5La Gruyère / Jeudi 30 juin 2016 / www.lagruyere.ch
Gruyère
Arrêtés pour vols à la tire
BULLE. La police cantonale a permis de mettre
au jour une série de vols à la tire commis dans
divers cantons et à l’étranger. Trois personnes
ontétéincarcérées.Alafindumoisdemai,elles
ontétéinterpelléesalorsqu’ellesavaientdélesté
de son argent une femme de 84 ans, à Bulle.
Celle-ci s’était fait voler plusieurs centaines de
francs peu après s’être rendue dans un établis-
sement bancaire pour y retirer de l’argent. Les
trois suspects – deux femmes et un homme –
viennent de Bulgarie et sont âgés de 39 ans. Au-
ditionnée, une des femmes a reconnu l’entier
des faits reprochés.
Des cartes bancaires ainsi que de l’argent
liquide ont été retrouvés à proximité des lieux
du vol. Plusieurs centaines de francs ont éga-
lementététrouvéssurl’unedestroispersonnes.
«Les investigations ont permis de prouver
l’implication des trois individus dans de mul-
tiples vols à la tire commis en Suisse et à
l’étranger, indique la police cantonale dans
son communiqué. Les cantons de Fribourg, de
Berne, de Zurich et de Saint-Gall ainsi que la
Grande-Bretagne, le Danemark et l’Espagne
ont été touchés.» Au total, le préjudice est
estimé à plusieurs dizaines de milliers de
francs.Lestroisprotagonistesserontdénoncés
pour vol en bande et par métier. Les deux
femmes sont toujours incarcérées, mais
l’homme a été relaxé. SM
Le règlement est sous toit
RIAZ. Pour constituer un Conseil général, il ne
suffit pas d’élire 30 membres et de réserver la
salle communale. Il faut ensuite mettre en place
la structure, désigner les membres des commis-
sions et procéder à des aménagements plus ou
moins pratiques. Mardi soir, à l’occasion de la
deuxième séance de son histoire, le Conseil gé-
néral de Riaz a peaufiné son règlement. Il y a près
de 100 points à modifier, à compléter, à préciser.
Le tout, bien sûr, sous le contrôle du préfet et du
Service cantonal des communes.
C’est ainsi que le texte proposé a fait l’objet
d’une poignée d’amendements, tous demandés
par Florence Pasquier, représentante du groupe
UDC. La plupart de ceux-ci, essentiellement for-
mels, ont été acceptés. Ce travail d’orfèvre a pris
trois quarts d’heure avant que le président du
Conseil général, Vincent Bosson, ne puisse an-
noncer que le règlement était sous toit.
Lors de cette séance, les conseillers généraux
devaient aussi se prononcer sur une délégation
de compétence au Conseil communal pour pro-
céder à des transactions immobilières jusqu’à un
montant de 50000 francs dès le 1er janvier 2017.
Une somme qui pourrait cependant permettre
de vendre une grande surface agricole ou fores-
tière, s’est inquiétée l’UDC. Afin de préserver le
patrimoine communal, elle a obtenu, avec l’ac-
cord du Conseil général et de l’Exécutif, que le
terrain ne dépasse pas les 5000 m2. JG
LA BERRA. La saison estivale a commencé à La Berra. Le télémixte
fonctionne dès vendredi, donnant accès aux buvettes d’alpage,
aux randonnées pédestres ou tout simplement à un panorama allant
du Jura aux Alpes. www.laberra.ch.
Une start-up devenue un poids
lourd de l’emploi sur internet
coût par clic moins élevé qu’un
client au budget de 300 francs.»
Aujourd’hui, Neuvoo tend à
regrouper sur sa plate-forme
100% des offres d’emploi dis-
ponibles en Suisse. «En réalité,
nous nous situons entre 90 et
95%. Grâce à son algorithme
unique, Google est probable-
Maxime Droux, l’un des fondateurs de Neuvoo: «En 2015, nous sommes passés de 800000 à 5 millions de visiteurs. De temps en temps, on se bat
contre la surchauffe!» CHLOÉ LAMBERT
ment le seul groupe à pouvoir
se targuer d’avoir 100% du
contenu du web.»
Un bureau virtuel
Pour être compétitifs hors
des frontières, Maxime Droux
et ses amis cofondateurs Ben-
jaminPhilionetLucasMartinez
sont installés dans une soixan-
taine de pays: «Parmi les
120employés,unevingtaine
travaillent à Montréal, où
se trouvent les têtes pen-
santes informatiques, et
unedizaineàLausanne.Deplus,
nous pouvons compter sur une
cinquantaine de développeurs
informatiques qui officient de-
puis l’Amérique latine.»
La société emploie aussi cin-
quante responsables de pays
travaillant depuis chez eux.
«Commenoussommesprésents
dans 62 Etats, nous avons en-
gagé ces personnes pour s’oc-
cuper de la gestion opération-
nelle de chaque territoire, en
s’assurant, par exemple, que le
contenu des emplois est bon
ou qu’il n’y ait pas de fautes
d’orthographe.» Toute cette
équipeestgéréeparunrespon-
sable qui se trouve à Lausanne.
Enfin, afin de conserver un
contact régulier malgré la dis-
tance et de pouvoir recréer
une ambiance de bureau, tous
les responsables de pays se fil-
ment via leur ordinateur huit
heures par jour et communi-
quent par Skype. Un véritable
office virtuel.
SelonMaximeDroux,cemo-
dèleestlesecretdelaréussite:
«Nous sommes parvenus à en-
gager toutes ces per-
sonnesgrâceàunestruc-
ture de coûts agressive.
Sur internet, le talent est
partout et facilement
transportable. Travailler avec
un développeur au Venezuela
ne me pose aucun problème.
Jenesuispasdansunelogique
de délocalisation, car je n’ai ja-
mais localisé. Et puis, notre
concurrence est mondiale.No-
tre marché n’est pas limité aux
frontières nationales.»
Ambition et réalisme
En effet, le Gruérien doit se
frotteràdifférentesentreprises
actives sur le même terrain de
chasse,dontlegéantaméricain
Indeed. «Sur internet, si tu es le
seul à avoir une bonne idée,
c’estqu’ellen’estprobablement
pas si bonne que ça! Et si, par
miracle, tu es seul, tu ne le
restes pas longtemps.»
En l’espace de cinq ans,
Neuvoo s’est imposée comme
un poids lourd de sa catégorie
et Maxime Droux n’entend pas
s’arrêter là. «Notre objectif est
d’être présents, à la fin de l’an-
née, dans 80 pays.» Une ambi-
tion folle, mais réfléchie: «Lors
de la dernière année, nous
sommes passés de 800000 à
5 millions de visiteurs uniques
par mois. Parfois, on se bat
contrelasurchauffe!Maisnous
sommes conscients que tout
peut rapidement s’arrêter si
unnouveausystèmedébarque
et rend le nôtre obsolète.»
Un succès qui attise logique-
ment les convoitises: «Nous ne
fonctionnons pas comme cer-
taines start-up, qui souhaitent
se faire racheter le plus vite
possible.» Malgré l’intérêt de
certains acquéreurs potentiels
suisses, américains ou cana-
diens, les fondateurs n’ambi-
tionnent pas de vendre à court
terme.«Noussommestroisamis
à s’être lancés dans une formi-
dable aventure et nous ressen-
tons un immense plaisir à faire
notre travail. Tant que nous
nous amusons et que nous arri-
vons à maintenir l’équilibre en-
trevieprofessionnelleetfamille,
nous continuerons.» ■
Fondée en 2011, l’entreprise Neuvoo est aujour-
d’hui active dans 62 pays. La société, fondée
notamment par le Gruérien Maxime Droux, enre-
gistre près de 50 millions de visiteurs par année.
VALENTIN CASTELLA
EMPLOIS.Frustrésdeseperdre
sur la toile en quête d’offres
d’emploi pertinentes, deux
Suisses et un Québécois ont
fondé,en2011,l’entrepriseNeu-
voo, qui héberge un site re-
groupant toutes les offres pré-
sentessurinternet.Enl’espace
de cinq ans, la société a connu
un développement hors du
commun. A tel point qu’au-
jourd’huielleestprésentedans
62paysetenregistre,parannée,
50millionsdevisiteursuniques
(unvisiteuruniquepeutconsul-
ter plusieurs fois par jour le
site).
Basée à Montréal et sur le
sitedel’EPFL,àLausanne,cette
société de 120 employés est
notammentdirigéeparleGrué-
rien Maxime Droux. «Les sites
d’emplois traditionnels ne re-
groupent qu’une fraction de
toutes les offres présentes sur
internet.Notretechnologieper-
met d’indexer toutes les pro-
positions,qu’ellesproviennent
de sociétés, d’agences de pla-
cementoudesitesderecherche
d’emploitraditionnels,comme
Jobup.» Il continue: «Notre ob-
jectif n’est pas d’afficher les of-
fressurnotresite,maisdefaire
exactementcommeGoogle,soit
de rediriger directement l’uti-
lisateur à la source de l’infor-
mation, qui est hébergée sur le
site de l’entreprise à la re-
cherche d’un nouveau colla-
borateur.»
Offrir de la visibilité
Cette idée permet au-
jourd’hui à Maxime Droux et à
sescollaborateursdeproposer
20 millions d’offres dans le
monde,dont 130000 en Suisse.
Chaquemois,400000résidents
helvétiquesvisitentlesite.«On
pourrait se décrire comme un
mégaphone pour les sites car-
rières. Une petite entreprise
quepersonneneconnaîtetqui
souhaiteengagerdupersonnel
adésormaislapossibilitéd’être
visible.»
Pour se développer, l’entre-
prise Neuvoo s’appuie sur le
même modèle d’affaires que
Google. «Un client qui souhaite
voir apparaître ses offres d’em-
ploi sur la première page va
payerunabonnement.Achaque
fois que nous dirigeons un visi-
teur sur son site, un coût par
clic est enregistré. Aujourd’hui
enSuisse,10à15%denosoffres,
soit entre 10000 et 20000 em-
plois, sont sponsorisées.» Au
niveauducoûtparclic,lestarifs
varient:«Unesociétéquidispose
de 3000 emplois et d’un budget
de15000francsbénéficierad’un
JEUDI
ÉCO
Un geek et deux financiers
Cofondateur de l’entreprise Neuvoo, Maxime
Droux a commencé à développer son projet
lorsqu’il travaillait dans un fonds d’investisse-
ment à Londres, entre 2007 et 2010. «J’ai ensuite
emmené cette idée avec moi à Madrid pour réa-
liser mon MBA. Neuvoo a été le sujet de tous
mestravauxetcelam’apermisdeconstruireles
bases du projet.»
En 2010, un groupe d’investisseurs a été
convaincu par l’idée et la société était lancée.
Neuvoo ressemble à beaucoup de ces start-up
développées entre amis, dans un garage. Sauf
que le Gruérien, qui a grandi à Sâles avant d’en-
tamer un apprentissage dans une banque à Ge-
nève et de suivre la filière HEG dans la cité de
Calvin et à Zurich, ne correspond pas au cliché
de l’informaticien perdu au milieu de la foule,
écouteurs sur les oreilles. «Je comprends les
concepts informatiques. Mais je suis incapable
d’écrire une ligne de code. Mon ADN, comme
celuidel’autrefondateursuisseLucasMartinez,
est plutôt orienté vers la gestion, le marketing
et la finance. Par contre, mon ami québécois
Benjamin Philion est un vrai geek et nous n’au-
rions rien pu entreprendre sans lui. Avec le
temps, je comprends son état d’esprit. Ce qui
me permet aujourd’hui de faire le lien entre mes
vendeurs et l’équipe technique.»
Nouveau défi pas exclu
Heureuxet«fiersansseprendretropausérieux»
d’avoir bâti cette entreprise, le Gruérien de
34ans,domiciliéàEpalinges,resteunentrepreneur
et ne rejette pas l’idée de se lancer un jour dans
unenouvelleaventure.«Peut-êtrequejeseraitou-
jours là dans dix ans. Mais il n’est pas exclu qu’on
passe la main et qu’on s’attaque à un nouveau
défi. Quoi? Je ne sais pas.» En attendant, il va
poursuivre sa progression sur la carte du monde,
enconsultantcesstatistiquestoujoursplusfolles
du nombre de visiteurs au bureau ou à la maison,
«entre deux épisodes de Games of thrones». Car la
conquête du trône de numéro un de l’emploi sur
internet est encore loin d’être terminée. VAC

Article La Gruyere

  • 1.
    5La Gruyère /Jeudi 30 juin 2016 / www.lagruyere.ch Gruyère Arrêtés pour vols à la tire BULLE. La police cantonale a permis de mettre au jour une série de vols à la tire commis dans divers cantons et à l’étranger. Trois personnes ontétéincarcérées.Alafindumoisdemai,elles ontétéinterpelléesalorsqu’ellesavaientdélesté de son argent une femme de 84 ans, à Bulle. Celle-ci s’était fait voler plusieurs centaines de francs peu après s’être rendue dans un établis- sement bancaire pour y retirer de l’argent. Les trois suspects – deux femmes et un homme – viennent de Bulgarie et sont âgés de 39 ans. Au- ditionnée, une des femmes a reconnu l’entier des faits reprochés. Des cartes bancaires ainsi que de l’argent liquide ont été retrouvés à proximité des lieux du vol. Plusieurs centaines de francs ont éga- lementététrouvéssurl’unedestroispersonnes. «Les investigations ont permis de prouver l’implication des trois individus dans de mul- tiples vols à la tire commis en Suisse et à l’étranger, indique la police cantonale dans son communiqué. Les cantons de Fribourg, de Berne, de Zurich et de Saint-Gall ainsi que la Grande-Bretagne, le Danemark et l’Espagne ont été touchés.» Au total, le préjudice est estimé à plusieurs dizaines de milliers de francs.Lestroisprotagonistesserontdénoncés pour vol en bande et par métier. Les deux femmes sont toujours incarcérées, mais l’homme a été relaxé. SM Le règlement est sous toit RIAZ. Pour constituer un Conseil général, il ne suffit pas d’élire 30 membres et de réserver la salle communale. Il faut ensuite mettre en place la structure, désigner les membres des commis- sions et procéder à des aménagements plus ou moins pratiques. Mardi soir, à l’occasion de la deuxième séance de son histoire, le Conseil gé- néral de Riaz a peaufiné son règlement. Il y a près de 100 points à modifier, à compléter, à préciser. Le tout, bien sûr, sous le contrôle du préfet et du Service cantonal des communes. C’est ainsi que le texte proposé a fait l’objet d’une poignée d’amendements, tous demandés par Florence Pasquier, représentante du groupe UDC. La plupart de ceux-ci, essentiellement for- mels, ont été acceptés. Ce travail d’orfèvre a pris trois quarts d’heure avant que le président du Conseil général, Vincent Bosson, ne puisse an- noncer que le règlement était sous toit. Lors de cette séance, les conseillers généraux devaient aussi se prononcer sur une délégation de compétence au Conseil communal pour pro- céder à des transactions immobilières jusqu’à un montant de 50000 francs dès le 1er janvier 2017. Une somme qui pourrait cependant permettre de vendre une grande surface agricole ou fores- tière, s’est inquiétée l’UDC. Afin de préserver le patrimoine communal, elle a obtenu, avec l’ac- cord du Conseil général et de l’Exécutif, que le terrain ne dépasse pas les 5000 m2. JG LA BERRA. La saison estivale a commencé à La Berra. Le télémixte fonctionne dès vendredi, donnant accès aux buvettes d’alpage, aux randonnées pédestres ou tout simplement à un panorama allant du Jura aux Alpes. www.laberra.ch. Une start-up devenue un poids lourd de l’emploi sur internet coût par clic moins élevé qu’un client au budget de 300 francs.» Aujourd’hui, Neuvoo tend à regrouper sur sa plate-forme 100% des offres d’emploi dis- ponibles en Suisse. «En réalité, nous nous situons entre 90 et 95%. Grâce à son algorithme unique, Google est probable- Maxime Droux, l’un des fondateurs de Neuvoo: «En 2015, nous sommes passés de 800000 à 5 millions de visiteurs. De temps en temps, on se bat contre la surchauffe!» CHLOÉ LAMBERT ment le seul groupe à pouvoir se targuer d’avoir 100% du contenu du web.» Un bureau virtuel Pour être compétitifs hors des frontières, Maxime Droux et ses amis cofondateurs Ben- jaminPhilionetLucasMartinez sont installés dans une soixan- taine de pays: «Parmi les 120employés,unevingtaine travaillent à Montréal, où se trouvent les têtes pen- santes informatiques, et unedizaineàLausanne.Deplus, nous pouvons compter sur une cinquantaine de développeurs informatiques qui officient de- puis l’Amérique latine.» La société emploie aussi cin- quante responsables de pays travaillant depuis chez eux. «Commenoussommesprésents dans 62 Etats, nous avons en- gagé ces personnes pour s’oc- cuper de la gestion opération- nelle de chaque territoire, en s’assurant, par exemple, que le contenu des emplois est bon ou qu’il n’y ait pas de fautes d’orthographe.» Toute cette équipeestgéréeparunrespon- sable qui se trouve à Lausanne. Enfin, afin de conserver un contact régulier malgré la dis- tance et de pouvoir recréer une ambiance de bureau, tous les responsables de pays se fil- ment via leur ordinateur huit heures par jour et communi- quent par Skype. Un véritable office virtuel. SelonMaximeDroux,cemo- dèleestlesecretdelaréussite: «Nous sommes parvenus à en- gager toutes ces per- sonnesgrâceàunestruc- ture de coûts agressive. Sur internet, le talent est partout et facilement transportable. Travailler avec un développeur au Venezuela ne me pose aucun problème. Jenesuispasdansunelogique de délocalisation, car je n’ai ja- mais localisé. Et puis, notre concurrence est mondiale.No- tre marché n’est pas limité aux frontières nationales.» Ambition et réalisme En effet, le Gruérien doit se frotteràdifférentesentreprises actives sur le même terrain de chasse,dontlegéantaméricain Indeed. «Sur internet, si tu es le seul à avoir une bonne idée, c’estqu’ellen’estprobablement pas si bonne que ça! Et si, par miracle, tu es seul, tu ne le restes pas longtemps.» En l’espace de cinq ans, Neuvoo s’est imposée comme un poids lourd de sa catégorie et Maxime Droux n’entend pas s’arrêter là. «Notre objectif est d’être présents, à la fin de l’an- née, dans 80 pays.» Une ambi- tion folle, mais réfléchie: «Lors de la dernière année, nous sommes passés de 800000 à 5 millions de visiteurs uniques par mois. Parfois, on se bat contrelasurchauffe!Maisnous sommes conscients que tout peut rapidement s’arrêter si unnouveausystèmedébarque et rend le nôtre obsolète.» Un succès qui attise logique- ment les convoitises: «Nous ne fonctionnons pas comme cer- taines start-up, qui souhaitent se faire racheter le plus vite possible.» Malgré l’intérêt de certains acquéreurs potentiels suisses, américains ou cana- diens, les fondateurs n’ambi- tionnent pas de vendre à court terme.«Noussommestroisamis à s’être lancés dans une formi- dable aventure et nous ressen- tons un immense plaisir à faire notre travail. Tant que nous nous amusons et que nous arri- vons à maintenir l’équilibre en- trevieprofessionnelleetfamille, nous continuerons.» ■ Fondée en 2011, l’entreprise Neuvoo est aujour- d’hui active dans 62 pays. La société, fondée notamment par le Gruérien Maxime Droux, enre- gistre près de 50 millions de visiteurs par année. VALENTIN CASTELLA EMPLOIS.Frustrésdeseperdre sur la toile en quête d’offres d’emploi pertinentes, deux Suisses et un Québécois ont fondé,en2011,l’entrepriseNeu- voo, qui héberge un site re- groupant toutes les offres pré- sentessurinternet.Enl’espace de cinq ans, la société a connu un développement hors du commun. A tel point qu’au- jourd’huielleestprésentedans 62paysetenregistre,parannée, 50millionsdevisiteursuniques (unvisiteuruniquepeutconsul- ter plusieurs fois par jour le site). Basée à Montréal et sur le sitedel’EPFL,àLausanne,cette société de 120 employés est notammentdirigéeparleGrué- rien Maxime Droux. «Les sites d’emplois traditionnels ne re- groupent qu’une fraction de toutes les offres présentes sur internet.Notretechnologieper- met d’indexer toutes les pro- positions,qu’ellesproviennent de sociétés, d’agences de pla- cementoudesitesderecherche d’emploitraditionnels,comme Jobup.» Il continue: «Notre ob- jectif n’est pas d’afficher les of- fressurnotresite,maisdefaire exactementcommeGoogle,soit de rediriger directement l’uti- lisateur à la source de l’infor- mation, qui est hébergée sur le site de l’entreprise à la re- cherche d’un nouveau colla- borateur.» Offrir de la visibilité Cette idée permet au- jourd’hui à Maxime Droux et à sescollaborateursdeproposer 20 millions d’offres dans le monde,dont 130000 en Suisse. Chaquemois,400000résidents helvétiquesvisitentlesite.«On pourrait se décrire comme un mégaphone pour les sites car- rières. Une petite entreprise quepersonneneconnaîtetqui souhaiteengagerdupersonnel adésormaislapossibilitéd’être visible.» Pour se développer, l’entre- prise Neuvoo s’appuie sur le même modèle d’affaires que Google. «Un client qui souhaite voir apparaître ses offres d’em- ploi sur la première page va payerunabonnement.Achaque fois que nous dirigeons un visi- teur sur son site, un coût par clic est enregistré. Aujourd’hui enSuisse,10à15%denosoffres, soit entre 10000 et 20000 em- plois, sont sponsorisées.» Au niveauducoûtparclic,lestarifs varient:«Unesociétéquidispose de 3000 emplois et d’un budget de15000francsbénéficierad’un JEUDI ÉCO Un geek et deux financiers Cofondateur de l’entreprise Neuvoo, Maxime Droux a commencé à développer son projet lorsqu’il travaillait dans un fonds d’investisse- ment à Londres, entre 2007 et 2010. «J’ai ensuite emmené cette idée avec moi à Madrid pour réa- liser mon MBA. Neuvoo a été le sujet de tous mestravauxetcelam’apermisdeconstruireles bases du projet.» En 2010, un groupe d’investisseurs a été convaincu par l’idée et la société était lancée. Neuvoo ressemble à beaucoup de ces start-up développées entre amis, dans un garage. Sauf que le Gruérien, qui a grandi à Sâles avant d’en- tamer un apprentissage dans une banque à Ge- nève et de suivre la filière HEG dans la cité de Calvin et à Zurich, ne correspond pas au cliché de l’informaticien perdu au milieu de la foule, écouteurs sur les oreilles. «Je comprends les concepts informatiques. Mais je suis incapable d’écrire une ligne de code. Mon ADN, comme celuidel’autrefondateursuisseLucasMartinez, est plutôt orienté vers la gestion, le marketing et la finance. Par contre, mon ami québécois Benjamin Philion est un vrai geek et nous n’au- rions rien pu entreprendre sans lui. Avec le temps, je comprends son état d’esprit. Ce qui me permet aujourd’hui de faire le lien entre mes vendeurs et l’équipe technique.» Nouveau défi pas exclu Heureuxet«fiersansseprendretropausérieux» d’avoir bâti cette entreprise, le Gruérien de 34ans,domiciliéàEpalinges,resteunentrepreneur et ne rejette pas l’idée de se lancer un jour dans unenouvelleaventure.«Peut-êtrequejeseraitou- jours là dans dix ans. Mais il n’est pas exclu qu’on passe la main et qu’on s’attaque à un nouveau défi. Quoi? Je ne sais pas.» En attendant, il va poursuivre sa progression sur la carte du monde, enconsultantcesstatistiquestoujoursplusfolles du nombre de visiteurs au bureau ou à la maison, «entre deux épisodes de Games of thrones». Car la conquête du trône de numéro un de l’emploi sur internet est encore loin d’être terminée. VAC