POÉSIE QUÉBÉCOISE Des balbutiements au verbe incarné Poètes du XIXe siècle Diane Boudreau Polyvalente Chanoine-Armand-Raci...
NOUVELLE-FRANCE <ul><li>Quelques écrits des premiers habitants ont été retrouvés: tradition orale et œuvres issues du cler...
René-Louis Chartier de Lotbinière (1641-1708) <ul><li>Né à Paris, René-Louis Chartier de Lotbinière arrive au pays à l’âge...
Étienne Marchand (1707-1774), prêtre né à Québec, devient grand vicaire du Gouvernement de Montréal à 33 ans, et compose d...
LE ROMANTISME <ul><li>Au Canada français, la poésie est le genre le plus tôt constitué. Généralement, elle raconte les déb...
Joseph Quesnel (1746-1809) <ul><li>Ce compositeur, violoniste, dramaturge et poète,  après avoir fait fortune dans le comm...
Stances sur mon jardin de Boucherville   (extrait) <ul><li>Petit jardin que j'ai planté Que ton enceinte sait me plaire ! ...
Joseph Mermet (1775 - vers 1828) <ul><li>Soldat du régiment de Watteville, venu au Canada en 1813, pour aider nos troupes ...
Tableau de la cataracte de Niagara (extrait) <ul><li>Un gouffre haut, profond, de ses bouches béantes, </li></ul><ul><li>G...
MICHEL BIBAUD (1782-1857)   <ul><li>BIBAUD, MICHEL, né à Montréal, est  professeur, journaliste, auteur, fonctionnaire et ...
SATIRE III. CONTRE LA PARESSE (EXTRAIT) <ul><li>Oh!   Combien ce pays renferme d’ignorants </li></ul><ul><li>Qu’on aurait ...
François-Xavier Garneau (1809-1866) <ul><li>Autodidacte né à Québec et de famille modeste, François-Xavier Garneau doit tr...
Les poèmes de Garneau, empreints de romantisme et de nationalisme, révèlent également un certain désenchantement et un cul...
Joseph Lenoir (1822-1861) <ul><li>Né à Saint-Henri (Montréal), Joseph Lenoir est admis au Barreau en 1847, mais il exerce ...
Caricature féroce, douceur élégiaque, exotisme pittoresque, revendication sociale sont des caractéristiques des extrêmes q...
OCTAVE CRÉMAZIE (1827-1879) <ul><li>Poète, Octave Crémazie est l'un des plus importants écrivains romantiques du Canada fr...
Crémazie n’aura écrit que 34 poèmes, mais la plupart sont dominés par le sentiment patriotique de fidélité à la langue fra...
Félix-Gabriel Marchand (1832-1900) <ul><li>Félix-Gabriel Marchand, né à Saint-Jean-sur-Richelieu, a été  journaliste, aute...
Le sonnet <ul><li>Non, jamais je n’ai pu fabriquer un sonnet </li></ul><ul><li>Sans mettre en désaccord le bon sens et la ...
Alfred Garneau (1836-1904) Poète, Alfred Garneau est le fils de François-Xavier Garneau, l’historien national. Il fait ses...
On retrouve chez Garneau une influence romantique et parnassienne. Sa poésie est intimiste tout en s’ouvrant sur   les val...
Pamphile Le May (1837-1918) <ul><li>Né à Lotbinière, le 5 janvier 1837, Léon-Pamphile Le May fait ses études classiques au...
<ul><li>Première faute  </li></ul><ul><li>Elle est belle et pourtant son front est nuageux.  </li></ul><ul><li>Son oeil bl...
LOUIS-HONORÉ FRÉCHETTE (1839-1908) <ul><ul><ul><ul><ul><li>Poète, conteur, dramaturge et journaliste, il fait ses études c...
Sa thématique est variée comme l’est l’ensemble de son œuvre. La liberté est l’idée centrale, son obsession. Il explore au...
Benjamin Sulte (1841-1923) <ul><li>Né le 17 septembre 1841 à Trois-Rivières, Benjamin Sulte fut poète, journaliste, chroni...
<ul><li>Elle est partie </li></ul><ul><li>Avec des larmes dans les yeux </li></ul><ul><li>Je revois ce toit solitaire ! </...
Moïse-Joseph Marsile (1846-1933) <ul><li>Né à Longueuil, Moïse-Joseph Marsile entre chez les Clercs de Saint-Viateur en 18...
Je vis (extrait) <ul><li>Je vis ! oh ! quel réveil que cette heure première ! Je vis ! et l’univers pour recevoir son roi ...
Apollinaire Gingras (1847-1935) <ul><li>Né à Saint-Antoine-de-Tilly, ordonné   prêtre en 1873, Apollinaire Gingras exerce ...
Feuille d'automne et jeune artiste (extrait) <ul><li>Par la brise d'automne à la forêt volée,  Une feuille d'érable erre d...
WILLIAM CHAPMAN (1850-1917) <ul><li>William Chapman fait des études de droit à l’Université Laval, mais il ne terminera ja...
L’AURORE BORÉALE (extrait) La nuit d'hiver étend son aile diaphane Sur l'immobilité morne de la savane Qui regarde monter,...
EUDORE ÉVANTUREL (1852-1919) <ul><li>Il naît à Québec le 22 septembre 1852. Sa famille est aisée  et son père est un homme...
Ses thèmes de prédilection sont la tristesse, les amants séparés, la sensualité et la passion. Les critiques qu’il reçut f...
NÉRÉE BEAUCHEMIN (1850-1931) <ul><ul><li>Né le 20 février 1850 à Yamachiche,au bord du lac St-Pierre, Beauchemin fait des ...
La cloche de Louisbourg   <ul><ul><ul><ul><ul><li>Cette vieille cloche d'église   Qu'une gloire en larmes encor  Blasonne,...
ÉMILE NELLIGAN (1879-1941) 12 ans
NELLIGAN À TRAVERS LES ÂGES…
<ul><li>Émile Nelligan est né à Montréal le 24 décembre 1879. Son père, d’origine irlandaise, est employé des postes, et s...
 
LA ROMANCE DU VIN <ul><li>Tout se mêle en un vif éclat de gaieté verte </li></ul><ul><li>Ô le beau soir de mai ! Tous les ...
<ul><li>Femmes ! je bois à vous qui riez du chemin </li></ul><ul><li>Où l'Idéal m'appelle en ouvrant ses bras roses; </li>...
DEVANT DEUX PORTRAITS DE MA MÈRE <ul><li>Ma mère, que je l'aime en ce portrait ancien, Peint aux jours glorieux qu'elle ét...
SOIR D’HIVER <ul><li>Ah! comme la neige a neigé! </li></ul><ul><li>Ma vie est un jardin de givre. </li></ul><ul><li>Ah! co...
ARTHUR DE BUSSIÈRES (1877-1913) Arthur de Bussières naît à Montréal le 20 janvier 1877. Il est un autodidacte, car il ne p...
KITA-NO-TENDJI <ul><li>C’est un temple de pierre aux structures énormes, </li></ul><ul><li>Dont les contours pesants estom...
RÉFÉRENCES <ul><li>MAILHOT, Laurent et P. Nepveu,  La poésie québécoise , Montréal, Typo, 1996. </li></ul><ul><li>Athena :...
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  1. 1. POÉSIE QUÉBÉCOISE Des balbutiements au verbe incarné Poètes du XIXe siècle Diane Boudreau Polyvalente Chanoine-Armand-Racicot © 2007
  2. 2. NOUVELLE-FRANCE <ul><li>Quelques écrits des premiers habitants ont été retrouvés: tradition orale et œuvres issues du clergé mettent en valeur les us et coutumes de l’époque. Par exemple, « À la claire fontaine », ballade populaire d’origine française : </li></ul><ul><li>À la claire fontaine, </li></ul><ul><li>M’en allant promener… </li></ul><ul><li>J’ai trouvé l’eau si belle </li></ul><ul><li>Que je m’y suis baigné; </li></ul><ul><li>Il y a longtemps que je t’aime, </li></ul><ul><li>Jamais je ne t’oublierai! </li></ul>
  3. 3. René-Louis Chartier de Lotbinière (1641-1708) <ul><li>Né à Paris, René-Louis Chartier de Lotbinière arrive au pays à l’âge de 10 ans et fait ses études au Collège des Jésuites de Québec. En 1666, il participe à l’expédition malheureuse de Monsieur de Courcelles contre les Iroquois, qu’il racontera en vers moqueurs. On dit qu’il s’agit probablement du premier poème écrit par quelqu’un qui a fait ses études au Canada. </li></ul><ul><li>Il y eut matiere de rire </li></ul><ul><li>Que je ne scaurais vous descrire </li></ul><ul><li>Car on voyoit ces fiierabras </li></ul><ul><li>Pour nettoyer leurs museaux gras </li></ul><ul><li>Se torcher au lieu de serviette </li></ul><ul><li>De leur chemise ou chemisette </li></ul><ul><li>Et quelques uns de leur capot </li></ul><ul><li>Dont ils frottoient souvent leur pot </li></ul>
  4. 4. Étienne Marchand (1707-1774), prêtre né à Québec, devient grand vicaire du Gouvernement de Montréal à 33 ans, et compose des « railleries » rimées sur la déconfiture de l’ennemi. Par exemple, dans le Carillon de la Nouvelle-France : Vous espériez dans notre fort, Manger une salade; Nous vous avons servi d’abord Une fine poivrade, Vous la trouviez d’un si haut goût, Que vous n’entendiez plus les coups Du carillon (bis) de la Nouvelle-France
  5. 5. LE ROMANTISME <ul><li>Au Canada français, la poésie est le genre le plus tôt constitué. Généralement, elle raconte les débats politiques et identitaires. À partir de 1860, la poésie se fait davantage patriotique et nationaliste. Seul Eudore Évanturel y introduit la sensualité et la passion . </li></ul>
  6. 6. Joseph Quesnel (1746-1809) <ul><li>Ce compositeur, violoniste, dramaturge et poète, après avoir fait fortune dans le commerce des fourrures, s’installe à Boucherville et s’occupe de théâtre, puis compose des chansons, duos, quatuors et symphonies, mais seules les parties vocales des opéras Colas et Colinette et Lucas et Cécile ont survécu. Ses œuvres sont parmi les premiers opéras composés en Amérique du Nord. </li></ul>
  7. 7. Stances sur mon jardin de Boucherville (extrait) <ul><li>Petit jardin que j'ai planté Que ton enceinte sait me plaire ! Je vois en ta simplicité, L'image de mon caractère. Pour rêver qu'on s'y trouve bien ! Ton agrément c'est la verdure ; À l'art tu ne dois presque rien, Tu dois beaucoup à la nature. D'un fleuve rapide en son cours, Tes murs viennent toucher la rive, Et j'y vois s'écouler mes jours, Comme son onde fugitive. </li></ul>
  8. 8. Joseph Mermet (1775 - vers 1828) <ul><li>Soldat du régiment de Watteville, venu au Canada en 1813, pour aider nos troupes à combattre les armées américaines. Joseph Mermet, envoyé à Kingston avec son régiment, y connaît Jacques Viger, se lie d'amitié avec lui, et publie dans le Spectateur de Montréal de nombreuses poésies, entre autres, La Victoire de Châteauguay et Le Tableau de la cataracte de Niagara . On se disputait dans les salons de Montréal les vers inédits du poète de Kingston . </li></ul>
  9. 9. Tableau de la cataracte de Niagara (extrait) <ul><li>Un gouffre haut, profond, de ses bouches béantes, </li></ul><ul><li>Gronde, écume et vomit, en ondes mugissantes, </li></ul><ul><li>Deux fleuves mutinés, deux immenses torrents; </li></ul><ul><li>Plus altiers, plus fougueux que ces rochers ardents </li></ul><ul><li>Qui renferment la flamme, et lancent de leur gouffre </li></ul><ul><li>Les flots empoisonnés du bitume et du soufre; </li></ul><ul><li>Le premier des torrents, et le plus irrité </li></ul><ul><li>Des rayons du Soleil réfléchit la clarté. </li></ul>
  10. 10. MICHEL BIBAUD (1782-1857) <ul><li>BIBAUD, MICHEL, né à Montréal, est professeur, journaliste, auteur, fonctionnaire et juge de paix. Il publie Épîtres, satires, chansons, épigrammes et autres pièces de vers , le premier recueil de poésie d’un Canadien français à être édité au Canada. Cependant, la critique n’a pas crié au génie, loin de là. Bibaud tentait d’éclairer le peuple sur ses misères, d’ironiser en dévoilant ses tares et ses méfaits, et de sublimer en présentant des héros nationaux et étrangers, mais sa poésie, moralisatrice, sévère, aigre et pessimiste, manquait d’originalité, de spontanéité et de chaleur. </li></ul>
  11. 11. SATIRE III. CONTRE LA PARESSE (EXTRAIT) <ul><li>Oh! Combien ce pays renferme d’ignorants </li></ul><ul><li>Qu’on aurait pu compter au nombre des savants, </li></ul><ul><li>S’ils n’eussent un peu trop écouté la Paresse, </li></ul><ul><li>Et s’ils se fussent moins plongés dans la mollesse! </li></ul><ul><li>Combien au lieu de lire, écrire ou travailler, </li></ul><ul><li>Passent le temps à rire, ou jouer, ou bâiller! </li></ul>
  12. 12. François-Xavier Garneau (1809-1866) <ul><li>Autodidacte né à Québec et de famille modeste, François-Xavier Garneau doit travailler rapidement : il entre à 16 ans comme clerc dans l'étude d'Archibald Campbell pour devenir notaire en 1830. Il part ensuite pour l'Europe en 1831, suit les cours de Michelet à Paris. C'est à cette époque qu'il décide de devenir écrivain et historien. On lui doit sa célèbre Histoire du Canada publiée de 1845 à 1852. De retour à Québec, il est journaliste et fonde L'Abeille canadienne en 1833 et L'Institut en 1841. Il publie aussi des poèmes dans Le Canadien . Il devient traducteur à l'Assemblée législative, puis greffier à la ville en 1843, et, il est élu président de l'Institut canadien en 1851. Épileptique, il démissionne de son poste de greffier en 1863. </li></ul>
  13. 13. Les poèmes de Garneau, empreints de romantisme et de nationalisme, révèlent également un certain désenchantement et un culte à la liberté. <ul><li>À mon fils (extrait) </li></ul><ul><li>Lorsque tu dors sur le sein de ta mère </li></ul><ul><li>Souvent mes yeux s'arrêtent sur tes traits, </li></ul><ul><li>Où les zéphirs sous la gaze légère </li></ul><ul><li>Portent des champs les parfums toujours frais. </li></ul><ul><li>Mais qui peut dire, en quittant le rivage, </li></ul><ul><li>Que les zéphirs te suivront jusqu'au port ? </li></ul><ul><li>Dors, mon enfant; le ciel est sans nuage, </li></ul><ul><li>Et l'aquilon ne souffle pas encor. </li></ul><ul><li>Des rêves d'or berceront ton enfance; </li></ul><ul><li>Insoucieux, tout te semblera beau. </li></ul><ul><li>Tu grandiras, avec toi l'espérance, </li></ul><ul><li>Prisme trompeur qui nous suit au tombeau. </li></ul>
  14. 14. Joseph Lenoir (1822-1861) <ul><li>Né à Saint-Henri (Montréal), Joseph Lenoir est admis au Barreau en 1847, mais il exerce peu sa profession, préférant écrire. Écrivain aux idées libérales, il participe à la fondation du journal L’Avenir et aux activités de l’Institut canadien. Condamné par Mgr Bourget à cause de ses idées, il devient bibliothécaire, puis responsable de la correspondance et assistant-rédacteur (journal) au département de l’Instruction publique. Il ne parviendra pas à publier un recueil de son vivant. </li></ul>
  15. 15. Caricature féroce, douceur élégiaque, exotisme pittoresque, revendication sociale sont des caractéristiques des extrêmes que le poète utilise selon les influences du moment. <ul><li>Amour (extrait) </li></ul><ul><li>À quoi pense la jeune fille, Celle qui rit, chante et s'habille, En se regardant au miroir; Qui, posant les mains sur ses hanches, Dit : Oh ! mes dents sont bien plus blanches Que le lin de mon blanc peignoir ? Elle se promet, folle reine, De régner fière et souveraine, Au milieu des parfums du bal ; Elle compose son sourire, Afin que d'elle on puisse dire: Son amour à tous fut fatal ! </li></ul>
  16. 16. OCTAVE CRÉMAZIE (1827-1879) <ul><li>Poète, Octave Crémazie est l'un des plus importants écrivains romantiques du Canada français. Il fonde avec son frère en 1843 une « librairie ecclésiastique » qui devient l'un des foyers de la culture de la Ville de Québec. En 1850, il fait un premier voyage en Europe, puis deux autres en 1854 et en 1856, et fréquente les salons littéraires. Vers 1860, l'arrière-boutique de la librairie est un lieu de rencontre où se côtoient les plus grands auteurs québécois. La librairie fait cependant faillite en 1862 et Octave Crémazie, endetté, doit s'enfuir clandestinement pour Paris, où il prend le nom de Jules Fontaine. Il vit dans la difficulté et assiste au siège de Paris. En 1872, il perd son frère, il est désormais sans appui et se rend travailler à Bordeaux puis au Havre pour des libraires. Ses poèmes sont réunis pour la première fois en 1864 dans le recueil Littérature canadienne de 1850 à 1860 . </li></ul>
  17. 17. Crémazie n’aura écrit que 34 poèmes, mais la plupart sont dominés par le sentiment patriotique de fidélité à la langue française et à la foi catholique et à l’obsession de la mort. Il est consacré poète national après la publication du Drapeau du Carillon. <ul><li>Ô Carillon, je te revois encore, Non plus hélas ! comme en ces jours bénis Où dans tes murs la trompette sonore Pour te sauver nous avait réunis. Je viens à toi, quand mon âme succombe Et sent déjà son courage faiblir. Oui, près de toi, venant chercher ma tombe, Pour mon drapeau je viens ici mourir. </li></ul><ul><li>« Mes compagnons, d'une vaine espérance, Berçant encor leurs coeurs toujours français, Les yeux tournés du côté de la France, Diront souvent : reviendront-ils jamais ? L'illusion consolera leur vie ; Moi, sans espoir, quand mes jours vont finir, Et sans entendre une parole amie, Pour mon drapeau je viens ici mourir. </li></ul>
  18. 18. Félix-Gabriel Marchand (1832-1900) <ul><li>Félix-Gabriel Marchand, né à Saint-Jean-sur-Richelieu, a été journaliste, auteur, notaire et premier ministre du Québec, sous la bannière du Parti libéral du Québec, du 27 mai 1897 au 25 septembre 1900, date à laquelle il est décédé dans l'exercice de ses fonctions. Il a surtout écrit des pièces de théâtre, mais son recueil, Mélanges poétiques et littéraires contient des poèmes et des essais. </li></ul>
  19. 19. Le sonnet <ul><li>Non, jamais je n’ai pu fabriquer un sonnet </li></ul><ul><li>Sans mettre en désaccord le bon sens et la rime; </li></ul><ul><li>Un son qui, dans huit vers, quatre fois résonnait, </li></ul><ul><li>En passant sur ma lyre avait un bruit de lime. </li></ul><ul><li>J’errais, sans rien trouver, du badin au sublime </li></ul><ul><li>Et très nerveux souvent, lorsque minuit sonnait, </li></ul><ul><li>Comme un pauvre forçat qui regrette son crime, </li></ul><ul><li>Je rougissais des vers que ma main façonnait. </li></ul><ul><li>Puis, le cœur pénétré de honte et de colère, </li></ul><ul><li>Je déplorais tout bas mon peu de savoir-faire, </li></ul><ul><li>En maudissant ma muse et Pégase au surplus ! </li></ul><ul><li>Mais, grand Dieu, voilà bien que sur lui je remonte </li></ul><ul><li>Et qu’insensiblement, sous ma main il se dompte ! ... </li></ul><ul><li>Bravo ! … j’ai mon sonnet ! ... on ne m’y prendra plus. </li></ul>
  20. 20. Alfred Garneau (1836-1904) Poète, Alfred Garneau est le fils de François-Xavier Garneau, l’historien national. Il fait ses études au Petit Séminaire de Québec, puis il étudie le droit à l’Université Laval. Il occupe un poste de traducteur surnuméraire pour la session du Parlement, avant de devenir traducteur adjoint, en 1862. Quatre ans plus tard, à Ottawa, il est nommé chef des traducteurs au Sénat. En 1883, il fait un voyage de deux mois en Europe. De son vivant, Alfred Garneau n’a publié aucun recueil de poésie.
  21. 21. On retrouve chez Garneau une influence romantique et parnassienne. Sa poésie est intimiste tout en s’ouvrant sur les valeurs universelles. <ul><li>Croquis </li></ul><ul><li>Je cherchais, à l'aurore, une fleur peu connue, Pâle fille des bois et de secrets ruisseaux, Des sources de cristal aux murmurantes eaux, Enchaînèrent mes pas et surprirent ma vue. Ô fraîche cascatelle ! En légers écheveaux, Son onde s'effilait, blanche, à la roche nue, Puis, sous un rayon d'or un moment retenue, Elle riait au ciel entre ses bruns roseaux ! Et comme j'inclinais quelques tiges mutines, Sans bruit, l'oreille ouverte aux rumeurs argentines, Pareilles aux soupirs d'un luth mystérieux, Soudain, glissant vers moi sur son aile inquiète À travers les rameaux, doux et penchant sa tête, Un rossignol vint boire au flot harmonieux. </li></ul>
  22. 22. Pamphile Le May (1837-1918) <ul><li>Né à Lotbinière, le 5 janvier 1837, Léon-Pamphile Le May fait ses études classiques au Séminaire de Québec suivies de deux années de théologie. Il se lie d'amitié avec Louis Fréchette et devient traducteur à l'Assemblée législative du Canada-Uni de 1861 à 1866. Il étudie le droit à Québec et est reçu avocat en 1865. Il travaille ensuite comme bibliothécaire au Parlement de Québec. Tout en écrivant des textes de plusieurs genres littéraires dont la poésie, le conte, le roman et le théâtre. Il a également traduit le poème “Évangéline” de Longfellow. Il meurt le 11 juin 1918. </li></ul>
  23. 23. <ul><li>Première faute </li></ul><ul><li>Elle est belle et pourtant son front est nuageux. </li></ul><ul><li>Son oeil bleu flotte vague et son rire fascine. </li></ul><ul><li>Sa bouche enivre et ment. L'aurore capucine </li></ul><ul><li>Luit dans ses cheveux blonds près du muguet neigeux. </li></ul><ul><li>Prendre ou briser des coeurs, c'est pour elle des jeux, </li></ul><ul><li>Mais l'amour en secret a poussé sa racine. </li></ul><ul><li>Dans son esprit ému l'imprudente dessine </li></ul><ul><li>Des chemins de lumière et des sentiers fangeux... </li></ul><ul><li>Maintenant elle pleure et sa beauté se fane; </li></ul><ul><li>Et comme des vols noirs dans le ciel diaphane, </li></ul><ul><li>Passent sur sa pauvre âme un essaim de remords. </li></ul><ul><li>Emportez, emportez à jamais, heures lentes, </li></ul><ul><li>Ces souvenirs cuisants! Sous des cendres brûlantes </li></ul><ul><li>Les bonheurs entrevus depuis longtemps sont morts! </li></ul>L’amour de la terre, de la patrie, la religion, la vie campagnarde et l’amour sont les thèmes de prédilection de ce poète. Il affectionne particulièrement les sonnets:
  24. 24. LOUIS-HONORÉ FRÉCHETTE (1839-1908) <ul><ul><ul><ul><ul><li>Poète, conteur, dramaturge et journaliste, il fait ses études classiques au Séminaire de Québec, au Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière et au Séminaire de Nicolet de 1854 à 1860. Il suit un cours de droit à l'Université Laval de 1860 à 1861. De 1861 à 1862, il est attaché au Journal de Québec et devient traducteur au Parlement. C'est à cette époque que sont jouées ses deux pièces de théâtre Les Notaires du village et Félix Poutré ; en 1863 son premier recueil de poésie intitulé Mes loisirs est publié. Devenu avocat, il ouvre un bureau à Lévis en 1864 et fonde deux journaux : Le drapeau de Lévis puis La Tribune de Lévis. Sans reconnaissance littéraire ni journalistique, il décide de s'exiler à Chicago où il occupe un poste de secrétaire correspondant au département des terres de l'Illinois Central Rail Road Co. Il retourne à Québec en 1871 et se fait élire député du Comté de Lévis au parlement fédéral en 1874. Il perd aux élections de 1878 et décide de s'installer à Montréal pour se consacrer à son écriture. Il est nommé greffier du Conseil législatif du Québec en 1889. En 1880, il se rend à Paris et reçoit le Prix Montyon de l'Académie française qui a aussi couronné son recueil de poésie Les Fleurs boréales et rencontre Victor Hugo. Il devient membre fondateur de la Société royale du Canada en 1882; il en est le président de 1900 à 1901. Il a également participé à l’École littéraire de Montréal en tant que président d'honneur. </li></ul></ul></ul></ul></ul>
  25. 25. Sa thématique est variée comme l’est l’ensemble de son œuvre. La liberté est l’idée centrale, son obsession. Il explore aussi d’autres thèmes comme la nature, l’artiste, l’amour, Dieu et les souvenirs. Comme Crémazie, il exalte également les exploits des héros du passé. Il s’inspire à l’occasion du folklore local ou de personnages amérindiens comme dans Le chant de la huronne . <ul><li>Glisse, mon canot, glisse Sur le fleuve d'azur ! Qu'un Manitou propice À la fille des bois donne un ciel toujours pur ! </li></ul><ul><li>Le guerrier blanc regagne sa chaumine ; Le vent du soir agite le roseau, Et mon canot, sur la vague argentine, Bondit léger comme l'oiseau. </li></ul><ul><li>Glisse, mon canot, glisse Sur le fleuve d'azur ! Qu'un Manitou propice À la fille des bois donne un ciel toujours pur ! </li></ul><ul><li>De la forêt la brise au frais murmure Fait soupirer le feuillage mouvant ; L'écho se tait et de ma chevelure L'ébène flotte au gré du vent ! </li></ul>
  26. 26. Benjamin Sulte (1841-1923) <ul><li>Né le 17 septembre 1841 à Trois-Rivières, Benjamin Sulte fut poète, journaliste, chroniqueur, critique, conférencier, historien et capitaine de la milice. Durant ses années de jeunesse, il se passionne pour la littérature et on le connaît pour ses chansons. Il crée alors un cercle littéraire qui attire l'attention. Il s'installe à Ottawa où il est rédacteur du Canada puis traducteur à la Chambre des Communes. Il a écrit en anglais et en français une foule de textes dont la liste a déjà paru dans les Mémoires de la Société royale du Canada. Il fut l'une des figures les plus remarquables de cette Société. Quant à ses travaux, on peut croire que son Histoire des Canadiens-Français (1882) est sa principale réalisation. </li></ul>
  27. 27. <ul><li>Elle est partie </li></ul><ul><li>Avec des larmes dans les yeux </li></ul><ul><li>Je revois ce toit solitaire ! </li></ul><ul><li>Ici, jadis, j’étais heureux… </li></ul><ul><li>Autant qu’on peut l’être sur terre. </li></ul><ul><li>Tout m’y parle des temps joyeux </li></ul><ul><li>Où, me recevant comme un frère, </li></ul><ul><li>Ses plaisirs, ses peines, ses jeux </li></ul><ul><li>M’étaient confiés sans mystère. </li></ul><ul><li>Dans mon cœur je réveille, hélas ! </li></ul><ul><li>Des souvenirs sans espérance: </li></ul><ul><li>Le passé ne reviendra pas ! </li></ul><ul><li>En vain pour calmer ma souffrance </li></ul><ul><li>Je veux retourner sur mes pas !... </li></ul><ul><li>Tout me rappelle sa présence ! </li></ul>Sulte a publié deux recueils de poésie, Les Laurentiennes (1870) et Les Chants nouveaux (1890), où l’écriture simple montre souvent plus de naïveté que de véritable inspiration.
  28. 28. Moïse-Joseph Marsile (1846-1933) <ul><li>Né à Longueuil, Moïse-Joseph Marsile entre chez les Clercs de Saint-Viateur en 1862. Il enseigne six ans à Rigaud, puis il est envoyé au collège de sa communauté près de Chicago, où il deviendra directeur quelques années plus tard. À 43 ans, il décide de publier ses premiers poèmes, Épines et fleurs (1889), à la fois classiques et modernes, sur la poésie elle-même, ses jardins ou ses sensations. </li></ul>
  29. 29. Je vis (extrait) <ul><li>Je vis ! oh ! quel réveil que cette heure première ! Je vis ! et l’univers pour recevoir son roi S’ouvre ainsi qu’un palais inondé de lumière, Dois-je en croire mes yeux ? Tant de splendeur pour moi ! Déroule, firmament, ton dais semé d’étoiles D’où le rêve sourit à mon calme sommeil ; Bercez-moi, flots des mers, à l’ombre de vos voiles ; Comme une lampe d’or, resplendis, ô soleil ! Dressez vos blancs sommets, monts couronnés de neige : Alpes, n’êtes-vous pas les colonnes des cieux ? Entre vos bleus piliers – majestueux cortège – Que l’aigle m’accompagne en son sol glorieux ! Fleurs, frais trésors auxquels il ne manque qu’une âme, Répandez dans les airs vos parfums enivrants ; Pour chanter, doux oiseaux, le bonheur qui m’enflamme De vos gosiers versez l’harmonie à torrents ! </li></ul>
  30. 30. Apollinaire Gingras (1847-1935) <ul><li>Né à Saint-Antoine-de-Tilly, ordonné prêtre en 1873, Apollinaire Gingras exerce son ministère dans différentes paroisses au Saguenay et dans la région de Québec. Il publie un recueil de «poésies fugitives» bien ancrées dans le quotidien et dans le folklore en 1881, Au foyer de mon presbytère, poèmes et chansons . </li></ul>
  31. 31. Feuille d'automne et jeune artiste (extrait) <ul><li>Par la brise d'automne à la forêt volée, Une feuille d'érable erre dans la vallée : Papillon fantastique aux ailes de carmin ! Un enfant, qui folâtre au pied de la colline, S'élance pour saisir cette feuille divine : Enfin, la feuille est dans sa main. Ne méprisez pas, je vous prie, Cette feuille rouge et flétrie, Léger débris de la forêt : Dieu la chérit, puisqu'il l'a faite ! Pour cet enfant déjà poète, Cette feuille - pour nous muette - Porte du beau quelque reflet. </li></ul>
  32. 32. WILLIAM CHAPMAN (1850-1917) <ul><li>William Chapman fait des études de droit à l’Université Laval, mais il ne terminera jamais ses études. Il collabore à des journaux comme La Patrie (1883-1884), puis à La Minerve (1884-1889). Pendant sept ans, il est fonctionnaire au ministère du Procureur général, puis devient vendeur d’assurances dans les Cantons de l’Est avant de s’établir à Ottawa, en 1898, à titre de libraire. En 1902, il occupe un poste de traducteur au Sénat. En 1876, Chapman publie Les Québecquoises , un des premiers recueils de poésies du Canada français. En 1890, il publie Les feuilles d’érable , un des plus importants recueils de poésie du XIXe siècle. Les thèmes patriotiques et religieux et la nature sont omniprésents. Il a aussi écrit plusieurs pièces de circonstance. </li></ul>
  33. 33. L’AURORE BORÉALE (extrait) La nuit d'hiver étend son aile diaphane Sur l'immobilité morne de la savane Qui regarde monter, dans le recueillement, La lune, à l'horizon, comme un saint-sacrement. L'azur du ciel est vif, et chaque étoile blonde Brille à travers les fûts de la forêt profonde. La rafale se tait, et les sapins glacés, Comme des spectres blancs, penchent leurs fronts lassés Sous le poids de la neige étincelant dans l'ombre. La savane s'endort dans sa majesté sombre, Pleine du saint émoi qui vient du firmament. Dans l'espace nul bruit ne trouble, un seul moment, Le transparent sommeil des gigantesques arbres Dont les troncs sous le givre ont la pâleur des marbres. Seul, le craquement sourd d'un bouleau qui se fend Sous l'invincible effort du grand froid triomphant Rompt d'instant en instant le solennel s ilence Du désert qui poursuit sa rêverie immense.
  34. 34. EUDORE ÉVANTUREL (1852-1919) <ul><li>Il naît à Québec le 22 septembre 1852. Sa famille est aisée et son père est un homme politique. Il publie ses Premières poésies en 1878 et reçoit des critiques virulentes d’un journaliste catholique, Jules-Paul Tardivel, qui le forcent à quitter son emploi auprès du Conseil </li></ul><ul><li>législatif de la province. Il s’exile alors aux États-Unis où il sera secrétaire d’un historien, propriétaire d’un journal puis délégué du Québec aux Archives de Boston et de Washington. Il meurt à Boston le 16 mai 1919. </li></ul>
  35. 35. Ses thèmes de prédilection sont la tristesse, les amants séparés, la sensualité et la passion. Les critiques qu’il reçut feront qu’il cessera d’écrire croyant inutile de confronter les valeurs catholiques de l’époque. Plusieurs de ses poèmes sont jugés immoraux comme Le rendez-vous. <ul><li>J’ÉTAIS sorti, croyant la voir après la messe, </li></ul><ul><li>Comme elle m’en avait d’ailleurs fait la promesse, </li></ul><ul><li>En me quittant, la veille au bas de l’escalier. </li></ul><ul><li>Et j’allais respirant un parfum printanier, </li></ul><ul><li>Qui me versait l’odeur du paradis dans l’âme, </li></ul><ul><li>En songeant que j’allais rencontrer cette femme, </li></ul><ul><li>Qui me faisait souffrir encor plus que jamais – </li></ul><ul><li>Pour ne plus lui cacher enfin que je l’aimais. </li></ul><ul><li>Je ne l’entrevis point au sortir de l’église. </li></ul><ul><li>Pas un chapeau pareil au sien, ni robe grise. </li></ul><ul><li>J’attendis vainement jusqu’au soleil couché. </li></ul><ul><li>Je revins cependant, sans paraître fâché, </li></ul><ul><li>Très lentement, les yeux levés, la tête haute. </li></ul><ul><li>Mais j’ai battu mon chien en entrant. </li></ul><ul><li>C’est sa faute. </li></ul>
  36. 36. NÉRÉE BEAUCHEMIN (1850-1931) <ul><ul><li>Né le 20 février 1850 à Yamachiche,au bord du lac St-Pierre, Beauchemin fait des études de médecine et établit sa pratique dans sa ville natale. Il publie d’abord des poèmes dans plusieurs journaux et revues. En 1897, il publie un recueil, Les floraisons matutinales , constitué de ses meilleurs poèmes. Ce recueil suscite peu d’intérêt et reçoit de mauvaises critiques, ce qui explique le silence de plus de 30 ans de l’auteur. En 1928, il publie un second recueil, Patrie intime . Alors que le premier recueil se veut d’inspiration romantique où le poète laisse une grande place aux émotions sans renoncer à une célébration de la patrie et de la religion, le second recueil possède une thématique patriotique indéniable. Rêveries, sobriété et réflexions côtoient le romantisme. « La cloche de Louisbourg » est l’illustration parfaite du patriotisme allié au romantisme. </li></ul></ul>
  37. 37. La cloche de Louisbourg <ul><ul><ul><ul><ul><li>Cette vieille cloche d'église Qu'une gloire en larmes encor Blasonne, brode et fleurdelise, Rutile à nos yeux comme l'or. </li></ul></ul></ul></ul></ul><ul><ul><ul><ul><ul><li>On lit le nom de la marraine, En traits fleuronnés, sur l'airain, Un nom de sainte, un nom de reine, Et puis le prénom du parrain. </li></ul></ul></ul></ul></ul><ul><ul><ul><ul><ul><li>C'est une pieuse relique : On peut la baiser à genoux; Elle est française et catholique Comme les cloches de chez nous. </li></ul></ul></ul></ul></ul><ul><ul><ul><ul><ul><li>Jadis ses pures sonneries Ont mené les processions, Les cortèges, les théories Des premières communions. </li></ul></ul></ul></ul></ul><ul><ul><ul><ul><ul><li>Bien des fois, pendant la nuitée, Par les grands coups de vent d'avril Elle a signalé la jetée Aux pauvres pêcheurs en péril. </li></ul></ul></ul></ul></ul><ul><ul><ul><ul><ul><li>À présent, le soir, sur les vagues, Quelque marin qui rôde là, Croit ouïr des carillons vagues Tinter l'Ave Maris Stella. </li></ul></ul></ul></ul></ul>
  38. 38. ÉMILE NELLIGAN (1879-1941) 12 ans
  39. 39. NELLIGAN À TRAVERS LES ÂGES…
  40. 40. <ul><li>Émile Nelligan est né à Montréal le 24 décembre 1879. Son père, d’origine irlandaise, est employé des postes, et sa mère appartient à la bourgeoisie canadienne-française. Adolescent, Nelligan est un révolté. Les études l’ennuient et il erre dans les rues de la ville alors qu’il devrait être au collège. Il se sent proche de sa mère dont il adopte la langue et la culture alors que son père ne souhaite pour lui que la réussite sociale. Les relations entre Nelligan et son père sont tendues et nombreuses sont les querelles. À 17 ans, il participe à un concours de poésie et choisit dès lors la vie de poète et la bohème. Il lit Rimbaud et Verlaine et s’identifie à leur mélancolie. Il écrira son œuvre en quelque trois années et sera interné dans une institution psychiatrique le 9 août 1899 à la demande de son père. Il y demeura jusqu’à sa mort le 18 novembre 1941. Nelligan est décrit comme un poète de l’inquiétude et de la désespérance à la sensibilité exubérante. Le nationalisme cède donc la place au moi. </li></ul>
  41. 42. LA ROMANCE DU VIN <ul><li>Tout se mêle en un vif éclat de gaieté verte </li></ul><ul><li>Ô le beau soir de mai ! Tous les oiseaux en choeur, </li></ul><ul><li>Ainsi que les espoirs naguère à mon coeur, </li></ul><ul><li>Modulent leur prélude à ma croisée ouverte. </li></ul><ul><li>Ô le beau soir de mai ! le joyeux soir de mai ! </li></ul><ul><li>Un orgue au loin éclate en froides mélopées; </li></ul><ul><li>Et les rayons, ainsi que de pourpres épées, </li></ul><ul><li>Percent le coeur du jour qui se meurt parfumé. </li></ul><ul><li>Je suis gai! je suis gai ! Dans le cristal qui chante, </li></ul><ul><li>Verse, verse le vin ! verse encore et toujours, </li></ul><ul><li>Que je puisse oublier la tristesse des jours, </li></ul><ul><li>Dans le dédain que j'ai de la foule méchante ! </li></ul><ul><li>Je suis gai ! je suis gai ! Vive le vin et l'Art !... </li></ul><ul><li>J'ai le rêve de faire aussi des vers célèbres, </li></ul><ul><li>Des vers qui gémiront les musiques funèbres </li></ul><ul><li>Des vents d'automne au loin passant dans le brouillard. </li></ul><ul><li>C'est le règne du rire amer et de la rage </li></ul><ul><li>De se savoir poète et objet du mépris, </li></ul><ul><li>De se savoir un coeur et de n'être compris </li></ul><ul><li>Que par le clair de lune et les grands soirs d'orage ! </li></ul>
  42. 43. <ul><li>Femmes ! je bois à vous qui riez du chemin </li></ul><ul><li>Où l'Idéal m'appelle en ouvrant ses bras roses; </li></ul><ul><li>Je bois à vous surtout, hommes aux fronts moroses </li></ul><ul><li>Qui dédaignez ma vie et repoussez ma main ! </li></ul><ul><li>Pendant que tout l'azur s'étoile dans la gloire, </li></ul><ul><li>Et qu'un rythme s'entonne au renouveau doré, </li></ul><ul><li>Sur le jour expirant je n'ai donc pas pleuré, </li></ul><ul><li>Moi qui marche à tâtons dans ma jeunesse noire ! </li></ul><ul><li>Je suis gai ! je suis gai ! Vive le soir de mai ! </li></ul><ul><li>Je suis follement gai, sans être pourtant ivre !... </li></ul><ul><li>Serait-ce que je suis enfin heureux de vivre; </li></ul><ul><li>Enfin mon coeur est-il guéri d'avoir aimé ? </li></ul><ul><li>Les cloches ont chanté; le vent du soir odore... </li></ul><ul><li>Et pendant que le vin ruisselle à joyeux flots, </li></ul><ul><li>Je suis gai, si gai, dans mon rire sonore, </li></ul><ul><li>Oh ! si gai, que j'ai peur d'éclater en sanglots ! </li></ul>
  43. 44. DEVANT DEUX PORTRAITS DE MA MÈRE <ul><li>Ma mère, que je l'aime en ce portrait ancien, Peint aux jours glorieux qu'elle était jeune fille, Le front couleur de lys et le regard qui brille Comme un éblouissant miroir vénitien! </li></ul><ul><li>Ma mère que voici n'est plus du tout la même; Les rides ont creusé le beau marbre frontal; Elle a perdu l'éclat du temps sentimental Où son hymen chanta comme un rose poème. </li></ul><ul><li>Aujourd'hui je compare, et j'en suis triste aussi, Ce front nimbé de joie et ce front de souci, Soleil d'or, brouillard dense au couchant des années. </li></ul><ul><li>Mais, mystère de coeur qui ne peut s'éclairer! Comment puis-je sourire à ces lèvres fanées? Au portrait qui sourit, comment puis-je pleurer? </li></ul>
  44. 45. SOIR D’HIVER <ul><li>Ah! comme la neige a neigé! </li></ul><ul><li>Ma vie est un jardin de givre. </li></ul><ul><li>Ah! comme la neige a neigé! </li></ul><ul><li>Qu'est-ce que le spasme de vivre </li></ul><ul><li>Ô la douleur que j'ai, que j'ai! </li></ul><ul><li>Tous les étangs gisent gelés, </li></ul><ul><li>Mon âme est noire: Où vis-je? où vais-je? </li></ul><ul><li>Tous ses espoirs gisent gelés: </li></ul><ul><li>Je suis la nouvelle Norvège </li></ul><ul><li>D'où les blonds ciels s'en sont allés. </li></ul><ul><li>Pleurez, oiseaux de février, </li></ul><ul><li>Au sinistre frisson des choses, </li></ul><ul><li>Pleurez, oiseaux de février, </li></ul><ul><li>Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses, </li></ul><ul><li>Aux branches du genévrier. </li></ul><ul><li>Ah! comme la neige a neigé! </li></ul><ul><li>Ma vie est un jardin de givre. </li></ul><ul><li>Ah! comme la neige a neigé! </li></ul><ul><li>Qu'est-ce que le spasme de vivre </li></ul><ul><li>À tout l'ennui que j'ai, que j'ai!... </li></ul>
  45. 46. ARTHUR DE BUSSIÈRES (1877-1913) Arthur de Bussières naît à Montréal le 20 janvier 1877. Il est un autodidacte, car il ne peut fréquenter le collège étant né pauvre dans une famille qui compte 13 enfants. Il sera peintre en bâtiments et décorateur de vitrines pour survivre. Il est curieux de nature et s’intéresse à une multitude de domaines: astronomie, architecture et poésie. Il mène une vie désordonnée et deviendra alcoolique très jeune. Il commence à fréquenter Nelligan et deviendra son ami intime très rapidement. Dès 1900, on l’oublie, et il meurt à Montréal en 1913. Bussières écrira 76 poèmes dont la majorité seront publiés sous le titre de Bengalis après sa mort. L’univers poétique de Bussières est teinté d’exotisme, de paysages lointains, de tristesse et de mélancolie.
  46. 47. KITA-NO-TENDJI <ul><li>C’est un temple de pierre aux structures énormes, </li></ul><ul><li>Dont les contours pesants estompent l’horizon; </li></ul><ul><li>Granits, marbres en blocs, pylônes à foison, </li></ul><ul><li>Flanqués d’ombres. Autour, des cèdres ou des ormes. </li></ul><ul><li>Au sein de l’éclatante et vaste floraison </li></ul><ul><li>Des chrysanthèmes d’or aux sépales difformes, </li></ul><ul><li>Triste, ainsi que des dieux aux immobiles formes, </li></ul><ul><li>Un vieux bonze accroupi murmure une oraison. </li></ul><ul><li>Kita-no-tendji dort. Ni les voix de l’enceinte, </li></ul><ul><li>Ni les bruits éternels de Kioto la sainte </li></ul><ul><li>Ne vont troubler la paix de son divin sommeil. </li></ul><ul><li>Mais les temps l’ont penché vers l’abrupte colline; </li></ul><ul><li>Il chancelle, pareil au vieillard qui décline </li></ul><ul><li>Sous les grands rayons roux de l’hivernal soleil… </li></ul>
  47. 48. RÉFÉRENCES <ul><li>MAILHOT, Laurent et P. Nepveu, La poésie québécoise , Montréal, Typo, 1996. </li></ul><ul><li>Athena : http://un2sg4.unige.ch/athena/html/athome.html </li></ul><ul><li>Biblisem : http://www.biblisem.net/ </li></ul><ul><li>L’Île, Le centre de documentation virtuel sur la littérature et les écrivains québécois : http://www.litterature.org/ </li></ul><ul><li>Poésie française : http://poesie.webnet.fr/ </li></ul><ul><li>Illustrations: Bibliothèque et archives nationales du Québec : </li></ul><ul><li>http://www.banq.qc.ca/portal/dt/accueil.jsp </li></ul>

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