Fresque un artEXPOSITION 0117 et 18 mars 2012Orgeval
17 mars / 18 mars                                             2012   Fresque un art                                       ...
09Novembre 2009                        Interprétation                        moderne                        de la fresqueP...
09Novembre 2009                             Question                             de styleLignes et aplats I           Naît...
22Novembre 2009                       Quelques                       repèresTechnique              La fresque est une tech...
Fresque12Décembre 2009                        contemporaine                        ou objet mural ?In situ                ...
Comment18Janvier 2010                               habiller un fond ?                               C’est quoi au juste, ...
La peinture31Janvier 2010                                 murale                                 pour support             ...
09mars 2010                                    Renoncer à                                    l’original pour              ...
11Avril 2010                                     Au fondement                                     était la ligneLignes et ...
19Juillet 2010                                    Fresque                                    mainstream                   ...
De l’art15Décembre 2010                       du portrait                             e                       au 16 siècle...
04                                    Demander « aux sculpteurs                                      de peindre des plafon...
Faites28Février 2011                                 le mur !                                 Le graffiti serait-il le repré...
Tribute25Juillet 2011                                     to Bronzino                                     La « jeune fille ...
13Septembre 2011                            Egon Schiele aurait-il                            peint de la même manière    ...
10Octobre 2011                              Czech                              architectural                              ...
13Novembre 2011                          Pourquoi Michel Ange                          n’a-t-il jamais achevé             ...
27Novembre 2011                                     Mademoiselle                                     GravillonLe deuxième ...
Fresquemoderne mhmaudoux catalogue exposition 01
Prochain SlideShare
Chargement dans…5
×

Fresquemoderne mhmaudoux catalogue exposition 01

639 vues

Publié le

Fresque un art
Catalogue
EXPOSITION 01
17 et 18 mars 2012

Publié dans : Design
0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
639
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
13
Actions
Partages
0
Téléchargements
0
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Fresquemoderne mhmaudoux catalogue exposition 01

  1. 1. Fresque un artEXPOSITION 0117 et 18 mars 2012Orgeval
  2. 2. 17 mars / 18 mars 2012 Fresque un art Exposition organisée dans le cadre du « Parcours des artistes » d’Orgeval. Fresques : Minh Hanh Maudoux Catalogue : Minh Hanh Maudoux Impression 10 exemplaires : Multirepro Tous les textes sont tirés du blog www.fresquemoderne.wordpress.com Informations vente et contact : fresquemoderne@hotmail.fr2 3
  3. 3. 09Novembre 2009 Interprétation moderne de la fresquePortraits ancienne Fresque moderne ou pourquoi la peinture murale petit format ? Tout artiste qui débute va se poser logiquement 3 questions : - sur quel support travailler ; - sur quel format ; - et enfin quel style d’expression adopter ? J’ai été introduite à la technique de la fresque par hasard, lors d’une formation à Florence en août 2008. « Art mort » par excellence, il n’a cessé de péricliter jusqu’à nos jours, les matériaux modernes et notre style de vie rendant difficile son application. Cependant, tout comme il faut attendre que le mortier (ou intonaco) soit dans son état « innamorato » pour peindre, je pense que l’on peut tomber également « amoureux » d’un support et qu’il serait dommage de ne pas trouver des moyens de l’adapter à nos contraintes actuelles. C’est la raison pour laquelle, je propose désormais un travail dans le respect de la tradition italienne telle que décrite au e 15 siècle mais avec un format qui reste tout à fait compatibleAutoportrait II, 2009 avec nos intérieurs … d’où des œuvres qui ne pèsent pas27*37 cm plus de 5 kg en moyenne.référence 09-024
  4. 4. 09Novembre 2009 Question de styleLignes et aplats I Naît-on avec un style ? Assurément, léducation, lexpérience, la personnalité sont des composantes qui entrent en ligne de compte. Pour ma part, jai opté pour un mode de représenta- tion spécifique à la technique de la peinture murale a fresco. L’exemple de ce portrait revisité d’Egon Schiele, montre un travail de la ligne et des aplats, qui correspond en fait, à la mise en valeur d’une étape essentielle de cette technique : celle du report du dessin à la sinopia (pigment ocre rouge) à l’aide d’un calque sur lintonaco. Il sagit de relier les points laissés au travers du calque pour retrouver les grandes lignes du dessin dorigine. L’utilisation d’aplats de couleurs, quant à elle, permet d’exploiter la propriété couvrante de la carbonatation (réaction chimique de la chaux et du sable au contact de l’air, qui permet la fixation de la couleur à la surface) et qui a pour résultat la formation de la fine couche de « craie » colorée si caractéristique de la fresque. De cette expérimentation, est né ce que jappellerais le « style de la fresque moderne », forme de représentation adaptée à mon passé de formation classique, à mon expérience graphique et au support choisi.Schiele, 2008d’après photo(Anton Joseph Trcka, 1914)30*40 cmréférence 08-016
  5. 5. 22Novembre 2009 Quelques repèresTechnique La fresque est une technique particulière de peinture murale dont la réalisation s’opère, avant qu’il ne soit sec, sur un enduit appelé intonaco. Le terme vient de l’italien « a fresco » qui signifie « dans le frais » . Le fait de peindre sur un enduit qui n’a pas encore séché permet aux pigments de pénétrer dans la masse, et donc aux couleurs de durer plus longtemps qu’une simple pein- ture en surface sur un substrat. Son exécution nécessite une grande dextérité, et se fait très rapidement, entre la pose de l’enduit et son séchage complet : c’est-à-dire en quelques heures (maximum 5, pour une fresque de format 32*46 cm).David Giton, 2009d’après photo(René de Giton,1945)30*30 cmréférence 09-048
  6. 6. Fresque12Décembre 2009 contemporaine ou objet mural ?In situ Même s’il s’agit de l’intégrer dans un décor moderne, la fresque daujourdhui doit conserver quelque chose dancien. Elle doit raconter une histoire. Pourquoi ? Parce quil serait ridicule de faire de labstrait. Cela reviendrait à donner un effet à un mur, soit à effectuer le travail dun peintre en bâtiment. Parce quil serait ridicule de se cantonner à des motifs, sur du petit format, cela reviendrait à recréer le carrelage. Enfin, parce que la modernité ne doit pas être synonyme de vide intersidéral. Bien au contraire, comme le dit Jeff Jarvis dans sa « méthode Google », la simplicité, cest la complexité bien pensée. Lart de la fresque ne doit pas être dépouillé de son essence. Le mur doit être peint, et non « lavé » timidement. Ce nest pas la transparence du mur qui nous intéresse - on na pas besoin de « sentir » le béton pour savoir quil existe - mais létrange pouvoir de captation de la lumière des pigments : celle du soleil en particulier. Lensemble des formes colorées qui compose la composition murale est donc mis en valeur par cette propriété unique.De Staël, 2009d’après photo(Denise Colomb, 1954) Il faut voir une fresque moderne installée dans son intérieur.27*37 cm Il faut trouver sa place à lobjet mural. Tout comme uneréférence 09-05 plante, il pourra sépanouir ou mourir, briller de mille feux ou séteindre.10
  7. 7. Comment18Janvier 2010 habiller un fond ? C’est quoi au juste, la fresque moderne ? Traiter de sujets d’aujourd’hui, dans des décors d’aujourd’hui ? Faire de la copie de l’ancien (en attendant d’avoir quelque chose à dire)Inspirations et rendre « actuel » le contexte ? Les peintres italiens du 16e siècle privilégiaient la gaieté des décors bucoliques : jardinets, oiseaux, feuillages, fruits et tentures… dans leur monde, le verre est à moitié plein, il fait beau et les personnages étalent leurs postures lascives, opulentes et bien heureuses sur toute la surface du tableau. Un siècle plus tard, la peinture flamande rappelait qu’il y a des endroits du monde où c’est moins drôle, que dans la journée on ne peut pas toujours se balader tout nu en chantant avec des anges. Par conséquent, puisqu’il faut rappeler la triste condition de l’homme, les artistes se concentrèrent sur la représentation détaillée des intérieurs (souvent crades), de la campagne (souvent triste, nostalgique) et sur la retranscription de la lumière particulière qui règne aux Pays Bas. En 2010, l’inspiration minimaliste des designers modernes, « Le presque rien qui fait tout », « Le beau pas cher mais utile », impliquerait la conception d’une scène à fond vide. Suivant la même logique, la mise en lumière de l’intrique devrait-elle alors passer par un éclairage LED basse consommation à haute qualité environnementale ? Puisqu’il s’agit du sujet et de rien d’autre, exit la symboliqueL’enfant prodigue, 2010 (trop compliquée à expliquer par SMS) et les objets de décod’après une peinture flamande30*30 cm intérieure (on a tous les mêmes achetés chez But). De l’utileréférence 10-01 donc, mais comment le joindre à l’agréable ? C’est le nœud que nous tentons de résoudre avec cet enfant prodigue, qui profite, lui, bien de la vie.12
  8. 8. La peinture31Janvier 2010 murale pour support Une question fréquente qui ma été posée: « Mais pourquoiFAQ la peinture murale, pourquoi avoir choisi cette technique, qui est si compliquée ? » 1/ La réponse du philosophe J’ ai assisté dernièrement à une intervention de Michel Serres. A la question du maintien des traditions dans nos modes de vie désormais bouleversés par l’arrivée des nouvelles technologies, il répondit que chaque génération relisait à sa façon une histoire donnée : la portée que l’on donne donc aux événements du passé est fonction des connaissances scientifiques et technologiques disponibles. La fresque moderne, c’est bien l’interprétation d’une technique du 15e siècle selon une conception du monde du 21e. 2/ La réponse du consultant en réduction de coûts L’optimisation temps de travail / coût des matières premières / qualité du résultat final était déjà à la mode au 15e. La fresque murale allie en effet tous ces avantages. Certains allaient même jusqu’à commander des œuvres en bichromie. Efficace, car pour si peu de moyens déployés, le rendu était inégalable. 3/ La réponse du publicitaire Un des directeurs artistiques avec qui je travaillais résumait le concept de modernité ainsi : sobriété, dépouillement, fond blanc, afin de mettre en valeur la force graphique desMadone à l’écran d’osier, 2010 objets représentés. La modernité des peintures murales qued’après une peinture flamande30*30 cm je produis nest ni dans le sujet choisi, ni dans le choix duréférence 10-02 support... mais dans la production d’un objet de design à part entière, destiné à trouver sa place dans nos intérieurs et nos décorations modernes.14
  9. 9. 09mars 2010 Renoncer à l’original pour se concentrerSujet mural sur l’originel Crise économique, chômage, précarité... Je fais partie « dune période faible, soûlée de télévision, dargent et de performances où le métier dartiste est très prisé ». Obsédée par son existence médiatique, qu’a la jeunesse d’aujourd’hui à raconter ou à montrer ? Gérard Garouste, dans son autoportrait défend une autre théorie : « On ne peut peindre que si l’on va bien. (…) le lien légendaire entre la folie et l’art s’est trop souvent changé en un raccourci romantique. Le délire ne déclenche pas la peinture, et l’inverse n’est pas plus vrai ». La question du sujet est en effet secondaire. C’est dans la manière de le mettre en scène que tout va se jouer. Prenons le cas de La jupe blanche de Balthus. Que voyons- nous ? Une jeune fille blonde assise sur une chaise. Cest un sujet classique. Concentrés sur notre fresque murale, que copions-nous ? Une jeune fille blonde, au chemisier ou- vert, aux jambes interminables, à la tête légèrement inclinée qui lui donne un air franchement indécent. « J’aime l’idéeLa jupe blanche, 2010 qu’on représente une chose et qu’on en raconte une autre »,d’après l’œuvre de Balthus (1937) écrit encore Garouste.30*30 cmréférence 10-03 Dans ce contexte, qu’il s’agisse d’art de la fresque ou de toute autre forme d’expression, la gestation dans la souffrance et la névrose sont en effet, tout à fait inutiles.16
  10. 10. 11Avril 2010 Au fondement était la ligneLignes et aplats II Déstabiliser toutes nos certitudes, « nos positions dans lexistence » afin de lâcher prise, de retrouver un état apte à la création, tel aurait été lhéritage de Socrate. François Roustang écrit « une thérapie réussie est une thérapie dans laquelle le patient devient lartiste de sa propre existence », et apprend à remplacer le narcissisme du « je » par le « jeu » avec soi et le monde. Puisquil est si difficile dappliquer cet adage à la vie réelle, pourquoi ne pas en faire profiter son art ? Chacune de mes lignes est une synthèse : travail de nu, travail à lencre, travail typographique... entièrement modelée par les enseignements reçus et l’environnement. Et pourtant, malgré le poids de leur histoire, ces lignes sont spontanées. Il en va de même pour le choix des couleurs, je ny réfléchis à vrai dire, que très peu. « Je ne sais pas ce que je fais et pourtant je le fais ». La rapidité dexécution exigée par la technique de la fresque est un garde fou contre une oeuvre qui se révélerait trop calculée, trop réfléchie... Le secret est dans la mesure :Sainte famille, 2010 cest le cas pour cette famille sainte, douce inspiration rosed’après l’œuvre du Caravage (1571) et bleue tirée du Caravage.30*30 cmréférence 10-0418
  11. 11. 19Juillet 2010 Fresque mainstream La fresque moderne pourrait être « le symbole de la contre-cul- ture, de l’indépendance et du cool, au cœur même de laA vendre machine à fabriquer du mainstream » (Mainstream de Frédéric Martel, p.145). Et si la fresque moderne devenait mainstream ? A la question « Ton week end c’était comment ? » on pourrait répondre (sans passer pour un intello élitiste et passéiste) : « J’ai fait de la fresque, c’est une expérience tellement hip et trendy, c’est véritablement trop cooOOOOOLLLL » ; ou : « J’ai acheté une fresque portative pour mon salon, c’est design, pratique, lavable à l’eau, ça se conserve des années…et avec la lumière, les couleurs elles changent aussi, c’est trop interactif, c’est trop moi ». La fresque moderne, bientôt aussi tendance que d’aller se « taper » l’exposition Picasso au Grand Palais à 1h ou 2h du mat (« Le » nouveau concept pour éviter la foule) ? Mais est-ce qu’on peut tout rendre mainstream ? Tout est question de marketing. Prenons un sujet improbable : Balthus. Version pas mainstream : « Balthus, homme apparemment obsédé par les figures de jeunes filles nubiles, représentées dans des attitudes provocantes et dont la récurrence dans l’œuvre, semblant exprimer un souci personnel de stimulationLa famille MC, 2010 érotique… » (Balthus, sous la direction de Jean Clair, p.117).d’après l’œuvre de Balthus (1935) Version mainstream : Balthus, c’est du porno chic en 4*3 m.27*37 cmréférence 10-05 A vendre, copie moins chère que l’original. La famille Mourron-Cassandre, une version mainstream de l’original ?20
  12. 12. De l’art15Décembre 2010 du portrait e au 16 siècleBas les masques « La douceur des mœurs et la convenance des manières et des paroles sont plus utiles que les vertus proprement dites quand on est en société, parce que les vertus se mettent rarement en œuvre » (penseur florentin, autour de 1545 dans Bronzino de Maurice Brock, p.66). Certains se demanderont pourquoi je prends toujours des références aussi anciennes pour évoquer des concepts aussi actuels : les anciens n’avaient en effet, pas une manière si différente de la nôtre de briller sous les projecteurs. Ils transformaient leur image, se représentaient avec des « masques » de bienséance… les portraits de l’époque relevaient plutôt d’un manège amoureux qui ne devait pas grand-chose aux vertus ou à l’intériorité. Heureusement qu’ils n’avaient pas le son ! On se serait retrouvé devant une de nos bonnes émissions de télé-réalité préférées. Est-ce que, comme on le pensait au 16e siècle, les peintres (ne peuvent) qu’imiter principalement l’extérieur, à savoir les corps et l’allure des choses ; aux poètes l’intérieur, à savoir les concepts et les passions de l’âme ? Je répondrais : plutôt faux. On oublie les passions de l’âme du peintre. Un de mes professeurs de nu aux Beaux ArtsMadame Vasari, 2010 m’avait dit « On peint comme on est ».d’après reproduction32*46 cm Cette Madame Vasari, inspirée de la vraie Madame Vasari,référence 10-07 peinte sur un des murs de sa maison d’Arezzo par son mari, est-ce vraiment Madame Vasari ou une image travestie de moi-même ?22
  13. 13. 04 Demander « aux sculpteurs de peindre des plafonds, et pourquoi pas, frotter desJanvier 2011 parquets ? »Tourismeà la chapelle Lorsque Michel-Ange fut mandaté par le Pape Jules II pourSixtine travailler à la rénovation du plafond de la chapelle Sixtine, il pensait torcher le boulot en 6 ou 7 mois, pour revenir à des occupations « plus nobles ». Mais les travaux durèrent jusqu’en 1512, c’est-à-dire 4 ans. Un passage de Michel-Ange face aux murs d’Armand Farrachi, décrit les difficultés de la technique de la fresque, même au temps des grands maîtres. « Les cartons, tracés par lui-même (Michel-Ange) à la sanguine ou au fusain sur de grandes feuilles, étaient fixés au mur, puis on procédait au décalque en les tamponnant avec une ponce ou en versant de la poudre de charbon par de petits trous percés sur le carton pour y laisser un pointillé à relier ensuite au pinceau. (…) La surface à peindre dans la journée devait au préalable avoir été fraîchement enduite pour que les couleurs se fixent en séchant avec leur support, ce qui interdisait toute retouche, sinon en détruisant et en recommençant. Des garçons préparaient les couleurs en broyant les pigments (…) D’un seau à l’autre, l’homogénéité des couleurs se perdait, et si l’on découvrait le lendemain qu’elles s’étaient nuancées en séchant, tout était à recommencer. La prise du mortier variait selon la températureSculpture du jardin de Boboli, 2011 et l’humidité, obligeant parfois à travailler plus vite ou plusd’après étude sur place32*46 longtemps, ou à tout reprendre si la surface avait séché. Onréférence 11-01 défaisait parfois plus qu’on avait fait, la fresque, au lieu d’avancer, reculait et se trouvait le lendemain moins étendue que la veille, ce qui décourageait. »24
  14. 14. Faites28Février 2011 le mur ! Le graffiti serait-il le représentant actuel de l’art mural moderne ? Art de la rue certes, mais également de la référence : poétique, revendicatif, personnel ou tout simplement gratuit, le graffiti ne saurait être appréhendé hors contexte.Gentleman Un certain dénommé Banksy, graphiste de rue britannique,graffeur défraie la chronique depuis quelques mois. Décryptons ensemble les méthodes de ce people en pleine ascension. 1. Il fait des choses illégales. Si toi aussi tu veux devenir un artiste en vogue, n’hésite pas à sortir des sentiers battus, à critiquer les fondements de notre société et à t’exprimer partout (bâtiments publics, murs, rues très fréquentées...) surtout si c’est interdit. En bref, sois impertinent afin d’augmenter ta cote créative. 2. Il entretient le mystère et vit caché. Quoiqu’il arrive, apparais toujours masqué. Pour booster ta notoriété, communique sans communiquer et prends exemple sur lui, qui a produit un film (Faites le mur !, 2010) sur un mec improbable qui l’aurait rencontré et qui donc, parle de lui. 3. Il est riche et fait le bien autour de lui. Son Save or Delete Jungle Book (campagne Greenpeace, 2001) s’est vendu à 78 000 £ à la Bonham’s urban sale en janvier 2011. Il a récemment essayé de sortir de prison 2 artistes russes grâce aux bénéfices de la vente d’une de ses œuvres (Collectif Voïna, décembre 2010). Et la fresque dans tout cela ? « On distingue généralementLa Sybille de Lybie, 2011 le graffiti de la fresque par le statut illégal, ou en tout casd’après l’œuvre de Michel-Ange clandestin, de linscription.», dixit Wikipédia.(1506-1512)32*46 cm La fresque est la forme longue du graffiti. Alors que ce dernierréférence 11-02 prend quelques minutes à mettre en scène, prévoir quelques heures pour la fresque moderne !26
  15. 15. Tribute25Juillet 2011 to Bronzino La « jeune fille à la fenêtre » est une composition directement inspirée de l’œuvre de Bronzino. Revenons sur les méthodes artistiques du peintre.Le fond Privilégier le « Comment » sur le « Quoi »et la forme En bon florentin du 16e siècle, Bronzino pratique l’art de la référence, qui consiste à partir d’éléments existants et à leur faire subir de légères modifications de manière à en transformer l’effet final. Il en résulte que le spectateur, pour pouvoir comprendre l’allusion, doit être aussi un initié. Ainsi, loin de tendre à rester fidèle à la nature, l’art de Bronzino consiste prioritairement à imiter l’art. Peinture contre sculpture, l’éternelle lutte des classes Au jeu de celle qui l’emportera par une plus haute noblesse de statut, Bronzino justifie sa préférence pour la peinture en usant de 3 artifices : la ligne, la complémentarité des points de vue, la couleur. Aussi traite-t-il de façon linéaire toutes les limites, qu’il s’agisse des contours extérieurs des objets ou de leurs formes intérieures. Il pallie à l’impossibilité dePassages tirés de l’ouvrage «tourner » autour du sujet (comme on le ferait avec unede Maurice Brock, Bronzino, sculpture) soit en étalant les corps dans la surface, soit enEditions du Regard, 2002. représentant plusieurs personnages dont les morphologies se « répondent », de manière à les faire se combiner en un seul et même corps, vu de face et de dos. Enfin, l’impact d’une lumière réelle sur une sculpture ne produira jamais les changements de teinte que BronzinoJeune fille à la fenêtre, 2011 multiplie dans les plissés des vêtements de ses personnages.d’après l’œuvre de Bronzino (1538)32*46 cm Plus jeune, je croyais que le fond primait sur la manière deréférence 11-03 faire. Aujourd’hui je défendrais plutôt la thèse de Bronzino selon laquelle le « beau »serait à chercher dans l’art, plus que dans la nature.28
  16. 16. 13Septembre 2011 Egon Schiele aurait-il peint de la même manière s’il était né 60 ans plus tard ?Retouraux sources Au début du 20e siècle, Egon Schiele, formé aux arts décoratifs, avait pour contemporains Munch, Klimt, Gauguin, Rodin… tous ont contribué à l’élaboration de son style. L’expressionnisme autrichien : « Avec la notion de creuser sous la peau au sens vrai du mot, c’est-à-dire mettre à nu les muscles et les nerfs et tenter avec des preuves cliniques d’atteindre une expression similaire pour les états spirituels » (Egon Schiele, Erwin Mitsch, Phaidon, p.19), telle était la manière de représentation « à la mode » plébiscitée en son temps. Il est bien possible, que né un demi-siècle plus tard, le talent de Schiele se soit exprimé autrement. Alors que signifie « trouver son style » ? Cela ne veut rien dire, ce dernier étant par définition, lié à l’histoire de l’auteur et à son époque : il est donc amené à varier tout au long de sa vie. Au final, il existe deux choses. La manière de faire (le style) et l’interprétation. En effet, à procédé similaire, résultat souvent différent. Nous n’avons pas tous, ni la même appréhension de la problématique à résoudre ni la même sensibilité aux sujets abordés.Jeune fille au ruban, 2011d’après étude sur place Je conclurais en disant que Schiele aussi a représenté sa30*30 cm « Sainte famille » et que les sujets varient peu, contraire-référence 11-05 ment à leurs interprétations, qui se comptent par milliers.30
  17. 17. 10Octobre 2011 Czech architectural cubismCuisine tchèque Si vous avez l’opportunité de vous arrêter pour quelques jours à Prague, une fois le pont Charles franchi et gavé de Goulash local, ne manquez pas la visite de la Black Madonna House et de sa galerie, véritables témoignages du cubisme tchèque. Né et mort à Prague (1911-1920), ce courant architectural, redécouvert en 1960, fut directement inspiré du cubisme français incarné à cette période par Pablo Picasso. Il prit sa source en la personne de Pavel Janák, un artiste fortement lié à la communauté parisienne, qui le premier en développa les principes au travers de la publication d’un essai : The Prism and the Pyramid et la création d’un groupe de pensée, the Group of Fine artists. Il fut ainsi rejoint par des personnalités telles que Otto Gutefreund (sculpteur) Josef Gočár (peintre, également concepteur de la Black Madonna House), Vlastislav Hofman (architecte)… qui s’attachèrent à appliquer les figures de style de ce cubisme particulier en peinture, architecture, design d’intérieur, objets d’arts et ameublement… A la recherche des motifs géométriques de la pyramide, du polygone ou encore de la facette du cristal, vous vousJeune fille dans l’eau, 2011d’après étude sur place apercevrez que Prague regorge de petites merveilles cubistes :32*46 cm façades, lampadaires, garde corps ou encore cages d’escaliers.référence 11-06 La Jeune fille dans l’eau présentée aujourd’hui, cache aussi son secret cubiste… à vous de le découvrir.32
  18. 18. 13Novembre 2011 Pourquoi Michel Ange n’a-t-il jamais achevé les Esclaves ? Michel Ange n’a jamais achevé les Esclaves. Etonnant enPhilosophie 1513 mais curieusement précurseur vu de notre époque.esthétique Alors, paresseux Michel Ange ou tout simplement génial ? Le projet de Michel Ange pour le tombeau de Jules II était destiné à être érigé au centre de la basilique Saint-Pierre de Rome. Initialement le tombeau était conçu pour représenter l’ascension progressive de la Terre vers le Ciel, avec à sa base, les fameux Esclaves du sculpteur. De nombreuses hypothèses ont été faites. Les unes sont liées au courant néoplatonicien qui avait cours au quattrocento et décrivent des âmes tour- mentées par leurs incarcérations corporelles qui s’efforcent de s’arracher au corps mortel (la matière). Les autres, se réfèrent à la religion en évoquant des Esclaves en résurrection vers la vie éternelle. Michel Ange partageait ainsi avec son temps un certain culte de l’Antiquité, dans lequel, « Le corps humain dans son état présent est une œuvre inachevée, dépravée et qui ne réalise pas encore la forme qui la fera paraître en acte, et de toute éternité : la création de l’homme, abîmée par le premier péché, ne sera restaurée qu’avec la fin des temps. L’homme est ainsi l’esclave d’un corps grossier qui ne redeviendra lui-même, cest-à-dire corps glorieux, qu’avec sa transfiguration dans la vie éternelle ».Ange déchu, 2011 Les Esclaves de Michel-Ange sont l’image d’une force spirituelled’après étude sur place32*46 cm qui s’arrache à la matière, travaillée par le désir de l’éternité.référence 11-07 C’est ce à quoi nous a fait penser cet ange, inspiré d’une étude pour sculpture du Bernin, tout de paille, fils de fer et terre séchée vêtu…34
  19. 19. 27Novembre 2011 Mademoiselle GravillonLe deuxième sexe Qui peut bien être Mademoiselle Gravillon ? Et d’ailleurs comment se fait-il qu’à 70 ans passés Mademoiselle Gravillon s’appelle toujours Mademoiselle ? Portrait par Diane Airbus. (Extrait du texte Mae West : Once Upon Our Time, janvier 1965, Diane Airbus Magazine Work). « Je n’ai jamais été capable de dormir avec quelqu’un. J’ai besoin d’un lit double entier afin de m’allonger au milieu et d’étendre mes bras des deux côtés, sans être dérangée. Le sexe ? C’est une sorte d’émotion fluctuante. L’amour est ce que vous en faites et avec qui vous le faites. Les hommes : je veux pouvoir les absorber tous. On m’a demandé une fois, quels seraient les dix hommes que j’aimerais rencontrer et fréquenter. Pourquoi seulement dix ? Pourquoi pas cent ? Ni un millier ? Pas tous en même temps, ça c’est sûr. Mais toutes les possibilités qui en découlent titillent mon ima- gination. Je me rappelle toujours leurs visages. Leurs noms, au contraire, ne m’ont jamais paru importants. Il y a un homme pour chacune de mes humeurs… Tous les hommes ne sont pas préparés ou formés à l’amour. Deux femmes uniquement ont leur importance :Mademoiselle Gravillon, 2011 la première, c’est leur mère, la seconde, leur maîtresse.d’après photo (Diane Airbus, 1965) J’ai trouvé des hommes qui ne savaient pas comment embrasser.32*46 cmréférence 11-08 J’ai toujours pris le temps de le leur apprendre...» Mademoiselle Gravillon36

×