les femmes et terrorisme

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les femmes et terrorisme

  1. 1. Les femmes et le terrorisme Le phénomène de radicalisation des femmes est relativement récent et s’inscrit dans la continuité de celui des hommes ayant fait le voyage vers la Syrie ou l’Irak afin de rejoindre des groupes terroristes, très souvent Daech (Etat Islamique), Al Qaïda ou encore Al Nousra. Le rôle des femmes dans cette guerre meneé par différents groupes terroristes varie, mais il est souvent à caractère logistique (cuisine, passage de fonds à la douane, propagande djihadiste sur les réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter), ou portant le rôle d’épouse et de mère. Il est en effet moins fréquent que les femmes soient amenées à faire l’usage d’armes à feu ou sollicitées au combat, contrairement au camp adverse, chez les combattants Kurdes défendant leur territoire contre l'Etat Islamique où beaucoup de femmes participent au combat armé. Les moyens utilisés pour le recrutement sont modernes et efficaces, similaires à ceux utilisés pour les hommes. Les réseaux sociaux (Facebook, Twitter) ou encore Skype sont souvent mis en œuvre afin de convaincre ces femmes de rejoindre les rangs de groupes terroristes. Une fois sur place, les femmes sont mariées à des combattants, et connaissent souvent des violences, harcèlement ou viol de la part de leur mari. La question de l’accroissement de ce phénomène se pose et il est nécessaire de comprendre les motifs poussant ces femmes à partir, de suggérer des démarches que pourrait entreprendre le Maroc afin de mettre fin à ce fléau. Tout d’abord, il est important d’avoir une idée de la proportion de Marocains ayant fait le voyage vers la Syrie et l’Irak, afin de rejoindre l’Etat Islamique ou Al Qaïda. Au total, il est estimé qu’entre 12.000 et 15.000 personnes ont rejoint l’EI depuis 2011, et cela depuis plus de 81 pays (majoritairement d’Afrique du Nord, Arabie Saoudite, Turquie mais aussi certains pays occidentaux) (Mai 2014). Parmi eux, 1500 ressortissants marocains (hommes et femmes confondus) ont fait le départ vers la Syrie dans le but d’intégrer les rangs djihadistes. A eux s’ajoutent 3000 Tunisiens, faisant de l’Afrique du Nord l’un des plus grands contributeurs de combattants pour l’Etat Islamique ou d’autres groupes terroristes tel qu’Al Qaïda (Chiffres datant de mai 2014). Malgré cela, les pays occidentaux (en particulier européens) relèvent des chiffres importants concernant le nombre de personnes ayant entrepris d’intégrer des groupes terroristes. On compte environ 3000 combattants originaires de pays occidentaux, entre 700 et 800 pour la France, plus de 400 pour le Royaume-Uni etc. De plus, il est estimé que 80% des combattants belges sont d’origine marocaine, souvent de la deuxième ou troisième génération d’immigrés. Bien que la majorité soit masculine, certaines femmes des pays d’Occident ont été repérées comme ayant fait le départ pour la Syrie, que ce soit pour rejoindre leur mari ou famille, ou y aller seules. L’Union Européenne estime la proportion de femmes ayant quitté le continent pour faire le djihad en Syrie et en Irak, notamment en intégrant l’Etat Islamique en avoisinerait les 18%. Les Françaises constituent la majorité des femmes djihadistes présentes au sein de ces groupes, avec 63 femmes, pour la plupart jeunes (ceci représente environ 25% du chiffre total). Au sein des pays arabo-musulman, notamment la Tunisie, le "jihad sexuel" (appelé également "jihad al-nikah" littéralement "jihad du contrat de mariage")
  2. 2. pousse de très nombreuses jeunes femmes à partir vers la Syrie et « accomplir leur devoir » auprès du groupe terroriste Daech (ou encore Al Qaïda) en contractant des mariages temporaires afin de satisfaire les besoins sexuels des combattants. Le ministre de l'Intérieur Tunisien, Lotf Ben Jeddou, déclare que "Ces jeunes femmes ont des relations sexuelles avec 20, 30, 100 djihadistes!". De plus, il ajoute qu' "après ces rapports sexuels qu'elles ont au nom de cette guerre sainte du sexe, elles reviennent enceintes." Cette question du "jihad sexuel" pose un problème majeur à tous les pays du Maghreb et du Moyen-Orient, et par la prise de conscience de son importance, il apparaîtra comme nécessaire d'y faire fasse en mettant en place des actions concrètes afin de stopper les départs vers la Syrie et l'Irak. Il apparaît donc comme impératif d’agir contre l’expansion de ce phénomène, que soit concernant les femmes ou les hommes ; car un nombre important d’entre eux utilise ce séjour en Syrie comme une formation au djihad et retourne à leur pays d’origine afin de commettre des actes terroristes. En empêchant l’endoctrinement et le départ de la jeunesse marocaine, il serait donc possible d’une part d’amoindrir le risque d’attentat sur notre territoire et d’autre part d’endiguer le développement de l’Etat Islamique. Pour ce faire, nous devons tout d’abord comprendre ce qui motive ces jeunes femmes à intégrer des groupes terroristes. Bien que certaines des motivations soient similaires à celles des hommes, de nombreux facteurs nouveaux entrent en compte. L’idée de se marier à un combattant, soldat de l’Etat Islamique séduit de nombreuses jeunes femmes, voire même adolescentes ; grâce à la propagande et à l’image supposée « héroïque » de ces criminels. L’aspect romantisé de cet exil apparait donc comme un facteur non négligeable poussant un nombre important de femmes, d’un âge souvent très précoce, à aller rejoindre les rangs de ces islamistes radicaux. L’endoctrinement de ces jeunes filles se révèlent particulièrement aisé et efficace, et les femmes sont souvent en charge de cette tâche ainsi que de la logistique mise en place afin d’organiser le voyage qui les amènera dans les rangs de l’Etat Islamique, ou Al Qaïda. Il est donc urgent de démanteler ces cellules de recrutement au djihad, visant majoritairement les jeunes et d’éliminer le maximum de traces de propagande terroriste, que ce soit sur le web ou dans les mosquées. Afin de réaliser ces objectifs, il serait judicieux d’organiser des campagnes de sensibilisation pour contrer cette propagande djihadiste et de casser le mythe autour de cette vie soi-disant « héroïque » ou agréable et de révéler le vrai visage de ces organisations criminelles. Il est également nécessaire de tenter de contrôler les plateformes les plus visibles et accessibles afin de limiter la propagande (en ligne de mire, Facebook/Twitter/Youtube) ; mais le problème majeur est qu’il est souvent difficile de tracer la limite entre incitation à la violence et liberté d’expression.
  3. 3. Pour conclure, le Maroc constitue un foyer important de candidats au djihad, ce qui provoque une menace à la fois internationale (expansion de groupes terroristes tel que l’Etat Islamique) mais aussi interne (les personnes ayant reçues une formation djihadiste en Syrie ou en Irak reviennent souvent dans leur pays et peuvent être à l’origine d’attaques terroristes). La question des femmes est également primordiale, car elles participent à l’aspect logistique de ces organisations et sans elle, il serait beaucoup plus difficile de recruter des combattants, s’occuper des enfants, mener la propagande. Bien qu’elles soient opprimées, ces femmes occupent une place stratégique au sein des groupes terroristes, et c’est pour cette raison qu’arrêter leur exil amoindrirait le pouvoir et l’efficacité de ces groupes. Le Maroc est fortement engagé dans la lutte anti-terroriste et en s’attaquant à la source, c'est-à-dire dès l’embrigadement des jeunes marocains candidats au djihad, par des moyens variés tels que le démantèlement des cellules de recrutement ou encore des campagnes pour sensibiliser les familles à la radicalisation, il gagnerait en efficacité. Cette lutte contre Daech et l’obscurantisme, la violence qu’il représente est aujourd’hui l’enjeu majeur en matière de sécurité, qu’elle soit nationale ou au delà de nos frontières.

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