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Textes de famille concernant
les guerres (1814 – 1944)
Version augmentée de 2024
Michel Bruley juin
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 1/128
Juin 2024
Préface
Dans ce document, j’ai regroupé différents textes ou photos relatifs à des épisodes de guerre, écrits par, ou
concernant des membres de ma famille. Cette deuxième version est augmentée notamment des textes de la
Famille Bourgeon, nos cousins d’Algérie. J’ai classé les textes dans l’ordre chronologique des faits relatés et j’ai
pour chacun d’eux situé le lien de parenté des acteurs avec moi.
La famille Bruley et les guerres napoléoniennes
La Première Guerre mondiale
• Les deux guerres de René Puig
• Georges Anselmi : Campagnes de France et d’Orient
• Aimé-Florent Villemin : expédition des Dardanelles
• Louis Toulzac : spahi avant tout
• Charles Puig à Verdun
• Les frères Bruley pendant la Première Guerre mondiale
La Deuxième Guerre mondiale
• Guerre, captivité et évasion de Jacques Bruley
• Robert Bourgeon : sombres années et prisonniers de guerre
• René Bourgeon dans la guerre
• Août 1944, la libération de Troyes, vue par Georges Bruley
Bonne lecture,
Michel Bruley
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 2/128
La famille Bruley et les
guerres napoléoniennes
Campagne de France – janvier – avril 1814
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 3/128
La famille Bruley et les guerres napoléoniennes
J’ai trouvé la trace de faits relatifs aux guerres napoléoniennes concernant deux membres de la
famille Bruley : Nicolas Joseph Bruley et sa mère Edmée née Bordier.
Dans ses mémoires « Enfance champenoise », Simone/Langlois/Bruley/Graven dit que son arrière-
arrière-grand-père avait fait la retraite de Russie et perdu une jambe à la Bérézina. Elle est la seule à
dire cela, je n’ai retrouvé aucun autre document citant ce fait.
Je m’interroge sur la véracité de ce fait. L’ancêtre en question est Nicolas Joseph, né à Neuville le 16
août 1764, marié en premières noces à Aix-en-Othe avec Marie Magdeleine Lange le 13/11/1786, et
en secondes noces à Marianne Darce, veuve Lange, qui était sa belle-sœur. Il est mort à Villemaur
vers 1840. De son premier mariage avec Madeleine Lange sont nés huit enfants, dont 6 garçons et
deux filles.
Au moment de la retraite de Russie en 1812, il avait 48 ans et eut huit enfants. Ce ne peut donc pas
être un conscrit ordinaire, relevant du système de la conscription, c’est-à-dire du service militaire
obligatoire de cinq années, pour une partie tirée au sort, des jeunes âgés de 20 ans.
Dans son texte sur la Généalogie de la famille Bruley, Bruley-Mosle, ne dit rien de la Berezina, mais
raconte qu’Edmée Bordier, veuve de Louis Bruley, la mère de Nicolas Joseph, est décédée à 82 ans le
14 février 1814, le jour de l’arrivée des cosaques à Bourg de Partie, et qu’ils la sortirent de sa maison,
pour s’y installer, la portèrent sous un poirier. Elle fut inhumée le lendemain dans le cimetière de
Neuville.
Bruley-Mosle raconte aussi que Nicolas Joseph Bruley possédait le moulin du haut de Villemaur où il
vivait et qu’en 1814, lors de la retraite de la bataille de Montereau les ennemis mirent le feu au
moulin sous prétexte, disaient-ils, d’éclairer leur ligne de retraite, mais que grâce à un serviteur
dévoué, nommé Farot Lasnier, l’incendie fut éteint et le moulin fut préservé.
Le propriétaire, Nicolas Joseph Bruley, ne pouvait porter secours pour éteindre l’incendie, car étant
averti du passage de l’ennemi, il avait sauvé son mobilier et ses bestiaux dans la forêt, ainsi que sa
famille, et la garde du moulin était confiée à Farot Lasnier qui, étant seul, s’en est courageusement
acquitté.
Rappel de la campagne de France : Janvier – avril 1814 :
Les faits relatés ci-dessus se sont déroulés lors de la campagne de France. Napoléon vaincu à
l’occasion de la campagne de Saxe, la guerre est portée sur le sol français. Les coalisés alignent
quelque 400 000 hommes qui convergent vers Paris. Napoléon n’a guère qu’une centaine de milliers
d’hommes à opposer, principalement de jeunes conscrits peu expérimentés, les Marie-Louise, et un
noyau de survivants qui se sont battus pour lui sur tous les champs de bataille de l’Empire.
Battus à La Rothière, située à 40 km à l’est de Troyes, le 1° février 1814, Napoléon dans un dernier
baroud, remporte des victoires sur les Russes à Montmirail le 11 février, et sur les Autrichiens à
Montereau le 18 février, contraignant l’armée de Bohême parvenue à une cinquantaine de
kilomètres seulement de Paris, à reculer. Cependant, la fin est proche désormais.
Bruley-Mosle, dans sa notice sur Estissac et Thuisy, raconte que Napoléon « le 30 mars 1814, ayant
appris que l’armée ennemie manœuvrait pour se rendre à Paris et sachant la route Troyes-Sens-Paris
libre, est passé à Estissac à 8 heures avec son escorte ; mais 7 jours plus tard, il était à Fontainebleau
pour signer son abdication ».
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 4/128
Annexe : Généalogie pour situer Edmée & Nicolas Joseph
Texte plus complet sur la généalogie de la famille Bruley
https://www.decideo.fr/bruley/docs/Compilation%20sur%20mes
%20ancetres%20V5.pdf
Bourg de Partie (quartier de Neuville sur Vanne)
https://fr.slideshare.net/MichelBruley/synthse-sur-
neuvillepdf
J’aime Bruley
https://fr.slideshare.net/MichelBruley/jaime-bruley
Cosaque
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 5/128
Les deux guerres de René Puig
1914 – 1918
Version actualisée de novembre 2018
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 6/128
20 octobre 2018
Préface
En 2014, j’ai publié une première version des « Deux guerres de René Puig », comprenant un texte
écrit par René Puig, le grand-oncle maternel de mon épouse, ainsi que divers éléments illustratifs,
mais comme à l’époque je n’avais aucune idée de l’escadrille où il était, j’avais repris, pour décrire sa
deuxième participation à la guerre, les inscriptions qui étaient sur sa tombe et imaginé qu’il volait sur
le bombardier le plus répandu dans l’armée française le Breguet 14. Récemment, j’ai retrouvé sur
internet des informations sur René Puig, son escadrille, la 115, l’avion sur lequel il volait un
bombardier lourd Caproni, ainsi que son livret militaire. J’ai donc mis à jour la présente deuxième
version des « Deux guerres de René Puig ».
Bonne lecture,
Michel Bruley
René Puig en uniforme
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 7/128
1914 - Guerre, captivité et évasion
Le 24 septembre, devant mon peloton, placé en tête du 7e
escadron qui bivouaque avec les autres
escadrons composant le 9e
régiment de cuirassiers, je cause avec des sous-officiers quand
subitement j’entends le crépitement d’une mitrailleuse suivi aussitôt des crépitements de plusieurs
autres mitrailleuses.
Sans un commandement, chacun se précipite à son cheval, mais les chevaux, sous la pluie de balles à
laquelle ils faisaient face, font demi-tour et s’enfuient. Les hommes embarrassés dans leurs
manteaux ne peuvent monter à cheval. Je m’accroche à une selle, mais, bousculé par les chevaux, je
ne puis me maintenir. Je tombe à terre, me relève plusieurs fois et culbuté par les bêtes qui ruent et
se cabrent sous les balles qui les frappent, qui culbutent elles-mêmes par-dessus les corps des
hommes et des chevaux tombés déjà morts ou blessés, j’essaie, mais en vain, de me mettre en selle.
Je réussis pourtant à me redresser, mais, à ce moment, je reçois une ruade à la cuisse droite et je me
vois dans l’impossibilité de courir et de me mettre ainsi à l’abri des balles qui continuent de faire
rage. En rampant, je vais me coucher derrière un cheval mort.
Je croyais alors que cette surprise avait pour auteurs des autos-mitrailleuses et je me disais que leur
coup terminé elles repartiraient sans s’occuper des corps étendus et qu’il me serait possible, après
leur départ, de rejoindre d’une façon ou d’une autre, les lignes françaises. Hélas, je me trompais, et
après 10 à 15 minutes d’un feu incessant, l’infanterie ennemie se précipite et entoure les champs où
les corps de nombre de mes camarades sont couchés par la mort. Je garde encore l’immobilité,
espérant encore que les soldats me laisseront comme mort et ne feront que traverser le champ où je
me trouve.
Les coups de feu tirés à mes côtés me font présumer qu’ils donnent le coup de grâce aux hommes
mortellement atteints ou même qu’ils achèvent des blessés et je perds l’illusion de passer inaperçu.
Un coup de crosse reçu à la nuque me fait relever, et sans un geste de ma part, le cœur meurtri, mais
sans m’avouer encore vaincu, je marche devant les soldats. Je fais ainsi quelques pas, quand
j’entends prononcer mon nom. J’accours, et je trouve un camarade du 8e
escadron, le brigadier
Chartier, couché à terre par plusieurs balles ; avec quelques mots allemands, j’obtiens l’autorisation
d’un officier allemand de le soigner. Je puis avoir une civière, et avec l’aide de soldats allemands, je le
transporte jusqu’à l’ambulance allemande. Là, je retrouve une vingtaine de cuirassiers qui me disent
que trois convois de prisonniers sont déjà partis. Nous sommes conduits à la caserne de Péronne, où
l’on nous enferme dans une chambre du 2e
étage, sous la surveillance de plusieurs sentinelles.
À partir de ce moment, ma volonté ne tend plus qu’à un but : m’évader, et je me fais le serment de
tout tenter plutôt que de rester prisonnier.
Dans l’après-midi de ce même jour, j’inspecte les lieux et vois la possibilité de partir la nuit par une
fenêtre. Je prends plusieurs couvertures et quand l’obscurité est venue à l’extérieur de notre
chambre qui, elle, est éclairée, et où une sentinelle veille, je fais un cordage de ces couvertures et
gagne, en rampant sous les lits, la porte d’une chambre de sous-officiers, communiquant avec le
dehors par une fenêtre. Je pénètre dans cette chambre, mais, au moment où je noue mon cordage
improvisé à la fenêtre, je constate que des sentinelles sont de l’autre côté du mur de la caserne et
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 8/128
surveillent les fenêtres des chambres où les prisonniers sont enfermés. Dans l’impossibilité où je suis
de fuir dans de telles conditions, je reviens à mon lit, la rage au cœur.
Le 27 septembre après-midi, nous sommes emmenés à pied à Saint-Quentin où nous embarquons.
En cours de route, je descends plusieurs fois de wagon, avec l’intention de fuir, mais, les sentinelles
qui m’accompagnent ne me quittent pas de l’œil et je ne puis tenter aucun essai.
Je profite d’une nuit pour cacher, entre les semelles de mes chaussures, les billets de banque et l’or
que j’avais sur moi.
Après avoir voyagé toute la journée en territoire allemand, nous arrivons le 30 septembre dans une
petite gare que nous sûmes, par la suite, être celle de Niederzwehren.
Dès les premiers jours, je me mets à travailler mon évasion et j’envisage différents projets. J’étudie le
camp d’où la vue s’étend assez loin dans la campagne. Je me rends compte des moyens de garde, je
surveille les allées et venues des Allemands militaires et civils, qui ont affaire dans le camp, et je
constate avec surprise que nous sommes beaucoup mieux gardés que je ne me le figurais avant
d’arriver, et je ne remarque rien qui puisse m’indiquer par quels moyens je sortirai du camp.
Je cherche parmi mes camarades un homme décidé à risquer l’évasion et je crois l’avoir trouvé en la
personne d’un sous-officier qui parle très bien l’allemand. Je lui fais part de ma décision. Ces
constatations faites et après quelques conversations, nous adoptons le projet de trouver des effets
civils, de quitter le camp par une des deux portes et de gagner une frontière par chemin de fer.
Je me mets aussitôt au travail. J’apprends que la grande ville voisine : Cassel (Kassel) est reliée à
Frankfurt-Bale par des services rapides. J’apprends aussi qu’un cuisinier allemand du camp est dans
la vie civile cuisinier de wagons-restaurants et qu’il a fait du service en France. Je fais sa connaissance
et par lui, arrive à connaître les heures des trains pour Bâle, dont nous sommes à 12 heures de
chemin de fer.
Ce résultat acquis, j’estime que des pièces d’identité suisses et des passeports pour sortir
d’Allemagne sont indispensables.
Je réussis alors à avoir la confiance de certains officiers, sous-officiers qui parlent français, je ne cause
pas l’allemand, et aussi des interprètes qui travaillent à la Kommandantur. Tous ces gens sont pleins
de considération et pour mon arme et pour ma situation civile de « gros industriel ».
J’arrive à me faire admettre comme secrétaire à la Kommandantur. Je suis chargé de répondre aux
demandes de renseignements venant de France et qui concernent les disparus, je recherche dans le
camp les destinataires des lettres dont les adresses sont incomplètes, je trie aussi la correspondance
avant qu’elle soit lue par les interprètes.
Tandis que les prisonniers ne peuvent écrire qu’une seule fois par mois deux lettres, grâce à mes
fonctions et à mes relations, il m’est permis, à moi, d’écrire aussi souvent que je veux. J’en profite et
demande, au moyen d’une clef (mots pointillés qui rassemblés indiquent exactement ce que je
demande) à deux amis dévoués, de deux côtés, différentes pièces d’identité suisses, passeports,
fausses barbes et moustaches, le tout caché dans un bloc de pain d’épices.
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 9/128
Une correspondance s’établit ainsi sans que les interprètes qui lisent mes lettres ne s’aperçoivent de
rien et les réponses me disent que tout se prépare et qu’il n’y a qu’à patienter, peut-être assez
longtemps.
Au bureau où je travaille, je sais où sont enfermées les cartes qui servent à l’entrée et à la sortie de
tous les militaires et civils allemands qui ont affaire au camp, et il me sera possible d’en dérober et
d’y apposer des cachets officiels.
Quant aux effets civils, nous les ferons acheter par des prisonniers civils au propriétaire du bazar du
camp et là l’argent fera son œuvre.
Mais, au fur et à mesure que j’obtiens des éléments de réussite, je sens la détermination de mon ami
diminuer et je dois un jour me décider à ne plus compter sur lui, estimant que je ne puis entraîner
dans une telle aventure un ami indécis. Dans l’intervalle, je m’étais fait ouvrir un compte dans une
banque suisse, qui par l’intermédiaire de la « Deutsche Bank » m’envoie 150 marks. Le trésorier du
camp étant un de ceux dont j’avais gagné la confiance, je touche cette somme en une seule fois,
alors que je devais toucher, suivant les règlements, seulement 10 marks par semaine.
Tout ce qui a précédé m’a fait perdre du temps et me voilà de nouveau seul, entouré de prisonniers
qui parlent de folie et de suicide quand le mot évasion est prononcé. La destinée heureusement vient
à mon aide peu de temps après cet échec.
Vers les premiers jours de novembre, les parents du lieutenant Manceron écrivent au commandant
du camp pour rechercher leur fils, et je suis chargé de l’enquête et de la réponse à envoyer. Par un
sous-officier et un cavalier du 4e
cuirassiers qui se cachent sous de fausses identités civiles et à qui je
remets toutes les lettres qui leur arrivent, avant qu’elles soient vues par les interprètes, lettres dont
les adresses portent leur identité militaire, j’arrive à faire la connaissance du lieutenant Manceron du
4e
cuirassiers, caché lui aussi sous une fausse identité civile.
Naturellement, j’arrête toute enquête, ne rend pas les lettres compromettantes, et par la suite je
soustrais avant qu’elle soit vue la correspondance qui arrive à cet officier.
Le lieutenant Manceron et moi, nous nous confions nos souffrances morales, notre humiliation
d’être prisonniers au milieu d’un état d’esprit qui n’est pas nôtre, tandis que nos camarades de
France ont encore le bonheur de combattre.
Nous nous disons notre volonté de nous évader et nous décidons de sortir coûte que coûte du camp
et de rejoindre la France.
Décidés tous les deux comme nous le sommes par la ruse ou par la force de tenter quelque chose,
nous n’avons plus qu’à nous arrêter aux moyens.
Le lieutenant Manceron, parlant insuffisamment l’allemand, nous abandonnons le projet de quitter
Cassel par le train, projet qui nécessiterait une parfaite connaissance de la langue pour sortir du
camp, pour demander des billets, et pour soutenir des conversations aux contrôleurs et au passage
de la frontière.
Nous nous arrêtons au projet de sortir du camp sans être vus et de gagner la Hollande, en ne
comptant que sur nos jambes.
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 10/128
Je m’astreins, dès ce jour, à un entraînement pédestre progressif et sur une ligne droite d’une
centaine de mètres j’abats journellement de nombreux kilomètres.
Par un sous-officier allemand, libraire dans la vie civile à Cassel, j’obtiens après quelques achats de
livres le Baedeker en langue française, « l’Allemagne », en donnant comme prétexte que je veux
connaître « toutes les beautés de l’empire germanique ». Ce livre nous donne la possession d’une
petite carte de l’Allemagne où les villes principales, les lignes de chemin de fer, les fleuves et les
grandes rivières sont indiqués.
J’arrive, après bien des recherches à découvrir une boussole et le propriétaire, un sous-officier russe
me vend ce précieux instrument qui sera le plus important facteur de notre réussite.
Par l’intermédiaire d’un ouvrier électricien allemand qui travaille au camp, je fais l’achat d’une lampe
électrique et de piles de rechange, et dans les mêmes conditions un ouvrier charpentier me fait
entrer en possession d’un couteau très complet (tournevis, poinçon, scie …) et de boîtes de conserve.
À l’infirmerie où je me suis ménagé des relations, je trouve flacon de quinine, pilules de strychnine,
teinture d’iode, vaseline.
Nous arrivons ainsi petit à petit à mettre quelques atouts de réussite de notre côté, mais nous
ignorons toujours comment nous sortirons du camp, et chaque soir, quand les prisonniers dorment, à
l’abri des regards des sentinelles, nous complotons en envisageant les possibilités pour passer les
grillages.
Le camp de Niederzwehren est entouré d’un double grillage de 2m50 de hauteur, et, entre ces
grillages, est établi un chemin de ronde, très bien éclairé la nuit par des lampes électriques, où les
sentinelles sont placées à 50, à 60 mètres les unes des autres. Ces sentinelles possèdent des sifflets
dont elles se servent à la moindre alerte. Six baraquements-postes reliés par téléphone sont répartis
autour du camp, contre le grillage extérieur, et les 400 à 500 hommes qui viennent chaque jour
garder les prisonniers sont partagés entre ces postes.
À l’intérieur du camp, de nombreuses sentinelles sont placées, et à l’extérieur, des sentinelles
gardent routes, chemins, ponts de rivière, voie ferrée.
Toutes ces remarques faites, le lieutenant Manceron et moi décidons de profiter d’une nuit noire et
de passer par le grillage. Il est défendu d’aller dans un coin du camp, mais il est possible de passer
outre en s’enfermant, dans la journée, dans un baraquement où se trouvent des bureaux et d’où, par
une fenêtre, on peut gagner ce coin du camp, moins bien surveillé. Une pince pour couper les
grillages est indispensable. Pendant que le lieutenant Manceron surveille, je passe un dimanche, par
escalade, dans une pièce où les ouvriers laissent leurs outils et en démontant la serrure d’un coffre,
j’obtiens l’outil désiré.
Mais, ce projet-là échoue, et après trois essais infructueux dont le dernier manque de peu de se
terminer d’une façon tragique, nous nous décidons à nous orienter d’un autre côté.
Après maints projets, nous nous arrêtons à celui conséquent de certains faits : le lieutenant
Manceron a comme voisins des zouaves, habitués d’une corvée dite de vidanges. Cette corvée
consiste, pour les prisonniers à s’atteler par groupes de 50 à 60 à des voitures-tonnes, et à traîner ces
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 11/128
voitures jusqu’à un champ d’épandage, distant du camp d’environ 1500 mètres. Il entend dire, par
ces soldats, que la surveillance de cette corvée est devenue moins rigoureuse et que, tandis que les
vidanges se déversent dans les tranchées, les sentinelles laissent les prisonniers se mettre à l’écart
des mauvaises odeurs et fumer des cigarettes.
Le lieutenant Manceron, pour s’assurer lui-même du bien-fondé de ces renseignements, se procure
une capote d’infanterie nécessaire pour se glisser dans cette corvée strictement réservée aux soldats
et, transformé ainsi en fantassin, peut aller étudier sur place, en plusieurs fois, la possibilité de
quitter le camp par ce moyen. Il constate que cette corvée offre des chances de réussite, mais qu’il
faudra probablement y aller de nombreuses fois pour arriver à tromper un jour la surveillance des
sentinelles qui, parfois, comptent les prisonniers à l’aller et au retour, font aussi le tour du champ
d’épandage, le déversement terminé pour s’assurer qu’aucun homme n’est caché, ou encore ne
quittent pas des yeux les prisonniers qui s’éloignent de la voiture.
La difficulté peut provenir aussi, du mal que j’aurai à passer sans être reconnu au milieu d’une corvée
dont les gradés allemands qui commandent me connaissent presque tous, mais ceci est secondaire,
et nous ne sommes plus à un obstacle près !
Le 21 décembre, nous nous glissons dans la corvée de vidanges, juste au moment de son départ du
camp. D’après mes prévisions, mon absence ne peut être signalée que le lendemain matin à 8
heures, et j’ai chargé mon voisin de lit, afin qu’il ne puisse être inquiété, d’aller lui-même rendre
compte de mon absence.
Avant de quitter nos baraquements, nous avions pris nos tenues d’évasion et tout ce qui est
indispensable pour la route. Le lieutenant Manceron a sa capote d’infanterie sur ses effets civils, et
comme coiffure un chapeau de feutre mou. Sous ma tenue militaire, j’ai un costume de mécanicien
que j’ai acheté à un prisonnier civil du camp et le tout recouvert de mon manteau de cavalier.
Comme coiffure, mon calot dégalonné, ainsi que le manteau.
J’emporte mon bidon réglementaire empli d’eau-de-vie obtenue par l’intermédiaire d’un ouvrier
allemand, mon porte-cartes où sont cachés des vivres pour la route : 1 boîte de sardines, 1 boîte de
foie gras, 1 morceau de pain d’environ 400 grammes et différents objets : la pharmacie, la lampe
électrique, du fil, des aiguilles, etc. Dans mes poches, je cache soigneusement la boussole, le livret
militaire, la carte arrachée du Baedeker, un couteau, etc.
Ainsi équipés, nous arrivons, sans incident, au champ d’épandage, sans avoir l’air de nous connaître ;
nous nous écartons un peu, nous nous accroupissons derrière un remblai de terre extraite d’une
tranchée, choisissons la seconde où les sentinelles ne regardent pas de notre côté pour nous coucher
et, en rampant nous arrivons à gagner sans être vu la tranchée la plus éloignée à une trentaine de
mètres. Nous nous précipitons dans le fond, un peu … vaseux et nous nous y tassons le plus possible,
car il ne faut que quelques centimètres pour que les sentinelles ne voient nos têtes. Pendant une
dizaine de minutes bien longues dans notre situation, nous gardons une immobilité absolue et puis,
n’ayant eu aucune visite de sentinelles, nos cœurs battent un peu moins et nous risquons un œil à
l’extérieur de la tranchée. Nous ne voyons plus rien autour de nous, la corvée est repartie sans que
notre absence n’ait été remarquée ! Voici donc le premier acte de gagné et il n’y a plus qu’à attendre
la nuit pour nous mettre en route. Il est 3 heures et jusqu’à 6 heures, nous ne bougeons pas de notre
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 12/128
trou et gardons un silence complet, car, pas loin de nous, travaille une corvée et sur une route
voisine le va-et-vient des gens, des voitures ne discontinue pas.
Nous devions abandonner là la capote et le manteau militaire et faire notre marche habillés en civils,
mais, comme la température froide et l’humidité du fond où nous sommes terrés nous font grelotter,
nous nous décidons, pleins de confiance après notre premier succès, de conserver ces effets qui nous
garantiront du froid quand nous ne marcherons pas.
À 6 heures, nous sortons de la tranchée, et cette fois, c’est définitif ; nous commençons la conquête
de la liberté.
Pour éviter la traversée du village de Niederzwehren, gardé militairement, il nous faut faire un détour
en longeant le camp jusqu’à une voie ferrée. Nous avançons prudemment, car nous devons passer
entre le camp et les sentinelles placées autour du grillage extérieur, à des emplacements que nous
ignorons. En avançant par bonds, nous arrivons à la voie ferrée, gardée par des sentinelles. Nous
cherchons un passage et traversons la voie sans alerte. Un peu plus loin, nous attendons un moment
pour couper une grande route où la circulation n’arrête pas.
Enfin nous nous trouvons dans la campagne, et nous nous dirigeons vers le col qui se rapproche le
plus de notre direction N.O. et qui nous mettra de l’autre côté de la chaîne montagneuse qui barre
l’horizon.
Au premier bois traversé, nous nous armons de deux solides gourdins qui nous servent en même
temps de soutien. L’état physique peu brillant où le régime des prisonniers nous a mis est un de nos
soucis, mais l’état moral est excellent et il soutiendra nos forces quand celles-ci seront épuisées.
Toute notre première nuit, nous marchons à travers bois et nous écartons prudemment des villages.
À partir de ce moment, notre boussole jouera son rôle capital pour nous, puisque notre petite carte,
à l’échelle 1:2.750.000 ne peut nous servir qu’en y trouvant des points de repère. Nous marchons
direction O. et traversons une région très montagneuse où le froid se fait sentir. Notre allure est
assez vive, car nous tenons, cette première nuit, à nous éloigner le plus possible de Niederzwehren.
Le matin, au petit jour, nous cherchons un refuge dans un bois touffu et nous y restons jusqu’à la
tombée de la nuit.
Nos étapes sont établies comme suit : 12 à 13 heures de marche, chaque fraction de 60 minutes
coupée d’un arrêt de 10 minutes. Nous pensons ainsi abattre 50 kilomètres par nuit. À cause de
ceintures de surveillance établies autour des camps de Niederzwehren, Munden, Gottingen,
Munsten, à cause des villes à éviter, des ponts à chercher pour passer les rivières, des traversées de
voies ferrées en dehors des ponts ou passages à niveau, nous sommes obligés souvent de nous
écarter de notre direction initiale O.N.O. et de faire ainsi de nombreux détours qui allongent d’autant
plus notre marche.
La seconde nuit se passe comme la première sans incident et nous marchons N.O. Nous traversons
des montagnes boisées et en l’absence de chemins escaladons comme nous pouvons. Nous trouvons
de nombreux ruisseaux qui nous fournissent une eau fraîche que nous buvons en abondance. La
température continue à être rigoureuse et le thermomètre doit indiquer plusieurs degrés -0 à en
juger par la glace épaisse qu’il nous faut briser pour nous alimenter d’eau.
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 13/128
Notre deuxième journée passée comme la première dans un bois, nous commençons à souffrir
sérieusement du froid. L’immobilité à laquelle nous sommes astreints pour ne pas éveiller l’attention
des bûcherons ou des chasseurs qui nous environnent, le contact du sol glacé nous fait grelotter et
claquer des dents presque continuellement et nous ne pouvons pas dormir.
Le troisième jour, nos vivres sont épuisés, et nous nous nourrissons de grosses raves déterrées dans
un champ. La mastication d’un pareil aliment est très difficile, nous commençons à être fiévreux et
l’eau nous manque souvent pour désaltérer nos estomacs qui nous brûlent. Dans les drogues
emportées, nous trouvons un excitant nerveux, mais, peut-être que, d’un autre côté, ces drogues
finissent par détraquer nos estomacs.
Nous décidons d’acheter du pain à la première occasion et le lieutenant Manceron connaissant assez
l’allemand pour s’expliquer chez un boulanger se charge de la mission. À l’entrée d’un village, il me
laisse sa capote et s’en va à la recherche d’une boulangerie. Il revient peu de temps après, chargé de
2 kg de pain et d’un gâteau qui assureront exclusivement notre nourriture pendant les 5 jours que
nous mettrons à ce moment pour atteindre la Hollande.
Comme tout s’est bien passé, le lieutenant Manceron veut retourner dans le village chercher du lait,
mais cette fois, le coup manque, et nous nous éloignons après avoir mangé le gâteau qui nous paraît
exquis.
Notre marche se continue pendant deux autres nuits avec la même régularité. Pourtant dans la
cinquième nuit, nous avons une légère défaillance morale : pendant près de 6 heures, nous sommes
obligés de suivre le cours très sinueux d’une rivière, à la recherche d’un pont et cela nous écarte
beaucoup de notre direction. Nous rencontrons bien des barques, mais de solides chaînes les
attachent au rivage. Nous pensons traverser cette rivière à la nage, mais le courant violent nous fait
craindre une noyade. Les bords de cette rivière sont très escarpés, tantôt boisés, tantôt bordés de
prairies séparées les unes des autres par des clôtures que nous avons des difficultés à franchir. Enfin,
le pont désiré nous apparaît et nous pouvons reprendre la bonne direction.
Nos pieds blessés nous font souffrir, et je dois découper le cuir des chaussures du lieutenant
Manceron à l’emplacement des frottements sur des plaies profondes.
En arrivant dans le Munsterland, les pâturages sont très nombreux et nous avons, à tout instant des
clôtures à passer, nous avons alors de grandes difficultés pour trouver à nous cacher dans la journée
et un jour nous sommes obligés de nous abriter sous une cabane où les bestiaux en pâture se
couchent et tout près d’un sentier. Des jeunes gens nous y voient, mais la pèlerine de mon manteau,
rabattue sur ma tête, les empêche de distinguer, qui nous sommes, et leurs rires nous font penser
qu’ils nous ont pris pour des amoureux !
Il nous arrive, en suivant des chemins, de nous trouver subitement dans des cours de grandes fermes
et poursuivis par des chiens qui donnent l’éveil aux propriétaires ; nous devons chercher des issues
sans revenir sur nos pas. Là, dans les traversées des villes ou villages que nous ne pouvons éviter, la
moindre hésitation indiquerait des gens qui ignorent leur chemin et donnerait des doutes aux gens
qui nous voient. Chaque fois que nous rencontrons des habitants, le lieutenant Manceron prononce,
en allemand, quelques phrases, toujours les mêmes, et moi, j’approuve par des « ia » ou des
« schon » énergiques.
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 14/128
Les premières rencontres, nous avions trouvé cela drôle, mais, après, cela devient fastidieux quand
nous répétons parfois 20 à 30 fois la même histoire dans un même village.
La traversée de la ville de Lippstadt nous procure un incident amusant. Au tournant d’une rue, nous
nous cognons presque nez à nez contre deux officiers en casque et sabre. Les valises qu’ils portent
nous indiquent qu’ils arrivent en permission. Nous ne bronchons pas et nous passons fièrement à
côté d’eux en répétant pour la nième fois notre conversation ! Nous avions été dévisagés, mais
nullement inquiétés. D’ailleurs, au moindre geste de leur part, nos gourdins placés pour la défensive
auraient répondu.
Jusqu’à notre dernière nuit, le temps reste froid et nous avons la neige une nuit et une journée. Nous
buvons toujours beaucoup d’eau, mais nous n’en trouvons pas toujours comme nous le voudrions.
Notre huitième nuit de marche, nous gagnons enfin Borken dernière ville allemande avant la
frontière. Le vent souffle avec rage et dans la traversée de la ville nous ne rencontrons pas âme qui
vive. À la sortie, nous traversons deux voies ferrées et nous savons, d’après notre carte que la 3e
voie
que nous avons à rencontrer est la ligne qui conduit en Hollande à Winterswijk, la ville que nous nous
sommes fixée comme but de notre voyage. Une rivière se présente et nous ne trouvons aucun pont
pour la traverser. Nous la longeons et arrivons ainsi jusqu’à cette dernière voie ferrée dont un pont
passe au-dessus d’elle. Nous nous décidons à emprunter ce pont et grimpons à cet effet sur la voie
du remblai. À ce moment des hommes sortent d’une cabane, nous crient d’arrêter et nous
poursuivent en tirant des coups de feu. Je gagne des broussailles, mon camarade d’évasion en fait
autant, mais dans une autre direction et nous sommes séparés. Pendant une heure je fais des
recherches pour le retrouver, mais le terrain est très marécageux, coupé de ruisseaux, et je ne réussis
pas à le rejoindre. Craignant que l’alerte ne soit donnée à Borken et que des patrouilles ne soient
lancées à notre poursuite, je juge prudent de m’éloigner de la voie ferrée. À travers bois et prairies
inondées, je me dirige avec précaution dans la direction de la frontière. La tempête de vent est plus
violente encore et me couche à terre plusieurs fois, mais, à cette dernière étape, la volonté est
tendue plus que jamais vers le but fixé, et, sans arrêt, aussi vite que le vent qui s’engouffre sous mon
manteau me le permet, je marche plusieurs heures.
Je présume être à proximité de la frontière et je vois devant moi une grande plaine couverte d’eau
bordée de bois où les chemins que je rencontre se dirigent tous et où les patrouilles qui gardent la
frontière me font craindre de mauvaises surprises. Sans hésitation, j’entre dans l’eau qui n’atteint
pas plus haut que les genoux et j’avance ainsi pendant près de deux heures.
Puis, je retrouve des bois et sur la lisière d’un chemin j’aperçois des maisons d’un style nouveau qui
me font espérer que je suis en Hollande. Une route qui s’en va dans ma direction N.O. se présente à
moi ; je la suis, et comme dans le lointain le ciel est éclairé d’une vive lueur, je ne doute pas que cette
lueur indique une gare importante, et en accélérant de plus en plus l’allure j’arrive à Winterswijk.
Un civil que je rencontre dans une rue me demande si je ne viens pas d’Allemagne, et sur une
réponse affirmative me dit que mon compagnon d’évasion vient d’arriver il y a quelques minutes. Je
cours à la recherche de mon ami, et à peu de distance de là, je tombe dans ses bras.
Nous rencontrons un sous-officier hollandais. Il nous interroge, nous répondons prudemment en
français et il découvre ainsi notre identité. Lui-même cause un peu le français et comme il manifeste
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 15/128
sa sympathie pour la France, nous lui disons qui nous sommes et d’où nous venons. Il nous félicite
chaudement et nous invite à aller au poste de police nous réchauffer et nous restaurer un peu en
attendant que les hôtels soient ouverts.
De 6 à 8 heures, nous restons au bureau du poste de police où l’on nous offre : café, pain beurré, etc.
Puis, nous sommes accompagnés jusqu’au grand hôtel de Winterswijk, ville de 16 000 habitants.
Nos mains et nos figures sont en sang et les plaies vives de nos pieds ont besoin d’être lavées. Nous
sommes pansés et après un bain dont nous avions grand besoin, nous déjeunons légèrement et nous
nous couchons après avoir reçu ; tailleur chemisier, chapelier, etc., car nos effets sont en lambeaux
et ignoblement sales et il faut que nous ayons des effets civils pour rentrer en France. Si nous étions
considérés comme soldat français, nous ne pourrions échapper à la rigueur de la loi qui nous ferait
prisonniers à nouveau.
Nous avons eu le soir des visites de notabilités du pays qui disent leur sympathie pour la France. On
nous offre une collection de journaux français où nous lisons enfin des nouvelles exactes de la
guerre, nouvelles qui confirment l’optimisme que nous n’avions pas une minute abandonné, malgré
les lectures de journaux allemands et des conversations faites au camp, maintenant lointain, où tout
est fait pour démoraliser les hommes sans volonté.
Le lendemain, 30 décembre, nous sommes à Rotterdam où le consul nous délivre un papier pour
faciliter, dans la mesure du possible, notre passage en Hollande et en Angleterre.
Nous embarquons le soir, et après 30 heures de traversée arrivons à Tibury près de Londres. Nous
restons à Londres quelques heures pour attendre un train qui nous amène le 1° janvier à Folkestone.
Nouvelle traversée et à midi nous foulons le sol natal ….
Le soir à 11 heures, nous arrivons à Paris et cette fois, la partie est bien gagnée ; nous pourrons, dès
notre rétablissement, contribuer à la victoire de La Patrie aimée !
Signé : R. PUIG
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Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 16/128
La deuxième guerre de René Puig
Rentré en France le 1° janvier 1915, René Puig a regagné l’armée. Il n’a pas écrit sur cette période,
mais on peut en connaître des détails grâce à différentes sources : Pam - Fiche matricule du
département des Yvelines - Liste des brevets militaires - CCC de l'escadrille CAP 115 - LO - MpF -
Bailey/Cony - CICR - Dernière mise à jour : 18 octobre 2018.
Il en ressort le résumé suivant de l’ensemble de la carrière militaire de René :
Ltt Lucien André René Puig –
Né le 11 avril 1889 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) - Fils de Jean Puig et de Marie Antoinette
Coudert - Domiciliés rue d'Aval Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) - Classe 1909 - Recrutement de Versailles
(Yvelines) sous le matricule n° 36 - Appelé pour le service militaire au titre du 9e régiment de
cuirassiers, le 1er octobre 1910 - Nommé Brigadier, le 3 février 1911 - Fin de service militaire et
passage dans la disponibilité, le 25 septembre 1912.
Profession avant-guerre : Industriel - marié et domicilié à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise).
Rappelé à l'activité au 9e régiment de cuirassiers par la mobilisation générale, le 5 août 1914 -
Nommé Maréchal des logis, le 5 août 1914 - Citation à l'ordre de l'armée, en date du 12 septembre
1914 - Fait prisonnier la Maisonnette, le 24 septembre 1914 - S'évade et rejoint le dépôt du 9e
régiment de Cuirassiers Tours, le 16 janvier 1915 - Médaille militaire et citation à l'ordre de l'armée,
en date du 5 mars 1915 - Nommé Sous-lieutenant de réserve, le 13 mars 1915 - Nommé Lieutenant
de réserve, à titre définitif, le 24 octobre 1916.
Passé à l'aéronautique militaire comme observateur, le 12 décembre 1916 - Observateur de
l'escadrille F 63 du 12 décembre au 5 février 1917 - Passé comme élève pilote à l'école d'aviation
militaire de Chartres, le 26 novembre 1917 - Brevet de pilote militaire n° 10.939 obtenu à l'école
d'aviation militaire de Chartres, le 14 janvier 1918 - Stage de perfectionnement à l'école d'aviation
militaire d'Avord - Stage de spécialisation à l'école d'aviation militaire du Crotoy, jusqu'au 3 mars
1918 - Stage de tir à l'école de tir aérien de Cazaux du 3 mars au 6 avril 1918 - Parti au centre GDE de
Moissy-Cramayel, le 6 avril 1918 - Lâché sur Caproni, le 8 avril 1918 - Pilote de l'escadrille CAP 115 du
14 avril au 15 août 1918 - Chevalier de la Légion d'honneur et citation à l'ordre de l'armée, en date
du 27 juillet 1918.
Disparu au cours d'une mission de bombardement sur Thionville (Moselle), à bord du CAP 2 Bn 2 n°
122 à moteurs Isotta-Fraschini de 150 HP, dans la nuit du 14 au 15 août 1918 - Il faisait équipage avec
le MdL Armand Pélichet (pilote) qui a également perdu la vie - Les deux hommes ont été tués et leur
avion s'est écrasé sur le territoire de la commune de Rembercourt-sur-Mad (Meurthe-et-Moselle) - A
été initialement inhumé dans le cimetière municipal de Thiaucourt (Meurthe-et-Moselle).
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Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 17/128
Annexe 1 : Tombe et citations militaires
Photo de la Tombe de René Puig à Villiers-le-Bel (95680 - Val D’Oise)
Il figure aussi sur le monument dédié à 14-18 à l’entrée du cimetière
* Citation à l'ordre de l'armée du MDL Lucien André René Puig et du soldat Sale au 9e régiment de
cuirassiers, en date du 12 septembre 1914 : "Le 30 août, faisant partie d'une patrouille, n'hésite
pas à revenir sous le feu de l'ennemi pour relever un camarade blessé qu'ils réussirent à sauver."
* Chevalier de la Légion d'Honneur et citation à l'ordre de l'armée du Ltt Lucien André René Puig au
9e régiment de cuirassiers, pilote à l'escadrille CAP 115, en date du 27 juillet 1918 : "Officier d'élite,
qui a donné, depuis le début des hostilités, l'exemple du plus beau courage et du plus grand
dévouement. Volontaire pour toutes les missions difficiles, énergique et plein d'allant, n'a jamais
cessé de se distinguer et de donner à tous l'exemple de sa remarquable valeur. Médaillé militaire
pour fait de guerre. Deux citations."
À noter qu’un site est dédié à l’escadrille 115 à laquelle René a appartenu et que sa biographie y
figure : http://albindenis.free.fr/Site_escadrille/escadrille115.htm
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 18/128
Annexe 2 : Extrait du livret militaire
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 19/128
Annexe 3 : 9ème
Régiment de Cuirassiers
Le 9e régiment de cuirassiers est un ancien régiment de cavalerie de l'armée française créé en 1666.
Période 1666 – 1946
Pays France
Branche Armée de terre
Type Régiment de Cuirassiers
Rôle Cavalerie
Inscriptions
sur l’emblème
Hohenlinden 1800
Austerlitz 1805
La Moskowa 1812
Fleurus 1815
L'Aisne 1917
Le Matz 1918
Argonne 1918
Anniversaire Fête : le 16 juin (Fleurus, 1815)
Guerres
Guerre de 1870
Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Fourragères Aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1914-1918.
Décorations Croix de guerre 1914-1918, deux palmes.
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 20/128
Annexe 4 : Images de cuirassiers de la Première Guerre mondiale
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 21/128
Annexe 5 : Le camp de Cassel (Kassel) Niederzwehren
Site dédié au camp de Cassel : http://lencrierdupoilu.free.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=227:camp-de-
cassel&catid=149:etude&Itemid=108
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 22/128
Annexe 6 : L’escadrille à laquelle René Puig appartenait (texte extrait du site*)
Création de l'escadrille CEP 115 :
Constituée à Lyon-Bron, le 7 novembre 1915, l'escadrille n° 115 est équipée de bombardiers bipoutres, Caproni
CEP 1 B2, fabriqué sous licence par la société Robert-Esnault-Pelterie. Ces avions sont équipés de 3 moteurs,
deux Le Rhône de 80 hp en nacelle d'ailes et un moteur propulsif Canton-Unné P 9 de 130 hp. Elle prend la
dénomination de CEP 115 et placée sous les ordres du Cne Benjamin Lefort. Immédiatement rattachée au GB 1,
elle fait mouvement pour le terrain du plateau de Malzéville, sur les hauteurs de Nancy, dès le 9 novembre
1915. À partir de ce haut lieu de bombardement français, la CEP 115 réalise de nombreux raids sur Metz,
Thionville, Dillingen, Rombach et Algringen à partir de mars 1916.
Remplacement des Le Rhône de 80 hp par des 110 hp :
À partir de janvier et février 1917, les versions CEP 1 à moteurs Le Rhône de 80 hp sont modifiées et sont
équipées de moteurs d'ailes Le Rhône de 110 hp. Cette adaptation va donner un nouveau souffle aux avions
qui étaient largement sous-motorisés, mais ce n'est qu'une solution transitoire. Le 14 mai 1917, le Cne Lefort
passe son commandement au Ltt Louis Binet.
Mise en service des Caproni CA 2 Bn 2 :
En août 1917, la CEP 115 est rattachée au GB 2 qui réalisa à cette époque des missions sur Trèves et
Ludwigshafen. Les CEP 1 devant être remplacés, l'état-major se tourne vers les Italiens qui fournissent une
nouvelle version, le Caproni Ca-3. Cet avion est équipé de 3 moteurs Isotta-Fraschini de 150 hp et prend la
dénomination pour l'aéronautique militaire française de CEP 2 B 2. Les premiers exemplaires fabriqués par les
Italiens seront mis en service au sein de l'escadrille CAP 130.
Escadrille CAP 115 :
L'escadrille prend la dénomination de CAP 115 dès octobre 1917, malgré la mise en service des premiers CEPS 2
qui n'arrivera qu'à partir de février 1918, fabrication sous licence par la société REP oblige. Le 4 janvier 1918, la
115 quitte le terrain du plateau de Malzéville, où elle est arrivée le 9 novembre 1915, et installe ses hangars et
ses tracteurs à Epiez-lès-Vaucouleurs. Le Cne Henri Balleyguier prend le commandement de la 115, le 18 février
1918. Cet officier assurera l'intégration opérationnelle du CEP 2 Bn 2 avec la mise en service de quatre
exemplaires en février et huit supplémentaires en mars. Le 20 février, le GB 2, dont fait partie l'escadrille CAP
115, est intégré à l'escadre de bombardement n° 11. Le 28 mars, la CAP 115 fait mouvement sur le terrain de
Villeneuve-les-Vertus où elle restera quatre mois.
Le 3 avril 1918, le Cne Jacques de Lesseps prend le commandement de l'escadrille qui va réaliser de
nombreuses missions sur l'Allemagne et en particulier sur Ludwigshafen. En mai, elle intervient sur Hirson,
Montcornet et Saint-Quentin.
Le 8 août 1918, la CAP 115 bouge et revient à Epiez-lès-Vaucouleurs qu'elle connaît bien pour y avoir déjà
stationné 3 mois. À partir de ce terrain, 34 tonnes de bombes seront larguées sur les objectifs désignés à
l'escadrille. Le 14 août, les seules pertes au combat au sein de la 115, sont à déplorer avec la mort du MdL
Armand Pélichet (pilote) et du Ltt René Puig (observateur) dont leur avion, le CAP 2 Bn 2 n° 122, est abattu au
cours d'une mission de bombardement sur Thionville.
En septembre 1918, l'unité est équipée d'un nouveau bombardier français, le Caudron C 23 équipé de 2
moteurs Salmson CU 9 Z de 260 hp. Le 5 octobre 1918, le Ltt Marcel Griolet remplace le Cne de Lesseps.
Les pertes humaines et matérielles :
À la fin de la guerre, l'escadrille a réalisé plus de 300 missions de guerre et largué 387 tonnes de bombes. Elle a
perdu 2 pilotes au combat, 2 ont été faits prisonniers et 10 ont été victimes d'accident. Ce qui est relativement
faible étant donné le grand nombre d'accidents des Caproni CEP 1 et CEP 2 pendant leur période d'utilisation
opérationnelle. En effet, la CEP 115 a perdu 32 appareils (CEP 1 Bn2) sur les 51 qu'elle a mis en service et la CAP
115, 6 avions (CEP 2 Bn 2) sur les 22 exemplaires en service.
Site* http://albindenis.free.fr/Site_escadrille/escadrille115.htm
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 23/128
Annexe 7 : Avril 1918, le CAP 2 Bn 2 n° 114 s’écrase au sol, René Puig est à bord
CAP 2 Bn 2 n° 114 baptisé "Cosette",
affecté au Sgt Marcel Jaouen, pilote de la
CAP 115, aux mains expertes des
mécaniciens.
Le pilote a tenté un atterrissage en
campagne, dans la brume, près de Nogent-
sur-Seine, le 21 avril 1918. L'avion s’est
écrasé au sol, en perte de vitesse et
a été détruit.
L'équipage composé de trois hommes, du
Sgt Jaouën (pilote), du Ltt Puig (obs) et du
Cal Blain mécanicien / mitrailleur, est sauf.
CAP 2 Bn 2 baptisé "Cosette" n° 114
affecté au Sgt Marcel Jaouën.
Le Sgt Marcel Jaouen, pilote de la CAP 115
pose devant le CAP 2 Bn 2 n° 114 baptisé
"Cosette" qui lui a été affecté.
Sgt Marcel Jacouën - né le 19 avril 1888 à
Dinan (Ile-et-Vilaine) - fils d'Auguste
Jaouën et de Berthe Marcadé. Domicilié
60, rue Amiral Roussin dans le 15e
arrondissement de Paris (75). Profession
avant-guerre : Constructeur d'avions.
Engagé comme mécanicien au 2e groupe
d'aviation de Saint-Cyr, le 26 août 1914.
Brevet de pilote militaire n° 1399 obtenu à
l'école d'aviation militaire de Chartres, le
20 août 1915. Stage de perfectionnement
au bombardement à l'école d'aviation
militaire d’Ambérieu, Lyon-Bron. Une
citation à l'ordre de l'aéronautique en date
du 11 novembre 1916. Croix de Guerre.
Pilote de l'escadrille CEP 115 du 8 mars
1917 au 21 mai 1918. Évacué sur l'hôpital,
le 21 mai 1918.
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 24/128
Annexe 8 : Caractéristiques du bombardier lourd Caproni
Le Caproni Ca.3 était un bombardier lourd italien de la Première Guerre mondiale (dénomination
pour l'aéronautique militaire française de CEP 2 B 2). Il fut développé par l'italien Giovanni Battista
Caproni qui commença dès 1913 à construire des avions géants. Durant la Première Guerre
mondiale, il a construit un grand nombre de bombardiers du type Ca.1 à Ca.5.
Le Caproni Ca.3 avait trois moteurs refroidis par eau Isotta Fraschini V.4B de 150 chevaux chacun et
volait avec quatre membres d'équipage. Il possédait deux mitrailleuses calibre 6,5 mm pour la
défense contre les chasseurs. Cet avion pouvait encore voler sans problème avec deux moteurs
seulement.
L'armée de l'air italienne utilisait cet appareil essentiellement pour bombarder des objectifs en
Autriche-Hongrie, mais il fut également utilisé en France et en Libye. Les armées de l'air françaises
(escadrilles CEP 115 et CEP 130) et américaines utilisèrent également des bombardiers Caproni, ainsi
que l'armée de l'air britannique. Après la guerre, les bombardiers Caproni volèrent encore jusqu'en
1929 en Italie et aux États-Unis.
Rôle
1° vol
Mise en service
Retrait
Bombardier
1916
1916
1929
Équipage
4 (2 pilotes, 1 mitrailleur avant, 1
mitrailleur arrière)
Motorisation
Moteur
Isotta-Fraschini V.4B
Nombre
3
Type 6 cylindres en ligne
refroidis par eau
Puissance unitaire
150 ch (110,3 kW)
Dimensions
Envergure
22,74 m
Longueur
11,05 m
Hauteur
3,70 m
Surface alaire
95,6 m2
Masses
À vide
2 300 kg
Maximale
3 800 kg
Performances
Vitesse maximale
137 km/h
Plafond
4 500 m
Vitesse
ascensionnelle 126 m/min
Rayon d'action
599 km
Armement
Interne
800 kg de bombes max.
Externe
2 mitrailleuses cal. 6,5 mm
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 25/128
Annexe 9 : Photos d’un bombardier Caproni
Avant
Arrière
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Annexe 10 : Aérodrome de Vaucouleurs d’où René est parti pour bombarder Thionville
Aérodrome de Vaucouleurs
Tombé à Rembercourt sur Mad à l’aller ou au retour de Thionville ?
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Annexe 11 : Photos de René Puig mort et de son avion écrasé à terre à Rembercourt sur Mad
René
Son avion
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Annexe 12 : Généalogie
René & Marguerite Puig
Texte plus complet sur la généalogie des familles Puig et Thoraval
https://www.decideo.fr/bruley/docs/Famille%20Thoraval.pdf
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 29/128
Georges Anselmi
1914 - 1919
Campagnes de France et d’Orient
Médaille Militaire
Version actualisée de février 2020
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 30/128
Préface
En 2015 quand j’ai compilé des textes, des photos de famille concernant les guerres, je n’avais pour
mon grand-père maternel Georges Anselmi et sa participation à la guerre de 1914 - 1918 que très
peu d’éléments :
• une quarantaine de photos (dont 7 avec une date et 6 avec une date et un lieu),
• le nom du régiment auquel il appartenait le 19e
R.A.C. (Régiment d’Artillerie de Campagne),
• sa citation à l’ordre de l’armée, trouvée sur internet via le Bulletin des Armées,
• sa médaille militaire qui était avec les photos.
Dans ces conditions, j’avais pu établir qu’il avait d’abord été amené à aller sur, ou à proximité de
certains grands théâtres de la guerre : la Marne en 1914, la Champagne en 1915, le Chemin des
Dames 1916 et finalement Salonique en 1917, et que le régiment auquel il appartenait, le 19e
, avait
des inscriptions sur son emblème pour Verdun en 1916 et Monastir (Grèce) en 1917.
Fin 2018, j’ai trouvé sur internet un document d’une quarantaine de pages qui fait l’historique du 19e
Régiment d’Artillerie (http://tableaudhonneur.free.fr/19eRAC.pdf) avec comme caractéristique
d’être la transcription intégrale d’éléments du Musée de l’Artillerie. J’ai accédé à ce texte via une
recherche sur internet, car il cite le nom de Georges Anselmi dans le tableau des décorations et
citations obtenues au titre du 19e
R.A.C.
Ce texte est parfois très détaillé, j’en ai fait un résumé de cinq pages qui ne conservent pas certains
détails concernant les différents groupes pas toujours engagés de la même façon. Je ne sais pas à
quel groupe appartenait mon grand-père, même si le bulletin des armées que j’ai trouvé le signal
comme « adjudant-chef (réserve) au 19e
régiment d’artillerie, 1° groupe », car cela ne veut pas
forcément dire qu’il a fait la guerre dans ce groupe, le 3e groupe ayant été dissous en 1919 et ses
éléments étant venus complétés le 1° et le 2e
groupe. De plus une photo de lui à Vatiluk datée de
juillet 1917, ou à Balitza (10/07/17) tendrait à montrer qu’il n’était pas du 1° groupe, car ce dernier
en juillet est de l’opération sur Athènes.
Dans le texte qui suit, j’ai donc regroupé :
• une présentation synthétique de ce qu’est un régiment d’artillerie de campagne en 1914,
• une présentation du canon de 75 qui est l’arme principale de ce type de régiments d’artillerie,
• le résumé de l’historique du 19e
régiment d’août 1914 à août 1919,
• les photos dans l’ordre des dates et les non datées à la suite,
• des éléments sur la guerre de 14 en France et en Orient, avec des plans et quelques photos,
• un aperçu de la généalogie des Anselmi.
Bonne lecture,
Michel Bruley
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 31/128
1° - Composition type d’un régiment d’artillerie et son rattachement à un corps d’armée.
L'artillerie de campagne, en 1914, était entièrement hippomobile (tout comme le train des équipages
et naturellement la cavalerie). Les attelages étaient de deux types :
• voiture-canon, avec un avant-train et un canon,
• voiture-caisson, avec un avant-train et un arrière-train de caisson. Ces voitures étaient tirées par
six chevaux. Quatre auraient pu suffire sur route carrossable, mais six sont nécessaires sur les
chemins difficiles ou accidentés.
La composition théorique d'un régiment d’artillerie de campagne (RAC), en août 1914, comporte 3
groupes de 3 batteries d’artillerie. Le régiment est commandé par un colonel. La batterie est
commandée par un capitaine de l'armée d'active.
Sur le pied de guerre, le personnel de la batterie est réparti en 9 pelotons de pièce. Chaque pièce est
commandée par un maréchal des logis, assisté d’un ou de deux brigadiers :
• les quatre premières pièces attellent chacune un canon de 75, et chacune emporte dans ses
coffres un total de 120 coups (72 dans le caisson, 24 dans chaque avant-train),
• la 5° pièce attelle 2 caissons, les 6° & 7° pièces attellent 3 caissons. Les 8 caissons emportent un
total de 768 coups (8*72 + 8*24), soit 192 coups supplémentaires par canon de 75. La dotation
initiale de la batterie est donc de 1248 coups de 75, soit 312 par pièce,
• la 8° pièce attelle la forge et le chariot de batterie,
• la 9° pièce attelle le train régimentaire qui comprend le chariot-fourragère et 3 fourgons à vivres.
Les 5 premières pièces constituent la batterie de tir, qui est placée sous les ordres du lieutenant de
l'armée d'active. Les 6°, 7° et 8° pièces constituent l'échelon, qui est placé sous les ordres du
lieutenant de réserve. La 9° pièce constitue une partie du train régimentaire. Lorsque cette 9° pièce
est réunie à la batterie, elle placée sous les ordres du lieutenant de réserve.
Au combat, les quatre pièces de tir et la cinquième de ravitaillement en munitions se déploient sur la
position de tir. Les deux autres pièces de ravitaillement en munitions se placent, elles, à quatre ou
cinq cents mètres en arrière, dans une position abritée, pour constituer l'échelon de combat, avec la
huitième pièce. La neuvième pièce est généralement affectée au train régimentaire, pour dégager les
chefs de batterie des tâches d'intendance.
Chaque division d'infanterie comporte 1 régiment d’artillerie de campagne (RAC) à 3 groupes
d'artillerie de campagne, soit 9 batteries, soit 36 canons.
Chaque corps d'armée possède sa propre artillerie composée d’un régiment d’artillerie à 4 groupes,
soit 12 batteries, soit 48 canons. On l’appelle l’artillerie de corps.
Un corps d'armée à deux divisions d'infanterie aligne donc 30 batteries, soit 120 canons de 75.
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 32/128
Voiture-canon : avec un avant-train et un canon
Un canon en position de Tir avec un caisson de 72 obus
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 33/128
2° - Le canon de 75
Le canon de 75 mm modèle 1897 est une pièce d'artillerie de campagne de l'armée française. D'une
conception révolutionnaire pour son époque, il regroupe, en effet, tous les derniers
perfectionnements intervenus dans l'artillerie à la fin du XIXe siècle et en éliminant les dépointages
lors des tirs, rendait enfin possible un vieux rêve des artilleurs, le tir rapide.
Devenu un emblème de la puissance militaire française, il fait l'objet d'un culte de la part des
militaires et patriotes français, qui voient en lui une solution miracle à tout problème. Cet
enthousiasme conduira à négliger entre autres la modernisation de l'artillerie lourde, erreur qui sera
durement payée lors de la Première Guerre mondiale. En effet, le 75 est le meilleur canon de
campagne de son époque et s’est avéré très efficace dans la guerre de mouvement et notamment
dans la première bataille de la Marne, mais il est beaucoup moins à l'aise et utile dans une guerre de
position, où l'on a besoin d'artillerie lourde, pour atteindre les troupes retranchées. Il se distinguera
néanmoins, en grande partie, grâce à ses servants qui paieront un lourd tribut.
Encore en service en grand nombre dans l'armée française de 1940, il se montra cette fois-ci dépassé
dans la guerre de mouvement, car on avait tardé à le rendre apte à la traction automobile, désormais
nécessaire. Il connaîtra toutefois, une seconde jeunesse comme pièce antichar, lors de la bataille de
France et aux mains de la Wehrmacht et des Forces françaises libres.
Canon de 75 mm modèle 1897
Exposé au musée de l’Armée (Invalides)
Présentation
Pays
France
Type
Canon d’artillerie de campagne
Poids et dimensions
Masse (non chargé)
1 140 kg
Masse (chargé)
1 970 kg
Longueur du canon
2 475 mm
Caractéristiques techniques
Architecture configuration mécanique de
l'arme
Portée maximale
8 500 m
Portée pratique
6 500 m (tir fusant)
Cadence de tir
20 coups par minute (max 28)
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 34/128
3° - Résumé de l’histoire du 19e
Régiment d’Artillerie (A.D.30)
31 - Campagne de France du 19e
Mobilisation générale dimanche : 2 août 1914
Les 3 groupes du 19e
R.A.C. se constituent aux environs de Nîmes (30189 Gard).
Concentration du 19e
: 5 au 7 août 1914
Concentration autour d’Haroué (54740 Meurthe-et-Moselle) en soutien à la 30e
D.I. du XVe corps
d’armée (C.A.) qui avec le XVIe et le XXe C.A. constituent la 2e
Armée. Le 19e
est sous les ordres du
colonel Falque et comprend 53 officiers, 1610 hommes de troupe et 1576 chevaux.
Prise du village de Lagarde : 8 au 11 août 1914
Le village de Lagarde (Lorraine annexée – 57810 Moselle) est pris le 8 août, mais le 11 deux batteries
sont prises par l’ennemi lors d’une attaque, cependant le village est repris quelques jours après.
Offensive en Lorraine : 19 août – 3 septembre 1914
L’offensive se déroule en partie en Lorraine française et en Lorraine annexée :
• 19 août, début des combats de Dieuze (57260 Moselle), ordre de repli le 21, une position
défensive est prise sur la rive gauche de la Meurthe le 23.
• 24 août, début des combats de Lunéville (54300 Meurthe-et-Moselle), l’ennemi attaque, le 25 la
30e
passe à l’offensive, le 26 le mouvement en avant continu, le 28 l’attaque sur Lunéville se
poursuit, finalement le 30 août s’organise une ligne sur les positions occupées.
• 3 septembre, la 30e
D.I. reçoit l’ordre de se porter vers l’ouest par une marche de nuit. Après une
série d’étapes (116 km à parcourir) arrive dans la région de Bar-le-Duc (55000 Meuse).
Bataille de la Marne : 8 au 25 septembre 1914
Le 8 septembre, le XVe C.A. passe à la 3e
Armée et participe à la bataille de la Marne engagée depuis
le 6.
• 5 au 12 septembre, bataille de Revigny sur Ornain (55800 Meuse) près de Bar-le-Duc,
• 13 au 25 septembre poursuite, pour finalement cantonner à Brocourt (55120 Meuse) en arrière
de Verdun.
Guerre de position dans la Marne : octobre 1914 - mai 1916
• La 30° D.I. organise la position sur 9km, sur la ligne Aubreville-Dombasle (55120 Meuse) avec des
positions pour les batteries.
• Attaque du 29 octobre, toute l’artillerie prend part à cette attaque, le colonel Falque est blessé, à
la fin de la journée l’infanterie a progressé légèrement.
• À partir du 30 octobre, on organise des tours de services sur les positions de façon à laisser au
repos une partie du personnel.
• Attaque du 20 au 24 décembre, l’infanterie ayant progressée, reprise des tours de service le 25.
(voir photo n° 1 du 31/12/14 – Blercourt – 12km de Verdun)
• Attaque du 17 au 21 février 1915 et progression au nord du bois en Hache.
• Courant mars, en réponse aux lances mines allemands, des équipes de bombardiers, équipées de
mortiers, sont constituées
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 35/128
• Les 8 et 9 mai, l’A.D.30 est relevée de sa position par l’A.D.48. Le régiment quitte le front qu’il
tenait où il avait pris sur l’artillerie allemande un ascendant incontesté. L’ennemi n’a pas gagné
un pouce de terrain, alors que les Français n’ont cessé de progresser lentement vers lui, le
forçant à doubler ses travaux et ses défenses par crainte d’être percé.
• À partir de ce moment (2e semaine de mai 1915) va commencer le régime des permissions. (voir
photo n° 2 du 16/05/15 – Vernancourt – 40 km de Châlons-en-Champagne)
• L’A.D.30, désignée pour relever en Argonne l’A.D.9, va finalement reprendre des anciennes
positions du Mort Homme (Meuse) qu’elle tenait en novembre. Ce secteur est maintenant assez
calme pour l’artillerie.
• Le 29 mai tous les éléments de l’A.D. vont rejoindre le Secteur Ville-sur-Tourbe (51800 Marne) à
~40km.
• 7 au 10 juin, l’ennemi avec une pièce longue portée bombarde Dommartin-sous-Hans (51800
Marne), des hommes du 40e
R.I. sont tués ou blessés ainsi que de nombreux chevaux.
• (voir photo n° 3 de juillet 1915 – Orbéval – 35 km de Châlons-en-Champagne)
• Appui de l’attaque du 14 juillet, il s’agit de contrebattre les batteries allemandes qui bombardent
les tranchées de 1°et 2e
ligne. L’infanterie subit de nombreuses pertes.
• 14 août, l’A.D.30 est relevé et s’embarque dans la région de Sainte-Menehould (51800 Marne)
pour débarquer à 80km de là à Épernay (51200 Marne), où le 19 août elle devient une division
indépendante et passe à la Vème armée.
• Installée dans la plaine, dominée par certaines hauteurs, n’ayant comme masque qu’un rideau
d’arbres, la division est dans une situation précaire.
• La division quitte sa position pour participer à l’attaque de la Vème armée le 21 septembre.
• Le 1° octobre, la 30e
D.I. reçoit une nouvelle destination et toutes les batteries se regroupent à
40km à Dampierre-au-Temple (51400 Marne), pour faire partie de la IVe armée.
• Du 5 octobre à 20h au 6 à 17h, l’A.D. 30 est mise en position de rassemblement à Souain (51600
Marne), mais n’est finalement pas engagée.
• Le 9 octobre après avoir le relevé l’A.D.12 au nord de la route Souain-Tahure, l’A.D. 30 tire pour
la première fois des obus spéciaux au phosphore, mais un vent malencontreux chasse les vapeurs
sur les tranchées françaises. (voir photo n° 4 du 25 octobre 1915 - campement)
• Dans la nuit du 29 au 30 octobre, l’A.D.30 effectue une relève de position rendue difficile par une
attaque allemande précédée d’un bombardement d’obus spéciaux.
• Après plusieurs étapes l’A.D.30 se trouve dans la région de Reims (51100) où sous prétexte de
riposte d’artillerie, les Allemands bombardent la ville de Reims.
• En novembre, le secteur est très calme, cependant quelques batteries courant décembre se
trouvent en butte à des tirs d’artillerie lourde ennemie (150mm) et subissent des pertes assez
graves.
• Le 19 janvier 1916, la 9e
batterie est soumise à un tir de concentration de nombreuses batteries
allemandes de tous calibres, les casemates bien qu’endommagées résistent et finalement il n’y a
qu’une seule victime.
• De nombreux bombardements de Reims marquent seuls les premiers mois de 1916.
• Le 21 mars l’infanterie va dans le secteur de Taissy (51500 Marne), mais l’A.D. 30 reste à sa place.
• Le 2 avril, environ 800 obus de tous calibres sont lancés par l’ennemi sur la ville et les batteries
qui font quelques blessés à l’A.D.30 qui le 9 avril est renforcé par 3 groupes de l’A.D.67.
• Le 20 avril, quelques batteries se portent à 30km au bois de Genicourt (51220 Marne). Le 25 elles
font des tirs pour préparer l’attaque du bois francoboche à 16h 30, pendant la nuit elles font des
tirs de barrage pour permettre à l’infanterie de s’organiser sur le terrain conquis, mais sont
fortement contrebattues par du 105 et du 150, un canon de la 3e
batterie est démoli et quelques
hommes sont blessés.
• Le 22 avril, les 2/3 des batteries vont s’installer dans le secteur de Taissy-Sillery (51500 Marne)
où se trouve la 30e
D.I. Le 4 mai les autres batteries les rejoignent.
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 36/128
• Après une préparation d’artillerie pour détruire les fils de fer ennemis sur un certain nombre de
points de la tranchée-objectif, deux coups de main sont effectués dans la nuit du 5 au 6 mai à 2h
et 2h 30 par le 58e
R.I. et le 40e
R.I. dans le but de ramener des prisonniers. Résultat : un
prisonnier et des papiers saisis sur des morts.
• Dans les nuits du 6 au 8 juin l’A.D.30 est relevé, et se rassemble à 35km aux environs de Châtillon
-sur-Marne (51700 Marne) où elle reste jusqu’à son départ par voie ferrée pour Revigny (55800
Meuse) près de Verdun dans une région où de grandes batailles ont depuis lors dernier séjour
profondément changé l’aspect du terrain : plus de bois, plus de végétation, là où il y avait un
village il n’y a plus qu’une tache blanchâtre.
Bataille de Verdun : 15 juin - 15 décembre 1916
• Le 23 juin attaque allemande appuyée d’un bombardement inouï d’obus de gros calibre.
L’infanterie allemande occupe le village de Fleury devant Douaumont (55100 Meuse – qui n’a pas
été reconstruit après-guerre), malgré la contre-attaque l’ennemi s’empare de l’ouvrage de
Thiaumont (55100 Meuse). L’A.D. 30 a surtout effectué des tirs de harcèlement sur les points de
rassemblement de l’ennemi.
• Du 24 au 1° juillet, attaques et contre-attaques pour la possession de l’ouvrage de Thiaumont, le
1° à 11h l’ouvrage est aux mains des Français, et à partir de ce moment les attaques et contre-
attaques ne modifieront le front que de quelques centaines de mètres.
• Le 9 juillet, un déserteur allemand annonce une attaque sur le secteur de la 30° DI, une contre-
préparation offensive est exécutée et fait avorter cette attaque.
• Du 29 juillet au 2 août, attaque et prise de la tranchée Bismarck (longue 500m). L’AD.30 chargée
de la préparation, est renforcée d’une section de mortier de 220, un groupe de 155 longs, un
groupe de 120 longs et un groupe de 155 C.S. tandis que certains font et entretiennent des
brèches dans les fils de fer de la tranchée, l’artillerie lourde détruit les observatoires, abris à
mitrailleuses et lanceurs de mines. Le 2 août à 13h, les destructions étant jugées suffisantes,
l’infanterie est lancée à l’assaut, protégée par un tir d’engagement qui rend impossible l’arrivée
de renforts ennemis. À 13h 20 la tranchée complètement nettoyée est organisée par l’infanterie
qui a fait une soixantaine de prisonniers.
• Le 19 août l’A.D.30 est relevé et transporté par chemin de fer dans un secteur de la Vème armée
à Vailly-Soissons (02370 Aisne) où elle séjourne. En 2 mois près de Thiaumont, l’A.D.30 a tiré
200 000 fois, usé 95 tubes de 75, eu 191 personnes hors de combat.
• Le 14 septembre, l’A.D.30 se déplace de 20km et les différentes batteries s’installent à Paissy,
Jumigny, Geny, Blanc-Sablon (02160 Aisne). Dans ce secteur relativement calme, les batteries en
plus de leur mission normale de barrages et de représailles, préparent des emplacements pour
les futures batteries de renforcement, en vue de l’attaque française sur le chemin des dames
(printemps 1917).
• Voir photos : n° 5 du 26/09/16 – Cuiry-lès-Chaudarles – 4 km du Chemin des Dames, n° 6 du
29/09/16 – chargement de canon sur un train, n° 7 du 2/10/16 – réunion d’information (?).
• La 30e
D.I. est relevé le 15 décembre 1916 et est désignée pour l’armée d’Orient.
32 - Le 19e
avec l’Armée d’Orient : 15 décembre 1916 - 28 août 1919
Transfert, réorganisation : 15 décembre 1916 - janvier 1917
• Les unités sont transportées par voies ferrées et débarquées à Toulouse où la D.I. doit se
réorganiser avant son embarquement pour Salonique (aujourd’hui Thessalonique – Grèce).
L’A.D.30 est formée des trois groupes du 19.R.A.C, d’un groupe du 2e
R.A.M (le 2e
régiment
d’artillerie de marine était une unité de l'armée de terre française de l’artillerie de marine), d’une
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 37/128
batterie de tranchée (ayant des mortiers permettant des tirs très courbes) et du P.A.D. 30
composé de quatre S.M. (?)
• Le 21 janvier 1917, les unités commencent à quitter Toulouse à destination soit de Marseille, soit
de Toulon, d’où elles sont transportées sans encombre par mer du 30 janvier au 12 février à
Salonique, avec une escale à Malte ou à Milos.
Opérations : février 1917 - début septembre 1918
• Les troupes bivouaquent à Zeitenlick (5 km au N.E. de Salonique) puis se placent en réserve
d’Armée à Topcin. La région est très accidentée, les routes rares et en mauvais état, pas de carte,
il faut reconnaître tous les itinéraires, le climat rude (été +50° à l’ombre, hiver -20°), enfin le
paludisme fait rage.
• Opération contre les Comitadji, des naturels du pays, qui assassinent des soldats isolés. Une
opération est entreprise contre eux, quelques personnes sont fusillées, le calme revient.
• Opération de la 2e
brigade du 19e
, mise à disposition de l’Armée d’Orient, pour les combats du 9
avril au 2 juin dans la région de Monastir.
• Opération dans la région de Monastir de la 106e
batterie, du 5 au 11 mai, rattachée à cette
occasion à la 2e
brigade russe.
• Concentration de la 30e
D.I. en arrière du front en mai, dans la région de Krussograd-Zinovia,
après un trajet en six étapes. L’attaque des alliés ayant échoué, elle n’est pas engagée. Le 22 mai
elle se porte à Kateríni (60100 Grèce).
• Le roi de Grèce ne se conformant pas aux conventions passées avec les alliés et favorisant
l’agitation des Comitadji, une opération sur Athènes est décidée pour une partie de l’A.D., avec
occupation de Corinthe, du Pirée, de la Thessalie, de Larissa. Embarquement le 8 juin à
Salonique, débarquement le 11 à Isthimia, ils gagnent les environs d’Athènes, du Pirée … Bien
que pas un seul coup de canon n’ait été tiré pendant cette démonstration de force, le personnel
et les animaux ont beaucoup souffert tant du ravitaillement défectueux que de la chaleur.
L’autre partie de l’A.D. a pendant ce temps bivouaqué à Vatiluk (voir photo n° 8 - Georges à
Vatiluk en juillet 1917 et photo n° 9 - Balitza le 10/07/17)
• Le 18 juillet, le groupe 3 du 19e
RAC est détaché auprès du corps expéditionnaire italien qu’il
supportera, et avec qui il participera à la rupture du front bulgare en septembre 1918.
• Le reste de l’A.D.30 supporte la 30e
D.I. dans le secteur de Monastir-Ouest, les batteries sont
placées à des altitudes de 500 à 2000m avec de très mauvaises pistes d’accès, à flanc de coteaux
sur des pentes très raides.
• 2 septembre, coup de main sur le saillant de Kiel, pendant la préparation d’artillerie, une
préparation de diversion est exécutée sur Posen pour laisser les Bulgares dans l’incertitude du
point d’attaque. Les batteries sont contrebattues avec violence par l’artillerie adverse. Attaques
et contre-attaques d’infanterie de part et d’autre avec l’appui des artilleries respectives.
Résultat : les Français font 30 prisonniers, dont 1 officier.
• 19 au 20 octobre, coup de main de l’infanterie sur la tranchée ennemie T.10. Le 20 cette
tranchée est trouvée évacuée, les fantassins ne rapportent que trois fusils.
• Jusqu’à la fin octobre, le secteur est agité, des barrages sont demandés par les Français ou
déclenchés par l’ennemi sans raison sérieuse.
• De janvier à début septembre 1918, le secteur de l’A.D.30 est assez calme, le front ne subit
aucune modification. Quelques coups de main rapportent des prisonniers, ce qui permet
d’identifier les troupes qui sont en face. L’ennemi répondant à l‘artillerie française par des tirs
sur les batteries ou les villages à proximité où ils supposent des troupes ou des États-Majors.
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 38/128
Rupture du front et poursuite de l’armée bulgare : 14 septembre - 30 septembre 1918
• Le 14 septembre commence sur tout le front une grande démonstration d’artillerie qui a pour
but de fixer l’ennemi et de faciliter l’attaque de l’Armée serbe. L’A.D.30 exécute de jour des tirs
de destruction sur réseaux, abris, boyaux, mitrailleuses, de nuit des tirs de harcèlement et de
maintien des brèches. Cette activité dure jusqu’au 21, date à laquelle l’attaque des Serbes à
pleinement réussi et le front se trouve complètement désarticulé.
• Le 24 la poursuite de l’armée bulgare commence à une vitesse moyenne de 20km par jour,
l’ennemi se dérobe, le contact est finalement repris à Trebiniste le 29 septembre (à ~80km plus
au nord).
• Le 30 septembre au matin les batteries se préparent à reprendre l’action, lorsqu’à 8h un coup de
téléphone vient annoncer que les opérations doivent être suspendues à 12h l’armistice est signé
entre les alliés et la Bulgarie.
• L’A.D.30 séjourne jusqu’au 20 octobre dans la région de Prilep, pour se remettre de la poursuite
et des cols passés (Prevalec 912m, Gigavat 1161m, Opinca 1300m) par une chaleur terrible
provoquant beaucoup d’évacuations pour grippe ou paludisme et de pertes de chevaux.
Poursuite de l’armée Makensen : 20 octobre – 29 novembre 1918
• Le 20 octobre, la 30e
D.I. reçoit l’ordre de se porter sur le Danube, afin de libérer la Roumanie de
l’armée Makensen.
• Les étapes à travers des pays très accidentés, sans ressources en vivres et en fourrages, sur de
très mauvaises routes, sont très pénibles. Le passage du col de Deve-Bair (1900m) le 5 octobre
par une violente tempête de neige, coûte à l’artillerie 80 chevaux morts d’épuisement.
• Le 9 novembre la 30e
D.I. occupe Nikopoli, Sistov, Rouchtchouk, et le 10 reçoit l’ordre de passer
le Danube de vive force, elle traverse, sous la protection de l’artillerie, le 11 sur des embarcations
de fortune réquisitionnées. Les Allemands fuient en train, l’artillerie ne les bombarde pas pour
éviter des pertes civiles, ce dont les Roumains de Valachie seront reconnaissants.
• La 30e
D.I. continue sa marche à travers la Roumanie, faute de chevaux, le matériel est en partie
attelé à des bœufs. La 30e
traverse la plaine sans fin de la Valachie et le 29 novembre arrive à
Bucarest après avoir fait près de 900 km dans des régions ruinées par l’ennemi, souvent hostiles,
comme en Bulgarie, sur des routes toujours mauvaises et avec la température inclémente de la
saison. L’A.D.30 a perdu 50% de ses chevaux.
• Le 1° décembre réception du roi de Roumanie, la 30e
D.I. fait la haie et défile devant le souverain
à Bucarest, la population acclame et est enthousiaste.
• Les troupes sont cantonnées au repos dans des casernes roumaines.
1919 – Réorganisation et opération dans la région d’Odessa : janvier 1919 – 28 août 1919
L’A.D.30 est réorganisée, des rapatriements sont effectués. Il semblerait que Georges Anselmi a fait
partie de ses rapatriés, en tout cas il était en France au plus tard à la mi-avril 1917.
• En février l’A.D.30 est mobilisée, des unités partent pour Bendery, Constantsa, Kichinev et
Odessa où tout le monde sera finalement regroupé.
• Les troupes sont en position dans la région de Bôuyalik au nord d’Odessa le 23 mars, et au
contact de l’armée bolchevique de Gregorieff le 6 avril.
• Le 9 avril les unités commencent à passer le Dniester à Mayaky.
• Problèmes avec les mauvaises routes, et le manque de ravitaillement.
• Le 4 mai toutes les unités sont mobilisées avec l’infanterie pour empêcher l’armée bolchevique
de passer le Dniester.
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 39/128
• L’A.D.30 opère avec des forces russes et grecques dans la région Odessa – Bendery jusque dans
la première quinzaine de juin, puis reçoit l’ordre de quitter les environs de Bendery.
• Quelques unités sont transférées par chemin de fer jusqu’à Reni (frontière russo-roumaine),
d’autres regagnent Reni par étapes. L’A.D.30 est dirigée par des voies ferrées sur Sofia puis
Kostinbrode.
• Après une série de marche, l’A.D.30 se transporte à Bojourichte où elle arrive le 12 août.
• La dissolution de l’A.D.30 a lieu le 28 août au moment où elle fusionne avec l’A.D.156.
33 - Bilan du 19e
R.A.C. : 2 août 1914 – 28 août 1919
Au terme de cinq années de guerre, le bilan pour le 19e
R.A.C. est :
Pertes Officiers Sous-officiers
Brigadiers et
Canonniers Total
Tués 13 25 131 169
Blessés ou
intoxiqués 23 17 334 374
Total 36 42 465 543
Ne sont pas compris dans ce tableau, les blessés ou intoxiqués
légèrement et les paludéens, ni le personnel des groupes de
renforcement.
Citation & 19e
régiment d’artillerie
Georges Anselmi a été décoré de la Médaille militaire pour son engagement dans le 19e
R.A.C. De
plus j’ai trouvé via le Bulletin des Armées, sa citation à l'ordre de l'armée, Georges-Joseph-César
ANSELMI, excellent sous-officier ; 13 ans d'excellents services ; adjudant-chef (réserve) au 19e
régiment d'artillerie, 1er groupe.
19e
Régiment d'Artillerie
Pays
France
Branche
Armée de Terre
Type
Régiment d'Artillerie
Rôle
Artillerie
Garnison
Draguignan
Devise
Irréprochables et joyeux
Inscriptions
sur l’emblème
Sébastopol 1854-55
Solférino 1859
Verdun 1916
Monastir 1917
Photo de Georges Anselmi en réserviste
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 40/128
Guerres
Guerre de Crimée
Campagne d'Italie
Première Guerre mondiale
Batailles Bataille de Sébastopol
Bataille de Verdun
4 - Photos de Georges Anselmi pendant la guerre en France et en Orient
Les photos concernent essentiellement des moments de détente ou au campement à l’exception
d’une photo de transport ferroviaire.
N°1 - 31 décembre 1914 - Blercourt dans la Meuse (55120 - 12 km de Verdun)
Georges Anselmi est au centre
N°2 - 16 mai 1915 – Vernancourt dans la Marne (51330 – 40 km de Châlons-en-Champagne)
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 41/128
N°3 - juillet 1915 – Orbéval dans la Marne
(51800- 35 Km de chalon en Champagne)
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N° 4 – 25 et 26 octobre 1915 - Campement
N°5 - 26 septembre 1916 - Cuiry-lès-Chaudardes dans l’Aisne (02160 – 4 km du chemin des Dames)
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N° 6 – 29 septembre 1916 - Transport ferrovière
N° 7 – 2 octobre 1916 - Georges est au premier plan, avec une canne à la main
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Photos en Orient
N° 8 - juillet 1917 – Vatiluk en Grèce (aujourd’hui Vathylakkos 50100) à ~30 km de Salonique
N° 9 - 10 juillet 1917 – Banitsa ~100/115 km de Vatiluk, à 20km au nord de SERRES en Macédoine
Centrale
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 45/128
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En orient ?
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5 – Éléments sur la guerre mondiale 1914 – 1918
Si la cause immédiate de la Première Guerre mondiale est l'assassinat, à Sarajevo, de l'archiduc
François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie, et de son épouse, le 28 juin 1914, cet
événement ne fait que pousser au paroxysme des tensions issues de contentieux antérieurs (rivalités
stratégiques, politiques, économiques et coloniales).
Les déclarations de guerre :
• 28 juillet : Autriche-Hongrie à la Serbie,
• 1er août : Allemagne à la Russie,
• 3 août : Allemagne à la France,
• 4 août : Royaume-Uni à l'Allemagne,
• 6 août : Autriche-Hongrie à la Russie,
• 11 août : France à l’Autriche-Hongrie,
• 13 août : Royaume-Uni à l'Autriche-Hongrie,
• 23 août : Japon à l'Allemagne,
• 3 novembre : France et Royaume-Uni à l'Empire ottoman.
Principales phases de 1914 à 1917
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La guerre de mouvement en France en 1914
Vue générale d’août à début septembre
Le 19e
RAC va servir dans la IIe armée du 5 août au 3 septembre 1914, la IIIe du 8 septembre 1914
au 1° octobre 1915, la IVe du 5 octobre 1915 au 15 décembre 1916
Vue détaillée début septembre et lieux des combats du 19e
RAC
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France : la guerre de mouvement se transforme en guerre de position novembre 1914/1918
Le 19e
RAC va servir dans la IIe armée du 5 août au 3 septembre 1914, la IIIe du 4 septembre 1914
au 1° octobre 1915, la IVe du 2 octobre 1915 au 15 décembre 1916
La guerre se prolonge et devient une guerre d’usure qui met à l’épreuve tant les forces morales que
matérielles des combattants. Les états-majors veulent « saigner à blanc » les armées adverses. Les
Russes lancent une attaque dans les Carpates, mais doivent faire face à une grande offensive des
puissances centrales, les Turcs étant également passés à l’attaque au Caucase pour prendre les
armées russes à revers. Pour tenter de soulager la pression sur les Russes en attirant le maximum de
troupes allemandes vers l'ouest, Français et Britanniques lancent assaut sur assaut en Artois, puis en
Champagne, le 16 février. Le 20 février 1915, Reims est bombardée par les Allemands. La tentative
de percée française est un échec et la bataille de Champagne se termine le 20 mars 1915.
Ces offensives de 1915 ont réussi à bousculer quelque peu les dispositifs allemands, mais c'est au
prix de pertes alliées effroyables. Le haut commandement allié doit constater l’insuffisance des
moyens d’attaque, particulièrement en artillerie lourde, domaine dans lequel l’Allemagne possède
une supériorité incontestable depuis le début de la guerre.
Au début de l’année 1916, le commandement allemand décide d’user complètement l’armée
française en l’obligeant à s’engager à fond. Il choisit d’attaquer Verdun, un pivot du front fortifié, que
les Français voudront défendre coûte que coûte. Le 19e RAC participera à la bataille de Verdun du 15
juin au 15 décembre 1916, date à laquelle il est affecté à l’armée d’Orient.
Le site de Verdun offre la possibilité d’attaquer les lignes françaises de trois côtés. De plus, l’armée
allemande bénéficie, contrairement aux Français, de nombreuses voies ferrées qui facilitent les
approvisionnements en matériel et en hommes. Enfin, les manœuvres d’approche peuvent se
dérouler dans une relative discrétion, à l’abri du manteau forestier. Dans l’esprit du haut
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 49/128
commandement allemand, « il ne s’agissait pas essentiellement de prendre Verdun […], mais de fixer
les forces françaises, de les attirer sur ce champ de bataille qu’elles défendraient pied à pied […], de
saigner à blanc l’armée française grâce à la supériorité en artillerie ». Exsangue, l’armée française
serait incapable de mener à bien l’offensive prévue sur la Somme.
La bataille de la Somme fut l’une des principales confrontations du front occidental, mais aussi de la
guerre. Les forces britanniques et françaises tentèrent de percer à travers les lignes allemandes
fortifiées sur une ligne nord-sud de 45 km proche de la Somme, au nord de la France, dans un
triangle entre les villes d'Albert du côté britannique, Péronne et Bapaume. La première journée de
cette bataille, le 1er juillet 1916, détient le triste record de la journée la plus sanglante pour l'armée
britannique, avec 57 470 victimes, dont 19 240 morts. La bataille prit fin le 18 novembre 1916.
Échec sanglant de l'offensive Nivelle sur le Chemin des Dames au printemps 1917, les conditions de
vie effroyables dans le froid, la boue, le déluge d'obus et le report des permissions, tous ces facteurs
s'additionnaient, provoquant une montée de la protestation parmi les hommes au front.
La bataille de Cambrai s'est déroulée du 20 novembre au 7 décembre 1917 aux environs de Cambrai.
Lors de cette offensive, les Britanniques ont utilisé pour la première fois en masse, des chars d'assaut
(en anglais tank, « réservoir »), les Mark IV. Cette offensive, initialement une réussite, fut cependant
largement émoussée par la contre-offensive allemande.
La seconde bataille de la Marne se déroula principalement du 15 au 20 juillet 1918. Ludendorff
concentre 42 divisions. La préparation d’artillerie allemande commence par un tir d’obus à gaz, puis
devient mixte, mais avec plus de cinquante pour cent d’obus toxiques. Mais leur offensive était assez
mal organisée et ils durent subir eux-mêmes des attaques au gaz moutarde, de sorte que les troupes
françaises, bien secondées par la 2e division d'infanterie US à Bois-Belleau et à Vaux, purent résister.
L'offensive des Cent-Jours est le nom donné à l'ultime offensive conduite par les Alliés de la Première
Guerre mondiale contre les Empires centraux sur le Front de l'Ouest, du 8 août 1918 au 11 novembre
1918.
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Salonique et opérations militaires sur le Front d’Orient auxquelles participe le 19e
RAC
Au début du XXe siècle, Salonique (aujourd’hui Thessalonique) est une ville de l’Empire ottoman qui
compte 120 000 habitants, dont 80 000 juifs. Elle est conquise par les Grecs en novembre 1912. Au
début de la Première Guerre mondiale, la Grèce est un pays neutre, qui traverse une grave crise
politique entre partisans de la Triple-Entente (La France et ses alliés) et partisans de la Triple-Alliance
(Les Empires centraux).
En octobre 1915, le Premier ministre grec favorable à la Triple-Entente autorise les Français et les
Anglais à débarquer des troupes à Salonique, pour qu’elles aident les Serbes à arrêter la progression
des armées austro-allemandes et bulgares qui envahissent la Serbie. Compte tenu de la situation, ces
troupes se contenteront de conserver le contrôle de la voie ferrée qui remonte la vallée du Vardar, la
seule voie de ravitaillement extérieur des armées serbes.
En mai 1916, les Bulgares pénètrent en territoire grec et envahissent toute la Macédoine orientale.
Salonique sert de base arrière et de refuge aux alliés, à l’été 1916, elle compte 300 000 hommes
(Français, Britanniques, Serbes, Italiens et Russes), et à partir de décembre fait l’objet de fréquentes
attaques aériennes. À la fin de 1916, le front passe sur les hauteurs qui dominent le camp retranché
sur une ligne qui va de Monastir et qui encercle Salonique et va jusqu’à la côte, mais n’est jamais à
moins 60 km de Salonique. Pendant toute l’année 1917, l’activité des troupes se résume à une guerre
de position et une dizaine de batailles locales. Les soldats sont très affectés par diverses maladies
(dysenterie, scorbut …).
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 51/128
À partir du printemps 1918, le front côté Triple-Alliance est principalement tenu par les Bulgares. À
partir de l’été, les alliés préparent une offensive avec les 650 000 hommes dont ils disposent malgré
le retrait des troupes russes. Une offensive de rupture est menée à partir du 15 septembre. Les alliés
s’emparent d’Uskub (aujourd’hui Skopje) et s’ouvrent la route de Sofia. La Bulgarie demande un
armistice. Les troupes allemandes et autrichiennes évacuent l’Albanie. Le 14 le Danube est atteint, le
1° novembre Belgrade est reprise. Bucarest est atteinte le 1° décembre. À la fin de la campagne, du
18 au 25 décembre, une partie de l’armée d’Orient est redéployée à Odessa contre les Soviets en
Ukraine. Ce n’est qu’en 1919 qu’elle est rapatriée et démobilisée.
Parti de Monastir, le 19e
R.A.C. est à Bucarest le 1° décembre 1918
Les opérations des Dardanelles et de Salonique connaissent aujourd’hui un traitement mémoriel très
contrasté. En France, le « poilu d’Orient » est négligé, rejeté dans l’ombre au profit de celui de
Verdun, de la Somme ou du Chemin des Dames. Peu d’études universitaires lui sont consacrées.
Cependant, le maréchal von Hindenbourg, commandant en chef des armées allemandes, et le
général Ludendörff, son principal collaborateur, ont dit que la rupture du front de Macédoine en
septembre 1918 a précipité la défaite des Empires centraux en provoquant la capitulation en chaîne
de la Bulgarie (29 septembre), de l'Empire ottoman (30 octobre), de l'Autriche (3 novembre) et enfin
de la Hongrie qui ne signe que le 13 novembre.
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 52/128
Photos de l’artillerie de campagne
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 53/128
Photos de l’artillerie de campagne (suite)
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 54/128
Conséquence de la 1° guerre mondiale
• Chute des empires : allemand, russe, austro-hongrois et ottoman,
• Démantèlement de l'empire colonial allemand et des empires austro-hongrois et ottoman,
• Formation de nouveaux États en Europe et au Moyen-Orient,
• Remaniements frontaliers, changement de souveraineté dans divers territoires
• Création de la Société des Nations (SDN)
Nouveaux états, nouvelles frontières, … (détails)
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 55/128
6 - Généalogie
Georges Anselmi & Juliette Isnard marié le 30/04/14
Texte plus complet sur la généalogie des familles Bruley et Anselmi
https://www.decideo.fr/bruley/docs/Compilation%20sur%20mes%20ancetres%20V5.pdf
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Dardanelles 1915
Extrait de Bourgeon - octobre 2020
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 57/128
Aimé-Florent Villemin : expédition des Dardanelles 1915
Michel Bruley (pour une vision plus complète https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_des_Dardanelles)
Aimé-Florent était le frère d’Amélie Villemin, la grand-mère paternelle d’Hélène Toulzac l’épouse de
Robert Bourgeon. En 1915 il participe à la bataille de Sedd-Ul-Bahr qui se déroule du 25 avril au 4 mai
pendant l'expédition des Dardanelles et au cours de laquelle les forces franco-britanniques
débarquent dans la péninsule de Gallipoli.
Après l'échec de l'attaque navale contre les forts de l'entrée des Dardanelles, le gouvernement
anglais décide, pour marcher sur Constantinople, d'attaquer et de conquérir la péninsule de Gallipoli.
Concentrée à Alexandrie, l'armée franco-anglaise commence ses débarquements le 25 avril, à Gaba-
Tépé pour les Anzacs (Australiens & Néo-zélandais), à Sedd-Ul-Bahr pour les Anglais.
Le Corps expéditionnaire d’Orient, français, est placé sous le commandement du général Ian
Hamilton. La division du général Albert Amade devra créer une diversion en débarquant sur la côte
d'Asie et ensuite renforcer l'aile droite des Anglais à Sedd-Ul-Bahr.
Le débarquement sur la péninsule de Gallipoli a réussi, les alliés ont progressé de 3 km et décimé les
forces turques qui n'ont pu les rejeter à la mer. Toutefois, le retard pris dans les opérations a permis
aux Ottomans de Mustapha Kemal de se renforcer et de préparer leurs défenses sur leur terrain. Le
cap Hellès va voir se dérouler une bataille d'usure (Batailles de Krithia) et les succès se limiteront à
une avance d'une centaine de mètres ou la capture d'une tranchée.
Aimé-Florent Villemin a été mortellement blessé au combat de Sedd-Ul-Bahr, il est décédé le 24 juin
1915 à bord du bateau l’Amiral Handin où il avait été transporté.
Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 58/128
Louis Toulzac : spahi avant tout
1915 - 1941
Extrait de Bourgeon - octobre 2020
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  • 1. Textes de famille concernant les guerres (1814 – 1944) Version augmentée de 2024 Michel Bruley juin
  • 2. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 1/128 Juin 2024 Préface Dans ce document, j’ai regroupé différents textes ou photos relatifs à des épisodes de guerre, écrits par, ou concernant des membres de ma famille. Cette deuxième version est augmentée notamment des textes de la Famille Bourgeon, nos cousins d’Algérie. J’ai classé les textes dans l’ordre chronologique des faits relatés et j’ai pour chacun d’eux situé le lien de parenté des acteurs avec moi. La famille Bruley et les guerres napoléoniennes La Première Guerre mondiale • Les deux guerres de René Puig • Georges Anselmi : Campagnes de France et d’Orient • Aimé-Florent Villemin : expédition des Dardanelles • Louis Toulzac : spahi avant tout • Charles Puig à Verdun • Les frères Bruley pendant la Première Guerre mondiale La Deuxième Guerre mondiale • Guerre, captivité et évasion de Jacques Bruley • Robert Bourgeon : sombres années et prisonniers de guerre • René Bourgeon dans la guerre • Août 1944, la libération de Troyes, vue par Georges Bruley Bonne lecture, Michel Bruley
  • 3. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 2/128 La famille Bruley et les guerres napoléoniennes Campagne de France – janvier – avril 1814
  • 4. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 3/128 La famille Bruley et les guerres napoléoniennes J’ai trouvé la trace de faits relatifs aux guerres napoléoniennes concernant deux membres de la famille Bruley : Nicolas Joseph Bruley et sa mère Edmée née Bordier. Dans ses mémoires « Enfance champenoise », Simone/Langlois/Bruley/Graven dit que son arrière- arrière-grand-père avait fait la retraite de Russie et perdu une jambe à la Bérézina. Elle est la seule à dire cela, je n’ai retrouvé aucun autre document citant ce fait. Je m’interroge sur la véracité de ce fait. L’ancêtre en question est Nicolas Joseph, né à Neuville le 16 août 1764, marié en premières noces à Aix-en-Othe avec Marie Magdeleine Lange le 13/11/1786, et en secondes noces à Marianne Darce, veuve Lange, qui était sa belle-sœur. Il est mort à Villemaur vers 1840. De son premier mariage avec Madeleine Lange sont nés huit enfants, dont 6 garçons et deux filles. Au moment de la retraite de Russie en 1812, il avait 48 ans et eut huit enfants. Ce ne peut donc pas être un conscrit ordinaire, relevant du système de la conscription, c’est-à-dire du service militaire obligatoire de cinq années, pour une partie tirée au sort, des jeunes âgés de 20 ans. Dans son texte sur la Généalogie de la famille Bruley, Bruley-Mosle, ne dit rien de la Berezina, mais raconte qu’Edmée Bordier, veuve de Louis Bruley, la mère de Nicolas Joseph, est décédée à 82 ans le 14 février 1814, le jour de l’arrivée des cosaques à Bourg de Partie, et qu’ils la sortirent de sa maison, pour s’y installer, la portèrent sous un poirier. Elle fut inhumée le lendemain dans le cimetière de Neuville. Bruley-Mosle raconte aussi que Nicolas Joseph Bruley possédait le moulin du haut de Villemaur où il vivait et qu’en 1814, lors de la retraite de la bataille de Montereau les ennemis mirent le feu au moulin sous prétexte, disaient-ils, d’éclairer leur ligne de retraite, mais que grâce à un serviteur dévoué, nommé Farot Lasnier, l’incendie fut éteint et le moulin fut préservé. Le propriétaire, Nicolas Joseph Bruley, ne pouvait porter secours pour éteindre l’incendie, car étant averti du passage de l’ennemi, il avait sauvé son mobilier et ses bestiaux dans la forêt, ainsi que sa famille, et la garde du moulin était confiée à Farot Lasnier qui, étant seul, s’en est courageusement acquitté. Rappel de la campagne de France : Janvier – avril 1814 : Les faits relatés ci-dessus se sont déroulés lors de la campagne de France. Napoléon vaincu à l’occasion de la campagne de Saxe, la guerre est portée sur le sol français. Les coalisés alignent quelque 400 000 hommes qui convergent vers Paris. Napoléon n’a guère qu’une centaine de milliers d’hommes à opposer, principalement de jeunes conscrits peu expérimentés, les Marie-Louise, et un noyau de survivants qui se sont battus pour lui sur tous les champs de bataille de l’Empire. Battus à La Rothière, située à 40 km à l’est de Troyes, le 1° février 1814, Napoléon dans un dernier baroud, remporte des victoires sur les Russes à Montmirail le 11 février, et sur les Autrichiens à Montereau le 18 février, contraignant l’armée de Bohême parvenue à une cinquantaine de kilomètres seulement de Paris, à reculer. Cependant, la fin est proche désormais. Bruley-Mosle, dans sa notice sur Estissac et Thuisy, raconte que Napoléon « le 30 mars 1814, ayant appris que l’armée ennemie manœuvrait pour se rendre à Paris et sachant la route Troyes-Sens-Paris libre, est passé à Estissac à 8 heures avec son escorte ; mais 7 jours plus tard, il était à Fontainebleau pour signer son abdication ».
  • 5. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 4/128 Annexe : Généalogie pour situer Edmée & Nicolas Joseph Texte plus complet sur la généalogie de la famille Bruley https://www.decideo.fr/bruley/docs/Compilation%20sur%20mes %20ancetres%20V5.pdf Bourg de Partie (quartier de Neuville sur Vanne) https://fr.slideshare.net/MichelBruley/synthse-sur- neuvillepdf J’aime Bruley https://fr.slideshare.net/MichelBruley/jaime-bruley Cosaque
  • 6. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 5/128 Les deux guerres de René Puig 1914 – 1918 Version actualisée de novembre 2018
  • 7. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 6/128 20 octobre 2018 Préface En 2014, j’ai publié une première version des « Deux guerres de René Puig », comprenant un texte écrit par René Puig, le grand-oncle maternel de mon épouse, ainsi que divers éléments illustratifs, mais comme à l’époque je n’avais aucune idée de l’escadrille où il était, j’avais repris, pour décrire sa deuxième participation à la guerre, les inscriptions qui étaient sur sa tombe et imaginé qu’il volait sur le bombardier le plus répandu dans l’armée française le Breguet 14. Récemment, j’ai retrouvé sur internet des informations sur René Puig, son escadrille, la 115, l’avion sur lequel il volait un bombardier lourd Caproni, ainsi que son livret militaire. J’ai donc mis à jour la présente deuxième version des « Deux guerres de René Puig ». Bonne lecture, Michel Bruley René Puig en uniforme
  • 8. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 7/128 1914 - Guerre, captivité et évasion Le 24 septembre, devant mon peloton, placé en tête du 7e escadron qui bivouaque avec les autres escadrons composant le 9e régiment de cuirassiers, je cause avec des sous-officiers quand subitement j’entends le crépitement d’une mitrailleuse suivi aussitôt des crépitements de plusieurs autres mitrailleuses. Sans un commandement, chacun se précipite à son cheval, mais les chevaux, sous la pluie de balles à laquelle ils faisaient face, font demi-tour et s’enfuient. Les hommes embarrassés dans leurs manteaux ne peuvent monter à cheval. Je m’accroche à une selle, mais, bousculé par les chevaux, je ne puis me maintenir. Je tombe à terre, me relève plusieurs fois et culbuté par les bêtes qui ruent et se cabrent sous les balles qui les frappent, qui culbutent elles-mêmes par-dessus les corps des hommes et des chevaux tombés déjà morts ou blessés, j’essaie, mais en vain, de me mettre en selle. Je réussis pourtant à me redresser, mais, à ce moment, je reçois une ruade à la cuisse droite et je me vois dans l’impossibilité de courir et de me mettre ainsi à l’abri des balles qui continuent de faire rage. En rampant, je vais me coucher derrière un cheval mort. Je croyais alors que cette surprise avait pour auteurs des autos-mitrailleuses et je me disais que leur coup terminé elles repartiraient sans s’occuper des corps étendus et qu’il me serait possible, après leur départ, de rejoindre d’une façon ou d’une autre, les lignes françaises. Hélas, je me trompais, et après 10 à 15 minutes d’un feu incessant, l’infanterie ennemie se précipite et entoure les champs où les corps de nombre de mes camarades sont couchés par la mort. Je garde encore l’immobilité, espérant encore que les soldats me laisseront comme mort et ne feront que traverser le champ où je me trouve. Les coups de feu tirés à mes côtés me font présumer qu’ils donnent le coup de grâce aux hommes mortellement atteints ou même qu’ils achèvent des blessés et je perds l’illusion de passer inaperçu. Un coup de crosse reçu à la nuque me fait relever, et sans un geste de ma part, le cœur meurtri, mais sans m’avouer encore vaincu, je marche devant les soldats. Je fais ainsi quelques pas, quand j’entends prononcer mon nom. J’accours, et je trouve un camarade du 8e escadron, le brigadier Chartier, couché à terre par plusieurs balles ; avec quelques mots allemands, j’obtiens l’autorisation d’un officier allemand de le soigner. Je puis avoir une civière, et avec l’aide de soldats allemands, je le transporte jusqu’à l’ambulance allemande. Là, je retrouve une vingtaine de cuirassiers qui me disent que trois convois de prisonniers sont déjà partis. Nous sommes conduits à la caserne de Péronne, où l’on nous enferme dans une chambre du 2e étage, sous la surveillance de plusieurs sentinelles. À partir de ce moment, ma volonté ne tend plus qu’à un but : m’évader, et je me fais le serment de tout tenter plutôt que de rester prisonnier. Dans l’après-midi de ce même jour, j’inspecte les lieux et vois la possibilité de partir la nuit par une fenêtre. Je prends plusieurs couvertures et quand l’obscurité est venue à l’extérieur de notre chambre qui, elle, est éclairée, et où une sentinelle veille, je fais un cordage de ces couvertures et gagne, en rampant sous les lits, la porte d’une chambre de sous-officiers, communiquant avec le dehors par une fenêtre. Je pénètre dans cette chambre, mais, au moment où je noue mon cordage improvisé à la fenêtre, je constate que des sentinelles sont de l’autre côté du mur de la caserne et
  • 9. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 8/128 surveillent les fenêtres des chambres où les prisonniers sont enfermés. Dans l’impossibilité où je suis de fuir dans de telles conditions, je reviens à mon lit, la rage au cœur. Le 27 septembre après-midi, nous sommes emmenés à pied à Saint-Quentin où nous embarquons. En cours de route, je descends plusieurs fois de wagon, avec l’intention de fuir, mais, les sentinelles qui m’accompagnent ne me quittent pas de l’œil et je ne puis tenter aucun essai. Je profite d’une nuit pour cacher, entre les semelles de mes chaussures, les billets de banque et l’or que j’avais sur moi. Après avoir voyagé toute la journée en territoire allemand, nous arrivons le 30 septembre dans une petite gare que nous sûmes, par la suite, être celle de Niederzwehren. Dès les premiers jours, je me mets à travailler mon évasion et j’envisage différents projets. J’étudie le camp d’où la vue s’étend assez loin dans la campagne. Je me rends compte des moyens de garde, je surveille les allées et venues des Allemands militaires et civils, qui ont affaire dans le camp, et je constate avec surprise que nous sommes beaucoup mieux gardés que je ne me le figurais avant d’arriver, et je ne remarque rien qui puisse m’indiquer par quels moyens je sortirai du camp. Je cherche parmi mes camarades un homme décidé à risquer l’évasion et je crois l’avoir trouvé en la personne d’un sous-officier qui parle très bien l’allemand. Je lui fais part de ma décision. Ces constatations faites et après quelques conversations, nous adoptons le projet de trouver des effets civils, de quitter le camp par une des deux portes et de gagner une frontière par chemin de fer. Je me mets aussitôt au travail. J’apprends que la grande ville voisine : Cassel (Kassel) est reliée à Frankfurt-Bale par des services rapides. J’apprends aussi qu’un cuisinier allemand du camp est dans la vie civile cuisinier de wagons-restaurants et qu’il a fait du service en France. Je fais sa connaissance et par lui, arrive à connaître les heures des trains pour Bâle, dont nous sommes à 12 heures de chemin de fer. Ce résultat acquis, j’estime que des pièces d’identité suisses et des passeports pour sortir d’Allemagne sont indispensables. Je réussis alors à avoir la confiance de certains officiers, sous-officiers qui parlent français, je ne cause pas l’allemand, et aussi des interprètes qui travaillent à la Kommandantur. Tous ces gens sont pleins de considération et pour mon arme et pour ma situation civile de « gros industriel ». J’arrive à me faire admettre comme secrétaire à la Kommandantur. Je suis chargé de répondre aux demandes de renseignements venant de France et qui concernent les disparus, je recherche dans le camp les destinataires des lettres dont les adresses sont incomplètes, je trie aussi la correspondance avant qu’elle soit lue par les interprètes. Tandis que les prisonniers ne peuvent écrire qu’une seule fois par mois deux lettres, grâce à mes fonctions et à mes relations, il m’est permis, à moi, d’écrire aussi souvent que je veux. J’en profite et demande, au moyen d’une clef (mots pointillés qui rassemblés indiquent exactement ce que je demande) à deux amis dévoués, de deux côtés, différentes pièces d’identité suisses, passeports, fausses barbes et moustaches, le tout caché dans un bloc de pain d’épices.
  • 10. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 9/128 Une correspondance s’établit ainsi sans que les interprètes qui lisent mes lettres ne s’aperçoivent de rien et les réponses me disent que tout se prépare et qu’il n’y a qu’à patienter, peut-être assez longtemps. Au bureau où je travaille, je sais où sont enfermées les cartes qui servent à l’entrée et à la sortie de tous les militaires et civils allemands qui ont affaire au camp, et il me sera possible d’en dérober et d’y apposer des cachets officiels. Quant aux effets civils, nous les ferons acheter par des prisonniers civils au propriétaire du bazar du camp et là l’argent fera son œuvre. Mais, au fur et à mesure que j’obtiens des éléments de réussite, je sens la détermination de mon ami diminuer et je dois un jour me décider à ne plus compter sur lui, estimant que je ne puis entraîner dans une telle aventure un ami indécis. Dans l’intervalle, je m’étais fait ouvrir un compte dans une banque suisse, qui par l’intermédiaire de la « Deutsche Bank » m’envoie 150 marks. Le trésorier du camp étant un de ceux dont j’avais gagné la confiance, je touche cette somme en une seule fois, alors que je devais toucher, suivant les règlements, seulement 10 marks par semaine. Tout ce qui a précédé m’a fait perdre du temps et me voilà de nouveau seul, entouré de prisonniers qui parlent de folie et de suicide quand le mot évasion est prononcé. La destinée heureusement vient à mon aide peu de temps après cet échec. Vers les premiers jours de novembre, les parents du lieutenant Manceron écrivent au commandant du camp pour rechercher leur fils, et je suis chargé de l’enquête et de la réponse à envoyer. Par un sous-officier et un cavalier du 4e cuirassiers qui se cachent sous de fausses identités civiles et à qui je remets toutes les lettres qui leur arrivent, avant qu’elles soient vues par les interprètes, lettres dont les adresses portent leur identité militaire, j’arrive à faire la connaissance du lieutenant Manceron du 4e cuirassiers, caché lui aussi sous une fausse identité civile. Naturellement, j’arrête toute enquête, ne rend pas les lettres compromettantes, et par la suite je soustrais avant qu’elle soit vue la correspondance qui arrive à cet officier. Le lieutenant Manceron et moi, nous nous confions nos souffrances morales, notre humiliation d’être prisonniers au milieu d’un état d’esprit qui n’est pas nôtre, tandis que nos camarades de France ont encore le bonheur de combattre. Nous nous disons notre volonté de nous évader et nous décidons de sortir coûte que coûte du camp et de rejoindre la France. Décidés tous les deux comme nous le sommes par la ruse ou par la force de tenter quelque chose, nous n’avons plus qu’à nous arrêter aux moyens. Le lieutenant Manceron, parlant insuffisamment l’allemand, nous abandonnons le projet de quitter Cassel par le train, projet qui nécessiterait une parfaite connaissance de la langue pour sortir du camp, pour demander des billets, et pour soutenir des conversations aux contrôleurs et au passage de la frontière. Nous nous arrêtons au projet de sortir du camp sans être vus et de gagner la Hollande, en ne comptant que sur nos jambes.
  • 11. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 10/128 Je m’astreins, dès ce jour, à un entraînement pédestre progressif et sur une ligne droite d’une centaine de mètres j’abats journellement de nombreux kilomètres. Par un sous-officier allemand, libraire dans la vie civile à Cassel, j’obtiens après quelques achats de livres le Baedeker en langue française, « l’Allemagne », en donnant comme prétexte que je veux connaître « toutes les beautés de l’empire germanique ». Ce livre nous donne la possession d’une petite carte de l’Allemagne où les villes principales, les lignes de chemin de fer, les fleuves et les grandes rivières sont indiqués. J’arrive, après bien des recherches à découvrir une boussole et le propriétaire, un sous-officier russe me vend ce précieux instrument qui sera le plus important facteur de notre réussite. Par l’intermédiaire d’un ouvrier électricien allemand qui travaille au camp, je fais l’achat d’une lampe électrique et de piles de rechange, et dans les mêmes conditions un ouvrier charpentier me fait entrer en possession d’un couteau très complet (tournevis, poinçon, scie …) et de boîtes de conserve. À l’infirmerie où je me suis ménagé des relations, je trouve flacon de quinine, pilules de strychnine, teinture d’iode, vaseline. Nous arrivons ainsi petit à petit à mettre quelques atouts de réussite de notre côté, mais nous ignorons toujours comment nous sortirons du camp, et chaque soir, quand les prisonniers dorment, à l’abri des regards des sentinelles, nous complotons en envisageant les possibilités pour passer les grillages. Le camp de Niederzwehren est entouré d’un double grillage de 2m50 de hauteur, et, entre ces grillages, est établi un chemin de ronde, très bien éclairé la nuit par des lampes électriques, où les sentinelles sont placées à 50, à 60 mètres les unes des autres. Ces sentinelles possèdent des sifflets dont elles se servent à la moindre alerte. Six baraquements-postes reliés par téléphone sont répartis autour du camp, contre le grillage extérieur, et les 400 à 500 hommes qui viennent chaque jour garder les prisonniers sont partagés entre ces postes. À l’intérieur du camp, de nombreuses sentinelles sont placées, et à l’extérieur, des sentinelles gardent routes, chemins, ponts de rivière, voie ferrée. Toutes ces remarques faites, le lieutenant Manceron et moi décidons de profiter d’une nuit noire et de passer par le grillage. Il est défendu d’aller dans un coin du camp, mais il est possible de passer outre en s’enfermant, dans la journée, dans un baraquement où se trouvent des bureaux et d’où, par une fenêtre, on peut gagner ce coin du camp, moins bien surveillé. Une pince pour couper les grillages est indispensable. Pendant que le lieutenant Manceron surveille, je passe un dimanche, par escalade, dans une pièce où les ouvriers laissent leurs outils et en démontant la serrure d’un coffre, j’obtiens l’outil désiré. Mais, ce projet-là échoue, et après trois essais infructueux dont le dernier manque de peu de se terminer d’une façon tragique, nous nous décidons à nous orienter d’un autre côté. Après maints projets, nous nous arrêtons à celui conséquent de certains faits : le lieutenant Manceron a comme voisins des zouaves, habitués d’une corvée dite de vidanges. Cette corvée consiste, pour les prisonniers à s’atteler par groupes de 50 à 60 à des voitures-tonnes, et à traîner ces
  • 12. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 11/128 voitures jusqu’à un champ d’épandage, distant du camp d’environ 1500 mètres. Il entend dire, par ces soldats, que la surveillance de cette corvée est devenue moins rigoureuse et que, tandis que les vidanges se déversent dans les tranchées, les sentinelles laissent les prisonniers se mettre à l’écart des mauvaises odeurs et fumer des cigarettes. Le lieutenant Manceron, pour s’assurer lui-même du bien-fondé de ces renseignements, se procure une capote d’infanterie nécessaire pour se glisser dans cette corvée strictement réservée aux soldats et, transformé ainsi en fantassin, peut aller étudier sur place, en plusieurs fois, la possibilité de quitter le camp par ce moyen. Il constate que cette corvée offre des chances de réussite, mais qu’il faudra probablement y aller de nombreuses fois pour arriver à tromper un jour la surveillance des sentinelles qui, parfois, comptent les prisonniers à l’aller et au retour, font aussi le tour du champ d’épandage, le déversement terminé pour s’assurer qu’aucun homme n’est caché, ou encore ne quittent pas des yeux les prisonniers qui s’éloignent de la voiture. La difficulté peut provenir aussi, du mal que j’aurai à passer sans être reconnu au milieu d’une corvée dont les gradés allemands qui commandent me connaissent presque tous, mais ceci est secondaire, et nous ne sommes plus à un obstacle près ! Le 21 décembre, nous nous glissons dans la corvée de vidanges, juste au moment de son départ du camp. D’après mes prévisions, mon absence ne peut être signalée que le lendemain matin à 8 heures, et j’ai chargé mon voisin de lit, afin qu’il ne puisse être inquiété, d’aller lui-même rendre compte de mon absence. Avant de quitter nos baraquements, nous avions pris nos tenues d’évasion et tout ce qui est indispensable pour la route. Le lieutenant Manceron a sa capote d’infanterie sur ses effets civils, et comme coiffure un chapeau de feutre mou. Sous ma tenue militaire, j’ai un costume de mécanicien que j’ai acheté à un prisonnier civil du camp et le tout recouvert de mon manteau de cavalier. Comme coiffure, mon calot dégalonné, ainsi que le manteau. J’emporte mon bidon réglementaire empli d’eau-de-vie obtenue par l’intermédiaire d’un ouvrier allemand, mon porte-cartes où sont cachés des vivres pour la route : 1 boîte de sardines, 1 boîte de foie gras, 1 morceau de pain d’environ 400 grammes et différents objets : la pharmacie, la lampe électrique, du fil, des aiguilles, etc. Dans mes poches, je cache soigneusement la boussole, le livret militaire, la carte arrachée du Baedeker, un couteau, etc. Ainsi équipés, nous arrivons, sans incident, au champ d’épandage, sans avoir l’air de nous connaître ; nous nous écartons un peu, nous nous accroupissons derrière un remblai de terre extraite d’une tranchée, choisissons la seconde où les sentinelles ne regardent pas de notre côté pour nous coucher et, en rampant nous arrivons à gagner sans être vu la tranchée la plus éloignée à une trentaine de mètres. Nous nous précipitons dans le fond, un peu … vaseux et nous nous y tassons le plus possible, car il ne faut que quelques centimètres pour que les sentinelles ne voient nos têtes. Pendant une dizaine de minutes bien longues dans notre situation, nous gardons une immobilité absolue et puis, n’ayant eu aucune visite de sentinelles, nos cœurs battent un peu moins et nous risquons un œil à l’extérieur de la tranchée. Nous ne voyons plus rien autour de nous, la corvée est repartie sans que notre absence n’ait été remarquée ! Voici donc le premier acte de gagné et il n’y a plus qu’à attendre la nuit pour nous mettre en route. Il est 3 heures et jusqu’à 6 heures, nous ne bougeons pas de notre
  • 13. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 12/128 trou et gardons un silence complet, car, pas loin de nous, travaille une corvée et sur une route voisine le va-et-vient des gens, des voitures ne discontinue pas. Nous devions abandonner là la capote et le manteau militaire et faire notre marche habillés en civils, mais, comme la température froide et l’humidité du fond où nous sommes terrés nous font grelotter, nous nous décidons, pleins de confiance après notre premier succès, de conserver ces effets qui nous garantiront du froid quand nous ne marcherons pas. À 6 heures, nous sortons de la tranchée, et cette fois, c’est définitif ; nous commençons la conquête de la liberté. Pour éviter la traversée du village de Niederzwehren, gardé militairement, il nous faut faire un détour en longeant le camp jusqu’à une voie ferrée. Nous avançons prudemment, car nous devons passer entre le camp et les sentinelles placées autour du grillage extérieur, à des emplacements que nous ignorons. En avançant par bonds, nous arrivons à la voie ferrée, gardée par des sentinelles. Nous cherchons un passage et traversons la voie sans alerte. Un peu plus loin, nous attendons un moment pour couper une grande route où la circulation n’arrête pas. Enfin nous nous trouvons dans la campagne, et nous nous dirigeons vers le col qui se rapproche le plus de notre direction N.O. et qui nous mettra de l’autre côté de la chaîne montagneuse qui barre l’horizon. Au premier bois traversé, nous nous armons de deux solides gourdins qui nous servent en même temps de soutien. L’état physique peu brillant où le régime des prisonniers nous a mis est un de nos soucis, mais l’état moral est excellent et il soutiendra nos forces quand celles-ci seront épuisées. Toute notre première nuit, nous marchons à travers bois et nous écartons prudemment des villages. À partir de ce moment, notre boussole jouera son rôle capital pour nous, puisque notre petite carte, à l’échelle 1:2.750.000 ne peut nous servir qu’en y trouvant des points de repère. Nous marchons direction O. et traversons une région très montagneuse où le froid se fait sentir. Notre allure est assez vive, car nous tenons, cette première nuit, à nous éloigner le plus possible de Niederzwehren. Le matin, au petit jour, nous cherchons un refuge dans un bois touffu et nous y restons jusqu’à la tombée de la nuit. Nos étapes sont établies comme suit : 12 à 13 heures de marche, chaque fraction de 60 minutes coupée d’un arrêt de 10 minutes. Nous pensons ainsi abattre 50 kilomètres par nuit. À cause de ceintures de surveillance établies autour des camps de Niederzwehren, Munden, Gottingen, Munsten, à cause des villes à éviter, des ponts à chercher pour passer les rivières, des traversées de voies ferrées en dehors des ponts ou passages à niveau, nous sommes obligés souvent de nous écarter de notre direction initiale O.N.O. et de faire ainsi de nombreux détours qui allongent d’autant plus notre marche. La seconde nuit se passe comme la première sans incident et nous marchons N.O. Nous traversons des montagnes boisées et en l’absence de chemins escaladons comme nous pouvons. Nous trouvons de nombreux ruisseaux qui nous fournissent une eau fraîche que nous buvons en abondance. La température continue à être rigoureuse et le thermomètre doit indiquer plusieurs degrés -0 à en juger par la glace épaisse qu’il nous faut briser pour nous alimenter d’eau.
  • 14. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 13/128 Notre deuxième journée passée comme la première dans un bois, nous commençons à souffrir sérieusement du froid. L’immobilité à laquelle nous sommes astreints pour ne pas éveiller l’attention des bûcherons ou des chasseurs qui nous environnent, le contact du sol glacé nous fait grelotter et claquer des dents presque continuellement et nous ne pouvons pas dormir. Le troisième jour, nos vivres sont épuisés, et nous nous nourrissons de grosses raves déterrées dans un champ. La mastication d’un pareil aliment est très difficile, nous commençons à être fiévreux et l’eau nous manque souvent pour désaltérer nos estomacs qui nous brûlent. Dans les drogues emportées, nous trouvons un excitant nerveux, mais, peut-être que, d’un autre côté, ces drogues finissent par détraquer nos estomacs. Nous décidons d’acheter du pain à la première occasion et le lieutenant Manceron connaissant assez l’allemand pour s’expliquer chez un boulanger se charge de la mission. À l’entrée d’un village, il me laisse sa capote et s’en va à la recherche d’une boulangerie. Il revient peu de temps après, chargé de 2 kg de pain et d’un gâteau qui assureront exclusivement notre nourriture pendant les 5 jours que nous mettrons à ce moment pour atteindre la Hollande. Comme tout s’est bien passé, le lieutenant Manceron veut retourner dans le village chercher du lait, mais cette fois, le coup manque, et nous nous éloignons après avoir mangé le gâteau qui nous paraît exquis. Notre marche se continue pendant deux autres nuits avec la même régularité. Pourtant dans la cinquième nuit, nous avons une légère défaillance morale : pendant près de 6 heures, nous sommes obligés de suivre le cours très sinueux d’une rivière, à la recherche d’un pont et cela nous écarte beaucoup de notre direction. Nous rencontrons bien des barques, mais de solides chaînes les attachent au rivage. Nous pensons traverser cette rivière à la nage, mais le courant violent nous fait craindre une noyade. Les bords de cette rivière sont très escarpés, tantôt boisés, tantôt bordés de prairies séparées les unes des autres par des clôtures que nous avons des difficultés à franchir. Enfin, le pont désiré nous apparaît et nous pouvons reprendre la bonne direction. Nos pieds blessés nous font souffrir, et je dois découper le cuir des chaussures du lieutenant Manceron à l’emplacement des frottements sur des plaies profondes. En arrivant dans le Munsterland, les pâturages sont très nombreux et nous avons, à tout instant des clôtures à passer, nous avons alors de grandes difficultés pour trouver à nous cacher dans la journée et un jour nous sommes obligés de nous abriter sous une cabane où les bestiaux en pâture se couchent et tout près d’un sentier. Des jeunes gens nous y voient, mais la pèlerine de mon manteau, rabattue sur ma tête, les empêche de distinguer, qui nous sommes, et leurs rires nous font penser qu’ils nous ont pris pour des amoureux ! Il nous arrive, en suivant des chemins, de nous trouver subitement dans des cours de grandes fermes et poursuivis par des chiens qui donnent l’éveil aux propriétaires ; nous devons chercher des issues sans revenir sur nos pas. Là, dans les traversées des villes ou villages que nous ne pouvons éviter, la moindre hésitation indiquerait des gens qui ignorent leur chemin et donnerait des doutes aux gens qui nous voient. Chaque fois que nous rencontrons des habitants, le lieutenant Manceron prononce, en allemand, quelques phrases, toujours les mêmes, et moi, j’approuve par des « ia » ou des « schon » énergiques.
  • 15. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 14/128 Les premières rencontres, nous avions trouvé cela drôle, mais, après, cela devient fastidieux quand nous répétons parfois 20 à 30 fois la même histoire dans un même village. La traversée de la ville de Lippstadt nous procure un incident amusant. Au tournant d’une rue, nous nous cognons presque nez à nez contre deux officiers en casque et sabre. Les valises qu’ils portent nous indiquent qu’ils arrivent en permission. Nous ne bronchons pas et nous passons fièrement à côté d’eux en répétant pour la nième fois notre conversation ! Nous avions été dévisagés, mais nullement inquiétés. D’ailleurs, au moindre geste de leur part, nos gourdins placés pour la défensive auraient répondu. Jusqu’à notre dernière nuit, le temps reste froid et nous avons la neige une nuit et une journée. Nous buvons toujours beaucoup d’eau, mais nous n’en trouvons pas toujours comme nous le voudrions. Notre huitième nuit de marche, nous gagnons enfin Borken dernière ville allemande avant la frontière. Le vent souffle avec rage et dans la traversée de la ville nous ne rencontrons pas âme qui vive. À la sortie, nous traversons deux voies ferrées et nous savons, d’après notre carte que la 3e voie que nous avons à rencontrer est la ligne qui conduit en Hollande à Winterswijk, la ville que nous nous sommes fixée comme but de notre voyage. Une rivière se présente et nous ne trouvons aucun pont pour la traverser. Nous la longeons et arrivons ainsi jusqu’à cette dernière voie ferrée dont un pont passe au-dessus d’elle. Nous nous décidons à emprunter ce pont et grimpons à cet effet sur la voie du remblai. À ce moment des hommes sortent d’une cabane, nous crient d’arrêter et nous poursuivent en tirant des coups de feu. Je gagne des broussailles, mon camarade d’évasion en fait autant, mais dans une autre direction et nous sommes séparés. Pendant une heure je fais des recherches pour le retrouver, mais le terrain est très marécageux, coupé de ruisseaux, et je ne réussis pas à le rejoindre. Craignant que l’alerte ne soit donnée à Borken et que des patrouilles ne soient lancées à notre poursuite, je juge prudent de m’éloigner de la voie ferrée. À travers bois et prairies inondées, je me dirige avec précaution dans la direction de la frontière. La tempête de vent est plus violente encore et me couche à terre plusieurs fois, mais, à cette dernière étape, la volonté est tendue plus que jamais vers le but fixé, et, sans arrêt, aussi vite que le vent qui s’engouffre sous mon manteau me le permet, je marche plusieurs heures. Je présume être à proximité de la frontière et je vois devant moi une grande plaine couverte d’eau bordée de bois où les chemins que je rencontre se dirigent tous et où les patrouilles qui gardent la frontière me font craindre de mauvaises surprises. Sans hésitation, j’entre dans l’eau qui n’atteint pas plus haut que les genoux et j’avance ainsi pendant près de deux heures. Puis, je retrouve des bois et sur la lisière d’un chemin j’aperçois des maisons d’un style nouveau qui me font espérer que je suis en Hollande. Une route qui s’en va dans ma direction N.O. se présente à moi ; je la suis, et comme dans le lointain le ciel est éclairé d’une vive lueur, je ne doute pas que cette lueur indique une gare importante, et en accélérant de plus en plus l’allure j’arrive à Winterswijk. Un civil que je rencontre dans une rue me demande si je ne viens pas d’Allemagne, et sur une réponse affirmative me dit que mon compagnon d’évasion vient d’arriver il y a quelques minutes. Je cours à la recherche de mon ami, et à peu de distance de là, je tombe dans ses bras. Nous rencontrons un sous-officier hollandais. Il nous interroge, nous répondons prudemment en français et il découvre ainsi notre identité. Lui-même cause un peu le français et comme il manifeste
  • 16. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 15/128 sa sympathie pour la France, nous lui disons qui nous sommes et d’où nous venons. Il nous félicite chaudement et nous invite à aller au poste de police nous réchauffer et nous restaurer un peu en attendant que les hôtels soient ouverts. De 6 à 8 heures, nous restons au bureau du poste de police où l’on nous offre : café, pain beurré, etc. Puis, nous sommes accompagnés jusqu’au grand hôtel de Winterswijk, ville de 16 000 habitants. Nos mains et nos figures sont en sang et les plaies vives de nos pieds ont besoin d’être lavées. Nous sommes pansés et après un bain dont nous avions grand besoin, nous déjeunons légèrement et nous nous couchons après avoir reçu ; tailleur chemisier, chapelier, etc., car nos effets sont en lambeaux et ignoblement sales et il faut que nous ayons des effets civils pour rentrer en France. Si nous étions considérés comme soldat français, nous ne pourrions échapper à la rigueur de la loi qui nous ferait prisonniers à nouveau. Nous avons eu le soir des visites de notabilités du pays qui disent leur sympathie pour la France. On nous offre une collection de journaux français où nous lisons enfin des nouvelles exactes de la guerre, nouvelles qui confirment l’optimisme que nous n’avions pas une minute abandonné, malgré les lectures de journaux allemands et des conversations faites au camp, maintenant lointain, où tout est fait pour démoraliser les hommes sans volonté. Le lendemain, 30 décembre, nous sommes à Rotterdam où le consul nous délivre un papier pour faciliter, dans la mesure du possible, notre passage en Hollande et en Angleterre. Nous embarquons le soir, et après 30 heures de traversée arrivons à Tibury près de Londres. Nous restons à Londres quelques heures pour attendre un train qui nous amène le 1° janvier à Folkestone. Nouvelle traversée et à midi nous foulons le sol natal …. Le soir à 11 heures, nous arrivons à Paris et cette fois, la partie est bien gagnée ; nous pourrons, dès notre rétablissement, contribuer à la victoire de La Patrie aimée ! Signé : R. PUIG ****
  • 17. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 16/128 La deuxième guerre de René Puig Rentré en France le 1° janvier 1915, René Puig a regagné l’armée. Il n’a pas écrit sur cette période, mais on peut en connaître des détails grâce à différentes sources : Pam - Fiche matricule du département des Yvelines - Liste des brevets militaires - CCC de l'escadrille CAP 115 - LO - MpF - Bailey/Cony - CICR - Dernière mise à jour : 18 octobre 2018. Il en ressort le résumé suivant de l’ensemble de la carrière militaire de René : Ltt Lucien André René Puig – Né le 11 avril 1889 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) - Fils de Jean Puig et de Marie Antoinette Coudert - Domiciliés rue d'Aval Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) - Classe 1909 - Recrutement de Versailles (Yvelines) sous le matricule n° 36 - Appelé pour le service militaire au titre du 9e régiment de cuirassiers, le 1er octobre 1910 - Nommé Brigadier, le 3 février 1911 - Fin de service militaire et passage dans la disponibilité, le 25 septembre 1912. Profession avant-guerre : Industriel - marié et domicilié à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise). Rappelé à l'activité au 9e régiment de cuirassiers par la mobilisation générale, le 5 août 1914 - Nommé Maréchal des logis, le 5 août 1914 - Citation à l'ordre de l'armée, en date du 12 septembre 1914 - Fait prisonnier la Maisonnette, le 24 septembre 1914 - S'évade et rejoint le dépôt du 9e régiment de Cuirassiers Tours, le 16 janvier 1915 - Médaille militaire et citation à l'ordre de l'armée, en date du 5 mars 1915 - Nommé Sous-lieutenant de réserve, le 13 mars 1915 - Nommé Lieutenant de réserve, à titre définitif, le 24 octobre 1916. Passé à l'aéronautique militaire comme observateur, le 12 décembre 1916 - Observateur de l'escadrille F 63 du 12 décembre au 5 février 1917 - Passé comme élève pilote à l'école d'aviation militaire de Chartres, le 26 novembre 1917 - Brevet de pilote militaire n° 10.939 obtenu à l'école d'aviation militaire de Chartres, le 14 janvier 1918 - Stage de perfectionnement à l'école d'aviation militaire d'Avord - Stage de spécialisation à l'école d'aviation militaire du Crotoy, jusqu'au 3 mars 1918 - Stage de tir à l'école de tir aérien de Cazaux du 3 mars au 6 avril 1918 - Parti au centre GDE de Moissy-Cramayel, le 6 avril 1918 - Lâché sur Caproni, le 8 avril 1918 - Pilote de l'escadrille CAP 115 du 14 avril au 15 août 1918 - Chevalier de la Légion d'honneur et citation à l'ordre de l'armée, en date du 27 juillet 1918. Disparu au cours d'une mission de bombardement sur Thionville (Moselle), à bord du CAP 2 Bn 2 n° 122 à moteurs Isotta-Fraschini de 150 HP, dans la nuit du 14 au 15 août 1918 - Il faisait équipage avec le MdL Armand Pélichet (pilote) qui a également perdu la vie - Les deux hommes ont été tués et leur avion s'est écrasé sur le territoire de la commune de Rembercourt-sur-Mad (Meurthe-et-Moselle) - A été initialement inhumé dans le cimetière municipal de Thiaucourt (Meurthe-et-Moselle). ****
  • 18. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 17/128 Annexe 1 : Tombe et citations militaires Photo de la Tombe de René Puig à Villiers-le-Bel (95680 - Val D’Oise) Il figure aussi sur le monument dédié à 14-18 à l’entrée du cimetière * Citation à l'ordre de l'armée du MDL Lucien André René Puig et du soldat Sale au 9e régiment de cuirassiers, en date du 12 septembre 1914 : "Le 30 août, faisant partie d'une patrouille, n'hésite pas à revenir sous le feu de l'ennemi pour relever un camarade blessé qu'ils réussirent à sauver." * Chevalier de la Légion d'Honneur et citation à l'ordre de l'armée du Ltt Lucien André René Puig au 9e régiment de cuirassiers, pilote à l'escadrille CAP 115, en date du 27 juillet 1918 : "Officier d'élite, qui a donné, depuis le début des hostilités, l'exemple du plus beau courage et du plus grand dévouement. Volontaire pour toutes les missions difficiles, énergique et plein d'allant, n'a jamais cessé de se distinguer et de donner à tous l'exemple de sa remarquable valeur. Médaillé militaire pour fait de guerre. Deux citations." À noter qu’un site est dédié à l’escadrille 115 à laquelle René a appartenu et que sa biographie y figure : http://albindenis.free.fr/Site_escadrille/escadrille115.htm
  • 19. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 18/128 Annexe 2 : Extrait du livret militaire
  • 20. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 19/128 Annexe 3 : 9ème Régiment de Cuirassiers Le 9e régiment de cuirassiers est un ancien régiment de cavalerie de l'armée française créé en 1666. Période 1666 – 1946 Pays France Branche Armée de terre Type Régiment de Cuirassiers Rôle Cavalerie Inscriptions sur l’emblème Hohenlinden 1800 Austerlitz 1805 La Moskowa 1812 Fleurus 1815 L'Aisne 1917 Le Matz 1918 Argonne 1918 Anniversaire Fête : le 16 juin (Fleurus, 1815) Guerres Guerre de 1870 Première Guerre mondiale Seconde Guerre mondiale Fourragères Aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1914-1918. Décorations Croix de guerre 1914-1918, deux palmes.
  • 21. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 20/128 Annexe 4 : Images de cuirassiers de la Première Guerre mondiale
  • 22. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 21/128 Annexe 5 : Le camp de Cassel (Kassel) Niederzwehren Site dédié au camp de Cassel : http://lencrierdupoilu.free.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=227:camp-de- cassel&catid=149:etude&Itemid=108
  • 23. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 22/128 Annexe 6 : L’escadrille à laquelle René Puig appartenait (texte extrait du site*) Création de l'escadrille CEP 115 : Constituée à Lyon-Bron, le 7 novembre 1915, l'escadrille n° 115 est équipée de bombardiers bipoutres, Caproni CEP 1 B2, fabriqué sous licence par la société Robert-Esnault-Pelterie. Ces avions sont équipés de 3 moteurs, deux Le Rhône de 80 hp en nacelle d'ailes et un moteur propulsif Canton-Unné P 9 de 130 hp. Elle prend la dénomination de CEP 115 et placée sous les ordres du Cne Benjamin Lefort. Immédiatement rattachée au GB 1, elle fait mouvement pour le terrain du plateau de Malzéville, sur les hauteurs de Nancy, dès le 9 novembre 1915. À partir de ce haut lieu de bombardement français, la CEP 115 réalise de nombreux raids sur Metz, Thionville, Dillingen, Rombach et Algringen à partir de mars 1916. Remplacement des Le Rhône de 80 hp par des 110 hp : À partir de janvier et février 1917, les versions CEP 1 à moteurs Le Rhône de 80 hp sont modifiées et sont équipées de moteurs d'ailes Le Rhône de 110 hp. Cette adaptation va donner un nouveau souffle aux avions qui étaient largement sous-motorisés, mais ce n'est qu'une solution transitoire. Le 14 mai 1917, le Cne Lefort passe son commandement au Ltt Louis Binet. Mise en service des Caproni CA 2 Bn 2 : En août 1917, la CEP 115 est rattachée au GB 2 qui réalisa à cette époque des missions sur Trèves et Ludwigshafen. Les CEP 1 devant être remplacés, l'état-major se tourne vers les Italiens qui fournissent une nouvelle version, le Caproni Ca-3. Cet avion est équipé de 3 moteurs Isotta-Fraschini de 150 hp et prend la dénomination pour l'aéronautique militaire française de CEP 2 B 2. Les premiers exemplaires fabriqués par les Italiens seront mis en service au sein de l'escadrille CAP 130. Escadrille CAP 115 : L'escadrille prend la dénomination de CAP 115 dès octobre 1917, malgré la mise en service des premiers CEPS 2 qui n'arrivera qu'à partir de février 1918, fabrication sous licence par la société REP oblige. Le 4 janvier 1918, la 115 quitte le terrain du plateau de Malzéville, où elle est arrivée le 9 novembre 1915, et installe ses hangars et ses tracteurs à Epiez-lès-Vaucouleurs. Le Cne Henri Balleyguier prend le commandement de la 115, le 18 février 1918. Cet officier assurera l'intégration opérationnelle du CEP 2 Bn 2 avec la mise en service de quatre exemplaires en février et huit supplémentaires en mars. Le 20 février, le GB 2, dont fait partie l'escadrille CAP 115, est intégré à l'escadre de bombardement n° 11. Le 28 mars, la CAP 115 fait mouvement sur le terrain de Villeneuve-les-Vertus où elle restera quatre mois. Le 3 avril 1918, le Cne Jacques de Lesseps prend le commandement de l'escadrille qui va réaliser de nombreuses missions sur l'Allemagne et en particulier sur Ludwigshafen. En mai, elle intervient sur Hirson, Montcornet et Saint-Quentin. Le 8 août 1918, la CAP 115 bouge et revient à Epiez-lès-Vaucouleurs qu'elle connaît bien pour y avoir déjà stationné 3 mois. À partir de ce terrain, 34 tonnes de bombes seront larguées sur les objectifs désignés à l'escadrille. Le 14 août, les seules pertes au combat au sein de la 115, sont à déplorer avec la mort du MdL Armand Pélichet (pilote) et du Ltt René Puig (observateur) dont leur avion, le CAP 2 Bn 2 n° 122, est abattu au cours d'une mission de bombardement sur Thionville. En septembre 1918, l'unité est équipée d'un nouveau bombardier français, le Caudron C 23 équipé de 2 moteurs Salmson CU 9 Z de 260 hp. Le 5 octobre 1918, le Ltt Marcel Griolet remplace le Cne de Lesseps. Les pertes humaines et matérielles : À la fin de la guerre, l'escadrille a réalisé plus de 300 missions de guerre et largué 387 tonnes de bombes. Elle a perdu 2 pilotes au combat, 2 ont été faits prisonniers et 10 ont été victimes d'accident. Ce qui est relativement faible étant donné le grand nombre d'accidents des Caproni CEP 1 et CEP 2 pendant leur période d'utilisation opérationnelle. En effet, la CEP 115 a perdu 32 appareils (CEP 1 Bn2) sur les 51 qu'elle a mis en service et la CAP 115, 6 avions (CEP 2 Bn 2) sur les 22 exemplaires en service. Site* http://albindenis.free.fr/Site_escadrille/escadrille115.htm
  • 24. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 23/128 Annexe 7 : Avril 1918, le CAP 2 Bn 2 n° 114 s’écrase au sol, René Puig est à bord CAP 2 Bn 2 n° 114 baptisé "Cosette", affecté au Sgt Marcel Jaouen, pilote de la CAP 115, aux mains expertes des mécaniciens. Le pilote a tenté un atterrissage en campagne, dans la brume, près de Nogent- sur-Seine, le 21 avril 1918. L'avion s’est écrasé au sol, en perte de vitesse et a été détruit. L'équipage composé de trois hommes, du Sgt Jaouën (pilote), du Ltt Puig (obs) et du Cal Blain mécanicien / mitrailleur, est sauf. CAP 2 Bn 2 baptisé "Cosette" n° 114 affecté au Sgt Marcel Jaouën. Le Sgt Marcel Jaouen, pilote de la CAP 115 pose devant le CAP 2 Bn 2 n° 114 baptisé "Cosette" qui lui a été affecté. Sgt Marcel Jacouën - né le 19 avril 1888 à Dinan (Ile-et-Vilaine) - fils d'Auguste Jaouën et de Berthe Marcadé. Domicilié 60, rue Amiral Roussin dans le 15e arrondissement de Paris (75). Profession avant-guerre : Constructeur d'avions. Engagé comme mécanicien au 2e groupe d'aviation de Saint-Cyr, le 26 août 1914. Brevet de pilote militaire n° 1399 obtenu à l'école d'aviation militaire de Chartres, le 20 août 1915. Stage de perfectionnement au bombardement à l'école d'aviation militaire d’Ambérieu, Lyon-Bron. Une citation à l'ordre de l'aéronautique en date du 11 novembre 1916. Croix de Guerre. Pilote de l'escadrille CEP 115 du 8 mars 1917 au 21 mai 1918. Évacué sur l'hôpital, le 21 mai 1918.
  • 25. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 24/128 Annexe 8 : Caractéristiques du bombardier lourd Caproni Le Caproni Ca.3 était un bombardier lourd italien de la Première Guerre mondiale (dénomination pour l'aéronautique militaire française de CEP 2 B 2). Il fut développé par l'italien Giovanni Battista Caproni qui commença dès 1913 à construire des avions géants. Durant la Première Guerre mondiale, il a construit un grand nombre de bombardiers du type Ca.1 à Ca.5. Le Caproni Ca.3 avait trois moteurs refroidis par eau Isotta Fraschini V.4B de 150 chevaux chacun et volait avec quatre membres d'équipage. Il possédait deux mitrailleuses calibre 6,5 mm pour la défense contre les chasseurs. Cet avion pouvait encore voler sans problème avec deux moteurs seulement. L'armée de l'air italienne utilisait cet appareil essentiellement pour bombarder des objectifs en Autriche-Hongrie, mais il fut également utilisé en France et en Libye. Les armées de l'air françaises (escadrilles CEP 115 et CEP 130) et américaines utilisèrent également des bombardiers Caproni, ainsi que l'armée de l'air britannique. Après la guerre, les bombardiers Caproni volèrent encore jusqu'en 1929 en Italie et aux États-Unis. Rôle 1° vol Mise en service Retrait Bombardier 1916 1916 1929 Équipage 4 (2 pilotes, 1 mitrailleur avant, 1 mitrailleur arrière) Motorisation Moteur Isotta-Fraschini V.4B Nombre 3 Type 6 cylindres en ligne refroidis par eau Puissance unitaire 150 ch (110,3 kW) Dimensions Envergure 22,74 m Longueur 11,05 m Hauteur 3,70 m Surface alaire 95,6 m2 Masses À vide 2 300 kg Maximale 3 800 kg Performances Vitesse maximale 137 km/h Plafond 4 500 m Vitesse ascensionnelle 126 m/min Rayon d'action 599 km Armement Interne 800 kg de bombes max. Externe 2 mitrailleuses cal. 6,5 mm
  • 26. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 25/128 Annexe 9 : Photos d’un bombardier Caproni Avant Arrière
  • 27. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 26/128 Annexe 10 : Aérodrome de Vaucouleurs d’où René est parti pour bombarder Thionville Aérodrome de Vaucouleurs Tombé à Rembercourt sur Mad à l’aller ou au retour de Thionville ?
  • 28. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 27/128 Annexe 11 : Photos de René Puig mort et de son avion écrasé à terre à Rembercourt sur Mad René Son avion
  • 29. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 28/128 Annexe 12 : Généalogie René & Marguerite Puig Texte plus complet sur la généalogie des familles Puig et Thoraval https://www.decideo.fr/bruley/docs/Famille%20Thoraval.pdf
  • 30. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 29/128 Georges Anselmi 1914 - 1919 Campagnes de France et d’Orient Médaille Militaire Version actualisée de février 2020
  • 31. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 30/128 Préface En 2015 quand j’ai compilé des textes, des photos de famille concernant les guerres, je n’avais pour mon grand-père maternel Georges Anselmi et sa participation à la guerre de 1914 - 1918 que très peu d’éléments : • une quarantaine de photos (dont 7 avec une date et 6 avec une date et un lieu), • le nom du régiment auquel il appartenait le 19e R.A.C. (Régiment d’Artillerie de Campagne), • sa citation à l’ordre de l’armée, trouvée sur internet via le Bulletin des Armées, • sa médaille militaire qui était avec les photos. Dans ces conditions, j’avais pu établir qu’il avait d’abord été amené à aller sur, ou à proximité de certains grands théâtres de la guerre : la Marne en 1914, la Champagne en 1915, le Chemin des Dames 1916 et finalement Salonique en 1917, et que le régiment auquel il appartenait, le 19e , avait des inscriptions sur son emblème pour Verdun en 1916 et Monastir (Grèce) en 1917. Fin 2018, j’ai trouvé sur internet un document d’une quarantaine de pages qui fait l’historique du 19e Régiment d’Artillerie (http://tableaudhonneur.free.fr/19eRAC.pdf) avec comme caractéristique d’être la transcription intégrale d’éléments du Musée de l’Artillerie. J’ai accédé à ce texte via une recherche sur internet, car il cite le nom de Georges Anselmi dans le tableau des décorations et citations obtenues au titre du 19e R.A.C. Ce texte est parfois très détaillé, j’en ai fait un résumé de cinq pages qui ne conservent pas certains détails concernant les différents groupes pas toujours engagés de la même façon. Je ne sais pas à quel groupe appartenait mon grand-père, même si le bulletin des armées que j’ai trouvé le signal comme « adjudant-chef (réserve) au 19e régiment d’artillerie, 1° groupe », car cela ne veut pas forcément dire qu’il a fait la guerre dans ce groupe, le 3e groupe ayant été dissous en 1919 et ses éléments étant venus complétés le 1° et le 2e groupe. De plus une photo de lui à Vatiluk datée de juillet 1917, ou à Balitza (10/07/17) tendrait à montrer qu’il n’était pas du 1° groupe, car ce dernier en juillet est de l’opération sur Athènes. Dans le texte qui suit, j’ai donc regroupé : • une présentation synthétique de ce qu’est un régiment d’artillerie de campagne en 1914, • une présentation du canon de 75 qui est l’arme principale de ce type de régiments d’artillerie, • le résumé de l’historique du 19e régiment d’août 1914 à août 1919, • les photos dans l’ordre des dates et les non datées à la suite, • des éléments sur la guerre de 14 en France et en Orient, avec des plans et quelques photos, • un aperçu de la généalogie des Anselmi. Bonne lecture, Michel Bruley
  • 32. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 31/128 1° - Composition type d’un régiment d’artillerie et son rattachement à un corps d’armée. L'artillerie de campagne, en 1914, était entièrement hippomobile (tout comme le train des équipages et naturellement la cavalerie). Les attelages étaient de deux types : • voiture-canon, avec un avant-train et un canon, • voiture-caisson, avec un avant-train et un arrière-train de caisson. Ces voitures étaient tirées par six chevaux. Quatre auraient pu suffire sur route carrossable, mais six sont nécessaires sur les chemins difficiles ou accidentés. La composition théorique d'un régiment d’artillerie de campagne (RAC), en août 1914, comporte 3 groupes de 3 batteries d’artillerie. Le régiment est commandé par un colonel. La batterie est commandée par un capitaine de l'armée d'active. Sur le pied de guerre, le personnel de la batterie est réparti en 9 pelotons de pièce. Chaque pièce est commandée par un maréchal des logis, assisté d’un ou de deux brigadiers : • les quatre premières pièces attellent chacune un canon de 75, et chacune emporte dans ses coffres un total de 120 coups (72 dans le caisson, 24 dans chaque avant-train), • la 5° pièce attelle 2 caissons, les 6° & 7° pièces attellent 3 caissons. Les 8 caissons emportent un total de 768 coups (8*72 + 8*24), soit 192 coups supplémentaires par canon de 75. La dotation initiale de la batterie est donc de 1248 coups de 75, soit 312 par pièce, • la 8° pièce attelle la forge et le chariot de batterie, • la 9° pièce attelle le train régimentaire qui comprend le chariot-fourragère et 3 fourgons à vivres. Les 5 premières pièces constituent la batterie de tir, qui est placée sous les ordres du lieutenant de l'armée d'active. Les 6°, 7° et 8° pièces constituent l'échelon, qui est placé sous les ordres du lieutenant de réserve. La 9° pièce constitue une partie du train régimentaire. Lorsque cette 9° pièce est réunie à la batterie, elle placée sous les ordres du lieutenant de réserve. Au combat, les quatre pièces de tir et la cinquième de ravitaillement en munitions se déploient sur la position de tir. Les deux autres pièces de ravitaillement en munitions se placent, elles, à quatre ou cinq cents mètres en arrière, dans une position abritée, pour constituer l'échelon de combat, avec la huitième pièce. La neuvième pièce est généralement affectée au train régimentaire, pour dégager les chefs de batterie des tâches d'intendance. Chaque division d'infanterie comporte 1 régiment d’artillerie de campagne (RAC) à 3 groupes d'artillerie de campagne, soit 9 batteries, soit 36 canons. Chaque corps d'armée possède sa propre artillerie composée d’un régiment d’artillerie à 4 groupes, soit 12 batteries, soit 48 canons. On l’appelle l’artillerie de corps. Un corps d'armée à deux divisions d'infanterie aligne donc 30 batteries, soit 120 canons de 75.
  • 33. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 32/128 Voiture-canon : avec un avant-train et un canon Un canon en position de Tir avec un caisson de 72 obus
  • 34. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 33/128 2° - Le canon de 75 Le canon de 75 mm modèle 1897 est une pièce d'artillerie de campagne de l'armée française. D'une conception révolutionnaire pour son époque, il regroupe, en effet, tous les derniers perfectionnements intervenus dans l'artillerie à la fin du XIXe siècle et en éliminant les dépointages lors des tirs, rendait enfin possible un vieux rêve des artilleurs, le tir rapide. Devenu un emblème de la puissance militaire française, il fait l'objet d'un culte de la part des militaires et patriotes français, qui voient en lui une solution miracle à tout problème. Cet enthousiasme conduira à négliger entre autres la modernisation de l'artillerie lourde, erreur qui sera durement payée lors de la Première Guerre mondiale. En effet, le 75 est le meilleur canon de campagne de son époque et s’est avéré très efficace dans la guerre de mouvement et notamment dans la première bataille de la Marne, mais il est beaucoup moins à l'aise et utile dans une guerre de position, où l'on a besoin d'artillerie lourde, pour atteindre les troupes retranchées. Il se distinguera néanmoins, en grande partie, grâce à ses servants qui paieront un lourd tribut. Encore en service en grand nombre dans l'armée française de 1940, il se montra cette fois-ci dépassé dans la guerre de mouvement, car on avait tardé à le rendre apte à la traction automobile, désormais nécessaire. Il connaîtra toutefois, une seconde jeunesse comme pièce antichar, lors de la bataille de France et aux mains de la Wehrmacht et des Forces françaises libres. Canon de 75 mm modèle 1897 Exposé au musée de l’Armée (Invalides) Présentation Pays France Type Canon d’artillerie de campagne Poids et dimensions Masse (non chargé) 1 140 kg Masse (chargé) 1 970 kg Longueur du canon 2 475 mm Caractéristiques techniques Architecture configuration mécanique de l'arme Portée maximale 8 500 m Portée pratique 6 500 m (tir fusant) Cadence de tir 20 coups par minute (max 28)
  • 35. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 34/128 3° - Résumé de l’histoire du 19e Régiment d’Artillerie (A.D.30) 31 - Campagne de France du 19e Mobilisation générale dimanche : 2 août 1914 Les 3 groupes du 19e R.A.C. se constituent aux environs de Nîmes (30189 Gard). Concentration du 19e : 5 au 7 août 1914 Concentration autour d’Haroué (54740 Meurthe-et-Moselle) en soutien à la 30e D.I. du XVe corps d’armée (C.A.) qui avec le XVIe et le XXe C.A. constituent la 2e Armée. Le 19e est sous les ordres du colonel Falque et comprend 53 officiers, 1610 hommes de troupe et 1576 chevaux. Prise du village de Lagarde : 8 au 11 août 1914 Le village de Lagarde (Lorraine annexée – 57810 Moselle) est pris le 8 août, mais le 11 deux batteries sont prises par l’ennemi lors d’une attaque, cependant le village est repris quelques jours après. Offensive en Lorraine : 19 août – 3 septembre 1914 L’offensive se déroule en partie en Lorraine française et en Lorraine annexée : • 19 août, début des combats de Dieuze (57260 Moselle), ordre de repli le 21, une position défensive est prise sur la rive gauche de la Meurthe le 23. • 24 août, début des combats de Lunéville (54300 Meurthe-et-Moselle), l’ennemi attaque, le 25 la 30e passe à l’offensive, le 26 le mouvement en avant continu, le 28 l’attaque sur Lunéville se poursuit, finalement le 30 août s’organise une ligne sur les positions occupées. • 3 septembre, la 30e D.I. reçoit l’ordre de se porter vers l’ouest par une marche de nuit. Après une série d’étapes (116 km à parcourir) arrive dans la région de Bar-le-Duc (55000 Meuse). Bataille de la Marne : 8 au 25 septembre 1914 Le 8 septembre, le XVe C.A. passe à la 3e Armée et participe à la bataille de la Marne engagée depuis le 6. • 5 au 12 septembre, bataille de Revigny sur Ornain (55800 Meuse) près de Bar-le-Duc, • 13 au 25 septembre poursuite, pour finalement cantonner à Brocourt (55120 Meuse) en arrière de Verdun. Guerre de position dans la Marne : octobre 1914 - mai 1916 • La 30° D.I. organise la position sur 9km, sur la ligne Aubreville-Dombasle (55120 Meuse) avec des positions pour les batteries. • Attaque du 29 octobre, toute l’artillerie prend part à cette attaque, le colonel Falque est blessé, à la fin de la journée l’infanterie a progressé légèrement. • À partir du 30 octobre, on organise des tours de services sur les positions de façon à laisser au repos une partie du personnel. • Attaque du 20 au 24 décembre, l’infanterie ayant progressée, reprise des tours de service le 25. (voir photo n° 1 du 31/12/14 – Blercourt – 12km de Verdun) • Attaque du 17 au 21 février 1915 et progression au nord du bois en Hache. • Courant mars, en réponse aux lances mines allemands, des équipes de bombardiers, équipées de mortiers, sont constituées
  • 36. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 35/128 • Les 8 et 9 mai, l’A.D.30 est relevée de sa position par l’A.D.48. Le régiment quitte le front qu’il tenait où il avait pris sur l’artillerie allemande un ascendant incontesté. L’ennemi n’a pas gagné un pouce de terrain, alors que les Français n’ont cessé de progresser lentement vers lui, le forçant à doubler ses travaux et ses défenses par crainte d’être percé. • À partir de ce moment (2e semaine de mai 1915) va commencer le régime des permissions. (voir photo n° 2 du 16/05/15 – Vernancourt – 40 km de Châlons-en-Champagne) • L’A.D.30, désignée pour relever en Argonne l’A.D.9, va finalement reprendre des anciennes positions du Mort Homme (Meuse) qu’elle tenait en novembre. Ce secteur est maintenant assez calme pour l’artillerie. • Le 29 mai tous les éléments de l’A.D. vont rejoindre le Secteur Ville-sur-Tourbe (51800 Marne) à ~40km. • 7 au 10 juin, l’ennemi avec une pièce longue portée bombarde Dommartin-sous-Hans (51800 Marne), des hommes du 40e R.I. sont tués ou blessés ainsi que de nombreux chevaux. • (voir photo n° 3 de juillet 1915 – Orbéval – 35 km de Châlons-en-Champagne) • Appui de l’attaque du 14 juillet, il s’agit de contrebattre les batteries allemandes qui bombardent les tranchées de 1°et 2e ligne. L’infanterie subit de nombreuses pertes. • 14 août, l’A.D.30 est relevé et s’embarque dans la région de Sainte-Menehould (51800 Marne) pour débarquer à 80km de là à Épernay (51200 Marne), où le 19 août elle devient une division indépendante et passe à la Vème armée. • Installée dans la plaine, dominée par certaines hauteurs, n’ayant comme masque qu’un rideau d’arbres, la division est dans une situation précaire. • La division quitte sa position pour participer à l’attaque de la Vème armée le 21 septembre. • Le 1° octobre, la 30e D.I. reçoit une nouvelle destination et toutes les batteries se regroupent à 40km à Dampierre-au-Temple (51400 Marne), pour faire partie de la IVe armée. • Du 5 octobre à 20h au 6 à 17h, l’A.D. 30 est mise en position de rassemblement à Souain (51600 Marne), mais n’est finalement pas engagée. • Le 9 octobre après avoir le relevé l’A.D.12 au nord de la route Souain-Tahure, l’A.D. 30 tire pour la première fois des obus spéciaux au phosphore, mais un vent malencontreux chasse les vapeurs sur les tranchées françaises. (voir photo n° 4 du 25 octobre 1915 - campement) • Dans la nuit du 29 au 30 octobre, l’A.D.30 effectue une relève de position rendue difficile par une attaque allemande précédée d’un bombardement d’obus spéciaux. • Après plusieurs étapes l’A.D.30 se trouve dans la région de Reims (51100) où sous prétexte de riposte d’artillerie, les Allemands bombardent la ville de Reims. • En novembre, le secteur est très calme, cependant quelques batteries courant décembre se trouvent en butte à des tirs d’artillerie lourde ennemie (150mm) et subissent des pertes assez graves. • Le 19 janvier 1916, la 9e batterie est soumise à un tir de concentration de nombreuses batteries allemandes de tous calibres, les casemates bien qu’endommagées résistent et finalement il n’y a qu’une seule victime. • De nombreux bombardements de Reims marquent seuls les premiers mois de 1916. • Le 21 mars l’infanterie va dans le secteur de Taissy (51500 Marne), mais l’A.D. 30 reste à sa place. • Le 2 avril, environ 800 obus de tous calibres sont lancés par l’ennemi sur la ville et les batteries qui font quelques blessés à l’A.D.30 qui le 9 avril est renforcé par 3 groupes de l’A.D.67. • Le 20 avril, quelques batteries se portent à 30km au bois de Genicourt (51220 Marne). Le 25 elles font des tirs pour préparer l’attaque du bois francoboche à 16h 30, pendant la nuit elles font des tirs de barrage pour permettre à l’infanterie de s’organiser sur le terrain conquis, mais sont fortement contrebattues par du 105 et du 150, un canon de la 3e batterie est démoli et quelques hommes sont blessés. • Le 22 avril, les 2/3 des batteries vont s’installer dans le secteur de Taissy-Sillery (51500 Marne) où se trouve la 30e D.I. Le 4 mai les autres batteries les rejoignent.
  • 37. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 36/128 • Après une préparation d’artillerie pour détruire les fils de fer ennemis sur un certain nombre de points de la tranchée-objectif, deux coups de main sont effectués dans la nuit du 5 au 6 mai à 2h et 2h 30 par le 58e R.I. et le 40e R.I. dans le but de ramener des prisonniers. Résultat : un prisonnier et des papiers saisis sur des morts. • Dans les nuits du 6 au 8 juin l’A.D.30 est relevé, et se rassemble à 35km aux environs de Châtillon -sur-Marne (51700 Marne) où elle reste jusqu’à son départ par voie ferrée pour Revigny (55800 Meuse) près de Verdun dans une région où de grandes batailles ont depuis lors dernier séjour profondément changé l’aspect du terrain : plus de bois, plus de végétation, là où il y avait un village il n’y a plus qu’une tache blanchâtre. Bataille de Verdun : 15 juin - 15 décembre 1916 • Le 23 juin attaque allemande appuyée d’un bombardement inouï d’obus de gros calibre. L’infanterie allemande occupe le village de Fleury devant Douaumont (55100 Meuse – qui n’a pas été reconstruit après-guerre), malgré la contre-attaque l’ennemi s’empare de l’ouvrage de Thiaumont (55100 Meuse). L’A.D. 30 a surtout effectué des tirs de harcèlement sur les points de rassemblement de l’ennemi. • Du 24 au 1° juillet, attaques et contre-attaques pour la possession de l’ouvrage de Thiaumont, le 1° à 11h l’ouvrage est aux mains des Français, et à partir de ce moment les attaques et contre- attaques ne modifieront le front que de quelques centaines de mètres. • Le 9 juillet, un déserteur allemand annonce une attaque sur le secteur de la 30° DI, une contre- préparation offensive est exécutée et fait avorter cette attaque. • Du 29 juillet au 2 août, attaque et prise de la tranchée Bismarck (longue 500m). L’AD.30 chargée de la préparation, est renforcée d’une section de mortier de 220, un groupe de 155 longs, un groupe de 120 longs et un groupe de 155 C.S. tandis que certains font et entretiennent des brèches dans les fils de fer de la tranchée, l’artillerie lourde détruit les observatoires, abris à mitrailleuses et lanceurs de mines. Le 2 août à 13h, les destructions étant jugées suffisantes, l’infanterie est lancée à l’assaut, protégée par un tir d’engagement qui rend impossible l’arrivée de renforts ennemis. À 13h 20 la tranchée complètement nettoyée est organisée par l’infanterie qui a fait une soixantaine de prisonniers. • Le 19 août l’A.D.30 est relevé et transporté par chemin de fer dans un secteur de la Vème armée à Vailly-Soissons (02370 Aisne) où elle séjourne. En 2 mois près de Thiaumont, l’A.D.30 a tiré 200 000 fois, usé 95 tubes de 75, eu 191 personnes hors de combat. • Le 14 septembre, l’A.D.30 se déplace de 20km et les différentes batteries s’installent à Paissy, Jumigny, Geny, Blanc-Sablon (02160 Aisne). Dans ce secteur relativement calme, les batteries en plus de leur mission normale de barrages et de représailles, préparent des emplacements pour les futures batteries de renforcement, en vue de l’attaque française sur le chemin des dames (printemps 1917). • Voir photos : n° 5 du 26/09/16 – Cuiry-lès-Chaudarles – 4 km du Chemin des Dames, n° 6 du 29/09/16 – chargement de canon sur un train, n° 7 du 2/10/16 – réunion d’information (?). • La 30e D.I. est relevé le 15 décembre 1916 et est désignée pour l’armée d’Orient. 32 - Le 19e avec l’Armée d’Orient : 15 décembre 1916 - 28 août 1919 Transfert, réorganisation : 15 décembre 1916 - janvier 1917 • Les unités sont transportées par voies ferrées et débarquées à Toulouse où la D.I. doit se réorganiser avant son embarquement pour Salonique (aujourd’hui Thessalonique – Grèce). L’A.D.30 est formée des trois groupes du 19.R.A.C, d’un groupe du 2e R.A.M (le 2e régiment d’artillerie de marine était une unité de l'armée de terre française de l’artillerie de marine), d’une
  • 38. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 37/128 batterie de tranchée (ayant des mortiers permettant des tirs très courbes) et du P.A.D. 30 composé de quatre S.M. (?) • Le 21 janvier 1917, les unités commencent à quitter Toulouse à destination soit de Marseille, soit de Toulon, d’où elles sont transportées sans encombre par mer du 30 janvier au 12 février à Salonique, avec une escale à Malte ou à Milos. Opérations : février 1917 - début septembre 1918 • Les troupes bivouaquent à Zeitenlick (5 km au N.E. de Salonique) puis se placent en réserve d’Armée à Topcin. La région est très accidentée, les routes rares et en mauvais état, pas de carte, il faut reconnaître tous les itinéraires, le climat rude (été +50° à l’ombre, hiver -20°), enfin le paludisme fait rage. • Opération contre les Comitadji, des naturels du pays, qui assassinent des soldats isolés. Une opération est entreprise contre eux, quelques personnes sont fusillées, le calme revient. • Opération de la 2e brigade du 19e , mise à disposition de l’Armée d’Orient, pour les combats du 9 avril au 2 juin dans la région de Monastir. • Opération dans la région de Monastir de la 106e batterie, du 5 au 11 mai, rattachée à cette occasion à la 2e brigade russe. • Concentration de la 30e D.I. en arrière du front en mai, dans la région de Krussograd-Zinovia, après un trajet en six étapes. L’attaque des alliés ayant échoué, elle n’est pas engagée. Le 22 mai elle se porte à Kateríni (60100 Grèce). • Le roi de Grèce ne se conformant pas aux conventions passées avec les alliés et favorisant l’agitation des Comitadji, une opération sur Athènes est décidée pour une partie de l’A.D., avec occupation de Corinthe, du Pirée, de la Thessalie, de Larissa. Embarquement le 8 juin à Salonique, débarquement le 11 à Isthimia, ils gagnent les environs d’Athènes, du Pirée … Bien que pas un seul coup de canon n’ait été tiré pendant cette démonstration de force, le personnel et les animaux ont beaucoup souffert tant du ravitaillement défectueux que de la chaleur. L’autre partie de l’A.D. a pendant ce temps bivouaqué à Vatiluk (voir photo n° 8 - Georges à Vatiluk en juillet 1917 et photo n° 9 - Balitza le 10/07/17) • Le 18 juillet, le groupe 3 du 19e RAC est détaché auprès du corps expéditionnaire italien qu’il supportera, et avec qui il participera à la rupture du front bulgare en septembre 1918. • Le reste de l’A.D.30 supporte la 30e D.I. dans le secteur de Monastir-Ouest, les batteries sont placées à des altitudes de 500 à 2000m avec de très mauvaises pistes d’accès, à flanc de coteaux sur des pentes très raides. • 2 septembre, coup de main sur le saillant de Kiel, pendant la préparation d’artillerie, une préparation de diversion est exécutée sur Posen pour laisser les Bulgares dans l’incertitude du point d’attaque. Les batteries sont contrebattues avec violence par l’artillerie adverse. Attaques et contre-attaques d’infanterie de part et d’autre avec l’appui des artilleries respectives. Résultat : les Français font 30 prisonniers, dont 1 officier. • 19 au 20 octobre, coup de main de l’infanterie sur la tranchée ennemie T.10. Le 20 cette tranchée est trouvée évacuée, les fantassins ne rapportent que trois fusils. • Jusqu’à la fin octobre, le secteur est agité, des barrages sont demandés par les Français ou déclenchés par l’ennemi sans raison sérieuse. • De janvier à début septembre 1918, le secteur de l’A.D.30 est assez calme, le front ne subit aucune modification. Quelques coups de main rapportent des prisonniers, ce qui permet d’identifier les troupes qui sont en face. L’ennemi répondant à l‘artillerie française par des tirs sur les batteries ou les villages à proximité où ils supposent des troupes ou des États-Majors.
  • 39. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 38/128 Rupture du front et poursuite de l’armée bulgare : 14 septembre - 30 septembre 1918 • Le 14 septembre commence sur tout le front une grande démonstration d’artillerie qui a pour but de fixer l’ennemi et de faciliter l’attaque de l’Armée serbe. L’A.D.30 exécute de jour des tirs de destruction sur réseaux, abris, boyaux, mitrailleuses, de nuit des tirs de harcèlement et de maintien des brèches. Cette activité dure jusqu’au 21, date à laquelle l’attaque des Serbes à pleinement réussi et le front se trouve complètement désarticulé. • Le 24 la poursuite de l’armée bulgare commence à une vitesse moyenne de 20km par jour, l’ennemi se dérobe, le contact est finalement repris à Trebiniste le 29 septembre (à ~80km plus au nord). • Le 30 septembre au matin les batteries se préparent à reprendre l’action, lorsqu’à 8h un coup de téléphone vient annoncer que les opérations doivent être suspendues à 12h l’armistice est signé entre les alliés et la Bulgarie. • L’A.D.30 séjourne jusqu’au 20 octobre dans la région de Prilep, pour se remettre de la poursuite et des cols passés (Prevalec 912m, Gigavat 1161m, Opinca 1300m) par une chaleur terrible provoquant beaucoup d’évacuations pour grippe ou paludisme et de pertes de chevaux. Poursuite de l’armée Makensen : 20 octobre – 29 novembre 1918 • Le 20 octobre, la 30e D.I. reçoit l’ordre de se porter sur le Danube, afin de libérer la Roumanie de l’armée Makensen. • Les étapes à travers des pays très accidentés, sans ressources en vivres et en fourrages, sur de très mauvaises routes, sont très pénibles. Le passage du col de Deve-Bair (1900m) le 5 octobre par une violente tempête de neige, coûte à l’artillerie 80 chevaux morts d’épuisement. • Le 9 novembre la 30e D.I. occupe Nikopoli, Sistov, Rouchtchouk, et le 10 reçoit l’ordre de passer le Danube de vive force, elle traverse, sous la protection de l’artillerie, le 11 sur des embarcations de fortune réquisitionnées. Les Allemands fuient en train, l’artillerie ne les bombarde pas pour éviter des pertes civiles, ce dont les Roumains de Valachie seront reconnaissants. • La 30e D.I. continue sa marche à travers la Roumanie, faute de chevaux, le matériel est en partie attelé à des bœufs. La 30e traverse la plaine sans fin de la Valachie et le 29 novembre arrive à Bucarest après avoir fait près de 900 km dans des régions ruinées par l’ennemi, souvent hostiles, comme en Bulgarie, sur des routes toujours mauvaises et avec la température inclémente de la saison. L’A.D.30 a perdu 50% de ses chevaux. • Le 1° décembre réception du roi de Roumanie, la 30e D.I. fait la haie et défile devant le souverain à Bucarest, la population acclame et est enthousiaste. • Les troupes sont cantonnées au repos dans des casernes roumaines. 1919 – Réorganisation et opération dans la région d’Odessa : janvier 1919 – 28 août 1919 L’A.D.30 est réorganisée, des rapatriements sont effectués. Il semblerait que Georges Anselmi a fait partie de ses rapatriés, en tout cas il était en France au plus tard à la mi-avril 1917. • En février l’A.D.30 est mobilisée, des unités partent pour Bendery, Constantsa, Kichinev et Odessa où tout le monde sera finalement regroupé. • Les troupes sont en position dans la région de Bôuyalik au nord d’Odessa le 23 mars, et au contact de l’armée bolchevique de Gregorieff le 6 avril. • Le 9 avril les unités commencent à passer le Dniester à Mayaky. • Problèmes avec les mauvaises routes, et le manque de ravitaillement. • Le 4 mai toutes les unités sont mobilisées avec l’infanterie pour empêcher l’armée bolchevique de passer le Dniester.
  • 40. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 39/128 • L’A.D.30 opère avec des forces russes et grecques dans la région Odessa – Bendery jusque dans la première quinzaine de juin, puis reçoit l’ordre de quitter les environs de Bendery. • Quelques unités sont transférées par chemin de fer jusqu’à Reni (frontière russo-roumaine), d’autres regagnent Reni par étapes. L’A.D.30 est dirigée par des voies ferrées sur Sofia puis Kostinbrode. • Après une série de marche, l’A.D.30 se transporte à Bojourichte où elle arrive le 12 août. • La dissolution de l’A.D.30 a lieu le 28 août au moment où elle fusionne avec l’A.D.156. 33 - Bilan du 19e R.A.C. : 2 août 1914 – 28 août 1919 Au terme de cinq années de guerre, le bilan pour le 19e R.A.C. est : Pertes Officiers Sous-officiers Brigadiers et Canonniers Total Tués 13 25 131 169 Blessés ou intoxiqués 23 17 334 374 Total 36 42 465 543 Ne sont pas compris dans ce tableau, les blessés ou intoxiqués légèrement et les paludéens, ni le personnel des groupes de renforcement. Citation & 19e régiment d’artillerie Georges Anselmi a été décoré de la Médaille militaire pour son engagement dans le 19e R.A.C. De plus j’ai trouvé via le Bulletin des Armées, sa citation à l'ordre de l'armée, Georges-Joseph-César ANSELMI, excellent sous-officier ; 13 ans d'excellents services ; adjudant-chef (réserve) au 19e régiment d'artillerie, 1er groupe. 19e Régiment d'Artillerie Pays France Branche Armée de Terre Type Régiment d'Artillerie Rôle Artillerie Garnison Draguignan Devise Irréprochables et joyeux Inscriptions sur l’emblème Sébastopol 1854-55 Solférino 1859 Verdun 1916 Monastir 1917 Photo de Georges Anselmi en réserviste
  • 41. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 40/128 Guerres Guerre de Crimée Campagne d'Italie Première Guerre mondiale Batailles Bataille de Sébastopol Bataille de Verdun 4 - Photos de Georges Anselmi pendant la guerre en France et en Orient Les photos concernent essentiellement des moments de détente ou au campement à l’exception d’une photo de transport ferroviaire. N°1 - 31 décembre 1914 - Blercourt dans la Meuse (55120 - 12 km de Verdun) Georges Anselmi est au centre N°2 - 16 mai 1915 – Vernancourt dans la Marne (51330 – 40 km de Châlons-en-Champagne)
  • 42. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 41/128 N°3 - juillet 1915 – Orbéval dans la Marne (51800- 35 Km de chalon en Champagne)
  • 43. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 42/128 N° 4 – 25 et 26 octobre 1915 - Campement N°5 - 26 septembre 1916 - Cuiry-lès-Chaudardes dans l’Aisne (02160 – 4 km du chemin des Dames)
  • 44. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 43/128 N° 6 – 29 septembre 1916 - Transport ferrovière N° 7 – 2 octobre 1916 - Georges est au premier plan, avec une canne à la main
  • 45. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 44/128 Photos en Orient N° 8 - juillet 1917 – Vatiluk en Grèce (aujourd’hui Vathylakkos 50100) à ~30 km de Salonique N° 9 - 10 juillet 1917 – Banitsa ~100/115 km de Vatiluk, à 20km au nord de SERRES en Macédoine Centrale
  • 46. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 45/128 Une série de photos non datées, difficile à situer En orient ?
  • 47. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 46/128 5 – Éléments sur la guerre mondiale 1914 – 1918 Si la cause immédiate de la Première Guerre mondiale est l'assassinat, à Sarajevo, de l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie, et de son épouse, le 28 juin 1914, cet événement ne fait que pousser au paroxysme des tensions issues de contentieux antérieurs (rivalités stratégiques, politiques, économiques et coloniales). Les déclarations de guerre : • 28 juillet : Autriche-Hongrie à la Serbie, • 1er août : Allemagne à la Russie, • 3 août : Allemagne à la France, • 4 août : Royaume-Uni à l'Allemagne, • 6 août : Autriche-Hongrie à la Russie, • 11 août : France à l’Autriche-Hongrie, • 13 août : Royaume-Uni à l'Autriche-Hongrie, • 23 août : Japon à l'Allemagne, • 3 novembre : France et Royaume-Uni à l'Empire ottoman. Principales phases de 1914 à 1917
  • 48. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 47/128 La guerre de mouvement en France en 1914 Vue générale d’août à début septembre Le 19e RAC va servir dans la IIe armée du 5 août au 3 septembre 1914, la IIIe du 8 septembre 1914 au 1° octobre 1915, la IVe du 5 octobre 1915 au 15 décembre 1916 Vue détaillée début septembre et lieux des combats du 19e RAC
  • 49. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 48/128 France : la guerre de mouvement se transforme en guerre de position novembre 1914/1918 Le 19e RAC va servir dans la IIe armée du 5 août au 3 septembre 1914, la IIIe du 4 septembre 1914 au 1° octobre 1915, la IVe du 2 octobre 1915 au 15 décembre 1916 La guerre se prolonge et devient une guerre d’usure qui met à l’épreuve tant les forces morales que matérielles des combattants. Les états-majors veulent « saigner à blanc » les armées adverses. Les Russes lancent une attaque dans les Carpates, mais doivent faire face à une grande offensive des puissances centrales, les Turcs étant également passés à l’attaque au Caucase pour prendre les armées russes à revers. Pour tenter de soulager la pression sur les Russes en attirant le maximum de troupes allemandes vers l'ouest, Français et Britanniques lancent assaut sur assaut en Artois, puis en Champagne, le 16 février. Le 20 février 1915, Reims est bombardée par les Allemands. La tentative de percée française est un échec et la bataille de Champagne se termine le 20 mars 1915. Ces offensives de 1915 ont réussi à bousculer quelque peu les dispositifs allemands, mais c'est au prix de pertes alliées effroyables. Le haut commandement allié doit constater l’insuffisance des moyens d’attaque, particulièrement en artillerie lourde, domaine dans lequel l’Allemagne possède une supériorité incontestable depuis le début de la guerre. Au début de l’année 1916, le commandement allemand décide d’user complètement l’armée française en l’obligeant à s’engager à fond. Il choisit d’attaquer Verdun, un pivot du front fortifié, que les Français voudront défendre coûte que coûte. Le 19e RAC participera à la bataille de Verdun du 15 juin au 15 décembre 1916, date à laquelle il est affecté à l’armée d’Orient. Le site de Verdun offre la possibilité d’attaquer les lignes françaises de trois côtés. De plus, l’armée allemande bénéficie, contrairement aux Français, de nombreuses voies ferrées qui facilitent les approvisionnements en matériel et en hommes. Enfin, les manœuvres d’approche peuvent se dérouler dans une relative discrétion, à l’abri du manteau forestier. Dans l’esprit du haut
  • 50. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 49/128 commandement allemand, « il ne s’agissait pas essentiellement de prendre Verdun […], mais de fixer les forces françaises, de les attirer sur ce champ de bataille qu’elles défendraient pied à pied […], de saigner à blanc l’armée française grâce à la supériorité en artillerie ». Exsangue, l’armée française serait incapable de mener à bien l’offensive prévue sur la Somme. La bataille de la Somme fut l’une des principales confrontations du front occidental, mais aussi de la guerre. Les forces britanniques et françaises tentèrent de percer à travers les lignes allemandes fortifiées sur une ligne nord-sud de 45 km proche de la Somme, au nord de la France, dans un triangle entre les villes d'Albert du côté britannique, Péronne et Bapaume. La première journée de cette bataille, le 1er juillet 1916, détient le triste record de la journée la plus sanglante pour l'armée britannique, avec 57 470 victimes, dont 19 240 morts. La bataille prit fin le 18 novembre 1916. Échec sanglant de l'offensive Nivelle sur le Chemin des Dames au printemps 1917, les conditions de vie effroyables dans le froid, la boue, le déluge d'obus et le report des permissions, tous ces facteurs s'additionnaient, provoquant une montée de la protestation parmi les hommes au front. La bataille de Cambrai s'est déroulée du 20 novembre au 7 décembre 1917 aux environs de Cambrai. Lors de cette offensive, les Britanniques ont utilisé pour la première fois en masse, des chars d'assaut (en anglais tank, « réservoir »), les Mark IV. Cette offensive, initialement une réussite, fut cependant largement émoussée par la contre-offensive allemande. La seconde bataille de la Marne se déroula principalement du 15 au 20 juillet 1918. Ludendorff concentre 42 divisions. La préparation d’artillerie allemande commence par un tir d’obus à gaz, puis devient mixte, mais avec plus de cinquante pour cent d’obus toxiques. Mais leur offensive était assez mal organisée et ils durent subir eux-mêmes des attaques au gaz moutarde, de sorte que les troupes françaises, bien secondées par la 2e division d'infanterie US à Bois-Belleau et à Vaux, purent résister. L'offensive des Cent-Jours est le nom donné à l'ultime offensive conduite par les Alliés de la Première Guerre mondiale contre les Empires centraux sur le Front de l'Ouest, du 8 août 1918 au 11 novembre 1918.
  • 51. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 50/128 Salonique et opérations militaires sur le Front d’Orient auxquelles participe le 19e RAC Au début du XXe siècle, Salonique (aujourd’hui Thessalonique) est une ville de l’Empire ottoman qui compte 120 000 habitants, dont 80 000 juifs. Elle est conquise par les Grecs en novembre 1912. Au début de la Première Guerre mondiale, la Grèce est un pays neutre, qui traverse une grave crise politique entre partisans de la Triple-Entente (La France et ses alliés) et partisans de la Triple-Alliance (Les Empires centraux). En octobre 1915, le Premier ministre grec favorable à la Triple-Entente autorise les Français et les Anglais à débarquer des troupes à Salonique, pour qu’elles aident les Serbes à arrêter la progression des armées austro-allemandes et bulgares qui envahissent la Serbie. Compte tenu de la situation, ces troupes se contenteront de conserver le contrôle de la voie ferrée qui remonte la vallée du Vardar, la seule voie de ravitaillement extérieur des armées serbes. En mai 1916, les Bulgares pénètrent en territoire grec et envahissent toute la Macédoine orientale. Salonique sert de base arrière et de refuge aux alliés, à l’été 1916, elle compte 300 000 hommes (Français, Britanniques, Serbes, Italiens et Russes), et à partir de décembre fait l’objet de fréquentes attaques aériennes. À la fin de 1916, le front passe sur les hauteurs qui dominent le camp retranché sur une ligne qui va de Monastir et qui encercle Salonique et va jusqu’à la côte, mais n’est jamais à moins 60 km de Salonique. Pendant toute l’année 1917, l’activité des troupes se résume à une guerre de position et une dizaine de batailles locales. Les soldats sont très affectés par diverses maladies (dysenterie, scorbut …).
  • 52. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 51/128 À partir du printemps 1918, le front côté Triple-Alliance est principalement tenu par les Bulgares. À partir de l’été, les alliés préparent une offensive avec les 650 000 hommes dont ils disposent malgré le retrait des troupes russes. Une offensive de rupture est menée à partir du 15 septembre. Les alliés s’emparent d’Uskub (aujourd’hui Skopje) et s’ouvrent la route de Sofia. La Bulgarie demande un armistice. Les troupes allemandes et autrichiennes évacuent l’Albanie. Le 14 le Danube est atteint, le 1° novembre Belgrade est reprise. Bucarest est atteinte le 1° décembre. À la fin de la campagne, du 18 au 25 décembre, une partie de l’armée d’Orient est redéployée à Odessa contre les Soviets en Ukraine. Ce n’est qu’en 1919 qu’elle est rapatriée et démobilisée. Parti de Monastir, le 19e R.A.C. est à Bucarest le 1° décembre 1918 Les opérations des Dardanelles et de Salonique connaissent aujourd’hui un traitement mémoriel très contrasté. En France, le « poilu d’Orient » est négligé, rejeté dans l’ombre au profit de celui de Verdun, de la Somme ou du Chemin des Dames. Peu d’études universitaires lui sont consacrées. Cependant, le maréchal von Hindenbourg, commandant en chef des armées allemandes, et le général Ludendörff, son principal collaborateur, ont dit que la rupture du front de Macédoine en septembre 1918 a précipité la défaite des Empires centraux en provoquant la capitulation en chaîne de la Bulgarie (29 septembre), de l'Empire ottoman (30 octobre), de l'Autriche (3 novembre) et enfin de la Hongrie qui ne signe que le 13 novembre.
  • 53. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 52/128 Photos de l’artillerie de campagne
  • 54. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 53/128 Photos de l’artillerie de campagne (suite)
  • 55. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 54/128 Conséquence de la 1° guerre mondiale • Chute des empires : allemand, russe, austro-hongrois et ottoman, • Démantèlement de l'empire colonial allemand et des empires austro-hongrois et ottoman, • Formation de nouveaux États en Europe et au Moyen-Orient, • Remaniements frontaliers, changement de souveraineté dans divers territoires • Création de la Société des Nations (SDN) Nouveaux états, nouvelles frontières, … (détails)
  • 56. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 55/128 6 - Généalogie Georges Anselmi & Juliette Isnard marié le 30/04/14 Texte plus complet sur la généalogie des familles Bruley et Anselmi https://www.decideo.fr/bruley/docs/Compilation%20sur%20mes%20ancetres%20V5.pdf
  • 57. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 56/128 Dardanelles 1915 Extrait de Bourgeon - octobre 2020
  • 58. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 57/128 Aimé-Florent Villemin : expédition des Dardanelles 1915 Michel Bruley (pour une vision plus complète https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_des_Dardanelles) Aimé-Florent était le frère d’Amélie Villemin, la grand-mère paternelle d’Hélène Toulzac l’épouse de Robert Bourgeon. En 1915 il participe à la bataille de Sedd-Ul-Bahr qui se déroule du 25 avril au 4 mai pendant l'expédition des Dardanelles et au cours de laquelle les forces franco-britanniques débarquent dans la péninsule de Gallipoli. Après l'échec de l'attaque navale contre les forts de l'entrée des Dardanelles, le gouvernement anglais décide, pour marcher sur Constantinople, d'attaquer et de conquérir la péninsule de Gallipoli. Concentrée à Alexandrie, l'armée franco-anglaise commence ses débarquements le 25 avril, à Gaba- Tépé pour les Anzacs (Australiens & Néo-zélandais), à Sedd-Ul-Bahr pour les Anglais. Le Corps expéditionnaire d’Orient, français, est placé sous le commandement du général Ian Hamilton. La division du général Albert Amade devra créer une diversion en débarquant sur la côte d'Asie et ensuite renforcer l'aile droite des Anglais à Sedd-Ul-Bahr. Le débarquement sur la péninsule de Gallipoli a réussi, les alliés ont progressé de 3 km et décimé les forces turques qui n'ont pu les rejeter à la mer. Toutefois, le retard pris dans les opérations a permis aux Ottomans de Mustapha Kemal de se renforcer et de préparer leurs défenses sur leur terrain. Le cap Hellès va voir se dérouler une bataille d'usure (Batailles de Krithia) et les succès se limiteront à une avance d'une centaine de mètres ou la capture d'une tranchée. Aimé-Florent Villemin a été mortellement blessé au combat de Sedd-Ul-Bahr, il est décédé le 24 juin 1915 à bord du bateau l’Amiral Handin où il avait été transporté.
  • 59. Textes de famille concernant les guerres – version augmentée de 2024 58/128 Louis Toulzac : spahi avant tout 1915 - 1941 Extrait de Bourgeon - octobre 2020