Le paradoxe
                                des logiciels libres
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D’autres facteurs venaient enrichir l’in-       toujours positives :                            pire encore, « errer » dan...
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  1. 1. Le paradoxe des logiciels libres Par Jean-Marc GOETZ L Bientôt dix ans que dans notre activité de conseil, nous croisons le e terrain était favorable, les logi- monde des logiciels libres. Il a d’abord fallu se rendre à l’évidence, notre ciels libres avec la suite LAMP ve- monde du système d’information était, semble-t-il, rempli de logiciels naient de faire leurs preuves dans le monde impitoyable des architectures « pas libres », ou bien était-ce les pilotes du SI qui ne l’étaient pas, ou de base et avec des benchmarks très per- qui ne l’étaient plus ? Bref, une nouvelle génération de solutions venait formants, cette suite a été rapidement ac- sauver le monde d’une menace polymorphe qui pouvait prendre la forme compagnée par de nombreux composants d’un grand éditeur de logiciel ou la forme de prestataires de services et notamment des serveurs d’application, trop gourmands… des solutions de communication synchro- nes et asynchrones et, plus récemment, par une suite bureautique et un navigateur. La communauté gravitant autour de ces composants fonctionnait à plein régime pour fournir les dernières versions et évo- lutions, les SS2L poussaient un peu par- tout... Des critères de choix portant le plus souvent sur le prix d’acquisi- tion Dans ce paysage somme toute encoura- geant, nous avons accompagné nos clients dans le choix de solutions logicielles et inscrit les solutions basées sur du logiciel libre dans le panorama des solutions possi- bles. Contrairement à certaines idées reçues, notre premier client à avoir franchi le Rubicon du logiciel libre était un acteur de la sphère privée, opérateur de commu- nication. Initialement, le problème était de se doter d’une nouvelle plateforme logicielle et matérielle mutualisée pour le développement et l’hébergement de ses sites intranet et extranet. Face aux éditeurs spécialisés de gestion de portails et de contenus Web, une SS2L proposait une suite LAMP étendue avec un coût d’acquisition nul et un coût d’ingénierie comparable au coût de paramétrage des progiciels…. D’autres DSI se retournaient vers nous suite à un rendez-vous animé avec leur éditeur de logiciels, avec comme principal sujet de discussion : « les prix des licences, de la maintenance et de ses évolutions ». •145 44
  2. 2. D’autres facteurs venaient enrichir l’in- toujours positives : pire encore, « errer » dans le système sous térêt pour les logiciels libres, notamment : 1) Peut-être avec des choix de composants différentes versions et sans maintenance. P l’impossibilité de prévoir, avec préci- logiciels différents, non encore disponi- P L’acquisition d’une solution libre peut sion, le nombre de licences logicielles bles ou pas assez matures au moment de la générer assez rapidement des coûts signi- requises; par exemple, dans le cadre d’une décision ; mieux packagés, plus facilement ficatifs de personnalisation, de support et campagne de création de sites internet ou intégrables dans le système d’information. d’accompagnement qui rappellent ceux bien dans le cadre d’une production de 2) Peut-être également avec des choix pratiqués par les logiciels propriétaires. bases documentaires, différents de partenaires : Nos récentes évaluations dans le domaine P la volonté de se positionner comme • en mesure d’intervenir sur un périmètre des solutions de workflow et de BPM vont intermédiaire, en proposant un modèle plus large de technologies, pas exclu- dans ce sens : l’ingénierie à mettre en communautaire pour la mise à disposi- sivement dédiés aux seules solutions place pour personnaliser une solution libre tion de composants logiciels, auprès, par logicielles libres, spécialisée dans le BPM génère un TCO exemple, de collectivités locales, • moins profilés « start-up » et plus en supérieur à celui d’un progiciel. P les fonctionnalités offertes plutôt dispo- mesure de proposer une démarche quasi- P Des pans entiers du système d’informa- nibles dans le monde des logiciels libres industrielle de réalisation de projets. tion restent pas ou peu abordés, notamment (voix sur IP). Bref, ils resteraient fidèles au monde du ceux très rapprochés des applications logiciel libre, certainement avec un peu métiers (nous pensons, par exemple, La SS2L : un acteur déterminant moins d’esprit pionnier et un peu plus aux ERP, aux progiciels de gestion des d’exigence dans la qualification des parte- Ressources Humaines) ou ceux associés à Outre la capacité d’installer la solution, naires et la réalisation de projets. des dispositifs matériels spécialisés (nous la SS2L a été un acteur déterminant pour pensons par exemple à la gestion électro- la suite des opérations et notamment pour Une certaine résistance nique de documents avec ses dispositifs de l’ingénierie et l’intégration requises, la aux logiciels libres numérisation) personnalisation de la solution logicielle. Le transfert de compétences a souvent été Même si cela s’avère de moins en moins Un panorama des solutions un sujet délicat qui s’est parfois conclu par vrai pour les fondations et les architectures parfois déroutant l’internalisation de ressources de la SS2L ! de base, l’accueil n’a pas toujours été favo- La maîtrise des technologies mises en rable, et ceci, pour différentes raisons : Il existe une « zone grise » avec de œuvre a été déterminante pour la succès du P Malgré toutes les explications et les nombreux acteurs qui se présentent comme projet, mais aussi la capacité de veille sur bonnes volontés, la démarche de mutua- des éditeurs de solutions « semi-libres », le monde du logiciel libre afin d’apporter lisation, les licences de type GPL, LGPL, P en faisant référence à leurs dévelop- les meilleurs composants. BSD, CeCILL restent des modèles contrac- pements d’origine qui, eux, étaient bien tuels nouveaux et énigmatiques pour de basés sur du libre, Promouvoir un projet basé sur du nombreuses directions achat et juridique. P en mettant en évidence leurs complète logiciel libre auprès des utilisateurs P Quand la pêche aux composants intégration et compatibilité avec des logiciels s’avère infructueuse, la pers- composants libres, mais tout en restant une Pas facile de vendre un projet basé sur du pective de rentrer dans une démarche de solution propriétaire, libre auprès des utilisateurs quand les moti- développement spécifique, même avec les P ou encore, en mettant sous les projec- vations du choix sont plutôt techniques et meilleurs développeurs du monde, peut teurs le seul composant libre vraiment économiques avant d’être fonctionnelles ! décourager les plus vaillants des décideurs, utilisé dans la solution. Dans le cadre du déploiement de Open surtout ceux qui viennent à peine de finir Par ailleurs, on voit des éditeurs de progi- Office, le respect des normes, notamment de nettoyer leur système d’information ciels s’approprier et faire la promotion de pour la structuration des documents et les et de le débarrasser de toutes les appli- solutions libres ! échanges avec les applications extérieures, cations « spaghettis », et autres verrues Dans ce paysage un peu déroutant, on est a été un argument majeur pour l’accompa- logicielles. parfois à la recherche de repères, d’ins- gnement au changement. Cela permettait P Les logiciels libres ont parfois un goût tances en mesure de garantir l’authenticité de faire oublier quelques désagréments qui amer, quand, au lieu de se retrouver dépen- du libre dans la solution proposée ou, tout pouvaient s’avérer douloureux notamment dant d’un progiciel, on se retrouve parfois au moins, garantir la proportion du libre celui de la migration des documents et à la merci d’une SS2L qui a égaré le prin- utilisé. feuilles de calcul existants… cipe de mutualisation des résultats pour le remplacer par le principe du monopole du Un monde totalement libre ? Et si c’était à refaire… développement et de la maintenance ! P Faute d’audience et de communauté Faut-il rêver d’un monde complètement Nos clients resteraient-ils fidèles au monde active, un composant libre peut devenir libre où il n’y aurait qu’à cueillir les du logiciel libre ? Les réponses sont orphelin, ne plus bénéficier d’évolution et, fruits du logiciel libre sur l’Eden du net 45 •145
  3. 3. pour obtenir immédiatement la solution besoin de se déployer avec des gages de spécialisées et l’impact de cette cotation désirée? Ce n’est pas certain. Le modèle qualité et de pérennité, gages comparables sur l’appréciation des sociétés. du développement des composants libres aux autres. Il faudrait pouvoir aller plus Dans la mesure où, aujourd’hui, le terri- atteint ses limites dès lors que des logiques loin dans la qualification, voire la certifi- toire du logiciel libre se stabilise, les métiers, parfois contradictoires, doivent cation des solutions libres avec : logiciels propriétaires auraient tout intérêt être abordées, ou dès que la solution envi- P une instance bien évidemment indé- à présenter un label « free compliant » : sagée ne peut échapper à une logique pendante des deux mondes, reconnue par P garantissant la compatibilité et l’intero- d’investissement lourde. les différents secteurs qu’ils soient du pérabilité avec les logiciels libres, Certes, il existe des marges de progression : domaine privé ou public, P évaluant le suivi des initiatives des P Certaines solutions dites génériques, P une instance de proximité en mesure, par communautés du libre et le niveau de peu impactées par les logiques métiers, exemple, de donner un avis, de répondre dépendance avec des solutions libres. sont encore peu représentées dans le rapidement à une demande de qualifica- Ce label pourrait être délivré par une auto- monde du libre, nous pensons notamment tion d’un composant libre par les acteurs rité également indépendante des deux aux solutions de la Business Intelligence et du marché, mondes et en mesure d’assurer également de la Gestion Documentaire. P une instance capable de qualifier les des services de proximité. P Tout comme les solutions propriétaires, différences et les caractéristiques du les solutions libres actuelles gagneraient à composant libre, notamment : En attendant… être encore plus internationales, disponi- • Le dynamisme et la vitalité de la commu- bles en plusieurs langues. nauté en charge du composant : de En attendant la mise en place ou le renfor- Par ailleurs, l’histoire du logiciel, et la multiples indicateurs permettent cette cement de telles instances, comment faire grande Histoire tout court, nous appren- évaluation : le nombre de participants, pour aller plus loin dans la mise en place nent que les situations dominantes sont à la croissance de la communauté, la de solutions libres ? Il faut pouvoir s’en- éviter, alors… diversité et la répartition des secteurs tourer des meilleurs partenaires, mais aussi et métiers représentés, la densité des recueillir l’adhésion de son entourage, et Le meilleur des mondes : échanges entre la communauté et le site cela à tous les niveaux de l’organisation. le meilleur de chaque monde ? de « ralliement ». Si la solution n’apporte pas de nouvelles • La qualité logicielle du résultat : en fonctionnalités sensiblement différentes Nos retours d’expérience, les avis de nos évaluant le suivi des éventuels résultats des logiciels propriétaires déjà installés, clients vont dans le même sens et peuvent de spécification, les performances de la le bénéfice du logiciel libre n’est pas très être résumés ainsi : solution, la présence persistante ou non palpable par l’utilisateur. Aux responsa- P « Donnez-nous des points de repères et d’anomalies. bles de systèmes d’information de trouver des outils de mesure pour la qualité et la • La pérennité de la solution : en évaluant les bons leviers de communication pour pérennité des solutions libres » la capacité de la communauté à prendre installer et déployer les logiciels libres P « Faites en sorte que les solutions en compte les évolutions, en qualifiant la mais aussi aux promoteurs des logiciels propriétaires respectent mieux et intègrent, sphère des sociétés en mesure d’assurer libres de livrer des messages clairs pour de plus en plus, des solutions totalement le support et l’assistance. tous les publics. ■ libres » En d’autres termes : que les solutions libres Des logiciels propriétaires se « professionnalisent » encore plus et que « Free Compliant » les solutions propriétaires adhèrent mieux au modèle du libre. Mais ne s’agit il pas Comment inciter encore plus les logiciels du mariage de la carpe avec le lapin, du propriétaires à être réellement compati- baiser avec le diable, bref ne sommes-nous bles avec les logiciels libres existants et de pas en train de concilier l’inconciliable ? leurs évolutions ? Et puis, n’est-ce-pas déjà une réalité ? Les Faisons un instant une analogie avec le promoteurs du libre auraient parfois bien Développement Durable. Cela peut faire des leçons à donner aux développeurs de sourire, mais aujourd’hui, presque tout progiciel, des instances sont déjà présentes le monde revendique et affiche une poli- Consultant Senior chez Parker Williborg, pour contrôler la qualité des résultats… tique de Développement Durable, que Jean-Marc GOETZ intervient depuis plus cela concerne les voitures, les chaussures de 20 ans dans les études et projets avec une On peut aller plus loin ou les produits bancaires. Comment s’est forte composante « nouvelles technologies effectuée cette transformation en l’espace de l’information et de la communication », Le monde du logiciel libre a atteint son âge de quelques années ? Certes, il y a eu la dans les secteurs public et privé. Il intervient de maturité. Certes, il y a des marges de prise de conscience générale, mais il y notamment dans les domaines de la gestion progression et de nouveaux domaines logi- a eu aussi la cotation de la politique de électronique de documents, des portails ciels à conquérir, mais ce monde a surtout Développement Durable par des sociétés d’entreprise et des téléservices •145 46

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