Secours Islamique France - Rapport Annuel - 2010

1 408 vues

Publié le

0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
1 408
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
2
Actions
Partages
0
Téléchargements
6
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Secours Islamique France - Rapport Annuel - 2010

  1. 1. Secours Islamique France © J.Deya/SIF/HaitiRapport annuel 2010
  2. 2. SOMMAIRE• Le mot du Président 3• Présentation du Secours Islamique France 4• 2010 en chiffres 6• Faits marquants 2010 8• Missions internationales 2010 10• Urgences 10• Eau et assainissement 13• Aide et Sécurité alimentaire 16• Enfance 20• Missions France 2010 23• Lutte contre l’exclusion 23• Lutte contre la précarité 25• Gouvernance et vie associative 27• Rapport financier 29• Changements de Méthodes d’évaluation 30 et de présentation• Le bilan SIF au 31 décembre 2010 31• Les emplois 2010 33• Les ressources 2010 36• Perspectives et prévisions 40• Remerciements 41 RAPPORT ANNUEL 2010 1
  3. 3. © J.Deya/SIF/HaitiRAPPORTANNUEL 2010 2
  4. 4. LE MOT DU PRÉSIDENTL ’année 2010 a été particulièrement marquée par les catastrophes survenues en Haïti et au Pakistan. Les donateurs, comme les équipes du Secours Islamique France (SIF) se sont mobilisés dans les deux cas pour porter assistance aux personnes sinistrées, en accordavec les principes d’intervention de notre association.Dans le même temps, dans le reste de nos pays d’intervention, nous avons continué à œuvrer,en faveur des populations les plus vulnérables dont les enfants et les orphelins, pour améliorerl’accès à l’eau et l’assainissement, renforcer la sécurité alimentaire, en particulier grâceaux temps forts du Ramadan et de l’Aïd. Nos équipes et nos bénévoles en France ont étéparticulièrement actifs dans la lutte contre la précarité et l’exclusion.Nous avons renforcé nos partenariats, continué à nous inscrire dans de nombreux réseauxassociatifs pour partager, échanger, dialoguer et accroitre collectivement l’influence des acteursde la solidarité internationale. En novembre, le SIF a ainsi mené un travail de réflexion avecl’Agence Française de Développement (AFD) - regards croisés sur nos pratiques - qui a été riched’enseignements et porteur d’une meilleure connaissance mutuelle.Nos équipes salariées, les membres de nos instances associatives, nos bénévoles, ont travaillésur l’élaboration de notre stratégie pour les 5 prochaines années. Le résultat de cette réflexion,formalisé en 2011 permettra d’affirmer nos priorités et d’optimiser nos moyens.Nous avons, bien sûr, poursuivi nos efforts pour faire évoluer la structure et améliorer nosmodes de fonctionnement et d’organisation. Nous avons mis un soin particulier à renforcer noscapacités d’évaluation et de contrôle, au niveau opérationnel, comptable et financier.L’octroi au SIF, en 2011, de l’agrément par le Comité de la Charte a conclu de manière positiveun long travail d’instruction mené sur l’année 2010, et qui a confirmé le sérieux de notreorganisation en termes de rigueur de gestion, de fonctionnement des instances, de qualité dela communication et de transparence financière.C’est donc fort de ces succès que le SIF aborde la préparation de son vingtième anniversairequi interviendra en décembre 2011, mois qui inaugurera une série d’évènements pour rassemblerautour de cette célébration tous ceux qui ont contribué à faire du SIF ce qu’il est aujourd’hui. Rachid LAHLOU Président fondateur du Secours Islamique France RAPPORT ANNUEL 2010 3
  5. 5. © SIF / Sénégal LE SECOURS ISLAMIQUE FRANCE PRÉSENTATION Fondé en 1991 sous le statut de la loi 1901, le PRINCIPES Secours Islamique France est une Organisation Non Depuis sa création, le Secours Islamique France s’est Gouvernementale de solidarité internationale à voca- engagé à respecter les principes qui sont le fonde- tion sociale et humanitaire. ment de l’action humanitaire. Le Secours Islamique France est un partenaire du • Neutralité et indépendance réseau Islamic Relief Worldwide (IRW). • En s’abstenant de prendre parti dans les conflits ou les hostilités ; VISION • Grâce à une indépendance à l’égard de tout Un monde bienveillant où les besoins fondamentaux organisme politique, économique, financier ou des personnes vulnérables sont satisfaits. religieux. MISSION • Respect et impartialité Le Secours Islamique France se consacre à atténuer • Respect de la dignité, de la diversité culturelle, les souffrances des plus démunis en France et dans ethnique et confessionnelle des personnes aidées ; le monde, dans le respect de la diversité culturelle, • Impartialité dans l’action, en aidant uniquement sans distinction d’origine, d’affiliation politique, de les plus démunis, de façon équitable et sans genre ou de croyance, et sans rien attendre en distinction d’origine, de culture, de confession retour. religieuse ou d’affiliation politique. Il intervient là où les besoins humanitaires et sociaux RESPONSABILITÉ l’exigent par la mobilisation de secours d’urgence, la • Responsabilité envers les donateurs en utilisant leur mise en place de programmes de développement et contribution avec sérieux, intégrité et transparence ; d’actions de plaidoyer. • Responsabilité envers les bénéficiaires, pour leur fournir l’assistance dont ils ont besoin, de la VALEURS manière la plus appropriée, en veillant à la qualité Le Secours Islamique France s’inspire des valeurs des actions mises en œuvre et en réfléchissant à humaines de l’islam, celles de la solidarité et du l’impact à plus long terme de l’aide apportée. respect de la dignité qu’il place au centre de ses préoccupations. PRISE DE RISQUE • En développant constamment des voies innovantes Il appelle, par son engagement, ses valeurs et ses pour aider les personnes démunies ; missions, à la construction d’une solidarité qui trans- • En essayant toujours d’atteindre les démunis où cende les différences et les frontières. qu’ils se trouvent, même dans des conditions difficiles.RAPPORTANNUEL 2010 4
  6. 6. de la crise et l’ampleur des besoins constatés, mêmeZOOM SUR LE PRINCIPE D’IMPARTIALITE si elle est nécessairement contrainte par notre capacitéLe principe humanitaire d’impartialité est, avec opérationnelle et la disponibilité des ressources hu-l’humanité, la neutralité et l’indépendance, l’un des maines et financières. C’est le respect de ce principeprincipes fondamentaux de l’action humanitaire qui qui a conduit notre organisation à être présente suront été développés par les principaux acteurs et en les urgences en Haïti, aux Philippines, à Gaza et auparticulier le Comité International de la Croix Rouge Pakistan, avec pour seul objectif de porter assistance(CICR). L’impartialité implique que l’aide soit appor- aux populations sinistrées.tée sans discrimination d’aucune sorte qui serait fon-dée sur l’appartenance ethnique, la croyance En dehors des temps d’urgences, ce principe s’ap-religieuse ou l’affiliation politique du bénéficiaire… plique de la même façon, et pour le Secours Isla-etc. Selon ce principe, les priorités en matière d’assis- mique France, le principe de diversité qui lui esttance doivent être déterminées uniquement en fonc- associé lui donne tout son sens. Ainsi, dans les paystion des besoins. dans lesquels nous sommes présents, y compris en France, nous n’opérons aucune discrimination dansLe Secours Islamique France a posé ce principe comme le choix des populations à aider et bien plus, nousdevant guider son action : à chaque urgence humani- veillons à ce que nos actions bénéficient à toutes lestaire, la décision d’intervenir est fondée sur la gravité communautés vulnérables, dans leur diversité. RAPPORT ANNUEL 2010 5
  7. 7. © SIF / Pakistan 2010 EN CHIFFRES TOUR D’HORIZON ⁄ Nouvelles ressources 18,5 millions € u Dons numéraires 16 950 918 € u Subventions 1 318 701 € Par ailleurs, le Secours Islamique France a valorisé 166 721 € de contributions en nature (surtout grâce au bénévolat). ⁄ Utilisation des ressources (emplois 2010) 14,5 millions € de budget annuel 2010 (dépenses réelles hors budget pluri annuel) Frais de fonctionnement Frais de recherche de fonds Missions sociales : Dépenses 2010 Missions sociales : Fonds dédiés pour projets pluri annuels Hors provisions et charges exceptionnelles de dotation versée à DotasifRAPPORTANNUEL 2010 6
  8. 8. Les missions humanitaires 2010 :France :603 379 € (+81% par rapport à 2009).International :9 980 536 € (+20% par rapport à 2009). 15 % Eau et Assainissement 18 % Autres programmes Aide et Urgence 26 % Aide et Sécurité Alimentaire 41 % Enfance Missions 2010 par thématique (hors France)⁄ Des frais siège maîtrisés u Le SIF dirige 80% de son budget vers la réalisation des missions sociales g missions 2010 pour 10,7 millions € g fonds mis de côté pour les projets pluri annuels pour 4,9 millions € en 2010 : il s’agit alors des fonds dédiés, sur lesquels le SIF ne prend plus aucun frais de fonctionnement ni frais de recherche de fonds. u L’effectif siège moyen du SIF a atteint 76 salariés en 2010, contre 48 en 2009.Le Secours Islamique France a en outre doté récemment son fonds de dotation « Dotasif » de 1 million €, aprèsune dotation initiale de 1,5 million € en 2010. RAPPORT ANNUEL 2010 7
  9. 9. © J.Deya/SIF/Haiti FAITS MARQUANTS 2010 PAR MAHIEDDINE KHELLADI, DIRECTEUR EXÉCUTIF DEUX URGENCES D’UNE AMPLEUR EXCEPTIONNELLE La magnitude des catastrophes survenues en Haïti et au Pakistan a profondément impacté l’activité opéra- tionnelle du SIF sur l’année 2010. Les activités d’ur- gence mises en place en réponse au séisme haïtien ont perduré durant toute l’année et même au-delà étant donné les nombreux obstacles à une reconstruc- tion rapide et le déclenchement de l’épidémie de © O. Matthys/SIF/Pakistan choléra. Cela a nécessité un renfort des équipes de la direction des opérations au-delà de ce qui était déjà programmé. Les inondations qui ont ensuite tou- ché le Pakistan nous ont obligés à redimensionner notre action dans ce pays, à la fois en nous appuyant sur nos partenaires dans certaines zones et en inter- venant en direct dans d’autres, là encore en renfor- çant nos équipes sur le terrain. L’organisation a accru ses moyens et procédures de contrôle et de suivi des activités sur le terrain et a réa- Ainsi, notre capacité de réactivité dans l’urgence ne lisé tout au long de l’année des audits et des évalua- s’est pas démentie sur 2010. Mais l’ampleur de l’ef- tions de certaines de ses missions. fort en termes de recrutement et de suivi nous a obligé, pour les autres missions, à nous concentrer sur la Enfin, s’il n’y a pas eu en 2010, en dehors des deux consolidation de l’existant plutôt que sur l’ouverture de urgences Haïti et Pakistan, d’ouverture de mission missions nouvelles dans d’autres pays. dans un nouveau pays, la présence du SIF dans les Territoires Palestiniens s’est considérablement renfor- cée avec l’ouverture d’un bureau en Cisjordanie et le AMÉLIORATION DE LA QUALITÉ ET DE L’IMPACT DES développement d’activités nouvelles dans le domaine MISSIONS EXISTANTES de l’enfance, en plus des actions de sécurité alimen- En dehors des urgences nouvelles survenues en taire et de parrainage qui y étaient déjà menées. 2010, le SIF a poursuivi ses efforts pour améliorer la qualité et l’impact des missions existantes. VISIBILITÉ ET DYNAMISME DE LA MISSION SOCIALE L’accent a été mis sur la structuration des équipes et FRANCE le renforcement de l’expertise, à travers la mise en Les activités de la Mission Sociale France du SIF se place de référents techniques dans les trois domaines sont inscrites dans une forte dynamique tout au long prioritaires d’intervention (eau et assainissement, sé- de l’année. Le rythme des maraudes sociales s’est curité alimentaire, enfance) et sur les processus de accru par rapport à l’année précédente, grâce no- qualité. Aussi, les capacités en termes de logistique tamment à l’engagement sans faille et au profession- ont été accrues. nalisme de nos bénévoles. Le restaurant solidaire mis en place pendant le mois de Ramadan a fait la En outre, une réflexion a été entamée en vue d’opti- preuve de son utilité et n’a pas désempli. Les résultats miser les actions dans le domaine de l’enfance, no- obtenus ont suscité un intérêt soutenu de la part des tamment sur les modalités du parrainage. média, ce qui a permis de mieux faire connaitre l’as- sociation et ses principes d’intervention en France.RAPPORTANNUEL 2010 8
  10. 10. LE SIF S’AFFICHE AUPRÈS DU GRAND PUBLICEn 2010, pour la première fois, le Secours IslamiqueFrance s’est affiché dans le métro parisien et dansplusieurs villes de province pour une campagnegrand public. Le visuel, illustré par le visage souriantde deux petites filles, avait pour objectif de faire pas-ser un message fort caractérisant notre mission et tra-duisant les valeurs et principes d’action du SIF : « Lasouffrance n’a ni origine, ni religion, ni genre. La so-lidarité non plus ». © SIF/FranceL’importance des retombées médiatiques et les retourspositifs obtenus de la part de nos donateurs et du pu-blic sur cette campagne ont confirmé la pertinencede cette initiative et la nécessité de renouveler ce typed’expérience.DES ACCORDS DE PARTENARIATS BASÉS SURL’EFFICACITÉ ET LA RÉACTIVITÉ OPÉRATIONNELLESLa capacité du SIF à être présent rapidement sur leszones de crises et à initier immédiatement desactions, grâce à l’autonomie que lui confèrent lesfonds collectés auprès de ses donateurs a, en 2010comme en 2009, suscité l’intérêt des principauxacteurs institutionnels de l’urgence. © SIF/TchadLes agences des Nations Unies comme le ProgrammeAlimentaire Mondial (PAM), ou le Fonds des NationsUnies pour l’Enfance (UNICEF) ont identifié le SIFcomme un acteur pertinent et ont noué des accordsde partenariats nous permettant de donner plus d’am-pleur et de prolonger nos actions. Cela a égalementété le cas pour l’Office Humanitaire de la Commis-sion Européenne (ECHO) ou encore la Fondation deFrance (FDF). Ces partenariats se sont conclus sur leterrain, sur la base de l’efficacité opérationnelle duSIF dans les domaines de l’eau et assainissement etde la sécurité alimentaire.COLLECTE : UNE TENDANCE GLOBALE TOUJOURS À LA © SIF/FranceHAUSSEAprès une croissance exceptionnelle en 2009, liéeà l’Urgence Gaza, la collecte auprès des particulierset des associations s’est établie à près de 17 millionsd’euros en 2010. Ce montant est inférieur de 7% àcelui de l’année 2009, mais il s’inscrit dans la ten-dance à la hausse de ces dernières années. La col-lecte 2010 est ainsi en hausse de près de 40% par DES EFFECTIFS EN FORTE CROISSANCErapport au montant de 2008. L’ouverture de nouvelles missions en lien avec les ur-En plus des campagnes annuelles classiques (Zakat gences, la structuration de l’organisation pour pouvoirAl Maal1, Ramadan2 et Aïd Al Adha3), le SIF a cher- faire face à toutes les contraintes liées à une gestionché en 2010 à mettre davantage l’accent sur l’auto- rigoureuse, au suivi des missions sur le terrain et à lanomie des populations à travers une campagne axée transparence financière, ont conduit en 2010 à unesur la sécurité alimentaire. croissance particulièrement dynamique des effectifs.Les équipes du SIF ont été très actives dans les diffé- Ainsi, l’effectif moyen est passé de 48 fin 2009 àrentes régions de France pour rencontrer, sensibiliser, 76 fin 2010. Cette forte progression illustre l’évolu-mobiliser les donateurs et les associations partenaires tion marquée que connait le SIF actuellement, liée àà travers plus de 50 évènements. La réactivité dont la hausse de sa collecte, à la croissance des activitésnos donateurs ont fait preuve sur les deux urgences de solidarité et d’assistance mises en place sur le ter-majeures en Haïti et au Pakistan, est un fait notable rain et à la volonté de professionnalisation. Elle sede 2010 qui contraste avec la difficulté qu’ont eu la pose comme un véritable défi en termes de manage-plupart des autres acteurs à collecter pour le Pakistan ment et d’organisation.des montants qui soient à la hauteur de la catastrophe. RAPPORT ANNUEL1 - La Zakat Al Maal est une aumône obligatoire appliquée au patrimoine du croyant selon les règles de la solidarité musulmane. 20102 - Le mois de Ramadan est, pour les musulmans, plus qu’un jeûne. C’est un mois de recueillement, un mois de générosité et de solidarité envers les plus démunis.3 - L’Aïd Al Adha est une occasion annuelle pour célébrer la tradition du sacrifice d’Abraham et inviter à la fête les pauvres et les orphelins. Le SIF met en œuvre des projets de sécurité alimentaire à cette occasion. 9
  11. 11. © J.Deya/SIF/Haiti MISSIONS INTERNATIONALES 2010 URGENCES L’année 2010 a été marquée par une série d’ur- gences, dont deux catastrophes naturelles d’une am- pleur exceptionnelle, l’une en Haïti et l’autre au Pakistan. A la première, séisme dévastateur et drame humain épouvantable qui a suscité un élan de géné- rosité et un afflux d’images et d’organisations d’aide, ont succédé des inondations sans précédent, affec- tant plus de 20 millions de personnes mais pour les- quelles la mobilisation internationale a été plus lente et plus partielle. Entre ces deux catastrophes, des ten- sions ont éclaté au Kirghizistan générant difficultés et déplacements forcés pour des centaines de milliers de personnes. Les donateurs ont répondu présents, permettant à nos équipes d’être réactives sur tous ces fronts et de susciter le soutien de partenaires institu- tionnels pour prolonger et compléter les premières in- © SIF/Haïti terventions. Le fait, pour le SIF, de détenir un fonds des urgences est un vrai atout car il permet de dispo- ser de fonds utilisables dès l’annonce d’une catas- trophe ou d’une crise et de réagir immédiatement, y compris sur des urgences peu médiatisées. La priorité a été l’accès à l’eau potable, avec la dis- tribution de 150 000 litres d’eau par jour pendant HAITI plusieurs mois. En matière d’hygiène, les activités ont Le séisme qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010 a concerné la mise en place de latrines, de points de causé la mort de plus de 200 000 personnes et fait lavage de mains et de douches et la sensibilisation à près d’1,5 million de sans abris, aboutissant ainsi à l’hygiène. Des donations de matériel auprès de 800 l’établissement de camps de fortune dans lesquels vi- familles ont été mises en place en partenariat avec vent, encore en ce début d’année 2011 près d’1 mil- Islamic Relief Belgique, UNICEF et l’Organisation lion de personnes dans des conditions précaires et Internationale pour les Migrations (OIM) : tentes, difficiles. matelas et couvertures, kits de cuisine, jerricans et kits Une équipe du SIF a immédiatement été dépêchée sur d’hygiène. place et, sans tarder, a pris contact avec les commu- nautés déplacées sur une série de sites. Après des distributions immédiates de denrées ali- mentaires (riz et rations énergétiques à 2 000 per- Ainsi, cinq jours à peine après le tremblement de sonnes et 300 enfants), le SIF a concentré ses terre, le SIF a pu démarrer ses activités d’aide activités d’aide alimentaire en partenariat avec le Pro- d’urgence et a obtenu ensuite un soutien de la Fon- gramme Alimentaire Mondial (PAM) sur la commune dation de France, en direction de 17 camps et de de Tabarre pour pallier l’insécurité alimentaire et ré- 3 orphelinats, soit 26 600 personnes à Port-au- pondre aux besoins de première nécessité de plus de Prince, Carrefour, Pétionville, Gressier et Fontamara. 40 000 personnes.RAPPORTANNUEL 2010 10
  12. 12. Le SIF, en partenariat avec le Ministère des AffairesEtrangères et européennes (MAEE) a apporté un sou-tien spécifique à 25 orphelinats, soit 1 341 enfants,principalement à travers les équipements sanitaires etl’accès à l’eau potable, mais aussi par des actionsde sensibilisation, de distribution de lait et de kitsscolaires.Les activités dites « d’urgence » en matière d’eau po-table, d’assainissement et d’hygiène ont perduré toutle long de l’année 2010, se révélant encore plus es-sentielles au moment de l’épidémie de choléra quis’est déclarée à la mi-octobre.Plus d’un an après la catastrophe, les équipes du SIFconstatent que l’urgence est toujours d’actualité enHaïti. Derrière les discours et la réflexion sur la néces-saire reconstruction, il s’agit toujours d’assurer la ré-ponse aux besoins essentiels des nombreux déplacésinstallés sous des abris provisoires et précaires.PAKISTANLe 27 juillet 2010, des inondations sans précédentravageaient le Pakistan : 20,2 millions de personnesaffectées, 1,9 million de maisons détruites et 2,2 mil-lions d’hectares de terres agricoles endommagées.Le Secours Islamique France, déjà présent sur le ter- © O. Matthys/SIF/Pakistanrain, a pu réagir immédiatement en coordinationavec deux partenaires locaux, Aghaz et Peace &Development Foundation (PDF), sur des projets en ma-tière de sécurité alimentaire, d’assainissement et desoutien aux populations déplacées. Dans un premiertemps, les actions se sont essentiellement concentréessur la région de Khyber Pakhtunkhwa, en particulierles villes de Charsadda, Nowshera, Mardan et Pes-hawar et la vallée du Swat. ALERTER SUR CERTAINES CRISES Les situations d’urgence, de crise humanitaire, ouIl s’est agit de distributions de denrées alimentaires les problématiques de plus long terme commede première nécessité (riz, huile, sucre, farine, len- l’extrême pauvreté ou la difficulté d’accès à destilles, pâtes, etc.) et de kits d’hygiène et de cuisine, biens et services essentiels sur lesquelles le SIFtouchant au total près de 12 000 personnes. Les ac- intervient, trouvent le plus souvent leurs racines autions pour l’accès à l’eau potable, l’hygiène et la niveau global. Un acteur comme le SIF, avec uneconstruction de latrines dans la vallée du Swat en par- présence directe auprès des populations du Sud ettenariat avec le Centre de Crise (CDC) du Ministère un lien vers des interlocuteurs internationauxdes Affaires Etrangères et européennes ont quant à majeurs, capables d’influencer les politiques inter-elles touché près de 50 000 personnes. nationales se doit de faire tout son possible pour témoigner, alerter, mobiliser les décideurs sur sesDans un deuxième temps, le SIF a démarré des acti- problématiques d’intervention.vités dans la province du Sindh, au Sud, l’une desplus durement touchées, avec pour objectifs d’amé- En 2010, le SIF, a ainsi alerté sur la nécessité deliorer les conditions d’hygiène des populations sinis- continuer à assurer l’assistance aux populationstrées et restaurer les capacités de production vivrière haïtiennes déplacées victimes du séisme tant que lalocales. reconstruction n’aura pas concrètement commencé. Notre organisation a également appelé l’ensembleLa plupart de ces activités sont appelées à se pour- des acteurs à une mobilisation qui soit à la hauteursuivre largement sur 2011. L’ampleur des dégâts, les de la catastrophe lors des inondations au Pakistan.difficultés d’accès, les conditions de sécurité difficiles Aux cotés des autres ONG agissant à Gaza, le SIFrendent toute intervention délicate. L’impact de la ca- a pris la parole pour insister sur la nécessité d’une levée totale du blocus, en mettant en avant l’insuf-tastrophe risque de se faire sentir encore longtemps, fisance des allègements annoncés pour apportercar ce ne sont pas seulement les habitations qui ont une réelle amélioration de la situation vécue par lesété touchées, mais aussi les routes, les infrastructures, communautés sur place.les terres agricoles, le bétail et les stocks de nourritureet de semence. RAPPORT ANNUEL 2010 11
  13. 13. KIRGHIZISTAN En juin, des affrontements ethniques entre Kirghizes et Ouzbeks ont éclaté au Kirghizistan faisant plus de 170 morts, 1 600 blessés et 100 000 réfugiés en Ouzbékistan, pays voisin, ainsi que 300 000 dépla- cés à l’intérieur même des territoires. Le SIF a lancé une intervention d’urgence pour amé- © SIF/Bangladesh liorer les conditions sanitaires et nutritionnelles de 450 familles vulnérables à Osh, ville touchée par les ten- sions : distribution de kits alimentaires, de matériel pour la cuisine et pour l’hygiène en partenariat avec des associations locales AUTRES URGENCES Tout au long de l’année 2010, le SIF s’est mobilisé pour apporter des réponses ponctuelles à des ur- gences touchant des zones sensibles dans des pays où notre organisation est présente directement ou à travers ses partenaires. Cela a été le cas au Sénégal où 10 000 personnes © SIF/Sénégal ont bénéficié d’une aide sous forme de biens alimen- taires et non alimentaires pour pallier les consé- quences d’un incendie ayant ravagé un village important situé dans une zone enclavée et fragile. Ou encore au Bangladesh, touché par une vague de froid sans précédent, où vêtements chauds et couver- PLAIDOYER tures ont pu être fournies à des communautés vulné- Défendre le respect des principes rables à travers notre partenaire Manab Unnayan humanitaires par l’Union Européenne Kendra (MUK) dans la province de Meherpur. Le SIF, acteur humanitaire présent sur de nom- breux terrains de crises et de conflits est confronté Le SIF s’est également mobilisé aux Philippines en par- à chaque instant aux conséquences que le non tenariat avec Handicap International (HI) pour porter respect des principes humanitaires peut entrainer assistance aux victimes du cyclone Megi et à Mada- pour les populations sinistrées et pour les travail- gascar, dans l’extrême Sud, confronté à des situations leurs humanitaires. L’impératif humanitaire de grande pénurie alimentaire suite à la sécheresse, commande d’apporter une assistance de façon par une veille active et des distributions ponctuelles impartiale et neutre en fonction des besoins. de vivres lorsque cela s’est révélé indispensable. Pourtant, il arrive trop souvent que l’aide soit octroyée en fonction d’objectifs géopolitiques ou militaires. L’Union Européenne a adopté un texte posant un certain nombre de principes concernant son ac- tion humanitaire et celle de ses états membres. Ce texte, « Consensus Européen pour l’Aide Humanitaire », stipule notamment que l’aide hu- manitaire ne doit pas être un outil de gestion de crise et que les moyens militaires ne devraient être utilisés qu’en dernier recours pour la délivrance de l’aide. Le SIF s’est mobilisé aux côtés des ONG humani- taires françaises et européennes auprès des parlementaires européens et auprès du gouverne- ment français pour promouvoir ce consensus et faire en sorte qu’il soit réellement mis en application.RAPPORTANNUEL 2010 12
  14. 14. © SIF/TchadEAU ET ASSAINISSEMENTQu’il s’agisse de rendre accessible l’eau potable lorsde crises humanitaires, de construire des douches,des latrines ou des systèmes de drainage dans descamps de réfugiés, de forer des puits dans des zonesoù les populations n’ont pas accès à cet élément es-sentiel, de lutter contre les maladies liées à l’eau, depermettre l’irrigation de certaines cultures, les actionsmenées par le Secours Islamique France en 2010,au Tchad, en Haïti, au Sénégal ou encore à Mada-gascar, illustrent les différentes facettes de notre expé-rience dans le domaine de l’eau et l’assainissement.En 2010, d’après l’UNICEF, 884 millions de per-sonnes n’ont pas eu accès à l’eau potable et salu-bre et plus de 2,6 milliards n’ont pas eu accès à desservices d’assainissement. Aujourd’hui encore, 1,5million d’enfants âgés de moins de 5 ans meurentchaque année de maladies liées à l’eau.HYDRAULIQUE VILLAGEOISE AU TCHADAccéder à l’eau potable pour de meilleuresconditions de vieUne eau de bonne qualité en quantité suffisante estindispensable à la vie. Pourtant, au Tchad, de nom-breuses communautés sont encore privées d’un accèsà un système amélioré d’approvisionnement en eau.L’accès à l’eau potable et aux infrastructures d’assai-nissement de base reste une véritable problématique.En effet, 80% de la population vit en zone rurale etdépend de l’agriculture et de l’élevage pour sa sur-vie. Or, seuls 30% des habitants en zone rurale ontaccès à l’eau et 1% à l’assainissement de base, c’est-à-dire à des latrines et des systèmes d’évacuation deseaux usées.Le manque d’accès à l’eau potable et le sous-déve-loppement des structures d’assainissement expliquentl’importance des maladies d’origine hydrique, telles © SIF/Tchadque le choléra, la fièvre typhoïde, l’hépatite A, les RAPPORT ANNUEL 2010 13
  15. 15. amibiases et bien d’autres maladies parasitaires, d’eau munis de panneaux solaires dans les quartiers de bactériennes et virales, principales causes de décès N’Djamena en partenariat avec l’UNICEF. Ces réalisa- chez les enfants. tions constituent une grande satisfaction pour la popula- tion puisque fonctionnant sur un système d’indépendance Afin d’apporter une réponse adaptée à cette situa- énergétique. Ces réalisations constituent une solution tion, le Secours Islamique France, en partenariat avec adaptée aux conditions et modes de vie au Tchad et l’UNICEF, a mis en place, depuis 2008, un projet in- contribuent aux progrès vers la réalisation des Objectifs titulé « Hydraulique villageoise », ayant pour objectif du Millénaire pour le Développement (OMD) en termes l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assai- d’accès à l’eau potable. » nissement pour les populations sédentaires et semi no- mades de la région centre du Tchad, par le forage de puits. En 2010, plus de 140 puits équipés de pompes à motricité humaine ont été forés et 7 puits mécanisés munis de pompes électriques alimentées par des panneaux à énergie solaire et des châteaux d’eau ont été mis en place. Ces actions ont été réalisées dans des régions situées au nord de la capitale, N’Djamena et en périphérie de celle-ci et ont pu répondre aux besoins de plus de 85 000 personnes. © SIF/Tchad Ce projet a vu le jour grâce à une synergie et une complémentarité entre les différents acteurs tels que les autorités locales et nationales du Tchad et l’UNICEF, ce, en veillant à favoriser la participation Approche environnementale au Tchad des communautés locales. Ainsi, des comités de ges- Les projets d’hydraulique villageoise et péri-urbaine tion des points d’eau ont été mis en place pour res- du Secours Islamique France au Tchad intègrent une ponsabiliser les populations et les former aux bonnes pratiques d’hygiène. approche environnementale. Tout d’abord le mode de forage manuel et la mise en place, de pompes à Ce projet a permis d’améliorer les conditions de vie motricité humaine sont bénéfiques aussi bien pour des communautés en favorisant leurs accès à l’eau et l’homme que pour la nature. Ainsi sur plusieurs sites à l’hygiène, d’accroître la scolarisation des petites dans les régions de Hadjer Lamis, Chari Baguirme, filles, de renforcer le statut économique des femmes, Mayo Kebi mais aussi dans des zones périurbaines de lutter contre l’exode rural et de développer des ac- de N’Djamena, nous avons pu constater le dévelop- tivités agricoles. pement de micro jardinage et d’activités de reboi- sement tout autour des forages. Témoignage de Modou DIAW, Chef de mission du SIF au Tchad De plus, dans la région du Lac, pour chaque point « Aujourd’hui, le Tchad reste un pays où l’accès à l’eau po- d’eau mis en place, le SIF a mis à disposition des table ne concerne que 40% de la population. Cela signifie bénéficiaires, formés aux techniques de gestion des que, dans certaines localités, les femmes et les enfants par- ressources naturelles, 25 plantes réparties autour courent des kilomètres pour trouver une eau qui, la plupart des puits. Enfin, la mise en place de puits mécanisés du temps, est impropre à la consommation humaine. munis de pompes électriques alimentées par des panneaux à énergie solaire et de châteaux d’eau, En plus des 283 forages équipés de pompes à motricité s’inscrit pleinement dans la dynamique de promo- humaine réalisés depuis 2008, le Secours Islamique tion des énergies renouvelables. France vient d’innover avec la réalisation de 7 châteauxRAPPORTANNUEL 2010 14
  16. 16. EAU ET ASSAINISSEMENT D’URGENCE EN HAÏTIDévelopper une réponse adéquate sur les sites depersonnes déplacéesSuite au terrible séisme qui a dévasté Haïti, leSecours Islamique France a agit très rapidement surdifférents fronts et notamment sur celui de l’Eau etl’Assainissement. Les besoins dans ce domaine sonttout aussi prégnants aujourd’hui qu’ils l’étaient dansles premiers mois après le séisme. © J.Deya/SIF/HaitiAinsi, il a fallu assurer la distribution d’une eau sûreet potable, de bonnes conditions d’assainissement etune sensibilisation à l’hygiène, tout en veillant à ceque les victimes puissent continuer à vivre dans desconditions sanitaires adéquates.Tout au long de l’année 2010 et surtout au momentde l’épidémie de choléra dans les 18 camps, situésà Carrefour, Port-au-Prince, Pétionville, Delmas etGressier, dans lesquels le SIF apporte aide et soutien,nous avons distribué une eau potable et de bonnequalité, tout en veillant à former des comités locauxpour la gestion de cette eau4. Ainsi, en partenariatavec la Fondation de France, 150 000 litres d’eauont été distribués quotidiennement pendant plusieursmois à 46 750 bénéficiaires et 54 980 autres per-sonnes ont eu accès à des jerricans d’eau. © SIF/HaitiDe plus, avec l’UNICEF, 26 600 personnes ont pubénéficier de 25 réservoirs d’eau. En parallèle, nousavons construit des latrines, des points d’eau de la-vage de mains, externes à celles-ci, et des douchescollectives5. Au total 103 latrines, 54 points de la-vage de mains et 54 douches ont été installés. Cesréalisations ont été accompagnées de formations àl’hygiène afin de transmettre des messages de sensi-bilisation auprès des victimes présentes dans lescamps, des comités, des ONG locales et des res-ponsables.Enfin, dans le cadre du projet d’appui aux 25 orphe-linats des communes de Tabarre, Croix de Bouquetet Port-au-Prince6, le SIF a mis en place des équipe- © J.Deya/SIF/Haitiments pour l’accès à l’eau avec des comités de ges-tion, installé de nouveaux dortoirs et réhabilité lesstructures sanitaires. A ce jour, sur l’ensemble des sitesconcernés, les enfants bénéficiaires se sont vus remet-tre 1 418 kits scolaires. En tout, 25 châteaux d’eauont été installés dans 17 orphelinats.4 - Projet réalisé en partenariat avec le Ministère des Affaires Etrangères et européennes, le Service Aérien Humanitaire des Nations Unies (UNHAS), la Fondation de France (FDF), Child Voice Foundation, le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et la Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA) ainsi que les organisations opérant au niveau des collectivités. RAPPORT ANNUEL5 - Projet en partenariat avec l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et l’UNICEF 20106 - Projet en partenariat avec le Centre de Crise (CDC) du Ministère des affaires Etrangères et europénnes (MAEE). 15
  17. 17. © SIF/Madagascar AIDE ET SÉCURITE ALIMENTAIRE Selon le Programme Alimentaire Mondial, près d’1 milliard de personnes souffrent aujourd’hui de la faim dans le monde. Une personne sur six n’a pas suffisamment de nourriture pour mener une vie dé- cente et toutes les 6 secondes, un enfant meurt de faim ou de maladies causées par la faim. Chaque année, la faim tue plus que le SIDA, le paludisme et la tuberculose réunis. Celle-ci porte atteinte à la dignité humaine et consti- tue une violation aux droits fondamentaux de l’Homme. La lutte contre la faim et la sous-alimentation est un objectif prioritaire pour le Secours Islamique France qui œuvre en faveur de la sécurité alimentaire à travers de nombreux programmes, allant de distri- butions ponctuelles lors de périodes clés pour des po- pulations vulnérables, à des activités de relance © SIF/Irak agricole visant une sécurité alimentaire sur le long terme. PROGRAMMES SAISONNIERS tion (teneur en énergie, protéines et lipides par per- Pour lutter contre la sous-alimentation chronique des sonnes et par jour) et les aliments sont choisis selon populations défavorisées, le Secours Islamique les habitudes alimentaires du pays. Les colis sont France développe des programmes saisonniers visant conçus pour alimenter des familles de 5 personnes à apporter les nutriments indispensables à des popu- en moyenne pendant une vingtaine de jours, sans ap- lations vulnérables, à travers la distribution de colis port complémentaire. alimentaires ou de repas chauds. Le mois de Rama- dan et la fête de l’Aïd Al Adha sont des occasions En 2010, dans les 11 pays concernés par le pro- privilégiées pour la mise en œuvre de ces activités gramme de distribution de colis alimentaires du Se- car elles sont traditionnellement synonymes de mo- cours Islamique France, la solidarité des donateurs et ments de partage avec les plus démunis. des bénévoles du SIF a bénéficié à près de 67 000 personnes, créant ainsi un lien de proximité. Ramadan : Quand tradition rime avec solidarité Qu’il s’agisse du Pakistan, lourdement éprouvé par Dans le cadre de sa campagne annuelle de lutte contre la pauvreté, le Secours Islamique distribue les inondations, de la Syrie, de l’Irak ou des Territoires chaque année des colis alimentaires dans divers pays palestiniens fragilisés par la situation politique, du du monde. Ces colis visent à fournir aux personnes Tchad, du Sénégal, de la Mauritanie, de Madagas- en difficulté des denrées de base : farine de blé, riz, car, de l’Inde ou du Bangladesh qui comptent parmi huile, lait, dattes, thé, café, sucre, pâtes, boîtes de les pays les plus pauvres au monde, nos équipes de conserves... La quantité de chaque aliment est calcu- terrain ont pu apporter une aide alimentaire consé- lée en fonction des standards internationaux de nutri- quente aux personnes vulnérables.RAPPORTANNUEL 2010 16
  18. 18. Aïd Al Adha : Moment de partageChaque année, à l’occasion de l’Aïd Al Adha(parfois appelée Qurbani, Tabaski ou fête du mou-ton), le Secours Islamique France propose à ses do-nateurs d’offrir l’équivalent d’un mouton auxpopulations qui n’ont pas souvent l’occasion de seprocurer de la viande.Ainsi, des colis de viande7, source de protéines, sontdistribués dans une quinzaine de pays. © SIF/MauritanieEn 2010, plus de 324 074 personnes ont ainsi pubénéficier, selon les besoins et les possibilités dedistribution du terrain, de sacs de viande fraîche oucongelée ou encore de repas chauds.Aqiqa : Des repas pour les personnes en difficultéalimentaireSelon la tradition musulmane, la naissance d’unnouveau-né est l’occasion d’offrir de la viande8 à sonentourage et aux personnes vulnérables. Afin deconjuguer tradition et action humanitaire, le SecoursIslamique France a mis en place le projet Aqiqas, aubénéfice de personnes en situation de faim ou demalnutrition. © SIF/SénégalAinsi, en 2010, 1 461 enfants ont pu savourer unrepas complet au Sénégal. En Mauritanie, 625 colisde viande accompagnés de sacs de riz ont été offertsà des familles démunies, soit environ 3 000 bénéfi-ciaires. Au Bangladesh, ce sont 4 690 personnes quiont pu recevoir des colis alimentaires composés deviande et autres denrées alimentaires de première né-cessité. 191 Aqiqas similaires ont également été ef-fectuées au Pakistan, au Mali et au Tchad, faisantplus de 4 200 bénéficiaires.Tous ces projets saisonniers sont menés avec noséquipes dans nos différentes missions SIF mais aussiavec nos partenaires comme Manab Unnayan Kendraau Bangladesh ; Fedina en Inde ; Al Maab en Irak ; © SIF/MauritanieEl Karamat en Mauritanie ; Gakasinay au Niger ;Mehr Shavkat au Kirghizistan ; Peace and DevelopmentFoundation et Aghaz au Pakistan et Al birri à Djibouti. RAPPORT ANNUEL7 - La fête de l’Aïd al Adha est l’occasion annuelle pour célébrer la tradition du sacrifice d’Abraham et inviter à la fête les pauvres et les orphelins. La distribution de viande aux personnes nécessiteuses s’inscrit dans cette tradition. 20108 - Cette viande provient d’animaux sacrifiés pour loccasion de lévénement. Le terme « sacrifice » fait référence à la façon de tuer la bête au nom de Dieu, à des fins alimentaires 17
  19. 19. PROJETS DE RELANCE AGRICOLE La mise en place de projets durables visant à favori- ser l’autosuffisance alimentaire est une des compo- santes essentielles de la lutte contre la faim et la malnutrition dans le monde. Cela implique l’anticipa- tion des besoins des populations et l’encouragement de la culture vivrière et de l’élevage. Soutien alimentaire et relance agricole à Madagascar © SIF/Madagascar et en Mauritanie Bien qu’éloignées géographiquement, la Mauritanie et Madagascar souffrent du même fléau. En effet, les sécheresses successives y ont fortement impacté la production de denrées de base et l’insécurité alimen- taire touche une grande partie de la population ru- rale. Dans le cadre de son programme global d’Aide et de sécurité alimentaire, le Secours Islamique France a mis en place un projet de soutien agricole visant à garantir un minimum d’autonomie alimentaire aux populations les plus vulnérables. Le projet com- prend deux grandes phases : une distribution alimen- taire d’urgence, qui a pour but de faire face à la pénurie et combler les besoins alimentaires des popu- lations cibles pendant les périodes difficiles, et un sou- tien à la production agricole, qui a pour but d’assurer © SIF/Madagascar durablement la sécurité alimentaire dans les régions ci- bles. Ce volet, en coopération avec les communautés locales, consiste en la distribution de semences et d’ou- tils et comprend en outre un encadrement concernant les techniques agricoles, la gestion de banques de cé- réales et de semences et la recherche de filières de commercialisation. En plus d’assurer leurs besoins ali- mentaires, les populations bénéficiaires du projet ont pu améliorer leurs revenus et couvrir d’autres besoins essentiels tels que la santé, l’éducation, etc. Combattre l’insécurité alimentaire En 2010, en Mauritanie, 784 familles vulnérables au Tchad Au Sahel, l’année 2010, a été marquée par une ont ainsi pu recevoir des colis alimentaires et 2 500 forte sécheresse due à des retards de pluies qui familles ont pu développer des cultures maraîchères ont engendré des récoltes pratiquement nulles et et assurer leur autosuffisance alimentaire. Grâce à ce projet, les familles ont pu apprendre à gérer de façon des zones de culture réduites. Les communautés concertée leurs ressources communes, en prenant en vivant dans ces zones souffrent de malnutrition et compte l’équité entre les hommes et les femmes, tout d’insécurité alimentaire. L’action du Secours Isla- en pratiquant une agriculture raisonnée et respec- mique France se concentre sur une région sahé- tueuse de l’environnement. lienne du Tchad, le Kanem et vise à préserver les moyens d’existence. Ainsi, en partenariat avec A Madagascar, ce projet a permis la distribution de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimen- 457 tonnes d’aide alimentaire à des familles avec tation et l’agriculture (FAO), le SIF a mis en place enfants sous-alimentés. En outre, dans le cadre de un projet d’appui au maraîchage destiné à 30 vil- l’autosuffisance alimentaire, 89,74 tonnes de se- lages. Prévu pour une période de 6 mois et dé- mences (maïs, pois) ont été distribuées, 30 implu- buté en novembre 2010, ce projet permet à près viums (bassins de récupération d’eau de pluie) ont été de 800 personnes de bénéficier de semences et réhabilités au bénéfice de 46 397 personnes et de matériel de plantation ; de formations sur les 30 comités de gestion ont été mis en place pour techniques de production agricole et de parcelles gérer la distribution aux bénéficiaires ciblés et l’entre- à exploiter. tien des impluviums.RAPPORTANNUEL 2010 18
  20. 20. Soutien économique et aide aux agriculteurspalestiniensLes conditions de vie à Gaza sont extrêmementpréoccupantes tant au niveau économique et socialqu’au niveau humanitaire en raison du blocus. Le sec-teur agricole, gravement touché par la crise, ne per- © SIF / Térritoires palestiniensmet pas d’assurer l’autosuffisance alimentaire :surfaces agricoles rasées, arbres déracinés, serres dé-truites, circuits d’irrigation endommagés…En dehors de l’urgence, des projets sont mis en placeafin de soulager durablement la population. Parmieux, le projet de relance agricole qui a permis, en2010, de subvenir aux besoins alimentaires de260 000 personnes, par la réhabilitation de zonesagricoles dévastées, principalement au nord et à l’estde la Bande de Gaza. Ce sont par ailleurs 805 agri-culteurs et mères de familles vulnérables qui ont puretrouver un emploi grâce à la stérilisation du sol sur30 hectares, la remise en état de circuits d’alimen-tation en eau, la culture de légumes, la plantationd’arbres et la réhabilitation de serres sur 27,5 hec-tares, la création de jardins potagers de 300 m2 pour75 foyers et la mise en place d’élevages de lapinsou de volailles pour 150 familles. Le projet a égale-ment intégré la formation des bénéficiaires et le dé- © SIF/Sénégalveloppement des techniques agricoles respectueusesde l’environnement.Favoriser l’élevage de chèvres au SénégalFaire face à la sous-alimentation passe par l’amélio-ration de l’apport énergétique indispensable aux per-sonnes à risque, notamment les enfants en bas âge.Dans cette optique, le SIF a décidé de donner accèsà l’élevage aux familles démunies et leur permettreainsi d’augmenter l’apport protéique de leur repas Mobilisation des media et des décideursquotidien. Le but est également d’améliorer les condi- sur la situation alimentaire au Saheltions de vie des familles vulnérables par l’utilisation et En juillet, le SIF a lancé un appel aux côtés dela commercialisation des produits issus de l’élevage. plusieurs autres organisations humanitaires, pour alerter sur la gravité de l’insécurité alimentaireEn 2010, a abouti la phase de sélection des villages dans la zone sahélienne située en Afrique depour ce projet dans les régions de Louga, Kaolack et l’Ouest et Centrale. La sécheresse, les mauvaisesTambacounda. La particularité de ce programme est récoltes, les invasions d’insectes et des niveaux dequ’il permet, grâce au principe du renouvellement du pauvreté extrême ont provoqué de graves déficitsdon, d’élargir l’impact du projet à d’autres familles. alimentaires, avec toutes les conséquences en par-En effet, chaque bénéficiaire s’engage à donner les ticulier pour les enfants de moins de 5 ans. Prèspremiers chevreaux issus de leur élevage à d’autres de deux millions de personnes au Tchad ont étégroupes de familles vulnérables, créant ainsi une concernés par ce manque de nourriture, avec deschaîne de solidarité. taux de malnutrition atteignant les 27%. Pour faire pression sur les principaux donateurs de l’aide et les convaincre de débloquer les moyens nécessaires, le SIF a pris part à une action de mobilisation des média et a sollicité un rendez- vous auprès du Ministre Français des Affaires Etrangères et Européennes. RAPPORT ANNUEL 2010 19
  21. 21. © SIF/Sénégal ENFANCE L’enfance est un des 3 axes d’action pioritaire du Secours Islamique France. Les activités menées sur ce volet concernent la lutte contre la malnutrition, l’accès aux soins, le soutien psychologique ou l’éducation. En temps de guerre, pendant les catastrophes natu- relles, ou tout simplement dans les situations de grande pauvreté, les enfants sont toujours parmi les plus vul- nérables et une attention particulière doit leur être por- tée. Cette priorité stratégique accordée à l’enfance s’accompagne d’une réflexion sur les modalités de mise en oeuvre du parrainage, afin notamment de mieux définir la notion de vulnérabilité. Il s’agit égale- © SIF/Territoires Palestiniens ment de renforcer la complémentarité et la cohérence entre les activités de parrainage et les projets axés sur l’enfance dans les différentes missions terrain du SIF. LUDOTHEQUES A GAZA Un projet durable pour les générations futures Selon l’UNICEF, fin 2009, 280 écoles détruites ou endommagées durant des opérations militaires devraient être associés à l’école. Les enfants sont les n’avaient toujours pas pu être reconstruites. Le blocus premiers aussi à pâtir de l’impact psychologique et empêche en effet l’approvisionnement de Gaza en des séquelles de la guerre. ciment et autres matériaux indispensables aux activi- Or le jeu est indispensable à l’apprentissage et au tés de reconstruction. En plus de l’impossibilité de re- développement de l’enfant. C’est par le jeu que l’en- construire, ce blocus à d’autres conséquences, par fant découvre et communique avec son entourage. exemple sur le quotidien des élèves dans les écoles : Pour pallier ce manque, le Secours Islamique France, les enfants font face à une pénurie de matériel sco- a équipé 50 maternelles de la bande de Gaza en laire de base. La majorité des écoles à Gaza sont mobilier, équipement informatique, matériel éducatif, surchargées et fonctionnent par roulement. Une partie jouets et fournitures scolaires. Près de 8 500 enfants des élèves suit ainsi les cours le matin, une autre par- ont bénéficié de ce projet en 2010. L’objectif premier tie l’après-midi. Des leçons sont donc forcément plus était d’améliorer les conditions d’apprentissage et de courtes avec des conséquences négatives inévitables développement personnel des enfants via l’aménage- sur la qualité de l’éducation. ment d’espaces pédagogiques et ludiques. A Gaza, quelques 60 000 enfants âgés de 3 à En complément de ce projet, le SIF, depuis 2008, a 5 ans sont scolarisés dans 500 maternelles. Ces mis en place des actions pour lutter contre la malnu- dernières manquent, pour la quasi-totalité, d’équipe- trition infantile. Celles-ci ont pour but d’améliorer la ments, de fournitures, d’espaces de jeux et de livres. nutrition des enfants de 3 à 6 ans en couvrant leurs Les bombardements de bâtiments publics et scolaires besoins nutritionnels quotidiens. Ainsi, il leur est offert de la bande de Gaza ont fait perdre aux enfants les chaque jour scolaire, du lait et des biscuits enrichis sentiments de sécurité et de divertissement qui en nutriments essentiels. Le lait et les biscuits sont éla-RAPPORTANNUEL 2010 20
  22. 22. borés sur les conseils de médecins nutritionnistes etcontiennent les protéines, vitamines, matières grasseset nutriments essentiels à la croissance.Témoignage de Adel KADOUM, Responsable desprogrammes du SIF à Gaza – Territoires Palestiniens © SIF/Territoires Palestiniens« L’idée d’équiper des maternelles, nous est venue justeaprès l’opération Plomb Durci. Lors de nos visites de ter-rain au mois de février 2009, nous avons pu constaterl’état déplorable dans lequel les maternelles se trouvaientet à quel point elles manquaient du minimum requis pourremplir leur mission première : l’éveil des enfants. Les 50maternelles visées par le projet ont pu constituer de vraisespaces pédagogiques et ludiques, ce qui s’est visible-ment ressenti sur le moral des enfants. On les sent mieuxdisposés à apprendre et à s’amuser. De plus, les carta-bles et les fournitures scolaires qu’ont reçus ces enfantsont été une vraie bouffée d’oxygène pour leurs parents Cisjordanie : priorité à l’enfancesur le plan financier. J’ajouterai également que ce projet Présent depuis plusieurs années en Cisjordanie, lea eu un impact positif sur l’économie locale car pour équi- SIF, souhaite, aujourd’hui et après la réalisationper ces ludothèques, nous avons privilégié l’acquisition d’une évaluation approfondie, s’orienter sur lade produits fabriqués à Gaza, ce qui a permis de contri- question de l’Enfance. Ainsi, en 2010, un diagnosticbuer à stimuler l’économie locale. » précis sur cette thématique a été établi afin de défi- nir des perspectives concrètes d’intervention. DansPROGRAMME DE PARRAINAGE DES ORPHELINS un premier temps, pour répondre aux situationsL’accès à un avenir meilleur d’urgence ou de grande vulnérabilité, constatéesSelon l’UNICEF, toutes les 3 secondes, un enfant de dans une des 3 zones de la Cisjordanie, la Zone C9,moins de cinq ans meurt, essentiellement pour des le SIF mettra en place des distributions de matérielcauses évitables. Dans les pays en développement, ou d’équipements dans des structures scolaires des-on estime qu’un tiers des enfants de moins de cinq tinées aux enfants de populations bédouines. Dansans, soit 195 millions d’enfants, souffrent de rachi- le souci de mettre en place des projets durables,tisme, tandis que 129 millions ont un poids insuffi- nous allons également soutenir, en partenariat avecsant. On compte également par centaines de millions le Ministère des Affaires Sociales et le Ministère deles enfants n’ayant pas accès à l’eau potable, aux l’Education, un certain nombre de centres pour en-soins médicaux de base et à l’éducation. Ces cas in- fants (réhabilitation, formation pour les travailleursterviennent majoritairement dans les pays en dévelop- sociaux, fourniture de jouets et de livres, appui à lapement où la pauvreté fait des ravages. Les orphelins, construction d’un centre d’accueil pour les enfantsqui, en plus d’une perte affective, sont souvent privés victimes de violence, etc.) et mener des campagnesde protection et de soutien, sont la plupart du temps de prévention à destination d’enfants en situationencore plus vulnérables et font parfois face à des de handicap ou ayant des besoins éducatifs spéci-conditions de vie très difficiles. fiques (enfants sourds-muets, enfants autistes…).Pour subvenir à leurs besoins essentiels et leur donnerla chance d’accéder à un avenir meilleur, le SecoursIslamique France parraine depuis 1992 des milliersd’orphelins dans divers pays du monde généralementvia le réseau Islamic Relief Worldwide : Albanie, Ban-gladesh, Bosnie, Éthiopie, Inde, Irak, Kenya, Niger,Pakistan, Sénégal, Soudan, Territoires palestiniens,Yémen, etc. Il s’agit dans la plupart du temps d’or-phelins de père et/ou de mère pris en charge pardes tuteurs (mère, grand-mère, oncle, tante…) qui onteux-mêmes souvent du mal à joindre les deux bouts.Le principe est simple : ici, en France, un parrain ouune marraine s’engage à prendre en charge financiè-rement un enfant dans le besoin en reversant mensuel-lement un montant défini selon les besoins du terrain(entre 35 et 52 euros selon les pays). Cette contributionpermet très concrètement aux orphelins parrainésd’avoir accès à une alimentation saine, de bénéficierde soins médicaux adaptés et de poursuivre leur sco-larité, étape nécessaire pour se construire un avenirmeilleur et accéder à l’autonomie. RAPPORT ANNUEL9 - Selon les accords dOslo de 1994, la Cisjordanie est divisée en 3 zones : A, B et C. 2010 21
  23. 23. Ce programme qui permet d’améliorer les conditions de vie des enfants s’insère dans la construction des bases durables d’un développement plus global fondé sur la participation des familles. En 2010, 6 900 orphelins ont pu bénéficier de ce programme. Témoignage de Mbaya SECK, mère de Moussa © SIF/Sénégal DIAGNE – Sénégal « J’ai trop tôt perdu mon mari. Je n’ai que 29 ans, je suis sans travail et j’ai 5 enfants à charge. C’est difficile de faire face à ces difficultés. Depuis le décès de mon mari, je vis avec mon père. Il est cordonnier. C’est lui qui tant bien que mal, prend la famille en charge. De temps en temps, je trouve quelques activités qui me rapportent un peu d’ar- gent mais la vie est difficile. Depuis que mon fils a été parrainé, il y a une grande amé- lioration. Mes enfants peuvent maintenant prendre le petit Algérie : participer au renforcement déjeuner le matin et Moussa, mon fils aîné, va à l’école du système médico-psychologique car j’ai à présent les moyens de l’inscrire. Les maigres re- Depuis 2010, en Algérie, le SIF a débuté le pro- venus de mon père viennent en complément. Moussa est jet du Centre « Anis », Centre Médico Psycho- bien à l’école. Il aime étudier et a un bon niveau. Il est logique (CMP) situé à Bourmerdes. toujours encouragé par ses professeurs. » Concrètement, ce projet consiste en la construc- tion et la mise en place d’un CMP pour amé- liorer les conditions de prise en charge médico-psychologique des enfants ou adoles- cents (de 2 mois et demi et jusqu’à 16 ans) pré- sentant des déficiences intellectuelles. Plus spécifiquement, l’objectif du centre est de garantir la santé et la sécurité des enfants, de favoriser leur bien être et leur autonomie, d’améliorer leur orientation et d’accompagner leurs insertions scolaire, sociale et profession- nelle. Elaboré avec les Scouts Musulmans d’Al- gérie (SMA), plusieurs associations locales de Boumerdes ainsi que différents ministères et mairies, ce projet permet également de main- tenir une cohésion sur le territoire en favorisant la complémentarité de deux services déjà exis- tants ainsi que la mise en réseau. A l’heure ac- tuelle, le Centre est en phase de construction.RAPPORTANNUEL 2010 22
  24. 24. © SIF/FranceMISSIONS FRANCE 2010LUTTE CONTRE L’EXCLUSIONRESTAURANT SOLIDAIRELe temps du Ramadan se veut convivial et générateurde lien social principalement par le rassemblementautour du repas de l’Iftar (rupture du jeûne).Ainsi, en 2010, tout au long de ce mois sacré, le SIFa mis en place un Restaurant Solidaire à Saint-Denis.L’objectif était de rassembler des personnes défavori-sées ou souffrant d’isolement, en situation d’exclusion,jeûneurs et non jeûneurs, sous un chapiteau pourpartager ce moment particulier. Ainsi c’est près de200 personnes chaque soir qui ont pu bénéficier decette action.Le Secours Islamique France contribue par cette ac-tion à promouvoir la cohésion sociale en invitant toute © SIF/Francepersonne, sans distinction d’origine ou de religion àpartager un moment chaleureux durant le mois deRamadan. formés ou sensibilisés, continuent de s’engager ainsiMARAUDES SOCIALES auprès des plus vulnérables tout au long de l’annéeLes maraudes sociales du SIF ont démarré en novem- à raison de trois soirées par semaine. En 2010, 115bre 2009, lors du Plan hivernal Grand Froid. Depuis personnes sans abri ont pu échanger avec lesmaintenant plus d’un an les maraudeurs du SIF équipes de maraudeurs et bénéficier des actions du(bénévoles formés) vont à la rencontre des personnes SIF. Ainsi, sur l’année, plus de 800 kits alimentairesen situation de grande exclusion et vivant dans la rue, ont été distribués ainsi que 353 kits hygiène, 340et ce tout au long de l’année. Ces maraudes s’effec- kits Grand froid et 194 duvets/couvertures.tuent sur un secteur d’intervention en Seine-Saint-Denisqui comprend : Saint-Ouen, Saint-Denis, Ile Saint- La première problématique rencontrée dans la rue de-Denis, Epinay s/Seine, Pierrefitte, Villetaneuse, La meure celle de la santé : 68% des personnes concer-Courneuve ainsi que la ville de Stains. nées souffrent de problèmes de santé physiques, psychologiques et psychiatriques pouvant se cumulerL’objectif des maraudes consiste à maintenir, voire avec des comportements d’addiction à l’alcool ourecréer, du lien social et rompre l’isolement par autres toxicomanies. Dans un deuxième temps, lesl’établissement d’une relation de confiance réci- ruptures affectives, familiales, conjugales constituentproque. Plus particulièrement durant la période un autre axe de vulnérabilité suivies par les problé-hivernale, il s’agit d’aider les personnes sans abris matiques administratives.à se protéger du froid par la distribution de kits depremiers secours (grand froid, hygiène, alimen- L’année 2010 a permis de renforcer un partenariattaire) et de vêtements à titre occasionnel. Une cin- déjà efficace avec les différents acteurs de l’urgencequantaine de bénévoles motivés et disponibles, sociale sur la Seine Saint-Denis que sont la Direction RAPPORT ANNUEL 2010 23
  25. 25. Régionale et Interdépartementale de l’Hébergement lation le soir, d’un petit déjeuner, et d’un lieu pour et du Logement du 93, le 115 et le Samu Social. Pa- dormir et se laver. Des kits alimentaires, kits d’hy- rallèlement, le Secours Islamique collabore avec les giène, kits grand froid et duvets leur ont été distribués. structures associatives locales. Des liens de confiance Régulièrement, le Secours Islamique France participe et de travail se sont développés avec La Maison de aux diverses réunions de coordination menées par le la solidarité de Saint-Denis, l’accueil de jour de Saint- département, le 115 ou le Samu Social. En effet, les Ouen– Espace Henri Grouès, tandis que d’autres se interventions en maraudes permettent d’alimenter la tissent progressivement avec l’AFTAM, le Secours Ca- réflexion de la veille sociale départementale afin de tholique, La Main Tendue et la Maison de la Santé trouver des solutions pérennes en termes d’héberge- de Saint-Denis. En outre, les maraudes sociales ont ment adapté et d’accompagnements médico-sociaux connu une large couverture médiatique notamment, pour les personnes vivant dans la rue. par la parution d’articles dans la presse spécialisée : Actualités Sociales, Hebdomadaires ou encore Le Les observations menées sur le terrain et la complexité Monde et particulièrement Le Monde des des situations rencontrées font apparaître un manque Religions… criant de places, de structures adaptées ainsi qu’une discontinuité dans la prise en charge de ces publics. Par ailleurs, dans le cadre des mesures hivernales 2010-2011 et lors du déclenchement du niveau 2 – Dans le souci d’appréhender ces personnes dans une « Grand Froid » ; le Secours Islamique France s’est approche globale, le Secours Islamique, fort de son vu confié la gestion d’un centre d’hébergement d’ur- expérience et de l’appui de ses partenaires étudie gence de crise à Rosny sous Bois. Du 24 décembre toute forme d’accueil et d’accompagnement social, 2010 au 3 janvier 2011, le Secours Islamique telle que la création d’une structure ouverte en continu, France a accueilli avec ses équipes de bénévoles, y compris en dehors de la période hivernale, conçue une dizaine de personnes en moyenne chaque soir. en fonction des besoins des personnes qui y ont re- Ces personnes totalement démunies ont pu bénéficier cours. Le Secours Islamique France marque ainsi son d’un accueil de nuit, d’un refuge où prendre une col- engagement dans la lutte contre l’exclusion.RAPPORTANNUEL 2010 24
  26. 26. © SIF/FranceLUTTE CONTRE LA PRÉCARITÉEPI’SOLEn France, on constate que de plus en plus de per-sonnes, notamment des jeunes, sont sans emploi oun’ont pas accès à un emploi stable. On parle alorsde précarité, car leur situation peut changer très rapi-dement, et les faire basculer vers la pauvreté. Leursdroits fondamentaux sont loin d’être respectés au-jourd’hui. Les personnes démunies vivent dans desconditions difficiles: alimentation déséquilibrée, insa-lubrité des logements, problèmes de santé non traités © SIF/Franceet surtout travail rare et trop souvent précaire.En décembre 2007, Epi’Sol a ouvert ses portes àSaint-Denis avec pour ambition de faire une offre ali-mentaire, la plus proche possible des circuits de Sociaux) qui consiste à créer un annuaire de l’ensem-consommation traditionnels, une clé d’entrée pour les ble des partenaires présents sur la ville.bénéficiaires vers une réinsertion durable. Notre épi- A la demande des partenaires sociaux de Saintcerie solidaire continue de promouvoir les principes Ouen, le Secours Islamique France a répondu positi-de bientraitance par la discrétion des conditions d’ac- vement à l’opération « bébés affamés » durant le moiscès des usagers, par la mise à disposition de produits d’août. Ainsi, durant ce mois, Epi’Sol a distribué desdiversifiés les incitant à faire des choix et à prendre colis alimentaires pour bébés composés de lait, dedes décisions. couches et de lingettes. Les bénéficiaires : desDurant l’année 2010, grâce au dispositif Epi’Sol, le femmes avec enfants rencontrant des difficultés d’hé-Secours Islamique France a touché plus de 200 fa- bergement et d’alimentation.milles. Des ateliers cuisine ayant pour objectif d’infor- Le Secours Islamique France continue de participer àmer les bénéficiaires sur l’équilibre alimentaire et de la lutte contre la précarité par la consolidationfaire découvrir des techniques culinaires simples et d’Epi’Sol à Saint Denis à travers son offre alimentaireéconomiques sont également venus compléter l’aide et par ses projets de création d’autres épiceries soli-alimentaire et financière de l’épicerie solidaire. Ils sont daires dans différents départements de l’Hexagone.un lieu privilégié de rencontre entre les bénéficiaireset les bénévoles et permettent de créer du lien social.Le partenariat avec les services sociaux de la mairiede Saint Denis ainsi que la mairie de Saint Ouen Interventions en milieu carcéral Comme chaque année, à l’occasion du Rama-s’est développé. Ces derniers orientent de plus en dan, le Secours Islamique France intervient au-plus de personnes dans le besoin vers Epi’Sol. Une près des personnes incarcérées par la distributionbonne collaboration s’est mise en place avec la de colis alimentaire en prisons. Les bénéficiairesCaisse d’Allocations Familiales 93 de Saint Denis et sont des personnes jeunes, hommes et femmesl’association Pause Café à Saint Ouen. L’équipe en maisons d’arrêt ou centre de détention qu’ilsd’Epi’Sol a développé ce partenariat local en parti- soient jeûneurs ou non jeûneurs. En vue de contri-cipant à plusieurs réunions de travail. Elle participe buer à la lutte contre leur isolement, 4000 coliségalement à la mise en place du réseau Pole d’Ac- alimentaires ont été distribués en 2010 dans plu- sieurs prisons d’Ile de France ainsi que dans lecueil en Réseau (PARADS) pour l’Accès aux Droits Nord : Prisons de Fleury (91), Maison d’Arrêt de Villepinte (93), Valenciennes (59), etc. RAPPORT ANNUEL 2010 25
  27. 27. Dispositif hébergement-logement santé, de l’ouverture des droits, de la formation, de l’emploi, de l’hébergement et du logement en vue de Le dispositif hébergement –logement est opération- développer leur autonomie et la concrétisation de nel depuis le 1er juin 2009. Il comprend un ensem- leur projet socioprofessionnel. Ce dispositif est ap- ble de 5 chambres individuelles pour des personnes pelé à se développer en augmentant l’offre d’héber- en difficulté d’hébergement de stabilisation. Ces per- gement et de logement. L’objectif des Missions sonnes en bénéficient pendant une durée allant Sociales France est d’acquérir de nouvelles chambres jusqu’à 6 mois maximum, renouvelable une fois. Les adaptées pour femmes seules, des studios ou appar- usagers sont reçus en entretien d’évaluation et d’ad- tements où seront relogées des personnes et des fa- mission et font l’objet d’un co-suivi avec les services milles en difficultés dans le cadre de la stabilisation orienteurs. Il s’agit de les accompagner sur le plan de leur situation et leur insertion socioprofessionnelle. personnel et à travers les divers domaines de laRAPPORTANNUEL 2010 26

×