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Le Soir mai 2013
2 reportage
Les concours de miss de la diaspora africaine
Un évènement à la recherche de son identité
©YvanCaféLopes
De gauche à droite: 1ère dauphine Miss West Africa Belgium 2013, Miss Ghana Belgium 2012, Miss Congo Belgium 2013, 2ième dauphine Miss Guinée Bénélux, Jémima Miss Public/Miss Congo Belgium 2013,
Daisy 1ère dauphine Miss Congo Belgium 2013, Cheyenne 2ième dauphine Miss Congo Belgium 2013
Fortement développés en
France, les concours de
miss de la diaspora africai-
ne débarquent en Belgique. Le
but,valoriser la culture africaine au
travers d'ambassadrices de charme.
Ces concours quittent les boites de
nuit pour trouver une légitimité
sur les podiums. Jusqu'à présent,
c'était lors de soirées arrosées
qu'était élus miss African Queen,
miss black beauty ou encore miss
chocolat. Ces évènements ont
distillé une mauvaise réputation
freinant le développement de tout
concours officiels. Cette année,
miss RDC Belgium, miss West
Africa Belgium et miss Congo
Belgium, se sont donné le défis de
faire de leurs concours de beauté
une référence.
Christelle Pandanzyla, respon-
sable de l'ASBL Roots Events et
Co-organisatrice de miss Congo
Belgium, avoue avoir difficilement
abandonné ses a priori. « je ne vou-
lais pas faire ce genre d'évènements
au départ. Il y avait une connota-
tion négative. Les gens étaient bla-
sés de ces concours amateurs ». De
nombreuses miss ont également eu
du mal à prendre ces concours au
sérieux. Cécile Mbanga, deuxiè-
me dauphine du concours miss
RDC Belgium nous confie que
« les concours congolais c'est pas très
sérieuxengénéral».Marième Diallo,
deuxième dauphine du concours
miss West Africa Belgium a cédé
aux pressions de sa famille. « Ils
m'ont dit que c'était important que
je représente ma communauté. Mais
je ne voulais pas faire ce genre de
concours à causes des échos sur leurs
organisations. Ça ne donne pas
envie». Dans les sanitaires de miss
West Africa Belgium, je rencontre
deux jeunes filles seules, trousse de
maquillage à la main, ruminants.
Elles confirment le risque de ce
genre de concours . « Je suis miss
African Queen. Elle c'est la première
dauphine. On nous a promis beau-
coup de choses mais on a rien eu. Je
devais toucher 1000 euros on m'a
versé 200 euros et je n'ai plus eu de
nouvelles. On nous a menti. On s'est
fait arnaquer ».
Pourtant, selon Abraham
Franssen,sociologue spécialiste des
pratiques culturelles, ces concours
revêtent un véritable intérêt social.
« On est dans une logique d'affirma-
tion de soi. La troisième génération
issue de la diaspora, qui est entiè-
rement intégrée dans la société, res-
sent le besoin d'affirmer ses origines.
C'est être reconnu dans l'espace publi-
que pour ses spécificités. Ces concours
sont la symbolisation d'une commu-
nauté ». Les organisateurs de miss
RDC Belgium, miss West Africa
Belgium et miss Congo Belgium
semblent porter un fort intérêt
pour cette cause identitaire.Ils res-
sentent le besoin de valoriser leurs
communautés au travers « d'évène-
ments classes » qui mettent en avant
la richesse de leurs pays. Bien loin
des « clichés misérabilistes » d'une
Afrique aux abois. Mais font-ils
mieux que ces évènements popu-
laires organisés jusqu'alors ?
Les lieux choisis sont tout aussi
prestigieux les uns que les autres.
La grande salle du casino Viage,
le Birmingham Palace ou enco-
re le Golden Tulip hotel ont été
les lieux de réceptions. Lustres en
cristal, tables finement décorées et
service d'accueil en robe de soirée.
Rien n'a été laissé au hasard.
On en prend plein les yeux et
plein les oreilles. Dans chaque
événement, des groupes vien-
nent assurer l'ambiance avec
le soutien d'un DJ. Cela va
de l'artiste local tel que Kevin
Mengi à la « star » plus recon-
nue Jessy Matador. De quoi ren-
dre la foule hystérique. Le public
se laisse rapidement emporter par
la musique et esquisse un pas de
danse. Un parterre de VIP est
stratégiquement placé. On y croi-
se des ambassadeurs, des hommes
et femmes politiques, des footbal-
leurs...Tous déclarent à qui veux
l'entendre leur soutien. A pre-
mière vue, des inégalités entre les
organisations sont visibles, tel que
la renommée des invités, les mets
plus ou moins raffinés servis et la
capacité de respecter le planning.
Un mal ronge en effet chacun de
ces évènements. Le temps ! Tous
annoncent la miss avec plusieurs
heures de retard.Trois heures pour
miss RDC Belgium, deux heures
pour miss West Africa Belgium
et une petite heure pour miss
Congo. Au delà de cela, tous sem-
blent avoir rempli leur contrat.
Proposer des concours distingués
où la femme africaine est valori-
sée. Loin des clichés occidentaux,
les formes sont souvent mises à
l'honneur. Les tenus traditionnel-
les côtoient les vêtements moder-
nes. Les discours sont militants.
Nancy Mokwami, miss Congo
Belgium 2013, enflamme la fou-
le par ces mots : « pour connaître
l'avenir d'une nation, observez la
qualité de sa jeunesse. Nous congo-
lais, nous devons prendre conscience
que si nous-même nous croyons pas
en nous, personne ne croira en nous».
Pourtant, l'envers du décor est
moins séduisant.
On ne peut s'empêcher de remar-
quer que deux concours représen-
te le Congo en Belgique cette
année. Miss RDC Belgium pour
le Congo Kinshasa et Miss Congo
Belgium rassemblant la RDC et
le Congo Brazzaville. L'échevin
d'Ixelles Bertin Mampaka, présent
aux deux évènements, le déplore
:«Il y a eu une seule miss Rwanda
en Belgique, il n'y a pas eu miss Hutu
Rwanda et miss Tutsi Rwanda. Il
faudrait un jour qu'il y ai une seu-
le miss Congo pour tout le mon-
de». Bertin Mampaka explique
cette coexistence par l'expression
«d'une compétition ». Il tranche.
« Le meilleur concours survivra ».
Kossy Modeste, organisateur de
miss Congo Belgium, revendique
la paternité de l'évènement. « J'ai
lancé cette idée de Miss Congo en
Avril 2012. La personne qui a fait
miss RDC était venu me poser des
questions à ce moment là. Etant pro-
che, je lui en ai parlé à cœur ouvert.
Trois semaines plus tard j'apprends
qu'elle fait miss RDC ». Une série
de rumeurs sur le déroulement de
miss RDC Belgium semble asseoir
l'idée que l'organisatrice, Netty
Mayaka, ne pouvait pas assumer
un tel événement. C'est ce que
confirme son partenaire média-
tique Africa-vision. « Elle n'était
pas du tout équipée pour l'évène-
ment. Netty Mayaka a touché 45
euros par table VIP pour le service
d'un repas avec champagne. Rien n'a
été fait. Ça fait quand même 9000
euros !». Marlène Tshibasu, miss
RDC belgium confirme : « Bon
nombre de personnes avaient pris des
places VIP mais ils n'ont pas reçu ce
qui été prévu. Les gens devenaient
agressifs, ils en voulaient pour leur
argent. Ils se sont senti escroqués ».
L'affaire semble aller encore plus
loin. Chantal Hemerijcks, mem-
bre de l'équipe d'Africa-
vision nous déclare qu' « à
ce jour, aucun fournisseur
n'a été payé ». J'ai contacté
le Casino Viage pour véri-
fier cette information selon
laquelle même la salle n'a
pas été réglée en totalité.
C'est avec violence qu'on me le
confirme « oui pourquoi, vous vou-
lez payer à sa place? ». Quant aux
partenaires, madame Hemerijcks
m'annonce qu « ils n'existent pas.
Elle a seulement pris des logos
sur le net ». Sur l'affiche de l'évè-
nement, le logo de la DH et de
la Rawbank est affiché. Contacté,
le service marketing de ces deux
organisations me disent ne pas
avoir connaissance de l'évènement.
Pour Chantal Hemerijks, « c'est un
bon exemple de fraude ». A cet ins-
tant, Netty Mayaka est injoigna-
ble. Plusieurs sources parlent d'un
départ pour la France et l'abandon
de l'organisation. Jessy Kabamba,
candidate à miss RDC Belgium
a contacté madame Mayaka la
veille du concours. « J'ai eu Netty
au téléphone, elle m'a dit qu'el-
le se retirait. Que quoi qu'elle dise
ça n'allait pas. Alors, elle a dit ne
plus faire partie de l'organisation et
que désormais cela ne l'a regardait
plus ». Au moment de l'enquête,
la miss RDC Belgium Marlène
Tshibasu, est suivi par Africa-
vision. « Aujourd'hui je travaille
avec Africa-vision. C'est eux qui ont
repris le concours. Netty a complète-
ment été écartée ». Lors de ma ren-
contre avec Kossy Modeste, orga-
nisateur de miss Congo Belgium,
celui-ci m'a m'a glissé entre deux
phrases « les gens qui vont venir
vous dire qu'ils ont repris l'organi-
sation de miss RDC Belgium, c'est
des imposteurs. La seule à l'origine
de miss RDC, c'est Netty ». Revenue
en Belgique, Netty Mayaka a
répondu à ces accusations. Sa
réaction dans notre interview.■
Azlef Ibticem
L’ESSENTIEL
● Premières éditions de miss RDC Belgium, miss West Africa Belgium et miss
Congo Belgium 2013
● Ces concours quittent les boîtes de nuit pour s'imposer sur les podiums
● Des suspicions de fraude
« Il y a eu une seule miss Rwanda
en Belgique, il n'y a pas eu miss Hutu
Rwanda et miss Tutsi Rwanda. »
En bref
Miss RDC Belgium
Marlène Tshibasu. 21 ans.
Étudiante en comptabilité.
En tant que miss, elle milite
contre la pauvreté et la
drépanocytose. Elle est
l'ambassadrice d'écoCongo
Miss West Africa
Belgium
Thioro Diop. 20 ans. Elle
est en première année de
gestion des transports et
logique d'entreprise. Elle est
l'ambassadrice de l'association
ASSMODAR (association pour
la modernisation des Darins et
contre la mendicité)
Miss Congo Belgium
Nancy Mokwami. 24 ans. Elle
lutte pour l'aide aux femmes
victimes de violences sexuel-
les au Congo et soutien l'assai-
nissement des villes
Le Soir mai 2013
reportage 2
L’ESSENTIEL
● Netty Mayaka, organisatrice de l'évènement Miss RDC Belgium 2013 est au cœur des polémiques. Les
accusations font état de fournisseurs non payés, de 9000 euros de repas non servis et d'une organisation
abandonnée. Elle nous confie sa version des faits.
Propos recueillis
par Azlef Ibticem
On nous a parlé de défauts d'or-
ganisation à Miss RDC Belgium.
Pouvez-vous en parler ?
C'est la première édition. Dans
toute les organisations il y a des
failles. L'évènement s'est fait, il
s'est bien déroulé. On ne peut pas
avoir un événement parfait dès la
première édition. On aura des cri-
tiques, on aura des plaintes. On
ne peut pas être au goût de tout
le monde.
Quelles ont été ces failles ?
Il y a eu des petits soucis...On
attendait pas autant de monde.
On avait prévu un buffet pour 300
personnes, il y en a eu 700. On
aurait dû avoir plus de plats et plus
de personnes en salle.
Actuellement vous n'êtes au cou-
rant d'aucune plainte à votre
encontre ?
Personne n'est venu me voir
personnellement. Mais j'ai eu des
échos. Mais que voulez-vous que
je fasse. Je ne peux pas retourner
en arrière.
On m'a parlé du fait que vous
n'auriez pas payé vos fournis-
seurs. Comme la location de la
salle par exemple. Et que les buf-
fets promis n'ont pas été servis.?
La totalité de la salle, ça on l'a
payé ! Après il y a des gens qui
veulent casser l'évènement pour
le récupérer. Le buffet oui, ça c'est
vrai. On a porté plainte contre le
traiteur. Il n'a pas fait ce qu'il fal-
lait. On a proposé un événement
qui nous a coûté bien plus cher que
les 45 euros demandés. Les autres
évènements de la diaspora congo-
laise coûtent deux fois plus cher
pour une entrée sans repas.
J'ai contacté le Casino Viage, ils
disent ne pas avoir été payé .
Je ne sais pas qui vous avez eu.
Nous on a un contrat qui stipule
noire sur blanc qu'on a payé.
Qui étaient vos partenaires ?
On a eu plusieurs partenaires,
mais nous avons pris la plupart des
responsabilités.
Sur l'affiche on peut voir par
exemple le logo de la RawBank
ou de la DH, mais lorsqu'on les
a contacté ils disent ne pas avoir
connaissance de l'évènement.
Pourtant la DH a écrit un arti-
cle. J'ai encore les mails !
Et pour la Rawbank ?
On a eu un représentant qui
devait nous mettre en contact avec
la Rawbank. On avait accepté de
mettre son logo en échange de
son aide. Mais ça n'a pas été le
cas. Pour finir, on a plus fait de la
publicité pour sa société à lui, que
la Rawbank. Il y a eu un malen-
tendu.
Vous êtes passé par un intermé-
diaire qui n'appartenait pas à la
Rawbank ?
Sa société était liée à la Rawbank.
Il devait parler à la Rawbank pour
qu'on puisse être partenaire, donc
normalement c'était Ok. Alors on
a mit le logo de la Rawbank.Après
nous, on a pas eu de contact direct
avec eux. Mais normalement on
avait un accord.
Qui est ce nous ?
Moi et ma sœur.
Dans le cadre d'une association ?
De notre association oui. Unity
for Africa. Mais l'association
va changer de nom. Ça va être
Nahope-Drepa. On s'est associé
avec Miss RDC France pour les
prochaines éditions.
Vous pouvez nous parler de
votre collaboration avec Africa-
vision ?
Je préfère ne pas en parler.
Vous avez pourtant organisé
l'évènement ensemble .
Non pas du tout. C'est juste un
partenaire médiatique.
C'est eux qui s'occupent de la
miss aujourd'hui.
Ils s'occupent de l'image de la
miss. Pas de la miss.
Selon eux, ils ont la charge com-
plète de la miss depuis votre
départ en France.
Pas du tout. Ils essaient de
reprendre l'évènement. Je n'ai lais-
sée l'organisation à personne.C'est
pas parce que je suis parti deux
semaines en France que j'ai don-
né mon affaire à quelqu'un ! La
majorité des rumeurs viennent de
ces partenaires.
Comment vous en défendre ?
On ne se défend pas d'une chose
fausse. J'ai pas envie de débattre.
Ils s'occupent de l'image de la miss
tant que le contrat est valide, après
ça sera terminé.
Vous ne réitérerez pas cette col-
laboration l'an prochain ?
Non
Vous subissez des pressions?
C'est du harcèlement. Ils ont
contacté mes partenaires. Ils leur
ont écrit un mail en disant qu'on
avait exploité les candidates. Je ne
vois pas comment. Dans le mail
elles se présentent comme orga-
nisant le concours, sans parler de
moi. Je laisse couler. Quand tout
sera calme, là j'interviendrais.
Vous allez donc être plus active à
présent ?
À partir de maintenant oui. Je
mets certaines choses en place.
Quoi ?
Beaucoup de choses. Je ne veux
pas vous donner de détails par ce
que j'ai eu beaucoup de coups bas.
Je préfère rien dire des projets que
je prépare.
Tout ça n’entache pas l'image de
miss RDC Belgium ?
Je ne pense pas. Il y a eu ces
failles, mais ça a été un très bel
événement. Personnellement je
n'ai eu que des félicitations.
Concours miss RDC Belgium organisé par Netty Mayaka .De gauche à droite: 2ème dauphine miss RDC Belgium Cécile Mbanga, miss RDC
Belgium Marlène Tshibassu, 1ère Dauphine Milka Mendoza
Miss RDC Belgium 2013
Un concours au coeur des polémiques
Interview
Miss RDC vs Miss Congo: La Twittosphère réagit.
Venez suivre le fil des Tweets sur notre site internet.
Ces concours de miss
n'échappent pas à la campagne
2014.Au moindre crépitement
des flashs, à l'approche d'un
micro, ils apparaissent...
Les politiciens. Pour ces
ambitieux, la beauté est une
arme aussi puissante que les
discours populistes. C'est
130 000 potentielles voix
que représente cette diaspora
d'Afrique subsaharienne
(chiffre du centre de recherche
en démographie et sociétés de
l'UCL).
Bain de foule, sourire,
discours patriote...Toute
l'attirail est de sortie. Ceux
issus de la diaspora sont érigés
au statut d' « excellence ». Le
public repart les bras chargés
de cartes de visites fraichement
imprimées pour l'occasion.
Les concours de miss de la
diaspora africaine dépassent
les frontières culturelles pour
devenir un enjeu politique.■
Ibticem Azlef. Journaliste politique
Des hommes politiques au pied des
podiums
	
  
©JessicaMutaharugamba
Passage chorégraphié Miss RDC Belgium 2013
©MissRDCOfficiel
Les candidates, vêtues de tenues traditionnelles.
Elles se présentent et expliquent leurs motivations.
© JM
[Billet d'humeur]

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les miss de la diaspora africaine en Belgique

  • 1. Le Soir mai 2013 2 reportage Les concours de miss de la diaspora africaine Un évènement à la recherche de son identité ©YvanCaféLopes De gauche à droite: 1ère dauphine Miss West Africa Belgium 2013, Miss Ghana Belgium 2012, Miss Congo Belgium 2013, 2ième dauphine Miss Guinée Bénélux, Jémima Miss Public/Miss Congo Belgium 2013, Daisy 1ère dauphine Miss Congo Belgium 2013, Cheyenne 2ième dauphine Miss Congo Belgium 2013 Fortement développés en France, les concours de miss de la diaspora africai- ne débarquent en Belgique. Le but,valoriser la culture africaine au travers d'ambassadrices de charme. Ces concours quittent les boites de nuit pour trouver une légitimité sur les podiums. Jusqu'à présent, c'était lors de soirées arrosées qu'était élus miss African Queen, miss black beauty ou encore miss chocolat. Ces évènements ont distillé une mauvaise réputation freinant le développement de tout concours officiels. Cette année, miss RDC Belgium, miss West Africa Belgium et miss Congo Belgium, se sont donné le défis de faire de leurs concours de beauté une référence. Christelle Pandanzyla, respon- sable de l'ASBL Roots Events et Co-organisatrice de miss Congo Belgium, avoue avoir difficilement abandonné ses a priori. « je ne vou- lais pas faire ce genre d'évènements au départ. Il y avait une connota- tion négative. Les gens étaient bla- sés de ces concours amateurs ». De nombreuses miss ont également eu du mal à prendre ces concours au sérieux. Cécile Mbanga, deuxiè- me dauphine du concours miss RDC Belgium nous confie que « les concours congolais c'est pas très sérieuxengénéral».Marième Diallo, deuxième dauphine du concours miss West Africa Belgium a cédé aux pressions de sa famille. « Ils m'ont dit que c'était important que je représente ma communauté. Mais je ne voulais pas faire ce genre de concours à causes des échos sur leurs organisations. Ça ne donne pas envie». Dans les sanitaires de miss West Africa Belgium, je rencontre deux jeunes filles seules, trousse de maquillage à la main, ruminants. Elles confirment le risque de ce genre de concours . « Je suis miss African Queen. Elle c'est la première dauphine. On nous a promis beau- coup de choses mais on a rien eu. Je devais toucher 1000 euros on m'a versé 200 euros et je n'ai plus eu de nouvelles. On nous a menti. On s'est fait arnaquer ». Pourtant, selon Abraham Franssen,sociologue spécialiste des pratiques culturelles, ces concours revêtent un véritable intérêt social. « On est dans une logique d'affirma- tion de soi. La troisième génération issue de la diaspora, qui est entiè- rement intégrée dans la société, res- sent le besoin d'affirmer ses origines. C'est être reconnu dans l'espace publi- que pour ses spécificités. Ces concours sont la symbolisation d'une commu- nauté ». Les organisateurs de miss RDC Belgium, miss West Africa Belgium et miss Congo Belgium semblent porter un fort intérêt pour cette cause identitaire.Ils res- sentent le besoin de valoriser leurs communautés au travers « d'évène- ments classes » qui mettent en avant la richesse de leurs pays. Bien loin des « clichés misérabilistes » d'une Afrique aux abois. Mais font-ils mieux que ces évènements popu- laires organisés jusqu'alors ? Les lieux choisis sont tout aussi prestigieux les uns que les autres. La grande salle du casino Viage, le Birmingham Palace ou enco- re le Golden Tulip hotel ont été les lieux de réceptions. Lustres en cristal, tables finement décorées et service d'accueil en robe de soirée. Rien n'a été laissé au hasard. On en prend plein les yeux et plein les oreilles. Dans chaque événement, des groupes vien- nent assurer l'ambiance avec le soutien d'un DJ. Cela va de l'artiste local tel que Kevin Mengi à la « star » plus recon- nue Jessy Matador. De quoi ren- dre la foule hystérique. Le public se laisse rapidement emporter par la musique et esquisse un pas de danse. Un parterre de VIP est stratégiquement placé. On y croi- se des ambassadeurs, des hommes et femmes politiques, des footbal- leurs...Tous déclarent à qui veux l'entendre leur soutien. A pre- mière vue, des inégalités entre les organisations sont visibles, tel que la renommée des invités, les mets plus ou moins raffinés servis et la capacité de respecter le planning. Un mal ronge en effet chacun de ces évènements. Le temps ! Tous annoncent la miss avec plusieurs heures de retard.Trois heures pour miss RDC Belgium, deux heures pour miss West Africa Belgium et une petite heure pour miss Congo. Au delà de cela, tous sem- blent avoir rempli leur contrat. Proposer des concours distingués où la femme africaine est valori- sée. Loin des clichés occidentaux, les formes sont souvent mises à l'honneur. Les tenus traditionnel- les côtoient les vêtements moder- nes. Les discours sont militants. Nancy Mokwami, miss Congo Belgium 2013, enflamme la fou- le par ces mots : « pour connaître l'avenir d'une nation, observez la qualité de sa jeunesse. Nous congo- lais, nous devons prendre conscience que si nous-même nous croyons pas en nous, personne ne croira en nous». Pourtant, l'envers du décor est moins séduisant. On ne peut s'empêcher de remar- quer que deux concours représen- te le Congo en Belgique cette année. Miss RDC Belgium pour le Congo Kinshasa et Miss Congo Belgium rassemblant la RDC et le Congo Brazzaville. L'échevin d'Ixelles Bertin Mampaka, présent aux deux évènements, le déplore :«Il y a eu une seule miss Rwanda en Belgique, il n'y a pas eu miss Hutu Rwanda et miss Tutsi Rwanda. Il faudrait un jour qu'il y ai une seu- le miss Congo pour tout le mon- de». Bertin Mampaka explique cette coexistence par l'expression «d'une compétition ». Il tranche. « Le meilleur concours survivra ». Kossy Modeste, organisateur de miss Congo Belgium, revendique la paternité de l'évènement. « J'ai lancé cette idée de Miss Congo en Avril 2012. La personne qui a fait miss RDC était venu me poser des questions à ce moment là. Etant pro- che, je lui en ai parlé à cœur ouvert. Trois semaines plus tard j'apprends qu'elle fait miss RDC ». Une série de rumeurs sur le déroulement de miss RDC Belgium semble asseoir l'idée que l'organisatrice, Netty Mayaka, ne pouvait pas assumer un tel événement. C'est ce que confirme son partenaire média- tique Africa-vision. « Elle n'était pas du tout équipée pour l'évène- ment. Netty Mayaka a touché 45 euros par table VIP pour le service d'un repas avec champagne. Rien n'a été fait. Ça fait quand même 9000 euros !». Marlène Tshibasu, miss RDC belgium confirme : « Bon nombre de personnes avaient pris des places VIP mais ils n'ont pas reçu ce qui été prévu. Les gens devenaient agressifs, ils en voulaient pour leur argent. Ils se sont senti escroqués ». L'affaire semble aller encore plus loin. Chantal Hemerijcks, mem- bre de l'équipe d'Africa- vision nous déclare qu' « à ce jour, aucun fournisseur n'a été payé ». J'ai contacté le Casino Viage pour véri- fier cette information selon laquelle même la salle n'a pas été réglée en totalité. C'est avec violence qu'on me le confirme « oui pourquoi, vous vou- lez payer à sa place? ». Quant aux partenaires, madame Hemerijcks m'annonce qu « ils n'existent pas. Elle a seulement pris des logos sur le net ». Sur l'affiche de l'évè- nement, le logo de la DH et de la Rawbank est affiché. Contacté, le service marketing de ces deux organisations me disent ne pas avoir connaissance de l'évènement. Pour Chantal Hemerijks, « c'est un bon exemple de fraude ». A cet ins- tant, Netty Mayaka est injoigna- ble. Plusieurs sources parlent d'un départ pour la France et l'abandon de l'organisation. Jessy Kabamba, candidate à miss RDC Belgium a contacté madame Mayaka la veille du concours. « J'ai eu Netty au téléphone, elle m'a dit qu'el- le se retirait. Que quoi qu'elle dise ça n'allait pas. Alors, elle a dit ne plus faire partie de l'organisation et que désormais cela ne l'a regardait plus ». Au moment de l'enquête, la miss RDC Belgium Marlène Tshibasu, est suivi par Africa- vision. « Aujourd'hui je travaille avec Africa-vision. C'est eux qui ont repris le concours. Netty a complète- ment été écartée ». Lors de ma ren- contre avec Kossy Modeste, orga- nisateur de miss Congo Belgium, celui-ci m'a m'a glissé entre deux phrases « les gens qui vont venir vous dire qu'ils ont repris l'organi- sation de miss RDC Belgium, c'est des imposteurs. La seule à l'origine de miss RDC, c'est Netty ». Revenue en Belgique, Netty Mayaka a répondu à ces accusations. Sa réaction dans notre interview.■ Azlef Ibticem L’ESSENTIEL ● Premières éditions de miss RDC Belgium, miss West Africa Belgium et miss Congo Belgium 2013 ● Ces concours quittent les boîtes de nuit pour s'imposer sur les podiums ● Des suspicions de fraude « Il y a eu une seule miss Rwanda en Belgique, il n'y a pas eu miss Hutu Rwanda et miss Tutsi Rwanda. » En bref Miss RDC Belgium Marlène Tshibasu. 21 ans. Étudiante en comptabilité. En tant que miss, elle milite contre la pauvreté et la drépanocytose. Elle est l'ambassadrice d'écoCongo Miss West Africa Belgium Thioro Diop. 20 ans. Elle est en première année de gestion des transports et logique d'entreprise. Elle est l'ambassadrice de l'association ASSMODAR (association pour la modernisation des Darins et contre la mendicité) Miss Congo Belgium Nancy Mokwami. 24 ans. Elle lutte pour l'aide aux femmes victimes de violences sexuel- les au Congo et soutien l'assai- nissement des villes
  • 2. Le Soir mai 2013 reportage 2 L’ESSENTIEL ● Netty Mayaka, organisatrice de l'évènement Miss RDC Belgium 2013 est au cœur des polémiques. Les accusations font état de fournisseurs non payés, de 9000 euros de repas non servis et d'une organisation abandonnée. Elle nous confie sa version des faits. Propos recueillis par Azlef Ibticem On nous a parlé de défauts d'or- ganisation à Miss RDC Belgium. Pouvez-vous en parler ? C'est la première édition. Dans toute les organisations il y a des failles. L'évènement s'est fait, il s'est bien déroulé. On ne peut pas avoir un événement parfait dès la première édition. On aura des cri- tiques, on aura des plaintes. On ne peut pas être au goût de tout le monde. Quelles ont été ces failles ? Il y a eu des petits soucis...On attendait pas autant de monde. On avait prévu un buffet pour 300 personnes, il y en a eu 700. On aurait dû avoir plus de plats et plus de personnes en salle. Actuellement vous n'êtes au cou- rant d'aucune plainte à votre encontre ? Personne n'est venu me voir personnellement. Mais j'ai eu des échos. Mais que voulez-vous que je fasse. Je ne peux pas retourner en arrière. On m'a parlé du fait que vous n'auriez pas payé vos fournis- seurs. Comme la location de la salle par exemple. Et que les buf- fets promis n'ont pas été servis.? La totalité de la salle, ça on l'a payé ! Après il y a des gens qui veulent casser l'évènement pour le récupérer. Le buffet oui, ça c'est vrai. On a porté plainte contre le traiteur. Il n'a pas fait ce qu'il fal- lait. On a proposé un événement qui nous a coûté bien plus cher que les 45 euros demandés. Les autres évènements de la diaspora congo- laise coûtent deux fois plus cher pour une entrée sans repas. J'ai contacté le Casino Viage, ils disent ne pas avoir été payé . Je ne sais pas qui vous avez eu. Nous on a un contrat qui stipule noire sur blanc qu'on a payé. Qui étaient vos partenaires ? On a eu plusieurs partenaires, mais nous avons pris la plupart des responsabilités. Sur l'affiche on peut voir par exemple le logo de la RawBank ou de la DH, mais lorsqu'on les a contacté ils disent ne pas avoir connaissance de l'évènement. Pourtant la DH a écrit un arti- cle. J'ai encore les mails ! Et pour la Rawbank ? On a eu un représentant qui devait nous mettre en contact avec la Rawbank. On avait accepté de mettre son logo en échange de son aide. Mais ça n'a pas été le cas. Pour finir, on a plus fait de la publicité pour sa société à lui, que la Rawbank. Il y a eu un malen- tendu. Vous êtes passé par un intermé- diaire qui n'appartenait pas à la Rawbank ? Sa société était liée à la Rawbank. Il devait parler à la Rawbank pour qu'on puisse être partenaire, donc normalement c'était Ok. Alors on a mit le logo de la Rawbank.Après nous, on a pas eu de contact direct avec eux. Mais normalement on avait un accord. Qui est ce nous ? Moi et ma sœur. Dans le cadre d'une association ? De notre association oui. Unity for Africa. Mais l'association va changer de nom. Ça va être Nahope-Drepa. On s'est associé avec Miss RDC France pour les prochaines éditions. Vous pouvez nous parler de votre collaboration avec Africa- vision ? Je préfère ne pas en parler. Vous avez pourtant organisé l'évènement ensemble . Non pas du tout. C'est juste un partenaire médiatique. C'est eux qui s'occupent de la miss aujourd'hui. Ils s'occupent de l'image de la miss. Pas de la miss. Selon eux, ils ont la charge com- plète de la miss depuis votre départ en France. Pas du tout. Ils essaient de reprendre l'évènement. Je n'ai lais- sée l'organisation à personne.C'est pas parce que je suis parti deux semaines en France que j'ai don- né mon affaire à quelqu'un ! La majorité des rumeurs viennent de ces partenaires. Comment vous en défendre ? On ne se défend pas d'une chose fausse. J'ai pas envie de débattre. Ils s'occupent de l'image de la miss tant que le contrat est valide, après ça sera terminé. Vous ne réitérerez pas cette col- laboration l'an prochain ? Non Vous subissez des pressions? C'est du harcèlement. Ils ont contacté mes partenaires. Ils leur ont écrit un mail en disant qu'on avait exploité les candidates. Je ne vois pas comment. Dans le mail elles se présentent comme orga- nisant le concours, sans parler de moi. Je laisse couler. Quand tout sera calme, là j'interviendrais. Vous allez donc être plus active à présent ? À partir de maintenant oui. Je mets certaines choses en place. Quoi ? Beaucoup de choses. Je ne veux pas vous donner de détails par ce que j'ai eu beaucoup de coups bas. Je préfère rien dire des projets que je prépare. Tout ça n’entache pas l'image de miss RDC Belgium ? Je ne pense pas. Il y a eu ces failles, mais ça a été un très bel événement. Personnellement je n'ai eu que des félicitations. Concours miss RDC Belgium organisé par Netty Mayaka .De gauche à droite: 2ème dauphine miss RDC Belgium Cécile Mbanga, miss RDC Belgium Marlène Tshibassu, 1ère Dauphine Milka Mendoza Miss RDC Belgium 2013 Un concours au coeur des polémiques Interview Miss RDC vs Miss Congo: La Twittosphère réagit. Venez suivre le fil des Tweets sur notre site internet. Ces concours de miss n'échappent pas à la campagne 2014.Au moindre crépitement des flashs, à l'approche d'un micro, ils apparaissent... Les politiciens. Pour ces ambitieux, la beauté est une arme aussi puissante que les discours populistes. C'est 130 000 potentielles voix que représente cette diaspora d'Afrique subsaharienne (chiffre du centre de recherche en démographie et sociétés de l'UCL). Bain de foule, sourire, discours patriote...Toute l'attirail est de sortie. Ceux issus de la diaspora sont érigés au statut d' « excellence ». Le public repart les bras chargés de cartes de visites fraichement imprimées pour l'occasion. Les concours de miss de la diaspora africaine dépassent les frontières culturelles pour devenir un enjeu politique.■ Ibticem Azlef. Journaliste politique Des hommes politiques au pied des podiums   ©JessicaMutaharugamba Passage chorégraphié Miss RDC Belgium 2013 ©MissRDCOfficiel Les candidates, vêtues de tenues traditionnelles. Elles se présentent et expliquent leurs motivations. © JM [Billet d'humeur]