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Trombinoscope "Chercheurs d’humanité"
Penseurs et acteurs
de l’écologie et de l’altercroissance
2 - de 1910 à 1935
Étienne Godinot 29.11.2023
Bernard Charbonneau
(1910-1996), penseur français. Étudie l’histoire et la géographie à
l’Université de Bordeaux jusqu’à l’agrégation (1935). Désireux de vivre à
la campagne, se fait nommer dans une petite école normale d'instituteurs
des Pyrénées, à Lescar (près de Pau), où il reste jusqu'à sa retraite.
Mène une vie spartiate à proximité des gaves de Pau puis d'Oloron.
Marqué par le personnalisme d’Emmanuel Mounier.
Auteur d'une vingtaine de livres et de nombreux articles, parus
notamment dans La Gueule ouverte, Foi et vie et Combat Nature. Un
des critiques les plus précoces du dogme de la croissance technique et
économique indéfinie.
Grand ami de Jacques Ellul, anticipe le risque de quelque chose
de pire que le totalitarisme politique : une totalisation sociale, rendue
inévitable par l'accélération du progrès technique. Met en exergue les
problèmes et questions de la technocratisation de la vie sociale et
politique, de la nature, ainsi que ceux des propagandes et des médias,
de la transformation de la culture en industrie du spectacle et en
consommation, de la liquidation de l'agriculture paysanne.
« Malgré les prisons et les massacres, communisme, libéralisme
et fascisme ont au fond le même argument dernier, mesurable en francs,
en tonnes et en hectolitres : la production. »
Pierre Dansereau
(1911-2011), écologiste et universitaire québécois. Abandonne des
études de droit, préfère ses activités de botaniste amateur. Voyages,
études d’agronomie, docteur en taxonomie végétale à l’université de
Genève. Enseigne l'écologie à l'Université de Montréal, y fonde et dirige
le ‘Service de biogéographie du Québec’. Professeur invité dans les
universités brésiliennes, continue sa carrière entre les États-Unis et le
Canada : Michigan, Montréal, Columbia, Montréal. Publie Biogeography :
An Ecological Perspective, entame ses recherches sur l'écologie
urbaine.
Directeur du programme du ‘Centre de recherche en sciences de
l'environnement (CERSE), dirige une des premières grandes études
d'impacts environnementaux dans le cadre du projet de construction de
l'aéroport de Mirabel, un projet hâtif qui s'avère un "désastre écologique".
En 2001, fait l'objet du documentaire Quelques raisons d'espérer.
Reconnu pour ses recherches sur les écosystèmes et comme
l'un des pionniers de l'interdisciplinarité en écologie. Part des sciences
naturelles (taxonomie végétale, écologie naturelle, biosystématique et
biogéographie), emprunte ensuite aux sciences sociales (écologie
humaine, écodéveloppement, sociologie de l’environnement et écosocio-
logie) et couronne le tout par l’éthique, l’éducation, les arts, les
humanités et l’écodécision.
Arne Naess
(1912-2009), philosophe norvégien, professeur à l’université
d’Oslo. Résistant puis militant de la paix. Fondateur de la revue
Inquiry, revue interdisciplinaire de philosophie et de recherches en
sciences sociales,
Fondateur du mouvement de l’écologie profonde (deep
écology). Cette approche* rompt avec une vision anthropocentrique
de l’écologie et critique non seulement les conséquences de notre
modèle de société (pollution, épuisement des ressources, etc.), mais
les valeurs au fondement même de ce type de société.
Affirme que la technologie ne peut pas résoudre seule les
problèmes environnementaux, mais seulement les déplacer. Il faut
aussi un changement dans les consciences, les représentations du
monde et les comportements.
S'engage dans l'action directe non-violente contre un barrage,
milite à Greenpeace et chez les Verts.
* déformée et caricaturée notamment par Luc Ferry dans son essai Le nouvel
ordre écologique (1992)
David Brower
(1912-2000), écologiste états-unien. Rédacteur en chef de l'University
of California Press à Berkeley, mais passionné par le sport de l'alpinisme et
les grands sommets, s'oriente et s'investit définitivement pour la protection
de l'environnement de la nature.
Rejoint le Sierra Club en 1933 (le nombre d'adhérents sous son
mandat passe de 7 000 à 70 000). L’une de ses grandes batailles est
d’empêcher la construction d’un barrage sur le Grand Canyon du Colorado.
Contribué au vote d'une loi sur la conservation de la nature (Wilderness
Act, 1964).
Fondateur de nombreuses organisations environnementales. Parmi
celles-ci, le ‘Sierra Club Fondation’, le John Muir Institute for Environmental
Studies, l'ONG Friends of the Earth en 1969 (‘Les amis de la Terre’,
aujourd’hui présents dans 70 pays), la ‘League of Conservation Voters, le
‘Earth Island Institute’ (1982), le North Cascades Conservation Council
visant à protéger et préserver les valeurs paysagères, scientifiques,
éducationnelles et de naturalité, et le Fate of the Earth Conferences,
administrateur du Nativ Forest Council.
Nominé à trois reprises pour le prix Nobel de la paix.
../..
David Brower
« Prenons les six journées de la Genèse comme image pour
présenter ce qui, en fait, s'est passé en quatre milliards d'années.
Notre planète est née le lundi à zéro heure. Lundi, mardi et
mercredi jusqu'à midi, la Terre se forme. La vie commence mercredi à
midi et se développe dans toute sa beauté organique pendant les
quatre jours suivants. Dimanche à 4h de l'après-midi seulement, les
grands reptiles apparaissent. Cinq heures plus tard, à 9h du soir,
lorsque les séquoias sortent de terre, les grands reptiles disparaissent.
L'homme n'apparaît qu'à minuit moins trois minutes, dimanche
soir. À un quart de seconde avant minuit, commence la révolution
industrielle.
Il est maintenant minuit, dimanche soir, et nous sommes
entourés de gens qui croient que ce qu'ils font depuis un quarantième
de seconde peut continuer indéfiniment.»
Jacques Ellul
(1912-1994), professeur de droit à Montpellier puis à Bordeaux,
sociologue français, Résistant, théologien protestant, auteur de 48
ouvrages.
Affirme dès 1935 que la croissance économique n’est pas
synonyme de développement humain.
Développe les idées suivantes:
- La société moderne sa caractérise par le gigantisme : la concentration
de la production, de la population, de l’État, du capital.
- La technique n’est plus un moyen destiné à une fin, mais un
phénomène autonome qui échappe de plus en plus au contrôle de
l’homme :
- La sacralisation de la technologie repose sur une idéologie et un “bluff
technologique”.
«J’ai montré sans cesse la technique comme étant autonome, je
n’ai jamais dit qu’elle ne pouvait être maîtrisée.»
« Exister, c’est résister. »
Masanobu Fukuoka
(1913-2008), agriculteur japonais. Microbiologiste, spécialiste en
phytopathologie, travaille au Bureau des Douanes de Yokohama, à la
‘Division de l'Inspection des Plantes’.
Doute des progrès apportés par l'agriculture scientifique
(dépendante du travail de la terre, des engrais et des pesticides
chimiques), et démissionne de son poste.
À partir de 1938, pratique et expérimente de nouvelles techniques
sur les vergers d'agrumes biologiques et utilise les observations acquises
pour développer l'idée de "l'agriculture naturelle" inspirée de ses racines
culturelles zen, taoïste, shinto, bouddhiste, dans le sens d'une unification
spirituelle entre l’homme et la nature.
À partir des années 1980, mondialement reconnu, multiplie les
conférences et les rencontres internationales. Sa ferme devient un lieu
d'échange sur ses pratiques pour les experts venus du monde entier.
« Répandre de la paille (...) est le fondement de ma méthode pour
faire pousser le riz et les céréales d'hiver. C'est en relation avec tout,
avec la fertilité, la germination, les mauvaises herbes, la protection contre
les moineaux, l'irrigation. »
Michel Jeanson
(1913-2013), agriculteur et ornithologue français. Études à l'Institut
Supérieur d’Agriculture de Beauvais (ISAB). Héritier d’un domaine de 900
ha où sa famille d’industriels chassait les lapins dans la baie de Somme,
réoriente le domaine vers l'agriculture, plante des artichauts, endives et
des carottes, puis après 1947 des tulipes et des jacinthes, crée un polder
de 200 ha avec ses ouvriers hollandais.
Dans les années 1970, reconvertit le polder en parc ornithologique.
Le déclic lui vient du chanoine Charles Martin (1912-1989), d'Amiens, un
naturaliste passionné avec qui il a appris à baguer les oiseaux, et du
comte Léon Lippens (1911-1986), un homme d'affaires belge créateur de
la réserve naturelle du Zwin à Knokke (qui accueillait déjà 300 000
visiteurs par an), lui-même inspiré de la réserve naturelle de Slimbridge
créée en 1946 en Angleterre par Peter Scott (1909-1989).
Le ‘Parc du Marquenterre’ ouvre ses portes au public en juillet 1973,
est vendu ensuite en 1986 au ‘Conservatoire du Littoral’. 13 postes
d’observation permettent aux visiteurs d’admirer les
oiseaux.
Images : Michel Jeanson, Charles Martin, Léon Lippens, Peter Scott
Avocette, oiseau emblématique du parc du Marquenterre
Robert Hart
Robert Adrian de Jauralde Hart (1913-2000), agronome anglais.
Études à la Westminster School. Employé à l'agence de presse Reuters
en charge de courriers indiens, compile des résumés d'articles hebdo-
madaires du Mahatma Gandhi, dont il adopte la philosophie de non-
violence. Producteur laitier à Norfolk et Somerset, puis agriculteur dans
le Shropshire à Wenlock Edge. Pionnier des jardins-forêts en climat
tempéré.
Pendant des décennies, mène une bataille pour la vie, écrivant
patiemment des livres et des articles et plantant des arbres sur sa petite
ferme. Inspiré par un article de James Sholto Douglas, lui-même inspiré
par le travail de Toyohiko Kagawa, créé un magnifique jardin forestier de
5 000 m2 qui aura profonde influence sur la façon dont les gens cultivent
leurs terres. C‘est un jardin dédié aux besoins humains en fruits, noix,
légumes et plantes médicinales, mais aussi une célébration de la
myriade d'interactions de la vie, basée sur des observations profondes, à
la fois intuitives et scientifiques, sur la manière dont les différentes
formes de vie interagissent pour se stimuler et se soutenir mutuellement.
Le jardinage forestier est une façon de travailler avec la nature
qui est non seulement productive et nécessite un minimum d'entretien,
mais apporte de grands avantages environnementaux.
Haroun Tazieff
(1914-1998), né à Varsovie d’un père tatar et d’une mère russe,
naturalisé belge puis français. Ingénieur agronome, ingénieur géologue,
ingénieur des mines, volcanologue et écrivain. Grand sportif, Résistant
pendant la 2ème Guerre Mondiale.
Père de la volcanologie contemporaine : expéditions, livres, films,
conférences et émissions de télévision.
Chargé de la prévention des risques naturels et technologiques
majeurs par le Président Mitterrand en 1981. Corédacteur du rapport
Maîtriser l'énergie, qui aboutira à la création de l‘’Agence Française pour
la Maîtrise de l’Énergie’ (AFME) dès 1982.
Dénonçant les excès de l'écologie politique au détriment d'une
étude sérieuse de l'écologie et déçu par la politique politicienne, retourne
à ses recherches.
Milite ardemment contre le nucléaire et pour la géothermie. Un
des premiers à défendre l'environnement avec J.-Y Cousteau, A.
Bombard et P.-E. Victor, mais ne croit pas à la détérioration de la couche
d'ozone, ni à l'effet de serre.
Jule Charney
(1917-1981), météorologue étatsunien. Parents membres de la
communauté juive d'origine russe. Diplômé et professeur de mathémati-
ques à la Californy University à Los Angeles. Chercheur à l'Institute for
Advanced Study puis au Massachusets Institute of Technology.
Développe les équations du tourbillon quasi-géostrophique qui
servent à la modélisation des mouvements à grande échelle de l'atmos-
phère. Propose une explication physique convaincante du développe-
ment des cyclones extratropicaux (dépressions des latitudes moyennes)
grâce à l'instabilité baroclinique (: ‘modèle de Princeton’). Joue un rôle
majeur dans le développement de la prévision météorologique. Dans le
Global Atmospheric Research Program (GARP), s'intéresse à la chimie
de l'atmosphère, coordonne les études sur l'impact des émissions de
CO2 dans l'atmosphère.
Son rapport - dit ‘rapport Charney’ - sur le lien entre les émissions
de CO2 et le climat, qu’il coordonne et remet en 1979 au Président
Jimmy Carter, annonce les futurs travaux du GIEC* sur le sujet. La
sensibilité du climat à un doublement du CO2 atmosphérique est la
même en 1979 qu'aujourd'hui : entre 1,5 °C et 4,5 °C d'augmentation de
la température moyenne de la basse atmosphère.
Le ‘rapport Charney’
« Nous avons la preuve irréfutable que l'atmosphère change et
que nous contribuons à ce changement. Les concentrations atmos-
phériques de dioxyde de carbone augmentent continûment, ce qui est
lié à la combustion des ressources fossiles et à l'utilisation des sols.
Puisque le dioxyde de carbone joue un rôle significatif dans l'équilibre
thermique de l'atmosphère, il est raisonnable de penser que son
augmentation continue affectera le climat. »
Bert Bolin (1925-2007, photo du haut), membre de l’équipe
auteure du ‘rapport Charney’, cofonde, 9 ans tard, en 1988, l’ Intergo-
vernmental Panel on Climate Change (IPCC) ou ‘Groupe international
d’études sur le climat’ (GIEC) et en est le premier président.
Mais "le plus important", selon Raymond Pierrehumbert (né en
1954, professeur de géosciences de l'université de Chicago puis à
Oxford, photo du bas), est que la science de la fin des années 1970 avait
déjà anticipé que les premiers effets du réchauffement mettraient des
décennies à être décelables. « Les décideurs politiques ont du mal à
tenir compte des prévisions, ils ne réagissent qu'à ce qu'ils voient se
produire (...), pas à ce qui est prévu ».
Barry Commoner
(1917-2012), biologiste états-unien, professeur de physiologie
des plantes pendant 34 ans à l'Université Washington.
À la fin des années 1950, suite à ses travaux sur la présence de
strontium-90 radioactif dans les dents de lait des enfants, s'engage
dans la lutte contre les essais nucléaires.
Établit ses quatre lois de l'écologie :
1- Chaque chose est connectée aux autres. Il y a une seule
écosphère pour tous les organismes vivants et ce qui affecte l'un
affecte tous les autres.
2 - Chaque chose va quelque part. Il n'y a pas de déchets dans
la nature, et il n'y a pas un ailleurs où l'on puisse jeter les choses.
3.- La nature sait. Le genre humain a développé la technologie
pour améliorer la nature, mais un tel changement tend à être nocif pour
le système.
4 - Dans la nature, pour chaque gain il y a un coût, et toutes les
dettes seront payées.
Edgar Pisani
(1918-2016), Français, Résistant, plus jeune sous-préfet de
France en 1944.
Gaulliste de gauche, ministre de l’Agriculture, joue un grand rôle
dans la définition de la politique agricole commune de la CEE.
Constate à la fin de sa vie les impasses de l’agriculture
industrielle à base de produits chimiques et les conséquences
dramatiques pour les pays non industrialisés de la libre circulation des
denrées agricoles et alimentaires.
« J'ai été, quant à moi, productiviste… hier. Ce qui se passe,
aujourd'hui, m'inspire plus d'inquiétude que d'espoir. À vouloir forcer la
terre, nous prenons, en effet, le risque de la voir se dérober. À vouloir
mondialiser le marché, nous faisons fi du besoin que tous les peuples
ont de vivre à leur manière du travail de leurs terres. À industrialiser le
travail agricole, nous chassons des paysans dont les villes et les usines
ne savent plus que faire.
L’agriculture industrielle ne peut nourrir le monde (…) La PAC
doit être supprimée ».
Jean Nolle
(1918-1993), ingénieur-technicien français. Au sein de diverses
organisations internationales, fait le constat lors de ses missions dans les
pays du Sud que les projets de développement et les outils proposés ne
sont aucunement adaptés aux populations locales
Afin de contourner ces difficultés et contradictions, met au point le
‘Machinisme Agricole Moderne à Traction Animale’ (MAMATA). C’est un
ensemble d'outils, simples, complémentaires, polyvalents, auto-
constructibles et réparables soi-même : à partir d'un porte-outils, il est
possible de fixer divers outils spécifiques. Ces outils sont donc plus légers,
moins coûteux et polyvalents. Promeut la réhabilitation et la promotion de
la traction animale comme moyen moderne d'autonomisation des
paysans.
Un des buts principaux qu’il poursuit est de libérer la petite
paysannerie de l'emprise de la sphère marchande et des industriels.
En ce sens, sa démarche s'inscrit dans un processus plus global de
réappropriation des savoir-faire, des moyens de production et des
conditions de vie.
En 1991, avec quelques agriculteurs, fonde à Rimont (Ariège)
l'association PROMMATA, (‘Promotion d'un Machinisme Moderne Agricole
à Traction Animale’)
Mohamed Sidina
Cheikh Mohamed Lemine Ould Sidina (1918-2003),
maître spirituel et écologiste mauritanien. 14 ans d’études
dans les écoles religieuses musulmanes. Membre de la confrérie soufie Tijaniya qui
prône la progression spirituelle et les vertus de tolérance, fraternité et entraide. Ex-maire
et sénateur de la Moughtaa d’Aoujeft.
Fonde en 1975 le village communautaire de Maaden El Ervane ("mine de connais-
sance"), près d’Atar, chef lieu de l’Adrar : population composée de Maures issus de
diverses tribus et de nombreux hommes originaires du sud, souvent anciens esclaves
affranchis. Le projet est soutenu par Pierre Rabhi et Maurice Freund en 2017.
L’économie repose sur une palmeraie créée ex nihilo qui produit me-
lons, tomates, et surtout dattes fin. L’hiver, une importante production
de carottes est vendue jusque sur les marchés de Nouakchott à 600
km. Village modèle d’agro-écologie pour la Mauritanie et toute l’Afrique
saharienne : compostage, fumure naturelle, récupération d’eau,
reboisement anti-érosif, coopérative de tissage et de fabrication de
poudre de henné, mais aussi utilisation du téléphone mobile.
Éducation, économie, habitat, gouvernance et santé sont asso-
ciés avec le souci des êtres et de la nature.
James Lovelock
(1919-2022), penseur britannique, scientifique et environnemen-
taliste indépendant, spécialiste des sciences de l'atmosphère. Diplômé
en chimie de l’université de Manchester. Travaille au Medical Research
Council de Londres. Ingénieur très habile et inventif, met au point en
1957 le détecteur à capture d’électrons (ECD), un outil capable de
détecter des seuils de pollution jusque-là inquantifiables. Docteur en
médecine, professeur de chimie, consultant.
Dans un article en 1972, expose sa théorie scientifique selon
laquelle la composition de l'atmosphère terrestre est régulée par les
êtres vivants, notamment les bactéries.
Ses articles publiés en 1974, en collaboration avec la micro-
biologiste états-unienne Lynn Margulis (1938-2011, photo du bas), expo-
sent l'hypothèse Gaïa : « un système physiologique dynamique qui
inclut la biosphère et maintient notre planète depuis plus de trois
milliards d'années en harmonie avec la vie. »
Celle-ci est accueillie avec beaucoup d'indifférence et suscite
encore de nombreux débats.
La Geological Society of London lui décerne la médaille
Wollaston en 2006 pour la "création d'un champ d'études entièrement
nouveau en sciences de la terre", la science du système Terre.
../..
James Lovelock
Gaïa est le nom de la déesse identifiée à la Déesse mère dans
la théogonie du poète grec Hésiode au 8ème siècle avant J.-C.
L’hypothèse Gaïa avait déjà été évoquée par Johannes Kepler
(1571-1630), selon qui la totalité de la matière terrestre vivante sur
Terre (ou sur toute planète sur laquelle la vie s'est développée)
fonctionne comme un vaste organisme possédant une autorégulation
qui adapte en permanence la planète à ses besoins.
Lovelock est membre de l'Association des Écologistes Pour le
Nucléaire (AEPN), car il estime que cette industrie est bien moins
dangereuse pour Gaïa que l'usage des combustibles fossiles et que
les craintes qui entourent l'industrie nucléaire sont irrationnelles.
Pour le philosophe des sciences Bruno Latour, « la proposition
théorique de Lovelock a la même importance dans l’histoire de la
connaissance humaine que celle de Galilée ». Ce qui n’a pas
empêché Lovelock de défendre les CFC, l’insecticide DDT, le gaz de
schiste ou l’énergie nucléaire — ses liens professionnels avec les
industriels expliquent largement ses positions publiques.
Images : - Buste considéré comme celui Hésiode (copie romaine d’un original grec)
- Johannes Kepler
Fanny Deschamps
née Chapel (1920-2000), écrivaine française. Issue d'une lignée
de compagnons du tour de France, maçons, ébénistes et tapissiers,
travaille dans le textile comme chef des achats de coton. À 39 ans,
après un accident de montagne et 2 mois d'hospitalisation, décide de
changer de métier. Devient journaliste, grand reporter à L’Express, au
Nouvel Observateur, à France-soir, à Elle, et enfin au Point.
En 1973, fait "le tour de France des pollués", observe les rivières
contaminées, les pins squelettiques, les plages noires de pétrole,
écoute les rebelles et les résignés, interroge paysans, maires, citadins,
médecins, écologistes, scientifiques et publie Vous n’allez pas avaler
ça !, "un livre passionné et documenté, un livre de colère et de raison".
Aborde les questions de la pollution, de l’expansion démographi-
que, de l’épuisement des ressources, de la faim, de l’énergie nucléaire,
de la bombe atomique et de la course aux armements, de la publicité.
Devant l’étendue du désastre, donne des orientations : s’informer,
mieux acheter, militer.
« La publicité n’informe pas, elle intoxique, c’est son rôle et sa
puissance. Or justement, la plupart des écologistes sont au moins
d’accord sur un point : peu de temps leur reste pour nous convaincre
de sauver la Terre. »
Françoise d'Eaubonne
Françoise Piston d'Eaubonne, (1920-2005), femme de lettres fran-
çaise, romancière, philosophe, essayiste et biographe, militante féministe
libertaire et éco-féministe. Études à la faculté de Lettres et aux Beaux-Arts
de Toulouse, Résistante face au nazisme.
Engagée de 1960 à 1990 contre la guerre d'Algérie (signe le ‘Man-
ifeste des 121’, aussi appelé ‘Déclaration sur le droit à l’insoumission dans
la guerre d’Algérie’), fondatrice du ‘Mouvement de libération des femmes’
(MLF), puis du ‘Front homosexuel d’action révolutionnaire’ (Fhar), signa-
taire du ‘Manifeste des 343’ pour le droit à l'avortement) et engagée contre
la peine de mort.
Crée le mot écoféminisme, qu'elle définit comme un nouvel humanis-
me dont l'objectif n'est pas la prise de pouvoir par les femmes, mais « la
gestion égalitaire d'un monde à renaître. »
En postulant que la même matrice idéologique a conduit à la
domination des hommes sur les femmes et au saccage de la nature,
dénonce non seulement l’organisation sexiste de la société, mais surtout lui
impute la responsabilité de la destruction de l’environnement.
Ses essais n’ont eu un impact que très limité en France.
Mostafa Tolba
(1922-2016), scientifique égyptien, spécialiste de phytopatho-
logie. Doctorat à l‘Imperial College de Londres, crée une école de
microbiologie à l'Université du Caire, enseigne à l'université de
Bagdad.
Pendant 17 ans (1975-1992) Directeur exécutif du ‘Programme
des Nations Unies pour l'environnement’ (PNUE). Joue un rôle central
dans la lutte contre l'appauvrissement de la couche d'ozone , qui
aboutit à la Convention de Vienne (1985) et au Protocole de Montréal
(1987). Persuade les diplomates, industriels et militants environne-
mentalistes de venir à la table des négociations.
La convention met en place un dispositif institutionnel visant à
encourager la recherche, la coopération et l'échange d'informations
entre les États . Elle prévoit la réunion régulière des Parties pour
aboutir à des dispositions contraignantes sous forme de protocoles et
d'amendements si l'état d'avancement des connaissances scientifi-
ques le justifie.
Cocréateur et organisateur du ‘Groupe Intergouvernemental
sur le Changement Climatique’ (GIEC).
Cornelius Castoriadis
(1922-1997), philosophe, économiste et psychanalyste français
d’origine grecque. Artisan avec Claude Lefort de la première critique de
gauche du marxisme vers la fin des années 1940, notamment à travers le
groupe et la revue Socialisme ou barbarie (1949-1965)
Dénonce le conformisme généralisé et le délabrement intellectuel
de la société. Veut construire une "démocratie radicale" instaurant l’égalité
politique entre les citoyens.
Selon lui, l’écologie n’est pas seulement la défense de l’environne-
ment, mais la capacité de vivre et de décider ensemble, de reprendre le
pouvoir par rapport à des désirs qui nous sont imposés par un système.
Le développement de l’autonomie par la démocratie ne se conçoit
pas sans une autolimitation issue de la délibération et de la décision
collective.
La réalisation d’une société de décroissance implique de
décoloniser notre imaginaire.
../..
Cornelius Castoriadis
« Une société montre son degré de civilisation dans sa
capacité à s’autolimiter. »
« Nous sommes à un croisement de chemins de l’histoire .
Un chemin apparaît d’ores et déjà clairement tracé. C’est le
chemin de la perte du sens, de la répétition de formes vides, du
conformisme, de l’apathie, de l’irresponsabilité et du cynisme. (…)
L’autre chemin devrait être ouvert pas un réveil social et
politique, une renaissance du projet d’autonomie individuelle et
collective, c’est-à-dire la volonté de liberté. »
Luc Hoffmann
Hans Lukas Hoffmann, dit Luc Hoffmann (1923-2016), ornithologue,
défenseur de l’environnement et philanthrope suisse. Docteur en biologie.
De 1953 à 1996, membre du C.A. de la société pharmaceutique
‘Hoffmann-La Roche’ créée par sa famille. Utilise sa fortune pour doter la
‘Fondation MAVA’ qui finance des projets de préservation de la nature
dans le monde entier.
Cofondateur en 1961 du World Wildlife Fund (WWF- ‘Fonds mondial
pour la nature’). Aide à élaborer la Convention de Ramsar pour la
protection des zones humides (1971). L'idée est née en 1962, lors d'une
conférence organisée par lui aux Saintes-Maries-de-la-Mer.
Crée le centre de recherche de la Tour du Valat* en Camargue. Auteur
de plus de 60 livres, consacrés pour la plupart à l’ornithologie.
Apporte des contributions importantes à la préservation de la nature au lac
de Neusiedler en Autriche, au Parc national Hortobagy en Hongrie, dans la
région de Prespa qui chevauche la Grèce, l’Albanie et la Macédoine, ainsi
qu’au Parc national du Banc d’Arguin en Mauritanie.
* La station a formé des générations d’écologistes, parmi lesquels John Krebs. Plus de 60
doctorats ont été décernés pour des recherches menées à la Tour du Valat par des étudiants de
France, d’Allemagne, de Suisse, d’Italie, du Canada et du Royaume-Uni.
André Gorz
Gérard Horst (1923-2007), né en Autriche, philosophe et
journaliste français. Cofondateur avec Jean Daniel en 1964 du Nouvel
Observateur, sous l’autre pseudonyme de Michel Bosquet.
Devient dans les années 1970 l'un des principaux théoriciens
de l'écologie politique et de la décroissance, terme dont la paternité lui
revient. Rejette la logique capitaliste d’accumulation de matières
premières, d’énergies et de travail, critique de la société de
consommation, l’individualisme hédoniste et utilitariste, appelle à
repenser le travail.
Considère la sobriété, également appelée simplicité volontaire,
comme une nécessité pour lutter contre la misère. En assurant à
chacun l'accès à l'énergie qui lui est nécessaire, le principe de
sobriété énergétique empêche les surconsommations injustes et
polluantes.
« La décroissance est un impératif de survie. Mais elle suppose
une autre économie, un autre style de vie, d’autres rapports sociaux,
une autre civilisation »
Alain Bombard
(1924-2005), médecin et biologiste français. En 1952, devient
chercheur à l'Institut océanographique de Monaco et se passionne pour
les conditions de survie des naufragés.
Après une traversée en solitaire de 65 jours sur un canot
pneumatique, L’Hérétique, démontre en 1952 qu'on peut traverser
l’océan sur 6 000 km se nourrissant simplement de plancton, de jus de
poisson et d’eau de mer. Dans son livre Naufragé Volontaire, explique
que les naufragés meurent de désespoir et de terreur, et non de faim et
de soif.
Entré en 1974 au ‘Parti socialiste’, siège en mai 1981, comme
secrétaire d'État auprès du ministre de l'Environnement. Quitte le
gouvernement à la suite de sa déclaration sur la chasse à courre qu'il
souhaite abolir.
Délégué national à la mer du PS, conseiller du Premier secrétaire
pour les questions d’écologie, Député européen et membre du ‘Haut
Comité de l’Environnement’.
« La foi en la vie et l'obstination de l'homme font reculer le visage
de la mort ».
Jean Dorst
(1924-2001), ornithologue français. Étudie la biologie et la
paléontologie à la faculté des sciences de l'université de Paris. En
1947, rejoint le ‘Muséum national d'histoire naturelle’, à la direction du
département des mammifères et oiseaux. Directeur du Muséum en
1975. Membre du ‘Conseil national de la protection de la nature’.
Peu écouté et même raillé dans les milieux politiques,
économiques et syndicaux, réticents à imaginer que la période des
"trente glorieuses" pourrait ne pas se prolonger indéfiniment et laisser
derrière elle des conséquences coûteuses pour les générations futures.
Militant au sein de l'ONG ‘Les Amis de la Terre’ et de la ‘Ligue pour la
protection des oiseaux (LPO)’.
« L’homme a imprudemment joué à l’apprenti sorcier et mis en
marche des processus dont il n’est plus le maître. En dépit de la foi que
professent la plupart de nos contemporains en une civilisation
mécanique, l’homme continue de dépendre étroitement des ressources
renouvelables et avant tout de la productivité primaire, la photosyn-
thèse en étant le stade premier. L’homme peut se passer de tout, sauf
de manger. L’homme doit respecter un certain équilibre et se soumettre
à certaines lois écologiques qui font véritablement partie de la constitu-
tion de la matière vivante elle-même. »
Howard Thomas Odum
(1924-2002), écologue et ornithologue états-unien. Études de biolo-
gie à Chapel Hill (université de Caroline du Nord). Thèse de zoologie à
l‘université de Yale, intitulée La biogéochimie du strontium : avec discus-
sion sur l'intégration écologique des éléments. Ceci le conduit dans le
domaine émergent de l'écologie des systèmes. Fait une analyse
météorologique de la circulation mondiale du strontium et anticipe à la fin
des années 1940 la vision de la Terre comme un grand écosystème.
Directeur du Marine Institute de l'Université du Texas, puis enseigne
au Département des sciences de l'ingénierie de l'environnement de
l’Université de Floride, fonde et dirige le Center for Environmental Policy,
puis l’University's Center for Wetlands en 1973. Travaille sur le recyclage
des eaux usées traitées en cyprès les marais : un des premiers projets à
d'utilisation des zones humides comme écosystèmes d'amélioration de la
qualité de l'eau.
Laisse un héritage important dans de nombreux domaines associés à
l'écologie, aux systèmes et à l'énergie : économie écologique, écologie
estuarienne, écologie des écosystèmes tropicaux, théorie générale des
systèmes, modélisation des flux d'énergie des écosystèmes, radio-écologie
(effets des rayonnements sur la forêt tropicale humide, sur les récifs
coralliens et l'écologie des océans), etc.
Majid Rahnema
(1924-2015), Franco-iranien né à Téhéran, diplomate et ancien
ministre, représente l’Iran à l’ONU de 1957 à 1971.
En 1971, crée un ‘Institut d'Études du Développement
Endogène’, inspiré par les idées éducatives de Paulo Freire, pour
entamer un projet de développement de base avec les paysans de
Lorestan, une province d’Iran.
Travaille sur les questions de pauvreté et les processus de
production de la misère par l’économie de marché. Ami d'Ivan Illich et
de Rajagopal PV, participe aux réflexions sur le développement.
Affirme que la misère (impossibilité d’accéder à des moyens de
subsistance) chasse aujourd’hui la pauvreté (mode de vie basé sur la
sobriété). Le soi-disant « développement » a été en fait une politique
de suppression des anciens savoirs et réseaux de subsistance.
« Le principe de suffisance - Assez, mais jamais trop - doit
prendre la relève de l’idéologie du Toujours plus. »
Serge Moscovici
Srul Herş Moscovici (1925-2014), né en Roumanie, tourneur-
fraiseur puis psychologue, réfugié en France en 1947. Fondateur de
la psychologie sociale européenne, directeur d’études à l’’École des
Hautes Études en Sciences Sociales’ de Paris, professeur invité à
New-York, Genève, Louvain, Cambridge, Princeton, Stanford, etc.
Pionnier de l’écologie politique en France, compagnon de
route de René Dumont puis de Brice Lalonde. Un des fondateurs de
‘Génération Écologie’.
Rappelle que la nature est aussi l’œuvre des humains et
que nous avons de plus en plus de responsabilité envers elle : elle
est bel et bien historique.
Met en avant le rôle des minorités actives dans le
changement nécessaire. Recommande la prise en charge par les
écologistes des questions quotidiennes de mode de vie et leur
investissement politique local qui permet ces expérimentations.
« Comment les individus sont-ils entraînés par les processus
de masse, et pourquoi leurs capacités de résistance sont-elles aussi
faibles ? »
Frederic Vester
(1925-2003), biochimiste allemand, chercheur en systèmes,
expert en environnement, professeur d'université et auteur de vulgarisa-
tion scientifique. Étudie la chimie à Mayence, Paris et Hambourg, Yale et
et Cambridge. Travaille aux universités de Sarrebrück, de Munich puis
de St Gallen (Suisse). En 1970, fonde la SàRL Frederic Vester
Studiengruppe für Biologie und Umwelt GmbH (‘Groupe d’étude F.V. en
biologie et environnement’).
Pionnier de la pensée en réseau, de la combinaison d'idées
cybernétiques et systémiques et de la complexité. Les simulations de
réseaux systémiques peuvent aider à décider des effets à long terme de
mesures singulières. Son logiciel ‘modèle de sensibilité’ est utilisé depuis
les années 1980 dans des études menées par Ford, l'UNESCO et
d'autres organisations.
Ses idées contribuent à la formation du mouvement environnemen-
tal et du Parti vert en Allemagne. Membre du Club de Rome.
« La pensée linéaire est caractérisée par le fait que les actions qui
ont conduit au succès dans le passé sont toujours répétées, même si
elles ne mènent plus au succès, même si elles conduisent au désastre. »
David Pimentel
(1925-2019), universitaire états-unien. Professeur d'écologie des
insectes et des sciences agricoles au ‘Département d'entomologie’ et à
la ‘Section d'écologie et de systématique’ de la Cornell University.
Spécialiste de l’érosion des terres arables : partout, les terres
s’épuisent, et risquent de ne plus pouvoir nourrir l’humanité. En cause,
l’érosion des sols, liée aux productions intensives, le déclin de la
biodiversité ou des vers de terre, accéléré par l’usage massif de la
chimie, la progression inexorable du béton des villes et des routes.
0,5 % des terres cultivables disparaissent tous les ans, l’équivalent d’un
cinquième du territoire français.
L’érosion provoque une insuffisance en nutriments de base (nitrogène,
phosphore, potassium, calcium), essentiels pour la production agricole. Davantage
présents en surface, ils partent avec les eaux de ruissellement. C’est en Asie, en
Afrique et en Amérique du Sud, que l’érosion frappe le plus fort : une perte de 30 à
40 tonnes de terreau par hectare par an. Environ 17 tonnes par an en Europe et
aux États-Unis. Sur tous les continents, cette érosion s’étend bien au-delà de la
capacité de renouvellement des sols : environ une tonne de terre par an et par
hectare.
« À cause de l’érosion, près d’un tiers des terres arables sont
devenues improductives. »
Ivan Illich
(1926-2002), né en Autriche de père croate et de mère juive
allemande. Fuit le nazisme. Étudie la cristallographie, la théologie et la
philosophie à l'université grégorienne de Rome, ordonné prêtre. Part aux
États-Unis. Vice-recteur de l'université catholique de Porto Rico. En 1960,
estime qu’entre le préservatif et la bombe atomique, l’Église se trompe de
cible, et rompt avec elle.
Fonde en 1961 à Cuernavaca (Mexique) le Centro Intercultural de
Documentación (CIDOC - 1966 à 1976), centre pour la formation
interculturelle. Après sa fermeture, revient vivre en Europe et enseigne
notamment l’histoire du haut Moyen Âge à Bremen (Allemagne).
Principaux constats :
- Un moyen technique efficace (ex.: autoroute) crée un monopole et
empêche les moyens plus lents de remplir leur fonction.
- Les grandes institutions de nos sociétés deviennent contre-productives :
la pharmacie nuit à la santé, la voiture en ville fait perdre du temps, la
surinformation abêtit, etc.
- Préconise, pour remplacer la machine, des outils conviviaux qui
acceptent plusieurs fonctionnalités.
François Partant
François Roche (1926-1987), économiste français, banquier
spécialiste du développement.
Découvre sur le terrain et dénonce des aberrations des politiques
de développement menées dans les pays du tiers-monde (Iran,
Madagascar, Sud-Yémen, etc.). Travaille alors pour les gouvernements
et les mouvements d'opposition de ces pays puis mène une réflexion
plus globale sur le système économique et politique international.
Voit les impasses dans lesquelles s’engage un système
économique en voie de mondialisation. Juge le système non
réformable, ce qui implique la nécessité d’alternatives radicales.
Un des premiers à lancer l’idée d’un après-croissance. Son livre
La fin du développement, naissance d’une alternative ? analyse
l'idéologie du progrès, traite de la crise comme d'un blocage du
système, et de l'agriculture comme l'espoir d'une reconstruction.
Collabore régulièrement au bulletin de l'association ‘Champs du
Monde’, animé notamment par François de Ravignan.
Alphonse Arzel
(1927-2014), élu politique français. Maire de Ploudalmézeau au
moment du naufrage de l’Amoco Cadiz. Quand dans la nuit du 16 mars, le
supertanker s’échoue à Portsall, est l’un des premiers à se rendre sur place
pour assister impuissant à la catastrophe. 220 000 tonnes de pétrole vont
souiller près de 340 km de côte, provoquant la colère des habitants et des
élus de ce coin de Bretagne.
Fonde un ‘Syndicat mixte de défense des communes du littoral nord
de la Bretagne’ (qui devient ‘Vigipol’ en 2000) dont il est élu à l’unanimité
Président, pour engager une action en Justice contre la Standard Oil, société
propriétaire du navire. Est élu sénateur en septembre 1980.
En 1992, 14 ans après les faits, le pollueur sera condamné à verser
226 millions de francs (34,3 millions d'euros) aux communes bretonnes et
1,05 milliard de francs à l'État français, en réparation des dommages causés
par la marée noire.
Le ‘Centre de documentation de recherche et d’expérimentations sur
les pollutions accidentelles des eaux’ (CEDRE) lui rend hommage, mais
aussi la bande dessinée Bleu pétrole (2017) de Gwénola Morizur (scénario)
et Fanny Montgermont (dessin).
« Si Goscinny a situé son village gaulois du côté d'Erquy, c'est le
maire de Ploudalmézeau qui allait incarner Astérix. L'image s'est imposée à
moi lors de notre premier voyage à New York où nos avocats américains
avaient leurs bureaux. »
Edward Abbey
(1927-1989), écrivain, essayiste, scénariste et militant écolo-giste
radical étatsunien. Après un voyage en auto-stop à 17 ans, tombe fou
amoureux du désert. Études de lettres à l'université du Nouveau-
Mexique et d'Édimbourg (Écosse). Garde saisonnier dans plusieurs
parcs naturels. Icône de la contre-culture et pionnier d'une prise de
conscience écologiste aux États-Unis. L’écrivain Larry McMurtry
l'appelle "le Thoreau de l'Ouest américain".
Pourfend notamment l'acte de "vandalisme politico-industriel"
que constitue à ses yeux la construction du barrage de Glen Canyon, et
"l’expansion perpétuelle des industries extractives". Prône la désobéis-
sance civile et le sabotage du matériel, mais la non-violence envers les
personnes.
Auteur de 9 romans, un recueil de poésie et 15 essais. Ses
œuvres les plus connues sont le roman Le Gang de la clef à molette,
récit politico-burlesque vendu à 2 millions d’exemplaires qui inspirera la
création de l'organisation environnementale Earth First ! et son essai
Désert solitaire.
Demande à être enterré par ses proches dans le désert du
Sonora. Aujourd'hui encore, personne ne sait où se trouve sa tombe.
Sunderlal et Vimla Bahuguna
Né en 1927, militant indien et gandhien de l’environnement. Dès l’âge
de 13 ans, s’engage dans les luttes non-violentes pour l’indépendance de
l’Inde. Lutte aussi contre l‘Intouchabilité, puis organise les femmes dans la
campagne anti-alcool de 1965 à 1970. Épouse sa femme Vimla à la condi-
tion qu'ils vivent parmi les populations rurales et établissent un ashram dans
un village.
Dans les années 1970, traverse les forêts et les collines himalayen-
nes, couvrant plus de 4700 kilomètres à pied et observe les dommages
causés par les mégaprojets de développement sur l'écosystème fragile de
l'Himalaya. Lance en mars 1974 le mouvement Chipko* dans l'Uttar
Pradesh, dans le but de sauver les forêts des coupes abusives des
entrepreneurs forestiers.
Dirige le mouvement contre le barrage de Tehri** à partir des années
1980, jusqu'au début de 2004. Un des les premiers écologistes de l'Inde.
* En hindi, Chipko signifie "bâton" : les militants se collent aux arbres pour éviter qu’ils
soient coupés. Le mouvement Chipko a ensuite inspiré le mouvement Appiko dans le
Karnataka.
** sur la rivière Bhagirathi dans l' Uttarakhand et sur une zone de faille géologique
majeure.
Christopher D. Stone
Né en 1927, juriste états-unien et spécialiste d'éthique environne
mentale. Étudie depuis plus de 40 ans les enjeux sous-jacents aux
problèmes écologiques globaux tels que le changement climatique, la
perte de biodiversité et la destruction des ressources naturelles. Auteur
de nombreux articles et ouvrages (sur la politique énergétique états-
unienne, le droit du commerce et la criminalité des entreprises, la
protection des océans, etc.)
En 1972, pour contrer un projet de station de ski de la Walt
Disney Company (combattu par le Sierra Club) qui menace une forêt
de séquoias en Californie, propose d’accorder des droits aux arbres,
représentés par les ONG écologistes, et à l’environnement naturel dans
son ensemble. Sa position est ridiculisée par le philosophe français Luc
Ferry, pour qui seule l’humanité possède une personnalité juridique,
fermant ainsi toute possibilité de débat.
Heureusement, l’Équateur, en 2008, confère à la nature la qualité
de sujet de droit, la Bolivie édicte une « loi sur les droits de la Terre
mère » en 2010, les fleuves Whanganui en Nouvelle-Zélande et le
Gange et la Yamuna en Inde acquièrent la personnalité juridique.
Travaille activement depuis à l'élaboration d'un droit international
sur les questions environnementales.
Henri Pézerat
(1928-2009), chercheur français, diplômé de ‘l'École de Chimie de
Lyon’, directeur de recherches au CNRS, chimiste, toxicologue et lanceur
d'alerte.
Fin 1973, dans son laboratoire de chimie de Jussieu, identifie
l'amiante dans la poussière blanche qui tombe du plafond et pollue les
mesures. Examine la littérature sur ce silicate et découvre qu'il s'agit d'un
cancérogène. Contribue avec le Comité anti-amiante de Jussieu à faire
interdire l’amiante en France en 1997.
Après son départ en retraite, élargit son champ d’action à d’autres
polluants cancérigènes. En 2000, met en garde contre la toxicité du fioul
lourd s’échappant du bateau échoué, l’Erika. Ses derniers combats
concernent le désamiantage du porte-avion ‘Clemenceau’ et la détermi-
nation du rôle délétère de l’aluminium dans la genèse de la maladie
d'Alzheimer.
‘L’association Henri Pézerat’ travaille sur l’ensemble des risques
professionnels et environnementaux. Elle a pour but de créer et de faire
vivre un réseau d’échanges d’expérience et d’aide aux luttes sociales
concernant la santé des personnes en lien avec le travail et l’environne-
ment. Elle agit pour la mise en œuvre d’une politique de prévention et de
santé publique de nature à combattre les risques d’atteinte à la santé
physique et psychique.
Edward Teddy Goldsmith
(1928-2009). Philosophe, écologiste, fondateur en 1968 de
Survival International, association de défense des peuples premiers,
de la revue The Ecologist (1969) et de l'association Ecoropa (1975)
Prix Nobel alternatif en 1991 pour ses efforts en vue d’élever la
prise de conscience écologique.
« C’est l’effondrement de l’économie qui nous obligera à
réduire notre impact destructeur sur l’environnement et permettra
peut-être, même si cela crée beaucoup de chômage et de
souffrance, d’inverser notre propre vision du monde. Celle d’une
société réellement durable, capable de satisfaire nos vrais besoins
essentiels et spirituels, de préserver l’ordre du monde naturel, l’ordre
spécifique du vivant. »
« Pour nous sauver et sauver la planète, il est nécessaire de
remettre en question non seulement notre mode de vie et de
consommation mais aussi et surtout notre manière d'appréhender le
monde et de le concevoir... »
Bill Mollison
et David Holmgren
Bruce Charles Mollison (1928-2016), scientifique australien, originaire
de l’île de Tasmanie. Petits boulots, biologiste en milieu naturel. Diplôme
de biogéographie, professeur à l'université de Tasmanie, y crée le
département de ‘Psychologie environnementale’. Prix Nobel alternatif
1978.
David Holmgren (né en 1955), militant politique australien, routard,
études de design environnemental.
En 1974, les deux amis développent le concept de la permaculture,
« système intégré et évoluant d'espèces d'animaux et de plantes pérennes
utiles à l'homme », qui combine l'agriculture, l'architecture paysagère et
l'écologie. La permaculture met au centre les humains, leur habitat et la
façon dont ils s'organisent : « paysages consciemment créés imitant les
modèles et les relations rencontrés dans la nature, tout en récoltant en
abondance la nourriture, les fibres et l'énergie satisfaisants les besoins
locaux ».
D.H. réfléchit à la réorganisation positive des banlieues en vue de
l'adaptation nécessaire une fois passés le pic du pétrole et la descente
énergétique. ../..
Bill Mollison et David Holmgren
La permaculture ambitionne une production agricole durable, très
économe en énergie, respectueuse des êtres vivants et de leurs
relations réciproques.
12 principes de la permaculture selon D.H. :
- Appliquer l’autorégulation et accepter les rétroactions.
- Intercepter et stocker l’énergie
- Utiliser et répondre au changement avec créativité
- Concevoir en passant des motifs généraux (structure) aux détails
- Intégrer plutôt que séparer, en mettant les bons éléments aux bons
endroits
- Observer et interagir
- Obtenir un résultat
- Ne pas produire de déchets. En trouvant une valeur à chaque
ressource disponible et en les utilisant toutes, rien n’est un déchet.
- Utiliser et valoriser la biodiversité
- Utiliser et valoriser les ressources et les services
- Utiliser et valoriser les bordures, l’interface entre deux choses
- Utiliser des solutions petites et lentes
Robert Poujade
Né en 1928, homme politique français. Agrégé de lettres,
gaulliste, maire de Dijon. Membre dans les années 1960 de la ‘Ligue
urbaine et rurale’ et de la ‘Ligue contre le bruit’.
Ministre de la protection de la nature et de l'environnement
(1971-1974). Ses premières missions concernent la lutte contre la
pollution sonore, le développement d’un réseau de contrôle de la
qualité de l’air, l'extension des compétences des agences de l’eau, des
contrats entre l’État avec les branches industrielles polluantes pour
mettre en place des normes de lutte contre les nuisances.
Dans son livre Le ministère de l’impossible, dévoile les conflits
multiples, mineurs et fondamentaux, qui l’ont opposé aux autres
ministères et aux grands services publics. Critique les entreprises
publiques polluantes, souhaite un contrôle très sévère des exploita-
tions de gisements de pétrole off-shore, préconise une fiscalité
imaginative contre le bruit, une étude écologique préalable à tous les
travaux ou projets risquant d’entraîner un changement du milieu.
Préconise la réunion, au sein d’une même structure, de l’aménagement
du territoire et de l’environnement.
Très discret sur les centrales nucléaires…
Alexandre Grothendieck
(1928-2014), Né à Berlin, père juif ukrainien mort à Auschwitz,
mère juive allemande. Naturalisé français en 1971, passe la majorité de
sa vie en France. Lauréat de la médaille Fields en 1966, refondateur de
la géométrie algébrique, un des plus grands mathématiciens du 20ème
siècle.
Dénonce la guerre du Vietnam, la militarisation de la recherche et
l'orientation mortifère du développement technoscientifique, démissionne
pour cette raison de l’’Institut des Hautes Études Scientifiques’ (IHES).
Professeur à l’université de Montpellier.
Végétarien, soutient les objecteurs de conscience.
Cofondateur avec Pierre Samuel et Claude Chevalley et animateur
de 1970 à 1975 du mouvement écologiste et de la revue Survivre et
Vivre.
« La collaboration de la communauté scientifique avec l'appareil
militaire est la plus grande honte de la communauté scientifique
d'aujourd'hui. C'est aussi le signe le plus évident de la démission des
savants devant leurs responsabilités dans la société humaine. »
Voir aussi A.G in « Chercheurs de sens »
Pierre Gevaert
Né en 1928, agronome et agriculteur belge. En 1957, crée la
société ‘Lima’, marque de produits alimentaires biologiques et
diététiques qu'il dirige pendant 30 ans.
À partir de 1979, participe à l'organisation de la filière "bio" et à
l'élaboration des réglementations officielles.
En 1993, initiateur d'un éco-village dans le Lot-et-Garonne.
À 80 ans, sillonne encore les villages du Sénégal pour encourager
la renaissance des traditions ancestrales (compostage, protection contre
l'érosion des sols, etc.) en y associant des techniques écologiques
modernes : électricité éolienne, cuisson solaire, etc.
« Nous devons soigner la nature, panser ses blessures, nourrir
les générations présentes et futures, y retrouver la convivialité et
l’entraide qui naissent aussitôt que la vie reprend du sens. La proportion
des ruraux et des citadins devrait être de 80 % de ruraux et 20 % de
citadins. »
Marshall Sahlins
Né en 1930, anthropologue états-unien, docteur de l’Université
Columbia, docteur honoris causa de Paris-Nanterre et de Paris-
Descartes, admirateur de Claude Lévi-Strauss.
Dans son ouvrage Âge de pierre, âge d'abondance, se pose la
question : Quel est le statut de l'économie primitive ? La société des
chasseurs-cueilleurs n'est pas une société de dénuement mais
d'abondance.
Présente ainsi une autre définition de l'abondance, inconnue de
nos sociétés contemporaines : produire et consommer uniquement ce
dont on a besoin. Si les sociétés les plus " primitives " restreignent leur
production, c'est parce qu'elles savent limiter leurs besoins. D'un strict
point de vue économique, elles vivent dans l'abondance, puisqu'elles
jouissent de beaucoup de temps libre. Cette démonstration renverse la
vision misérabiliste que nous avons des sociétés technologiquement
peu développées.
../..
Marshall Sahlins
Commentaires de Jean Sulivan à la lecture de Marshall Sahlins :
« La société primitive a connu une certaine abondance. Si les
savants n’ont pu le voir, c’est qu’enfermés dans la mentalité
industrielle, l’absence de l’idée de rentabilité et de profit leur est
apparue comme une impuissance et une infirmité. (…) Les sauvages
ont fait et réalisé le projet de travailler pour vivre et non de vivre pour
produire.»
« On dirait que les sauvages, c’est nous qui avons un trou de
néant à la place de l’esprit et du cœur, fouaillés que nous sommes
par le désespoir et la mort refoulée que nous ne voulons voir qu’au
bout de la route. »
« Les peuples les plus primitifs du monde ont peu de biens,
mais ils ne sont pas pauvres. Car la pauvreté ne consiste pas en une
faible quantité de biens, ni simplement en une relation entre moyens
et fins : c’est avant tout un statut social. La pauvreté est une invention
de la civilisation. »
Photo du bas : le Bushman N!xau dans le film Les dieux sont tombés sur la tête ! du Sud-
Africain Jamie Uys (1980)
Félix Guattari
(1930-1992), psychanalyste et philosophe français. Travaille toute
sa vie à la clinique de La Borde (Loir et Cher), haut lieu de la psycho-
thérapie institutionnelle, militant très marqué à gauche.
Engagé dans les mouvements écologistes, appelle à une nouvelle
gauche anti-productiviste. Développe la notion d'« écosophie » dans son
ouvrage Les trois écologies (1989). Pour lui, les trois écologies doivent
être pensées en commun à travers « une écosophie de type nouveau, à
la fois pratique et spéculative, éthico-politique et esthétique », une
« écologie globale » réunissant :
- l'écologie environnementale, pour les rapports à la nature et à l'environ-
nement,
- l'écologie sociale, pour les rapports aux réalités économiques et
sociales,
- l'écologie mentale, pour les rapports à la psyché, la question de la
production de la subjectivité humaine.
Pour échapper aux destructions et aux normalisations engendrées
par le « capitalisme mondial intégré », cherche à créer de nouvelles
praxis, de nouveaux « territoires existentiels » afin de rendre le monde
plus « habitable »
Michel Serres
(1930-2019), philosophe et homme de lettres français,
professeur d’histoire des sciences à l’’Université Paris 1
Panthéon-Sorbonne’ et à la Stanford University. Académicien.
Cherche les jonctions possibles entre les sciences exactes
et les sciences sociales.
Met en parallèle les anges messagers des religions
monothéistes et les milliards de messages échangés chaque jour
dans un monde de communication et de réseaux.
Répète volontiers que Hiroshima reste le principal objet de
sa pensée, éthique et métaphysique.
Plutôt que des concepts, préfère inventer des personnages,
à l’image du plus célébré d’entre elles, « Petite poucette » la fille
de maintenant, celle qui tient dans sa main le monde entier, ou de
« Grand-papa ronchon », qui ne cesse de répéter, contre toute
évidence, que « c’était mieux avant ».
../..
Michel Serres
Dès 1977, avec La naissance de la physique dans le texte de
Lucrèce, remet en lumière les solutions très anciennes au problème
essentiel de la politique écologique : respecter la stabilité de la
société pour éviter les catastrophes, la faire profondément évoluer
pour éliminer ses aspects mortifères (exploitation de l’homme et de la
nature, pollutions, etc.).
Un des premiers, en 1990, à intégrer dans une vision du monde
l’enjeu environnemental, en proposant avec Le contrat naturel de
donner des droits à la nature, ou plutôt de donner le statut de
« contrat » à la symbiose entre les humains et la planète :
« La symbiose admet les droits de l’hôte, alors que le parasite
- notre statut actuel - condamne à mort celui qu’il pille et qu’il habite
sans prendre conscience qu’il se condamne lui-même à disparaître ».
Personnalise quelques années plus tard ce parasite avec la
figure du « malpropre », celui qui affirme son droit d’abuser en
salissant de ses déchets l’habitat commun.
Réfléchit aux conditions de possibilité de ce qu’il appelle une
« cosmocratie », ou gouvernance mondiale.
../..
Michel Serres
« Le Mal propre, c’est l’inverse du bien commun. Il faut donc,
pour lutter contre la pollution, poser au centre la question de la
propriété. (…) Il est recevable aujourd’hui que, par exemple, le parc
naturel de Yellowstone se porte partie civile au nom de la nature. »
« Jusqu'à maintenant nous n'avions pas conscience d'être dans
une véritable guerre contre le monde : il y avait peu d'encadrement
formel à ce combat, et nous avions plutôt tendance à la perdre. Mais
il y a aujourd'hui un risque important de nous voir gagner cette
guerre. Ce qui serait terrible : cela serait une victoire à la Pyrrhus,
c'est à dire en même temps une défaite, puisque notre adversaire est
le bateau sur lequel nous sommes embarqués. »
« Je suis certain que nous allons désormais à une catastrophe
dont notre histoire ne nous donne aucun exemple, si nous ne
changeons pas au plus vite nos coutumes, notre économie et nos
politiques. (…) Quand le bateau fait eau, les matelots continuent-ils à
s’entre-déchirer ? ».
« Tout le système économique est orienté vers la mort des
paysans. Or ils sont les pères nourriciers de l'humanité. Sans
paysans, on ne fera plus rien. Par conséquent, il faut sauver les
paysans. »
Árpád Pusztai
Né en 1930, d’origine hongroise, biochimiste et nutritionniste.
Passe 36 ans au Rowett Research Institute d’Aberdeen , en Écosse.
Expert mondial de plantes lectines, auteur de 270 articles et de 3 livres
sur le sujet.
En 1998, annonce publiquement le résultat de ses recherches : la
consommation de pommes de terre génétiquement modifiées par des
rats a des effets négatifs sur la paroi de leur estomac et leur système
immunitaire.
Le directeur de l‘’Institut Rowett’, Philip James, après avoir
soutenu initialement Pusztai, le suspend et interdit à la fois à Pusztai et
à Susan Bardócz, son épouse et collègue, de parler publiquement. Le
chercheur est exclu de l’’Académie Royale des Sciences’.
Un ancien administrateur de l’’Institut Rowett’, le professeur
Robert Orskov, rapportera en 2003 au Daily Mail que « Monsanto avait
téléphoné à Bill Clinton, puis Clinton à Tony Blair, et Blair à Philip
James … »
Raoni Metuktire
Né vers 1930, un des grands chefs du peuple des Kayapos
vivant au cœur d'une réserve protégée sur le territoire du Brésil.
Figure internationale emblématique de la lutte pour la
préservation de la forêt amazonienne et de la culture indigène.
Reconnaissable au labret traditionnel qui lui distend la lèvre inférieure
et qu'il arbore avec grande fierté.
En février 1989, opposant au projet de barrage de Kararao.
La tournée qu’il entreprend avec le chanteur anglais Sting dans 17
pays en 1989 lui permet de diffuser son message à l'échelle
planétaire.
« Les animaux, les plantes, les rivières sont en danger. Les
maltraiter, c’est ne pas réfléchir correctement. Sans forêt, il n’y aura
plus d’ombre, les vents vont se lever, la terre s’assécher, il y aura de
grands feux, mais plus d’eau ni de nourriture ».
Percy Schmeiser
Né en 1931, agriculteur canadien résidant à Bruno, Saskatchewan,
Canada. Se spécialise dans l'hybridation et la culture du colza.
En 1997, sur 320 ha des 600 ha de son exploitation, son colza est
contaminé de façon étrange (pollinisation par le vent ou dispersion de
graines accidentellement tombées de camions) par les semences
‘Roundup Ready Canola’ de la firme multinationale ‘Monsanto’.
La firme exige de lui des dommages-intérêts faramineux pour
l’utilisation illicite de ses graines.
Devenu pour les opposants aux organismes génétiquement modifiés
(OGM) un symbole de la défense des droits des agriculteurs
indépendants et de la lutte pour le droit d'utiliser ses propres semences.
Reçoit le ‘prix Mahatma Gandhi’ en 2004 et le Right Livelihood
Award (prix Nobel alternatif) en 2007 en récompense de son combat
contre Monsanto.
"Ce n'est plus l'affaire Schmeiser, c'est l'affaire de tous les paysans à
travers le monde."
Roland Perrot et Longo Maï
R. P. (1931-1993) psychologue et écrivain français, militant
anarchiste, déserteur pendant la guerre d’Algérie, auteur du livre RAS,
ami de Jean Giono. En 1973, à Limans (près de Forcalquier, Alpes-de-
Haute-Provence), fonde avec de jeunes urbains allemands, suisses et
autrichiens le réseau de coopératives agricoles ‘Coopérative européenne
Longo Maï *’. Ils décident d'expérimenter de nouvelles façons de vivre et
de faire de la politique dans une région rurale dépeuplée en y fondant une
communauté, une base de survie.
Le fonctionnement est basé sur l’autosubsistance, la vie
communautaire, les productions artisanales et agricoles, la gestion
autonome et écologique de l’énergie, de l’eau, ainsi que le refus du
salariat. Longo Maï participe à de nombreux projets européens dans le
domaine des coopératives, des radios libres, de l'aide aux réfugiés.
Aujourd'hui, 10 coopératives fonctionnent en réseau : France,
Allemagne, Autriche, Suisse, Ukraine, Costa Rica. Parallèlement à ses
activités agro-alimentaires, Longo Maï organise des campagnes de
solidarité internationale, notamment en faveur des résistants aux
dictatures.
* En occitan provençal, Longo maï : Que ça dure longtemps !
André Pochon
Né en 1931, agriculteur français breton, retraité en 1991.
Met en avant les dégâts écologiques de l'agriculture
productiviste, notamment la culture du maïs ou les élevages hors-sol.
Ce système économique pénalise avant tout les agriculteurs,
mono-actifs, donc dépendants de leurs fournisseurs, et poussés à un
endettement très fort.
Démontre aussi que le productivisme a fait perdre à l'Europe
son indépendance alimentaire, contrairement aux idées reçues.
Promoteur de l'agriculture paysanne et durable. Préconise
l’élevage des vaches sur prairies (à base de trèfle blanc) et des
porcs sur paille.
« Alors soudain, ce jour de 1980, j'ai ouvert les yeux et j'ai
décidé de sauver ma terre ».
Hubert Reeves
(1932-2023), astrophysicien, vulgarisatteur scientifique et écolo-
giste franco-québécois. Docteur en astrophysique nucléaire. Professeur à
Montréal, conseiller de la NASA, professeur à Bruxelles, chercheur au
CNRS. Devient célèbre en publiant en 1971 une recherche fondamentale
sur la création de la matière par les étoiles et l’évolution du cosmos.
Préside la ‘Ligue ROC pour la préservation de la faune sauvage’,
informe sur les dangers du réchauffement climatique et sur le risque du
nucléaire militaire et civil, prône le végétarisme.
« Le sort de l'humanité est lié à celui des pollinisateurs. Et ce sont
surtout des insectes, dont les abeilles. »
« Le nucléaire est une mauvaise solution car il hypothèque l’avenir.
À nous l’énergie, à nos enfants les déchets. C’est une activité trop
dangereuse pour être laissée aux humains. On ne laisse pas les enfants
jouer avec des allumettes »
« Qui serait assez téméraire pour affirmer que nous connaissons et
percevons toutes les forces, toutes les ondes et tous les moyens de
communication ? »
« Devenir adulte, c'est reconnaître, sans trop souffrir, que le Père
Noël n'existe pas. C'est apprendre à vivre dans le doute et l'incertitude. »
Dian Fossey
(1932-1985), éthologue et primatologue états-unienne, spécialisée
dans l'étude du comportement des gorilles.
Les étudie régulièrement dans les forêts de montagne du Rwanda,
encouragée par l’anthropologue Louis Leakey. Les définit comme étant
« dignes, très sociables, doux, avec des personnalités individuelles, et
des relations familiales fortes » et les préfère aux humains…
Assassinée en 1985 probablement par ou pour le compte de
braconniers.
Enterrée selon ses vœux dans le cimetière qu'elle avait fait
aménager pour les gorilles.
« Des mesures urgentes de protection doivent être prises si l'on
veut que les gorilles survivent et se multiplient. Mais n'est-il pas déjà trop
tard ?... »
Alain Hervé
(1932-2019), études de philosophie avec Gaston Bachelard.
Journaliste et écrivain.
Cofondateur, en 1969, de la branche française des ‘Amis de la
Terre’ et, en 1989, de l’association ‘Fous de palmiers’.
Ex-directeur de la rédaction du mensuel Le Sauvage,
chroniqueur pour les revues Géo, L'Écologiste, pour FR 3 (films sur les
plantes), etc.
« Si nous avions conscience d’être partie d’un tout, aurions-nous
fait de l’agriculture ce qu’elle est devenue : un processus dans lequel
la terre est devenue secondaire ? L’industrie aussi est un danger,
moins par ses effets immédiats et évidents que par l’état d’esprit
qu’elle a développé : elle a inventé les déchets qui sont inconnus dans
la nature. (…)
Quelle sera la philosophie qui permettra à l’humanité de
concevoir une nouvelle gestion de son environnement naturel et
d’indiquer, par rapport à la nature, ses limites à la science ? »
Guru das Agrawal
ou Shri GD Agrawal, ou Swami Sanand (1932-2018), militant
écologiste indien. Diplômé en génie civil de l' université de Roorkee,
chef du département de génie civil et environnemental de l’Institut de
technologie de Kanpur, secrétaire du Central Pollution Control Board
(CPCB) de 1979 à 1980.
Son jeûne en 2009 conduit à l’arrêt du projet de 2 barrages sur la
rivière Bhagirathi, affluent du Gange situé dans les hauteurs de
l'Uttarakhand. Son jeûne en 2016 contraint l'administration Haridwar à
réprimer l'exploitation minière illégale dans la région.
À l’âge de 79 ans, devient sanysi, moine ‘renonçant’ dans la
tradition hindoue sous le nom de Swami Gyanswaroop Sanand.
Meurt le 11 octobre 2018, à 86 ans, à la suite d’une grève de la
faim de 111 jours commencée le 22 juin, entreprise pour dénoncer
l'inactivité de la National Ganga River Basin Authority et pour que le
gouvernement de tienne ses promesses de nettoyer et de sauver le
Gange.
Avant lui, en 2011, Swami Nigmananda Saraswati (1976-2011, photo du
bas) décède après un jeûne de 115 jours à Haridwar pour protester contre
l'exploitation minière illégale dans les environs du Gange.
Jean-Marie Pelt
(1933-2015), pharmacien, botaniste, écologiste et écrivain
français, professeur des universités en biologie végétale et
pharmacognosie.
Fondateur de l’’Institut Européen d’Écologie’ à Metz.
S’intéresse aux pharmacopées traditionnelles d’Afrique et d’Asie.
« La croissance économique ne se poursuit qu’au prix d’une
décroissance écologique, tout comme une tumeur cancéreuse ne
s’alimente qu’au détriment de l’organisme qu’elle épuise : dans les
deux cas, le bilan final est désastreux. »
« Nous appartenons à la vie, nous n’en sommes pas les
maîtres, nous devons la respecter avec modération et humilité »
« Contrairement à ce que pourrait laisser penser un survol
sommaire des théories de Darwin, la loi de la jungle ne règne pas
sans partage sur la Terre. Il arrive aussi que la solidarité, la
symbiose, l’humilité triomphent de la toute-puissance affichée. La
grande brute invincible n’a pas besoin de faire preuve de subtilité
pour survivre. Le faible, lui, doit réfléchir ».
Paul Josef Crutzen et Eugene Stoermer
Né en 1933, météorologue néerlandais et chimiste de l'atmos-
phère. Docteur en météorologie de l’université de Stockolm. Professeur
à Stockholm, puis à Mayence. En 1970, publie un travail fondamental sur
la capacité des oxydes d'azote à décomposer l'ozone. Colauréat du prix
Nobel de chimie 1995.
Avec le biologiste états-unien Eugene F. Stoermer (1934-2012,
photo du milieu), professeur de biologie à l’université du Michigan - School of
Natural Resources and Environment et chercheur sur les diatomées,
popularise en 2000 le terme "anthropocène« * (l’ère de l’être humain),
pour désigner une nouvelle période géologique qui a débuté au
19ème siècle avec la révolution industrielle et pendant laquelle l’influence
des êtres humains sur l'écosphère terrestre est devenue prédominante.
L’influence croissante de l’humanité sur l’environnement a été
reconnue au moins depuis 1873, lorsque le géologue, paléontologue et
prêtre italien Antonio Stoppani (1824-1891, photo du bas) parle d’une
« nouvelle force tellurique qui par sa puissance et son universalité peut
être comparée aux grandes forces de la Terre. »
* Le terme a été employé initialement par des chercheurs soviétiques au début des années 1960.
Alexei Yablokov
(1933-2017), biologiste et militant écologiste russe. Membre de
l’’Académie des Sciences de l’Union Soviétique’, puis de celle de Russie
(après la fin de l’URSS).
Dénonce en 1997 le maquillage du décompte des prises des
navires baleiniers russes en violation des accords internationaux.
Coordonne le dénombrement et la localisation des navires et sous-marins
atomiques soviétiques, mais aussi des 17.000 conteneurs de déchets
radioactifs immergés dans l’Océan glacial arctique. En 1988, en pleine
perestroïka, fonde l’antenne soviétique de Greenpeace. Conseiller du
président Boris Eltsine entre 1989 et 1992 pour les questions d’écologie et
d’environnement.
Joue un rôle majeur de conseil et de témoin dans la procédure
conclue par l’acquittement en 2000 par la Cour suprême de la Russie de
l’écologiste russe Alexander Nikitin, poursuivi par l’État russe depuis 1995
pour la publication du rapport La flotte du Nord russe : source de
contamination radioactive.
Lutte pour que l’accident de Tchernobyl soit considéré comme
désastre majeur et durable. En 2005, fonde le mouvement vert russe qui
devient un an plus tard le parti Yabloko ("la pomme")
Photo du bas : A. Y. manifestant devant le siège de l’OMS à Genève pour la
reconnaissance des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.
Alain Connan
Après l’attentat des services secrets français contre le
Rainbow Warrior le 10 juillet 1985, devient fondateur et Président de
‘Greenpeace France’, puis commandant du Rainbow Warrior II.
En 1989, se trouve debout, sur un Zodiac, au milieu d'un lagon du
Pacifique, impassible, les bras croisés sur le torse face à la marine de
guerre française, à la suite de quoi le président Mitterrand met fin aux
essais nucléaires dans le Pacifique.
Devient membre du comité de soutien de l’association
‘Citoyens du Monde’, et Président de l’association ‘Poent Eo’ qui
promeut le transport de marchandises à la voile.
Cofondateur en 2010 de ‘l’Association Watever’, y crée en 2012
le département ‘Eole Marine Colportage’ (EMC) dont l'objectif est de
concevoir et promouvoir un cargo à propulsion éolienne.
En juillet 2011, commande la goélette ‘Louise Michel’ dans
l’expédition contre le blocus de Gaza
Né en 1933, marin et militant écologiste français. Commandant de bord de la Marine
marchande, adhère à ‘Greenpeace’ en 1979 pour défendre la mer (armes chimiques et
fûts radioactifs largués au fond, massacre des baleines, pollution plastique, etc.). Quitte
la Marine marchande en janvier 1983 et devient commandant de bord du Sirius pour
‘Greenpeace’.
Jane Goodall
Née en 1934, primatologue, éthologue et anthropologue britannique.
Invitée au Kenya, y rencontre à l'âge de 23 ans le docteur Louis Leakey,
archéologue et paléontologue, et devient son assistante. Passionnée depuis
sa jeunesse par les animaux (et végétarienne), décide, en 1960, de vivre
seule parmi eux, pour mieux les observer et les comprendre. S'installe dans
la région du lac Tanganyika (Tanzanie), dans l’actuel parc national de Gombe
Stream, pour y étudier les mœurs des chimpanzés.
La première à avoir observé et rapporté que les chimpanzés
utilisent des outils pour s'alimenter, qu’ils sont omnivores, qu’ils ont une
personnalité. Ses travaux ont profondément transformé les rapports homme-
animal.
Fondatrice du Jane-Goodall Institute pour la protection de la
biodiversité, l’aide au développement durable et l’éducation
environnementale. "Messager de la paix" des Nations Unies.
« Laissez-vous guider par votre rêve, même si vous devez
momentanément le mettre de côté pour trouver un emploi ou payer votre
loyer. Et restez toujours ouvert aux opportunités de sortir du cadre pour
mener la vie et faire les choses qui vous inspirent profondément… N'ayez
pas peur ! »
Jane Goodall
« Les animaux sont très différents de ce que nous avons pu
penser ! Leur intelligence est étonnante. Pas seulement celle des grands
singes, des éléphants, des baleines, mais aussi les pieuvres et les
calamars, toutes ces créatures qui sont mangées, découpées. Un animal
intelligent ne détruit pas sa maison, ce que nous faisons depuis très
longtemps. »
« Que peut-on y faire ? D’abord, essayer de marcher, de pédaler
ou d’emprunter les transports publics, et de ne pas trop utiliser la voiture,
surtout seul. Ensuite, on peut manger moins de viande, ou pas du tout.
Parce que la viande est très nocive pour l’environnement. Ensuite, on
peut s’interroger quand on consomme : ce produit que j’achète a-t-il
abîmé l’environnement ? Fait-il du mal aux animaux ? Est-il bon marché
à cause de salaires injustes ?»
« Pour les Amérindiens, les animaux, les fleurs, les arbres, les
pierres sont comme des frères et sœurs. J’aime cette conception de la
vie. »
« Un intellect assez puissant pour créer l’arme atomique et
l’intelligence artificielle doit sûrement posséder les ressources néces-
saires pour réparer le mal que nous avons infligé à notre pauvre vieille
planète. »
Lester Russell Brown
Né en 1934, cultivateur producteur de tomates, puis agro-
économiste et analyste environnemental états-unien.
Pionnier des recherches sur le développement durable, auteur de
20 ouvrages. Fondateur de Worldwatch, premier institut voué à
l'analyse des questions mondiales d'environnement, et du Earth Policy
Institute.*
« Nous avons aujourd'hui besoin, dans notre conception du
monde, d'un bouleversement analogue à celui de la révolution
copernicienne, dans la façon dont nous envisageons la relation entre la
planète et l'économie. La question est de décider si l'environnement est
une partie de l'économie ou l'économie une partie de l'environnement.
(…) La conception des économistes brouille nos efforts de
compréhension du monde. Elle a créé une économie qui n'est pas en
phase avec l'écosystème dont elle dépend ».
* L’EPI propose la transition énergétique vers des énergies renouvelables, le
développement des modes de transport non polluants et la sortie de l'économie
du jetable, par une généralisation du recyclage.
Yoichi Kaya
Né en 1934, économiste japonais, professeur à l’iniversité de
Tokyo, président de l’Institute of Innovative Technology for the Earth.
Pendant 20 ans membre du ‘Club de Rome’, groupe de réflexion auteur
en 1972 du rapport Meadows (Les limites à la croissance) qui déconstruit
le mythe d’une croissance infinie et vertueuse.
Dans son ouvrage Environment, Energy, and Economy : strategies
for sustainability (1993), développe une équation destinée à calculer les
émissions mondiales de CO2, en multipliant 4 facteurs : la population
mondiale, le PIB par habitant, l’intensité énergétique (efficacité énergéti-
que des machines) et le contenu en CO2 de l’énergie (décarbonation de
l’économie). L’équation permet d’effectuer des analyses passées et
présentes du climat, ainsi que des conjectures sur les trajectoires à
venir. Elle sert à définir les politiques climatiques, mais aussi à compren-
dre les liens entre climat et économie. ‘L’Agence internationale de
l’énergie’ l’utilise régulièrement, tout comme le ‘Groupe international
d’étude sur le climat’ (GIEC).
L’efficacité énergétique mondiale a déjà diminué de 30% en 35 ans, mais n’a
fait diminuer le CO2 que de 10%. La décarbonation nécessite un investissement
considérable dans les renouvelables (ou le nucléaire), ce qui n’est pas encore le
cas au niveau mondial. C’est donc par une forme de décroissance et de sobriété
énergétique que se trouve la solution.
François de Ravignan
(1935-2011), agronome français. Exerce des activités de recherche
et de formation en Afrique Noire et au Maghreb dans les années 1960 et
1970. Comme chercheur à l’INRA, travaillé en Europe (France, Italie,
Espagne, Allemagne) et dans les pays du Sud. Économiste, spécialiste de
la faim dans le monde, partisan de la décroissance.
Annonce dans les années 1960 que le développement industriel
appliqué à l’agriculture provoquerait pour les paysans l’exclusion du travail,
de la terre et du marché ainsi que des catastrophes écologiques .
En 1979, fonde l'association Champs du monde qu'il anime jusqu'en
1987. Participe ensuite à la création de La ligne d’horizon, association des
amis de François Partant.
Publie de nombreux articles sur l’après-développement.
« La crise alimentaire du printemps 2008 est le résultat de 50 ans
d’incurie agraire et de la triple exclusion – des terres, du travail, du marché
– à laquelle sont soumis des millions de paysans. Au modèle de
développement actuel fondé sur le productivisme, il est urgent de
substituer l’agro-écologie. » ■

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Penseurs et acteurs de l’écologie et de l’altercroissance. — 02. De 1910 à 1935

  • 1. Trombinoscope "Chercheurs d’humanité" Penseurs et acteurs de l’écologie et de l’altercroissance 2 - de 1910 à 1935 Étienne Godinot 29.11.2023
  • 2. Bernard Charbonneau (1910-1996), penseur français. Étudie l’histoire et la géographie à l’Université de Bordeaux jusqu’à l’agrégation (1935). Désireux de vivre à la campagne, se fait nommer dans une petite école normale d'instituteurs des Pyrénées, à Lescar (près de Pau), où il reste jusqu'à sa retraite. Mène une vie spartiate à proximité des gaves de Pau puis d'Oloron. Marqué par le personnalisme d’Emmanuel Mounier. Auteur d'une vingtaine de livres et de nombreux articles, parus notamment dans La Gueule ouverte, Foi et vie et Combat Nature. Un des critiques les plus précoces du dogme de la croissance technique et économique indéfinie. Grand ami de Jacques Ellul, anticipe le risque de quelque chose de pire que le totalitarisme politique : une totalisation sociale, rendue inévitable par l'accélération du progrès technique. Met en exergue les problèmes et questions de la technocratisation de la vie sociale et politique, de la nature, ainsi que ceux des propagandes et des médias, de la transformation de la culture en industrie du spectacle et en consommation, de la liquidation de l'agriculture paysanne. « Malgré les prisons et les massacres, communisme, libéralisme et fascisme ont au fond le même argument dernier, mesurable en francs, en tonnes et en hectolitres : la production. »
  • 3. Pierre Dansereau (1911-2011), écologiste et universitaire québécois. Abandonne des études de droit, préfère ses activités de botaniste amateur. Voyages, études d’agronomie, docteur en taxonomie végétale à l’université de Genève. Enseigne l'écologie à l'Université de Montréal, y fonde et dirige le ‘Service de biogéographie du Québec’. Professeur invité dans les universités brésiliennes, continue sa carrière entre les États-Unis et le Canada : Michigan, Montréal, Columbia, Montréal. Publie Biogeography : An Ecological Perspective, entame ses recherches sur l'écologie urbaine. Directeur du programme du ‘Centre de recherche en sciences de l'environnement (CERSE), dirige une des premières grandes études d'impacts environnementaux dans le cadre du projet de construction de l'aéroport de Mirabel, un projet hâtif qui s'avère un "désastre écologique". En 2001, fait l'objet du documentaire Quelques raisons d'espérer. Reconnu pour ses recherches sur les écosystèmes et comme l'un des pionniers de l'interdisciplinarité en écologie. Part des sciences naturelles (taxonomie végétale, écologie naturelle, biosystématique et biogéographie), emprunte ensuite aux sciences sociales (écologie humaine, écodéveloppement, sociologie de l’environnement et écosocio- logie) et couronne le tout par l’éthique, l’éducation, les arts, les humanités et l’écodécision.
  • 4. Arne Naess (1912-2009), philosophe norvégien, professeur à l’université d’Oslo. Résistant puis militant de la paix. Fondateur de la revue Inquiry, revue interdisciplinaire de philosophie et de recherches en sciences sociales, Fondateur du mouvement de l’écologie profonde (deep écology). Cette approche* rompt avec une vision anthropocentrique de l’écologie et critique non seulement les conséquences de notre modèle de société (pollution, épuisement des ressources, etc.), mais les valeurs au fondement même de ce type de société. Affirme que la technologie ne peut pas résoudre seule les problèmes environnementaux, mais seulement les déplacer. Il faut aussi un changement dans les consciences, les représentations du monde et les comportements. S'engage dans l'action directe non-violente contre un barrage, milite à Greenpeace et chez les Verts. * déformée et caricaturée notamment par Luc Ferry dans son essai Le nouvel ordre écologique (1992)
  • 5. David Brower (1912-2000), écologiste états-unien. Rédacteur en chef de l'University of California Press à Berkeley, mais passionné par le sport de l'alpinisme et les grands sommets, s'oriente et s'investit définitivement pour la protection de l'environnement de la nature. Rejoint le Sierra Club en 1933 (le nombre d'adhérents sous son mandat passe de 7 000 à 70 000). L’une de ses grandes batailles est d’empêcher la construction d’un barrage sur le Grand Canyon du Colorado. Contribué au vote d'une loi sur la conservation de la nature (Wilderness Act, 1964). Fondateur de nombreuses organisations environnementales. Parmi celles-ci, le ‘Sierra Club Fondation’, le John Muir Institute for Environmental Studies, l'ONG Friends of the Earth en 1969 (‘Les amis de la Terre’, aujourd’hui présents dans 70 pays), la ‘League of Conservation Voters, le ‘Earth Island Institute’ (1982), le North Cascades Conservation Council visant à protéger et préserver les valeurs paysagères, scientifiques, éducationnelles et de naturalité, et le Fate of the Earth Conferences, administrateur du Nativ Forest Council. Nominé à trois reprises pour le prix Nobel de la paix. ../..
  • 6. David Brower « Prenons les six journées de la Genèse comme image pour présenter ce qui, en fait, s'est passé en quatre milliards d'années. Notre planète est née le lundi à zéro heure. Lundi, mardi et mercredi jusqu'à midi, la Terre se forme. La vie commence mercredi à midi et se développe dans toute sa beauté organique pendant les quatre jours suivants. Dimanche à 4h de l'après-midi seulement, les grands reptiles apparaissent. Cinq heures plus tard, à 9h du soir, lorsque les séquoias sortent de terre, les grands reptiles disparaissent. L'homme n'apparaît qu'à minuit moins trois minutes, dimanche soir. À un quart de seconde avant minuit, commence la révolution industrielle. Il est maintenant minuit, dimanche soir, et nous sommes entourés de gens qui croient que ce qu'ils font depuis un quarantième de seconde peut continuer indéfiniment.»
  • 7. Jacques Ellul (1912-1994), professeur de droit à Montpellier puis à Bordeaux, sociologue français, Résistant, théologien protestant, auteur de 48 ouvrages. Affirme dès 1935 que la croissance économique n’est pas synonyme de développement humain. Développe les idées suivantes: - La société moderne sa caractérise par le gigantisme : la concentration de la production, de la population, de l’État, du capital. - La technique n’est plus un moyen destiné à une fin, mais un phénomène autonome qui échappe de plus en plus au contrôle de l’homme : - La sacralisation de la technologie repose sur une idéologie et un “bluff technologique”. «J’ai montré sans cesse la technique comme étant autonome, je n’ai jamais dit qu’elle ne pouvait être maîtrisée.» « Exister, c’est résister. »
  • 8. Masanobu Fukuoka (1913-2008), agriculteur japonais. Microbiologiste, spécialiste en phytopathologie, travaille au Bureau des Douanes de Yokohama, à la ‘Division de l'Inspection des Plantes’. Doute des progrès apportés par l'agriculture scientifique (dépendante du travail de la terre, des engrais et des pesticides chimiques), et démissionne de son poste. À partir de 1938, pratique et expérimente de nouvelles techniques sur les vergers d'agrumes biologiques et utilise les observations acquises pour développer l'idée de "l'agriculture naturelle" inspirée de ses racines culturelles zen, taoïste, shinto, bouddhiste, dans le sens d'une unification spirituelle entre l’homme et la nature. À partir des années 1980, mondialement reconnu, multiplie les conférences et les rencontres internationales. Sa ferme devient un lieu d'échange sur ses pratiques pour les experts venus du monde entier. « Répandre de la paille (...) est le fondement de ma méthode pour faire pousser le riz et les céréales d'hiver. C'est en relation avec tout, avec la fertilité, la germination, les mauvaises herbes, la protection contre les moineaux, l'irrigation. »
  • 9. Michel Jeanson (1913-2013), agriculteur et ornithologue français. Études à l'Institut Supérieur d’Agriculture de Beauvais (ISAB). Héritier d’un domaine de 900 ha où sa famille d’industriels chassait les lapins dans la baie de Somme, réoriente le domaine vers l'agriculture, plante des artichauts, endives et des carottes, puis après 1947 des tulipes et des jacinthes, crée un polder de 200 ha avec ses ouvriers hollandais. Dans les années 1970, reconvertit le polder en parc ornithologique. Le déclic lui vient du chanoine Charles Martin (1912-1989), d'Amiens, un naturaliste passionné avec qui il a appris à baguer les oiseaux, et du comte Léon Lippens (1911-1986), un homme d'affaires belge créateur de la réserve naturelle du Zwin à Knokke (qui accueillait déjà 300 000 visiteurs par an), lui-même inspiré de la réserve naturelle de Slimbridge créée en 1946 en Angleterre par Peter Scott (1909-1989). Le ‘Parc du Marquenterre’ ouvre ses portes au public en juillet 1973, est vendu ensuite en 1986 au ‘Conservatoire du Littoral’. 13 postes d’observation permettent aux visiteurs d’admirer les oiseaux. Images : Michel Jeanson, Charles Martin, Léon Lippens, Peter Scott Avocette, oiseau emblématique du parc du Marquenterre
  • 10. Robert Hart Robert Adrian de Jauralde Hart (1913-2000), agronome anglais. Études à la Westminster School. Employé à l'agence de presse Reuters en charge de courriers indiens, compile des résumés d'articles hebdo- madaires du Mahatma Gandhi, dont il adopte la philosophie de non- violence. Producteur laitier à Norfolk et Somerset, puis agriculteur dans le Shropshire à Wenlock Edge. Pionnier des jardins-forêts en climat tempéré. Pendant des décennies, mène une bataille pour la vie, écrivant patiemment des livres et des articles et plantant des arbres sur sa petite ferme. Inspiré par un article de James Sholto Douglas, lui-même inspiré par le travail de Toyohiko Kagawa, créé un magnifique jardin forestier de 5 000 m2 qui aura profonde influence sur la façon dont les gens cultivent leurs terres. C‘est un jardin dédié aux besoins humains en fruits, noix, légumes et plantes médicinales, mais aussi une célébration de la myriade d'interactions de la vie, basée sur des observations profondes, à la fois intuitives et scientifiques, sur la manière dont les différentes formes de vie interagissent pour se stimuler et se soutenir mutuellement. Le jardinage forestier est une façon de travailler avec la nature qui est non seulement productive et nécessite un minimum d'entretien, mais apporte de grands avantages environnementaux.
  • 11. Haroun Tazieff (1914-1998), né à Varsovie d’un père tatar et d’une mère russe, naturalisé belge puis français. Ingénieur agronome, ingénieur géologue, ingénieur des mines, volcanologue et écrivain. Grand sportif, Résistant pendant la 2ème Guerre Mondiale. Père de la volcanologie contemporaine : expéditions, livres, films, conférences et émissions de télévision. Chargé de la prévention des risques naturels et technologiques majeurs par le Président Mitterrand en 1981. Corédacteur du rapport Maîtriser l'énergie, qui aboutira à la création de l‘’Agence Française pour la Maîtrise de l’Énergie’ (AFME) dès 1982. Dénonçant les excès de l'écologie politique au détriment d'une étude sérieuse de l'écologie et déçu par la politique politicienne, retourne à ses recherches. Milite ardemment contre le nucléaire et pour la géothermie. Un des premiers à défendre l'environnement avec J.-Y Cousteau, A. Bombard et P.-E. Victor, mais ne croit pas à la détérioration de la couche d'ozone, ni à l'effet de serre.
  • 12. Jule Charney (1917-1981), météorologue étatsunien. Parents membres de la communauté juive d'origine russe. Diplômé et professeur de mathémati- ques à la Californy University à Los Angeles. Chercheur à l'Institute for Advanced Study puis au Massachusets Institute of Technology. Développe les équations du tourbillon quasi-géostrophique qui servent à la modélisation des mouvements à grande échelle de l'atmos- phère. Propose une explication physique convaincante du développe- ment des cyclones extratropicaux (dépressions des latitudes moyennes) grâce à l'instabilité baroclinique (: ‘modèle de Princeton’). Joue un rôle majeur dans le développement de la prévision météorologique. Dans le Global Atmospheric Research Program (GARP), s'intéresse à la chimie de l'atmosphère, coordonne les études sur l'impact des émissions de CO2 dans l'atmosphère. Son rapport - dit ‘rapport Charney’ - sur le lien entre les émissions de CO2 et le climat, qu’il coordonne et remet en 1979 au Président Jimmy Carter, annonce les futurs travaux du GIEC* sur le sujet. La sensibilité du climat à un doublement du CO2 atmosphérique est la même en 1979 qu'aujourd'hui : entre 1,5 °C et 4,5 °C d'augmentation de la température moyenne de la basse atmosphère.
  • 13. Le ‘rapport Charney’ « Nous avons la preuve irréfutable que l'atmosphère change et que nous contribuons à ce changement. Les concentrations atmos- phériques de dioxyde de carbone augmentent continûment, ce qui est lié à la combustion des ressources fossiles et à l'utilisation des sols. Puisque le dioxyde de carbone joue un rôle significatif dans l'équilibre thermique de l'atmosphère, il est raisonnable de penser que son augmentation continue affectera le climat. » Bert Bolin (1925-2007, photo du haut), membre de l’équipe auteure du ‘rapport Charney’, cofonde, 9 ans tard, en 1988, l’ Intergo- vernmental Panel on Climate Change (IPCC) ou ‘Groupe international d’études sur le climat’ (GIEC) et en est le premier président. Mais "le plus important", selon Raymond Pierrehumbert (né en 1954, professeur de géosciences de l'université de Chicago puis à Oxford, photo du bas), est que la science de la fin des années 1970 avait déjà anticipé que les premiers effets du réchauffement mettraient des décennies à être décelables. « Les décideurs politiques ont du mal à tenir compte des prévisions, ils ne réagissent qu'à ce qu'ils voient se produire (...), pas à ce qui est prévu ».
  • 14. Barry Commoner (1917-2012), biologiste états-unien, professeur de physiologie des plantes pendant 34 ans à l'Université Washington. À la fin des années 1950, suite à ses travaux sur la présence de strontium-90 radioactif dans les dents de lait des enfants, s'engage dans la lutte contre les essais nucléaires. Établit ses quatre lois de l'écologie : 1- Chaque chose est connectée aux autres. Il y a une seule écosphère pour tous les organismes vivants et ce qui affecte l'un affecte tous les autres. 2 - Chaque chose va quelque part. Il n'y a pas de déchets dans la nature, et il n'y a pas un ailleurs où l'on puisse jeter les choses. 3.- La nature sait. Le genre humain a développé la technologie pour améliorer la nature, mais un tel changement tend à être nocif pour le système. 4 - Dans la nature, pour chaque gain il y a un coût, et toutes les dettes seront payées.
  • 15. Edgar Pisani (1918-2016), Français, Résistant, plus jeune sous-préfet de France en 1944. Gaulliste de gauche, ministre de l’Agriculture, joue un grand rôle dans la définition de la politique agricole commune de la CEE. Constate à la fin de sa vie les impasses de l’agriculture industrielle à base de produits chimiques et les conséquences dramatiques pour les pays non industrialisés de la libre circulation des denrées agricoles et alimentaires. « J'ai été, quant à moi, productiviste… hier. Ce qui se passe, aujourd'hui, m'inspire plus d'inquiétude que d'espoir. À vouloir forcer la terre, nous prenons, en effet, le risque de la voir se dérober. À vouloir mondialiser le marché, nous faisons fi du besoin que tous les peuples ont de vivre à leur manière du travail de leurs terres. À industrialiser le travail agricole, nous chassons des paysans dont les villes et les usines ne savent plus que faire. L’agriculture industrielle ne peut nourrir le monde (…) La PAC doit être supprimée ».
  • 16. Jean Nolle (1918-1993), ingénieur-technicien français. Au sein de diverses organisations internationales, fait le constat lors de ses missions dans les pays du Sud que les projets de développement et les outils proposés ne sont aucunement adaptés aux populations locales Afin de contourner ces difficultés et contradictions, met au point le ‘Machinisme Agricole Moderne à Traction Animale’ (MAMATA). C’est un ensemble d'outils, simples, complémentaires, polyvalents, auto- constructibles et réparables soi-même : à partir d'un porte-outils, il est possible de fixer divers outils spécifiques. Ces outils sont donc plus légers, moins coûteux et polyvalents. Promeut la réhabilitation et la promotion de la traction animale comme moyen moderne d'autonomisation des paysans. Un des buts principaux qu’il poursuit est de libérer la petite paysannerie de l'emprise de la sphère marchande et des industriels. En ce sens, sa démarche s'inscrit dans un processus plus global de réappropriation des savoir-faire, des moyens de production et des conditions de vie. En 1991, avec quelques agriculteurs, fonde à Rimont (Ariège) l'association PROMMATA, (‘Promotion d'un Machinisme Moderne Agricole à Traction Animale’)
  • 17. Mohamed Sidina Cheikh Mohamed Lemine Ould Sidina (1918-2003), maître spirituel et écologiste mauritanien. 14 ans d’études dans les écoles religieuses musulmanes. Membre de la confrérie soufie Tijaniya qui prône la progression spirituelle et les vertus de tolérance, fraternité et entraide. Ex-maire et sénateur de la Moughtaa d’Aoujeft. Fonde en 1975 le village communautaire de Maaden El Ervane ("mine de connais- sance"), près d’Atar, chef lieu de l’Adrar : population composée de Maures issus de diverses tribus et de nombreux hommes originaires du sud, souvent anciens esclaves affranchis. Le projet est soutenu par Pierre Rabhi et Maurice Freund en 2017. L’économie repose sur une palmeraie créée ex nihilo qui produit me- lons, tomates, et surtout dattes fin. L’hiver, une importante production de carottes est vendue jusque sur les marchés de Nouakchott à 600 km. Village modèle d’agro-écologie pour la Mauritanie et toute l’Afrique saharienne : compostage, fumure naturelle, récupération d’eau, reboisement anti-érosif, coopérative de tissage et de fabrication de poudre de henné, mais aussi utilisation du téléphone mobile. Éducation, économie, habitat, gouvernance et santé sont asso- ciés avec le souci des êtres et de la nature.
  • 18. James Lovelock (1919-2022), penseur britannique, scientifique et environnemen- taliste indépendant, spécialiste des sciences de l'atmosphère. Diplômé en chimie de l’université de Manchester. Travaille au Medical Research Council de Londres. Ingénieur très habile et inventif, met au point en 1957 le détecteur à capture d’électrons (ECD), un outil capable de détecter des seuils de pollution jusque-là inquantifiables. Docteur en médecine, professeur de chimie, consultant. Dans un article en 1972, expose sa théorie scientifique selon laquelle la composition de l'atmosphère terrestre est régulée par les êtres vivants, notamment les bactéries. Ses articles publiés en 1974, en collaboration avec la micro- biologiste états-unienne Lynn Margulis (1938-2011, photo du bas), expo- sent l'hypothèse Gaïa : « un système physiologique dynamique qui inclut la biosphère et maintient notre planète depuis plus de trois milliards d'années en harmonie avec la vie. » Celle-ci est accueillie avec beaucoup d'indifférence et suscite encore de nombreux débats. La Geological Society of London lui décerne la médaille Wollaston en 2006 pour la "création d'un champ d'études entièrement nouveau en sciences de la terre", la science du système Terre. ../..
  • 19. James Lovelock Gaïa est le nom de la déesse identifiée à la Déesse mère dans la théogonie du poète grec Hésiode au 8ème siècle avant J.-C. L’hypothèse Gaïa avait déjà été évoquée par Johannes Kepler (1571-1630), selon qui la totalité de la matière terrestre vivante sur Terre (ou sur toute planète sur laquelle la vie s'est développée) fonctionne comme un vaste organisme possédant une autorégulation qui adapte en permanence la planète à ses besoins. Lovelock est membre de l'Association des Écologistes Pour le Nucléaire (AEPN), car il estime que cette industrie est bien moins dangereuse pour Gaïa que l'usage des combustibles fossiles et que les craintes qui entourent l'industrie nucléaire sont irrationnelles. Pour le philosophe des sciences Bruno Latour, « la proposition théorique de Lovelock a la même importance dans l’histoire de la connaissance humaine que celle de Galilée ». Ce qui n’a pas empêché Lovelock de défendre les CFC, l’insecticide DDT, le gaz de schiste ou l’énergie nucléaire — ses liens professionnels avec les industriels expliquent largement ses positions publiques. Images : - Buste considéré comme celui Hésiode (copie romaine d’un original grec) - Johannes Kepler
  • 20. Fanny Deschamps née Chapel (1920-2000), écrivaine française. Issue d'une lignée de compagnons du tour de France, maçons, ébénistes et tapissiers, travaille dans le textile comme chef des achats de coton. À 39 ans, après un accident de montagne et 2 mois d'hospitalisation, décide de changer de métier. Devient journaliste, grand reporter à L’Express, au Nouvel Observateur, à France-soir, à Elle, et enfin au Point. En 1973, fait "le tour de France des pollués", observe les rivières contaminées, les pins squelettiques, les plages noires de pétrole, écoute les rebelles et les résignés, interroge paysans, maires, citadins, médecins, écologistes, scientifiques et publie Vous n’allez pas avaler ça !, "un livre passionné et documenté, un livre de colère et de raison". Aborde les questions de la pollution, de l’expansion démographi- que, de l’épuisement des ressources, de la faim, de l’énergie nucléaire, de la bombe atomique et de la course aux armements, de la publicité. Devant l’étendue du désastre, donne des orientations : s’informer, mieux acheter, militer. « La publicité n’informe pas, elle intoxique, c’est son rôle et sa puissance. Or justement, la plupart des écologistes sont au moins d’accord sur un point : peu de temps leur reste pour nous convaincre de sauver la Terre. »
  • 21. Françoise d'Eaubonne Françoise Piston d'Eaubonne, (1920-2005), femme de lettres fran- çaise, romancière, philosophe, essayiste et biographe, militante féministe libertaire et éco-féministe. Études à la faculté de Lettres et aux Beaux-Arts de Toulouse, Résistante face au nazisme. Engagée de 1960 à 1990 contre la guerre d'Algérie (signe le ‘Man- ifeste des 121’, aussi appelé ‘Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie’), fondatrice du ‘Mouvement de libération des femmes’ (MLF), puis du ‘Front homosexuel d’action révolutionnaire’ (Fhar), signa- taire du ‘Manifeste des 343’ pour le droit à l'avortement) et engagée contre la peine de mort. Crée le mot écoféminisme, qu'elle définit comme un nouvel humanis- me dont l'objectif n'est pas la prise de pouvoir par les femmes, mais « la gestion égalitaire d'un monde à renaître. » En postulant que la même matrice idéologique a conduit à la domination des hommes sur les femmes et au saccage de la nature, dénonce non seulement l’organisation sexiste de la société, mais surtout lui impute la responsabilité de la destruction de l’environnement. Ses essais n’ont eu un impact que très limité en France.
  • 22. Mostafa Tolba (1922-2016), scientifique égyptien, spécialiste de phytopatho- logie. Doctorat à l‘Imperial College de Londres, crée une école de microbiologie à l'Université du Caire, enseigne à l'université de Bagdad. Pendant 17 ans (1975-1992) Directeur exécutif du ‘Programme des Nations Unies pour l'environnement’ (PNUE). Joue un rôle central dans la lutte contre l'appauvrissement de la couche d'ozone , qui aboutit à la Convention de Vienne (1985) et au Protocole de Montréal (1987). Persuade les diplomates, industriels et militants environne- mentalistes de venir à la table des négociations. La convention met en place un dispositif institutionnel visant à encourager la recherche, la coopération et l'échange d'informations entre les États . Elle prévoit la réunion régulière des Parties pour aboutir à des dispositions contraignantes sous forme de protocoles et d'amendements si l'état d'avancement des connaissances scientifi- ques le justifie. Cocréateur et organisateur du ‘Groupe Intergouvernemental sur le Changement Climatique’ (GIEC).
  • 23. Cornelius Castoriadis (1922-1997), philosophe, économiste et psychanalyste français d’origine grecque. Artisan avec Claude Lefort de la première critique de gauche du marxisme vers la fin des années 1940, notamment à travers le groupe et la revue Socialisme ou barbarie (1949-1965) Dénonce le conformisme généralisé et le délabrement intellectuel de la société. Veut construire une "démocratie radicale" instaurant l’égalité politique entre les citoyens. Selon lui, l’écologie n’est pas seulement la défense de l’environne- ment, mais la capacité de vivre et de décider ensemble, de reprendre le pouvoir par rapport à des désirs qui nous sont imposés par un système. Le développement de l’autonomie par la démocratie ne se conçoit pas sans une autolimitation issue de la délibération et de la décision collective. La réalisation d’une société de décroissance implique de décoloniser notre imaginaire. ../..
  • 24. Cornelius Castoriadis « Une société montre son degré de civilisation dans sa capacité à s’autolimiter. » « Nous sommes à un croisement de chemins de l’histoire . Un chemin apparaît d’ores et déjà clairement tracé. C’est le chemin de la perte du sens, de la répétition de formes vides, du conformisme, de l’apathie, de l’irresponsabilité et du cynisme. (…) L’autre chemin devrait être ouvert pas un réveil social et politique, une renaissance du projet d’autonomie individuelle et collective, c’est-à-dire la volonté de liberté. »
  • 25. Luc Hoffmann Hans Lukas Hoffmann, dit Luc Hoffmann (1923-2016), ornithologue, défenseur de l’environnement et philanthrope suisse. Docteur en biologie. De 1953 à 1996, membre du C.A. de la société pharmaceutique ‘Hoffmann-La Roche’ créée par sa famille. Utilise sa fortune pour doter la ‘Fondation MAVA’ qui finance des projets de préservation de la nature dans le monde entier. Cofondateur en 1961 du World Wildlife Fund (WWF- ‘Fonds mondial pour la nature’). Aide à élaborer la Convention de Ramsar pour la protection des zones humides (1971). L'idée est née en 1962, lors d'une conférence organisée par lui aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Crée le centre de recherche de la Tour du Valat* en Camargue. Auteur de plus de 60 livres, consacrés pour la plupart à l’ornithologie. Apporte des contributions importantes à la préservation de la nature au lac de Neusiedler en Autriche, au Parc national Hortobagy en Hongrie, dans la région de Prespa qui chevauche la Grèce, l’Albanie et la Macédoine, ainsi qu’au Parc national du Banc d’Arguin en Mauritanie. * La station a formé des générations d’écologistes, parmi lesquels John Krebs. Plus de 60 doctorats ont été décernés pour des recherches menées à la Tour du Valat par des étudiants de France, d’Allemagne, de Suisse, d’Italie, du Canada et du Royaume-Uni.
  • 26. André Gorz Gérard Horst (1923-2007), né en Autriche, philosophe et journaliste français. Cofondateur avec Jean Daniel en 1964 du Nouvel Observateur, sous l’autre pseudonyme de Michel Bosquet. Devient dans les années 1970 l'un des principaux théoriciens de l'écologie politique et de la décroissance, terme dont la paternité lui revient. Rejette la logique capitaliste d’accumulation de matières premières, d’énergies et de travail, critique de la société de consommation, l’individualisme hédoniste et utilitariste, appelle à repenser le travail. Considère la sobriété, également appelée simplicité volontaire, comme une nécessité pour lutter contre la misère. En assurant à chacun l'accès à l'énergie qui lui est nécessaire, le principe de sobriété énergétique empêche les surconsommations injustes et polluantes. « La décroissance est un impératif de survie. Mais elle suppose une autre économie, un autre style de vie, d’autres rapports sociaux, une autre civilisation »
  • 27. Alain Bombard (1924-2005), médecin et biologiste français. En 1952, devient chercheur à l'Institut océanographique de Monaco et se passionne pour les conditions de survie des naufragés. Après une traversée en solitaire de 65 jours sur un canot pneumatique, L’Hérétique, démontre en 1952 qu'on peut traverser l’océan sur 6 000 km se nourrissant simplement de plancton, de jus de poisson et d’eau de mer. Dans son livre Naufragé Volontaire, explique que les naufragés meurent de désespoir et de terreur, et non de faim et de soif. Entré en 1974 au ‘Parti socialiste’, siège en mai 1981, comme secrétaire d'État auprès du ministre de l'Environnement. Quitte le gouvernement à la suite de sa déclaration sur la chasse à courre qu'il souhaite abolir. Délégué national à la mer du PS, conseiller du Premier secrétaire pour les questions d’écologie, Député européen et membre du ‘Haut Comité de l’Environnement’. « La foi en la vie et l'obstination de l'homme font reculer le visage de la mort ».
  • 28. Jean Dorst (1924-2001), ornithologue français. Étudie la biologie et la paléontologie à la faculté des sciences de l'université de Paris. En 1947, rejoint le ‘Muséum national d'histoire naturelle’, à la direction du département des mammifères et oiseaux. Directeur du Muséum en 1975. Membre du ‘Conseil national de la protection de la nature’. Peu écouté et même raillé dans les milieux politiques, économiques et syndicaux, réticents à imaginer que la période des "trente glorieuses" pourrait ne pas se prolonger indéfiniment et laisser derrière elle des conséquences coûteuses pour les générations futures. Militant au sein de l'ONG ‘Les Amis de la Terre’ et de la ‘Ligue pour la protection des oiseaux (LPO)’. « L’homme a imprudemment joué à l’apprenti sorcier et mis en marche des processus dont il n’est plus le maître. En dépit de la foi que professent la plupart de nos contemporains en une civilisation mécanique, l’homme continue de dépendre étroitement des ressources renouvelables et avant tout de la productivité primaire, la photosyn- thèse en étant le stade premier. L’homme peut se passer de tout, sauf de manger. L’homme doit respecter un certain équilibre et se soumettre à certaines lois écologiques qui font véritablement partie de la constitu- tion de la matière vivante elle-même. »
  • 29. Howard Thomas Odum (1924-2002), écologue et ornithologue états-unien. Études de biolo- gie à Chapel Hill (université de Caroline du Nord). Thèse de zoologie à l‘université de Yale, intitulée La biogéochimie du strontium : avec discus- sion sur l'intégration écologique des éléments. Ceci le conduit dans le domaine émergent de l'écologie des systèmes. Fait une analyse météorologique de la circulation mondiale du strontium et anticipe à la fin des années 1940 la vision de la Terre comme un grand écosystème. Directeur du Marine Institute de l'Université du Texas, puis enseigne au Département des sciences de l'ingénierie de l'environnement de l’Université de Floride, fonde et dirige le Center for Environmental Policy, puis l’University's Center for Wetlands en 1973. Travaille sur le recyclage des eaux usées traitées en cyprès les marais : un des premiers projets à d'utilisation des zones humides comme écosystèmes d'amélioration de la qualité de l'eau. Laisse un héritage important dans de nombreux domaines associés à l'écologie, aux systèmes et à l'énergie : économie écologique, écologie estuarienne, écologie des écosystèmes tropicaux, théorie générale des systèmes, modélisation des flux d'énergie des écosystèmes, radio-écologie (effets des rayonnements sur la forêt tropicale humide, sur les récifs coralliens et l'écologie des océans), etc.
  • 30. Majid Rahnema (1924-2015), Franco-iranien né à Téhéran, diplomate et ancien ministre, représente l’Iran à l’ONU de 1957 à 1971. En 1971, crée un ‘Institut d'Études du Développement Endogène’, inspiré par les idées éducatives de Paulo Freire, pour entamer un projet de développement de base avec les paysans de Lorestan, une province d’Iran. Travaille sur les questions de pauvreté et les processus de production de la misère par l’économie de marché. Ami d'Ivan Illich et de Rajagopal PV, participe aux réflexions sur le développement. Affirme que la misère (impossibilité d’accéder à des moyens de subsistance) chasse aujourd’hui la pauvreté (mode de vie basé sur la sobriété). Le soi-disant « développement » a été en fait une politique de suppression des anciens savoirs et réseaux de subsistance. « Le principe de suffisance - Assez, mais jamais trop - doit prendre la relève de l’idéologie du Toujours plus. »
  • 31. Serge Moscovici Srul Herş Moscovici (1925-2014), né en Roumanie, tourneur- fraiseur puis psychologue, réfugié en France en 1947. Fondateur de la psychologie sociale européenne, directeur d’études à l’’École des Hautes Études en Sciences Sociales’ de Paris, professeur invité à New-York, Genève, Louvain, Cambridge, Princeton, Stanford, etc. Pionnier de l’écologie politique en France, compagnon de route de René Dumont puis de Brice Lalonde. Un des fondateurs de ‘Génération Écologie’. Rappelle que la nature est aussi l’œuvre des humains et que nous avons de plus en plus de responsabilité envers elle : elle est bel et bien historique. Met en avant le rôle des minorités actives dans le changement nécessaire. Recommande la prise en charge par les écologistes des questions quotidiennes de mode de vie et leur investissement politique local qui permet ces expérimentations. « Comment les individus sont-ils entraînés par les processus de masse, et pourquoi leurs capacités de résistance sont-elles aussi faibles ? »
  • 32. Frederic Vester (1925-2003), biochimiste allemand, chercheur en systèmes, expert en environnement, professeur d'université et auteur de vulgarisa- tion scientifique. Étudie la chimie à Mayence, Paris et Hambourg, Yale et et Cambridge. Travaille aux universités de Sarrebrück, de Munich puis de St Gallen (Suisse). En 1970, fonde la SàRL Frederic Vester Studiengruppe für Biologie und Umwelt GmbH (‘Groupe d’étude F.V. en biologie et environnement’). Pionnier de la pensée en réseau, de la combinaison d'idées cybernétiques et systémiques et de la complexité. Les simulations de réseaux systémiques peuvent aider à décider des effets à long terme de mesures singulières. Son logiciel ‘modèle de sensibilité’ est utilisé depuis les années 1980 dans des études menées par Ford, l'UNESCO et d'autres organisations. Ses idées contribuent à la formation du mouvement environnemen- tal et du Parti vert en Allemagne. Membre du Club de Rome. « La pensée linéaire est caractérisée par le fait que les actions qui ont conduit au succès dans le passé sont toujours répétées, même si elles ne mènent plus au succès, même si elles conduisent au désastre. »
  • 33. David Pimentel (1925-2019), universitaire états-unien. Professeur d'écologie des insectes et des sciences agricoles au ‘Département d'entomologie’ et à la ‘Section d'écologie et de systématique’ de la Cornell University. Spécialiste de l’érosion des terres arables : partout, les terres s’épuisent, et risquent de ne plus pouvoir nourrir l’humanité. En cause, l’érosion des sols, liée aux productions intensives, le déclin de la biodiversité ou des vers de terre, accéléré par l’usage massif de la chimie, la progression inexorable du béton des villes et des routes. 0,5 % des terres cultivables disparaissent tous les ans, l’équivalent d’un cinquième du territoire français. L’érosion provoque une insuffisance en nutriments de base (nitrogène, phosphore, potassium, calcium), essentiels pour la production agricole. Davantage présents en surface, ils partent avec les eaux de ruissellement. C’est en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud, que l’érosion frappe le plus fort : une perte de 30 à 40 tonnes de terreau par hectare par an. Environ 17 tonnes par an en Europe et aux États-Unis. Sur tous les continents, cette érosion s’étend bien au-delà de la capacité de renouvellement des sols : environ une tonne de terre par an et par hectare. « À cause de l’érosion, près d’un tiers des terres arables sont devenues improductives. »
  • 34. Ivan Illich (1926-2002), né en Autriche de père croate et de mère juive allemande. Fuit le nazisme. Étudie la cristallographie, la théologie et la philosophie à l'université grégorienne de Rome, ordonné prêtre. Part aux États-Unis. Vice-recteur de l'université catholique de Porto Rico. En 1960, estime qu’entre le préservatif et la bombe atomique, l’Église se trompe de cible, et rompt avec elle. Fonde en 1961 à Cuernavaca (Mexique) le Centro Intercultural de Documentación (CIDOC - 1966 à 1976), centre pour la formation interculturelle. Après sa fermeture, revient vivre en Europe et enseigne notamment l’histoire du haut Moyen Âge à Bremen (Allemagne). Principaux constats : - Un moyen technique efficace (ex.: autoroute) crée un monopole et empêche les moyens plus lents de remplir leur fonction. - Les grandes institutions de nos sociétés deviennent contre-productives : la pharmacie nuit à la santé, la voiture en ville fait perdre du temps, la surinformation abêtit, etc. - Préconise, pour remplacer la machine, des outils conviviaux qui acceptent plusieurs fonctionnalités.
  • 35. François Partant François Roche (1926-1987), économiste français, banquier spécialiste du développement. Découvre sur le terrain et dénonce des aberrations des politiques de développement menées dans les pays du tiers-monde (Iran, Madagascar, Sud-Yémen, etc.). Travaille alors pour les gouvernements et les mouvements d'opposition de ces pays puis mène une réflexion plus globale sur le système économique et politique international. Voit les impasses dans lesquelles s’engage un système économique en voie de mondialisation. Juge le système non réformable, ce qui implique la nécessité d’alternatives radicales. Un des premiers à lancer l’idée d’un après-croissance. Son livre La fin du développement, naissance d’une alternative ? analyse l'idéologie du progrès, traite de la crise comme d'un blocage du système, et de l'agriculture comme l'espoir d'une reconstruction. Collabore régulièrement au bulletin de l'association ‘Champs du Monde’, animé notamment par François de Ravignan.
  • 36. Alphonse Arzel (1927-2014), élu politique français. Maire de Ploudalmézeau au moment du naufrage de l’Amoco Cadiz. Quand dans la nuit du 16 mars, le supertanker s’échoue à Portsall, est l’un des premiers à se rendre sur place pour assister impuissant à la catastrophe. 220 000 tonnes de pétrole vont souiller près de 340 km de côte, provoquant la colère des habitants et des élus de ce coin de Bretagne. Fonde un ‘Syndicat mixte de défense des communes du littoral nord de la Bretagne’ (qui devient ‘Vigipol’ en 2000) dont il est élu à l’unanimité Président, pour engager une action en Justice contre la Standard Oil, société propriétaire du navire. Est élu sénateur en septembre 1980. En 1992, 14 ans après les faits, le pollueur sera condamné à verser 226 millions de francs (34,3 millions d'euros) aux communes bretonnes et 1,05 milliard de francs à l'État français, en réparation des dommages causés par la marée noire. Le ‘Centre de documentation de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux’ (CEDRE) lui rend hommage, mais aussi la bande dessinée Bleu pétrole (2017) de Gwénola Morizur (scénario) et Fanny Montgermont (dessin). « Si Goscinny a situé son village gaulois du côté d'Erquy, c'est le maire de Ploudalmézeau qui allait incarner Astérix. L'image s'est imposée à moi lors de notre premier voyage à New York où nos avocats américains avaient leurs bureaux. »
  • 37. Edward Abbey (1927-1989), écrivain, essayiste, scénariste et militant écolo-giste radical étatsunien. Après un voyage en auto-stop à 17 ans, tombe fou amoureux du désert. Études de lettres à l'université du Nouveau- Mexique et d'Édimbourg (Écosse). Garde saisonnier dans plusieurs parcs naturels. Icône de la contre-culture et pionnier d'une prise de conscience écologiste aux États-Unis. L’écrivain Larry McMurtry l'appelle "le Thoreau de l'Ouest américain". Pourfend notamment l'acte de "vandalisme politico-industriel" que constitue à ses yeux la construction du barrage de Glen Canyon, et "l’expansion perpétuelle des industries extractives". Prône la désobéis- sance civile et le sabotage du matériel, mais la non-violence envers les personnes. Auteur de 9 romans, un recueil de poésie et 15 essais. Ses œuvres les plus connues sont le roman Le Gang de la clef à molette, récit politico-burlesque vendu à 2 millions d’exemplaires qui inspirera la création de l'organisation environnementale Earth First ! et son essai Désert solitaire. Demande à être enterré par ses proches dans le désert du Sonora. Aujourd'hui encore, personne ne sait où se trouve sa tombe.
  • 38. Sunderlal et Vimla Bahuguna Né en 1927, militant indien et gandhien de l’environnement. Dès l’âge de 13 ans, s’engage dans les luttes non-violentes pour l’indépendance de l’Inde. Lutte aussi contre l‘Intouchabilité, puis organise les femmes dans la campagne anti-alcool de 1965 à 1970. Épouse sa femme Vimla à la condi- tion qu'ils vivent parmi les populations rurales et établissent un ashram dans un village. Dans les années 1970, traverse les forêts et les collines himalayen- nes, couvrant plus de 4700 kilomètres à pied et observe les dommages causés par les mégaprojets de développement sur l'écosystème fragile de l'Himalaya. Lance en mars 1974 le mouvement Chipko* dans l'Uttar Pradesh, dans le but de sauver les forêts des coupes abusives des entrepreneurs forestiers. Dirige le mouvement contre le barrage de Tehri** à partir des années 1980, jusqu'au début de 2004. Un des les premiers écologistes de l'Inde. * En hindi, Chipko signifie "bâton" : les militants se collent aux arbres pour éviter qu’ils soient coupés. Le mouvement Chipko a ensuite inspiré le mouvement Appiko dans le Karnataka. ** sur la rivière Bhagirathi dans l' Uttarakhand et sur une zone de faille géologique majeure.
  • 39. Christopher D. Stone Né en 1927, juriste états-unien et spécialiste d'éthique environne mentale. Étudie depuis plus de 40 ans les enjeux sous-jacents aux problèmes écologiques globaux tels que le changement climatique, la perte de biodiversité et la destruction des ressources naturelles. Auteur de nombreux articles et ouvrages (sur la politique énergétique états- unienne, le droit du commerce et la criminalité des entreprises, la protection des océans, etc.) En 1972, pour contrer un projet de station de ski de la Walt Disney Company (combattu par le Sierra Club) qui menace une forêt de séquoias en Californie, propose d’accorder des droits aux arbres, représentés par les ONG écologistes, et à l’environnement naturel dans son ensemble. Sa position est ridiculisée par le philosophe français Luc Ferry, pour qui seule l’humanité possède une personnalité juridique, fermant ainsi toute possibilité de débat. Heureusement, l’Équateur, en 2008, confère à la nature la qualité de sujet de droit, la Bolivie édicte une « loi sur les droits de la Terre mère » en 2010, les fleuves Whanganui en Nouvelle-Zélande et le Gange et la Yamuna en Inde acquièrent la personnalité juridique. Travaille activement depuis à l'élaboration d'un droit international sur les questions environnementales.
  • 40. Henri Pézerat (1928-2009), chercheur français, diplômé de ‘l'École de Chimie de Lyon’, directeur de recherches au CNRS, chimiste, toxicologue et lanceur d'alerte. Fin 1973, dans son laboratoire de chimie de Jussieu, identifie l'amiante dans la poussière blanche qui tombe du plafond et pollue les mesures. Examine la littérature sur ce silicate et découvre qu'il s'agit d'un cancérogène. Contribue avec le Comité anti-amiante de Jussieu à faire interdire l’amiante en France en 1997. Après son départ en retraite, élargit son champ d’action à d’autres polluants cancérigènes. En 2000, met en garde contre la toxicité du fioul lourd s’échappant du bateau échoué, l’Erika. Ses derniers combats concernent le désamiantage du porte-avion ‘Clemenceau’ et la détermi- nation du rôle délétère de l’aluminium dans la genèse de la maladie d'Alzheimer. ‘L’association Henri Pézerat’ travaille sur l’ensemble des risques professionnels et environnementaux. Elle a pour but de créer et de faire vivre un réseau d’échanges d’expérience et d’aide aux luttes sociales concernant la santé des personnes en lien avec le travail et l’environne- ment. Elle agit pour la mise en œuvre d’une politique de prévention et de santé publique de nature à combattre les risques d’atteinte à la santé physique et psychique.
  • 41. Edward Teddy Goldsmith (1928-2009). Philosophe, écologiste, fondateur en 1968 de Survival International, association de défense des peuples premiers, de la revue The Ecologist (1969) et de l'association Ecoropa (1975) Prix Nobel alternatif en 1991 pour ses efforts en vue d’élever la prise de conscience écologique. « C’est l’effondrement de l’économie qui nous obligera à réduire notre impact destructeur sur l’environnement et permettra peut-être, même si cela crée beaucoup de chômage et de souffrance, d’inverser notre propre vision du monde. Celle d’une société réellement durable, capable de satisfaire nos vrais besoins essentiels et spirituels, de préserver l’ordre du monde naturel, l’ordre spécifique du vivant. » « Pour nous sauver et sauver la planète, il est nécessaire de remettre en question non seulement notre mode de vie et de consommation mais aussi et surtout notre manière d'appréhender le monde et de le concevoir... »
  • 42. Bill Mollison et David Holmgren Bruce Charles Mollison (1928-2016), scientifique australien, originaire de l’île de Tasmanie. Petits boulots, biologiste en milieu naturel. Diplôme de biogéographie, professeur à l'université de Tasmanie, y crée le département de ‘Psychologie environnementale’. Prix Nobel alternatif 1978. David Holmgren (né en 1955), militant politique australien, routard, études de design environnemental. En 1974, les deux amis développent le concept de la permaculture, « système intégré et évoluant d'espèces d'animaux et de plantes pérennes utiles à l'homme », qui combine l'agriculture, l'architecture paysagère et l'écologie. La permaculture met au centre les humains, leur habitat et la façon dont ils s'organisent : « paysages consciemment créés imitant les modèles et les relations rencontrés dans la nature, tout en récoltant en abondance la nourriture, les fibres et l'énergie satisfaisants les besoins locaux ». D.H. réfléchit à la réorganisation positive des banlieues en vue de l'adaptation nécessaire une fois passés le pic du pétrole et la descente énergétique. ../..
  • 43. Bill Mollison et David Holmgren La permaculture ambitionne une production agricole durable, très économe en énergie, respectueuse des êtres vivants et de leurs relations réciproques. 12 principes de la permaculture selon D.H. : - Appliquer l’autorégulation et accepter les rétroactions. - Intercepter et stocker l’énergie - Utiliser et répondre au changement avec créativité - Concevoir en passant des motifs généraux (structure) aux détails - Intégrer plutôt que séparer, en mettant les bons éléments aux bons endroits - Observer et interagir - Obtenir un résultat - Ne pas produire de déchets. En trouvant une valeur à chaque ressource disponible et en les utilisant toutes, rien n’est un déchet. - Utiliser et valoriser la biodiversité - Utiliser et valoriser les ressources et les services - Utiliser et valoriser les bordures, l’interface entre deux choses - Utiliser des solutions petites et lentes
  • 44. Robert Poujade Né en 1928, homme politique français. Agrégé de lettres, gaulliste, maire de Dijon. Membre dans les années 1960 de la ‘Ligue urbaine et rurale’ et de la ‘Ligue contre le bruit’. Ministre de la protection de la nature et de l'environnement (1971-1974). Ses premières missions concernent la lutte contre la pollution sonore, le développement d’un réseau de contrôle de la qualité de l’air, l'extension des compétences des agences de l’eau, des contrats entre l’État avec les branches industrielles polluantes pour mettre en place des normes de lutte contre les nuisances. Dans son livre Le ministère de l’impossible, dévoile les conflits multiples, mineurs et fondamentaux, qui l’ont opposé aux autres ministères et aux grands services publics. Critique les entreprises publiques polluantes, souhaite un contrôle très sévère des exploita- tions de gisements de pétrole off-shore, préconise une fiscalité imaginative contre le bruit, une étude écologique préalable à tous les travaux ou projets risquant d’entraîner un changement du milieu. Préconise la réunion, au sein d’une même structure, de l’aménagement du territoire et de l’environnement. Très discret sur les centrales nucléaires…
  • 45. Alexandre Grothendieck (1928-2014), Né à Berlin, père juif ukrainien mort à Auschwitz, mère juive allemande. Naturalisé français en 1971, passe la majorité de sa vie en France. Lauréat de la médaille Fields en 1966, refondateur de la géométrie algébrique, un des plus grands mathématiciens du 20ème siècle. Dénonce la guerre du Vietnam, la militarisation de la recherche et l'orientation mortifère du développement technoscientifique, démissionne pour cette raison de l’’Institut des Hautes Études Scientifiques’ (IHES). Professeur à l’université de Montpellier. Végétarien, soutient les objecteurs de conscience. Cofondateur avec Pierre Samuel et Claude Chevalley et animateur de 1970 à 1975 du mouvement écologiste et de la revue Survivre et Vivre. « La collaboration de la communauté scientifique avec l'appareil militaire est la plus grande honte de la communauté scientifique d'aujourd'hui. C'est aussi le signe le plus évident de la démission des savants devant leurs responsabilités dans la société humaine. » Voir aussi A.G in « Chercheurs de sens »
  • 46. Pierre Gevaert Né en 1928, agronome et agriculteur belge. En 1957, crée la société ‘Lima’, marque de produits alimentaires biologiques et diététiques qu'il dirige pendant 30 ans. À partir de 1979, participe à l'organisation de la filière "bio" et à l'élaboration des réglementations officielles. En 1993, initiateur d'un éco-village dans le Lot-et-Garonne. À 80 ans, sillonne encore les villages du Sénégal pour encourager la renaissance des traditions ancestrales (compostage, protection contre l'érosion des sols, etc.) en y associant des techniques écologiques modernes : électricité éolienne, cuisson solaire, etc. « Nous devons soigner la nature, panser ses blessures, nourrir les générations présentes et futures, y retrouver la convivialité et l’entraide qui naissent aussitôt que la vie reprend du sens. La proportion des ruraux et des citadins devrait être de 80 % de ruraux et 20 % de citadins. »
  • 47. Marshall Sahlins Né en 1930, anthropologue états-unien, docteur de l’Université Columbia, docteur honoris causa de Paris-Nanterre et de Paris- Descartes, admirateur de Claude Lévi-Strauss. Dans son ouvrage Âge de pierre, âge d'abondance, se pose la question : Quel est le statut de l'économie primitive ? La société des chasseurs-cueilleurs n'est pas une société de dénuement mais d'abondance. Présente ainsi une autre définition de l'abondance, inconnue de nos sociétés contemporaines : produire et consommer uniquement ce dont on a besoin. Si les sociétés les plus " primitives " restreignent leur production, c'est parce qu'elles savent limiter leurs besoins. D'un strict point de vue économique, elles vivent dans l'abondance, puisqu'elles jouissent de beaucoup de temps libre. Cette démonstration renverse la vision misérabiliste que nous avons des sociétés technologiquement peu développées. ../..
  • 48. Marshall Sahlins Commentaires de Jean Sulivan à la lecture de Marshall Sahlins : « La société primitive a connu une certaine abondance. Si les savants n’ont pu le voir, c’est qu’enfermés dans la mentalité industrielle, l’absence de l’idée de rentabilité et de profit leur est apparue comme une impuissance et une infirmité. (…) Les sauvages ont fait et réalisé le projet de travailler pour vivre et non de vivre pour produire.» « On dirait que les sauvages, c’est nous qui avons un trou de néant à la place de l’esprit et du cœur, fouaillés que nous sommes par le désespoir et la mort refoulée que nous ne voulons voir qu’au bout de la route. » « Les peuples les plus primitifs du monde ont peu de biens, mais ils ne sont pas pauvres. Car la pauvreté ne consiste pas en une faible quantité de biens, ni simplement en une relation entre moyens et fins : c’est avant tout un statut social. La pauvreté est une invention de la civilisation. » Photo du bas : le Bushman N!xau dans le film Les dieux sont tombés sur la tête ! du Sud- Africain Jamie Uys (1980)
  • 49. Félix Guattari (1930-1992), psychanalyste et philosophe français. Travaille toute sa vie à la clinique de La Borde (Loir et Cher), haut lieu de la psycho- thérapie institutionnelle, militant très marqué à gauche. Engagé dans les mouvements écologistes, appelle à une nouvelle gauche anti-productiviste. Développe la notion d'« écosophie » dans son ouvrage Les trois écologies (1989). Pour lui, les trois écologies doivent être pensées en commun à travers « une écosophie de type nouveau, à la fois pratique et spéculative, éthico-politique et esthétique », une « écologie globale » réunissant : - l'écologie environnementale, pour les rapports à la nature et à l'environ- nement, - l'écologie sociale, pour les rapports aux réalités économiques et sociales, - l'écologie mentale, pour les rapports à la psyché, la question de la production de la subjectivité humaine. Pour échapper aux destructions et aux normalisations engendrées par le « capitalisme mondial intégré », cherche à créer de nouvelles praxis, de nouveaux « territoires existentiels » afin de rendre le monde plus « habitable »
  • 50. Michel Serres (1930-2019), philosophe et homme de lettres français, professeur d’histoire des sciences à l’’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne’ et à la Stanford University. Académicien. Cherche les jonctions possibles entre les sciences exactes et les sciences sociales. Met en parallèle les anges messagers des religions monothéistes et les milliards de messages échangés chaque jour dans un monde de communication et de réseaux. Répète volontiers que Hiroshima reste le principal objet de sa pensée, éthique et métaphysique. Plutôt que des concepts, préfère inventer des personnages, à l’image du plus célébré d’entre elles, « Petite poucette » la fille de maintenant, celle qui tient dans sa main le monde entier, ou de « Grand-papa ronchon », qui ne cesse de répéter, contre toute évidence, que « c’était mieux avant ». ../..
  • 51. Michel Serres Dès 1977, avec La naissance de la physique dans le texte de Lucrèce, remet en lumière les solutions très anciennes au problème essentiel de la politique écologique : respecter la stabilité de la société pour éviter les catastrophes, la faire profondément évoluer pour éliminer ses aspects mortifères (exploitation de l’homme et de la nature, pollutions, etc.). Un des premiers, en 1990, à intégrer dans une vision du monde l’enjeu environnemental, en proposant avec Le contrat naturel de donner des droits à la nature, ou plutôt de donner le statut de « contrat » à la symbiose entre les humains et la planète : « La symbiose admet les droits de l’hôte, alors que le parasite - notre statut actuel - condamne à mort celui qu’il pille et qu’il habite sans prendre conscience qu’il se condamne lui-même à disparaître ». Personnalise quelques années plus tard ce parasite avec la figure du « malpropre », celui qui affirme son droit d’abuser en salissant de ses déchets l’habitat commun. Réfléchit aux conditions de possibilité de ce qu’il appelle une « cosmocratie », ou gouvernance mondiale. ../..
  • 52. Michel Serres « Le Mal propre, c’est l’inverse du bien commun. Il faut donc, pour lutter contre la pollution, poser au centre la question de la propriété. (…) Il est recevable aujourd’hui que, par exemple, le parc naturel de Yellowstone se porte partie civile au nom de la nature. » « Jusqu'à maintenant nous n'avions pas conscience d'être dans une véritable guerre contre le monde : il y avait peu d'encadrement formel à ce combat, et nous avions plutôt tendance à la perdre. Mais il y a aujourd'hui un risque important de nous voir gagner cette guerre. Ce qui serait terrible : cela serait une victoire à la Pyrrhus, c'est à dire en même temps une défaite, puisque notre adversaire est le bateau sur lequel nous sommes embarqués. » « Je suis certain que nous allons désormais à une catastrophe dont notre histoire ne nous donne aucun exemple, si nous ne changeons pas au plus vite nos coutumes, notre économie et nos politiques. (…) Quand le bateau fait eau, les matelots continuent-ils à s’entre-déchirer ? ». « Tout le système économique est orienté vers la mort des paysans. Or ils sont les pères nourriciers de l'humanité. Sans paysans, on ne fera plus rien. Par conséquent, il faut sauver les paysans. »
  • 53. Árpád Pusztai Né en 1930, d’origine hongroise, biochimiste et nutritionniste. Passe 36 ans au Rowett Research Institute d’Aberdeen , en Écosse. Expert mondial de plantes lectines, auteur de 270 articles et de 3 livres sur le sujet. En 1998, annonce publiquement le résultat de ses recherches : la consommation de pommes de terre génétiquement modifiées par des rats a des effets négatifs sur la paroi de leur estomac et leur système immunitaire. Le directeur de l‘’Institut Rowett’, Philip James, après avoir soutenu initialement Pusztai, le suspend et interdit à la fois à Pusztai et à Susan Bardócz, son épouse et collègue, de parler publiquement. Le chercheur est exclu de l’’Académie Royale des Sciences’. Un ancien administrateur de l’’Institut Rowett’, le professeur Robert Orskov, rapportera en 2003 au Daily Mail que « Monsanto avait téléphoné à Bill Clinton, puis Clinton à Tony Blair, et Blair à Philip James … »
  • 54. Raoni Metuktire Né vers 1930, un des grands chefs du peuple des Kayapos vivant au cœur d'une réserve protégée sur le territoire du Brésil. Figure internationale emblématique de la lutte pour la préservation de la forêt amazonienne et de la culture indigène. Reconnaissable au labret traditionnel qui lui distend la lèvre inférieure et qu'il arbore avec grande fierté. En février 1989, opposant au projet de barrage de Kararao. La tournée qu’il entreprend avec le chanteur anglais Sting dans 17 pays en 1989 lui permet de diffuser son message à l'échelle planétaire. « Les animaux, les plantes, les rivières sont en danger. Les maltraiter, c’est ne pas réfléchir correctement. Sans forêt, il n’y aura plus d’ombre, les vents vont se lever, la terre s’assécher, il y aura de grands feux, mais plus d’eau ni de nourriture ».
  • 55. Percy Schmeiser Né en 1931, agriculteur canadien résidant à Bruno, Saskatchewan, Canada. Se spécialise dans l'hybridation et la culture du colza. En 1997, sur 320 ha des 600 ha de son exploitation, son colza est contaminé de façon étrange (pollinisation par le vent ou dispersion de graines accidentellement tombées de camions) par les semences ‘Roundup Ready Canola’ de la firme multinationale ‘Monsanto’. La firme exige de lui des dommages-intérêts faramineux pour l’utilisation illicite de ses graines. Devenu pour les opposants aux organismes génétiquement modifiés (OGM) un symbole de la défense des droits des agriculteurs indépendants et de la lutte pour le droit d'utiliser ses propres semences. Reçoit le ‘prix Mahatma Gandhi’ en 2004 et le Right Livelihood Award (prix Nobel alternatif) en 2007 en récompense de son combat contre Monsanto. "Ce n'est plus l'affaire Schmeiser, c'est l'affaire de tous les paysans à travers le monde."
  • 56. Roland Perrot et Longo Maï R. P. (1931-1993) psychologue et écrivain français, militant anarchiste, déserteur pendant la guerre d’Algérie, auteur du livre RAS, ami de Jean Giono. En 1973, à Limans (près de Forcalquier, Alpes-de- Haute-Provence), fonde avec de jeunes urbains allemands, suisses et autrichiens le réseau de coopératives agricoles ‘Coopérative européenne Longo Maï *’. Ils décident d'expérimenter de nouvelles façons de vivre et de faire de la politique dans une région rurale dépeuplée en y fondant une communauté, une base de survie. Le fonctionnement est basé sur l’autosubsistance, la vie communautaire, les productions artisanales et agricoles, la gestion autonome et écologique de l’énergie, de l’eau, ainsi que le refus du salariat. Longo Maï participe à de nombreux projets européens dans le domaine des coopératives, des radios libres, de l'aide aux réfugiés. Aujourd'hui, 10 coopératives fonctionnent en réseau : France, Allemagne, Autriche, Suisse, Ukraine, Costa Rica. Parallèlement à ses activités agro-alimentaires, Longo Maï organise des campagnes de solidarité internationale, notamment en faveur des résistants aux dictatures. * En occitan provençal, Longo maï : Que ça dure longtemps !
  • 57. André Pochon Né en 1931, agriculteur français breton, retraité en 1991. Met en avant les dégâts écologiques de l'agriculture productiviste, notamment la culture du maïs ou les élevages hors-sol. Ce système économique pénalise avant tout les agriculteurs, mono-actifs, donc dépendants de leurs fournisseurs, et poussés à un endettement très fort. Démontre aussi que le productivisme a fait perdre à l'Europe son indépendance alimentaire, contrairement aux idées reçues. Promoteur de l'agriculture paysanne et durable. Préconise l’élevage des vaches sur prairies (à base de trèfle blanc) et des porcs sur paille. « Alors soudain, ce jour de 1980, j'ai ouvert les yeux et j'ai décidé de sauver ma terre ».
  • 58. Hubert Reeves (1932-2023), astrophysicien, vulgarisatteur scientifique et écolo- giste franco-québécois. Docteur en astrophysique nucléaire. Professeur à Montréal, conseiller de la NASA, professeur à Bruxelles, chercheur au CNRS. Devient célèbre en publiant en 1971 une recherche fondamentale sur la création de la matière par les étoiles et l’évolution du cosmos. Préside la ‘Ligue ROC pour la préservation de la faune sauvage’, informe sur les dangers du réchauffement climatique et sur le risque du nucléaire militaire et civil, prône le végétarisme. « Le sort de l'humanité est lié à celui des pollinisateurs. Et ce sont surtout des insectes, dont les abeilles. » « Le nucléaire est une mauvaise solution car il hypothèque l’avenir. À nous l’énergie, à nos enfants les déchets. C’est une activité trop dangereuse pour être laissée aux humains. On ne laisse pas les enfants jouer avec des allumettes » « Qui serait assez téméraire pour affirmer que nous connaissons et percevons toutes les forces, toutes les ondes et tous les moyens de communication ? » « Devenir adulte, c'est reconnaître, sans trop souffrir, que le Père Noël n'existe pas. C'est apprendre à vivre dans le doute et l'incertitude. »
  • 59. Dian Fossey (1932-1985), éthologue et primatologue états-unienne, spécialisée dans l'étude du comportement des gorilles. Les étudie régulièrement dans les forêts de montagne du Rwanda, encouragée par l’anthropologue Louis Leakey. Les définit comme étant « dignes, très sociables, doux, avec des personnalités individuelles, et des relations familiales fortes » et les préfère aux humains… Assassinée en 1985 probablement par ou pour le compte de braconniers. Enterrée selon ses vœux dans le cimetière qu'elle avait fait aménager pour les gorilles. « Des mesures urgentes de protection doivent être prises si l'on veut que les gorilles survivent et se multiplient. Mais n'est-il pas déjà trop tard ?... »
  • 60. Alain Hervé (1932-2019), études de philosophie avec Gaston Bachelard. Journaliste et écrivain. Cofondateur, en 1969, de la branche française des ‘Amis de la Terre’ et, en 1989, de l’association ‘Fous de palmiers’. Ex-directeur de la rédaction du mensuel Le Sauvage, chroniqueur pour les revues Géo, L'Écologiste, pour FR 3 (films sur les plantes), etc. « Si nous avions conscience d’être partie d’un tout, aurions-nous fait de l’agriculture ce qu’elle est devenue : un processus dans lequel la terre est devenue secondaire ? L’industrie aussi est un danger, moins par ses effets immédiats et évidents que par l’état d’esprit qu’elle a développé : elle a inventé les déchets qui sont inconnus dans la nature. (…) Quelle sera la philosophie qui permettra à l’humanité de concevoir une nouvelle gestion de son environnement naturel et d’indiquer, par rapport à la nature, ses limites à la science ? »
  • 61. Guru das Agrawal ou Shri GD Agrawal, ou Swami Sanand (1932-2018), militant écologiste indien. Diplômé en génie civil de l' université de Roorkee, chef du département de génie civil et environnemental de l’Institut de technologie de Kanpur, secrétaire du Central Pollution Control Board (CPCB) de 1979 à 1980. Son jeûne en 2009 conduit à l’arrêt du projet de 2 barrages sur la rivière Bhagirathi, affluent du Gange situé dans les hauteurs de l'Uttarakhand. Son jeûne en 2016 contraint l'administration Haridwar à réprimer l'exploitation minière illégale dans la région. À l’âge de 79 ans, devient sanysi, moine ‘renonçant’ dans la tradition hindoue sous le nom de Swami Gyanswaroop Sanand. Meurt le 11 octobre 2018, à 86 ans, à la suite d’une grève de la faim de 111 jours commencée le 22 juin, entreprise pour dénoncer l'inactivité de la National Ganga River Basin Authority et pour que le gouvernement de tienne ses promesses de nettoyer et de sauver le Gange. Avant lui, en 2011, Swami Nigmananda Saraswati (1976-2011, photo du bas) décède après un jeûne de 115 jours à Haridwar pour protester contre l'exploitation minière illégale dans les environs du Gange.
  • 62. Jean-Marie Pelt (1933-2015), pharmacien, botaniste, écologiste et écrivain français, professeur des universités en biologie végétale et pharmacognosie. Fondateur de l’’Institut Européen d’Écologie’ à Metz. S’intéresse aux pharmacopées traditionnelles d’Afrique et d’Asie. « La croissance économique ne se poursuit qu’au prix d’une décroissance écologique, tout comme une tumeur cancéreuse ne s’alimente qu’au détriment de l’organisme qu’elle épuise : dans les deux cas, le bilan final est désastreux. » « Nous appartenons à la vie, nous n’en sommes pas les maîtres, nous devons la respecter avec modération et humilité » « Contrairement à ce que pourrait laisser penser un survol sommaire des théories de Darwin, la loi de la jungle ne règne pas sans partage sur la Terre. Il arrive aussi que la solidarité, la symbiose, l’humilité triomphent de la toute-puissance affichée. La grande brute invincible n’a pas besoin de faire preuve de subtilité pour survivre. Le faible, lui, doit réfléchir ».
  • 63. Paul Josef Crutzen et Eugene Stoermer Né en 1933, météorologue néerlandais et chimiste de l'atmos- phère. Docteur en météorologie de l’université de Stockolm. Professeur à Stockholm, puis à Mayence. En 1970, publie un travail fondamental sur la capacité des oxydes d'azote à décomposer l'ozone. Colauréat du prix Nobel de chimie 1995. Avec le biologiste états-unien Eugene F. Stoermer (1934-2012, photo du milieu), professeur de biologie à l’université du Michigan - School of Natural Resources and Environment et chercheur sur les diatomées, popularise en 2000 le terme "anthropocène« * (l’ère de l’être humain), pour désigner une nouvelle période géologique qui a débuté au 19ème siècle avec la révolution industrielle et pendant laquelle l’influence des êtres humains sur l'écosphère terrestre est devenue prédominante. L’influence croissante de l’humanité sur l’environnement a été reconnue au moins depuis 1873, lorsque le géologue, paléontologue et prêtre italien Antonio Stoppani (1824-1891, photo du bas) parle d’une « nouvelle force tellurique qui par sa puissance et son universalité peut être comparée aux grandes forces de la Terre. » * Le terme a été employé initialement par des chercheurs soviétiques au début des années 1960.
  • 64. Alexei Yablokov (1933-2017), biologiste et militant écologiste russe. Membre de l’’Académie des Sciences de l’Union Soviétique’, puis de celle de Russie (après la fin de l’URSS). Dénonce en 1997 le maquillage du décompte des prises des navires baleiniers russes en violation des accords internationaux. Coordonne le dénombrement et la localisation des navires et sous-marins atomiques soviétiques, mais aussi des 17.000 conteneurs de déchets radioactifs immergés dans l’Océan glacial arctique. En 1988, en pleine perestroïka, fonde l’antenne soviétique de Greenpeace. Conseiller du président Boris Eltsine entre 1989 et 1992 pour les questions d’écologie et d’environnement. Joue un rôle majeur de conseil et de témoin dans la procédure conclue par l’acquittement en 2000 par la Cour suprême de la Russie de l’écologiste russe Alexander Nikitin, poursuivi par l’État russe depuis 1995 pour la publication du rapport La flotte du Nord russe : source de contamination radioactive. Lutte pour que l’accident de Tchernobyl soit considéré comme désastre majeur et durable. En 2005, fonde le mouvement vert russe qui devient un an plus tard le parti Yabloko ("la pomme") Photo du bas : A. Y. manifestant devant le siège de l’OMS à Genève pour la reconnaissance des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.
  • 65. Alain Connan Après l’attentat des services secrets français contre le Rainbow Warrior le 10 juillet 1985, devient fondateur et Président de ‘Greenpeace France’, puis commandant du Rainbow Warrior II. En 1989, se trouve debout, sur un Zodiac, au milieu d'un lagon du Pacifique, impassible, les bras croisés sur le torse face à la marine de guerre française, à la suite de quoi le président Mitterrand met fin aux essais nucléaires dans le Pacifique. Devient membre du comité de soutien de l’association ‘Citoyens du Monde’, et Président de l’association ‘Poent Eo’ qui promeut le transport de marchandises à la voile. Cofondateur en 2010 de ‘l’Association Watever’, y crée en 2012 le département ‘Eole Marine Colportage’ (EMC) dont l'objectif est de concevoir et promouvoir un cargo à propulsion éolienne. En juillet 2011, commande la goélette ‘Louise Michel’ dans l’expédition contre le blocus de Gaza Né en 1933, marin et militant écologiste français. Commandant de bord de la Marine marchande, adhère à ‘Greenpeace’ en 1979 pour défendre la mer (armes chimiques et fûts radioactifs largués au fond, massacre des baleines, pollution plastique, etc.). Quitte la Marine marchande en janvier 1983 et devient commandant de bord du Sirius pour ‘Greenpeace’.
  • 66. Jane Goodall Née en 1934, primatologue, éthologue et anthropologue britannique. Invitée au Kenya, y rencontre à l'âge de 23 ans le docteur Louis Leakey, archéologue et paléontologue, et devient son assistante. Passionnée depuis sa jeunesse par les animaux (et végétarienne), décide, en 1960, de vivre seule parmi eux, pour mieux les observer et les comprendre. S'installe dans la région du lac Tanganyika (Tanzanie), dans l’actuel parc national de Gombe Stream, pour y étudier les mœurs des chimpanzés. La première à avoir observé et rapporté que les chimpanzés utilisent des outils pour s'alimenter, qu’ils sont omnivores, qu’ils ont une personnalité. Ses travaux ont profondément transformé les rapports homme- animal. Fondatrice du Jane-Goodall Institute pour la protection de la biodiversité, l’aide au développement durable et l’éducation environnementale. "Messager de la paix" des Nations Unies. « Laissez-vous guider par votre rêve, même si vous devez momentanément le mettre de côté pour trouver un emploi ou payer votre loyer. Et restez toujours ouvert aux opportunités de sortir du cadre pour mener la vie et faire les choses qui vous inspirent profondément… N'ayez pas peur ! »
  • 67. Jane Goodall « Les animaux sont très différents de ce que nous avons pu penser ! Leur intelligence est étonnante. Pas seulement celle des grands singes, des éléphants, des baleines, mais aussi les pieuvres et les calamars, toutes ces créatures qui sont mangées, découpées. Un animal intelligent ne détruit pas sa maison, ce que nous faisons depuis très longtemps. » « Que peut-on y faire ? D’abord, essayer de marcher, de pédaler ou d’emprunter les transports publics, et de ne pas trop utiliser la voiture, surtout seul. Ensuite, on peut manger moins de viande, ou pas du tout. Parce que la viande est très nocive pour l’environnement. Ensuite, on peut s’interroger quand on consomme : ce produit que j’achète a-t-il abîmé l’environnement ? Fait-il du mal aux animaux ? Est-il bon marché à cause de salaires injustes ?» « Pour les Amérindiens, les animaux, les fleurs, les arbres, les pierres sont comme des frères et sœurs. J’aime cette conception de la vie. » « Un intellect assez puissant pour créer l’arme atomique et l’intelligence artificielle doit sûrement posséder les ressources néces- saires pour réparer le mal que nous avons infligé à notre pauvre vieille planète. »
  • 68. Lester Russell Brown Né en 1934, cultivateur producteur de tomates, puis agro- économiste et analyste environnemental états-unien. Pionnier des recherches sur le développement durable, auteur de 20 ouvrages. Fondateur de Worldwatch, premier institut voué à l'analyse des questions mondiales d'environnement, et du Earth Policy Institute.* « Nous avons aujourd'hui besoin, dans notre conception du monde, d'un bouleversement analogue à celui de la révolution copernicienne, dans la façon dont nous envisageons la relation entre la planète et l'économie. La question est de décider si l'environnement est une partie de l'économie ou l'économie une partie de l'environnement. (…) La conception des économistes brouille nos efforts de compréhension du monde. Elle a créé une économie qui n'est pas en phase avec l'écosystème dont elle dépend ». * L’EPI propose la transition énergétique vers des énergies renouvelables, le développement des modes de transport non polluants et la sortie de l'économie du jetable, par une généralisation du recyclage.
  • 69. Yoichi Kaya Né en 1934, économiste japonais, professeur à l’iniversité de Tokyo, président de l’Institute of Innovative Technology for the Earth. Pendant 20 ans membre du ‘Club de Rome’, groupe de réflexion auteur en 1972 du rapport Meadows (Les limites à la croissance) qui déconstruit le mythe d’une croissance infinie et vertueuse. Dans son ouvrage Environment, Energy, and Economy : strategies for sustainability (1993), développe une équation destinée à calculer les émissions mondiales de CO2, en multipliant 4 facteurs : la population mondiale, le PIB par habitant, l’intensité énergétique (efficacité énergéti- que des machines) et le contenu en CO2 de l’énergie (décarbonation de l’économie). L’équation permet d’effectuer des analyses passées et présentes du climat, ainsi que des conjectures sur les trajectoires à venir. Elle sert à définir les politiques climatiques, mais aussi à compren- dre les liens entre climat et économie. ‘L’Agence internationale de l’énergie’ l’utilise régulièrement, tout comme le ‘Groupe international d’étude sur le climat’ (GIEC). L’efficacité énergétique mondiale a déjà diminué de 30% en 35 ans, mais n’a fait diminuer le CO2 que de 10%. La décarbonation nécessite un investissement considérable dans les renouvelables (ou le nucléaire), ce qui n’est pas encore le cas au niveau mondial. C’est donc par une forme de décroissance et de sobriété énergétique que se trouve la solution.
  • 70. François de Ravignan (1935-2011), agronome français. Exerce des activités de recherche et de formation en Afrique Noire et au Maghreb dans les années 1960 et 1970. Comme chercheur à l’INRA, travaillé en Europe (France, Italie, Espagne, Allemagne) et dans les pays du Sud. Économiste, spécialiste de la faim dans le monde, partisan de la décroissance. Annonce dans les années 1960 que le développement industriel appliqué à l’agriculture provoquerait pour les paysans l’exclusion du travail, de la terre et du marché ainsi que des catastrophes écologiques . En 1979, fonde l'association Champs du monde qu'il anime jusqu'en 1987. Participe ensuite à la création de La ligne d’horizon, association des amis de François Partant. Publie de nombreux articles sur l’après-développement. « La crise alimentaire du printemps 2008 est le résultat de 50 ans d’incurie agraire et de la triple exclusion – des terres, du travail, du marché – à laquelle sont soumis des millions de paysans. Au modèle de développement actuel fondé sur le productivisme, il est urgent de substituer l’agro-écologie. » ■