AUTEURS:
MME AFFOUE JULIE KANDA
(CEM HANN /Ministère de l’Education Nationale)
Dr SOKHNA MOUSTAPHA
(DEPARTEMENT DE MATHS - FASTEF de Dakar/UCAD)
I. Enseignement des mathématiques au Sénégal: un état
des lieux pas très reluisant
A. Un TBS et un besoin en professeurs de mathématiques en
croissance (Une augmentation du TBS à l’élémentaire : 67,2% en
2000 a 93,9% en 2011)
2
• Depuis plus de 10ans, le nombre de candidats au concours d’entrée à la
FASTEF (section B mathématique) est inférieur au besoin exprimé par le
Ministère en charge de l’éducation (80 enseignants).
B. Un déficit de professeurs de mathématiques inquiétant
3
ANNEE 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
CAEM 05 02 01 06 4 7 4 34 35 40
CAES 11 01 15 09 7 5 15 27 39 47
Déficit
cumulé
64 141 205 270 339 407 468 487 493 486
• Un vivier qui est faible: Des élèves qui, de moins en moins, s’orientent dans les
filières scientifiques : sur 110 454 inscrits au bac en 2013 seulement 22,9% sont en
sciences et techniques
• Un indice de parité fille / garçon en hausse en
faveur des filles: 96,4% en 2000 a 110,9% en
2011.
• Un taux de réussite des filles souvent plus élevé
que celui des garçons.
• Un sous effectif actuel de femmes professeurs de
mathématiques qui représentent seulement 11%
de 6396 des profs de maths.
 La résorption du déficit de prof de mathématiques
en utilisant le genre comme solution
 Faire un travail sur les représentations des
mathématiques et sur l’enseignement des maths
chez les femmes
 La mise en place d’un dispositif innovant de
formation a distance des profs de mathématiques.
 Les stéréotypes de genre sont des stéréotypes
extrêmement puissant.
 «La domination masculine est tellement ancrée
dans nos inconscients que nous ne l’apercevons
plus, tellement accordée à nos attentes que nous
avons du mal à la remettre en question. Plus que
jamais, il est indispensable de dissoudre les
évidences et d’explorer les structures
symboliques de l’inconscient androcentrique qui
survit chez les hommes et chez les femmes».
(Bourdieu 1998).
A) Les représentation sociales
En mathématiques, c’est seulement par le moyen de représentations
sémiotiques qu’une activité sur les objets mathématiques est possible. Il faut
noter également que l’appréhension des objets mathématiques est
essentiellement conceptuelle (Duval 1993)
C) Une approche documentaire des ressources
(Rabarbel 1995 ; Gueudet & Trouche 2008; Sokhna 2006, 2007)
B) Les représentation sémiotiques
1. Une étude des représentations que les élèves ont de
l’enseignement mathématiques
• 80 élèves de collège et de lycée: 40 Elèves de 3e (14-15ans;
20 filles et 20 garçons) 40 élèves de la terminale
scientifiques (18-19ans ; 20 filles 20 garçons).
• Une étude comparative des moyennes en mathématiques des
filles à celles des garçons en fin d’année 2013
2. Une étude des représentations sociales et
sémiotiques faites avec et sur des élèves
professeurs de mathématiques
• 132 étudiants de niveau baccalauréat inscrits en
2014-2015 à la FASTEF (108 hommes et 22
femmes)
A. La situation des élèves
 Les représentations que les élèves ont des
mathématiques.
Les mathématiques sont-elles réservées aux hommes et/ ou aux femmes ?
Réponse des élèves de 3ème
FILLES GARCONS Sur 40 élèves
Réservées aux FILLES 1 5% 0 0% 1 3%
Réservées aux GARCONS 0 0% 3 15% 3 8%
Faites pour les DEUX 19 95% 17 85% 36 90%
95% des filles et 90% des garçons croient que les mathématiques sont faites pour
les deux sexes.
FILLES GARÇONS Sur les 40 élèves
Réservées aux FILLES 0 0% 12 0% 0 0%
Réservées aux
GARCONS
0 0% 4 20% 4 10%
Faites pour les DEUX 20 100% 16 80% 36 90%
Réponse des élèves de Terminales
On peut remarquer que 95% des Filles et 85% des garçons pensent que les
mathématiques sont faites autant pour les hommes que pour les femmes.
 Les représentations que les élèves ont des profs de mathématiques
FILLES GARCONS Sur les 20 élèves
LE PROFESSEUR 9 45% 7 35% 16 40%
LES PARENTS 3 15% 5 25% 8 20%
NE PEUVENT SORTIR AVEC
AMIS
7 35% 2 10% 9 22,5%
MOINS SEXY(MODE) 1 5% 4 20% 5 12,5%
RIEN 0 0% 2 10% 2 5%
35% des garçons et 45% des filles pensent que les filles ont peur des
mathématiques à cause des professeurs qui ne les encouragent pas.
 Les moyennes en mathématiques des élèves filles et
garçons.
Classes
Effectif
Classe
Effectif
filles
Filles qui ont la
moyenne
Effectif
garçons
Garçons qui ont
la moyenne
6e 442 185 129 70% 257 100 39%
5e 458 223 154 69% 235 80 34%
4e 451 210 104 50% 241 58 24%
3e 443 230 116 50% 213 45 21%
2nd s 275 144 80 56% 131 24 18%
1ere s 229 116 64 55% 113 21 19%
Tle s 183 82 33 40% 101 32 32%
Total 2481 1190 680 57% 1291 360 28%
Au cours de l’année 2012 -2013 sur un total de 1190 filles il y a plus de
57% qui ont la moyenne en mathématiques alors qu’on a seulement
28% des garçons ont eu la moyenne.
B. La situation des élèves -professeurs
 Représentation que les élèves professeurs ont des
représentations des mathématiques:
HOMME FEMME TOTAL ETUDIANTS
Effectif % Effectif % Effectif %
F1 17 16% 4 3% 21 16%
F2 108 100% 24 100% 132 100%
F3 108 100% 24 100% 132 100%
F4 2 2% 1 1% 3 2%
-100% des hommes et 100% des femmes ont choisi les figures 2 et 3 comme
réponses.
-Trois points non alignés représentent un triangle (réponse F1), 16% des
hommes l’ont noté or seulement 3% des femmes l’ont choisi.
Les difficultés de coordonner des représentations sont certainement les
sources de ces erreurs.
Parmi les figures ci-dessous, indique celle(s) qui représente (nt) un triangle?
 les représentations que les élèves-
professeurs ont de la formation a distance
et les obstacles a une bonne formation
mathématiques chez les femmes:
HOMME FEMME
C (81)
%
M (27)
%
C (15)
%
M (9) %
LESSIVE 21 26% 10 37% 12 80% 7 78%
MENAGE 20 25% 10 37% 12 80% 5 56%
VAISSELLE 9 11% 5 19% 12 80% 5 56%
CUISINE 9 11% 7 26% 15 100% 9 100%
REPASSAGE 30 37% 9 33% 11 73% 5 56%
AUTRES 18 22% 4 15% 1 7% 0 0%
[1] C = célibataire
[2] M= marié(e)
•37% des hommes célibataires s’impliquent dans le repassage du
linge en dehors des cours plus que toutes autres activités, puis suit le
linge (26%) et le ménage (25%). Seulement 11% s’impliquent dans la
cuisine et la vaisselle. Par contre 100% des femmes (célibataires
comme mariées) sont impliquées dans la cuisine et 78% a 80%
impliquées dans la lessive, ménage.
Par ailleurs 67% des femmes pensent que la formation a distance
serait une solution pour allier les travaux domestiques et les études en
 Cette étude révèle un point important que les didacticiens en
mathématiques en collaboration avec des sociologues devraient
explorer: les notions mathématiques n’étant accessibles que de par
leurs représentations sémiotiques, or une forme d’androcentricité a
toujours couvert l’évolution historique des mathématiques, les
professeurs de mathématiques ne devraient-ils pas tenir compte de la
diversité de représentations pour faciliter les apprentissages aux
femmes?
 Un deuxième point important : un travail important doit être fait
sur les représentations sociales pour encourager les filles à devenir
professeurs de mathématiques; une solution viable pour résorber
le déficit de professeurs de mathématiques au Sénégal.
 La formation de ces futurs professeurs de mathématiques
pourraient se faire à distance : car 67% des femmes pensent que
la formation à distance leurs permet d’allier leurs travaux
domestiques à leurs formations mathématiques.

FORMATION A DISTANCE ET GENRE: LES SOLUTIONS AU PROBLEME DE DEFICIT DE PROFESSEURS DE MATHEMATIQUES

  • 1.
    AUTEURS: MME AFFOUE JULIEKANDA (CEM HANN /Ministère de l’Education Nationale) Dr SOKHNA MOUSTAPHA (DEPARTEMENT DE MATHS - FASTEF de Dakar/UCAD)
  • 2.
    I. Enseignement desmathématiques au Sénégal: un état des lieux pas très reluisant A. Un TBS et un besoin en professeurs de mathématiques en croissance (Une augmentation du TBS à l’élémentaire : 67,2% en 2000 a 93,9% en 2011) 2
  • 3.
    • Depuis plusde 10ans, le nombre de candidats au concours d’entrée à la FASTEF (section B mathématique) est inférieur au besoin exprimé par le Ministère en charge de l’éducation (80 enseignants). B. Un déficit de professeurs de mathématiques inquiétant 3 ANNEE 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 CAEM 05 02 01 06 4 7 4 34 35 40 CAES 11 01 15 09 7 5 15 27 39 47 Déficit cumulé 64 141 205 270 339 407 468 487 493 486 • Un vivier qui est faible: Des élèves qui, de moins en moins, s’orientent dans les filières scientifiques : sur 110 454 inscrits au bac en 2013 seulement 22,9% sont en sciences et techniques
  • 5.
    • Un indicede parité fille / garçon en hausse en faveur des filles: 96,4% en 2000 a 110,9% en 2011. • Un taux de réussite des filles souvent plus élevé que celui des garçons. • Un sous effectif actuel de femmes professeurs de mathématiques qui représentent seulement 11% de 6396 des profs de maths.
  • 6.
     La résorptiondu déficit de prof de mathématiques en utilisant le genre comme solution  Faire un travail sur les représentations des mathématiques et sur l’enseignement des maths chez les femmes  La mise en place d’un dispositif innovant de formation a distance des profs de mathématiques.
  • 7.
     Les stéréotypesde genre sont des stéréotypes extrêmement puissant.  «La domination masculine est tellement ancrée dans nos inconscients que nous ne l’apercevons plus, tellement accordée à nos attentes que nous avons du mal à la remettre en question. Plus que jamais, il est indispensable de dissoudre les évidences et d’explorer les structures symboliques de l’inconscient androcentrique qui survit chez les hommes et chez les femmes». (Bourdieu 1998). A) Les représentation sociales
  • 8.
    En mathématiques, c’estseulement par le moyen de représentations sémiotiques qu’une activité sur les objets mathématiques est possible. Il faut noter également que l’appréhension des objets mathématiques est essentiellement conceptuelle (Duval 1993) C) Une approche documentaire des ressources (Rabarbel 1995 ; Gueudet & Trouche 2008; Sokhna 2006, 2007) B) Les représentation sémiotiques
  • 9.
    1. Une étudedes représentations que les élèves ont de l’enseignement mathématiques • 80 élèves de collège et de lycée: 40 Elèves de 3e (14-15ans; 20 filles et 20 garçons) 40 élèves de la terminale scientifiques (18-19ans ; 20 filles 20 garçons). • Une étude comparative des moyennes en mathématiques des filles à celles des garçons en fin d’année 2013 2. Une étude des représentations sociales et sémiotiques faites avec et sur des élèves professeurs de mathématiques • 132 étudiants de niveau baccalauréat inscrits en 2014-2015 à la FASTEF (108 hommes et 22 femmes)
  • 10.
    A. La situationdes élèves  Les représentations que les élèves ont des mathématiques. Les mathématiques sont-elles réservées aux hommes et/ ou aux femmes ? Réponse des élèves de 3ème FILLES GARCONS Sur 40 élèves Réservées aux FILLES 1 5% 0 0% 1 3% Réservées aux GARCONS 0 0% 3 15% 3 8% Faites pour les DEUX 19 95% 17 85% 36 90% 95% des filles et 90% des garçons croient que les mathématiques sont faites pour les deux sexes.
  • 11.
    FILLES GARÇONS Surles 40 élèves Réservées aux FILLES 0 0% 12 0% 0 0% Réservées aux GARCONS 0 0% 4 20% 4 10% Faites pour les DEUX 20 100% 16 80% 36 90% Réponse des élèves de Terminales On peut remarquer que 95% des Filles et 85% des garçons pensent que les mathématiques sont faites autant pour les hommes que pour les femmes.  Les représentations que les élèves ont des profs de mathématiques FILLES GARCONS Sur les 20 élèves LE PROFESSEUR 9 45% 7 35% 16 40% LES PARENTS 3 15% 5 25% 8 20% NE PEUVENT SORTIR AVEC AMIS 7 35% 2 10% 9 22,5% MOINS SEXY(MODE) 1 5% 4 20% 5 12,5% RIEN 0 0% 2 10% 2 5% 35% des garçons et 45% des filles pensent que les filles ont peur des mathématiques à cause des professeurs qui ne les encouragent pas.
  • 12.
     Les moyennesen mathématiques des élèves filles et garçons. Classes Effectif Classe Effectif filles Filles qui ont la moyenne Effectif garçons Garçons qui ont la moyenne 6e 442 185 129 70% 257 100 39% 5e 458 223 154 69% 235 80 34% 4e 451 210 104 50% 241 58 24% 3e 443 230 116 50% 213 45 21% 2nd s 275 144 80 56% 131 24 18% 1ere s 229 116 64 55% 113 21 19% Tle s 183 82 33 40% 101 32 32% Total 2481 1190 680 57% 1291 360 28% Au cours de l’année 2012 -2013 sur un total de 1190 filles il y a plus de 57% qui ont la moyenne en mathématiques alors qu’on a seulement 28% des garçons ont eu la moyenne.
  • 13.
    B. La situationdes élèves -professeurs  Représentation que les élèves professeurs ont des représentations des mathématiques: HOMME FEMME TOTAL ETUDIANTS Effectif % Effectif % Effectif % F1 17 16% 4 3% 21 16% F2 108 100% 24 100% 132 100% F3 108 100% 24 100% 132 100% F4 2 2% 1 1% 3 2% -100% des hommes et 100% des femmes ont choisi les figures 2 et 3 comme réponses. -Trois points non alignés représentent un triangle (réponse F1), 16% des hommes l’ont noté or seulement 3% des femmes l’ont choisi. Les difficultés de coordonner des représentations sont certainement les sources de ces erreurs. Parmi les figures ci-dessous, indique celle(s) qui représente (nt) un triangle?
  • 14.
     les représentationsque les élèves- professeurs ont de la formation a distance et les obstacles a une bonne formation mathématiques chez les femmes: HOMME FEMME C (81) % M (27) % C (15) % M (9) % LESSIVE 21 26% 10 37% 12 80% 7 78% MENAGE 20 25% 10 37% 12 80% 5 56% VAISSELLE 9 11% 5 19% 12 80% 5 56% CUISINE 9 11% 7 26% 15 100% 9 100% REPASSAGE 30 37% 9 33% 11 73% 5 56% AUTRES 18 22% 4 15% 1 7% 0 0% [1] C = célibataire [2] M= marié(e) •37% des hommes célibataires s’impliquent dans le repassage du linge en dehors des cours plus que toutes autres activités, puis suit le linge (26%) et le ménage (25%). Seulement 11% s’impliquent dans la cuisine et la vaisselle. Par contre 100% des femmes (célibataires comme mariées) sont impliquées dans la cuisine et 78% a 80% impliquées dans la lessive, ménage. Par ailleurs 67% des femmes pensent que la formation a distance serait une solution pour allier les travaux domestiques et les études en
  • 15.
     Cette étuderévèle un point important que les didacticiens en mathématiques en collaboration avec des sociologues devraient explorer: les notions mathématiques n’étant accessibles que de par leurs représentations sémiotiques, or une forme d’androcentricité a toujours couvert l’évolution historique des mathématiques, les professeurs de mathématiques ne devraient-ils pas tenir compte de la diversité de représentations pour faciliter les apprentissages aux femmes?  Un deuxième point important : un travail important doit être fait sur les représentations sociales pour encourager les filles à devenir professeurs de mathématiques; une solution viable pour résorber le déficit de professeurs de mathématiques au Sénégal.  La formation de ces futurs professeurs de mathématiques pourraient se faire à distance : car 67% des femmes pensent que la formation à distance leurs permet d’allier leurs travaux domestiques à leurs formations mathématiques.