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No. ZÉRO
AVRIL 2016
« UTOPISTES DEBOUT ! »
UNE ÔDE À L’ESPOIR
DE LA TRANSGRESSION À
L’UNIFORMISATION
La marque Apple est, vous en conviendrez, la
marque conven-onnelle par excellence. Elle est «
lisse », « épurée », sans réelles aspérités. Elle a mis
en place une communica;on extrêmement
encadrée et normée, pour éviter les écarts.
Pourtant, elle a longtemps été le porte-drapeau (au
moins théoriquement) d’une vision différente de
l’ordre des choses. Avec ses célèbres films
publicitaires «1984» et « Think different », la
marque à la pomme nous a longtemps invité à
adopter un état d’esprit cri-que vis à vis des
conven-ons.
Alors peut-être n’ont ils jamais été réellement
«transgressif ». Il s’agissait en effet déjà d’une marque
reconnue avant les spots pubs en ques;on. Mais ceTe
évolu;on vers plus de « conformisme » est, il me
semble, représenta;ve d’une tendance globale dans
nos sociétés modernes.
Nous sommes aujourd’hui plongés dans une espèce
de coma ar;ficiel. Nous sommes assez vivants pour
produire et consommer, mais pas suffisamment pour
nous demander pourquoi. Les médias ont
évidemment une grande part de responsabilité, bien
que leur recherche constante de l’audimat ne soit
qu’une conséquence logique du système lui-même.
DE LA TRANSGRESSION À
L’UNIFORMISATION
OPTIMISME OU
PESSIMISME ?
Nous sommes dans un état de somnolence tel, que
toute vision posi;ve de l’avenir est reçue avec
beaucoup de pessimisme, de fatalisme – si ce n’est
de méfiance.
On entend alors souvent « faut sor;r du monde
des Bisounours ! » ou encore « vous êtes bien
gen;ls avec vos idées utopiques, mais … ».
Bref, vous l’aurez compris : tout le monde voit que
c’est globalement la merde un peu partout dans le
monde (au moins un sujet qui fait l’unanimité), mais
on pense majoritairement qu’on ne peut rien y
faire, que « le système est trop fort ».
OPTIMISME OU PESSIMISME ?
Pourtant, ce sont bien des Hommes qui l’ont mis en place. Juste des Hommes avec des
idées, qui ont succédé à d’autres idées que d’autres Hommes avaient concré;sées avant eux.
Pourquoi dérogerions-nous à la règle aujourd’hui ? Pourquoi ne croyons nous pas en notre
capacité à faire bouger les lignes (et pas pour le pire pour une fois) ?
GÉNÉRATION ORPHELINE
• 54% des sondés âgés de 18 à 34 ans se disent ainsi « plutôt
op;mistes » concernant leur avenir
• 8% se disent même « très op;mistes »
• Mieux encore : ils sont presque 9 sur 10 à considérer avoir
davantage de chances de s’en sor;r que les autres personnes
de leur âge.
Source : Francetvinfo (2013)
GÉNÉRATION ORPHELINE
Ces simples sta;s;ques sont représenta;ves de l’échec de nos sociétés : elles ont su apporter
plus de solu;ons au niveau individuel, mais elles nous poussent aussi à croire que l’avenir collec;f
sera tout sauf rose. La raison ? Evidemment, des tas de facteurs sont à prendre en compte.
Mais le « désenchantement du monde » est l’un des principaux responsable de ceTe déroute. A
cause du déclin des religions et grandes idéologies poli;ques, les jeunes généra;ons se
retrouvent sans vision commune, sans projet commun pour le monde. Loin de moi l’idée de faire
l’apologie des religions ou d’une quelconque idéologie. Cependant, parce que le débat d’idées et
le rêve d’un monde meilleur ont presque totalement disparu de la circula;on, nous avons oublié
qu’il est possible de faire autrement.
Et pourtant, nous serons obligés de faire autrement très prochainement. Le changement
clima-que nous forcera à repenser les modèles actuels qui ont dors et déjà endommagé
fortement la Terre. L’Humanité s’apprête à faire face à un défi sans précédent : collaborer à
l’échelle mondiale pour sauver la pe;te planète bleue qui nous héberge.
LES MYTHES COMMUNS :
CIMENT DE LA COLLABORATION À GRANDE ÉCHELLE
« Collaborer », cela ne devrait pourtant pas trop nous inquiéter. Si l’espèce Sapiens, notre espèce,
a été capable de s’imposer au fil des siècles comme une force dominante de la Terre, ce n’est pas
seulement parce que nous avons été capables de maîtriser le feu ou d’apprendre à communiquer
entre nous. D’ailleurs, le langage n’est pas seulement commun à l’Homme, tous les animaux
possèdent également une sorte de langage.
C’est surtout notre faculté à créer des mythes, à faire du story-telling, qui nous a permis de
d’imaginer de nouvelles choses et de les construire collec-vement. Cela vaut aussi bien pour le
premier voyage sur la Lune ou la construc;on des pyramides que pour l’inven;on du capitalisme,
de la na;on ou encore de la jus;ce. Ces choses n’ont pas d’existence objec;ve et n’existent que
parce que nous en avons décidé ainsi.
UTOPISTES DEBOUT !
A par;r de cela, nous pouvons légi;mement nous demander si, plus que pointée du
doigt, l’utopie ne devrait-elle pas être considérée comme une arme, capable de nous
rassembler et d’inciter à la coopéra;on plus qu’à l’individualisme. Si l’on ne devrait pas
la considérer enfin pour ce qu’elle est : un moyen, plus qu’un but.
Une perspec;ve différente, qui nous donnerait de nouvelles raisons de nous lever
chaque ma;n et qui nous permeTrait d’imaginer un nouveau projet commun, porteur
de sens. Peut-être est-ce finalement ce qui n ous manque le plus aujourd’hui ; du sens
dans tout ça, un idéal à aTeindre.
Nous remeTons sans cesse en ques;on notre idéal, et c’est bien normal. Car c’est le
chemin parcouru vers ceTe des;na;on, quelle qu’elle soit, qui nous fera avancer. Mais
sans des-na-on à l’horizon, pas de cheminement possible.
NEED A
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HERO ?
SEMI-HEROS
Alors rassurez-vous. La Terre n’aTend pas de nous que nous devenions tous des héros,
comme pourraient l’être des figures éminentes telles que Gandhi, Luther King, Mandela
ou bien d’autres encore. A l’heure où nous approchons d’un point de non-retour,
n’ayons pas peur de repenser le concept du « héros » et de nous imaginer, tous, en «
semi-heros ». Car il ne s’agit de rien de plus que cela : agir collec;vement, chacun à
notre échelle, pour un monde meilleur.
Douce utopie, encore une fois ? Pas forcément. Grâce à l’ouverture d’une ère nouvelle
dans l’histoire de l’Humanité – celle de l’Internet, du numérique et des technologies – ,
il est désormais possible de donner les ou;ls nécessaires au changement, et ce au plus
grand nombre de personnes. C’est là le sens d’amanhã, c’est là « notre » utopie.
« Ne doutez jamais qu’un
pe;t groupe d’individus
conscients et engagés puisse
changer le monde.
C’est d’ailleurs toujours
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"UTOPISTES DEBOUT !" - Une ôde à l'espoir

  • 2. « UTOPISTES DEBOUT ! » UNE ÔDE À L’ESPOIR
  • 3. DE LA TRANSGRESSION À L’UNIFORMISATION La marque Apple est, vous en conviendrez, la marque conven-onnelle par excellence. Elle est « lisse », « épurée », sans réelles aspérités. Elle a mis en place une communica;on extrêmement encadrée et normée, pour éviter les écarts. Pourtant, elle a longtemps été le porte-drapeau (au moins théoriquement) d’une vision différente de l’ordre des choses. Avec ses célèbres films publicitaires «1984» et « Think different », la marque à la pomme nous a longtemps invité à adopter un état d’esprit cri-que vis à vis des conven-ons.
  • 4. Alors peut-être n’ont ils jamais été réellement «transgressif ». Il s’agissait en effet déjà d’une marque reconnue avant les spots pubs en ques;on. Mais ceTe évolu;on vers plus de « conformisme » est, il me semble, représenta;ve d’une tendance globale dans nos sociétés modernes. Nous sommes aujourd’hui plongés dans une espèce de coma ar;ficiel. Nous sommes assez vivants pour produire et consommer, mais pas suffisamment pour nous demander pourquoi. Les médias ont évidemment une grande part de responsabilité, bien que leur recherche constante de l’audimat ne soit qu’une conséquence logique du système lui-même. DE LA TRANSGRESSION À L’UNIFORMISATION
  • 5. OPTIMISME OU PESSIMISME ? Nous sommes dans un état de somnolence tel, que toute vision posi;ve de l’avenir est reçue avec beaucoup de pessimisme, de fatalisme – si ce n’est de méfiance. On entend alors souvent « faut sor;r du monde des Bisounours ! » ou encore « vous êtes bien gen;ls avec vos idées utopiques, mais … ». Bref, vous l’aurez compris : tout le monde voit que c’est globalement la merde un peu partout dans le monde (au moins un sujet qui fait l’unanimité), mais on pense majoritairement qu’on ne peut rien y faire, que « le système est trop fort ».
  • 6. OPTIMISME OU PESSIMISME ? Pourtant, ce sont bien des Hommes qui l’ont mis en place. Juste des Hommes avec des idées, qui ont succédé à d’autres idées que d’autres Hommes avaient concré;sées avant eux. Pourquoi dérogerions-nous à la règle aujourd’hui ? Pourquoi ne croyons nous pas en notre capacité à faire bouger les lignes (et pas pour le pire pour une fois) ?
  • 7. GÉNÉRATION ORPHELINE • 54% des sondés âgés de 18 à 34 ans se disent ainsi « plutôt op;mistes » concernant leur avenir • 8% se disent même « très op;mistes » • Mieux encore : ils sont presque 9 sur 10 à considérer avoir davantage de chances de s’en sor;r que les autres personnes de leur âge. Source : Francetvinfo (2013)
  • 8. GÉNÉRATION ORPHELINE Ces simples sta;s;ques sont représenta;ves de l’échec de nos sociétés : elles ont su apporter plus de solu;ons au niveau individuel, mais elles nous poussent aussi à croire que l’avenir collec;f sera tout sauf rose. La raison ? Evidemment, des tas de facteurs sont à prendre en compte. Mais le « désenchantement du monde » est l’un des principaux responsable de ceTe déroute. A cause du déclin des religions et grandes idéologies poli;ques, les jeunes généra;ons se retrouvent sans vision commune, sans projet commun pour le monde. Loin de moi l’idée de faire l’apologie des religions ou d’une quelconque idéologie. Cependant, parce que le débat d’idées et le rêve d’un monde meilleur ont presque totalement disparu de la circula;on, nous avons oublié qu’il est possible de faire autrement. Et pourtant, nous serons obligés de faire autrement très prochainement. Le changement clima-que nous forcera à repenser les modèles actuels qui ont dors et déjà endommagé fortement la Terre. L’Humanité s’apprête à faire face à un défi sans précédent : collaborer à l’échelle mondiale pour sauver la pe;te planète bleue qui nous héberge.
  • 9. LES MYTHES COMMUNS : CIMENT DE LA COLLABORATION À GRANDE ÉCHELLE « Collaborer », cela ne devrait pourtant pas trop nous inquiéter. Si l’espèce Sapiens, notre espèce, a été capable de s’imposer au fil des siècles comme une force dominante de la Terre, ce n’est pas seulement parce que nous avons été capables de maîtriser le feu ou d’apprendre à communiquer entre nous. D’ailleurs, le langage n’est pas seulement commun à l’Homme, tous les animaux possèdent également une sorte de langage. C’est surtout notre faculté à créer des mythes, à faire du story-telling, qui nous a permis de d’imaginer de nouvelles choses et de les construire collec-vement. Cela vaut aussi bien pour le premier voyage sur la Lune ou la construc;on des pyramides que pour l’inven;on du capitalisme, de la na;on ou encore de la jus;ce. Ces choses n’ont pas d’existence objec;ve et n’existent que parce que nous en avons décidé ainsi.
  • 10. UTOPISTES DEBOUT ! A par;r de cela, nous pouvons légi;mement nous demander si, plus que pointée du doigt, l’utopie ne devrait-elle pas être considérée comme une arme, capable de nous rassembler et d’inciter à la coopéra;on plus qu’à l’individualisme. Si l’on ne devrait pas la considérer enfin pour ce qu’elle est : un moyen, plus qu’un but. Une perspec;ve différente, qui nous donnerait de nouvelles raisons de nous lever chaque ma;n et qui nous permeTrait d’imaginer un nouveau projet commun, porteur de sens. Peut-être est-ce finalement ce qui n ous manque le plus aujourd’hui ; du sens dans tout ça, un idéal à aTeindre. Nous remeTons sans cesse en ques;on notre idéal, et c’est bien normal. Car c’est le chemin parcouru vers ceTe des;na;on, quelle qu’elle soit, qui nous fera avancer. Mais sans des-na-on à l’horizon, pas de cheminement possible.
  • 12. SEMI-HEROS Alors rassurez-vous. La Terre n’aTend pas de nous que nous devenions tous des héros, comme pourraient l’être des figures éminentes telles que Gandhi, Luther King, Mandela ou bien d’autres encore. A l’heure où nous approchons d’un point de non-retour, n’ayons pas peur de repenser le concept du « héros » et de nous imaginer, tous, en « semi-heros ». Car il ne s’agit de rien de plus que cela : agir collec;vement, chacun à notre échelle, pour un monde meilleur. Douce utopie, encore une fois ? Pas forcément. Grâce à l’ouverture d’une ère nouvelle dans l’histoire de l’Humanité – celle de l’Internet, du numérique et des technologies – , il est désormais possible de donner les ou;ls nécessaires au changement, et ce au plus grand nombre de personnes. C’est là le sens d’amanhã, c’est là « notre » utopie.
  • 13. « Ne doutez jamais qu’un pe;t groupe d’individus conscients et engagés puisse changer le monde. C’est d’ailleurs toujours comme cela que ça s’est passé. » Margaret Mead, anthropologue