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UNE GRÈVE AUX ÉTATS-UNIS
FAIT REBONDIR LE PÉTROLE
Neuf grosses raffineries
américaines, dont certaines
appartenant au britannique
Royal Dutch Shell, sont affectées
depuis dimanche par une grève
de salariés, qui réclament
de meilleurs salaires.
Ces raffineries représentent 10 %
des capacités américaines
de produits pétroliers.
Les raffineurs assurent
qu’il n’y aura pas de pénurie.
Lecomptesansbanquefaitdesémules
Ninon Renaud
nrenaud@lesechos.fr
C’est un lancementquivientfragili-
ser davantage encore les fonde-
ments de la relation entre un client
et sa banque. Un peu plus d’un an
aprèslecompteNickel,quicibleles
populations les plus modestes, peu
et mal servies par les banques, ipa-
goos’estlancélundiàl’assautd’une
clientèle bien plus chère aux éta-
blissements bancaires. Porté par le
groupe de services financiers bri-
tannique Orwell, qui a investi plu-
sieurs dizaine de millions d’euros
dans le projet, ce compte de paie-
ment vise cette fois des ménages
européensaiséspartageantleurvie
entre plusieurs pays du Vieux Con-
tinent,ainsiquelesPMEexportatri-
ces, soit entre 25 et 30 millions de
personnes et 2,5 millions d’entre-
prises, selon les estimations du
groupe.
Unmillierdepersonnesissuesde
ce vivier se sont déjà préinscrites
surlesiteInternetd’ipagooet,d’icià
cinq ans, le compte de paiement
espèreavoircaptéplusde5millions
de particuliers et entre 150.000 et
170.000 PME. L’idée de départ est
d’apporter une solution à la frag-
mentationbancaireenEuropedont
souffrent ces deux cibles. Ipagoo a
donc été conçu pour devenir l’outil
de gestion simple par mobile ou
tablette interposé de tous les sujets
liés à leur trésorerie, quelle que soit
la devise utilisée (euro, dollar ou
livre sterling) et le lieu (Espagne,
Grande-Bretagne, France ou Italie
pour le moment).
De 30 à 40 % d’économies
Moyennant 14 euros par mois, un
particulier peut ainsi ouvrir trois
comptes pour lui ou les membres
desafamille,chacundansladevise
de son choix – ce qui lui évite les
frais de change –, disposer de cinq
portefeuilles électroniques et de
deux cartes de débit MasterCard. Il
peut bénéficier aussi d’un système
de « cash pooling » : si un compte
manque de liquidités, un autre
honore la créance. Dans la même
logique, le client peut organiser des
virements ou prélèvements condi-
tionnés à l’approvisionnement du
compte. En cas de retard, il évite
ainsi les pénalités. « Globalement, il
peut réaliser de 30 à 40 % d’écono-
mies, mais plus la complexité de ses
besoins augmente, plus il économise
d’argent », assure Carlos Sanchez,
directeur général d’ipagoo. La logi-
que est la même pour une entre-
prise moyennant un forfait men-
suel de 20 euros.
Mais, pour cet ancien cadre de
Dexia, la question du prix n’est pas
essentielle. « C’est un compte à très
haute valeur ajoutée : ipagoo est à la
banque ce que le smartphone est à la
téléphonie. Au travers de ce compte,
nous offrons aux consommateurs et
aux entreprises tous les outils per-
mettant d’adapter un service ban-
caire traditionnel à leurs besoins,
aussi évolutifs soient-ils », assure
Carlos Sanchez.
Dans cette logique, le directeur
générald’ipagooprometd’étofferle
nombre de ses implantations euro-
péennes dans les deux ans à venir,
maisaussietsurtoutdeconnecterà
ce compte des produits financiers,
notammentducrédit.Lecomptede
paiement pourrait ainsi devenir un
point d’accès aux offres des
8.000 établissements bancaires
européens, dont le développement
commercial est souvent limité à
leur marché domestique. « Nous
pourrionsainsidevenirlecanalprin-
cipal de distribution des banques »,
seféliciteCarlosSanchez.D’interlo-
cuteurprincipalsurlesproblémati-
l Après Nickel qui cible les ménages modestes, le compte ipagoo veut servir
les entreprises exportatrices et les ménages européens qui voyagent beaucoup.
Sharon Wajsbrot
swajsbrot@lesechos.fr
Pour les pure players de la « Fin-
tech » à l’affût d'opportunités dans
la sphère financière, la conquête de
la manne que les migrants ren-
voientdansleurspaysd’originecha-
queannéeestaucœurdeleurspro-
jets de développement. « Dans ce
marché où les acteurs historiques
bénéficiaientdemargesconfortables,
l’innovation a mis du temps à pren-
dre pied, mais le développement des
nouvelles technologies et l’assouplis-
sement de la réglementation euro-
péenne ont eu un effet accélérateur
pour les “pure players”. C’est devenu
undeleursterrainsdejeuprivilégié »,
confirme Grégoire Toussaint, con-
sultant chez Edgar Dunn. A la clef
pour ces acteurs, des flux de tran-
sactionsencroissancede4%paran
en moyenne, qui devraient s'élever
au total à plus 549 milliards de dol-
larsfin2013,selonleschiffrescollec-
tés par le Boston Consulting Group
(BCG). Soit 414 milliards de dollars
entre les pays développés et le reste
dumondeet135milliardsexclusive-
mententrepaysendéveloppement.
Depuis la directive européenne
des services de paiement (DSP) de
novembre 2009, qui a ouvert les
portes de ce marché aux établisse-
ments de paiement non adossés à
des banques, de nombreux acteurs
onttentéleurchance:desbritanni-
ques comme Azimo ou Transfer-
Wise (lire ci-contre), mais aussi des
français comme PayTop. En cas-
sant les prix et en offrant des servi-
ces digitalisés sur des échanges
entre des destinations bien spécifi-
ques, ils parviennent peu à peu à
gagner du terrain sur les acteurs
historiques, et à tirer les tarifs du
marchéàlabaisse.Autotal,lesprix
descommissionsprélevéeslorsdes
transferts ont ainsi été réduits à
moins de 6,5 % du montant de la
transaction, en moyenne dans le
monde fin 2013, contre plus de 8 %
en 2008, selon les chiffres du Bos-
ton Consulting Group.
Lesacteurshistoriquesnesesen-
tent toutefois pas encore menacés.
Carpourl’heurelestransactionsen
« cash » restent en effet largement
majoritaires. « Certains clients maî-
trisent mal le français, ils restent
donc très attachés à la présence de
réseaux physiques pour les accom-
pagner dans leurs démarches »,
explique un expert. Ainsi, pour
Western Union, les transactions
d i g i t a l e s n e r e p r é s e n t e n t
aujourd’hui qu’à peine 10 % de ses
flux annuels dans le monde.
Toutefois,lespoidslourdsdusec-
teurs doivent anticiper l’avenir. Ils
préparent donc leur riposte digitale.
MoneyGram, deuxième acteur du
marché français derrière Western
Union, mise ainsi sur son partena-
riat avec la plate-forme Topengo
pour capter les envois de devises en
ligne, avant de lancer sa propre pla-
te-formedanslesprochainsmois.Et
pourcapterlesfluxphysiquesquilui
échappent, du fait des horaires
d’ouvertureréduitsdes600bureaux
de tabac distribuant son offre en
France, le groupe américain mise
aussi sur le libre-service. Grâce à un
récent partenariat avec le groupe
Casino, MoneyGram espère
déployerplusieurscentainesdekios-
ques automatiques en France d’ici à
2017.
A plus long terme, l’enjeu de la
digitalisation sera crucial pour les
acteurs du transfert d’argent, car il
ouvre la voie à d’autres services
bancaires destinés aux migrants.
C’est dans cette optique que la
start-up PayTop, épaulée par Eric
Besson, a demandé à l’ACPR l’auto-
risation de lancer prochainement
un compte de devises. n
Transfertsd’argent :lesacteursnonbancaires
ontdéjàbousculélemarché
Sur le marché des transferts
de devises, l’arrivée de
« pure players » depuis 2008
a contribué à faire baisser
les prix en moyenne de 2 %
dans le monde, selon le BCG.
MOYENS
DE PAIEMENT
0,5 % au-delà de ce montant.
Pour le même service, les ban-
ques prélèvent en moyenne
entre8 %et12 %,selonleBoston
ConsultingGroup.
Lancée en 2011, la société ne
publie pas de chiffres sur son
activité, mais elle est en forte
croissance. Elle emploie
aujourd’hui 250 personnes
réparties entre le Silicon Roun-
dabout, le quartier des start-up
situé aux franges de la City à
Londres, et Tallin en Estonie. Le
modèle économique original de
TransferWise a déjà attiré de
prestigieux investisseurs. Le
Français Xavier Niel, fondateur
deFree,faitpartiedesactionnai-
resdelapremièreheure.Lemil-
liardaire britannique Richard
Branson, fondateur de Virgin,
est également entré au capital,
de même que des fonds de capi-
tal-risque.
La semaine dernière, l’inves-
tisseur californien Andreessen
Horowitz a investi à son tour
58 millions de dollars. Transfer-
Wise serait valorisée 1 milliard
de dollars (près de 900 millions
d’euros), une information que
ses dirigeants ne confirment ni
ne démentent. L’entreprise est
aujourd’hui essentiellement
européenne. Ses premiers mar-
chéssontleRoyaume-Uni,suivi
de l’Allemagne et de la France.
Mais elle a bien l’intention de
grandir en dehors d’Europe. Un
bureau sera ouvert ce mois-ci
auxEtats-Unis. n
Vincent Collen
vcollen@lesechos.fr
— Correspondant à Londres
TransferWise est né de l’imagi-
nation de deux amis estoniens
expatriésàLondres.TaavetHin-
rikus et Kristo Käärmann en
avaient assez de payer des com-
missions à leurs banques pour
transférer de l’argent entre
l’Estonie et le Royaume-Uni. Le
premierétaitpayéeneuros,mais
dépensait ses revenus en livres,
habitant à Londres. Le second
travaillait en Angleterre, mais
devait rembourser un emprunt
immobilierenEstonie,libelléen
euros. Ils ont vite décidé de se
passerd’intermédiaires :tousles
mois, Taavet transférait des
eurossurlecomptedesonamià
Tallin, tandis que Kristo versait
des livres sur le compte londo-
niendeTaavet.
250 employés
« C’estleprincipedu“peertopeer”
appliqué à un domaine nou-
veau », explique Kristo Käär-
mann. Grâce à ce modèle, où
l’argent ne traverse pas les fron-
tières, la société peut casser les
prix :unecommissionfixed’une
livre est prélevée pour les som-
mes inférieures à 200 livres,
Fondée à Londres
par deux Estoniens, la
start-up applique le « peer
to peer » aux virements
internationaux.
TransferWisecasseles
prixdel’envoid’argent
D
Le compte
de paiement en bref
•Créé par la directive
européenne des services
de paiement en 2007, ce type
de compte fonctionne
comme un compte courant.
•Agréé et surveillé par
les autorités de contrôle,
il ne peut toutefois pas être
déficitaire, car les fonds
déposés sont cantonnés dans
une banque partenaire.
•L’objectif est de permettre
à des acteurs non bancaires
disposant d’un cadre
prudentiel allégé de fournir
en toute sécurité des
moyens de paiement
à leurs clients.
ques financières, les banques
seraient toutefois alors reléguées
au rang de simple fournisseur. Il
n’est pas sûr qu’elles acceptent un
tel schéma.
4À NOTER
Les flux traités par le compte
ipagoo seront cantonnés au
sein de la banque britannique
Barclays et de l’italienne ICBPI.
« C’est un compte
à très haute valeur
ajoutée : ipagoo est
à la banque ce que
le smartphone est
à la téléphonie. »
CARLOS SANCHEZ
Directeur général d’ipagoo.
549MILLIARDS DE DOLLARS
Montant des transactions
à fin 2013 dans le monde.
(Projections BCG)
Les Echos Mardi 3 février 2015 //25
FINANCE
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  • 1. indices UNE GRÈVE AUX ÉTATS-UNIS FAIT REBONDIR LE PÉTROLE Neuf grosses raffineries américaines, dont certaines appartenant au britannique Royal Dutch Shell, sont affectées depuis dimanche par une grève de salariés, qui réclament de meilleurs salaires. Ces raffineries représentent 10 % des capacités américaines de produits pétroliers. Les raffineurs assurent qu’il n’y aura pas de pénurie. Lecomptesansbanquefaitdesémules Ninon Renaud nrenaud@lesechos.fr C’est un lancementquivientfragili- ser davantage encore les fonde- ments de la relation entre un client et sa banque. Un peu plus d’un an aprèslecompteNickel,quicibleles populations les plus modestes, peu et mal servies par les banques, ipa- goos’estlancélundiàl’assautd’une clientèle bien plus chère aux éta- blissements bancaires. Porté par le groupe de services financiers bri- tannique Orwell, qui a investi plu- sieurs dizaine de millions d’euros dans le projet, ce compte de paie- ment vise cette fois des ménages européensaiséspartageantleurvie entre plusieurs pays du Vieux Con- tinent,ainsiquelesPMEexportatri- ces, soit entre 25 et 30 millions de personnes et 2,5 millions d’entre- prises, selon les estimations du groupe. Unmillierdepersonnesissuesde ce vivier se sont déjà préinscrites surlesiteInternetd’ipagooet,d’icià cinq ans, le compte de paiement espèreavoircaptéplusde5millions de particuliers et entre 150.000 et 170.000 PME. L’idée de départ est d’apporter une solution à la frag- mentationbancaireenEuropedont souffrent ces deux cibles. Ipagoo a donc été conçu pour devenir l’outil de gestion simple par mobile ou tablette interposé de tous les sujets liés à leur trésorerie, quelle que soit la devise utilisée (euro, dollar ou livre sterling) et le lieu (Espagne, Grande-Bretagne, France ou Italie pour le moment). De 30 à 40 % d’économies Moyennant 14 euros par mois, un particulier peut ainsi ouvrir trois comptes pour lui ou les membres desafamille,chacundansladevise de son choix – ce qui lui évite les frais de change –, disposer de cinq portefeuilles électroniques et de deux cartes de débit MasterCard. Il peut bénéficier aussi d’un système de « cash pooling » : si un compte manque de liquidités, un autre honore la créance. Dans la même logique, le client peut organiser des virements ou prélèvements condi- tionnés à l’approvisionnement du compte. En cas de retard, il évite ainsi les pénalités. « Globalement, il peut réaliser de 30 à 40 % d’écono- mies, mais plus la complexité de ses besoins augmente, plus il économise d’argent », assure Carlos Sanchez, directeur général d’ipagoo. La logi- que est la même pour une entre- prise moyennant un forfait men- suel de 20 euros. Mais, pour cet ancien cadre de Dexia, la question du prix n’est pas essentielle. « C’est un compte à très haute valeur ajoutée : ipagoo est à la banque ce que le smartphone est à la téléphonie. Au travers de ce compte, nous offrons aux consommateurs et aux entreprises tous les outils per- mettant d’adapter un service ban- caire traditionnel à leurs besoins, aussi évolutifs soient-ils », assure Carlos Sanchez. Dans cette logique, le directeur générald’ipagooprometd’étofferle nombre de ses implantations euro- péennes dans les deux ans à venir, maisaussietsurtoutdeconnecterà ce compte des produits financiers, notammentducrédit.Lecomptede paiement pourrait ainsi devenir un point d’accès aux offres des 8.000 établissements bancaires européens, dont le développement commercial est souvent limité à leur marché domestique. « Nous pourrionsainsidevenirlecanalprin- cipal de distribution des banques », seféliciteCarlosSanchez.D’interlo- cuteurprincipalsurlesproblémati- l Après Nickel qui cible les ménages modestes, le compte ipagoo veut servir les entreprises exportatrices et les ménages européens qui voyagent beaucoup. Sharon Wajsbrot swajsbrot@lesechos.fr Pour les pure players de la « Fin- tech » à l’affût d'opportunités dans la sphère financière, la conquête de la manne que les migrants ren- voientdansleurspaysd’originecha- queannéeestaucœurdeleurspro- jets de développement. « Dans ce marché où les acteurs historiques bénéficiaientdemargesconfortables, l’innovation a mis du temps à pren- dre pied, mais le développement des nouvelles technologies et l’assouplis- sement de la réglementation euro- péenne ont eu un effet accélérateur pour les “pure players”. C’est devenu undeleursterrainsdejeuprivilégié », confirme Grégoire Toussaint, con- sultant chez Edgar Dunn. A la clef pour ces acteurs, des flux de tran- sactionsencroissancede4%paran en moyenne, qui devraient s'élever au total à plus 549 milliards de dol- larsfin2013,selonleschiffrescollec- tés par le Boston Consulting Group (BCG). Soit 414 milliards de dollars entre les pays développés et le reste dumondeet135milliardsexclusive- mententrepaysendéveloppement. Depuis la directive européenne des services de paiement (DSP) de novembre 2009, qui a ouvert les portes de ce marché aux établisse- ments de paiement non adossés à des banques, de nombreux acteurs onttentéleurchance:desbritanni- ques comme Azimo ou Transfer- Wise (lire ci-contre), mais aussi des français comme PayTop. En cas- sant les prix et en offrant des servi- ces digitalisés sur des échanges entre des destinations bien spécifi- ques, ils parviennent peu à peu à gagner du terrain sur les acteurs historiques, et à tirer les tarifs du marchéàlabaisse.Autotal,lesprix descommissionsprélevéeslorsdes transferts ont ainsi été réduits à moins de 6,5 % du montant de la transaction, en moyenne dans le monde fin 2013, contre plus de 8 % en 2008, selon les chiffres du Bos- ton Consulting Group. Lesacteurshistoriquesnesesen- tent toutefois pas encore menacés. Carpourl’heurelestransactionsen « cash » restent en effet largement majoritaires. « Certains clients maî- trisent mal le français, ils restent donc très attachés à la présence de réseaux physiques pour les accom- pagner dans leurs démarches », explique un expert. Ainsi, pour Western Union, les transactions d i g i t a l e s n e r e p r é s e n t e n t aujourd’hui qu’à peine 10 % de ses flux annuels dans le monde. Toutefois,lespoidslourdsdusec- teurs doivent anticiper l’avenir. Ils préparent donc leur riposte digitale. MoneyGram, deuxième acteur du marché français derrière Western Union, mise ainsi sur son partena- riat avec la plate-forme Topengo pour capter les envois de devises en ligne, avant de lancer sa propre pla- te-formedanslesprochainsmois.Et pourcapterlesfluxphysiquesquilui échappent, du fait des horaires d’ouvertureréduitsdes600bureaux de tabac distribuant son offre en France, le groupe américain mise aussi sur le libre-service. Grâce à un récent partenariat avec le groupe Casino, MoneyGram espère déployerplusieurscentainesdekios- ques automatiques en France d’ici à 2017. A plus long terme, l’enjeu de la digitalisation sera crucial pour les acteurs du transfert d’argent, car il ouvre la voie à d’autres services bancaires destinés aux migrants. C’est dans cette optique que la start-up PayTop, épaulée par Eric Besson, a demandé à l’ACPR l’auto- risation de lancer prochainement un compte de devises. n Transfertsd’argent :lesacteursnonbancaires ontdéjàbousculélemarché Sur le marché des transferts de devises, l’arrivée de « pure players » depuis 2008 a contribué à faire baisser les prix en moyenne de 2 % dans le monde, selon le BCG. MOYENS DE PAIEMENT 0,5 % au-delà de ce montant. Pour le même service, les ban- ques prélèvent en moyenne entre8 %et12 %,selonleBoston ConsultingGroup. Lancée en 2011, la société ne publie pas de chiffres sur son activité, mais elle est en forte croissance. Elle emploie aujourd’hui 250 personnes réparties entre le Silicon Roun- dabout, le quartier des start-up situé aux franges de la City à Londres, et Tallin en Estonie. Le modèle économique original de TransferWise a déjà attiré de prestigieux investisseurs. Le Français Xavier Niel, fondateur deFree,faitpartiedesactionnai- resdelapremièreheure.Lemil- liardaire britannique Richard Branson, fondateur de Virgin, est également entré au capital, de même que des fonds de capi- tal-risque. La semaine dernière, l’inves- tisseur californien Andreessen Horowitz a investi à son tour 58 millions de dollars. Transfer- Wise serait valorisée 1 milliard de dollars (près de 900 millions d’euros), une information que ses dirigeants ne confirment ni ne démentent. L’entreprise est aujourd’hui essentiellement européenne. Ses premiers mar- chéssontleRoyaume-Uni,suivi de l’Allemagne et de la France. Mais elle a bien l’intention de grandir en dehors d’Europe. Un bureau sera ouvert ce mois-ci auxEtats-Unis. n Vincent Collen vcollen@lesechos.fr — Correspondant à Londres TransferWise est né de l’imagi- nation de deux amis estoniens expatriésàLondres.TaavetHin- rikus et Kristo Käärmann en avaient assez de payer des com- missions à leurs banques pour transférer de l’argent entre l’Estonie et le Royaume-Uni. Le premierétaitpayéeneuros,mais dépensait ses revenus en livres, habitant à Londres. Le second travaillait en Angleterre, mais devait rembourser un emprunt immobilierenEstonie,libelléen euros. Ils ont vite décidé de se passerd’intermédiaires :tousles mois, Taavet transférait des eurossurlecomptedesonamià Tallin, tandis que Kristo versait des livres sur le compte londo- niendeTaavet. 250 employés « C’estleprincipedu“peertopeer” appliqué à un domaine nou- veau », explique Kristo Käär- mann. Grâce à ce modèle, où l’argent ne traverse pas les fron- tières, la société peut casser les prix :unecommissionfixed’une livre est prélevée pour les som- mes inférieures à 200 livres, Fondée à Londres par deux Estoniens, la start-up applique le « peer to peer » aux virements internationaux. TransferWisecasseles prixdel’envoid’argent D Le compte de paiement en bref •Créé par la directive européenne des services de paiement en 2007, ce type de compte fonctionne comme un compte courant. •Agréé et surveillé par les autorités de contrôle, il ne peut toutefois pas être déficitaire, car les fonds déposés sont cantonnés dans une banque partenaire. •L’objectif est de permettre à des acteurs non bancaires disposant d’un cadre prudentiel allégé de fournir en toute sécurité des moyens de paiement à leurs clients. ques financières, les banques seraient toutefois alors reléguées au rang de simple fournisseur. Il n’est pas sûr qu’elles acceptent un tel schéma. 4À NOTER Les flux traités par le compte ipagoo seront cantonnés au sein de la banque britannique Barclays et de l’italienne ICBPI. « C’est un compte à très haute valeur ajoutée : ipagoo est à la banque ce que le smartphone est à la téléphonie. » CARLOS SANCHEZ Directeur général d’ipagoo. 549MILLIARDS DE DOLLARS Montant des transactions à fin 2013 dans le monde. (Projections BCG) Les Echos Mardi 3 février 2015 //25 FINANCE &MARCHES