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Les pilules
Histoire de la production
industrielle
André FROGERAIS
andrefro47@yahoo.fr
8 juillet 2018
1
Sommaire :
1. Introduction
2. La fabrication manuelle
3. La fabrication industrielle
4. Conclusion
5. Bibliographie
6. Instructions pour la production des pilules - FROGERAIS - 1920
7. Note sur les couvertures métalliques des pilules
2
1. Introduction :
Le nom provient de la forme généralement sphérique, pilula, diminutif de parvo pila qui signifie petite
boule. La pilule est la forme pharmaceutique la plus ancienne, les égyptiens en fabriquaient ainsi que les
grecs et les romains, elles figurent dans toutes les pharmacopées, de nombreux auteurs en ont écrit
l’histoire. (1, 2, 3). 10 formules figurent au Codex de 1818.
Leur poids est compris entre 100 à 300 mg (au maximum 500mg), de 50 à 60 mg on les désigne sous le
nom de granules et au delà de 500 mg on les appelle bols, ils sont surtout utilisés en médecine
vétérinaire.
2. La fabrication artisanale :
Les principes actifs sont en général incorporés dans un excipient liquide, semi solide ou solide comme la
glycérine, la gomme adragante, la gomme arabique pulvérisée, la poudre de réglisse, le savon, le miel,
les extraits de chiendent et de pissenlit.
En officine, la fabrication commence par un mélange des différents composants dans un mortier, la
masse pilulaire est ensuite aplatie pour former une galette qui est transformée en magdaléons, qui sont
divisés et roulés en pilules (4).
Pour réaliser ces opérations, les apothicaires vont fabriquer des instruments qu’ils vont améliorer au
cours du temps.
- A partir du VIII°siècle ils utilisent une réglette plate dont les arêtes sont découpées en dents de
scie
- Au XVIII° siècle, les apothicaires allemands réalisent un pilulier composé de deux volets en bois
en forme d’éventail et creusé d’alvéoles
3
Pilulier circulaire Réglette diviseuse et pilulier de VIAL
Baumé dans son traité de Chimie expérimentale décrit un pilulier composé de deux parties comportant
une réglette creusée de sillon correspondant au diamètre des pilules à fabriquer.
Les pharmaciens d’officine les utiliseront jusqu’aux années cinquante, les piluliers mécaniques sont
conçus selon ce principe.
Les pilules prennent la forme sphérique soit en les roulants entre les doigts, soit en utilisant un disque
mis au point par le pharmacien Vial, elles peuvent être enrobées de sucre ou argentées.
4
Boite à argenter les pilules Disques à rouler les pilules
3.La fabrication industrielle :
Le développement des spécialités au XIX° siècle, dont beaucoup sont sous forme de pilule, va rendre
inévitable l’industrialisation de la production. Pour satisfaire à une demande croissante et répondre aux
exigences techniques et commerciales, les pharmaciens vont les produire dans des usines qui sont à une
plus grande échelle la transposition des conceptions et des pratiques de l’officine. L’usine va susciter
l’apparition de machines nouvelles de plus en plus performantes pour reproduire les gestes du
pharmacien d’officine, elles vont permettre aux fabrications de se mécaniser(5).
Les pharmaciens vont d’abord utiliser des machines rudimentaires qui fonctionnent manuellement puis
des machines automatiques qui vont produire de plus en plus vite, avec une qualité constante et
améliorer la mise en forme: les pilules peuvent être dragéifiées au sucre pour améliorer la conservation
ou imprimées pour éviter les contre façons. La production utilise une main d’œuvre importante en
grande partie féminine, elle se mécanise mais ne s’automatise pas.
Henri Négre fabrique un appareil de paillasse qui permet de réaliser toutes les opérations : fabrication
du magdaléon, découpe et disquage des pilules.
La fabrication industrielle des pilules ne diffère pas des procédés employés dans l’officine, il y a autant
de machines que d’opérations :
5
3.1- les mélangeurs:
Le principes actifs et les excipients sont incorporés par malaxage dans des mélangeurs en Z ou un à
melon de façon à obtenir une masse pilulaire homogène.
Mélangeur en Z petit modèle 10 litres Mélangeur à melon, avec cuve en cuivre
3.2-: le laminoir
6
La masse passe entre les deux cylindres d’un laminoir
à écartement variable pour former des plaques
rectangulaires ou galettes
3.3- les magdaloniers:
3.31- à cylindres:
Le laminoir à magdaléon est équipé de deux cylindres cannelés, les cannelures sont assorties à la
dimension des plaques du pilulier et permettent de produire des boudins appelé magdaléon de diamètre
et longueur réguliers.
Magdalonier manuel à rouleau (Savy Jeanjean)
Magdalonnier à rouleaux Appareil BUNHDY (UK)
7
Magdalonier Frogerais & Courtoy
3.32- à filières:
Appareil à fabriquer les magdaléons par pressage à travers une filière
8
3.3- les piluliers:
Ils découpent les magdaléons en carré.
Les premiers constructeurs de piluliers sont français: en 1877, Jules Derriey à Paris est le pionnier, puis
Henri Négre obtient le brevet N° 136 886 en 1880 pour un pilulier mécanique automatique, Palau, Savy
Jeanjean, Pouré et Sauton, Edmond Frogerais ( 6, 7, 8), Frérebaut, brevets n° FR 318 925A et FR 318
924 A publié le 20 octobre 1902. Les premiers appareils fonctionnent manuellement (ce sont des
machines dites à bras), ils sont progressivement automatisés. Il existe également des constructeurs en
Belgique : Edouard Courtoy, en Allemagne : Fritz Kilian, en Grande Bretagne: Bunhdy et Pindar, aux Etats
Unis: Arthur Colton.
3.31: les piluliers à plaques horizontales:
Les piluliers à cylindres divisent le magdaléon en pilules, au moyen de cannelures transversales hémi-
cylindriques tournant selon les modèles dans le même sens avec des vitesses différentes ou en sens
contraire avec la même vitesse.
9
Jules Derriey à Paris construit le premier pilulier
industriel en 1877 (brevet Debuge n° 122 675.
Chaque magdaléon est placé dans la rainure de la
machine, il est d’abord aplati sous forme de
rubans, puis transformé de nouveau en cylindre en
passant entre deux galets horizontaux cannelés ;
ce cylindre est découpé en fragment de même
longueur et chacun s’engage dans la partie
centrale de la machine. Cette pièce est formée de
deux disques en cuivre portant, suivant la grosseur
des pilules, huit ou douze cannelures, qui se
correspondent de haut en bas. Le disque inférieur
est fixe, tandis que le disque supérieur, animé d’un
mouvement de rotation, découpe la portion de
magdaléon engagée entre les deux disques de huit
ou douze petits morceaux qui entrainés eux-
mêmes par la rotation de disque se roulent en
pilules sphériques.
Selon le constructeur, la machine peut produire
chaque jour 80 à 100 000 pilules (10).
Pilulier à bras
Pilulier Frogerais & Courtoy
10
Henri Négre à Paris fabrique un pilulier automatique en 1880
(brevets n°136 886 et 187 844) constitué de deux plaques
horizontales, supérieure et inférieure cannelées, placées dans
un bâti à glissière.
Le magdaléon est placé sur la plaque inférieure, l’opérateur la
repousse sur la plaque supérieure qui est animée d’un
mouvement de va et vient, le magdaléon est ensuite découpé en
pilules de poids constant.
Si le diamètre du magdaléon est égal à la longueur de la
découpe, les pilules sont rondes, s’il est plus petit où plus grand
elles sont ovales.
Des piluliers analogues sont construits par Palau, Savy
Jeanjean, Poure et Sauton, Frogerais.
3.32: les piluliers à cylindres rotatifs:
La masse pilulaire sous forme de galette est placée entre les deux cylindres tournant, elle est découpée
en magdaléons qui sont transformés en pilules.
The Chemist and Druggist (1886)
11
Pilulier rotatif PERLA – Kilian (9). Pilulier Franke (Leipzig-D) (10)
-
12
3.4- Les disqueuses:
Les pilules sont roulées au moyen d’un disque rotatif afin de devenir sphériques ou par le passage entre
deux bandes horizontales tournant en sens contraire (procédé Colton).
Disqueuese Frogerais
3.5- les machines à imprimer:
Machine à imprimer les pilules N.Palau (brevet VIAL n°120 433 – 1877) & Ed Frogerais
13
3.6- Turbine de dragéification:
3.7- Compteuses:
Pelle de comptage M.Connor (1892)
Machine à imprimer Frogerais
Machine à imprimer les pilules Frerebaut (brevet n° 318 925 A)
14
Petite installation Edouard Courtoy (Belgique)
Installation semi automatique de Fritz Kilian (Berlin)
15
Atelier de fabrication des pilules, Pharmacie centrale de France (Paris) 1907
16
A la fin du XIX siècle, toutes les drogueries disposent d’atelier pour la production de pilules.
En 1889, le laboratoire Frére se présente comme le principal producteur français (11). Dans leurs ateliers
situés 77 rue des Fourneaux à Paris, ils fabriquent des capsules molles et des pilules, ils ont mis au point
un procédé original pour enrober les pilules sans sucre et les imprimer. L’atelier comprend de
nombreuses machines, le magdaléon est fabriqué par extrusion, les pilules sont roulées à la main,
l’entreprise emploie un personnel nombreux : 150 hommes et 100 femmes ; les lots sont de 25 kilos.
Laboratoire Frére (1889)
17
Atelier de fabrication des pilules (Ets Darrasse – Vincennes -1881)
comprenant un magdalonier, un pilulier et des turbines de dragéification DERRIEY
Etablissement GOY (vers 1910)
18
Laboratoires Dausse, Ivry-sur-Seine (1908)
Atelier de fabrication des pilules, de disquage et de dragéification (12)
19
Laboratoires de Galénique Vernin (Melun)
Laboratoires Licardy, à gauche une machine à comprimer Frogerais n°0 ,à droite un pilulier
20
Pharmacie centrale de France (Paris)
Atelier de dragéification (1902) Atelier de disquage des pilules (1910)
Atelier de dragéification (1910)
21
Atelier pilules, Etablissements David Rabot (Courbevoie 1952)
Aux Etats Unis, les besoins sont beaucoup plus importants : Arthur Colton à Détroit fabrique une
installation automatique constitué de deux machines reliées par une chaine à godets (13).
Catalogue A .Colton (1922)- Poste de disquage (Ets David Rabot 1961)
La première machine reçoit la masse pilulaire qui est extrudée par une vis à travers une filière et
transformée en magdaléons qui sont découpés en pilules. Elles sont transférées dans la seconde machine
qui est constituée de bandes rotatives horizontales et verticales qui vont donner aux pilules la forme
sphérique. A la sortie de la machine, les pilules sont séchées à l’aide d’air chaud (14).
22
Il existe deux modèles : le modèle A produit 100 000 pilules à l’heure, le modèle B 350 000.
Il s’agit de la seule installation automatique, Arthur Colton va l’exporter dans de nombreux pays, en
Allemagne, en France aux laboratoires David-Rabot, en Grande Bretagne où les laboratoires Cox
exploitent 5 machines qui leur permettent de fabriquer un million de pilules par jour (15,16, 17, 18).
Laboratoire COX (UK)- 1936 Porter and Clarke Ltd (UK) – 1931
23
Norwitch Laboratories, USA (1945) Merrel Cincinnati (1923)
Les pilules peuvent être dragéifiées avec un sirop de sucre dans des turbines ou être enrobées de
gélatine. En 1838 le pharmacien Garrot se voyant refuser par Mothes et Dublanc la vente de capsules
vide à l’idée d’enrober de couches de gélatine des pilules en les plongeant dans une solution gélatineuse
chaude après les avoir piquées sur une épingle.
24
Ce procédé va se développer aux Etats-Unis, il est utilisé par
les pharmaciens d’officine et par les industriels. Arthur Colton
fabrique des machines.
Les pilules sont placées verticalement dans des plateaux
troués, la partie inférieure du plateau est placé dans un bain
de gélatine, après imprégnation de la première partie des
pilules, le plateau est retourné et la seconde partie des pilules
est imprégnée de la solution de gélatine. Les pilules revêtues
de la solution d’enrobage sont séchées par de l’air chaud (19).
Au catalogue de 1907 des laboratoires Parke Davis figurent 26
formules de pilules enrobées de gélatine, ils précisent à
l’attention du corps médical: « nous désirons surtout attirer
l’attention du monde médicale sur nos pilules enrobées de
gélatine: la masse est parfaitement protégée contre les
influences atmosphériques et cette protection est assurée par
l’emploi d’une méthode qui consiste à envelopper
complètement la pilule de gélatine.
Laboratroires Parke Davis (1907)
La fin des pilules française
La pilule a réussi le passage à la production industrielle, pourtant elle ne va pas tarder à disparaitre (20).
La productivité est limitée: pour produire quotidiennement 20 kilos de pilules il faut employer 10
personnes, les comprimés plus économique à fabriquer et plus stable vont remplacer les pilules,
certaines formules comme l’Opobyl Bailly, les grains de Val ou les pilules Carters sont reformulées sous
forme de comprimés.
Le 11 février 2014, l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé a décidé le
retrait du marché de la Trinitine Simple Laleuf en raison de problème de stabilité. Depuis cette date,
cette spécialité n’est plus fabriquée.
La Trinitrine Laleuf a été commercialisée à partir de 1918, sous forme de pilules dragéifiées. Le
laboratoire était resté fidèle à cette présentation: afin que l’absorption soit rapide, il était recommandé
selon la notice de les croquer. Le médicament s’adressait en majorité à des patients âgés qui pouvaient
être édentés, la forme pilule molle leur permettait de les briser avec les mâchoires.
En novembre 2000, une autre spécialité, les pilules de Génésérine ont été reformulées sous forme de
comprimés. Il n’existe donc plus aucune spécialité fabriquée en France sous forme de pilules. Elles ne
disparaitront pas du vocabulaire de nos patients puisqu’elles sont devenues synonyme de médicaments
anticonceptionnels par voie orale.
La Trinitrine Laleuf était fabriquée depuis 1918 par un sous traitant, le laboratoire Opodex avec de
vénérables machines achetées après la Première guerre mondiale. Elle était commercialisée par les
laboratoires Tonipharm.
Il n’existe plus aujourd’hui aucune spécialité pharmaceutique en France sous forme de pilule, mais la
pilule ne va pas disparaître du vocabulaire de nos compatriotes puisqu’elle est devenue synonyme de
comprimé.
25
Bibliographie :
1- L. Pariente, Naissance et évolution de quinze formes pharmaceutiques, Paris, Edition Louis Pariente,
1996,
2- Histoire des pilules, Exposition temporaire : http://www.shpasso.org/index.php?PAGE=expositionpilule
3- William Kirby, The story of the pill, The Chemist and druggist, June 24
4- Albert Goris , Pilules-Bols-Granules, Pharmacie Galénique, Paris, Masson 1942, tome2, 1623
5- J.Boyer, Fabrication industrielle des pilules, La Nature, 1907, 1°semestre, 104-106
6- Anonyme, Fabrication des pastilles, pilules et dragées pharmaceutiques, Journal de Pharmacie et de
chimie, 5°série, tome IV, 1881, 468-476
7-Catalogue Frogerais 1920 : disponible sur Slideshare
8- André Frogerais, Les premières machine pharmaceutiques françaises, disponible sur Slideshare
9- Anonyme, Apotheker Zeitung, 1903, 19, 838
10- R.Huguet, Traité de Pharmacie théorique et pratique, O.Dion, Paris 1888, 62
11- Perle and Pill manufacturing in France, Note of a visit to L.Frére & Ch.Torchon’s Factory in Paris, The
Chemist and Druggist, 1889, July 27, 20
12- Remy Bellenger, Le Laboratoires Dausse, L’Hexaèdre, 2016
13- Arthur Colton, General Catalogue N°8, 1922, 8
14- H.Czetsch-Lindenwald, Pharmazeutische Technologie, 1948, 125
15- Anonyme, The revolution of a pill, The Chemist and Druggist, July 27, 1901, 154-156
16- Anonyme, Les Etablissements David-Rabot, France Pharmacie, 1961, 775.
17- Anonyme, Potter and Clarke Ltd, The Manufacturing Chemist, December ,1931, 328
18- Horace Cox, Pill Making, The Manufacturing Chemist, Sept 1936,291
19- Anonyme, A visit to Hounslow, The Pharmaceutical Journal, August 1, 1905, 197-198
26
20- A.Frogerais, Introduction des comprimés en France ,diponible sur Slideshare
-
Recommandations pour la fabrication des pilules par Edmond FROGERAIS
A partir de 1920 Edmond Frogerais remet à ses clients qui désirent créer un atelier de fabrication de
pilules un document dactylographié. .
Il comprend trois parties :
- une liste d’accessoires indispensable à la fabrication
- des formules de pilules et de dragéification
- les modes opératoires.
Il sera plus tard compléter par des formules de comprimés et de pastilles.
Ce document a été écrit dans un cahier d’écolier, à la plume sergent major, par un préparateur en
pharmacie retraité des Etablissements Darrasse, M.Marchais qui assistait les clients en difficultés lors
de la mise en route des machines Frogerais.
Grace à ce document, on trouve la liste des spécialités les plus communes qui constituent les génériques
de l’époque.
Les excipients pour fabriquer industriellement la masse pilulaire sont différents de ceux utilisés pour les
préparations magistrales: on privilégie les excipients solides comme le savon, la farine, la gomme
pulvérisée plutôt que les excipients pâteux comme l’extrait de chiendent, beaucoup plus difficile à
malaxer.
Pour cette raison, les pilules obtenues étaient moins dures, en conséquence, industriellement elles
étaient souvent enrobées ou dragéifiées.
Certains excipients interpellent comme l’alcool à bruler, l’essence de térébenthine, l’ardoise pilée,
l’éther. Nous en recopions fidèlement le texte.
27
28
Matériel nécessaire à la fabrication des pilules et des enrobages
- Coffrets en bois pour le séchage et la manipulation avec dimensions suivantes : long m 0,80,
largeur 0,30, hauteur des cotés 0,06.
Le fond de ces coffrets doit être autant que possible d’une seule pièce, la chaleur des étuves faisant
travailler le bois. Le bois de hêtre sera choisi de préférence.
Pour une fabrication de 300 kg de pilules par mois, il faut 50 coffrets.
- Tamis à grille métallique pour le tamisage des pilules et des poudres
N° des grilles en partant du n°6, 8, 10, 12, 14, 16, 20, 30, 40, 50, 60, 70, 80, 90, 100, 120.
Toutes ces grilles servent à la fabrication des pilules, granulés, comprimés et autres préparations de
laboratoire. Ce matériel peut servir à toutes sortes de fabrications.
- Tamis métalliques à trous ronds pour le calibrage des pilules et les mettre à grosseur égale.
En partant de la granule jusqu’à la grosse pilule, il faut les n° suivants : 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29,
30.
Pour une petite fabrication les n° 25, 26, 27, 28 suffisent.
- Récipients nécessaires à la fabrication des pilules :
Bassines en fer étamé de grandeurs différentes, contenance de 10, 20, 30, 40, 50 litres. Quelques
terrines pour l’emploi des produits qui attaquent le métal.
Ce matériel est indispensable aux fabrications.
- Petit matériel divers pour pilules
Deux rouleaux en bois pour travailler la masse, une brosse métallique pour le nettoyage des plaques,
deux couteaux genre peintre pour couper les galettes, une brosse souple pour le nettoyage des tables,
quelques alènes pour enlever les pilules défectueuses de dessus la plaque, un petit goupillon pour le
nettoyage des plaques supérieures, plusieurs mains de fer pour les produits et les poudres, plusieurs
mains compte pilules de 100.
Notes sur la fabrication des noyaux :
En général, les masses pilulaires se font toutes avec plus ou moins d’excipients, selon la nature des
produits. Certains produits peuvent se faire nature.
Un noyau de produit actif titré à 0,10 de principe doit être fait de 0,15 à 0,20 sur le pilulier, un noyau
titré de 0,15 produit actif doit être fait de 0,20 à 0,25 ; un noyau titré à 0,20 doit être fait à 0,30 ou
plus.
Si un produit à pilules se présente sous forme d’extrait, il faut y ajouter les poudres produits actifs ou
excipients pour sécher l’extrait en amenant la masse au point.
Si au contraire les produits actifs se présentent sous forme de poudre, il faut mouiller avec une solution
mélangée de sirop, de sucre, de gomme et autres pour donner le corps nécessaire à la masse.
Produits nécessaires à la fabrication des pilules, enrobages et dragéification
Poudre de réglisse en grande quantité, Poudre de guimauve en petite quantité, Gluten, Talc,
Colophane, Amidon, Gomme arabique pulvérisée, Gomme entière, Gomme adragante, Lactose, Farine,
Gélatine, Lycopode, Savon médicinal, Ardoise pulv, Noir d’os, Terre d’ambre brulée, Coque
de cacao pulv., Sous carbonate de fer, Mastic en larmes, Gomme saudaraque, Gomme laque, Tolu
29
épuisé, Benjoin, Huile de vaseline, Sucre glace, Sucre semoule, Sucre morceaux irréguliers, Couleurs
Klotz.
Notes sur la manipulation de quelques masses pilulaires : Poudres organiques
Pilules Orchitine
Pilules Thyroïdine
Pilules Hypophise
Pilules Ovarine
Pilules Rénine etc
Mettre le savon dans l’eau gommée, y ajouter le produit et le sucre, puis faire la masse au broyeur
Diviser les noyaux
Produit actif …………………………… 1,000
Sucre glace …………………………… 0,200
Savon pulvérisé …………………………… 0,100
Solution de gomme au 1/3 ……………………… 0,400
Anis ……………………………… Q.S.
Grains de santé
Aloés pulv. …………………………… 0,500
Jalap pulv. …………………………… 0,500
Rhubarbe pulv. ……………………… 0,500
Savon pulv. …………………………. 0,100
Eau ………………………………… Q.S.
Mouiller les produits à l’eau savonneuse, faire la masse
30
31
Pilules d’extrait de bile à 0,10
Extrait de bile …………………….. 4,500
Réglisse …………………….  2,500
Pour noyaux de 0,15
Faire fondre l’extrait de bile au bain marie dans 300 gr d’eau, y incorporer la poudre de
réglisse.
Tenir toujours la masse chaude au bain marie pendant la manipulation.
Les noyaux doivent être vernis avant l’enrobage
Pilules perchlorure de fer à 0,05
Perchlorure de fer ………………………. 0,5àà
Farine ……………………… 1,000
Sirop de sucre ……………………….. 0,050
Faire dissoudre le perchlorure de fer jusqu’à ce qu’il soit bien chaud, ajouter la moitié de la
farine et le reste en faisant la masse. Diviser les noyaux et mettre sécher à l’étuve pendant 15
jours, au moins trois vernis, dragéifier.
Pilules Valet argentées
Prots carbonate de fer …………………… 1,200
Gomme pulv. …………………….. 1,600
Sirop de sucre ……………………. 2,400
Réglisse ……………………… 2,400
Miel ……………………. 0,400
Savon …………………….. 0,400
Faire une masse au broyeur, diviser en noyaux de 0,20
Dragées Iodure de Potassium :
Iodure de potassium ………………….. 0,666
Sirop ………………….. 0,200
Gomme pulv. ……………………… 0, 150
Farine …………………………………. 0,300
32
Faire une masse à la main, diviser en noyaux de 0,20 puis vernir.
Pilules de Mégluse
Extrait de valériane……………………………….. 0,500
Jusquiame ………………………………………… 0,500
Oxyde de zinc …………………………………… 0,800
Poudre Valériane …………………… 0,200
Réglisse pulv. …………………….. 0,600
Gomme pulv. ……………………… 0,400
Sirop ……………………. 0,400
Faire fondre les extraits dans le sirop et ajouter les poudres
Séchage des noyaux
Les noyaux des pilules qui sont faits le jour même ne doivent être mis à l’étuve que le
lendemain et les noyaux contenant des extraits doivent être mis dans la poudre.
L’étuve doit être tempérée de 25 à 30 degrés pour le séchage des pilules.
Enrobage des noyaux
Pour enrober les pilules, il faut que les noyaux soient bien secs, que l’eau contenue soit bien
évaporée, de la on les passe à l’enrobage désiré, désigné par la suite.
Vernis pour finissage
Gomme manille …………… 200 gr
Gomme Sandaraque ………… 500
Gomme Laque blonde …….. 100
Gomme Benjoin ……………… 100
Alcool …………………. 1 litre
Ether ………………… 1 litre
Ce vernis s’emploie sur tous les enrobages blancs.
Les pilules bien lisses et bien sèches en employant la quantité suffisante pour qu’elles en aient
toutes.
Si le vernis tire un peu à l’opération, mettre quelques gouttes d’huile de vaseline pour les
détacher.
33
On peut mettre un deuxième vernis pour un brillant plus complet.
Formule pour vernir les pilules, comprimés
Pour les noyaux qui en nécessitent le besoin, employer la formule suivante :
Gomme Sandaraque …………………… 0,400
Gomme laque …………………… 0,040
Mastic en larmes ……………………. 0,060
Térébenthine de Venise ……………….. 0,100
Alcool à bruler ………………… 1,000
Trois couches de ce vernis pour kératiniser en employant sur le vernis, la poudre suivante :
Poudre à vernir
Talc …………………… 3,000
Colophane pulv. ……………………. 3,000
Gomme adragante ……………… 0,200
Enrobage au gluten
En général beaucoup de pilules kératinisées se glutinisent, mais le gluten s’emploie sur le
noyau sans être vernis.
Préparation du gluten pour son emploi :
Gluten ……………………….. 10,000
Sucre glace …………………………. 1,000
Gomme arabique pulv. ……………. 0,200
Talc ……………………….. 1,000
Moyen pour l’appliquer :
34
L’enrobage au gluten étant difficile et assez compliqué, il faut bien observer les notions
suivantes pour obtenir un bon résultat.
Réglisse pulv. …………….. 0 ,500
Talc ………………. 0,500
Sucre glace ………………. 0,300
Savon médicinal ……………. 0,050
Gomme arabique pulv. ….. 0,200
Eau ……………………………… 2,000
Cette formule sert à faire une pate claire qui permet de mouiller les pilules pour mettre les
couches successives de gluten (formule n°1).
Lorsqu’on a mis cette poudre sur les pilules mouillées et qu’il en reste au fond de la turbine,
qui n’a pas pris, il faut l’enlever au moyen d’une corne ou enlever les pilules de la turbine
pour tamiser la poudre pour remettre une seconde couche, faire sécher à l’étuve et continuer
jusqu’au poids voulu.
Pour finir il faut lisser le gluten en laissant tourner les pilules humides sur elles mêmes.
Si elles ne se lissent pas suffisamment on y ajoute quelques gouttes d’eau. Quand elles
commencent à briller, y mettre un peu de talc et mettre en route le ventilateur. Les retirer et
les vernir le lendemain quand elles sont sèches avec le vernis de dessus , désigné par la suite.
Enrobages colorés
- Couleur marron
Réglisse …………………… 1,000
Caséine ……………………. 1,000
Sucre de lait ………………….. 2,000
Gomme arab. pulv. ……….. 1 ,000
Amidon pulv. …………… 2,000
Talc ………………………… 15,000
Sous carbonate de fer ……. 0,300
- Couleur noire
Même formule que ci-dessus, sauf qu’il faut remplacer le sous carbonate de fer par 50 gr de
noir d’os.
- Couleur brun foncé 
35
même formule que ci dessus en colorant la poudre avec 50cg de terre d’ambre brulée
Poudre ci-dessus en colorant avec 50 gr de terre de Sienne
- Couleur jaune foncé
On peut obtenir ces tons de couleur sans employer les couleurs métra ou Klotz dont on pârlera
par la suite.
- Formule pour enrobage blanc sans impression
Caséine ………………………. 1,000
Lactose ……………………… 2,000
Gomme arab.pulv. ………………. 1,500
Amidon pulv. ……………………… 2,000
Talc extra blanc …………………… 15,000
Notes sur la manipulation
Lorsque l’on prend les noyaux de pilules pour les enrober, il ne faut pas monter à l’enrobage
plus de 2 ou 3 centigrammes pour commencer, les laisser sécher à l’étuve et les reprendre le
lendemain ou l’on peut en mettre de 4 à 5 cg. Il faut calibrer les pilules pour les mettre à
grosseur égale à la moitié de l’enrobage.
Certains produits ou le noyau se déforme un peu au séchage, on fait une pate claire avec la
poudre d’enrobage que l’on applique sur les noyaux pour boucher les vides et arrondir les
pilules. Quand les pilules sont arrondies on peut mouiller avec de l’eau que l’on met par petite
quantité pour arriver au mouillage complet. Bien remuer les pilules dans la turbine pour
qu’elles ne collent pas entre elles avant d’y mettre la poudre.
Poudre enrobage servant exclusivement à l’impression des pilules en une seule couche
superficielle
- Poudre enrobage n°1
Gomme arabique extra blanche pulv. au 140 ……………… 9k,750
Amidon de froment ou de maïs ……………… 1,800
Talc de Venise extra blanc …………….. 3,750
- Poudre enrobage n°2
Gomme extra blanche pulv.tamis n°20 ……………….. 1,750
Amidon de maïs extra blanc ……………….. 1,800
Talc extra blanc ……………… 3,750
36
Notes sur la manipulation :
Pour une bonne impression les noyaux de 0,15 cg ne doivent pas être enrobés à moins de 0,25.
- Premier enrobage sur noyaux :
Mouiller les noyaux avec de l’eau à laquelle on ajoute un peu de sirop. Poudrer avec poudre
n°1 par couches successives, ne pas mettre plus de 3 centigr. A chaque opération ; laisser
sécher et reprendre en laissant 3 centigr. pour la couche d’impression. C'est-à-dire qu’une
pilule terminée à 0,30 doit être arrêtée à 0,27 et laissée séchée.
- Couche d’impression :
Faire une solution de gélatine à 10%.
Mouiller les pilules avec cette solution tiède, mettre 1 centigr. de la poudre n°1, mouiller les
pilules, le plus possible et jeter d’un seul coup la poudre n°2 en mettant la quantité que les
pilules veulent prendre. Retirer l’excédent de cette poudre du fond de la turbine, ajouter une
poignée de talc. Imprimer.
Cette opération doit durer de 30 à 35 minutes à la turbine1O kg à la fois.
Conservation des pilules
Les pilules terminées vernies doivent se mettre autant que possible dans des boites en fer. Si
on se sert de boites en bois les mettre dans un endroit bien sec à l’abri de l’humidité et de la
vapeur.
Mise en flacons des pilules
Les flacons après avoir été lavés et égouttés, doivent être mis au moins 24 h à l’étuve pour que
l’humidité disparaisse complètement. Ne manipuler les produits qu’avec des mains bien sèches.
La bonne conservation ne dépend que de toutes ces précautions.
Note sur la dragéification au sucre : Dragéification de toutes natures
Les noyaux à dragéifier doivent toujours être bien secs avant d’être dragéifiés.
Certains noyaux doivent subir une préparation de vernissage, surtout ceux qui sont à base
d’extraits pour empêcher l’humidité de pénétrer dans le noyau.
Les noyaux de toutes sortes doivent être gommés avant la dragéification suivante les formules
ci-dessous.
37
Gommage des noyaux
Solution de gomme au tiers
Gomme arabique entière ………………………………………. 5kg000
Eau ……………………………………………………………………. 10 litres
Faire dissoudre la gomme, passer au tamis N°40
Poudre pour gommage
Mouiller les noyaux avec la solution ci-dessus
Poudrer avec la poudre ci-dessous
Farine de blé …………………………………… 5kg000
Amidon de maïs ……………………. 5.000
Gomme arabique ……………………. 3.000
Talc ……………………… 10.000
Argentage des pilules & comprimés
Pour l’argentage la préparation doit être faite en surface au sirop de sucre, lissage le plus fin
possible.
Une bombe en verre est nécessaire pour ce travail
Vitesse de 40 à 45 tours à la minute
Mixture pour argenter
Colle gélatinée extra ……………………… 90 g
Eau distillée ……………………. 160
Acide acétique cristallisable …………. 12 cl
Eau ………………………………… 12 cl
Faire absorber l’eau par la gélatine, dissoudre au bain marie, ajouter les 12 cg d’acide
acétique puis enfin les 12 cg d’eau.
Faire la solution par petites quantités.La solution ancienne ne valant rien .
38
Dragéification en blanc et en couleur
Les deux ou trois gommages étant faits sur les noyaux avec les formules di dessus, la
dragéification se continue avec du sirop de sucre tenu toujours chaud au bain marie à la
densité de 10 kg de sucre en morceaux pour 4 litres d’eau, car au début il faut couvrir et
blanchir les noyaux, on est même souvent obligé d’ajouter de l’amidon cuit au sirop pour aider
au blanchissage.
Pour la coloration des dragées, les noyaux doivent être bien blancs et complètement couvert et
bien lisses. Ajouter au sirop de sucre la couleur désirée, en fonçant plus ou moins selon
l’échantillon. 5Couleurs spéciales pour sirops, Maison Klotz, Paris)
On doit terminer une dragéification à tiède et même à froid,, avec le sirop de plus en plus
clair, en blanc comme en couleur.
Une fois bien blanc et bien couvert, employé la formule suivante :
Sucre …………………… 10 kg
Eau …………………. 5 l
Vernissage des dragées
Cire blanche ……………………. 50 g
Ether ………………………… … 100 g
39
Note sur les couvertures métalliques des pilules :
La dorure et l’argenture ont été très en vogue au XIX° siécle et ont précédé la dragéification au sucre,
cette technique est aujourd’hui compléteemnt oubliée, elle n’ a été évoqué que très partiellement dans
le chapitre précédent.
Lors d’une conférence aux Journées Pharmaceutiques Françaises de 1952, Henry et Ludovic David en ont
décrit le mode opératoire :
Le métal est appliqué en feuilles battues aussi finement que possible sur des dragées soigneusement
lissées et d’un blanc parfait. L’application est d’une technique très délicate : elle se fait dans des
turbines en verre, de forme complétement sphérique et tournant sur un axe horizontal.
Il existe plusieurs techniques, nous ne décrirons que celle qui était la plus généralement, sinon la seule
pratiquée.
Les dragées sont introduites en petite quantité dans la turbine puis humectées avec une solution
concentrée de gélatine de belle qualité, dans un mélange d’eau et de d’acide acétique. Celui-çi
solubilise la gélatine à froid. On brasse très soigneusement les dragées et on les fait tourner,
l’ouverture de la turbine restant non obturée. L’acide acétique en s’évaporant, rend la solution de
gélatine de plus en plus collante. A un moment que seule l’expérience peut permettre de déterminer,
on introduit rapidement les feuilles d’or ou d’argent dans la turbine et on ferme celle çi. Le métal se
colle progréssiveemnt sur les dragées, s’y répartit de façon uniforme, en principe, sans intervention de
brassage. Lorsqu’il est convenablement étallé, on débouche à nouveau l’ouverture de la turbine,
l’évaporation de la solution se termine et lorsque les dragées sont complétement séchées, le métal se
polit à la longue par frottement. Cette opération de polissage demande un certain temps. Il faut,
cependant, la réussir sans qu’elle se prolonge à l’excés car, alors les dragées prendraient une apparence
plombées, à laquelle il serait impossible de remédier par la suite.
40
Bibliographie
Henry et Ludovic David, Journées Pharmaceutiques Françaises de 1952, Conférences de la Société de
Technique Pharmaceutique, Dragéification et enrobages, Société des EditionsPharmaceutiques et
Scientifiques, Paris, 1952, 111- 135
Pilules au montage à la turbine
Moyen de faire des noyaux de pilules directement à la turbine avec un bon résultat de titrage.
1° Faire des granules de 2 centgr.sur un granulateur
2°Se servir d’une graine quelconque. La graine moutarde blanche convient le mieux par sa rondeur, la
grise aussi, mais il faut la faire gonfler dans de l’eau pour sortir le principe actif et la neutraliser.
Les petites graines sont grossies à la turbine jusqu’à 2 centigr (avec poudre de réglisse).
Pour l’emploi, prendre exactement le nombre de granules qui doivent terminer les pilules titrées.
Ce mode d’emploi ne peut se pratiquer que sur des produits actifs sous forme de poudres.
41
Disponible en ligne:
Histoire des comprimés pharmaceutiques en France, des origines au début du XX siècle, https://
hal.archives-ouvertes.fr/hal-00787009
Les comprimés enrobés à sec / Dry Coating, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01526234
Les comprimés multicouches, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01490871
Les comprimés effervescents, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01634235
Les comprimés disparus : les triturés et les comprimés hypodermiques, https://hal.archives-
ouvertes.fr/hal-01526236
La fabrication industrielle des comprimés en France : 1°partie, des origines à 1945, https://
hal.archives-ouvertes.fr/hal-01490873
La fabrication industrielle des comprimés en France : 2° partie, 1945-1970, https://hal.archives-
ouvertes.fr/hal-01526224
Un siècle de machines à fabriquer les comprimés (1843-1950) ; Fascicule n°1 , dispositifs manuels et
machines semi automatiques, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01490880
Un siècle de machines à fabriquer les comprimés (1843-1950) ; Fascicule 2, machines à comprimer
alternative, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01645066
Un siècle de machines à fabriquer les comprimés (1843-1950) ; Fascicule 3, machines à comprimer
rotative, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01688890
William Brockedon , Biographie https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01645071
La fabrication industrielle des pilules , https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01526227
La fabrication industrielle des capsules molles, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01526232
La fabrication industrielle des gélules, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01490875
Histoire de la fabrication industrielle des pommades, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01526223
Histoire de la fabrication des suppositoires, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01645057
Histoire de la fabrication des saccharures granulés, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01490877
La fabrication industrielle des cachets pharmaceutiques, https://hal.archives-ouvertes.fr/
hal-01526230
La production industrielle des pastilles, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00957139
Histoire de la dragéification et du pelliculage pharmaceutique, https://hal.archives-ouvertes.fr/
hal-01634427
La confiserie pharmaceutique, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01526222
Les origines de la fabrication des antibiotiques en France, https://hal.archives-ouvertes.fr/
hal-01645066
Pierre Broch (1909-1985) et la pénicilline, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01645062
42
Les premières machines pour la production des produits pharmaceutiques en France, https://
hal.archives-ouvertes.fr/hal-01645061
Catalogue Frogerais 1920, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01490867
Henri Wierzbinski : le pionnier français des machines de conditionnement, https://hal.archives-
ouvertes.fr/hal-01526220
A.Savy Jeanjean , constructeurs de machines pour les industries alimentaires, pharmaceutiques et
chimiques, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01645063
L’Aspirine en France : un affrontement franco-allemand, https://hal.archives-ouvertes.fr/
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Les façonniers pharmaceutiques : la première génération (1920-1970), https://hal.archives-
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La fabrication des formes sèches aux Etats Unis après la Seconde Guerre mondiale, https://
hal.archives-ouvertes.fr/hal-01526228
Les ampoules pharmaceutiques, Histoire de la fabrication industrielle, https://hal.archives-
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Les pilules, Histoire de la production industrielle

  • 1. Les pilules Histoire de la production industrielle André FROGERAIS andrefro47@yahoo.fr 8 juillet 2018 1
  • 2. Sommaire : 1. Introduction 2. La fabrication manuelle 3. La fabrication industrielle 4. Conclusion 5. Bibliographie 6. Instructions pour la production des pilules - FROGERAIS - 1920 7. Note sur les couvertures métalliques des pilules 2
  • 3. 1. Introduction : Le nom provient de la forme généralement sphérique, pilula, diminutif de parvo pila qui signifie petite boule. La pilule est la forme pharmaceutique la plus ancienne, les égyptiens en fabriquaient ainsi que les grecs et les romains, elles figurent dans toutes les pharmacopées, de nombreux auteurs en ont écrit l’histoire. (1, 2, 3). 10 formules figurent au Codex de 1818. Leur poids est compris entre 100 à 300 mg (au maximum 500mg), de 50 à 60 mg on les désigne sous le nom de granules et au delà de 500 mg on les appelle bols, ils sont surtout utilisés en médecine vétérinaire. 2. La fabrication artisanale : Les principes actifs sont en général incorporés dans un excipient liquide, semi solide ou solide comme la glycérine, la gomme adragante, la gomme arabique pulvérisée, la poudre de réglisse, le savon, le miel, les extraits de chiendent et de pissenlit. En officine, la fabrication commence par un mélange des différents composants dans un mortier, la masse pilulaire est ensuite aplatie pour former une galette qui est transformée en magdaléons, qui sont divisés et roulés en pilules (4). Pour réaliser ces opérations, les apothicaires vont fabriquer des instruments qu’ils vont améliorer au cours du temps. - A partir du VIII°siècle ils utilisent une réglette plate dont les arêtes sont découpées en dents de scie - Au XVIII° siècle, les apothicaires allemands réalisent un pilulier composé de deux volets en bois en forme d’éventail et creusé d’alvéoles 3
  • 4. Pilulier circulaire Réglette diviseuse et pilulier de VIAL Baumé dans son traité de Chimie expérimentale décrit un pilulier composé de deux parties comportant une réglette creusée de sillon correspondant au diamètre des pilules à fabriquer. Les pharmaciens d’officine les utiliseront jusqu’aux années cinquante, les piluliers mécaniques sont conçus selon ce principe. Les pilules prennent la forme sphérique soit en les roulants entre les doigts, soit en utilisant un disque mis au point par le pharmacien Vial, elles peuvent être enrobées de sucre ou argentées. 4
  • 5. Boite à argenter les pilules Disques à rouler les pilules 3.La fabrication industrielle : Le développement des spécialités au XIX° siècle, dont beaucoup sont sous forme de pilule, va rendre inévitable l’industrialisation de la production. Pour satisfaire à une demande croissante et répondre aux exigences techniques et commerciales, les pharmaciens vont les produire dans des usines qui sont à une plus grande échelle la transposition des conceptions et des pratiques de l’officine. L’usine va susciter l’apparition de machines nouvelles de plus en plus performantes pour reproduire les gestes du pharmacien d’officine, elles vont permettre aux fabrications de se mécaniser(5). Les pharmaciens vont d’abord utiliser des machines rudimentaires qui fonctionnent manuellement puis des machines automatiques qui vont produire de plus en plus vite, avec une qualité constante et améliorer la mise en forme: les pilules peuvent être dragéifiées au sucre pour améliorer la conservation ou imprimées pour éviter les contre façons. La production utilise une main d’œuvre importante en grande partie féminine, elle se mécanise mais ne s’automatise pas. Henri Négre fabrique un appareil de paillasse qui permet de réaliser toutes les opérations : fabrication du magdaléon, découpe et disquage des pilules. La fabrication industrielle des pilules ne diffère pas des procédés employés dans l’officine, il y a autant de machines que d’opérations : 5
  • 6. 3.1- les mélangeurs: Le principes actifs et les excipients sont incorporés par malaxage dans des mélangeurs en Z ou un à melon de façon à obtenir une masse pilulaire homogène. Mélangeur en Z petit modèle 10 litres Mélangeur à melon, avec cuve en cuivre 3.2-: le laminoir 6 La masse passe entre les deux cylindres d’un laminoir à écartement variable pour former des plaques rectangulaires ou galettes
  • 7. 3.3- les magdaloniers: 3.31- à cylindres: Le laminoir à magdaléon est équipé de deux cylindres cannelés, les cannelures sont assorties à la dimension des plaques du pilulier et permettent de produire des boudins appelé magdaléon de diamètre et longueur réguliers. Magdalonier manuel à rouleau (Savy Jeanjean) Magdalonnier à rouleaux Appareil BUNHDY (UK) 7
  • 8. Magdalonier Frogerais & Courtoy 3.32- à filières: Appareil à fabriquer les magdaléons par pressage à travers une filière 8
  • 9. 3.3- les piluliers: Ils découpent les magdaléons en carré. Les premiers constructeurs de piluliers sont français: en 1877, Jules Derriey à Paris est le pionnier, puis Henri Négre obtient le brevet N° 136 886 en 1880 pour un pilulier mécanique automatique, Palau, Savy Jeanjean, Pouré et Sauton, Edmond Frogerais ( 6, 7, 8), Frérebaut, brevets n° FR 318 925A et FR 318 924 A publié le 20 octobre 1902. Les premiers appareils fonctionnent manuellement (ce sont des machines dites à bras), ils sont progressivement automatisés. Il existe également des constructeurs en Belgique : Edouard Courtoy, en Allemagne : Fritz Kilian, en Grande Bretagne: Bunhdy et Pindar, aux Etats Unis: Arthur Colton. 3.31: les piluliers à plaques horizontales: Les piluliers à cylindres divisent le magdaléon en pilules, au moyen de cannelures transversales hémi- cylindriques tournant selon les modèles dans le même sens avec des vitesses différentes ou en sens contraire avec la même vitesse. 9 Jules Derriey à Paris construit le premier pilulier industriel en 1877 (brevet Debuge n° 122 675. Chaque magdaléon est placé dans la rainure de la machine, il est d’abord aplati sous forme de rubans, puis transformé de nouveau en cylindre en passant entre deux galets horizontaux cannelés ; ce cylindre est découpé en fragment de même longueur et chacun s’engage dans la partie centrale de la machine. Cette pièce est formée de deux disques en cuivre portant, suivant la grosseur des pilules, huit ou douze cannelures, qui se correspondent de haut en bas. Le disque inférieur est fixe, tandis que le disque supérieur, animé d’un mouvement de rotation, découpe la portion de magdaléon engagée entre les deux disques de huit ou douze petits morceaux qui entrainés eux- mêmes par la rotation de disque se roulent en pilules sphériques. Selon le constructeur, la machine peut produire chaque jour 80 à 100 000 pilules (10).
  • 10. Pilulier à bras Pilulier Frogerais & Courtoy 10 Henri Négre à Paris fabrique un pilulier automatique en 1880 (brevets n°136 886 et 187 844) constitué de deux plaques horizontales, supérieure et inférieure cannelées, placées dans un bâti à glissière. Le magdaléon est placé sur la plaque inférieure, l’opérateur la repousse sur la plaque supérieure qui est animée d’un mouvement de va et vient, le magdaléon est ensuite découpé en pilules de poids constant. Si le diamètre du magdaléon est égal à la longueur de la découpe, les pilules sont rondes, s’il est plus petit où plus grand elles sont ovales. Des piluliers analogues sont construits par Palau, Savy Jeanjean, Poure et Sauton, Frogerais.
  • 11. 3.32: les piluliers à cylindres rotatifs: La masse pilulaire sous forme de galette est placée entre les deux cylindres tournant, elle est découpée en magdaléons qui sont transformés en pilules. The Chemist and Druggist (1886) 11
  • 12. Pilulier rotatif PERLA – Kilian (9). Pilulier Franke (Leipzig-D) (10) - 12
  • 13. 3.4- Les disqueuses: Les pilules sont roulées au moyen d’un disque rotatif afin de devenir sphériques ou par le passage entre deux bandes horizontales tournant en sens contraire (procédé Colton). Disqueuese Frogerais 3.5- les machines à imprimer: Machine à imprimer les pilules N.Palau (brevet VIAL n°120 433 – 1877) & Ed Frogerais 13
  • 14. 3.6- Turbine de dragéification: 3.7- Compteuses: Pelle de comptage M.Connor (1892) Machine à imprimer Frogerais Machine à imprimer les pilules Frerebaut (brevet n° 318 925 A) 14
  • 15. Petite installation Edouard Courtoy (Belgique) Installation semi automatique de Fritz Kilian (Berlin) 15
  • 16. Atelier de fabrication des pilules, Pharmacie centrale de France (Paris) 1907 16
  • 17. A la fin du XIX siècle, toutes les drogueries disposent d’atelier pour la production de pilules. En 1889, le laboratoire Frére se présente comme le principal producteur français (11). Dans leurs ateliers situés 77 rue des Fourneaux à Paris, ils fabriquent des capsules molles et des pilules, ils ont mis au point un procédé original pour enrober les pilules sans sucre et les imprimer. L’atelier comprend de nombreuses machines, le magdaléon est fabriqué par extrusion, les pilules sont roulées à la main, l’entreprise emploie un personnel nombreux : 150 hommes et 100 femmes ; les lots sont de 25 kilos. Laboratoire Frére (1889) 17
  • 18. Atelier de fabrication des pilules (Ets Darrasse – Vincennes -1881) comprenant un magdalonier, un pilulier et des turbines de dragéification DERRIEY Etablissement GOY (vers 1910) 18
  • 19. Laboratoires Dausse, Ivry-sur-Seine (1908) Atelier de fabrication des pilules, de disquage et de dragéification (12) 19
  • 20. Laboratoires de Galénique Vernin (Melun) Laboratoires Licardy, à gauche une machine à comprimer Frogerais n°0 ,à droite un pilulier 20
  • 21. Pharmacie centrale de France (Paris) Atelier de dragéification (1902) Atelier de disquage des pilules (1910) Atelier de dragéification (1910) 21
  • 22. Atelier pilules, Etablissements David Rabot (Courbevoie 1952) Aux Etats Unis, les besoins sont beaucoup plus importants : Arthur Colton à Détroit fabrique une installation automatique constitué de deux machines reliées par une chaine à godets (13). Catalogue A .Colton (1922)- Poste de disquage (Ets David Rabot 1961) La première machine reçoit la masse pilulaire qui est extrudée par une vis à travers une filière et transformée en magdaléons qui sont découpés en pilules. Elles sont transférées dans la seconde machine qui est constituée de bandes rotatives horizontales et verticales qui vont donner aux pilules la forme sphérique. A la sortie de la machine, les pilules sont séchées à l’aide d’air chaud (14). 22
  • 23. Il existe deux modèles : le modèle A produit 100 000 pilules à l’heure, le modèle B 350 000. Il s’agit de la seule installation automatique, Arthur Colton va l’exporter dans de nombreux pays, en Allemagne, en France aux laboratoires David-Rabot, en Grande Bretagne où les laboratoires Cox exploitent 5 machines qui leur permettent de fabriquer un million de pilules par jour (15,16, 17, 18). Laboratoire COX (UK)- 1936 Porter and Clarke Ltd (UK) – 1931 23
  • 24. Norwitch Laboratories, USA (1945) Merrel Cincinnati (1923) Les pilules peuvent être dragéifiées avec un sirop de sucre dans des turbines ou être enrobées de gélatine. En 1838 le pharmacien Garrot se voyant refuser par Mothes et Dublanc la vente de capsules vide à l’idée d’enrober de couches de gélatine des pilules en les plongeant dans une solution gélatineuse chaude après les avoir piquées sur une épingle. 24 Ce procédé va se développer aux Etats-Unis, il est utilisé par les pharmaciens d’officine et par les industriels. Arthur Colton fabrique des machines. Les pilules sont placées verticalement dans des plateaux troués, la partie inférieure du plateau est placé dans un bain de gélatine, après imprégnation de la première partie des pilules, le plateau est retourné et la seconde partie des pilules est imprégnée de la solution de gélatine. Les pilules revêtues de la solution d’enrobage sont séchées par de l’air chaud (19). Au catalogue de 1907 des laboratoires Parke Davis figurent 26 formules de pilules enrobées de gélatine, ils précisent à l’attention du corps médical: « nous désirons surtout attirer l’attention du monde médicale sur nos pilules enrobées de gélatine: la masse est parfaitement protégée contre les influences atmosphériques et cette protection est assurée par l’emploi d’une méthode qui consiste à envelopper complètement la pilule de gélatine.
  • 25. Laboratroires Parke Davis (1907) La fin des pilules française La pilule a réussi le passage à la production industrielle, pourtant elle ne va pas tarder à disparaitre (20). La productivité est limitée: pour produire quotidiennement 20 kilos de pilules il faut employer 10 personnes, les comprimés plus économique à fabriquer et plus stable vont remplacer les pilules, certaines formules comme l’Opobyl Bailly, les grains de Val ou les pilules Carters sont reformulées sous forme de comprimés. Le 11 février 2014, l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé a décidé le retrait du marché de la Trinitine Simple Laleuf en raison de problème de stabilité. Depuis cette date, cette spécialité n’est plus fabriquée. La Trinitrine Laleuf a été commercialisée à partir de 1918, sous forme de pilules dragéifiées. Le laboratoire était resté fidèle à cette présentation: afin que l’absorption soit rapide, il était recommandé selon la notice de les croquer. Le médicament s’adressait en majorité à des patients âgés qui pouvaient être édentés, la forme pilule molle leur permettait de les briser avec les mâchoires. En novembre 2000, une autre spécialité, les pilules de Génésérine ont été reformulées sous forme de comprimés. Il n’existe donc plus aucune spécialité fabriquée en France sous forme de pilules. Elles ne disparaitront pas du vocabulaire de nos patients puisqu’elles sont devenues synonyme de médicaments anticonceptionnels par voie orale. La Trinitrine Laleuf était fabriquée depuis 1918 par un sous traitant, le laboratoire Opodex avec de vénérables machines achetées après la Première guerre mondiale. Elle était commercialisée par les laboratoires Tonipharm. Il n’existe plus aujourd’hui aucune spécialité pharmaceutique en France sous forme de pilule, mais la pilule ne va pas disparaître du vocabulaire de nos compatriotes puisqu’elle est devenue synonyme de comprimé. 25
  • 26. Bibliographie : 1- L. Pariente, Naissance et évolution de quinze formes pharmaceutiques, Paris, Edition Louis Pariente, 1996, 2- Histoire des pilules, Exposition temporaire : http://www.shpasso.org/index.php?PAGE=expositionpilule 3- William Kirby, The story of the pill, The Chemist and druggist, June 24 4- Albert Goris , Pilules-Bols-Granules, Pharmacie Galénique, Paris, Masson 1942, tome2, 1623 5- J.Boyer, Fabrication industrielle des pilules, La Nature, 1907, 1°semestre, 104-106 6- Anonyme, Fabrication des pastilles, pilules et dragées pharmaceutiques, Journal de Pharmacie et de chimie, 5°série, tome IV, 1881, 468-476 7-Catalogue Frogerais 1920 : disponible sur Slideshare 8- André Frogerais, Les premières machine pharmaceutiques françaises, disponible sur Slideshare 9- Anonyme, Apotheker Zeitung, 1903, 19, 838 10- R.Huguet, Traité de Pharmacie théorique et pratique, O.Dion, Paris 1888, 62 11- Perle and Pill manufacturing in France, Note of a visit to L.Frére & Ch.Torchon’s Factory in Paris, The Chemist and Druggist, 1889, July 27, 20 12- Remy Bellenger, Le Laboratoires Dausse, L’Hexaèdre, 2016 13- Arthur Colton, General Catalogue N°8, 1922, 8 14- H.Czetsch-Lindenwald, Pharmazeutische Technologie, 1948, 125 15- Anonyme, The revolution of a pill, The Chemist and Druggist, July 27, 1901, 154-156 16- Anonyme, Les Etablissements David-Rabot, France Pharmacie, 1961, 775. 17- Anonyme, Potter and Clarke Ltd, The Manufacturing Chemist, December ,1931, 328 18- Horace Cox, Pill Making, The Manufacturing Chemist, Sept 1936,291 19- Anonyme, A visit to Hounslow, The Pharmaceutical Journal, August 1, 1905, 197-198 26
  • 27. 20- A.Frogerais, Introduction des comprimés en France ,diponible sur Slideshare - Recommandations pour la fabrication des pilules par Edmond FROGERAIS A partir de 1920 Edmond Frogerais remet à ses clients qui désirent créer un atelier de fabrication de pilules un document dactylographié. . Il comprend trois parties : - une liste d’accessoires indispensable à la fabrication - des formules de pilules et de dragéification - les modes opératoires. Il sera plus tard compléter par des formules de comprimés et de pastilles. Ce document a été écrit dans un cahier d’écolier, à la plume sergent major, par un préparateur en pharmacie retraité des Etablissements Darrasse, M.Marchais qui assistait les clients en difficultés lors de la mise en route des machines Frogerais. Grace à ce document, on trouve la liste des spécialités les plus communes qui constituent les génériques de l’époque. Les excipients pour fabriquer industriellement la masse pilulaire sont différents de ceux utilisés pour les préparations magistrales: on privilégie les excipients solides comme le savon, la farine, la gomme pulvérisée plutôt que les excipients pâteux comme l’extrait de chiendent, beaucoup plus difficile à malaxer. Pour cette raison, les pilules obtenues étaient moins dures, en conséquence, industriellement elles étaient souvent enrobées ou dragéifiées. Certains excipients interpellent comme l’alcool à bruler, l’essence de térébenthine, l’ardoise pilée, l’éther. Nous en recopions fidèlement le texte. 27
  • 28. 28
  • 29. Matériel nécessaire à la fabrication des pilules et des enrobages - Coffrets en bois pour le séchage et la manipulation avec dimensions suivantes : long m 0,80, largeur 0,30, hauteur des cotés 0,06. Le fond de ces coffrets doit être autant que possible d’une seule pièce, la chaleur des étuves faisant travailler le bois. Le bois de hêtre sera choisi de préférence. Pour une fabrication de 300 kg de pilules par mois, il faut 50 coffrets. - Tamis à grille métallique pour le tamisage des pilules et des poudres N° des grilles en partant du n°6, 8, 10, 12, 14, 16, 20, 30, 40, 50, 60, 70, 80, 90, 100, 120. Toutes ces grilles servent à la fabrication des pilules, granulés, comprimés et autres préparations de laboratoire. Ce matériel peut servir à toutes sortes de fabrications. - Tamis métalliques à trous ronds pour le calibrage des pilules et les mettre à grosseur égale. En partant de la granule jusqu’à la grosse pilule, il faut les n° suivants : 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30. Pour une petite fabrication les n° 25, 26, 27, 28 suffisent. - Récipients nécessaires à la fabrication des pilules : Bassines en fer étamé de grandeurs différentes, contenance de 10, 20, 30, 40, 50 litres. Quelques terrines pour l’emploi des produits qui attaquent le métal. Ce matériel est indispensable aux fabrications. - Petit matériel divers pour pilules Deux rouleaux en bois pour travailler la masse, une brosse métallique pour le nettoyage des plaques, deux couteaux genre peintre pour couper les galettes, une brosse souple pour le nettoyage des tables, quelques alènes pour enlever les pilules défectueuses de dessus la plaque, un petit goupillon pour le nettoyage des plaques supérieures, plusieurs mains de fer pour les produits et les poudres, plusieurs mains compte pilules de 100. Notes sur la fabrication des noyaux : En général, les masses pilulaires se font toutes avec plus ou moins d’excipients, selon la nature des produits. Certains produits peuvent se faire nature. Un noyau de produit actif titré à 0,10 de principe doit être fait de 0,15 à 0,20 sur le pilulier, un noyau titré de 0,15 produit actif doit être fait de 0,20 à 0,25 ; un noyau titré à 0,20 doit être fait à 0,30 ou plus. Si un produit à pilules se présente sous forme d’extrait, il faut y ajouter les poudres produits actifs ou excipients pour sécher l’extrait en amenant la masse au point. Si au contraire les produits actifs se présentent sous forme de poudre, il faut mouiller avec une solution mélangée de sirop, de sucre, de gomme et autres pour donner le corps nécessaire à la masse. Produits nécessaires à la fabrication des pilules, enrobages et dragéification Poudre de réglisse en grande quantité, Poudre de guimauve en petite quantité, Gluten, Talc, Colophane, Amidon, Gomme arabique pulvérisée, Gomme entière, Gomme adragante, Lactose, Farine, Gélatine, Lycopode, Savon médicinal, Ardoise pulv, Noir d’os, Terre d’ambre brulée, Coque de cacao pulv., Sous carbonate de fer, Mastic en larmes, Gomme saudaraque, Gomme laque, Tolu 29
  • 30. épuisé, Benjoin, Huile de vaseline, Sucre glace, Sucre semoule, Sucre morceaux irréguliers, Couleurs Klotz. Notes sur la manipulation de quelques masses pilulaires : Poudres organiques Pilules Orchitine Pilules Thyroïdine Pilules Hypophise Pilules Ovarine Pilules Rénine etc Mettre le savon dans l’eau gommée, y ajouter le produit et le sucre, puis faire la masse au broyeur Diviser les noyaux Produit actif …………………………… 1,000 Sucre glace …………………………… 0,200 Savon pulvérisé …………………………… 0,100 Solution de gomme au 1/3 ……………………… 0,400 Anis ……………………………… Q.S. Grains de santé Aloés pulv. …………………………… 0,500 Jalap pulv. …………………………… 0,500 Rhubarbe pulv. ……………………… 0,500 Savon pulv. …………………………. 0,100 Eau ………………………………… Q.S. Mouiller les produits à l’eau savonneuse, faire la masse 30
  • 31. 31
  • 32. Pilules d’extrait de bile à 0,10 Extrait de bile …………………….. 4,500 Réglisse …………………….  2,500 Pour noyaux de 0,15 Faire fondre l’extrait de bile au bain marie dans 300 gr d’eau, y incorporer la poudre de réglisse. Tenir toujours la masse chaude au bain marie pendant la manipulation. Les noyaux doivent être vernis avant l’enrobage Pilules perchlorure de fer à 0,05 Perchlorure de fer ………………………. 0,5àà Farine ……………………… 1,000 Sirop de sucre ……………………….. 0,050 Faire dissoudre le perchlorure de fer jusqu’à ce qu’il soit bien chaud, ajouter la moitié de la farine et le reste en faisant la masse. Diviser les noyaux et mettre sécher à l’étuve pendant 15 jours, au moins trois vernis, dragéifier. Pilules Valet argentées Prots carbonate de fer …………………… 1,200 Gomme pulv. …………………….. 1,600 Sirop de sucre ……………………. 2,400 Réglisse ……………………… 2,400 Miel ……………………. 0,400 Savon …………………….. 0,400 Faire une masse au broyeur, diviser en noyaux de 0,20 Dragées Iodure de Potassium : Iodure de potassium ………………….. 0,666 Sirop ………………….. 0,200 Gomme pulv. ……………………… 0, 150 Farine …………………………………. 0,300 32
  • 33. Faire une masse à la main, diviser en noyaux de 0,20 puis vernir. Pilules de Mégluse Extrait de valériane……………………………….. 0,500 Jusquiame ………………………………………… 0,500 Oxyde de zinc …………………………………… 0,800 Poudre Valériane …………………… 0,200 Réglisse pulv. …………………….. 0,600 Gomme pulv. ……………………… 0,400 Sirop ……………………. 0,400 Faire fondre les extraits dans le sirop et ajouter les poudres Séchage des noyaux Les noyaux des pilules qui sont faits le jour même ne doivent être mis à l’étuve que le lendemain et les noyaux contenant des extraits doivent être mis dans la poudre. L’étuve doit être tempérée de 25 à 30 degrés pour le séchage des pilules. Enrobage des noyaux Pour enrober les pilules, il faut que les noyaux soient bien secs, que l’eau contenue soit bien évaporée, de la on les passe à l’enrobage désiré, désigné par la suite. Vernis pour finissage Gomme manille …………… 200 gr Gomme Sandaraque ………… 500 Gomme Laque blonde …….. 100 Gomme Benjoin ……………… 100 Alcool …………………. 1 litre Ether ………………… 1 litre Ce vernis s’emploie sur tous les enrobages blancs. Les pilules bien lisses et bien sèches en employant la quantité suffisante pour qu’elles en aient toutes. Si le vernis tire un peu à l’opération, mettre quelques gouttes d’huile de vaseline pour les détacher. 33
  • 34. On peut mettre un deuxième vernis pour un brillant plus complet. Formule pour vernir les pilules, comprimés Pour les noyaux qui en nécessitent le besoin, employer la formule suivante : Gomme Sandaraque …………………… 0,400 Gomme laque …………………… 0,040 Mastic en larmes ……………………. 0,060 Térébenthine de Venise ……………….. 0,100 Alcool à bruler ………………… 1,000 Trois couches de ce vernis pour kératiniser en employant sur le vernis, la poudre suivante : Poudre à vernir Talc …………………… 3,000 Colophane pulv. ……………………. 3,000 Gomme adragante ……………… 0,200 Enrobage au gluten En général beaucoup de pilules kératinisées se glutinisent, mais le gluten s’emploie sur le noyau sans être vernis. Préparation du gluten pour son emploi : Gluten ……………………….. 10,000 Sucre glace …………………………. 1,000 Gomme arabique pulv. ……………. 0,200 Talc ……………………….. 1,000 Moyen pour l’appliquer : 34
  • 35. L’enrobage au gluten étant difficile et assez compliqué, il faut bien observer les notions suivantes pour obtenir un bon résultat. Réglisse pulv. …………….. 0 ,500 Talc ………………. 0,500 Sucre glace ………………. 0,300 Savon médicinal ……………. 0,050 Gomme arabique pulv. ….. 0,200 Eau ……………………………… 2,000 Cette formule sert à faire une pate claire qui permet de mouiller les pilules pour mettre les couches successives de gluten (formule n°1). Lorsqu’on a mis cette poudre sur les pilules mouillées et qu’il en reste au fond de la turbine, qui n’a pas pris, il faut l’enlever au moyen d’une corne ou enlever les pilules de la turbine pour tamiser la poudre pour remettre une seconde couche, faire sécher à l’étuve et continuer jusqu’au poids voulu. Pour finir il faut lisser le gluten en laissant tourner les pilules humides sur elles mêmes. Si elles ne se lissent pas suffisamment on y ajoute quelques gouttes d’eau. Quand elles commencent à briller, y mettre un peu de talc et mettre en route le ventilateur. Les retirer et les vernir le lendemain quand elles sont sèches avec le vernis de dessus , désigné par la suite. Enrobages colorés - Couleur marron Réglisse …………………… 1,000 Caséine ……………………. 1,000 Sucre de lait ………………….. 2,000 Gomme arab. pulv. ……….. 1 ,000 Amidon pulv. …………… 2,000 Talc ………………………… 15,000 Sous carbonate de fer ……. 0,300 - Couleur noire Même formule que ci-dessus, sauf qu’il faut remplacer le sous carbonate de fer par 50 gr de noir d’os. - Couleur brun foncé  35
  • 36. même formule que ci dessus en colorant la poudre avec 50cg de terre d’ambre brulée Poudre ci-dessus en colorant avec 50 gr de terre de Sienne - Couleur jaune foncé On peut obtenir ces tons de couleur sans employer les couleurs métra ou Klotz dont on pârlera par la suite. - Formule pour enrobage blanc sans impression Caséine ………………………. 1,000 Lactose ……………………… 2,000 Gomme arab.pulv. ………………. 1,500 Amidon pulv. ……………………… 2,000 Talc extra blanc …………………… 15,000 Notes sur la manipulation Lorsque l’on prend les noyaux de pilules pour les enrober, il ne faut pas monter à l’enrobage plus de 2 ou 3 centigrammes pour commencer, les laisser sécher à l’étuve et les reprendre le lendemain ou l’on peut en mettre de 4 à 5 cg. Il faut calibrer les pilules pour les mettre à grosseur égale à la moitié de l’enrobage. Certains produits ou le noyau se déforme un peu au séchage, on fait une pate claire avec la poudre d’enrobage que l’on applique sur les noyaux pour boucher les vides et arrondir les pilules. Quand les pilules sont arrondies on peut mouiller avec de l’eau que l’on met par petite quantité pour arriver au mouillage complet. Bien remuer les pilules dans la turbine pour qu’elles ne collent pas entre elles avant d’y mettre la poudre. Poudre enrobage servant exclusivement à l’impression des pilules en une seule couche superficielle - Poudre enrobage n°1 Gomme arabique extra blanche pulv. au 140 ……………… 9k,750 Amidon de froment ou de maïs ……………… 1,800 Talc de Venise extra blanc …………….. 3,750 - Poudre enrobage n°2 Gomme extra blanche pulv.tamis n°20 ……………….. 1,750 Amidon de maïs extra blanc ……………….. 1,800 Talc extra blanc ……………… 3,750 36
  • 37. Notes sur la manipulation : Pour une bonne impression les noyaux de 0,15 cg ne doivent pas être enrobés à moins de 0,25. - Premier enrobage sur noyaux : Mouiller les noyaux avec de l’eau à laquelle on ajoute un peu de sirop. Poudrer avec poudre n°1 par couches successives, ne pas mettre plus de 3 centigr. A chaque opération ; laisser sécher et reprendre en laissant 3 centigr. pour la couche d’impression. C'est-à-dire qu’une pilule terminée à 0,30 doit être arrêtée à 0,27 et laissée séchée. - Couche d’impression : Faire une solution de gélatine à 10%. Mouiller les pilules avec cette solution tiède, mettre 1 centigr. de la poudre n°1, mouiller les pilules, le plus possible et jeter d’un seul coup la poudre n°2 en mettant la quantité que les pilules veulent prendre. Retirer l’excédent de cette poudre du fond de la turbine, ajouter une poignée de talc. Imprimer. Cette opération doit durer de 30 à 35 minutes à la turbine1O kg à la fois. Conservation des pilules Les pilules terminées vernies doivent se mettre autant que possible dans des boites en fer. Si on se sert de boites en bois les mettre dans un endroit bien sec à l’abri de l’humidité et de la vapeur. Mise en flacons des pilules Les flacons après avoir été lavés et égouttés, doivent être mis au moins 24 h à l’étuve pour que l’humidité disparaisse complètement. Ne manipuler les produits qu’avec des mains bien sèches. La bonne conservation ne dépend que de toutes ces précautions. Note sur la dragéification au sucre : Dragéification de toutes natures Les noyaux à dragéifier doivent toujours être bien secs avant d’être dragéifiés. Certains noyaux doivent subir une préparation de vernissage, surtout ceux qui sont à base d’extraits pour empêcher l’humidité de pénétrer dans le noyau. Les noyaux de toutes sortes doivent être gommés avant la dragéification suivante les formules ci-dessous. 37
  • 38. Gommage des noyaux Solution de gomme au tiers Gomme arabique entière ………………………………………. 5kg000 Eau ……………………………………………………………………. 10 litres Faire dissoudre la gomme, passer au tamis N°40 Poudre pour gommage Mouiller les noyaux avec la solution ci-dessus Poudrer avec la poudre ci-dessous Farine de blé …………………………………… 5kg000 Amidon de maïs ……………………. 5.000 Gomme arabique ……………………. 3.000 Talc ……………………… 10.000 Argentage des pilules & comprimés Pour l’argentage la préparation doit être faite en surface au sirop de sucre, lissage le plus fin possible. Une bombe en verre est nécessaire pour ce travail Vitesse de 40 à 45 tours à la minute Mixture pour argenter Colle gélatinée extra ……………………… 90 g Eau distillée ……………………. 160 Acide acétique cristallisable …………. 12 cl Eau ………………………………… 12 cl Faire absorber l’eau par la gélatine, dissoudre au bain marie, ajouter les 12 cg d’acide acétique puis enfin les 12 cg d’eau. Faire la solution par petites quantités.La solution ancienne ne valant rien . 38
  • 39. Dragéification en blanc et en couleur Les deux ou trois gommages étant faits sur les noyaux avec les formules di dessus, la dragéification se continue avec du sirop de sucre tenu toujours chaud au bain marie à la densité de 10 kg de sucre en morceaux pour 4 litres d’eau, car au début il faut couvrir et blanchir les noyaux, on est même souvent obligé d’ajouter de l’amidon cuit au sirop pour aider au blanchissage. Pour la coloration des dragées, les noyaux doivent être bien blancs et complètement couvert et bien lisses. Ajouter au sirop de sucre la couleur désirée, en fonçant plus ou moins selon l’échantillon. 5Couleurs spéciales pour sirops, Maison Klotz, Paris) On doit terminer une dragéification à tiède et même à froid,, avec le sirop de plus en plus clair, en blanc comme en couleur. Une fois bien blanc et bien couvert, employé la formule suivante : Sucre …………………… 10 kg Eau …………………. 5 l Vernissage des dragées Cire blanche ……………………. 50 g Ether ………………………… … 100 g 39
  • 40. Note sur les couvertures métalliques des pilules : La dorure et l’argenture ont été très en vogue au XIX° siécle et ont précédé la dragéification au sucre, cette technique est aujourd’hui compléteemnt oubliée, elle n’ a été évoqué que très partiellement dans le chapitre précédent. Lors d’une conférence aux Journées Pharmaceutiques Françaises de 1952, Henry et Ludovic David en ont décrit le mode opératoire : Le métal est appliqué en feuilles battues aussi finement que possible sur des dragées soigneusement lissées et d’un blanc parfait. L’application est d’une technique très délicate : elle se fait dans des turbines en verre, de forme complétement sphérique et tournant sur un axe horizontal. Il existe plusieurs techniques, nous ne décrirons que celle qui était la plus généralement, sinon la seule pratiquée. Les dragées sont introduites en petite quantité dans la turbine puis humectées avec une solution concentrée de gélatine de belle qualité, dans un mélange d’eau et de d’acide acétique. Celui-çi solubilise la gélatine à froid. On brasse très soigneusement les dragées et on les fait tourner, l’ouverture de la turbine restant non obturée. L’acide acétique en s’évaporant, rend la solution de gélatine de plus en plus collante. A un moment que seule l’expérience peut permettre de déterminer, on introduit rapidement les feuilles d’or ou d’argent dans la turbine et on ferme celle çi. Le métal se colle progréssiveemnt sur les dragées, s’y répartit de façon uniforme, en principe, sans intervention de brassage. Lorsqu’il est convenablement étallé, on débouche à nouveau l’ouverture de la turbine, l’évaporation de la solution se termine et lorsque les dragées sont complétement séchées, le métal se polit à la longue par frottement. Cette opération de polissage demande un certain temps. Il faut, cependant, la réussir sans qu’elle se prolonge à l’excés car, alors les dragées prendraient une apparence plombées, à laquelle il serait impossible de remédier par la suite. 40
  • 41. Bibliographie Henry et Ludovic David, Journées Pharmaceutiques Françaises de 1952, Conférences de la Société de Technique Pharmaceutique, Dragéification et enrobages, Société des EditionsPharmaceutiques et Scientifiques, Paris, 1952, 111- 135 Pilules au montage à la turbine Moyen de faire des noyaux de pilules directement à la turbine avec un bon résultat de titrage. 1° Faire des granules de 2 centgr.sur un granulateur 2°Se servir d’une graine quelconque. La graine moutarde blanche convient le mieux par sa rondeur, la grise aussi, mais il faut la faire gonfler dans de l’eau pour sortir le principe actif et la neutraliser. Les petites graines sont grossies à la turbine jusqu’à 2 centigr (avec poudre de réglisse). Pour l’emploi, prendre exactement le nombre de granules qui doivent terminer les pilules titrées. Ce mode d’emploi ne peut se pratiquer que sur des produits actifs sous forme de poudres. 41
  • 42. Disponible en ligne: Histoire des comprimés pharmaceutiques en France, des origines au début du XX siècle, https:// hal.archives-ouvertes.fr/hal-00787009 Les comprimés enrobés à sec / Dry Coating, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01526234 Les comprimés multicouches, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01490871 Les comprimés effervescents, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01634235 Les comprimés disparus : les triturés et les comprimés hypodermiques, https://hal.archives- ouvertes.fr/hal-01526236 La fabrication industrielle des comprimés en France : 1°partie, des origines à 1945, https:// hal.archives-ouvertes.fr/hal-01490873 La fabrication industrielle des comprimés en France : 2° partie, 1945-1970, https://hal.archives- ouvertes.fr/hal-01526224 Un siècle de machines à fabriquer les comprimés (1843-1950) ; Fascicule n°1 , dispositifs manuels et machines semi automatiques, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01490880 Un siècle de machines à fabriquer les comprimés (1843-1950) ; Fascicule 2, machines à comprimer alternative, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01645066 Un siècle de machines à fabriquer les comprimés (1843-1950) ; Fascicule 3, machines à comprimer rotative, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01688890 William Brockedon , Biographie https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01645071 La fabrication industrielle des pilules , https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01526227 La fabrication industrielle des capsules molles, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01526232 La fabrication industrielle des gélules, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01490875 Histoire de la fabrication industrielle des pommades, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01526223 Histoire de la fabrication des suppositoires, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01645057 Histoire de la fabrication des saccharures granulés, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01490877 La fabrication industrielle des cachets pharmaceutiques, https://hal.archives-ouvertes.fr/ hal-01526230 La production industrielle des pastilles, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00957139 Histoire de la dragéification et du pelliculage pharmaceutique, https://hal.archives-ouvertes.fr/ hal-01634427 La confiserie pharmaceutique, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01526222 Les origines de la fabrication des antibiotiques en France, https://hal.archives-ouvertes.fr/ hal-01645066 Pierre Broch (1909-1985) et la pénicilline, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01645062 42
  • 43. Les premières machines pour la production des produits pharmaceutiques en France, https:// hal.archives-ouvertes.fr/hal-01645061 Catalogue Frogerais 1920, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01490867 Henri Wierzbinski : le pionnier français des machines de conditionnement, https://hal.archives- ouvertes.fr/hal-01526220 A.Savy Jeanjean , constructeurs de machines pour les industries alimentaires, pharmaceutiques et chimiques, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01645063 L’Aspirine en France : un affrontement franco-allemand, https://hal.archives-ouvertes.fr/ hal-00848459 Les façonniers pharmaceutiques : la première génération (1920-1970), https://hal.archives- ouvertes.fr/hal-01645052 La fabrication des formes sèches aux Etats Unis après la Seconde Guerre mondiale, https:// hal.archives-ouvertes.fr/hal-01526228 Les ampoules pharmaceutiques, Histoire de la fabrication industrielle, https://hal.archives- ouvertes.fr/hal-01767700 43