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Demandé par:
Dr. Chakir Ahmed
Elaboré par :
• Hanane Baousous
• Taqy-eddine Remli
Année universitaire 2017/2018
Dossier de recherche sous le thème
~ 1 ~
Plan
Introduction……………………………………………………….…2
Chapitre I : Cadre conceptuel de la micro finance islamique……………….….3
1. La MFI : Fondement, Principe et composants………………………………………….3
a. Fondement de la micro finance islamique………………………………4
b. Principe de la micro finance islamique…………………………………5
c. Composants de la micro finance islamique………………………..……5
2. Les caractéristiques de la MFI …………..…………………………………………..….8
3. Levier de la MFI…………………………………….…………………………...…....10
a. Fonds d’investissement………………………………………………..10
b. Waqf……………………………………………………………….......12
c. Zakat…………………………………………………...………………12
4. Modèles de la MFI : Les produits…………….………………………………………..13
5. Défis de la Croissance de la MFI……………………………………………………....19
Chapitre II : La micro finance islamique un levier de développement durable...20
1. cadre conceptuel du développement durable……………………………………………20
a. Définition du développement durable…………………………………20
b. Les objectifs du développement durable………………………………21
c. Les indicateurs du développement durable……………………………23
2. La micro finance islamique un levier de développement durable……………………….25
a. La micro finance islamique un outil de réduction de la pauvreté……..25
b. La micro finance islamique un moyen de réduction du chômage,
l’exclusion bancaire………………………………………………………………27
Chapitre III : Etude pratique de l’institution zitouna Tamkeen……………….28
1. Presentation de l’institution zitouna Tamkeen………..……………………………….28
a. Vision de zitouna Tamkeen……………………………………………28
b. Mission de zitouna Tamkeen……………………………………….....28
c. Objectifs de zitouna Tamkeen………………………………………....28
d. Chiffre clés………………………………………………………....….28
2. Produits commercialisés par l’institution……………..…….……………………………..29
a. Montage de projets de capacitation économique……………….....…..29
b. Micro assurance……………………….....……………………………30
c. Micro financement : la Mourabaha et Qard al Hassan………………..30
d. Formation et accompagnement……………….....…………………….31
3. Défis de la micro finance islamique en Tunisie……...……………………………………31
Conclusion……………………………………………………………………..33
Bibliographie…………………………………………………………………..34
~ 2 ~
Introduction
Dans une spécifique économie de développement, le système financier formel ne
soutient pas plus de vingt à trente pour cent de la population. La grande majorité des exclues
sont des personnes à revenus modestes. Sans l'accès aux services financiers, ces familles
pourront difficilement tirer profit des opportunités économiques, gagner des revenus, financer
l'éducation de leurs enfants, et se protéger contre les chocs financiers. L'exclusion financière
les lie ainsi à un indigne cercle de la pauvreté.
La Microfinance et le financement islamique ont beaucoup de points en commun.
L'Islam s’appuie sur les facteurs éthiques, moraux, sociaux, et religieux pour défendre l'égalité
et l'équité pour le bien de toute la société. Les principes incitant à la répartition des risques, les
droits et devoirs de chacun, les droits de propriété, et l’inviolabilité des contrats sont tous inclus
dans le code islamique qui est le principe fondamental du système financier.
La mise en place de services financiers pour les personnes à revenus modestes, permet
d'élever le revenu familial et la sécurité économique, de réunir des fonds et de réduire la
vulnérabilité ; de créer une demande pour d'autres articles et services (notamment la nourriture,
l’éducation, et la santé) ; et de stimuler les économies locales.
La microfinance islamique est considérée comme étant un levier de réduction de la
pauvreté. La nécessité de discuter un tel sujet s'est fait sentir à la suite du constat du nombre
élevé de pauvres dans les pays musulmans.
Donc pour élaborer ce travail, nous allons essayer de travailler sur les théories liées à
la micro finance islamique ainsi que sur différents ouvrages liés au sujet, et durant l'intégralité
de ce travail, nous allons utiliser une approche comparative de différentes facettes de la micro
finance islamique par rapport au développement durable et surtout de mettre la lumière sur le
point commun entre eux
 A quel point la micro finance islamique peut être un potentiel de développement
durable ?
 Pourquoi on a passé d’une micro finance classique à une micro finance islamique ?
~ 3 ~
Chapitre I : Cadre conceptuel de la micro finance islamique
Vue la culture musulmane prédominante dans le pays, certains clients refusent de
recourir aux crédits conventionnels proposés actuellement par les Institutions de Micro finance
(IMF). Il y a donc un manque à gagner dans ce secteur, La micro finance islamique a un fort
potentiel d’expansion, Il est estimé que 72% de la population habitant dans des pays à majorité
musulmane n’utilise pas des services financiers, car ceux-ci ne respectent pas les préceptes de
la religion musulmane.
Des personnes de croyance islamique utilisent des produits financiers conventionnels,
mais diverses enquêtes montrent que si ces personnes avaient le choix d’utiliser des produits
financiers compatibles avec les lois islamiques, ils préfèreraient se tourner vers ceux-ci. Selon
les statistiques de la CGAP publie en 2007 et collecté de 125 institutions et experts de 19 pays
musulmans, l’offre de la micro finance islamique est Très concentrée, 80% de l’offre globale
provient de 3 pays seulement : L’Indonésie, le Bangladesh et l’Afghanistan.
Ainsi que le nombre des clients bénéficiant de la micro finance islamique ne dépasse
pas les 380000
En ce qui concerne la fusion du système de micro finance et les principes islamiques, la
CGAP a spécifié que la tendance de l’expansion de la micro finance et d’atteindre son but
efficacement n’aura pas lieu sauf les sociétés profitent de la flexibilité du modèle micro-
financier et l’inclus dans leurs modes de financement (y inclus la finance Islamique).
1. La MFI : Fondement, Principe et composants
La microfinance islamique est “confluence de deux industries en croissance rapide :
Microfinance et Finance Islamique”
Cette dernière est la synthèse de deux industries en croissance rapide : la MF et la FI
Nous pouvons définir la micro finance islamique comme une prestation de services de la
microfinance dans le respect des règles islamiques et la cohérence avec ses valeurs morales de
solidarité sociale et les soins pour les moins fortunés.
~ 4 ~
a. Fondement de la micro finance islamique
Les racines de la microfinance moderne peuvent être trouvées dans de nombreux
endroits, mais l’histoire la plus connue est celle de Muhammed Yunus avec sa création de la
banque Grameen au Bangladesh. La situation au Bangladesh lors de la naissance de la banque
était précaire, une guerre féroce suivie de l’indépendance du Pakistan en 1971 et les inondations
qui ont causé des famines continuelles ont bien expliqué les résultats de l’enquête du « Bureau
de statistique du Bangladesh », publiés en 1992, disant que 80% de la population vivait dans la
pauvreté dans la période 1973-1974.
Muhammed Yunus, professeur en économie à l’université de Chittagong, a observé le
modèle économique des femmes pauvres des villages alentours. Elles fabriquaient et vendaient
de petits objets mais n'arrivaient que rarement à générer du profit, une fois le crédit remboursé
aux intermédiaires ou aux prêteurs usuriers. Il a donc décidé de créer une réponse
institutionnelle pour aider ces personnes, la Grameen Bank, la première banque de microfinance
moderne. Au fur et à mesure du temps, il a renversé la logique financière et les a priori des
banques traditionnelles en apportant la preuve que les personnes pauvres sont très fiables,
qu'elles remboursent majoritairement leurs prêts et qu'elles sont en mesure de payer les taux
d’intérêt couvrant les frais du prêt.
Toutes ces indications nous donnent la tendance à chercher une définition théorique de
la microfinance, ce que nous allons essayer de le faire dans la section suivante.
« Le prophète Mohamed a été le premier pionnier du micro crédit, en donnant un jour
2 dirhams à un fidèle : 1 dirham pour se nourrir, et 1 autre dirham pour acheter un outil de
travail afin d’exercer une activité génératrice de revenus permettant à ce dernier de se prendre
en charge durablement. »
Donc l’offre du service financiers viables à une clientèle pauvre qui n’a pas l’accès au
système bancaire formel pour des projets d’auto emploi qui génèrent des revenus en leurs
permettant de prendre soin d’eux-mêmes et leurs familles.
La finance islamique de son côté a réalisé de grand progrès depuis 1975. En fait, à la
fin 2015, on comptait plus de 500 établissements financiers islamiques répartis sur plus de 75
pays dans le monde, Les actifs gérés sont évalués à 1,3 billion de dollars en 2011, avec un taux
de croissance annuelle moyenne de 19% sur les quatre dernières années.
Donc La micro finance islamique qui a pour objectifs la lutte contre la pauvreté et
l’exclusion, la promotion de l’entreprenariat et le plein emploi, vise la promotion de l’équité et
le bien-être de tous les composants de la société.
~ 5 ~
C’est un nouveau domaine au sein de la finance islamique, où les banques islamiques
fournissent une aide financière aux personnes exclues du système bancaire. Cette perspective
de la micro finance, s'inscrit complètement dans la morale de l'économie islamique. Le concept
de la micro finance islamique doit être caritatifs ou contribuant au développement de l'économie
d'un pays.
b. Principe de la micro finance islamique
La finance islamique un système de financement fondé sur la charia. Ses principes sont
assis sur le principe général consistant à assurer le bien-être de la population en interdisant les
pratiques jugées injustes ou assimilées à de l’exploitation.
Sa caractéristique la plus connue est l’interdiction rigoureuse de verser ou de percevoir
un taux de rendement fixe, prédéterminé, sur les opérations financières. Cette proscription de
l’intérêt, reconnue par la majorité des intellectuels islamiques, dérive de deux préceptes
fondamentaux de la charia :
-l’argent n’a pas de valeur intrinsèque : l’argent ne peut ajouter de la valeur que s’il
est associé à d’autres ressources pour créer une activité productive. C’est pourquoi il ne peut
être acheté et vendu comme un produit, et que la valeur de l’argent non adossé à des actifs ne
peut pas augmenter avec le temps. Toutes les opérations financières doivent être liées,
directement ou indirectement, à une activité économique réelle ; elles doivent être adossées à
des actifs, et les investissements ne peuvent porter que sur des actifs tangibles et durables.
-Les bailleurs de fonds doivent partager les risques opérationnels : Les bailleurs de
fonds ne sont pas considérés comme des créanciers (auxquels un taux de rendement
prédéterminé est généralement garanti), mais comme des investisseurs (qui partagent aussi bien
les bénéfices que les risques associés à leur investissement).
La finance islamique va toutefois au-delà de l’interdiction de l’intérêt sur les opérations.
Ses autres principes fondamentaux sont les suivants :
-Investissement : Les activités jugées incompatibles avec la charia, comme celles
associées à la consommation d’alcool ou de porc, et celles liées aux jeux de hasard et à la
fabrication d’armes de destruction massive, ne peuvent être financées.
-Pas d’exploitation contractuelle : Afin de protéger les deux parties, les contrats
doivent être conclus d’un commun accord et énoncer des conditions précises. Toutes les parties
concernées doivent en outre avoir une connaissance détaillée du produit ou du service acheté.
c. Composants de la micro finance islamique
Elle se compose du microcrédit, micro-Takaful et micro financement participative :
~ 6 ~
 Micro Takaful :
Pour comprendre l’assurance islamique il est primordial de faire un arrêt sur les sources
de la religion :
- Le Coran, pour un adepte de l’orthopraxie musulmane, est le livre Saint qui
contient toutes les révélations qu’Allah le tout puissant a faites à Mohamed son prophète
(SAW)
- La Sunna regroupe les actes et les paroles du prophète Mohamed (SAW)
- Les oulémas ou juristes musulmans en conformité avec le Coran et la Sunna
éclairent les fidèles sur points
En effet en 1985, le Grand Conseil des Oulémas a déclaré que l’assurance islamique
était interdite et a appelé tous les pays de confession musulmane à créer des coopératives
mutuelles dans le domaine de l’assurance et de la Réassurance.
Extrait de cette déclaration : « L’assurance commerciale est une forme de jeu, puisque
l’assuré paie une prime et ne reçoit aucune compensation ou en reçoit une qui excède largement
ce qu’il a payé »
Cependant un autre courant de pensée défend sa position en la personne d’El Gamal
Mahmoud A. à travers son ouvrage édité en 2006 : Islamic finance, Law, economics and
practice. New York Cambridge University Press p ; 147.
La branche la plus connue du contrat d’assurance selon la loi islamique est « le Takaful
», qui veut dire en arabe « se garantir l’un l’autre », sa philosophie est très proche de celle des
coopératives, mises à part les restrictions de la charia sur l’investissement c’est L’objectif du
système Takaful n’est pas le profit mais l’entraide.
A l’image de l’assurance traditionnelle, la conception et la commercialisation de
produits de micro-assurance obéit à certains principes, qui sont essentiels et s’ils sont appliqués
permettent d’atteindre les objectifs fixés, donc Il semble probable que la micro Takaful attire
de nouveaux clients de l'actuel franchises d'assurance classiques et représente un défi à
l’alternative de l’assurance traditionnelle.
 Etude : Les perspectives du Takaful dans le marché potentiel de la population musulmane :
Le monde compte 1,5 milliard de musulmans (soit 25% de la population terrestre).
Seulement 2% des musulmans vivent dans les pays industrialisés, les 98%, vivent dans les pays
émergeants ou dans les pays pauvres au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Asie du Sud
~ 7 ~
et de l’Est. L’étude effectuée par la Swiss Ré estime à 56 milliards les potentialités de primes
Takaful en2007, en supposant que chaque musulman dépense la somme moyenne des primes
d’assurance dans son pays. Cependant 20% des musulmans vivent en minorité dans des pays
qui ne sont pas dits musulmans : Inde, 157 millions soit 13% de la population, chine, 40
millions soit 3% de la population et l’Ethiopie, 40 millions soit 48% de la population
Les pays musulmans ont contribué pour 28% soit 3462 milliards USD, au PIB des pays
émergents et 11% des primes d’assurance émises soit 45 milliards USD. La pénétration de
l’assurance dans les pays musulmans est inférieure à la moyenne des pays émergent.
Figure 11
: swiss Ré Economic Research and consulting,Département d’Etat
américain,CIA world fact book
 Le micro financement participatif / micro-épargne :
Le micro financement participatif est un mécanisme qui permet à plusieurs personnes
de participer au financement d'un même projet, il se distingue de la micro finance "classique"
car il donne la possibilité, à toute personne, de choisir la finalité de son épargne, Il repose sur
1
Recherche économique et conseil, Département d'État américain, Cahier d'information
mondial de la CIA,Site consulté le 01/07/2018
~ 8 ~
le principe de partage de bénéfices et de pertes ainsi que sur une hypothèse de prise de risque
commerciale par le financier.
Les dépôts des clients sont à considérer comme des investissements dans une institution
financière. L’IMF va investir le dépôt en respectant les principes de l’Islam. Si le produit de
dépôt est sous forme d’un Mudarabah, les pertes et profits sont partagés par le client el L’IMF.
Les dépôts peuvent aussi être organisés sous la forme de Musharakah ou de takaful.
 Le micro crédit :
C’est une alternative au crédit conventionnel basé sur le taux d’intérêt. Sont les crédits
basés sur le commerce ou sur le leasing qui permettent la propriété et/ou l’utilisation de biens
et actifs physiques utiles pour mener une activité productive en remettant le paiement à des
périodes futures. Par exemple : un micro-entrepreneur veut acheter un bien. Il approche une
Figure 22
: Evolution du marché Takaful
IMF islamique qui va acheter ce bien à un prix P qui va être connu du client. L’IMF va
revendre le bien au client à un prix P+M où M représentera le profit de la transaction. Le client
va rembourser ce prix en une seule fois ou par tranches dans le futur.
2. Les caractéristiques de la MFI
Les caractéristiques du marché de la micro finance islamique sont très proches de celles
de la micro finance classique. Les partisans d'alternatives islamiques à la microfinance
2
celent
~ 9 ~
Conventionnelle ont pour objectif l'amélioration de la société islamique, plutôt que de la
promotion des valeurs qui pourraient être contraires à Shari'ah. La microfinance islamique
globale devrait impliquer non seulement le crédit par le financement de la dette, mais la
fourniture de financement par actions par Mudarabah et Musharakah, régimes d'épargne via
wadiah et Mudarabah les dépôts, les transferts d'argent tels que par Zakat et sadaqah, et
l'assurance par l'intermédiaire takaful concept.
Ce tableau résume les différences possibles dans les caractéristiques et les objectifs entre
la microfinance classique et la microfinance islamique.
Tableau 13
: comparaison simplifié entre la microfinance classique et islamique
Plusieurs distinctions qui distinguent la microfinance conventionnelle de la
microfinance Islamique :
Les deux microfinances classiques et la microfinance islamique peut mobiliser fonds
externes et les économies des clients comme source de fonds. Cependant, la microfinance
islamique peut également exploiter la charité islamique, comme Zakat, et waqf comme source
de fonds pour le financement. Pour les modes de financement, la microfinance classique peut
3
ABDUL RAHMAN, ‘Islamic Microfinance: A Missing Component in Islamic
Banking’, Kyoto Bulletin of Islamic Area Studies, 1-2(2007), pp. 38-53
~ 10 ~
facilement adapter le financement fondé sur les intérêts alors que la microfinance islamique
devrait éliminer l'intérêt pour leur fonctionnement. Par conséquent, la microfinance islamique
devrait explorer les modes possibles de financement islamique instruments dans leur
fonctionnement.
La microfinance islamique peut également optimiser les services sociaux en utilisant
Zakat pour répondre aux besoins de base et d'accroître la participation des pauvres. Dans la
microfinance conventionnelle, l'institution peut directement donner de l'argent à leur client
comme le financement. En revanche, la microfinance islamique ne donne pas d'argent à leur
client sous forme de prêt ne sont pas permis dans l'Islam moins qu'il n'y ait aucun intérêt ni frais
de montant supplémentaire sur ce prêt.
Dans la microfinance conventionnelle, l'institution peut directement donner de l'argent
à leur client comme le financement. En revanche, la microfinance islamique ne donne pas
d'argent à leur client sous forme de prêt ne sont pas permis dans l'islam moins qu'il n'y ait aucun
intérêt ni frais de montant supplémentaire sur ce prêt.
La microfinance islamique, d'autre part, utilise des instruments financiers islamiques
qui sont basés sur les systèmes de plus plutôt que prêt. Les institutions de microfinance
classiques ont porté principalement sur les femmes que leur client. D'autre part, l'institution de
microfinance islamique ne doit pas se concentrer uniquement sur les femmes, mais doit
également être étendue à la famille dans son ensemble. En outre, les prêts de groupe ont utilisé
la microfinance classique comme un moyen d'atténuer les risques dans leur fonctionnement. La
microfinance islamique peut également utiliser une technique similaire, mais ils peuvent
également développer des principes éthiques islamiques pour assurer leur client paie le
paiement régulièrement.
3. Levier de la MFI
Parmi les moyens instaurés par l’Islam pour inscrire la solidarité au sein de la société
on trouve (la Zakât) ou volontaire (la Sadaqa) et le fond d’investissement et Al Waqf. Ces actes
ont certes un aspect temporel, à savoir l’écoulement d’une année lunaire pour la Zakât par
exemple, mais aussi un aspect durable qui peut s’étendre sur des générations et dont les
récompenses, l’utilité et les effets qui en découlent augmentent durant la vie du donateur et
continuent après sa mort ; c’est le cas du Waqf.
d. Fonds d’investissements :
L’AAOIFI donne la définition suivante des fonds d’investissements : « Les fonds sont
des véhicules d’investissement qui sont financièrement indépendants des entités qui les créent.
~ 11 ~
Ils prennent la forme d’actions/parts assorties de droits de participation égaux, qui représentent
la part des actifs détenue par les actionnaires/porteurs de parts et leurs droits à l’égard des
bénéfices ou des pertes. Les fonds sont gérés sur la base d’un contrat de Mudarabah ou d’un
contrat de wakala. »
Le premier fonds d'investissement islamique a été établi lors de la fin des années 1980,
mais le véritable catalyseur pour le développement de cette activité a été la décision de l’Islamic
Fiqh Academy stipulant que les actions d’une société représentent une part indivise de ses actifs
et constituent donc un investissement conforme à la Charia. La conséquence naturelle de cette
décision a été le développement rapide de fonds d'investissement islamiques.
En effet, selon le Global Islamique Finance Report 2010, le secteur des fonds islamiques
regroupe environ 717 fonds pour un volume qui dépasse 77 milliards de dollars ce qui
représente environ 10% de la taille du marché de la FI. Ce marché est caractérisé par une
concentration entre la Malaisie, l’Arabie Saoudite et le Kuwait.
 Le fonctionnement des fonds d’investissement islamiques :
Généralement le fonctionnement des fonds d’investissement islamique est presque
identique à celui des fonds conventionnels à la seule différence un fonds islamique est tenu de
respecter les principes de la charia ’a. Un fonds islamique est tenu de respecter les obligations
suivantes :
- Il ne peut effectuer que des investissements conformes à la Charia
- Un filtrage doit être opéré sur la base de critères sectoriels et financiers
afin de garantir la conformité à la Charia
- Des audits de conformité à la Charia doivent être réalisés à intervalles
réguliers par le conseil de conformité à la Charia ou par une entité tierce
- Si le fonds perçoit des revenus non conformes à la Charia, ceux-ci
doivent être purifiés au travers de dons à des organismes caritatifs (pas nécessairement
islamiques)
Il existe de nombreux types de fonds islamiques, tels que les fonds indiciels islamiques,
les fonds de capital-investissement conformes à la Charia, les fonds actions islamiques, les
fonds de private equity, les fonds Mourabaha, les fonds de matières premières islamiques et les
fonds Ijara.
Malgré ce dynamisme, ce secteur porte encore les caractéristiques d’une industrie
naissante. La taille de la majorité des fonds levés demeure faible : plus de la moitié des fonds
islamiques n’excèdent pas 50 millions de dollars.
~ 12 ~
e. Al wakf :
L’Islam est une religion de solidarité et de coopération entre les différentes couches de
la société islamique. Al waqf est une « sadaqah jarriya » que l'on peut définir comme étant « la
possession d’une propriété, convertie d’une propriété privée en une propriété sociale, et
dont l'usufruit du revenu généré est alloué à des bénéficiaires définis. ». Asming Yalawae, Izah
Mohd Tahir, « The Role of Islamic Institution in Achieving Equality and Human Development:
Waqf or Endowment”, Universiti darul Iman Malaysia, p.6
C'est ainsi que les pratiques de waqf remontent à l’époque du prophète (SAWS), En
effet, « Jabir » (que Dieu l’agrée) rapporta qu’aucun des compagnons du prophète n’avait un
actif personnel à part ceux qu’ils ont donné en waqf pour Dieu.
Ensuite, ces pratiques ont été institutionnalisées pour prendre de l’ampleur et de
l’importance et couvrir un ensemble de besoins sociaux tel que le financement d’universités ou
d’hôpitaux.
- Le fonctionnement d’Al Waqf :
L’opération de Waqf comme modèle de la MFI repose sur les composantes et acteurs
suivants :
 Les biens objet du Waqf : Il s’agit des actifs immobiliers et mobiliers, des actifs
financiers et des droits qui peuvent faire l’objet de waqf.
 La personne ayant effectué al Waqf : Il peut s’agir d’une personne ou d’un
groupe de personnes ayant effectué la donation.
 Les bénéficiaires du Waqf : les donateurs du waqf désignent le ou les
bénéficiaires qui peuvent être un groupe d’individus ou même un bien faisant objet de
WAQF (Mosquée, hôpital, Bibliothèque, etc.)
Pour compléter le financement par al Waqf les institutions financières islamiques
peuvent également créer un modèle de financement fondé sur la source perpétuelle de fonds ce
qui a été fait par quelques IMFIs au Pakistan.
f. Zakat :
Le premier sens du mot arabe zakât est purification, En effet, la zakât est le troisième
pilier de l'Islam et est une manière, dans sa signification première, de se purifier au travers des
biens que l'on a acquis légalement. Le verset suivant l'indique clairement «...Qui donne ses
biens pour se purifie »Sourate 92, Verset 18,c c’est un terme utilisé en finance islamique qui
~ 13 ~
désigne l’obligation pour un musulman de donner chaque année un montant donné de sa
richesse personnelle par charité , elle est obligatoire pour les musulmans car elle a pour but de
les purifier physiquement et mentalement de leurs gains annuels excédentaires et supérieurs à
l’essentiel requis pour subvenir aux besoins d’une personne ou d’une famille.
La Zakat peut être perçue comme un instrument de la politique économique de l’Etat
islamique. En effet, elle assure les trois missions suivantes :
- Elle permet de combattre la pauvreté tout en renforçant la couche
moyenne ; elle réduit l’écart entre les différentes couches sociales puisqu’elle permet
le transfert de 2,5% de la richesse de la couche sociale aisée vers la couche sociale
lésée. En effet, à l’occasion de chaque distribution, l’écart entre les couches sociales
est réduit de 5%.
- Elle constitue une assurance ; car Si la zakat constitue une deuxième
chance pour les pauvres, elle peut être considérée comme une assurance pour les
riches.
- Elle permet la lutte contre la thésaurisation et encourage l’investissement ainsi
Que la consommation donc pour combattre la thésaurisation, l’Islam a imposé
la zakat en tant que taxe sur les capitaux immobilisés. (Cahier de l’islam, AHMED
TAHIRI JOUTTI
4. Modèles de la MFI : Les produits
Il existe deux principaux modèles de la MFI, Modèle sans but lucratif dont on trouve
des contrats à base de bienfaisances comme zakat Waqf et Qard al Hassan et le modèle à but
lucratif contient la Mourabaha et Ijara Muntahiya Bittamlik comme exemple d’instrument
utilisés.
~ 14 ~
Figure 34 : les instruments de financement qui sont utilisés par les institutions de la MFI
Ijara Muntahiya Bittamlik est plus approprié pour le régime micro finance en particulier
pour les micro-entrepreneurs qui ont besoin d'actifs ou d'équipements.
Ijara Muntahiya Bittamlik est un concept complexe d’Ijara où le transfert de propriété
aura lieu à la fin du contrat et pré-accord entre le bailleur et le locataire. Le titre de l'actif sera
transféré au locataire soit par donation, prix symbolique, le prix prédéterminé au début du
contrat ou par le transfert progressif de la propriété.
L’institution de micro finance va investir le dépôt en respectant les principes de l’Islam
sous forme de Mudarabah ou ils peuvent aussi être organisés sous la forme de Musharakah ou
de takaful
C’est une alternative au crédit conventionnel basé sur le taux d’intérêt. C’est un prêt
basé sur le commerce ou sur le leasing qui permet la propriété et/ou l’utilisation de biens et
4
Etablit par nous même
Modèle sans but lucratif
Qard al
Hasan
Waqf
Zakat
Modèle à but lucratif
Ijarah Muntahiya
Bittamlik
Murabaha
Instruments utilisés
~ 15 ~
actifs physiques utiles pour mener une activité productive en remettant le paiement à des
périodes futures.
La branche la plus connue du contrat d’assurance selon la loi islamique est « le Takaful
», qui veut dire en arabe « se garantir l’un l’autre », sa philosophie est très proche de celle des
coopératives, mises à part les restrictions de la charia sur l’investissement c’est l’objectif du
système Takaful n’est pas le profit mais l’entraide.
Figure 45
: schéma récapitulatif des produits de la micro finance islamique
5
Islamic Microfinance : Context, Culture, Promises, Challenges, Financial Services
For The Poor, August 2015
Système de micro finance islamique
Contrats d’intermédiation Contrats de transactions
Titres de
participati
on
Titres basé
sur des actifsDivers
mudaraba
Amana
Takaful
Wakala
Ju’ala
Qard
hassan
Musharaka
Titres garantis
Financement
de
détail/commer
ce
Bay
Mua’ajal
Bay
salam
Murabaha Istisnaâ
Ijara
~ 16 ~
Ce schéma englobe les produits du système de micro finance islamique, il s’agit
principalement de deux types de contrat, d’intermédiation et de transactions à savoir le produit
murabaha, Salam et bay mua’ajal qui font partie de l’activité de détail de la banque.
Istisna : Un contrat de paiement pour un actif fabriqué sur commande avec tous les
matériaux / intrants fournis par le fabricant. Une date de livraison ne doit pas être fixée à
l'avance, ni le paiement intégral nécessairement nécessité de précéder la fabrication. Cela tend
à être un contrat à plus long terme adapté à projets d'infrastructure, de développement
énergétique ou d'autres types de construction, les paiements peuvent être liés aux progrès de la
construction.
Bai Salam : Ce véhicule d'investissement permet le paiement anticipé des
marchandises. C'est particulièrement utile pour les intrants agricoles, pour éviter qu'une pénurie
de liquidités ne déraille production plus tard. Bai Salam est différencié entre bai muajjal et
murabaha parce que le les actifs achetés n'existent pas encore.
Bai muajjal : vente à crédit au moyen d'un contrat visant à établir des modalités de
paiement différé entre un acheteur et un vendeur. Le contrat fixe à la fois un prix fixe et une
date de paiement unique ou un paiement échelonné Rendez-vous. Les frais ne sont pas
divulgués séparément, mais sont inclus dans le prix indiqué aux clients. Même s’il y a un achat
d'un bien à un moment donné, si le bien n'est pas acheté et livré au client selon les termes
originaux du contrat, la transaction ne sera pas conforme à la charia. Le suivi et l'évaluation
sont nécessaires pour assurer la conformité à la Shari'a, mais sont souvent prohibitifs coûteux.
Ijarah : Un contrat de location par lequel un financier achète un actif productif pour le
compte d'un client, et puis le loue au client en échange de remboursements réguliers. Le
financier maintient sa responsabilité pour l'actif tout au long.
Mudarabah : a le potentiel d'être adapté comme système de microfinance islamique.
Mudarabah est où le fournisseur de capital ou institution de microfinance (mal Rabbul) et le
petit entrepreneur (moudarib) devenir un partenaire. Les bénéfices du projet sont partagés entre
le fournisseur de capital et l'entrepreneur, mais la perte financière sera entièrement prise en
charge par le fournisseur de capital. Cela est dû à l'hypothèse selon laquelle une moudarib
investit la Mudarabah le capital sur une base de confiance ; il n’est donc pas responsable des
pertes, sauf en cas de faute. Négligence et violation des termes de Mudarabah contrat, le
moudarib devient responsable du montant du capital.
Murabaha : Contrat de vente "mark-up" ou "cost-plus" dans lequel les frais / profits de
la banque sont ajoutés au prix d'achat d'un bien et le client paie par versements échelonnés en
un seul, non désagrégé prix. L'offre de murabaha de la banque et l'acceptation du client doivent
~ 17 ~
être deux contrats distincts signés par les deux parties, plutôt qu'un accord général, le contrat
d'offre étant signé avant l'achat du bien. Ce document doit également inclure une description
détaillée du bien, et toutes les factures datées doivent être fournies.
Musharakah : Musharakah peut également être développé comme un système de micro
finance islamique où la banque conclura un partenariat avec des micro-entrepreneurs. S'il y a
du profit, il sera partagé par rapport au ratio convenu au préalable, et en cas de perte, il sera
alors partagé en fonction du rapport de l'apport en capital. La technique la plus appropriée de
Musharakah pour la microfinance pourrait être le concept de partenariat entraînant la
diminution ou Musharakah mutanaqisah.
Qard Hassan : Un prêt sans intérêt, souvent décaissé à des fins de bien-être ou de
bienfaisance, mentionné spécifiquement dans le Coran. L'utilisation appropriée du qard hassan
dépend de l’institution : certains le limitent à l'éducation et aux soins de santé ; Akhuwat dans
Le Pakistan fournit du qard hassan pour divers besoins, notamment les mariages, les situations
d'urgence, la construction et l'achat de logements, et pour rembourser les prêts existants. L'IBBL
au Bangladesh le limite à la collectivité plutôt que des avantages individuels : les collectifs de
microfinance de groupe peuvent utiliser qard hassan pour construire une latrine communautaire
ou un puits tubulaire pour l'accès aux eaux souterraines. Les institutions sont divisées en
fournissant le financement des mariages (souvent une dépense familiale importante), en
particulier pour les orphelins, en raison de divergences de vues sur les dépenses de mariage
appropriées. Les boursiers sont divisés quant à savoir si Qard Hassan peut inclure des frais liés
strictement au coût de son décaissement (à l'exclusion des frais généraux), ou si elle doit rester
sans frais.
Takaful : takaful englobe plusieurs formes d'assurance islamique, se référant largement
à un groupe de participants qui acceptent de se soutenir mutuellement pour des pertes résultant
de risques spécifiés, motivé par le principe de ta`awun, ou d'assistance mutuelle. Un "opérateur
takaful" (l'entreprise ou institution) organise ce groupe. Un participant contribue une somme
d'argent (semblable à une prime) dans un fonds commun en tant qu'assurance contre une perte
ou un dommage spécifié. La souscription de Takaful est ainsi entreprise sur une base mutuelle.
L'argent de la réserve commune détenue en réserve est investi (selon à la charia) ; les profits et
les pertes sont répartis entre les participants et l'opérateur takaful selon le type de modèle takaful
La Mourabaha a été trouvé plus pratique et l’opération la plus approprié pour la micro
finance islamique à fournir par les banques islamiques. Puisqu’il est le modèle le plus facile à
administrer et à surveiller.
~ 18 ~
Bai Salam est différencié entre bai muajjal et murabaha parce que le les actifs achetés
n'existent pas encore.
Musharakah La technique la plus appropriée de Musharakah pour la microfinance
pourrait être le concept de partenariat entraînant la diminution ou Musharakah mutanaqisah.
Peut également être développé comme un système de micro finance islamique où la
banque conclura un partenariat avec des micro-entrepreneurs. S'il y a du profit, il sera partagé
par rapport au ratio convenu au préalable, et en cas de perte, il sera alors partagé en fonction du
rapport de l'apport en capital.
Figure 5 6
: Institutions offrant des produits de microfinance islamique à travers le monde
Il reste l'offre globale de produits de microfinance islamique faible par rapport au secteur
de la microfinance classique.
Il n'y a que 300 fournisseurs de produits et services de micro finance compatibles à la
sharia dans le monde entier. Environ 64% de ces fournisseurs sont concentrés en Asie de l'est
et du pacifique et 28% sont concentrés au Moyen-Orient et Afrique du nord. Sauf que 1% de
ces frs sont concentrés en Europe et Asie centrale.
6
Ines Ben Abdelkader, Asma Ben Salem, ‘Islamic vs Conventionel Microfinance Institutions : Performance
analysis in MENA countries’
64%
28%
5% 2% 1%
East Asia and Pacific Middle East and North Africa South Asia
Sub-Saharan Africa Europe and Central Asia
~ 19 ~
5. Défis de la croissance de la Micro finance Islamique
Quoique plusieurs acteurs marocains (économistes, politiciens, banquiers,
entrepreneurs, chercheurs, citoyens …) s’intéressent aujourd’hui à la finance dite participative,
la mise en place d’un paradigme micro-financier conforme à la loi musulmane est conditionnée
par le dépassement de plusieurs contraintes qui freinent la création d’une vraie micro-finance
islamique dans notre pays :7
 L’une des contraintes majeures est celle relative au manque d’un cadre réglementaire
complet et approprié à la micro-finance islamique ou participative (nomination juridique de
cette catégorie d’activité bancaire) qui facilitera l’intégration de cette nouvelle finance dans le
secteur bancaire marocain.
 La deuxième contrainte est relative à la levée des fonds nécessaires pour le bon
fonctionnement des IMFIs surtout en rappelant que le cadre juridique actuel ne permet pas aux
associations marocaines de micro-crédit de collecter l’épargne auprès des agents économiques
et par conséquent l’intégration de Sadakah, Zakat et Waqf dans notre nouveau paradigme
financier (la micro-finance islamique) serait fortement appréciée.
 La troisième contrainte concerne le volet des ressources humaines et compétences
nécessaires à ce nouveau mode de financement (dit alternatif), qui doivent combiner en même
temps des connaissances théoriques et pratiques dans le domaine financier et une maîtrise
parfaite des règles et normes du droit musulman. Chose qui met en évidence l’obligation de
l’adoption et la mise en place des programmes de formations permettant de former des
personnes qualifiées et habilitées à faire avancer ce nouveau mode de financement en respectant
ses exigences religieuses et financières.
 Une fois ces trois premières contraintes surmontées, il faut passer au volet commercial
qui nécessite l’adoption d’une stratégie marketing incitative permettant de promouvoir les
produits de la micro-finance islamique (produits dits participatifs), et leur rôle dans la
redynamisation économique et sociale de notre pays.
 Et finalement, le Maroc doit réduire sa dépendance vis-à-vis des expériences
empruntées des autres pays (généralement les pays européens), et créer un modèle micro-
financier répondant aux spécificités culturelles et économiques de notre pays.
7
Khalid BRGCHOU, Mama HAMIMIDA, La micro-finance islamique : Quel modèle de
financement pour développement des TPE marocaines ?
~ 20 ~
CHAPITRE II : La micro finance islamique un levier de développement
durable
1. cadre conceptuel du développement durable :
Le concept de développement durable est né progressivement à la fin des années
1960, avec l’apparition de problèmes environnementaux dépassant les frontières, tels que
les pluies acides et la pollution des eaux. La définition proposée en 1987 par la commission
mondiale sur l’environnement et le développement dans le Rapport Brundtland et la plus
utilisée aujourd’hui est la suivante : le développement durable est « un développement qui
répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des
générations futures à répondre aux leurs».
a. Définition du développement durable :
Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins
des générations présentes, à commencer par les plus démunis, sans compromettre la capacité
des générations futures à répondre aux leurs8.
Le développement durable prend en compte trois dimensions indissociables, que sont
l’économie, le social et l’environnement. Sur ces trois dimensions vient se greffer la dimension
démocratique ou gouvernance.
Cela signifie que le développement économique doit être mis au service des besoins humains,
pour favoriser la création de richesses pour tous à travers des modes de production et de
consommation durables.
La dimension suivante vise la satisfaction des besoins humains et l’équité sociale. Elle peut
être atteinte en donnant aux plus démunis l’accès aux biens et aux services répondant à leurs besoins
mais également en réduisant les inégalités et en luttant contre l’exclusion et la pauvreté.
Le troisième point concerne la préservation et la valorisation de l’environnement,
notamment par l’utilisation raisonnée des ressources naturelles et par la prévention des impacts
environnementaux.
La démarche doit ainsi couvrir les trois dimensions du développement durable et préciser leur
caractère indissociable. Elle permet de sensibiliser les parties prenantes à l’importance de considérer
tous les effets d’une mesure ou d’une action, ce qui implique souvent la nécessité d’effectuer des
8
Rapport Brundtland- nations –unies -1987
~ 21 ~
arbitrages entre les impacts environnementaux, sociaux et économiques, à court et à long terme, des
choix faits par l’organisme municipal ou régional. Par exemple :
- un projet de nature environnementale comme la préservation d’un milieu
humide doit également prendre en compte les effets économiques et sociaux en plus de
ses effets environnementaux ;
- un projet de nature économique comme l’implantation d’une nouvelle industrie
doit considérer les effets sociaux et environnementaux ;
- un projet de nature sociale comme la création d’une banque alimentaire doit
considérer les effets environnementaux et économiques
Figure 59
: schéma récapitulatif des trois dimensions indissociables du développement
durable
b. Les objectifs du développement durable :
9
https : //fr.wikipedia.org/wiki/Developpement_durable,Consulté, le 01/07/2018
~ 22 ~
Après la Conférence internationale de Rio en juin 2012 et en vue de l’échéance des Objectifs
du millénaire pour le développement en 2016, plusieurs processus onusiens sont en cours pour
élaborer de nouveaux "objectifs de développement durable".
2016 est aussi une étape cruciale pour le climat avec la 22ème conférence des parties à la
Convention sur les changements climatiques à Marrakech.10
Parmi ses objectifs :
 Éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde
Réduire de moitié au moins la proportion d’hommes, de femmes et d’enfants de tout âge
qui vivent dans la pauvreté sous tous ses aspects, telle que définie par chaque pays et quelles
qu’en soient les formes
D’ici à 2030, faire en sorte que tous les hommes et les femmes, en particulier les
pauvres et les personnes vulnérables, aient les mêmes droits aux ressources économiques et
qu’ils aient accès aux services de base, à la propriété et au contrôle des terres et à d’autres
formes de propriété, à l’héritage et aux ressources naturelles et à des nouvelles technologies et
des services financiers adéquats, y compris la micro finance.
 Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles :
Mettre fin, dans le monde entier, à toutes les formes de discrimination à l’égard des
femmes et des filles.
Garantir la participation entière et effective des femmes et leur accès en toute égalité
aux fonctions de direction à tous les niveaux de décision, dans la vie politique, économique et
publique.
 Promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein
emploi productif et un travail décent pour tous :
Maintenir un taux de croissance économique par habitant adapté au contexte national
et, en particulier, un taux de croissance annuelle du produit intérieur brut d’au moins 7 % dans
les pays les moins avancés
Parvenir à un niveau élevé de productivité économique par la diversification, la
modernisation technologique et l’innovation, notamment en mettant l’accent sur les secteurs à
forte valeur ajoutée et à forte intensité de main-d’œuvre
Bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation durable qui
profite à tous et encourager l’innovation :
10
Le Rapport du Groupe de travail ouvert de l’Assemblée générale sur les objectifs de
développement durable
~ 23 ~
Promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et, d’ici à 2030, augmenter
nettement la contribution de l’industrie à l’emploi et au produit intérieur brut, en fonction du
contexte national, et la multiplier par deux dans les pays les moins avancés
Accroître, en particulier dans les pays en. Développement, l’accès des entreprises,
notamment des petites entreprises industrielles, aux services financiers, y compris aux prêts
consentis à des conditions abordables, et leur intégration dans les chaînes de valeur et sur les
marchés.
 Réduire les inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre :
D’ici à 2030, faire en sorte, au moyen d’améliorations progressives, que les revenus
des 40 % les plus pauvres de la population augmentent plus rapidement que le revenu moyen
national, et ce de manière durable.
Adopter des politiques, notamment sur les plans budgétaire, salarial et dans le domaine
de la protection sociale, et parvenir progressivement à une plus grande égalité.
 Promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et ouvertes aux fins
du développement durable, assurer l’accès de tous à la justice et mettre en place,
à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes :
Réduire nettement la corruption et la pratique des pots-de-vin sous toutes leurs formes.
Mettre en place des institutions efficaces, responsables et transparentes à tous les
niveaux.
 Renforcer les moyens de mettre en œuvre le partenariat mondial
pour le développement durable et le revitaliser :
Aider les pays en développement à rendre leur dette viable à long terme au moyen de
politiques concertées visant à favoriser le financement de la dette, son allégement ou sa
restructuration, selon le cas, et réduire le surendettement en réglant le problème de la dette
extérieure des pays pauvres très endettés.
Adopter et mettre en œuvre des systèmes de promotion de l’investissement en faveur
des pays les moins avancés.
c. Les indicateurs du développement durable :
Le concept d’indicateur a d’abord été utilisé dans un contexte purement scientifique, la
recherche en sociologie. Il y désignait la traduction de concepts théoriques (abstraits) en
variables observables, traduction indispensable pour soumettre les hypothèses scientifiques
~ 24 ~
impliquant de tels concepts à la vérification empirique. Un indicateur est donc une variable
observable utilisée pour rendre compte d’une réalité non observable. Quant au terme d’indice,
il désigne un indicateur synthétique construit en agrégeant d’autres indicateurs dits de base.
La plupart des indicateurs utilisés dans le cadre des politiques publiques sont en réalité
des indices : c’est le cas du PIB, de l’indice des prix à la consommation, des indices boursiers
comme le Dow-Jones et de l’indice de développement humain (IDH) du Programme des
Nations unies pour le développement (PNUD).
 L’Indicateur de Développement Humain (IDH) :
Le PNUD publie depuis 1990 un "Rapport annuel sur le développement humain dans le
monde". On y trouve notamment, à côté de bien d’autres constats d’un grand intérêt, l’IDH dont
la diffusion mondiale a constitué un succès spectaculaire, au-delà des pays en développement
auxquels il était principalement destiné.
Cet indicateur est tout simplement la moyenne de trois indicateurs prenant des valeurs
comprises entre 0 et 1 et reflétant respectivement les dimensions niveau de vie, éducation et
santé.
Il s’avère difficile à calculer à une échelle infrarégionale en raison notamment de
l’indisponibilité de certaines données comme le PIB ou le taux d’alphabétisation. Certaines
variables composant l’IDH perdent même une grande partie de leur signification à une échelle
communale.
L’IDH, tel qu’il a été calculé par le PNUD, ne permet donc pas une analyse très fine des
disparités de répartition du développement humain, il reprend les trois grandes dimensions de
l’IDH définies par le PNUD : la santé, l’éducation et le niveau de vie, à savoir la capacité à
bénéficier d’une vie longue et saine, la capacité d’accès à l’éducation et aux connaissances et
enfin la possibilité d’accéder aux ressources matérielles indispensables pour atteindre un niveau
de vie décent.
La différence entre l’IDH et sa version traditionnelle repose sur le choix des variables
permettant de refléter ces dimensions. Ces nouvelles variables impliquent de nouveaux modes
de calcul des sous indices (bornes minimales et maximales). Trois variables composent l’IDH :
- la capacité à bénéficier d’une vie longue et saine : l’espérance de vie à la naissance
(Hommes - Femmes) ;
- la capacité d’accès à l’éducation et aux connaissances : pourcentage de la population
adulte diplômée,
~ 25 ~
Cette variable présente deux avantages : d’une part, elle traduit par certains aspects la
réussite du système d’éducation et d’autre part, les données peuvent être extraites directement
à partir du recensement de la population, jusqu’au niveau communal.
- la capacité d’accès aux ressources matérielles indispensables pour atteindre un niveau
de vie décent : le revenu fiscal médian par unité de consommation traduit en dollars US et en
parité de pouvoir d’achat
Dons disons que c’est un instrument de mesure qui ambitionne de déterminer l'état réel
des pays de façon plus fine que le PIB ou le PIB en parité de pouvoir d'achat. Mis au point par
le PNUD et popularisé par des auteurs proches de cette institution, comme Amartya Sen, l'indice
de développement humain a une dimension à la fois économique et sociale. Il prend en compte
plusieurs critères pour déterminer le niveau de vie dans un pays donné.
 L’indice de pauvreté humain :
Le PNUD a aussi publié annuellement d'autres indicateurs synthétiques, comme
l'IPH, Indicateur de Pauvreté Humaine, c’est un indice composite, dont le but est de
mesurer le niveau de pauvreté au sein d'un pays, Il existe deux indicateurs, selon qu'il
s'agit d'un pays en développement ou d'un pays développé.
2. La micro finance islamique un levier de développement durable :
Au cours des trois dernières décennies, un intérêt amplifié a été porté à la micro finance
islamique et à son rôle dans le développement économique des pays en développement et dans
la réduction de la pauvreté dans les pays.
a. La micro finance islamique un outil de réduction de la pauvreté :
Il ressort que les problèmes de croissance économique, de développement, de lutte
contre la pauvreté, de créations d'emplois, représentent des enjeux majeurs pour nos pays.
La micro finance islamique a émergé comme un instrument important pour aider un
grand nombre de pauvres de la société, comme un outil pour aider à réduire la pauvreté et à
encourager la croissance économique dans les zones négligées du monde.
Cependant, le temps a prouvé que la micro finance classique n'est pas complètement
atteint les plus pauvres. Lors de la dernière recherche sur le secteur de la micro finance, il est
évalué que le système de la finance islamique fournit les meilleures solutions pour la lutte contre
~ 26 ~
la pauvreté et la durabilité sociale, il n'est pas seulement de fournir l'occasion d'utiliser un
système durable, mais offre également bon retour sur l’investissement et de la performance
idéale de comparer le système de micro finance classique, c’est un sous-ensemble de système
économique et financier islamique.
La demande pour les produits sharia et services financiers est en augmentation avec le
progrès rapide du secteur de la finance islamique.
Il est largement admis que la micro finance est l'outil le plus efficace pour la réduction
de la pauvreté et améliorer les conditions de vie des pauvres par le biais de l'économie réelle
des activités de la société.
Donc, il est un besoin immédiat de développer des substitutions des produits financiers
pour les institutions de la micro finance qui a un but de fournir un soutien parallèle aux plus
pauvres. Elle met l'accent sur les facteurs éthiques, moraux et sociaux pour promouvoir l'égalité
et l'équité pour le bien de la société.
On estime que 3 milliards de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté dans le
monde entier parmi eux environ 44% des clients de micro finance classiques résident dans les
pays musulmans.
Près de la moitié des 56 pays membres de la BID en Asie et en Afrique sont considérés
comme pays les moins avancés (PMA), il Ya donc un besoin immédiat de commencer la micro
finance islamique dans les pays à majorité musulmane pour l'inclusion financière. À l'heure
actuelle, ils sont environ 250 Institutions de micro finance islamique, travaillant dans le monde
dans 32 pays.
Les IMF islamiques se sont révélé des antécédents car elles traitent avec des solutions
durables, disons qu’il le faut alors cerner les mesures de réduction de la pauvreté et de procéder
à une analyse de l'articulation entre le développement des structures de micro finance et la
réduction de la pauvreté. Surtout que la micro finance est de plus en plus reconnue comme étant
un des meilleurs moyens de lutte contre la pauvreté.
En effet. Il est observé qu'à l'heure actuelle que dans certains pays islamiques (Soudan,
Tunisie, Egypte), en sus du financement d'infrastructures sociales les transferts de fonds des
émigrés à travers les institutions de micro finance islamique, s'orientent de plus en plus vers le
financement de l'habitat social, l'hydraulique rurale et pastorale (forages de puits), l'éclairage à
l'énergie solaire, les créations de microprojets ou de micro entreprises dans l'agriculture,
~ 27 ~
l'élevage, la pêche, le transport, d'ateliers de mécanique auto, la vente de pièces détachées
d'automobiles, l'artisanat, la restauration, les salons de couture et de coiffure, les télé centres et
cyber cafés, le petit commerce, et même actuellement le commerce import-export, ainsi que le
financement des frais d'études d'élèves et d'étudiants.
b. La micro finance islamique un moyen de réduction du chômage,
l’exclusion bancaire :
A part la notion de la pauvreté qui se répète toujours. On ne doit pas négliger le rôle la
micro finance islamique dans la réduction du chômage. Car elle encourage et participe à la
création des entreprises(PME), aussi fait faire attention qu’elle est un moyen contre la finance
informelle. Elle encourage la bancarisation et réduit le taux de l’exclusion bancaire et enfin. Il
est important de souligner que le volume actuel des transactions au niveau de l'industrie des
services financiers islamiques est estimé à 2000 milliards de dollars US et dépasseront à 4000
milliards de dollars en 2020 d'après les experts.11
La microfinance islamique vise à compenser les limites de l’approche conventionnelle.
Vu qu’elles ne se basent pas sur les dettes, les institutions islamiques sont plus capables
d’améliorer le niveau de vie des pauvres en comparaison avec leurs homologues
conventionnels. Ainsi, la finance islamique donne la priorité aux plus pauvres des pauvres, alors
que les institutions traditionnelles cherchent plutôt à maximiser le profit et délaisse cette partie
de la société. Dans cette logique, le financement islamique des besoins des démunis permet à
ces derniers d’améliorer leurs revenus, d’accumuler de l’épargne, de développer des actifs et
de se protéger contre les risques.
Pour mieux nous placer dans le contexte marocain, l’ensemble du système financier est
intégré dans une seule loi. Ceci permet d’assurer un traitement équitable et prudentiel.
Le modèle marocain s’illustre par ailleurs par sa cohérence et aussi par le fait de disposer
d’un seul Charia Board, placé sous le contrôle du Conseil supérieur des oulémas. Ce comité de
conformité a pour mission de délivrer des avis au sujet des produits et des services issus de la
finance participative dont Takaful (assurance participative), Sukouk (certificat d’investissement
islamique) et dépôts bancaires participatifs. Depuis sa constitution en Ramadan 2015, le Charia
11
https://www.coveris-assurance.com/la-finance-islamique-en-quelques-chiffres,Consulté le
01/07/2018
~ 28 ~
Board a validé en concertation avec Bank Al-Maghreb trois circulaires relatives aux produits
de financements Mourabaha, Ijara, Musharakah, Moudaraba et Salam.
Ces résultats forts remarquables, sont le fruit d'efforts collectifs de banquiers,
d'économistes, d'éminents chercheurs musulmans durant plusieurs décennies, pour apporter des
réponses financières et islamiques aux préoccupations économiques des musulmans. Ce faisant,
la finance islamique constitue une récente industrie en pleine expansion à travers le monde.
Chapitre III : Etude de cas : cas de zitouna Tamkeen
1. Présentation de zitouna Tamkeen
Zitouna Tamkeen est une institution de microfinance islamique agréée par le ministère
des finances tunisien depuis mai 2016 et compte ouvrir 20 agences réparties sur le territoire
tunisien d’ici 2021.
Elle a choisi ses actionnaires parmi les acteurs les plus influents du milieu économique
et financier et qui accordent un grand intérêt à l’économie sociale et solidaire.
Elle considère les jeunes micro-entrepreneurs comme des partenaires d’affaires et non
pas comme de simples demandeurs de financement.
Le modèle économique adopté par zitouna Tamkeen, promeut la rentabilité et la
pérennité des microprojets pour les bénéficiaires.
a. Vision de zitouna Tamkeen
Devenir un acteur incontournable de la microfinance islamique au niveau national et
réputé à l’échelle internationale.
b. Mission de zitouna Tamkeen
Participation à l’inclusion financière et économique de la population défavorisée en
adoptant une approche de capacitation économique à travers les outils de la finance islamique.
c. Objectifs de zitouna Tamkeen
‾ Développement durable et le développement de la microfinance islamique.
‾ Couverture progressive des régions des agences fixes et mobiles.
‾ Interventions dans les secteurs d’activité porteurs et du renforcement des capacités des
micro-entrepreneurs.
d. Chiffres clés
13 agences fixes.
2 agences mobiles.
~ 29 ~
20 nouvelles agences d’ici la fin de l’année 2021.
65’000 bénéficiaires des services de l’institution
2. Produits commercialisés par l’institution
La Zitouna Tamkeen propose 4 produits de microfinance islamique :
a. Montage de Projets de Capacitation Economique
Zitouna Tamkeen adopte l’approche de la Capacitation Economique, une approche
innovante pour atteindre des objectifs d’impact socio-économique.
Il s’agit d’étudier les Chaines de Valeur à haut potentiel en termes de création d’emploi
et de calibrer les points d’interventions afin d’atteindre le plus grand nombre de bénéficiaires
via le financement des projets de capacitation économique.
Zitouna Tamkeen jouera le rôle de liaison entre l’amont (Production) et l’aval
(Commercialisation) dans une Chaine de Valeur.
Le financement des projets de capacitation économique renforcera les différents
maillons des filières et favorisera la synergie entre les différents acteurs des chaines de valeur
La capacitation économique des populations défavorisées et l’auto-emploi n’est possible
que par le levée de 6 barrières :
 Découvrir et définir les opportunités d’investissements disponibles.
 L’accès à des partenaires solides pour soutenir les projets afin d’avoir des
partenariats pérennes.
Opportunités
d’investissement
Partenariats
intelligente
Infrastructure et
investissement de
soutien
L’accès aux marchés
Confiance dans les
compétences
personnelles
Financement approprié
~ 30 ~
 L’accès à une infrastructure bien choisi de support adéquate à l’activité.
 Entamer des marchés via des partenariats d’affaires à travers l’institution.
 La valorisation des acquis et compétences des micro-entrepreneurs et la mise en
valeur et en œuvre.
 La proposition d’un financement approprié qui adéquat à l’activité des micro-
entrepreneurs.
b. Micro-Assurance
Elle commercialise des services de micro assurances au nom de ses bénéficiaires à
travers les compagnies d’assurance Takaful existantes sur le marché.
c. Micro-Financement : la Mourabaha et Qard Al-Hassen
Mourabaha est une vente avec marge. C’est un contrat par lequel la banque acquiert un
bien en vue de le revendre à son client moyennant une marge bénéficiaire, cette marge
correspond au service rendu par la banque et au risque pris par cette dernière. C’est un type de
financement à court terme qui peut aller de six mois à une année.
Figure 612. Contrat Mourabaha
Trois parties interviennent dans un contrat Mourabaha : un client, un vendeur et
l’institution de micro-finance islamique. Dans ce contrat, le client prend contact avec le vendeur
pour définir les caractéristiques du bien à acquérir, ces informations sont transmises à
l’institution de micro-finance islamique.
12
Conseil déontologique des valeurs mobilières (2011), Finance islamique, p.13.
Vendeur Institution MFI Client
Vente de biens à la banque Vente de biens au client
Paiement du prix d’achat (x) Paiement du prix d’achat majoré d’une marge (x+y)
~ 31 ~
Le client passe avec l’institution un contrat de promesse d’achat du bien qu’elle promet
elle-même de céder à ce dernier. L’institution passe avec le fournisseur un contrat de vente du
bien en question qu’elle se fait livré, le bien est alors transféré au client par le contrat
Mourabaha.
Le montant à payer par le client et les modalités de paiement sont spécifiées dès le
départ entre l’institution et son client.
Le caractère licite de cette technique est lié au fait qu’il s’agit de la vente d’un bien
matériel et non de l’échange d’argent contre de l’argent. Par ailleurs, pour éviter que l’opération
ne soit confondue avec une vente à intérêt il faut que l’institution conserve la propriété de l’actif
et assume le risque sous-jacent, jusqu’à ce que l’actif soit livré au client.
d. Formation et Accompagnement
Il s’agit d’une part des formations techniques portant sur le métier spécifique du
microprojet, et d’autre part de formations managériales (en particulier les formations en soft-
skills, technique de ventes, marketing, etc.) Relatives à la gestion financière et commerciale du
microprojet. Ainsi, que l’accompagnement des bénéficiaires de financement permet de les faire
profiter de l’expertise des agents d’affaires de l’institution en termes de conseil permettant de
détecter les difficultés rencontrées par les clients, ce qui facilite la planification des formations
adaptées.
Le renforcement des capacités est un pilier fondamental nécessaire à la réussite des
microprojets via l’accès à une formation adaptée aux compétences requises au succès du
microprojet.
3. Défis de la micro finance en Tunisie
Il est à noter par ailleurs qu’aucune institution de MFI existe en Tunisie jusqu’à date.
Toutefois, la Banque Islamique de Développement (BID) en 2015 accordé à la Tunisie un
montant de 50 millions de dollars sous forme de Moudaraba dans le cadre d’un programme de
microfnancement islamique pour la promotion de l’entreprenariat chez les jeunes, et qui sera
exécuté probablement par la BTS.
Par ailleurs la BID a accordé un don de 320 mille dollars au profit de la même BTS
pour le renforcement de ses capacités d’intervention afin de pouvoir mieux gérer le montant
accordé. La réussite de cette première expérience va certainement infuser la MFI en Tunisie.
~ 32 ~
Le pays compte aujourd’hui selon certaines estimations entre 700 mille et 1 million de
clients potentiels des services de MF alors qu'ils ne sont qu'un peu plus de 300 mille à pouvoir
en bénéficier actuellement, c'est à dire entre 400 mille à 600 de plus qu’actuellement13
. Sur la
base d’un tel objectif, la MF apparait comme un outil puissant pour éradiquer le chômage et par
conséquent la pauvreté en Tunisie.
Cependant, la motivation pour le sujet ne doit surtout pas dissimuler les risques qu’il y
aurait à trop vouloir libéraliser. Il serait absurde de considérer la MF comme le remède absolu
contre le chômage et la pauvreté en la laissant se développer de manière trop large et trop
sauvage.
En effet, certaines expériences notamment en Asie centrale, en Amérique Latine et
même au Maroc montrent combien le développement d’une MF ultralibérale, trop dérégulée ou
mercantile aboutit à des résultats catastrophiques et diamétralement opposées à l’essence même
ce bel outil de développement. Il faut alors veiller à ce que le marché de MF ne soit ni trop
concentré, ni trop saturé pour éviter d’aboutir à des problématiques complexes de
surendettement et une concurrence contreproductive entre les IMF.
Le potentiel de bénéficiaires supplémentaires oscille entre 400 et 600 mille.
Pratiquement, cela signifie qu’il n’y a de place que pour deux ou trois nouveaux acteurs sérieux,
assez puissants et surtout innovatrices.
La réglementation nationale est la problématique la plus sérieuse empêchant l’expansion
de la MFI en Tunisie.
En effet, la loi actuelle non seulement ignore les spécificités des IMF islamiques mais
aussi considérée inappropriée pour les IMF conventionnelles. Les limites majeures de cette loi
peuvent être.
Gross à modo, le cadre juridique incomplet et l’insuffisance de l’expertise au niveau de
la supervision et de la conception de l’industrie de la micro finance islamique reste la
problématique majeur devant un développement fort, cette dernière semble une opportunité très
importante en Tunisie. 14
Elle constitue un modèle complémentaire à celui du modèle conventionnel ce qui peut
développer le système financier et l’amélioration des conditions sociales en Tunisie
13
Ghalleb Nabil, La Micro finance islamique : une chance pour la nouvelle Tunisie
14
JDIDI Riadh, La micro finance islamique : peut-elle avoir une place dans le paysage
financier tunisien
~ 33 ~
Conclusion
De tout ce qui précède, on résulte que le développement et la micro finance islamique
ont beaucoup de point communs. Tous les deux vise le bien-être des populations surtout que la
micro finance islamique a pour objectifs aussi la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, la
promotion de l’entreprenariat et le plein emploi. Elle favorise le développement en donnant
accès à des services financiers à des populations en difficulté , donc peut-on dire que c’est un
moyen de développement économique permettant aux personnes à faibles revenus exclues du
système bancaire formel, d'améliorer leur mode de vie, d'augmenter leurs revenus, en leur
offrant un ensemble de services financiers.
Bien que certaines études indiquent que la micro finance islamique peut jouer un rôle
dans la lutte Contre la pauvreté et peut être considérée comme la solution au sous-
développement, il est également important, de souligner que la micro finance islamique peut
être un filet de sûreté pour les plus démunis, mais ce n'est pas toujours la méthode appropriée,
elle ne devrait jamais être considérée comme un levier de développement durable par
l'accroissement des revenus et La diminution des inégalités. , c’est vrai elle contribue à la
réduction de la pauvreté mais elle ne permet pas de créer de vraies richesses.
Donc La micro finance doit s’accompagner d’un environnement adéquat pour un bon
fonctionnement des choses et par là on peut dire que la micro finance islamique est un moyen
de développement mais non pas durable.
~ 34 ~
Bibliographie
 Islamic(Micro)Finance : Culture,Promise,Challenges pdf 2015
 Islamic MicroFinance: An Emerging Market Niche pdf,August 2010
 Islamic vs Conventional Microfinance institutions: Performance analysis in Mena
countries,Ines Ben Abdelkader and Asma Ben Salem , University of sousse,Tunisia
 La Microfinance islamique, janvier 2014, Luqyan Tamanni,University of Glasgow
 Microfinance IslamiqueFaire des Affaires avec les populations défavorisées,
Mohamadou GAMDJI,Banque Islamique de Développement,nov. 2017
 La micro-finance islamique : Quel modèle de financement pour les TPE marocaines ?
pdf,Khalid BRGCHOU,Pr.Mama HAMIMIDA,fev.2018
 Ghalleb Nabil, La Micro finance islamique : une chance pour la nouvelle Tunisie
 JDIDI Riadh, La micro finance islamique : peut-elle avoir une place dans le paysage
financier tunisien
 https://www.coveris-assurance.com/la-finance-islamique-en-quelques-
chiffres,Consulté le 01/07/2018
 https : //fr.wikipedia.org/wiki/Developpement_durable,Consulté, le 01/07/2018
 Le Rapport du Groupe de travail ouvert de l’Assemblée générale sur les objectifs de
développement durable
 Rapport Brundtland- nations –unies -1987
 Ines Ben Abdelkader, Asma Ben Salem, ‘Islamic vs Conventionel Microfinance
Institutions : Performance analysis in MENA countries’
 Islamic Microfinance : Context, Culture, Promises, Challenges, Financial Services For
The Poor, August 2015
 ABDUL RAHMAN, ‘Islamic Microfinance: A Missing Component in Islamic
Banking’, Kyoto Bulletin of Islamic Area Studies, 1-2(2007), pp. 38-53
 Frasca A. (2008), A FURTHER NICHE MARKET: Islamic Microfinance in the Middle
East and North Africa, Center for Middle Eastern Studies & McCombs School of
Business, University of Texas at Austin

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La microfinance islamique

  • 1. Demandé par: Dr. Chakir Ahmed Elaboré par : • Hanane Baousous • Taqy-eddine Remli Année universitaire 2017/2018 Dossier de recherche sous le thème
  • 2. ~ 1 ~ Plan Introduction……………………………………………………….…2 Chapitre I : Cadre conceptuel de la micro finance islamique……………….….3 1. La MFI : Fondement, Principe et composants………………………………………….3 a. Fondement de la micro finance islamique………………………………4 b. Principe de la micro finance islamique…………………………………5 c. Composants de la micro finance islamique………………………..……5 2. Les caractéristiques de la MFI …………..…………………………………………..….8 3. Levier de la MFI…………………………………….…………………………...…....10 a. Fonds d’investissement………………………………………………..10 b. Waqf……………………………………………………………….......12 c. Zakat…………………………………………………...………………12 4. Modèles de la MFI : Les produits…………….………………………………………..13 5. Défis de la Croissance de la MFI……………………………………………………....19 Chapitre II : La micro finance islamique un levier de développement durable...20 1. cadre conceptuel du développement durable……………………………………………20 a. Définition du développement durable…………………………………20 b. Les objectifs du développement durable………………………………21 c. Les indicateurs du développement durable……………………………23 2. La micro finance islamique un levier de développement durable……………………….25 a. La micro finance islamique un outil de réduction de la pauvreté……..25 b. La micro finance islamique un moyen de réduction du chômage, l’exclusion bancaire………………………………………………………………27 Chapitre III : Etude pratique de l’institution zitouna Tamkeen……………….28 1. Presentation de l’institution zitouna Tamkeen………..……………………………….28 a. Vision de zitouna Tamkeen……………………………………………28 b. Mission de zitouna Tamkeen……………………………………….....28 c. Objectifs de zitouna Tamkeen………………………………………....28 d. Chiffre clés………………………………………………………....….28 2. Produits commercialisés par l’institution……………..…….……………………………..29 a. Montage de projets de capacitation économique……………….....…..29 b. Micro assurance……………………….....……………………………30 c. Micro financement : la Mourabaha et Qard al Hassan………………..30 d. Formation et accompagnement……………….....…………………….31 3. Défis de la micro finance islamique en Tunisie……...……………………………………31 Conclusion……………………………………………………………………..33 Bibliographie…………………………………………………………………..34
  • 3. ~ 2 ~ Introduction Dans une spécifique économie de développement, le système financier formel ne soutient pas plus de vingt à trente pour cent de la population. La grande majorité des exclues sont des personnes à revenus modestes. Sans l'accès aux services financiers, ces familles pourront difficilement tirer profit des opportunités économiques, gagner des revenus, financer l'éducation de leurs enfants, et se protéger contre les chocs financiers. L'exclusion financière les lie ainsi à un indigne cercle de la pauvreté. La Microfinance et le financement islamique ont beaucoup de points en commun. L'Islam s’appuie sur les facteurs éthiques, moraux, sociaux, et religieux pour défendre l'égalité et l'équité pour le bien de toute la société. Les principes incitant à la répartition des risques, les droits et devoirs de chacun, les droits de propriété, et l’inviolabilité des contrats sont tous inclus dans le code islamique qui est le principe fondamental du système financier. La mise en place de services financiers pour les personnes à revenus modestes, permet d'élever le revenu familial et la sécurité économique, de réunir des fonds et de réduire la vulnérabilité ; de créer une demande pour d'autres articles et services (notamment la nourriture, l’éducation, et la santé) ; et de stimuler les économies locales. La microfinance islamique est considérée comme étant un levier de réduction de la pauvreté. La nécessité de discuter un tel sujet s'est fait sentir à la suite du constat du nombre élevé de pauvres dans les pays musulmans. Donc pour élaborer ce travail, nous allons essayer de travailler sur les théories liées à la micro finance islamique ainsi que sur différents ouvrages liés au sujet, et durant l'intégralité de ce travail, nous allons utiliser une approche comparative de différentes facettes de la micro finance islamique par rapport au développement durable et surtout de mettre la lumière sur le point commun entre eux  A quel point la micro finance islamique peut être un potentiel de développement durable ?  Pourquoi on a passé d’une micro finance classique à une micro finance islamique ?
  • 4. ~ 3 ~ Chapitre I : Cadre conceptuel de la micro finance islamique Vue la culture musulmane prédominante dans le pays, certains clients refusent de recourir aux crédits conventionnels proposés actuellement par les Institutions de Micro finance (IMF). Il y a donc un manque à gagner dans ce secteur, La micro finance islamique a un fort potentiel d’expansion, Il est estimé que 72% de la population habitant dans des pays à majorité musulmane n’utilise pas des services financiers, car ceux-ci ne respectent pas les préceptes de la religion musulmane. Des personnes de croyance islamique utilisent des produits financiers conventionnels, mais diverses enquêtes montrent que si ces personnes avaient le choix d’utiliser des produits financiers compatibles avec les lois islamiques, ils préfèreraient se tourner vers ceux-ci. Selon les statistiques de la CGAP publie en 2007 et collecté de 125 institutions et experts de 19 pays musulmans, l’offre de la micro finance islamique est Très concentrée, 80% de l’offre globale provient de 3 pays seulement : L’Indonésie, le Bangladesh et l’Afghanistan. Ainsi que le nombre des clients bénéficiant de la micro finance islamique ne dépasse pas les 380000 En ce qui concerne la fusion du système de micro finance et les principes islamiques, la CGAP a spécifié que la tendance de l’expansion de la micro finance et d’atteindre son but efficacement n’aura pas lieu sauf les sociétés profitent de la flexibilité du modèle micro- financier et l’inclus dans leurs modes de financement (y inclus la finance Islamique). 1. La MFI : Fondement, Principe et composants La microfinance islamique est “confluence de deux industries en croissance rapide : Microfinance et Finance Islamique” Cette dernière est la synthèse de deux industries en croissance rapide : la MF et la FI Nous pouvons définir la micro finance islamique comme une prestation de services de la microfinance dans le respect des règles islamiques et la cohérence avec ses valeurs morales de solidarité sociale et les soins pour les moins fortunés.
  • 5. ~ 4 ~ a. Fondement de la micro finance islamique Les racines de la microfinance moderne peuvent être trouvées dans de nombreux endroits, mais l’histoire la plus connue est celle de Muhammed Yunus avec sa création de la banque Grameen au Bangladesh. La situation au Bangladesh lors de la naissance de la banque était précaire, une guerre féroce suivie de l’indépendance du Pakistan en 1971 et les inondations qui ont causé des famines continuelles ont bien expliqué les résultats de l’enquête du « Bureau de statistique du Bangladesh », publiés en 1992, disant que 80% de la population vivait dans la pauvreté dans la période 1973-1974. Muhammed Yunus, professeur en économie à l’université de Chittagong, a observé le modèle économique des femmes pauvres des villages alentours. Elles fabriquaient et vendaient de petits objets mais n'arrivaient que rarement à générer du profit, une fois le crédit remboursé aux intermédiaires ou aux prêteurs usuriers. Il a donc décidé de créer une réponse institutionnelle pour aider ces personnes, la Grameen Bank, la première banque de microfinance moderne. Au fur et à mesure du temps, il a renversé la logique financière et les a priori des banques traditionnelles en apportant la preuve que les personnes pauvres sont très fiables, qu'elles remboursent majoritairement leurs prêts et qu'elles sont en mesure de payer les taux d’intérêt couvrant les frais du prêt. Toutes ces indications nous donnent la tendance à chercher une définition théorique de la microfinance, ce que nous allons essayer de le faire dans la section suivante. « Le prophète Mohamed a été le premier pionnier du micro crédit, en donnant un jour 2 dirhams à un fidèle : 1 dirham pour se nourrir, et 1 autre dirham pour acheter un outil de travail afin d’exercer une activité génératrice de revenus permettant à ce dernier de se prendre en charge durablement. » Donc l’offre du service financiers viables à une clientèle pauvre qui n’a pas l’accès au système bancaire formel pour des projets d’auto emploi qui génèrent des revenus en leurs permettant de prendre soin d’eux-mêmes et leurs familles. La finance islamique de son côté a réalisé de grand progrès depuis 1975. En fait, à la fin 2015, on comptait plus de 500 établissements financiers islamiques répartis sur plus de 75 pays dans le monde, Les actifs gérés sont évalués à 1,3 billion de dollars en 2011, avec un taux de croissance annuelle moyenne de 19% sur les quatre dernières années. Donc La micro finance islamique qui a pour objectifs la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, la promotion de l’entreprenariat et le plein emploi, vise la promotion de l’équité et le bien-être de tous les composants de la société.
  • 6. ~ 5 ~ C’est un nouveau domaine au sein de la finance islamique, où les banques islamiques fournissent une aide financière aux personnes exclues du système bancaire. Cette perspective de la micro finance, s'inscrit complètement dans la morale de l'économie islamique. Le concept de la micro finance islamique doit être caritatifs ou contribuant au développement de l'économie d'un pays. b. Principe de la micro finance islamique La finance islamique un système de financement fondé sur la charia. Ses principes sont assis sur le principe général consistant à assurer le bien-être de la population en interdisant les pratiques jugées injustes ou assimilées à de l’exploitation. Sa caractéristique la plus connue est l’interdiction rigoureuse de verser ou de percevoir un taux de rendement fixe, prédéterminé, sur les opérations financières. Cette proscription de l’intérêt, reconnue par la majorité des intellectuels islamiques, dérive de deux préceptes fondamentaux de la charia : -l’argent n’a pas de valeur intrinsèque : l’argent ne peut ajouter de la valeur que s’il est associé à d’autres ressources pour créer une activité productive. C’est pourquoi il ne peut être acheté et vendu comme un produit, et que la valeur de l’argent non adossé à des actifs ne peut pas augmenter avec le temps. Toutes les opérations financières doivent être liées, directement ou indirectement, à une activité économique réelle ; elles doivent être adossées à des actifs, et les investissements ne peuvent porter que sur des actifs tangibles et durables. -Les bailleurs de fonds doivent partager les risques opérationnels : Les bailleurs de fonds ne sont pas considérés comme des créanciers (auxquels un taux de rendement prédéterminé est généralement garanti), mais comme des investisseurs (qui partagent aussi bien les bénéfices que les risques associés à leur investissement). La finance islamique va toutefois au-delà de l’interdiction de l’intérêt sur les opérations. Ses autres principes fondamentaux sont les suivants : -Investissement : Les activités jugées incompatibles avec la charia, comme celles associées à la consommation d’alcool ou de porc, et celles liées aux jeux de hasard et à la fabrication d’armes de destruction massive, ne peuvent être financées. -Pas d’exploitation contractuelle : Afin de protéger les deux parties, les contrats doivent être conclus d’un commun accord et énoncer des conditions précises. Toutes les parties concernées doivent en outre avoir une connaissance détaillée du produit ou du service acheté. c. Composants de la micro finance islamique Elle se compose du microcrédit, micro-Takaful et micro financement participative :
  • 7. ~ 6 ~  Micro Takaful : Pour comprendre l’assurance islamique il est primordial de faire un arrêt sur les sources de la religion : - Le Coran, pour un adepte de l’orthopraxie musulmane, est le livre Saint qui contient toutes les révélations qu’Allah le tout puissant a faites à Mohamed son prophète (SAW) - La Sunna regroupe les actes et les paroles du prophète Mohamed (SAW) - Les oulémas ou juristes musulmans en conformité avec le Coran et la Sunna éclairent les fidèles sur points En effet en 1985, le Grand Conseil des Oulémas a déclaré que l’assurance islamique était interdite et a appelé tous les pays de confession musulmane à créer des coopératives mutuelles dans le domaine de l’assurance et de la Réassurance. Extrait de cette déclaration : « L’assurance commerciale est une forme de jeu, puisque l’assuré paie une prime et ne reçoit aucune compensation ou en reçoit une qui excède largement ce qu’il a payé » Cependant un autre courant de pensée défend sa position en la personne d’El Gamal Mahmoud A. à travers son ouvrage édité en 2006 : Islamic finance, Law, economics and practice. New York Cambridge University Press p ; 147. La branche la plus connue du contrat d’assurance selon la loi islamique est « le Takaful », qui veut dire en arabe « se garantir l’un l’autre », sa philosophie est très proche de celle des coopératives, mises à part les restrictions de la charia sur l’investissement c’est L’objectif du système Takaful n’est pas le profit mais l’entraide. A l’image de l’assurance traditionnelle, la conception et la commercialisation de produits de micro-assurance obéit à certains principes, qui sont essentiels et s’ils sont appliqués permettent d’atteindre les objectifs fixés, donc Il semble probable que la micro Takaful attire de nouveaux clients de l'actuel franchises d'assurance classiques et représente un défi à l’alternative de l’assurance traditionnelle.  Etude : Les perspectives du Takaful dans le marché potentiel de la population musulmane : Le monde compte 1,5 milliard de musulmans (soit 25% de la population terrestre). Seulement 2% des musulmans vivent dans les pays industrialisés, les 98%, vivent dans les pays émergeants ou dans les pays pauvres au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Asie du Sud
  • 8. ~ 7 ~ et de l’Est. L’étude effectuée par la Swiss Ré estime à 56 milliards les potentialités de primes Takaful en2007, en supposant que chaque musulman dépense la somme moyenne des primes d’assurance dans son pays. Cependant 20% des musulmans vivent en minorité dans des pays qui ne sont pas dits musulmans : Inde, 157 millions soit 13% de la population, chine, 40 millions soit 3% de la population et l’Ethiopie, 40 millions soit 48% de la population Les pays musulmans ont contribué pour 28% soit 3462 milliards USD, au PIB des pays émergents et 11% des primes d’assurance émises soit 45 milliards USD. La pénétration de l’assurance dans les pays musulmans est inférieure à la moyenne des pays émergent. Figure 11 : swiss Ré Economic Research and consulting,Département d’Etat américain,CIA world fact book  Le micro financement participatif / micro-épargne : Le micro financement participatif est un mécanisme qui permet à plusieurs personnes de participer au financement d'un même projet, il se distingue de la micro finance "classique" car il donne la possibilité, à toute personne, de choisir la finalité de son épargne, Il repose sur 1 Recherche économique et conseil, Département d'État américain, Cahier d'information mondial de la CIA,Site consulté le 01/07/2018
  • 9. ~ 8 ~ le principe de partage de bénéfices et de pertes ainsi que sur une hypothèse de prise de risque commerciale par le financier. Les dépôts des clients sont à considérer comme des investissements dans une institution financière. L’IMF va investir le dépôt en respectant les principes de l’Islam. Si le produit de dépôt est sous forme d’un Mudarabah, les pertes et profits sont partagés par le client el L’IMF. Les dépôts peuvent aussi être organisés sous la forme de Musharakah ou de takaful.  Le micro crédit : C’est une alternative au crédit conventionnel basé sur le taux d’intérêt. Sont les crédits basés sur le commerce ou sur le leasing qui permettent la propriété et/ou l’utilisation de biens et actifs physiques utiles pour mener une activité productive en remettant le paiement à des périodes futures. Par exemple : un micro-entrepreneur veut acheter un bien. Il approche une Figure 22 : Evolution du marché Takaful IMF islamique qui va acheter ce bien à un prix P qui va être connu du client. L’IMF va revendre le bien au client à un prix P+M où M représentera le profit de la transaction. Le client va rembourser ce prix en une seule fois ou par tranches dans le futur. 2. Les caractéristiques de la MFI Les caractéristiques du marché de la micro finance islamique sont très proches de celles de la micro finance classique. Les partisans d'alternatives islamiques à la microfinance 2 celent
  • 10. ~ 9 ~ Conventionnelle ont pour objectif l'amélioration de la société islamique, plutôt que de la promotion des valeurs qui pourraient être contraires à Shari'ah. La microfinance islamique globale devrait impliquer non seulement le crédit par le financement de la dette, mais la fourniture de financement par actions par Mudarabah et Musharakah, régimes d'épargne via wadiah et Mudarabah les dépôts, les transferts d'argent tels que par Zakat et sadaqah, et l'assurance par l'intermédiaire takaful concept. Ce tableau résume les différences possibles dans les caractéristiques et les objectifs entre la microfinance classique et la microfinance islamique. Tableau 13 : comparaison simplifié entre la microfinance classique et islamique Plusieurs distinctions qui distinguent la microfinance conventionnelle de la microfinance Islamique : Les deux microfinances classiques et la microfinance islamique peut mobiliser fonds externes et les économies des clients comme source de fonds. Cependant, la microfinance islamique peut également exploiter la charité islamique, comme Zakat, et waqf comme source de fonds pour le financement. Pour les modes de financement, la microfinance classique peut 3 ABDUL RAHMAN, ‘Islamic Microfinance: A Missing Component in Islamic Banking’, Kyoto Bulletin of Islamic Area Studies, 1-2(2007), pp. 38-53
  • 11. ~ 10 ~ facilement adapter le financement fondé sur les intérêts alors que la microfinance islamique devrait éliminer l'intérêt pour leur fonctionnement. Par conséquent, la microfinance islamique devrait explorer les modes possibles de financement islamique instruments dans leur fonctionnement. La microfinance islamique peut également optimiser les services sociaux en utilisant Zakat pour répondre aux besoins de base et d'accroître la participation des pauvres. Dans la microfinance conventionnelle, l'institution peut directement donner de l'argent à leur client comme le financement. En revanche, la microfinance islamique ne donne pas d'argent à leur client sous forme de prêt ne sont pas permis dans l'Islam moins qu'il n'y ait aucun intérêt ni frais de montant supplémentaire sur ce prêt. Dans la microfinance conventionnelle, l'institution peut directement donner de l'argent à leur client comme le financement. En revanche, la microfinance islamique ne donne pas d'argent à leur client sous forme de prêt ne sont pas permis dans l'islam moins qu'il n'y ait aucun intérêt ni frais de montant supplémentaire sur ce prêt. La microfinance islamique, d'autre part, utilise des instruments financiers islamiques qui sont basés sur les systèmes de plus plutôt que prêt. Les institutions de microfinance classiques ont porté principalement sur les femmes que leur client. D'autre part, l'institution de microfinance islamique ne doit pas se concentrer uniquement sur les femmes, mais doit également être étendue à la famille dans son ensemble. En outre, les prêts de groupe ont utilisé la microfinance classique comme un moyen d'atténuer les risques dans leur fonctionnement. La microfinance islamique peut également utiliser une technique similaire, mais ils peuvent également développer des principes éthiques islamiques pour assurer leur client paie le paiement régulièrement. 3. Levier de la MFI Parmi les moyens instaurés par l’Islam pour inscrire la solidarité au sein de la société on trouve (la Zakât) ou volontaire (la Sadaqa) et le fond d’investissement et Al Waqf. Ces actes ont certes un aspect temporel, à savoir l’écoulement d’une année lunaire pour la Zakât par exemple, mais aussi un aspect durable qui peut s’étendre sur des générations et dont les récompenses, l’utilité et les effets qui en découlent augmentent durant la vie du donateur et continuent après sa mort ; c’est le cas du Waqf. d. Fonds d’investissements : L’AAOIFI donne la définition suivante des fonds d’investissements : « Les fonds sont des véhicules d’investissement qui sont financièrement indépendants des entités qui les créent.
  • 12. ~ 11 ~ Ils prennent la forme d’actions/parts assorties de droits de participation égaux, qui représentent la part des actifs détenue par les actionnaires/porteurs de parts et leurs droits à l’égard des bénéfices ou des pertes. Les fonds sont gérés sur la base d’un contrat de Mudarabah ou d’un contrat de wakala. » Le premier fonds d'investissement islamique a été établi lors de la fin des années 1980, mais le véritable catalyseur pour le développement de cette activité a été la décision de l’Islamic Fiqh Academy stipulant que les actions d’une société représentent une part indivise de ses actifs et constituent donc un investissement conforme à la Charia. La conséquence naturelle de cette décision a été le développement rapide de fonds d'investissement islamiques. En effet, selon le Global Islamique Finance Report 2010, le secteur des fonds islamiques regroupe environ 717 fonds pour un volume qui dépasse 77 milliards de dollars ce qui représente environ 10% de la taille du marché de la FI. Ce marché est caractérisé par une concentration entre la Malaisie, l’Arabie Saoudite et le Kuwait.  Le fonctionnement des fonds d’investissement islamiques : Généralement le fonctionnement des fonds d’investissement islamique est presque identique à celui des fonds conventionnels à la seule différence un fonds islamique est tenu de respecter les principes de la charia ’a. Un fonds islamique est tenu de respecter les obligations suivantes : - Il ne peut effectuer que des investissements conformes à la Charia - Un filtrage doit être opéré sur la base de critères sectoriels et financiers afin de garantir la conformité à la Charia - Des audits de conformité à la Charia doivent être réalisés à intervalles réguliers par le conseil de conformité à la Charia ou par une entité tierce - Si le fonds perçoit des revenus non conformes à la Charia, ceux-ci doivent être purifiés au travers de dons à des organismes caritatifs (pas nécessairement islamiques) Il existe de nombreux types de fonds islamiques, tels que les fonds indiciels islamiques, les fonds de capital-investissement conformes à la Charia, les fonds actions islamiques, les fonds de private equity, les fonds Mourabaha, les fonds de matières premières islamiques et les fonds Ijara. Malgré ce dynamisme, ce secteur porte encore les caractéristiques d’une industrie naissante. La taille de la majorité des fonds levés demeure faible : plus de la moitié des fonds islamiques n’excèdent pas 50 millions de dollars.
  • 13. ~ 12 ~ e. Al wakf : L’Islam est une religion de solidarité et de coopération entre les différentes couches de la société islamique. Al waqf est une « sadaqah jarriya » que l'on peut définir comme étant « la possession d’une propriété, convertie d’une propriété privée en une propriété sociale, et dont l'usufruit du revenu généré est alloué à des bénéficiaires définis. ». Asming Yalawae, Izah Mohd Tahir, « The Role of Islamic Institution in Achieving Equality and Human Development: Waqf or Endowment”, Universiti darul Iman Malaysia, p.6 C'est ainsi que les pratiques de waqf remontent à l’époque du prophète (SAWS), En effet, « Jabir » (que Dieu l’agrée) rapporta qu’aucun des compagnons du prophète n’avait un actif personnel à part ceux qu’ils ont donné en waqf pour Dieu. Ensuite, ces pratiques ont été institutionnalisées pour prendre de l’ampleur et de l’importance et couvrir un ensemble de besoins sociaux tel que le financement d’universités ou d’hôpitaux. - Le fonctionnement d’Al Waqf : L’opération de Waqf comme modèle de la MFI repose sur les composantes et acteurs suivants :  Les biens objet du Waqf : Il s’agit des actifs immobiliers et mobiliers, des actifs financiers et des droits qui peuvent faire l’objet de waqf.  La personne ayant effectué al Waqf : Il peut s’agir d’une personne ou d’un groupe de personnes ayant effectué la donation.  Les bénéficiaires du Waqf : les donateurs du waqf désignent le ou les bénéficiaires qui peuvent être un groupe d’individus ou même un bien faisant objet de WAQF (Mosquée, hôpital, Bibliothèque, etc.) Pour compléter le financement par al Waqf les institutions financières islamiques peuvent également créer un modèle de financement fondé sur la source perpétuelle de fonds ce qui a été fait par quelques IMFIs au Pakistan. f. Zakat : Le premier sens du mot arabe zakât est purification, En effet, la zakât est le troisième pilier de l'Islam et est une manière, dans sa signification première, de se purifier au travers des biens que l'on a acquis légalement. Le verset suivant l'indique clairement «...Qui donne ses biens pour se purifie »Sourate 92, Verset 18,c c’est un terme utilisé en finance islamique qui
  • 14. ~ 13 ~ désigne l’obligation pour un musulman de donner chaque année un montant donné de sa richesse personnelle par charité , elle est obligatoire pour les musulmans car elle a pour but de les purifier physiquement et mentalement de leurs gains annuels excédentaires et supérieurs à l’essentiel requis pour subvenir aux besoins d’une personne ou d’une famille. La Zakat peut être perçue comme un instrument de la politique économique de l’Etat islamique. En effet, elle assure les trois missions suivantes : - Elle permet de combattre la pauvreté tout en renforçant la couche moyenne ; elle réduit l’écart entre les différentes couches sociales puisqu’elle permet le transfert de 2,5% de la richesse de la couche sociale aisée vers la couche sociale lésée. En effet, à l’occasion de chaque distribution, l’écart entre les couches sociales est réduit de 5%. - Elle constitue une assurance ; car Si la zakat constitue une deuxième chance pour les pauvres, elle peut être considérée comme une assurance pour les riches. - Elle permet la lutte contre la thésaurisation et encourage l’investissement ainsi Que la consommation donc pour combattre la thésaurisation, l’Islam a imposé la zakat en tant que taxe sur les capitaux immobilisés. (Cahier de l’islam, AHMED TAHIRI JOUTTI 4. Modèles de la MFI : Les produits Il existe deux principaux modèles de la MFI, Modèle sans but lucratif dont on trouve des contrats à base de bienfaisances comme zakat Waqf et Qard al Hassan et le modèle à but lucratif contient la Mourabaha et Ijara Muntahiya Bittamlik comme exemple d’instrument utilisés.
  • 15. ~ 14 ~ Figure 34 : les instruments de financement qui sont utilisés par les institutions de la MFI Ijara Muntahiya Bittamlik est plus approprié pour le régime micro finance en particulier pour les micro-entrepreneurs qui ont besoin d'actifs ou d'équipements. Ijara Muntahiya Bittamlik est un concept complexe d’Ijara où le transfert de propriété aura lieu à la fin du contrat et pré-accord entre le bailleur et le locataire. Le titre de l'actif sera transféré au locataire soit par donation, prix symbolique, le prix prédéterminé au début du contrat ou par le transfert progressif de la propriété. L’institution de micro finance va investir le dépôt en respectant les principes de l’Islam sous forme de Mudarabah ou ils peuvent aussi être organisés sous la forme de Musharakah ou de takaful C’est une alternative au crédit conventionnel basé sur le taux d’intérêt. C’est un prêt basé sur le commerce ou sur le leasing qui permet la propriété et/ou l’utilisation de biens et 4 Etablit par nous même Modèle sans but lucratif Qard al Hasan Waqf Zakat Modèle à but lucratif Ijarah Muntahiya Bittamlik Murabaha Instruments utilisés
  • 16. ~ 15 ~ actifs physiques utiles pour mener une activité productive en remettant le paiement à des périodes futures. La branche la plus connue du contrat d’assurance selon la loi islamique est « le Takaful », qui veut dire en arabe « se garantir l’un l’autre », sa philosophie est très proche de celle des coopératives, mises à part les restrictions de la charia sur l’investissement c’est l’objectif du système Takaful n’est pas le profit mais l’entraide. Figure 45 : schéma récapitulatif des produits de la micro finance islamique 5 Islamic Microfinance : Context, Culture, Promises, Challenges, Financial Services For The Poor, August 2015 Système de micro finance islamique Contrats d’intermédiation Contrats de transactions Titres de participati on Titres basé sur des actifsDivers mudaraba Amana Takaful Wakala Ju’ala Qard hassan Musharaka Titres garantis Financement de détail/commer ce Bay Mua’ajal Bay salam Murabaha Istisnaâ Ijara
  • 17. ~ 16 ~ Ce schéma englobe les produits du système de micro finance islamique, il s’agit principalement de deux types de contrat, d’intermédiation et de transactions à savoir le produit murabaha, Salam et bay mua’ajal qui font partie de l’activité de détail de la banque. Istisna : Un contrat de paiement pour un actif fabriqué sur commande avec tous les matériaux / intrants fournis par le fabricant. Une date de livraison ne doit pas être fixée à l'avance, ni le paiement intégral nécessairement nécessité de précéder la fabrication. Cela tend à être un contrat à plus long terme adapté à projets d'infrastructure, de développement énergétique ou d'autres types de construction, les paiements peuvent être liés aux progrès de la construction. Bai Salam : Ce véhicule d'investissement permet le paiement anticipé des marchandises. C'est particulièrement utile pour les intrants agricoles, pour éviter qu'une pénurie de liquidités ne déraille production plus tard. Bai Salam est différencié entre bai muajjal et murabaha parce que le les actifs achetés n'existent pas encore. Bai muajjal : vente à crédit au moyen d'un contrat visant à établir des modalités de paiement différé entre un acheteur et un vendeur. Le contrat fixe à la fois un prix fixe et une date de paiement unique ou un paiement échelonné Rendez-vous. Les frais ne sont pas divulgués séparément, mais sont inclus dans le prix indiqué aux clients. Même s’il y a un achat d'un bien à un moment donné, si le bien n'est pas acheté et livré au client selon les termes originaux du contrat, la transaction ne sera pas conforme à la charia. Le suivi et l'évaluation sont nécessaires pour assurer la conformité à la Shari'a, mais sont souvent prohibitifs coûteux. Ijarah : Un contrat de location par lequel un financier achète un actif productif pour le compte d'un client, et puis le loue au client en échange de remboursements réguliers. Le financier maintient sa responsabilité pour l'actif tout au long. Mudarabah : a le potentiel d'être adapté comme système de microfinance islamique. Mudarabah est où le fournisseur de capital ou institution de microfinance (mal Rabbul) et le petit entrepreneur (moudarib) devenir un partenaire. Les bénéfices du projet sont partagés entre le fournisseur de capital et l'entrepreneur, mais la perte financière sera entièrement prise en charge par le fournisseur de capital. Cela est dû à l'hypothèse selon laquelle une moudarib investit la Mudarabah le capital sur une base de confiance ; il n’est donc pas responsable des pertes, sauf en cas de faute. Négligence et violation des termes de Mudarabah contrat, le moudarib devient responsable du montant du capital. Murabaha : Contrat de vente "mark-up" ou "cost-plus" dans lequel les frais / profits de la banque sont ajoutés au prix d'achat d'un bien et le client paie par versements échelonnés en un seul, non désagrégé prix. L'offre de murabaha de la banque et l'acceptation du client doivent
  • 18. ~ 17 ~ être deux contrats distincts signés par les deux parties, plutôt qu'un accord général, le contrat d'offre étant signé avant l'achat du bien. Ce document doit également inclure une description détaillée du bien, et toutes les factures datées doivent être fournies. Musharakah : Musharakah peut également être développé comme un système de micro finance islamique où la banque conclura un partenariat avec des micro-entrepreneurs. S'il y a du profit, il sera partagé par rapport au ratio convenu au préalable, et en cas de perte, il sera alors partagé en fonction du rapport de l'apport en capital. La technique la plus appropriée de Musharakah pour la microfinance pourrait être le concept de partenariat entraînant la diminution ou Musharakah mutanaqisah. Qard Hassan : Un prêt sans intérêt, souvent décaissé à des fins de bien-être ou de bienfaisance, mentionné spécifiquement dans le Coran. L'utilisation appropriée du qard hassan dépend de l’institution : certains le limitent à l'éducation et aux soins de santé ; Akhuwat dans Le Pakistan fournit du qard hassan pour divers besoins, notamment les mariages, les situations d'urgence, la construction et l'achat de logements, et pour rembourser les prêts existants. L'IBBL au Bangladesh le limite à la collectivité plutôt que des avantages individuels : les collectifs de microfinance de groupe peuvent utiliser qard hassan pour construire une latrine communautaire ou un puits tubulaire pour l'accès aux eaux souterraines. Les institutions sont divisées en fournissant le financement des mariages (souvent une dépense familiale importante), en particulier pour les orphelins, en raison de divergences de vues sur les dépenses de mariage appropriées. Les boursiers sont divisés quant à savoir si Qard Hassan peut inclure des frais liés strictement au coût de son décaissement (à l'exclusion des frais généraux), ou si elle doit rester sans frais. Takaful : takaful englobe plusieurs formes d'assurance islamique, se référant largement à un groupe de participants qui acceptent de se soutenir mutuellement pour des pertes résultant de risques spécifiés, motivé par le principe de ta`awun, ou d'assistance mutuelle. Un "opérateur takaful" (l'entreprise ou institution) organise ce groupe. Un participant contribue une somme d'argent (semblable à une prime) dans un fonds commun en tant qu'assurance contre une perte ou un dommage spécifié. La souscription de Takaful est ainsi entreprise sur une base mutuelle. L'argent de la réserve commune détenue en réserve est investi (selon à la charia) ; les profits et les pertes sont répartis entre les participants et l'opérateur takaful selon le type de modèle takaful La Mourabaha a été trouvé plus pratique et l’opération la plus approprié pour la micro finance islamique à fournir par les banques islamiques. Puisqu’il est le modèle le plus facile à administrer et à surveiller.
  • 19. ~ 18 ~ Bai Salam est différencié entre bai muajjal et murabaha parce que le les actifs achetés n'existent pas encore. Musharakah La technique la plus appropriée de Musharakah pour la microfinance pourrait être le concept de partenariat entraînant la diminution ou Musharakah mutanaqisah. Peut également être développé comme un système de micro finance islamique où la banque conclura un partenariat avec des micro-entrepreneurs. S'il y a du profit, il sera partagé par rapport au ratio convenu au préalable, et en cas de perte, il sera alors partagé en fonction du rapport de l'apport en capital. Figure 5 6 : Institutions offrant des produits de microfinance islamique à travers le monde Il reste l'offre globale de produits de microfinance islamique faible par rapport au secteur de la microfinance classique. Il n'y a que 300 fournisseurs de produits et services de micro finance compatibles à la sharia dans le monde entier. Environ 64% de ces fournisseurs sont concentrés en Asie de l'est et du pacifique et 28% sont concentrés au Moyen-Orient et Afrique du nord. Sauf que 1% de ces frs sont concentrés en Europe et Asie centrale. 6 Ines Ben Abdelkader, Asma Ben Salem, ‘Islamic vs Conventionel Microfinance Institutions : Performance analysis in MENA countries’ 64% 28% 5% 2% 1% East Asia and Pacific Middle East and North Africa South Asia Sub-Saharan Africa Europe and Central Asia
  • 20. ~ 19 ~ 5. Défis de la croissance de la Micro finance Islamique Quoique plusieurs acteurs marocains (économistes, politiciens, banquiers, entrepreneurs, chercheurs, citoyens …) s’intéressent aujourd’hui à la finance dite participative, la mise en place d’un paradigme micro-financier conforme à la loi musulmane est conditionnée par le dépassement de plusieurs contraintes qui freinent la création d’une vraie micro-finance islamique dans notre pays :7  L’une des contraintes majeures est celle relative au manque d’un cadre réglementaire complet et approprié à la micro-finance islamique ou participative (nomination juridique de cette catégorie d’activité bancaire) qui facilitera l’intégration de cette nouvelle finance dans le secteur bancaire marocain.  La deuxième contrainte est relative à la levée des fonds nécessaires pour le bon fonctionnement des IMFIs surtout en rappelant que le cadre juridique actuel ne permet pas aux associations marocaines de micro-crédit de collecter l’épargne auprès des agents économiques et par conséquent l’intégration de Sadakah, Zakat et Waqf dans notre nouveau paradigme financier (la micro-finance islamique) serait fortement appréciée.  La troisième contrainte concerne le volet des ressources humaines et compétences nécessaires à ce nouveau mode de financement (dit alternatif), qui doivent combiner en même temps des connaissances théoriques et pratiques dans le domaine financier et une maîtrise parfaite des règles et normes du droit musulman. Chose qui met en évidence l’obligation de l’adoption et la mise en place des programmes de formations permettant de former des personnes qualifiées et habilitées à faire avancer ce nouveau mode de financement en respectant ses exigences religieuses et financières.  Une fois ces trois premières contraintes surmontées, il faut passer au volet commercial qui nécessite l’adoption d’une stratégie marketing incitative permettant de promouvoir les produits de la micro-finance islamique (produits dits participatifs), et leur rôle dans la redynamisation économique et sociale de notre pays.  Et finalement, le Maroc doit réduire sa dépendance vis-à-vis des expériences empruntées des autres pays (généralement les pays européens), et créer un modèle micro- financier répondant aux spécificités culturelles et économiques de notre pays. 7 Khalid BRGCHOU, Mama HAMIMIDA, La micro-finance islamique : Quel modèle de financement pour développement des TPE marocaines ?
  • 21. ~ 20 ~ CHAPITRE II : La micro finance islamique un levier de développement durable 1. cadre conceptuel du développement durable : Le concept de développement durable est né progressivement à la fin des années 1960, avec l’apparition de problèmes environnementaux dépassant les frontières, tels que les pluies acides et la pollution des eaux. La définition proposée en 1987 par la commission mondiale sur l’environnement et le développement dans le Rapport Brundtland et la plus utilisée aujourd’hui est la suivante : le développement durable est « un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs». a. Définition du développement durable : Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins des générations présentes, à commencer par les plus démunis, sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs8. Le développement durable prend en compte trois dimensions indissociables, que sont l’économie, le social et l’environnement. Sur ces trois dimensions vient se greffer la dimension démocratique ou gouvernance. Cela signifie que le développement économique doit être mis au service des besoins humains, pour favoriser la création de richesses pour tous à travers des modes de production et de consommation durables. La dimension suivante vise la satisfaction des besoins humains et l’équité sociale. Elle peut être atteinte en donnant aux plus démunis l’accès aux biens et aux services répondant à leurs besoins mais également en réduisant les inégalités et en luttant contre l’exclusion et la pauvreté. Le troisième point concerne la préservation et la valorisation de l’environnement, notamment par l’utilisation raisonnée des ressources naturelles et par la prévention des impacts environnementaux. La démarche doit ainsi couvrir les trois dimensions du développement durable et préciser leur caractère indissociable. Elle permet de sensibiliser les parties prenantes à l’importance de considérer tous les effets d’une mesure ou d’une action, ce qui implique souvent la nécessité d’effectuer des 8 Rapport Brundtland- nations –unies -1987
  • 22. ~ 21 ~ arbitrages entre les impacts environnementaux, sociaux et économiques, à court et à long terme, des choix faits par l’organisme municipal ou régional. Par exemple : - un projet de nature environnementale comme la préservation d’un milieu humide doit également prendre en compte les effets économiques et sociaux en plus de ses effets environnementaux ; - un projet de nature économique comme l’implantation d’une nouvelle industrie doit considérer les effets sociaux et environnementaux ; - un projet de nature sociale comme la création d’une banque alimentaire doit considérer les effets environnementaux et économiques Figure 59 : schéma récapitulatif des trois dimensions indissociables du développement durable b. Les objectifs du développement durable : 9 https : //fr.wikipedia.org/wiki/Developpement_durable,Consulté, le 01/07/2018
  • 23. ~ 22 ~ Après la Conférence internationale de Rio en juin 2012 et en vue de l’échéance des Objectifs du millénaire pour le développement en 2016, plusieurs processus onusiens sont en cours pour élaborer de nouveaux "objectifs de développement durable". 2016 est aussi une étape cruciale pour le climat avec la 22ème conférence des parties à la Convention sur les changements climatiques à Marrakech.10 Parmi ses objectifs :  Éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde Réduire de moitié au moins la proportion d’hommes, de femmes et d’enfants de tout âge qui vivent dans la pauvreté sous tous ses aspects, telle que définie par chaque pays et quelles qu’en soient les formes D’ici à 2030, faire en sorte que tous les hommes et les femmes, en particulier les pauvres et les personnes vulnérables, aient les mêmes droits aux ressources économiques et qu’ils aient accès aux services de base, à la propriété et au contrôle des terres et à d’autres formes de propriété, à l’héritage et aux ressources naturelles et à des nouvelles technologies et des services financiers adéquats, y compris la micro finance.  Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles : Mettre fin, dans le monde entier, à toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et des filles. Garantir la participation entière et effective des femmes et leur accès en toute égalité aux fonctions de direction à tous les niveaux de décision, dans la vie politique, économique et publique.  Promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous : Maintenir un taux de croissance économique par habitant adapté au contexte national et, en particulier, un taux de croissance annuelle du produit intérieur brut d’au moins 7 % dans les pays les moins avancés Parvenir à un niveau élevé de productivité économique par la diversification, la modernisation technologique et l’innovation, notamment en mettant l’accent sur les secteurs à forte valeur ajoutée et à forte intensité de main-d’œuvre Bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et encourager l’innovation : 10 Le Rapport du Groupe de travail ouvert de l’Assemblée générale sur les objectifs de développement durable
  • 24. ~ 23 ~ Promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et, d’ici à 2030, augmenter nettement la contribution de l’industrie à l’emploi et au produit intérieur brut, en fonction du contexte national, et la multiplier par deux dans les pays les moins avancés Accroître, en particulier dans les pays en. Développement, l’accès des entreprises, notamment des petites entreprises industrielles, aux services financiers, y compris aux prêts consentis à des conditions abordables, et leur intégration dans les chaînes de valeur et sur les marchés.  Réduire les inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre : D’ici à 2030, faire en sorte, au moyen d’améliorations progressives, que les revenus des 40 % les plus pauvres de la population augmentent plus rapidement que le revenu moyen national, et ce de manière durable. Adopter des politiques, notamment sur les plans budgétaire, salarial et dans le domaine de la protection sociale, et parvenir progressivement à une plus grande égalité.  Promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et ouvertes aux fins du développement durable, assurer l’accès de tous à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes : Réduire nettement la corruption et la pratique des pots-de-vin sous toutes leurs formes. Mettre en place des institutions efficaces, responsables et transparentes à tous les niveaux.  Renforcer les moyens de mettre en œuvre le partenariat mondial pour le développement durable et le revitaliser : Aider les pays en développement à rendre leur dette viable à long terme au moyen de politiques concertées visant à favoriser le financement de la dette, son allégement ou sa restructuration, selon le cas, et réduire le surendettement en réglant le problème de la dette extérieure des pays pauvres très endettés. Adopter et mettre en œuvre des systèmes de promotion de l’investissement en faveur des pays les moins avancés. c. Les indicateurs du développement durable : Le concept d’indicateur a d’abord été utilisé dans un contexte purement scientifique, la recherche en sociologie. Il y désignait la traduction de concepts théoriques (abstraits) en variables observables, traduction indispensable pour soumettre les hypothèses scientifiques
  • 25. ~ 24 ~ impliquant de tels concepts à la vérification empirique. Un indicateur est donc une variable observable utilisée pour rendre compte d’une réalité non observable. Quant au terme d’indice, il désigne un indicateur synthétique construit en agrégeant d’autres indicateurs dits de base. La plupart des indicateurs utilisés dans le cadre des politiques publiques sont en réalité des indices : c’est le cas du PIB, de l’indice des prix à la consommation, des indices boursiers comme le Dow-Jones et de l’indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).  L’Indicateur de Développement Humain (IDH) : Le PNUD publie depuis 1990 un "Rapport annuel sur le développement humain dans le monde". On y trouve notamment, à côté de bien d’autres constats d’un grand intérêt, l’IDH dont la diffusion mondiale a constitué un succès spectaculaire, au-delà des pays en développement auxquels il était principalement destiné. Cet indicateur est tout simplement la moyenne de trois indicateurs prenant des valeurs comprises entre 0 et 1 et reflétant respectivement les dimensions niveau de vie, éducation et santé. Il s’avère difficile à calculer à une échelle infrarégionale en raison notamment de l’indisponibilité de certaines données comme le PIB ou le taux d’alphabétisation. Certaines variables composant l’IDH perdent même une grande partie de leur signification à une échelle communale. L’IDH, tel qu’il a été calculé par le PNUD, ne permet donc pas une analyse très fine des disparités de répartition du développement humain, il reprend les trois grandes dimensions de l’IDH définies par le PNUD : la santé, l’éducation et le niveau de vie, à savoir la capacité à bénéficier d’une vie longue et saine, la capacité d’accès à l’éducation et aux connaissances et enfin la possibilité d’accéder aux ressources matérielles indispensables pour atteindre un niveau de vie décent. La différence entre l’IDH et sa version traditionnelle repose sur le choix des variables permettant de refléter ces dimensions. Ces nouvelles variables impliquent de nouveaux modes de calcul des sous indices (bornes minimales et maximales). Trois variables composent l’IDH : - la capacité à bénéficier d’une vie longue et saine : l’espérance de vie à la naissance (Hommes - Femmes) ; - la capacité d’accès à l’éducation et aux connaissances : pourcentage de la population adulte diplômée,
  • 26. ~ 25 ~ Cette variable présente deux avantages : d’une part, elle traduit par certains aspects la réussite du système d’éducation et d’autre part, les données peuvent être extraites directement à partir du recensement de la population, jusqu’au niveau communal. - la capacité d’accès aux ressources matérielles indispensables pour atteindre un niveau de vie décent : le revenu fiscal médian par unité de consommation traduit en dollars US et en parité de pouvoir d’achat Dons disons que c’est un instrument de mesure qui ambitionne de déterminer l'état réel des pays de façon plus fine que le PIB ou le PIB en parité de pouvoir d'achat. Mis au point par le PNUD et popularisé par des auteurs proches de cette institution, comme Amartya Sen, l'indice de développement humain a une dimension à la fois économique et sociale. Il prend en compte plusieurs critères pour déterminer le niveau de vie dans un pays donné.  L’indice de pauvreté humain : Le PNUD a aussi publié annuellement d'autres indicateurs synthétiques, comme l'IPH, Indicateur de Pauvreté Humaine, c’est un indice composite, dont le but est de mesurer le niveau de pauvreté au sein d'un pays, Il existe deux indicateurs, selon qu'il s'agit d'un pays en développement ou d'un pays développé. 2. La micro finance islamique un levier de développement durable : Au cours des trois dernières décennies, un intérêt amplifié a été porté à la micro finance islamique et à son rôle dans le développement économique des pays en développement et dans la réduction de la pauvreté dans les pays. a. La micro finance islamique un outil de réduction de la pauvreté : Il ressort que les problèmes de croissance économique, de développement, de lutte contre la pauvreté, de créations d'emplois, représentent des enjeux majeurs pour nos pays. La micro finance islamique a émergé comme un instrument important pour aider un grand nombre de pauvres de la société, comme un outil pour aider à réduire la pauvreté et à encourager la croissance économique dans les zones négligées du monde. Cependant, le temps a prouvé que la micro finance classique n'est pas complètement atteint les plus pauvres. Lors de la dernière recherche sur le secteur de la micro finance, il est évalué que le système de la finance islamique fournit les meilleures solutions pour la lutte contre
  • 27. ~ 26 ~ la pauvreté et la durabilité sociale, il n'est pas seulement de fournir l'occasion d'utiliser un système durable, mais offre également bon retour sur l’investissement et de la performance idéale de comparer le système de micro finance classique, c’est un sous-ensemble de système économique et financier islamique. La demande pour les produits sharia et services financiers est en augmentation avec le progrès rapide du secteur de la finance islamique. Il est largement admis que la micro finance est l'outil le plus efficace pour la réduction de la pauvreté et améliorer les conditions de vie des pauvres par le biais de l'économie réelle des activités de la société. Donc, il est un besoin immédiat de développer des substitutions des produits financiers pour les institutions de la micro finance qui a un but de fournir un soutien parallèle aux plus pauvres. Elle met l'accent sur les facteurs éthiques, moraux et sociaux pour promouvoir l'égalité et l'équité pour le bien de la société. On estime que 3 milliards de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté dans le monde entier parmi eux environ 44% des clients de micro finance classiques résident dans les pays musulmans. Près de la moitié des 56 pays membres de la BID en Asie et en Afrique sont considérés comme pays les moins avancés (PMA), il Ya donc un besoin immédiat de commencer la micro finance islamique dans les pays à majorité musulmane pour l'inclusion financière. À l'heure actuelle, ils sont environ 250 Institutions de micro finance islamique, travaillant dans le monde dans 32 pays. Les IMF islamiques se sont révélé des antécédents car elles traitent avec des solutions durables, disons qu’il le faut alors cerner les mesures de réduction de la pauvreté et de procéder à une analyse de l'articulation entre le développement des structures de micro finance et la réduction de la pauvreté. Surtout que la micro finance est de plus en plus reconnue comme étant un des meilleurs moyens de lutte contre la pauvreté. En effet. Il est observé qu'à l'heure actuelle que dans certains pays islamiques (Soudan, Tunisie, Egypte), en sus du financement d'infrastructures sociales les transferts de fonds des émigrés à travers les institutions de micro finance islamique, s'orientent de plus en plus vers le financement de l'habitat social, l'hydraulique rurale et pastorale (forages de puits), l'éclairage à l'énergie solaire, les créations de microprojets ou de micro entreprises dans l'agriculture,
  • 28. ~ 27 ~ l'élevage, la pêche, le transport, d'ateliers de mécanique auto, la vente de pièces détachées d'automobiles, l'artisanat, la restauration, les salons de couture et de coiffure, les télé centres et cyber cafés, le petit commerce, et même actuellement le commerce import-export, ainsi que le financement des frais d'études d'élèves et d'étudiants. b. La micro finance islamique un moyen de réduction du chômage, l’exclusion bancaire : A part la notion de la pauvreté qui se répète toujours. On ne doit pas négliger le rôle la micro finance islamique dans la réduction du chômage. Car elle encourage et participe à la création des entreprises(PME), aussi fait faire attention qu’elle est un moyen contre la finance informelle. Elle encourage la bancarisation et réduit le taux de l’exclusion bancaire et enfin. Il est important de souligner que le volume actuel des transactions au niveau de l'industrie des services financiers islamiques est estimé à 2000 milliards de dollars US et dépasseront à 4000 milliards de dollars en 2020 d'après les experts.11 La microfinance islamique vise à compenser les limites de l’approche conventionnelle. Vu qu’elles ne se basent pas sur les dettes, les institutions islamiques sont plus capables d’améliorer le niveau de vie des pauvres en comparaison avec leurs homologues conventionnels. Ainsi, la finance islamique donne la priorité aux plus pauvres des pauvres, alors que les institutions traditionnelles cherchent plutôt à maximiser le profit et délaisse cette partie de la société. Dans cette logique, le financement islamique des besoins des démunis permet à ces derniers d’améliorer leurs revenus, d’accumuler de l’épargne, de développer des actifs et de se protéger contre les risques. Pour mieux nous placer dans le contexte marocain, l’ensemble du système financier est intégré dans une seule loi. Ceci permet d’assurer un traitement équitable et prudentiel. Le modèle marocain s’illustre par ailleurs par sa cohérence et aussi par le fait de disposer d’un seul Charia Board, placé sous le contrôle du Conseil supérieur des oulémas. Ce comité de conformité a pour mission de délivrer des avis au sujet des produits et des services issus de la finance participative dont Takaful (assurance participative), Sukouk (certificat d’investissement islamique) et dépôts bancaires participatifs. Depuis sa constitution en Ramadan 2015, le Charia 11 https://www.coveris-assurance.com/la-finance-islamique-en-quelques-chiffres,Consulté le 01/07/2018
  • 29. ~ 28 ~ Board a validé en concertation avec Bank Al-Maghreb trois circulaires relatives aux produits de financements Mourabaha, Ijara, Musharakah, Moudaraba et Salam. Ces résultats forts remarquables, sont le fruit d'efforts collectifs de banquiers, d'économistes, d'éminents chercheurs musulmans durant plusieurs décennies, pour apporter des réponses financières et islamiques aux préoccupations économiques des musulmans. Ce faisant, la finance islamique constitue une récente industrie en pleine expansion à travers le monde. Chapitre III : Etude de cas : cas de zitouna Tamkeen 1. Présentation de zitouna Tamkeen Zitouna Tamkeen est une institution de microfinance islamique agréée par le ministère des finances tunisien depuis mai 2016 et compte ouvrir 20 agences réparties sur le territoire tunisien d’ici 2021. Elle a choisi ses actionnaires parmi les acteurs les plus influents du milieu économique et financier et qui accordent un grand intérêt à l’économie sociale et solidaire. Elle considère les jeunes micro-entrepreneurs comme des partenaires d’affaires et non pas comme de simples demandeurs de financement. Le modèle économique adopté par zitouna Tamkeen, promeut la rentabilité et la pérennité des microprojets pour les bénéficiaires. a. Vision de zitouna Tamkeen Devenir un acteur incontournable de la microfinance islamique au niveau national et réputé à l’échelle internationale. b. Mission de zitouna Tamkeen Participation à l’inclusion financière et économique de la population défavorisée en adoptant une approche de capacitation économique à travers les outils de la finance islamique. c. Objectifs de zitouna Tamkeen ‾ Développement durable et le développement de la microfinance islamique. ‾ Couverture progressive des régions des agences fixes et mobiles. ‾ Interventions dans les secteurs d’activité porteurs et du renforcement des capacités des micro-entrepreneurs. d. Chiffres clés 13 agences fixes. 2 agences mobiles.
  • 30. ~ 29 ~ 20 nouvelles agences d’ici la fin de l’année 2021. 65’000 bénéficiaires des services de l’institution 2. Produits commercialisés par l’institution La Zitouna Tamkeen propose 4 produits de microfinance islamique : a. Montage de Projets de Capacitation Economique Zitouna Tamkeen adopte l’approche de la Capacitation Economique, une approche innovante pour atteindre des objectifs d’impact socio-économique. Il s’agit d’étudier les Chaines de Valeur à haut potentiel en termes de création d’emploi et de calibrer les points d’interventions afin d’atteindre le plus grand nombre de bénéficiaires via le financement des projets de capacitation économique. Zitouna Tamkeen jouera le rôle de liaison entre l’amont (Production) et l’aval (Commercialisation) dans une Chaine de Valeur. Le financement des projets de capacitation économique renforcera les différents maillons des filières et favorisera la synergie entre les différents acteurs des chaines de valeur La capacitation économique des populations défavorisées et l’auto-emploi n’est possible que par le levée de 6 barrières :  Découvrir et définir les opportunités d’investissements disponibles.  L’accès à des partenaires solides pour soutenir les projets afin d’avoir des partenariats pérennes. Opportunités d’investissement Partenariats intelligente Infrastructure et investissement de soutien L’accès aux marchés Confiance dans les compétences personnelles Financement approprié
  • 31. ~ 30 ~  L’accès à une infrastructure bien choisi de support adéquate à l’activité.  Entamer des marchés via des partenariats d’affaires à travers l’institution.  La valorisation des acquis et compétences des micro-entrepreneurs et la mise en valeur et en œuvre.  La proposition d’un financement approprié qui adéquat à l’activité des micro- entrepreneurs. b. Micro-Assurance Elle commercialise des services de micro assurances au nom de ses bénéficiaires à travers les compagnies d’assurance Takaful existantes sur le marché. c. Micro-Financement : la Mourabaha et Qard Al-Hassen Mourabaha est une vente avec marge. C’est un contrat par lequel la banque acquiert un bien en vue de le revendre à son client moyennant une marge bénéficiaire, cette marge correspond au service rendu par la banque et au risque pris par cette dernière. C’est un type de financement à court terme qui peut aller de six mois à une année. Figure 612. Contrat Mourabaha Trois parties interviennent dans un contrat Mourabaha : un client, un vendeur et l’institution de micro-finance islamique. Dans ce contrat, le client prend contact avec le vendeur pour définir les caractéristiques du bien à acquérir, ces informations sont transmises à l’institution de micro-finance islamique. 12 Conseil déontologique des valeurs mobilières (2011), Finance islamique, p.13. Vendeur Institution MFI Client Vente de biens à la banque Vente de biens au client Paiement du prix d’achat (x) Paiement du prix d’achat majoré d’une marge (x+y)
  • 32. ~ 31 ~ Le client passe avec l’institution un contrat de promesse d’achat du bien qu’elle promet elle-même de céder à ce dernier. L’institution passe avec le fournisseur un contrat de vente du bien en question qu’elle se fait livré, le bien est alors transféré au client par le contrat Mourabaha. Le montant à payer par le client et les modalités de paiement sont spécifiées dès le départ entre l’institution et son client. Le caractère licite de cette technique est lié au fait qu’il s’agit de la vente d’un bien matériel et non de l’échange d’argent contre de l’argent. Par ailleurs, pour éviter que l’opération ne soit confondue avec une vente à intérêt il faut que l’institution conserve la propriété de l’actif et assume le risque sous-jacent, jusqu’à ce que l’actif soit livré au client. d. Formation et Accompagnement Il s’agit d’une part des formations techniques portant sur le métier spécifique du microprojet, et d’autre part de formations managériales (en particulier les formations en soft- skills, technique de ventes, marketing, etc.) Relatives à la gestion financière et commerciale du microprojet. Ainsi, que l’accompagnement des bénéficiaires de financement permet de les faire profiter de l’expertise des agents d’affaires de l’institution en termes de conseil permettant de détecter les difficultés rencontrées par les clients, ce qui facilite la planification des formations adaptées. Le renforcement des capacités est un pilier fondamental nécessaire à la réussite des microprojets via l’accès à une formation adaptée aux compétences requises au succès du microprojet. 3. Défis de la micro finance en Tunisie Il est à noter par ailleurs qu’aucune institution de MFI existe en Tunisie jusqu’à date. Toutefois, la Banque Islamique de Développement (BID) en 2015 accordé à la Tunisie un montant de 50 millions de dollars sous forme de Moudaraba dans le cadre d’un programme de microfnancement islamique pour la promotion de l’entreprenariat chez les jeunes, et qui sera exécuté probablement par la BTS. Par ailleurs la BID a accordé un don de 320 mille dollars au profit de la même BTS pour le renforcement de ses capacités d’intervention afin de pouvoir mieux gérer le montant accordé. La réussite de cette première expérience va certainement infuser la MFI en Tunisie.
  • 33. ~ 32 ~ Le pays compte aujourd’hui selon certaines estimations entre 700 mille et 1 million de clients potentiels des services de MF alors qu'ils ne sont qu'un peu plus de 300 mille à pouvoir en bénéficier actuellement, c'est à dire entre 400 mille à 600 de plus qu’actuellement13 . Sur la base d’un tel objectif, la MF apparait comme un outil puissant pour éradiquer le chômage et par conséquent la pauvreté en Tunisie. Cependant, la motivation pour le sujet ne doit surtout pas dissimuler les risques qu’il y aurait à trop vouloir libéraliser. Il serait absurde de considérer la MF comme le remède absolu contre le chômage et la pauvreté en la laissant se développer de manière trop large et trop sauvage. En effet, certaines expériences notamment en Asie centrale, en Amérique Latine et même au Maroc montrent combien le développement d’une MF ultralibérale, trop dérégulée ou mercantile aboutit à des résultats catastrophiques et diamétralement opposées à l’essence même ce bel outil de développement. Il faut alors veiller à ce que le marché de MF ne soit ni trop concentré, ni trop saturé pour éviter d’aboutir à des problématiques complexes de surendettement et une concurrence contreproductive entre les IMF. Le potentiel de bénéficiaires supplémentaires oscille entre 400 et 600 mille. Pratiquement, cela signifie qu’il n’y a de place que pour deux ou trois nouveaux acteurs sérieux, assez puissants et surtout innovatrices. La réglementation nationale est la problématique la plus sérieuse empêchant l’expansion de la MFI en Tunisie. En effet, la loi actuelle non seulement ignore les spécificités des IMF islamiques mais aussi considérée inappropriée pour les IMF conventionnelles. Les limites majeures de cette loi peuvent être. Gross à modo, le cadre juridique incomplet et l’insuffisance de l’expertise au niveau de la supervision et de la conception de l’industrie de la micro finance islamique reste la problématique majeur devant un développement fort, cette dernière semble une opportunité très importante en Tunisie. 14 Elle constitue un modèle complémentaire à celui du modèle conventionnel ce qui peut développer le système financier et l’amélioration des conditions sociales en Tunisie 13 Ghalleb Nabil, La Micro finance islamique : une chance pour la nouvelle Tunisie 14 JDIDI Riadh, La micro finance islamique : peut-elle avoir une place dans le paysage financier tunisien
  • 34. ~ 33 ~ Conclusion De tout ce qui précède, on résulte que le développement et la micro finance islamique ont beaucoup de point communs. Tous les deux vise le bien-être des populations surtout que la micro finance islamique a pour objectifs aussi la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, la promotion de l’entreprenariat et le plein emploi. Elle favorise le développement en donnant accès à des services financiers à des populations en difficulté , donc peut-on dire que c’est un moyen de développement économique permettant aux personnes à faibles revenus exclues du système bancaire formel, d'améliorer leur mode de vie, d'augmenter leurs revenus, en leur offrant un ensemble de services financiers. Bien que certaines études indiquent que la micro finance islamique peut jouer un rôle dans la lutte Contre la pauvreté et peut être considérée comme la solution au sous- développement, il est également important, de souligner que la micro finance islamique peut être un filet de sûreté pour les plus démunis, mais ce n'est pas toujours la méthode appropriée, elle ne devrait jamais être considérée comme un levier de développement durable par l'accroissement des revenus et La diminution des inégalités. , c’est vrai elle contribue à la réduction de la pauvreté mais elle ne permet pas de créer de vraies richesses. Donc La micro finance doit s’accompagner d’un environnement adéquat pour un bon fonctionnement des choses et par là on peut dire que la micro finance islamique est un moyen de développement mais non pas durable.
  • 35. ~ 34 ~ Bibliographie  Islamic(Micro)Finance : Culture,Promise,Challenges pdf 2015  Islamic MicroFinance: An Emerging Market Niche pdf,August 2010  Islamic vs Conventional Microfinance institutions: Performance analysis in Mena countries,Ines Ben Abdelkader and Asma Ben Salem , University of sousse,Tunisia  La Microfinance islamique, janvier 2014, Luqyan Tamanni,University of Glasgow  Microfinance IslamiqueFaire des Affaires avec les populations défavorisées, Mohamadou GAMDJI,Banque Islamique de Développement,nov. 2017  La micro-finance islamique : Quel modèle de financement pour les TPE marocaines ? pdf,Khalid BRGCHOU,Pr.Mama HAMIMIDA,fev.2018  Ghalleb Nabil, La Micro finance islamique : une chance pour la nouvelle Tunisie  JDIDI Riadh, La micro finance islamique : peut-elle avoir une place dans le paysage financier tunisien  https://www.coveris-assurance.com/la-finance-islamique-en-quelques- chiffres,Consulté le 01/07/2018  https : //fr.wikipedia.org/wiki/Developpement_durable,Consulté, le 01/07/2018  Le Rapport du Groupe de travail ouvert de l’Assemblée générale sur les objectifs de développement durable  Rapport Brundtland- nations –unies -1987  Ines Ben Abdelkader, Asma Ben Salem, ‘Islamic vs Conventionel Microfinance Institutions : Performance analysis in MENA countries’  Islamic Microfinance : Context, Culture, Promises, Challenges, Financial Services For The Poor, August 2015  ABDUL RAHMAN, ‘Islamic Microfinance: A Missing Component in Islamic Banking’, Kyoto Bulletin of Islamic Area Studies, 1-2(2007), pp. 38-53  Frasca A. (2008), A FURTHER NICHE MARKET: Islamic Microfinance in the Middle East and North Africa, Center for Middle Eastern Studies & McCombs School of Business, University of Texas at Austin