LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE
BELGIQUE OCCIDENTALE, ÉTUDE DU MATÉRIEL ET SYNTHÈSE
BIBLIOGRAPHIQUE
Paul Picavet, Gilles Fronteau, François Boyer
Association Revue du Nord | « Revue du Nord »
2011/5 N° 393 | pages 167 à 226
ISSN 0035-2624
DOI 10.3917/rdn.393.0167
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1. INTRODUCTION
1.1. Du moulin va-et-vient au moulin hydraulique
Les premières traces de moulin rotatif sont obser-
vées, dans le nord de la France, dans la première moi-
tié du IIe s. av. J.-C., alors que d’importants change-
ments interviennent dans la société. Avec les
premières formes de regroupement de l’habitat, de
nouvelles techniques sont introduites, comme le tour-
nage de la céramique. C’est alors que le moulin rotatif
prend progressivement la place du moulin va-et-vient
utilisé depuis le Paléolithique Supérieur pour le
broyage minéral et la mouture des céréales1. D’un
broyage provoqué par un mouvement alternatif appli-
qué à une molette en pierre sur une dalle fixe, l’on
passe à une mouture opérée par la rotation autour d’un
axe vertical d’une meule supérieure circulaire, le
catillus, sur une meule dormante, la meta. Le grain est
introduit dans le moulin par le centre du catillus percé
d’un œil, son enveloppe est brisée par l’action d’une
meule sur l’autre, et le produit s’échappe à la périphé-
rie du dispositif sous forme de farine. Les rendements
sont accrus, et le temps et la pénibilité du travail sont
réduits. Diverses estimations ont été proposées,
basées sur des reconstitutions expérimentales ou sur
des observations ethnographiques; les résultats obte-
nus divergent beaucoup, mais donnent un ordre de
grandeur du bénéfice apporté par le mouvement rota-
tif. Ainsi, en une heure, un moulin rotatif pourrait
moudre, selon les estimations, de deux à dix fois plus
de blé qu’un moulin va-et-vient2.
L’origine géographique de la transition entre mou-
lin va-et-vient et moulin rotatif a longtemps fait
débat3, se déplaçant selon les découvertes entre l’est,
le centre et l’ouest du bassin méditerranéen. Si cette
transition est actuellement établie au début du IIe s. av.
J.-C. dans le nord de la Gaule, des découvertes effec-
tuées ces vingt dernières années montrent qu’elle s’ef-
fectue trois siècles plus tôt dans le nord-est de la
péninsule ibérique, dès le début du Ve, voire la fin du
VIe s. avant notre ère4. Dans la première moitié du IIe s.
av. J.-C., Caton désigne d’ailleurs les meules rotatives
manuelles sous le terme de molas hispanienses (Cat.,
De agr., 10, 4). Cela n’y fixe pourtant pas de manière
définitive l’origine du moulin rotatif; ce qui pourrait
être un fragment de meule rotative a été mis au jour
dans une sépulture datée du dernier quart du VIe s.
*. — Paul PICAVET, membre d’ABG et du Groupe Meule, courriel :
paul.picavet@gmail.com; Gilles FRONTEAU, GEGENA, Université de
Reims Champagne-Ardenne; François BOYER, professeur émérite de
géologie, Université de Paris IV — La Sorbonne. Ce travail étant
adapté d’un mémoire de master (Université Lille 3, 2011), mes remer-
ciements vont en premier lieu à Xavier Deru et Javier Arce pour leurs
relectures, leurs réflexions et leurs précieux conseils à tous les niveaux
de sa réalisation. Par ailleurs, les analyses et conclusions proposées
n’auraient pu être élaborées sans l’aide des membres du Groupe Meule.
Le catalogue a pu être constitué grâce à l’aimable autorisation des res-
ponsables des musées et services archéologiques qui conservent le
mobilier, ainsi que des responsables d’opération d’archéologie préven-
tive qui ont découvert des meules ces dernières décennies.
Mentionnons l’accueil chaleureux de Véronique Beirnaert-Mary et
d’Isabelle Bollard-Raineau au musée/site archéologique départemental
de Bavay, de Noël Mahéo au musée de Picardie à Amiens, d’Angélique
Demon et de Séverine Leclerc au Service archéologique municipal de
Boulogne, d’Alain Jacques au Service archéologique municipal
d’Arras, de Dominique Roussel à Soissons, et de l’équipe du Service
archéologique municipal de Beauvais, sous la direction de Jean-Marc
Fémolant. Pour l’accès aux collections et la documentation relative aux
fouilles récentes, merci à Eric Binet et Dominique Gemehl, respon-
sables d’opérations à l’Inrap Picardie, à Agnès Balmelle et Philippe
Rollet de l’Inrap Champagne-Ardenne. Enfin, merci à Florent Jodry
(Inrap Alsace) pour l’étude des meules de la ZAC du Vieux Port à
Reims.
1. — POMMEPUY 1999, p. 125, 131-132; ARCAMBAULT DE BEAUNE
2000, p. 12; TREUIL 2002; POMMEPUY 2003, p. 378.
2. — DEMBINSKA 1985; PY 1992, p. 227; GAST 1968, p. 350.
3. — LINDET 1899, p. 424-427; CURWEN 1937; 1944; CHILDE 1943;
MORITZ 1958; PEACOCK 1989, p. 213.
4. — ALONSO-MARTINEZ 1995, p. 15; ALONSO-MARTINEZ 1997.
PAUL PICAVET avec la coll. de
GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER*
Les meules romaines de sept chefs-lieux de cité
de Gaule Belgique occidentale,
étude du matériel et synthèse bibliographique
ARCHEOLOGIE DE LA PICARDIE ET DU NORD DE LA FRANCE (REVUE DU NORD, T. 93, 2011, N° 393, P. 167-226)
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avant notre ère sur la colline de Byrsa à Carthage5.
L’auteur de la publication de cette découverte parle
d’une innovation ibéro-punique qui pourrait trouver
sa place dans le monde punique en Méditerranée occi-
dentale. Mais en Angleterre, la fouille du site de
Danebury (Hampshire) a fourni des meules datées du
IIIe voire même du IVe s. av. J.-C.6, et celle du site de
Gussage-all-Saints (Dorset) du Ve s. av. J.-C.7, alors
qu’aucun exemplaire n’est connu dans le nord de la
France avant le IIe s. av. J.-C. Même s’il ne faut pas
ignorer les nombreux contacts qui ont lieu entre des
territoires parfois éloignés, il faut peut-être supposer
une innovation survenue à différents endroits à peu de
temps d’écart, comme le suggère l’apparition du mou-
lin rotatif en Chine au Ier s. avant notre ère8. Toutefois,
et malgré cette innovation, les meules va-et-vient res-
tent parfois en usage dans le monde romain où elles
sont employées pour le broyage de produits non
céréaliers comme le sel et les pigments, ou le décorti-
cage des légumineuses9, et même jusqu’au XXe s. dans
certaines régions du monde10.
Parallèlement au moulin rotatif développé dans la
péninsule ibérique, et à la même période, un moulin à
trémie dit de type « Olynthe », du nom du site qui en a
fourni les plus nombreux exemplaires, applique le
mouvement alternatif pour le broyage céréalier et
minéral en Méditerranée orientale11. Constitué d’une
dalle supérieure rectangulaire percée d’une longue
fente axiale par laquelle le grain est introduit, et
entraînée sur un axe horizontal avec un mouvement de
va-et-vient sur une autre dalle rectangulaire immobile,
ce type de moulin est attesté dans tout le monde grec
classique pendant la deuxième moitié du premier mil-
lénaire avant notre ère12. Il est même présent dans la
zone d’influence des cités grecques du sud de la
Gaule jusqu’à la conquête romaine, alors qu’autour
d’elles semble se diffuser le moulin rotatif à partir du
IVe s.13, et plus massivement au IIIe s. avant notre ère14.
Par ailleurs, des meules rotatives de forme haute,
mais à actionnement manuel, dites de type
« Morgantina », sont attestées pour le IVe s. avant
notre ère sur plusieurs sites de la Sicile punique et
pourraient avoir été adaptées à la traction animale par
les Romains15. C’est ainsi, de nouveau, une origine
punique qui est avancée pour comprendre le dévelop-
pement à Rome, à partir du début du IIe s. av. J.-C.16,
du grand moulin biconique à traction animale appelé
mola asinaria par Caton (Cat., De agr., 10, 4), et dit
de type « Pompéi » d’après le nom du site où il est le
plus représenté. Jusqu’à la multiplication des moulins
à eau sur les rivières, ces grandes meules produisent
de la farine à des fins commerciales dans les boulan-
geries de l’Italie romaine17 et de la majeure partie du
monde romain18, et jusque dans les agglomérations de
Gaule Belgique que sont Amiens, Reims et
Soissons19.
Enfin, la bibliographie s’enrichit de plus en plus de
publications de fouilles de moulins à eau et de
réflexions sur la place de l’énergie hydraulique et de
l’innovation technique dans l’Antiquité20. C’est ce
type de moulin, décrit par Vitruve au début du Ier s.
(Vitr., De arch., X, 5, 2), et capable de moudre à
grande échelle, hors du cadre domestique, qui connaît
une forte postérité dès le Haut Moyen Âge21 et par-
tage ensuite l’activité avec les moulins à vent d’inven-
tion médiévale, jusqu’à l’introduction de la meunerie
industrielle au XIXe s.
1.2. Enjeux et problématique
Si les publications traitant de la meunerie antique
sont nombreuses et variées, les références manquaient
pour les régions du nord de la France. Des études
locales existent, mais elles sont souvent anciennes22,
et restent cantonnées à un territoire très restreint23, ou
à une période différente de celle traitée ici24. Ces
divers travaux sont pourtant primordiaux pour enri-
chir cette synthèse, fournissant des repères à fins de
comparaisons, et un point de départ à la réflexion. Il
faut mentionner de manière particulière l’important
travail de recherche mené dans les années 1990 par
Claudine Pommepuy dans la vallée de l’Aisne et por-
tant sur les meules d’époque protohistorique, dont une
part est constituée par les premiers moulins rotatifs de
La Tène finale. La typologie proposée est aujourd’hui
largement utilisée par les archéologues picards et nor-
distes travaillant sur la fin du second Âge du Fer.
5. — MOREL 2001.
6. — CUNLIFFE 1984; BOYER, BUCHSENSCHUTZ 1998, p. 199.
7. — WAINRIGHT 1979; BOYER, BUCHSENSCHUTZ 1998, p. 199.
8. — AMOURETTI 1986, p. 146.
9. — ALONSO-MARTINEZ 2002, p. 112; AMOURETTI 1995, p. 37.
10. — GAST 1968, p. 347-350.
11. — AMOURETTI 1986, p. 140; AMOURETTI 1995, p. 39.
12. — AMOURETTI 1985, p. 135.
13. — GARCIA 1995, p. 28; REILLE 2000 p. 264, 266, 269.
14. — PY 1992, p. 195.
15. — WHITE 1963, p. 205-206; PEACOCK 1989, p. 213; PY 1992,
p. 213.
16. — MORITZ 1958, p. 74; AMOURETTI 1986, p. 246; PY 1992, p. 213;
LUCAS 2006, p. 11.
17. — PEACOCK 1989; BAKKER 1999; DE RUYT 2002.
18. — LINDET 1900, p. 20; MORITZ 1958, p. 91; LUQUET 1966; DRINE
2001.
19. — BÉAL 1996; JACCOTTEY, LONGEPIERRE et alii 2011.
20. — CURWEN 1944; MORITZ 1956; MORITZ 1958; WIKANDER 1984.
21. — LORQUET 1994.
22. — ROGINE 1876; LINDET 1900.
23. — CHAMBON 1954; LANGEDOCK 1976; COLONVAL 2009.
24. — POMMEPUY 1999; POMMEPUY 2003.
168 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
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Pour la période romaine, plusieurs régions fran-
çaises sont couvertes par les activités du « Groupe
Meule », créé à l’occasion du colloque de Grenoble
sur les meulières (22-25 septembre 2005), puis ras-
semblé autour d’un Programme collectif de recherche
sur « l’évolution typologique et technique des meules
du Néolithique à l’an mille sur le territoire fran-
çais »25. Ce groupe de recherche a pour objectif prin-
cipal de recenser les meules mises au jour et conser-
vées en France, dans une base de données accessible à
tous ses membres et exploitée dans le cadre de syn-
thèses nationales, sans pourtant s’enfermer dans son
territoire puisque des chercheurs des pays limitrophes
(Belgique, Allemagne, Suisse, Espagne) y sont asso-
ciés.
Le choix a été fait ici de n’aborder que les meules
des chefs-lieux de cités de Gaule Belgique occiden-
tale, en vue d’obtenir une cartographie générale de la
répartition des meules sur une région large selon leur
matériau et leur forme. Les meules faisant l’objet
d’une dispersion à longue distance, il semblait inté-
ressant dans un premier temps d’obtenir cette distri-
bution, afin de faciliter les études locales à venir dans
un futur proche. Ainsi, le but de ce travail sera d’iden-
tifier les roches constitutives des meules et leurs car-
rières d’extraction, et de discerner des types de
meules dont la détermination sera basée sur l’étude
morphométrique et technique des individus. Par
ailleurs, au-delà de ces approches pétrographiques et
morphologiques, l’importance de l’activité de meune-
rie dans l’économie des villes gallo-romaines du nord
de la Gaule sera précisée, et les questions de l’utilisa-
tion des meules et des traditions culturelles relatives à
leur conception et à leur usage seront abordées, sans
pour autant pouvoir être beaucoup développées car la
documentation disponible est peu abondante.
1.3. Problèmes de datation
La composition du corpus choisi a posé un sérieux
problème pour l’acquisition des données et le posi-
tionnement d’une typologie dans le temps. Ces objets
en pierre, bien que préservés à travers le temps sur les
sites archéologiques, ont souvent été maltraités après
leur mise au jour, quand il s’agissait de découvertes
anciennes. Et même lorsqu’ils ont été conservés au
sein des collections de musées, ils n’ont pas toujours
été inventoriés, et sont donc privés de provenance pré-
cise, et encore plus de datation. Il est souvent néces-
saire de rechercher leur trace dans les archives afin de
reconstituer le parcours effectué depuis leur décou-
verte. En l’absence de datation, il faudra accepter la
supposition que certains sites, ici ceux des villes
d’Amiens, de Bavay, d’Arras, de Soissons et de
Beauvais, n’ont pas été occupés antérieurement à la
conquête romaine. Ainsi, lorsque l’on connaît la pro-
venance du matériel, il semble permis, grâce à la com-
paraison des critères de forme et de dimensions, de
l’attribuer à la période romaine. Pour les objets
dépourvus de provenance, il sera impossible de tran-
cher entre une présence résiduelle d’instruments de
forme protohistorique et une origine extérieure à
l’emplacement de l’agglomération.
Dans le cas du mobilier issu de fouilles récentes,
l’inventaire, la conservation, et parfois l’étude, sont de
bien meilleure qualité, et les informations concernant
les objets sont généralement plus précises, voire com-
plètes.
Cependant, les indices de datation sont trop diffus
et de nature trop différente pour que toutes les meules
puissent être positionnées harmonieusement les unes
par rapport aux autres, et la création d’une chrono-
typologie est impossible dans l’état actuel des choses.
1.4. Constitution du corpus
Les mots catillus et meta sont, par convention,
invariables et utilisés pour désigner respectivement la
meule tournante et la meule dormante, et sont accep-
tés par la majorité des chercheurs travaillant sur le
sujet26.
L’étude a porté sur une collection de 271 meules,
composée de 154 catillus, 106 meta, et 11 meules de
catégorie indéterminée; ces exemplaires sont conser-
vés au musée de Picardie à Amiens (110 meules), au
musée/site archéologique départemental de Bavay (76
meules), dans les Services archéologiques munici-
paux de Beauvais (20 meules), Boulogne-sur-Mer (15
meules), Soissons (14 meules), et Arras (6 meules),
dans le dépôt AFAN du musée Saint-Remi à Reims
(12 meules) (fig. 1). Dix meules conservées à la base
Inrap de Reims ont été étudiées par F. Jordy (Inrap
Alsace), et les meules de type « Pompéi » de Soissons
et Reims ont été étudiées par B. Robert (Inrap
Picardie), S. Lepareux-Couturier (Inrap Île-de-
France) et F. Jodry. Le nombre d’individus pris en
compte varie beaucoup d’une ville à l’autre, avec un
maximum de cent dix à Amiens et un minimum de six
à Arras. Cette variation s’explique par un déséquilibre
des opérations archéologiques, certaines villes ayant
fait l’objet d’un nombre de fouilles plus élevé, mais
25. — GROUPE MEULE (coll.) 2009; BUCHSENSCHUTZ et alii (dir.) 2011;
http://www.archeo.ens.fr/spip.php?rubrique44
26. — JODRY 2011a, p. 21.
LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 169
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aussi par une conservation plus ou moins attentive des
vestiges dans le passé. Dans ces conditions, il ne sera
pas possible de réaliser une étude comparative du
matériel de mouture des différents chefs-lieux de
cités, mais plutôt une mise en parallèle de leur corpus,
avec un regroupement des roches et des types iden-
tiques pour une étude d’ensemble.
2. ROCHES ET CARRIÈRES, APPROCHE
PÉTROGRAPHIQUE ET BILAN BIBLIOGRAPHIQUE
(avec la collaboration de G. Fronteau et F. Boyer)
Les meules sont présentes au quotidien dans le
monde antique car leur rôle est primordial dans la pré-
paration alimentaire. Mais, lorsqu’ils arrivent dans
leur lieu d’action, milieu domestique ou meunerie
artisanale, ces objets en pierre ont déjà parcouru un
chemin qui peut être long de plusieurs centaines de
kilomètres, et sont passés entre les mains de plusieurs
acteurs. Les sites d’extraction des meules, souvent
anciennement décrits, mériteraient une attention
poussée pour vérifier ou écarter les idées émises
autrefois, et surtout pour mieux comprendre le circuit
de production des meules.
Un panorama des carrières de meules connues en
France a déjà été dressé lors du colloque de Grenoble
(22-26 septembre 2005)27, précisé ensuite par Alain
Belmont28 pour l’époque moderne. Mais aucun des
gisements exploités à l’époque romaine pour l’extrac-
tion des meules du nord de la Gaule n’y figurait.
Depuis, l’activité de Gilles Fronteau et de François
Boyer pour le Groupe Meule a permis une avancée
considérable dans la connaissance de ces gisements.
Les carrières sont visibles dans le paysage sous
forme de trous circulaires ou de grandes levées de
débris pierreux, et ont souvent interpellé les habitants
locaux, qui les ont désignées sous des appellations qui
laissent transparaître le mystère qu’elles suscitent.
Ainsi, les lieux-dits « les Hogues » en Normandie se
rapportent souvent à des exploitations anciennes exca-
vées; et à Macquenoise, sur la frontière franco-belge,
le « Camp de Macquenoise » ou « Camp des
Sarrasins »29 révèle bien l’interprétation romantique
des immenses levées de pierre et des ruines qui bor-
dent le village.
2.1. L’arkose d’Haybes/Macquenoise
2.1.1. Description et origine géologique
L’arkose d’Haybes (fig. 2) est un grès feldspathique
grossier gris clair d’aspect homogène, parfois grano-
classé, et composé de grains de quartz à cimentation
siliceuse peu abondante mais forte. Ce grès présente,
en plus de quelques grains de feldspath plus ou moins
altérés, une petite quantité de cristaux de tourmaline
noire millimétriques à pluri-millimétriques très bien
visibles à l’œil nu et qui en font un faciès caractéris-
tique. La teinte de la roche s’altère avec son passage
au feu, provoqué par l’emploi secondaire des meules
comme pierres de foyer; en surface, les cristaux de
quartz deviennent laiteux et la phase de liaison s’obs-
curcit jusqu’au gris sombre. À l’intérieur de la roche,
le quartz prend une coloration rosée.
Le banc d’arkose d’Haybes, dont sont issues les
meules, épais de 50 m, apparaît sur la feuille d’Hirson
27. — BELMONT, MANGARTZ 2006.
28. — BELMONT 2006.
29. — CHAMBON 1954, p. 13.
170 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
Boulogne/Mer
Arras Bavay
Amiens
Beauvais
Soissons Reims
200 km
0
FIG. 1. — Sept chefs-lieux de cité de Gaule Belgique.
© ABG.
FIG. 2. — L’arkose d’Haybes/Macquenoise.
Cliché macro Picavet 2009.
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(Aisne) de la carte géologique30 dans l’étage géolo-
gique du Gédinnien, à la base du Dévonien (ère
Primaire) (fig. 3). Il affleure d’ouest en est depuis
Mondrepuis (Nord) jusque dans les alentours de
Haybes (Ardennes). Des veines de texture hétérogène
parcourent probablement la formation car on observe,
sur certaines meules, des faciès à tendance conglomé-
ratique, parfois lités ou entaillés de fissures remplies
de ciment quartzeux laiteux.
2.1.2. Origine géographique: carrières connues et
carrières supposées
Anciennement surnommée « pierre sarrazine » ou
« pierre à grains de sel » par les habitants du secteur31,
l’arkose d’Haybes est présente à la bordure méridio-
nale des Ardennes, dans la région d’Hirson et dans la
vallée de la Meuse. Elle a été exploitée pour la fabri-
cation de meules va-et-vient dès l’Âge du Bronze
final32. Des carrières sont connues pour la période
romaine, mais n’ont fait l’objet d’aucune opération
archéologique depuis l’exploration du Prince de
Chimay dans la deuxième moitié du XIXe s.33. Elles
sont situées en forêt domaniale de Saint-Michel
(Aisne), dans le secteur de Macquenoise (Momignies,
Hainaut, Belgique), à cheval sur la frontière franco-
belge34, soit à la limite des cités des Nerviens et des
Rèmes35. D’après A. Duvaux36 et R. Chambon37,
entre Macquenoise à l’est, et le nord de l’étang du
« Pas-Bayard » (Hirson, Aisne) à l’ouest, s’étend sur
4 km le long de la rive gauche de l’Oise, un talus de
débris d’arkose large de 30 m et haut de 15 m, autre-
fois interprété comme un retranchement militaire
romain38 à cause des ruines du fort médiéval qui peu-
vent y être observées. En réalité, l’affleurement est
discontinu et il existe au moins trois sites de carrières
différents mais proches, et repérables sur la carte géo-
logique et la carte IGN de la France au 1/50000. Le
premier est celui dit du « Camp de Macquenoise », ou
« Camp des Sarrasins », situé immédiatement à la sor-
tie du village de Macquenoise sur la route d’Hirson.
Dans les bois, des excavations sont entourées de talus
constitués de déchets de taille et d’ébauches de
meules rotatives39.
30. — BONTE et alii 1969.
31. — ROGINE 1876, p. 143; DESMASURES 1883, p. 12; CHAMBON 1954,
p. 5.
32. — POMMEPUY 1999, p. 119-120.
33. — CHAMBON 1954, p. 36.
34. — PICHON 2002, p. 376; BOYER, PICAVET 2010, p. 27.
35. — BRULET 2008, p. 347-348.
36. — DUVAUX 1930, p. 143.
37. — CHAMBON 1954, p. 5.
38. — ROGINE 1881, p. 200; DESMASURES 1883, p. 12.
39. — Constaté sur site à plusieurs reprises.
LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 171
Bois de Milourd
La Neuve-
Forge
Macquenoise
Anor
Mondrepuis
Forêt particulière d'Hirson
Forêt domaniale de
Saint-Michel
Le Camp-de-Macquenoise
La Houdelette
fa
il
le
L'Oise
Etang de la Lobiette
Etang de la
Neuve Forge
Etang de Milourd
Etang du
Pas-Bayard
L
'
O
i
s
e
HAINAUT
NORD
AISNE
Excavations visibles dans le paysage
Etage du Dévonien inférieur,
banc d'Arkose d'Haybes
Limites territoriales
Carrières anciennes signalées
sur la carte géologique
0 1 km
FIG. 3. — Les affleurements d’arkose d’Haybes (Dévonien), secteur de Macquenoise (Hainaut, Belgique).
D’après la carte IGN et la carte géologique de la France.
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Les deux autres carrières sont signalées à la fin du
XIXe s. par F. Rogine et E. Mennesson dans les
Bulletins de la Société archéologique de Vervins40. Ils
les repèrent en aval de l’Oise, dans le bois de Milourd,
aux lieux-dits « Neuforge » (aujourd’hui « Neuve
Forge ») et « la Houdelette », par des excavations de
même type que celles du « Camp de Macquenoise ».
E. Mennesson offre une description rapide, d’abord
de « la Houdelette », près du lieu-dit « la Passe aux
chiens », observant sur 600 m de long et 10 m de pro-
fondeur des « cavités en forme de bassins » et « une
entaille verticale à gorge droite » qui correspond pro-
bablement à un front de taille. Il parcourt ensuite le
gisement de la « Neuve Forge », décrivant des monti-
cules sur la gauche de la route conduisant de « Neuve
Forge » à « Gratte-Pierre », au lieu-dit « la Gueule du
brochet ». Là il remarque des cavités cloisonnées par
des murets transversaux, et suppose l’existence d’ate-
liers de taille séparés, toutefois sans indication chro-
nologique. J.-Cl. Carmelez41 précise que la carrière de
« la Houdelette » se trouve au nord de l’étang du
« Pas-Bayard », information reprise dans la carte
archéologique du Nord (notice d’Anor)42. Mais ces
sites sont en réalité situés dans l’Aisne, sur la rive
gauche de la rivière Oise, dans la commune
d’Hirson43. Dans cette dernière commune est en outre
mentionné, au lieu-dit « le Camp des Fumions », un
établissement gallo-romain associé à un atelier de
taille de meules signalé par des ébauches de meules et
des outils en fer44.
Le bassin carrier et les sites de production de
meules connus sont donc localisés dans un secteur
assez restreint (environs d’Hirson, Saint-Michel,
Macquenoise). Il est possible que d’autres carrière de
meules existent au sein des différents affleurements
d’arkose d’Haybes, situés plus à l’est, dans la pointe
de Givet: vallée de la Meuse (Haybes, Fépin) ou pla-
teau ardennais (Hargnies, Willerzie).
2.2. Les poudingues
2.2.1. Description et origine géologique
Les poudingues sont des roches conglomératiques
résiduelles tertiaires, dont la matrice siliceuse grise
renferme de nombreux galets de silex roulés centimé-
triques à pluri-centimétriques de couleur brune,
rouge, jaune, orangé, verdâtre, gris et gris bleuté
(fig. 4). Un faciès peu représenté et très pauvre en
galets de silex présente des lits détritiques et une
structure alvéolaire qui pourrait être donnée par des
empreintes de coquilles fossiles.
La position de ces conglomérats au sein de la strati-
graphie géologique n’est pas bien définie (fig. 5). Au
contraire, ils semblent exister à la fois dans les étages
du Paléocène supérieur et de l’Éocène inférieur (ère
Tertiaire). Ils apparaissent dans la carte géologique,
tantôt comme poudingue siliceux à galets de silex du
Thanétien supérieur (sommet du Paléocène)45, tantôt
associés à des sables fins et des grès du faciès
« Sparnacien supérieur » de l’Yprésien (base de l’Éo-
cène)46, ou encore, sous l’appellation « Poudingue de
Vaucottes », dans une formation à silex tertiaire à
l’âge mal défini et reposant au-dessus des formations
crayeuses du Crétacé47. Un autre faciès, dit « brèche à
ciment siliceux », est observé dans le secteur nord-
ouest de la feuille de Saint-André-de-l’Eure de la
carte géologique et provient probablement d’un banc
différent, voire d’une formation géologique
différente48. Il s’agit d’un conglomérat constitué de
fragments de silex anguleux millimétriques à pluri-
centimétriques en quantité plus ou moins importante
dans un ciment siliceux blanchâtre, et peut-être assi-
milé au « faciès Cuisien » de l’Yprésien (Éocène infé-
rieur)49.
2.2.2. Origine géographique et carrières connues
Le poudingue affleure de façon résiduelle en de
nombreux endroits en Normandie, où quelques sites
d’extraction sont connus ou supposés pour la fabrica-
tion de meules dans l’Antiquité. Sont utilisés des
blocs aux dimensions plus ou moins imposantes, dis-
séminés dans des sables sous forme de dalles ou de
nodules directement exploitables50. Les exploitations
anciennes de ces formations ont laissé des traces dans
le paysage, des dépressions parfois appelées
« Hogues » en Normandie.
Ainsi, dans la commune de Saint-Léonard (Seine-
Maritime), dans le « Bois des Hogues », au lieu-dit
« les Ferrières », une série d’excavations profondes
d’une vingtaine de mètres marquent le terrain. Selon
M. Rémy-Watté, qui a réalisé un inventaire des
meules et carrières de meules connues en Seine-
Maritime dans les années 198051, ces excavations
auraient constitué un « centre d’extraction et de fabri-
cation quasi industriel ». Le débitage des blocs aurait
40. — MENNESSON 1880, p. 125-126; ROGINE 1880; ROGINE 1881,
p. 198.
41. — CARMELEZ 1973, t. 1, p. 7.
42. — DELMAIRE 1996, p. 98.
43. — PICHON 2002, p. 254.
44. — DESMASURES 1883 p. 74-75; PICHON 2002, p. 254.
45. — SANGNIER 1968, p. 4.
46. — SANGNIER 1968, p. 3-4.
47. — BOLTENHAGEN et alii 1967, p. 3.
48. — GUILLIER et alii 2005.
49. — KUNTZ 1977, p. 26-28.
50. — GUILLIER et alii 2005, p. 203.
51. — RÉMY-WATTÉ 1983, p. 19 et 42.
172 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
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été favorisé par l’utilisation maîtrisée du feu, et un
fond de cabane avec foyer et outils aurait pu consti-
tuer, sinon l’atelier de taille de meules, au moins l’ha-
bitat des carriers52. Une autre exploitation est men-
tionnée dans la commune voisine, à Vattetot-sur-Mer,
entre l’église de Vattetot et « le Fond de Vaucottes »53.
Plusieurs fosses similaires sont observées à l’ouest
de la forêt de La Londe (Seine-Maritime)54, où sont
signalés des affleurements du Thanétien supérieur55.
D’autres fosses d’extraction et des déchets de taille
auraient été observées à Neufchâtel-en-Bray (Seine-
Maritime)56. Cependant, après vérification dans le
troisième tome des Bulletins de la Société normande
d’études préhistoriques57, il se trouve que tous les
toponymes cités correspondent en fait à des lieux-dits
situés dans la commune de Saint-Saëns (Seine-
Maritime); la carte géologique ne signale d’ailleurs
aucun affleurement de poudingue à Neufchâtel58.
L’erreur est cependant reprise telle quelle dans la carte
archéologique de la Seine-Maritime59.
Concernant donc la commune de Saint-Saëns, Ch.
Pinsard mentionne au XIXe s., au « Bois de l’Abbaye »
(sud du village), « des fosses et buttes très élevées où
le poudingue abonde », et remarque des ébauches de
meules60. Ces fosses, ateliers de taille et ébauches en
poudingue étaient déjà mentionnées en 1862 par la
52. — ROGERET 1997, p. 497.
53. — ROGERET 1997, p. 552.
54. — RÉMY-WATTÉ 1983, p. 40; ROGERET 1997, p. 397.
55. — SANGNIER 1968, p. 4.
56. — RÉMY-WATTÉ 1983, p. 40.
57. — COUTIL 1896, p. 8.
58. — KUNTZ 1979, p. 8.
59. — ROGERET 1997, p. 442.
60. — PINSARD, ms. 1341E, p. 222; RÉMY-WATTÉ 1983, p. 42.
LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 173
FIG. 4. — Quatre faciès de poudingue.
Cliché Picavet 2010.
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Commission départementale des Antiquités de la
Seine Inférieure61, et en 1895 par la Société des
Antiquaires de Normandie qui indique avoir prospecté
les lieux-dits du « Lihut » (nord de Saint-Saëns), du
« Bois de l’Abbaye », « ainsi que les “plateaux du
Quesnay” (sud-ouest de Saint-Saëns) et de
Montcombre »62. La dernière localité correspond
peut-être au Maucomble actuel, mais aucun affleure-
ment du faciès « Sparnacien » de l’Yprésien n’est
visible à cet endroit sur la carte géologique, alors que
les autres sites sont positionnés sur les apparitions de
ces niveaux. Ce faciès « Sparnacien » y affleure sous
forme de dépôts de poudingue montrant des galets
centimétriques de silex roulés noirs dans une matrice
siliceuse réduite63.
Enfin, à Avrilly, dans l’Eure, au lieu-dit « le Clos
des Forges », un atelier de taille a été fouillé récem-
ment au sein de l’enclos d’un établissement agricole
de la deuxième moitié du Ier s. av. J.-C.64. Les étapes
de la chaîne opératoire de la fabrication de petites
meules en poudingue ont pu y être mises en évidence.
D’après les résultats de la fouille, cependant, la pro-
duction de l’atelier serait assez réduite et sa diffusion
aurait peu d’ampleur65.
61. — COCHET 1867, p. 202.
62. — COUTIL 1896, p. 8.
63. — KUNTZ 1974, p. 11-12.
64. — GUILLIER et alii 2005.
65. — GUILLIER et alii 2005, p. 218.
174 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
Les Bosquets
L
a
V
a
r
e
n
n
e
Saint-Saëns
Le Quesnay
Les Hogues
Plaine de
Maucomble
Le Tertre
Le Lihut
Bois
de l'Abbaye
Bois de l'Hospice
Bois du
Pont du Thil
Forêt domaniale d'Eawy
0 1 km
Excavations visibles dans le paysage
Faciès "Sparnacien" de l'Yprésien,
poudingue à galets avellanaires
Forêt de La Londe
Bosc-Bénard-Commin
Les Roques
Forêt de La Londe
Sables, grès et poudingues
du Thanétien et du Sparnacien
0 1 km
EURE
SEINE MARITIME
Le Clos des Forges
Avrilly
Parc d'Avrilly
0 1 km Formations résiduelles à silex
Vaucottes
Yport
Les Hogues
Bo
is
de
s
Ho
g
ue
s
Le Gros Chêne
Le Bout
de Vattetot
Vattetot-
sur-Mer
Saint-Léonard
0 1 km
Formation à silex Tertiaire,
"Poudingue de Vaucottes"
Excavations visibles dans le paysage
FIG. 5. — Les affleurements de poudingue (tertiaire) des secteurs de Saint-Saëns (76), Saint-Léonard/Vaucottes (76),
Avrilly (27) et La Londe (76).
D’après la carte IGN et la carte géologique de la France.
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Il faudrait maintenant mener des campagnes de
prospection systématique de toutes les zones de car-
rières supposées pour repérer les sites d’extraction
antiques d’une part, et échantillonner les différents
faciès de poudingue d’autre part, dans le but de les
comparer macroscopiquement et microscopiquement
aux roches constitutives des meules.
2.3. Le grès de Fosses/Belleu
2.3.1. Description et origine géologique
Le grès dit « de Belleu » est un grès-quartzite gris
clair à grains grossiers composé d’éléments de quartz
fortement cimentés dans une matrice siliceuse, de
cristaux de feldspath blancs infra-millimétriques et de
grains de silex noir infra-millimétriques (fig. 6). Le
faciès utilisé pour la taille des meules, parfois dit
« arkose » pour sa tendance feldspathique, est facile-
ment identifiable macroscopiquement grâce à la pré-
sence des grains blancs et des grains noirs.
Une zone d’affleurement de ce grès figure sur la
feuille de l’Isle-d’Adam de la carte géologique66, dans
les environs de Fosses (Val-d’Oise) (fig. 7). Le grès
correspond à des dalles localisées au sein de la couche
de sables, dans la partie supérieure d’un niveau de
sables du Cuisien, ancien sous-étage de l’Yprésien
(Éocène inférieur, ère Tertiaire). Son appellation
« grès de Belleu » provient d’un gisement éponyme
exploité au XIXe s., situé à environ 2 km au sud-sud-est
de Soissons, et qui a pu fournir des meules pendant la
protohistoire ou dans l’Antiquité. Mais cette zone de
gisement n’offre plus aujourd’hui d’affleurement étu-
diable67.
2.3.2. Origine géographique: carrière connue
Des sites d’extraction et de fabrication de meules
en grès de Fosses/Belleu sont signalés dans la vallée
de l’Ysieux, affluent de l’Oise, entre Fosses,
Bellefontaine et Luzarches (Val-d’Oise)68 (fig. 7).
Une carrière est repérée dans le parc du château de
Bellefontaine par une série de levées et d’excava-
tions69 ; après extraction, le façonnage était exécuté
dans des ateliers éloignés de plusieurs centaines de
mètres des carrières et dispersés sur la rive droite de la
vallée de l’Ysieux70. Ces ateliers, repérés en prospec-
tion par la JPGF de Villiers-le-Bel71, sont localisés à
Bellefontaine, aux lieux-dits « le Fer à Cheval », « le
66. — MÉGNIEN, BERGER 1991, p. 9; GUADAGNIN 2000, p. 44.
67. — POMEROL 1984, p. 15.
68. — GUADAGNIN 2000, p. 44, note 78; BOYER et alii 2010, p. 2.
69. — Constaté sur site.
70. — GUADAGNIN 2000, p. 44, note 78; BOYER et alii 2010, p. 4-5.
71. — Jeunesse Préhistorique et Géologique de France, section de
Villiers-le-Bel, dirigée par R. Guadagnin.
LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 175
L'
Ys
ie
u
x
Fosses
Bellefontaine
Luzarches
Le Bois Lionnet
Le Fer à Cheval
Le Terrier aux Renards
La Miséraille
La Garenne
La Goulette
Le Grand Clos
Faciès Cuisien de l'Yprésien,
sables et "Grès de Belleu"
Zone d'extraction
0 1 km
Atelier de taille de meules supposé
Parc maison
de retraite
FIG. 6. — Le grès de Fosses/Belleu.
Cliché macro Picavet 2010.
FIG. 7. — L’affleurement de grès de Belleu (Yprésien) du secteur de Fosses/Bellefontaine/Luzarches (95).
D’après la carte IGN et la carte géologique de la France.
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Grand Clos », « Sous le Bois Lionnet », « la
Garenne », « la Miséraille », « le Terrier aux
Renards »; à Fosses, au « Buisson de la Miséraille »,
aux « Petits carreaux » et au « Cimetière Saint-
Étienne »; et sur le territoire de Luzarches, à « la
Pièce de la Carrière », aux « Petits Carreaux », et à
« la Biche »72.
2.4. Les calcaires gréseux de type « Vauxrezis » et
« Beaurieux »
2.4.1. Description et origine géologique
Les calcaires gréseux à glauconies et rares nummu-
lites, souvent surnommés « pierre à grains de sel »
dans leur région d’origine73, sont présents sous forme
de deux faciès correspondant aux types « Vauxrezis »
et « Beaurieux » de B. Robert et J.-L. Landréat74. Ces
roches sédimentaires carbonatées contiennent, dans
une matrice beige clair, de nombreux éléments détri-
tiques grossiers de quartz, de silex et de glauconie
verdâtre, ainsi qu’un type caractéristique de foramini-
fères, les Nummulites laevigatus, blanches et éparses.
Les deux faciès diffèrent par la distribution de leurs
éléments constitutifs. Le type 1, dit « Vauxrezis », est
peu cimenté, et constitué de nombreux et grossiers
grains de quartz et de glauconie, ainsi que de débris de
silex verdi roulés (fig. 8). Le type 2, dit « Beaurieux »,
est plus homogène, moins grossier et mieux cimenté
(fig. 9). Les grains de glauconie sont moins nombreux
et plus clairs, et les nummulites plus nombreuses,
accompagnées d’empreintes d’Eupsammia, un corail
solitaire conique. Deux autres types ont par ailleurs
été déterminés par B. Robert et J.-L. Landréat, carac-
térisés par la présence de fossiles particuliers. Le type
3 présente des minéraux peu nombreux et très gros-
siers fortement liés dans la matrice, ainsi que beau-
coup d’empreintes d’Eupsammia. Le type 4, plus fin,
contient quelques restes de Ditrupa strangulata.
Cependant, ces deux derniers faciès sont rares, et
n’ont pas été reconnus pour la période gallo-
romaine75.
Des calcaires affleurent dans les niveaux stratigra-
phiques lutétiens d’une large partie du centre du
Bassin de Paris. Les calcaires gréseux à rares nummu-
lites apparaissent sur la feuille de Soissons de la carte
géologique dans l’étage du Lutétien inférieur, proche
du Lutétien moyen pour le type 2 (Éocène moyen, ère
Tertiaire)76.
2.4.2. Origine géographique et carrières connues
Les faciès 1 et 2 affleurent respectivement dans les
communes éponymes de Vauxrezis et Beaurieux
(Aisne), sur le versant droit de la vallée de l’Aisne. Un
atelier d’extraction et de taille de meules a été reconnu
à l’extrémité sud-ouest de la « Butte du Gué » domi-
nant le village de Vauxrezis, 6 km au nord-ouest de
Soissons, sur la rive droite du Ru du Moulin de
Vaurezis (fig. 10). Le site a été identifié à la fin du
XIXe s. par O. Vauvillé à la suite de la découverte
d’une sépulture antique au bord d’une carrière de cal-
caire77, puis prospecté en 1995 par Cl. Pommepuy et
72. — BOYER et alii 2010, p. 12.
73. — VAUVILLÉ 1898 a, p. 43; VAUVILLÉ 1898 b, p. 45.
74. — ROBERT, LANDRÉAT 2005, p. 106-107.
75. — ROBERT, LANDRÉAT 2005, p. 112-114.
76. — POMEROL 1984, p. 16.
77. — VAUVILLÉ 1898 a et b; VAUVILLÉ 1899.
176 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
FIG. 8. — Le calcaire gréseux à rares nummulites, faciès 1.
Cliché macro Picavet 2010.
FIG. 9. — Le calcaire gréseux à rares nummulites, faciès 2.
Cliché macro Picavet 2010.
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B. Robert78. Dans la pente de la butte, un talus de
déchets de taille a livré des ébauches de meules que
rien ne permet de dater.
L’origine des autres faciès est encore inconnue, et il
serait intéressant de prospecter la butte où affleure le
matériau de type 2, au nord-est de Beaurieux, entre les
lieux-dits « l’Écouvette » et « les Bragades »79
(fig. 11).
2.5. Autres calcaires du Lutétien
De petits moulins rotatifs de La Tène moyenne et
finale sont taillés dans des calcaires du Lutétien
moyen et supérieur aussi issus du centre du Bassin de
Paris. Ces calcaires seront ici abordés rapidement car
les individus concernés sont très peu nombreux et
antérieurs à la période traitée.
2.5.1. La « pierre à liards »
Surmontant les calcaires gréseux à glauconies et
rares nummulites, la roche dite « pierre à liards », est
un calcaire essentiellement composé de Nummulites
laevigatus liées par une matrice sableuse beige clair80
(fig. 12). Ce faciès apparaît dans le niveau supérieur
de l’étage du Lutétien inférieur, avant que la dispari-
tion des nummulites détermine le passage au Lutétien
moyen.
2.5.2. Le calcaire à Ditrupa
Cette roche calcaire jaune à beige contient des
tubes calcifiés, produits par le ver Ditrupa strangu-
lata, et enfouis dans les vases calcaires du Lutétien
moyen (Éocène moyen, ère Tertiaire) (fig. 13). La très
occasionnelle présence de nummulites indique toute-
fois une strate proche du Lutétien inférieur81.
2.5.3. Le calcaire à cérithes
Prédominant à La Tène finale pour la fabrication
des meules rotatives manuelles82, ce faciès renferme,
en quantité plus ou moins importante, des empreintes
de cérithes, gastéropodes fréquents dans les niveaux
Tertiaires correspondant à des dépôts en milieu marin
littoral83 (fig. 14). Ces empreintes fossiles sont parfois
accompagnées de milioles, foraminifères déposés en
milieu marin également. Cette formation géologique
est placée au sommet du Lutétien (Éocène moyen, ère
Tertiaire), et affleure dans le Soissonnais sous forme
de bancs durs et diaclasés alternant avec des couches
de marnes et d’argile84.
La découverte d’ébauches de meules rotatives a
récemment permis la localisation d’un atelier de taille
à Vendresse-Beaulne (Aisne), au lieu-dit « le
Platis »85.
2.6. Les roches volcaniques
2.6.1. Description et origine géologique
Les meules en roche volcanique sont assez fré-
quemment observées dans le nord de la Gaule, où
elles rivalisent fortement avec les outils taillés dans
les autres roches. Le matériau exploité, issu de cou-
lées volcaniques du Quaternaire peu altérées, est
vacuolaire, gris à gris sombre (fig. 15), et présente
souvent de rares phénocristaux d’augite noire.
78. — ROBERT, LANDRÉAT 2005, p. 109-110.
79. — LAURENTIAUX et alii 1972.
80. — POMEROL 1984, p. 17.
81. — Communication personnelle de Gilles Fronteau.
82. — POMMEPUY 1999, p. 126; NAZE et alii 2011.
83. — FOUCAULT, RAOULT 2005, p. 65-66.
84. — POMEROL 1984, p. 18.
85. — NAZE et alii 2011.
LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 177
du M oulin de V auxrez is
Ru du C uru
Ru
Vauxrezis
Chavigny
Butte du Gué
0 1 km
Reliefs visibles dans le paysage
Etage du Lutétien inférieur, banc de
calcaire gréseux à glauconies grossières
L
'A
i
s
n
e
L
e
T
o
r
d
o
ir
Beaurieux
L'Ecouvette
Les Bragades
0 1 km
Reliefs visibles dans le paysage
Etage du Lutétien inférieur, banc de
calcaire gréseux à glauconies grossières
FIG. 10. — Les affleurements de calcaire gréseux à rares
nummulites (Lutétien), secteur de Vauxrezis (02).
D’après la carte IGN et la carte géologique de la France.
FIG. 11. — L’affleurement de calcaire gréseux à rares
nummulites (Lutétien), secteur de Beaurieux (02).
D’après la carte IGN et la carte géologique de la France.
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2.6.2. Origine géographique, carrières connues et
supposées
Deux champs volcaniques principaux constituent
les possibles gîtes d’origine des meules en roche vol-
canique. Il s’agit, à l’est, du massif de l’Eifel
(Allemagne), et au sud, de la chaîne des Puys dans le
Massif central. Ils font partie du même ensemble vol-
canique, appelé province volcanique cénozoïque
européenne, et étendu au nord de l’arc alpin sur
1200 km d’ouest en est entre le Massif central, l’Eifel
(Allemagne), l’Eber graben (Rép. Tchèque) et la
basse Silésie (Pologne)86. D’après D.P.S. Peacock87,
les roches issues du Massif central et de l’Eifel se dif-
férencient par la présence de phénocristaux d’augite
noirs et de cristaux blancs inclus dans la masse de la
roche de l’Eifel et absents de celle du Massif central.
Mais T. M. Gluhak et W. Hofmeister ont récemment
affirmé qu’il n’est pas possible de différencier les
roches des deux gisements macroscopiquement88.
Leur étude des meules et carrières de meules de
l’Eifel, basée sur trois niveaux d’analyses des roches
et demandant des données fiables et précises, dis-
tingue d’abord ces deux grandes sources, pour ensuite
tenter de reconnaître l’origine exacte des meules au
sein du seul massif de l’Eifel89.
D’autres centres de production, plus lointains, ont
pu fournir le nord de la Gaule en meules. Il s’agirait
de ceux d’Orvieto en Italie, et du bassin Pannonien en
86. — MEYER, FOULGER 2007, p. 1; GLUHAK, HOFMEISTER 2008,
p. 111.
87. — PEACOCK 1980, p. 49.
88. — GLUHAK, HOFMEISTER 2011, p. 2.
89. — GLUHAK, HOFMEISTER 2008, 2009, 2011.
178 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
FIG. 12. — La « pierre à liards ».
Cliché macro Picavet 2010.
FIG. 13. — Le calcaire à ditrupa.
Cliché macro Picavet 2010.
FIG. 14. — Le calcaire à cérithes.
Cliché macro Picavet 2010.
FIG. 15. — Une roche volcanique vacuolaire.
Cliché macro Picavet 2010.
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basse Autriche90. Mais nous n’aborderons ici que les
deux origines les plus probables.
2.6.2.1. Le massif de l’Eifel
Le massif de l’Eifel est divisé en un champ volca-
nique tertiaire, l’Hocheifel, et deux champs quater-
naires, l’Eifel-ouest et l’Eifel-est. L’essentiel de l’ac-
tivité volcanique est daté du Néogène, avec un pic au
Miocène (ère Tertiaire), mais les deux champs de
l’Eifel-est et ouest marquent une reprise du volca-
nisme au Quaternaire91. Ce sont ces deux jeunes gise-
ments, aux roches basaltiques peu altérées, qui ont
accueilli des carrières de meules. À l’ouest, quatre
sites d’extraction de meules antiques sont attestés, à
« Roßbüsch », « Eichholz », « Mühlenberg » et
« Dietzenley ». Quatre autres sont supposés, à
« Römerberg », « Mosenberg », « Goosberg » et
« Rother Kopf ». Ces carrières semblent avoir fourni
une production peu importante, peut-être à destination
locale92 et le faciès du basalte de ce secteur est claire-
ment différencié microscopiquement de celui de
l’Eifel-est93.
Le champ volcanique de l’Eifel-est s’étend sur
400 km2 et a fait l’objet d’une exploitation intensive
dans la zone du volcan Bellerberg, sur une surface de
6 km2 située immédiatement au nord-est de Mayen
(Rhénanie-Palatinat, Allemagne)94. Trois grandes car-
rières y sont connues, sur les sites de « Mayener
Grubenfeld », « Ettringer Lay » et « Kottenheimer
Winfeld », et peut-être plus au nord à « Hohe Buche »
et « Mauerley ». Bien que le Bellerberg ait été
exploité sans interruption depuis le Néolithique jus-
qu’à nos jours95, des vestiges de la production de
meules antiques sont encore visibles par endroits96.
La cristallisation des coulées volcaniques en piliers
polygonaux verticaux a beaucoup facilité l’extrac-
tion97, dont les traces ont été étudiées par
F. Mangartz98. L’analyse de nombreuses ébauches de
meules lui a permis de reconstituer la chaîne opéra-
toire de la fabrication du matériel de mouture, depuis
l’arrachement du bloc de lave brut jusqu’à l’obtention
du produit fini.
2.6.2.2. Le Massif central
Bien que l’origine auvergnate de certaines meules
soit attestée99, aucune carrière d’extraction antique
n’est connue dans le Massif central100. La zone géo-
graphique est très probablement centrée sur les cou-
lées de trachy-andésite du Puy de Nugère, aux alen-
tours de Volvic (Puy-de-Dôme)101, où l’on extrait
encore la pierre actuellement102. Les massifs du
Cantal et du Mont-Dore sont aussi des sources pos-
sibles de roche pour la fabrication des meules103, mais
là encore aucune carrière antique n’est attestée.
3. ÉTUDE MORPHOLOGIQUE ET TECHNIQUE DES
MEULES ROTATIVES
Le moulin est le premier instrument qui peut être
défini comme une « machine » par la complexité de
l’outil assemblé par l’homme et destiné à obtenir un
produit final, la farine, par l’application d’une
force104. Il convient d’analyser les caractéristiques
morphologiques des meules, éléments principaux de
ces machines, pour saisir les aspects techniques de
leur fonctionnement.
Les dimensions représentent le premier critère dis-
criminant pour différencier les moulins à actionne-
ment manuel des moulins à entraînement mécanique.
Ce critère n’est toutefois pas suffisant, car la limite
entre le diamètre des premiers et celui des seconds est
floue. Elle peut être placée autour d’une cinquantaine
de centimètres si l’on considère la longueur du bras
humain. La différenciation entre rotation manuelle et
mécanique est en revanche rendue plus précise par
l’observation des caractères techniques des meules.
Certains types d’aménagement sont présents sur une
catégorie de meules et absents sur d’autres, et inverse-
ment. Il importe ainsi de prêter une attention particu-
lière aux dispositifs d’entraînement, qu’ils soient laté-
raux ou centraux, afin de classer les moulins par
types.
Les meules manuelles seront abordées dans un
classement prenant en compte la forme générale de la
meule, avec d’un côté les meules cylindriques plates
simples et leur variante à réglage de l’écartement; de
l’autre les meules plus trapues de forme généralement
tronconique ou hémisphérique. Parmi les meules de
grandes dimensions seront distinguées celles à rota-
tion lente mues par une traction animale latérale, de
celles à rotation potentiellement multipliée entraînées
par le centre par l’énergie hydraulique ou animale.
90. — GLUHAK, HOFMEISTER 2011, p. 10.
91. — GLUHAK, HOFMEISTER 2009, p. 1775.
92. — GLUHAK, HOFMEISTER 2009, p. 1774-1775.
93. — GLUHAK, HOFMEISTER 2009, p. 1780.
94. — GLUHAK, HOFMEISTER 2009, p. 1775; CRAWFORD, RÖDER 1955,
p. 68.
95. — CRAWFORD, RÖDER 1955, p. 68, 71; GLUHAK, HOFMEISTER 2008,
p. 111; GLUHAK, HOFMEISTER 2009, p. 1774.
96. — CRAWFORD, RÖDER 1955, p. 71; MANGARTZ 2008.
97. — GLUHAK, HOFMEISTER 2009, p. 1775.
98. — MANGARTZ 2008.
99. — CASTELLA 1994, p. 70, d’après WILLIAMS-THORPE, THORPE 1988.
100. — MANGARTZ 2008, p. 199; GLUHAK, HOFMEISTER 2011, p. 2.
101. — AUBERT et alii 2006, p. 27; GLUHAK, HOFMEISTER 2011, p. 11.
102. — CASTELLA 1994, p. 70.
103. — CASTELLA 1994, p. 70; BINET 2002, p. 444.
104. — BOYER, BUCHSENSCHUTZ 1998, p. 198.
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3.1. Les moulins manuels
La bonne représentation des meules manuelles au
sein des collections favorise leur caractérisation, et les
analyses de séries importantes sont beaucoup plus
aisées qu’avec les meules de grandes dimensions qui
seront traitées par la suite.
3.1.1. Les moulins manuels cylindriques plats
simples (fig. 16, 1, tab. 1)
3.1.1.1. Les catillus
Ce sont des meules de forme cylindrique plate, aux
deux faces opposées concaves, et percées de deux per-
forations fonctionnelles. La première, au centre de la
meule et de forme souvent complexe, sert, d’une part
à l’introduction du grain dans le moulin, d’autre part à
centrer la rotation grâce à l’insertion d’une anille de
centrage mobile ou solidaire de l’axe. La seconde per-
foration, percée dans le flanc de la meule, est destinée
à recevoir un élément de préhension en bois, en métal
ou en matières organiques, grâce auquel le moulin est
mis en rotation.
Ces catillus sont retrouvés dans tous les chefs-lieux
de cité, dans des proportions différentes et dans des
matériaux différents (fig. 17a). L’arkose d’Haybes/
Macquenoise constitue 44,3 % des soixante-quinze
catillus cylindriques manuels pris en compte, pour
19 % de grès de Fosses/Belleu, 15,2 % de roche vol-
canique, 11,4 % de calcaire gréseux, et 1,3 % de cal-
caire à ditrupa.
Les caractéristiques morphométriques des meules
peuvent varier d’une roche à l’autre, par effet d’ate-
lier, mais la forme générale suit le même schéma.
3.1.1.1.1. La face supérieure
La face supérieure « en cuvette » de ces catillus
manuels présente une forme générale plus ou moins
concave, jusqu’à l’horizontalité, et il ne semble pas
exister de corrélation entre le diamètre de la meule et
le degré de courbure de la cuvette. En revanche, la
face supérieure n’est pas traitée exactement de la
même façon selon la roche utilisée (fig. 16, 1). Si celle
des meules en arkose d’Haybes/Macquenoise et en
calcaire gréseux est clairement concave, celle de cinq
catillus en grès de Fosses/Belleu est horizontale ou
approche l’horizontale (39, 41, 43, 45, 48). Les
meules en roche volcanique sont ici trop peu repré-
sentées pour en tirer des observations pertinentes,
mais leur face supérieure forme aussi une cuvette plus
ou moins inclinée selon les individus.
180 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
0 30 cm
1a.
1b.
1c.
2.
3a.
3b.
3c.
4a.
4b.
4c.
FIG. 16. — Schémas typologiques de moulins manuels. Éch. 1/10.
1. Moulins manuels cylindriques plats simples : 1a : en arkose d’Haybes/Macquenoise ; 1b : en grès de Fosses/Belleu ; 1c : en roche volca-
nique ; 2. Moulin manuel cylindrique plat à réglage de l’écartement ; 3. Moulins manuels en poudingue : 3a : à perforation latérale prolongée
dans l’œil ; 3b : à perforation latérale aveugle ; 3c : à encoches sur le flanc ; 4. Moulins de forme protohistorique d’après la typologie de
Cl. Pommepuy : 4a : type 1 ; 4b : type 2 ; 4c : type 3 (Pommepuy 1999).
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Amiens Arras Bavay Beauvais Boulogne Reims Soissons
Catillus manuels
Macquenoise 1 à 7 8 à 31 32 à 34 35
Fosses/Belleu 36 à 42 43 à 49 50
Calcaire gréseux 51 à 58 59
Roche volcanique 60 à 63 64 à 69 70 71 et 72 73
Calcaire à ditrupa 75
Roche indét. 80, 82 à 86 90 93
Cat. manuels réglage
Catillus 94 à 96 97 à 100 102 101
Meta manuelles
Macquenoise 103 et 104 105 à 108 109 à 131 132 133 à 136
Fosses/Belleu 137 à 146 147 à 151 152 et 153
Calcaire gréseux 156 à 158 159
Roche volcanique 160 et 161 168 169 et 170 171
Calcaire à ditrupa 173
Roche indét. 87 à 89
Poudingue
Catillus 183 à 196 205 197 à 204
Meta 177 à 182
indét. 176
Formes proto
Type 1 74 et 172
Type 2 76 et 174
Type 3 75 77 à 79, 175
Type «Pompéi»
Catillus 206 à 211 213 à 216 219
Meta 212 217 et 218
Cat. traction animale latérale
Catillus 226
Cat. type «Avenches»
Roche volcanique 227 et 228 231 233
Cat. type «Zugmantel»
Macquenoise 220 221 222 à 224
Roche volcanique 225 230 232
Calcaire gréseux 234 235 et 236
Grandes meta
Macquenoise 244 245 à 253
Roche volcanique 254 et 255 256 à 259 260 261
Calcaire gréseux 262 à 267 268 à 271
Grandes meules autres
Grès autre 237 à 239 240 et 241 242 et 243
0%
20%
40%
60%
80%
100%
A
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S
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indét.
Calc. Ditrupa
roche volcanique
Calcaire gréseux
Fosses/Belleu
Macquenoise
0%
20%
40%
60%
80%
100%
A
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R
e
i
m
s
nombre d'individus
32 28
2 7 1 9 20 5 25 5 1 9
a. b.
Tableau 1. — Les types de meules par ville.
FIG. 17. — Proportion des matériaux parmi les meules manuelles cylindriques plates.
a. Les catillus ; b. Les meta.
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De la faible inclinaison de la face supérieure de cer-
taines meules, il est possible de déduire que la cuvette
ne fait pas office de trémie105. D’ailleurs, comme il l’a
été prouvé par expérimentation, le grain doit être dis-
tribué par poignées régulières dirigées vers le centre
par la pente, et non déposé en tas sur le catillus, afin
de ne pas bourrer le moulin106. La forme concave
pourrait donc correspondre à une habitude de taille
des fabricants, destinée à alléger la meule, et qui trou-
verait son origine dans la dépression centrale des
meules protohistoriques107.
Par ailleurs, la face supérieure des catillus en grès
et en calcaire est fréquemment raccordée au flanc
directement par un rebord convexe, mais il arrive
qu’elle soit délimitée en partie distale par un bandeau
plat ou convexe large de 2 à 3 cm; il est plat et large
de 3 à 6 cm sur les meules en roche volcanique. Dans
le cas des meules en grès de Fosses/Belleu évoquées
précédemment et dont la face supérieure est horizon-
tale, le bandeau est peu marqué, parfois par une
simple incision (41). L’aspect du rebord ne semble
pas avoir de fonction précise et exprimerait plutôt un
savoir-faire artisanal, une habitude de taille108.
La face supérieure des catillus en roche volcanique
est parfois marquée de fines rainures rassemblées en
quatre secteurs perpendiculaires (68, 70). On peut,
avec d’autres caractères détaillés par la suite, définir
un modèle récurrent de meule manuelle en roche vol-
canique déjà largement connu dans les établissements
militaires romains de Germanie109, et dans des pro-
portions moindre, en Bretagne110 et en Belgique111.
3.1.1.1.2. Le flanc
Le flanc, qui représente la partie la plus haute du
catillus, est tantôt vertical, tantôt légèrement convexe
ou évasé vers le bas. Sans indications chronologiques,
ces variations de l’inclinaison du flanc ne peuvent
faire l’objet que d’hypothèses. Mais si l’on se base sur
l’étude des meules de La Tène finale de la vallée de
l’Aisne, la forme des meules tend, au moins avant la
période romaine, à évoluer d’une section tronconique
vers une section plus cylindrique112. Il est possible
que cette évolution ne soit pas interrompue par la
conquête romaine de la Gaule, et que les catillus au
flanc incliné (8 à 11, 13, 19, 20, 29, 66) aient connu
une période d’utilisation antérieure à ceux au flanc
vertical.
Une particularité des catillus en roche volcanique,
dont le flanc est ici toujours vertical, est d’avoir par-
fois fait l’objet d’une finition assez poussée avec le
creusement, de la même manière que les sillons de la
face supérieure, de rainures verticales sur le flanc à
environ 1 cm d’intervalle (67, 68, 70, 73).
3.1.1.1.3. L’œil
Dans les trente-deux cas où il peut être restitué,
l’œil des catillus manuels est souvent de forme com-
plexe, avec un centre circulaire ou ovalaire, prolongé
de part et d’autre dans la longueur par deux mortaises
(fig. 18). Ces extensions, en forme de queue d’aronde
dans 65,6 % des cas, et de portion de cercle dans
15,6 % des cas, sont assimilées à des logements
d’anille recevant un élément dit anille « boîtard »,
solidaire ou non de l’axe de rotation, et ayant pour
seule fonction le centrage de la rotation113. Sur cinq
des sept exemplaires restant (4, 6, 39, 42 59), la jonc-
tion entre œil et logement d’anille n’est pas ou peu
105. — BOYER, BUCHSENSCHUTZ 2000, p. 175.
106. — BOYER, BUCHSENSCHUTZ 1998, p. 204.
107. — POMMEPUY 1999, p. 128; POMMEPUY 2003, p. 378.
108. — BOYER, JOUIN 2001, p. 33-34.
109. — JOHNSON 1987, p. 221; MATHIS, CLOSE 1987, p. 52; JODRY
2006, p. 24, fig. 3; JUNKELMANN 2006, p. 116-118.
110. — PEACOCK 1980, p. 49; BUCKLEY, MAJOR 1998, p. 242-245;
BUXTON, HOWARD-DAVIS 2000, p. 297-300; WRIGHT 2002, p. 269;
SHAFFREY 2003, p. 155.
111. — LANGEDOCK 1976, p. 247; PICAVET dans GUBELLINI-GILLES
2010.
112. — POMMEPUY 1999, p. 134; POMMEPUY 2003, p. 378.
113. — Sur les œils de catillus, voir ROBIN, BOYER 2011.
182 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
FIG. 18. — Un catillus manuel en arkose
d’Haybes/Macquenoise (17, provenance Bavay).
Cliché macro Picavet 2009.
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visible, parfois matérialisée par de très légers ressauts.
Dans le cas de ces œils114 ovales ou rectangulaires, il
faut imaginer une anille de bois fichée par forçage
mais n’occupant pas tout l’espace disponible, afin de
laisser libre le passage du grain. Deux catillus en
roche volcanique ont un logement d’anille différent
(70, 73): autour d’un œil circulaire, deux encoches
quadrangulaires diamétralement opposées devaient
recevoir une anille sous forme de lamelle de fer scel-
lée au plomb.
3.1.1.1.4. Le dispositif d’entraînement
Les trous d’emmanchement115
Parmi les soixante-dix-neuf catillus à entraînement
manuel pris en compte, vingt-sept ont conservé au
moins un trou d’emmanchement percé dans le flanc et
prolongé en oblique dans la cuvette (1, 4, 6, 8, 9, 12 à
17, 20, 22, 23, 25, 27, 30, 35, 42, 43, 44, 55, 57, 68,
70, 73, 84). Il est fréquent que la meule soit brisée
dans l’axe de la perforation qui l’a fragilisée, et dans
ce cas, celle-ci ne nous est parvenu qu’en partie, mais
reste identifiable. Il arrive aussi que la surface active
de la meule ait atteint, à force d’usure, la partie infé-
rieure du trou d’emmanchement. Alors, et c’est obser-
vable sur deux catillus de Bavay (22 et 68), un second
trou peut avoir été creusé en position diamétralement
opposée et à un niveau plus haut que le précédent pour
le remplacer.
Les caractéristiques morphologiques des trous
d’emmanchement sont quasi identiques pour les
meules en arkose d’Haybes/Macquenoise, en grès de
Fosses/Belleu, en roche volcanique et en calcaire gré-
seux. Le flanc de la meule est percé d’un trou à l’ou-
verture circulaire, parfois quadrangulaire aux angles
arrondis, d’un diamètre de 3 à 4 cm. La masse de la
meule est traversée à l’oblique, la perforation s’éva-
sant à mi-parcours pour aboutir dans la cuvette par
une ouverture large de forme triangulaire aux côtés
plus ou moins courbes, et dont la pointe est orientée
vers l’œil (fig. 18). La base du triangle jouxte le
rebord du réceptacle. Cette ouverture dans la cuvette
est parfois adoucie jusqu’à présenter une forme de
goutte; cette variante pourrait représenter, sinon un
trait chronologique, un indice de la finition des
meules hors des sites d’extraction. En observant l’in-
térieur des manchons, on remarque par ailleurs un res-
saut de quelques millimètres enserrant le conduit à
mi-chemin entre le flanc et la cuvette. Il pourrait
s’agir d’une trace laissée au moment de la taille de la
meule, et qui témoignerait d’une technique de perce-
ment du trou d’emmanchement. Deux phases succes-
sives seraient ainsi nécessaires; un creusement partant
du flanc, et un partant du réceptacle, les deux se rejoi-
gnant avec parfois un petit défaut de raccord.
Pour la mise en rotation, on peut imaginer, insérée
dans ces trous d’emmanchements, une pièce de bois
épousant la forme particulière de la perforation et ser-
vant directement de manche (fig. 19). Cet élément
pouvait être maintenu par un clou ou une goupille
métallique qui expliquerait les traces d’oxyde de fer
déposées dans la partie supérieure du trou d’emman-
chement de la meule 15 (Bavay). Si cette possibilité
reste envisageable, une perforation aussi complexe
n’est pas indispensable pour un manche simple qui
pourrait aussi bien s’insérer dans un trou d’emman-
chement aveugle vertical ou horizontal, à l’image de
ceux observés à la protohistoire et à l’époque romaine
dans d’autres régions116.
Le profil courbe de ces trous d’emmanchement
paraît plutôt adapté à un anneau117, une bague ou
des broches en fer (fig. 19), ou encore à un lien en
114. — Orthographe actée lors de la table-ronde du Groupe Meule à
Saint-Julien-sur-Garonne en 2009: CHAUSSAT 2011, p. 359.
115. — Sur les trous d’emmanchement, voir JODRY et alii 2011.
116. — LACROIX 1963, p. 302; BUCHSENSCHUTZ, BOYER 1999, p. 213;
POMMEPUY 2003, p. 383; LAGADEC 2007, p. 31-32; JODRY et alii 2011.
117. — JODRY 2006, p. 21.
LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 183
0 30 cm
FIG. 19. — Propositions de restitution des systèmes
d’emmanchement des moulins manuels cylindriques
plats simples.
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matériaux périssables (cuir, fibres végétales)118. Deux
catillus présentent des traces d’oxyde de fer dans la
partie supérieure du manchon (1 et 15), alors que les
autres en sont dépourvues. L’usage des deux sortes de
matériaux est donc concevable. Une bague ou un lien
ne serait cependant qu’un élément intermédiaire des-
tiné à fixer un manche vertical sur le flanc du catillus
de manière à donner à la meule une rotation complète,
ce que ne permet pas un anneau simple. Le débat entre
rotation complète et semi-rotation est d’ailleurs
ouvert suite à la découverte de moulins en position
primaire placés contre les murs d’une pièce119, et à
l’observation de la dissymétrie de certaines meules
due à l’usure120. Ce débat semble s’orienter vers la
rotation complète qui offre un plus grand confort de
mouture et de meilleurs rendements121. L’usage d’un
manche serait donc favorisé par rapport à celui d’un
anneau simple.
Les cerclages métalliques
Sept catillus (1, 18, 36, 38 à 41), soit 8,9 % du total
des catillus cylindriques plats simples, présentent des
traces d’oxyde de fer sur le flanc, sous forme de bande
horizontale large de 1 à 3 cm parcourant tout le tour
de la meule. Cette bande correspond à un cerclage
métallique qui entourait le catillus afin d’y fixer un
manche vertical sans nécessairement avoir recours au
percement de la masse de la meule, ce qui la fragi-
lise122. Des traces d’allure similaire, mais non consti-
tuées d’oxyde de fer sont visibles sur le flanc des
meules 48 et 59. L’une est en calcaire gréseux, l’autre
en grès de Fosses/Belleu. Ces traces, au coloris brun
noirâtre, pourraient correspondre à un cerclage de
matière organique qui aurait laissé sa coloration sur la
surface du flanc.
Des traces d’oxyde de fer et d’usure localisées,
voire des encoches verticales sont également visibles
à certains endroits du flanc et marquent peut-être
l’emplacement du manche qui venait se fixer sur le
cerclage (1, 38 à 41).
Le catillus 38 semble avoir été doté, non seulement
d’un cerclage de fer, mais aussi d’une armature plus
complexe qui pouvait enserrer la meule et recevoir un
système d’emmanchement. On observe en effet, en
plus de la bande d’oxyde de fer horizontale qui par-
court le pourtour du flanc, quelques traces d’oxyde de
fer à la périphérie de la face supérieure: trois doubles
traces sont situées à égale distance l’une de l’autre sur
le rebord de la meule. L’une de ces trois traces est
située sur une double encoche verticale qui marque la
partie supérieure du flanc; peut-être trois doubles
broches ont-elles accroché le rebord afin d’immobili-
ser le cerclage autour du catillus, et un manche y était-
il fixé à l’emplacement de l’encoche.
Par ailleurs, la meule 1 d’Amiens a conservé un
trou d’emmanchement encadré de deux encoches ver-
ticales, une bande d’oxyde de fer sur le flanc, ainsi
qu’un dépôt d’oxyde de fer à l’intérieur du trou d’em-
manchement. Ces indices permettent de proposer une
restitution du système d’entraînement qui a pu équi-
per le catillus (fig. 20). On peut restituer deux broches
jointes à une extrémité et introduites dans le trou
d’emmanchement par l’autre extrémité. Ces broches,
aboutissant dans la cuvette, seraient repliées vers l’ex-
térieur et le long du flanc dans les encoches verticales
qui encadrent la perforation. Un manche en bois vien-
drait se fixer à l’extrémité aboutissant sur le flanc et
l’ensemble serait renforcé, peut-être postérieurement,
par le cerclage de fer123.
118. — ROGINE 1876, p. 144.
119. — PY 1992, p. 225; LAGADEC 2007, p. 38.
120. — PY 1992, p. 225.
121. — PY 1992, p. 226, d’après DEMBINSKA 1985; BOYER,
BUCHSENSCHUTZ 1998, p. 204.
122. — JACCOTTEY 2009, p. 12; JACCOTTEY, BOYER et alii 2011.
123. — Reconstitution d’après la découverte d’un moulin manuel com-
plet à Newstead (Nottinghamshire): CURLE 1911, p. 145, pl. XVII, cité
par WRIGHT 2002, p. 269.
184 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
0 30 cm
FIG. 20. — Principe d’emmanchement des moulins manuels
cylindriques plats simples, d’après les traces d’oxydes
métalliques observées sur le catillus 1 (Amiens).
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D’autres exemples d’association du trou d’emman-
chement et du cerclage sont connus124 et ont pu inspi-
rer la reconstitution du système d’emmanchement de
la meule 1. Le catillus en granit mis au jour aux
Souhesmes-Rampont (Meuse) avec son cerclage et
son anneau d’entraînement125 montre le rôle du cer-
clage dans l’actionnement du catillus, par l’associa-
tion d’un anneau horizontal directement solidaire
d’un cerclage métallique. Mais il existe probablement
une multitude d’assemblages possibles, selon la pré-
sence ou l’absence de trou d’emmanchement et selon
sa forme.
Le choix du système d’entraînement
Six meules, sur neuf qui disposent de traces de cer-
clage, sont en grès de Fosses/Belleu; deux autres sont
en arkose d’Haybes/Macquenoise et une en calcaire
gréseux (fig. 21a). En revanche, sur les vingt-sept qui
sont percées d’au moins un trou d’emmanchement
latéral prolongé dans la cuvette, dix-huit sont en
arkose d’Haybes/Macquenoise, trois sont en grès de
Fosses/Belleu, trois en roche volcanique, deux en cal-
caire gréseux, et une en roche indéterminée (fig. 21b).
Ainsi, 66,6 % des meules actionnées grâce à un cer-
clage de fer sont en grès de Fosses/Belleu, et 66,6 %
des meules qui disposent d’un trou d’emmanchement
sont en arkose d’Haybes/ Macquenoise. Si aucune
exclusivité n’est mise en évidence, on remarque tout
de même une préférence, selon le matériau, pour un
système d’entraînement ou un autre. On constate
aussi une standardisation des trous d’emmanchement
qui pourrait être le signe de la transmission d’un
savoir-faire commun aux tailleurs et dont les aspects
seront abordés plus tard.
3.1.1.2. Les meta
L’arkose d’Haybes/Macquenoise est majoritaire-
ment représenté, avec 52,3 % des meta manuelles,
suivie du grès de Fosses/Belleu avec 26,2 %. Les trois
autres roches sont peu importantes; 9,2 % pour les
roches volcaniques, 6,2 % pour le calcaire gréseux, et
1,5 % pour le calcaire à ditrupa (fig. 17b).
Les meta manuelles ont des caractéristiques mor-
phologiques à peu près identiques quelle que soit la
roche qui les constitue (fig. 16). Leur face active est
peu inclinée, et le flanc est généralement évasé vers le
haut, parfois vertical. Peu de soin est apporté à la taille
de la face inférieure, souvent grossièrement piquetée,
mais sa surface doit être régulière pour assurer la sta-
bilité du moulin. Cette face peut être horizontale, ou
légèrement concave, ce qui allège la meule et facilite
sa stabilisation.
Tous matériaux confondus, et contrairement au
reste de la Gaule126, toutes les meta ont ici un œil qui
la perfore totalement. Cette caractéristique est souvent
interprétée comme un aménagement intervenant dans
le réglage de l’écartement des meules127. Or, les
catillus qui peuvent faire l’objet d’un tel réglage et qui
seront décrits par la suite sont a priori très peu nom-
breux. La perforation totale de la meta demande un
travail double de la part des tailleurs de meules. Le
léger bourrelet que l’on peut observer à mi-hauteur à
l’intérieur de l’œil coïncide en effet avec le point de
jonction entre le creusement de l’œil par-dessus d’une
part, et par-dessous d’autre part. Les raisons d’un tel
aménagement peuvent être multiples. On peut exclure
l’entraînement par le centre puisque le trou d’emman-
chement témoigne d’un actionnement périphérique;
la perforation totale pourrait alors correspondre à une
caractéristique technique spécifique au nord de la
Gaule où, plus qu’ailleurs, on aurait besoin de faire
traverser l’axe de rotation. On peut y voir l’habitude
de fixer l’axe dans le sol ou dans une structure sous-
jacente afin de stabiliser le moulin128 ; le catillus est
124. — JACCOTTEY 2009, p. 13-14.
125. — Fouille de N. Béague-Tahon, Inrap; LAGADEC 2007, p. 22;
JACCOTTEY 2009, p. 14.
126. — CHAUSSAT 2011.
127. — MORITZ 1958, p. 119-120; AMOURIC 1997, p. 40.
128. — MORITZ 1958, p. 120.
LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 185
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a. b.
FIG. 21. — Le système d’emmanchement des meules
manuelles cylindriques plates.
a. Traces de cerclage métallique ; b. Trou d’emmanchement.
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alors indépendant de l’axe autour duquel il tourne129.
Ou encore, aspect pratique, faciliter le transport des
meules, par le commerçant ou l’utilisateur, en offrant
un point d’attache central.
Par ailleurs, qu’il soit mobile ou non, l’axe est pro-
bablement gainé d’une pièce de bois qui assure l’étan-
chéité entre lui et l’œil de la meta.
3.1.1.3. Données communes aux catillus et aux meta
3.1.1.3.1. Le diamètre
Le diamètre des catillus cylindriques plats, lors-
qu’il est restituable avec précision, est compris entre
31,8 et 55 cm, avec une médiane de 42,5 cm, et des
mesures comprises à 80 % entre 38 et 48 cm; les
mesures extrêmes sont à 10 % supérieures et 10 %
inférieures à cette fourchette (fig. 22a).
Le diamètre des meta est compris entre 31,5 et
56 cm, avec une médiane de 43 cm, et des mesures
comprises à 80 % entre 37,5 et 50 cm (fig. 22a).
Ces fourchettes de 38 à 48 et de 37,5 à 50 cm,
fixées de manière arbitraire par un calcul statistique,
s’inscrivent bien dans l’ordre de grandeur des dia-
mètres des meules d’époque romaine donné par
l’étude du Groupe Meule sur leur évolution à La Tène
finale et à l’époque romaine130. Les meules les plus
petites y sont, de tendance générale, plus anciennes
que les plus grandes, mais l’usage de petites meules
perdure à l’époque romaine, ce qui permet de ne pas
exclure cette catégorie du lot. On peut ainsi dessiner
une tendance générale, mais non définir un système
précis de correspondance entre dimensions et chrono-
logie.
3.1.1.3.2. La face active
La face active du catillus doit se superposer à celle
de la meta pour opérer la mouture ou le broyage. Il
doit donc y avoir correspondance entre la pente de
l’un et celle de l’autre. Cependant, un espace, appelé
« lumière » doit être ménagé entre les deux meules
129. — POMMEPUY 2003, p. 381. 130. — JACCOTTEY, JODRY et alii 2011.
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Pente (en °) Pente (en °)
a.
b.
c.
FIG. 22. — Morphométrie des meules manuelles cylindriques plates simples.
a. Diamètres ; b. Inclinaison de la face active des catillus ; c. Inclinaison de la face active des meta.
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pour favoriser l’introduction du produit à broyer dans
le moulin et, dans le cas d’une mouture céréalière,
dérouler le son et écraser l’amande progressivement.
Cette lumière est caractérisée, de manière théorique
pour un moulin neuf, par un écart de 2° entre l’incli-
naison de la face active du catillus et celle de la
meta131. En réalité, cette inclinaison varie au fur et à
mesure de l’usure des meules et la lumière tend à se
réduire puis à disparaître. Le ravivage des surfaces
actives intervient alors pour retrouver, d’une part les
qualités d’abrasion qui diminuent avec l’usure132,
d’autre part l’inclinaison nécessaire à une mouture
efficace. Selon la roche employée, le ravivage est
traité de manière différente. Il peut prendre la forme
d’un simple piquetage à coups perdus, ou d’un
habillage raisonné (rayonnage droit ou courbe, orga-
nisé en secteurs ou rayonnant, simples cupules « en
nid d’abeille », mixte associant rayonnage et cupules).
Il conviendra plus tard de s’interroger avec plus de
précision sur sa forme et sa fonction.
La face active des catillus manuels est inclinée de
l’ordre de 0 à 18°, celle des meta entre 0 et 14° mais
avec des fourchettes différentes selon les roches
(fig. 22 b et c). La qualité des données se rapportant
aux meules en calcaire gréseux et en roche indétermi-
née ne permet cependant pas d’obtenir de résultats
satisfaisants. Leur surface est souvent fortement
concave, rendant difficile la mesure de l’inclinaison,
et leur faible nombre rend inappropriés les calculs sta-
tistiques.
Si les fourchettes sont larges à cause d’individus
peu représentatifs qui se distinguent du lot, leur ratio-
nalisation statistique montre la tendance générale
pour chaque roche. Les meules en arkose
d’Haybes/Macquenoise et en grès de Fosses/Belleu
ont une face active très peu inclinée, peut-être héri-
tière des surfaces plates des meules protohistoriques
locales133, alors que celles en roche volcanique ont
une pente plus accusée. En outre, l’écart entre la pente
du catillus et celle de la meta se vérifie; celui des
meules en arkose d’Haybes/Macquenoise s’élève à 2°,
et celui des meules en roche volcanique atteint 1°. En
revanche, cet écart est infime pour les meules en grès
de Fosses/Belleu. Il s’agit évidemment d’approxima-
tions données par des calculs de médianes et non, en
l’absence de couples fonctionnels, de mesures pré-
cises et incontestables.
3.1.2. Les moulins manuels cylindriques plats à
réglage de l’écartement (fig. 16, 2)
Il existe une catégorie de moulins manuels qui, bien
que présentant les mêmes caractéristiques morpholo-
giques et techniques que les moulins précédents, dis-
posent d’aménagements particuliers qui méritent
d’être développés.
Le trou d’emmanchement latéral prolongé dans la
cuvette, les traces de cerclage, ou les encoches sur le
flanc en font, à l’image des meules précédentes, des
meules à entraînement périphérique manuel. Mais
leur diamètre, jusqu’à 54 cm, les place dans le haut du
classement des meules à main, juste avant les grandes
meules à entraînement mécanique.
La distinction avec les autres meules manuelles est
faite grâce au logement d’anille qui équipe ces meules
de dimensions moyennes. Il prend la forme d’en-
coches rectangulaires ou en double queue d’aronde
par-dessous sur les catillus en arkose d’Haybes/
Macquenoise, en roche volcanique et en calcaire gré-
seux, et d’une perforation verticale sur celui en grès
de Fosses/Belleu. Dans le premier type de logement
vient s’insérer une anille par-dessous solidaire de
l’axe de rotation; dans le second est scellé sur la face
supérieure, dans la perforation conservée et dans celle
qui devait se trouver en position diamétralement
opposée, une anille-crampon reliée elle aussi à l’axe
de rotation. Ce système permet, non pas l’entraîne-
ment du moulin par le centre, puisque les trous d’em-
manchement indiquent un entraînement latéral, mais
le centrage de la rotation et la suspension du catillus
sur la meta pour le réglage de l’écartement entre les
deux meules134. Cela implique alors pour le moulin
d’être disposé sur une structure en bois qui le place à
hauteur de la taille du meunier. L’axe de rotation tra-
verse le catillus, la meta dont l’œil est totalement per-
foré, et la structure elle-même, et repose sur un levier
qu’il est possible de lever ou baisser à volonté. Par
cette manipulation, le catillus est soulevé ou abattu
afin d’obtenir l’écartement désiré (fig. 23)135.
Les meules de ce type mesurant parfois plus de
50 cm de diamètre, il est possible qu’on ait eu recours,
pour rendre le mouvement rotatif plus aisé, à une
potence associée à ce dispositif, et à laquelle était
reliée une perche qui prenait place dans le système
d’emmanchement du catillus (fig. 23). Le rayon de la
131. — BOYER, BUCHSENSCHUTZ 1998, p. 203; BOYER, JOUIN 2001,
p. 37.
132. — AMOURIC 1997, p. 42.
133. — POMMEPUY 1999, p. 127.
134. — MORITZ 1958, p. 119; AMOURIC 1997, p. 43-44.
135. — MORITZ 1958, p. 118-119; AMOURIC 1997, p. 41; BOYER,
PICAVET 2010, p. 24-25.
LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 187
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rotation effectuée par le bras est ainsi réduit, le travail
de mouture rendu plus commode, et les rendements
sont accrus136. Toutefois, encore observé dans cer-
taines parties de l’Europe au XXe s.137, ce système est
appliqué ici à la période romaine sans autre indice que
ceux apportés par l’observation des meules. Il
convient donc de rester prudent face à cette interpréta-
tion. Mais les indices techniques, logement d’anille de
soutien, trou d’emmanchement et meta à œil perfo-
rant, semblent concourir à l’élaboration d’une telle
idée.
3.1.3. Les moulins manuels hémisphériques et tron-
coniques
3.1.3.1. Les meules manuelles en poudingue
Les meules en poudingue sont présentes dans les
trois chefs-lieux situés les plus à l’ouest, Boulogne,
Amiens et Beauvais. Elles sont de forme hémisphé-
rique à tronconique, ce qui leur donne un aspect
presque totalement sphérique quand le catillus et la
meta sont assemblés. Elles sont caractérisées, d’une
part par leur matériau particulier qui semble n’avoir
fourni que de petites meules manuelles, d’autre part
par leur forme et leurs petites dimensions.
L’exemplaire mis au jour à Beauvais (205) est le seul
à apparaître sous la forme d’un cylindre plat.
3.1.3.1.1. Les catillus
Le dispositif d’entraînement
Les catillus peuvent être rangés dans trois groupes,
distingués par leur dispositif d’entraînement et sou-
vent par leur profil. Le premier est caractérisé par la
présence d’un trou d’emmanchement latéral prolongé
dans l’œil et par une forme souvent tronconique plus
ou moins bombée; le deuxième par la présence d’un
trou d’emmanchement aveugle, et le troisième groupe
par la présence sur le flanc de simples encoches hori-
zontales et par une forme souvent plus basse en por-
tion de sphère. Un quatrième groupe est esquissé par
le seul représentant 205 qui, dépourvu de trou d’em-
manchement, recevait peut-être un dispositif d’entraî-
nement comparable à celui des catillus du troisième
groupe.
Quinze catillus, soit 65,2 % des catillus en pou-
dingue, ont le flanc percé.
Groupe a (fig. 16, 3a): le trou d’emmanchement
présente toujours une ouverture quadrangulaire sur le
flanc, large de 5 à 8 cm, et haute de 4,5 à 10 cm. Le
conduit se resserre en se prolongeant vers l’intérieur
de la meule, puis aboutit dans l’œil par un orifice cir-
culaire de 2 à 4 cm de diamètre. Y était probablement
inséré un élément de préhension en bois ou en métal,
peut-être solidaire de l’axe de rotation qui traversait le
catillus et la meta sous-jacente (fig. 24, 3a). Dans
deux cas (185 et 190), ce trou d’emmanchement est
accompagné d’une gorge continue qui parcourt tout le
pourtour de la partie inférieure du flanc.
Groupe b (fig. 16, 3b): le trou d’emmanchement
présente une section conique et est ouvert sur le flanc
par un goulet de 3 à 4,5 cm de diamètre. Il est orienté
vers le bas et profond de 6 à 6,5 cm sur les meules 189
et 197, et horizontal et profond de 3,5 cm sur la meule
204. Il recevait vraisemblablement un manche en bois
indépendant de l’axe de rotation (fig. 24, 3b).
Groupe c (fig. 16, 3c): sept catillus présentent, en
partie inférieure ou médiane du flanc, une série d’en-
coches horizontales peu profondes (183, 184, 189,
191, 195, 196, 201). Sur la meule 189, elles accompa-
gnent un trou d’emmanchement atteint par l’usure de
la face active, et paraissent le remplacer; mais sur la
meule 195, elles accompagnent une perforation
intacte. Si les deux types d’aménagement latéraux
sont contemporains, les encoches interviennent peut-
être alors pour renforcer le système d’emmanche-
ment. Par ailleurs, quand le catillus est dépourvu de
trou d’emmanchement, il présente une forme plus
136. — VIGNET-ZUNZ 2002, p. 251; REIGNIEZ 2003, p. 76. 137. — JODRY 2006.
188 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
0 30 cm
FIG. 23. — Le moulin à perche et réglage de l’écartement.
Picavet 22/05/12 11:02 Page 188
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basse que les catillus des deux premiers groupes. Le
creusement d’encoches serait donc bien un aménage-
ment secondaire sur les meules perforées, mais un dis-
positif d’entraînement principal sur les meules non
percées, les deux types provenant peut-être d’ateliers
différents.
On remarque, dans la gorge et les encoches de sept
de ces catillus, des traces d’oxyde de fer qui témoi-
gnent de l’adaptation de pièces de fer dans ces creuse-
ments. Il peut s’agir, pour les gorges continues, d’un
mode d’enserrement de la meule dans un cerclage, et
pour les encoches, d’un système avec points d’an-
crage qu’il est difficile de reconstituer avec les infor-
mations disponibles. On peut imaginer un lien végétal
équipé d’éléments en fer qui viennent se bloquer dans
les encoches pour assurer le maintien du dispositif
(fig. 24, 3c)
L’œil
La forme de l’œil de ces catillus varie d’un individu
à l’autre et ne semble pas avoir de lien avec le type
d’emmanchement. Il s’agit toujours de dépressions
centrales étroites et profondes qui prennent la forme
de cylindres ou de cônes simples (183, 184, 191, 193,
194, 196, 197, 199, 202), mais parfois se resserrent en
partie inférieure, adoptant une forme de « verre à
pied » (185 à 190, 192, 195, 198, 200, 201, 203). On
peut ainsi rapprocher ces meules des catillus de type 3
décrits par Cl. Pommepuy pour La Tène finale138.
3.1.3.1.2. Les meta
Les meta, encore observées exclusivement à
Amiens, ont une forme générale en calotte sphérique
inversée. Leur face inférieure est en effet convexe, ce
qui présente l’inconvénient d’être instable sur une sur-
face plane. On peut alors supposer que le moulin était
encastré à même le sol, dans la terre battue139, et peut-
être disposé sur une natte afin de recueillir le produit
moulu.
L’œil, perforant toujours la meule verticalement,
est conique sur les meules 177, 179 et 180, et « en
verre à pied » inversé sur les trois autres individus
(178, 181 et 182). Il est facile d’imaginer la pièce de
bois qui venait probablement s’y loger par-dessous et
qui recevait l’axe de rotation du moulin, empêchant le
grain de s’introduire dans l’œil avant mouture.
3.1.3.1.3. Données communes aux catillus et aux
meta
La face active
La face active des petites meules en poudingue est
très peu inclinée, entre 0 et 8° pour les catillus, avec
une médiane de 3°, et entre 0 et 5° pour les meta, avec
une médiane de 2°. Même si ces médianes ne consti-
tuent pas des mesures exactes prises sur des couples
fonctionnels, elles montrent une tendance qui
témoigne ici encore de l’existence d’une lumière entre
la meule tournante et la meule dormante.
Le diamètre
Le diamètre des meules en poudingue est compris
entre 25 et 39,5 cm, avec une médiane de 32 cm, qui
se réduit à 31,5 cm pour les catillus et atteint 32,5 cm
pour les meta. Cette différence est néanmoins peu
significative puisque les meta sont presque quatre fois
moins nombreuses que les catillus. On peut toutefois
remarquer que les catillus d’Amiens sont générale-
ment plus grands que ceux de Boulogne. En effet, hor-
mis le catillus 198 qui mesure 33,5 cm, toutes les
meules de Boulogne ont un diamètre compris entre 25
et 30 cm, alors que les catillus d’Amiens ont un dia-
mètre compris entre 30 et 39,5 cm.
Représentation des meules en poudingue
Peut-on déduire de ces résultats que le circuit d’ap-
provisionnement n’est pas le même pour les deux
villes? Ou qu’il diffère selon le type de meule? Ou
138. — POMMEPUY 1999, p. 128. 139. — HESLOP 2008, p. 39.
LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 189
0 30 cm
3a. 3b.
3C.
FIG. 24. — Propositions de restitution des systèmes
d’emmanchement des moulins manuels en poudingue.
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s’agit-il de variations d’ordre chronologique? Des
meules de même type taillées dans la même roche
sont connues en Normandie140, mais d’autres aux
caractéristiques différentes, proches de celle de
Beauvais (205), y sont aussi observées141. Il existe
divers sites d’extraction de poudingue qui ont fourni
des meules manuelles. On peut donc imaginer une
spécialisation des ateliers de taille dans la réalisation
d’un type de meule, avec ensuite un circuit de diffu-
sion très étendu, entre le Cotentin et Boulogne-sur-
Mer, pour les catillus à trou d’emmanchement, et une
répartition plus restreinte et limitée à l’ouest pour les
meules plus plates; et les catillus à gorge et à
encoches paraissent absents des collections nor-
mandes.
Il semble communément admis que ces meules en
poudingue ont été en usage sans discontinuité à La
Tène finale et à l’époque romaine. Pour la fin de l’Âge
du Fer, trois catillus sont mentionnés par Cl.
Pommepuy142, et un exemplaire remonterait même à
La Tène moyenne sur le site de Mérignies (Nord)143.
Dans les villes d’Amiens et de Boulogne-sur-Mer, ils
sont supposés d’époque romaine d’après des décou-
vertes « très fréquentes et réparties dans toute la
ville »144. Mais cette datation reste à confirmer.
3.1.3.2. Les meules manuelles protohistoriques
(fig. 16, 4, tab. 1)
Une série de meules se distingue des moulins à
main d’époque romaine décrits jusqu’ici. Elles entrent
dans la classification des meules manuelles de La
Tène finale issues de la vallée de l’Aisne construite
par Cl. Pommepuy145. Ces meules se distinguent par
leur matériau, leur forme et leurs caractéristiques
techniques. Leur diamètre, compris entre 31,5 et
41,5 cm avec une médiane de 35,5 cm, correspond à
celui de meules rotatives protohistoriques146. Trois
groupes sont définis, connaissant une évolution chro-
nologique inverse, le type 1 étant le plus récent et le
type 3 le plus ancien147.
3.1.3.2.1. Les meules de type 1148
Le catillus se présente sous la forme d’un cylindre
dont la face supérieure, horizontale en parties distale
et mésiale, est creusée d’une dépression peu profonde
en partie proximale (fig. 16, 4a). Cette dépression des-
cend doucement vers l’œil qui est équipé d’un loge-
ment d’anille « boîtard » rectangulaire. Le flanc est
percé d’un trou d’emmanchement horizontal aveugle
dont la profondeur atteint à peine la moitié du rayon
de la meule. Sur le couple de Reims (74 et 172), la
meta est aussi cylindrique, avec un œil perforant, et sa
face active inclinée de 4° s’adapte à celle du catillus,
aussi inclinée de 4°.
Ce type de meule en calcaire à cérithes serait pré-
dominant dans la vallée de l’Aisne à La Tène D1 et à
La Tène D2.
3.1.3.2.2. Les meules de type 2149
La section du catillus est tronconique et sa face
supérieure est creusée en cuvette aboutissant à la per-
foration centrale cylindrique (fig. 16, 4b). Le trou
d’emmanchement percé dans le flanc est prolongé
jusqu’à aboutir au centre de la meule, à la jonction
entre la cuvette et l’œil. Toutefois, ce type d’aménage-
ment périphérique n’est pas caractéristique de ce
groupe de meules. Cl. Pommepuy décrit habituelle-
ment des trous aveugles, ne dépassant pas en profon-
deur la moitié du rayon de la meule150.
La meta, de forme cylindrique plate, est perforée de
part en part verticalement par l’œil. Sur le couple
conservé à Soissons (76 et 174), taillé en « pierre à
liards » la face active du catillus est inclinée de 5°,
celle de la meta de 3°, ménageant une lumière pour
l’introduction et le déroulement progressif du grain.
3.1.3.2.3. Les meules de type 3151
Comme pour les meules en poudingue, la face
supérieure est tronconique bombée, presque hémi-
sphérique, et creusée d’une dépression centrale pro-
fonde resserrée en partie inférieure (fig. 16, 4c). Ces
dépressions centrales tendraient à s’élargir entre La
Tène C2 et La Tène D1152, et seraient à l’origine des
cuvettes peu inclinées des meules romaines. Le trou
d’emmanchement latéral est quasi identique à celui
des meules en poudingue et traverse l’épaisseur de la
meule jusqu’à l’œil.
La meta est cylindrique et plate, avec des flancs
verticaux et un œil perforant. La face active est ici
inclinée de 0 à 3°.
140. — RÉMY-WATTÉ 1983; CHAUSSAT 2009, p. 82-84.
141. — CHAUSSAT 2009, p. 82-83.
142. — POMMEPUY 1999, p. 128, 131.
143. — PICAVET 2010f.
144. — BAYARD, MASSY, 1983, p. 163.
145. — POMMEPUY 1999, p. 128.
146. — POMMEPUY 2003, p. 378-379.
147. — POMMEPUY 2003, p. 380.
148. — POMMEPUY 1999, p. 127-129; POMMEPUY 2003, p. 376-378.
149. — POMMEPUY 1999, p. 128-131; POMMEPUY 2003, p. 378.
150. — POMMEPUY 1999, p. 129-131.
151. — POMMEPUY 1999, p. 128, 131; POMMEPUY 2003, p. 378.
152. — POMMEPUY 2003, p. 378.
190 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
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Le catillus 91 de Bavay, en grès fin gris sombre,
présente la particularité d’avoir la surface active
habillée d’un rayonnage droit composé en quatre sec-
teurs perpendiculaires, et dont les sillons sont espacés
de 13 mm. Il ne peut être attribué à La Tène finale que
par ses dimensions et sa forme tronconique accusée,
mais si cette datation se confirmait, il s’agirait d’un
très rare, voire du seul exemple de rayonnage précoce
de la face active dans la région.
3.2. Les moulins de grandes dimensions
3.2.1. Les meules à traction animale périphérique
3.2.1.1. Les meules de type « Pompéi »
Le grand nombre de meules de ce type retrouvé sur
les sites de Pompéi et d’Ostie a provoqué la réalisa-
tion de nombreux travaux sur ces moulins définis
comme typiquement romains. Appelés mola asinaria
par Caton (Cat., De agr., 10, 4), ils étaient actionnés
par la traction périphérique d’un animal de trait attelé
à une armature en bois qui prend place dans les
oreilles du catillus. Cette armature sert, d’une part à
l’entraînement du moulin, d’autre part au centrage et à
la suspension du catillus sur la meta153 (fig. 25).
Quelques exemplaires étaient signalés dans la littéra-
ture ancienne à Amiens154, à Soissons155 et à
Reims156, mais ils n’avaient fait l’objet d’aucune
étude exhaustive avant le recensement par le Groupe
Meule de tous les moulins de type « Pompéi » connus
en France157. Ils sont sept à Amiens, six à Reims et un
seul à Soissons.
3.2.1.1.1. Les catillus
Il s’agit de meules hautes en forme de sablier,
dotées de part et d’autre d’aménagements latéraux
saillants, les oreilles. Une encoche est creusée dans
chacun d’eux, ainsi que deux perforations annexes,
pour recevoir et maintenir l’armature assemblée pour
l’entraînement du moulin, et parfois représentée sur
des reliefs158. Les faces actives sont fortement incli-
nées, de l’ordre de 50 à 60°, ce qui empêche la meule
d’être déportée par la traction périphérique de l’ani-
mal (fig. 26, 1, tab. 1). Il semblerait que les catillus de
ce type aient pu être retournés pour prolonger leur
durée de vie159 ; ils présentent en effet un profil symé-
trique, ainsi que des traces d’usure sur la surface des
deux cuvettes.
Ce schéma général est récurrent, mais les dimen-
sions varient d’une meule à l’autre, avec des catillus
larges et bas, d’autres plus hauts. Le plus massif
atteint 120 cm de hauteur pour 92 cm de diamètre
(219); le plus trapu, 44,5 cm de hauteur pour 57 cm
de diamètre (215) (fig. 27).
3.2.1.1.2. Les meta
Trois meta sont connues, l’une à Amiens (212), les
deux autres à Reims (217 et 218). Le diamètre des
individus 212 et 218 est estimé à 60 cm, celui de la
meule 217 atteint 70 cm. Leur face active est forte-
ment inclinée, autour de 60°.
Dans les villes romaines d’Italie, les meta de
type « Pompéi » sont soit pleines, soit évidées.
L’exemplaire 217, en roche volcanique, est évidé et ne
dispose pas de base; celui d’Amiens, en grès de
Fosses/Belleu, est plein et dispose d’une base au flanc
vertical bombé haute de 36 cm; le 218, en roche indé-
terminée, dispose d’une base au flanc vertical haute
de 75 cm environ. Peut-être les roches volcaniques
sont-elles plus faciles à tailler que les grès, et l’évide-
ment ne présente donc pas de risque de rupture majeur
153. — LINDET 1900, p. 23; MORITZ 1958, p. 99.
154. — Manuscrits PINSARD ; LINDET 1900; VASSELLE, WILL 1956.
155. — MICHAUX 1886; BÉAL 1996.
156. — LORIQUET 1862; BÉAL 1996.
157. — GROUPE MEULE (coll.) 2010, p. 91; JACCOTTEY, LONGEPIERRE et
alii 2011.
158. — La stèle funéraire du boulanger Marcus Careicus Asisa (musée
de Narbonne; ESPÉRANDIEU 1925, p. 191, relief n° 6903), et un sarco-
phage trouvé à Rome (Musée Chiaramonti, inv. 1370) représentent des
moulins de type « Pompéi » auxquels sont attelés des ânes, mulets ou
chevaux, avec l’armature et le système de harnachement qui permettent
de faire tourner le catillus.
159. — MONTEIX 2009, p. 6.
LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 191
0 50 cm
10
FIG. 25. — Le moulin de type « Pompéi ».
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192 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
1.
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Mesure minimale
Médiane
Mesure maximale
Diamètre (cm)
FIG. 26. — Schémas typologiques des moulins de grandes dimensions. Éch. 1/10.
1. Moulin de type « Pompéi » ; 2. Moulin conique à traction animale latérale ; 3. Moulin de type « Avenches » ; 4. Moulin de type «Zugmantel » : 4a :
en arkose d’Haybes/Macquenoise ; 4b : en calcaire gréseux à nummulites.
FIG. 27. — Diamètre des grandes meules.
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pour la meule. Mais il est possible aussi que les
meules en roches volcaniques, plus que les autres
roches, soient susceptibles d’être transportées sur de
longues distances160, ce qui pousse les tailleurs de
meules à les rendre aussi légères que possible. S’il
s’agit d’une habitude des meuliers de l’Eifel, du
Massif central, ou même d’Orvieto en Italie, elle n’est
pas pratiquée par ceux des carrières de grès de
Fosses/Belleu.
3.2.1.1.3. Les roches
Les roches représentées parmi les meules de type
« Pompéi » sont, d’une part les roches volcaniques,
d’autre part les grès. Six individus sont taillés dans le
premier matériau (211, 214 à 217, 219), six sont en
grès de Fosses/Belleu (206 à 209, 212, 213), et un
catillus d’Amiens (210) est taillé dans un grès à gros
cristaux de feldspath roses d’origine inconnue. Les
meules de type « Pompéi » sont pour beaucoup le
symbole de l’artisanat alimentaire romain. La pré-
sence à Amiens et à Reims de meules de ce type en
grès de Fosses/Belleu paraît donc être l’indice de
l’adaptation, avec des solutions locales, d’outils typi-
quement romains à la production alimentaire urbaine
du nord de la Gaule. De même, des carrières d’extrac-
tion de ces grands moulins sont connues dans le mas-
sif de l’Eifel161 et correspondent au gisement d’ori-
gine de ceux mis au jour à Amiens, Soissons et
Reims162.
3.2.1.2. Un catillus conique à traction latérale?
Un seul individu conservé à Amiens (226), d’un
diamètre de 70 cm, justifie la création de ce groupe, et
il doit être mentionné pour l’intérêt qu’il présente
(fig. 26, 2). Sa forme conique mais assez plate et ses
deux faces parallèles le rapprocheraient des meules à
entraînement mécanique, mais il n’est équipé d’aucun
des aménagements qui indiqueraient un entraînement
par le centre. En effet, son œil est allongé de part et
d’autre dans la longueur par deux mortaises en queue
d’aronde traversantes qui peuvent accueillir une anille
de centrage, mais pas de dispositif de support de la
meule. En outre, un trou de 6 cm de diamètre et pro-
fond de 3,7 cm est creusé en partie distale de la face
supérieure. Cet aménagement présente des traces
d’oxyde de fer et pourrait avoir accueilli l’anneau de
fixation d’un dispositif d’entraînement périphérique.
Seulement, ce type de meule à la surface active peu
inclinée se prête mal, en théorie, à ce mode de mise en
rotation. La force exercée est centrifuge et désaxe le
catillus par rapport à la meta. Ce problème semble
résolu par le logement destiné à recevoir une forte
anille de centrage dans l’œil de la meule. Les deux
éléments du moulin sont ainsi solidarisés.
3.2.2. Les meules à entraînement mécanique par le
centre
3.2.2.1. Les catillus de type « Avenches »163
3.2.2.1.1. Dimensions
Ce type de catillus est exclusivement fabriqué en
roche volcanique. Leur diamètre s’élève à 57, 66, 71,5
et 86 cm, et ils présentent des pentes et un aménage-
ment destiné à l’entraînement qui les différencient du
type suivant (fig. 26, 3).
Leur forme générale est conique, avec une face
supérieure « en couvercle », et une face inférieure
concave. Le faible nombre de meules de ce type ne
permet pas d’établir la médiane statistique de l’incli-
naison des faces. La pente des faces supérieures est
comprise entre 17 et 21° vers l’extérieur. Le flanc est
vertical à légèrement rentrant, et la face active incli-
née de 17 à 20° (fig. 28).
3.2.2.1.2. Dispositif d’entraînement
Si trois des quatre catillus pris en compte sont frag-
mentaires, on peut reconstituer leur modèle par symé-
trie des parties conservées. Leur face supérieure pré-
sente ainsi deux ou quatre perforations disposées
chacune ou par paires de part et d’autre de l’œil et
assorties, sur les meules de Beauvais et de Reims, de
160. — PEACOCK 1980, p. 44.
161. — MANGARTZ 2008, p. 81, 83-84.
162. — GLUHAK et alii 2012 (à paraître).
163. — BUCHSENSCHUTZ et alii 2012 (à paraître).
LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 193
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Pente (en °)
Mesure minimale
Médiane
Mesure maximale
FIG. 28. — Inclinaison de la face active des meules à
entraînement par le centre.
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deux paires de saignées parallèles. Les perforations
sont assimilées à des logements d’anille-crampon qui,
solidarisant le catillus avec l’axe de rotation, le sus-
pendent au-dessus de la meta et lui transmettent le
mouvement rotatif164. La fixation de l’anille-crampon
pouvait être assurée par des scellements de plomb
coulés dans les perforations (233), ou par des che-
villes de bois dur165, et renforcée par les deux paires
de saignées dans le cas des meules 231 et 233.
La face inférieure du catillus 227 présente deux
encoches disposées de part et d’autre de l’œil sur la
face active et qui constituent un logement d’anille
« par-dessous » par lequel est transmis le mouvement
rotatif par le centre. Seulement, les deux types d’amé-
nagement n’ont probablement pas servi en même
temps sur la même meule. Les encoches « par-des-
sous » ont pu être creusées quand les perforations
existantes ont été atteintes par l’usure de la face active
et que la meule est devenue trop fine pour être perfo-
rée de nouveau.
3.2.2.2. Les catillus de type « Zugmantel »
3.2.2.2.1. Dimensions
Il s’agit de meules de forme générale cylindrique,
légèrement conique, de 52 à 81 cm de diamètre pour
une médiane de 66,5 cm (fig. 27). Leur forme et leur
diamètre diffèrent selon le matériau, mais ces varia-
tions correspondent à la façon qu’a chaque atelier de
fabriquer un même type de meule.
Les faces de ces meules présentent une inclinaison
plus faible que celle des meules de type « Avenches ».
Tous matériaux pris en compte, la pente de la face
supérieure est en effet comprise entre 0 et 14°, et celle
de la face active entre 5 et 15° (fig. 28).
Plus précisément, les catillus en arkose
d’Haybes/Macquenoise ont la face active inclinée de
5 à 9°; ceux en calcaire gréseux de 9 à 13°, jusqu’à
15° à Reims; ceux en roche volcanique de 7 à 13°.
3.2.2.2.2. Dispositif d’entraînement
L’œil de ces meules, lorsqu’il est conservé, est
cylindrique et flanqué de deux mortaises rectangu-
laires ou en queue d’aronde sur la face inférieure,
assimilées à un logement d’anille « par-dessous »
(fig. 29). Celui de la meule 220 a fait l’objet d’une
seconde taille lorsque les premières encoches ont été
trop fortement atteintes par l’usure de la surface
active.
Dans ce logement s’insère l’anille qui, d’une part,
soutient le catillus pour régler l’écartement entre les
deux meules, et d’autre part lui transmet la force
motrice, hydraulique ou animale166.
Par ailleurs, la face supérieure du catillus 232 de
Boulogne est équipée d’un anneau de fer scellé par du
plomb dans un trou creusé à 12 cm du flanc; un
second était probablement fiché en position diamétra-
lement opposée. Ces anneaux n’interviennent pas
dans l’entraînement du moulin, mais servent au levage
de la meule167, notamment pour faciliter son entretien.
3.2.2.2.3. Traitement de la face active
La face active de ces meules, excepté le catillus 230
de Beauvais, est habillée d’un rayonnage complexe
d’aspect très soigné, organisé en huit secteurs adja-
cents disposés dans le sens antihoraire (sens de
décroissance des rayons) (fig. 29). Celui des meules
en arkose d’Haybes/Macquenoise et de l’exemplaire
en roche volcanique de Boulogne présente des rayons
droits à courbes espacés de 11 à 18 mm pour les pre-
mières, 7 mm pour la seconde. Le rayonnage des
164. — AMOURIC 1997, p. 40.
165. — CASTELLA 1994, p. 47.
166. — PICAVET 2012 (à paraître).
167. — MORITZ 1958, p. 124.
194 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
FIG. 29. — Rayonnage et logement d’anille en double queue
d’aronde sur la face active d’un catillus « Zugmantel »
(221, provenance Arras). Cliché Picavet 2010.
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meules en calcaire gréseux présente un schéma simple
droit à courbe avec des sillons largement espacés de
24 à 48 mm. Les aspects fonctionnels de cet habillage
seront abordés plus tard.
3.2.2.3. Les meta
3.2.2.3.1. Diamètre
Le diamètre des meules en arkose d’Haybes/
Macquenoise est compris entre 54,5 et 71 cm, celui
des meules en calcaire gréseux entre 52 et 67 cm, et
celui des meta en roche volcanique entre 59 et 80 cm;
la médiane des diamètres de ces meta de grandes
dimensions est de 64 cm (fig. 27). Toutefois, les
mesures les plus basses ne permettent pas réellement
de discerner les meules à entraînement mécanique des
meules à bras.
3.2.2.3.2. L’œil
Toutes les meta ont un œil cylindrique ou pseudo-
cylindrique de 10 à 13,5 cm de diamètre pour celles
en arkose d’Haybes/Macquenoise, de 4 à 12 cm pour
celles en calcaire gréseux à rares nummulites, et de 4
à 10 cm pour celles en roche volcanique. Cet œil per-
fore la meule verticalement pour laisser passer l’axe
de rotation. On y insérait probablement une pièce de
bois que traversait l’axe, et qui assurait l’étanchéité du
dispositif afin de ne pas perdre le grain lors de son
introduction dans le moulin. Des restes de clous en fer
ont en effet été remarqués sur les parois internes de
l’œil de la meta 264 (fig. 44), et devaient servir à blo-
quer la pièce de bois.
3.2.2.3.3. Pentes
La pente de la face active des meta en arkose
d’Haybes/Macquenoise168 est comprise entre 5 et 14°
(entre 5 et 9° pour les catillus), et leur flanc est verti-
cal. La majorité des meta en calcaire gréseux a une
face active inclinée de 9 à 14° (9 à 15° pour les
catillus), mais celle des individus 266 et 267 est
réduite respectivement à 5 et 2°. La face active des
meta en roche volcanique est inclinée de 5 à 13° (7 à
13° pour les catillus de type « Zugmantel », 17 à 20°
pour le type « Avenches »).
3.2.2.3.4. Assemblages
Les meta sont, par matériau, associées aux catillus.
Cependant, pour les meules en roche volcanique, et
hormis la meta 258 (Beauvais) qui semble constituer
un couple fonctionnel avec le catillus 230, le mauvais
état de conservation et la forte usure des meules rend
difficile la différenciation de la meta de type
« Avenches » de celle de type « Zugmantel ». La pente
de la surface active pourrait constituer un indice de
distinction, mais le faible nombre d’individus pris en
compte ne permet pas de constituer de série fiable.
Au contraire, les grandes meules en arkose
d’Haybes/Macquenoise appartiennent à un seul
type169, illustré par la découverte d’un couple fonc-
tionnel de 68 cm de diamètre sur l’établissement rural
gallo-romain de Harnes « la Motte du Bois » (Pas-de-
Calais)170. Les seize fragments de ces deux meules ont
été mis au rebut au IIe s. de notre ère dans des struc-
tures dont l’activité est datée de la fin du Ier s. Ces
grandes meules en arkose d’Haybes/Macquenoise
semblent avoir été en usage tout au long de la période
romaine, puisque celle découverte à Arras (221), sur le
site de la rue Baudimont, est datée du début du Ve s.171.
Et à Soissons, les meules 235 et 268 en calcaire
gréseux paraissent former un autre couple fonction-
nel, confirmant l’accouplement des meta avec les
catillus décrits précédemment et taillés dans le même
matériau.
3.2.2.4. Entraînement
3.2.2.4.1. Le moulin hydraulique
Au Ier s., Vitruve décrit le principe de fonctionne-
ment du moulin hydraulique (Vitr., De arch., X, 5,
2)172 : un cours d’eau aménagé fait tourner une roue à
auges ou à pales, solidaire d’une roue dentée verticale
(fig. 30). Celle-ci transmet le mouvement verticale-
ment à un rouet horizontal, la lanterne, solidaire de
l’axe de rotation du moulin. Cet axe traverse la meta
et vient se ficher dans le catillus via l’anille pour le
mettre en rotation. Bien que le texte de Vitruve ne soit
pas précis sur la généralisation d’un système de multi-
plication de la vitesse de rotation, ce système d’engre-
nage peut accroître fortement l’efficacité du moulin
par rapport à la traction latérale à rotation lente. Si le
moulin manuel et le moulin à traction périphérique
directe constituaient déjà des « machines » simples173,
on peut parler ici de machine à entraînement méca-
nique174. Le rapport entre la source d’énergie et le
résultat attendu est indirect et complexe, et le méca-
nisme apporte une réelle amélioration des conditions
de mouture et des rendements par rapport au moulin
simple.
168. — La meta 252 de Bavay peut être écartée du lot pour sa très
faible épaisseur et sa trop forte fragmentation.
169. — PICAVET 2012 (à paraître).
170. — PICAVET 2011b.
171. — JACQUES 1995, p. 19 et photos 12 à 16.
172. — Traduction de Cl. PERRAULT, revue par NISARD 2006; FLEURY
1993.
173. — BOYER, BUCHSENSCHUTZ 1998.
174. — RAEPSAET 1995, p. 913.
LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 195
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De tels moulins antiques ont récemment fait l’objet
de fouilles dans le monde romain occidental. Les
catillus qu’ils emploient, en roche volcanique, présen-
tent des caractéristiques de pente et de logement
d’anille comparables aux exemplaires d’Amiens (227,
228), de Reims (233) et de Beauvais (231), dits de
type « Avenches » d’après les meules du moulin
hydraulique éponyme d’Avenches « En Chaplix »
(Suisses)175. Ainsi, l’archétype de la meule hydrau-
lique semble récurrent176, mais il n’est pas unique177.
En effet, Vitruve décrit « un fer en forme de hache »
assimilable à une anille en double queue d’aronde, qui
trouve sa place sur la face inférieure du catillus pour
le mettre en rotation. On peut donc supposer que les
meules de type « Zugmantel » pouvaient être action-
nées par l’énergie hydraulique au même titre que les
meules de type « Avenches ». La multiplication poten-
tielle de la vitesse de rotation provoquée par le sys-
tème d’engrenage ne demande effectivement pas d’in-
clinaison très marquée de la face active, la force cen-
trifuge venant compenser la diminution de l’influence
de la gravité. Au contraire, les premières meules de
moulins hydrauliques, peut-être entraînées directe-
ment sans engrenage par une roue horizontale, néces-
sitaient des pentes importantes pour évacuer la farine
à la périphérie178. Le système d’engrenage aurait alors
été adapté d’abord sur ces meules coniques, qui
auraient eu tendance à s’aplanir par la suite, jusqu’à
devenir totalement planes au Moyen Âge179. Ces
observations pourront peut-être être confirmées par
l’étude d’objets datés qui permettront de mettre en
place une réelle typo-chronologie.
3.2.2.4.2. Le moulin-manège
Sur le modèle du moulin à eau de Vitruve, un sys-
tème de moulin-manège à traction animale, encore en
usage au XXe s. dans certaines parties du monde180, a
été proposé pour expliquer les découvertes de grandes
meules à entraînement par le centre sur des sites où le
réseau hydrographique ne permettait pas l’usage de
l’énergie hydraulique (fig. 31). Si un apport d’eau par
aqueduc est toujours possible, ce système a été sug-
géré par L. A. Moritz181 d’après la reconstruction du
moulin à manivelle que H. Jacobi a proposé en 1912
pour traduire la découverte de grandes meules du IIe s.
dans un puits du fort de Zugmantel (Allemagne), situé
loin de tout cours d’eau182. Dans le même puits de
Zugmantel a aussi été retrouvée l’anille de fer en
double queue d’aronde, liée à une lanterne à l’autre
bout de l’axe de rotation.
Cette découverte confirme l’entraînement du
catillus par le centre d’une part et la multiplication de
la vitesse de rotation au moyen d’un engrenage
d’autre part. Selon le même principe mécanique que
pour le moulin à eau, un animal de trait ferait tourner
un axe vertical solidaire d’une roue horizontale dentée
qui s’engrène dans la lanterne plus petite et fixée à
l’axe de rotation des meules.
4. LES MEULES DANS LEUR CONTEXTE
Des meules ont été taillées dans des roches diffé-
rentes parfois diffusées sur plusieurs centaines de
kilomètres, et présentent des tailles et des formes
diverses. Des aménagements annexes sont venus favo-
riser l’amélioration des conditions de mouture et sont
le signe de l’adaptation de techniques nouvelles au
fonctionnement de cette première machine qu’est le
175. — CASTELLA 1994.
176. — CASTELLA, ANDERSON 2004, p. 130-136; LONGEPIERRE 2007,
p. 178.
177. — LONGEPIERRE 2007, p. 172-175; POLINSKI 2009, p. 193, 195;
BUCHSENSCHUTZ et alii, 2012 (à paraître).
178. — BOYER 1999, p. 282, note n° 2.
179. — MORITZ 1958, p. 106-107.
180. — O’KELLY, FORSTER 1983, fig. 96, p. 50.
181. — MORITZ 1958, fig. 14.
182. — JACOBI 1912, p. 88; JOHNSON 1987, p. 218-219; BAATZ 1995,
p. 14-15; JUNKELMAN 2006, p. 122-127.
196 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
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FIG. 30. — Le moulin hydraulique, schéma de principe.
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moulin. Il s’agit maintenant de tenter d’établir les
paramètres qui ont régi le choix de tel ou tel matériau,
de tel ou tel type de meule, et de telle ou telle pratique
d’aménagement, puis de définir la place du moulin
dans les villes de Belgique occidentale. Les traces
archéologiques des structures qui ont accueilli les
activités de mouture et de broyage sont très rares,
mais les observations morphologiques et techniques
proposées plus haut devraient permettre de mettre en
avant certaines tendances, et de mettre en lumière des
pratiques déjà connues ailleurs dans l’Empire romain,
voire en Gaule.
4.1. Choix et exploitation des roches
Les roches constitutives des meules sont présentes
dans des proportions différentes selon le chef-lieu de
cité où elles sont observées. Lorsqu’il s’agit de roches
locales, l’explication de leur présence est assez évi-
dente. Mais dans le cas de roches de provenance loin-
taine, les facteurs qui ont régi ce choix sont multiples
et doivent être établis.
4.1.1. Continuité de l’exploitation et dispersion des
roches
L’extraction de l’arkose d’Haybes pour la taille de
meules est attestée dès la protohistoire par la décou-
verte d’exemplaires de l’Âge du Bronze à l’est de la
vallée de l’Aisne, et du Hallstatt final/La Tène
ancienne à Bucy-le-Long (Aisne), à 100 km du lieu
d’extraction. L’arkose est encore présente à Acy-
Romance (Ardennes) à La Tène finale, cette fois sous
forme de meules rotatives183. Pour la période romaine,
l’ampleur des sites d’extraction incite à penser à une
production à grande échelle, peut-être en relation avec
l’Oise si elle était navigable à cet endroit dans
l’Antiquité. L’aire de diffusion de cette production,
encore très mal appréhendée, dépasse la centaine de
kilomètres de rayon, et atteint Amiens à 140 km, et
Boulogne-sur-Mer à plus de 200 km (fig. 32, tab. 2).
183. — POMMEPUY 1999, p. 126.
LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 197
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FIG. 31. — Le moulin-manège à entraînement animal par le
centre, schéma de principe. D’après Baatz 1995.
Amiens Arras Bavay Beauvais Boulogne Reims Soissons
Macquenoise 1 à 7, 95, 96 105 à 108, 221 8 à 31, 97 à 99 132 32 à 34, 35
103, 104, 220, 244 109 à 131, 133 à 136
222 à 224, 245 à 253
Poudingues 176 à 196 205 197 à 204
Fosses/Belleu 36 à 42, 137 à 146 43 à 49, 102 50, 152, 153,
206 à 209, 212 147 à 151 213
Calcaire gréseux 51 à 58, 94 59, 159, 234 235, 236
154 à 158, 262 à 267 268 à 271
« Pierre à liards » 76, 174
Ditrupa 75, 173
Cérithes 74, 172 77 à 79, 175
Roches volc. 60 à 63, 160 à 167, 168 64 à 69, 100, 169, 230, 231 70, 101, 71, 72, 171, 73, 219
211, 225 à 229, 170 256 à 259 232, 260 214 à 217, 233,
254, 255 261
Autres 80 à 89, 237 à 239 90 à 92, 240, 241 242, 243 93, 218
Tableau 2. — Les roches constitutives des meules.
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De même, le grès de Fosses/Belleu représente 45 %
des meules va-et-vient du Hallstatt final/La Tène
ancienne à Bucy-le-Long (Aisne), et est présent
jusqu’à Berry-au-Bac (Aisne) à 120 km de Fosses184.
Cependant, il est fortement probable que le grès ne
provienne pas de Fosses mais d’autres gisements plus
proches de ces sites, comme celui de Belleu (Aisne)
aujourd’hui invisible, ou celui de Bazoches-sur-
Vesles (Aisne)185. À la période romaine, l’origine fos-
satussienne devient plus vraisemblable au regard des
sites d’extraction et de taille connus dans le secteur.
D’autre part, la diffusion des meules en poudingue
semble large autant à La Tène finale qu’à l’époque
romaine. On les retrouve en effet jusque dans le
Cotentin à l’ouest186, et dans les collections de
Boulogne, Amiens et Beauvais au nord. Un ou plu-
sieurs exemplaires apparaissent aussi dans le Nord, à
Mérignies187, à La Tène moyenne. Elles auraient
même voyagé sur mer, car une de ces meules a été
découverte à proximité de l’épave de Tardinghen
(Pas-de-Calais)188. Il faudra cependant différencier les
différents faciès de poudingue, puisque, dans la litté-
rature, l’appellation peut être attachée à différents
conglomérats, dont des gisements sont aussi signalés
dans les Ardennes et en Angleterre.
Le calcaire gréseux à rares nummulites ne semble
pas avoir été utilisé aux Âges du Bronze et du Fer,
en dehors des habitats installés à proximité des
gisements naturels de ces roches189. Ce n’est qu’à par-
tir de La Tène moyenne/finale, et avec l’introduction
du moulin rotatif, que des ateliers spécialisés sont mis
en place sur ces bancs géologiques, et que leur pro-
duction est dispersée principalement à l’ouest de la
vallée de l’Aisne190. À la période romaine, on en
retrouve à Reims, à Soissons, et jusqu’à Amiens à
presque 100 km du gîte primaire (fig. 32).
Les roches volcaniques de l’Eifel sont exploitées
pour la fabrication de meules depuis le Néolithique191.
Pour l’époque romaine, elles constituent une petite
partie des collections de chaque ville. Le faible
nombre de carrières de meules repérées dans l’Eifel
semble indiquer une sélection rigoureuse des gise-
ments par les Romains192. La qualité des roches
volcaniques est très appréciée et les meules, relative-
ment légères, sont exportées sur plusieurs centaines
184. — POMMEPUY 1999, p. 121.
185. — POMEROL 1984, p. 15.
186. — CHAUSSAT 2009, p. 87.
187. — PICAVET 2010f.
188. — REVILLION et alii 2007.
189. — ROBERT, LANDRÉAT 2005, p. 106.
190. — POMMEPUY 1999, p. 126.
191. — CRAWFORD, RÖDER 1955, p. 68, 71.
192. — GLUHAK, HOFMEISTER 2009, p. 1775.
198 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
Arras
Reims
Soissons
Beauvais
CARRIERE
Agglomération
100 km
0
Roche volcanique
Arkose Macquenoise
Grès de Fosses
Calcaire gréseux
Poudingue
Amiens
Bavay
GISEMENT DE POUDINGUE
SEINE MARITIME
FOSSES
VAUXREZIS BEAURIEUX
MACQUENOISE
MAYEN
Boulogne-sur-Mer
Autre
FIG. 32. — Sites d’extraction et proportion des roches constitutives des meules par chef-lieu de cité. © ABG.
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de kilomètres. Il est toutefois difficile de définir avec
précision les aires de diffusion respectives des pro-
ductions de l’Eifel et du Massif central. D’après T. M.
Gluhak et W. Hofmeister, ces aires se superposeraient
partiellement; la première s’étend au sud jusqu’en
Côte-d’Or et au Territoire de Belfort, la deuxième
jusque Reims, Metz et Strasbourg au nord193. Des
hypothèses ont été émises à propos de la période d’ex-
ploitation de chacune de ces zones d’extraction. Les
carrières de l’Eifel, dont l’exploitation romaine aurait
débuté à l’extrême fin du Ier s. av. J.-C., ont alors
connu un fort accroissement de leur production.
Seulement, d’après F. Mangartz repris par T. M.
Gluhak et W. Hofmeister, au Haut-Empire, tant que la
sécurité du limes du Rhin n’était pas totalement assu-
rée, c’est l’Auvergne qui aurait fourni la majorité des
meules en roche volcanique de Gaule194. Les nom-
breuses troupes du limes de Germanie et de Bretagne
étaient toutefois pourvues en meules par les carrières
du Bellerberg, et ont vraisemblablement participé à la
diffusion de leur production195. L’exportation s’éten-
drait même à l’extérieur de l’Empire de façon inten-
sive à partir du IIe s.196.
En somme, quand la culture romaine s’étend en
Gaule et en Germanie, l’exploitation des ressources
connues antérieurement est simplement poursuivie197,
mais ces ressources sont plus soigneusement sélec-
tionnées. Celles qui présentaient un intérêt sont mas-
sivement exploitées, alors que celles qui ne satisfont
pas aux nouvelles exigences, comme la « pierre à
liards » et les calcaires à cérithes, sont abandonnées.
Profitant des circuits de distribution existant et les
déployant, le commerce des meules se développe vers
les villes romaines, nouvelles ou non, sur de grandes
distances, suivant des circuits qui dépassent l’échelle
du territoire de la cité.
Cependant, malgré ce constat d’un commerce
étendu à l’échelle d’une province et au-delà, mais où
la proximité du gisement joue logiquement un rôle
dans l’approvisionnement des villes, il existe, pour
comprendre la diffusion des meules, des facteurs
étrangers au simple rapport de distance198. En effet,
les meules en grès de Fosses/Belleu, absentes de
Soissons, sont présentes à Reims et Amiens. Pourtant,
Fosses est géographiquement plus proche de Soissons
que des deux autres agglomérations. Et les meules en
roche volcanique et en poudingue sont transportées
très loin de leur site d’extraction.
4.1.2. Les propriétés mécaniques des roches
Les qualités mécaniques des roches constituent un
des critères qui peuvent pousser les utilisateurs à s’ap-
provisionner en matériaux d’origine lointaine199. Plus
une roche est dure, plus la meule résistera aux actions
qui en provoquent l’usure200. Mais une roche dure à
forte cimentation, comme l’arkose d’Haybes/
Macquenoise ou le grès de Fosses/Belleu, ne laisse
pas ses grains se détacher et la surface active de la
meule a une forte tendance à se polir201. Inversement,
une roche tendre, comme le calcaire gréseux à rares
nummulites de la vallée de l’Aisne, résiste moins au
frottement répété d’une meule sur l’autre, et ses grains
se détachent d’eux-mêmes, entretenant la rugosité de
la roche naturellement202. La roche volcanique entre-
tient aussi son mordant naturellement par l’ouverture
de nouvelles vacuoles au fur et à mesure de l’usure de
la face active, mais sa surface se polit aussi fortement.
Ainsi, une meule en grès dur ou en roche volcanique
s’use moins rapidement qu’une meule en calcaire,
mais elle devra être ravivée fréquemment pour entre-
tenir sa rugosité. Au contraire, une meule en calcaire
gréseux demandera moins d’entretien.
4.1.3. Carrières d’extraction et ateliers de taille
Si les gisements exploités pour la fabrication de
meules sont rares au regard des ressources géolo-
giques disponibles, il pourrait exister des lieux plus
nombreux et dispersés où le savoir-faire s’applique à
la finition et à l’entretien des meules, comme cela
semble être le cas dans le secteur de Fosses/
Bellefontaine (Val d’Oise)203.
En effet les caractéristiques morphologiques des
logements d’anilles des catillus manuels ne sont pas
totalement identiques d’une meule à l’autre. Si ces
variations peuvent bien sûr être d’ordre chronologique,
il convient tout de même de s’interroger sur l’extrac-
tion puis la fabrication des meules en série dans les
ateliers de taille. Le faible nombre d’individus dispo-
nibles et la mauvaise qualité de leur datation rend très
difficile ce genre de réflexion, mais quelques pistes
peuvent être apportées. À Fosses (Val-d’Oise), comme
à Saint-Quentin-la-Poterie (Gard), les meules n’étaient
193. — GLUHAK, HOFMEISTER 2011, p. 15.
194. — GLUHAK, HOFMEISTER 2011, p. 2.
195. — PEACOCK 1980, p. 49; GLUHAK, HOFMEISTER 2011, p. 14;
JODRY 2011b, p. 404.
196. — GLUHAK, HOFMEISTER 2011, p. 2.
197. — BOYER, FRONTEAU 2011.
198. — POMMEPUY 1999, p. 121, 139.
199. — HESLOP 2008, p. 31.
200. — SANTALLIER et alii 2002, p. 116.
201. — PROCOPIOU et alii 2002, p. 116.
202. — PROCOPIOU et alii 2002, p. 116; SANTALLIER et alii 2002, p. 21.
203. — Com. pers. F. Boyer et R. Guadagnin.
LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 199
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qu’extraites sur place, puis façonnées sur plusieurs
autres sites proches par des artisans spécialisés204. Et
d’après le commentaire de la découverte au bord du
Rhin d’une épave de la deuxième moitié du IIIe s.
chargée d’une quarantaine d’ébauches de meta, les
meules voyageraient sous cette forme et ne seraient
achevée que par un tailleur local205. Le même cas de
figure est observé à Londres, où une ébauche de
meule, peut-être en arkose d’Haybes ou d’un autre
faciès ardennais, a été mise au jour sur une épave dans
le port antique206. Il semblerait d’ailleurs que de nom-
breuses meules en roche volcanique arrivent dans
cette ville sous forme d’ébauche et y sont achevées207.
Cela expliquerait les différences observées entre les
œils des meules, dont la forme correspondrait à un
premier niveau de tradition de façonnage, propre à
chaque atelier, et qui se perpétue parmi les artisans de
proche en proche.
À un second niveau, la récurrence des formes des
trous d’emmanchement sur des meules taillées dans
des roches différentes, malgré quelques variantes
d’ordre probablement chronologique, incite à penser à
la standardisation d’un savoir-faire, et à sa pratique
par un personnel limité en nombre. Les ateliers de
taille seraient donc peu nombreux et perpétueraient
une tradition de façonnage régionale fortement ancrée
chez les tailleurs de meules et qui n’évolue que très
peu au cours du temps. Ces esquisses de réflexion ne
pourront toutefois être approfondies que par la fouille
de carrières d’extraction et d’ateliers, et par l’analyse
systématique des ébauches.
4.2. Usure et habillage de la face active
4.2.1. Usure de la meule
Les meules sont des objets en pierre utilisés quoti-
diennement, tant en contexte domestique qu’artisanal.
Les frottements provoquent une usure, peu percep-
tible à court terme, mais visible au long de la vie des
meules. Cette usure, suivie régulièrement par un ravi-
vage de la face active, entraîne la diminution de
l’épaisseur de la meule. Il est possible d’appréhender
cet amincissement par l’observation de meules de
même type présentant des épaisseurs très différentes.
Le meilleur exemple est probablement celui des
grandes meules en arkose d’Haybes/Macquenoise
conservées à Bavay. Les meta 249 et 252 en représen-
tent deux extrêmes, avec une hauteur maximale de
25 cm pour la première, 6 cm pour la seconde. Pour
les meta manuelles la hauteur maximale est comprise
entre 4 et 14,5 cm, et pour les catillus manuels, entre
3,4 et 15 cm. Les meules qui présentent la hauteur la
plus faible sont les plus éloignées du produit neuf, et
on peut considérer que, lorsque le trou d’emmanche-
ment est atteint par la surface active, l’épaisseur de la
meule a presque diminué de moitié208.
Il convient alors de s’interroger sur la vitesse à
laquelle intervient cette usure. D’après M.-Cl.
Amouretti, la durée de vie d’une meule manuelle à
grains est de quinze à vingt ans209. Plus concrètement
et pour les meules à entraînement mécanique, une
étude historique portant sur les meules de Flandre du
Moyen Âge à la Révolution210 permet de se faire une
idée de la vitesse d’usure de la surface active.
L’époque étant postérieure à la période romaine, la
pratique de la mouture n’est pas strictement identique,
avec de grands moulins banaux à rotation rapide mas-
sivement (mais pas exclusivement) utilisés au Moyen
Âge211 de façon périodique ou non212, contre des
moulins artisanaux à rotation lente ou rapide forte-
ment concurrencés par les moulins manuels dans
l’Antiquité. Les matériaux sont différents aussi, mais
les données fournies, sans être valables dans tous les
cas, montrent l’importance du phénomène d’amincis-
sement des meules. L’auteur prend en exemple un
catillus du moulin de l’Hôpital Comtesse à Lille au
milieu du XVIIe s. Épais de 31,1 cm au départ, il perd
14,9 cm en vingt et un ans. Le catillus est ensuite uti-
lisé comme meta, et son épaisseur diminue encore de
5,4 cm en six ans. On peut donc estimer la diminution
de l’épaisseur de la meule entre 0,7 et 0,9 cm par an.
Pour les grandes meules d’époque romaine de
Bavay, en se basant sur ces chiffres et en partant d’une
hauteur de 25 cm, il faut donc entre vingt et un et
vingt-trois ans pour atteindre 6 cm, épaisseur à
laquelle s’est brisée la meta 252.
4.2.2. Le rapport entre roche et usage d’après les
traces d’usure
La diversité des roches observées sur un même site
pousse à se demander s’il existe une corrélation entre
roche et usage. Car, si le degré de cimentation de la
roche décide de sa destination, pour la construction, la
taille de pavés, ou la fabrication de meules213, il n’est
pas certain que, une fois la roche sélectionnée pour la
204. — Com. pers. S. Longepierre d’après sa thèse de doctorat
(Université d’Aix-en-Provence); BOYER et alii 2010, P. 4-5.
205. — JODRY 2000, p. 631-632; JODRY 2006, p. 23.
206. — MARDSEN 1994, p. 36, 48, 50, 59, 85-87.
207. — WRIGHT 2002, p. 269.
208. — POMMEPUY 1999, p. 135.
209. — AMOURETTI 1986 p. 151.
210. — BRUGGEMAN 2003.
211. — FOSSIER 1982; DESPORTES 1987, p. 20; ARNOULD 1987, p. 20.
212. — ROMAGNAN 2002, p. 202.
213. — BOYER 1996, p. 15-16.
200 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
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taille de meule, sa qualité règle l’usage qui est fait de
la meule.
Sans analyse physico-chimique des résidus prison-
niers des anfractuosités des surfaces actives, il est dif-
ficile de connaître la nature précise des produits mou-
lus, mais une observation des traces d’usure laissées
sur ces surfaces permet d’en avoir une idée.
4.2.2.1. Mouture de produits végétaux
Les produits végétaux destinés à la mouture,
céréales, légumineuses ou plantes tinctoriales, sont
des matériaux tendres, et leur passage entre les deux
meules n’affecte que très peu les surfaces actives
macroscopiquement. L’usure observée est donc en
grande partie celle d’une meule en contact avec
l’autre. Or, dans un couple théorique destiné à la mou-
ture végétale, une lumière est ménagée entre les par-
ties proximale et mésiale des deux meules pour favo-
riser l’introduction du grain214. Seule la partie distale
des faces actives est en contact l’une avec l’autre, et
provoque leur usure mutuelle. On observe donc, sur
les meules vouées à la mouture végétale, une bande
polie plus ou moins large en partie distale de la sur-
face active215 (fig. 33). L’intégralité de la surface tend
à se polir au fur et à mesure de l’usure de la meule,
mais le ravivage doit redonner aux faces actives leur
inclinaison d’origine et ainsi réaménager une lumière.
L’apparition de micro-stries sur la surface de mouture
peut cependant être due, non seulement à l’action
d’une meule sur l’autre, mais aussi à celle des pro-
duits moulus.
Le calcaire gréseux à nummulites du Soissonnais,
constitué de grains grossiers durs inclus dans une
matrice carbonatée tendre, est peu résistant à l’usure
mécanique et, pour les faciès les plus tendres, semble
peu approprié à la mouture. Les différentes phases de
la roche subissent une usure différentielle, et les
grains, avant de se détacher, sont fortement saillants.
Ils provoquent donc, même dans le cas d’une mouture
de matières tendres, une usure sous forme de stries
concentriques. Ces traces d’usure peuvent néanmoins
être accompagnées d’une couronne polie en partie
distale si la roche est suffisamment cimentée, confir-
mant l’usage de ces meules pour la mouture de pro-
duits végétaux.
4.2.2.2. Broyage minéral
Certaines meules (12, 51, 242, 243) présentent une
forte usure de la surface active, avec de profondes
stries concentriques généralisées et une abrasion mar-
quée de la partie proximale (fig. 34). Les meules 16 et
35 présentent pour leur part un fort poli proximal et
des dépôts d’oxyde de fer dans les cupules de la face
active (fig. 35). Ces marques ne peuvent pas concor-
der avec une mouture de matières tendres, mais sont
dues à un broyage minéral pratiqué par des spécia-
listes dans le domaine artisanal216.
214. — BOYER, BUCHSENSCHUTZ 1998, p. 203.
215. — POMMEPUY 1999, p. 135-136; BOYER, BUCHSENSCHUTZ 2000,
p. 176.
216. — BÉZIAT et alii 1997, p. 48; BOYER, BUCHSENSCHUTZ 2000,
p. 176-177; HESLOP 2008, p. 18.
LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 201
FIG. 33. — Usure distale de la surface active, témoin d’une
mouture de produits végétaux (257, provenance Beauvais).
Cliché Picavet 2010. FIG. 34. — Forte usure de la face active liée à
un broyage minéral (12, provenance Bavay).
Cliché Picavet 2009.
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Ce broyage peut intervenir dans différents
contextes, et pour des matières différentes. Ainsi, dans
les ateliers de potiers, les meules peuvent servir à pré-
parer la chamotte par le broyage de tessons de céra-
mique217. Dans les ateliers de métallurgie, elles sont
employées au concassage du minerai destiné à être
concentré par lavage et réduit218. Dans les mines, les
moulins rotatifs sont utilisés depuis le IIIe s. av.
J.-C.219, et sont d’autant plus utiles quand un broyage
fin est nécessaire, pour la production de plomb, d’or,
d’argent ou de cuivre220. Dans la production du fer, ils
interviennent par le broyage de scories, utilisées
comme fondant dans les opérations de réduction du
minerai de fer221.
4.2.2.3. Différenciation des meules
À l’époque romaine, si l’on admet que les quelques
stries concentriques observées sur les meules en cal-
caire gréseux sont dues au matériau constitutif de la
meule lui-même, il n’existe pas de choix de types de
meules ou de roches particulières pour la mouture
végétale d’une part et pour le broyage minéral d’autre
part. Les types de meules et les roches qui intervien-
nent dans le travail de produits minéraux semblent
être les mêmes que ceux qui moulent le grain. On a
même retrouvé des moulins de type « Pompéi », habi-
tuellement dévolus à la production de farine, dans les
mines du sud de la France et du Laurion (Grèce)222,
sur les espaces de production, loin de l’habitat des
ouvriers.
Ce n’est qu’au Moyen Âge que les meules interve-
nant dans des artisanats non alimentaires se différen-
cient des meules à grain223.
4.2.3. Les formes d’habillage
L’habillage de la face active existe sous différentes
formes. Dans le nord de la Gaule, il est massivement
mis en œuvre sous la forme d’un rayonnage simple ou
composé en secteurs adjacents (fig. 29), droit ou
courbe, mais apparaît parfois comme un simple
piquetage pratiqué à coups perdus, ou un piquetage
plus contrôlé « en nid d’abeille ». L’habillage peut
aussi être mixte, alliant rayonnage et cupules224
(fig. 37). Si le piquetage est partout pratiqué pour
raviver la surface active des meules225, le rayonnage
est une pratique technique limitée dans l’espace et
dans le temps. On l’observait déjà sur les moulins à
trémie de type « Olynthe », avec des sillons agencés
de manière parallèle ou « en arêtes de poisson », et sur
certaines meules rotatives du sud de la Gaule226. Il est
massivement pratiqué dans le nord-est de la Gaule et
la Germanie227, et on le retrouve jusqu’en Bretagne
sur des meules d’importation issues de l’Eifel228.
L’habitude de rayonner la face active semble presque
disparaître au Moyen Âge avant de se généraliser de
nouveau au bas Moyen Âge et à l’époque moderne.
Le rayonnage de la face active est irrégulièrement
pratiqué selon la ville où sont utilisées les meules
(fig. 36a). Cet usage semble moins courant dans le
sud et l’ouest de la zone étudiée que dans l’extrémité
nord-est de la Gaule. Cependant, ces statistiques sont
basées sur des chiffres inégaux selon les aggloméra-
tions, et il semble qu’ils soient principalement dus à la
nature de la roche employée.
217. — BOYER, BUCHSENSCHUTZ 2000, p. 184.
218. — DOMERGUE 1993, p. 359; BOYER 1999, p. 281-282; DOMERGUE
2008, p. 146.
219. — BÉZIAT et alii 1997, p. 48.
220. — CAUUET 1988, p. 186; DOMERGUE 1993, p. 338; CAUUET 1999,
p. 56; CAUUET, TOLLON 1999; DOMERGUE 2008, p. 146.
221. — BÉZIAT et alii 1997, p. 57.
222. — DOMERGUE 1993, p. 339-341; BÉZIAT et alii 1997, p. 49-55.
223. — BAILLY-MAÎTRE et alii 1997; MINVIELLE-LAROUSSE, BAILLY-
MAÎTRE 2011.
224. — Une étude du traitement des surfaces actives est en cours au
sein du Groupe Meule, posant les bases d’une réflexion et d’un vocabu-
laire technique qui permettront d’appréhender la portée et les principes
du rayonnage: LEPAREUX-COUTURIER et alii 2011.
225. — AMOURIC 1997, p. 42; SHAFFREY 2006, p. 31-32.
226. — PY 1992, p. 212-213; GROUPE MEULE (coll.), PCR 2009,
Annexe 3, p. 81.
227. — MORITZ 1958, p. 124; LANGEDOCK 1976; CARMELEZ 1983,
p. 44-45; AMAND 1984, p. 39; MAHIN 1993, p. 21; DESCHIETER 1994,
p. 18; MANGARTZ 2008; VANHOUTTE et alii 2009, p. 46; LEPAREUX-
COUTURIER et alii 2011.
228. — SHAFFREY 2003 p. 155.
202 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
FIG. 35. — Traces d’oxydes métalliques sur la face active
(16, provenance Bavay, 35 provenance Soissons).
Cliché Picavet 2009.
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En effet, 64 % des meules manuelles en arkose
d’Haybes/Macquenoise, 50 % de celles en roche vol-
canique et 37 % de celles en grès de Fosses/Belleu
sont rayonnées (fig. 36b); les meules en poudingue ne
semblent jamais habillées. Et hormis les meules de
type « Pompéi », 65 % des meules de grand format
sont rayonnées, mais l’intégralité de celles en arkose
d’Haybes/Macquenoise le sont, pour 42,9 % de celles
en roche volcanique, et 28,6 % des meules en calcaire
gréseux (fig. 36c).
La pratique du rayonnage est donc différente et plus
ou moins fréquente selon la zone géographique, le
type de meule concerné et le matériau utilisé.
4.2.4. Le rayonnage, une pratique fonctionnelle et
culturelle
4.2.4.1. Favoriser une bonne mouture
Pour une bonne mouture, la roche constitutive des
meules doit montrer des qualités de rugosité qui pro-
voquent le déroulage et la pulvérisation du grain. Or,
le quartz qui compose les grès a une tendance à
s’abraser régulièrement229, provoquant le polissage
des surfaces actives. Cela pourrait expliquer le rayon-
nage des meules en arkose d’Haybes/Macquenoise et
en grès de Fosses/Belleu, destiné à leur rendre leur
mordant pour cisailler le grain230. Mais une partie des
meules en calcaire gréseux, dont l’abrasivité s’auto-
entretient, sont aussi rayonnées. Il est possible que les
sillons soient alors creusés, sur des faces actives très
peu inclinées, afin de diriger le produit moulu à la
périphérie du moulin, aidant la force centrifuge en
absence de gravité231. À moins qu’il ne s’explique par
la nécessité de décortiquer des céréales vêtues, majo-
ritairement cultivées dans le nord de la Gaule et en
Germanie232. La raison exacte de cette pratique
demeure énigmatique, comme le sont sa disparition à
229. — MENSANCH et alii 2002, p. 100.
230. — PANCKOUCKE 1788, p. 21; LEPAREUX-COUTURIER et alii 2011.
231. — LINDET 1900 p. 43; MORITZ 1958 p. 106-107, 116; PY 1992,
p. 213.
232. — MATTERNE et alii 1998, p. 110-111; MATTERNE 2001, p. 102;
LEPETZ, MATTERNE 2003, p. 25, 30; PETIT 2005, p. 187; DERREUMAUX,
LEPETZ 2008, p. 66; CAVALLO et alii 2008.
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a. b. c.
FIG. 36. — Le rayonnage.
a. Proportion de meules rayonnées par ville ; b. Meules manuelles rayonnées ; c. Grandes meules rayonnées.
FIG. 37. — Une meule manuelle à habillage mixte
(23, provenance Bavay).
Cliché Picavet 2009.
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l’époque médiévale et sa généralisation à l’époque
moderne, préconisée par les manuels de meunerie233.
4.2.4.2. Une tradition culturelle régionale?
On voit que le rayonnage d’origine continue à être
entretenu au fur et à mesure des rhabillages succes-
sifs. Ce phénomène s’observe notamment en
Bretagne, où les meules d’importation en roche volca-
nique de l’Eifel retrouvées dans les sites romains,
camps, villae et villes, sont rayonnées, même après
une utilisation qui aurait fait disparaître un rayonnage
d’origine234. Par ailleurs, les meules romano-bre-
tonnes sont peu rayonnées à l’époque romaine, et plu-
tôt par imitation des meules importées235. Ce constat
montre une habitude de pratiquer le rayonnage sur les
sites de culture romaine, et pousse à s’interroger sur
l’identité de la personne qui effectue ce travail tech-
nique. La diversité des formes d’habillage et la gros-
sièreté de sa réalisation sur les meules manuelles indi-
queraient que ce ravivage est réalisé par l’utilisateur
lui-même, par habitude d’utiliser des meules rayon-
nées. Concernant les moulins de grandes dimensions,
le schéma de rayonnage est très régulier et récurrent,
et cette tâche demande une maîtrise technique qui
n’est peut-être pas à la portée de tous les utilisateurs.
Dans les communautés, villes et camps militaires, un
artisan exercerait donc une activité d’habillage des
meules de façon périodique et sédentaire, ou régulière
et itinérante, et selon un schéma qui correspond pour
lui à une habitude de travail.
4.3. Meuneries et boulangeries artisanales dans
l’Occident romain
4.3.1. Les meuneries et boulangeries artisanales
urbaines
Les établissements boulangers artisanaux sont
attestés, dans la littérature, dès le IIe s. av. J.-C. à
Rome (Pline, H. N., XVIII, 28, 107)236, et plus tard
dans tout l’Empire romain, en Occident comme en
Orient237. Comprenant moulins, pétrins, four et
réserves d’eau, ils sont particulièrement bien connus à
Pompéi238, site éponyme des grands moulins en forme
de sablier, à Ostie239, et même en Afrique du nord, à
Volubilis (Maroc)240. À Rome et à Constantinople, les
boulangeries ne sont pas attestées archéologiquement,
mais les Notitiae Urbis de ces deux capitales évo-
quent leur existence en grand nombre241, et le tom-
beau d’Eurysaces (Rome) montre la richesse d’un
propriétaire de boulangeries.
À Lattes (Hérault) au Ier s. av. J.-C., un fragment de
meule de type « Pompéi » associé à un four culinaire
témoigne de l’activité d’une boulangerie artisanale242.
M. Py parle d’une « progressive spécialisation de la
meunerie en zone urbaine, alliée à une amélioration
technique du matériel de mouture ». Mais cela est loin
de signifier la fin de la meunerie domestique243, dont
la place essentielle sera abordée plus tard. Au nord de
l’Empire, un catillus de type « Pompéi » a été décou-
vert à Londres244, et ces moulins sont nombreux en
France245, témoignant par leur présence de leur propre
activité.
Comme à Ostie, les boulangers pourraient être par-
tout organisés en corporation, le corpus pistorum, et
tenir un rôle primordial dans le service de
l’Annone246. Mais il semblerait que tous les ateliers
ne s’adonnaient pas au commerce du pain. Certaines
officines étaient spécialisées dans la minoterie et
revendaient la farine produite à des artisans boulan-
gers dont le seul travail était de faire le pain247, ou
directement au consommateur qui produisait lui-
même son pain.
4.3.2. Les moulins hydrauliques dans l’Occident
romain
L’adaptation de l’énergie hydraulique à la mouture
des céréales est déjà suffisamment répandue à la fin
du Ier s. av. J.-C. pour que Vitruve décrive son fonc-
tionnement (Vitr., De arch., X, 5, 2). En Orient à la
même époque, Strabon mentionne un moulin à eau
connu près du palais de Mithridate VI Eupator, dans le
233. — SAN JUAN et alii 1999, p. 336; LEPAREUX-COUTURIER et alii
2011.
234. — WRIGHT 2002, p. 269-270, 279; SHAFFREY 2003, p. 155;
SHAFFREY 2006, p. 32.
235. — RAHTZ et alii 1977, p. 201-203; WRIGHT 2002, p. 270;
SHAFFREY 2006, p. 32.
236. — MORITZ 1958, p. 74; AMOURETTI 1986, p. 246; PY 1992,
p. 213; LUCAS 2006, p. 11.
237. — MORITZ 1958, p. 91; WILLIAMS-THORPE, THORPE 1993, p. 268,
271-273.
238. — Trente-six boulangeries équipées de cinq à six moulins sont
connues à Pompéi; MONTEIX 2009, p. 1, 6.
239. — À Ostie, l’échelle de production de farine semble supérieure à
celle de Pompéi, avec moins de boulangeries, mais des établissements
de dimensions plus importantes. Sept ou huit boulangeries y sont iden-
tifiées, pour un total d’une soixantaine de meules; BAKKER 1999, p. 11;
DE RUYT 2002, p. 50.
240. — LUQUET 1966.
241. — À Rome au IVe siècle, la Notitia Urbis Romae Regionum XIV
dénombre entre 252 et 274 pistrinae; à Constantinople, la Notitia Urbis
Constantinopolitanae en compte entre 133 et 141, mais différencie les
boulangeries publiques et privées. Cette précision sur le statut de la
boulangerie n’apparaît pas dans les documents qui concernent Rome,
mais la distinction devait exister aussi dans les autres agglomérations
romaines; CEPARANO 1998, p. 217; GRIMALDI BERNARDI 2005, p. 3.
242. — PY 1992, p. 228-229.
243. — FRAYN 1978.
244. — WILLIAMS-THORPE, THORPE 1988.
245. — JACCOTTEY, LONGEPIERRE et alii 2011.
246. — DE RUYT 2002, p. 50.
247. — BAKKER 1999, p. 11.
204 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
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Royaume du Pont (Strab., Géog., XII, 3, 30). Au Ier s.,
Pline l’Ancien évoque « des roues que l’eau fait tour-
ner et qui froissent le grain » (Pline, H. N., XVIII, 23,
1). Et au IVe s., Ausone louange les eaux de l’Erubrus,
aujourd’hui la Rouwer, affluent de la Moselle, pour
leur puissance qui « tourne avec vitesse la roue de
pierre sur le grain qu’elle écrase » (Ausone, Mos.,
362).
La pauvreté de ces témoignages écrits contraste
avec les découvertes archéologiques qui sont venues
apporter des exemples matériels concrets en Europe
de l’ouest depuis la première moitié du XXe s., et sur-
tout ces dernières décennies248. La position de Marc
Bloch, affirmant en 1935 que, « invention antique, le
moulin à eau est médiéval par l’époque de sa véritable
expansion »249, est désormais largement dépassée par
ces nombreuses découvertes archéologiques. Le
meilleur exemple de l’application de cette innovation
à l’époque romaine est celui de la meunerie hydrau-
lique de Barbegal (Fontvieille, Bouches-du-Rhône).
Son dégagement par F. Benoit quelques années seule-
ment après la parution de l’article de M. Bloch est un
exemple de l’emploi à grande échelle de la force
hydraulique pour la mouture des céréales dès le début
du IIe s., avec deux rangées de huit moulins alimentés
par un aqueduc250. Il est possible que cet établisse-
ment, parfois défini comme une « usine » pour son
dévouement entier à la production de farine à l’échelle
industrielle, ait alimenté l’intégralité de la ville
antique d’Arles, pôle urbain situé à moins de 10 km
au sud-ouest et dont pourraient dépendre les mou-
lins251.
Plus modestement, ces dernières décennies ont vu
la découverte de petites unités artisanales de transfor-
mation qui reçoivent le grain venant de la campagne
environnante et assurent la subsistance des villes, des
villae ou des camps militaires à proximité desquels
elles sont installées. Situées à un endroit où elles peu-
vent profiter d’un cours d’eau propice à leur fonction-
nement, elles associent plusieurs éléments que sont
les meules, le coursier, la roue à aubes, les éléments
d’engrenage et le bâti en lui-même.
Ces découvertes se sont multipliées en France252,
mais aussi en Angleterre253, en Suisse254 et en
Allemagne255. En Italie, des moulins hydrauliques
urbains ont été fouillés, simplement alimentés par des
conduites d’eau artificielles passant sous les trot-
toirs256. Il existe donc des meuneries utilisant la force
motrice de très peu d’eau à l’intérieur même de la
ville, à l’image de celles qui emploient la traction ani-
male.
4.3.3. Établir une meunerie
D’après l’Édit de Dioclétien, établissant le maxi-
mum des prix dans l’Empire romain en 301 de notre
ère, un moulin complet coûte entre 1250 et 1500
deniers de compte (250 deniers pour un moulin
manuel; Ed. Diocl. XV, 52-55), soit l’équivalent d’un
mois de salaire d’un artisan. Il faut y ajouter le coût du
transport qui doublerait le prix des meules tous les
110 km, l’achat de l’animal, le personnel, le mobilier,
la mise en place du moulin dans la boulangerie, ainsi
que le bâtiment lui-même257. Cet investissement est
encore plus important pour installer un moulin
hydraulique258. Le prix de l’ensemble des deux
meules s’élève en théorie à deux mille deniers au
début du IVe s. (Ed. Diocl. XV, 52-55) et, en plus des
coûts de transport évoqués précédemment, l’infra-
structure demande de grands travaux d’aménagement
du terrain pour la création d’un bief d’arrivée d’eau,
d’un système de régulation du débit, et le creusement
du coursier. À cela s’ajoutent le prix de la roue, celui
des éléments d’engrenage, et celui de leur mise en
place. Il est donc nécessaire de disposer, au départ,
d’un gros capital pour installer une meunerie.
Mais si un tel moulin est si efficace que l’estime
C. L. Sagui pour Barbegal, avec 45 kg de blé moulus
par heure259, le retour sur investissement doit être
248. — PALOMO PALOMO, FERNÁNDEZ URIEL 2007; Colloque interna-
tional de Lons-le-Saunier (nov. 2011) sur l’Archéologie des moulins
hydrauliques, à traction animale et à vent des origines à nos jours, à
paraître en 2012 (Annales Littéraires de l’Université de Besançon).
249. — BLOCH 1935, p. 545.
250. — BENOIT 1940; SAGUI 1948; LEVEAU 1996; LEVEAU 2007.
251. — LEVEAU 2007, p. 187.
252. — Aux Mesclans de La Crau et aux Laurons-Saint-Pierre des Arcs
(Var): BRUN, BORRÉANI, 1998; AQUADRO 2002, p. 210; à Saint-Michel
de La Garde (Var): BRUN 2004; à Saint-Martin de Taradeau et au Clos
d’Anjouan (Var): BRUN 1999, p. 770; à Pézenas (Hérault): MAUNÉ et
alii 2007; à Castillon-du-Gard (Gard): BUFFAT et alii 2007; à Lattes
(Hérault): AMOURIC et alii 1989; aux Martres-de-Veyres (Puy-de-
Dôme): ROMEUF 1978; à Saint-Doulchard (Cher): CHAMPAGNE et alii
1997; à Longvic (Côte-d’Or): JACCOTTEY, LABEAUNE 2010; à Burgille
(Doubs): LHOMME et alii 2007.
253. — En Angleterre, les meuneries hydrauliques sont majoritaire-
ment localisées le long du mur d’Hadrien, à proximité des camps mili-
taires romains: à Haltwhistle « Burn Head » (Northumberland),
Chesters Bridge (Humshaugh, Hexham), et Willowford Bridge
(Gilsland, Cumbria): SIMPSON 1976; WIKANDER 1980, p. 29-36; SPAIN
1984 a; CASTELLA 1994, p. 23-35; et à l’intérieur du territoire:
Wherwell (Hampshire), Nettleton (Wiltshire) et Ickham (Kent):
WIKANDER 1980, p. 29-36; SPAIN 1984 b; CASTELLA 1994, p. 25.
254. — À Hagendorn (Zurich): GÄHRWILLER 1984; GÄHRWILLER,
SPECK 1991; CASTELLA 1994, p. 23; à Avenches: CASTELLA 1994.
255. — À Lösnich (Rhénanie-Palatinat): NEYSES 1983; CASTELLA
1994, p. 22-23.
256. — À Rome, Saepinum, Vénafre, Celano, Apice, et San Giovani di
Ruoti: BRUN 2007.
257. — BÉAL 1996.
258. — WIKANDER 1980, p. 143.
259. — SAGUI 1948, p. 226.
LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 205
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rapide et important. Toujours d’après l’Édit de
Dioclétien, le boisseau militaire de millet moulu vau-
drait le double du boisseau non moulu260. Et d’après
Pline l’Ancien (Pline, H. N., XVIII, 89, 90), à
Pompéi, le blé moulu aurait même deux fois et demi
la valeur du blé en grain261. Les bénéfices réalisés sont
donc sensibles, d’autant plus que, d’après Apulée
(Apulée, Mét., IX, 11) dans les boulangeries de type
romain, les bêtes de trait tourneraient la meule jour et
nuit. La meunerie tendrait alors à se séparer de la bou-
langerie, et deviendrait une activité pratiquée à plein
temps, intermédiaire entre le producteur de céréales et
le consommateur qui fabrique le pain262.
4.4. La meunerie artisanale urbaine en Gaule
Belgique
Le nombre important de meules de grand format
dans les collections étudiées montre l’ampleur de la
boulangerie artisanale au sein de l’économie de la
ville antique263. De fortes concentrations sont obser-
vées sur des parcelles telles que celles de la « ZAC
Cathédrale » (fouille D. Gemehl, Inrap) et du
« Multiplexe Gaumont » (fouille E. Binet, Inrap) à
Amiens, et révèlent la diversité des moulins et des
énergies employées pour la mouture. Par conséquent,
l’approvisionnement de la ville est toujours assuré,
même dans le cas du fonctionnement périodique des
moulins, régi par les conditions climatiques. Les habi-
tants peuvent ainsi faire face à des périodes de crue ou
de sécheresse, puisque les provisions peuvent être
transférées d’un moyen de transformation à l’autre.
4.4.1. Les boulangeries
Les moulins de type « Pompéi » dispersés dans les
villes d’Amiens, Reims et Soissons sont les premiers
témoins de l’activité de boulangeries ou de meuneries
« à la romaine », utilisant une traction animale péri-
phérique. Mais elles en constituent aussi les seuls
indices, et il est impossible actuellement de savoir
quel était le statut de ces établissements, et quelle était
l’ampleur de leur production par rapport à la meunerie
domestique, et surtout par rapport aux moulins plus
complexes à entraînement hydraulique ou animal par
le centre.
Une seule boulangerie, datée du IIIe s., est connue à
Amiens, mais les résultats de la fouille n’ont pas été
publiés. Lors du dégagement d’une domus, rue des
Jacobins, ont été mis au jour les vestiges d’un four,
des fragments de pain cuit, des pâtons en cours de
levage, des fragments de crible en bois, ainsi que des
grains entiers de blé et d’orge264. Les meules n’ont
pas pu être étudiées pour le moment, mais toutes les
étapes de la chaîne opératoire de la préparation du
pain sont distinguées. Il s’agirait, d’après les maigres
informations disponibles, d’une petite boulangerie
active à l’échelle d’un quartier, où, comme à
Bliesbruck (Moselle), la meunerie n’est pas dissociée
de la boulangerie et de la vente du pain265.
4.4.2. Les moulins hydrauliques
L’innovation qu’incarne le moulin à eau à la
période romaine n’a pas échappé à la province de
Gaule Belgique. Les catillus mis au jour à Amiens
(227, 228) et à Beauvais (231) , morphologiquement
similaires à ceux qui ont été découverts sur des sites
de moulins hydrauliques dans le reste de la Gaule,
peuvent être attribués à ce type de structure. Tout
comme les meules de type « Zugmantel », qui peuvent
aussi bien s’adapter à l’énergie hydraulique qu’à la
traction animale par le centre, à condition que celle-ci
existe dans l’Antiquité. À Beauvais, au bord du
Thérain, les niveaux antiques de la « Tour Boileau »
on fourni la majorité des meules de grandes dimen-
sions découvertes à ce jour dans la ville.
L’emplacement a d’ailleurs accueilli un système de
régulation du niveau de la rivière et un moulin à eau
tout au long des périodes médiévale et moderne266.
Ainsi, il est possible de supposer l’existence d’un
moulin hydraulique en activité aux abords de l’habitat
du IIe s. qui a été observé à cet endroit. Si ce principe
de continuité de l’occupation se vérifiait, une partie
des dix-neuf moulins à eau recensés à Amiens au
XIe s., et des dix-sept à Arras267, ont très bien pu
connaître une occupation continue depuis la période
romaine.
D’ailleurs, dans les faubourgs de la ville antique
d’Amiens, sur la parcelle de la « ZAC Cathédrale »,
une quantité importante de meules, dont plusieurs de
grandes dimensions (267, 238, 239, 225, 254 et 255)
ont été retrouvées à proximité d’un grenier du IIe s.268.
L’aspect des meules et la situation du terrain au bord
de l’Avre (affluent de la Somme) semblent indiquer
l’emploi de l’énergie hydraulique pour la mouture.
À Étouvie (Somme), directement en aval
d’Amiens, un aménagement de berge, daté du début
260. — BÉAL 1996, p. 88.
261. — BÉAL 1996, p. 88.
262. — WIKANDER 1980, p. 143-144; ARNOULD 1987, p. 17; BÉAL
1996, p. 89; CASTELLA, ANDERSON 2004, p. 141.
263. — PICAVET 2012 (à paraître).
264. — BEN REDJEB 1989; MARINVAL, HANSSON 1994, p. 48.
265. — MATTERNE et alii 1998, p. 116; PETIT 2005, p. 184.
266. — FÉMOLANT 1998, p. 53-55.
267. — LOHRMAN 1984, p. 1024; GUILLERME 1990, p. 93.
268. — Étude des meules en cours (Picavet).
206 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
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du Ve s., a été observé269. Une retenue d’eau, une fosse
correspondant probablement au coursier d’une roue
de moulin, et une aire de travail ou d’accès ont été
interprétées comme les modules d’un moulin hydrau-
lique. L’ensemble est positionné au bord d’un chenal
séparé du lit d’un bras de la Somme par une butte où
était installé un habitat au IIIe s. Le débit du chenal
était régulé par un barrage fait de pieux et de blocs de
craie270.
Les moulins urbains découverts en Italie montrent
par ailleurs qu’il n’est pas nécessaire de disposer d’un
fort débit pour faire tourner une roue271. Une simple
canalisation ou un bief peuvent apporter l’énergie
nécessaire à l’entraînement périodique d’une roue de
moulin272. Dès lors il est toujours possible d’imaginer
un entraînement hydraulique, sinon animal, pour les
meules de type « Zugmantel » provenant de Bavay où
seuls coulent deux petits ruisseaux et où aboutit un
aqueduc273. D’ailleurs, Palladius conseille, au IVe s.,
de « faire aboutir au moulin les tuyaux d’écoulement
des bains [des villae], afin de pouvoir y faire fonction-
ner des meules actionnées par l’eau et moudre le blé
sans faire appel au travail animal ou humain » (Pall.,
De agr., I, 42). Pourquoi ces conseils n’auraient-ils
pas été appliqués dans les villes du nord de la Gaule?
4.5. Le pain dans les camps militaires
Le port de Boulogne a accueilli la Classis
Britannica, et des garnisons sont installées à l’inté-
rieur du territoire au Bas-Empire, à Arras.
L’approvisionnement de ces troupes représente une
logistique considérable, et la fabrication du pain en est
un élément majeur.
À Stockstadt am Main (Bavière, Allemagne) une
boulangerie de camp a été fouillée avant 1900. Elle
était composée d’une pièce équipée d’un four, de
deux meules manuelles et d’un puits274. Toutes les
étapes de la fabrication du pain sont donc réalisables
sur place, de la mouture à la cuisson en passant par le
pétrissage.
Les meules manuelles sont principalement utilisées
lors de déplacements ou dans des camps temporaires.
La découverte de meules manuelles en roche volca-
nique dont les flancs sont gravés du nom de contuber-
niae indique que chaque chambrée, rassemblant une
dizaine d’hommes, disposait de son moulin à main
pour moudre son grain275.
La mise en place de grands moulins à entraînement
mécanique accompagne la stabilisation du limes et la
sédentarisation des camps276. L’échelle de production
augmente logiquement, nourrissant une277, voire deux
centuries278.
Les catillus 67, 68, 69, 70, 71 et 73 sont typiques de
ces meules manuelles en roche volcanique utilisées
par les légionnaires du Rhin et correspondent peut-
être au mobilier de contuberniae de passage, en route
vers la Bretagne depuis la Germanie. Le catillus 232
de Boulogne témoigne au contraire d’un moulin à
entraînement mécanique fixe. Tout comme celui en
arkose d’Haybes/Macquenoise mis au jour à Arras
(221), en relation avec les casernes militaires du Bas-
Empire. Un entraînement hydraulique peut être sup-
posé, mais la forme du catillus s’y prêtant, le système
de moulin-manège peut être envisagé. Ainsi, le
recours à l’énergie hydraulique n’est pas nécessaire et
le moulin peut être installé à l’intérieur même du
camp. Au Moyen Âge, de tels systèmes sont d’ailleurs
attestés en contexte militaire, et sont favorisés lors de
périodes de troubles où l’eau courante, ressource exté-
rieure au moulin, n’est pas toujours disponible279.
4.6. La boulangerie domestique
4.6.1. Répartition dans la ville
Si la meunerie artisanale prend une place significa-
tive dans les villes romaines, la mouture domestique
semble conserver son importance. En témoignent les
nombreuses meules rotatives manuelles réparties dans
l’espace urbain de tous les chefs-lieux de cité étudiés,
et qui sont majoritaires en nombre d’individus par
rapport aux meules de grand format.
Même si les meules ne sont pas toujours individuel-
lement localisées, leur découverte est souvent men-
tionnée dans les comptes rendus anciens et dans la
carte archéologique. Il est donc possible d’en établir
la répartition dans la ville. À Amiens, les découvertes
que l’on peut situer par les sources anciennes sont
nombreuses et dispersées, et des concentrations
importantes, dépendant notamment de la qualité des
fouilles, sont observées à la « ZAC Cathédrale » et au
269. — HARNAY 1997; BLANCHET 2000, p. 141.
270. — DESCHODT 2005, p. 168.
271. — BRUN 2007, p. 206.
272. — MAUNÉ et alii 2007, p. 125.
273. — BOYER, PICAVET 2010, p. 25.
274. — JOHNSON 1987, p. 217-218.
275. — MORITZ 1958, p. 116; JOHNSON 1987, p. 221; JUNKELMANN
2006, p. 116-117; MANGARTZ 2008, p. 101.
276. — MORITZ 1958, p. 116; JOHNSON 1987, p. 218.
277. — JUNKELMANN 2006, p. 122; WEBSTER, CHADDERTON 2002,
p. 29-30.
278. — JOHNSON 1987, p. 217-218.
279. — AMOURIC 1998, p. 176.
LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 207
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« Multiplexe Gaumont ». À Beauvais et à Bavay, le
nombre restreint de fouilles qui ont livré des meules
donne une idée imprécise de cette distribution, mais
les zones sont bien localisées, particulièrement dans
des îlots d’habitation280. À Soissons et à Boulogne,
les mentions anciennes sont les seules à donner des
informations sur la localisation des découvertes de
meules, et à Arras, seules les fouilles de la rue
Baudimont en ont fourni, ce qui n’apporte pas d’inté-
rêt de ce côté.
4.6.2. Le moulin dans l’habitat
Le moulin manuel peut s’intégrer dans l’habitat de
différentes façons. Sa mise en œuvre la plus simple
est la rotation du catillus sur la meta à même le sol ou
sur une table à l’aide d’un élément de préhension. Le
catillus tourne autour d’un axe, mais la perforation
totale des œils de meta suggère tout de même l’inser-
tion d’un système de calage ou d’une pièce de bois
qui vient recevoir l’axe et empêcher le grain de
s’échapper par le centre. Les traces d’usure observées
sur la face inférieure de nombreuses meta manuelles
semblent indiquer une instabilité du moulin qui, à
chaque rotation, bouge sur son support, de façon plus
ou moins perceptible281.
Le couple de meules peut aussi être placé sur une
structure surélevée assortie d’une potence et actionné
par une perche. Cette technique décrite précédem-
ment permettrait d’accroître les rendements en facili-
tant la mise en rotation manuelle282. Les calculs de
rendements sont rendus difficiles par la multiplication
des facteurs qui interviennent, mais une mise en rota-
tion simple permettrait de moudre entre 3 et 6 kg de
céréales par heure283, pour un rendement de farine en
kilogrammes s’élevant à la moitié284.
Et il semblerait que la mouture du grain demande
un taux d’humidité de 15 %. Or ce taux pour le grain
stocké n’est compris qu’entre 11 et 14 %, ce qui
implique une humectation des céréales avant
mouture285. De plus, selon la finesse désirée, plusieurs
passages de la farine dans le moulin sont nécessaires
pour casser la forte liaison entre l’amande et son enve-
loppe et obtenir un produit pur286. Sans compter les
opérations qui interviennent entre la récolte et la mou-
ture, comme le décorticage des grains dans le cas des
céréales vêtues du nord de la Gaule (épeautre, orge
vêtue).
Le moulin à main prend sa place au sein du mobi-
lier domestique dans les espaces de l’habitat qui ont
trait à la préparation alimentaire, ou à proximité des
bâtiments de stockage des céréales287, comme on peut
le supposer pour les meules observées dans l’îlot situé
au sud du forum de Bavay et dans les domus du
« Palais des Sports » à Amiens.
4.7. Remploi
Lorsque la meule devient inutilisable dans sa fonc-
tion première, le bloc de pierre qu’elle constitue est
préférentiellement remployé plutôt que rejeté288. Il
peut être retaillé pour mieux convenir à sa fonction
secondaire, ou utilisé tel quel. Quand le contexte de
dépôt de la meule est inconnu, le remploi est révélé
par les traces de mortier, de béton, de passage au feu,
ou encore par les zones concaves, polies à lustrées,
que l’on y observe.
L’exemple de remploi le plus parlant est celui du
catillus 209 (Amiens), de type « Pompéi ». Découpé
par le milieu en deux cuvettes puis équarri, il a été
réutilisé comme coffrage de sépulture à incinération
dans la nécropole du Faubourg de Beauvais289
(fig. 38). L’utilisation de meules en contexte funéraire
est toutefois extrêmement rare, et il est plus fréquent
de les retrouver scellées dans des murs, des structures
construites, ou dans le blocage de fondations ou de
poteaux. En témoignent les traces de mortier ou de
béton qui recouvrent certains fragments (fig. 39), et
les nombreuses mentions de découvertes de meules
dans ces contextes secondaires290. Toujours dans la
construction, des meules entières remployées comme
crapaudines sont connues291, ainsi que des fragments
intégrés dans les recharges ou le pavage des voies292.
Les fragments noircis ou rubéfiés par un passage au
feu ont très probablement été utilisés comme pierres
de foyer293.
280. — CARMELEZ 1983; LORIDANT 2002.
281. — MORITZ 1958, p. 117, note 3.
282. — VIGNET-ZUNZ 2002, p. 251; REIGNIEZ 2003, p. 76.
283. — DEMBINSKA 1985; PY 1992, p. 227; BOYER, BUCHSENSCHUTZ
1998, p. 204.
284. — BOYER, BUCHSENSCHUTZ 1998, p. 204.
285. — PANCKOUCKE 1788, p. 11; MATTERNE 2001, p. 142.
286. — BOYER, BUCHSENSCHUTZ 1998, p. 204.
287. — C’est le cas à Lattes (Hérault), où une étude exhaustive des
meules à pu être réalisée sur une durée très longue: PY 1992, p. 227; et
à Contrexéville « Le Petit Hachu » (Vosges), un moulin manuel com-
plet a été mis au jour dans une structure excavée qui correspondrait à un
grenier-cave, et dans laquelle la mouture s’effectuait directement, dans
un milieu humide favorable au décorticage des grains vêtus: LAGADEC
2007, p. 38.
288. — BOYER, JOUIN 2001 p. 42.
289. — PINSARD ms. 1363E, p. 299; PINSARD ms. 1374E, p. 245-253;
VASSELLE, WILL 1956, p. 328; BAYARD, MASSY 1983, p. 163; BÉAL
1996, p. 93; PICHON 2009, p. 229.
290. — LANGEDOCK 1976, p. 227; DURY 1987, p. 163; BOYER 1999,
p. 281; BOYER, JOUIN 2001 p. 28.
291. — NEAL et alii 1990, p. 167; ASENSIO 2001, p. 58.
292. — ASENSIO 2001, p. 58, 72; PICAVET 2012.
293. — POMMEPUY 1999, p. 117; BOYER, JOUIN 2001 p. 28.
208 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
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Les zones concaves, les traces polies, lustrées, et
les fines entailles observées sur certains fragments et
meules complètes suggèrent enfin leur utilisation
comme mortiers, polissoirs ou aiguisoirs (fig. 40).
On remarque donc, après la fonction primaire de
l’objet, une volonté de l’exploiter jusqu’au bout, pour
des usages variés qui peuvent nécessiter les qualités
abrasives de la roches ou simplement son volume et sa
résistance.
CONCLUSION
Cette approche des meules, même si elle se limite
aux principales agglomérations de la partie française
de la Gaule Belgique, permet de poser les bases régio-
nales d’un champ de recherche qui connaît actuelle-
ment un regain d’intérêt. Grâce à une étroite collabo-
ration avec des géologues, cinq roches meulières
dominantes ont été individualisées pour la période
romaine, et leur provenance géologique et géogra-
phique a pu être déterminée; soigneusement sélec-
tionnées et parfois fortement exploitées, elles ont été
largement diffusées, à l’échelle de la province et au-
delà.
Dans un second temps, les types de meules qui
semblent les plus récurrents ont été mis en évidence et
définis selon des critères morphométriques et tech-
niques rassemblés et examinés en séries homogènes.
Grâce à l’observation de ces caractères, des systèmes
d’entraînement des moulins ont pu être proposés et
distingués selon l’énergie employée pour leur mise en
œuvre, qu’elle soit manuelle, animale ou hydraulique.
Par ailleurs, la présence des moulins à l’intérieur ou
à proximité immédiate de la ville, bien que très
inégale selon les chefs-lieux de cité et la qualité des
investigations dont ils ont fait l’objet, montre l’impor-
tance des activités de meunerie et de boulangerie dans
leur économie et pour leur alimentation. Si la meune-
rie artisanale est bien représentée par les meules de
grand format, les meules à main témoignent toujours
du poids et de la persistance de la transformation des
céréales en milieu domestique. Mais les machines
complexes que constituent les moulins ne sont pas
exclusivement réservées à la mouture des céréales.
Bien qu’aucune différenciation litho-typologique ne
soit observée, l’analyse des traces d’usure des sur-
faces actives permet de distinguer mouture végétale
de broyage minéral.
Ainsi, le constat de la diversité des roches et des
usages possibles, associé à l’observation morpholo-
gique et technique des meules, entraîne le début d’une
réflexion sur la pratique de certains aménagements,
comme le rayonnage ou les trous d’emmanchement,
LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 209
FIG. 38. — Une meule « Pompéi » remployée comme
coffrage de sépulture (209, provenance Amiens),
découverte de la rue de l’Union, Amiens.
Cliché Picavet 2009, dessin d’après Pinsard ms. 1374E,
p. 247 (Bibliothèque d’Amiens) et Vasselle, Will 1956, fig. 4.
FIG. 39. — Meule couverte de mortier de tuileau
(8, provenance Bavay).
Cliché Picavet 2009.
FIG. 40. — Concavité de la face active, témoin d’un remploi
de la meule. Cliché Picavet 2009.
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correspondant à des nécessités fonctionnelles ou à des
savoir-faire et des traditions culturelles. Il semblerait
que ces aspects soient fortement entremêlés dans une
zone géographique où persiste un substrat indigène
sous l’apport d’un mode de vie et de pratiques
romaines.
Enfin, et parallèlement à cette contribution, l’étude
des meules des sites ruraux ouvrira des perspectives
non négligeables concernant la meunerie dans le nord
de la Gaule. Elle pourra révéler une spécialisation de
tel ou tel matériau, de tel ou tel type de meule, ou
encore apporter un éclairage sur les spécificités et les
circonstances du commerce des meules. Par ailleurs,
un grès beige à cimentation incomplète employé
exclusivement dans la taille de meules plates de
grandes dimensions, et non décrit dans ce travail car
trop anecdotique dans le corpus des villes, est forte-
ment représenté sur ces sites ruraux et méritera une
étude à part entière294. Les meules employées en
contexte rural pourront ainsi être comparées à celles
des sites urbains afin de préciser les modalités de leur
diffusion, et d’établir les liens et les disparités qui
existent entre les activités de mouture et de broyage
de ces deux milieux.
CATALOGUE
N°; catégorie; roche; diamètre (cm); œil/logement
d’anille; pente de la face active (°) ; habillage; data-
tion (provenance; n° inventaire/US; bibliographie).
Catillus manuels en arkose d’Haybes/
Macquenoise (fig. 41 a)
Amiens
1. Catillus; d. 45,3; log. d’anille traversant quadrangulaire; 6°;
Habillage: piquetage à coups perdus; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale;
Zone II, décapage).
2. Catillus; d. 54; log. d’anille traversant en double queue d’aronde;
7°; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale).
3. Catillus; d. 42; 100-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
4. Catillus; d. 40; log. d’anille traversant quadrangulaire; 6°; 100-120
(Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
5. Catillus; d. 34; 100-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
6. Catillus; d. 32; 0°; 100-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet
2002).
7. Catillus; 11°; 60-100 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
Bavay
8. Catillus; d. 37; 2°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400
(Prov. îlot sud Forum, remblai, 1973; n° inv. 73 Z 1054; Carmelez
1983).
9. Catillus; d. 41; log. d’anille traversant bilobé; 3°; Habillage: rayon-
nage, piquetage; 1-400; (Prov. îlot sud Forum, remblai, 1972; n° inv.
72 REM 616; Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010).
10. Catillus; d. 42; 3°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv.
306; Carmelez 1983).
11. Catillus; d. 44,5; log. d’anille traversant en double queue
d’aronde; 8°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. îlot
sud Forum, remblai, 1972; n° inv. 72 REM 618; Boyer, Picavet
2010).
12. Catillus; d. 31,8; log. d’anille traversant bilobé; 3°; habillage
mixte; 1-400 (Prov. îlot sud Forum; n° inv. 81 A 38; Carmelez
1983; Boyer, Picavet 2010).
13. Catillus; d. 34; log. d’anille traversant en double queue d’aronde;
10°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 81 A 27; Carmelez
1983).
14. Catillus; d. 49; log. d’anille traversant en double queue d’aronde;
habillage: rayonnage composé droit.
15. Catillus; d. 37,5; log. d’anille traversant en double queue
d’aronde; 4°; habillage: rayonnage composé droit à courbe; 1-400
(Prov. îlot sud Forum, remblai; n° inv. (72 REM) 368; Carmelez
1983; Boyer, Picavet 2010).
16. Catillus; d. 40; log. d’anille traversant en double queue d’aronde;
habillage mixte (n° inv. 81 A 35; Carmelez 1983).
17. Catillus; d. 41,8; log. d’anille traversant en double queue
d’aronde; 9°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 379;
Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010).
18. Catillus; d. 42; 8°; habillage: rayonnage droit (n° inv. 446;
Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010).
19. Catillus; d. 44; log. d’anille traversant en double queue d’aronde;
13°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. W 167).
20. Catillus; d. 44; 4°; habillage mixte; 1-400 (Prov. terrain des
Douanes RN32, 1965; n° inv. 5 Z 32 = R5; Carmelez 1983).
21. Catillus; d. 44; log. d’anille traversant en double queue d’aronde;
5°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. Forum, 1965;
n° inv. 65 Z; Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010).
22. Catillus; d. 44,5; log. d’anille traversant en double queue
d’aronde; 8°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. îlot
sud Forum; n° inv. 81 A 29; Carmelez 1983).
23. Catillus; d. 44,5; log. d’anille traversant en double queue
d’aronde; 3°; habillage mixte (n° inv. 81 A 44; Carmelez 1983).
24. Catillus; d. 45; log. d’anille traversant en double queue d’aronde;
2°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 397; Carmelez 1983).
25. Catillus; d. 46; log. d’anille traversant bilobé; 6°; habillage:
rayonnage composé droit à courbe; 1-400 (Prov. îlot sud Forum,
couche de démolition, 1971; n° inv. 71 Z 870; Carmelez 1983).
26. Catillus; d. 46; 9°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv.
81 A 26; Carmelez 1983).
27. Catillus; d. 46; 4°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv.
388; Carmelez 1983).
28. Catillus; d. 47,5; log. d’anille traversant en double queue
d’aronde; 0°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 449;
Carmelez 1983).
29. Catillus; d. 48; 1°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400
(Prov. Forum; n° inv. 8 Z 80; Carmelez 1983).
30. Catillus; d. 48,5; log. d’anille traversant en double queue
d’aronde; 7°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. îlot
sud Forum, remblai, 1972; n° inv. 72 REM 22; Carmelez 1983).
31. Catillus; d. 50; 5° (n° inv. 459; CARMELEZ 1983; Boyer, Picavet
2010).
Reims
32. Catillus; d. 44; 1-400 (Prov. boulevard Henrot, 2008; US 100, OI
1408; d’après Jodry, base Groupe Meule 2010).
33. Catillus; d. 46; log. d’anille traversant en double queue d’aronde;
6°; habillage: rayonnage; 1-400 (Prov. 12-14 rue Carnot, 1995; US
322).
34. Catillus; habillage: piquetage à coups perdus; 1-400 (Prov. 12-14
rue Carnot, 1996; US 322).
294. — PICAVET 2012 (à paraître).
210 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
Picavet 1 22/05/12 11:04 Page 210
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Soissons
35. Catillus; d. 42; log. d’anille traversant bilobé; 5°; habillage en nid
d’abeille (n° inv. 93.7.1286).
Catillus manuels en grès de Fosses/Belleu (fig. 41 b)
Amiens
36. Catillus; d. 46; log. d’anille traversant en double queue d’aronde;
3°; habillage: rayonnage; 110-130 (Prov. Palais des Sports; Binet
1995).
37. Catillus; d. 43; 8°; habillage en nid d’abeille; 1-400 (Prov. ZAC
Cathédrale; US 31708).
38. Catillus; d. 41,5; log. d’anille traversant quadrangulaire; 8°.
39. Catillus; d. 41; ovalaire; 7°; habillage: rayonnage composé droit;
1-400 (Prov. Logis-du-Roi, 1973-1979).
40. Catillus; d. 47; log. d’anille traversant en double queue d’aronde;
6°; 1-150 (Prov. 52 rue Frédéric Petit, 1925; Pichon 2009, p. 53).
41. Catillus; d. 46; log. d’anille traversant en double queue d’aronde;
6°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. rue Saint-Leu,
1903; Pichon 2009, p. 197 et Pinsard ms. 1359E, p. 188).
42. Catillus; d. 43; ovalaire; 8°; 1400.
Beauvais
43. Catillus; d. 38,5; œil cylindrique; 6°; habillage: rayonnage com-
posé droit; 1-400 (Prov. 44 rue des Jacobins, 1994).
44. Catillus; d. 41; 5°; 65-175 (Prov. Hôtel Dieu, 1988-1989; HD 1,
12164.2).
45. Catillus; d. 42; 4°; habillage: rayonnage composé droit (Prov.
Caserne Watrin, 2009; Tr IX, US 22).
46. Catillus; d. 42; 4°; habillage: rayonnage composé droit; 175-250
(Prov. Caserne Taupin, 1992; Zone 24, US 70).
47. Catillus; d. 45; 1-400 (place Foch, 2010; Tr V, US 540)
48. Catillus; d. 47; 3°; habillage: rayonnage composé droit; 1-200
(Prov. rue Nully d’Hécourt, 2006; Z. II, US 272, 1er décapage).
49. Catillus; d. 55; log. d’anille en double queue d’aronde; 8°;
habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. 44 rue des
Jacobins, 1994).
Reims
50. Catillus; d. 40; 1-400 (Prov. boulevard Henrot, 2008; US 931, OI
1407, fait 309; d’après Jodry, base Groupe Meule 2010).
Catillus manuels en calcaire gréseux à rares num-
mulites (fig. 41 c)
Amiens
51. Catillus; d. 54,5; log. d’anille traversant en double queue
d’aronde; 6°; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale; Zone II, US 31519,
n° 2072).
52. Catillus; d. 54; 0°; 1-200 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet
2002).
53. Catillus; d. 51; log. d’anille traversant en double queue d’aronde;
40-60 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
54. Catillus; d. 42; 3°; 100-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet
2002).
55. Catillus; d. 42; log. d’anille traversant en double queue d’aronde
(Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
56. Catillus; d. 38; 90-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
57. Catillus; 130-150 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
58. Catillus; 50-100 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
Reims
59. Catillus; d. 47; ovalaire; 7°; 1-400 (Prov. 12-14 rue Carnot, 1995;
US 322).
Catillus manuels en roche volcanique (fig. 41 d)
Amiens
60. Catillus; d. 54; 8°; 60-100 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet
2002).
61. Catillus; d. 42; 60-100 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
62. Catillus; d. 36 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
63. Catillus; 30-70 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
Bavay
64. Catillus; d. 35; œil biconique; 8°; habillage: rayonnage composé
droit (n° inv. 81 A 49; Carmelez 1983).
65. Catillus; d. 36; log. d’anille par-dessus; 10°; habillage: rayonnage
composé droit (n° inv. 81 A 30; Carmelez 1983).
66. Catillus; d. 39; 9°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv.
81 A 28 = 73 Z 1053; Carmelez 1983).
67. Catillus; d. 40; 18°; habillage: rayonnage (n° inv. 2005 A 106
= 8 Z 614; Carmelez 1983).
68. Catillus; d. 42; log. d’anille traversant en double queue d’aronde;
9°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. Forum, 1965;
n° inv. 65 Z 468; Carmelez 1983).
69. Catillus; d. 42; 6°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400
(Prov. îlot sud Forum, HS, 1972; n° inv. 72 Z 1207; Carmelez
1983).
Boulogne
70. Catillus; d. 42; log. anille rectangulaire par-dessous; 10°;
habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 377).
Reims
71. Catillus; d. 42; 14° (Prov. rue de l’Étape?).
72. Catillus; d. 48; 1-400 (Prov. boulevard Henrot, 2008; US 1532,
OI 761; d’après Jodry, base Groupe Meule 2010).
Soissons
73. Catillus; d. 48; log. d’anille traversant quadrangulaire; 12°;
habillage: rayonnage simple droit (n° inv. 2010.0.1).
Catillus manuels en calcaire (fig. 41 e)
Reims
74. Catillus; calcaire à cérithes; d. 41,5; log. d’anille traversant qua-
drangulaire; 4°.
75. Catillus; calcaire à ditrupa; d. 36; œil cylindrique; 1-400 (Prov.
boulevard Henrot, 2008; US 644, OI 222; d’après Jodry, base Groupe
Meule 2010).
Soissons
76. Catillus; calcaire à nombreuses nummulites; d. 34; œil tronco-
nique; 5° (n° inv. 93.7.1285).
77. Catillus; calcaire à cérithes; d. 39; œil en bol; 2° (n° inv.
93.7.1290).
78. Catillus; calcaire à cérithes; d. 35,5; œil en entonnoir; 2° (n° inv.
93.7.12912).
79. Catillus; calcaire à cérithes; d. 31,5; œil en entonnoir; 0° (n° inv.
93.7.1288).
Meules manuelles en roche indéterminée (fig. 41 f)
Amiens
80. Catillus; d. 30; 40-60 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
81. Indét.; 90-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
82. Catillus; d. 54; 8°; 60-100 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet
2002).
83. Catillus; d. 46; 9°; 40-70 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet
2002).
LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 211
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212 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
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28
29
30
31
Bavay
Amiens
1
2
36
37
41
39
40
38
42
Amiens
51
Beauvais
Amiens
43
44
45
46
48
49
59
Reims
Reims
34
33
71
Reims
74
Reims
Soissons
77
76
78
79
35
Soissons
Soissons
73
Bavay
64
65
66
67
68
69
100
90
Bavay
91
Boulogne
70
101
47
Bavay
Boulogne
94
95
96
Amiens
97
98
Bavay
99
Beauvais
102
a.
b.
c.
d.
e.
f.
g.
Amiens
h.
i.
j.
0 30 cm
FIG. 41. — Catalogue des meules manuelles. Éch. 1/20.
a. Catillus en arkose d’Haybes/Macquenoise ; b. Catillus en grès de Fosses/Belleu ; c. Catillus en calcaire gréseux à rares nummulites ;
d. Catillus en roche volcanique ; e. Catillus en calcaire ; f. Catillus roche indéterminée ; g. Catillus manuels à réglage de l’écartement en
calcaire gréseux à rares nummulites ; h. En arkose d’Haybes/Macquenoise ; i. En roche volcanique ; j. En grès de Fosses/Belleu.
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84. Catillus; d. 44; 17° (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
85. Catillus; d. 38; 8° (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
86. Catillus; d. 21; 0° (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
87. Meta; d. 42; 100-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
88. Meta; d. 42; 60-90 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
89. Meta; d. 30 (Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
Bavay
90. Catillus; 37; log. anille quadrangulaire par-dessus; 10°; 1-400
(Prov. Forum, 1966; n° inv. 66 Z 903).
91. Catillus; grès; d. 32; ovalaire; 0°; habillage: rayonnage composé
droit (n° inv. 373; Carmelez 1983).
92. Meule verticale; calcaire; d. 50; quadrangulaire; 0° (n° inv. 442
= 127; Carmelez 1983).
Reims
93. Catillus; grès; d. 42; 1-400 (Prov. boulevard Henrot, 2008; US
100, HS; d’après Jodry, base Groupe Meule 2010).
Catillus à réglage de l’écartement en calcaire gré-
seux à rares nummulites (fig. 41 g)
Amiens
94. Catillus; d. 50,5; log. anille rectangulaire par-dessous; 5°; 1-400
(Prov. ZAC Cathédrale; n° 2078 - 2067).
Catillus à réglage de l’écartement en arkose
d’Haybes/Macquenoise (fig. 41 h)
Amiens
95. Catillus; d. 51,8; log. d’anille traversant en double queue d’aronde,
log. d’anille par-dessous en double queue d’aronde; 4°; habillage:
rayonnage composé droit.
96. Catillus; d. 50,3; log. d’anille traversant en double queue d’aronde,
log. d’anille par-dessous en double queue d’aronde; 7°; habillage:
rayonnage composé courbe.
Bavay
97. Catillus; d. 52; log. d’anille traversant en double queue d’aronde;
6°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 81 A 21, 81 A 22,
81 A 24, 81 A 40; Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010).
98. Catillus; d. 54; log. d’anille en double queue d’aronde par-des-
sous; 1°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 389, 391, 392;
Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010).
99. Catillus; log. d’anille traversant en double queue d’aronde et log.
d’anille en double queue d’aronde par-dessous; habillage: rayonnage
composé droit (n° inv. 2005 A 101; Boyer, Picavet 2010).
Catillus à réglage de l’écartement en roche volca-
nique (fig. 41 i)
Bavay
100. Catillus; d. 44; log. anille quadrangulaire par-dessus + log.
d’anille par-dessous; 9°; habillage: rayonnage composé irrégulier
(n° inv. 465; Carmelez 1983).
Boulogne
101. Catillus; d. 30; log. anille rectangulaire par-dessous; 11°;
habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 382).
Catillus à réglage de l’écartement en grès de
Fosses/Belleu (fig. 41 j)
Beauvais
102. Catillus; d. 50; log. d’anille crampon; 8°; habillage: rayonnage;
1-250 (Prov. Caserne Taupin, 1992; Zone 52, US 1182).
Meta manuelles en arkose d’Haybes/Macquenoise
(fig. 42 a)
Amiens
103. Meta; d. 42; 0°; 100-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet
2002).
104. Meta; d. 42; 100-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
Arras
105. Meta; d. 52; 5°; habillage: rayonnage simple droit; 200-450
(Prov. rue Baudimont, 1950; n° inv. A 50.1).
106. Meta; d. 40; œil tronconique; 1°; habillage: rayonnage composé
droit; 1-30 (Prov. rue Baudimont, 1984; n° inv. A 84.34, meule n° 5).
107. Meta; d. 33; œil tronconique; 3°; habillage: rayonnage simple
droit; 1-200 (Prov. rue Baudimont, 1987; n° inv. C 87.9, meule n° 9).
108. Meta; d. 45; œil biconique; 3°; habillage: rayonnage, piquetage;
200-450 (Prov. rue Baudimont, 1985; n° inv. B 85.36, meule n° 7).
Bavay
109. Meta; d. 33; œil tronconique; habillage: piquetage à coups per-
dus.
110. Meta; d. 38; œil cylindrique; 7°; habillage: rayonnage composé
droit (n° inv. 461; Carmelez 1983).
111. Meta; d. 38,4; 3°; 1-400 (Prov. Sablière Stoclet; n° inv. Z 3076;
Carmelez 1983).
112. Meta; d. 39; œil tronconique; 6°; habillage: rayonnage composé
droit (n° inv. 79 A 281 = 374; Boyer, Picavet 2010).
113. Meta; d. 42; œil biconique; 5°; habillage: rayonnage composé
droit; 1-400 (Prov. terrain des Douanes RN32, 1965; n° inv. 65 Z
508).
114. Meta; d. 41; œil tronconique; 1°; habillage: rayonnage composé
droit (n° inv. 399).
115. Meta; d. 41; œil biconique; 2°; habillage: rayonnage composé
droit à courbe (n° inv. 566; Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010).
116. Meta; d. 41; œil tronconique; 2°; habillage: rayonnage composé
droit; 1-400 (Prov. îlot sud Forum, 1972; n° inv. 72 REM 633;
Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010).
117. Meta; d. 43,5; œil cylindrique; 5°; habillage: rayonnage com-
posé courbe (n° inv. 81 A 34 = 378; Carmelez 1983).
118. Meta; d. 44; œil tronconique; 5°; habillage: rayonnage composé
courbe (n° inv. 81 A 48; Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010).
119. Meta; d. 45; œil tronconique; 2°; habillage: rayonnage composé
droit (n° inv. 443, 81 A 25; Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010).
120. Meta; d. 47,5; œil cylindrique; 4°; habillage: rayonnage com-
posé droit (n° inv. 81 A 32 = 463; Carmelez 1983).
121. Meta; d. 56; œil biconique; 12°; habillage: rayonnage composé
droit (n° inv. 445, 2005 A 107 = 531; Carmelez 1983).
122. Meta; d. 7; habillage: rayonnage droit; 1-400 (Prov. Sablière
Macron; n° inv. Z 5751; Carmelez 1983).
123. Meta; d. 52; 3°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv.
464; Carmelez 1983).
124. Meta; d. 54; 2°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 81
A 39; Carmelez 1983).
125. Meta; œil tronconique; 9°; habillage: rayonnage composé droit
(n° inv. 81 A 45 = 14; Carmelez 1983).
126. Meta; d. 50; œil tronconique; 6°; habillage: rayonnage composé
droit (n° inv. 81 A 36; Carmelez 1983).
127. Meta; d. 43; œil cylindrique; 0°; habillage: rayonnage, pique-
tage; 1-400 (Prov. Forum; n° inv. 6 Z 122; Carmelez 1983).
128. Meta; d. 40; habillage mixte (n° inv. 69 Y 45).
129. Meta; d. 40; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (n° inv.
88 Z 1172).
130. Meta; d. 53; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov.
cryptoportique Forum; n° inv. 87 Y 1373).
131. Meta; d. 33; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov.
sondage sud boutique, bordure decumanus; n° inv. 77 Z 309;
Carmelez 1983).
LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 213
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Boulogne
132. Meta; d. 37,5; œil biconique; 4°; habillage: rayonnage composé
droit (n° inv. 378).
Reims
133. Meta; d. 43; œil tronconique; 3°; habillage: rayonnage, pique-
tage; 1-400 (Prov. 12-14 rue Carnot, 1997; US 322).
134. Meta; d. 43,5; œil tronconique; 6°; habillage: piquetage à coups
perdus; 1-400 (Prov. 12-14 rue Carnot, 1998; US 322).
135. Meta; d. 48; œil cylindrique; 1-400 (Prov. Bd Henrot, 2008; US
514, OI 800; d’après Jodry, base Groupe Meule 2010).
136. Meta; d. 41; œil cylindrique; 1°; habillage: rayonnage; 1-300
(Prov. 28 boulevard Joffre, 1988).
Meta manuelles en grès de Fosses/Belleu (fig. 42 b)
Amiens
137. Meta; d. 49; œil biconique; 8°; habillage: rayonnage, piquetage;
1-150 (Prov. 52 rue Frédéric Petit, 1925; Pichon 2009, p. 53).
138. Meta; d. 48; œil tronconique; 9°; habillage: rayonnage, pique-
tage; 1-400.
139. Meta; d. 47; œil tronconique; 6°; habillage: rayonnage, pique-
tage; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale; Zone II, US 31496).
140. Meta; d. 41; œil biconique; 8°; habillage en nid d’abeille.
141. Meta; d. 40; 6°; habillage: piquetage à coups perdus; 1-400
(Prov. ZAC Cathédrale; US 30253).
142. Meta; d. 40; 0°; habillage: piquetage à coups perdus; 1-400
(Prov. ZAC Cathédrale; US 30659).
143. Meta; d. 39; œil biconique; 4°; habillage: rayonnage; 1-400
(Prov. ZAC Cathédrale; US 32073).
144. Meta; d. 37; œil biconique; 8°; habillage: piquetage à coups per-
dus; 110-130 (Prov. Palais des Sports; Binet 1995).
145. Meta; d. 45; œil tronconique; 6°; habillage: piquetage à coups
perdus.
146. Meta; d. 51,5; œil tronconique; 8°; habillage: piquetage à coups
perdus.
Beauvais
147. Meta; d. 40; œil tronconique; 0°; 1-400 (Prov. Caserne Watrin,
2002; Sd. 2, US 14).
148. Meta; d. 41; œil tronconique; 5°; habillage: rayonnage composé
droit; 1-250 (Prov. Caserne Taupin, 1992; St 54).
149. Meta; d. 46; œil cylindrique; 4°; habillage: rayonnage composé
droit; 1-200 (Prov. rue Nully d’Hécourt, 2006; Z. II, US 109).
150. Meta; d. 47; œil tronconique; 1°; habillage: rayonnage; 1-250
(Prov. Caserne Taupin, 1992; Zone 52, US (11) 86).
151. Meta; œil tronconique; 2°; habillage: rayonnage composé droit;
100-300 (Prov. Caserne Watrin, 2002; Sd. II, US 6).
Reims
152. Meta; d. 48; œil cylindrique; 1-400 (Prov. boulevardd Henrot,
2008; US 486, OI 170; d’après Jodry, base Groupe Meule 2010).
153. Meta; d. 43; œil tronconique; habillage: rayonnage composé
droit à courbe; 1-400 (Prov. boulevardd Henrot, 2008; US 100, OI
685; d’après Jodry, base Groupe Meule 2010).
Meta manuelles et meules indéterminées en cal-
caire gréseux à rares nummulites (fig. 42 c)
Amiens
154. Indét.; d. 45; 90-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
155. Indét.; 100-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
156. Meta; d. 48; œil tronconique; 60-80 (Prov. Multiplexe
Gaumont; Binet 2002).
157. Meta; d. 31,5; 0°; 50-100 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet
2002).
158. Meta; d. 48,5; œil biconique; 9°.
Reims
159. Meta; d. 48; œil cylindrique; habillage: piquetage à coups per-
dus; 1-400 (Prov. boulevard Henrot, 2008; US 100, OI 686; d’après
Jodry, base Groupe Meule 2010).
Meta manuelles et meules indéterminées en roche
volcanique (fig. 42 d)
Amiens
160. Meta; d. 47,5; œil cylindrique; 14°; 1-400 (Prov. 34 rue des
Verts-Aulnois, 1897; Pinsard ms. 1334E, p. 221; Pichon 2009, p. 112).
161. Meta; d. 45; œil cylindrique; 10°.
162. Indét. (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
163. Indét.; 60-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
164. Indét.; 60-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
165. Indét.; 60-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
166. Indét.; 80-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
167. Indét.; 100-140 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
Arras
168. Meta; d. 46; œil tronconique; 7°; rayonnage simple droit; 200-
450 (Prov. rue Baudimont, 1984; n° inv. A 84.36, meule n° 6).
Bavay
169. Meta; d. 35; œil biconique; 0° (n° inv. 2005 A 105).
170. Meta; d. 38; œil tronconique; 8°; habillage: rayonnage composé
droit (n° inv. 81 A 31; Carmelez 1983).
Reims
171. Meta; d. 44; œil cylindrique; 1-400 (Prov. boulevard Henrot,
2008; US 1027, OI 1398; d’après Jodry, base Groupe Meule 2010).
Meta manuelles en calcaire (fig. 42 e)
Reims
172. Meta; calcaire à cérithes; d. 38,5; œil cylindrique; 4°.
173. Meta; calcaire à ditrupa; d. 42; œil tronconique; 3°; 1-300 (Prov.
28 boulevard Joffre, 1988; US 805).
Soissons
174. Meta; calcaire à nombreuses nummulites; d. 33,5; œil cylin-
drique; 3° (n° inv. 93.7.1289).
175. Meta; calcaire à cérithes; d. 35,5; œil cylindrique; 3° (n° inv.
93.7.1291-1).
Meta manuelles et meules indéterminées en pou-
dingue (fig. 42 f)
Amiens
176. Indét.; d. 30; œil tronconique; 50-100 (Prov. Multiplexe
Gaumont; Binet 2002).
177. Meta; d. 39; œil biconique; 5°.
178. Meta; d. 33; œil biconique; 4°.
179. Meta; d. 32; œil tronconique; 4°.
180. Meta; d. 30; œil en entonnoir; 0°.
181. Meta; d. 29; œil en entonnoir; 0°.
182. Meta; d. 33,5; œil en entonnoir; 0°.
Catillus manuels en poudingue (fig. 42 g)
Amiens
183. Catillus; d. 39,5; ovalaire; 8°.
184. Catillus; d. 37; œil tronconique; 5°.
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LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 215
0 30 cm
158
137
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Amiens
145
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Amiens
105
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Arras
107
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168
Arras
Bavay
110
111
109
113
112
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121
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126
127
169
170
Bavay
147
148
149
150
151
Beauvais
132
Boulogne
133
134
Reims
136
172
173
Reims
Soissons
175
174
183
184
186
187
188
189
190
191
192
193
195
196
Amiens
177
178
179
181
180
205
Beauvais
Boulogne
197
198
199
200
201
202
203
204
194
185
Amiens
a. b.
c.
d.
e.
f.
g.
Amiens
182
FIG. 42. — Catalogue des meules manuelles. Éch. 1/20.
a. Meta en arkose d’Haybes/Macquenoise ; b. Meta en grès de Fosses/Belleu ; c. Meta en calcaire gréseux à rares nummulites ; d. Meta en
roche volcanique ; e. Meta en calcaire ; f. Meta en poudingue ; g. Catillus en poudingue.
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185. Catillus; d. 36,5; œil en entonnoir; 0°.
186. Catillus; d. 34; œil en bol; 2°; 117-250 (Prov. angle boulevard
Guyencourt/rue Béranger 1927; Pichon 2009, p. 63).
187. Catillus; d. 33; œil en entonnoir; 3°.
188. Catillus; d. 33; œil en entonnoir; 0°.
189. Catillus; d. 33; œil en entonnoir; 4°.
190. Catillus; d. 32; œil en entonnoir; 0°.
191. Catillus; d. 32; œil biconique; 7°.
192. Catillus; d. 32; œil en entonnoir; 2°.
193. Catillus; d. 31; œil cylindrique; 4°; 100-400 (Prov. 7 rue des
Jacobins, 1924; Pichon 2009, p. 140).
194. Catillus; d. 31; 7°; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale; US 32389).
195. Catillus; d. 30; œil en entonnoir; 0°.
196. Catillus; d. 28,5; œil tronconique; 7°; 1-400 (Prov. boulevard
Carnot, 1846; Pichon 2009, p. 86).
Boulogne
197. Catillus; d. 30; œil tronconique; 0° (Prov. souterrain château,
1995; US 1634).
198. Catillus; d. 33,5; œil cylindrique; 3° (n° inv. 370).
199. Catillus; d. 28; œil tronconique; 0° (n° inv. 368).
200. Catillus; d. 25; œil tronconique; 2° (n° inv. 367).
201. Catillus; d. 30; œil tronconique; 4° (n° inv. 375).
202. Catillus; d. 28,5; œil tronconique; 6° (n° inv. 371).
203. Catillus; d. 30; œil en bol; 3° (n° inv. 369).
204. Catillus; d. 28; œil en entonnoir; 0° (n° inv. 372).
Beauvais
205. Catillus; Poudingue; 37; œil cylindrique; 2° (Prov. Caserne
Pierre Garbet, 1992; Sd 5).
Meules de type « Pompéi » (fig. 43)
Amiens
206. Catillus; grès de Fosses/Belleu; d. 61; 1-400 (Prov. 9-11 rue de
Noyon, 1903; Pinsard ms. 1371E, p. 153-157; Pichon 2009, p. 175;
Jaccottey, Longepierre et alii 2011).
207. Catillus; grès de Fosses/Belleu; d. 68; 1-400 (Prov. emplace-
ment du marché Lanselles, 1894; Pichon 2009, p. 72; Jaccottey,
Longepierre et alii 2011).
208. Catillus; grès de Fosses/Belleu; d. 74; 1-400 (Prov. angle rue
Desprez et rue Frédéric Petit, 1927; n° inv. 3078, 1876.104; Lindet
1900, p. 29; Bayard, Massy 1983, p. 163; Béal 1996, p. 93; Pichon
2009, p. 85-86; Jaccottey, Longepierre et alii 2011).
209. Catillus; grès de Fosses/Belleu; d. 76,5; 75-125 (Prov. 29 rue de
l’Union, 1881; Pinsard ms. 1363E, p. 299; ms. 1374E, p. 239-253;
Vasselle, Will 1956, p. 328; Bayard, Massy 1983, p. 163; Pichon 2009,
p. 229; Jaccottey, Longepierre et alii 2011).
210. Catillus; grès autre; d. 52; 1-400 (Jaccottey, Longepierre et alii
2011).
211. Catillus; roche volcanique; d. 46 (Jaccottey, Longepierre et alii
2011).
212. Meta; grès de Fosses/Belleu; d. 57 (Béal 1996 p. 93; Jaccottey,
Longepierre et alii 2011). *Dessin schématique.
Reims
213. Catillus; grès de Fosses/Belleu; d. 70 (Jaccottey, Longepierre et
alii 2011).
214. Catillus; roche volcanique; d. 73; 1-400 (Prov. rue de Cernay,
1999; Jaccottey, Longepierre et alii 2011).
215. Catillus; roche volcanique; d. 56 (Loriquet 1862; Béal 1996;
Jaccottey, Longepierre et alii 2011).
216. Catillus; roche volcanique; d. 95 (Prov. rue des promenades
(boulevard Foch, boulevard du général Leclerc); Jaccottey,
Longepierre et alii, 2011).
217. Meta; roche volcanique; d. 70; 1-400 (Prov. boulevard Henrot,
2008; Jaccottey, Longepierre et alii, 2011).
218. Meta; roche indét.; d. 60 (Jaccottey, Longepierre et alii, 2011).
Soissons
219. Catillus; roche volcanique; d. 92 (Prov. rue Saint-Martin, 1889;
n° inv. 93.7.1287; Michaux 1886; Béal 1996; Jaccottey, Longepierre
et alii 2011).
216 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
0 30 cm
Amiens
206
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212*
FIG. 43. — Catalogue des meules de type « Pompéi » d’Amiens. Éch. 1/20.
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Grands catillus en arkose d’Haybes/Macquenoise
(fig. 44 a)
Amiens
220. Catillus; d. 45,3; log. d’anille traversant quadrangulaire; 6°;
habillage: piquetage à coups perdus; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale;
Zone II, décapage).
Arras
221. Catillus; d. 55,5; log. d’anille en double queue d’aronde par-des-
sous; 8°; rayonnage composé courbe; 400-430 (Prov. rue Baudimont,
chemin caserne, 1995; Jacques 1995).
Bavay
222. Catillus; d. 60; 9°; habillage: rayonnage droit (n° inv. 81 A 23;
Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010).
223. Catillus; log. d’anille en double queue d’aronde par-dessous;
habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 129.2.2).
224. Catillus; d. 66; 5°; habillage: rayonnage droit (n° inv. 444;
Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010).
Grands catillus en roche volcanique (fig. 44 b)
Amiens
225. Catillus; d. 81; 12°; habillage: rayonnage simple; 1-400 (Prov.
ZAC Cathédrale; HS).
226. Catillus; d. 75; log. d’anille traversant en double queue d’aronde;
13°; 100-? (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002).
227. Catillus; d. 71,5; log. anille rectangulaire par-dessous; 18°;
habillage: piquetage à coups perdus; 1-400 (Prov. Logis-du-Roi,
1973-1979).
228. Catillus; d. 57; 17°; 90-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet
2002).
229. Catillus; d. 49; deux paires de saignées parallèles sur face supé-
rieure; 0°.
Beauvais
230. Catillus; d. 79; log. d’anille rectangulaire par-dessous; 7°; 125-
200 (Prov. Tour Boileau, 1998; US 377).
231. Catillus; d. 86; log. d’anille crampon; 28°; habillage: rayon-
nage; 125-200 (Prov. Tour Boileau, 1998; Sd 3, US 415).
Boulogne
232. Catillus; d. 70; 13°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv.
385).
Reims
233. Catillus; Roche volcanique; d. 66; log. d’anille crampon (Musée
Saint-Remi; d’après Jodry, Lepareux-Couturier, base Groupe Meule,
JODRY 2011, p. 33).
Grands catillus en calcaire gréseux à rares num-
mulites (fig. 44 c)
Reims
234. Catillus; d. 52; log. d’anille rectangulaire par-dessous; 15°;
habillage: rayonnage large courbe; 1-400 (Prov. rue Rockfeller,
1998).
Soissons
235. Catillus; d. 67; log. d’anille quadrangulaire par-dessous; 9°
(n° inv. 93.7.1283).
236. Catillus; d. 59,5; log. d’anille en croix par-dessous; 12°;
habillage: rayonnage composé courbe (n° inv. 93.7.1284).
Grandes meules en autres grès (fig. 44 d)
Amiens
237. Meta; d. 62; œil cylindrique; 9°; habillage: piquetage à coups
perdus.
238. Catillus; d. 61; 11°; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale; sect. 4, US
31404).
239. Catillus; d. 75; 8°; habillage: piquetage à coups perdus; 1-400
(Prov. ZAC Cathédrale).
Bavay
240. Catillus; d. 70; 8°; habillage: cupules longues et rayonnantes
(n° inv. 81 A 46; Carmelez 1983).
241. Catillus.
Boulogne
242. Catillus; d. 60; log. d’anille traversant en double queue d’aronde
+ log. d’anille en double queue d’aronde par-dessous; 12° (n° inv.
381).
243. Catillus; d. 80; log. d’anille traversant en double queue d’aronde;
0°.
Grandes meta en arkose d’Haybes/Macquenoise
(fig. 44 e)
Amiens
244. Meta; d. 54,5; 9°; habillage: rayonnage composé droit.
Bavay
245. Meta; d. 60; œil cylindrique; 14°; habillage: rayonnage composé
droit (n° inv. 2005 A 110; Boyer, Picavet 2010).
246. Meta; d. 60; 10°; habillage: rayonnage composé droit (non
numérotée).
247. Meta; d. 67; œil cylindrique; 8°; habillage: rayonnage composé
droit (n° inv. 81 A 47 (= 246/161) ; Carmelez 1983; Boyer, Picavet
2010).
248. Meta; d. 66; 10°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv.
64; Carmelez 1983).
249. Meta; d. 71; œil cylindrique; 12°; habillage: rayonnage composé
droit (n° inv. 2005 A 108; Boyer, Picavet 2010).
250. Meta; d. 67; œil tronconique; 8°; habillage: rayonnage composé
droit (n° inv. 81 A 37; Carmelez 1983).
251. Meta; d. 68; 7°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. A4;
Carmelez 1983).
252. Meta; d. 71; 2°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv.
2005 A 104, 2005 A 100, 2005 A 95, 81 A 52, 81 A 41, 2005 A
96, 2005 A 102; Carmelez 1983).
253. Meta; œil cylindrique; 5°; habillage: rayonnage composé droit;
1-400 (Prov. Forum; n° inv. 6 Z 68).
Grandes meta en roche volcanique (fig. 44 f)
Amiens
254. Meta; d. 71; œil cylindrique; 13°; habillage: rayonnage composé
droit; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale; US 32146).
255. Meta; d. 75; 10°; habillage: piquetage à coups perdus; 1-400
(Prov. ZAC Cathédrale; US 30438).
Beauvais
256. Meta; d. 60; 6°; 125-200 (Prov. Tour Boileau, 1998).
257. Meta; d. 65; œil tronconique; 10°; 175-200 (Prov. Galerie natio-
nale de la Tapisserie/Chevet de la Cathédrale, 1969-1974).
258. Meta; d. 78,5; œil cylindrique; 7°; 125-200 (Prov. Tour Boileau,
1998).
259. Meta; d. 80; 5°; 125-200 (Prov. Tour Boileau, 1998).
LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 217
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218 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER
220
244
Amiens
Amiens
226
227
225
254
255
229
221
Arras
222
223
224
Bavay
Bavay
240
Bavay
230
231
Beauvais
256
257
258
259
Boulogne
231
260
242
Boulogne
243
Reims
234
Soissons
235
268
236
269
270
271
245
Beauvais
Amiens
Boulogne
Soissons
Amiens
a.
b.
c.
d.
e.
f.
g.
0 30 cm
253
252
251
264
262
263
265
266
267
Amiens
Amiens
237
238
239
246
249
250
248
247
FIG. 44. — Catalogue des meules de grandes dimensions. Éch. 1/20.
a. Catillus en arkose d’Haybes/Macquenoise ; b. Catillus en roche volcanique ; c. Catillus en calcaire gréseux à rares nummulites ; d. Autres
meules, en grès de nature indéterminée ; e. Meta en arkose d’Haybes/Macquenoise ; f. Meta en roche volcanique ; g. Meta en calcaire gré-
seux à rares nummulites.
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Boulogne
260. Meta; d. 59; œil tronconique; 13°; habillage: rayonnage com-
posé droit (n° inv. 383).
Reims
261. Meta; roche volcanique; d. 69; œil cylindrique (Musée Saint-
Remi; d’après Jodry, Lepareux-Couturier, base Groupe Meule 2010).
Grandes meta en calcaire gréseux à rares nummu-
lites (fig. 44 g)
Amiens
262. Meta; d. 59; œil tronconique; 14°.
263. Meta; d. 54; œil tronconique; 6°; habillage: piquetage à coups
perdus.
264. Meta; d. 64; œil cylindrique; 23°.
265. Meta; d. 58; œil cylindrique; 10°; habillage: rayonnage composé
droit; 1-400 (Prov. 7 rue des Jacobins; Pichon 2009, p. 140).
266. Meta; d. 52; œil biconique; 5°; habillage mixte.
267. Meta; d. 56; œil tronconique; 2°; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale).
Soissons
268. Meta; d. 67; œil tronconique; 11° (n° inv. 93.7.1282).
269. Meta; d. 54,5; œil biconique; 12°; habillage: rayonnage (n° inv.
93.7.1280).
270. Meta; d. 54; œil cylindrique; 13° (n° inv. 93.7.1281).
271. Meta; d. 54; œil cylindrique; 9° (n° inv. 93.7.1279).
Mots-clés: meules rotatives, Antiquité, Gaule
Belgique, roches, typologie, meunerie antique.
Bibliographie
Auteurs anciens
APULÉE, Metamorphoses. II, Books VII-XI, ed. and transl. by
Hanson J.A., London, 1989.
AUSONE, Œuvres complètes d’Ausone, vol. 2, trad. nouvelle par
Corpet E.-F., Paris, 1843.
CATON, De l’Agriculture, établi, traduit et commenté par
Goujard R., Paris, 1975. (Coll. des Universités de France)
PALLADIUS, Traité d’agriculture, livre I, établi, traduit et com-
menté par R. Martin, Paris, 1976. (Coll. des Universités de
France)
PLINE L’ANCIEN, Histoire Naturelle, livre XVIII, établi, traduit
et commenté par Le Bonniec H., avec la collaboration de Le
Boeuffle A., Paris, 1972. (Coll. des Universités de France)
STRABON, Géographie, livre XII, établi et traduit par
Lasserre F., Paris, 1981. (Coll. des Universités de France)
VITRUVE, Les dix livres d’architecture, trad. de Cl. Perrault,
revue par M. Nisard, Paris, 2006.
Auteurs modernes
ALONSO-MARTINEZ 1995 : ALONSO-MARTINEZ N., « Les pre-
mières meules rotatives manuelles dans le nord-est de la pénin-
sule ibérique », dans AMOURETTI M.-CL., COMET G. (éd.), La
transmission des connaissances techniques: tables-rondes
d’Aix-en-Provence avril 1993-mai 1994, Aix-en-Provence,
1995, p. 15-23. (Cahier d’Histoire des techniques, 3)
ALONSO-MARTINEZ 1997 : ALONSO-MARTINEZ N., « Origen y
expansiòn del molino rotativo bajo en el Mediterràneo occiden-
tal », dans GARCIA, MEEKS, 1997, p. 15-19.
ALONSO-MARTINEZ 2002 : ALONSO-MARTINEZ N., « Le moulin
rotatif manuel an nord-est de la péninsule ibérique: une inno-
vation technique dans le contexte domestique de la mouture
des céréales », dans PROCOPIOU, TREUIL, 2002 (b), p. 111-127.
AMAND 1984 : AMAND M., « Le patrimoine archéologique de
l’entité d’Antoing dans le cadre du Tournaisis », Vie
Archéologique, Bulletin d’information trimestriel de la
Fédération des Archéologues de Wallonie asbl, 13, juin 1984,
p. 19-79.
AMOURETTI 1985 : AMOURETTI M.-Cl., « La transformation
des céréales dans les villes, un indicateur méconnu de la per-
sonnalité urbaine. L’exemple d’Athènes à l’époque classique »,
dans LEVEAU P. (dir.), L’origine des richesses dépensées dans
la ville antique, Actes du colloque organisé à Aix-en-Provence
par l’UER d’Histoire, les 11 et 12 mai 1984, Aix-en-Provence,
1985, p. 133-146.
AMOURETTI 1986 : AMOURETTI M.-CL., Le pain et l’huile dans
la Grèce antique: de l’araire au moulin, Paris, 1986, 322 p.
(Annales litt. de l’Univ. de Besançon, Centre de recherche
d’histoire ancienne, 67)
AMOURETTI 1995 : AMOURETTI M.-CL., « La mouture des
céréales: du mouvement alternatif au mouvement rotatif »,
dans AMOURETTI M.-CL., COMET G. (éd.), La transmission des
connaissances techniques: tables-rondes d’Aix-en-Provence
avril 1993-mai 1994, Aix-en-Provence, 1995, p. 33-47. (Cahier
d’histoire des techniques, 3)
AMOURIC et alii 1989 : AMOURIC H., PRADES H., VAYSSETTES J.-
L., « Le moulin antique de La Cougourlude à Lattes (Hérault) »,
Archéologie en Languedoc, 4, 1989, p. 111-112.
AMOURIC 1997 : AMOURIC H., « L’anille et les meules », dans
GARCIA, MEEKS, 1997, p. 39-47.
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  • 1.
    LES MEULES ROMAINESDE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE OCCIDENTALE, ÉTUDE DU MATÉRIEL ET SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE Paul Picavet, Gilles Fronteau, François Boyer Association Revue du Nord | « Revue du Nord » 2011/5 N° 393 | pages 167 à 226 ISSN 0035-2624 DOI 10.3917/rdn.393.0167 Article disponible en ligne à l'adresse : -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- https://www.cairn.info/revue-du-nord-2011-5-page-167.htm -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Distribution électronique Cairn.info pour Association Revue du Nord. © Association Revue du Nord. Tous droits réservés pour tous pays. La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les limites des conditions générales d'utilisation du site ou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votre établissement. Toute autre reproduction ou représentation, en tout ou partie, sous quelque forme et de quelque manière que ce soit, est interdite sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France. Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit. Powered by TCPDF (www.tcpdf.org) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
  • 2.
    1. INTRODUCTION 1.1. Dumoulin va-et-vient au moulin hydraulique Les premières traces de moulin rotatif sont obser- vées, dans le nord de la France, dans la première moi- tié du IIe s. av. J.-C., alors que d’importants change- ments interviennent dans la société. Avec les premières formes de regroupement de l’habitat, de nouvelles techniques sont introduites, comme le tour- nage de la céramique. C’est alors que le moulin rotatif prend progressivement la place du moulin va-et-vient utilisé depuis le Paléolithique Supérieur pour le broyage minéral et la mouture des céréales1. D’un broyage provoqué par un mouvement alternatif appli- qué à une molette en pierre sur une dalle fixe, l’on passe à une mouture opérée par la rotation autour d’un axe vertical d’une meule supérieure circulaire, le catillus, sur une meule dormante, la meta. Le grain est introduit dans le moulin par le centre du catillus percé d’un œil, son enveloppe est brisée par l’action d’une meule sur l’autre, et le produit s’échappe à la périphé- rie du dispositif sous forme de farine. Les rendements sont accrus, et le temps et la pénibilité du travail sont réduits. Diverses estimations ont été proposées, basées sur des reconstitutions expérimentales ou sur des observations ethnographiques; les résultats obte- nus divergent beaucoup, mais donnent un ordre de grandeur du bénéfice apporté par le mouvement rota- tif. Ainsi, en une heure, un moulin rotatif pourrait moudre, selon les estimations, de deux à dix fois plus de blé qu’un moulin va-et-vient2. L’origine géographique de la transition entre mou- lin va-et-vient et moulin rotatif a longtemps fait débat3, se déplaçant selon les découvertes entre l’est, le centre et l’ouest du bassin méditerranéen. Si cette transition est actuellement établie au début du IIe s. av. J.-C. dans le nord de la Gaule, des découvertes effec- tuées ces vingt dernières années montrent qu’elle s’ef- fectue trois siècles plus tôt dans le nord-est de la péninsule ibérique, dès le début du Ve, voire la fin du VIe s. avant notre ère4. Dans la première moitié du IIe s. av. J.-C., Caton désigne d’ailleurs les meules rotatives manuelles sous le terme de molas hispanienses (Cat., De agr., 10, 4). Cela n’y fixe pourtant pas de manière définitive l’origine du moulin rotatif; ce qui pourrait être un fragment de meule rotative a été mis au jour dans une sépulture datée du dernier quart du VIe s. *. — Paul PICAVET, membre d’ABG et du Groupe Meule, courriel : paul.picavet@gmail.com; Gilles FRONTEAU, GEGENA, Université de Reims Champagne-Ardenne; François BOYER, professeur émérite de géologie, Université de Paris IV — La Sorbonne. Ce travail étant adapté d’un mémoire de master (Université Lille 3, 2011), mes remer- ciements vont en premier lieu à Xavier Deru et Javier Arce pour leurs relectures, leurs réflexions et leurs précieux conseils à tous les niveaux de sa réalisation. Par ailleurs, les analyses et conclusions proposées n’auraient pu être élaborées sans l’aide des membres du Groupe Meule. Le catalogue a pu être constitué grâce à l’aimable autorisation des res- ponsables des musées et services archéologiques qui conservent le mobilier, ainsi que des responsables d’opération d’archéologie préven- tive qui ont découvert des meules ces dernières décennies. Mentionnons l’accueil chaleureux de Véronique Beirnaert-Mary et d’Isabelle Bollard-Raineau au musée/site archéologique départemental de Bavay, de Noël Mahéo au musée de Picardie à Amiens, d’Angélique Demon et de Séverine Leclerc au Service archéologique municipal de Boulogne, d’Alain Jacques au Service archéologique municipal d’Arras, de Dominique Roussel à Soissons, et de l’équipe du Service archéologique municipal de Beauvais, sous la direction de Jean-Marc Fémolant. Pour l’accès aux collections et la documentation relative aux fouilles récentes, merci à Eric Binet et Dominique Gemehl, respon- sables d’opérations à l’Inrap Picardie, à Agnès Balmelle et Philippe Rollet de l’Inrap Champagne-Ardenne. Enfin, merci à Florent Jodry (Inrap Alsace) pour l’étude des meules de la ZAC du Vieux Port à Reims. 1. — POMMEPUY 1999, p. 125, 131-132; ARCAMBAULT DE BEAUNE 2000, p. 12; TREUIL 2002; POMMEPUY 2003, p. 378. 2. — DEMBINSKA 1985; PY 1992, p. 227; GAST 1968, p. 350. 3. — LINDET 1899, p. 424-427; CURWEN 1937; 1944; CHILDE 1943; MORITZ 1958; PEACOCK 1989, p. 213. 4. — ALONSO-MARTINEZ 1995, p. 15; ALONSO-MARTINEZ 1997. PAUL PICAVET avec la coll. de GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER* Les meules romaines de sept chefs-lieux de cité de Gaule Belgique occidentale, étude du matériel et synthèse bibliographique ARCHEOLOGIE DE LA PICARDIE ET DU NORD DE LA FRANCE (REVUE DU NORD, T. 93, 2011, N° 393, P. 167-226) Picavet 22/05/12 11:02 Page 167 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
  • 3.
    avant notre èresur la colline de Byrsa à Carthage5. L’auteur de la publication de cette découverte parle d’une innovation ibéro-punique qui pourrait trouver sa place dans le monde punique en Méditerranée occi- dentale. Mais en Angleterre, la fouille du site de Danebury (Hampshire) a fourni des meules datées du IIIe voire même du IVe s. av. J.-C.6, et celle du site de Gussage-all-Saints (Dorset) du Ve s. av. J.-C.7, alors qu’aucun exemplaire n’est connu dans le nord de la France avant le IIe s. av. J.-C. Même s’il ne faut pas ignorer les nombreux contacts qui ont lieu entre des territoires parfois éloignés, il faut peut-être supposer une innovation survenue à différents endroits à peu de temps d’écart, comme le suggère l’apparition du mou- lin rotatif en Chine au Ier s. avant notre ère8. Toutefois, et malgré cette innovation, les meules va-et-vient res- tent parfois en usage dans le monde romain où elles sont employées pour le broyage de produits non céréaliers comme le sel et les pigments, ou le décorti- cage des légumineuses9, et même jusqu’au XXe s. dans certaines régions du monde10. Parallèlement au moulin rotatif développé dans la péninsule ibérique, et à la même période, un moulin à trémie dit de type « Olynthe », du nom du site qui en a fourni les plus nombreux exemplaires, applique le mouvement alternatif pour le broyage céréalier et minéral en Méditerranée orientale11. Constitué d’une dalle supérieure rectangulaire percée d’une longue fente axiale par laquelle le grain est introduit, et entraînée sur un axe horizontal avec un mouvement de va-et-vient sur une autre dalle rectangulaire immobile, ce type de moulin est attesté dans tout le monde grec classique pendant la deuxième moitié du premier mil- lénaire avant notre ère12. Il est même présent dans la zone d’influence des cités grecques du sud de la Gaule jusqu’à la conquête romaine, alors qu’autour d’elles semble se diffuser le moulin rotatif à partir du IVe s.13, et plus massivement au IIIe s. avant notre ère14. Par ailleurs, des meules rotatives de forme haute, mais à actionnement manuel, dites de type « Morgantina », sont attestées pour le IVe s. avant notre ère sur plusieurs sites de la Sicile punique et pourraient avoir été adaptées à la traction animale par les Romains15. C’est ainsi, de nouveau, une origine punique qui est avancée pour comprendre le dévelop- pement à Rome, à partir du début du IIe s. av. J.-C.16, du grand moulin biconique à traction animale appelé mola asinaria par Caton (Cat., De agr., 10, 4), et dit de type « Pompéi » d’après le nom du site où il est le plus représenté. Jusqu’à la multiplication des moulins à eau sur les rivières, ces grandes meules produisent de la farine à des fins commerciales dans les boulan- geries de l’Italie romaine17 et de la majeure partie du monde romain18, et jusque dans les agglomérations de Gaule Belgique que sont Amiens, Reims et Soissons19. Enfin, la bibliographie s’enrichit de plus en plus de publications de fouilles de moulins à eau et de réflexions sur la place de l’énergie hydraulique et de l’innovation technique dans l’Antiquité20. C’est ce type de moulin, décrit par Vitruve au début du Ier s. (Vitr., De arch., X, 5, 2), et capable de moudre à grande échelle, hors du cadre domestique, qui connaît une forte postérité dès le Haut Moyen Âge21 et par- tage ensuite l’activité avec les moulins à vent d’inven- tion médiévale, jusqu’à l’introduction de la meunerie industrielle au XIXe s. 1.2. Enjeux et problématique Si les publications traitant de la meunerie antique sont nombreuses et variées, les références manquaient pour les régions du nord de la France. Des études locales existent, mais elles sont souvent anciennes22, et restent cantonnées à un territoire très restreint23, ou à une période différente de celle traitée ici24. Ces divers travaux sont pourtant primordiaux pour enri- chir cette synthèse, fournissant des repères à fins de comparaisons, et un point de départ à la réflexion. Il faut mentionner de manière particulière l’important travail de recherche mené dans les années 1990 par Claudine Pommepuy dans la vallée de l’Aisne et por- tant sur les meules d’époque protohistorique, dont une part est constituée par les premiers moulins rotatifs de La Tène finale. La typologie proposée est aujourd’hui largement utilisée par les archéologues picards et nor- distes travaillant sur la fin du second Âge du Fer. 5. — MOREL 2001. 6. — CUNLIFFE 1984; BOYER, BUCHSENSCHUTZ 1998, p. 199. 7. — WAINRIGHT 1979; BOYER, BUCHSENSCHUTZ 1998, p. 199. 8. — AMOURETTI 1986, p. 146. 9. — ALONSO-MARTINEZ 2002, p. 112; AMOURETTI 1995, p. 37. 10. — GAST 1968, p. 347-350. 11. — AMOURETTI 1986, p. 140; AMOURETTI 1995, p. 39. 12. — AMOURETTI 1985, p. 135. 13. — GARCIA 1995, p. 28; REILLE 2000 p. 264, 266, 269. 14. — PY 1992, p. 195. 15. — WHITE 1963, p. 205-206; PEACOCK 1989, p. 213; PY 1992, p. 213. 16. — MORITZ 1958, p. 74; AMOURETTI 1986, p. 246; PY 1992, p. 213; LUCAS 2006, p. 11. 17. — PEACOCK 1989; BAKKER 1999; DE RUYT 2002. 18. — LINDET 1900, p. 20; MORITZ 1958, p. 91; LUQUET 1966; DRINE 2001. 19. — BÉAL 1996; JACCOTTEY, LONGEPIERRE et alii 2011. 20. — CURWEN 1944; MORITZ 1956; MORITZ 1958; WIKANDER 1984. 21. — LORQUET 1994. 22. — ROGINE 1876; LINDET 1900. 23. — CHAMBON 1954; LANGEDOCK 1976; COLONVAL 2009. 24. — POMMEPUY 1999; POMMEPUY 2003. 168 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER Picavet 22/05/12 11:02 Page 168 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    Pour la périoderomaine, plusieurs régions fran- çaises sont couvertes par les activités du « Groupe Meule », créé à l’occasion du colloque de Grenoble sur les meulières (22-25 septembre 2005), puis ras- semblé autour d’un Programme collectif de recherche sur « l’évolution typologique et technique des meules du Néolithique à l’an mille sur le territoire fran- çais »25. Ce groupe de recherche a pour objectif prin- cipal de recenser les meules mises au jour et conser- vées en France, dans une base de données accessible à tous ses membres et exploitée dans le cadre de syn- thèses nationales, sans pourtant s’enfermer dans son territoire puisque des chercheurs des pays limitrophes (Belgique, Allemagne, Suisse, Espagne) y sont asso- ciés. Le choix a été fait ici de n’aborder que les meules des chefs-lieux de cités de Gaule Belgique occiden- tale, en vue d’obtenir une cartographie générale de la répartition des meules sur une région large selon leur matériau et leur forme. Les meules faisant l’objet d’une dispersion à longue distance, il semblait inté- ressant dans un premier temps d’obtenir cette distri- bution, afin de faciliter les études locales à venir dans un futur proche. Ainsi, le but de ce travail sera d’iden- tifier les roches constitutives des meules et leurs car- rières d’extraction, et de discerner des types de meules dont la détermination sera basée sur l’étude morphométrique et technique des individus. Par ailleurs, au-delà de ces approches pétrographiques et morphologiques, l’importance de l’activité de meune- rie dans l’économie des villes gallo-romaines du nord de la Gaule sera précisée, et les questions de l’utilisa- tion des meules et des traditions culturelles relatives à leur conception et à leur usage seront abordées, sans pour autant pouvoir être beaucoup développées car la documentation disponible est peu abondante. 1.3. Problèmes de datation La composition du corpus choisi a posé un sérieux problème pour l’acquisition des données et le posi- tionnement d’une typologie dans le temps. Ces objets en pierre, bien que préservés à travers le temps sur les sites archéologiques, ont souvent été maltraités après leur mise au jour, quand il s’agissait de découvertes anciennes. Et même lorsqu’ils ont été conservés au sein des collections de musées, ils n’ont pas toujours été inventoriés, et sont donc privés de provenance pré- cise, et encore plus de datation. Il est souvent néces- saire de rechercher leur trace dans les archives afin de reconstituer le parcours effectué depuis leur décou- verte. En l’absence de datation, il faudra accepter la supposition que certains sites, ici ceux des villes d’Amiens, de Bavay, d’Arras, de Soissons et de Beauvais, n’ont pas été occupés antérieurement à la conquête romaine. Ainsi, lorsque l’on connaît la pro- venance du matériel, il semble permis, grâce à la com- paraison des critères de forme et de dimensions, de l’attribuer à la période romaine. Pour les objets dépourvus de provenance, il sera impossible de tran- cher entre une présence résiduelle d’instruments de forme protohistorique et une origine extérieure à l’emplacement de l’agglomération. Dans le cas du mobilier issu de fouilles récentes, l’inventaire, la conservation, et parfois l’étude, sont de bien meilleure qualité, et les informations concernant les objets sont généralement plus précises, voire com- plètes. Cependant, les indices de datation sont trop diffus et de nature trop différente pour que toutes les meules puissent être positionnées harmonieusement les unes par rapport aux autres, et la création d’une chrono- typologie est impossible dans l’état actuel des choses. 1.4. Constitution du corpus Les mots catillus et meta sont, par convention, invariables et utilisés pour désigner respectivement la meule tournante et la meule dormante, et sont accep- tés par la majorité des chercheurs travaillant sur le sujet26. L’étude a porté sur une collection de 271 meules, composée de 154 catillus, 106 meta, et 11 meules de catégorie indéterminée; ces exemplaires sont conser- vés au musée de Picardie à Amiens (110 meules), au musée/site archéologique départemental de Bavay (76 meules), dans les Services archéologiques munici- paux de Beauvais (20 meules), Boulogne-sur-Mer (15 meules), Soissons (14 meules), et Arras (6 meules), dans le dépôt AFAN du musée Saint-Remi à Reims (12 meules) (fig. 1). Dix meules conservées à la base Inrap de Reims ont été étudiées par F. Jordy (Inrap Alsace), et les meules de type « Pompéi » de Soissons et Reims ont été étudiées par B. Robert (Inrap Picardie), S. Lepareux-Couturier (Inrap Île-de- France) et F. Jodry. Le nombre d’individus pris en compte varie beaucoup d’une ville à l’autre, avec un maximum de cent dix à Amiens et un minimum de six à Arras. Cette variation s’explique par un déséquilibre des opérations archéologiques, certaines villes ayant fait l’objet d’un nombre de fouilles plus élevé, mais 25. — GROUPE MEULE (coll.) 2009; BUCHSENSCHUTZ et alii (dir.) 2011; http://www.archeo.ens.fr/spip.php?rubrique44 26. — JODRY 2011a, p. 21. LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 169 Picavet 22/05/12 11:02 Page 169 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    aussi par uneconservation plus ou moins attentive des vestiges dans le passé. Dans ces conditions, il ne sera pas possible de réaliser une étude comparative du matériel de mouture des différents chefs-lieux de cités, mais plutôt une mise en parallèle de leur corpus, avec un regroupement des roches et des types iden- tiques pour une étude d’ensemble. 2. ROCHES ET CARRIÈRES, APPROCHE PÉTROGRAPHIQUE ET BILAN BIBLIOGRAPHIQUE (avec la collaboration de G. Fronteau et F. Boyer) Les meules sont présentes au quotidien dans le monde antique car leur rôle est primordial dans la pré- paration alimentaire. Mais, lorsqu’ils arrivent dans leur lieu d’action, milieu domestique ou meunerie artisanale, ces objets en pierre ont déjà parcouru un chemin qui peut être long de plusieurs centaines de kilomètres, et sont passés entre les mains de plusieurs acteurs. Les sites d’extraction des meules, souvent anciennement décrits, mériteraient une attention poussée pour vérifier ou écarter les idées émises autrefois, et surtout pour mieux comprendre le circuit de production des meules. Un panorama des carrières de meules connues en France a déjà été dressé lors du colloque de Grenoble (22-26 septembre 2005)27, précisé ensuite par Alain Belmont28 pour l’époque moderne. Mais aucun des gisements exploités à l’époque romaine pour l’extrac- tion des meules du nord de la Gaule n’y figurait. Depuis, l’activité de Gilles Fronteau et de François Boyer pour le Groupe Meule a permis une avancée considérable dans la connaissance de ces gisements. Les carrières sont visibles dans le paysage sous forme de trous circulaires ou de grandes levées de débris pierreux, et ont souvent interpellé les habitants locaux, qui les ont désignées sous des appellations qui laissent transparaître le mystère qu’elles suscitent. Ainsi, les lieux-dits « les Hogues » en Normandie se rapportent souvent à des exploitations anciennes exca- vées; et à Macquenoise, sur la frontière franco-belge, le « Camp de Macquenoise » ou « Camp des Sarrasins »29 révèle bien l’interprétation romantique des immenses levées de pierre et des ruines qui bor- dent le village. 2.1. L’arkose d’Haybes/Macquenoise 2.1.1. Description et origine géologique L’arkose d’Haybes (fig. 2) est un grès feldspathique grossier gris clair d’aspect homogène, parfois grano- classé, et composé de grains de quartz à cimentation siliceuse peu abondante mais forte. Ce grès présente, en plus de quelques grains de feldspath plus ou moins altérés, une petite quantité de cristaux de tourmaline noire millimétriques à pluri-millimétriques très bien visibles à l’œil nu et qui en font un faciès caractéris- tique. La teinte de la roche s’altère avec son passage au feu, provoqué par l’emploi secondaire des meules comme pierres de foyer; en surface, les cristaux de quartz deviennent laiteux et la phase de liaison s’obs- curcit jusqu’au gris sombre. À l’intérieur de la roche, le quartz prend une coloration rosée. Le banc d’arkose d’Haybes, dont sont issues les meules, épais de 50 m, apparaît sur la feuille d’Hirson 27. — BELMONT, MANGARTZ 2006. 28. — BELMONT 2006. 29. — CHAMBON 1954, p. 13. 170 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER Boulogne/Mer Arras Bavay Amiens Beauvais Soissons Reims 200 km 0 FIG. 1. — Sept chefs-lieux de cité de Gaule Belgique. © ABG. FIG. 2. — L’arkose d’Haybes/Macquenoise. Cliché macro Picavet 2009. Picavet 22/05/12 11:02 Page 170 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    (Aisne) de lacarte géologique30 dans l’étage géolo- gique du Gédinnien, à la base du Dévonien (ère Primaire) (fig. 3). Il affleure d’ouest en est depuis Mondrepuis (Nord) jusque dans les alentours de Haybes (Ardennes). Des veines de texture hétérogène parcourent probablement la formation car on observe, sur certaines meules, des faciès à tendance conglomé- ratique, parfois lités ou entaillés de fissures remplies de ciment quartzeux laiteux. 2.1.2. Origine géographique: carrières connues et carrières supposées Anciennement surnommée « pierre sarrazine » ou « pierre à grains de sel » par les habitants du secteur31, l’arkose d’Haybes est présente à la bordure méridio- nale des Ardennes, dans la région d’Hirson et dans la vallée de la Meuse. Elle a été exploitée pour la fabri- cation de meules va-et-vient dès l’Âge du Bronze final32. Des carrières sont connues pour la période romaine, mais n’ont fait l’objet d’aucune opération archéologique depuis l’exploration du Prince de Chimay dans la deuxième moitié du XIXe s.33. Elles sont situées en forêt domaniale de Saint-Michel (Aisne), dans le secteur de Macquenoise (Momignies, Hainaut, Belgique), à cheval sur la frontière franco- belge34, soit à la limite des cités des Nerviens et des Rèmes35. D’après A. Duvaux36 et R. Chambon37, entre Macquenoise à l’est, et le nord de l’étang du « Pas-Bayard » (Hirson, Aisne) à l’ouest, s’étend sur 4 km le long de la rive gauche de l’Oise, un talus de débris d’arkose large de 30 m et haut de 15 m, autre- fois interprété comme un retranchement militaire romain38 à cause des ruines du fort médiéval qui peu- vent y être observées. En réalité, l’affleurement est discontinu et il existe au moins trois sites de carrières différents mais proches, et repérables sur la carte géo- logique et la carte IGN de la France au 1/50000. Le premier est celui dit du « Camp de Macquenoise », ou « Camp des Sarrasins », situé immédiatement à la sor- tie du village de Macquenoise sur la route d’Hirson. Dans les bois, des excavations sont entourées de talus constitués de déchets de taille et d’ébauches de meules rotatives39. 30. — BONTE et alii 1969. 31. — ROGINE 1876, p. 143; DESMASURES 1883, p. 12; CHAMBON 1954, p. 5. 32. — POMMEPUY 1999, p. 119-120. 33. — CHAMBON 1954, p. 36. 34. — PICHON 2002, p. 376; BOYER, PICAVET 2010, p. 27. 35. — BRULET 2008, p. 347-348. 36. — DUVAUX 1930, p. 143. 37. — CHAMBON 1954, p. 5. 38. — ROGINE 1881, p. 200; DESMASURES 1883, p. 12. 39. — Constaté sur site à plusieurs reprises. LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 171 Bois de Milourd La Neuve- Forge Macquenoise Anor Mondrepuis Forêt particulière d'Hirson Forêt domaniale de Saint-Michel Le Camp-de-Macquenoise La Houdelette fa il le L'Oise Etang de la Lobiette Etang de la Neuve Forge Etang de Milourd Etang du Pas-Bayard L ' O i s e HAINAUT NORD AISNE Excavations visibles dans le paysage Etage du Dévonien inférieur, banc d'Arkose d'Haybes Limites territoriales Carrières anciennes signalées sur la carte géologique 0 1 km FIG. 3. — Les affleurements d’arkose d’Haybes (Dévonien), secteur de Macquenoise (Hainaut, Belgique). D’après la carte IGN et la carte géologique de la France. Picavet 22/05/12 11:02 Page 171 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    Les deux autrescarrières sont signalées à la fin du XIXe s. par F. Rogine et E. Mennesson dans les Bulletins de la Société archéologique de Vervins40. Ils les repèrent en aval de l’Oise, dans le bois de Milourd, aux lieux-dits « Neuforge » (aujourd’hui « Neuve Forge ») et « la Houdelette », par des excavations de même type que celles du « Camp de Macquenoise ». E. Mennesson offre une description rapide, d’abord de « la Houdelette », près du lieu-dit « la Passe aux chiens », observant sur 600 m de long et 10 m de pro- fondeur des « cavités en forme de bassins » et « une entaille verticale à gorge droite » qui correspond pro- bablement à un front de taille. Il parcourt ensuite le gisement de la « Neuve Forge », décrivant des monti- cules sur la gauche de la route conduisant de « Neuve Forge » à « Gratte-Pierre », au lieu-dit « la Gueule du brochet ». Là il remarque des cavités cloisonnées par des murets transversaux, et suppose l’existence d’ate- liers de taille séparés, toutefois sans indication chro- nologique. J.-Cl. Carmelez41 précise que la carrière de « la Houdelette » se trouve au nord de l’étang du « Pas-Bayard », information reprise dans la carte archéologique du Nord (notice d’Anor)42. Mais ces sites sont en réalité situés dans l’Aisne, sur la rive gauche de la rivière Oise, dans la commune d’Hirson43. Dans cette dernière commune est en outre mentionné, au lieu-dit « le Camp des Fumions », un établissement gallo-romain associé à un atelier de taille de meules signalé par des ébauches de meules et des outils en fer44. Le bassin carrier et les sites de production de meules connus sont donc localisés dans un secteur assez restreint (environs d’Hirson, Saint-Michel, Macquenoise). Il est possible que d’autres carrière de meules existent au sein des différents affleurements d’arkose d’Haybes, situés plus à l’est, dans la pointe de Givet: vallée de la Meuse (Haybes, Fépin) ou pla- teau ardennais (Hargnies, Willerzie). 2.2. Les poudingues 2.2.1. Description et origine géologique Les poudingues sont des roches conglomératiques résiduelles tertiaires, dont la matrice siliceuse grise renferme de nombreux galets de silex roulés centimé- triques à pluri-centimétriques de couleur brune, rouge, jaune, orangé, verdâtre, gris et gris bleuté (fig. 4). Un faciès peu représenté et très pauvre en galets de silex présente des lits détritiques et une structure alvéolaire qui pourrait être donnée par des empreintes de coquilles fossiles. La position de ces conglomérats au sein de la strati- graphie géologique n’est pas bien définie (fig. 5). Au contraire, ils semblent exister à la fois dans les étages du Paléocène supérieur et de l’Éocène inférieur (ère Tertiaire). Ils apparaissent dans la carte géologique, tantôt comme poudingue siliceux à galets de silex du Thanétien supérieur (sommet du Paléocène)45, tantôt associés à des sables fins et des grès du faciès « Sparnacien supérieur » de l’Yprésien (base de l’Éo- cène)46, ou encore, sous l’appellation « Poudingue de Vaucottes », dans une formation à silex tertiaire à l’âge mal défini et reposant au-dessus des formations crayeuses du Crétacé47. Un autre faciès, dit « brèche à ciment siliceux », est observé dans le secteur nord- ouest de la feuille de Saint-André-de-l’Eure de la carte géologique et provient probablement d’un banc différent, voire d’une formation géologique différente48. Il s’agit d’un conglomérat constitué de fragments de silex anguleux millimétriques à pluri- centimétriques en quantité plus ou moins importante dans un ciment siliceux blanchâtre, et peut-être assi- milé au « faciès Cuisien » de l’Yprésien (Éocène infé- rieur)49. 2.2.2. Origine géographique et carrières connues Le poudingue affleure de façon résiduelle en de nombreux endroits en Normandie, où quelques sites d’extraction sont connus ou supposés pour la fabrica- tion de meules dans l’Antiquité. Sont utilisés des blocs aux dimensions plus ou moins imposantes, dis- séminés dans des sables sous forme de dalles ou de nodules directement exploitables50. Les exploitations anciennes de ces formations ont laissé des traces dans le paysage, des dépressions parfois appelées « Hogues » en Normandie. Ainsi, dans la commune de Saint-Léonard (Seine- Maritime), dans le « Bois des Hogues », au lieu-dit « les Ferrières », une série d’excavations profondes d’une vingtaine de mètres marquent le terrain. Selon M. Rémy-Watté, qui a réalisé un inventaire des meules et carrières de meules connues en Seine- Maritime dans les années 198051, ces excavations auraient constitué un « centre d’extraction et de fabri- cation quasi industriel ». Le débitage des blocs aurait 40. — MENNESSON 1880, p. 125-126; ROGINE 1880; ROGINE 1881, p. 198. 41. — CARMELEZ 1973, t. 1, p. 7. 42. — DELMAIRE 1996, p. 98. 43. — PICHON 2002, p. 254. 44. — DESMASURES 1883 p. 74-75; PICHON 2002, p. 254. 45. — SANGNIER 1968, p. 4. 46. — SANGNIER 1968, p. 3-4. 47. — BOLTENHAGEN et alii 1967, p. 3. 48. — GUILLIER et alii 2005. 49. — KUNTZ 1977, p. 26-28. 50. — GUILLIER et alii 2005, p. 203. 51. — RÉMY-WATTÉ 1983, p. 19 et 42. 172 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER Picavet 22/05/12 11:02 Page 172 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    été favorisé parl’utilisation maîtrisée du feu, et un fond de cabane avec foyer et outils aurait pu consti- tuer, sinon l’atelier de taille de meules, au moins l’ha- bitat des carriers52. Une autre exploitation est men- tionnée dans la commune voisine, à Vattetot-sur-Mer, entre l’église de Vattetot et « le Fond de Vaucottes »53. Plusieurs fosses similaires sont observées à l’ouest de la forêt de La Londe (Seine-Maritime)54, où sont signalés des affleurements du Thanétien supérieur55. D’autres fosses d’extraction et des déchets de taille auraient été observées à Neufchâtel-en-Bray (Seine- Maritime)56. Cependant, après vérification dans le troisième tome des Bulletins de la Société normande d’études préhistoriques57, il se trouve que tous les toponymes cités correspondent en fait à des lieux-dits situés dans la commune de Saint-Saëns (Seine- Maritime); la carte géologique ne signale d’ailleurs aucun affleurement de poudingue à Neufchâtel58. L’erreur est cependant reprise telle quelle dans la carte archéologique de la Seine-Maritime59. Concernant donc la commune de Saint-Saëns, Ch. Pinsard mentionne au XIXe s., au « Bois de l’Abbaye » (sud du village), « des fosses et buttes très élevées où le poudingue abonde », et remarque des ébauches de meules60. Ces fosses, ateliers de taille et ébauches en poudingue étaient déjà mentionnées en 1862 par la 52. — ROGERET 1997, p. 497. 53. — ROGERET 1997, p. 552. 54. — RÉMY-WATTÉ 1983, p. 40; ROGERET 1997, p. 397. 55. — SANGNIER 1968, p. 4. 56. — RÉMY-WATTÉ 1983, p. 40. 57. — COUTIL 1896, p. 8. 58. — KUNTZ 1979, p. 8. 59. — ROGERET 1997, p. 442. 60. — PINSARD, ms. 1341E, p. 222; RÉMY-WATTÉ 1983, p. 42. LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 173 FIG. 4. — Quatre faciès de poudingue. Cliché Picavet 2010. Picavet 22/05/12 11:02 Page 173 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    Commission départementale desAntiquités de la Seine Inférieure61, et en 1895 par la Société des Antiquaires de Normandie qui indique avoir prospecté les lieux-dits du « Lihut » (nord de Saint-Saëns), du « Bois de l’Abbaye », « ainsi que les “plateaux du Quesnay” (sud-ouest de Saint-Saëns) et de Montcombre »62. La dernière localité correspond peut-être au Maucomble actuel, mais aucun affleure- ment du faciès « Sparnacien » de l’Yprésien n’est visible à cet endroit sur la carte géologique, alors que les autres sites sont positionnés sur les apparitions de ces niveaux. Ce faciès « Sparnacien » y affleure sous forme de dépôts de poudingue montrant des galets centimétriques de silex roulés noirs dans une matrice siliceuse réduite63. Enfin, à Avrilly, dans l’Eure, au lieu-dit « le Clos des Forges », un atelier de taille a été fouillé récem- ment au sein de l’enclos d’un établissement agricole de la deuxième moitié du Ier s. av. J.-C.64. Les étapes de la chaîne opératoire de la fabrication de petites meules en poudingue ont pu y être mises en évidence. D’après les résultats de la fouille, cependant, la pro- duction de l’atelier serait assez réduite et sa diffusion aurait peu d’ampleur65. 61. — COCHET 1867, p. 202. 62. — COUTIL 1896, p. 8. 63. — KUNTZ 1974, p. 11-12. 64. — GUILLIER et alii 2005. 65. — GUILLIER et alii 2005, p. 218. 174 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER Les Bosquets L a V a r e n n e Saint-Saëns Le Quesnay Les Hogues Plaine de Maucomble Le Tertre Le Lihut Bois de l'Abbaye Bois de l'Hospice Bois du Pont du Thil Forêt domaniale d'Eawy 0 1 km Excavations visibles dans le paysage Faciès "Sparnacien" de l'Yprésien, poudingue à galets avellanaires Forêt de La Londe Bosc-Bénard-Commin Les Roques Forêt de La Londe Sables, grès et poudingues du Thanétien et du Sparnacien 0 1 km EURE SEINE MARITIME Le Clos des Forges Avrilly Parc d'Avrilly 0 1 km Formations résiduelles à silex Vaucottes Yport Les Hogues Bo is de s Ho g ue s Le Gros Chêne Le Bout de Vattetot Vattetot- sur-Mer Saint-Léonard 0 1 km Formation à silex Tertiaire, "Poudingue de Vaucottes" Excavations visibles dans le paysage FIG. 5. — Les affleurements de poudingue (tertiaire) des secteurs de Saint-Saëns (76), Saint-Léonard/Vaucottes (76), Avrilly (27) et La Londe (76). D’après la carte IGN et la carte géologique de la France. Picavet 22/05/12 11:02 Page 174 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    Il faudrait maintenantmener des campagnes de prospection systématique de toutes les zones de car- rières supposées pour repérer les sites d’extraction antiques d’une part, et échantillonner les différents faciès de poudingue d’autre part, dans le but de les comparer macroscopiquement et microscopiquement aux roches constitutives des meules. 2.3. Le grès de Fosses/Belleu 2.3.1. Description et origine géologique Le grès dit « de Belleu » est un grès-quartzite gris clair à grains grossiers composé d’éléments de quartz fortement cimentés dans une matrice siliceuse, de cristaux de feldspath blancs infra-millimétriques et de grains de silex noir infra-millimétriques (fig. 6). Le faciès utilisé pour la taille des meules, parfois dit « arkose » pour sa tendance feldspathique, est facile- ment identifiable macroscopiquement grâce à la pré- sence des grains blancs et des grains noirs. Une zone d’affleurement de ce grès figure sur la feuille de l’Isle-d’Adam de la carte géologique66, dans les environs de Fosses (Val-d’Oise) (fig. 7). Le grès correspond à des dalles localisées au sein de la couche de sables, dans la partie supérieure d’un niveau de sables du Cuisien, ancien sous-étage de l’Yprésien (Éocène inférieur, ère Tertiaire). Son appellation « grès de Belleu » provient d’un gisement éponyme exploité au XIXe s., situé à environ 2 km au sud-sud-est de Soissons, et qui a pu fournir des meules pendant la protohistoire ou dans l’Antiquité. Mais cette zone de gisement n’offre plus aujourd’hui d’affleurement étu- diable67. 2.3.2. Origine géographique: carrière connue Des sites d’extraction et de fabrication de meules en grès de Fosses/Belleu sont signalés dans la vallée de l’Ysieux, affluent de l’Oise, entre Fosses, Bellefontaine et Luzarches (Val-d’Oise)68 (fig. 7). Une carrière est repérée dans le parc du château de Bellefontaine par une série de levées et d’excava- tions69 ; après extraction, le façonnage était exécuté dans des ateliers éloignés de plusieurs centaines de mètres des carrières et dispersés sur la rive droite de la vallée de l’Ysieux70. Ces ateliers, repérés en prospec- tion par la JPGF de Villiers-le-Bel71, sont localisés à Bellefontaine, aux lieux-dits « le Fer à Cheval », « le 66. — MÉGNIEN, BERGER 1991, p. 9; GUADAGNIN 2000, p. 44. 67. — POMEROL 1984, p. 15. 68. — GUADAGNIN 2000, p. 44, note 78; BOYER et alii 2010, p. 2. 69. — Constaté sur site. 70. — GUADAGNIN 2000, p. 44, note 78; BOYER et alii 2010, p. 4-5. 71. — Jeunesse Préhistorique et Géologique de France, section de Villiers-le-Bel, dirigée par R. Guadagnin. LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 175 L' Ys ie u x Fosses Bellefontaine Luzarches Le Bois Lionnet Le Fer à Cheval Le Terrier aux Renards La Miséraille La Garenne La Goulette Le Grand Clos Faciès Cuisien de l'Yprésien, sables et "Grès de Belleu" Zone d'extraction 0 1 km Atelier de taille de meules supposé Parc maison de retraite FIG. 6. — Le grès de Fosses/Belleu. Cliché macro Picavet 2010. FIG. 7. — L’affleurement de grès de Belleu (Yprésien) du secteur de Fosses/Bellefontaine/Luzarches (95). D’après la carte IGN et la carte géologique de la France. Picavet 22/05/12 11:02 Page 175 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    Grand Clos »,« Sous le Bois Lionnet », « la Garenne », « la Miséraille », « le Terrier aux Renards »; à Fosses, au « Buisson de la Miséraille », aux « Petits carreaux » et au « Cimetière Saint- Étienne »; et sur le territoire de Luzarches, à « la Pièce de la Carrière », aux « Petits Carreaux », et à « la Biche »72. 2.4. Les calcaires gréseux de type « Vauxrezis » et « Beaurieux » 2.4.1. Description et origine géologique Les calcaires gréseux à glauconies et rares nummu- lites, souvent surnommés « pierre à grains de sel » dans leur région d’origine73, sont présents sous forme de deux faciès correspondant aux types « Vauxrezis » et « Beaurieux » de B. Robert et J.-L. Landréat74. Ces roches sédimentaires carbonatées contiennent, dans une matrice beige clair, de nombreux éléments détri- tiques grossiers de quartz, de silex et de glauconie verdâtre, ainsi qu’un type caractéristique de foramini- fères, les Nummulites laevigatus, blanches et éparses. Les deux faciès diffèrent par la distribution de leurs éléments constitutifs. Le type 1, dit « Vauxrezis », est peu cimenté, et constitué de nombreux et grossiers grains de quartz et de glauconie, ainsi que de débris de silex verdi roulés (fig. 8). Le type 2, dit « Beaurieux », est plus homogène, moins grossier et mieux cimenté (fig. 9). Les grains de glauconie sont moins nombreux et plus clairs, et les nummulites plus nombreuses, accompagnées d’empreintes d’Eupsammia, un corail solitaire conique. Deux autres types ont par ailleurs été déterminés par B. Robert et J.-L. Landréat, carac- térisés par la présence de fossiles particuliers. Le type 3 présente des minéraux peu nombreux et très gros- siers fortement liés dans la matrice, ainsi que beau- coup d’empreintes d’Eupsammia. Le type 4, plus fin, contient quelques restes de Ditrupa strangulata. Cependant, ces deux derniers faciès sont rares, et n’ont pas été reconnus pour la période gallo- romaine75. Des calcaires affleurent dans les niveaux stratigra- phiques lutétiens d’une large partie du centre du Bassin de Paris. Les calcaires gréseux à rares nummu- lites apparaissent sur la feuille de Soissons de la carte géologique dans l’étage du Lutétien inférieur, proche du Lutétien moyen pour le type 2 (Éocène moyen, ère Tertiaire)76. 2.4.2. Origine géographique et carrières connues Les faciès 1 et 2 affleurent respectivement dans les communes éponymes de Vauxrezis et Beaurieux (Aisne), sur le versant droit de la vallée de l’Aisne. Un atelier d’extraction et de taille de meules a été reconnu à l’extrémité sud-ouest de la « Butte du Gué » domi- nant le village de Vauxrezis, 6 km au nord-ouest de Soissons, sur la rive droite du Ru du Moulin de Vaurezis (fig. 10). Le site a été identifié à la fin du XIXe s. par O. Vauvillé à la suite de la découverte d’une sépulture antique au bord d’une carrière de cal- caire77, puis prospecté en 1995 par Cl. Pommepuy et 72. — BOYER et alii 2010, p. 12. 73. — VAUVILLÉ 1898 a, p. 43; VAUVILLÉ 1898 b, p. 45. 74. — ROBERT, LANDRÉAT 2005, p. 106-107. 75. — ROBERT, LANDRÉAT 2005, p. 112-114. 76. — POMEROL 1984, p. 16. 77. — VAUVILLÉ 1898 a et b; VAUVILLÉ 1899. 176 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER FIG. 8. — Le calcaire gréseux à rares nummulites, faciès 1. Cliché macro Picavet 2010. FIG. 9. — Le calcaire gréseux à rares nummulites, faciès 2. Cliché macro Picavet 2010. Picavet 22/05/12 11:02 Page 176 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    B. Robert78. Dansla pente de la butte, un talus de déchets de taille a livré des ébauches de meules que rien ne permet de dater. L’origine des autres faciès est encore inconnue, et il serait intéressant de prospecter la butte où affleure le matériau de type 2, au nord-est de Beaurieux, entre les lieux-dits « l’Écouvette » et « les Bragades »79 (fig. 11). 2.5. Autres calcaires du Lutétien De petits moulins rotatifs de La Tène moyenne et finale sont taillés dans des calcaires du Lutétien moyen et supérieur aussi issus du centre du Bassin de Paris. Ces calcaires seront ici abordés rapidement car les individus concernés sont très peu nombreux et antérieurs à la période traitée. 2.5.1. La « pierre à liards » Surmontant les calcaires gréseux à glauconies et rares nummulites, la roche dite « pierre à liards », est un calcaire essentiellement composé de Nummulites laevigatus liées par une matrice sableuse beige clair80 (fig. 12). Ce faciès apparaît dans le niveau supérieur de l’étage du Lutétien inférieur, avant que la dispari- tion des nummulites détermine le passage au Lutétien moyen. 2.5.2. Le calcaire à Ditrupa Cette roche calcaire jaune à beige contient des tubes calcifiés, produits par le ver Ditrupa strangu- lata, et enfouis dans les vases calcaires du Lutétien moyen (Éocène moyen, ère Tertiaire) (fig. 13). La très occasionnelle présence de nummulites indique toute- fois une strate proche du Lutétien inférieur81. 2.5.3. Le calcaire à cérithes Prédominant à La Tène finale pour la fabrication des meules rotatives manuelles82, ce faciès renferme, en quantité plus ou moins importante, des empreintes de cérithes, gastéropodes fréquents dans les niveaux Tertiaires correspondant à des dépôts en milieu marin littoral83 (fig. 14). Ces empreintes fossiles sont parfois accompagnées de milioles, foraminifères déposés en milieu marin également. Cette formation géologique est placée au sommet du Lutétien (Éocène moyen, ère Tertiaire), et affleure dans le Soissonnais sous forme de bancs durs et diaclasés alternant avec des couches de marnes et d’argile84. La découverte d’ébauches de meules rotatives a récemment permis la localisation d’un atelier de taille à Vendresse-Beaulne (Aisne), au lieu-dit « le Platis »85. 2.6. Les roches volcaniques 2.6.1. Description et origine géologique Les meules en roche volcanique sont assez fré- quemment observées dans le nord de la Gaule, où elles rivalisent fortement avec les outils taillés dans les autres roches. Le matériau exploité, issu de cou- lées volcaniques du Quaternaire peu altérées, est vacuolaire, gris à gris sombre (fig. 15), et présente souvent de rares phénocristaux d’augite noire. 78. — ROBERT, LANDRÉAT 2005, p. 109-110. 79. — LAURENTIAUX et alii 1972. 80. — POMEROL 1984, p. 17. 81. — Communication personnelle de Gilles Fronteau. 82. — POMMEPUY 1999, p. 126; NAZE et alii 2011. 83. — FOUCAULT, RAOULT 2005, p. 65-66. 84. — POMEROL 1984, p. 18. 85. — NAZE et alii 2011. LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 177 du M oulin de V auxrez is Ru du C uru Ru Vauxrezis Chavigny Butte du Gué 0 1 km Reliefs visibles dans le paysage Etage du Lutétien inférieur, banc de calcaire gréseux à glauconies grossières L 'A i s n e L e T o r d o ir Beaurieux L'Ecouvette Les Bragades 0 1 km Reliefs visibles dans le paysage Etage du Lutétien inférieur, banc de calcaire gréseux à glauconies grossières FIG. 10. — Les affleurements de calcaire gréseux à rares nummulites (Lutétien), secteur de Vauxrezis (02). D’après la carte IGN et la carte géologique de la France. FIG. 11. — L’affleurement de calcaire gréseux à rares nummulites (Lutétien), secteur de Beaurieux (02). D’après la carte IGN et la carte géologique de la France. Picavet 22/05/12 11:02 Page 177 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    2.6.2. Origine géographique,carrières connues et supposées Deux champs volcaniques principaux constituent les possibles gîtes d’origine des meules en roche vol- canique. Il s’agit, à l’est, du massif de l’Eifel (Allemagne), et au sud, de la chaîne des Puys dans le Massif central. Ils font partie du même ensemble vol- canique, appelé province volcanique cénozoïque européenne, et étendu au nord de l’arc alpin sur 1200 km d’ouest en est entre le Massif central, l’Eifel (Allemagne), l’Eber graben (Rép. Tchèque) et la basse Silésie (Pologne)86. D’après D.P.S. Peacock87, les roches issues du Massif central et de l’Eifel se dif- férencient par la présence de phénocristaux d’augite noirs et de cristaux blancs inclus dans la masse de la roche de l’Eifel et absents de celle du Massif central. Mais T. M. Gluhak et W. Hofmeister ont récemment affirmé qu’il n’est pas possible de différencier les roches des deux gisements macroscopiquement88. Leur étude des meules et carrières de meules de l’Eifel, basée sur trois niveaux d’analyses des roches et demandant des données fiables et précises, dis- tingue d’abord ces deux grandes sources, pour ensuite tenter de reconnaître l’origine exacte des meules au sein du seul massif de l’Eifel89. D’autres centres de production, plus lointains, ont pu fournir le nord de la Gaule en meules. Il s’agirait de ceux d’Orvieto en Italie, et du bassin Pannonien en 86. — MEYER, FOULGER 2007, p. 1; GLUHAK, HOFMEISTER 2008, p. 111. 87. — PEACOCK 1980, p. 49. 88. — GLUHAK, HOFMEISTER 2011, p. 2. 89. — GLUHAK, HOFMEISTER 2008, 2009, 2011. 178 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER FIG. 12. — La « pierre à liards ». Cliché macro Picavet 2010. FIG. 13. — Le calcaire à ditrupa. Cliché macro Picavet 2010. FIG. 14. — Le calcaire à cérithes. Cliché macro Picavet 2010. FIG. 15. — Une roche volcanique vacuolaire. Cliché macro Picavet 2010. Picavet 22/05/12 11:02 Page 178 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    basse Autriche90. Maisnous n’aborderons ici que les deux origines les plus probables. 2.6.2.1. Le massif de l’Eifel Le massif de l’Eifel est divisé en un champ volca- nique tertiaire, l’Hocheifel, et deux champs quater- naires, l’Eifel-ouest et l’Eifel-est. L’essentiel de l’ac- tivité volcanique est daté du Néogène, avec un pic au Miocène (ère Tertiaire), mais les deux champs de l’Eifel-est et ouest marquent une reprise du volca- nisme au Quaternaire91. Ce sont ces deux jeunes gise- ments, aux roches basaltiques peu altérées, qui ont accueilli des carrières de meules. À l’ouest, quatre sites d’extraction de meules antiques sont attestés, à « Roßbüsch », « Eichholz », « Mühlenberg » et « Dietzenley ». Quatre autres sont supposés, à « Römerberg », « Mosenberg », « Goosberg » et « Rother Kopf ». Ces carrières semblent avoir fourni une production peu importante, peut-être à destination locale92 et le faciès du basalte de ce secteur est claire- ment différencié microscopiquement de celui de l’Eifel-est93. Le champ volcanique de l’Eifel-est s’étend sur 400 km2 et a fait l’objet d’une exploitation intensive dans la zone du volcan Bellerberg, sur une surface de 6 km2 située immédiatement au nord-est de Mayen (Rhénanie-Palatinat, Allemagne)94. Trois grandes car- rières y sont connues, sur les sites de « Mayener Grubenfeld », « Ettringer Lay » et « Kottenheimer Winfeld », et peut-être plus au nord à « Hohe Buche » et « Mauerley ». Bien que le Bellerberg ait été exploité sans interruption depuis le Néolithique jus- qu’à nos jours95, des vestiges de la production de meules antiques sont encore visibles par endroits96. La cristallisation des coulées volcaniques en piliers polygonaux verticaux a beaucoup facilité l’extrac- tion97, dont les traces ont été étudiées par F. Mangartz98. L’analyse de nombreuses ébauches de meules lui a permis de reconstituer la chaîne opéra- toire de la fabrication du matériel de mouture, depuis l’arrachement du bloc de lave brut jusqu’à l’obtention du produit fini. 2.6.2.2. Le Massif central Bien que l’origine auvergnate de certaines meules soit attestée99, aucune carrière d’extraction antique n’est connue dans le Massif central100. La zone géo- graphique est très probablement centrée sur les cou- lées de trachy-andésite du Puy de Nugère, aux alen- tours de Volvic (Puy-de-Dôme)101, où l’on extrait encore la pierre actuellement102. Les massifs du Cantal et du Mont-Dore sont aussi des sources pos- sibles de roche pour la fabrication des meules103, mais là encore aucune carrière antique n’est attestée. 3. ÉTUDE MORPHOLOGIQUE ET TECHNIQUE DES MEULES ROTATIVES Le moulin est le premier instrument qui peut être défini comme une « machine » par la complexité de l’outil assemblé par l’homme et destiné à obtenir un produit final, la farine, par l’application d’une force104. Il convient d’analyser les caractéristiques morphologiques des meules, éléments principaux de ces machines, pour saisir les aspects techniques de leur fonctionnement. Les dimensions représentent le premier critère dis- criminant pour différencier les moulins à actionne- ment manuel des moulins à entraînement mécanique. Ce critère n’est toutefois pas suffisant, car la limite entre le diamètre des premiers et celui des seconds est floue. Elle peut être placée autour d’une cinquantaine de centimètres si l’on considère la longueur du bras humain. La différenciation entre rotation manuelle et mécanique est en revanche rendue plus précise par l’observation des caractères techniques des meules. Certains types d’aménagement sont présents sur une catégorie de meules et absents sur d’autres, et inverse- ment. Il importe ainsi de prêter une attention particu- lière aux dispositifs d’entraînement, qu’ils soient laté- raux ou centraux, afin de classer les moulins par types. Les meules manuelles seront abordées dans un classement prenant en compte la forme générale de la meule, avec d’un côté les meules cylindriques plates simples et leur variante à réglage de l’écartement; de l’autre les meules plus trapues de forme généralement tronconique ou hémisphérique. Parmi les meules de grandes dimensions seront distinguées celles à rota- tion lente mues par une traction animale latérale, de celles à rotation potentiellement multipliée entraînées par le centre par l’énergie hydraulique ou animale. 90. — GLUHAK, HOFMEISTER 2011, p. 10. 91. — GLUHAK, HOFMEISTER 2009, p. 1775. 92. — GLUHAK, HOFMEISTER 2009, p. 1774-1775. 93. — GLUHAK, HOFMEISTER 2009, p. 1780. 94. — GLUHAK, HOFMEISTER 2009, p. 1775; CRAWFORD, RÖDER 1955, p. 68. 95. — CRAWFORD, RÖDER 1955, p. 68, 71; GLUHAK, HOFMEISTER 2008, p. 111; GLUHAK, HOFMEISTER 2009, p. 1774. 96. — CRAWFORD, RÖDER 1955, p. 71; MANGARTZ 2008. 97. — GLUHAK, HOFMEISTER 2009, p. 1775. 98. — MANGARTZ 2008. 99. — CASTELLA 1994, p. 70, d’après WILLIAMS-THORPE, THORPE 1988. 100. — MANGARTZ 2008, p. 199; GLUHAK, HOFMEISTER 2011, p. 2. 101. — AUBERT et alii 2006, p. 27; GLUHAK, HOFMEISTER 2011, p. 11. 102. — CASTELLA 1994, p. 70. 103. — CASTELLA 1994, p. 70; BINET 2002, p. 444. 104. — BOYER, BUCHSENSCHUTZ 1998, p. 198. LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 179 Picavet 22/05/12 11:02 Page 179 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    3.1. Les moulinsmanuels La bonne représentation des meules manuelles au sein des collections favorise leur caractérisation, et les analyses de séries importantes sont beaucoup plus aisées qu’avec les meules de grandes dimensions qui seront traitées par la suite. 3.1.1. Les moulins manuels cylindriques plats simples (fig. 16, 1, tab. 1) 3.1.1.1. Les catillus Ce sont des meules de forme cylindrique plate, aux deux faces opposées concaves, et percées de deux per- forations fonctionnelles. La première, au centre de la meule et de forme souvent complexe, sert, d’une part à l’introduction du grain dans le moulin, d’autre part à centrer la rotation grâce à l’insertion d’une anille de centrage mobile ou solidaire de l’axe. La seconde per- foration, percée dans le flanc de la meule, est destinée à recevoir un élément de préhension en bois, en métal ou en matières organiques, grâce auquel le moulin est mis en rotation. Ces catillus sont retrouvés dans tous les chefs-lieux de cité, dans des proportions différentes et dans des matériaux différents (fig. 17a). L’arkose d’Haybes/ Macquenoise constitue 44,3 % des soixante-quinze catillus cylindriques manuels pris en compte, pour 19 % de grès de Fosses/Belleu, 15,2 % de roche vol- canique, 11,4 % de calcaire gréseux, et 1,3 % de cal- caire à ditrupa. Les caractéristiques morphométriques des meules peuvent varier d’une roche à l’autre, par effet d’ate- lier, mais la forme générale suit le même schéma. 3.1.1.1.1. La face supérieure La face supérieure « en cuvette » de ces catillus manuels présente une forme générale plus ou moins concave, jusqu’à l’horizontalité, et il ne semble pas exister de corrélation entre le diamètre de la meule et le degré de courbure de la cuvette. En revanche, la face supérieure n’est pas traitée exactement de la même façon selon la roche utilisée (fig. 16, 1). Si celle des meules en arkose d’Haybes/Macquenoise et en calcaire gréseux est clairement concave, celle de cinq catillus en grès de Fosses/Belleu est horizontale ou approche l’horizontale (39, 41, 43, 45, 48). Les meules en roche volcanique sont ici trop peu repré- sentées pour en tirer des observations pertinentes, mais leur face supérieure forme aussi une cuvette plus ou moins inclinée selon les individus. 180 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER 0 30 cm 1a. 1b. 1c. 2. 3a. 3b. 3c. 4a. 4b. 4c. FIG. 16. — Schémas typologiques de moulins manuels. Éch. 1/10. 1. Moulins manuels cylindriques plats simples : 1a : en arkose d’Haybes/Macquenoise ; 1b : en grès de Fosses/Belleu ; 1c : en roche volca- nique ; 2. Moulin manuel cylindrique plat à réglage de l’écartement ; 3. Moulins manuels en poudingue : 3a : à perforation latérale prolongée dans l’œil ; 3b : à perforation latérale aveugle ; 3c : à encoches sur le flanc ; 4. Moulins de forme protohistorique d’après la typologie de Cl. Pommepuy : 4a : type 1 ; 4b : type 2 ; 4c : type 3 (Pommepuy 1999). Picavet 22/05/12 11:02 Page 180 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    Amiens Arras BavayBeauvais Boulogne Reims Soissons Catillus manuels Macquenoise 1 à 7 8 à 31 32 à 34 35 Fosses/Belleu 36 à 42 43 à 49 50 Calcaire gréseux 51 à 58 59 Roche volcanique 60 à 63 64 à 69 70 71 et 72 73 Calcaire à ditrupa 75 Roche indét. 80, 82 à 86 90 93 Cat. manuels réglage Catillus 94 à 96 97 à 100 102 101 Meta manuelles Macquenoise 103 et 104 105 à 108 109 à 131 132 133 à 136 Fosses/Belleu 137 à 146 147 à 151 152 et 153 Calcaire gréseux 156 à 158 159 Roche volcanique 160 et 161 168 169 et 170 171 Calcaire à ditrupa 173 Roche indét. 87 à 89 Poudingue Catillus 183 à 196 205 197 à 204 Meta 177 à 182 indét. 176 Formes proto Type 1 74 et 172 Type 2 76 et 174 Type 3 75 77 à 79, 175 Type «Pompéi» Catillus 206 à 211 213 à 216 219 Meta 212 217 et 218 Cat. traction animale latérale Catillus 226 Cat. type «Avenches» Roche volcanique 227 et 228 231 233 Cat. type «Zugmantel» Macquenoise 220 221 222 à 224 Roche volcanique 225 230 232 Calcaire gréseux 234 235 et 236 Grandes meta Macquenoise 244 245 à 253 Roche volcanique 254 et 255 256 à 259 260 261 Calcaire gréseux 262 à 267 268 à 271 Grandes meules autres Grès autre 237 à 239 240 et 241 242 et 243 0% 20% 40% 60% 80% 100% A m i e n s B a v a y B e a u v a i s B o u l o g n e R e i m s S o i s s o n s indét. Calc. Ditrupa roche volcanique Calcaire gréseux Fosses/Belleu Macquenoise 0% 20% 40% 60% 80% 100% A m i e n s A r r a s B a v a y B e a u v a i s B o u l o g n e R e i m s nombre d'individus 32 28 2 7 1 9 20 5 25 5 1 9 a. b. Tableau 1. — Les types de meules par ville. FIG. 17. — Proportion des matériaux parmi les meules manuelles cylindriques plates. a. Les catillus ; b. Les meta. Picavet 22/05/12 11:02 Page 181 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    De la faibleinclinaison de la face supérieure de cer- taines meules, il est possible de déduire que la cuvette ne fait pas office de trémie105. D’ailleurs, comme il l’a été prouvé par expérimentation, le grain doit être dis- tribué par poignées régulières dirigées vers le centre par la pente, et non déposé en tas sur le catillus, afin de ne pas bourrer le moulin106. La forme concave pourrait donc correspondre à une habitude de taille des fabricants, destinée à alléger la meule, et qui trou- verait son origine dans la dépression centrale des meules protohistoriques107. Par ailleurs, la face supérieure des catillus en grès et en calcaire est fréquemment raccordée au flanc directement par un rebord convexe, mais il arrive qu’elle soit délimitée en partie distale par un bandeau plat ou convexe large de 2 à 3 cm; il est plat et large de 3 à 6 cm sur les meules en roche volcanique. Dans le cas des meules en grès de Fosses/Belleu évoquées précédemment et dont la face supérieure est horizon- tale, le bandeau est peu marqué, parfois par une simple incision (41). L’aspect du rebord ne semble pas avoir de fonction précise et exprimerait plutôt un savoir-faire artisanal, une habitude de taille108. La face supérieure des catillus en roche volcanique est parfois marquée de fines rainures rassemblées en quatre secteurs perpendiculaires (68, 70). On peut, avec d’autres caractères détaillés par la suite, définir un modèle récurrent de meule manuelle en roche vol- canique déjà largement connu dans les établissements militaires romains de Germanie109, et dans des pro- portions moindre, en Bretagne110 et en Belgique111. 3.1.1.1.2. Le flanc Le flanc, qui représente la partie la plus haute du catillus, est tantôt vertical, tantôt légèrement convexe ou évasé vers le bas. Sans indications chronologiques, ces variations de l’inclinaison du flanc ne peuvent faire l’objet que d’hypothèses. Mais si l’on se base sur l’étude des meules de La Tène finale de la vallée de l’Aisne, la forme des meules tend, au moins avant la période romaine, à évoluer d’une section tronconique vers une section plus cylindrique112. Il est possible que cette évolution ne soit pas interrompue par la conquête romaine de la Gaule, et que les catillus au flanc incliné (8 à 11, 13, 19, 20, 29, 66) aient connu une période d’utilisation antérieure à ceux au flanc vertical. Une particularité des catillus en roche volcanique, dont le flanc est ici toujours vertical, est d’avoir par- fois fait l’objet d’une finition assez poussée avec le creusement, de la même manière que les sillons de la face supérieure, de rainures verticales sur le flanc à environ 1 cm d’intervalle (67, 68, 70, 73). 3.1.1.1.3. L’œil Dans les trente-deux cas où il peut être restitué, l’œil des catillus manuels est souvent de forme com- plexe, avec un centre circulaire ou ovalaire, prolongé de part et d’autre dans la longueur par deux mortaises (fig. 18). Ces extensions, en forme de queue d’aronde dans 65,6 % des cas, et de portion de cercle dans 15,6 % des cas, sont assimilées à des logements d’anille recevant un élément dit anille « boîtard », solidaire ou non de l’axe de rotation, et ayant pour seule fonction le centrage de la rotation113. Sur cinq des sept exemplaires restant (4, 6, 39, 42 59), la jonc- tion entre œil et logement d’anille n’est pas ou peu 105. — BOYER, BUCHSENSCHUTZ 2000, p. 175. 106. — BOYER, BUCHSENSCHUTZ 1998, p. 204. 107. — POMMEPUY 1999, p. 128; POMMEPUY 2003, p. 378. 108. — BOYER, JOUIN 2001, p. 33-34. 109. — JOHNSON 1987, p. 221; MATHIS, CLOSE 1987, p. 52; JODRY 2006, p. 24, fig. 3; JUNKELMANN 2006, p. 116-118. 110. — PEACOCK 1980, p. 49; BUCKLEY, MAJOR 1998, p. 242-245; BUXTON, HOWARD-DAVIS 2000, p. 297-300; WRIGHT 2002, p. 269; SHAFFREY 2003, p. 155. 111. — LANGEDOCK 1976, p. 247; PICAVET dans GUBELLINI-GILLES 2010. 112. — POMMEPUY 1999, p. 134; POMMEPUY 2003, p. 378. 113. — Sur les œils de catillus, voir ROBIN, BOYER 2011. 182 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER FIG. 18. — Un catillus manuel en arkose d’Haybes/Macquenoise (17, provenance Bavay). Cliché macro Picavet 2009. Picavet 22/05/12 11:02 Page 182 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    visible, parfois matérialiséepar de très légers ressauts. Dans le cas de ces œils114 ovales ou rectangulaires, il faut imaginer une anille de bois fichée par forçage mais n’occupant pas tout l’espace disponible, afin de laisser libre le passage du grain. Deux catillus en roche volcanique ont un logement d’anille différent (70, 73): autour d’un œil circulaire, deux encoches quadrangulaires diamétralement opposées devaient recevoir une anille sous forme de lamelle de fer scel- lée au plomb. 3.1.1.1.4. Le dispositif d’entraînement Les trous d’emmanchement115 Parmi les soixante-dix-neuf catillus à entraînement manuel pris en compte, vingt-sept ont conservé au moins un trou d’emmanchement percé dans le flanc et prolongé en oblique dans la cuvette (1, 4, 6, 8, 9, 12 à 17, 20, 22, 23, 25, 27, 30, 35, 42, 43, 44, 55, 57, 68, 70, 73, 84). Il est fréquent que la meule soit brisée dans l’axe de la perforation qui l’a fragilisée, et dans ce cas, celle-ci ne nous est parvenu qu’en partie, mais reste identifiable. Il arrive aussi que la surface active de la meule ait atteint, à force d’usure, la partie infé- rieure du trou d’emmanchement. Alors, et c’est obser- vable sur deux catillus de Bavay (22 et 68), un second trou peut avoir été creusé en position diamétralement opposée et à un niveau plus haut que le précédent pour le remplacer. Les caractéristiques morphologiques des trous d’emmanchement sont quasi identiques pour les meules en arkose d’Haybes/Macquenoise, en grès de Fosses/Belleu, en roche volcanique et en calcaire gré- seux. Le flanc de la meule est percé d’un trou à l’ou- verture circulaire, parfois quadrangulaire aux angles arrondis, d’un diamètre de 3 à 4 cm. La masse de la meule est traversée à l’oblique, la perforation s’éva- sant à mi-parcours pour aboutir dans la cuvette par une ouverture large de forme triangulaire aux côtés plus ou moins courbes, et dont la pointe est orientée vers l’œil (fig. 18). La base du triangle jouxte le rebord du réceptacle. Cette ouverture dans la cuvette est parfois adoucie jusqu’à présenter une forme de goutte; cette variante pourrait représenter, sinon un trait chronologique, un indice de la finition des meules hors des sites d’extraction. En observant l’in- térieur des manchons, on remarque par ailleurs un res- saut de quelques millimètres enserrant le conduit à mi-chemin entre le flanc et la cuvette. Il pourrait s’agir d’une trace laissée au moment de la taille de la meule, et qui témoignerait d’une technique de perce- ment du trou d’emmanchement. Deux phases succes- sives seraient ainsi nécessaires; un creusement partant du flanc, et un partant du réceptacle, les deux se rejoi- gnant avec parfois un petit défaut de raccord. Pour la mise en rotation, on peut imaginer, insérée dans ces trous d’emmanchements, une pièce de bois épousant la forme particulière de la perforation et ser- vant directement de manche (fig. 19). Cet élément pouvait être maintenu par un clou ou une goupille métallique qui expliquerait les traces d’oxyde de fer déposées dans la partie supérieure du trou d’emman- chement de la meule 15 (Bavay). Si cette possibilité reste envisageable, une perforation aussi complexe n’est pas indispensable pour un manche simple qui pourrait aussi bien s’insérer dans un trou d’emman- chement aveugle vertical ou horizontal, à l’image de ceux observés à la protohistoire et à l’époque romaine dans d’autres régions116. Le profil courbe de ces trous d’emmanchement paraît plutôt adapté à un anneau117, une bague ou des broches en fer (fig. 19), ou encore à un lien en 114. — Orthographe actée lors de la table-ronde du Groupe Meule à Saint-Julien-sur-Garonne en 2009: CHAUSSAT 2011, p. 359. 115. — Sur les trous d’emmanchement, voir JODRY et alii 2011. 116. — LACROIX 1963, p. 302; BUCHSENSCHUTZ, BOYER 1999, p. 213; POMMEPUY 2003, p. 383; LAGADEC 2007, p. 31-32; JODRY et alii 2011. 117. — JODRY 2006, p. 21. LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 183 0 30 cm FIG. 19. — Propositions de restitution des systèmes d’emmanchement des moulins manuels cylindriques plats simples. Picavet 22/05/12 11:02 Page 183 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    matériaux périssables (cuir,fibres végétales)118. Deux catillus présentent des traces d’oxyde de fer dans la partie supérieure du manchon (1 et 15), alors que les autres en sont dépourvues. L’usage des deux sortes de matériaux est donc concevable. Une bague ou un lien ne serait cependant qu’un élément intermédiaire des- tiné à fixer un manche vertical sur le flanc du catillus de manière à donner à la meule une rotation complète, ce que ne permet pas un anneau simple. Le débat entre rotation complète et semi-rotation est d’ailleurs ouvert suite à la découverte de moulins en position primaire placés contre les murs d’une pièce119, et à l’observation de la dissymétrie de certaines meules due à l’usure120. Ce débat semble s’orienter vers la rotation complète qui offre un plus grand confort de mouture et de meilleurs rendements121. L’usage d’un manche serait donc favorisé par rapport à celui d’un anneau simple. Les cerclages métalliques Sept catillus (1, 18, 36, 38 à 41), soit 8,9 % du total des catillus cylindriques plats simples, présentent des traces d’oxyde de fer sur le flanc, sous forme de bande horizontale large de 1 à 3 cm parcourant tout le tour de la meule. Cette bande correspond à un cerclage métallique qui entourait le catillus afin d’y fixer un manche vertical sans nécessairement avoir recours au percement de la masse de la meule, ce qui la fragi- lise122. Des traces d’allure similaire, mais non consti- tuées d’oxyde de fer sont visibles sur le flanc des meules 48 et 59. L’une est en calcaire gréseux, l’autre en grès de Fosses/Belleu. Ces traces, au coloris brun noirâtre, pourraient correspondre à un cerclage de matière organique qui aurait laissé sa coloration sur la surface du flanc. Des traces d’oxyde de fer et d’usure localisées, voire des encoches verticales sont également visibles à certains endroits du flanc et marquent peut-être l’emplacement du manche qui venait se fixer sur le cerclage (1, 38 à 41). Le catillus 38 semble avoir été doté, non seulement d’un cerclage de fer, mais aussi d’une armature plus complexe qui pouvait enserrer la meule et recevoir un système d’emmanchement. On observe en effet, en plus de la bande d’oxyde de fer horizontale qui par- court le pourtour du flanc, quelques traces d’oxyde de fer à la périphérie de la face supérieure: trois doubles traces sont situées à égale distance l’une de l’autre sur le rebord de la meule. L’une de ces trois traces est située sur une double encoche verticale qui marque la partie supérieure du flanc; peut-être trois doubles broches ont-elles accroché le rebord afin d’immobili- ser le cerclage autour du catillus, et un manche y était- il fixé à l’emplacement de l’encoche. Par ailleurs, la meule 1 d’Amiens a conservé un trou d’emmanchement encadré de deux encoches ver- ticales, une bande d’oxyde de fer sur le flanc, ainsi qu’un dépôt d’oxyde de fer à l’intérieur du trou d’em- manchement. Ces indices permettent de proposer une restitution du système d’entraînement qui a pu équi- per le catillus (fig. 20). On peut restituer deux broches jointes à une extrémité et introduites dans le trou d’emmanchement par l’autre extrémité. Ces broches, aboutissant dans la cuvette, seraient repliées vers l’ex- térieur et le long du flanc dans les encoches verticales qui encadrent la perforation. Un manche en bois vien- drait se fixer à l’extrémité aboutissant sur le flanc et l’ensemble serait renforcé, peut-être postérieurement, par le cerclage de fer123. 118. — ROGINE 1876, p. 144. 119. — PY 1992, p. 225; LAGADEC 2007, p. 38. 120. — PY 1992, p. 225. 121. — PY 1992, p. 226, d’après DEMBINSKA 1985; BOYER, BUCHSENSCHUTZ 1998, p. 204. 122. — JACCOTTEY 2009, p. 12; JACCOTTEY, BOYER et alii 2011. 123. — Reconstitution d’après la découverte d’un moulin manuel com- plet à Newstead (Nottinghamshire): CURLE 1911, p. 145, pl. XVII, cité par WRIGHT 2002, p. 269. 184 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER 0 30 cm FIG. 20. — Principe d’emmanchement des moulins manuels cylindriques plats simples, d’après les traces d’oxydes métalliques observées sur le catillus 1 (Amiens). Picavet 22/05/12 11:02 Page 184 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    D’autres exemples d’associationdu trou d’emman- chement et du cerclage sont connus124 et ont pu inspi- rer la reconstitution du système d’emmanchement de la meule 1. Le catillus en granit mis au jour aux Souhesmes-Rampont (Meuse) avec son cerclage et son anneau d’entraînement125 montre le rôle du cer- clage dans l’actionnement du catillus, par l’associa- tion d’un anneau horizontal directement solidaire d’un cerclage métallique. Mais il existe probablement une multitude d’assemblages possibles, selon la pré- sence ou l’absence de trou d’emmanchement et selon sa forme. Le choix du système d’entraînement Six meules, sur neuf qui disposent de traces de cer- clage, sont en grès de Fosses/Belleu; deux autres sont en arkose d’Haybes/Macquenoise et une en calcaire gréseux (fig. 21a). En revanche, sur les vingt-sept qui sont percées d’au moins un trou d’emmanchement latéral prolongé dans la cuvette, dix-huit sont en arkose d’Haybes/Macquenoise, trois sont en grès de Fosses/Belleu, trois en roche volcanique, deux en cal- caire gréseux, et une en roche indéterminée (fig. 21b). Ainsi, 66,6 % des meules actionnées grâce à un cer- clage de fer sont en grès de Fosses/Belleu, et 66,6 % des meules qui disposent d’un trou d’emmanchement sont en arkose d’Haybes/ Macquenoise. Si aucune exclusivité n’est mise en évidence, on remarque tout de même une préférence, selon le matériau, pour un système d’entraînement ou un autre. On constate aussi une standardisation des trous d’emmanchement qui pourrait être le signe de la transmission d’un savoir-faire commun aux tailleurs et dont les aspects seront abordés plus tard. 3.1.1.2. Les meta L’arkose d’Haybes/Macquenoise est majoritaire- ment représenté, avec 52,3 % des meta manuelles, suivie du grès de Fosses/Belleu avec 26,2 %. Les trois autres roches sont peu importantes; 9,2 % pour les roches volcaniques, 6,2 % pour le calcaire gréseux, et 1,5 % pour le calcaire à ditrupa (fig. 17b). Les meta manuelles ont des caractéristiques mor- phologiques à peu près identiques quelle que soit la roche qui les constitue (fig. 16). Leur face active est peu inclinée, et le flanc est généralement évasé vers le haut, parfois vertical. Peu de soin est apporté à la taille de la face inférieure, souvent grossièrement piquetée, mais sa surface doit être régulière pour assurer la sta- bilité du moulin. Cette face peut être horizontale, ou légèrement concave, ce qui allège la meule et facilite sa stabilisation. Tous matériaux confondus, et contrairement au reste de la Gaule126, toutes les meta ont ici un œil qui la perfore totalement. Cette caractéristique est souvent interprétée comme un aménagement intervenant dans le réglage de l’écartement des meules127. Or, les catillus qui peuvent faire l’objet d’un tel réglage et qui seront décrits par la suite sont a priori très peu nom- breux. La perforation totale de la meta demande un travail double de la part des tailleurs de meules. Le léger bourrelet que l’on peut observer à mi-hauteur à l’intérieur de l’œil coïncide en effet avec le point de jonction entre le creusement de l’œil par-dessus d’une part, et par-dessous d’autre part. Les raisons d’un tel aménagement peuvent être multiples. On peut exclure l’entraînement par le centre puisque le trou d’emman- chement témoigne d’un actionnement périphérique; la perforation totale pourrait alors correspondre à une caractéristique technique spécifique au nord de la Gaule où, plus qu’ailleurs, on aurait besoin de faire traverser l’axe de rotation. On peut y voir l’habitude de fixer l’axe dans le sol ou dans une structure sous- jacente afin de stabiliser le moulin128 ; le catillus est 124. — JACCOTTEY 2009, p. 13-14. 125. — Fouille de N. Béague-Tahon, Inrap; LAGADEC 2007, p. 22; JACCOTTEY 2009, p. 14. 126. — CHAUSSAT 2011. 127. — MORITZ 1958, p. 119-120; AMOURIC 1997, p. 40. 128. — MORITZ 1958, p. 120. LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 185 0 1 2 3 4 5 6 7 M a c q u e n o i s e 22,2 % 66,6 % 11,1 % nb individus 0 4 8 12 16 20 3,7 % 7,4 % 11,1 % 11,1 % 66,6 % nb individus F o s s e s / B e l l e u C a l c a ir e g r é s e u x in d é t . C a l c a ir e g r é s e u x R o c h e v o l c a n iq u e F o s s e s / B e l l e u M a c q u e n o i s e a. b. FIG. 21. — Le système d’emmanchement des meules manuelles cylindriques plates. a. Traces de cerclage métallique ; b. Trou d’emmanchement. Picavet 22/05/12 11:02 Page 185 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    alors indépendant del’axe autour duquel il tourne129. Ou encore, aspect pratique, faciliter le transport des meules, par le commerçant ou l’utilisateur, en offrant un point d’attache central. Par ailleurs, qu’il soit mobile ou non, l’axe est pro- bablement gainé d’une pièce de bois qui assure l’étan- chéité entre lui et l’œil de la meta. 3.1.1.3. Données communes aux catillus et aux meta 3.1.1.3.1. Le diamètre Le diamètre des catillus cylindriques plats, lors- qu’il est restituable avec précision, est compris entre 31,8 et 55 cm, avec une médiane de 42,5 cm, et des mesures comprises à 80 % entre 38 et 48 cm; les mesures extrêmes sont à 10 % supérieures et 10 % inférieures à cette fourchette (fig. 22a). Le diamètre des meta est compris entre 31,5 et 56 cm, avec une médiane de 43 cm, et des mesures comprises à 80 % entre 37,5 et 50 cm (fig. 22a). Ces fourchettes de 38 à 48 et de 37,5 à 50 cm, fixées de manière arbitraire par un calcul statistique, s’inscrivent bien dans l’ordre de grandeur des dia- mètres des meules d’époque romaine donné par l’étude du Groupe Meule sur leur évolution à La Tène finale et à l’époque romaine130. Les meules les plus petites y sont, de tendance générale, plus anciennes que les plus grandes, mais l’usage de petites meules perdure à l’époque romaine, ce qui permet de ne pas exclure cette catégorie du lot. On peut ainsi dessiner une tendance générale, mais non définir un système précis de correspondance entre dimensions et chrono- logie. 3.1.1.3.2. La face active La face active du catillus doit se superposer à celle de la meta pour opérer la mouture ou le broyage. Il doit donc y avoir correspondance entre la pente de l’un et celle de l’autre. Cependant, un espace, appelé « lumière » doit être ménagé entre les deux meules 129. — POMMEPUY 2003, p. 381. 130. — JACCOTTEY, JODRY et alii 2011. 186 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER 0 5 10 15 20 C atillus M acquenoise Fosses/Belleu R oche volcanique 30 35 40 45 50 55 60 T o u t e s Catillus M e t a M a c q u e n o i s e F o s s e s / B e l l e u R o c h e v o l c a n i q u e C a l c a i r e g r é s e u x D i t r u p a Diamètre (cm) Mesure minimale Médiane Mesure maximale 0 5 10 15 20 M e t a M a c q u e n o i s e F o s s e s / B e l l e u R o c h e v o l c a n i q u e Pente (en °) Pente (en °) a. b. c. FIG. 22. — Morphométrie des meules manuelles cylindriques plates simples. a. Diamètres ; b. Inclinaison de la face active des catillus ; c. Inclinaison de la face active des meta. Picavet 22/05/12 11:02 Page 186 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    pour favoriser l’introductiondu produit à broyer dans le moulin et, dans le cas d’une mouture céréalière, dérouler le son et écraser l’amande progressivement. Cette lumière est caractérisée, de manière théorique pour un moulin neuf, par un écart de 2° entre l’incli- naison de la face active du catillus et celle de la meta131. En réalité, cette inclinaison varie au fur et à mesure de l’usure des meules et la lumière tend à se réduire puis à disparaître. Le ravivage des surfaces actives intervient alors pour retrouver, d’une part les qualités d’abrasion qui diminuent avec l’usure132, d’autre part l’inclinaison nécessaire à une mouture efficace. Selon la roche employée, le ravivage est traité de manière différente. Il peut prendre la forme d’un simple piquetage à coups perdus, ou d’un habillage raisonné (rayonnage droit ou courbe, orga- nisé en secteurs ou rayonnant, simples cupules « en nid d’abeille », mixte associant rayonnage et cupules). Il conviendra plus tard de s’interroger avec plus de précision sur sa forme et sa fonction. La face active des catillus manuels est inclinée de l’ordre de 0 à 18°, celle des meta entre 0 et 14° mais avec des fourchettes différentes selon les roches (fig. 22 b et c). La qualité des données se rapportant aux meules en calcaire gréseux et en roche indétermi- née ne permet cependant pas d’obtenir de résultats satisfaisants. Leur surface est souvent fortement concave, rendant difficile la mesure de l’inclinaison, et leur faible nombre rend inappropriés les calculs sta- tistiques. Si les fourchettes sont larges à cause d’individus peu représentatifs qui se distinguent du lot, leur ratio- nalisation statistique montre la tendance générale pour chaque roche. Les meules en arkose d’Haybes/Macquenoise et en grès de Fosses/Belleu ont une face active très peu inclinée, peut-être héri- tière des surfaces plates des meules protohistoriques locales133, alors que celles en roche volcanique ont une pente plus accusée. En outre, l’écart entre la pente du catillus et celle de la meta se vérifie; celui des meules en arkose d’Haybes/Macquenoise s’élève à 2°, et celui des meules en roche volcanique atteint 1°. En revanche, cet écart est infime pour les meules en grès de Fosses/Belleu. Il s’agit évidemment d’approxima- tions données par des calculs de médianes et non, en l’absence de couples fonctionnels, de mesures pré- cises et incontestables. 3.1.2. Les moulins manuels cylindriques plats à réglage de l’écartement (fig. 16, 2) Il existe une catégorie de moulins manuels qui, bien que présentant les mêmes caractéristiques morpholo- giques et techniques que les moulins précédents, dis- posent d’aménagements particuliers qui méritent d’être développés. Le trou d’emmanchement latéral prolongé dans la cuvette, les traces de cerclage, ou les encoches sur le flanc en font, à l’image des meules précédentes, des meules à entraînement périphérique manuel. Mais leur diamètre, jusqu’à 54 cm, les place dans le haut du classement des meules à main, juste avant les grandes meules à entraînement mécanique. La distinction avec les autres meules manuelles est faite grâce au logement d’anille qui équipe ces meules de dimensions moyennes. Il prend la forme d’en- coches rectangulaires ou en double queue d’aronde par-dessous sur les catillus en arkose d’Haybes/ Macquenoise, en roche volcanique et en calcaire gré- seux, et d’une perforation verticale sur celui en grès de Fosses/Belleu. Dans le premier type de logement vient s’insérer une anille par-dessous solidaire de l’axe de rotation; dans le second est scellé sur la face supérieure, dans la perforation conservée et dans celle qui devait se trouver en position diamétralement opposée, une anille-crampon reliée elle aussi à l’axe de rotation. Ce système permet, non pas l’entraîne- ment du moulin par le centre, puisque les trous d’em- manchement indiquent un entraînement latéral, mais le centrage de la rotation et la suspension du catillus sur la meta pour le réglage de l’écartement entre les deux meules134. Cela implique alors pour le moulin d’être disposé sur une structure en bois qui le place à hauteur de la taille du meunier. L’axe de rotation tra- verse le catillus, la meta dont l’œil est totalement per- foré, et la structure elle-même, et repose sur un levier qu’il est possible de lever ou baisser à volonté. Par cette manipulation, le catillus est soulevé ou abattu afin d’obtenir l’écartement désiré (fig. 23)135. Les meules de ce type mesurant parfois plus de 50 cm de diamètre, il est possible qu’on ait eu recours, pour rendre le mouvement rotatif plus aisé, à une potence associée à ce dispositif, et à laquelle était reliée une perche qui prenait place dans le système d’emmanchement du catillus (fig. 23). Le rayon de la 131. — BOYER, BUCHSENSCHUTZ 1998, p. 203; BOYER, JOUIN 2001, p. 37. 132. — AMOURIC 1997, p. 42. 133. — POMMEPUY 1999, p. 127. 134. — MORITZ 1958, p. 119; AMOURIC 1997, p. 43-44. 135. — MORITZ 1958, p. 118-119; AMOURIC 1997, p. 41; BOYER, PICAVET 2010, p. 24-25. LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 187 Picavet 22/05/12 11:02 Page 187 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    rotation effectuée parle bras est ainsi réduit, le travail de mouture rendu plus commode, et les rendements sont accrus136. Toutefois, encore observé dans cer- taines parties de l’Europe au XXe s.137, ce système est appliqué ici à la période romaine sans autre indice que ceux apportés par l’observation des meules. Il convient donc de rester prudent face à cette interpréta- tion. Mais les indices techniques, logement d’anille de soutien, trou d’emmanchement et meta à œil perfo- rant, semblent concourir à l’élaboration d’une telle idée. 3.1.3. Les moulins manuels hémisphériques et tron- coniques 3.1.3.1. Les meules manuelles en poudingue Les meules en poudingue sont présentes dans les trois chefs-lieux situés les plus à l’ouest, Boulogne, Amiens et Beauvais. Elles sont de forme hémisphé- rique à tronconique, ce qui leur donne un aspect presque totalement sphérique quand le catillus et la meta sont assemblés. Elles sont caractérisées, d’une part par leur matériau particulier qui semble n’avoir fourni que de petites meules manuelles, d’autre part par leur forme et leurs petites dimensions. L’exemplaire mis au jour à Beauvais (205) est le seul à apparaître sous la forme d’un cylindre plat. 3.1.3.1.1. Les catillus Le dispositif d’entraînement Les catillus peuvent être rangés dans trois groupes, distingués par leur dispositif d’entraînement et sou- vent par leur profil. Le premier est caractérisé par la présence d’un trou d’emmanchement latéral prolongé dans l’œil et par une forme souvent tronconique plus ou moins bombée; le deuxième par la présence d’un trou d’emmanchement aveugle, et le troisième groupe par la présence sur le flanc de simples encoches hori- zontales et par une forme souvent plus basse en por- tion de sphère. Un quatrième groupe est esquissé par le seul représentant 205 qui, dépourvu de trou d’em- manchement, recevait peut-être un dispositif d’entraî- nement comparable à celui des catillus du troisième groupe. Quinze catillus, soit 65,2 % des catillus en pou- dingue, ont le flanc percé. Groupe a (fig. 16, 3a): le trou d’emmanchement présente toujours une ouverture quadrangulaire sur le flanc, large de 5 à 8 cm, et haute de 4,5 à 10 cm. Le conduit se resserre en se prolongeant vers l’intérieur de la meule, puis aboutit dans l’œil par un orifice cir- culaire de 2 à 4 cm de diamètre. Y était probablement inséré un élément de préhension en bois ou en métal, peut-être solidaire de l’axe de rotation qui traversait le catillus et la meta sous-jacente (fig. 24, 3a). Dans deux cas (185 et 190), ce trou d’emmanchement est accompagné d’une gorge continue qui parcourt tout le pourtour de la partie inférieure du flanc. Groupe b (fig. 16, 3b): le trou d’emmanchement présente une section conique et est ouvert sur le flanc par un goulet de 3 à 4,5 cm de diamètre. Il est orienté vers le bas et profond de 6 à 6,5 cm sur les meules 189 et 197, et horizontal et profond de 3,5 cm sur la meule 204. Il recevait vraisemblablement un manche en bois indépendant de l’axe de rotation (fig. 24, 3b). Groupe c (fig. 16, 3c): sept catillus présentent, en partie inférieure ou médiane du flanc, une série d’en- coches horizontales peu profondes (183, 184, 189, 191, 195, 196, 201). Sur la meule 189, elles accompa- gnent un trou d’emmanchement atteint par l’usure de la face active, et paraissent le remplacer; mais sur la meule 195, elles accompagnent une perforation intacte. Si les deux types d’aménagement latéraux sont contemporains, les encoches interviennent peut- être alors pour renforcer le système d’emmanche- ment. Par ailleurs, quand le catillus est dépourvu de trou d’emmanchement, il présente une forme plus 136. — VIGNET-ZUNZ 2002, p. 251; REIGNIEZ 2003, p. 76. 137. — JODRY 2006. 188 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER 0 30 cm FIG. 23. — Le moulin à perche et réglage de l’écartement. Picavet 22/05/12 11:02 Page 188 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    basse que lescatillus des deux premiers groupes. Le creusement d’encoches serait donc bien un aménage- ment secondaire sur les meules perforées, mais un dis- positif d’entraînement principal sur les meules non percées, les deux types provenant peut-être d’ateliers différents. On remarque, dans la gorge et les encoches de sept de ces catillus, des traces d’oxyde de fer qui témoi- gnent de l’adaptation de pièces de fer dans ces creuse- ments. Il peut s’agir, pour les gorges continues, d’un mode d’enserrement de la meule dans un cerclage, et pour les encoches, d’un système avec points d’an- crage qu’il est difficile de reconstituer avec les infor- mations disponibles. On peut imaginer un lien végétal équipé d’éléments en fer qui viennent se bloquer dans les encoches pour assurer le maintien du dispositif (fig. 24, 3c) L’œil La forme de l’œil de ces catillus varie d’un individu à l’autre et ne semble pas avoir de lien avec le type d’emmanchement. Il s’agit toujours de dépressions centrales étroites et profondes qui prennent la forme de cylindres ou de cônes simples (183, 184, 191, 193, 194, 196, 197, 199, 202), mais parfois se resserrent en partie inférieure, adoptant une forme de « verre à pied » (185 à 190, 192, 195, 198, 200, 201, 203). On peut ainsi rapprocher ces meules des catillus de type 3 décrits par Cl. Pommepuy pour La Tène finale138. 3.1.3.1.2. Les meta Les meta, encore observées exclusivement à Amiens, ont une forme générale en calotte sphérique inversée. Leur face inférieure est en effet convexe, ce qui présente l’inconvénient d’être instable sur une sur- face plane. On peut alors supposer que le moulin était encastré à même le sol, dans la terre battue139, et peut- être disposé sur une natte afin de recueillir le produit moulu. L’œil, perforant toujours la meule verticalement, est conique sur les meules 177, 179 et 180, et « en verre à pied » inversé sur les trois autres individus (178, 181 et 182). Il est facile d’imaginer la pièce de bois qui venait probablement s’y loger par-dessous et qui recevait l’axe de rotation du moulin, empêchant le grain de s’introduire dans l’œil avant mouture. 3.1.3.1.3. Données communes aux catillus et aux meta La face active La face active des petites meules en poudingue est très peu inclinée, entre 0 et 8° pour les catillus, avec une médiane de 3°, et entre 0 et 5° pour les meta, avec une médiane de 2°. Même si ces médianes ne consti- tuent pas des mesures exactes prises sur des couples fonctionnels, elles montrent une tendance qui témoigne ici encore de l’existence d’une lumière entre la meule tournante et la meule dormante. Le diamètre Le diamètre des meules en poudingue est compris entre 25 et 39,5 cm, avec une médiane de 32 cm, qui se réduit à 31,5 cm pour les catillus et atteint 32,5 cm pour les meta. Cette différence est néanmoins peu significative puisque les meta sont presque quatre fois moins nombreuses que les catillus. On peut toutefois remarquer que les catillus d’Amiens sont générale- ment plus grands que ceux de Boulogne. En effet, hor- mis le catillus 198 qui mesure 33,5 cm, toutes les meules de Boulogne ont un diamètre compris entre 25 et 30 cm, alors que les catillus d’Amiens ont un dia- mètre compris entre 30 et 39,5 cm. Représentation des meules en poudingue Peut-on déduire de ces résultats que le circuit d’ap- provisionnement n’est pas le même pour les deux villes? Ou qu’il diffère selon le type de meule? Ou 138. — POMMEPUY 1999, p. 128. 139. — HESLOP 2008, p. 39. LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 189 0 30 cm 3a. 3b. 3C. FIG. 24. — Propositions de restitution des systèmes d’emmanchement des moulins manuels en poudingue. Picavet 22/05/12 11:02 Page 189 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    s’agit-il de variationsd’ordre chronologique? Des meules de même type taillées dans la même roche sont connues en Normandie140, mais d’autres aux caractéristiques différentes, proches de celle de Beauvais (205), y sont aussi observées141. Il existe divers sites d’extraction de poudingue qui ont fourni des meules manuelles. On peut donc imaginer une spécialisation des ateliers de taille dans la réalisation d’un type de meule, avec ensuite un circuit de diffu- sion très étendu, entre le Cotentin et Boulogne-sur- Mer, pour les catillus à trou d’emmanchement, et une répartition plus restreinte et limitée à l’ouest pour les meules plus plates; et les catillus à gorge et à encoches paraissent absents des collections nor- mandes. Il semble communément admis que ces meules en poudingue ont été en usage sans discontinuité à La Tène finale et à l’époque romaine. Pour la fin de l’Âge du Fer, trois catillus sont mentionnés par Cl. Pommepuy142, et un exemplaire remonterait même à La Tène moyenne sur le site de Mérignies (Nord)143. Dans les villes d’Amiens et de Boulogne-sur-Mer, ils sont supposés d’époque romaine d’après des décou- vertes « très fréquentes et réparties dans toute la ville »144. Mais cette datation reste à confirmer. 3.1.3.2. Les meules manuelles protohistoriques (fig. 16, 4, tab. 1) Une série de meules se distingue des moulins à main d’époque romaine décrits jusqu’ici. Elles entrent dans la classification des meules manuelles de La Tène finale issues de la vallée de l’Aisne construite par Cl. Pommepuy145. Ces meules se distinguent par leur matériau, leur forme et leurs caractéristiques techniques. Leur diamètre, compris entre 31,5 et 41,5 cm avec une médiane de 35,5 cm, correspond à celui de meules rotatives protohistoriques146. Trois groupes sont définis, connaissant une évolution chro- nologique inverse, le type 1 étant le plus récent et le type 3 le plus ancien147. 3.1.3.2.1. Les meules de type 1148 Le catillus se présente sous la forme d’un cylindre dont la face supérieure, horizontale en parties distale et mésiale, est creusée d’une dépression peu profonde en partie proximale (fig. 16, 4a). Cette dépression des- cend doucement vers l’œil qui est équipé d’un loge- ment d’anille « boîtard » rectangulaire. Le flanc est percé d’un trou d’emmanchement horizontal aveugle dont la profondeur atteint à peine la moitié du rayon de la meule. Sur le couple de Reims (74 et 172), la meta est aussi cylindrique, avec un œil perforant, et sa face active inclinée de 4° s’adapte à celle du catillus, aussi inclinée de 4°. Ce type de meule en calcaire à cérithes serait pré- dominant dans la vallée de l’Aisne à La Tène D1 et à La Tène D2. 3.1.3.2.2. Les meules de type 2149 La section du catillus est tronconique et sa face supérieure est creusée en cuvette aboutissant à la per- foration centrale cylindrique (fig. 16, 4b). Le trou d’emmanchement percé dans le flanc est prolongé jusqu’à aboutir au centre de la meule, à la jonction entre la cuvette et l’œil. Toutefois, ce type d’aménage- ment périphérique n’est pas caractéristique de ce groupe de meules. Cl. Pommepuy décrit habituelle- ment des trous aveugles, ne dépassant pas en profon- deur la moitié du rayon de la meule150. La meta, de forme cylindrique plate, est perforée de part en part verticalement par l’œil. Sur le couple conservé à Soissons (76 et 174), taillé en « pierre à liards » la face active du catillus est inclinée de 5°, celle de la meta de 3°, ménageant une lumière pour l’introduction et le déroulement progressif du grain. 3.1.3.2.3. Les meules de type 3151 Comme pour les meules en poudingue, la face supérieure est tronconique bombée, presque hémi- sphérique, et creusée d’une dépression centrale pro- fonde resserrée en partie inférieure (fig. 16, 4c). Ces dépressions centrales tendraient à s’élargir entre La Tène C2 et La Tène D1152, et seraient à l’origine des cuvettes peu inclinées des meules romaines. Le trou d’emmanchement latéral est quasi identique à celui des meules en poudingue et traverse l’épaisseur de la meule jusqu’à l’œil. La meta est cylindrique et plate, avec des flancs verticaux et un œil perforant. La face active est ici inclinée de 0 à 3°. 140. — RÉMY-WATTÉ 1983; CHAUSSAT 2009, p. 82-84. 141. — CHAUSSAT 2009, p. 82-83. 142. — POMMEPUY 1999, p. 128, 131. 143. — PICAVET 2010f. 144. — BAYARD, MASSY, 1983, p. 163. 145. — POMMEPUY 1999, p. 128. 146. — POMMEPUY 2003, p. 378-379. 147. — POMMEPUY 2003, p. 380. 148. — POMMEPUY 1999, p. 127-129; POMMEPUY 2003, p. 376-378. 149. — POMMEPUY 1999, p. 128-131; POMMEPUY 2003, p. 378. 150. — POMMEPUY 1999, p. 129-131. 151. — POMMEPUY 1999, p. 128, 131; POMMEPUY 2003, p. 378. 152. — POMMEPUY 2003, p. 378. 190 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER Picavet 22/05/12 11:02 Page 190 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    Le catillus 91de Bavay, en grès fin gris sombre, présente la particularité d’avoir la surface active habillée d’un rayonnage droit composé en quatre sec- teurs perpendiculaires, et dont les sillons sont espacés de 13 mm. Il ne peut être attribué à La Tène finale que par ses dimensions et sa forme tronconique accusée, mais si cette datation se confirmait, il s’agirait d’un très rare, voire du seul exemple de rayonnage précoce de la face active dans la région. 3.2. Les moulins de grandes dimensions 3.2.1. Les meules à traction animale périphérique 3.2.1.1. Les meules de type « Pompéi » Le grand nombre de meules de ce type retrouvé sur les sites de Pompéi et d’Ostie a provoqué la réalisa- tion de nombreux travaux sur ces moulins définis comme typiquement romains. Appelés mola asinaria par Caton (Cat., De agr., 10, 4), ils étaient actionnés par la traction périphérique d’un animal de trait attelé à une armature en bois qui prend place dans les oreilles du catillus. Cette armature sert, d’une part à l’entraînement du moulin, d’autre part au centrage et à la suspension du catillus sur la meta153 (fig. 25). Quelques exemplaires étaient signalés dans la littéra- ture ancienne à Amiens154, à Soissons155 et à Reims156, mais ils n’avaient fait l’objet d’aucune étude exhaustive avant le recensement par le Groupe Meule de tous les moulins de type « Pompéi » connus en France157. Ils sont sept à Amiens, six à Reims et un seul à Soissons. 3.2.1.1.1. Les catillus Il s’agit de meules hautes en forme de sablier, dotées de part et d’autre d’aménagements latéraux saillants, les oreilles. Une encoche est creusée dans chacun d’eux, ainsi que deux perforations annexes, pour recevoir et maintenir l’armature assemblée pour l’entraînement du moulin, et parfois représentée sur des reliefs158. Les faces actives sont fortement incli- nées, de l’ordre de 50 à 60°, ce qui empêche la meule d’être déportée par la traction périphérique de l’ani- mal (fig. 26, 1, tab. 1). Il semblerait que les catillus de ce type aient pu être retournés pour prolonger leur durée de vie159 ; ils présentent en effet un profil symé- trique, ainsi que des traces d’usure sur la surface des deux cuvettes. Ce schéma général est récurrent, mais les dimen- sions varient d’une meule à l’autre, avec des catillus larges et bas, d’autres plus hauts. Le plus massif atteint 120 cm de hauteur pour 92 cm de diamètre (219); le plus trapu, 44,5 cm de hauteur pour 57 cm de diamètre (215) (fig. 27). 3.2.1.1.2. Les meta Trois meta sont connues, l’une à Amiens (212), les deux autres à Reims (217 et 218). Le diamètre des individus 212 et 218 est estimé à 60 cm, celui de la meule 217 atteint 70 cm. Leur face active est forte- ment inclinée, autour de 60°. Dans les villes romaines d’Italie, les meta de type « Pompéi » sont soit pleines, soit évidées. L’exemplaire 217, en roche volcanique, est évidé et ne dispose pas de base; celui d’Amiens, en grès de Fosses/Belleu, est plein et dispose d’une base au flanc vertical bombé haute de 36 cm; le 218, en roche indé- terminée, dispose d’une base au flanc vertical haute de 75 cm environ. Peut-être les roches volcaniques sont-elles plus faciles à tailler que les grès, et l’évide- ment ne présente donc pas de risque de rupture majeur 153. — LINDET 1900, p. 23; MORITZ 1958, p. 99. 154. — Manuscrits PINSARD ; LINDET 1900; VASSELLE, WILL 1956. 155. — MICHAUX 1886; BÉAL 1996. 156. — LORIQUET 1862; BÉAL 1996. 157. — GROUPE MEULE (coll.) 2010, p. 91; JACCOTTEY, LONGEPIERRE et alii 2011. 158. — La stèle funéraire du boulanger Marcus Careicus Asisa (musée de Narbonne; ESPÉRANDIEU 1925, p. 191, relief n° 6903), et un sarco- phage trouvé à Rome (Musée Chiaramonti, inv. 1370) représentent des moulins de type « Pompéi » auxquels sont attelés des ânes, mulets ou chevaux, avec l’armature et le système de harnachement qui permettent de faire tourner le catillus. 159. — MONTEIX 2009, p. 6. LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 191 0 50 cm 10 FIG. 25. — Le moulin de type « Pompéi ». Picavet 22/05/12 11:02 Page 191 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    192 PAUL PICAVETAVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER 1. 2. 3. 4a. 4b. 0 30 cm 45 55 65 75 85 95 T o u t e s C a t i l l u s M e t a M a c q u e n o i s e R o c h e v o l c a n i q u e C a l c a i r e g r é s e u x F o s s e s / B e l l e u " P o m p é i " " A v e n c h e s " " Z u g m a n t e l " Mesure minimale Médiane Mesure maximale Diamètre (cm) FIG. 26. — Schémas typologiques des moulins de grandes dimensions. Éch. 1/10. 1. Moulin de type « Pompéi » ; 2. Moulin conique à traction animale latérale ; 3. Moulin de type « Avenches » ; 4. Moulin de type «Zugmantel » : 4a : en arkose d’Haybes/Macquenoise ; 4b : en calcaire gréseux à nummulites. FIG. 27. — Diamètre des grandes meules. Picavet 22/05/12 11:02 Page 192 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    pour la meule.Mais il est possible aussi que les meules en roches volcaniques, plus que les autres roches, soient susceptibles d’être transportées sur de longues distances160, ce qui pousse les tailleurs de meules à les rendre aussi légères que possible. S’il s’agit d’une habitude des meuliers de l’Eifel, du Massif central, ou même d’Orvieto en Italie, elle n’est pas pratiquée par ceux des carrières de grès de Fosses/Belleu. 3.2.1.1.3. Les roches Les roches représentées parmi les meules de type « Pompéi » sont, d’une part les roches volcaniques, d’autre part les grès. Six individus sont taillés dans le premier matériau (211, 214 à 217, 219), six sont en grès de Fosses/Belleu (206 à 209, 212, 213), et un catillus d’Amiens (210) est taillé dans un grès à gros cristaux de feldspath roses d’origine inconnue. Les meules de type « Pompéi » sont pour beaucoup le symbole de l’artisanat alimentaire romain. La pré- sence à Amiens et à Reims de meules de ce type en grès de Fosses/Belleu paraît donc être l’indice de l’adaptation, avec des solutions locales, d’outils typi- quement romains à la production alimentaire urbaine du nord de la Gaule. De même, des carrières d’extrac- tion de ces grands moulins sont connues dans le mas- sif de l’Eifel161 et correspondent au gisement d’ori- gine de ceux mis au jour à Amiens, Soissons et Reims162. 3.2.1.2. Un catillus conique à traction latérale? Un seul individu conservé à Amiens (226), d’un diamètre de 70 cm, justifie la création de ce groupe, et il doit être mentionné pour l’intérêt qu’il présente (fig. 26, 2). Sa forme conique mais assez plate et ses deux faces parallèles le rapprocheraient des meules à entraînement mécanique, mais il n’est équipé d’aucun des aménagements qui indiqueraient un entraînement par le centre. En effet, son œil est allongé de part et d’autre dans la longueur par deux mortaises en queue d’aronde traversantes qui peuvent accueillir une anille de centrage, mais pas de dispositif de support de la meule. En outre, un trou de 6 cm de diamètre et pro- fond de 3,7 cm est creusé en partie distale de la face supérieure. Cet aménagement présente des traces d’oxyde de fer et pourrait avoir accueilli l’anneau de fixation d’un dispositif d’entraînement périphérique. Seulement, ce type de meule à la surface active peu inclinée se prête mal, en théorie, à ce mode de mise en rotation. La force exercée est centrifuge et désaxe le catillus par rapport à la meta. Ce problème semble résolu par le logement destiné à recevoir une forte anille de centrage dans l’œil de la meule. Les deux éléments du moulin sont ainsi solidarisés. 3.2.2. Les meules à entraînement mécanique par le centre 3.2.2.1. Les catillus de type « Avenches »163 3.2.2.1.1. Dimensions Ce type de catillus est exclusivement fabriqué en roche volcanique. Leur diamètre s’élève à 57, 66, 71,5 et 86 cm, et ils présentent des pentes et un aménage- ment destiné à l’entraînement qui les différencient du type suivant (fig. 26, 3). Leur forme générale est conique, avec une face supérieure « en couvercle », et une face inférieure concave. Le faible nombre de meules de ce type ne permet pas d’établir la médiane statistique de l’incli- naison des faces. La pente des faces supérieures est comprise entre 17 et 21° vers l’extérieur. Le flanc est vertical à légèrement rentrant, et la face active incli- née de 17 à 20° (fig. 28). 3.2.2.1.2. Dispositif d’entraînement Si trois des quatre catillus pris en compte sont frag- mentaires, on peut reconstituer leur modèle par symé- trie des parties conservées. Leur face supérieure pré- sente ainsi deux ou quatre perforations disposées chacune ou par paires de part et d’autre de l’œil et assorties, sur les meules de Beauvais et de Reims, de 160. — PEACOCK 1980, p. 44. 161. — MANGARTZ 2008, p. 81, 83-84. 162. — GLUHAK et alii 2012 (à paraître). 163. — BUCHSENSCHUTZ et alii 2012 (à paraître). LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 193 0 5 10 15 20 T o u t e s M e t a C a t i l l u s " A v e n c h e s " C a t i l l u s " Z u g m a n t e l " Pente (en °) Mesure minimale Médiane Mesure maximale FIG. 28. — Inclinaison de la face active des meules à entraînement par le centre. Picavet 22/05/12 11:02 Page 193 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    deux paires desaignées parallèles. Les perforations sont assimilées à des logements d’anille-crampon qui, solidarisant le catillus avec l’axe de rotation, le sus- pendent au-dessus de la meta et lui transmettent le mouvement rotatif164. La fixation de l’anille-crampon pouvait être assurée par des scellements de plomb coulés dans les perforations (233), ou par des che- villes de bois dur165, et renforcée par les deux paires de saignées dans le cas des meules 231 et 233. La face inférieure du catillus 227 présente deux encoches disposées de part et d’autre de l’œil sur la face active et qui constituent un logement d’anille « par-dessous » par lequel est transmis le mouvement rotatif par le centre. Seulement, les deux types d’amé- nagement n’ont probablement pas servi en même temps sur la même meule. Les encoches « par-des- sous » ont pu être creusées quand les perforations existantes ont été atteintes par l’usure de la face active et que la meule est devenue trop fine pour être perfo- rée de nouveau. 3.2.2.2. Les catillus de type « Zugmantel » 3.2.2.2.1. Dimensions Il s’agit de meules de forme générale cylindrique, légèrement conique, de 52 à 81 cm de diamètre pour une médiane de 66,5 cm (fig. 27). Leur forme et leur diamètre diffèrent selon le matériau, mais ces varia- tions correspondent à la façon qu’a chaque atelier de fabriquer un même type de meule. Les faces de ces meules présentent une inclinaison plus faible que celle des meules de type « Avenches ». Tous matériaux pris en compte, la pente de la face supérieure est en effet comprise entre 0 et 14°, et celle de la face active entre 5 et 15° (fig. 28). Plus précisément, les catillus en arkose d’Haybes/Macquenoise ont la face active inclinée de 5 à 9°; ceux en calcaire gréseux de 9 à 13°, jusqu’à 15° à Reims; ceux en roche volcanique de 7 à 13°. 3.2.2.2.2. Dispositif d’entraînement L’œil de ces meules, lorsqu’il est conservé, est cylindrique et flanqué de deux mortaises rectangu- laires ou en queue d’aronde sur la face inférieure, assimilées à un logement d’anille « par-dessous » (fig. 29). Celui de la meule 220 a fait l’objet d’une seconde taille lorsque les premières encoches ont été trop fortement atteintes par l’usure de la surface active. Dans ce logement s’insère l’anille qui, d’une part, soutient le catillus pour régler l’écartement entre les deux meules, et d’autre part lui transmet la force motrice, hydraulique ou animale166. Par ailleurs, la face supérieure du catillus 232 de Boulogne est équipée d’un anneau de fer scellé par du plomb dans un trou creusé à 12 cm du flanc; un second était probablement fiché en position diamétra- lement opposée. Ces anneaux n’interviennent pas dans l’entraînement du moulin, mais servent au levage de la meule167, notamment pour faciliter son entretien. 3.2.2.2.3. Traitement de la face active La face active de ces meules, excepté le catillus 230 de Beauvais, est habillée d’un rayonnage complexe d’aspect très soigné, organisé en huit secteurs adja- cents disposés dans le sens antihoraire (sens de décroissance des rayons) (fig. 29). Celui des meules en arkose d’Haybes/Macquenoise et de l’exemplaire en roche volcanique de Boulogne présente des rayons droits à courbes espacés de 11 à 18 mm pour les pre- mières, 7 mm pour la seconde. Le rayonnage des 164. — AMOURIC 1997, p. 40. 165. — CASTELLA 1994, p. 47. 166. — PICAVET 2012 (à paraître). 167. — MORITZ 1958, p. 124. 194 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER FIG. 29. — Rayonnage et logement d’anille en double queue d’aronde sur la face active d’un catillus « Zugmantel » (221, provenance Arras). Cliché Picavet 2010. Picavet 22/05/12 11:02 Page 194 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    meules en calcairegréseux présente un schéma simple droit à courbe avec des sillons largement espacés de 24 à 48 mm. Les aspects fonctionnels de cet habillage seront abordés plus tard. 3.2.2.3. Les meta 3.2.2.3.1. Diamètre Le diamètre des meules en arkose d’Haybes/ Macquenoise est compris entre 54,5 et 71 cm, celui des meules en calcaire gréseux entre 52 et 67 cm, et celui des meta en roche volcanique entre 59 et 80 cm; la médiane des diamètres de ces meta de grandes dimensions est de 64 cm (fig. 27). Toutefois, les mesures les plus basses ne permettent pas réellement de discerner les meules à entraînement mécanique des meules à bras. 3.2.2.3.2. L’œil Toutes les meta ont un œil cylindrique ou pseudo- cylindrique de 10 à 13,5 cm de diamètre pour celles en arkose d’Haybes/Macquenoise, de 4 à 12 cm pour celles en calcaire gréseux à rares nummulites, et de 4 à 10 cm pour celles en roche volcanique. Cet œil per- fore la meule verticalement pour laisser passer l’axe de rotation. On y insérait probablement une pièce de bois que traversait l’axe, et qui assurait l’étanchéité du dispositif afin de ne pas perdre le grain lors de son introduction dans le moulin. Des restes de clous en fer ont en effet été remarqués sur les parois internes de l’œil de la meta 264 (fig. 44), et devaient servir à blo- quer la pièce de bois. 3.2.2.3.3. Pentes La pente de la face active des meta en arkose d’Haybes/Macquenoise168 est comprise entre 5 et 14° (entre 5 et 9° pour les catillus), et leur flanc est verti- cal. La majorité des meta en calcaire gréseux a une face active inclinée de 9 à 14° (9 à 15° pour les catillus), mais celle des individus 266 et 267 est réduite respectivement à 5 et 2°. La face active des meta en roche volcanique est inclinée de 5 à 13° (7 à 13° pour les catillus de type « Zugmantel », 17 à 20° pour le type « Avenches »). 3.2.2.3.4. Assemblages Les meta sont, par matériau, associées aux catillus. Cependant, pour les meules en roche volcanique, et hormis la meta 258 (Beauvais) qui semble constituer un couple fonctionnel avec le catillus 230, le mauvais état de conservation et la forte usure des meules rend difficile la différenciation de la meta de type « Avenches » de celle de type « Zugmantel ». La pente de la surface active pourrait constituer un indice de distinction, mais le faible nombre d’individus pris en compte ne permet pas de constituer de série fiable. Au contraire, les grandes meules en arkose d’Haybes/Macquenoise appartiennent à un seul type169, illustré par la découverte d’un couple fonc- tionnel de 68 cm de diamètre sur l’établissement rural gallo-romain de Harnes « la Motte du Bois » (Pas-de- Calais)170. Les seize fragments de ces deux meules ont été mis au rebut au IIe s. de notre ère dans des struc- tures dont l’activité est datée de la fin du Ier s. Ces grandes meules en arkose d’Haybes/Macquenoise semblent avoir été en usage tout au long de la période romaine, puisque celle découverte à Arras (221), sur le site de la rue Baudimont, est datée du début du Ve s.171. Et à Soissons, les meules 235 et 268 en calcaire gréseux paraissent former un autre couple fonction- nel, confirmant l’accouplement des meta avec les catillus décrits précédemment et taillés dans le même matériau. 3.2.2.4. Entraînement 3.2.2.4.1. Le moulin hydraulique Au Ier s., Vitruve décrit le principe de fonctionne- ment du moulin hydraulique (Vitr., De arch., X, 5, 2)172 : un cours d’eau aménagé fait tourner une roue à auges ou à pales, solidaire d’une roue dentée verticale (fig. 30). Celle-ci transmet le mouvement verticale- ment à un rouet horizontal, la lanterne, solidaire de l’axe de rotation du moulin. Cet axe traverse la meta et vient se ficher dans le catillus via l’anille pour le mettre en rotation. Bien que le texte de Vitruve ne soit pas précis sur la généralisation d’un système de multi- plication de la vitesse de rotation, ce système d’engre- nage peut accroître fortement l’efficacité du moulin par rapport à la traction latérale à rotation lente. Si le moulin manuel et le moulin à traction périphérique directe constituaient déjà des « machines » simples173, on peut parler ici de machine à entraînement méca- nique174. Le rapport entre la source d’énergie et le résultat attendu est indirect et complexe, et le méca- nisme apporte une réelle amélioration des conditions de mouture et des rendements par rapport au moulin simple. 168. — La meta 252 de Bavay peut être écartée du lot pour sa très faible épaisseur et sa trop forte fragmentation. 169. — PICAVET 2012 (à paraître). 170. — PICAVET 2011b. 171. — JACQUES 1995, p. 19 et photos 12 à 16. 172. — Traduction de Cl. PERRAULT, revue par NISARD 2006; FLEURY 1993. 173. — BOYER, BUCHSENSCHUTZ 1998. 174. — RAEPSAET 1995, p. 913. LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 195 Picavet 22/05/12 11:02 Page 195 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    De tels moulinsantiques ont récemment fait l’objet de fouilles dans le monde romain occidental. Les catillus qu’ils emploient, en roche volcanique, présen- tent des caractéristiques de pente et de logement d’anille comparables aux exemplaires d’Amiens (227, 228), de Reims (233) et de Beauvais (231), dits de type « Avenches » d’après les meules du moulin hydraulique éponyme d’Avenches « En Chaplix » (Suisses)175. Ainsi, l’archétype de la meule hydrau- lique semble récurrent176, mais il n’est pas unique177. En effet, Vitruve décrit « un fer en forme de hache » assimilable à une anille en double queue d’aronde, qui trouve sa place sur la face inférieure du catillus pour le mettre en rotation. On peut donc supposer que les meules de type « Zugmantel » pouvaient être action- nées par l’énergie hydraulique au même titre que les meules de type « Avenches ». La multiplication poten- tielle de la vitesse de rotation provoquée par le sys- tème d’engrenage ne demande effectivement pas d’in- clinaison très marquée de la face active, la force cen- trifuge venant compenser la diminution de l’influence de la gravité. Au contraire, les premières meules de moulins hydrauliques, peut-être entraînées directe- ment sans engrenage par une roue horizontale, néces- sitaient des pentes importantes pour évacuer la farine à la périphérie178. Le système d’engrenage aurait alors été adapté d’abord sur ces meules coniques, qui auraient eu tendance à s’aplanir par la suite, jusqu’à devenir totalement planes au Moyen Âge179. Ces observations pourront peut-être être confirmées par l’étude d’objets datés qui permettront de mettre en place une réelle typo-chronologie. 3.2.2.4.2. Le moulin-manège Sur le modèle du moulin à eau de Vitruve, un sys- tème de moulin-manège à traction animale, encore en usage au XXe s. dans certaines parties du monde180, a été proposé pour expliquer les découvertes de grandes meules à entraînement par le centre sur des sites où le réseau hydrographique ne permettait pas l’usage de l’énergie hydraulique (fig. 31). Si un apport d’eau par aqueduc est toujours possible, ce système a été sug- géré par L. A. Moritz181 d’après la reconstruction du moulin à manivelle que H. Jacobi a proposé en 1912 pour traduire la découverte de grandes meules du IIe s. dans un puits du fort de Zugmantel (Allemagne), situé loin de tout cours d’eau182. Dans le même puits de Zugmantel a aussi été retrouvée l’anille de fer en double queue d’aronde, liée à une lanterne à l’autre bout de l’axe de rotation. Cette découverte confirme l’entraînement du catillus par le centre d’une part et la multiplication de la vitesse de rotation au moyen d’un engrenage d’autre part. Selon le même principe mécanique que pour le moulin à eau, un animal de trait ferait tourner un axe vertical solidaire d’une roue horizontale dentée qui s’engrène dans la lanterne plus petite et fixée à l’axe de rotation des meules. 4. LES MEULES DANS LEUR CONTEXTE Des meules ont été taillées dans des roches diffé- rentes parfois diffusées sur plusieurs centaines de kilomètres, et présentent des tailles et des formes diverses. Des aménagements annexes sont venus favo- riser l’amélioration des conditions de mouture et sont le signe de l’adaptation de techniques nouvelles au fonctionnement de cette première machine qu’est le 175. — CASTELLA 1994. 176. — CASTELLA, ANDERSON 2004, p. 130-136; LONGEPIERRE 2007, p. 178. 177. — LONGEPIERRE 2007, p. 172-175; POLINSKI 2009, p. 193, 195; BUCHSENSCHUTZ et alii, 2012 (à paraître). 178. — BOYER 1999, p. 282, note n° 2. 179. — MORITZ 1958, p. 106-107. 180. — O’KELLY, FORSTER 1983, fig. 96, p. 50. 181. — MORITZ 1958, fig. 14. 182. — JACOBI 1912, p. 88; JOHNSON 1987, p. 218-219; BAATZ 1995, p. 14-15; JUNKELMAN 2006, p. 122-127. 196 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER 0 50 cm 10 FIG. 30. — Le moulin hydraulique, schéma de principe. Picavet 22/05/12 11:02 Page 196 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    moulin. Il s’agitmaintenant de tenter d’établir les paramètres qui ont régi le choix de tel ou tel matériau, de tel ou tel type de meule, et de telle ou telle pratique d’aménagement, puis de définir la place du moulin dans les villes de Belgique occidentale. Les traces archéologiques des structures qui ont accueilli les activités de mouture et de broyage sont très rares, mais les observations morphologiques et techniques proposées plus haut devraient permettre de mettre en avant certaines tendances, et de mettre en lumière des pratiques déjà connues ailleurs dans l’Empire romain, voire en Gaule. 4.1. Choix et exploitation des roches Les roches constitutives des meules sont présentes dans des proportions différentes selon le chef-lieu de cité où elles sont observées. Lorsqu’il s’agit de roches locales, l’explication de leur présence est assez évi- dente. Mais dans le cas de roches de provenance loin- taine, les facteurs qui ont régi ce choix sont multiples et doivent être établis. 4.1.1. Continuité de l’exploitation et dispersion des roches L’extraction de l’arkose d’Haybes pour la taille de meules est attestée dès la protohistoire par la décou- verte d’exemplaires de l’Âge du Bronze à l’est de la vallée de l’Aisne, et du Hallstatt final/La Tène ancienne à Bucy-le-Long (Aisne), à 100 km du lieu d’extraction. L’arkose est encore présente à Acy- Romance (Ardennes) à La Tène finale, cette fois sous forme de meules rotatives183. Pour la période romaine, l’ampleur des sites d’extraction incite à penser à une production à grande échelle, peut-être en relation avec l’Oise si elle était navigable à cet endroit dans l’Antiquité. L’aire de diffusion de cette production, encore très mal appréhendée, dépasse la centaine de kilomètres de rayon, et atteint Amiens à 140 km, et Boulogne-sur-Mer à plus de 200 km (fig. 32, tab. 2). 183. — POMMEPUY 1999, p. 126. LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 197 0 50 cm 10 FIG. 31. — Le moulin-manège à entraînement animal par le centre, schéma de principe. D’après Baatz 1995. Amiens Arras Bavay Beauvais Boulogne Reims Soissons Macquenoise 1 à 7, 95, 96 105 à 108, 221 8 à 31, 97 à 99 132 32 à 34, 35 103, 104, 220, 244 109 à 131, 133 à 136 222 à 224, 245 à 253 Poudingues 176 à 196 205 197 à 204 Fosses/Belleu 36 à 42, 137 à 146 43 à 49, 102 50, 152, 153, 206 à 209, 212 147 à 151 213 Calcaire gréseux 51 à 58, 94 59, 159, 234 235, 236 154 à 158, 262 à 267 268 à 271 « Pierre à liards » 76, 174 Ditrupa 75, 173 Cérithes 74, 172 77 à 79, 175 Roches volc. 60 à 63, 160 à 167, 168 64 à 69, 100, 169, 230, 231 70, 101, 71, 72, 171, 73, 219 211, 225 à 229, 170 256 à 259 232, 260 214 à 217, 233, 254, 255 261 Autres 80 à 89, 237 à 239 90 à 92, 240, 241 242, 243 93, 218 Tableau 2. — Les roches constitutives des meules. Picavet 1 22/05/12 11:03 Page 197 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    De même, legrès de Fosses/Belleu représente 45 % des meules va-et-vient du Hallstatt final/La Tène ancienne à Bucy-le-Long (Aisne), et est présent jusqu’à Berry-au-Bac (Aisne) à 120 km de Fosses184. Cependant, il est fortement probable que le grès ne provienne pas de Fosses mais d’autres gisements plus proches de ces sites, comme celui de Belleu (Aisne) aujourd’hui invisible, ou celui de Bazoches-sur- Vesles (Aisne)185. À la période romaine, l’origine fos- satussienne devient plus vraisemblable au regard des sites d’extraction et de taille connus dans le secteur. D’autre part, la diffusion des meules en poudingue semble large autant à La Tène finale qu’à l’époque romaine. On les retrouve en effet jusque dans le Cotentin à l’ouest186, et dans les collections de Boulogne, Amiens et Beauvais au nord. Un ou plu- sieurs exemplaires apparaissent aussi dans le Nord, à Mérignies187, à La Tène moyenne. Elles auraient même voyagé sur mer, car une de ces meules a été découverte à proximité de l’épave de Tardinghen (Pas-de-Calais)188. Il faudra cependant différencier les différents faciès de poudingue, puisque, dans la litté- rature, l’appellation peut être attachée à différents conglomérats, dont des gisements sont aussi signalés dans les Ardennes et en Angleterre. Le calcaire gréseux à rares nummulites ne semble pas avoir été utilisé aux Âges du Bronze et du Fer, en dehors des habitats installés à proximité des gisements naturels de ces roches189. Ce n’est qu’à par- tir de La Tène moyenne/finale, et avec l’introduction du moulin rotatif, que des ateliers spécialisés sont mis en place sur ces bancs géologiques, et que leur pro- duction est dispersée principalement à l’ouest de la vallée de l’Aisne190. À la période romaine, on en retrouve à Reims, à Soissons, et jusqu’à Amiens à presque 100 km du gîte primaire (fig. 32). Les roches volcaniques de l’Eifel sont exploitées pour la fabrication de meules depuis le Néolithique191. Pour l’époque romaine, elles constituent une petite partie des collections de chaque ville. Le faible nombre de carrières de meules repérées dans l’Eifel semble indiquer une sélection rigoureuse des gise- ments par les Romains192. La qualité des roches volcaniques est très appréciée et les meules, relative- ment légères, sont exportées sur plusieurs centaines 184. — POMMEPUY 1999, p. 121. 185. — POMEROL 1984, p. 15. 186. — CHAUSSAT 2009, p. 87. 187. — PICAVET 2010f. 188. — REVILLION et alii 2007. 189. — ROBERT, LANDRÉAT 2005, p. 106. 190. — POMMEPUY 1999, p. 126. 191. — CRAWFORD, RÖDER 1955, p. 68, 71. 192. — GLUHAK, HOFMEISTER 2009, p. 1775. 198 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER Arras Reims Soissons Beauvais CARRIERE Agglomération 100 km 0 Roche volcanique Arkose Macquenoise Grès de Fosses Calcaire gréseux Poudingue Amiens Bavay GISEMENT DE POUDINGUE SEINE MARITIME FOSSES VAUXREZIS BEAURIEUX MACQUENOISE MAYEN Boulogne-sur-Mer Autre FIG. 32. — Sites d’extraction et proportion des roches constitutives des meules par chef-lieu de cité. © ABG. Picavet 1 22/05/12 11:03 Page 198 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    de kilomètres. Ilest toutefois difficile de définir avec précision les aires de diffusion respectives des pro- ductions de l’Eifel et du Massif central. D’après T. M. Gluhak et W. Hofmeister, ces aires se superposeraient partiellement; la première s’étend au sud jusqu’en Côte-d’Or et au Territoire de Belfort, la deuxième jusque Reims, Metz et Strasbourg au nord193. Des hypothèses ont été émises à propos de la période d’ex- ploitation de chacune de ces zones d’extraction. Les carrières de l’Eifel, dont l’exploitation romaine aurait débuté à l’extrême fin du Ier s. av. J.-C., ont alors connu un fort accroissement de leur production. Seulement, d’après F. Mangartz repris par T. M. Gluhak et W. Hofmeister, au Haut-Empire, tant que la sécurité du limes du Rhin n’était pas totalement assu- rée, c’est l’Auvergne qui aurait fourni la majorité des meules en roche volcanique de Gaule194. Les nom- breuses troupes du limes de Germanie et de Bretagne étaient toutefois pourvues en meules par les carrières du Bellerberg, et ont vraisemblablement participé à la diffusion de leur production195. L’exportation s’éten- drait même à l’extérieur de l’Empire de façon inten- sive à partir du IIe s.196. En somme, quand la culture romaine s’étend en Gaule et en Germanie, l’exploitation des ressources connues antérieurement est simplement poursuivie197, mais ces ressources sont plus soigneusement sélec- tionnées. Celles qui présentaient un intérêt sont mas- sivement exploitées, alors que celles qui ne satisfont pas aux nouvelles exigences, comme la « pierre à liards » et les calcaires à cérithes, sont abandonnées. Profitant des circuits de distribution existant et les déployant, le commerce des meules se développe vers les villes romaines, nouvelles ou non, sur de grandes distances, suivant des circuits qui dépassent l’échelle du territoire de la cité. Cependant, malgré ce constat d’un commerce étendu à l’échelle d’une province et au-delà, mais où la proximité du gisement joue logiquement un rôle dans l’approvisionnement des villes, il existe, pour comprendre la diffusion des meules, des facteurs étrangers au simple rapport de distance198. En effet, les meules en grès de Fosses/Belleu, absentes de Soissons, sont présentes à Reims et Amiens. Pourtant, Fosses est géographiquement plus proche de Soissons que des deux autres agglomérations. Et les meules en roche volcanique et en poudingue sont transportées très loin de leur site d’extraction. 4.1.2. Les propriétés mécaniques des roches Les qualités mécaniques des roches constituent un des critères qui peuvent pousser les utilisateurs à s’ap- provisionner en matériaux d’origine lointaine199. Plus une roche est dure, plus la meule résistera aux actions qui en provoquent l’usure200. Mais une roche dure à forte cimentation, comme l’arkose d’Haybes/ Macquenoise ou le grès de Fosses/Belleu, ne laisse pas ses grains se détacher et la surface active de la meule a une forte tendance à se polir201. Inversement, une roche tendre, comme le calcaire gréseux à rares nummulites de la vallée de l’Aisne, résiste moins au frottement répété d’une meule sur l’autre, et ses grains se détachent d’eux-mêmes, entretenant la rugosité de la roche naturellement202. La roche volcanique entre- tient aussi son mordant naturellement par l’ouverture de nouvelles vacuoles au fur et à mesure de l’usure de la face active, mais sa surface se polit aussi fortement. Ainsi, une meule en grès dur ou en roche volcanique s’use moins rapidement qu’une meule en calcaire, mais elle devra être ravivée fréquemment pour entre- tenir sa rugosité. Au contraire, une meule en calcaire gréseux demandera moins d’entretien. 4.1.3. Carrières d’extraction et ateliers de taille Si les gisements exploités pour la fabrication de meules sont rares au regard des ressources géolo- giques disponibles, il pourrait exister des lieux plus nombreux et dispersés où le savoir-faire s’applique à la finition et à l’entretien des meules, comme cela semble être le cas dans le secteur de Fosses/ Bellefontaine (Val d’Oise)203. En effet les caractéristiques morphologiques des logements d’anilles des catillus manuels ne sont pas totalement identiques d’une meule à l’autre. Si ces variations peuvent bien sûr être d’ordre chronologique, il convient tout de même de s’interroger sur l’extrac- tion puis la fabrication des meules en série dans les ateliers de taille. Le faible nombre d’individus dispo- nibles et la mauvaise qualité de leur datation rend très difficile ce genre de réflexion, mais quelques pistes peuvent être apportées. À Fosses (Val-d’Oise), comme à Saint-Quentin-la-Poterie (Gard), les meules n’étaient 193. — GLUHAK, HOFMEISTER 2011, p. 15. 194. — GLUHAK, HOFMEISTER 2011, p. 2. 195. — PEACOCK 1980, p. 49; GLUHAK, HOFMEISTER 2011, p. 14; JODRY 2011b, p. 404. 196. — GLUHAK, HOFMEISTER 2011, p. 2. 197. — BOYER, FRONTEAU 2011. 198. — POMMEPUY 1999, p. 121, 139. 199. — HESLOP 2008, p. 31. 200. — SANTALLIER et alii 2002, p. 116. 201. — PROCOPIOU et alii 2002, p. 116. 202. — PROCOPIOU et alii 2002, p. 116; SANTALLIER et alii 2002, p. 21. 203. — Com. pers. F. Boyer et R. Guadagnin. LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 199 Picavet 1 22/05/12 11:03 Page 199 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    qu’extraites sur place,puis façonnées sur plusieurs autres sites proches par des artisans spécialisés204. Et d’après le commentaire de la découverte au bord du Rhin d’une épave de la deuxième moitié du IIIe s. chargée d’une quarantaine d’ébauches de meta, les meules voyageraient sous cette forme et ne seraient achevée que par un tailleur local205. Le même cas de figure est observé à Londres, où une ébauche de meule, peut-être en arkose d’Haybes ou d’un autre faciès ardennais, a été mise au jour sur une épave dans le port antique206. Il semblerait d’ailleurs que de nom- breuses meules en roche volcanique arrivent dans cette ville sous forme d’ébauche et y sont achevées207. Cela expliquerait les différences observées entre les œils des meules, dont la forme correspondrait à un premier niveau de tradition de façonnage, propre à chaque atelier, et qui se perpétue parmi les artisans de proche en proche. À un second niveau, la récurrence des formes des trous d’emmanchement sur des meules taillées dans des roches différentes, malgré quelques variantes d’ordre probablement chronologique, incite à penser à la standardisation d’un savoir-faire, et à sa pratique par un personnel limité en nombre. Les ateliers de taille seraient donc peu nombreux et perpétueraient une tradition de façonnage régionale fortement ancrée chez les tailleurs de meules et qui n’évolue que très peu au cours du temps. Ces esquisses de réflexion ne pourront toutefois être approfondies que par la fouille de carrières d’extraction et d’ateliers, et par l’analyse systématique des ébauches. 4.2. Usure et habillage de la face active 4.2.1. Usure de la meule Les meules sont des objets en pierre utilisés quoti- diennement, tant en contexte domestique qu’artisanal. Les frottements provoquent une usure, peu percep- tible à court terme, mais visible au long de la vie des meules. Cette usure, suivie régulièrement par un ravi- vage de la face active, entraîne la diminution de l’épaisseur de la meule. Il est possible d’appréhender cet amincissement par l’observation de meules de même type présentant des épaisseurs très différentes. Le meilleur exemple est probablement celui des grandes meules en arkose d’Haybes/Macquenoise conservées à Bavay. Les meta 249 et 252 en représen- tent deux extrêmes, avec une hauteur maximale de 25 cm pour la première, 6 cm pour la seconde. Pour les meta manuelles la hauteur maximale est comprise entre 4 et 14,5 cm, et pour les catillus manuels, entre 3,4 et 15 cm. Les meules qui présentent la hauteur la plus faible sont les plus éloignées du produit neuf, et on peut considérer que, lorsque le trou d’emmanche- ment est atteint par la surface active, l’épaisseur de la meule a presque diminué de moitié208. Il convient alors de s’interroger sur la vitesse à laquelle intervient cette usure. D’après M.-Cl. Amouretti, la durée de vie d’une meule manuelle à grains est de quinze à vingt ans209. Plus concrètement et pour les meules à entraînement mécanique, une étude historique portant sur les meules de Flandre du Moyen Âge à la Révolution210 permet de se faire une idée de la vitesse d’usure de la surface active. L’époque étant postérieure à la période romaine, la pratique de la mouture n’est pas strictement identique, avec de grands moulins banaux à rotation rapide mas- sivement (mais pas exclusivement) utilisés au Moyen Âge211 de façon périodique ou non212, contre des moulins artisanaux à rotation lente ou rapide forte- ment concurrencés par les moulins manuels dans l’Antiquité. Les matériaux sont différents aussi, mais les données fournies, sans être valables dans tous les cas, montrent l’importance du phénomène d’amincis- sement des meules. L’auteur prend en exemple un catillus du moulin de l’Hôpital Comtesse à Lille au milieu du XVIIe s. Épais de 31,1 cm au départ, il perd 14,9 cm en vingt et un ans. Le catillus est ensuite uti- lisé comme meta, et son épaisseur diminue encore de 5,4 cm en six ans. On peut donc estimer la diminution de l’épaisseur de la meule entre 0,7 et 0,9 cm par an. Pour les grandes meules d’époque romaine de Bavay, en se basant sur ces chiffres et en partant d’une hauteur de 25 cm, il faut donc entre vingt et un et vingt-trois ans pour atteindre 6 cm, épaisseur à laquelle s’est brisée la meta 252. 4.2.2. Le rapport entre roche et usage d’après les traces d’usure La diversité des roches observées sur un même site pousse à se demander s’il existe une corrélation entre roche et usage. Car, si le degré de cimentation de la roche décide de sa destination, pour la construction, la taille de pavés, ou la fabrication de meules213, il n’est pas certain que, une fois la roche sélectionnée pour la 204. — Com. pers. S. Longepierre d’après sa thèse de doctorat (Université d’Aix-en-Provence); BOYER et alii 2010, P. 4-5. 205. — JODRY 2000, p. 631-632; JODRY 2006, p. 23. 206. — MARDSEN 1994, p. 36, 48, 50, 59, 85-87. 207. — WRIGHT 2002, p. 269. 208. — POMMEPUY 1999, p. 135. 209. — AMOURETTI 1986 p. 151. 210. — BRUGGEMAN 2003. 211. — FOSSIER 1982; DESPORTES 1987, p. 20; ARNOULD 1987, p. 20. 212. — ROMAGNAN 2002, p. 202. 213. — BOYER 1996, p. 15-16. 200 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER Picavet 1 22/05/12 11:03 Page 200 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    taille de meule,sa qualité règle l’usage qui est fait de la meule. Sans analyse physico-chimique des résidus prison- niers des anfractuosités des surfaces actives, il est dif- ficile de connaître la nature précise des produits mou- lus, mais une observation des traces d’usure laissées sur ces surfaces permet d’en avoir une idée. 4.2.2.1. Mouture de produits végétaux Les produits végétaux destinés à la mouture, céréales, légumineuses ou plantes tinctoriales, sont des matériaux tendres, et leur passage entre les deux meules n’affecte que très peu les surfaces actives macroscopiquement. L’usure observée est donc en grande partie celle d’une meule en contact avec l’autre. Or, dans un couple théorique destiné à la mou- ture végétale, une lumière est ménagée entre les par- ties proximale et mésiale des deux meules pour favo- riser l’introduction du grain214. Seule la partie distale des faces actives est en contact l’une avec l’autre, et provoque leur usure mutuelle. On observe donc, sur les meules vouées à la mouture végétale, une bande polie plus ou moins large en partie distale de la sur- face active215 (fig. 33). L’intégralité de la surface tend à se polir au fur et à mesure de l’usure de la meule, mais le ravivage doit redonner aux faces actives leur inclinaison d’origine et ainsi réaménager une lumière. L’apparition de micro-stries sur la surface de mouture peut cependant être due, non seulement à l’action d’une meule sur l’autre, mais aussi à celle des pro- duits moulus. Le calcaire gréseux à nummulites du Soissonnais, constitué de grains grossiers durs inclus dans une matrice carbonatée tendre, est peu résistant à l’usure mécanique et, pour les faciès les plus tendres, semble peu approprié à la mouture. Les différentes phases de la roche subissent une usure différentielle, et les grains, avant de se détacher, sont fortement saillants. Ils provoquent donc, même dans le cas d’une mouture de matières tendres, une usure sous forme de stries concentriques. Ces traces d’usure peuvent néanmoins être accompagnées d’une couronne polie en partie distale si la roche est suffisamment cimentée, confir- mant l’usage de ces meules pour la mouture de pro- duits végétaux. 4.2.2.2. Broyage minéral Certaines meules (12, 51, 242, 243) présentent une forte usure de la surface active, avec de profondes stries concentriques généralisées et une abrasion mar- quée de la partie proximale (fig. 34). Les meules 16 et 35 présentent pour leur part un fort poli proximal et des dépôts d’oxyde de fer dans les cupules de la face active (fig. 35). Ces marques ne peuvent pas concor- der avec une mouture de matières tendres, mais sont dues à un broyage minéral pratiqué par des spécia- listes dans le domaine artisanal216. 214. — BOYER, BUCHSENSCHUTZ 1998, p. 203. 215. — POMMEPUY 1999, p. 135-136; BOYER, BUCHSENSCHUTZ 2000, p. 176. 216. — BÉZIAT et alii 1997, p. 48; BOYER, BUCHSENSCHUTZ 2000, p. 176-177; HESLOP 2008, p. 18. LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 201 FIG. 33. — Usure distale de la surface active, témoin d’une mouture de produits végétaux (257, provenance Beauvais). Cliché Picavet 2010. FIG. 34. — Forte usure de la face active liée à un broyage minéral (12, provenance Bavay). Cliché Picavet 2009. Picavet 1 22/05/12 11:03 Page 201 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    Ce broyage peutintervenir dans différents contextes, et pour des matières différentes. Ainsi, dans les ateliers de potiers, les meules peuvent servir à pré- parer la chamotte par le broyage de tessons de céra- mique217. Dans les ateliers de métallurgie, elles sont employées au concassage du minerai destiné à être concentré par lavage et réduit218. Dans les mines, les moulins rotatifs sont utilisés depuis le IIIe s. av. J.-C.219, et sont d’autant plus utiles quand un broyage fin est nécessaire, pour la production de plomb, d’or, d’argent ou de cuivre220. Dans la production du fer, ils interviennent par le broyage de scories, utilisées comme fondant dans les opérations de réduction du minerai de fer221. 4.2.2.3. Différenciation des meules À l’époque romaine, si l’on admet que les quelques stries concentriques observées sur les meules en cal- caire gréseux sont dues au matériau constitutif de la meule lui-même, il n’existe pas de choix de types de meules ou de roches particulières pour la mouture végétale d’une part et pour le broyage minéral d’autre part. Les types de meules et les roches qui intervien- nent dans le travail de produits minéraux semblent être les mêmes que ceux qui moulent le grain. On a même retrouvé des moulins de type « Pompéi », habi- tuellement dévolus à la production de farine, dans les mines du sud de la France et du Laurion (Grèce)222, sur les espaces de production, loin de l’habitat des ouvriers. Ce n’est qu’au Moyen Âge que les meules interve- nant dans des artisanats non alimentaires se différen- cient des meules à grain223. 4.2.3. Les formes d’habillage L’habillage de la face active existe sous différentes formes. Dans le nord de la Gaule, il est massivement mis en œuvre sous la forme d’un rayonnage simple ou composé en secteurs adjacents (fig. 29), droit ou courbe, mais apparaît parfois comme un simple piquetage pratiqué à coups perdus, ou un piquetage plus contrôlé « en nid d’abeille ». L’habillage peut aussi être mixte, alliant rayonnage et cupules224 (fig. 37). Si le piquetage est partout pratiqué pour raviver la surface active des meules225, le rayonnage est une pratique technique limitée dans l’espace et dans le temps. On l’observait déjà sur les moulins à trémie de type « Olynthe », avec des sillons agencés de manière parallèle ou « en arêtes de poisson », et sur certaines meules rotatives du sud de la Gaule226. Il est massivement pratiqué dans le nord-est de la Gaule et la Germanie227, et on le retrouve jusqu’en Bretagne sur des meules d’importation issues de l’Eifel228. L’habitude de rayonner la face active semble presque disparaître au Moyen Âge avant de se généraliser de nouveau au bas Moyen Âge et à l’époque moderne. Le rayonnage de la face active est irrégulièrement pratiqué selon la ville où sont utilisées les meules (fig. 36a). Cet usage semble moins courant dans le sud et l’ouest de la zone étudiée que dans l’extrémité nord-est de la Gaule. Cependant, ces statistiques sont basées sur des chiffres inégaux selon les aggloméra- tions, et il semble qu’ils soient principalement dus à la nature de la roche employée. 217. — BOYER, BUCHSENSCHUTZ 2000, p. 184. 218. — DOMERGUE 1993, p. 359; BOYER 1999, p. 281-282; DOMERGUE 2008, p. 146. 219. — BÉZIAT et alii 1997, p. 48. 220. — CAUUET 1988, p. 186; DOMERGUE 1993, p. 338; CAUUET 1999, p. 56; CAUUET, TOLLON 1999; DOMERGUE 2008, p. 146. 221. — BÉZIAT et alii 1997, p. 57. 222. — DOMERGUE 1993, p. 339-341; BÉZIAT et alii 1997, p. 49-55. 223. — BAILLY-MAÎTRE et alii 1997; MINVIELLE-LAROUSSE, BAILLY- MAÎTRE 2011. 224. — Une étude du traitement des surfaces actives est en cours au sein du Groupe Meule, posant les bases d’une réflexion et d’un vocabu- laire technique qui permettront d’appréhender la portée et les principes du rayonnage: LEPAREUX-COUTURIER et alii 2011. 225. — AMOURIC 1997, p. 42; SHAFFREY 2006, p. 31-32. 226. — PY 1992, p. 212-213; GROUPE MEULE (coll.), PCR 2009, Annexe 3, p. 81. 227. — MORITZ 1958, p. 124; LANGEDOCK 1976; CARMELEZ 1983, p. 44-45; AMAND 1984, p. 39; MAHIN 1993, p. 21; DESCHIETER 1994, p. 18; MANGARTZ 2008; VANHOUTTE et alii 2009, p. 46; LEPAREUX- COUTURIER et alii 2011. 228. — SHAFFREY 2003 p. 155. 202 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER FIG. 35. — Traces d’oxydes métalliques sur la face active (16, provenance Bavay, 35 provenance Soissons). Cliché Picavet 2009. Picavet 1 22/05/12 11:03 Page 202 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    En effet, 64% des meules manuelles en arkose d’Haybes/Macquenoise, 50 % de celles en roche vol- canique et 37 % de celles en grès de Fosses/Belleu sont rayonnées (fig. 36b); les meules en poudingue ne semblent jamais habillées. Et hormis les meules de type « Pompéi », 65 % des meules de grand format sont rayonnées, mais l’intégralité de celles en arkose d’Haybes/Macquenoise le sont, pour 42,9 % de celles en roche volcanique, et 28,6 % des meules en calcaire gréseux (fig. 36c). La pratique du rayonnage est donc différente et plus ou moins fréquente selon la zone géographique, le type de meule concerné et le matériau utilisé. 4.2.4. Le rayonnage, une pratique fonctionnelle et culturelle 4.2.4.1. Favoriser une bonne mouture Pour une bonne mouture, la roche constitutive des meules doit montrer des qualités de rugosité qui pro- voquent le déroulage et la pulvérisation du grain. Or, le quartz qui compose les grès a une tendance à s’abraser régulièrement229, provoquant le polissage des surfaces actives. Cela pourrait expliquer le rayon- nage des meules en arkose d’Haybes/Macquenoise et en grès de Fosses/Belleu, destiné à leur rendre leur mordant pour cisailler le grain230. Mais une partie des meules en calcaire gréseux, dont l’abrasivité s’auto- entretient, sont aussi rayonnées. Il est possible que les sillons soient alors creusés, sur des faces actives très peu inclinées, afin de diriger le produit moulu à la périphérie du moulin, aidant la force centrifuge en absence de gravité231. À moins qu’il ne s’explique par la nécessité de décortiquer des céréales vêtues, majo- ritairement cultivées dans le nord de la Gaule et en Germanie232. La raison exacte de cette pratique demeure énigmatique, comme le sont sa disparition à 229. — MENSANCH et alii 2002, p. 100. 230. — PANCKOUCKE 1788, p. 21; LEPAREUX-COUTURIER et alii 2011. 231. — LINDET 1900 p. 43; MORITZ 1958 p. 106-107, 116; PY 1992, p. 213. 232. — MATTERNE et alii 1998, p. 110-111; MATTERNE 2001, p. 102; LEPETZ, MATTERNE 2003, p. 25, 30; PETIT 2005, p. 187; DERREUMAUX, LEPETZ 2008, p. 66; CAVALLO et alii 2008. LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 203 100% 42,90% 28,60% 0% 20% 40% 60% 80% 100% M a c q u e n o i s e R o c h e v o l c a n i q u e C a l c a i r e g r é s e u x 64% 50% 37% 0% 20% 40% 60% 80% 100% M a c q u e n o i s e R o c h e v o l c a n i q u e F o s s e s / B e l l e u 12,6% 85,7% 90,8% 50% 33,3% 13,8% 20% 0 20% 40% 60% 80% 100% A m i e n s A r r a s B a v a y B e a u v a i s B o u l o g n e R e i m s S o i s s o n s a. b. c. FIG. 36. — Le rayonnage. a. Proportion de meules rayonnées par ville ; b. Meules manuelles rayonnées ; c. Grandes meules rayonnées. FIG. 37. — Une meule manuelle à habillage mixte (23, provenance Bavay). Cliché Picavet 2009. Picavet 1 22/05/12 11:03 Page 203 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    l’époque médiévale etsa généralisation à l’époque moderne, préconisée par les manuels de meunerie233. 4.2.4.2. Une tradition culturelle régionale? On voit que le rayonnage d’origine continue à être entretenu au fur et à mesure des rhabillages succes- sifs. Ce phénomène s’observe notamment en Bretagne, où les meules d’importation en roche volca- nique de l’Eifel retrouvées dans les sites romains, camps, villae et villes, sont rayonnées, même après une utilisation qui aurait fait disparaître un rayonnage d’origine234. Par ailleurs, les meules romano-bre- tonnes sont peu rayonnées à l’époque romaine, et plu- tôt par imitation des meules importées235. Ce constat montre une habitude de pratiquer le rayonnage sur les sites de culture romaine, et pousse à s’interroger sur l’identité de la personne qui effectue ce travail tech- nique. La diversité des formes d’habillage et la gros- sièreté de sa réalisation sur les meules manuelles indi- queraient que ce ravivage est réalisé par l’utilisateur lui-même, par habitude d’utiliser des meules rayon- nées. Concernant les moulins de grandes dimensions, le schéma de rayonnage est très régulier et récurrent, et cette tâche demande une maîtrise technique qui n’est peut-être pas à la portée de tous les utilisateurs. Dans les communautés, villes et camps militaires, un artisan exercerait donc une activité d’habillage des meules de façon périodique et sédentaire, ou régulière et itinérante, et selon un schéma qui correspond pour lui à une habitude de travail. 4.3. Meuneries et boulangeries artisanales dans l’Occident romain 4.3.1. Les meuneries et boulangeries artisanales urbaines Les établissements boulangers artisanaux sont attestés, dans la littérature, dès le IIe s. av. J.-C. à Rome (Pline, H. N., XVIII, 28, 107)236, et plus tard dans tout l’Empire romain, en Occident comme en Orient237. Comprenant moulins, pétrins, four et réserves d’eau, ils sont particulièrement bien connus à Pompéi238, site éponyme des grands moulins en forme de sablier, à Ostie239, et même en Afrique du nord, à Volubilis (Maroc)240. À Rome et à Constantinople, les boulangeries ne sont pas attestées archéologiquement, mais les Notitiae Urbis de ces deux capitales évo- quent leur existence en grand nombre241, et le tom- beau d’Eurysaces (Rome) montre la richesse d’un propriétaire de boulangeries. À Lattes (Hérault) au Ier s. av. J.-C., un fragment de meule de type « Pompéi » associé à un four culinaire témoigne de l’activité d’une boulangerie artisanale242. M. Py parle d’une « progressive spécialisation de la meunerie en zone urbaine, alliée à une amélioration technique du matériel de mouture ». Mais cela est loin de signifier la fin de la meunerie domestique243, dont la place essentielle sera abordée plus tard. Au nord de l’Empire, un catillus de type « Pompéi » a été décou- vert à Londres244, et ces moulins sont nombreux en France245, témoignant par leur présence de leur propre activité. Comme à Ostie, les boulangers pourraient être par- tout organisés en corporation, le corpus pistorum, et tenir un rôle primordial dans le service de l’Annone246. Mais il semblerait que tous les ateliers ne s’adonnaient pas au commerce du pain. Certaines officines étaient spécialisées dans la minoterie et revendaient la farine produite à des artisans boulan- gers dont le seul travail était de faire le pain247, ou directement au consommateur qui produisait lui- même son pain. 4.3.2. Les moulins hydrauliques dans l’Occident romain L’adaptation de l’énergie hydraulique à la mouture des céréales est déjà suffisamment répandue à la fin du Ier s. av. J.-C. pour que Vitruve décrive son fonc- tionnement (Vitr., De arch., X, 5, 2). En Orient à la même époque, Strabon mentionne un moulin à eau connu près du palais de Mithridate VI Eupator, dans le 233. — SAN JUAN et alii 1999, p. 336; LEPAREUX-COUTURIER et alii 2011. 234. — WRIGHT 2002, p. 269-270, 279; SHAFFREY 2003, p. 155; SHAFFREY 2006, p. 32. 235. — RAHTZ et alii 1977, p. 201-203; WRIGHT 2002, p. 270; SHAFFREY 2006, p. 32. 236. — MORITZ 1958, p. 74; AMOURETTI 1986, p. 246; PY 1992, p. 213; LUCAS 2006, p. 11. 237. — MORITZ 1958, p. 91; WILLIAMS-THORPE, THORPE 1993, p. 268, 271-273. 238. — Trente-six boulangeries équipées de cinq à six moulins sont connues à Pompéi; MONTEIX 2009, p. 1, 6. 239. — À Ostie, l’échelle de production de farine semble supérieure à celle de Pompéi, avec moins de boulangeries, mais des établissements de dimensions plus importantes. Sept ou huit boulangeries y sont iden- tifiées, pour un total d’une soixantaine de meules; BAKKER 1999, p. 11; DE RUYT 2002, p. 50. 240. — LUQUET 1966. 241. — À Rome au IVe siècle, la Notitia Urbis Romae Regionum XIV dénombre entre 252 et 274 pistrinae; à Constantinople, la Notitia Urbis Constantinopolitanae en compte entre 133 et 141, mais différencie les boulangeries publiques et privées. Cette précision sur le statut de la boulangerie n’apparaît pas dans les documents qui concernent Rome, mais la distinction devait exister aussi dans les autres agglomérations romaines; CEPARANO 1998, p. 217; GRIMALDI BERNARDI 2005, p. 3. 242. — PY 1992, p. 228-229. 243. — FRAYN 1978. 244. — WILLIAMS-THORPE, THORPE 1988. 245. — JACCOTTEY, LONGEPIERRE et alii 2011. 246. — DE RUYT 2002, p. 50. 247. — BAKKER 1999, p. 11. 204 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER Picavet 1 22/05/12 11:03 Page 204 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    Royaume du Pont(Strab., Géog., XII, 3, 30). Au Ier s., Pline l’Ancien évoque « des roues que l’eau fait tour- ner et qui froissent le grain » (Pline, H. N., XVIII, 23, 1). Et au IVe s., Ausone louange les eaux de l’Erubrus, aujourd’hui la Rouwer, affluent de la Moselle, pour leur puissance qui « tourne avec vitesse la roue de pierre sur le grain qu’elle écrase » (Ausone, Mos., 362). La pauvreté de ces témoignages écrits contraste avec les découvertes archéologiques qui sont venues apporter des exemples matériels concrets en Europe de l’ouest depuis la première moitié du XXe s., et sur- tout ces dernières décennies248. La position de Marc Bloch, affirmant en 1935 que, « invention antique, le moulin à eau est médiéval par l’époque de sa véritable expansion »249, est désormais largement dépassée par ces nombreuses découvertes archéologiques. Le meilleur exemple de l’application de cette innovation à l’époque romaine est celui de la meunerie hydrau- lique de Barbegal (Fontvieille, Bouches-du-Rhône). Son dégagement par F. Benoit quelques années seule- ment après la parution de l’article de M. Bloch est un exemple de l’emploi à grande échelle de la force hydraulique pour la mouture des céréales dès le début du IIe s., avec deux rangées de huit moulins alimentés par un aqueduc250. Il est possible que cet établisse- ment, parfois défini comme une « usine » pour son dévouement entier à la production de farine à l’échelle industrielle, ait alimenté l’intégralité de la ville antique d’Arles, pôle urbain situé à moins de 10 km au sud-ouest et dont pourraient dépendre les mou- lins251. Plus modestement, ces dernières décennies ont vu la découverte de petites unités artisanales de transfor- mation qui reçoivent le grain venant de la campagne environnante et assurent la subsistance des villes, des villae ou des camps militaires à proximité desquels elles sont installées. Situées à un endroit où elles peu- vent profiter d’un cours d’eau propice à leur fonction- nement, elles associent plusieurs éléments que sont les meules, le coursier, la roue à aubes, les éléments d’engrenage et le bâti en lui-même. Ces découvertes se sont multipliées en France252, mais aussi en Angleterre253, en Suisse254 et en Allemagne255. En Italie, des moulins hydrauliques urbains ont été fouillés, simplement alimentés par des conduites d’eau artificielles passant sous les trot- toirs256. Il existe donc des meuneries utilisant la force motrice de très peu d’eau à l’intérieur même de la ville, à l’image de celles qui emploient la traction ani- male. 4.3.3. Établir une meunerie D’après l’Édit de Dioclétien, établissant le maxi- mum des prix dans l’Empire romain en 301 de notre ère, un moulin complet coûte entre 1250 et 1500 deniers de compte (250 deniers pour un moulin manuel; Ed. Diocl. XV, 52-55), soit l’équivalent d’un mois de salaire d’un artisan. Il faut y ajouter le coût du transport qui doublerait le prix des meules tous les 110 km, l’achat de l’animal, le personnel, le mobilier, la mise en place du moulin dans la boulangerie, ainsi que le bâtiment lui-même257. Cet investissement est encore plus important pour installer un moulin hydraulique258. Le prix de l’ensemble des deux meules s’élève en théorie à deux mille deniers au début du IVe s. (Ed. Diocl. XV, 52-55) et, en plus des coûts de transport évoqués précédemment, l’infra- structure demande de grands travaux d’aménagement du terrain pour la création d’un bief d’arrivée d’eau, d’un système de régulation du débit, et le creusement du coursier. À cela s’ajoutent le prix de la roue, celui des éléments d’engrenage, et celui de leur mise en place. Il est donc nécessaire de disposer, au départ, d’un gros capital pour installer une meunerie. Mais si un tel moulin est si efficace que l’estime C. L. Sagui pour Barbegal, avec 45 kg de blé moulus par heure259, le retour sur investissement doit être 248. — PALOMO PALOMO, FERNÁNDEZ URIEL 2007; Colloque interna- tional de Lons-le-Saunier (nov. 2011) sur l’Archéologie des moulins hydrauliques, à traction animale et à vent des origines à nos jours, à paraître en 2012 (Annales Littéraires de l’Université de Besançon). 249. — BLOCH 1935, p. 545. 250. — BENOIT 1940; SAGUI 1948; LEVEAU 1996; LEVEAU 2007. 251. — LEVEAU 2007, p. 187. 252. — Aux Mesclans de La Crau et aux Laurons-Saint-Pierre des Arcs (Var): BRUN, BORRÉANI, 1998; AQUADRO 2002, p. 210; à Saint-Michel de La Garde (Var): BRUN 2004; à Saint-Martin de Taradeau et au Clos d’Anjouan (Var): BRUN 1999, p. 770; à Pézenas (Hérault): MAUNÉ et alii 2007; à Castillon-du-Gard (Gard): BUFFAT et alii 2007; à Lattes (Hérault): AMOURIC et alii 1989; aux Martres-de-Veyres (Puy-de- Dôme): ROMEUF 1978; à Saint-Doulchard (Cher): CHAMPAGNE et alii 1997; à Longvic (Côte-d’Or): JACCOTTEY, LABEAUNE 2010; à Burgille (Doubs): LHOMME et alii 2007. 253. — En Angleterre, les meuneries hydrauliques sont majoritaire- ment localisées le long du mur d’Hadrien, à proximité des camps mili- taires romains: à Haltwhistle « Burn Head » (Northumberland), Chesters Bridge (Humshaugh, Hexham), et Willowford Bridge (Gilsland, Cumbria): SIMPSON 1976; WIKANDER 1980, p. 29-36; SPAIN 1984 a; CASTELLA 1994, p. 23-35; et à l’intérieur du territoire: Wherwell (Hampshire), Nettleton (Wiltshire) et Ickham (Kent): WIKANDER 1980, p. 29-36; SPAIN 1984 b; CASTELLA 1994, p. 25. 254. — À Hagendorn (Zurich): GÄHRWILLER 1984; GÄHRWILLER, SPECK 1991; CASTELLA 1994, p. 23; à Avenches: CASTELLA 1994. 255. — À Lösnich (Rhénanie-Palatinat): NEYSES 1983; CASTELLA 1994, p. 22-23. 256. — À Rome, Saepinum, Vénafre, Celano, Apice, et San Giovani di Ruoti: BRUN 2007. 257. — BÉAL 1996. 258. — WIKANDER 1980, p. 143. 259. — SAGUI 1948, p. 226. LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 205 Picavet 1 22/05/12 11:03 Page 205 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    rapide et important.Toujours d’après l’Édit de Dioclétien, le boisseau militaire de millet moulu vau- drait le double du boisseau non moulu260. Et d’après Pline l’Ancien (Pline, H. N., XVIII, 89, 90), à Pompéi, le blé moulu aurait même deux fois et demi la valeur du blé en grain261. Les bénéfices réalisés sont donc sensibles, d’autant plus que, d’après Apulée (Apulée, Mét., IX, 11) dans les boulangeries de type romain, les bêtes de trait tourneraient la meule jour et nuit. La meunerie tendrait alors à se séparer de la bou- langerie, et deviendrait une activité pratiquée à plein temps, intermédiaire entre le producteur de céréales et le consommateur qui fabrique le pain262. 4.4. La meunerie artisanale urbaine en Gaule Belgique Le nombre important de meules de grand format dans les collections étudiées montre l’ampleur de la boulangerie artisanale au sein de l’économie de la ville antique263. De fortes concentrations sont obser- vées sur des parcelles telles que celles de la « ZAC Cathédrale » (fouille D. Gemehl, Inrap) et du « Multiplexe Gaumont » (fouille E. Binet, Inrap) à Amiens, et révèlent la diversité des moulins et des énergies employées pour la mouture. Par conséquent, l’approvisionnement de la ville est toujours assuré, même dans le cas du fonctionnement périodique des moulins, régi par les conditions climatiques. Les habi- tants peuvent ainsi faire face à des périodes de crue ou de sécheresse, puisque les provisions peuvent être transférées d’un moyen de transformation à l’autre. 4.4.1. Les boulangeries Les moulins de type « Pompéi » dispersés dans les villes d’Amiens, Reims et Soissons sont les premiers témoins de l’activité de boulangeries ou de meuneries « à la romaine », utilisant une traction animale péri- phérique. Mais elles en constituent aussi les seuls indices, et il est impossible actuellement de savoir quel était le statut de ces établissements, et quelle était l’ampleur de leur production par rapport à la meunerie domestique, et surtout par rapport aux moulins plus complexes à entraînement hydraulique ou animal par le centre. Une seule boulangerie, datée du IIIe s., est connue à Amiens, mais les résultats de la fouille n’ont pas été publiés. Lors du dégagement d’une domus, rue des Jacobins, ont été mis au jour les vestiges d’un four, des fragments de pain cuit, des pâtons en cours de levage, des fragments de crible en bois, ainsi que des grains entiers de blé et d’orge264. Les meules n’ont pas pu être étudiées pour le moment, mais toutes les étapes de la chaîne opératoire de la préparation du pain sont distinguées. Il s’agirait, d’après les maigres informations disponibles, d’une petite boulangerie active à l’échelle d’un quartier, où, comme à Bliesbruck (Moselle), la meunerie n’est pas dissociée de la boulangerie et de la vente du pain265. 4.4.2. Les moulins hydrauliques L’innovation qu’incarne le moulin à eau à la période romaine n’a pas échappé à la province de Gaule Belgique. Les catillus mis au jour à Amiens (227, 228) et à Beauvais (231) , morphologiquement similaires à ceux qui ont été découverts sur des sites de moulins hydrauliques dans le reste de la Gaule, peuvent être attribués à ce type de structure. Tout comme les meules de type « Zugmantel », qui peuvent aussi bien s’adapter à l’énergie hydraulique qu’à la traction animale par le centre, à condition que celle-ci existe dans l’Antiquité. À Beauvais, au bord du Thérain, les niveaux antiques de la « Tour Boileau » on fourni la majorité des meules de grandes dimen- sions découvertes à ce jour dans la ville. L’emplacement a d’ailleurs accueilli un système de régulation du niveau de la rivière et un moulin à eau tout au long des périodes médiévale et moderne266. Ainsi, il est possible de supposer l’existence d’un moulin hydraulique en activité aux abords de l’habitat du IIe s. qui a été observé à cet endroit. Si ce principe de continuité de l’occupation se vérifiait, une partie des dix-neuf moulins à eau recensés à Amiens au XIe s., et des dix-sept à Arras267, ont très bien pu connaître une occupation continue depuis la période romaine. D’ailleurs, dans les faubourgs de la ville antique d’Amiens, sur la parcelle de la « ZAC Cathédrale », une quantité importante de meules, dont plusieurs de grandes dimensions (267, 238, 239, 225, 254 et 255) ont été retrouvées à proximité d’un grenier du IIe s.268. L’aspect des meules et la situation du terrain au bord de l’Avre (affluent de la Somme) semblent indiquer l’emploi de l’énergie hydraulique pour la mouture. À Étouvie (Somme), directement en aval d’Amiens, un aménagement de berge, daté du début 260. — BÉAL 1996, p. 88. 261. — BÉAL 1996, p. 88. 262. — WIKANDER 1980, p. 143-144; ARNOULD 1987, p. 17; BÉAL 1996, p. 89; CASTELLA, ANDERSON 2004, p. 141. 263. — PICAVET 2012 (à paraître). 264. — BEN REDJEB 1989; MARINVAL, HANSSON 1994, p. 48. 265. — MATTERNE et alii 1998, p. 116; PETIT 2005, p. 184. 266. — FÉMOLANT 1998, p. 53-55. 267. — LOHRMAN 1984, p. 1024; GUILLERME 1990, p. 93. 268. — Étude des meules en cours (Picavet). 206 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER Picavet 1 22/05/12 11:03 Page 206 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    du Ve s.,a été observé269. Une retenue d’eau, une fosse correspondant probablement au coursier d’une roue de moulin, et une aire de travail ou d’accès ont été interprétées comme les modules d’un moulin hydrau- lique. L’ensemble est positionné au bord d’un chenal séparé du lit d’un bras de la Somme par une butte où était installé un habitat au IIIe s. Le débit du chenal était régulé par un barrage fait de pieux et de blocs de craie270. Les moulins urbains découverts en Italie montrent par ailleurs qu’il n’est pas nécessaire de disposer d’un fort débit pour faire tourner une roue271. Une simple canalisation ou un bief peuvent apporter l’énergie nécessaire à l’entraînement périodique d’une roue de moulin272. Dès lors il est toujours possible d’imaginer un entraînement hydraulique, sinon animal, pour les meules de type « Zugmantel » provenant de Bavay où seuls coulent deux petits ruisseaux et où aboutit un aqueduc273. D’ailleurs, Palladius conseille, au IVe s., de « faire aboutir au moulin les tuyaux d’écoulement des bains [des villae], afin de pouvoir y faire fonction- ner des meules actionnées par l’eau et moudre le blé sans faire appel au travail animal ou humain » (Pall., De agr., I, 42). Pourquoi ces conseils n’auraient-ils pas été appliqués dans les villes du nord de la Gaule? 4.5. Le pain dans les camps militaires Le port de Boulogne a accueilli la Classis Britannica, et des garnisons sont installées à l’inté- rieur du territoire au Bas-Empire, à Arras. L’approvisionnement de ces troupes représente une logistique considérable, et la fabrication du pain en est un élément majeur. À Stockstadt am Main (Bavière, Allemagne) une boulangerie de camp a été fouillée avant 1900. Elle était composée d’une pièce équipée d’un four, de deux meules manuelles et d’un puits274. Toutes les étapes de la fabrication du pain sont donc réalisables sur place, de la mouture à la cuisson en passant par le pétrissage. Les meules manuelles sont principalement utilisées lors de déplacements ou dans des camps temporaires. La découverte de meules manuelles en roche volca- nique dont les flancs sont gravés du nom de contuber- niae indique que chaque chambrée, rassemblant une dizaine d’hommes, disposait de son moulin à main pour moudre son grain275. La mise en place de grands moulins à entraînement mécanique accompagne la stabilisation du limes et la sédentarisation des camps276. L’échelle de production augmente logiquement, nourrissant une277, voire deux centuries278. Les catillus 67, 68, 69, 70, 71 et 73 sont typiques de ces meules manuelles en roche volcanique utilisées par les légionnaires du Rhin et correspondent peut- être au mobilier de contuberniae de passage, en route vers la Bretagne depuis la Germanie. Le catillus 232 de Boulogne témoigne au contraire d’un moulin à entraînement mécanique fixe. Tout comme celui en arkose d’Haybes/Macquenoise mis au jour à Arras (221), en relation avec les casernes militaires du Bas- Empire. Un entraînement hydraulique peut être sup- posé, mais la forme du catillus s’y prêtant, le système de moulin-manège peut être envisagé. Ainsi, le recours à l’énergie hydraulique n’est pas nécessaire et le moulin peut être installé à l’intérieur même du camp. Au Moyen Âge, de tels systèmes sont d’ailleurs attestés en contexte militaire, et sont favorisés lors de périodes de troubles où l’eau courante, ressource exté- rieure au moulin, n’est pas toujours disponible279. 4.6. La boulangerie domestique 4.6.1. Répartition dans la ville Si la meunerie artisanale prend une place significa- tive dans les villes romaines, la mouture domestique semble conserver son importance. En témoignent les nombreuses meules rotatives manuelles réparties dans l’espace urbain de tous les chefs-lieux de cité étudiés, et qui sont majoritaires en nombre d’individus par rapport aux meules de grand format. Même si les meules ne sont pas toujours individuel- lement localisées, leur découverte est souvent men- tionnée dans les comptes rendus anciens et dans la carte archéologique. Il est donc possible d’en établir la répartition dans la ville. À Amiens, les découvertes que l’on peut situer par les sources anciennes sont nombreuses et dispersées, et des concentrations importantes, dépendant notamment de la qualité des fouilles, sont observées à la « ZAC Cathédrale » et au 269. — HARNAY 1997; BLANCHET 2000, p. 141. 270. — DESCHODT 2005, p. 168. 271. — BRUN 2007, p. 206. 272. — MAUNÉ et alii 2007, p. 125. 273. — BOYER, PICAVET 2010, p. 25. 274. — JOHNSON 1987, p. 217-218. 275. — MORITZ 1958, p. 116; JOHNSON 1987, p. 221; JUNKELMANN 2006, p. 116-117; MANGARTZ 2008, p. 101. 276. — MORITZ 1958, p. 116; JOHNSON 1987, p. 218. 277. — JUNKELMANN 2006, p. 122; WEBSTER, CHADDERTON 2002, p. 29-30. 278. — JOHNSON 1987, p. 217-218. 279. — AMOURIC 1998, p. 176. LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 207 Picavet 1 22/05/12 11:04 Page 207 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    « Multiplexe Gaumont». À Beauvais et à Bavay, le nombre restreint de fouilles qui ont livré des meules donne une idée imprécise de cette distribution, mais les zones sont bien localisées, particulièrement dans des îlots d’habitation280. À Soissons et à Boulogne, les mentions anciennes sont les seules à donner des informations sur la localisation des découvertes de meules, et à Arras, seules les fouilles de la rue Baudimont en ont fourni, ce qui n’apporte pas d’inté- rêt de ce côté. 4.6.2. Le moulin dans l’habitat Le moulin manuel peut s’intégrer dans l’habitat de différentes façons. Sa mise en œuvre la plus simple est la rotation du catillus sur la meta à même le sol ou sur une table à l’aide d’un élément de préhension. Le catillus tourne autour d’un axe, mais la perforation totale des œils de meta suggère tout de même l’inser- tion d’un système de calage ou d’une pièce de bois qui vient recevoir l’axe et empêcher le grain de s’échapper par le centre. Les traces d’usure observées sur la face inférieure de nombreuses meta manuelles semblent indiquer une instabilité du moulin qui, à chaque rotation, bouge sur son support, de façon plus ou moins perceptible281. Le couple de meules peut aussi être placé sur une structure surélevée assortie d’une potence et actionné par une perche. Cette technique décrite précédem- ment permettrait d’accroître les rendements en facili- tant la mise en rotation manuelle282. Les calculs de rendements sont rendus difficiles par la multiplication des facteurs qui interviennent, mais une mise en rota- tion simple permettrait de moudre entre 3 et 6 kg de céréales par heure283, pour un rendement de farine en kilogrammes s’élevant à la moitié284. Et il semblerait que la mouture du grain demande un taux d’humidité de 15 %. Or ce taux pour le grain stocké n’est compris qu’entre 11 et 14 %, ce qui implique une humectation des céréales avant mouture285. De plus, selon la finesse désirée, plusieurs passages de la farine dans le moulin sont nécessaires pour casser la forte liaison entre l’amande et son enve- loppe et obtenir un produit pur286. Sans compter les opérations qui interviennent entre la récolte et la mou- ture, comme le décorticage des grains dans le cas des céréales vêtues du nord de la Gaule (épeautre, orge vêtue). Le moulin à main prend sa place au sein du mobi- lier domestique dans les espaces de l’habitat qui ont trait à la préparation alimentaire, ou à proximité des bâtiments de stockage des céréales287, comme on peut le supposer pour les meules observées dans l’îlot situé au sud du forum de Bavay et dans les domus du « Palais des Sports » à Amiens. 4.7. Remploi Lorsque la meule devient inutilisable dans sa fonc- tion première, le bloc de pierre qu’elle constitue est préférentiellement remployé plutôt que rejeté288. Il peut être retaillé pour mieux convenir à sa fonction secondaire, ou utilisé tel quel. Quand le contexte de dépôt de la meule est inconnu, le remploi est révélé par les traces de mortier, de béton, de passage au feu, ou encore par les zones concaves, polies à lustrées, que l’on y observe. L’exemple de remploi le plus parlant est celui du catillus 209 (Amiens), de type « Pompéi ». Découpé par le milieu en deux cuvettes puis équarri, il a été réutilisé comme coffrage de sépulture à incinération dans la nécropole du Faubourg de Beauvais289 (fig. 38). L’utilisation de meules en contexte funéraire est toutefois extrêmement rare, et il est plus fréquent de les retrouver scellées dans des murs, des structures construites, ou dans le blocage de fondations ou de poteaux. En témoignent les traces de mortier ou de béton qui recouvrent certains fragments (fig. 39), et les nombreuses mentions de découvertes de meules dans ces contextes secondaires290. Toujours dans la construction, des meules entières remployées comme crapaudines sont connues291, ainsi que des fragments intégrés dans les recharges ou le pavage des voies292. Les fragments noircis ou rubéfiés par un passage au feu ont très probablement été utilisés comme pierres de foyer293. 280. — CARMELEZ 1983; LORIDANT 2002. 281. — MORITZ 1958, p. 117, note 3. 282. — VIGNET-ZUNZ 2002, p. 251; REIGNIEZ 2003, p. 76. 283. — DEMBINSKA 1985; PY 1992, p. 227; BOYER, BUCHSENSCHUTZ 1998, p. 204. 284. — BOYER, BUCHSENSCHUTZ 1998, p. 204. 285. — PANCKOUCKE 1788, p. 11; MATTERNE 2001, p. 142. 286. — BOYER, BUCHSENSCHUTZ 1998, p. 204. 287. — C’est le cas à Lattes (Hérault), où une étude exhaustive des meules à pu être réalisée sur une durée très longue: PY 1992, p. 227; et à Contrexéville « Le Petit Hachu » (Vosges), un moulin manuel com- plet a été mis au jour dans une structure excavée qui correspondrait à un grenier-cave, et dans laquelle la mouture s’effectuait directement, dans un milieu humide favorable au décorticage des grains vêtus: LAGADEC 2007, p. 38. 288. — BOYER, JOUIN 2001 p. 42. 289. — PINSARD ms. 1363E, p. 299; PINSARD ms. 1374E, p. 245-253; VASSELLE, WILL 1956, p. 328; BAYARD, MASSY 1983, p. 163; BÉAL 1996, p. 93; PICHON 2009, p. 229. 290. — LANGEDOCK 1976, p. 227; DURY 1987, p. 163; BOYER 1999, p. 281; BOYER, JOUIN 2001 p. 28. 291. — NEAL et alii 1990, p. 167; ASENSIO 2001, p. 58. 292. — ASENSIO 2001, p. 58, 72; PICAVET 2012. 293. — POMMEPUY 1999, p. 117; BOYER, JOUIN 2001 p. 28. 208 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER Picavet 1 22/05/12 11:04 Page 208 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    Les zones concaves,les traces polies, lustrées, et les fines entailles observées sur certains fragments et meules complètes suggèrent enfin leur utilisation comme mortiers, polissoirs ou aiguisoirs (fig. 40). On remarque donc, après la fonction primaire de l’objet, une volonté de l’exploiter jusqu’au bout, pour des usages variés qui peuvent nécessiter les qualités abrasives de la roches ou simplement son volume et sa résistance. CONCLUSION Cette approche des meules, même si elle se limite aux principales agglomérations de la partie française de la Gaule Belgique, permet de poser les bases régio- nales d’un champ de recherche qui connaît actuelle- ment un regain d’intérêt. Grâce à une étroite collabo- ration avec des géologues, cinq roches meulières dominantes ont été individualisées pour la période romaine, et leur provenance géologique et géogra- phique a pu être déterminée; soigneusement sélec- tionnées et parfois fortement exploitées, elles ont été largement diffusées, à l’échelle de la province et au- delà. Dans un second temps, les types de meules qui semblent les plus récurrents ont été mis en évidence et définis selon des critères morphométriques et tech- niques rassemblés et examinés en séries homogènes. Grâce à l’observation de ces caractères, des systèmes d’entraînement des moulins ont pu être proposés et distingués selon l’énergie employée pour leur mise en œuvre, qu’elle soit manuelle, animale ou hydraulique. Par ailleurs, la présence des moulins à l’intérieur ou à proximité immédiate de la ville, bien que très inégale selon les chefs-lieux de cité et la qualité des investigations dont ils ont fait l’objet, montre l’impor- tance des activités de meunerie et de boulangerie dans leur économie et pour leur alimentation. Si la meune- rie artisanale est bien représentée par les meules de grand format, les meules à main témoignent toujours du poids et de la persistance de la transformation des céréales en milieu domestique. Mais les machines complexes que constituent les moulins ne sont pas exclusivement réservées à la mouture des céréales. Bien qu’aucune différenciation litho-typologique ne soit observée, l’analyse des traces d’usure des sur- faces actives permet de distinguer mouture végétale de broyage minéral. Ainsi, le constat de la diversité des roches et des usages possibles, associé à l’observation morpholo- gique et technique des meules, entraîne le début d’une réflexion sur la pratique de certains aménagements, comme le rayonnage ou les trous d’emmanchement, LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 209 FIG. 38. — Une meule « Pompéi » remployée comme coffrage de sépulture (209, provenance Amiens), découverte de la rue de l’Union, Amiens. Cliché Picavet 2009, dessin d’après Pinsard ms. 1374E, p. 247 (Bibliothèque d’Amiens) et Vasselle, Will 1956, fig. 4. FIG. 39. — Meule couverte de mortier de tuileau (8, provenance Bavay). Cliché Picavet 2009. FIG. 40. — Concavité de la face active, témoin d’un remploi de la meule. Cliché Picavet 2009. Picavet 1 22/05/12 11:04 Page 209 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    correspondant à desnécessités fonctionnelles ou à des savoir-faire et des traditions culturelles. Il semblerait que ces aspects soient fortement entremêlés dans une zone géographique où persiste un substrat indigène sous l’apport d’un mode de vie et de pratiques romaines. Enfin, et parallèlement à cette contribution, l’étude des meules des sites ruraux ouvrira des perspectives non négligeables concernant la meunerie dans le nord de la Gaule. Elle pourra révéler une spécialisation de tel ou tel matériau, de tel ou tel type de meule, ou encore apporter un éclairage sur les spécificités et les circonstances du commerce des meules. Par ailleurs, un grès beige à cimentation incomplète employé exclusivement dans la taille de meules plates de grandes dimensions, et non décrit dans ce travail car trop anecdotique dans le corpus des villes, est forte- ment représenté sur ces sites ruraux et méritera une étude à part entière294. Les meules employées en contexte rural pourront ainsi être comparées à celles des sites urbains afin de préciser les modalités de leur diffusion, et d’établir les liens et les disparités qui existent entre les activités de mouture et de broyage de ces deux milieux. CATALOGUE N°; catégorie; roche; diamètre (cm); œil/logement d’anille; pente de la face active (°) ; habillage; data- tion (provenance; n° inventaire/US; bibliographie). Catillus manuels en arkose d’Haybes/ Macquenoise (fig. 41 a) Amiens 1. Catillus; d. 45,3; log. d’anille traversant quadrangulaire; 6°; Habillage: piquetage à coups perdus; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale; Zone II, décapage). 2. Catillus; d. 54; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; 7°; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale). 3. Catillus; d. 42; 100-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 4. Catillus; d. 40; log. d’anille traversant quadrangulaire; 6°; 100-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 5. Catillus; d. 34; 100-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 6. Catillus; d. 32; 0°; 100-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 7. Catillus; 11°; 60-100 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). Bavay 8. Catillus; d. 37; 2°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. îlot sud Forum, remblai, 1973; n° inv. 73 Z 1054; Carmelez 1983). 9. Catillus; d. 41; log. d’anille traversant bilobé; 3°; Habillage: rayon- nage, piquetage; 1-400; (Prov. îlot sud Forum, remblai, 1972; n° inv. 72 REM 616; Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010). 10. Catillus; d. 42; 3°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 306; Carmelez 1983). 11. Catillus; d. 44,5; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; 8°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. îlot sud Forum, remblai, 1972; n° inv. 72 REM 618; Boyer, Picavet 2010). 12. Catillus; d. 31,8; log. d’anille traversant bilobé; 3°; habillage mixte; 1-400 (Prov. îlot sud Forum; n° inv. 81 A 38; Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010). 13. Catillus; d. 34; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; 10°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 81 A 27; Carmelez 1983). 14. Catillus; d. 49; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; habillage: rayonnage composé droit. 15. Catillus; d. 37,5; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; 4°; habillage: rayonnage composé droit à courbe; 1-400 (Prov. îlot sud Forum, remblai; n° inv. (72 REM) 368; Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010). 16. Catillus; d. 40; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; habillage mixte (n° inv. 81 A 35; Carmelez 1983). 17. Catillus; d. 41,8; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; 9°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 379; Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010). 18. Catillus; d. 42; 8°; habillage: rayonnage droit (n° inv. 446; Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010). 19. Catillus; d. 44; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; 13°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. W 167). 20. Catillus; d. 44; 4°; habillage mixte; 1-400 (Prov. terrain des Douanes RN32, 1965; n° inv. 5 Z 32 = R5; Carmelez 1983). 21. Catillus; d. 44; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; 5°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. Forum, 1965; n° inv. 65 Z; Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010). 22. Catillus; d. 44,5; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; 8°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. îlot sud Forum; n° inv. 81 A 29; Carmelez 1983). 23. Catillus; d. 44,5; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; 3°; habillage mixte (n° inv. 81 A 44; Carmelez 1983). 24. Catillus; d. 45; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; 2°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 397; Carmelez 1983). 25. Catillus; d. 46; log. d’anille traversant bilobé; 6°; habillage: rayonnage composé droit à courbe; 1-400 (Prov. îlot sud Forum, couche de démolition, 1971; n° inv. 71 Z 870; Carmelez 1983). 26. Catillus; d. 46; 9°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 81 A 26; Carmelez 1983). 27. Catillus; d. 46; 4°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 388; Carmelez 1983). 28. Catillus; d. 47,5; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; 0°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 449; Carmelez 1983). 29. Catillus; d. 48; 1°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. Forum; n° inv. 8 Z 80; Carmelez 1983). 30. Catillus; d. 48,5; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; 7°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. îlot sud Forum, remblai, 1972; n° inv. 72 REM 22; Carmelez 1983). 31. Catillus; d. 50; 5° (n° inv. 459; CARMELEZ 1983; Boyer, Picavet 2010). Reims 32. Catillus; d. 44; 1-400 (Prov. boulevard Henrot, 2008; US 100, OI 1408; d’après Jodry, base Groupe Meule 2010). 33. Catillus; d. 46; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; 6°; habillage: rayonnage; 1-400 (Prov. 12-14 rue Carnot, 1995; US 322). 34. Catillus; habillage: piquetage à coups perdus; 1-400 (Prov. 12-14 rue Carnot, 1996; US 322). 294. — PICAVET 2012 (à paraître). 210 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER Picavet 1 22/05/12 11:04 Page 210 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    Soissons 35. Catillus; d.42; log. d’anille traversant bilobé; 5°; habillage en nid d’abeille (n° inv. 93.7.1286). Catillus manuels en grès de Fosses/Belleu (fig. 41 b) Amiens 36. Catillus; d. 46; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; 3°; habillage: rayonnage; 110-130 (Prov. Palais des Sports; Binet 1995). 37. Catillus; d. 43; 8°; habillage en nid d’abeille; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale; US 31708). 38. Catillus; d. 41,5; log. d’anille traversant quadrangulaire; 8°. 39. Catillus; d. 41; ovalaire; 7°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. Logis-du-Roi, 1973-1979). 40. Catillus; d. 47; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; 6°; 1-150 (Prov. 52 rue Frédéric Petit, 1925; Pichon 2009, p. 53). 41. Catillus; d. 46; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; 6°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. rue Saint-Leu, 1903; Pichon 2009, p. 197 et Pinsard ms. 1359E, p. 188). 42. Catillus; d. 43; ovalaire; 8°; 1400. Beauvais 43. Catillus; d. 38,5; œil cylindrique; 6°; habillage: rayonnage com- posé droit; 1-400 (Prov. 44 rue des Jacobins, 1994). 44. Catillus; d. 41; 5°; 65-175 (Prov. Hôtel Dieu, 1988-1989; HD 1, 12164.2). 45. Catillus; d. 42; 4°; habillage: rayonnage composé droit (Prov. Caserne Watrin, 2009; Tr IX, US 22). 46. Catillus; d. 42; 4°; habillage: rayonnage composé droit; 175-250 (Prov. Caserne Taupin, 1992; Zone 24, US 70). 47. Catillus; d. 45; 1-400 (place Foch, 2010; Tr V, US 540) 48. Catillus; d. 47; 3°; habillage: rayonnage composé droit; 1-200 (Prov. rue Nully d’Hécourt, 2006; Z. II, US 272, 1er décapage). 49. Catillus; d. 55; log. d’anille en double queue d’aronde; 8°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. 44 rue des Jacobins, 1994). Reims 50. Catillus; d. 40; 1-400 (Prov. boulevard Henrot, 2008; US 931, OI 1407, fait 309; d’après Jodry, base Groupe Meule 2010). Catillus manuels en calcaire gréseux à rares num- mulites (fig. 41 c) Amiens 51. Catillus; d. 54,5; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; 6°; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale; Zone II, US 31519, n° 2072). 52. Catillus; d. 54; 0°; 1-200 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 53. Catillus; d. 51; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; 40-60 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 54. Catillus; d. 42; 3°; 100-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 55. Catillus; d. 42; log. d’anille traversant en double queue d’aronde (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 56. Catillus; d. 38; 90-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 57. Catillus; 130-150 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 58. Catillus; 50-100 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). Reims 59. Catillus; d. 47; ovalaire; 7°; 1-400 (Prov. 12-14 rue Carnot, 1995; US 322). Catillus manuels en roche volcanique (fig. 41 d) Amiens 60. Catillus; d. 54; 8°; 60-100 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 61. Catillus; d. 42; 60-100 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 62. Catillus; d. 36 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 63. Catillus; 30-70 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). Bavay 64. Catillus; d. 35; œil biconique; 8°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 81 A 49; Carmelez 1983). 65. Catillus; d. 36; log. d’anille par-dessus; 10°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 81 A 30; Carmelez 1983). 66. Catillus; d. 39; 9°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 81 A 28 = 73 Z 1053; Carmelez 1983). 67. Catillus; d. 40; 18°; habillage: rayonnage (n° inv. 2005 A 106 = 8 Z 614; Carmelez 1983). 68. Catillus; d. 42; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; 9°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. Forum, 1965; n° inv. 65 Z 468; Carmelez 1983). 69. Catillus; d. 42; 6°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. îlot sud Forum, HS, 1972; n° inv. 72 Z 1207; Carmelez 1983). Boulogne 70. Catillus; d. 42; log. anille rectangulaire par-dessous; 10°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 377). Reims 71. Catillus; d. 42; 14° (Prov. rue de l’Étape?). 72. Catillus; d. 48; 1-400 (Prov. boulevard Henrot, 2008; US 1532, OI 761; d’après Jodry, base Groupe Meule 2010). Soissons 73. Catillus; d. 48; log. d’anille traversant quadrangulaire; 12°; habillage: rayonnage simple droit (n° inv. 2010.0.1). Catillus manuels en calcaire (fig. 41 e) Reims 74. Catillus; calcaire à cérithes; d. 41,5; log. d’anille traversant qua- drangulaire; 4°. 75. Catillus; calcaire à ditrupa; d. 36; œil cylindrique; 1-400 (Prov. boulevard Henrot, 2008; US 644, OI 222; d’après Jodry, base Groupe Meule 2010). Soissons 76. Catillus; calcaire à nombreuses nummulites; d. 34; œil tronco- nique; 5° (n° inv. 93.7.1285). 77. Catillus; calcaire à cérithes; d. 39; œil en bol; 2° (n° inv. 93.7.1290). 78. Catillus; calcaire à cérithes; d. 35,5; œil en entonnoir; 2° (n° inv. 93.7.12912). 79. Catillus; calcaire à cérithes; d. 31,5; œil en entonnoir; 0° (n° inv. 93.7.1288). Meules manuelles en roche indéterminée (fig. 41 f) Amiens 80. Catillus; d. 30; 40-60 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 81. Indét.; 90-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 82. Catillus; d. 54; 8°; 60-100 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 83. Catillus; d. 46; 9°; 40-70 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 211 Picavet 1 22/05/12 11:04 Page 211 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    212 PAUL PICAVETAVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 23 24 8 22 25 26 27 28 29 30 31 Bavay Amiens 1 2 36 37 41 39 40 38 42 Amiens 51 Beauvais Amiens 43 44 45 46 48 49 59 Reims Reims 34 33 71 Reims 74 Reims Soissons 77 76 78 79 35 Soissons Soissons 73 Bavay 64 65 66 67 68 69 100 90 Bavay 91 Boulogne 70 101 47 Bavay Boulogne 94 95 96 Amiens 97 98 Bavay 99 Beauvais 102 a. b. c. d. e. f. g. Amiens h. i. j. 0 30 cm FIG. 41. — Catalogue des meules manuelles. Éch. 1/20. a. Catillus en arkose d’Haybes/Macquenoise ; b. Catillus en grès de Fosses/Belleu ; c. Catillus en calcaire gréseux à rares nummulites ; d. Catillus en roche volcanique ; e. Catillus en calcaire ; f. Catillus roche indéterminée ; g. Catillus manuels à réglage de l’écartement en calcaire gréseux à rares nummulites ; h. En arkose d’Haybes/Macquenoise ; i. En roche volcanique ; j. En grès de Fosses/Belleu. Picavet 1 22/05/12 11:04 Page 212 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    84. Catillus; d.44; 17° (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 85. Catillus; d. 38; 8° (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 86. Catillus; d. 21; 0° (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 87. Meta; d. 42; 100-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 88. Meta; d. 42; 60-90 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 89. Meta; d. 30 (Multiplexe Gaumont; Binet 2002). Bavay 90. Catillus; 37; log. anille quadrangulaire par-dessus; 10°; 1-400 (Prov. Forum, 1966; n° inv. 66 Z 903). 91. Catillus; grès; d. 32; ovalaire; 0°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 373; Carmelez 1983). 92. Meule verticale; calcaire; d. 50; quadrangulaire; 0° (n° inv. 442 = 127; Carmelez 1983). Reims 93. Catillus; grès; d. 42; 1-400 (Prov. boulevard Henrot, 2008; US 100, HS; d’après Jodry, base Groupe Meule 2010). Catillus à réglage de l’écartement en calcaire gré- seux à rares nummulites (fig. 41 g) Amiens 94. Catillus; d. 50,5; log. anille rectangulaire par-dessous; 5°; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale; n° 2078 - 2067). Catillus à réglage de l’écartement en arkose d’Haybes/Macquenoise (fig. 41 h) Amiens 95. Catillus; d. 51,8; log. d’anille traversant en double queue d’aronde, log. d’anille par-dessous en double queue d’aronde; 4°; habillage: rayonnage composé droit. 96. Catillus; d. 50,3; log. d’anille traversant en double queue d’aronde, log. d’anille par-dessous en double queue d’aronde; 7°; habillage: rayonnage composé courbe. Bavay 97. Catillus; d. 52; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; 6°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 81 A 21, 81 A 22, 81 A 24, 81 A 40; Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010). 98. Catillus; d. 54; log. d’anille en double queue d’aronde par-des- sous; 1°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 389, 391, 392; Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010). 99. Catillus; log. d’anille traversant en double queue d’aronde et log. d’anille en double queue d’aronde par-dessous; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 2005 A 101; Boyer, Picavet 2010). Catillus à réglage de l’écartement en roche volca- nique (fig. 41 i) Bavay 100. Catillus; d. 44; log. anille quadrangulaire par-dessus + log. d’anille par-dessous; 9°; habillage: rayonnage composé irrégulier (n° inv. 465; Carmelez 1983). Boulogne 101. Catillus; d. 30; log. anille rectangulaire par-dessous; 11°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 382). Catillus à réglage de l’écartement en grès de Fosses/Belleu (fig. 41 j) Beauvais 102. Catillus; d. 50; log. d’anille crampon; 8°; habillage: rayonnage; 1-250 (Prov. Caserne Taupin, 1992; Zone 52, US 1182). Meta manuelles en arkose d’Haybes/Macquenoise (fig. 42 a) Amiens 103. Meta; d. 42; 0°; 100-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 104. Meta; d. 42; 100-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). Arras 105. Meta; d. 52; 5°; habillage: rayonnage simple droit; 200-450 (Prov. rue Baudimont, 1950; n° inv. A 50.1). 106. Meta; d. 40; œil tronconique; 1°; habillage: rayonnage composé droit; 1-30 (Prov. rue Baudimont, 1984; n° inv. A 84.34, meule n° 5). 107. Meta; d. 33; œil tronconique; 3°; habillage: rayonnage simple droit; 1-200 (Prov. rue Baudimont, 1987; n° inv. C 87.9, meule n° 9). 108. Meta; d. 45; œil biconique; 3°; habillage: rayonnage, piquetage; 200-450 (Prov. rue Baudimont, 1985; n° inv. B 85.36, meule n° 7). Bavay 109. Meta; d. 33; œil tronconique; habillage: piquetage à coups per- dus. 110. Meta; d. 38; œil cylindrique; 7°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 461; Carmelez 1983). 111. Meta; d. 38,4; 3°; 1-400 (Prov. Sablière Stoclet; n° inv. Z 3076; Carmelez 1983). 112. Meta; d. 39; œil tronconique; 6°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 79 A 281 = 374; Boyer, Picavet 2010). 113. Meta; d. 42; œil biconique; 5°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. terrain des Douanes RN32, 1965; n° inv. 65 Z 508). 114. Meta; d. 41; œil tronconique; 1°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 399). 115. Meta; d. 41; œil biconique; 2°; habillage: rayonnage composé droit à courbe (n° inv. 566; Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010). 116. Meta; d. 41; œil tronconique; 2°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. îlot sud Forum, 1972; n° inv. 72 REM 633; Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010). 117. Meta; d. 43,5; œil cylindrique; 5°; habillage: rayonnage com- posé courbe (n° inv. 81 A 34 = 378; Carmelez 1983). 118. Meta; d. 44; œil tronconique; 5°; habillage: rayonnage composé courbe (n° inv. 81 A 48; Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010). 119. Meta; d. 45; œil tronconique; 2°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 443, 81 A 25; Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010). 120. Meta; d. 47,5; œil cylindrique; 4°; habillage: rayonnage com- posé droit (n° inv. 81 A 32 = 463; Carmelez 1983). 121. Meta; d. 56; œil biconique; 12°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 445, 2005 A 107 = 531; Carmelez 1983). 122. Meta; d. 7; habillage: rayonnage droit; 1-400 (Prov. Sablière Macron; n° inv. Z 5751; Carmelez 1983). 123. Meta; d. 52; 3°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 464; Carmelez 1983). 124. Meta; d. 54; 2°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 81 A 39; Carmelez 1983). 125. Meta; œil tronconique; 9°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 81 A 45 = 14; Carmelez 1983). 126. Meta; d. 50; œil tronconique; 6°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 81 A 36; Carmelez 1983). 127. Meta; d. 43; œil cylindrique; 0°; habillage: rayonnage, pique- tage; 1-400 (Prov. Forum; n° inv. 6 Z 122; Carmelez 1983). 128. Meta; d. 40; habillage mixte (n° inv. 69 Y 45). 129. Meta; d. 40; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (n° inv. 88 Z 1172). 130. Meta; d. 53; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. cryptoportique Forum; n° inv. 87 Y 1373). 131. Meta; d. 33; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. sondage sud boutique, bordure decumanus; n° inv. 77 Z 309; Carmelez 1983). LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 213 Picavet 1 22/05/12 11:04 Page 213 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    Boulogne 132. Meta; d.37,5; œil biconique; 4°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 378). Reims 133. Meta; d. 43; œil tronconique; 3°; habillage: rayonnage, pique- tage; 1-400 (Prov. 12-14 rue Carnot, 1997; US 322). 134. Meta; d. 43,5; œil tronconique; 6°; habillage: piquetage à coups perdus; 1-400 (Prov. 12-14 rue Carnot, 1998; US 322). 135. Meta; d. 48; œil cylindrique; 1-400 (Prov. Bd Henrot, 2008; US 514, OI 800; d’après Jodry, base Groupe Meule 2010). 136. Meta; d. 41; œil cylindrique; 1°; habillage: rayonnage; 1-300 (Prov. 28 boulevard Joffre, 1988). Meta manuelles en grès de Fosses/Belleu (fig. 42 b) Amiens 137. Meta; d. 49; œil biconique; 8°; habillage: rayonnage, piquetage; 1-150 (Prov. 52 rue Frédéric Petit, 1925; Pichon 2009, p. 53). 138. Meta; d. 48; œil tronconique; 9°; habillage: rayonnage, pique- tage; 1-400. 139. Meta; d. 47; œil tronconique; 6°; habillage: rayonnage, pique- tage; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale; Zone II, US 31496). 140. Meta; d. 41; œil biconique; 8°; habillage en nid d’abeille. 141. Meta; d. 40; 6°; habillage: piquetage à coups perdus; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale; US 30253). 142. Meta; d. 40; 0°; habillage: piquetage à coups perdus; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale; US 30659). 143. Meta; d. 39; œil biconique; 4°; habillage: rayonnage; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale; US 32073). 144. Meta; d. 37; œil biconique; 8°; habillage: piquetage à coups per- dus; 110-130 (Prov. Palais des Sports; Binet 1995). 145. Meta; d. 45; œil tronconique; 6°; habillage: piquetage à coups perdus. 146. Meta; d. 51,5; œil tronconique; 8°; habillage: piquetage à coups perdus. Beauvais 147. Meta; d. 40; œil tronconique; 0°; 1-400 (Prov. Caserne Watrin, 2002; Sd. 2, US 14). 148. Meta; d. 41; œil tronconique; 5°; habillage: rayonnage composé droit; 1-250 (Prov. Caserne Taupin, 1992; St 54). 149. Meta; d. 46; œil cylindrique; 4°; habillage: rayonnage composé droit; 1-200 (Prov. rue Nully d’Hécourt, 2006; Z. II, US 109). 150. Meta; d. 47; œil tronconique; 1°; habillage: rayonnage; 1-250 (Prov. Caserne Taupin, 1992; Zone 52, US (11) 86). 151. Meta; œil tronconique; 2°; habillage: rayonnage composé droit; 100-300 (Prov. Caserne Watrin, 2002; Sd. II, US 6). Reims 152. Meta; d. 48; œil cylindrique; 1-400 (Prov. boulevardd Henrot, 2008; US 486, OI 170; d’après Jodry, base Groupe Meule 2010). 153. Meta; d. 43; œil tronconique; habillage: rayonnage composé droit à courbe; 1-400 (Prov. boulevardd Henrot, 2008; US 100, OI 685; d’après Jodry, base Groupe Meule 2010). Meta manuelles et meules indéterminées en cal- caire gréseux à rares nummulites (fig. 42 c) Amiens 154. Indét.; d. 45; 90-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 155. Indét.; 100-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 156. Meta; d. 48; œil tronconique; 60-80 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 157. Meta; d. 31,5; 0°; 50-100 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 158. Meta; d. 48,5; œil biconique; 9°. Reims 159. Meta; d. 48; œil cylindrique; habillage: piquetage à coups per- dus; 1-400 (Prov. boulevard Henrot, 2008; US 100, OI 686; d’après Jodry, base Groupe Meule 2010). Meta manuelles et meules indéterminées en roche volcanique (fig. 42 d) Amiens 160. Meta; d. 47,5; œil cylindrique; 14°; 1-400 (Prov. 34 rue des Verts-Aulnois, 1897; Pinsard ms. 1334E, p. 221; Pichon 2009, p. 112). 161. Meta; d. 45; œil cylindrique; 10°. 162. Indét. (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 163. Indét.; 60-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 164. Indét.; 60-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 165. Indét.; 60-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 166. Indét.; 80-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 167. Indét.; 100-140 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). Arras 168. Meta; d. 46; œil tronconique; 7°; rayonnage simple droit; 200- 450 (Prov. rue Baudimont, 1984; n° inv. A 84.36, meule n° 6). Bavay 169. Meta; d. 35; œil biconique; 0° (n° inv. 2005 A 105). 170. Meta; d. 38; œil tronconique; 8°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 81 A 31; Carmelez 1983). Reims 171. Meta; d. 44; œil cylindrique; 1-400 (Prov. boulevard Henrot, 2008; US 1027, OI 1398; d’après Jodry, base Groupe Meule 2010). Meta manuelles en calcaire (fig. 42 e) Reims 172. Meta; calcaire à cérithes; d. 38,5; œil cylindrique; 4°. 173. Meta; calcaire à ditrupa; d. 42; œil tronconique; 3°; 1-300 (Prov. 28 boulevard Joffre, 1988; US 805). Soissons 174. Meta; calcaire à nombreuses nummulites; d. 33,5; œil cylin- drique; 3° (n° inv. 93.7.1289). 175. Meta; calcaire à cérithes; d. 35,5; œil cylindrique; 3° (n° inv. 93.7.1291-1). Meta manuelles et meules indéterminées en pou- dingue (fig. 42 f) Amiens 176. Indét.; d. 30; œil tronconique; 50-100 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 177. Meta; d. 39; œil biconique; 5°. 178. Meta; d. 33; œil biconique; 4°. 179. Meta; d. 32; œil tronconique; 4°. 180. Meta; d. 30; œil en entonnoir; 0°. 181. Meta; d. 29; œil en entonnoir; 0°. 182. Meta; d. 33,5; œil en entonnoir; 0°. Catillus manuels en poudingue (fig. 42 g) Amiens 183. Catillus; d. 39,5; ovalaire; 8°. 184. Catillus; d. 37; œil tronconique; 5°. 214 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER Picavet 1 22/05/12 11:04 Page 214 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    LES MEULES ROMAINESDE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 215 0 30 cm 158 137 138 139 140 141 143 142 Amiens 145 146 144 160 161 Amiens 105 106 Arras 107 108 168 Arras Bavay 110 111 109 113 112 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 169 170 Bavay 147 148 149 150 151 Beauvais 132 Boulogne 133 134 Reims 136 172 173 Reims Soissons 175 174 183 184 186 187 188 189 190 191 192 193 195 196 Amiens 177 178 179 181 180 205 Beauvais Boulogne 197 198 199 200 201 202 203 204 194 185 Amiens a. b. c. d. e. f. g. Amiens 182 FIG. 42. — Catalogue des meules manuelles. Éch. 1/20. a. Meta en arkose d’Haybes/Macquenoise ; b. Meta en grès de Fosses/Belleu ; c. Meta en calcaire gréseux à rares nummulites ; d. Meta en roche volcanique ; e. Meta en calcaire ; f. Meta en poudingue ; g. Catillus en poudingue. Picavet 1 22/05/12 11:04 Page 215 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    185. Catillus; d.36,5; œil en entonnoir; 0°. 186. Catillus; d. 34; œil en bol; 2°; 117-250 (Prov. angle boulevard Guyencourt/rue Béranger 1927; Pichon 2009, p. 63). 187. Catillus; d. 33; œil en entonnoir; 3°. 188. Catillus; d. 33; œil en entonnoir; 0°. 189. Catillus; d. 33; œil en entonnoir; 4°. 190. Catillus; d. 32; œil en entonnoir; 0°. 191. Catillus; d. 32; œil biconique; 7°. 192. Catillus; d. 32; œil en entonnoir; 2°. 193. Catillus; d. 31; œil cylindrique; 4°; 100-400 (Prov. 7 rue des Jacobins, 1924; Pichon 2009, p. 140). 194. Catillus; d. 31; 7°; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale; US 32389). 195. Catillus; d. 30; œil en entonnoir; 0°. 196. Catillus; d. 28,5; œil tronconique; 7°; 1-400 (Prov. boulevard Carnot, 1846; Pichon 2009, p. 86). Boulogne 197. Catillus; d. 30; œil tronconique; 0° (Prov. souterrain château, 1995; US 1634). 198. Catillus; d. 33,5; œil cylindrique; 3° (n° inv. 370). 199. Catillus; d. 28; œil tronconique; 0° (n° inv. 368). 200. Catillus; d. 25; œil tronconique; 2° (n° inv. 367). 201. Catillus; d. 30; œil tronconique; 4° (n° inv. 375). 202. Catillus; d. 28,5; œil tronconique; 6° (n° inv. 371). 203. Catillus; d. 30; œil en bol; 3° (n° inv. 369). 204. Catillus; d. 28; œil en entonnoir; 0° (n° inv. 372). Beauvais 205. Catillus; Poudingue; 37; œil cylindrique; 2° (Prov. Caserne Pierre Garbet, 1992; Sd 5). Meules de type « Pompéi » (fig. 43) Amiens 206. Catillus; grès de Fosses/Belleu; d. 61; 1-400 (Prov. 9-11 rue de Noyon, 1903; Pinsard ms. 1371E, p. 153-157; Pichon 2009, p. 175; Jaccottey, Longepierre et alii 2011). 207. Catillus; grès de Fosses/Belleu; d. 68; 1-400 (Prov. emplace- ment du marché Lanselles, 1894; Pichon 2009, p. 72; Jaccottey, Longepierre et alii 2011). 208. Catillus; grès de Fosses/Belleu; d. 74; 1-400 (Prov. angle rue Desprez et rue Frédéric Petit, 1927; n° inv. 3078, 1876.104; Lindet 1900, p. 29; Bayard, Massy 1983, p. 163; Béal 1996, p. 93; Pichon 2009, p. 85-86; Jaccottey, Longepierre et alii 2011). 209. Catillus; grès de Fosses/Belleu; d. 76,5; 75-125 (Prov. 29 rue de l’Union, 1881; Pinsard ms. 1363E, p. 299; ms. 1374E, p. 239-253; Vasselle, Will 1956, p. 328; Bayard, Massy 1983, p. 163; Pichon 2009, p. 229; Jaccottey, Longepierre et alii 2011). 210. Catillus; grès autre; d. 52; 1-400 (Jaccottey, Longepierre et alii 2011). 211. Catillus; roche volcanique; d. 46 (Jaccottey, Longepierre et alii 2011). 212. Meta; grès de Fosses/Belleu; d. 57 (Béal 1996 p. 93; Jaccottey, Longepierre et alii 2011). *Dessin schématique. Reims 213. Catillus; grès de Fosses/Belleu; d. 70 (Jaccottey, Longepierre et alii 2011). 214. Catillus; roche volcanique; d. 73; 1-400 (Prov. rue de Cernay, 1999; Jaccottey, Longepierre et alii 2011). 215. Catillus; roche volcanique; d. 56 (Loriquet 1862; Béal 1996; Jaccottey, Longepierre et alii 2011). 216. Catillus; roche volcanique; d. 95 (Prov. rue des promenades (boulevard Foch, boulevard du général Leclerc); Jaccottey, Longepierre et alii, 2011). 217. Meta; roche volcanique; d. 70; 1-400 (Prov. boulevard Henrot, 2008; Jaccottey, Longepierre et alii, 2011). 218. Meta; roche indét.; d. 60 (Jaccottey, Longepierre et alii, 2011). Soissons 219. Catillus; roche volcanique; d. 92 (Prov. rue Saint-Martin, 1889; n° inv. 93.7.1287; Michaux 1886; Béal 1996; Jaccottey, Longepierre et alii 2011). 216 PAUL PICAVET AVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER 0 30 cm Amiens 206 207 208 209 210 211 212* FIG. 43. — Catalogue des meules de type « Pompéi » d’Amiens. Éch. 1/20. Picavet 1 22/05/12 11:04 Page 216 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    Grands catillus enarkose d’Haybes/Macquenoise (fig. 44 a) Amiens 220. Catillus; d. 45,3; log. d’anille traversant quadrangulaire; 6°; habillage: piquetage à coups perdus; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale; Zone II, décapage). Arras 221. Catillus; d. 55,5; log. d’anille en double queue d’aronde par-des- sous; 8°; rayonnage composé courbe; 400-430 (Prov. rue Baudimont, chemin caserne, 1995; Jacques 1995). Bavay 222. Catillus; d. 60; 9°; habillage: rayonnage droit (n° inv. 81 A 23; Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010). 223. Catillus; log. d’anille en double queue d’aronde par-dessous; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 129.2.2). 224. Catillus; d. 66; 5°; habillage: rayonnage droit (n° inv. 444; Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010). Grands catillus en roche volcanique (fig. 44 b) Amiens 225. Catillus; d. 81; 12°; habillage: rayonnage simple; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale; HS). 226. Catillus; d. 75; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; 13°; 100-? (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 227. Catillus; d. 71,5; log. anille rectangulaire par-dessous; 18°; habillage: piquetage à coups perdus; 1-400 (Prov. Logis-du-Roi, 1973-1979). 228. Catillus; d. 57; 17°; 90-120 (Prov. Multiplexe Gaumont; Binet 2002). 229. Catillus; d. 49; deux paires de saignées parallèles sur face supé- rieure; 0°. Beauvais 230. Catillus; d. 79; log. d’anille rectangulaire par-dessous; 7°; 125- 200 (Prov. Tour Boileau, 1998; US 377). 231. Catillus; d. 86; log. d’anille crampon; 28°; habillage: rayon- nage; 125-200 (Prov. Tour Boileau, 1998; Sd 3, US 415). Boulogne 232. Catillus; d. 70; 13°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 385). Reims 233. Catillus; Roche volcanique; d. 66; log. d’anille crampon (Musée Saint-Remi; d’après Jodry, Lepareux-Couturier, base Groupe Meule, JODRY 2011, p. 33). Grands catillus en calcaire gréseux à rares num- mulites (fig. 44 c) Reims 234. Catillus; d. 52; log. d’anille rectangulaire par-dessous; 15°; habillage: rayonnage large courbe; 1-400 (Prov. rue Rockfeller, 1998). Soissons 235. Catillus; d. 67; log. d’anille quadrangulaire par-dessous; 9° (n° inv. 93.7.1283). 236. Catillus; d. 59,5; log. d’anille en croix par-dessous; 12°; habillage: rayonnage composé courbe (n° inv. 93.7.1284). Grandes meules en autres grès (fig. 44 d) Amiens 237. Meta; d. 62; œil cylindrique; 9°; habillage: piquetage à coups perdus. 238. Catillus; d. 61; 11°; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale; sect. 4, US 31404). 239. Catillus; d. 75; 8°; habillage: piquetage à coups perdus; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale). Bavay 240. Catillus; d. 70; 8°; habillage: cupules longues et rayonnantes (n° inv. 81 A 46; Carmelez 1983). 241. Catillus. Boulogne 242. Catillus; d. 60; log. d’anille traversant en double queue d’aronde + log. d’anille en double queue d’aronde par-dessous; 12° (n° inv. 381). 243. Catillus; d. 80; log. d’anille traversant en double queue d’aronde; 0°. Grandes meta en arkose d’Haybes/Macquenoise (fig. 44 e) Amiens 244. Meta; d. 54,5; 9°; habillage: rayonnage composé droit. Bavay 245. Meta; d. 60; œil cylindrique; 14°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 2005 A 110; Boyer, Picavet 2010). 246. Meta; d. 60; 10°; habillage: rayonnage composé droit (non numérotée). 247. Meta; d. 67; œil cylindrique; 8°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 81 A 47 (= 246/161) ; Carmelez 1983; Boyer, Picavet 2010). 248. Meta; d. 66; 10°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 64; Carmelez 1983). 249. Meta; d. 71; œil cylindrique; 12°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 2005 A 108; Boyer, Picavet 2010). 250. Meta; d. 67; œil tronconique; 8°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 81 A 37; Carmelez 1983). 251. Meta; d. 68; 7°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. A4; Carmelez 1983). 252. Meta; d. 71; 2°; habillage: rayonnage composé droit (n° inv. 2005 A 104, 2005 A 100, 2005 A 95, 81 A 52, 81 A 41, 2005 A 96, 2005 A 102; Carmelez 1983). 253. Meta; œil cylindrique; 5°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. Forum; n° inv. 6 Z 68). Grandes meta en roche volcanique (fig. 44 f) Amiens 254. Meta; d. 71; œil cylindrique; 13°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale; US 32146). 255. Meta; d. 75; 10°; habillage: piquetage à coups perdus; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale; US 30438). Beauvais 256. Meta; d. 60; 6°; 125-200 (Prov. Tour Boileau, 1998). 257. Meta; d. 65; œil tronconique; 10°; 175-200 (Prov. Galerie natio- nale de la Tapisserie/Chevet de la Cathédrale, 1969-1974). 258. Meta; d. 78,5; œil cylindrique; 7°; 125-200 (Prov. Tour Boileau, 1998). 259. Meta; d. 80; 5°; 125-200 (Prov. Tour Boileau, 1998). LES MEULES ROMAINES DE SEPT CHEFS-LIEUX DE CITÉ DE GAULE BELGIQUE... 217 Picavet 1 22/05/12 11:04 Page 217 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    218 PAUL PICAVETAVEC LA COLL. DE GILLES FRONTEAU ET FRANÇOIS BOYER 220 244 Amiens Amiens 226 227 225 254 255 229 221 Arras 222 223 224 Bavay Bavay 240 Bavay 230 231 Beauvais 256 257 258 259 Boulogne 231 260 242 Boulogne 243 Reims 234 Soissons 235 268 236 269 270 271 245 Beauvais Amiens Boulogne Soissons Amiens a. b. c. d. e. f. g. 0 30 cm 253 252 251 264 262 263 265 266 267 Amiens Amiens 237 238 239 246 249 250 248 247 FIG. 44. — Catalogue des meules de grandes dimensions. Éch. 1/20. a. Catillus en arkose d’Haybes/Macquenoise ; b. Catillus en roche volcanique ; c. Catillus en calcaire gréseux à rares nummulites ; d. Autres meules, en grès de nature indéterminée ; e. Meta en arkose d’Haybes/Macquenoise ; f. Meta en roche volcanique ; g. Meta en calcaire gré- seux à rares nummulites. Picavet 1 22/05/12 11:04 Page 218 © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132) © Association Revue du Nord | Téléchargé le 03/01/2023 sur www.cairn.info (IP: 181.176.148.132)
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    Boulogne 260. Meta; d.59; œil tronconique; 13°; habillage: rayonnage com- posé droit (n° inv. 383). Reims 261. Meta; roche volcanique; d. 69; œil cylindrique (Musée Saint- Remi; d’après Jodry, Lepareux-Couturier, base Groupe Meule 2010). Grandes meta en calcaire gréseux à rares nummu- lites (fig. 44 g) Amiens 262. Meta; d. 59; œil tronconique; 14°. 263. Meta; d. 54; œil tronconique; 6°; habillage: piquetage à coups perdus. 264. Meta; d. 64; œil cylindrique; 23°. 265. Meta; d. 58; œil cylindrique; 10°; habillage: rayonnage composé droit; 1-400 (Prov. 7 rue des Jacobins; Pichon 2009, p. 140). 266. Meta; d. 52; œil biconique; 5°; habillage mixte. 267. Meta; d. 56; œil tronconique; 2°; 1-400 (Prov. ZAC Cathédrale). Soissons 268. Meta; d. 67; œil tronconique; 11° (n° inv. 93.7.1282). 269. Meta; d. 54,5; œil biconique; 12°; habillage: rayonnage (n° inv. 93.7.1280). 270. Meta; d. 54; œil cylindrique; 13° (n° inv. 93.7.1281). 271. Meta; d. 54; œil cylindrique; 9° (n° inv. 93.7.1279). Mots-clés: meules rotatives, Antiquité, Gaule Belgique, roches, typologie, meunerie antique. Bibliographie Auteurs anciens APULÉE, Metamorphoses. II, Books VII-XI, ed. and transl. by Hanson J.A., London, 1989. AUSONE, Œuvres complètes d’Ausone, vol. 2, trad. nouvelle par Corpet E.-F., Paris, 1843. CATON, De l’Agriculture, établi, traduit et commenté par Goujard R., Paris, 1975. (Coll. des Universités de France) PALLADIUS, Traité d’agriculture, livre I, établi, traduit et com- menté par R. Martin, Paris, 1976. (Coll. des Universités de France) PLINE L’ANCIEN, Histoire Naturelle, livre XVIII, établi, traduit et commenté par Le Bonniec H., avec la collaboration de Le Boeuffle A., Paris, 1972. (Coll. des Universités de France) STRABON, Géographie, livre XII, établi et traduit par Lasserre F., Paris, 1981. (Coll. des Universités de France) VITRUVE, Les dix livres d’architecture, trad. de Cl. Perrault, revue par M. Nisard, Paris, 2006. 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(Cahier d’histoire des techniques, 3) AMOURIC et alii 1989 : AMOURIC H., PRADES H., VAYSSETTES J.- L., « Le moulin antique de La Cougourlude à Lattes (Hérault) », Archéologie en Languedoc, 4, 1989, p. 111-112. AMOURIC 1997 : AMOURIC H., « L’anille et les meules », dans GARCIA, MEEKS, 1997, p. 39-47. AMOURIC 1998 : AMOURIC H., « Du facteur de moulins au manuel de meunerie. Les chemins de l’innovation et de l’in- vention en Provence, XVe-XIXe siècle », dans AMOURETTI M.- Cl., SIGAUT F. (dir.), Traditions agronomiques européennes, élaboration et transmission depuis l’Antiquité, Paris, 1998, p. 171-180. AQUADRO 2002 : AQUADRO C., « Les moulins de la vallée du Gapeau », dans AMOURETTI M.-Cl., COMET G. (éd.), Agriculture méditerranéenne, variété des techniques anciennes, Aix-en-Provence, 2002, p. 209-220. (Cahier d’his- toire des techniques 5) ARCAMBAULT DE BEAUNE 2000 : ARCAMBAULT DE BEAUNE S., Pour une archéologie du geste, broyer, moudre, piler, des pre- miers chasseurs aux premiers agriculteurs, Paris, 2000, 231 p. ARNOULD 1987 : ARNOULD M.-A., « Introduction générale. À la rencontre des moulins », dans BAVAY G., Moulins en Hainaut, Bruxelles, 1987, p., 15-32. ASENSIO et alii 2001 : ASENSIO D., BELARTE M. C., SANMARTI J., SANTACANA J., « Les meules rotatives du site ibé- rique d’Alorda Park (Calafell, Baix Penedès, Tarragona) », Pyrenae, 31-32, 2000-2001, p. 57-73. AUBERT et alii 2006 : AUBERT M., BOUILLER R., CAMUS G., COCHET A., D’ACY D., GIOT D., JEAMBRUN M., ROCHE A., BONHOMMET N., Clermont-Ferrand, Orléans, 2006, 64 p. (Notice de la Carte géologique de la France au 1/50000, 693) BAATZ 1995 : BAATZ D., « Die Wassermühle bei Vitruv X, 5, 2 », Saalburg Jahrbuch, 48, 1995, p. 5-18. 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