SIGLAB : complots et médias sociaux

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Le 12 février, j'étais l'invité aux entretiens du Service d'Information du Gouvernement français à propos de la théorie du complot. A cette occasion, j'ai appliqué les méthodes que j'utilise habituellement afin de cerner la propagation de ces théories par les réseaux sociaux.

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SIGLAB : complots et médias sociaux

  1. 1. École de Communication ESPO Les entretiens du SIG Complots et médias sociaux
  2. 2. • Producteur de contenu : ont un intérêt à propager du la théorie du complot, car elle vient étayer leur haine du système. À l’extrême, cela peut être un commerce (Dieudonné) • Relayeur de contenu : le contenu produit vient étayer leurs pensées et théories sur le système politique. • Les consommateurs d’information : ils tombent sur la news au hasard de leurs visites. Attiré par le fait que les explications ont l’air plus vraisemblables que la vérité. « Il n’est pas possible qu’autant de gens se trompent ! » I. Complotistes : qui sont-ils ? (sous l’angle de la propagation de l’information)
  3. 3. I. Complotistes : le producteur de contenu Courant Dieudonné /Soral : antisioniste, anti-juif, anti- islam Nationaliste identitaire Mix des deux Pas d’opacité : Ils se suivent l’un l’autre Note méthodologique : compte avec quelques contenus « complots » mais pas forcément complotiste.
  4. 4. I. Complotistes : le relayeur de contenu Méthodologie : • Dieudonné et Soral hors analyse. • 5 concordances sur 10. • Absence de la gauche radicale
  5. 5. Complotiste extrême Droite politique (de « modéré » à « extrême Catholique extrême Nationaliste identitaire
  6. 6. I. Complotistes : le relayeur de contenu • Des communautés beaucoup plus étendues que les producteurs de contenu. • Ils apprécient la production de contenu, car elle vient “donner de l’eau au moulin” de leurs croyances. [La France d’avant, les sionistes, la perte du caractère catholique de la France, etc.] • Attention, note méthodologique : il n’est pas possible de dire qu’il y a absence d’opacité, car la méthodologie est faite pour isoler des communautés connexes (concordance de 5 following
  7. 7. • Paradoxe : il est critique. Cela lui paraît plus vraisemblable que la vérité dans un Web pour qui la vérité n’est pas celle qu’on croit. I. Complotistes : le consommateur d’information
  8. 8. I. Complotistes : le consommateur d’information • Il est en quête de sens. Recherche de rationalité. • Il est perdu dans la complexité du monde qui l’entoure. (Théorie dont il ne peut vérifier la véracité, mais dont il croit l’expertise exprimée)
  9. 9. • Monde de l’information de plus en plus rapide et donc de plus en plus d’erreurs. • Tout le monde peut être apprenti journaliste. Ces deux constats mènent à la désacralisation des principaux médias : ils ne sont plus le garant d’une information juste et impartiale. II. Les médias sociaux : facilitateur de propagation ?
  10. 10. • La place du Web est grandissante, car on a plus confiance en des gens comme nous. • L’importance de Google comme source d’autorité II. Les médias sociaux : facilitateur de propagation ?
  11. 11. • La place du Web : seul média auquel ont accès les complotistes. D’une simple gazette locale, on passe à un média mondial et accessible à tout un chacun. • If X =…, then : sur le Web, si l’on cherche un unijambiste franco- algérien acrobate, fan de Céline Dion, on le trouve. Phénomène “there’s an app for that” II. Les médias sociaux : facilitateur de propagation ?
  12. 12. II. Les médias sociaux : facilitateur de propagation ? • Les conversations politiques sur Twitter : on prend l’information et on la décrypte dans son camp. Gauche Droite
  13. 13. II. Les médias sociaux : facilitateur de propagation ? • Même phénomène pour le complotiste: le newsjacking.
  14. 14. III. Contre les théories du complot : que faire ? Pour les producteurs et relayeurs de contenu : peu d’espoir. Même pour les relayeurs non intentionnels : dissonance cognitive de leur part et l’information “brute” est la même à l’origine. Pour les consommateurs d’information : • Des médias plus intègres qui vérifient leurs sources. Peu d’espoir. • Éducation à l’esprit critique et à la consommation d’information sur Internet. • Surveiller les différentes théories et agir dès qu’une prend de l’ampleur : expert, informations, sensibilisation.

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