SlideShare une entreprise Scribd logo
II	Actu Le point sur Bordeaux
	VI	 Effervescence En avant, la culture !
	VIII	Agitateur Que l’intrépide capitaine Fradin
s’amuse !
	XII	BD Joue-la comme Alfred
	XIV	Guide Par ici les sorties
	XXII	Inspirés Ces passionnés secouent
la scène bordelaise
	XXVI	 EntretienMarcMinkowski :« Jetracemonchemin… »
	XXX	Tremplins Des écrins archi-artistiques
	XXXII	Bouillonnant Et c’est ainsi que Mollat est grand 
	XXXIV	Coin lecture Des librairies qui gagnent
à être connues
	XXXVI	Ecurie Les pépites de Finitude
	XXXVIII	 « Street art » Quand Bordeaux s’encanaille
	XL	Détonnant Daniel Firman mise sur Bordeaux
	XLII	Immobilier Toujours la hausse
	XLVI	A la cave avec Olivier Bompas
	XLVIII	A la carte par Thibaut Danancher
Dossier coordonné par Jérôme Cordelier
BORDEAUX
Soif de culture !
Le futur pont Simone-Veil,
conçu par Rem Koolhaas.
CLÉMENTBLANCHET/REMKOOLHAAS
HermèsdébarqueàSaint-Vincent-de-Paul
Lanouvelleenaépaté
plus d’un : le groupe
deluxeHermèsvains-
taller son cinquième
sitedeproductionde
laNouvelle-­Aquitaine
à Saint-Vincent-de-
Paul.Oùça ?Dansun
villagede1 000 habi-
tants–« lePetitPoucet
de la métropole », re-
connaîtavechumour
son premier adjoint au maire, Gilles Béraud-Sudreau –, au
nord-est de Bordeaux. A partir de 2020, dans un bâtiment
construit à cet effet, 100 personnes viendront fabriquer les
­célèbressacsKelly.Ellesdevraientêtre250 (280 aveclesenca-
drants) en 2024. « C’est stratégique : Hermès ne dépasse jamais
desateliersde200 à250 salariésenFrance,expliqueunconnais-
seur de la filière cuir en Aquitaine. Car, avec sa culture de la
­discrétion, la marque veut bien connaître son personnel et maîtri-
ser les ressources humaines. »
Pôleemploiestdéjàenalerte.Leclusterrégionald’entreprises
etdeformationRéso’cuir,baséàThiviers(Dordogne),dispose
aussi d’un vivier de jeunes formés en CAP de maroquinerie.
« Cesont250 créationsnettesd’emploi,desgensvenantdetoutleter-
ritoire de la rive droite et au-delà qu’Hermès va devoir former », in-
diquel’élu.Aveccommecritèresessentiels ladextéritéetl’amour
dubeautravail.Pourapprendrelemétieretl’exigenceHermès,
ils passeront tous pendant dix-huit mois entre les mains d’ar-
tisans maison expérimentés, installés dans un atelier de for-
mation, qui ouvrira à la rentrée 2018 à Ambarès-et-Lagrave,
justeàcôtédeSaint-Vincent-de-Paul.Cetteinstallationvaren-
forcerlafilièrehistoriqueducuir,quireprésente4 000 emplois
en Nouvelle-Aquitaine § C. C.
Blandine Filet
Ladirectrice générale de
lacliniqueBagatelle pi-
loteleprojet Bahia, qui
doitréunir d’ici à 2021,
àTalence,­Bagatelle et
l’hôpitalmilitaireRobert-­Picqué, installé
depuisplusd’unsiècleàVillenave-­
d’Ornon.Unprojetambitieuxsur les ser-
viceset sur l’investissement(90 millions).
Cyril Viguier
Fort du succès de sa
matinale sur LCP-Public
Sénat (canal 13 de
la TNT), le journaliste
vedette pousse à
l’émergence d’un réseau de télévisions
des métropoles mêlant info continue
de proximité et services aux téléspecta-
teurs. Associée à des entreprises perfor-
mantes locales et le groupe Sud-Ouest
avec sa chaîne TV7, la première de
ces télés pourrait voir le jour à Bordeaux
à la fin de l’année prochaine.
Etienne Parin
L’urbaniste, ex-­directeur
duGrandProjet de ville
delarivedroite, ­impulse
lacréationd’une Maison
des­écritures à Lormont,
unestructureaurayonnement métropoli-
taindansunejolievillaàrafraîchir.
Elleseralelieud’expressionde toutes
les­disciplinesartistiquessous forme
d’événements,derésidences, d’accueil.
Ouvertureprévueenjanvier2019.
Patrice Pichet
Lepromoteur immobi-
lier veutouvrir un hôtel
deluxe5 étoiles dans les
ancienschais Calvet, aux
portesdesChartrons.
Unprojetà25 millionsd’euros pour
unecentainedechambres,avecun design
signéPhilippeStarck,quiadéjà dessiné
pourlepromoteur leschaisdu château
LesCarmesHaut-Brion.
Petites mains. Le site de Montbron.
Le point sur Bordeaux
PAR JÉRÔME CORDELIER ET CLAUDIA COURTOIS
EN VUE
SPÉCIALBORDEAUX
II | 23 novembre 2017 | Le Point 2359
« CHARENTELIBRE »–LAURENTTHEILLET/« SUDOUEST »–DR(X3)
Naissance d’un géant
des neurosciences
Après vingt ans d’attente,
le Neurocampus vient
­d’ouvrir officiellement.
Attenant au CHU,
les 30 000 mètres carrés de
bâtiments accueillent
700 chercheurs, 50 équipes
de recherche et 6 instituts.
« C’est un des plus gros
­ensembles destinés aux neuro­
sciences en Europe », selon
le Pr Pier Vincenzo Piazza,
Grand Prix Inserm 2015,
­spécialiste des addictions et
directeur d’un des instituts.
Etat, région, université,
­Inserm et CNRS ont mis la
main à la poche pour cette
structure de 70 millions.
Alain Juppé consulte
les Bordelais
A partir du 1er
 janvier,
AlainJuppélanceunegrande
consultation populaire,
qui sera menée pendant
unanetestdestinéeàdéfinir
les priorités pour le territoire
à l’horizon 2050. Un point de
départ pour un programme
électoral ? « Ce n’est pas le pro­
jet d’Alain Juppé, précise son
directeur de cabinet, Ludovic
Martinez. De toute façon, il n’a
pas besoin de cela pour prouver
qu’il a une vision… »
Juppé quitte LR
(en Gironde)
Laurent Wauquiez élu
à la tête de LR ou pas, Alain
Juppé a d’ores et déjà
­annoncé son départ de la
présidence départementale
du parti, dont les instances
sont élues jusqu’en juin,
quoi qu’il arrive.
« La relève »… bordelaise ?
Le maire
­désignant
le ­Premier
­ministre
– son ancien
bras droit –
Edouard
Philippe
comme « la relève », voilà qui
n’est pas tombé dans l’oreille
de sourds à Bordeaux. Et
au premier chef de Ludovic
Martinez (photo) : « Le sujet
n’est pas d’actualité. Mais
cela aurait de l’allure. En
­matière de juppéisme, de vision,
d’intelligence, on a avec
Edouard Philippe un excellent
échantillon. Il a d’ailleurs
pris beaucoup exemple
sur ­Bordeaux pour transformer
Le Havre… »
Les collabos
de Lormier
Après son
livre explosif
paru à la ren-
trée de sep-
tembre « Les
100 000 colla-
bos. Le fichier interdit de
la collaboration française »
(Cherche Midi), l’historien
bordelais Dominique
­Lormier promet des révéla-
tions sur les artistes,
­écrivains et journalistes qui
ont collaboré avec l’Alle-
magne dans un ouvrage
pour les éditions de L’Archi-
pel. En attendant, plus posi-
tif : il publiera au mois de
mai, aux Editions du Rocher,
un ouvrage sur les chrétiens
qui ont résisté à Hitler.
Enfin un vrai port
de plaisance
Les travaux du port de
­plaisance ont débuté en
­novembre et se termineront
au printemps 2018. But :
créer 9 pontons pour accueil-
lir jusqu’à 268 bateaux.
Le Grand Port maritime
prend en charge 100 % de
l’investissement (3 millions).
Le loyer moyen annuel sera
de 1 800 euros pour
un ­bateau de 10,50 mètres,
contre 700 aujourd’hui.
Arrêts de bus à la demande
pour rassurer les femmes
A titre expérimental
­pendant six mois, Bordeaux
Métropole a demandé
à ­Keolis, le délégataire
des transports en commun
(SNCF), de tester l’arrêt
à la demande à partir
de 22 heures sur les lignes 7
et 10. Cette initiative a été
­généralisée sur toutes
les lignes de bus de l’agglo-
mération de Nantes.
Rouveyre prépare 2020
Chez les
­socialistes,
la bataille
des munici-
pales est
lancée.
Comme
Vincent
­Feltesse, Matthieu Rouveyre
(photo), chef de file du groupe
­municipal, a monté son
­association. Installé rue
du Cerf-Volant, son Labo
­bordelais vise à repérer
des thématiques et des per-
sonnes pour une future liste.
« On a une fenêtre de tir,
car il est probable que Juppé
ne se représentera pas, estime
l’opposant. A condition de ran­
ger nos ego au second plan. Je
cherche un candidat qui soit ca­
pable de remporter Bordeaux. »
Et d’ajouter, malicieux :
« Je suis sûr qu’il peut y avoir
meilleur que moi. »
Le chant d’espoir
de René Lenoir
Les jeunes générations
connaissent le fils, Frédé-
ric Lenoir, qui enchaîne
les livres à
succès – le
dernier en
date, « Le
miracle
Spinoza »,
vient de
sortir chez
Fayard.
Mais
les plus anciens se sou-
viennent du père, René
Lenoir. Ce haut fonction-
naire discret fut l’un des
grands serviteurs de l’Etat
des années 1970 aux an-
nées 1990. Ce centriste, né
à Alger le 21 janvier 1927,
travaillaaugouvernement
au côté de Simone Veil,
fut secrétaire d’Etat sous
Valéry Giscard ­d’Estaing
et un conseiller influent
de Jacques ­Chirac. Mais,
surtout, René Lenoir fut
un directeur de l’Ena
­respecté et voua une
grande partie de sa car-
rière aux exclus – aux-
quels il consacra, en 1974,
un livre-référence. Retiré
prèsdeBordeaux,il­publie
à 90 ans un ouvrage très
émouvant, pétri de poésie
et de sagesse, dans lequel
il aborde toutes les ques-
tions du monde – sociales,
politiques, scientifiques
et surtout spirituelles.
Un testament littéraire
dans lequel transparaît
sa grande connaissance
de la nature humaine, ac-
quise par la fréquentation
des plus puissants aux
plus humbles, et son
amour immodéré, « sans
pourquoi », de la terre et
du ciel étoilé. Ce chant-là
est plein d’espoir § J. C.
« Le chant du monde est là »,
de René Lenoir (Albin Michel,
140 p., 12 €).
Le Neurocampus.
Le Point 2359 | 23 novembre 2017 | III
DR–SÉBASTIENORTOLA/RÉA(X3)
Luxe encore, luxe toujours
Michel Ohayon, promoteur
de bâtiments commerciaux
et d’hôtels de luxe, a de
­nouveaux et grands projets
en Gironde : au-delà de l’ex-­
Virgin à Bordeaux, dont il
veut faire un hôtel standing
Saint-Andrécomme
vousnel’avezjamaisvu
Depuis plusieurs années, la créative
­maison d’édition alsacienne La Nuée
bleue a l’excellente idée de confectionner
des beaux livres sur les cathédrales de
France, sous la direction de Mgr Joseph
Doré, archevêque émérite de Strasbourg.
Elle s’attaque aujourd’hui à celle
de Bordeaux. Voilà un livre-album
magistral de 528 pages réalisé ­sous
la direction du cardinal et arche-
vêque de Bordeaux, Mgr Jean-Pierre
Ricard, sur la primatiale d’Aqui-
taine. Les textes érudits des plus
grands spécialistes de la DRAC et de
l’université ­Bordeaux-Montaigne
voisinent avec des photos
époustouflantes de Bernard Bonne-
fon pour rendre grâce à ce sublime
édifice dans lequel,
depuis huit siècles, se
sont enchevêtrés tous
lesstyles–lestravaux
continuent… –,un
« lieuclosoùl’atmos-
phèredelavillene
­pénétraitpas »,comme
lecélébraitFrançois
Mauriacen
sontemps §J.C.
« Saint-André,
­primatiale d’Aquitaine,
la grâce d’une
­cathédrale » (La Nuée
bleue, 528 p., 85 €).
de 150 chambres, il compte
agrandir le Grand Hôtel
Le Régent de Bordeaux
pour ajouter 20 suites aux
130 chambres existantes,
une pâtisserie, un nouveau
salon de thé, un restaurant
également bar à vins et une
galerie d’art. Livraison
­prévue : fin 2018. Au château
Trianon, un saint-émilion
grand cru qu’il a acheté
­début 2017, l’homme
­d’affaires souhaite ouvrir
un hôtel de luxe. Avec ce
nom,lesétrangersvontado-
rer !Dernierprojetàmoyen
terme :unautrepa-
laceavecbalnéo-
thérapiesurle
bassind’Arcachon.
Un whisky made
in Bordeaux
Deux entrepre-
neurs – Yves
­Médina et
Jean-Philippe Ballanger,
PDG de Jock – ont eu cette
folle idée de lancer un
whisky de Bordeaux, ­distillé
dans la capitale dans des fûts
de sauternes ou de vin rouge
du Bordelais : le Moon Har-
bour, qui signifie le port de
la Lune. CQFD. En sep-
tembre 2017, ils ont
carrément ouvert
une distillerie (vi-
sitable) dans un
ancien bunker
allemand près
de la base
sous-marine.
Un investisse-
ment de 3 mil-
lions d’euros.
Grand Hôtel Le Régent.
SPÉCIALBORDEAUX
IV | 23 novembre 2017 | Le Point 2359
BERNARDBONNEFON/LANUÉEBLEUE(X6)–DR(X2)–WIKIMEDIACOMMONS
PAR JÉRÔME CORDELIER
ET CLAUDIA COURTOIS
F
abienRobertsefrottelesmains.
On peut même dire que l’élu
trentenaire (MoDem) auquel
Alain Juppé a confié les clés de la
culture à Bordeaux exulte : la sai­
son,quiaprisfinle25 octobre,est
un succès. 600 000 visiteurs pour
des événements nouveaux – dont
10 000 jeunesenpleinmoisd’août
pour un concert de musique élec­
tronique au Jardin public ! –, une
programmationdémultipliéepour
célébrerl’arrivéedelaLGV,lessculp­
tures d’Anthony ­Gormley parse­
mant la ville, les illuminations de
la compagnie Carabosse… Vive la
culture à Bordeaux ! « C’est un axe
de développement pour notre métro-
pole, et je l’ai affirmé comme tel dès le
Effervescence.
Bordeaux est en
train de devenir
un grand labo­
ratoire des arts.
débutdumandat,en2014, endeman-
dant un document stratégique à Fa-
bien Robert », affirme Alain Juppé,
égratignésurlesujetparsonadver­
sairesocialisteVincentFeltessepen­
dantlacampagnemunicipale.
Savez-vousainsiquelavilledes
3M (Montaigne, Montesquieu,
Mauriac) est aujourd’hui la deu­
xièmevilledelaBDenFrance(lire
page XII) ? Que nombre de petites
maisons d’édition, Finitude par
exemple(lirepageXXXVI),ytaillent
depuislesbordsdelaGaronnedes
croupières aux grandes ? Que la
scènerock,autrefoismythique,se
revivifieaveclepoprapd’Odezenne
ou le « rock garage » de JC Satan ?
L’écrivainMarcDugains’yinstalle
et le danseur Patrick Dupond y
ouvre une école. Bordeaux est en
pleinemueculturelle.Entémoigne
l’apparition de nouveaux grands
lieux,del’ArenaàlaFabriquePola,
lefutur« Darwin »desartscréatifs
(lire page XXXVIII). « On voit bien
quedesgenss’activent,quedeschoses
peuvent se passer, qu’il y a un poten-
tiel, relève le sculpteur Daniel Fir­
man, qui vient d’implanter son
atelierauxChartrons(lirepage XL).
Mais il faut encore trouver un bouil-
lonnement qui n’est pas naturel à la
ville. » C’est le même constat que
dresse Norbert Fradin, le concep­
teur et financeur du futur musée
de la Mer et de la Marine (lire
page VIII),l’undesgrandspatrons
avecBernardMagrezàinvestirdans
le domaine. « Il faut créer une émul-
sionculturelle,lâchel’entrepreneur.
Aujourd’hui, Bordeaux vit, il y a une
vraieactionglobale,passeulementdes
façades ravalées. Nous devenons une
vraiemétropoleculturelle.Maisilya
encoredeschosesàfaire,enaccueillant
notamment les initiatives qui sou-
tiennentlesgrandesinstitutions. »
Outresabeautéexceptionnelle
et son attractivité forte, la ville a
plusieursargumentspourséduire
les passionnés de culture. « Bor-
deauxbénéficiedequatreatouts,qui
sont le résultat de son histoire, sou­
ligneFabienRobert.Sonpatrimoine,
qui est encore vivant ; la littérature,
quiyestprésente,lamusique,enplein
renouvellement, et aussi son Opéra,
l’un des cinq nationaux en France
maisleseulàcomptertroisforcesar-
tistiques en permanence, à savoir
­le ballet, le chœur et l’orchestre. »
Succès. Un concert de
musique électronique
a rassemblé
10 000 personnes
cet été dans le Jardin
public. Et sans
­débordements…
Enavant,laculture!
VI | 23 novembre 2017 | Le Point 2359
« SUD-OUEST »
SPÉCIALBORDEAUX
Las,denombreuxacteurscultu-
relsreprochentàlavilled’englou-
tir beaucoup d’argent pour
l’orchestreetleballetdeBordeaux
(35 millions de budget moyen en
régiepersonnalisée).Lamairieré-
torque que l’Opéra, c’est de l’em-
ploi(400 salariésàtempsplein)et
qu’il est impossible de rayer d’un
trait de plume ces équipements
culturels structurants. Depuis
longtemps,les11 muséesmunici-
pauxdoivents’accommoderavec
desbudgetsd’acquisitionenbaisse,
voireréduitscommepeaudecha-
grin – à l’exception du musée des
ArtsdécoratifsetduDesign,dopé
par Constance Rubini, l’ex-direc-
tricedesArtsdécoàParis,quiapu
fairedenouvellesacquisitionsen
matièrededesignetorganiserdes
expositionsquifontdate(lirenotre
guide page XIV).
Las, les acteurs se plaignent de
devoir pratiquer l’« équilibrisme »
financier, comme le dit le direc-
teurdel’Opéra,MarcMinkowski
(lirepage XXVI).« Onpourraitsans
doutefairemieux,notammentenma-
tièredespectaclevivant »,reconnaît
AlainJuppé,accusant« desmarges
de manœuvre financières limitées »,
tout en rappelant que le Fonds
d’aide à la création a injecté
650 000 euros dans la culture
­locale.  « Ce qui a permis à des pro-
jetsquin’avaientpastrouvégrâceau-
prèsdestructuresd’exister »,indique
Eric Roux, directeur de la Rock
School Barbey.
Reste la question d’un grand
événement fédérateur comme si-
gnatureculturelledelaville…Les
deux éditions d’Evento (2009 et
2011)etlabiennaled’artcontem-
porainontdonnédesrésultatsmi-
tigés. Mais, par exemple, Agora,
biennaled’architectureetd’urba-
nisme, sous la houlette depuis le
début de Michèle Laruë-Charlus,
directricegénéraleadjointedel’ar-
chitecture à la ville, connaît un
succès certain – la 7e
 édition s’est
achevée cet automne. « S’il y a un
grandévénementàsoutenir,c’estbien
celui-ci, car il n’y en a nulle part ail-
leurs et Bordeaux est une ville d’ar-
chitectes »,assureunacteurde…la
scènemusicalegirondine.Denou-
veaux festivals prometteurs ren-
contrentaussileurpubliccomme
leFestivaldufilmindépendantde
Bordeaux,animépardespassion-
nés, ou, depuis deux ans, le Festi-
valdesartsdeBordeaux,nésurles
cendres de Novart, en collabora-
tion avec le Carré-Colonnes.
Exemplesparmid’autres.Maisun
grand événement-totem ? Que
nenni !« Cen’estpascelaquifaitune
politiqueculturelle,saufsionrecherche
lespaillettes »,trancheAlainJuppé.
« On ne court pas derrière un totem,
renchéritFabienRobert.Plutôtque
deconcentrerlesmoyenssuruncourt
lapsdetemps,ilvautmieuxsoutenir
unfoisonnementcultureletartistique
surunesaison,enmélangeantartistes
locaux et étrangers. Un mois à un
moisetdemid’intensitéculturelleavec
une thématique renouvelée tous les
deuxansmeparaîtlebonformatpour
unesaison ;onytravaillepour2019. »
Intuition. BlaiseMercier,direc-
teurdelaFabriquePola,sefélicite
du dialogue renoué avec les asso-
ciations : « La ville a une intuition
plutôtbonne :elles’appuiesurl’ADN
de structures existantes comme les
artsvisuels,vivants,musicauxpour
les faire monter en puissance. La
transformationnepasseraquegrâce
àdesécosystèmesquiontleurpropre
dynamique,commeDarwinouPola,
par exemple. » Certes, il reste des
parentspauvrescommeladanse,
le jazz ou la photo, pour laquelle
les acteurs demandent une mai-
son – « On a besoin d’un lieu, car,
malheureusement, peu de photo-
graphes ont pu se faire un réseau à
Bordeaux malgré une vraie culture
photographique », dit Bruce Mil-
pied,organisateurd’événements
photographiques. Jean-Louis
Gauthey,lepatrondel’éditeurde
BD Cornélius, lui, se veut plutôt
optimiste.« Bordeauxaunehistoire
culturelle, glisse-t-il. Elle a été im-
portante dans les années 1970-80,
puisasouffertd’uncreuxentre1990 et
2000, mais aujourd’hui on peut dire
quelaculture,ici,estenredéveloppe-
ment. » Stimulant §
Eclectique.
Les spectacles
de l’Opéra (en haut),
dirigé par Marc
­Minkowski, ­attirent
de ­nouveaux publics.
Installées partout
dans la ville, les sculp-
tures d’Anthony
­Gormley (ci-dessus)
ont étél’unedes
­attractionsde la saison.
C’est un jeune élu
(MoDem), Fabien
­Robert, qu’Alain Juppé
a choisi pour faire vivre
la culture à Bordeaux
(ci-contre).
Le Point 2359 | 23 novembre 2017 | VII
SÉBASTIENORTOLA/RÉA-GUILLAUMEBONNAUD/PHOTOPQR/« SUDOUEST »
Quel’intrépidecapitaine
Fradins’amuse !
PAR JÉRÔME CORDELIER
L
enouveauchâteaudeNorbert
Fradin ressemble à… un châ-
teaud’eau.Unebâtissevintage
dans le quartier de Mériadeck,
inspirée par le musée Guggen-
heim de New York et qui repré-
sente« l’undesplusgrandsexemples
européensdel’architectureorganique
et brutaliste » selon son nouveau
propriétaire.Brutal,c’estlemot :
de fait, avec son alliage béton-
pierre,l’endroitaupremierabord
estbrutdedécoffrage.LesTontons
Agitateur.Avecson
musée de la Mer
et son aquarium,
le promoteursti-
mulelavie cultu-
relle bordelaise.
sur mesure… Le patron de Fradin
Promotion voudrait recustomi-
ser l’endroit pour en faire un
centre culturel et d’exposition,
en le baptisant, comme il se doit,
La Caisse. C’est comme si c’était
fait ! Ce promoteur iconoclaste
bien connu des Bordelais – il fut
l’un des premiers à miser sur le
renouveaudesChartronsetl’amé-
nagement des berges de la Ga-
ronne –, au regard enfantin et au
faux air du comédien Denis Po-
dalydès,estentraindedevenirle
grand agitateur de la vie cultu-
relle bordelaise. Ce toqué de
course automobile trace son sil-
lon depuis des lustres dans le do-
maine. « Tombé dans l’immobilier,
par hasard » à l’âge de 18 ans et
demi – parce qu’il était devenu
père –,NorbertFradina,enparal-
lèledeprogrammespluscommer-
ciaux, restauré cinq ou six (il ne
sait plus précisément) châteaux
classésdanslarégion,dontlespec-
taculaire Villebois-Lavalette, en
Charente, entouré d’un demi-ki-
lomètrederempartsduXIIe
 siècle,
ainsiquelebienvisible(iltouche
le pont d’Aquitaine à Bordeaux)
Prince-Noir,desbâtissespatrimo-
niales dont il a confié – gratuite-
ment –lagestionàdesassociations
culturelles. « Je les appelle
Chantier.Norbert
Fradin devant le futur
musée de la Mer et de
la Marine, dans le quar-
tier des Bassins à flot.
Monumental.Le mu-
sée, qui s’étendra
sur 13 000 m2
, près de
la base sous-marine,
devrait prendre forme
à la fin de l’année.
flingueursseseraientcoulésavec
aisance dans cet immeuble de
5 étagesquileursiéraitàmerveille,
quoiqueplutôtseventies.Cettebâ-
tisse, ancien siège de la Caisse
d’épargned’Aquitaine,estunlieu
trèskitschde3 000 m2
auxvolumes
et perspectives incroyables, avec
son immense – et baroque – salle
descoffres,sasalleduconseilavec
vue sur Bordeaux et son audito-
riumauxsiègesettablettesenbois
SPÉCIALBORDEAUX
VIII | 23 novembre 2017 | Le Point 2359
SÉBASTIENORTOLA/RÉA-BROCHETLAJUSPUEYO
…
LES ATOUTS
D’UNE GRANDE ÉCOLE
DIPLÔME BAC+3
VISÉ PAR L’ÉTAT
EXPÉRIENCE
INTERNATIONALE FORTE
● Campus à Toulouse, Barcelone
et Casablanca
● Expatriation académique
● 98 Universités Partenaires
● + de 30 nationalités
● Choix du cursus français, anglais ou
espagnol
● Promotions multiculturelles
● Double diplômes
IMMERSION
PROFESSIONNELLE
● Jusqu’à 12 mois de stages
● 18 filières de perfectionnement
● Career Starter, incubateur
● Alternance
● 35 000 alumni
www.tbs-education.fr
05 61 29 46 09
Contact e-mail :
info.bachelor@tbs-education.fr
deschâteauxorphelinsparce
qu’ils ne sont pas des lieux de rési-
dence », précise Norbert Fradin.
Mais,surtout,l’hommeestl’ini-
tiateur, le concepteur, le finan-
ceur, l’âme, bref, le grand
ordonnateur du futur musée de
laMeretdelaMarine,quidoitou-
vrir le 15 juin 2018 dans le quar-
tier Bacalan/Bassins à flot et fait
déjàsaliverlesBordelais.CarNor-
bert Fradin, qui a le sens du pa-
nache et du « buzz » médiatique,
a promis pour l’inauguration d’y
faire venir 41 tableaux de Monet
ainsiqu’unequinzainededessins
– etmêmelapaletteetleslunettes
du peintre –, des œuvres prêtées
par le musée Marmottan, à Paris,
dirigéparPatrickdeCarolis.« On
avuhautetambitieuxpourmontrer
que ce musée sera aussi un lieu apte
à recevoir de grandes expositions ;
nous avons déjà des projets avec la
Bibliothèque nationale de France et
de grands musées français », lâche
le Bordelais. Le grand vaisseau
(13 000  m2
de planchers, dont
10 000 couverts,7 000 m2
desalles
d’exposition,unamphithéâtrede
350 places)devraitprendreforme
à 200 mètres de la Cité du vin et
de la base sous-marine à la fin de
l’année.Soncapitainesexagénaire
assouvitlàunrêved’enfant…Un
de plus ! « Gamin, je voulais entrer
à l’Ecole navale, raconte Norbert
Fradin,lesvoiesdeladestinéem’ont
orientéversd’autreshorizons.Mais
j’ai toujours fait de la voile et du ba-
teau, et, si je me suis passionné pour
la course automobile, je continue à
enfaire.J’aidélaissélamer,maisj’ai
constitué une collection d’objets de
marine et de maquettes de bateaux
deplusieursmilliersdepièces :pour-
quoi ne pas en faire profiter les
autres ? C’est ainsi que, d’un simple
lieud’expositionbasique,onestpassé
à l’ambition d’un vrai espace cultu-
reldédiénonseulementàlamer,mais
aussi à la marine. »
Immergé. Et,puisqu’ilnavigue
comme un poisson dans l’eau à
Bordeaux, Norbert Fradin a un
autre projet liquide en cours.
L’idée ? Installer un aquarium
géant(10 000 m2
,« commelesgrands
aquariums européens ») sur
Euratlantique,enborduredelaGa-
ronne. Là encore, le financement
est intégralement assuré par lui-
même et son groupe, et, comme
pour le musée, son président-fon-
dateur reste discret sur les mon-
tants. Tout juste concède-t-il que
celafait« pasmald’argent ».Unpro-
jetquivientd’êtrelancéetdevrait
aboutir en 2021, mais qui défraie
déjà la chronique. Et pour cause !
Norbert Fradin promet, en effet,
unaquarium« nouvellegénération »,
à savoir avec des poissons qui ne
seront pas forcément tous… phy-
siquementprésents !Evidemment,
dit comme cela, cela prête à rire ;
certainscrientmêmeàl’esbroufe.
Audacieux. C’est sous-évaluer
l’ambitionduprojetetsous-estimer
les progrès considérables de l’in-
telligence artificielle en cours et
àvenir…« Ilvientdes’ouvriràTime
Square, à New York, sous les aus-
pices de National Geographic, un
aquarium100 %virtuel,sedéfend
notre entrepreneur audacieux.
Nous,ceneserapasforcémentlecas.
Nous aurons des bassins avec des
poissons,pourfavoriserlareproduc-
tion. Mais tous les grands animaux
que l’on ne peut plus garder en cap-
tivité seront montrés dans leur mi-
lieu naturel. Et le visiteur sera
complètement immergé dans leur
réalité,grâceauxtechniques3D,aux
images invasives. On pourra voir
des animaux qu’on ne peut jamais
approcher, dans aucun aquarium.
Et on pourra presque les toucher ! »
L’impression, assure son promo-
teur,seraencorepluspalpableque
danslefilm« Océans »,deJacques
Perrin, avec lequel l’équipe tra-
vaille. « On ne peut plus agir vis-à-
vis des espèces animales comme
autrefois », constate Norbert Fra-
din,quiabienconsciencedupoids
de plus en plus grandissant des
militantsécologistesetdesdéfen-
seurs du bien-être animal. L’im-
portantestderêveretdefairerêver,
n’est-ce pas ? Quand on lui de-
mandecequilemeut,lecapitaine
Fradinrépondtoutàtrac,enfixant
son interlocuteur de son regard
malicieux,enfantin :« Jem’amuse. »
Alors, que Fradin s’amuse : c’est
bon pour Bordeaux ! §
Kitsch.Une fois réhabi-
lité, l’ancien siège
de la Caisse d’épargne
hébergera des com-
mercesetdesespaces
culturelsetartistiques.
Norbert Fradin promet un aquarium « nouvelle
génération » avec des poissons qui ne seront pas
forcément tous… physiquement présents !
SPÉCIALBORDEAUX
X | 23 novembre 2017 | Le Point 2359
SÉBASTIENORTOLA/RÉA
…
Joue-la comme Alfred
PAR JÉRÔME CORDELIER
« E
n France, je ne me verrais
pasvivreailleursqu’àBor-
deaux. » Le dessinateur
AlfredestnéàGrenoble,sedittrès
attachéàsesracinesitaliennes,ne
dédaigne pas l’expatriation – il re-
vientd’unpéripledesept moisen
Asieaveccompagneetfille–,mais
ilafaitdelamétropoledeBordeaux
sonportd’attache,etcedepuisdix-
sept ans. Alfred (c’est un pseudo,
maisilsouhaitequ’onnel’appelle
qu’ainsi) partage un atelier – bap-
tiséFlambantneuf –avecd’autres
artistesdanslequartierSaint-Pierre,
etilhabitaitjusqu’àrécemmentle
quartierSaint-Michel,avantd’em-
ménagerdansunemaisonàBègles.
Cequadragénairesympathiqueet
curieuxestl’unedesgrandessigna-
tures de la bande dessinée. Il est
l’auteur de la série « Octave »
(6-9 ans), du récit noir de son
Pétillant. Qui l’eût
cru ? La cité de
Montaigne est
la deuxième ville
de BD en France.
scénaristeetamiOlivierKa,« Pour-
quoij’aituéPierre »,d’unlivreavec
EtienneDaho–qu’ilasuivipartout
pendant deux ans et demi – et de
spectaclesdessinésavecJean-Pierre
Nataf(lechanteurdesInnocents),
Brigitte Fontaine, le jazzman Ra-
phaël Imbert… Et son album solo
« ComePrima »adécrochélefauve
d’or2014 auFestivald’Angoulême.
Bref, Alfred est un auteur qui
compte.EtilvitàBordeaux.
Comme nombre de ses collè-
gues, tels David Prudhomme,
ChristianCailleaux,RichardGué-
rineau, le dessinateur de la série
« XIII »,etFabienNury,sonscéna-
riste vedette, ou encore Eric
Corbeyran, Winshluss (meilleur
albumàAngoulêmeen2011avec
« Pinocchio »etPépited’oràMon-
treuill’annéedernière),LucieDur-
biano, Rachel Deville… Bordeaux
compterait 200 auteurs et scéna-
ristes de bande dessinée.
Pôle.Pourquoiuntelengouement
d’auteursdeBDpourlacapitalegi-
rondine ? La proximité d’An-
goulême, où nombre d’entre eux
ontfaitleursétudes,n’yestpaspour
rien.Ainsiquel’implantationd’édi-
teurs comme Akileos, La Cerise,
l’antennefrançaiseduFRMK,mais
surtoutLesRequinsMarteaux,qui
ontquittéAlbipourintégrerlafa-
brique Pola, nouveau pôle créatif
bordelais (lire page XXXI), suivi
quelquesannéesaprèsparunautre
poids lourd du secteur alternatif,
Cornelius.« Avantd’opterpourBor-
deauxilyaquatreans,racontelepa-
tron et fondateur de Cornelius,
Jean-Louis Gauthey, on a étudié les
villes de Lyon, Marseille, Toulouse et
Nantes. Bordeaux était une ville en
phasededéveloppement,pastrèsloin
de la mer, pas très chère à l’époque –
mais ça a beaucoup changé… » Pour
Gauthey,quiestaussiporte-parole
du Syndicat des éditeurs alterna-
tifs, Bordeaux est aujourd’hui la
deuxième ville de BD en France.
« Très peu d’auteurs peuvent encore
vivreàParisàcauseduprixdesloyers,
constate-t-il, et ici on peut s’implan-
ter facilement, car on mutualise avec
d’autresacteurs. »Résultat,leslibrai-
riesspécialiséespullulentcomme
Le Passeur ou Le Contretemps, et
lesgrandeslibrairiescommeLaMa-
chineàlireouMollatpoussentles
murspourfaireplaceauxalbums,
quand les manifestations se mul-
tiplient,commelefestivalRegard 9,
par exemple. A Bordeaux, on fa-
briqueaussidesbulles… §
Attachement.Le
dessinateur Alfred, qui
a notamment consacré
un album à Etienne
Daho, s’est installé
quartier Saint-Michel
il y a dix-sept ans.
SPÉCIALBORDEAUX
XII | 23 novembre 2017 | Le Point 2359
SÉBASTIENORTOLA/RÉA-DELCOURTCHAUVEL/ALFRED-
PAR CLAUDIA COURTOIS
MUSIQUES
« Carmen » revisité
C’estl’histoired’unopéra–« Car-
men »,deBizet–,maisenversion
théâtred’objetsetsouslahoulette
deMichelLaubu,qui,depuistrente
ans,récupère,transforme,sublime
et« poétise »toutcequitraînedans
les placards. Avec sa complice,
EmiliHufnagel,iltransportecette
histoire d’amour du XIXe
 siècle
dans une contrée imaginaire, la
Turakie !Unvraithéâtredeméta-
morphose, à voir et à entendre.
« Une cArMen en Turakie », du
12 au14 décembre,àSaint-Médard-
en-Jalles, www.carrecolonnes.fr.
La nouvelle voix du jazz
Cécile McLorin Salvant, jeune
Franco-Américaine–unpèrehaï-
tien,unemèreguadeloupéenne–,
envoûteetcharmeparsavoix.Elle
a tout juste 30 ans et a déjà rem-
portéle1er
 prixduconcoursinter-
nationaldejazzTheloniousMonk
(2010).Sonpremierdisque–«Wo-
manChild » – a été nominé aux
Grammy Awards en 2014.
Le 21 janvier, à Cenon,
www.lerocherdepalmer.fr.
Guitare jeune
A22 ans,ilestdéjàunvirtuoseen
guitare classique et a récolté de
nombreux prix internationaux.
ThibautGarcia,depèreespagnol,
a grandi à Toulouse et, à l’âge de
7 ans,arencontréuneguitarequ’il
n’a plus quittée. Le beau gosse
Legende
Parici
lessorties !
Guide. Théâtre, musiques, expos…
Les choix du Point
pour bien profiter de Bordeaux.
Poésie.La compagnie
Turak transforme
« Carmen » en fait
divers amoureux
loufoque et
surréaliste.
SPÉCIALBORDEAUX
XIV | 23 novembre 2017 | Le Point 2359
ROMAINÉTIENNE/ITEM-MARKFITTON-WWW.THIBAUTGARCIA-GUITARIST.COM
enivreetberceparsesinterpréta-
tionsdélicatesetunsontrèsrond,
caractéristique de la guitare clas-
sique.
Le 16 décembre,
www.opera-bordeaux.com.
La boum des petits et…
des grands !
Pour que nos chères têtes blondes
sedéhanchentetsedéfoulenttout
en se cultivant sur l’histoire de la
pop, du rock ou du jazz, le Kraka-
toapropose,àl’heuredugoûterou
presque,desKrakaboum :musique,
boulesàfacettes,lumièresdecou-
leur et, surtout, une programma-
tion top, exigeante et adaptée. Il y
amêmedesbonbons !Lamusique
anglaiseestàl’honneurpourcette
boumdefind’année.
Le16 décembre,àMérignac,
www.krakatoa.org.
Opéra classique
Dans le cadre du cycle Debussy,
l’opéra« PelléasetMélisande »est
une nouvelle production de
l’OpéranationaldeBordeaux.On
y chantera l’amour, la mort et la
jalousie sous la baguette de Marc
Minkowski (voir entretien, page
XXVI) et dans la mise en scène de
Philippe Béziat.
Du 19 au 21 janvier 2018,
www.opera-bordeaux.com.
Depeche Mode
en ouverture de l’Arena
Pour la seule date française, avec
Paris, de leur Global Spirit Tour,
legroupeanglaismythiqueinau-
gure l’Arena le 24 janvier. C’est
leurpremièretournéedepuisprès
detroisans.Touteslesplacesayant
étévenduesenquelquesminutes,
il ne reste plus qu’à casser sa tire-
lirepourréserversonpassVIPà…
403 euros !
Le 24 janvier, www.
bordeauxmetropolearena.com.
Cœur de rock
La14e
 éditiondufestivalBordeaux
Rock tiendra ses promesses avec,
entreautres,laprésenceduchan-
teur pop Bertrand Burgalat, de la
DJallemandeHelenaHauffouen-
coredelachanteuseetactriceDani.
La soirée Rock en ville (le 25 jan-
vier) offre un coup de projecteur
surlafinefleurdelascènelocale,
avec la participation d’une
vingtaine de groupes dans huit
lieux différents. Une formidable
déambulation musicale urbaine.
Du 24 au 28 janvier 2018,
www.bordeauxrock.com.
Jusqu’au bout de la nuit
au conservatoire
Chaquefois,c’estlamêmechose :
le conservatoire de musique de
Bordeauxsetransformeenruche
avec,enguised’abeilles,dejeunes
musiciens et chanteurs qui
s’égaillent dans autant de salles-
alvéoles !C’estla5e
 Nuitdesconser-
vatoires, une manifestation
nationale : jusqu’à minuit, les
oreillesetlesyeuxserégalentdans
uneambiancefamilialeetbonen-
fant.Mêmesionn’apasderejeton
dans la place, ça vaut le détour.
­Entrée libre.
Le 26 janvier 2018. 05.56.92.96.96.
Parker met le paquet
Maceo Parker, une des grandes fi-
gures du funk et du soul jazz, qui
adébutéavecJamesBrownetjoué
avecPrinceavantdeselancerdans
une carrière solo, sera au Kraka-
toale29 novembre.Ilestmêmele
parrain de la salle de concerts.
Le 29 novembre, à Mérignac,
www.krakatoa.org.
THÉÂTRE ET DANSE
« Marys’ à minuit »
Catherine Marnas, à la tête du
TnBA depuis 2013, programme
« Marys’ à minuit », de Serge Va-
letti,àlaquelleelleadéjàtravaillé
avec lui. Mise en scène par cette
spécialistedurépertoirecontem-
porain,lapièceabordelasolitude
d’une femme qui, dans l’attente
de l’amour, dénoue les fils de sa
pensée.
Du 23 janvier au 9 février 2018,
www.tnba.org.
Soufflé, Decouflé
Le chorégraphe et sa compagnie
DCAprésententcinqpiècesinter-
prétéesparseptdanseurs.Unetra-
versée des genres avec du cirque
et de l’acrobatie, de la danse pure
sur du Vivaldi, un duo aérien et
un voyage magique au Japon à
­travers la peinture, les tremble-
ments,lesapparitionsetles
Icônes.C’est Depeche
Mode qui va inaugurer
la toute nouvelle Arena
début 2018.
Merveilleux.Decouflé
et sa compagnie offrent
de brefs morceaux de
vie et d’art. Magique !
Le Point 2359 | 23 novembre 2017 | XV
2017 INVISIONOWENSWEENEY/AP/SIPA-CHARLESFREGER
…
disparitions.Avectoujours,
en fil d’Ariane, l’imaginaire, l’ex-
travagance,lafinesseetl’humour
decetartisteàlarenomméeinter-
nationale, qui est associé au
Théâtre national de Chaillot.
Du 30 novembre au 2 décembre,
www.carrecolonnes.fr.
EXPOSITIONS
La prison libérée, la prison
colorée
L’exposition « Oh couleurs ! » du
muséedesArtsdécoratifsetduDe-
signatellementpluqu’ellejoueles
prolongations.Unemiseenscène
ludique,épuréeetsanstropdebla-
bla,quel’ondoitàPierreCharpin,
créateur 2017 du Salon Maison 
Objet. Autre plaisir : cette exposi-
tionestinstalléedansuneancienne
prison. Situé derrière le bâtiment
principal, un hôtel particulier du
XVIIIe
 siècle,cetespaceatypiquea
préservélestracesdesonhistoire.
Jusqu’au 3 décembre,
www.madd-bordeaux.fr.
Viva Gonzalez !
C’est la première rétrospective
­en Europe de Beatriz Gonzalez,
une artiste emblé-
matique et fonda-
mentale de la scène
artistique d’Amé-
rique latine. C’est la
reinecolombiennedu
pop art. L’exposition,
organiséedanslecadre
de l’année France-Co-
lombie, est reconnue
d’intérêt national par
leministèredelaCulture.Yparti-
cipentleCAPC,leMuseoNacional
CentrodeArteReinaSofiadeMa-
dridetleKWInstituteforContem-
porary Art de Berlin.
Jusqu’au 25 février 2018,
www.capc-bordeaux.fr.
Images en questions
L’Institut culturel Bernard-Ma-
grez prête les cimaises de l’hôtel
Labottière à Valérie Belin, une
photographefrançaisequiareçu
leprestigieuxprixPicteten2015.
­Son approche esthétique est ci-
nématographiqueetaméricaine,
toutimprégnéedel’universdela
mode.Danscetteexposition,qui
est conçue un peu comme une
rétro­spective de son travail, elle
questionnelesformes,l’imagede
lafemme,lesstéréotypesetcequi
fait sens, valeur et réalité dans la
futilité.
Jusqu’au 25 mars 2018, www.
institut-bernard-magrez.com.
Mythologie, peinture
et poésie
Pascal Daudon est un artiste
peintre et plasticien
landais. Il peut trans-
former des objets en
œuvres d’art, que ce
soit en gravant sur
des plateaux de
tablesoudeschaises
enFormica,ouplus
simplementenuti-
lisant crayons de
couleur et encre sur des
surfaces en bois ou en papier. Le
quinquagénaireprésenteainsiun
travail autour des mythologies
mais à sa façon : Pascal Daudon
joueavecl’ombreportéeducorps
desonmodèleetlemythequece
dernier a préalablement choisi.
Ilréaliseainsiuneœuvrecompo-
séed’humains,d’animaux,devé-
gétations,d’histoires,decultures
et d’époques différentes. A voir à
l’espace Beaulieu, un lieu éton-
nantfaceaulycéeSaint-Genèset
qui dépend de ­la maison diocé-
saine de Bordeaux. Parfait pour
les expositions, les séminaires et
même pour se ­restaurer.
Du6 décembreau3 février2018,
www.espacebeaulieu.fr.
Le débarquement
des Américains
Une bonne leçon d’histoire au
Centre Jean-Moulin sur l’arrivée
des Américains à Bordeaux en
1917, leur quotidien et leur legs
à la ville, notamment le jazz. Peu
deBordelaissaventqueleurville
étaitunebasearrièrequiassurait
la logistique des soldats
Emblématique.Le
« Fauteuil Proust »,
d’Alessandro Mendini
(1978), présenté
au musée des Arts
décoratifs et du Design.
Vivantes.La photographe Valérie Belin joue avec les
couleurs exubérantes de ses natures mortes.
SPÉCIALBORDEAUX
XVI | 23 novembre 2017 | Le Point 2359
M.DELANNE/MADDBORDEAUX-CONSTANTFORME-BECHERAT-DR
…
…
30e
saison
2017/2018
Billetterie - Renseignements :
05 56 97 82 82
www.lepingalant.com
sam.20janvier/20h30
dim. 21 janvier / 16h
Billetterie - Renseignements :
Venez en Tram ! Ligne A - Arrêt Pin Galant
Plus de 80 spectacles programmés !
Nuit de la Saint-Sylvestre
Ça c’est Paris !
Revue musicale et son Dîner-Spectacle
Mise en scène : Fabrice LELIÈVRE
Direction musicale : Claude CUGUILLÈRE
Chorégraphie : Fabby RENAUD
dimanche31décembre 20H
samedi 23 décembre / 20h30
AHMED SYLLA
avec un grand a
vendredi 1er
décembre / 20h30
VINCENT NICLO
5.0
dimanche 3 décembre / 14h - 17h30
GENERATIONS
irish celtic
mardi 5 décembre/ 20h30
LA TRAVIATA
opéra côté chŒur
samedi 16 décembre / 20h30
LES BALLETS TROCKADERO
DE MONTE-CARLO
mardi 19 décembre/ 20h30
PAYSAGES INTÉRIEURS
Compagnie Philippe Genty
dès
11ans
21 et 22 décembre / 20h30
FRANCIS HUSTER - RÉGIS LASPALÈS
ÀDROITEÀGAUCHEde Laurent RUQUIER
vendredi 8 décembre/ 20h30
HANSEL  GRETELComédie musicale d’après les frères Grimm
dès
4ans
mercredi 20 décembre/ 20h30
ELEKTRIK
Compagnie blanca li
jeudi 28 décembre/ 16h
ALICEComédie musicale d’après Lewis Carroll
dès
4ans
Venez partager une soirée
de réveillon inoubliable !
Offrez un évènement !
dès
6ans
américains allant com-
battre sur le front de l’est de la
France. Avec des ­photos, des vi-
déos et une étonnante maquette
reproduisant l’impressionnante
base médicale de Mérignac, qui
pouvaitaccueillir20 000 soldats.
Bref, ­pour tout savoir sur cette
histoire incroyable.
Jusqu’au 7 janvier 2018.
05.56.10.19.90.
Pellicules magiques
L’équipeorganisatrice,Flip-Book,
prépare la 27e
 édition des Nuits
magiques,unfestivalinternatio-
naldufilmd’animationquin’est
pas réservé qu’aux petits, loin de
là.IlsedérouleaucinémaLeFes-
tival (Bègles), mais aussi à L’En-
trepôt (Le Haillan) et à la
bibliothèque Mériadeck (Bor-
deaux). Au programme, la fa-
meusecompétitioninternationale
descourts-métragesd’animation
(septthématiques),desrencontres
avec, notamment, le réalisateur
russeKonstantinBronzitou
encore le réalisateur fran-
çaisNicolasBianco-Levrin.
Anepasmanquer :lesfilms
au charme désuet du
TchèqueJiriTrnka,àlafois
peintre, cinéaste et ma-
rionnettiste, qui se situe
dans la veine poétique de
Paul ­Grimault mais en
version ­marionnettes.
Du 29 novembre au 10 dé-
cembre. 05.56.51.76.60,
www.lesnuitsmagiques.fr.
Le bluffant Samuel
Boulesteix
Unsurdouédelasculpturefaçon
pop culture. Samuel Boulesteix,
autodidactedelasculpturedeBD,
numéro un du genre, vient expo-
ser pendant trois semaines ses
œuvres – statues, bronzes et
plâtres–chezBDAvenue,cenou-
veau temple du 9e
 art en plein
cœur de Bordeaux. Même les
non-amateurs de BD ou de
personnages fantastiques ne
peuvent qu’être bluffés par son
travail précis de sculpture et de
patine.
Le 10 décembre en présence
de l’artiste, www.bdavenue.com.
L’art contemporain
en sucette
Après avoir roulé sa bosse, un
jeunecouple,OlivierMossetMa-
rie Toni, aussi amoureux que cu-
rieux,adécidédetesteràBordeaux
uneidéequirendlavillepluspoé-
tique et créative. Grâce au finan-
cement participatif, les deux
trentenairesexposentdesartistes
émergents sur des… Abribus. Ils
se sont demandé « comment pro-
poser plus d’art dans la ville tout en
réduisant les espaces publicitaires
au profit de moments poétiques,
­d’une  émotion gratuite dans un
monde où tout va si vite ». Ils ont
trouvé ! En plus, l’art sort de son
univers élitiste. Et, pour les plus
intéressés, il est possible
Partage.
Grâce au financement
participatif, Olivier
Moss et Marie Toni
exposent des artistes
émergents dans la rue.
Pour tous. Un festival
du film d’animation
qui enchantera petits
et grands.
SPÉCIALBORDEAUX
XVIII | 23 novembre 2017 | Le Point 2359
SÉBASTIENORTOLA/RÉA-DR
…
…
AU DÉPART DE BORDEAUX
AIRFRANCE.FR
France is in the air : La France est dans l’air. Renseignez-vous sur airfrance.fr, au 36 54 (0,35€ TTC/min à partir d’un poste fixe) ou dans votre agence de voyages.
EN DIRECT
PAR SEMAINE
DÜSSELDORF 3 VOLS
d’acheter une reproduc-
tion. L’événement devrait avoir
lieu tous les trois mois.
Du 27 novembre
au 3 décembre sur 34 panneaux
prêtés par la mairie de Bordeaux.
Bouteilles en beauté
HélèneSoète,nativedeBordeaux
et céramiste à Lille, présente, en
exclusivitéàlagaleriedesSélènes,
ses bouteilles, dans lesquelles
chantentlesâmes,pourparaphra-
serBaudelaire.Desblanches,des
grises, des noires, des brillantes,
des satinées, d’autres aux reflets
métalliques. Hélène Soète joue
avec la lumière. Le résultat pro-
viententreautresd’undélicattra-
vail de cuisson au bois, dans des
foursanagamade4mètresdelon-
gueur ou du raku.
« Pourvu qu’on ait l’ivresse »,
jusqu’au 13 janvier 2018,
09.72.45.16.21.
Sur un petit nuage
Commechaqueannée,lefestival
jeune public de Pessac (jusqu’à
10 ans)réservesurprisesetdécou-
vertes artistiques, avec sa pro-
grammationpluridisciplinaireet
de qualité, dans plusieurs quar-
tiers de la ville et même à Bègles.
Au total, une quinzaine de spec-
tacles auxquels on peut assister
dès l’âge de 6 mois, qui abordent
tous les aspects contemporains
du théâtre, de la musique, de la
danse, du cirque et de la marion-
nette. Il y a même des ateliers de
pratiqueartistique,encadréspar
desprofessionnels,etdesconcerts
pop pour bébés !
Du 15 au 22 décembre, à Pessac,
www.pessac.fr/
sur-un-petit-nuage.html.
Art sans brutes
« Abstractions faites », ce sont
160 œuvres, dessins, peintures,
sculptures,delacollectiondumu-
séedelaCréationfranche,unlieu
consacré à l’art brut unique en
Nouvelle-Aquitaine. Une occa-
sion de partir à la découverte de
cetespaceatypique,devenuéqui-
pement d’intérêt métropolitain
depuis l’été. §
Jusqu’au 27 mai 2018, www.
musee-creationfranche.com.
Surprises.Au festival
de Pessac, le jeune
public pourra suivre,
de fil en fil, la belle
histoire de « Ficelle ».
Equilibre.Les créations
d’Hélène Soète, où
le hasard imprime sa
patte sur les couleurs
vibrantes, à la cuisson,
lors de l’émaillage.
Conférences
Voyage et littérature
Parmi les invités de la
34e
 saison des rencontres
IEP-Sud-Ouest, l’écrivain,
aventurier et marcheur
Sylvain Tesson, auteur
de romans, d’essais
et de nombreux récits de
voyage, sera l’invité dans
le cadre de « Demains
les savoirs ». Une belle
rencontre avec « l’homme
qui aime le temps qui passe »
et « préfère les origines aux
promesses ».
Le 14 décembre à Station
Ausone (Mollat).
Paroles, paroles
géopolitiques
Dans le cadre du cycle de
conférences « Montaigne »
(organisées par l’université
éponyme), une conférence
de géopolitique est à
marquer sur son agenda :
« La Russie de Vladimir
Poutine, un retour à
l’empire des tsars ? »,
animée par Marie-Pierre
Rey, professeure d’histoire
russe et soviétique, et
directrice du Centre de
recherchesenhistoiredes
Slavesàl’universitéParis-1.
Le 18 janvier 2018.
www.paxaquitania.fr/2017/
10/cycle-de-conferences-
montaigne.html.
SPÉCIALBORDEAUX
XX | 23 novembre 2017 | Le Point 2359
DR-RAPHAELGAILLARDE/GAMMARAPHO
…
Cespassionnéssecouent
lascènebordelaise
PAR CLAUDIA COURTOIS
LUCILE ET FANNY ARNAUD
Les pétroleuses
de la gastro bordelaise
Ellessontsœurs,jeunes,pétillantes
etfourmillentd’idéesautourdela
gastronomie.Aprèsdespremières
expériencesprofessionnellesàPa-
ris,LucileetFannyArnaud,origi-
nairesd’Andernos,sontrevenues
poser leurs bagages et leur fraî-
cheuràBordeaux.Ellessontcom-
plémentaires : Lucile, 28 ans, un
CAP de cuisine en poche, adore
mitonner, Fanny, 32 ans, préfère
manger.Leursidéessontsimples :
d’abord,créerun« réseauautourde
la bonne bouffe à Bordeaux. Ici, les
gens de la scène culinaire partagent
moins,carchacunestàfonddansson
travailsansforcémentserencontrer »,
aconstatéLucile,productricepen-
dant trois ans du festival Omni-
vore à Paris. Les sœurs ont alors
créé le Bordeaux Food Club. Tous
les deux mois, cuisiniers, ostréi-
culteurs, brasseurs, viticulteurs,
producteursetautresamateursde
bonne chère, la trentaine en
moyenne,serencontrentpourun
apéroinformeldansunrestaurant
ouunbar.Chacunapportecequ’il
veut. Autre initiative des sœurs
gourmandes :ellesorganisentdes
événementsdécalésetabordables
autourdelagastronomie.Cesont,
par exemple, les « dîners plan-
qués ».Lepremieraeulieufinoc-
tobredansunebrasserieàLormont
aveclechefétoiléVivienDurand,
Inspirés. Branchés
gastronomie, BD,
photo… Ils ont
l’art du partage.
du Prince noir, et un artiste qui a
peint une cuve en direct. Le pro-
chain est prévu début janvier. « Il
fautdestrios– chef,lieu,artiste –qui
fonctionnentbien »,prévientLucile.
Et les pétroleuses de la gastro ont
plein d’autres idées pour organi-
ser des événements ­hybrides et
vivre de leur passion. « Bordeaux
estunbeauterraindejeu. »Onveut
bien les croire.
MARC FAUJANET
Un Tintin businessman
au pays de la librairie
L’homme est pressé mais n’en
donne pas l’air. Il faut dire qu’il a
de quoi être (pré)occupé : en
quelques années, après une autre
vie dans la construction et
l’exploitation de maisons de re-
traite (groupe Mieux vivre –
10 000 employés), Marc Faujanet,
à peine la soixantaine, s’est lancé
dans la… librairie. Mais pas n’im-
porte laquelle ni n’importe com-
ment. « Mon idée était de créer des
lieuxetdesedifférencierdesautres. »
Pourquoi le livre ? « C’est la soif de
culture du sportif », a répondu un
jourl’ancienpatineurartistiqueà
Alain Juppé. Alors, après avoir
(bien)vendusesparts,ilvaouvrir
deslibrairiesavec,commeconcept
originaletdansl’airdutemps,un
espace snack. L’ancien sportif de
haut niveau débute à Pessac en
2015, où se trouve le siège social
du holding familial, continue à
Arcachon(LibrairiedesMarquises)
en juin 2017. Depuis deux ans,
l’ex-présidentdelaFédérationfran-
çaisesdessportsdeglaceestaussi
à Bordeaux avec la Librairie de la
Comédie et BD Avenue.
L’homme,futéetpragmatique,
aaussilancélespâtisseriesOpéra,
quialimententendessertsseslieux
deculture.« Aveclelivreseul,onne
peut pas gagner d’argent. » D’ail-
leurs, en parallèle, l’homme
­d’affaires compte ouvrir d’ici à
2019 une ­vingtaine de
Fraîches.Les sœurs Lucile
et Fanny Arnaud, créatrices
du Bordeaux Food Club.
Ancré. Marc Faujanet
danssalibrairie
45e
Parallèle, à Pessac.
SPÉCIALBORDEAUX
XXII | 23 novembre 2017 | Le Point 2359
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ration  — cinq pour le printemps
2018, outre ­celle du cours de l’In-
tendance,endécembre–etrecru-
ter à terme 100 personnes. Sa
dernière pépite : BD Avenue, ou-
verteàl’été2017dansunbâtiment
à la structure Eiffel. « Avec
950 mètrescarrés,c’estlaplusgrande
librairie de BD de France », assure
celuiquiaouvertsapremièrebou-
tique de sports en 1968 à Gradi-
gnan. On trouve de tout dans cet
antredelaBD(350 000 références),
et surtout des figurines de collec-
tionetdestiragesdetêtegrâceau
réseaudeJean-LucCastrec,l’actuel
responsable de la librairie, pas-
sionnédeBDetcollectionneurde-
puisdeslustres.MarcFaujanetest
lui aussi un amateur – il possède
lepremierexemplairede« Tintin
au pays des Soviets », exposé jus-
tement à la ­librairie.
LAURENT VÉDRINE
Un fil entre l’homme
et son histoire
Lavoixestdouceetleproposclair.
Laurent Védrine, 45 ans, le tout
nouveau directeur du musée
d’Aquitaine,prendlasuitedeFran-
çois Hubert, resté treize ans à la
têtedel’établissement.Undéfi.Le
nouvelarrivantapleindeprojets,
mais ne cherche pas non plus à
renverser la table. Il connaît un
peu la maison aux 5 000 mètres
carrés d’exposition permanente,
une des plus grandes superficies
de France. Pour son diplôme de
conservateur, l’ancien directeur
du musée d’Histoire de Marseille
yaeffectuésonstage.Cetamateur
d’histoire a également fait ses
études dans la ville chère à Mon-
taigne,dontlemuséed’Aquitaine
possèdelemagnifiquecénotaphe.
Laurent Védrine reste épaté par
« l’épaisseurhistorique »dece­musée,
qui retrace, pas toujours de ma-
nièreattractive,600 000 ansd’his-
toire.« Anousdetendreunfild’Ariane
aupublicsurceparcoursunique(…),
dedévelopperlarelationdel’homme
àsonhistoireetdedonnerdelachair
aux objets inanimés. » Vaste pro-
gramme pour celui qui va pour-
suivreleprojetdenouvellessalles
du XXe
et du XXIe
 siècle (2019).
Rendez-vous dans six mois pour
lespremierschangementsdansce
musée à l’immense patrimoine
(plus de 1,4 million d’objets).
MILENA OLDFIELD
L’apprentie pas sorcière
C’est la deuxième année que des
étudiantsenmastermanagement
culturel à Sciences po Bordeaux
jouentauxpros !Ilsonteulabonne
idéedeprofiterdesrutilantsnou-
veauxlocauxdel’Institutd’études
politiques pour y accrocher des
œuvres d’art. Mais tout le monde
peut en profiter. Ils ont ainsi créé
une association au nom un peu
abscons, le Mouvement rhizo­
matique, et ont surtout noué un
partenariatavecleFracAquitaine
et Les arts au mur, l’arthothèque
de Pessac, dont la mission est jus-
tement de prêter des œuvres à
des entreprises, particuliers ou
­associations. Milena Oldfield,
23 ans, la nouvelle présidente du
Mouvement rhizo, travaille
d’arrache-­piedavecunequinzaine
d’étudiants bénévoles à la pro-
chaineexpo,prévuele14 janvier.
Commesesprédécesseurs,lacom-
missaire en herbe constate que
« lesjeunes,etmêmeceuxdeSciences
po,ontdes­préjugéssurl’artcontem-
porain pas évidents à casser ». Aux
cimaises !
BRUCE MILPIED
Révélateur
de photographes
Lequadragénaireadeuxpassions :
lejazzetlaphotographie.Ilvitdes
deux : il est photographe docu-
mentaliste de musiciens de jazz.
L’homme à la ­crinière ondulée est
aussipasseurpourd’autresphoto-
graphes amateurs ou débutants.
Quandilacocréé,en2011,Cdansla
boîte,­associationdepromotionde
la photo­graphie d’auteur en
­Nouvelle-­Aquitaine, il avait fait le
constatque,« malgréunevraieculture
photo à Bordeaux, il n’existait pas de
lieuconsacré »àcetart,àl’exception
delagalerieArrêtsurl’imageetde
la vieille église de Mérignac, aux
programmationsd’enverguresou-
ventnationale.Alors,lorsdesMer-
credisphotographiques(quatreou
cinq fois par an), il expose des ar-
tistes dans un atelier près des Bas-
sinsàflots« pourquelesphotographes
puissentmontrerleurtravailetqueça
ne reste pas dans les cartons ». Avec
son équipe, il organise aussi les
NuitsnoiresdelaphotoàTalence.
Lesprochainessontprogrammées
enjanvier2018.L’idéeestde« faire
serencontrerlesgens,amateurscomme
professionnels, débutants et confir-
més ». Au programme de cette se-
conde édition : Denis Dailleux,
plusieursprixWorldPresssurson
CV, Delphine Blast, une photo-
graphequimonte,etMatthieuCha-
zal, un Bordelais « fou furieux » qui
aécumél’Europecentralejusqu’aux
frontièresdel’Orient §
Jeune pousse. Milena
Oldfield, présidente
de l’association Mouve-
ment rhizomatique, à
Sciences po Bordeaux.
Impétrant.Laurent
Védrine, nouveau
directeur du musée
d’Aquitaine.
SPÉCIALBORDEAUX
XXIV | 23 novembre 2017 | Le Point 2359
LYSIANEGAUTHIER,MAIRIEBORDEAUX-SÉBASTIENORTOLA/RÉA
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Satisfecit. « Parce
qu’un artiste français
a toujours du mal
à se faire reconnaître
dans son propre pays,
ma nomination ici fut
pour moi une grande
fierté », se réjouit Marc
Minkowski.
…
SPÉCIALBORDEAUX
XXVI | 23 novembre 2017 | Le Point 2359
DR
MarcMinkowski:
« Jetracemonchemin… »
PROPOS RECUEILLIS PAR JÉRÔME CORDELIER
Le Point : Nommé en juillet
2015, vous avez commencé
à officier à la rentrée 2016.
Quel premier bilan tirez-vous
de cette année passée à la tête
de l’Opéra de Bordeaux ?
Marc Minkowski :Jenetireaucun
bilan.Jeregardecequisepasse.La
saison actuelle plaît beaucoup, et
j’ensuisheureux.Lasaisonprécé-
dente avait été réalisée avec des
moyens extérieurs, dans des cir-
constances très tendues, mais je
n’ai pas voulu communiquer sur
unesaisondetransition.Là,çava.
Même si je trouve qu’il y a un peu
d’animosité…
Avez-vous trouvé votre
rythme ?
Ilyauntempsd’apprivoisement
qui est important. Cela fait plai-
sir de constater les abonnements
qui s’accroissent, les projets qui
se développent. Le public rajeu-
nit,cequiestunebonnechosevu
l’image que peut avoir l’opéra.
Vous accueillez aussi
de nombreux projets comme
Démos, qui a pour vocation
de monter des orchestres
de jeunes dans les quartiers
défavorisés et auxquels
participent 120 petits Bordelais
depuis un an.
C’estuntravailtrèslong,trèsémou-
vant, qui se déroule dans une am-
biancebonenfant.Nousaccueillons
Direct. Le direc-
teur de l’ONB se
confie sur ses am-
bitions et répond
aux critiques.
ceprojet,quiestpilotéparlaPhil-
harmonie de Paris, avec bienveil-
lance.Nousfaisonsainsibeaucoup
d’expériences,notammentavecles
étudiants.L’OpéradeBordeauxn’est
pas un supermarché culturel
comme certains voudraient le
croire. Nous sommes avant tout
unemaisond’opéra !Beaucoupde
grandschanteursfrançaiss’arrêtent
cheznous,desartistesquelesAlle-
mands,lesItaliens,lesAméricains
s’arrachent, mais qui ne sont pas
toujoursbienreçusdansleurpays.
Nous sommes une vitrine lyrique
de haut niveau. Moi qui virevolte
partout dans le monde, je suis
contentdecréerdansunlieuoùil
estpossibledefairenaîtreunecom-
plicitéaveclepublic.
Bordeaux est-il désormais
le premier Opéra de France
après Paris, ambition que vous
vous êtes fixée à votre arrivée ?
Il se passe de très belles choses
àLyon,Marseille,Strasbourg,par
exemple, mais je ne sais pas si
d’autresmaisonsconnaissentau-
tantdevariétéquelanôtre.J’ajoute
que nous sommes le premier em-
ployeur pour le spectacle vivant :
dans cette maison voisinent des
artistes et des artisans.
Vous qui connaissez Bordeaux
de longue date, comment
percevez-vous son évolution
culturelle ?
On parle énormément de la ville,
desonarchitecture,desagastrono-
mie,dutourisme.J’espèrequel’on
va parler autant de la culture. On
peut, on doit aller plus loin en la
matière. Beaucoup de personnes
icidiscutentsurlaculture,lajugent,
maisonnelesvoitjamaisauxévé-
nements culturels. Enfin, bon, ne
nous plaignons pas, le public est
là !Nousavonsl’undesplusbeaux
théâtresd’opéradumonde,quiplus
est dirigé par un artiste, ce qui est
rare – je n’aime pas beaucoup par-
ler de moi, mais je suis un artiste
avec une carrière et un carnet
d’adresses,celacompte.Ilyavingt
ans,quandilaprislatêtedelaville,
Alain Juppé a mis fin au mandat
d’unartiste,AlainLombard[après
unauditdémontrantdesdépasse-
mentsbudgétaires,NDLR],ilaau-
jourd’hui confié les clés de cette
institution à un autre artiste,
l’image est forte ! Maintenant,
j’aimerais bien que les moyens
immenses consacrés au
Solidaire.Le projet
Démos, lancé
en Gironde par Marc
Minkow­ski, a pour
but d’initier à la mu-
sique des enfants
issus de quartiers en
difficulté.
Rayonnement.
Marc Minkowski pour-
suit sa carrière interna-
tionale, comme
ici avec sa formation
LesMusiciensduLouvre.
…
L’Opéra de Bordeaux n’est pas un supermarché
culturel. C’est une maison d’opéra !
SPÉCIALBORDEAUX
XXVIII | 23 novembre 2017 | Le Point 2359
OPÉRADEBORDEAUX-ANTHONYCOTTAREL
développementdecetteville
soientaussiorientésverslaculture.
Danslagestionquotidienne,nous
sommes souvent obligés de prati-
querl’équilibrisme,dejongleravec
denombreusescontraintes.
Vous poursuivez votre carrière
internationale, notamment
avec Les Musiciens du Louvre,
la formation que vous avez
créée. Comment partagez-
vous votre temps ?
L’essentieldemonactionsedéroule
ici,maisquelquesélémentsdemon
passé sont importants. Pour me
consacrer à Bordeaux, j’ai quand
même renoncé à la Semaine Mo-
zartàSalzbourg,quejedirigeaisde-
puiscinqans.Entantquedirecteur
de l’Opéra de Bordeaux, je suis en
permanenceenfonctions,et,quand
je vais ailleurs, je le fais rayonner,
en lançant des projets communs,
descoproductionscommeavecSan
FranciscoouleJapon,parexemple.
Que faut-il encore développer
pour la culture à Bordeaux ?
Ungrandfestivaldemusiqueclas-
siqueetd’opéra,commeilenexis-
tait un naguère et dont on parle
toujoursavecnostalgie :leMaimu-
sical. Je suis en phase de réflexion
pourmenerunprojetsimilaire.On
y arrive progressivement, mais,
pour cela, il faut rapprocher le
mondeduvindel’universlyrique,
comme le faisait le Mai musical,
festival itinérant. Nous y travail-
lonsetnousdevonsallerplusloin.
Lesculturesdupalaisetducerveau
sontlesmêmes,ellesdoiventcom-
muniquer.J’aiétéséduitparl’Arena
deRudyRicciotti,c’estunlieupour
yfairedel’opérapopulaire.
Comment vous sentez-vous
accueilli ici ?
J’aiétéremarquablementreçupar
le public. Médiatiquement, il y a
dessoubresauts ;dèsquel’onpro-
pose des choses nouvelles, c’est
compliqué…
Que pensez-vous de la petite
polémique sur la supposée
fronde antiparisienne ?
C’est désolant et drôle, mais épi-
sodique. Je n’ai jamais ressenti à
Bordeaux de racisme parce que je
venais de Paris. Le vrai Bordelais,
né en Aquitaine, devient une es-
pèce rare.
Vous sentez-vous bordelais ?
Oui, mais, attention, je suis
quelqu’un de très multiforme. Je
suisunFrançaisissud’unefamille
américaine par ma mère et polo-
naiseparmonpère,avecdescatho-
liquesd’uncôtéetdesjuifsdel’autre,
et même un grand-père maternel
tchèque évangéliste. Je ressens en
moiungrandensembledecourants
ethniquesetreligieux,etvoilàpour-
quoi je me sens bien à Bordeaux,
ville de grand brassage. Et parce
qu’unartistefrançaisatoujoursdu
malàsefairereconnaîtredansson
propre pays, ma nomination à la
têtedel’OpéradeBordeauxfutpour
moiunegrandefierté.D’autantque
j’aiunerelationdelonguedateavec
cetteville,àtraversJeanLacouture,
qui fut un ami de mon père et au-
queljesouhaitedédierunesalledu
GrandThéâtre.
Où en est la crise sociale
que vous avez dû affronter ?
Est-elle réglée de votre point
de vue ?
C’estdelamousse.Jen’yaijamais
cru. C’est une maison dont on at-
tend beaucoup, le cahier des
chargesestimmense.Jetracemon
chemin…Maissil’onveutqueBor-
deaux soit une ville de culture, il
faut y mettre les moyens. Et cela
nepeutpasseulementvenirdela
ville. Il va falloir faire appel à des
partenariats privés. Et je ne de-
mande pas mieux non plus que
deporterlescouleursdelarégion
sur le territoire… §
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PAR CLAUDIA COURTOIS
(AVEC JÉRÔME CORDELIER)
LE PONT SIMONE-VEIL
S’il tient ses promesses, le futur
pont Simone-Veil (appelé encore
Jean-Jacques-Bosc), dessiné par
l’architecte Rem Koolhaas, a des
chancesdedevenirl’undesgrands
lieuxfestifsdeBordeaux.Entout
Tremplins.
De nouveaux lieux
dédiés à la culture
voient le jour.
En avant !
cas,c’estlepari.Car,outreunaxe
destiné à la circulation, l’ambi-
tionestdecréer–surunelargeur
équivalente–« unezonesupplémen-
taire où, en plus de celle dévolue au
trafic, tout est possible : un marché,
un concert, un festival… Le pont de-
vient, aussi, un espace public »,
commel’expliquaitRemKoolhaas
dansunentretienauPointle26 oc-
tobre. « Au lieu d’épuiser le budget
danslaprouessearchitecturale,nous
l’utilisons pour inventer un double
usage. Nous ouvrons des possibili-
tés », soulignait le créateur. Bref,
seréjouitàl’avanceFabienRobert,
l’adjoint chargé de la culture, ce
pont sera « un nouveau terrain
de jeu pour les artistes ».
LE GALET DU SPECTACLE
De la rive gauche on ne voit
qu’elle :poséesurlesrivesdeFloi-
rac,justeenfacedufuturpontSi-
mone-Veil, la salle Arena est
quasimentachevée.Signéparl’ar-
chitecte Rudy Ricciotti, ce lieu
tant attendu, qui pourra accueil-
lir de 2 500 à 11 300 spectateurs,
serainauguréendécembreetou-
vrira officiellement ses portes en
janvier2018.Lepremierconcert ?
Dépêche Mode, le 24 janvier.
L’investissement de 75 millions
(supporté à 80 % par Bordeaux
Métropole)permettrad’organiser
des concerts et des événements
sportifsdansunespacemodulable
sanspiliersintérieurs.L’Arenasera
la 5e
 salle de spectacle de France
en capacité d’accueil.
LE ROCHER VOIT GRAND
On connaît Le Rocher de Palmer
à Cenon, lieu de concerts voué
aux musiques actuelles et du
monde (400 manifestations par
an) et doté de trois salles (1 200,
Ludique. Le pont
Simone-Veil, où « tout
sera possible », selon
l’architecte,seral’un
des endroits les plus
festifs de la ville.
Extension.Le Rocher
de Palmer s’agrandit
avec une nouvelle salle
de 2 500 places.
Futuriste.
La salle de spectacle
Arena en cours
de construction.
Desécrinsarchi-artistiques
SPÉCIALBORDEAUX
XXX | 23 novembre 2017 | Le Point 2359
SÉBASTIENORTOLA/RÉA-CHRISTOPHEGOUSSARDPOURLAMAIRIEDECENON
650 et 250 places). Créé il y a sept
ans, il est devenu une place in-
contournable de la scène musi-
cale régionale. En raison de ce
succès, il est prévu de construire
unenouvellesallede2 500 places,
àl’emplacementdugymnasePal-
mer,situéjusteàcôté.Lestravaux
débuteront mi-2018 pour une li-
vraison fin 2019.
MUSÉUM,
QUELLE HISTOIRE !
Presquedix ansdepatienceauront
éténécessairespourrevoirFanny,
l’éléphanteduMuséumd’histoire
naturelle de Bordeaux, et 1,1 mil-
lion d’autres spécimens. Il faudra
attendreoctobre2018pourdécou-
vrir la mue de ce musée théma-
tiquecrééen1791 (undespremiers
en France) et installé depuis
1862 dans l’hôtel particulier de
Lisleferme.Souslahoulettedel’ar-
chitecteSébastienLoiseau(Basalt
Architecture), une attention par-
ticulière a été portée aux aspects
environnementauxdelaréhabili-
tation. Trois types d’expositions
serontprésentés :lesclassiquesex-
pos temporaires et permanentes,
mais aussi les semi-temporaires,
sur une durée de trois à cinq ans.
A noter que les expositions tem-
porairesserontinstalléesdansles
sous-solsdumusée,jamaisouverts
jusqu’ici.Unespaceseramêmeré-
servé aux tout-petits. L’agence
Die Werft, qui a réalisé la scéno-
graphie, a proposé des dispositifs
modulaires tout en respectant les
normes de conservation avec des
vitrines patrimoniales étourdis-
santesetdesdispositifsinteractifs
accessibles à tous.
LE MECCANO DE LA MÉCA
C’estladernièrelignedroitepour
la Maison de l’économie créative
etdelaculture,laMéca.Ceprojet
architectural décoiffant, réa­lisé
par les architectes néerlandais de
BIG (associés aux Français de
Freaks),devraitêtrefiniàlarentrée
2018 pour une ouverture début
2019. Installé sur l’emplacement
desanciensabattoirsdeBordeaux,
il réunira les trois agences cultu-
relles du conseil régional Nou-
velle-Aquitaine : l’Ecla (pour le
livreetl’audiovisuel),l’Oara(pour
lespectaclevivantetlesartsde la
scène)etleFracAquitaine(leplus
grandfondsrégionald’artcontem-
porainaprèsceluid’Ile-de-France).
Lacollectivitéterritorialeamisle
paquetetfinancelaquasi-totalité
de l’investissement (52 millions
d’euros sur 56). On y découvrira
alors un des plus beaux points de
vue sur la rive droite.
POLA ET TRALALA
Ça y est : après des années d’erre-
mentsdansplusieursvillesdel’ag-
glomération, Pola, le collectif qui
réunit une vingtaine d’associa-
tions culturelles, artistiques et
techniques, a trouvé son nid et
comptebienleconsolider.Ilaposé
une partie de ses valises en
2015 dansuneancienneentreprise
depeinturessurlesquaisdelarive
droite, pile en face de la prome-
nade du parc aux Angéliques et à
deux minutes à vol d’oiseau de
Darwin. Une autre partie est tou-
joursdansunanciencollègeàBor-
deaux. Mais, d’ici à janvier 2018,
toutlemondeseradansleslocaux
de la rive droite – 4 000 mètres
carrésdesurfaceet600 mètrescar-
rés de jardin –, en pleine réhabili-
tation. « L’idée est d’en faire un lieu
ouvert et accessible aux gens de pas-
sage, aux professionnels, mais aussi
auxhabitantsetassociationsduquar-
tier », insiste Blaise Mercier, le di-
recteur (7 salariés). Bientôt, on y
trouvera une salle d’expositions,
un lieu de conférences, un autre
de formation, une salle d’accueil
etune« cantine »ouvertesurl’ex-
térieur.« Cenouveloutilvanousper-
mettrededéployertoutesnosfonctions
professionnelles », poursuit-il.
Commeunincubateurdeprojets
pour jeunes architectes (avec
l’écoled’archideBordeaux)ouun
centrederechercheinterdiscipli-
nairesurl’aménagementduterri-
toireavecl’écoled’archi,celledes
Beaux-Artsetlesfutursingénieurs
des Arts et Métiers. Enfin, la « Po-
lamobile », intitulé rigolo pour
parler d’un dispositif souple qui
se déplace sur le territoire régio-
nal,prendratoutesonampleuren
2018.Pourlesimpatients,lechan-
tier se visite. www.pola.fr §
Décoiffant.Le chantier
de la Méca, future
Maison de l’économie
créative et de la culture,
ouvrira début 2019.
Créatif. Blaise Mercier,
directeur de Pola,
un lieu réservé
à la création contempo-
raine et à la production
artistique.
Peau neuve. Après
presque dix ans
de travaux, le Muséum
d’histoire naturelle
va rouvrir ses portes.
Le Point 2359 | 23 novembre 2017 | XXXI
SÉBASTIENORTOLA/RÉA-DR
Et c’est ainsiqueMollatestgrand !
PAR JÉRÔME CORDELIER
L
e métier de libraire mène à
tout,ycomprisaupilotagede
drones. Denis Mollat, qui a
propulsél’entreprisefamilialeau
premier rang des librairies pri-
véesdeFrance,avaitpeut-êtrebe-
soindeprendredelahauteur.En
tout cas, l’homme s’amuse beau-
coup avec son drone, qui sert no-
tamment à filmer les maisons
d’écrivain. Et nourrit ainsi en
imagesspectaculaireslesproduc-
tionsmaisonconcoctéesdansles
entrailles de la librairie.
En septembre 2016, pour les
120 ansdelalibrairie,DenisMol-
lat a, en effet, ouvert dans un an-
cien parking contigu la Station
Bouillonnant.
Premier libraire
de France,
Denis Mollat
investit la télé
et la Webradio.
Ausone, regroupant deux audi-
toriums,afind’accueillirdesren-
contresavecdesauteursettoute
personnalitédepassage…Leplus
granddesdeuxestéquipédesept
caméras et d’une régie de télévi-
sion pro destinée à capter les
images des conférences pour les
diffuser ensuite sur YouTube.
« L’audio,lavidéo,c’estletrucdeDe-
nisMollat,souligneEmmanuelle
Robillard, directrice des projets
du groupe. C’est lui qui a imaginé
etconçucetespace,enpartiefinancé
sur ses deniers personnels. »
Pasbesoind’endiredavantage,
il suffit de regarder le maître des
lieuxdanssoncostumebleuma-
rine aux fines rayures blanches
tripoter les touches du banc de
régie,tapoterlescaméras,claquer
dans ses mains pour montrer la
pureté du son ou faire entendre
sursonsmartphonelaMollatVox,
la Webradio que l’entrepreneur
est en train de lancer et qu’il ali-
mentera par des reportages de
ses libraires dépêchés chez les
auteurs et dans les festivals du
livre, partout en France… « Nous
sommes dans une société virtuelle,
lespublicsbougent,ilfautaccompa-
gner le mouvement », témoigne
notre homme.
Que ne ferait l’entreprenant
M. Mollat pour attirer visiteurs,
auteursetstarsentoutgenre,qui
se bousculent ici, d’autant plus
depuis que la LGV a rapproché
Paris de Bordeaux ? Sans jamais
quittersonportd’attache,enplein
centre-ville, Mollat a prospéré,
grignotantlesmètrescarrés.Cette
réussiten’estpasdueseulementà
l’ancragedelafamilleetàl’entre-
gentdesonpatron,bienplacédans
touslesréseauxquicomptent–y
comprisleMedef,dontilestletré-
sorier–etmêmeconsul(actif)du
Mexique… Denis Mollat a beau
être réputé impatient et autori-
taire,s’ilcontinuedefairevenirà
lui les forces vives de la culture,
c’estqu’iln’estjamaisrestéinerte,
etqu’iltissedeslienstousazimuts
avec son environnement.
« Synergies ».Desinstitutions
culturellescommelesBeaux-Arts,
le conservatoire, l’université, les
écoles,lesassociations,lescollec-
tivités,lesmédias…Toutpartena-
riat est bon à nouer pour faire
rayonner la place. « Le propre de
la culture est qu’il n’y a rien de pré-
visible, constate Denis Mollat. Il
fautdeslieuxquipuissentaccueillir
et favoriser la rencontre, je dirais
mêmel’alchimieentredespersonna-
litéscréativesetceuxquipermettent
à ces talents de s’exprimer. Nous
sommes là pour créer des synergies,
afindeparticiperàn’importequelle
forme de vie. »
Et voilà comment Mollat est
devenu bien plus qu’une librai-
rie,unpôlemajeurdelaviecultu-
relle et sociale bordelaise. Feu
l’écrivainAlexandreVialatteavait
l’habitudedeconcluresesbillets
dansLaMontagneens’exclamant :
« Etc’estainsiqu’Allahestgrand ! »
S’il avait collaboré à Sud-Ouest, il
aurait pu lancer : « Et c’est ainsi
que Mollat est grand ! » §
Global.Denis Mollat
a doté sa librairie
de deux auditoriums
équipés d’une régie
télé professionnelle
pour diffuser les confé-
rences sur YouTube,
et lancera même
bientôt une radio Web.
En chiffres
• 26 millions d’euros
de chiffre d’affaires
• Un espace vente
passé de 600 à
2 700 mètres carrés
• 2 auditoriums,
de 50 et 290 places
• 110 salariés, dont
la moitié de libraires
SPÉCIALBORDEAUX
XXXII | 23 novembre 2017 | Le Point 2359
SÉBASTIENORTOLA/RÉA
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Proposer des soirées d’exception dans des endroits
d’exception, pour des gens d’exception : telle est l’ambi-
tion de MadeByMe ! Alliant un prestigieux savoir-faire
français à une méthodologie et une image “à l’améri-
caine”, cette société moderne et créative, présidée par
Jérémy - entrepreneur imaginatif ayant déjà roulé sa
bosse dans la communication, l’événementiel, le marke-
ting et le management - a toutes les cartes en main pour
rayonner sur le marché de l’évènementiel !
Logistique et concept événementiels (soirées musicales,
mariages, privatisation de lieux prestigieux, soirées sur
catamaran...), mais aussi vidéo (films de communication),
son (studio, voix off), photographie (shooting, studio),
web (webdesign, community management) ou print
(visuels, affichage) : c’est l’occasion de découvrir son
panel de prestations complètes qui répondront à tous
vos besoins !
Preuve de son dynamisme : Gant, Cannelés Baillardan,
Maserati, champagne Carbon, Gillardeau, Porsche ou
Loding Paris... lui ont déjà fait confiance.
Une application MadeByMe va être prochainement
lancée, de quoi connecter les gens du monde entier avec
cette marque au développement garanti !
BORDEAUX
COMMUNIQUÉ
Borgne. N’a qu’1 œil
voit loin avec plein
de livres atypiques,
rue Bouquière.
Passionné.­L’Ascenseur ­
végétal, spécialisé dans
les livres de photographies.
SPÉCIALBORDEAUX
XXXIV | 23 novembre 2017 | Le Point 2359
DR
Deslibrairiesquigagnentàêtreconnues
PAR CLAUDIA COURTOIS
L’ASCENSEUR
VERS LA LUMIÈRE
C’estunelibrairierare,intrigante
et élégante, dans le quartier de la
GrosseCloche.Spécialiséedansla
photographie, elle présente des
livres d’éditeurs indépendants,
qu’ils soient français, européens
oumêmejaponais.Deslivresrares,
impossiblesàtrouversurAmazon
ouàlaFnac,exposéssurdegrandes
tablesenbois.Mêmesisongérant,
Claude Lemaire, se défend d’être
galeriste,ilexposerégulièrement
sur les murs anthracite de cette
grande et profonde boutique des
photographesrégionauxounatio-
naux. Ce passionné, qui a com-
mencé en 2013 par ouvrir un site
deventeenlignedelivresdepho-
tos,dénicheralelivreetlathéma-
Coin lecture. Certaines
sont ­installées dans
le paysage, d’autres moins.
Petit tour non exhaustif.
tique que vous recherchez.
L’Ascenseur végétal,
20, rue Bouquière, 06.86.68.23.70,
www.ascenseurvegetal.com.
MON ŒIL !
La façade (qui change régulière-
ment) donne le la : « Marche ou…
rêve »,avecundoigtlevéversleciel !
Cette librairie-maison d’édition,
créée il y a vingt et un ans par Ca-
role Lataste et installée depuis
seize ans tout près de la Grosse
­Cloche, est atypique. Elle propose
desouvragesqu’onnetrouvenulle
part ailleurs : des petits livrets de
bisous à faire sous toutes leurs
formes, une collection de livres
« pascherspourenfantsintelligents »,
ou pour créer sa propre pièce de
théâtre ainsi que des pin’s décalés
ou des cartes postales qui dé-
tournentlesvillesducoin(« ­Cenon
Garfunkel »ou« ­PamelaAnder-
nos »). Le Lonely Planet la recom-
mande.Pouruncadeauoriginalet
découvrir une grande palette de
créativité dans l’écriture et le gra-
phisme,ilnefautpashésiter.
N’a qu’1 œil, 19, rue Bouquière,
05.56.51.19.77,
www.naqu1oeil.com.
GEORGES DANS
LA JUNGLE… DES LIVRES
On en parle moins que de Mollat,
mais la librairie familiale, instal-
léeàTalencedepuis1974,faitpar-
tie des plus anciens commerces
du livre du Bordelais : elle est née
en 1904 ! Dans la famille Bory, on
adore communiquer sa passion
du livre et de la littérature. Deux
ou trois rencontres sont organi-
sées par semaine, sous forme de
café ou de petit déjeuner (quatre
fois par an avec un auteur ou un
­comédien) : on vient pour le Café
scientifiqueoulePointgéo,enpar-
tenariat avec le CNRS et l’univer-
sité de Bordeaux, pour le Café
histoire ou encore les ateliers
d’écriture ou les rencontres litté-
raires avec les auteurs. « Avec la
concurrenced’Internet,onsedoitd’être
accueillantsetchaleureux,etlesgens
sontdemandeurs »,souligneCécile
Bory, l’actuelle propriétaire,
membre de la ­quatrième généra-
tiondelibraires.Bref,personnene
se perd dans la jungle des livres !
Librairie Georges, 300, cours de la
Libération, Talence. 05.56.04.68.00.
TOUT SUR LE VIN
AlaLibrairiedelaComédie,­ouverte
enjuin2016,ilfautmonteràl’étage
pourtrouverunerareté :unebonne
CONFÉRENCES, LECTURES, ANIMATIONS...
ENTRÉE LIBRE ET GRATUITE
du lundi au vendredi 9h-17h
samedis et dimanches 14h-18h
Visites guidées : mardi 10h, dimanche 15h
72, crs Balguerie-Stuttenberg, Bordeaux
GRANDIR
DE LA RENAISSANCE
AU BABY-BOOM
24 NOVEMBRE 2017
30 MARS 2018
Brav’ gens. La Mau-
vaise Réputation­ne fait
de mal à personne,
­plutôt du bien, avec
des livres érotiques,
sur la ­musique, le
­graphismeoulecinéma.
DR
partie des éditions de « Bordeaux
et ses vins » (publié chez Féret),
un ouvrage classique (et volumi-
neux)surlemondeviticole.Lapre-
mière édition remonte à 1812 !
C’estlabibledeschâteauxréféren-
cés, décortiqués, datés. Et, ce qui
n’est pas en rayon peut être com-
mandésurcatalogue,consultable
sur place. Il existe un ouvrage si-
milaire sur les notables de Bor-
deaux (même éditeur). Tout le
fonds de la maison Féret est pro-
posé dans la librairie car son
­propriétaire, Marc ­Faujanet, a ra-
cheté l’éditeur en 2016. Sinon,
moins techniques et plus grand
public,pleind’autresouvragessur
le vin, la gastronomie et l’art de
vivre sont aussi disponibles.
Librairie de la Comédie,
48-50, cours du Chapeau-Rouge,
05.56.05.05.13,
www.librairiedelacomedie.fr
UNE BELLE RÉPUTATION
Elle porte bien son nom avec ses
rayons fournis de littérature éro-
tique et de polars. Mais ce serait
dommagedes’arrêterlàcarcetéta-
blissement, créé par Rodolphe
Urbs,unBordelaisdessinateurde
presse (Le Canard enchaîné, Sud
Ouest), regorge de pépites d’édi-
tion. Encore plus depuis l’ouver-
ture d’une galerie d’art, juste en
face,quialibérédel’espaceaufond
de la librairie. A l’honneur, de
superbeslivressurlamusique(les
éditionsMRouencoreAlias),sur
le graphisme et son histoire, sur
lecinéma,lestreetartouencorele
tatouage.
LaMauvaiseRéputation,
19,ruedesArgentiers,
05.56.79.73.54.
POUR LES ESPRITS
­POÉTIQUES
Avec son store rouge bordeaux,
enfacedelaplacedumarchédes
Chartrons, cette librairie res-
semble à celle des années 1980,
oùleslivressontrois,mêmeavant
le client ! Depuis sa création, en
1986,onytrouvedelalittérature,
des arts, de la philosophie et,
moins courant, beaucoup de
­poésie.Deslecturessontsouvent
organisées en présence des au-
teurs. Il y a vingt ans, le proprié-
tairedeslieux,Jean-PaulBrussac,
acofondélefestivalleMarchéde
la poésie, qui se ­déroule en mars
(leprochain,les2et3 mars2018) §
Librairie olympique, 23, rue Rode,
05.56.01.03.90.
Passionnés.Emma-
nuelle et Thierry Boizet,
­éditeurs, avec Marisa
(au centre), assistante
d’édition et créatrice
du blog Les Liseuses
de Bordeaux.
Les liseuses
de Bordeaux
Passionnés de lec-
ture, ce blog est pour
vous ! Les Liseuses
de Bordeaux, créé
par Marisa, docu-
mentaliste qui vient
de rejoindre Fini-
tude comme assis-
tante d’édition,
est suivi par
2 000 aficionados.
On comprend pour-
quoi : c’est bien fait,
bourré d’idées et
de projets. Ses ani-
matrices modèrent
de plus en plus
de rencontres dans
des festivals
­alentour comme
Lire en poche,
Lettres du monde
ou Escale du livre.
SPÉCIALBORDEAUX
XXXVI | 23 novembre 2017 | Le Point 2359
SÉBASTIENORTOLA/RÉA
Lespépites de Finitude
PAR JÉRÔME CORDELIER
V
ous ne connaissez peut-être
pas Victor Pouchet. Mais
vous ne connaissiez proba­
blement pas non plus Olivier
­Bourdeaut avant que son roman
« En ­attendant Bojangles » de-
vienne un phénomène éditorial
– 310 000 exemplaires ­vendus
(plus 200 000 en format poche,
30 traductions)… Vous allez donc
découvrirVictorPouchet,sicen’est
déjà fait, puisque son « Pourquoi
les oiseaux meurent » a été repéré
pardescritiquesinfluents(dontJé-
rôme Garcin) pendant la rentrée
littéraire. Pouchet est le dernier
poulaindel’écurieFinitude,lape-
tite maison d’édition lancée il y a
quinze ans par Thierry et Emma-
nuelleBoizetetsisederrièrelejar-
din public. Pouchet, comme
Bourdeaut,aatterriparhasarddans
le salon-bureau des Boizet, par la
grâce de La Poste. Depuis « Bo-
jangles », 4 000 manuscrits par an
empruntentainsilemêmechemin
jusqu’à eux – contre 1 000 à 1 200
auparavant.
Pour… 7 ou 8 livres publiés par
an : malgré les vents porteurs, les
Boizetontréduitlavoilure–Fini-
tude publiait 10 à 12 livres par an
avant« Bojangles ».« Ensortantun
livre par mois, on n’a pas le temps de
biens’enoccuper,disentceséditeurs
iconoclastes.Pourbiengérerlapar-
tiecommercialeetlacommunication,
il faut s’y consacrer deux mois avant
lasortieetsixmoisaprès. »D’autant
que Thierry et Emmanuelle ont
­besoin de temps pour fureter. La
littérature contemporaine ne re-
présente qu’un tiers de leur pro-
duction.Unautretiersestconstitué
Ecurie. Etre édité
par Emmanuelle
et Thierry Boizet :
le début d’une
grande aventure.
de littérature étrangère traduite
– anglo-saxonne,italienne,grecque.
Le dernier tiers ? C’est la marotte
decesbibliophilespassionnés,qui
ont commencé comme libraires,
envendantdeslivresanciens :« La
revie littéraire », comme ils disent,
soitlarééditiond’œuvresoubliées,
tel« Jérôme »,lepremierromande
Jean-PierreMartinet,leurpremier
succès.Leurréussite,ilsladoivent
à « un mélange de goût personnel et
de flair ». « On n’hésite pas à partir
surdesprojetsfous,enchéritThierry,
comme la publication du journal du
philosophe américain du XIXe
 siècle
Henry­DavidThoreau,quin’avaitja-
mais été traduit car il compte plus de
7 000 pages,etdontnousallons­publier
unvolumeparanpendantquinze ans. »
Adaptation. Ces découvreurs
consentent au débauchage d’au-
teursqu’ilsontdénichés,telOscar
Coop-Phane, Prix de Flore 2012
pour « Zénith Hôtel », parti chez
Grasset.« Onfaituntravaildefourmi,
mais il arrive un moment où les au-
teurs ont besoin de plus d’ampleur. »
Mais ils travaillent à les garder.
C’est ainsi qu’Emmanuelle déve-
loppe la cession de droits pour le
passage en poche, la traduction
étrangère et l’adaptation au ci-
néma. « ­Derrière les panneaux il
yadeshommes »,deJosephIncar-
dona, Grand Prix de littérature
­policière2015,estencoursd’adap-
tation.EtleromandePouchetest
déjà l’objet de « touches sérieuses ».
« Bojangles »,quivientdesortiren
bande dessinée et sera adapté au
théâtre, à Paris, mi-janvier, sera
tourné en 2019 par « un grand
­réalisateur ».Enattendant,Olivier
Bourdeautlivresonnouvelopus,
« Pactumsalis »,unehistoired’ami-
tié dans la région de Guérande.
Sortie le 4 janvier 2018 §
Lesmicro-éditeurs,
fousdeBordeaux
La cité girondine est
­devenue la place forte
de plusieurs petites (par
la taille) maisons d’édition.
On connaît Le Castor Astral
et Monsieur Toussaint
­Louverture. Mais il y a aussi
Mirobol, L’Arbre vengeur,
Agullo…
Au cœur des chais historiques
d’une grande Maison de négoce
En première ligne du
parc Rivière
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Les illustrations contenues dans ce document sont une libre interprétation du projet élaboré par l’artiste. Les caractéristiques présentées ne sont pas définitives et sont susceptibles d’être modifiées en fonction des contraintes
techniques, financières, administratives ou règlementaires imposées à VINCI Immobilier Résidentiel, notamment lors de l’instruction des autorisations de construire. Les caractéristiques n’entrent pas dans le champ contractuel. Les
plans et propositions d’agencement sont figurés à titre d’exemple, les appartements sont vendus et livrés non meublés, les balcons et terrasses non végétalisés. Document non contractuel.
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05 57 14 43 18PRIX D’UN APPEL LOCAL DEPUIS UN POSTE FIXE
Horaires d’ouverture : du lundi au samedi
de 10h à 12h et de 14h à 19h.
Espace de vente :
44 rue de Rivière à Bordeaux
NOUVEAUX APPARTEMENTS DISPONIBLES
QuandBordeauxs’encanaille
PAR CLAUDIA COURTOIS
D
anslagalerieCox,laseulespé-
cialiséedanslestreetartàBor-
deaux, on n’avait jamais vu
autant de monde que ce 15 no-
vembre,soiréedevernissageavec
Hopare, une tête d’affiche natio-
naleenmatièredegraffiti.Acette
occasion,l’artisteoffreunedeses
œuvresréaliséespécialementpour
financer l’antenne bordelaise de
l’association Teo, qui opère, en
Afrique, des nourrissons atteints
de malformations. Une œuvre de
Street art.
Galeries, collectifs
d’artistes… Les
graffeurs sont
entrésdanslaville.
street art pour une association à
vocationmédicaleethumanitaire,
les graffeurs vandales doivent
s’étrangler.Pasl’artistede27 ans.
« Enfin,notreartpeutserviràquelque
chose »,lâche-t-il.Lesvieillesdames
bienmisessepressentpoursefaire
prendre en photo en compagnie
dujeuneartiste.Pourl’association
Teo,aucunsoucinonplusquece
donsoituneœuvrederue :« C’est
danslamouvanceetils’agitd’unart
comme un autre », défend Jean-­
Rodolphe Vignes, professeur de
neurochirurgie et président de
Teo Bordeaux.
Quand même, il y a vingt ans,
une telle rencontre aurait été im-
possible. Jean Robble (c’est un
pseudo)faitpartiedecespremiers
graffeurs de Bordeaux. Fondateur
d’un groupe, un crew, Les Frères
Coulures, il y a neuf ans, il a suivi
la forte évolution du graff dans la
villeetsonacceptationsociale.« Il
yaunengouementgénéralgrâceàIn-
ternet, aux réseaux sociaux, au tra-
vail de vulgarisation fait auprès des
plus jeunes, et aux expos grand pu-
blic », dit le trentenaire, cofonda-
teur d’un collectif d’artistes,
Transfert, qui crée événement de-
puis six ans : le groupe invite des
artistesrégionauxetnationauxqui
investissent des lieux souvent gi-
gantesques et étonnants. La der-
nière manifestation en date, dans
l’ex-magasin de Virgin, a attiré
84 000 visiteurs en trois mois.
D’autres collectifs, comme Shake
Well, organisent de grands événe-
mentsautourdustreetart,avecle
soutien,souvent,descollectivités.
« Aujourd’hui, toutes les villes et les
maires un peu intelligents créent leur
événementstreetart.C’estàlamode »,
Exposition.Laurent
Tritschler, directeur
de la galerie Cox,
présente une œuvre
de Bault.
SPÉCIALBORDEAUX
XXXVIII | 23 novembre 2017 | Le Point 2359
SÉBASTIENORTOLA/RÉA
fait remarquer Alber, une figure
emblématiquedugraffàBordeaux.
Passionnés.Autreinitiativequi
aébranléunpeupluslespréjugés
sur le sujet : le MUR de Bordeaux,
animéparl’associationPôleMagne-
ticetfinancéengrandepartiepar
laville.Touslesmois,ungraffeur
de renom vient peindre un mur
dans le quartier des Chartrons.
« C’est bien rodé, bien identifié et ça
plaît »,assuresonprésident,Pierre
Lescaroz. Le prochain vernissage
alieule25 novembre.Lejeunepas-
sionné de graffiti anime en paral-
lèleunepageFacebooksurlestreet
art à Bordeaux qui compte…
12 755 abonnés ! Il y a même des
exposchezdesparticuliers,comme
cellesquiontlieuchezErwanEno,
àLaBastide.Ouencoreunejeune
animatrice culturelle proche du
collectifTransfertorganisedesvi-
sites guidées des sites de street.
Cela n’est pas du goût de tous les
artistes derue,maisçamarche.
Il y a aussi des têtes d’affiche
comme Alber, Selor, les Monkey
Bird (partis depuis pour Paris),
Amo, Möka, Monsieur Poulet ou
encore Mika. Des lieux plus ou
moins publics comme Darwin, à
LaBastide,quiestunecaissederé-
sonancepubliquepourbeaucoup
d’entreeux,mêmesiongraffaitles
murs du coin avant sa création.
« Detoutefaçon,ontrouveratoujours
des murs ici ou ailleurs », sourit Al-
ber devant l’évidence.
Iln’empêche,labrigadeantitag
de la ville n’hésite pas à recouvrir
les graffs sans autorisation. Et la
police course régulièrement les
graffeurs.Autreconstatfrustrant
pour les artistes qui voudraient
vivre de leurs créations : les ache-
teurs bordelais se font rares. « Les
trois quarts de mes clients sont pari-
siens :ilssemblentplusouvertscultu-
rellement »,lâcheDavidSelor.Mais
l’auteur de Mimile, un renard
orange, souvent pensif et plein
d’humour ou de gravité, ne sou-
haite pas quitter Bordeaux pour
autant : « Je suis convaincu que ça
bougera dans cinq, six ans. Au-
jourd’hui,ilfautsebattre,sefairedé-
foncer des fresques, prendre des
amendes.Maisc’esticiqu’ilfautfaire
son trou. » §
Acidulé. L’association
Pôle Magnetic anime
le MUR, qui demande
chaque mois à des
artistes (ici, Amandine
Urruty et Nicolas
Barrome) de peindre
un mur dans le quartier
des Chartrons.
Enigmatique.Une fresque signée Alber, qui graffe depuis l’âge de 16 ans.
Le Point 2359 | 23 novembre 2017 | XXXIX
AMANDINEURRUTYNICOLASBARROME2016-ALBER
DanielFirmanmisesurBordeaux
PAR JÉRÔME CORDELIER
L
esculpteurDanielFirmanpar-
tagesontempsentreNewYork,
Istanbul et Séoul. Il a gardé
outre-Atlantique un atelier à
Brooklyn et travaille de plus en
plus en Corée – scellé dans le sol
par la trompe, l’un de ses monu-
mentaux éléphants est actuelle-
mentexposéàSéoul.Maisl’artiste
a choisi Bordeaux pour installer
sonatelierprincipal–dansladis-
crèteruedesChartrons–ethabite
dans le quartier Saint-Seurin.
« J’avaisbesoind’unebasearrière,et
Paris,c’étaitcompliquépourdesrai-
sons logistiques et de qualité de vie,
explique-t-il.Quandonbougeentre
trois grandes métropoles internatio-
nales, cela fait du bien d’avoir un es-
pace plus calme, qui plus est proche
Détonnant.
Le sculpteur
travaille à New
York et Séoul.
Mais c’est ici qu’il
a sa base arrière.
de l’océan et disposant d’un climat
doux. » Né en 1966 à Bron, dans la
banlieue de Lyon, Daniel Firman
se souvient de Bordeaux à la
grandeépoqueduCAPC,qu’ilfré-
quentaitquandilétaitétudiant
à ­Angoulême. Il admire le tra-
vail du paysagiste Michel Cora-
joud, l’homme qui a restauré les
quais et créé notamment le Mi-
roir d’eau, il voit bien la dyna-
miquedelavillemaisdéploreque,
danssaruenotamment,lesvolets
restentclosetquelesgensvivent
dans leurs jardins : « Il faut ouvrir
davantage. » Et cette préoccupa-
tionrejointledébatsurlaculture.
« Cette ville dispose d’un fort poten-
tiel pour devenir un pôle culturel,
lâchel’artiste.Maisellenel’estpas
encore. Quand on pense Bordeaux,
on ne pense pas immédiatement
culture.Ilyadesgensquis’activent,
et des choses peuvent se passer.
­Maintenant,ilfauttrouverunbouil-
lonnement qui n’est pas naturel à la
ville. Certaines villes ont créé une si-
gnatureculturellequeBordeauxpour
l’instant n’a pas. Les artistes et les
galeriespeuventémergerrapidement,
mais si derrière vous n’avez pas de
cohérence, de soutien de la part des
élites politiques et économiques, de
visibilité, l’effet peut retomber
très vite. »
Vie quotidienne. Entre deux
avions, ce sculpteur contempo-
rain, dont les œuvres sont
­calées sur la vie la plus
quotidienne qui soit – à
voirsescorps,moulésau
plusprèssurdesêtresde
chair et d’os, qu’il rhabille de
­vêtements courants et qui ont
toutl’airdevraisquidams–,songe
àquelquessuggestions.« Si,déjà,
pendant la fermeture des théâtres
en juillet-août, on faisait en sorte
que l’art contemporain prenne le
­relais, les choses avanceraient »,
­soutient Daniel Firman. A bons
­entendeurs…  §
Socle.Exposition « Black Whole for whales », été 2017 : ­l’artiste investit la Base sous-marine.
Equilibriste.La sculp-
teur Daniel ­Firman, ici
dans son atelier borde-
lais, rue des Chartrons.
L’un de ses éléphants
empaillés en équilibre
sur sa trompe
est ­actuellement
­exposé à Séoul.
SPÉCIALBORDEAUX
XL | 23 novembre 2017 | Le Point 2359
SÉBASTIENORTOLA/RÉA–DAMIENASPE
Toujourslahausse
DOSSIER COORDONNÉ PAR BRUNO MONIER-
VINARD ET RÉALISÉ PAR CLAUDIA COURTOIS
E
lle n’en finit pas d’attirer tou­
ristes et nouveaux habitants.
Riend’étonnantdoncàceque
lacapitalegirondinefigureentête
du dernier classement des villes
oùilfaitbonvivredeHarrisInter­
active.Lacerisesurlegâteau ?L’ou­
verture le 2 juillet de la LGV qui
met Paris à deux heures, favori­
santleséchangesetles­installations
d’entreprisesoudetravailleursin­
dépendants. D’ailleurs, les Pari­
siensreprésententdésormais7 %
Surchauffe.
­Intra-muros ou
en péri­phérie, la
pierre bordelaise
fait ­recette.
des acheteurs immobiliers à Bor­
deauxetdansl’agglomération,se­
lon la chambre des notaires de
Gironde.Résultat,cetétéontfleuri
ici et là des tags et autocollants
contrelavenuedesParisiensdans
lacapitalerégionale.Pasfuté.Tous
cesphénomènesimpactentnéan­
moinsleprixdel’immobilier,plus
dans l’ancien que dans le neuf.
« Nousavonsunmarchépresquepa-
risien, avec des prix de plus en plus
élevésetunetensionforteentrel’offre
et la demande », relève Jean-Marie
Duffoire, vice-président de la
Fnaim Gironde. Au centre-ville,
l’ancien part entre 5 000 et
6 000 €/ m2
,voireunpeuplus.Ajou­
tezàcelauneoffreraréfiée.« Beau-
coup hésitent à vendre, de peur de ne
pastrouvermieuxoudedevoirache-
ter beaucoup plus cher. Ils préfèrent
donc attendre », constate François
Bibes, responsable de Century 21
Talent Immobilier. De fait, la
Fnaimfaitétatd’uneflambéedes
prixde7 à10 %depuisledébutde
l’année 2017. Et pas de trêve élec­
torale pour calmer le jeu comme
ce fut le cas récemment. Ainsi, le
mètre carré s’affiche aujourd’hui
entre4 000 et5 000 €danstousles
quartierspériphériques,dépassant
6 000 € dans l’hypercentre. A
l’image des Chartrons, quartier
couru pour ses lofts, ses apparte­
ments et son ambiance de village
chic. « Nous y avons vendu un stu-
diorénovéde24 m2
 à8 000 €/ m2
.Les
Bordelaispeinentàsuivre »,indique
M. Duffoire. « Tout le monde veut
acheterdanslecoin,noteGuillaume
Touroul-­Chevalerie, directeur de
l’agencedeJane.Lemanquedebiens
deprestigeconfortelesvendeursdans
leurs prétentions à la hausse.
Quatre chambres, vue sur la Ga-
ronne…Unappartementrefaitàneuf
de230 m2
s’estvendudèslapremière
visite au sein d’un immeuble
Boom. Dans le neuf
(ici, quartier Belcier),
le prix moyen affichait
4 150 €/ m2
sans
­parking au 1er
trimestre
2017.
IMMOBILIER
SPÉCIALBORDEAUX
XLII | 23 novembre 2017 | Le Point 2359
SEBASTIENORTOLA/RÉA
…
« Bordeaux, soif de culture ! » : Le Point Novembre 2017
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« Bordeaux, soif de culture ! » : Le Point Novembre 2017

  • 1. II Actu Le point sur Bordeaux VI Effervescence En avant, la culture ! VIII Agitateur Que l’intrépide capitaine Fradin s’amuse ! XII BD Joue-la comme Alfred XIV Guide Par ici les sorties XXII Inspirés Ces passionnés secouent la scène bordelaise XXVI EntretienMarcMinkowski :« Jetracemonchemin… » XXX Tremplins Des écrins archi-artistiques XXXII Bouillonnant Et c’est ainsi que Mollat est grand  XXXIV Coin lecture Des librairies qui gagnent à être connues XXXVI Ecurie Les pépites de Finitude XXXVIII « Street art » Quand Bordeaux s’encanaille XL Détonnant Daniel Firman mise sur Bordeaux XLII Immobilier Toujours la hausse XLVI A la cave avec Olivier Bompas XLVIII A la carte par Thibaut Danancher Dossier coordonné par Jérôme Cordelier BORDEAUX Soif de culture ! Le futur pont Simone-Veil, conçu par Rem Koolhaas. CLÉMENTBLANCHET/REMKOOLHAAS
  • 2. HermèsdébarqueàSaint-Vincent-de-Paul Lanouvelleenaépaté plus d’un : le groupe deluxeHermèsvains- taller son cinquième sitedeproductionde laNouvelle-­Aquitaine à Saint-Vincent-de- Paul.Oùça ?Dansun villagede1 000 habi- tants–« lePetitPoucet de la métropole », re- connaîtavechumour son premier adjoint au maire, Gilles Béraud-Sudreau –, au nord-est de Bordeaux. A partir de 2020, dans un bâtiment construit à cet effet, 100 personnes viendront fabriquer les ­célèbressacsKelly.Ellesdevraientêtre250 (280 aveclesenca- drants) en 2024. « C’est stratégique : Hermès ne dépasse jamais desateliersde200 à250 salariésenFrance,expliqueunconnais- seur de la filière cuir en Aquitaine. Car, avec sa culture de la ­discrétion, la marque veut bien connaître son personnel et maîtri- ser les ressources humaines. » Pôleemploiestdéjàenalerte.Leclusterrégionald’entreprises etdeformationRéso’cuir,baséàThiviers(Dordogne),dispose aussi d’un vivier de jeunes formés en CAP de maroquinerie. « Cesont250 créationsnettesd’emploi,desgensvenantdetoutleter- ritoire de la rive droite et au-delà qu’Hermès va devoir former », in- diquel’élu.Aveccommecritèresessentiels ladextéritéetl’amour dubeautravail.Pourapprendrelemétieretl’exigenceHermès, ils passeront tous pendant dix-huit mois entre les mains d’ar- tisans maison expérimentés, installés dans un atelier de for- mation, qui ouvrira à la rentrée 2018 à Ambarès-et-Lagrave, justeàcôtédeSaint-Vincent-de-Paul.Cetteinstallationvaren- forcerlafilièrehistoriqueducuir,quireprésente4 000 emplois en Nouvelle-Aquitaine § C. C. Blandine Filet Ladirectrice générale de lacliniqueBagatelle pi- loteleprojet Bahia, qui doitréunir d’ici à 2021, àTalence,­Bagatelle et l’hôpitalmilitaireRobert-­Picqué, installé depuisplusd’unsiècleàVillenave-­ d’Ornon.Unprojetambitieuxsur les ser- viceset sur l’investissement(90 millions). Cyril Viguier Fort du succès de sa matinale sur LCP-Public Sénat (canal 13 de la TNT), le journaliste vedette pousse à l’émergence d’un réseau de télévisions des métropoles mêlant info continue de proximité et services aux téléspecta- teurs. Associée à des entreprises perfor- mantes locales et le groupe Sud-Ouest avec sa chaîne TV7, la première de ces télés pourrait voir le jour à Bordeaux à la fin de l’année prochaine. Etienne Parin L’urbaniste, ex-­directeur duGrandProjet de ville delarivedroite, ­impulse lacréationd’une Maison des­écritures à Lormont, unestructureaurayonnement métropoli- taindansunejolievillaàrafraîchir. Elleseralelieud’expressionde toutes les­disciplinesartistiquessous forme d’événements,derésidences, d’accueil. Ouvertureprévueenjanvier2019. Patrice Pichet Lepromoteur immobi- lier veutouvrir un hôtel deluxe5 étoiles dans les ancienschais Calvet, aux portesdesChartrons. Unprojetà25 millionsd’euros pour unecentainedechambres,avecun design signéPhilippeStarck,quiadéjà dessiné pourlepromoteur leschaisdu château LesCarmesHaut-Brion. Petites mains. Le site de Montbron. Le point sur Bordeaux PAR JÉRÔME CORDELIER ET CLAUDIA COURTOIS EN VUE SPÉCIALBORDEAUX II | 23 novembre 2017 | Le Point 2359 « CHARENTELIBRE »–LAURENTTHEILLET/« SUDOUEST »–DR(X3)
  • 3. Naissance d’un géant des neurosciences Après vingt ans d’attente, le Neurocampus vient ­d’ouvrir officiellement. Attenant au CHU, les 30 000 mètres carrés de bâtiments accueillent 700 chercheurs, 50 équipes de recherche et 6 instituts. « C’est un des plus gros ­ensembles destinés aux neuro­ sciences en Europe », selon le Pr Pier Vincenzo Piazza, Grand Prix Inserm 2015, ­spécialiste des addictions et directeur d’un des instituts. Etat, région, université, ­Inserm et CNRS ont mis la main à la poche pour cette structure de 70 millions. Alain Juppé consulte les Bordelais A partir du 1er  janvier, AlainJuppélanceunegrande consultation populaire, qui sera menée pendant unanetestdestinéeàdéfinir les priorités pour le territoire à l’horizon 2050. Un point de départ pour un programme électoral ? « Ce n’est pas le pro­ jet d’Alain Juppé, précise son directeur de cabinet, Ludovic Martinez. De toute façon, il n’a pas besoin de cela pour prouver qu’il a une vision… » Juppé quitte LR (en Gironde) Laurent Wauquiez élu à la tête de LR ou pas, Alain Juppé a d’ores et déjà ­annoncé son départ de la présidence départementale du parti, dont les instances sont élues jusqu’en juin, quoi qu’il arrive. « La relève »… bordelaise ? Le maire ­désignant le ­Premier ­ministre – son ancien bras droit – Edouard Philippe comme « la relève », voilà qui n’est pas tombé dans l’oreille de sourds à Bordeaux. Et au premier chef de Ludovic Martinez (photo) : « Le sujet n’est pas d’actualité. Mais cela aurait de l’allure. En ­matière de juppéisme, de vision, d’intelligence, on a avec Edouard Philippe un excellent échantillon. Il a d’ailleurs pris beaucoup exemple sur ­Bordeaux pour transformer Le Havre… » Les collabos de Lormier Après son livre explosif paru à la ren- trée de sep- tembre « Les 100 000 colla- bos. Le fichier interdit de la collaboration française » (Cherche Midi), l’historien bordelais Dominique ­Lormier promet des révéla- tions sur les artistes, ­écrivains et journalistes qui ont collaboré avec l’Alle- magne dans un ouvrage pour les éditions de L’Archi- pel. En attendant, plus posi- tif : il publiera au mois de mai, aux Editions du Rocher, un ouvrage sur les chrétiens qui ont résisté à Hitler. Enfin un vrai port de plaisance Les travaux du port de ­plaisance ont débuté en ­novembre et se termineront au printemps 2018. But : créer 9 pontons pour accueil- lir jusqu’à 268 bateaux. Le Grand Port maritime prend en charge 100 % de l’investissement (3 millions). Le loyer moyen annuel sera de 1 800 euros pour un ­bateau de 10,50 mètres, contre 700 aujourd’hui. Arrêts de bus à la demande pour rassurer les femmes A titre expérimental ­pendant six mois, Bordeaux Métropole a demandé à ­Keolis, le délégataire des transports en commun (SNCF), de tester l’arrêt à la demande à partir de 22 heures sur les lignes 7 et 10. Cette initiative a été ­généralisée sur toutes les lignes de bus de l’agglo- mération de Nantes. Rouveyre prépare 2020 Chez les ­socialistes, la bataille des munici- pales est lancée. Comme Vincent ­Feltesse, Matthieu Rouveyre (photo), chef de file du groupe ­municipal, a monté son ­association. Installé rue du Cerf-Volant, son Labo ­bordelais vise à repérer des thématiques et des per- sonnes pour une future liste. « On a une fenêtre de tir, car il est probable que Juppé ne se représentera pas, estime l’opposant. A condition de ran­ ger nos ego au second plan. Je cherche un candidat qui soit ca­ pable de remporter Bordeaux. » Et d’ajouter, malicieux : « Je suis sûr qu’il peut y avoir meilleur que moi. » Le chant d’espoir de René Lenoir Les jeunes générations connaissent le fils, Frédé- ric Lenoir, qui enchaîne les livres à succès – le dernier en date, « Le miracle Spinoza », vient de sortir chez Fayard. Mais les plus anciens se sou- viennent du père, René Lenoir. Ce haut fonction- naire discret fut l’un des grands serviteurs de l’Etat des années 1970 aux an- nées 1990. Ce centriste, né à Alger le 21 janvier 1927, travaillaaugouvernement au côté de Simone Veil, fut secrétaire d’Etat sous Valéry Giscard ­d’Estaing et un conseiller influent de Jacques ­Chirac. Mais, surtout, René Lenoir fut un directeur de l’Ena ­respecté et voua une grande partie de sa car- rière aux exclus – aux- quels il consacra, en 1974, un livre-référence. Retiré prèsdeBordeaux,il­publie à 90 ans un ouvrage très émouvant, pétri de poésie et de sagesse, dans lequel il aborde toutes les ques- tions du monde – sociales, politiques, scientifiques et surtout spirituelles. Un testament littéraire dans lequel transparaît sa grande connaissance de la nature humaine, ac- quise par la fréquentation des plus puissants aux plus humbles, et son amour immodéré, « sans pourquoi », de la terre et du ciel étoilé. Ce chant-là est plein d’espoir § J. C. « Le chant du monde est là », de René Lenoir (Albin Michel, 140 p., 12 €). Le Neurocampus. Le Point 2359 | 23 novembre 2017 | III DR–SÉBASTIENORTOLA/RÉA(X3)
  • 4. Luxe encore, luxe toujours Michel Ohayon, promoteur de bâtiments commerciaux et d’hôtels de luxe, a de ­nouveaux et grands projets en Gironde : au-delà de l’ex-­ Virgin à Bordeaux, dont il veut faire un hôtel standing Saint-Andrécomme vousnel’avezjamaisvu Depuis plusieurs années, la créative ­maison d’édition alsacienne La Nuée bleue a l’excellente idée de confectionner des beaux livres sur les cathédrales de France, sous la direction de Mgr Joseph Doré, archevêque émérite de Strasbourg. Elle s’attaque aujourd’hui à celle de Bordeaux. Voilà un livre-album magistral de 528 pages réalisé ­sous la direction du cardinal et arche- vêque de Bordeaux, Mgr Jean-Pierre Ricard, sur la primatiale d’Aqui- taine. Les textes érudits des plus grands spécialistes de la DRAC et de l’université ­Bordeaux-Montaigne voisinent avec des photos époustouflantes de Bernard Bonne- fon pour rendre grâce à ce sublime édifice dans lequel, depuis huit siècles, se sont enchevêtrés tous lesstyles–lestravaux continuent… –,un « lieuclosoùl’atmos- phèredelavillene ­pénétraitpas »,comme lecélébraitFrançois Mauriacen sontemps §J.C. « Saint-André, ­primatiale d’Aquitaine, la grâce d’une ­cathédrale » (La Nuée bleue, 528 p., 85 €). de 150 chambres, il compte agrandir le Grand Hôtel Le Régent de Bordeaux pour ajouter 20 suites aux 130 chambres existantes, une pâtisserie, un nouveau salon de thé, un restaurant également bar à vins et une galerie d’art. Livraison ­prévue : fin 2018. Au château Trianon, un saint-émilion grand cru qu’il a acheté ­début 2017, l’homme ­d’affaires souhaite ouvrir un hôtel de luxe. Avec ce nom,lesétrangersvontado- rer !Dernierprojetàmoyen terme :unautrepa- laceavecbalnéo- thérapiesurle bassind’Arcachon. Un whisky made in Bordeaux Deux entrepre- neurs – Yves ­Médina et Jean-Philippe Ballanger, PDG de Jock – ont eu cette folle idée de lancer un whisky de Bordeaux, ­distillé dans la capitale dans des fûts de sauternes ou de vin rouge du Bordelais : le Moon Har- bour, qui signifie le port de la Lune. CQFD. En sep- tembre 2017, ils ont carrément ouvert une distillerie (vi- sitable) dans un ancien bunker allemand près de la base sous-marine. Un investisse- ment de 3 mil- lions d’euros. Grand Hôtel Le Régent. SPÉCIALBORDEAUX IV | 23 novembre 2017 | Le Point 2359 BERNARDBONNEFON/LANUÉEBLEUE(X6)–DR(X2)–WIKIMEDIACOMMONS
  • 5.
  • 6. PAR JÉRÔME CORDELIER ET CLAUDIA COURTOIS F abienRobertsefrottelesmains. On peut même dire que l’élu trentenaire (MoDem) auquel Alain Juppé a confié les clés de la culture à Bordeaux exulte : la sai­ son,quiaprisfinle25 octobre,est un succès. 600 000 visiteurs pour des événements nouveaux – dont 10 000 jeunesenpleinmoisd’août pour un concert de musique élec­ tronique au Jardin public ! –, une programmationdémultipliéepour célébrerl’arrivéedelaLGV,lessculp­ tures d’Anthony ­Gormley parse­ mant la ville, les illuminations de la compagnie Carabosse… Vive la culture à Bordeaux ! « C’est un axe de développement pour notre métro- pole, et je l’ai affirmé comme tel dès le Effervescence. Bordeaux est en train de devenir un grand labo­ ratoire des arts. débutdumandat,en2014, endeman- dant un document stratégique à Fa- bien Robert », affirme Alain Juppé, égratignésurlesujetparsonadver­ sairesocialisteVincentFeltessepen­ dantlacampagnemunicipale. Savez-vousainsiquelavilledes 3M (Montaigne, Montesquieu, Mauriac) est aujourd’hui la deu­ xièmevilledelaBDenFrance(lire page XII) ? Que nombre de petites maisons d’édition, Finitude par exemple(lirepageXXXVI),ytaillent depuislesbordsdelaGaronnedes croupières aux grandes ? Que la scènerock,autrefoismythique,se revivifieaveclepoprapd’Odezenne ou le « rock garage » de JC Satan ? L’écrivainMarcDugains’yinstalle et le danseur Patrick Dupond y ouvre une école. Bordeaux est en pleinemueculturelle.Entémoigne l’apparition de nouveaux grands lieux,del’ArenaàlaFabriquePola, lefutur« Darwin »desartscréatifs (lire page XXXVIII). « On voit bien quedesgenss’activent,quedeschoses peuvent se passer, qu’il y a un poten- tiel, relève le sculpteur Daniel Fir­ man, qui vient d’implanter son atelierauxChartrons(lirepage XL). Mais il faut encore trouver un bouil- lonnement qui n’est pas naturel à la ville. » C’est le même constat que dresse Norbert Fradin, le concep­ teur et financeur du futur musée de la Mer et de la Marine (lire page VIII),l’undesgrandspatrons avecBernardMagrezàinvestirdans le domaine. « Il faut créer une émul- sionculturelle,lâchel’entrepreneur. Aujourd’hui, Bordeaux vit, il y a une vraieactionglobale,passeulementdes façades ravalées. Nous devenons une vraiemétropoleculturelle.Maisilya encoredeschosesàfaire,enaccueillant notamment les initiatives qui sou- tiennentlesgrandesinstitutions. » Outresabeautéexceptionnelle et son attractivité forte, la ville a plusieursargumentspourséduire les passionnés de culture. « Bor- deauxbénéficiedequatreatouts,qui sont le résultat de son histoire, sou­ ligneFabienRobert.Sonpatrimoine, qui est encore vivant ; la littérature, quiyestprésente,lamusique,enplein renouvellement, et aussi son Opéra, l’un des cinq nationaux en France maisleseulàcomptertroisforcesar- tistiques en permanence, à savoir ­le ballet, le chœur et l’orchestre. » Succès. Un concert de musique électronique a rassemblé 10 000 personnes cet été dans le Jardin public. Et sans ­débordements… Enavant,laculture! VI | 23 novembre 2017 | Le Point 2359 « SUD-OUEST » SPÉCIALBORDEAUX
  • 7. Las,denombreuxacteurscultu- relsreprochentàlavilled’englou- tir beaucoup d’argent pour l’orchestreetleballetdeBordeaux (35 millions de budget moyen en régiepersonnalisée).Lamairieré- torque que l’Opéra, c’est de l’em- ploi(400 salariésàtempsplein)et qu’il est impossible de rayer d’un trait de plume ces équipements culturels structurants. Depuis longtemps,les11 muséesmunici- pauxdoivents’accommoderavec desbudgetsd’acquisitionenbaisse, voireréduitscommepeaudecha- grin – à l’exception du musée des ArtsdécoratifsetduDesign,dopé par Constance Rubini, l’ex-direc- tricedesArtsdécoàParis,quiapu fairedenouvellesacquisitionsen matièrededesignetorganiserdes expositionsquifontdate(lirenotre guide page XIV). Las, les acteurs se plaignent de devoir pratiquer l’« équilibrisme » financier, comme le dit le direc- teurdel’Opéra,MarcMinkowski (lirepage XXVI).« Onpourraitsans doutefairemieux,notammentenma- tièredespectaclevivant »,reconnaît AlainJuppé,accusant« desmarges de manœuvre financières limitées », tout en rappelant que le Fonds d’aide à la création a injecté 650 000 euros dans la culture ­locale.  « Ce qui a permis à des pro- jetsquin’avaientpastrouvégrâceau- prèsdestructuresd’exister »,indique Eric Roux, directeur de la Rock School Barbey. Reste la question d’un grand événement fédérateur comme si- gnatureculturelledelaville…Les deux éditions d’Evento (2009 et 2011)etlabiennaled’artcontem- porainontdonnédesrésultatsmi- tigés. Mais, par exemple, Agora, biennaled’architectureetd’urba- nisme, sous la houlette depuis le début de Michèle Laruë-Charlus, directricegénéraleadjointedel’ar- chitecture à la ville, connaît un succès certain – la 7e  édition s’est achevée cet automne. « S’il y a un grandévénementàsoutenir,c’estbien celui-ci, car il n’y en a nulle part ail- leurs et Bordeaux est une ville d’ar- chitectes »,assureunacteurde…la scènemusicalegirondine.Denou- veaux festivals prometteurs ren- contrentaussileurpubliccomme leFestivaldufilmindépendantde Bordeaux,animépardespassion- nés, ou, depuis deux ans, le Festi- valdesartsdeBordeaux,nésurles cendres de Novart, en collabora- tion avec le Carré-Colonnes. Exemplesparmid’autres.Maisun grand événement-totem ? Que nenni !« Cen’estpascelaquifaitune politiqueculturelle,saufsionrecherche lespaillettes »,trancheAlainJuppé. « On ne court pas derrière un totem, renchéritFabienRobert.Plutôtque deconcentrerlesmoyenssuruncourt lapsdetemps,ilvautmieuxsoutenir unfoisonnementcultureletartistique surunesaison,enmélangeantartistes locaux et étrangers. Un mois à un moisetdemid’intensitéculturelleavec une thématique renouvelée tous les deuxansmeparaîtlebonformatpour unesaison ;onytravaillepour2019. » Intuition. BlaiseMercier,direc- teurdelaFabriquePola,sefélicite du dialogue renoué avec les asso- ciations : « La ville a une intuition plutôtbonne :elles’appuiesurl’ADN de structures existantes comme les artsvisuels,vivants,musicauxpour les faire monter en puissance. La transformationnepasseraquegrâce àdesécosystèmesquiontleurpropre dynamique,commeDarwinouPola, par exemple. » Certes, il reste des parentspauvrescommeladanse, le jazz ou la photo, pour laquelle les acteurs demandent une mai- son – « On a besoin d’un lieu, car, malheureusement, peu de photo- graphes ont pu se faire un réseau à Bordeaux malgré une vraie culture photographique », dit Bruce Mil- pied,organisateurd’événements photographiques. Jean-Louis Gauthey,lepatrondel’éditeurde BD Cornélius, lui, se veut plutôt optimiste.« Bordeauxaunehistoire culturelle, glisse-t-il. Elle a été im- portante dans les années 1970-80, puisasouffertd’uncreuxentre1990 et 2000, mais aujourd’hui on peut dire quelaculture,ici,estenredéveloppe- ment. » Stimulant § Eclectique. Les spectacles de l’Opéra (en haut), dirigé par Marc ­Minkowski, ­attirent de ­nouveaux publics. Installées partout dans la ville, les sculp- tures d’Anthony ­Gormley (ci-dessus) ont étél’unedes ­attractionsde la saison. C’est un jeune élu (MoDem), Fabien ­Robert, qu’Alain Juppé a choisi pour faire vivre la culture à Bordeaux (ci-contre). Le Point 2359 | 23 novembre 2017 | VII SÉBASTIENORTOLA/RÉA-GUILLAUMEBONNAUD/PHOTOPQR/« SUDOUEST »
  • 8. Quel’intrépidecapitaine Fradins’amuse ! PAR JÉRÔME CORDELIER L enouveauchâteaudeNorbert Fradin ressemble à… un châ- teaud’eau.Unebâtissevintage dans le quartier de Mériadeck, inspirée par le musée Guggen- heim de New York et qui repré- sente« l’undesplusgrandsexemples européensdel’architectureorganique et brutaliste » selon son nouveau propriétaire.Brutal,c’estlemot : de fait, avec son alliage béton- pierre,l’endroitaupremierabord estbrutdedécoffrage.LesTontons Agitateur.Avecson musée de la Mer et son aquarium, le promoteursti- mulelavie cultu- relle bordelaise. sur mesure… Le patron de Fradin Promotion voudrait recustomi- ser l’endroit pour en faire un centre culturel et d’exposition, en le baptisant, comme il se doit, La Caisse. C’est comme si c’était fait ! Ce promoteur iconoclaste bien connu des Bordelais – il fut l’un des premiers à miser sur le renouveaudesChartronsetl’amé- nagement des berges de la Ga- ronne –, au regard enfantin et au faux air du comédien Denis Po- dalydès,estentraindedevenirle grand agitateur de la vie cultu- relle bordelaise. Ce toqué de course automobile trace son sil- lon depuis des lustres dans le do- maine. « Tombé dans l’immobilier, par hasard » à l’âge de 18 ans et demi – parce qu’il était devenu père –,NorbertFradina,enparal- lèledeprogrammespluscommer- ciaux, restauré cinq ou six (il ne sait plus précisément) châteaux classésdanslarégion,dontlespec- taculaire Villebois-Lavalette, en Charente, entouré d’un demi-ki- lomètrederempartsduXIIe  siècle, ainsiquelebienvisible(iltouche le pont d’Aquitaine à Bordeaux) Prince-Noir,desbâtissespatrimo- niales dont il a confié – gratuite- ment –lagestionàdesassociations culturelles. « Je les appelle Chantier.Norbert Fradin devant le futur musée de la Mer et de la Marine, dans le quar- tier des Bassins à flot. Monumental.Le mu- sée, qui s’étendra sur 13 000 m2 , près de la base sous-marine, devrait prendre forme à la fin de l’année. flingueursseseraientcoulésavec aisance dans cet immeuble de 5 étagesquileursiéraitàmerveille, quoiqueplutôtseventies.Cettebâ- tisse, ancien siège de la Caisse d’épargned’Aquitaine,estunlieu trèskitschde3 000 m2 auxvolumes et perspectives incroyables, avec son immense – et baroque – salle descoffres,sasalleduconseilavec vue sur Bordeaux et son audito- riumauxsiègesettablettesenbois SPÉCIALBORDEAUX VIII | 23 novembre 2017 | Le Point 2359 SÉBASTIENORTOLA/RÉA-BROCHETLAJUSPUEYO …
  • 9. LES ATOUTS D’UNE GRANDE ÉCOLE DIPLÔME BAC+3 VISÉ PAR L’ÉTAT EXPÉRIENCE INTERNATIONALE FORTE ● Campus à Toulouse, Barcelone et Casablanca ● Expatriation académique ● 98 Universités Partenaires ● + de 30 nationalités ● Choix du cursus français, anglais ou espagnol ● Promotions multiculturelles ● Double diplômes IMMERSION PROFESSIONNELLE ● Jusqu’à 12 mois de stages ● 18 filières de perfectionnement ● Career Starter, incubateur ● Alternance ● 35 000 alumni www.tbs-education.fr 05 61 29 46 09 Contact e-mail : info.bachelor@tbs-education.fr
  • 10. deschâteauxorphelinsparce qu’ils ne sont pas des lieux de rési- dence », précise Norbert Fradin. Mais,surtout,l’hommeestl’ini- tiateur, le concepteur, le finan- ceur, l’âme, bref, le grand ordonnateur du futur musée de laMeretdelaMarine,quidoitou- vrir le 15 juin 2018 dans le quar- tier Bacalan/Bassins à flot et fait déjàsaliverlesBordelais.CarNor- bert Fradin, qui a le sens du pa- nache et du « buzz » médiatique, a promis pour l’inauguration d’y faire venir 41 tableaux de Monet ainsiqu’unequinzainededessins – etmêmelapaletteetleslunettes du peintre –, des œuvres prêtées par le musée Marmottan, à Paris, dirigéparPatrickdeCarolis.« On avuhautetambitieuxpourmontrer que ce musée sera aussi un lieu apte à recevoir de grandes expositions ; nous avons déjà des projets avec la Bibliothèque nationale de France et de grands musées français », lâche le Bordelais. Le grand vaisseau (13 000  m2 de planchers, dont 10 000 couverts,7 000 m2 desalles d’exposition,unamphithéâtrede 350 places)devraitprendreforme à 200 mètres de la Cité du vin et de la base sous-marine à la fin de l’année.Soncapitainesexagénaire assouvitlàunrêved’enfant…Un de plus ! « Gamin, je voulais entrer à l’Ecole navale, raconte Norbert Fradin,lesvoiesdeladestinéem’ont orientéversd’autreshorizons.Mais j’ai toujours fait de la voile et du ba- teau, et, si je me suis passionné pour la course automobile, je continue à enfaire.J’aidélaissélamer,maisj’ai constitué une collection d’objets de marine et de maquettes de bateaux deplusieursmilliersdepièces :pour- quoi ne pas en faire profiter les autres ? C’est ainsi que, d’un simple lieud’expositionbasique,onestpassé à l’ambition d’un vrai espace cultu- reldédiénonseulementàlamer,mais aussi à la marine. » Immergé. Et,puisqu’ilnavigue comme un poisson dans l’eau à Bordeaux, Norbert Fradin a un autre projet liquide en cours. L’idée ? Installer un aquarium géant(10 000 m2 ,« commelesgrands aquariums européens ») sur Euratlantique,enborduredelaGa- ronne. Là encore, le financement est intégralement assuré par lui- même et son groupe, et, comme pour le musée, son président-fon- dateur reste discret sur les mon- tants. Tout juste concède-t-il que celafait« pasmald’argent ».Unpro- jetquivientd’êtrelancéetdevrait aboutir en 2021, mais qui défraie déjà la chronique. Et pour cause ! Norbert Fradin promet, en effet, unaquarium« nouvellegénération », à savoir avec des poissons qui ne seront pas forcément tous… phy- siquementprésents !Evidemment, dit comme cela, cela prête à rire ; certainscrientmêmeàl’esbroufe. Audacieux. C’est sous-évaluer l’ambitionduprojetetsous-estimer les progrès considérables de l’in- telligence artificielle en cours et àvenir…« Ilvientdes’ouvriràTime Square, à New York, sous les aus- pices de National Geographic, un aquarium100 %virtuel,sedéfend notre entrepreneur audacieux. Nous,ceneserapasforcémentlecas. Nous aurons des bassins avec des poissons,pourfavoriserlareproduc- tion. Mais tous les grands animaux que l’on ne peut plus garder en cap- tivité seront montrés dans leur mi- lieu naturel. Et le visiteur sera complètement immergé dans leur réalité,grâceauxtechniques3D,aux images invasives. On pourra voir des animaux qu’on ne peut jamais approcher, dans aucun aquarium. Et on pourra presque les toucher ! » L’impression, assure son promo- teur,seraencorepluspalpableque danslefilm« Océans »,deJacques Perrin, avec lequel l’équipe tra- vaille. « On ne peut plus agir vis-à- vis des espèces animales comme autrefois », constate Norbert Fra- din,quiabienconsciencedupoids de plus en plus grandissant des militantsécologistesetdesdéfen- seurs du bien-être animal. L’im- portantestderêveretdefairerêver, n’est-ce pas ? Quand on lui de- mandecequilemeut,lecapitaine Fradinrépondtoutàtrac,enfixant son interlocuteur de son regard malicieux,enfantin :« Jem’amuse. » Alors, que Fradin s’amuse : c’est bon pour Bordeaux ! § Kitsch.Une fois réhabi- lité, l’ancien siège de la Caisse d’épargne hébergera des com- mercesetdesespaces culturelsetartistiques. Norbert Fradin promet un aquarium « nouvelle génération » avec des poissons qui ne seront pas forcément tous… physiquement présents ! SPÉCIALBORDEAUX X | 23 novembre 2017 | Le Point 2359 SÉBASTIENORTOLA/RÉA …
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  • 12. Joue-la comme Alfred PAR JÉRÔME CORDELIER « E n France, je ne me verrais pasvivreailleursqu’àBor- deaux. » Le dessinateur AlfredestnéàGrenoble,sedittrès attachéàsesracinesitaliennes,ne dédaigne pas l’expatriation – il re- vientd’unpéripledesept moisen Asieaveccompagneetfille–,mais ilafaitdelamétropoledeBordeaux sonportd’attache,etcedepuisdix- sept ans. Alfred (c’est un pseudo, maisilsouhaitequ’onnel’appelle qu’ainsi) partage un atelier – bap- tiséFlambantneuf –avecd’autres artistesdanslequartierSaint-Pierre, etilhabitaitjusqu’àrécemmentle quartierSaint-Michel,avantd’em- ménagerdansunemaisonàBègles. Cequadragénairesympathiqueet curieuxestl’unedesgrandessigna- tures de la bande dessinée. Il est l’auteur de la série « Octave » (6-9 ans), du récit noir de son Pétillant. Qui l’eût cru ? La cité de Montaigne est la deuxième ville de BD en France. scénaristeetamiOlivierKa,« Pour- quoij’aituéPierre »,d’unlivreavec EtienneDaho–qu’ilasuivipartout pendant deux ans et demi – et de spectaclesdessinésavecJean-Pierre Nataf(lechanteurdesInnocents), Brigitte Fontaine, le jazzman Ra- phaël Imbert… Et son album solo « ComePrima »adécrochélefauve d’or2014 auFestivald’Angoulême. Bref, Alfred est un auteur qui compte.EtilvitàBordeaux. Comme nombre de ses collè- gues, tels David Prudhomme, ChristianCailleaux,RichardGué- rineau, le dessinateur de la série « XIII »,etFabienNury,sonscéna- riste vedette, ou encore Eric Corbeyran, Winshluss (meilleur albumàAngoulêmeen2011avec « Pinocchio »etPépited’oràMon- treuill’annéedernière),LucieDur- biano, Rachel Deville… Bordeaux compterait 200 auteurs et scéna- ristes de bande dessinée. Pôle.Pourquoiuntelengouement d’auteursdeBDpourlacapitalegi- rondine ? La proximité d’An- goulême, où nombre d’entre eux ontfaitleursétudes,n’yestpaspour rien.Ainsiquel’implantationd’édi- teurs comme Akileos, La Cerise, l’antennefrançaiseduFRMK,mais surtoutLesRequinsMarteaux,qui ontquittéAlbipourintégrerlafa- brique Pola, nouveau pôle créatif bordelais (lire page XXXI), suivi quelquesannéesaprèsparunautre poids lourd du secteur alternatif, Cornelius.« Avantd’opterpourBor- deauxilyaquatreans,racontelepa- tron et fondateur de Cornelius, Jean-Louis Gauthey, on a étudié les villes de Lyon, Marseille, Toulouse et Nantes. Bordeaux était une ville en phasededéveloppement,pastrèsloin de la mer, pas très chère à l’époque – mais ça a beaucoup changé… » Pour Gauthey,quiestaussiporte-parole du Syndicat des éditeurs alterna- tifs, Bordeaux est aujourd’hui la deuxième ville de BD en France. « Très peu d’auteurs peuvent encore vivreàParisàcauseduprixdesloyers, constate-t-il, et ici on peut s’implan- ter facilement, car on mutualise avec d’autresacteurs. »Résultat,leslibrai- riesspécialiséespullulentcomme Le Passeur ou Le Contretemps, et lesgrandeslibrairiescommeLaMa- chineàlireouMollatpoussentles murspourfaireplaceauxalbums, quand les manifestations se mul- tiplient,commelefestivalRegard 9, par exemple. A Bordeaux, on fa- briqueaussidesbulles… § Attachement.Le dessinateur Alfred, qui a notamment consacré un album à Etienne Daho, s’est installé quartier Saint-Michel il y a dix-sept ans. SPÉCIALBORDEAUX XII | 23 novembre 2017 | Le Point 2359 SÉBASTIENORTOLA/RÉA-DELCOURTCHAUVEL/ALFRED-
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  • 14. PAR CLAUDIA COURTOIS MUSIQUES « Carmen » revisité C’estl’histoired’unopéra–« Car- men »,deBizet–,maisenversion théâtred’objetsetsouslahoulette deMichelLaubu,qui,depuistrente ans,récupère,transforme,sublime et« poétise »toutcequitraînedans les placards. Avec sa complice, EmiliHufnagel,iltransportecette histoire d’amour du XIXe  siècle dans une contrée imaginaire, la Turakie !Unvraithéâtredeméta- morphose, à voir et à entendre. « Une cArMen en Turakie », du 12 au14 décembre,àSaint-Médard- en-Jalles, www.carrecolonnes.fr. La nouvelle voix du jazz Cécile McLorin Salvant, jeune Franco-Américaine–unpèrehaï- tien,unemèreguadeloupéenne–, envoûteetcharmeparsavoix.Elle a tout juste 30 ans et a déjà rem- portéle1er  prixduconcoursinter- nationaldejazzTheloniousMonk (2010).Sonpremierdisque–«Wo- manChild » – a été nominé aux Grammy Awards en 2014. Le 21 janvier, à Cenon, www.lerocherdepalmer.fr. Guitare jeune A22 ans,ilestdéjàunvirtuoseen guitare classique et a récolté de nombreux prix internationaux. ThibautGarcia,depèreespagnol, a grandi à Toulouse et, à l’âge de 7 ans,arencontréuneguitarequ’il n’a plus quittée. Le beau gosse Legende Parici lessorties ! Guide. Théâtre, musiques, expos… Les choix du Point pour bien profiter de Bordeaux. Poésie.La compagnie Turak transforme « Carmen » en fait divers amoureux loufoque et surréaliste. SPÉCIALBORDEAUX XIV | 23 novembre 2017 | Le Point 2359 ROMAINÉTIENNE/ITEM-MARKFITTON-WWW.THIBAUTGARCIA-GUITARIST.COM
  • 15. enivreetberceparsesinterpréta- tionsdélicatesetunsontrèsrond, caractéristique de la guitare clas- sique. Le 16 décembre, www.opera-bordeaux.com. La boum des petits et… des grands ! Pour que nos chères têtes blondes sedéhanchentetsedéfoulenttout en se cultivant sur l’histoire de la pop, du rock ou du jazz, le Kraka- toapropose,àl’heuredugoûterou presque,desKrakaboum :musique, boulesàfacettes,lumièresdecou- leur et, surtout, une programma- tion top, exigeante et adaptée. Il y amêmedesbonbons !Lamusique anglaiseestàl’honneurpourcette boumdefind’année. Le16 décembre,àMérignac, www.krakatoa.org. Opéra classique Dans le cadre du cycle Debussy, l’opéra« PelléasetMélisande »est une nouvelle production de l’OpéranationaldeBordeaux.On y chantera l’amour, la mort et la jalousie sous la baguette de Marc Minkowski (voir entretien, page XXVI) et dans la mise en scène de Philippe Béziat. Du 19 au 21 janvier 2018, www.opera-bordeaux.com. Depeche Mode en ouverture de l’Arena Pour la seule date française, avec Paris, de leur Global Spirit Tour, legroupeanglaismythiqueinau- gure l’Arena le 24 janvier. C’est leurpremièretournéedepuisprès detroisans.Touteslesplacesayant étévenduesenquelquesminutes, il ne reste plus qu’à casser sa tire- lirepourréserversonpassVIPà… 403 euros ! Le 24 janvier, www. bordeauxmetropolearena.com. Cœur de rock La14e  éditiondufestivalBordeaux Rock tiendra ses promesses avec, entreautres,laprésenceduchan- teur pop Bertrand Burgalat, de la DJallemandeHelenaHauffouen- coredelachanteuseetactriceDani. La soirée Rock en ville (le 25 jan- vier) offre un coup de projecteur surlafinefleurdelascènelocale, avec la participation d’une vingtaine de groupes dans huit lieux différents. Une formidable déambulation musicale urbaine. Du 24 au 28 janvier 2018, www.bordeauxrock.com. Jusqu’au bout de la nuit au conservatoire Chaquefois,c’estlamêmechose : le conservatoire de musique de Bordeauxsetransformeenruche avec,enguised’abeilles,dejeunes musiciens et chanteurs qui s’égaillent dans autant de salles- alvéoles !C’estla5e  Nuitdesconser- vatoires, une manifestation nationale : jusqu’à minuit, les oreillesetlesyeuxserégalentdans uneambiancefamilialeetbonen- fant.Mêmesionn’apasderejeton dans la place, ça vaut le détour. ­Entrée libre. Le 26 janvier 2018. 05.56.92.96.96. Parker met le paquet Maceo Parker, une des grandes fi- gures du funk et du soul jazz, qui adébutéavecJamesBrownetjoué avecPrinceavantdeselancerdans une carrière solo, sera au Kraka- toale29 novembre.Ilestmêmele parrain de la salle de concerts. Le 29 novembre, à Mérignac, www.krakatoa.org. THÉÂTRE ET DANSE « Marys’ à minuit » Catherine Marnas, à la tête du TnBA depuis 2013, programme « Marys’ à minuit », de Serge Va- letti,àlaquelleelleadéjàtravaillé avec lui. Mise en scène par cette spécialistedurépertoirecontem- porain,lapièceabordelasolitude d’une femme qui, dans l’attente de l’amour, dénoue les fils de sa pensée. Du 23 janvier au 9 février 2018, www.tnba.org. Soufflé, Decouflé Le chorégraphe et sa compagnie DCAprésententcinqpiècesinter- prétéesparseptdanseurs.Unetra- versée des genres avec du cirque et de l’acrobatie, de la danse pure sur du Vivaldi, un duo aérien et un voyage magique au Japon à ­travers la peinture, les tremble- ments,lesapparitionsetles Icônes.C’est Depeche Mode qui va inaugurer la toute nouvelle Arena début 2018. Merveilleux.Decouflé et sa compagnie offrent de brefs morceaux de vie et d’art. Magique ! Le Point 2359 | 23 novembre 2017 | XV 2017 INVISIONOWENSWEENEY/AP/SIPA-CHARLESFREGER …
  • 16. disparitions.Avectoujours, en fil d’Ariane, l’imaginaire, l’ex- travagance,lafinesseetl’humour decetartisteàlarenomméeinter- nationale, qui est associé au Théâtre national de Chaillot. Du 30 novembre au 2 décembre, www.carrecolonnes.fr. EXPOSITIONS La prison libérée, la prison colorée L’exposition « Oh couleurs ! » du muséedesArtsdécoratifsetduDe- signatellementpluqu’ellejoueles prolongations.Unemiseenscène ludique,épuréeetsanstropdebla- bla,quel’ondoitàPierreCharpin, créateur 2017 du Salon Maison Objet. Autre plaisir : cette exposi- tionestinstalléedansuneancienne prison. Situé derrière le bâtiment principal, un hôtel particulier du XVIIIe  siècle,cetespaceatypiquea préservélestracesdesonhistoire. Jusqu’au 3 décembre, www.madd-bordeaux.fr. Viva Gonzalez ! C’est la première rétrospective ­en Europe de Beatriz Gonzalez, une artiste emblé- matique et fonda- mentale de la scène artistique d’Amé- rique latine. C’est la reinecolombiennedu pop art. L’exposition, organiséedanslecadre de l’année France-Co- lombie, est reconnue d’intérêt national par leministèredelaCulture.Yparti- cipentleCAPC,leMuseoNacional CentrodeArteReinaSofiadeMa- dridetleKWInstituteforContem- porary Art de Berlin. Jusqu’au 25 février 2018, www.capc-bordeaux.fr. Images en questions L’Institut culturel Bernard-Ma- grez prête les cimaises de l’hôtel Labottière à Valérie Belin, une photographefrançaisequiareçu leprestigieuxprixPicteten2015. ­Son approche esthétique est ci- nématographiqueetaméricaine, toutimprégnéedel’universdela mode.Danscetteexposition,qui est conçue un peu comme une rétro­spective de son travail, elle questionnelesformes,l’imagede lafemme,lesstéréotypesetcequi fait sens, valeur et réalité dans la futilité. Jusqu’au 25 mars 2018, www. institut-bernard-magrez.com. Mythologie, peinture et poésie Pascal Daudon est un artiste peintre et plasticien landais. Il peut trans- former des objets en œuvres d’art, que ce soit en gravant sur des plateaux de tablesoudeschaises enFormica,ouplus simplementenuti- lisant crayons de couleur et encre sur des surfaces en bois ou en papier. Le quinquagénaireprésenteainsiun travail autour des mythologies mais à sa façon : Pascal Daudon joueavecl’ombreportéeducorps desonmodèleetlemythequece dernier a préalablement choisi. Ilréaliseainsiuneœuvrecompo- séed’humains,d’animaux,devé- gétations,d’histoires,decultures et d’époques différentes. A voir à l’espace Beaulieu, un lieu éton- nantfaceaulycéeSaint-Genèset qui dépend de ­la maison diocé- saine de Bordeaux. Parfait pour les expositions, les séminaires et même pour se ­restaurer. Du6 décembreau3 février2018, www.espacebeaulieu.fr. Le débarquement des Américains Une bonne leçon d’histoire au Centre Jean-Moulin sur l’arrivée des Américains à Bordeaux en 1917, leur quotidien et leur legs à la ville, notamment le jazz. Peu deBordelaissaventqueleurville étaitunebasearrièrequiassurait la logistique des soldats Emblématique.Le « Fauteuil Proust », d’Alessandro Mendini (1978), présenté au musée des Arts décoratifs et du Design. Vivantes.La photographe Valérie Belin joue avec les couleurs exubérantes de ses natures mortes. SPÉCIALBORDEAUX XVI | 23 novembre 2017 | Le Point 2359 M.DELANNE/MADDBORDEAUX-CONSTANTFORME-BECHERAT-DR … …
  • 17. 30e saison 2017/2018 Billetterie - Renseignements : 05 56 97 82 82 www.lepingalant.com sam.20janvier/20h30 dim. 21 janvier / 16h Billetterie - Renseignements : Venez en Tram ! Ligne A - Arrêt Pin Galant Plus de 80 spectacles programmés ! Nuit de la Saint-Sylvestre Ça c’est Paris ! Revue musicale et son Dîner-Spectacle Mise en scène : Fabrice LELIÈVRE Direction musicale : Claude CUGUILLÈRE Chorégraphie : Fabby RENAUD dimanche31décembre 20H samedi 23 décembre / 20h30 AHMED SYLLA avec un grand a vendredi 1er décembre / 20h30 VINCENT NICLO 5.0 dimanche 3 décembre / 14h - 17h30 GENERATIONS irish celtic mardi 5 décembre/ 20h30 LA TRAVIATA opéra côté chŒur samedi 16 décembre / 20h30 LES BALLETS TROCKADERO DE MONTE-CARLO mardi 19 décembre/ 20h30 PAYSAGES INTÉRIEURS Compagnie Philippe Genty dès 11ans 21 et 22 décembre / 20h30 FRANCIS HUSTER - RÉGIS LASPALÈS ÀDROITEÀGAUCHEde Laurent RUQUIER vendredi 8 décembre/ 20h30 HANSEL GRETELComédie musicale d’après les frères Grimm dès 4ans mercredi 20 décembre/ 20h30 ELEKTRIK Compagnie blanca li jeudi 28 décembre/ 16h ALICEComédie musicale d’après Lewis Carroll dès 4ans Venez partager une soirée de réveillon inoubliable ! Offrez un évènement ! dès 6ans
  • 18. américains allant com- battre sur le front de l’est de la France. Avec des ­photos, des vi- déos et une étonnante maquette reproduisant l’impressionnante base médicale de Mérignac, qui pouvaitaccueillir20 000 soldats. Bref, ­pour tout savoir sur cette histoire incroyable. Jusqu’au 7 janvier 2018. 05.56.10.19.90. Pellicules magiques L’équipeorganisatrice,Flip-Book, prépare la 27e  édition des Nuits magiques,unfestivalinternatio- naldufilmd’animationquin’est pas réservé qu’aux petits, loin de là.IlsedérouleaucinémaLeFes- tival (Bègles), mais aussi à L’En- trepôt (Le Haillan) et à la bibliothèque Mériadeck (Bor- deaux). Au programme, la fa- meusecompétitioninternationale descourts-métragesd’animation (septthématiques),desrencontres avec, notamment, le réalisateur russeKonstantinBronzitou encore le réalisateur fran- çaisNicolasBianco-Levrin. Anepasmanquer :lesfilms au charme désuet du TchèqueJiriTrnka,àlafois peintre, cinéaste et ma- rionnettiste, qui se situe dans la veine poétique de Paul ­Grimault mais en version ­marionnettes. Du 29 novembre au 10 dé- cembre. 05.56.51.76.60, www.lesnuitsmagiques.fr. Le bluffant Samuel Boulesteix Unsurdouédelasculpturefaçon pop culture. Samuel Boulesteix, autodidactedelasculpturedeBD, numéro un du genre, vient expo- ser pendant trois semaines ses œuvres – statues, bronzes et plâtres–chezBDAvenue,cenou- veau temple du 9e  art en plein cœur de Bordeaux. Même les non-amateurs de BD ou de personnages fantastiques ne peuvent qu’être bluffés par son travail précis de sculpture et de patine. Le 10 décembre en présence de l’artiste, www.bdavenue.com. L’art contemporain en sucette Après avoir roulé sa bosse, un jeunecouple,OlivierMossetMa- rie Toni, aussi amoureux que cu- rieux,adécidédetesteràBordeaux uneidéequirendlavillepluspoé- tique et créative. Grâce au finan- cement participatif, les deux trentenairesexposentdesartistes émergents sur des… Abribus. Ils se sont demandé « comment pro- poser plus d’art dans la ville tout en réduisant les espaces publicitaires au profit de moments poétiques, ­d’une  émotion gratuite dans un monde où tout va si vite ». Ils ont trouvé ! En plus, l’art sort de son univers élitiste. Et, pour les plus intéressés, il est possible Partage. Grâce au financement participatif, Olivier Moss et Marie Toni exposent des artistes émergents dans la rue. Pour tous. Un festival du film d’animation qui enchantera petits et grands. SPÉCIALBORDEAUX XVIII | 23 novembre 2017 | Le Point 2359 SÉBASTIENORTOLA/RÉA-DR … …
  • 19. AU DÉPART DE BORDEAUX AIRFRANCE.FR France is in the air : La France est dans l’air. Renseignez-vous sur airfrance.fr, au 36 54 (0,35€ TTC/min à partir d’un poste fixe) ou dans votre agence de voyages. EN DIRECT PAR SEMAINE DÜSSELDORF 3 VOLS
  • 20. d’acheter une reproduc- tion. L’événement devrait avoir lieu tous les trois mois. Du 27 novembre au 3 décembre sur 34 panneaux prêtés par la mairie de Bordeaux. Bouteilles en beauté HélèneSoète,nativedeBordeaux et céramiste à Lille, présente, en exclusivitéàlagaleriedesSélènes, ses bouteilles, dans lesquelles chantentlesâmes,pourparaphra- serBaudelaire.Desblanches,des grises, des noires, des brillantes, des satinées, d’autres aux reflets métalliques. Hélène Soète joue avec la lumière. Le résultat pro- viententreautresd’undélicattra- vail de cuisson au bois, dans des foursanagamade4mètresdelon- gueur ou du raku. « Pourvu qu’on ait l’ivresse », jusqu’au 13 janvier 2018, 09.72.45.16.21. Sur un petit nuage Commechaqueannée,lefestival jeune public de Pessac (jusqu’à 10 ans)réservesurprisesetdécou- vertes artistiques, avec sa pro- grammationpluridisciplinaireet de qualité, dans plusieurs quar- tiers de la ville et même à Bègles. Au total, une quinzaine de spec- tacles auxquels on peut assister dès l’âge de 6 mois, qui abordent tous les aspects contemporains du théâtre, de la musique, de la danse, du cirque et de la marion- nette. Il y a même des ateliers de pratiqueartistique,encadréspar desprofessionnels,etdesconcerts pop pour bébés ! Du 15 au 22 décembre, à Pessac, www.pessac.fr/ sur-un-petit-nuage.html. Art sans brutes « Abstractions faites », ce sont 160 œuvres, dessins, peintures, sculptures,delacollectiondumu- séedelaCréationfranche,unlieu consacré à l’art brut unique en Nouvelle-Aquitaine. Une occa- sion de partir à la découverte de cetespaceatypique,devenuéqui- pement d’intérêt métropolitain depuis l’été. § Jusqu’au 27 mai 2018, www. musee-creationfranche.com. Surprises.Au festival de Pessac, le jeune public pourra suivre, de fil en fil, la belle histoire de « Ficelle ». Equilibre.Les créations d’Hélène Soète, où le hasard imprime sa patte sur les couleurs vibrantes, à la cuisson, lors de l’émaillage. Conférences Voyage et littérature Parmi les invités de la 34e  saison des rencontres IEP-Sud-Ouest, l’écrivain, aventurier et marcheur Sylvain Tesson, auteur de romans, d’essais et de nombreux récits de voyage, sera l’invité dans le cadre de « Demains les savoirs ». Une belle rencontre avec « l’homme qui aime le temps qui passe » et « préfère les origines aux promesses ». Le 14 décembre à Station Ausone (Mollat). Paroles, paroles géopolitiques Dans le cadre du cycle de conférences « Montaigne » (organisées par l’université éponyme), une conférence de géopolitique est à marquer sur son agenda : « La Russie de Vladimir Poutine, un retour à l’empire des tsars ? », animée par Marie-Pierre Rey, professeure d’histoire russe et soviétique, et directrice du Centre de recherchesenhistoiredes Slavesàl’universitéParis-1. Le 18 janvier 2018. www.paxaquitania.fr/2017/ 10/cycle-de-conferences- montaigne.html. SPÉCIALBORDEAUX XX | 23 novembre 2017 | Le Point 2359 DR-RAPHAELGAILLARDE/GAMMARAPHO …
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  • 22. Cespassionnéssecouent lascènebordelaise PAR CLAUDIA COURTOIS LUCILE ET FANNY ARNAUD Les pétroleuses de la gastro bordelaise Ellessontsœurs,jeunes,pétillantes etfourmillentd’idéesautourdela gastronomie.Aprèsdespremières expériencesprofessionnellesàPa- ris,LucileetFannyArnaud,origi- nairesd’Andernos,sontrevenues poser leurs bagages et leur fraî- cheuràBordeaux.Ellessontcom- plémentaires : Lucile, 28 ans, un CAP de cuisine en poche, adore mitonner, Fanny, 32 ans, préfère manger.Leursidéessontsimples : d’abord,créerun« réseauautourde la bonne bouffe à Bordeaux. Ici, les gens de la scène culinaire partagent moins,carchacunestàfonddansson travailsansforcémentserencontrer », aconstatéLucile,productricepen- dant trois ans du festival Omni- vore à Paris. Les sœurs ont alors créé le Bordeaux Food Club. Tous les deux mois, cuisiniers, ostréi- culteurs, brasseurs, viticulteurs, producteursetautresamateursde bonne chère, la trentaine en moyenne,serencontrentpourun apéroinformeldansunrestaurant ouunbar.Chacunapportecequ’il veut. Autre initiative des sœurs gourmandes :ellesorganisentdes événementsdécalésetabordables autourdelagastronomie.Cesont, par exemple, les « dîners plan- qués ».Lepremieraeulieufinoc- tobredansunebrasserieàLormont aveclechefétoiléVivienDurand, Inspirés. Branchés gastronomie, BD, photo… Ils ont l’art du partage. du Prince noir, et un artiste qui a peint une cuve en direct. Le pro- chain est prévu début janvier. « Il fautdestrios– chef,lieu,artiste –qui fonctionnentbien »,prévientLucile. Et les pétroleuses de la gastro ont plein d’autres idées pour organi- ser des événements ­hybrides et vivre de leur passion. « Bordeaux estunbeauterraindejeu. »Onveut bien les croire. MARC FAUJANET Un Tintin businessman au pays de la librairie L’homme est pressé mais n’en donne pas l’air. Il faut dire qu’il a de quoi être (pré)occupé : en quelques années, après une autre vie dans la construction et l’exploitation de maisons de re- traite (groupe Mieux vivre – 10 000 employés), Marc Faujanet, à peine la soixantaine, s’est lancé dans la… librairie. Mais pas n’im- porte laquelle ni n’importe com- ment. « Mon idée était de créer des lieuxetdesedifférencierdesautres. » Pourquoi le livre ? « C’est la soif de culture du sportif », a répondu un jourl’ancienpatineurartistiqueà Alain Juppé. Alors, après avoir (bien)vendusesparts,ilvaouvrir deslibrairiesavec,commeconcept originaletdansl’airdutemps,un espace snack. L’ancien sportif de haut niveau débute à Pessac en 2015, où se trouve le siège social du holding familial, continue à Arcachon(LibrairiedesMarquises) en juin 2017. Depuis deux ans, l’ex-présidentdelaFédérationfran- çaisesdessportsdeglaceestaussi à Bordeaux avec la Librairie de la Comédie et BD Avenue. L’homme,futéetpragmatique, aaussilancélespâtisseriesOpéra, quialimententendessertsseslieux deculture.« Aveclelivreseul,onne peut pas gagner d’argent. » D’ail- leurs, en parallèle, l’homme ­d’affaires compte ouvrir d’ici à 2019 une ­vingtaine de Fraîches.Les sœurs Lucile et Fanny Arnaud, créatrices du Bordeaux Food Club. Ancré. Marc Faujanet danssalibrairie 45e Parallèle, à Pessac. SPÉCIALBORDEAUX XXII | 23 novembre 2017 | Le Point 2359 MICKAELA.BANDASSAK-ARCHIVESF.COTTEREAU/SUDOUEST…
  • 23. Notre sélection à BORDEAUX MÉTROPOLE pichet-immobilier.fr0 800 33 00 33 *Valable pour tous les prêts à taux zéro émis à partir du 1er Janvier 2017 pour l’acquisition par un primo-accédant de sa résidence principale neuve Travaux en cours Bordeaux - Sud Nansouty Le Square Albert Premier Villenave d’Ornon - Courréjean Green Park • Aux abords du Golf de Geneste (18 trous) • Centre-ville de Bordeaux à 20 minutes seulement • À 5 minutes du centre commercial de Rives d’Arcins • École, équipements sportifs et commerces accessibles à pied * Bordeaux - Caudéran Le Patio Bordelais • Secteur de renom • Architecture élégante et dynamique • Commerces et infrastructures de proximité • Transports en commun au pied de la résidence Nouvelles disponibilités Mérignac - Hyper-centre - Place de l’Église Le Forum • Emplacement d’exception • Commerces, transports et écoles accessibles à pied • Tramway ligne A au pied de la résidence * • Emplacement d’exception • Gare SNCF à 15 minutes • Commerces et transports à proximité • Appartements lumineux * Nouveauté *
  • 24. pâtisseriesdansl’agglomé- ration  — cinq pour le printemps 2018, outre ­celle du cours de l’In- tendance,endécembre–etrecru- ter à terme 100 personnes. Sa dernière pépite : BD Avenue, ou- verteàl’été2017dansunbâtiment à la structure Eiffel. « Avec 950 mètrescarrés,c’estlaplusgrande librairie de BD de France », assure celuiquiaouvertsapremièrebou- tique de sports en 1968 à Gradi- gnan. On trouve de tout dans cet antredelaBD(350 000 références), et surtout des figurines de collec- tionetdestiragesdetêtegrâceau réseaudeJean-LucCastrec,l’actuel responsable de la librairie, pas- sionnédeBDetcollectionneurde- puisdeslustres.MarcFaujanetest lui aussi un amateur – il possède lepremierexemplairede« Tintin au pays des Soviets », exposé jus- tement à la ­librairie. LAURENT VÉDRINE Un fil entre l’homme et son histoire Lavoixestdouceetleproposclair. Laurent Védrine, 45 ans, le tout nouveau directeur du musée d’Aquitaine,prendlasuitedeFran- çois Hubert, resté treize ans à la têtedel’établissement.Undéfi.Le nouvelarrivantapleindeprojets, mais ne cherche pas non plus à renverser la table. Il connaît un peu la maison aux 5 000 mètres carrés d’exposition permanente, une des plus grandes superficies de France. Pour son diplôme de conservateur, l’ancien directeur du musée d’Histoire de Marseille yaeffectuésonstage.Cetamateur d’histoire a également fait ses études dans la ville chère à Mon- taigne,dontlemuséed’Aquitaine possèdelemagnifiquecénotaphe. Laurent Védrine reste épaté par « l’épaisseurhistorique »dece­musée, qui retrace, pas toujours de ma- nièreattractive,600 000 ansd’his- toire.« Anousdetendreunfild’Ariane aupublicsurceparcoursunique(…), dedévelopperlarelationdel’homme àsonhistoireetdedonnerdelachair aux objets inanimés. » Vaste pro- gramme pour celui qui va pour- suivreleprojetdenouvellessalles du XXe et du XXIe  siècle (2019). Rendez-vous dans six mois pour lespremierschangementsdansce musée à l’immense patrimoine (plus de 1,4 million d’objets). MILENA OLDFIELD L’apprentie pas sorcière C’est la deuxième année que des étudiantsenmastermanagement culturel à Sciences po Bordeaux jouentauxpros !Ilsonteulabonne idéedeprofiterdesrutilantsnou- veauxlocauxdel’Institutd’études politiques pour y accrocher des œuvres d’art. Mais tout le monde peut en profiter. Ils ont ainsi créé une association au nom un peu abscons, le Mouvement rhizo­ matique, et ont surtout noué un partenariatavecleFracAquitaine et Les arts au mur, l’arthothèque de Pessac, dont la mission est jus- tement de prêter des œuvres à des entreprises, particuliers ou ­associations. Milena Oldfield, 23 ans, la nouvelle présidente du Mouvement rhizo, travaille d’arrache-­piedavecunequinzaine d’étudiants bénévoles à la pro- chaineexpo,prévuele14 janvier. Commesesprédécesseurs,lacom- missaire en herbe constate que « lesjeunes,etmêmeceuxdeSciences po,ontdes­préjugéssurl’artcontem- porain pas évidents à casser ». Aux cimaises ! BRUCE MILPIED Révélateur de photographes Lequadragénaireadeuxpassions : lejazzetlaphotographie.Ilvitdes deux : il est photographe docu- mentaliste de musiciens de jazz. L’homme à la ­crinière ondulée est aussipasseurpourd’autresphoto- graphes amateurs ou débutants. Quandilacocréé,en2011,Cdansla boîte,­associationdepromotionde la photo­graphie d’auteur en ­Nouvelle-­Aquitaine, il avait fait le constatque,« malgréunevraieculture photo à Bordeaux, il n’existait pas de lieuconsacré »àcetart,àl’exception delagalerieArrêtsurl’imageetde la vieille église de Mérignac, aux programmationsd’enverguresou- ventnationale.Alors,lorsdesMer- credisphotographiques(quatreou cinq fois par an), il expose des ar- tistes dans un atelier près des Bas- sinsàflots« pourquelesphotographes puissentmontrerleurtravailetqueça ne reste pas dans les cartons ». Avec son équipe, il organise aussi les NuitsnoiresdelaphotoàTalence. Lesprochainessontprogrammées enjanvier2018.L’idéeestde« faire serencontrerlesgens,amateurscomme professionnels, débutants et confir- més ». Au programme de cette se- conde édition : Denis Dailleux, plusieursprixWorldPresssurson CV, Delphine Blast, une photo- graphequimonte,etMatthieuCha- zal, un Bordelais « fou furieux » qui aécumél’Europecentralejusqu’aux frontièresdel’Orient § Jeune pousse. Milena Oldfield, présidente de l’association Mouve- ment rhizomatique, à Sciences po Bordeaux. Impétrant.Laurent Védrine, nouveau directeur du musée d’Aquitaine. SPÉCIALBORDEAUX XXIV | 23 novembre 2017 | Le Point 2359 LYSIANEGAUTHIER,MAIRIEBORDEAUX-SÉBASTIENORTOLA/RÉA …
  • 25. C i t y S p a L E R O YA U M E D E S S E N S C i t y S p a L E R O YA U M E D E S S E N S EMBARQUEZ POUR UN VOYAGE SENSORIEL UNIQUE WWW.LEROYAUMEDESSENS.COM 05 56 24 04 04
  • 26. Satisfecit. « Parce qu’un artiste français a toujours du mal à se faire reconnaître dans son propre pays, ma nomination ici fut pour moi une grande fierté », se réjouit Marc Minkowski. … SPÉCIALBORDEAUX XXVI | 23 novembre 2017 | Le Point 2359 DR MarcMinkowski: « Jetracemonchemin… » PROPOS RECUEILLIS PAR JÉRÔME CORDELIER Le Point : Nommé en juillet 2015, vous avez commencé à officier à la rentrée 2016. Quel premier bilan tirez-vous de cette année passée à la tête de l’Opéra de Bordeaux ? Marc Minkowski :Jenetireaucun bilan.Jeregardecequisepasse.La saison actuelle plaît beaucoup, et j’ensuisheureux.Lasaisonprécé- dente avait été réalisée avec des moyens extérieurs, dans des cir- constances très tendues, mais je n’ai pas voulu communiquer sur unesaisondetransition.Là,çava. Même si je trouve qu’il y a un peu d’animosité… Avez-vous trouvé votre rythme ? Ilyauntempsd’apprivoisement qui est important. Cela fait plai- sir de constater les abonnements qui s’accroissent, les projets qui se développent. Le public rajeu- nit,cequiestunebonnechosevu l’image que peut avoir l’opéra. Vous accueillez aussi de nombreux projets comme Démos, qui a pour vocation de monter des orchestres de jeunes dans les quartiers défavorisés et auxquels participent 120 petits Bordelais depuis un an. C’estuntravailtrèslong,trèsémou- vant, qui se déroule dans une am- biancebonenfant.Nousaccueillons Direct. Le direc- teur de l’ONB se confie sur ses am- bitions et répond aux critiques. ceprojet,quiestpilotéparlaPhil- harmonie de Paris, avec bienveil- lance.Nousfaisonsainsibeaucoup d’expériences,notammentavecles étudiants.L’OpéradeBordeauxn’est pas un supermarché culturel comme certains voudraient le croire. Nous sommes avant tout unemaisond’opéra !Beaucoupde grandschanteursfrançaiss’arrêtent cheznous,desartistesquelesAlle- mands,lesItaliens,lesAméricains s’arrachent, mais qui ne sont pas toujoursbienreçusdansleurpays. Nous sommes une vitrine lyrique de haut niveau. Moi qui virevolte partout dans le monde, je suis contentdecréerdansunlieuoùil estpossibledefairenaîtreunecom- plicitéaveclepublic. Bordeaux est-il désormais le premier Opéra de France après Paris, ambition que vous vous êtes fixée à votre arrivée ? Il se passe de très belles choses àLyon,Marseille,Strasbourg,par exemple, mais je ne sais pas si d’autresmaisonsconnaissentau- tantdevariétéquelanôtre.J’ajoute que nous sommes le premier em- ployeur pour le spectacle vivant : dans cette maison voisinent des artistes et des artisans. Vous qui connaissez Bordeaux de longue date, comment percevez-vous son évolution culturelle ? On parle énormément de la ville, desonarchitecture,desagastrono- mie,dutourisme.J’espèrequel’on va parler autant de la culture. On peut, on doit aller plus loin en la matière. Beaucoup de personnes icidiscutentsurlaculture,lajugent, maisonnelesvoitjamaisauxévé- nements culturels. Enfin, bon, ne nous plaignons pas, le public est là !Nousavonsl’undesplusbeaux théâtresd’opéradumonde,quiplus est dirigé par un artiste, ce qui est rare – je n’aime pas beaucoup par- ler de moi, mais je suis un artiste avec une carrière et un carnet d’adresses,celacompte.Ilyavingt ans,quandilaprislatêtedelaville, Alain Juppé a mis fin au mandat d’unartiste,AlainLombard[après unauditdémontrantdesdépasse- mentsbudgétaires,NDLR],ilaau- jourd’hui confié les clés de cette institution à un autre artiste, l’image est forte ! Maintenant, j’aimerais bien que les moyens immenses consacrés au
  • 27.
  • 28. Solidaire.Le projet Démos, lancé en Gironde par Marc Minkow­ski, a pour but d’initier à la mu- sique des enfants issus de quartiers en difficulté. Rayonnement. Marc Minkowski pour- suit sa carrière interna- tionale, comme ici avec sa formation LesMusiciensduLouvre. … L’Opéra de Bordeaux n’est pas un supermarché culturel. C’est une maison d’opéra ! SPÉCIALBORDEAUX XXVIII | 23 novembre 2017 | Le Point 2359 OPÉRADEBORDEAUX-ANTHONYCOTTAREL développementdecetteville soientaussiorientésverslaculture. Danslagestionquotidienne,nous sommes souvent obligés de prati- querl’équilibrisme,dejongleravec denombreusescontraintes. Vous poursuivez votre carrière internationale, notamment avec Les Musiciens du Louvre, la formation que vous avez créée. Comment partagez- vous votre temps ? L’essentieldemonactionsedéroule ici,maisquelquesélémentsdemon passé sont importants. Pour me consacrer à Bordeaux, j’ai quand même renoncé à la Semaine Mo- zartàSalzbourg,quejedirigeaisde- puiscinqans.Entantquedirecteur de l’Opéra de Bordeaux, je suis en permanenceenfonctions,et,quand je vais ailleurs, je le fais rayonner, en lançant des projets communs, descoproductionscommeavecSan FranciscoouleJapon,parexemple. Que faut-il encore développer pour la culture à Bordeaux ? Ungrandfestivaldemusiqueclas- siqueetd’opéra,commeilenexis- tait un naguère et dont on parle toujoursavecnostalgie :leMaimu- sical. Je suis en phase de réflexion pourmenerunprojetsimilaire.On y arrive progressivement, mais, pour cela, il faut rapprocher le mondeduvindel’universlyrique, comme le faisait le Mai musical, festival itinérant. Nous y travail- lonsetnousdevonsallerplusloin. Lesculturesdupalaisetducerveau sontlesmêmes,ellesdoiventcom- muniquer.J’aiétéséduitparl’Arena deRudyRicciotti,c’estunlieupour yfairedel’opérapopulaire. Comment vous sentez-vous accueilli ici ? J’aiétéremarquablementreçupar le public. Médiatiquement, il y a dessoubresauts ;dèsquel’onpro- pose des choses nouvelles, c’est compliqué… Que pensez-vous de la petite polémique sur la supposée fronde antiparisienne ? C’est désolant et drôle, mais épi- sodique. Je n’ai jamais ressenti à Bordeaux de racisme parce que je venais de Paris. Le vrai Bordelais, né en Aquitaine, devient une es- pèce rare. Vous sentez-vous bordelais ? Oui, mais, attention, je suis quelqu’un de très multiforme. Je suisunFrançaisissud’unefamille américaine par ma mère et polo- naiseparmonpère,avecdescatho- liquesd’uncôtéetdesjuifsdel’autre, et même un grand-père maternel tchèque évangéliste. Je ressens en moiungrandensembledecourants ethniquesetreligieux,etvoilàpour- quoi je me sens bien à Bordeaux, ville de grand brassage. Et parce qu’unartistefrançaisatoujoursdu malàsefairereconnaîtredansson propre pays, ma nomination à la têtedel’OpéradeBordeauxfutpour moiunegrandefierté.D’autantque j’aiunerelationdelonguedateavec cetteville,àtraversJeanLacouture, qui fut un ami de mon père et au- queljesouhaitedédierunesalledu GrandThéâtre. Où en est la crise sociale que vous avez dû affronter ? Est-elle réglée de votre point de vue ? C’estdelamousse.Jen’yaijamais cru. C’est une maison dont on at- tend beaucoup, le cahier des chargesestimmense.Jetracemon chemin…Maissil’onveutqueBor- deaux soit une ville de culture, il faut y mettre les moyens. Et cela nepeutpasseulementvenirdela ville. Il va falloir faire appel à des partenariats privés. Et je ne de- mande pas mieux non plus que deporterlescouleursdelarégion sur le territoire… §
  • 29. SCHOOL OF MANAGEMENT ESSCA GRANDE ÉCOLE DE COMMERCE POSTBAC Samedi 9 décembre Samedi 20 janvier Samedi 3 mars PORTES OUVERTES JOURNÉES 5 rue de Condé - BORDEAUX 10h à 18h ConceptionBLEUGRIScommunication-0604656088-Photo:Adobestock
  • 30. PAR CLAUDIA COURTOIS (AVEC JÉRÔME CORDELIER) LE PONT SIMONE-VEIL S’il tient ses promesses, le futur pont Simone-Veil (appelé encore Jean-Jacques-Bosc), dessiné par l’architecte Rem Koolhaas, a des chancesdedevenirl’undesgrands lieuxfestifsdeBordeaux.Entout Tremplins. De nouveaux lieux dédiés à la culture voient le jour. En avant ! cas,c’estlepari.Car,outreunaxe destiné à la circulation, l’ambi- tionestdecréer–surunelargeur équivalente–« unezonesupplémen- taire où, en plus de celle dévolue au trafic, tout est possible : un marché, un concert, un festival… Le pont de- vient, aussi, un espace public », commel’expliquaitRemKoolhaas dansunentretienauPointle26 oc- tobre. « Au lieu d’épuiser le budget danslaprouessearchitecturale,nous l’utilisons pour inventer un double usage. Nous ouvrons des possibili- tés », soulignait le créateur. Bref, seréjouitàl’avanceFabienRobert, l’adjoint chargé de la culture, ce pont sera « un nouveau terrain de jeu pour les artistes ». LE GALET DU SPECTACLE De la rive gauche on ne voit qu’elle :poséesurlesrivesdeFloi- rac,justeenfacedufuturpontSi- mone-Veil, la salle Arena est quasimentachevée.Signéparl’ar- chitecte Rudy Ricciotti, ce lieu tant attendu, qui pourra accueil- lir de 2 500 à 11 300 spectateurs, serainauguréendécembreetou- vrira officiellement ses portes en janvier2018.Lepremierconcert ? Dépêche Mode, le 24 janvier. L’investissement de 75 millions (supporté à 80 % par Bordeaux Métropole)permettrad’organiser des concerts et des événements sportifsdansunespacemodulable sanspiliersintérieurs.L’Arenasera la 5e  salle de spectacle de France en capacité d’accueil. LE ROCHER VOIT GRAND On connaît Le Rocher de Palmer à Cenon, lieu de concerts voué aux musiques actuelles et du monde (400 manifestations par an) et doté de trois salles (1 200, Ludique. Le pont Simone-Veil, où « tout sera possible », selon l’architecte,seral’un des endroits les plus festifs de la ville. Extension.Le Rocher de Palmer s’agrandit avec une nouvelle salle de 2 500 places. Futuriste. La salle de spectacle Arena en cours de construction. Desécrinsarchi-artistiques SPÉCIALBORDEAUX XXX | 23 novembre 2017 | Le Point 2359 SÉBASTIENORTOLA/RÉA-CHRISTOPHEGOUSSARDPOURLAMAIRIEDECENON
  • 31. 650 et 250 places). Créé il y a sept ans, il est devenu une place in- contournable de la scène musi- cale régionale. En raison de ce succès, il est prévu de construire unenouvellesallede2 500 places, àl’emplacementdugymnasePal- mer,situéjusteàcôté.Lestravaux débuteront mi-2018 pour une li- vraison fin 2019. MUSÉUM, QUELLE HISTOIRE ! Presquedix ansdepatienceauront éténécessairespourrevoirFanny, l’éléphanteduMuséumd’histoire naturelle de Bordeaux, et 1,1 mil- lion d’autres spécimens. Il faudra attendreoctobre2018pourdécou- vrir la mue de ce musée théma- tiquecrééen1791 (undespremiers en France) et installé depuis 1862 dans l’hôtel particulier de Lisleferme.Souslahoulettedel’ar- chitecteSébastienLoiseau(Basalt Architecture), une attention par- ticulière a été portée aux aspects environnementauxdelaréhabili- tation. Trois types d’expositions serontprésentés :lesclassiquesex- pos temporaires et permanentes, mais aussi les semi-temporaires, sur une durée de trois à cinq ans. A noter que les expositions tem- porairesserontinstalléesdansles sous-solsdumusée,jamaisouverts jusqu’ici.Unespaceseramêmeré- servé aux tout-petits. L’agence Die Werft, qui a réalisé la scéno- graphie, a proposé des dispositifs modulaires tout en respectant les normes de conservation avec des vitrines patrimoniales étourdis- santesetdesdispositifsinteractifs accessibles à tous. LE MECCANO DE LA MÉCA C’estladernièrelignedroitepour la Maison de l’économie créative etdelaculture,laMéca.Ceprojet architectural décoiffant, réa­lisé par les architectes néerlandais de BIG (associés aux Français de Freaks),devraitêtrefiniàlarentrée 2018 pour une ouverture début 2019. Installé sur l’emplacement desanciensabattoirsdeBordeaux, il réunira les trois agences cultu- relles du conseil régional Nou- velle-Aquitaine : l’Ecla (pour le livreetl’audiovisuel),l’Oara(pour lespectaclevivantetlesartsde la scène)etleFracAquitaine(leplus grandfondsrégionald’artcontem- porainaprèsceluid’Ile-de-France). Lacollectivitéterritorialeamisle paquetetfinancelaquasi-totalité de l’investissement (52 millions d’euros sur 56). On y découvrira alors un des plus beaux points de vue sur la rive droite. POLA ET TRALALA Ça y est : après des années d’erre- mentsdansplusieursvillesdel’ag- glomération, Pola, le collectif qui réunit une vingtaine d’associa- tions culturelles, artistiques et techniques, a trouvé son nid et comptebienleconsolider.Ilaposé une partie de ses valises en 2015 dansuneancienneentreprise depeinturessurlesquaisdelarive droite, pile en face de la prome- nade du parc aux Angéliques et à deux minutes à vol d’oiseau de Darwin. Une autre partie est tou- joursdansunanciencollègeàBor- deaux. Mais, d’ici à janvier 2018, toutlemondeseradansleslocaux de la rive droite – 4 000 mètres carrésdesurfaceet600 mètrescar- rés de jardin –, en pleine réhabili- tation. « L’idée est d’en faire un lieu ouvert et accessible aux gens de pas- sage, aux professionnels, mais aussi auxhabitantsetassociationsduquar- tier », insiste Blaise Mercier, le di- recteur (7 salariés). Bientôt, on y trouvera une salle d’expositions, un lieu de conférences, un autre de formation, une salle d’accueil etune« cantine »ouvertesurl’ex- térieur.« Cenouveloutilvanousper- mettrededéployertoutesnosfonctions professionnelles », poursuit-il. Commeunincubateurdeprojets pour jeunes architectes (avec l’écoled’archideBordeaux)ouun centrederechercheinterdiscipli- nairesurl’aménagementduterri- toireavecl’écoled’archi,celledes Beaux-Artsetlesfutursingénieurs des Arts et Métiers. Enfin, la « Po- lamobile », intitulé rigolo pour parler d’un dispositif souple qui se déplace sur le territoire régio- nal,prendratoutesonampleuren 2018.Pourlesimpatients,lechan- tier se visite. www.pola.fr § Décoiffant.Le chantier de la Méca, future Maison de l’économie créative et de la culture, ouvrira début 2019. Créatif. Blaise Mercier, directeur de Pola, un lieu réservé à la création contempo- raine et à la production artistique. Peau neuve. Après presque dix ans de travaux, le Muséum d’histoire naturelle va rouvrir ses portes. Le Point 2359 | 23 novembre 2017 | XXXI SÉBASTIENORTOLA/RÉA-DR
  • 32. Et c’est ainsiqueMollatestgrand ! PAR JÉRÔME CORDELIER L e métier de libraire mène à tout,ycomprisaupilotagede drones. Denis Mollat, qui a propulsél’entreprisefamilialeau premier rang des librairies pri- véesdeFrance,avaitpeut-êtrebe- soindeprendredelahauteur.En tout cas, l’homme s’amuse beau- coup avec son drone, qui sert no- tamment à filmer les maisons d’écrivain. Et nourrit ainsi en imagesspectaculaireslesproduc- tionsmaisonconcoctéesdansles entrailles de la librairie. En septembre 2016, pour les 120 ansdelalibrairie,DenisMol- lat a, en effet, ouvert dans un an- cien parking contigu la Station Bouillonnant. Premier libraire de France, Denis Mollat investit la télé et la Webradio. Ausone, regroupant deux audi- toriums,afind’accueillirdesren- contresavecdesauteursettoute personnalitédepassage…Leplus granddesdeuxestéquipédesept caméras et d’une régie de télévi- sion pro destinée à capter les images des conférences pour les diffuser ensuite sur YouTube. « L’audio,lavidéo,c’estletrucdeDe- nisMollat,souligneEmmanuelle Robillard, directrice des projets du groupe. C’est lui qui a imaginé etconçucetespace,enpartiefinancé sur ses deniers personnels. » Pasbesoind’endiredavantage, il suffit de regarder le maître des lieuxdanssoncostumebleuma- rine aux fines rayures blanches tripoter les touches du banc de régie,tapoterlescaméras,claquer dans ses mains pour montrer la pureté du son ou faire entendre sursonsmartphonelaMollatVox, la Webradio que l’entrepreneur est en train de lancer et qu’il ali- mentera par des reportages de ses libraires dépêchés chez les auteurs et dans les festivals du livre, partout en France… « Nous sommes dans une société virtuelle, lespublicsbougent,ilfautaccompa- gner le mouvement », témoigne notre homme. Que ne ferait l’entreprenant M. Mollat pour attirer visiteurs, auteursetstarsentoutgenre,qui se bousculent ici, d’autant plus depuis que la LGV a rapproché Paris de Bordeaux ? Sans jamais quittersonportd’attache,enplein centre-ville, Mollat a prospéré, grignotantlesmètrescarrés.Cette réussiten’estpasdueseulementà l’ancragedelafamilleetàl’entre- gentdesonpatron,bienplacédans touslesréseauxquicomptent–y comprisleMedef,dontilestletré- sorier–etmêmeconsul(actif)du Mexique… Denis Mollat a beau être réputé impatient et autori- taire,s’ilcontinuedefairevenirà lui les forces vives de la culture, c’estqu’iln’estjamaisrestéinerte, etqu’iltissedeslienstousazimuts avec son environnement. « Synergies ».Desinstitutions culturellescommelesBeaux-Arts, le conservatoire, l’université, les écoles,lesassociations,lescollec- tivités,lesmédias…Toutpartena- riat est bon à nouer pour faire rayonner la place. « Le propre de la culture est qu’il n’y a rien de pré- visible, constate Denis Mollat. Il fautdeslieuxquipuissentaccueillir et favoriser la rencontre, je dirais mêmel’alchimieentredespersonna- litéscréativesetceuxquipermettent à ces talents de s’exprimer. Nous sommes là pour créer des synergies, afindeparticiperàn’importequelle forme de vie. » Et voilà comment Mollat est devenu bien plus qu’une librai- rie,unpôlemajeurdelaviecultu- relle et sociale bordelaise. Feu l’écrivainAlexandreVialatteavait l’habitudedeconcluresesbillets dansLaMontagneens’exclamant : « Etc’estainsiqu’Allahestgrand ! » S’il avait collaboré à Sud-Ouest, il aurait pu lancer : « Et c’est ainsi que Mollat est grand ! » § Global.Denis Mollat a doté sa librairie de deux auditoriums équipés d’une régie télé professionnelle pour diffuser les confé- rences sur YouTube, et lancera même bientôt une radio Web. En chiffres • 26 millions d’euros de chiffre d’affaires • Un espace vente passé de 600 à 2 700 mètres carrés • 2 auditoriums, de 50 et 290 places • 110 salariés, dont la moitié de libraires SPÉCIALBORDEAUX XXXII | 23 novembre 2017 | Le Point 2359 SÉBASTIENORTOLA/RÉA
  • 33. 5, allées de Tourny - 33000 Bordeaux contact@madebyme.fr BORDEAUX EVENT MARKETING VIDÉO / PHOTO WEDDING MUSIC PRODUCTION MadeByMe MBM - 5, allées de Tourny 33000 Bordeaux - 06 60 15 71 77 www.madebyme.fr - contact@madebyme.fr - MBM Event Proposer des soirées d’exception dans des endroits d’exception, pour des gens d’exception : telle est l’ambi- tion de MadeByMe ! Alliant un prestigieux savoir-faire français à une méthodologie et une image “à l’améri- caine”, cette société moderne et créative, présidée par Jérémy - entrepreneur imaginatif ayant déjà roulé sa bosse dans la communication, l’événementiel, le marke- ting et le management - a toutes les cartes en main pour rayonner sur le marché de l’évènementiel ! Logistique et concept événementiels (soirées musicales, mariages, privatisation de lieux prestigieux, soirées sur catamaran...), mais aussi vidéo (films de communication), son (studio, voix off), photographie (shooting, studio), web (webdesign, community management) ou print (visuels, affichage) : c’est l’occasion de découvrir son panel de prestations complètes qui répondront à tous vos besoins ! Preuve de son dynamisme : Gant, Cannelés Baillardan, Maserati, champagne Carbon, Gillardeau, Porsche ou Loding Paris... lui ont déjà fait confiance. Une application MadeByMe va être prochainement lancée, de quoi connecter les gens du monde entier avec cette marque au développement garanti ! BORDEAUX COMMUNIQUÉ
  • 34. Borgne. N’a qu’1 œil voit loin avec plein de livres atypiques, rue Bouquière. Passionné.­L’Ascenseur ­ végétal, spécialisé dans les livres de photographies. SPÉCIALBORDEAUX XXXIV | 23 novembre 2017 | Le Point 2359 DR Deslibrairiesquigagnentàêtreconnues PAR CLAUDIA COURTOIS L’ASCENSEUR VERS LA LUMIÈRE C’estunelibrairierare,intrigante et élégante, dans le quartier de la GrosseCloche.Spécialiséedansla photographie, elle présente des livres d’éditeurs indépendants, qu’ils soient français, européens oumêmejaponais.Deslivresrares, impossiblesàtrouversurAmazon ouàlaFnac,exposéssurdegrandes tablesenbois.Mêmesisongérant, Claude Lemaire, se défend d’être galeriste,ilexposerégulièrement sur les murs anthracite de cette grande et profonde boutique des photographesrégionauxounatio- naux. Ce passionné, qui a com- mencé en 2013 par ouvrir un site deventeenlignedelivresdepho- tos,dénicheralelivreetlathéma- Coin lecture. Certaines sont ­installées dans le paysage, d’autres moins. Petit tour non exhaustif. tique que vous recherchez. L’Ascenseur végétal, 20, rue Bouquière, 06.86.68.23.70, www.ascenseurvegetal.com. MON ŒIL ! La façade (qui change régulière- ment) donne le la : « Marche ou… rêve »,avecundoigtlevéversleciel ! Cette librairie-maison d’édition, créée il y a vingt et un ans par Ca- role Lataste et installée depuis seize ans tout près de la Grosse ­Cloche, est atypique. Elle propose desouvragesqu’onnetrouvenulle part ailleurs : des petits livrets de bisous à faire sous toutes leurs formes, une collection de livres « pascherspourenfantsintelligents », ou pour créer sa propre pièce de théâtre ainsi que des pin’s décalés ou des cartes postales qui dé- tournentlesvillesducoin(« ­Cenon Garfunkel »ou« ­PamelaAnder- nos »). Le Lonely Planet la recom- mande.Pouruncadeauoriginalet découvrir une grande palette de créativité dans l’écriture et le gra- phisme,ilnefautpashésiter. N’a qu’1 œil, 19, rue Bouquière, 05.56.51.19.77, www.naqu1oeil.com. GEORGES DANS LA JUNGLE… DES LIVRES On en parle moins que de Mollat, mais la librairie familiale, instal- léeàTalencedepuis1974,faitpar- tie des plus anciens commerces du livre du Bordelais : elle est née en 1904 ! Dans la famille Bory, on adore communiquer sa passion du livre et de la littérature. Deux ou trois rencontres sont organi- sées par semaine, sous forme de café ou de petit déjeuner (quatre fois par an avec un auteur ou un ­comédien) : on vient pour le Café scientifiqueoulePointgéo,enpar- tenariat avec le CNRS et l’univer- sité de Bordeaux, pour le Café histoire ou encore les ateliers d’écriture ou les rencontres litté- raires avec les auteurs. « Avec la concurrenced’Internet,onsedoitd’être accueillantsetchaleureux,etlesgens sontdemandeurs »,souligneCécile Bory, l’actuelle propriétaire, membre de la ­quatrième généra- tiondelibraires.Bref,personnene se perd dans la jungle des livres ! Librairie Georges, 300, cours de la Libération, Talence. 05.56.04.68.00. TOUT SUR LE VIN AlaLibrairiedelaComédie,­ouverte enjuin2016,ilfautmonteràl’étage pourtrouverunerareté :unebonne
  • 35. CONFÉRENCES, LECTURES, ANIMATIONS... ENTRÉE LIBRE ET GRATUITE du lundi au vendredi 9h-17h samedis et dimanches 14h-18h Visites guidées : mardi 10h, dimanche 15h 72, crs Balguerie-Stuttenberg, Bordeaux GRANDIR DE LA RENAISSANCE AU BABY-BOOM 24 NOVEMBRE 2017 30 MARS 2018 Brav’ gens. La Mau- vaise Réputation­ne fait de mal à personne, ­plutôt du bien, avec des livres érotiques, sur la ­musique, le ­graphismeoulecinéma. DR partie des éditions de « Bordeaux et ses vins » (publié chez Féret), un ouvrage classique (et volumi- neux)surlemondeviticole.Lapre- mière édition remonte à 1812 ! C’estlabibledeschâteauxréféren- cés, décortiqués, datés. Et, ce qui n’est pas en rayon peut être com- mandésurcatalogue,consultable sur place. Il existe un ouvrage si- milaire sur les notables de Bor- deaux (même éditeur). Tout le fonds de la maison Féret est pro- posé dans la librairie car son ­propriétaire, Marc ­Faujanet, a ra- cheté l’éditeur en 2016. Sinon, moins techniques et plus grand public,pleind’autresouvragessur le vin, la gastronomie et l’art de vivre sont aussi disponibles. Librairie de la Comédie, 48-50, cours du Chapeau-Rouge, 05.56.05.05.13, www.librairiedelacomedie.fr UNE BELLE RÉPUTATION Elle porte bien son nom avec ses rayons fournis de littérature éro- tique et de polars. Mais ce serait dommagedes’arrêterlàcarcetéta- blissement, créé par Rodolphe Urbs,unBordelaisdessinateurde presse (Le Canard enchaîné, Sud Ouest), regorge de pépites d’édi- tion. Encore plus depuis l’ouver- ture d’une galerie d’art, juste en face,quialibérédel’espaceaufond de la librairie. A l’honneur, de superbeslivressurlamusique(les éditionsMRouencoreAlias),sur le graphisme et son histoire, sur lecinéma,lestreetartouencorele tatouage. LaMauvaiseRéputation, 19,ruedesArgentiers, 05.56.79.73.54. POUR LES ESPRITS ­POÉTIQUES Avec son store rouge bordeaux, enfacedelaplacedumarchédes Chartrons, cette librairie res- semble à celle des années 1980, oùleslivressontrois,mêmeavant le client ! Depuis sa création, en 1986,onytrouvedelalittérature, des arts, de la philosophie et, moins courant, beaucoup de ­poésie.Deslecturessontsouvent organisées en présence des au- teurs. Il y a vingt ans, le proprié- tairedeslieux,Jean-PaulBrussac, acofondélefestivalleMarchéde la poésie, qui se ­déroule en mars (leprochain,les2et3 mars2018) § Librairie olympique, 23, rue Rode, 05.56.01.03.90.
  • 36. Passionnés.Emma- nuelle et Thierry Boizet, ­éditeurs, avec Marisa (au centre), assistante d’édition et créatrice du blog Les Liseuses de Bordeaux. Les liseuses de Bordeaux Passionnés de lec- ture, ce blog est pour vous ! Les Liseuses de Bordeaux, créé par Marisa, docu- mentaliste qui vient de rejoindre Fini- tude comme assis- tante d’édition, est suivi par 2 000 aficionados. On comprend pour- quoi : c’est bien fait, bourré d’idées et de projets. Ses ani- matrices modèrent de plus en plus de rencontres dans des festivals ­alentour comme Lire en poche, Lettres du monde ou Escale du livre. SPÉCIALBORDEAUX XXXVI | 23 novembre 2017 | Le Point 2359 SÉBASTIENORTOLA/RÉA Lespépites de Finitude PAR JÉRÔME CORDELIER V ous ne connaissez peut-être pas Victor Pouchet. Mais vous ne connaissiez proba­ blement pas non plus Olivier ­Bourdeaut avant que son roman « En ­attendant Bojangles » de- vienne un phénomène éditorial – 310 000 exemplaires ­vendus (plus 200 000 en format poche, 30 traductions)… Vous allez donc découvrirVictorPouchet,sicen’est déjà fait, puisque son « Pourquoi les oiseaux meurent » a été repéré pardescritiquesinfluents(dontJé- rôme Garcin) pendant la rentrée littéraire. Pouchet est le dernier poulaindel’écurieFinitude,lape- tite maison d’édition lancée il y a quinze ans par Thierry et Emma- nuelleBoizetetsisederrièrelejar- din public. Pouchet, comme Bourdeaut,aatterriparhasarddans le salon-bureau des Boizet, par la grâce de La Poste. Depuis « Bo- jangles », 4 000 manuscrits par an empruntentainsilemêmechemin jusqu’à eux – contre 1 000 à 1 200 auparavant. Pour… 7 ou 8 livres publiés par an : malgré les vents porteurs, les Boizetontréduitlavoilure–Fini- tude publiait 10 à 12 livres par an avant« Bojangles ».« Ensortantun livre par mois, on n’a pas le temps de biens’enoccuper,disentceséditeurs iconoclastes.Pourbiengérerlapar- tiecommercialeetlacommunication, il faut s’y consacrer deux mois avant lasortieetsixmoisaprès. »D’autant que Thierry et Emmanuelle ont ­besoin de temps pour fureter. La littérature contemporaine ne re- présente qu’un tiers de leur pro- duction.Unautretiersestconstitué Ecurie. Etre édité par Emmanuelle et Thierry Boizet : le début d’une grande aventure. de littérature étrangère traduite – anglo-saxonne,italienne,grecque. Le dernier tiers ? C’est la marotte decesbibliophilespassionnés,qui ont commencé comme libraires, envendantdeslivresanciens :« La revie littéraire », comme ils disent, soitlarééditiond’œuvresoubliées, tel« Jérôme »,lepremierromande Jean-PierreMartinet,leurpremier succès.Leurréussite,ilsladoivent à « un mélange de goût personnel et de flair ». « On n’hésite pas à partir surdesprojetsfous,enchéritThierry, comme la publication du journal du philosophe américain du XIXe  siècle Henry­DavidThoreau,quin’avaitja- mais été traduit car il compte plus de 7 000 pages,etdontnousallons­publier unvolumeparanpendantquinze ans. » Adaptation. Ces découvreurs consentent au débauchage d’au- teursqu’ilsontdénichés,telOscar Coop-Phane, Prix de Flore 2012 pour « Zénith Hôtel », parti chez Grasset.« Onfaituntravaildefourmi, mais il arrive un moment où les au- teurs ont besoin de plus d’ampleur. » Mais ils travaillent à les garder. C’est ainsi qu’Emmanuelle déve- loppe la cession de droits pour le passage en poche, la traduction étrangère et l’adaptation au ci- néma. « ­Derrière les panneaux il yadeshommes »,deJosephIncar- dona, Grand Prix de littérature ­policière2015,estencoursd’adap- tation.EtleromandePouchetest déjà l’objet de « touches sérieuses ». « Bojangles »,quivientdesortiren bande dessinée et sera adapté au théâtre, à Paris, mi-janvier, sera tourné en 2019 par « un grand ­réalisateur ».Enattendant,Olivier Bourdeautlivresonnouvelopus, « Pactumsalis »,unehistoired’ami- tié dans la région de Guérande. Sortie le 4 janvier 2018 § Lesmicro-éditeurs, fousdeBordeaux La cité girondine est ­devenue la place forte de plusieurs petites (par la taille) maisons d’édition. On connaît Le Castor Astral et Monsieur Toussaint ­Louverture. Mais il y a aussi Mirobol, L’Arbre vengeur, Agullo…
  • 37. Au cœur des chais historiques d’une grande Maison de négoce En première ligne du parc Rivière Appartements neufs de haut standing Splendides lofts en pierres traditionnelles BÉNÉFICIEZ DES PRIX DE LANCEMENT Bordeaux vous va si bien. VINCI IMMOBILIER RESIDENTIEL - RCS NANTERRE 435 166 285 - SNC au capital de 1.500€ - SIRET 435 166 285 00047 Les illustrations contenues dans ce document sont une libre interprétation du projet élaboré par l’artiste. Les caractéristiques présentées ne sont pas définitives et sont susceptibles d’être modifiées en fonction des contraintes techniques, financières, administratives ou règlementaires imposées à VINCI Immobilier Résidentiel, notamment lors de l’instruction des autorisations de construire. Les caractéristiques n’entrent pas dans le champ contractuel. Les plans et propositions d’agencement sont figurés à titre d’exemple, les appartements sont vendus et livrés non meublés, les balcons et terrasses non végétalisés. Document non contractuel. www.avant-garde-bordeaux.com INFORMATIONS 7 JOURS SUR 7 05 57 14 43 18PRIX D’UN APPEL LOCAL DEPUIS UN POSTE FIXE Horaires d’ouverture : du lundi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 19h. Espace de vente : 44 rue de Rivière à Bordeaux NOUVEAUX APPARTEMENTS DISPONIBLES
  • 38. QuandBordeauxs’encanaille PAR CLAUDIA COURTOIS D anslagalerieCox,laseulespé- cialiséedanslestreetartàBor- deaux, on n’avait jamais vu autant de monde que ce 15 no- vembre,soiréedevernissageavec Hopare, une tête d’affiche natio- naleenmatièredegraffiti.Acette occasion,l’artisteoffreunedeses œuvresréaliséespécialementpour financer l’antenne bordelaise de l’association Teo, qui opère, en Afrique, des nourrissons atteints de malformations. Une œuvre de Street art. Galeries, collectifs d’artistes… Les graffeurs sont entrésdanslaville. street art pour une association à vocationmédicaleethumanitaire, les graffeurs vandales doivent s’étrangler.Pasl’artistede27 ans. « Enfin,notreartpeutserviràquelque chose »,lâche-t-il.Lesvieillesdames bienmisessepressentpoursefaire prendre en photo en compagnie dujeuneartiste.Pourl’association Teo,aucunsoucinonplusquece donsoituneœuvrederue :« C’est danslamouvanceetils’agitd’unart comme un autre », défend Jean-­ Rodolphe Vignes, professeur de neurochirurgie et président de Teo Bordeaux. Quand même, il y a vingt ans, une telle rencontre aurait été im- possible. Jean Robble (c’est un pseudo)faitpartiedecespremiers graffeurs de Bordeaux. Fondateur d’un groupe, un crew, Les Frères Coulures, il y a neuf ans, il a suivi la forte évolution du graff dans la villeetsonacceptationsociale.« Il yaunengouementgénéralgrâceàIn- ternet, aux réseaux sociaux, au tra- vail de vulgarisation fait auprès des plus jeunes, et aux expos grand pu- blic », dit le trentenaire, cofonda- teur d’un collectif d’artistes, Transfert, qui crée événement de- puis six ans : le groupe invite des artistesrégionauxetnationauxqui investissent des lieux souvent gi- gantesques et étonnants. La der- nière manifestation en date, dans l’ex-magasin de Virgin, a attiré 84 000 visiteurs en trois mois. D’autres collectifs, comme Shake Well, organisent de grands événe- mentsautourdustreetart,avecle soutien,souvent,descollectivités. « Aujourd’hui, toutes les villes et les maires un peu intelligents créent leur événementstreetart.C’estàlamode », Exposition.Laurent Tritschler, directeur de la galerie Cox, présente une œuvre de Bault. SPÉCIALBORDEAUX XXXVIII | 23 novembre 2017 | Le Point 2359 SÉBASTIENORTOLA/RÉA
  • 39. fait remarquer Alber, une figure emblématiquedugraffàBordeaux. Passionnés.Autreinitiativequi aébranléunpeupluslespréjugés sur le sujet : le MUR de Bordeaux, animéparl’associationPôleMagne- ticetfinancéengrandepartiepar laville.Touslesmois,ungraffeur de renom vient peindre un mur dans le quartier des Chartrons. « C’est bien rodé, bien identifié et ça plaît »,assuresonprésident,Pierre Lescaroz. Le prochain vernissage alieule25 novembre.Lejeunepas- sionné de graffiti anime en paral- lèleunepageFacebooksurlestreet art à Bordeaux qui compte… 12 755 abonnés ! Il y a même des exposchezdesparticuliers,comme cellesquiontlieuchezErwanEno, àLaBastide.Ouencoreunejeune animatrice culturelle proche du collectifTransfertorganisedesvi- sites guidées des sites de street. Cela n’est pas du goût de tous les artistes derue,maisçamarche. Il y a aussi des têtes d’affiche comme Alber, Selor, les Monkey Bird (partis depuis pour Paris), Amo, Möka, Monsieur Poulet ou encore Mika. Des lieux plus ou moins publics comme Darwin, à LaBastide,quiestunecaissederé- sonancepubliquepourbeaucoup d’entreeux,mêmesiongraffaitles murs du coin avant sa création. « Detoutefaçon,ontrouveratoujours des murs ici ou ailleurs », sourit Al- ber devant l’évidence. Iln’empêche,labrigadeantitag de la ville n’hésite pas à recouvrir les graffs sans autorisation. Et la police course régulièrement les graffeurs.Autreconstatfrustrant pour les artistes qui voudraient vivre de leurs créations : les ache- teurs bordelais se font rares. « Les trois quarts de mes clients sont pari- siens :ilssemblentplusouvertscultu- rellement »,lâcheDavidSelor.Mais l’auteur de Mimile, un renard orange, souvent pensif et plein d’humour ou de gravité, ne sou- haite pas quitter Bordeaux pour autant : « Je suis convaincu que ça bougera dans cinq, six ans. Au- jourd’hui,ilfautsebattre,sefairedé- foncer des fresques, prendre des amendes.Maisc’esticiqu’ilfautfaire son trou. » § Acidulé. L’association Pôle Magnetic anime le MUR, qui demande chaque mois à des artistes (ici, Amandine Urruty et Nicolas Barrome) de peindre un mur dans le quartier des Chartrons. Enigmatique.Une fresque signée Alber, qui graffe depuis l’âge de 16 ans. Le Point 2359 | 23 novembre 2017 | XXXIX AMANDINEURRUTYNICOLASBARROME2016-ALBER
  • 40. DanielFirmanmisesurBordeaux PAR JÉRÔME CORDELIER L esculpteurDanielFirmanpar- tagesontempsentreNewYork, Istanbul et Séoul. Il a gardé outre-Atlantique un atelier à Brooklyn et travaille de plus en plus en Corée – scellé dans le sol par la trompe, l’un de ses monu- mentaux éléphants est actuelle- mentexposéàSéoul.Maisl’artiste a choisi Bordeaux pour installer sonatelierprincipal–dansladis- crèteruedesChartrons–ethabite dans le quartier Saint-Seurin. « J’avaisbesoind’unebasearrière,et Paris,c’étaitcompliquépourdesrai- sons logistiques et de qualité de vie, explique-t-il.Quandonbougeentre trois grandes métropoles internatio- nales, cela fait du bien d’avoir un es- pace plus calme, qui plus est proche Détonnant. Le sculpteur travaille à New York et Séoul. Mais c’est ici qu’il a sa base arrière. de l’océan et disposant d’un climat doux. » Né en 1966 à Bron, dans la banlieue de Lyon, Daniel Firman se souvient de Bordeaux à la grandeépoqueduCAPC,qu’ilfré- quentaitquandilétaitétudiant à ­Angoulême. Il admire le tra- vail du paysagiste Michel Cora- joud, l’homme qui a restauré les quais et créé notamment le Mi- roir d’eau, il voit bien la dyna- miquedelavillemaisdéploreque, danssaruenotamment,lesvolets restentclosetquelesgensvivent dans leurs jardins : « Il faut ouvrir davantage. » Et cette préoccupa- tionrejointledébatsurlaculture. « Cette ville dispose d’un fort poten- tiel pour devenir un pôle culturel, lâchel’artiste.Maisellenel’estpas encore. Quand on pense Bordeaux, on ne pense pas immédiatement culture.Ilyadesgensquis’activent, et des choses peuvent se passer. ­Maintenant,ilfauttrouverunbouil- lonnement qui n’est pas naturel à la ville. Certaines villes ont créé une si- gnatureculturellequeBordeauxpour l’instant n’a pas. Les artistes et les galeriespeuventémergerrapidement, mais si derrière vous n’avez pas de cohérence, de soutien de la part des élites politiques et économiques, de visibilité, l’effet peut retomber très vite. » Vie quotidienne. Entre deux avions, ce sculpteur contempo- rain, dont les œuvres sont ­calées sur la vie la plus quotidienne qui soit – à voirsescorps,moulésau plusprèssurdesêtresde chair et d’os, qu’il rhabille de ­vêtements courants et qui ont toutl’airdevraisquidams–,songe àquelquessuggestions.« Si,déjà, pendant la fermeture des théâtres en juillet-août, on faisait en sorte que l’art contemporain prenne le ­relais, les choses avanceraient », ­soutient Daniel Firman. A bons ­entendeurs…  § Socle.Exposition « Black Whole for whales », été 2017 : ­l’artiste investit la Base sous-marine. Equilibriste.La sculp- teur Daniel ­Firman, ici dans son atelier borde- lais, rue des Chartrons. L’un de ses éléphants empaillés en équilibre sur sa trompe est ­actuellement ­exposé à Séoul. SPÉCIALBORDEAUX XL | 23 novembre 2017 | Le Point 2359 SÉBASTIENORTOLA/RÉA–DAMIENASPE
  • 41.
  • 42. Toujourslahausse DOSSIER COORDONNÉ PAR BRUNO MONIER- VINARD ET RÉALISÉ PAR CLAUDIA COURTOIS E lle n’en finit pas d’attirer tou­ ristes et nouveaux habitants. Riend’étonnantdoncàceque lacapitalegirondinefigureentête du dernier classement des villes oùilfaitbonvivredeHarrisInter­ active.Lacerisesurlegâteau ?L’ou­ verture le 2 juillet de la LGV qui met Paris à deux heures, favori­ santleséchangesetles­installations d’entreprisesoudetravailleursin­ dépendants. D’ailleurs, les Pari­ siensreprésententdésormais7 % Surchauffe. ­Intra-muros ou en péri­phérie, la pierre bordelaise fait ­recette. des acheteurs immobiliers à Bor­ deauxetdansl’agglomération,se­ lon la chambre des notaires de Gironde.Résultat,cetétéontfleuri ici et là des tags et autocollants contrelavenuedesParisiensdans lacapitalerégionale.Pasfuté.Tous cesphénomènesimpactentnéan­ moinsleprixdel’immobilier,plus dans l’ancien que dans le neuf. « Nousavonsunmarchépresquepa- risien, avec des prix de plus en plus élevésetunetensionforteentrel’offre et la demande », relève Jean-Marie Duffoire, vice-président de la Fnaim Gironde. Au centre-ville, l’ancien part entre 5 000 et 6 000 €/ m2 ,voireunpeuplus.Ajou­ tezàcelauneoffreraréfiée.« Beau- coup hésitent à vendre, de peur de ne pastrouvermieuxoudedevoirache- ter beaucoup plus cher. Ils préfèrent donc attendre », constate François Bibes, responsable de Century 21 Talent Immobilier. De fait, la Fnaimfaitétatd’uneflambéedes prixde7 à10 %depuisledébutde l’année 2017. Et pas de trêve élec­ torale pour calmer le jeu comme ce fut le cas récemment. Ainsi, le mètre carré s’affiche aujourd’hui entre4 000 et5 000 €danstousles quartierspériphériques,dépassant 6 000 € dans l’hypercentre. A l’image des Chartrons, quartier couru pour ses lofts, ses apparte­ ments et son ambiance de village chic. « Nous y avons vendu un stu- diorénovéde24 m2  à8 000 €/ m2 .Les Bordelaispeinentàsuivre »,indique M. Duffoire. « Tout le monde veut acheterdanslecoin,noteGuillaume Touroul-­Chevalerie, directeur de l’agencedeJane.Lemanquedebiens deprestigeconfortelesvendeursdans leurs prétentions à la hausse. Quatre chambres, vue sur la Ga- ronne…Unappartementrefaitàneuf de230 m2 s’estvendudèslapremière visite au sein d’un immeuble Boom. Dans le neuf (ici, quartier Belcier), le prix moyen affichait 4 150 €/ m2 sans ­parking au 1er trimestre 2017. IMMOBILIER SPÉCIALBORDEAUX XLII | 23 novembre 2017 | Le Point 2359 SEBASTIENORTOLA/RÉA …