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  1. 1. Une course contre la montre Haïti rencontre la République dominicaine le 4 juin prochain ! PAR GÉRALD Bordes DU MARDI 19 AU JEUDI 21 MAI 2015 NUMERO 2 WWW.LENATIONAL.HT QUOTIDIEN • 25 gourdesREPUBLIQUE D’HAITI • PORT-AU-PRINCE HAÏTI / PRÉSIDENTIELLE / INSCRIPTIONS HAÏTI / ÉLECTIONS / JUSTICE ACTUALITE ACTUALITE Les avocats de la première dame adressent une requête civile au BCEN par Eddy Laguerre Malgré deux décisions prises en leur défaveur par le tribunal électoral national, les avocats de Sophia Martelly n’entendent pas abandonner la bataille procédurale. Estimant que le Bureau du Contentieux Électoral (BCEN) a pris deux décisions contradictoires dans une même affaire, ces avocats introduisent une action peu commune en matière électorale en Haïti : la requête civile. D ans cette requête de dix pages, dont Le National a reçu copie, les défenseurs de la première dame qui ont élu domicile au cabinet Patrick Laurent et associés, soulignent à l’attention du BCEN et du président du CEP en particulier, que deux sections différentes du tribunal électoral national ont rendu, les 8 et 11 mai 2015, deux décisions contradictoires ayant rapport à leur cliente. Le BCEN ayant été saisi de deux contestations différentes concernant Mme Martelly, l’une faite par le citoyen Jean David et l’autre par l’ancien sénateur Louis Gérald Gilles, a statué en sections séparées sur chacune des contestations. Les avocats relèvent une « contrariété de décision » entre les deux jugements et invitent le BCEN à rétracter les deux décisions et à faire œuvre nouvelle « en prononçant une seule et même décision confirmant qu’elle (Mme Martelly) remplit toutes les conditions requises pour accepter et retenir sa candidature au Sénat de la République pour le Département de l’Ouest ». » suite, P. 5 La première dame, Sophia Martelly. (JJA) » P. 14 » P. 21 »   P. 7 Jérémie : 3,5 millions dépensés pour rien Par Ralph Simon SPORTS Quel déjeuner pour nos élèves ? par Stéphanie Balmir » suite Page 6
  2. 2. 2 | N0 2 DU MARDI 19 AU JEUDI 21 MAI 2015 Haiti-Éducation : Débats sur la Réforme de l'Université d'Etat d'Haïti Par Fritz Deshommes* publié par AlterPresse FÊTEDEL’UNIVERSITÉ TRIBUNE C ’est le titre du prochain ouvrage du professeur Fritz Deshommes, Vice-recteur à la Recherche à l’Université d’Etat d’Haïti. A l’occasion de la Fête du Drapeau et de l’Université (18mai), nous en publions l’Avant-propos. La parution de « Brase Lide sou Refòm nan Inivèsite Leta d Ayiti » aurait-elle eu un impact sur le contenu de l’Avant-projet de loi organique de l’UEH, version CUEH, et son avenir immédiat ? On serait porté à le croire si l’on se réfère aux accélérations enreg- istrées depuis le 18 mai 2014, date de la sortie de l’ouvrage. Moins de deux semaines après, soit le 27 mai 2014, une rencontre du CUEH donne le ton. Des points sur lesquels plusieurs collègues étaient fermés sont revenus sur le tapis. La représentation du personnel admi- nistratif à l’instance suprême, la possibilité de cartels électoraux au niveau des Conseils rectoraux et décanaux au lieu de candidatures individuelles, la nécessité d’un regard « externe » sur le travail en cours d’élaboration sont évoqués à l’initiative de collègues qui, hier encore, s’y opposaient fermement et à un moment où – la « majorité automatique » aidant - l’on pensait s’acheminer vers la fin du proces- sus. Même l’idée de soumettre l’avant- projet aux débats dans les facultés n’était plus accueillie comme une hérésie. Cette session du 27 mai 2015 sera le point de départ à toute une série d’innovations, d’initiatives nouvelles dont le résultat final se traduira par l’amélioration certaine du texte qui connaitra d’autres sou- bresauts avant d’être finalement adopté en novembre 2014. Notons par exemple : - La demande d’un avis juridique lors de la même séance du 27 mai 2014 ; - La constitution en juin 2014 d’une nouvelle commission du CUEH chargée d’assurer la cohérence interne, de mettre en forme juridique appropriée et d’améliorer la qualité générale du texte ; - La remise en octobre 2014 d’un rapport proposant la réorganisa- tion du texte, la clarification de concepts fondamentaux ainsi que l’identification de plus de 20 points critiques qui devraient faire l’objet d’autres débats, d’autres considérations, d’autres accords ; - La sortie en novembre 2014 d’un document final mieux struc- turé, en net progrès par rapport à la version de mai 2014, même si de nombreuses corrections de forme et de fond demeurent encore nécessaires. Faut-il souligner qu’entretemps, le climat des discussions est devenu plus serein, plus convivial, plus constructif ? Il importe de souligner que la plu- part des améliorations mention- nées et des points critiques iden- tifiés par la Commission du CUEH de juin 2014 était déjà pointés du doigt dans les lettres adressées à l’organe suprême entre juillet et décembre 2013 et regroupées dans l’ouvrage « Brase Lide sou Refòm nan Inivèsite Leta d Ayiti ». Y a-t-il un rapport entre l’ouvrage susmentionné et les transforma- tions que connaitra le texte ? On aura tout le loisir de répondre à cette question. En attendant, nous avons tout lieu de croire que les informations, interrogations et sug- gestions de notre première publica- tion en créole pourraient avoir été utiles. Mais, pourrait-on se demander, pourquoi alors ce nouvel ouvrage sur le même sujet ? Et, pis encore, qui, par son titre et par sa table des matières, parait n’être que la simple version française de « Brase Lide ». Pourquoi refiler au lecteur ce document dont le contenu est déjà connu et qui aurait déjà servi ? Plusieurs raisons concourent à sa publication. Il faut reconnaitre en tout premier lieu que, même s’il a pu être utile au débat continu sur l’UEH, il n’a pas eu la couverture escomptée. La langue utilisée, le créole, n’est pas encore la plus adéquate pour susciter l’intérêt de nos intellec- tuels et universitaires. Au moment où le combat pour l’instauration de l’Académie du Créole Haïtien était à son paroxysme, il a servi au moins à montrer que notre langue nationale peut dire la science, aborder l’Université et exprimer les pensées les plus pro- fondes et les plus complexes. Nous devons encore travailler pour que l’ouvrage créole ait de plus en plus droit de cité.En attendant, le débat doit s’installer maintenant dans les Facultés et dans la société, en vertu de l’Article 29 des Disposi- tions Transitoires de la résolution du Conseil de l’Université en date du 3 mars 2013. Cet ouvrage doit donc alimenter les discussions pour que notre loi fondamentale soit non seulement appropriée par la communauté mais encore qu’elle continue d’être améliorée. Tant il est vrai qu’il existe encore de larges opportunités de bonification de l’Avant-projet de loi et de transformation de notre institution. Il y a la requête pressante du per- sonnel administratif qui demande à être représenté au Conseil d’Administration ou Assemblée Générale Il y a les incohérences, les incompatibilités et les points cri- tiques identifiés par des membres de la Commission de Juin 2014 qui, même après le vote de novembre 2014, ont exprimé leur insatisfac- tion. Il y a l’exigence du grade aca- démique de docteur pour occu- per les fonctions de direction aux niveaux académique (professeur principal) et administratif (recteur et vice-recteur), laquelle jure avec les capacités et les nécessités rée- lles d’une institution qui n’a encore produit aucun docteur. Il y a de graves questions de gouver- nance qui demandent encore une réponse. L’organe suprême de l’UEH doit-il encore être composé de tous les doyens, de représentants de pro- fesseurs et d’étudiants de toutes les facultés de Port-au-Prince ? Comment tirer les leçons de l’expérience de ces 30 dernières années ? Comment éviter que l’esprit corporatiste des com- posantes n’empêche de voir les intérêts supérieurs de l’institution ? La création d’un Conseil Consul- tatif Externe est-elle suffisante pour éviter l’immobilisme des uns, la frilosité des autres, l’indécision de plusieurs et pour susciter l’apport et la participation de pans impor- tants de la société à la construc- tion de notre plus grande université nationale. Il y a la grille salariale élaborée par le CUEH qui, en dépit des multi- ples débats auxquels elle a donné lieu, contient encore des inco- hérences, des contradictions, des clauses d’exclusion et des facteurs de non faisabilité.Il y a également le nouvel environnement externe de l’institution fait notamment d’universités publiques et privées de tous types de tous niveaux et de tous horizons. Comment se posi- tionner dans cette conjoncture ? Quel regard porter sur les univer- sités publiques régionales ? Et, peut-être, quelles synergies recher- cher pour se prémunir contre le néo-libéralisme universitaire ambi- ant et renforcer les capacités de l’enseignement supérieur public ? De larges boulevards existent encore pour l’amélioration du texte de l’avant-projet de loi et les débats dans les facultés devraient constituer l’espace idéal à cette fin. Il importe de souligner enfin que « Débats sur la Reforme de l’Université d’Etat d’Haïti »n’est pas un simple « copier-coller » de « Brase Lide sou Refòm nan Inivesite Leta d Ayiti ». Plusieurs chapitres et documents pertinents y ont été ajoutés. En outre, l’ouvrage a été restructuré en quatre grandes par- ties.La première partie, intitulée “Loi Organique et gouvernance”, porte essentiellement sur la gouver- nance de l’institution. Il se compose des chapitres suivants : - Chapitre I : « Démocratie, Gou- vernance et Réforme Universitaire : L’expérience haïtienne » - Chapitre II : « Avant-projet de Loi Organique et Réforme à l’UEH » - Chapitre III : « La grève d’Octobre 2013 et les leçons pour la loi orga- nique » La deuxième partie aborde la dis- cussion sur la problématique des grades académiques, particulière- ment celui de docteur, au sein de l’Université en général, dans la perspective de leurs définition, portée, limite et en tenant compte de l’expérience de différents pays à niveaux de développement dif- férents. Elle s’intitule : « Grades académiques et niveau de dével- oppement socio-économique » Elle regroupe les chapitres suivants : - Chapitre IV : « Faut-il détenir un doctorat pour être professeur à temps plein à l’UEH ? » - Chapitre V : « Faut-il détenir un doctorat pour être professeur à temps plein à l’UEH/ (II) : désir- abilité de la proposition » - Chapitre VI : « Doctorat : L’expérience des autres » La troisième partie porte sur “La Grille Salariale du CUEH et ses péri- péties”. Il reprend en son Chapitre VII le texte intitulé “Grille Salariale : interrogations et suggestions ». Deux nouveaux chapitres ont été ajoutés : - Chapitre VIII : « La grève de jan- vier 2015 et les fragilités structurel- les de l’UEH” ; - Chapitre IX : « La grille salariale du CUEH : perspectives d’amélioration ». La quatrième et dernière partie revient sur la loi organique. Elle est intitulée : « Loi organique : Navi- gation à vue ». Elle contient deux chapitres également nouveaux : - Chapitre X : « L’Avant-projet de loi organique du CUEH : flux et reflux » ; - Chapitre XI : « Postscriptum : Vers le triomphe de la raison ? » L’introduction et la conclusion n’ont pas subi de modification par rapport à la version créole. Elles conser- vent donc leur date de production, même s’il peut paraître étrange que la conclusion d’un texte (Mai 2014) soit antérieure à certains chapitres du même texte (Avril-Mai 2015). Sont également publiés dans cet ouvrage d’importants documents, notamment : - L’Avant-projet de loi organique, version élaborée par le Conseil de l’Université, qui doit prochaine- ment faire l’objet de débats au sein de la communauté universitaire et de la société civile. - Le document portant “Système de classification et de rémunéra- tion des enseignants de l’UEH”, élaboré et voté par le CUEH, qui doit déjà faire l’objet de corrections et d’ajustements. Cela dit, l’objectif demeure le même : susciter, alimenter et approfondir les débats autour de la loi orga- nique et de la Réforme de l’UEH pour que la charte fondamentale de l’institution puisse constituer un instrument pertinent pour sa réforme, le renforcement de son utilité sociale, son rayonnement et son développement. *Vice-recteur UEH
  3. 3. DU MARDI 19 AU JEUDI 21 MAI 2015 N0 2 | 3 L'opposition se désagrège!Par Lionel Edouard HAÏTI/ÉLECTIONS ACTUALITÉ L ’extinction des mobilisations de rue contre le pouvoir « Tèt Kale » depuis le mois de décembre 2014 marque cette nouvelle dynamique, notam- ment avec la mise en place, dès janvier, d’un gouvernement de large ouverture qui regroupe des acteurs prépondérants de la lutte anti-Mar- telly-Lamothe. La Fusion ainsi que d’autres regroupements politiques, comme Inite, rejoignent la barque rose et abandonnent le “béton”.. Les échauffourées entre le député Arnel Bélizaire, le 11 janvier 2015 devant le Parlement et des indi- vidus participant à la mobilisa- tion traditionnelle de l’opposition lancée depuis l’église Saint-Jean Bosco annonçaient des jours sombres pour les contestataires. Peu avant, le député de Delmas- Tabarre, arme au poing, avait dis- persé une foule de manifestants le 18 novembre 2014, pour des motifs jusqu’ici inavoués. Cer- tains l’ont accusé d’être à la solde du pouvoir, notamment de la Pre- mière dame, Sophia Martelly. La fracture la plus sévère au sein de l’opposition survient avec le retrait des deux avocats André Michel et Newton Louis Saint- Juste du Mopod, fer de lance de la mobilisation anti-Martelly aux côtés des bases populaires lava- las. Les deux avocats érigent peu après leur propre structure poli- tique pour tenter de conquérir le pouvoir aux prochaines élections. Cette nébuleuse - le Mopod - qui disait détenir un plan pour sauver le pays après le départ de Mar- telly, plan jusqu’ici enfermé dans les boudoirs de ses dirigeants, ne fut pas au bout de ses peines. Quelques mois plus tard, alors que les primaires étaient lancées pour désigner le candidat à la pré- sidence de la mouvance, Mirlande Manigat, une des figures de proue, se retira à son tour. Officiellement pour des raisons liées au proces- sus électoral. Mais, pour plusieurs analystes et le grand public, Mme Manigat s’est retirée parce qu’elle n’allait pas être désignée par le Mopod. Un autre chapitre qui ternit l’image du mouvement et qui plon- gea un peu plus dans l’incertitude un électorat en panne de repère et de leaders. En outre, « Pitit Dessalines », la nouvelle structure lancée par Moïse Jean Charles et les frac- tions lavalas dissidentes, pour normaliser leurs mouvements et participer à la course électo- rale, avait déjà fait le ménage en emportant des chefs de file des mobilisations de rue, comme Rony Timothée. Cette initiative traduit leur volonté de divorcer avec le directoire de Fanmi lava- las qui avait choisi à leur insu, Maryse Narcisse comme candidate à la présidence. Mais ce n’est qu’un épisode de plus dans l’effritement du Mopod qui allait continuer de manière irréversible. Gabriel Fortuné, un autre membre influent, avait décidé auparavant de voler de ses propres ailes, en lançant avec des personnalités comme Pierre Raymond Dumas, Mathias Pierre et Claudy Gassant, la Ligue des- salinienne. Monsieur Fortuné, dès les premiers jours, s’est déclaré candidat à la mairie des Cayes. Les opposants les plus virulents au régime Martelly ont du mal à s’unir. Cette situation est une nouvelle fois devenue réalité à travers la plateforme « Jistis », mise en place par André Michel et Newton Louis Saint-Juste présentés, jusque-là, comme des inséparables. Pourtant, le 11 mai 2015, les deux hommes qui symbolisaient l’opposition au pouvoir Martelly se séparent. En cause, le mécanisme de désignation du candidat à la présidence au sein de la plate- forme « Jistis ». Maître Saint- Juste critique vertement la viola- tion des statuts de la Plateforme dans le cadre du choix du futur candidat. Ainsi, il se retira. Quelques jours plus tard, André Michel est désigné candidat à la présidence de la plateforme « Jistis ». D’autres ruptures, moins médiatiques, marquent les partis de l’opposition. Ce fut le cas pour l’Organisation du peuple en lutte dont les pri- maires ont été, selon Francisco De la Cruz et Anick François Joseph, truffées d’irrégularités. Une source proche du parti, confirme que M. Joseph menace même de se retirer de l’OPL. Décidément, les élections constituent un vrai outil de sélection. Edito 18 mai : un projet commun Le18mairamèneencoreunefoislafêtedenotrebicolorebleuetrouge.C’estencorebien qu’on ait le réflexe de brandir notre drapeau ou ses couleurs sous forme de foulards, de bracelets,etc.,danscertainesfestivités.Ledrapeau,sescouleurs,sontvuscommedessignes d’appartenance à une communauté. Je me revendique comme haïtien quand j’exhibe mondrapeauouunfoulardbleuetrouge.Maislasymboliquedudrapeauvaau-delàde lasimpleappartenance.L’appartenancenesedéfinitpasseulementcommeunlienàla terre,àungroupenationalouethnique.Lavraieappartenance,etc’estlàqueledrapeau prendtoutsonsens,estcelledurêveetduprojetcommun. Rêvedegrandeurd’unenation, d’unpeuple,rêvequiprend toujourssesracinesdanslesfondementsdelacommunauté, danslesidéauxquil’ontportéesurlesfontsbaptismaux.Ledrapeaurappellechaquejour, chaqueheure,chaqueseconde,cesidéaux. Ilsdoiventnousnourrir dansleprésent,nous rappelernotredevoird’êtrefidèlesànosaïeux,etdoncl’obligationquinousincombede construireunfuturàlahauteurdecesidéaux. Siledrapeausymbolisepournousencorel’appartenance–jesuishaïtien(rappelons-nous encoreWycleffJeanseprésentantavecledrapeauhaïtienàlacérémoniedelaremisedes oscarsauxÉtats-Unisàl’occasiondesontriompheaveclesFugees)–,quidenousaencore lesensréeldudrapeau?Carcesens,cettecompréhension,nousauraientfaitverserdes larmes,nousauraientremplisdehonteetnousauraientanimésd’unesainteragedevant l’étatdedélabrementdenotrepays.Pireencoredevantnotreimpuissance,notrerefusà comprendrelaréalitéparpeurd’initierlesvraischangementspouvantnuireànosconforts miragesetsuicidaires. Notredrapeau pourtant est unéclairdansl’obscuritéd’uneplanèterongéeencorepar l’exploitationdel’hommeparl’homme,rongéeparleracismeetlességrégations.Surla terred’Haïti,nosancêtresontditnonàtouteslesformesd’exploitation,etnousavonsété le premier État à population dominante noire et métisse à devenir indépendant. Nous aurionsdûêtreactuellementlanationpharedumondedansdenombreuxdomaines.À causedelabêtiseetdelatrahisondesunsetdesautres,noussommesàlatraînedansle concertdesnations. CettefêteduDrapeauaété,nousl’espérons, unmomentderéflexion,d’introspection,loin desdiscoursclichésquinesontfaitsquepourlagalerieetpourremplirletemps,l’espace d’unecérémonieofficielle.Réveillons-nous!Recommençonsàtravailler!Rendonsenfin honneuràlajustice,àlamorale,àlacréativitépourquevivenotredrapeau.Pourquevive Haïti,impliquons-nousdemanièreresponsableetsereinedanslaviepolitiquepouroffrir ànotrepaysdesdirigeantsvalablesquipuissentfairerenaîtrenosrêves. C’estleconstatfaitàl’approchedesscrutins,durantcette périodeélectorale.Engagéesdepuis2011dansunelutte incessante contre le pouvoir en place, les coalitions de l’oppositionsesontdisperséeset/oufontfaceàdegraves problèmes. Une fois de plus, la conquête du pouvoir et l’intérêt individuel priment sur le bien-être de la nation.
  4. 4. 4 | N0 2 DU MARDI 19 AU JEUDI 21 MAI 2015 Célébration 18 mai à l'Arcahaie Photos J. J. Augustin FÊTEDUDRAPEAU ACTUALITÉ WWW.LENATIONAL.HT 2, DELMAS 40 B EMAIL: INFO@LENATIONAL.HT PUBLICITE@LENATIONAL.HT (509) 46 11 10 10 (509) 32 14 55 54 PROPRIÉTAIRE : LE NATIONAL. SA DIRECTEUR : JEAN GARDY LORCY PUBLICITÉ: SASKIA P.L.MICHEL RÉDACTEUR EN CHEF : GARY VICTOR RÉDACTEUR EN CHEF ADJ : HENRI ALPHONSE SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : JACQUES DESROSIERS CONSEILLER À LA RÉDACTION : PIERRE CLITANDRE SECTION ACTUALITÉ : LIONEL EDOUARD SECTION CULTURE : DANGELO NÉARD SECTION ECONOMIE : HENRI ALPHONSE SECTION SPORTS : GERALD BORDES SECTION SOCIÉTÉ : JOE ANTOINE JN-BAPTISTE RÉDACTEURS : NOCLÈS DEBRÉUS, CADET JEAN MICHEL, STÉPHANIE BALMIR, VANTZ BRUTUS, KENSON DÉSIR, EDDY LAGUERRE, MONDÉSIR JEAN BILLY, REYNOLD ARIS, ISABELLE THÉOSMY, WALTER CAMEAU, SCHULTZ LAURENT JUNIOR PHOTOGRAPHES : JEAN JACQUES AUGUSTIN, RUBEN CHÉRY CORRECTEURS : GARRY AZÉMAR, JEAN ERIC FOUCHÉ GRAPHISTE : JUNIOR ADME DISTRIBUTION : MOÏSE PHILOGÈNE ADMINISTRATION : RACHELLE COMPÈRE
  5. 5. DU MARDI 19 AU JEUDI 21 MAI 2015 N0 2 | 5 L e 212e anniversaire du drapeau haïtien et de la fête de l’Université a été commémoré en grande pompe cette année dans la ville de l’Arcahaie en présence des autorités supérieures de l’État. Déclamation de textes, défilé avec fanions, fanfares, jets de ballons gon- flables, parades d’écolières et écoliers en couleurs du bicolore, ont été entre autres les activités socio-culturelles organisées ce lundi 18 mai pour mar- quer cette date importante dans notre histoire de peuple. Plusieurs personnalités du corps diplomatique dont Anne Caldwell Saint-Onge, Délègue Béton, respec- tivement ambassadrices du Canada et de la France, ont été remarquées lors de ces cérémonies. Le prési- dent de la République, Michel J. Martelly en a profité pour appeler les Haïtiennes et les Haïtiens à l’unité. Pour suivre la voie que nous ont tracée nos Ancêtres, le chef de l’État a invité les compatriotes membres de l’opposition à vider les contentieux afin de sortir le pays de l’ornière du sous-dével- oppement. Selon lui, le drapeau, « symbole de fierté, de souver- aineté et d’honneur » du peuple haïtien, ne doit pas être relégué au second plan. Il rappelle en ce sens qu’il faut un dépassement de tout un chacun dans l’intérêt du bien commun. Dans cette optique, le Premier citoyen de la Nation invite les compatriotes à prendre en main la destinée de cette patrie résul- tant d’énormes sacrifices des Pères fondateurs. À son avis, la paix, la stabilité et la jouissance des lib- ertés passent nécessairement par l’unité pour une nouvelle Haïti. C’est par ce sentiment, précise- t-il, que les ancêtres, en dépit de leurs divergences idéologiques et leurs dissensions sont parvenus à nous léguer cette terre. « Pour Haïti, Haïtiens, il n’existe aucun sacrifice que je ne peux consentir », a martelé M. Martelly. Le président de la République a convié les Haïtiennes et Haïtiens à assumer leurs responsabilités, à résoudre leurs différends. Cette démarche, explique-t-il, permettra d’inviter l’ingérence d’autres pays dans les affaires internes d’Haïti. Car, soutient-il, nous sommes tous responsables de la situation dans laquelle se trouve notre pays. Il a aussi mis l’accent sur la néces- sité de renforcer l’Université qui, dit-il, « représente un élément fondamental dans le cadre de la construction d’une Haïti forte dans l’intérêt de ses filles et fils ». À cet effet, souligne le chef de l’État, il convient de rendre accessible l’éducation aux enfants, aux jeunes venant d’horizons divers en vue d’une société réellement préparée. Dans la même veine, le prési- dent (du tiers) du Sénat, Andris Riché, a pour sa part, plaidé pour un nouveau congrès de l’Arcahaie permettant de sauver la patrie. À son avis, on ne peut plus se contenter de ressasser le même rituel chaque année, à savoir : se rendre à l’Arcahaie pour célébrer le drapeau, alors qu’on oublie la situ- ation du reste de la ville et du pays. Le sénateur de la Grande-Anse convie ainsi les citoyens à dépass- er les clivages politiques, tout en appelant à l’équité et à une meil- leure répartition des richesses afin d’améliorer les conditions de vie de la population. M. Riché en a aussi profité pour appeler les politiciens à s’unir et à dialoguer en vue de résoudre définitivement les prob- lèmes du pays. Une célébration solennelle par Reynold Aris HAÏTI-COMMÉMORATIONDU212EANNIVERSAIREDUDRAPEAU HAÏTI/ÉLECTIONS/JUSTICE ACTUALITÉ » suite de la première Page « Entre les deux décisions, il existe une contradiction flagrante, car la section saisie de la contestation de Monsieur Louis Gérald Gilles déclare non prouvée la nationalité haïtienne de la dame Sophia Saint- Remy Martelly tandis que celle ayant apprécié la contestation de Monsieur Colin dit que la même personne, Madame Sophia Saint- Remy Martelly, est Haïtienne d’origine », écrivent Mes Patrick Laurent, Gregory Mayard Paul, Napoléon Lauture et consorts. Ils font ensuite remarquer que l’une des sections, soit celle présidée par la conseillère Yolette Mengual, a dit une chose et son contraire dans une même décision. D’une part cette section aurait estimé, selon les avocats, qu’il n’est pas clairement démontré que la Première dame a recouvré sa nationalité haïtienne, et d’autre part cette même section aurait reconnu dans son dispositif que Mme Martelly est « haïtienne d’origine ». à la publication de la liste Faisant valoir les effets suspensifs de leur recours en requête civile, les avocats de Sophia Martelly demandent au CEP de ne poser aucun acte allant dans le sens de l’exécution des jugements dits contradictoires, rendus par le Le président Martelly délivrant son message. / Photo J. J. Augustin BCEN. Ils estiment d’ailleurs que le CEP ne saurait prétendre publier une liste définitive de candidats, tant que l’instance en requête civile n’aura été évacuée. Aussi demandent-ils au BCEN de se déclarer incompétent pour juger de la nationalité puisque celle-ci intéresse l’état des personnes et relève, pour cela, du tribunal civil de droit commun. Pour étayer leur demande, ils évoquent l’article 173.1 de la Constitution qui dispose que : « Les contestations qui ont pour objet les droits civils sont exclusivement du ressort des tribunaux ». Et l’alinéa suivant précise que nul tribunal, nulle juridiction contentieuse ne peut être établi qu’en vertu de la loi. Des prétentions assez ambitieuses À un moment où le CEP semble sur le point de passer à une autre étape de son calendrier, les avocats de la première dame campent sur leurs prétentions. Ces hommes de loi concluent ainsi leur requête civile : « Par ces causes et motifs qu’il plaise au Bureau du Contentieux Électoral National (BCEN) rétracter les décisions des huit et onze mai 2015 pour motifs contradictoires et faisant œuvre nouvelle, ordonner au Conseil Électoral Provisoire ( CEP) d’agréer la candidature de la Dame Sophia Saint-Rémy MARTELLY, qui, depuis sa naissance jouit de la nationalité haïtienne d’origine conformément à la Constitution en vigueur lors de sa naissance, en vigueur aujourd’hui et aux diverses lois ou décrets lois sur la nationalité ; Constater et dire qu’elle ne l’a jamais perdu, pour ne s’être jamais naturalisée et n’avoir jamais renoncé à sa nationalité d’origine ; Constater également qu’elle ne détenait aucune autre nationalité au moment de son inscription , vu sa déclaration de renonciation. Qu’elle n’a jamais été ni n’est gestionnaire de fonds publics ; Dire qu’elle remplit donc toutes les conditions exigées par l’article 96 de la Constitution de la République et 44 de la loi électorale sur les exigences établies pour poser sa candidature au Sénat de la République, ordonner au CEP d’inscrire son nom sur la liste définitive des candidats à la course sénatoriale pour le Département de l’Ouest et ce sera justice. ». Les avocats de la première dame adressent une requête civile au BCEN par Eddy Laguerre » suite de la première Page
  6. 6. 6 | N0 2 DU MARDI 19 AU JEUDI 21 MAI 2015 S oixante seize candidats au Sénat et 446 à la députation sur 2 039 inscrits ont été éjectés de la course électorale. Peu de temps après la publication de la liste, dans la matinée du vendredi 15 mai, ils étaient plusieurs dizaines à se présenter dans les locaux du CEP pour contester cette décision. Ceux rencontrés, notamment dans le BED Ouest 1, à Port-au-Prince, ont expliqué que l’organisme électoral s’est trompé dans le traitement de leur dossier respectif. Un document de 36 pages affiché par les responsables électoraux au sein de l’institution a confirmé que sur les 2 039 candidats enregistrés aux postes législatifs, la candidature de 1 517 seulement est acceptée. Selon le directeur exécutif du Conseil électoral provisoire, Moseler Georges, qui intervenait sur Radio Vision 2000, la majorité des cas de candidats exclus du processus électoral sont dûs d’abord à des problèmes liés au certificat de nationalité délivré par le Service d’immigration et d’émigration, ensuite au titre de propriété. Moseler Georges soutient que les aspirants candidats devaient formuler leur demande de certificat de nationalité huit jours avant leur inscription. Conséquemment, pour statuer sur ces cas, vu le problème d’interprétation de l’article du décret électoral y référant, il dit attendre un rapport du Service d’immigration et d’émigration avant que le Conseil ne se prononce définitivement. La confusion règne aussi sur la question de titre de propriété. Certains candidats, au lieu de soumettre une copie authentifiée délivrée par un notaire, ont fourni une simple copie au moment de l’inscription, soit par ignorance soit parce qu’ils ne disposent pas de la pièce requise, a fait remarquer Moseler Georges. Aussi, a-t-il souligné, certains cas de rejet de candidature sont dus au fait que des membres de BED ont refusé d’accepter l’original du titre de propriété apporté par des candidats. Ces derniers auraient décidé d’en faire une copie, laquelle ne répond pas aux exigences du décret électoral. Rappelons que le délai imparti aux candidats pour se présenter au CEP munis l’original de leurs titre de propriétés a expiré le dimanche 17 mai. Partis et partisans réagissent ! Paul Villefranche, Harold Domond, des journalistes connus, et Gracia Delva, ex-député, font partie de ceux-là qui étaient venus s’informer des motifs du rejet de leur candidature. Ils ont confirmé avoir remis toutes les pièces exigées par l’organe électoral. Dans le cas de M. Villefranche, les responsables juridiques auraient évoqué comme raison de son exclusion, « une demande tardive du certificat de l’immigration ». Le secrétariat de l’Organisation du peuple en lutte (OPL) dénonce également la décision du CEP de rejeter plusieurs de ses candidats. À cet effet, l’équipe juridique du parti se rendra au CEP, en vue de s’informer des motifs du rejet de ses candidats. D’autres candidats et/ou structures politiques se sont, pour leur part, montrés plus virulents dans leurs contestations. C’est le cas de Germain Alexandre Fils, candidat à la députation de Petit-Goâve. Les partisans et sympathisants de M. Alexandre ont bloqué la route nationale numéro 2 au niveau de carrefour André 17, en érigeant des barricades de pneus enflammés, a-t-on appris. L’organisation Front mixte de libération (FML), réputée proche de ce candidat, a mis en garde le Conseil électoral provisoire qu’elle appelle à revenir sur sa décision. Le Front conditionne la tenue des scrutins à Petit-Goâve au retrait rapide de la décision du CEP. Aussi annonce-t-il que la Nationale numéro 2 restera bloquée, de jour comme de nuit, jusqu’à ce qu’il obtienne gain de cause. Le Plateau central, généralement considéré comme une zone à risque lors des compétitions électorales, a également connu sa journée de tension le vendredi 15 mai. Tôt dans la matinée, les partisans de l’ancien député Willio Joseph, inscrit sous la bannière du Parti haïtien tèt kale (PHTK), campés notamment à Mirebalais, ont protesté avec virulence contre le rejet de la candidature de leur leader. Toute la nuit, des rafales d’armes automatiques ont retenti, ce qui a occasionné pas mal de troubles à travers la ville. La tension a atteint son paroxysme lorsque l’ancien député a déclaré sur les ondes d’une station radio locale qu’il comptait bloquer le processus électoral ainsi que le déroulement des scrutins dans son département, si le CEP ne revenait pas rapidement sur sa décision. Un vent contraire, initié par le rejet de la candidature de la Première dame, Sophia Martelly, souffle donc sur le processus électoral. Un peu partout à travers le pays, depuis la manifestation de ses partisans devant les locaux du Bureau électoral départemental (Bed) Ouest 1, les contestations des partisans d’autres candidats exclus se multiplient et se font de manière de plus en plus violente. S i Jean Henry Céant et Moïse Jean Charles ont voulu bien donner une démonstration de force en traînant derrière eux des sympathisants au moment de se faire inscrire, l’attente du jour reste l’inscription de Laurent Lamothe, l’ancien Premier ministre. Suspense. Rumeurs. Le dossier de sa candidature fait couler beaucoup d’encre et de Le verdict du CEP : Entre contestations et mobilisationsPar Lionel Edouard Une course contre la montre Par Nocles Debreus Alors que le processus d’inscription des candidats à la présidence touche à sa fin ce mercredi 20 mai 2015, les prétendants à la magistrature suprême affluent vers le BED OUEST I en vue de faire le dépôt de leurs dossiers de candidature. Pour cette seule journée de mercredi, pas moins de 32 candidats à la présidence devraient confirmer leur inscription au BED, après s’être enregistrés en ligne sur le site du Conseil électoral provisoire. HAÏTI-ÉLECTIONS HAÏTI/PRÉSIDENTIELLE /INSCRIPTIONS ACTUALITÉ Le Conseil électoral provisoire (CEP) a rendu son verdict. Suite à l’analyse des dossiers d’inscription des candidats à la députation et aux sénatoriales, la liste des agréés a été publiée le jeudi 14 mai 2015. Cinq cent vingt deux prétendants ont été exclus de la course. Certaines zones s’enflamment déjà. salive. Sur les réseaux sociaux, dans les rues, tout le monde en parle. Jusqu’à ce mercredi matin, personne n’était en mesure de confirmer la candidature de l’ex-Premier ministre. Au CEP, on en parle. Les journalistes sont curieux de savoir à quelle heure l’ancien patron de la primature fera le dépôt de ses pièces. Il est environ trois heures lorsqu’un message venant de l’entourage de Monsieur Lamothe confirme que ce dernier fera le dépôt de ses pièces aujourd’hui à sept heures du soir. « L’ex-Premier ministre de la République, Laurent Lamothe, fera le dépôt de ses pièces ce soir, aux environs de sept comme candidat à la présidence, au BED de l ‘Ouest, à Frères. » Une fois la nouvelle confirmée, la question de décharge est très vite agitée. « Kote l jwenn dechaj ? » interrogent certains. À cette question des sources contactées laissent croire que Laurent Lamothe aurait reçu les rapports d’audit sur sa gestion comme ministre des Affaires étrangères, ministre de la Planification et Premier ministre. En attendant l’arrivée de Laurent Lamothe, d’autres candidats défilent. Parmi eux, Jean Henry Céant, Moïse Jean Charles, Edmonde Supplice Beauzile, Deras Simon Dieuseul, Aviol Fleurant, Fresnel Larosilière , Mathias Pierre, Daniel Dupiton… Chaque candidat se positionne comme le sauveur du pays. L’éducation et l’agriculture sont les deux thèmes communs à tous. Les promesses faites au micro de la presse sont légion. Entre-temps, cette étape du processus électoral a le mérite de participer à la création d’emplois. Les motocyclistes, les propriétaires de camions, de bus ainsi que les bandes à pied font leurs choux gras. » suite de la première Page
  7. 7. DU MARDI 19 AU JEUDI 21 MAI 2015 N0 2 | 7 L e weekend écoulé, la ville de Jérémie a reçu une com- mission de la primature pour évaluer le déroulement des travaux du plan spécial de la cité des Poètes. Depuis plus de deux ans, du fonds de Petro Caribe, 5 millions de dollars américains, soit 226, 604, 500,00 gourdes, ont été alloués à la ville de Jéré- mie pour l’exécution de 22 projets d’infrastructure. Sous la vigilance du coordonnateur Ralph Ricardo Théano, quelques travaux ont pu être exécutés. Mais insatisfaits de leur qualité, des secteurs de la popula- tion ont manifesté leur mécontentement et obtenu la démission de l’ex-ministre à la tête du plan spécial. Une équipe s’en va, une autre s’en vient. Après la révocation de M. Theano, l’équipe de la primature a nommé Madame Maguy Durcé coordonnatrice des pro- jets de la Grand-Anse, assistée de Roselaure Aubourg. Voulant évaluer les travaux effectués, une commission de la primature a réalisé des visites de rétrospection. En présence des agents par intérim, des directeurs départementaux du MTPTC, des Finances, des Affaires sociales et de la Planification, sans oublier l’ex-maire de la ville Ronald Etienne, la commission a sévère- ment critiqué la procédure de recrutement des firmes de construction et l’irresponsabilité du MTPTC et du MAST quant au suivi des travaux. Parmi les 22 projets, seulement 5 sont en cours d’exécution. Pour la majorité des autres, les fonds ont été totalement débloqués sans aucune action visible. C’est le cas : Des deux camions de pompier : 217 148 294,00 gourdes Réhabilitation de la place Alexandre Dumas : 14 281 944,00 gourdes Réhabilitation de la place des Poètes : 8 571 510,00 gourdes Triomphe (Bienvenue à Jérémie) : 6 985 279,00 gourdes Route d’accès de la mairie et au Wharf (Destinville Martineau) : 187 711 859,00 gourdes Des fonds totalement débloqués pour des projets inachevés : 158 077 743,00 gourdes pour 50 maisonnettes à Sainte-Hélène. La commission a pris note et a promis de donner son rapport de la situation à la primature pour le suivi nécessaire. Elle a aussi promis de revenir dans la cité pour planifier d’autres projets avec le montant restant. Le nouveau comité de projet est composé de : Maguy Durcey, coordonnatrice Roselaure Aubourg, vice-coordonnatrice Norman F Wiener et Joseph Jean Toussaint, prési- dents d’honneur. 3,5 millions dépensés pour rien Par Ralph Simon JÉRÉMIE ACTUALITÉ Ralph Théano
  8. 8. 8 | N0 2 DU MARDI 19 AU JEUDI 21 MAI 2015 L'Equateur établit un nouveau record en matière de reforestationg Sources : AFP L'Eglise protestante permet de bénir les couples homosexuels Sources : Le Monde.fr & AFP L’Eglise protestante unie de France (EPUdF) a adopté dimanche 17 mai la possibilité de bénir les couples homosexuels, une quasi-première en France, a expliqué le porte- parole de la principale Eglise prot- estante du pays. Sur la centaine de délégués de l’EPUdF réunis à Sète (Hérault) et ayant pris part au vote, 94 ont voté pour la possibilité d’offrir une bénédiction religieuse aux couples homosexuels, et trois contre, a-t-il précisé. Pas de contrainte pour les pasteurs Ce vote donne la possibilité aux 500 pasteurs de l’EPUdF de bénir des couples homosexuels, sans pour autant obliger ceux des pas- teurs qui sont opposés à un tel geste. Le mariage n’est pas un sacre- ment pour les protestants, mais les couples hétérosexuels unis en mairie peuvent être bénis au temple. En France, seule la Mission populaire évangélique (MPEF), une Eglise beaucoup plus petite que l’EPUdF, autorise un « geste litur- gique d’accueil et de prière » pour les homosexuels. L’EPUdF, qui incarne le courant historique du protestantisme fran- çais, revendique 110 000 membres actifs parmi 400 000 personnes faisant appel à ses services. MONDE Laurent Schlumberger, président de l’Eglise protestante de France. L’Equateur a établi samedi un record mondial en matière de reforestation en plantant 647.250 arbres de plus de 200 espèces différentes en un seul jour sur l’ensemble de son territoire, a annoncé, le samedi 16 mai, le pré- sident de ce pays latino-américain, Rafael Correa. « Je viens d’être informé que nous avons battu le record (du Livre) Guinness (des records) pour la reforestation », a dit le chef de l’Etat dans son allocution heb- domadaire. La ministre équatorienne de l’Environnement Lorena Tapia a écrit sur son compte Twitter que 44.883 personnes s’étaient mobili- sées pour planter les arbres sur plus de 2.000 hectares au total. Le précédent record a été établi l’année dernière aux Philippines, a précisé Guinness. Neuf morts dans une bataille rangée entre bikers au Texas Sources : AFP ETATS-UNIS A u moins neuf membres de gangs de bikers ont été tués au Texas dimanche, quand une bagarre entre bandes rivales a viré à la bataille rangée sur un parking. « Je viens d’être informé que nous Un officier de police s’est dit étonné qu’aucun des clients des restaurants situés à proximité n’ait été blessé pendant la fusillade dans laquelle des membres de plusieurs gangs ont été impliqués. « En 34 ans de service, c’est la scène de crime la plus violente sur laquelle j’ai dû travailler. Il y a du sang partout », a déclaré le sergent Patrick Swanton au Waco Tribune. « A 10 mètres de là il y avait des familles », a-t-il poursuivi. « C’est l’une des pires bagarres armées que nous ayons eues sur la ville. Ils ont commencé à tirer sur nos agents. » La police de Waco a indiqué sur son compte Facebook qu’aucun membre des forces de l’ordre n’avait été blessé. Les hostilités ont commencé dans un établissement de la chaîne de bars et restaurants Twin Peaks, réputée abreuver nombre de bikers, dans un centre commercial popu- laire de la commune de Waco, le Central Texas Marketplace. La police savait qu’un rassemble- ment de bikers avait lieu et les forces de l’ordre sont intervenues rapidement, mais pas avant que la bagarre à coups de couteau et de chaînes ne culmine en fusillade. Les autorités ont ordonné la fer- meture des commerces du secteur et transféré les témoins et les sus- pects en lieu sûr, des informations circulant selon lesquelles d’autres membres de gang étaient en route pour Waco. Le sergent Stanton a souligné que la police avait fait part avant le ras- semblement de sa préoccupation auprès de Twin Peaks - chaîne où les serveuses officient légèrement vêtues - et que le bar n’avait pas été coopératif. - « Ne venez pas dans cette zone »- Selon des médias locaux, pas moins de 18 personnes ont été blessées, la plupart par des coups de couteau ou par balle. Le sergent Swanton a indiqué que plus de 100 armes avaient été récu- pérées sur place. Des images de télévision montrent des dizaines de suspects en train d’être rassemblés, interrogés et pour certains embarqués dans des fourgons de police. La presse avait dans un premier temps évoqué l’implication des gangs Bandidos et Cossacks, mais la police a ensuite affirmé que jusqu’à cinq bandes distinc- tes pourraient avoir participé. Les clubs de bikers hors-la-loi ont émergé de la contre-culture améri- caine dans la seconde moitié du XXe siècle. Reconnaissables à leurs blousons en cuir sur laquelle ils arborent l’insigne de leur gang, ces groupes sont à la base des clubs pour des individus qui partagent la même sensibilité, l’amour des motos et la défiance à l’égard de l’autorité. Mais de nombreuses sections - qui élisent leur propre chef et ont leurs propres règles, symboles et rites initiatiques - sont mêlées au crime organisé. Aux Etats-Unis, elles sont particu- lièrement associées au trafic de drogue et d’armes. La zone du centre commercial a été bouclée par les forces de l’ordre. « Nous fermons l’intégralité du Central Texas Marketplace, si vous y êtes partez maintenant. Pour des raisons de sécurité, nous répétons ne venez pas dans cette zone », a écrit la police de Waco sur Face- book. « Les policiers continuent d’arrêter des individus qui viennent sur place avec des armes. Ce n’est pas le moment de faire du tourisme car nous avons affaire à de très dan- gereux individus », a-t-elle ajouté. Waco, une ville du sud du Texas, compte 129.000 habitants. Elle a été le théâtre en 1993 d’un siège de 50 jours après des échanges de tirs entre des membres d’une secte et le FBI qui s’est soldé par un incend- ie dans lequel 74 personnes ont trouvé la mort. Le président équatorien Rafael Correa.
  9. 9. DU MARDI 19 AU JEUDI 21 MAI 2015 N0 2 | 9 MONDE Les pays où les enfants sont les plus heureux (et ceux où ils le sont le moins) Sources : Slate.fr La Russie nie de nouveau toute présence en UkraineSources : Reuters U n sondage auprès de 53.000 enfants de 15 pays, âgés de 10 à 12 ans, mené en 2013 et 2014 (PDF), révèle que ceux- ci sont en majorité heureux quand ont leur demande d’évaluer leur bien-être sur une échelle de 0 à 10. C’est en Turquie, en Colombie et en Roumanie que les scores de satisfaction sont les plus élevés, alors que la Corée du Sud et l’Afrique du Sud sont en bas de tableau. Un aspect intéressant est la comparaison avec les sondages réalisés sur des adultes d’un même pays, qui montrent que les enfants ont tendance à être plus optimistes que ces derniers. C’est dans les pays d’Europe du Nord que les enfants sont les moins satisfaits de leur apparence et s’avouent avoir le moins confiance en eux. Alors que filles et garçons reportent des niveaux équivalents sur l’ensemble des questions du sondage, c’est sur ces aspects d’apparence que l’écart est le plus important, les filles étant moins satisfaites que les garçons. Les questions sur le bien-être matériel et les relations amicales montrent que c’est dans les pays aisés que les enfants sont les plus satisfaits. La satisfaction vis à vis de l’école est en revanche plus élevée dans les pays africains qu’en Europe. Les enfants sud-coréens, bien qu’ayant accès à un confort matériel très élevé en moyenne, ont montré des niveaux d’insatisfaction importants, plus élevés que ceux des adultes de leur pays. Ce qu’on pourrait selon Quartz attribuer à la pression scolaire intense qui caractérise le système éducatif sud- coréen. Comme le note encore le site, l’étude n’a pas établi de corrélation entre le niveau de confort matériel et le bien-être, ce qui relance l’éternelle question économique de la relation entre richesse des pays et bonheur ressenti de ses habitants. Comme nous l’expliquions ici, le niveau de bien-être croit avec le PIB, mais en revanche ce bonheur déclaré va de pair avec un moindre sentiment de vivre une vie ayant un sens. Dans une précédente étude internationale, c’est au Sierra Leone, au Togo ou au Laos, autant de pays qui font partie des plus pauvres en termes de PIB par habitant, que les répondants déclaraient avoir une vie plus «riche» de sens. Ce paradoxe n’est qu’apparent: les pays pauvres sont aussi plus religieux, et la croyance religieuse fournit des moyens spirituels de supporter une vie qui peut être matériellement difficile. Les structures familiales plus étendues, les relations sociales plus denses des systèmes sociaux traditionnels sont eux aussi responsables du sentiment de plénitude constaté dans les pays matériellement pauvres. La France ne faisant pas partie du panel du sondage sur le bonheur des enfants, nous ne pouvons malheureusement pas vérifier si les légendaires insatisfactions et pessimisme de nos compatriotes s’observent aussi chez ses plus jeunes membres. L e Kremlin a réaffirmé lundi qu’aucun soldat de l’armée régulière russe ne participait aux combats dans l’est de l’Ukraine, au lendemain de l’annonce par Kiev de la capture de deux soldats russes dans la région.. L’Ukraine et l’Otan accusent Moscou de soutenir les séparatistes prorusses de l’Est ukrainien en leur fournissant du matériel militaire et des troupes, ce que réfute régulièrement la Russie. Interrogé sur l’annonce par l’Ukraine dimanche de l’arrestation de deux soldats russes dans les territoires revendiqués par les séparatistes, Dmitri Peskov, porte- parole du Kremlin, a répondu: « Je ne peux pas le confirmer. Nous (l’administration présidentielle) ne sommes pas le bon interlocuteur pour évoquer ces questions. » « Comme le ministère de la Défense, nous avons dit à de multiples reprises qu’il n’y avait aucun soldat russe dans le Donbass », a-t-il ajouté. Dans une vidéo diffusée lundi, l’un des deux hommes arrêtés dimanche déclare qu’il faisait partie d’un groupe de 14 hommes des forces spéciales russes envoyé en mission de renseignement dans la région de Louhansk. L’homme, blessé, précise qu’il est sergent dans le « spetsnaz » (unité des forces spéciales) de Togliatti, dans le centre de la Russie. La véracité de la vidéo n’a pas pu être établie dans l’immédiat de source indépendante. Lundi après-midi, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Pavlo Klimkine, a accusé la Russie d’avoir cherché à tuer les deux soldats russes que Kiev dit avoir capturés. S’exprimant à Bruxelles à l’issue de discussions sur le commerce avec l’Union européenne, il a refusé de donner des précisions sur la façon dont les forces russes avaient tenté d’éliminer les deux prisonniers. A Budapest, le secrétaire général adjoint de l’Otan Alexander Vershbow, a exprimé des doutes sur la volonté de la Russie de soutenir l’application de l’accord de paix de Minsk pour apaiser le conflit ukrainien. « Il n’est toujours pas établi par des actes, en dépit des déclarations russes,quelaRussieavéritablement l’intention de soutenir la mise en oeuvre de Minsk », a-t-il dit devant l’assemblée parlementaire de l’organisation. « La Russie essaie de faire croire qu’elle n’est pas l’une des parties en conflit et que l’Ukraine doit traiter directement avec les séparatistes », a-t-il ajouté. La signature de l’accord de Minsk en février dans la capitale biélorusse a débouché sur l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu qui est depuis régulièrement violé. Selon Kiev, deux soldats ukrainiens ont ainsi été tués ces 24 dernières heures dans l’est et quatre autres blessés. (Katya Golubkova, avec Krisztina Than et Gergely Szakacs à Budapest; Marc Angrand et Eric Faye pour le service français). Rebelles prorusses à Donetsk.
  10. 10. 10 | N0 2 DU MARDI 19 AU JEUDI 21 MAI 2015 ÉCONOMIE LAVIECHÈRE PMEETMARCHÉSFINANCIERSAFRICAINS LaviedanslaconurbationdePort-au-Princeserait65%pluschèrequ’à SantoDomingo,selondesdonnéescollectéespar Expatistan.com,unsitedédiéauxexpatriésdumondeentieretquienvoie régulièrementsesexpertsarpenterlesdivers environnementsurbainsdumonde.Alimentation,logement,vêtements,transport,soinspersonnels,divertissement : tout passe au crible. Et quand l’indice du coût de la vie suit une courbe ascendante comme celle qui fut à l’origine de violentes manifestations depuis 2007, il sera plus que temps de se pencher sérieusement sur la problématique. Port-au-Prince plus cher que Santo Domingopar Henri Alphonse Endettement : Quand les entreprises doivent supplier les banques Sources combinées L a vie chère ? Les habitants de la zone métropolitaine en savent quelque chose qui déplorent depuis quelque temps l’augmentationrégulièredel’indicedes prix à la consommation (IPC). Même légère, l’IPC du mois de mars 2015, marqué par une légère accélération des prix en rythme mensuel - une hausse de 0.4% contre 0.3% en février - n’est pas pour rassurer. L’augmentation des indices liés aux fonctions “Alimentation, Boissons et Tabac” , “Habillement, Tissus et Chaussures”, “Loyer du Logement, Energie et Eau” et “Aménagement, Equipement et Entretien du Logement” est assez significative. Rien que pour le mois de mars écoulé, en effet, l’Institut haïtien de statistiques et d’informatique (IHSI) enregistrait une variation mensuelle de l’IPC “imputable au comportement à la hausse de la quasi-totalité des fonctions de consommation notamment : “Alimentation, Boissons et Tabac” (0.6%), “Habillement et tissus, chaussures” (0.6%), “Loyer du Logement, Energie et Eau” (0.3%) et “Aménagement, Equipement et Entretien du Logement “ (0.3%)”. Et voilà que d’autres données viennent confirmer ce statut de ville à la limite de l’invivable. Comparativement à Santo Domingo, apprend-on, il coûterait 55% plus cher de s’alimenter à Port-au-Prince. Se loger à Santo Domingo serait de 148% moins problématique pour le budget familial que dans notre capitale. Sans parler des prix des vêtements, du transport, des soins personnels et du divertissement - des fonctions respectivement de 16%, 11% 68% et 42% plus chères chez nous. Mais ce n’est pas tout. Voilà qu’on tourne sadiquement le couteau dans la plaie : il coûte moins cher de vivre à Montréal, à Kingston et à Mexico qu’à Port-au-Prince. Mais les Port-au-Princiens peuvent se consoler : la vie est de 23% moins cher dans notre capitale qu’à New York City. A insi, très peu d’entreprises africaines sont présentes sur les marchés financiers qui eux-mêmes sont relativement peu développés dans cette région tout comme les places boursières, qui quand elles existent, sont de petites tailles. La bourse de Johannesburg (Johannesburg Stock Exchange) par exemple, qui est la plus grande bourse du continent, compte 400 entreprises cotées tandis que les autres bourses africaines possèdent moins de 50 entreprises à leur cote officielle. Dans l’ensemble, il n’y a qu’environ 2000 sociétés cotées sur l’ensemble du continent. Ce sont les PME qui, faute de garanties, sont le plus particulière- ment touchées par le sous-dével- oppement des marchés financiers africains et le manque de volonté des banques commerciales de leur accorder les crédits. Ces dernières préfèrent privilégier les entreprises bien établies et les sociétés multi- nationales. Cette difficulté à trou- ver des financements est ainsi sans surprise l’une des contraintes les plus citées par les entreprises en Afrique subsaharienne, pour qui elle constitue l’un des principaux obstacles à l’expansion de leur activité. C’est pourquoi le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développe- ment (BAD) a décidé fin 2010, de participer à hauteur de 10 millions de dollars dans le Fonds africain de garantie (FAG). Le FAG est une ini- tiative panafricaine de la BAD, en partenariat avec le ministère danois des affaires étrangères, le ministère espagnol des Affaires étrangères et de la Coopération, lancée suite au rapport de la Commission Afrique en mai 2009 pour renforcer l’appui financier et technique en faveur des Petites et Moyennes Entre- prises (PME) en Afrique. Sa mis- sion : garantir des portefeuilles de prêts au bénéfice des PME à des institutions financières parte- naires et aussi à des établisse- ments financiers non bancaires L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION POUR LE MOIS DE MARS 2015 FAIT ÉTAT D’UNE AUGMENTATION PROVENANT PARTICULIÈREMENT “PARTICULIÈREMENT, DE LA VIANDE DE BŒUF (0.8%), DE CABRI (0.5%), DE POULET (1.8%), DU JAMBON (1.3%), DE L’HARENG SAUR (1.9%), DE L’HARENG SEL (0.9%), DU LAIT EN POUDRE (1.0%), DES ŒUFS (1.2%), DU BEURRE D’ARACHIDE (2.1%), DE LA BANANE (2.7%), DU GIRAUMON (2.5%), DU MIRLITON, CITROUILLE (2.8%), DU POIREAU (2.6%), DE L’AUBERGINE (3.0%), DES CHOUX (2.9%), DE L’OIGNON (1.9%), DE L’AIL (1.2%), DE LA CAROTTE (2.4%), DE LA TOMATE (2.6%), DE L’IGNAME (2.6%), DU MALANGA (1.9%), DU MANIOC (2.0%), DE LA PATATE (2.1%), DE LA POMME DE TERRE (2.6%), DE L’ORANGE (1.3%) ET DE LA CHADÈQUE (2.6%). LESITEEXPATISTAN EXPATISTAN.COM EST UN SITE DÉDIÉ AUX EXPATRIÉS DU MONDE ENTIER. CONTRAIREMENT AUX HABITANTS DES VILLES EN QUESTION, LES EXPATRIÉS SONT GÉNÉRALEMENT CONFRONTÉS À UN CERTAIN NOMBRE DE PROBLÈMES SPÉCIFIQUES, EN TERMES DE TROUVER DES SERVICES ET DE SATISFACTION DES BESOINS, SURTOUT S’ILS NE MAÎTRISENT PAS LA LANGUE LOCALE. EXPATISTAN EST CONÇU POUR CALCULER, SUR UNE BASE RÉGULIÈRE, UN INDICE RÉALISTE – ET MÊME TERRE-À- TERRE - GRATUIT ET FACILE À UTILISER. IL S’AGIT D’UN EFFORT DE COLLABORATION - CRÉÉ PAR DES GENS POUR D’AUTRES GENS PARTOUT DANS LE MONDE, FACILITANT LA COMPARAISON DU COÛT DE LA VIE ENTRE DIFFÉRENTES VILLES À TRAVERS LE MONDE. NATURELLEMENT, PLUS IL Y A DE DONNÉES SAISIES ET PLUS L’INDEX SERA PRÉCIS. Du fait de l’accès très limité au crédit bancaire en Afrique subsaharienne, les entreprises africaines ont moins de chances d’obtenir des emprunts que les entreprises situées dans d’autres régions du monde. Et donc de développer leurs activités, ce qui leur permettrait éventuellement de s’épanouir et prendre de l’expansion. Les PME manque de volonté des banques commerciales de leur accorder les crédits.
  11. 11. DU MARDI 19 AU JEUDI 21 MAI 2015 N0 2 | 11 D eux villes africaines arrivent en tête de liste des villes les plus chères pour les expatriés, selon une étude du cabinet Mercer publiée l’année dernière à pareille date. Il s’agit des capitales de l’Angola et du Tchad. Luanda demeure ainsi la ville la plus chère pour la deuxième année con- sécutive, devant N’Djamena, mais le classement reste néanmoins dominé par les villes asiatiques (7 villes) et européennes (6 villes). Cette étude, qui couvre quelque 211 métropoles des cinq conti- nents, prend pour référence la ville de New York et mesure les coûts comparatifs de plus de 200 arti- cles dans chaque ville, y compris le logement, le transport, la nour- riture, les vêtements, les articles ménagers, et de divertissements. “Alors que Luanda et N’Djamena sont des villes relativement peu coûteuses, elles sont très chères pour les expatriés, puisque la plu- part des biens de consommation est importée. En outre, trouver un hébergement sûr qui réponde aux normes occi- dentales peut être difficile et très coûteux aussi. C’est généralement pourquoi certaines villes africaines ont un classement élevé dans notre enquête” explique Ed Hannibal, associé et leader mondial pour l’activité mobilité internationale de Mercer. Paris augmente de 10 places Après Luanda et N’Djamena, vien- nent Hong-Kong et Singapour, puis Zurich et Genève, et enfin Tokyo, Berne, Moscou et Shanghai. Lon- dres (12e) s’impose comme la capi- tale la plus chère de l’Union euro- péenne devant Copenhague (15e). “En dépit de hausses de prix modérées dans la majorité des villes européennes, les devises européennes, légèrement ren- forcées face au dollar américain, ont fait progresser la plupart des villes d’Europe occidentale au classement. Il y a eu des augmenta- tions dans les frais d’hébergement, en raison d’une forte demande de location, qui a également eu un impact sur le classement de cer- taines villes européennes -cela est le cas de Copenhague, Amster- dam et Francfort”, note Nathalie Constantin-Métral, Principal chez Mercer. Paris (27e) fait notamment partie des villes qui ont beaucoup progressé (+10 places par rapport à 2013). A l’inverse, la plupart des villes d’Europe centrale et orientale ont chuté en raison de la dépréciation des monnaies locales par rapport au dollar américain. Prague (92e), Almaty (111e), et Minsk (191e) ont chuté respectivement de 19, 16, et 4 places. Quant aux villes des États-Unis, elles ont grimpé dans le classement en raison de la stabilité relative du dollar américain par rapport aux autres grandes monnaies, en plus de la baisse importante des villes dans d’autres régions. Une hausse sur le marché des logements loca- tifs a fait gagner 8 places à New York pour se classer 16e, la ville la mieux classée de la région. Los Angeles (62e) a grimpé de 10 places depuis l’année dernière tandis que San Francisco (74e) a sauté de 8 places. * Le cabinet Mercer, filiale de la Marsh & McLennan Companies basée à New York, est issu de la fusion, en 2007, de Mercer Oliver Wyman, Delta Consulting et Mercer Management Consult- ing. Cette firme de conseil en stratégie publie chaque année l’indice Mercer, un classement des villes selon le coût de la vie et selon la qualité de vie. Ce classe- ment est établi selon 200 critères (logement, transports, nourriture, habillement, appareils ménagers, loisirs…). ÉCONOMIE Les villes les plus chères pour les expatriés Sources : challenges.fr Les 1 % les plus fortunés posséderont bientôt la moitié de la richesse mondiale Sources : Oxfam COÛTDELAVIE PATRIMOINEMONDIALETINÉGALITÉS Comme chaque année, le cabinet Mercer* publie le classement des métropoles où s’expatrier coûte le plus cher. A la clé, de sacrées surprises comme la remontée de Paris. L’ONG Oxfam a publié, le 19 janvier dernier, une étude - consultable en ligne - révélant l’ampleur des inégalités dans le partage des richesses sur la planète. Selon ses calculs, réalisés à partir de données fournies par le Crédit Suisse, la richesse cumulée des 1 % les plus riches de la planète dépassera bientôt Et de salive. Accélération des écarts La publication de cette étude intervient à quelques jours de l’ouverture, mercredi, du forum économique mondial de Davos (Suisse), coprésidé par la direc- trice générale d’Oxfam, Winnie Byanyima. Selon elle,« l’ampleur des inégalités mondiales est tout simplement vertigineuse ». « Le fossé entre les grandes for- tunes et le reste de la population se creuse rapidement », poursuit- elle. Selon l’étude de l’ONG, entre 2010 et 2014, la fortune des 80 personnes les plus riches a aug- menté de 600 milliards de dollars tandis qu’elle a diminué pour la moitié la plus pauvre de la popula- tion. Aujourd’hui, ces 80 personnes se partagent le même montant de richesses que 3,5 milliards autres. Ces inégalités devront, selon Oxfam, pousser les dirigeants inter- nationaux à s’attaquer « aux inté- rêts particuliers des poids lourds qui font obstacle à un monde plus juste et plus prospère ». S elon Oxfam, « la part du patri- moine mondial détenu par les 1 % les plus riches était passée de 44 % en 2009 à 48 % en 2014, et dépasserait les 50 % en 2016 ». Cela signifie que s’ils continuent à s’enrichir, ils posséderont plus que l’ensemble des autres habitants de la planète réunis. La quasi-totalité des 52 % de patrimoine restant sont aux mains des 20 % les plus riches. « Au final, 80 % de la population mondiale doit se contenter de seulement 5,5 % des richesses », estime le rapport. Lutter contre la pauvreté en Cote d’Ivoire. comme les sociétés de crédit-bail. Le crédit-bail pour les biens d’équipement, par exemple, con- stitue une importante solution de rechange pour ces entreprises, notamment les plus petites, qui n’ont pas une tradition de crédit ou qui ne disposent pas des garan- ties requises pour avoir accès aux formes habituelles de financement. Dans le crédit-bail, le fournisseur ou bailleur détient la propriété du bien d’équipement et autorise le client ou locataire à utiliser ledit bien d’équipement moyennant des paiements périodiques. Ce qui lui permet d’avoir accès à un bien d’équipement qui aurait été autrement hors de sa portée, tout en garantissant au bailleur la reprise de possession du bien en cas de défaut de paiement. Le crédit-bail est donc généralement associé à des coûts de transaction moins élevés par rapport aux prêts. Et le cas échéant, il peut également être une option de financement attrayante pour les petites entreprises rurales et agricoles. Cependant, le marché du crédit-bail en Afrique se trouve encore, sauf en Égypte, au Maroc, en Tunisie, au Nigeria et en Afrique du Sud, aux stades initiaux de développement, avec des taux de pénétration oscillant entre 1% et 5% contre une moyenne mondiale de 20%. En attendant, il offre une alternative propice à l’éclosion d’un secteur privé dynamique.
  12. 12. 12 | N0 2 DU MARDI 19 AU JEUDI 21 MAI 2015 Les oubliés du systèmepar Joe Antoine Jn-Baptiste L es rues de Port-au-Prince grouil- lent de malades mentaux. On les retrouve partout. Mais surtout devant l’hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti, à quelques pas du centre psychiatrique Marcel and Klein. Tous les dix octobre, on célébre en Haïti, la journée mondiale des malades mentaux. Ils ont comme tout individu le besoin de respirer, de dormir, de manger et de boire. Dans la société haïtienne, ils sont très négligés. Ce sont les oubliés du système. Pour se nourrir, ce qui est un droit fondamen- tal, certains d’entre eux cherchent leur petit déjeuner dans les poubelles ou les lots d’immondices qui obstruent les circulations à des heures de la journée. la majeure partie de ces malades men- taux retrouvés dans les rues sont par- fois très violents. « C’est un problème de sécurité publique majeur», pense une jeune femme frisant la trentaine. Elle déclare avoir été suivie une fois par un malade mental dans les aires du Champ de Mars.. N’était-ce pas l’intervention rapide d’un homme plus costaud que lui, se souvient-elle, le malade mental l’aurait violenté Honoré, le gentleman Tout le monde le connait sous le nom de Honoré. C’est un homme de grande taille, la tête un peu ronde, de grands yeux, un nez plat et des lèvres pulpeuses. Il a établi son quartier général à la rue Saint Honoré, à proximité de l’entrée nord de l’hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti. Tous les jours, il se lève de son petit coin aux environs de six heures trente du matin. Certaine fois, il se réveille jusqu’à huit heures. C’est sur ce mur, près de la barrière de l’HUEH, que Honoré passe régulièrement ses nuits. C’est dans un tohu-bohu infernal que Honoré se reveille tous les matins. Petarades de moteurs de voiture et de motos. Kaxon. Les marchands qui crient leur produit à gorge déployée. Les chauffeurs qui invite les passagers à monter dans leur bus. Il y a aussi toujours l’odeur nauséabonde que libèrent les égouts. Debout, Honoré prend toujours du temps pour observer. Il est le témoin occulaire de presque tout ce qui se fait à l’angle de la Monseigneur Guilloux et la St Honoré. Il voit les gens passer. Ceux qui se rendent au bureau, ceux qui vont à l’école, chez leur médecin, ou qui se rendent aux pharmacies. Il les observent tous, surtout ceux qui doivent prendre le bus pour se rendre à Pétion ville, à Delmas et du côté de Tabarre. Une fois qu’il se retire du mur, il rassemble les morceaux de tissus de sa couche en piteux état et les place dans un petit coin. Avant de s’engager dans les rues, Honoré enfile ses accoutrements bizarres puis se dirige tantôt vers un marchand qui vend du pain et du café. Après, il sillonne les artères avoisinantes en soliloquant. Honoré est également un gentleman. Il aime faire la cour aux femmes surtout celles aux fesses redondantes. Il n’a pas froid aux yeux. Il peut s’approcher d’elles d’un pas rythmé et élégant pour dire ce qu’il a envie de dire. Quand elles le méprisent, il les harcelle, les injurie. Tout cela suffit pour lui faire piquer une crise qui peut l’affecter pendant toute la journée. A ce moment, il devient nerveux et de mauvaise humeur. Il sort de ses gonds. Si on l’approche, il peut devenir violent. Honoré n’est pas le seul malade mental qui se trouve dans les rues de Port-au-Prince. Ils sont nombreux. Ils sont présents partout. On les croise au moment ou on s’y attend le moins. De tous ces malades mentaux, Honoré peut être considéré comme un privilégié du sort. Tous les jours, il peut trouver un bon samaritain qui le donne à manger. Cependant, la réalité n’est pas la même pour tous les autres qui hantent nos rues. Pour apaiser leur faim, il leur arrive à creuser les lots d’immondice qui jonchent certaines artères de la capitale. Personne cependant ne semble prêter attention à eux. Même pas l’Etat haïtien. Même pas les organisations de droits humains non plus. « Aujourd’hui, l’heure est venue de penser aux malades mentaux. Avant tout, ils sont des êtres humains. Ils méritent une attention particulière. Nombreux d’entre eux peuvent être récupérés. Mais faute d’un soutien social, ils n’y arriveront pas », explique Michel Joel Alphonse. « Aujourd’hui, l’heure est venue penser aux malade mentaux. Avant tout, ils sont des êtres humains. Ils méritent une attention particulière. Nombreux sont ceux qui peuvent être récupérés. Mais faute d’une assistance des autorités et à cause de l’incompréhension des autres, ils n’y arrivent pas ». jjoeantoine2013@gmail.com SOCIÉTÉ DESMALADESMENTAUXDANSLESRUES «  C’est révoltant de voir un être humain réduit à moins que rien. L’Etat haïtien ainsi que les organisations de défense de droits humains ne semblent accorder aucune importance à leur personne. Pourtant, les malades mentaux pullulent à la capitale  », rapelle Michel Joel Alphonse, un licencié en psychologie. Dans la société haïtienne, les malades mentaux sont les oubliés du système / Le Devoir.
  13. 13. DU MARDI 19 AU JEUDI 21 MAI 2015 N0 2 | 13 Un marché pour promouvoir la production locale Photos: Ruben Chéry SOCIÉTÉ La troisième édition de la foire gastronomique « Marche manman doudou », organisée les 16 et 17 mai écoulés au local de l’Office Assurance Véhicule Contre Tiers (OAVCT), n’aura pas connu l’énorme succès de Kita Nago mais Harry Nicolas – Mèt Fèy Vèt –, son concepteur, impertubable, poursuit son petit bonhomme de chemin. Ignames, bananes plantain, riz organique, papayes, cassaves, miel, konparèt, produits de l’artisanat local et même de la crème à la glace aux saveurs locales : tout y était. Ou presque. AGRICULTURE
  14. 14. L ’Eglise protestante unie de France a adopté à la quasi- unanimité la possibilité d’offrir une bénédiction religieuse aux couples homosexuels. Les 500 pasteurs de cette Eglise garderont toutefois leur liberté de conscience. Jusqu’à présent, seuls les couples hétérosexuels pouvaient faire bénir leur union au temple, tandis que le mariage n’est pas un sacrement pour les protestants. Cette ouverture, après la recon- naissance civile du mariage pour tous, est une première dans une Eglise d’une telle importance en France. L’Eglise protestante unie incarneeneffetlecouranthistorique du protestantisme français. Elle compterait 110 000 membres actifs et 400 000 sympathisants. 80 pays contre l’homosexualité Cette décision avait été rendue publique à la veille de la commémoration, le dimanche 17 mai écoulé, de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie .Au moins 80 pays dans le monde condamnent toujours officiellement l’homosexualité. En France, malgré l’égalité des droits désormais acquise en matière de mariage et d’adoption, les voix sont encore nombreuses à s’élever pour dénoncer la discrimination des homosexuels, en particulier dans certains milieux comme le football ou la politique. Le Premier ministre luxembour- geois, Xavier Bettel, est d’ailleurs le tout premier dirigeant européen à avoir épousé, vendredi, son compagnon de même sexe. Il a espéré que son pays, qui a reconnu le mariage homosexuel l’année dernière, “puisse servir d’exemple”. Très engagée contre l’homophobie en France, Christiane Taubira, la ministre de la Justice, a annoncé l’intention du gouvernement de “renforcer l’arsenal pénal […] de façon à sanctionner plus précisément et plus fortement les discriminations homophobes”. La Garde des Sceaux présentera un texte en Conseil des ministres en juin qui prévoira notamment la possibilité de mener des actions de groupe devant les tribunaux. Le mariage homosexuel ou mariage entre personnes de même sexe, surnommé également «mariage pour tous», est autorisé en France par la loi no 2013-404 du 17 mai 2013. Le projet de loi qui instaure le mariage sexuel a été déposé au Parlement le 7 novembre 2012, définitivement adopté le 23 avril 2013 puis validé par le Conseil constitutionnel et promulgué le 17 mai 2013. Le premier mariage homosexuel a été célébré le 29 mai 2013 à Montpellier Sources combinées 14 | N0 2 DU MARDI 19 AU JEUDI 21 MAI 2015 Quel déjeuner pour nos élèves ? par Stéphanie Balmir L'Église protestante bénira les couples homosexuels I l est presque huit heures. Dans cette boutique de provisions alimentaires, les clients, des femmes majoritairement, vont et viennent. Leurs achats sont liés à un seul objectif : le déjeuner de leurs enfants. Pour Carole (nom d’emprunt pour l’article), se procurer le déjeuner de sa fille de trois ans à cette boutique lui permet de gagner du temps et de l’argent. Elle-même étudiante en sciences infirmières, elle n’a pas toujours le temps de préparer ce repas. D’autant plus que ces faibles moyens économiques ne lui permettent pas toujours de se procurer certains produits de première nécessité. La tenante de la boutique aime particulièrement ces matins où elle peut écouler rapidement une caisse de jus, car la quasi-totalité des mamans du quartier reviennent tous les matins. Hormis les frais de scolarisation qui ne font qu’augmenter annuellement, le plus grand calvaire de la majorité des parents haïtiens demeure le déjeuner. Si, pour certains, il est nettement plus facile de procurer un déjeuner complet à leurs enfants, avoir un budget hebdomadaire décent pour offrir un déjeuner, inscrit dans les normes de nutrition à leurs enfants demeure un défi pour d’autres. Depuis quelque temps, il n’est pas rare de trouver une maman, la boîte à lunch de sa progéniture en main, en train d’acheter un déjeuner à n’importe quel coin de rue. Pour obtenir un déjeuner rapide et moins coûteux, tous les moyens sont bons. La valeur nutritive importe peu si les coûts sont réduits. Il suffit de trouver une marchande de friture à portée de bras ou une boutique où se procurer un paquet de biscuits et un jus embouteillé. N’importe lequel. Pourvu que le prix ne dépasse pas vingt gourdes. Quand l’on sait qu’un déjeuner à faible valeur nutritive peut engendrer des conséquences telles que manque de concentration, perte d’énergie et des troubles de la mémoire, il est important de se questionner sur l’avenir de ces enfants qui doivent passer des journées entières dans des écoles où les structures et les conditions d’apprentissage ne sont pas forcément les meilleures. SOCIÉTÉ FRANCE/TENDANCES C’est une grande première dans une église de cette importance en France, alors que les homosexuels manifestent aujourd’hui à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie. Très engagée en ce sens, la ministre de la Justice a annoncé un renforcement de l’arsenal pénal pour punir les discriminations Le déjeuner est le repas le plus important de la journée. Sain et bien composé, il doit contenir les proportions nécessaires de protéines, de glucides, de lipides et de vitamines pouvant favoriser une bonne matinée de travail et/ou d’apprentissage, pour les adultes aussi bien que pour les enfants. Or, depuis un certain temps, nos déjeuners n’ont plus la même valeur nutritive et la même importance. Manque de temps, négligence, faible revenu, autant de facteurs qui déterminent ce repas. Certains parents ne se sentent plus obligés (ou ne peuvent pas) d’offrir un déjeuner à leurs enfants. Un regard sur le rapport de ce repas et ses enjeux dans le quotidien de nos élèves. Le plus grand calvaire de la majorité des parents haïtiens demeure le déjeuner. Le Premier ministre luxembourgeois - à droite - a épousé l’architecte Gauthier Destenay.
  15. 15. DU MARDI 19 AU JEUDI 21 MAI 2015 N0 2 | 15 À la DGI, 750 gourdes pour un matricule fiscal ! Therno Noël Alisthène S. "Kenbe tèt ou" : pour focaliser les jeunes sur ce qui compte vraiment : les études ! Vantz Brutus L e « rakèt » est un système parallèle établi dans les institutions publiques du pays où des individus structurent leurs propres instances pour se faire de l’argent au détriment du contribuable. Dans un va-et-vient incessant, un groupe de personnes massées devant les locaux de la DGI au centre-ville de Port-au-Prince proposent un service « rapide » à des citoyens venus pour un service quelconque. Fort souvent, ces personnes font croire qu’elles sont des agents pouvant faciliter un « meilleur service » sans que le contribuable soit obligé de prendre la file. On les rencontre aux abords et à l’intérieur de presque toutes les succursales de la DGI. Ils vont et viennent au vu et au su de tout le monde. Impunément. Certains prétendent même qu’un réseau mafieux serait établi entre ces « racketteurs » et certains employés de la DGI. Sept cent cinquante gourdes ! Proposition faite à un jeune homme de 23 ans venu retirer son matricule fiscal ! Ce jeune homme en provenance de la commune des Anglais, département du Sud, est venu à Port-au-Prince pour obtenir son passeport. À l’immigration, l’une des pièces exigées est le matricule fiscal. Là, il dit avoir contacté un employé pour ce service, lequel lui aurait demandé pour le matricule un montant de 1000 gourdes. Il a refusé, sachant que le prix régulier de cette pièce n’est que de 150 gourdes. Mais agacé, et surtout fatigué d’attendre, ce jeune homme entre en négociation avec un racketteur et ils se mettent d’accord pour un service rapide (30 minutes) pour 750 gourdes. Le « rakèt », véritable phénomène de corruption dans l’administration publique haïtienne, reste et demeure un défi de taille pour les autorités si elles veulent réellement offrir un meilleur service aux citoyens. À quand l’arrêt de ces actes frauduleux? P our garder les jeunes, particulièrement les élèves, loin de la débauche et de la délinquance, le ministère de la Jeunesse, des Sports et à l’Action civique (MJSAC) et le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) ontlancéconjointementunecampagne d’éducation civique sur le thème « Kenbe tèt ou ». Une brochette d’artistes, pas moins d’une dizaine, est associée à cette initiative qui combine différents medium de communication : la radio, la télévision, les affiches géantes dans les rues et, bien sûr, les réseaux sociaux. Ces artistes ont composé une chanson pour cette campagne. BIC, Belo, Jean Jean Roosevelt, Eud, Renette Desir, Tamara Suffren, Kalibr, entre autres, ont invité les jeunes à se focaliser sur les études, à rechercher l’excellence, à ne pas succomber à l’abus de la drogue et de l’alcool, et à renoncer à toute forme de violence en milieu scolaire et en dehors. Les jeunes sont aussi invités à s’exprimer à travers un « concours littéraire et de musiques » sur ce même thème. Les 10 gagnants devront se produire sur scène le 29 mai prochain, assure le MENFP. Depuis au moins une dizaine d’années, la débauche et la violence interscolaires sont devenues comme un phénomène de mode. Elles connaissent leurs pics dans des moments de grandes instabilités politiques, comme en 2004 après la chute du pouvoir d’Aristide, ou plus récemment au début de cette année scolaire. L’esprit de rivalité exacerbée pousse lycéens à tabasser leurs camarades d’autres lycées. Une peccadille peut mettre le feu aux poudres. Par exemple, une histoire de cœur, un élève qui séduit le cœur de la dulcinée d’un camarade d’un lycée rival. Dans cette guéguerre, des élèves qui ignorent tout de l’histoire se font tabasser juste à cause de leur uniforme. Et cette violence qui ressuscite d’anciennes querelles va jusqu’à embraser d’autres établissements scolaires. Du coup, il s’est développé une sous-culture avec, au centre, un système de valeurs fait de violence et de vengeance. Certains, pour se protéger, n’hésitent pas à porter des armes blanches comme des couteaux, des pics. Et la confusion est telle que l’on ne peut plus distinguer l’agresseur de l’agressé. Le ministère de l’Éducation a annoncé des mesures pour renforcer l’idée d’appartenance à une même école. Le port obligatoire d’un uniforme unique pour tous les lycéens figure parmi ces mesures. Associer les artistes à une campagne pour un changement de comportement n’a rien d’original. Cette expérience a été tentée à maintes reprises, notamment aux États-Unis. L’on se souvient de l’apparition récente du président américain aux « Grammy Awards » pour sensibiliser les artistes à s’impliquer davantage dans la prévention de la violence conjugale, ou encore de l’expérience Mus-E en Europe, qui a associé plus d’un millier d’artistes au service du vivre-ensemble, de la prévention de la violence et du racisme. Les Nations unies aussi reconnaissent l’influence positive des artistes pour faire évoluer les comportements. Pour preuve, plusieurs agences ont nommé des artistes « ambassadeurs de bonne volonté ». L’originalité de cette campagne tient dans son concept. Au lieu de centrer le thème sur le problème, l’attention du public est projetée sur la situation idéale. De ce fait, le thème et les slogans ne reprennent pas le mot violence qui est porteur d’une charge sémantique négative et qui pourrait provoquer une répulsion instinctive du public. « Kenbe tèt ou, Kraze bèt ou, kwè nan tèt ou. » En plus de garantir une musicalité certaine (tous des vers de quatre pieds), le thème et les slogans sont faciles à fredonner, et donc à retenir. D’ailleurs, l’idée d’écrire ce texte m’est venue après avoir entendu un enfant de huit ans chanter les paroles du jingle. Or, dans ce secteur, c’est un indicateur de succès. Sur les réseaux sociaux, les artistes sont ovationnés pour avoir mis leur capital social et affectif au service d’une cause sociale noble. Les messages de soutien d’Haïtiens d’ici et d’ailleurs sont nombreux partout où le vidéoclip promotionnel est posté. bvantz@lenational.ht SOCIÉTÉ HAÏTI/RAKÈT À la Direction générale des impôts (DGI), le prix normal d’un matricule fiscal est de 150 gourdes. Pourtant, au bureau du Centre-ville de Port-au-Prince, il coûte 750 gourdes.
  16. 16. 16 | N0 2 DU MARDI 19 AU JEUDI 21 MAI 2015 SOCIÉTÉ Une situation climatique difficile ! I l faut tout d’abord comprendre que la saison des pluies sur notre région, et particulière- ment sur notre pays, est mod- ulée par la différence de pression entre les océans Atlantique et Paci- fique. Quand elle est plus élevée sur l’Atlantique (on dit alors qu’elle est positive), la différence entre les deux océans génère des alizés assez forts sur les Caraïbes et l’Atlantique Ouest. Ces vents refroidissent la température des couches superfici- elles de l’océan (à cause des turbu- lences qui créent la remontée d’eau plus froide des couches inférieures et par évaporation) et provoquent un assèchement de l’air par la sub- sidence (l’air se déplaçant plus vite en surface doit être remplacé par l’air des niveaux supérieurs qui, en descendant, se réchauffe par compression et assèche). Ces deux phénomènes réduisent l’instabilité nécessaire aux développements des systèmes pluviogènes. Durant l’hiver, le début du printemps ou l’automne où nos précipitations dépendent davantage des perturbations polaires ou tempérées (qui tirent leur énergie des différences de température sur un plan horizontal) cela ne constitue pas nécessairement un problème, mais à la fin du printemps la musique est très différente puisque ce sont les ondes tropicales (originaires du continent africain) et autres systèmes convectifs qui nous fournissent plus de 60 % de nos pluies. Or, justement depuis plusieurs mois, la pression moyenne est beaucoup plus élevée sur notre océan comparativement à celle du Pacifique Est générant des conditions peu favorables sur l’Atlantique Ouest. Pourquoi ? MÉTÉOROLOGIE Il fait chaud, très chaud et il ne pleut pratiquement plus sur le pays depuis la fin du mois d’avril, alors qu’un vent chaud et sec souffle en quasi-permanence. Pas besoin d’être un spécialiste des sciences de l’atmosphère pour comprendre qu’il se passe quelque chose d’inhabituel, puisqu’en général le mois de mai est plutôt humide, avec un vent d’est plutôt calme et variable. Nous avons même assisté à la formation de la première tempête tropicale de l’année, Ana, près de trois semaines avant le début de la saison cyclonique ! Que se passe-t-il donc sur notre bassin océanique ? S’agit-il, comme le prétendent certains experts du climat, d’une conséquence des « changements climatiques » ? Cette sécheresse sur l’ensemble du bassin antillais et le nord de l’Amsud serait-elle annonciatrice d’une active saison cyclonique ? Rudolph Homère Victor Météorologiste/ AMS/OAS En mars et avril la pression atmosphérique était plus élevé sur l’atlantique que sur le pacifique.
  17. 17. DU MARDI 19 AU JEUDI 21 MAI 2015 N0 2 | 17 SOCIÉTÉ El Niño déconstruit sur le Pacifique L'AMO, le modulateur de l'activité cyclonique El Niño : un bouclier I Au printemps 2013, la grande presse internationale, reprenant des experts du climat, annonçait le retour d’un Super El Niño (alors que la synergie océan/atmosphère était peu apparente) qui ne s’est jamais matérialisé. Toutefois, depuis la fin de l’année écoulée, le Pacifique équatorial dans son ensemble est entré en phase avec l’atmosphère, déclenchant une série de réactions qui auront des réper- cussions certaines sur la saison cyclo- nique des deux bassins océaniques. La quasi-absence de précipitation, digne de ce nom, sur notre région est proba- blement une indication que les condi- tions seront peu favorables aux ren- forcements des systèmes d’envergure Caraïbes aux côtes de l’Afrique, pour- quoi ? En plus des températures océa- niques plus fraîches que la normale sur l’Atlantique, El Niño génère également des vents très forts en altitude qui empêchent les ondes tropicales, sys- tèmes de Méso échelle, de s’organiser et éventuellement évoluer en cyclone. En effet, pour se développer et se main- tenir, les systèmes tropicaux ont besoin que l’énergie (la chaleur libérée lors de la condensation) soit concentrée au- dessus du noyau du système ; or ces vents dispersent cette énergie (cisail- lement). Ainsi, les systèmes tropicaux auront à affronter des températures océaniques peu favorables, du cisail- lement, des pressions atmosphériques élevées (conséquences dues aux télé- connexions existantes entre les deux bassins), mais aussi de la brume de sable du Sahara (cette masse d’air est très sèche et contient du sable capable d’étouffer les orages) plus fréquente en période d’El Niño. Mais, ce n’est pas tout, car il y a encore un autre facteur qui devrait compliquer, en plus, la for- mation des cyclones. L ’activité cyclonique sur l’Atlantique tropicale sur de longues périodes dépend de la répartition des tem- pératures sur l’océan Atlantique (SST) qui, elle, est liée à un cycle de 25 à 60 ans appelé Oscillation multidécennale de l’Atlantique (AMO). Lors de la phase positive de cette oscillation, dont l’indice est calculé en faisant la moyenne des SST du nord de l’océan Atlantique à l’équateur géographique, entre 0°N et 60°N, puis 75°W et 7.5°W, comme c’est le cas depuis 1995, le nombre de cyclones est plus important que lors de la phase négative (1969 à 1995 selon les sources). Alors que, lors de la phase négative, la circulation thermohaline est plus faible, les vents d’Ouest s’incurvent plus loin vers le Sud. Cette situation cause alors un cisaillement vertical de vent (dont nous avons déjà parlé) qui diminue le nombre des cyclones tropicaux dans l’Atlantique du Nord. Toutefois, depuis 2013 cet indice tend à être négatif, ce qui expliquerait en partie les dernières saisons peu actives observées. Ces derniers mois, la situa- tion n’a pas évolué ; au contraire, cette tendance semblerait même se renforcer, l’indice du mois d’avril a été le plus faible observé depuis 1950 ! L e risque pour notre pays devrait être donc assez faible, car aucun cyclone n’a jamais touché Haïti durant un intense épisode durant la phase faible à modérée (Emily 1987, Ernesto 2007 mais surtout Flora, une anomalie climatique, avec plus de 8 000 morts en Haïti et à Cuba). Toutefois, nous aurons à faire face à d’autres risques aussi importants comme une sécheresse persistante durant les quatre à six prochainsmoissurlaquasi-totalitédupays,avec de graves conséquences sur l’agriculture, nos réserves d’eau, etc. Une augmentation des cas d’asthme, d’allergies respiratoires, est certaine avec les épisodes plus fréquents et plus denses de la brume de sable Sahara (comme les études l’ont montré aux Antilles françaises et à Porto- Rico). Naturellement, ce sont des phénomènes prévisibles (pas dans les détails bien sûr), qui font partie de la variabilité naturelle du climat lié aux oscillations océaniques et aux réactions de l’atmosphère qui est de nature chaotique. Rien à revoir avec un prétendu changement climatique ; il suffit de bien faire son boulot d’analyste. Espérons que malgré la poussée de fièvre électorale, des dispositions seront prises pour limiter l’impact de cette terrible sécheresse qui s’annonce ! Des anomalies de températures sur l’Est du Pacifique indiquent la présence d’EI Nino. Courtoisie CPC. L’indice de l’AMO pour un mois d’avril le plus faible depuis 1950. Distribution des températures de surface sur le Pacifique équatoriales
  18. 18. 18 | N0 2 DU MARDI 19 AU JEUDI 21 MAI 2015 L'art haïtien et son héritage indien de la terre mèrepar Marie Alice Théard I l me vient une interrogation fondamentale sur ce vide qui a traversé l’histoire de l’art haïtien depuis le génocide des indiens perpétré par l’Occident, notamment l’Espagne. Ce voyage au long cours à remonter le temps, en consultant les rapports des chercheurs, confirme la présence africaine en Ayiti bien avant celle de Christophe Colomb et de ses trois caravelles. L’art haïtien garde encore l’empreinte de cette civilisation noire. Entre 300 et 700 après J.-C. arrivent du Sud les Arawaks ou Tainos (qui veut dire noble). Ce sont des descendants de civilisation Saladoide (venue des rives d’Argentine) qui, suite à de nombreuses évolutions et de nombreux voyages, arrivent dans les Grandes Antilles. Pacifique et hospitalière, c’est une civilisation avancée (surtout celle de la plaine de Limonade) des gens sédentaires qui construisent des habitats en amont des bassins versants. Les villages mères sont plus près et les villages filles plus éloignés du cours d’eau. Dans ces maisons rectangulaires ou sphériques, la femme, les enfants et les gens âgés occupent le fond de la pièce principale. Ne possédant pas l’écriture alphabétique, ils ont leur propre vocabulaire pour une littérature orale. Leurs dessins rassemblent des pointillés et des traits pour orner de manière artistique la poterie non tournée faite par les femmes. Ce sont le plus souvent des objets usuels : urnes, plateaux, jarres d’eau, cruches, bijoux. On retrouve également ces dessins sur les sculptures en bois venant de La Gonâve, grande pourvoyeuse de pirogues capables d’accommoder jusqu’à quatre-vingts rameurs, sur des statuettes ayant la forme de corps humains, sur les meubles (dohu), les tambours et les pierres sculptées par les hommes ; sans oublier l’art glyptique, gravures sur pierre ou parois pour honorer les dieux (leurs dieux étaient des hommes et non des animaux). Nous pouvons encore visiter les vestiges de l’art rupestre indien sur les roches tempées etampees de Sainte Suzanne, de Bassin Zim, dans l’Artibonite, à l’Arcahaie, etc. Le Docteur Daniel Mathurin nous dit que les Tainos témoignent qu’à leur arrivée sur l’île d’Ayiti, ils ont trouvé les écritures pétroglyphes (raclages et gravures) cunéiformes sur les roches à Linde, à Camp- Coq, entre Plaisance et Limbé, dans le Nord. Certains chercheurs avancent que ces pans de roche viennent de grottes avoisinantes. Ces mêmes écritures (veve) des natifs Tainos, Arawak, Caraïbes sont retrouvées dans le nord des États-Unis et certaines réserves indiennes du Canada. L’art est florissant dans l’île d’Ayiti. Dans les bateys (grandes surfaces), on fait du théâtre (areytos), de la musique, de la danse, du ballet, de la joaillerie, de la sculpture, de la céramique, etc. La reine du Xaragua, Anacaona (fleur d’Or,) qui épouse le Cacique Caonabo, est une vaillante guerrière, mais elle est également l’une des meilleures poétesses ou sambas. Quand débarque Christophe Colomb, il est reçu en ami dans ce paradis où les singes, les grenouilles et la chauve-souris sont des familiers de l’habitant. On y partage l’abricot, le tabac, le coton tissé et l’or. Il n’y a que Caonabo qui se méfie de l’étranger. Il n’a pas fallu plus de quinze ans pour que l’une des aventures les plus extraordinaires de l’histoire de l’humanité porte les colons à décimer cette civilisation indienne, par la traîtrise, l’esclavage et la contamination due aux maladies apportées par les visiteurs. La déclaration de l’Indépendance CULTURE HONNEUR « La vraie générosité envers l’avenir consiste à donner au présent.» Albert Camus Petroglyphe roche a l’inde, camp coq, Limbé. le 1er janvier 1804 déclenche 150 ans d’isolement pour Haïti. Dessalines revendique l’héritage Taino et tout individu de sang indien débarquant dans l’île, tous les Indiens restés en Haïti sont déclarés haïtiens. La Constitution de 1816 vient renforcer celle de Dessalines. Cependant, au XIXe siècle, les désarrois et les bouleversements de ces fragments de vie débouchent sur une tenace volonté de répondre aux valeurs occidentales. Vu le contexte historique et social de l’époque, on affirme l’identité haïtienne. Les frères Nau y font référence dans leurs publications : « Nous ne sommes pas plus français que l’Américain n’est anglais… » Ce sentiment porte les Haïtiens à vouloir montrer á l’Occident qu’ils peuvent faire aussi bien que lui. Le souvenir Taino, tout en étant bien ancré dans l’art populaire, n’est pas aussi vivant chez nous que la culture amérindienne en Amérique du sud, présente par ses pyramides, masques, arts plastiques du Pérou et du Mexique… L’aventure créatrice haïtienne, si elle charrie la passion et ses délires, s’éloigne de l’influence taino. On découvre l’art africain dans les années quarante. On se penche sur sa sculpture en en subissant l’influence. À l’époque indigéniste, Haïti revendique l’héritage nègre alors que Saint- Domingue, pour contrecarrer les Haïtiens, réclame l’héritage Taino. (Signalons que les Dominicains n’ont eu qu’un seul caciquat chez eux, la Maguana dirigé par Caonabo.) Les survivances ethniques indiennes se perpétuent dans notre culture populaire : l’architecture des maisons à la campagne et leurs toits de chaume, la forme circulaire des péristyles du culte vodou et autres lieux de réunion pour les combats de coqs et activités ludiques ; le tabac, la préparation du yucca (manioc) et la confection de la cassave, le tissage des hamacs, les pipes, les jarres et cruches en terre cuite, les dessins des « vèvè », les assotors, les govis, les haches, les attributs des loas, les dessins utilisés pour orner les drapeaux des houmforts dans le rituel vodou, la danse « rara » rythmée par les « vaccines de bambou » et les chasubles portées par les « majors joncs » ou fifres précédant ces bandes de la période de Carême, etc. Jacques Alexis, l’un des premiers à effectuer des fouilles, nous dit que le style de bien des retables

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