10forum magazine no
11 11forum magazine no
11
interview du
Forum EPFL
le 28 mars
2012
En fait nous sommes « pointés
» face à la direction en toute
incompétence et incons-
cience, mais gonflés à bloc ...
Dans un entretien avec l’opti-
miste Président Bernard Vittoz
qui concluait : « Alors cela va
marcher ? », Marc Gandar lui
répondit que oui, bien sûr.
Avez-vous peiné pour obte-
nir le soutien logistique et
opérationnel des services de
l’école?
Oui et non, Nous ne savions
pas quoi demander précisé-
ment. Comme il n’y avait pas
internet ou de messagerie
électronique (dix ans plus tard
...), nous avions demandé le
courrier postal gratuit ... après
on a envoyé 10 000 lettres (la
plupart A4) ! Mais on n’avait
pas de bureau au début alors
on travaillait sur la terrasse
de la cafétéria, même le soir.
Après l’énergique chef du ser-
vice presse Claude Comina
nous a prêté le bureau de son
assistante en vacances car
nous n’avions pas non plus de
téléphone (et pas de portable
évidemment ...).
Vous étiez deux à organiser
un tel évènement, n’a-t-il pas
été trop dur de concilier vie
associative et études?
Nous y avons passé toutes
les vacances d’été, le plus dur
c’était les mailings de masse
: on utilisait la seule impri-
mante laser de l’EPFL (et peut-
être de Suisse romande ?) du
labo de micro-informatique
(200 dpi à l’époque) et c’était
plutôt « fun » parce que les
drivers changeaient chaque
semaine ! Evidemment on
imprimait les photocopies la
nuit, et on savait tout dépan-
ner ... Quand on a commandé
les 6 500 enveloppes (A4) du
2e envoi on a rempli de boites
les bureaux de l’AGEPOLY (les
autres étudiants nous avaient
enfin prêté des locaux).
Dans quelle ambiance s’est
déroulée l’évènement?
Impro totale : expectative to-
tale jusqu’à la 1ère inscription
(Procter & Gamble, on se sou-
vient même du nom du chef
des RH qui était C.J. Lugtmei-
jer, il était superpositif et nous
a encouragés !). Notre mau-
vaise lettre aux entreprises
avait été récrite par l’actif
président de l’A3 de l’époque
Olivier Rambert qui a joué le
business angel. Après l’effet
boule de neige a fait que nous
avons trouvé des orateurs
leaders d’opinion et que notre
conférence a commencé à
se « vendre », puis les stands
aussi. Ensuite la mise sur pied
qui était nouvelle a été pé-
nible, mais possible.
Qu’est ce qui vous avait le
plus marqué?
Deux anecdotes de notre
équipe : quand Marc Gandar
passe son oral de langage As-
sembleur il voit à travers de la
porte 3 silhouettes de l’équipe
du Forum qui l’attendent pour
la suite des opérations ... on
quand nous répétons en-
semble son discours d’ouver-
ture, comme on est en pleine
nuit Antoine Wasserfallen lui
dit de monter sur la table pour
qu’il se sente intimidé, de fa-
çon à répéter son speech en
conditions de trac réelles (le
matin il a été très bon) !
Imaginiez vous alors une tren-
tième édition?
Au fond après la 1ère on s’est
dit que cela devrait aller tout
seul, mais l’année suivante
cela a été le contraire car
c’était encore plus dur. Donc
nous sommes fiers de vous,
mais assez soulagés de ne
plus être au comité ! Longue
vie au Forum EPFL !
tourné vers son groupe d’ini-
tiative pour trouver qui pour-
raient donc être les kamikazes
de service.
En 1983, c’est un des premiers
projets de ce type en Suisse,
votre concept a-t-il été bien
reçu par la direction de l’école ?
N
otre camarade Marc
Weill (EL 1984) est la
personne qui a eu l’idée
d’organiser cette grande ma-
nifestation de recrutement et
vous en êtes les cofondateurs
: Marc Gandar avec Antoine
Wasserfallen, quelles sont les
raisons qui vous ont poussées
à vous investir dans ce projet?
En fait Marc Weill avait l’inten-
tion de mettre sur pied une
sorte de « club service
étudiants pour entre-
prises » et s’inspi-
rait à l’époque du
modèle de la
quinzaine de
Junior
entreprises qui existaient déjà
en France. Il a réuni un groupe
d’amis et collègues dyna-
miques, étudiant-e-s comme
lui à l’EPFL et quand il a vu qu’il
serait soutenu, il a demandé
l’accord de la direction pour
lancer la Junior entreprise de
l’EPFL. Réponse de la direction
(à l’époque Pierre Immer di-
recteur administratif, devenu
par la suite le bienveillant par-
rain de la Junior entreprise) :
oui, juste après que vous ayez
organisé le premier salon de
l’embauche pour les jeunes
diplômés de l’EPFL !
Oups ... Marc Weill
est
re-
Marc Gandar
Antoine Wasserfallen
LES DEUX FONDATEURS EXPLIQUENT LA GENÈSE DU FORUM
les dinosaures
30 ans30 ans

dinos MG AW

  • 1.
    10forum magazine no 1111forum magazine no 11 interview du Forum EPFL le 28 mars 2012 En fait nous sommes « pointés » face à la direction en toute incompétence et incons- cience, mais gonflés à bloc ... Dans un entretien avec l’opti- miste Président Bernard Vittoz qui concluait : « Alors cela va marcher ? », Marc Gandar lui répondit que oui, bien sûr. Avez-vous peiné pour obte- nir le soutien logistique et opérationnel des services de l’école? Oui et non, Nous ne savions pas quoi demander précisé- ment. Comme il n’y avait pas internet ou de messagerie électronique (dix ans plus tard ...), nous avions demandé le courrier postal gratuit ... après on a envoyé 10 000 lettres (la plupart A4) ! Mais on n’avait pas de bureau au début alors on travaillait sur la terrasse de la cafétéria, même le soir. Après l’énergique chef du ser- vice presse Claude Comina nous a prêté le bureau de son assistante en vacances car nous n’avions pas non plus de téléphone (et pas de portable évidemment ...). Vous étiez deux à organiser un tel évènement, n’a-t-il pas été trop dur de concilier vie associative et études? Nous y avons passé toutes les vacances d’été, le plus dur c’était les mailings de masse : on utilisait la seule impri- mante laser de l’EPFL (et peut- être de Suisse romande ?) du labo de micro-informatique (200 dpi à l’époque) et c’était plutôt « fun » parce que les drivers changeaient chaque semaine ! Evidemment on imprimait les photocopies la nuit, et on savait tout dépan- ner ... Quand on a commandé les 6 500 enveloppes (A4) du 2e envoi on a rempli de boites les bureaux de l’AGEPOLY (les autres étudiants nous avaient enfin prêté des locaux). Dans quelle ambiance s’est déroulée l’évènement? Impro totale : expectative to- tale jusqu’à la 1ère inscription (Procter & Gamble, on se sou- vient même du nom du chef des RH qui était C.J. Lugtmei- jer, il était superpositif et nous a encouragés !). Notre mau- vaise lettre aux entreprises avait été récrite par l’actif président de l’A3 de l’époque Olivier Rambert qui a joué le business angel. Après l’effet boule de neige a fait que nous avons trouvé des orateurs leaders d’opinion et que notre conférence a commencé à se « vendre », puis les stands aussi. Ensuite la mise sur pied qui était nouvelle a été pé- nible, mais possible. Qu’est ce qui vous avait le plus marqué? Deux anecdotes de notre équipe : quand Marc Gandar passe son oral de langage As- sembleur il voit à travers de la porte 3 silhouettes de l’équipe du Forum qui l’attendent pour la suite des opérations ... on quand nous répétons en- semble son discours d’ouver- ture, comme on est en pleine nuit Antoine Wasserfallen lui dit de monter sur la table pour qu’il se sente intimidé, de fa- çon à répéter son speech en conditions de trac réelles (le matin il a été très bon) ! Imaginiez vous alors une tren- tième édition? Au fond après la 1ère on s’est dit que cela devrait aller tout seul, mais l’année suivante cela a été le contraire car c’était encore plus dur. Donc nous sommes fiers de vous, mais assez soulagés de ne plus être au comité ! Longue vie au Forum EPFL ! tourné vers son groupe d’ini- tiative pour trouver qui pour- raient donc être les kamikazes de service. En 1983, c’est un des premiers projets de ce type en Suisse, votre concept a-t-il été bien reçu par la direction de l’école ? N otre camarade Marc Weill (EL 1984) est la personne qui a eu l’idée d’organiser cette grande ma- nifestation de recrutement et vous en êtes les cofondateurs : Marc Gandar avec Antoine Wasserfallen, quelles sont les raisons qui vous ont poussées à vous investir dans ce projet? En fait Marc Weill avait l’inten- tion de mettre sur pied une sorte de « club service étudiants pour entre- prises » et s’inspi- rait à l’époque du modèle de la quinzaine de Junior entreprises qui existaient déjà en France. Il a réuni un groupe d’amis et collègues dyna- miques, étudiant-e-s comme lui à l’EPFL et quand il a vu qu’il serait soutenu, il a demandé l’accord de la direction pour lancer la Junior entreprise de l’EPFL. Réponse de la direction (à l’époque Pierre Immer di- recteur administratif, devenu par la suite le bienveillant par- rain de la Junior entreprise) : oui, juste après que vous ayez organisé le premier salon de l’embauche pour les jeunes diplômés de l’EPFL ! Oups ... Marc Weill est re- Marc Gandar Antoine Wasserfallen LES DEUX FONDATEURS EXPLIQUENT LA GENÈSE DU FORUM les dinosaures 30 ans30 ans