FIN DU MONDE
Dimanche, la place a des allures de fin du
monde. Mais on mange et on mange bien
même, toute la journée , comme des
chiens, directement sur le sol. En voilà
des associations humanitaires, en voilà du
bénévoles, en voilà de la bouffe en
plastique en aluminium, en carton à plus
savoir quoi en foutre. des kilo de fringues
qui finissent dans la boue. Les mouettent
ricanent, elles s’enfilent de la bouffe à
migrants. Ensuite elles déploient leurs
ailes et s'envolent au dessus des rats, des
migrants, des toxicomane, des passants
et des CRS. Parfois tu piges vite que
ces oiseaux c'est pas la plage.
LE SOLEIL BRILLE
Aujourd'hui le soleil brille à la chapelle. La
porte s'ouvre et se ferme sur un ballet
toqué. Ça sent la misère pas moyen de se
poser peinard une chaise au milieu des
pendus. C’est quoi putain tout ces trucs ?
Les esprits errent, les mort vivent, les
gosses se shootent à la chantilly et
madame est raciste ; les nouveaux anciens
cherchent un millénaire de plus, Aïda ma
rose soulage mathieu dans sa 206, les
jaloux soufflent une brise amer, et le reste
défoncé à la parano cherche à savoir si
Chanel va couvrir toute cette merde. Les
cris se cognent contre les murs de brique
mais youpi les mecs, la technostructure ne
veux pas s'enliser dans la boue des camps
alors faut pas s'en faire, ça gère.
SUCER LA MISÈRE EST UN BON SUJET
La manifestation fait son petit manège «
agression à la sortie de l'école ». BFM tv est là.
Sucer la misère est un bon sujet, l'empathie
fait l’audimat. Il faut bien le dire l'image est
belle d'une France dans sa pleine vie
républicaine. Des zombies boiteux passent un
cailloux dans la main, leur chaire se
décompose dans le quartier. Il puent et tirent
un sourire sans vie devant l'ordre représenté.
Au milieu des mères, des pères, des habitants
et des guignoles les CRS impuissant tentent du
bout des doigts de faire la circulation sur le
trottoir. Un peu plus loin les enfants attendent
pour traverser, ils attendent gentillement, dans
des flaques de pisse et de merde débordants
des chiottes de rue. Sous les regards vides du
camps, ils attendent que le bonhomme passe
au vert. Le seul truc normal dans ce putain de
bordel.
Le maire est là. Les adjoints sont là, en vélo ça
fait plus prolo. Akim s'encanaille et le roi des
abeilles rayonne dans sa gloire de trottoir. Puis
la directrice de cabinet tente le langage de rue
: « tout ça c'est boule-shit » ! Boule de shit
dites vous ? Mais madame, ici personne ne
parle anglais !
Marine Chereau
Photographe
Wilfried Nail
Artiste

Porte chapelle immersion sensible

  • 2.
    FIN DU MONDE Dimanche,la place a des allures de fin du monde. Mais on mange et on mange bien même, toute la journée , comme des chiens, directement sur le sol. En voilà des associations humanitaires, en voilà du bénévoles, en voilà de la bouffe en plastique en aluminium, en carton à plus savoir quoi en foutre. des kilo de fringues qui finissent dans la boue. Les mouettent ricanent, elles s’enfilent de la bouffe à migrants. Ensuite elles déploient leurs ailes et s'envolent au dessus des rats, des migrants, des toxicomane, des passants et des CRS. Parfois tu piges vite que ces oiseaux c'est pas la plage.
  • 7.
    LE SOLEIL BRILLE Aujourd'huile soleil brille à la chapelle. La porte s'ouvre et se ferme sur un ballet toqué. Ça sent la misère pas moyen de se poser peinard une chaise au milieu des pendus. C’est quoi putain tout ces trucs ? Les esprits errent, les mort vivent, les gosses se shootent à la chantilly et madame est raciste ; les nouveaux anciens cherchent un millénaire de plus, Aïda ma rose soulage mathieu dans sa 206, les jaloux soufflent une brise amer, et le reste défoncé à la parano cherche à savoir si Chanel va couvrir toute cette merde. Les cris se cognent contre les murs de brique mais youpi les mecs, la technostructure ne veux pas s'enliser dans la boue des camps alors faut pas s'en faire, ça gère.
  • 14.
    SUCER LA MISÈREEST UN BON SUJET La manifestation fait son petit manège « agression à la sortie de l'école ». BFM tv est là. Sucer la misère est un bon sujet, l'empathie fait l’audimat. Il faut bien le dire l'image est belle d'une France dans sa pleine vie républicaine. Des zombies boiteux passent un cailloux dans la main, leur chaire se décompose dans le quartier. Il puent et tirent un sourire sans vie devant l'ordre représenté. Au milieu des mères, des pères, des habitants et des guignoles les CRS impuissant tentent du bout des doigts de faire la circulation sur le trottoir. Un peu plus loin les enfants attendent pour traverser, ils attendent gentillement, dans des flaques de pisse et de merde débordants des chiottes de rue. Sous les regards vides du camps, ils attendent que le bonhomme passe au vert. Le seul truc normal dans ce putain de bordel. Le maire est là. Les adjoints sont là, en vélo ça fait plus prolo. Akim s'encanaille et le roi des abeilles rayonne dans sa gloire de trottoir. Puis la directrice de cabinet tente le langage de rue : « tout ça c'est boule-shit » ! Boule de shit dites vous ? Mais madame, ici personne ne parle anglais !
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