Journal COPAS n°33

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=> Do you speak deumildeudeu? "Réflexions sur une loi qui fait parler"
1/ En être ou ne pas en être?
2/ une loi questionne la rapport à la loi
3/ Usager - utilisateur: une place à approfondir
4/ Un nouvel eldorado?
5/ Vers un élargissement relationnel
6/ Le monde n'est pas un établissement

=> Une "formation-accompagnement" pour les acteurs de la formation
1/ Une position affirmée de la Région
2/ Les grands principes
3/ Une phase de transition
4/ Des thèmes d'entrée
5/ Échanger des expériences et élaborer des repères communs
6/ Parallèlement, un appui au commanditaire
7/ Communiquer en permanence entre les groupes
8/ Une journée de synthèse
9/ Evolution des pratiques et élaboration de projets nouveaux

=> Trouver un logement en sortant d'un CHRS
1/ Un pilotage complexe
2/ Logement social ou logement privé?
3/ Une demande "autre"

www.copas.coop

Copas est une société coopérative de conseil, spécialisée dans le domaine des politiques sociales.
Elle a été créée en 1983, et est composée de 7 salariés associés. Implantés en métropole lilloise et en Ile de France, nous intervenons sur tout le territoire. L’esprit coopératif se traduit dans notre organisation:
- une égalité des statuts : tous les salariés sont associés de la SCOT.
- des prises de décisions collectives : un conseil de direction élu tous les 3 ans, des réunions d’équipe bi-mensuelles.

Nous intervenons en conseil stratégique, recherche et développement, conduite de projets, audit et évaluation, formation et développement des ressources humaines... dans les champs de l’action sociale, du développement local et de l’insertion.

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Journal COPAS n°33

  1. 1. opas’ / Conseil en Pratiques et Analyses Sociales Do you speak deumildeudeu page 2 page 8 page 12 EN QUESTION Do you speak deumildeudeu ? RétIexions sur une Ioi qui tclit porier INTERVENTION Une « formation-accompagnement » pour Ies acteurs de la formation Construire ensemble des repéres pour une nouveIIe opproche péciclgogique cies ieunes en clitticulté BONNE5 PAGES Trouver un Iogement en sortant d’un C. H.R. S. La simplification ciu piiotcige, Ie cIéve| oppe- ment cie I’ottre privée et | 'onaIyse plus tine des attentes des personnes hébergées constituent quelques pistes pour oméliorer I’c1ccés cw Iogement EN COURS Un opercu en queiques Iignes de nos interventions cictueiies ou récentes ? Juin 2004 n°33
  2. 2. Notes : I Conseil de la Vie Sociole : instance tixée par la loi pour consulter Ies usogerst PS : si vous étes obligé de lire la note, c’est que vous n'en étes pas ! 2 Derniére minute : la Prévention Spéciolisée «n'en n'est pas» ASH - Mai 2004 Do you speak deumildeudeu ? La mise en oeuvre de la loi 2002-2 ui récise les exi ences ré le- q P 9 9 mentaires concernont l’ensemble des structures sociales et medi- co-sociales constitue une actualité majeure pour un grand nombre de lieux avec les uels nous travaillons. Si les débats sont nom- q u . breux a son é ard, nul ne eut I norer les ettets de structuration 9 P 9 _ u’elle est en train de roduire et UI méritent u’on s’ arréte. q P Cl C1 7 Elle constitue de ce omt de vue un o érateur ettectit et s mbo- P P 7 lique dent on peut essayer de pointer les incontestables aspects positits comme les limites ou points aveugles. Tout particuliere- ment, on peut étre sensible a la maniére dont elle limitera ou taci- litera les coopérations avec tous les acteurs, non inclus clans cette loi, mais contribuant c‘: une action sociale qui ne se réduit pas <3 celle menée par les établissements. En étre ou ne pas en étre ? méthoolologique. Dons tous En premier lieu, ie ne cesse ces lieux que nous visitions d’étre trappé par un ettet paradoxal de cette loi qui est cl'accroitre le tossé entre ceux qui en sont et ceux << qui n’en sont pas >>. Car il s’agit d'une ambitieuse loi uniticatrice se proposant d'établir un meme systéme réglementaire pour des établissements ou services concus depuis leur origine avant comme autant de << tri- bus >> aux langages indigénes, on observe aujourd’l1ui le développement d’un langage commun qui parle de << livret d'accueil >>, << CVS » I , << regle- ment de tonctionnement >>, « contrat de séjour >>, << auto- évaluation >>, « droits de l’usa- ger >>, etc. comme tout a tait distincts (per- sonnes égées, handicap, pro- tection de l’entance, hébergement pour personnes en ditticulté, etc). La 00 on avait auparavant des systémes se vivant comme trés speci- tiques, il existe maintenant- et existero de plus en plus — d'unité réglementaire et Mais de ce tait, |’écart aug- mente avec ceux qui n'en sont pas (un certain nombre de ser- vices publics, les services ambulatoires, le secteur de l’insertion par l'économique et de la tormation, les structures intervenant dans les politiques ville, etc. ). Bret, cette loi construit une nouvelle géogra- phie du social, globalement simple mais complexe dans le detail. .. dont seuls quelques initiés comprennent toutes les orcanes. Car, avec le temps, apparaissent aussi les catego- ries intermédiaires : ceux qui en sont mais sont dispensés de CV5, les services qui n'en sont pas mais sont intégrés éi des structures << qui en sont ». Et ceux qui ne savent pas encore trés bien. .. 2 Pour mesurer cet ettet de tron- tiere, il sutiit cle poser de maniére naive dans un étab| is- sement la question « mais qu’est ce que c’est cette loi ? » et d’observer la stupétaction que suscite l’idée que quel- qu’un puisse ne pas le savoir. Ainsi, meme s'il existe des trontaliers et des apatrides, des deux cotés les préoccupcr tions essentielles divergent maintenant : entre ceux qui ont les mémes soucis qu’avant et ceux qui sont polarisés sur la << deumildeudeu >> et ses conse- quences réelles ou supposées. Bien sur, l’ettervescence << deu- mildeudeusienne » redescen- dra un jour. Les exigences cle la loi seront alors, sous des tormes et probablement avec des Fortunes diverses, intégrées au tonctionnement ordinaire et au langage des structures. D'autres reviendront au premier plan. préoccupations
  3. 3. lElJI COURS Un proiet d’étab| issement pour trouver sa place PAJO, un lieu cl’accueil de iour situé au Puy-en-Velay, en Haute-Loire, a sollicité COPAS pour l'accompagner dans l’élaboration de son proiet d'établissement. L’enieu, pour l’établissement, est de trouver sa place dans un environnement institu- tionnel of) s’expriment diltlérentes approches de la prise en charge de la grande exclu- sion. Accompagner la définition d’un schéma de l’enfance et cle la famille Dans le département du Gard, COPAS accompagne une clémarche d’éva- luation cle l’existant et de redélinition du schéma clépartementol. Elle s’appuie sur une lorte mobilisation inter-institutionnelle et la délinition de priorités communes. Restera a analyser si ce nou- veau découpage aura eu des conséquences positives ou negatives sur ales mécanismes de coopération entre secteurs du social, bien ditliciles a mettre en place. Une loi qui questionne le rapport (‘I la loi Que l’opérateur majeur de ce changement soit une loi n'est pas sans intérét pour l’obser- vateur. Car cela tournit l’occa- sion de revisiter le rapport complexe de notre pays avec la régle, objet d’attentes tou- [ours croissantes mais aussi de strategies de contournement et d’évitement d’une grande sub- tilité. Dans une Formation que nous avons animée autour du suiet nous avons, d'autre part, pu constater a quel point tout un secteur pouvait parler cle cette loi, la commenter, la cri- tiquer, s’y préparer, voire s’en- gager dans une lormation exigeante (‘J son égard. .. sans l'avoir lue en clétail. Grace 61 elle, on peut égale- ment observer - contrairement a l’idée recue qui voudrait que tous les intervenants sociaux soient des contestataires en dillicultés historique, person- nelle et structurelle avec la régle - a quel point l’approche est variable. Ainsi les dillérences de style entre les managers apparais- sent lacilement autour d’un tel objet. On rencontre les pressés (il est sorti le décret ? ), les noncha- lants (on verra quand il sera sorti), les angoissés (si on n'a pas lait l'auto-evaluation, y a- t-il des risques budgétaires ? ) les « en avance >> (chez nous tout cela lonctionne depuis longtemps), les légalistes (on lait iuste comme c’est dit. ... ), les critiques (tu as vu le nombre cle décrets ? ), les perlection- nistes (contraints an un labo- rieux et patient travail d'exégése pour comprendre les liens subtils entre loi, char- te, décrets, projets de décret, etc. ), les perplexes (le projet individuel, c’est pareil que le contrat de séiour '9‘). Et puis, plus sérieusement, les « militants » voient dans la loi un levier maieur pour bouscu- ler et laire évoluer un certain nombre de tonctionnements institués. Et c’est, sans conteste, le point le plus intéressant de cette loi, que d’obliger oi revisiter un certain nombre de Fonctionne- ments. lncontestablement l’aspect légal de cette obligation consti- tue une motivation plus lorte que la seule bonne volonté cle changer.
  4. 4. Note : 3 Comma le dit le poéte Bernard Noel : «le ciel com- mence :3 ras de terre» Usager - utilisateur : une place a approtondir Quels que soient les sentiments parlois mitigés que suscite l’ampleur des textes issus de cette loi, et le degré de preci- sion apporté sur certains suiets, on doit reconnaitre qu'elle suscite des debats et échanges bien nécessaires sur cette question centrale de la relation 6: un << usager >> qui n'est (inutile de rappeler a quel point c’est structurant) ni client, ni commanditaire de l'action et qui ne dispose en ce titre que de peu cle moyens pour inlluer sur l'action menée. Sur cette thématique essentiel- le et partagee avec tous les types d'intervention (qu'ils se situent ou non dans le cadre de la loi) la deumildeudeu donne lncontestablement une impulsion iorte. Car répondre aux obligations énoncees a partir de ce terme d'usager (généralement décrie) donne une occasion précieuse pour questionner un certain nombre de lonctionnements, souvent recouverts par un statut d’évi- dence : - lniorme-t-on sullisamment la personne sur la structure qui l’accueille ? - L'action menée est-elle suilisam- ment contractualisée (c’est-or dire a minima nommée et débattue) ? - Ses droits sont-ils explicite- ment précisés '9' Respectent-ils les regles du droit commun ? - L’organisation structure-t-elle un questionnement systéma- tique des personnes sur ce qui a été tait pour elles, pour apprendre et s’améliorer ? Sur tous ces points, notre expe- rience d’accompagnement montre qu’on peut progresser tant dans la conception de l'action que dans toutes ces « petites >> choses 3 qui tissent la vie quotidienne. A l’eviden- ce, ces démarches et réllexions initiees par la loi produisent des ellets intéressants. Les usa- gers, quand on les questionne, ont des choses a dire, souvent bien plus nuancées que ce qui était craint avant de s'engager. Quand la démarche est ouver- te et non déiensive, ils surpren- nent souvent par leur analyse et leur proiondeur, et c’est aidant pour penser l'action a mettre (3 place. Meme si rien de tout cela n'est ni nouveau, ni miraculeux, laire évoluer les rapports institués est ainsi une nécessité qu’on ne peut nier. Sur ce plan, la loi initie incon- testablement une evolution positive. Un nouvel eldorado ? Bien sur, le risque existe par- lois que << la parole des usa- gers >> ne soit utilisée comme une Formule magique mas-
  5. 5. quant la complexité des ques- tions, et venant clore un debat qu'il Faut au contraire ouvrir et approiondir. D’abord parce que l’expression d’une person- ne ne passe pas que par la parole et qu'il convient (on le voit bien dans le cadre du han- dicap) d’étre attentit a tous ses modes d'expression. Voire meme de travailler pour les susciter ou les rendre pos- sibles. Ensuite, parce que la « parole des usagers » n'est pas mono- lithique, unitaire, sans contra- dictions. .. ni necessairement a prendre << au pied de la lettre ». On doit au contraire partir de l’observation que cette parole n'est pas toujours Facile a Faire émerger, qu'il existe des conditions a mettre en place, qu’elle peut étre contradictoire, violente par- Fois. Qu’on n'est pas nécessai- rement d’accorcl avec elle et donc qu’elle ne doit pas etre utilisee comme une arme de disqualitication. EnFin, parce que s’y rendre plus attentils n’abolit pas les cadres au sein EN COM S . .-. u.. ... . . . Un statut au service d’un proiet d'intervention L’ACEPP (réseau des lieux d’accueil eniants-parents) et le réseau des Boutiques de Gestion se sont engages dans un programme, Finance par les Fonds européens EQUAL, consistant c‘: monter en partenariat cles lieux d’accueils de la petite enlance. Ils ont conFié a COPAS l’accompagnement d’une evaluation cles etlets cle cette coopé- ration inédite, en terme cle service oltert, d'inscription dans l’environnement institution- nel et d'évolution des deux reseaux. Formation in l’évaluation Pour les Familiariser avec la pensée et les méthodes d'évaluation, COPAS propose aux cadres cle l’Association des Cites clu Secours Catholique, une Formation articulant apports théoriques et méthodologiques et application sur le terrain. desquels on intervient, que ceux-ci soient appréciés ou contestés par les personnes concernées. ll ne s'agit donc en rien cle sus- citer une parole << brute» mais bien d’ouvrir des occasions diverses, répétées, structurées, d’échanger avec les personnes dont on s’occupe sur ce qu’elles vivent et souhaitent. .. en n’excluant pas du debat l'action que nous menons ou la maniére dont nous la menons. Nous avons tous a y gagner. Vers un élargissement relationnel Dans la majorité des struc- tures, la posture relationnelle classique est celle qui conside- re la personne accueillie comme « objet de l'interven- tion proiessionnelle >>. Elle a donc pour mérite de mettre en oeuvre un proiessionnalisme dont l’utilité reste évidente. Mais dans ce cadre, examiner la place de la personne accueillie en tant qu’usager est intéressant. Pour poser cl'au- tres questions ou réFlechir sous un autre angle. Pour autant, cette optique (considerant la relation sous l’angle usager/ service) n'est pas le seul horizon 6: develop- per. Car parFois le risque de Faux semblant n'est pas loin. Par exemple, quand la situa-
  6. 6. Note : A Dans une Action Prioritaire Régionale menée pour Promoiai Ile de France El I Une Formation pour mieux comprendre et intégrer le changement Le Logis-Formation est un établissement de la Sauvegarde de Seine et Marne, qui propose des parcours cle Formation qualiFiante d des ieunes bénéFiciant d’une mesu- re educative, emanant de l’A. S.E. ou de la P. J.J. ConFronté 61 des Fluctuations de tranches déges eta des demandes accrues en matiére de socialisation, l’eta- blissement a conFié éi COPAS une mission de Formation-action visant c‘: mieux intégrer ces changements a la pratique et au Futur proiet cl’éta- blissement. tion de cet usager lui laisse trés peu de choix quant aux actions qui lui sont proposées. Ou encore quand, pour une raison ou une autre, elle dis- pose d’une Faible capacité d'expression d’une volonté autonome. Nous avons ainsi eu l’occa- sion 4 de construire et de tes- ter l’interet d’une grille considérant la personne accueillie sous dittérents angles relationnels. Elle per- met de voir comment l’ap- proche peut varier selon que la personne accueillie est considérée comme : objet d’une intervention proFession- nelle, citoyen, etre social aux appartenances multiples, per- sonne, prochain ou Autre (selon une approche humanis- te ou philosophique ou reli- gieuse). Bien sfir, aucune de ces Figures relationnelles n’a vocation a supplanter toutes les autres. Chacune apporte et trouve ses limites. EnFin, aucu- ne ne doit nier la part de mys- tére, d’indetermination, de potentiel que recéle toute rela- tion, contrairement 6: Ce que pretendent parFois les métho- dologies de « diagnostic ». Car on salt bien qu’aucune régle, aussi bien intentionnee soit-elle, n'est a l’abri d’une instrumentalisation, d’une rou- tinisation progressive, d’une utilisation deiensive. ll Faudrait également etre bien na'i'F pour penser que les procedures ins- taurées par la loi pourraient suFFire a abolir les cliFFérences statutaires, les pesanteurs ins- titutionnelles, les dittérences d’acces au langage, aux droits. .. Comme certains nous l'ont souvent dit, et a juste titre, « l’esprit de la loi » compte dans ce domaine autant que la régle ainsi instauree. Le monde n'est pas un établissement Pour conclure ce panorama rapide, il parait important d’insister sur un risque insi- dieux induit par tout ce remue- meninges s'il reste centre uniquement sur ce qui se ioue au sein des services et établis- sements. Car en matiere de politiques publiques, et dans un contexte diFFicile comme celui que nous connaissons, l'essentiel est en bonne part ailleurs. Ainsi clans le domaine du handicap, la ditiiculté majeure de l’heure reste bien que nombre de per- sonnes n’ont pas acces c‘: l'ac- tion d’un service ou d’un établissement. Plus globale- ment, l’intégration dans de nombreux domaines reste plus un souhait qu’une réalité eFFec-
  7. 7. tive. De meme, les questions en matiere d’exclusion sont larges. Elles se posent dans le retus d’aide par certaines per- sonnes en rupture ; clans les manques de place pour cer- tains publics (ieunes, Familles, demandeurs d’asile, etc) ; enFin, dans les diFFicultes a trouver un logement et des res- sources perennes, pour eviter que les personnes ne se retrou- vent (3 tourner sans Fin dans les clispositits de « l’insertion >>. lndépendamment de la quali- té intrinseque cle ceux-ci (évo- luee, labellisée, certiFiée. ..). Ainsi, l’évaluation d’un dispo- sitiF territorial d’intervention n'est pas la somme des eva- luotions de ceux qui mettent en oeuvre certaines des reponses. L'idée que « si tout le monde - sous-entendu les structures - Faisait bien son boulot >>, le resultat global serait Forcément bon, est rien moins que theo- rique. A cété de l’évaluation des structures, nous avons donc touiours un grand besoin d'évaluations portant sur les politiques publiques, les resul- tats qu’elles obtiennent, le pilo- tage qui en est Fait. ll me parait iuste de constater, aprés bien d’autres, que nous restons sur ce plan trés en-deca de qui serait souhaitable. Dire cela ne signitie en rien qu'il n'est pas important d’améliorer la qua- lite des reponses apportées au niveau des structures de ter- rain. Mais cela ne suFFit pas a traiter plus globalement les déFis maieurs auxquels la col- lectivité doit répondre en matiere de solidarite. ll existe touiours une tentation de réduire les questions. En Faisant comme s'il y avait, d’un cete une commande publique qui saurait clairement ce qu'il Faut Faire (3 partir de << besoins » répertoriés dans des schémas, de l’autre des « opérateurs » qui n’auraient qu'c‘t progresser sur la qualite technique de leurs « presto- tions ». Dans ce cadre, il y a vraiment un risque non secon- daire de réduire le monde des politiques sociales a l’imoge d’un etablissement qu'il suFFi- rait de perFectionner. ll n'est ainsi pas surprenant de voir les associations, les initia- tives issues de la « société civi- le >>, peiner a trouver leur place dans ce grand mécano qui, hélas, est bien loin de tout régler, comme l’actualité sociale récente ne cesse ole nous le montrer. Car, on le soit, la question de la sante ne se réduit pas a celle des hépitaux, celle de la vieillesse aux maisons cle retraite, ni celle de l’exclusion sociale aux CHRS. Les pro- blemes societaux ne se conFon- dent pas avec les outils char- ges de les traiter, les depassant par bien des dimensions. Nombre de themes traités dans la loi 2002-2 sont donc importants et elle constitue un levier d’amélioration a deiendre. Mais cela est, en revanche, tout <5 Fait insuFFisant pour que lo situation generale cesse de se dégrader. Car cela nécessiterait, certes des lois, mais aussi de l’engogement, de l’intelligence collective, du courage, et beaucoup d’autres ingredients, dont nous dispo- sons certainement mais que nous peinons <3 reunir dans une perspective d’ensemble. Lou rent Barbe
  8. 8. Note . l «mobilisa- tion sur un projet» : actions ins- crites clans le CFI, Credit Formation lndividualisé mis en place par l'Etat en 1989, puis reprises dans le programme PAQUE en i992, et que la Région Nord-Pas de Calais a reprises a son compte aprés la decentralisa- tion de 1995 Ultne < iF©>rrmm@1'tfi@n'n atccantmpatggrmemmerm'fi*>> [;5»@urr lies crctrceturrs elle Hat 'fi’©n‘nTrtt<<: rfl'fi@n‘n Clterchant a donner une nouvelle impulsion aux actions de lor- mation destinées aux ieunes en dillicultés, la Région Nord-Pas de Calais a demandé a COPAS de mettre en place un dispositit de << tormation-accompagnement >> des organismes dans leur réllexion et dans la conception de nouveaux proiets d'actions, pour taire évoluer la pédagogie proposée. Une position affirmée de la Région La région Nord-Pas de Calais, au travers de sa Direction ole la Formation Prolessionnelle, a touiours maintenu clans ses priorités la conduite d’actions a destination des [eunes en dit- licultés cle maniére a éviter autant que possible que ces ieunes soient, en raison de leur histoire personnelle et du contexte social dans lequel elle s’est déroulée, exclus du droit c‘: la Formation eta l’insertion sociale et protessionnelle. Dans la continuité des << actions de mobilisation » I un programme important d’actions de formation intitu- lées << Dynamiques d’| nsertion Protessionnelle » continuait a exister depuis 1999. Suite 6: un important travail de mise a plat et de tormalisation des pra- tiques des organismes de For- mation dans ces actions D. |.P. qui a clonné lieu a la produc- tion d’un Cadre de réiérence eta la tenue d’un Forum des acteurs en 2002, le Conseil Régional a voulu leur donner une nouvelle impulsion et de nouvelles dimensions. Dans cette perspective, il a inscrit dans son appel a proiets quelques axes essentiels a prendre en compte de manié- re a mettre en place un nou- veau programme au]ourd’l'1ui appelé << Horizons >>. Les grands principes Pour s’inscrire dans le pro- gramme Horizons, les forma- tions proposées doivent répondre a certaines caracté- ristiques : elles doivent s'ap- puyer sur des supports pédagogiques originaux et notamment sur la concluite d’un proiet collectit, mené avec le groupe de ieunes. Ceux-ci peuvent étre de natures trés diverses, il s’agit de proposer aux [eunes de se lormer au tra- vers d’activités nouvelles pour eux, qui leur permettront de (re)prendre conliance, de développer de nouvelles capa- cités, d’acquérir de nouvelles compétences et de les valori- ser. Les buts cle l'action sont trés larges et les obiectits de For- mation doivent étre individua- lisés pour tenir compte de chaque situation spécitique et des diiticultés que rencontrent les ieunes clans leur vie per- sonnelle et sociale tout autant que par rapport a leur inser- tion proiessionnelle. En ettet, il ne s’agit pas de déiinir un << proiet prolessionnel » au sens lialoituel du terme (c’est- a-clire cltoisir le métier qu’ils veulent Faire), mais ole leur per- mettre d’acquérir les compé- tences nécessaires pour Faire les choix les plus pertinents en tonction des opportunités qui s’oFtrent a eux, pour agir de maniére a surmonter les clilli- cultés qu’ils rencontrent et engager de nouvelles étapes de leur parcours. Celui-ci peut notamment passer par de la Formation proiessionnelle, sans que cela soit cependant | 'option systématiquement visée d l’issue de l'action Horizons. Eniin le dernier principe atti- Cl'té est celui cle la << compéten-
  9. 9. ce partagée » : compte tenu des caractéristiques des publics visés et des dimensions sur les- quelles il est nécessaire de tra- vailler, les organismes cle Formation doivent nouer des coopérations avec des acteurs aux champs d’actions et aux compétences complémentaires aux leurs, et dans toute la mesu- re du possible, mobiliser des Financements complémentaires aux credits accordés sur les budgets de la Formation proFes- sionnelle de la Région. Une phase de transition Certains organismes de Forma- tion sont déjd pleinement ins- crits dans ce type d'approche et de pédagogie depuis cle nombreuses années et pou- vaient clanc s’appuyer sur leur expérience pour proposer de nouveaux projets. Pour d’autres, il s’agit d’un change- ment pratond qui bouleverse leur approche pédagogique et leurs modalités de travail habi- tuelles et par conséquence leur organisation interne. Tous n’étaient d’ailleurs pas comple- tement convaincus clu bien- Fondé ales orientations voulues par le commanditaire. La Région a donc proposé une phase de transition pour don- ner le temps a ceux qui le sou- haitaient de s’approprier l'ensemble cle ces nouveaux éléments et de concevoir leurs proiets d’actions de Formation : si certains orga- nismes ont répondu immedia- tement avec des proiets répondant aux caractéris- tiques attendues, d’autres pou- vaient, cette année encore, mettre en place des actions « classiques » et parallelement élaborer de nouveaux projets, pour intégrer pleinement le programme Horizons a partir de septembre 2004. Un vaste dispositit de Forma- tion-accompagnement était proposé o tous pendant cette période de transition. Des themes ¢: l’entrée Une centaine de personnes ont participé a ce dispositit : Farmateurs, mais aussi coordi- nateurs ou responsables péda- gogiques d’organismes cle Formation ou encore des conseillers de missions locales, réFérents des ieunes. Au cours d’une premiere [ournée 00 ils étaient tous réunis, les échanges sous diverses Formes autour des grands principes d’Horizons, ont permis de repérer les interrogations que soulevaient ce nouveau pro- gramme de Formation, tant sur les obiectits de Formation, sur les activités-supports éi mettre en place et la maniere de rendre les ieunes acteurs de leur propre Formation, etc. Des groupes, animés chacun par un consultant, ont été consti- tués autour de sept thema- tiques, qui se sont réunis six Fois pour une iournée detra- vail au rythme d’environ une Fois par mais. Ces themes constituaient autant << d’en- trées >> dans la rétlexion, meme si, bien évidemment, chacun des groupes pouvaient au Fil des échanges explorer l’en- semble des questions dans la mesure oi) ils étaient a la Fois distincts et trés complémen- taires : concevoir et piloter une action Horizons, le partena- riat, le ieune << acteur >>, le pra- iet callectiF comme support structurant la Formation, l’arti- culation entre inclividualisation et proiet callectiF, les obiectits et l’évaluation, l’animation des groupes et la gestion des situa- tions diFFiciles. Echanger des expériences et élaborer des reperes communs Les expériences proFession- nelles des participants étaient trés diverses, en termes d’an- cienneté de participation aux actions de Formations pour des ieunes en diFFiculté, mais aussi en termes de Familiarité avec une pédagogie qui s'appuie sur la conduite d’un projet col- lectit. C’est a partir de ces échanges d’expériences diver- ses et d’une réFlexion sur les pratiques actuelles et (‘:1 Faire
  10. 10. l0 évoluer, que s’est articulé le travail commun. ll s'agissait a la Fois de s’approprier les idées-cleFs, examiner les pistes concretes de mise en oeuvre, construire ensemble les reperes essentiels sur lesquels pouvaient s’appuyer tous les acteurs impliqués dans la conduite de ces actions de For- mation comme dans l’accom- pagnement des ieunes pendant la Formation, mais aussi en amont et en aval. Parallelement, un appui au commanditaire Pendant toute la durée de cet- te Formation-accompagne- ment, COPAS est resté en relation tres étroite avec le commanditaire et notamment la personne chargée de ce programme (‘:1 la Direction de la Formation Protessionnelle. Cela a permis que celle-ci soit intormée des questions soule- vées par les organismes de For- mation et qu’elle cherche a mettre en place les procédures administratives et Financieres les mieux adaptées (1 un tel programme. Un certain nombre de points soulevés par les participants, relatiFs 61 ces procédures ont d’ailleurs été claritiés au cours cle cette période. Par ailleurs, la DFP de la Région étant représentée sur chaque bassin d’emploi par des Relais Techniques Terri- toriaux, ils ont été invités eux aussi a participer a des groupes ole travail sur certains aspects lies a leurs missions et qui, avec la mise en place de ce programme Horizons pou- vaient prendre une dimension particuliere : la constitution et le soutien des partenariats locaux, l’évaluation des actions Horizons et du pro- gramme, les spéciFicités des zones rurales, l’animation d’une clynamique inter-orga- nismes, etc. Communiquer en permanence entre les groupes Chaque iournée de travail Fai- sait l’ob]et d’un compte-rendu qui Farmalisait les principaux enseignements a retenir des échanges, a destination des participants au groupe concer- né ainsi qu’aux consultants impliqués dans l’animation des divers groupes. On pouvait ainsi aisément repérer les élé- ments canvergents et éventuel- lement alimenter la réFlexion sur un theme avec les apports d’un autre groupe. Dans cer- EN COURS Le statut ou service d’un proiet d'intervention Le centre social Marcel Paul E: Sevran, soultrait jusqu’é présent d’un statut juri- dique peu clair, attaiblissant considérablement ses copocités d'intervention. La ville de Sevran a demandé o COPAS de l’éclairer sur le choix de statut - municipal ou associatit - le plus adupté aux contraintes budgétaires at 6: la demande sociale et d’aider l’équipe <5 élaborer un nouveau proiet cle service. . ... Mettre en place un outil d’auto-évaluation L’AFTAM a Fait appel a COPAS pour accampagner un groupe de travail dans la conception et l’expérimentation au sein d’un C. H.R. S. et d’un C. A.D. A. d’un outil d’auto-evaluation se situant dans l’esprit de la loi 2002-2.
  11. 11. tains organismes de Formation dont plusieurs Farmateurs étaient inscrits dans le dispo- sitit sur des themes diFFérents, les comptes-rendus étaient le plus souvent mis a disposition de tous et ont pu Faire l’objet d’échanges dans le cadre de réunions internes. En outre, nous avons régulie- rement diFFusé un « journal >> de ce dispositiF de Formation accompagnement (<< Tour d’Horizons ») qui a permis, au travers de cinq numéros de tenir intormées toutes les per- sonnes concernées de l’en- semble des travaux : avancée de lo rétlexion et questions traitées dans chacun des groupes, zoom sur les travaux autour d’un theme particulier, expression de la vice-prési- dente du Conseil Régional chargée de la Formation ProFessionnelle, de la chargée de mission de la Région, expression et réactions des participants. .. Une journée cle synthese Une derniere journée commu- ne de travail a réuni l’en- semble des participants aux diFFérents groupes thema- tiques, ainsi qu’un certain nombre d’autres acteurs invi- tés par eux, parce qu’étroite- ment associés o la conduite des actions Horizons sur le ter- rain. Dela meme maniere, les représentants de la Direction de la Formation ProFessionnelle et notamment la Chargée de mission et les Relais Tech- niques Territoriaux y ont par- ticipé. ll s'agissait de s’approprier les éléments essentiels dégagés autour de chacun des themes, de repé- rer les questions qui restent ouvertes et autour desquelles les équipes pédagogiques vont poursuivre la rétlexion. On a cherché aussi, au cours de cette journée a poser les pre- mieres bases d’un travail entre les dittérents acteurs implantés sur un meme bassin d’emploi, pour enclencher une veritable dynamique territoriale autour de ce programme Horizons. Evolution des pratiques et élaboration de projets nouveaux En s'intéressant aux « prin- cipes » et en explorant large- ment les multiples manieres tres concretes de les décliner au quotidien dans les actions de Formation, ce travail a per- mis a chacun de ré-examiner sa conception et son approche de la Formation des jeunes en diFFicultes. Des evolutions réelles ont été engagées, y compris au sein des équipes déja Familiarisées avec la conduite d’un projet collectit comme support pédagogique essentiel. Quant aux autres, ils ont pu mettre a proFit cette recherche commune pour concevoir et préparer les actions qu'ils auront <3 réaliser dans les mais qui viennent. En s’appuyant sur l’ensemble de ces travaux, il nous reste aujourd'hui d Formaliser toute cette matiere qui a été recueillie et produite collecti- vement, dans un document dont nous voulons Faire un véritable outil de travail pour les organismes et leurs parte- naires. Outil pour réFléchir a de nouvelles actions, pour que les équipes puissent continuer a enrichir et améliorer leurs pratiques, pour permettre at de nouveaux Farmateurs de s’ap- proprier les caractéristiques du programme Horizons, pour Faire Face aux diFFicultes qui ne manquent pas de surgir quand on mene des actions de ce type, pour envisager les réponses les plus pertinentes aux situations rencontrées. .. Véronique Persuy ll
  12. 12. 12 Note : l Le Fonds de Soliclarite Logement, qui Finance la majeure partie des aides au logement ”ITrr@u. tJv<etr urn Ha<: g3ern‘rnerm't' term s©rr‘t'oJrm't' ©'| ’u. nrm <€7io| l-flol'F<2oE§3o Cette analyse, commandée par la D. R.A. S.S. de Lorraine, visait (‘J repérer les diFFérents Freins au relogement rencontrés par les personnes suivies en C. H.R. S. ou accueillies dans les structures d’hébergement d’urgence. Elle s’est appuyée sur une analyse documentaire, des entretiens aupres d'interlocuteurs institution- nels et proFessionnels de terrain, ainsi que des inFormations recueillies aupres de bénéFiciaires, oralement et par questionnai- re. Les obstacles principaux se situent (‘J deux niveaux : le pilo- tage des schémas et plans qui structurent les politiques de logement et l’écart entre l'oFFre de logement et les souhaits des personnes hébergées. Un pilotage complexe Les deux plans qui structurent les politiques sociales en matie- re d’aide au logement, le sché- ma de l'Accueil, de l'Hébergement et de l’insertion (A. H.| .) piloté par la D. D.A. S.$. , et le Plan Départemental pour le Logement des Personnes Détavorisées (P. D.L. P.D. ) co- pilote par l’FEtat et le Conseil General, sont en Fait tres diFFé- rents. Les dates de démarrage et les durées diFFérentes des diFFérents schémas et plans aFFectent les mises en perspective régionales ainsi que la coordination des orientations départementales ; alors que les deux pro- grammes sont censés s’occu- per du meme public, les orientations choisies par un pilote sur un des programmes ne seront pas intégrées dans l’autre. Le pilotage du P. D.L. P.D. pré- sente une complexité paraly- sante, en raison des multiples niveaux décisionnels. Le P. D.L. P.D. n'est lui-meme qu’un volet du Plan Départemental d'insertion et de lutte contre les exclusions ; et au sein du P. D.L. P.D. , le F. S.L. ‘ a lui-meme son comité directeur, déFini par décret. De leur céte, les commissions d’attribution du F. $.L. sont de réels lieux décisionnels, 00 se construit de Facto la politique réellement appliquée en termes d’aide au logement. Bailleurs sociaux et représen- tants des communes ont par- Fois des réticences (‘J encoura- ger la presence de publics en diFFiculté dans leurs logements ou leur commune, surtout quand des questions d’équi- libre social sont en jeu. Cette réticence n'est pas une diFFicul- té en soi ; elle devient préoc- cupante quand elle n'est pas traitée (3 un niveau politique (pilotage du Plan) qui pourrait parvenir a des compromis acceptables, mais qu’elle prend Forme dans des deci- sions concretes (reFus non motives, nombre et teneur d'in- Formations requises, lenteurs inexpliquées. . . ) qui rentrent en contradiction avec le but d’ai- de aux personnes les plus en diFFiculté. C'est sans doute la complexité des enjeux et du pilotage qui explique le peu de contenu des P. D.L. P.D. en termes d’axes stratégiques. Alors que la loi laisse une grande marge de manoeuvre aux deux pilotes pour adapter l'utilisation des divers Fonds aux spéciFicités départementales, les Plans semblent se contenter cle lister les types d’aides, les situations admises et les opérateurs pre- sents sur le département. Puis les Plans declinent parFois leurs actions passées, ou renvoient éi un bilan qui n'est pas systé- matiquement annexé. La com- plexité des enjeux plaide pour une démarche participative de
  13. 13. ll‘ _a Un nouveau projet pour une ancienne association Cette importante association de la région Centre, qui couvre trois départements et r‘ une grande diversité de secteurs d'intervention, a mis en chantier une réactualisa- tion de son projet. Comment tenir compte de la dynamique interne de l’associa- tion, cles consequences de la decentralisation, et des nouveaux rapports entre usagers at institutions portés par la loi 2002-2 ? Quelles instances associa- tives constuire et c‘: quelle echelle ? Comment trouver un << équilibre dynamique >> entre les membres associés, les proFessionnels et les usagers ? Quelle place dans cette dynamique pour la Direction Génerale ? préparation des Plans, at) chaque acteur (institutions, organismes, élus, associa- tions. ..) puisse expliciter son cadre de contraintes, ses prapres objectiFs, les res- sources dont il dispose, la connaissance des situations qu'il peut avoir, et ses savoir- Faire. On peut attendre d’une telle démarche de parvenir (‘J une meilleure comprehension mutuelle (alors que nous avons rencontre des jugements mutuels tres négatits parFois), o une analyse plus Fine et par- tagée des diFFicultes d’articula- tion, voire au développement d'outils communs. Cette démarche, pratiquée dans cer- tains departements, Facilite la construction de compromis acceptables, peut-étre moins ambitieux que certains ne le voudraient, mais politique- ment lisibles et concretement applicables. Logement social ou logement privé ? Nous avons constaté qu’une part signiticative des bénéFi- ciaires interrogés portait un jugement plus Favorable que la moyenne des représentants institutionnels sur les logements privés. Chez certains proFes- sionnels (Fonctiannaires ou associatiFs), la culture du ser- vice public -— égalite, désinté- ressement, intéret general. .. — est Forte et la reticence vis- a-vis du << privé >> (portée par des representations negatives : contribution (‘J l’inégalite, volonté d'enrichissement, valo- risation de l'intéret indivi- duel. ..) pese lourd. Or nous n’avons rien constaté de tel chez les personnes hébergees en C. H.R. S. que nous avons rencontrées. Le logement social est souvent consicléré comme l’issue natu- relle pour les « cas sociaux ». Or cette proposition « eviden- te >> ne semble pas suivie par ban nombre d’hébergés qui expriment au contraire que le logement social n'est pas << Fait >> pour eux. Le H. L.M. est certes une piste (ii creuser, mais la démarche leur semble com- pliquée, << administrative >>, peu maitrisable par eux, et donc plutét réservée aux tra- vailleurs sociaux si l’on veut un resultat, percu comme tres aleatoire. D’autres ont meme exprimé une Franche hostilité 61 l’égard du logement social. Globa- lement, on rejoint un constat Fait par de nombreux bailleurs sociaux pour expliquer une partie de la vacance, liée 61 la mauvaise reputation de cer- tains quartiers d’habitat social. Au cours des entretiens que nous avons réalisés, cette hos-
  14. 14. 14 tilité s’est exprimée par la peur de l'insécurité, la volonté de proteger les enFants, le reFus cle l’habitat callectiF. .. Faire appel au marché privé ne représente pas seulement une oppartunité quantitative : cela permet également d’aug- menter la diversité des produits proposes, c’est-(‘J-dire, en Fait, d’accroitre la diversité de l'oFFre globale, sous réserve de « conditions minimales >> (‘J reunir. Une demande « autre » Certains C. H.R. S. estiment la proportion de personnes déjci << connues » présentes dans la structure (in un tiers cles eFFec- tiFs. Si l’on y ajoute les per- sonnes qui passent d’une structure collective (5 une autre, cet eFFectiF de personnes qui tournent dans les C. H.R. S. se revele important. D’une maniere plus qualitati- ve, il est intéressant d’analyser les raisons de ce recours recur- rent aux C. H.R. S. Les entre- tiens nous ont permis de constater que : - la rareté de l'oFFre ou une oFFre légerement decalée par rapport 6: la recherche des per- sonnes est plutet susceptible d’allonger les durées de séjour que de provoquer des allers- retours ; - l’inadaptation ale l'oFFre est, elle, susceptible de provoquer des strategies de la part des bénéticiaires pour utiliser les ressources du dispositiF A. H.| . aFin de se lager durablement. Sous reserve d’une analyse plus Fine qui reste (‘J Faire, il ne Faudrait pas considérer trop rapidement ces séjours recur- rents comme autant d’echecs du dispositiF dans son ensemble (C. H.R. S. + P. D.L. P.D. ). En eFFet, si une partie de ces retours est eFFectivement imputable (‘J des diFFicultes clu dispositiF, une autre partie est signe d’une uti- lisation plus active des oppor- tunités par les hébergés. Ce sont des personnes qui sont installées plus ou moins dura- blement dans des modes de logement précaires, et qui « tiennent » en cette précarité ; on pourrait dire qu'ils en sont dependants. Quand les solu- tions précaires deviennent diF- Ficiles (hiver, surpopulation du squatt, solutions amicales epuisées, problemes de santé. ..), ils integrent les struc- tures d’hébergement a mini- ma. On voit ainsi des retours cycliques de personnes qui organisent de cette maniere leur précarité. Cette capacité d'organisation est précieuse, car elle nous permet ale comprendre ce que ces personnes recherchent, ce que le C. H.R. S. leur apporte, et ce qu'il ne leur apporte pas. Ce sont des personnes qui, a un moment Fragile de leur vie, ne peuvent « s’engager >>, alors que la vie sociale est tres exigeante. A partir de cette contrainte personnelle (‘J gérer, ils vont choisir les modes d’hé- bergement les moins << enga- geants » possibles. lls demandent peu — et c’est sou- vent Frustrant pour des tra- vailleurs sociaux spécialistes de la relation d’aide - car ils savent que la contrepartie risque d’etre trop lourde pour eux. L'importance du C. H.R. S. dans leur vie ne se mesure donc pas (31 l’aune d’une pres- tation precise , ' mais le Fait qu’une structure existe, qu'il y ait un lit pour eux, que des per- sonnes soient l(‘J le cas échéant, est vital pour sécuriser ces situations. Mireille Berbesson
  15. 15. Nos références : DGAS 2 diagnostic portage sur l’errance des jeunes dans les départements - Sauvegarde des Yvelines 2 recherche-action sur les orientations de l’AEMO - Conseil général Seine et Marne 2 evaluation et déFini- tion du schéma departemental de la Famille, l'enFance et l’adolescence - CCPD Ville de Calais 2 soutien méthodologique aux travaux de l’observatoire du développement social - Fondation de France 2 pilotage du programme Initiatives et citoyenneté - DDTEFP Haute Marne 2 expertise des prestations de suivi et d’ac- compagnement des demandeurs d’emploi - Conseil Régional Nord, Pas-de-Calais 2 accompagnement de la politique d’évaluation et de développement de la qualité des Formations - Amilor 2 animation d’une action-recherche sur l’accompagnement en réseau - FAS : etude-action sur l’acces a l’apprentissage et c‘: l’insertion proFessionnelle des jeunes d'origine étrangére - Ville de Marseille : evaluation d’un programme visant (ii rentorcer l’intervention de proximite en direction des usagers de drogues - CAF du Cher et Le Havre 2 dynamique ole développement social local et démarches participatives DGAS : etude sur l’enca- drement dans le secteur social - Amicale du Nid : Formation au projet associatit - PROMOFAF lle de France et Pays de Loire 2 Formation au Projet lndividualisé - Association Tutélaire aux Inadaptés (AT1) 2 elabora- tion participative du projet associatiF (200 salaries et CA) - Centre Régional de Ressources Pédagogiques Nord, Pas-de-Calais 2 evaluation du dispositiF experimental «Formation Ouverte et a‘: Distance» - DDAS5 des Deux Sevres : evaluation d’un programme d’échanges de seringues - Fraternité Banlieue des Petits Freres des Pauvres : appui au développement des nouvelles implantations de l’association - DGAS 2 accompagnement de la déFinition du schéma national des Formations sociales - DRTEFP Nord, Pas-de- Calais 2 appui méthodologique (‘J la plateForme de proFessionnalisation des emplois-jeunes «médiateurs sociaux>> - CCPD Ville d’Halluin 2 accompagnement de la mise en place d’ateliers-parents - Conseil General de Seine et Marne 2 diagnostic préalable (J l’implantation d’équipes de prevention dans les cantons ruraux Nos publications : Accompagnement social et insertion et Guide pratique de l‘accompagnement social. UNIOPSS - Editions Syros - 1995 Difficultés de vie et Formation et Objectif citoyenneté, deux ouvrages issus du travail de l'atelier permanent d'évaluation. C2RP Nord, Pas-de-Calais - 1995 Le F. I.L. (Formations individualisées) manuel c l'usage des acteurs de la Formation. La Documentation Francaise - 1995 Prevention de la délinquance 2 politique et pratiques. Editions ESF - 1998 Agir ensemble. Fondation de France - 1999 Articulation entre le projet d’établissement et le projet individualisé. PROMOFAF - 1999 Guide méthodologique de la démarche de diagnostic partagé sur / ’errance et la grande margina/ ité des jeunes. DAS - 2000 Formations ouvertes et at distance. C2RP Nord, Pas-de-Calais - 2001 Parents, Families et proFessionnels dans le cadre / udiciaire (accompagnement a la réclaction du guide (‘J / ’usage des acteurs de l'action educative sous manclat judiciaire). Direction de la Protection Judiciaire de la Jeunesse - 2003 .1 15
  16. 16. )COPaS’ Nous intervenons en conseil straté- gique, recherche et développement, conduite de projets, audit et évalua- tion, formation et développement des ressources humaines. .. Nos partis pris : une collaboration étroite avec nos clients, le souci d’une opérationnalité immédiate, cles interventions sur mesure. C OPAS est une société coopérative cle conseil, spécialisée dans Ie domaine des politiques sociales, créée en I 983, I0 consultants. tél: 03 28 04 54 24 iax: 03 28 04 54 25 2 bis, rue des Jardins 59 800 LILLE | SSN . 1254 8758

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