alors que les ONG et les organisations gouvernementales sont bien présentes dans les régions côtières de Tunisie, l’intérieur du pays est négligé dep- uis longtemps. L’une des réformes prioritaires du travail de jeunesse dans ce pays est donc la décentralisation des moyens budgétaires et la délégation des prérogatives publiques directe- ment aux régions, et ce afin de permettre aux agences de cibler des activités adaptées aux besoins régionaux. L’éducation formelle, à travers un système édu- catif extrêmement centralisé, reste le prisme à travers lequel le gouvernement tunisien ap- préhende le travail de jeunesse et la participa- tion des jeunes. L’héritage du contrôle étatique limite encore le nombre d’organismes indépendants sus- ceptibles d’offrir des opportunités en matière d’apprentissage non formel – un domaine que nombre d’experts ont depuis longtemps identi- fié comme essentiel pour répondre aux besoins des jeunes, notamment le développement des compétences générales indispensables à qui veut s’insérer sur le marché du travail. Le lien du travail de jeunesse avec le régime dé- chu, en particulier avec le parti politique RCD (Rassemblement constitutionnel démocra- tique) a nui aux activités destinées aux jeunes. Aujourd’hui, les travailleurs de jeunesse recon- naissent l’importance d’être considérés comme des acteurs indépendants - au service de la jeu- nesse et non de l’Etat. Le centralisme a égale- ment induit dans de nombreuses régions un sentiment d’abandon au regard des priorités des programmes visant le travail de jeunesse. En effet, ce qui fonctionne à Tunis ne fonctionne pas nécessairement à l’intérieur du pays. In fine, en partie du fait d’un passé centralisé, le travail de jeunesse en Tunisie peine à toucher les jeunes les plus à risque. Résoudre ces problèmes criants est l’une des préoccupations majeures du gouvernement tu- nisien, qui cherche à préserver ce qui a fait ses preuves et à réformer ce qui doit l’être. Il est des moments dans l’Histoire où des activités ordi- naires prennent une dimension extraordinaire. La révolution de la jeunesse tunisienne en 2011 est l’un de ces moments. Lasse de subir une répression infâme, la jeunesse tunisienne s’est révoltée, initiant ce qu’on a appelé par la suite le Print- emps Arabe. C’est dans ce contexte que le programme EuroMed Jeunesse a dé- cidé de s’intéresser aux conséquences de ce soulèvement pour les programmes de soutien au travail de jeunesse en Tunisie. En 2012, la jeunesse tunisienne est confron- tée aux mêmes difficultés qu’auparavant : taux de chômage élevé, exclusion et désillu- sion. On relève cependant des signes d’espoir. Un nouveau cadre légal garantissant la liberté d’association a permis à de nouvelles associa- tions de voir le jour. Ces dernières ont apporté une certaine fraîcheur à la vie associative en Tunisie mais nombre d’organisations se disent incapables de résoudre les énormes problèmes auxquels font face les jeunes des communités tunisiennes – faute de moyens et de finance- ments. La culture des jeunes tunisiens se caractérise par les mêmes différences que celles qui di- visent la société. Des disparités régionales, un système éducatif à réformer ainsi qu’un marché du travail très restreint sont autant de facteurs qui contribuent aux difficultés que rencontrent les jeunes en Tunisie. Sur cette toile de fond, la structure du travail de jeunesse en Tunisie est restée largement intacte. Le gouvernement tunisien offre aux jeunes une large palette de services destinés à faciliter leur vie civique, à travers nombre d’institutions. Ces services concernent l’emploi, la formation (formation professionnelle, acqui- sition de compétences et travail indépendant), la participation et la citoyenneté active ainsi que les loisirs. Tout cela constitue le socle du pro- gramme global de la Tunisie pour la jeunesse. Toutefois, on observe des difficultés de coordi- nation entre ces différents services et agences, ce qui entraîne une couverture fragmentée ain- si qu’une ambiguïté et un chevauchement des Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 3 Synthèse
  • 4. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 4 La révolution tunisienne de janvier 2011, au cours de la- quelle un soulèvement populaire a chassé un despote du pouvoir, a allumé l’étincelle du Printemps Arabe. Le cou- rage et la non-violence des jeunes tunisiens qui se sont révoltés ont inspiré d’autres mouvements à travers le monde arabe, au cours des évènements qualifiés ensuite de “Printemps Arabe”. Dans cette révolution, le rôle de la jeunesse s’est avéré déterminant. En effet, ce n’est pas par hasard qu’un jeune homme instruit mais au chômage, Mohamed Bouazi- zi, est devenu l’icône de la révolution, sous le régime précédent, incapable de répondre aux attentes de la frange la plus importante de la population. Son suicide - après la saisie par la police des fruits qu’il était venu vendre - a incarné les frustrations de nombreux jeunes Tunisiens. Toutefois,deuxansaprèslarévolutionet avec le premier parlement issu d’élec- tions libres, nombre de problèmes de la jeunesse tunisienne restent d’actua- Tunis, 26-06-2012 – Ouverture officielle « Visite d’étude : le travail de Jeunesse en Tunisie après la révolution Introduction
  • 5. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 5 lité. La révolution per se, entraînant un ralentissement économique associé aux difficultés économiques de l’Eu- rope, a rendu la Tunisie incapable à ce jour de résoudre les problèmes qui l’ont précisément déclenchée – à savoir le chômage et l’absence de perspectives pour les jeunes. C’est pour lutter contre ce recul qu’en juin 2012, l’unité tunisienne Euro-Med Jeunesse, chargée du programme EuroMed Jeunesse IV, en coopération avec le Centre de ressources Salto-Youth EuroMed, a sillonné la Tunisie. L’objectif était d’étudier la manière dont les associations de jeunesse répondaient aux besoins de cette généra- tion et de voir comment des organisations européennes pourraient contribuer à l’intensification des échanges entre l’Europe et la Tunisie. Ce rapport est le fruit de cette visite, au cours de laquelle 28 participants de 18 pays européens ont rencontré leurs homologues au Ministère tunisien de la Jeunesse, dans les clubs de jeunes locaux et au sein des or- ganisations de la société civile qui travaillent avec les jeunes, et ce afin de comprendre la situation sur le terrain et d’imaginer de pos- sibles partenariats.
  • 6. “Le travail de jeunesse en Tunisie après la Révolution” s’intègre dans une nouvelle col- lection de publications consacrées au tra- vail de jeunesse dans les pays partenaires de la région Euro-Méditerranée (pays dits MEDA). Cette collection vise à soutenir la coopération au sein de la zone EuroMed et à apporter une réflexion en profondeur sur les problèmes et enjeux du travail de jeunesse dans ce contexte euro-méditerranéen. Les changements intervenus dans la région MEDA ont révélé l’importance d’ouvrir de nouvelles perspectives sur les probléma- tiques auxquelles font face les jeunes, ainsi que le rôle essentiel que joue la jeunesse dans l’instauration de nouvelles dyna- miques dans ces pays. Cette étude a pour objectif de contribuer à la réflexion générale sur le travail de jeu- nesse en Tunisie après la révolution de 2011 et de fournir de nouveaux outils pour comprendre un paysage en pleine mutation. L’apport spécifique de cette étude consiste en un état des lieux du travail de jeunesse actuellement mené en Tunisie, ainsi que des changements à l’oeuvre en matière de travail et services dédiés aux jeunes, dans le sillage de la révolution. Un accent parti- culier sera mis sur la manière dont le tra- vail de jeunesse répond aux attentes de la jeunesse en cette période post-révolution- naire, notamment en matière d’inclusion sociale, d’emploi et de citoyenneté active. La méthodologie de cette étude associe des analyses quantitatives, qualitatives et in- stitutionnelles – l’objectif étant de fournir une analyse du travail de jeunesse fondée sur des réalités économiques et institution- nelles. L’analyse quantitative de données sur la production économique et la démographie (cf annexe) se fonde sur des sources com- plémentaires de la Banque Mondiale, de l’Institut National de la Statistique (INS) tu- nisien ainsi que d’un ensemble de données internationales du U.S. Census Bureau. Les données concernant le développement hu- main proviennent du Programme des Na- tions Unies sur l’Indice de Développement Humain (IDH, 2011). L’analyse qualitative (voir aussi en annexe) a été menée en croisant recherches et en- tretiens avec des travailleurs de jeunesse et des ONG en Tunisie, en juin et juillet 2012, avec l’appui de l’Unité EuroMed Jeunesse de Tunis. L’analyse institutionnelle (cf annexe) est étayée par des informations du ministère tunisien de la Jeunesse et des Sports, de l’Observatoire National tunisien de la Jeu- nesse ainsi que du Bureau des Associations placé auprès du Premier Ministre. 1.2 Méthodologie 1.3 Enjeux de l’étude Il est difficile d’analyser les documents sur les nouvelles associations tunisiennes du fait des informations lacunaires recueil- lies par les agences, officielles ou non. La loi de 2011 sur la formation et le finance- ment des associations, qui a libéralisé et accéléré l’enregistrement des organisa- tions tunisiennes, a eu un impact consi- dérable sur le nombre d’associations ré- pertoriées en Tunisie. Dans l’année qui a suivi ce texte, plus de 3000 nouvelles ONG ont été enregistrées. De même, d’après des sources officielles présentes auprès du Premier Ministre, le régime précédent avait gonflé le nombre d’ONG en activité, tentant ainsi de faire croire à une société civile plus dynamique. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 6 1.Objectifs de l’étude
  • 7. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 7 Institut Universitaire de formation des cadres de la Jeunesse de Bir el Bey Il est donc difficile de dénombrer précisé- ment les associations, notamment de re- pérer celles qui agissent réellement aux côtés des jeunes ou travaillent sur des pro- jets liés à la jeunesse. En plus de cette ouverture accordée aux ONG tunisiennes, les bailleurs étrang- ers ont accru leurs opérations en Tunisie, notamment les institutions multilatérales (Banque Mondiale, Nations Unies) mais aussi les bailleurs bilatéraux tels que les agences nationales (le DfID britannique, l’A.F.D. en France, l’USAID aux Etats-Unis) et les fondations privées. Nombre de ces interventions étrangères ont ciblé plus spécifiquement divers as- pects de la participation des jeunes, dont l’emploi des jeunes, la citoyenneté active, la participation politique et le renforce- ment des capacités de la société civile. Alors que le partenariat de Deauville – à travers lequel les bailleurs se sont enga- gés à fournir une assistance financière et technique à la Tunisie et aux autres pays du Printemps Arabe – visait à mieux coor- donner les projets de développement, on observe en pratique un chevauchement important entre les organisations donatri- ces. Il est donc impossible d’effectuer une évaluation précise du travail de jeunesse en Tunisie à travers le seul prisme des pro- grammes SALTO / EuroMed dans ce pays. DfID : Département du développement international A.F.D : Agence Française pour le Développement USAID : Agence américaine pour le développement international
  • 8. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 8 2.2 Définition de la Jeunesse 2.3 Démographie La République tunisi- enne compte 10.6 millions d’habitants. A l’instar de nombre de ses voisins, sa dé- mographie est caractérisée par la présence d’une forte “poussée de la jeunesse”. En Tunisie comme partout dans le monde, les définitions de la jeunesse sont multiples. La révolte tunisienne a particulièrement mis en exergue le terme “jeunesse” – shebab – celle-ci étant considérée comme à l’origine du soulèvement. Et si le concept de “jeunesse” est mouvant, nous considérons pour les besoins de cette étude que la jeunesse et le travail de jeu- nesse concernent les 15-25 ans – cible tra- ditionnelle de l’approche du gouvernement tunisien en la matière. Toutefois, le lecteur notera que le soulève- ment de fin 2010 a été baptisé “révolte de la jeunesse” et que l’Etat post-révolutionnaire a adopté cette expression – qu’il considère comme un moyen de défendre la révolution. Dans ce contexte, la jeunesse recouvre une acception plus large que celle communé- ment utilisée par les travailleurs de jeunesse - allant jusqu’à l’âge de 40 ans environ. En plus des enjeux politiques du terme “jeu- nesse” dans la Tunisie d’aujourd’hui, la dé- mographie révèle toute l’importance de la part de la jeunesse au sein de la population dans son ensemble. Le point 2.3 y est con- sacré. Kairouan, 28.06.2012 Visite de la ville et présentation du projet « Héritage à Kairouan » 2.La situation des jeunes : contexte général Les 15 et 29 ans représentent en effet plus de 28% de la population et 51% de la popu- lation a moins de 30 ans. Cependant, le taux de natalité en Tunisie – contrairement à d’autres pays de la ré- gion – ne cesse de décroître ; le nombre de jeunes âgés de 15 à 29 ans devrait décliner et tomber à moins de 21% de la population dans dix ans. Il n’en demeure pas moins que, comme nous l’expliquions au point 2.1, la jeunesse représente non seulement une part impor- tante de la population tunisienne, mais son rôle dans la révolution lui a conféré aussi une influence jusqu’alors inédite.
  • 9. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 9 Le contexte politique de la Tunisie après son indépendence peut être résumé en trois pé- riodes principales. La première a été con- duit par le leader de l’indépendance, Habib Bourguiba, de 1956 à 1987. La seconde a été marquée par Zine el-Abadine Ben Ali, de 1987 à 2011. La troisième est cette pé- riode post-révolutionnaire, cette transition démocratique ponctuée par les premières élections libres et équitables organisées en octobre 2011. Les deux premières périodes ont connu le règne d’un Etat dirigé par un parti unique. La répression des militants de l’opposition et des droits humains étaient monnaie courante dès les années 1970 et l’accès à l’information ainsi que la vie associative ont été durement restreints sous la férule de Ben Ali. Bien que des associations tunisiennes fus- sent autorisées, elles étaient souvent coop- tées par l’Etat et détournées à des fins poli- tiques. Tous les groupes perçus comme autant de menaces à l’Etat étaient systéma- tiquement réprimés. Le soulèvement de 2011 a représenté un 3.2 Contexte politique tournant décisif pour la vie associative en Tunisie. Le gouvernement technocratique constitué en mars 2011 suite à la suspen- sion de la Constitution a adopté plusieurs lois accroissant les libertés individuelles et associatives. La principale d’entre elles est le décret 2011-88 autorisant la libre créa- tion d’associations, sans aucune restriction. Dans le sillage de cette loi, plus de 3000 as- sociations ont vu le jour. Le décret a égale- ment transféré l’enregistrement officiel des associations du Ministère de l’Intérieur au Bureau des associations placé auprès du Premier Ministre. Le gouvernement de transition a aussi ou- vert la voie à des élections libres, accessi- bles à tous les partis politiques, qui ont eu lieu en octobre 2011 et porté au pouvoir un gouvernement de coalition emmené par le parti islamiste Ennahda. Ces élections ont également créé une Assemblée Constitu- ante, chargée de rédiger la nouvelle Consti- tution du pays. Les jeunes se sont fortement impliqués dans ces campagnes en tant que membres de partis politiques ainsi que dans l’esquisse de la Constitution, exigeant régulièrement que celle-ci inclue les droits humains. Toutefois, la période qui a suivi les élections a été marquée par une polarisation crois- sante de la société tunisienne, avec à son apogée des débats houleux entre figures de la société civile, du monde du travail ou de la politique. Si le soulèvement de 2011 a apporté aux Tu- nisiens nombre de libertés civiles dont ils avaient longtemps été privés, il était aussi le résultat de conditions économiques et 3.3 Contexte économique et social 3. Contexte du travail de jeunesse en Tunisie La culture des jeunes en Tunisie est mar- quée par les mêmes divisions que celles qui traversent la société dans son ensemble. Des disparités régionales, un système édu- catif à réformer et un marché du travail ex- trêmement restreint sont autant de facteurs qui contribuent aux problèmes que rencon- trent les jeunes Tunisiens. Afin de comprendre ces défis, il est indis- pensable d’observer d’abord le contexte politique et économique dans lequel évolue le pays en 2012.
  • 10. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 10 sociales en régression, notamment pour les jeunes. Durant des années, les structures de l’économie tunisienne ont empêché la création d’emplois de croître au rythme auquel les jeunes entraient sur le marché du travail. Le chômage reste un problème social majeur, notamment pour les jeunes travailleurs diplômés de l’enseignement supérieur. Suite à la révolution, le taux de chômage en Tunisie a bondi de 6 points, passant de 13 à 19%. Pour les jeunes de 15 à 29 ans haute- ment qualifiés, le taux de chômage dépasse 44%. Le fléau du chômage en Tunisie est cor- rélé à des problèmes à la fois internes et externes. Depuis la révolution en effet, l’économie souffre de l’instabilité géné- rale du pays, qui a affecté des industries clés – notamment le tourisme qui emploie directement et indirectement quelque 20% des Tunisiens. Les difficultés économiques que rencontrent les principaux partenaires commerciaux de la Tunisie ont aussi ral- enti sa croissance. Ainsi, les exportations tunisiennes vers l’Union Européenne – qui représente 70% des exportations du pays – ont été affectées par la crise de la zone Euro. Entre temps, l’instabilité de la Libye, considérée longtemps comme un marché attractif pour les travailleurs tunisiens, a été un frein qui commence seulement à se lever. Les problèmes structurels de la Tunisie ex- pliquent également son atonie sur le plan économique, notamment le décalage entre les performances universitaires et les op- portunités d’emploi, ainsi que la capacité du secteur public à offrir du travail à la jeu- nesse. En effet, la plupart des diplômés de l’enseignement supérieur rejoignent la fonction publique – 44% seulement se tour- nent vers l’industrie et le privé. La forte demande de postes de fonctionnaires, con- sidérés par les jeunes comme les emplois les plus stables, faisait l’objet de corruption sous le régime précédent et suscitait chez de nombreux jeunes Tunisiens une frus- tration à l’égard d’un système qu’ils esti- maient truqué. Puis les contraintes budgétaires ont limité le nombre de jeunes diplômés intégrant la fonction publique. Les jeunes tunisiens considèrent souvent l’emploi dans le secteur privé comme pré- caire et insatisfaisant. Le système bancaire a souffert de corruption sous le régime pré- cédent et les agences chargées du soutien à l’entrepreunariat continuent à être per- çues comme trop bureaucratiques malgré les réformes qu’elles ont entreprises dep- uis la révolution. Les organisations de jeunesse précisément chargées de l’insertion professionnelle sont censées résoudre ces problèmes en reliant de jeunes professionnels à des op- portunités dans les entreprises mais leurs efforts portent le plus souvent sur les élites du pays. Pour les Tunisiens non diplômés de l’enseignement supérieur, les opportunités d’emploi sont plus abondantes mais pour des tâches souvent subalternes, avec peu de possibilities de progression de carrière et une forte précarité. Les règles du marché du travail adoptées pour encourager les embauches à long terme ont paradoxalement eu l’effet in- verse. Les employeurs, face à la rigidité du droit du travail, proposent souvent aux jeunes des contrats d’un mois seulement. Ils peuvent ainsi profiter de ces salariés pendant quatre ans avant de décider de prolonger – ou non – leurs contrats. L’entrepreunariat est un problème en soi, notamment pour les moins formés. En effet, de l’apprentissage non formel aux prêts bancaires, l’activité entrepreunariale constitue un gisement d’emplois pour les diplômés de l’enseignement supérieur. Le système éducatif lui-même fait partie intégrante du problème. Longtemps salués comme la marque de fabrique des indi- cateurs de développement tunisiens, les résultats des étudiants tunisiens aux exa- mens internationaux en mathématiques et en sciences se sont degradés ces vingt
  • 11. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 11 3.4 La participation des femmes Les femmes sont particulièrement touchées par le manque d’emploi. 92% des filles ter- minent l’école primaire en Tunisie, contre 90% des garcons. 87% des filles qui vont au bout du cursus primaire continuent dans l’enseignement secondaire, contre seule- ment 80% des garçons. Pourtant, malgré la hausse absolue et rela- tive du niveau d’études des femmes (com- paré aux performances masculines), leur participation au marché du travail reste lim- itée. La Banque Mondiale estime que seules 25% des femmes ont un emploi – chiffre stable depuis dix ans. Paradoxe des dynam- iques à l’oeuvre sur le marché du travail tunisien, plus on est diplômé, moins on a de perspectives. Les taux de chômage sont en effet plus élevés pour les Tunisiens titu- laires d’un diplôme universitaire que pour les moins diplômés. Comme le notait Lahcen Achy dans son étude de l’économie tunisienne pour la Fondation Carnegie, “L’éducation s’avère être une épée à double tranchant, qui ac- croît les espérances des jeunes diplômés tout en nourrissant leurs frustrations… En dernières années – reflétant ainsi le déclin général du système éducatif du pays, et ce malgré l’investissement massif dans le sys- tème éducatif estimé à plus de 7% du Pro- duit Intérieur Brut. On observe un décalage important entre les attentes du marché du travail et les diplômés universitaires obtenus. Le sys- tème éducatif repose en effet largement sur des modèles théoriques, et nombre de diplômés ne sont pas préparés à travailler dès la fin de leurs études. Et si des efforts ont été faits pour amélio- rer les opportunités professionnelles et encourager la formation professionnelle pratique pour les étudiants, les résultats se font encore attendre. 4 Contexte éducatif et pédagogique du travail de jeunesse en Tunisie moyenne, chaque diplômé de l’université reste au chômage pendant 2 ans et 4 mois à l’issue de son cursus, soit neuf mois de plus que les non-diplômés.” Ce problème se pose pour les femmes avec encore plus d’acuité. Elles ont en effet plus de difficulté à travailler dans le privé et ont vu leurs opportunités d’emploi dans la fonc- tion publique s’amenuiser. Un récent rapport de la Banque Africaine de Développement l’affirme : “à nombre égal d’hommes et de femmes ingénieur(e)s en activité, l’industrie et le privé recrutent 79 femmes pour 100 hommes, tandis que les services publics embauchent 108 femmes pour 100 hommes.” Le gouvernement tunisien offre aux jeunes une large palette de services destinés à faciliter leur vie civique, à travers nom- bre d’institutions. Ces services concernent l’emploi, la formation (formation profes- sionnelle, acquisition de compétences et travail indépendant), la participation et la citoyenneté active ainsi que les loisirs. Tout cela constitue le socle du programme global de la Tunisie pour la jeunesse. Toutefois, on observe des difficultés de coordination en- tre ces différents services et agences, ce qui entraîne une couverture fragmentée ainsi qu’une ambiguïté et un chevauchement des responsabilités.
  • 12. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 12 Le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Education physique reste le coeur de la politique de jeunesse du gouverment tu- nisien. Il travaille avec le Ministère des Af- faires de la Femme, de l’Enfance et de la Famille autour de la protection des enfants et adolescents mineurs (moins de 18 ans), le MinistèredesAffairessocialesetdel’Emploi pour les jeunes majeurs, les ministères de l’Education, de l’Enseignement supérieur et de la Justice pour la prévention et l’aide aux enfants maltraités, ainsi qu’avec le Ministère de la Culture. Il existe depuis 2002 un Observatoire Na- tional de la Jeunesse (O.N.J.) qui organ- ise régulièrement des consultations afin de préparer des plans de développement. L’ONJ est aussi chargé d’études sur la jeu- nesse tunisienne. Le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Education physique gère également un Institut de formation de la jeunesse situé à Bir el Bey, qui forme les travailleurs de jeunesse appelés à travailler auprès du ministère comme dans les centres d’accueil des jeunes partout en Tunisie. Afin de s’assurer que les activités dévelop- pées dans ces centres répondent à leurs at- tentes et à leurs besoins, le Ministère de la Jeunesse et des Sports a annoncé en 2002 la mise en oeuvre d’un plan national pour le développement de la jeunesse, visant à fournir à 310 centres de jeunes des salles équipées d’ordinateurs reliés à l’internet, des espaces dédiés à l’apprentissage des langues et d’autres, aux loisirs. Ce plan comprenait aussi la création de 24 unités d’information et de développement au sein des centres urbains, dans chaque région. On distingue trois types de travailleurs de jeunesse en Tunisie : • Travailleurs de jeunesse permanents : diplômés de l’Institut Supérieur de l’Animation pour la Jeunesse et la Cul- ture (I.S.A.J.C.), ils deviennent fonction- naires sous le grade de professeur ; • Facilitateurs de contrats : salariés en activité, chargés de l’apprentissage non formel et sollicités par les directeurs des centres d’accueil de jeunes pour animer un club ; • Travailleurs de jeunesse volontaires : jeunes gens prêts à s’investir bénévole- ment au sein des centres de jeunes. 4.3 L’héritage du contrôle étatique Le gouvernement tunisien sous la férule de Ben Ali se caractérisait par une concen- tration du pouvoir dans la capitale et les régions côtières, au détriment des régions de l’intérieur du pays. Les programmes de jeunesse en Tunisie ont donc été fortement centralisés. Les politiques et stratégies en direction des jeunes étaient définies à Tu- nis, sans coopération systématique avec les régions. Cependant, les centres dédiés aux jeunes en région ont continué à progresser, malgré les disparités observées entre les sites. En milieu rural notamment, les installations peuvent souffrir d’un accès difficile et/ou d’un manque d’équipement. Et si le gouvernement a investi dans des programmes de jeunesse mobiles, ces der- niers ne couvrent pas toutes les populations et sur nombre de sites, on ne croise un tra- vailleur de jeunesse que quelques fois par mois. Le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Education physique est en train de con- cevoir une nouvelle politique de jeunesse appelée à être “le fruit de la révolution”. Le ministère mène actuellement une étude diagnostique de la jeunesse tunisienne qui 4.2 Le rôle du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Education physique
  • 13. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 13 servira de base à des politiques transver- sales et interministérielles. L’enjeu de cette nouvelle politique est de déchiffrer dans quelle mesure les pro- grammes créés sous la dictature doivent être poursuivis. Au sein du ministère, un fi- nancement constant pour les maisons des jeunes fait l’objet d’un large consensus. Il est toutefois probable que des change- ments substantiels interviennent dans leur mode de financement. Les zones rurales, à l’intérieur du pays, verront probablement leurs financements s’accroître par rap- port aux dotations des régions côtières. Le ministère met aussi davantage l’accent sur les actions sanitaires et sociales, l’éveil de la citoyenneté et l’environnement. Il a également exprimé son intérêt pour un tra- vail plus étroit avec les organisations de la société civile pour la mise en oeuvre de ces activités. En matière de décentralisation, le nouveau gouvernement pourrait aussi changer de politique. La décentralisation des services publics, voire l’élection d’autorités locales, est de la plus haute importance pour le gouvernement tunisien actuel. Ce change- ment de cap pourrait transformer en pro- fondeur le paysage dans lequel évoluent les travailleurs de jeunesse qui, d’après le gouvernement, auraient plus de souplesse dans la définition des programmes les mieux adaptés aux besoins spécifiques des jeunes auprès desquels ils interviennent. Néanmoins, des voix s’élèvent contre la décentralisation, synonyme pour certains d’inconvénients pour certains groupes comme les femmes, dans les zones les plus conservatrices du pays. Les programmes officiels en faveur de la jeunesse n’ont que des partenariats limités avec des organisations externes qui pour- raient contribuer à améliorer l’accès aux services offerts. Toutefois, le Ministère de la Jeunesse a commencé à développer des programmes pour l’emploi de jeunes en lien avec d’autres ministères. Ainsi, le service civique volontaire permet à de jeunes diplômés de l’enseignement supérieur recherchant un emploi pour la première fois de leur vie (et n’ayant jamais bénéficié de cours de préparation à la vie professionnelle), d’effectuer - volontaire- ment et à temps partiel - des stages au ser- vice de la collectivité. Cela leur permettrait d’acquérir des compétences pratiques et des savoirs-être professionnels qui facili- teront leur insertion sur le marché du tra- vail en tant que salariés ou travailleurs in- dépendants. Ce programme est chapeauté par des as- sociations ou organisations profession- nelles dans le cadre d’accords conclus avec le Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle. La gestion en a été confiée à l’agence nationale pour l’emploi. La du- rée du cours ne peut excéder 12 mois. Une allocation mensuelle de 150 dinars est versée à l’apprenti tout au long de sa for- mation. Le Fonds National pour l’Emploi peut pren- dre en charge jusqu’à 60% du coût des transports publics supporté par l’apprenti, dans le cadre d’un accord entre le ministère des Transports et celui de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Malgré ces efforts, l’intégration des jeunes à la vie civique et professionnelle reste for- tement contrainte. Ces contraintes révèlent les défis à relever et soulignent le besoin d’une approche du développement de la jeu- nesse plus systématique, stratégique et in- tégrée. Il faut également cibler plus claire- ment les jeunes les plus défavorisés. 4.4 Education formelle et non-formelle L’éducation formelle reste la norme de l’approche du gouvernement tunisien en di- rection de la jeunesse et pour la participa- tion des jeunes. L’héritage du contrôle étatique a limité le nombre d’organismes indépendants en mesure d’offrir des opportunités d’apprentissage non-formel – pourtant
  • 14. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 14 identifié comme essentiel pour les jeunes, notamment en vue de développer les com- pétences générales indispensables à leur insertion sur le marché du travail. Les organisations étrangères jouent un rôle dans le secteur informel, notamment à tra- vers des programmes comme Euro-Med et Jeunesse en Action, qui soutiennent con- jointement des activités telles que le Service Volontaire Européen. Ces échanges ont per- mis à de nombreux Tunisiens d’apprendre Village de Sidi Salem, 28.06.2012 Visite du village pour voir le travail de jeunesse en milieu rural, animé par la Maison des Jeunes Itinérante non seulement auprès de jeunes travail- leurs européens mais aussi d’autres pays du monde arabe et méditerranéen.
  • 15. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 15 marché du travail. En effet, si les statis- tiques en matière d’éducation indiquent que la Tunisie reste en tête de la région, un large consensus admet que le système ne fournit pas la qualité requise par les em- ployeurs du pays. Les associations peuvent jouer un rôle important pour combler ce fossé à travers la formation, la mise en ré- seau et l’éducation non-formelle. Travailleurs de jeunesse et associations travaillent aussi directement avec le sys- tème éducatif afin d’offrir des opportunités d’apprentissage non-formel. Ces activités peuvent jouer un rôle important pour ame- ner vers les associations des jeunes qui n’y viendraient pas spontanément. Toucher de nouveaux jeunes est un enjeu majeur parce que nombre de jeunes Tunisiens consid- èrent les clubs de jeunes comme autant d’organes du régime déchu. Les travailleurs de jeunesse rencon- trent aussi des difficultés quand il s’agit d’enseigner et de transmettre de nouvelles expressions de la citoyenneté et des droits. Une large part de la nouvelle société civ- ile tunisienne, née après la révolution, est constituée d’initiatives de jeunes cherchant à susciter une prise de conscience des problèmes sociaux et à offrir des débou- chés aux jeunes Tunisiens qui souhaitent s’engager. Les élections d’octobre 2011 ont été pour nombre d’organisations une occasion d’encourager leurs communautés à al- ler voter. D’autres organisations ont mis l’accent sur la santé, l’environnement et les droits des femmes – autant de domaines qui auparavant relevaient du pré carré de l’Etat. Toutefois, ces nouvelles organisations sont confrontées à des problèmes de capacités. Alors que le temps passé à créer et financ- er une organisation a été considérablement réduit, peu de Tunisiens ont l’expérience du management d’organisations à but non lucratif, nécessaire à la constitution d’organisations durables. Un contexte politique en mutation, une Con- stitution visant à décentraliser certaines fonctions de l’Etat ainsi que l’émergence de Le système régissant le travail de jeunesse mis en place sous le régime de Habib Bourguiba, premier président de la Tuni- sie, a été largement conservé. Géré par le Ministère de la Jeunesse et des Sports, le travail de jeunesse consiste en une large palette de programmes visant à toucher les jeunes à travers tout le pays. L’Institut de Bir el Bey Institute (I.S.A.J.C.) situé à la sortie de Tunis est le centre de formation des cadres travailleurs de jeu- nesse. Les diplômés peuvent ensuite ac- céder à des postes de fonctionnaires dans l’un des 284 clubs de jeunes qui émail- lent le pays. Ces clubs, parfois mobiles pour toucher les régions rurales, offrent à la jeunesse tunisienne des possibilités d’apprentissage non-formel. Ils servent aussi de centres communautaires pour les associations non gouvernementales enga- gées dans le travail auprès des jeunes. Alors que le système étatique du travail de jeunesse reste inchangé, la réalité du travail de jeunesse a énormément évolué depuis la révolution. Tout fraîchement li- bres de pointer les carences de l’approche gouvernementale en matière de jeunesse, les fonctionnaires et les associations oeuvrent en faveur de solutions qui avaient été jusqu’à présent ignorées ou mises sous le boisseau. La reconnaissance des disparités région- ales est l’une de ces clés. Tandis que les or- ganisations gouvernementales et non gou- vernementales sont bien présentes dans les régions côtières, l’intérieur du pays a longtemps été négligé. L’une des priorités de la réforme du travail de jeunesse est donc la décentralisation à la fois des budg- ets et des priorités qui doivent être confiés directement aux régions. Les travailleurs de jeunesse sont aussi con- frontés à la difficulté de travailler avec des jeunes qui manquent souvent d’expérience et de compétences pour s’insérer sur le 5 Les défis des travailleurs de jeunesse après la Révolution
  • 16. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 16 milliers de nouvelles associations tunisi- ennes sont en train de transformer le tra- vail de jeunesse en Tunisie. Les difficultés rencontrées et la manière dont elles seront surmontées vont façonner une nouvelle génération de Tunisiens. vée. Le problème est que les bailleurs ab- horrent le risque et ne financent des organ- isations inconnues qu’à reculons. Les activités de la société civile tunisi- enne sont concentrées sur certains sujets. Basées à Tunis, les associations de haut niveau tendent à se centrer sur les droits humains, la culture et l’éducation. Les or- ganisations situées à l’intérieur du pays vont plutôt dans le sens du développement économique local.5.2 Evolutions du cadre législatif Deux nouveaux décrets ont établi le droit des citoyens à l’information et celui de se constituer en association. Cela comprend le droit de se réunir, de manifester, de pub- lier des rapports et d’effectuer des sond- ages. Les autorités publiques ne sont pas autorisées à entraver le travail des asso- ciations. Le gouvernement doit protéger le travail des associations de toute forme de violence, de vengeance et de discrimina- tion. Tous les Tunisiens ont le droit de créer une association, à l’exception de ceux qui occupent des fonctions de haut niveau dans un parti politique. Cette nouvelle loi facilite aussi la création d’ONG – ce qui peut être fait en dix jours à peine. Ces évolutions du cadre légal ont en- traîné une hausse importante du nombre d’associations. On recense aujourd’hui nombre de nouvelles associations (2000 enregistrées, 1000 en attente) qui oeuvrent dans divers domaines : économie, gouvern- ance, développement… La vie associative est très différente dans les centres économiques et dans l’intérieur du pays. Dans la capitale, il existe des as- sociations très bien structurées. En région, c’est l’inverse qui se produit, notamment parmi les jeunes. Ces organisations ren- contrent des difficultés à se structurer, à assurer leur comptabilité, à faire respecter un règlement, un vote, une véritable gou- vernance du bureau. Une aide extérieure a pu être fournie à des organisations qui n’en avaient nul besoin tandis que d’autres en ont été privées malgré la nécessité éprou-
  • 17. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 17 Ville de Sousse, 29.06.2012
  • 18. Sousse Tunis Sfax Kairouan Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 18 Avec l’abolition du contrôle exercé par l’Etat sur la vie associative dans le sillage du soulèvement de 2011, les projets pour les jeunes en Tunisie sont très dynamiques. Ils sont portés par des ONG déjà actives sous le régime précédent comme par des ONG naissantes et gérées par des jeunes. Voici quelques exemples de projets pour les jeunes, observés lors de notre visite d’étude de juin 2012. Kairouan - Association pour la préser- vation de la Médina M. Mourad Rammeh, Président et Mme Leila Marzouki, membre de l’association La préservation de la Médina est un projet mené en partenariat avec le Ministère du Patrimoine et diverses associations de Kai- rouan. Cela inclue des programmes pour les jeunes sur l’importance de l’architecture traditionnelle. Le projet est financé par le gouvernement tunisien, par le programme EuroMed Héritage et par la participation des touristes. Le projet EuroMed Héritage intitulé “Mon- tada” cible les collégiens et lycéens. Les ob- jectifs en sont la promotion du patrimoine - considéré comme partie intégrante de la culture (la ville comme musée), l’implication des citoyens dans la protection de ce pat- rimoine (dans tous les corps de métiers). Une campagne de communication en direc- tion des enseignants et étudiants a ainsi été menée à travers des activités pratiques permettant de connaître l’Histoire et de cor- riger certaines représentations erronées 6 Exemples de projets en faveur de la jeunesse
  • 19. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 19 par des clubs “patrimoine” dans les écoles. 12 à 16 élèves de 8 à 12 ans ont été désignés pour éveiller la conscience de leurs pairs. Des groupes de proximité ont été créés par des enfants de différentes écoles. Enseignants et médiateurs ont travaillé bénévolement. Les activités se sont déroulées au sein des clubs ou in situ, avec des visites de terrain et de musées. Tunis – Association Tunisienne des Auberges et Tourisme de Jeunes (A.T.A.T.J.) L’accueil en auberge de jeunesse est dep- uis longtemps une activité internationale associée à l’ouverture, à la modération et à la tolérance. L’A.T.A.T.J. cherche à pro- mouvoir la citoyenneté par le volontariat, le tourisme et les droits humains. Son fi- nancement provient des auberges, des cartes internationales des auberges de jeunesse, du gouvernement ou encore de bourses. Le travail se fait dans différents domaines : patrimoine, culture, tourisme, sports. Des actions régionales soutiennent les auberges de jeunesse arabes et les droits humains. Cependant, les dirigeants de l’ A.T.A.T.J. partagent cette impression répandue que les auberges de jeunesse restent associées au gouvernement déchu. Tunis – Association Jeunes Sciences de Tunisie (A.J.S.T.) Créée sous la forme d’un movement, l’A.J.S.T. est aujourd’hui une ONG qui permet aux jeunes de participer hors de l’école à des ac- tivités scientifiques et technologiques, de re- cherche et d’innovation, et de contribuer à une culture scientifique et numérique. Ces actions comprennent des conférences pour les jeunes. On connaît en effet la nécessité d’améliorer la qualité des activités, de créer des liens avec le secteur privé, de sécuriser les financements. Les activités, non proposées dans le cadre scolaire, offrent autant de formations dans des domaines qui recrutent. L’A.J.S.T. souhaite ou- vrir un centre dédié aux activités scientifiques dans l’espace méditerranéen. Sfax - Sfax el Mezyena – Embellir Sfax M. Selim Cherif. Créée en 2010, Sfax el Mezyena vise à améliorer l’écologie et la vie sociale de la deuxième ville de Tunisie. Ses actions comprennent des ateliers sur les activi- tés durables et écologiques, la planta- tion d’arbres, la peinture et le recyclage. L’association a récemment organisé un concours pour embellir maisons et écoles. Tunis - Jeunes indépendants démocrates (J.I.D.) Créée en 2011, J.I.D. compte aujourd’hui 60 membres. La plupart travaillent aussi dans d’autres associations. Ils se sont fait un nom en soutenant l’organisation des premières élections libres et équitables de Tunisie. Leur but est de transmettre des informations aux jeunes afin de les aider à prendre de meil- leures décisions. Sousse - Culture de l’entrepreunariat Fondé en 2003, ce club est financé par le Ministère de l’Education. Il se réunit tous les mercredis au Centre de la Jeunesse de Sousse.Sonbutestd’accroîtrelaprisedecon- science des étudiants, de soutenir la création d’entreprises, d’échanger des points de vue, d’améliorer les compétences, d’organiser des séminaires scientifiques sur la prise de conscience et des visites d’entreprises ou d’institutions, des formations, ou encore de participer à des évènements internationaux. Sousse - Association Tunisienne du Tra- vail et de l’Investissement (A.T.T.I.). Créée en 2011, l’A.T.T.I. encourage le dével- oppement de projets et la création d’emplois. Son but est de contribuer à l’économie na- tionale par le développement du capital hu- main. Elle apporte soutien et formation aux entrepreneurs potentiels. Ses séminaires de formation expliquent par exemple comme préparer un C.V., une lettre de motivation ou encore un entretien d’embauche.
  • 20. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 20 Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 8. Conclusion Le paysage du travail de jeunesse en Tunisie a profondé- ment changé depuis le soulèvement de janvier 2011. De nouvelles associations, des attentes plus intenses et l’arri- vée d’un nouveau gouvernement avec de nouvelles priori- tés ont contraint les travailleurs de jeunesse à revoir leur approche. En Tunisie, le travail de jeunesse est toujours marqué par un degré élevé de contrôle étatique. Les activités et plans de développement conçus depuis Tunis ont eu le mérite de former des travailleurs de jeunesse de haut niveau dans tout le pays. Toutefois, ce modèle pose un certain nombre de problèmes dont tous les partenaires sont conscients. L’héritage de la dictature a lourdement pesé sur l’action des travailleurs de jeunesse, et ces der- niers reconnaissent l’importance d’être considérés comme des acteurs indépen- dants, au service de la jeunesse – et non de l’Etat. Le centralisme a aussi conduit de nombreuses régions à se considérer sous- dotées au vu des prio- 7. Conclusion
  • 21. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 21 Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne rités des programmes ciblant les jeunes. En effet, ce qui fonctionne à Tunis ne fonctionne pas automatiquement à l’intérieur du pays. Enfin, le travail de jeunesse en Tunisie peine à toucher les jeunes les plus à risque, sous le poids cumulé de l’héritage centralisé et de la dictature. Résoudre ces problèmes ma- jeurs est une préoccupation essentielle du gouvernement tunisien qui cherche à préser- ver ce qui a fait ses preuves et à réformer ce qui doit l’être. Aujourd’hui plus que jamais, une culture du changement est à l’oeuvre en Tunisie. Ceci, peut-être plus que toute politique, fournira les bases du changement pour le travail de jeu- nesse en Tunisie dans les années à venir. Groupes de travail pendant la Visite d’Etude
  • 22. Nom complet Type de gouvernement Superficie Capitale Principales villes Population Ratio Hommes / Femmes Composition ethnique Structure démographique : Age médian : Taux de croissance de la population : Espérance de vie à la naissance: Alphabétisation (sachant lire et écrire à 15 ans et plus) Espérance de vie scolaire (de l’école primaire à l’enseignement supérieur) : Taux de chômage République tunisienne Régime présidentiel mixte 163,610 km² Tunis Sfax, Nabeul, Sousse, Kairouan, Bizerte 10 732 900 millions F: 49.4 M: 50.6 Arabes 98%, Berbères 1% 0-14 ans : 23,2% 15-64 ans : 69,3% 65 ans et plus : 7,5% Total : 30,5 ans Hommes : 30,1 ans Femmes : 30,9 ans (estimation 2012) 0,964% (estimation 2012) 75,24 ans Total : 74,3% Hommes : 83,4% Femmes : 65,3% (recensement 2004) Total : 15 ans Garçons : 14 ans Filles : 15 ans (2008) 17.60% Profile du pays Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 22 Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne Annexes
  • 23. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 23 Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne
  • 24. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 24 Le Programme Euro-Med Jeunesse Le Programme Euro-Med Jeunesse est un programme régional mis sur pied dans le troisième chapitre du Processus de Barcelone, intit- ulé “Partenariat social, culturel et humain”. Ce programme se trouve actuellement dans sa quatrième phase. L’objectif général de cette Phase IV du programme est de soutenir et de renforcer la participation et la contribution de la jeunesse et des organisations de jeunesse de la ré- gion Euro-méditerranéenne pour le développement de la société civ- ile et de la démocratie. Les objectifs spécifiques en sont les suivants : • Stimuler et encourager la compréhension mutuelle entre les jeunes de la région Euro- Méditerranée et de lutter contre les stéréotypes et préjugés ; • Promouvoir la citoyenneté ac- tive parmi les jeunes et accroître leur sens de la solidarité ; • Contribuer au développement des politiques de jeunesse dans les différents pays partenaires. La phase IV du programme Euro- Med Jeunesse concerne 35 pays - les 27 Etats membres de l’Union Européenne et les 8 pays et terri- toires partenaires méditerranéens signataires de la Déclaration de Barcelone (Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Autorité palestinienne, Tunisie). Euro-Med, Jeunesse en Action et SALTO
  • 25. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 25 Jeunesse en Action est le pro- gramme de l’Union Européenne destiné aux jeunes. Il vise à susciter chez les jeunes un sens de la citoy- enneté européenne active, de soli- darité et de tolérance entre eux ainsi qu’un engagement dans la défini- tion de l’avenir de l’Union. Il cherche à promouvoir la mobilité au sein et hors des frontières de l’UE ainsi que l’apprentissage non formel et le dia- logue interculturel. Il encourage aus- si l’inclusion de tous les jeunes quels que soient leurs milieux sociaux, éducatifs et culturels - Jeunesse en Action les concerne tous. Chaque année, des milliers de pro- jets sous soumis par ses promoteurs en vue d’une aide financière dans le cadre du programme. Un processus de sélection vise à récompenser les meilleurs projets. Le programme Jeunesse en Action est le programme de l’UE visant à encourager la mobilité et l’éducation non formelle des jeunes de 13 à 30 ans. Ses objectifs généraux sont les suivants : • Promouvoir la citoyenneté ac- tive des jeunes en général, et leur citoyenneté européenne en particulier ; • Développer la solidarité et pro- mouvoir la tolérance entre les jeunes, notamment pour ren- forcer la cohesion sociale au sein de l’Union Européenne ; • Favoriser la compréhension mutuelle des jeunes de diffé- rents pays ; • Améliorer la qualité des sys- tèmes de soutien des activités de jeunes et des capacités des organisations de la société civile dans le domaine de la jeunesse ; • Favoriser la coopération eu- ropéenne dans le domaine de la jeunesse. Jeunesse en Action
  • 26. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 26 SALTO Cet acronyme signifie “ Support, Advanced Learning and Training Opportunities” et peut être tra- duit par “Soutien et Opportunités de Formation et d’Apprentissage avancées” au sein du programme européen Jeunesse en Action. SALTO-YOUTH.net est un réseau de 8 centres de ressources qui travaillent dans des domaines pri- oritaires sur le champ de la jeu- nesse européenne. Il fournit des ressources pour la formation et le travail de jeunesse et organise des activités de formation, de mise en relation afin de soutenir les organ- isations et les agences nationales dans le cadre du programme com- munautaire Jeunesse en Action et au-delà. L’histoire de SALTO-YOUTH débute Sousse-Club pour la Culture d’entreprise en 2000 et s’inscrit dans la Stra- tégie de la Commission Europée- nne pour la Formation au sein du programme Jeunesse en Action. Le travail se fait en synergie et en complémentarité avec les autres partenaires sur le terrain.
  • 27. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 27
  • 28. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 28 Des représentants de la jeunesse européenne ont ren- contré leurs homologues tunisiens. Les participants ont rencontré des officiels du ministère tunisien de la Jeunesse et des Sports ainsi que de l’Observatoire national de la jeunesse et de la formation. Ils ont aussi visité une école proche de Tunis où sont formés des travailleurs de jeunesse et des professionnels du tourisme. Le contexte unique de la Tunisie, premier pays du Printemps Arabe, a rendu cette visite partic- ulièrement enrichissante – notamment lorsque les participants ont débattu du rôle des ministres, des conseils locaux de la jeunesse et des ONG, formulant de nouvelles stratégies pour la jeunesse tunisienne. Riche d’une longue histoire d’initiatives de jeunes dès l’indépendance du pays, la Tunisie se heurte aujourd’hui au défi majeur de trouver un équilibre entre les initiatives en cours et qui fonctionnent Jour 1 Temps forts de notre visite d’étude La visite d’étude intitulée “L’Après Printemps Arabe, la réalité du travail de jeunesse en Tunisie” a eu lieu en juin 2012 et nous a permis de travailler et de réfléchir à propos du travail de jeunesse après la Révolution. Notre circuit a servi de base à l’essentiel des analyses qualitatives proposées dans cet article.
  • 29. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 29 déjà, et l’exploration de nouvelles voies pour atteindre la jeunesse du pays. Les participants européens ont quant à eux souligné que leur but n’était pas uniquement de partager leurs experiences mais aussi d’apprendre des Tunisiens et de rapporter de nouvelles idées à leur retour. Les participants ont eu l’opportunité d’écouter diffé- rents dirigeants associatifs venus de toute la Tuni- sie. Les disparités régionales ont constitué un sujet brûlant, les participants ayant débattu avec des ex- perts de la société civile sur les différences en matière de politiques de jeunesse et de stratégie dans les di- verses régions de Tunisie. Le directeur de la vie associative auprès du bureau du Premier Ministre tunisien a brossé le tableau radicalement nouveau dans lequel évoluent les as- sociations en Tunisie. Les participants ont été im- pressionnés non seulement par la manière dont le gouvernement a réduit la paperasse mais aussi par l’adaptation de la législation pour mieux réaffirmer le rôle essentiel des associations dans la société tu- nisienne. Enfin, les participants ont pu discuter avec des représentants de diverses associations de jeunesse en Tunisie et d’évoquer avec eux les chances et les défis qui se posent pour le travail de jeunesse dans la Tunisie post-révolutionnaire. Jour 2
  • 30. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 30 Pour le troisième jour de cette visite d’étude sur le travail de jeunesse en Tunisie, réalisée dans le cadre d’EuroMed / Jeunesse en Action, les participants ont pris la route de la ville historique de Kairouan. Située au centre de la Tunisie, Kairouan est inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO et constitue l’une des villes sacrées de l’Islam. Les participants ont pu découvrir comment les sociétés de conserva- tion impliquent des jeunes dans leur travail de res- tauration des sites historiques de la ville. Les participants ont ensuite visité un club de jeunes en milieu rural géré par des unités mobiles du club de jeunes de Kairouan. L’un des défis majeurs con- siste à faire coïncider les besoins de la jeunesse ru- rale avec les changements entraînés par la révolu- tion et le nouveaux besoins de la jeunesse tunisienne dans son ensemble. Jour 3 Jour 4 La visite d’étude sur le travail de jeunesse en Tunisie, réalisée dans le cadre d’EuroMed / Jeunesse en Action s’est terminée cet après-midi, après une journée en- thousiasmante de visites, riche d’enseignements sur la manière dont les associations tunisiennes aident les femmes rurales à s’insérer sur le marché du tra- vail. Ainsi, le Groupe des Femmes pour le Développement
  • 31. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 31 Agricole de Wadi Sbaihia aide plus de 160 femmes à travailler dans le domaine de l’agriculture, tout en acquérant de nouvelles compétences et en béné- ficiant de transferts de savoirs. Une recherché du Centre de Recherches, d’Etudes, de Documentation et d’Information sur les Femmes – première insti- tution de ce type en Afrique – a fourni aux partici- pants une base contextuelle quant aux opportuni- tés et défis pour les Tunisiennes sur le marché du travail. Suite à cette visite, les participants repartent dans leurs pays respectifs avec une connaissance poin- tue de la réalité du travail de jeunesse en Tunisie, et une idée de la manière don’t les pays européennes peuvent tisser des partenariats avec la Tunisie en ce moment crucial de son histoire. Pendant la visite d’étude, les 13 Agences Nation- ales présentes ont aussi eu l’opportunité d’échanger en groupe autour de possibles coopérations pour l’année prochaine afin de soutenir des projets dans le cadre de l’aire EuroMéditerranéenne. Pendant la réunion TCP les Agences Nationales auront la pos- sibilité de rencontrer les Unités EuroMed Jeunesse tunisienne, égyptienne, jordanienne, israélienne, palestinienne, marocaine et algérienne. Rassem- bler toutes les Unités à Vienne en septembre per- mettra de soutenir le développement de nouvelles coopérations, incluant de nouvelles organisa- tions et de nouveaux projets.
  • 32. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 32 Tunisie en bref La pauvreté et aspects sociaux 2011 Population, à mi-année (millions) RNB par habitant (méthode Atlas, $ US) RNB (méthode Atlas, milliards de dollars) La croissance annuelle moyenne, 2005-11 Population (%) Main-d’œuvre (%) L’estimation la plus récente (dernièreannéedisponible,2005-11) Pauvreté (%delapopulationendessousduseuilnationaldepauvreté) Population urbaine (% de la population totale) L’espérance de vie à la naissance (en années) La mortalité infantile (pour 1000 naissances vivantes) Malnutrition infantile (% des enfants de moins de 5 ans) L’accès à une source d’eau potable (% de la population) Alphabétisation (% de population âgée de 15 +) Scolarisation primaire brute (% de la population d’âge scolaire) Homme Femme Moyen- Orient et Afrique du NordTunisie Revenu inter- médiaire supérieur 10.7 4,020 42.9 1.0 2.1 16 66 75 14 3 94 78 110 112 108 337 3,866 1,279 1.7 2.0 .. 59 72 26 6 89 76 105 108 101 2,490 6,563 16,341 0,7 1,1 .. 61 73 16 3 93 94 111 111 111 RATIOS économiques clés et TENDANCES À LONG TERME PIB (milliards de $ US) Formation brute de capitale/PIB Exportations de biens et services/PIB Taux d’épargne intérieure brute/PIB Taux d’épargne nationale brute/PIB Solde de compte de la balance actuelle / PIB Paiements des Intérêt à court terme/PIB Total de la dette / PIB Total de la dette Service / exportations La valeur actualisée de la dette / PIB La valeur actualisée de la dette / exportations (Croissance annuelle moyenne) PIB PIB par habitant Les exportations de biens et services 20011991 2010 13.1 26.0 40.4 21.0 21.1 -4.4 3.4 63.1 26.2 .. .. 22.1 26.2 42.8 22.3 22.6 -3.9 2.3 58.5 14.5 .. .. 46.4 24.1 48.9 16.8 15.6 -5.4 1.6 48.1 11.4 41.4 82.4 2011 44.4 26.5 50.1 21.2 21.2 -4.8 1.6 49.7 10.6 .. .. 20102001-11 20112011-151991-01 4.4 3.4 2.8 3.0 1.9 4.8 3.6 2.6 9.0 -2.0 -3.1 -3.9 4.8 3.2 5.8 Diamant du développement* Espérance de vie Accès à l'eau potable Tunisie Groupe à revenu moyen supérieur Scolarisation PIB par tête Ratios économiques* Commerce Endettement Tunisie Groupe à revenu moyen supérieur CapitalÉpargne intérieure Diamant du développement* Espérance de vie Accès à l'eau potable Tunisie Groupe à revenu moyen supérieur Scolarisation PIB par tête Ratios économiques* Commerce Endettement Tunisie Groupe à revenu moyen supérieur CapitalÉpargne intérieure
  • 33. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 33 20 10 0 -10 06 07 08 09 10 11 Croissance du capital et du PIB (%) Croissance des exportations et importations (%) GCF GDP 06 07 08 09 10 11 20 10 0 -10 -20 Exports Imports 20 10 0 -10 06 07 08 09 10 11 Croissance du capital et du PIB (%) Croissance des exportations et importations (%) GCF GDP 06 07 08 09 10 11 20 10 0 -10 -20 Exports Imports STRUCTURE de L’ÉCONOMIE (% Du PIB) Agriculture Industrie Fabrication Services La dépense de consommation finale des ménages Administrations publiques dépense de consommation finale Les importations de biens et services 20011991 2010 19.1 33.1 19.4 47.8 62.4 16.6 45.3 10.7 30.0 18.8 59.4 61.2 16.6 46.7 8.9 31.3 18.1 59.8 65.5 17.6 55.8 2011 8.0 31.1 18.4 61.0 62.5 16.2 54.9 (Croissance annuelle moyenne) Agriculture Industrie Fabrication Services La dépense de consommation finale des ménages Administrations publiques dépense de consommation finale Formation brute de capital Les importations de biens et services 2001-111991-01 2010 2.5 4.4 5.9 5.8 4.4 4.6 3.4 4.5 2.5 30.0 2.9 6.6 4.0 5.2 3.6 2.2 4.0 2.0 1.3 .. -7.1 5.8 -3.5 -9.2 2011 -7.9 4.4 11.6 .. 2.6 5.1 0.7 3.8 Note: Les données de 2011 sont des estimations préliminaires. Ce tableau a été réalisé à partir de la base de données de l’économie du développement LDB. * Les losanges illustrent quatre indicateurs clés du pays (en gras) par rapport à son groupe de revenu moyen. Si les données sont manquantes, le diamant sera incomplet.
  • 34. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 34 PRIX et FINANCES PUBLIQUES Les prix intérieurs (Variation en%) Prix à la consommation Déflateur implicite du PIB Finances publiques (En% du PIB, inclut les dons courants) Les recettes courantes Solde budgétaire courant Excédent / déficit 20011991 2010 8.2 7.0 26.4 3.0 -5.2 1.9 2.8 22.0 4.2 -3.2 5.2 5.0 21.2 1.0 -5.3 2011 4.4 4.7 22.9 5.1 -1.2 COMMERCE (En millions de US $) Total des exportations (fob) Carburant Agriculture Manufactures Total des importations (caf) Nourriture Carburant et de l’énergie Les biens d’investissement Indice des prix des exportations (2000 = 100) Indice des prix des importations (2000 = 100) Période de l’échange (2000 = 100) 20011991 2010 .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 17,617 2,711 1,461 11,797 22,054 1,617 2,984 4,719 .. .. .. 2011 .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. 06 07 08 09 10 11 8 6 4 2 0 25,000 20,000 15,000 10,000 5,000 0 05 06 07 08 09 10 11 Exports Imports Inflation (%) Niveau des Importations et Exportations (US $ mill.) CPIGDP deflator 06 07 08 09 10 11 8 6 4 2 0 25,000 20,000 15,000 10,000 5,000 0 05 06 07 08 09 10 11 Exports Imports Inflation (%) Niveau des Importations et Exportations (US $ mill.) CPIGDP deflator
  • 35. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Ce programme est financé par l'Union européenne 35 BALANCE DES PAIMENTS (En millions de US $) Les exportations de biens et services Les importations de biens et services Solde des ressources Bénéfice net Transferts courants nets Solde du compte courant Items de financement (net) Variations des réserves nettes Mémo: Réserves y compris l’or (en millions de US $) Le taux de conversion (DEC, local / $ US) 20011991 2010 5,110 5,656 -545 -595 563 -577 475 103 801 0.9 9,518 10,423 -905 -941 983 -863 1,118 -255 1,999 1.4 23,219 24,163 -943 -3,312 1,742 -2,513 1,254 1,259 8,204 1.4 2011 22,236 24,351 -2,115 -2,270 2,267 -2,118 1,926 192 9,471 1.4 DETTE EXTÉRIEURE et FLUX DES RESSOURCES (En millions de US $) La dette totale et décaissée BIRD IDA Service total de la dette BIRD IDA Composition des flux nets de ressources Dons officiels Les créanciers officiels Les créanciers privés L’investissement étranger direct (flux nets) Balance du portefeuille (entrées nettes) Programme de la Banque mondiale Engagements Décaissements Les remboursements de capital Les flux nets Les paiements d’intérêts Les transferts nets 20011991 2010 8,251 1,552 58 1,364 236 2 100 509 -167 125 34 306 297 127 171 111 60 12,916 1,297 37 1,394 226 2 94 423 642 452 -15 328 293 148 145 80 65 22,335 1,775 16 2,661 195 2 .. 1,313 -904 1,143 0 592 597 153 444 44 400 2011 22,048 1,381 18 2,359 199 2 142 636 -550 1,334 -26 138 234 159 74 42 32 Note: Ce tableau a été réalisé à partir de la base de données LDB l’économie du développement. 0 -1 -2 -3 -4 -5 -6 Solde du compte courant par rapport au BIP D : 5,838 C : 419 B : 16 A : 1,775 E : 3,683 G : 4,967 F : 5,637 Composition de la dette en 2011 (US$ mill.) A - BIRD B - IDA C - FMI D - Autre multilatéral E - Bilatéral F - Privé G - Court terme 05 06 07 08 09 10 110 -1 -2 -3 -4 -5 -6 Solde du compte courant par rapport au BIP D : 5,838 C : 419 B : 16 A : 1,775 E : 3,683 G : 4,967 F : 5,637 Composition de la dette en 2011 (US$ mill.) A - BIRD B - IDA C - FMI D - Autre multilatéral E - Bilatéral F - Privé G - Court terme 05 06 07 08 09 10 11
  • 36. Notes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  • 37. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  • 38. CréationetgraphismeAlainDalerci.CreditPhoto:INJEP.ImpriméenFRANCE,Septembre2013 Auteur: Erik Churchill, Consultant en développement basé en Tunisie, analyste, blogueur Comité de rédaction: B. Abrignani, Directeur de projet du RCBS-CATSAM F. Demicheli, Chargée de Mission du Centre de ressources SALTO-JEUNESSE Euromed M.R. Valentini, Expert en communication du RCBS-CATSAM Hélène BREANT, Traduction de l’anglais au français Directeur de la publication : Programme Euromed Jeunesse IV financé par l’UE dans le cadre de la politique européenne de voisinage en collaboration avec le Centre de ressources SALTO-JEUNESSE EuroMed Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Le travail de jeunesse en Tunisie après la Révolution Cette publication ne représente pas l’opinion officielle de la CE ou des institutions de l’UE. La CE n’assume aucune responsabilité quelle qu’elle soit quant à son contenu. Cette publication a été réalisée et financée par l’Unité de renforcement des capacités et d’appui (RCBS-CATSAM) au programme régional Euromed Jeunesse IV, à destination des pays participant à la Politique Européenne de voisinage Sud (Algérie, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Palestine, Tunisie). Le rôle du RCBS-CATSAM est de soutenir les Uni- tés EuroMed Jeunesse (UEMJs) dans leur efforts pour assurer une mise en œuvre efficace du pro- gramme Euromed Jeunesse IV et un achèvement optimal des résultats. Les objectifs spécifiques du RCBS-CATSAM sont les suivants: • orientation et formation des UEMJs, des chefs de projet et des organisations, • coordination et synergies entre les acteurs et les parties prenantes (programme européen Jeunesse en Action, Plate-forme Jeunesse Euromed, etc.), • visibilité et communication.
  • 40. This programme is funded by the European Union Cette publication ne représente pas l’opinion officielle de la CE ou des institutions de l’UE. La CE n’assume aucune responsabilité quelle qu’elle soit quant à son contenu. Le travail de la jeunesse en Tunisie après la Révolution Le travail de jeunesse est en pleine évolution et offre de nouvelles et intéres- santes perspectives pour le futur proche. Le champ du travail de jeunesse dans les pays Meda fait face à de très forts changements et le rôle des jeunes est de plus en plus important et pertinent dans la société. Ceci est le premier numéro d’une collection publiée en plusieurs langues, intitulée : «travail de jeunesse en... » et composée de publications con- sacrées au travail de jeunesse dans les pays situés dans la région sud de la politique européenne de voisinage. Cette collection vise à soutenir la coopération dans la région EuroMed en fournissant une réflexion approfondie sur les enjeux et les défis actuels pour le travail en direction des jeunes dans le contexte euro-méditerranéen. « Le travail de jeunesse en Tunisie après la révolution » est un des résultats de la visite d’étude, organisé sous la coordination du RCBS – CATSAM (Unité régionale de renforcement des capacités et d’Appui au programme EuroMed Programme Jeunesse IV) ; intitulé « après le printemps arabe: la réalité du travail de jeunesse », qui s’est déroulé en Tunisie du 26 au Juin au 1er Juillet 2012, et qui a offert la possibilité de travailler et de réfléchir sur le travail de jeunesse et la politique après la Révolution. Cette publication fournit : • un aperçu sur le travail en direction des jeunes en Tunisie; • un contexte éducatif et pédagogique du travail de jeunesse en Tunisie; • Les défis pour les travailleurs de jeunesse après la révolution; • des exemples de projets en direction des jeunes. Téléchargez-le gratuitement à l’adresse : www.euromedyouth.net et http://www.salto-youth.net/rc/euromed/