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2.3.1.1.   Limousin (France)2.3.1.2.   West Midlands (Royaume Uni)2.3.1.3.   North-East England (Royaume-Uni)2.3.1.4.   Pa...
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Aperçu global sur les études prospectivesConcepts de base de la prospectiveDes résultats de recherche avancent quelques él...
outils de travail, de nouveaux paradigmes pour fonder le discours sur la réalité et sondevenir.C’est à ce point que la pro...
La prospective de la faisabilitéIl faut que la prospective puisse s’incarner dans le réel, c’est la dimension opérationnel...
"prospectivistes" sont amenés à s’appuyer sur les méthodes et sur l’état d’esprit, la"philosophie" de la prospective, pour...
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I. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE SELECTIVE SUR LES PRATIQUES INTERNATIONALESEN MATIERE DE TECHNIQUES PROSPECTIVES1.1. Futurs Afric...
2. L’analyse de l’adéquation (concordances ou discordances) des politiques, objectifs etprogrammes en cours par rapport au...
Ce qu’il faut retenir à ce niveau est que ce qui change, c’est moins les outils utilisésantérieurement dans la planificati...
forestier en Afrique, identifier les nouvelles possibilités et les contraintes à lhorizon 2020 etindiquer les stratégies q...
Face à ces problèmes, des actions ont été entreprises par lÉtat, à savoir :• La promotion de reboisement par l’application...
cours de la dernière décennie. Elle se compose de deux volumes :Le Volume 1 apporte des éléments de réponse à trois questi...
augmentera de moitié dici à vingt ans, elle sera de 430 millions de personnes en 2020). Cesprospectives concluent à une Af...
Rédigé à l’époque de la guerre froide, l’ouvrage n’a pu évidemment intégrer les effets de lachute du mur de Berlin. La pri...
nest pas méconnue, mais l’économie ne doit pas lemporter sur dautres dimensions de lavie comme la culture, la vie politiqu...
Lobjet de ce Guide Méthodologique est dexpliquer la méthodologie d’exécution dunexercice NLTPS. Le présent document propos...
A propos des outils de prospective stratégique, l’auteur fait remarquer que, si le mondechange, il subsiste bien des invar...
II. PRATIQUES INTERNATIONALES DE LA PROSPECTIVE ET BILAN2.1. Au niveau du continent africainA. ContexteLa crise économique...
d’anticiper le futur par la planification par scénario.Le respect de ces principes doit favoriser une gestion stratégique ...
raison de la faiblesse du taux de croissance économique et l’accroissement démographiquerapide. Les gouvernements seuls ne...
sont l’absence de mentalité et d’attitudes orientées vers le futur, le manque de fonds et lafaiblesse de la banque de donn...
2.1.1.5. TUNISIELes différentes étapes de la planification en Tunisie sont organisées en trois phasesprincipales : une pha...
prolongements possibles des effets sur les économies et les sociétés Ouest-africaines, dudécuplement de la population régi...
une croissance de la population rurale de 1 % l’an avec un effectif en augmentation de 40      % et le maintien de fortes ...
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  1. 1. PROGRAMME DES NATIONS UNIESPOUR LE DEVELOPPEMENT (PNUD) REVUE BIBLIOGRAPHIQUE ET REFLEXION SUR LES TECHNIQUES PROSPECTIVES Harilanto RAOELSON Consultant Octobre 2005 1
  2. 2. SOMMAIRE Page Introduction 4 Contexte 4 Méthodologie 4 Aperçu global sur les études prospectives 5I. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE SELECTIVE SUR LES PRATIQUES 10 INTERNATIONALES EN MATIERE DE TECHNIQUES PROSPECTIVES1. 1. Futurs Africains / ACBF. Rapport de l’Atelier Régional sur les Expériences 10 Nationales d’Opérationnalisation des ENPLT, Dakar, Sénégal, 26 - 28 février 20011. 2. Mills-Landell, Pierre. National Perspective Studies in Africa: A Vision of a Better 12 Future. (Finance & Development) Dec 1993.1. 3. FAO, Comité des Forêts. L’Avenir des Forêts: Répercussions de l’Etude 12 Prospective du Secteur Forestier en Afrique. Note du Secrétariat, Seizième session, Rome (Italie), 10-14 mars 20031. 4. Rarivomanana, Philibert. L’Etude Prospective du Secteur Forestier en Afrique 13 (FOSA), République de Madagascar, Ministère des Eaux et Forêts, Novembre 20001. 5. Cered-Cernea, Université Paris X-Nanterre. Un Bilan de la Prospective Africaine, 14 20001. 6. GIRI, Jacques. Le Sahel au XXI ème Siècle. Un Essai de Réflexion Prospective 16 sur les Sociétés Sahéliennes. Éd. Karthala, 19891. 7. UNESCO. Approches Prospectives et Stratégies Novatrices en faveur du 17 Développement de lAfrique au XXI ème Siècle. Séminaire international, Rapport final. Paris, 8-9 novembre 20011. 8. Programme des Nations Unies pour le Développement. Études Prospectives 17 Nationales À Long Terme : Un Instrument de Gestion Publique. Futurs Africains,1998.1. 9. Futurs Africains. Guide Méthodologique d’un Exercice NLTPS. Janvier 1993. 181. 10. Godet, Michel. La Boîte à Outils de Prospective Stratégique. Cahier n° 5, LIPSOR, 19 Cinquième édition mise à jour, Juin 2004.II. PRATIQUES INTERNATIONALES DE LA PROSPECTIVE ET BILAN 212. 1. Au niveau du continent africain 21A. Contexte 21B. Objectifs des Etudes prospectives en Afrique 21C. Méthodologie de réalisation des études prospectives en Afrique 21D. Principaux réalisateurs des études prospectives en Afrique 222.1.1. Cas des Pays africains subsahariens 222.1.1.1. Algérie 232.1.1.2. Egypte 232.1.1.3. Maroc 242.1.1.4. Soudan 242.1.1.5. Tunisie 242.1. 2. Cas des pays de l’Afrique de l’Ouest (WALTPS) 252.1. 3. Cas des autres pays africains 302.1.3.1. Benin 302.1.3.2. Cap-Vert 312.1.3.3. Sierra Leone : VISION 2025 312.1.3.4. Madagascar : VISION 2030 et VISION Madagascar Naturellement 2020 332.1.3.5. Malawi : Un exemple de boucle de rétroaction 372.1.3.6. Maurice 382.1.3.7. Sao Tome et Principe 412. 2. Cas des Pays asiatiques : Inde et Chine 432. 3. Au niveau de l’Europe 452.3.1. Prospective régionale 45 2
  3. 3. 2.3.1.1. Limousin (France)2.3.1.2. West Midlands (Royaume Uni)2.3.1.3. North-East England (Royaume-Uni)2.3.1.4. Pays Basque (Espagne)2.3.1.5. Luxembourg2.3.1.6. Wallonie2.3.2. Prospective sectorielle 512.3.2.1. Prévisions de consommation en Energie 512.3.2.2. Prospective agricole 562.3.2.3. Prospective dans le secteur Métier 58III. ELEMENTS D’EVALUATION 653. 1. Motivation des études prospectives africaines 653. 2. Bilan de la prospective 663.2.1. Au niveau de l’Afrique 663.2.2. Au niveau de l’Europe 683.2.2.1. Prospective et développement régional 683.2.2.2. Prospective et Gestion Prévisionnelle de l’Emploi et des Compétences 70IV. RECOMMANDATIONS 744. 1. Leçons à tirer 744. 2. Recommandations 754.2.1. Au niveau des principes directeurs 754.2.2. Sur le plan institutionnel 754.2.3. Sur le plan stratégique 764.2.4. Sur le plan méthodologique 784.2.5. Au niveau de l’opérationnalisation 784.2.6. Au niveau de la préparation des NLTPS 80 CONCLUSION GENERALE 81 ANNEXE : Termes de référence 3
  4. 4. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE ET REFLEXION SUR LES TECHNIQUES PROSPECTIVESIntroductionLa présente étude s’inscrit dans la démarche déjà initiée en 1997-1998 pour la mise en placeeffective d’un réseau national de partenariat NLTPS devant contribuer à l’élaboration d’uncadre stratégique de développement à long terme à Madagascar. Elle a pour objectifs demettre en exergue quelques réalisations significatives concernant les pratiquesinternationales en matière de techniques prospectives (i.e., objectifs, approches,méthodologie, domaines d’intervention, organismes de recherche, conclusions,…),d’identifier des pistes possibles pour l’adaptation de ces pratiques au cas de Madagascar, etde formuler des recommandations pour l’élaboration de la stratégie nationale de long terme.Les résultats de cette étude font l’objet du présent rapport qui comporte quatre parties : (i)Revue bibliographique sélective sur les pratiques internationales en matière de techniquesprospectives, (ii) Synthèse d’un échantillon d’études et techniques prospectives, (iii)Evaluation des études prospectives ainsi recensées, et (iv) Recommandations.ContexteMadagascar s’est engagé dans la mise en œuvre d’un programme à moyen terme visant àréduire la pauvreté, défini dans le Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté(DSRP), lequel se réfère notamment aux Objectifs du Millénaire pour le Développement(OMD) à l’horizon 2015. Toutefois, un développement rapide et durable reposant sur unevision à long terme conformément à la Vision « Madagascar Naturellement » (VINA) pour2020 et aux perspectives de « Madagascar : Vision 2030 », implique, pour être effectif,l’élaboration d’un cadre stratégique cohérent intégrant le court et le long termes dans laconception et la mise en œuvre des politiques et stratégies de développement. C’est ainsique, déjà en 1997, le gouvernement malgache avait, conjointement avec le PNUD, initié unenouvelle approche du développement prenant appui sur une vision à long terme. DesAteliers de formation sur les « Etudes Prospectives à Long Terme » (National Long TermProspective Studies : NLTPS) furent alors organisés en vue d’implanter un réseau nationalde partenariat NLTPS.Ainsi, la réalisation de cette étude rentre dans le droit fil d’une entreprise tendant à renforcerles acquis des actions menées dans le domaine des réflexions et techniques prospectivesdevant contribuer à la mise en place effective d’un cadre stratégique à long terme dedéveloppement.MéthodologieL‘étude a été réalisée suivant la méthodologie de travail décrite ci-après : Recherche documentaire sur Internet; Exploitation et analyse des informations ainsi recueillies et compilation d’autres documents disponibles traitant de la prospective; Synthèse des résultats des travaux d’analyse et de compilation ; Diagnostic et évaluation des pratiques prospectives recensées ; et Formulation de recommandations. 4
  5. 5. Aperçu global sur les études prospectivesConcepts de base de la prospectiveDes résultats de recherche avancent quelques éléments de définition de la prospective, dontles suivants : La prospective est une « science ayant pour objet l’étude des causes techniques,scientifiques, économiques et sociales qui accélèrent l’évolution du monde moderne, et laprévision des situations qui pourraient découler de leurs influences conjuguées »; La prospective apparaît en opposition de phase avec la prévision (forecasting) qui,empruntant une démarche déterministe, s’appuie sur l’analyse du passé pour dessiner desfuturs probables ; C’est avant tout un état d’esprit, une façon d’être, qui consiste à accepter l’idée d’accueillirle futur, d’être ouvert à lui, sans a-priori dogmatique, ou idéologique. Contrairement à uneidée reçue, l’ouverture d’esprit vers l’avenir, vers le futur comme objet d’un débat sur uneréalité à construire, n’est pas aussi fréquente et générale qu’on pourrait le penser ; C’est un mécanisme de la pensée qui consiste à se tourner vers l’avenir pour réfléchir surl’actuel, le contemporain, et parfois même l’immédiat ; Il s’agit au fond d’une démarche qui vise à mettre en perspective les problèmes et lesenjeux, leur donner en somme une profondeur de champ que l’on n’a pas toujours quand on"colle" de trop près à l’événement ; Il s’agit de mettre en perspective une réalité, un enjeu perçu et vécu à un moment donné,de façon à élaborer une position, prendre position, et se retourner vers le futur, vers lelendemain ; C’est un jeu itératif entre une mise en scène du futur, qui est en général un futur lointain,hypothétique, spéculatif, et le présent, et qui débouche in fine sur un retour sur le futur, maisun futur d’une autre nature, le futur proche, palpable, tangible, le futur de l’action et de latransformation des choses, du changement et des ruptures voulues et non pas subies. D’oùl’idée d’un mouvement de balancement entre une temporalité tournée vers des horizonslointains et une temporalité tournée vers des horizons proches qui porte sur les conditions dela transformation de la réalité ; C’est le "rêve passé au crible de la raison".Prospective et notions connexes Prospective et planificationLa prospective est une pensée « riche », et la planification est une pensée « sèche » Certes,dans un système sociétal stable sur ses bases et ses perspectives, donc invariant, on peutadmettre que les configurations possibles se limitent à un très petit nombre de cas. Maisdans un monde instable, incertain, et de plus, « à rationalité limitée », ce qui est le cas del’univers de l’économie actuelle, dans lequel aucun acteur n’a une visibilité certaine del’ensemble, la prévision apparaît comme un mode de penser le futur largement dépassé ouen tous les cas, qui ne se suffit pas à lui-même. De fait, l’approche prévisionniste a tendanceà céder de plus en plus la place à une vision prospectiviste des problèmes.La fin de l’ère Plan-prévision correspond à l’émergence de l’ère Plan-prospective ou encoreProgrammation-prospective. Ainsi l’époque est révolue où l’on programmait desinvestissements gigantesques sur la base d’une activité prévisionnelle en démographie quise limitait à l’extrapolation des résultats de la période intercensitaire antérieure sur unhorizon de vingt ans, sans se poser la moindre question sur le bien-fondé de la pente de lacourbe sur l’ensemble de la période, ni se poser la moindre question sur la dynamique duchamp sociétal et de ses liens avec le champ économique ou technologique, l’évolution dessystèmes de valeur, le sens des choses. Ce silence de la pensée a eu pour effet desérieusement déprécier cette activité. Il en est résulté la nécessité de se doter de nouveaux 5
  6. 6. outils de travail, de nouveaux paradigmes pour fonder le discours sur la réalité et sondevenir.C’est à ce point que la prospective apparaît comme une réponse. Non pas la réponse, maiscomme une des réponses possibles. Prospective et stratégieEst-ce que la notion de prospective apporte quelque chose de plus à la notion de stratégieou s’agit-il d’un pléonasme ou d’un simple affichage publicitaire ? La question est sujette àcontroverse. Ce qui est sûr, c’est que la prospective, qui est avant tout un mode de pensée,n’est pas forcement marquée au sceau de l’action stratégique. Inversement, la prospectiveapporte à l’action stratégique une dimension supplémentaire, de l’ordre de la technique duraisonnement. La prospective représente un effort de mise en forme des idées qui peutapporter une dimension supplémentaire au discours stratégique, d’où l’intérêt du couplageentre les deux notions.Différents courants de prospective La prospective cognitiveLorsque les systèmes doivent se mettre en situation de « penser » leur devenir, ils doiventse doter d’un ensemble d’outils permettant de se doter d’une « vision », d’une représentationde leur situation, de leur potentiel, de leur place ou de leur position. Et il faut que cette visionsoit étayée par des analyses, des diagnostics en profondeur, des diagnostics diachroniques.C’est la prospective cognitive. Celle-ci renvoie à un champ général qui est la question dessystèmes, et son outil, la systémique.Il est à noter que sans une connaissance sérieuse des origines et des stades antérieurs dedéveloppement, il y a peu de chance que l’on puisse véritablement comprendre la réalitésubstantielle d’un système à un moment donné. En effet, un système est avant toutl’expression de l’interaction entre des forces externes et des forces internes.L’articulation entre les deux facteurs donne un chemin, un mouvement. Pour cela, il estévidemment nécessaire de comprendre les logiques, les dynamiques, les trajectoires d’unsystème, toute chose égale par ailleurs, étant entendu que ce résultat, à un moment donné,est lui-même le résultat des interactions antérieures entre les forces internes et externes.La connaissance de cette historicité des trajectoires des systèmes est souvent bâclée dansles diagnostics, sur le mode, le « passé c’est le passé ». Mais, dans les systèmes, le passé,c’est 80% du présent. Ensuite, le passé se prolonge dans le présent/actuel, et il dessine lescontours des cartes du futur. Les contours seulement, le reste étant l’œuvre de l’actionhumaine. Modifier une trajectoire de système est plus difficile que l’on ne croit.En effet, les systèmes sont des phénomènes à fort degré d’inertie. Ils sont en quelque sortele résultat de concrétions produites dans la longue durée historique, et ce que l’on voit à unmoment donné n’est que la conséquence de la formation et de la déformation dans desprocessus de longue durée. La prospective participativeMais cette connaissance de l’historique d’un système ne suffit pas. Il faut que les acteurs/systèmes soient capables de faire partager leur analyse. Cela implique d’élaborer unereprésentation de la situation et des champs du possible « partagés ». C’est la prospectiveparticipative. Mais le partage n’a de sens que si on peut proposer des idées nouvelles, dessens nouveaux. C’est toute la question des valeurs, des finalités, dénommée la prospectiveidéelle, la prospective des valeurs, que les spécialistes de la prospective appellent laprospective «normative». 6
  7. 7. La prospective de la faisabilitéIl faut que la prospective puisse s’incarner dans le réel, c’est la dimension opérationnelle dela prospective dite « stratégique ». Et il faut que la faisabilité des intentions soit évaluée dansle champ même de la prospective, en l’occurrence la prospective de la faisabilité.Différents univers de prospectiveIl y a plusieurs univers de prospective, qui se traduisent par l’existence de différentscourants, assez complémentaires les uns par rapport aux autres :- Prospective stratégique ;- Prospective du temps présent ;- Prospective des représentations ;- Prospective du champ de la connaissance ; et- Prospective territoriale. La prospective stratégique est le courant largement dominant. Dans sa version limitée auseul univers de la dialectique pensée-processus-action, cette pratique de la prospectiveconsiste à penser le long terme pour agir avec plus d’efficacité sur les mécanismes de prisesde décision du court terme. C’est une prospective stratégique au sens où elle est en prisedirecte avec la volonté de changement des acteurs et des décideurs. La prospective du temps présent est un courant qui est orienté vers la question duchangement social et l’expression des processus de transformation du champ sociétal parlui-même, à un moment donné. C’est une sorte de miroir actif de la société civile, quiconsiste à inviter la société à se penser par elle-même et pour elle-même. La prospective des représentations met en évidence le fait que la conscience du futurreflète les visions et les représentations qu’une société a d’elle-même. Cette approche de laprospective est moins tournée vers le changement en soi que sur le discours que l’on portesur le futur par rapport à notre présence au monde, aux traces du vécu antérieur dans leprésent et ce que l’on voudrait transmettre aux générations futures. La prospective du champ de la connaissance qui est fondamentale, et qui joue un rôleimportant, ne tient pas souvent le devant de la scène. Certains secteurs d’activité scientifiquesont plus que d’autres concernés, comme la climatologie, les sciences de la terre, la sciencedes écosystèmes. On peut dire que la futurologie anglo-saxonne est largement orientéedans cette direction de travail, mais il est vrai que le monde de la recherche est souventréticent à l’idée de passer de la prévision à la prospective, qui n’est somme toute, de ce pointde vue, qu’une activité de mise en débat de l’activité prévisionnelle. La prospective territoriale n’est pas un courant de pensée, mais simplement un moded’application. Elle est en aval de la prospective comme démarche générale, c’est un champd’application comme pourrait l’être la prospective d’entreprise. Mais, les particularités duchamp spatial sont présentes sur la pratique de la prospective. Ainsi, par exemple l’absencede véritable centre de pouvoir, le degré plus ou moins élevé, parfois assez faible, decohésion entre les acteurs, la complexité du phénomène territorial, qui est une sorte desociété globale localisée... Toutes ces caractéristiques impliquent de "mobiliser" les savoirsdans différents champs, de les faire interagir. Il n’est par exemple pas certain que lessciences régionales, en économie et en géographie, mais également en scienceshistoriques, en sociologie,... soient en situation de s’articuler correctement à l’activité deprospective. Et ce qui est vrai dans le champ de la connaissance, ce que bon nombred’auteurs appellent la prospective cognitive, l’est également dans le champ de la prospectivedélibérative et participative. Puisque le champ territorial ou le spatial représente un cadremajeur de déploiement des activités humaines, et de l’existence humaine, les 7
  8. 8. "prospectivistes" sont amenés à s’appuyer sur les méthodes et sur l’état d’esprit, la"philosophie" de la prospective, pour appréhender autrement la question de la connaissancedu champ spatial/territorial, ce qui a pour effet secondaire d’entraîner les sciences desterritoires ainsi que la prospective générale dans de nouvelles directions.Ainsi la prospective territoriale questionne la prospective générale, elle l’empêche des’enfermer dans un catalogue de méthodes préconçues : en d’autres termes, elle joue lerôle de "poile à gratter" de la prospective générale, et d’autre part, elle oblige les sciencesdes territoires à coopérer entre elles, à construire des socles épistémologiques communs.Le fait même d’exercer une activité de prospective dans les Régions contribue à la fois àcrédibiliser les institutions régionales et l’entité régionale en tant que phénomène identitaireet projet politique, entendu au sens générique du terme. La prospective, parce qu’ellequestionne le devenir régional, le met en chantier, et renforce par-là même le principe deterritorialité régionale.Objectifs des réflexions prospectivesGénéralement, les objectifs des réflexions prospectives se présentent comme suit : C’est une attitude qui vise à explorer les futurs d’un enjeu, d’un objet de la connaissanceou de l’action, en vue de se positionner sur la réalité présente et de l’orienter dans le sensdésiré ou souhaité. La prospective est orientée vers la recherche d’une vision partagée, c’est-à-dire unevision qui permette de dégager des consensus entre les personnes considérées comme lesacteurs de leur devenir, à partir de leurs dissensions, de leurs conflits et de leurscontradictions. C’est l’une des formes modernes du dialogue social, qui intègre la notiond’expertise et de compétence. Il peut en résulter, un processus de modification desreprésentations collectives sur un enjeu particulier, et donc de transformation des conditionsde l’action collective. Cette notion de partage est donc très importante, car c’est un facteurpermissif de l’action. Sans changement des représentations, pas de processus dechangement de la réalité elle-même. Or, la prospective, si elle est faite sérieusement, est unoutil intéressant de la transformation des modèles mentaux qui guident les conduitesindividuelles et collectives. Ce n’est pas, et de loin, un simple exercice de communication oud’information, bien qu’il arrive assez souvent que les spécialistes en communications’emparent du discours de prospective. La prospective s’efforce de conjecturer en différenciant le probable, le plausible et levraisemblable, tout en privilégiant l’incertitude. L’avenir n’est pas déduit, mais il est unepluralité d’avenirs imaginés. « La prospective se propose, à partir d’une démarchepluridisciplinaire (systémique) prenant en compte la dimension du temps long, de contribuerà une meilleure compréhension du monde contemporain, d’explorer ce qui peut advenir, sesdescendants possibles (les futuribles) et ce que nous pouvons faire ».Différentes approches et techniques en matière de prospectiveSans chercher à retracer de manière exhaustive l’ensemble des méthodes utilisées dansl’analyse du futur, il est possible de les regrouper en grandes catégories. On peut repérerquatre grandes techniques permettant d’explorer les problèmes du long terme : La méthode des scénarios: C’est la technique la plus sophistiquée pour réaliser desétudes prospectives. Cette méthode conduit, dans un premier temps, à décrire des futurspossibles (futuribles), eux-mêmes déterminés par l’évolution à long terme de facteurs clés, 8
  9. 9. puis à étudier les cheminements permettant de passer de la situation présente à cesdifférents futurs, souhaitables, souhaités ou redoutés. La prévision effectue le trajet inverse puisqu’elle se fonde sur l’étude du passé pourenvisager des trajectoires futures. L’histoire raisonnée conduit à envisager l’avenir à partir de scénarios très fortementconditionnés par les tendances lourdes du passé. Largement utilisée dans les travaux defuturologie, cette technique est plus sophistiquée que la simple prolongation des trendspuisqu’elle envisage la possibilité de ruptures dans les trends antérieurs. En analysantl’histoire longue, parfois sur plusieurs siècles, cette méthode remet souvent en questionl’idée maintes fois évoquée que « le temps s’accélère » et que demain sera encore plusincertain en raison des révolutions (au sens étymologique du terme), que le monde est entrain de vivre. Le fil d’Ariane d’une force motrice consiste à conjecturer des futurs lointains (voire trèslointains) en fonction d’un nombre limité de « forces motrices », comme le progrès technique,les ressources naturelles ou encore les dynamiques de peuplement. Les futurs possibles setrouvent alors presqu’ entièrement conditionnés par les modalités de ces forces. Ces forcesjouent le rôle d’un « fil d’Ariane » pour conjecturer des futurs lointains. Plusieurs « fils » ontainsi servi à décrire les évolutions possibles des économies et des sociétés.Cette classification a un caractère évidemment académique. La pratique montre que le soucid’apporter des réponses concrètes aux questions posées passe par la combinaison de cesméthodologies.Domaines d’intervention de la prospectiveLa présente étude a permis d’identifier un certain nombre de domaines ayant fait l’objetd’études prospectives et suggérant déjà des idées de recommandations en fournissant despistes de réflexions et d’actions sur des défis majeurs auxquels sont confrontés actuellementde nombreux pays dont Madagascar. Ce sont, entre autres, les suivants : Energie Développement régional Développement agricole Gestion des ressources humaines Démo-économie Gestion du secteur forestier Protection de l’environnement Aménagement du territoireLes grandes lignes des résultats d’études prospectives se rapportant à quelques-uns desthèmes sus-mentionnés feront l’objet de synthèse dans les développements infra. 9
  10. 10. I. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE SELECTIVE SUR LES PRATIQUES INTERNATIONALESEN MATIERE DE TECHNIQUES PROSPECTIVES1.1. Futurs Africains / ACBF, Rapport de l’Atelier Régional sur les ExpériencesNationales d’Opérationnalisation des ENPLT, Dakar, Sénégal, 26 - 28 février 2001.Le présent rapport formule les défis auxquels renvoie lopérationnalisation, sous forme dedeux questions : Comment rebâtir dans les pays africains les capacités de planification stratégique qui se sont fortement érodées et sans lesquelles lopérationnalisation ne pourrait se faire? Comment forger des alliances avec les pouvoirs politiques pour emporter leur engagement dans le processus dopérationnalisation, alliances sans lesquelles il ne peut prospérer?La réflexion sur lopérationnalisation doit sinscrire dans un processus dapprentissage, parcequil ny a pas une solution définitive, satisfaisante et généralisable à tous les pays. Partoutdans le monde, larticulation entre réflexion prospective et action stratégique est àrechercher. Le processus dapprentissage doit fonctionner sur le mode de réseau au niveaunational.Cet atelier a été l’occasion de dresser le bilan des expériences nationales dopérationnalisation. Les études sur les expériences nationales du Bénin, de la Côte dIvoire,de la Guinée Bissau, du Mali, de lOuganda et du Swaziland ont servi de références pour cetexercice. Des évaluations des efforts dopérationnalisation et des différentes propositionsdes participants, ont été retenues un certain nombre de recommandations.Pour passer des formes diffuses à des processus plus structurés et plus systématiquesdopérationnalisation, il est nécessaire de développer des stratégies et actions auprès despartenaires au développement. Le manque dinformation et la faible prise en compte despréoccupations de certaines agences de développement ont fortement limité les possibilitésdopérationnalisation des ENPLT.Il faudra aussi développer un plaidoyer auprès des décideurs politiques parce quelopérationnalisation n’est pas seulement un exercice technique mais revêt également uncaractère politique. Elle est largement tributaire des dispositions manifestées par lespouvoirs politiques. La différence de perception entre les décideurs et léquipe nationaledans certains pays, la réaction négative de certains gouvernements interprétant les résultatsde lexercice comme un jugement de leur action ont amoindri les possibilitésdopérationnalisation des ENPLT.Au plan institutionnel , l’ancrage autour des institutions existantes pourrait être retenucomme principe. Toutefois, il devrait être recherché la mise en place d’un cadre institutionnelsouple et flexible ayant un pouvoir d’animation et de décision important et ouvert auxpartenaires de développement. Un tel cadre serait de nature à assurer la participation et laconcertation entre différentes parties et à faciliter la prise de décision.Au plan méthodologique, un processus en quatre principales étapes a été proposé :1. La formulation d’objectifs à moyen terme à partir de la vision nationale, quantifiés etvérifiables.Lobjectif est de sassurer du degré de consistance des orientations stratégiques proposéesdans les NLTPS par rapport à la réalité (forces, faiblesses, opportunités, menaces). L’ étapepremière a aussi pour objet de vérifier que la vision et les stratégies subséquentes traitentdes composantes essentielles du développement. 10
  11. 11. 2. L’analyse de l’adéquation (concordances ou discordances) des politiques, objectifs etprogrammes en cours par rapport aux objectifs à long terme de la vision. Dans la pratique,on ne peut décliner les stratégies opérationnelles et les programmes dans un processuslinéaire, "top-down", uniquement à partir des orientations stratégiques du NLTPS. On estdonc amené dans un mouvement à double sens à confronter les NLTPS avec lesprogrammes en cours qui également façonnent lévolution du pays.Cette analyse de concordances et discordances de programmes et projets en cours, du pointde vue de leur cohérence par rapport aux objectifs et stratégies de la vision nationale pourrase concrétiser en cinq grandes activités : Répertorier tous les plans, programmes et projets en cours de mise en oeuvre ou encours de formulation ; Analyser leurs concordances/discordances par rapport aux orientations de la visionnationale ; Analyser la concrétisation des différents objectifs des visions nationales à travers lepipeline - des programmes et projets existants ; Tenir compte dans cette analyse des programmes dactivités des organisations etagences sous-régionales, régionales et internationales;et Identifier les écarts entre les objectifs de la vision et les programmes en cours.3. Etudes ciblées dans certains domaines importants. En raison de leur nature sélective etglobale, les NLTPS comme toute étude prospective ne sauraient prétendre traiter tous lesthèmes relatifs aux problèmes de développement dun pays. Par ailleurs, des questionsfondamentales telles que les évolutions démographiques, la compétitivité, les évolutions dumarché des matières premières, les questions foncières, par exemple, nont pas souvent étéanalysées en profondeur. Ainsi des études ou analyses plus ciblées et plus détaillées serontnécessaires pour approfondir les études menées à la phase de diagnostic du processusNLTPS. De même, lon pourrait être amené à réaliser des études complémentaires sur desthèmes dimportance qui nont pas été abordées.4. Traduction des orientations stratégiques à long terme en plans d’action stratégiques àmoyen terme comportant des indicateurs de suivi et d’évaluation. Une fois les étudesspécifiques menées, la vision et les stratégies globales révisées à la lumière de leurconfrontation avec les programmes en cours de réalisation ou de formulation, on est à mêmede pouvoir élaborer un plan dactions stratégiques de moyen terme dans un processus encascades : Traduction des orientations stratégiques de la vision nationale en objectifs de moyen terme quantifiables ; Propositions, analyse et choix des options stratégiques alternatives globales sur le moyen terme ; Détermination des lignes daction par problématique. Ce processus doit être, à l’exemple du NLTPS, participatif. Cette participation ne se limite pas à la consultation, elle doit être implicative à toutes les phases de l’exercice et élargie à tous les représentants de la société.Au plan des méthodes et outils, un certain nombre d’outils danalyse, de prévision et deprojection sont disponibles (matrice de comptabilité sociale, modèle d’équilibre généralcalculable, budgétisation par objectif) et peuvent être utilisés dans le processusd’opérationnalisation des ENPLT. Toutefois, la question des outils mérite d’être revue à lalumière de l’adéquation aux objectifs poursuivis par l’opérationnalisation. 11
  12. 12. Ce qu’il faut retenir à ce niveau est que ce qui change, c’est moins les outils utilisésantérieurement dans la planification que l’esprit dans lequel ils doivent être employés danscette nouvelle approche de planification stratégique.Au niveau des processus, il ressort de toutes les propositions la volonté de promouvoir uneconcertation entre divers acteurs de développement aussi bien au niveau national quauniveau international pour valoriser les ENPLT et constituer une plate-forme pour élaborer lecadre stratégique.1.2. Mills-Landell, Pierre. National Perspective Studies in Africa: A Vision of a BetterFuture. (in Finance & Development, Dec. 1993, v. 30, n°4, p. 42(2).Le NLTPS constitue un moyen de favoriser un débat national sur les défis et priorités dudéveloppement en se basant sur une analyse approfondie des options à long terme.Mais pour être efficace, l’effort doit viser au-delà de l’élaboration d’une stratégie à longterme. Le NLTPS devrait lier la stratégie aux politiques actuelles du gouvernement et définirun cadre macroéconomique viable pour les actions de développement à mener dans le courtterme.En tenant pleinement compte de la capacité institutionnelle, de la disponibilité desressources, et des activités de développement en cours, un NLTPS pourrait aider ungouvernement à articuler des programmes multiannuels de développement incluant desprogrammes d’investissement dans le secteur public et des politiques macroéconomiques etsectorielles intégrant les contraintes financières et les contingences liées au commerceextérieur.Les mesures qui devraient être prises pour maximiser les chances de réalisation desobjectifs comprennent, entre autres : Faire en sorte que les mécanismes institutionnels de mise en œuvre de la stratégie soientintégrés dans la méthodologie dès le début ; S’assurer d’un support politique tout au cours du processus, et ne pas attendre jusqu’à ceque la phase d’étude soit terminée ; et Impliquer des équipes de chercheurs tout au long de la mise en œuvre de la stratégie, leNLTPS étant considéré comme un processus d’apprentissage continu et itératif.L’opérationnalisation du NLTPS requiert des stratégies de marketing et beaucoupd’initiatives tant au niveau institutionnel qu’individuel en vue de familiariser tous les acteursde développement au processus du NLTPS.1.3. FAO, Comité des Forêts. L’Avenir des Forêts: Répercussions de l’EtudeProspective du Secteur Forestier en Afrique. Note du Secrétariat, Seizième session,Rome (Italie), 10-14 mars 2003.Le présent document donne un aperçu de létude prospective du secteur forestier en Afrique,dont il décrit notamment le processus, les principales conclusions, leurs incidences, ainsique la suite quil est proposé de lui donner. L Étude prospective du secteur forestier enAfrique (FOSA) présente une perspective sur une vingtaine dannées et fournit un cadre deplanification à long terme pour le développement du secteur. Les principaux produits de cetteétude sont un aperçu général et cinq rapports sous-régionaux consacrés aux enjeux propresà lAfrique du Nord, à l’Afrique de lEst, à l’Afrique australe, à lAfrique centrale et à l’Afriquede lOuest. Ces rapports identifient les éléments moteurs, décrivent des scénarios depolitique générale et institutionnels pour le développement du secteur forestier, évaluentleurs incidences sur lavenir des forêts et présentent des formules possibles permettantdaccroître la contribution des forêts au développement durable.Les objectifs de létude prospective du secteur forestier en Afrique étaient les suivants:analyser la situation, les tendances et les éléments moteurs qui façonnent le secteur 12
  13. 13. forestier en Afrique, identifier les nouvelles possibilités et les contraintes à lhorizon 2020 etindiquer les stratégies qui pourraient améliorer la contribution des forêts au développementdurable.Les facteurs dont on prévoit quils auront une incidence sur le secteur forestier pendant lesvingt prochaines années sont, notamment, le rythme variable des changements politiques etinstitutionnels, la fréquence des conflits et des guerres, les changements démographiques,le fardeau de la dette, le fléchissement de laide au développement et la persistance de lapauvreté et de linsécurité alimentaire. Si des changements de grande envergureninterviennent pas, la situation des forêts africaines sera marquée par la persistanced’importantes pertes de couvert forestier, la détérioration de lenvironnement, lépuisementdes produits forestiers non ligneux en général et des plantes médicinales en particulier, etpar un recul sensible de la productivité et du pouvoir dachat sur les marchés nationaux etlocaux en raison du VIH/SIDA.Pour inverser les tendances actuelles, une volonté politique assortie de stratégies intégréesest nécessaire pour lutter contre la pauvreté et protéger lenvironnement. Cette actionsuppose la dévolution de pouvoirs aux principales parties prenantes par une réorientationdes politiques, des changements institutionnels et la création de conditions favorables à unegestion durable des ressources. À cet égard, des efforts sont nécessaires pour redonnervigueur au secteur public, améliorer le jeu des forces du marché par ladoption de mesuresjuridiques et institutionnelles, et appuyer le secteur non structuré.Létude prospective du secteur forestier en Afrique met en évidence les liens entre le secteurforestier, la sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté, notant que la plupart dessolutions résident dans des secteurs tels que lagriculture et lindustrie. Cependant, lesmauvais résultats économiques, en particulier dans le domaine de lagriculture, obligent lespauvres à être tributaires des forêts en ce qui concerne leurs moyens de subsistance. Celamet les forestiers et autres décideurs devant un dilemme et en labsence de changementsradicaux, il restera difficile de surmonter ce problème. Étant donné que les approchestraditionnelles des forêts sont insuffisantes pour lutter contre la pauvreté et pour empêcher ladégradation de lenvironnement, il faut trouver de nouvelles solutions afin dapporter unchangement positif.1.4. Rarivomanana, Philibert. L’Etude Prospective du Secteur Forestier en Afrique(FOSA), République de Madagascar, Ministère des Eaux et Forêts, novembre 2000.Ce document constitue une première étude prospective du secteur forestier à Madagascar.Elle a permis de dégager les principales contraintes et avantages du secteur forestier etd’identifier ce qu’on appelle les « moteurs de changement ». Les conclusions y afférentespeuvent à la fois ouvrir d’autres visions pour une meilleure gestion forestière et permettentdéjà de démarrer certaines options. Toutefois, l’étude montre une limite importante au niveaude l’insuffisance et de la fiabilité des données qui a restreint l’analyse à un seul scénario. Ilest donc évident que la poursuite des actions pour l’amélioration du système de collecte desinformations devra pouvoir, non seulement contribuer à la fiabilité des données, maiségalement à leur utilisation.A lheure actuelle, le reboisement entrepris narrive à compenser la dégradation forestièredue à laction de lhomme : défrichement, feux de végétation, exploitation forestière etprélèvement.Cette situation est encore aggravée par la pression démographique galopante et la pauvretéde la majorité de la population. Si ce rythme de dégradation se poursuit, le capital forestier,reconnu par son niveau élevé dendémicité et de diversité, risque de disparaître diciquelques années. 13
  14. 14. Face à ces problèmes, des actions ont été entreprises par lÉtat, à savoir :• La promotion de reboisement par l’application du décret n° 2000/383 du 7 juin 2000 quiconsiste à instaurer un cadre incitatif au reboisement (incitations foncières, financières,techniques) et à en déterminer le mode de gestion conformément au principe dudésengagement de lEtat du secteur productif ;• La poursuite de l’aménagement des forêts existantes et la délivrance des permis d’exploiterseulement dans des lots forestiers aménagés et aux exploitants ayant acquis un minimum deformation professionnelle ;• L’intensification du recouvrement des redevances forestières qui alimentent le FondsForestier National, seule source pérenne permettant de financer les activités forestièrespréconisées dans le Plan Directeur Forestier National ;• Le renforcement des contrôles forestiers pour une meilleure maîtrise de la filière bois àtravers la création des brigades de contrôle ; et• Le renforcement du suivi et contrôle de l’origine des produits, l’étude sur la normalisation etsur la fiscalité pour une répartition équitable des recettes.Pour améliorer la situation du secteur forestier, ces actions devraient être renforcées par :• La mise en oeuvre de la politique sectorielle du développement rural ;• La mise en oeuvre de la politique énergétique ;• La mise en oeuvre de la politique environnementale ; et• La promotion de la recherche forestière.Ce document formule trois hypothèses pour le secteur forestier en 2020 :1ère hypothèse (Hypothèse optimiste (croissance) : dans le meilleur des cas, les contraintesliées au développement de la ressource et à sa gestion proprement dite sont partiellementou totalement levée. Les moteurs du changement contribuent favorablement à lever cescontraintes en même temps quils suscitent le développement du secteur forestier.2ème hypothèse (Hypothèse 0) : dans un contexte de statu quo où rien ne change, lesparamètres restent les mêmes.3ème hypothèse (Hypothèse pessimiste)Comme les chiffres disponibles ne permettent pas de mesurer les tendances pour lapremière et la dernière hypothèse, la prospective présentée concerne donc le contexte destatu quo dans lequel les paramètres restent les mêmes.La prospective montre que, sans action conséquente pour renverser les tendances actuelles,la situation du secteur forestier sera amenée à se dégrader. Cette dégradation se traduirapar une diminution à la fois de la couverture forestière et de la productivité des forêts. Enclair, les ressources forestières ne pourront pas jouer lun de ses rôles les plus importantsqui est celui de satisfaire aux besoins socio-économiques de la population. Les méthodesclassiques pour juguler cette dégradation consistent à mettre en oeuvre des mesuresglobales ou spécifiques. Ce document ne préconise pas la mise en oeuvre de mesures pourchanger les "moteurs" dans le bon sens. Mais, il peut proposer les bases des orientations àprendre pour améliorer la situation à lintérieur du secteur forestier, en tenant compte dunenvironnement exogène changeant mais qui exerce une influence permanente sur lévolutionde la couverture et de la productivité forestière.1.5. Cered-Cernea, Université Paris X-Nanterre. Un Bilan de la Prospective Africaine,2000.Il s’agit d’une étude dirigée par Philippe HUGON, Professeur à l’Université Paris X-Nanterreet par Olivier SUDRIE, Maître de Conférences à l’Université de Versailles-Saint Quentin.L’étude a pour objectif de réaliser un bilan des travaux de prospective africaine menés au 14
  15. 15. cours de la dernière décennie. Elle se compose de deux volumes :Le Volume 1 apporte des éléments de réponse à trois questions : Pourquoi réaliser des études prospectives sur l’Afrique ? (les objectifs) Comment réaliser de telles études ? (les méthodologies) Quelles études ont été publiées ? (une bibliographie sélective).Le Volume 2 est consacré au recensement des institutions, publiques et privées,réalisant des analyses prospectives. Il apporte des compléments de réponse à latroisième question en regroupant des fiches bibliographiques sur les principalesétudes prospectives réalisées sur l’Afrique.L’étude part d’un postulat considérant lAfrique subsaharienne comme la grande absente dela scène mondiale. Toutefois, malgré sa marginalisation, l’Afrique ne peut pas laisserindifférent le reste du monde.LAfrique subsaharienne, grande absente de la scène mondialeLAfrique subsaharienne pèse peu au niveau des grands agrégats macro-économiques. Ellereprésente, pour 10% de la population du globe, seulement 1% du PIB mondial, 1% desinvestissements directs étrangers et moins de 1,5% du commerce international. A maintségards, lAfrique est aujourdhui en position de "hors-jeu" économique. De cette configurationasymétrique naissent de nouveaux enjeux (géopolitiques, géo-économiques). En effet,lAfrique deviendrait la zone dinfluence "naturelle" de lEurope. Le développementéconomique de lAfrique apparaît alors comme un enjeu majeur pour celle-ci, d’autant plusquelle constitue une réserve minière et pétrolière appréciable.La prospective africaine doit sappuyer sur des spécificités africainesCertains principes sont incontournables. A savoir : Les spécificités africaines ne peuvent faire de lAfrique un simple champs dapplication de méthodes universelles. Les futurs possibles et souhaitables lointains doivent être liés aux situations passées, présentes et futures proches. Il sagit de comprendre les cheminements et de repérer les moments de rupture ou de bifurcations. Lanalyse prospective doit être globale, à la fois géopolitique, macro-économique et sectorielle. Elle suppose des cadres de cohérence dont la fonction est moins de quantifier les trajectoires futures que de mettre en évidence les contraintes et les risques de rupture. La prospective globale concernant lensemble de lAfrique sub-saharienne doit saccompagner de prospectives régionales autour des grands pôles tels que lAfrique du Sud, le Nigeria ou encore des pays présentant des risques de désintégration comme la République démocratique du Congo dans la région des Grands lacs.Il convient toutefois de ne pas oublier quil ny a pas de bonnes méthodes prospectives ensoi. Il ny a que des méthodes adaptées aux questions posées par les différents acteurs :gouvernements, bailleurs de fonds, entreprises privées, ONG...Principales conclusions des études prospectives AfricainesElles sont diverses et variées compte tenu du fait quil nexiste pas de prospective globaleportant sur lensemble du continent africain. A défaut dimages globales, les prospectivesdémo-économiques réalisées pour lOuest-africain suggèrent l’image d’un futur africain oùles dynamiques de peuplement jouent un rôle central (la population d Afrique de lOuest 15
  16. 16. augmentera de moitié dici à vingt ans, elle sera de 430 millions de personnes en 2020). Cesprospectives concluent à une Afrique qui surbanise rapidement et qui se polarise sur plusdune trentaine de villes millionnaires (contre six en 1990), localisées principalement autourdu Golfe de Guinée. Ces centres urbains constituent des pôles de croissance et desmarchés pour les campagnes. La dégradation probable de lenvironnement affecte uneagriculture qui reste traditionnelle et extensive. Les villes se nourrissent de produits importés.Face à des Etats de plus en plus défaillants, les économies sinformalisent. Cependant, dansles études menées par rapport aux futurs souhaités par les représentants des pouvoirspublics, les opérateurs économiques et les acteurs de la société civile, il apparaît lanécessité pour eux de disposer dEtats efficaces ("bonne gouvernance"), moins pour dirigerle développement à long terme que pour le favoriser. Enfin, étant donné que lAfrique aura àaffronter la concurrence mondiale et à sinsérer dans la division internationale du travail, lesétudes concluent que le développement économique à long terme passera impérativementpar une intégration régionale accrue.1.6. GIRI, Jacques. Le Sahel au XXI ème Siècle. Un Essai de Réflexion Prospective surles Sociétés Sahéliennes. Éd. Karthala, 1989.L’ouvrage rédigé par J. Giri avec l’appui d’une équipe pluridisciplinaire, dans le cadre duClub du Sahel, fait suite à l’étude de l’OCDE "Le Sahel face aux futurs. Dépendancecroissante ou transformations structurelles". Il se donne pour objet de dessiner des devenirspossibles du Sahel dans un horizon de long terme. La méthode retenue est historique etpluridisciplinaire. Elle repose sur l’élaboration de scénarii.L’auteur part d’une rétrospective historique remontant aux temps anté-coloniaux etcoloniaux. Il rappelle les tendances plus récentes. La situation de la région ne s’est guèreaméliorée malgré les différentes aides et initiatives. La vulnérabilité des aléas climatiques etla dépendance vis-à-vis de l’aide alimentaire est grande. A ces facteurs anciens, s’ajoutentde nouvelles contraintes apparues au début de la décennie quatre-vingt, tels : l’endettementextérieur croissant, les déséquilibres financiers ayant conduit à des ajustements structurels,une forte croissance démographique. En 1970, la balance courante était à peu prèséquilibrée. En 1984, elle était déficitaire de 700 millions de $. Les dons versés de l’ordre de200 millions de $ sont montés à environ 1 milliard de $ durant la même période.L’ouvrage dessine ensuite des avenirs possibles et sous quelles conditions ceux-ci peuventse réaliser au cours des vingt-cinq prochaines années.Le scénario tendanciel, le plus vraisemblable, "n’est ni catastrophe, ni développement maisdépendance accrue". Les facteurs lourds qui pèseront seront le climat, les liens avec lemonde arabo-musulman et côtier, l’évolution des pouvoirs et des valeurs, ainsi que ladémographie.Ce scénario ne comporte pas d’incohérences majeures à la condition qu’un volume croissantd’aide extérieure soit consacré à combler les déficits. Une extrapolation des tendancespassées conduirait à 7 milliards d’aide financière en 2010 soit la totalité de l’APD aux paysd’Afrique sub-saharienne. Un montant de 3 à 4 milliards est nécessaire et plus probable.Les autres scénarii, moins probables, vont des avenirs tragiques aux plus souriants. Ilssupposent soit une forte chute des appuis extérieurs et/ou des catastrophes de typeclimatique, économique ou autre dans le premier cas, soit d’importantes transformationsstructurelles concernant les valeurs, les pouvoirs…Le grand intérêt de l’ouvrage est d’avoir adopté une perspective de long terme prenant encompte les différents éclairages disciplinaires. L’ouvrage en revanche retient sans réservel’hypothèse du biais urbain critiqué à l’époque par plusieurs ouvrages : "Nourrir les villesafricaines", "Urbanisation et dépendance alimentaire", SEDES, Coussy, Hugon, Sudrie. Il n’apas pris en compte les inflexions des importations céréalières. 16
  17. 17. Rédigé à l’époque de la guerre froide, l’ouvrage n’a pu évidemment intégrer les effets de lachute du mur de Berlin. La prise en compte de l’intégration régionale des pays sahéliensavec les pays côtiers est peu présente dans l’ouvrage.Il s’agit néanmoins d’une remarquable prospective qui, dix ans après, résiste au regard de larétroprospective.1.7. UNESCO. Approches Prospectives et Stratégies Novatrices en faveur duDéveloppement de lAfrique au XXI ème Siècle. Séminaire international, Rapport final.Paris, 8-9 novembre 2001.Ce rapport général se propose de faire apparaître : Les tendances principales qui se sont dégagées des exposés, des échanges et desdiscussions sur les défis que lAfrique est appelée à relever, dans le cadre des visions etagendas définis au plus haut niveau politique, notamment le Nouveau Partenariat pour leDéveloppement de lAfrique (NEPAD), en prenant également en compte les stratégies etpriorités de lUNESCO telles quelles ont été approuvées par la 31è session de laConférence générale ; Les domaines dans lesquels lUNESCO peut apporter utilement un appui concret auxinitiatives africaines à un moment où lOrganisation est précisément sur le point de sengagerdans le processus délaboration de stratégies régionales et sous-régionales, qui intéressentdautant plus le continent africain que le NEPAD a fait de ces deux cadres ses champsprivilégiés dintervention ; Enfin les modalités pratiques au moyen desquelles lUNESCO et lAfrique pourraient, enagissant ensemble, assurer dun commun accord un nouveau départ pour le continent enrevitalisant et en élargissant le partenariat déjà existant et en créant des nouveauxpartenariats plus hardis et bien plus étendus encore dans les différents domaines prioritaires.Les travaux du séminaire ont porté sur sept thèmes principaux qui sont les suivants: Agenda africain et lUNESCO: construire sur les bases du NEPAD ; Education en Afrique : Enjeux et perspectives - Quelles stratégies pour lavenir? Science et technologie pour un développement durable en Afrique ; Droits humains, démocratie et sécurité humaine : perspectives et pistes daction ; Diversité et pluralisme culturels, des enjeux pour le développement durable en Afrique ; Technologies de la communication et société du savoir : renforcement des capacités en Afrique ; et Renforcement de la coopération panafricaine et du partenariat international.1.8. Programme des Nations Unies pour le Développement. Études ProspectivesNationales à Long Terme : Un Instrument de Gestion Publique. Futurs Africains,1998.La notion détudes prospectives nationales à long terme découle du malaise généralengendré par les mauvais résultats quont donnés les démarches appliquées dans le passépour gérer le développement en Afrique. Il ne sagit pas de supplanter les effortsactuellement faits par les pays africains pour réformer leur économie et leur société. Il sagitau contraire dune démarche qui complète ces efforts, et qui mette laccent sur un processussystématique d’élaboration et dapplication de stratégies de développement cohérentes dansle long terme. Plus précisément, cest un cadre systématique pour la gestion dudéveloppement fondée sur la participation et sur une stratégie.Il est désormais largement accepté que pour que le développement soit durable, il doit êtrecentré sur la personne. Les NLTPS permettent dappliquer concrètement ce principe, faisantde la personne à la fois la cause et la finalité du développement. Limportance de l’économie 17
  18. 18. nest pas méconnue, mais l’économie ne doit pas lemporter sur dautres dimensions de lavie comme la culture, la vie politique, lenvironnement et la technologie. En fait, cettenouvelle démarche prête lattention voulue à ces facteurs. L’équité entre générations et ausein des générations, la protection de lenvironnement et la défense des libertés civilesfigurent également en bonne place dans le processus des NLTPS qui deviennent ainsi unmodèle global ou systémique du développement.Dans ce modèle, la planification du développement national devient un processusdapprentissage. Les NLTPS encouragent la participation active de la population auxdécisions nationales, mais également à la phase de l’exécution. Le dialogue et le consensusdoivent être privilégiés par une concertation nationale. Cette perspective doit permettre àune nation de comprendre quelle ne s’égare pas, quelle va dans une voie bien déterminée,et cette perspective devient alors un principe directeur devant inspirer toutes les décisionsnationales du développement. En outre, les dirigeants doivent penser et agir en fonction dulong terme, et s’assurer que lenvironnement des politiques quils mènent est stable.Mais surtout, les NLTPS encouragent lutilisation dexperts locaux, la création descapacités et la maîtrise par le pays des actions de développement. On part en effetde l’hypothèse que ce sont les nationaux, avec un soutien et une formationméthodologique appropriés, qui peuvent penser lavenir de leur pays, organiser leursociété dans ce sens. Cest ainsi quils s’aperçoivent quils sont bien maîtres duprocessus de développement, en faveur duquel ils sengagent.Ce document fait ressortir les relations stratégiques entre les études prospectives nationalesà long terme et la gouvernance. S’agissant de son objet, il est de plus en plus admis que lagouvernance a pour objectif de renforcer la capacité des autorités de gérer les processus dedéveloppement et de créer un climat favorable à l’exercice des responsabilités collectivesdans la société civile. Ses éléments constitutifs sont : le renforcement des organismes de lasociété civile, l’avènement dun Etat de droit, une concertation sur la conduite de l’économie,la transparence des consultations électorales, et l’avènement dune culture de paix. Desexemples, empruntés aux exercices nationaux (Guinée Bissau, Maurice Zimbabwe)montrent comment ces éléments constitutifs sont compris et sont abordés dans plusieurspays.Le document retrace les principales réalisations en matière d’études prospectives, ainsi queles principaux enseignements. Les leçons à retenir des premiers exercices NLTPS ont trait àla fois à la méthodologie, au processus participatif, à la durée de lexercice et à laparticipation de ladministration et des bailleurs de fonds.1.9. Futurs Africains. Guide Méthodologique d’un Exercice NLTPS. Janvier 1993.Le présent Guide Méthodologique est le premier d’une série de notes méthodologiques ettechniques. Il est destiné à servir de guide aux cellules nationales de pilotage et à leursgroupes pluridisciplinaires pendant le processus d’élaboration des études. En outre, ceGuide Méthodologique constitue une source de renseignements pour les différents groupeset individus qui pourraient être intéressés à participer, dune manière ou dune autre, auprocessus d’élaboration des NLTPS.Le présent rapport se divise en deux parties. La section I explique la méthodologie et lesprincipales phases du processus NLTPS alors que les annexes à cette section décrivent lesobjectifs et lenvironnement opérationnels du projet. La section II décrit les étapesanalytiques que les cellules nationales de pilotage devront entreprendre pour exécuter lesétudes. Lobjectif visé est de s’assurer que les différentes études à réaliser adopteront lesmêmes étapes analytiques, afin de faciliter leurs synthèses et leurs comparabilités. 18
  19. 19. Lobjet de ce Guide Méthodologique est dexpliquer la méthodologie d’exécution dunexercice NLTPS. Le présent document propose les phases et étapes fondamentales, ainsique des techniques qui pourraient être utilisées. Il fournit également un cadre commun auxcellules nationales de pilotage, leur permettant ainsi d’établir des normes minimales pourcomparer, intégrer et faire la synthèse des différents exercices NLTPS. La démarchetechnique adoptée par ce document ne consiste pas en un ensemble rigide de règles quilfaut rigoureusement observer, mais plutôt en une approche souple qui permet de fairemontre de beaucoup d’ingéniosité dans la conception de chaque projet NLTPS. Il estimportant de noter que ce Guide Méthodologique se veut un exercice purement techniquequi ne cherche nullement à imposer une approche ou une position théorique/méthodologiqueaux cellules nationales de pilotage.1.10. Godet, Michel. La Boîte à Outils de Prospective Stratégique. Cahier n° 5, LIPSOR,Cinquième édition mise à jour, juin 2004.Les concepts de prospective, de stratégie, de planification sont dans la pratique intimementliés, chacun appelle les autres et sy mêle : on parlera de planification stratégique, demanagement et de prospective stratégique.Chacune de ces approches renvoie à un référentiel de définitions, de problèmes et deméthodes dont la spécificité est dautant moins établie que le langage nest pas stabilisé.En se posant la question Quelles stratégies pour quels scénarios ?, l’auteur fait remarquerqu’il ny a pas de statistiques du futur. Face à lavenir, le jugement personnel est souvent leseul élément dinformation disponible. Il faut donc recueillir des opinions pour se forger lasienne et faire des paris sous forme de probabilités subjectives.L’ouvrage énumère les cinq questions fondamentales de la prospective stratégique aprèsune mise au point sur la spécificité de la prospective et de la stratégie. Même si elles sontintimement liées, il convient de bien séparer :1) le temps de l’anticipation, c’est-à-dire de la prospective des changements possibles etsouhaitables ; et2) le temps de la préparation de l’action, c’est-à-dire l’élaboration et l’évaluation des choixstratégiques possibles pour se préparer aux changements attendus (préactivité) etprovoquer les changements souhaitables (proactivité).Cette dichotomie entre l’exploration et la préparation de l’action conduit à distinguer cinqquestions fondamentales : Que peut-il advenir ? (Q1), Que puis-je faire ? (Q2), Que vais-jefaire ? (Q3), Comment le faire ? (Q4), et une question préalable essentielle (Q0),Qui suis-je? Cette question préalable sur lidentité de lentreprise, trop souvent négligée, impose unretour aux sources sur ses racines de compétences, ses forces et ses faiblesses, qui nestpas sans rappeler le fameux "connais-toi toi-même" des Grecs anciens.La prospective seule est centrée sur le “que peut-il advenir ?” (Q1). Elle devient stratégiquequand une organisation s’appuie sur “qui suis-je ? ” (Q0), et s’interroge sur le “que puis-jefaire ?” (Q2). Une fois ces deux questions traitées, la stratégie part du “que puis-je faire ?”(Q2) pour s’en poser deux autres : “que vais-je faire ?” (Q3) et comment le faire ? (Q4). D’oùle chevauchement entre la prospective et la stratégie.L’auteur définit cinq idées clés de la prospective : Le monde change mais les problèmes demeurent Des acteurs clefs aux points de bifurcation Halte à la complication du complexe Se poser les bonnes questions et se méfier des idées reçues De lanticipation à laction par lappropriation 19
  20. 20. A propos des outils de prospective stratégique, l’auteur fait remarquer que, si le mondechange, il subsiste bien des invariants et des similitudes dans la nature des problèmesrencontrés. Il recommande ainsi de puiser dans lhéritage accumulé, et d’entretenir lamémoire des méthodes et des outils pour mieux les enrichir.En ce qui concerne les outils de la prospective stratégique, il tient à rappeler leur utilité :stimuler l’imagination, réduire les incohérences, créer un langage commun, structurer laréflexion collective et permettre l’appropriation. Il attire l’attention de ses lecteurs sur leslimites de ces outils et les illusions de la formalisation : les outils ne doivent pas se substituerà la réflexion ni brider la liberté des choix. Il convient aussi de préciser que les outils de laprospective n’ont pas la prétention de se prêter à des calculs scientifiques comme on peut lefaire dans des domaines physiques (par exemple, pour calculer la résistance de matériaux).Il s’agit seulement d’apprécier de manière aussi objective que possible des réalités auxmultiples inconnues. De plus, le bon usage de ces outils est souvent bridé par les contraintesde temps et de moyens inhérents aux exercices de réflexion. L’usage de ces outils estinspiré par un souci de rigueur intellectuelle notamment pour mieux se poser les bonnesquestions (pertinence) et réduire les incohérences dans les raisonnements. Mais sil’utilisation de ces outils peut aussi stimuler l’imagination, elle ne garantit pas la création.Le talent du prospectiviste dépend aussi de dons naturels comme l’intuition et le bon sens. Sila prospective a besoin de rigueur pour aborder la complexité, il lui faut également des outilssuffisamment simples pour rester appropriables. 20
  21. 21. II. PRATIQUES INTERNATIONALES DE LA PROSPECTIVE ET BILAN2.1. Au niveau du continent africainA. ContexteLa crise économique et financière qui a touché la majeure partie des pays africains dès lemilieu des années 80 a provoqué un raccourcissement des horizons temporels.La priorité accordée au rétablissement des équilibres financiers à court terme puis àl’ajustement structurel à moyen terme a conduit à négliger les problèmes du long etdu très long termes. Les plans d’ajustement structurel manquent de perspective depolitique de long terme, et sont exclusivement centrés sur les questions économiques.L’échec des expériences de planification et des plans d’ajustement structurel, réalisés sousl’égide des institutions internationales et l’absence de la réflexion sur le passage desprévisions aux actes, d’une part, et d’autre part, la concentration du plan sur le niveaurégional ont été donc à l’origine des études prospectives.L’inscription des pratiques dans des perspectives de long terme, en les articulant auxexigences d’un avenir marqué par des changements rapides et une incertitude croissante,est donc une nécessité. En effet, les grands équilibres macro-économiques ne suffisent pasà garantir un développement durable. D’autres facteurs sont nécessaires, en particulier laformation du capital humain, la bonne gouvernance, et la coopération régionale.C’est dans ce contexte que sont menées des Etudes Nationales des Perspectives à LongTerme (ENPLT), pour identifier les forces et faiblesses de chaque pays concerné et pouraméliorer son avenir.B. Objectifs des études prospectives en AfriqueCes Etudes Nationales de Perspectives à Long Terme poursuivent un double objectif : Etablir un dialogue approfondi sur le futur ; et Créer un consensus national sur un ensemble de questions-clés au centre du développement à long terme.C. Méthodologie de réalisation des études prospectives en AfriqueDe nombreuses méthodes pour réaliser des études prospectives ont été appliquées enAfrique. Le choix dépend des questions posées, des champs à couvrir (géopolitiques,macro-économiques, sectoriels...) ou encore des horizons retenus.Concrètement, en Afrique, la mise en place d’un réseau de prospectives africaines a étéréalisée par Futurs Africains. Le programme vise à soutenir la mise en œuvre des ENPLT,et à en assurer la coordination. Pour cela, Futurs Africains a pour mission de créer unebanque de données fournissant l’information sur l’environnement socio-économique régional,d’organiser des séminaires de formations et des échanges d’expériences au niveau national.Futurs Africains place la détermination des aspirations des populations au cœur de saméthodologie. Ainsi, dans ses principes fondamentaux, la méthodologie des ENPLT affirmela nécessité : d’une réflexion stratégique à long terme dans la gestion du développement; d’une vision partagée, visant à exprimer qualitativement un ensemble de buts à atteindre ; de la participation de la population à la prise de décision politique ; et 21
  22. 22. d’anticiper le futur par la planification par scénario.Le respect de ces principes doit favoriser une gestion stratégique du développementnational. Réalisées à un horizon de 25 à 30 ans, les ENPLT se déroulent en cinq phases :1. Identification de la problématique, en cernant les aspirations de la population dans son ensemble.2. Diagnostic stratégique, pour comprendre les systèmes nationaux étudiés et fournir le cadre analytique qui servira à l’élaboration des scénarios et à la formulation des stratégies.3. Construction des scénarios alternatifs.4. Formulation d’orientations et d’objectifs stratégiques à long terme.5. Stratégies opérationnelles.Ces études prospectives doivent permettre d’explorer les futurs possibles à longterme et de mettre en évidence les défis et perspectives auxquels le pays devra faireface. Finalement, les études aideront à prendre "les décisions qui vont dans le sensde l’avenir souhaité". C’est le niveau national, niveau de la décision, que privilégieFuturs Africains, tout en resituant les études dans un environnement régional etmondial.D. Principaux réalisateurs des études prospectives en AfriqueUne typologie sommaire permet de distinguer trois grandes catégories de producteurs dontles principales organisations travaillant sur l’Afrique. Il s’agit notamment :Des institutions publiques internationales : le PNUD (avec les études Futurs Africains dans lecadre des National Long Term Prospective Studies_NLTPS) ; l’OCDE et plusparticulièrement le Club du Sahel (West African Long Term Perspectives Studies_WALTPS),la Banque mondiale, les Nations Unies (FNUAP), la FAO, la Commission Économique pourl’Afrique, la Commission Européenne ;Des institutions publiques nationales : le Central Planning Bureau néerlandais (à l’origineprobablement de la meilleure étude prospective mondiale), les ministères du Plan de la Côted’Ivoire et du Sénégal, des centres de recherche spécialisés dans la prospective globale (leCERED Université Paris-X, DIAL, l’IFR Université de Stellenbosch et de Cape Town enAfrique du Sud, le Centre d’économie appliquée de l’Université d’Ibadan au Nigeria, leBNETD de Côte d’Ivoire), des centres spécialisés dans les prospectives partielles (dansl’agriculture : CIRAD, IFPRI, SOLAGRAL ; sur la démographie : CEPED, CICRED-IRD,INED ; sur le commerce : ODI Londres ; sur la santé : WHOA d’Harare ; sur l’énergie :Agence Internationale de l’Énergie, Department of Energy USA...) ;Des bureaux d’études privés : leur recensement s’avère plus délicat en raison de laconfidentialité des études qu’ils produisent. On peut citer néanmoins : Hudson Institute(USA) qui a mené une étude sur les opportunités de marché à long terme en Afrique ; DME,spécialisé dans la modélisation macro-économique et financière et qui a réalisé denombreuses études prospectives sur différents pays africains (notamment l’Afrique du Sud,Madagascar, la Côte d’Ivoire, le Sénégal...) ; Pro Activité Conseil, SERES (prospectivesindustrielles), INGEROP (transport et aménagement du territoire), Stratys (irrigation etimmigration).2.1.1. Cas des pays africains subsahariensLe besoin de repenser et de reconsidérer la gestion du développement en Afrique Sub-saharienne résulte de la faible performance des activités de développement menées depuisl’indépendance. Ce besoin s’explique également par la détérioration du niveau de vie en 22
  23. 23. raison de la faiblesse du taux de croissance économique et l’accroissement démographiquerapide. Les gouvernements seuls ne peuvent faire face aux besoins considérables despopulations, d’où l’importance d’un partenariat entre le gouvernement, le secteur privé, lasociété civile, et les ONG pour la réalisation d’un développement durable. De plus, uneplanification fondée sur une vision du futur est importante pour les pays dont l’objectif est degarantir le bien-être des populations et des écosystèmes.2.1.1.1. ALGERIELes pratiques prospectives ne peuvent pas se dissocier du contexte socio-économique danslequel les travaux de long terme sont effectués. C’est ainsi qu’en Algérie il est distingué unepremière période qui a débuté au milieu des années 1960 et qui s’est achevée vers la fin desannées 1980. Cette première période a été marquée par un interventionnisme poussé del’Etat, et une planification fondée sur des objectifs physiques orientés sur la satisfaction desbesoins sociaux. L’industrialisation a été l’un des moyens majeurs pour réaliser ces objectifs,en assurant la satisfaction du marché intérieur et en garantissant l’emploi et le revenu. Dansce système où les références au marché et au prix étaient quasiment inexistantes, lesproblèmes de financement ont conduit à l’endettement.Malgré les tentatives de réforme et de rénovation du système engagées pendant la périodede transition qui marque la rupture avec une politique de gestion centralisée et dirigiste, desdéséquilibres profonds persistaient, ce qui a nécessité la mise en place d’un programmed’ajustement structurel. Pendant cette période, marquée notamment par des transformationsinstitutionnelles, un ajustement des structures économiques, un désengagement progressifde l’Etat et un rétablissement des équilibres macro-économiques, l’approche consistait àeffectuer un cadrage macro-économique de moyen terme, compte tenu de nombreusescontraintes, notamment financières.Quant à la nouvelle situation, elle est caractérisée notamment par la prépondérance du rôledu marché et des visions à long terme avec comme objectif central le développementéconomique et social et plus particulièrement l’amélioration du bien-être dans un contexte destabilité macro-économique.S’agissant des méthodes d’élaboration des perspectives de long terme de l’économiealgérienne, leur caractère non formalisé et leur fondement sur des approches quasi-comptables sont à souligner. S’inscrivant dans un système de planification à titre indicatif,ces mécanismes sont censés fournir un cadre cohérent permettant d’étudier des profils decroissance à long terme en tenant compte d’un certain nombre de contraintes dontnotamment démographiques, financières et économiques ainsi que des évolutionsprobables de l’environnement international.2.1.1.2. EGYPTELe cas de l’Egypte est illustré par quatre principaux aspects : (i) la nécessité de mener desétudes prospectives à long terme ; (ii) l’expérience de l’Egypte en matière d’étudesprospectives à long terme; (iii) le projet Egypte 2000 ; et (iv) les principales difficultésrencontrées.L’expérience égyptienne peut être résumée en termes de planification à long terme qui acommencé dans les années 1950 -1960 en association avec les activités de planification oules études sectorielles. Des études prospectives à long terme ont été entamées dans lesannées 70. Plusieurs études avaient été menées par le groupe Egypte 2000. Le projetEgypte 2000 est la dernière initiative entreprise par l’ONG-Forum du Tiers-Monde qui acommencé en 1998. Son principal objectif est que les décideurs et la population prennentdavantage conscience des opportunités futures et des risques que comporte uneconcentration sur la résolution des problèmes à court terme uniquement. Ce projet a uneapproche holistique et utilise des outils de simulation avec des informations aussi bienqualitatives que quantitatives. Il a été confronté à certaines difficultés dont les principales 23
  24. 24. sont l’absence de mentalité et d’attitudes orientées vers le futur, le manque de fonds et lafaiblesse de la banque de données.La leçon à retenir de cette expérience égyptienne est que le réalisme doit être le maître motdans la préparation des études prospectives à long terme.2.1.1.3. MAROCL’expérience marocaine se réfère à un contexte socio-économique essentiellementcaractérisé au cours de la dernière décennie par une tendance à la baisse de la croissanceéconomique avec néanmoins quelques résultats appréciables, notamment au niveau dudéficit budgétaire.C’est ainsi que le Maroc a connu trois grandes phases dans le processus de planification. Lapremière phase marquée par un système centralisé, a été suivie par une étape caractériséepar la décentralisation et la participation continue des instances régionales et locales. Quantà la troisième phase, elle correspondait à une période de crise qui a nécessité le lancementdu programme d’ajustement structurel en 1981.La période de pause de 1993-1995 a commencé par la réflexion sur la modernisation duprocessus de planification qui a conduit à l’élaboration d’une nouvelle approchecorrespondant à une vision reposant sur l’identification des défis dans un contexteinternational plus ouvert.La concrétisation de la nouvelle approche repose sur les principes directeurs pouvant serésumer comme suit: Adoption d’une stratégie de développement s’étalant sur une plus longue période ; Cohérence entre le long et le moyen termes et une intégration des objectifs de croissance économique avec ceux du développement humain durable ; Une plus grande concertation entre les partenaires économiques et sociaux aux niveaux national, régional et local ; Mise en place d’un ensemble de mécanismes comprenant notamment l’établissement d’une banque de projets supplémentaires, le renforcement du suivi et de l’évaluation ; La conduite d’études prospectives sur un certain nombre de domaines clés et sur le devenir de la société marocaine dans 20 à 25 ans.2.1.1.4. SOUDANL’expérience du Soudan porte sur la stratégie de développement pour la décennie 1992-2002. Cette étude a été menée en tenant compte non seulement des défis auxquels le paysest confronté, mais également de l’impact des nouvelles forces extérieures, telle que lamondialisation. Sa principale stratégie était de mobiliser toutes les ressources du pays, enconservant l’identité socioculturelle et religieuse du Soudan. Ses principaux objectifscouvrent tous les domaines: social, politique, militaire/sécurité, politique étrangère,économie, science et éducation.L’exercice ENPLT a donné lieu à un document de plan en deux volumes. Le premier volumese compose d’une introduction, de la stratégie nationale globale et des objectifs de l’étude.Le deuxième volume contient un ensemble de stratégies sectorielles. Parmi ces stratégies :développement et ressources humaines, culture et communication, sciences et technologie,développement social, etc. En matière de développement des ressources humaines, lastratégie met l’accent sur la consolidation de la formation et l’éducation dans tous lessecteurs. La formation continue est une politique visant à atteindre un tel objectif. 24
  25. 25. 2.1.1.5. TUNISIELes différentes étapes de la planification en Tunisie sont organisées en trois phasesprincipales : une phase de planification centralisée, une période plus ouverte sur l’extérieuret une phase de planification orientée vers le renforcement des mécanismes de marché etd’ouverture sur l’extérieur tout en préservant les liens entre les exigences économiques et lebien-être social.Les stratégies adaptées se traduisent entre autres par le renforcement des instruments desétudes prospectives à long terme à travers notamment la création de l’ Institut Tunisien desEtudes stratégiques, avec pour objectif de procéder à la recherche, à l’étude et à l’analyseprospectives à moyen et à long terme.Quelques grandes réalisations au cours de la dernière décennie méritent d’êtrementionnées, dont notamment : l’intégration des travaux d’élaboration du neuvième plan quinquennal de développementéconomique et social (1997 – 2001) dans le cadre d’une vision prospective notamment àtravers la réalisation d’une série d’études stratégiques jusqu’à l’horizon de l’an 2010; l’organisation d’une consultation sur les conclusions de l’étude prospective relative à laTunisie du XXI ème siècle et une autre portant sur l’école de demain; la création de Centres de recherche sectoriels chargés de l’élaboration d’étudesprospectives et l’institution de banques de données et des observatoires dans diversdomaines dont l’observatoire national de la compétitivité, l’observatoire national de laformation professionnelle et l’emploi, etc.; la réalisation d’un certain nombre d’études dans le cadre de « Projets NationauxMobilisateurs » portant, entre autres, sur la pauvreté et l’exclusion dans les pays de l’UMA,les relations entre les pays de l’UMA et les pays européens, etc. ; et l’élaboration d’un réseau de réflexion stratégique au sein de l’ Institut Tunisien d’ EtudesStratégiques (lITES) et ce, en plus du développement de la modélisation, notamment au seinde l’ Institut d’Economie Quantitative.2.1.2. Cas des pays de l’Afrique de l’Ouest (WALTPS) : Une vision à l’horizon 2020Dans le cadre de son programme de travail 1998-1999, la Mission d’Etudes, d’Evaluation etde Prospective (MEEP) en France a conduit à une étude prospective sur "l’Afrique au XXIesiècle" afin de retrouver une approche à moyen terme des économies et des sociétésafricaines. Mais il faudrait retenir essentiellement les travaux de WALTPS réalisés par leClub du Sahel sur les "Perspectives à long terme en Afrique de l’Ouest à l’horizon 2020".L’étude sur l’"Afrique 2020", au sujet de laquelle la MEEP prépare les objectifs et lesmodalités, est destinée à renforcer les connaissances et à approfondir les compétences desservices de la Coopération française en matière d’études prospectives.Objectifs de l’étudeL’étude a été menée avec un pilotage conjoint entre la cellule CINERGIE de la BanqueAfricaine de Développement (BAD) à Abidjan, le Secrétariat du Club du Sahel de l’OCDE àParis et CILSS à Ouagadougou. Elle est réalisée sur un financement de la Commissioneuropéenne avec le concours de la BAD, la Banque mondiale, la Belgique, du Canada, desÉtats-Unis, de la France et des Pays-Bas. Les travaux du groupe ont donné lieu, entre 1992et 1994, à une série de documents qui ont abouti à la publication de l’étude de synthèse.L’étude de WALTPS a pour objectif de contribuer à la réflexion sur la croissance soutenableet l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. Ces questions sont abordées sur la longuedurée, à l’horizon 2020, sous l’angle de la géographie humaine. Elle analyse les dimensionsspatiales des évolutions du peuplement et leur impact en termes de changementséconomiques et sociaux. L’accent mis sur la géographie humaine se justifie par les 25
  26. 26. prolongements possibles des effets sur les économies et les sociétés Ouest-africaines, dudécuplement de la population régionale en moins d’un siècle (1960-2020), même dansl’hypothèse optimiste d’utilisation des moyens de contraception. L’étude tente de répondreaux questions suivantes : Où vivront les quelques 430 millions d’africains de l’Ouest d’ici à l’an 2020 ? Quels seront les besoins exprimés par les diverses catégories de population réparties dans l’espace ? Comment et dans quelle mesure les besoins seront-ils satisfaits, sur la base de quels revenus, de quelles activités et de quels échanges ? Quelles stratégies faut-il envisager ? Quelles variables-clés permettront à l’Afrique de l’Ouest de tirer parti du dynamisme des populations, quels facteurs de blocages devront être levés ?Méthodologie de l’étudeEn dépit de l’hétérogénéité de la région et contrairement à la plupart des travaux deprospective africaine par pays, l’étude adopte une approche régionale. Les auteurs justifientune telle démarche, par la forte mobilité des populations et l’interdépendance des économiesréelles, et aussi par une médiocre utilisation, en termes d’efficacité économique, par lespolitiques officielles, de l’espace Ouest-afrîcain.L’étude ne s’appuie pas sur une approche systémique de tous les paramètres qui peuventinfluer sur l’avenir. La méthode suivie consiste à lire les évolutions en cours en accordant unrôle-clé aux dynamiques démographiques spatiales et sociales dans le développement de larégion, en situant ces évolutions sur une « trajectoire » non prédéterminée. Dans ce modèledit démo-économique où la croissance se déduit quasi exclusivement de la géographie dupeuplement, l’environnement international occupe une place relativement marginale. L’étudeutilise plusieurs instruments originaux notamment : une base de données sur le peuplement, une méthode d’estimation de l’économie réelle de la région, et une modélisation des tensions de marché.Dans cette méthodologie générale, on relève deux démarches complémentaires dansl’analyse prospective. La première tente de dégager une vision de l’avenir de l’Afrique de l’Ouest à l’horizon 2020 sous la forme d’une image à long terme de la répartition des hommeset de leurs activités. Cette image découle des « projections » établies sur la base desévolutions mises en évidence dans une rétrospective longue (1960-1990) et de jeuxd’hypothèses volontaristes de peuplement.Ces projections sont construites à partir de matrices de comptabilité sociale basées non passur des secteurs économiques mais sur des groupes sociaux (ruraux/urbains). Ces matricessont établies pour l’ensemble des pays de la région. La seconde démarche s’appuie sur destendances actuelles pour explorer trois scénarios d’évolution à moyen terme (horizondécennal) « qui illustrent les contradictions entre, d’une part, les contraintes et tendances àcourt et moyen termes et, d’autre part, les objectifs à plus long terme ». Image à long termeL’image à long terme s’appuie sur l’hypothèse d’un redémarrage de l’économie urbaine, etd’une convergence progressive de l’Afrique de l’Ouest vers la « norme » internationale descomportements. Ce qui suppose : une croissance de la population urbaine régionale de 4,2 % entre 1990 et 2020 (6,3 % entre 1960 et 1990) avec un niveau moyen d’urbanisation qui passera de 40 à 63 % ; 26
  27. 27. une croissance de la population rurale de 1 % l’an avec un effectif en augmentation de 40 % et le maintien de fortes migrations intra-régionales ; une croissance des effectifs salariés du secteur moderne moins forte que celle de la population et donc une décroissance de la population non agricole dans ce secteur. Ceci conduit à une croissance de 5 % l’an du secteur informel (50 % du croît démographique total) qui tend à se différencier ; le maintien de la croissance urbaine impliquant l’émergence progressive d’une agriculture vivrière de rapport pour le marché à partir d’un taux urbain de 50 % ; l’augmentation des disparités sociales avec l’apparition d’un continuum social offrant tout un éventail diversifié d’activités et de revenus.A ces hypothèses volontairement optimistes par rapport aux évolutions antérieures, s’ajoutentdes hypothèses complémentaires sur l’évolution des ressources extérieures. La part deséchanges internationaux de l’Afrique de l’Ouest restera prépondérante malgré un rapidedéveloppement de son commerce régional. Ainsi, l’étude suppose-t-elle une croissance de 3 %des exportations agroalimentaires, de 4 % pour les produits énergétiques, et une progressionproportionnelle, au taux de croissance de la population, des autres exportations.Les autres paramètres des échanges extérieurs devraient converger vers le comportement«normal » mondial en 2020.A partir de la matrice de comptabilité sociale en base 1990, les projections établissent unecroissance du produit régional brut (PRB) à l’an 2020 de 4,6 % en moyenne et le PRB moyenpar habitant atteint 1 200 $ (soit 75 % de plus par rapport à 1990). La répartition sectorielle decette croissance s’établit comme ci-après : Agriculture : 14 % du PRB ; une croissance de la valeur ajoutée de 3,2 % en moyenne (dont 2,6 % pour la production exportée hors de l’Afrique et 8,2 % dans la région). Secteur informel et intermédiaire : 23 % du PRB, baisse de la productivité par rapport au secteur agricole (1,5%). Secteur moderne non agricole : forte contribution au PRB (63 %), grâce au dynamisme des villes dont la part dans le PRB passe de 66 % en l990 à 82 % en 2020. L’écart de productivité ville/campagne reste constant à 3,3. L’image intermédiaire de la région à l’horizon 2005 indique une sortie de crise (1990-2005) puis une phase de croissance soutenue (de 5 %) à partir de 2005, une fois « la crise des années 1980-1990 digérée et la profonde restructuration du peuplement et des économies engagée depuis les indépendances… bien avancée ». Le taux moyen de croissance du PRB devrait atteindre 4,1% l’an entre 1990 et 2005. Ce taux est supérieur à celui de la démographie mais inférieur au taux du reste de la période. Au niveau géographique, le Nigeria reste le moteur de cette dynamique avec 5 % de croissance contre 3,8 % pour le reste de la région. Cette croissance reste tributaire des transferts et des échanges extérieurs mais elle doit favoriser le commerce régional dont le taux de croissance atteint plus de 10 % entre 2005 et 2020. Cette dynamique de l’économie régionale s’accompagne d’une évolution différenciée des zones géographiques. • Le groupe de pays autour du Nigeria (les pays du Golfe de Guinée) constitue le poumon de l’économie régionale, mais le dynamisme de ce sous-ensemble est conditionné par le rythme et la reprise de la croissance nigériane lesquels dépendent du règlement des tensions publiques (2,1 % par habitant du taux de croissance moyen contre 1,6 % pour le reste de la région). • L’insertion dans la dynamique régionale des pays de la façade Atlantique, traditionnellement tournés vers le marché mondial, reste problématique. 27

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