Le prophète jésus (psl). french. français

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Le prophète jésus (psl). french. français

  1. 1. Dans le Coran Dieu nous a relaté la vie de plusieurs prophètes. Parmi eux, Jésus (psl) fils de Marie, tient une place particulière. En effet, Jésus fut doté d’une sagesse hors du commun, parla au berceau et fut soutenu par d’innombrables miracles. Le présent ouvrage se propose d’analyser la vie et l’œuvre du Prophète Jésus, ses vertus et ses qualités, de revenir sur l’annonce de son retour à la lumière des versets coraniques et des hadiths du Prophète Mohammad (pbsl). En lisant ce livre, le lecteur apprendra à mieux connaître ce prophète dont la vie fut jalonnée de miracles et abnégation. À PROPOS DE L’AUTEUR L'auteur, qui écrit sous le pseudonyme HARUN YAHYA, est né à Ankara en 1956. Il a effectué des études artistiques à l'Université Mimar Sinan d'Istanbul, et a étudié la philosophie à l'Université d'Istanbul. Depuis les années 80, il a publié de nombreux ouvrages sur des sujets poli- tiques, scientifiques et liés à la foi. Certains de ses livres ont été traduits en plus de 20 langues et publiés dans leurs pays respectifs Les ouvrages de Harun Yahya font appel aux musulmans comme aux non-musulmans, quel que soit leur âge, leur race ou leur nation, indépendamment de leurs divergences idéales malvenues qu'ils partagent. Ces livres sont cen- trés sur un seul objectif: communiquer aux lecteurs le message du Coran et par conséquent les inciter à réfléchir aux certains thèmes importants tels que l'existence de Dieu, Son unicité et l'Au-delà, et démonter les arguments des tenants des idéologies athées.
  2. 2. A PROPOS DE L’AUTEUR Adnan Oktar, qui écrit sous le pseudonyme HARUN YAHYA, est né à Ankara en 1956. Il a effectué des études de beaux-arts à l'Université Mimar Sinan d'Istanbul, et a étudié la philosophie à l'Université d'Istanbul. Depuis les années 80, il a publié de nombreux ouvrages sur des sujets politiques, scientifiques et liés à la foi. Harun Yahya est devenu célèbre pour avoir remis en cause la théorie de l'évolution et dénoncé l'imposture des évolutionnistes. Il a également mis en évidence les liens occultes qui existent entre le darwinisme et les idéologies sanglantes du 20ème siècle. Les ouvrages d’Harun Yahya, qui ont été traduits en 72 langues, constituent une collection de plus de 55.000 pages et 30.000 illustrations. Son pseudonyme est constitué des noms "Harun" (Aaron) et "Yahya" (Jean), en mémoire de ces deux prophètes estimés qui ont tous deux lutté contre le manque de foi de leurs peuples. Le sceau du Prophète (paix et bénédiction sur lui) qui figure sur la couverture des livres de l'auteur, revêt un caractère symbolique lié à leur contenu. Ce sceau signifie que le Coran est le dernier Livre d’Allah , Son ultime parole, et que notre Prophète (paix et bénédiction sur lui)) est le dernier maillon de la chaîne prophétique. En se référant au Coran et à la Sounna, l'au- teur s'est fixé comme objectif d'anéantir les arguments des tenants des idéologies athées, pour réduire au silence les objections sou- levées contre la religion. Le Prophète (paix et bénédiction sur lui) a atteint les plus hauts niveaux de la sagesse et de la perfection morale, c'est pourquoi son sceau est utilisé avec l'intention de rap- porter le dernier mot. Tous les travaux de l'auteur sont centrés sur un seul objec- tif : communiquer aux autres le message du Coran, en les incitant à réfléchir à des questions liées à la foi, telles que l'existence d’Allah, Son unicité, l'au-delà, et en exposant les fondations faibles et les idéologies perverses des systèmes athées. L'œuvre de Harun Yahya est connue à travers de nombreux pays, de l'Inde aux États- Unis, de la Grande-Bretagne à l'Indonésie, de la Pologne à la Bosnie, de l'Espagne au Brésil. Certains de ses livres sont dispo- nibles dans les langues suivantes : l'anglais, le français, l'allemand, l'es-
  3. 3. pagnol, l'italien, le portugais, l'urdu, l'arabe, l'albanais, le chinois, le swahili, le hausa, le divehi (parlé aux Maldives), le russe, le serbo-croate (bosniaque), le polonais, le malais, l'ouïgour, l'indonésien, le bengali, le danois et le suédois et de nombreux lecteurs du monde entier les apprécient. Ces ouvrages ont permis à de nombreuses personnes d'attester de leur croyance en Allah, et à d'autres d'approfondir leur foi. La sagesse et le style sin- cère et fluide de ces livres confèrent à ces derniers une touche distinctive qui ne peut manquer de frapper ceux qui les lisent ou qui sont amenés à les consulter. Ceux qui réfléchissent sérieusement sur ces livres ne peuvent plus soutenir l'athéisme ou toute autre idéologie et philosophie matérialiste, étant donné que ces ouvrages sont caractérisés par une efficacité rapide, des résultats définis et l'irréfutabilité. Même s'il y a toujours des personnes qui le font, ce sera seule- ment une insistance sentimentale puisque ces livres réfutent telles idéologies depuis leurs fondations. Tous les mouvements de négation contemporains sont maintenant vaincus de point de vue idéologique, grâce aux livres écrits par Harun Yahya. L'auteur ne tire pas de fierté personnelle de son travail ; il espè- re seulement être un support pour ceux qui cherchent à cheminer vers Allah. Aucun bénéfice matériel n'est recherché dans la publication de ces livres. Ceux qui encouragent les autres à lire ces livres, à ouvrir les yeux du cœur et à devenir de meilleurs serviteurs d’Allah rendent un service inesti- mable. Par contre, encourager des livres qui créent la confusion dans l'esprit des gens, qui mènent au chaos idéologique et qui, manifestement, ne servent pas à ôter des cœurs le doute, s'avère être une grande perte de temps et d'éner- gie. Il est impossible, pour les nombreux ouvrages écrits dans le seul but de mettre en valeur la puissance littéraire de leurs auteurs, plutôt que de servir le noble objectif d'éloigner les gens de l'égarement, d'avoir un impact si important. Ceux qui douteraient de ceci se rendront vite compte que Harun Yahya ne cherche à travers ses livres qu'à vaincre l'incrédulité et à diffuser les valeurs morales du Coran. Le succès et l'impact de cet engagement sont évidents dans la conviction des lecteurs. Il convient de garder à l'esprit un point essentiel : la raison des cruautés incessantes, des conflits et des souffrances dont la majorité des gens sont les perpétuelles victimes, est la prédominance de l'incroyance sur cette terre. On ne pourra mettre fin à cette triste réalité qu'en bâtissant la défaite de l'incrédulité et en sensibilisant le plus grand nombre aux merveilles de la création ainsi qu'à la morale coranique, pour que chacun puisse vivre en accord avec elle. En observant l'état actuel du monde qui ne cesse d'aspirer les gens dans la spirale de la violence, de la corruption et des conflits, il apparaît vital que ce service rendu à l'humanité le soit encore plus rapidement et efficacement. Sinon, il se pourrait bien que les dégâts causés soient irréversibles. Les livres d'Harun Yahya, qui assument le rôle principal dans cet effort, constitueront par la volonté d’Allah un moyen par lequel les gens atteindront au 21ème siècle la paix, la justice et le bonheur promis dans le Coran.
  4. 4. A L'ATTENTION DU LECTEUR Dans tous les livres de l'auteur, les questions liées à la foi sont expliquées à la lumière des versets coraniques et les gens sont invités à connaître la parole d’Allah et à vivre selon Ses préceptes. Tous les sujets qui concernent les versets d’Allah sont expliqués de telle façon à ne laisser planer ni doute, ni questionnement dans l'esprit du lecteur. Par ailleurs, le style sincère, simple et fluide employé permet à chacun, quel que soit son âge ou son appartenance sociale, d'en comprendre facilement la lecture. Ces écrits efficaces et lucides permettent également leur lecture d'une seule traite. Même ceux qui rejettent vigoureusement la spiritualité resteront sensibles aux faits rapportés dans ces livres et ne peuvent réfuter la véracité de leur contenu. Ce livre et tous les autres travaux de l'auteur peuvent être lus individuellement ou être abordés lors de conversations en groupes. Les lecteurs qui désirent tirer le plus grand profit des livres trouveront le débat très utile dans le sens où ils seront en mesure de comparer leurs propres réflexions et expériences à celles des autres. Par ailleurs, ce sera un grand service rendu à la religion que de contribuer à faire connaître et faire lire ces livres, qui ne sont écrits que dans le seul but de plaire à Allah. Tous les livres de l'auteur sont extrêmement convaincants. De ce fait, pour ceux qui souhaitent faire connaître la religion à d'autres personnes, une des méthodes les plus efficaces est de les encourager à les lire. Dans ces livres, vous ne trouverez pas, comme dans d'autres livres, les idées personnelles de l'auteur ou des expli- cations fondées sur des sources douteuses. Vous ne trouverez pas non plus des propos qui sont irrespectueux ou irrévéren- cieux du fait des sujets sacrés qui sont abordés. Enfin, vous n'aurez pas à trouver également de comptes-rendus dés- espérés, pessimistes ou suscitant le doute qui peut affecter et troubler le cœur. www.harunyahya.com - www.en.harunyahya.tv www.harunyahya.fr - www.fr.harunyahya.tv
  5. 5. SOMMAIRE INTRODUCTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .4 JÉSUS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .7 LA VIE DE JÉSUS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .30 L'EXPLICATION CORANIQUE DE L'ASCENSION DE JÉSUS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .57 JÉSUS REVIENDRA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .65 LE RETOUR DE JÉSUS D'APRÈS LES HADITHS . . . .81 LE RETOUR DE JÉSUS SELON LA BIBLE . . . . . . . . . . .92 PROPOS DE BEDIUZZAMAN SAID NOURSI SUR LE RETOUR DE JÉSUS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .102 ACCUEILLIR JÉSUS DE LA MEILLEURE DES FAÇONS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .115 INTRODUCTION ..........................................................9 JÉSUS (PSL) .................................................................... 11 LA VİE DE JÉSUS (PSL) .............................................. 34 L'EXPLICATION CORANIQUE DE L'ASCENSION DE JÉSUS (PSL) ................................ 61 JÉSUS REVIENDRA ...................................................... 69 LE RETOUR DE JÉSUS (PSL) D'APRÈS LES HADITHS.............................................. 85 LE RETOUR DE JÉSUS (PSL) SELON LA BIBLE .......................................................................... 96 PROPOS DE BEDIUZZAMAN SAID NOURSI SUR LE RETOUR DE JESUS (PSL) ........................ 106 ACCUEILLIR JÉSUS (PSL) DE LA MEILLEURE DES FAÇONS........................................ 119 LA TROMPERIE DE L’EVOLUTION ........................128 SOMMAIRE
  6. 6. INTRODUCTION Tout au long de l'histoire de l'humanité, des pro- phètes et des messagers furent envoyés à divers peuples pour leur enseigner les concepts fondamentaux d'une reli- gion unique, à savoir croire en un Dieu unique, renoncer à l'idolâtrie, consacrer sa vie aux bonnes actions dans la recherche exclusive de l'agrément de Dieu, ne compter que sur Son aide et être vertueux. Ces principes de la foi sont toujours demeurés les mêmes, en dépit des légères différences qui ont pu apparaître dans les pratiques ins- taurées en des temps et lieux différents. Ainsi Jésus (paix sur lui) n'a pas promu de nouvelle religion, la religion qui fut révélée successivement à Moïse, Jésus et Mohammad (paix et bénédiction sur lui1 ), le dernier des prophètes est la même. (En d'autres termes, la Torah révélée à Moïse et l'É- vangile descendu sur Jésus ont été falsifiées et les versions actuelles ne sont pas fidèles à leurs originaux.2 ) Dans un ver- set, Dieu enjoint aux croyants de ne pas établir de diffé- rences entre les religions révélées: Dis: "Nous croyons en Dieu, à ce qu'on a fait des- cendre sur nous, à ce qu'on a fait descendre sur Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les tribus, et à ce qui a été apporté à Moïse, à Jésus et aux prophètes, de la part de leur Seigneur: nous ne faisons aucune diffé- rence entre eux; et c'est à Lui que nous sommes sou- mis." (Sourate Al `Imran, 3: 84) Un autre verset dit: Il vous a légiféré en matière de religion, ce qu'Il avait
  7. 7. enjoint à Noé, ce que Nous t'avons révélé, ainsi que ce que Nous avons enjoint à Abraham, à Moïse et à Jésus: "Etablissez la religion; et n'en faites pas un sujet de division." Ce à quoi tu appelles les associa- teurs leur parait énorme. Dieu élit et rapproche de Lui qui Il veut et guide vers Lui celui qui se repent. (Sourate ash-Shura, 42: 13) Notre Seigneur a fait connaître Sa religion à tous les hommes à travers ceux qu'Il a élus comme prophètes. Tout homme qui a été témoin de cet appel de la vérité devra rendre compte de son attitude vis-à-vis du message divin, qu'il y ait ou non répondu. La vie des messagers choisis par Dieu est riche en leçons, notamment par le biais des épreuves qu'ils traver- sèrent et des grandes luttes qu'ils durent mener. Le Coran cite Jésus comme un exemple à suivre à cause de la manière dont il mena sa vie et ses efforts et aussi en rai- son de sa vertu. La naissance, la vie et l'ascension de Jésus sont des miracles que le Coran évoque de façon particulièrement détaillée. Bien que Dieu ait relaté la vie de maints autres prophètes, Jésus qui est doté par Dieu d'une sagesse hors du commun, tient une place particulière entre eux en plu- sieurs aspects. En effet, Jésus parla au berceau et il fut l'instrument d'innombrables miracles pendant son séjour terrestre. La particularité de son statut se voit encore dans le fait qu'il fut élevé auprès de Dieu et que le Coran annonce son retour de façon certaine. Le présent ouvrage se propose d'analyser attentive- ment la vie et le combat de Jésus, ainsi que ses vertus et son caractère et de revenir sur l'annonce de son retour, à Harun Yahya (Adnan Oktar) 9
  8. 8. LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)10 la lumière des versets coraniques et des hadiths (propos et actes du Prophète Mohammad) qui évoquent cet événe- ment. Notre Seigneur nous donne en effet de nombreux signes concernant Jésus et l'avenir (la période comprise entre la révélation du Coran et le Jour du Jugement Dernier) dans le Coran, et le Prophète Mohammad nous en a également fait la bonne annonce. Les enseignements importants apportés par le grand savant musulman Bediuzzaman Said Noursi (1877-1960), constituent une heureuse nou- velle pour tous les lecteurs et devraient accroître leur impatience et raffermir leur sens moral. Tout ceci, comme nous l'avons dit précédemment, montre que non seule- ment la création de Jésus fut miraculeuse, mais que sa vie tout entière fut une suite de prodiges. En lisant ce livre, le lecteur apprendra à mieux connaître son histoire jalonnée de miracles et prendra conscience que nous vivons une époque très particulière. L'un des objectifs de cet ouvrage, outre attirer l'attention des croyants sur un épisode-clé de la révélation divine, est de les amener à formuler et à répéter ardemment la priè- re suivante: celle d'être présent le jour où Jésus, le Messager dont il est fait l'éloge si souvent dans le Coran, reviendra. Étant donné que son retour sera un événement extraordinaire, d'ordre métaphysique, qui bouleversera le monde, tous les croyants doivent se préparer à l'accueillir de la meilleure façon possible. L'exaltation, la ferveur et la moralité dont ils feront preuve dans leurs préparatifs témoigneront de leur foi ardente, en revanche, ceux qui auront négligé cela éprouveront de grands regrets lors de sa venue. Tout porte à croire que son retour est imminent, aussi n'y a-t-il pas de temps à perdre.
  9. 9. JÉSUS Les messagers envoyés par Dieu pour avertir les hommes et leur porter la bonne annonce de l'au-delà durent faire face au cours de leur mission à de nombreux obstacles, ainsi qu'à l'hostilité des mécréants qui voulaient les empêcher de prêcher la religion de Dieu. Ces mécréants pensaient qu'ils pourraient détourner les gens de la voie des prophètes en multipliant les complots, les calomnies et toutes sortes de persécutions. Jésus ne fait pas exception à la règle et endura toutes les épreuves aux- quelles étaient habituellement confrontés les messagers. Ainsi, il fut soumis aux attaques de l'autorité occupante romaine païenne et de l'élite religieuse juive. Il lutta contre ces deux puissances hostiles à la religion authen- tique, en dépit du faible nombre de croyants qui le soute- naient. La naissance miraculeuse de Jésus (psl), son ensei- gnement de la religion authentique, les miracles qu'il accomplit, amenèrent certaines personnes de son époque à reconnaître en lui le Messie tant attendu et à lui porter un amour fervent. Cet amour, et la critique justifiée qu'il exprimait vis-à-vis de l'établissement juif, conduisirent ce dernier, ainsi que les autorités romaines, à conspirer contre lui et à attenter à sa vie. Mais Dieu réduisit leur complot à néant en l'élevant auprès de Lui. Avant d'étudier plus en détail la vie et le combat de Jésus, il est utile de voir ce que disent les différentes sources dont nous disposons à son sujet.
  10. 10. LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)12 Le plus vieux manuscrit de Nouveau Testament jamais retrouvé (125 après J.-C.). Le Nouveau Testament était alors écrit en grec, qui était parlé dans la partie orientale de l'Empire. Nos sources sur la vie de Jésus La vie de Jésus nous est connue à travers différentes sources. La première est le Coran, qui n'a connu aucune altération depuis sa révélation et ne contient aucune contradiction. Pour cette raison, les informations apportées par les autres sources ne seront prises en compte que dans la mesure où elles ne contredisent pas le Coran. Pour les points qui ne sont pas sujets à contradiction avec le Coran, comme les données historiques ou archéologiques, l'on utilisera la Bible et les autres sources de cette époque. Les hadiths du Prophète Mohammad ainsi que les commentaires et expli- cations des savants islamiques constituent des sources à prendre en compte également. La Bible, il est vrai, est une source importante, étant donné qu'elle livre de nombreuses informations sur la vie de Jésus, mais les altérations qu'elle a connues lui ont fait perdre son authenticité. Certaines parties sont conformes à la religion véritable mais d'autres passages sont com- plètement forgés. C'est pourquoi parmi les mentions bibliques de la vie de Jésus relatives à ses enseignements et à son combat, seules celles qui ne contredisent pas le Coran doivent être considérées comme des documents historiquement fiables. On estime que la rédaction du Nouveau Testament débuta 30 ou 40 ans après la mort de Jésus, en l'an 63 de l'ère
  11. 11. chrétienne. Mais ces premiers écrits ne nous sont pas par- venus. Les plus anciens que nous ayons à notre disposition datent des troisième et quatrième siècles. Les lettres de Paul, qui ont donné au Christianisme sa forme actuelle, furent écrites avant le Nouveau Testament (52-63 après J.-C.) Par ailleurs, des historiens comme Flavius Josèphe (37-100? après J.-C.), Philo (20 avant J.-C.-50), et Tacite (56- 120 après J.-C.) ont consacré de brefs chapitres de leurs œuvres à la question. Même s'ils n'ont pas beaucoup écrit sur la figure de Jésus en tant que telle, leurs écrits contien- nent des informations très utiles sur la période. Enfin, les fouilles archéologiques ont permis de mieux connaître le contexte dans lequel vécut Jésus et les événements qui eurent lieu à son époque. La Palestine à l'époque de Jésus Du vivant de Jésus, le bassin méditerranéen était entièrement sous domination romaine. L'Empire romain était alors à son apogée sur le plan militaire et culturel. Il avait hérité en effet des apports de la civilisation grecque et s'en était servi pour porter les arts et notamment l'ar- chitecture à un haut niveau de progrès. Il n'est pas sur- prenant de voir que les Romains de l'époque se considé- raient comme supérieurs à toutes les autres nations et voulaient imposer leur mode de vie aux pays conquis. La religion romaine était polythéiste. Les dirigeants de Rome utilisaient cette pluralité religieuse pour asseoir leurs ambitions et ne s'y attaquaient pas tant que cela n'in- terférait pas avec leurs intérêts politiques et la pérennité de l'Empire. Au contraire, ils encourageaient ces croyances religieuses en faisant construire des temples et ériger des statues partout dans l'Empire. À leurs yeux, la Harun Yahya (Adnan Oktar) 13
  12. 12. LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)14 religion était un outil servant à inspirer la loyauté au peuple et à le contrôler. Ce n'était qu'un concept abstrait qui n'était que très indirectement relié au monde. Le pays où Jésus vit le jour était une nation de faible importance. Elle se trouvait à la périphérie des grands empires antiques qui se faisaient continuellement la guer- re: l'Égypte, l'Assyrie, Babylone, la Perse et la Syrie. Dans ces conditions, elle ne pouvait garder longtemps son indé- pendance: à partir de l'expulsion de Babylone (586-538 avant J.-C.) les Juifs se retrouvèrent sous domination étrangère. À l'époque hellénistique3 , ils furent dominés par les Égyptiens, puis les Syriens et enfin par les Romains. Ce n'est que plus tard qu'ils purent établir un royaume juif autonome. Les Maccabées, grande famille sacerdotale, organisèrent une rébellion (167-142 avant J.- C.) qui aboutit à la création d'un royaume juif qui dura 80 ans. La famille régnante, les Asmonéens, exerçait une grande influence mais le royaume ne survécut pas aux Une peinture représentant les jardins suspendus de Babylone, l’une des sept merveilles du monde antique
  13. 13. Harun Yahya (Adnan Oktar) 15 farouches rivalités qui divisaient ses membres. Le général romain Pompée, qui avait obtenu la cessation des com- bats entre les factions en guerre entra en Palestine en pre- nant Jérusalem en 63 avant J.-C. et réduisit l'état juif à la province de Judée. Le roi asmonéen Hyrcan II jouissait d'une autonomie réduite sous le contrôle du gouverneur romain. À partir de ce moment-là, le ressentiment à l'égard de ce gouvernement païen ne fit que croître au sein de la communauté juive. En 37 avant J.-C., Rome abo- lit ce royaume et nomma Hérode Ier (Hérode le Grand), le gendre d'Hyrcan II, nouveau "roi de Judée". Le souci principal des autorités romaines en Palestine était de collecter les impôts. Les Juifs s'étaient vu imposer de lourds impôts et Rome avait organisé une machine d'état qui lui était loyale. Hérode 1er (73-4 avant J.-C.), connu pour son admiration pour la culture hellénistique fit en sorte de se faire proclamer roi des Juifs avec l'aide de Rome et en profitant des difficultés de Rome et du change- ment dans le paysage politique qui avait beaucoup évolué À la fin du premier siècle de l'ère chrétienne, Rome contrôlait une grande partie de l'Europe de l'ouest, de l'Afrique du nord et de l'Asie de l'ouest. L'Empire était bien desservi par un réseau routier et portuaire qui favori- sa l'essor du Christianisme. (Ci-dessus: l'Empire romain en 117.)
  14. 14. D'après l'Évangile selon Matthieu, Jésus naquit lorsqu'Hérode Ier (Hérode le Grand) régnait sur la Palestine (37-4 avant J.-C.). La forteresse d'Hérode, qui est un sanc- tuaire qui lui est dédié fut construite à 8 km au sud de Jérusalem: elle comprenait un palais où Hérode fut incinéré. Mais sa tombe n'a toujours pas été retrouvée.
  15. 15. depuis l'assassinat de César (44 avant J.-C.). Il étendit le ter- ritoire de la province juive jusqu'à occuper toute la Palestine. Hérode Ier gouverna la Palestine avec le soutien de Rome de 37 à 4 avant J.-C. Après sa mort, Rome ne tint aucun compte de la requête des Juifs qui refusaient de voir régner une dynastie issue d'Hérode et divisa la pro- vince entre ses fils. L'un d'eux, Hérode Antipas fut nommé tétrarque de Galilée par Rome et il régna de 4 avant J.-C. à 39 après J.-C. Selon les sources historiques, le ministère de Jésus eut lieu sous le règne de cet homme qui était au moins aussi tyrannique que son père. Comme nous l'avons dit précédemment, les Romains ne s'immisçaient pas généralement dans les affaires juives. Mais tous les gouverneurs romains n'adhéraient pas à ce principe. Ponce Pilate en particulier, le procura- teur en place à l'époque de Jésus était de ceux-là. Son gou- vernement (26-36 après J.-C.) fut marqué par la tyrannie et la cruauté, ce qui entraîna son départ. Les sectes juives à l'époque de Jésus Les Juifs étaient confrontés à un autre problème: les querelles des différentes sectes juives. Jusqu'au deuxième siècle avant J.-C., un tel problème ne s'était jamais posé. Mais pendant le siècle qui précéda la venue de Jésus, les Juifs se divisèrent et adoptèrent différentes conceptions à propos de l'essence et de la véritable signification du Judaïsme. Outre les livres de l'Ancien Testament et les dif- férentes interprétations des lois religieuses, des facteurs politiques nouveaux et surtout l'immixtion de Rome, jouèrent un grand rôle dans le développement du secta- risme. Lorsqu'on lit les écrits de l'époque, ceux notam- LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)18
  16. 16. ment de Flavius Josèphe, le fameux historien, on voit que plusieurs courants de pensée existaient alors au sein du peuple juif. Quatre écoles de pensée étaient particulièrement influentes. L'une d'entre elles était celle des Sadducéens, qui s'étaient alliés au gouvernement romain, et de ce fait étaient progressivement devenus la classe puissante et la plus fortunée. Ce courant prévalait chez les Juifs aisés et pouvait être comparé à un parti politique. Ses lois reli- gieuses étaient inspirées des cinq premiers livres de l'Ancien Testament, la Torah, qui étaient interprétés selon une perspective exclusivement pratique: les Sadducéens rejetaient en effet des dogmes aussi fondamentaux que l'existence d'une vie après la mort, de l'enfer et du para- dis. Leur démarche était diamétralement opposée à celles des Pharisiens, "conservateurs", qui menaient en général un train de vie plus modeste. Le courant pharisien avait été fondé par des religieux qui avaient joué un rôle impor- tant dans la préservation et la défense de la foi juive. Mais plus tard des scissions entre les Pharisiens avaient surgi. Les Zélotes formaient le troisième groupe et se distin- guaient par leur appel à une résistance armée contre Rome et les Juifs collaborateurs. Ils se mirent à organiser des attentats et autres actes de violence envers les autori- tés romaines et juives qu'ils considéraient comme étant ennemies de la loi divine. Mais leur mouvement s'éteignit rapidement. Enfin, il y avait les Esséniens qui se consa- craient à l'adoration et à la méditation dans des grottes et qui nous sont aujourd'hui mieux connus grâce aux manuscrits de la Mer morte découverts en 1947. Selon cer- tains chercheurs, il s'agissait d'une branche du Harun Yahya (Adnan Oktar) 19
  17. 17. LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)20 Pharisaïsme. Comme nous le verrons dans les chapitres suivants, il semble y avoir un consensus chez les cher- cheurs sur le fait que les Esséniens étaient très proches de Jésus. D'après les sources historiques et certains passages bibliques, Jésus s'était lancé dans une grande lutte farouche contre les mouvements idolâtres et païens et prêchait la religion de Dieu au moyen de paraboles persuasives. Les Esséniens et les Manuscrits de la Mer morte À la différence des autres groupes, les Esséniens étaient des gens plus pieux, plus portés vers le domaine spirituel. Ils partageaient la même croyance que le peuple: le Messie viendrait bientôt, il corrigerait les dérives des Enfants d'Israël et libèrerait la Terre Sainte de l'occupa- tion romaine. Les membres de cette secte étaient totale- ment hostiles à la civilisation hellénistique et à l'autorité romaine et s'efforçaient de vivre selon la loi mosaïque. Ils s'isolaient du monde extérieur en vivant dans des grottes dans l'arrière-pays jordanien et en passant leurs temps à travailler sur les Écritures afin d'attendre le Messie dans la ferveur et le recueillement. Les premiers manuscrits appartenant aux Esséniens furent trouvés dans des jarres scellées. Les premiers manuscrits trouvés dans la grotte no. 11.
  18. 18. Flavius Josèphe leur a consacré des passages dans son œuvre, mais lorsque les savants se rendirent compte que les manuscrits découverts en 1947 dans les grottes de Qirbet Qumran près du rivage occidental de la Mer morte appartenaient aux Esséniens, ils devinrent le groupe le mieux connu de tous et l'interprétation des manuscrits accrut leur importance historique. Des fouilles ultérieures ont permis la découverte de 600 manuscrits et d'autres écrits en araméen, hébraïque et grec. Ce groupe vivait dans l'attente du Messie, attente fon- dée sur la lecture de Écritures et cherchaient à préparer son arrivée. Ceci prouve bien que la vraie religion était encore vivante et suivie, malgré les efforts entrepris pour en détourner les gens. L'attente du "sauveur" chez les Juifs L'Ancien Testament contient un certain nombre de mentions de la venue du Messie. Ces révélations, sur les- quelles nous reviendrons plus tard, avaient un tel impact sur les gens que le Messie étaient devenu pour eux gage de salut. Quand Maïmonide (1135-1204), le fameux théo- logien juif qui vivait en Andalousie (Espagne musulma- ne) travailla sur les dogmes du Judaïsme, il consacra un de ses treize articles de foi à la venue du Messie. On y lit: "Je crois totalement que le Messie viendra, et, même s'il tarde, je continue à le croire."4 Selon le Judaïsme, Dieu enverra un chef aux Enfants d'Israël à une époque où ils seront au plus bas sur le plan politique et religieux pour les secourir sur les deux plans. Ce chef, en tant que Messie, apprendra aux Enfants d'Israël à croire exclusivement en Dieu et leur permettra de remporter la victoire contre leurs ennemis. Harun Yahya (Adnan Oktar) 21
  19. 19. La peinture montre un rassemblement de croyants à Qumran.
  20. 20. Certains livres de l'Ancien Testament mentionnent fréquemment ce sauveur et décrivent la vertu, la justice et la félicité qui régneront à son époque. Par exemple; le Livre d'Ésaïe évoque le grand sens de la justice du Messie, sa crainte du Seigneur et sa perspicacité, ainsi que le bon- heur qu'il apportera aux Enfants d'Israël: Puis un rameau sortira du tronc d'Ésaï, et un rejeton naîtra de ses racines. L'esprit de l'Éternel reposera sur lui: esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte de l'É- ternel. Il respirera la crainte de l'Éternel; il ne jugera point sur l'apparence, il ne prononcera point sur un ouï-dire.Mais il jugera les pauvres avec équité, et il prononcera avec droiture sur les malheureux de la terre; il frappera la terre de sa parole comme d'une verge, et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. La justice sera la ceinture de ses flancs... Le loup habitera avec l'agneau, et la panthère se couchera avec le chevreau; le veau, le lionceau, et le bétail qu'on engraisse, seront ensemble, et un petit enfant les conduira. La vache et l'ourse auront un même pâtura- ge, leurs petits un même gîte; et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille. Le nourrisson s'ébattra sur l'antre de la vipère, et l'enfant sevré mettra sa main dans la caverne du basilic. Il ne se fera ni tort ni dom- mage sur toute ma montagne sainte; car la terre sera remplie de la connaissance de l'Éternel, comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent. (Ésaïe 11: 1-9) Cette attente du Messie s'accrut encore sous le règne tyrannique d'Hérode 1er . Un peu partout sur le territoire juif fleurirent des mouvements qui se préparaient pour LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)24
  21. 21. son arrivée et en faisaient l'annonce au peuple. Mais cette agitation était perçue comme une menace par les Romains et par Hérode parce qu'elle visait le pouvoir romain et l'ad- ministration juive. Un courant aussi puissant pouvait inci- ter le peuple tout entier à se soulever contre la domination païenne. Pour prévenir ces désordres, les autorités prirent des mesures. Selon la Bible, c'est à des fins préventives qu'Hérode ordonna le meurtre de tous les garçons juifs âgés de deux ans et moins. L'Évangile selon Matthieu dit: Jésus étant né à Bethlehem en Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages [hommes sages] d'Orient arrivèrent à Jérusalem, et dirent: "Où est le roi des Juifs qui vient de naître? Car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer." Le roi Hérode, ayant appris cela, fut trou- blé, et tout Jérusalem avec lui. Il assembla tous les principaux sacrificateurs et les scribes du peuple, et il s'informa auprès d'eux où devait naître le Christ. Ils lui dirent: "À Bethlehem en Judée; car voici ce qui a été écrit par le prophète: 'Et toi, Bethlehem, terre de Juda, tu n'es certes pas la moindre entre les princi- pales villes de Juda, car de toi sortira un chef qui paî- tra Israël, mon peuple'." Alors Hérode fit appeler en secret les mages, et s'enquit soigneusement auprès d'eux depuis combien de temps l'étoile brillait. Puis il les envoya à Bethlehem, en disant: "Allez, et prenez des informations exactes sur le petit enfant; quand vous l'aurez trouvé, faites-le-moi savoir." … Alors Hérode, voyant qu'il avait été joué par les mages, se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Harun Yahya (Adnan Oktar) 25
  22. 22. Bethlehem et dans tout son territoire, selon la date dont il s'était soigneusement enquis auprès des mages. Alors s'accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le prophète: on entendit des cris à Rama, des pleurs et de grandes lamentations: Rachel pleure ses enfants, et n'a pas voulu être consolée, parce qu'ils ne sont plus. (Matthieu 2: 1-8, 16-18) Un des signes du Messie est qu'il sera un descendant de David, ce qui est le cas de Jésus comme le dit la Bible. (2 Timothée 2: 8) Les sectes croyaient au Messie de différentes manières. Certaines pensaient que le Messie serait un pro- phète sauveur, non pas un être surhumain mais un homme comme les prophètes David, Salomon, ou Moïse. En d'autres termes, il serait un serviteur loyal de Dieu, quelqu'un qui, comme l'enseigne la Bible, "… respirera la crainte de l'Éternel" (Ésaïe 11: 3). Les Esséniens annon- çaient qu'il accomplirait des miracles lors de sa venue: il relèverait ceux qui sont tombés, guérirait les malades, libè- rerait les esclaves et réveillerait les morts. Comme les Juifs voyaient d'après les informations dont ils disposaient que son arrivée approchait, de nombreux groupes, dans le désert et dans les villes, préparaient ce grand événement. Les opprimés ont besoin d'un sauveur Le Coran évoque à plusieurs reprises la situation des hommes, qui, victimes de la tyrannie et de l'oppression, attendent un sauveur pour les libérer de leurs peines. Notre Seigneur dit: Et qu'avez vous à ne pas combattre dans le sentier de Dieu, et pour la cause des faibles: hommes, femmes LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)26
  23. 23. et enfants qui disent: "Seigneur! Fais-nous sortir de cette cité dont les gens sont injustes, et assigne-nous de Ta part un allié, et assigne-nous de Ta part un secoureur." (Sourate an-Nisa', 4: 75) Ce verset dit que les nations auxquelles Dieu envoya des messagers connaissaient une situation sociale ou morale difficile avant l'arrivée de ces messagers. Ceux qui les suivaient accédaient à l'abondance, à l'aisance et au bonheur. Mais après leur départ, certains revenaient vers leurs bas instincts et se détournaient de la religion. Ils se mettaient à adorer des idoles qu'ils associaient au culte de Dieu. Dans le Coran, Dieu parle de la loyauté de Ses mes- sagers, de leur sincérité et de leur dévotion, puis Il décrit ceux qui abjurent la foi: Voilà ceux que Dieu a comblés de faveurs, parmi les prophètes, parmi les descendants d'Adam, et aussi parmi ceux que Nous avons transportés en compa- gnie de Noé, et parmi la descendance d'Abraham et d'Israël, et parmi ceux que Nous avons guidés et choi- sis. Quand les versets du Tout Miséricordieux leur étaient récités, ils tombaient prosternés en pleurant. Puis leur succédèrent des générations qui délaissè- rent la prière et suivirent leurs passions. Ils se trou- veront en perdition. (Sourate Maryam, 19: 58-59) Dieu réprimande ces gens car ils s'étaient éloignés de la religion et ne se demandaient jamais à quelles fins ils avaient été créés, ni quelles étaient leurs responsabilités envers leur Créateur. Pour les punir, Il leur a retiré Sa bénédiction et leur a infligé de lourdes épreuves: "Et qui- conque se détourne de Mon rappel, mènera certes, une vie pleine de gêne..." (Sourate Ta Ha, 20: 124) Harun Yahya (Adnan Oktar) 27
  24. 24. Tout au long de l'histoire les hommes soumis à des situations difficiles sur le plan social ou politique ont appelé de leurs vœux la venue d'un sauveur qui corrige- rait les dérives du système et rétablirait la justice, la paix et la sécurité, et les guiderait vers le droit chemin. Les sociétés modernes sont confrontées aux mêmes difficultés aujourd'hui: déclin, décadence, dégénérescence morale. Les gens vivent dans une profonde misère et aspirent à une vie plus morale et plus heureuse. Par le passé, Dieu envoya des sauveurs aux hommes qui avaient connu la dégradation sociale et leur accorda une existence pleine d'abondance, d'aisance et de richesse. Dans le verset sui- vant, Il révèle qu'Il comblera de bienfaits les hommes qui Le craignent et respectent les limites qu'Il a établies: Si les habitants des cités avaient cru et avaient été pieux, Nous leur aurions certainement accordé des bénédictions du ciel et de la terre. Mais ils ont démenti et Nous les avons donc saisis, pour ce qu'ils avaient acquis. (Sourate al-A`raf, 7: 96) Notre Seigneur nous rappelle une vérité capitale dans ce verset: la moralité est la seule voie qui puisse nous mener à la sérénité, au bonheur, au bien-être et à la pros- périté. Il en était ainsi dans le passé, il en sera de même dans l'avenir. Là où la moralité islamique est absente, il ne peut y avoir de justice, de sécurité, ni de confiance. Telles sont les lois de Dieu, comme le dit ce verset: Or, jamais tu ne trouveras de changement dans la règle de Dieu, et jamais tu ne trouveras de déviation dans la règle de Dieu. (Sourate Fatir, 35: 43) Nous vivons une époque de décadence, où le déclin, moral comme matériel, atteint toute chose; la perversité LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)28
  25. 25. spirituelle est monnaie courante, l'instabilité politico- sociale est devenue la norme et le fossé entre riches et pauvres n'a jamais été aussi grand. Parmi les vérités que nous révèle le Coran, figure celle-ci: Dieu nous accorde toujours une issue au terme de telles périodes, la morale islamique régnera un jour sur le monde et la vraie religion triomphera des croyances forgées par l'homme: Ils veulent éteindre avec leur bouche la lumière de Dieu, alors que Dieu ne veut que parachever Sa lumière, quelque répulsion qu'en aient les mécréants. C'est Lui qui a envoyé Son Messager avec la bonne direction et la religion de la vérité, afin qu'elle triomphe sur toute autre religion, quelque répulsion qu'en aient les associateurs. (Sourate at- Tawba, 9: 32-33) Dieu a toujours assisté les peuples croyants et conti- nuera à secourir Ses fidèles car c'est une promesse qu'Il a faite à Ses serviteurs fidèles: Ceux qui ont été expulsés de leur demeure, – contre toute justice, simplement parce qu'ils disaient: "Dieu est notre Seigneur." – Si Dieu ne repoussait pas les gens les uns par les autres, les ermitages seraient démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les mosquées où le nom de Dieu est beaucoup invoqué. Dieu soutient, certes, ceux qui soutiennent (Sa reli- gion). Dieu est assurément Fort et Puissant, ceux qui, si Nous leur donnons la puissance sur terre, accom- plissent la Salat, acquittent la Zakat, ordonnent le convenable et interdisent le blâmable. Cependant, l'issue finale de toute chose appartient à Dieu. (Sourate al-Hajj, 22: 40-41) Harun Yahya (Adnan Oktar) 29
  26. 26. Le Prophète Jean (Yahya) Selon le Nouveau Testament, Jean (connu comme Jean-Baptiste dans la tradition chrétienne) commença sa prédication peu de temps avant l'apparition de Jésus et il y annonçait la venue prochaine du Messie. Il devint natu- rellement le plus fervent partisan de Jésus. La naissance de Jean fut un miracle comme le relate le Coran: ... C'est un récit de la miséricorde de ton Seigneur envers Son serviteur Zacharie. Lorsqu'il invoqua son Seigneur d'une invocation secrète, et dit: "Ô mon Seigneur, mes os sont affaiblis et ma tête s'est enflammée de cheveux blancs. [Cependant], je n'ai jamais été malheureux [déçu] en te priant, ô mon Seigneur. Je crains [le comportement] de mes héri- tiers, après moi. Et ma propre femme est stérile. Accorde-moi, de Ta part, un descendant qui hérite de moi et hérite de la famille de Jacob. Et fais qu'il te soit agréable, ô mon Seigneur." (Sourate Maryam 19: 1-6) Le récit de la naissance de Jean dans l'Évangile selon Luc est conforme au contenu de ces versets. (Luc, 1: 11-16) Jean était un serviteur loyal craignant Dieu et un guide pour son peuple. Dieu fait son éloge dans le Coran en ces termes: ... "Ô Yahya [Jean], tiens fermement au Livre (la Thora)!" Nous lui donnâmes la sagesse alors qu'il était enfant, ainsi que la tendresse de Notre part et la pure- té. Il était pieux, et dévoué envers ses père et mère; et ne fut ni violent ni désobéissant. Que la paix soit sur lui le jour où il naquit, le jour où il mourra, et le jour où il sera ressuscité vivant! (Sourate Maryam, 19: 12-15) LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)32
  27. 27. Jean, que le Nouveau Testament qualifie aussi de ser- viteur loyal de Dieu, était un croyant plein de crainte envers son Dieu. Il mettait les Juifs en garde contre leur vanité, les invitait à suivre la loi divine et à s'abstenir de commettre des péchés. L'Évangile selon Luc rapporte une conversation entre Jean et des Juifs qui étaient venus l'écouter: Il disait donc à ceux qui venaient en foule pour être baptisés par lui: "Race de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir? Produisez donc des fruits dignes de la repentance, et ne vous mettez pas à dire en vous-mêmes: 'Nous avons Abraham pour père!' Car je vous déclare que de ces pierres Dieu peut sus- citer des enfants à Abraham. Déjà même la cognée est mise à la racine des arbres: tout arbre donc qui ne pro- duit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu." La foule l'interrogeait, disant: "Que devons-nous donc faire?" Il leur répondit: "Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n'en a point, et que celui qui a de quoi manger agisse de même." Il vint aussi des publicains [collecteurs d'impôts] pour être baptisés, et ils lui dirent: "Maître, que devons-nous faire?" Il leur répondit: "N'exigez rien au-delà de ce qui vous a été ordonné." Des soldats aussi lui demandèrent: "Et nous, que devons-nous faire?" Il leur répondit: "Ne commettez ni extorsion ni fraude envers personne, et contentez-vous de votre solde." (Luc 3: 7-14) Selon le Nouveau Testament, Jean disait à ceux qui l'écoutaient prêcher que "le temps est accompli" (Marc 1: 15). Celui qui est prédit dans le verset "il vient après moi celui qui est plus puissant que moi" était sur le point d'ar- river (Marc 1: 7). Harun Yahya (Adnan Oktar) 33
  28. 28. LA VIE DE JÉSUS D'après les sources historiques, Marie naquit à une époque marquée par le chaos, où l'oppression romaine était bien réelle, et renforçait l'attente d'un Messie. Elle était la descendante de `Imran, dont Dieu a honoré la lignée (Sourate Al `Imran 3: 32). Dieu la choisit donc au sein de cette famille, la purifia et l'éleva au-dessus de toutes les autres femmes comme l'indique le Coran: (Rappelle-toi) quand les Anges dirent: "Ô Marie, certes Dieu t'a élue au-dessus des femmes des mondes. Ô Marie, obéis à Ton Seigneur, prosterne- toi, et incline-toi avec ceux qui s'inclinent." (Sourate Al `Imran, 3: 42-43) La famille de `Imran était réputée pour sa foi en Dieu, son souci de Lui plaire en toutes circonstances et de res- pecter les limites établies par Lui. Quand la femme de `Imran se rendit compte qu'elle était enceinte, elle adressa aussitôt une prière à Dieu et Lui consacra son enfant à naître et elle prénomma sa fille Marie. La vie de Marie est remplie de miracles, parmi ceux-ci il y a sa mémorable rencontre avec Gabriel. À un moment particulier de son existence, Marie quitta les siens et se retira quelque part à l'est. Là-bas, d'après le Coran, elle rencontra Gabriel qui avait revêtu forme humaine: Mentionne, dans le Livre (le Coran), Marie, quand elle se retira de sa famille en un lieu vers l'Orient. Elle mit entre elle et eux un voile. Nous lui envoyâmes Notre Esprit (Gabriel), qui se présenta à elle sous la forme d'un homme parfait. Elle dit: "Je me réfugie contre toi auprès du Tout Miséricordieux. Si tu es pieux, [ne m'approche point]." (Sourate Maryam, 19: 16-18)
  29. 29. Au début, elle ne savait pas que cet inconnu était Gabriel. Aussi prit-elle refuge auprès de Dieu quand il s'approcha et lui dit qu'elle était une croyante habitée par la crainte de Dieu. Ses paroles témoignaient de sa piété et de sa chasteté. Gabriel se présenta alors et lui révéla qu'il était envoyé par Dieu pour lui porter une bonne nouvelle: Il dit: "Je suis en fait un messager de ton Seigneur pour te faire don d'un fils pur." (Sourate Maryam, 19: 19) Et lorsque les anges dirent: "Ô Marie! Dieu t'annonce la bonne nouvelle de la prochaine venue d'une paro- le de Lui: son nom est le Messie, Jésus fils de Marie, notable dans ce monde et dans l'autre et parmi les rapprochés." (Sourate Al `Imran, 3: 45) Marie reçut donc cette nouvelle extraordinaire et demanda à Gabriel comment elle pourrait avoir un fils alors qu'elle était vierge: Elle dit: "Comment aurais-je un fils, quand aucun homme ne m'a touchée, et je ne suis pas prostituée?" Il dit: "Ainsi sera-t-il! Cela M'est facile, a dit ton Seigneur! Et Nous ferons de lui un signe pour les gens, et une miséricorde de Notre part. C'est une affaire déjà décidée." Elle devint donc enceinte [de l'enfant], et elle se retira avec lui en un lieu éloigné. (Sourate Maryam, 19: 20-22) Elle dit: "Seigneur! Comment se peut-il que j'aie un enfant alors qu'aucun être ne m'a jamais touchée?" Il dit: "C'est ainsi. Dieu crée ce qu'Il veut. Quand Il décide d'une chose, il Lui suffit de dire 'sois' pour qu'elle se réalise. (Sourate Al `Imran, 3: 47) Gabriel répondit que Dieu avait le pouvoir de faire Harun Yahya (Adnan Oktar) 35
  30. 30. tout ce qu'Il voulait et qu'il Lui suffisait de dire "sois", et la chose était. C'est ainsi que Marie conçut son fils Jésus, par la volonté de Dieu, et sans avoir jamais été approchée par un homme. Sa grossesse fut déclenchée de façon indé- pendante de l'ordre naturel des choses, de façon miracu- leuse. Comme notre Seigneur nous le révèle, quand elle reçut la nouvelle, Marie se retira dans un lieu paisible. Dieu l'assista pendant tout ce temps en lui fournissant tout ce qu'une femme enceinte peut désirer, aussi bien d'un point de vue psychologique que matériel. Il l'amena à s'isoler de son peuple qui aurait eu bien du mal à com- prendre son état et Il a ainsi empêché les gens de lui por- ter un préjudice moral ou physique. Dans le Coran, Dieu attire notre attention sur le fait que Jésus était unique à de nombreux points de vue. Tout d'abord il naquit sans l'intervention d'un père. Par l'entre- mise des anges, Dieu révéla à Marie bien avant la nais- sance de Jésus que son fils serait le Messie et serait doté de qualités extraordinaires. Jésus reçut ainsi l'honneur d'être appelé "la parole de Dieu": ... Le Messie Jésus, fils de Marie, n'est qu'un messa- ger d'Allah, Sa parole qu'Il envoya à Marie, et un souffle (de vie) venant de Lui. (Sourate An Nisa, 4: 171) Les circonstances de la naissance de Jésus sont mira- culeuses et furent voulues telles par Dieu, comme preuve de Son existence. Mais les gens de son peuple ne pou- vaient pas les comprendre, aussi multiplièrent-ils les accusations déshonorantes contre Marie: Puis elle vint auprès des siens en le portant [le bébé]. Ils dirent: "Ô Marie, tu as fait une chose monstrueu- LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)36
  31. 31. se! Sœur de Haroun, ton père n'était pas un homme de mal et ta mère n'était pas une prostituée." (Sourate Maryam, 19: 27-28) Dieu vint en aide à Sa servante élue au milieu de ses épreuves avec un nouveau miracle. Il lui enjoignit de ne pas parler quand les gens de son peuple la questionne- raient mais de leur indiquer son fils Jésus quand ils l'ac- cuseraient. Voici ce que nous dit le Coran à ce propos: Si tu vois quelqu'un d'entre les humains, dis [lui:] "Assurément, j'ai voué un jeûne au Tout Harun Yahya (Adnan Oktar) 37 Un des chefs-d’œuvre de Giovanni Bellini qui représente Marie (1481), exposé à l’église Frari
  32. 32. LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)38 Miséricordieux: je ne parlerai donc aujourd'hui à aucun être humain." (Sourate Maryam, 19: 26) Quand Dieu lui annonça la naissance de Jésus, Il lui révéla également qu'il parlerait dans son berceau. Ce miracle fut d'une grande aide pour Marie: Il parle aux gens au berceau et adulte et il fait partie des vertueux. (Sourate Al `Imran, 3: 46) Sous la forme d'un miracle, Dieu confia à Jésus le rôle de donner l'explication que l'on attendait de Marie. Ainsi Il lui a rendu sa bonne réputation et annonça aux Enfants d'Israël la mission prophétique de Jésus: Elle fit alors un signe vers lui [le bébé]. Ils dirent: "Comment parlerions-nous à un bébé au berceau?" Mais (le bébé) dit: "Je suis vraiment le serviteur de Dieu. Il m'a donné le Livre et m'a désigné prophète. Où que je sois, Il m'a rendu béni; et Il m'a recom- mandé, tant que je vivrai, la prière et la Zakat; et la bonté envers ma mère. Il ne m'a fait ni violent ni mal- heureux." (Sourate Maryam, 19: 29-33) Jésus déclare ainsi qu'il est le serviteur de Dieu, qu'il a reçu une révélation, qu'il est un prophète qui appellera les hommes à embrasser la foi à l'âge adulte et qu'il doit observer les prières prescrites (salat), faire l'aumône (zakat) et respecter sa mère, qu'il mourra puis ressuscitera le Jour du Jugement. La vie de Jésus Selon les sources historiographiques judéo-chrétien- ne ou musulmanes, Jésus vécut il y a 2.000 ans environ. Il était un messager choisi par Dieu et il est tenu en haute estime aussi bien dans ce monde que dans l'au-delà.
  33. 33. Harun Yahya (Adnan Oktar) 39 La religion authentique enseignée par Jésus, le mes- sager élu de Dieu et pour lequel est promise la récom- pense du paradis, existe encore aujourd'hui mais il n'en subsiste que le nom car elle a été altérée. De même, la révélation transmise par Dieu à Jésus n'existe que de nom, car les écritures chrétiennes ont été elles aussi altérées. Comme nous ne pouvons acquérir aucune connaissance vraiment fiable par ces sources, nous devons recourir à la seule source qui soit incontestablement authentique, le Coran, qui est sous la protection de Dieu jusqu'au Jour Dernier. Le Coran nous apporte beaucoup d'informations sur la naissance de Jésus, sa vie, ses entretiens avec les gens de son temps, la situation de ceux qui l'entouraient et bien d'autres détails. Le Coran nous rapporte ces pro- pos de Jésus: Et je confirme ce qu'il y a dans la Thora révélée avant moi, et je vous rends licite une partie de ce qui était interdit. Et j'ai certes apporté un signe de votre Seigneur. Craignez Dieu donc, et obéissez-moi. Dieu est mon Seigneur et votre Seigneur. Adorez-Le donc: voilà le chemin droit. (Sourate Al `Imran, 3: 50-51) Seule une poignée de Juifs répondit à son appel et le suivit sur cette voie. Le Coran évoque ces pieux disciples: Puis, quand Jésus ressentit de l'incrédulité de leur part, il dit: "Qui sont mes alliés dans la voie de Dieu?" Les apôtres dirent: "Nous sommes les alliés de Dieu. Nous croyons en Dieu. Et sois témoin que nous Lui sommes soumis. Seigneur! Nous avons cru à ce que Tu as fait descendre et nous avons suivi le Messager. Inscris-nous donc parmi ceux qui témoi- gnent." (Sourate Al `Imran, 3: 52-53)
  34. 34. D'après le Nouveau Testament, Jésus voyagea à tra- vers toute la Palestine avec ses 12 disciples pour appeler les gens à la foi. Durant ce voyage, Dieu lui permit d'ac- complir de nombreux miracles. Il guérissait les malades et les paralysés, soignait les gens qui souffraient de la lèpre, redonnait la vue aux aveugles de naissance et ressuscitait les morts. Le Coran décrit ses miracles dans les versets suivants: "En vérité, je viens à vous avec un signe de la part de votre Seigneur. Pour vous, je forme de la glaise comme la figure d'un oiseau, puis je souffle dedans: et, par la permission de Dieu, cela devient un oiseau. Et je guéris l'aveugle-né et le lépreux, et je ressuscite les morts, par la permission de Dieu. Et je vous apprends ce que vous mangez et ce que vous amassez dans vos maisons. Voilà bien là un signe, pour vous, si vous êtes croyants! (Sourate Al `Imran, 3: 49) Lorque Dieu dit: "Ô Jésus fils de Marie, rappelle-toi Mon bienfait pour toi et pour ta mère quand, t'ayant soutenu par le Saint-Esprit, tu parlais aux gens au berceau et adulte, quand Je t'ai appris le Livre, la sagesse, la Thora et l'Évangile, quand tu créais à par- tir de l'argile l'image de l'oiseau par Ma permission, que tu y soufflais et la voilà devenue oiseau avec Ma permission, que tu guérissais l'aveugle de naissance et le lépreux avec Ma permission et que tu faisais sor- tir les morts; quand J'ai empêché les fils d'Israël de te faire du mal lorsque tu leur apportas les signes évi- dents et que ceux d'entre eux qui avaient renié dirent alors: "Ceci n'est là qu'une sorcellerie manifeste." (Sourate al-Ma'ida, 5: 110) LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)42
  35. 35. Jésus accomplissait ainsi de grands miracles qui impressionnaient fortement les gens. Mais il rappelait toujours que ces miracles étaient possibles par la volonté de Dieu seul et selon la Bible il disait toujours à ceux qu'il guérissait: "C'est votre foi qui vous a sauvés." En réponse, les gens louaient le Seigneur à la vue de ses miracles: Jésus quitta ces lieux, et vint près de la mer de Galilée. Étant monté sur la montagne, il s'y assit. Alors s'ap- procha de lui une grande foule, ayant avec elle des boiteux, des aveugles, des muets, des estropiés, et beaucoup d'autres malades. On les mit à ses pieds, et il les guérit; en sorte que la foule était dans l'admira- tion de voir que les muets parlaient, que les estropiés étaient guéris, que les boiteux marchaient, que les aveugles voyaient; et elle glorifiait le Dieu d'Israël. (Matthieu 15: 29-31) Malgré les obstacles, le nombre des croyants aug- mentait, en particulier parmi les gens qui subissaient l’op- pression et la cruauté des puissants. À cette époque, Jésus et ses disciples avaient parcouru toutes les cités du pays. Pendant ce temps les prêtres commencèrent à comploter contre Jésus qui leur parlait des maux que recelaient les traditions qu’ils avaient établies depuis des années, leur rappelait sans cesse les défauts de l’ordre qu’ils avaient instauré et les appelait à croire uniquement en Dieu et à ne servir que Lui. (Luc 22: 1-2, Jean 11: 47-53) À l'instar des autres prophètes, Jésus appelait les gens à croire en Dieu et à se soumettre volontairement à Lui, à vivre pour Lui plaire, à fuir le mal et le péché et à faire le bien. Il leur rappelait le caractère éphémère de la vie et Harun Yahya (Adnan Oktar) 43
  36. 36. l'imminence de la mort, et leur expliquait qu'ils auraient à répondre de leurs actes dans l'au-delà. Il les invitait à ado- rer exclusivement Dieu et à ne craindre que Lui. La Bible contient des enseignements (mashal) et des conseils qui vont dans ce sens. Selon le Nouveau Testament, Jésus annonçait "aux gens de peu de foi" (Matthieu 8: 26), que "le royaume de Dieu est proche" (Marc 1: 15) et les exhor- tait à rechercher le pardon divin. Ce royaume est le règne attendu par les Juifs, inaugurant, avec l'arrivée du Messie, une ère qui leur apporterait la foi et la délivrance. Jésus resta fidèle à la loi mosaïque (les commande- ments de la Torah) et reprochait aux Juifs de s'en écarter ou d'en conserver une pratique hypocrite. D'après le Nouveau Testament, il leur disait: "Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, parce qu'il a écrit à mon sujet." (Jean 5: 46). Jésus invitait les gens à revenir vers la Torah. L'Évangile selon Matthieu rapporte ses appels au respect de la loi mosaïque (la sainte loi): Je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. (Matthieu 5: 17) Celui donc qui supprimera l'un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royau- me des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. (Matthieu 5: 19) Le Coran rapporte de Jésus: Et je confirme ce qu'il y a dans la Thora révélée avant moi, et je vous rends licite une partie de ce qui était interdit. Et j'ai certes apporté un signe de votre LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)46
  37. 37. Seigneur. Craignez Dieu donc, et obéissez-moi. (Sourate Al `Imran, 3: 50) Le combat de Jésus Comme nous l'avons vu, du vivant de Jésus, il y avait plusieurs sectes juives qui avaient chacune leur interpré- tation de la religion. Les Juifs s'étaient écartés de la reli- gion originelle prêchée par Moïse, et des croyances erro- nées et des traditions superstitieuses s'y étaient substi- tuées. Plus grave encore, on encourageait l'implantation de la civilisation hellénistique et certaines sectes juives avaient délaissé la foi monothéiste au profit des symboles et statues du paganisme. Jésus était envoyé à cette communauté pour la guider mais pour ce faire, il lui fallait combattre de nombreux opposants. Nous pouvons déduire du Coran que le public auquel il s'adressait se déchirait sur des questions de reli- gion. D'après le Nouveau Testament, nous voyons qu'il s'en prit tout d'abord aux faux prêtres qui niaient l'unicité de Dieu en Lui assignant des associés et égaraient les gens par leur prédication mensongère; il leur demanda de ces- ser leurs méfaits et d'adorer Dieu sincèrement. Les Pharisiens et Sadducéens, souvent mentionnés dans le Nouveau Testament, étaient donc visés par cette critique. Ces deux sectes, très différentes, s'accordaient en effet sur un point: leur rejet du message confié par Dieu à Jésus. Selon l'enseignement de Jésus, les Sadducéens s'étaient égarés à cause de leur matérialisme et les Pharisiens fai- saient fausse route à cause de leur perte de foi, à force de s'enliser dans les mythes et les faux-semblants. Ces groupes déclarèrent leur hostilité à Jésus quand ils com- Harun Yahya (Adnan Oktar) 47
  38. 38. LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)48 prirent dans quel rapport ils se situaient vis-à-vis de lui. Dieu dit dans le Coran: Et quand Jésus apporta les preuves, il dit: "Je suis venu à vous avec la sagesse et pour vous expliquer certains de vos sujets de désaccord. Craignez Dieu donc et obéissez-moi." (Sourate az-Zukhruf, 43: 63) Comme les Pharisiens aussi bien que les Sadducéens trouvaient leur intérêt dans le système en place, ni les uns ni les autres ne voulaient obéir à Jésus. Ils exerçaient une "L’entrée à Jérusalem", fresque de Giotto di Bondone (1302-05) dépeint l’entrée de Jésus par les portes de Jérusalem, accueilli par une foule respectueuse. On peut la voir à la chapelle Scrovegni, à Padoue en Italie.
  39. 39. grande influence sur le peuple et jouissaient en tant que prêtres d'un grand respect. La religion fausse qu'ils avaient créée était devenue une institution qui les rendait riches. Ils avaient noué des rapports étroits avec Rome; les Sadducéens en particulier s'efforçaient de réduire les ten- sions entre les forces romaines et le peuple de Judée et rece- vaient en retour de nombreux privilèges. Au vu de ces élé- ments, on comprend bien pourquoi les enseignements de Jésus étaient aussi dérangeants pour la classe sacerdotale: Jésus, comme les autres prophètes, signalait les défaillances de l'ordre établi qui légitimait des maux intolérables. Il voulait que les gens renoncent à l'injustice et à l'immorali- té, aux croyances fausses, et y substituent une vie pure consacrée au service de Dieu. Jésus exhortait les hommes à craindre et à aimer Dieu de façon équilibrée, de se sou- mettre à Lui, d'abandonner les règles superstitieuses et les pratiques purement dogmatiques, de n'adorer que Dieu et de n'en appeler qu'à Lui pour la réussite de leurs entre- prises. Les miracles qu'il accomplissait avec la permission divine montraient clairement que c'était un prophète élu de Dieu au-dessus de tous, et que Dieu le soutenait avec un pouvoir et des connaissances hors du commun. Sa foi pro- fonde, sa haute moralité, sa conscience supérieure, ses explications perspicaces lui valaient l'admiration du peuple. Selon le Nouveau Testament, Jésus instruisait le peuple en lui rappelant que la délivrance était proche et que le royaume de Dieu était imminent. Dans le même temps, sa filiation avec David était connue du peuple et l'idée qu'il était le Messie se répandit (Matthieu 9: 27-35). C'étaient là des nouvelles troublantes pour tous ceux qui Harun Yahya (Adnan Oktar) 49
  40. 40. avaient adopté la culture païenne introduite par Rome et pour les prêtres qui tiraient profit du système existant. Le Nouveau Testament dit que ces cercles ne per- daient jamais une occasion de s'attaquer au message de Jésus, mais ils échouaient à chaque fois. Les prêtres étaient irrités par ses réponses subtiles qui remettaient en cause leurs prétentions, et ses enseignements riches et sages. Les propos qu'il tenait à leur sujet leur causaient bien du souci et ce fut l'une des raisons majeures qui les poussèrent à conspirer contre lui. D'après l'Évangile selon Luc, Jésus dévoilait leurs tromperies en public: Gardez-vous des scribes, qui aiment à se promener en robes longues, et à être salués dans les places publiques; qui recherchent les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les fes- tins; qui dévorent les maisons des veuves, et qui font, pour l'apparence, de longues prières. Ils seront jugés plus sévèrement. (Luc 20: 46-47) Certains prêtres juifs avaient, par le passé, altéré les commandements de la Torah et en avaient ajouté d'autres pour servir leurs propres intérêts. Jésus réfuta ces faux commandements car il avait pour mission d'éradiquer toutes les traditions erronées, les mythes, lois et règles for- gées par l’homme qui avaient eu pour résultat de détour- ner les gens de la loi mosaïque. D'après l'Évangile selon Marc, Jésus attribuait ces pratiques plus particulièrement aux Pharisiens: Il répondit [aux Pharisiens et aux scribes]: "En don- nant des préceptes qui sont des commandements d'hommes, vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes... LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)50
  41. 41. annulant ainsi la parole de Dieu par votre tradition, que vous avez établie. Et vous faites beaucoup d'autres choses semblables." (Marc 7: 6-13) Les Pharisiens croyaient qu'ils devaient un dixième de leurs revenus à Dieu et se conformaient à cette règle. Mais c'était devenu une tradition alors qu'il s'était agi autrefois d'un acte d'adoration. L'Évangile de Luc fait état des reproches de Jésus à leur encontre: Mais malheur à vous, Pharisiens! Parce que vous payez la dîme de la menthe, de la rue, et de toutes les herbes, et que vous négligez la justice et l'amour de Dieu: c'est là ce qu'il fallait pratiquer, sans omettre les autres choses. Malheur à vous, Pharisiens! Parce que vous aimez les premiers sièges dans les synagogues, et les salutations dans les places publiques. Malheur à vous! Parce que vous êtes comme les sépulcres qui ne paraissent pas, et sur lesquels on marche sans le savoir. (Luc 11: 42-44) À vous aussi, malheur, docteurs de la loi! Car vous chargez les hommes de fardeaux difficiles à porter, et vous-mêmes vous ne touchez pas ces fardeaux d’un seul de vos doigts. (Luc 11: 46) Malheur à vous, docteurs de la loi! Parce que vous avez enlevé la clef de la science; vous n'êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché d'entrer ceux qui le voulaient. (Luc 11: 52) De telles mises en gardes et humiliations publiques augmentèrent l'hostilité des prêtres envers Jésus. D'après Luc, les Pharisiens et les docteurs de la loi commencèrent à s'opposer violemment à Jésus après Harun Yahya (Adnan Oktar) 51
  42. 42. La Bible mentionne de nombreuses villes et régions, de la Méditerranée à l’Europe de l’ouest comme le montre cette carte.
  43. 43. LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)54 que ce dernier eut tenu les propos mentionnés ci-des- sus. (Luc 11: 53-54) Comme l'indique le Coran, Jésus invitait les Enfants d'Israël à revenir vers la loi mosaïque et à croire sincère- ment en Dieu. L'Évangile selon Matthieu et le Coran contiennent des paroles étonnamment similaires sur les mécréants. ... Ils ont des cœurs, mais ne comprennent pas. Ils ont des yeux, mais ne voient pas. Ils ont des oreilles, mais n'entendent pas… (Sourate al-A`raf 7: 179) Dans l'Évangile de Matthieu, nous lisons les paroles suivantes proférées par Jésus à propos des Juifs: Et pour eux s'accomplit cette prophétie d'Ésaïe: "Vous entendrez de vos oreilles, et vous ne comprendrez point; vous regarderez de vos yeux, et vous ne verrez point. Car le cœur de ce peuple est devenu insensible; leurs oreilles se sont endurcies, et leurs yeux se sont fermés, de peur qu'ils ne voient de leurs yeux, qu'ils n'entendent de leurs oreilles, qu'ils ne comprennent de leur cœur, qu'ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse." (Matthieu 13: 14-15) Les prophètes s'acquittaient de leur mission de leur mieux et utilisaient tous les moyens possibles et toute leur énergie pour exhorter leur peuple à suivre le droit che- min. Jésus fit preuve d'une patience extraordinaire face à toutes les conspirations et attaques dirigées contre lui. Il avait confiance en Dieu et continuait à communiquer Son message; même s'il avait peu de partisans, il triomphait à chaque fois de ses adversaires. Il fit tout son possible pour rendre à la religion sa pureté originelle, la débarrasser de
  44. 44. Harun Yahya (Adnan Oktar) 55 tous les mythes et pratiques qui la souillaient. Sa perspi- cacité et son intelligence en faisaient un orateur persuasif qui excellait à donner des paraboles servant de guide. Jésus appelait son peuple à adorer Dieu exclusive- ment; il lui annonçait la bonne nouvelle du règne de la moralité religieuse, combattait les mythes, les fausses croyances et l'idolâtrie. Il expliquait que la vie terrestre n'est qu'une épreuve. Il ne ménageait pas ses efforts pour corriger la conception déviée de la morale qui prévalait alors et donnait lui-même l'exemple d'un caractère élevé. Mais toutes ces qualités renforçaient la haine de ces enne- mis qui voulurent bientôt attenter à sa vie. Le ministère de Jésus Le Coran révèle une liste des principaux miracles associés à Jésus: il fut conçu sans intervention d'un père, parla dans son berceau, acquit la maîtrise des livres saints (la Torah, l'Évangile et le Coran), façonna un oiseau d'ar- gile et lui insuffla la vie, guérit l'aveugle de naissance et le lépreux, ressuscita les morts, il était aussi en mesure de révéler aux gens ce qu'ils avaient mangé et ce qu'ils cachaient et annonça la venue de notre Prophète désigné sous le nom d'Ahmed. Malgré tous ces miracles et ses efforts pour enseigner la parole de Dieu, la majorité de son peuple rejetait son message. À l'instar d'autres nations évoquées dans le Coran, ces mécréants prétendaient que ce n'étaient là que des astuces de magicien: Et quand Jésus fils de Marie dit: "Ô Enfants d'Israël, je suis vraiment le Messager de Dieu [envoyé] à vous, confirmateur de ce qui, dans la Thora, est antérieur à
  45. 45. moi, et annonciateur d'un messager à venir après moi, dont le nom sera 'Ahmed'." Puis quand celui-ci vint à eux avec des preuves évidentes, ils dirent: "C'est là une magie manifeste." (Sourate al-Jumu`a, 61: 6) Le Coran indique que Jésus n'était pas venu abolir le Judaïsme, mais pour purifier la religion des mythes qui s'étaient accumulés au fil du temps. Dieu l'avait égale- ment envoyé pour mettre fin aux divergences qui déchi- raient les différentes sectes juives et que nous avons déjà passées en revue dans cet ouvrage. Le Coran dit: Et je confirme ce qu'il y a dans la Thora révélée avant moi, et je vous rends licite une partie de ce qui était interdit. Et j'ai certes apporté un signe de votre Seigneur. Craignez Dieu donc, et obéissez-moi. (Sourate Al `Imran, 3: 50) Et quand Jésus apporta les preuves, il dit: "Je suis venu à vous avec la sagesse et pour vous expliquer certains de vos sujets de désaccord. Craignez Dieu donc et obéissez-moi." (Sourate az-Zukhruf, 43: 63) Jésus confirma les articles de foi présents dans la Torah et apporta l'Évangile, la dernière révélation de Dieu à l'humanité, pour guider et exhorter son peuple. Et Nous avons envoyé après eux Jésus, fils de Marie, pour confirmer ce qu'il y avait dans la Thora avant lui. Et Nous lui avons donné l'Évangile, où il y a guide et lumière, pour confirmer ce qu'il y avait dans la Thora avant lui, et un guide et une exhortation pour les pieux. Que les gens de l'Évangile jugent d'après ce que Dieu y a fait descendre. Ceux qui ne jugent pas d'après ce que Dieu a fait descendre, ceux- là sont les pervers. (Sourate al-Ma'ida, 5: 46-47) LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)56
  46. 46. Peu de gens répondirent à l'appel de Jésus au début car il entendait abolir les privilèges de la classe sacerdota- le qui tirait avantage des mythes et traditions institués par le passé, et ceux de la classe dirigeante qui niait la souve- raineté divine. La pression et les menaces qu'ils faisaient peser sur le commun dissuadaient les gens d'approcher Jésus. Quand les enseignements de Jésus commencèrent à se répandre et que le nombre de ses disciples augmenta, celui de ses adversaires crut proportionnellement. On ourdit lâchement davantage de pièges et de complots pour causer sa perte. Il n'y avait là rien de neuf car tous les prophètes ont connu pareille hostilité. Le Coran dépeint la malveillance des mécréants envers les messa- gers en ces termes: Est-ce qu'à chaque fois qu'un messager vous appor- tait des vérités contraires à vos souhaits, vous vous enfliez d'orgueil? Vous traitiez les uns d'imposteurs et vous tuiez les autres. (Sourate al-Baqara, 2: 87) La société se divisa bientôt en deux camps: ceux qui croyaient en la mission de Jésus et ceux qui la niaient: le fossé entre les deux camps se creusait de jour en jour. D'un côté donc, il y avait le Messager de Dieu, qui ensei- gnait la vraie religion et appelait les gens à croire en un Dieu unique, de l'autre il y avait un groupe qui s'obstinait à ne pas croire en dépit des miracles et des preuves qu'ils avaient pourtant vus de leurs yeux. Ses adversaires mani- festaient clairement leur opposition. Sans doute y avait-t- il aussi des gens qui l'avaient suivi et écouté et qui l'avaient renié plus tard. Dieu évoque cette situation dans le verset suivant: "Mais les factions divergèrent entre elles..." (Sourate az-Zukhruf: 43: 65) Harun Yahya (Adnan Oktar) 57
  47. 47. C'est pourquoi Jésus choisit ses disciples parmi les croyants auxquels ils pouvaient vraiment se fier, ainsi que l'indique le Coran: Puis, quand Jésus ressentit de l'incrédulité de leur part, il dit: "Qui sont mes alliés dans la voie de Dieu?" Les apôtres dirent: "Nous sommes les alliés de Dieu. Nous croyons en Dieu. Et sois témoin que nous Lui sommes soumis." (Sourate Al `Imran, 3: 52) Le Coran relate que les mécréants ont tramé un com- plot pour attenter à la vie de Jésus. Selon certaines sources, un groupe de prêtres soudoya Judas Iscariote, l'un des disciples, pour trahir Jésus afin qu'ils puissent l'arrêter et le remettre aux Romains. Toujours d'après ces sources, les prêtres n'étaient pas en mesure de condamner quelqu'un à mort et devaient donc faire en sorte de faire réagir l'autorité romaine. Aussi dépeignirent-ils Jésus comme un opposant à la puissance de Rome, car les Romains se montraient impitoyables face à ce genre de menaces. Néanmoins, leur plan échoua, nous dit le Coran: Et ils [les autres] se mirent à comploter. Dieu a fait échouer leur complot. Et c'est Dieu qui sait le mieux leur machination. (Sourate Al `Imran, 3: 54) Comme on le voit dans les versets suivants, ils com- plotèrent pour tuer Jésus mais ce fut en vain car ils n'as- sassinèrent que son sosie, tandis que Dieu éleva Jésus auprès de Lui: Et à cause leur parole: "Nous avons vraiment tué le Christ, Jésus, fils de Marie, le Messager de Dieu"... Or, ils ne l'ont ni tué ni crucifié; mais ce n'était qu'un faux semblant! Et ceux qui ont discuté sur son sujet LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)58
  48. 48. sont vraiment dans l'incertitude: ils n'en ont aucune connaissance certaine, ils ne font que suivre des conjectures et ils ne l'ont certainement pas tué. (Sourate an-Nisa', 4: 157) Beaucoup de gens adhèrent à l'hypothèse courante selon laquelle les Romains crucifièrent Jésus. On dit ainsi que les soldats romains et les prêtres juifs qui arrêtèrent Jésus le firent monter sur la croix: c'est ce que croient la plupart des Chrétiens, qui pensent aussi qu'il ressuscita au bout de trois jours, et qu'après plusieurs rencontres avec ses disciples et autres, il s'éleva aux cieux. Mais le Coran nous rapporte une version différente. Le fait énoncé dans ce verset est évident. Les Romains, encouragés par l'agita- tion du peuple juif tentèrent d'exécuter Jésus, mais en vain. L'expression "mais ce n'était qu'un faux semblant" le montre bien. Dieu suscita un sosie et éleva Jésus auprès de Lui. Notre Seigneur déclare également que ceux qui sou- tiennent la thèse de la crucifixion n'en ont aucune preuve. Au début du Christianisme, plusieurs thèses sur le sort de Jésus firent leur apparition. Aux siècles suivants et jusqu'au Concile de Nicée (325) où les articles de foi furent rigoureusement définis, ces différences idéolo- giques se maintinrent; à partir de là, les écoles qui préten- daient que Jésus n'avait pas été crucifié furent accusées d'hérésie et leurs adeptes furent persécutés. LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)60
  49. 49. L'EXPLICATION CORANIQUE DE L'ASCENSION DE JÉSUS Quand on examine les termes employés dans les récits narrant la façon dont les prophètes sont morts d'une part, et ceux qui se rapportent à l'ascension de Jésus auprès de Dieu d'autre part, on constate une différence capitale: Jésus ne mourut pas comme les autres prophètes et il ne fut pas non plus assassiné par les mécréants. Dieu l'éleva auprès de Lui. Dans ce chapitre, nous étudierons les termes arabes employés pour exprimer la mort des prophètes dans le Coran et comment Jésus fut élevé auprès de Dieu. Comme nous le verrons plus en détail plus loin, le Coran utilise les verbes qatalouhou (tuer), maata (mourir), halaka (périr), salabouhou (crucifier), et d'autres expres- sions spécifiques pour parler de la mort des prophètes. Dans le cas de Jésus, le Coran affirme clairement qu'il ne mourut pas de l'une de ces façons car: "Or, ils ne l'ont ni tué (wa ma qatalouhou) ni crucifié (wa ma salabouhou); Dieu nous apprend que les gens n'ont vu qu'un sosie tandis que Jésus fut élevé aux cieux: (Rappelle-toi) quand Dieu dit: "Ô Jésus, certes, Je vais mettre fin à ta vie terrestre (moutawaffika), t'éle- ver (wa raafi'ouka) vers Moi, te débarrasser de ceux qui n'ont pas cru et mettre jusqu'au Jour de la Résurrection ceux qui te suivent au-dessus de ceux qui ne croient pas… (Sourate Al `Imran, 3: 55) Nous allons voir maintenant des termes variés utili- sés dans le Coran pour désigner la mort et l'emploi du mot tawaffa dans la sourate Al `Imran.
  50. 50. 1) Tawaffa: faire mourir, prendre quelqu'un dans son sommeil, reprendre l'âme Le verbe tawaffa utilisé dans la sourate Al `Imran et traduit ici comme "mettre fin à la vie terrestre" a des connotations différentes. Lorsqu'on étudie les versets en arabe, il faut prendre en considération ces connotations du verbe en l'appliquant à la situation de Jésus. Le Coran évoque le fait qu'il fut repris par Dieu dans les propos que Jésus tiendra le Jour du Jugement: Je ne leur ai dit que ce Tu m'avais ordonné de dire, à savoir: "Adorez servilement Dieu, mon Seigneur et Le vôtre." Et je fus témoin contre eux tant que je fus parmi eux et, lorsque Tu as repris mon âme (tawaf- fa), Tu fus leur observateur attentif et Tu es de toute chose témoin. (Sourate al-Ma'ida, 5: 117) En arabe le verbe qui est traduit ici par "reprendre l'âme" est tawaffa, et il dérive de la racine wafa (réaliser, accomplir). Tawaffa ne signifie pas en réalité "faire mourir" mais "reprendre l'âme" pendant le sommeil, au moment de la mort ou comme dans le cas de Jésus le fait d'être élevé auprès de Dieu. En effet, "reprendre l'âme" ne signi- fie pas nécessairement donner la mort comme nous l'ap- prend le Coran ailleurs. Ainsi, le terme est utilisé pour dire que Dieu reprend les âmes pendant le sommeil: Et, la nuit, c'est Lui qui prend vos âmes, (yatawaf- faakoum) et Il sait ce que vous avez acquis pendant le jour. Puis Il vous ressuscite le jour afin que s'accom- plisse le terme fixé. Ensuite, c'est vers Lui que sera votre retour, et Il vous informera de ce que vous fai- siez. (Sourate al-An`am, 6: 60) LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)62
  51. 51. Harun Yahya (Adnan Oktar) 63 Le mot utilisé pour "prendre l'âme" dans ce verset est le même que celui qui a été utilisé dans la sourate Al `Imran 3: 55. Dans les deux versets, on lit tawaffa. En d'autre mots, dans le verset ci-dessus, le verbe tawaffa est utilisé et il est évident que l'homme ne meurt pas chaque nuit pendant son sommeil. Donc, ici aussi, ce mot désigne "prendre l'âme". Dans le verset suivant on note un emploi similaire: Dieu reçoit les âmes (yatawaffaa) au moment de leur mort (mawtihaa) ainsi que celles qui ne meurent pas au cours de leur sommeil (lam tamout). Il retient celles à qui Il a décrété la mort (mawt), tandis qu'Il renvoie les autres jusqu'à un terme fixé... (Sourate az- Zumar, 39: 42) Comme le verset l'explique, Dieu reprend l'âme de l'homme endormi. Cependant, Il renvoie les âmes de ceux dont la mort n'est pas enco-
  52. 52. re décrétée. De ce fait, la personne ne meurt pas au sens usuel du terme pendant son sommeil. Son âme quitte temporairement son corps, se rend dans une autre dimen- sion, puis regagne son enveloppe charnelle à son réveil.5 2) Qatala: tuer Le Coran utilise qatala pour exprimer l'idée de "tuer", dans le verset suivant: Et Pharaon dit: "Laissez-moi tuer (aqtoulou) Moïse. Et qu'il appelle son Seigneur! Je crains qu'il ne chan- ge votre religion ou qu'il ne fasse apparaître la cor- ruption sur terre." (Sourate al-Mu'min, 40: 26) En arabe, "laissez-moi tuer Moïse" se dit aqtoulou Musa, qui dérive du verbe qatala. Dans un autre verset, on relève cet emploi du même terme: … et qu'ils tuaient (yaqtoulouna) sans droit les pro- phètes... (Sourate al-Baqara, 2: 61) La forme yaqtoulouna (ils tuaient) dérive aussi de qata- la. Là encore, on voit que ce verbe traduit l'idée de tuer. Les versets suivants évoquent la mort des prophètes et l'usage du verbe qatala y est attesté. Les mots entre paranthèses sont des formes dérivées de ce verbe. Dieu a certainement entendu la parole de ceux qui ont dit: "Dieu est pauvre et nous somme riches." Nous enregistrons leur parole, ainsi que leur meurtre (wa qatlahoum), sans droit, des prophètes. (Sourate Al `Imran, 3: 181) Dis: "Pourquoi donc avez-vous tué (taqtoulouna) auparavant les prophètes de Dieu, si vous étiez croyants?" (Sourate al-Baqara, 2: 91) LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)64
  53. 53. Ceux qui ne croient pas aux signes de Dieu, tuent (yaqtoulouna) sans droit les prophètes et tuent (yaq- toulouna) les gens qui commandent la justice... (Sourate Al `Imran, 3: 21) "Tuez (ouqtoulou) Joseph ou bien éloignez-le dans n'importe quel pays." (Sourate Yusuf, 12: 9) ... "Ô Moïse, les notables sont en train de se concerter à ton sujet pour te tuer (li yaqtoulouka)..." (Sourate al-Qasas, 28: 20) Son peuple ne fît d'autre réponse que: "Tuez-le (ouq- toulouhou) ou brûlez-le." (Sourate al-`Ankabut, 29: 24) 3) Halaka: Périr Halaka est un autre terme utilisé pour parler de la mort. Il signifie "périr, être détruit, mourir" comme on le voit dans le verset suivant: ... Mais lorsqu'il mourut (halaka), vous dites alors: "Dieu n'enverra plus jamais de messager après lui." (Sourate al-Mu'min, 40: 34) La phrase idha halaka se traduit "lorsqu'il mourut". 4) Mawt: la mort Autre terme employé pour évoquer la mort d'un pro- phète: mawt, un nom dérivé du verbe maata (mourir), comme on le voit ici: Puis, quand Nous décidâmes sa mort (mawt), il n'y eut pour les avertir de sa mort (mawtihi) que "la bête de terre", qui rongea sa canne… (Sourate as-Saba, 34: 14) On relève dans ce verset une autre forme de ce même verbe: Harun Yahya (Adnan Oktar) 65
  54. 54. Que la paix soit sur lui le jour où il naquit, le jour où il mourra (yamoutou), et le jour où il sera ressuscité vivant! (Sourate Maryam, 19: 15) La forme yamoutou se traduit "le jour où il mourra" et le même terme apparaît sous sa forme nominale à propos de la mort de Jacob: Étiez-vous témoins quand la mort (mawt) se présenta à Jacob... (Sourate al-Baqara, 2: 133) Dans cet autre verset, les verbes qatala (qoutila dans la forme passive) et maata sont utilisés conjointement: Mohammad n'est qu'un messager – des mes- sagers avant lui sont passés – S'il mourait (maata), donc, ou s'il était tué (qoutila), retour- neriez-vous sur vos talons? (Sourate Al `Imran, 3: 144) On retrouve d'autres formes du verbe dans les versets suivants, toujours à propos de la mort des prophètes: Et elle dit: "Malheur à moi! Que je fusse morte (mittou) avant cet instant! Et que je fusse tota- lement oubliée!" (Sourate Maryam, 19: 23) Et Nous n'avons attribué l'immortalité à nul homme avant toi. Est-ce que si tu meurs (mitta), toi, ils seront, eux éternels? (Sourate al-Anbiya', 21: 34)
  55. 55. "Il me fera mourir (youmitouni), puis me redon- nera la vie…" (Sourate as-Shu`ara', 26: 81) 5) Khalid: Immortel Khalid signifie "immortalité, permanence, exis- tence ininterrompue" comme dans ce verset: Et Nous n'en avons pas fait des corps qui ne consommaient pas de nourriture. Et ils n'étaient pas éternels. (khalidina). (Sourate al- Anbiya', 21: 8) 6) Salaba: Crucifier Un autre terme utilisé dans le Coran pour décri- re la mort est salaba (crucifier). Ce verbe a en réalité des acceptions variées (pendre, crucifier, exécuter), voici quelques usages: ... Or, ils ne l'ont ni tué ni crucifié (wa maa salabouhou). (Sourate an-Nisa', 4: 157) (Joseph dit:) "… L'un de vous donnera du vin à boire à son maître; quant à l'autre, il sera cruci- fié (youslabou)." (Sourate Yusuf, 12: 41) … c'est qu'ils soient tués, ou crucifiés (yousal- labou). (Sourate al-Ma'ida, 5: 33) [Pharaon dit:] "Je vais vous couper la main et la jambe opposées, et puis, je vous crucifierai tous (la ousallibannakoum)." (Sourate al-A`raf, 7: 124)
  56. 56. Ainsi que le montrent tous ces versets, les termes utilisés pour décrire la situation de Jésus sont différents de ceux employés pour évoquer la mort des autres prophètes. Dieu affirme que Jésus ne fut ni tué ni crucifié, qu'un sosie lui fut substitué et fut exé- cuté à sa place, qu'il fut plongé dans une sorte de torpeur (en d'autres termes, son âme fut prise) et élevé auprès de Dieu. En évoquant Jésus, le Coran utilise le mot tawaffa (reprendre l'âme); quand il s'agit des autres prophètes, il emploie qatalouhou ou maata (et leurs dérivés) pour désigner la mort au sens usuel du terme. Ces éléments montrent une fois de plus que le cas de Jésus était exceptionnel.
  57. 57. JÉSUS REVIENDRA Contrairement à ce que dit la Bible, Jésus ne fut donc ni crucifié, ni victime des conspirations des Juifs et des Romains. Notre Seigneur réduisit à néant leurs plans en envoyant un sosie se faire crucifier à la place de Jésus afin d'élever ce dernier auprès de Lui. Les versions bibliques et coraniques de la destinée de Jésus divergent ainsi profondément. Mais elles ont tout de même quelques similitudes, notamment le fait qu'il fut élevé auprès de Dieu et qu'il reviendra avant le Jugement Dernier pour rétablir la religion authentique. Le Coran et les hadiths confirment cette idée. Nous allons en donner les preuves à présent. "... [Je vais] mettre jusqu'au Jour de la Résurrection, ceux qui te suivent au-dessus de ceux qui ne croient pas..." Le premier verset indiquant le retour de Jésus est le suivant: (Rappelle-toi) quand Dieu dit: "Ô Jésus, certes, Je vais mettre fin à ta vie terrestre, t'élever vers Moi, te débarrasser de ceux qui n'ont pas cru et mettre jus- qu'au Jour de la Résurrection, ceux qui te suivent au- dessus de ceux qui ne croient pas. Puis, c'est vers Moi que sera votre retour, et Je jugerai, entre vous, ce sur quoi vous vous opposiez. (Sourate Al `Imran, 3: 55) Dieu annonce qu'un groupe composé de vrais dis- ciples de Jésus dominera les mécréants jusqu'au Jour de la Résurrection. Or Jésus n'avait pas beaucoup de dis- ciples durant son séjour sur terre et après son ascension,
  58. 58. la religion qu'il avait prêchée connut de profondes alté- rations. Durant les deux siècles qui suivirent, ceux qui ont cru en Jésus furent victimes d'oppression car ils n'avaient aucun pouvoir politique. Aussi, on ne peut pas dire que les Chrétiens du début du Christianisme l'em- portèrent sur les mécréants dans le sens exprimé par le verset cité. De nos jours, le Christianisme s'est tellement éloigné de sa nature originelle qu'il n'a plus grand chose à voir avec la religion enseignée par Jésus. Les Chrétiens ont adopté depuis plusieurs siècles un dogme erroné selon lequel Jésus est le fils de Dieu (Dieu est bien au-dessus de ce qu'ils Lui imputent) et appartient à la trinité (à savoir le Père, le Fils et le Saint-Esprit). De ce fait, nous ne pou- vons considérer les Chrétiens actuels comme les vrais adeptes de Jésus. Dans le Coran, Dieu déclare plus d'une fois que ceux qui croient à la trinité sont en réalité des mécréants: Ce sont certes des mécréants, ceux qui disent: "En vérité, Dieu est le troisième de trois." Alors qu'il n'y a de divinité qu'une divinité unique. (Sourate al- Ma'ida, 5: 73) Dans ce cas, la phrase "... [Je vais] mettre jusqu'au Jour de la Résurrection, ceux qui te suivent au-dessus de ceux qui ne croient pas..." revêt une signification bien particulière: il y aura un groupe de disciples de Jésus qui existera jusqu'au Jour Dernier. Ce groupe fera son apparition après son retour et ceux qui le suivront à ce moment-là domineront les mécréants jusqu'au Jour Dernier. LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)70
  59. 59. "Il n'est certainement pas un seul parmi les gens du Livre à ne pas croire à lui avant sa mort…" Dans le Coran, on lit ceci: Il n'est certainement pas un seul parmi les gens du Livre à ne pas croire à lui avant sa mort et le Jour de la Résurrection il sera témoin contre eux. (Sourate an- Nisa', 4: 159) La phrase "Il n'est certainement pas un seul parmi les gens du Livre à ne pas croire à lui avant sa mort" mérite d'être examinée. En arabe, il est dit ceci: Wa-in min ahli al- kitaabi illaa la you'minanna bihi qabla mawtihi. Certains savants pensent que le pronom "lui" se réfè- re au Coran au lieu de Jésus, et comprennent donc que les gens du Livre croiront au Coran avant leur mort. Cependant il est incontestable que le même mot se rap- porte à Jésus dans les deux versets qui précèdent: Et à cause de leur parole: "Nous avons vraiment tué le Christ, Jésus, fils de Marie, le Messager de Dieu"... Or, ils ne l'ont ni tué ni crucifié; mais ce n'était qu'un faux semblant! Et ceux qui ont discuté sur son sujet sont vraiment dans l'incertitude: ils n'en ont aucune connaissance certaine, ils ne font que suivre des conjectures et ils ne l'ont certainement pas tué. (Sourate an-Nisa', 4: 157) Mais Dieu l'a élevé vers Lui. Et Dieu est Puissant et Sage. (Sourate an-Nisa', 4: 158) Le pronom "lui" qui est utilisé dans le verset qui suit immédiatement désigne nécessairement Jésus, il n'y a pas de raison valable d'émettre une autre hypothèse. Harun Yahya (Adnan Oktar) 71
  60. 60. Il n'est certainement pas un seul parmi les gens du Livre à ne pas croire à lui avant sa mort et le Jour de la Résurrection il sera témoin contre eux. (Sourate an- Nisa', 4: 159) L'expression "Et au Jour de la Résurrection, il sera témoin contre eux" est, elle aussi, importante. Le Coran révèle qu'en ce jour, la langue, les mains, les jambes (sou- rate an-Nur, 24: 24 et sourate Ya Sin, 36: 65), aussi bien que les yeux, les oreilles et la peau des hommes (sourate Fussilat, 41: 20-23), témoigneront contre eux. Aucun ver- set ne dit que le Coran leur servira de témoin lors de cet événement. Si la première partie du verset évoque le Coran, bien que rien dans la syntaxe ou le contexte ne le montre, le pronom "il" dans la seconde partie devrait aussi se référer au Coran. Pour pouvoir accepter ceci, il faudrait qu’il y ait un verset qui étaye explicitement cette thèse. Or l’éxégète Ibn Jouzayy ne mentionne pas la pos- siblité que le pronom "il" se rapporte au Coran et l’on sait que Ibn Jouzayy nous a transmis à travers son œuvre les interprétations de tous les grands éxégètes. Lorsque nous examinons les versets du Coran, nous constatons que quand ce pronom personnel désigne le Coran, on fait en général mention du Coran avant ou après ce verset spécifique comme c'est le cas de la sourate an- Naml, 27: 77 et de la sourate ash-Shu`ara', 26: 192-196. Si le Coran n'est pas explicitement mentionné avant, après ou dans le verset, il serait erroné de penser que ce pronom se réfère au Coran. Le verset, en réalité, évoque le fait de croi- re en Jésus et le fait qu'il sera un témoin pour les croyants. Il faut également se pencher sur l'interprétation de cet autre passage "avant sa mort". Certains pensent que ce ver- LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)72
  61. 61. set évoque les gens du Livre et le fait qu'ils croiront en Jésus avant leur propre mort. Selon cette interprétation, chacun des gens du Livre croira définitivement en Jésus avant de mourir. Mais à l'époque de Jésus, la plupart des Juifs (qui appartiennent pourtant aux gens du Livre), ont non seule- ment refusé de croire en lui, mais sont même allés jusqu'à conspirer contre lui. Ensuite, croyant l'avoir tué, ils ont per- sisté dans leur déni. De façon générale, cela vaut aussi pour les Juifs d'aujourd'hui qui ne reconnaissent pas Jésus comme prophète. De ce fait, des millions d'individus fai- sant partie des gens du Livre ont donc vécu et sont morts sans jamais croire en Jésus. Le verset, dès lors, ne parle pas de la mort de ces gens, mais bien de la mort de Jésus. Nous pouvons donc conclure que le verset signifie ceci: avant la mort de Jésus, les gens du Livre croiront en lui. Lorsque le verset est correctement interprété, plusieurs informations peuvent en être tirées. Tout d'abord, il est clair que ce verset se projette dans le futur, car il mention- ne la mort de Jésus. Comme expliqué précédemment, il n'est pas encore mort mais fut élevé auprès de Dieu. Jésus reviendra donc sur terre pour y vivre et y mourir comme tous les hommes. Ensuite, le verset dit que tous les gens du Livre croiront en lui. Il est évident que ce n'est pas encore le cas, donc l'expression "avant sa mort" concerne Jésus. Les gens du Livre le verront et le reconnaîtront et deviendront alors des Musulmans et authentiques disciples de Jésus. De son côté, il sera leur témoin le Jour Dernier. (Dieu sait mieux) Harun Yahya (Adnan Oktar) 73
  62. 62. "Il sera un signe au sujet de l'Heure..." Dans la sourate az-Zukhruf, Dieu nous informe du retour de Jésus et d'autres faits importants: Quand on cite l'exemple du fils de Marie [Jésus], ton peuple s'en détourne, en disant: "Nos dieux sont-ils meilleurs, ou bien lui?" Ce n'est que par polémique qu'ils te le citent comme exemple. Ce sont plutôt des gens chicaniers. Il n'était qu'un serviteur que Nous avions comblé de bienfaits et que Nous avions dési- gné en exemple aux Enfants d'Israël. Si Nous vou- lions, Nous ferions de vous des anges qui vous suc- céderaient sur la terre. (Sourate az-Zukhruf, 43: 57-60) Le verset suivant nous apprend que Jésus est l'un des signes qui annoncent le Jour du Jugement: Il [Jésus] sera un signe au sujet de l'Heure. N'en dou- tez point. Et suivez-moi: voilà un droit chemin. (Sourate az-Zukhruf, 43: 61) Ibn Jouzayy dit que le premier sens du verset est que le retour de Jésus est un signe ou une condition préalable à l’avènement de l’Heure. Nous pouvons sans crainte affirmer que ce retour fait allusion à son retour à la fin des temps, car il vécut six siècles avant la révélation cora- nique. On ne peut pas considérer sa première venue comme étant un signe du Jour du Jugement. Le verset dit que Jésus reviendra vers la fin des temps, ou plus exacte- ment dans la période qui précède le Jour du Jugement. Dans ce contexte, son retour est bien un signe de l'événe- ment imminent de l'Heure. (Dieu sait mieux.) En arabe, la phrase "Il sera un signe au sujet de l'Heure" se dit Innahou la `ilmoun li as-saa`ati. LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)74
  63. 63. Certains pensent que le pronom hou (il) dans ce ver- set désigne le Coran. Mais comme nous l'avons déjà vu, si c'était le cas nous constaterions la présence d'autres termes qui expliciteraient l'allusion au Coran, avant ou après le pronom. Celui-ci ne peut donc désigner le Coran quand le sujet est complètement différent. De plus, dans le verset précédent, le pronom hou désigne clairement Jésus: Il [Jésus] n'était qu'un serviteur que Nous avions comblé de bienfaits et que Nous avions désigné en exemple aux Enfants d'Israël. (Sourate az-Zukhruf, 43: 59) Ceux qui disent que le pronom hou se rapporte au Coran s'appuient sur l'expression "N'en doutez point. Et suivez-moi," qui se trouve dans la suite du verset. Mais puisque le verset précédent concerne uniquement Jésus, il est plus juste que le pronom hou se rapporte à lui ici aussi comme dans les autres versets. Les grands savants abon- dent en ce sens et se réfèrent pour cela à d'autres versets et à des hadiths. Dans son exégèse, Elmalili Mohammad Hamdi Yazir écrit: Nul doute qu'il [Jésus] soit un signe de l'Heure, qui annoncera l'arrivée de l'Heure, la résurrection des morts, car le miracle que constitue le retour de Jésus et sa faculté à réveiller les morts, associés à son annonce de la résurrection prouvent la réalité du Jour du Jugement. Selon les hadiths, son retour est un des signes de la fin des temps qui précède de peu le Jour Dernier.6 Harun Yahya (Adnan Oktar) 75
  64. 64. "Et (Dieu) lui enseignera le Livre, la sagesse, la Thora et l'Évangile." Voici d'autres versets annonçant le retour de Jésus: Et lorsque les anges dirent: "Ô Marie! Dieu t'annonce la bonne nouvelle de la prochaine venue d'une paro- le de Lui: son nom est le Messie, Jésus fils de Marie, notable dans ce monde et dans l'autre et parmi les rapprochés." Il parle aux gens au berceau et adulte et il fait partie des vertueux. Elle dit: "Seigneur! Comment se peut-il que j'aie un enfant alors qu'au- cun être humain ne m'a jamais touchée?" Il dit: "C'est ainsi. Dieu crée ce qu'Il veut. Quand Il décide d'une chose, il lui suffit de lui dire 'sois' pour qu'elle se réa- lise. Il lui enseignera le Livre, la sagesse, la Thora et l' Évangile. (Sourate Al `Imran, 3: 45-48) Ce verset révèle que Dieu enseignera à Jésus le Livre, la Thora et l'Évangile. Il est particulièrement important de savoir ce que l'on entend ici par "Livre". Le même terme apparaît dans le verset suivant: Lorsque Dieu dit: "Ô Jésus fils de Marie, rappelle-toi Mon bienfait pour toi et pour ta mère quand, t'ayant soutenu par le Saint-Esprit, tu parlais aux gens au ber- ceau et adulte, quand Je t'ai appris le Livre, la sagesse, la Thora et l'Évangile!..." (Sourate al-Ma'ida, 5: 110) Quand nous étudions l'emploi du mot "Livre", nous constatons que dans les deux cas il désigne le Coran. Le verset dit donc qu'après la Thora et l'Évangile, le Coran est le livre divin ultime. Il y a encore un autre verset où le mot "Livre" est utilisé pour désigner le Coran, après la mention de la Thora et de l'Évangile: LE PROPHÈTE JÉSUS (PSL)76

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