RAPPORT D’ACTIVITÉS’08   SECTION BELGE
01                Préface                         Approche thématique                                                     ...
01  Préface  du directeur général« Avec ma femme et mes deux enfants,              J’ai rencontré Raed au cours de sa vi- ...
J’ai aussi beaucoup d’admiration pour             dû affronter des situations parfois plus    Pour la période 2008-2010, l...
© I. PATEER - HANDICAP INTERNATIONALAu fil des ans et avec l’expérience,nous sommes devenus experts en ma-tière de prévent...
Thématiques02
« Lorsque pour la première fois de ma vie de sage-femme, j’ai vu un bébé souffrant d’un pied bot, j’ai  su quoi faire grâc...
En bref :                                                                        Nos projets de santé mère-enfant incluent...
Les 3 et 4 décembre 2008, 94 États ont signé la Convention sur les armes à sous-  munitions. Ce traité interdit l’utilisat...
Moments clé dans le processus d’Oslo                                      que certaines pressions inter-                  ...
«Nous avons un engagement, un mandat humanitaire et nous ne prenons pas parti.                                            ...
Notre objectif en 2008 a été de répondre  aux situations d’urgence pour lesquelles  nous pensions avoir une réelle experti...
03Programmes
Afrique01 Angola Handicap International travaille en Angola depuis 1995. Dans ce pays, fortement marqué par plus de trente...
Burundi                                                                 02Les dix années de guerre qui ont touché le Burun...
EN CHIFFRESPersonnel international : 3Personnel national : 23Budget : 453.078 €Principaux bailleurs de fonds :Ministère de...
Républiquedémocratiquedu Congo                                    04                                                      ...
Amérique latine05 Colombie Handicap International est intervenu en Colombie à partir de 1997, d’abord en soutenant une org...
Cuba                                  06Handicap International est intervenu à Cuba en 1998 en apportant unappui à la prod...
Asie                                               EN CHIFFRES                                                    Personne...
Malgré un taux de croissance de 9% en 2008, des inégalités subsistenten Chine, dont sont notamment victimes les personnes ...
Rapport Annuel Handicap International 2008
Rapport Annuel Handicap International 2008
Rapport Annuel Handicap International 2008
Rapport Annuel Handicap International 2008
Rapport Annuel Handicap International 2008
Rapport Annuel Handicap International 2008
Rapport Annuel Handicap International 2008
Rapport Annuel Handicap International 2008
Rapport Annuel Handicap International 2008
Rapport Annuel Handicap International 2008
Rapport Annuel Handicap International 2008
Rapport Annuel Handicap International 2008
Rapport Annuel Handicap International 2008
Rapport Annuel Handicap International 2008
Rapport Annuel Handicap International 2008
Prochain SlideShare
Chargement dans…5
×

Rapport Annuel Handicap International 2008

2 207 vues

Publié le

0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
2 207
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
4
Actions
Partages
0
Téléchargements
15
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Rapport Annuel Handicap International 2008

  1. 1. RAPPORT D’ACTIVITÉS’08 SECTION BELGE
  2. 2. 01 Préface Approche thématique 02 page 01 page 04© D. DELVIGNE © L. AERTS© A. HODALICS © T. DIRVEN page 11 page 28 Revue des programmes Rapport financier 03 04Éditeur responsable : Jan Brigou Rédaction : Catherine Billiau, Aurore Van VoorenHandicap International Graphisme : Chiquinquirá GarcíaRue de Spa, 67 - 1000 Bruxelles Impression : Nevelland (Entreprise de travail adapté)Belgique Traduction : ISO Translation Photo couverture : © L. AERTSTél. : 0032 (0)2 280 16 01Fax : 0032 (0)2 230 60 30E-mail : info@handicap.be Publication gratuite.www.handicap-international.be Contactez Handicap International pour toute demande d’exemplaires supplémentaires. Een Nederlandstalige versie is op verzoek beschikbaar.Numéro de compte : 000-0000077-77 An English version is also available upon request.
  3. 3. 01 Préface du directeur général« Avec ma femme et mes deux enfants, J’ai rencontré Raed au cours de sa vi- de lobbying de la « Policy Unit » denous sommes allés au parc pour fêter site à Bruxelles en 2008. Il fait partie Handicap International Belgique ! Grâcele cinquième anniversaire de mon fils des Ban Advocates, un groupe créé à aux efforts des membres de cetteAhmad », raconte Raed Mokaled, du l’initiative de Handicap International et équipe, la Belgique a été le premierLiban. « Après avoir mangé sa part du qui rassemble des personnes qui ont pays à interdire les armes à sous-mu-gâteau d’anniversaire, Ahmad est allé survécu à l’explosion d’une sous-muni- nitions, et son action a finalement menéjouer. Soudain, on a entendu une tion. Les membres de ce groupe sillon- à la signature d’un traité d’interdictionénorme explosion. J’ai couru vers mon nent le monde pour témoigner de ce de ces armes, qui touchent surtout lafils, il était couvert de blessures et sai- qui leur est arrivé et ainsi inciter les population civile.gnait terriblement. Nous l’avons em- États à signer le Traité d’Oslo, qui in-mené à l’hôpital, où il est mort après terdit l’utilisation, le stockage, la pro- Les Ban Advocates ont marqué de leurs’être accroché à la vie pendant encore duction et le transfert des armes à empreinte l’ensemble du processus etquatre longues heures. Mon autre fils, sous-munitions et apporte une assis- fait forte impression sur les représen-Adam, nous a raconté qu’il avait vu tance aux victimes. tants des gouvernements. Tout à coup,Ahmad ramasser une sorte de bouteille les victimes ont eu un visage, un vi-très colorée qui a explosé. Il s’agissait Pendant des années, Handicap Inter- sage qui ne laisse personne indifférent.en fait d’une sous-munition. national s’est battu pour l’élaboration Moi aussi d’ailleurs, j’ai été très im- et la signature de ce Traité. Le 3 dé- pressionné par ces témoignages, parmiEn racontant l’histoire de mon fils à un cembre 2008, près de 100 pays l’ont lesquels celui de Raed.maximum de gens, j’espère contribuer à signé. Handicap International a tou-l’interdiction des armes à sous-muni- jours insisté pour que cette Convention La manière dont toutes ces personnestions dans le monde entier. Les déci- institue de solides garanties d’aide aux ont su transformer un tel drame endeurs politiques ont pour responsa- victimes. On y est arrivé, et je trouve énergie positive est formidable et forcebilité de protéger les droits de tous les que c’est un très beau résultat. Bravo le respect. Leur détermination m’a pro-enfants. » pour l’excellent travail de recherche et fondément ému.HANDICAP INTERNATIONAL | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2008 | 01
  4. 4. J’ai aussi beaucoup d’admiration pour dû affronter des situations parfois plus Pour la période 2008-2010, l’une de nosles équipes qui interviennent dans les que difficiles. priorités en matière de coopération auurgences. En 2008, plusieurs catas- développement est l’élaboration et latrophes naturelles ont eu lieu de par le En 2008, nous avons décidé d’innover mise en œuvre de projets axés sur lamonde. Début mai, le cyclone Nargis dans les urgences, domaine qui est l’un santé de la mère et de lenfant. Ces pro-dévastait les côtes du Myanmar. A des piliers de notre action. C’était la jets s’inscrivent parfaitement dans deuxpeine deux semaines plus tard, un première fois que nous étions présents des Objectifs du Millénaire : réduire letremblement de terre au Sichuan, en à autant d’endroits en même temps taux de mortalité des enfants âgés deChine, faisait selon les estimations pour répondre à une situation de crise. moins de cinq ans de 2/3 et le taux de80.000 morts et 374.000 blessés. Les trois catastrophes naturelles et les mortalité maternelle de 3/4 par rapportQuelques mois après, les cyclones Gus- situations d’urgence qui en découlent à 1990. Dans ce domaine, les initiativestav et Ike ravageaient Cuba. A chacune étaient toutes de nature très différente. mettent souvent l’accent uniquementde ces catastrophes, Handicap Interna- A chaque fois, nous avons pu réagir de sur la diminution du taux de mortalitétional a été prêt immédiatement pour manière appropriée, mais nous avons maternelle et infantile dans les payssecourir les victimes. En Chine, nous en même temps beaucoup appris. Il est en développement. Mais, bien que cesavons même été la première organisa- évident que l’urgence d’une situation efforts soient louables et importants,tion humanitaire sur place. Nos équipes ne s’arrête pas aux premiers soins. En ils ignorent le fait qu’un grand nombreont remué ciel et terre pour accueillir au Chine, par exemple, nous estimons que de mères et d’enfants souffrent d’unmieux les victimes et leur prodiguer les plus de 20.000 blessés resteront han- handicap à vie ou de longue durée,premiers soins. dicapés à vie et auront besoin d’une conséquence d’une complication sur- longue réadaptation. Ces personnes venant avant, pendant ou après laMais il n’y a pas eu que des catas- doivent bénéficier d’un accompagne- naissance. Ces handicaps sont sourcetrophes naturelles. La situation humani- ment et retrouver leur place dans la so- de nombreuses souffrances qui, sou-taire à l’Est du Congo, où nous ciété. A ce niveau aussi, nous sommes vent, pourraient être évitées. De plus,sommes présents depuis fin 2007, ne investis d’une tâche importante à long ces femmes et ces enfants en situations’est pas non plus améliorée. Même terme. Grâce à nos connaissances, notre de handicap ont rarement accès à desquand les rebelles de Laurent Nkunda ont savoir-faire et notre expérience, nos in- soins et à un accompagnement de qua-investi la ville de Goma, nos équipes terventions peuvent faire une grande lité. Handicap International s’est fixésont restées sur place pour venir en différence. Nous voulons, en tout cas, pour objectif de faire changer les chosesaide à la population civile. Nous nous poursuivre nos activités dans ce domaine dans ce domaine.inclinons devant ces personnes, qui ont en 2009.HANDICAP INTERNATIONAL | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2008 | 02
  5. 5. © I. PATEER - HANDICAP INTERNATIONALAu fil des ans et avec l’expérience,nous sommes devenus experts en ma-tière de prévention, de dépistage pré-coce et de traitement des handicaps.Notre expérience dans le traitementdes enfants handicapés nous a apprisque de nombreuses complications peu-vent être évitées en intervenant suffi-samment tôt. La réadaptation estégalement plus aisée lorsque les han-dicaps sont découverts rapidement. En2006, notre organisation a donc missur pied au Vietnam un premier projetspécifiquement consacré à cet aspect Plus que jamais,et baptisé : « Welcome to Life ». En2008, toujours au Vietnam, nous avons A quoi ressemblera l’avenir ? Pour l’ins- nous pouvons,aussi mené de front un autre projet in- tant, beaucoup se posent la question. aujourd’hui, fairetitulé « Congenital Differences » et des- Personne n’a plus prise sur la situationtiné à prévenir, dépister et traiter les économique mondiale. La récession a une différence énormemalformations congénitales. Des initia- déjà touché durement de nombreux dans la vie destives similaires ont également vu le pays en développement. Cela fait bienjour au Cambodge et au Congo. sûr plusieurs années déjà que les prix personnes défavorisées. augmentent de manière spectaculaire, Ensemble,Dans certains domaines, Handicap In- mais aujourd’hui, pour ajouter à uneternational joue un véritable rôle de situation déjà difficile, beaucoup per- nous continueronspionnier. Par exemple, notre organisa- dent leur emploi. Dans la plupart des à nous battretion a mis au point un programme de pays dans lesquels nous sommes pré-formation unique en son genre grâce sents, les populations locales vivent pour elles.auquel des travailleurs de la santé ap- dans une situation dramatique. Lesprennent à reconnaître les principales plus vulnérables, notamment les per-formes de handicap dans les cam- sonnes handicapées, seront sanspagnes cambodgiennes et à orienter doute les premières victimes de cetteles patients vers une aide adaptée. crise. Pour cette raison, il est importantDans ce projet également, nous avons que nous mettions dès à présent toutopté pour une approche multidiscipli- en œuvre pour les aider. Les personnesnaire. Les maîtres mots en sont : for- en situation de handicap pourront tou-mer, sensibiliser et impliquer la jours compter sur nous, ceci malgré lacommunauté et les autorités locales. Il pression que représente la récessions’agit d’aspects essentiels à la réussite pour des organisations comme la nôtre.de nos projets et à l’élaboration de so- Pour sortir de cette crise, il nous faudralutions durables. En ce qui concerne nous battre bec et ongles, mais je restenos actions dans le domaine de la optimiste et je pense qu’en mettant ensanté maternelle et infantile, nous ne œuvre les solutions adéquates au bonnous arrêterons certainement pas en si moment, nous y arriverons.bon chemin et nous mettrons sur pied Marc Joolen Directeur généralbien d’autres projets encore.HANDICAP INTERNATIONAL | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2008 | 03
  6. 6. Thématiques02
  7. 7. « Lorsque pour la première fois de ma vie de sage-femme, j’ai vu un bébé souffrant d’un pied bot, j’ai su quoi faire grâce à la formation organisée par Handicap International. J’ai envoyé la mère vers le cen- tre de réadaptation, situé à 85 kilomètres de Dai Lanh, alors que son bébé n’avait que deux jours. Deux mois plus tard, on ne peut pratiquement pas se rendre compte que le petit garçon est né avec un pied bot, et le kinésithérapeute a bon espoir quil marchera normalement à l’âge de deux ans », explique Cuc, une sage-femme qui travaille dans la commune rurale de Dai Lanh, au Vietnam. Prévention des handicaps et Objectifs du MillénaireAu XXIe siècle, la santé et la survie des mères et des enfants, sur-tout ceux de moins de 5 ans, restent des questions d’une impor-tance essentielle. Selon les derniers chiffres disponibles, plus de530.000 femmes meurent encore chaque année de complicationsliées à la grossesse ou à l’accouchement. 99% de ces décès sur-viennent dans les pays en développement, particulièrement enAfrique subsaharienne et en Asie du Sud. La mortalité chez lesenfants âgés de moins de cinq ans est elle aussi inacceptable : 10millions par an, parmi lesquels 4 millions avant l’âge d’un mois.Un grand nombre de ces décès sont pourtant évitables, grâce àdes interventions qui ont fait leurs preuves, comme des pratiquesmédicales sûres en cours de grossesse et autour de la naissance, Handicap International met actuellement l’accent sur les phasesle dépistage et le traitement appropriés des maladies, une ali- prénatales, périnatales et postnatales de la grossesse et du déve-mentation correcte... loppement des enfants, ces moments où la plupart des handicaps trouvent leur origine. Ces projets reflètent le fait que de nombreux handicaps ne sont dépistés que lorsque l’enfant entre à l’école –Objectifs du Millénaire pour le développement avec ce que cela suppose comme souffrances inutiles liées à unet santé maternelle et infantile handicap qui aurait pu être traité ou atténué beaucoup plus tôt.Les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) reflètentl’attention importante portée à ces questions prioritaires. Deux deces objectifs sont en rapport direct avec la santé maternelle et Axes d’interventioninfantile : l’objectif 4 est de réduire de 2/3 la mortalité des enfants Nos projets de santé maternelle et infantile visent à développer etâgés de moins de cinq ans et l’objectif 5 entend diminuer de 3/4 à renforcer la capacité du système de soins de santé de prévenir,le taux de mortalité maternelle. « Les OMD ont incontestablement dépister et traiter le handicap. Nous nous y employons essentiel-apporté une précieuse contribution en focalisant les priorités et les lement en formant le personnel soignant, en équipant les infra-ressources sur ces thèmes clés. Toutefois, la plupart des acteurs structures de soins de santé et en assurant une prise en chargesemploient presque exclusivement à réduire la mortalité dans les continue, du dépistage au traitement - voire au transfert vers despays en développement, négligeant ainsi en grande partie la dimi- services spécialisés sur le long terme lorsque l’état du patientnution et la prévention des handicaps et des déficiences. Pourtant, l’exige. Ensuite, nous travaillons main dans la main avec la com-les handicaps de longue durée ou permanents sont encore bien plus munauté et les agents de la santé afin de sensibiliser les famillesfréquents que les décès », explique Monique Ferguson, conseillère aux facteurs de risque, aux causes et aux signes de handicap.en santé communautaire pour Handicap International. « Selon cer- Nous évoquons avec eux les mesures préventives qui peuvent êtretains rapports, pour chaque femme qui meurt en couches, trente prises, ainsi que les possibilités thérapeutiques accessibles au seinautres restent physiquement traumatisées ou handicapées des de la communauté.suites de l’accouchement. ». Nous nous attendons aussi à des tauxplus élevés de handicaps infantiles dans les zones affichant un Enfin, nous travaillons avec des représentants gouvernementaux,taux de mortalité élevé chez les enfants âgés de moins de 5 ans. en particulier avec des responsables du ministère de la Santé, afinDes femmes et des enfants qui ont rarement la possibilité d’être de renforcer leur engagement à prendre à bras le corps la problé-soignés et aidés correctement : dans le monde, seuls 2 % des matique du handicap et daider les gouvernements à intégrer cettepersonnes présentant un handicap bénéficient d’une réadaptation priorité dans leurs programmes nationaux de santé.physique et des autres services de base. Un certain nombre d’activités axées sur la réduction de la morta-Consciente de la nécessité de s’occuper de ces questions, notre lité maternelle et infantile peuvent être adaptées ou étendues afinorganisation renforce actuellement son approche intégrée en ma- d’inclure un volet « handicap ». Parmi les facteurs à l’origine destière de handicap en mettant en œuvre des projets de santé mère- taux de mortalité élevés (entre autres malnutrition, faible accès auxenfant dans le Sud-Est asiatique et en Afrique centrale. Vu le très services de soins de qualité et faible utilisation de ces services),petit nombre d’autres acteurs internationaux se concentrant di- nombreux sont ceux qui sont également à l’origine de taux élevésrectement sur cette problématique et/ou dotés de l’expertise que de handicap. Le soutien de Handicap International à l’améliorationHandicap International a pu acquérir au fil des ans, notre associa- des soins prénataux permet donc aussi bien de réduire les taux detion se positionne comme un pionnier dans ce domaine. mortalité que de diminuer le taux de handicap chez les enfants.HANDICAP INTERNATIONAL | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2008 | 05
  8. 8. En bref : Nos projets de santé mère-enfant incluent les interven- tions de prévention primaire et secondaire. La prévention primaire fait référence à des actions visant à réduire ou prévenir les causes de handicap; elle s’attaque au pro- blème ou à la pathologie avant qu’elles ne deviennent handicapantes. Un exemple de prévention primaire est l’administration d’acide folique avant la grossesse afin d’éviter les malformations du tube neural. La prévention secondaire fait référence aux mesures visant à remédier à la pathologie handicapante avant qu’elle ne devienne apparente. C’est par exemple lintervention chirurgicale destinée à corriger une fente palatine chez le nouveau-né. Principales catégories de handicap chez l’enfant : cognitif, intellectuel (troubles de l’apprentissage); déficience visuelle et auditive; Quelques institutions avancent même déficience motrice (infirmité motrice cérébrale - IMC); le chiffre annuel de 20 millions de femmes épilepsie; troubles de la parole, du langage; victimes d’un handicap suite à la grossesse troubles du comportement et autres troubles (autisme). ou à l’accouchement, un chiffre Principales causes de handicap : incroyablement élevé. affection génétique (syndrome de Down, etc.); problèmes pendant la grossesse (une femme qui boit de l’alcool pendant la grossesse ou qui contracte une infection comme la rubéole peut mettre au monde un enfant présentant un handicap intellectuel); problèmes à la naissance (un manque d’oxygène pendantŒuvrer à l’échelon de la communauté le travail peut provoquer un handicap mental); problèmes de santé comme la méningite, la rougeole ouHandicap International innove aussi. Ainsi, il n’existe à l’heure ac- une malnutrition extrême;tuelle aucun outil reconnu à l’échelon international pour le dépis- exposition à des polluants comme le plomb ou le mer-tage des retards de développement et des malformations cure.congénitales chez les enfants de moins de 2 ans. Nos équipes deprojet identifient ces lacunes et s’emploient à y remédier. Nous La malnutrition, les infections et les maladies somatiquesavons ainsi expérimenté dans un projet pilote un outil de dépis- non transmissibles, sont responsables de 50% des han-tage du handicap chez les nouveau-nés de la ville de Kinshasa et dicaps. La malnutrition est responsable d’environ 20%nous développons un programme de formation complet pour per- des handicaps. Ces cas sont évitables.mettre aux agents de la santé des villages d’identifier les princi-paux types de handicap dans les régions rurales du Cambodge etd’assurer leur transfert vers d’autres structures. Nos succès, dansce domaine, reposent non seulement sur des interventions cibléescomme celles-ci mais aussi sur l’adoption d’une approche multi-disciplinaire axée sur l’éducation et la sensibilisation, une impli-cation accrue des communautés avec lesquelles nous travaillonset un engagement à long terme de la part des gouvernements etdes partenaires de la société civile à développer les compétenceset les ressources nécessaires.Nos projets de santé maternelle et infantile constituent un voletessentiel de l’approche intégrée de Handicap International en ma-tière de handicap. Ainsi, ces projets sont souvent associés à desprojets de réadaptation à base communautaire au sein de mêmeszones géographiques. Ces derniers prennent le relais lorsque se Facteurs congénitaux et périnataux 15-20 %clôturent les projets de santé de la mère et de l’enfant et ils se Maladies transmissibles 20 %concentrent sur linsertion des enfants et des adultes en situation Affections somatiques ou mentales non transmissibles 40 %de handicap au sein de leurs communautés. Traumatismes et blessures 15 %Partout dans le monde, on prend de plus en plus conscience dufait que la réalisation des OMD exige une prise en charge du han-dicap sur tous les fronts : de la prévention lorsque c’est possible,à la réadaptation et enfin à l’inclusion des personnes handicapéesdans la société, en tant que membres actifs et de plein droit. Sources d’information : FNUAP Organisation Mondiale de la Santé Rapport sur les Objectifs du Millénaire 2008 UNICEFHANDICAP INTERNATIONAL | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2008
  9. 9. Les 3 et 4 décembre 2008, 94 États ont signé la Convention sur les armes à sous- munitions. Ce traité interdit l’utilisation, le stockage, la production et le transfert des armes à sous-munitions et prévoit des dispositions novatrices pour l’assistance aux victimes. Handicap International a activement collaboré à l’élaboration de ce traité et sest battue pendant plusieurs années en collaboration avec la Coalition contre les armes à sous-munitions, un réseau qui regroupe environ 300 ONG, pour faire inter- dire ces armes. Ces deux dernières années, le processus s’est accéléré. Stan Brabant, chef de l’Unité politique de Handicap International, nous parle de la genèse du traité. Les armes à sous-munitions enfin interdites !Des années de lobbying débouchent sur un traité historique signé à OsloQuel a été lélément déclencheur de ce projet ? Grâce aux interventions de ce groupe, les aussi les familles et les communautés affec-Stan Brabant : Quand, en 2006, suite à un représentants des gouvernements ont été tées. Le traité d’Oslo oblige ses États signa-gros travail de sensibilisation mené par confrontés de manière directe à la souf- taires à prévoir une aide médicale, desHandicap International, la Belgique a été le france causée par ces engins de guerre. On services de réadaptation physique et un ac-premier pays à interdire les armes à sous- leur doit de nombreuses signatures apposées compagnement socioéconomique et psy-munitions, tous les acteurs du désarme- au bas du traité par certains Etats réticents chologique pour les victimes des armes àment se sont tournés vers la Belgique. au départ. C’est notamment le cas de l’Af- sous-munitions, ainsi que de collecter desSoudain, on s’est rendu compte qu’interdire ghanistan qui n’a décidé de signer que la données sur ces victimes. Le texte du traitéles armes à sous-munitions était devenu veille de la conférence de signature, après contient aussi une liste détaillée des me-possible. Nous avons reçu des réactions en- un entretien avec Soraj Ghulam Habib, l’un sures très concrètes que les États sontthousiastes d’ONG du monde entier, ainsi des Ban Advocates. Notre force, c’est d’avoir obligés de prendre en matière daide auxque de nombreux gouvernements. Et nous collaboré avec ces personnes au sein d’un victimes.nous sommes pris à espérer. Handicap In- réseau. Comparativement aux autres pro-ternational avait déjà acquis une longue ex- cessus diplomatiques, tout est allé très vite. Quels sont les défis qui vous attendent ?périence dans le plaidoyer en faveur de SB : Nous devons encore convaincre certainslinterdiction des mines antipersonnel qui Le traité a-t-il été signé par un nombre suffi- États d’adhérer au traité. Nous devronsavait débouché sur le Traité d’Ottawa. De- sant de pays pour avoir du poids ? également veiller à ce que le traité ne restepuis lors, les représentants gouvernemen- SB : Pour créer une nouvelle norme, il fal- pas lettre morte. Il faut que les victimes bé-taux savaient que nous étions sérieux. En lait générer une masse critique qui sou- néficient dun soutien réel ; il faut que les2006, la guerre du Liban a également attiré tienne le traité. Avec 96 signataires nous garanties contenues dans le traité soientlattention sur le problème des armes à pouvons dire que ce chiffre est atteint. transposées dans la pratique. La réalitésous-munitions. La pression diplomatique Désormais, si un pays qui n’a pas signé le quotidienne des victimes des armes à sous-sest intensifiée. Pays avec une longue tra- traité utilise des armes à sous-munitions, il munitions et de leurs familles, c’est ça quidition en matière de paix, la Norvège a saisi subira des critiques dans le monde entier. compte. Nous suivrons donc l’évolution deloccasion et a lancé le processus d’Oslo. En quelques années, nous sommes arrivés la situation dans tous les pays, nous ras-En février 2007, 46 États se sont rencon- à faire de l’utilisation des armes à sous- semblerons des informations sur l’actiontrés pour une première fois et, fin 2008, les munitions quelque chose d’inacceptable. Le (ou l’inaction) des gouvernements et nousarmes à sous-munitions étaient interdites. traité entrera en vigueur après sa ratification continuerons à faire pression sur ces gou- par trente États. Le plus important, c’est vernements.Comment avez-vous convaincu les repré- que ce type d’arme ne soit plus utilisé, quesentants des gouvernements de signer le les stocks soient détruits et que les vic- Quel restera pour vous le plus grand mo-traité ? times reçoivent l’assistance à laquelle elles ment de ce processus ?SB : Nous avons tout d’abord produit deux ont droit. SB : La cérémonie de signature du traité àrapports qui ont attiré l’attention sur l’as- Oslo. L’atmosphère y était fantastique. Apect humain du problème des armes à Justement, le traité prévoit-il aussi des ga- l’issue de la cérémonie, tout le groupe dessous-munitions, pas uniquement sur base ranties pour les victimes ? Ban Advocates est monté sur l’estrade. L’unde chiffres arides mais en montrant les SB : Nous avons en effet plaidé pour l’inté- d’entre eux, lEthiopien Behiru Mesele, adrames que provoquait l’utilisation de ces gration dans le texte de solides garanties pris la parole pour remercier les acteurs duarmes. Nous avons ensuite constitué un pour les victimes. Et nous considérons le fait processus. Après son intervention, toute lagroupe de victimes d’armes à sous-muni- que ces garanties aient été intégrées comme salle s’est levée dans un torrent d’applau-tions, les Ban Advocates, qui a peu à peu une belle réussite. La notion de « victime » dissements. Je n’avais jamais vu ça danspris un rôle majeur dans ce processus. est définie de manière large : elle englobe une cérémonie officielle. C’était incroyable.HANDICAP INTERNATIONAL | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2008 | 07
  10. 10. Moments clé dans le processus d’Oslo que certaines pressions inter- Pays signataires2005 nationales, le Parlement fédé- 2008 de la Convention à Oslo ral belge adopte la loi le 03 décembre 20082 février : 18-22 février :Toutes les sections de Handicap d’interdiction des armes à Un nouveau projet de texte duInternational lancent un appel sous-munitions. Une deuxième Afghanistan, Afrique du Sud, traité est discuté à la Confé-à l’interdiction des armes à loi en précisera la définition. Albanie, Allemagne, rence de Wellington (Nouvelle-sous-munitions. Angola, Australie, 2 novembre : Zélande). Après une semaine Autriche, Belgique,9 mars : Handicap International lance de tensions entre partisans dune interdiction complète et Bénin, Bolivie,Handicap International invite Fatal Footprint, le premier partisans d’une interdiction Bosnie-Herzégovine,le Sénat belge à travailler sur rapport mondial sur l’impact partielle, les États participants Botswana, Bulgarie,l’interdiction des armes à humain des armes à sous- acceptent d’entrer en négocia- Burkina Faso, Burundi,sous-munitions. munitions. tion et s’accordent sur les rè- Canada, Cap Vert,7 avril : 17 novembre: gles de ces négociations. Chili, Colombie,Handicap International, Human Suite à l’échec des discussions Comores, Congo (Rép.),Rights Watch, Netwerk Vlaan- sur les armes à sous-munitions mars et avril : Costa Rica, Côte d’Ivoire,deren et le Fonds pétrolier de dans le cadre la Convention Au cours de différentes confé- Croatie, Danemark,Norvège organisent à Bruxelles sur les armes classiques, la rences régionales en Afrique, Equateur, Espagne,une conférence de presse Norvège lance un processus en Asie du Sud-est et en Amé- Fidji, France, Gambie,commune sur le thème « Les parallèle à linstar de ce que rique latine, les positions des Ghana, Guatemala,armes à sous-munitions : pire le Canada avait fait pour les gouvernements s’accordent Guinée, Guinée-Bissau,que les mines antipersonnel ». mines antipersonnel. progressivement sur le projet Honduras, Hongrie, de texte du traité. Îles Cook, Islande,14 avril : Indonésie, Irlande,Un sénateur belge dépose une 19-30 mai : À l’issue de deux semaines Italie, Japon, Kenya,proposition de loi visant à 2007 de négociations, 107 États RDP lao, Liban,faire interdire les armes à 22-23 février : participants à la Conférence Lesotho, Liberia,sous-munitions. La Norvège organise une de Dublin approuvent le texte Liechtenstein,28 juin : conférence internationale sur de la Convention sur les Lituanie, Luxembourg,La Commission de la Défense les armes à sous-munitions. armes à sous-munitions. ARY Macédoine,et des Affaires étrangères du Dans la Déclaration d’Oslo, Madagascar, Malawi,Sénat organise un débat sur 27 novembre : Mali, Malte, Mexique, 46 États sengagent à arriver, Ouverture de l’exposition enla proposition de loi. Handicap avant fin 2008, à la signature Moldavie, Monaco,International est invité à pré- plein air Fatal Footprint à Monténégro, Mozambique, d’un traité interdisant les Bruxelles. Des photos réaliséessenter son point de vue. Le 7 armes à sous-munitions et Namibie, Nauru, Nicaragua,juillet, l’assemblée plénière du par des photographes belges fournissant un cadre pour Niger, Norvège,Sénat adopte à l’unanimité le montrent les souffrances des l’assistance aux communautés Nouvelle-Zélande, Ouganda,texte de la proposition de loi, survivants des mines antiper- affectées. Palau, Panama, Paraguay,qui est ensuite transmise à la sonnel, armes à sous-munitions Pays-Bas, Pérou,Chambre des Représentants. 23-25 mai : et autres engins de guerre non Philippines, Portugal, 67 États participent à la explosés. Dans le courant de République centrafricaine, Conférence de Lima (Pérou) 2009, cette expo s’arrêtera République tchèque, sur les armes à sous-muni- également dans d’autres villes Royaume-Uni, Rwanda, tions. Parmi les participants, belges et étrangères.2006 27 pays participent pour la Saint-Marin, Saint-Siège, 3-4 décembre : Salvador, Samoa,19 janvier : première fois au processus Lors de la Conférence de Sao Tomé et Principe,Le Parlement européen lance d’Oslo. Le traité prend forme. signature à Oslo, 94 États Sénégal, Sierra Leone,un appel à l’« éradication » signent la Convention sur les 5-7 décembre : Slovénie, Somalie,des armes à sous-munitions. armes à sous-munitions. 138 États sont représentés Suède, Suisse,16 février : à la Conférence de Vienne Tanzanie, Tchad,Malgré une forte opposition de (Autriche) sur les armes à Togo, Uruguayl’industrie de l’armement ainsi sous-munitions. et Zambie.HANDICAP INTERNATIONAL | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2008 | 08
  11. 11. «Nous avons un engagement, un mandat humanitaire et nous ne prenons pas parti. Peu nous importe qui dirige. Nous sommes là pour aider ceux qui en ont le plus besoin et c’est ce que nous allons continuer à faire. Handicap International n’abandonnera pas la population.» Telles étaient les paroles dEyal Reinich, coordinateur de la mission de Handicap International à Goma lors des affrontements au Nord Kivu fin octobre 2008.© N. DEPIERPONT - HANDICAP INTERNATIONAL Handicap International et les actions d’urgence : un nouvel élanNe pas abandonner ceux qui en ont le plus besoin : en quelques De même, dans la phase de post urgence après une catastrophemots, Eyal venait de résumer la philosophie qui a amené Handicap naturelle, il faut penser, après l’aide de première urgence, à la re-International à réinvestir dans les actions d’urgence. Pour Handicap construction. Cela signifie, selon notre optique, bâtir des logementsInternational, il s’agit surtout de venir en aide aux enfants, femmes et un environnement plus accessibles, permettre aux personneset hommes en situation de handicap et qui ressentent donc encore en situation de handicap de reprendre une vie active, de sortir deplus durement les conséquences d’une crise. la dépendance.L’organisation réinvestit dans un champ d’action qu’elle avait déjà Si 2007 a marqué le début d’une nouvelle approche dans les actionsoccupé dans le passé. Handicap International a en effet ses ra- d’urgence, l’année 2008 aura été l’occasion de la concrétiser danscines dans les camps où les Cambodgiens fuyant le régime Khmer des contextes multiples. Nous avons ainsi développé nos projets dansrouge venaient se réfugier en Thaïlande. Par la suite, Handicap le Nord Kivu, une région ravagée depuis des années par les conflitsInternational est intervenu dans de nombreuses situations de crise : internes, avec notamment deux projets, l’un de kinésithérapie respi-dans les camps de réfugiés burundais en Tanzanie en 1995, en ratoire, l’autre de kinésithérapie hospitalière. Nous sommes interve-Albanie en 1999 notamment. Son action en faveur des réfugiés lui nus également en Chine après le tremblement de terre qui a secouévaudra d’ailleurs la médaille Nansen en 1996, décernée par le Haut le Sichuan, dans le but de prévenir et l’apparition de handicapsCommissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). consécutifs au tremblement de terre et de limiter leurs séquelles.Répondre aux besoins des personnes handicapées dans les si- Handicap International a donc clairement fait le choix de lancertuations de crise fait partie de notre mandat, qui indique très clai- des projets d’urgence dans un domaine que l’organisation connaîtrement l’obligation d’intervenir pour assister ces personnes lors de bien : la kinésithérapie. Ce choix permet des interventions rapides,crises humanitaires suite à des conflits armés ou des catastrophes légères, exigeant moins de moyens mais avec un impact réel surnaturelles. les victimes des situations de crise. Ces projets peuvent parfois se transformer en projets de développement, comme en Chine. LesNous savons que les personnes handicapées sont particulièrement bénéficiaires d’un projet mis en place dans une situation de crisevulnérables, leurs besoins souvent mal connus des acteurs hu- peuvent avoir besoin d’un traitement à moyen ou long terme. Nousmanitaires intervenant dans la première urgence. Nous avons ainsi quittons alors le terrain de l’action d’urgence pour passer dansremarqué dans les camps autour de Goma que souvent, par exem- celui d’un projet à plus longue échéance dans le but de dévelop-ple, les personnes handicapées ne sont pas enregistrées correc- per les aptitudes de nos partenaires à la prise en charge théra-tement. Sont-elles seules ou accompagnées, quel est leur peutique des handicaps.handicap… ? Toutes ces informations doivent permettre de mieuxprendre en compte leurs besoins dans des situations très pra- La plus-value de Handicap International est réelle. Il existe finale-tiques : comment arriver jusqu’aux toilettes ou jusqu’au lieu de ment peu d’acteurs humanitaires possédant son expérience dansdistribution de la nourriture quand on est en fauteuil roulant et la prise en charge des personnes handicapées ou qui ont l’exper-que les chemins sont impraticables ou inexistants ? Mais le pro- tise suffisante pour soigner les conséquences de certains types deblème va au-delà de la simple accessibilité et Handicap Interna- blessures. Ce constat a été particulièrement flagrant lors de notretional s’efforce de sensibiliser les autres acteurs humanitaires intervention au Sichuan. Dès les premiers temps, les hôpitaux ontchargés d’organiser la vie des camps à agir aussi en fonction des demandé des spécialistes dans le domaine des lésions de lapersonnes handicapées qui y vivent. moelle épinière, des amputations et des traumatismes crâniens,HANDICAP INTERNATIONAL | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2008 | 09
  12. 12. Notre objectif en 2008 a été de répondre aux situations d’urgence pour lesquelles nous pensions avoir une réelle expertise à apporter pour le bien des victimes. Ces actions se poursuivront en 2009.des types de blessures que nos équipes ont l’habitude de traiter les cyclones Ike et Gustav était coordonnée entre les quelques ac-dans les centres de para- et tétraplégie au Vietnam par exemple. teurs humanitaires présents à Cuba.Les victimes de fractures avaient besoin de kinésithérapie. Mais leprincipe de la réadaptation physique, dont les techniques sont in- Parfois aussi, nous devons intervenir dans un champ d’action undispensables pour prévenir des handicaps permanents, est peu peu différent, faute d’acteurs humanitaires. Cela fut le cas à Cubaconnu et peu développé en Chine. Les traitements de kinésithéra- où nous avons fourni du matériel de première nécessité (matelas,pie respiratoire administrés aux enfants souffrant de malnutrition couvertures, etc…) et du matériel de reconstruction pour desà Goma ont montré leur efficacité. Ces enfants sont très affaiblis écoles. Peu d’organisations travaillent dans ce pays et les bénéfi-et leur organisme n’offre plus guère de résistance aux infections ciaires de nos projets de développement avaient avant tout besoinrespiratoires. Souvent, ils ne peuvent pas évacuer les sécrétions de retrouver des conditions de vie décentes tant les dégâts cau-qui encombrent leurs poumons. La kinésithérapie respiratoire leur sés par les cyclones en septembre 2008 étaient énormes. Irènepermet de guérir plus rapidement. Beaucoup présentent aussi des Manterola, directrice du programme de Handicap International àretards de développement moteur que les kinésithérapeutes ten- Cuba, expliquait, après avoir visité une municipalité frappée par letent de combler grâce à des exercices simples. cyclone Gustav : « Le seul souci de la population est de retrouver un logement correct et de rétablir des conditions de vie de base. (…)Handicap International ne part pas nécessairement seul au feu. Il ne reste plus rien ! Dans les communautés qui comptaient 24 ou 25C’était le cas en Chine, mais nous collaborons souvent avec d’au- maisons, il n’y avait plus qu’une ou deux maisons debout, plus detres organisations. A Rutshuru, dans le Nord Kivu, nous travaillons magasins, les champs dévastés, les poteaux électriques au sol… ».dans l’hôpital soutenu par Médecins sans Frontières qui nous ademandé de mettre sur pied un projet de kinésithérapie hospita- Notre objectif en 2008 a donc été de répondre aux situations d’ur-lière. Au Myanmar, le projet a été mené conjointement par les deux gence pour lesquelles nous pensions avoir une réelle expertise àsections opérationnelles de Handicap International. La section fran- apporter pour le bien des victimes. Ces actions se poursuivent ençaise s’est chargée des soins de réadaptation et de soutien psy- 2009. Si nous ne savons pas exactement où nous interviendronschologique pour les personnes handicapées, tandis que la section demain – c’est le principe même de l’action d’urgence – nousbelge prenait en charge les projets générateurs de revenus (par sommes en tout cas certains que nous continuerons à intervenirexemple donner aux personnes handicapées la possibilité de sub- dans ce type de contexte, à la fois pour prévenir ou soigner desvenir aux besoins de leur famille par un commerce, un élevage de handicaps mais surtout pour que les personnes en situation deporcs, …) et des actions liées à l’accessibilité (aménagement d’une handicap ne soient plus les laissées-pour-compte de l’action d’ur-rampe pour accéder à l’enclos des animaux, une passerelle d’accès gence. Nous avons été à leurs côtés en 2008, nous le serons aussiau village, …). L’aide matérielle d’urgence apportée à Cuba après dans les années à venir.HANDICAP INTERNATIONAL | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2008 | 10
  13. 13. 03Programmes
  14. 14. Afrique01 Angola Handicap International travaille en Angola depuis 1995. Dans ce pays, fortement marqué par plus de trente an- nées de guerre et par l’impact de la présence de mines antipersonnel, l’organisation a développé différents types de projets. Si depuis 2005 les centres de réadaptation physique sont repris par le Programme National de Réa- daptation, Handicap International a poursuivi son action, notamment avec des projets d’éducation aux risques des mines, d’insertion socio-économique, de promotion des droits des personnes en situation de handicap et de réa- daptation à base communautaire. EN CHIFFRES Personnel international : 6 Personnel national : 61 Budget : 1.551.693 € Principaux bailleurs de fonds : Agence Internationale de Développement canadienne (ACDI), Ambassade de France en Angola, Ambassade du Japon en En 2008, les équipes du projet de réadap- bliques, agences de micro-crédit et entre- Angola, Commission européenne (Euro- tation à base communautaire (RBC) – qui prises privées, démarches qui ont abouti à peAid), Direction Générale de la Coopé- s’étend dans les provinces de Benguela, la signature de contrats de partenariat pour ration au Développement de Belgique Huila, Namibe et Huambo – ont fourni sou- favoriser l’emploi des personnes handica- (DGCD), Ministère des Affaires Etran- tien et conseils aux personnes handicapées pées. gères de la République d’Irlande (Irish et leurs familles. Par ailleurs, le projet a Aid), Ministère des Affaires Etrangères aussi adressé un grand nombre d’entre Mais 2008 a été aussi la fin du projet des Pays-Bas, Syndicat des travailleurs elles aux services de réadaptation physique d’éducation aux risques des mines (MRE). canadiens de l’automobile (TCA-Canada). existants et les a aidées à retourner à la vie Handicap International a décidé, pour des active (formation ou insertion profession- raisons liées à des questions de finance- nelle) ou à accéder à l’école. ment et de stratégie, de mettre fin à ses activités dans ce domaine en fin d’année. L’année écoulée a également vu le démar- rage du projet d’appui aux associations En 2009, l’organisation va se concentrer sur Luanda dans plusieurs municipalités des provinces la manière d’accroître son impact sur les de Benguela, de Huambo et dans la ville de personnes bénéficiaires de ses projets, tout Lubango. Ce projet vise à renforcer les or- en limitant leur dispersion géographique. ganisations de personnes handicapées dans Handicap International va également mettre la revendication de leurs droits. l’accent sur la défense et la promotion des Benguela HUAMBO Huambo droits des personnes en situation de han- BENGUELA Handicap International a également poursuivi dicap, d’une part dans la mise en œuvre Bibala HUILA son projet d’insertion économique et sociale concrète de ses projets et d’autre part de Lubango en renforçant les équipes des deux asso- façon plus globale en renforçant les asso- NAMIBE ciations partenaires dans la province de ciations de personnes handicapées pour Huambo. En parallèle, l’organisation a com- qu’elles revendiquent elles-mêmes leurs mencé à sensibiliser les administrations pu- droits. HANDICAP INTERNATIONAL | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2008 | 12
  15. 15. Burundi 02Les dix années de guerre qui ont touché le Burundi continuent de laisser leurempreinte sur ce pays où le nombre de réfugiés représente plus de 10% dela population. Handicap International est au Burundi depuis 1992 et tâched’y améliorer l’autonomie et la dignité des personnes en situation de handicap.Un axe transversal oriente l’ensemble des projets menés par l’organisationau Burundi. Il vise à entraîner un changement global du regard porté sur lehandicap dans le pays. MUYINGA Muyinga EN CHIFFRES Personnel international : 4 Personnel national : 25 Budget : 852.249 € Bujumbura Gitega RUYIGI GITEGA Principaux bailleurs de fonds : RUTANA Commission européenne (EuropAid), Direction Générale de la Coopération au Développement de Belgique (DGCD), MAKAMBA Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).Plusieurs projets ont vu le jour en 2008.L’un d’entre eux est mené dans la provincede Ruyigi. Ce projet de réadaptation à basecommunautaire (RBC) a d’abord commencépar des enquêtes permettant d’identifierplus de 4.000 personnes handicapées.L’équipe du projet a aussi bénéficié d’unesérie de formations afin de la préparer à as-surer au mieux sa tâche dans le futur.Entamé lui aussi en 2008, le projet d’appuiaux associations vise à soutenir l’ensembledes associations de personnes handicapéesdu Burundi dans leur rôle de service et deplaidoyer en faveur de la personne handi-capée. Pour cela, Handicap International asoutenu la création d’un réseau d’associa-tions en vue de renforcer leurs capacités des’organiser et de mener des actions pourpromouvoir le respect des droits des per-sonnes handicapées au Burundi.En 2009, Handicap International poursuivrases efforts dans le domaine de la réadap-tation physique en soutenant la mise enplace effective d’un réseau de 12 centres deréadaptation, dont 5 sont déjà appuyés parl’organisation, en vue d’une autonomisationeffective de ces centres d’ici à 2012.Les activités de RBC, quant à elles, doiventêtre étendues à deux autres provinces queHandicap International connaît bien pour yavoir déjà travaillé avant 2008 dans le cadred’un projet d’éducation aux risques desmines.HANDICAP INTERNATIONAL | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2008 | 13
  16. 16. EN CHIFFRESPersonnel international : 3Personnel national : 23Budget : 453.078 €Principaux bailleurs de fonds :Ministère des Affaires Etrangères deBelgique (Aide d’urgence). ManDanané Bouaké Côte d’Ivoire 03 Abidjan Handicap International a ouvert son premier projet en Côte d’Ivoire en 1996. A cette époque, l’organisation soutenait des centres de réadapta- tion physique, tout en formant du personnel national. Ces formations n’existaient pas en Côte d’Ivoire, pays qui avait pourtant besoin de kiné- sithérapeutes spécialisés et d’experts techniques pour la fabrication de prothèses et d’orthèses. Handicap International a toujours veillé à réali- ser ses actions en collaboration avec des partenaires locaux, qui seraient à terme capables de reprendre les projets et de continuer à fournir les services nécessaires aux personnes en situation de handicap après le départ de l’organisation.Malgré plusieurs évacuations de ses équipesexpatriées dues à l’instabilité politique dupays, Handicap International a pu continuerses activités grâce à ses partenaires. Mais raison d’une baisse du nombre d’enfants En 2008, après le centre de réadaptationces années de conflit armé ont fortement vaccinés et de problèmes dans les pro- physique « Vivre Debout » d’Abidjan, remisaffaibli l’état de santé de la population et grammes de prévention primaire (malaria, officiellement au partenaire local en débutont contribué à la détérioration des infra- HIV-SIDA…). d’année, ce sont les projets de kinésithérapiestructures médicales. C’est pourquoi Han- hospitalière de Bouaké, Man et Danané quidicap International avait mis en place des Les autres patients soignés, souffrant d’es- sont arrivés à leur terme.projets de kinésithérapie hospitalière, à carres d’alitement, de séquelles de brûlures,Bouaké tout d’abord, à Man et Danané en- d’amputations, de problèmes respiratoires Le processus de passation des activités auxsuite. La kinésithérapie est en effet un ou encore de faiblesses musculaires… mon- hôpitaux de Bouaké, Man et Danané s’estmoyen efficace de prévenir et de réduire les trent de quelle manière la kinésithérapie achevé fin février 2009, Handicap Interna-séquelles invalidantes chez les patients fait partie intégrante de la prise en charge tional se retirant de Côte d’Ivoire en laissanthospitalisés. Certains cas (séquelles de mé- globale des patients et contribue à l’amé- la gestion et l’encadrement des kinésithé-ningite, paludisme cérébral, séquelles du lioration du fonctionnement des structures rapeutes ivoiriens aux trois hôpitaux parte-VIH-SIDA) traités par les trois équipes de hospitalières, avec notamment la réduction naires.kinésithérapeutes montrent à quel point les de la durée d’hospitalisation et une récu-effets indirects du conflit interne se font pération fonctionnelle plus rapide chez lesentir sur la population, notamment en patient.HANDICAP INTERNATIONAL | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2008 | 14
  17. 17. Républiquedémocratiquedu Congo 04 EN CHIFFRES Personnel international : 11 Personnel national : 120 Budget : 3.078.615 € (Actions d’urgence incluses) Principaux bailleurs de fonds : Ambassade de France en R.D. Congo, Commis- sion européenne (EuropAid), Direction Générale de la Coopération au Développement de Bel- gique (DGCD), Ministère des Affaires EtrangèresHandicap International travaille au Congo de Belgique (Prévention des conflits), Ministère des Affaires Etrangères des Pays-Bas, PNUD,depuis 1995. Actuellement, l’organisation Survey Action Center (SAC).mène des activités à Kinshasa et Kisangani.À Kinshasa, les projets s’articulent autour dela prévention, la réadaptation et l’insertion.À Kisangani et dans les provinces environ-nantes, l’objectif est de réduire les risques liésaux mines et autres engins non explosés.Parallèlement, Handicap International parti-cipe à l’aide humanitaire d’urgence apportéeaux populations de l’Est du pays, particuliè-rement touchées par les conflits qui ébranlentla région.Le projet de réadaptation à base commu-nautaire (RBC) de Kinshasa a pris un nou-veau tournant en 2008. L’objectif de ceprojet, qui doit s’étendre de 2008 à 2010,est d’assurer la pérennité des Comités deRéadaptation Communautaire chargés de lamise en œuvre des actions de RBC et de leurautonomisation. Toujours à Kinshasa, l’orga-nisation a poursuivi le projet d’éducation in-clusive et un nouveau projet de santématernelle et infantile a vu le jour mi-2008. PROVINCE ORIENTALEElle veut en effet renforcer les capacités du quêtes d’impact socio-économique. Elles Kisanganipersonnel de plusieurs centres de santé et ont permis de dresser un tableau précis dede maternité dans le domaine de la préven- la problématique des mines et résidus ex- NORD-KIVU Gomation du handicap à la naissance. plosifs de guerre et ont rendu possible la RWANDA réappropriation des terres suspectées d’êtreEn 2008, Handicap International a mené un contaminées. Kinshasa BURUNDIprojet d’appui à six centres de réadaptationsitués à l’Est du pays, au Sud Kivu, au Nord En 2009, Handicap International poursuivraKivu et au Maniema, en partenariat avec son travail à Kinshasa dans le domaine del’ACHAC (Association des Centres de Handi- la RBC, mais en orientant davantage encorecapés d’Afrique Centrale). Ces centres, tra- ce travail vers le renforcement des parte-vaillant dans un contexte de guerre et nariats avec la société civile et du plaidoyerd’isolement, avaient besoin d’équipements pour le respect des droits des personneset de consommables pour répondre aux de- handicapées. Quant au projet de santé ma-mandes des personnes handicapées. ternelle et infantile, il va être quelque peu adapté pour mieux s’intégrer au contexteÀ Kisangani, les équipes actives dans le sanitaire de la capitale. Une mission explo-projet de réduction des risques liés aux ratoire aura lieu dans le Bas Congo pour yengins de guerre non explosés (UXO) ont étendre ce projet en 2010-2011.étendu leur rayon d’action au-delà des fron-tières de la province. Un dernier volet très A Kisangani, Handicap International pour-important de ce projet a été réalisé dans le suivra les activités mises en œuvre en ac-Nord Kivu et certains districts de la Pro- centuant le renforcement des capacitésvince Orientale où Handicap International a locales en vue d’un transfert du projet auxmené avec des associations locales des en- organisations congolaises d’ici à 2011.HANDICAP INTERNATIONAL | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2008 | 15
  18. 18. Amérique latine05 Colombie Handicap International est intervenu en Colombie à partir de 1997, d’abord en soutenant une organisation spécialisée dans la réa- daptation des personnes handicapées à Cartagena, ensuite en développant des partenariats et des activités avec différents types dinstitutions dans plusieurs parties du pays. En 2008, depuis nos bureaux de Medellin et de Cartagena, l’organisation est intervenue dans cinq départements : Antioquia, Bolivar, Sucre, Santander et Nord Santander. EN CHIFFRES Personnel international : 2 Personnel national : 28 Son travail s’effectue selon trois axes : fa- dicapées a été inauguré sous sa forme ac- Budget : 787.411 € ciliter l’accès de la personne en situation de tuelle en 2008. A terme en 2010, 2700 per- handicap aux services de base et veiller au sonnes devraient en bénéficier. Principaux bailleurs de fonds : respect de ses droits ; appuyer les processus Agence Internationale de Développe- d’assistance aux victimes civiles du conflit L’une des nouvelles actions entamées en ment canadienne (ACDI), Commission armé et spécifiquement aux victimes de 2008 est le projet dappui aux associations. européenne (EuropAid), Direction mines antipersonnel ; promouvoir la parti- Dix associations de personnes en situation Générale de la Coopération au cipation des personnes handicapées à la de handicap bénéficient d’un soutien pour Développement de Belgique (DGCD), vie sociale et économique grâce au renfor- renforcer leurs structures et leurs modes de Ministère des Affaires Etrangères de cement des associations de personnes han- fonctionnement afin qu’elles puissent dé- Belgique (Prévention des conflits et dicapées. fendre et revendiquer leurs droits dans le Aide d’urgence), Ministère des Affaires cadre de la Convention des Nations unies sur Etrangères de Suisse. L’assistance aux victimes civiles des mines les droits de la personne handicapée. antipersonnel comporte en fait deux volets, l’un de renforcement institutionnel visant à En mars 2009, Handicap International de- améliorer la prise en charge des victimes vrait étendre ses activités à cinq nouveaux des mines antipersonnel en renforçant les départements pour renforcer la réalisation Cartagena capacités des autorités et des institutions des actions en cours. L’organisation va Sincelejo locales. Dans un deuxième volet, nous tra- aussi réaliser une analyse de la situation et Cúcuta Bucaramenga vaillons pour améliorer les conditions de des besoins dans le domaine de l’éduca- vie des victimes civiles des mines. tion aux risques des mines, ainsi que des Medellín possibilités de mise en œuvre d’un nou- Avec le projet de réadaptation à base com- veau projet, en profitant de l’expérience ac- munautaire (RBC), Handicap International quise par Handicap International dans ses renforce les capacités des personnes han- différents programmes. L’un des événe- dicapées. Des comités locaux de RBC iden- ments phare de l’année 2009 sera la se- tifient les besoins, effectuent une analyse conde conférence de suivi du Traité tenant compte du contexte, de la situation d’Ottawa d’interdiction des mines antiper- familiale et mettent en place une stratégie sonnel, qui se tiendra en novembre à Car- d’action en collaboration avec la personne tagena, le berceau des activités de Handicap et son entourage. Le projet d’amélioration International en Colombie. des conditions de vie des personnes han- HANDICAP INTERNATIONAL | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2008 | 16
  19. 19. Cuba 06Handicap International est intervenu à Cuba en 1998 en apportant unappui à la production de prothèses. Depuis 2001, l’organisation a orientéses actions vers des programmes de réadaptation à base communautaire,auxquels sont venus s’ajouter des projets dans le domaine de léducationinclusive, dans l’optique de favoriser l’insertion des personnes les plus EN CHIFFRESvulnérables dans la société cubaine. En 2008, la mission a ouvert un nou- Personnel international : 2veau projet de réadaptation à base communautaire à Holguin, ainsi qu’un Personnel national : 3, financés par nos partenaires en appui à Handicap Interna-projet d’appui et de renforcement des trois associations représentant les tional, plus les équipes des projets, soitpersonnes handicapées à Cuba. L’année a été aussi marquée par les ra- 87 personnes (financées par nos parte-vages causés par les ouragans Ike et Gustav. naires locaux). Budget : 591.826 € (Actions d’urgence incluses) Principaux bailleurs de fonds : Direction Générale de la Coopération au Développement de Belgique (DGCD), Ministère des Affaires Etrangères du grand-duché de Luxembourg,Les projets de réadaptation à base com- structure sociale. Dans ce but, l’organisa- Gouvernement de la Région Flamandemunautaire (RBC) se sont poursuivis dans tion va consolider les projets existants, ca- de Belgique (Ministère du travail, deles provinces de Granma et de Pinar del Rio pitaliser et tirer les leçons de l’expérience l’enseignement et de la formation).au profit des personnes handicapées vivant acquise tout en accordant une attentiondans les zones rurales éloignées des cen- particulière à certaines approches, telle quetres urbains, en proposant non seulement l’accessibilité intégrale pour toutes les per-des soins de réadaptation physique, mais sonnes en situation de handicap.aussi un support psychologique et social.Le projet RBC s’est étendu en 2008 dans la Dans le futur, elle souhaite aussi travailler La Havanerégion de Holguin, à côté de la province de davantage dans le domaine de la réadap- PINAR DEL RIOGranma, avec une approche davantage axée tation des personnes atteintes de déficiencesur l’accessibilité dans un sens large et pour mentale pour améliorer la qualité des ser-tous types de handicap. Handicap Interna- vices qui leurs sont offerts. HOLGUINtional a également poursuivi son projet GRANMAd’amélioration du système dinclusion sco-laire à Cuba.L’autre nouveauté de 2008 a été le projetdestiné à renforcer les associations représen-tant les personnes handicapées, dans leurcapacité de gestion notamment. Un voletimportant du projet vise aussi à améliorerl’accès des personnes handicapées à desformations professionnelles variées. La for-mation du personnel et des membres destrois associations de personnes handica-pées existant à Cuba sera améliorée. Defaçon plus large, Handicap Internationaléquipera des centres de formations pouradultes afin de les rendre plus accessiblesaux personnes handicapées et travaillerasur la diversification des formations propo-sées dans les écoles des métiers et desécoles d’enseignement spécial.L’objectif de Handicap International à Cubapour 2009 est toujours de servir de cataly-seur aux différentes initiatives qui visent àconstruire une société davantage inclusiveen renforçant l’expertise existante et laHANDICAP INTERNATIONAL | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2008 | 17
  20. 20. Asie EN CHIFFRES Personnel international : 9 Personnel national : 139 Budget : 1.506.380 € Principaux bailleurs de fonds : Agence de Coopération Internatio- nale japonaise, Commission euro- péenne (EuropAid), Coopération au Développement australienne, Direction Générale de la Coopération au Développement de Belgique (DGCD), Fondation Nippon, UNICEF, Global Road Safety Partnership, Ministère des Affaires Etrangères de Belgique (Prévention des conflits),07 Handicap International Luxembourg, Ministère des Affaires Etrangères de Finlande, Ministère des Affaires Etrangères du grand-duché de Luxembourg, Ministère des Affaires Sociales du Cambodge. Cambodge Preah Vihear Banteay Meanchey L’approche développée par Handicap International au Cambodge Siem Reap a fortement évolué, faisant entrer l’organisation dans une dé- Battambang marche plus participative se basant sur le respect des droits. Les personnes handicapées et leurs associations sont plus que ja- Phnom Penh mais des partenaires égaux, travaillant ensemble sur les projets de leur conception à leur évaluation. Takeo Handicap International a poursuivi ses pro- Handicap International intervient toujours jets de sécurité routière. En 2008, l’accent dans les centres de réadaptation physique a été mis sur le port du casque, qui est ainsi de Siem Reap et Takeo. En lien avec ces passé de 27% en juin à 52% en décembre centres, le projet « Happy Child » a permis 2008. L’année a aussi permis de préparer en 2008 de dispenser des formations afin de la reprise du projet RTAVIS (collecte de don- favoriser la détection précoce du handicap nées sur les accidents de la route) par les chez les très jeunes enfants, tant par le per- instances nationales. Enfin, l’ONG a soutenu sonnel des centres de soins que par les ac- le ministère de la Santé dans la mise en coucheuses traditionnelles, et d’améliorer place d’un service global d’étude des acci- une prise en charge rapide et adéquate. dents ne se limitant plus aux seuls accidents de la route. Le projet « Droits et inclusion », a démarré en 2008. L’approche adoptée vise à favoriser le En 2009, le transfert de compétences et Dans le domaine de la prévention des ac- renforcement de l’Organisation cambodgienne d’activités sera le maître mot qui oriente le cidents de mines et engins de guerre non des personnes handicapées (CDPO). Au ni- futur des actions de réadaptation. En effet, un explosés, Handicap International a fait évo- veau villageois, Handicap International a processus de reprise des centres de réadap- luer ses actions de prévention pour infor- permis de créer des associations locales de tation physique a été lancé entre les ONG mer le public sur l’interdiction du commerce personnes handicapées aptes à les repré- concernées et le ministère des Affaires So- de ces engins. Le transfert d’informations a senter efficacement. Ce volet du projet con- ciales, des Vétérans et de la Jeunesse. Aussi, également été amélioré pour accélérer les cerne 24 villages actuellement. Enfin, le volet dès la fin 2009, le projet CMVIS de collecte opérations de déminages. Ces nouveaux « Sport for all » vient s’ajouter. 12 clubs de d’informations sur les victimes et accidents projets ont livré leurs premiers résultats : sports ont été créés dans des écoles primaires, par mines devrait être entièrement pris en une baisse de 45% du nombre d’accidents intégrant enfants valides et handicapés, pour charge par la Croix-Rouge cambodgienne. Le dans la zone concernée, bien plus impor- modifier le regard porté sur le handicap par projet de prévention des risques dus aux tante que dans le reste du pays. les enfants et par la communauté. mines sera, lui, étendu à cinq provinces. HANDICAP INTERNATIONAL | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2008 | 18
  21. 21. Malgré un taux de croissance de 9% en 2008, des inégalités subsistenten Chine, dont sont notamment victimes les personnes en situation dehandicap. Celles-ci bénéficient peu de la croissance du pays. L’action Chine 08entreprise depuis 1997 par Handicap International pour améliorer laprise en charge de ces personnes reste donc d’actualité. Depuis cettedate, Handicap International a développé des projets dans les domainesde la prévention, de la réadaptation et de l’insertion, en menant égale-ment ces dernières années des actions de plaidoyer, notamment poursensibiliser la population aux problèmes rencontrés par les personneshandicapées. Les zones d’intervention sont concentrées dans la pro-vince du Sichuan et les régions autonomes du Guangxi et du Tibet. L’an-née 2008 a évidemment été marquée par le tremblement de terre qui aravagé la province du Sichuan. Handicap International y est intervenu EN CHIFFRESdès la première heure. Personnel international : 5 Personnel national : 43 Budget : 1.367.412 € (Actions d’urgence incluses)En 2008, des projets de détection, de pré- Ce nouveau projet d’aide aux victimes du Principaux bailleurs de fonds :vention et d’intervention précoces des han- séisme devrait s’étaler sur deux ans. Ambassade du Canada en Chine,dicaps chez le jeune enfant ont démarré Commission européenne (EuropAid),dans le comté de Yuexi au Sichuan et au Dans le même temps, Handicap International Département d’Etat pour le DéveloppementTibet dans la préfecture de Lhassa. L’un des travaillera sur un document de capitalisation International du Royaume-Uni,grands axes de ce projet est la formation dans le domaine de la RBC. Ce travail abou- Direction Générale de la Coopérationde professionnels de la santé aux causes tira également à l’organisation d’un sémi- au Développement de Belgique (DGCD),de handicap pendant la grossesse et l’ac- naire international sur la réadaptation à Fondation Grivat, Fondation Hirzel,couchement, à la façon de les prévenir et à base communautaire à Pékin en septembre. Ministère des Affaires Etrangèresl’identification des handicaps chez le nou- du grand-duché de Luxembourg.veau-né et le jeune enfant, afin d’assurerune meilleure prise en charge si nécessaire.Des campagnes de sensibilisation ont éga-lement eu lieu à destination de la population.Handicap International a poursuivi ses pro-jets de réadaptation au Tibet, ainsi que les Pékinprojets de réadaptation à base communau-taire (RBC) au Sichuan, au Guangxi et auTibet, mais en développant deux axes nou-veaux dans les domaines de l’éducation etde l’insertion économique. TIBET SICHUAN Lhassa ChamdoTout au long de l’année, l’organisation a Shigatsepoursuivi ses actions de soutien aux asso-ciations de personnes handicapées, dontson partenariat avec l’association tibétaine GUANGXIdes personnes sourdes, ainsi qu’avec des Nanningassociations à Pékin et Nanning (Guangxi).Fin 2008, le projet de formation du per-sonnel soignant dans les orphelinats s’estachevé et devrait bénéficier à long terme à570.000 orphelins et à 200.000 membresdu personnel soignant dans les orphelinats.L’année 2009 verra le lancement d’un projetde réadaptation à base communautaire auSichuan, dans la région du tremblement deterre, marquant le passage à une nouvellephase d’un projet d’urgence.HANDICAP INTERNATIONAL | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2008

×