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Laurence Parisot : Le patronat collabore                                Il faut dire qu’il n’avait pas beaucoup résisté   ...
Connaissance du Libéralisme                                                                                          Jacqu...
Connaissance du LibéralismeAlors, si ce n’est pas de l’Etat,                                        Une telle « perversion...
Lu pour vous : livres, articles et sites                        Sous la direction de Mathieu Laine                        ...
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Nouvelle Lettre - Dictionnaire du libéralisme - page 8

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Nouvelle Lettre - Dictionnaire du libéralisme - page 8

  1. 1. la nouvelle lettre Directeur de la publication : Jacques GARELLO Commission Paritaire : 0113 K 87909 - ISSN : 1951-4727 Dépot légal : à parutionN°1118 du 12 mai 2012 www.libres.org Hebdomadaire 1,50 € Le liberalisme sous Hollande Sous Hollande, le libéra- soudre les promesses élec- lisme se portera mieux. torales dans la potion mon- dialiste. Le choix est entre C’est ce qui m’est venu à ruine et crise immédiates ou l’idée lorsque Mathieu politique du chien crevé au Laine, qui a dirigé les tra- fil de l’eau. vaux réunis dans « Le dic- tionnaire du libéralisme », Et du côté du libéralisme ? m’a demandé de traiter de ce sujet : « Le Libéralisme La qualité de senior m’a sous Hollande ». Mercredi valu de vivre intensément soir 9 mai, dans une des l’âge d’or du libéralisme salles de l’Assemblée français après le 10 mai Nationale, pleine à craquer, 1981..Jamais les idées de la une centaine de libéraux liberté n’ont eu autant de avait répondu à l’appel succès qu’après l’effondre- d’Euro 92. Visiblement, la ment total d’une droite diri- défaite de Nicolas Sarkozy giste et socialisante. Il est SOMMAIRE DU N°1118 n’avait pas plongé l’assis- vrai qu’à cette époque, le tance dans la torpeur ou le libéralisme pouvait surfer EDITORIAL : Le libéralisme sous Hollande désespoir. Les gens étaient sur la vague Thatcher- pp. 1-2 là pour se réconforter Reagan. Mais contraire- CONJONCTURE : Rigueur ou relance : et si on mutuellement, mais surtout ment à une opinion très essayait Saint Expedit ? pp. 3-4 ACTUALITÉ : Le front européen anti-austé- pour savoir ce qui allait se répandue, la mode intellec- rité se renforce p. 4 - Laurence Parisot : le produire, et ce qui allait se tuelle aujourd’hui domi- patronat collabore p. 5 - Le lancinant pro- faire. nante n’est pas au socia- blème des retraites p. 5 lisme, et la grande majorité CONNAISSANCE DU LIBERALISME : p. 6-7 Du côté de Hollande, point des dirigeants des pays LU POUR VOUS : livres, articles et sites p. 8 de doute : les réalités vont européens ont été élus anéantir les utopies, dis- contre des socialistes. >> Imprimeur : Omnis Coloris, 107 bd Jeanne dArc, 13005 Marseille BULLETIN D’ABONNEMENT sabonne à la formule postale pour 20 numéros (35 €) ou 40 numéros (60 €) sabonne à la formule électronique (format PDF) pour 40 numéros (40 €) envoie une liste de personnes pour un service gratuit de 4 numéros dans le cadre de la formule postale ou électronique. Merci de libeller vos chèques à lordre de la SEFEL et de nous les faire parvenir à l’adresse suivante : SEFEL chez ALEPS, BP 80026, 13545 Aix en Provence Cedex 4 M Mme Mlle NOM.................................................................................... Prénom................................................................................ Adresse ....................................................................................................................................................................................................................... Code postal .............. Ville............................................... Courriel ............................................................................................................................. SOCIETE D’EDITION ET DE FORMATION ECONOMIE ET LIBERTE Chez ALEPS, BP 80026, 13545 Aix en Provence Cedex 4 - Tél. : 01 43 80 55 18 www.libres.org 1 Editorial La nouvelle lettre n°1118 www.libres.org
  2. 2. Le libéralisme sous Hollande (suite)Partout ceux qui ont réduit la sont empressés de renier leurs rganiser : les libéraux deplace de l’Etat dans l’économieet dans la société sortent de lacrise sans grand dommage. Le engagements pour reconduire voire renforcer l’Etat Providence. O la société civile ont pris depuis longtemps la bonne habitude de travaillerlibéralisme est de retour dans le La mission des libéraux au cours ensemble : ALEPS, IREF,monde entier, après la poussée de ces prochains mois va Contribuables Associés, Eurod’étatisme qui a accompagné la consister à communiquer, à pro- 92, Institut Turgot, Liberté Chériecrise. poser, à s’organiser. et bien d’autres sont déjà en étroite collaboration, chacunEvidemment, nous pourrionsattendre patiemment notre tour, ‘‘Communiquer, gardant la spécificité de ses objectifs et de ses moyens.et le rôle des libéraux françaissous Hollande consisterait à proposer, orga- Contrairement à ce qui a été dit, je ne crois pas que la créationcompter les buts marqués parles socialistes contre le camp de niser ’’ d’un nouveau parti libéral à par-la France. Mais chaque but tir des dépouilles de l’UMP soitreprésente des misères, des ommuniquer : il faut bri- une bonne solution : le libéra-injustices. Si le sens de l’histoireest celui de la faillite du socia-lisme, notre devoir est d’« accé- C ser le cercle de l’igno- rance qui emprisonne l’opinion publique, avoir une lisme ne peut être un « courant » de la nouvelle opposition. Ce n’est pas d’un parti, ni de lalérer le sens de l’histoire » pédagogie active qui ne classe politique actuelle quecomme le disait Marx. consiste pas seulement à sortiront le programme et les dénoncer les erreurs socialistes hommes du libéralisme à venir. IlIl y a mieux à faire. Comme en - tout le monde les connaît ou nous faut remettre en marche1981, la droite aura du mal à les connaîtra – mais aussi à des réseaux où se mêlentsurvivre, même si elle remporte expliquer comment fonctionne société civile et classe politique,les législatives. L’UMP éclatera un pays où l’on se passe de pour éviter l’isolement et lessans doute, faute de n’avoir plus l’Etat pour faire régler les pro- dérives des élus, pour intéresserni président ni majorité. Elle ne blèmes par les procédures mar- à la chose publique des millierstenait que par les seules pers- chandes ou communautaires : de Français qui ne veulent paspectives électorales, ayant comment le courrier est mieux pour l’instant s’engager en poli-renoncé depuis bien longtemps distribué par des postes privées, tique. Cette symbiose avait étéà avoir la moindre doctrine, comment les chemins de fer cir- parfaitement réussie avec Idéess’abandonnant à la pensée culent sur des voies fiables quand elles sont gérées par une Action, un club malencontreuse-unique, étatiste, keynésienne, compagnie privée, comment les ment dissout par son fondateurredistributrice et corrompue.Dans ce contexte de dérobade écoles privées répondent aux Alain Madelin, et que j’ai vaine-de la gauche et de débandade vœux des familles. Entre autres, ment essayé de faire revivrede la droite, la « nouvelle offre la Nouvelle Lettre et le nouveau avec Génération Libérale.politique » libérale sera accueil- site www.libres.org, lancé cettelie avec curiosité, puis avec inté- semaine, contribueront à cette pédagogie active. ‘‘ Reprendre larêt, puis avec espoir. main ’’ roposer : choisir des‘‘ Une nouvelleoffre politique ’’ P cibles concrètes, celles que nul n’a su atteindre jusqu’à présent, faute d’accep- J’espère qu’une organisation embryonnaire pourra être discu- tée, sinon amorcée, à l’occasion ter les solutions libérales : le de notre Université d’Eté, dont système de retraites et de santé, tout le mode, mercredi, a retenuDonc les socialistes au pouvoir, l’école, la mobilité du travail, la les dates : 26 au 29 août.c’est bon pour le business libé- progressivité de l’impôt, le loge-ral. A condition que l’on ne ment. Sur ces questions le feu Vous le voyez : le libéralisme vacesse d’encadrer la classe poli- couve depuis longtemps, et l’ex- renaître de ses cendres, l’espoirtique, car dans le passé (en plosion est proche : nous mon- aussi. « N’ayez pas peur ».1986, en 1995) les nouveaux trerons comment désamorcerélus sur un programme libéral se ces bombes. Jacques Garello2 Editorial La nouvelle lettre n°1118 www.libres.org
  3. 3. RIGUEUR OU RELANCE : ET SI ON ESSAYAIT SAINT EXPEDIT ?Saint Expédit, c’est le patron des causes désespérées. François Hollande devrait l’implorer. En effet, àpeine élu, le nouveau Président se trouve confronté à deux défis majeurs : la dette publique et la réces-sion. Pour la dette, nous avions écrit le 14 avril qu’au lendemain matin du second tour, quel que soitl’élu, elle serait toujours vivante. Sauf attitude suicidaire, elle interdit toute dépense supplémentaire aunouvel élu. Mais comment proposer à l’Europe, voire même au monde entier (en toute modestie) unepolitique de croissance sans passer par les déficits budgétaires ? Et comment renoncer à la démago-gie envisagée dans les 100 jours à venir ?Rigueur ou croissance ? Relance budgétaire ? tion ; François Mitterrand et la gauche l’avaient appris à leurLe 24 mars, nous nous interro- Le keynésianisme amène nos détriment en 1981, et cela s’étaitgions « Face à la récession : élus de tous bords à confondre terminé par trois dévaluations,relancer ou libérer ? ». La ques- croissance et relance. Tout le des déficits explosifs et le tour-tion se pose encore plus forte- monde veut plus de croissance, nant brutal de la rigueur. Voulons- les Italiens comme les nous renouveler l’expérience ?ment aujourd’hui, maintenant Allemands, les Espagnols Elle serait pire, car Mitterrandque la nouvelle équipe se met en comme la BCE et François partait d’un budget ramenéplace. Dans les tout prochains Hollande encore plus. Mais com- presque à l’équilibre parjours, la crise de la dette domi- ment faire ? Mario Draghi a pro- Raymond Barre tandis quenera toutes les décisions, d’au- posé un « pacte de croissance », Hollande part d’un déficit abyssaltant plus que les Grecs refusent formule magique qui a réjoui les et d’une dette faramineuse.toute « austérité » et pourraient deux finalistes. Qui serait contre Relançons les dépensesêtre abandonnés par les pays qui la croissance ? Mais comme la publiques et nous serons à l’au-tiennent à « sauver l’euro ». Nouvelle lettre l’a expliqué en tomne dans la situation de la commentant la proposition du Grèce ; sauf que personne enDans ces conditions, il va falloir président de la BCE, « le pro- Europe ou ailleurs ne sera asseztout de suite oublier les pro- blème est de savoir comment on puissant pour nous sauver. obtient la croissance : elle ne semesses de folles dépenses. Plus décrète pas, elle n’est pas entrevite on s’attaquera à la réduction La relance monétaire pren- les mains du pouvoir politique ».de la dette, mieux le pays s’en drait le relaisportera ; au contraire dépenserdavantage serait lancer la France Elevés à l’ENA dans le dogme Même Mario Draghi, pourtantsur la voie grecque ou espa- keynésien, nos politiques, converti au keynésianisme, engnole. François Hollande en tête, pen- convient : il n’y a « pas de contra- sent que la croissance s’obtient diction entre pacte de croissance par la relance : l’Etat, « garant de et pacte budgétaire ». Il faut doncMais d’un autre côté, la menace l’intérêt général », donne le coup pour lui continuer à réduire lesde la récession, qui s’est préci- de pouce pour remettre la dépenses publiques ; fort bien.sée depuis quelques semaines, machine en route. De Roosevelt Mais le Mario Draghi docteuravec son cortège de chômeurs et à aujourd’hui, les faits ont tou- Jekyll partisan de la règle d’orde privations, n’est pas de nature jours démenti cette affirmation, devient Mister Hyde, quand ilà remplir les caisses de notre car la relance consiste à aug- renonce à la relance budgétaireTrésor public. Une politique libé- menter les dépenses publiques pour prôner la relance monétaire.rale résoudrait le dilemme : dimi- et à faire exploser le déficit et la La BCE a déjà distribué plus denuer les impôts et réduire le péri- dette (relance budgétaire), donc 1000 milliards d’euros auxmètre de l’Etat, restaurer ainsi la à distribuer des richesses qui banques à des taux d’intérêt arti-confiance, seule source de n’existent pas : comme si la ficiellement bas. L’inondationrelance. Mais évidemment quand dépense publique avait des ver- monétaire nous menace et elleon est prisonnier du keynésia- tus magiques et créait de l’acti- n’a jamais entrainé la moindrenisme qui propose la dépense vité, grâce à la main (trop visible) croissance, sauf celle des prix.publique et du socialisme qui de l’Etat. S’il est dangereux et inefficaceveut faire payer les riches, on est de relancer par la politique bud-dans une impasse. Le président En distribuant des largesses gétaire, il l’est autant de relanceren est là. publiques, on obtient de l’infla- par la politique monétaire. >> www.libres.org La nouvelle lettre n°1118 Conjoncture 3
  4. 4. Rigueur ou relance : et si on essayait Saint Expedit ? (suite)On nous dit que M. Hollande consommateur. Est-ce à dire que réalités. Il ne faut pas que la pro-n’est pas laxiste : s’il accroît les l’Etat soit impuissant ? L’Etat a priété privée soit épuisée par undépenses publiques, il contien- une chose essentielle à faire : excès de charges et d’impôts »dra les déficits en augmentant les cesser « d’enrayer » l’économie, (Rerum Novarum 36-3 et 36-5).impôts : faire payer les riches est comme disait Bastiat, autrementun slogan qui séduit les élec- dit libérer les énergies, laisser Voilà le fond du problème : ceuxteurs. La tranche d’impôt à 75% s’exprimer les talents. qui nous gouvernent désormais(près de 90% en réalité avec la (mais aussi beaucoup de ceuxCSG etc.), est sans équivalent La hausse des impôts représentedans le monde et rappelle ce qui qui nous gouvernaient hier) par- à ce titre aussi une erreur ma-avait conduit l’Angleterre au tent d’une conception imaginaire jeure : quel entrepreneur voudrasous-développement dans les créer des richesses si l’Etat lui en de l’homme dont ils ne compren-années 1970. Il y a longtemps reprend l’essentiel ? Quand on nent ni la nature ni le comporte-que l’on sait qu’augmenter les dit cela, on est aussitôt accusé ment. Or les institutions doiventimpôts conduit à détruire des d’ultralibéralisme. Baisser les tenir compte de l’homme tel qu’ilrichesses, donc des revenus et impôts serait un choix idéolo- est et donc permettre à chacundes emplois, réduisant ainsi le gique extrême. de laisser éclore ses talents et derendement de l’impôt. Accroître montrer sa créativité. La crois-les impôts n’est qu’une fausse En 1891, le sage Léon XIII, qu’on sance ne s’obtient pas par unerigueur qui aggrave la récession ne peut guère suspecter d’être illusoire relance, mais par unet les déficits ! libertarien, après avoir souligné retour à la liberté : moins d’Etat, les avantages de la propriété pri- c’est la prospérité retrouvée et laL’Etat doit cesser d’enrayer vée (« L’homme est ainsi fait que réduction de la dette. Est-ce cela croissance la pensée de travailler sur un chemin de liberté que va prendre fonds qui est à lui redouble son le nouvel élu ? Ce serait uneRelancer par le budget ou la ardeur et son application[…] Tous conversion miraculeuse, que rienmonnaie serait donc une grave voient sans peine les heureuxerreur ; et pourtant, la croissance effets de ce redoublement d’acti- ne semble annoncer. On peutest indispensable. Mais elle ne se vité sur la fécondité de la terre et croire aux miracles ; je conseillefixe pas par décret. Elle est le sur la richesse du pays ») ajoutait donc de prier Saint Expédit, avecfruit des activités de chacun de aussitôt « Mais il y a une condi- dévotion.nous, comme entrepreneur, sala- tion indispensable pour que tousrié, épargnant, investisseur, ces avantages deviennent des Jean Yves NAUDET Le front européen anti-austérité se renforce François Hollande peut-il en prendre la tête ? Rien de moins sûr e quotidien socialiste de Rutte, a été obligé de démission- Monti), on se demande commentL Madrid El Pais titrait le 7 mai : « Hollande va donner une ner après le retrait du populiste « Parti de la Liberté » qui a refusé l’Union pourra survivre. a France est-elle bien placée Limpulsion à une autre Europe ». un plan de réduction desCertes, cette autre Europe existe. dépenses de 14 milliards d’euros. pour prendre la tête de laLe résultat des élections grecques En Roumanie, le gouvernement révolte anti-austérité ?en est le signe le plus éclatant : les Ungureanu n’aura duré que 78 Sarkozy et Hollande ont suren-Grecs ne veulent pas accepter jours, et le leï est à son plus bas chéri sur la nécessité d’introduirel’austérité et on parle ouvertement niveau contre l’euro. En Irlande, le une politique de croissance euro-d’une sortie de l’euro pour revenir Sinn Fein fait campagne contre la péenne, tout à fait incompatibleà une drachme très dévaluée. Les ratification du pacte budgétaire avec la discipline budgétaire. Maismembres de l’Euroland se se- européen. Et en République Tchè- l’Allemagne est ferme dans sesraient-ils enfin résignés à choisir que, le gouvernement n’a rem- positions et elle n’est pas la seule,l’euro contre la Grèce ? Mais ail- porté que de justesse un vote de la majorité des 27 (Angleterre enleurs, les réactions anti-austérité confiance. Si on ajoute les mani- tête) est plutôt dans la ligne dese sont aussi renforcées. Le festations géantes en Espagne et l’austérité. Nous, nous préféronsPremier Ministre Hollandais, Marc en Italie (contre les plans Rajoy et dire : la ligne de la libération.4 Conjoncture Actualité La nouvelle lettre n°1118 www.libres.org
  5. 5. Laurence Parisot : Le patronat collabore Il faut dire qu’il n’avait pas beaucoup résisté ans une interview donnée caux des salariés. Oubliée l’at- pérative et une politique davan-D aux Echos vendredi 11, la présidente du Medef enaura surpris plus d’un : « Beaucoup taque de Sarkozy contre les syndi- cats, pourtant on avait cru com- prendre que Laurence Parisot était tage axée sur la demande ». Voilà donc le patronat enfin converti au keynésianisme, partisan d’une sti-de commentateurs soulignent les plutôt du côté UMP avant le 6 mai. mulation de la demande, cest-à-points de désaccord entre le Oublié aussi l’engagement de la dire d’un pouvoir d’achat créé expatronat et la gauche, et passent CGT aux côtés d’Hollande – c’est nihilo. La politique « axée sur l’of-sous silence les points d’accord ». une « affaire interne » au syndicat fre », qui lie la croissance à la libé-En critiquant d’avance tout relève- communiste. ration des entreprises, à l’allège-ment de la fiscalité des entreprises ment des réglementations et des(la fiscalité sur les personnes n’est La réaction de Laurence Parisot prélèvements, n’intéresserait donc n’est pas originale. On a vu Yvonpas l’affaire du Medef, précise-t- plus les « patrons » français. Gattaz entrer en collaborationelle), elle marque en revanche son avec la gauche et les syndicats n réalité, pour faire honneur Eaccord sur la dimension sociale du après la victoire de Françoisprogramme socialiste : « l’appro- à la qualité de patron, il faut Mitterrand.che de François Hollande sur le se battre pour la liberté éco-dialogue social correspond très ais là où l’on trouve la nomique, seule garante de l’em-largement à ce que nous préconi-sons depuis longtemps ».L’essentiel n’est-il pas de sauver M réaction excessive, c’est quand la Présidente part en guerre contre la ligne alle- ploi des producteurs et du service des consommateurs. Les patrons allemands sont présents dans le« le dialogue social » ? On le com- mande. « Je souhaite que soit débat politique, le patronat institu-prend bien de la part de la diri- mise aussi en débat l’instauration tionnel français en est absent. Lesgeante d’une association de per- d’un SMIC en Allemagne »… Mais vrais patrons l’ont déserté depuismanents syndicaux du patronat le meilleur reste à venir : longtemps. Et ceux qui restent nedont la raison d’être est de négo- « Nous souhaitons que l’Alle- veulent surtout pas d’ennui avec lacier avec les permanents syndi- magne ait une approche plus coo- syndicratie. • Le lancinant problème des retraites Un rapport du COR sonne une nouvelle fois l’alarme : menace sur les retraitesLe recul de l’âge légal de la retraite (IREF, Librairie de l’Université Aix qu’ils fussent, n’ont pas résisté aude 60 à 61 ans a été salué comme en Provence, 3 tomes, 2009- temps : aujourd’hui on ne peutune vraie révolution. Injuste dit la 2010). plus garder espoir d’en avoir finigauche, qui veut revenir à 60 ans, avec les retraites en 2030. C’en ais voici que le Conseil Mindispensable pour sauver le sys- est au point que les proches detème dit la droite, qui pense avoir d’Orientation des Retrai- François Hollande commencent àtout réglé. tes (COR) pousse un nou- parler de « réforme systémique », veau cri d’alarme. Les hypothèses avec une capitalisation « par videmment, tout cela n’est sur lesquelles ont été calculées lesE que discours, et nous n’avons cessé de contestercette réformette, qui est un emplâ- prévisions de cotisations et de pensions d’ici 2030 ne sont plus valables : en 2030, le chômage points » (chère à Jacques Bichot) mais dont Jacques Garello a dénoncé l’artifice. C’est la vraie capitalisation qu’il faut choisir :tre sur une jambe de bois, alors devait descendre à 4,5 %, la crois-que la seule mesure à prendre est sance se situer à 1,6 %, et la pro- placer l’argent des cotisations surde rompre avec le système du tout ductivité du travail également à le marché financier.répartition pour lui substituer pro- 1,6 %. Avec prudence, on avaitgressivement celui du tout capita- prévu que le début de la période Il n’aura pas fallu plus d’unelisation. Telle est d’ailleurs la de « rééquilibrage » allait être semaine pour que se dissipent lesconclusion du travail scientifique moins glorieuse avec pour pers- promesses et incuries électoralesconsigné dans le livre de Jacques pectives en 2014 un chômage de et que le lancinant problème desGarello et Georges Lane « Futur 8 % ; une croissance de 1,3 %. retraites, jamais vraiment abordé,des retraites et retraites du futur » Hélas, ces chiffres, pour modestes réapparaisse. • www.libres.org La nouvelle lettre n°1118 Actualité 5
  6. 6. Connaissance du Libéralisme Jacques GarelloAprès avoir dessiné le portrait de 17 économistes et de 30 philosophes (que l’on peut retrouversur le site www.libres.org) je vous propose une nouvelle rubrique destinée à améliorer la connais-sance du libéralisme, présenté la plupart du temps en France sous une forme caricaturale. Cetteinnovation s’inscrit naturellement dans l’entreprise de reconstruction intellectuelle de la France,qui devrait être à mon sens la mission prioritaire des libéraux. Elle s’articule avec d’autres initia-tives, dont la mise à disposition du Dictionnaire du Libéralisme.Le renard libre dans le n revanche, ils sont vigi-poulailler libre E lants sur la façon dont la loi émerge et sur son contenu, les deux étant liés.« Entre le fort et le faible, entre Une grave déviation dule riche et le pauvre, entre le concept de loi consiste à enmaître et le serviteur, cest la faire l’émanation d’un législa-liberté qui opprime et la loi qui teur souverain. « La loi c’est la loi » : du moment qu’elle a étéaffranchit ». votée en bonne et due forme, la loi s’applique à tous, nul ne saurait la contester. HayekCette citation de Lacordaire consacre un chapitre de laest un leitmotiv des ennemis « Constitution de la Liberté » àdu libéralisme. Le libéralisme cette confusion entre l’état deserait la négation du droit, il droit et l’Etat de droit. Laserait source d’oppression : le majuscule importe, et elle ren-renard libre dans le poulailler voie à la conception alle-libre, la loi de la jungle, la loi mande du Reechstaat, no-du plus fort, du plus riche, du tamment développée parpatron, du propriétaire : on est Hans Kelsen et sa théorie dedans un schéma de lutte des la hiérarchie des normes, sui- vant laquelle toute règle declasses. Le règne de la loi ou la droit remonte à l’Etat, lui- loi de l’Etat ? même issu d’une norme constitutionnelle. Dans son r, tous les penseursO libéraux, sans aucune exception (et même àla limite ceux que l’on appelle Les libéraux français se réfè- rent toujours à l’état de droit. fameux pamphlet sur « La pro- priété et la loi », Bastiat attaque avec véhémence Rousseau et son idée deles anarcho-capitalistes), ont Malheureusement cette ex- « peuple législateur ». « Selon pression est ambiguë, car elleinsisté sur l’absolue nécessité lui, la loi devrait transformer est une traduction approxima- les personnes, créer ou nede règles sociales pour per- tive d’un principe qui avait été créer pas la propriété. Selonmettre à l’action humaine de défini par les philosophess’exprimer sans pour autant moi, la société, les personnes anglais des 17ème et 18ème et les propriétés existent anté-rompre l’harmonie entre les siècles : rule of law, le règne rieurement aux lois et |…] jehommes. La liberté des uns de la loi. dirai : ce n’est pas parce qu’ils’arrête là où commence celle y a des lois qu’il y a des pro-des autres. La liberté s’assor- Les libéraux ne sont pas priétés, mais parce qu’il y atit nécessairement de la res- contre la loi, puisqu’ils souhai- des propriétés qu’il y a desponsabilité. tent le règne de la loi ! lois. »6 Connaissance du libéralisme La nouvelle lettre n°1118 www.libres.org
  7. 7. Connaissance du LibéralismeAlors, si ce n’est pas de l’Etat, Une telle « perversion de la loi »d’où vient la loi pour les libé- (Bastiat) a pour conséquenceraux ? Ici un clivage apparaît la multiplication des textesentre la conception haye- officiels, et ce qui normale-kienne de l’ordre spontané, ment aurait dû se régler parqui fait de la loi le produit évo- libre entente entre les per-lutif des relations entre les sonnes est pris en charge parhommes, et les tenants du les Parlements et les gouver-droit naturel, qui dans la tradi- nements. Ce n’est pas sanstion thomiste font du droit dommage pour la sociéténaturel le produit d’une dialec- dans son ensemble. La cita-tique permanente entre droit tion de Léoni est devenuedivin et droit positif. Les règles célèbre : « La législation appa-du droit positif changent parce raît aujourdhui comme unque les hommes recherchentsans cesse à mettre leur moyen plus rapide, plusnature humaine en harmonie rationnel et de plus grandeavec la dignité que Dieu lui a envergure pour résoudredonnée. De toutes façons, on toutes sortes de maux ou deest bien loin et du positivisme désagréments que les modesjuridique (la loi c’est la loi) et dajustements individuelsde l’anarchie (la loi de la jun- les hommes ne sont pas tou- spontanés tels que larbitragegle). jours marquées par la généro- privé, la signature de contrats sité, ni même l’honnêteté. ou encore la coutume. OnLa liberté et le droit Elles se traduisent donc par oublie pourtant la plupart du des efforts pour « légaliser » temps de faire remarquer que des privilèges, alors qu’a priori le remède législatif est peut-C’est le titre de l’ouvrage du il y a opposition entre les idées être trop rapide pour être effi-juriste et sociologue italien de loi (générale, imperson- cace, trop imprévisible pourBruno Leoni, traduit en fran- nelle, durable) et de privilège être complètement bénéfique,çais en 2006 (éditions des (priva lex, loi privée à usage et beaucoup trop soumis à laBelles Lettres). On trouve chez personnel). On retrouve ici le contingence des points de vueBruno Leoni une analyse parti- thème du « déclin du droit », et des intérêts dune poignéeculièrement fine des relations cher à Bastiat et Hayek : laentre la liberté et la loi. dindividus (les législateurs), « législation » ce n’est plus du quels quils soient, pour être droit. une solution satisfaisante pourTout d’abord, aucun doute : il tous ». Au nom de l’intérêtn’y a pas de liberté sans droit. Alors, pour reprendre le dia- général, ce sont les avantagesDe quoi démentir ou rassurer logue avec Lacordaire, c’est particuliers qui sont renforcés.Lacordaire. bien la loi qui devient instru- ment d’oppression, et qui prive les hommes de leur Le renard libre est dans lesEnsuite Leoni se penche sur la liberté, en réduisant leurs couloirs de l’Assemblée et dufaçon dont la loi est au- droits individuels, qu’il s’agis- Sénat. Il a pris l’apparence dujourd’hui « posée » par les se de la propriété, de la per- bon samaritain. •législateurs. La loi est au- sonnalité, peut-être même dejourd’hui un « échange de la vie (la liberté de l’embryon).pouvoirs ». Les relations entre www.libres.org La nouvelle lettre n°1118 Connaissance du libéralisme 7
  8. 8. Lu pour vous : livres, articles et sites Sous la direction de Mathieu Laine Dictionnaire du libéralisme Un dictionnaire ressemble à un livre, mais ce n’en est pas un. C’est un document de travail, que l’on consulte de façon ponctuelle. Encore A quoi servent les faut-il qu’il soit bien conçu, commode, clair, et riches ? que la qualité de ses textes soit la meilleure pos- sible. Sur ce thème Benoîte Taffin Ces vertus sont bien celles de l’ouvrage dirigé nous propose de nous par Mathieu Laine, et présenté au public par des retrouver le intellectuels libéraux mercredi 9 mai. mercredi 23 mai 2012, Document de travail : il y a tant d’ignorance ou d’ambiguïtés autour du de 18h30 à 20h00 terme « libéralisme » qu’il convenait de faire définir les mots de ce dic- Fédération Française du Bâtiment tionnaire par des experts ès libéralisme. Ils savent mieux que qui- 7-9 rue la Pérouse conque quels sont les contresens les plus fréquents, certains assimi- 75016 PARIS lant libéralisme et anarchie, d’autres libéralisme et capitalisme, d’au- • Accueil par Alain MATHIEU tres enfin libéralisme et individualisme. Ici les mots prennent leur sens, (Président de Contribuables et les arguments sont d’une grande précision. Associés). Commode et clair : la présentation en est limpide, facile à lire, avec • Contre vérité sur les riches par des entrées bien détachées, classées par ordre alphabétique et des Nicolas LECAUSSIN (Directeur du textes d’une dimension très raisonnable. Il ne faut pas plus de cinq développement à l’IREF). minutes pour tout savoir sur la drogue, la justice sociale, la doctrine • Les droits des individus et la lutte sociale de l’Eglise, le laissez faire, le SMIC. Au total, 300 entrées s’of- contre l’évasion fiscale par Pierre frent au chercheur mais aussi à ceux qui finalement flâneront en BESSARD (Directeur et membre du curieux au hasard des 680 pages. conseil de fondation de l’Institut La qualité des textes est assurée par celle des auteurs. 65 philo- Libéral, Zurich). sophes, économistes, juristes, historiens, politologues ont contribué à • En Angleterre on aime les riches l’ouvrage. C’est dire les talents d’organisateur et de stimulateur de par Victoria CURZON PRICE Mathieu Laine, qui au demeurant donne une introduction générale par- (Professeur d’économie politique à ticulièrement remarquable. Au hasard des noms des contributeurs, l’Université de Genève et adminis- relevons ceux de Gary Becker, prix Nobel, Victoria Curzon Price, trateur de l’IREF). Antony de Jasay, Jesus Huerta de Soto, Hernando de Soto, pour ne • L’enfer français : comment s’en parler que de quelques intellectuels étrangers célèbres. Mais figurent sortir ? par Jean-Philippe DELSOL aussi non seulement la vieille garde de la Nouvelle Economie, mais (Avocat fiscaliste et administrateur aussi la jeune génération libérale française, dont Mathieu Laine, de l’IREF). Frédéric Sautet et Jean Philippe Feldman sont de très beaux fleurons. Renseignements et inscriptions athieu Laine a voulu donner au libéralisme un spectre intellec-M tuel très large : il n’hésite pas à parler d’un « libéralisme de gauche » (représenté dans le dictionnaire par François Ewald ou Monique Canto-Sperber) et il dénombre parmi les libéraux des Contribuables Associés, 42 rue des Jeûneurs, 75002 Paris / (01 42 21 16 24) / www.contribuables.org isabellesantini@contribuables.org conservateurs, des libertariens, des anarcho-capitalistes, etc. L’inconvénient est que le lecteur non prévenu pourrait s’y perdre et En raison de l’Ascension, la pro- que des puristes pourraient regretter un certain relativisme. L’avantage chaine Nouvelle Lettre, le numéro c’est de montrer la diversité et la richesse des idées de la liberté, et 1119, sera datée du 19 mai 2012. d’éclairer et séduire un très grand nombre d’usagers de ce diction- naire. Grâce à ce dictionnaire le libéralisme devrait cesser d’être cari- Cependant, ne manquez pas de caturé, masqué ou vilipendé : nous en avons bien besoin par les consulter le site www.libres.org sur temps qui courent ! lequel vous retrouverez toutes vos rubriques ainsi que des vidéos iné- Dictionnaire du Libéralisme, Larousse, Coll. Présent, Paris, avril 2012 dites.8 Revue des Livres de la semaine La nouvelle lettre n°1118 www.libres.org

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