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VERS UNE PLUS GRANDE ATTRACTIVITE 
ETUDE PAYSAGERE ET ENVIRONNEMENTALE - PHASE PROPOSITIONS 
Boris MENGUY - Violaine GUIBERT - AURH - 2009-2014
Vers une plus grande attractivité
VERS UNE PLUS GRANDE ATTRACTIVITE
Vers une plus grande attractivité
Avant-propos
Vers une plus grande attractivité
La phase propositions qui clôt l’étude paysagère et environnementale, étude socle pour 
l’enrichissement du SCoT (février 2012) et la mise en place d’une Charte Paysagère et 
Environnementale (octobre 2011), a été finalisée en 2009. 
La dynamique collective engendrée par ces différents travaux autour des questions de paysage, 
d’environnement, d’agriculture, de tourisme..., s’est poursuivie depuis. Elle a engendré, dans 
une logique d’atelier permanent, de nouvelles idées, de nouvelles propositions pour améliorer 
l’attrait et la qualité de vie de la Pointe de Caux ; en somme une « matière » intéressante pour 
donner naissance à un site internet dédié www.scot-lhpce.fr (2011-2012) et cet ouvrage - Vers 
une plus grande attractivité - qui valorisent un travail collégial et le mettent à disposition du plus 
grand nombre. 
Cet ouvrage fait la part belle à l’iconographie. Il forme un recueil d’idées pour ceux qui privilé-gient 
une consultation par thème. Mais il a fait l’objet d’une construction logique de la stratégie 
à ses déclinaisons les plus concrètes pour les lecteurs souhaitant une approche structurée plus 
en lien avec les enjeux et les spécificités du territoire (c.f. Sommaire). 
Comment définir plus précisément la place envisageable de l’agriculture et de l’environnement 
à l’échelle du pays LHPCE en lien avec les dynamiques de développement en cours et à venir? 
Quelles sont les manières de donner à voir notre territoire? Quelles sont les thématiques et les 
échelles sur lesquelles agir en priorité pour valoriser notre capital paysager et environnemental? 
Les pistes de réponses proposées gravitent autour de l’idée centrale d’envisager des stratégies 
d’accompagnement du développement attendu sur la Pointe de Caux pour qu’il se fasse au 
bénéfice tant économique qu’environnemental et en poursuivant l’amélioration de l’attrait de 
cette région. 
Le paysage est bien le reflet des interactions des élus, des habitants, des entreprises avec leur 
territoire. En cela, il témoigne des dynamiques en cours et des questions en suspens. Il nous 
invite parfois à choisir de nouvelles voies plus cohérentes et plus profitables.
Vers une plus grande attractivité
Les travaux ayant permis de rédiger cet ouvrage ont été encadrés par un groupe de suivi 
politique composé, pour CAUX-ESTUAIRE, de MM. CARTEL, CINTRAT, GUEROUT, MAYO et 
VASSE et pour la CODAH, de M. BIED CHARRETON, Mme CAHIERRE, M. PALFRAY, M. ROUSSELIN. 
Ce même groupe a guidé l’élaboration du Schéma Directeur « Confluence » ainsi que l’Atelier 
« Pour de nouvelles rencontres en Pays de Caux » pour lequel il faut ajouter la présence de 
M. GASTINNE. Les réunions du SCoT ont été l’occasion de points d’étape et d’arbitrage afin 
que tous les élus puissent se prononcer sur les choix. 
De nombreux techniciens de la CODAH, de Caux-Estuaire, du CAUE 76, du département de 
Seine-Maritime, du SMBV, de la DREAL et de diverses associations ont permi d’enrichir cet 
ouvrage par leurs précieux conseils et leurs apports. Au sein de l’AURH, il faut aussi souligner 
l’appui important de Jessy OUKOLOFF et Jean-François MARY qui par leur expertise respective 
ont pu donner une bonne assise aux différentes pistes de travail. 
Enfin, le travail de coordinnation administratif important qu’a nécessité ce travail a été tour 
à tour effectué par Mickaëlle REBOUTIER, Stéphanie DESAINT et Bastien RENAULT, les respon-sables 
administratifs successifs du Syndicat Mixte du SCoT. 
Boris MENGUY – AURH – Chef de projet 
Violaine GUIBERT - AURH - Chargée d’étude paysagiste
Vers une plus grande attractivité
Sommaire
VI-Anticiper les défis à venir 15 
16 Saisir l’opportunité du Grand Paris - Le projet Vallée de la Seine 
18 Préserver les ressources 
20 Limiter les conséquences du réchauffement climatique 
22 Créer de nouvelles formes urbaines 
II-Un développement en résonance 
avec les singularités du territoire 25 
III-Multiplier les interactions entre ville, 
industrie, agriculture et nature 31 
32 Accompagner le développement du pays 
36 Elaborer une Trame Verte et Bleue 
42 Conforter la place de l’agriculture 
IV-Donner à voir un pays attractif 51 
52 Soigner les entrées et les grandes traversées du pays 
58 Mettre en scène l’activité économique 
62 Mettre à profit les situations de belvédère 
64 Elargir la notion de tourisme 
sommaire
V-Agir sur les thématiques clés 69 
70 Limite, lisière et structure identitaire - Retrouver des repères 
72 Protection de la ressource en eau, lutte contre les inondations et les ruissellements - Défendre une gestion intégrée 
78 Place de la nature en ville - Favoriser une présence bienfaisante 
88 Espace public - Soigner notre espace commun 
VI-Se doter d’outils adaptés 99 
100 Enrichir le SCoT 
101 Mettre en oeuvre la charte paysagère et environnementale 
103 Lancer ou accompagner des dynamiques de projet 
Annexes 105 
(Etude paysagère détaillée de tous les axes routiers et ferroviaires majeurs du territoire) 
sommaire
14
15 
I-Anticiper les défis à venir
Saisir l’opportunité du Grand Paris - Le projet Vallée de la Seine 
Un rendez-vous historique 
Avec l’orientation de projet du Grand Paris proposé par Antoine 
Grumbach et ses associés, Seine Métropole, notre territoire, se trou-verait 
en tête de pont d’une ville linéaire multipolaire, s’étirant le 
long de la vallée de la Seine de Paris jusqu’au Havre, son débouché 
vers l’international : une manière d’offrir à la capitale son indispen-sable 
ouverture maritime, à l’heure où Anvers semble être devenu 
son port principal. 
La Ligne Nouvelle Paris Normandie (LNPN) qui relierait Paris et Le 
Havre constituerait un premier rapprochement emblématique de 
la capitale historique avec notre territoire. 
Dans cette hypothèse, le pays Le Havre Pointe de Caux Estuaire 
deviendrait un point d’ancrage d’un développement plus soutenu 
(rôle clé du port) et plus durable. Il deviendrait une terre d’accueil 
pour de nouvelles activités et de nouveaux habitants. 
Les propositions formulées dans l’étude paysagère et environne-mentale 
s’inscrivent dans la logique de la métropole de l’après Kyo-to 
et du projet décrit par Antoine Grumbach et ses associés dont les 
grands principes sont résumés ci-après. 
Extraits - Le Grand Pari 2009 – Equipe Antoine Grumbach&Associés 
– Février 2009 : 
• « La vallée de la Seine offre l’opportunité d’un développement 
métropolitain linéaire et multipolaire, associé à des espaces na-turels 
d’une qualité exceptionnelle. L’opposition ville nature est 
en passe d’y être révolue. » 
• « Ce dispositif inscrit une alternance entre les zones naturelles 
(agricoles et paysagères) et les zones d’intensité urbaines et in-dustrielles. 
Le grand paysage est valorisé sans minimiser le désir 
d’urbanité. » 
Grands principes de Seine-Métropole, le projet défendu par l’équipe 
Antoine Grumbach et ses associés : 
• OUVERTURE - Proposer une façade maritime au Grand Paris ; 
• RESEAU - Se relier à l’échelle européenne (voire mondiale) ; 
• ANCRAGE TERRITORIAL - Valoriser une identité et une structura-tion 
induites par la Seine ; 
• ECOLOGIE - S’appuyer sur une ville-territoire inscrite dans la na-ture 
(développement durable) ; 
• COMPLEMENTARITES / DEVELOPPEMENT DURABLE - Organiser 
des alternances Ville/Nature/Industrie/Agriculture ; 
• MULTIPOLARITE - Un réseau de villes en chapelet ; 
• TERRITOIRE - Développer des solidarités urbain/rural ; 
• DEPLACEMENT - Tresser les mobilités. 
Un véritable territoire d’accueil à organiser 
Si on suivait les hypothèses de croissance liées à ce projet, on pour-rait 
imaginer gagner 30 % d’habitants en plus sur le territoire à l’ho-rizon 
2040. 
Cela suppose de planifier ces changements importants et prépa-rer 
des espaces accueillants pour le développement économique 
et urbain indispensable mais aussi adapter nos modèles de déve-loppement 
: économiser plus l’espace et organiser de meilleures 
interactions entre ville - nature - agriculture et industrie à l’échelle 
du pays. 
Extraits - Le Grand Pari 2009 – Equipe Antoine Grumbach&Associés 
– Février 2009 : 
• « La ville nature du 21e siècle devra s’appuyer sur des docu-ments 
de planification ambitieux et partagés, afin de territoria-liser 
de grandes trames vertes et bleues composées d’espaces 
naturels et agricoles, capables de qualifier les « limites » à l’ur-banisation 
pour maintenir de grands espaces agricoles, valori- 
16 Anticiper les défis à venir
Extrait du discours de Monsieur Le Président de la République 
Inauguration de l’exposition du Grand Pari(s) – 29 avril 2009 
« …Pour dessiner l’avenir du Grand Pari(s), commençons d’abord par 
regarder Paris de loin face à Londres et à Rotterdam. L’axe principal 
du développement économique européen, de Londres à Milan, prend la 
France en écharpe par l’Est. Si nous laissons aller les choses, le risque 
est de voir Paris décrocher et nos deux grands ports, Le Havre et Mar-seille, 
péricliter de façon irrémédiable.» 
ser la connexion des couloirs biologiques, créer une agglomération 
organique. » 
• « Ensemble, ces espaces ouverts où coexistent présence de la 
nature, lieux de loisirs et déplacements en modes doux, compo-sent 
au sein du territoire métropolitain un système de grands vides 
paysagers, un réseau se superposant aux autres réseaux, apte à 
structurer Seine Métropole, assurer une cohérence spatiale et tem-porelle 
entre différents composants de la métropole discontinue 
et multipolaire. Dans ce système d’espaces ouverts structurants, la 
Seine occupe une place de choix. » 
Depuis l’inauguration de l’exposition du Grand Pari(s) le chef de l’état 
s’est rendu au Havre à plusieurs reprises et a fait connaître régulièrement 
son intérêt pour un débouché maritime de la capitale. La nomination 
d’Antoine Rufenacht à la tête d’un commissariat au développement 
de la Vallée de Seine et de la façade maritime de la région capitale a 
constitué un témoignage fort dans le sens du projet de la Vallée de la 
Seine. 
Le comité des élus de l’Estuaire, récemment organisé en association, 
qui représente les cinq pays formant la façade maritime s’est mis en 
responsabilité et travaille au développement d’un projet de métropole 
durable à l’échelle des enjeux. 
Anticiper les défis à venir 17
Préserver les ressources 
Des ressources limitées ou non renouvelables 
Après des siècles d’extension et d’abondance, les dernières décen-nies 
nous ont sensibilisés à l’idée d’un monde aux dimensions finies 
et aux ressources limitées : 
1. L’espace 
Avec des moyens de transport performants, du pétrole peu cher, 
et un foncier plus généreux et moins coûteux hors des limites de la 
ville constituée, la tendance s’est orientée à l’extension continue. 
La traduction la plus lisible en France est l’étalement urbain et son 
corollaire, la baisse constante des surfaces dévolues à l’agriculture 
et au patrimoine environnemental. 
Or l’espace est limité, les transports sont polluants et désormais plus 
coûteux. Fort logiquement, les terres les plus fertiles se trouvent sou-vent 
à la périphérie des grandes agglomérations. 
Le développement futur, pour tirer le meilleur parti du territoire, doit 
nécessairement tenir compte du potentiel du foncier en fonction de 
sa localisation et de ses réelles qualités (potentiel agronomique, re-lief, 
inondabilité, pollution). De nouvelles formes urbaines inventives 
doivent permettre à chacun de bénéficier d’espaces confortables 
et conviviaux riches des aménités attendues (proximité, services, 
calme, présence de la nature...) mais plus économe d’espace. 
Certaines villes en expansion démographique importante par-viennent 
à rendre leur cadre de vie agréable, créer des logements 
adaptés à la demande en comptant totalement ou majoritaire-ment 
sur le renouvellement urbain. De nombreuses friches urbaines 
et industrielles polluées mais bien situées n’ont pas été réexploitées 
pour des motifs de coût élévé de dépollution. Dans une conception 
économe de l’espace, elles représentent un vrai gisement foncier. 
L’Ademe s’est d’ailleurs mobilisée sur cette question. 
2. L’eau potable 
L’eau est une ressource capitale dont la rareté devient source de 
conflit à l’échelle mondiale. En France, c’est d’abord le coût crois-sant 
de sa dépollution qui nous alerte sur la fragilité. On note éga-lement 
les restrictions qui accompagnent les épisodes de canicules 
et/ou les années faiblement pluvieuses. Quelques territoires français 
mènent des politiques d’acquisitions foncières importantes dans le 
but de créer un différentiel compétitif pour leur développement à 
venir. 
En Seine Maritime, les nappes sont particulièrement sensibles à la 
pollution agricole et urbaine ainsi qu’au phénomène de turbidité 
(le plateau karstique facilite les infiltrations rapides dans les nappes). 
Certaines sources sont abandonnées quand elles atteignent des 
seuils de pollution qui nécessitent des coûts de traitement trop éle-vés. 
Un travail de fond est à envisager pour diminuer toutes les formes 
de pollution à l’échelle globale car on sait que ces efforts portent 
leur fruit parfois plusieurs décennies après leur mise en oeuvre. Il 
faut mettre en place des stratégies de protection encore plus dra-coniennes 
sur les ressources majeures ou les plus préservées au-jourd’hui 
afin de gérer un approvisionnement de qualité sur le court 
et le moyen terme. 
Plus récemment, les captages prioritaires dit « Grenelle » ont été 
identifiés afin de hiérarchiser les actions de préservation en pre-mier 
lieu sur les ressources capitales. Des stratégies nouvelles ap-paraissent 
pour tenter d’agir plus durablement. A titre d’exemple, 
l’agglomération Seine Eure a mis en place une démarche de valori-sation/ 
protection d’un périmètre de captage rapproché par l’agri-culture 
biologique. 
18 Anticiper les défis à venir
3. Les terres arables (cf conforter la place de l’agriculture p 42) 
Si le maintien de surfaces agricoles est capital, leur localisation l’est 
tout autant. Une partie des cultures « vivrières » doit pouvoir se faire aux 
portes des grandes agglomérations voire dans les tissus urbains (proxi-mité 
du bassin de consommation). Une augmentation de population 
suppose logiquement une production de denrées alimentaires supé-rieure 
et la disponibilité de surface pour les produire. 
4. La biodiversité 
Avec le constat de l’accélération de l’érosion de la diversité de la faune, 
de la flore, du vivant sous toutes ses formes, le thème de la biodiversité 
est devenu réellement une question politique donnant ainsi un écho 
plus large à un constat scientifique déjà ancien sur les conséquences 
de l’intensification de la pression humaine sur l’environnement. On a 
compris que la chaîne du vivant était basée sur des équilibres et des 
interrelations entre espèces et que la menace qui pesait sur leurs diffé-rents 
habitats amenait à des bouleversements écologiques importants 
aux conséquences difficilement prévisibles. 
Des espèces disparaissent avant même qu’elles aient pu être décrites 
et étudiées. Or les scientifiques voient également dans ce patrimoine 
génétique autant de pistes pour notre avenir : médecine, alimentation, 
industrie verte, biotechnologie... 
Cette question de la biodiversité ramène immanquablement à la ques-tion 
du partage de l’espace entre les activités humaines et le vivant, 
mais plus encore de leur imbrication (cf élaborer une trame verte et 
bleue p 36). Elle nous invite à aménager autrement en acceptant une 
part de vivant plus important autour de nous (cf place de la nature en 
ville p 78), à adapter notre manière de concevoir l’agriculture... 
L’écologie intéresse dès lors que l’on intègre l’homme dans la dimen-sion 
du vivant. La biodiversité devient alors un indicateur de santé. 
5. L’énergie 
Au niveau de l’énergie, les grands principes sont connus au moins de-puis 
les grandes crises pétrolières du début des années 1970 mais leur 
mise en oeuvre se heurte à une organisation très centralisée de la dis-tribution, 
aux différents lobbies, à la réglementation et au défi techno-logique. 
La première des priorités reste l’économie d’énergie (logement, trans-port, 
industrie...). Les lois Grenelle II vont clairement en ce sens et des 
pays pilotes ont initié des pistes dont on peut sans doute tirer parti. 
La deuxième priorité c’est la diversification des apports énergétiques 
en incluant progressivement de plus en plus de ressources renouvela-bles 
en fonction des gisements à disposition (vent, énergie liée à la mer, 
biomasse, solaire, déchets...). Progressivement les énergies fossiles, le 
pétrole, le charbon, le gaz doivent devenir des sources énergétiques 
secondaires. 
Notre territoire très orienté sur une économie basée sur le pétrole se veut 
novateur dans le stockage du carbone afin de diminuer sa contribution 
au dégagement de CO2 liée à son importante activité industrielle. Il sou-haite 
également s’inscrire dans une démarche d’écologie industrielle 
dont le principe de base est de considérer les déchêts des uns comme 
des ressources pour les autres. Il s’agit de mettre en place une écono-mie 
circulaire mettant en relation toutes les activités du territoire dans 
des rapports de complémentarité et de coopération. 
Mais c’est sans doute en regardant aussi plus vers la mer que nous dis-poserons 
de solutions à long terme à travers les EMR ou Energies Marines 
Renouvelables : vent, vagues, eau chaude ou courants. C’est peut-être 
également des débouchés pour une mutation vers une industrie verte 
sur la ZIP. 
Anticiper les défis à venir 19
Limiter les conséquences du réchauffement climatique 
Une nouvelle donnée à prendre en considération 
La communauté scientifique dans sa grande majorité considère le 
réchauffement climatique comme un phénomène inconstestable. 
Les divergences majeures tiennent aux prévisions : quelle est l’am-pleur 
des manifestations attendues ? Quelle temporalité ? Quelles 
sont les zones les plus touchées ? 
Des prévisions de plus en plus précises sont établies suivant les ré-gions. 
Notre département ne devrait pas être parmi les plus touchés 
même si une augmentation des températures moyennes est atten-due. 
Pour autant les événements climatiques aujourd’hui qualifiés 
d’exceptionnels risquent de devenir plus fréquents (tempêtes, pré-cipitations 
importantes, épisodes caniculaires...). Il semblerait aussi 
que les pluies se répartissent moins régulièrement dans l’année et 
soient plus intenses. Ces changements apparemment limités peu-vent 
pour autant avoir des conséquences importantes : 
• augmentation du niveau de la mer ; 
• exposition plus forte aux inondations et aux ruissellements ; 
• ilôts de chaleurs urbains ; 
• renforcement du vent ; 
• déperissement de certains végétaux (ex : le hêtre)... 
Agir par anticipation 
Sur le fond, une plus grande végétalisation du territoire est souhaita-ble 
car elle permet : 
• de réduire la vitesse du vent et ses effets ; 
• de maintenir une hygrométrie agréable (notamment pour le 
confort d’été) et nécessaire pour d’autres végétaux ; 
• d’offrir des situations ombragées en été ; 
• de protéger les façades sud et les toits des surchauffes (végéta-lisation 
de façade et de toiture) ; 
• de protéger les sols de l’érosion en limitant le ruissellement. 
Cette végétalisation peut prendre plusieurs formes : 
• en ville (cf Place de la nature en ville p 78) : 
- plantation plus abondante dans les espaces publics ; 
- multiplication des squares de proximité ; 
- mise en place d’axes verts (liaisons douces) ; 
- maintien ou mise en place d’agriculture urbaine ; 
- accroissement des surfaces de jardins familiaux ; 
- végétalisation des toitures et des façades ; 
- végétalisation de certaines clôtures ; 
- traitement végétal de certaines surfaces de parkings peu 
utilisés... ; 
- incitation à la plantation des jardins privatifs ; 
- préverdissement des espaces de projet en attente ; 
- plantations des friches en attente de projet... 
allier confort climatique et agr ément - exemples de fa çades végétalis ées 
20 Anticiper les défis à venir
Disym étrie des fa çades nord et sud sur un bâtiment 
• en lisière de ville (cf Notion de limite de lisière et structure identitaire p 
70 et ouvrage SCoT « Pour de nouvelles rencontres en Pays de Caux ») : 
- accompagnement végétal des entrées de ville 
et d’agglomération ; 
- multiplication des squares de proximité ; 
- traitement de l’interface ville/campagne ; 
- Préverdissement des nouvelles emprises de la ville ; 
- Agriculture de proximité et jardins familiaux ; 
- Chemins plantés... 
• en secteur rural (cf Notion de limite de lisière et structure identitaire) : 
- plantation des lisières de village ; 
- adaptation et régénération des clos masures existants ; 
- renforcement des plantations de coteaux et des secteurs 
en rupture de pente ; 
- accompagnement végétal des grands équipements et 
des espaces d’activités économiques ; 
- réflexion sur les plantations de bord de route et chemine 
ments verts... 
L’imperméabilisation des sols doit être limitée voire réduite car elle accen-tue 
le réchauffement et augmente le ruissellement. 
En ville, la conception des aménagements d’espace public (voir chapitre 
espace public p 88) et des nouveaux bâtiments doit contribuer au confort 
climatique par le choix des orientations, des matériaux, de la différencia-tion 
de traitement des façades suivant leur orientation, la couleur et la 
nature des revêtements et l’accompagnement végétal adéquat. 
Anticiper les défis à venir 21
Créer de nouvelles formes urbaines 
Un modèle un peu exclusif 
Si l’habitat pavillonnaire est souvent décrié par les environnementalistes 
et les urbanistes c’est surtout parce qu’il n’apparaît pas compatible avec 
le développement durable : il est gourmand en espace, peu dense et 
donc difficile à desservir en transport en commun. De plus, il amplifie des 
logiques de zonage en créant des quartiers mono-fonctionnels dédiés 
à la résidence avec une mixité sociale souvent réduite. Pourtant, faute 
d’alternatives adaptées, il a répondu à l’aspiration des français à trouver 
des m2 moins chers hors des villes depuis plusieurs décennies. 
Offrir des alternatives crédibles 
Le défi consiste aujourd’hui (cf p 16 «accompagner le développement 
du pays») à offrir des logements attractifs en termes de prix, de surfaces 
et d’agrément qui évitent les travers de l’habitat pavillonnaire. Qui plus 
est, l’adaptation aux spécificités climatiques et environnementales lo-cales, 
aux attentes du Grenelle, doit être une source de créativité pour 
les architectes et promoteurs pour développer une nouvelle architecture 
en rapport avec son site d’implantation et ses données bio-climatiques. 
Une part majeure des nouveaux logements devra être proposée en 
ville et dans les coeurs de bourgs ruraux pour répondre à cet objectif 
d’économie de l’espace. Parallèlement il y aura nécessité de créer des 
équipements et des espaces publics facilitant le « vivre ensemble ». Il est 
intéressant de décortiquer les fonctions d’une parcelle de pavillon, on 
s’aperçoit qu’une part significative des usages pourrait être mutualisée 
et faciliter un partage plus profitable de l’espace : 
• jeux pour enfant dans son jardin -> jardin public ou collectif ; 
• potager individuel -> jardins familiaux ; 
• surcroît d’espace pour la quiétude -> les nuisances sonores et vi-suelles 
peuvent être réduites par une meilleure conception de l’ha-bitat 
et des limites séparatives entre parcelles, l’espace économisé 
peut alors être très important et permettre d’accueillir d’autres loge-ments 
ou d’autres fonctions ; 
CERNAY - PARC des rives de la Thur (ALSACE) - Des espaces de jeux à l’échelle d’un nouveau quartier 
Ce qui est difficilement remplaçable, c’est de disposer d’un espace permettant de se mettre 
au soleil, de manger à l’extérieur et de disposer d’un espace végétalisé (le contact avec la 
terre). Les nouveaux logements doivent donc intégrer cette demande dans tous les types de 
logement (collectif, intermédiaire, maisons groupées, maisons individuelles) et les espaces par-tagés 
de la vie de quartier. Il faut ici souligner l’importance des balcons, des terrasses et des 
petits jardins (Jean Viard, sociologue, parle d’au moins 1/3 du logement qui représenterait un 
espace extérieur permettant de répondre aux besoins des habitants). Certaines opérations de 
réhabilitation viennent d’ores et déjà greffer sur des bâtiments des balcons généreux créant 
de véritables extérieurs pour des logements qui en étaient totalement dépourvus. 
Ces dernières années, nous avons surtout vu des exemples intéressants à l’étranger. Peu à 
peu les concepts d’éco-quartiers ont gagné notre pays. Mais c’est bien une nouvelle manière 
d’habiter et d’organiser les espaces publics à l’échelle du territoire qui se joue. 
22 Anticiper les défis à venir
Les éco-quartiers apparaissent comme des laboratoires de 
modes d’habiter qui pourraient inspirer la conception des 
quartiers de demain. Mais quantitativement c’est l’habitat 
existant et ses espaces extérieurs qui gagneraient le plus à 
évoluer. Aussi certaines équipes du Grand Paris ont mon-tré 
le potentiel de renouveau et d’accueil des quartiers 
pavillonnaires anciens et des périphéries. Ils parviennent 
ainsi à accueillir plus de population dans ces quartiers en 
les diversifiant et en leur donnant de nouvelles qualités. Il y 
a là sans doute un gisement pour l’avenir. 
L’intensité urbaine synonyme de renouveau de la qualité 
de vie 
La densité est devenue un mot un peu tabou en France 
parce qu’il est souvent associé dans les représentations à 
l’image des tours et des cités. C’est pour cette raison que 
les urbanistes lui préfère le terme d’intensité urbaine, sy-nonyme 
d’une manière différente de vivre la ville et de 
Anticiper les défis à venir 23 
partager l’espace. 
Cette intensité n’est pas du tout synonyme d’édification 
systématique de tours dont on sait que le bilan énergé-tique 
(production des matériaux, construction, fonctionne-ment) 
est loin d’être exemplaire. Les tours ne parviennent 
pas non plus à répondre à nos attentes de qualité de vie. 
Il s’agit plutôt d’une imbrication de différentes formes 
d’habitat dans des quartiers plus en adéquation avec les 
attentes de proximité des habitants et limitant l’usage et 
la place de la voiture. Ces formes doivent naturellement 
s’adapter à la complexité des lieux et leur histoire et se 
diversifier suivant leur localisation (coeur de ville, secteur 
d’intermodalité, bourgs ruraux...). 
stockh ölm (su ède ) 
quartier embl ématique de 
hammarby - Sjöstad 
un nouvel espace de vie eta - 
bli sur une friche industrialo - 
portuaire au coeur de la ca - 
pitale su édoise . 
le quartier est construit les 
pieds dans l’eau et offre un 
cadre de vie exceptionnel au 
quotidien pour 30 000 nou - 
veaux habitants . le nombre de 
logement S est tr ès important 
mais la conception du quar - 
tier joue sur une relation a la 
nature et à l’eau qui cr ée une 
diversit é d’ambiances et d’es - 
paces publics remarquable . 
Le coeur de stockh ölm peut 
être rejoint en quelques mi - 
nutes au moyen d’un bac , d’un 
tram way ou par les modes 
doux . 
pont -audemer - zac des étangs 
(27) 
un quartier de maisons 
contemporaines (habitat so - 
cial ) de forte densit é offrant 
des jardins privatifs et des 
espaces publics généreux . la 
densit é se conjugue ici aussi 
avec la qualit é de vie et le dé-veloppement 
durable .
24
25 
II-Un développement en résonance 
avec les singularités du territoire
Un développement en résonance avec les singularités du territoire 
Un espace de développement dynamique 
La Pointe de Caux représente de part son positionnement géogra-phique 
un espace d’enjeux stratégique. L’ambition de constituer 
une métropole maritime internationale mobilise le territoire. La Zone 
Industrialo-Portuaire est reconnue comme le moteur et le symbole 
de l’activité économique de l’Estuaire. 
Carte de perception de l’espace a l’échelle du grand territoire 
Ce carrefour international est identifié principalement par son port, 
ses terminaux containers et son industrie pétrochimique : une logique 
de flux dans une économie mondialisée. Pour autant, ce territoire 
fonctionnant sur une dualité plateau/mer-estuaire, dispose d’atouts 
complémentaires souvent méconnus et susceptibles de permettre 
un ancrage territorial fort et porteur d’attractivité : 
- une façade maritime impressionnante (les hautes falaises de la 
côte d’Albâtre) ; 
- un estuaire recelant une grande richesse écologique (2e roselière 
de France) et des espaces spectaculaires (ponts, falaises, Seine...) ; 
- un plateau de Caux disposant de terres d’une rare fertilité et d’une 
organisation unique au monde (« plaine » et clos-masures) ; 
- une ville-port véhiculant une forte identité ; 
- des espaces plus intimes au sein des vallées et valleuses ; 
- des ciels et des lumières immortalisés par le mouvement impres-sionniste 
... 
Changer les usages et les perceptions 
Finalement, cet espace, qu’on limite parfois à sa dimension indus-trielle, 
donne à voir un panel de milieux et une diversité de paysages 
qui constituent un cadre de vie original. Le diagnostic de l’étude 
a permis d’en identifier les composantes principales (cf carte des 
entités paysagères page de droite). 
Il s’agit désormais de nous projeter dans l’avenir de manière 
constructive. Comment mieux tirer parti des nombreux atouts de ce 
territoire ? Comment mieux associer des thématiques que l’on op-pose 
le plus souvent : tourisme & industrie, ville & nature, agriculture 
& environnement, développement économique & qualité de pay-sage 
? Comment tenir compte de la vocation des espaces et de la 
qualité des sites qui seront aménagés pour en tirer le meilleur parti ? 
En se penchant sur ce que pourrait être la métropole du XXIe siècle, 
la métropole de l’après Kyoto, les équipes pluridisciplinaires du 
Grand Paris ont plébiscité la « ville-territoire » : « Seule la grande 
échelle permet d’atteindre les objectifs de l’après-Kyoto » - Antoine 
Grumbach & Associés - Le Grand Pari - Février 2009. Le concept 
de développement durable impose en effet une vision solidaire 
entre rural et urbain, des imbrications positives entre ville, industrie, 
agriculture et nature. De meilleures interactions entre les différentes 
composantes du pays apporteraient bien plus de bienfaits qu’une 
logique de confrontation ou de zonage : bien-être des popula-tions, 
amélioration du bilan carbone, optimisation de la gestion des 
26 Un développement en résonance avec les singularités du territoire
Entités paysagères 
© AURH 2009 − © CODAH − © CCSRC − GPMH − Chambre d’Agriculture 76 − ® BD TOPO Pays - © IGN - Paris - 2008 − BD CARTO - © IGN - Paris 2002 − ® BD ALTI - © IGN - Paris - 2002 − 
Un développement en résonance avec les singularités du territoire 27
Un développement en résonance avec les singularités du territoire 
ressources et des déchets... « En matière d’aménagement, il s’agit 
d’un changement de paradigme, où l’espace agricole n’est plus 
un vide ni une variable d’ajustement mais une part du système, aus-si 
incontournable que l’espace bâti » - Antoine Grumbach & Asso-ciés 
- Le Grand Pari - Février 2009. 
A l’occasion d’une conférence organisée dans le cadre du Grenelle 
de l’Estuaire (6 mai 2009), Suren Erkman, directeur du groupe «Eco-logie 
industrielle» à l’université de Lausanne, nous invitait à aborder 
le fonctionnement d’un territoire comme celui d’un être vivant (lo-gique 
du métabolisme territorial). Cette manière de penser invite à 
considérer les déchets des uns comme des matières premières pour 
les autres, à imaginer de nouvelles synergies de fonctionnement et 
à évaluer le caractère soutenable de nos activités (quelles sont les 
limites à ne pas dépasser ?). 
Le paysage et l’environnement ne peuvent s’envisager comme 
des rubriques s’ajoutant à une longue liste d’obligations. Ils doivent 
s’inscrire dans un processus de réflexion global d’aménagement du 
territoire. 
Répondre à une attente d’attractivité plus forte 
L’attractivité du territoire et le développement du tourisme passent 
par une valorisation concrète du cadre de vie : rendre notre pays 
plus accueillant, plus agréable à habiter, exprimer ses potentiels. 
Le paysage n’est pas un décor, c’est un lieu de vie et de travail qui 
évolue au gré des effets combinés d’éléments naturels, humains, 
économiques et culturels : il reflète la dynamique du territoire et ré-sulte 
de l’ensemble des décisions prises par les élus et les différents 
acteurs. Le paysage et l’environnement représentent un patrimoine 
commun porteur d’identité. 
Aussi, les propositions de l’étude doivent-elles contribuer au projet 
de développement du pays en : 
• Donnant de nouveaux atouts de développement : la qualité 
du paysage et de l’environnement constitue un atout d’attrac-tivité 
et de promotion économique et touristique ; 
• Renforçant l’identité de notre territoire et en améliorant son 
image : assumer, valoriser et mettre en scène ses spécificités ; 
• Contribuant à faire des choix adaptés en matière d’aménage-ment 
: aménager en fonction des vocations dominantes des 
espaces ; 
• Préservant et valorisant notre patrimoine commun : transmettre 
un capital ; 
• Favorisant la création de nouveaux paysages. 
Plusieurs niveaux de réponse à envisager 
Pour effectuer un travail efficace sur le paysage, l’environnement, 
l’agriculture et le tourisme, thématiques attendues dans cette 
étude, il faut nécessairement pouvoir agir à différents niveaux : 
> à l’échelle du territoire : 
• Accompagner le projet du SCoT au travers d’une attention plus 
forte autour des questions paysagères et environnementales 
(des logiques d’aménagement plus transversales) ; 
• Révéler les grandes trames d’organisation et de circulation du 
vivant à l’échelle du pays (trame verte et bleue notamment) ; 
• Prendre mieux en compte l’agriculture dans l’aménagement 
du territoire ; 
• Soigner la mise en scène du pays ; 
> sur des thèmes à enjeux : 
• Elargir la notion de tourisme ; 
• Donner une dimension de cadre de vie et d’écologie aux amé-nagements 
liés à l’eau (protection de la ressource, gestion des 
ruissellements et des inondations...) ; 
28 Un développement en résonance avec les singularités du territoire
• Structurer les liaisons douces ; 
• Travailler sur une meilleure définition des interfaces (ex : transition 
entre les extensions urbaines et l’agriculture) ; 
• Proposer une évolution des structures paysagères identitaires ; 
• Réfléchir à la place de la nature en ville. 
> à l’échelle plus locale de la commune et des différents projets : 
• Penser le paysage et les espaces publics comme des liants ; 
• Disposer le mobilier urbain, la signalétique, les clôtures dans un souci 
de cohérence et d’unité ; 
• Intégrer les traces du passé dans les aménagements contempo-rains 
(arbres remarquables, qualité de sol, petit patrimoine...); 
• Offrir du confort aux piétons et aux vélos ; 
• Favoriser la présence de la nature (plantations, hydraulique douce, 
haies diversifiées...). 
> en préparant l’avenir : 
• Saisir l’opportunité du Grand Paris / Axe Seine ; 
• Garantir la sécurisation alimentaire et la ressource en eau ; 
• Anticiper les conséquences du réchauffement climatique... 
Un développement en résonance avec les singularités du territoire 29
30
31 
III-Multiplier les interactions entre ville, 
industrie, agriculture et nature
Accompagner le développement du pays 
Proposer une relation équilibrée entre l’urbanisation nécessaire et 
les attentes de proximité avec l’agriculture et la nature 
Ces dernières décennies notre territoire a connu un développe-ment 
important de l’habitat, des espaces d’activités économiques 
et commerciales et des infrastructures (cf schémas ci-contre). Ce 
qui est questionnant c’est que cette croissance importante des sur-faces 
bâties gagnées majoritairement sur l’agriculture s’est faite à 
population quasi constante et en tenant peu compte de la qualité 
des espaces dans laquelle elle se réalisait. Deux tendances lourdes 
caractérisent le développement des dernières décennies : 
• une urbanisation en tâche d’huile de l’agglomération ; 
• une dissémination de l’habitat individuel sur l’ensemble des 
communes périphériques et «rurales», en particulier dans les ha-meaux. 
L’urbanisation linéaire apparaît comme un trait complémentaire, 
l’exemple le plus flagrant étant représenté par la départementale 
6015. 
Notre SCoT propose un projet ambitieux, il ne s’agit pas d’en limiter 
le développement mais d’enrichir certains aspects. Le mode de dé-veloppement 
connu jusqu’alors tend à se faire au détriment de no-tre 
agriculture, principalement par sa tendance au mitage et offre 
une image parfois peu flatteuse de notre territoire. 
Si la Manche et la Seine nous imposent des limites à l’Ouest et au 
Sud, elles nous offrent en contrepartie des horizons et un cadre de 
vie privilégiés (la mer, l’estuaire). Logiquement, ces limites intangi-bles 
accentuent la dynamique d’urbanisation vers le Nord-Est. La 
DTA donne des éléments d’arbitrage, notamment dans le partage 
de l’estuaire entre l’industrie et la réserve naturelle, mais elle ne dé-finit 
pas les modalités de développement urbain vis à vis de l’agri-culture 
et des espaces de nature plus ordinaires. Dans le respect 
du SCoT approuvé, l’étude propose d’accompagner le dévelop- 
1975 
2003 
1997 
2008 
développement de l’urbanisation du pays de 1975 à 2008 
sCHéMATISATION de l’état actuel du développement de la pointe de caux 
32 Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature
pement dans le sens d’une imbrication plus importante du bâti, de la 
nature, de l’agriculture et de l’industrie. 
Un dialogue plus riche entre les différentes composantes du pays 
Les schémas ci-contre proposent une orientation vers un scénario pri-vilégiant 
les imbrications citées à l’instant. La forme proposée reste 
conceptuelle - pour se rapprocher de la réalité, elle devrait prendre 
mieux en considération la topographie, les opportunités offertes par 
l’arrivée du tramway, de la rocade nord, la question de l’avenir de 
l’aéroport... - mais représente néanmoins un premier axe de travail qui 
invite à lier d’avantage l’urbanisation à son environnement. La proxi-mité 
d’espaces ouverts pour le plus grand nombre permet d’assurer 
de vraies alternances ville/agriculture/nature, d’organiser un cadre de 
vie agréable et d’accepter une plus forte intensité urbaine au Havre et 
dans les communes périphériques. 
L’image de la Zone industrialo -portuaire est valoris ée par des rapports ma îtris és 
entre les diff érentes activit és et la place de la «nature » 
La forêt de Montgeon et le Parc de Rouelles représentent deux bons 
exemples de respirations profitables pour les habitants. Dans un autre 
registre, la Zone Industrialo Portuaire donne à voir une forme d’imbri-cation 
forte entre l’industrie, les terminaux à containers, l’eau (canaux, 
bassins, mares) et une nature tantôt maîtrisée, tantôt proche de celle 
du reste de l’estuaire. Cette configuration génère une diversité d’am-biances 
et de panoramas qui construit l’image d’une zone industrielle 
en résonance avec son lieu d’implantation. 
Pointe de caux - état actuel 
Pointe de caux - état projet é 
SCéNARIO CLASSIQUE D’évolution en tache d’huile : 
L’urbanisation progresse sans tirer parti des spécificités du territoire et de son environnement. 
Elle reste «imperméable» à l’agriculture et à la nature qui se retrouvent repousser toujours 
plus loin. Cette configuration n’offre pas d’espace de respiration aux habitants diminuant 
de fait l’attrait de leur cadre de vie. Comment maîtriser l’image de ce mode d’urbanisation 
diffuse ? Quelle qualité de vie nous procure cette configuration ? 
Pointe de caux - état actuel Pointe de caux - état projet é 
SCéNARIO d’imbrication entre l’urb Anisation et son environnement : 
Une urbanisation ménageant des espaces de partage. L’agriculture et la nature participent 
à l’organisation et la structuration de l’urbanisation en apportant de fortes plus-values : es-paces 
de proximité variés pour les habitants, diversité de paysages. Les extension urbaines 
s’inscrivent dans une logique d’imbrication plus compatible avec le développement dura-ble. 
Le Havre et les villes périphériques poursuivent un développement urbain plus intense et 
en rapport avec les qualités des sites qui les bordent et les interpénètrent. 
sCHéMATISATION de L’évolution possible de la pointe de caux (SUD-OUest du pays ) 
Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature 33
Accompagner le développement du pays 
A contrario, la progression en tâche d’huile tendrait à déplacer 
toujours plus loin la limite entre l’urbanisation et des espaces plus 
ouverts. En ne préservant pas de respirations agricoles ou de nature, 
ce type d’urbanisation restreindrait les possibilités de contact avec 
ces milieux. Or répondre à la demande de nature et de cadre de vie 
des citadins constitue une piste reconnue pour stopper l’étalement 
urbain et l’accroissement des déplacements. 
Plus précisément, les habitants quittent la ville pour deux raisons : 
- le prix du foncier qui leur rend difficile l’acquisition d’un bien suffi-samment 
spacieux en ville ; 
- leur désir de nature (sauvage et cultivée) insatisfait. 
Le sociologue Jean Viard, lors d’une conférence pour le grenelle de 
l’estuaire, insistait sur l’importance de cette attente : « les gens ont 
envie de proximité parce qu’ils ont besoin de rapport au vivant». 
Selon Jean Viard, la figure du pavillon avec son grand jardin est 
une aspiration qui pourrait évoluer pour peu qu’une norme pour les 
logements de 2/3 d’intérieur pour 1/3 d’extérieur se mette en place. 
Elle permettrait à chacun de posséder au moins une terrasse ou un 
balcon spacieux. Cet espace extérieur répondrait déjà aux atten-tes 
de la plupart des citoyens. « Cette transformation du logement, 
notamment populaire, est une des clés, y compris pour que les gens 
soient heureux d’habiter en ville. » 
Des espaces de qualité et des contraintes à mieux prendre en 
compte dans les dynamiques de développement 
Sur les espaces de plateau de l’agglomération, à proximité des 
grands axes routiers et des secteurs desservis ou qui le seront par 
des transports performants (LER, Tramway...), notre territoire subit 
logiquement une forte pression foncière. C’est sur ces espaces 
que se construit, de manière dynamique, la ville de demain. Les 
arbitrages doivent s’y faire prioritairement pour définir le type de 
développement souhaité et par extension maîtriser l’image future 
UN secteur de pression fonci ère dans lequel on identifie 
des espaces d’int érêt paysager et environnemental 
UN secteur de pression fonci ère dans lequel Les questions 
de gestion de l’eau apparaissent déterminantes 
34 Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature
du pays. Quelles limites se donner et à quelle échéance ? Comment 
accueillir l’urbanisation dans les meilleures conditions possibles ? Com-ment 
conserver une agriculture de proximité ? Comment faire rentrer la 
nature dans la ville ? Quelles formes urbaines créer ? 
L’étude propose d’indiquer les espaces d’enjeux à prendre en compte, 
d’esquisser leur possible évolution, pour maîtriser les futures zones d’in-terface 
entre la ville, les activités, la nature et l’agriculture. 
Les cartes de cette double page invitent à considérer les atouts et les 
contraintes du territoire sur le secteur du pays soumis à la plus forte pres-sion 
foncière et d’en tirer des pistes de projet qui seront développées 
dans les pages qui suivent. Les vallées de Rouelles et du Saint-Laurent 
semblent naturellement se prolonger. Elles proposent un cadre paysa-ger 
et un environnement très appréciés des habitants. Cela constitue 
les bases possibles d’une continuité verte structurante qui permettrait 
de relier la vallée du commerce au littoral. Les ensembles naturels ainsi 
mis en réseau prendraient un sens et deviendraient lisibles à l’échelle 
du pays. 
Le développement attendu de l’urbanisation rend nécessaire de faire 
des choix quant aux espaces agricoles à maintenir dans ce secteur 
sous forte pression foncière afin de créer une alternance ville / campa-gne 
favorable à l’agriculture de proximité et au cadre paysager. Trois 
espaces dont les vocations apparaissent complémentaires semblent 
prédisposés à ce rôle d’articulation et d’échange entre l’urbanisation 
et les espaces de grande culture (cf carte ci-contre) : 
• Un espace agricole littoral riche de sa diversité (élevage, maraîcha-ge, 
grandes cultures) et garant de la qualité du paysage côtier; 
• Un espace compris entre Octeville-sur-Mer, Fontaine-la-Mallet et le 
Nord du Havre qui constituera une porte agricole de l’aggloméra-tion 
vers les espaces de grande culture du Plateau de Caux ; 
• Un espace agricole reprenant en grande partie le périmètre du 
bassin d’alimentation de captage du Saint-Laurent, ressource en 
eau stratégique pour le territoire. 
UNE premi ère perspective int éressante : Structurer une grande continuit é verte de la vall ée 
du commerce jusqu ’à la mer pour assurer une respiration a l’échelle du pays 
UNE deuxi ème possibilit é : associer des espaces agricoles a enjeux pour cr éer 
une premi ère armature verte a l’échelle du pays 
Un développement en résonance avec les singularités du territoire 35
Elaborer une Trame Verte et Bleue 
éléments de la trame bleue 
éléments de la trame VERTe 
Une première approche écologique 
Dès la phase enjeux de l’étude avait été évoqué l’intérêt de révéler 
une structuration du pays par ce qui avait été défini comme une 
«charpente paysagère et environnementale». En effet, il s’agissait 
de rendre lisible à l’échelle du pays un réseau d’espaces de qualité 
assurant la cohésion paysagère et environnementale du territoire. 
Les termes varient suivant les territoires : charpente ou armature ver-te 
pour certains, trame verte et bleue ou infrastructure verte pour 
d’autres. En utilisant un terme emprunté au monde du transport cet-te 
dernière appellation évoque bien la logique de mise en réseau et 
la dynamique d’échanges attendues. 
Notre patrimoine environnemental et paysager tend à se fragmen-ter 
faute d’une vision globale de son organisation et de son fonc-tionnement. 
Au sens du Grenelle de l’environnement, la constitu-tion 
d’une trame verte et bleue s’inscrit dans la volonté d’enrayer 
la perte de biodiversité nationale, en préservant et restaurant les 
continuités écologiques entre les milieux naturels. 
La continuité verte Est-Ouest évoquée dans la page précédente 
constitue un axe structurant de la trame verte et bleue du Pays Le 
Havre Pointe de Caux Estuaire. En assurant d’autres liens (corridors 
ou continuités) entre les différents espaces de nature du territoire, il 
devient possible d’organiser un réseau propice à la circulation des 
espèces. A minima, il s’agit de relier les coeurs de nature c’est à dire 
les « réservoirs » principaux de biodiversité entre eux. 
Les bases de la trame verte et bleue du pays Le Havre Pointe de 
Caux Estuaire 
Pour commencer, ont été recensés les éléments susceptibles de 
constituer cette trame. Une première définition des éléments de la 
trame bleue y intègre la mer, le réseau hydrographique, les canaux, 
le littoral repr ésente un réservoir de biodiversit é 
la réserve naturelle abrite la 2e roseili ère de france 
Parc de Rouelles - importance des Coteaux bois és et prairies 
36 Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature
ébauche de la trame verte et bleue 
les axes de ruissellement, les périmètres de protection de captage,..., 
donnant lieu à la carte « éléments de la trame bleue ». De manière 
comparable, les éléments composant la trame verte sont identifiés : 
réserve naturelle, espaces remarquables du littoral, espaces naturels 
sensibles, ZNIEFF,..., ce qui permet d’établir la deuxième cartographie. 
La rapprochement des deux cartes donne une première ébauche de 
trame verte et bleue représentée ci-contre. La ZIP en mutation perma-nente 
gagnera à se relier au dispositif en définissant une trame verte et 
bleue adaptable à son échelle. 
Quelques repères sur la prise en compte de la biodiversité 
Suite au sommet de Rio en 1992 (convention de la biodiversité), une stratégie 
suscitée par L’ONU et le Conseil de l’Europe a été mise en place pour enrayer 
la baisse, voire assurer une reconquête de le biodiversité. Elle a été validée 
par les 55 pays présents à la Troisième Conférence ministérielle intitulée « 
Un environnement pour l’Europe » réunie en octobre 1995 à Sofia (Bulgarie). 
Dans les années qui ont suivi, différentes conférences se sont tenues dont la 
décision la plus marquante a été celle de mettre en place un réseau écolo-gique 
paneuropéen (ou REP) qui couvre toute l’Europe. Il constitue l’un des 
principaux objectifs de la Stratégie paneuropéenne pour la protection de 
la diversité biologique et paysagère, et permet de mettre en oeuvre la straté-gie 
relative à la conservation et la gestion des écosystèmes, des habitats, des 
espèces et des paysages dans une perspective de développement soutenable. 
Ce réseau doit être subsidiairement mis en place par les états membres, avec 
le soutien de l’Europe, et la nécessaire collaboration d’échelons locaux tels 
que régions, départements, agglomérations, parcs naturels, pays, communes, 
etc..., l’Europe s’occupant subsidiairement des échelles, corridors, sites et 
espèces dites d’importance européenne. Aujourd’hui en France, le grenelle de 
l’environnement décline plus précisément les choses au travers du concept 
de trame verte et bleue. 
La Région Haute-Normandie et la DREAL finalisent actuelle le Schéma Ré-gional 
de Cohérence Ecologique qui devra être pris en compte dans les SCoT. 
Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature 37
Trame verte et bleue proposée 
L’addition des principaux espaces naturels et du réseau hydrographique 
du territoire (cf détail de la légende) constituerait l’ossature de la trame 
verte et bleue cartographiée sur la page suivante. 
Si une grande partie des éléments constituants semble s’organiser sponta-nément 
en réseau il n’en demeure pas moins que des ruptures subsistent. 
Pour optimiser le fonctionnement de la trame verte et bleue des principes 
de continuités sont proposés (cf schéma ci-contre). Ils pourront être mis en 
place de manière volontariste, à la faveur du renouvellement des docu-ments 
d’urbanisme et des projets d’aménagements du territoire (infras-tructures 
routières et ferroviaires, dispositifs de gestion des eaux pluviales et 
ruissellement...). Les nouvelles infrastructures, les extensions urbaines éven-tuelles 
croisant la trame devront proposer des dispositifs adéquats pour le 
maintien ou la création de continuités. Le cas échéant des mesures de 
compensation pourront être envisagées. 
Elaborer une Trame Verte et Bleue 
Assurer des continuités à toutes les échelles 
Suite au sommet de Rio en 1992, il a été décidé de mettre en place 
un réseau écologique paneuropéen (ou REP) qui constitue l’un des 
principaux objectifs de la Stratégie paneuropéenne pour la protec-tion 
de la diversité biologique et paysagère, et permet de mettre 
en oeuvre la stratégie relative à la conservation et la gestion des 
écosystèmes, des habitats, des espèces et des paysages dans une 
perspective de développement soutenable. (> Cf encadré page pré-cédente) 
Aujourd’hui en France, Le grenelle de l’environnement porte le 
concept de trame verte et bleue. Pour anticiper et raccorder notre 
trame à celle qui sera définie théoriquement en 2012 à l’échelle 
nationale et celle des régions, nous avons esquissé la forme pro-bable 
d’une trame à une échelle plus large que celle de notre pays 
(cf cartographie ci-dessous). 
Coeurs de nature 
et continuités 
principales 
à établir 
dans un périmètre 
élargi 
© AURH 2009 − GPMH − © IGN - Paris 2003 − 
Fontaine -la -mallet - un bassin de rétention de la codah compl étant le dispositif de lutte contre les 
inondations - le maintien en eau du fond du bassin et la pr ésence D’il ôts cr éent un int érêt faunis - 
tique , floristique et paysager . Ce bassin se situe sur une des continuit és possibles pour am éliorer le 
fonctionnement écologique de la trame verte et bleue du pays 
38 Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature
Les bases de la trame verte et bleue - Premières propositions 2009 
NB : Cette carte est indicative, elle n’a aucune valeur réglementaire 
mais elle constitue le socle de la carte thématique du SCoT 
© AURH 2009 − © CODAH − © Caux Estuaire − GPMH − Chambre d’Agriculture 76 − ® BD TOPO Pays - © IGN - Paris - 2008 − BD CARTO - © IGN - Paris 2002 − ® BD ALTI 
qui a été approuvé en février 2012 
Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature 39
Optimisation du fonctionnement de la trame verte et bleue du PAYS par des principes de continuit és 
Nature des continuités 
Fonds de vallées et axes de ruissellement sont par essence propices 
à ces continuités, ce qui explique leur localisation dans le schéma 
proposé. 
Une continuité verte peut se résumer à des éléments modestes 
(chemin agricole arboré, axe de ruissellement enherbé, espace vert 
de quartier) ou avoir des dimensions plus généreuses (prairies, boise-ments, 
parcs publics…). 
La trame peut être encore étoffée par l’augmentation des surfaces 
enherbées, des plantations adaptées, le rétablissement des conti-nuités 
des rives de cours d’eau, des passages à faune, l’adaptation 
des ouvrages de rétention d’eaux pluviales, etc. 
Elaborer une Trame Verte et Bleue 
Deux continuités majeures structureraient le dispositif : 
• Une continuité est-ouest de la vallée du commerce jusqu’au 
littoral est à établir en reliant les espaces de nature conséquents 
(Vallée du commerce, Vallée du Saint-Laurent, Parc de Rouel-les, 
Forêt de Montgeon, Littoral)- cf page 19. 
• Une continuité nord-sud doit prendre place dans l’axe de la Lé-zarde 
qui s’y prête tout particulièrement. 
Des continuités complémentaires doivent étoffer le système en 
empruntant notamment les vallons et les axes de ruissellement. Les 
principales sont cartographiées de manière indicative (cf schéma 
de principe ci-contre). 
On peut également imaginer que cette trame puisse s’enrichir des 
espaces maintenus à l’état de nature ou gérés en prairie dans le 
cadre des PPRI et PPRT à venir. 
Le Havre - MONTGAILLARD - Les Parcs apparaissent comme des éléments de la trame verte et 
bleue proches des habitants , accueillant les liaisons douces 
40 Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature
Une trame verte et bleue multifonctionnelle 
Identifier et améliorer le fonctionnement d’une « armature écologique 
et paysagère » au profit de la biodiversité et du cadre de vie constitue 
sans doute une première étape dans l’élaboration de la trame. 
Bien entendu, il s’agit de conserver les espaces de grande qualité éco-logique 
mais pas seulement. Il apparaît tout aussi important de valoriser 
leurs différents potentiels et en faire bénéficier les habitants. 
Montivilliers - lézarde et bief - la continuit é hydrographique , est aussi une continuit é éco - 
logique - un chemin pi éton -velo agr éable permet de profiter de ces ambiances . 
En effet, cette trame doit répondre aux spécificités de notre territoire 
et à ses attentes. Elle doit donc participer à son attrait (espaces de na-ture 
de proximité, cadre paysager), à l’accueil de liaisons douces et 
intégrer une part importante des espaces dévolus à la gestion de l’eau 
(bassins de rétention, périmètres de captage…). 
Accueillir des liaisons douces 
saint -laurent -de -br èvedent - le fond de vall ée du saint -laurent dispose de noues discr ètes et de 
prairies inondables favorables à la biodiversit é et offrant un cadre paysager tr ès appr éci é 
Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature 41
Conforter la place de l’agriculture 
L’accélération du recul des surfaces dévolues à l’agriculture rap-pelle 
l’importance d’un projet de territoire intégrant plus lisiblement 
la dimension agricole 
L’agriculture dispose de sols d’une rare fertilité et joue un rôle éco-nomique 
certain sur notre territoire. Elle gère également une grande 
partie des « espaces de respiration ». Les activités agricoles plus 
proches de la ville doivent composer avec des contraintes spéci-fiques 
mais peuvent également bénéficier de cette situation en se 
diversifiant et en proposant des services de proximité appréciés des 
habitants (approvisionnement en circuit-courts, loisirs verts, enrichis-sement 
du cadre de vie…). 
Le paradoxe de l’agriculture est de susciter toujours plus d’attentes 
de la part des citoyens tout en cédant toujours plus de surfaces au 
profit d’autres formes de développement (habitat, zones d’activi-tés, 
infrastructures). Le comble est que le désir de nature/agriculture 
des habitants non assouvi en ville est un des moteurs principaux de 
son recul (cf référence à Jean Viard p.18). En effet, en allant s’instal-ler 
en milieu rural pour se « mettre au vert » une part de la population 
consomme le territoire agricole qui la faisait venir pour construire de 
l’habitat individuel. Ces dernières décennies, le mouvement s’est 
accéléré, tant et si bien que l’étalement urbain est devenu la pre-mière 
préoccupation des spécialistes de la planification et de la 
prospective. L’objectif principal de la loi SRU est d’ailleurs l’écono-mie 
de l’espace. PLU et SCoT doivent s’y employer. 
Aujourd’hui, de nombreuses raisons poussent à limiter la consomma-tion 
des terres agricoles : garantir une sécurisation alimentaire des 
populations, freiner l’imperméabilisation des sols, assurer une qualité 
de cadre de vie et un développement équilibré du territoire. Les ter-res 
agricoles participent à équilibrer le bilan carbone de l’industrie, 
des transports et de l’habitat, ce qui milite, comme nous l’avons vu 
dans les pages précédentes, pour une réelle solidarité urbain-rural. 
Deux axes importants sont ici proposés : 
• Le premier vise à réduire le mitage sur l’ensemble du pays. Cet-te 
dispersion du bâti est particulièrement préjudiciable à l’agri-culture 
et notamment aux éleveurs. 
• Le deuxième consiste à garantir dans des espaces sous forte 
pression foncière, à proximité des populations urbaines, la pé-rennité 
d’espaces agricoles variés. Sans garantie sur le foncier, 
l’activité agricole peine à s’organiser autour de l’aggloméra-tion 
et donne lieu à un paysage d’attente qui semble même 
appeler l’urbanisation. Ces espaces rares sont pourtant porteurs 
d’enjeux multiples pour l’avenir du pays. 
La réduction du mitage : une priorité 
En interdisant la création ou l’extension de hameaux nouveaux, le 
pays peut régler un des problèmes majeurs de l’agriculture et no-tamment 
de l’élevage. 
Le diagnostic agricole de la chambre d’agriculture 76 a mis en exer-gue 
des éléments clés pour appréhender cette situation : 
• Les exploitations ont besoin de maintenir des ensembles parcel-laires 
vastes et cohérents pour optimiser leur activité (le morcel-lement 
est une forte contrainte); 
• Les espaces agricoles en contact avec l’urbanisation ne ces-sent 
d’augmenter du fait de l’accroissement de la dispersion 
du bâti. Les normes imposent des reculs pour les implantations 
de nouveaux bâtiments agricoles et pour les épandages qui 
rendent la cohabitation difficile voire impossible avec l’habitat. 
Une maison peut mettre en péril le devenir d’une exploitation ; 
• Les investissements liés aux mises au norme, au matériel ou 
encore aux bâtiments sont très importants dans l’agriculture 
traditionnelle. Dès lors, les exploitants ont besoin d’une lisibilité 
foncière d’une quinzaine d’années pour adapter leur outil de 
production et assurer l’équilibre économique de leur projet. 
42 Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature
Extrait d’une note de François Léger - Enseignant-chercheur au 
ministère de l’agriculture et à Agro-Paris-Tech 
«Les espaces agricoles, cadre de vie ou facteur de production ?» 
Cette note tente une synthèse plus ou moins subjective des débats lors des 
ateliers « cadre de vie » et « espaces naturels et espaces agricoles » lors de 
la phase diagnostic du grenelle de l’estuaire de la Seine. 
François Léger – avril 2009 
«> Un impératif pour préserver les espaces agricoles : penser l’agricul-ture 
dans le territoire et le projet de territoire. 
L’enjeu de la préservation des espaces agricoles,..., impose que les activi-tés 
agricoles deviennent une composante à part entière d’un projet de ter-ritoire, 
qui les envisage dans toutes leurs dimensions, écologiques, écono-miques, 
sociales, techniques, à l’échelle du territoire lui-même mais aussi 
au-delà de celui-ci.» 
Il faut réfléchir en termes de marchés. Si on considère qu’il convient de 
privilégier une logique d’approvisionnement local, comment les agricul-teurs 
doivent-ils définir leurs systèmes productifs pour s’ancrer durable-ment 
dans leur territoire ? ...Si on considère ... (que l’avenir de l’agricul-ture) 
ne peut se jouer que dans l’articulation entre local et global, comment 
organiser cette articulation et, en particulier, permettre la coexistence de 
différents systèmes dont les contraintes et les moyens d’agir seront néces-sairement 
différents ? 
Les systèmes techniques correspondant existent... mais imposent en effet 
des connaissances et des compétences spécifiques, qui ne peuvent s’acqué-rir 
du jour au lendemain... 
> Un impératif pour penser l’agriculture dans le territoire et le projet de 
territoire : préserver les espaces agricoles. 
La définition d’un projet agricole pour le territoire, accepté par tous les 
acteurs ... apparaît comme une condition impérative à la préservation du-rable 
des espaces agricoles... Le problème est qu’un tel projet n’est réali-sable 
sur le moyen et le long terme qu’à la condition qu’une politique réso-lue 
de préservation de la vocation agricole des espaces agricoles soit mises 
en oeuvre dès maintenant... La question foncière demeure un élément clef. 
... Le foncier agricole ne bénéficie pas d’un même appareil de protection 
légale que les espaces naturels remarquables ou les espaces classés à ris-ques. 
La loi d’orientation agricole de 1999 a créé le statut de zone agricole pro-tégée. 
Il érige la « vocation agricole » d’un territoire en « servitude d’uti-lité 
publique ». Toutefois, cette procédure récente et lourde a été très peu 
mise en oeuvre. On a vu que l’un des obstacles principaux à la préservation 
des espaces agricoles était lié justement au fait que leur valeur était démul-tipliée 
dès lors qu’ils étaient susceptibles de devenir constructibles. 
Des débats sont actuellement en cours autour de l’intérêt qu’il y aurait à 
dissocier la propriété foncière du droit à construire, comme cela se prati-que 
dans d’autres pays européens...» 
Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature 43
Trois espaces et trois types d’agriculture (cf carte ci-contre) : 
• L’agriculture littorale (Cauville-sur-Mer et Octeville-sur-Mer) 
Les atouts bio-climatiques du bord de mer, la qualité des sols 
et la proximité du bassin de consommation de l’aggloméra-tion 
havraise prédisposent ce secteur à la production de den-rées 
de qualité en circuits-courts. Le maraîchage et l’élevage 
aujourd’hui présents mais en régression par rapport aux gran-des 
cultures doivent être encouragés. 
octeville -sur -mer - Grandes cultures et Mara îchage 
La grande valeur paysagère de ce secteur tient, en grande 
partie, aux dégagements vers le littoral qui sont aujourd’hui 
entretenus et mis en valeur par des espaces agricoles diversifiés 
(importance de la loi littoral). Cette orientation va dans le sens 
d’un maintien de la qualité du site, facteur d’attractivité pour le 
tourisme (liaison Le Havre – Etretat – Fécamp). 
Conforter la place de l’agriculture 
Le mitage maîtrisé, le développement du bâti se ferait en lien avec 
l’urbanisation des bourgs et des tissus urbains constitués en ne se dis-persant 
plus dans l’ensemble du territoire. Les hameaux pourraient 
simplement être densifiés. 
Seules des opérations exceptionnelles de type pôle-gare ou ha-meau 
parfaitement intégrées à l’environnement pourraient voir le 
jour en dehors des zones bâties principales. 
Préserver des secteurs clés pour assurer la cohérence et la richesse 
du territoire de demain 
Le type de développement de l’agglomération des dernières dé-cennies 
s’est fait au détriment de l’agriculture de proximité (maraî-chage, 
élevage laitier…). L’espace intermédiaire entre la ville et les 
grandes cultures qui accueillait ces activités très diversifiées a quasi-ment 
disparu. Un rapport frontal entre développement urbain et les 
espaces de grandes cultures a remplacé cette transition subtile de 
l’un à l’autre. Nos paysages s’en sont trouvés appauvris. 
L’imbrication ville/agriculture, ville/nature qui présente de nombreux 
atouts pour la métropole durable est encore possible pour peu que 
l’on préserve des espaces agricoles dans des secteurs stratégiques 
sous forte pression foncière. C’est la démarche qui a été proposée 
lors des ateliers agriculture/ville entre décembre 2008 et mai 2009 et 
croisée ensuite avec les autres thématiques de l’étude paysagère 
et environnementale. 
Trois espaces agricoles spécifiques ont été proposés pour leurs 
qualités actuelles mais également pour leur potentiel dans les pro-chaines 
années. Ils seront au coeur et participeront à la qualité du 
développement attendu dans l’agglomération et sa périphérie. Les 
fondements de la démarche ont été expliqués dans les pages 18 et 
19 (constituer une grande respiration agricole et environnementale 
à l’échelle du pays - Axe Est-Ouest). 
CAUville -sur -mer - Pâtures en bord de falaise 
44 Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature
L’agriculture dans le projet de développement - Premières propositions 2009 
NB : Cette carte est indicative, elle n’a aucune valeur réglementaire 
Base de la carte ajustée pour le SCoT approuvé en 2012 
© AURH 2009 − © CODAH − © CCSRC − GPMH − Chambre d’Agriculture 76 − ® BD TOPO Pays - © IGN - Paris - 2008 − BD CARTO - © IGN - Paris 2002 − ® BD ALTI - © IGN - Paris - 2002 − 
Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature 45
Conforter la place de l’agriculture 
• L’agriculture de proximité (compris entre le nord du Havre, le 
sud-est d’Octeville-sur-Mer, l’ouest de Fontaine-la-Mallet et le 
sud-ouest de Montivilliers) 
C’est une « porte » de la ville vers les grands paysages agricoles 
du plateau de Caux et inversement une porte agricole vers 
Vue depuis la D 31 du secteur en question suivant un axe Nord -est / sud -ouest 
l’agglomération. L’arrivée de la rocade Nord et du terminus 
tramway va dynamiser le développement du plateau Nord- 
Ouest du Havre et des communes voisines. Le maintien d’un es-pace 
ouvert conséquent apparaît intéressant pour équilibrer le 
développement de la pointe de Caux et éviter une croissance 
en tâche d’huile synonyme de perte d’identité pour chacune 
des communes concernées. C’est l’opportunité de maintenir 
un cadre paysager valorisant pour les populations riveraines et 
poursuivre une activité agricole en lien avec les citadins. Ce 
secteur est prédisposé au développement de loisirs verts. Avec 
une surface comparable, cet espace constituerait le pendant 
agricole de la forêt de Montgeon. 
• L’agriculture liée au Saint-Laurent (Secteurs encadrant la vallée 
du Saint-Laurent) 
La vallée du Saint-Laurent et ses pourtours représentent un es-pace 
agricole et naturel cohérent. C’est également un site 
paysager reconnu. Le SCoT identifie ce secteur comme stra-tégique 
pour la préservation de la ressource en eau. En effet, 
les sources du Saint-Laurent représentent le troisième gisement 
d’approvisionnement en eau du pays après Radicatel et Yport 
qui se trouvent à l’extérieur du territoire. La gestion des risques 
de ruissellement et d’inondations est également une préoccu-pation 
importante sur cet espace. 
Vall ée du saint -laurent - un paysage aux multiples facettes 
La protection de ce site présente un intérêt agricole, paysager 
et environnemental important pour le territoire. 
Aller plus loin dans une démarche agricole 
Pour nourrir 300 000 habitants en fruits et légumes de saison, popu-lation 
envisageable sur le pays, il faudrait disposer d’une réserve de 
1500 ha de terres dédiées à la production de ces denrées (maraî-chage, 
verger,..). Cela représente moins de 5 % de la surface du 
pays. Il serait intéressant de déterminer les surfaces nécessaires pour 
également produire les céréales, le lait et la viande pour subvenir 
aux besoins de cette population. 
46 Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature
D 31 - PlATEAU DE CAUX - PAYSAGE DE GRANDES CULTURES 
L’agriculture actuelle du plateau de Caux est majoritairement orientée 
vers les marchés mondiaux et privilégie les grandes cultures (céréales, 
maïs, pommes de terre, betteraves, lin) comme mode de faire-valoir 
des limons du plateau ; il existe dans ce domaine de l’agriculture dite 
conventionnelle, un réel savoir-faire. Le taux de mise aux normes est 
majeur et l’outil de production performant. Mais L’élevage est de plus 
en plus handicapé par l’éloignement des structures de traitement du 
lait, des abattoirs et comme partout par les prix. Le modèle embléma-tique 
de l’exploitation de polyculture élevage est en perte de vitesse. 
Les surfaces maraîchères, les vergers, les élevages diversifiés sont deve-nus 
marginaux à l’échelle du pays et on a pu assister progressivement à 
une forme de déconnexion entre la consommation des habitants et la 
production agricole. On ne mange pratiquement plus aucun produit de 
notre territoire alors que nous disposons de terres extrêmement fertiles et 
d’un climat permettant d’assurer une grande variété de productions. 
La méconnaissance des habitants envers l’agriculture est devenue pré-gnante. 
Désormais il faut se rendre sur certains marchés, aller visiter la 
Ferme de la Brière ou les Huit fermes, se rendre adhérent à une AMAP 
(Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) pour pouvoir 
encore consommer localement. 
Il est intéressant de dresser un bilan sur les possibilités offertes aujourd’hui 
et le potentiel de diversification complémentaire (cf liste ci-dessous). 
L’agriculture produit des denrées mais également des services. 
Les activités de diversification qui exisent sur le territoire (approche pure-ment 
qualitative - ces activités demeurent souvent marginales): 
• Maraîchage ( Marché, AMAP, Vente directe, BRAD*) 
• Vente de produits locaux (Huit Fermes, Ferme de la Brière, autres ven-tes 
directes…) 
• Produits du terroir : Pain normand, Cidre du Pays de Caux, Boeuf 
Bringé de Normandie, Fromages divers… 
• Accueil (accueil à la ferme, ferme pédagogique, fermes auberges et 
gîtes ruraux …) 
• Fermes équestres 
• Horticulture, Jardineries 
• Pépinières 
• Entreprises de travaux agricoles 
• Jardins familiaux 
• Ecopâturage (Aquacaux) 
• Cueillette de fruits et légumes > 1 projet mis en place en 2011 
D’autres activités envisageables : 
• Développement d’une filière agriculture biologique 
• Production de matériaux de construction (lin, paille, laine, bois…) 
• Agroforesterie 
• Production d’énergie (filière bois, miscanthus, huiles végétales) 
• Accueil / restauration (buffet campagnard) 
• Chantier d’insertion via le maraîchage 
• Circuits touristiques liés aux spécificités agricoles et patrimoniales lo-cales 
(Pays de Caux) 
• Gestion différenciée des espaces verts (fauche, pâturage...) 
• Formation au jardinage 
• Autres activités originales (miel, champignon, élevage spécialisé…) 
*BRAD : Les Bons Repas de l’Agriculture Durable 
Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature 47
Conforter la place de l’agriculture 
Il y a des pistes à creuser : 
1-Rapprocher agriculteurs et consommateurs 
• Une marque de produits, voire de services, 
de pays permettrait aux habitants d’identifier 
la production locale et d’acheter en circuit-court. 
Elle permettrait d’organiser des filières 
de distribution et de transformation locales. 
• Les collectivités pourraient contractualiser 
avec les agriculteurs du pays pour leur ache-ter 
une part importante des denrées consom-mées 
sur le territoire (cantines, maisons de 
retraite, établissements publics). Certaines 
communes mettent déjà en oeuvre cette 
pratique (Octeville-sur-Mer, Montivilliers, Har-fleur...). 
• A l’instar des établissements publics, des en-treprises 
pourraient également s’orienter pour 
leur restauration collective vers les produits lo-caux. 
La même direction serait envisageable 
pour les différents modèles de distribution (de 
l’épicerie à la grande surface) et les restau-rateurs. 
• La promotion d’AMAP ou structures compa-rables 
représenterait une piste complémen-taire. 
2-Dégager du foncier pour la diversification 
• Les collectivités peuvent se rendre proprié-taires 
de terrains afin d’y installer d’autres 
types d’activités agricoles attendus par les 
consommateurs. C’est une manière intéres-sante 
d’atténuer le problème d’accès au 
foncier pour les nombreux jeunes qui souhai-teraient 
s’installer. 
• La valorisation de terres « gelées » pour la pro-tection 
de l’eau de la ressource en eau (pé-rimètre 
de captage) et la gestion des risques 
(inondations, ruissellement) - deviendraient 
possibles pour de l’agriculture biologique et 
l’élevage extensif (cf grenelle de l’environne-ment). 
• Des expériences d’achat de foncier solidaire 
par des associatifs participent également de 
cette même dynamique à l’échelle de la po-pulation. 
3-Anticiper le virage environnemental 
• Le grenelle de l’environnement, le projet 
agricole national Objectif Terres 2020, la poli-tique 
agricole du Département de la Seine 
ja RDINS fAMILIAUX AU hAVRE 
Ferme pédagogique des vimbert à Montiivilliers 
écop âturage - falaises - Aquacaux 
gîte rural A MANéGLISE 
Pâerstu adns al réeersv aeellnrtu Faeegimorr - st .ceinntv -de -aceilmnrs eentv cdeeirt à ceeillotv -SUR-MER 
48 Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature
Maritime vont dans la même direction et encouragent l’agriculture 
à s’adapter à un nouveau contrat sociétal : une meilleure préserva-tion 
de l’environnement, le développement d’une agriculture plus 
en phase avec son territoire (agronomie, climat, bassin de consom-mation). 
• Le défi est important puisque rien que pour l’agriculture biologique 
le département 76 accuse un retard énorme. L’agriculture du pla-teau 
de Caux est une des plus riches et dynamiques de France et a 
sans doute du mal à changer le modèle qui lui a réussi pendant plu-sieurs 
décennies mais qui n’apparaît pas durable à moyen terme. 
• Pour l’instant, les initiatives viennent plutôt des associations comme 
les défis ruraux mais les collectivités et les citoyens ont sans doute un 
rôle majeur à jouer afin d’aider à cette mutation incontournable. 
4-Permettre au plus grand nombre un contact privilégié avec la terre 
et les activités agricoles 
• La mise à disposition de jardins familiaux représente un axe impor-tant 
notamment en ville où l’activité de jardinage constitue un lien 
à la terre autant qu’un lien social. La demande est bien supérieure 
à l’offre. 
• La reconstitution d’une culture du jardin et des activités agricoles 
par les classes vertes, les fermes pédagogiques, les portes ouvertes, 
l’accueil à la ferme paraissent également intéressants. 
• Une offre de chambres d’étudiants à la ferme dans des communes 
rurales bien desservies pourrait aussi participer à véhiculer une 
image actualisée des dynamiques et savoir-faire agricoles. 
« Ce plan définit les voies possibles d’une agricul-ture 
réinventée, conciliant performance économique 
et efficacité écologique » - Michel Barnier 
5 défis majeurs 
• Mieux utiliser une eau qui se raréfie 
• Contribuer à la restauration du bon état écologique des eaux 
• Contribuer à la richesse de la biodiversité et des paysages 
• Protéger les sols agricoles 
• Mieux maîtriser l’énergie et lutter contre le réchauffement climatique 
5 préconisations 
• Réduire l’usage et l’impact des produits phytosanitaires 
• Engager chaque entreprise agricole dans le développement durable 
• Développer les potentialités de l’agriculture biologique 
• Remettre l’agronomie au centre de l’agriculture 
• Repenser des pratiques adaptées aux territoires 
Projet de nouvelle politique agricole pour la période 2009-2012 
Département 76 - Extrait des dispositifs autour de 6 thématiques : 
Thème 2 - Foncier : 
• Aide à l’achat d’exploitations agricoles par les collectivités territoriales 
• Approche de foncier solidaire 
• Mise en place de «périmètres de Protection et d’Aménagement des 
Espaces Agricoles et Naturels périurbains » 
Thème 3 -Filières courtes et vente directe (relocalisation de l’économie) : 
• «Bons repas de l’Agriculture Durable haut-normande» dans les collèges, 
maisons de retraite ou de personnes handicapées 
• Aide à la gestion de la problématique logistique 
• Construction d’un réseau de plateformes logistiques multi produits pour 
la desserte locale 
Citation (Equipe Grumbach & Associés) : 
« L’espace agricole va jouer un rôle essentiel dans les métropoles, tant 
pour assurer leur alimentation que pour équilibrer leurs émissions de gaz 
à effet de serre, pour participer à une économie circulaire, pérenniser les 
paysages, développer de nouvelles activités, attirer du tourisme… » 
Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature 49
50
51 
IV-Donner à voir un pays attractif
Soigner les entrées et les grandes traversées du pays 
Proposer un portrait valorisant les atouts de notre territoire 
L’identification des entités paysagères dans la phase diagnostic a 
permis de révéler une diversité d’ambiances, de lieux et sans doute 
de vocations d’espaces. Leur découverte passe principalement par 
la pratique des grands itinéraires routiers et ferroviaires du territoire. 
Certains découvrent aussi la pointe de Caux par la mer et l’estuaire 
(croisiéristes, amateurs de loisirs nautiques, personnel naviguant) 
d’où l’intérêt d’une prise en compte de la physionomie de la côte 
suivant ses différents aspects (falaises, plage, ville-port, ZIP, réserve 
naturelle) et l’enjeu de valoriser notre entrée maritime (adéquation 
avec le projet du Grand Paris). 
La pratique des dessertes plus locales, des itinéraires cyclables, pé-destres, 
équestres,..., permet d’appréhender le pays plus en profon-deur. 
Finalement, la perception du territoire recouvre plusieurs modalités 
et se décline à différentes échelles. Les axes majeurs apparaissent 
comme les premiers révélateurs de la dynamique du territoire et du 
soin porté à la qualité de son aménagement. C’est la raison pour la-quelle, 
il apparaît nécessaire de penser ces points de vue privilégiés 
et d’accompagner leurs changements. 
Maîtriser l’image du territoire depuis les grands axes 
Si nous nous focalisons sur les perceptions du plus grand nombre 
(routes principales et voies ferrées), il apparaît que l’attrait du Pays 
le Havre Pointe de Caux Estuaire dépend d’un travail sur l’amélio-ration 
de la lisibilité et une valorisation des différentes composantes 
de l’identité du territoire. La carte (à droite) localise un certain 
nombre de dispositifs permettant d’appréhender cette démarche 
sur la maîtrise de l’image du territoire. Le détail des légendes va 
nous conduire à définir les différents dispositifs envisageables : 
• Entrée majeure du territoire (A 131) 
La qualité de cette entrée constitue un enjeu capital pour l’image 
du pays. Cet itinéraire majeur de la métropole maritime, depuis le 
pont de Tancarville jusqu’au coeur du Havre, est reconnu pour ces 
grandes qualités paysagères. Il permet la découverte progressive 
de plusieurs aspects de l’estuaire lors d’un parcours séquencé de 
près de 30 km (du plus naturel au plus urbanisé). Calé contre les 
falaises majesteuses au Nord et ouvert sur l’estuaire au Sud, l’A 131 
permet de révéler successivement : la réserve naturelle, les prairies 
agricoles, les industries majeures, les débouchés de vallées et la vil-le- 
port. Son évolution future est principalement liée au développe-ment 
de l’activité économique (cf DTA), notamment sur le secteur 
dit des Herbages. 
Sur cette vitrine exceptionnelle, la qualité architecturale et paysa-gère 
se doit d’être une exigence majeure. Un enjeu de prestige du 
territoire se joue ici et l’intérêt du site pour des activités phares est 
évident. Une valorisation réciproque des entreprises et du territoire 
doit être imaginée. L’aménagement de cette vitrine doit sans dou-te 
être conditionné par un projet global d’aménagement appuyé 
sur un cahier des charges adapté tenant compte de la logique de 
déroulement de l’axe de jour comme de nuit. 
• Coupure d’urbanisation 
Classiquement, l’urbanisation a tendance à se développer le long 
des axes routiers principaux. Ce phénomène devient contraignant 
quand il prend de l’ampleur car il pose des problèmes de gestion 
et d’organisation des communes et contribue à atténuer voire faire 
disparaître l’alternance ville/campagne (conurbation). On ne dis-tingue 
alors plus le passage d’une commune à une autre (perte 
d’identité) et on ne bénéficie plus de vues sur l’ensemble du terri-toire 
attenant (effet couloir). 
L’objectif des coupures d’urbanisation est de maintenir un espace 
52 Donner à voir un pays attractif
La mise en scène du territoire - Premières propositions 2009 
NB : Cette carte est indicative, elle n’a aucune valeur réglementaire 
Elle a servi de socle pour la carte du SCoT approuvée en 2012 
Voir travail de repérage et de préconisation 
axe par axe en annexe du document à partir 
de la p 109 
Donner à voir un pays attractif 53
Soigner les entrées et les grandes traversées du pays 
de respiration (arrêt de l’urbanisation linéaire) entre deux secteurs 
urbanisés. Ces derniers facilitent l’accès aux territoires agricoles ou 
naturels attenants et préservent les identités communales en ren-dant 
plus lisible les alternances entre ville et campagne. 
D 6015 Coupure d’urbanisation propos ée entre st aubin routot et saint romain de colbosc 
• Vue remarquable 
Le Pays Le Havre Pointe de Caux Estuaire bénéficie de vues remar-quables 
qui constituent autant de repères et d’attraits pour les visi-teurs 
ou les habitants. Les espaces ou les territoires perçus à partir 
des points de vue évoluent de fait. Les qualités des vues sont liées à 
des caractéristiques respectives qu’il conviendrait d’intégrer dans 
les évolutions à venir afin d’en préserver les traits marquants et les 
aspects les plus valorisants (cf tableau en annexe). 
Dix vues ont été répertoriées dont le caractère remarquable peut 
tenir à plusieurs aspects : 
• Dégagement panoramique permettant d’appréhender une 
vaste étendue de paysage ; 
• Vue révélant des traits marquants de l’identité du secteur tra-versé 
; 
• Perspective offrant une vue en profondeur ou sur un repère im-portant 
du territoire ; 
• Secteur de vues remarquables urbanisable ou mutable dans la 
durée du SCoT 
Deux secteurs clés offrent des dégagements visuels porteurs de 
cohérence et d’attrait pour l’axe en question. En l’attente de nou-veaux 
projets structurés l’ouverture devrait être conservée, tant que 
possible, pour maintenir la qualité de la vue. 
Quand le site sera ap-pelé 
à changer, son 
urbanisation ou toute 
autre évolution mar-quante 
serait condi-tionnée 
par l’élabora-tion 
d’un plan global 
d’aménagement pre-nant 
en compte toutes 
les qualités du site. 
le havre - l’arriv ée sur le bassin vauban révèle l’identit é 
de la ville -port 
• Espace ouvert offrant des qualités paysagères 
Espaces de grande qualité (généralement d’environ 1 ha à 
quelques ha) perçus depuis les axes principaux du territoire (routes 
et voies ferrées), ils sont le plus souvent non ou faiblement bâtis et 
participent à l’agrément et à la richesse du cadre de vie. Leur repé-rage 
a été réalisé à titre indicatif. Les PLU pourront veiller à maintenir 
leur attrait. 
D 940 large panorama sur les ondulations du pays de caux au niveau de cauville -sur -mer 
Vall ée du saint -laurent - un paysage intime compos é de prairies et de boisements 
accompagne la ligne Paris le Havre 
54 Donner à voir un pays attractif
• Fenêtre paysagère 
Cette légende spécifique s’applique à l’autoroute A 29. Le tronçon le 
plus au Nord de l’autoroute traverse le secteur du plateau de Caux 
essentiellement en creux. Dès lors, les vues y sont rares et prennent 
d’autant plus d’importance. Les seules fenêtres importantes sur le pay-sage 
traversé sont ici recensées. 
Il s’agirait ici de veiller à ne pas obstruer les vues et garantir une per-ception 
de paysage de qualité sur les deux tronçons répertoriés sous 
cette légende quelque soit la nature de l’évolution du territoire. Cette 
attente n’est en aucun cas incompatible avec l’extension ou l’implan-tation 
d’activités économiques qui veilleraient à conserver une qualité 
à la vitrine dont elles disposent. 
• Séquence de vues remarquables liée à une position en hauteur 
(pont, remblais) 
L’intérêt des vues recensées sous ce poste de légende apparaîtra sans 
doute évident aux habitants du territoire (ex : depuis le pont de Nor-mandie). 
Leur existence est liée à des infrastructures majeures qui ga-rantissent, 
a priori, leur pérennité. 
Les jalons nous accrochent à la réalité du territoire et à son histoire 
Un zoom sur chacun des axes permet d’identifier des séquences le long 
du parcours. Sur le trajet de la ligne Le Havre-Paris par exemple, on 
identifie, d’Est en Ouest : une séquence très ouverte sur le plateau de 
Caux ponctuée par des clos masures, puis le passage dans la vallée du 
Saint-Laurent plus intime et plus arboré pour finir ensuite par une décou-verte 
spectaculaire de l’agglomération (vallée de la Lézarde, ZIP et ville 
du Havre). Ces séquences délimitent des zones cohérentes à prendre 
en compte. 
Une analyse par axe amène également à noter des éléments qui 
marquent ponctuellement le déroulé de l’axe comme des repères por-teurs 
d’identité. Ces jalons sont importants à prendre en compte dans 
une logique de réaménagement d’axe, de positionnement d’entrée 
de ville... Ils peuvent être de différentes natures : éléments de patri-moine, 
clos masure, structures paysagères valorisantes, ... 
Quelques exemples sur la D 6015 : 
Franchissement du grand canal - un large horizon sur l’es - 
tuaire dans toutes ses composantes 
Il s’agit ici de recon-naître 
simplement leur 
rôle important dans la 
perception et l’intel-ligibilité 
du territoire. 
Ce sont des points de 
vue privilégiés pour 
découvrir un large pa-norama 
et suivre son 
évolution. 
1-gonfreville -l’orcher - le manoir de bévilliers et ses alignements de hêtres 
2&3-Gainneville - Au sud un grand dégagement met en sc ène l’église en retrait , au Nord l’an - 
cienne mairie marque un carrefour avec l’axe rogerville - saint -martin -du -manoir 
4-Gainneville - alignement bâti structurant en bord de voie 
5-Saint -romain -de -colbosc - ensemble de villas bourgeoises le long de la voie 
6-les Trois pierres - clos masure dit «le ch âteau » en limite du pays 
Donner à voir un pays attractif 55
Soigner les entrées et les grandes traversées du pays 
Une entrée maritime au potentiel croissant 
L’identité maritime de notre territoire est au coeur de sa dynamique 
de développement et de son attractivité, mais c’est un atout qui 
gagnerait encore à être valorisé. Le port du Havre représente une 
porte d’entrée fluviale et maritime majeure. Porte de la ville et du 
port, de l’agglomération, de la France et de l’Europe, ce point est 
symboliquement un lien avec le monde comme nous le rappellent 
encore les travaux sur le Grand Paris. 
Les entrées de ville constituent les premiers liens entre le visiteur et la 
ville : elles doivent avoir un rôle structurant et qualifiant, et nous gui-der. 
L’entrée maritime doit, tout particulièrement, permettre de ré-véler 
une identité forte et remarquable, de souligner le dynamisme, 
d’attiser la curiosité et également annoncer le potentiel touristique 
de l’agglomération. Son caractère insolite permet à la ville-port de 
se distinguer en valorisant des éléments révélateurs de son âme, de 
privilégier une approche « sensible », une dimension imaginaire qu’il 
s’agit de rendre plus lisible. 
Empruntée par des navires marchands, des ferries, des paquebots 
de croisière et des bateaux de plaisance, l’entrée maritime ma-térialise 
le premier contact physique et sensoriel avec Le Havre 
et la France. Pour des usagers aux origines, motivations et objec-tifs 
très divers (tourisme, voyage d’affaire, ...), il s’agit de prolonger 
ce contact par la découverte, de créer le désir de visite pour des 
voyageurs aujourd’hui encore majoritairement en transit. L’attracti-vité 
doit se jouer dès ce premier contact, en suscitant la curiosité du 
visiteur à travers l’affirmation d’une identité originale et séduisante. 
Il s’agit aussi de véhiculer une image positive à l’extérieur du terri-toire, 
image basée sur des points remarquables, une atmosphère 
et une ambiance unique. Ainsi, les représentations des grands ports 
nous restent en tête : New-York, Sydney, Shangaï, Singapour... 
56 Donner à voir un pays attractif
Face à d’autres grands ports, Le Havre bénéficie d’une identité faite 
d’un assemblage de traces prestigieuses du passé et de projets 
contemporains à orchestrer à une échelle adaptée dans un souci de 
développement coordonné de la Ville et du Grand Port Maritime du 
Havre. L’avenir doit aussi garantir une place de choix aux « habitants 
ambassadeurs » et aux nombreux visiteurs à venir dans la cité maritime. 
Sans doute cette porte, la porte océane, la silhouette de la ville et du 
port perçues depuis la mer peuvent-elles être des sujets de réflexion à 
poursuivre. Quelle mise en scène nocturne imaginer ? Comment faire 
évoluer ce seuil au fur et à mesure du développement de la métropole 
maritime internationale ? 
De nombreux projets vont dans cette direction : tour Odyssey 21, projet 
d’éclairage de la digue Nord, plan lumière de la ville du Havre... 
La perception du territoire depuis l’estuaire et la rive sud : souligner le 
rythme des verticales 
Le paysage de l’Estuaire se caractérise par d’immenses étendues pla-nes 
limitées par des falaises qui en constituent l’horizon au Nord et au 
Sud. Depuis la Seine, la rive Sud, ou encore le pont de Normandie ou 
celui de Tancarville, seules les verticales apparaissent comme des mar-ques 
lisibles : verticales des cheminées industrielles, des grues, des piles 
de ponts, des rangées d’arbres ... 
Des verticales qui structurent le paysage de l’estuaire 
Accentuer la présence de ces verticales repères rythmant le paysage, 
constitue sans doute une piste à creuser (travail sur les couleurs, les re-flets, 
les formes, les rythmes, l’implantation des futurs équipements). Il 
s’agit de penser une scénographie à une très vaste échelle. 
Le travail sur le paysage nocturne représente également un axe de ré-flexion 
intéressant dont on peut déjà mesurer l’intérêt aux abords de la 
ZIP. 
Le pay sage ne s’arr ête pas aux limites administratives , Le dynamisme de l’activit é portuaire 
et industrielle est ici perceptible depuis notre dame de gr âce au dessus de honfleur 
Donner à voir un pays attractif 57
Mettre en scène l’activité économique 
L’expression incontournable de l’activité économique 
La diversité de l’activité économique d’un territoire recouvre diffé-rentes 
formes d’organisation : de l’activité agricole qui s’exprime 
sur de grandes surfaces aux activités tertiaires qui vont se trouver 
souvent intégrées en coeur de ville à proximité des centres d’affaire 
et des transports, il existe un large panel de situations. 
Aujourd’hui quand on parle activité économique, et c’est sans 
doute un signe, on pense souvent par défaut aux zones d’activités 
économiques et commerciales qui se sont beaucoup développées 
ces dernières décennies dans les périphéries (recherche d’un fon-cier 
moins cher, de facilités d’extension et parfois de proximité avec 
de grands axes de desserte). Particulièrement visibles, ces zones par-ticipent 
de fait à la diversité de notre cadre de vie. D’émergence 
rapide, leur présence peut-être valorisante ou dégradante pour 
l’image du territoire en fonction de l’attention portée à leur localisa-tion, 
au soin apporté à leur conception, la maîtrise de leurs abords, 
... En constatant la perte de dynamisme de certains centres-villes, 
centres-bourgs on peut s’interroger sur l’opportunité de la délocali-sation 
de certaines fonctions (commerce alimentaire, restauration, 
cabinets médicaux, professions libérales). On peut aussi se poser la 
question de l’intérêt de zones mêlant indifféremment toute activité. 
Afin de mieux appréhender les propositions envisageables dans ce 
domaine, le propos sera resserré sur les zones d’activités écono-miques 
et organiser suivant des zooms successifs. Quelques idées 
clés sont proposées en sachant bien que chaque zone d’activité 
est unique et doit être pensée comme un projet de lieu de vie à part 
entière par un ensemble de concepteurs compétents (urbanistes, 
architectes, paysagistes, bureaux d’étude techniques spécialisés). 
Ensuite, des enseignements seront tirés de deux cas situés dans des 
contextes différents (photos légendées) : la Zone Industrialo-Por-tuaire 
de l’Estuaire et le parc Econormandie sur le plateau de Caux. 
Un aménagement s’inspirant des traits marquants du paysage et de 
ses atouts/contraintes environnementaux et techniques 
• Inscrire le périmètre de la nouvelle zone d’activités dans des 
limites existantes identifiables (voie, talus, haie, fossés, cours 
d’eau, rupture de pente, lignes de crête...) 
• S’inspirer des structures paysagères présentes pour créer un site 
accueillant (fossés, roselières, haies arborées, bosquets...) 
• Tenir compte des contraintes climatiques et environnementales 
pour organiser le site (abri du vent, gestion des eaux pluviales, 
gestion de la pente,...) 
Des abords maîtrisés 
• Organiser le recul du bâti depuis la voirie en fonction de l’im-portance 
de la voie et de la taille du bâtiment (éviter les effets 
d’écrasement) 
• Ne pas créer un espace d’activité économique de part et 
d’autre d’une grande voie de communication (effet couloir, 
difficultés de gestion) 
• Maîtriser la publicité sur la voie et les bâtiments (réglementation 
de la publicité, charte graphique) 
• Préférer des bâtiments aux formes simples ou qui racontent leur 
fonction 
• Trouver des couleurs adaptées (charte couleur pour les bâti-ments) 
• Assurer des transitions avec le paysage environnant 
Agir sur la conception de la zone d’activités en elle-même 
• Organiser un système de desserte adapté à l’usage de la zone 
(contrecarrer la tendance aux surlargeurs de voiries) 
• Définir les alignements et les emprises bâties dans un souci de 
cohérence et de lisibilité 
• Définir les emprises publiques, collectives et privées 
• Assurer un préverdissement de la zone qui privilégiera des mo- 
58 Donner à voir un pays attractif
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Vers une plus grande attractivité

  • 1. VERS UNE PLUS GRANDE ATTRACTIVITE ETUDE PAYSAGERE ET ENVIRONNEMENTALE - PHASE PROPOSITIONS Boris MENGUY - Violaine GUIBERT - AURH - 2009-2014
  • 3. VERS UNE PLUS GRANDE ATTRACTIVITE
  • 7. La phase propositions qui clôt l’étude paysagère et environnementale, étude socle pour l’enrichissement du SCoT (février 2012) et la mise en place d’une Charte Paysagère et Environnementale (octobre 2011), a été finalisée en 2009. La dynamique collective engendrée par ces différents travaux autour des questions de paysage, d’environnement, d’agriculture, de tourisme..., s’est poursuivie depuis. Elle a engendré, dans une logique d’atelier permanent, de nouvelles idées, de nouvelles propositions pour améliorer l’attrait et la qualité de vie de la Pointe de Caux ; en somme une « matière » intéressante pour donner naissance à un site internet dédié www.scot-lhpce.fr (2011-2012) et cet ouvrage - Vers une plus grande attractivité - qui valorisent un travail collégial et le mettent à disposition du plus grand nombre. Cet ouvrage fait la part belle à l’iconographie. Il forme un recueil d’idées pour ceux qui privilé-gient une consultation par thème. Mais il a fait l’objet d’une construction logique de la stratégie à ses déclinaisons les plus concrètes pour les lecteurs souhaitant une approche structurée plus en lien avec les enjeux et les spécificités du territoire (c.f. Sommaire). Comment définir plus précisément la place envisageable de l’agriculture et de l’environnement à l’échelle du pays LHPCE en lien avec les dynamiques de développement en cours et à venir? Quelles sont les manières de donner à voir notre territoire? Quelles sont les thématiques et les échelles sur lesquelles agir en priorité pour valoriser notre capital paysager et environnemental? Les pistes de réponses proposées gravitent autour de l’idée centrale d’envisager des stratégies d’accompagnement du développement attendu sur la Pointe de Caux pour qu’il se fasse au bénéfice tant économique qu’environnemental et en poursuivant l’amélioration de l’attrait de cette région. Le paysage est bien le reflet des interactions des élus, des habitants, des entreprises avec leur territoire. En cela, il témoigne des dynamiques en cours et des questions en suspens. Il nous invite parfois à choisir de nouvelles voies plus cohérentes et plus profitables.
  • 9. Les travaux ayant permis de rédiger cet ouvrage ont été encadrés par un groupe de suivi politique composé, pour CAUX-ESTUAIRE, de MM. CARTEL, CINTRAT, GUEROUT, MAYO et VASSE et pour la CODAH, de M. BIED CHARRETON, Mme CAHIERRE, M. PALFRAY, M. ROUSSELIN. Ce même groupe a guidé l’élaboration du Schéma Directeur « Confluence » ainsi que l’Atelier « Pour de nouvelles rencontres en Pays de Caux » pour lequel il faut ajouter la présence de M. GASTINNE. Les réunions du SCoT ont été l’occasion de points d’étape et d’arbitrage afin que tous les élus puissent se prononcer sur les choix. De nombreux techniciens de la CODAH, de Caux-Estuaire, du CAUE 76, du département de Seine-Maritime, du SMBV, de la DREAL et de diverses associations ont permi d’enrichir cet ouvrage par leurs précieux conseils et leurs apports. Au sein de l’AURH, il faut aussi souligner l’appui important de Jessy OUKOLOFF et Jean-François MARY qui par leur expertise respective ont pu donner une bonne assise aux différentes pistes de travail. Enfin, le travail de coordinnation administratif important qu’a nécessité ce travail a été tour à tour effectué par Mickaëlle REBOUTIER, Stéphanie DESAINT et Bastien RENAULT, les respon-sables administratifs successifs du Syndicat Mixte du SCoT. Boris MENGUY – AURH – Chef de projet Violaine GUIBERT - AURH - Chargée d’étude paysagiste
  • 12. VI-Anticiper les défis à venir 15 16 Saisir l’opportunité du Grand Paris - Le projet Vallée de la Seine 18 Préserver les ressources 20 Limiter les conséquences du réchauffement climatique 22 Créer de nouvelles formes urbaines II-Un développement en résonance avec les singularités du territoire 25 III-Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature 31 32 Accompagner le développement du pays 36 Elaborer une Trame Verte et Bleue 42 Conforter la place de l’agriculture IV-Donner à voir un pays attractif 51 52 Soigner les entrées et les grandes traversées du pays 58 Mettre en scène l’activité économique 62 Mettre à profit les situations de belvédère 64 Elargir la notion de tourisme sommaire
  • 13. V-Agir sur les thématiques clés 69 70 Limite, lisière et structure identitaire - Retrouver des repères 72 Protection de la ressource en eau, lutte contre les inondations et les ruissellements - Défendre une gestion intégrée 78 Place de la nature en ville - Favoriser une présence bienfaisante 88 Espace public - Soigner notre espace commun VI-Se doter d’outils adaptés 99 100 Enrichir le SCoT 101 Mettre en oeuvre la charte paysagère et environnementale 103 Lancer ou accompagner des dynamiques de projet Annexes 105 (Etude paysagère détaillée de tous les axes routiers et ferroviaires majeurs du territoire) sommaire
  • 14. 14
  • 15. 15 I-Anticiper les défis à venir
  • 16. Saisir l’opportunité du Grand Paris - Le projet Vallée de la Seine Un rendez-vous historique Avec l’orientation de projet du Grand Paris proposé par Antoine Grumbach et ses associés, Seine Métropole, notre territoire, se trou-verait en tête de pont d’une ville linéaire multipolaire, s’étirant le long de la vallée de la Seine de Paris jusqu’au Havre, son débouché vers l’international : une manière d’offrir à la capitale son indispen-sable ouverture maritime, à l’heure où Anvers semble être devenu son port principal. La Ligne Nouvelle Paris Normandie (LNPN) qui relierait Paris et Le Havre constituerait un premier rapprochement emblématique de la capitale historique avec notre territoire. Dans cette hypothèse, le pays Le Havre Pointe de Caux Estuaire deviendrait un point d’ancrage d’un développement plus soutenu (rôle clé du port) et plus durable. Il deviendrait une terre d’accueil pour de nouvelles activités et de nouveaux habitants. Les propositions formulées dans l’étude paysagère et environne-mentale s’inscrivent dans la logique de la métropole de l’après Kyo-to et du projet décrit par Antoine Grumbach et ses associés dont les grands principes sont résumés ci-après. Extraits - Le Grand Pari 2009 – Equipe Antoine Grumbach&Associés – Février 2009 : • « La vallée de la Seine offre l’opportunité d’un développement métropolitain linéaire et multipolaire, associé à des espaces na-turels d’une qualité exceptionnelle. L’opposition ville nature est en passe d’y être révolue. » • « Ce dispositif inscrit une alternance entre les zones naturelles (agricoles et paysagères) et les zones d’intensité urbaines et in-dustrielles. Le grand paysage est valorisé sans minimiser le désir d’urbanité. » Grands principes de Seine-Métropole, le projet défendu par l’équipe Antoine Grumbach et ses associés : • OUVERTURE - Proposer une façade maritime au Grand Paris ; • RESEAU - Se relier à l’échelle européenne (voire mondiale) ; • ANCRAGE TERRITORIAL - Valoriser une identité et une structura-tion induites par la Seine ; • ECOLOGIE - S’appuyer sur une ville-territoire inscrite dans la na-ture (développement durable) ; • COMPLEMENTARITES / DEVELOPPEMENT DURABLE - Organiser des alternances Ville/Nature/Industrie/Agriculture ; • MULTIPOLARITE - Un réseau de villes en chapelet ; • TERRITOIRE - Développer des solidarités urbain/rural ; • DEPLACEMENT - Tresser les mobilités. Un véritable territoire d’accueil à organiser Si on suivait les hypothèses de croissance liées à ce projet, on pour-rait imaginer gagner 30 % d’habitants en plus sur le territoire à l’ho-rizon 2040. Cela suppose de planifier ces changements importants et prépa-rer des espaces accueillants pour le développement économique et urbain indispensable mais aussi adapter nos modèles de déve-loppement : économiser plus l’espace et organiser de meilleures interactions entre ville - nature - agriculture et industrie à l’échelle du pays. Extraits - Le Grand Pari 2009 – Equipe Antoine Grumbach&Associés – Février 2009 : • « La ville nature du 21e siècle devra s’appuyer sur des docu-ments de planification ambitieux et partagés, afin de territoria-liser de grandes trames vertes et bleues composées d’espaces naturels et agricoles, capables de qualifier les « limites » à l’ur-banisation pour maintenir de grands espaces agricoles, valori- 16 Anticiper les défis à venir
  • 17. Extrait du discours de Monsieur Le Président de la République Inauguration de l’exposition du Grand Pari(s) – 29 avril 2009 « …Pour dessiner l’avenir du Grand Pari(s), commençons d’abord par regarder Paris de loin face à Londres et à Rotterdam. L’axe principal du développement économique européen, de Londres à Milan, prend la France en écharpe par l’Est. Si nous laissons aller les choses, le risque est de voir Paris décrocher et nos deux grands ports, Le Havre et Mar-seille, péricliter de façon irrémédiable.» ser la connexion des couloirs biologiques, créer une agglomération organique. » • « Ensemble, ces espaces ouverts où coexistent présence de la nature, lieux de loisirs et déplacements en modes doux, compo-sent au sein du territoire métropolitain un système de grands vides paysagers, un réseau se superposant aux autres réseaux, apte à structurer Seine Métropole, assurer une cohérence spatiale et tem-porelle entre différents composants de la métropole discontinue et multipolaire. Dans ce système d’espaces ouverts structurants, la Seine occupe une place de choix. » Depuis l’inauguration de l’exposition du Grand Pari(s) le chef de l’état s’est rendu au Havre à plusieurs reprises et a fait connaître régulièrement son intérêt pour un débouché maritime de la capitale. La nomination d’Antoine Rufenacht à la tête d’un commissariat au développement de la Vallée de Seine et de la façade maritime de la région capitale a constitué un témoignage fort dans le sens du projet de la Vallée de la Seine. Le comité des élus de l’Estuaire, récemment organisé en association, qui représente les cinq pays formant la façade maritime s’est mis en responsabilité et travaille au développement d’un projet de métropole durable à l’échelle des enjeux. Anticiper les défis à venir 17
  • 18. Préserver les ressources Des ressources limitées ou non renouvelables Après des siècles d’extension et d’abondance, les dernières décen-nies nous ont sensibilisés à l’idée d’un monde aux dimensions finies et aux ressources limitées : 1. L’espace Avec des moyens de transport performants, du pétrole peu cher, et un foncier plus généreux et moins coûteux hors des limites de la ville constituée, la tendance s’est orientée à l’extension continue. La traduction la plus lisible en France est l’étalement urbain et son corollaire, la baisse constante des surfaces dévolues à l’agriculture et au patrimoine environnemental. Or l’espace est limité, les transports sont polluants et désormais plus coûteux. Fort logiquement, les terres les plus fertiles se trouvent sou-vent à la périphérie des grandes agglomérations. Le développement futur, pour tirer le meilleur parti du territoire, doit nécessairement tenir compte du potentiel du foncier en fonction de sa localisation et de ses réelles qualités (potentiel agronomique, re-lief, inondabilité, pollution). De nouvelles formes urbaines inventives doivent permettre à chacun de bénéficier d’espaces confortables et conviviaux riches des aménités attendues (proximité, services, calme, présence de la nature...) mais plus économe d’espace. Certaines villes en expansion démographique importante par-viennent à rendre leur cadre de vie agréable, créer des logements adaptés à la demande en comptant totalement ou majoritaire-ment sur le renouvellement urbain. De nombreuses friches urbaines et industrielles polluées mais bien situées n’ont pas été réexploitées pour des motifs de coût élévé de dépollution. Dans une conception économe de l’espace, elles représentent un vrai gisement foncier. L’Ademe s’est d’ailleurs mobilisée sur cette question. 2. L’eau potable L’eau est une ressource capitale dont la rareté devient source de conflit à l’échelle mondiale. En France, c’est d’abord le coût crois-sant de sa dépollution qui nous alerte sur la fragilité. On note éga-lement les restrictions qui accompagnent les épisodes de canicules et/ou les années faiblement pluvieuses. Quelques territoires français mènent des politiques d’acquisitions foncières importantes dans le but de créer un différentiel compétitif pour leur développement à venir. En Seine Maritime, les nappes sont particulièrement sensibles à la pollution agricole et urbaine ainsi qu’au phénomène de turbidité (le plateau karstique facilite les infiltrations rapides dans les nappes). Certaines sources sont abandonnées quand elles atteignent des seuils de pollution qui nécessitent des coûts de traitement trop éle-vés. Un travail de fond est à envisager pour diminuer toutes les formes de pollution à l’échelle globale car on sait que ces efforts portent leur fruit parfois plusieurs décennies après leur mise en oeuvre. Il faut mettre en place des stratégies de protection encore plus dra-coniennes sur les ressources majeures ou les plus préservées au-jourd’hui afin de gérer un approvisionnement de qualité sur le court et le moyen terme. Plus récemment, les captages prioritaires dit « Grenelle » ont été identifiés afin de hiérarchiser les actions de préservation en pre-mier lieu sur les ressources capitales. Des stratégies nouvelles ap-paraissent pour tenter d’agir plus durablement. A titre d’exemple, l’agglomération Seine Eure a mis en place une démarche de valori-sation/ protection d’un périmètre de captage rapproché par l’agri-culture biologique. 18 Anticiper les défis à venir
  • 19. 3. Les terres arables (cf conforter la place de l’agriculture p 42) Si le maintien de surfaces agricoles est capital, leur localisation l’est tout autant. Une partie des cultures « vivrières » doit pouvoir se faire aux portes des grandes agglomérations voire dans les tissus urbains (proxi-mité du bassin de consommation). Une augmentation de population suppose logiquement une production de denrées alimentaires supé-rieure et la disponibilité de surface pour les produire. 4. La biodiversité Avec le constat de l’accélération de l’érosion de la diversité de la faune, de la flore, du vivant sous toutes ses formes, le thème de la biodiversité est devenu réellement une question politique donnant ainsi un écho plus large à un constat scientifique déjà ancien sur les conséquences de l’intensification de la pression humaine sur l’environnement. On a compris que la chaîne du vivant était basée sur des équilibres et des interrelations entre espèces et que la menace qui pesait sur leurs diffé-rents habitats amenait à des bouleversements écologiques importants aux conséquences difficilement prévisibles. Des espèces disparaissent avant même qu’elles aient pu être décrites et étudiées. Or les scientifiques voient également dans ce patrimoine génétique autant de pistes pour notre avenir : médecine, alimentation, industrie verte, biotechnologie... Cette question de la biodiversité ramène immanquablement à la ques-tion du partage de l’espace entre les activités humaines et le vivant, mais plus encore de leur imbrication (cf élaborer une trame verte et bleue p 36). Elle nous invite à aménager autrement en acceptant une part de vivant plus important autour de nous (cf place de la nature en ville p 78), à adapter notre manière de concevoir l’agriculture... L’écologie intéresse dès lors que l’on intègre l’homme dans la dimen-sion du vivant. La biodiversité devient alors un indicateur de santé. 5. L’énergie Au niveau de l’énergie, les grands principes sont connus au moins de-puis les grandes crises pétrolières du début des années 1970 mais leur mise en oeuvre se heurte à une organisation très centralisée de la dis-tribution, aux différents lobbies, à la réglementation et au défi techno-logique. La première des priorités reste l’économie d’énergie (logement, trans-port, industrie...). Les lois Grenelle II vont clairement en ce sens et des pays pilotes ont initié des pistes dont on peut sans doute tirer parti. La deuxième priorité c’est la diversification des apports énergétiques en incluant progressivement de plus en plus de ressources renouvela-bles en fonction des gisements à disposition (vent, énergie liée à la mer, biomasse, solaire, déchets...). Progressivement les énergies fossiles, le pétrole, le charbon, le gaz doivent devenir des sources énergétiques secondaires. Notre territoire très orienté sur une économie basée sur le pétrole se veut novateur dans le stockage du carbone afin de diminuer sa contribution au dégagement de CO2 liée à son importante activité industrielle. Il sou-haite également s’inscrire dans une démarche d’écologie industrielle dont le principe de base est de considérer les déchêts des uns comme des ressources pour les autres. Il s’agit de mettre en place une écono-mie circulaire mettant en relation toutes les activités du territoire dans des rapports de complémentarité et de coopération. Mais c’est sans doute en regardant aussi plus vers la mer que nous dis-poserons de solutions à long terme à travers les EMR ou Energies Marines Renouvelables : vent, vagues, eau chaude ou courants. C’est peut-être également des débouchés pour une mutation vers une industrie verte sur la ZIP. Anticiper les défis à venir 19
  • 20. Limiter les conséquences du réchauffement climatique Une nouvelle donnée à prendre en considération La communauté scientifique dans sa grande majorité considère le réchauffement climatique comme un phénomène inconstestable. Les divergences majeures tiennent aux prévisions : quelle est l’am-pleur des manifestations attendues ? Quelle temporalité ? Quelles sont les zones les plus touchées ? Des prévisions de plus en plus précises sont établies suivant les ré-gions. Notre département ne devrait pas être parmi les plus touchés même si une augmentation des températures moyennes est atten-due. Pour autant les événements climatiques aujourd’hui qualifiés d’exceptionnels risquent de devenir plus fréquents (tempêtes, pré-cipitations importantes, épisodes caniculaires...). Il semblerait aussi que les pluies se répartissent moins régulièrement dans l’année et soient plus intenses. Ces changements apparemment limités peu-vent pour autant avoir des conséquences importantes : • augmentation du niveau de la mer ; • exposition plus forte aux inondations et aux ruissellements ; • ilôts de chaleurs urbains ; • renforcement du vent ; • déperissement de certains végétaux (ex : le hêtre)... Agir par anticipation Sur le fond, une plus grande végétalisation du territoire est souhaita-ble car elle permet : • de réduire la vitesse du vent et ses effets ; • de maintenir une hygrométrie agréable (notamment pour le confort d’été) et nécessaire pour d’autres végétaux ; • d’offrir des situations ombragées en été ; • de protéger les façades sud et les toits des surchauffes (végéta-lisation de façade et de toiture) ; • de protéger les sols de l’érosion en limitant le ruissellement. Cette végétalisation peut prendre plusieurs formes : • en ville (cf Place de la nature en ville p 78) : - plantation plus abondante dans les espaces publics ; - multiplication des squares de proximité ; - mise en place d’axes verts (liaisons douces) ; - maintien ou mise en place d’agriculture urbaine ; - accroissement des surfaces de jardins familiaux ; - végétalisation des toitures et des façades ; - végétalisation de certaines clôtures ; - traitement végétal de certaines surfaces de parkings peu utilisés... ; - incitation à la plantation des jardins privatifs ; - préverdissement des espaces de projet en attente ; - plantations des friches en attente de projet... allier confort climatique et agr ément - exemples de fa çades végétalis ées 20 Anticiper les défis à venir
  • 21. Disym étrie des fa çades nord et sud sur un bâtiment • en lisière de ville (cf Notion de limite de lisière et structure identitaire p 70 et ouvrage SCoT « Pour de nouvelles rencontres en Pays de Caux ») : - accompagnement végétal des entrées de ville et d’agglomération ; - multiplication des squares de proximité ; - traitement de l’interface ville/campagne ; - Préverdissement des nouvelles emprises de la ville ; - Agriculture de proximité et jardins familiaux ; - Chemins plantés... • en secteur rural (cf Notion de limite de lisière et structure identitaire) : - plantation des lisières de village ; - adaptation et régénération des clos masures existants ; - renforcement des plantations de coteaux et des secteurs en rupture de pente ; - accompagnement végétal des grands équipements et des espaces d’activités économiques ; - réflexion sur les plantations de bord de route et chemine ments verts... L’imperméabilisation des sols doit être limitée voire réduite car elle accen-tue le réchauffement et augmente le ruissellement. En ville, la conception des aménagements d’espace public (voir chapitre espace public p 88) et des nouveaux bâtiments doit contribuer au confort climatique par le choix des orientations, des matériaux, de la différencia-tion de traitement des façades suivant leur orientation, la couleur et la nature des revêtements et l’accompagnement végétal adéquat. Anticiper les défis à venir 21
  • 22. Créer de nouvelles formes urbaines Un modèle un peu exclusif Si l’habitat pavillonnaire est souvent décrié par les environnementalistes et les urbanistes c’est surtout parce qu’il n’apparaît pas compatible avec le développement durable : il est gourmand en espace, peu dense et donc difficile à desservir en transport en commun. De plus, il amplifie des logiques de zonage en créant des quartiers mono-fonctionnels dédiés à la résidence avec une mixité sociale souvent réduite. Pourtant, faute d’alternatives adaptées, il a répondu à l’aspiration des français à trouver des m2 moins chers hors des villes depuis plusieurs décennies. Offrir des alternatives crédibles Le défi consiste aujourd’hui (cf p 16 «accompagner le développement du pays») à offrir des logements attractifs en termes de prix, de surfaces et d’agrément qui évitent les travers de l’habitat pavillonnaire. Qui plus est, l’adaptation aux spécificités climatiques et environnementales lo-cales, aux attentes du Grenelle, doit être une source de créativité pour les architectes et promoteurs pour développer une nouvelle architecture en rapport avec son site d’implantation et ses données bio-climatiques. Une part majeure des nouveaux logements devra être proposée en ville et dans les coeurs de bourgs ruraux pour répondre à cet objectif d’économie de l’espace. Parallèlement il y aura nécessité de créer des équipements et des espaces publics facilitant le « vivre ensemble ». Il est intéressant de décortiquer les fonctions d’une parcelle de pavillon, on s’aperçoit qu’une part significative des usages pourrait être mutualisée et faciliter un partage plus profitable de l’espace : • jeux pour enfant dans son jardin -> jardin public ou collectif ; • potager individuel -> jardins familiaux ; • surcroît d’espace pour la quiétude -> les nuisances sonores et vi-suelles peuvent être réduites par une meilleure conception de l’ha-bitat et des limites séparatives entre parcelles, l’espace économisé peut alors être très important et permettre d’accueillir d’autres loge-ments ou d’autres fonctions ; CERNAY - PARC des rives de la Thur (ALSACE) - Des espaces de jeux à l’échelle d’un nouveau quartier Ce qui est difficilement remplaçable, c’est de disposer d’un espace permettant de se mettre au soleil, de manger à l’extérieur et de disposer d’un espace végétalisé (le contact avec la terre). Les nouveaux logements doivent donc intégrer cette demande dans tous les types de logement (collectif, intermédiaire, maisons groupées, maisons individuelles) et les espaces par-tagés de la vie de quartier. Il faut ici souligner l’importance des balcons, des terrasses et des petits jardins (Jean Viard, sociologue, parle d’au moins 1/3 du logement qui représenterait un espace extérieur permettant de répondre aux besoins des habitants). Certaines opérations de réhabilitation viennent d’ores et déjà greffer sur des bâtiments des balcons généreux créant de véritables extérieurs pour des logements qui en étaient totalement dépourvus. Ces dernières années, nous avons surtout vu des exemples intéressants à l’étranger. Peu à peu les concepts d’éco-quartiers ont gagné notre pays. Mais c’est bien une nouvelle manière d’habiter et d’organiser les espaces publics à l’échelle du territoire qui se joue. 22 Anticiper les défis à venir
  • 23. Les éco-quartiers apparaissent comme des laboratoires de modes d’habiter qui pourraient inspirer la conception des quartiers de demain. Mais quantitativement c’est l’habitat existant et ses espaces extérieurs qui gagneraient le plus à évoluer. Aussi certaines équipes du Grand Paris ont mon-tré le potentiel de renouveau et d’accueil des quartiers pavillonnaires anciens et des périphéries. Ils parviennent ainsi à accueillir plus de population dans ces quartiers en les diversifiant et en leur donnant de nouvelles qualités. Il y a là sans doute un gisement pour l’avenir. L’intensité urbaine synonyme de renouveau de la qualité de vie La densité est devenue un mot un peu tabou en France parce qu’il est souvent associé dans les représentations à l’image des tours et des cités. C’est pour cette raison que les urbanistes lui préfère le terme d’intensité urbaine, sy-nonyme d’une manière différente de vivre la ville et de Anticiper les défis à venir 23 partager l’espace. Cette intensité n’est pas du tout synonyme d’édification systématique de tours dont on sait que le bilan énergé-tique (production des matériaux, construction, fonctionne-ment) est loin d’être exemplaire. Les tours ne parviennent pas non plus à répondre à nos attentes de qualité de vie. Il s’agit plutôt d’une imbrication de différentes formes d’habitat dans des quartiers plus en adéquation avec les attentes de proximité des habitants et limitant l’usage et la place de la voiture. Ces formes doivent naturellement s’adapter à la complexité des lieux et leur histoire et se diversifier suivant leur localisation (coeur de ville, secteur d’intermodalité, bourgs ruraux...). stockh ölm (su ède ) quartier embl ématique de hammarby - Sjöstad un nouvel espace de vie eta - bli sur une friche industrialo - portuaire au coeur de la ca - pitale su édoise . le quartier est construit les pieds dans l’eau et offre un cadre de vie exceptionnel au quotidien pour 30 000 nou - veaux habitants . le nombre de logement S est tr ès important mais la conception du quar - tier joue sur une relation a la nature et à l’eau qui cr ée une diversit é d’ambiances et d’es - paces publics remarquable . Le coeur de stockh ölm peut être rejoint en quelques mi - nutes au moyen d’un bac , d’un tram way ou par les modes doux . pont -audemer - zac des étangs (27) un quartier de maisons contemporaines (habitat so - cial ) de forte densit é offrant des jardins privatifs et des espaces publics généreux . la densit é se conjugue ici aussi avec la qualit é de vie et le dé-veloppement durable .
  • 24. 24
  • 25. 25 II-Un développement en résonance avec les singularités du territoire
  • 26. Un développement en résonance avec les singularités du territoire Un espace de développement dynamique La Pointe de Caux représente de part son positionnement géogra-phique un espace d’enjeux stratégique. L’ambition de constituer une métropole maritime internationale mobilise le territoire. La Zone Industrialo-Portuaire est reconnue comme le moteur et le symbole de l’activité économique de l’Estuaire. Carte de perception de l’espace a l’échelle du grand territoire Ce carrefour international est identifié principalement par son port, ses terminaux containers et son industrie pétrochimique : une logique de flux dans une économie mondialisée. Pour autant, ce territoire fonctionnant sur une dualité plateau/mer-estuaire, dispose d’atouts complémentaires souvent méconnus et susceptibles de permettre un ancrage territorial fort et porteur d’attractivité : - une façade maritime impressionnante (les hautes falaises de la côte d’Albâtre) ; - un estuaire recelant une grande richesse écologique (2e roselière de France) et des espaces spectaculaires (ponts, falaises, Seine...) ; - un plateau de Caux disposant de terres d’une rare fertilité et d’une organisation unique au monde (« plaine » et clos-masures) ; - une ville-port véhiculant une forte identité ; - des espaces plus intimes au sein des vallées et valleuses ; - des ciels et des lumières immortalisés par le mouvement impres-sionniste ... Changer les usages et les perceptions Finalement, cet espace, qu’on limite parfois à sa dimension indus-trielle, donne à voir un panel de milieux et une diversité de paysages qui constituent un cadre de vie original. Le diagnostic de l’étude a permis d’en identifier les composantes principales (cf carte des entités paysagères page de droite). Il s’agit désormais de nous projeter dans l’avenir de manière constructive. Comment mieux tirer parti des nombreux atouts de ce territoire ? Comment mieux associer des thématiques que l’on op-pose le plus souvent : tourisme & industrie, ville & nature, agriculture & environnement, développement économique & qualité de pay-sage ? Comment tenir compte de la vocation des espaces et de la qualité des sites qui seront aménagés pour en tirer le meilleur parti ? En se penchant sur ce que pourrait être la métropole du XXIe siècle, la métropole de l’après Kyoto, les équipes pluridisciplinaires du Grand Paris ont plébiscité la « ville-territoire » : « Seule la grande échelle permet d’atteindre les objectifs de l’après-Kyoto » - Antoine Grumbach & Associés - Le Grand Pari - Février 2009. Le concept de développement durable impose en effet une vision solidaire entre rural et urbain, des imbrications positives entre ville, industrie, agriculture et nature. De meilleures interactions entre les différentes composantes du pays apporteraient bien plus de bienfaits qu’une logique de confrontation ou de zonage : bien-être des popula-tions, amélioration du bilan carbone, optimisation de la gestion des 26 Un développement en résonance avec les singularités du territoire
  • 27. Entités paysagères © AURH 2009 − © CODAH − © CCSRC − GPMH − Chambre d’Agriculture 76 − ® BD TOPO Pays - © IGN - Paris - 2008 − BD CARTO - © IGN - Paris 2002 − ® BD ALTI - © IGN - Paris - 2002 − Un développement en résonance avec les singularités du territoire 27
  • 28. Un développement en résonance avec les singularités du territoire ressources et des déchets... « En matière d’aménagement, il s’agit d’un changement de paradigme, où l’espace agricole n’est plus un vide ni une variable d’ajustement mais une part du système, aus-si incontournable que l’espace bâti » - Antoine Grumbach & Asso-ciés - Le Grand Pari - Février 2009. A l’occasion d’une conférence organisée dans le cadre du Grenelle de l’Estuaire (6 mai 2009), Suren Erkman, directeur du groupe «Eco-logie industrielle» à l’université de Lausanne, nous invitait à aborder le fonctionnement d’un territoire comme celui d’un être vivant (lo-gique du métabolisme territorial). Cette manière de penser invite à considérer les déchets des uns comme des matières premières pour les autres, à imaginer de nouvelles synergies de fonctionnement et à évaluer le caractère soutenable de nos activités (quelles sont les limites à ne pas dépasser ?). Le paysage et l’environnement ne peuvent s’envisager comme des rubriques s’ajoutant à une longue liste d’obligations. Ils doivent s’inscrire dans un processus de réflexion global d’aménagement du territoire. Répondre à une attente d’attractivité plus forte L’attractivité du territoire et le développement du tourisme passent par une valorisation concrète du cadre de vie : rendre notre pays plus accueillant, plus agréable à habiter, exprimer ses potentiels. Le paysage n’est pas un décor, c’est un lieu de vie et de travail qui évolue au gré des effets combinés d’éléments naturels, humains, économiques et culturels : il reflète la dynamique du territoire et ré-sulte de l’ensemble des décisions prises par les élus et les différents acteurs. Le paysage et l’environnement représentent un patrimoine commun porteur d’identité. Aussi, les propositions de l’étude doivent-elles contribuer au projet de développement du pays en : • Donnant de nouveaux atouts de développement : la qualité du paysage et de l’environnement constitue un atout d’attrac-tivité et de promotion économique et touristique ; • Renforçant l’identité de notre territoire et en améliorant son image : assumer, valoriser et mettre en scène ses spécificités ; • Contribuant à faire des choix adaptés en matière d’aménage-ment : aménager en fonction des vocations dominantes des espaces ; • Préservant et valorisant notre patrimoine commun : transmettre un capital ; • Favorisant la création de nouveaux paysages. Plusieurs niveaux de réponse à envisager Pour effectuer un travail efficace sur le paysage, l’environnement, l’agriculture et le tourisme, thématiques attendues dans cette étude, il faut nécessairement pouvoir agir à différents niveaux : > à l’échelle du territoire : • Accompagner le projet du SCoT au travers d’une attention plus forte autour des questions paysagères et environnementales (des logiques d’aménagement plus transversales) ; • Révéler les grandes trames d’organisation et de circulation du vivant à l’échelle du pays (trame verte et bleue notamment) ; • Prendre mieux en compte l’agriculture dans l’aménagement du territoire ; • Soigner la mise en scène du pays ; > sur des thèmes à enjeux : • Elargir la notion de tourisme ; • Donner une dimension de cadre de vie et d’écologie aux amé-nagements liés à l’eau (protection de la ressource, gestion des ruissellements et des inondations...) ; 28 Un développement en résonance avec les singularités du territoire
  • 29. • Structurer les liaisons douces ; • Travailler sur une meilleure définition des interfaces (ex : transition entre les extensions urbaines et l’agriculture) ; • Proposer une évolution des structures paysagères identitaires ; • Réfléchir à la place de la nature en ville. > à l’échelle plus locale de la commune et des différents projets : • Penser le paysage et les espaces publics comme des liants ; • Disposer le mobilier urbain, la signalétique, les clôtures dans un souci de cohérence et d’unité ; • Intégrer les traces du passé dans les aménagements contempo-rains (arbres remarquables, qualité de sol, petit patrimoine...); • Offrir du confort aux piétons et aux vélos ; • Favoriser la présence de la nature (plantations, hydraulique douce, haies diversifiées...). > en préparant l’avenir : • Saisir l’opportunité du Grand Paris / Axe Seine ; • Garantir la sécurisation alimentaire et la ressource en eau ; • Anticiper les conséquences du réchauffement climatique... Un développement en résonance avec les singularités du territoire 29
  • 30. 30
  • 31. 31 III-Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature
  • 32. Accompagner le développement du pays Proposer une relation équilibrée entre l’urbanisation nécessaire et les attentes de proximité avec l’agriculture et la nature Ces dernières décennies notre territoire a connu un développe-ment important de l’habitat, des espaces d’activités économiques et commerciales et des infrastructures (cf schémas ci-contre). Ce qui est questionnant c’est que cette croissance importante des sur-faces bâties gagnées majoritairement sur l’agriculture s’est faite à population quasi constante et en tenant peu compte de la qualité des espaces dans laquelle elle se réalisait. Deux tendances lourdes caractérisent le développement des dernières décennies : • une urbanisation en tâche d’huile de l’agglomération ; • une dissémination de l’habitat individuel sur l’ensemble des communes périphériques et «rurales», en particulier dans les ha-meaux. L’urbanisation linéaire apparaît comme un trait complémentaire, l’exemple le plus flagrant étant représenté par la départementale 6015. Notre SCoT propose un projet ambitieux, il ne s’agit pas d’en limiter le développement mais d’enrichir certains aspects. Le mode de dé-veloppement connu jusqu’alors tend à se faire au détriment de no-tre agriculture, principalement par sa tendance au mitage et offre une image parfois peu flatteuse de notre territoire. Si la Manche et la Seine nous imposent des limites à l’Ouest et au Sud, elles nous offrent en contrepartie des horizons et un cadre de vie privilégiés (la mer, l’estuaire). Logiquement, ces limites intangi-bles accentuent la dynamique d’urbanisation vers le Nord-Est. La DTA donne des éléments d’arbitrage, notamment dans le partage de l’estuaire entre l’industrie et la réserve naturelle, mais elle ne dé-finit pas les modalités de développement urbain vis à vis de l’agri-culture et des espaces de nature plus ordinaires. Dans le respect du SCoT approuvé, l’étude propose d’accompagner le dévelop- 1975 2003 1997 2008 développement de l’urbanisation du pays de 1975 à 2008 sCHéMATISATION de l’état actuel du développement de la pointe de caux 32 Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature
  • 33. pement dans le sens d’une imbrication plus importante du bâti, de la nature, de l’agriculture et de l’industrie. Un dialogue plus riche entre les différentes composantes du pays Les schémas ci-contre proposent une orientation vers un scénario pri-vilégiant les imbrications citées à l’instant. La forme proposée reste conceptuelle - pour se rapprocher de la réalité, elle devrait prendre mieux en considération la topographie, les opportunités offertes par l’arrivée du tramway, de la rocade nord, la question de l’avenir de l’aéroport... - mais représente néanmoins un premier axe de travail qui invite à lier d’avantage l’urbanisation à son environnement. La proxi-mité d’espaces ouverts pour le plus grand nombre permet d’assurer de vraies alternances ville/agriculture/nature, d’organiser un cadre de vie agréable et d’accepter une plus forte intensité urbaine au Havre et dans les communes périphériques. L’image de la Zone industrialo -portuaire est valoris ée par des rapports ma îtris és entre les diff érentes activit és et la place de la «nature » La forêt de Montgeon et le Parc de Rouelles représentent deux bons exemples de respirations profitables pour les habitants. Dans un autre registre, la Zone Industrialo Portuaire donne à voir une forme d’imbri-cation forte entre l’industrie, les terminaux à containers, l’eau (canaux, bassins, mares) et une nature tantôt maîtrisée, tantôt proche de celle du reste de l’estuaire. Cette configuration génère une diversité d’am-biances et de panoramas qui construit l’image d’une zone industrielle en résonance avec son lieu d’implantation. Pointe de caux - état actuel Pointe de caux - état projet é SCéNARIO CLASSIQUE D’évolution en tache d’huile : L’urbanisation progresse sans tirer parti des spécificités du territoire et de son environnement. Elle reste «imperméable» à l’agriculture et à la nature qui se retrouvent repousser toujours plus loin. Cette configuration n’offre pas d’espace de respiration aux habitants diminuant de fait l’attrait de leur cadre de vie. Comment maîtriser l’image de ce mode d’urbanisation diffuse ? Quelle qualité de vie nous procure cette configuration ? Pointe de caux - état actuel Pointe de caux - état projet é SCéNARIO d’imbrication entre l’urb Anisation et son environnement : Une urbanisation ménageant des espaces de partage. L’agriculture et la nature participent à l’organisation et la structuration de l’urbanisation en apportant de fortes plus-values : es-paces de proximité variés pour les habitants, diversité de paysages. Les extension urbaines s’inscrivent dans une logique d’imbrication plus compatible avec le développement dura-ble. Le Havre et les villes périphériques poursuivent un développement urbain plus intense et en rapport avec les qualités des sites qui les bordent et les interpénètrent. sCHéMATISATION de L’évolution possible de la pointe de caux (SUD-OUest du pays ) Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature 33
  • 34. Accompagner le développement du pays A contrario, la progression en tâche d’huile tendrait à déplacer toujours plus loin la limite entre l’urbanisation et des espaces plus ouverts. En ne préservant pas de respirations agricoles ou de nature, ce type d’urbanisation restreindrait les possibilités de contact avec ces milieux. Or répondre à la demande de nature et de cadre de vie des citadins constitue une piste reconnue pour stopper l’étalement urbain et l’accroissement des déplacements. Plus précisément, les habitants quittent la ville pour deux raisons : - le prix du foncier qui leur rend difficile l’acquisition d’un bien suffi-samment spacieux en ville ; - leur désir de nature (sauvage et cultivée) insatisfait. Le sociologue Jean Viard, lors d’une conférence pour le grenelle de l’estuaire, insistait sur l’importance de cette attente : « les gens ont envie de proximité parce qu’ils ont besoin de rapport au vivant». Selon Jean Viard, la figure du pavillon avec son grand jardin est une aspiration qui pourrait évoluer pour peu qu’une norme pour les logements de 2/3 d’intérieur pour 1/3 d’extérieur se mette en place. Elle permettrait à chacun de posséder au moins une terrasse ou un balcon spacieux. Cet espace extérieur répondrait déjà aux atten-tes de la plupart des citoyens. « Cette transformation du logement, notamment populaire, est une des clés, y compris pour que les gens soient heureux d’habiter en ville. » Des espaces de qualité et des contraintes à mieux prendre en compte dans les dynamiques de développement Sur les espaces de plateau de l’agglomération, à proximité des grands axes routiers et des secteurs desservis ou qui le seront par des transports performants (LER, Tramway...), notre territoire subit logiquement une forte pression foncière. C’est sur ces espaces que se construit, de manière dynamique, la ville de demain. Les arbitrages doivent s’y faire prioritairement pour définir le type de développement souhaité et par extension maîtriser l’image future UN secteur de pression fonci ère dans lequel on identifie des espaces d’int érêt paysager et environnemental UN secteur de pression fonci ère dans lequel Les questions de gestion de l’eau apparaissent déterminantes 34 Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature
  • 35. du pays. Quelles limites se donner et à quelle échéance ? Comment accueillir l’urbanisation dans les meilleures conditions possibles ? Com-ment conserver une agriculture de proximité ? Comment faire rentrer la nature dans la ville ? Quelles formes urbaines créer ? L’étude propose d’indiquer les espaces d’enjeux à prendre en compte, d’esquisser leur possible évolution, pour maîtriser les futures zones d’in-terface entre la ville, les activités, la nature et l’agriculture. Les cartes de cette double page invitent à considérer les atouts et les contraintes du territoire sur le secteur du pays soumis à la plus forte pres-sion foncière et d’en tirer des pistes de projet qui seront développées dans les pages qui suivent. Les vallées de Rouelles et du Saint-Laurent semblent naturellement se prolonger. Elles proposent un cadre paysa-ger et un environnement très appréciés des habitants. Cela constitue les bases possibles d’une continuité verte structurante qui permettrait de relier la vallée du commerce au littoral. Les ensembles naturels ainsi mis en réseau prendraient un sens et deviendraient lisibles à l’échelle du pays. Le développement attendu de l’urbanisation rend nécessaire de faire des choix quant aux espaces agricoles à maintenir dans ce secteur sous forte pression foncière afin de créer une alternance ville / campa-gne favorable à l’agriculture de proximité et au cadre paysager. Trois espaces dont les vocations apparaissent complémentaires semblent prédisposés à ce rôle d’articulation et d’échange entre l’urbanisation et les espaces de grande culture (cf carte ci-contre) : • Un espace agricole littoral riche de sa diversité (élevage, maraîcha-ge, grandes cultures) et garant de la qualité du paysage côtier; • Un espace compris entre Octeville-sur-Mer, Fontaine-la-Mallet et le Nord du Havre qui constituera une porte agricole de l’aggloméra-tion vers les espaces de grande culture du Plateau de Caux ; • Un espace agricole reprenant en grande partie le périmètre du bassin d’alimentation de captage du Saint-Laurent, ressource en eau stratégique pour le territoire. UNE premi ère perspective int éressante : Structurer une grande continuit é verte de la vall ée du commerce jusqu ’à la mer pour assurer une respiration a l’échelle du pays UNE deuxi ème possibilit é : associer des espaces agricoles a enjeux pour cr éer une premi ère armature verte a l’échelle du pays Un développement en résonance avec les singularités du territoire 35
  • 36. Elaborer une Trame Verte et Bleue éléments de la trame bleue éléments de la trame VERTe Une première approche écologique Dès la phase enjeux de l’étude avait été évoqué l’intérêt de révéler une structuration du pays par ce qui avait été défini comme une «charpente paysagère et environnementale». En effet, il s’agissait de rendre lisible à l’échelle du pays un réseau d’espaces de qualité assurant la cohésion paysagère et environnementale du territoire. Les termes varient suivant les territoires : charpente ou armature ver-te pour certains, trame verte et bleue ou infrastructure verte pour d’autres. En utilisant un terme emprunté au monde du transport cet-te dernière appellation évoque bien la logique de mise en réseau et la dynamique d’échanges attendues. Notre patrimoine environnemental et paysager tend à se fragmen-ter faute d’une vision globale de son organisation et de son fonc-tionnement. Au sens du Grenelle de l’environnement, la constitu-tion d’une trame verte et bleue s’inscrit dans la volonté d’enrayer la perte de biodiversité nationale, en préservant et restaurant les continuités écologiques entre les milieux naturels. La continuité verte Est-Ouest évoquée dans la page précédente constitue un axe structurant de la trame verte et bleue du Pays Le Havre Pointe de Caux Estuaire. En assurant d’autres liens (corridors ou continuités) entre les différents espaces de nature du territoire, il devient possible d’organiser un réseau propice à la circulation des espèces. A minima, il s’agit de relier les coeurs de nature c’est à dire les « réservoirs » principaux de biodiversité entre eux. Les bases de la trame verte et bleue du pays Le Havre Pointe de Caux Estuaire Pour commencer, ont été recensés les éléments susceptibles de constituer cette trame. Une première définition des éléments de la trame bleue y intègre la mer, le réseau hydrographique, les canaux, le littoral repr ésente un réservoir de biodiversit é la réserve naturelle abrite la 2e roseili ère de france Parc de Rouelles - importance des Coteaux bois és et prairies 36 Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature
  • 37. ébauche de la trame verte et bleue les axes de ruissellement, les périmètres de protection de captage,..., donnant lieu à la carte « éléments de la trame bleue ». De manière comparable, les éléments composant la trame verte sont identifiés : réserve naturelle, espaces remarquables du littoral, espaces naturels sensibles, ZNIEFF,..., ce qui permet d’établir la deuxième cartographie. La rapprochement des deux cartes donne une première ébauche de trame verte et bleue représentée ci-contre. La ZIP en mutation perma-nente gagnera à se relier au dispositif en définissant une trame verte et bleue adaptable à son échelle. Quelques repères sur la prise en compte de la biodiversité Suite au sommet de Rio en 1992 (convention de la biodiversité), une stratégie suscitée par L’ONU et le Conseil de l’Europe a été mise en place pour enrayer la baisse, voire assurer une reconquête de le biodiversité. Elle a été validée par les 55 pays présents à la Troisième Conférence ministérielle intitulée « Un environnement pour l’Europe » réunie en octobre 1995 à Sofia (Bulgarie). Dans les années qui ont suivi, différentes conférences se sont tenues dont la décision la plus marquante a été celle de mettre en place un réseau écolo-gique paneuropéen (ou REP) qui couvre toute l’Europe. Il constitue l’un des principaux objectifs de la Stratégie paneuropéenne pour la protection de la diversité biologique et paysagère, et permet de mettre en oeuvre la straté-gie relative à la conservation et la gestion des écosystèmes, des habitats, des espèces et des paysages dans une perspective de développement soutenable. Ce réseau doit être subsidiairement mis en place par les états membres, avec le soutien de l’Europe, et la nécessaire collaboration d’échelons locaux tels que régions, départements, agglomérations, parcs naturels, pays, communes, etc..., l’Europe s’occupant subsidiairement des échelles, corridors, sites et espèces dites d’importance européenne. Aujourd’hui en France, le grenelle de l’environnement décline plus précisément les choses au travers du concept de trame verte et bleue. La Région Haute-Normandie et la DREAL finalisent actuelle le Schéma Ré-gional de Cohérence Ecologique qui devra être pris en compte dans les SCoT. Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature 37
  • 38. Trame verte et bleue proposée L’addition des principaux espaces naturels et du réseau hydrographique du territoire (cf détail de la légende) constituerait l’ossature de la trame verte et bleue cartographiée sur la page suivante. Si une grande partie des éléments constituants semble s’organiser sponta-nément en réseau il n’en demeure pas moins que des ruptures subsistent. Pour optimiser le fonctionnement de la trame verte et bleue des principes de continuités sont proposés (cf schéma ci-contre). Ils pourront être mis en place de manière volontariste, à la faveur du renouvellement des docu-ments d’urbanisme et des projets d’aménagements du territoire (infras-tructures routières et ferroviaires, dispositifs de gestion des eaux pluviales et ruissellement...). Les nouvelles infrastructures, les extensions urbaines éven-tuelles croisant la trame devront proposer des dispositifs adéquats pour le maintien ou la création de continuités. Le cas échéant des mesures de compensation pourront être envisagées. Elaborer une Trame Verte et Bleue Assurer des continuités à toutes les échelles Suite au sommet de Rio en 1992, il a été décidé de mettre en place un réseau écologique paneuropéen (ou REP) qui constitue l’un des principaux objectifs de la Stratégie paneuropéenne pour la protec-tion de la diversité biologique et paysagère, et permet de mettre en oeuvre la stratégie relative à la conservation et la gestion des écosystèmes, des habitats, des espèces et des paysages dans une perspective de développement soutenable. (> Cf encadré page pré-cédente) Aujourd’hui en France, Le grenelle de l’environnement porte le concept de trame verte et bleue. Pour anticiper et raccorder notre trame à celle qui sera définie théoriquement en 2012 à l’échelle nationale et celle des régions, nous avons esquissé la forme pro-bable d’une trame à une échelle plus large que celle de notre pays (cf cartographie ci-dessous). Coeurs de nature et continuités principales à établir dans un périmètre élargi © AURH 2009 − GPMH − © IGN - Paris 2003 − Fontaine -la -mallet - un bassin de rétention de la codah compl étant le dispositif de lutte contre les inondations - le maintien en eau du fond du bassin et la pr ésence D’il ôts cr éent un int érêt faunis - tique , floristique et paysager . Ce bassin se situe sur une des continuit és possibles pour am éliorer le fonctionnement écologique de la trame verte et bleue du pays 38 Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature
  • 39. Les bases de la trame verte et bleue - Premières propositions 2009 NB : Cette carte est indicative, elle n’a aucune valeur réglementaire mais elle constitue le socle de la carte thématique du SCoT © AURH 2009 − © CODAH − © Caux Estuaire − GPMH − Chambre d’Agriculture 76 − ® BD TOPO Pays - © IGN - Paris - 2008 − BD CARTO - © IGN - Paris 2002 − ® BD ALTI qui a été approuvé en février 2012 Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature 39
  • 40. Optimisation du fonctionnement de la trame verte et bleue du PAYS par des principes de continuit és Nature des continuités Fonds de vallées et axes de ruissellement sont par essence propices à ces continuités, ce qui explique leur localisation dans le schéma proposé. Une continuité verte peut se résumer à des éléments modestes (chemin agricole arboré, axe de ruissellement enherbé, espace vert de quartier) ou avoir des dimensions plus généreuses (prairies, boise-ments, parcs publics…). La trame peut être encore étoffée par l’augmentation des surfaces enherbées, des plantations adaptées, le rétablissement des conti-nuités des rives de cours d’eau, des passages à faune, l’adaptation des ouvrages de rétention d’eaux pluviales, etc. Elaborer une Trame Verte et Bleue Deux continuités majeures structureraient le dispositif : • Une continuité est-ouest de la vallée du commerce jusqu’au littoral est à établir en reliant les espaces de nature conséquents (Vallée du commerce, Vallée du Saint-Laurent, Parc de Rouel-les, Forêt de Montgeon, Littoral)- cf page 19. • Une continuité nord-sud doit prendre place dans l’axe de la Lé-zarde qui s’y prête tout particulièrement. Des continuités complémentaires doivent étoffer le système en empruntant notamment les vallons et les axes de ruissellement. Les principales sont cartographiées de manière indicative (cf schéma de principe ci-contre). On peut également imaginer que cette trame puisse s’enrichir des espaces maintenus à l’état de nature ou gérés en prairie dans le cadre des PPRI et PPRT à venir. Le Havre - MONTGAILLARD - Les Parcs apparaissent comme des éléments de la trame verte et bleue proches des habitants , accueillant les liaisons douces 40 Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature
  • 41. Une trame verte et bleue multifonctionnelle Identifier et améliorer le fonctionnement d’une « armature écologique et paysagère » au profit de la biodiversité et du cadre de vie constitue sans doute une première étape dans l’élaboration de la trame. Bien entendu, il s’agit de conserver les espaces de grande qualité éco-logique mais pas seulement. Il apparaît tout aussi important de valoriser leurs différents potentiels et en faire bénéficier les habitants. Montivilliers - lézarde et bief - la continuit é hydrographique , est aussi une continuit é éco - logique - un chemin pi éton -velo agr éable permet de profiter de ces ambiances . En effet, cette trame doit répondre aux spécificités de notre territoire et à ses attentes. Elle doit donc participer à son attrait (espaces de na-ture de proximité, cadre paysager), à l’accueil de liaisons douces et intégrer une part importante des espaces dévolus à la gestion de l’eau (bassins de rétention, périmètres de captage…). Accueillir des liaisons douces saint -laurent -de -br èvedent - le fond de vall ée du saint -laurent dispose de noues discr ètes et de prairies inondables favorables à la biodiversit é et offrant un cadre paysager tr ès appr éci é Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature 41
  • 42. Conforter la place de l’agriculture L’accélération du recul des surfaces dévolues à l’agriculture rap-pelle l’importance d’un projet de territoire intégrant plus lisiblement la dimension agricole L’agriculture dispose de sols d’une rare fertilité et joue un rôle éco-nomique certain sur notre territoire. Elle gère également une grande partie des « espaces de respiration ». Les activités agricoles plus proches de la ville doivent composer avec des contraintes spéci-fiques mais peuvent également bénéficier de cette situation en se diversifiant et en proposant des services de proximité appréciés des habitants (approvisionnement en circuit-courts, loisirs verts, enrichis-sement du cadre de vie…). Le paradoxe de l’agriculture est de susciter toujours plus d’attentes de la part des citoyens tout en cédant toujours plus de surfaces au profit d’autres formes de développement (habitat, zones d’activi-tés, infrastructures). Le comble est que le désir de nature/agriculture des habitants non assouvi en ville est un des moteurs principaux de son recul (cf référence à Jean Viard p.18). En effet, en allant s’instal-ler en milieu rural pour se « mettre au vert » une part de la population consomme le territoire agricole qui la faisait venir pour construire de l’habitat individuel. Ces dernières décennies, le mouvement s’est accéléré, tant et si bien que l’étalement urbain est devenu la pre-mière préoccupation des spécialistes de la planification et de la prospective. L’objectif principal de la loi SRU est d’ailleurs l’écono-mie de l’espace. PLU et SCoT doivent s’y employer. Aujourd’hui, de nombreuses raisons poussent à limiter la consomma-tion des terres agricoles : garantir une sécurisation alimentaire des populations, freiner l’imperméabilisation des sols, assurer une qualité de cadre de vie et un développement équilibré du territoire. Les ter-res agricoles participent à équilibrer le bilan carbone de l’industrie, des transports et de l’habitat, ce qui milite, comme nous l’avons vu dans les pages précédentes, pour une réelle solidarité urbain-rural. Deux axes importants sont ici proposés : • Le premier vise à réduire le mitage sur l’ensemble du pays. Cet-te dispersion du bâti est particulièrement préjudiciable à l’agri-culture et notamment aux éleveurs. • Le deuxième consiste à garantir dans des espaces sous forte pression foncière, à proximité des populations urbaines, la pé-rennité d’espaces agricoles variés. Sans garantie sur le foncier, l’activité agricole peine à s’organiser autour de l’aggloméra-tion et donne lieu à un paysage d’attente qui semble même appeler l’urbanisation. Ces espaces rares sont pourtant porteurs d’enjeux multiples pour l’avenir du pays. La réduction du mitage : une priorité En interdisant la création ou l’extension de hameaux nouveaux, le pays peut régler un des problèmes majeurs de l’agriculture et no-tamment de l’élevage. Le diagnostic agricole de la chambre d’agriculture 76 a mis en exer-gue des éléments clés pour appréhender cette situation : • Les exploitations ont besoin de maintenir des ensembles parcel-laires vastes et cohérents pour optimiser leur activité (le morcel-lement est une forte contrainte); • Les espaces agricoles en contact avec l’urbanisation ne ces-sent d’augmenter du fait de l’accroissement de la dispersion du bâti. Les normes imposent des reculs pour les implantations de nouveaux bâtiments agricoles et pour les épandages qui rendent la cohabitation difficile voire impossible avec l’habitat. Une maison peut mettre en péril le devenir d’une exploitation ; • Les investissements liés aux mises au norme, au matériel ou encore aux bâtiments sont très importants dans l’agriculture traditionnelle. Dès lors, les exploitants ont besoin d’une lisibilité foncière d’une quinzaine d’années pour adapter leur outil de production et assurer l’équilibre économique de leur projet. 42 Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature
  • 43. Extrait d’une note de François Léger - Enseignant-chercheur au ministère de l’agriculture et à Agro-Paris-Tech «Les espaces agricoles, cadre de vie ou facteur de production ?» Cette note tente une synthèse plus ou moins subjective des débats lors des ateliers « cadre de vie » et « espaces naturels et espaces agricoles » lors de la phase diagnostic du grenelle de l’estuaire de la Seine. François Léger – avril 2009 «> Un impératif pour préserver les espaces agricoles : penser l’agricul-ture dans le territoire et le projet de territoire. L’enjeu de la préservation des espaces agricoles,..., impose que les activi-tés agricoles deviennent une composante à part entière d’un projet de ter-ritoire, qui les envisage dans toutes leurs dimensions, écologiques, écono-miques, sociales, techniques, à l’échelle du territoire lui-même mais aussi au-delà de celui-ci.» Il faut réfléchir en termes de marchés. Si on considère qu’il convient de privilégier une logique d’approvisionnement local, comment les agricul-teurs doivent-ils définir leurs systèmes productifs pour s’ancrer durable-ment dans leur territoire ? ...Si on considère ... (que l’avenir de l’agricul-ture) ne peut se jouer que dans l’articulation entre local et global, comment organiser cette articulation et, en particulier, permettre la coexistence de différents systèmes dont les contraintes et les moyens d’agir seront néces-sairement différents ? Les systèmes techniques correspondant existent... mais imposent en effet des connaissances et des compétences spécifiques, qui ne peuvent s’acqué-rir du jour au lendemain... > Un impératif pour penser l’agriculture dans le territoire et le projet de territoire : préserver les espaces agricoles. La définition d’un projet agricole pour le territoire, accepté par tous les acteurs ... apparaît comme une condition impérative à la préservation du-rable des espaces agricoles... Le problème est qu’un tel projet n’est réali-sable sur le moyen et le long terme qu’à la condition qu’une politique réso-lue de préservation de la vocation agricole des espaces agricoles soit mises en oeuvre dès maintenant... La question foncière demeure un élément clef. ... Le foncier agricole ne bénéficie pas d’un même appareil de protection légale que les espaces naturels remarquables ou les espaces classés à ris-ques. La loi d’orientation agricole de 1999 a créé le statut de zone agricole pro-tégée. Il érige la « vocation agricole » d’un territoire en « servitude d’uti-lité publique ». Toutefois, cette procédure récente et lourde a été très peu mise en oeuvre. On a vu que l’un des obstacles principaux à la préservation des espaces agricoles était lié justement au fait que leur valeur était démul-tipliée dès lors qu’ils étaient susceptibles de devenir constructibles. Des débats sont actuellement en cours autour de l’intérêt qu’il y aurait à dissocier la propriété foncière du droit à construire, comme cela se prati-que dans d’autres pays européens...» Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature 43
  • 44. Trois espaces et trois types d’agriculture (cf carte ci-contre) : • L’agriculture littorale (Cauville-sur-Mer et Octeville-sur-Mer) Les atouts bio-climatiques du bord de mer, la qualité des sols et la proximité du bassin de consommation de l’aggloméra-tion havraise prédisposent ce secteur à la production de den-rées de qualité en circuits-courts. Le maraîchage et l’élevage aujourd’hui présents mais en régression par rapport aux gran-des cultures doivent être encouragés. octeville -sur -mer - Grandes cultures et Mara îchage La grande valeur paysagère de ce secteur tient, en grande partie, aux dégagements vers le littoral qui sont aujourd’hui entretenus et mis en valeur par des espaces agricoles diversifiés (importance de la loi littoral). Cette orientation va dans le sens d’un maintien de la qualité du site, facteur d’attractivité pour le tourisme (liaison Le Havre – Etretat – Fécamp). Conforter la place de l’agriculture Le mitage maîtrisé, le développement du bâti se ferait en lien avec l’urbanisation des bourgs et des tissus urbains constitués en ne se dis-persant plus dans l’ensemble du territoire. Les hameaux pourraient simplement être densifiés. Seules des opérations exceptionnelles de type pôle-gare ou ha-meau parfaitement intégrées à l’environnement pourraient voir le jour en dehors des zones bâties principales. Préserver des secteurs clés pour assurer la cohérence et la richesse du territoire de demain Le type de développement de l’agglomération des dernières dé-cennies s’est fait au détriment de l’agriculture de proximité (maraî-chage, élevage laitier…). L’espace intermédiaire entre la ville et les grandes cultures qui accueillait ces activités très diversifiées a quasi-ment disparu. Un rapport frontal entre développement urbain et les espaces de grandes cultures a remplacé cette transition subtile de l’un à l’autre. Nos paysages s’en sont trouvés appauvris. L’imbrication ville/agriculture, ville/nature qui présente de nombreux atouts pour la métropole durable est encore possible pour peu que l’on préserve des espaces agricoles dans des secteurs stratégiques sous forte pression foncière. C’est la démarche qui a été proposée lors des ateliers agriculture/ville entre décembre 2008 et mai 2009 et croisée ensuite avec les autres thématiques de l’étude paysagère et environnementale. Trois espaces agricoles spécifiques ont été proposés pour leurs qualités actuelles mais également pour leur potentiel dans les pro-chaines années. Ils seront au coeur et participeront à la qualité du développement attendu dans l’agglomération et sa périphérie. Les fondements de la démarche ont été expliqués dans les pages 18 et 19 (constituer une grande respiration agricole et environnementale à l’échelle du pays - Axe Est-Ouest). CAUville -sur -mer - Pâtures en bord de falaise 44 Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature
  • 45. L’agriculture dans le projet de développement - Premières propositions 2009 NB : Cette carte est indicative, elle n’a aucune valeur réglementaire Base de la carte ajustée pour le SCoT approuvé en 2012 © AURH 2009 − © CODAH − © CCSRC − GPMH − Chambre d’Agriculture 76 − ® BD TOPO Pays - © IGN - Paris - 2008 − BD CARTO - © IGN - Paris 2002 − ® BD ALTI - © IGN - Paris - 2002 − Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature 45
  • 46. Conforter la place de l’agriculture • L’agriculture de proximité (compris entre le nord du Havre, le sud-est d’Octeville-sur-Mer, l’ouest de Fontaine-la-Mallet et le sud-ouest de Montivilliers) C’est une « porte » de la ville vers les grands paysages agricoles du plateau de Caux et inversement une porte agricole vers Vue depuis la D 31 du secteur en question suivant un axe Nord -est / sud -ouest l’agglomération. L’arrivée de la rocade Nord et du terminus tramway va dynamiser le développement du plateau Nord- Ouest du Havre et des communes voisines. Le maintien d’un es-pace ouvert conséquent apparaît intéressant pour équilibrer le développement de la pointe de Caux et éviter une croissance en tâche d’huile synonyme de perte d’identité pour chacune des communes concernées. C’est l’opportunité de maintenir un cadre paysager valorisant pour les populations riveraines et poursuivre une activité agricole en lien avec les citadins. Ce secteur est prédisposé au développement de loisirs verts. Avec une surface comparable, cet espace constituerait le pendant agricole de la forêt de Montgeon. • L’agriculture liée au Saint-Laurent (Secteurs encadrant la vallée du Saint-Laurent) La vallée du Saint-Laurent et ses pourtours représentent un es-pace agricole et naturel cohérent. C’est également un site paysager reconnu. Le SCoT identifie ce secteur comme stra-tégique pour la préservation de la ressource en eau. En effet, les sources du Saint-Laurent représentent le troisième gisement d’approvisionnement en eau du pays après Radicatel et Yport qui se trouvent à l’extérieur du territoire. La gestion des risques de ruissellement et d’inondations est également une préoccu-pation importante sur cet espace. Vall ée du saint -laurent - un paysage aux multiples facettes La protection de ce site présente un intérêt agricole, paysager et environnemental important pour le territoire. Aller plus loin dans une démarche agricole Pour nourrir 300 000 habitants en fruits et légumes de saison, popu-lation envisageable sur le pays, il faudrait disposer d’une réserve de 1500 ha de terres dédiées à la production de ces denrées (maraî-chage, verger,..). Cela représente moins de 5 % de la surface du pays. Il serait intéressant de déterminer les surfaces nécessaires pour également produire les céréales, le lait et la viande pour subvenir aux besoins de cette population. 46 Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature
  • 47. D 31 - PlATEAU DE CAUX - PAYSAGE DE GRANDES CULTURES L’agriculture actuelle du plateau de Caux est majoritairement orientée vers les marchés mondiaux et privilégie les grandes cultures (céréales, maïs, pommes de terre, betteraves, lin) comme mode de faire-valoir des limons du plateau ; il existe dans ce domaine de l’agriculture dite conventionnelle, un réel savoir-faire. Le taux de mise aux normes est majeur et l’outil de production performant. Mais L’élevage est de plus en plus handicapé par l’éloignement des structures de traitement du lait, des abattoirs et comme partout par les prix. Le modèle embléma-tique de l’exploitation de polyculture élevage est en perte de vitesse. Les surfaces maraîchères, les vergers, les élevages diversifiés sont deve-nus marginaux à l’échelle du pays et on a pu assister progressivement à une forme de déconnexion entre la consommation des habitants et la production agricole. On ne mange pratiquement plus aucun produit de notre territoire alors que nous disposons de terres extrêmement fertiles et d’un climat permettant d’assurer une grande variété de productions. La méconnaissance des habitants envers l’agriculture est devenue pré-gnante. Désormais il faut se rendre sur certains marchés, aller visiter la Ferme de la Brière ou les Huit fermes, se rendre adhérent à une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) pour pouvoir encore consommer localement. Il est intéressant de dresser un bilan sur les possibilités offertes aujourd’hui et le potentiel de diversification complémentaire (cf liste ci-dessous). L’agriculture produit des denrées mais également des services. Les activités de diversification qui exisent sur le territoire (approche pure-ment qualitative - ces activités demeurent souvent marginales): • Maraîchage ( Marché, AMAP, Vente directe, BRAD*) • Vente de produits locaux (Huit Fermes, Ferme de la Brière, autres ven-tes directes…) • Produits du terroir : Pain normand, Cidre du Pays de Caux, Boeuf Bringé de Normandie, Fromages divers… • Accueil (accueil à la ferme, ferme pédagogique, fermes auberges et gîtes ruraux …) • Fermes équestres • Horticulture, Jardineries • Pépinières • Entreprises de travaux agricoles • Jardins familiaux • Ecopâturage (Aquacaux) • Cueillette de fruits et légumes > 1 projet mis en place en 2011 D’autres activités envisageables : • Développement d’une filière agriculture biologique • Production de matériaux de construction (lin, paille, laine, bois…) • Agroforesterie • Production d’énergie (filière bois, miscanthus, huiles végétales) • Accueil / restauration (buffet campagnard) • Chantier d’insertion via le maraîchage • Circuits touristiques liés aux spécificités agricoles et patrimoniales lo-cales (Pays de Caux) • Gestion différenciée des espaces verts (fauche, pâturage...) • Formation au jardinage • Autres activités originales (miel, champignon, élevage spécialisé…) *BRAD : Les Bons Repas de l’Agriculture Durable Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature 47
  • 48. Conforter la place de l’agriculture Il y a des pistes à creuser : 1-Rapprocher agriculteurs et consommateurs • Une marque de produits, voire de services, de pays permettrait aux habitants d’identifier la production locale et d’acheter en circuit-court. Elle permettrait d’organiser des filières de distribution et de transformation locales. • Les collectivités pourraient contractualiser avec les agriculteurs du pays pour leur ache-ter une part importante des denrées consom-mées sur le territoire (cantines, maisons de retraite, établissements publics). Certaines communes mettent déjà en oeuvre cette pratique (Octeville-sur-Mer, Montivilliers, Har-fleur...). • A l’instar des établissements publics, des en-treprises pourraient également s’orienter pour leur restauration collective vers les produits lo-caux. La même direction serait envisageable pour les différents modèles de distribution (de l’épicerie à la grande surface) et les restau-rateurs. • La promotion d’AMAP ou structures compa-rables représenterait une piste complémen-taire. 2-Dégager du foncier pour la diversification • Les collectivités peuvent se rendre proprié-taires de terrains afin d’y installer d’autres types d’activités agricoles attendus par les consommateurs. C’est une manière intéres-sante d’atténuer le problème d’accès au foncier pour les nombreux jeunes qui souhai-teraient s’installer. • La valorisation de terres « gelées » pour la pro-tection de l’eau de la ressource en eau (pé-rimètre de captage) et la gestion des risques (inondations, ruissellement) - deviendraient possibles pour de l’agriculture biologique et l’élevage extensif (cf grenelle de l’environne-ment). • Des expériences d’achat de foncier solidaire par des associatifs participent également de cette même dynamique à l’échelle de la po-pulation. 3-Anticiper le virage environnemental • Le grenelle de l’environnement, le projet agricole national Objectif Terres 2020, la poli-tique agricole du Département de la Seine ja RDINS fAMILIAUX AU hAVRE Ferme pédagogique des vimbert à Montiivilliers écop âturage - falaises - Aquacaux gîte rural A MANéGLISE Pâerstu adns al réeersv aeellnrtu Faeegimorr - st .ceinntv -de -aceilmnrs eentv cdeeirt à ceeillotv -SUR-MER 48 Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature
  • 49. Maritime vont dans la même direction et encouragent l’agriculture à s’adapter à un nouveau contrat sociétal : une meilleure préserva-tion de l’environnement, le développement d’une agriculture plus en phase avec son territoire (agronomie, climat, bassin de consom-mation). • Le défi est important puisque rien que pour l’agriculture biologique le département 76 accuse un retard énorme. L’agriculture du pla-teau de Caux est une des plus riches et dynamiques de France et a sans doute du mal à changer le modèle qui lui a réussi pendant plu-sieurs décennies mais qui n’apparaît pas durable à moyen terme. • Pour l’instant, les initiatives viennent plutôt des associations comme les défis ruraux mais les collectivités et les citoyens ont sans doute un rôle majeur à jouer afin d’aider à cette mutation incontournable. 4-Permettre au plus grand nombre un contact privilégié avec la terre et les activités agricoles • La mise à disposition de jardins familiaux représente un axe impor-tant notamment en ville où l’activité de jardinage constitue un lien à la terre autant qu’un lien social. La demande est bien supérieure à l’offre. • La reconstitution d’une culture du jardin et des activités agricoles par les classes vertes, les fermes pédagogiques, les portes ouvertes, l’accueil à la ferme paraissent également intéressants. • Une offre de chambres d’étudiants à la ferme dans des communes rurales bien desservies pourrait aussi participer à véhiculer une image actualisée des dynamiques et savoir-faire agricoles. « Ce plan définit les voies possibles d’une agricul-ture réinventée, conciliant performance économique et efficacité écologique » - Michel Barnier 5 défis majeurs • Mieux utiliser une eau qui se raréfie • Contribuer à la restauration du bon état écologique des eaux • Contribuer à la richesse de la biodiversité et des paysages • Protéger les sols agricoles • Mieux maîtriser l’énergie et lutter contre le réchauffement climatique 5 préconisations • Réduire l’usage et l’impact des produits phytosanitaires • Engager chaque entreprise agricole dans le développement durable • Développer les potentialités de l’agriculture biologique • Remettre l’agronomie au centre de l’agriculture • Repenser des pratiques adaptées aux territoires Projet de nouvelle politique agricole pour la période 2009-2012 Département 76 - Extrait des dispositifs autour de 6 thématiques : Thème 2 - Foncier : • Aide à l’achat d’exploitations agricoles par les collectivités territoriales • Approche de foncier solidaire • Mise en place de «périmètres de Protection et d’Aménagement des Espaces Agricoles et Naturels périurbains » Thème 3 -Filières courtes et vente directe (relocalisation de l’économie) : • «Bons repas de l’Agriculture Durable haut-normande» dans les collèges, maisons de retraite ou de personnes handicapées • Aide à la gestion de la problématique logistique • Construction d’un réseau de plateformes logistiques multi produits pour la desserte locale Citation (Equipe Grumbach & Associés) : « L’espace agricole va jouer un rôle essentiel dans les métropoles, tant pour assurer leur alimentation que pour équilibrer leurs émissions de gaz à effet de serre, pour participer à une économie circulaire, pérenniser les paysages, développer de nouvelles activités, attirer du tourisme… » Multiplier les interactions entre ville, industrie, agriculture et nature 49
  • 50. 50
  • 51. 51 IV-Donner à voir un pays attractif
  • 52. Soigner les entrées et les grandes traversées du pays Proposer un portrait valorisant les atouts de notre territoire L’identification des entités paysagères dans la phase diagnostic a permis de révéler une diversité d’ambiances, de lieux et sans doute de vocations d’espaces. Leur découverte passe principalement par la pratique des grands itinéraires routiers et ferroviaires du territoire. Certains découvrent aussi la pointe de Caux par la mer et l’estuaire (croisiéristes, amateurs de loisirs nautiques, personnel naviguant) d’où l’intérêt d’une prise en compte de la physionomie de la côte suivant ses différents aspects (falaises, plage, ville-port, ZIP, réserve naturelle) et l’enjeu de valoriser notre entrée maritime (adéquation avec le projet du Grand Paris). La pratique des dessertes plus locales, des itinéraires cyclables, pé-destres, équestres,..., permet d’appréhender le pays plus en profon-deur. Finalement, la perception du territoire recouvre plusieurs modalités et se décline à différentes échelles. Les axes majeurs apparaissent comme les premiers révélateurs de la dynamique du territoire et du soin porté à la qualité de son aménagement. C’est la raison pour la-quelle, il apparaît nécessaire de penser ces points de vue privilégiés et d’accompagner leurs changements. Maîtriser l’image du territoire depuis les grands axes Si nous nous focalisons sur les perceptions du plus grand nombre (routes principales et voies ferrées), il apparaît que l’attrait du Pays le Havre Pointe de Caux Estuaire dépend d’un travail sur l’amélio-ration de la lisibilité et une valorisation des différentes composantes de l’identité du territoire. La carte (à droite) localise un certain nombre de dispositifs permettant d’appréhender cette démarche sur la maîtrise de l’image du territoire. Le détail des légendes va nous conduire à définir les différents dispositifs envisageables : • Entrée majeure du territoire (A 131) La qualité de cette entrée constitue un enjeu capital pour l’image du pays. Cet itinéraire majeur de la métropole maritime, depuis le pont de Tancarville jusqu’au coeur du Havre, est reconnu pour ces grandes qualités paysagères. Il permet la découverte progressive de plusieurs aspects de l’estuaire lors d’un parcours séquencé de près de 30 km (du plus naturel au plus urbanisé). Calé contre les falaises majesteuses au Nord et ouvert sur l’estuaire au Sud, l’A 131 permet de révéler successivement : la réserve naturelle, les prairies agricoles, les industries majeures, les débouchés de vallées et la vil-le- port. Son évolution future est principalement liée au développe-ment de l’activité économique (cf DTA), notamment sur le secteur dit des Herbages. Sur cette vitrine exceptionnelle, la qualité architecturale et paysa-gère se doit d’être une exigence majeure. Un enjeu de prestige du territoire se joue ici et l’intérêt du site pour des activités phares est évident. Une valorisation réciproque des entreprises et du territoire doit être imaginée. L’aménagement de cette vitrine doit sans dou-te être conditionné par un projet global d’aménagement appuyé sur un cahier des charges adapté tenant compte de la logique de déroulement de l’axe de jour comme de nuit. • Coupure d’urbanisation Classiquement, l’urbanisation a tendance à se développer le long des axes routiers principaux. Ce phénomène devient contraignant quand il prend de l’ampleur car il pose des problèmes de gestion et d’organisation des communes et contribue à atténuer voire faire disparaître l’alternance ville/campagne (conurbation). On ne dis-tingue alors plus le passage d’une commune à une autre (perte d’identité) et on ne bénéficie plus de vues sur l’ensemble du terri-toire attenant (effet couloir). L’objectif des coupures d’urbanisation est de maintenir un espace 52 Donner à voir un pays attractif
  • 53. La mise en scène du territoire - Premières propositions 2009 NB : Cette carte est indicative, elle n’a aucune valeur réglementaire Elle a servi de socle pour la carte du SCoT approuvée en 2012 Voir travail de repérage et de préconisation axe par axe en annexe du document à partir de la p 109 Donner à voir un pays attractif 53
  • 54. Soigner les entrées et les grandes traversées du pays de respiration (arrêt de l’urbanisation linéaire) entre deux secteurs urbanisés. Ces derniers facilitent l’accès aux territoires agricoles ou naturels attenants et préservent les identités communales en ren-dant plus lisible les alternances entre ville et campagne. D 6015 Coupure d’urbanisation propos ée entre st aubin routot et saint romain de colbosc • Vue remarquable Le Pays Le Havre Pointe de Caux Estuaire bénéficie de vues remar-quables qui constituent autant de repères et d’attraits pour les visi-teurs ou les habitants. Les espaces ou les territoires perçus à partir des points de vue évoluent de fait. Les qualités des vues sont liées à des caractéristiques respectives qu’il conviendrait d’intégrer dans les évolutions à venir afin d’en préserver les traits marquants et les aspects les plus valorisants (cf tableau en annexe). Dix vues ont été répertoriées dont le caractère remarquable peut tenir à plusieurs aspects : • Dégagement panoramique permettant d’appréhender une vaste étendue de paysage ; • Vue révélant des traits marquants de l’identité du secteur tra-versé ; • Perspective offrant une vue en profondeur ou sur un repère im-portant du territoire ; • Secteur de vues remarquables urbanisable ou mutable dans la durée du SCoT Deux secteurs clés offrent des dégagements visuels porteurs de cohérence et d’attrait pour l’axe en question. En l’attente de nou-veaux projets structurés l’ouverture devrait être conservée, tant que possible, pour maintenir la qualité de la vue. Quand le site sera ap-pelé à changer, son urbanisation ou toute autre évolution mar-quante serait condi-tionnée par l’élabora-tion d’un plan global d’aménagement pre-nant en compte toutes les qualités du site. le havre - l’arriv ée sur le bassin vauban révèle l’identit é de la ville -port • Espace ouvert offrant des qualités paysagères Espaces de grande qualité (généralement d’environ 1 ha à quelques ha) perçus depuis les axes principaux du territoire (routes et voies ferrées), ils sont le plus souvent non ou faiblement bâtis et participent à l’agrément et à la richesse du cadre de vie. Leur repé-rage a été réalisé à titre indicatif. Les PLU pourront veiller à maintenir leur attrait. D 940 large panorama sur les ondulations du pays de caux au niveau de cauville -sur -mer Vall ée du saint -laurent - un paysage intime compos é de prairies et de boisements accompagne la ligne Paris le Havre 54 Donner à voir un pays attractif
  • 55. • Fenêtre paysagère Cette légende spécifique s’applique à l’autoroute A 29. Le tronçon le plus au Nord de l’autoroute traverse le secteur du plateau de Caux essentiellement en creux. Dès lors, les vues y sont rares et prennent d’autant plus d’importance. Les seules fenêtres importantes sur le pay-sage traversé sont ici recensées. Il s’agirait ici de veiller à ne pas obstruer les vues et garantir une per-ception de paysage de qualité sur les deux tronçons répertoriés sous cette légende quelque soit la nature de l’évolution du territoire. Cette attente n’est en aucun cas incompatible avec l’extension ou l’implan-tation d’activités économiques qui veilleraient à conserver une qualité à la vitrine dont elles disposent. • Séquence de vues remarquables liée à une position en hauteur (pont, remblais) L’intérêt des vues recensées sous ce poste de légende apparaîtra sans doute évident aux habitants du territoire (ex : depuis le pont de Nor-mandie). Leur existence est liée à des infrastructures majeures qui ga-rantissent, a priori, leur pérennité. Les jalons nous accrochent à la réalité du territoire et à son histoire Un zoom sur chacun des axes permet d’identifier des séquences le long du parcours. Sur le trajet de la ligne Le Havre-Paris par exemple, on identifie, d’Est en Ouest : une séquence très ouverte sur le plateau de Caux ponctuée par des clos masures, puis le passage dans la vallée du Saint-Laurent plus intime et plus arboré pour finir ensuite par une décou-verte spectaculaire de l’agglomération (vallée de la Lézarde, ZIP et ville du Havre). Ces séquences délimitent des zones cohérentes à prendre en compte. Une analyse par axe amène également à noter des éléments qui marquent ponctuellement le déroulé de l’axe comme des repères por-teurs d’identité. Ces jalons sont importants à prendre en compte dans une logique de réaménagement d’axe, de positionnement d’entrée de ville... Ils peuvent être de différentes natures : éléments de patri-moine, clos masure, structures paysagères valorisantes, ... Quelques exemples sur la D 6015 : Franchissement du grand canal - un large horizon sur l’es - tuaire dans toutes ses composantes Il s’agit ici de recon-naître simplement leur rôle important dans la perception et l’intel-ligibilité du territoire. Ce sont des points de vue privilégiés pour découvrir un large pa-norama et suivre son évolution. 1-gonfreville -l’orcher - le manoir de bévilliers et ses alignements de hêtres 2&3-Gainneville - Au sud un grand dégagement met en sc ène l’église en retrait , au Nord l’an - cienne mairie marque un carrefour avec l’axe rogerville - saint -martin -du -manoir 4-Gainneville - alignement bâti structurant en bord de voie 5-Saint -romain -de -colbosc - ensemble de villas bourgeoises le long de la voie 6-les Trois pierres - clos masure dit «le ch âteau » en limite du pays Donner à voir un pays attractif 55
  • 56. Soigner les entrées et les grandes traversées du pays Une entrée maritime au potentiel croissant L’identité maritime de notre territoire est au coeur de sa dynamique de développement et de son attractivité, mais c’est un atout qui gagnerait encore à être valorisé. Le port du Havre représente une porte d’entrée fluviale et maritime majeure. Porte de la ville et du port, de l’agglomération, de la France et de l’Europe, ce point est symboliquement un lien avec le monde comme nous le rappellent encore les travaux sur le Grand Paris. Les entrées de ville constituent les premiers liens entre le visiteur et la ville : elles doivent avoir un rôle structurant et qualifiant, et nous gui-der. L’entrée maritime doit, tout particulièrement, permettre de ré-véler une identité forte et remarquable, de souligner le dynamisme, d’attiser la curiosité et également annoncer le potentiel touristique de l’agglomération. Son caractère insolite permet à la ville-port de se distinguer en valorisant des éléments révélateurs de son âme, de privilégier une approche « sensible », une dimension imaginaire qu’il s’agit de rendre plus lisible. Empruntée par des navires marchands, des ferries, des paquebots de croisière et des bateaux de plaisance, l’entrée maritime ma-térialise le premier contact physique et sensoriel avec Le Havre et la France. Pour des usagers aux origines, motivations et objec-tifs très divers (tourisme, voyage d’affaire, ...), il s’agit de prolonger ce contact par la découverte, de créer le désir de visite pour des voyageurs aujourd’hui encore majoritairement en transit. L’attracti-vité doit se jouer dès ce premier contact, en suscitant la curiosité du visiteur à travers l’affirmation d’une identité originale et séduisante. Il s’agit aussi de véhiculer une image positive à l’extérieur du terri-toire, image basée sur des points remarquables, une atmosphère et une ambiance unique. Ainsi, les représentations des grands ports nous restent en tête : New-York, Sydney, Shangaï, Singapour... 56 Donner à voir un pays attractif
  • 57. Face à d’autres grands ports, Le Havre bénéficie d’une identité faite d’un assemblage de traces prestigieuses du passé et de projets contemporains à orchestrer à une échelle adaptée dans un souci de développement coordonné de la Ville et du Grand Port Maritime du Havre. L’avenir doit aussi garantir une place de choix aux « habitants ambassadeurs » et aux nombreux visiteurs à venir dans la cité maritime. Sans doute cette porte, la porte océane, la silhouette de la ville et du port perçues depuis la mer peuvent-elles être des sujets de réflexion à poursuivre. Quelle mise en scène nocturne imaginer ? Comment faire évoluer ce seuil au fur et à mesure du développement de la métropole maritime internationale ? De nombreux projets vont dans cette direction : tour Odyssey 21, projet d’éclairage de la digue Nord, plan lumière de la ville du Havre... La perception du territoire depuis l’estuaire et la rive sud : souligner le rythme des verticales Le paysage de l’Estuaire se caractérise par d’immenses étendues pla-nes limitées par des falaises qui en constituent l’horizon au Nord et au Sud. Depuis la Seine, la rive Sud, ou encore le pont de Normandie ou celui de Tancarville, seules les verticales apparaissent comme des mar-ques lisibles : verticales des cheminées industrielles, des grues, des piles de ponts, des rangées d’arbres ... Des verticales qui structurent le paysage de l’estuaire Accentuer la présence de ces verticales repères rythmant le paysage, constitue sans doute une piste à creuser (travail sur les couleurs, les re-flets, les formes, les rythmes, l’implantation des futurs équipements). Il s’agit de penser une scénographie à une très vaste échelle. Le travail sur le paysage nocturne représente également un axe de ré-flexion intéressant dont on peut déjà mesurer l’intérêt aux abords de la ZIP. Le pay sage ne s’arr ête pas aux limites administratives , Le dynamisme de l’activit é portuaire et industrielle est ici perceptible depuis notre dame de gr âce au dessus de honfleur Donner à voir un pays attractif 57
  • 58. Mettre en scène l’activité économique L’expression incontournable de l’activité économique La diversité de l’activité économique d’un territoire recouvre diffé-rentes formes d’organisation : de l’activité agricole qui s’exprime sur de grandes surfaces aux activités tertiaires qui vont se trouver souvent intégrées en coeur de ville à proximité des centres d’affaire et des transports, il existe un large panel de situations. Aujourd’hui quand on parle activité économique, et c’est sans doute un signe, on pense souvent par défaut aux zones d’activités économiques et commerciales qui se sont beaucoup développées ces dernières décennies dans les périphéries (recherche d’un fon-cier moins cher, de facilités d’extension et parfois de proximité avec de grands axes de desserte). Particulièrement visibles, ces zones par-ticipent de fait à la diversité de notre cadre de vie. D’émergence rapide, leur présence peut-être valorisante ou dégradante pour l’image du territoire en fonction de l’attention portée à leur localisa-tion, au soin apporté à leur conception, la maîtrise de leurs abords, ... En constatant la perte de dynamisme de certains centres-villes, centres-bourgs on peut s’interroger sur l’opportunité de la délocali-sation de certaines fonctions (commerce alimentaire, restauration, cabinets médicaux, professions libérales). On peut aussi se poser la question de l’intérêt de zones mêlant indifféremment toute activité. Afin de mieux appréhender les propositions envisageables dans ce domaine, le propos sera resserré sur les zones d’activités écono-miques et organiser suivant des zooms successifs. Quelques idées clés sont proposées en sachant bien que chaque zone d’activité est unique et doit être pensée comme un projet de lieu de vie à part entière par un ensemble de concepteurs compétents (urbanistes, architectes, paysagistes, bureaux d’étude techniques spécialisés). Ensuite, des enseignements seront tirés de deux cas situés dans des contextes différents (photos légendées) : la Zone Industrialo-Por-tuaire de l’Estuaire et le parc Econormandie sur le plateau de Caux. Un aménagement s’inspirant des traits marquants du paysage et de ses atouts/contraintes environnementaux et techniques • Inscrire le périmètre de la nouvelle zone d’activités dans des limites existantes identifiables (voie, talus, haie, fossés, cours d’eau, rupture de pente, lignes de crête...) • S’inspirer des structures paysagères présentes pour créer un site accueillant (fossés, roselières, haies arborées, bosquets...) • Tenir compte des contraintes climatiques et environnementales pour organiser le site (abri du vent, gestion des eaux pluviales, gestion de la pente,...) Des abords maîtrisés • Organiser le recul du bâti depuis la voirie en fonction de l’im-portance de la voie et de la taille du bâtiment (éviter les effets d’écrasement) • Ne pas créer un espace d’activité économique de part et d’autre d’une grande voie de communication (effet couloir, difficultés de gestion) • Maîtriser la publicité sur la voie et les bâtiments (réglementation de la publicité, charte graphique) • Préférer des bâtiments aux formes simples ou qui racontent leur fonction • Trouver des couleurs adaptées (charte couleur pour les bâti-ments) • Assurer des transitions avec le paysage environnant Agir sur la conception de la zone d’activités en elle-même • Organiser un système de desserte adapté à l’usage de la zone (contrecarrer la tendance aux surlargeurs de voiries) • Définir les alignements et les emprises bâties dans un souci de cohérence et de lisibilité • Définir les emprises publiques, collectives et privées • Assurer un préverdissement de la zone qui privilégiera des mo- 58 Donner à voir un pays attractif